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FRAUDE ELECTORALE aussi en Suisse ! Étienne Chouard questionne un ancien élu suisse, Jaques Neyrinck (18 février 2024, à Lausanne)

Tho­mas Wro­blevs­ki a ren­du pos­sible ce MOMENT RARE de réflexion consti­tuante entre un repré­sen­tant (élu) et un repré­sen­té (élec­teur) sur quelques VICES GRAVISSIMES du pro­ces­sus élec­to­ral. Mer­ci à lui 🙏 Étienne. https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​i​f​9​h​m​4​7​-​IXk Vidéo d’o­ri­gine com­plète : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​2​A​g​P​9​m​L​u​H6I Entre­tien (évo­qué dans la vidéo) entre Tho­mas et Fran­çois de Sie­ben­thal (✝) sur la fraude élec­to­rale sys­té­mique en Suisse :…

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S/O Chouard (petit rap à partir d’un extrait de Thinkerview)

🙂 Il paraît que S/O est un code entre rap­peurs… aucune idée du sens que ça peut avoir 🙂 https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​W​X​-​c​Q​d​H​a​3RA Pen­sez à venir nous aider sur chouard​.org/​a​gir 🙏 Étienne.

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️POURQUOI nous ne sommes PAS en DÉMOCRATIE ! Création monétaire, processus constituant, élire ou voter, tirage au sort, RIC, et puis… AGIR ! Étienne Chouard 3h40 chez Greg Tabibian (J’suis pas content)

Je connais Greg depuis long­temps et, cette fois, à par­tir d’un nou­vel entre­tien que nous avons eu au prin­temps à Paris, il nous a pré­pa­ré un mon­tage remar­quable Quel bou­lot ! Mer­ci Greg Les com­men­taires sur You­tube sont vrai­ment gen­tils mer­ci à tous Mais si vous vou­lez me faire plai­sir, me don­ner du cou­rage, m’ai­der quoi, il faut arrê­ter de glan­der et vous mettre à consti­tuer Et, en plus, il faut répandre la bonne parole autour de vous (comme…

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[Important] L’Italie est-elle en train de créer une monnaie parallèle ? par Martine Orange, Mediapart

L’Italie est-elle en train de créer une mon­naie paral­lèle ? par Mar­tine ORANGE, Mediapart

Source : Media­part, https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

« Offi­ciel­le­ment, il ne s’agit que d’une motion de prin­cipe, sans autre por­tée. Mais cette motion a été votée à l’unanimité par la chambre des dépu­tés ita­lienne le 28 mai. Et c’est cette una­ni­mi­té qui inquiète d’abord nombre de res­pon­sables euro­péens. Toutes ten­dances confon­dues, les dépu­tés ont approu­vé le prin­cipe de créer des titres de paie­ment appe­lés mini-BOTs (Buo­ni ordi­na­ri del teso­ro). Sorte de bons ordi­naires du Tré­sor à court terme, ils sont cen­sés pou­voir être uti­li­sés pour payer les créances inté­rieures de l’État italien.

Tout de suite après le vote, le pre­mier ministre Giu­seppe Conte et le ministre des finances Gio­van­ni Tria ont dit tout le mal qu’ils pen­saient de cette ini­tia­tive par­le­men­taire, assu­rant que jamais ils n’auraient recours à de tels ins­tru­ments. Mais ces annonces n’ont pas suf­fi à cal­mer le monde finan­cier et les res­pon­sables euro­péens. De nom­breux ana­lystes s’interrogent sur les inten­tions du gou­ver­ne­ment ita­lien, domi­né par le chef de la Ligue, Mat­teo Sal­vi­ni. Va-t-il ou non uti­li­ser ces nou­veaux titres ? Ceux-ci pour­­raient-ils être assi­mi­lés à une mon­naie paral­lèle, au risque de miner l’euro ?

La menace est prise tel­le­ment au sérieux que le pré­sident de la BCE, Mario Dra­ghi, s’est sen­ti obli­gé lors d’une confé­rence de presse du 6 juin de com­men­ter cette ini­tia­tive ita­lienne, dans l’espoir de l’arrêter au plus vite. « Les mini-BOTs sont soit de la mon­naie, alors ils sont illé­gaux, soit de la dette et alors l’endettement ita­lien va encore aug­men­ter. Je ne pense pas qu’il y ait une troi­sième pos­si­bi­li­té », a‑t‑il expli­qué. Signe de l’inquiétude gran­dis­sante, l’ancien vice-pré­­sident de la BCE, Vitor Constân­cio, est à son tour inter­ve­nu pour essayer de tuer dans l’œuf l’idée ita­lienne. « Ce genre de “bons” a déjà été expé­ri­men­té en Argen­tine ou en Autriche, dans les années 1930. Cela n’a jamais fonc­tion­né »insiste-t-il, après avoir rap­pe­lé que ces ins­tru­ments seraient contraires aux trai­tés européens.

Le responsable de la Ligue, Matteo Slavini, pendant la campagne des élections européennes. © ReutersLe res­pon­sable de la Ligue, Mat­teo Sla­vi­ni, pen­dant la cam­pagne des élec­tions euro­péennes. © Reuters
 
C’est l’économiste Clau­dio Bor­ghi, conseiller de la Ligue et main­te­nant pré­sident de la com­mis­sion du bud­get de l’Assemblée natio­nale, qui est à l’origine de l’idée des mini-BOTs. Mili­tant de longue date pour la sor­tie de l’euro, il ne parle plus depuis son élec­tion – tout comme la Ligue, d’ailleurs – d’une sor­tie bru­tale de la mon­naie unique. Trop dan­ge­reux. Mais mar­qué par la crise euro­péenne et le trai­te­ment réser­vé à la Grèce, il a pro­mu l’idée de créer des ins­tru­ments de paie­ment qui pour­raient per­mettre de redon­ner des marges de manœuvre éco­no­miques et bud­gé­taires au gou­ver­ne­ment ita­lien dans le cadre des trai­tés exis­tants, et ser­vir de moyens alter­na­tifs en cas de crise. Et, avec cette idée, la Ligue a convain­cu son allié gou­ver­ne­men­tal, le Mou­ve­ment Cinq Étoiles (M5S).

Selon le méca­nisme ima­gi­né par Bor­ghi, les mini-BOTs seraient des titres de paie­ment – comme une sorte de recon­nais­sance de dette –, pou­vant aller de 1 à 500 euros, émis par le Tré­sor ita­lien pour faire face aux retards de paie­ment de l’État à l’égard de ses four­nis­seurs. L’État ita­lien pour­rait aus­si les émettre comme des lettres de cré­dit pour les contri­buables qui béné­fi­cient de rem­bour­se­ment. Ces titres, sans limite de temps, seraient garan­tis par l’État, et pour­raient être accep­tés comme paie­ment pour les impôts. Les par­ti­cu­liers, en revanche, ne seraient pas obli­gés de les accepter.

Pour les deux alliés de la coa­li­tion gou­ver­ne­men­tale, ce sys­tème aurait le mérite de per­mettre à l’Italie de sor­tir du car­can de l’austérité impo­sé par l’euro, sans enfreindre les trai­tés euro­péens. D’après leurs pre­mières esti­ma­tions, entre 50 et 100 mil­liards d’euros pour­raient être émis sous la forme de mini-BOTs, ce qui per­met­trait, selon eux, de relan­cer l’économie.

Quelles sont les inten­tions réelles de Mat­teo Sal­vi­ni ? Pré­­pare-t-il sans le dire une sor­tie de l’euro ? Ou cherche-t-il avec les mini-BOTs à se don­ner un moyen de pres­sion pour mieux négo­cier des marges de manœuvre avec Bruxelles ? À ce stade, per­sonne ne sait répondre. Les res­pon­sables euro­péens regardent en tout cas son ini­tia­tive comme une menace sus­cep­tible d’ébranler tout l’édifice européen.

La Ligue et M5S se défendent aujourd’hui de toute volon­té de sor­tir de l’euro, en uti­li­sant les mini-BOTs. Pour le res­pon­sable de M5S, Lui­gi Di Maio, il s’agit juste d’une idée pour payer les arrié­rés dus par l’État. « Si c’est une pro­po­si­tion pour accé­lé­rer le paie­ment des dettes com­mer­ciales de l’administration publique, dis­­cu­­tons-en », dit-il. Depuis la crise, de nom­breuses PME accusent l’État de les avoir mises en dif­fi­cul­té, faute de payer à temps ses factures.Mais pour les détrac­teurs de ce pro­jet, les mini-BOTs sont bien plus qu’un moyen de sécu­ri­ser la dette exis­tante : ils consti­tuent une menace de mon­naie paral­lèle. Com­ment empê­cher en fait que ces titres ne deviennent pas des titres de paie­ment pour les tran­sac­tions cou­rantes entre particuliers ?

Le risque de voir les mini-BOTs se trans­for­mer en une mon­naie paral­lèle à l’euro est d’autant plus grand que la Ligue met tout en œuvre pour créer cette confu­sion. En début d’année, elle a fait adop­ter une dis­po­si­tion légis­la­tive pour rap­pe­ler que l’or dépo­sé à la Banque d’Italie appar­tient bien à l’État. Elle aime­rait aus­si don­ner aux titres émis l’aspect de billets, en repre­nant cer­tains modèles de la lire, ce qui confir­me­rait son sta­tut de monnaie.

Insen­si­ble­ment, le gou­ver­ne­ment ita­lien est ain­si en train de mettre en place, à tra­vers le Tré­sor public, les moyens pour créer une sorte de banque cen­trale auto­nome du sys­tème de l’euro, sus­cep­tible d’émettre sa propre mon­naie et de la garan­tir. Dès lors, la BCE, qui est garante de l’émission et du contrôle de la mon­naie, per­drait tout contrôle sur une par­tie des émis­sions en euros. Au risque de saper toute la cré­di­bi­li­té de la mon­naie européenne.

Monnaie ou dette ?

