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Nous sommes Constituants – Zenkia (Clip Officiel)
Je pense que vous imaginez facilement comme cette œuvre est émouvante pour moi. Merci Zenkiai, du fond du coeur. Étienne. comptesurmoi.org https://youtu.be/gnxUr7neT7k?si=RzMeM0FY_vGwAWg0
Atelier constituant en direct avec Etienne Chouard #4 : procès du tirage au sort, sur Nexus, 15 oct 2025 à 17h
Chers amis, Comme vous le savez, depuis vingt ans, j’incrimine L’ÉLECTION, et premièrement l’élection de l’assemblée constituante, comme CAUSE PREMIÈRE DE L’IMPUISSANCE POLITIQUE des êtres humains, et de leur incapacité à défendre eux-mêmes la justice, la prospérité et la paix. Cette analyse m’a conduit plusieurs fois à exposer ce que j’ai appelé « le nécessaire procès citoyen de l’élection », au terme duquel l’élection parmi des candidats a été jugée COUPABLE, sans hésitation. Vous trouverez…
Entretien constituant chez « Les Incorrectibles » : RESPONSABILITÉ DES VRAIS JOURNALISTES (rôle des « médias alternatifs ») DANS LA PROGRESSION – OU PAS – DE LA CONSCIENCE POPULAIRE DE LA PRIORITÉ CONSTITUANTE – 12/10/2025
Vous allez voir, elles changent, mes interviews, ces temps-ci 🙂 (J’ai commencé à muter ce #10septembre pour interpeller Clémence.) Celle-là devrait vous intéresser 🙂 Merci à Éric Morillot d’avoir mis cet entretien intégral (1h55) en consultation libre et gratuite Il faut vraiment qu’on trouve un modèle économique qui permette aux vrais journalistes, ceux qu’on appelle les médias alternatifs, de gagner leur vie sans que le service public important qu’ils rendent à tous soit réservé à…
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Format grille – Format articles complets
[Seul rempart — populaire — contre la tyrannie qui vient] LA VISION CONSTITUANTE
Ce serait bien que vous m’aidiez à rédiger le plan détaillé (minuté) de ce long entretien 🙂
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https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10158015453307317

[Pour le RIC en toutes matières] Le Cercle des Citoyens Constituants disparus (version RICou), par Dr Alwest
Dans la playlist de la chaîne YT, il y a 50 vidéos qui retracent l’historic de St-Clair et du RIC ! 🙂
Les commentaires de la version originale sont sympas :
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https://facebook.com/story.php?story_fbid=10158011371022317&id=600922316
Chouard #2 : le procès de l’élection et la vision partisane
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CHOUARD #1 : Lepage, les partis et le clivage Gauche/Droite (Le Canard Réfractaire)
Lors de mon récent passage en Bretagne (pour une soirée formidable avec Franck, voyez les 7 vidéos : 1 2 3 4 5 6 et https://youtu.be/A3XaxHEVIOs), j’ai passé un moment, au calme, avec les jeunes gens du Canard réfractaire. Je suis manifestement crevé, et sans doute un peu triste au fond, pardon, mais bon, voilà, on y a évoqué quelques thèmes dont je ne parle que rarement :
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[Projet d’expérimentation démocratique] Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud – 2ème Mumble de mobilisation : 29 mars à 20h30
Comme vous le savez, je soutiens le projet prometteur et enthousiasmant lancé par Maxime Péroud. Ce projet consiste à simuler le fonctionnement d’une assemblée délibérative strictement démocratique et à élaborer son règlement intérieur. Ce projet peut être considéré comme un des piliers de la construction de la démocratie que nous appelons de nos vœux.

https://exp-demo.jimdo.com/
Ce projet est en cours et l’équipe actuelle a besoin de renfort (entre 5 et 10 coéquipiers).
Je vous en avais longuement parlé dans un article récent que je vous recommande de lire si vous ne connaissiez pas déjà ce projet :
https://www.chouard.org/2020/02/28/projet–dexperimentation–democratique–elaborer–ensemble–le–reglement–interieur–de–nos–prochaines–assemblees–democratiques–avec–maxime–peroud–suite
Le mieux est de commencer par regarder la longue vidéo de présentation du projet qu’il a préparée et qui est accessible sur la page VIDEO du site dédié au projet : http://www.exp-demo.jimdo.com
Puis, si le projet vous intéresse et si vous pensez pouvoir y participer dans la durée, de vous inscrire à la prochaine réunion d’information du 29 mars à 20h30.
Pour cela, il suffit de cliquer sur « Participe » à l’événement Facebook https://www.facebook.com/events/250371876125071
et surtout d’envoyer un message à Maxime à partir de la page CONTACT du site http://www.exp-demo.jimdo.com. Il vous donnera ensuite toutes les indications pour participer à la réunion.
Bien à vous tous.
Étienne.
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Aidez Chelsea Manning à payer son « amende » de 250 000$ pour avoir refusé de balancer #JulianAssange. 180 000$ recueillis en 24h
Aidez Chelsea Manning à payer son « amende » de 250 000$ / avoir refusé de balancer #JulianAssange. 180 000$ recueillis en 24h. 180 000 baffes à qui de droit. Si les responsables politiques sont incapables de bouger leur gros popotin, on agitera le nôtres. https://t.co/09Hb9RMyjC
— Le Grand Soir (@legrandsoir) March 14, 2020
Priscillia Ludosky est en garde à vue depuis hier soir (commissariat 13e à Paris place d’Italie) pour « vol en réunion du portrait de Macron »… pour avoir seulement brandi dans la rue l’image honnie du despote du « régime » français.
Priscillia @PLudosky est en garde à vue depuis hier soir (commissariat 13e à Paris place d’Italie) pour « vol en réunion du portrait de Macron »… pour avoir seulement brandi dans la rue l’image honnie du despote du « régime » français.
Réunions de soutien dans les cafés alentour. https://t.co/qK9m5vHKfC— Étienne Chouard (@Etienne_Chouard) March 14, 2020
Réunions de soutien dans les cafés alentour.
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Rendez-vous le 14 mars à Cassis, au Forum des Nouveaux Mondes : Retissons le monde ensemble
Samedi 14 mars 2020 à Cassis
Forum participatif : « Retissons le monde ensemble »
Écrire nous-mêmes la constitution – Réflexions sur le R.I.C (référendum d’initiative citoyenne) et les alternatives monétaires
https://www.associationlesnouveauxmondes.com/forum–2020
(Brasserie et buvette sur place – Emportez vos gourdes pour l’eau originelle)
Inscription et covoiturage en fin de page
Les outils concrets pour assurer la transition :
- Montage idéal juridico-financier pour les écolieux, habitats participatifs, écovillages etc.
– Réforme constitutionnelle et RIC
– Economie et monnaies
– Les constructions d’habitat légers
– Permaculture et agroforesterie
– L’intelligence collective
– La gouvernance partagée
– La communication bienveillante
– Les philosophies qui repensent le monde

Invités : Etienne Chouard, Jean-Michel Elzeard, Philippe Pellan, Michèle Avaro, Béatrice Mesini, Véronique Guérin
Les conférences – débats – ateliers :

10h00
Conférence débat
Autonomie et mode vie écologique pour la société de demain :
« comment vivre et se nourrir en prenant soin de la planète »
avec Philippe Pellan
Eco-paysagiste concepteur, formateur en écologie appliquée et éditeur engagé.
Produire son énergie. Produire sa nourriture. Vivre en Tiny house. Réduire son impact sur l’environnement. Protéger et soigner son environnement. Les bases de la permaculture. Gestion écologique, et économie d’eau sur un site autonome. Toilettes sur silo à compost bio-maitrisées…
En savoir plus sur l’intervenant
Site : ecolieu-les-amandiers.com

