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#CompteSurMoi – Le Compteur à Constituants
CompteSurMoi.org Une idée simple et forte : toute action commence par une CONSCIENCE On a parfois du mal à trouver l’énergie pour agir face à l’immensité des tâches qui s’imposent, alors que nous avons pourtant le sentiment d’avoir compris le fonctionnement fondamental de notre société. On se demande tous : « par où commencer ? ». On se dit aussi : « je n’y arriverai jamais, je suis trop seul, nous ne sommes pas assez nombreux ». Eh bien, le début de toute action de libération, pour…
Sommes-nous vraiment en démocratie ? Débat avec Étienne Chouard, chez David GUYON, avocat
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ACN24 : Des nouvelles chouettes de la démocratie qui monte des communes – Atelier constituant Nexus #24 avec Raphaël Robbe (Portail municipal démocrate), Bertrand Candoré (GV de Pau), Marc, Léo et Nathanaël
Chers amis, Ce soir, mercredi 18 avril 2026 à 18 h, juste après le premier tour des élections municipales, nous allons recevoir Raphaël Robbe (du Portail municipal démocrate), Bertrand Candoré (remarquable Gentil Virus démocratique à l’origine de la candidature démocratique à Pau), avec Marc, Léo et Nath, pour vous raconter les bonnes nouvelles — et aussi les déceptions, et les leçons à en tirer — à propos des listes de candidats démocrates (proposant une constitution communale qui garantit à…
Mumble Constituant : réécrire la Constitution pour reprendre le pouvoir, avec Léo Girod et Étienne Chouard chez Akina (La Bonne Nouvelle), 12 mars 2026
Rendez-vous ce soir, 20h30, chez Akina 🙂 https://www.youtube.com/live/uUI41InCznM Description de l’événement sur la chaîne : Depuis des années, nous manifestons, nous signons des pétitions, nous dénonçons les scandales… Mais une question demeure : pourquoi rien ne change vraiment ? Et si le problème n’était pas seulement les décisions politiques… mais les règles du jeu elles-mêmes ? Qui écrit les règles du pouvoir ? Pourquoi ce sont toujours ceux qui gouvernent qui écrivent les règles qui…
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#CompteSurMoi – Le Compteur à Constituants
CompteSurMoi.org
Une idée simple et forte :
toute action commence par une CONSCIENCE
On a parfois du mal à trouver l’énergie pour agir face à l’immensité des tâches qui s’imposent, alors que nous avons pourtant le sentiment d’avoir compris le fonctionnement fondamental de notre société.
On se demande tous : « par où commencer ? ». On se dit aussi : « je n’y arriverai jamais, je suis trop seul, nous ne sommes pas assez nombreux ».
Eh bien, le début de toute action de libération, pour chaque être humain sur terre, le commencement nécessaire, c’est d’abord une prise de CONSCIENCE, ce moment où, face à une injustice, ou pendant une discussion, ou bien encore confronté à un problème, une petite voix intérieure nous demande : « quelle est la cause première ? quelle est la cause des causes ? »… C’est alors qu’une perception de l’urgence prioritaire va peut-être transformer notre vie.
Les démocrates modernes, les vrais, sont en train de prendre conscience que l’institution d’une société vraiment démocratique passe forcément par un processus constituant démocratique, c’est-à-dire populaire et permanent : seul le peuple lui-même, sans représentants, est à la fois apte et légitime à décider qui décide, et comment ; conscience que tout processus constituant abandonné à nos maîtres élus débouchera toujours sur notre impuissance politique populaire, même devant les pires injustices.
On ne sait pas encore comment y arriver, on ne sait pas encore comment agir efficacement, on n’a peut-être pas encore même commencé à agir, mais on sait, on a enfin conscience qu’on ne s’émancipera jamais tant qu’on laissera les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les règles de leur propre pouvoir, tant qu’on laissera les représentants décider des règles de la représentation et du contrôle des représentants. On a pris conscience qu’on nous traitera comme des enfants, comme des incapables politiques, tant qu’on acceptera d’élire les assemblées constituantes.
En même temps, on sent bien qu’il faudra être très NOMBREUX POUR ÊTRE LÉGITIMES à vouloir et à instituer notre émancipation politique, on a bien conscience que quelques dizaines de milliers de personnes ne sont pas légitimes à changer profondément la représentation politique des millions de personnes vivant dans le pays.
Et le sentiment de solitude peut ainsi nous décourager.
Pourquoi un COMPTEUR À CONSTITUANTS ?
Toi qui commence ce chemin démocratique, ou qui le suit depuis un certain temps, tu apprécieras certainement de ne pas te sentir seul à penser radicalement, en cherchant à prendre nos maux à leur racine. Tu trouveras du courage et une motivation à agir en voyant que le nombre des constituants monte tout le temps.
C’est pour cela qu’a été imaginé un Compteur de Consciences Constituantes,
un Compteur à Constituants ; en abrégé : CàC : c’est assez ! Stop, ça suffit !
Il s’agit de savoir, en temps réel, quel est le niveau de conscience de mon peuple sur le sujet de la vraie démocratie. Où en est-on ? Combien sommes-nous à nous concentrer sur notre cause commune : instituer nous-mêmes la puissance qui nous manque, pour nous évader de la prison politique où nous ont enfermés les élus ?
L’objectif est de trouver un fort encouragement à VOIR toutes ces consciences individuelles qui deviennent progressivement une conscience massivement collective, enfin légitimement subversive.
En s’inscrivant sur ce compteur, il s’agit de déclarer simplement, à soi-même et aux autres, qu’on a compris, qu’on a pris conscience de l’urgence constituante (et qu’on va donc probablement agir, bientôt). On s’inscrit pour être comptabilisé, recensé, comme un citoyen éveillé à l’idée que nous devons, prioritairement, vouloir le pouvoir constituant.
Ce compteur nous rend visibles. Il nous décomplexe : nous allons bientôt être des millions.
Ce chiffre peut d’abord rassurer celui qui se croyait seul, mais il peut aussi inquiéter ceux qui comptaient justement sur notre isolement et notre découragement.
Après la conscience, L’ACTION
Le Compteur à Constituants n’est qu’un premier pas, une déclaration.
À partir de là, vous pouvez bien sûr :
- Approfondir un sujet, en lisant, en regardant des vidéos, en participant à des conférences, des discussions.
- Rejoindre des collectifs, des groupes de travail, des ateliers constituants.
- Participer à des manifestations, signer ou lancer des pétitions.
- Organiser des actions.
Le compteur agit donc comme une porte d’entrée : on y met son nom pour signifier qu’on a compris, qu’on se tient aux côtés des autres, qu’ils peuvent compter sur nous parce qu’on va construire ensemble la suite.
Découvrir tous les témoignages qui seront publiés sous le compteur va certainement nous donner des idées :
Publier son témoignage
Après s’être ajouté au compteur, je vous invite à partager votre témoignage, votre expérience, votre ressenti.
Cela peut prendre plusieurs formes :
- Un texte, quelques mots bien choisis, une phrase-clé.
- Une image (ou un dessin pour les créatifs).
- Un enregistrement audio, pour que sa voix porte.
- Une courte vidéo, d’une minute ou deux seulement, symbolique, où l’on pousse une exclamation, un cri, ce Cri du Peuple qui devrait résonner dans nos villes et nos campagnes, et où l’on explique les raisons de notre prise de conscience en appelant les autres à en faire autant.
Le LOGO de comptesurmoi.org représente nos deux mains entourant notre bouche pour faire porte-voix afin que cette vibration, cette sonorité Ahhhh, soit entendue très loin.
Ce cri peut signifier une alerte, une douleur, une interpellation, un questionnement, un étonnement, un appel, et bien d’autres états d’âme selon votre personnalité et votre humeur. Ce geste simple transforme le cri individuel en cri collectif, une clameur. C’est le cri du peuple qui dit : « Ah ! Nous voulons le pouvoir constituant ! ». C’est aussi un cri de ralliement.
Il fait également référence au « Cri du Peuple » de l’article de Libération du 2 janvier 2019 qui retraçait la genèse du RIC dans le mouvement des Gilets Jaunes.
Un outil neutre au service du peuple
Ce compteur est tenu à jour par des militants bénévoles, de simples citoyens démocrates qui veulent garder une trace fiable et simple. Le Compteur à Consciences Constituantes recense les courriels uniques (les doublons sont supprimés) des signataires des pétitions pour le RIC Constituant et de toutes les personnes qui ont déclaré avoir la pleine conscience que notre implication personnelle est primordiale dans la réflexion, l’écriture et le vote de la Constitution.
Ce n’est ni un parti, ni une association, ni un programme : c’est juste une vérification citoyenne : combien sommes-nous, déjà ? et combien nous manque-t-il encore de consciences pour atteindre la masse critique et mettre en place la vraie démocratie que nous instaurerons nous-même ?
Diffuser le compteur
Ce compteur n’a de sens que si nous le faisons connaître. FAITES-LE TOURNER, PARLEZ-EN, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS. Montrez-le à vos proches. Expliquez son but. Chaque nouveau nom ajouté est une victoire, un pas de plus sur le tunnel de l’évasion et le chemin de l’émancipation générale.
Car le pouvoir constituant ne viendra pas d’en haut. Jamais. Il ne viendra que de nous.
Et ce n’est qu’en nous reliant, en nous comptant, en nous montrant, que nous pourrons un jour, sous notre propre plume, le voir advenir.
#CompteSurMoi
C’est sur ces mots-là, simples mais puissants, hashtag #CompteSurMoi, que le compteur rassemble les consciences constituantes, une par une. Et ces mots, aujourd’hui adressés au peuple de France, sont un acte politique important au cours d’une histoire en train de s’écrire : la reconquête du pouvoir constituant par le Peuple Souverain.
➡️ CompteSurMoi.org
Historique : à PAU, un candidat bouscule la politique locale – Philippe Arraou et Étienne Chouard sur Tocsin chez André Bercoff
ACN23 : Quelle démocratie (municipale) veulent vraiment les gens ? Atelier constituant Nexus #23 avec Marc, Léo et Nathanaël
Cette semaine (mercredi 11 mars 2026 vers 18 h), j’avais prévu de reprendre le travail (essentiel) sur les moyens (réels mais totalement méconnus) de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Mais le moment venu, hier soir à partir de 19 h 🙂 , la conversation d’introduction (qui portait sur les possibilités de mutations démocratiques à l’occasion des prochaines élections municipales) s’est prolongée et c’est finalement un tout autre sujet que le sujet prévu que nous avons traité hier soir 🙂 et c’était bien intéressant, autour du type de démocratie que veulent vraiment les gens.
Les joies du direct 🙂
Étienne.
[#Historique] Candidature pour la vraie démocratie dans une grande ville : PAU. Rendez-vous dimanche 8 mars 2026 à 17 h pour examiner ensemble les engagements précis du candidat
Chers amis,
Demain je vais faire 8 heures de train pour retrouver une équipe qui présente une candidature vraiment démocratique, sur le modèle de Ménil La Horgne (voir l’ACN10) mais dans un ville beaucoup plus grande : Pau (80 000 habitants), contre Bayrou et pour la population :
Un ami qui habite là-bas vous raconte son histoire :
« L’histoire de la liste « ARRAOU avec vous » aux élections municipales pour la ville de Pau des 15 et 22 mars 2026 est celle que l’on pourrait retrouver dans bon nombre de communes de France.
Un homme expérimenté, Philippe ARRAOU comprend que sa ville n’a pas évolué depuis une vingtaine d’années et décide d’écrire un livre, « PAU au XXIème siècle », expliquant l’importance de nombreux points comme : le numérique et la digitalisation c’est-à-dire la Smart City, l’écologie (la vraie !) Le développement économique, les jumelages et surtout la démocratie.
Ce livre constituait le début d’un programme politique pour sa candidature aux municipales.
De ce fait, comme tous les candidats, il rencontre des personnes pour compléter une liste longue de 53 citoyens et présenter la matrice de son projet… Cela est d’autant plus difficile en dehors des partis politiques qu’il n’a pas à la base de « militants » partageant sa vision particulière de son bassin de vie.
Il tombe alors sur un citoyen Palois qui lui explique, quitte à faire de la démocratie, qu’il fallait faire de la vraie démocratie — y compris « constituante » — et non pas le Canada dry que les politiciens de métier servent d’habitude aux citoyens pour garder le contrôle des décisions et les faire vaguement participer aux échanges préalables.
Philippe ARRAOU est un homme politique au sens citoyen du terme, qui s’intéresse à la vie de sa cité. Il a essayé d’œuvrer à l’intérieur des partis politiques, le MODEM, jusqu’à il y a encore 10 ans et a compris le manque total de démocratie que l’on trouve dans ces institutions. Ainsi, lui apparut la nécessité de monter une liste citoyenne hors des organes politiques avec toute la difficulté à être reconnu lorsque l’on ne fait plus tout à fait partie du « système ».
Dans sa volonté d’être vraiment démocrate, Philippe ARRAOU a donc délégué à un membre de son équipe la mise en place d’une CHARTE DÉONTOLOGIQUE pour les élus mais aussi et surtout d’une CHARTE COMMUNALE, que l’on pourrait aussi appeler CONSTITUTION, qui est en parfaite accord avec les lois mais qui définit une conception différente du partage des responsabilités entre les citoyens et les élus. Cette constitution a été étudiée et retravaillée avec les membres du Portail municipal (consultez le rapport de ce label, il est spectaculaire : https://portail-municipal.fr/equipe/88/label/43) qui lui ont attribué 290 points sur les 300 points possibles de la notation de leur label.
Avec toute la maladresse que l’on pourra pardonner à des gens qui ne sont pas des « professionnels de la communication politique », la candidature de la liste « ARRAOU avec vous » pourrait permettre à une ville de plus de 80 000 habitants de rétablir une « démocratie authentique » selon la formule utilisée par Philippe ARRAOU, c’est-à-dire une démocratie vraie comme les Grecs l’avaient pratiquée à Athènes pendant 200 ans, il y a 2 500 ans.
Cette opportunité municipale devrait être un phare pour tous les gentils virus, qui ont la possibilité aujourd’hui, eux aussi, d’aller voir les premiers magistrats et leur proposer, comme à Ménil La Horgne, d’évoluer progressivement du modèle actuel vers un modèle non pas seulement participatif mais démocratique, où les citoyens deviennent vraiment décisionnaires dans la vie de leur village… et pas seulement électeurs tous les 6 ans. »
On va essayer de publier la rencontre en live, sur la chaîne de Nexus :
Tous les documents (programme, charte déontologiques, charte communale…) sont sur le site https://philippearraou2026.fr/
Étudiez chaque point de la Charte communale ci-dessous, vous allez voir, c’est révolutionnaire :
Arraou_Constitution communale‑2Bon, je vais passer 16 heures dans le train pour défendre un candidat à une élection… C’est parce que j’ai l’impression qu’il y a là une opportunité historique, une vraie faille potentielle dans le système de domination parlementaire : l’indicateur qui m’a tiré l’œil, c’est le score de 290 sur 300 au Portail municipal démocrate ; après avoir passé plusieurs soirées (ACN10, ACN13 et ACN14) à détailler la rigueur de leur LABEL démocratique, j’attache beaucoup d’importance à cette évaluation. Et si on a à Pau un candidat comme Claude (de Ménil), vraiment décidé à ne pas décider, un vrai démocrate, et si la population de Pau réalise cette opportunité et le porte au pouvoir, on va avoir un deuxième exemple de démocratie véritable en France, à grande échelle, et donc une vraie possibilité de grande et rapide contagion démocratique dans le pays (et même dans le monde ?).
En tout cas, c’est parce que j’y crois que je vais passer deux jours dans le train.
J’espère que Philippe dit vrai et que les Palois vont réaliser leur propre responsabilité historique.
Au plaisir de vous y retrouver, ou de réfléchir à tout ça avec vous en commentaires.
Étienne.
