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Non au référendum du 29 mai 2005… « il y a 20 ans… On n’oublie pas ». Échanges (29 mai 2025) à propos de l’anti-constitution européenne sur la chaîne du Canard réfractaire

C’est une série d’é­changes aux­quels j’at­tache beau­coup d’im­por­tance qui com­mence avec cet épi­sode : grâce à Yohann, on va pou­voir prendre le temps de com­pa­rer deux pro­jets d’é­man­ci­pa­tion popu­laire : le pro­jet com­mu­niste mar­xiste vs le pro­jet démo­cra­tique (qui res­semble selon moi au com­mu­nisme anar­chiste, du fait de sa méfiance envers toute forme de domi­na­tion). Pour aujourd’­hui, 29 mai 2025, on essaie d’en­tre­te­nir la mémoire des luttes en évo­quant le réfé­ren­dum de 2005 (il y a 20 ans, qui ont…

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« LA MONNAIE : OUTIL D’ASSERVISSEMENT OU DE SOUVERAINETÉ ? » – Débats et ateliers constituants avec Valérie Bugault et Jacques Cheminade samedi 5 avril 2025 à Gradignan (33)

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For­mat grille – For­mat articles complets

[Fake constitutions, diviseuses, écrites par des constituants illégitimes et antidémocrates] Frustration Magazine : « UN PROJET SALUTAIRE ! NOS PROPOSITIONS POUR LUTTER CONTRE LE SÉPARATISME »

UN PROJET SALUTAIRE ! NOS PROPOSITIONS POUR LUTTER CONTRE LE SÉPARATISME :


https://​www​.face​book​.com/​F​r​u​s​t​r​a​t​i​o​n​M​a​g​/​p​h​o​t​o​s​/​a​.​1​7​4​1​0​2​1​1​2​7​8​4​4​1​0​/​1​4​3​8​0​3​9​9​0​3​0​5​7​285

Frus­tra­tion Maga­zine : « Nous saluons cette ini­tia­tive du gou­ver­ne­ment. Enfin on ose s’at­ta­quer à un sujet tabou, dont l’am­pleur aug­mente chaque année et qui pour­rit le quo­ti­dien de nom­breux Fran­çais. Le com­mu­nau­ta­risme bour­geois fait de ter­ribles dégâts, en cou­pant une classe sociale du reste de la popu­la­tion et en lui per­met­tant de s’or­ga­ni­ser pour l’ex­ploi­ter et la pré­ca­ri­ser. Ça suf­fit comme ça ! Nous pro­po­sons au pre­mier ministre d’in­té­grer dans son cou­ra­geux pro­jet de loi les mesures suivantes :

- Sup­pres­sion des grandes écoles et attri­bu­tion de leurs moyens à un sys­tème d’en­sei­gne­ment uni­ver­sel et qui abo­lisse la sépa­ra­tion entre for­ma­tions tech­niques, manuelles et intel­lec­tuelles. Les cols blancs imbus d’eux-mêmes cou­pés du ter­rain dans leur tour d’i­voire, nous n’en vou­lons plus, pas plus que l’entre-soi et le petit réseau qu’on cultive dans les écoles de la bour­geoi­sie. Les écoles pri­vées sub­ven­tion­nées, ça suf­fit. Si les bour­geois veulent s’é­du­quer entre eux, qu’ils payent eux-mêmes leurs lieux.

- Inter­dic­tion de la chasse à cour, des quar­tiers rési­den­tiels pri­vés et de l’a­chat d’îles : de plus en plus de nos conci­toyens riches se bar­ri­cadent dans leur propres espaces où ils pra­tiquent des loi­sirs coû­teux et atten­ta­toire à la bio­di­ver­si­té [et au res­pect des êtres sen­sibles]. Il est temps pour eux de se mêler à nou­veau au peuple et de ces­ser de se sépa­rer des autres. Et gra­tui­té pour le péage du Pont de l’Île de Ré : cet endroit est en train de deve­nir une zone de non-droit pour bour­geois, démocratisons-le.

- Fin du mono­pole bour­geois sur la poli­tique : notre Assem­blée natio­nale est pré­emp­tée par des avo­cats, patrons et hauts fonc­tion­naires. Il est temps de mettre fin à ce com­mu­nau­ta­risme poli­tique en impo­sant des quo­tas sociaux à chaque élec­tion. Il y a une moi­tié d’ou­vriers et d’employés dans la popu­la­tion, il nous faut une moi­tié d’ou­vriers et d’employés par­mi nos représentants.

Ce ne sont que quelques mesures d’ur­gences, en sur­face, mais le fond du pro­blème à régler tient évi­de­ment à la façon dont une seule classe sociale tire pro­fit du tra­vail des autres et, accu­mu­lant à chaque géné­ra­tion, se sépare chaque décen­nie un peu plus des lois de la Répu­blique ! La racaille bour­geoise, ça suffit ! »

Signé : Frus­tra­tion magazine

______________________

Mon com­men­taire :

. L’é­lec­tion (par­mi des can­di­dats qu’on peut aider) donne tou­jours le pou­voir aux riches, par construc­tion, méca­ni­que­ment, fata­le­ment, éternellement.

. Le tirage au sort ne donne jamais le pou­voir aux riches, par construc­tion, méca­ni­que­ment, fata­le­ment, éternellement.

. Le choix de la pro­cé­dure – élec­tion ou tirage au sort – incombe aux repré­sen­tés – et sur­tout jamais aux repré­sen­tants, évi­dem­ment. Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir. C’est aux simples citoyens eux-mêmes, direc­te­ment, d’é­crire et de cor­ri­ger les règles de leur repré­sen­ta­tion. Ils sont les seuls à pou­voir le faire cor­rec­te­ment, struc­tu­rel­le­ment, logiquement.

Le tirage au sort pro­tège la socié­té contre toutes les formes de com­mu­nau­ta­risme (et contre toutes les socié­tés secrètes, d’ailleurs), sans s’en prendre à qui que ce soit en par­ti­cu­lier, sans avoir à dési­gner des boucs émissaires.

Défendre une pro­cé­dure per­met d’é­vi­ter de s’at­ta­quer (vai­ne­ment) à des per­sonnes et de modi­fier (effi­ca­ce­ment) des struc­tures, ce qui per­met de régler –d’un coup et dura­ble­ment – un grand nombre de pro­blèmes qui parais­saient inso­lubles et éternels.

Réflé­chis­sez à ça, on est au niveau des racines de nos tour­ments. Et vous, per­son­nel­le­ment, vous avez un rôle impor­tant à jouer dans le déve­lop­pe­ment de ce plan.

Bon cou­rage à tous.

Étienne.

#Grè­ve­Gé­né­ra­le­Cons­ti­tuante

[Fake suffrage universel : élire n’est pas voter] Les Gilets jaunes, le RIC et Chouard… Et la muselière de la calomnie commode « rouge-brun »

Sou­ve­nir : je vis dans un pays où les vrais oppo­sants poli­tiques sont condam­nés dans les grands médias (et fina­le­ment bâillon­nés) sans jamais leur per­mettre loya­le­ment de se défendre :

Ici, dans cette émis­sion de C dans l’air du 18 jan­vier 2019, les com­men­ta­teurs se trompent : les gilets jaunes et Chouard ne contestent pas « toute forme de repré­sen­ta­tion », ils contestent « toute forme de repré­sen­ta­tion ins­ti­tuée (et ver­rouillée) par les repré­sen­tants », ce qui est tota­le­ment dif­fé­rent : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir (la consti­tu­tion) ; ce n’est pas aux repré­sen­tants d’é­crire les règles de la repré­sen­ta­tion (la consti­tu­tion) ; ce n’est pas aux élus d’é­crire ou de modi­fier la constitution.

Les repré­sen­tés sont les seuls à être à la fois aptes et légi­times pour écrire et modi­fier la constitution.

Ce que les « élus » appellent men­son­gè­re­ment « le suf­frage uni­ver­sel » est un fake : élire n’est pas voter. Élire, c’est même le contraire de voter : élire, c’est renon­cer à voter.

Ce que les « élus » appellent men­son­gè­re­ment « la démo­cra­tie » est un fake : dans une vraie démo­cra­tie, un homme = une voix pour voter les lois, pas pour dési­gner des maîtres.

Le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ins­ti­tué par les élus est (depuis le début) un sys­tème de domi­na­tion par­le­men­taire, c’est la néga­tion même de la démo­cra­tie : la répu­blique par­le­men­taire est anti­dé­mo­cra­tique, pen­sée et vou­lue dès son ori­gine, en 1789, comme rem­part contre la démocratie.

La pro­cé­dure de l’é­lec­tion est pro­fon­dé­ment, onto­lo­gi­que­ment (dans son être même), antidémocratique.

La seule pro­cé­dure authen­ti­que­ment démo­cra­tique est le tirage au sort.

La seule élec­tion accep­table en démo­cra­tie est l’é­lec­tion vou­lue et ins­ti­tuée par les élec­teurs eux-mêmes (et évi­dem­ment jamais l’é­lec­tion vou­lue et ins­ti­tuée par les élus).

La consti­tu­tion, c’est le contrat de tra­vail des élus. Ce n’est évi­dem­ment pas aux élus d’é­crire et modi­fier eux-mêmes leur propre contrat de travail

Les médias (tous ven­dus aux riches) ne donnent la parole qu’à l’op­po­si­tion contrô­lée (© 1984, Orwell), celle dont le sys­tème de domi­na­tion n’a rien à craindre. La « Prav­da des mil­liar­daires » (l’en­semble des médias ache­tés par les 9 per­sonnes les plus riches du pays) prive de toute parole les vrais oppo­sants politiques.

Je réclame (mais les tri­cheurs me refu­se­ront) des débats loyaux (démo­cra­tiques, quoi) avec mes contradicteurs.

Mais je doute que des gens comme Rudy Reichs­tadt ou Daniel Schnei­der­mann ou Jean-Michel Apha­tie ou Ali Bad­dou ou Laurent Jauf­frin ou les autres voleurs de droit de parole soient capables (ni aient le cou­rage) d’un tel débat : tout ce dont ils sont capables, appa­rem­ment, c’est de me taper dans le dos, à plu­sieurs, alors que je suis absent, ou atta­ché et bâillon­né… Pas de quoi se vanter.

Mais on lâche rien. Chouard mort ou vif, les Gilets jaunes consti­tuants vaincront 🙂

Étienne.