Le deuxième risque, aux yeux des res­pon­sables euro­péens, est que le gou­ver­ne­ment ita­lien uti­lise les mini-BOTs pour s’affranchir de toute dis­ci­pline bud­gé­taire. Ces titres, pré­­viennent-ils, ne pour­raient être assi­mi­lés qu’à des ins­tru­ments de dette et donc contri­buer à la dette totale de l’Italie, déjà énorme : 133 % du PIB.

Sur­tout, insistent-ils, si les contri­buables paient leurs impôts avec des mini-BOTs, cela ne pour­rait que dimi­nuer les reve­nus de l’État ita­lien en euros et poser des ques­tions sur sa capa­ci­té à hono­rer le ser­vice de sa dette à l’extérieur. Ce doute, à terme, risque de por­ter atteinte à la signa­ture de l’Italie et plus géné­ra­le­ment de la zone euro, voire de relan­cer une crise, pré­­viennent-ils. Sur les mar­chés finan­ciers, le spread (dif­fé­rence) entre les taux ita­liens et les taux alle­mands, qui servent de réfé­rence sur le mar­ché obli­ga­taire de la zone euro, est déjà de plus de 2,5 %.

La défiance des res­pon­sables euro­péens à l’égard du gou­ver­ne­ment ita­lien est totale. Et les cri­tiques fusent. « Quand nous exa­mi­nons l’économie ita­lienne, nous voyons les dom­mages cau­sés par les choix poli­tiques récents. Le che­min pour le redres­se­ment et la crois­sance ita­lienne ne passe pas par dépen­ser plus quand il n’y a pas les marges de manœuvre finan­cière pour le faire »dit Val­dis Dom­brovs­kis, vice-pré­­sident de la Com­mis­sion européenne. 

Pour la troi­sième fois depuis 2008, l’Italie est en réces­sion. Faute d’activité et de ren­trées suf­fi­santes, l’État ita­lien a le plus grand mal à tenir ses enga­ge­ments bud­gé­taires : le défi­cit pour­rait atteindre 2,5 % au lieu des 2 % pré­vus, selon les cal­culs euro­péens. Il y a quinze jours, la Com­mis­sion euro­péenne a enga­gé les pre­mières étapes pour déclen­cher une nou­velle pro­cé­dure pour défi­cit exces­sif contre Rome. Elle consi­dère que le gou­ver­ne­ment ne prend pas les mesures suf­fi­santes pour sta­bi­li­ser sa situa­tion éco­no­mique et finan­cière et réduire son endettement.

Le ministre italien des finances Giovanni Tria et le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno. © ReutersLe ministre ita­lien des finances Gio­van­ni Tria et le pré­sident de l’Eurogroupe, Mario Cen­te­no. © Reuters

Même si le pre­mier ministre réaf­firme sa volon­té de s’en tenir stric­te­ment aux cadres impo­sés par la Com­mis­sion euro­péenne – il a mena­cé de démis­sion­ner la semaine der­nière s’il ne par­ve­nait pas à un accord gou­ver­ne­men­tal sur ce point –, la Ligue conteste de plus en plus ouver­te­ment les règles et les contraintes bud­gé­taires impo­sées par Bruxelles. « Nous ne sommes pas la Grèce. Nous sommes des contri­bu­teurs nets au bud­get euro­péen. Nous avons un excé­dent com­mer­cial, nous avons un bud­get pri­maire [avant ser­vice de la dette – ndlr] excé­den­taire. Nous ne deman­dons rien à per­sonne. Et nous sommes en meilleure forme que la France », s’indigne Clau­dio Bor­ghi, qui aime­rait voir les mini-BOTs entrer en action au plus vite.

Alors que le ton est déjà mon­té très haut entre Rome et Bruxelles, il pour­rait mon­ter encore plus haut à par­tir de sep­tembre, au moment des négo­cia­tions sur le bud­get de 2020. La Ligue a déjà fait savoir qu’il était hors de ques­tion de res­pec­ter les règles euro­péennes et d’appliquer des mesures d’austérité et de conso­li­da­tion bud­gé­taire alors que le pays est en pleine réces­sion. « Je ne vais pas me sui­ci­der pour des règles imbé­ciles. Tant que le chô­mage n’est pas tom­bé à 5 %, nous avons le droit d’investir. Nous avons des régions où le chô­mage des jeunes est supé­rieur à 50 % », a décla­ré Mat­teo Sal­vi­ni devant un audi­toire de la Ligue tout acquis à sa cause.

Le lea­der du par­ti d’extrême droite sou­haite impo­ser dans le cadre du pro­chain bud­get une forte dimi­nu­tion des impôts, notam­ment pour les plus aisés, pour relan­cer l’activité. Cela pour­rait peut-être à très court terme faire remon­ter la crois­sance ita­lienne. Mais les effets de ces mesures retombent comme un souf­flé, comme le prouve l’amnistie fis­cale décré­tée par Donald Trump. Dix-huit mois plus tard, il n’y a plus rien sauf des dettes sup­plé­men­taires. Les réduc­tions fis­cales pour­raient coû­ter à l’Italie 1 % à 2 % d’endettement sup­plé­men­taire, selon de pre­mières estimations.

Tout cela est impen­sable pour la Com­mis­sion euro­péenne. Pour elle, il faut s’en tenir aux règles, rien qu’aux règles. Mais der­rière son oppo­si­tion à la poli­tique d’extrême droite de Mat­teo Sal­vi­ni se cache aus­si un déni à l’égard de l’Italie. À aucun moment, Bruxelles n’a vou­lu admettre les cri­tiques et encore moins appor­ter le moindre remède à une construc­tion de la zone euro mal faite qui s’est tra­duite par un effon­dre­ment éco­no­mique de l’Italie.

Depuis son entrée dans l’euro, le pays stagne. Il n’a pas retrou­vé aujourd’hui son niveau d’activité de 2007. Des régions entières dans le sud sont sinis­trées. Son sys­tème ban­caire est miné par les mau­vaises créances et les impayés. Même s’il res­pecte nombre de règles euro­péennes, comme celle por­tant sur le défi­cit bud­gé­taire depuis 2005, il n’est pas par­ve­nu à recons­ti­tuer les res­sources suf­fi­santes pour relan­cer son éco­no­mie et dimi­nuer son endettement.

Face à cette situa­tion, l’Europe s’en est sor­tie jusqu’à pré­sent en invo­quant « l’irresponsabilité » ita­lienne. Sans se poser la moindre ques­tion sur son action et ses consé­quences. Car la mon­tée en puis­sance de l’extrême droite et de Mat­teo Sal­vi­ni se nour­rit de ce ter­reau de désastre éco­no­mique. De cela non plus, les res­pon­sables euro­péens ne se sont pas excusés.

La situa­tion est arri­vée à un tel point de ten­sion avec Rome que Bruxelles devrait cepen­dant s’interroger sur les réponses à appor­ter à l’Italie. Car cette fois, l’Europe risque de ne pas pou­voir reten­ter un coup d’État lar­vé, comme elle l’a fait au som­met de Cannes de 2011 pour écar­ter Sil­vio Ber­lus­co­ni du pou­voir. Cette fois, l’extrême droite ita­lienne s’est dotée de moyens de riposte.

Car dans ce bras de fer, les mini-BOTs prennent l’allure d’une arme de dis­sua­sion mas­sive, tant leur charge repré­sente un carac­tère déto­nant pour l’ensemble de la zone euro. « L’Union euro­péenne devrait agir avec pré­cau­tion […], le dan­ger est que plus Sal­vi­ni se trouve poli­ti­que­ment “cor­né­ri­sé”, plus il risque de recou­rir à cet ins­tru­ment. Et quand il le fera, la crise de l’Eurozone resur­gi­ra. Et cette fois, la BCE pour­rait ne pas être capable de venir à la res­cousse »aver­tit Wolf­gang Mün­chau, édi­to­ria­liste du Finan­cial Times.

L’enchaînement, qui pour­rait conduire à une nou­velle crise, n’est pas assu­ré. Mais les risques sont bien là. À tout moment, l’Europe pour­rait voir resur­gir la crise qui n’a pas été trai­tée, mais seule­ment anes­thé­siée grâce à la poli­tique moné­taire de la BCE. Et cette fois, le dan­ger est plus pres­sant. L’Italie n’est pas la Grèce : c’est la troi­sième puis­sance éco­no­mique de l’Europe.

Mar­tine Orange, Mediapart.

https://www.mediapart.fr/journal/economie/170619/l‑italie-est-elle-en-train-de-creer-une-monnaie-parallele

Jeudi Chouard #14, jeudi 13 juin 2019, avec François Bégaudeau

Ce soir, 13 juin 2019, c’est Jeu­di Chouard #14 sur Sud radio, et cette fois, j’ai le vif plai­sir, l’hon­neur, l’é­mo­tion, de rece­voir Fran­çois Bégaudeau.

J’aime lire et écou­ter cet homme : il pense.
Librement.

Je vou­drais par­ler avec lui de son der­nier livre, « His­toire de ta bêtise », plein de pépites, de phrases qui claquent et de bons sujets de conver­sa­tion politique.

Je vou­drais aus­si creu­ser quelques points impor­tants évo­qués dans son entre­tien chez Thin­ker­view, pas­sion­nant lui aussi.