11h30
Conférence débat
Changer notre regard sur l’habitat léger :
avec Béatrice Mesini
« Les éco-logis éphémères et réversibles du Sud-Ardèche, ancrage et désancrage dans les espaces-ressources »
Sociologue, juriste, chercheure CNRS, Membre du Pôle de Développement Durable des Territoires Méditerranéens, Membre du réseau Egalité des droits sociaux. Cette monographie des formes d’habitats légers et mobiles a été conduite en Ardèche méridionale en collaboration avec l’association Avril, en raison de l’intérêt manifesté par le Pays et les collectivités territoriales pour ce mode atypique de résidentialités (yourte, tipi, tente, marabout, roulotte, camion, caravane, auto-construction, serre). Les témoignages collectés par Floriane Bonnafoux, ont été analysés et complétés par de travaux précédents conduits dans les Pyrénées, le Vaucluse, les Cévennes, le Limousin (Mésini, 2014). La notion d’habiter implique l’appropriation de l’espace, mais recouvre des significations plurielles relevant du cognitif, de l’affectif et de l’esthétique.(…) Faut-il se battre localement sur un « territoire hostile » pour faire évoluer les mentalités, ou migrer vers des territoires plus accueillants et hospitaliers ?
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14h00
Conférence débat
Les montages juridico-financiers à connaître pour construire le vivre ensemble dans les écolieux, les habitats participatifs, de manière éthique et durable
avec Jean-Michel Elzeard
Maître en droit des affaires et IEP d’Aix-en-Provence (sciences-po), chef d’entreprise, promoteur immobilier, assistant à maître d’ouvrage spécialisé dans les énergies renouvelables et les bâtiments à énergie positive, accoucheur d’habitat participatif (www.ecoravie.org), promoteur de lieu alternatif avec la coopérative les pas-sages, une union entre les pluriels.

16h00
Conférence théâtralisée
Gouvernance partagée
avec Véronique Guérin
Psychosociologue, directrice de l’organisme de formation Etincelle, elle explore la dynamique des groupes et l’évolution individuelle et collective via le théâtre.
La gouvernance partagée favorise une synergie agréable et créative ou s’articulent efficacité et ouverture à la diversité. Au travers d’un spectacle interactif, nous aborderons quelques point-clefs de la gouvernance partagée : la raison d’être, la clarification des rôles et la prise de décision par consentement.
Site : www.etincelle-theatre-forum.com

17h30
Présentation atelier
Intelligence collective
avec Michèle Avaro
Facilitatrice d’ateliers d’intelligence collective et de groupes de codéveloppement auprès d’entreprises et de particuliers. Accréditée par le Centre Européen de codéveloppement, CECODEV à PARIS. Membre de l’AQCP, Association Québécoise de Codéveloppement, dans le respect de son code éthique. Facilitatrice de forum ouvert, formée à la médiation par l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence, Coach adhérente à la Fédération Internationale de coach (ICF), et Master en programmation neuro linguistique.
Cette approche s’appuie sur la réalité du vécu de chacun, elle permet aux participants de partager ce vécu dans un espace sécurisé et de bénéficier du groupe pour aider à la réflexion. Au-delà de la production de solutions pratiques, elle permet un travail sur les savoirs-être de chacun, travail nécessaire pour se sentir en sécurité dans le groupe et oser s’exprimer avec bienveillance. La mixité des âges, métiers, sexes, cultures, constitue une richesse inestimable. Le travail de chacun sur ses « peurs, appréhensions », permet peu à peu de s’ouvrir à l’autre, aux autres et d’aller chemin faisant vers une intelligence collective.
En savoir plus sur l’intervenante
En raison des contraintes de temps d’1h30, nous vous proposons d’envoyer par mail un SUJET en amont qui vous tient à cœur, en lien avec le thème du forum à[email protected] et [email protected] en copie
Un sujet sera choisi pour le déroulement de l’atelier pour faciliter son expression dans le temps imparti.
Lors de ces ateliers un seul sujet peut être abordé, cependant l’expérience montre à chaque fois, la transversalité entre les sujets et même si le vôtre n’est pas choisi vous y travaillerez tout de même.
Voici quelques conseils pour choisir et rédiger votre sujet :
. Votre sujet peut être un projet, une difficulté, une problématique ou une décision à prendre, ou simplement une préoccupation.
. Choisir un sujet, une situation réelle, dont vous êtes acteur/actrice en ce moment.
. Choisir un sujet que vous avez envie de faire avancer, et sur lequel vous avez le pouvoir d’agir
Une question pour vous aider à le rédiger : « Qu’est-ce que je rencontre aujourd’hui, concrètement dans mon quotidien comme situation, difficulté, en lien avec le thème du forum, « retissons le monde ensemble » que je souhaite partager et faire évoluer ? Au plaisir de découvrir vos sujets, et merci de votre coopération pour préparer cette belle journée qui s’annonce !

19h00
Conférence et atelier
Ecrire nous-mêmes la constitution – Réflexions sur le R.I.C (référendum d’initiative citoyenne) et les alternatives monétaires
avec Etienne Chouard
professeur de droit et d’économie à Marseille, blogueur et militant politique préparant un processus constituant démocratique par éducation populaire (entre simples citoyens).
Depuis 2005 et son « NON » médiatisé au référendum sur la Constitution européenne, il travaille à une autre organisation politique de la société, à travers une nouvelle Constitution d’origine populaire.
Depuis 15 ans, il anime de nombreuses conférences et ateliers constituants, en France et à l’étranger, pour que, progressivement, les électeurs enfants se transforment par eux-mêmes en citoyens adultes.
Le site de Etienne Chouard
En savoir plus sur l’intervenant
Programme :
10h Philippe PELLAN
11h30 Beatrice MESINI
Pause
14h Jean-Michel Elzeard
16h Veronique GUERIN
17h30 Michèle AVARO
19h Etienne CHOUARD
Lieu : Cassis centre culturel (salles du haut) avenue Agostini. Plan sur Google Maps
Horaires : de 10h à 20h
Tarif entrée : 35€/30€ adhérent la journée
Lien pour covoiturage : www.togetzer.com/covoiturage–evenement/rsz2rk
Nous mettons une buvette et brasserie bio à disposition sur place pendant la journée avec assiette repas, vin, thé, tisane et café.
Merci d’apporter vos gourdes !
Thibaut vous offre de les remplir sur place d’une délicieuse eau originelle ! www.eauriginelle.com
Rendez-vous vendredi 13 mars à Annemasse 🙂 DÉMOCRATIE ET MONNAIE LOCALE
La page Facebook de la rencontre :
https://www.facebook.com/events/234691420898444/
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157987693557317
Une liste citoyenne (marquée « Gilets Jaunes » – label de qualité apposé par le préfet, véritable légion d’honneur de résistance citoyenne au régime illégitime) pour un vrai RIC local, à Saint-Clair-du-Rhône, « capitale du RIC »
Encore une initiative passionnante !
Et ça se passe dans « la capitale du RIC », Saint-Clair-du-Rhône 🙂
La page Facebook de cette liste étiquetée « Gilets Jaunes » par le préfet, label de qualité politique, sorte de légion d’honneur de vraie résistance à la violence d’État contre le peuple) :

https://www.facebook.com/Avec-nous-le-pouvoir-est-%C3%A0-VOUS-104827891121519/
Un reportage sur France 3 Grenoble et Lyon devrait être diffusé ce soir (jeudi 12 mars) dans le 19⁄20 et demain dans le 12⁄13.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157987571702317
Annie Lacroix-Riz La NON-épuration en France
Formidable Annie Lacroix-Riz :
https://youtu.be/nswdSLXC4Q8&feature=youtu.be
Annie interrogée aussi sur Quartier libre :
https://youtu.be/I_N2E45KWFQ&feature=emb_logo
Sur François Mitterrand :
Sur de Gaulle :
Conférence longue sur la NON-Épuration en France :
Livre important :
La NON-épuration en France

