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Atelier constituant en direct Nexus #9 : LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE

On se retrouve mer­cre­di pro­chain, 19 novembre 2025 à 17h, sur Nexus, avec Marc et Léo, pour faire notre (pre­mier) ate­lier consti­tuant sur LA MONNAIE, et c’est vrai­ment très impor­tant : pas de sou­ve­rai­ne­té poli­tique (déci­der nous-mêmes) sans sou­ve­rai­ne­té moné­taire (finan­cer nous-mêmes nos déci­sions). J’ai hâte de vous y retrou­ver 🙂 Étienne. Res­sources impor­tantes pour tra­vailler le sujet :  Essai de plan pour trai­ter la sou­ve­rai­ne­té moné­taire v1 . Les enjeux de la créa­tion moné­taire : chômage…

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[#MémoireDesLuttes, ici contre Sarkozy] Étienne Chouard dans Libération (22 octobre 2007) : chaque traité européen est un viol politique (c’est même une tournante, puisque la gauche nous viole aussi)

[#MémoireDesLuttes, ici contre Sarkozy] Étienne Chouard dans Libération (22 octobre 2007) : chaque traité européen est un viol politique (c’est même une tournante, puisque la gauche nous viole aussi)

Chers vous tous, La comé­die de l’emprisonnement fac­tice d’un des plus grands cri­mi­nels de France (comp­tez les morts en Libye et toutes les vies dévas­tées par sa faute, c’est déjà mons­trueux) me conduit à res­sor­tir un de mes vieux articles que le torche-cul ami du pou­voir frau­du­leu­se­ment nom­mé « Libé­ra­tion » (aus­si mal nom­mé que l’é­tait le robi­net à men­songes d’É­tat sovié­tique qui s’ap­pe­lait « la Prav­da », soit « La Véri­té »… sans décon­ner…) avait publié en 2007. Cet article est introu­vable avec…

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Atelier Constituant en direct #8 TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE : USAGES ET MODES D’EMPLOI sur Nexus, 12 nov 2025

Avec Marc et Léo, on revient demain sur le Tirage au sort en poli­tique, cette fois sous l’angle de ses dif­fé­rents usages et de ses diverses moda­li­tés pos­sibles de mise en œuvre. Mer­cre­di 12 novembre, vers 17h – 17h30 🙂 Étienne. https://​www​.you​tube​.com/​l​i​v​e​/​j​c​D​_​J​9​P​-​V​6​w​?​s​i​=​s​Q​S​E​V​X​R​7​Z​s​L​X​8​K90   Retrans­crip­tion Ate­lier Nexus CC#8 COMMENT le TAS : usages et modes d’emploi Plan détaillé de l’in­ter­view [04:44] Intro­duc­tion et actua­li­tés de Nexus [06:57] Pré­sen­ta­tion du sujet du jour : les…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Des nouvelles de « la science », au service de « la sécurité des plus fragiles »… (et des profiteurs de guerre)

Ce que disent les documents sur les vaccins anti-Covid-19 volés à l’Agence européenne des médicaments

Source : Le Monde, 16 jan­vier 2021, https://​www​.lemonde​.fr/​p​l​a​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​2​1​/​0​1​/​1​6​/​v​a​c​c​i​n​s​–​c​e​–​q​u​e​–​d​i​s​e​n​t​–​l​e​s​–​d​o​c​u​m​e​n​t​s​–​v​o​l​e​s​–​a​–​l​–​a​g​e​n​c​e​–​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​–​d​e​s​–​m​e​d​i​c​a​m​e​n​t​s​_​6​0​6​6​5​0​2​_​3​2​4​4​.​h​tml£

Ces don­nées déro­bées, puis dif­fu­sées sur le Dark Web, montrent la pres­sion à laquelle fai­sait face l’agence pour approu­ver au plus vite le vac­cin Pfizer-BioNTech.

par Lise Barnéoud


COLCANOPA

Des docu­ments confi­den­tiels déro­bés à l’Agence euro­péenne des médi­ca­ments (EMA) le 9 décembre 2020 refont sur­face dans le Dark Web. Le Monde a pu en récu­pé­rer une par­tie, et une équipe euro­péenne de jour­na­listes les a éplu­chés. L’ensemble com­prend une ving­taine d’éléments, essen­tiel­le­ment autour du dos­sier d’évaluation du vac­cin de Pfi­­zer-BioN­­Tech. Il com­prend éga­le­ment 19 cour­riels, échan­gés entre le 10 novembre et le 25 novembre par divers res­pon­sables de l’agence, dont cer­tains auraient été « mani­pu­lés » par les hackeurs, a aver­ti l’EMA, ven­dre­di 15 jan­vier, dans un com­mu­ni­qué. Tou­te­fois, dans un échange avec Le Monde, l’agence recon­naît que « les cour­riels divul­gués reflètent les pro­blèmes et les dis­cus­sions qui ont eu lieu ».

Par­mi les e‑mails, qui appa­raissent dûment datés, avec les dif­fé­rents des­ti­na­taires visibles, donc a prio­ri moins sus­cep­tibles d’avoir fait l’objet de mani­pu­la­tions, cinq per­mettent de tou­cher du doigt la pres­sion à laquelle fai­sait face l’agence pour approu­ver au plus vite un pre­mier vac­cin contre le Covid-19. Dans un échange daté du 12 novembre, une res­pon­sable de l’EMA signale par exemple une dis­cus­sion avec la com­mis­saire euro­péenne à la san­té, Stel­la Kyria­kides. Celle-ci s’étant enga­gée « à ce que tous les Etats membres reçoivent le vac­cin en même temps », elle aurait alors insis­té sur l’importance de ne pas les « for­cer » à uti­li­ser des pro­cé­dures natio­nales à cause de délais dans le pro­ces­sus d’autorisation offi­ciel. Selon une direc­tive de l’UE, les Etats peuvent en effet uti­li­ser des médi­ca­ments non auto­ri­sés par l’EMA en cas d’épidémie.

Le 19 novembre, un haut res­pon­sable de l’EMA évoque éga­le­ment une confé­rence télé­pho­nique avec la Com­mis­sion euro­péenne qui se serait tenue dans « une atmo­sphère plu­tôt ten­due, par­fois même un peu désa­gréable, qui donne une idée de ce que à quoi l’EMA peut s’attendre si les attentes ne sont pas satis­faites, que ces attentes soient réa­listes ou non ». Le len­de­main, dans un échange avec l’Agence danoise du médi­ca­ment, le même res­pon­sable se dit sur­pris qu’Ursula von der Leyen, pré­si­dente de la Com­mis­sion euro­péenne, ait « clai­re­ment iden­ti­fié les deux vac­cins qui pour­raient être approu­vés avant la fin de l’année [Pfi­­zer-BioN­­Tech et Moder­na]. Il y a encore des pro­blèmes avec les deux », sou­ligne l’agent.

C’est sur cer­tains de ces « pro­blèmes » que portent les autres docu­ments déro­bés en décembre 2020, non sus­pec­tés de mani­pu­la­tions par l’EMA. Et plus par­ti­cu­liè­re­ment, les pro­blèmes concer­nant le vac­cin Pfi­­zer-BioN­­Tech. On découvre ain­si qu’en novembre l’agence euro­péenne for­mu­lait trois « objec­tions majeures » vis-à-vis de ce vac­cin : cer­tains sites de fabri­ca­tion n’avaient pas encore été ins­pec­tés ; il man­quait encore des don­nées sur les lots de vac­cins com­mer­ciaux ; mais, sur­tout, les don­nées dis­po­nibles révé­laient des dif­fé­rences qua­li­ta­tives entre les lots com­mer­ciaux et ceux qui avaient ser­vi durant les essais cli­niques. C’est sur ce der­nier point que les éva­lua­teurs semblent alors le plus préoccupés.

« Point bloquant »

En effet, pour pas­ser d’un stade cli­nique à un stade com­mer­cial, les fabri­cants ont dû chan­ger leurs pro­ces­sus de fabri­ca­tion, ils ont aus­si inves­ti dans de nou­velles lignes de pro­duc­tion et de nou­velles usines. Autant de modi­fi­ca­tions qui expli­que­raient des dif­fé­rences dans la com­po­si­tion exacte des vac­cins, en par­ti­cu­lier une dimi­nu­tion du degré d’intégrité de l’ARN. Celui-ci est l’élément cru­cial de ce vac­cin qui per­met, une fois injec­té dans les cel­lules, de fabri­quer la pro­téine Spike du virus et ain­si apprendre au sys­tème immu­ni­taire à recon­naître ce patho­gène et le neu­tra­li­ser. Les vac­cins uti­li­sés lors des essais cli­niques pos­sé­daient entre 69 % et 81 % d’ARN « intègre », c’est-à-dire la séquence entière per­met­tant de fabri­quer la pro­téine Spike. En revanche, des don­nées sur les lots fabri­qués dans ces nou­velles lignes de pro­duc­tion révé­laient des pour­cen­tages plus faibles, 59 % en moyenne. Cer­tains lots des­cen­daient même jusqu’à 51 % et 52 %. Un « point blo­quant », dit l’EMA le 23 novembre.

La ques­tion se pose en effet de savoir si ce taux d’ARN plus faible pour­rait non seule­ment impac­ter l’efficacité de la vac­ci­na­tion mais aus­si sa sécu­ri­té, car qui dit moins d’ARN intègre, dit plus d’impuretés, notam­ment d’ARN tron­qués. « Nous avons fré­quem­ment des ARN un peu plus courts ou un peu plus longs dans ces pro­duits. On filtre en fonc­tion de la taille de la molé­cule, mais cette fil­tra­tion est dif­fi­cile à grande échelle », com­mente Steve Pas­co­lo, cher­cheur à l’hôpital uni­ver­si­taire de Zurich, qui tra­vaille depuis vingt ans sur les vac­cins ARN (cofon­da­teur de Cure­Vac en 2000, il a quit­té cette entre­prise, et a aujourd’hui des pro­jets en com­mun avec BioN­Tech). Ces ARN tron­qués ne peuvent évi­dem­ment plus être tra­duits en pro­téine Spike. Tou­te­fois, des don­nées four­nies par l’industriel à l’EMA indiquent qu’avec un taux d’ARN com­plet de 62 %, la pro­téine est tout de même pro­duite dans des quan­ti­tés com­pa­rables. « Dans les pre­miers essais de BioN­Tech, ils avaient des réponses immu­ni­taires avec un seul micro­gramme d’ARN, pointe Steve Pas­co­lo. Là, le vac­cin est cen­sé en avoir 30 micro­grammes, donc ils ont de la marge. »

C’est aus­si le point de vue de la Food and Drug Admi­nis­tra­tion (FDA) amé­ri­caine, avec qui l’EMA était en contact. « La ques­tion de la teneur en ARN mes­sa­ger n’est pas per­çue comme majeure » pour la FDA, explique un res­pon­sable de l’EMA dans un mail daté du 23 novembre. Il appa­raît en réa­li­té dans ce mes­sage que ces pro­blèmes de fabri­ca­tion et de contrôle qua­li­té n’affectent pas les auto­ri­sa­tions d’utilisation d’urgence (mises en œuvre par les Etats-Unis, le Cana­da ou le Royaume-Uni). Ces der­nières ne consti­tuent pas en réa­li­té une auto­ri­sa­tion du vac­cin lui-même, mais une auto­ri­sa­tion de son uti­li­sa­tion tem­po­raire. L’autorisation de mise sur le mar­ché tem­po­raire, que vise l’EMA, semble à l’inverse plus contrai­gnante sur ce point. D’où cette néces­si­té de « s’aligner sur des spé­ci­fi­ca­tions com­munes » à l’EMA, la FDA et l’Agence cana­dienne, « afin d’éviter qu’une région obtienne tout le maté­riel sous-opti­­mal », peut-on lire quelques jours plus tard dans un e‑mail.