Thin­ker­View : Fran­çois Bégau­deau : Gilets Jaunes, Popu­lisme, Bourgeois :

Sud radio, les Incor­rec­tibles : Fran­çois Bégau­deau : « le bour­geois de gauche oublie qu’il est de gauche »
https://​you​tu​.be/​Y​c​W​s​a​N​t​RHX vidéo censurée
=> copie retrou­vée sur le net (il est ques­tion de mon tra­vail à par­tir de 26:18) :

J’ai­me­rais par­ler avec François :
. du concept de « peuple », du « populisme »,
. de la gauche et de la droite,
. de l’in­té­rêt géné­ral, de la volon­té géné­rale, de la loi, du légis­la­teur, du RIC,
. des com­muns et de leur ges­tion, d’E­li­nor Ostrom, de pro­jets com­muns qui soient davan­tage qu’un « sal­mi­gon­dis una­ni­miste » (p. 82) 🙂
. de la néces­saire morale et des redou­tables pha­ri­siens (prê­chant cruel­le­ment une morale qu’ils ne res­pectent pas eux-mêmes),
. des ver­tus de l’indignation,
. du rôle cen­tral de l’i­so­loir dans la liber­té d’o­pi­ner (sans pres­sion), du fait qu’une assem­blée ne pense pas (Alain) et que, in fine, c’est cha­cun qui opine (co-décide) seul APRÈS avoir bien débattu,
. de l’im­pos­si­bi­li­té de déci­der sans vote,
. des « riches » et du « capital »,
. de la néces­si­té – ou pas – d’un État (sous contrôle popu­laire) pour éta­blir un socié­té anar­chiste (authen­ti­que­ment démo­cra­tique), de James C. Scott (Petit éloge de l’anarchisme),
. de la façon de pen­ser contre soi par le jeu de bonnes ins­ti­tu­tions (une vraie mise en scène des conflits, une obli­ga­tion à écou­ter nos pires enne­mis avant de déci­der quoi que ce soit),
. de l’i­dée d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire pour pro­té­ger dura­ble­ment les popu­la­tions du monde contre l’ar­bi­traire – et même contre le capitalisme…
. de Ber­na­nos (La France contre les robots) et du Comi­té invi­sible (À nos amis)..
. du temps qui passe et de la lutte quo­ti­dienne, phy­sique, pour arra­cher au capi­tal du temps pour soi.…
. de la bêtise (?) et du cynisme (indif­fé­rence à la souf­france d’autrui),
. du « com­plo­tisme » et des éti­quettes (per­sonne n’aime être étiqueté),
. d’Hen­ri Guillemin,
. du mérite et de la responsabilité,
. de l’école,
. de la socié­té (fic­tion utile ?),
. du jansénisme,
. de Fou­cault, de sa détes­ta­tion de « toute la tra­di­tion socia­liste » (1977) et de son rôle concep­tuel dans le néo­li­bé­ra­lisme, scien­tisme enne­mi de toute forme d’au­to­ri­té poli­tique (scien­tisme com­mun à l’URSS et à l’UE), rôle sou­li­gné par Alain Supiot (Du gou­ver­ne­ment par les lois à la gou­ver­nance par les nombres),
. de l’ap­port de Deleuze dans la pen­sée (mys­té­rieux pour moi),
. de l’im­por­tance d’être recon­nu par ses pairs (Cf. Thor­stein Veblen et la riva­li­té osten­ta­toire) et de ne pas être recon­nu par les pauvres (p. 93),
. de l’i­den­ti­té, que Fran­çois juge être « une fable » (p. 94), de l’u­ti­li­té des fables 🙂 , de Régis Debray (Éloge des frontières),
. du mot d’ordre des bour­geois : « tout sauf les classes ! » (p. 95),

Je vou­drais aus­si lire des pas­sages puis­sants de son livre.

Rien ne me ferait plus plai­sir que de pas­ser mon pro­cès de l’é­lec­tion au feu de son esprit critique.

J’ai par­ti­cu­liè­re­ment hâte d’y être.

Du fond du cœur, je remer­cie tout ceux qui com­prennent le sens de mon tra­vail et qui m’aident, un peu par­tout dans le pays et sur Inter­net, à résis­ter à la domination.

Étienne.

Étienne Chouard : « Je ne suis évidemment pas négationniste, ni antisémite, les chambres à gaz sont une horreur absolue qui ont tué des foules d’innocents, toutes les erreurs, toutes les manipulations et toutes les idéologies de domination devraient pouvoir être publiquement contestées en toute liberté, la Shoah est une des pires atrocités de l’histoire humaine, et tout mon travail depuis 15 ans consiste précisément à élaborer ensemble des STRUCTURES d’origine populaire qui empêchent durablement que de tels crimes puissent se reproduire. »

J’ai tou­jours été (et j’ai tou­jours dit être) sur la ligne de Noam Chom­sky, que j’ad­mire en tous points : 

Je ne suis évi­dem­ment pas néga­tion­niste, ni anti­sé­mite, les chambres à gaz sont une hor­reur abso­lue qui ont tué des foules d’in­no­cents, toutes les erreurs, toutes les mani­pu­la­tions et toutes les idéo­lo­gies de domi­na­tion devraient pou­voir être publi­que­ment contes­tées en toute liber­té, la Shoah est une des pires atro­ci­tés de l’his­toire humaine, et tout mon tra­vail depuis 15 ans consiste pré­ci­sé­ment à éla­bo­rer ensemble des STRUCTURES d’o­ri­gine popu­laire qui empêchent dura­ble­ment que de tels crimes puissent se reproduire.

Je pré­cise for­mel­le­ment ces pen­sées per­son­nelles car le micro­cosme poli­ti­cien et jour­na­lis­tique est en train de faire tour­ner en boucle quelques mots que j’ai osé dire à Denis Robert et Mathias Entho­ven il y a quelques jours sur Le Média : « je ne sais pas », en les défor­mant et en les mon­tant en épingle.

Je vou­drais remer­cier Denis Robert et Mathias Entho­ven qui m’ont offert ce jour-là une pos­si­bi­li­té de m’ex­pli­quer publi­que­ment sur les contro­verses qui cir­culent à mon sujet, et je sou­ligne que je prends leur invi­ta­tion et cet entre­tien comme des actes à la fois exi­geants et non malveillants. 

Je trouve que la plu­part des com­men­taires sous la vidéo, qui s’in­dignent des condi­tions de l’en­tre­tien, sont des contre­sens : Denis et Mathias cherchent à com­prendre hon­nê­te­ment qui je suis, en se par­lant à cœur ouvert, sans a priori.

Je dois bien recon­naître que je suis mal­adroit ; mais le lyn­chage média­tique qui s’or­ga­nise subi­te­ment autour de ces mal­adresses res­semble plus à un règle­ment de comptes pour se débar­ras­ser faci­le­ment d’un oppo­sant poli­tique qu’à une véri­table indi­gna­tion bien fondée.

En fait, je devrais car­ré­ment refu­ser de m’ex­pri­mer sur ces sujets, qui servent sur­tout aux puis­sants du moment à muse­ler leurs oppo­sants politiques.

Je pro­pose d’en repar­ler (un peu) jeu­di pro­chain sur Sud radio, avec Didier Maïs­to et Éli­sa­beth Lévy, et peut-être aus­si avec Fran­çois Bégaudeau.

[Edit – Voi­là l’en­tre­tien en question :
Sud Radio ! Y a du peuple, Seul contre tous ! Etienne Chouard débat avec Eli­sa­beth Lévy – 13/06/19

]

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​2​1​0​1​9​2​6​5​7​317


Quelques sources sur ce sujet, que je découvre et tra­vaille, pro­gres­si­ve­ment, depuis le jour de cette émis­sion (28 mai) :

https://​phdn​.org/​n​e​g​a​t​i​o​n​/​i​n​d​e​x​.​h​tml

https://​ici​.radio​-cana​da​.ca/​n​o​u​v​e​l​l​e​/​7​0​3​5​5​1​/​v​i​s​i​t​e​–​c​a​m​p​–​p​h​o​t​o​r​e​p​o​r​t​age

https://​www​.ama​zon​.fr/​v​o​i​x​–​s​o​u​s​–​c​e​n​d​r​e​–​S​o​n​d​e​r​k​o​m​m​a​n​d​o​s​–​d​A​u​s​c​h​w​i​t​z​–​B​i​r​k​e​n​a​u​/​d​p​/​2​2​5​3​1​1​5​258

https://​www​.ama​zon​.fr/​S​o​n​d​e​r​k​o​m​m​a​n​d​o​–​D​a​n​s​–​l​e​n​f​e​r​–​c​h​a​m​b​r​e​s​–​g​a​z​/​d​p​/​2​2​5​3​1​2​8​910

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​t​i​m​e​_​c​o​n​t​i​n​u​e​=​7​5​7​&​v​=​8​X​A​L​D​q​t​2​Qeg

Rendez-vous à BAYONNE le 10 juin : perspectives pratiques ouvertes — et travaillées un peu partout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens constituants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes constituants depuis le mois de décembre 2018

Ren­­dez-vous à BAYONNE le 10 juin 🙂
• Ren­contre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ate­liers consti­tuants (sur les médias) l’a­près midi,
• Conf-débat le soir, sur les pers­pec­tives pra­tiques ouvertes — et tra­vaillées un peu par­tout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens consti­tuants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes consti­tuants depuis le mois de décembre 2018 :

Évé­ne­ment FB : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​4​4​0​2​8​8​9​1​3​4​6​3​4​02/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​8​6​6​7​4​8​5​2​317

[Entretien TED historique, à ne pas oublier et à faire connaître partout] Julian Assange : pourquoi le monde a besoin de WikiLeaks

À écou­ter plu­sieurs fois, dont une fois le crayon à la main, pour appré­cier, goû­ter, la pen­sée, l’ac­tion, le cou­rage, la voix, le regard, le sou­rire, et fina­le­ment l’im­por­tance de ce jour­na­liste exemplaire.
Pen­ser à acti­ver les sous-titres fran­çais, puis pen­ser à les reti­rer pour se concen­trer sur l’i­mage et sur le son original)

Un nou­veau VOYAGE À LONDRES (pour sou­te­nir Julian) est pré­vu le 12 juin : 

https://yurplan.com/event/Soutien-Julian-Assange-le-12–06–2019-a-Londres/44517?fbclid=IwAR22DjEO56u1IBuvLVuU2jS-N9iLINUmYkYe-mVrgxoVs78KCu1rtfBHJEs#/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​9​7​4​0​5​2​3​2​317

[RIC ETM EPNM] Jeudi Chouard #13, 6 juin 2019 : LÉGITIMITÉ vs LÉGALITÉ, et ÉTAT DES LIEUX sur le foisonnement d’initiatives locales, souvent Gilets jaunes, autour du RIC

Demain, 6 juin 2019, à 20 h, ce sera Jeu­di Chouard #13 sur Sud radio, on va beau­coup par­ler du RIC (ETM en toutes matières et EPNM écrit par nous-mêmes), et ça va sans doute être passionnant.