https://www.armand-colin.com/la-non-epuration-en-france-de-1943-aux-annees-1950–9782200625146
Dès 1943 et jusque dans les années 1950, les élites impliquées dans la Collaboration ont cherché à se « recycler ». Y a‑t‑il vraiment eu, en France, une politique d’épuration ?
L’auteure explore cette question tout au long de son ouvrage dans lequel elle démontre que l’épuration criminalisée ayant suivi la Libération (femmes tondues, cours martiales, exécutions) a cherché à camoufler la non-épuration, aussi bien de la part des ministères de l’Intérieur et de la Justice que de celle des milieux financiers, de la magistrature, des journalistes, des hommes politiques, voire de l’Eglise. De nombreux anciens collaborateurs ont ainsi bénéficié de « grands protecteurs ». Le poids des Etats-Unis a également participé de cette non-épuration.
Annie Lacroix-Riz nous livre sa version des faits basée sur les archives et prend le contrepied des ouvrages d’histoire de l’épuration parus ces vingt dernières années, selon elle aussi unanimes que fantaisistes, se concentrant exclusivement sur l’épuration (dite) sauvage, systématiquement confondue avec celle de la Résistance armée.
Fil Facebook correspondant à ce billet :
https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157980404187317
[Très important, faites passer] Et si les municipales étaient l’occasion de mettre en place un RIC ? par (le formidable) Raul Magni-Berton
Chers amis,
Ne ratez pas cette importante étude du Raul sur nos possibilités juridiques actuelles d’instituer localement le RIC, ici et maintenant.
À imprimer, à lire le crayon à la main, et à faire connaître partout autour de vous (car il ne faut pas compter sur les prétendus « journalistes » mainstream pour faire une publicité loyale à une telle synthèse des moyens d’émancipation populaire par le RIC).
Bon courage à tous, pour supporter cette période d’élections où les médias nous rebattent les oreilles toute la journée avec le mot démocratie littéralement mis à l’envers, et confondent cent fois par jour, et sans personne pour les contredire, élire et voter…
Hâte de vous retrouver demain à Longuyon 🙂
Étienne.
Raul Magni-Berton : L’un des principaux points de revendication lors du mouvement des « gilets jaunes » a été le Référendum d’initiative citoyenne – le RIC. Une revendication qui a été largement relayée par la presse nationale entre décembre 2018 et mars 2019 mais qui, depuis, fait de moins en moins la une dans le débat public.
Avec l’essoufflement du mouvement des « gilets jaunes » et la mobilisation importante des derniers mois sur la réforme des retraites, l’appel à la démocratisation par le RIC a perdu sa force. En fait, le refus catégorique de cette mesure de la part de la majorité en place semble avoir découragé ses soutiens.
Pourtant, le RIC local, et plus généralement la démocratisation de la vie locale, sera l’un des enjeux des prochaines élections municipales.
Cette revendication n’est certes plus dans la rue ni dans les médias, mais elle continue à faire son chemin dans des cercles plus restreints. Plusieurs associations visent à consulter les citoyens sur la forme que peut prendre un RIC, à l’image d’Objectif RIC ou de Culture RIC.
Plusieurs référendums locaux organisés par les habitants ont été lancés, à Grenoble entre le 14 et le 20 octobre 2019 ou à Saint-Affrique dans l’Aveyron le 11 novembre.
Enfin, depuis un an nous voyons émerger des think tanks, groupes de pression, mobilisations locales visant à instaurer le RIC au niveau national et local. Des instituts se spécialisent également sur ce processus et sa mise en place concrète en France, comme l’Institut de recherche territoire démocratique dont je suis membre.
Ric local et expérimental à Saint-Affrique : Après les débats en petits comités, les Gilets jaunes invitent au vote par référendum https://www.aveyrondigitalnews.fr/2019/11/22/ric-local-et-experimental-a-saint-affrique-apres-les-debats-en-petits-comites-les-gilets-jaunes-invitent-au-vote-par-referendum/?feed_id=1661&_unique_id=5dd7ea00b5b1d …
Ric local et expérimental à Saint-Affrique : Après les débats en petits comités, les Gilets jaunes invitent au vote par référendum
« Instaurer aussi souvent que possible l’utilisation de produits bio issus de producteurs locaux dans les préparations des cuisines collectives de Saint- Affrique » ; « interdire l’usage du glyphosate et des produits phytosanitaires sur la commune » ; « intégrer le Ric dans les prises de décision de la commune ». Ces trois propositions, les plus soutenues par …
Des initiatives à concrétiser lors des municipales
Les élections municipales constitueront la première étape qui permet d’évaluer l’activité de ces groupes. Plusieurs personnes impliquées dans le mouvement des « gilets jaunes » ont choisi, au niveau municipal, soit de lancer une association pour faire pression sur les candidats, soit de créer des listes citoyennes indépendantes de tout parti politique, soit encore d’entrer dans des listes soutenues par des partis politiques à la condition d’exiger le RIC.
C’est le cas par exemple, de la France Insoumise, d’Europe Écologie les Verts ou du Rassemblement national.
Promouvoir le RIC au niveau local n’est pas un combat évident. La France est un pays très centralisé et bien peu de compétences sont déléguées, qu’il s’agisse du niveau local, et encore plus municipal. Cependant, promouvoir le RIC au niveau local est une stratégie qui vise avant tout à refaire vivre cette revendication, à la faire connaître aux citoyens et à l’exercer concrètement.

Illégalité de la mesure
Le principal problème lié à cette revendication au niveau municipal est que le RIC est, en tant que tel, illégal.
Plus généralement, les communes n’ont pas la prérogative qui consiste à décider comment elles vont prendre des décisions, puisque celle-ci revient à l’État et apparaît dans le Code général des collectivités territoriales. D’après celui-ci, les deux instruments clefs du RIC – la pétition et le référendum – sont prévus, mais d’une façon qui n’est pas compatible avec le fonctionnement du RIC. Ce dernier prévoit qu’une pétition puisse déclencher automatiquement un référendum dont le résultat est contraignant pour les pouvoirs publics. Par conséquent, il s’agit d’une procédure où, à aucun moment, les représentants ont leur mot à dire.
Or, quatre dispositifs prévoient l’utilisation de la pétition ou du référendum.
D’autres mesures déjà prévues
Tout d’abord, il existe dans la Constitution la possibilité de lancer une pétition pour demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour d’une assemblée locale.
Il n’y a pas encore de texte d’application de ce dispositif, mais les communes peuvent y faire appel dans la mesure où il s’agit d’un droit constitutionnellement protégé. Cependant, ce droit ne permet pas de déclencher un référendum.
Il existe également la consultation d’initiative populaire, selon laquelle 20 % des inscrits peuvent déclencher un référendum à travers une pétition, mais ce référendum n’est pas contraignant pour les pouvoirs publics.
D’où son label « consultation », qui signifie qu’il est consultatif. Il faut également noter que le déclenchement du référendum n’est pas contraignant non plus, si bien qu’à chaque étape le conseil municipal peut arrêter le processus.
Par ailleurs si les consultations à l’initiative de la collectivité territoriale existent, elles ne prévoient ni d’initiative citoyenne, ni de référendum contraignant.
Enfin, si le référendum local lui est bien contraignant, il faut que la participation atteigne 50 %. Et, l’initiative de ce référendum revient au conseil municipal.
Un guide pour le RIC
Au-delà de ces dispositifs, aucune autre procédure ne peut être mise en place, sous peine d’être dénoncée par le préfet et annulée par le juge administratif. Le dernier cas en date remonte à 2018, quand la municipalité de Grenoble a vu son RIC – appelé Interpellation et votation citoyenne – annulé de cette façon. Dès lors, il est préférable se contenter des dispositifs existants. La méthode la plus intuitive est de pousser les candidats à utiliser la consultation d’initiative populaire, comme le fait efficacement le Comité de liaison pour l’initiative citoyenne. Ce comité est devenu un véritable lobby pour promouvoir le RIC, en rassemblant les personnes morales qui défendent cette institution et en faisant pression sur les élus.
Cependant, il existe une alternative juridique pour mettre en place un RIC au niveau local bien plus efficace que la consultation. Les détails sont donnés dans le « Guide pour mettre en place le Référendum d’initiative citoyenne dans une commune dès aujourd’hui » en accès libre sur le site de l’Institut de recherche Territoire démocratique et auquel j’ai moi-même participé.
La préconisation de ce guide, écrit à l’origine pour la mise en place du RIC à Grenoble, a été reprise par plusieurs listes candidates aux élections municipales, dont deux des trois citées plus haut.
Il s’agit d’enchaîner trois dispositifs parfaitement légaux : le vœu, la pétition et le référendum local.