« Objection majeure »

Le 26 novembre, BioN­Tech et Pfi­zer ont l’occasion de répondre aux objec­tions de l’EMA. Des ins­pec­tions des dif­fé­rents sites sont en cours, peut-on lire dans leur pré­sen­ta­tion. Ils pro­posent aus­si de rele­ver le taux d’intégrité mini­mum d’ARN à 60 % dans les pre­mières étapes de fabri­ca­tion pour évi­ter de se retrou­ver en des­sous de 50 % dans le pro­duit final, ce qui appa­raît comme le cri­tère d’acceptation dans tous les docu­ments consul­tés. Dans leur pré­sen­ta­tion, les fabri­cants de ce vac­cin dit Comir­na­ty affirment que ces dif­fé­rences de quan­ti­té d’ARN « ne devraient pas affec­ter » ni l’efficacité ni la sécu­ri­té de leur pro­duit. Cer­tains de ces lots ont été uti­li­sés dans des essais cliniques.

Mais l’EMA ne semble pas encore convain­cue, puisque les der­niers docu­ments ou échanges dis­po­nibles ne per­mettent pas encore de lever cette « objec­tion majeure ». Une cap­ture d’écran d’un mail échan­gé le 30 novembre entre l’EMA et les fabri­cants le confirme : « Ces pro­blèmes sont consi­dé­rés comme cri­tiques, en par­ti­cu­lier dans le contexte de la nou­veau­té de ce type de pro­duit et de l’expérience limi­tée, une stra­té­gie de contrôle plus stricte est donc atten­due ». Dans l’un des der­niers rap­ports acces­sibles, on apprend tou­te­fois qu’un ajus­te­ment des pro­cé­dés de fabri­ca­tion per­met de retrou­ver des niveaux d’intégrité autour de 75 %, com­pa­rables aux lots des essais cliniques.

Trois jours plus tard, le 3 décembre, le Wall Street Jour­nal publiait un article fai­sant état d’un pro­blème de pro­duc­tion du vac­cin Pfi­zer. « Cer­tains pre­miers lots de matières pre­mières ne répon­daient pas aux normes. Nous avons réso­lu le pro­blème, mais nous avons man­qué de temps pour répondre aux expé­di­tions pré­vues de cette année », y explique une « per­sonne direc­te­ment impli­quée dans le déve­lop­pe­ment du vac­cin Pfi­zer ». Faut-il y voir un lien ? Pfi­zer n’a pas sou­hai­té s’exprimer, men­tion­nant uni­que­ment l’enquête en cours de l’EMA sur la cybe­rat­taque. Ven­dre­di 15 jan­vier, BioN­Tech et Pfi­zer ont à nou­veau annon­cé des retards de livrai­son, invo­quant des tra­vaux néces­saires dans l’usine belge de Puurs.

Sol­li­ci­tée, l’EMA a confir­mé que ce pro­blème de qua­li­té avait été réglé par la suite : « La socié­té a été en mesure de résoudre ces pro­blèmes et de four­nir les infor­ma­tions et don­nées néces­saires pour per­mettre à l’EMA d’évoluer vers une recom­man­da­tion posi­tive pour ce vac­cin ». L’agence assure par ailleurs que les spé­ci­fi­ca­tions actuelles sur le niveau d’ARN « sont consi­dé­rées comme scien­ti­fi­que­ment jus­ti­fiées et accep­tables ». Il est par exemple peu pro­bable, sou­ligne l’agence, que ces molé­cules d’ARN tron­quées puissent être tra­duites en pro­téine ou en pep­tide, et ain­si pro­vo­quer des effets indé­si­rables. « Mal­gré l’urgence, il y a tou­jours eu un consen­sus dans toute l’UE pour ne pas com­pro­mettre les normes de haute qua­li­té et pour fon­der toute recom­man­da­tion sur la force des preuves scien­ti­fiques, sur la sécu­ri­té, la qua­li­té et l’efficacité d’un vac­cin, et rien d’autre », insiste l’EMA. La Com­mis­sion euro­péenne a éga­le­ment répon­du à notre sol­li­ci­ta­tion : elle affirme que ces dis­cus­sions « n’ont jamais empié­té sur l’indépendance de l’agence et n’ont jamais inter­fé­ré de quelque manière que ce soit avec l’intégrité de la mis­sion de l’EMA en ce qui concerne l’évaluation des can­­di­­dats-vac­­cins ou d’autres médicaments ».

La piste russe ou russophile

Reste à savoir qui pour­rait être der­rière cette attaque. Les fichiers ont été récu­pé­rés sur Rutor : « Ru » pour Rus­sia (Rus­sie) et « tor », comme le navi­ga­teur Web per­met­tant de navi­guer de façon ano­nyme sur le Web. Ce qui pour­rait accré­di­ter l’idée d’un hackeur d’Etat russe ou rus­so­phile. « Ce genre de tac­tique de pira­tage avec vol de don­nées, sui­vi de fuite, a déjà été pra­ti­qué par des agents russes (Guc­ci­fer 2.0, ou l’affaire de l’Agence mon­diale anti­do­page) », explique Jean-Michel Doan, spé­cia­liste en cyber­cri­mi­na­li­té chez Sekoia, une entre­prise de sécu­ri­té infor­ma­tique. Dif­fi­cile d’exclure éga­le­ment le cybe­res­pion­nage indus­triel, d’autant plus qu’il semble y avoir eu une sélec­tion des docu­ments visant spé­ci­fi­que­ment Pfi­zer. La manière dont ce dos­sier a été nom­mé le sug­gère éga­le­ment : « Preuves de la grande arnaque aux don­nées des vac­cins de Pfi­zer (…) ! » Quid d’un groupe anti­vax qui cher­che­rait à décré­di­bi­li­ser les vac­cins ? « Il est peu pro­bable qu’un hackeur anti­vax publie ensuite ses don­nées sur un site assez obs­cur, spé­cia­li­sé en pira­tage », com­mente Jean-Michel Doan.

Quelle que soit la lec­ture de ces docu­ments, les faits sont les sui­vants : le vac­cin de Pfi­­zer-BioN­­Tech sera fina­le­ment approu­vé le 21 décembre 2020 par l’EMA, soit trois semaines après le Royaume-Uni et deux semaines après les Etats-Unis, ce qui montre que l’Agence euro­péenne a mal­gré tout pris un cer­tain temps pour résoudre ce pro­blème de qua­li­té avant de don­ner son feu vert. Un délai qui était pour­tant jugé « dif­fi­ci­le­ment accep­table par la Com­mis­sion euro­péenne », d’après un échange de cour­riels entre col­lègues de l’EMA daté du 19 novembre : « Quoi que nous fas­sions, accé­lé­rer le pro­ces­sus pour s’aligner [sur les autres agences] ou prendre le temps néces­saire pour avoir une garan­tie robuste (…), l’EMA devra faire face aux ques­tions et aux cri­tiques de diverses par­ties (Com­mis­sion euro­péenne, Etats membres, Par­le­ment euro­péen, médias, grand public) », y écrit un haut res­pon­sable de l’agence. Il n’avait pas pré­vu qu’une cybe­rat­taque vien­drait aus­si s’y mêler.

Cette enquête fait par­tie du pro­jet euro­péen #behind­the­pledge, finan­cé par Jour­na­lism­fund et IJ4EU. Ludo­vi­ca Jona (Ita­lie), Hris­to Boyt­chev (Alle­magne), Lucien Hor­dijk (Pays-Bas) et Pri­ti Pat­naik (Suisse) y ont éga­le­ment contribué.

Source : Le Monde, 16 jan­vier 2021, https://​www​.lemonde​.fr/​p​l​a​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​2​1​/​0​1​/​1​6​/​v​a​c​c​i​n​s​–​c​e​–​q​u​e​–​d​i​s​e​n​t​–​l​e​s​–​d​o​c​u​m​e​n​t​s​–​v​o​l​e​s​–​a​–​l​–​a​g​e​n​c​e​–​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​–​d​e​s​–​m​e​d​i​c​a​m​e​n​t​s​_​6​0​6​6​5​0​2​_​3​2​4​4​.​h​tml£


Je consi­dère l’in­jec­tion obli­ga­toire de sub­stances indus­trielles comme un ABUS DE POUVOIR inac­cep­table. ÉC.

La Covid-19 est en fait moins mortelle qu’une grippe. La seule raison pour laquelle nous avons eu une surmortalité plus forte en 2020 qu’en 2017, c’est uniquement que parce que les gens sont plus vieux.

Des­crip­tion de cette impor­tante vidéo : 

« Nous sommes en 2021 et on n’en a pas encore fini avec le coro­na­vi­rus. La menace d’un nou­veau confi­ne­ment arrive. Tout le monde regarde vers l’Angleterre et leur nou­veau variant. Ce qu’on va voir dans cette vidéo, c’est si l’épidémie de COVID-19 est vrai­ment plus mor­telle que la grippe de 2017 et de com­bien est l’écart. Je vous annonce tout de suite qu’en fai­sant tous les cal­culs j’ai com­plè­te­ment halluciné.

Dans la vidéo pré­cé­dente, je vous avais mon­tré où aller cher­cher les don­nées des per­sonnes décé­dées pour faire vous-même les cal­culs et arrê­ter de vous faire mani­pu­ler par des jour­na­listes qui ne maî­trisent abso­lu­ment pas les chiffres et ont juste pour but de faire le plus peur pos­sible, parce que c’est ven­deur. A l’aide de ces chiffres je vous avais mon­tré que l’épidémie de coro­na­vi­rus n’a que très légè­re­ment aug­men­té la mor­ta­li­té et seule­ment pour les plus âgés. Les moins de 65 ans ne sont pas du tout plus décé­dés en 2020 qu’en 2019 et les plus de 65 ans, un peu plus.