[Edit : Voi­ci les vidéos : 

Y a du peuple, seul contre tous ! #13 (6÷6÷2019) Etienne Chouard avec Gil Mihaely :
1) Macron peut-il être réélu en 2022 ?
2) L’é­co­lo­gie est-elle com­pa­tible avec la mon­dia­li­sa­tion ? (1h) :

Jeu­di Chouard #13 (6÷6÷2019) LÉGITIMITÉ des RIC SAUVAGES – État des lieux du foi­son­ne­ment des ini­tia­tives locales « Gilets Jaunes Consti­tuants » dans le pays (3h) :


]

Je rece­vrai d’a­bord Quen­tin Char­don, étu­diant en 5ème année de droit que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment effi­cace dans l’art d’ex­pli­quer (vous allez voir comme il est clair et convain­cant), pour qu’il nous explique le concept essen­tiel de LÉGITIMITÉ, à bien dis­tin­guer, évi­dem­ment, de celui de LÉGALITÉ, et vous ver­rez son talent à choi­sir ses exemples… Je trouve ce jeune homme épatant 🙂 

Et on appli­que­ra ensuite ce concept de légi­ti­mi­té aux RICS SAUVAGES (qui se mul­ti­plient un peu par­tout), ain­si qu’à toutes les ini­tia­tives popu­laires qu’on détaille­ra pen­dant la soi­rée, mais aus­si aux actions des élus, pré­si­dents et autres représentants.

Ensuite d’autres per­sonnes vont enchaî­ner sur des des­crip­tions des innom­brables ini­tia­tives locales qui se mul­ti­plient autour du RIC : RIC sau­vages (légi­times ou pas ?), pro­jets de listes RIC pour les pro­chaines muni­ci­pales un peu par­tout (sur­tout dans les toutes petites com­munes, plus faci­le­ment gagnables), etc.

Je rece­vrai donc Hakim Löwe, qui bosse depuis vingt ans sur la démo­cra­tie et sur l’in­tel­li­gence col­lec­tive, l’é­du­ca­tion popu­laire. Il fait beau­coup d’AG sur le RIC (on com­mence d’ailleurs à l’ap­pe­ler « Mon­sieur RIC » 🙂 ). Il est bour­ré de talents péda­go­giques et il fait sou­vent des ate­liers, des exer­cices et des simu­la­tions en taille réelle… Il vient de fon­der « Objec­tif RIC », https://​objec​tif​-ric​.org/, et il va nous en parler.

Je rece­vrai aus­si Mike TDi, un autre per­son­nage ravi­go­tant, qui, lui, bosse sur le pro­jet « Culture RIC », https://​culture​-ric​.fr/, et vous allez voir que ça décoiffe : il s’a­git de regrou­per et de décrire toutes les ini­tia­tives rela­tives au RIC dans le pays, c’est enthousiasmant. 

J’es­père que Daniel Vienne, celui qui, depuis début décembre, donne vie à de nom­breuses idées pour pro­mou­voir le RIC à par­tir de Saint-Clair-du-Rhône, vou­dra bien inter­ve­nir aus­si, pour don­ner toutes les pistes d’ac­tions, concrètes et pro­met­teuses, qu’il ima­gine (et il en ima­gine tous les jours de nou­velles, il pétille d’i­dées sans arrêt 🙂 ).

Pris­cil­lia (Ludos­ki) sera là, elle aus­si, pour ques­tion­ner la légi­ti­mi­té de nom­breuses actions qu’elle a eu à connaître autour des gilets jaunes.

Domi­nique Gaigne sera là éga­le­ment, fidèle au poste 🙂

Et Didier (Maïs­to) sera demain soir avec nous, comme ange gar­dien de Sud radio 🙂

On sera huit en tout. C’est beau­coup. Je pense qu’il fau­dra que Didier, Pris­cil­lia et moi par­lions moins que d’ha­bi­tude 🙂 pour lais­ser de la place à tous ces mécon­nus connais­seurs du RIC.

Tout ça, j’en suis sûr, va don­ner la pèche à tout le monde (et aus­si plein d’i­dées pra­tiques d’or­ga­ni­sa­tion), par le simple fait de savoir tout ce qu’in­ventent et mettent en place les Gilets jaunes (sans qu’au­cun média mains­tream n’en parle jamais, évidemment).

J’ai très hâte d’être à demain soir 🙂

Mer­ci à tous pour tous vos vibrants mes­sages, vous êtes vrai­ment très gen­tils ; vous me don­nez beau­coup de force en res­tant unis et déter­mi­nés sur l’es­sen­tiel : il ne faut pas élire l’as­sem­blée consti­tuante, il faut que ce soit des simples citoyens qui écrivent (et défendent ensuite) la Consti­tu­tion ; il faut que le pro­ces­sus consti­tuant soit popu­laire, strictement.

Étienne.

PS : excep­tion­nel­le­ment, de 19 h à 20 h, je n’au­rai pas comme contra­dic­teur Régis ou Éli­sa­beth (qui sont rete­nus), mais Gil Mahae­ly, co-fon­­da­­teur de Cau­seur.


Voi­ci main­te­nant quelques docu­ments pour vous don­ner une idée du foi­son­ne­ment dont on va par­ler demain : 

OBJECTIF RIC

https://​objec​tif​-ric​.org/

(pré­sen­té par Hakim)

Depuis la fin de l’année 2018, l’introduction dans notre sys­tème consti­tu­tion­nel d’une pro­cé­dure de réfé­ren­dum d’initiative citoyenne (RIC), par­fois aus­si appe­lée réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, est d’actualité. Déjà ins­ti­tu­tion­na­li­sée dans bien des pays d’Europe et d’ailleurs sous diverses moda­li­tés, cette pro­cé­dure a été popu­la­ri­sée en France à l’aune du mou­ve­ment des « gilets jaunes ». Depuis, les son­dages ont mon­tré qu’une majo­ri­té des Fran­çaises et Fran­çais s’estime favo­rable à son ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion, dépas­sant ain­si lar­ge­ment le sou­tien au mou­ve­ment des « gilets jaunes ».

Le pro­jet « Objec­tif RIC » entend orga­ni­ser la co-construc­­tion citoyenne d’une pro­po­si­tion d’objet légis­la­tif répon­dant à cette attente et adap­tée au sys­tème poli­tique fran­çais. Cette éla­bo­ra­tion se veut démo­cra­ti­que­ment exem­plaire, contra­dic­toire et transparente. 

Elle se décom­po­se­ra en trois étapes : 

1/ des audi­tions exhaus­tives des ana­lyses, des pro­po­si­tions et des prises de posi­tions poli­tiques quant au RIC ; 

2/ des ate­liers inclu­sifs et nor­més de co-construc­­tion de propositions : 

3/ une vota­tion finale de la pro­po­si­tion retenue. 

« Objec­tif RIC » ras­semble désor­mais plu­sieurs cen­taines de volon­taires et orga­nise d’ores-et-déjà la pre­mière phase de l’élaboration d’un RIC français.

 


CULTURE-RIC

https://​culture​-ric​.fr/

(pré­sen­té par Mike TDi)

- Rai­son d’être


☞ Au préa­lable, défi­nis­sons : « consen­sus » et « consentement »

– La recherche, dans chaque étape, le plus de « légi­ti­mi­té » et de « repré­sen­ta­ti­vi­té » comme fil conduc­teur non négociable. 

- La méthode 


☞ Au préa­lable défi­nis­sons « les grands prin­cipes » et « les modalités » 

En 1) Fai­sons l’inventaire de ce que doit être ou per­mettre le RIC et ce qu ‘il ne doit pas être ou ne pas per­mettre, et fai­sons la dif­fé­rence entre ses grands prin­cipes et ses moda­li­tés d’application.

En 2) Déter­mi­nons le pro­ces­sus d’un RIC, trou­vons les grandes étapes et les sous étapes suc­ces­sives de la nais­sance d’une pro­blé­ma­tique à l’application de la déci­sion prise par RIC. 

En 3) Trou­vons ces fameuses moda­li­tés d’application qui devront res­pec­ter l’a­vis des Fran­çais 1) et 2).

À cette étape, ce « cadre » dans lequel les pro­po­si­tions de RIC ont inté­rêt à ren­trer le plus pos­sible, rem­placent poten­tiel­le­ment le cadre de la pho­to de Macron dans 80 % des Mairies…

En 4) Écri­vons le pro­jet de loi consti­tu­tion­nelle et orga­nique néces­saire pour que cela res­pecte 1), 2) et 3) 

À cette Etape, le RIC écrit par nous-mêmes rem­place la pho­to de Macron à l’Elysée.

En 5) Trou­vons la solu­tion pour ins­tau­rer le RIC Consen­ti par les citoyen(ne)s dans notre consti­tu­tion. Intro­duc­tion au Muni­ci­pa­lisme (Daniel) ?

En 6) Ins­pi­rons les pays voi­sins avec le pre­mier RIC démocratique.

- Les outils :

• Carte des ate­liers citoyens, locaux + en ligne + ceux recensent des « copains » + éven­tuel­le­ment ceux vou­lant trans­mettre de l’info (en ligne ou localement) 

• Agen­da des agen­das RIC ( confé­rences, réunions ate­liers locales ou en lignes + divers )

• La biblio-RIC , tout ce que l’on trouve et que l’on a le temps de trier et clas­ser autour du ric

• Les réseaux sociaux, Face­book, Dis­cord (et NEXXO)
. Face­book page Culture-RIC (actuel­le­ment 1500 abonnés)
. Dis­cord per­met les réunions en ligne et le sto­ckage thé­ma­ti­sé de liens d’informations (pra­tique et per­for­mant mais pas acces­sible au plus grand nombre) 

• Le SITE WEB qui est comme le RIC, à l’initiative des citoyens. et actuel­le­ment en construction
. site ouvert avec 20% de taux de rem­plis­sage d’infos (appel à compétences)
. Il coûte un temps de DINGUE ! (ques­tion de savoir si on veut aller plus vite ou plus pro etc) et de toute façon va fal­loir aider tsha tsha parce qu’elle se met en dan­ger dans son taf là )

- Les perspectives : 

« Créer c’est résis­ter et résis­ter c’est créer » CNR

• Outils de ver­sion­ning (pla­te­forme clas­sique ame­lio­ré ou spécifique)
• Outils de vota­tion numé­rique et vocal
• Tout ce que l’on n’a pas encore pen­sé mais que l’intelligence col­lec­tive nous promet

CONCLUSION


L’image de la cocotte minute, le gou­ver­ne­ment a posé et fer­mé le cou­vercle, ce qui méca­ni­que­ment aug­mente la pres­sion qui ne se voit pas mais se res­sent tou­jours… On va l’entendre sif­fler et bien­tôt ça sen­ti­ra bon par­tout dans la maison .