Trois dispositifs cruciaux
Tout d’abord, il faut que le conseil municipal formalise son intention politique d’octroyer ce nouveau droit aux citoyens à travers un acte écrit, mais non contraignant. Ceci peut se faire par le vœu.
Cela signifie que le conseil municipal demande au maire d’être saisi sur toute question faisant l’objet d’une pétition écrite par les citoyens et remise au conseil municipal ; c’est une subtilité légale qui permet d’engager le conseil municipal et le maire, tout en n’ayant pas de valeur légale. Il ne confère donc pas un « droit » mais un engagement à faire comme si ce droit existait.
Ainsi, le tribunal administratif de Paris a considéré en 2011 qu’un vœu du conseil de Paris tendant à ce que le maire le saisisse de certaines pétitions n’était pas contraire au droit. Cette étape consiste à rendre crédible le dispositif aux yeux des citoyens.
La deuxième étape consiste à utiliser le droit de pétition pour demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour d’une assemblée locale inscrit dans la constitution. Il s’agit ici de mettre concrètement en œuvre le dispositif.
Puisque ce dispositif pétitionnaire n’est pas réglementé par la loi, chaque commune est libre de réglementer comme il le souhaite. Ainsi, elle peut s’engager à rendre compte de toute pétition qui atteint un seuil entre 1 % et 5 % (selon la taille de la commune), ou elle peut également accepter les signatures des résidents non nationaux. Il s’agit d’une procédure assez courante qui, si elle ne débouche pas habituellement sur un référendum, fait souvent l’objet de débats au sein des conseils municipaux, comme, par exemple, c’est le cas à Strasbourg.
Finalement, l’engagement du conseil municipal consiste à mettre en place un référendum local sur tout objet de pétition qui atteint le seuil requis.
Le référendum local n’est contraignant que si le seuil de 50 % de participation est atteint. Si ce seuil n’est pas atteint, le conseil municipal est libre de suivre ou non le résultat majoritaire. Ce seuil est très exigent : il est non seulement très rarement atteint pour les référendums, mais aussi pour les élections locales. Il est donc important que le conseil municipal s’engage auprès des citoyens à suivre systématiquement l’avis majoritaire même si le seuil de participation n’est pas atteint.
Est-ce que cela fonctionne ?
Cette formulation a deux avantages et un inconvénient. Premièrement, elle combine trois dispositifs légaux, et est donc légale face au juge administratif (même s’il y a encore un risque dans l’interprétation du vœu). Deuxièmement, il permet de construire un RIC basé sur des seuils de signatures abordables et sur des institutions contraignantes.
Il a été démontré que des seuils trop hauts conduisent à des dispositifs inopérants, et des dispositifs non contraignants découragent l’utilisation du RIC comme instrument de contestation, en lui enlevant ainsi sa première qualité.
L’inconvénient majeur de ce dispositif – comme tous les autres qui peuvent être mis en place au niveau local à l’heure actuelle – est qu’il repose sur la bonne volonté des élus. Un inconvénient de taille, mais qui ne pourra pas être évité. Comme noté plus haut, le RIC local aura plus une valeur pédagogique et expérimentale qu’une valeur proprement institutionnelle.
Actuellement, des dispositifs démocratiques sont proposés par les différentes listes, même s’ils sont plus ou moins opérants. Une autre initiative de chercheurs – le Participomètre – vise à étudier et donner les moyens à tous d’évaluer l’aspect démocratique des programmes des candidats aux municipales.
Pour la première fois, les programmes peuvent être comparés dans chaque commune par les internautes comme les chercheurs. « Les résultats des évaluations sont publiés et mis en parallèle de ceux résultant de l’évaluation réalisée par les chercheurs » indique le site du Participomètre. Parmi les dispositifs évalués, le référendum d’initiative citoyenne aura une place de choix.
Raul Magni-Berton.
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[« Réforme » = CRIME RÉGRESSIF en novlangue] L’ARME DES FAIBLES : #49al3, par Le Pixel Mort
Mon commentaire :
Le régime Macron avait PROMIS — pour être élu — de ne PAS augmenter l’âge de départ à la retraite et de ne PAS baisser les pensions. Une fois parvenu au pouvoir, cette bande de menteurs fait les deux (!) et pire encore (!!) : Macron a déjà osé (en douce, en août 2018) désindexer les retraites, ce qui condamne mécaniquement, inévitablement, sournoisement, à la baisse de toutes les pensions jusqu’à la mort. Rien que ça, c’est impardonnable, c’est du vol, et c’est voler les plus faibles, c’est révoltant.
Et en 2020, il va continuer à nous violer (augmenter l’âge de départ à la retraite et baisser les pensions)
• sans même avouer l’étendue de la dévastation qu’il va encore imposer (en plus de la désindexation des retraites),
• sans prouver l’urgence ni la nécessité de ce bouleversement,
• sans avouer sa hideuse et évidente corruption par les géants de « la finance »,
• sans aucun débat digne de ce nom, ni au parlement ni ailleurs,
• sans aucune possibilité pour les citoyens de se défendre contre ce mauvais coup imprévu par référendum,
• et même sans parlement,
• tout ça grâce à la complicité répugnante des godillots indignes qui constituent ce qu’on appelle frauduleusement « la majorité » (frauduleusement car la majorité des Français est MUSELÉE)…
En plus, expert en novlangue, le régime ose appeler cette félonie « réforme », alors que le mot « réforme » signifie « changement en bien, amélioration ». Tout ça relève du mensonge chimiquement pur du début à la fin, c’est une haute trahison, un juste motif d’insurrection : Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
En fait de réforme, on signale au régime Macron une proposition de vraie amélioration (qui serait plus intelligente, plus opportune et moins scandaleusement dévastatrice que son hold-up de 320 milliards à destination de ses copains ultra-riches financiers) : le régime ferait mieux de contrôler la fraude (MASSIVE) à la Sécurité sociale, par exemple lutter contre la fraude documentaire… Voyez ça, c’est incroyable :
🟣⭕️12,4 millions de personnes nées à l’étranger ont des prestations sociales alors qu’elle ne sont que 8,2 millions selon l’INSEE… Finalement l’enjeu de #FraudeSociale sur les NIR c’est 30 milliards, pas 14‼️Je viens de donner les docs issus du Gvt à la commission d’enquête ⤵️ pic.twitter.com/DD4msyjJTg
— Charles Prats APM ☥ن 🎗 (@CharlesPrats) March 3, 2020
La fraude documentaire est une véritable plaie dans notre pays. Nous nous devons de la dénoncer et de la combattre. Cessons ces silences coupables #DirectAN pic.twitter.com/ebr0Vs0sEz
— Valérie Boyer (@valerieboyer13) March 3, 2020
#ParRICenToutesMatièresNousEmpêcherionsNosPrétendusReprésentantsDeDétruireNosAssurancesSociales
#GrèveGénéraleCONSTITUANTE
Étienne.
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Julian Assange bientôt Genevois ?
Excellent Mélenchon, sur le crime abject du 49.3 sur les retraites
« L’objectif reste le retrait de votre réforme et nous allons y arriver. Ça prendra le temps qu’il faut mais nous allons y arriver. En toute hypothèse, quoi qu’il arrive, si jamais nous venions à trébucher, alors, dès 2022, nous annulerons tout ce que vous avez fait. » pic.twitter.com/x4GCwBvTlv
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) March 3, 2020
Je trouve Mélenchon très bon, là.
Mais j’ai quand même deux problèmes avec l’opposition de LFI :
1) La motion de censure est un leurre, une opposition contrôlée (© Orwell 1984), c’est-à-dire une opposition dont le pouvoir n’a rien à craindre (puisqu’il dispose d’une majorité de serpillières indignes). Je m’étonne que LFI REFUSE de lancer la procédure de destitution de Macron.
2) Un opposant « radical » qui REFUSE de sortir du carcan ultralibéral de l’UE n’est pas du tout radical : il n’est qu’une opposition contrôlée, c’est-à-dire trompeuse (comme celle du traître Tsipras en Grèce).
Bernard Friot : “Si la bourgeoisie est la classe dirigeante, c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche”
Bernard Friot : “Si la bourgeoisie est la classe dirigeante, c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche” Deuxième partie
Source : Frustration Magazine, https://www.frustrationmagazine.fr/si–la–bourgeoisie–est–la–classe–dirigeante–cest–parce–quelle–dirige–le–travail–entretien–avec–bernard–friot–partie–ii/
On a tous quelque chose en nous de communiste. Et même que ce quelque chose réside dans des institutions que nous connaissons très bien, dont la plupart du temps nous nous félicitons de leur existence. Lesquelles ? Le statut de la fonction publique et le régime général de la sécurité social, bien sûr ! C’est ce que nous explique de manière évidente non sans une certaine pugnacité l’économiste et sociologue du travail Bernard Friot, que nous avons rencontré. En plein mouvement social historique contre la réforme des retraites et de débats parlementaires cette semaine, il nous semblait plus que nécessaire de dialoguer avec lui, qu’il nous insuffle ce “Désir de communisme” face au “rouleau compresseur du capitalisme néolibéral”, concrétisé dans son dernier livre co-écrit avec Judith Bernard. L’occasion de se demander pourquoi la question du travail, si centrale pourtant, est si peu ou mal abordée à gauche et même au sein de la gauche dite “radicale”, comment retrouver un second souffle de mobilisation face à la régression des retraites, et qu’est-ce qu’apporte le mouvement des Gilets jaunes au combat social ? Partie II.
Entretien, par Selim Derkaoui et Nicolas Framont
Le mouvement des gilets jaunes a un peu fait voler en éclat tout ça, non ?
Toute cette conjonction de la science sociale critique et des directions politiques est sur la défensive, et en assez grande difficulté pour proposer une alternative. Cette impuissance de ceux qui ont organisé les conquêtes dont j’ai parlé et qui aujourd’hui se révèlent incapables de les promouvoir, incapables de les voir même, fait qu’ont commencé à prospérer d’autres formes de discours et d’action comme les gilets jaunes, qui sont un mouvement de fond inscrit dans la durée.
Les gilets jaunes, à travers des formes d’organisation beaucoup plus horizontales, rejoignent d’autres formes de mobilisations nouvelles, toute cette jeunesse souvent diplômée qui crée des alternatives “ici et maintenant”, dans des tas de champs de la production. On a maintenant toute une marge alternative, communiste à mon sens, de gens qui se destinent à maîtriser leur travail. Cela a toujours existé mais à l’échelle atteinte aujourd’hui, c’est tout à fait nouveau. Cela vient de la crise du capitalisme qui est tellement avancé dans l’élimination du travail vivant par le travail mort des machines qu’il se heurte à de graves problèmes de valorisation qu’il ne parvient pas à juguler par la fuite en avant qu’il pratique à grande échelle.