J’expliquais sur cette vidéo que les décès sup­plé­men­taires que l’on voit en 2020 viennent sur­tout de la pyra­mide des âges de la France. Les fran­çais vieillissent avec notam­ment les célèbres baby-boo­­mers. Même si la plu­part des per­sonnes regar­dant ma vidéo ont eu des cri­tiques posi­tives, j’ai regar­dé en détail ce que disaient les com­men­taires. En l’occurrence, 2 inter­nautes, au milieu de leurs insultes me reprochent de mettre trop de poids au phé­no­mène démo­gra­phique. Ils disent que les 30 000 décès mon­trés comme liés au Covid-19 en mars-avril sont une preuve irré­fu­table que la Covid-19 est extrê­me­ment dan­ge­reuse et mor­telle. J’ai donc creu­sé la ques­tion et d’étudié en détail les chiffres de décès par âge. Pour ça, j’ai com­pa­ré l’épisode de grippe de 2017 à l’épisode de Covid-19. 

Je vous avoue que je ne m’attendais abso­lu­ment à ce que j’ai décou­vert. J’étais com­plè­te­ment scot­ché. En fai­sant cette com­pa­rai­son vous allez voir qu’il ne faut plus dire que la Covid-19 est un peu plus mor­telle qu’une grippe. La Covid-19 est en fait moins mor­telle qu’une grippe. La seule rai­son pour laquelle nous avons eu une sur­mor­ta­li­té plus forte en 2020 qu’en 2017, c’est uni­que­ment que parce que les gens sont plus vieux.

Pré­­pa­­rez-vous à tom­ber de votre chaise, on y va. »

Autres vidéos de la chaîne « Déco­der l’éco » :
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
Fil Twit­ter cor­res­pon­dant à ce billet : 

Covid-19 : le bilan

Je par­tage ce point de vue :
Vous y trou­ve­rez des infor­ma­tions ori­gi­nales et déci­sives, il me semble.

Des­crip­tion de cette vidéo que je trouve importante :

« Cela fait main­te­nant 1 an que l’on entend par­ler quo­ti­dien­ne­ment du coro­na­vi­rus. Cela fait bien­tôt 9 mois que toute la vie poli­tique et éco­no­mique vit au rythme des déci­sions prises uni­que­ment pour répondre à la peur de ce virus. 

Depuis le début du crise, de nom­breuses voix dénoncent l’excessivité des mesures prises au regard des épi­dé­mies que l’on vit chaque année. Toutes ces voix sont désor­mais cata­lo­guées dans le camp bien pra­tique des com­plo­tistes. Autre­fois, l’inquisition fai­sait taire tout ceux qui osaient contre­dire le cler­gé. Aujourd’hui la socié­té entière orga­nise la cen­sure de ceux qui sortent qui dis­cours bien établi. 

Dans cette vidéo, on va voir que depuis mars der­nier, on ne constate abso­lu­ment aucune sur­mor­ta­li­té pour les moins de 50 ans. 

Je vous mon­tre­rai où aller cher­cher toutes les don­nées des décès en France et com­ment faire les cal­culs pour que vous puis­siez le faire vous-même si vous vou­lez et véri­fier que je n’invente abso­lu­ment rien. J’exploite uni­que­ment des don­nées de l’état civil français. 

On ver­ra ensuite les effets du coro­na­vi­rus sur la mor­ta­li­té des plus âgés et je ferai la com­pa­rai­son avec la grippe pour que vous puis­siez faire vos conclu­sions. La mienne est simple : au regard des chiffres offi­ciels des décès, il n’y a abso­lu­ment aucune rai­son objec­tive de mettre en place un confi­ne­ment géné­ra­li­sé ou même d’imposer à toute la popu­la­tion n’importe quelle règle. On peut en revanche com­prendre l’intérêt d’avertir les fran­çais des risques et en par­ti­cu­lier les plus âgés pour qu’ils puissent faire leur choix et prendre les pré­cau­tions qu’ils sou­haitent. Mais même dans ce cas, il faut se poser la ques­tion de pour­quoi ce n’était pas fait avant, puisque quand on regarde les chiffres, on se rend compte que des épi­dé­mies mor­telles, on en a tous les ans, tous les hivers. »

Des nouvelles du totalitarisme en marche : le « passeport sanitaire », outil de l’apartheid à venir

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​N​V​T​Y​V​Z​2​Fu4

Ceux qui crient à l’in­com­pé­tence (ou même à la folie para­noïaque) des résis­tants aux lois scé­lé­rates qui se mul­ti­plient, vou­­driez-vous faire l’ef­fort d’i­ma­gi­ner que vos contra­dic­teurs ne sont peut-être pas com­plè­te­ment débiles et qu’ils ont peut-être rai­son de défendre les libertés ?

Cette crise n’est pas sani­taire mais poli­tique. Après avoir renon­cé au secret de la cor­res­pon­dance (en accep­tant l’es­pion­nage géné­ra­li­sé), au secret des sources (en accep­tant la per­sé­cu­tion des vrais jour­na­listes), au droit de se réunir, au droit de se dépla­cer, et même au droit de mani­fes­ter, on est en train de renon­cer au secret médi­cal, carrément.

Au nom de « la sécu­ri­té » (tu parles d’une sécu­ri­té), on est en train d’ac­cep­ter de renon­cer pro­gres­si­ve­ment à toutes les liber­tés, à toute forme d’in­ti­mi­té, à l’in­tru­sion arbi­traire de l’É­tat par­tout dans notre exis­tence, et tous ces renon­ce­ments majeurs sont obte­nus par la ter­reur, sous l’in­fluence de l’ac­tion quo­ti­dienne délé­tère de médias ter­ro­ristes. On confirme là que « le ter­ro­risme » est une construc­tion poli­tique, un mot outil de domi­na­tion ; les Alle­mands pen­dant l’Oc­cu­pa­tion appe­laient « ter­ro­ristes » les Fran­çais qui résis­taient à la ter­reur bien réelle de l’occupant.

Je ne suis rien, et je serai sans doute écra­sé par le tota­li­ta­risme en marche comme les autres résis­tants, mais ceux qui, sou­cieux de leur seule sécu­ri­té, auront col­la­bo­ré à cet effon­dre­ment de l’hu­ma­ni­té (en stig­ma­ti­sant et en dénon­çant ceux qu’ils appellent avec mépris des « conspi­ra­tion­nistes » ou des « com­plo­tistes »), auront sur la conscience une par­tie de la res­pon­sa­bi­li­té de la fin du monde libre.

Fais ce que tu dois, et advienne que pourra.

Étienne.

« Je crois qu’il y a plus de cas d’atteinte à la liber­té du peuple par des empié­te­ments pro­gres­sifs et silen­cieux du pou­voir que par des usur­pa­tions vio­lentes et soudaines.

Les moyens de défense contre les dan­gers venus de l’étranger sont his­to­ri­que­ment deve­nus les ins­tru­ments de la tyran­nie chez nous. »

James Madi­son (« père fon­da­teur » des États-Unis).

Etienne Chouard sur Interdit d’interdire (RT) : « Ce sont les réseaux sociaux qui permettent de faire monter le niveau d’exigence politique »

J’a­vais raté cet extrait (3’30 sur RT, 10 décembre 2018).

Objec­ti­ve­ment, il est très bien 🙂

Les gilets jaunes sont exem­plaires, ils font ce que nous devrions tous faire : réflé­chir d’a­bord aux condi­tions de leur repré­sen­ta­tion (rond-point par rond-point, com­mune par com­mune) et apprendre à vou­loir, en toute pre­mière prio­ri­té, l’ins­ti­tu­tion de leur puis­sance poli­tique par le RIC ETM ÉPNM : le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne en toutes matières, écrit par nous-mêmes.

Mer­ci aux vrais jour­na­listes, qui font loya­le­ment leur job de lan­ceurs d’a­lerte (plu­tôt que de pro­té­ger tous les com­plo­teurs du monde en tra­quant comme des sous-hommes ceux qu’ils appellent des « complotistes »).

Passionnant, Louis Fouché, interrogé par François Asselineau sur la prétendue « crise sanitaire » (créée de toutes pièces par la dévastation volontaire de l’hôpital perpétrée par les « libéraux » depuis 40 ans)

J’aime ce jeune homme, sa gen­tillesse, sa culture, son humi­li­té, son hon­nê­te­té, sa phi­lo­so­phie, son res­pect des autres — même de ses détrac­teurs—, sa patience, son cou­rage… tout ça est exemplaire.

Et ce qu’il explique est de la pre­mière importance.

À connaître et à faire connaître.

Étienne.

[Moment exceptionnel] Chouard convainc patiemment un député LREM : « trouvez-vous légitime que le peuple puisse DESTITUER – par RIC – un élu qu’il juge défaillant, et plus généralement décider de sa propre représentation à travers un processus constituant POPULAIRE ? » (février 2019, tournée en Bretagne avec les Gilets jaunes)

Je garde un sou­ve­nir intense de cette soi­rée impor­tante, et je remer­cie Paul Molac, dépu­té LREM, d’a­voir cou­ra­geu­se­ment accep­té ce long débat à la loyale en pré­sence d’un public de Gilets jaunes par­fois tur­bu­lent.
Cet extrait (14 minutes) est for­mi­dable, un peu his­to­rique de mon point de vue :
• on y parle d’a­bord de la légi­ti­mi­té du peuple à RÉVOQUER IMMÉDIATEMENT ‑PAR RIC – UN ÉLU qui mécon­tente gra­ve­ment une majo­ri­té d’é­lec­teurs,
• on y a rap­pe­lé à quoi sert une consti­tu­tion et le conflit d’in­té­rêts des poli­ti­ciens dans le pro­ces­sus consti­tuant,
• et on y parle sur­tout de la per­ti­nence d’un PROCESSUS CONSTITUANT POPULAIRE, notam­ment de l’i­dée de tirer au sort l’As­sem­blée consti­tuante :

La vidéo de la soi­rée com­plète est là :
[IMPORTANT]Soirée mémo­rable, le 8 février 2019, avec Paul Molac (dépu­té LREM) et Cédric André, et plein de gilets jaunes bre­tons : « LA BRETAGNE VEUT LE RIC »
Per­mettre (et favo­ri­ser) ces échanges publics appro­fon­dis, à la loyale, entre les repré­sen­tants et les repré­sen­tés, me semble être une carac­té­ris­tique fon­da­men­tale de toute démo­cra­tie digne de ce nom.
Et je suis convain­cu que seuls les repré­sen­tés sont capables d’ins­ti­tuer (d’im­po­ser) ces échanges.
Étienne.
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​7​3​4​1​7​6​9​8​2​317

NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE – Etienne Chouard intervention sur CNews (c’est plutôt rare…) le 28 mars 2019, pour défendre les Gilets Jaunes, le RIC et la vraie démocratie

https://​you​tu​.be/​z​5​B​b​K​0​C​r​yLM
C’est la pre­mière fois qu’on a une sélec­tion com­plète de mon inter­ven­tion sur CNews (c’est plu­tôt rare…), le 28 mars 2019, pour défendre les gilets jaunes, le RIC et la vraie démo­cra­tie (pas facile d’ar­gu­men­ter quand tout le monde veut par­ler en même temps).
Mer­ci Benoît 🙂
L’é­mis­sion entière, 1ère partie :
https://​you​tu​.be/​Q​n​g​l​K​4​i​B​cis
L’é­mis­sion entière, 2ème partie :
https://​you​tu​.be/​C​g​d​I​1​C​N​Q​y90
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​7​2​7​3​0​6​9​5​7​317

Encouragements — et conseils importants — pour faire vos propres ateliers constituants : « LA LOI EST L’EXPRESSION DE LA VOLONTÉ GÉNÉRALE » : VRAI OU FAUX ?

.

Il est impor­tant de rédi­ger nos articles dans une langue simple et uni­voque (por­teuse d’un seul sens pos­sible), pour que tous les citoyens puissent la lire et la comprendre.

L’ex­pli­ca­tion de l’ar­naque com­mence à la minute 3.
Cet extrait de 7 minutes vient de cette vidéo : https://​you​tu​.be/​n​N​Z​2​j​X​9​H​BmY (où l’ar­naque du peuple par les par­le­men­taires est expli­quée à 16’05) :

Exemple impor­tant d’ex­pres­sion poly­sé­mique (ayant plu­sieurs sens) et donc poten­tiel­le­ment très trom­peuse : l’ex­pres­sion « La loi est l’expression de la volon­té géné­rale (DDHC 1789) » est sou­vent com­prise (même par des juristes) car­ré­ment À L’ENVERS de son sens véri­table (et sou­hai­table) qui est « la loi DOIT ÊTRE l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale ». En effet, en droit l’in­di­ca­tif vaut impé­ra­tif, et DONC le sens véri­table de cette for­mule est une impor­tante obli­ga­tion qui pèse sur les épaules des par­le­men­taires : selon la consti­tu­tion, les par­le­men­taires DOIVENT se confor­mer à la volon­té géné­rale, qu’ils doivent donc recher­cher et res­pec­ter abso­lu­ment (sauf à deve­nir parjures).

C’est très impor­tant, parce que nous accep­tons des choses ter­ribles au nom de ce grand principe.
En accep­tant l’i­dée que la loi est tou­jours légi­time (puis­qu’on la dit « par essence » équi­va­lente à la volon­té géné­rale), nous accep­tons tous la rigueur de la police, de la jus­tice, des impôts, de la pri­son même…

L’en­jeu de la com­pré­hen­sion popu­laire de cette for­mule est donc abso­lu­ment essen­tiel, politiquement :

• Si l’on com­prend (à tort) la for­mule dans le lan­gage cou­rant, toute loi est bonne, par défi­ni­tion, et donc il ne peut pas y avoir de loi scé­lé­rate (contre laquelle les citoyens seraient légi­times à résis­ter) : les par­le­men­taires sont nos maîtres.

• Au contraire, si on com­prend bien la for­mule dans sa vraie signi­fi­ca­tion, nous sommes les maîtres des légis­la­teurs, qui doivent enquê­ter en per­ma­nence pour connaître la volon­té géné­rale, qu’il doivent abso­lu­ment la res­pec­ter. D’où la pos­si­bi­li­té que cer­taines lois soient mau­vaises (sans aucune inter­dic­tion de prin­cipe), et DONC aus­si la pos­si­bi­li­té de résis­ter légi­ti­me­ment à des lois scé­lé­rates (contraires à la volon­té générale).

Par exemple, en février 2008, quand les par­le­men­taires ont voté en Congrès le CONTRAIRE abso­lu de ce que les citoyens avaient voté en 2005, ce fut une félo­nie, incri­mi­née pré­ci­sé­ment par l’ar­ticle 6 de la DDHC qui inter­dit cette façon de légi­fé­rer contre la volon­té géné­rale  — et cette tra­hi­son suprême aux consé­quences immenses devra un jour être punie.

D’une façon géné­rale, quand un poli­ti­cien dit « je l’ai voté, donc c’est la loi, donc c’est la volon­té géné­rale, donc tai­­sez-vous c’est moi qui com­mande », il est dans une INVERSION abso­lue de l’au­to­ri­té légi­time, il inverse les rôles et IL SE PROCLAME CHEF DE SON SOUVERAIN ! C’est à la fois une impos­ture et une tra­hi­son. Et nous, par igno­rance de ce sens caché, nous le lais­sons faire (ce qui lui per­met de conti­nuer comme ça pour tou­jours, tant qu’on ne se met­tra pas en travers)


Nota : Les plus grands pen­seurs avaient déjà repé­ré au 18e siècle l’i­dée que je défends depuis 2005 : « ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir » ; Ain­si Sieyes lui-même disait en 1789 : « Aucune sorte de pou­voir délé­gué ne peut rien chan­ger aux condi­tions de sa délégation. »


Nota : la Décla­ra­tion des droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle, est plus claire, plus hon­nête que la DDHC de 1789 : « La loi DOIT ÊTRE l’expression de la volon­té générale »

DONC, il peut exis­ter des lois scé­lé­rates, des lois injustes, que les citoyens sont légi­times à com­battre de toutes leurs forces.


À remar­quer aus­si cet pré­ci­sion inté­res­sante, dans la Décla­ra­tion des droits de la femme et de la citoyenne (1791) : « la consti­tu­tion est nulle, si la majo­ri­té des indi­vi­dus qui com­posent la Nation, n’a pas coopé­ré à sa rédaction. »

Source : https://gallica.bnf.fr/essentiels/anthologie/declaration-droits-femme-citoyenne‑0

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

[Censure du journal RUPTURES] Entre indifférence et complicité, les médias « alternatifs » favorisent le néo-maccarthysme (Laurent DAURÉ, sur Le Grand Soir)

[Abon­­nez-vous au jour­nal Rup­tures, c’est un bon outil de résis­tance à la tyran­nie unioneuropéenne.
Étienne.]
Laurent DAURÉ :
Depuis que Rup­tures a cher­ché à aler­ter sur le label men­son­ger que lui a attri­bué subi­te­ment Twit­ter le 7 sep­tembre der­nier – « Média affi­lié à un État, Rus­sie » –, moins d’une heure après la mise en ligne d’une ana­lyse mon­trant que 98 % des médias fran­çais de pre­mier plan ont relayé la théo­rie conspi­ra­tion­niste du « Rus­sia­gate », le nombre d’articles consa­crés à l’action arbi­traire du réseau social états-unien se compte sur les doigts d’une main.
En effet, quatre médias seule­ment ont ren­du compte de ce pro­cé­dé néo-mac­­car­­thyste sur lequel Twit­ter refuse obs­ti­né­ment de s’expliquer ; non seule­ment la firme à l’oiseau bleu ne répond pas à nos sol­li­ci­ta­tions, y com­pris par lettre recom­man­dée, mais elle fait de même avec les rares jour­na­listes qui l’ont contac­tée à notre sujet.
Les médias fran­co­phones qui ont cou­vert l’histoire sont, par ordre chro­no­lo­gique : RT France, BFM-TV,Presse-citron, Cau­seur. Et c’est tout pour le moment. Quelques valeu­reux blogs com­mu­nistes en ont éga­le­ment parlé.
Comme nous l’avons écrit dans notre der­nier com­mu­ni­qué, cette label­li­sa­tion erro­née de Rup­tures consti­tue un pré­cé­dent en France. Le « men­suel pro­gres­siste radi­ca­le­ment euro­cri­tique » est bel et bien le pre­mier média hexa­go­nal à subir cela (pré­ci­sons que les réper­cus­sions ne se limitent pas à Twit­ter – avec un étouf­fe­ment algo­rith­mique de notre pré­sence sur la pla­te­forme –, elles concernent avant tout la répu­ta­tion du journal).
Nous ne pou­vons que consta­ter la large indif­fé­rence que cette évo­lu­tion inédite sus­cite par­mi les médias dits « alter­na­tifs » ou « indé­pen­dants », en par­ti­cu­lier ceux qui se réclament de la gauche. Nos alertes sont jusque-là tota­le­ment igno­rées, en tout cas elles ne se tra­duisent pas par des actions publiques. Pas même un petit tweet…
Le silence des médias domi­nants était atten­du, et il est effec­ti­ve­ment qua­si total. Force est cepen­dant de noter que le chef du ser­vice « BFM Tech », Raphaël Gra­bly, a sui­vi l’affaire depuis le début – inter­pel­lant Twit­ter France à plu­sieurs reprises – et en a fait un article. Le Canard enchaî­né, Media­part et Arrêt sur images, pour ne citer que des titres bien ins­tal­lés, n’en ont tou­jours pas dit un mot, alors qu’ils traitent régu­liè­re­ment de l’actualité et des enjeux rela­tifs au pou­voir des réseaux sociaux.
Com­ment expli­quer cette occul­ta­tion ? Nous en sommes réduits à des hypo­thèses. Quatre principalement.
Ignorent-ils la déci­sion de Twit­ter de nous décla­rer en intel­li­gence avec Mos­cou ? Nous ne pou­vons croire que leurs antennes soient défi­cientes à ce point.
Estiment-ils que l’affaire est anec­do­tique ou ano­dine ? Alors c’est qu’ils acceptent taci­te­ment que des pla­te­formes pri­vées puissent pra­ti­quer une forme d’arbitrage et de cen­sure poli­tiques (c’est une ten­dance crois­sante, à la fois sur Face­book, Twit­ter et You­Tube, avec la béné­dic­tion et même l’incitation des autorités).
Consi­­dèrent-ils que Rup­tures mérite son « label rouge » ? Nous ne deman­dons pas mieux qu’ils enquêtent pour véri­fier leur intui­tion. Ils ver­ront bien si notre indé­pen­dance est une fiction.
Sont-ils en désac­cord avec la ligne édi­to­riale de notre men­suel ? C’est fort pro­bable, mais leur silence signi­fie­rait qu’ils s’assoient sur les prin­cipes – liber­té d’expression et de la presse en tête – et ne comptent infor­mer que sur les injus­tices que subissent des per­sonnes ou des orga­ni­sa­tions qui trouvent grâce à leurs yeux.
Mais après tout faut-il être sur­pris de l’indifférence au tort qui nous est fait quand on constate l’attitude de la vaste majo­ri­té des médias – petits et grands – dans un cas autre­ment plus grave, je veux bien sûr par­ler du cal­vaire inter­mi­nable de Julian Assange ? L’ignoble aban­don dont est vic­time ce jour­na­liste per­sé­cu­té repousse les limites de la veu­le­rie jour­na­lis­tique, que l’on savait pour­tant généreuses.
À par­tir du moment où le sort de Julian Assange – un pri­son­nier poli­tique dont la vie est en dan­ger – ne sus­cite par une mobi­li­sa­tion mas­sive, on peut se dire que la faillite intel­lec­tuelle et morale de la presse est actée (Media­part et Edwy Ple­nel, après avoir igno­ré ou calom­nié le fon­da­teur de Wiki­Leaks, se sont tar­di­ve­ment réveillés quant à l’importance de la cause). Le concours de lâche­té est ouvert en per­ma­nence et les concur­rents sont pléthoriques.
Au-delà du cas de Rup­tures, il y a une liste de posi­tions qui valent une mar­gi­na­li­sa­tion auto­ma­tique aux médias, orga­ni­sa­tions et per­son­na­li­tés qui les adoptent.
En voi­ci quelques exemples : plai­der en faveur de la sor­tie de l’Union euro­péenne et/ou de l’Otan ; rela­ti­vi­ser voire réfu­ter la « menace » russe, chi­noise ou ira­nienne (l’énumération peut conti­nuer en fonc­tion des cir­cons­tances et des objec­tifs géos­tra­té­giques des puis­sances occi­den­tales) ; dénon­cer la poli­tique d’apartheid de l’État israé­lien et pra­ti­quer une soli­da­ri­té consé­quente à l’égard du peuple pales­ti­nien ; s’opposer à l’interventionnisme « huma­ni­taire » en Afgha­nis­tan, en Libye ou en Syrie (à pro­pos de ce der­nier dos­sier, le bla­ckout média­tique total sur les lan­ceurs d’alerte de l’OIAC est élo­quent) ; sou­te­nir le pou­voir légi­time au Vene­zue­la ou en Boli­vie ; défendre la liber­té d’expression sans aucun deux poids, deux mesures…
La mar­gi­na­li­sa­tion média­tique et pro­fes­sion­nelle s’accompagne main­te­nant de plus en plus d’actes de cen­sure, celle-ci étant sous-trai­­tée par les États aux pla­te­formes pri­vées cali­for­niennes en situa­tion de qua­­si-mono­­pole. Il est déjà bien tard pour s’inquiéter de ce phé­no­mène qui a pris beau­coup d’ampleur ces der­niers mois.
Twit­ter serait-il spé­ci­fi­que­ment aller­gique à la cri­tique de la nou­velle guerre froide que les impé­ria­listes cherchent à nous impo­ser et dont les mul­tiples accu­sa­tions d’« ingé­rence russe » consti­tuent un vec­teur essen­tiel ?… Que la firme états-unienne ait Rup­tures dans le col­li­ma­teur est une sorte de médaille hono­ri­fique pour notre petite équipe (elle nous a d’ailleurs appor­té de nou­veaux abon­ne­ments). Mais nous exi­geons mal­gré tout le retrait du label fan­tai­siste. Il nous fau­dra peut-être mal­heu­reu­se­ment en pas­ser par une action en jus­tice pour l’obtenir.
À bas l’e‑impérialisme ! Vive WikiLeaks !
Laurent Dau­ré
Source :
https://​www​.legrand​soir​.info/​e​n​t​r​e​–​i​n​d​i​f​f​e​r​e​n​c​e​–​e​t​–​c​o​m​p​l​i​c​i​t​e​–​l​e​s​–​m​e​d​i​a​s​–​a​l​t​e​r​n​a​t​i​f​s​–​f​a​v​o​r​i​s​e​n​t​–​l​e​–​n​e​o​–​m​a​c​c​a​r​t​h​y​s​m​e​.​h​tml
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​7​0​8​5​6​1​6​4​2​317