 


ACTUALITÉ DU RIC (juin 2019)
RÉCAPITULATIF DES INITIATIVES CITOYENNES AUTOUR DU RIC (élaboré par Leo Girod)

TABLEAU « TOUT SUR LE RIC » :


https://​docs​.google​.com/​s​p​r​e​a​d​s​h​e​e​t​s​/​d​/​1​0​Q​z​v​–​g​W​9​K​–​E​j​i​S​H​g​a​E​a​8​v​–​1​W​Z​M​h​j​X​W​H​4​2​T​8​y​z​w​b​7​0​H​4​/​e​dit

Atten­tion, il y a SIX FEUILLES (onglets en bas du tableau ci-des­­su). Ce tableau est d’une richesse inouïe. Mer­ci Léo !!!

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet : 

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​9​5​4​5​7​6​1​7​317

Premier échange de vues avec Charles Gave (29 mai 2019)

https://​you​tu​.be/​9​R​l​z​y​D​M​S​B​k​4​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be

Cet échange m’a paru vrai­ment très court… 🙂

Hâte de recom­men­cer, pour appro­fon­dir quelques sujets importants :

. Qui est légi­time pour créer la mon­naie, avec quels risques et avec quels effets ?

. À qui sert le libre-échange ?

. Quel est le bon rôle pour l’État en matière éco­no­mique et finan­cière ? Faut-il régu­ler les acti­vi­tés pri­vées ou les déréguler ?

. Le « libé­ra­lisme » est-il bon pour tout le monde ? ou bien libé­ral pour quelques uns et escla­va­giste pour le plus grand nombre ?

. Quand le chô­mage mar­ty­rise la socié­té, faut-il mener des poli­tiques de l’offre ou des poli­tiques de la demande ?

. Faut-il aban­don­ner aux experts (les pré­ten­dus « éco­no­mistes ») la prise des décisions ? 

Etc.

Après les élections européennes : entretien avec Coralie Delaume et Pierre Levy (Ruptures Presse)

 

Première émission du Point de Ruptures – Rôle des médias, vote écolo, souveraineté bafouée, etc. : le décryptage des européennes

https://​rup​tures​-presse​.fr/​a​c​t​u​/​v​i​d​e​o​–​r​u​p​t​u​r​e​s​–​p​o​i​n​t​–​e​u​r​o​p​e​e​n​n​es/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​8​8​9​4​0​4​4​7​317

Notre régime actuel et les outils démocratiques possibles : rendez-vous à BAYONNE lundi prochain, 10 juin 2019

Ren­­dez-vous à BAYONNE lun­di pro­chain, 10 juin 2019

• Ren­contre sur quelques ronds-points dans la matinée,
• Ate­liers consti­tuants (sur les médias) l’a­près midi,
• Conf-débat le soir, sur la cri­tique citoyenne du « régime » actuel et sur les pers­pec­tives démo­cra­tiques ouvertes — et tra­vaillées un peu par­tout en France et dans d’autres pays — par les Citoyens consti­tuants depuis 2005, puis par les Gilets jaunes consti­tuants depuis décembre 2018.

Hâte de vous y retrouver.
Ces dépla­ce­ments per­ma­nents sont érein­tants, évi­dem­ment, mais ils sont sur­tout pas­sion­nants et émouvants.
Sacrée tranche de vie, je peux vous dire…

Mer­ci à vous tous qui don­nez du temps et de l’énergie pour que le mou­ve­ment conti­nue sans trop se divi­ser et en res­tant bien concen­tré sur l’essentiel.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​7​1​8​6​6​7​4​8​5​2​317

Franck Lepage (mars 2019) : gilets jaunes, RIC écrit par nous-mêmes = institution subversive maximale, résistance radicale au capitalisme, lutte des classes, écologistes = opposition contrôlée, violences…

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​7​1​8​3​3​0​3​8​8​2​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

Jeudi Chouard #12, 30 mai 2019 : FRANC CFA et GBAGBO – L’exemple africain pour comprendre quelques rouages importants de l’asservissement des peuples (et pour organiser la résistance partout sur terre) ; avec Nicolas AGBOHOU, Bernard HOUDIN et François MATTEI

Chers amis,

Comme vous le savez, je tra­vaille depuis quinze ans prin­ci­pa­le­ment sur trois chan­tiers : la démo­cra­tie (néces­sai­re­ment ins­ti­tuée par les peuples eux-mêmes), la mon­naie (néces­sai­re­ment sous contrôle citoyen) et l’U­nion euro­péenne (pri­son mar­chande 2.0 dont il fau­drait s’é­chap­per au plus vite).

Ce sont les deux pre­miers chan­tiers (droit des peuples à déci­der d’eux-mêmes et asser­vis­se­ment par le contrôle de la mon­naie – et par la dette) que je vous pro­pose de tra­vailler ce soir, avec deux grands scan­dales à l’é­tran­ger : le franc CFA, encore impo­sé par la France à 14 pays afri­cains et le coup d’État fran­çais contre Laurent Gbag­bo en Côte d’I­voire. Vous allez voir que ces deux coups de force per­pé­trés à l’é­tran­ger, à l’aide d’une puis­sante cor­rup­tion poli­ti­cienne, poussent à réfléchir…

[Édit : voi­ci la vidéo :

(2 juin) ÉC]

Ce soir, jeu­di 30 mai 2019, à 20h, je rece­vrai sur Sud radio, en direct :

1) Nicolas AGBOHOU, qui a écrit « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique » (éditions Solidarité mondiale, sept. 2012) :


https://​www​.san​go​net​.com/​P​r​o​m​o​a​/​C​F​A​–​E​u​r​o​A​f​r​i​.​h​tml

Pour Jean ZIEGLER (écri­vain et Pro­fes­seur à l’U­ni­ver­si­té de Genève en Suisse) :

 » Nico­las AGBOHOU [doc­teur en éco­no­mie poli­tique] a écrit un livre de révolte, intel­li­gent et puis­sant. Livre d’économiste d’abord. En homme de science, éru­dit et pré­cis. L’auteur démontre le méca­nisme de la répres­sion moné­taire des anciennes colo­nies de la France. Le main­tien du Franc CFA, en d’autres termes : la cami­sole de force des pays afri­cains enser­rés dans la zone franc, est pour lui la pre­mière cause de la per­sis­tante misère, de l’humiliation per­ma­nente, du sous-déve­­lop­­pe­­ment deve­nu réa­li­té miné­rale des pays d’Afrique francophone…

Nico­las AGBOHOU défend sa thèse avec un lan­gage vif, tran­ché et une foule d’arguments logiques et d’énoncés per­ti­nents. Il est le contraire de ces scien­ti­fiques dés­in­car­nés et mornes qui, usant de leur éru­di­tion, énoncent des évi­dences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Afri­cain, pas­sion­né­ment. C’est un patriote conti­nen­tal. Un homme en révolte. Bref : un intel­lec­tuel enga­gé au ser­vice des luttes popu­laires et des lumières à venir.

AGBOHOU appelle donc à la renais­sance, à la revi­ta­li­sa­tion des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humi­lia­tions ne subissent-ils pas, les Afri­caines et Afri­cains de cette fin de millénaire !

Ce livre est néces­saire. Il faut le dif­fu­ser lar­ge­ment et le lire avec attention. »


2) Bernard HOUDIN qui a écrit « GBAGBO, un homme, un destin » (éditions Max Milo, déc. 2018) :


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​g​b​a​g​b​o​–​u​n​–​h​o​m​m​e​–​u​n​–​d​e​s​t​in/

En 2000, à la sur­prise géné­rale, l’opposant Laurent Gbag­bo gagne les élec­tions en Côte d’Ivoire, vitrine de la « Fran­ça­frique » depuis l’époque d’Houphouët-Boigny.
Cette vic­toire his­to­rique et démo­cra­tique ne va pas être « accep­tée » par l’ex-puissance colo­niale. Au prix d’une inter­ven­tion mili­taire, le 11 avril 2011, Nico­las Sar­ko­zy va ins­tal­ler au pou­voir Alas­sane Ouat­ta­ra et orches­trer, avec Luis More­­no-Ocam­­po, le pro­cu­reur de la Cour pénale inter­na­tio­nale (CPI), le trans­fert de Laurent Gbag­bo à La Haye.

Après sept ans de déten­tion et trois ans de pro­cès au cours duquel sont appa­rues au grand jour les mani­pu­la­tions et errances de la jus­tice inter­na­tio­nale, l’heure de la véri­té a son­né. S’appuyant sur des docu­ments confi­den­tiels, en par­ti­cu­lier entre les auto­ri­tés fran­çaises et la CPI, l’auteur fran­­co-ivoi­­rien retrace la vraie his­toire de ce com­bat sans mer­ci pour la sou­ve­rai­ne­té de la Côte d’Ivoire.


et 3) François MATTEI, qui a écrit, avec Laurent Gbagbo lui-même, « LIBRE, pour la vérité et la justice » (éditions Max Milo, nov. 2018)


https://​www​.max​mi​lo​.com/​p​r​o​d​u​i​t​/​l​i​b​re/

Chas­sé du pou­voir manu mili­ta­ri par l’armée fran­çaise le 11 avril 2011, à l’issue de l’élection pré­si­den­tielle contes­tée de novembre 2010 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbag­bo a été accu­sé de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale inter­na­tio­nale (CPI) de La Haye le 5 décembre 2011.