Quelle en serait la suite logique ?
La rupture de tous ces alternatifs avec la logique capitaliste du travail me semble durable. Avec ses ambiguïtés certes. Ils ont tendance à confondre le marché du travail et les employeurs et avec les conquêtes du salariat : “la retraite, on n’en aura pas”, “non non surtout pas de CDI, je veux rester flexible” … Avec l’illusion que sur les plateformes collaboratives, on va être dans l’horizontalité, on va faire ce que l’on veut… Et la tentation d’adhérer au projet capitaliste qui se substitue au salaire à la qualification personnelle : nos personnes ne peuvent pas être titulaires d’un salaire, mais elles pourraient disposer d’un revenu de base. Il y a donc des illusions mais il y a quelque chose de magnifique à refuser d’être le jouet du capital.
Ces alternatifs sont dans cette situation ambiguë d’une adhésion de fait à une flexibilité recherchée par la bourgeoisie capitaliste, mais pour poser des actes de productions communistes, c’est-à-dire sur des produits qui aient du sens, qui ne soient pas faits pour mettre en valeur du capital, etc. Le dépassement de cette contradiction, ce n’est pas que ces producteurs deviennent des employés, avec un emploi stable auprès d’employeurs, mais qu’ils soient propriétaire de leur qualification et donc titulaires d’un salaire à vie.
Qu’est ce que cela signifie ?
Que l’enjeu pour les livreurs de Deliveroo n’est pas qu’ils deviennent employés de la plateforme mais qu’ils soient titulaires de leur salaire et copropriétaires d’usage de la plateforme, sous une forme coopérative ou autre. Une des choses les plus difficiles vient de ce que la bourgeoisie, qui s’emploie en permanence à disqualifier les institutions qui la mettent en difficulté, a tout fait pour que nous connotions négativement le salaire et positivement le revenu de base. Certes ils ont pour point commun de faire de la ressource un droit politique de la personne. Mais il y a un gouffre entre le pouvoir d’achat minimum que la bourgeoisie est toujours prête à accorder à quiconque dans un revenu de base (surtout s’il est payé par l’impôt, c’est-à-dire assez peu par elle), et la reconnaissance inconditionnelle, dans un salaire à la qualification personnelle, de la capacité de tout adulte à produire de la valeur. Un tel droit politique au salaire pose les personnes comme les seules productrices de valeur et donc candidates légitimes à ravir à la bourgeoisie son monopole sur la valeur économique, qui est le fondement de sa puissance.
Si la bourgeoisie est la classe dirigeante c’est parce qu’elle dirige le travail, et non pas parce qu’elle est riche. C’est le travail qui est le cœur de la lutte de classes, ce n’est pas l’argent, l’argent c’est la conséquence du travail. Donc la classe dirigeante n’a de pouvoir sur l’argent que parce qu’elle a le pouvoir sur le travail, et c’est son pouvoir sur le travail qu’il faut lui ravir. Et pour le lui ravir il faut d’abord que nous sortions de l’aléa de notre reconnaissance comme travailleur selon le bon vouloir de l’employeur ou selon notre performance sur les marchés sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir en réalité. La bourgeoisie tient ces marchés, soit du travail soit des biens et services, et si nos personnes sont niées comme productrices et que nous ne sommes reconnus comme producteur qu’à la mesure de nos performances sur les marchés qu’elle tient, elle a de longs jours devant elle. Mais elle n’en a pas parce qu’une classe révolutionnaire est en cours de constitution depuis plus d’un siècle et institue l’alternative.