Étienne Chouard inédit – Bonus du DVD LA DETTE non-censuré


Rappels :
http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​1​/​2​3​/​1​8​6​–​l​a​–​d​e​t​t​e​–​u​n​e​–​e​n​q​u​e​t​e​–​d​o​c​u​m​e​n​t​a​i​r​e​–​s​u​r​–​l​e​s​–​t​r​a​c​e​s​–​d​e​–​l​–​a​r​g​ent

[Vidéo censurée partout. À enregistrer] Inutile de discuter des lois si vous négligez de reprendre la souveraineté monétaire aux banques commerciales

Pas de souveraineté politique sans souveraineté monétaire.

Thèse sui­vie de quelques expli­ca­tions sur l’im­por­tance de cette réflexion contre toutes les formes de fascisme.
Bon cou­rage à tous contre la cen­sure qui vient.
Étienne.
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​6​7​7​0​2​6​4​5​2​317

Etienne Chouard avec les Gilets Jaunes « canal historique », au péage du Pont-de‑l’Etoile, 9 déc. 2018.

https://​you​tu​.be/​v​a​y​9​D​Z​_​c​E​i​s​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be
Cette (impor­tante) vidéo a été cen­su­rée à peu près par­tout, sur You­tube et sur Face­book notamment.
J’es­saie de la repu­blier sur ma chaîne You­tube (qua­si en som­meil jus­qu’i­ci), mais sans me faire trop d’illu­sions : en même temps que le couvre-feu, la cen­sure se déchaîne dans le régime Macron.
Les vrais résis­tants vont sans doute devoir migrer en urgence sur des sites pro­té­gés de la censure.
On retrouve ici (dans l’am­biance for­mi­dable des klaxons joyeux qui a régné sur tous les péages libé­rés pen­dant des mois) les enjeux essen­tiels de ce qui s’est joué avec le mou­ve­ment des gilets jaunes.
Mer­ci à tous pour vos mes­sages, très émouvants.
Étienne.
PS : « canal his­to­rique » signi­fie « résis­tance d’o­ri­gine, pas encore pol­luée par les politiciens ».
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​6​7​5​1​9​2​2​3​7​317

Réfléchissez : QUI a institué notre impuissance populaire en présence d’un président arbitraire et cruel ?


Cher­chez la cause des causes.
QUI a écrit l’ab­sence de limites pour un « pré­sident » qui pré­ten­drait nous impo­ser un couvre-feu sans rai­son valable ?
QUI a ins­ti­tué notre impuis­sance popu­laire devant un pré­sident arbi­traire et cruel ?
C’EST LE PRÉSIDENT DE L’ÉPOQUE.
En 1958, de Gaulle s’est fait écrire (par ses hommes de main, Debré notam­ment) une « consti­tu­tion » sur mesure, pour ne craindre à l’a­ve­nir aucune limite sérieuse.
Réfléchissez.
Est-ce que ce fait (l’au­teur de la toute-puis­­sance d’un pré­sident est le pré­sident lui-même, avec ses com­plices) n’explique pas par­fai­te­ment notre impuis­sance actuelle devant l’arbitraire ?
CE N’EST PAS AUX HOMMES AU POUVOIR D’ÉCRIRE LES RÈGLES DU POUVOIR.
Des citoyens dignes de ce nom ne lais­se­raient pas écrire les règles de leur repré­sen­ta­tion par des représentants.

Par ailleurs, si nous les lais­sons faire, ils iront pro­gres­si­ve­ment jusqu’au pire, jusqu’à l’inconcevable. Mais c’est sur­tout de NOTRE FAUTE, nous qui res­tons là sans oppo­ser AUCUNE RÉSISTANCE SÉRIEUSE.
• Anselme Bel­le­gar­rigue : « Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Eh bien ! Vous vous êtes trom­pés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, per­sonne ne commande. »

https://​www​.chouard​.org/​b​l​o​g​/​2​0​1​4​/​1​0​/​2​0​/​a​n​s​e​l​m​e​–​b​e​l​l​e​g​a​r​r​i​g​u​e​–​v​o​u​s​–​a​v​e​z​–​c​r​u​–​j​u​s​q​u​a​–​c​e​–​j​o​u​r​–​q​u​i​l​–​y​–​a​v​a​i​t​–​d​e​s​–​t​y​r​a​n​s​–​e​h​–​b​i​e​n​–​v​o​u​s​–​v​o​u​s​–​e​t​e​s​–​t​r​o​m​p​e​s​–​i​l​–​n​y​–​a​–​q​u​e​–​d​e​s​–​e​s​c​l​a​v​e​s​–​l​a​–​o​u​–​n​u​l​–​n​o​b​e​i​t​–​p​e​r​s​o​n​n​e​–​n​e​–​c​o​m​m​a​nde


Et à tous ceux qui pro­testent ce matin contre une « erreur gros­sière » de la macro­nie, je rap­pelle ceci :
Les poli­ti­ciens ne sont pas incom­pé­tents : ils sont intel­li­gents ET CORROMPUS ; ils font leur job, par­fai­te­ment, contre l’intérêt géné­ral et pour les riches, qui les ont por­tés au pou­voir pré­ci­sé­ment pour ça. Dire qu’ils sont « incom­pé­tents » empêche de diag­nos­ti­quer la TRAHISON.

• Napo­léon Bona­parte. : « Lors­qu’un gou­ver­ne­ment est dépen­dant des ban­quiers pour l’argent, ce sont ces der­niers, et non les diri­geants du gou­ver­ne­ment qui contrôlent la situa­tion, puisque la main qui donne est au-des­­sus de la main qui reçoit. L’argent n’a pas de patrie ; les finan­ciers n’ont pas de patrio­tisme et n’ont pas de décence ; leur unique objec­tif est le gain. »
En effet, LES RICHES N’ONT PAS DE PATRIE. Leur patrie c’est l’argent. Les riches ven­draient tous les biens publics à des puis­sances étran­gères mal­veillantes pour accu­mu­ler encore plus d’argent. On a des preuves de ces tra­hi­sons tous les jours.
Une socié­té bien orga­ni­sée devrait empê­cher qui­conque de deve­nir trop riche. Il est rai­son­nable de consi­dé­rer les ultra-riches comme des étran­gers hos­tiles, des acca­pa­reurs, des colons, des tyrans, des voleurs, des enne­mis du peuple.
Il est plus que temps de se mettre au tra­vail pour apprendre à ins­ti­tuer nous-mêmes notre puis­sance poli­tique durable, pour nous défendre contre les tyrans, non ?
Étienne.
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​6​7​2​2​6​6​4​3​7​317

[Film formidable mais ultra-censuré] DÉDALE, UN FIL VERS LA DÉMOCRATIE (2013)

Ce matin, je vois pas­ser, sur une pla­te­forme que je ne connais pas, un film for­mi­dable, impor­tant, datant de 2013 et com­plè­te­ment CENSURÉ depuis.