[Fake tirage au sort, fake démocratie] Sur la Convention Citoyenne pour le Climat, l’analyse de Ronald Mazzoleni

Chers amis,

Ronald Maz­zo­le­ni est un habi­tué du blog dont j’aime les ana­lyses, tou­jours mesu­rées et pertinentes.

Ronald m’a envoyé un tra­vail que je trouve remar­quable sur la récente « conven­tion citoyenne pour le cli­mat », pré­ten­du­ment « tirée au sort » ce qui jus­ti­fie qu’on y réflé­chisse ici.

Je garde de cette lecture :

1) l’i­dée qu’il ne faut jamais tri­po­ter l’é­chan­tillon que pro­duit le tirage au sort, sous peine de perdre com­plè­te­ment les ver­tus du tirage au sort,

2) que l’as­sem­blée tirée au sort doit être sou­ve­raine dans ses tra­vaux, et sur­tout pas liée par un man­dat impé­ra­tif qui fausse gra­ve­ment sa réflexion,

3) que tirer au sort une assem­blée déli­bé­ra­tive sans être tenu le moins du monde par ses conclu­sions est une évi­dente truan­de­rie poli­ti­cienne, une de plus : le tirage au sort doit être ins­ti­tué par les citoyens eux-mêmes, et jamais par des élus (qui sont par essence les pires enne­mis de cette pro­cé­dure pro­fon­dé­ment démocratique).

Mais bon, je recon­nais volon­tiers que je suis plus radi­cal que Ronald 🙂 C’est jus­te­ment ce que j’aime chez lui : il m’aide à me tem­pé­rer (un peu).

Je repro­duis ci-des­­sous son analyse.
Bonne lecture.

Étienne.


Sur la Convention Citoyenne pour le Climat

Chronologie et organisation

La Conven­tion citoyenne pour le cli­mat vient de ter­mi­ner ses tra­vaux et a remis son rap­port au ministre de la Tran­si­tion Écologique.

La pra­tique de la Conven­tion citoyenne des­ti­née à faire des pro­po­si­tions légis­la­tives est déjà connue dans dif­fé­rents pays, mais il s’agit d’une pre­mière en France. Cette Conven­tion, vou­lue par le Pré­sident Macron, a été une ten­ta­tive de réponse au mou­ve­ment des Gilets Jaunes.

Ce mou­ve­ment a eu comme évé­ne­ment déclen­cheur la mise en place de la « taxe car­bone » par le gou­ver­ne­ment en 2018. Celle-ci a été per­çue comme un ins­tru­ment d’ « éco­lo­gie puni­tive » qui pré­ten­dait prendre des mesures envi­ron­ne­men­tales sans se pré­oc­cu­per des consé­quences sociales.

La genèse de la Conven­tion est double. D’une part, le Conseil éco­no­mique, social et envi­ron­ne­men­tal (CESE) a orga­ni­sé un groupe de tra­vail avec un panel de 28 citoyens pour réflé­chir sur l’articulation entre tran­si­tion éco­lo­gique, par­ti­ci­pa­tion citoyenne et jus­tice fis­cale. Il est res­sor­ti de l’avis (« Frac­tures et tran­si­tions ») notam­ment la pro­po­si­tion de jurys citoyens tirés au sort qui pré­pa­re­raient les déci­sions. D’autre part, le col­lec­tif Gilets Citoyens a publié sur le site du Grand Débat Natio­nal une lettre ouverte en jan­vier 2019 pour récla­mer la créa­tion d’une Assem­blée citoyenne tirée au sort pour par­ache­ver ce Grand Débat.

L’idée a été reprise par l’exécutif qui sou­hai­tait béné­fi­cier d’une forme de légi­ti­mi­té popu­laire pour ses mesures en matière d’environnement des repré­sen­tants du col­lec­tif Gilets Citoyens, du CESE et du gou­ver­ne­ment se sont réunis pour pla­ni­fier l’organisation d’une Conven­tion citoyenne sur le cli­mat, qui est annon­cée par Emma­nuel macron dans sa confé­rence de presse du 25 avril.

Suite aux échanges entre le gou­ver­ne­ment, le col­lec­tif Gilets Citoyens et le CESE, il a été conve­nu que :

  • La Conven­tion sera indé­pen­dante du gou­ver­ne­ment, qui n’en pilo­te­ra pas les travaux
  • Les pro­po­si­tions seront reprises « sans filtres », c’est-à-dire que le gou­ver­ne­ment ne les rema­nie­ra pas, avant d’être sou­mise au Par­le­ment ou à refe­ren­dum, ou appli­quées par voie réglementaire
  • Le CESE orga­ni­se­ra la Conven­tion. Un Comi­té de Gou­ver­nance la pilotera.

Les membres du Comi­té de Gou­ver­nance ont été volon­tai­re­ment sélec­tion­nés pour leur spé­cia­li­té tout en équi­li­brant les lob­bys : 3 spé­cia­listes du cli­mat, 3 spé­cia­listes de la démo­cra­tie déli­bé­ra­tive, 4 membres issus du monde éco­no­mique et social, et 2 fonc­tion­naires du minis­tère. On note­ra déjà qu’il n’y a pas de volon­té à ce niveau de repré­sen­ta­ti­vi­té des opi­nions de la popu­la­tion. Par exemple, l’un des membres du comi­té affirme « être prise d’une peur panique en se levant le matin en pen­sant au chan­ge­ment cli­ma­tique », ce qui est une atti­tude très éloi­gnée de celle du Fran­çais moyen.

Le man­dat de la Conven­tion est signi­fié dans une lettre du Pre­mier Ministre Édouard Phi­lippe : « défi­nir les mesures struc­tu­rantes pour par­ve­nir, dans un esprit de jus­tice sociale, à réduire les émis­sions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 par rap­port à 1990 ». En outre, comme il vien­dra le pré­ci­ser dans son dis­cours d’ouverture, « il n’y a pas d’argent magique », et toutes les mesures qui coûtent doivent avoir un finan­ce­ment qui est pré­ci­sé (dette, impôt ou économies).

Le tirage au sort  a été de manière assez clas­sique effec­tué par un ins­ti­tut de son­dage. 300.000 numé­ros de télé­phone ont été géné­rés auto­ma­ti­que­ment, pour obte­nir à la fin 150 membres et 40 sup­pléants. Il était signi­fié à la per­sonne appe­lée que « La Conven­tion Citoyenne Pour le Cli­mat annon­cée par le Pré­sident Emma­nuel Macron est orga­ni­sée par le Conseil éco­no­mique, social et envi­ron­ne­men­tal. L’objectif de cette conven­tion est d’aller plus loin et plus vite dans la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique et de don­ner davan­tage de place à la par­ti­ci­pa­tion citoyenne dans la déci­sion publique. » et il leur était deman­dé s’ils accep­taient de par­ti­ci­per. L’échantillon a été consti­tué pour être repré­sen­ta­tif de la popu­la­tion en ce qui concerne : le sexe, l’âge, le diplôme, la caté­go­rie socio-pro­­fes­­sion­­nelle, le type de ter­ri­toire, la zone géographique.

Le sou­ci de repré­sen­ta­ti­vi­té de l’échantillon a été très pous­sé. On remar­que­ra la prise en compte du type de ter­ri­toire (urbain/périurbain/rural). On aurait éven­tuel­le­ment aller plus loin en sélec­tion­nant aus­si selon l’orientation politique.

C’est le Comi­té de Gou­ver­nance qui a orga­ni­sé le pro­gramme de la Conven­tion et notam­ment sélec­tion­né les experts et inter­ve­nants. Comme il est d’usage dans ce type d’exercice, les par­ti­ci­pants ont eu le droit de faire recher­cher telle ou telle infor­ma­tion, ou d’ajouter ou de sup­pri­mer des inter­ve­nants. Dans leur ensemble, ces der­niers sont, comme on s’y attend, des per­sonnes enga­gées dans la lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. C’est aus­si le Comi­té de Gou­ver­nance qui défi­nit les thèmes à abor­der. Un point inté­res­sant : au début des tra­vaux, des citoyens membres de la conven­tion ont pu pos­tu­ler pour inté­grer le Comi­té. Un tirage au sort a eu lieu pour en sélec­tion­ner deux. Les déci­sions au sein du Comi­té se prennent par consensus.

Trois « garants » nom­més par les pré­si­dents de la chambre, du sénat et du CESE sur­veillaient l’indépendance des travaux.

Une équipe d’animation, char­gé d’organiser les échanges, était com­po­sée de pro­fes­sion­nels de l’accompagnement de débat citoyens (Euro­group Consul­ting, Mis­sions Publiques, Res publica).

Un « groupe d’appui », sélec­tion­né par le Comi­té de Gou­ver­nance ras­sem­blait des « experts ». Ceux-ci étaient char­gés notam­ment d’évaluer si la Conven­tion rem­plit bien l’objectif qui lui a été fixé, à savoir si leurs mesures pré­co­ni­sées per­met­tront bien de réduire les émis­sions de 40 %. Ce sont des « véri­fi­ca­teurs d’impact » (sic).

Des Cher­­cheurs-Obser­­va­­teurs sont des membres de groupes de recherche (CEVIPOF, etc) qui ont pos­tu­lé pour obser­ver et étu­dier le fonc­tion­ne­ment de la conven­tion. On peut donc ima­gi­ner pro­chai­ne­ment des rap­ports inté­res­sants sur son déroulement.

Enfin, un « Comi­té légis­tique » regrou­pait de juristes, enga­gés dans les matières envi­ron­ne­men­tales, char­gés de trans­crire les pro­po­si­tions de la Conven­tion en textes juri­diques qui pour­ront être sou­mis aux ins­tances légitimes.

Les tra­vaux se sont tenus d’octobre 2019 à juin 2020, sur 7 ses­sions de 3 jours. Les membres étaient défrayés (86 euros/jour + 10 euros/heures pour les per­sonnes venant sur leur temps de tra­vail). Loge­ment, tra­jets, repas, garde d’enfants étaient assu­rés. Entre les ses­sions, les membres pou­vaient conti­nuer à être en contact et à tra­vailler via une pla­te­forme en ligne.

Le public a pu aus­si par­ti­ci­per en ligne aux pro­po­si­tions. Il y a eu plu­sieurs mil­liers d’interventions de ce type.

L’ensemble du bud­get a été de 5 mil­lions d’euros (ce type d’organisation est donc uni­que­ment acces­sibles à des pou­voirs publics, cette somme n’aurait pas pu être réunie par des particuliers).