Ce livre, écrit à par­tir de 2012, grâce à de très nom­breuses visites et entre­tiens en pri­son, est le seul à avoir été réa­li­sé avec la par­ti­ci­pa­tion du pré­sident ivoi­rien pen­dant son incar­cé­ra­tion et son procès.

Ce témoi­gnage unique appa­raît plus que jamais comme un docu­ment pour l’histoire, parce qu’il met en lumière les mani­pu­la­tions du scru­tin de 2010, les conni­vences entre la France de Nico­las Sar­ko­zy et la CPI pour se débar­ras­ser de Laurent Gbag­bo, jusqu’aux mon­tages et manœuvres dila­toires qui ont enta­ché « le Gbagbogate ».

À l’occasion de nou­velles ren­contres avec Fran­çois Mat­tei, Laurent Gbag­bo revient sur ses sept années de pri­son, en donne le sens et dévoile sa vision de l’avenir. Celle, quoi qu’il arrive, d’un homme libre.


Pour vous pré­pa­rer à cette soi­rée, je vous pro­pose de voir les quelques docu­ments suivants : 

- ITV (août 2017) de Nico­las Agbo­hou sur Afri­ca 24 : 

- ITV (fév 2019) de Ber­nard Hou­din sur TV5 Monde Afrique :

https://afrique.tv5monde.com/videos/magazines/et-si-vous-me-disiez-toute-la-verite/season-2018–2019/episode-21–2

- ITV (fin mai 2019) de Ber­nard Hou­din par Michel Col­lon (pas­sion­nant) :

- ITV (janv 2019) de Ber­nard Hou­din sur L’Opinion :

https://​you​tu​.be/​4​l​z​L​3​z​t​R​8wc

- ITV radio de Ber­nard Hou­din sur Abid­jan TV :

- ITV (janv 2019) de Fran­cois Mat­tei sur Sputnik : 

- ITV pas­sion­nante (janv 2019) de Fran­cois Mat­tei par Ber­coff sur Sud radio :

https://​www​.sudra​dio​.fr/​m​o​n​d​e​/​f​r​a​n​c​o​i​s​–​m​a​t​t​e​i​–​l​a​u​r​e​n​t​–​g​b​a​g​b​o​–​e​s​t​–​u​n​–​v​r​a​i​–​d​e​m​o​c​r​ate

https://​you​tu​.be/​C​l​y​F​e​_​w​I​c38


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DÉMOCRATIE DIRECTE OU RIC ? : rendez-vous à TOULOUSE le 9 juin au Parc des Expositions, avec Christian Laurut


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Ça va être une très chouette rencontre 🙂

Étienne.

Voir aus­si Démo­cra­tie directe : avan­tages et inconvénients


⚠ INSCRIPTION néces­saire en ligne sur Hel­loAs­so : fra​ma​.link/​n​p​U​f​B​DFF
Le nombre de place est limi­té, ATTENTION ⚠

Les « VRAIS DÉBATS citoyens » des #Gilets­jaunes pré­sentent « VERS LA DÉMOCRATIE… » 📣

✅ Dimanche 9 juin de 10H à 19H.
✅ HALL 8 Parc des Expo­si­tions à #Tou­louse, métro Palais de Justice
✅ Buvette et res­tau­ra­tion sur place. Vegans bienvenus.

⏱ 10H00 : Accueil : LA DÉMOCRATIE EN QUESTION

🔸 LE RIC (Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne) par Etienne Chouard
🔸 LA DÉMOCRATIE DIRECTE par Chris­tian Laurut
🔸 QUESTIONS DU PUBLIC AUX INTERVENANTS

⏱ 12H30 : Pause repas

⏱ 13H45 : Reprise. STRATÉGIE DE CHANGEMENT DE RÉGIME POLITIQUE & PROCESSUS CONSTITUANT,

🔸DÉBAT E. Chouard / C. Lau­rut / AVEC LE PUBLIC.
🔸 VOTATION SYMBOLIQUE au sujet du REFERENDUM CONSTITUTIONNEL (Approu­­vez-vous que les citoyens écrivent eux-même la constitution)
🔸 ATELIER CONSTITUANT

⏱ 18H30 : Conclu­sion et fin.

#GJ #France #Yel­low­Vests #Gilet­jaune #Démo­cra­tie

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Pre­mière partie :

Deuxième par­tie :

Ate­liers consti­tuants l’après-midi :

Jeudi Chouard #11, 23 mai 2019, avec Régis de Castelnau sur Sud Radio, je recevais Charles-Henri Gallois de l »UPR et Joël Périchaud du Pardem

Ce Jeu­di Chouard #11, avec Régis de Cas­tel­nau sur Sud Radio, je rece­vais Charles-Hen­­ri Gal­lois de l’U­PR et Joël Péri­chaud du Par­dem, pour étu­dier les LIENS entre la pri­son euro­péenne et nos dif­fi­cul­tés quo­ti­diennes : on a par­lé des détes­tables et cri­mi­nelles GOPÉ, Grandes Orien­ta­tions des Poli­tiques Éco­no­miques européennes.

. Voi­ci la pre­mière heure, inti­tu­lée « y’a du peuple. Seul contre tous » #11 le 23 mai 2019, où l’on parle de la liber­té d’in­for­mer puis de la DÉSINDEXATION DES RETRAITES PAR DES DÉPUTÉS QUI SE SONT BIEN ARRANGÉS POUR NE RIEN CRAINDRE POUR LEUR PROPRE RETRAITE : 

. Et les trois heures sui­vantes, inti­tu­lées « Jeu­di Chouard, l’heure des citoyens consti­tuants » #11, le 23 mai 2019, où l’on parle des argu­ments soit pour élire soit pour s’abs­te­nir (ou boy­cot­ter), puis où l’on parle des GOPÉ. 

Et où je découvre que régu­ler les prises de parole, c’est un métier 🙂 J’ai plu­sieurs fois eu l’im­pres­sion de revivre l’é­mis­sion « droit de réponse » d’au­tre­fois, avec ses cha­huts mais bien vivants, à l’é­poque où il pas­sait par­fois des choses inté­res­santes à la télévision.

Peut-être cette émis­­sion-ci a‑t‑elle été trop poli­ti­cienne, par­don, et dans doute aurais-je dû invi­ter un mili­tant FI et deux GJ pour expli­quer leur pro­jet de listes GJ. À y réflé­chir après-coup, je m’en veux de ces oublis, pardon : 

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Disqualifier pour mieux dominer : LE COMPLOT DES ANTICOMPLOTISTES

[Rap­pel d’un papier IMPORTANT de Fré­dé­ric Lordon,
dans Le Monde diplo­ma­tique, en octobre 2017]

Dis­qua­li­fier pour mieux dominer :
LE COMPLOT(ISME) DE L’ANTICOMPLOTISME

L’image est fami­lière : en haut, des gens res­pon­sables se sou­cient du ration­nel, du pos­sible, du rai­son­nable, tan­dis que ceux d’en bas, constam­ment ingrats, imputent à leurs diri­geants une série de mal­veillances. Mais l’obsession du com­plot ne relève-t-elle pas plu­tôt des strates les plus éle­vées de la socié­té ? Les jour­na­listes repre­nant les idées du pou­voir pri­vi­lé­gient eux aus­si cette hantise.

Après « réforme », « moderne » et « logi­ciel » (« en chan­ger »), « com­plo­tisme » est en train de deve­nir le nou­vel indice du cré­tin, le mar­queur qui situe imman­qua­ble­ment son homme. Un ordre social de plus en plus révol­tant à un nombre crois­sant de per­sonnes réduit néces­sai­re­ment ses conser­va­teurs aux pro­cé­dés les plus gros­siers pour ten­ter d’endiguer une contes­ta­tion dont le flot ne cesse de monter. 

Au demeu­rant, on sait que cet ordre entre en crise pro­fonde quand, vide d’arguments, il ne trouve plus à oppo­ser que des dis­qua­li­fi­ca­tions. Comme un pre­mier mou­ve­ment de panique, « anti­sé­mi­tisme » a été l’une des plus tôt jetées à la tête de toute cri­tique du capi­ta­lisme ou des médias (1). Mais, même pour l’effet de souffle, on ne sort pas d’emblée la bombe ato­mique s’il s’agit sim­ple­ment d’éteindre un départ de feu. C’est que par défi­ni­tion on ne peut pas se livrer à un usage ordi­naire et à répé­ti­tion de la muni­tion maxi­male, sauf à lui faire perdre rapi­de­ment toute effi­ca­ci­té. Ses usages ten­dan­ciel­le­ment gro­tesques sou­li­gnant son igno­mi­nie de prin­cipe, le pro­cé­dé a fata­le­ment entraî­né l’autodisqualification de la disqualification.

Sup­po­sé moins cou­vrir ses propres uti­li­sa­teurs de honte et mieux cali­bré pour l’arrosage exten­sif, sus­cep­tible par là d’être rapa­trié dans le domaine du com­men­taire ordi­naire, le « com­plo­tisme » est ain­si deve­nu le nou­veau lieu de la bêtise jour­na­lis­tique — et de ses dépen­dances, phi­lo­sophe déri­soire ou socio­logue de ser­vice. Signe des temps, il faut moins invo­quer la mau­vaise foi que l’effondrement intel­lec­tuel de toute une pro­fes­sion pour com­prendre ses impos­si­bi­li­tés de com­prendre, et notam­ment de com­prendre deux choses pour­tant assez simples. 

D’abord que la seule ligne en matière de com­plots consiste à se gar­der des deux écueils symé­triques qui consistent l’un à en voir par­tout, l’autre à n’en voir nulle part — comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concer­tées et dissimulées… 

Ensuite que le com­plo­tisme, ten­dance évi­dem­ment avé­rée à sai­sir tous les faits de pou­voir comme des conspi­ra­tions, deman­de­rait sur­tout à être lu comme la dérive patho­lo­gique d’un mou­ve­ment pour en finir avec la dépos­ses­sion, d’un effort d’individus ordi­naires pour se réap­pro­prier la pen­sée de leur situa­tion, la pen­sée du monde où ils vivent, confis­quée par des gou­ver­nants sépa­rés entou­rés de leurs experts — bref, un effort, ici dévoyé, mais un effort quand même, pour sor­tir de la pas­si­vi­té. « Vou­loir tout trai­ter en cachette des citoyens, et vou­loir qu’à par­tir de là ils ne portent pas de juge­ments faux et n’interprètent pas tout de tra­vers, écri­vait il y a déjà long­temps Spi­no­za, c’est le comble de la stu­pi­di­té (2). »

Mais il y a deux faces au débat, et s’il y a lieu de com­prendre le méca­nisme qui fait voir des com­plots par­tout, il y a lieu symé­tri­que­ment de com­prendre celui qui fait voir du com­plo­tisme par­tout. Or ni l’existence — réelle — de délires conspi­ra­tion­nistes ni l’intention dis­qua­li­fi­ca­trice, quoique mas­sive, ne rendent entiè­re­ment compte de l’obsession non pas pour les com­plots, mais pour les com­plo­tistes — un com­plo­tisme anti­com­plo­tiste, si l’on veut… Si cette nou­velle idée fixe trouve si bien à pros­pé­rer, c’est aus­si parce qu’elle trouve une pro­fonde res­source dans des formes de pen­sée spon­ta­nées à l’œuvre dans un milieu : le milieu des domi­nants, dont les jour­na­listes, qui aux étages infé­rieurs en occupent les chambres de bonne, sont à leur tour imbi­bés comme par un fatal dégât des eaux.

La para­noïa des puissants

C’est que, par construc­tion, être un domi­nant, c’est par­ti­ci­per à des jeux de pou­voir, être immer­gé dans leurs luttes, en vivre toutes les ten­sions, et notam­ment l’impérieuse obli­ga­tion de la vigi­lance, c’est-à-dire l’anticipation des menées adverses, l’élaboration de ses propres stra­té­gies et contre-stra­­té­­gies pour conser­ver ou bien déve­lop­per ses posi­tions de pou­voir. En réa­li­té, dans ses strates les plus hautes, la divi­sion fonc­tion­nelle du tra­vail est inévi­ta­ble­ment dou­blée par une divi­sion du pou­voir… la seconde ayant pour pro­prié­té de vam­pi­ri­ser la pre­mière : les hommes de pou­voir, dans l’entreprise comme dans n’importe quelle ins­ti­tu­tion, s’activent en fait bien moins à ser­vir la fonc­tion où les a pla­cés la divi­sion du tra­vail qu’à pro­té­ger les posi­tions dont ils ont été par là dotés dans la divi­sion du pouvoir. 

Or la logique sociale du pou­voir est si forte qu’accéder à une posi­tion conduit dans l’instant à envi­sa­ger sur­tout le moyen de s’y faire recon­duire, ou bien de se haus­ser jusqu’à la sui­vante. On rêve­rait de pou­voir obser­ver les jour­nées d’un patron de chaîne, d’un direc­teur de jour­nal, d’un cadre diri­geant, d’un haut fonc­tion­naire, d’un magis­trat ou d’un man­da­rin uni­ver­si­taire lou­chant vers le minis­tère, pour y chro­no­mé­trer, par une sorte de tay­lo­risme retour­né à l’envoyeur, les parts de son temps res­pec­ti­ve­ment consa­crées à rem­plir la fonc­tion et à main­te­nir la posi­tion. La pathé­tique véri­té des orga­ni­sa­tions peut conduire jusqu’à cette extré­mi­té, en fait fré­quem­ment atteinte, où un diri­geant pour­ra pré­fé­rer atten­ter aux inté­rêts géné­raux de l’institution dont il a la charge si c’est le moyen de défaire une oppo­si­tion interne inquié­tante ou d’obtenir la faveur déci­sive de son suze­rain — et il y a dans ces divi­sions duales, celle du tra­vail et celle du pou­voir, une source trop mécon­nue de la dys­fonc­tion­na­li­té essen­tielle des institutions.

La logique même du pou­voir, dont la conquête et la conser­va­tion sont immé­dia­te­ment affaire d’entreprise déci­dée, voue par construc­tion les hommes de pou­voir à occu­per alter­na­ti­ve­ment les deux ver­sants du com­plot : tan­tôt com­plo­teurs, tan­tôt complotistes. 

En réa­li­té, le com­plot est leur élé­ment même, soit qu’ils s’affairent à en éla­bo­rer pour par­ve­nir, soit que, par­ve­nus, ils com­mencent à en voir par­tout qui pour­raient les faire sau­ter. On n’imagine pas à quel degré la forme com­plot imprègne la pen­sée des puis­sants, jusqu’à la satu­rer entiè­re­ment. Leur monde men­tal n’est qu’un gigan­tesque Krieg­spiel. La carte du théâtre des opé­ra­tions est en per­ma­nence sous leurs yeux, leurs antennes constam­ment déployées pour avoir connais­sance du der­nier mou­ve­ment, leur éner­gie men­tale englou­tie par la pen­sée du coup d’avance, leur temps colo­ni­sé par le constant tra­vail des alliances à nouer ou à conso­li­der. Bien davan­tage que l’égarement de quelques simples d’esprit, habi­ter le monde violent des domi­nants, monde de menaces, de coups et de parades, est le plus sûr pas­se­port pour le com­plo­tisme. Le pire étant que, pour un homme de pou­voir, la para­noïa n’est pas une patho­lo­gie adven­tice : elle est un devoir bien fon­dé. La ques­tion constante de l’homme de pou­voir, c’est bien : « Qu’est-ce qui se trame ? »

Vivant objec­ti­ve­ment dans un monde de com­plots, les hommes de pou­voir déve­loppent néces­sai­re­ment des formes de pen­sée com­plo­tistes. La dénon­cia­tion obses­sion­nelle du com­plo­tisme, c’est donc pour une large part la mau­vaise conscience com­plo­tiste des domi­nants pro­jec­ti­ve­ment prê­tée aux domi­nés. Le pre­mier mou­ve­ment de M. Julien Dray, voyant sor­tir les pho­to­gra­phies d’une femme en bur­ki­ni expul­sée de la plage par la police muni­ci­pale de Nice à l’été 2016, est de consi­dé­rer qu’il s’agit d’une mise en scène des­ti­née à pro­duire des cli­chés d’expulsion. M. Jean-Chris­­tophe Cam­ba­dé­lis, ahu­ri des mésa­ven­tures new-yor­­kaises de son favo­ri Domi­nique Strauss-Kahn en 2011, assure qu’il a « tou­jours pen­sé, non pas à la théo­rie du com­plot, mais à la théo­rie du piège (3) » — c’est en effet très différent.

Sans doute y a‑t‑il une forme d’injustice à ce que, de cet effet pro­jec­tif, ce soient les jour­na­listes ou les publi­cistes, domi­nés des domi­nants, qui portent cepen­dant l’essentiel du poids de ridi­cule. Car les domi­nants eux-mêmes lâchent rare­ment le fond de leur pen­sée : leur sau­va­ge­rie la rend impré­sen­table, et puis ce sont tou­jours des schèmes com­plo­tistes par­ti­cu­liers qu’il y aurait à y lire : « celui-ci me monte une cabale », « ceux-là m’orchestrent un coup », etc. Iro­ni­que­ment, ce sont donc des agents sim­ple­ment satel­lites des plus hauts lieux de pou­voir, donc moins direc­te­ment enga­gés dans leurs para­noïas, qui vont se char­ger de faire pas­ser les schèmes com­plo­tistes par­ti­cu­liers au stade de la géné­ra­li­té, puis de les ver­ba­li­ser comme tels, mais bien sûr tou­jours selon le mou­ve­ment d’extériorisation qui consiste à les prê­ter à la plèbe.

Il est fatal que la forme de pen­sée com­plo­tiste passe ain­si de ceux qu’elle habite en pre­mière ins­tance à ceux qui racontent leur his­toire. D’abord parce que les jour­na­listes poli­tiques se sont défi­ni­ti­ve­ment abî­més dans les « cou­lisses », les « arcanes » et le « des­sous des cartes », manière osten­ta­toire de faire savoir qu’« ils en sont », mais sur­tout pers­pec­tive qui emporte néces­sai­re­ment la forme com­plot. Ensuite parce que la fré­quen­ta­tion assi­due de leurs « sujets » se prête idéa­le­ment à la com­mu­ni­ca­tion et au par­tage des formes élé­men­taires de la pen­sée, si bien que l’inconscient com­plo­tiste est peu ou prou deve­nu le leur — celui-là même d’ailleurs qu’il leur arrive de mettre direc­te­ment en œuvre dans leurs propres manœuvres ins­ti­tu­tion­nelles comme demi-sel du pouvoir.

Quand ils ne s’efforcent pas de pas­ser dans le monde des caïds de plein rang. L’inénarrable Bru­no Roger-Petit, qui aurait furieu­se­ment nié toute action concer­tée au sein de l’univers des médias pour faire abou­tir la can­di­da­ture Macron, n’en voit pas moins ses (non-)services offi­ciel­le­ment récom­pen­sés. C’est donc très logi­que­ment qu’il n’a pas ces­sé avant d’être nom­mé porte-parole de l’Élysée de dénon­cer comme com­plo­tiste toute lec­ture de l’élection comme synar­chie finan­cière et média­tique : c’était une pure che­vau­chée politique.

De la croi­sade anti­com­plo­tiste à l’éradication de la fake news (fausse infor­ma­tion), il n’y a à l’évidence qu’un pas. Au point d’ailleurs qu’il faut davan­tage y voir deux expres­sions dif­fé­ren­ciées d’une seule et même ten­dance géné­rale. Mais com­ment situer plus pré­ci­sé­ment un « déco­deur » du Monde​.fr au milieu de ce pay­sage ? Il est encore loin de l’Élysée ou de Mati­gnon. D’où lui viennent ses propres obses­sions anticomplotistes ? 

Inutile ici d’envisager des hypo­thèses de conta­mi­na­tion directe : il faut plu­tôt son­ger à un « effet de milieu », plus com­plexe et plus dif­fus. Pas moins puis­sant, peut-être même au contraire : d’autant plus qu’il ne peut pas faire l’objet d’une per­cep­tion simple. Un milieu sécrète ses formes de pen­sée. La forme de pen­sée média­tique, qui imprègne l’atmosphère de toutes les pen­sées indi­vi­duelles dans ce milieu, s’établit aujourd’hui à l’intersection de : 1) l’adhésion glo­bale à l’ordre social du moment, 2) l’hostilité réflexe à toute cri­tique radi­cale de cet ordre, 3) la réduc­tion à une pos­ture défen­sive dans un contexte de contes­ta­tion crois­sante, la pénu­rie de contre-argu­­ments sérieux ne lais­sant plus que la res­source de la dis­qua­li­fi­ca­tion, 4) la croi­sade anti­com­plo­tiste comme motif par­ti­cu­lier de la dis­qua­li­fi­ca­tion, répan­du par ému­la­tion, dans les couches basses du pou­voir média­tique, du schème éra­di­ca­teur déve­lop­pé comme mau­vaise conscience pro­jec­tive dans les couches hautes — un effet de « ruis­sel­le­ment », si l’on veut, mais celui-là d’une autre sorte. 

En résu­mé, on com­mence par entendre pen­dant des années des « BHL » et des Jean-Michel Apha­tie, et puis, par lente impré­gna­tion, on se retrouve en bout de course avec un Samuel Laurent, chef de la rubrique Les déco­deurs du Monde​.fr, d’autant plus per­ni­cieux qu’on a affaire, comme on dit à Mar­seille, à « un innocent ».

Le com­plo­tisme est déci­dé­ment insuf­fi­sant à rendre compte de l’obsession pour le com­plo­tisme : on n’explique pas Les déco­deurs par la simple, et sup­po­sée, pro­li­fé­ra­tion des cin­glés conspi­ra­tion­nistes. Le sen­ti­ment d’être agres­sé, le syn­drome obsi­dio­nal de la for­te­resse assié­gée y prennent une part déci­sive dans un uni­vers média­tique dont toutes les déné­ga­tions d’être les auxi­liaires d’un sys­tème de domi­na­tion ne font main­te­nant qu’accréditer davan­tage la chose.

Il est vrai que, mani­fes­ta­tion cano­nique de l’« inno­cence », les jour­na­listes vivent dans la par­faite incons­cience sub­jec­tive de leur fonc­tion­na­li­té objec­tive, où leur déné­ga­tion prend tous les accents de la sin­cé­ri­té. Le fait est là pour­tant, et le schème du retour­ne­ment, qui prête au peuple des ten­dances para­noïaques en réa­li­té par­tout pré­sentes dans l’univers des domi­nants, n’en prend que plus de force. 

Au vrai, la chose ne date pas d’aujourd’hui : cou­vrir pro­jec­ti­ve­ment le peuple révol­té de mons­truo­si­té est une opé­ra­tion vieille comme la presse ancil­laire — qu’on se sou­vienne des hauts faits de la presse ver­saillaise pen­dant la Com­mune ou de ceux de la presse bour­geoise russe rela­tant la prise du Palais d’hiver. La croi­sade média­tique contem­po­raine contre la fake news aura du mal à recou­vrir que la presse elle-même est le lieu le plus auto­ri­sé de mise en cir­cu­la­tion de fake news (4) — ceci expli­quant cela ? Au milieu d’un océan : Le Monde rap­porte sans un bat­te­ment de cil ni le moindre com­men­taire le pro­pos, cet été, d’un « res­pon­sable macro­niste » inquiet : « Les Fran­çais ont l’impression qu’on fait une poli­tique de droite (5). » Quelques jours aupa­ra­vant, le Finan­cial Times ren­con­trait le pre­mier ministre Édouard Phi­lippe (6) : « Lorsqu’on [lui] sug­gère que les plans de son gou­ver­ne­ment ne com­portent que des mesures de droite, il éclate de rire : “Vous vous atten­diez à quoi ?” »

Fré­dé­ric Lordon

Éco­no­miste et phi­lo­sophe. Der­nier ouvrage paru : Les Affects de la poli­tique, Seuil, Paris, 2016.

Cet article a d’abord été publié sous le titre : « Le com­plot des anticomplotistes »

(1) Cf. typi­que­ment Nico­las Weill, « Le jour­na­lisme au-delà du mépris », Le Monde, 2 avril 2004.

(2) Lire « Conspi­ra­tion­nisme, la paille et la poutre », La pompe à phy­nance, 24 août 2012, et le dos­sier « Vous avez dit « com­plot » ? », Le Monde diplo­ma­tique, juin 2015.

(3) « Affaire DSK : Cam­ba­dé­lis ne croit pas à “la théo­rie du com­plot” », n’en titre pas moins Le Monde, 28 novembre 2011.

(4) Lire Pierre Rim­bert, « Les chauf­fards du bobard », Le Monde diplo­ma­tique, jan­vier 2017. Ain­si que, entre autres, « Le voyage en Grèce de Macron racon­té par Le Monde ? Tout est faux ! », blog de Yan­nis You­loun­tas, 8 sep­tembre 2017.

(5) Solenn de Royer, « Après un mois de juillet dif­fi­cile, Macron veut reprendre la main », Le Monde, 28 juillet 2017.

(6) « French centre-right pre­mier says he is at ease with Macron agen­da », Finan­cial Times, Londres, 11 juillet 2017.

https://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​1​7​/​1​0​/​L​O​R​D​O​N​/​5​7​960

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Rendez-vous dimanche 19 mai 2019 à Saint-Clair-du-Rhône (Isère) pour la rencontre FAITES DES RIC, avec Maxime Nicolle (Fly Rider)

https://​you​tu​.be/​z​_​E​9​3​I​W​N​Roo


https://​www​.face​book​.com/​1​8​9​0​5​5​7​1​5​4​3​4​9​3​6​2​/​v​i​d​e​o​s​/​2​6​9​2​1​1​6​3​4​7​5​2​6​7​68/

L’é­vé­ne­ment fb : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​6​3​5​6​0​3​2​7​6​9​9​6​91/

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Rdz-vs samedi 18 mai à Saint-Hilaire-du-Touvet pour faire décoller le RIC, avec Fly Rider MaximeNicolle

🎪 Same­di 18 mai 🎪
LA CIBLE, C’EST LE RIC

Bien connu, le petit vil­lage de St HILAIRE du Tou­vet dans les Alpes, est la Mecque du VOL LIBRE… 

💠 Après midi :
Plein air…et bain de SOLEIL…🐥
Appor­tez votre pique nique !
Pour par­ta­ger le RIC !

VOUS CROISEREZ peut-être :
🐥Etienne Chouard, Fly rider Maxime Nicolle…
🐥Les gen­tils parapentistes,
🐥De grands photographes… 

💠 Soi­rée Confé­rence : « les ailes du RIC »
LE LIEU : sera com­mu­ni­qué 48 h à l’a­vance, en fonc­tion de la météo !

CONTACT PRESSE :
ALEXANDRE PY BLOUCH
gsm 0033-(0)6–21–46–22–77
Email : [email protected]

Il est pré­vu de la pluie plu­sieurs fois dans la jour­née, on n’est donc pas sûrs de voler, mais le vrai soleil est dans nos têtes, on fera la fête 🙂

Au plai­sir de vous rencontrer 🙂

Étienne.

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Ce 16 mai 2019, Jeudi Chouard #10, on reçoit trois Algériens passionnants : Amazigh Kateb, Hicham Ruibah, et Rachid Bendjeguelal, pour évoquer les exemples démocratiques qui leur sont chers, algériens, berbères…

Je rentre de La Réunion après trois jours de ronds-points gilets jaunes et de confé­rences émou­vantes et stimulantes.

Ce 16 mai 2019, pour Jeu­di Chouard #10 sur Sud Radio, on reçoit trois Algé­riens pas­sion­nants, dont un chan­teur popu­laire en Algé­rie et citoyen consti­tuant : Ama­zigh Kateb, un uni­ver­si­taire doc­to­rant épa­tant : Hicham Rui­bah, et un citoyen his­­to­­rien-com­­mer­­çant cap­ti­vant : Rachid Bendjeguelal.

Dans l’es­prit de recherche démo­cra­tique de cette émis­sion, je vou­drais qu’ils nous décrivent d’a­bord le pré­sent, les énormes mani­fes­ta­tions actuelles en Algé­rie (leurs causes, leurs moda­li­tés, leurs consé­quences, et bien sûr les rap­ports des oppo­sants poli­tiques avec la police), et puis ensuite qu’ils nous expliquent un peu le pas­sé, les nom­breuses ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques tra­di­tion­nelles chez les Berbères.

Pour bâtir notre propre démo­cra­tie, je suis sûr qu’on a plein de leçons à tirer des expé­riences berbères.

On par­le­ra aus­si de la consti­tu­tion algé­rienne, et on fera peut-être, j’es­père, un ate­lier constituant 🙂

Le cahier d’exer­cices consti­tuants spé­cial Algé­rie est presque prêt 🙂

Je pense qu’on va apprendre plein de choses importantes 🙂

Étienne.

Ps : Éli­sa­beth et moi sommes tom­bés d’ac­cord pour évo­quer ce soir deux sujets d’ac­tua­li­té qui pour­ront nous être utiles pour illus­trer cette émission :

. bilan poli­tique pro­vi­soire du mou­ve­ment des gilets jaunes

. et com­men­taire du pré­ten­du « réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive par­ta­gée » sur la vente d’Aé­ro­port de Paris.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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[Edit : les 2 vidéos de cette soirée :

Y’a du peuple ! Seul contre tous #10 avec Élisabeth Lévy, 16 mai 2019 : bilan GJ & RIP ADP :

Jeudi Chouard, c’est l’heure des Citoyens constituants #10, 16 mai 2019, avec Amazigh Kateb, Hicham Ruibah et Rachid Bendjeguelal, pour parler des mvts sociaux en Algérie :

Jeudi Chouard "l'heure des citoyens constituants" #10 (16 mai 2019) : exemples démocratiques algériens et berbères
https://​you​tu​.be/​–​C​X​L​R​V​g​t​jqQ

Mer­ci à tous ceux qui ont ren­du ça possible.

Étienne.]