ACN22 Atelier constituant Nexus #22 La véritable démocratie ? Bien sûr que c’est possible ! avec Claude Kaiser, quelques témoins de Ménil, Marc, Léo et Nathanaël
Ce soir, 4 mars 2026 à 18 h pétantes 🙂 , pendant deux heures, on va recevoir à nouveau Claude Kaiser, le maire démocrate et heureux de Ménil La Horgne (voir épisode ACN#10), avec quelques unes des personnes qui ont vécu l’aventure démocratique de ce village depuis six ans, pour qu’ils nous détaillent un peu leurs souvenirs des doutes qui les assaillaient au départ, et la façon dont ces doutes se sont ensuite évanouis en vivant la démocratie villageoise pour de vrai.
J’ai hâte d’y être.
Étienne.
Démocratie directe – Conférence et ateliers constituants à Flaux (30700 près du Pont du Gard) le 3 mars 2026
ACN21 Atelier constituant Nexus #21 Quels processus constituants dans les communes ? avec Hugues Debotte, Marc et Nathanaël
Ce soir, 25 février 2026 vers 19h30, avec Marc et Nathanaël, je recevrai Hugues Debotte qui, dans mes souvenirs, s’est toujours opposé au RIC et au tirage au sort (…), mais qui a des suggestions particulières à proposer à propos du processus constituant commune par commune.
Dans cet article : https://www.laconcordetv.fr/
À l’onglet « PROJET », vous pouvez télécharger les PDF utiles : https://www.acl-carmaux.fr/
Au plaisir de vous y retrouver 🙂
Étienne.
ACN20 Atelier constituant Nexus #20 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 4ème partie : CRIMES ÉCONOMIQUES DE L’ÉTAT, avec Marc, Léo et Nathanaël
Cette semaine (demain mercredi 18 février 2026 vers 19 h), on reprend le travail (essentiel) sur les moyens (réels mais totalement méconnus) de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Je vous rappelle l’adresse du document que nous composons depuis le début de ces ateliers constituants avec Nexus (et qui vous sert à suivre notre travail) : L’ATELIER CONSTITUANT AVEC ÉTIENNE CHOUARD – Google Docs : vous pouvez y lire (pages 17 et suivantes) quelques crimes économiques pour lesquels je compte chercher avec vous (en 3e colonne) des solutions AUTRES que l’élection.
Je vous rappelle aussi le premier document que j’avais composé pour démarrer ce travail (et que nous continuerons d’utiliser demain pour avancer dans notre recherche de solutions) : les MISSIONS de l’État (raisons d’obéir) comparées aux CRIMES de l’État (raisons de désobéir), où nous cherchons, pour chaque ligne d’une Mission de l’État et des Crimes correspondants, de vraies bonnes SOLUTIONS — recherche de solutions qu’aucun média ne fait jamais chaque fois que des scandales sont dénoncés !
Cette semaine (demain), je compte traiter avec vous les missions économiques de l’État (raisons de lui obéir) et les crimes économiques de l’État (raisons de lui désobéir). Je reprends ci-dessous celles de mes notes (voir Atelier #15) qui vont être examinées pour leur trouver des vraies solutions :
- Solidarité :
- Missions : Organiser les solidarités
- sécurité sociale,
- assurance chômage,
- retraite,
- allocations familiales…
- Crimes : Dévastation progressive de toutes les solidarités depuis 50 ans (dévastation volontaire et annoncée par Denis Kessler, vice-psdt du Medef en 2007).
- Missions : Organiser les solidarités
- Prospérité :
- Missions :
- Établir et garantir la prospérité : plein emploi, pas de pauvreté, réduire les inégalités par la fiscalité.
- Crimes :
- Austérité artificielle (volontaire), augmentation de la pauvreté, de la précarité, du chômage (NAIRU), de l’inflation, explosion des inégalités par la fiscalité.
- Missions :
- Monnaie publique et Plein Emploi :
- Missions :
- Monnaie stable,
- indexation des salaires et de tous les contrats,
- plein emploi garanti par la création monétaire publique (État employeur en dernier ressort),
- Assurances contre le chômage.
- Crimes :
- Politiques inflationnistes (Quantitative Easing), prix factices (électricité !),
- politiques « chômagènes » (lutte contre l’inflation, libre-échange, harcèlement adm et fiscal des TPE/PME),
- privatisation de la création monétaire (art. 123 de Lisbonne),
- explosion des dettes (publique et privée), siphonage des liquidités par les milliardaires (apatrides),
- suppression progressive des assurances chômage.
- Missions :
Vous trouverez dans le google doc Nexus constituant, pages 17 et s., le tableau de l’ordre du jour de ce soir qui correspond aux notes ci-dessus (j’ai rempli les deux premières colonne et c’est la 3e colonne que nous chercherons à remplir ensemble : quelles vraies solutions, hors élection, crime par crime.
C’est peut-être le thème le plus important de tous que celui-ci : rendre effectif le droit de résistance à l’oppression. C’est pourquoi j’ai hâte d’être à demain, et de vous retrouver, en visio depuis la Bretagne.
Étienne.
(PS : je remplacerai l’image ci dessous par un lien vers l’événement dès qu’il aura été créé.)
Rencontre débat avec Franck Lepage et les Gilets Jaunes bretons – DÉMOCRATIE : Quelle cause commune peut nous rendre capables de penser sans esprit partisan ?
J’aimerais qu’on arrive à réfléchir publiquement à ce que signifient les mots « gauche » et « droite », aux chances de succès de l’élection pour émanciper les travailleurs des exploiteurs, à l’importance vitale, pour la gauche et pour la droite, de prendre conscience de la priorité constituante…
J’ai hâte d’être à jeudi 🙂
Étienne.
La civilisation qui n’a jamais eu besoin de Dieu (une démocratie de 3000 ans)
La civilisation qui n’a jamais eu besoin de Dieu
C’est probablement la caractéristique qui fait de la Chine une civilisation unique dans l’histoire de l’humanité : c’est la seule où la religion n’a presque jamais eu son mot à dire dans les affaires politiques.
Pensez à n’importe quelle autre civilisation, l’Inde, la Perse, l’Égypte ancienne, la civilisation européenne, les Incas : Elles avaient tous une classe sacerdotale qui détenait un pouvoir politique considérable. La Chine ? Jamais.
La Chine, à toutes fins utiles et pendant plus de 3 000 ans, a toujours été rigoureusement laïque.
Ceci est bien illustré par l’une de mes histoires préférées sur la Chine. Au XVIe siècle, des missionnaires européens, pour la plupart des jésuites, ont commencé à se rendre en Chine pour tenter de convertir le pays au christianisme. Le plus percutant de ces missionnaires – de loin – était Matteo Ricci, une figure historique malheureusement trop méconnue mais probablement l’un des hommes les plus importants de l’histoire.
Ricci, un homme très intelligent, s’est dit que cela n’avait aucun sens pour lui d’aller en Chine vêtu de sa tenue de prêtre catholique européen : s’il le faisait, les Chinois ne le verraient que comme un barbare exotique en robe. Alors qu’a‑t‑il décidé de faire ? Il s’est déguisé en moine bouddhiste, se disant qu’il vendrait le christianisme comme une variante étrangère – et plus correcte – du bouddhisme. Il a supposé que puisque le bouddhisme était une religion établie en Chine, présenter le christianisme comme faisant partie de celle-ci serait un point d’entrée naturel.
Bien trouvé, mais ça n’a pas marché. Du tout. Ricci est resté en Chine en tant que moine bouddhiste pendant des années, mais il n’a pratiquement fait aucune percée. Pourquoi ? Parce que, habillé comme ça, personne en position de pouvoir ne lui donnerait de reconnaissance. Ce que Ricci n’a pas réussi à prévoir, c’est que les moines bouddhistes – et toutes les personnalités religieuses – avaient un statut social bas en Chine : contrairement à l’Europe à l’époque de Ricci, la religion n’était tout simplement pas une affaire sérieuse en Chine.
Ricci, immensément frustré, finit par comprendre son erreur. Il a compris qu’en Chine, le chemin de l’influence ne passait pas par les temples mais par les académies : les élites qui détenaient les clés de tout étaient tous des érudits et des intellectuels. Ricci s’est donc transformé une fois de plus : il a appris à lire et à écrire le chinois classique, a maîtrisé le canon confucéen et s’est reconditionné non pas comme un homme de Dieu mais comme un homme de savoir – quelqu’un qui pouvait faire le commerce des mathématiques, de la cartographie et de la philosophie morale. Il a également changé sa façon de s’habiller : il a complètement abandonné le déguisement bouddhiste et a revêtu les robes d’un érudit confucéen. Là ça a marché. Des portes qui avaient été fermées pendant des années ont finalement commencé à s’ouvrir.
Ceci est une histoire pour un autre article, mais Ricci est finalement devenu la première personne à traduire les classiques chinois en latin, ce qui a eu un impact immense en Europe. En fait, on peut affirmer avec une extrême force qu’il fut, plus que quiconque, l’homme le plus responsable du mouvement des Lumières.
Ricci mourut à Pékin en 1610, mais grâce à ses traductions, les idées qu’il renvoya chez lui devinrent lentement le fondement intellectuel de la remise en question du rôle de la religion dans la vie publique : « l’argument chinois » devint une arme intellectuelle majeure maniée par les penseurs des Lumières, en particulier Voltaire, Bayle et de nombreux philosophes. L’argument était essentiellement : « Regardez, voici une civilisation vaste, ancienne et sophistiquée qui a maintenu l’ordre, la moralité et la bonne gouvernance pendant des milliers d’années – le tout sans christianisme, sans révélation, sans Église. Cela prouve que la religion n’est pas nécessaire pour une société morale et qui fonctionne bien« . Et le matériel source pour presque tout cela fut… les traductions jésuites, à commencer par le travail de Ricci.
L’ironie est excellente : Ricci est allé en Chine pour la convertir au christianisme. Il n’a pas réussi à le faire, mais a fini par planter les graines qui convertiraient sa propre civilisation à la laïcité.
Digression un peu longue mais très illustrative du sujet : la laïcité en Chine était si profondément ancrée qu’elle ne repoussait pas seulement le christianisme, elle rayonnait vers l’extérieur et remodelait toute notre civilisation occidentale. Nous sommes devenus laïques nous-mêmes (ainsi que la plupart des pays européens) sous l’influence directe de la Chine.
La Chine a‑t‑elle vraiment toujours été laïque ? Je dois admettre que j’ai un peu exagéré. Au tout début de son histoire, la Chine est en fait presque devenue théocratique et c’est en fait ce presque qui a ancré la laïcité dans son ADN civilisationnel, jusqu’à nos jours.
Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter à la première dynastie chinoise : la dynastie Shang qui a régné dans la vallée du fleuve Jaune au 2ème millénaire avant JC.
Les Shang étaient, à toutes fins pratiques, à peu près aussi théocratiques qu’une civilisation peut l’être. Le roi Shang était le devin suprême – à la fois souverain et grand prêtre. Chaque décision importante de l’État était passée au filtre de la divination : des questions étaient gravées dans des os d’animaux ou des carapaces de tortues (les fameux “Os d’Oracle”), les os étaient chauffés jusqu’à ce qu’ils se fissurent, et le roi lisait les schémas de fracture comme des messages du monde des esprits. Le sacrifice humain était pratiqué à une échelle qui aurait impressionné les Aztèques : des milliers de victimes, offertes aux ancêtres et aux esprits dans des rituels élaborés. Si une société de l’histoire chinoise avait une classe sacerdotale avec un réel pouvoir, c’était bien celle-là. En fait, le roi était la classe sacerdotale à lui tout seul.

Un os d’oracle de la dynastie Shang sur une carapace de tortue
Puis, vers 1046 Av. J.-C., les Zhou renversèrent les Shang et se heurtèrent immédiatement à un problème existentiel de légitimité. Les Shang prétendaient régner parce que le Ciel les avait choisis. Si c’était vrai, alors les Zhou venaient de commettre l’acte ultime de sacrilège. Comment justifier aller contre la volonté de Dieu ?
La réponse est venue d’un homme : le duc de Zhou, qui peut ainsi être crédité comme l’inventeur – peut-être involontaire – de la laïcité, et en tant que tel l’un des penseurs politiques les plus influents de l’histoire humaine. Il a fait des déclarations documentées dans les textes chinois les plus anciens, notamment le Shujing (Livre des Documents) et le Shijing (Livre des Chants), où il a expliqué que le mandat du Ciel n’est pas un droit de naissance mais un contrat conditionnel à la vertu (Dé, Dé). Comme le dit le Shujing “Le mandat du Ciel n’est pas constant” (天„ Tiānmìng m ch cháng) et comme le déclare le Shujing : « Le Ciel n’a pas de favoris ; il n’assiste que les vertueux« .
Cela peut sembler une idée facile, mais elle a complètement changé toute l’équation : soudain, la légitimité du pouvoir ne reposait plus sur la volonté de Dieu mais sur le jugement moral de l’homme, sur la question de savoir si le dirigeant avait de la vertu et gouvernait bien. Et s’il ne le faisait pas, il perdrait sa légitimité à gouverner “aux yeux du Ciel”, tout comme les Shang.
Ce n’était pas de la laïcité en soi, mais l’effet pratique de cela fut la dé-divinisation de l’autorité politique : si le mandat du Ciel dépend de la vertu, et la vertu est mesurée par le fait que le peuple est bien gouverné, alors en fin de compte c’est le peuple qui est l’arbitre de la légitimité d’un dirigeant. Le Shujing lui-même le rend explicite avec cette ligne remarquable : “Le Ciel voit comme mon peuple voit ; Le Ciel entend comme mon peuple entend.” Le jugement du Ciel est donc le jugement du peuple.
Ainsi, le duc de Zhou ne s’est pas contenté de dé-diviniser le pouvoir, il a effectivement placé la source de la légitimité politique entre les mains des gouvernés. Non pas par des élections ou des mécanismes formels, mais par une philosophie de gouvernement qui déclarait explicitement que le travail du dirigeant est de servir le peuple, et que sa légitimité dépend entièrement de sa capacité à le faire.
Ce n’est pas un principe abstrait, il a imposé une contrainte structurelle très réelle à chaque dirigeant chinois pour les trois mille années suivantes. C’est pourquoi la philosophie politique chinoise met un accent si intense sur les mécanismes pratiques de la bonne gouvernance : administration méritocratique, gestion de l’eau, infrastructure, toutes les choses qui permettent aux gens de se nourrir et d’être en sécurité. C’est une logique de survie : servir le peuple ou perdre le mandat. Et si le dirigeant échoue, le renverser n’est pas un sacrilège, c’est la volonté du Ciel. C’est pourquoi tant de dynasties dans l’histoire de la Chine ont été renversées par des rébellions populaires, et pourquoi ces rébellions étaient considérées comme légitimes plutôt que comme un péché.
C’est aussi pourquoi Mencius pourrait dire plus tard : « Le peuple est le plus important, l’État vient ensuite, le dirigeant est le moins important » ; ce qui est une déclaration extraordinaire pour le 4ème siècle avant JC.
Si vous revenez à l’étymologie du mot démocratie – “kratos” pour le pouvoir et “démos” pour le peuple – on peut affirmer que la Chine est une sorte de démocratie depuis plus de 3 000 ans : pas une démocratie de scrutins et de parlements, mais une démocratie où le pouvoir reposait toujours en fin de compte entre les mains du peuple, où chaque dirigeant gouvernait en sachant que le peuple était, en dernière analyse, celui qui détenaient le véritable pouvoir au-dessus de lui, celui pour qui il travaillait et à qui il rendait des comptes.
Pour en revenir aux religions, tout cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas en Chine. Elles sont bien présentes. Et il y a eu de nombreux épisodes de tiraillements dans l’histoire de la Chine où les religions ont tenté d’acquérir plus de pouvoir politique.
L’un de mes épisodes préférés est celui de l’empereur Wu de la dynastie Liang (梁武帝, Liáng wìdì, 464–549 après JC) qui est devenu un converti bouddhiste fanatique et, dans une tentative d’amener l’État à financer le bouddhisme, a mis au point un programme de collecte de fonds créatif : il s’offrirait en « sacrifice vivant » (sh, sheshen) à un monastère bouddhiste. Ses ministres, laissés avec le petit problème de ne plus avoir d’empereur, seraient alors obligés de le « racheter » avec des dons colossaux au monastère. Il a réussi ce coup au moins trois fois (voire quatre, selon certaines sources), extrayant à chaque fois des milliards en espèces du trésor public.
Mais ensuite, le Mandat du Ciel a joué son rôle : un petit général rebelle du Nord nommé Hou Jing est arrivé à Nankin (la capitale à l’époque) avec quelques centaines de soldats, aidé par des paysans qui avaient afflué pour le rejoindre par dizaines de milliers. Ils encerclèrent le palais impérial et l’empereur Wu – l’homme qui avait ruiné son empire pour la gloire de Bouddha – mourut de faim à 85 ans, assiégé dans sa propre capitale. Aucun autre dirigeant chinois n’a osé laisser la religion se rapprocher à nouveau du trône.
Les chinois eux-mêmes ont une approche particulièrement pragmatique de la religion. Elle n’a jamais maintenu la société unie comme ce fut le cas dans la plupart des autres civilisations. Ce rôle était rempli par un système moral de croyances, avec la vertu (德, Dé) en son centre. Dans la plupart des civilisations, les questions fondamentales – qu’est-ce qui est bien et mal ? comment devrions-nous nous comporter ? que nous devons-nous les uns aux autres ? – ont trouvé des réponses dans la religion. En Chine, les réponses ont été apportées par la philosophie morale. Le duc de Zhou a fait de la vertu la base de la légitimité politique et Confucius l’a ensuite universalisée en un cadre éthique complet pour toute la société. Le résultat fut une civilisation qui avait tout ce que la religion fournissait ailleurs – un code moral, une cohésion sociale, un sens du sens, une hiérarchie des obligations – sans aucune infrastructure théologique. Pas de Dieu officiel, pas de dogme officiel, pas de clergé officiel. Juste l’idée que les êtres humains peuvent et doivent cultiver l’excellence morale par l’étude, l’autoréflexion et la pratique, et que cela seul suffit à maintenir une civilisation unie. La famille, la piété filiale, le respect des anciens, la révérence pour l’éducation, tout cela découle de la vertu et non de la foi.
C’est ce qui rend la Chine véritablement unique parmi les civilisations : elle a remplacé la théologie par l’éthique comme principe d’organisation.
Alors, quel rôle joue la religion ? Tout d’abord, il est intéressant de noter que de nombreuses divinités vénérées par les Chinois, même dans le bouddhisme chinois et plus encore dans le taoïsme, sont vénérées en raison de leur pratique de la vertu. Si vous allez dans un temple bouddhiste ou taoïste en Chine, il est extrêmement courant de constater que les personnages vénérés ne sont pas des Dieux au sens occidental du terme, mais des êtres humains divinisés en raison de leur vertu exceptionnelle. Guan Yu (关羽), peut-être la figure la plus vénérée par les Chinois, était un véritable général historique de la période des Trois Royaumes, vénéré non pas parce qu’il accomplissait des miracles ou livrait des révélations divines, mais parce qu’il incarnait la loyauté, la droiture et l’honneur. Il en va de même pour Mazu (妈祖), la déesse de la mer, qui était à l’origine une vraie femme de la province du Fujian qui aurait consacré sa vie à sauver les pêcheurs. Même dans le bouddhisme chinois, la figure la plus populaire n’est pas le Bouddha historique lui-même mais Guanyin (Gu), le bodhisattva de la compassion toujours représenté comme une femme (au moins depuis la dynastie Song), vénérée précisément parce qu’elle a choisi de rester dans le monde pour soulager la souffrance humaine plutôt que de monter au nirvana.

Photo prise par votre humble serviteur au temple taoïste appelé « Erwang » (signifiant « 2 saints ») situé à Dujiangyan dans la province du Sichuan. Les « 2 saints » en question sont deux ingénieurs en irrigation (Li Bing et son fils Li Erlang) qui ont construit le projet d’irrigation voisin de Dujiangyan en 236 av. JC. La Chine est probablement le seul pays au monde à avoir divinisé des ingénieurs !
Même la façon dont les Chinois prient est révélatrice : les gens ne vont pas au temple pour se soumettre à l’autorité divine ou chercher le salut, mais pour demander des choses pratiques ; la santé, la prospérité, la réussite aux examens, un bon mariage. C’est transactionnel, pragmatique, relié à ce monde.
Voici une anecdote personnelle amusante : mes beaux-parents, qui vivent dans la province du Henan, se sont récemment convertis au christianisme non pas à cause d’une croyance fondamentale, mais essentiellement à cause du résultat d’une analyse personnelle. Dans leur analyse, le bouddhisme était coûteux (en termes d’offrandes qu’ils devaient faire dans les temples) et, malgré de nombreuses demandes au fil des décennies, le retour sur investissement avait été décevant. Le christianisme était moins cher et offrait de meilleurs avantages, alors ils ont changé de religion. Vous pourriez trouver cela sacrilège et non spirituel, mais croyez-moi, c’est la façon la plus terre-à-terre d’aborder la religion en Chine. Les Chinois sont un peuple éminemment pragmatique.
Cette caractéristique fondamentale de la civilisation reste absolument essentielle pour comprendre la Chine contemporaine. Beaucoup de gens décrivent souvent la laïcité de la Chine comme une forme de nihilisme, une absence de croyance ou une croyance en rien. Je pense que c’est exactement le contraire : c’est, au fond, une foi en l’humanité elle-même. Il y a une phrase en chinois qui dit : 人天天 (rén dìng shèng tiān) : « la détermination humaine peut conquérir le Ciel« . C’est en cela que consiste la laïcité chinoise : il ne s’agit pas de supporter cette vie en attendant le salut ou de croire qu’une puissance supérieure a un plan pour vous. C’est la conviction que les êtres humains, par l’effort, la vertu et la détermination pure, suffisent.
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’ouvrier du bâtiment chinois se casse le dos en travaillant comme personne ? Parce qu’il est Dieu conquérant le Ciel.
Arnaud Bertrand
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.
ACN19 Atelier constituant Nexus #19 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 3ème partie : MALHONNÊTETÉ ET TRAHISONS DE L’ÉTAT, avec Marc, Léo et Nathanaël
Cette semaine (demain mercredi 11 février 2026 vers18h), on reprend le travail (essentiel) sur les moyens (réels mais totalement méconnus) de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Je vous rappelle l’adresse du document que nous composons depuis le début de ces ateliers constituants avec Nexus (et qui vous sert à suivre notre travail) : L’ATELIER CONSTITUANT AVEC ÉTIENNE CHOUARD – Google Docs
Je vous rappelle aussi le premier document que j’avais composé pour démarrer ce travail (et que nous continuerons d’utiliser demain pour avancer dans notre recherche de solutions) : les MISSIONS de l’État (raisons d’obéir) comparées aux CRIMES de l’État (raisons de désobéir), où nous nous employons, pour chaque ligne d’une Mission de l’État et des Crimes correspondants, à signaler de vraies bonnes SOLUTIONS — recherche de solutions qu’aucun média ne fait jamais chaque fois que des scandales sont dénoncés !
C’est peut-être le thème le plus important de tous que celui-ci : rendre effectif le droit de résistance à l’oppression. C’est pourquoi j’ai hâte d’être à demain, et de vous retrouver depuis les studios de Nexus à Paris.
Étienne.
PLAN DÉTAILLÉ DE L’ATELIER CONSTITUANT #19 (11 février 2026) :
01:02 – Étienne Chouard : Introduction et méthodologie
- Contexte : Présentation de la chaîne Nexus (média sans pub) et de l’objectif de l’atelier : « Rendre effectif le droit de résistance à l’oppression ».
- Méthode : Articuler les scandales actuels (lois scélérates) aux solutions institutionnelles (écrire la Constitution), pour que les journalistes s’habituent à « ponctuer leur déploration des scandales avec une solution constituante ».
- Support : Utilisation d’un tableau à trois colonnes : Missions de l’État, Trahisons (Crimes), Outils politiques (Solutions hors élection).
10:17 – Thème 1 – L’honnêteté des représentants (Le mensonge en politique)
- Étienne Chouard : Propose « Interdiction explicite du mensonge ».
- « Dans aucune constitution au monde… il n’est interdit aux élus de mentir. »
- Léo Girod : S’oppose au terme « interdire » (inefficace) et au mot « mensonge » (trop flou). Propose des termes juridiques précis : fraude, tromperie, ruse, parjure.
- « Interdire… ça sert absolument à rien. Il faut parler de la possibilité de sanctionner. »
- Nathanaël Leroy : S’inquiète du risque de totalitarisme et de la difficulté de distinguer l’erreur du mensonge, ou le « mensonge de bonne foi » (ex : éviter la panique).
- « L’idée que le mensonge est interdit, ça me crée une sorte d’effroi… l’enfer est pavé de bonnes intentions. »
- Synthèse : Sanction explicite des cas de fraude, tromperie, ruse et parjure. Création d’une « délégation de vérification » pour les informations classifiées (secret défense).
47:22 – Thème 2 – Le terrorisme d’État (La peur comme outil de gouvernement)
- Étienne Chouard : Dénonce l’utilisation de la peur (virus, climat, guerre) pour obtenir la docilité.
- « Les gouvernements du monde entier… ont intérêt à ce que nous soyons terrorisés pour obtenir notre docilité, exactement comme le ferait un mafieux. »
- Proposition : Interdire d’inquiéter la population « inutilement et illégitimement ». Les alertes doivent venir d’institutions indépendantes (lanceurs d’alerte), pas de l’exécutif.
57:12 – Léo Girod & Étienne Chouard : Digression sur la corruption par le pouvoir (L’exemple de la Convention Citoyenne pour le Climat)
- Léo Girod : Le pouvoir corrompt même les tirés au sort qui finissent par se sentir « représentants » et supérieurs.
- « Les tirés au sort au bout d’un mois ont commencé à se comporter en représentants… C’est mieux que ce soit nous qui décidions. »
- Solution Léo : Subdivision des tâches et mandats courts. Un groupe prépare, un autre valide, les citoyens sont consultés à chaque étape.
1:05:21 – Thème 3 – La corruption et le « pantouflage »
- Étienne Chouard : Le scandale des anciens élus embauchés à prix d’or par le privé (Barroso, Blair, Schröder) après avoir dérégulé.
- « Ils sont aujourd’hui goinfrés par les plus riches pour avoir trahi. »
- Nathanaël Leroy : Propose d’interdire aux détenteurs d’informations stratégiques de travailler dans des secteurs où ces infos sont valorisables. Surveillance accrue.
- « Faudrait les surveiller comme le lait sur le feu les mecs qu’ont eu accès à des infos un peu problématiques. »
- Léo Girod : Craint une dérive type « Big Brother » ou « Crédit Social » si on surveille les individus et leurs proches. Propose plutôt des sanctions radicales (« Méthode Créon »).
- Marc Daoud (arrivée) : Suggère des Travaux d’Intérêt Général (reconstruire des routes, des écoles) pour réhabiliter les traîtres plutôt que la prison ou pire.
1:44:30 – L’accès à la justice pour les Chambres de Contrôle
- Problème : La Cour des Comptes fait des rapports incendiaires mais ne peut pas agir en justice.
- Proposition : Rendre la justice accessible/gratuite (ou proportionnée aux revenus) pour permettre aux Chambres de contrôle (et aux citoyens) d’attaquer les responsables.
- Marc Daoud : « Puisque la justice est devenue gratuite. »
- Léo Girod : « Proportionnée à la richesse… C’est gratuit pour se défendre, mais à la fin, c’est le coupable qui raque. »
1:50:29 – Thème 4 – L’autonomisation de l’Exécutif (Le pouvoir réglementaire)
- Étienne Chouard : L’exécutif ne doit pas légiférer (décrets, ordonnances, transposition de traités européens). Il doit redevenir un pur exécutant.
- « C’est le bout de cette autonomisation… c’est un pouvoir qui n’a plus rien à craindre et qui peut acheter les centaures. »
- Léo Girod : Dans sa constitution (Mumble), l’Exécutif n’existe plus en tant que bloc. Il est découpé en « fonctions » (Police, Militaire, Diplomatique…) indépendantes, réunies dans un conseil de coopération.
- « L’exécutif n’existe plus… On a découpé l’exécutif… on les a mis dans des entités séparées. »
2:05:24 – Étienne Chouard : Digression sur les journalistes (vrais) et l’élection
- Étienne Chouard : Déplore que les « vrais journalistes » (indépendants) ne proposent que l’élection comme solution aux problèmes qu’ils dénoncent.
- « Si la solution c’est l’élection, mais c’est une blague : c’est l’élection la cause première de l’oppression impunie. »
2:09:42 – Nathanaël Leroy : Théorie de la décision et manipulation parlementaire
- Nathanaël Leroy : Explique comment on peut manipuler une assemblée via la technique des amendements successifs (Exemple de la cafétéria : Hygiéniste, Avare, Alcoolique).
- « Toute règle de décision sauf une est corruptible… La seule règle incorruptible, c’est la dictature d’un seul. »
- Léo Girod : La solution est de voter le texte en bloc à la fin, préparé par l’assemblée en intelligence collective.
2:21:09 – Thème 5 – Le Ministère de la Justice
- Étienne Chouard : Avoir un « Ministre de la Justice » est une aberration du point de vue de la sacro-sainte séparation des pouvoirs.
- Solution : Suppression du Ministère de la Justice. Indépendance totale du judiciaire.
2:25:37 – Léo Girod & Étienne Chouard : Débat sur l’Anarchie et les Pouvoirs
- Léo Girod : « L’anarchisme mal compris, c’est l’ordre sans le pouvoir. Or sans pouvoir, il y a pas d’ordre… Il faut des pouvoirs mais il ne faut pas LE pouvoir. »
2:29:31 – Débat sur la Philosophie et les Valeurs dans la Constitution
- Léo Girod : Position radicalement pragmatique. Tout ce qui n’est pas procédural (valeurs, philosophie, droits de l’homme) est inutile voire dangereux car sujet à interprétation par les juges (Gouvernement des juges).
- « Tout ce qui n’est pas procédural n’existe pas parce que ça ne pourra pas être appliqué. »
- Nathanaël Leroy & Étienne Chouard : Défendent l’importance d’un préambule, d’un socle de valeurs culturelles communes (Nation) pour guider l’esprit des lois.
- Étienne Chouard : « Tu donnes au juge constitutionnel loyal… le moyen philosophique d’interpréter et de combler les trous. »
2:57:47 – Thème 6 – Le Code Électoral (écrit par les élus…)
- Étienne Chouard : Scandale que les élus écrivent les règles de leur propre élection (Code électoral, découpage).
- Solution : Le Code électoral (et ses décrets d’application) doit être une annexe de la Constitution, intouchable par les élus (loi organique écrite par des constituants/citoyens).
- Léo Girod : « Faut vraiment que jamais aucun élu puisse approcher ces documents. »
3:03:29 – Thème 7 – La maîtrise des Médias
- Problème : Dépendance aux subventions décidées par le gouvernement ou aux milliardaires.
- Solution Léo/Nathanaël : Subventions automatiques basées sur des critères procéduraux fixes (incorruptibles), sans intervention politique. Évocation d’une « Sécurité Sociale des journalistes » (idée de Cyril Martin).
3:09:04 – Thème 8 – Plus généralement, que faire contre une dérive totalitaire (technologique et eugéniste)
- Nathanaël Leroy : attention : la technologie porte en elle une logique de dérive totalitaire autonome, indépendante des pouvoirs politiques (surveillance, bio-ingénierie, reproduction artificielle).
- « La technologie est un processus d’auto-engendrement qui nous emmène vers une dérive totalitaire. »
- Léo Girod : Solution via un « Pouvoir Éthique et Scientifique » (indépendant) capable de mettre un Veto ou d’alerter.
- Étienne Chouard : Le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) et l’indépendance des médias comme freins principaux.
3:24:08 – Conclusion
- Annonce du prochain thème : L’oppression économique et la monnaie.
- Appel aux journalistes indépendants à adopter cette grille de lecture « constituante ».
TABLEAU SYNTHÉTIQUE DES RÉFLEXIONS (Missions / Trahisons / Solutions)
| MISSIONS DE L’ÉTAT (Raisons d’obéir) | TRAHISONS / CRIMES DE L’ÉTAT (Raisons de désobéir) | SOLUTIONS INSTITUTIONNELLES (hors élections !) |
| Autorité publique vertueuse (Honnêteté & Vérité) | • Mensonges éhontés et impunis des ministres et agences. • Persistance dans l’erreur manifeste. • Tromperie délibérée du peuple. | • Sanction explicite dans la Constitution des cas de fraude, tromperie, ruse et parjure. • Délégation de vérification (experts/militaires tirés au sort) pour contrôler la légitimité du « Secret Défense » et des infos classifiées. |
| Autorité publique protectrice (Paix civile) | • Terrorisme d’État : inquiéter inutilement et illégitimement la population (peur du virus, du climat, de la guerre) pour obtenir la docilité. | • Interdiction/Sanction de l’usage de la peur par l’exécutif. • Création d’organes de vigilance indépendants (lanceurs d’alerte institutionnalisés) pour qualifier les vrais dangers. |
| Autorité publique dévouée (Probité) | • Corruption généralisée. • « Pantouflage » (Revolving doors) : anciens élus embauchés à prix d’or par les lobbies qu’ils ont servis (ex : Barroso, Blair). | • Interdiction stricte de travailler pour le secteur privé lié à la fonction pendant une longue durée (ex : 20 ans). • Surveillance accrue (« comme le lait sur le feu ») des anciens détenteurs de secrets d’État. • Sanctions dissuasives (perte de droits civiques, bannissement, TIG de reconstruction). |
| Respect de la Séparation des Pouvoirs | • Autonomisation de l’Exécutif qui capte le pouvoir législatif (Ordonnances, Décrets, Arrêtés, Transposition de traités européens sans débat, « rationalisation » du parlement en 1958). • Existence d’un Ministère de la Justice (exécutif contrôlant le judiciaire). | • Suppression du « Gouvernement » en tant qu’entité monolithique. • Découpage de l’exécutif en fonctions indépendantes (Police, Armée, Diplomatie…) sans pouvoir législatif. • Suppression du Ministère de la Justice (Indépendance totale du judiciaire). • Lois votées uniquement par les citoyens (RIC) ou représentants tirés au sort, jamais par l’exécutif. |
| Responsabilité et Contrôle | • Contrôles factices (ex : Cour des Comptes qui fait des rapports sans aucun pouvoir de sanction). • Impunité des décideurs. | • Rendre les Chambres de Contrôle (et les citoyens) capables d’ester en justice. • Gratuité (ou coût proportionné) de la justice pour permettre l’action contre les élus. • Médiation préalable obligatoire. |
| Sincérité du scrutin | • Maîtrise des règles électorales par les élus eux-mêmes (découpage, code électoral). | • Le Code Électoral et ses décrets d’application deviennent des Annexes de la Constitution (« Lois Organiques »). • Interdiction formelle aux élus de modifier les règles de leur élection (réservé au processus constituant/citoyen). |
| Indépendance de l’information | • Maîtrise des médias via les subventions (chantage) ou la propriété capitalistique. | • Subventions automatiques basées sur des critères procéduraux fixes (sans discrétionnaire politique). • Sécurité Sociale des Journalistes (piste évoquée). |
| Protection contre la dérive totalitaire | • Montée en puissance d’un régime de surveillance, eugéniste et technocratique. • Autonomie de la technique qui impose sa loi. | • Pouvoir Éthique et Scientifique (indépendant) avec droit de Veto (préalable à la décision) sur les technologies dangereuses. • RIC en toutes matières pour bloquer les lois liberticides. • Indépendance totale des médias pour contrer la propagande. |
Rdz-vs à Lorient les 20 et 21 février et à Quimper le 22 février 2026, pour des conférences et ateliers constituants sur LES ENJEUX DE LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE
Chers amis,
Après les Sables d’Olonne le 14 février, je serai en Bretagne toute la semaine.
Je vous donne rendez-vous à Lorient pour travailler ensemble les enjeux de la souveraineté monétaire, à travers une première conférence/débat le 20 février au soir, puis des ateliers constituants dans la journée du 21, puis une deuxième conférence le 21 au soir et de nouveaux ateliers constituants à Quimper le 22 février 2026.
Vendredi 20 février de 20h00 à 23h00
Place Anatole le Braz, Lorient 10/8€
Billetterie ==> https://www.billetweb.fr/les–enjeux–de–la–souverainete–monetaire–avec–etienne–chouard–professeur–deconomie–et–de–droit
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Samedi 21 février de 14h à 17h30
Salle St Phelan sous l’église du Moustoir – 22 Rue François Le Lève, Lorient
Sur inscription : Jean-Marc Le Gal : 06.80.23.83.58 / [email protected]
Participation libre et consciente
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Dimanche 22 février de 14h à 17h30
Quimperlé, Salle 5 de la Maison des Associations, boulevard du Coat-Kaër
Sur inscription : Marie : [email protected]
Participation libre et consciente
J’ai hâte de vous y retrouver 🙂
Étienne.
Rendez-vous aux Sables d’Olonne, le 14 février 2026 : conférence, débat, ateliers constituants sur « le rôle de la monnaie dans une démocratie »
Atelier constituant Nexus #18 : Responsabilité historique des médias dans la conscience populaire de la priorité constituante-Deuxième partie, avec Alexandre Penasse de Kairos et Marc Daoud de Nexus, ainsi que Léo et Nathanaël
Chers amis,
C’est important, alors on réessaie : ce soir, mercredi 4 février 2026 vers 19h, deuxième partie : on sera avec Alexandre Penasse, patron de Kairos, et Marc Daoud, patron de Nexus, pour les voir échanger leurs idées ; d’abord sur la priorité constituante (par rapport à l’élection) ; ensuite, sur leur responsabilité personnelle (en tant que responsables de médias influents et libres) dans la prise de conscience populaire de cette priorité constituante ; et enfin, peut-être, sur les actions qu’ils pourraient mener ensemble pour montrer aux citoyens que la concurrence et la zizanie ne sont pas une fatalité et que l’union populaire autour d’une cause commune permettrait d’instituer enfin une souveraineté populaire, c’est-à-dire la démocratie.
À ce soir 🙂
Étienne.
Atelier constituant Nexus #17 : Responsabilité historique des médias dans la conscience populaire de la priorité constituante, avec Bernard Legros de Kairos et Marc Daoud de Nexus, ainsi que Léo et Nathanaël
Chers amis,
Vous vous souvenez de cette émission de Tocsin le 10 septembre, puis de l’itw chez GPTV le 23 septembre, puis chez Omerta le 25 septembre, puis de l’interview avec Les Incorrectibles le 12 octobre, et surtout l’entretien chez Idriss en décembre ? Leur point commun, c’est que, depuis l’été dernier je réalise l’importance cardinale, le rôle historique, la raison d’être centrale des vrais journalistes (ceux qui se font traiter de complotistes par les faux journalistes vendus aux milliardaires) dans la prise de conscience par le peuple que la priorité est constituante : certes, le rôle des vrais journalistes est sans doute d’informer loyalement les citoyens pour inquiéter les pouvoirs abusifs ; mais leur rôle essentiel est aussi — et je dirais même surtout — de favoriser la métamorphose des électeurs enfants en citoyens adultes, d’aider tout le monde à s’affranchir du mythe de l’élection, de donner l’exemple de conversations constituantes, en cherchant des solutions ailleurs que dans l’élection qui est un piège, un jeu pipé, une prison, et qui sème entre nous une zizanie paralysante.
Depuis six mois, j’appelle au secours les médias alternatifs pour qu’ils nous aident à rendre banales les conversations constituantes.
En rêvant d’un idéal, j’appelle même ces médias amis du peuple à nous donner aussi l’exemple de la collaboration, l’exemple de la résistance à la zizanie, l’exemple de l’union populaire pour venir à bout de l’injustice.
Nexus a été pionnier en accordant depuis septembre 2025 une place importante et régulière dans son programme à l’activité constituante.
Nexus et Kairos vont être ce soir, 28 janvier 2026 à 19h15 , des pionniers à offrir le spectacle d’une collaboration journalistique pour promouvoir ensemble la priorité constituante.
Je remercie Marc Daoud (Nexus) et Bernard Legros (Kairos) du fond du cœur, et j’ai hâte d’être à ce soir.
Fraternellement.
Étienne
ACN16 Atelier constituant Nexus #16 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 2ème partie : CRIMES DE L’ÉTAT PRISON PANOPTIQUE, avec Marc, Léo et Nathanaël
Demain, mercredi 21 janvier 2026 vers 18h30 🙂 , on va continuer le meilleur atelier constituant de tout l’univers qui a commencé mercredi dernier, le #15 Rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Je vous renvoie à la documentation citée dans le premier billet, car c’est la même que nous allons suivre demain soir.
J’ai hâte d’y être 🙂
Étienne.
On va bosser sur le Google Doc partagé de Marc.
Vous pouvez revoir tous les ateliers constituants ici.
Je rajoute une SYNTHÈSE (un PLAN DÉTAILLÉ) de cette émission #16 à la fin de ce billet (plus bas).
PLAN DÉTAILLÉ DE L’ATELIER CONSTITUANT #16
01:00 – Marc Daoud : Introduction et appel au soutien
« Le thème c’est rendre effectif le droit de résistance à l’oppression. »
« Nous sommes sans publicité évidemment, sans subvention, sans milliardaires, sans censure. »
02:19 – Marc Daoud & Étienne Chouard : Donner envie de s’intéresser à la Constitution
« Comment est-ce qu’on peut donner envie aux gens de s’intéresser à ces questions ? »
« Je crie au peuple compte sur moi. » (Extrait du clip de Zen Kiai)
07:24 – Étienne Chouard : La priorité constituante comme idée la plus concrète de toutes
« Toutes les autres idées sont abstraites en fait. Elles sont toutes théoriques puisque nous sommes dans une prison politique. »
Toutes nos conversations et réflexions qui ne préparent pas notre évasion sont inutile et vaines.
« L’idée constituante, elle cherche la cause. Elle cherche à s’en prendre à la cause. »
« Est-ce que la constitution n’est pas l’endroit où l’on institue ou pas le pouvoir populaire ? Au-dessus des traités, il y a encore la constitution. »
12:46 – Étienne Chouard : L’inertie des médias et l’impuissance acquise
« Il y a une espèce d’inertie mais qui à mon avis tient au fait que c’est le début un peu comme quand on plante une graine, ben tant qu’elle a pas germée, elle est pas autonome. »
« On accepte d’être en prison et que la domination continue que l’oppression continue. »
20:03 – Étienne Chouard & Marc Daoud : La « Constitution du Mumble » rédigée par Léo
« Léo a écrit avec des citoyens constituants, il écrit une constitution qui s’appelle la constitution du Mumble. »
« Présentation par Léo d’une constitution qui met le citoyen au cœur du pouvoir. »
22:50 – Étienne Chouard : Sans cause commune, notre nombre est une faiblesse
« On entend souvent dire notre force c’est le nombre et là je suis pas d’accord parce que c’est une faiblesse tant qu’on n’a pas une cause commune. »
« La souveraineté populaire, elle va transformer toutes ces utopies en projets politiques, tout simplement. »
27:53 – Léo Girod : Créer un réflexe constituant dans le traitement de l’actualité
« Il faut créer un réflexe. »
« Ramener à chaque fois une conséquence à sa cause et la cause à la cause des causes. »
« C’est-à-dire juste évoquer le lien de causalité et puis on peut passer à autre chose, une autre actu et hop ! Tiens, c’est marrant, il y a encore un lien de causalité qui pointe vers notre anticonstitution. »
33:14 – Nathanaël Leroy : L’importance de toutes les luttes et l’échelon municipal
« Il n’y aura pas de décroissance sans démocratie, il n’y aura pas de fin des pesticides sans démocratie, il n’y aura pas de fin du capitalisme sans démocratie. »
« Le problème c’est qu’on a pas la main quoi. On n’a pas la main. Donc tout ce qu’on peut faire c’est de mettre un coup de pression pour dire on n’est pas content. C’est totalement insuffisant. »
« Vous voulez que les choses évoluent dans votre village ? Eh bien prenez les choses en main. »
46:27 – Nathanaël Leroy & Léo Girod : Hygiène numérique et bloqueurs de publicités
« Je fais mes courses sur YouTube comme je l’ai fait dans les grandes surfaces… j’ai une liste et je m’y tiens. »
« Ils ont piraté notre cerveau par le système de pompe dopaminergique. »
52:36 – Étienne Chouard : Récapitulatif de la méthode « Missions / Trahisons / Solutions »
« À chaque point de l’actualité chaude, on le ramène dans la colonne de gauche à ce que l’État aurait dû faire au lieu de nous maltraiter comme il le fait. »
« Dans la colonne de droite des solutions… on retrouve toujours l’institution d’un pouvoir populaire et d’un contrôle des fonctions. »
1:00:50 – La surveillance numérique généralisée
« La surveillance généralisée qui en soi est un crime un énorme crime de l’État. »
« Maintenant, aux yeux de l’État, on est tous des terroristes potentiels. Là, il y a vraiment un renversement de paradigme depuis la cybernétique. »
« L’alternative c’est de remonter ces outils là nous-mêmes en mode citoyen avec des programmeurs. »
1:12:14 – Léo Girod : Institutionnaliser le « Pouvoir Éthique et Scientifique »
« Dans la constitution du Mumble, on a considéré un pouvoir éthique et scientifique en tant que pouvoir à part. »
« Une assemblée confédérale de tirés au sort mais qui ne va pas pouvoir prendre les décisions seule… Pour décider, elle va pouvoir faire appel à des assemblées dites ad hoc. »
« On a inventé… l’observatoire de la technologie de l’industrie et des sciences. »
1:21:00 – Léo Girod : Contrôler le secret défense et les services de renseignement
« On a créé une délégation de vérification des restrictions d’accès et de diffusion. »
« Il faut des gens qui soient capables de tenir un secret et qui n’ont pas les mêmes intérêts que ceux qui sont protégés par le secret. »
1:28:11 – Le Nudge, l’ingénierie sociale et la censure d’Internet
« L’ingénierie sociale c’est quand même quelque chose de plutôt nouveau… qui utilise quasi essentiellement l’outil numérique. »
Léo : « Si c’est une simple majorité qui va étouffer les idées minoritaires, aïe aïe aïe quoi. »
1:41:32 – Nathanaël Leroy & Étienne Chouard : Le changement culturel et le modèle Zapatiste
Nath : « La seule manière de s’en protéger, c’est de ne pas pratiquer ou peu pratiquer ou vraiment faire en sorte que ce soit cloisonné dans nos vies. »
Étienne : « Les Zapatistes sont une une population mexicaine qui s’est mise à s’autogérer, qui a fait une révolution sans chef, ou plutôt où les chefs sont sous contrôle. »
1:48:30 – La suppression du cash et ses conséquences
« Évidemment la suppression du cash, ça va servir à deux choses. À tracer les gens jusque dans leurs plus intimes secrets… et ça va servir à vaporiser les opposants politiques. »
« On peut proclamer dans la constitution que le cash est une institution… comment est-ce que les Suisses sont en train de faire pour rendre le cash obligatoire ? »
Léo : « Bah, c’est le RIC l’institution. »
2:07:23 – Léo Girod & Nathanaël Leroy : Débat sur l’identité numérique et les registres d’État
Léo : « L’identité numérique c’est que ta personne correspond à un numéro, ça existe depuis longtemps. »
Nath : « Nous sommes des humains, nous ne sommes pas des numéros quoi. » C’est le bétail qu’on immatricule.
Léo : « L’acte de naissance, c’est l’ancêtre de la pièce d’identité. »
2:19:05 – Faut-il supprimer la police et les prisons ? (Débat sur Geoffroy de Lagasnerie)
« Moi, je souhaiterais une société sans police, telle qu’elle est actuellement. »
Léo : « L’armée, c’est ce qui fait qu’il existe une souveraineté… Tu enlèves la police, je veux dire… c’est le bordel. »
Léo : « Toute son idéologie est mortifère, je suis désolé. »
2:34:28 – Comment débattre avec un sophiste malhonnête
Léo : « Il est impossible d’avoir un débat honnête et éclairé face à une personne… qui incarne le sophiste dans son absolue splendeur. »
« C’est intéressant de discuter avec des gens malhonnêtes, obsédés, caricaturaux… tu auras même un peu disqualifié un certain discours. »
Léo : « Il y a des gens dont l’objectif est d’avoir raison en dehors du réel. »
2:43:08 – Conclusion, rôle des médias et appel à l’action
Étienne : « Chez toutes les vraies sentinelles du peuple… on n’envisage comme solution que l’élection. Je trouve ça tragique, je trouve ça déplorable. »
Léo : « Je propose à tout le monde un protocole sanitaire constituant…
on va sur comptesurmoi.org, on s’ajoute au compteur, on rédige un témoignage, on publie une petite vidéo…
on s’inscrit au MCP, on vient à l’accueil du lundi sur Discord, on participe aux ateliers du mardi…
on s’enregistre dans la carte du maillage territorial, on rencontre d’autres constituants, on fait des actions ensemble…
Si on ne peut pas donner de son temps, on donne un peu des sous chaque mois, mais c’est mieux de donner du temps. »
Nath : « C’est bête de comprendre des choses pour rien dans la vie. Une fois qu’on a compris, il faut AGIR. »
TABLEAU SYNTHÉTIQUE DES RÉFLEXIONS
(Missions / Trahisons / Solutions)
Voici le tableau reconstitué à partir des discussions spécifiques tenues durant ce seizième atelier :
MISSIONS DE L’ÉTAT | TRAHISONS / CRIMES DE L’ÉTAT (Raisons de désobéir) | SOLUTIONS CONSTITUTIONNELLES |
| Respect de l’intimité, du secret professionnel, médical et des correspondances | • Surveillance numérique généralisée • Ingénierie sociale et Nudge par les géants du numérique • « Backdoors » et puces (RFID, NFC) imposées pour tracer les citoyens | • Pouvoir Éthique et Scientifique (Assemblée confédérale tirée au sort couplée à des assemblées ad hoc de spécialistes) • Observatoire de la Technologie de l’Industrie et des Sciences (OTIS) • Création d’outils numériques souverains et citoyens en open source |
| Garantir la Sûreté et la Sécurité de la nation | • Abus du secret défense pour cacher des décisions politiques ou sanitaires • Espionnage dévoyé contre la population | • Observatoire de la Sûreté et de la Sécurité (OSS) • Délégation de vérification des restrictions d’accès et de diffusion (composée de professionnels audités et tirés au sort pour lever le secret défense illégitime) |
| Garantir les libertés d’échange et la vie privée économique | • Suppression progressive du cash • « Vaporisation » des opposants politiques (blocage des comptes en banque sans procès, ex : Jacques Baud, convois de la liberté) • Flicage des achats | • RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) ou RIC Veto pour rendre la monnaie fiduciaire (cash) constitutionnellement obligatoire • Obligation faite aux banques de distribuer du liquide en quantité suffisante |
| Garantir l’anonymat (si désiré) et la dignité (ne pas être traité comme du bétail) | • Imposition de l’Identité Numérique • Crédit Social (sur le modèle chinois) • Centralisation absolue des registres d’État | • RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pour interdire ou encadrer strictement l’identification numérique • Développer une culture citoyenne d’hygiène numérique (se distancier volontairement des outils centralisés) |
| Garantir une justice équitable, la paix sociale et la protection | • Enfermement systématique pour des délits mineurs • Répression policière violente | • Justice pénale alternative (Débats sur l’abolitionnisme, développement des Travaux d’Intérêt Général) • Police citoyenne sous contrôle ou auto-protection locale (Inspiration du modèle d’autogestion Zapatiste) |
Présentation par Léo Girod d’une Constitution qui met le citoyen au cœur du pouvoir
Léo Girod et ses amis constituants travaillent sur la Constitution Mumble depuis de nombreuses années.
Une description complète se trouve sur le site : https://mumbleconstituant.wordpress.com/notre–constitution–mumble/
Mais voici quelques présentations synthétiques, pour en comprendre rapidement la pertinence :
D’abord en une image, les principaux organes et procédures de la Constitution Mumble :
Ensuite en une courte vidéo (6 minutes), la Constitution Mumble :
Ensuite en un podcast audio (11 minutes), « Qu’est-ce qui fonde une nation ? Le cas particulier de la constitution Mumble » :
Enfin, avec 15 diapos qui présentent la Constitution Mumble :
Nouveau_Contrat_Social_Une_Confédération_Citoyenne
Vous trouverez tous les détails sur le site de la Constitution du Mumble : https://mumbleconstituant.wordpress.com/notre–constitution–mumble/
Bonnes lectures constituantes 🙂
Étienne.
Rendez-vous en CORSE, le 24 janvier 2026, avec Corse Humanis, en compagnie de Cécile Maïchak et Marc Gotti
Chers amis,
Le prochain week-end, je me rends chez nos amis corses et je me suis dit que j’aimerais bien en profiter pour leur parler d’un livre qui m’avait beaucoup plus il y a plus de dix ans (!) : la proposition de Constitution pour la Corse de Jean-Jacques Rousseau (1763).
Alors j’ai demandé de l’aide à Google AI Studio pour me rafraîchir la mémoire et je trouve cette conversation passionnante. Je l’ai reproduite ci-dessous. Vous me direz ce que vous en pensez ?
Bonjour 🙂
À partir du texte joint (de Jean-Jacques Rousseau, un projet de constitution pour la Corse), est-ce possible d’extraire :
• les bonnes idées d’institutions qui seraient utiles aujourd’hui
• accompagnées de citations percutantes ou très claires
• tout ça bien organisé de façon structurée 🙂
Bonjour ! C’est une excellente initiative de relire ce texte de Rousseau. Bien que le Projet de constitution pour la Corse (1763) soit conçu pour une société agraire et insulaire du XVIIIe siècle, il contient des intuitions politiques fulgurantes qui résonnent fortement avec nos préoccupations modernes (écologie, décroissance, inégalités, décentralisation).
Voici une extraction structurée des idées institutionnelles pertinentes pour aujourd’hui, accompagnées des citations tirées du document.
- La Décentralisation et l’Aménagement du Territoire
Rousseau critique violemment la « macrocéphalie » (une capitale qui absorbe tout) et prône une administration répartie sur tout le territoire pour garder les zones rurales vivantes. C’est une idée très actuelle face à la désertification des campagnes et à la saturation des métropoles.
- L’idée : Ne pas concentrer le pouvoir et l’administration dans une seule grande ville, mais irriguer tout le territoire pour maintenir la vie partout.
- La citation (Page 16) :
« Une capitale est un gouffre où la nation presque entière va perdre ses mœurs, ses lois, son courage et sa liberté. […] De la capitale s’exhale une peste continuelle qui mine et détruit enfin la nation. »
- La citation (Page 16) :
« Il faut que le siège du Gouvernement suprême soit moins une capitale qu’un chef-lieu. »
- La Souveraineté Alimentaire et l’Autonomie (Circuits Courts)
Rousseau place l’agriculture au-dessus du commerce. Pour lui, la vraie indépendance d’une nation (ou d’une région) passe par sa capacité à se nourrir elle-même avant de chercher à commercer. Cela fait écho aux mouvements actuels pour les circuits courts et la sécurité alimentaire.
- L’idée : L’économie doit d’abord servir à satisfaire les besoins vitaux locaux avant de viser l’exportation ou la spéculation. Le commerce rend dépendant, l’agriculture rend libre.
- La citation (Page 11) :
« Le seul moyen de maintenir un État dans l’indépendance des autres est l’agriculture. Eussiez-vous toutes les richesses du monde si vous n’avez de quoi vous nourrir vous dépendez d’autrui. […] Le commerce produit la richesse mais l’agriculture assure la liberté. »
- La citation (Page 26) :
« Tout cultivateur peut et doit faire ce choix dans ses terres […] Sitôt que les productions de la terre ne seront point marchandise, leur cultivation se proportionnera peu à peu […] au besoin général de la province. »
- La primauté de l’économie réelle sur la finance
Rousseau se méfie terriblement de l’argent liquide et de la finance, qu’il considère comme des outils d’inégalité et de corruption. Il prône une économie basée sur l’échange réel et l’utilité, préfigurant certaines critiques modernes de la financiarisation de l’économie.
- L’idée : La richesse d’une nation ne se mesure pas à ses réserves d’or ou à sa bourse, mais à ses biens réels et à sa population. La finance doit être strictement encadrée pour ne pas dominer le politique.
- La citation (Page 29) :
« Les systèmes de finances sont des inventions modernes. […] Le mot de finance n’était pas plus connu des anciens que ceux de taille et de capitation. »
- La citation (Page 33) :
« Gardons-nous d’augmenter le trésor pécuniaire aux dépens du trésor moral ; c’est ce dernier qui nous met vraiment en possession des hommes et de toute leur puissance, au lieu que par l’autre on n’obtient que l’apparence des services mais on n’achète point la volonté. »
- La lutte contre les inégalités extrêmes
Rousseau ne cherche pas une égalité parfaite et utopique, mais une égalité « sociale » où personne n’est assez pauvre pour se vendre, ni assez riche pour acheter l’autre. C’est le fondement de la cohésion sociale.
- L’idée : L’État doit veiller à ce que la propriété et la richesse ne se concentrent pas excessivement, car cela détruit la démocratie.
- La citation (Page 25) :
« Il faut que tout le monde vive et que personne ne s’enrichisse. C’est là le principe fondamental de la prospérité de la nation. »
- La citation (Page 31) :
« Je veux en un mot que la propriété de l’État soit aussi grande, aussi forte et celle des citoyens aussi petite, aussi faible qu’il est possible. »
- La Démographie comme richesse (Capital Humain)
À l’opposé d’une vision malthusienne ou purement comptable, Rousseau considère que la vraie force d’un État réside dans le nombre et la qualité de ses citoyens, pas dans ses coffres.
- L’idée : Investir dans « l’humain » (santé, subsistance, éducation par le travail) plutôt que dans l’accumulation financière.
- La citation (Page 10) :
« L’Île de Corse ne pouvant s’enrichir en argent doit tâcher de s’enrichir en hommes. La puissance qui vient de la population est plus réelle que celle qui vient des finances […] De là vient qu’un État riche en argent est toujours faible, et qu’un État riche en hommes est toujours fort. »
- Le Civisme et l’Engagement Citoyen
Rousseau propose une vision exigeante de la citoyenneté. Il pense que les institutions doivent former le cœur des citoyens. Aujourd’hui, on parlerait de « culture civique » ou de « participation citoyenne ».
- L’idée : La loi ne suffit pas ; il faut que les citoyens aiment la patrie et participent à la vie publique par vertu, non par intérêt financier.
- La citation (Page 39) :
« Le meilleur mobile d’un gouvernement est l’amour de la patrie […] Les hommes que leurs passions n’aveuglent pas font toujours bien. »
- La citation (Page 6 – Avant-propos) :
« Il y a pourtant beaucoup mieux à faire, c’est de former la nation pour le gouvernement. »
En résumé
Si l’on devait traduire le projet corse de Rousseau en un programme politique contemporain, il s’articulerait autour de :
- Relocalisation de l’économie (priorité à la production locale).
- Aménagement du territoire (lutte contre les mégalopoles).
- Contrôle de la finance (taxation de la spéculation, primauté du politique sur l’économique).
- Cohésion sociale (limitation des écarts de richesse).
Bon, c’est très intéressant, merci, mais je cherche des institutions, c’est-à-dire des organes, des fonctions, des procédures et des contrôles qui puissent me donner des idées pour une constitution démocratique d’origine citoyenne 🙂
Tu peux réessayer dans ce sens, stp ?
C’est bien noté. Vous cherchez donc la « mécanique » démocratique : les rouages concrets pour empêcher la corruption et garder le pouvoir aux mains du peuple.
En relisant le texte sous cet angle technique et institutionnel, voici les organes, procédures et fonctions spécifiques que Rousseau imagine et qui pourraient inspirer une constitution citoyenne moderne.
- Le Droit de Révocation des Élus (Le mandat impératif)
C’est sans doute l’institution la plus radicale pour une démocratie moderne. Rousseau ne veut pas que le peuple élise des représentants qui font ensuite ce qu’ils veulent pendant 5 ans. Il imagine un contrôle continu depuis l’échelon local.
- L’Institution : Le pouvoir de la « Piève » (l’assemblée locale, le district).
- La Procédure : Les assemblées locales peuvent destituer leurs représentants à tout moment s’ils ne satisfont plus à leur mandat, et les remplacer.
- Utilité moderne : Le Référendum Révocatoire ou le mandat impératif.
- La citation (Page 41) :
« Chaque Piève aura le droit de révoquer les siens et de leur en substituer d’autres toutes les fois qu’il lui plaira. »
- Les « Gardes des Lois » (Une Cour Constitutionnelle Citoyenne)
Rousseau prévoit un organe suprême dont l’unique fonction est de bloquer le gouvernement s’il abuse de son pouvoir. Ce n’est pas un gouvernement, c’est un frein d’urgence.
- L’Organe : Les Gardes des Lois.
- La Fonction : Ils ne gouvernent pas. Ils surveillent l’exécutif (le Podestat) et le législatif (le Sénat). Ils ont le pouvoir de dissoudre le gouvernement en convoquant le peuple (les états généraux) et de suspendre l’autorité des chefs.
- Le Contrôle : Leur personne est sacrée (intouchable) pour garantir leur indépendance.
- La citation (Page 41) :
« Les Gardes des Lois pourront convoquer les états généraux toutes les fois qu’il leur plaira, et depuis le jour de la convocation […] l’autorité du grand Podestat et du Conseil d’État sera suspendue. »
- Le Registre Foncier Public (Transparence radicale)
Pour empêcher l’accumulation cachée de richesses et la corruption, Rousseau instaure une transparence totale des possessions.
- L’Institution : Le Registre public (le cadastre ouvert).
- La Procédure : Nul ne peut posséder de terres hors de son district sans échange public. Tout est consigné. Si on ne peut pas cacher sa fortune, on ne peut pas corrompre ou être corrompu aisément.
- Utilité moderne : Transparence totale du patrimoine des élus et des flux financiers publics (Open Data).
- La citation (Page 40) :
« Il sera tenu dans chaque piève un registre de toutes les terres que possède chaque particulier. […] Nul ne pourra posséder plus de… de terres. »
- La Citoyenneté Graduelle (Le Cursus Honorum Civique)
Au lieu d’une citoyenneté binaire (on l’a ou on ne l’a pas), Rousseau propose une institution de « classes » civiques basées sur l’engagement et l’enracinement (statut marital, enfants, propriété/travail).
- L’Institution : La division en trois classes : Aspirants, Patriotes, Citoyens.
- La Fonction : On ne naît pas citoyen complet, on le devient par son engagement dans la société (famille, terre, respect des lois). Seuls les « Citoyens » complets accèdent aux magistratures (fonctions élevées).
- Utilité moderne : Valoriser l’engagement associatif ou civique pour accéder à certaines fonctions, ou l’idée d’un « permis de voter » acquis par une formation civique (idée controversée mais présente).
- La citation (Page 21) :
« La première classe sera celle des citoyens. La seconde celle des Patriotes. La troisième celle des aspirants. Il sera dit ci-après à quels titres on sera inscrit dans chaque classe. »
- Le Domaine Public comme « Trésor » (Les Communs)
Plutôt que de taxer l’argent des gens (impôts), l’État doit posséder ses propres ressources (terres, domaines) pour financer son fonctionnement.
- L’Institution : Le Domaine Public (Les biens communs inaliénables).
- La Fonction : Assurer l’indépendance financière de l’État vis-à-vis des riches contribuables ou des marchés financiers.
- La citation (Page 31) :
« Je veux en un mot que la propriété de l’État soit aussi grande, aussi forte et celle des citoyens aussi petite, aussi faible qu’il est possible. […] L’établissement d’un domaine public n’est pas, j’en conviens, une chose aussi facile à faire aujourd’hui […] Cependant je sais qu’il reste dans l’Île une grande quantité d’excellente terre en friche. »
- La Contribution en Nature (Service Civique Universel)
Rousseau propose de remplacer l’impôt pécuniaire (argent) par du travail ou des denrées. Il institutionnalise la « corvée » non comme un esclavage, mais comme une participation démocratique égalitaire : le riche comme le pauvre doivent donner de leur temps.
- L’Institution : La Corvée démocratique (ou Contribution-Service).
- La Procédure : Les citoyens paient l’État en réalisant eux-mêmes les travaux publics ou l’administration.
- Utilité moderne : Remplacer certains impôts par un Service Civique obligatoire ou du temps de travail d’intérêt général pour tous.
- La citation (Page 32) :
« Pour que la contribution soit répartie avec égalité il est juste que celui qui n’ayant point de terres ne peut payer la dîme sur leur produit, la paie du travail de ses bras. »
- Le Serment Solennel (Le Contrat Social ritualisé)
Rousseau institutionnalise le moment où la communauté se forme. Ce n’est pas juste une signature, c’est une cérémonie qui engage l’individu envers le collectif.
- La Procédure : Un serment prononcé par tous les citoyens réunis, jurant fidélité à la liberté et à la justice, renouvelé périodiquement.
- La citation (Page 40) :
« Toute la nation corse se réunira par un serment solennel […] : Je jure de vivre et mourir pour elle, d’observer toutes ses lois et d’obéir à ses chefs et magistrats légitimes en tout ce qui sera conforme aux lois. »
Résumé pour votre constitution
Si vous voulez piocher des institutions dans ce texte :
- Créez une Cour des Gardes des Lois (tirés au sort ?) qui a le pouvoir unique de dissoudre l’assemblée si elle trahit le peuple.
- Instaurez le Droit de Révocation local des élus nationaux.
- Mettez en place un Cadastre Financier Public de tous les élus et citoyens pour empêcher l’enrichissement illicite.
- Financez l’État par des Biens Communs (nationalisation des ressources clés) plutôt que par la dette.
Bon, ça c’est vraiment chouette, merci.
Est-ce que j’abuse si je te demande de fouiller encore pour en trouver d’autres (tu peux mettre plusieurs citations par idée si elles sont bonnes, évidemment) ?
Vous n’abusez pas du tout ! C’est un exercice passionnant. Ce texte est une mine d’or institutionnelle car Rousseau, en bon « législateur », descend dans les détails très pratiques.
Voici une nouvelle série d’institutions, de mécanismes et de procédures extraits du texte, qui pourraient structurer une constitution démocratique originale.
- La Chambre de Compensation Nationale (L’Échange non-monétaire)
C’est une institution économique fascinante : pour éviter la spéculation et l’endettement, Rousseau imagine un organe d’État qui organise les échanges de biens entre les régions sans passer par l’argent. C’est une sorte de « banque centrale des ressources réelles ».
- L’Institution : Le Registre public à partie double.
- La Procédure : Chaque région (Piève) inscrit ses surplus et ses manques. L’administration centrale équilibre les comptes : le blé de la région A va à la région B, qui envoie son huile à la région A.
- L’Utilité moderne : Un système de péréquation territoriale écologique (échanger des ressources plutôt que des subventions financières).
- Citation 1 (Page 24) :
« On pourrait établir dans chaque paroisse ou chef-lieu un registre public à partie double où les particuliers feraient inscrire chaque année, d’un côté l’espèce et la quantité des denrées qu’ils ont de trop et de l’autre celles qui leur manquent. »
- Citation 2 (Page 25) :
« De la balance et comparaison de ces registres faites de province à province on pourrait tellement régler le prix des denrées et la mesure des traites […] sans qu’il y eût ni défaut ni excédent […] et presque aussi commodément que si la récolte se mesurait sur ses besoins. »
- L’Arbitrage Citoyen Obligatoire (Déjudiciarisation)
Rousseau veut éviter la multiplication des procès et la puissance des avocats. Il institutionnalise la médiation citoyenne avant toute justice formelle.
- L’Institution : Le Tribunal d’Arbitrage (les « Anciens » ou médiateurs locaux).
- La Règle de contrôle : Si un citoyen refuse l’arbitrage amiable et veut absolument aller en justice « formelle », et qu’il perd son procès, il est puni civiquement (interdiction d’exercer une fonction publique).
- L’Utilité moderne : Désengorger les tribunaux et favoriser la résolution pacifique des conflits par les pairs.
- Citation (Page 43) :
« Tout plaideur qui aura rejeté l’arbitrage des anciens ou qui l’ayant admis refusera de s’en rapporter à leur jugement s’il perd son procès en justice réglée sera noté et incapable pendant cinq ans d’exercer aucun emploi public. »
- La Présidence Tournante et Itinérante (Contre la centralisation)
Pour empêcher qu’une ville ne domine les autres (comme Paris aujourd’hui) et pour que le gouvernement reste proche des réalités du terrain, Rousseau propose que l’exécutif ne soit pas fixe.
- L’Institution : Le Siège du Gouvernement mobile.
- La Procédure : La capitale change régulièrement. L’administration se déplace de province en province.
- L’Utilité moderne : Une décentralisation radicale des institutions (le Parlement un temps à Lyon, un temps à Bordeaux, etc.) pour irriguer le territoire.
- Citation (Page 16) :
« Pour la faire circuler de Province en Province il faudrait diviser l’Île en plusieurs petits États confédérés dont chacun aurait à son tour la Présidence […] En un mot il faut que le siège du Gouvernement suprême soit moins une capitale qu’un chef-lieu. »
- La Milice Citoyenne (Interdiction de l’armée de métier)
Rousseau craint qu’une armée professionnelle ne devienne un outil de coup d’État ou d’oppression (le « despotisme militaire »). Il institutionnalise le fait que tout citoyen est soldat, et tout soldat est citoyen.
- L’Institution : La Milice nationale (par opposition aux « troupes réglées »).
- Le Contrôle (Check and Balance) : Le militaire est strictement subordonné au civil. Un général ne peut pas être un homme politique en même temps.
- Citation 1 (Page 30) :
« Une République elle n’aura nul besoin de troupes réglées […] Je veux nourrir l’État d’un aliment plus salutaire […] qui donne de la vigueur et non de la grosseur aux membres et qui renforce le corps sans l’appesantir. »
- Citation 2 (Page 45) :
« Il importe extrêmement que le militaire ne soit point un état par lui-même, mais un accident de l’état de citoyen. »
- Citation 3 (Page 45) :
« Troupes, bientôt les Officiers militaires se croiraient au-dessus des officiers civils […] et l’État gouverné militairement tomberait très promptement sous le despotisme. »
- Les Lois Somptuaires (Plafonnement des richesses visibles)
C’est un classique de la pensée républicaine : pour éviter la jalousie sociale et la corruption, la loi interdit le luxe ostentatoire.
- L’Institution : La Police des mœurs (ou fiscale).
- La Règle : Taxer lourdement ou interdire ce qui ne sert qu’à la vanité. Si les riches ne peuvent pas montrer qu’ils sont riches, ils perdront l’envie d’accumuler sans fin.
- L’Utilité moderne : Taxation des produits de grand luxe, interdiction de la publicité pour les produits statutaires polluants (gros SUV, jets privés).
- Citation 1 (Page 34) :
« Établissez alors des lois somptuaires, mais rendez-les toujours plus sévères pour les premiers de l’État, relâchez-les pour les degrés inférieurs. »
- Citation 2 (Page 34) :
« Faites qu’il y ait de la vanité à être simple, et qu’un riche ne sache en quoi se faire honneur de son argent. »
- Le Statut Civique Conditionnel (Pas de droits sans devoirs)
Rousseau lie intimement le droit de participer à la vie politique (le « Droit de Cité ») à la situation réelle de la personne. Un célibataire oisif a moins de droits qu’un père de famille travailleur.
- La Règle : Perte ou acquisition des droits politiques selon l’âge et le statut marital.
- L’Utilité moderne : C’est controversé, mais cela rejoint l’idée de lier le vote à la résidence effective (contre les résidences secondaires) ou à la participation à la vie locale.
- Citation (Page 39) :
« Tout Corse qui à quarante ans accomplis, ne sera pas marié et ne l’aura point été, sera exclu du droit de Cité pour toute sa vie. »
- Citation (Page 42) :
« Tout Corse qui quittera sa piève pour s’aller habiter dans une autre perdra son droit de cité pendant trois ans. » (Lutte contre le nomadisme fiscal ou politique).
- L’Incapacité Politique des « Gens d’argent » (Séparation Finance/État)
Pour Rousseau, manipuler l’argent public demande des vertus que les financiers (banquiers, commerçants) n’ont pas par déformation professionnelle.
- L’Institution : Interdiction des « financiers par état » dans l’administration.
- Le Principe : Celui qui sait faire de l’argent pour lui ne doit pas gérer l’argent de l’État, car il voudra faire du profit sur le dos du peuple.
- Citation (Page 32) :
« Il importe extrêmement de ne souffrir dans la république aucun financier par état : moins à cause de leurs gains malhonnêtes qu’à cause de leurs principes […] qui trop prompts à se répandre dans la nation détruisent tous les bons sentiments. »
- Citation (Page 33) :
« Il vaut mieux que l’administration du fisc soit celle d’un père de famille et perde quelque chose que de gagner davantage et être celle d’un usurier. »
C’est formidable merci ! Et j’en redemande, s’il y en a encore, s’il te plait
C’est un vrai plaisir de creuser ce texte avec vous ! Rousseau est inépuisable car il a ce génie du détail pratique (« le diable est dans les détails », mais la démocratie aussi).
Il reste effectivement des pépites institutionnelles très précises, notamment sur l’écologie, la justice sociale et la gestion du territoire.
Voici une troisième salve d’institutions concrètes extraites du Projet, pour votre boîte à outils constitutionnelle.
- La Police des Forêts et des Ressources (Planification Écologique)
Rousseau anticipe la crise écologique. Il refuse que la propriété privée donne le droit de détruire la nature. Il crée une institution de surveillance qui place l’intérêt futur (la forêt qui pousse) au-dessus du profit immédiat (le bois qu’on vend).
- L’Institution : La Maîtrise publique des Eaux et Forêts (indépendante des propriétaires).
- La Procédure : L’État réglemente strictement les coupes de bois, même chez les particuliers. On ne coupe que ce que la nature peut régénérer (la règle de la « reproduction égale à la consommation »).
- Utilité moderne : Inscrire dans la constitution la Règle Verte (ne pas prendre à la terre plus qu’elle ne peut régénérer) et créer une autorité indépendante pour la faire respecter face aux lobbys industriels.
- Citation (Page 27) :
« Il ne faut pas se fier à cette abondance et abandonner l’usage et la coupe des forêts à la seule discrétion des propriétaires. […] Il faut établir de bonne heure une exacte police sur les forêts et en régler tellement les coupes que la reproduction égale la consommation. »
- Citation (Page 28) :
« Il faut de loin prévoir l’avenir […] On doit exploiter ou vendre les bois vieux et qui ne profitent plus mais il faut laisser sur pied tous ceux qui sont dans leur force ; ils auront dans leur temps leur emploi. »
- Le Plafonnement Constitutionnel de la Propriété (Le « Maximum »)
C’est une mesure très audacieuse. Rousseau ne se contente pas de taxer la richesse, il définit une limite physique à l’accumulation. Au-delà d’une certaine surface, l’acquisition devient illégale.
- L’Institution : La Loi Agraire (ou le « Maximum foncier »).
- La Règle : Personne ne peut posséder plus de terres qu’il ne peut en cultiver lui-même, ni au-delà d’un certain seuil fixé par la loi. Les dons ou héritages qui feraient dépasser ce seuil sont nuls.
- Utilité moderne : Interdire l’accaparement des logements ou des terres agricoles par des grands groupes. Fixer un patrimoine maximum autorisé pour garantir que tout le monde puisse avoir un minimum.
- Citation (Page 40) :
« Nul ne pourra posséder plus de… de terres. Celui qui en aura cette quantité pourra par échanges acquérir des quantités pareilles […] mais non plus grandes […] et tous dons, tous legs qui lui pourraient être faits en terres seront nuls. »
- Citation (Page 42) :
« Les Lois concernant les successions doivent toutes tendre à ramener les choses à l’égalité, en sorte que chacun ait quelque chose et personne n’ait rien de trop. »
- La Dotation Sociale (Le Capital de Départ)
Pour assurer l’égalité des chances et favoriser le brassage social, Rousseau invente un mécanisme de redistribution directe au moment du mariage (qui était l’acte économique majeur de l’époque).
- L’Institution : La Dotation publique (par la Piève/District).
- La Procédure : Si une fille de citoyen épouse un homme d’une autre classe ou d’un autre district, c’est la collectivité (la Piève) qui fournit la dot (le capital de départ), sous forme de terres, pour assurer la subsistance du nouveau foyer.
- Utilité moderne : Le Capital Jeune ou la Dotation Universelle : l’État verse une somme ou attribue un patrimoine à chaque jeune adulte pour qu’il puisse démarrer sa vie, indépendamment de la fortune de ses parents.
- Citation (Page 43) :
« Toute fille de citoyen qui épousera un Corse […] sera dotée par la piève du marié ; cette dot sera toujours un fonds de terre et suffira s’il est aspirant pour le faire monter à la classe des patriotes. »
- L’Interdiction de l’Exil Fiscal et de l’Absentéisme
Rousseau lie le droit politique à la présence physique. On ne peut pas voter ou décider pour une communauté si on n’y vit pas. Il lutte contre les propriétaires absents qui spéculent sans participer à la vie locale.
- La Règle : La déchéance de citoyenneté pour non-résidence.
- Le Contrôle : Si vous quittez votre district pour habiter ailleurs, vous perdez vos droits politiques pendant 3 ans. Vous devez vous « renaturaliser » dans votre nouveau lieu de vie.
- Utilité moderne : Lutter contre les « résidences secondaires » qui vident les villages ou contre les exilés fiscaux qui veulent garder une influence politique. Le vote est lié au lieu de vie réel.
- Citation (Page 42) :
« Tout Corse qui quittera sa piève pour s’aller habiter dans une autre perdra son droit de cité pendant trois ans. Au bout desquels sur sa requête […] il sera inscrit sur les registres de la nouvelle piève. »
- La Suspension de l’Exécutif par l’Assemblée (Le « Reset » politique)
C’est une garantie ultime contre la dictature. Quand le peuple s’assemble, le gouvernement cesse d’exister. Cela rappelle que le gouvernement n’est qu’un commis, et le peuple le patron.
- L’Institution : La Suspension automatique des pouvoirs constitués.
- La Procédure : Dès que l’Assemblée Générale (les États Généraux) est convoquée légalement, le Chef de l’État (Podestat) et les Ministres (Conseil d’État) n’ont plus aucune autorité. Ils redeviennent de simples citoyens jusqu’à la fin de l’assemblée.
- Utilité moderne : Éviter que le gouvernement n’utilise la police ou l’administration pour faire pression sur une assemblée constituante ou lors d’un référendum.
- Citation (Page 41) :
« Depuis le jour de la convocation jusqu’au lendemain de l’assemblée, l’autorité du grand Podestat et du Conseil d’État sera suspendue. »
- L’Union Juridique Ville-Campagne (Contre les privilèges urbains)
À l’époque, les villes avaient souvent des lois différentes, plus favorables (« droits municipaux »). Rousseau casse cela pour unifier le territoire.
- L’Institution : La Loi Unique (Terra di commune).
- Le Principe : Les villes ne doivent avoir aucun privilège juridique ou fiscal par rapport aux campagnes. Il faut « ruraliser » la ville plutôt que d’urbaniser la campagne.
- Utilité moderne : Équité territoriale. S’assurer que les métropoles ne disposent pas de dérogations fiscales ou normatives qui désavantagent les zones rurales périphériques.
- Citation (Page 15) :
« Les villes et leurs habitants […] ne doivent garder aucun privilège exclusif ; toute l’Île doit jouir des mêmes droits, supporter les mêmes charges, et devenir indistinctement ce qu’on appelle en termes du pays : terra di commune. »
- La Fête de la Naturalisation (L’Intégration comme Rituel)
Rousseau est très strict sur l’accès à la citoyenneté pour les étrangers, mais lorsqu’elle est accordée, ce n’est pas un acte administratif caché dans un bureau. C’est une célébration publique qui soude la communauté.
- L’Institution : La Fête quinquennale de l’Hospitalité (ou de Réception).
- La Procédure : On ne donne la citoyenneté qu’une fois tous les 50 ans (c’est extrême !), mais l’idée à retenir est celle de la « solennité » et de la rareté. Ce n’est pas un formulaire, c’est un sacre.
- Utilité moderne : Cérémonies d’accueil dans la citoyenneté pour renforcer le sentiment d’appartenance, plutôt qu’un simple envoi de courrier.
- Citation (Page 39) :
« Sa réception sera une fête générale dans toute l’Île. »
C’est fascinant de voir comment Rousseau, en partant d’une île pauvre du 18ème siècle, dessine les contours d’une démocratie écologique et sociale très avancée. Avez-vous assez de matière ou voulez-vous que je cherche des détails encore plus fins (sur l’éducation ou la religion par exemple) ?
Je sais pas toi, mais moi je me régale 🙂 Alors si tu veux bien continuer, je vais te lire avec un plaisir goulu 🙂
Moi aussi, je me régale ! C’est un bonheur de voir à quel point ce texte, sous ses airs « rustiques », est d’une modernité sociale tranchante. Rousseau est un architecte : il ne pose pas juste des principes, il construit des murs porteurs.
Allez, on continue l’excavation. Voici une nouvelle série de mécanismes constitutionnels, axés cette fois sur la dignité humaine, la sécurité économique et la psychologie sociale.
- Le Droit à l’Insaisissabilité des Biens Essentiels (Protection contre la misère)
Rousseau pose une limite absolue au pouvoir des créanciers et de l’État. Même si un citoyen est ruiné ou endetté, la Constitution garantit qu’on ne peut pas le dépouiller de sa dignité ni de ses outils de travail. C’est le « socle inaliénable » de la vie.
- L’Institution : L’Immunité des outils de vie.
- La Règle : L’abolition de la prison pour dettes et l’interdiction de saisir le minimum vital (lit, vêtements) et le capital productif (charrue, bœufs). On ne tue pas la capacité future de se relever pour payer une dette passée.
- Utilité moderne : Constitutionnaliser le Droit au logement et l’insaisissabilité des outils professionnels (très pertinent pour les auto-entrepreneurs ou agriculteurs en faillite).
- Citation (Page 42) :
« Nul ne pourra être mis en prison pour dettes et même dans les saisies qu’on pourra faire […] on lui laissera outre les hardes pour se couvrir, sa charrue, ses bœufs, son lit, et ses meubles les plus indispensables. »
- Les Greniers Publics d’Abondance (Sécurité Alimentaire Stratégique)
Rousseau se méfie du marché libre pour les denrées vitales. Il sait que les marchands spéculent sur la faim. Il institutionnalise donc des stocks stratégiques gérés par les communes pour stabiliser les prix et garantir la survie, sans but lucratif.
- L’Institution : Les Magasins Publics (Municipaux).
- La Fonction : Acheter quand c’est abondant (pour soutenir les producteurs), stocker, et revendre ou distribuer quand ça manque (pour protéger les consommateurs). C’est un mécanisme « anti-volatilité ».
- Utilité moderne : Créer une Sécurité Sociale de l’Alimentation ou des stocks stratégiques d’État pour les biens essentiels (médicaments, énergie, blé) afin de soustraire ces biens à la spéculation boursière.
- Citation (Page 24) :
« Les communes faisaient des magasins de blés, de vins, d’huile, pour attendre le moment favorable […] L’idée de ces magasins […] fournira pour les échanges un moyen commode et simple pour le public et pour les particuliers sans risque des inconvénients qui le rendaient onéreux au peuple. »
- La « Noblesse Civique » Non-Héréditaire (L’Aristocratie du Mérite)
Rousseau veut abolir la noblesse de sang (les comtes, les marquis) qui est injuste, mais il sait que les humains ont besoin de reconnaissance. Il remplace donc les titres de naissance par des distinctions purement civiques, qui ne se transmettent pas aux enfants.
- L’Institution : L’Ordre du Mérite Citoyen.
- La Procédure : L’État accorde des distinctions pour services rendus à la patrie, mais ces distinctions s’éteignent à la mort du titulaire. Le fils d’un héros doit refaire ses preuves.
- Utilité moderne : Abolir les privilèges des « fils de » (héritages massifs, accès aux grandes écoles) et renforcer la méritocratie républicaine. Les honneurs ne doivent jamais devenir des dynasties.
- Citation (Page 14) :
« L’État ne doit accorder des distinctions qu’au mérite, aux vertus, aux services rendus à la patrie et ces distinctions ne doivent pas être plus héréditaires que ne le sont les qualités sur lesquelles elles sont fondées. »
- Citation (Page 14) :
« Tout doit s’y rapporter jusqu’à l’autorité même […] Tout doit être égal par droit de naissance. »
- La Substitution du Civil au Religieux (Laïcité festive)
Rousseau est malin : il ne veut pas attaquer l’Église de front, mais il veut « récupérer » le temps de cerveau disponible des citoyens pour la République. Il propose de remplacer progressivement les fêtes religieuses par des fêtes civiques.
- L’Institution : Le Calendrier National (Les Fêtes Républicaines).
- La Stratégie : Utiliser la fête, l’apparat et l’émotion pour célébrer la citoyenneté plutôt que le dogme, en réduisant doucement la place du clergé sans le vexer.
- Utilité moderne : Revitaliser les cérémonies citoyennes (14 juillet, remises de décrets de naturalisation, majorité civile) pour en faire de vrais moments de communion populaire, plutôt que des formalités administratives.
- Citation (Page 41) :
« On les détournera de la superstition en les occupant beaucoup de leurs devoirs de citoyens ; en mettant de l’appareil aux fêtes nationales, en ôtant beaucoup de leur temps aux cérémonies ecclésiastiques pour en donner aux cérémonies civiles. »
- L’Équilibre Démographique Territorial (L’Aménagement coercitif)
Rousseau considère qu’une bonne constitution ne gère pas seulement les lois, mais aussi l’espace. Il veut maintenir une densité de population égale partout pour éviter les zones « vides » et les zones « pleines ».
- Le Principe : L’Isotropie du peuplement (Répartition égale).
- L’Objectif : Que la population soit étalée sur toute la surface de l’île pour cultiver chaque arpent de terre et garantir la défense du territoire.
- Utilité moderne : Des politiques fiscales incitatives très fortes pour repeupler la « Diagonale du vide » ou les zones rurales, et désengorger les métropoles saturées.
- Citation (Page 12) :
« C’est ici la maxime fondamentale de notre institution. Rendons-la telle qu’elle maintienne la population partout en équilibre et par cela seul nous l’aurons rendue aussi parfaite qu’elle puisse être. »
- Citation (Page 12) :
« Lui permet de s’épandre sur toute la surface de l’Île et de la peupler partout également. »
- Le Serment d’Union (Le « Pacte » renouvelé)
Une constitution n’est souvent qu’un papier froid. Rousseau veut lui donner une âme par un acte performatif : le serment. Mais attention, ce n’est pas juste un serment de fidélité au chef, c’est un serment d’union entre les citoyens pour former un « corps ».
- L’Institution : Le Jour de l’Union (Jubilé constitutionnel).
- La Procédure : Tous les citoyens jurent en même temps. C’est le moment où la somme des individus devient « Nation ».
- Utilité moderne : Instaurer une journée annuelle de la Constitution où chaque citoyen (ou les jeunes majeurs) réaffirme son adhésion aux valeurs communes, rendant le « contrat social » visible et conscient.
- Citation (Page 40) :
« Cet acte d’union sera célébré le même jour dans toute l’Île […] Au nom de Dieu tout-puissant […] je m’unis de corps, de biens, de volonté et de toute ma puissance à la nation corse pour lui appartenir en toute propriété, moi et tout ce qui dépend de moi. »
- Le Mariage comme acte « Politique » et « Local » (L’Endogamie civique)
C’est un point curieux mais logique chez Rousseau : pour souder la nation, il encourage les mariages mixtes entre classes ou entre villages, mais il pénalise le célibat qui est vu comme un égoïsme antisocial.
- La Règle : Valorisation du citoyen-père de famille.
- Le Mécanisme : Le citoyen marié avec enfants a plus de droits (accès à la classe des « Citoyens ») que le célibataire. Rousseau veut que l’intérêt pour la famille se transforme en intérêt pour l’avenir du pays.
- Utilité moderne : Reconnaissance du vote familial (suffrage universel dès la naissance, exercé par les parents ?) ou prise en compte des générations futures dans la constitution.
- Citation (Page 22) :
« Tout patriote marié ou veuf qui aura deux enfants vivants, une habitation à lui et un fonds de terre suffisant pour sa subsistance sera inscrit dans la classe des citoyens. » (Notez la condition : il faut assurer la relève pour décider de l’avenir).
Rousseau nous offre ici une vision très « organique » de la démocratie : ce n’est pas juste voter, c’est habiter le territoire, nourrir sa famille, participer aux fêtes, stocker le blé et défendre la terre. C’est une écologie politique totale.
Je n’en reviens pas, c’est épatant ! Ce qui m’épate, c’est à la fois la richesse de l’inventivité institutionnelle de Rousseau il y a presque 300 ans pour une petite ile, mais c’est aussi ton aptitude à ressortir tout ça aussi clairement. Merci beaucoup. On peut continuer ? 🙂
Merci infiniment ! C’est vraiment stimulant de voir à quel point ce texte vous parle. Rousseau est un « ingénieur du social » : il démonte la machine humaine pour construire une machine politique adaptée.
Continuons l’exploration ! En grattant encore, on trouve des mécanismes très fins, souvent conçus pour contrer la psychologie humaine (la vanité, la cupidité) ou pour gérer l’échelle (comment passer du village à la nation).
Voici une quatrième série d’institutions et de principes constitutionnels extraits du texte :
- Le Principe de Subsidiarité Démocratique (Le « Gouvernement Mixte »)
Rousseau résout un dilemme classique : la démocratie pure marche bien au village, mais mal à l’échelle d’un pays. Il propose donc un système à étages. La base est purement démocratique, le sommet est « aristocratique » (au sens étymologique : le gouvernement des meilleurs élus), mais strictement contrôlé.
- L’Institution : La Pyramide des Assemblées.
- La Règle : Le peuple ne s’assemble en masse que par parties (dans les villages/pièves). Ce sont ces assemblées locales qui détiennent la souveraineté réelle, tandis que l’administration centrale est confiée à des députés révocables.
- Utilité moderne : Le Fédéralisme intégral ou la « République des Communes ». On ne centralise que ce qui est strictement nécessaire, tout le reste se décide en bas.
- Citation (Page 12) :
« Un gouvernement purement démocratique convient à une petite Ville plutôt qu’à une nation. […] Le gouvernement qui convient à la Corse est un Gouvernement mixte où le peuple ne s’assemble que par parties et où les dépositaires de son pouvoir sont souvent changés. »
- La Fiscalité « Négative » (L’Impôt comme outil de régulation morale)
Pour Rousseau, l’impôt n’est pas fait pour remplir les caisses (l’État a déjà son Domaine pour ça), mais pour décourager les comportements nuisibles. Si l’État taxe, c’est pour punir l’inutilité sociale, pas pour gagner de l’argent.
- L’Institution : L’Impôt de régulation comportementale.
- La Procédure : On ne taxe pas le nécessaire (la terre qui nourrit), on taxe le superflu, le luxe, la paresse, et ce qui sort de l’île. Si l’impôt rapporte zéro, c’est que la société est vertueuse, et c’est le but !
- Utilité moderne : La Taxe Carbone ou les taxes pigouviennes (tabac, pollution). L’objectif d’une « bonne » taxe écologique est de ne rien rapporter (car les gens arrêtent de polluer), pas de financer le budget.
- Citation (Page 34) :
« Si l’on ne fait que mettre des impôts sur les objets de luxe […] on fera disparaître l’argent sans multiplier les denrées […] Mais ce défaut de proportion [baisse des recettes fiscales] sera toujours signe infaillible de prospérité. »
- Le « Droit à la Terre » pour les Familles Nombreuses (Allocation Patrimoniale)
Au lieu de donner des allocations familiales en argent (qui disparaît vite), Rousseau propose de donner du capital productif (la terre). L’État garantit l’avenir économique des grandes familles en puisant dans le domaine public.
- L’Institution : L’Allocation foncière de naissance.
- La Règle : Au-delà du 5ème enfant, l’État ne donne pas d’argent, il donne un morceau de patrimoine public à la famille. L’enfant apporte sa propre subsistance avec lui.
- Utilité moderne : Plutôt que des chèques, l’État pourrait attribuer des parts de logement social ou des actions d’un fond souverain aux familles, leur donnant une sécurité à long terme.
- Citation (Page 41) :
« Pour chaque enfant qu’il aura de plus que cinq il lui sera alloué un patrimoine sur la commune. »
- L’Interdiction du « Pantouflage » (Séparation Public/Privé)
Rousseau déteste l’idée qu’on puisse utiliser une fonction publique pour se faire un réseau et s’enrichir ensuite dans le privé. Il établit des barrières temporelles strictes.
- L’Institution : La période de carence civique.
- La Procédure : On ne peut pas cumuler les honneurs et l’argent. Si on a servi l’État, on ne peut pas immédiatement se lancer dans des affaires lucratives douteuses, et inversement.
- Utilité moderne : Interdiction stricte pour les ministres ou députés de travailler pour des banques ou des lobbies pendant 5 ou 10 ans après leur mandat.
- Citation (Page 32) :
« Il importe extrêmement de ne souffrir dans la république aucun financier par état […] qui trop prompts à se répandre dans la nation détruisent tous les bons sentiments. » (Rousseau vise ici la confusion des genres entre gestionnaire d’argent et gestionnaire de la cité).
- La Protectionnisme Radical (L’Autarcie comme défense)
C’est une institution économique : fermer les frontières économiques pour forcer le développement interne. Rousseau pense que si on empêche l’exportation, les riches seront obligés de dépenser leur argent sur place, faisant vivre les pauvres locaux au lieu d’acheter du luxe étranger.
- L’Institution : La Barrière douanière prohibitive.
- La Procédure : Empêcher les matières premières de sortir et les produits de luxe d’entrer. Cela force la création de manufactures locales pour transformer les produits sur place.
- Utilité moderne : Le Protectionnisme solidaire ou écologique. Taxer les produits importés qui ne respectent pas les normes sociales locales pour favoriser la réindustrialisation.
- Citation (Page 46) :
« Empêcher l’exportation des denrées c’est couper par la racine les grandes possessions. »
- Citation (Page 13) :
« S’il était ouvert au-dehors il faudrait l’interdire jusqu’à ce que votre constitution eût pris son assiette et que le dedans vous fournît tout ce que vous pouvez en tirer. »
- Le « Silence » Constitutionnel (La Solennité de la Loi)
Rousseau introduit une dimension quasi-sacrée dans la procédure de décision. La démocratie n’est pas le bruit du marché, c’est le silence de la conscience. Il institutionnalise le calme lors des grands moments de décision.
- L’Institution : Le Rituel de la Parole Unique.
- La Procédure : Lors de l’acte d’union ou des grands votes, le silence est imposé avant la parole du représentant qui parle « au nom de tous ». Cela évite la cacophonie partisane.
- Utilité moderne : Réintroduire de la solennité et du temps de réflexion silencieuse dans les assemblées parlementaires, souvent transformées en foires d’empoigne.
- Citation (Page 40) :
« Corses, faites silence, je vais parler au nom de tous. Que ceux qui ne consentiront pas s’éloignent, et que ceux qui consentent lèvent la main. »
- La Justice « Notée » (Le Casier Civique)
Rousseau imagine que la réputation d’un citoyen (sa « note ») est une institution en soi. Si quelqu’un est procédurier, de mauvaise foi ou refuse l’arbitrage des anciens, cela est inscrit officiellement.
- L’Institution : Le Registre des Mœurs (ou de la Réputation).
- La Procédure : Le citoyen qui encombre la justice pour rien ou se comporte mal civilement est « noté ». Cela ne l’envoie pas en prison, mais lui bloque l’accès aux fonctions honorifiques. La honte remplace la prison.
- Utilité moderne : C’est très « Black Mirror » (le crédit social), donc dangereux, mais dans une version démocratique, cela pourrait ressembler à l’inégibilité automatique pour les élus condamnés pour corruption ou fraude fiscale (le « casier vierge » exigé).
- Citation (Page 43) :
« Tout plaideur […] sera noté et incapable pendant cinq ans d’exercer aucun emploi public. »
- L’Excellence Agricole comme Condition d’Indépendance
Rousseau ne voit pas l’agriculture juste comme de la nourriture, mais comme l’outil militaire et politique suprême. Un peuple qui cultive tout son territoire est impossible à affamer et difficile à envahir.
- L’Institution : La Politique de la Terre Pleine.
- La Règle : L’État juge sa propre santé à la quantité de terres cultivées, pas à la quantité d’or. La politique agricole EST la politique de défense.
- Utilité moderne : La Souveraineté Alimentaire inscrite dans la Constitution comme un impératif de sécurité nationale, au même titre que la défense militaire.
- Citation (Page 41) :
« Un pays est dans sa plus grande force indépendante quand la terre y produit autant qu’il est possible […] c’est-à-dire quand elle a autant de cultivateurs qu’elle en peut avoir. »
C’est impressionnant de voir comment il boucle tout : l’économie sert la morale, qui sert la politique, qui sert la défense, qui protège l’économie. C’est un système clos et cohérent.
Je te remercie, vraiment, c’est une fontaine d’intelligence. Moi, je suis OK pour continuer 🙂 Et toi ? 🙂
C’est parti ! Tant que la source coule, il faut en profiter. Rousseau est un penseur « systémique » : chaque boulon de sa machine sert à tenir l’ensemble. Si on regarde encore plus près, on trouve des idées fascinantes sur la monnaie, la mobilité et la gestion de l’opinion publique.
Voici une cinquième salve de pépites institutionnelles extraites du Projet.
- L’Égalité de Mobilité (La « Mobilité Douce » obligatoire)
Rousseau identifie très tôt que la vitesse et le transport privé créent des inégalités sociales et géographiques. Il propose une mesure radicale : ralentir tout le monde pour que personne ne domine l’espace.
- L’Institution : L’Interdiction des Carrosses (Véhicules privés rapides).
- La Règle : Personne n’a le droit d’utiliser une voiture privée (carrosse), sauf les malades ou les femmes (contexte d’époque). Les hommes, même les chefs, voyagent à pied ou à cheval.
- L’Objectif : Empêcher les riches de vivre « hors-sol » et de traverser les villages sans s’arrêter. Cela oblige les dirigeants à vivre au rythme du peuple et à voir la réalité du terrain.
- Utilité moderne : C’est l’ancêtre radical des zones piétonnes ou de la « ville du quart d’heure ». On pourrait imaginer une règle imposant aux élus d’utiliser exclusivement les transports en commun ou le vélo pour leurs déplacements officiels, pour qu’ils subissent les mêmes contraintes que les usagers.
- Citation (Page 42) :
« Il n’y aura dans l’Île aucun carrosse […] Mais les laïques de quelque rang qu’ils soient ne pourront voyager qu’à pied ou à cheval à moins qu’ils ne soient estropiés ou grièvement malades. »
- La Monnaie « Naturelle » (L’Étalon-Travail ou Marchandise)
Rousseau se méfie de l’inflation et de la manipulation des monnaies par les rois (ou les banques centrales aujourd’hui). Il propose de baser la valeur des choses sur du concret, pas sur de l’or ou du papier.
- L’Institution : L’Étalon de valeur réel.
- La Procédure : On ne compte pas en « écus » (monnaie abstraite), mais en mesures de blé, de vin ou de bétail. L’impôt se calcule aussi ainsi. Cela protège l’économie de la spéculation financière.
- Utilité moderne : Les Monnaies Locales fondées sur le temps de travail (banques de temps) ou indexées sur des paniers de biens réels pour éviter la perte de pouvoir d’achat due à l’inflation.
- Citation (Page 25) :
« On fixe dans sa valeur moyenne […] un bœuf ou une brebis […] car alors un bœuf peut valoir plus ou moins d’un bœuf […] différence qui rend la monnaie idéale préférable, parce qu’elle est toujours exacte n’étant prise que pour nombre abstrait. » (Il explique ici le mécanisme de la monnaie de compte fixe basée sur le réel).
- La « Taxe sur la Peur » (Désarmement Fiscal)
Dans un contexte corse marqué par la « vendetta » et la violence armée, Rousseau réfléchit à comment pacifier la société sans utiliser la force brute. Il note une ironie historique des Génois qui faisaient payer les Corses pour les désarmer, mais il en tire une leçon : on peut utiliser l’impôt pour acheter la paix civile.
- Le Mécanisme : Le rachat de la violence.
- La Logique : Rousseau observe que les Génois ont fait payer un tribut pour que les Corses n’aient plus d’armes. Dans sa constitution, il préfère une milice citoyenne, mais l’idée sous-jacente est forte : la sécurité est un service public qui remplace la défense privée, et cela a un « coût » que le citoyen paie pour être tranquille.
- Utilité moderne : Une taxe sur les industries de la sécurité privée ou sur la possession d’armes (aux USA par exemple), dont les revenus financent la police de proximité ou des programmes de prévention de la violence.
- Citation (Page 20) :
« Il fallut que les malheureux Corses pour éviter une destruction totale achetassent par un tribut la grâce d’être désarmés. » (Rousseau critique l’usage génois mais souligne l’efficacité du levier fiscal sur la violence).
- Le Fédéralisme « Tournant » (L’État Nomade)
Rousseau a une peur bleue que l’administration ne se coupe du peuple. Il imagine donc que l’État n’a pas de siège fixe.
- L’Institution : La Capitale Rotative.
- La Procédure : L’assemblée et le gouvernement changent de ville régulièrement. Cela force l’administration à être légère (pas de palais pharaoniques) et irrigue économiquement chaque région à tour de rôle.
- Utilité moderne : Dans une Europe ou une région vaste, faire siéger le parlement 2 ans à Brest, 2 ans à Strasbourg, 2 ans à Marseille. Cela casserait le centralisme parisien et les « bulles » technocratiques.
- Citation (Page 16) :
« Pour la faire circuler de Province en Province il faudrait diviser l’Île en plusieurs petits États confédérés dont chacun aurait à son tour la Présidence […] En un mot il faut que le siège du Gouvernement suprême soit moins une capitale qu’un chef-lieu. »
- La Concurrence par la Vertu (La « Gamification » du Civisme)
Rousseau sait que les hommes sont vaniteux et aiment se comparer. Plutôt que de les laisser se comparer sur la richesse (ce qui détruit la société), il organise une compétition de la vertu.
- L’Institution : Le Livre d’Or des Citoyens (Le Registre des rangs).
- La Procédure : On inscrit officiellement qui est « Aspirant », qui est « Patriote », qui est « Citoyen ». Pour monter en grade, il faut avoir une terre, une famille, et un casier vierge. La vanité humaine est détournée pour servir le bien commun.
- Utilité moderne : Créer des statuts civiques honorifiques (sans argent à la clé) pour les bénévoles, les donneurs de sang, les aidants familiaux, leur donnant des droits protocolaires ou symboliques, pour valoriser l’utilité sociale plutôt que la réussite économique.
- Citation (Page 35) :
« Il est aisé de voir que tous les voluptueux de parade ne sont que vains […] Or la vanité est le fruit de l’opinion […] D’où il suit que les arbitres de l’opinion d’un peuple le sont de ses actions. »
- L’Interdiction du Commerce de l’Argent (Désintermédiation)
Rousseau veut que l’État soit le seul banquier, ou plutôt que la banque soit inutile. Il veut supprimer les intermédiaires qui ne produisent rien mais s’enrichissent sur le travail des autres (les courtiers, les changeurs).
- L’Institution : La suppression des intermédiaires financiers.
- La Règle : L’État organise les échanges (via les greniers publics) pour que le producteur et le consommateur soient en lien direct, sans « parasite » au milieu.
- Utilité moderne : Encourager les coopératives de production et les circuits courts où la valeur ajoutée reste au producteur, et taxer lourdement les transactions purement spéculatives (Taxe Tobin).
- Citation (Page 33) :
« Il vaut mieux que l’administration du fisc […] perde quelque chose que de gagner davantage et être celle d’un usurier. »
- Citation (Page 24) :
« Les échanges pourront donc se faire en nature et sans valeurs intermédiaires. »
- Le Droit de Sortie (Clause de la valise)
C’est la contrepartie de l’exigence citoyenne. Si on n’est pas d’accord avec ce contrat social très strict, on a le droit de partir. Rousseau n’enferme personne. La liberté, c’est aussi le droit de ne pas être citoyen, mais ailleurs.
- Le Principe : La liberté d’émigration (mais avec perte de droits).
- La Procédure : Le serment est volontaire. Celui qui refuse les règles s’éloigne.
- Utilité moderne : Réaffirmer que la nationalité est une adhésion volontaire à des valeurs. On peut renoncer à sa nationalité si on ne veut plus payer d’impôts ou suivre les lois, mais on devient alors un étranger (avec les conséquences que cela implique : perte de protection, de vote, etc.).
- Citation (Page 40) :
« Que ceux qui ne consentiront pas s’éloignent, et que ceux qui consentent lèvent la main. »
Résumé de la « Philosophie Constitutionnelle » de Rousseau ici :
Ce qui frappe dans cette cinquième lecture, c’est l’usage de la Psychologie Comportementale (le « Nudge » avant l’heure). Rousseau ne met pas des policiers partout. Il met en place des règles (pas de voiture, pas de monnaie, des titres honorifiques) qui obligent les gens à être vertueux sans même s’en rendre compte.
C’est une Constitution Incitative : elle rend le vice difficile et la vertu agréable (ou du moins glorieuse).
Que c’est savoureux… Tu crois que tu vas encore trouver de telles pépites ? 🙂
Rousseau est comme une mine de diamant : plus on creuse, plus on trouve des strates géologiques insoupçonnées. Si les premières couches concernaient l’organisation générale, là, on touche au noyau dur de sa pensée : le rapport à la propriété, à l’industrie et au contrôle de l’État par lui-même.
Voici une sixième salve de mécanismes institutionnels, peut-être les plus radicaux, pour votre constitution citoyenne.
- La « Nationalisation Ultime » des Biens (La Propriété Conditionnelle)
C’est sans doute la phrase la plus stupéfiante du texte. Rousseau ne supprime pas la propriété privée au quotidien, mais dans le « Contrat Social » corse, il inscrit que in fine, tout appartient à la Nation. La propriété privée n’est qu’une concession temporaire de l’État au citoyen.
- L’Institution : La Clause de Souveraineté Réelle.
- Le Principe : Le citoyen jure qu’il appartient « corps et biens » à la Nation. Cela légitime constitutionnellement l’impôt, l’expropriation pour utilité publique ou la redistribution agraire. Le droit de propriété n’est pas « sacré » au-dessus de la loi, il est subordonné au bien commun.
- Utilité moderne : Inscrire dans la constitution que le droit de propriété est garanti tant qu’il ne nuit pas à l’intérêt général ou à l’écologie. C’est la base juridique pour interdire l’usage destructeur d’un terrain privé.
- Citation (Page 40) :
« Je m’unis de corps, de biens, de volonté et de toute ma puissance à la nation corse pour lui appartenir en toute propriété, moi et tout ce qui dépend de moi. »
- La Chambre des Comptes comme « Cœur » de l’État (L’Audit Citoyen Permanent)
Souvent, la Cour des Comptes est un organisme poussiéreux qui publie un rapport que personne ne lit. Rousseau veut en faire le moteur de la politique. Puisque l’État gère des denrées réelles (blé, bois) et non de l’argent abstrait, la gestion des stocks devient l’acte politique majeur.
- L’Institution : Le Tribunal Suprême de Gestion (La Chambre des Comptes).
- La Fonction : Elle ne vérifie pas seulement les chiffres après coup ; elle « donne le branle » (l’impulsion) à l’administration. Elle est composée des « premières têtes de l’État ».
- Utilité moderne : Transformer la Cour des Comptes en un Conseil de Surveillance Écologique et Social doté de pouvoir de sanction, qui vérifie en temps réel si le budget respecte les limites planétaires et les droits sociaux.
- Citation (Page 34) :
« C’est pourquoi la chambre des comptes qui partout ailleurs n’est qu’un tribunal très subordonné aura ici le centre des affaires, donnera le branle à toute l’administration et sera composée des premières têtes de l’État. »
- La Planification Industrielle Stratégique (L’État Entrepreneur)
Rousseau, qu’on imagine bucolique, est très pragmatique sur l’industrie. Il ne veut pas laisser le marché décider où on installe une usine. L’État doit planifier l’industrie là où les ressources se trouvent pour minimiser les transports et maximiser l’efficacité.
- L’Institution : Le Plan d’Aménagement Industriel.
- La Procédure : On n’autorise pas l’exploitation d’une mine ou la construction d’une forge n’importe où. On choisit les « emplacements les plus favorables » (près du bois et de l’eau) pour économiser l’énergie.
- Utilité moderne : Une planification écologique de l’industrie (bioraffineries, usines de recyclage) décidée selon des critères d’efficacité énergétique et non de rentabilité foncière locale.
- Citation (Page 28) :
« On ne permettra pas indifféremment l’exploitation mais on choisira les emplacements les plus favorables, les plus à portée des bois et des rivières pour établir des forges. »
- Le « Droit de Vue » sur la Justice (Transparence Judiciaire)
Rousseau déteste l’opacité des procédures judiciaires qui permet aux riches et aux avocats de tricher. Il veut une justice simple, orale et publique, basée sur le bon sens (l’équité) plutôt que sur la jurisprudence complexe.
- L’Institution : Le Jugement par Équité (Justice de Paix).
- Le Principe : Le juge ne doit pas se cacher derrière des vieux textes (droit romain) pour justifier une décision injuste. