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Introduction au nécessaire PROCÈS DU TIRAGE AU SORT – Omerta, 25 septembre 2025

Le 25 sep­tembre der­nier, Omer­ta — Anna Legrand — m’a per­mis de faire un essai dans une direc­tion que je crois très pro­met­teuse : j’ai eu un peu plus d’une heure, au calme, pour com­men­cer le pro­cès loyal du tirage au sort en poli­tique, un peu comme un pro­lon­ge­ment, un appro­fon­dis­se­ment du pro­cès de l’é­lec­tion-par­mi-des-can­di­dats que j’ins­truis depuis vingt ans. L’équipe d’O­mer­ta a mani­fes­te­ment pré­fé­ré un titre insis­tant davan­tage sur le grand dan­ger (bien réel) de toutes les socié­tés secrètes…

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For­mat grille – For­mat articles complets

Rendez-vous ce soir, 5 juillet 2021, 21 h, avec Clara Egger et Charles-Henri Gallois 🙂 UE : la France a‑t‑elle la souveraineté sur sa constitution ?

Lien pour le live : https://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​3​4​6​4​0​7​5​2​3​7​6​4​1​7​0​/​?​r​e​f​=​n​e​w​s​f​eed

Notre cause com­mune, c’est s’ins­ti­tuer NOUS-MÊMES la puis­sance poli­tique qui nous manque pour vivre en démocratie.

Il faut com­men­cer par le com­men­ce­ment : ne pas comp­ter sur les poli­ti­ciens pour rendre au peuple le pou­voir qu’ils lui ont volé.

Étienne.

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
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Tele­gram cor­res­pon­dant à ce billet :
https://t.me/chouard/6

« Vaccins » COVID-19 : témoignages de « réactions indésirables »… et de l’irresponsabilité des responsables

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​z​p​_​z​N​S​E​W​1wc

(Acti­vez les sous-titres en anglais, puis deman­dez la tra­duc­tion auto­ma­tique des sous-titres en français)

La vidéo a été cen­su­ré par You­tube (signe qu’elle est impor­tante), et vous pour­rez la voir sur Odysee :

Témoignages : Notre vie est un enfer depuis le vaccin !


https://​ody​see​.com/​@​P​h​i​l​i​p​p​e​L​e​B​e​l​:​4​/​N​o​t​r​e​–​v​i​e​–​e​s​t​–​u​n​–​e​n​f​e​r​–​d​e​p​u​i​s​–​l​e​–​v​a​c​c​i​n​–​!:2

 

Je trouve lit­té­ra­le­ment cri­mi­nel de rendre obli­ga­toire, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, l’in­jec­tion de ces poisons.

Incroyable nul­li­té de la « pharmacovigilance ».

Je ne sais pas com­ment l’hu­ma­ni­té va sor­tir de ce piège.

Il aurait fal­lu que nous soyons tous consti­tuants dès maintenant.
Il n’en est rien.
Nous sommes entre leurs mains.

La déter­mi­na­tion aveugle des vac­ci­neurs est terrifiante,
la vio­lence des fana­tiques scien­tistes contre ceux qui contestent leurs cer­ti­tudes est abso­lu­ment flippante,
la doci­li­té des masses à col­la­bo­rer — et même à en rajou­ter dans la déla­tion — est tota­le­ment désespérante.

Déso­lé, je ne sais plus quoi faire.

Étienne.

Rendez-vous avec Clara Egger (Espoir RIC 2022) demain soir, 18 juin 2021 à 19h

Ren­­dez-vous avec Cla­ra Egger (Espoir RIC 2022) demain soir, 18 juin 2021 à 19h ; ça va être un chouette échange, c’est sûr 🙂

L’an­nonce sur Facebook :
https://​www​.face​book​.com/​e​s​p​o​i​r​R​I​C​/​p​h​o​t​o​s​/​a​.​3​6​6​2​2​4​6​5​1​3​0​1​0​2​1​/​4​4​6​4​7​6​4​6​6​6​0​9​1​72/

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Live débat sur les votations citoyennes MCP avec Akina, Étienne Chouard, Stéphane Guyot et Philippe Pascot

« Le Mou­ve­ment Consti­tuant Popu­laire avec Aki­na, Etienne Chouard, Phi­lippe Pas­cot et Sté­phane Guyot vous invitent à vision­ner un débat ce soir sur le sujet des vota­tions citoyennes et à poser vos ques­tions en live Mar­di 15 juin 19h »

Pour accé­der au live, se connec­ter à You­Tube ou Face­book à 19h :
https://​www​.face​book​.com/​m​o​u​v​c​o​n​s​t​pop
https://​www​.you​tube​.com/​c​/​m​c​p​o​f​f​i​c​iel

Pour poser des ques­tions durant le live, se connec­ter de pré­fé­rence au logi­ciel de dis­cus­sion Dis­cord à ce lien :
https://​dis​cord​.gg/​X​w​t​S​W​Y​X​6cN

Ce live per­met d’éclairer la pre­mière vota­tion du MCP qui a lieu en juin sur les ques­tions sui­vantes choi­sies par les membres du Maillage du MCP
1️⃣ “Êtes-vous favo­rable à la mise en place du ”Casier Judi­ciaire Vierge” pour les can­di­dats et les élus de la République ?”
2️⃣ « Êtes-vous favo­rable à la prise en compte des votes blancs dans les suf­frages exprimés ? »

Ani­ma­teur : Akina
Inter­ve­nants : Étienne Chouard, Phi­lippe Pas­cot et Sté­phane Guyot

Mon­trons que les citoyens sont capables et res­pon­sables dans un modèle de socié­té démocratique
Le MCP sou­haite mon­trer que les citoyens fran­çais sont capables de se sai­sir de sujets impor­tants pour orga­ni­ser des réfé­ren­dums natio­naux ou locaux. Il pro­pose d’ex­pé­ri­men­ter le RIC (Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne) à l’oc­ca­sion de 2 vota­tions coor­don­nées sur l’en­semble du ter­ri­toire afin d’en maxi­mi­ser la médiatisation :
1# Vota­tion en marge des élec­tions dépar­te­men­tales et régio­nales pré­vues en juin 2021 ;
2# Vota­tion posant la ques­tion sur l’ins­crip­tion dans notre Consti­tu­tion du RICC (Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne Consti­tuant), ain­si que le RIC local à l’automne 2021.

Êtes-vous volon­taire pour par­ti­ci­per à la tenue de bureaux de vote citoyens cette année ?

➡️ S’inscrire ici :
https://​fra​ma​forms​.org/​s​e​–​p​o​r​t​e​r​–​v​o​l​o​n​t​a​i​r​e​–​p​o​u​r​–​l​a​–​c​o​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​–​d​e​–​v​o​t​a​t​i​o​n​s​–​c​i​t​o​y​e​n​n​e​s​–​a​u​t​o​n​o​m​e​s​–​1​6​2​2​6​5​8​205

➡️ En savoir plus sur le MCP :
https://​www​.mou​ve​ment​-consti​tuant​-popu​laire​.fr

L’assemblée nationale contre le peuple | 1789 | Révolution française

Des­crip­tion :
La chaîne qui libère

« Le mot peuple a deux sens : la nation en géné­ral ou bien la classe pauvre de cette nation. Et nous ne vou­lons pas repré­sen­ter le peuple au second sens. »

Extrait de « L’É­té de la révo­lu­tion (par­tie 1) (Télé­film, 1989) avec Bru­no Cré­mer / Bri­gitte Fos­sey / Ber­nard Fres­son » https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​M​7​O​X​u​u​D​6​Yww

—–

Parce que ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir : c’est au peuple d’é­crire sa consti­tu­tion http://​www​.le​-mes​sage​.org/

Notre régime actuel n’est pas du tout une démo­cra­tie mais une oli­gar­chie plou­to­cra­tique (le régime dans lequel les plus riches ont le pouvoir).
Argu­men­ta­tion ici : http://​lavraie​de​mo​cra​tie​.fr/

Les Gen­tils Virus : pour réflé­chir et pro­pa­ger le Mes­sage de la vraie démo­cra­tie http://​gen​tils​vi​rus​.org/


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Appel à participer à des bureaux de vote citoyens

L’objectif de ces votations est de montrer que les citoyens sont capables de se saisir de sujets importants et d’organiser des référendums.

Pour expé­ri­men­ter le RIC (Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne), le MCP cherche des volon­taires pour tenir des bureaux de vote, par exemple le 20 ou le 27 juin, dans le cadre de “RIC sau­vages”, appe­lés vota­tions citoyennes autonomes.

Les ques­tions posées lors de cette pre­mière vota­tion sont issues d’une grande consul­ta­tion au sein du maillage ter­ri­to­rial du MCP :
– Êtes-vous favo­rable à la mise en place du “Casier Judi­ciaire Vierge” pour les can­di­dats et les élus de la République ?
– Êtes-vous favo­rable à la prise en compte des votes blancs dans les suf­frages exprimés ?

Si vous êtes intéressés, remplissez le formulaire :

https://​fra​ma​forms​.org/​s​e​–​p​o​r​t​e​r​–​v​o​l​o​n​t​a​i​r​e​–​p​o​u​r​–​l​a​–​c​o​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​–​d​e​–​v​o​t​a​t​i​o​n​s​–​c​i​t​o​y​e​n​n​e​s​–​a​u​t​o​n​o​m​e​s​–​1​6​2​2​6​5​8​205

Ce for­mu­laire per­met­tra d’op­ti­mi­ser l’or­ga­ni­sa­tion des bureaux de vote déjà pré­vus, de por­ter main forte aux orga­ni­sa­teurs si besoin ou d’en pré­voir de nouveaux.

Pour en savoir plus sur le MCP :

https://​mou​ve​ment​-consti​tuant​-popu​laire​.fr/​p​a​r​t​i​c​i​p​e​r​/​m​a​i​l​l​a​ge/


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Fête de la Démocratie à Paris, 29 mai 2021, pour l’anniversaire du Référendum de 2005, 16 ans après : quelques traces de cette rencontre

(cli­quez sur l’i­mage pour lan­cer la vidéo)

https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​m​n​o​M​0​g​k​o​tXQ


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« Entretien essentiel » avec France Soir : stupides que nous sommes, nous déplorons notre impuissance politique tout en adorant l’élection qui est pourtant LA procédure de notre dépossession politique

De pas­sage à Paris le week-end der­nier (pour fêter l’anniversaire du vote Non au réfé­ren­dum du 29 mai 2005), j’ai ren­con­tré l’équipe de jour­na­listes de France Soir pour un ate­lier consti­tuant sur le rôle poli­tique des jour­na­listes en démocratie.

Juste après notre ate­lier, nous avons eu un bref échange pour pré­sen­ter mon tra­vail sur les ins­ti­tu­tions humaines et mes pro­po­si­tions démo­cra­tiques depuis 2005.

L’ar­ticle sur le site de France-Soir : Prendre le pou­voir pour le peuple, mode d’emploi avec Etienne Chouard


https://​www​.fran​ce​soir​.fr/​v​i​d​e​o​s​–​l​e​n​t​r​e​t​i​e​n​–​e​s​s​e​n​t​i​e​l​/​p​r​e​n​d​r​e​–​l​e​–​p​o​u​v​o​i​r​–​p​o​u​r​–​l​e​–​p​e​u​p​l​e​–​m​o​d​e​–​d​e​m​p​l​o​i​–​a​v​e​c​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​ard

Et la vidéo :


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Oui, mon père est complotiste… Face à l’intolérance, à nous de faire la différence. Penser n’est pas un crime. Stop à la complotophobie.

Jour­na­liste com­plo­tiste est un pléo­nasme puisque la fonc­tion poli­tique pre­mière des jour­na­listes est de dénon­cer les intrigues contre le bien commun.

Au lieu de ça, des ven­dus tentent de faire de cette ver­tu citoyenne un crime.

Prô­nons la tolérance.


Les com­men­taires sur Face­book me conduisent à pré­ci­ser, pour mes lec­teurs qui vivent à l’é­tran­ger ou en pro­vince, que cette image est un détour­ne­ment à par­tir d’une cam­pagne de publi­ci­té très active et presque omni­pré­sente à Paris en ce moment pour prô­ner la tolé­rance de tous à l’é­gard des LGBT. 

Je trouve assez spi­ri­tuel et bien vu de conseiller la même tolé­rance avec ceux que les mer­ce­naires média­tiques des domi­nants essaient de cri­mi­na­li­ser en les trai­tant de « com­plo­tistes », alors que la VIGILANCE, per­ma­nente et à l’é­gard de tous les pou­voirs, est cer­tai­ne­ment (et depuis des mil­liers d’an­nées) la ver­tu prin­ci­pale, car­di­nale, vitale, de tout citoyen digne de ce nom — et tout par­ti­cu­liè­re­ment des citoyens qui se disent journalistes !

Étienne.


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France-Soir commence avec moi un atelier constituant sur LA FONCTION POLITIQUE DU JOURNALISME (Paris, 28 mai 2021)

De pas­sage à Paris le week-end der­nier (pour fêter l’an­ni­ver­saire du vote Non au réfé­ren­dum du 29 mai 2005), j’ai ren­con­tré l’é­quipe de jour­na­listes de France Soir à qui j’ai pro­po­sé de faire un ate­lier consti­tuant sur leur métier de jour­na­liste, de réflé­chir ensemble :

• à la fonc­tion poli­tique du jour­na­liste (du point de vue du bien commun),

• aux moda­li­tés néces­saire de sa pro­tec­tion (contre toutes formes de pres­sions des autres pouvoirs),

• et aux pro­cé­dures de mise en œuvre de sa res­pon­sa­bi­li­té (comme les Chambres de contrôle des jour­na­listes, qui seraient com­po­sées de citoyens tirés au sort).

L’ar­ticle de France Soir est ici :

https://​www​.fran​ce​soir​.fr/​v​i​d​e​o​s​–​l​e​s​–​d​e​b​r​i​e​f​i​n​g​s​/​f​r​a​n​c​e​s​o​i​r​–​s​e​s​s​a​y​e​–​l​a​t​e​l​i​e​r​–​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​–​a​v​e​c​–​e​t​i​e​n​n​e​–​c​h​o​u​a​r​d​–​a​u​t​o​u​r​-du

Et la vidéo :

Cette fois, on a par­lé plu­tôt de la FONCTION POLITIQUE des journalistes.
Les pro­chaines fois, on tra­vaille­ra les ins­ti­tu­tions de leur PROTECTION et celles de leur RESPONSABILITÉ.

Je vous invite à faire de même chez vous 🙂

Étienne.


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François Bégaudeau & Gil Delannoi – Élites, pensée dominante et démocratie (ENS, 2019)


 
J’aime lire et écou­ter ces deux hommes, et je me réga­lais à l’a­vance d’un échange entre eux.

Mal­heu­reu­se­ment, Fran­çois était un peu trop ten­du ce jour-là (je ne sais pas pour­quoi) et par quelques piques il a (injus­te­ment et inuti­le­ment, je trouve) heur­té Gil, qui n’a ensuite presque plus par­lé ; et je trouve ça dommage.

Ceci dit, vous com­pren­drez, en la regar­dant, l’in­té­rêt que je porte à cette vidéo : Gil et Fran­çois y défendent des idées impor­tantes. On devrait retrans­crire au moins le plan détaillé de cet échange.

Il me semble pour­tant que toutes ces idées auraient gagné à être ana­ly­sées et cor­ri­gées par un défen­seur ardent :
• d’un pro­ces­sus consti­tuant popu­laire permanent,
• d’une pro­cé­dure élec­to­rale dont les élec­teurs n’au­raient rien à craindre (parce qu’ils en maî­tri­se­raient l’ins­ti­tu­tion grâce à un entrai­ne­ment pratique),
• et des ver­tus intrin­sèques du tirage au sort en poli­tique et en économie,
sui­vez mon regard 🙂

J’es­père que, un jour, la chance me sera don­née de débattre de cette manière avec Fran­çois et avec Gil, que je res­pecte et appré­cie tous les deux.

Étienne.


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Atelier constituant sur le contrôle par les citoyens de leurs forces de police, avec Léo Girod (Mumble constituant) et Alexandre Langlois (IGPN citoyen)

Léo Girod (ate­liers consti­tuants sur Mumble) reçoit Alexandre Lan­glois (Vigi police, IGPN citoyen) pour un ate­lier consti­tuant sur le contrôle par les citoyens de leurs forces de police. C’est pas­sion­nant et important.

Je trouve ces deux jeunes gens épa­tants, exem­plaires : nous devrions tous faire comme eux, quotidiennement.

Fra­ter­nel­le­ment.

Étienne

Plan de l’entretien :
0:00:00 – Intro
0:00:40 – Pré­sen­ta­tion des tra­vaux de Mumble Constituant
0:01:44 – Pré­sen­ta­tion d’A­lexandre Langlois
0:02:37 – Son par­cours de poli­cier et de syn­di­ca­liste, vers un enga­ge­ment démocrate
0:09:32 – Dif­fé­rence entre « sécu­ri­té » et « sûreté »
0:12:01 – Orga­ni­sa­tion des pou­voirs dans la Consti­tu­tion de Mumble Constituant
0:12:44 – Tra­vaux sur le pou­voir de police
0:13:59 – Rôle actuel de la police et son évo­lu­tion dans le temps
0:28:04 – Moyens de contrô­ler la police (com­mis­sion de contrôle et IGPN citoyen)
0:33:20 – État du droit actuel, struc­ture de la police et de la gendarmerie
0:41:11 – Pré­ro­ga­tives de l’ONF (Office Natio­nal des Forêts)
0:44:36 – Ren­sei­gne­ments ter­ri­to­riaux, trans­pa­rence et secret défense
0:55:07 – Sélec­tion des membres du comi­té exé­cu­tif des ren­sei­gne­ments territoriaux
0:58:39 – For­ma­tion des poli­ciers et recru­te­ment de com­pé­tences spécifiques
1:03:10 – Chaîne de com­man­de­ment et droit d’objection
1:06:33 – Droit et devoir de réserve
1:08:49 – Sui­vi psy­cho­lo­gique des policiers
1:13:21 – Image de la police, rela­tion avec les citoyens et sou­tien à la population
1:23:50 – Direc­tion de la police judiciaire
1:24:44 – Douanes, un ser­vice financier
1:26:12 – Mille feuilles : struc­ture et sub­di­vi­sions de la police
1:29:24 – Port d’arme citoyen
1:32:34 – Soli­da­ri­té entre poli­ciers et citoyens
1:37:54 – Dan­ge­ro­si­té des uni­tés lour­de­ment armées
1:39:44 – Clôture

Alexandre Lan­glois, gar­dien de la paix à la police aux fron­tières puis au ren­sei­gne­ment ter­ri­to­rial des Yve­lines et secré­taire géné­ral du syn­di­cat poli­cier Vigi, nous parle du fonc­tion­ne­ment de la Police et de son contrôle.
Il est le fon­da­teur d’IGPN Citoyen (https://​www​.IGPN​-citoyen​.com), une asso­cia­tion dont l’ob­jec­tif est de pro­mou­voir la créa­tion d’une ins­pec­tion géné­rale de la police natio­nale citoyenne, pour une police qui pro­tège les citoyens.

Ouverts à tous, les ate­liers de Mumble Consti­tuant sont des réunions en ligne où nous nous exer­çons à l’écriture d’une Consti­tu­tion com­plète en intel­li­gence collective.

RDV tous les mar­dis à 20h30 sur Dis­cord : https://​dis​cord​.gg/​Z​E​U​Y​9uK

Docu­ment de travail :
https://​docs​.google​.com/​d​o​c​u​m​e​n​t​/​d​/​1​N​x​n​f​7​N​X​m​9​m​l​H​Z​W​Y​7​n​D​0​0​j​x​S​o​l​S​4​q​E​y​e​K​_​Q​c​I​K​A​1​C​P​5​k​/​e​dit

Pour par­ti­ci­per aux ate­liers consti­tuants sur Mumble :
https://​mum​ble​cons​ti​tuant​.word​press​.com/​p​a​r​t​i​c​i​p​er/

Voir la Consti­tu­tion en cours d’écriture :
https://​mum​ble​cons​ti​tuant​.word​press​.com/​n​o​t​r​e​–​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​–​m​u​m​b​le/


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Covid-19 : pourquoi si peu de morts ?

Je trouve ce jeune homme déci­dé­ment très intéressant,
et il me semble que ce qu’il démontre est vrai­ment très impor­tant, politiquement.

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Sortie du second numéro de la Gazette des amis du RIC 🤩 (mai)

Chaque mois, les prin­ci­pales actua­li­tés et actions des per­sonnes œuvrant pour l’ins­tau­ra­tion du RIC et d’une démo­cra­tie digne de ce nom.