Son titre est DÉDALE, UN FIL VERS LA DÉMOCRATIE.

Je ne sais pas com­bien de temps il res­te­ra visible ici, mais vous devriez en pro­fi­ter pour le voir (et l’en­re­gis­trer si c’est pos­sible ?) avant qu’il ne dis­pa­raisse à nouveau.

C’est une enquête pas­sion­nante sur le car­nage de la Grèce par l’UE, le FMI et la BM pour le compte des ban­quiers (ce car­nage est notre futur à nous aus­si si nous res­tons inac­tifs), avec un assem­blage inédit, très effi­cace, d’en­quêtes de ter­rain et d’a­na­lyses ins­ti­tu­tion­nelles des causes pre­mières du carnage.

À connaître et à faire connaître.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​8​6​1​7​2​9​7​8​5​2​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

[Remarquable synthèse de l’horreur que nous acceptons en restant silencieux] Le désastre de l’ingénierie de l’utopie – par Chris Hedges [Ceci dit, toutes les utopies ne se valent pas]

Le désastre de l’ingénierie de l’utopie – par Chris Hedges

Source : Tru­th­dig, Chris Hedges

Karl Pop­per, dans « The Open Socie­ty and Its Ene­mies », met en garde contre l’ingénierie uto­pique, les trans­for­ma­tions sociales mas­sives menées par ceux qui croient avoir trou­vé une véri­té révé­lée. Ces ingé­nieurs uto­pistes pro­cèdent à la des­truc­tion mas­sive de sys­tèmes, d’institutions et de struc­tures sociales et cultu­relles dans un vain effort pour réa­li­ser leur vision. Ce fai­sant, ils déman­tèlent les méca­nismes auto­ré­gu­la­teurs des réformes pro­gres­sives et frag­men­taires qui font obs­tacle à cette vision. L’histoire regorge d’utopistes désas­treux – les Jaco­bins, les mar­xistes, les fas­cistes et main­te­nant, à notre époque, les mon­dia­listes ou les impé­ria­listes néolibéraux.

L’idéologie du néo­li­bé­ra­lisme, qui n’a aucun sens éco­no­mique et qui exige une igno­rance déli­bé­rée de l’histoire sociale et éco­no­mique, est la der­nière ité­ra­tion de pro­jets uto­piques. Elle pos­tule que la socié­té humaine atteint son apo­gée lorsque les actions entre­pre­neu­riales indi­vi­duelles sont libé­rées des contraintes gou­ver­ne­men­tales. La socié­té et la culture devraient être dic­tées par la pri­mau­té des droits de pro­prié­té, l’ouverture du com­merce – qui envoie des emplois manu­fac­tu­riers dans des ate­liers clan­des­tins en Chine et dans le Sud et per­met la cir­cu­la­tion de l’argent à tra­vers les fron­tières – et des mar­chés mon­diaux sans entraves. Les mar­chés du tra­vail et des pro­duits devraient être déré­gle­men­tés et libé­rés de la sur­veillance gou­ver­ne­men­tale. Les finan­ciers mon­diaux devraient se voir confier le contrôle des éco­no­mies des États-nations. Le rôle de l’État devrait être réduit à garan­tir la qua­li­té et l’intégrité de l’argent, ain­si que la sécu­ri­té inté­rieure et exté­rieure, et à pri­va­ti­ser le contrôle des terres, de l’eau, des ser­vices publics, de l’éducation et des ser­vices gou­ver­ne­men­taux tels que les ser­vices de ren­sei­gne­ments et sou­vent l’armée, les pri­sons, les soins de san­té et la ges­tion des res­sources natu­relles. Le néo­li­bé­ra­lisme conver­tit le capi­ta­lisme en une idole religieuse.

Cette vision uto­pique du mar­ché, bien sûr, n’a aucun rap­port avec sa réa­li­té. Les capi­ta­listes détestent les mar­chés libres. Ils cherchent à contrô­ler les mar­chés par le biais de fusions et d’acquisitions, en rache­tant la concur­rence. Ils saturent la culture avec de la publi­ci­té pour mani­pu­ler les goûts et la consom­ma­tion du public. Ils se livrent à la fixa­tion des prix. Ils construisent des mono­poles inat­ta­quables. Ils mettent en place, sans contrôle ni sur­veillance, des sys­tèmes de spé­cu­la­tion sau­vage, de pré­da­tion, de fraude et de vol. Ils s’enrichissent par le rachat d’actions, les com­bines à la Pon­zi, la des­truc­tion struc­tu­rée des actifs par l’inflation, le démem­bre­ment des actifs et l’imposition au public d’une dette acca­blante. Aux États-Unis, ils saturent le pro­ces­sus élec­to­ral d’argent, ache­tant l’allégeance des élus des deux par­tis au pou­voir pour légi­fé­rer sur les boy­cotts fis­caux, démo­lir les règle­ments et conso­li­der encore plus leur richesse et leur pouvoir.

Ces capi­ta­listes d’entreprise dépensent des cen­taines de mil­lions de dol­lars pour finan­cer des orga­ni­sa­tions telles que la Busi­ness Round­table et la Chambre de com­merce et des groupes de réflexion comme la Heri­tage Foun­da­tion pour vendre l’idéologie au public. Ils font des dons aux uni­ver­si­tés, à condi­tion que ces der­nières soient fidèles à l’idéologie domi­nante. Ils uti­lisent leur influence et leur richesse, ain­si que leur pro­prié­té des pla­te­formes média­tiques, pour trans­for­mer la presse en leur porte-parole. Et ils font taire les héré­tiques ou leur rendent la tâche dif­fi­cile pour trou­ver un emploi. La flam­bée des valeurs bour­sières, plu­tôt que la pro­duc­tion, devient la nou­velle mesure de l’économie. Tout est finan­cia­ri­sé et marchandisé.

Ces uto­pistes mutilent le tis­su social par la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, trans­for­mant des centres de pro­duc­tion autre­fois gigan­tesques en friches, et la classe moyenne et ouvrière, rem­part de toute démo­cra­tie, en un pré­ca­riat frus­tré et enra­gé. Ils tra­vaillent « à l’étranger », pro­cèdent à des licen­cie­ments mas­sifs et font bais­ser les salaires. Ils détruisent les syn­di­cats. Le néo­li­bé­ra­lisme – parce qu’il a tou­jours été un pro­jet de classe et que c’était son but – redis­tri­bue la richesse vers le haut. « Pri­vés de la pro­tec­tion des ins­ti­tu­tions cultu­relles », écrit Karl Pola­nyi dans son livre « La Grande Trans­for­ma­tion », les êtres humains « péris­sent des effets de l’exposition sociale » et meurent comme « vic­times d’une dis­lo­ca­tion sociale aiguë ».

Le néo­li­bé­ra­lisme, en tant que pro­jet de classe, est une brillante réus­site. Huit familles détiennent aujourd’hui autant de richesses que 50% de la popu­la­tion mon­diale. Les 500 per­sonnes les plus riches du monde en 2019 ont aug­men­té leurs avoirs de 12 000 mil­liards de dol­lars, tan­dis que près de la moi­tié des Amé­ri­cains n’avaient pas d’économies et que près de 70 % n’auraient pas pu trou­ver 1 000 dol­lars en cas d’urgence sans s’endetter. David Har­vey appelle cela « l’accumulation par dépos­ses­sion ». Cet assaut néo­li­bé­ral, anta­go­niste de toutes les formes de soli­da­ri­té sociale qui freinent l’accumulation de capi­tal, a fait dis­pa­raître les méca­nismes démo­cra­tiques auto­ré­gu­la­teurs qui ren­daient autre­fois pos­sible une réforme pro­gres­sive et frag­men­taire. Il a trans­for­mé les êtres humains et le monde natu­rel en mar­chan­dises à exploi­ter jusqu’à épui­se­ment ou effon­dre­ment. La dévo­tion ser­vile des élites diri­geantes pour le pro­fit des entre­prises et l’accumulation de richesses par l’oligarchie mon­diale signi­fie qu’elles ne veulent pas ou ne peuvent pas faire face à la plus grande crise exis­ten­tielle à laquelle l’espèce humaine est peut-être confron­tée : l’urgence climatique.

Tous les centres de pou­voir en concur­rence, y com­pris le gou­ver­ne­ment, ont main­te­nant été acca­pa­rés par le pou­voir des entre­prises, et cor­rom­pus ou détruits. Nous avons subi ce que John Ral­ston Saul appelle un coup d’État au ralen­ti. Il est ter­mi­né. Ils ont gagné.

Dans le même temps, ces uto­pistes, qui tentent de pro­je­ter la puis­sance amé­ri­caine et la domi­na­tion mon­diale, ont lan­cé des inva­sions et des occu­pa­tions dans tout le Moyen-Orient qui sont tom­bées dans des bour­biers futiles coû­tant aux États-Unis entre 5000 et 7000 mil­liards de dol­lars. Ce pro­jet uto­pique en Afgha­nis­tan, en Irak, en Libye, en Syrie et, par pro­cu­ra­tion, au Yémen, a tué des cen­taines de mil­liers de per­sonnes, dépla­cé ou fait fuir des mil­lions de per­sonnes, détruit des villes et des nations, créé des États en faillite qui couvent des groupes dji­ha­distes radi­caux et affai­bli fata­le­ment la puis­sance amé­ri­caine. En effet, ces guerres, dont cer­taines sont main­te­nant dans leur 18e année, consti­tuent la plus grande bévue stra­té­gique de l’histoire amé­ri­caine. Les uto­pistes – igno­rant cultu­rel­le­ment, lin­guis­ti­que­ment et his­to­ri­que­ment les pays qu’ils occu­paient – croyaient dans leur naï­ve­té qu’ils pou­vaient implan­ter la démo­cra­tie dans des endroits comme Bag­dad et la voir se pro­pa­ger dans tout le Moyen-Orient. Ils nous ont assu­ré que nous serions accueillis comme des libé­ra­teurs, que les reve­nus du pétrole paie­raient la recons­truc­tion et que l’Iran serait inti­mi­dé et désta­bi­li­sé. Ce n’était pas plus réa­li­sable ni plus ancré dans la réa­li­té que le pro­jet uto­pique de libé­rer le mar­ché et de libé­rer la pros­pé­ri­té et la liber­té dans le monde.