Vous pensez que la gauche a abandonné la question du travail ? Est-ce parce qu’elle est devenue un peu bourgeoise elle aussi ?
Devenir bourgeois c’est quand même précis : c’est être propriétaire de l’outil de travail, décider l’investissement, décider de ce qui vaut, par exemple arbitrer entre la route et le fer pour les transports. La gauche n’est pas devenue bourgeoise.
Mais qu’elle ait abandonné la question du travail, oui. Pour moi, c’est un manque tout à fait considérable. Augmenté encore par cette espèce de fascination pour la financiarisation du capital dans laquelle on nous fait croire qu’il se crée de la valeur dans la sphère de la finance, que finalement le capitalisme n’a plus besoin du travail, que tout ça va pouvoir être fait par des robots, que c’est la fin du travail… c’est dans l’air du temps, bien sûr.
Le mot « argent » l’emporte dans le débat public sur le mot « travail » : on a l’impression que l’argent fait des petits tout seul et que le capitalisme serait en mesure de se passer du travail et donc, qu’il faut lui prendre son pouvoir sur l’argent, que c’est ça qui est décisif. Quand on regarde les propositions alternatives, par exemple à propos de la retraite, elles portent sur le financement des pensions : on peut prendre l’argent là où il est car de toute façon « de l’argent, il y en a ». Mais il est mal réparti, il y a un coût du capital, … c’est ça le fond de l’argumentaire du mouvement progressiste. La solution, c’est une « bonne » fiscalité… Alors voilà le constat : la prise du pouvoir sur le travail n’est pas à l’ordre du jour globalement, sauf chez ces jeunes alternatifs… chez eux oui, c’est très puissant. Mais dans les organisations qui ont été porteuses des conquêtes du salariat, ce qu’on associe à « travail » c’est « souffrance ». Et c’est « réduction ».
Ce sont les mots les plus associés au travail aujourd’hui chez les militants ?
Je n’ai pas fait de lexicométrie à ce propos, mais je pense que les mots les plus associés au travail aujourd’hui, dans les milieux progressistes, ce sont en effet bien eux. Il s’agit de réduire le temps de travail et il y a de la souffrance au travail. C’est-à-dire que le mot travail est connoté négativement. C’est assez rare qu’il soit connoté positivement. Y compris chez les alternatifs qui, justement, parce qu’ils ne veulent pas faire du travail comme leurs aînés, en acceptant des travaux avec lesquels ils seraient en désaccord, vont dire qu’ils ne travaillent pas, vont dire qu’ils sont dans l’activité.
Ça correspond à une vision elle aussi péjorative du travail chez ceux qui aspirent à se libérer du travail, à réduire le temps de travail, et vivent le travail comme de la souffrance qu’il faut gérer. Il faut donc « prévenir la souffrance au travail », faire condamner les employeurs qui génèrent de la souffrance au travail. Mais la souffrance au travail c’est un concept qui est accepté. C’est une sorte de catégorie qui médicalise une violence sociale qui n’est pas dénoncée comme telle. Ce qu’on va condamner, c’est la souffrance qu’elle génère, comme si c’était naturel que le travail génère de la souffrance. Et pourtant les origines de la souffrance au travail sont claires : c’est l’absence de la maîtrise du travail. Donc tant qu’il n’y aura pas détermination à construire les institutions de pouvoir sur le travail, concret, dans l’entreprise, on va continuer à chercher à gérer la souffrance au travail et à chercher à réduire le temps de travail.
Est-ce que ça vient d’un manque de courage à affronter cette question ?
Je sais que c’est dur d’être militant, d’être syndicaliste, j’ai le plus grand respect pour tous ceux qui se battent. C’est plutôt qu’il n’y a pas de tradition de maîtrise collective du travail… On dit, « c’est nous qui produisons, c’est nous qui décidons », mais un peu comme un mantra, c’est comme le « tous ensemble tous ensemble hé » dans les manifs, quand on sait bien qu’on n’est pas tous ensemble et que trop d’organisations se tirent les unes sur les autres …
Rien de concret n’est fait dans les entreprises par les organisations de travailleurs pour qu’ils décident. Parce que décider, ça veut dire s’opposer aux directions. Et s’opposer aux directions ça ne se fait pas par la grève. La grève, c’est un temps pratiquement inexistant dans le secteur privé et très intermittent dans le secteur public. Donc non, ce n’est pas par la grève qu’on s’oppose aux directions, et comme aujourd’hui il n’y a que ça comme moyen d’action, la grève comme absence de travail, on ne mobilise pas toute l’organisation – les militants, les institutions, les protections (par exemple la protection contre le licenciement des délégués syndicaux), on ne mobilise pas toute cette organisation pour dire « ah non non, nous allons nous auto-organiser dans ce que nous faisons au travail ».
C’est ça la réponse à la souffrance au travail. Il n’y a aucune raison que le travail soit source de souffrance, aucune. Au contraire, c’est une source de liberté. Le déplacement à opérer dans l’action collective est autour de « nous nous auto-organisons ». Mais si la maîtrise du travail est abandonnée aux employeurs et que le temps de travail devient insupportable, toute la militance se consacre à la réduction du temps de travail, hebdomadaire et sur le cycle de vie, avec la retraite comme fin du travail. Alors que la retraite, rappelons-le, a été construite en 1946 par les communistes comme la fin de l’obligation d’aller sur le marché du travail pour avoir un salaire. Un retraité ce n’est pas quelqu’un qui ne travaille plus, c’est quelqu’un qui n’a plus besoin de quémander son salaire auprès d’un employeur parce qu’il est devenu titulaire de son salaire. C’est pour cela que vous avez une telle détermination de Macron : « non, entrer en retraite c’est être bénéficiaire du différé de ses cotisations, on ne peut jamais être titulaire de son salaire ». La bourgeoisie a absolument besoin que nous soyons à poil pour que sa domination sur nos vies soit possible, pour que nous ne puissions pas lui ravir le monopole sur la production de valeur qui est la source de son pouvoir.

Pour autant, cette question est totalement absente du débat public sur la réforme des retraites en ce moment …
Vous avez raison, et c’est parce que le travail, connoté négativement, est absent du débat public. Cela dit, je suis optimiste sur le fait que le travail vienne sur le devant de la scène. La prise de conscience que la maîtrise du travail concret doit devenir le cœur de l’activité collective, ça je suis convaincu que ça va monter. Déjà, il y a tous les alternatifs qui en sont porteurs, et tous les militants syndicaux qui voient bien qu’on ne peut pas se contenter de réduire le temps de travail et d’attendre la retraite comme la fin du travail, et qu’il faut commencer à se poser la question de la conquête des outils de l’affrontement aux directions sur le contenu du travail.
Que penser du traitement médiatique du travail ?
Je suis peu au fait du traitement médiatique, mais ce qui me frappe c’est la montée au cours des trente dernières années, dans l’opinion courante, de la connotation péjorative du travail. Jusqu’à son étymologie, avec l’invention d’une étymologie fausse, le fameux « tripalium », cet instrument de torture. Est tout à fait significative la façon dont Hannah Arendt, dans son essai sur La condition de l’homme moderne, prolongé par Dominique Méda dans la Fin du travail ?, reprend le triptyque aristotélicien sur travail, action, œuvre : le travail ce sont les esclaves, l’œuvre ce sont les artisans et l’action ce sont les citoyens libres, c’est la politique. Ce bouquin a eu un très grand succès, et les années 90 sont des années où dans l’opinion cultivée s’exprime cette dévalorisation du travail qui naturalise l’état déplorable dans lequel la logique du profit met le travail. Et c’est une saga qui, là encore, écrit ce dont la bourgeoisie a besoin.
Cette disqualification du travail vient de la crise du capitalisme : la bourgeoisie n’est plus capable de gérer le travail de façon à ce qu’il soit anthropologiquement, écologiquement, territorialement humain. Incapable de nous mobiliser positivement sur le travail, elle nous mobilise sur des colifichets de la consommation et s’emploie à ce que nous considérions comme naturel que le travail, c’est de la merde. Raison de plus pour nous appuyer sur le déjà-là communiste pour soutenir l’action collective de conquête de la souveraineté sur le travail afin de le tirer de ce mauvais pas. Nous disposons, avec la sécurité sociale de la production de soins que le régime général a su mettre en place de la fin des années 1950 au milieu des années 1970, d’un dispositif que nous pouvons transposer à toute la production. Une hausse du taux et un élargissement de l’assiette de la cotisation à l’assurance-maladie ont permis d’une part de subventionner l’investissement hospitalier, d’inclure dans son sein les hôpitaux psychiatriques, de transformer les hospices en hôpitaux locaux, et d’autre part de conventionner les soins de ville. Et ça s’est fait sur un mode que je qualifie de communiste : salaire à la qualification personnelle des soignants, fonctionnaires hospitaliers ou libéraux conventionnés, subvention de l’investissement ôtant toute place à la propriété lucrative de l’outil.
Je crois que vous avez des propositions qui s’appuient sur cet existant ?
Oui, l’application d’une telle sécurité sociale à l’alimentation (SSA) par exemple est un terrain d’autant plus propice qu’il y a déjà des alternatifs à tous les niveaux : de la production des biens bruts comme le lait ou le blé, à la production des biens élaborés, la distribution, la restauration, la production d’outils agricoles : tout cela aujourd’hui est investi par des alternatifs qui ne sont plus quantité négligeable, même s’ils restent marginalisables ou récupérables… Le levier serait une cotisation qui pourrait être de 8% de la valeur ajoutée marchande, soit 120 milliards, ce qui correspond en gros à la moitié des dépenses de consommation alimentaire aujourd’hui – ce qui n’est pas rien, et qui serait une opération blanche à l’échelle macro pour les entreprises, puisqu’à ces 120 milliards de cotisation correspondront 120 milliards de non remboursement de dettes, ou de non-versement de dividendes. Ça suppose toute une bataille politique sur l’illégitimité du crédit…
On n’affecterait pas la totalité de ces 120 milliards à solvabiliser la population, parce que les alternatifs ne peuvent pas aujourd’hui assurer la moitié des besoins d’alimentation. Disons pour lancer le débat qu’on peut proposer d’affecter les 2⁄3 des 120 milliards aux consommateurs/usagers, soit 100€ par personne et par mois, sur la carte vitale. Un foyer de 3 personnes perçoit dont 300€ par mois, ça ne couvre pas la totalité de la dépense en alimentation, mais c’est quand même très significatif. Et cette carte vitale, elle ne pourra être présentée que chez des professionnels conventionnés– exactement comme pour les hôpitaux et les médecins libéraux. On ne va évidemment pas conventionner la grande distribution, l’agrobusiness etc. Et il faudra aller loin dans le refus du conventionnement : un des enseignements qu’on peut tirer de l’assurance maladie, c’est qu’on a conventionné les producteurs de soins en conservant un mode capitaliste de production du médicament, moyennant quoi on a fourni un marché public incroyable aux groupes capitalistes comme Sanofi qui ont investi, et en partie pourri, la pratique du soin… Il ne s’agit pas qu’on fasse la même chose dans l’alimentation en fournissant un marché public à Massey Ferguson ou à Bayer ! Il faut que ne soient conventionnés que les producteurs qui ne font pas appel à des fournisseurs capitalistes, qui produisent bio en respectant le droit du travail (ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui), des entreprises dont les travailleurs sont les propriétaires d’usage de leur outil de travail…
Quant au tiers restant des 120 milliards, il serait consacré au soutien des producteurs alternatifs. Il faut acheter des terres, notamment : il faut arracher la terre à la logique marchande et en faire un bien commun, et ça aussi c’est un travail considérable. Il faut payer les travailleurs conventionnés à la qualification personnelle. Il faut subventionner l’investissement de producteurs agricoles alternatifs, il faut aider les agriculteurs qui voudraient passer au bio à le faire –il y en a pour quatre ou cinq ans, avant que ce soit rentable, et pendant ces quatre ou cinq ans il faut qu’ils soient soutenus ; il faut soutenir la production de machines nouvelles, etc.
Et je voudrais conclure sur le fait que nous créons là une institution macroéconomique qui pourrait être articulée avec cette autre institution macro qu’est la retraite, entendue comme l’âge où l’on devient titulaire de son salaire sans plus passer par le marché du travail. On pourrait la fixer à l’âge critique sur le marché du travail, 50 ans. Les quinquagénaires retraités, dotés de leur salaire et d’une responsabilité d’auto-organisation des travailleurs, pourront évidemment investir massivement ces entreprises alternatives dont l’activité va être considérablement augmentée. Et ce qu’on vient de dire sur l’alimentation, on pourrait le transposer sur la production de logement, sur le transport de proximité, sur l’énergie, la culture, l’accès à la justice… Retrouver la dynamique communiste rend inventif et joyeux !
Bernard Friot
Première partie de l’entretien ici
Photos de Serge d’Ignazio
Source : Frustration Magazine, https://www.frustrationmagazine.fr/si–la–bourgeoisie–est–la–classe–dirigeante–cest–parce–quelle–dirige–le–travail–entretien–avec–bernard–friot–partie–ii/
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Formidable Pepe Escobar sur Sputnik France : Procès de Julian Assange : « C’est un tribunal stalinien »
Avec des passages enthousiastes sur le (très intéressant) livre de Juan Branco, « Assange : l’antisouverain ».