On peut retrou­ver les videos des ses­sions sur la chaine You­tube du CESE. Bizar­re­ment, seule une par­tie de ces tra­vaux étaient fil­més. On ne dis­pose pas non plus mal­heu­reu­se­ment de comptes-ren­­dus publics écrit des auditions.

Le tra­vail était consti­tué d’activités plé­nière (à 150), ain­si que d’ateliers en petit groupes tirés au sort pour tra­vailler sur les dif­fé­rents thèmes. Le tra­vail en petit groupe per­met la prise de parole de tous. Mais bien enten­du, tout le tra­vail d’échantillonnage pour repré­sen­ter la popu­la­tion fran­çaise est entiè­re­ment per­du dès lors que l’on tra­vaille en sous-groupes. Ceux-ci ne reflètent plus sta­tis­ti­que­ment la popu­la­tion. C’est un biais connu des pra­ti­ciens de la démo­cra­tie déli­bé­ra­tive pour qui il suf­fit que le panel soit « diver­si­fié » plu­tôt que stric­te­ment repré­sen­ta­tif. On bute ici sur la limite entre la repré­sen­ta­ti­vi­té et les pos­si­bi­li­tés concrètes de délibérer.

Les tra­vaux semblent s’être dérou­lés sans accroc majeur. La par­ti­ci­pa­tion ne s’est pas étio­lée et il y avait à la fin encore plus de 140 per­sonnes pour voter les pro­po­si­tions finales (c’était le quo­rum néces­saire pour que le suf­frage final soit consi­dé­ré comme valide). Le vote se fai­sait par pro­po­si­tion, puis sur l’ensemble.

Le rap­port de 460 pages com­porte 149 pro­po­si­tions. Elles ont recueilli en géné­ral plus de 95 % de suf­frages posi­tifs. L’objectif de réduc­tion des gaz à effet de serre est com­bi­né avec une volon­té d’acceptabilité sociale. Une par­tie d’entre elles, mais pas toutes, ont bien reçu une trans­crip­tion juri­dique en pro­po­si­tion de loi ou autre. La bonne volon­té de l’équipe juri­dique pour appuyer les membres de la conven­tion est mani­feste. Ceci s’explique sans doute par le fait que ces juristes sont eux-mêmes enga­gés dans le domaine de l’écologie.

L’un des prin­ci­paux pro­blèmes de la réduc­tion des émis­sions de gaz a effet de serre a bien été per­çu : « Nous avons conscience que les pro­po­si­tions déve­lop­pées dans le cadre de la Conven­tion citoyenne pour le cli­mat et plus lar­ge­ment de la tran­si­tion éco­lo­gique ren­dront cer­taines acti­vi­tés en France et en Europe moins com­pé­ti­tives sur le mar­ché. Il faut donc s’assurer que les pro­duits faits en France et en Europe ne soient pas désa­van­ta­gés, ou encore, que des entre­prises soient ten­tées de délo­ca­li­ser leur acti­vi­té plu­tôt que de la ver­dir. » Si les acti­vi­tés indus­trielles pro­dui­sant des gaz à effet de serre sont détruites en France pour être recons­truite en Chine, et que les mêmes pro­duits sont ensuite réim­por­tés en France, l’intérêt est nul. La réforme serait même nui­sible à la France. Pour résoudre ce dilemme, il est pro­po­sé d’instaurer une bar­rière euro­péenne à l’entrée de ces pro­duits. Mais cette idée n’a pas été sou­mise à l’équipe juri­dique pour envi­sa­ger de la trans­crire en pro­po­si­tion de loi. 

Le rap­port intègre aus­si l’expression des avis dis­cor­dants sur les pro­po­si­tions votées, ain­si que les pro­po­si­tions qui ont été rejetées.

Après la remise du rap­port, le Pré­sident a bien accep­té toutes les pro­po­si­tions, sauf trois :

  • La taxe sur les dividendes
  • La limi­ta­tion à 110 km/h sur autoroute
  • La modi­fi­ca­tion du pré­am­bule de la constitution

Cette der­nière pro­po­si­tion pré­voyait l’ajout d’un para­graphe : « La conci­lia­tion des droits, liber­tés et prin­cipes qui en résultent ne sau­rait com­pro­mettre la pré­ser­va­tion de l’environnement, patri­moine com­mun de l’humanité. ». Même si celle-ci ne fai­sait pas l’unanimité au sein de la conven­tion (76 % de suf­frages favo­rables), elle témoigne tout de même de la radi­ca­li­té qui res­sort de cer­taines propositions.

La limi­ta­tion de la vitesse sur auto­route a aus­si été jugée trop cli­vante par Emma­nuel Macron qui avait déjà une mau­vaise expé­rience de la limi­ta­tion de la vitesse sur les routes nationales.

Il est inter­pel­lant que dans ces deux cas l’assemblée tirée au sort appa­raît plus radi­cale et le repré­sen­tant élu plus consensuel.

Quelques jours plus tard, c’est le ministre de l’économie Bru­no Lemaire qui s’oppose à son tour à cer­taines propositions.

Analyse

Qu’en rete­nir ?

Tout d’abord l’avancée que repré­sente la pre­mière orga­ni­sa­tion d’une conven­tion de citoyens tirés au sort ayant pour but de pré­sen­ter des pro­po­si­tions légis­la­tives. La France comble donc en par­tie son retard démo­cra­tique. [Ronald est vrai­ment trop gen­til 🙂 ÉC]

La réa­li­sa­tion pra­tique est un suc­cès. L’organisation logis­tique s’est faite selon les usages pra­ti­qués ailleurs dans ce genre de panel citoyens. Les par­ti­ci­pants se sont enga­gés, ont été pré­sents tout au long du man­dat, et ont remis leurs pro­po­si­tions confor­mé­ment au cahier des charges. La sur­ve­nue de la pan­dé­mie à coro­na­vi­rus au cours de l’exercice n’avait en outre pas faci­li­té les choses.

Les délais ont été tenus et ont été suf­fi­sants pour que les membres s’imprègnent du sujet et déve­loppent une série de pro­po­si­tions cohérentes.

Ceci ne doit pas nous aveu­gler sur ce dont il s’est agi. Nous ne sommes pas en face d’une assem­blée de citoyens qui fait sa propre loi. Elle a agi expli­ci­te­ment selon un man­dat. Man­dat qui lui a été don­né par le gou­ver­ne­ment : « réduire les émis­sions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030 ». Les membres de la conven­tion n’ont pas eu l’initiative d’évaluer si ce but était per­ti­nent. C’est le gou­ver­ne­ment qui le défi­nit, et la conven­tion a la charge de le trans­crire en pro­po­si­tion de loi. On est en en face de l’équivalent poli­tique de ce qu’on appelle dans l’entreprise le « mana­ge­ment par objec­tif », méthode jugée plus moti­vante pour les exé­cu­tants : la direc­tion fixe des objec­tifs à atteindre, et les tra­vailleurs ont la liber­té d’employer les moyens qu’ils dési­rent pour le faire.

Le Comi­té de Gou­ver­nance a été consti­tuée de manière impro­vi­sée et sans légi­ti­mi­té. Il a été com­po­sé de membres dési­gnés pour moi­tié par le CESE, pour moi­tié par le col­lec­tif Gilets citoyens. La com­pé­tence a été pri­vi­lé­giée sur la repré­sen­ta­ti­vi­té, et l’on se retrouve avec un Comi­té homo­gène idéo­lo­gi­que­ment (pour faire bref : « de gauche et éco­lo­giste »). Cette homo­gé­néi­té se réper­cute dans l’ensemble de la struc­ture. On com­prend aisé­ment que pour une pre­mière ten­ta­tive de ce genre de conven­tion, ini­tiée en plein mou­ve­ments des Gilets Jaunes, on ne se soit pas encom­bré de for­ma­lisme. Et qu’il était néces­saire que cet essai réus­sisse pour pou­voir asseoir la légi­ti­mi­té de la méthode. Une homo­gé­néi­té dans l’organisation était une garan­tie pour un bon fonc­tion­ne­ment sur la durée. Mais cela ne peut deve­nir une règle. Il suf­fit d’imaginer une Conven­tion sur l’Immigration où un membre de Comi­té orga­ni­sa­teur explique « être pris d’une peur panique en se levant le matin en pen­sant aux arri­vées d’immigrés » pour com­prendre qu’un mini­mum de neu­tra­li­té de ce Comi­té est néces­saire. À noter que même le peu de diver­gence qu’il y avait en son sein a été cri­ti­qué : cer­tains ont repro­ché à l’un de ses membres, d’avoir été diri­geante d’une com­pa­gnie minière et donc de ne pou­voir y sié­ger (en fin de compte, elle a néan­moins été maintenue).

On peut tou­jours se satis­faire de l’absence de repré­sen­ta­ti­vi­té du Comi­té de Gou­ver­nance si celui-ci ne se mêle pas des tra­vaux. Mais dans cette expé­rience, c’est lui qui a sélec­tion­né les experts qui s’adressent à l’assemblée. Sélec­tion­ner les inter­ve­nants, c’est sélec­tion­ner l’information qui sera four­nie, et donc les solu­tions qui sor­ti­ront des débats. Encore une fois, s’agissant d’un pre­mier essai, cela est excu­sable pour s’assurer que les tra­vaux « roulent » bien, mais il est à l’avenir néces­saire que ce soient les citoyens eux-mêmes qui fixent leur pro­gramme et leurs interlocuteurs.

Plus grave et plus dif­fi­cile à cor­ri­ger est le pro­ces­sus de sélec­tion des membres. Tous les modes de sélec­tions ont leur biais. Mais il s’agit de plus que cela. Le man­da­taire (le gou­ver­ne­ment) fixe ici l’objectif : réduire de 40 % les émis­sions de gaz à effet de serre. Il ne s’agit pas pour l’assemblée de se ques­tion­ner sur les pro­blèmes éco­lo­giques ; le pro­blème est déjà posé et la solu­tion avan­cée. Il faut seule­ment des volon­taires pour mettre en œuvre le man­dat fixé. Aus­si, toutes les per­sonnes pour qui le pro­blème du cli­mat n’est pas une prio­ri­té ou pour qui la solu­tion n’est pas adé­quate ne sont pas invi­tées à se pro­non­cer. Cela est bien expli­cite dans l’accroche télé­pho­nique rédi­gée par l’institut de son­dage qui recrute les citoyens. Cette sélec­tion par l’objectif se réper­cute immé­dia­te­ment dans la com­po­si­tion de l’assemblée. Lorsque le pre­mier jour des tra­vaux, un ani­ma­teur demande à la conven­tion « qui est venu pour l’urgence d’agir au niveau cli­ma­tique ? », 100 % de l’assemblée se lève, et quand il est deman­dé « qui pense tous les jours au chan­ge­ment cli­ma­tique », envi­ron 40 % se lève. Il faut être clair : une conven­tion ain­si consti­tuée n’est pas un échan­tillon repré­sen­ta­tif de la popu­la­tion fran­çaise, mais une assem­blée de volon­taires pour appli­quer les direc­tives du commanditaire.