Dès qu’une cabale – monar­chique, com­mu­niste, fas­ciste ou néo­li­bé­rale – s’empare du pou­voir, son déman­tè­le­ment des méca­nismes qui rendent la réforme pos­sible ne laisse à ceux qui recherchent une socié­té ouverte d’autre choix que de faire tom­ber le sys­tème. L’État d’entreprise, comme les régimes com­mu­nistes que j’ai cou­verts en Europe de l’Est, n’est pas réfor­mable de l’intérieur. Les échecs qui nous accablent sont des échecs bipar­tites. Sur toutes les grandes ques­tions struc­tu­relles, y com­pris la guerre et l’économie, il y a peu ou pas de diver­gence entre les deux par­tis poli­tiques au pou­voir aux États-Unis. La concen­tra­tion des richesses et du pou­voir entre les mains d’une élite oli­gar­chique, comme l’avait pré­ve­nu Aris­tote, ne laisse que deux pos­si­bi­li­tés : la tyran­nie ou la révo­lu­tion. Et nous sommes en plein sur la voie de la tyrannie.

L’utopie néo­li­bé­rale, parce qu’elle sup­prime les liber­tés d’organisation, de régu­la­tion et de pro­tec­tion du bien com­mun et qu’elle per­met d’exploiter et de conso­li­der la richesse et le pou­voir, est tou­jours vouée, écrit Pola­nyi, à l’autoritarisme ou au fas­cisme pur et simple. Les bonnes liber­tés sont per­dues. Les mau­vaises rem­portent la victoire.

Le néo­li­bé­ra­lisme a don­né nais­sance à la pire forme de capi­ta­lisme mono­po­liste et au plus haut niveau d’inégalité des reve­nus de l’histoire amé­ri­caine. Les banques et les indus­tries agri­coles, ali­men­taires, de l’armement et des com­mu­ni­ca­tions ont détruit les régle­men­ta­tions qui entra­vaient autre­fois leurs mono­poles, leur per­met­tant de fixer les prix, de blo­quer les salaires, de garan­tir les pro­fits, d’abolir les contrôles envi­ron­ne­men­taux et d’abuser de leurs tra­vailleurs. Ils ont fait dis­pa­raître la concur­rence du mar­ché libre.

Le capi­ta­lisme sans entraves, comme l’a sou­li­gné Karl Marx, détruit le soi-disant mar­ché libre. Il est hos­tile aux valeurs et aux tra­di­tions d’une démo­cra­tie capi­ta­liste. La der­nière étape du capi­ta­lisme, a écrit Marx, est mar­quée par le pillage des sys­tèmes et des struc­tures qui rendent le capi­ta­lisme pos­sible. Ce n’est pas du tout du capi­ta­lisme. L’industrie de l’armement, par exemple, avec son pro­jet de loi offi­ciel d’autorisation de dépenses pour la défense de 612 mil­liards de dol­lars – un chiffre qui ignore de nom­breuses autres dépenses mili­taires cachées dans d’autres bud­gets, mas­quant le fait que nos dépenses réelles pour la sécu­ri­té natio­nale dépassent les mille mil­liards de dol­lars par an – a ame­né le gou­ver­ne­ment à s’engager à dépen­ser 348 mil­liards de dol­lars au cours de la pro­chaine décen­nie pour moder­ni­ser nos armes nucléaires et construire 12 nou­veaux sous-marins nucléaires de classe Ohio, esti­més à 8 mil­liards de dol­lars cha­cun. Nous dépen­sons quelque 100 mil­liards de dol­lars par an pour le ren­sei­gne­ment – la sur­veillance de la presse – et 70 % de cet argent va à des entre­pre­neurs pri­vés comme Booz Allen Hamil­ton, qui tire 99 % de ses reve­nus du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain. Nous sommes les plus grands expor­ta­teurs d’armes au monde.

Selon le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, l’industrie des com­bus­tibles fos­siles englou­tit 5300 mil­liards de dol­lars par an dans le monde entier en coûts cachés pour conti­nuer à brû­ler des com­bus­tibles fos­siles. Cet argent, note le FMI, vient s’ajouter aux 492 mil­liards de dol­lars de sub­ven­tions directes offertes par les gou­ver­ne­ments du monde entier par le biais d’amortissements, de dépré­cia­tions et de lacunes dans le droit d’utilisation des terres.

Les sub­ven­tions des contri­buables aux grandes banques – JPMor­gan Chase, Bank of Ame­ri­ca, Citi­group, Wells Far­go et Gold­man Sachs – sont esti­mées à 64 mil­liards de dol­lars par an, un mon­tant à peu près égal à leurs béné­fices annuels habituels.

En 1980, les trains de mar­chan­dises ont été déré­gle­men­tés. Le nombre de che­mins de fer de classe I est pas­sé de 40 à 7. Quatre d’entre eux repré­sentent 90 % des reve­nus du sec­teur. Près d’un tiers de tous les affré­teurs n’ont accès qu’à un seul che­min de fer.

Le Tele­com­mu­ni­ca­tions Act de 1996 du pré­sident Bill Clin­ton a été pré­sen­té comme un moyen d’ouvrir le sec­teur du câble à la concur­rence. Au lieu de cela, il a vu une conso­li­da­tion mas­sive de l’industrie entre les mains d’une demi-dou­­zaine de socié­tés qui contrôlent ce que 90% des Amé­ri­cains regardent ou entendent sur les ondes.

L’industrie aéro­nau­tique, libé­rée de toute régle­men­ta­tion, s’est rapi­de­ment conso­li­dée. Quatre com­pa­gnies aériennes contrôlent 85 % du mar­ché inté­rieur. Elles ont divi­sé le pays en centres régio­naux où elles extorquent des rede­vances, fixent les prix, annulent les vols à volon­té, lais­sant les pas­sa­gers blo­qués sans indem­ni­sa­tion, et four­nissent un ser­vice de mau­vaise qualité.

Les socié­tés phar­ma­ceu­tiques et d’assurance qui gèrent notre indus­trie des soins de san­té à but lucra­tif ont sou­ti­ré 812 mil­liards de dol­lars aux Amé­ri­cains en 2017. Cela repré­sente plus d’un tiers (34,2 %) des dépenses totales pour les visites chez le méde­cin, les hôpi­taux, les soins de longue durée et l’assurance mala­die. Si nous avions un sys­tème de san­té publique, comme au Cana­da, cela nous per­met­trait d’économiser 600 mil­liards de dol­lars en une seule année, selon un rap­port des Méde­cins pour un régime natio­nal de san­té. En 2017, les coûts d’administration de la san­té étaient plus de quatre fois plus éle­vés par habi­tant aux États-Unis qu’au Cana­da (2 479 dol­lars contre 551 dol­lars par per­sonne), note le groupe. Le Cana­da a mis en place un sys­tème à payeur unique « Medi­care for All » en 1962. En 2017, les Amé­ri­cains ont dépen­sé 844 $ par per­sonne pour les frais géné­raux des assu­reurs. Les Cana­diens ont dépen­sé 146 $.

Le néo­li­bé­ra­lisme ne peut être défen­du comme étant plus inno­vant ou plus effi­cace. Il n’a pas répan­du la démo­cra­tie et, en orches­trant des niveaux sans pré­cé­dent d’inégalité des reve­nus et de stag­na­tion poli­tique, il a vomi des déma­gogues et des régimes auto­ri­taires qui pro­mettent men­son­gè­re­ment de se ven­ger des élites diri­geantes qui ont tra­hi le peuple. Notre démo­cra­tie, sou­mise à cet assaut, a été rem­pla­cée par un théâtre poli­tique dénué de sens.

Comme l’ont détaillé les uni­ver­si­taires Ben­ja­min Page et Mar­tin Gilens dans leur étude exhaus­tive de 2017 « Demo­cra­cy in Ame­ri­ca ? » :

« les meilleures preuves indiquent que les sou­haits des Amé­ri­cains ordi­naires n’ont que peu ou pas d’impact sur l’élaboration de la poli­tique du gou­ver­ne­ment fédé­ral. Les par­ti­cu­liers for­tu­nés et les groupes d’intérêt orga­ni­sés, en par­ti­cu­lier les socié­tés com­mer­ciales, ont … beau­coup plus de poids poli­tique. … [L]e grand public [est] … pra­ti­que­ment impuis­sant. … La volon­té des majo­ri­tés est … contre­car­rée par les riches et les per­sonnes bien orga­ni­sées, qui bloquent les pro­po­si­tions poli­tiques popu­laires et s’accordent des pri­vi­lèges par­ti­cu­liers. … La majo­ri­té des Amé­ri­cains sont favo­rables à des poli­tiques spé­ci­fiques conçues pour faire face à des pro­blèmes tels que le chan­ge­ment cli­ma­tique, la vio­lence armée, un sys­tème d’immigration inte­nable, des écoles publiques inadap­tées et des ponts et des auto­routes en ruine. … De larges majo­ri­tés d’Américains sont favo­rables à divers pro­grammes visant à four­nir des emplois, à aug­men­ter les salaires, à aider les chô­meurs, à four­nir une assu­rance médi­cale uni­ver­selle, à assu­rer des pen­sions de retraite décentes et à payer ces pro­grammes avec des impôts pro­gres­sifs. La plu­part des Amé­ri­cains veulent éga­le­ment sup­pri­mer les « la pro­tec­tion sociale gérée par les entre­prises ». Pour­tant, ce sont sur­tout les riches, les groupes d’entreprises et les blo­cages struc­tu­rels qui ont empê­ché ces nou­velles politiques. … »

Il ne devrait pas y avoir de débat sur la manière d’apporter des chan­ge­ments. Une réforme frag­men­taire et pro­gres­sive est tou­jours pré­fé­rable à l’anarchie inévi­table que crée tout vide de pou­voir. Le pro­blème est que nos ingé­nieurs uto­pistes, dans leur déman­tè­le­ment ver­ti­gi­neux d’un sys­tème éco­no­mique et démo­cra­tique, ain­si que dans l’épuisement des res­sources de l’État dans les guerres qu’il mène à l’étranger, ont dyna­mi­té les outils qui pour­raient nous sau­ver. Ils ne nous ont lais­sé d’autre choix que de nous révol­ter et de les chas­ser du pouvoir.

Nous mène­rons des actions sou­te­nues de déso­béis­sance civile pour faire tom­ber ces oli­garques cor­po­ra­tifs ou bien nous vivrons dans une tyran­nie orwel­lienne, au moins jusqu’à ce que l’urgence cli­ma­tique fasse dis­pa­raître l’espèce humaine. Les règle­ments, les lois, la pla­ni­fi­ca­tion et le contrôle ne sont pas les enne­mis de la liber­té. Ils empêchent les capi­ta­listes de détruire la liber­té, de nier la jus­tice et d’abolir le bien com­mun. La liber­té de la classe capi­ta­liste d’exploiter les êtres humains et le milieu natu­rel sans res­tric­tion trans­forme la liber­té du plus grand nombre en liber­té du plus petit nombre. Cela a tou­jours été ainsi.