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Sommaire du second numéro

  • Les invi­ta­tions à la convergence
    • Appel à mutua­li­ser nos forces de dif­fu­sion pour le RIC
    • Sor­tie d’un com­pa­ra­tif des pro­po­si­tions de fonc­tion­ne­ment de RIC au regard des attentes des Français
    • Lettre ouverte pour la co-construc­­tion du RIC
    • Rap­pel : Pour­quoi le RIC CONSTITUANT et un Mou­ve­ment Consti­tuant Populaire ?
    • Espoir RIC est ouvert au débat : que pen­­sez-vous de leur can­di­da­ture pour 2022 ?
  • Les actua­li­tés
    • Un modèle de conver­gence : Opé­ra­tion RIC et le MCP asso­cient leurs forces
    • Les pre­miers résul­tats inter­mé­diaires de la consul­ta­tion sur les prin­cipes du RIC
    • Résul­tats du son­dage : Quel(s) combat(s) commun(s) sou­­hai­­tons-nous mener en prio­ri­té durant la 3eme année du mouvement ?
    • Action natio­nale MCP #3 : Appel aux Journalistes
  • Les pro­duc­tions artistRIC
    • Tract Conver­gence Stra­té­gies par le MCP
    • Citoyen Chouette : un artiste Gilet Jaune géné­reux et très inspiré !
    • La BD : Yaka­fo­kon – épi­sode 2
    • Détour­ne­ment paro­dique des Asté­rix et Obélix
    • Des­sins d’Allan Barte

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Sortie du premier numéro de la Gazette des amis du RIC 🤩

Cette lettre d’in­for­ma­tion men­suelle dif­fuse les actua­li­tés, actions, pro­po­si­tions et ren­­dez-vous des per­sonnes et col­lec­tifs œuvrant pour l’instauration du RIC.

Elle pro­pose éga­le­ment un espace dédié à des œuvres artis­tiques sur le sujet du RIC, telles que des BD et des illustrations.

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Som­maire du pre­mier numéro

Les invi­ta­tions à la convergence
• Péti­tion pour le RIC bien­tôt à 300 000 signatures
• Péti­tion : Un RIP pour un RIC par Opé­ra­tion RIC
• Ques­tion­naire Gilets Jaunes – Bilan des 2 ans du mouvement
• Concep­tion d’une appli­ca­tion d’organisation de RIC en cours
• Ouver­ture d’une pla­te­forme de co-construc­­tion d’un texte de loi de RIC
Les actua­li­tés
• Révi­sion de l’article 89 et intro­duc­tion du RIC pré­sen­té par Raul Magni-Berton
• Nou­velle série de vidéos au sujet de la Consti­tu­tion avec Étienne Chouard
• Pre­mières actions coor­don­nées pour le maillage ter­ri­to­rial du MCP
• Cla­ra Egger d’Espoir RIC se pré­sente en 2022 avec le RIC Consti­tuant pour seul programme
Les pro­duc­tions artistRIC
• Emer­gence d’un nou­vel artiste pour le RIC
• Détour­ne­ment paro­dique des Asté­rix et Obélix
• Des­sins d’Allan Barte

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[Appel aux médecins du pays] Projet de recours gracieux à signer, pour contester le blocage de l’ivermectine par l’ANSM

Chers amis,

Je vais encore vous par­ler de covid, mais pas du tout pour par­ler de san­té : je vous parle d’a­bus de pou­voirs carac­té­ri­sés contre les liber­tés. C’est pour ça que j’en parle sur ce site, ce n’est pas du tout hors sujet par rap­port à mon tra­vail depuis 2005, au contraire : je par­ti­cipe à une bagarre bien réelle et très concrète pour pro­té­ger les liber­tés des repré­sen­tés contre l’ar­bi­traire cri­mi­nel de leurs représentants.

Comme vous le savez main­te­nant, tout le méca­nisme liber­ti­cide de l’a­par­theid vac­ci­nal (qui s’ap­proche à toute vitesse) repose sur la pré­ten­due absence totale de médi­ca­ments alter­na­tifs aux « vaccins ».

Or il existe une foule de médi­ca­ments alter­na­tifs, dont cer­tains sont par­ti­cu­liè­re­ment effi­caces et sans dan­ger, et notam­ment l’ivermectine.

Et pré­ci­sé­ment, l’ANSM (on com­mence à pres­sen­tir un enne­mi ter­rible dans cette ins­ti­tu­tion tota­le­ment hors contrôle démo­cra­tique) s’op­pose vigou­reu­se­ment à l’ivermectine.

Le Dr Mau­drux dresse ici un réqui­si­toire contre cet abus de pou­voir pseu­do scientifique.

Et l’en­jeu de cette lutte n’est pas qu’un enjeu de san­té (soi­gner au lieu d’in­jec­ter des sub­stances dan­ge­reuses), c’est sur­tout un enjeu de liber­té (refu­ser de se lais­ser per­sé­cu­ter au nom de la science).

Bonne lec­ture, et faites passer.

Étienne.


Projet de recours gracieux à signer

 

Source : https://​blog​-gerard​.mau​drux​.fr/​p​r​o​j​e​t​–​d​e​–​r​e​c​o​u​r​s​–​g​r​a​c​i​e​u​x​–​a​–​s​i​g​n​er/

Chères Consoeurs, chers Confrères,

Vous trou­ve­rez ci-des­­sous le pro­jet de recours concer­nant le refus de l’ANSM de vali­der l’ivermectine (et plus lar­ge­ment les autres trai­te­ments pré­coces et la liber­té de pres­crip­tion). Je sou­hai­te­rais qu’un maxi­mum de méde­cins puissent sou­te­nir cette action.

Signez et faites signer vos consoeurs et confrères. Ouvert à tous les méde­cins qui défendent cette posi­tion, que vous soyez pres­crip­teur ou non, spé­cia­liste ou géné­ra­liste, sala­rié ou libé­ral, en acti­vi­té ou non.

Mer­ci de ne pas dif­fu­ser sur la place publique pen­dant le recueil des signa­tures, et tant que le des­ti­na­taire ne l’a pas reçu. La liste des signa­taires ne com­por­te­ra que le nom, code pos­tal et ville.

Gérard Mau­drux.


Mon­sieur le Ministre

L’Agence Natio­nale de Sécu­ri­té du Médi­ca­ment a reje­té notre demande de Recom­man­da­tion Tem­po­raire d’Utilisation de l’ivermectine, en date du 31 mars 2021. Ce refus repré­sente pour nous une menace grave pour la san­té publique, et en appli­ca­tion de l’article L.5322–2 du Code de la San­té Publique nous fai­sons appel à vous, en tant que Ministre de tutelle de cet éta­blis­se­ment, mais éga­le­ment en tant que méde­cin, dans le cadre d’un recours gra­cieux contre cette déci­sion, avant de nous tour­ner vers le Conseil d’Etat.

En effet l’ANSM, dans un dos­sier orien­té uni­que­ment à charge et à l’encontre des faits, estime qu’«il ne peut être pré­su­mé d’un rap­port bénéfice/risque favo­rable de l’ivermectine en trai­te­ment cura­tif ou en pré­ven­tion. » (1)

En ce qui concerne la pro­phy­laxie :

Alors qu’il existe une dou­zaine de publi­ca­tions pas­sées sous silence comme celle d’Hec­tor Car­val­lo (2) en Argen­tine, avec 100% d’efficacité sur 1 200 soi­gnants au contact de la covid dans 4 hôpi­taux, ou l’expérience de GTFoods au Bré­sil, entre­prise à risques (trai­te­ment des viandes) et en per­ma­nence tou­chée, qui a tota­le­ment éra­di­qué l’épidémie après trai­te­ment de ses 12 000 employés (3), l’ANSM n’en cite qu’une seule, l’étude mono­cen­trique indienne de Bere­ha, por­tant sur 41 cas (4), pour dire qu’il n’y a pas d’effet en préventif.

Les conclu­sions de l’étude citée sont pour­tant claires : « La pro­phy­laxie à deux doses par l’ivermectine, a été asso­ciée à une réduc­tion de 73% de l’infection par le SARS-CoV‑2 chez les tra­vailleurs de la san­té. La chi­mio pro­phy­laxie est per­ti­nente pour endi­guer la pan­dé­mie ». L’ANSM ne retient que la réserve d’usage expri­mée qua­si sys­té­ma­ti­que­ment dans toutes les études : « ils ont sou­li­gné la néces­si­té d’obtenir confir­ma­tion par des études lon­gi­tu­di­nales ou interventionnelles ».

Aucune étude au monde n’est néga­tive en ce qui concerne la pro­phy­laxie par l’ivermectine, et l’ANSM pré­tend le contraire sans avan­cer une seule étude le démontrant.

En ce qui concerne le curatif :

L’OMS a deman­dé un rap­port sur le sujet au Doc­teur Andrew Hill qui écrit dans sa conclu­sion : « Cette méta-ana­­lyse de 18 ECR por­tant sur 2 282 patients a mon­tré une amé­lio­ra­tion de 75% de la sur­vie, un délai de récu­pé­ra­tion cli­nique plus rapide et des signes d’un effet dose-dépen­­dant de la clai­rance virale chez les patients rece­vant l’ivermectine par rap­port au trai­te­ment témoin. »

Pour­tant, au lieu de se poser des ques­tions en ana­ly­sant des études comme en celle de la Répu­blique Domi­ni­caine (5), avec plus de 3 000 patients, 1 seul décès sur 2 706 patients trai­tés pré­co­ce­ment à domi­cile, 3 décès sur 300 patients trai­tés plus tar­di­ve­ment et hos­pi­ta­li­sés, l’ANSM, pour sug­gé­rer l’inefficacité de l’ivermectine, n’avance que 6 études, les plus dis­cu­tables métho­do­lo­gi­que­ment sur plus de cin­quante pos­sibles, dont les 3 plus petites.  Choix per­met­tant de dire que le nombre de patients est trop petit et qu’il faut plus d’études ! 87 patients (+ 87 pla­ce­bos) trai­tés au total dans ces 3 études, contre 17 562 patients sur 52 études recen­sées. Le choix de l’ANSM pour orien­ter sa démons­tra­tion n’est pas anodin !

Le choix de la pre­mière étude, Raj­ter (6) aux Etats-Unis, n’est pas sérieux quand on pré­tend étu­dier l’efficacité de l’ivermectine et que l’on vante les études ran­do­mi­sées. 173 patients trai­tés par iver­mec­tine, ver­sus 107 avec un « trai­te­ment stan­dard ». La déci­sion de pres­crire était à la dis­cré­tion des méde­cins, qui ont don­né de l’hydroxychloroquine, de l’azithromycine dans les 2 groupes ! Mal­gré tout, les auteurs signalent quand même un béné­fice signi­fi­ca­tif dans le groupe iver­mec­tine, et l’ANSM ne le retient pas au pro­fit de la for­mule d’usage « les auteurs pré­co­nisent la mise en place d’études ran­do­mi­sées avant d’émettre une conclusion ».

Pour les trois petites étudesl’ANSM cite Pod­der au Ben­gla­desh (7), avec 2 x 30 patientsCha­char au Pakis­tan (8), 2 x 25 patients, et Chac­cour en Espagne (9), 2 x 12 patients ! Ridi­cule ! Ceci pour per­mettre à l’Agence de dire que c’est insuf­fi­sant et qu’il faut plus d’études, évi­tant au pas­sage de dire que cela marche : réduc­tion de 20% de la durée des troubles pour la pre­mière et réduc­tion de la durée de l’anosmie divi­sée par 2 et de la toux réduite de 30% pour la troi­sième. Pour la seconde, il s’agit une popu­la­tion très jeune et peu symp­to­ma­tique, com­ment le trai­te­ment pour­­rait-il faire mieux quand la mala­die gué­rit toute seule ?

Ensuite c’est Ahmed au Ben­gla­desh (10), avec 72 patients hos­pi­ta­li­sés, 3 groupes, ran­do­mi­sés : iver­mec­tine, iver­mec­tine + doxy­cy­cline, pla­ce­bo. « Une cure de 5 jours d’ivermectine a entraî­né une clai­rance plus pré­coce du virus par rap­port au pla­ce­bo (p = 0,005), indi­quant ain­si qu’une inter­ven­tion pré­coce avec cet agent peut limi­ter la répli­ca­tion virale chez l’hôte. Dans le groupe iver­mec­tine de 5 jours, il y a eu une baisse signi­fi­ca­tive de la CRP et de la LDH au jour 7, qui sont des indi­ca­teurs de la gra­vi­té de la mala­die. Il est à noter que la charge virale a chu­té de manière signi­fi­ca­tive par rap­port au groupe pla­ce­bo aux jours 7 et 14. » L’ANSM ne retien­dra pas le résul­tat, mais la « néces­si­té d’une étude plus large », for­mule d’usage uti­li­sée par tous les auteurs.

Enfin cerise sur le gâteau, l’étude de Lopez Medi­na en Colom­bie (11). On est éton­né de trou­ver mise en avant par l’ANSM cette étude peu sérieuse du niveau de Meh­ra dans The Lan­cet. Une popu­la­tion jeune, peu symp­to­ma­tique, « consul­tée par son­dage télé­pho­nique ». Des patients du groupe témoin ont pu prendre de l’ivermectine depuis plus de 5 jours (molé­cule pré­sente 3 semaines dans les tis­sus !), de l’Ivermectine a été don­née par erreur à la place du pla­ce­bo (38 fois), il y a eu chan­ge­ment de pro­to­cole en cours d’étude n’arrivant pas à leurs fins, etc. Et on publie, et cer­tains reprennent ! Il y a quand même 1 mort dans le groupe pla­ce­bo, pas dans le groupe iver­mec­tine. Des « cher­cheurs » de l’Inserm qui conseillent l’ANSM encensent cette étude, comme Mme Domi­nique Cos­ta­glio­la ou le Pr Fré­dé­ric Adnet, ce der­nier par­lant d’une « métho­do­lo­gie de haut niveau”. On croit rêver devant de telles com­pé­tences en matière d’analyse de publications !

En ce qui concerne le risque :

L’ivermectine est un des médi­ca­ments les plus sûrs de la phar­ma­co­pée mon­diale. Recon­nu par l’OMS, en 2015, comme » sans dan­ger, pou­vant être uti­li­sé à grande échelle ». Vigi­base (12), recueillant les don­nées de phar­ma­co­vi­gi­lance de plus de 130 pays adhé­rents à l’OMS, relève en 30 ans 16 décès et 4 700 effets indé­si­rables pour l’Ivermectine (et pour 4 mil­liards de prescriptions).

L’ANSM évoque une incon­nue concer­nant la poso­lo­gie, qui n’a pas de rai­son d’être : c’est la même que dans les autres patho­lo­gies concer­nées par une AMM, et lorsque la pres­crip­tion est renou­ve­lée, aucune étude ne signale un quel­conque pro­blème. Des essais avaient par ailleurs été faits à 10 fois la dose en 2002 par Merck déten­teur du bre­vet à l’époque, sans aucun incon­vé­nient (10). Le labo­ra­toire fran­çais Medin­cell, vient de publier une étude sur la prise pro­lon­gée du pro­duit, sans aucun pro­blème (13).

Agences, méta-ana­­lyses et scien­ti­fiques indépendants :

L’ANSM balaie d’un revers la demi-dou­­zaine de méta-ana­­lyses que nous avions trans­mise, refu­sant de les lire et d’en tenir compte, au pré­texte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une vali­da­tion par un comi­té de lec­ture, et que cer­taines études com­portent des insuf­fi­sances métho­do­lo­giques. Quelles sont les com­pé­tences des membres de l’Agence s’ils n’ont pas la capa­ci­té de lire et ana­ly­ser ces études quand elles ne sont pas “relues” ? Et quand on voit les insuf­fi­sances métho­do­lo­giques des études avan­cées par l’ANSM, selon cette vieille expres­sion fran­çaise, n’est-ce pas l’hôpital qui se moque de la charité !

Pour­quoi ces méta ana­lyses sont-elles ain­si écar­tées ? Parce qu’elles arrivent toutes aux mêmes conclu­sions qui ne sont pas celles vou­lues par l’ANSM. Ce qu’elles disent est simple : l’utilisation de l’ivermectine divise par 4 à 5 la mor­ta­li­té de la Covid, et dans 80% des cas les troubles dis­pa­raissent deux fois plus vite. Vous trou­ve­rez ci-joint la plu­part de ces méta-ana­­lyses. Si on peut dis­cu­ter du niveau d’efficacité selon com­ment on inter­prète ces dif­fé­rentes études, la pré­somp­tion d’efficacité, elle, est indis­cu­table, et il est trop facile de faire sem­blant d’ignorer ces résul­tats en se cachant der­rière une méthodologie.

L’ANSM cite ensuite la posi­tion de l’Agence Euro­péenne du Médi­ca­ment, posi­tion pure­ment poli­tique, puisqu’elle n’a pas sta­tué : l’EMA recon­naît en effet dans un com­mu­ni­qué ne pas avoir été sai­sie du dos­sier et ne cite qu’une étude, in vitro, alors qu’ici il est ques­tion des études et de l’utilisation chez l’homme.

Nous avions éga­le­ment pro­po­sé à l’ANSM de contac­ter les spé­cia­listes qui en France connais­saient le mieux l’ivermectine pour avoir tra­vaillé le sujet. Le labo­ra­toire Medin­cell qui pré­pare un dos­sier avec des études pour une AMM concer­nant une forme à action pro­lon­gée, avec une grosse publi­ca­tion sur la sécu­ri­té du médi­ca­ment faite par Jacques Des­cotes, pro­fes­seur émé­rite à l’Université Claude Ber­nard à Lyon, Jean-Pierre Chan­geux de l’Académie des Sciences, pro­fes­seur hono­raire au Col­lège de France et à l’Institut Pas­teur, et Pierre-Jean Guillaus­seau de l’Université de Paris Sor­bonne, auteur d’un gros tra­vail d’analyse des études étran­gères. Aucun n’a été consul­té, pas plus qu’il n’est fait état des consta­ta­tions très posi­tives faites dans deux Ehpads en France (Seine et Marne et Hauts de Seine) en début d’épidémie et por­tées à la connais­sance des auto­ri­tés. Aucun méde­cin pres­crip­teur n’a été contac­té pour évo­quer son expé­rience, alors que ce sont ces remon­tées de ter­rain qui ont per­mis au Baclo­fène d’avoir une RTU dans l’addiction alcoo­lique, sans aucune étude cli­nique, mon­trant qu’il existe d’autres moyens que les études étran­gères pour éva­luer l’efficacité d’un médicament.

De la procédure :

La révi­sion de cette déci­sion est d’autant plus néces­saire que la Loi ne semble pas avoir été res­pec­tée. La volon­té d’indépendance et de trans­pa­rence de ces déci­sions, ayant conduit à la créa­tion de l’Agence du Médi­ca­ment suite à l’affaire du sang conta­mi­né, deve­nue ANSM suite à l’affaire du Média­tor, a été igno­rée. Pour accé­der à cette trans­pa­rence, le Doc­teur Mara­nin­chi, pre­mier direc­teur de l’ANSM avait déci­dé que les com­mis­sions déci­sion­nelles seraient enre­gis­trées et dis­po­nibles au public, ce qui avait été trans­po­sé dans les textes : Article L1451‑1–1 du code de la San­té publique créé par la Loi n°2011–2012 du 29 décembre 2011 – art 1 (14). Nous avons donc deman­dé à l’ANSM de nous four­nir ces docu­ments afin de savoir ce qui a été défen­du, par qui, dans quelles condi­tions, on nous a répon­du que de tels docu­ments n’existaient pas !

Le non-res­­pect de cette pro­cé­dure de trans­pa­rence est sus­cep­tible d’être sanc­tion­née par le Conseil d’Etat.

Conclu­sions :

Pour accor­der une RTU, la loi n’évoque que deux condi­tions : une pré­somp­tion d’efficacité et un mini­mum d’effets indé­si­rables afin d’établir un rap­port bénéfice/risque favo­rable. Ces deux condi­tions sont tota­le­ment rem­plies pour l’ivermectine, et quand on voit dans quelles condi­tions ces cri­tères ont été igno­rés pour vali­der d’autres thé­ra­peu­tiques ces der­niers mois, on peut s’étonner des motifs condui­sant à ce « deux poids deux mesures ».

Mon­sieur le Ministre, nous n’avons qu’une seule ques­tion à poser au méde­cin que vous êtes, et capable de juger de ces études par vous-même. Vous devez une réponse claire aux Fran­çais : sur le plan médi­cal, au vu de toutes ces études, en votre âme et conscience, pen­­sez-vous hon­nê­te­ment et sin­cè­re­ment qu’il n’y a aucune pré­somp­tion d’efficacité comme le pré­tend l’ANSM ? Le Ministre en tire­ra ensuite les conclu­sions qui s’imposent pour la conduite à tenir concer­nant ce recours. Nous insis­tons sur le fait que tout retard appor­té à une exten­sion des indi­ca­tions se chif­fre­rait par un nombre consé­quent de décès lié au SARS-Cov‑2 pou­vant enga­ger la res­pon­sa­bi­li­té des acteurs de ce retard.