Il semble même que ce risque n’ait pas été per­çu par l’exécutif. Cer­tains de ses membres, une fois le rap­port remis, appa­raissent sur­pris par la radi­ca­li­té de cer­taines pro­po­si­tions. Ain­si, si la pro­po­si­tion de réduire la vitesse sur auto­route a été votée par 60 % des membres de la conven­tion, elle est reje­tée dans un son­dage par 75 % des Fran­çais. L’idée est fina­le­ment repous­sée par Emma­nuel Macron. Certes, le prin­cipe d’une conven­tion est par la déli­bé­ra­tion de faire évo­luer les posi­tions, et des per­sonnes qui se sont for­mées au sujet vote­ront dif­fé­rem­ment d’un échan­tillon son­dé dans la popu­la­tion géné­rale. Mais on ne peut nier ici l’impact du mode de recru­te­ment. On abou­tit au résul­tat para­doxal que les élus ont une opi­nion plus en phase avec le peuple que le panel sélec­tion­né par tirage au sort. [Moi, j’au­rais mis des guille­mets à « tirage au sort » 🙂 ce qui aurait fait dis­pa­raître et le para­doxe et la sur­prise… ÉC]

En ima­gi­nant l’hypothèse où la Conven­tion n’aurait pas reçu un man­dat gou­ver­ne­men­tal avec un objec­tif fixé en matière de réduc­tion de gaz a effet de serre, mais aurait sim­ple­ment eu la mis­sion de « pro­po­ser un pro­gramme de mesures envi­ron­ne­men­tales », le biais de sélec­tion aurait été moindre mais n’aurait pas dis­pa­ru. Il est connu qu’il y a dans la sélec­tion des jurys citoyens un biais lié aux sujets pro­po­sés. Ce sont les citoyens les plus inté­res­sés par le sujet qui acceptent le plus volon­tiers la convo­ca­tion. Si l’accroche télé­pho­nique avait consis­té en « Une conven­tion est orga­ni­sée pour pro­po­ser un pro­gramme envi­ron­ne­men­tal pour la France, vou­­lez-vous y par­ti­ci­per ? », il y aurait quand même eu une sur­re­pré­sen­ta­tion de per­sonnes se sen­tant concer­née par l’écologie dans le panel. Et on peut parier que les per­sonnes « inté­res­sée par l’environnement » sont aus­si celles qui sont les plus ten­tée de prendre des mesures visant à pro­té­ger l’environnement. De même que par exemple des per­sonnes « inté­res­sées par le sujet de la fin de vie » seraient cer­tai­ne­ment en fait plus pro-eutha­­na­­sie que la popu­la­tion géné­rale. Il y a de ces sujets où le fait de s’y inté­res­ser implique en pra­tique de pen­cher vers une cer­taine opi­nion sur la question.

Com­ment sup­pri­mer ce biais ? On peut ima­gi­ner plu­sieurs solutions.

Cer­tains orga­ni­sa­teurs de jurys citoyens sélec­tionnent les can­di­dats par des ques­tion­naires de manière à éli­mi­ner ceux qui ont déjà une opi­nion bien ancrée sur le domaine. Cela à l’avantage aus­si d’éviter de pola­ri­ser la déli­bé­ra­tion, mais ce genre de sélec­tion est assez dif­fi­cile à jus­ti­fier démocratiquement.

On pour­rait créer une assem­blée per­ma­nente de citoyens tirés au sort (en chan­geant par exemple le mode de recru­te­ment du CESE). Ils auraient alors pen­dant tout leur man­dat à déli­bé­rer sur toutes sortes de sujets qu’ils n’ont pas volon­tai­re­ment choi­si. Mais on retombe alors dans une forme de pro­fes­sion­na­li­sa­tion de la déli­bé­ra­tion que l’on vou­lait jus­te­ment éviter.

On pour­rait recru­ter les membres de la conven­tion tirés au sort sans les aver­tir du sujet, ils ne le décou­vri­raient qu’une fois le pro­ces­sus accep­té. Mais il y aurait alors un grand risque d’abandons en cours de tra­vaux, si les per­sonnes ne sont pas du tout inté­res­sées par le sujet.

Le mieux serait peut-être, dès lors, que les Ins­ti­tuts char­gés de recru­ter les membres des conven­tions consti­tuent à l’avance une réserve de can­di­dats citoyens qui s’engagent à par­ti­ci­per à une pro­chaine assem­blée quel que soit le sujet. Lorsqu’une nou­velle conven­tion est orga­ni­sée, il suf­fi­rait alors de tirer au sort dans cette réserve. On aurait alors un panel à la fois repré­sen­ta­tif et moti­vé. La seule réserve est qu’ils ne pour­ront par par­ti­ci­per à des jurys dont le thème est la par­ti­ci­pa­tion citoyenne à la vie démo­cra­tique, leurs opi­nions sur ce point étant alors jus­te­ment trop biai­sé par rap­port à la popu­la­tion générale.

Il est impor­tant de réduire ce déca­lage entre l’opinion des panels tirées au sort et la popu­la­tion géné­rale. À défaut, les déci­sions prises par ces assem­blées seront reje­tées par l’opinion publique, ce qui mena­ce­rait rapi­de­ment la légi­ti­mi­té de la méthode. Cepen­dant, si les per­sonnes recru­tées ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment au fait des ques­tions abor­dées dans la conven­tion à laquelle ils par­ti­cipent, il fau­dra sans doute tenir compte d’un plus long délai pour qu’ils se docu­mentent et com­prennent bien les enjeux.

Concer­nant la trans­crip­tion juri­dique des pro­po­si­tions, cela ne semble pas un obs­tacle. L’aide d’une équipe de juristes est tout à fait effi­cace. Sur ce point, le fait que ceux-ci aient un a prio­ri favo­rable par rap­port aux tra­vaux de l’assemblée semble un avantage.

Enfin, il faut se rap­pe­ler que cette conven­tion citoyenne n’a pas de rôle offi­ciel dans l’élaboration de la loi. Ce que l’exécutif a ici accep­té a été ce qu’il pou­vait faire de mieux en l’état actuel des ins­ti­tu­tions. Il a été pro­mis que les pro­po­si­tions seraient trans­mises pour appli­ca­tion régle­men­taire, ou pour être sou­mise au par­le­ment ou à réfé­ren­dum. La voie légis­la­tive n’a pas chan­gé, et actuel­le­ment la mise en œuvre des pro­po­si­tions de ce genre de conven­tion reste sou­mise au bon vou­loir du per­son­nel poli­tique en place. Si l’on veut ancrer les méthodes de démo­cra­tie déli­bé­ra­tive dans la vie poli­tique du pays, il est néces­saire de consa­crer une place ins­ti­tu­tion­nelle à ces assem­blées citoyennes.

 

Préconisations

Il était envi­sa­gé, si l’expérience de la conven­tion citoyenne était un suc­cès, de la réité­rer. Afin d’en amé­lio­rer l’organisation à l’avenir, les mesures sui­vantes semblent nécessaires :

  • Défi­nir dans les textes la place de ces conven­tions dans le pro­ces­sus légis­la­tif, pré­ci­ser leur mode de fonc­tion­ne­ment, leur sélec­tion ain­si que la dési­gna­tion des dif­fé­rentes instances.
  • Assu­rer la diver­si­té du Comi­té de Gou­ver­nance, avec une repré­sen­ta­tion des opi­nions oppo­sées sur le thème traité.
  • Réduire l’emprise du Comi­té sur le pro­gramme et la sélec­tion des inter­ve­nant, et accroître l’autonomie de l’assemblée dans ce domaine.
  • Bien dis­tin­guer si l’objet de la conven­tion est la mise en œuvre d’objectifs fixés par le com­man­di­taire ou si les citoyens tirés au sort ont toute lati­tude pour s’emparer d’un thème donné.
  • S’assurer lors de la sélec­tion d’une réelle repré­sen­ta­ti­vi­té du panel par rap­port aux dif­fé­rentes opi­nions dans la popu­la­tion fran­çaise vis-à-vis du thème.

Ronald Maz­zo­le­ni.


Réfé­rences

- Le site de la Conven­tion Citoyenne pour le Cli­mat (avec notam­ment les videos de la pre­mière jour­née) : https://​www​.conven​tion​ci​toyen​ne​pour​le​cli​mat​.fr/

- Le rap­port final : https://​pro​po​si​tions​.conven​tion​ci​toyen​ne​pour​le​cli​mat​.fr/​p​d​f​/​c​c​c​–​r​a​p​p​o​r​t​–​f​i​n​a​l​.​pdf

- Le site du col­lec­tif Gilets Citoyens : https://​gilets​ci​toyens​.org/

- L’avis du CESE « Frac­tures et Tran­si­tions » : https://​www​.lecese​.fr/​t​r​a​v​a​u​x​–​p​u​b​l​i​e​s​/​f​r​a​c​t​u​r​e​s​–​e​t​–​t​r​a​n​s​i​t​i​o​n​s​–​r​e​c​o​n​c​i​l​i​e​r​–​l​a​–​f​r​a​nce

- Four­niau JM., 2019, La sélec­tion des mini-publics. Entre tirage au sort, moti­va­tion et dis­po­ni­bi­li­té, Par­ti­ci­pa­tions, 373–400 : https://​www​.cairn​.info/​r​e​v​u​e​–​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​o​n​s​–​2​0​1​9​–​H​S​–​p​a​g​e​–​3​7​3​.​h​tml#

[Sur notre humaine vulnérabilité aux bobards] Apprendre à se méfier des histoires officielles

L’his­toire des pay­sans a été écrite par les citadins 

l’his­toire des nomades a été écrite par les sédentaires 

L’his­toire des chas­­seurs-cueilleurs a été écrite par les agriculteurs 

L’his­toire des peuples sans État a été écrite par les scribes du palais 

Elles sont toutes réper­to­riées dans les archives sous le nom de « Chro­niques barbares »

Auteur ano­nyme

cité par James C. Scott dans son livre pas­sion­nant, « Homo domes­ti­cus. Une his­toire pro­fonde des pre­miers États », 2017, p 234.

On n’est riche que de ses amis, c’est dit ♥

Je vous pré­sente une bande de jeunes copains d’une cho­rale près de mon vil­lage, en Pro­vence. Ce que le confi­ne­ment les a conduits à faire ensemble est épatant.
On n’est riche que de ses amis, c’est dit ♥

Insurrection violente ou pas ? (+ Monnaie + Francis Cousin) Entretien avec Jean-Christophe Chavanon

J’ai pas­sé un moment avec Jean-Chris­­tophe Cha­va­non, hier soir au calme :

On a évo­qué les aspi­ra­tions actuelles (com­pré­hen­sibles) à la vio­lence insur­rec­tion­nelle, et l’al­ter­na­tive non vio­lente de notre muta­tion géné­rale en citoyens consti­tuants, deve­nus enfin méfiants de tous les pou­voirs, par prin­cipe et par méthode.

Il n’est pas sur­pre­nant, il est même logique et pré­vi­sible, que les hommes forts (aspi­rant à un pou­voir sans par­tage) méprisent et com­battent cette idée alter­na­tive, pour­tant pro­met­teuse, du point de vue popu­laire, si on la com­prend bien. 

Tâchez d’in­vi­ter la consti­tu­tion dans la plu­part de vos conver­sa­tions avec des incon­nus, et advienne que pourra.

Étienne.

PS : on aus­si par­lé de mon­naie et de créa­tion moné­taire sous contrôle populaire.

PPS : on a aus­si dit quelques mots de Fran­cis Cousin.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​8​2​1​2​5​9​8​0​7​7​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

[RIC, Gilets jaunes] Entrer dans un parti politique ? Ou multiplier les ateliers constituants populaires autonomes ?

Mer­ci à Benoît, pour la publi­ca­tion de cet extrait, et pour tout son tra­vail sur cette belle chaîne YT.

Les ate­liers consti­tuants, c’est le ser­vice mili­taire des citoyens, l’en­traî­ne­ment (auto-orga­­ni­­sé) où ils apprennent à se méfier des pou­voirs (et des hommes forts can­di­dats au pou­voir) et où ils apprennent à manier les armes contre les pou­voirs, où ils deviennent des sol­dats, des sol­dats de la démo­cra­tie, où ils deviennent des adultes poli­tiques, méfiants des puis­sants et jaloux de leur sou­ve­rai­ne­té, capables d’u­ti­li­ser les meilleures armes poli­tiques, loyalement.

Qu’un homme fort (qui se croit meilleur que les autres, qui vou­drait tout déci­der à la place des autres, qui vou­drait domi­ner le plus grand nombre) méprise et même déteste cette idée éman­ci­pa­trice d’au­to-ins­ti­tu­tion de la socié­té, ce n’est pas étonnant.

La seule piste de révo­lu­tion sans l’aide des finan­ciers, c’est la muta­tion géné­rale des élec­teurs en citoyens, donc constituants.

Aucune révo­lu­tion n’a jamais fonc­tion­né sans l’aide secrète d’un gang finan­cier rival du gang au pouvoir.

Le pro­jet d’une révo­lu­tion popu­laire vic­to­rieuse est un rêve de singe si on n’a pas for­mé des sol­dats poli­tiques avant.

Tâchez de par­ler de la consti­tu­tion autour de vous, sur­tout à des incon­nus, pour que nous soyions de plus en plus nombreux.

Étienne.

Vidéo ori­gi­nale complète :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​8​2​0​4​6​1​0​1​9​2​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

[Mutation en citoyen constituant] Vincent Lindon : « comment ce pays si riche… »

Vers la fin de cette bonne syn­thèse, Vincent mute en citoyen constituant 🙂

Source : Media­part, https://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​0​6​0​5​2​0​/​u​n​–​a​p​p​e​l​–​d​e​–​v​i​n​c​e​n​t​–​l​i​n​d​o​n​–​c​o​m​m​e​n​t​–​c​e​–​p​a​y​s​–​s​i​–​r​i​chehttps://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​f​r​a​n​c​e​/​0​6​0​5​2​0​/​u​n​–​a​p​p​e​l​–​d​e​–​v​i​n​c​e​n​t​–​l​i​n​d​o​n​–​c​o​m​m​e​n​t​–​c​e​–​p​a​y​s​–​s​i​–​r​i​che

 

Com­ment ce pays si riche…

Tra­ver­sé par le flot inces­sant des com­men­taires, déso­rien­té par l’addition d’analyses sou­vent contra­dic­toires, j’ai ten­té de réflé­chir à la ques­tion la plus banale : mais com­ment avons-nous pu en arri­ver là ? À cette situa­tion inédite, lit­té­ra­le­ment stupéfiante.

Spé­cia­liste en rien, inté­res­sé par tout, il m’a paru pour­tant utile de contri­buer en fai­sant entendre une voix sim­ple­ment citoyenne. Suis-je légi­time pour inter­pel­ler nos diri­geants, tous pro­fes­sion­nels de la chose publique, tous diplô­més des meilleures écoles ? Pas plus qu’un autre sans doute, mais pas moins non plus, ayant pris soin de consul­ter nombre d’avis auto­ri­sés, notam­ment dans le domaine de la san­té, où André Gri­mal­di [pro­fes­seur émé­rite de dia­bé­to­lo­gie au CHU de la Pitié-Sal­­pê­­trière – ndlr] m’a appor­té son éclairage.

Com­ment ce pays si riche, la France, sixième éco­no­mie du monde, a‑t‑il pu désos­ser ses hôpi­taux jusqu’à devoir, pour évi­ter l’engorgement des ser­vices de réani­ma­tion, se rési­gner à se voir accu­lé à cette seule solu­tion, utile certes, mais moyen­âgeuse, le confi­ne­ment ? Nous qui, au début des années 2000 encore, pou­vions nous enor­gueillir d’avoir le meilleur sys­tème de san­té du monde.

C’était avant.

Avant que s’impose la folle idée que la san­té devait être ren­table, puisque tout désor­mais devait être mar­chan­dise, jusqu’à la vie des hommes.

Un espoir s’était pour­tant levé avec le nou­veau chef de l’État Emma­nuel Macron, et son pro­gramme pro­met­tant un « inves­tis­se­ment mas­sif dans le sys­tème de san­té ». Hélas, l’élection acquise, il pré­fé­ra pour­suivre l’action de ses pré­dé­ces­seurs. S’il n’est donc que le der­nier ava­tar d’une même poli­tique, il porte pour­tant une res­pon­sa­bi­li­té par­ti­cu­lière, pour avoir igno­ré tous les signaux d’alerte.

Douze mois de grève des urgences ? Les patients patienteront.

1 200 chefs de ser­vice démis­sionnent de leurs fonc­tions admi­nis­tra­tives ? Moins de paperasse.

Pré­sence mas­sive des soi­gnants dans toutes les mani­fes­ta­tions ? Sor­tez les LBD et les gre­nades de désencerclement…

Au-delà de la san­té, c’est l’ensemble du sec­teur public qui subit depuis des décen­nies les coups de bou­toir des pré­si­dents qui se suc­cèdent avec tou­jours la même obses­sion : réduire la place de l’État dans l’économie. La recette est simple : pri­va­tions pour ce qui coûte (l’éducation, la jus­tice, la police, l’armée, la san­té…) et pri­va­ti­sa­tions pour ce qui rapporte.

Tan­dis que les bud­gets des minis­tères réga­liens sont com­pri­més et les salaires de leurs fonc­tion­naires blo­qués, la grande bra­de­rie est ouverte. Vil­le­pin solde les auto­routes, Nico­las Sar­ko­zy fait absor­ber Gaz de France par un groupe pri­vé, Suez, et enfin Fran­çois Hol­lande, sous la férule de Macron, démembre Alstom pour le plus grand pro­fit de l’américain Gene­ral Electric.

Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron, la fête conti­nue. Deux entre­prises publiques, la Fran­çaise des jeux (FDJ) et Aéro­ports de Paris (AdP), sont très ren­tables ? Vendez-les !

Pour com­prendre l’attachement aveugle de notre pré­sident à cette ligne idéo­lo­gique, il est néces­saire de reve­nir sur trois années d’exercice de son pou­voir, que notre Consti­tu­tion a vou­lu absolu.

Qu’en rete­nir ?

Dès les pre­miers jours, une évi­dence : le goût du nou­veau pré­sident pour la pompe et les rites de la monar­chie, se met­tant régu­liè­re­ment en scène dans les décors de la royau­té ; ain­si a‑t‑il choi­si le palais du Louvre pour son intro­ni­sa­tion, mar­chant seul devant la pyra­mide, le châ­teau de Ver­sailles pour rece­voir Vla­di­mir Pou­tine, l’empereur du Japon ou 150 mil­lion­naires high-tech et, enfin, celui de Cham­bord pour célé­brer son 40e anniversaire.

Une pré­di­lec­tion annon­cée par des décla­ra­tions anté­rieures – en 2015, il affir­mait déjà : « Dans la poli­tique fran­çaise, l’absent est la figure du roi, dont je pense fon­da­men­ta­le­ment que le peuple fran­çais n’a pas vou­lu la mort » – et confir­mée jusque dans son pro­gramme, qui pré­voyait de réta­blir les chasses pré­si­den­tielles. Ce qui n’a rien d’un détail.

L’ego com­blé, le jeune homme allait pou­voir s’attaquer à son grand œuvre : bâtir cette « start-up nation » où les « pre­miers de cor­dée » allaient tirer vers les cimes ces « Gau­lois réfrac­taires ». Au pas de charge : sup­pres­sion de l’ISF et allè­ge­ment de l’impôt sur les pro­fits finan­ciers pour les uns, réformes res­tric­tives du droit du tra­vail ou des allo­ca­tions chô­mage et baisse des APL pour les autres. Cinq euros en moins sur les APL ! Mais qu’est-ce qui peut bien pas­ser par la tête d’un diri­geant pour accou­cher d’une aus­si mau­vaise idée ? La brume des som­mets obs­­cur­­cit-elle le juge­ment au point de lui faire oublier le poids des sym­boles ? C’était donc ça le « en même temps » macro­nien, des offrandes pour ceux qui n’ont besoin de rien, des sacri­fices pour ceux qui ont besoin de tout ?

Mais c’est le pre­mier été du quin­quen­nat, et tout semble encore per­mis au conqué­rant de l’Élysée. Mal­gré quelques pro­tes­ta­tions, le nou­veau monde impose ses lois grâce au sou­tien de sa majo­ri­té obéis­sante et reconnaissante.

Pre­mier grain de sable à l’été 2018, l’affaire Benal­la et son trai­te­ment rocam­bo­lesque, qui jette une lumière crue sur la concep­tion et les pra­tiques du pouvoir.

Avec l’automne, un vent se lève, une révolte inat­ten­due et pour­tant évi­dente : des femmes et des hommes en jaune enva­hissent les ronds-points et les Champs-Ély­­sées, natu­rel­le­ment accom­pa­gnés par une très faible mino­ri­té qui pré­texte le port de la cha­suble pour cas­ser plu­tôt que pour reven­di­quer, une reven­di­ca­tion légi­time qui emporte l’adhésion de l’opinion, contrai­gnant le gou­ver­ne­ment à un repli tac­tique : 10 mil­liards jetés à la hâte pour ten­ter d’éteindre la colère sociale.

Trop tard. Les sacri­fiés de la mon­dia­li­sa­tion ultra­li­bé­rale veulent plus. Plus de moyens, certes, mais aus­si plus de pou­voirs, notam­ment celui de contrô­ler ceux dont la mis­sion est de les représenter.

Après la carotte, vient le temps du bâton. Une répres­sion bru­tale, poli­cière, avec mains arra­chées et mani­fes­tants ébor­gnés, mais aus­si judi­ciaire, avec une dis­tri­bu­tion mas­sive de condam­na­tions fermes. Pen­dant que les pou­voirs exé­cu­tif et judi­ciaire répriment, les légis­la­teurs fer­raillent pour impo­ser une réforme des retraites dont une majo­ri­té des Fran­çais ne veut pas.

Occu­pés à bâtir leur nou­veau monde, les res­pon­sables n’accordent qu’une atten­tion dis­traite à un virus agres­sif qui, par­ti de Chine, va très vite rava­ger la pla­nète et enva­hir la tota­li­té de l’espace poli­tique, don­nant à nos gou­ver­nants l’occasion de mon­trer l’étendue de leur compétence.

Dans les hôpi­taux, la situa­tion est dra­ma­tique. On manque de tout, de masques, de gel, de tests, de res­pi­ra­teurs, de lits et de per­son­nels en réani­ma­tion. Le 29 février, après que le Covid-19 a fait ses pre­mières vic­times en France, Édouard Phi­lippe convoque un conseil des ministres extra­or­di­naire consa­cré au virus. Une grande déci­sion en res­sort : uti­li­ser le 49–3 pour faire adop­ter la réforme des retraites !

Alors que l’épidémie pro­gresse, se fai­sant pan­dé­mie, le pou­voir s’affole, s’agite comme un pou­let sans tête. Sur quoi s’interroge l’exécutif aux pre­miers jours de mars ? Mais sur le main­tien des muni­ci­pales, bien sûr ! La veille du pre­mier tour, le pre­mier ministre joue les contor­sion­nistes, invi­tant les Fran­çais à res­ter chez eux, mais, en même temps, à aller voter. Cha­peau l’artiste !

Pen­dant que nos voi­sins alle­mands se mettent en ordre de bataille, le gou­ver­ne­ment fran­çais peau­fine sa communication.

Une seule stra­té­gie, mentir.

Relayant le dis­cours pré­si­den­tiel, l’équipe gou­ver­ne­men­tale mul­ti­plie les décla­ra­tions absurdes et contra­dic­toires. Ain­si affirme-t-on suc­ces­si­ve­ment qu’il ne s’agit que d’une « grip­pette », que l’épidémie, comme le nuage de Tcher­no­byl, ne tou­che­ra pas la France – alors même qu’à notre fron­tière sud, l’Italie est frap­pée –, puis qu’elle est « sous contrôle », avant de devoir avouer la gra­vi­té de la situation.

Sur la ques­tion cru­ciale des masques de pro­tec­tion, la parole offi­cielle est schi­zo­phrène : aux pre­miers temps, leur uti­li­té est affir­mée. D’ailleurs, il y en a des mil­lions en stock, prêts à être dis­tri­bués à la popu­la­tion en cas de besoin. La menace virale se pré­ci­sant, les masques sont sou­dain décla­rés inutiles, voire dan­ge­reux puisqu’on ne sait pas s’en ser­vir. Ce qui est fort oppor­tun, puisque les stocks se sont volatilisés.

Pschitt…

Plus de masques.

Pas même de quoi équi­per tous les soi­gnants qui doivent mon­ter au front armés de leur seul cou­rage. Bon, d’accord, pas de masques, mais ils arrivent. Quand ? Mais demain, bien sûr ! Hélas, les jours et les semaines passent, la pénu­rie per­siste. Igno­rés, mépri­sés et matra­qués quelques semaines plus tôt, les soi­gnants sont désor­mais por­tés aux nues.

Pour le com­mun des Fran­çais, le confi­ne­ment est la règle, chô­mage tech­nique pour les uns, télé­tra­vail pour les autres. Tous les Fran­çais ? Non. Pour les cais­sières, les livreurs, les éboueurs, les poli­ciers ou les pom­piers, l’activité doit se pour­suivre, quels que soient les périls. Eux qui for­maient le gros des bataillons en gilet jaune, naguère vili­pen­dés, sont désor­mais offi­ciel­le­ment essen­tiels. Exit les pre­miers de cor­dée, place aux pre­miers de corvée.

Le 23 avril, dans une adresse solen­nelle à la nation, le pré­sident Macron annonce enfin le décon­fi­ne­ment pour le 11 mai. Pour­quoi le 11 plu­tôt que le 5 ? Pour­quoi mai plu­tôt que juin ? Parce que.

Deux semaines plus tard, le pre­mier ministre en dévoile les condi­tions. Acte 1 : réou­ver­ture des crèches et des écoles pri­maires. Curieux puisqu’elles avaient été les pre­mières à être fer­mées, avant même le début du confi­ne­ment, au motif qu’elles étaient un lieu hau­te­ment favo­rable à la pro­pa­ga­tion du virus… Évi­dem­ment éco­no­mique – il s’agit bien sûr de libé­rer les parents de l’obligation de gar­der leurs jeunes enfants, pour leur per­mettre de reprendre le tra­vail –, la véri­table rai­son de ce choix sera pas­sée sous silence, voire niée, alors même qu’elle est audible : vou­loir évi­ter l’effondrement total de l’activité et son cor­tège de drames est après tout une moti­va­tion hau­te­ment respectable.

Empê­tré dans ses men­songes et ses omis­sions, le pour­voir ter­gi­verse. Très vite, le dis­cours s’infléchit : l’obligation de retour­ner en classe ne s’appliquera pas sys­té­ma­ti­que­ment. Les maires, les pré­fets pour­ront déci­der, ou non, de s’y conformer.

Mieux, les parents seront libres de gar­der leurs enfants à la mai­son. Dans les milieux favo­ri­sés, on n’hésitera guère. Mais dans les milieux plus modestes, le dilemme est cor­né­lien. Alors que le chô­mage enfle, dois-je expo­ser mon enfant au risque de tom­ber malade, ou accep­ter l’éventualité de perdre mon emploi ? Et si les parents sont d’avis contraires, le couple pour­­ra-t-il résis­ter, notam­ment si les choses tournent mal ? Ques­tions sans réponses…

Une bonne nou­velle, pour­tant : les masques arrivent. Des masques en tis­su, lavables et réuti­li­sables. Effi­caces ? « Oui, dit le Pr Gri­mal­di, contre la trans­mis­sion du virus. Mais comme ils n’empêchent pas le por­teur d’être infec­té lui-même, la mesure ne vaut que si elle s’impose à tous, dans l’espace public au moins. » Pri­son­nier de son dis­cours récent, le gou­ver­ne­ment ne peut se résoudre à rendre obli­ga­toires par­tout ces masques qu’hier encore il décla­rait inutiles. « Pour­tant, ajoute le PGri­mal­di, on a le droit de se trom­per, mais le devoir de recon­naître ses erreurs. »

Au rythme où s’enchaînent les évé­ne­ments, ce droit à l’erreur pour­rait bien m’être utile, mes pro­pos ris­quant de deve­nir rapi­de­ment caducs, tant les stra­té­gies gou­ver­ne­men­tales oscil­lent, sinon à la vitesse de la lumière, au moins à celle où se pro­page le virus.

En termes de ges­tion et de com­mu­ni­ca­tion de crise, je ne sais pas qui aurait pu faire mieux, mais je ne vois pas qui aurait pu faire pire.

En met­tant au jour ses insuf­fi­sances, cette crise pour­­rait-elle être l’occasion d’une refonte radi­cale de notre démo­cra­tie ? Dans un dis­cours célèbre, Chur­chill affir­mait que c’était là « le pire des sys­tèmes, à l’exclusion de tous les autres ». Mais, ajou­­tait-il aus­si­tôt, « la démo­cra­tie n’est pas un lieu où on obtient un man­dat déter­mi­né sur des pro­messes, puis où on en fait ce qu’on veut ».

Si l’on s’accorde pour ne pas chan­ger de sys­tème, alors il faut chan­ger LE système.

Mais l’urgence est ailleurs. Déjà insup­por­tables, les inéga­li­tés ont explo­sé avec la pan­dé­mie. Confi­nés dans des loge­ments exi­gus ou contraints d’affronter les périls, les plus fra­giles vivent des jours ter­ri­ble­ment dif­fi­ciles. Et leurs len­de­mains ne chantent pas. Après la crise sani­taire, ils seront sûre­ment les pre­mières vic­times de l’inévitable catas­trophe éco­no­mique et sociale.

Que faire ?

L’État ne pou­vant pas tout, il me paraît impé­ra­tif d’innover. Com­ment ? En deman­dant aux plus grosses for­tunes une soli­da­ri­té envers les plus dému­nis. Cette idée, juste et légi­time, pour­rait prendre la forme d’une contri­bu­tion excep­tion­nelle, bap­ti­sée « Jean Val­jean », conçue comme une forme d’assistance à per­sonnes en dan­ger, finan­cée par les patri­moines fran­çais de plus de 10 mil­lions d’euros, sans acro­ba­ties, à tra­vers une taxe pro­gres­sive de 1 % à 5 %, avec une fran­chise pour les pre­miers 10 mil­lions d’euros.

À période excep­tion­nelle, contri­bu­tion excep­tion­nelle. Même si j’applaudirais évi­dem­ment tout amen­de­ment visant à péren­ni­ser cet effort de réduc­tion des inéga­li­tés. Après tout, une fois peut deve­nir coutume.

D’après les éco­no­mistes que j’ai pris soin de consul­ter, cette contri­bu­tion devrait repré­sen­ter envi­ron 36 à 37 mil­liards d’euros, qui seront dis­tri­bués aux quelque 21,4 mil­lions de foyers trop pauvres pour être assu­jet­tis à l’impôt sur le revenu.

Compte tenu de l’urgence, l’État assu­re­rait la tré­so­re­rie et abon­de­rait mar­gi­na­le­ment la col­lecte, leur dis­tri­buant sans délai et sans pré­lè­ve­ment, la somme de 2 000 €, à charge pour lui de recou­vrer ulté­rieu­re­ment le pro­duit de la contri­bu­tion « Jean Valjean ».

Même si je ne doute pas un ins­tant que les plus riches de nos conci­toyens se réjoui­ront de l’occasion ain­si offerte de mon­trer leur patrio­tisme et leur géné­ro­si­té, il me paraît pru­dent que les légis­la­teurs mettent en place des sanc­tions suf­fi­sam­ment dis­sua­sives pour décou­ra­ger les impro­bables mau­vaises volon­tés. Je pense ici, sur­tout, à nos com­pa­triotes domi­ci­liés fis­ca­le­ment à l’étranger, évi­dem­ment conviés à mani­fes­ter leur solidarité.

Mon rôle n’est évi­dem­ment pas d’entrer dans le détail de ces sanc­tions. Je vou­drais néan­moins en pro­po­ser une, essen­tiel­le­ment sym­bo­lique – car je crois, moi, à la force du sym­bole : allé­ger les réfrac­taires de leurs pesantes déco­ra­tions (Ordre du mérite ou Légion d’honneur, par exemple) pour leur per­mettre de gam­ba­der libre­ment dans les cou­loirs des hôpi­taux étran­gers, voire fran­çais, où ils seraient évi­dem­ment les bien­ve­nus après avoir refu­sé de finan­cer notre sys­tème de san­té natio­nal et plus géné­ra­le­ment notre ser­vice public. En un mot, leur pays.

Bien sûr, je sais que ces pré­cau­tions seront sans nul doute inutiles, tous ces pri­vi­lé­giés étant bien conscients de ce qu’ils doivent au pays qui les a for­més et sou­vent enri­chis. Mais la confiance n’excluant pas la pru­dence, de telles dis­po­si­tions ne sau­raient nuire.

Après cette mesure d’urgence, il sera temps de nous pen­cher sur les moyens de répa­rer notre démo­cra­tie. Com­ment ? On pour­ra s’étonner que je me pose la ques­tion et plus encore que j’essaie d’y répondre. Alors, sans pré­tendre déte­nir des solu­tions – j’ai gar­dé le sens du ridi­cule –, je me risque à évo­quer quelques pistes de réflexion.

Ins­ti­tuer des contre-pou­­voirs. La Consti­tu­tion de la Ve Répu­blique avait été taillée sur mesure pour le géné­ral de Gaulle. Un cos­tume bien trop grand pour ses récents suc­ces­seurs. D’autant que, depuis l’instauration du quin­quen­nat, le pré­sident dis­pose tou­jours, et pen­dant toute la durée de son man­dat, d’une franche majo­ri­té au Par­le­ment. Élue en même temps que lui, grâce à lui et sur son pro­gramme, l’Assemblée natio­nale a logi­que­ment la même cou­leur que l’Élysée et le légis­la­tif n’a donc pas voca­tion à s’opposer à l’exécutif.

Quant au pou­voir judi­ciaire, son indé­pen­dance n’est que théo­rique, tant il est simple de le contrô­ler par le jeu des nomi­na­tions et des pro­mo­tions. Depuis Mon­tes­quieu, qui a théo­ri­sé la sépa­ra­tion des pou­voirs (il n’en connais­sait que trois, lui), un qua­trième s’est impo­sé : la presse. Pro­blème : neuf mil­liar­daires en pos­sèdent l’immense majo­ri­té, on ne s’étonnera donc pas que l’intérêt des puis­sants soit ména­gé dans le trai­te­ment de l’information. Impuis­sante poli­ti­que­ment, la contes­ta­tion s’exprime là où elle le peut encore, dans la rue et dans les son­dages d’opinion.

Res­pon­sa­bi­li­ser les élus. Les élus devront être comp­tables de leur action devant le peuple dont ils ont obte­nu la confiance. Une élec­tion, c’est quoi ? C’est l’histoire d’un mec qui arrive et qui dit : « Faites-moi confiance, voi­là ce que je vais faire », et qui, une fois élu, ne le fait pas. À la place, il fait autre chose ou rien. Eh bien non, ça ne peut plus mar­cher comme ça. En cas de défaillance, il est néces­saire qu’ils puissent être démis de leur fonc­tions, démo­cra­ti­que­ment, c’est-à-dire si une frac­tion de citoyens le pro­pose et si une majo­ri­té d’électeurs l’exige.

Insis­tons : cette mesure doit s’appliquer à tous les élus, jusqu’au pré­sident de la Répu­blique, qui, en France, ne peut être démis par per­sonne en cours de man­dat, ni même être jugé depuis la scan­da­leuse déci­sion du Conseil consti­tu­tion­nel sous la pré­si­dence du dou­teux Roland Dumas.

Sanc­tion­ner sévè­re­ment les dérives, pour inter­dire l’alliance mor­ti­fère entre les copains et les coquins. Depuis des décen­nies, aucun élu, même le plus cor­rom­pu, ne craint les rigueurs de la loi. Il y a à cela une excel­lente rai­son : la pri­son, c’est pour les autres. Eux pour­ront tou­jours sol­li­ci­ter les meilleurs avo­cats et mul­ti­plier les pro­cé­dures des décen­nies durant, jusqu’au moment où les juger n’aura plus aucun sens.

D’où une pro­po­si­tion en trois points :

  1. Rendre pas­sible de longues années de pri­son ferme tout acte de cor­rup­tion avé­rée d’un élu. Parce qu’elle menace dan­ge­reu­se­ment la démo­cra­tie, en décou­ra­geant le vote notam­ment, la cor­rup­tion poli­tique me paraît un crime plus grave qu’un bra­quage de banque. Exces­sif ? Je ne pense pas. Enfant, je me sou­viens que, sur les billets de banque, il était ins­crit que « la fabri­ca­tion de fausse mon­naie [était] pas­sible des tra­vaux for­cés à per­pé­tui­té ». Pas une goutte de sang ver­sée, pour­tant, mais une atteinte cri­mi­nelle au bien commun.
  2. Défi­nir des cou­loirs judi­ciaires dédiés, pour évi­ter qu’on ne juge que des cadavres. L’ensemble des pro­cé­dures, appel et cas­sa­tion com­pris, devra être bou­clé dans les 12 mois sui­vant l’ouverture de l’instruction.
  3. Aug­men­ter for­te­ment la rému­né­ra­tion des hommes et des femmes qui choi­si­ront de ser­vir la col­lec­ti­vi­té avec com­pé­tence, zèle et inté­gri­té. Pour­quoi ? Pour avoir les meilleurs. Pour leur évi­ter la ten­ta­tion. Et pour rendre inex­cu­sable qu’ils y cèdent.

Consti­tu­tion­nelles, élec­to­rales ou judi­ciaires, ces pro­po­si­tions de réforme peuvent appa­raître éloi­gnées des pré­oc­cu­pa­tions immé­diates, en ces temps trou­blés surtout.

Je les crois pour­tant essen­tielles. Même si elles ne résolvent pas l’ensemble des pro­blèmes aux­quels notre époque est confron­tée, elles m’apparaissent néces­saires pour réta­blir l’indispensable confiance du peuple en ses repré­sen­tants, enfin comp­tables de leurs pro­messes comme de leur action, et res­pon­sables de leurs erreurs.

Vincent Lin­don.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​face​book​.com/​s​t​o​r​y​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​1​0​1​5​8​2​0​1​1​2​7​7​2​7​3​1​7​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316

PROJET D’EXPÉRIMENTATION DÉMOCRATIQUE, Élaborer ensemble le RÈGLEMENT INTÉRIEUR de nos prochaines assemblées démocratiques, avec Maxime Péroud – Dernier Mumble de mobilisation : jeudi 7 mai 2020, 20h30

Maxime orga­nise une der­nière réunion d’in­for­ma­tion sur le pro­jet, le jeu­di 7 mai 2020 à 20h30.

- pour en savoir plus, Voyez ce billet :
https://​www​.chouard​.org/​2​0​2​0​/​0​4​/​0​1​/​p​r​o​j​e​t​–​d​e​x​p​e​r​i​m​e​n​t​a​t​i​o​n​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​–​e​l​a​b​o​r​e​r​–​e​n​s​e​m​b​l​e​–​l​e​–​r​e​g​l​e​m​e​n​t​–​i​n​t​e​r​i​e​u​r​–​d​e​–​n​o​s​–​p​r​o​c​h​a​i​n​e​s​–​a​s​s​e​m​b​l​e​e​s​–​d​e​m​o​c​r​a​t​i​q​u​e​s​–​a​v​e​c​–​m​a​x​i​m​e​–​p​e​r​o​u​d​–​3​e​m​e​–​m​u​m​b​l​e​–​d​e​–​m​o​b​i​l​i​s​a​t​i​o​n​–​9​–​a​v​r​i​l​–​2​0​20/

Le site du pro­jet, où vous devriez regar­der la vidéo de pré­sen­ta­tion en entier :
https://​exp​-demo​.jim​do​.com/

Rap­pel : c’est un pro­jet impor­tant pour tous les démo­crates, car il per­met­tra de dis­po­ser des fon­da­tions néces­saires pour orga­ni­ser concrè­te­ment les citoyens en assem­blée déli­bé­rante, y com­pris pen­dant que nous sommes encore en « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » (oxy­more) pour rédi­ger, dans quelques années, la future Consti­tu­tion au sein d’une véri­table assem­blée populaire.

Cette assem­blée sera, en quelque sorte, une expé­ri­men­ta­tion en vraie gran­deur de ce que pour­rait être une assem­blée Constituante.

Mais sans le pro­jet que pro­pose Maxime, nous ne pour­rons pas expé­ri­men­ter cela. Alors inté­­res­­sez-vous à son tra­vail, et tâchez de l’ai­der si vous le pou­vez, ça en vaut la peine ! Maxime et son équipe ont besoin de ren­fort et le compte n’y est pas. Trop rares sont les citoyens prêts à consa­crer du temps chaque semaine à un pro­jet construit et rigou­reux comme celui-ci. C’est pour­tant un vrai TRAVAIL néces­saire pour notre avenir.

Cette réunion d’information sera la der­nière avant de longs mois car l’équipe est presque au com­plet (mais pas tout à fait, donc n’hé­si­tez pas à contac­ter Maxime comme indi­qué dans l’é­vé­ne­ment si vous êtes inté­res­sés par une contri­bu­tion active au pro­jet). Pen­sez à regar­der la vidéo de pré­sen­ta­tion en entier avant de vous inscrire !

Maxime m’a deman­dé de vous pré­ci­ser que si, par­mi les inté­res­sés, cer­tains ont des com­pé­tences en déve­lop­pe­ment d’applications web ou/et en archi­tec­ture infor­ma­tique, ils seront les bien­ve­nus dans l’équipe (pour tra­vailler avec les autres membres sur le règle­ment inté­rieur) ou seule­ment – selon leur pré­fé­rence (notam­ment s’ils manquent de temps) – pour appor­ter de l’aide à l’équipe au moment des tra­vaux pré­pa­ra­toires sur l’application GESTA qui sera déve­lop­pée sur-mesure pour le pro­jet. Ils ne seront pas sol­li­ci­tés pour le déve­lop­pe­ment lui-même de l’application car ce déve­lop­pe­ment sera confié à un free­lance qui sera choi­si par Maxime dans quelques mois.

Le lien Face­book vers l’événement : 
https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​1​0​9​0​8​2​9​1​9​1​2​9​1​6​86/

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​1​6​3​6​3​8​4​3​2​317

Au Danemark, pas d’aide financière pour les entreprises avec dividendes ou paradis fiscaux

Source : La Relève et la Peste, https://​lare​le​veet​la​peste​.fr/​a​u​–​d​a​n​e​m​a​r​k​–​p​a​s​–​d​a​i​d​e​–​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​–​p​o​u​r​–​l​e​s​–​e​n​t​r​e​p​r​i​s​e​s​–​a​v​e​c​–​d​i​v​i​d​e​n​d​e​s​–​o​u​–​p​a​r​a​d​i​s​–​f​i​s​c​aux

« En clair : les entre­prises qui versent des divi­dendes, rachètent leurs propres actions ou sont enre­gis­trées dans des para­dis fis­caux ne seront éli­gibles à aucun des pro­grammes d’aide, qui s’élèvent désor­mais à un total de 400 mil­liards de cou­ronnes (37 mil­liards d’euros), y com­pris les prêts et les garanties.

Ce wee­kend, le gou­ver­ne­ment danois a déci­dé de pro­lon­ger ses pro­grammes d’aide aux entre­prises et aux tra­vailleurs pour aug­men­ter l’enveloppe d’environ 100 mil­liards de cou­ronnes, soit 9 mil­liards d’euros. L’Etat danois a déci­dé d’exclure de cette aide finan­cière toutes les entre­prises qui versent des divi­dendes ou étant enre­gis­trées dans des para­dis fis­caux. Une contrainte éco­no­mique avant-gar­­diste sur la scène internationale.

Dans un com­mu­ni­qué publié dimanche, le gou­ver­ne­ment du Dane­mark et tous les groupes d’opposition ont déci­dé de pro­lon­ger jusqu’au 8 juillet le pro­gramme d’aide finan­cière accor­dé aux entre­prises et aux tra­vailleurs pour évi­ter les licen­cie­ments et les faillites.

Par­mi les mesures annon­cées, les petites et moyennes entre­prises pour­ront désor­mais récu­pé­rer cer­tains paie­ments de TVA qu’elles ont effec­tués l’année der­nière sous forme de prêts à taux zéro, et les charges sociales seront rem­bour­sées à cer­tains sec­teurs d’activité.

Côté tra­vailleurs, le gou­ver­ne­ment s’engage à des­ti­ner un fonds pour ren­for­cer et main­te­nir les emplois danois, tan­dis que les droits au chô­mage et aux indem­ni­tés de mala­die vont être pro­lon­gés. Mais la mesure qui détonne le plus, c’est le condi­tion­ne­ment des aides publiques.

« Les deman­deurs, comme condi­tion pour rece­voir une indem­ni­sa­tion pour la période pro­lon­gée, doivent décla­rer par la foi et les lois que les socié­tés ne paie­ront pas de divi­dendes ou ne rachè­te­ront pas d’actions pour les exer­cices 2020 et 2021. (…) Les entre­prises basées dans des para­dis fis­caux, confor­mé­ment aux lignes direc­trices de l’UE, ne peuvent pas rece­voir de com­pen­sa­tion finan­cière. » a ain­si décla­ré le gouvernement

En clair : les entre­prises qui versent des divi­dendes, rachètent leurs propres actions ou sont enre­gis­trées dans des para­dis fis­caux ne seront éli­gibles à aucun des pro­grammes d’aide, qui s’élèvent désor­mais à un total de 400 mil­liards de cou­ronnes (37 mil­liards d’euros), y com­pris les prêts et les garanties.

Dans le même temps, en France, l’Assemblée Natio­nale a voté favo­ra­ble­ment à un plan de 20 mil­liards d’euros pour le sau­ve­tage de grandes entre­prises « stra­té­giques » comme Air France, Renault ou le para­pé­tro­lier Val­lou­rec. Sans leur deman­der aucune contre­par­tie éco­lo­gique et sociale en échange, suite au rejet du seul amen­de­ment qui aurait pu réta­blir l’équilibre.

Le pro­jet de loi de finances rec­ti­fi­ca­tive 2020 qui a été adop­té par l’Assemblée Natio­nale ven­dre­di soir doit main­te­nant pas­ser devant le Sénat mar­di 21 avril. La poli­tique éco­no­mique sociale avant-gar­­diste du Dane­mark va-t-elle faire écho auprès de nos séna­teurs ? pas sûr…

20 avril 2020 – Lau­rie Debove.

Source : La Relève et la Peste, https://​lare​le​veet​la​peste​.fr/​a​u​–​d​a​n​e​m​a​r​k​–​p​a​s​–​d​a​i​d​e​–​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​–​p​o​u​r​–​l​e​s​–​e​n​t​r​e​p​r​i​s​e​s​–​a​v​e​c​–​d​i​v​i​d​e​n​d​e​s​–​o​u​–​p​a​r​a​d​i​s​–​f​i​s​c​aux


Mon com­men­taire :

Les action­naires sont une classe oisive, para­si­taire, des enne­mis de l’Hu­ma­ni­té qui vont bien­tôt tous nous faire cre­ver (pour tou­jours gagner davan­tage sans jamais tra­vailler), de la même façon qu’un ver soli­taire tue la bête qu’il ponc­tionne à mort, stu­pide au point de cre­ver lui-même avec sa victime…

Nous devrions sup­pri­mer la pos­si­bi­li­té même de ver­ser des divi­dendes. Nous devrions même sup­pri­mer la forme juri­dique des socié­tés par actions. 

On va nous objec­ter : « Sans actions ni divi­dendes, com­ment atti­­re­­rez-vous les capi­taux pour investir ? »

Nous répon­drons : NOUS N’AVONS PAS BESOIN DE L’ARGENT DES RICHES POUR INVESTIR : nous pou­vons finan­cer l’in­ves­tis­se­ment par une coti­sa­tion sociale (à une Caisse sociale des inves­tis­se­ments, créée pour ça), exac­te­ment comme nous avons construit tout notre sys­tème de soins hos­pi­ta­liers avec des coti­sa­tions sur nos salaires ver­sées à des caisses d’as­su­rance mala­die qui ont inté­gra­le­ment finan­cé aus­si bien les inves­tis­se­ments que le fonc­tion­ne­ment des hôpi­taux, sans emprun­ter un sou ni ver­ser un cen­time d’in­té­rêts aux mar­chés financiers.

Écou­tez et lisez Ber­nard Friot, et aidez le Réseau Sala­riat.

Les action­naires sont un can­cer, non nécessaires.

Pour sur­vivre, il va bien fal­loir nous occu­per per­son­nel­le­ment de cette menace mortelle.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​8​1​3​7​1​0​1​4​8​2​317

CRISE SANITAIRE-ÉCONOMIQUE-DÉMOCRATIQUE / CRÉATION MONÉTAIRE – Entretien avec É. CHOUARD & Charles-Henri GALLOIS


J’aime bien Charles-Hen­­ri Gal­lois, il vient d’é­crire un bon bou­quin sur la pré­ten­due « Union euro­péenne », je vous le recommande.

https://​www​.fauves​-edi​tions​.fr/​i​n​d​e​x​.​a​s​p​?​n​a​v​i​g​=​c​a​t​a​l​o​g​u​e​&​o​b​j​=​l​i​v​r​e​&​n​o​=​150

Nous nous sommes un peu par­lé, il y a deux jours, à propos :
1) de « la crise sani­taire » (qui peut être vue sur­tout comme une crise des liber­tés publiques, sous pré­texte de terreur)
et 2) de la créa­tion moné­taire une fois sor­tis de l’UE.
J’ap­pré­cie le tra­vail de ce jeune homme, que je trouve très poin­tu et per­ti­nent sur l’UE, même si, clai­re­ment, on n’est pas d’ac­cord du tout (pour l’ins­tant) sur les enjeux monétaires 🙂
Voi­ci l’en­re­gis­tre­ment de l’é­change, réa­li­sé par les mili­tants de l’UPR :
https://​you​tu​.be/​4​n​T​N​w​e​0​E​i​c​M​&​f​e​a​t​u​r​e​=​y​o​u​t​u​.be
Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :

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Deuxième live avec Bascar : Quelle(s) stratégie(s) pour une « gouvernance liquide » ?

L’é­change de la semaine der­nière ayant paru inté­res­sant, on a déci­dé de recom­men­cer cette semaine (demain soir) 🙂

Je ne sais pas d’où sort ce titre ni ce que ça va don­ner, mais j’aime autant vous pré­ve­nir que les deux mots « gou­ver­nance » et « liquide » allument tous mes warnings 🙂

Le lien du live (et du replay) :

Bonne nuit.

Étienne.

Fil Face­book corrs­pon­dant à ce billet :

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