Chris Hedges.

Source : Tru­th­dig, Chris Hedges

Tra­duit par les lec­teurs du site www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.
https://​www​.les​-crises​.fr/​le-desastre-de-l-inge­­nie­­rie-de-l-uto­­pie-par-chris-hed­­ges/

POURQUOI UN MOUVEMENT CONSTITUANT POPULAIRE PERMANENT (MCP) ?

Source : http://​mou​ve​ment​-consti​tuant​-popu​laire​.fr/​2​0​2​0​/​a​n​n​o​n​c​e​s​/​p​o​u​r​q​u​o​i​–​l​e​–​m​c​p​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​rd/

Tous les êtres humains espèrent un monde meilleur.
Tous ont une opi­nion sur « ce qu’il fau­drait faire ».
Tous savent bien les lois qu’il fau­drait voter — et celles qu’il fau­drait abroger.
Tous rêvent de révo­quer des poli­ti­ciens qu’ils estiment (très) mau­vais pour la collectivité.

Tous aime­raient par­ti­ci­per aux déci­sions com­munes, mais tous se contentent de dis­cu­ter sans jamais rien chan­ger puisqu’aucun pou­voir de déci­der ne leur est jamais accordé.

Les hommes qui se contentent de par­ler sans rien chan­ger ne doivent pas se plaindre que tout va de plus en plus mal : d’une cer­taine manière, ceux qui acceptent leur ser­vi­tude la méritent.

Alors, pour aller vers un monde meilleur, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Nous devrions ces­ser de par­ler de sujets légis­la­tifs (« quelles lois fau­­drait-il voter ? »), et nous devrions plu­tôt concen­trer notre atten­tion et nos dis­cus­sions sur les sujets consti­tuants (« com­ment devrait-on voter les lois ? »).

Les sujets légis­la­tifs nous divisent — pour rien, abso­lu­ment pour rien puisque ce n’est pas nous qui déci­dons, de toutes façons —, alors que les sujets consti­tuants nous ras­semblent en nous fai­sant per­ce­voir notre cause com­mune, prio­ri­taire : ins­ti­tuer nous-mêmes les règles de notre repré­sen­ta­tion, les moda­li­tés de notre pou­voir populaire.

Les sujets légis­la­tifs sont dépri­mants (parce que nous sen­tons bien que nous bavar­dons en vain, comme desenfants poli­tiques), alors que les sujets consti­tuants sont enthou­sias­mants (parce que nous sen­tons bien que cette façon de faire de la poli­tique, en adulte, est capable, un jour, de tout changer).

Les « élus » ne sont grands que parce que nous sommes à genoux, nous qui ado­rons l’élection comme une vache sacrée alors que l’élection est LA pro­cé­dure de notre dépos­ses­sion poli­tique : quand j’élis, je renonce à voter ; quand j’accepte qu’un autre décide tout à ma place (selon les règles que lui et ceux de sa caste ont écrites eux-mêmes), j’abdique toute sou­ve­rai­ne­té. Pen­ser les sujets consti­tuants revient à me rele­ver, deve­nir adulte, pen­ser en souverain.

Quelle est la cause de notre impuis­sance politique ?
Qui a écrit l’affreux texte (la consti­tu­tion) où est pro­gram­mée l’infantilisation des citoyens ?

Si rigou­reu­se­ment aucun pou­voir — ni celui de déci­der, ni même celui de contrô­ler — n’est accor­dé au simple citoyen, tou­jours et par­tout, c’est parce qu’aucun simple citoyen n’a jamais été invi­té — ou ne s’est impo­sé — dans le pro­ces­sus consti­tuant (ce moment où l’on écrit qui a le pou­voir de déci­der pour la socié­té et sous quels contrôles). Actuel­le­ment, depuis envi­ron 200 ans qu’existe ce qu’on appelle (trom­peu­se­ment) le « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », ce sont les poli­ti­ciens qui, en s’imposant dans « l’Assemblée consti­tuante », sans que per­sonne ne se mette en tra­vers de leur che­min, se sont arro­gé le droit d’écrire leur propre contrat de tra­vail (la consti­tu­tion), et le résul­tat (qui était bien pré­vi­sible) est que, tou­jours et par­tout, les repré­sen­tants ont ain­si ins­ti­tué leur propre puis­sance et l’impuissance des repré­sen­tés : ils ont fait des citoyens des inca­pables politiques.

Logi­que­ment, donc, plu­tôt que de dis­cu­tailler inuti­le­ment sur les lois que nous ne vote­rons jamais, nous devrions apprendre à ins­ti­tuer notre propre puis­sance poli­tique, celle qui nous manque pour chan­ger le monde (en bien).

D’où les ate­liers consti­tuants popu­laires que j’anime depuis 2005 par­tout en France et dans les pays fran­co­phones. Une idée neuve gran­dit, grâce à de nom­breux col­lec­tifs qui se mul­ti­plient depuis quinze ans et qui défendent tous cette thèse, à leur façon :
– ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pouvoir,
– c’est aux repré­sen­tés d’écrire et d’améliorer (en per­ma­nence) les règles de leur propre représentation,
– et les repré­sen­tants doivent être soi­gneu­se­ment tenus à l’écart de l’écriture des ins­ti­tu­tions (au lieu d’en avoir scan­da­leu­se­ment le monopole…).

Alors, pour­quoi un nou­veau Mou­ve­ment Consti­tuant Popu­laire, MCP ?

Pour mon­trer l’unité fon­da­men­tale de tous ces col­lec­tifs : seuls les citoyens sont légi­times à se consti­tuer en peuple.
Pour don­ner du cou­rage à ceux dont le moral faiblit.
Pour don­ner de l’ampleur géo­gra­phique — et plus d’harmonie — à nos actions.
Pour nous ins­pi­rer les uns les autres avec nos initiatives.
Pour mettre en pra­tique l’idée que l’union fait la force.
Pour inciter/conduire les (nom­breux) par­ti­sans de cette idée à deve­nir (tous) actifs.
Pour res­ter concen­trés sur l’essentiel, et reca­drer (fra­ter­nel­le­ment) ceux qui dérivent vers des sujets légis­la­tifs ou des objec­tifs politiciens.
Pour défendre l’idée déri­vée cen­trale que c’est la pro­cé­dure du RIC consti­tuant qui semble devoir être LA moda­li­té simple et déci­sive qui peut être défen­due par des mil­lions d’électeurs pour s’émanciper de leurs maîtres « élus ».

Quand les jeunes gens qui ont eu l’idée de ce MCP m’ont deman­dé si je vou­lais bien les aider, il ne m’a pas fal­lu long­temps pour y recon­naître une belle plante qui vient des mil­liers de graines que je sème depuis 2005, et j’ai évi­dem­ment déci­dé de les aider autant que je le peux.

À condi­tion tou­te­fois que l’objectif reste un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire. Ce point, à mon sens, n’est pas négo­ciable, et le risque est grand de le perdre en route : si le mou­ve­ment se met­tait à défendre « un pro­ces­sus consti­tuant » (qu’il soit popu­laire ou pas), je m’en écar­te­rais aus­si­tôt car l’essentiel de l’essentiel, ce qui va tout chan­ger sur terre, la condi­tion sine qua non de la grande évo­lu­tion qui vient, c’est que ce soit les repré­sen­tés qui pensent et déter­minent les règles de leur repré­sen­ta­tion et sur­tout pas les représentants.

Si on accep­tait l’idée qu’une Assem­blée consti­tuante soit élue, on pour­rait dire qu’on recom­mence à perdre son temps et que le mou­ve­ment est per­du : en effet, la plu­part des for­ma­tions consti­tuantes du monde ont tou­jours été élues, et toutes leurs « consti­tu­tions » ont tou­jours été votées par réfé­ren­dum ; et pour­tant, cha­cun peut consta­ter que toutes ces assem­blées élues ont ins­ti­tué une redou­table impuis­sance popu­laire, mal­gré le réfé­ren­dum. Donc, ce n’est pas une Assem­blée consti­tuante élue, ni un réfé­ren­dum, qui pour­ra chan­ger les choses, pas du tout.

Ce qui compte, ce n’est pas qui vote la consti­tu­tion : ce qui compte, c’est qui écrit d’abord et qui contrôle ensuite la consti­tu­tion.

Ce qui doit chan­ger, ce sont les rédac­teurs de la consti­tu­tion, qui doivent être les citoyens eux-mêmes.

Par ailleurs, au moment de voter par réfé­ren­dum leur pro­po­si­tion de consti­tu­tion, l’ensemble des citoyens doit pou­voir voter (déci­der) article par article (ou groupe d’articles par groupe d’articles), et pas du tout voter toute la consti­tu­tion en bloc « à prendre ou à lais­ser ».

Ce qui doit chan­ger, c’est la pos­si­bi­li­té offerte en per­ma­nence aux simples citoyens de révi­ser leur consti­tu­tion, parce que c’est la leur.

Dans l’ambiance actuelle de tyran­nie qui vient, où les gou­ver­ne­ments du monde entier s’autonomisent, s’affranchissent de tout contrôle et s’en prennent bru­ta­le­ment à nos liber­tés fon­da­men­tales sous le pré­texte de notre sécu­ri­té (ce qu’ont tou­jours fait tous les tyrans et tous les chefs de gangs mafieux), j’espère que le MCP, ce mou­ve­ment démo­cra­tique d’inspiration confé­dé­rale — unir des groupes en res­pec­tant leur sou­ve­rai­ne­té et leur liber­té —, réus­si­ra à ren­for­cer et à sti­mu­ler les dif­fé­rents col­lec­tifs qui le composent.

Je ferai ce que je peux pour les aider.

Bon cou­rage à tous.

Étienne.
11 sep­tembre 2020.
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​pe/
https://​www​.chouard​.org/

Le tout nou­veau site du MCP :

http://​mou​ve​ment​-consti​tuant​-popu​laire​.fr/

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​6​0​0​0​6​8​6​8​2​317

Comment fonctionnerait une vraie démocratie ?

Une démo­cra­tie digne de ce nom, ça s’institue.

Et jamais des élus ne le feront. Jamais. À cause du conflit d’intérêts.

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.

Seuls les citoyens eux-mêmes sont légi­times et aptes à écrire une vraie constitution.

Quand les poli­ti­ciens modi­fient la consti­tu­tion, c’est un crime : ils volent la sou­ve­rai­ne­té qui ne leur appar­tient pas.

#Grè­ve­Gé­né­ra­le­CONS­TI­TUANTE