Entre le Doli­prane, pré­co­ni­sé, et l’Ivermectine, qui ne l’est pas, bien que qu’elle soit bien moins toxique et avec une pré­somp­tion d’efficacité que n’a pas le Doli­prane, pour­quoi ne pas lais­ser les méde­cins choi­sir libre­ment, sans contraintes et menaces ?

Outre les requé­rants de l’action en Conseil d’Etat concer­nant la demande de RTU, vous trou­ve­rez ci-joint une liste de plus de 1 000 méde­cins signa­taires, qui vous demandent de revoir cette posi­tion, en vous basant uni­que­ment sur des consi­dé­ra­tions médi­cales et non poli­tiques ou finan­cières. Ils réclament éga­le­ment, plus lar­ge­ment, que la liber­té de pres­crip­tion concer­nant les trai­te­ments pré­coces, l’ivermectine n’étant pas le seul pou­vant venir com­plé­ter les vac­cins, soit cla­ri­fiée et élar­gie, afin de réduire le nombre de pas­sages à la phase inflam­ma­toire condui­sant aux hos­pi­ta­li­sa­tions et décès.

Veuillez agréer, Mon­sieur le Ministre et cher Confrère, l’expression de nos salu­ta­tions respectueuses.

Source pour le recueil des signa­tures des méde­cins : https://​blog​-gerard​.mau​drux​.fr/​p​r​o​j​e​t​–​d​e​–​r​e​c​o​u​r​s​–​g​r​a​c​i​e​u​x​–​a​–​s​i​g​n​er/


Bon résu­mé de la situa­tion mondiale :

Tweet cor­res­pon­dant à ce billet : 

[IMPORTANT] L’Ivermectine est-elle efficace contre le Covid-19 ? Écoutez le Dr. Ryan Cole

Je trouve cet expo­sé très convain­cant — et très important.

Il fau­drait retrans­crire le texte de cette vidéo en fran­çais, pour le relire LENTEMENT.

Nous avons TOUS d’im­por­tants biais de confir­ma­tion, OK. C’est uni­ver­sel, ça fait par­tie de la condi­tion humaine.

Mais vous devriez écou­ter ça mal­gré ces biais s’ils vous en écartent.

Régler You­Tube : Sous-titres, puis Tra­duc­tion  auto­ma­tique, puis Français.

Étienne.

https://​you​tu​.be/​Z​Z​H​f​K​2​c​F​ZAE

Des­crip­tion :

L’I­ver­mec­tin est-elle effi­cace contre le Covid-19. Ecou­tez le Dr. Ryan Cole.

L’I­ver­mec­tine pour les humains est dif­fé­rente de l’I­ver­mec­tine pour les vétérinaires.

Le Dr Ryan Cole est le PDG et le direc­teur médi­cal de Cole Diag­nos­tics, l’un des plus grands labo­ra­toires indé­pen­dants de l’É­tat de l’I­da­ho. Le Dr Cole est un patho­lo­giste diplô­mé de la Mayo Cli­nic. Il est cer­ti­fié en patho­lo­gie ana­to­mique et cli­nique. Il est spé­cia­li­sé en immu­no­lo­gie et en viro­lo­gie et pos­sède éga­le­ment une sous-spé­­cia­­li­­té en patho­lo­gie cuta­née. Il a vu plus de 350 000 patients au cours de sa car­rière et a effec­tué plus de 100 000 tests Covid l’an­née der­nière. Le Dr Cole parle de la science et des don­nées rela­tives aux mesures de san­té publique qui nous ont peut-être échap­pé, et des trai­te­ments qui devraient être acces­sibles à tous.


Par ailleurs, sur les (nom­breux) autres trai­te­ment du Covid-19, tous niés et cachés (et même inter­dits) par la doxa vac­ci­nale, je vous signale aus­si le tweet ci-des­­sous (ce sont les réfé­rences scien­ti­fiques de l’ar­ticle qui me semblent inté­res­santes : ce n’est ni FA, ni le site, ni l’au­teur du réca­pi­tu­la­tif). Vous ver­rez, il y a des échanges de com­men­taires inté­res­sants (emblé­ma­tiques de notre frac­ture sociale sur cette ques­tion) sous ce tweet (ça chauffe, en ce moment-même) :


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Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
Pas de post puisque fb m’a « ban­ni » 30 jours (pour avoir sim­ple­ment signa­lé des recherches jugées indé­si­rables par les mar­chands de vac­cins — en l’oc­cur­rence, des recherches sur l’I­ver­mec­tine, justement).

Tweet cor­res­pon­dant à ce billet :

Corruption profonde (systématique) de la science médicale : une publication de 2003 dans le BMJ : « Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques »

Chers amis,

Comme vous le savez, je conteste le fon­de­ment scien­ti­fique des mesures liber­ti­cides que nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » nous infligent depuis un an : ce n’est pas aux scien­ti­fiques de dic­ter les déci­sions poli­tiques aux­quelles nous sommes assu­jet­tis par la force ; et c’est d’au­tant plus le cas du fait que la science en géné­ral est cor­rup­tible, et que la science médi­cale en par­ti­cu­lier est pro­fon­dé­ment corrompue.

L’illé­gi­ti­mi­té de « la science » à gou­ver­ner est double : illé­gi­time d’a­bord car la démo­cra­tie est par défi­ni­tion le strict oppo­sé du gou­ver­ne­ment par les experts ; et illé­gi­time ensuite parce que le risque de cor­rup­tion des experts les éloigne en plus du bien commun.

Nous serions fous de faire aveu­glé­ment confiance aux « Conseils scien­ti­fiques », à une « Haute Auto­ri­té de San­té » ou à d’autres « Agences » d’ex­perts soi-disant indé­pen­dants. Nous devrions exi­ger des débats démo­cra­tiques appro­fon­dis et loyaux sur toutes les mesures atten­ta­toires à nos liber­tés, et nous devrions ensuite déci­der ensemble par référendum.

Ne pas oublier cette for­mule de Keynes : « La place des experts est sur la ban­quette arrière. »

C’est dans ce contexte poli­tique, de plus en plus oppres­sant depuis un an, que j’é­taie ma méfiance envers les injonc­tions scien­ti­fiques avec les docu­ments utiles à mon sens, par­mi les­quels celui-ci, sur la cor­rup­tion géné­rale de la science médicale.

Bonne lec­ture.

Étienne.


Cor­rup­tion sys­té­ma­tique de la science médi­cale : une publi­ca­tion dans le BMJ (une des revues scien­ti­fiques médi­cales les plus pres­ti­gieuses au monde), en 2003 déjà :
Source de la pre­mière par­tie : https://​www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​m​c​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​P​M​C​1​1​2​6​0​53/
(tra­duc­tion auto­ma­tique relue par moi => il peut res­ter des coquilles bien sûr)

 

Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques.
1 : Enchevêtrement

Ray Moy­ni­han , jour­na­liste 1

Résumé court

Dans cet article en deux par­ties, un jour­na­liste basé à Washing­ton DC explore les conflits de bras­sage sur l’un des prin­ci­paux cam­pus médi­caux du monde alors qu’il rejoint le débat mon­dial plus large sur la façon de redé­fi­nir les rela­tions avec les grandes socié­tés pharmaceutiques.

Tor­dus ensemble comme le ser­pent et le per­son­nel, les méde­cins et les socié­tés phar­ma­ceu­tiques se sont empê­trés dans un réseau d’in­te­rac­tions aus­si contro­ver­sées qu’om­ni­pré­sentes (enca­dré). Alors que les fac­tures natio­nales de médi­ca­ments aug­mentent à des taux qui dépassent lar­ge­ment ceux de l’in­fla­tion (Fig. 1), cet enche­vê­tre­ment et les flux d’argent et d’in­fluence qui en découlent attirent de plus en plus l’at­ten­tion du public et des universitaires.exa­men minutieux.

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Fig. 1 Dépenses de détail en médi­ca­ments d’or­don­nance aux États-Unis, 1997–2001.

Figure 2 :
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Sue Sharples

Des études menées dans plu­sieurs pays montrent que 80 à 95% des méde­cins consultent régu­liè­re­ment des repré­sen­tants des socié­tés phar­ma­ceu­tiques mal­gré les preuves que leurs infor­ma­tions sont trop posi­tives et que les habi­tudes de pres­crip­tion sont donc moins appro­priées ,  De nom­breux méde­cins reçoivent chaque année de mul­tiples dons de socié­tés phar­ma­ceu­tiques, et la plu­part des méde­cins nient leur influence mal­gré des preuves consi­dé­rables du contraire Les inter­ac­tions de l’in­dus­trie sont en cor­ré­la­tion avec les pré­fé­rences des méde­cins pour les nou­veaux pro­duits qui n’ont aucun avan­tage démon­tré par rap­port aux pro­duits exis­tants, une dimi­nu­tion de la pres­crip­tion de géné­riques et une aug­men­ta­tion à la fois des dépenses de pres­crip­tion et des pres­crip­tions irra­tion­nelles et impru­dentes, selon une ana­lyse récente de l’é­thique des dons en cadeau. Le nombre de cadeaux que les méde­cins reçoivent est en cor­ré­la­tion avec la croyance selon laquelle les repré­sen­tants de médi­ca­ments n’ont aucun impact sur le com­por­te­ment de pres­crip­tion

Il est cou­rant d’ac­cep­ter les repas et les frais de dépla­ce­ment ou d’hé­ber­ge­ment pour des réunions édu­ca­tives spon­so­ri­sées, même si cela est asso­cié à une aug­men­ta­tion des demandes de for­mu­laire et de la pres­crip­tion du médi­ca­ment du spon­sor.  ,  La plu­part des méde­cins assistent à des évé­ne­ments par­rai­nés par l’en­tre­prise four­nis­sant une for­ma­tion médi­cale conti­nue,  pour­tant, des preuves montrent que ces évé­ne­ments font une pro­mo­tion pri­vi­lé­giée du médi­ca­ment du spon­sor. De nom­breuses socié­tés pro­fes­sion­nelles s’ap­puient for­te­ment sur le par­rai­nage (spon­sor­ship) de l’in­dus­trie,  tout comme leurs revues médi­cales s’ap­puient sur des essais finan­cés par les com­pa­gnies phar­ma­ceu­tiques, des publi­ci­tés d’en­tre­prises, des réim­pres­sions ache­tées par l’en­tre­prise et des sup­plé­ments spon­so­ri­sés par l’en­tre­prise – mal­gré les conflits d’in­té­rêts qui en résultent et la preuve que les sup­plé­ments spon­so­ri­sés sont plus pro­mo­tion­nels que les autres articles. 

Résu­mé des points

  • Les enche­vê­tre­ments entre les méde­cins et les socié­tés phar­ma­ceu­tiques sont répan­dus, et les preuves montrent que les inter­ac­tions avec l’in­dus­trie influencent le com­por­te­ment des médecins
  • Il est prou­vé que la recherche spon­so­ri­sée a ten­dance à pro­duire des résul­tats favo­rables [aux sponsors]
  • Des ins­ti­tu­tions aca­dé­miques de pre­mier plan débattent actuel­le­ment des règles régis­sant les rela­tions entre cher­cheurs et sponsors
  • Les dépenses phar­ma­ceu­tiques aug­mentent rapi­de­ment et l’en­che­vê­tre­ment peut saper les stra­té­gies de pres­crip­tion rationnelles
  • Les cri­tiques sou­tiennent qu’une culture du don de cadeaux dans l’in­dus­trie crée des droits et des obli­ga­tions pour les méde­cins qui sont en conflit avec leur obli­ga­tion prin­ci­pale envers les patients.

 

On estime que 60% de la recherche et du déve­lop­pe­ment bio­mé­di­caux aux États-Unis sont désor­mais finan­cés par le sec­teur pri­vé, et les deux tiers des éta­blis­se­ments uni­ver­si­taires ont des liens d’é­qui­té avec des spon­sors exté­rieurs.  Trou­ver des cher­cheurs en méde­cine ou des cli­ni­ciens che­vron­nés sans liens finan­ciers avec les socié­tés phar­ma­ceu­tiques est deve­nu extrê­me­ment dif­fi­cile.  Ceux qui sont consi­dé­rés comme des « lea­ders d’o­pi­nion » tra­vaillent régu­liè­re­ment comme membres rému­né­rés des conseils consul­ta­tifs des socié­tés phar­ma­ceu­tiques, même s’il est prou­vé que cette pra­tique fait par­tie du méca­nisme pro­mo­tion­nel de l’in­dus­trie.

Selon un article sur les « trucs du métier », publié dans Phar­ma­ceu­ti­cal Mar­ke­ting , le pro­ces­sus de CONSEIL est l’un des moyens les plus puis­sants pour SE RAPPROCHER des gens ET les INFLUENCER.

Formes d’en­che­vê­tre­ment

  • Visites en face à face de repré­sen­tants de socié­tés pharmaceutiques
  • Accep­ta­tion de cadeaux directs sous forme d’é­qui­pe­ment, de voyage ou d’hébergement.
  • Accep­ta­tion de cadeaux indi­rects, par le biais du par­rai­nage de logi­ciels ou de voyages.
  • Par­ti­ci­pa­tion à des dîners spon­so­ri­sés et à des évé­ne­ments sociaux ou récréatifs
  • Par­ti­ci­pa­tion à des évé­ne­ments édu­ca­tifs spon­so­ri­sés, à des for­ma­tions médi­cales conti­nues, à des ate­liers ou à des séminaires.
  • Par­ti­ci­pa­tion à des confé­rences scien­ti­fiques parrainées
  • Déten­tion d’ac­tions ou de participations
  • Réa­li­sa­tion de recherches sponsorisées
  • Finan­ce­ment par l’en­tre­prise d’é­coles de méde­cine, de chaires uni­ver­si­taires ou de salles de conférence
  • Adhé­sion à des socié­tés et asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles parrainées
  • Conseiller une fon­da­tion pour une mala­die ou un groupe de patients sponsorisés.
  • Par­ti­ci­pa­tion à des direc­tives cli­niques par­rai­nées ou uti­li­sa­tion de celles-ci
  • Entre­prendre des tra­vaux de conseil rému­né­rés pour des entreprises
  • Appar­te­nance à des conseils consul­ta­tifs d’en­tre­prises de « lea­ders d’o­pi­nion » ou à des « bureaux de conférenciers ».
  • Rédac­tion d’ar­ticles scien­ti­fiques « fantômes ».
  • Dépen­dance des revues médi­cales à l’é­gard de la publi­ci­té des entre­prises phar­ma­ceu­tiques, des réim­pres­sions ache­tées par les entre­prises et des sup­plé­ments sponsorisés.

Le familier devient étrange

Les rela­tions qui de l’in­té­rieur semblent fami­lières semblent main­te­nant étranges aux gens de l’ex­té­rieur. Le fait d’in­vi­ter régu­liè­re­ment à man­ger et à boire avec des pres­crip­teurs est désor­mais consi­dé­ré par cer­taines auto­ri­tés judi­ciaires comme de la cor­rup­tion, un cas majeur se dérou­lant actuel­le­ment en Ita­lie  ; le par­rai­nage mas­sif des socié­tés pro­fes­sion­nelles et de leurs comi­tés de rédac­tion de recom­man­da­tions est consi­dé­ré dans cer­tains milieux comme sus­pect, comme le montre le cas de la connexion de 11 mil­lions de dol­lars (7 mil­lions de livres ster­ling ; 10 mil­lions d’eu­ros) de Genen­tech avec l’A­me­ri­can Heart Asso­cia­tion  ; les évé­ne­ments accré­di­tés dans le cadre de la for­ma­tion médi­cale conti­nue ne semblent guère plus qu’une occa­sion pour des ora­teurs payés par des spon­sors de par­ler de leurs médi­ca­ments, sur­tout lorsque même la salle de confé­rence porte le nom du spon­sor.

Les rela­tions qui impliquent le finan­ce­ment de la recherche uni­ver­si­taire par des entre­prises sont les plus exa­mi­nées : un exa­men récent des preuves a révé­lé que les conflits d’in­té­rêts finan­ciers étaient « omni­pré­sents et pro­blé­ma­tiques » dans la recherche bio­mé­di­cale, un quart des cher­cheurs uni­ver­si­taires rece­vant des fonds de l’in­dus­trie et un tiers ayant des liens finan­ciers per­son­nels avec des spon­sors. Le pro­blème est que la base de don­nées fac­tuelles des soins de san­té est fon­da­men­ta­le­ment défor­mée. Des preuves solides et cohé­rentes montrent que les recherches finan­cées par l’in­dus­trie ont ten­dance à tirer des conclu­sions favo­rables à l’in­dus­trie et les études finan­cées par l’in­dus­trie étaient beau­coup plus sus­cep­tibles de par­ve­nir à des conclu­sions favo­rables au pro­mo­teur que les études non indus­trielles. Une autre revue, publiée dans ce numé­ro, a des conclu­sions et des pré­oc­cu­pa­tions simi­laires. L’ex­pli­ca­tion du « biais sys­té­ma­tique » dans les résul­tats n’est pas que la science spon­so­ri­sée est une mau­vaise science, mais plu­tôt que les ques­tions scien­ti­fiques posées reflètent l’in­té­rêt per­son­nel du spon­sor.

« La pro­fes­sion médi­cale est ache­tée par l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique, non seule­ment en termes de pra­tique de la méde­cine, mais aus­si en termes d’en­sei­gne­ment et de recherche », déclare Arnold Rel­man, pro­fes­seur à Har­vard et ancien rédac­teur en chef du New England Jour­nal of Medi­cine, dont la récente cri­tique de l’in­fluence de l’in­dus­trie des soins de san­té, publié dans la Nou­velle Répu­blique lui a valu ain­si qu’à son un co-auteur l’un des plus grands prix du jour­na­lisme de maga­zine aux États-Unis. « Les ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires de ce pays se per­mettent d’être les agents rému­né­rés de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Je pense que c’est hon­teux ».

Les prin­ci­paux groupes d’in­té­rêt, dont l’A­me­ri­can Medi­cal Asso­cia­tion et la Phar­ma­ceu­ti­cal Research and Manu­fac­tu­rers of Ame­ri­ca, ont répon­du aux pré­oc­cu­pa­tions actuelles concer­nant l’en­che­vê­tre­ment avec des codes de conduite révi­sés.  ,  Bien que les com­por­te­ments fla­grants tels que les paie­ments directs en espèces aux méde­cins soient décou­ra­gés, cer­tains des nou­veaux codes n’ont géné­ra­le­ment fait guère plus qu’ap­prou­ver la myriade de formes d’in­te­rac­tions exis­tantes, a décla­ré une éthi­cienne bio­mé­di­cale de l’U­ni­ver­si­té de Stan­ford, Mil­dred Cho, une cher­cheuse qui s’in­té­resse de près à l’en­che­vê­tre­ment entre les méde­cins et les entre­prises pharmaceutiques.

Même les groupes qui sug­gèrent véri­ta­ble­ment un plus grand degré d’in­dé­pen­dance, y com­pris l’As­so­cia­tion of Ame­ri­can Medi­cal Col­leges, le font dans le contexte d’un mariage stable – les der­nières recom­man­da­tions de l’as­so­cia­tion disent : « Un par­te­na­riat de prin­cipe entre l’in­dus­trie et le milieu uni­ver­si­taire est essen­tiel si nous sont de pré­ser­ver le pro­grès médi­cal et de conti­nuer à amé­lio­rer la san­té de nos citoyens. Cho dit : « Les conflits d’in­té­rêts sont tel­le­ment omni­pré­sents qu’un grand nombre de règles exis­tantes – ou leurs révi­sions – partent du prin­cipe que ces conflits sont néces­saires, voire sou­hai­tables, parce que les inté­rêts finan­ciers pri­vés des méde­cins ou des ins­ti­tuts de recherche ren­forcent les inté­rêts des patients au lieu d’en­trer en conflit avec eux. Et je ne pense pas que cette hypo­thèse soit juste ».

Des ins­ti­tu­tions comme l’U­ni­ver­si­té de Cali­for­nie à San Fran­cis­co (UCSF), l’un des prin­ci­paux béné­fi­ciaires aux États-Unis du finan­ce­ment de la recherche en san­té par le gou­ver­ne­ment et un cam­pus étroi­te­ment lié à l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique et au sec­teur bio­tech­no­lo­gique en plein essor, sont inexo­ra­ble­ment entraî­nées dans le débat. à proxi­mi­té de la Sili­con Val­ley. Un « groupe de tra­vail sur les conflits d’in­té­rêts » mis en place par le sénat aca­dé­mique vient de pro­duire un pro­jet de rap­port sol­li­ci­tant des évo­lu­tions majeures des règles rela­tives aux rela­tions avec les spon­sors pri­vés de la recherche. Reflé­tant de pro­fonds désac­cords au sein de l’u­ni­ver­si­té et de l’es­ta­blish­ment médi­cal au sens large, une sérieuse scis­sion s’est pro­duite au sein du groupe de tra­vail, qui doit bien­tôt rendre son rap­port. En fin de compte, le sénat aca­dé­mique fera une recom­man­da­tion à l’ad­mi­nis­tra­tion de l’u­ni­ver­si­té sur le sujet et, étant don­né la taille et le pres­tige de l’UCSF, les résul­tats de ce conflit actuel réson­ne­ront bien au-delà des col­lines de San Francisco.

Rela­tions avec les chercheurs

L’UCSF a actuel­le­ment la répu­ta­tion d’a­voir l’une des poli­tiques les plus strictes des États-Unis en matière de liens finan­ciers entre les cher­cheurs et les com­man­di­taires d’é­tudes, et ce pour deux rai­sons. Tout d’a­bord, la plu­part des autres ins­ti­tu­tions ne consi­dèrent pas les rela­tions des cher­cheurs avec des entre­prises indi­vi­duelles d’une valeur infé­rieure à 10 000 dol­lars au cours d’une année don­née comme un lien notable et n’exigent donc pas leur divul­ga­tion, alors qu’à l’UCSF, les cher­cheurs ayant un lien exté­rieur d’une valeur supé­rieure à 250 dol­lars doivent le divul­guer à l’ins­ti­tu­tion. Deuxiè­me­ment, il est expres­sé­ment inter­dit à un cher­cheur prin­ci­pal menant des recherches spon­so­ri­sées à l’UCSF d’a­voir toute autre forme de lien finan­cier avec ce spon­sor pen­dant la durée de ces recherches.

Mal­gré cette res­tric­tion appa­rente, une étude por­tant sur deux décen­nies de divul­ga­tions à l’UCSF a révé­lé l’exis­tence d’un réseau com­plexe de liens qui, bien que ne tou­chant qu’une petite mino­ri­té de la popu­la­tion du cam­pus, n’a ces­sé d’aug­men­ter. Les liens com­muns entre les uni­ver­si­taires et les socié­tés phar­ma­ceu­tiques ou bio­tech­no­lo­giques pri­vées comprenaient :

  • des confé­rences rému­né­rées, allant de 250 à 20 000 dol­lars par an ;
  • des consul­ta­tions rému­né­rées, la plu­part du temps infé­rieures à 10 000 $ mais pou­vant atteindre 120 000 $ par an ;
  • des postes rému­né­rés dans des conseils consul­ta­tifs ; et
  • des par­ti­ci­pa­tions au capi­tal, pour la plu­part supé­rieures à 10 000 dol­lars et pou­vant aller jus­qu’à 1 mil­lion de dollars.

Le pro­jet de rap­port pré­pa­ré pour le sénat aca­dé­mique de l’UCSF pré­co­nise un assou­plis­se­ment fon­da­men­tal de la règle uni­ver­si­taire – la fin de l’in­ter­dic­tion des liens per­son­nels avec un spon­sor pen­dant la durée d’un pro­jet de recherche spon­so­ri­sé et un chan­ge­ment de défi­ni­tion conforme à celui d’autres ins­ti­tu­tions, de sorte que tout lien de moins de 10 000 dol­lars par an avec une entre­prise indi­vi­duelle ne serait plus consi­dé­ré comme notable. Étant don­né que de nom­breux cher­cheurs ont des rela­tions finan­cières avec plu­sieurs entre­prises, les nou­velles règles pour­raient signi­fier qu’une grande par­tie des tran­sac­tions pri­vées des uni­ver­si­taires publics ne seraient pas divul­guées.

Le pré­sident du groupe de tra­vail, Michael Wei­ner, déclare que, bien que le comi­té for­te­ment divi­sé ne soit pas encore par­ve­nu à une recom­man­da­tion consen­suelle, son opi­nion per­son­nelle est que les inter­dic­tions actuelles sont inuti­le­ment res­tric­tives – une opi­nion qui, selon lui, est par­ta­gée par nombre de ses col­lègues cher­cheurs cli­niques à l’UCSF. Pen­dant ce temps, d’autres membres du groupe de tra­vail font pres­sion pour main­te­nir l’in­ter­dic­tion des liens finan­ciers per­son­nels pen­dant les recherches spon­so­ri­sées, et un membre ano­nyme m’a par­lé des dan­gers poten­tiels si l’UCSF lève l’in­ter­dic­tion : « Actuel­le­ment, le public pense qu’il peut faire confiance aux recherches menées par cette ins­ti­tu­tion. L’as­sou­plis­se­ment des règles pour­rait ouvrir la porte à des pré­oc­cu­pa­tions selon les­quelles les cher­cheurs pour­raient être influen­cés par le finan­ce­ment des entre­prises et leurs recherches pour­raient être biai­sées en faveur de ce sponsor. »

Rela­tions avec les cliniciens

Alors que le débat sur les liens entre les cher­cheurs uni­ver­si­taires et leurs spon­sors se pour­suit à l’UCSF, comme ailleurs, les inter­ac­tions de l’in­dus­trie avec les cli­ni­ciens pres­crip­teurs sont éga­le­ment exa­mi­nées. Le doyen de la facul­té de méde­cine de l’UCSF, Haile Debas, est de plus en plus pré­oc­cu­pé par ce qu’il consi­dère comme un accès incon­trô­lé de l’in­dus­trie aux méde­cins des cam­pus et par les don­nées indi­quant que de nom­breux jeunes méde­cins se croient à l’a­bri de l’in­fluence pro­mo­tion­nelle. « Je pense qu’il s’a­git d’un pro­blème très grave, auquel nous devons nous atta­quer », a‑t‑il déclaré.

Aux États-Unis, on estime que 80 000 repré­sen­tants de socié­tés phar­ma­ceu­tiques,  sou­te­nus par plus de 19 mil­liards de dol­lars de bud­gets pro­mo­tion­nels annuels com­bi­nés de l’in­dus­trie,  visitent des méde­cins chaque jour, y com­pris ceux qui tra­vaillent dans les ser­vices de l’hô­pi­tal du centre médi­cal de l’UCSF. Le maga­zine indus­triel Phar­ma­ceu­ti­cal Exe­cu­tive les décrit comme « l’ou­til de mar­ke­ting pré­fé­ré de l’in­dus­trie », car « les repré­sen­tants portent l’es­sen­tiel des attentes de vente » et les rela­tions qu’ils éta­blissent avec les méde­cins sont si essen­tielles. 

Presque chaque midi, une entre­prise spon­so­rise des piz­zas ou des pâtes gra­tuites à l’UCSF, et des dizaines de méde­cins rési­dents affa­més y par­ti­cipent. Comme Katz l’a obser­vé dans sa récente ana­lyse des cadeaux : « La nour­ri­ture, la flat­te­rie et l’a­mi­tié sont tous de puis­sants outils de per­sua­sion, en par­ti­cu­lier lors­qu’ils sont com­bi­nés. »  Mais les contacts qui com­mencent par un déjeu­ner gra­tuit ne sont pas seule­ment des argu­ments de vente à sens unique : de nom­breux cli­ni­ciens pres­crip­teurs sont éga­le­ment des uni­ver­si­taires en herbe, et le per­son­nel ami­cal de la socié­té phar­ma­ceu­tique qui accom­pagne le repas peut faci­li­ter le flux de finan­ce­ment de la recherche, les tour­nées de confé­rences et les pré­cieuses publi­ca­tions sur les­quelles se construisent des car­rières médi­cales réussies.

Aux États-Unis, les entre­prises phar­ma­ceu­tiques par­rainent chaque année près de 300 000 évé­ne­ments des­ti­nés aux méde­cins dans le cadre de leurs efforts de pro­mo­tion, dont beau­coup sont bien plus géné­reux que des piz­zas gra­tuites. Selon le nou­veau code volon­taire de l’in­dus­trie cou­vrant les rela­tions avec les pro­fes­sion­nels de la san­té, si une entre­prise fait venir 300 méde­cins dans un club de golf, rem­bourse leurs frais, paie leur par­ti­ci­pa­tion et les éduque sur le der­nier médi­ca­ment de l’en­tre­prise, afin de les for­mer pour qu’ils deviennent des membres de l’é­cu­rie de confé­ren­ciers rému­né­rés de l’en­tre­prise, l’en­semble de l’ac­ti­vi­té serait conforme.

Le vice-pré­­sident senior pour les affaires scien­ti­fiques et régle­men­taires de Phar­ma­ceu­ti­cal Research and Manu­fac­tu­rers Ame­ri­ca, John Kel­ly, défend le nou­veau code comme étant dans l’in­té­rêt des patients, et en ce qui concerne l’é­vé­ne­ment du centre de golf, il a décla­ré qu’il était « appro­prié de for­mer le nombre de confé­ren­ciers dont une entre­prise a besoin pour sou­te­nir ses efforts de communication. »

Le chef des ser­vices médi­caux de l’hô­pi­tal UCSF, Robert Wach­ter, pro­fes­seur de méde­cine, n’ap­prouve pas les jun­kets orga­ni­sés par les socié­tés, mais se féli­cite des piz­zas gra­tuites à l’heure du déjeu­ner, arguant qu’elles ne sont assor­ties d’au­cune condi­tion. « L’argent de l’in­dus­trie est accep­table tant que les entre­prises n’ont aucun rôle dans le choix du conte­nu ou des inter­ve­nants. » En tant que lea­der natio­nal d’une spé­cia­li­té émer­gente des méde­cins hos­pi­ta­liers appe­lés « hos­pi­ta­listes », Wach­ter voit une grande valeur dans l’é­du­ca­tion finan­cée par l’en­tre­prise, tant qu’il y a un pare-feu entre le par­rai­nage et le conte­nu édi­to­rial. Et dans son rôle de « lea­der d’o­pi­nion », il est par­fois rému­né­ré pour ren­con­trer des diri­geants de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique afin de déve­lop­per une com­pré­hen­sion mutuelle autour des enjeux liés à ce nou­veau domaine – des inter­ac­tions qu’il consi­dère comme appro­priées tant qu’elles sont trans­pa­rentes. Pour Haile Debas, les déjeu­ners gra­tuits et les for­ma­tions spon­so­ri­sées font par­tie d’un pro­ces­sus beau­coup plus vaste dans lequel les entre­prises « achètent de l’in­fluence » et éta­blissent des rela­tions pro­blé­ma­tiques, « créant des conflits d’in­té­rêts pour les pres­crip­teurs, qui peuvent à leur tour affec­ter leurs juge­ments sur les soins aux patients et faire aug­men­ter par inad­ver­tance les coûts des soins de santé ».

Avec un pic d’en­vi­ron 18% en 1999, la crois­sance annuelle des dépenses phar­ma­ceu­tiques de l’UCSF dans ses hôpi­taux et centres médi­caux a été maî­tri­sée en 2000, mais en 2003, elle aug­mente déjà à nou­veau à deux chiffres – pour toutes les rai­sons fami­lières : hausse des prix des médi­ca­ments, hausse volumes d’or­don­nances et pro­por­tion crois­sante d’or­don­nances rédi­gées pour les médi­ca­ments plus récents et plus chers (figure 2).

En outre, les pénu­ries régu­lières de médi­ca­ments plus anciens, moins chers, mais effi­caces, sont éga­le­ment à l’o­ri­gine de l’aug­men­ta­tion des coûts au centre médi­cal de l’UCSF et dans les hôpi­taux à tra­vers les États-Unis.

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Les uni­ver­si­taires char­gés de par­ve­nir à une uti­li­sa­tion plus ration­nelle des médi­ca­ments sont convain­cus que l’en­che­vê­tre­ment entre les socié­tés phar­ma­ceu­tiques et les méde­cins est en par­tie la rai­son de l’ex­plo­sion des coûts et une par­tie de la rai­son pour laquelle les ten­ta­tives de contrôle des coûts sont sapées. La doyenne de la phar­ma­cie de l’UCSF, Mary Anne Koda-Kimble, com­prend bien les avan­tages mutuels qui découlent de ces rela­tions, mais estime que ces liens exercent une influence indue sur la consom­ma­tion de médi­ca­ments. Son dépar­te­ment, comme d’autres à l’UCSF et ailleurs, est en train de repen­ser sérieu­se­ment, avec une dis­cus­sion ouverte sur les plans pour réduire fon­da­men­ta­le­ment l’in­fluence de l’industrie.

Redéfinir les relations

À la fin de l’an­née der­nière, Haile Debas a nom­mé son propre comi­té spé­cial pour « redé­fi­nir les rela­tions » avec l’in­dus­trie, et il vient de rece­voir son rap­port final (voir la par­tie 2 de cet article). « Il doit y avoir des rela­tions avec l’in­dus­trie, mais dans un cadre qui res­pecte l’in­dé­pen­dance du méde­cin et n’af­fecte pas indû­ment ses juge­ments sur les soins aux patients », a‑t‑il déclaré.

Un autre cher­cheur de l’UCSF pré­co­ni­sant un chan­ge­ment est Drum­mond Ren­nie, rédac­teur en chef adjoint de JAMA (le Jour­nal de l’A­me­ri­can Medi­cal Asso­cia­tion), qui sou­tient que la culture du cadeau, qui com­mence avec les étu­diants en méde­cine, engendre un sen­ti­ment de droit à long terme. « Je ne reproche pas aux spé­cia­listes du mar­ke­ting de se com­por­ter comme des spé­cia­listes du mar­ke­ting. Ce qu’ils font, c’est que les gens se sentent en droit – ce n’est donc pas un pot-de-vin ; c’est leur dû. Et vous vous retrou­vez dans une situa­tion où les méde­cins ne font pas cin­quante mètres lors d’une grande réunion médi­cale sans être trans­por­tés dans un bus de la com­pa­gnie pharmaceutique.

Le revers de ce sen­ti­ment de droit est bien sûr l’en­det­tement, qui, comme le sou­ligne Katz, doit être rem­bour­sé par le sou­tien aux médi­ca­ments du mécène  avec un sen­ti­ment d’o­bli­ga­tion en conflit direct avec l’ obli­ga­tion prin­ci­pale des méde­cins à leurs patients.

Remarques

De nom­breuses demandes d’en­tre­tien avec la socié­té phar­ma­ceu­tique Genen­tech, pour dis­cu­ter des direc­tives de l’A­me­ri­can Heart Asso­cia­tion et des ques­tions plus larges de l’en­che­vê­tre­ment, ont été refusées.

Inté­rêts concur­rents : Aucun n’a été déclaré.

Réfé­rences

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Les articles du BMJ sont four­nis ici avec l’ai­mable auto­ri­sa­tion de BMJ Publi­shing Group

 

Deuxième par­tie de l’article :
Source de la 2ème par­tie : https://​www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​m​c​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​P​M​C​1​1​2​6​0​54/
(tra­duc­tion auto­ma­tique relue par moi => il peut donc res­ter des coquilles bien sûr)

Qui paie la pizza ? Redéfinir les relations entre les médecins et les sociétés pharmaceutiques.
2 : démêlage

Ray Moy­ni­han , jour­na­liste 1

Si l’As­so­cia­tion amé­ri­caine des étu­diants en méde­cine a quelque chose à voir avec cela, les rela­tions entre les méde­cins et l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique seront bien­tôt consi­dé­ra­ble­ment dif­fé­rentes. Repré­sen­tant 30 000 étu­diants, sta­giaires et rési­dents à tra­vers les États-Unis, l’as­so­cia­tion mène une cam­pagne inti­tu­lée « Pharm­Free », qui demande la fin des cadeaux, des déjeu­ners gra­tuits, des for­ma­tions spon­so­ri­sées et des confé­rences rému­né­rées. 1

Figure 1

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Sue Sharples

Les étu­diants sont invi­tés à signer un enga­ge­ment Pharm­Free à recher­cher des sources impar­tiales d’in­for­ma­tions sur les soins de san­té et à prê­ter un ser­ment d’Hip­po­crate récem­ment révi­sé, appe­lé « ser­ment modèle pour le nou­veau méde­cin », qui com­prend les enga­ge­ments : « Je pren­drai des déci­sions médi­cales. à l’a­bri de l’in­fluence de la publi­ci­té ou de la pro­mo­tion. Je n’ac­cep­te­rai pas d’argent, de cadeaux ou d’hos­pi­ta­li­té qui pour­raient créer un conflit d’in­té­rêts dans mon édu­ca­tion, ma pra­tique, mon ensei­gne­ment ou mes recherches. »

L’étrange devient familier

La cam­pagne de Ame­ri­can Medi­cal Student Asso­cia­tion est ins­pi­rée en par­tie par le tra­vail de l’as­so­cia­tion new-yor­­kaise Pas de déjeu­ner libre (No Free Lunch), qui reven­dique la devise « Dites sim­ple­ment non aux repré­sen­tants de médi­ca­ments », qui orga­nise une amnis­tie de sty­los, et qui, avec un groupe aus­tra­lien appe­lé Heal­thy Skep­ti­cism exhorte les méde­cins à se détour­ner de l’é­du­ca­tion et de l’in­for­ma­tion sou­te­nues par l’in­dus­trie pour se tour­ner vers des docu­ments indé­pen­dants.  Selon No Free Lunch, « Notre que­relle n’est pas avec l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique mais avec la pro­mo­tion de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Le moment est venu d’é­li­mi­ner son influence de nos pra­tiques. » Ces petites cam­pagnes sont les signes d’une redé­fi­ni­tion fon­da­men­tale des rela­tions entre les méde­cins et les socié­tés phar­ma­ceu­tiques, alors que les asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles, les orga­nismes de nor­ma­li­sa­tion et les ins­ti­tu­tions indi­vi­duelles du monde entier com­mencent à démê­ler cer­tains des flux mal­sains d’argent et d’in­fluence (enca­dré).

Ten­dances au désenchevêtrement

  • Res­tric­tions ou inter­dic­tions concer­nant les visites de repré­sen­tants de médi­ca­ments chez les médecins.
  • Res­tric­tions ou inter­dic­tions concer­nant les évé­ne­ments édu­ca­tifs finan­cés par l’industrie.
  • Inter­dic­tion aux indi­vi­dus ou aux orga­ni­sa­tions ayant des conflits d’in­té­rêts de gérer la for­ma­tion médi­cale conti­nue agréée.
  • Évo­lu­tion vers une for­ma­tion médi­cale conti­nue finan­cée de manière indé­pen­dante et vers le recours à des sources d’in­for­ma­tion indépendantes.
  • Cam­pagnes visant à mettre fin à l’ac­cep­ta­tion de tous les cadeaux et voyages.
  • Cam­pagnes visant à mettre fin à l’ac­cep­ta­tion d’ho­no­raires pour les inter­ven­tions lors de confé­rences éducatives.
  • Les orga­nismes pro­fes­sion­nels réduisent leur dépen­dance à l’é­gard du par­rai­nage des socié­tés pharmaceutiques.
  • Inter­dic­tion par les asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles aux cher­cheurs ayant des conflits d’in­té­rêts de mener des recherches.
  • Les revues médi­cales réduisent leur dépen­dance à l’é­gard des recettes publi­ci­taires et des sup­plé­ments sponsorisés.
  • Appels à la créa­tion de « trusts aveugles » au niveau ins­ti­tu­tion­nel pour gérer de manière indé­pen­dante les finan­ce­ments extérieurs.
  • Intro­duc­tion dans les direc­tives de la « pré­somp­tion réfu­table » selon laquelle les cher­cheurs ayant des conflits d’in­té­rêts ne peuvent pas mener de recherches sur des sujets humains.
  • Appels à la créa­tion de nou­veaux orga­nismes natio­naux pour mener des recherches moti­vées par l’in­té­rêt public
  • Demande aux membres des comi­tés de régle­men­ta­tion et des comi­tés consul­ta­tifs d’é­vi­ter les conflits d’intérêts.

Points de synthèse

Les groupes de réforme de la méde­cine et les asso­cia­tions d’é­tu­diants réclament un désen­ga­ge­ment des entre­prises phar­ma­ceu­tiques et une édu­ca­tion et des sources d’in­for­ma­tion indépendantes.

L’U­ni­ver­si­té de Cali­for­nie à San Fran­cis­co envi­sage de mettre fin aux déjeu­ners gra­tuits spon­so­ri­sés par les entre­prises phar­ma­ceu­tiques et de reti­rer les repré­sen­tants des médicaments.

Les asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles et les orga­nismes de nor­ma­li­sa­tion s’o­rientent vers une plus grande dis­tance dans leurs rela­tions avec l’industrie.

L’in­dus­trie défend la valeur de son par­rai­nage édu­ca­tif pour les patients et rejette l’i­dée d’une ten­dance au désenchevêtrement.

L’an­cienne norme de divul­ga­tion a été com­plé­tée par une demande crois­sante de plus de dis­tance dans les rela­tions. Selon les lignes direc­trices récem­ment révi­sées de l’As­so­cia­tion of Ame­ri­can Medi­cal Col­leges sur les inté­rêts finan­ciers des cher­cheurs en méde­cine, « la trans­pa­rence, bien que néces­saire pour main­te­nir la confiance du public dans la recherche uni­ver­si­taire, n’est pas suf­fi­sante pour pro­té­ger les sujets humains. »  Ces direc­tives, conçues pour aider à remo­de­ler les règles sur plus de 100 cam­pus à tra­vers l’A­mé­rique du Nord, ont intro­duit une nou­velle pré­somp­tion : « une per­sonne qui a un inté­rêt finan­cier impor­tant dans une recherche impli­quant des sujets humains ne peut pas mener de telles recherches », sauf si les cir­cons­tances sont impé­rieuses et si pré­somp­tion peut être réfu­tée avec succès.

À l’U­ni­ver­si­té de Cali­for­nie à San Fran­cis­co (UCSF), un comi­té spé­cial convo­qué par le doyen de la facul­té de méde­cine vient de recom­man­der la fin des déjeu­ners gra­tuits pour les méde­cins et l’a­ban­don du par­rai­nage direct par l’en­tre­prise des évé­ne­ments édu­ca­tifs par les entre­prises. Dans le même temps, le direc­teur géné­ral du centre médi­cal de l’u­ni­ver­si­té — un com­plexe avec un chiffre d’af­faires de 800 mil­lions de dol­lars (500 mil­lions de livres ster­ling ; 700 mil­lions d’eu­ros) par an et qui accueille un mil­lion de patients — sou­haite res­treindre sévè­re­ment l’ac­cès des repré­sen­tants des socié­tés phar­ma­ceu­tiques aux méde­cins pres­crip­teurs et pour­raient même sup­pri­mer entiè­re­ment les repré­sen­tants du sys­tème hos­pi­ta­lier. L’u­ni­ver­si­té n’est pas à l’a­vant-garde d’une telle réforme, mais sa taille et son pres­tige garan­tissent que son chan­ge­ment radi­cal dans les rela­tions entre méde­cins et entre­prises phar­ma­ceu­tiques a une audience mondiale.

Relations avec les cliniciens

« C’est une prise de conscience dans le monde aca­dé­mique que nous devons nous assu­rer que nos rela­tions sont plus appro­priées », déclare le doyen de la facul­té de méde­cine de l’UCSF et ancien chan­ce­lier d’u­ni­ver­si­té, Haile Debas. « Les rela­tions avec l’in­dus­trie sont essen­tielles, mais elles doivent être redé­fi­nies. » Le rap­port que Debas a com­man­dé en 2002 vient de recom­man­der la fin des déjeu­ners gra­tuits par­rai­nés par les entre­prises et la fin du par­rai­nage direct de tous les évé­ne­ments édu­ca­tifs sur le cam­pus. On ne sait pas encore exac­te­ment com­ment ces nou­velles règles pour­raient fonc­tion­ner dans la pra­tique, ni si le par­rai­nage indi­rect rem­pla­ce­ra les flux moné­taires exis­tants. Debas est cepen­dant convain­cu qu’un chan­ge­ment est en train de s’o­pé­rer dans ces rela­tions : « Je pense qu’il y aura plus de distance. »

Le pré­sident du comi­té de rap­port, vice-doyen pour les affaires aca­dé­miques, Neal Cohen, affirme que le mou­ve­ment de chan­ge­ment est comme un « rou­leau com­pres­seur » mû par de nom­breuses forces dans l’u­ni­ver­si­té, du corps médi­cal et de la com­mu­nau­té au sens large. Spé­cia­liste des soins inten­sifs, Cohen, comme de nom­breux méde­cins éta­blis, a béné­fi­cié de l’en­che­vê­tre­ment avec l’in­dus­trie ; il garde un sou­ve­nir ému d’une visite payée aux anti­podes. « Une fois, j’ai fait un voyage en Aus­tra­lie finan­cé par une socié­té phar­ma­ceu­tique, pour par­ler d’un anes­thé­sique. » Le refe­­rait-il main­te­nant ? « Non. J’ai­me­rais retour­ner en Aus­tra­lie, mais je paie­rai moi-même. Je crois que j’ai don­né des conseils objec­tifs, mais il serait dif­fi­cile de convaincre quel­qu’un d’autre que ma route vers l’Aus­tra­lie n’é­tait pas enta­chée. Aujourd’­hui, je réflé­chi­rais beau­coup plus atten­ti­ve­ment à ma rela­tion avec l’in­dus­trie. Les pré­oc­cu­pa­tions rela­tives aux conflits d’in­té­rêts sont beau­coup plus pré­sentes dans mon esprit qu’elles ne l’é­taient il y a 10 ou 15 ans. »

En face de l’é­cole de méde­cine se trouve l’ad­mi­nis­tra­tion du centre médi­cal de l’u­ni­ver­si­té, où le direc­teur géné­ral Mark Laret tra­vaille depuis son bureau du cin­quième étage avec vue sur le parc du Gol­den Gate et le pont au-delà. « À cer­tains égards, nous sommes tous dépen­dants de l’argent des grandes socié­tés phar­ma­ceu­tiques », dit-il, fai­sant réfé­rence au géné­reux finan­ce­ment de déjeu­ners gra­tuits et d’é­vé­ne­ments édu­ca­tifs impor­tants à l’u­ni­ver­si­té, « mais nous allons devoir nous sevrer d’une dépen­dance géné­ra­le­ment inap­pro­priée. Cette rela­tion est l’une de ces choses que nous devons net­toyer. Le plus tôt sera le mieux. »

Comme Haile Debas, Laret est deve­nu par­ti­cu­liè­re­ment pré­oc­cu­pé par l’ac­cès incon­trô­lé des repré­sen­tants des socié­tés phar­ma­ceu­tiques aux méde­cins et, dans cer­tains cas, aux patients. Au début de l’an­née, M. Laret a dis­cu­té avec le doyen de l’é­cole de phar­ma­cie de la pos­si­bi­li­té de déve­lop­per du maté­riel édu­ca­tif pour les méde­cins hos­pi­ta­liers qui pour­rait effec­ti­ve­ment « com­plé­ter ou même sup­plan­ter » celui dis­tri­bué par les repré­sen­tants des socié­tés phar­ma­ceu­tiques. Il avait été cho­qué, lors de dis­cus­sions avec des méde­cins rési­dents, encore en for­ma­tion, de consta­ter à quel point nombre d’entre eux s’en remet­taient aux repré­sen­tants des entre­prises phar­ma­ceu­tiques pour s’in­for­mer sur les médi­ca­ments. « Je pense que cela doit chan­ger. Les patients veulent être sûrs que les déci­sions que prennent leurs méde­cins ne sont pas indû­ment influen­cées par le mar­ke­ting des socié­tés pharmaceutiques. »

Il res­sort clai­re­ment des conver­sa­tions avec de nom­breux res­pon­sables de l’UCSF qu’un plan se des­sine pour, à terme, « virer les repré­sen­tants », mais M. Laret dit qu’il ne pré­juge pas de l’o­rien­ta­tion du pro­ces­sus actuel. Étant don­né que les repré­sen­tants et leurs visites indi­vi­duelles repré­sentent une grande par­tie du bud­get pro­mo­tion­nel annuel de 19 mil­liards de dol­lars de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique aux États-Unis, il est peu pro­bable que les socié­tés phar­ma­ceu­tiques cèdent un cam­pus influent comme l’UCSF sans se battre. Lors­qu’on lui demande si ses pro­jets ne risquent pas d’é­chouer, M. Laret répond : « Nous par­lons d’un chan­ge­ment de culture dans l’or­ga­ni­sa­tion. Il s’a­git de savoir quand, pas si ».

Laret, admi­nis­tra­teur pro­fes­sion­nel d’hô­pi­taux, a beau­coup réflé­chi à l’im­por­tance des rela­tions entre les méde­cins et les entre­prises phar­ma­ceu­tiques, ayant sié­gé au groupe de tra­vail spé­cial de l’As­so­cia­tion of Ame­ri­can Medi­cal Col­leges qui a pro­duit les nou­velles direc­tives natio­nales. « La der­nière chose que nous vou­lons faire est d’é­touf­fer la créa­ti­vi­té. La com­mer­cia­li­sa­tion de la science est une bonne chose pour les êtres humains », affirme-t-il. « Nous ne devons pas consi­dé­rer les grandes entre­prises phar­ma­ceu­tiques comme des enne­mis ; elles sont des par­te­naires pré­cieux. Mais trou­ver les bons termes de cette rela­tion est le véri­table défi. »

Ce thème est repris par M. Cohen : « Le véri­table dilemme éthique n’est pas celui du repas gra­tuit, mais celui de la pré­ser­va­tion des pos­si­bi­li­tés de nou­veaux déve­lop­pe­ments, qui néces­sitent des rela­tions étroites pour que les nou­veaux pro­duits cor­res­pondent aux besoins cli­niques. La ques­tion est de savoir com­ment entre­te­nir ces rela­tions sans com­pro­mettre la cré­di­bi­li­té des chercheurs. »

Rela­tions avec les chercheurs

Les der­nières direc­tives de l’As­so­cia­tion of Ame­ri­can Medi­cal Col­leges — qui pré­voient la nou­velle pré­somp­tion selon laquelle un conflit d’in­té­rêts impor­tant peut empê­cher un cher­cheur de mener des recherches — offrent cer­taines orien­ta­tions aux ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires qui cherchent à redé­fi­nir leurs rela­tions avec les spon­sors, mais il est trop tôt pour voir com­ment elles sont mises en pra­tique. D’autres conseils ont été don­nés par le groupe indus­triel Phar­ma­ceu­ti­cal Research and Manu­fac­tu­rers of Ame­ri­ca, qui pro­mulgue actuel­le­ment une nou­velle série de prin­cipes pour les rela­tions. Adop­tés l’an­née der­nière, ces prin­cipes sti­pulent que  » les pro­mo­teurs n’en­ga­ge­ront pas, pour mener des essais cli­niques, des cher­cheurs qui ont des inté­rêts exclu­sifs dans le com­po­sé étu­dié « , bien qu’ils n’in­ter­disent pas la myriade d’autres formes de liens finan­ciers entre les pro­mo­teurs et les cher­cheurs. En réponse à l’a­larme crois­sante du public concer­nant les cas dans les­quels des résul­tats peu flat­teurs ont été sup­pri­més — y com­pris un exemple notoire à l’UCSF dans lequel des don­nées sur un médi­ca­ment thy­roï­dien pro­ve­nant d’un essai spon­so­ri­sé ont été enter­rées pen­dant sept ans — les nou­veaux prin­cipes de l’in­dus­trie exhortent les entre­prises à rap­por­ter toutes les essais spon­so­ri­sés, même s’ils sont défa­vo­rables. 

En tant que membre du comi­té char­gé d’exa­mi­ner et de gérer les liens finan­ciers entre les uni­ver­si­taires de l’UCSF et leurs spon­sors indus­triels, le pro­fes­seur asso­cié Mary-Mar­­ga­­ret Chren se féli­cite de la ten­dance actuelle à mettre plus de dis­tance dans ces rela­tions. « La divul­ga­tion est un outil très limi­té pour gérer les conflits d’in­té­rêts », dit-elle, en fai­sant valoir que la méde­cine devrait s’a­li­gner sur les autres pro­fes­sions. « Notre sys­tème ne tolé­re­rait jamais que des juges prennent de l’argent de ceux qu’ils jugent, pour­tant, pour une rai­son quel­conque, cela ne s’ap­plique pas à la méde­cine, et les méde­cins estiment qu’ils devraient avoir une liber­té totale sans aucune pro­tec­tion contre des rela­tions poten­tiel­le­ment com­pro­met­tantes. »

Il y a près de dix ans, Chren, un der­ma­to­logue rat­ta­ché au San Fran­cis­co Vete­rans Affairs Medi­cal Cen­ter, a publié un article sug­gé­rant qu’un « inter­mé­diaire ins­ti­tu­tion­nel indé­pen­dant à but non lucra­tif soit res­pon­sable de toutes les inter­ac­tions entre les méde­cins scien­ti­fiques et les entre­prises ». Bien qu’elle ait été igno­rée en 1994, l’i­dée de Chren pour­rait deve­nir plus per­ti­nente aujourd’­hui si les ten­ta­tives actuelles de désen­che­vê­tre­ment se poursuivent.

L’Ac­cre­di­ta­tion Coun­cil for Conti­nuing Medi­cal Edu­ca­tion, l’or­ga­nisme qui fixe les normes de la for­ma­tion médi­cale conti­nue aux États-Unis, vient de publier un nou­veau pro­jet de direc­tives indi­quant que les cher­cheurs ou les ensei­gnants ayant des liens finan­ciers avec des socié­tés phar­ma­ceu­tiques ou d’autres spon­sors peuvent avoir des conflits d’in­té­rêts et seraient donc « exclus des rôles de membre du comi­té de pla­ni­fi­ca­tion, de ges­tion­naire, d’en­sei­gnant et d’au­teur » dans le cadre de la for­ma­tion médi­cale conti­nue. Le pré­am­bule du pro­jet indique clai­re­ment qu’il pro­pose une grande rup­ture avec le pas­sé : « Désor­mais, un conflit d’in­té­rêts exclu­ra une per­sonne ou une entre­prise du contrôle du conte­nu de la FMC. Nous recon­nais­sons qu’il s’a­git d’un chan­ge­ment majeur ». Le pro­jet a sus­ci­té de vives réac­tions de la part des asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles, qui affirment que d’im­por­tantes acti­vi­tés édu­ca­tives n’au­raient pas lieu sans le sou­tien des entre­prises pharmaceutiques.

« C’est absurde », déclare Drum­mond Ren­nie, rédac­teur adjoint au JAMA et pro­fes­seur de méde­cine à l’UCSF. « Cet argu­ment pré­sup­pose que cer­tains des plus aisés de notre socié­té n’ont pas les moyens de payer leur déjeu­ner, leur for­ma­tion ou leur confé­rence. Mais devi­nez quoi, toutes sortes de per­sonnes plus pauvres paient chaque étape du pro­ces­sus. Per­sonne ne leur donne de l’argent. Lorsque j’en­tends des méde­cins crier à la pau­vre­té… et à l’in­ca­pa­ci­té de payer leurs études, j’ai honte de ma pro­fes­sion car ce sont des men­songes évi­dents. »

John Kel­ly, vice-pré­­sident senior des affaires scien­ti­fiques et régle­men­taires chez Phar­ma­ceu­ti­cal Research and Manu­fac­tu­rers of Ame­ri­ca, affirme que son sec­teur ne sou­tient pas le pro­jet de règles rela­tives à la for­ma­tion médi­cale conti­nue et, lors d’une récente inter­view, il s’est dit convain­cu qu’elles ne seraient pas mises en œuvre. M. Kel­ly sou­tient fer­me­ment que la for­ma­tion médi­cale conti­nue spon­so­ri­sée est dans l’in­té­rêt des patients car elle faci­lite l’ac­cès des méde­cins aux « meilleures infor­ma­tions dis­po­nibles », mais il n’a pas vou­lu répondre à la ques­tion de savoir pour­quoi la for­ma­tion médi­cale conti­nue spon­so­ri­sée était dans l’in­té­rêt de ses spon­sors. Sur la ques­tion plus large des mou­ve­ments nais­sants vers le désen­che­vê­tre­ment, Kel­ly a fait ce com­men­taire : « Il faut faire atten­tion à ne pas sur­in­ter­pré­ter ce qui se passe dans une seule ins­ti­tu­tion ou un seul pro­jet de direc­tives, ou à ne pas y voir une ten­dance. Ce n’est pas une ten­dance ». Le pro­jet de rap­port du groupe de tra­vail sur les conflits d’in­té­rêts du sénat aca­dé­mique de l’UCSF, qui pré­co­nise un assou­plis­se­ment des règles et une impli­ca­tion poten­tiel­le­ment plus étroite, cor­ro­bore cer­tai­ne­ment l’af­fir­ma­tion de Kel­ly (voir la pre­mière par­tie de cet article).

Inter­ro­gé sur la cam­pagne Pharm­Free menée par l’As­so­cia­tion amé­ri­caine des étu­diants en méde­cine, M. Kel­ly a décla­ré que, contrai­re­ment aux étu­diants, les orga­ni­sa­tions repré­sen­tant les méde­cins en exer­cice conti­nuent de recon­naître le rôle impor­tant des entre­prises dans le finan­ce­ment des acti­vi­tés édu­ca­tives. Pour­tant, cer­tains groupes pro­fes­sion­nels ont déjà com­men­cé à se défaire de leur dépen­dance finan­cière vis-à-vis des entre­prises phar­ma­ceu­tiques. La Socie­ty of Gene­ral Inter­nal Medi­cine a intro­duit l’an­née der­nière une poli­tique limi­tant le finan­ce­ment des socié­tés phar­ma­ceu­tiques à 10 % du bud­get annuel total de l’or­ga­ni­sa­tion, aucune socié­té ne pou­vant finan­cer plus de 5 %. Après la mise en œuvre de ces nou­velles règles, le par­rai­nage de la confé­rence annuelle de la socié­té par les entre­prises phar­ma­ceu­tiques a chu­té de plus de 100 000 dol­lars (près de 70 %).

Le pré­sident de la socié­té et pro­fes­seur à l’u­ni­ver­si­té de Cali­for­nie à Los Angeles, Mar­tin Sha­pi­ro, explique que les chan­ge­ments ont été pré­ci­pi­tés par un cas par­ti­cu­lier de recherche spon­so­ri­sée, dans un contexte d’in­quié­tude crois­sante quant à la proxi­mi­té entre les asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles et leurs spon­sors. « Il suf­fit de se pro­me­ner dans les salles de cer­taines autres réunions pro­fes­sion­nelles et confé­rences médi­cales pour consta­ter que ça pue la pro­pa­gande et l’at­ti­rail phar­ma­ceu­tiques. Et il ne suf­fit pas de tra­ver­ser ces salles en se bou­chant le nez — l’argent de la socié­té est déjà dans votre poche par le biais de la sub­ven­tion de vos frais de confé­rence ou de votre adhé­sion à une asso­cia­tion. »

Vers un désenchevêtrement

Der­rière les récep­tion­nistes, dans le hall très fré­quen­té du centre médi­cal de l’UCSF, un pan­neau indique : « Notre mis­sion est de soi­gner, gué­rir, ensei­gner et décou­vrir. » Une grande par­tie de cette décou­verte est main­te­nant gérée par les entre­prises phar­ma­ceu­tiques, qui tra­vaillent en rela­tion avec les méde­cins, déve­lop­pant de nou­velles thé­ra­pies pro­met­teuses et ren­tables. Le défi pour ceux qui dirigent les hôpi­taux, les ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires et les sys­tèmes de san­té dans leur ensemble est de faci­li­ter le meilleur de ces rela­tions de décou­verte, sans lais­ser les flux de bonne volon­té, d’argent et d’in­fluence qui en résultent déna­tu­rer fon­da­men­ta­le­ment les dimen­sions de soin, de gué­ri­son et d’en­sei­gne­ment de la mis­sion médicale.

Le déve­lop­pe­ment de nou­veaux pro­duits phar­ma­ceu­tiques et leur pro­mo­tion sont deux acti­vi­tés très dif­fé­rentes, et l’exa­men minu­tieux de l’in­dus­trie, moti­vé en grande par­tie par l’ac­cé­lé­ra­tion des dépenses en médi­ca­ments, ne fera que cla­ri­fier les limites entre ces dif­fé­rentes acti­vi­tés. De nom­breux méde­cins, ain­si que leurs asso­cia­tions pro­fes­sion­nelles, sont confron­tés à des choix dif­fi­ciles : doivent-ils conti­nuer à faire par­tie de la machi­ne­rie pro­mo­tion­nelle éten­due de l’in­dus­trie ou doivent-ils cher­cher à prendre une réelle dis­tance dans leurs rela­tions, afin de pres­crire, d’en­sei­gner et de don­ner des conseils de manière réel­le­ment indé­pen­dante ? L’é­vo­lu­tion crois­sante vers une véri­table sépa­ra­tion pour­rait bien rendre inte­nables des conflits d’in­té­rêts aupa­ra­vant acceptables.

En mars 2003, dans une salle située à deux pas du bureau du doyen de l’UCSF, un groupe impor­tant d’é­tu­diants en pre­mière et deuxième année de méde­cine se réga­lait de piz­zas, de hot dogs et des omni­pré­sents ham­bur­gers. Bien qu’il s’a­gisse d’un endroit idéal pour éta­blir un réseau d’en­tre­prises avec la pro­chaine géné­ra­tion de pres­crip­teurs, il n’y avait pas un seul repré­sen­tant ou logo de médi­ca­ment en vue. Confus, j’ai trou­vé les orga­ni­sa­teurs qui m’ont dit que ce déjeu­ner gra­tuit était payé par l’u­ni­ver­si­té et, comme la ligne du T‑shirt, n’é­tait cer­tai­ne­ment « pas sponsorisé ».

Remarques

Je remer­cie Alan Cas­sels, cher­cheur en poli­tique phar­ma­ceu­tique à l’U­ni­ver­si­té de Vic­to­ria, au Cana­da, pour ses com­men­taires réfléchis.

Inté­rêts concur­rents : Aucun déclaré.

Réfé­rences

2. Pas de déjeu­ner gra­tuit. http://​nofree​lunch​.org/ (consul­té le 8 mai 2003).
3. Scep­ti­cisme sain. www​.heal​thys​kep​ti​cism​.org (consul­té le 8 mai 2003).
4. Groupe de tra­vail sur les conflits d’in­té­rêts finan­ciers dans la recherche cli­nique. Pro­té­ger les sujets, pré­ser­ver la confiance, pro­mou­voir le pro­grès. Asso­cia­tion of Ame­ri­can Medi­cal Col­leges, 2001 : 9. www​.aamc​.org/​m​e​m​b​e​r​s​/​c​o​i​t​f​/​s​t​a​r​t​.​htm (page sup­pri­mée) (consul­té le 28 avril 2003).
5. Recherche phar­ma­ceu­tique et fabri­cants d’A­mé­rique. Prin­cipes sur la conduite des essais cli­niques et la com­mu­ni­ca­tion des résul­tats des essais cli­niques. Washing­ton, DC : PhR­MA, 2002 www​.phr​ma​.org/​p​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​q​u​i​c​k​f​a​c​t​s​/​2​0​.​0​6​.​2​0​0​2​.​4​2​8​.​cfm (consul­té le 8 mai 2003).
6. Ren­nie D. Tem­pête thy­roï­dienne. JAMA 1997 ; 277 : 1238–43. [ Pub­Med ]  ]
7. Chren M. Enquê­teurs indé­pen­dants et socié­tés à but lucra­tif. Arch Der­ma­tol 1994 ; 130 : 432–7. [ Pub­Med ]  ]
8. Le Conseil d’ac­cré­di­ta­tion pour les normes de for­ma­tion médi­cale conti­nue pour assu­rer la sépa­ra­tion de la pro­mo­tion de l’é­du­ca­tion dans le cadre des acti­vi­tés de FMC des four­nis­seurs accré­di­tés de l’ACCME . Chi­ca­go : ACCME, 2003. www​.accme​.org/​i​n​c​o​m​i​n​g​/​S​C​S​_​D​r​a​f​t​_​J​a​n​_​2​0​0​3​.​pdf (page sup­pri­mée) (consul­té le 8 mai 2003).

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[Le prétendu « consensus scientifique » (qui légitime toutes les mesures politiques de persécution) est FAUX, TRUQUÉ, FORCÉ : c’est bien un consensus mais un consensus de tricheurs – Exemples récents de la corruption générale de la science médicale] « Au nom de la science. La science peut-elle servir de guide à notre société ? » Par Maxime Langevin, chez Laurent Mucchielli

Chers amis,
 
Le docu­ment que je vous signale  aujourd’­hui est sans doute un des plus impor­tants depuis un an, et il est par­ti­cu­liè­re­ment révol­tant : des pres­sions innom­brables, liées à la fois à l’ap­pât du gain et à la soif de domi­na­tion, entraînent une cor­rup­tion géné­rale de la science médi­cale qui la dis­cré­dite gra­ve­ment, à toutes les étapes de sa pro­duc­tion et de sa dif­fu­sion. Ceux qui aiment vrai­ment la science, et qui comptent sur elle, ne peuvent que s’en alarmer.
 
Cette réflexion essen­tielle devrait nous aider à mieux résis­ter aux invrai­sem­blables abus de pou­voir, sup­pres­sions de liber­tés fon­da­men­tales et per­sé­cu­tions arbi­traires qui nous sont infli­gés au nom de la science depuis un an (et appa­rem­ment pour encore longtemps).
 
Plus lar­ge­ment, ce texte de Maxime Lan­ge­vin évoque pour moi un pro­blème consti­tuant cen­tral : la menace radi­ca­le­ment anti­dé­mo­cra­tique de « la gou­ver­nance par les nombres » (ne ratez pas les confé­rences bou­le­ver­santes d’A­lain Supiot sur ce point), qui est un pro­jet de dépo­li­ti­sa­tion des déci­sions com­munes, de façon à lais­ser tout déci­der par des « experts ». Or, même avec des experts intègres, ce pro­jet scien­tiste est le strict oppo­sé de la démocratie.
 
Ce qu’on va voir ici, c’est que, en plus d’être (par prin­cipe démo­cra­tique) illé­gi­times à déci­der, les experts sont loin d’être intègres et fiables, du point de vue du bien commun.
 
Et au fond, tout ceci me ren­force dans l’i­dée que, comme toutes nos orga­ni­sa­tions vitales (ali­men­ta­tion, dis­tri­bu­tion, éner­gies, trans­ports…), notre sys­tème de soins (recherche médi­cale, indus­trie médi­cale et éta­blis­se­ment médi­caux) devrait être un ser­vice public (donc sans contrainte de ren­ta­bi­li­té) et pas du tout un centre de pro­fit pri­vé.
 
Et mes amis qui me reprochent (par­fois amè­re­ment) de ne pas res­pec­ter doci­le­ment « LE consen­sus scien­ti­fique mon­dial » (avec de gros guille­mets), au point de voir en moi un « anti-science » (sic), trou­ve­ront ici (une par­tie) des rai­sons fac­tuelles qui me conduisent (logi­que­ment) à être très méfiant envers toutes les pré­ten­tions scien­ti­fiques à nous gou­ver­ner, et qui me conduisent donc à défendre plus que jamais les liber­tés publiques fon­da­men­tales (ce que je fais inlas­sa­ble­ment depuis 2005).
 
Bonne lecture.
 
Étienne.
 
PS : je vous recom­mande de consul­ter régu­liè­re­ment le blog de Laurent Muc­chiel­li ; c’est tou­jours inté­res­sant et impor­tant, vous ne per­drez pas votre temps.
 
PPS : les sous-titres (popu­listes et pas contents) dans des cadres bleus sont ajou­tés par moi : ils cor­res­pondent aux notes que j’ai prises en marge du texte, en le lisant, pour le résu­mer à ma manière.

 


 

Intro­duc­tion de Laurent Mucchielli :
« C’est au nom de l’au­to­ri­té de la science que le gou­ver­ne­ment a depuis un an déci­dé de mettre sous cloche les pro­ces­sus démo­cra­tiques et cer­taines liber­tés fon­da­men­tales. Or la science n’est ni infaillible, ni incor­rup­tible. Reve­nant sur plu­sieurs exemples mar­quants de 2020, cet article montre que, en réa­li­té, c’est bien plus sou­vent la poli­tique qui a influen­cé la science que l’inverse. »
Source : https://​blogs​.media​part​.fr/​l​a​u​r​e​n​t​–​m​u​c​c​h​i​e​l​l​i​/​b​l​o​g​/​2​9​0​3​2​1​/​a​u​–​n​o​m​–​d​e​–​l​a​–​s​c​i​e​n​c​e​–​l​a​–​s​c​i​e​n​c​e​–​p​e​u​t​–​e​l​l​e​–​s​e​r​v​i​r​–​d​e​–​g​u​i​d​e​–​n​o​t​r​e​–​s​o​c​i​ete

 

Au nom de la science. La science peut-elle servir de guide à notre société ?

Par Maxime LANGEVIN, diplô­mé de l’École Poly­tech­nique, doc­to­rant en mathé­ma­tiques appli­quées pour la chimie

La science est étouf­fée par une volon­té de gain poli­tique et finan­cier. Le covid-19 a déchaî­né une cor­rup­tion éta­tique à grande échelle, néfaste pour la san­té publique.” Cette décla­ra­tion fra­cas­sante, poin­tant du doigt une sup­pres­sion – voire une ins­tru­men­ta­li­sa­tion – de la science par un com­plexe médi­­co-poli­­tique, semble être tirée d’une tri­bune com­plo­tiste. C’est en réa­li­té un extrait d’un édi­to­rial de la pres­ti­gieuse revue de méde­cine géné­rale The Bri­tish Medi­cal Jour­nal écrit par Kam­ran Abba­si. Quelles sont les rai­sons qui peuvent pous­ser un scien­ti­fique recon­nu et res­pec­té, qu’on ne pour­ra pas vrai­ment qua­li­fier d’anti-système (il a notam­ment été consul­tant pour la NHS, l’OMS, Har­vard et McKin­sey and Co., et inter­vient régu­liè­re­ment sur les ondes de la BBC), à tenir des pro­pos aus­si virulents ?

La pan­dé­mie de covid-19 et les réac­tions des gou­ver­ne­ments ont pro­pul­sé la science sous le feu des pro­jec­teurs. En effet, la socié­té fran­çaise, comme de nom­breuses socié­tés occi­den­tales, est depuis bien­tôt un an régie par des obli­ga­tions, inter­dic­tions et recom­man­da­tions prises au nom de la science par nos gou­ver­ne­ments afin de lut­ter contre la pro­pa­ga­tion du Sars-CoV‑2, le virus res­pon­sable de la mala­die covid-19. Mal­gré leur empiè­te­ment sur de nom­breuses liber­tés fon­da­men­tales (liber­té de se dépla­cer, de com­mer­cer, de se ras­sem­bler, par exemple) et leur carac­tère contrai­gnant, ces mesures ont été glo­ba­le­ment bien accueillies, ne don­nant pas lieu à des mou­ve­ments de contes­ta­tion majeurs ou béné­fi­ciant d’une forte cou­ver­ture média­tique. Ce constat montre que nos socié­tés ont tem­po­rai­re­ment accep­té de subor­don­ner leurs prin­cipes fon­da­men­taux aux injonc­tions de la science, dans l’idée de garan­tir leur sécu­ri­té. La science, qui désigne à la fois la méthode scien­ti­fique (méthode per­met­tant d’accéder au savoir, basée sur la confron­ta­tion entre obser­va­tions, hypo­thèses et théo­ries, pré­dic­tions et expé­riences) et l’ensemble des connais­sances acquises par la com­mu­nau­té scien­ti­fique au tra­vers de cette méthode, est sou­vent per­çue comme un ensemble de connais­sances objec­tives, pri­vées de biais, et tour­nées vers l’amélioration de notre socié­té. De par son carac­tère objec­tif, si la science recom­mande de contre­ve­nir aux prin­cipes fon­da­teurs de nos socié­tés pour notre sécu­ri­té, il semble rai­son­nable d’accepter cette recommandation.

Cepen­dant, avons-nous rai­son de prô­ner la subor­di­na­tion de nos socié­tés à une auto­ri­té scien­ti­fique ? La science peut-elle nous ser­vir de guide pour déci­der de nos actes ? L’idée que la science puisse gui­der le pou­voir poli­tique néglige cepen­dant le fait que celle-ci, pra­ti­quée et dif­fu­sée par des êtres humains faillibles, est aisé­ment cor­rup­tible, et qu’il puisse arri­ver que l’idéologie qui pré­tend suivre la science est en réa­li­té en train de la mani­pu­ler pour jus­ti­fier ses des­seins poli­tiques : ain­si, la science fut uti­li­sée pour jus­ti­fier les poli­tiques eugé­nistes et racistes dans l’occident du XXème siècle, depuis la cam­pagne Aktion T4 jusqu’aux expé­riences de Tus­ke­gee. Cela ne signi­fie pas que la science est inhé­rem­ment mau­vaise, ou ne peut ser­vir d’aide à la déci­sion poli­tique. Cela signi­fie sim­ple­ment qu’une déci­sion n’est pas néces­sai­re­ment ni juste ni bonne parce qu’elle est appuyée par la science et ses repré­sen­tants. Ces leçons amères auraient dû nous ensei­gner que le simple appui de la science à des déci­sions ne peut pré­va­loir tota­le­ment sur le res­pect par celles-ci d’autres valeurs, notam­ment le res­pect de cer­tains droits et liber­tés fondamentaux.

La cor­rup­tion de la science peut s’immiscer à toutes les étapes de pro­duc­tion et dif­fu­sion de savoir scien­ti­fique – pro­duc­tion des don­nées, publi­ca­tion dans des jour­naux, dif­fu­sion dans les médias, et mani­pu­la­tion par le pou­voir poli­tique. L’objectif de ce texte est de pré­sen­ter cer­tains des exemples de cor­rup­tion de la science depuis le début de la pan­dé­mie de covid-19, afin de mettre en lumière les limites, pour une socié­té, de la démarche qui consiste à subor­don­ner des valeurs et prin­cipes fon­da­teurs à une direc­tion qui lui serait don­née par la science.

1. Production de données scientifiques

Le fon­de­ment de la recherche scien­ti­fique est la pro­duc­tion et l’analyse de don­nées expé­ri­men­tales. D’une part, ces don­nées peuvent être fal­si­fiées, don­nant lieu à la publi­ca­tion de tra­vaux scien­ti­fiques erro­nés. D’autre part, la pro­duc­tion de don­nées néces­site de for­mu­ler un pro­blème, ain­si qu’une volon­té scien­ti­fique d’explorer ce pro­blème : un cli­mat défa­vo­rable à l’étude d’une ques­tion scien­ti­fique peut donc empê­cher que celle-ci soit abor­dée. De quelle manière ces deux phé­no­mènes ont-ils pu jouer un rôle au cours de la pandémie ?

Production de fausses données

L’efficacité de l’hy­droxy­chlo­ro­quine reste à l’heure actuelle un sujet extrê­me­ment cli­vant en France. La ques­tion de l’efficacité de trai­te­ments basés sur l’hydroxychloroquine, néces­si­tant l’analyse de nom­breuses études cli­niques, sort lar­ge­ment du cadre de cet article et n’est pas son objet. En revanche, sa poli­ti­sa­tion à don­né lieu à l’un des plus grands scan­dales scien­ti­fiques de 2020. Au prin­temps 2020, alors qu’en France les essais cli­niques Dis­co­ve­ry et Hyco­vid sont char­gés notam­ment d’évaluer l’effet du trai­te­ment de façon objec­tive, un article publié dans le Lan­cet, l’une des plus pres­ti­gieuses revues médi­cales, fait l’effet d’une bombe : non seule­ment l’hydroxychloroquine ne serait pas effi­cace, mais sa pres­crip­tion en milieu hos­pi­ta­lier serait asso­cié d’une part à une mor­ta­li­té signi­fi­ca­ti­ve­ment plus éle­vée, ain­si qu’à un risque accru d’a­ryth­mie car­diaque. Aus­si­tôt, les essais cli­niques fran­çais sont sus­pen­dus, tan­dis que le Haut Conseil de San­té Publique recom­mande de ne plus pres­crire le trai­te­ment. Pour­tant, les don­nées uti­li­sées dans l’article du Lan­cet, sup­po­sés pro­ve­nir de 671 hôpi­taux sur 6 conti­nents (ce qui repré­sente un nombre et une diver­si­té de centres très éle­vés pour une étude cli­nique) et four­nies par une entre­prise pri­vée, Sur­gis­phere, s’avèrent en réa­li­té tota­le­ment frau­du­leuses. Mais la rétrac­ta­tion sub­sé­quente de l’article du Lan­cet n’aura pas empê­ché les consé­quences réelles de ses conclu­sions, à savoir la sus­pen­sion des essais cli­niques sur l’hy­droxy­chlo­ro­quine en France.

Cette affaire nous offre plu­sieurs ensei­gne­ments. Pre­miè­re­ment, il nous rap­pelle que les don­nées scien­ti­fiques sont sujettes à la fraude (bien qu’elles soient vrai­sem­bla­ble­ment bien plus sou­vent sujettes à l’erreur). Ensuite, la fraude du Lan­cet était faci­le­ment détec­table. D’une part, l’article aurait été capable de ras­sem­bler des don­nées de plus de 600 hôpi­taux, à tra­vers le biais d’une socié­té incon­nue refu­sant de com­mu­ni­quer les­dites don­nées. De plus, celles-ci auraient mon­tré une aug­men­ta­tion extrê­me­ment signi­fi­ca­tive de la mor­ta­li­té, un signal assez fort dont on aurait atten­du qu’il soit repé­ré par les nom­breuses études cli­niques en cours de par le monde au moment de la sou­mis­sion de l’article. Cela invite au mini­mum à un cer­tain scep­ti­cisme quant à la réa­li­té des don­nées pré­sen­tées. Natu­rel­le­ment, cela aurait pu mener à véri­fier la véra­ci­té des don­nées, et à iden­ti­fier très rapi­de­ment le carac­tère frau­du­leux de l’article.

Le fait qu’une fraude aus­si gros­sière puisse pas­ser le pro­ces­sus de peer review (les articles scien­ti­fiques sont, avant publi­ca­tion, revus par d’autres scien­ti­fiques indé­pen­dants – les pairs, ou peers en anglais – afin de s’assurer de la qua­li­té de l’article) du Lan­cet jette un sérieux doute sur la fia­bi­li­té du jour­nal sup­po­sé être par­mi les plus rigou­reux du monde scien­ti­fique. La réa­li­té est peut être que les publi­ca­tions allant dans un cer­tain sens, qui suivent un cer­tain consen­sus, sont accep­tées sans être scru­tés avec la même atten­tion que le requiert d’habitude le pro­ces­sus de peer review. Enfin, le fait que les auto­ri­tés scien­ti­fiques aient inter­rom­pu les essais cli­niques en France à la suite de l’article du Lan­cet est sur­pre­nant, au vu des enjeux : cela montre la faci­li­té avec laquelle des scien­ti­fiques peuvent s’appuyer sur d’autres publi­ca­tions sans éva­luer atten­ti­ve­ment la fia­bi­li­té des résul­tats qui y sont présentés.

La fal­si­fi­ca­tion de don­nées reste cepen­dant extrê­me­ment mal vue et ris­quée pour une car­rière et une répu­ta­tion scien­ti­fique. Mais il n’y a pas besoin de fal­si­fier des don­nées, par­ti­cu­liè­re­ment sur des sujets aus­si com­plexes que la bio­lo­gie ou l’épidémiologie. Ces domaines requièrent d’analyser énor­mé­ment de don­nées, sou­vent impar­faites, et pro­ve­nant d’expériences aux niveaux de qua­li­té extrê­me­ment variables. Au milieu de cette masse de don­nées, il suf­fit de ne regar­der que celles qui confirment nos propres opi­nions, en igno­rant volon­tai­re­ment ou pas celles qui ne concordent pas avec nos pré­con­cep­tions, un phé­no­mène bien connu en science, le biais de confir­ma­tion.

Autocensure de la part des scientifiques

Mais la prin­ci­pale rai­son pour laquelle la pro­duc­tion scien­ti­fique fut biai­sée en 2020 est pro­ba­ble­ment venue de l’autocensure, volon­taire ou incons­ciente, des scien­ti­fiques. Remettre en ques­tion cer­taines posi­tions – sur l’utilité des confi­ne­ments, le port du masque, la fia­bi­li­té des tests de diag­nos­tic – était ris­qué pro­fes­sion­nel­le­ment pour de nom­breux scientifiques.

Ain­si, John Ioan­na­dis, un épi­dé­mio­lo­giste de l’université de Stan­ford consi­dé­ré comme l’un des scien­ti­fiques les plus influents sur la pla­nète, a été accu­sé d’être res­pon­sable de la perte de “mil­liers de vies”, de pro­duire de la “science affreuse”, et d’être une “tâche noire” sur l’histoire de Stan­ford. Son tort ? La publi­ca­tion à la mi-mars d’un essai  expli­quant que les don­nées sou­te­nant les déci­sions prises pour lut­ter contre la pan­dé­mie étaient très incer­taines, et qu’il était cru­cial d’acquérir plus de don­nées afin d’ajuster rapi­de­ment notre réponse. Au vu de l’ampleur de la réac­tion contre Ioan­na­dis, pour­tant l’un des scien­ti­fiques les plus répu­tés du monde bio­mé­di­cal, il est vite appa­ru que l’expression d’une opi­nion diver­gente par un scien­ti­fique pour­rait com­pro­mettre sa répu­ta­tion, une situa­tion bien résu­mée par un épi­dé­mio­lo­giste ayant choi­si l’anonymat en refu­sant une inter­view par la jour­na­liste amé­ri­caine Lau­rie Clark par peur de com­pro­mettre sa car­rière et sa répu­ta­tion : “Mettre la tête au-des­­sus du para­pet est une chose dan­ge­reuse à faire en ce moment.”

De plus, dans le monde de la recherche aca­dé­mique, les postes per­ma­nents et stables sont l’exception plus que la règle. Com­pro­mettre sa répu­ta­tion en sor­tant du rang, qui s’est tra­duit pour Ioan­ni­dis par des attaques publiques, peut dans le cas de jeunes cher­cheurs occu­pant des postes pré­caires se tra­duire par une dimi­nu­tion très sérieuse des chances de trou­ver une posi­tion aca­dé­mique stable.

Indé­pen­dam­ment de l’impact pro­fes­sion­nel, les pres­sions et menaces exer­cées direc­te­ment sur les scien­ti­fiques peuvent éga­le­ment les conduire à l’autocensure. J. Lud­vig­sson, un pédiatre sué­dois et pro­fes­seur d’épidémiologie cli­nique à la pres­ti­gieuse uni­ver­si­té de Karo­lins­ka, s’est reti­ré début 2021 de toute acti­vi­té de recherche sur le covid-19 suite aux menaces reçues après avoir publié une étude mon­trant que le risque encou­ru par les enfants, mal­gré la non-fer­­me­­ture des écoles pri­maires, était très faible. “Il a décla­ré au jour­nal de l’Association Sué­doise de Méde­cine que durant une semaine il se réveillait chaque nuit à 3 heures du matin sans pou­voir se ren­dor­mir, et qu’il avait “per­du son appé­tit pour le covid-19 – que ce soit pour faire de la recherche ou prendre la parole”. Il a déci­dé d’arrêter de recher­cher et de débattre au sujet du covid-19. Il n’est pas le seul : à l’heure actuelle, plu­sieurs res­pon­sables de san­té publique sué­dois sont encore sous pro­tec­tion poli­cière à la suite de nom­breuses menaces de mort envoyées par des détrac­teurs de la poli­tique publique suédoise.

Un des pré­sup­po­sés de l’apparition d’un consen­sus scien­ti­fique fiable est la libre expres­sion des scien­ti­fiques, dans leurs opi­nions et leur tra­vail. Ceux-ci ont été sou­mis à une telle pres­sion sociale pour se confor­mer aux opi­nions domi­nantes que l’émergence d’un consen­sus fiable ne peut être qu’illusoire. Ce cli­mat délé­tère créé un cercle vicieux : cer­taines ques­tions scien­ti­fiques ne peuvent être posées sans sus­ci­ter un tol­lé, dis­sua­dant les scien­ti­fiques d’étudier ces ques­tions et de s’exprimer des­sus, jus­ti­fiant encore plus le cli­mat – l’opinion publique ima­gi­nant que si ces ques­tions n’ont jamais été posées, c’est très cer­tai­ne­ment que la réponse don­née par le point de vue domi­nant doit être évidente.

2. Publication des articles scientifiques

Pour pou­voir être recon­nus et dif­fu­sés, les tra­vaux scien­ti­fiques doivent être pré­sen­tés sous forme d’articles et publiés dans des revues scien­ti­fiques. Si les édi­teurs du jour­nal voient un inté­rêt dans l’article, ils font appel à des scien­ti­fiques indé­pen­dants pour éva­luer la qua­li­té de l’article sou­mis, et per­mettent à la revue de publier ou non l’article. Cette peer review (revue par les pairs) per­met théo­ri­que­ment d’assurer la qua­li­té des tra­vaux scien­ti­fiques pré­sen­tés dans le jour­nal. Ce qui est publié dans les jour­naux scien­ti­fiques l’est à la dis­cré­tion des édi­teurs. On y voit aisé­ment une source de biais qui nuit à l’ob­jec­ti­vi­té pré­sup­po­sée de la science.

Immunité de groupe : le bon calcul est celui qui valide l’opinion dominante

Une des ques­tions au centre des débats depuis le début de la pan­dé­mie est la sui­vante : quel pour­cen­tage de la popu­la­tion doit avoir acquis une forme d’immunité – à tra­vers un vac­cin ou l’infection par le virus – pour que la dyna­mique de la pan­dé­mie soit cas­sée et que celle-ci s’éteigne (ou en tout cas reste sous contrôle)?

L’estimation de ce seuil d’immunité col­lec­tive la plus consen­suelle, autour des 65–70% le plus sou­vent avan­cée https://www.liberation.fr/direct/element/covid-19–45-des-francais-de-metropole-avaient-des-anticorps-en-mai_120100/ (page sup­pri­mée) par les médias, poli­tiques et cer­tains scien­ti­fiques, est bien sou­vent prise pour une cer­ti­tude. Mais d’où pro­vient ce pour­cen­tage ? Celui-ci est déri­vé des modèles d’épidémiologie SIR. Ces modèles, rela­ti­ve­ment simples, divisent la popu­la­tion en per­sonnes sus­cep­tibles, infec­tées (et donc conta­gieuses), et enfin per­sonnes gué­ries et consi­dé­rées comme immu­ni­sées. Ces modèles per­mettent de mettre en équa­tion l’évolution de l’épidémie, qui per­mettent d’estimer une valeur du seuil d’immunité col­lec­tive, autour de 65–70% pour un virus avec un taux de repro­duc­tion autour de 3 comme celui res­pon­sable du covid-19. Cepen­dant, ces modèles font de nom­breuses hypo­thèses : notam­ment celle que la popu­la­tion est homo­gène, c’est-à-dire que tout le monde est éga­le­ment sus­cep­tible de contrac­ter le virus et de le trans­mettre. Cette hypo­thèse est évi­dem­ment démen­tie par l’expérience : de par l’âge, le nombre de contacts sociaux et pro­fes­sion­nels, et la sus­cep­ti­bi­li­té au virus, la capa­ci­té à contrac­ter et trans­mettre le virus est très variable dans la population.

Cer­tains cher­cheurs en épi­dé­mio­lo­gie incluent donc cette hété­ro­gé­néi­té de la popu­la­tion dans leurs modèles. L’équipe de Gabrie­la Gomes, une cher­cheuse à l’Université Stra­th­clyde de Glas­gow tota­li­sant près de 3000 cita­tions et 40 ans de recherche, a ain­si publié sur le ser­veur de pré­pu­bli­ca­tions Medrxiv un article inti­tu­lé “Seuils d’immunité col­lec­tive esti­més pour d’épidémie en train de se dérou­ler”. Dans celui-ci, ils montrent que la prise en compte de l’hétérogénéité de la popu­la­tion dans les cal­culs peut mener à des esti­ma­tions du seuil d’immunité col­lec­tive autour de 10% à 20% pour les scé­na­rios les plus opti­mistes, bien loin des 65–70% avan­cés habi­tuel­le­ment. Cela ne signi­fie pas for­cé­ment que l’équipe de Gabrie­la Gomes ait néces­sai­re­ment rai­son grâce à leur modé­li­sa­tion plus pous­sée (repo­sant elle aus­si sur de nom­breuses hypo­thèses sim­pli­fiant la situa­tion réelle). Cepen­dant, cela nous apprend que le fait d’inclure l’hétérogénéité des popu­la­tions dans les modèles SIR peut faire varier le seuil d’immunité col­lec­tive de 70% à 10%, et donc que nous sommes encore dans une grande incer­ti­tude face au véri­table seuil d’immunité col­lec­tive. L’utilisation de la valeur de 65% pour prendre des déci­sions poli­tiques paraît alors discutable.

Les conclu­sions de l’article de Gabrie­la Gomes et son équipe sont donc d’une impor­tance cru­ciale. Mais celles-ci n’ont jamais été publiées, à cause du refus du jour­nal scien­ti­fique à qui l’article fut sou­mis. La réponse du jour­nal scien­ti­fique à l’équipe de Gabrie­la Gomes pour expli­quer leur refus de publier son article est édi­fiante. Il n’est pas ques­tion d’un refus à cause de la qua­li­té de l’article, mais d’un refus de le sou­mettre au pro­ces­sus de peer review à cause des conclu­sions même de l’article : “Étant don­né les impli­ca­tions en termes de san­té publique, il convient d’exiger un très haut niveau de preuve pour les affir­ma­tions autour du seuil d’immunité col­lec­tive, car elles pour­raient être inter­pré­tées comme jus­ti­fiant une relaxa­tion des inter­ven­tions, met­tant poten­tiel­le­ment en dan­ger des per­sonnes”.

Invo­quant un niveau de preuve requis plus éle­vé pour cer­taines affir­ma­tions, tout en refu­sant à l’article la pos­si­bi­li­té d’être sou­mis au peer review (pro­ces­sus dont le but est pré­ci­sé­ment d’évaluer la fia­bi­li­té et la qua­li­té des résul­tats pré­sen­tés), le jour­nal refuse de publier des conclu­sions qui remettent en ques­tion le fait que le seuil d’immunité col­lec­tive se situe autour de 65%. Cela afin d’éviter de mettre des per­sonnes en dan­ger en jus­ti­fiant des relaxa­tions des inter­ven­tions éta­tiques. Inter­ven­tions éta­tiques jus­ti­fiées notam­ment par le fait que le seuil d’immunité col­lec­tive soit aus­si éle­vé… On constate que les édi­teurs du jour­nal scien­ti­fique en ques­tion sont enfer­més [ou nous enferment (ÉC)] dans un rai­son­ne­ment cir­cu­laire.

Ce qui est encore plus trou­blant est le fait que les édi­teurs, par­tant d’une bonne inten­tion, outre­passent tota­le­ment leur rôle scien­ti­fique et endossent un rôle poli­tique. En effet, le rôle de la science est d’informer et d’éclairer notre com­pré­hen­sion des phé­no­mènes natu­rels. C’est le rôle de la poli­tique de déter­mi­ner quelles actions sont à entre­prendre face à cette incer­ti­tude. Ici, les édi­teurs pré­fèrent occul­ter une par­tie du savoir sur le seuil d’immunité col­lec­tive afin de favo­ri­ser une action (des inter­ven­tions éta­tiques pour lut­ter contre la pro­pa­ga­tion du covid-19) qu’ils estiment pré­fé­rable et se placent donc dans un rôle émi­nem­ment poli­tique. Cette volon­té de cen­su­rer une pro­po­si­tion si elle vient en tra­vers de ce qui est “bien” est très déran­geante, d’autant plus venant d’une com­mu­nau­té scien­ti­fique consi­dé­rée comme fac­tuelle et objec­tive par l’opinion publique.

Délai de publication pour les études à contre-courant

Début juin 2020, un article par Flax­man et al. mon­trant à l’aide de modèles l’efficacité des confi­ne­ments dans les pays euro­péens est publié dans le jour­nal Nature, une des revues scien­ti­fiques les plus sélec­tives. Cet article, co-écrit par cer­tains des scien­ti­fiques ayant recom­man­dé la mise en place des mesures en ques­tion dans leurs pays res­pec­tifs (ce qui crée un conflit d’intérêt, les per­sonnes ayant recom­man­dés des mesures n’étant pas neutres dans l’évaluation de ces mesures) a rapi­de­ment été repris comme une jus­ti­fi­ca­tion des confi­ne­ments, et tota­lise aujourd’hui plus de 700 citations.

Suite à cette publi­ca­tion, une équipe de scien­ti­fiques a écrit une réponse à l’article, poin­tant un pro­blème majeur avec les modèles uti­li­sés. Le modèle décrit dans l’article de Flax­man et al. per­met d’attribuer aux dif­fé­rentes mesures un effet dif­fé­rent selon le pays où elles sont mises en œuvre. Cela per­met à leur modèle de récon­ci­lier le fait que la tra­jec­toire épi­dé­mique de la Suède ait sui­vi une dyna­mique simi­laire à celle consta­tée dans les autres pays sans avoir appli­qué de confi­ne­ment. En effet, leur modèle attri­bue à la mesure “inter­dic­tions des grands ras­sem­ble­ments publics” (la mesure la plus res­tric­tive adop­tée par la Suède au prin­temps) un effet plus de 35 fois plus fort en Suède que dans le reste des pays étu­diés. Sans cela, l’inflexion de la tra­jec­toire épi­dé­mique consta­tée dans les autres pays auraient été attri­buée par leur modèle à l’interdiction des ras­sem­ble­ments publics, et pas aux confi­ne­ments stricts.

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La réponse à l’ar­ticle a pris plus de 6 mois à être publiée, contre seule­ment 2 mois pour l’article ori­gi­nal.

L’at­tri­bu­tion sans jus­ti­fi­ca­tion d’une effi­ca­ci­té à l’interdiction des grands ras­sem­ble­ments publics 35 fois plus grande en Suède qu’autre part remet en ques­tion la cohé­rence et la per­ti­nence du modèle, et par consé­quent les conclu­sions qui en sont tirées. C’est bel et bien l’ob­jet de la réponse publiée par les chercheurs.

Il aura fal­lu à peine plus de 2 mois, depuis sa récep­tion le 30 mars à sa publi­ca­tion le 8 juin, pour que le pre­mier article concluant au mérite des inter­ven­tions mises en place par la plu­part des gou­ver­ne­ments (et recom­man­dés par des auteurs de l’article) soit publié. Cepen­dant, il fau­dra plus de 6 mois, du 15 juin au 23 décembre, pour que la réponse soit publiée — une fois que l’article ini­tial avait déjà été cité plus de 500 fois et repris comme une jus­ti­fi­ca­tion du confi­ne­ment par le monde entier. Les diri­geants peuvent faci­le­ment se repo­ser sur l’illu­sion d’un « consen­sus scien­ti­fique » qui valide leurs actions lorsque les scien­ti­fiques ques­tion­nant ce sta­tu quo impo­sé de fait ne sont publiés que de nom­breux mois plus tard.

Essai clinique sur le port du masque au Danemark

Un autre sujet cli­vant est celui de l’obligation de port du masque mis en place dans de nom­breux pays. Une des rai­sons der­rière la force du débat sur le masque naît peut être d’une part du fait que celui-ci touche au visage et donc à l’intime, d’autre part du revi­re­ment sur ce sujet fait par la plu­part des experts en san­té publique et diri­geants poli­tiques depuis le début de la pan­dé­mie. Au début de la pan­dé­mie de covid-19, les mes­sages des gou­ver­ne­ments occi­den­taux et des experts en san­té publique étaient très clairs : le port du masque est inutile pour le grand public. Ce mes­sage reflète l’état de l’art de la science sur le port du masque pour la pré­ven­tion des infec­tions res­pi­ra­toires jusqu’à mars 2019. Ain­si, une ana­lyse de la lit­té­ra­ture scien­ti­fique sur la trans­mis­sion de la grippe, effec­tuée par le CDC (Cen­ter for Disease Control, enti­té fédé­rale char­gée de la pré­ven­tion des mala­dies aux USA) et datant de février 2020, explique que “mal­gré des études méca­nis­tiques sup­por­tant un effet poten­tiel de l’hygiène des mains et du port du masque, les preuves appor­tés par 14 essais cli­niques ran­do­mi­sés contrô­lés ne sup­portent pas d’effet sub­stan­tiel de ces mesures”.

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“L’étude de 14 essais cli­niques ran­do­mi­sés de ces mesures ne sup­portent pas un effet sub­stan­tiel sur la trans­mis­sion de la grippe”
Rap­port du CDC sur les mesures non-phar­­ma­­ceu­­tiques pour lut­ter contre les pan­dé­mies de grippe, mai 2020.

Effec­ti­ve­ment, même s’il peut paraître intui­tif que por­ter un masque, en blo­quant une par­tie des gout­te­lettes émises et reçues par le por­teur, peut réduire le risque de trans­mis­sion, la réa­li­té est sou­vent plus com­plexe : peut-être que les gout­te­lettes trans­met­tant le virus sont trop petites pour être stop­pés par cer­tains masques ; peut-être que les gens por­tant un masque se sentent plus en sécu­ri­té et font moins atten­tion à leur hygiène géné­rale et à prendre leur dis­tances avec des per­sonnes malades ; peut-être que que les gens por­tant un masque touchent plus leur visage et aug­mentent ain­si la pro­ba­bi­li­té de contrac­ter l’infection… Autant de ques­tion­ne­ments qui néces­sitent une éva­lua­tion de la mesure en obser­vant son influence dans un contexte réa­liste, si pos­sible avec un groupe témoin équi­valent, au cours d’un essai cli­nique ran­do­mi­sé contrô­lé, tel que ceux pris en compte dans l’article du CDC cité plus haut.

Mais très rapi­de­ment, le dis­cours de cer­tains scien­ti­fiques et des gou­ver­ne­ments occi­den­taux sur le port du masque a évo­lué. D’inutile, il est deve­nu recom­man­dé voire, désor­mais, obli­ga­toire pour le grand public. Ce chan­ge­ment s’ap­puie sur de nom­breuses études de modé­li­sa­tion, d’études de labo­ra­toires sur des per­sonnes atteintes du covid-19, ou sur des études obser­va­tion­nelles, qui montrent un béné­fice du port du masque pour empê­cher la pro­pa­ga­tion du covid-19. Cepen­dant, ce revi­re­ment n’a jamais été moti­vé par les résul­tats d’un véri­table essai cli­nique ran­do­mi­sé contrô­lé. Cela est com­pré­hen­sible : mettre en place un essai cli­nique sur ce sujet est dif­fi­cile, long et coû­teux, et les auto­ri­tés ont pré­fé­ré impo­ser le port du masque sans consi­dé­rer avoir besoin des résul­tats d’un essai cli­nique. Cepen­dant, au vu du coût impor­tant du port du masque en termes psy­cho­lo­giques, éco­lo­giques et de qua­li­té de vie, réa­li­ser un essai cli­nique sur l’utilité de celui-ci pour empê­cher la trans­mis­sion du covid-19 et quan­ti­fier l’utilité des mesures d’obligation du port du masque est une ques­tion scien­ti­fique qui paraît impor­tante. C’est pré­ci­sé­ment ce qu’a sou­hai­té réa­li­ser au début de l’été une équipe de cher­cheurs danois.

Ceux-ci ont recru­té 6000 danois pour l’étude, et les ont répar­tis au hasard en deux groupes d’environ 3000 per­sonnes. Dans le pre­mier groupe, les par­ti­ci­pants ont reçu un stock de masques chi­rur­gi­caux, une ins­truc­tion sur la bonne façon de le por­ter, et la consigne de le por­ter dès qu’ils sor­taient de chez eux. L’autre groupe, lui, n’a pas modi­fié son com­por­te­ment (à une période où le port du masque était très rare dans la vie cou­rante au Dane­mark). Les cher­cheurs ont ensuite sui­vi le nombre d’infections au covid-19 dans les deux groupes, afin de savoir s’ il y avait moins d’infections dans le groupe por­tant le masque, l’hypothèse ini­tiale des cher­cheurs étant que le port du masque rédui­rait de 50% le risque d’infections. L’étude, dont le recru­te­ment fut ini­tié début avril 2020, fut ter­mi­née début juin 2020. Beau­coup de per­sonnes atten­daient les résul­tats de cette étude avec impa­tience, car elle était la pre­mière à four­nir des don­nées sur le port du masque par le grand public dans le cadre d’un essai cli­nique ran­do­mi­sé contrô­lé. Mal­heu­reu­se­ment, les résul­tats de l’essai cli­nique sont res­tés non publiés pen­dant de long mois.

Des cher­cheurs, sou­hai­tant que les résul­tats de l’essai cli­nique soient dis­po­nibles, ont contac­té les auteurs de l’étude afin de com­prendre pour­quoi ils n’étaient tou­jours pas dis­po­nibles. La réponse de Tho­mas Lars Ben­field, un des inves­ti­ga­teurs prin­ci­paux de l’essai, à la ques­tion de quand les résul­tats seraient dis­po­nibles, est sans équi­voque : “Lorsqu’un jour­nal sera assez cou­ra­geux pour que les résul­tats soient publiés.”

L’article décri­vant les résul­tats de l’étude ne sera publié que cinq mois plus tard, mi-novembre, après avoir été refu­sé suc­ces­si­ve­ment par les trois plus pres­ti­gieux jour­naux de méde­cine (The Lan­cet, The New England Jour­nal of Medi­cine, et The Jour­nal of the Ame­ri­can Medi­cal Asso­cia­tion). Les résul­tats furent fina­le­ment publiés dans les Annals of Inter­nal Medi­cine, un jour­nal médi­cal très répu­té. Les édi­teurs ont réaf­fir­mé dans un édi­to­rial la qua­li­té de l’essai cli­nique : il serait donc sur­pre­nant que les trois refus pré­cé­dents aient été cau­sés par la qua­li­té de l’étude. Les résul­tats fina­le­ment dis­po­nibles éclairent la réponse de Ben­field : contrai­re­ment à l’hypothèse émise par les cher­cheurs, l’étude ne par­vient pas à mon­trer un effet posi­tif du port du masque pour pro­té­ger le por­teur de l’infection par le covid-19. Cet essai cli­nique ne tranche pas défi­ni­ti­ve­ment la ques­tion de l’intérêt du port du masque – il n’évalue pas la pro­tec­tion pour les per­sonnes inter­agis­sant avec le por­teur (seule­ment la pro­tec­tion du por­teur lui-même), et si les résul­tats excluent avec une forte pro­ba­bi­li­té qu’il puisse y avoir un effet majeur du port du masque (l’hypothèse ini­tiale des cher­cheurs), l’étude n’est pas conçue pour pou­voir exclure un effet mineur béné­fique du port du masque — mais il inter­roge sur l’impartialité de la science en 2020, en démon­trant encore une fois que les résul­tats qui ne se conforment pas à l’avis géné­ral ren­contrent de grandes dif­fi­cul­tés à être publiés, et sont refu­sés de façon par­tiale par les prin­ci­paux jour­naux médi­caux. Cela alors même que la ques­tion de la pro­tec­tion du por­teur, bien que moins pré­sente dans les com­mu­ni­ca­tions gou­ver­ne­men­tales que celle de la pro­tec­tion des per­sonnes inter­agis­sant avec le por­teur d’un masque, reste d’une impor­tance capi­tale, notam­ment car l’un des risques iden­ti­fié avec le port géné­ra­li­sé du masque est un sen­ti­ment de fausse sécu­ri­té. Encore une fois, com­ment faire confiance à des recom­man­da­tions basées sur “la science”, si le pro­ces­sus de pro­duc­tion de connais­sances scien­ti­fiques rejette les résul­tats non conformes aux recom­man­da­tions en question ?

3. Diffusion des articles scientifiques et corruption politique de la science

L’opinion publique n’a de la science qu’une vision par­tielle, qui est celle offerte par les médias, les poli­tiques et cer­tains experts ayant une expo­si­tion média­tique et poli­tique. Or, ces dif­fé­rents acteurs peuvent choi­sir de mani­pu­ler les résul­tats scien­ti­fiques, afin de pré­sen­ter à la popu­la­tion une image de la science conforme à leurs volon­tés poli­tiques et divers intérêts.

Censure de contenu scientifique par les réseaux sociaux

Mal­gré sa publi­ca­tion récente dans un jour­nal pres­ti­gieux, les résul­tats de l’essai cli­nique danois sur le port du masque sont encore cen­su­rés : Carl Hene­ghan, un pro­fes­seur de Méde­cine Fon­dée sur les Faits (une branche de la méde­cine visant à exploi­ter au mieux les don­nées dis­po­nibles pour pro­di­guer les meilleurs soins pos­sibles) à la pres­ti­gieuse uni­ver­si­té d’Oxford, a vu un de ses articles, relayant les résul­tats de l’étude danoise, signa­lé comme pro­pa­geant de fausses infor­ma­tions par les modé­ra­teurs du réseau social Face­book – dont les modé­ra­teurs peuvent déci­der de nier les résul­tats d’un article scien­ti­fique publié.

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Ce type de rai­son­ne­ment cir­cu­laire – les poli­tiques de san­té publique sont bonnes, donc elles ne doivent pas être ques­tion­nées, donc le fait qu’elles soient bonnes ou mau­vaises ne peut être dis­cu­té – se retrouve par exemple dans les règles d’utilisation de la pla­te­forme You­Tube, par exemple.

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Conte­nu cen­su­ré par You­Tube, règles d’utilisation de la pla­te­forme : Le conte­nu qui contre­dit l’ef­fi­ca­ci­té des mesures de san­té publique locales ou celles de l’OMS sur la dis­tan­cia­tion phy­sique et l’isolation pour réduire la trans­mis­sion du covid-19”

Cette cen­sure part d’une bonne inten­tion : évi­ter la pro­pa­ga­tion d’informations qui nui­raient à l’adoption de mesures dont les per­sonnes à l’origine de ces règles de cen­sure sup­posent qu’elles sauvent des vies. Mais com­ment peut-on savoir si elles sauvent effec­ti­ve­ment plus de vies qu’elles n’en impactent néga­ti­ve­ment, si l’on ne peut pas dis­cu­ter ouver­te­ment de l’efficacité de ces mesures ?

Qui a peur des données scientifiques ?

Com­ment faire accep­ter à la popu­la­tion géné­rale des mesures extrê­me­ment res­tric­tives ? Cette ques­tion épi­neuse s’est posée au prin­temps der­nier pour de nom­breux gou­ver­ne­ments occi­den­taux. Une façon effi­cace de convaincre la popu­la­tion de suivre des mesures res­tric­tives est de la convaincre qu’elle est mena­cée. Dans un échange d’emails révé­lés par le jour­nal Die Welt, il appa­raît que le secré­taire d’état alle­mand Mar­kus Ker­ber ait, avec le concours de scien­ti­fiques, envi­sa­gé de créer des pro­jec­tions per­met­tant : [de géné­rer] peur et obéis­sance dans la population.”

À cette fin, les scien­ti­fiques ont dis­cu­té entre eux de quel taux de mor­ta­li­té inclure dans leur modèle ; cer­tains rap­pe­lant qu’étant don­né le but du modèle (de géné­rer de la peur), mieux valait pré­sen­ter des chiffres : “[…] plu­tôt mau­vais que bon.”

Plu­tôt que de suivre une démarche scien­ti­fique et d’essayer d’identifier les valeurs les plus pro­bables du taux de mor­ta­li­té, le groupe de scien­ti­fiques alle­mands ont donc pré­fé­ré choi­sir une valeur du taux de mor­ta­li­té qui per­met­tait à leur modèle de pré­sen­ter des pro­jec­tions assez effrayantes pour sus­ci­ter l’obéissance et le consen­te­ment de la popu­la­tion envers les mesures.

Cette repré­sen­ta­tion erro­née de don­nées scien­ti­fiques (ici le taux de mor­ta­li­té) a éga­le­ment été docu­men­tée au Royaume-Uni. La léta­li­té du covid-19 étant extrê­me­ment variable selon l’âge des per­sonnes, la peur géné­rée par la mala­die peut ne pas suf­fire à garan­tir l’adhérence aux mesures dans l’ensemble des groupes d’âge de la population.

Le SAGE (Scien­ti­fic Advi­so­ry Group for Emer­gen­cies, équi­valent bri­tan­nique du conseil scien­ti­fique fran­çais), s’est rapi­de­ment ren­du compte de cette limitation.

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Un nombre sub­stan­tiel de per­sonnes ne se sentent pas encore suf­fi­sam­ment per­son­nel­le­ment mena­cées ; elles pour­raient être ras­su­rées par le faible taux de léta­li­té dans leur groupe démo­gra­phique. Le niveau de menace per­son­nelle per­çue doit être aug­men­tée, à l’aide de mes­sages émo­tion­nels per­cu­tants”. SAGE, Options for increa­sing adhe­rence to social dis­tan­cing mea­sures, 22 mars 2020 

Les don­nées scien­ti­fiques ne pou­vant pas néces­sai­re­ment géné­rer assez de “menace per­son­nelle” pour cer­tains groupes d’âge, leur choix est donc d’aller contre ce que disent les don­nées, en uti­li­sant des mes­sages jouant sur les émo­tions afin de géné­rer un sen­ti­ment de peur dis­pro­por­tion­née dans une par­tie de la population.

Détournement politique des conseils scientifiques

Au-delà du fait que la pro­duc­tion de connais­sances scien­ti­fiques est biai­sée et influen­cée par des forces poli­tiques, ses résul­tats peuvent aus­si être par­fai­te­ment détour­nés direc­te­ment par la poli­tique. Un exemple nous par­vient d’un pays pour­tant répu­té pour la trans­pa­rence de sa poli­tique, et admi­ré pour sa ges­tion de la pan­dé­mie : le Dane­mark.

Alors que la pan­dé­mie de covid-19 débu­tait en Europe, l’Agence de San­té Danoise a esti­mé que le covid-19 n’était pas assez dan­ge­reux pour jus­ti­fier cer­taines des mesures de res­tric­tions por­tant atteinte aux liber­tés indi­vi­duelles, dont les mesures de confi­ne­ment strict de la popu­la­tion. L’agence de san­té a clas­sé le covid-19 dans sa caté­go­rie B de mala­dies, la caté­go­rie A com­pre­nant des mala­dies comme la peste ou Ebo­la, ce qui, d’après la loi danoise, ne per­met­tait pas la mise en place de mesures coer­ci­tives sans une recom­man­da­tion préa­lable de l’agence de santé.

Le 12 mars, la pre­mière ministre danoise Mette Fre­de­rik­sen a déci­dé de ne pas suivre les recom­man­da­tions de son agence de san­té en pas­sant une loi d’urgence relé­guant le rôle de l’agence de régu­la­trice à simple conseillère et lui per­met­tant de mettre en place des mesures coer­ci­tives sans l’accord de l’agence. L’agence avait en effet confir­mé le 15 mars son désac­cord devant l’emploi de mesures coer­ci­tives. Cela n’a pas empê­ché Mette Fre­de­rik­sen d’af­fir­mer, à plu­sieurs reprises, dans une allo­cu­tion télé­vi­sée, que ces mesures étaient recom­man­dées par la même agence, qui s’y était pour­tant oppo­sée à plu­sieurs reprises.

Une dizaine de jours après, la pre­mière ministre a une nou­velle fois déci­dé de détour­ner les avis des scien­ti­fiques de l’agence de san­té. Ceux-ci lui avaient com­mu­ni­qué les nou­veaux chiffres sur la pro­gres­sion de l’épidémie, où le taux de repro­duc­tion du virus avait bais­sé de 2.6 à 2.1, une amé­lio­ra­tion posi­tive signi­fi­ca­tive. Mais celle-ci a pré­fé­ré conser­ver le pre­mier chiffre, plus inquié­tant, afin de pou­voir l’utiliser dans une allo­cu­tion télé­vi­sée annon­çant une pro­lon­ga­tion du confi­ne­ment danois, l’agence de san­té étant signi­fiée que le vrai chiffre : “[n’était] pas dési­ré politiquement”.

Ce n’est pas la pre­mière ni la der­nière fois que des diri­geants poli­tiques mentent sciem­ment et mani­pulent la popu­la­tion. Cepen­dant, cet exemple, tiré d’une des démo­cra­ties géné­ra­le­ment consi­dé­rée comme un exemple de trans­pa­rence et de confiance envers ses auto­ri­tés publiques, illustre une des limi­ta­tions de l’emploi de la science comme prin­cipe poli­tique. Quand bien même celle-ci serait objec­tive, ses ensei­gne­ments sont eux-mêmes sujets à la dis­si­mu­la­tion et à la mani­pu­la­tion notam­ment à des fins politiques.

Conclusion

En s’abandonnant à la science comme seule guide, nous avons fait un pari très ris­qué. D’une part parce que la science, comme le montre les exemples de cet article, est cor­rup­tible. De plus, la for­ma­tion d’un consen­sus scien­ti­fique fiable est un phé­no­mène à long terme, pas néces­sai­re­ment com­pa­tible avec le besoin d’action à court terme de la poli­tique, ren­dant ris­qué l’utilisation de tra­vaux de recherche très récents pour gui­der ses prises de déci­sions. D’autre part, car nous ne sui­vons pas “la science”, mais plu­tôt une com­mu­nau­té d’ex­perts, qui, comme tout être humain, sont faillibles, influen­cés par leurs propres conflits d’intérêts et leurs propres biais. C’est évi­dem­ment le cas des poli­tiques qui nous gou­vernent en temps nor­mal. Cepen­dant, la dif­fé­rence fon­da­men­tale réside dans le fait que le nou­veau pou­voir scien­ti­fique n’est pas sou­mis à la sépa­ra­tion des pou­voirs usuelle : les experts qui dictent les mesures de lutte contre la pan­dé­mie, sont ceux qui sont aus­si char­gés d’évaluer l’efficacité de ces mesures. À la fois juge et par­tie, ils ne peuvent être objec­tifs dans le juge­ment des mesures qu’eux-mêmes ont recom­man­dées, et pour­tant leur parole sur le sujet est pla­cée en dehors de tout ques­tion­ne­ment par les poli­tiques et jour­na­listes qui les écoutent.

Enfin, la science n’est pas propre à gui­der une socié­té. En effet, la science n’est en soi qu’une manière de pro­duire des connais­sances. Les prises de déci­sions publiques peuvent (et doivent) s’appuyer sur ces connais­sances, mais res­tent fon­da­men­ta­le­ment des ques­tions poli­tiques, notam­ment dans leurs prises en compte des arbi­trages entre liber­tés, sécu­ri­té, san­té et éco­no­mie. Pré­tendre que des déci­sions sont prises en “sui­vant la science” alors qu’elles ne relèvent pas du champ scien­ti­fique mais du champ poli­tique revient mal­heu­reu­se­ment à jus­ti­fier des déci­sions poli­tiques par un argu­ment d’autorité qui ne tolère pas de débat. Il est urgent que le res­pect de nos valeurs fon­da­men­tales et de notre huma­ni­té revienne au pre­mier plan de nos déci­sions, et que les résul­tats scien­ti­fiques qui les appuient ne soient pas trai­tés comme les écri­tures d’une nou­velle reli­gion, mais repris dans leur contexte, débat­tus et critiqués.

Maxime LANGEVIN

Source : l’ex­cellent blog de Laurent Muc­chiel­li, https://​blogs​.media​part​.fr/​l​a​u​r​e​n​t​–​m​u​c​c​h​i​e​l​l​i​/​b​l​o​g​/​2​9​0​3​2​1​/​a​u​–​n​o​m​–​d​e​–​l​a​–​s​c​i​e​n​c​e​–​l​a​–​s​c​i​e​n​c​e​–​p​e​u​t​–​e​l​l​e​–​s​e​r​v​i​r​–​d​e​–​g​u​i​d​e​–​n​o​t​r​e​–​s​o​c​i​ete



 
Der­niers com­men­taires (d’É­tienne) :

J’ob­serve qu’une des prin­ci­pales sources de cor­rup­tion n’a pas été étu­diée ici par Maxime Lan­ge­vin : l’in­croyable accu­mu­la­tion des CONFLITS D’INTÉRÊTS les plus criants dans les soi-disant « Hautes auto­ri­tés de san­té », « Comi­tés scien­ti­fiques » et autres « Agences » d’ « experts indé­pen­dants » : ces centres de DÉCISION sont sou­vent à la fois OPAQUES (hors contrôle) et CORROMPUS (noyau­tés par le tra­fic d’in­fluence).

Par exemple, le chef du SAGE (le Conseil scien­ti­fique (sic) anglais), Sir Patrick Val­lance, qui pro­meut et anime l’é­norme cam­pagne de vac­ci­na­tion au Royaume-Uni, a par ailleurs reçu DES MILLIONS (!) de livres ster­ling de la part des ven­deurs de VACCINS).

Voir aus­si le cas incroyable du Doc­teur Sir John Bell, pro­mo­teur ardent des TESTS Covid inutiles et rui­neux en Angle­terre.

 

Je rap­pelle ensuite ci-des­­sous les alarmes à la cor­rup­tion géné­rale lan­cées (non pas par moi mais) par les Rédac­teurs en chef des plus grandes revues médi­cales du monde :

Dr Arnold Sey­mour Rel­man, ancien pro­fes­seur de méde­cine à Har­vard, ancien Rédac­teur en chef du New England Jour­nal of Medicine :

« La pro­fes­sion médi­cale est ache­tée par l’industrie du médi­ca­ment et des vac­cins, non seule­ment au niveau de la pra­tique médi­cale mais éga­le­ment au niveau de l’enseignement et de la recherche. »

Source : https://​www​.ncbi​.nlm​.nih​.gov/​p​m​c​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​P​M​C​1​1​2​6​053


Dr Mar­cia Angell, pro­fes­seur de méde­cine à l’Université de Har­vard, et Rédac­trice en chef pen­dant 20 ans du New England Jour­nal of Medicine :

« Il n’est sim­ple­ment plus pos­sible de croire à l’essentiel de la recherche cli­nique qui est publiée, ou de se fier au juge­ment de méde­cins de réfé­rence ou à des direc­tives médi­cales fai­sant auto­ri­té. Je n’ai aucun plai­sir à faire ce constat, auquel je suis par­ve­nue len­te­ment et avec réti­cence au cours de deux décen­nies pas­sées comme rédac­trice en chef du New England Jour­nal of Medicine. »

Source : http://​www​.nybooks​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​2​0​0​9​/​0​1​/​1​5​/​d​r​u​g​–​c​o​m​p​a​n​i​e​s​–​d​o​c​t​o​r​s​a​–​s​t​o​r​y​–​o​f​–​c​o​r​r​u​p​t​i​on/


Richard Hor­ton, Rédac­teur en Chef du Lancet : 

« Une grande par­tie de la lit­té­ra­ture scien­ti­fique, sans doute la moi­tié, pour­rait être tout sim­ple­ment fausse. Affli­gée d’études avec des échan­tillons réduits, d’effets infimes, d’analyses pré­li­mi­naires inva­lides, et de conflits d’intérêts fla­grants, avec l’obsession de suivre les ten­dances d’importance dou­teuse à la mode, la science a pris le mau­vais tour­nant vers les ténèbres. »

Source : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60696–1/fulltext


Kam­ran Abba­si , rédac­teur en chef du BMJ (Bri­tish Jour­nal of Medi­cine), 13 novembre 2020, édi­to­rial du BMJ :

« Covid-19 : poli­ti­sa­tion, « cor­rup­tion » et sup­pres­sion de la science

Quand la bonne science est sup­pri­mée par le com­plexe médi­­co-poli­­tique, les gens meurent.

Les poli­ti­ciens et les gou­ver­ne­ments sup­priment la science. Ils le font dans l’in­té­rêt public, disent-ils, pour accé­lé­rer la dis­po­ni­bi­li­té des diag­nos­tics et des trai­te­ments. Ils le font pour sou­te­nir l’in­no­va­tion, pour mettre des pro­duits sur le mar­ché à une vitesse sans pré­cé­dent. […] Mais le com­por­te­ment sous-jacent est troublant.

La science est sup­pri­mée à des fins poli­tiques et finan­cières. Covid-19 a déclen­ché la cor­rup­tion de l’É­tat à grande échelle et c’est néfaste pour la san­té publique. Les poli­ti­ciens et l’in­dus­trie sont res­pon­sables de ce détour­ne­ment de fonds oppor­tu­niste. Il en va de même pour les scien­ti­fiques et les experts en san­té. La pan­dé­mie a révé­lé com­ment le com­plexe médi­­co-poli­­tique peut être mani­pu­lé en cas d’ur­gence – un moment où il est encore plus impor­tant de sau­ve­gar­der la science.

La réponse pan­dé­mique du Royaume-Uni four­nit au moins quatre exemples de sup­pres­sion de la science ou des scien­ti­fiques. » […]

Source : BMJ, https://​www​.bmj​.com/​c​o​n​t​e​n​t​/​3​7​1​/​b​m​j​.​m​4​425


Je vous recom­mande enfin la lec­ture de ce petit livre, tout à fait consternant : 

LA SOURIS TRUQUÉE. Enquête sur la fraude scien­ti­fique – Poche
Nicho­las Wade, William Broad

https://​www​.decitre​.fr/​l​i​v​r​e​s​/​l​a​–​s​o​u​r​i​s​–​t​r​u​q​u​e​e​–​9​7​8​2​0​2​0​2​1​7​6​8​2​.​h​tml

Livre très impor­tant, bien évo­qué ci-des­­sous, en 4 minutes denses :


Je résume :

 

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
« Ban­ni » de FB pour 30 jours (pour avoir seule­ment signa­lé un trai­te­ment alter­na­tif, l’i­ver­mec­tine, pri­vant de légi­ti­mi­té l’a­par­theid vac­ci­nal qui vient) => pas de post.

Tweet cor­res­pon­dant à ce billet : 

Une sacrée bonne nouvelle : le lancement d’une Gazette pour les Amis du RIC

Pour bien s’informer de l’avancement l’instauration du RIC​ en France​ : s’inscrire à la Gazette des Amis du RIC !
Une lettre d’in­for­ma­tions men­suelle gra­tuite dédiée aux actua­li­tés du RIC et aux actions pour son instauration.
Voir aus­si : les gazettes Gilets Jaunes

Vidéo de présentation :

S’ins­crire à la Gazette :
https://​conver​gence​.ric​-france​.fr/​g​a​z​e​tte

 

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​R​I​C​F​r​a​n​c​e​f​r​/​p​o​s​t​s​/​3​8​3​1​4​9​9​4​7​6​9​6​5​696

 

Tweet cor­res­pon­dant à ce billet :

https://​twit​ter​.com/​E​t​i​e​n​n​e​_​C​h​o​u​a​r​d​/​s​t​a​t​u​s​/​1​3​7​9​4​3​5​8​6​3​3​7​3​8​7​3​161