Procès de Moscou, désormais à Londres et Washington, capitales du crime :

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[Free Assange] Craig Murray : la cage de verre blindée est un instrument de torture
Craig MURRAY : La cage de verre blindée est un instrument de torture

photo : illustration par la rédaction du Grand Soir (source indéterminée)
Lors de l’audience séparée de jeudi sur l’autorisation donnée à Assange de sortir de la cage blindée pour s’asseoir avec son équipe d’avocats, j’ai pu constater directement que la décision de Baraitser contre Assange a été présentée par elle au tribunal AVANT qu’elle n’ait entendu l’avocat de la défense présenter les arguments, et qu’elle les a présentés sans aucune modification.
Je pourrais commencer par vous expliquer ma position dans la tribune publique par rapport au juge. Toute la semaine, je me suis délibérément assis à l’avant, sur le siège de droite. La galerie donne sur une fenêtre en verre blindé à une hauteur d’environ 2 mètres au-dessus de la salle d’audience. Elle descend d’un côté du tribunal, et l’extrémité droite de la galerie publique se trouve au-dessus du banc du juge, qui est assis en dessous perpendiculairement à celui-ci. Depuis les sièges de droite de la galerie publique, vous avez donc une vue plongeante directe sur le banc du juge, et que vous pouvez voir tous ses documents et son écran d’ordinateur.
L’avocat Mark Summers a souligné que dans l’affaire Belousov contre la Russie, la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg a statué contre l’État de Russie parce que Belousov avait été jugé dans une cage de verre pratiquement identique dans sa construction et sa position à celle dans laquelle se trouve présentement Assange. Cette situation a entravé sa participation au procès et son libre accès à un avocat, et l’a privé de sa dignité humaine en tant qu’accusé.
Summers poursuit en disant qu’il est normal que certaines catégories de prisonniers non condamnés soient libérés du banc des accusés pour s’asseoir avec leurs avocats. Le tribunal disposait de rapports psychiatriques sur l’extrême dépression clinique d’Assange et, en fait, le guide des meilleures pratiques du ministère britannique de la justice à l’intention des tribunaux indiquait que les personnes vulnérables devraient être libérées pour s’asseoir aux côtés de leurs avocats. Un traitement spécial n’était pas demandé pour Assange – il demandait à être traité comme toute autre personne vulnérable.
La défense a été entravée par son incapacité à communiquer confidentiellement avec son client pendant la procédure. Dans la phase suivante du procès, où les témoins seront interrogés, il est essentiel de communiquer en temps utile. En outre, ils ne pouvaient parler avec lui que par une fente dans la vitre, à portée d’oreille des agents de sécurité de la société privée qui le surveillaient (il a été précisé qu’il s’agissait de Serco, et non du groupe 4 comme l’avait dit Baraitser la veille), et en présence de microphones.
Baraitser s’est mise de mauvaise humeur à ce moment-là et a parlé avec un réel tranchant de voix. « Qui sont ces gens derrière vous, au dernier rang », a‑t‑elle demandé avec sarcasme à Summers – une question à laquelle elle connaissait prafaitement la réponse. Summers a répondu qu’ils faisaient partie de l’équipe juridique de la défense. Baraitser a dit qu’Assange pouvait les contacter s’il avait un point à faire valoir. Summers répondit qu’il y avait une allée et un muret entre la cage de verre et leur position, et que tout ce qu’Assange pouvait voir par-dessus le mur était le haut de l’arrière de leur tête. Baraitser a dit qu’elle avait vu Assange crier. Summers a déclaré que crier à travers la salle d’audience n’était ni confidentiel ni satisfaisant.
On m’a maintenant informé que c’est un délit de publier la photo de Julian dans sa cage de verre, même si je ne l’ai pas prise et qu’elle est absolument partout sur Internet. Il convient également de noter que je suis de retour dans mon pays, l’Écosse, où se trouve mon blog, et que ni l’un ni l’autre ne relève de la juridiction du tribunal anglais. Mais je tiens à ne pas leur donner d’excuse pour m’exclure de l’audience du tribunal, c’est pourquoi je l’ai supprimée, mais vous pouvez la voir ici (en illustration du présent article – NdT).
C’est la photo prise illégalement (pas par moi) d’Assange au tribunal. Si vous regardez attentivement, vous pouvez voir qu’il y a un passage et un muret en bois entre lui et la dernière rangée d’avocats. Vous pouvez voir l’un des deux agents de la prison de Serco qui le surveille à l’intérieur de la cage.
Baraitser a dit qu’Assange pouvait passer des notes, et qu’elle l’avait vu passer des notes. Summers a répondu que les officiers de justice avaient désormais interdit la transmission de notes. Baraitser a dit qu’ils pouvaient en parler à Serco, que c’était une question qui relevait des autorités de la prison.
Summers a affirmé que, contrairement à ce que Baraitser avait déclaré la veille, elle était effectivement compétente pour sortir Assange de la cage. Baraitser est intervenue pour dire qu’elle était d’accord avec ça. Summers a ensuite déclaré qu’il avait produit un certain nombre d’éléments pour montrer que Baraitser avait également eu tort de dire qu’être en garde à vue ne pouvait que signifier être enfermé dans la cage. Vous pouvez être en garde à vue n’importe où dans l’enceinte du tribunal, ou même à l’extérieur. Baraitser en est devenue très contrariée et a déclaré qu’elle avait seulement dit que la garde dans tribunal devait être égale à la garde dans la cage.
Ce à quoi Summers a répondu de façon mémorable, maintenant très contrarié : « Eh bien, c’est faux aussi, et c’est faux depuis ces huit dernières années. »
Mettant un terme à son argumentation, Baraitser a donné son avis sur cette question. Voici maintenant ce qui est intéressant, et je suis un témoin oculaire direct. Elle a lu son jugement, qui était écrit à la main sur plusieurs pages. Elle l’avait apporté avec elle au tribunal sous forme de liasse, et elle n’y a apporté aucune modification. Elle avait rédigé son jugement avant même d’avoir entendu Mark Summers.
Ses principaux points étaient qu’Assange était capable de communiquer avec ses avocats en criant depuis la cage. Elle l’avait vu passer des notes. Elle était prête à ajourner le tribunal à tout moment pour qu’Assange puisse descendre avec ses avocats pour discuter dans les cellules, et si cela allongeait la durée de l’audience de trois à six semaines, cela pourrait prendre autant de temps que nécessaire.
Baraitser a déclaré qu’aucun des rapports psychiatriques qu’elle avait devant elle n’indiquait qu’il était nécessaire pour Assange de quitter la cage. Comme aucun des psychiatres n’avait été interrogé à ce sujet – et très probablement aucun ne connaissait la disposition de la salle d’audience – cela n’est guère surprenant.
Je me suis demandé pourquoi il est si important pour le gouvernement britannique de maintenir Assange dans cette cage, incapable d’entendre les procédures ou de communiquer avec ses avocats, même lorsque les avocats du gouvernement américain ont déclaré qu’ils n’avaient aucune objection à ce qu’Assange siège avec ses avocats.
La réponse se trouve dans l’évaluation psychiatrique d’Assange donnée à la cour par le très distingué professeur Michael Kopelman (qui est familier à tous ceux qui ont lu Murder in Samarkand) :
« M. Assange montre pratiquement tous les facteurs de risque que les chercheurs d’Oxford ont décrit des prisonniers qui se suicident ou font des tentatives mortelles. …
Je suis aussi sûr qu’un psychiatre peut l’être que, si l’extradition vers les États-Unis devenait imminent, M. Assange trouverait un moyen de se suicider ».
Le fait que Kopelman ne déclare pas spécifiquement, comme l’a dit Baraitser, que la cage de verre blindée est mauvaise pour Assange ne reflète rien d’autre que le fait qu’on ne lui a pas posé cette question. Tout être humain ayant la moindre décence serait en mesure d’en tirer la conclusion. Le point de vue étroit de Baraitser, selon lequel aucun psychiatre n’a spécifiquement déclaré qu’il devrait être libéré de la cage blindée, est à couper le souffle, malhonnête et inhumain. Il est presque certain qu’aucun psychiatre n’avait imaginé qu’elle déterminerait l’application d’une telle torture.
Alors pourquoi Baraitser le fait-elle ?
Je crois que l’enfermement d’Assange, ce geek intellectuel de l’informatique, à la manière d’Hannibal Lecter et qui n’a aucun fondement rationnel, est une tentative délibérée de pousser Julian au suicide. Le tribunal anti-terroriste de haute sécurité se trouve physiquement dans l’enceinte de la forteresse qui abrite la prison de haute sécurité. Il est amené, menotté et sous forte escorte, de sa cellule d’isolement à la cage blindée, via un tunnel souterrain. Dans ces circonstances, quel est le besoin éventuel pour lui d’être fouillé à nu en permanence ? Pourquoi n’est-il pas autorisé à avoir ses documents sur lui ? Le plus révélateur pour moi est le fait qu’il n’est pas autorisé à serrer la main ou à toucher ses avocats par la fente de la cage blindée.
Ils appliquent sans relâche le déni systématique de tout réconfort humain de base, comme le fait de toucher le bout des doigts d’un ami ou d’empêcher le soulagement qu’il pourrait ressentir simplement en étant aux côtés d’un ami. Ils assurent la poursuite des effets psychologiques extrêmes de l’isolement d’une année par un isolement virtuel. Un tout petit peu de confort humain pourrait faire énormément de bien à sa santé mentale et à sa résilience. Ils sont déterminés à y mettre fin à tout prix. Ils tentent de le pousser à se suicider – ou de créer en lui la condition dans laquelle sa mort accélérée pourrait être expliquée comme un suicide.
C’est aussi la seule explication que je puisse trouver pour expliquer pourquoi ils risquent de créer des conditions aussi évidentes d’annulation de procès. Les morts ne peuvent pas faire appel.
Je vous rappelle que Julian est un prévenu qui a purgé sa peine d’une durée sans précédent pour avoir violé sa liberté sous caution. Son statut est censé être actuellement celui d’un innocent accusé. Ces accusations n’ont aucun fondement, si ce n’est la publication des révélations de Chelsea Manning sur les crimes de guerre.
Il me semble certain que Baraitser agit selon des instructions. Tout au long du procès, elle a cherché désespérément à saisir toute occasion de nier toute responsabilité dans ce qui arrive à Julian. Elle a déclaré qu’elle n’avait aucune compétence sur son traitement en prison, et même lorsque la défense et l’accusation se sont unies pour affirmer qu’il était normal que les magistrats transmettent des instructions ou des demandes à l’administration pénitentiaire, elle a refusé de l’admettre.
Baraitser tente manifestement de se distancer psychologiquement de toute responsabilité dans ce qui est fait. À cette fin, elle a multiplié les dénis de compétence ou de capacité à influencer les événements. Elle a déclaré qu’elle n’avait pas compétence pour interférer avec la fouille à nu, le menottage et la confiscation des papiers d’Assange ou son maintien en isolement. Elle a déclaré qu’elle n’était pas compétente pour demander que les avocats de la défense aient davantage accès à leur client en prison pour préparer sa défense. Elle a déclaré qu’elle n’avait pas compétence pour s’occuper de sa position dans la salle d’audience. Elle a suggéré à plusieurs reprises que c’est à la société Serco de décider s’il peut transmettre des notes à ses avocats et au Groupe 4 de décider s’il peut être libéré de la cage blindée. Les moments où elle semble la plus satisfaite en écoutant les arguments, sont ceux où l’avocat de l’accusation James Lewis affirme qu’elle n’a pas d’autre décision à prendre que de signer l’extradition parce qu’elle est en bonne et due forme et que l’article 4 du traité n’a aucune valeur juridique.
Un membre de la famille Assange m’a fait remarquer, à la fin de la première semaine, qu’elle semble très paresseuse et qu’elle est donc ravie d’accepter tout argument qui réduit la quantité de travail qu’elle doit faire. Je pense qu’il s’agit d’autre chose. Je pense qu’il y a un coin de l’esprit de cette fille de dissidents de l’apartheid qui rejette son propre rôle dans la torture d’Assange, et qui ne cesse de répéter « Je n’avais pas le choix, je n’avais pas d’autorité ». Ceux qui succombent au mal doivent trouver le réconfort intérieur qu’ils peuvent.
Avec nos remerciements à ceux qui ont fait des dons ou qui se sont abonnés pour rendre ce reportage possible. Je tiens à souligner à nouveau que je ne veux absolument pas que quiconque donne quoi que ce soit si cela lui cause la moindre possibilité de contrainte financière.
Cet article est entièrement libre de reproduction et de publication, y compris en traduction, et j’espère vivement que les gens le feront activement. La vérité nous rendra libres.
Craig Murray
Traduction « c’est bien une course contre la montre » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles
Source : Le Grand Soir, https://www.legrandsoir.info/la–cage–de–verre–blindee–est–un–instrument–de–torture.html
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https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10157962188802317
Parallèle intéressant entre le Caracazo vénézuélien et les Gilets jaunes français, par Romain Migus
Passionnant Romain Migus 🙂
https://youtu.be/vHcRRMITmgI
Parallèle intéressant entre le Caracazo vénézuélien (1989) et les Gilets jaunes français (2018−2020), révoltes populaires à visées institutionnelles contre les politiques néolibérales d’insécurité sociale, d’inégalités criantes et de misère.
Viva la revolucion ! 🙂
#mémoiredesluttes
#GrèveGénéraleConstituante
Étienne.
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Julian Assange (WikiLeaks), entretien en 2014 pour « le grand journal »
Que c’est bien, d’écouter cet homme parler, calme et bon, comme s’il était libre…
L’entretien date de 2014, dans les locaux de l’ambassade d’Équateur, où il est prisonnier depuis deux ans à l’époque.
La fin est particulièrement intéressante.
#FreeAssange
Étienne.
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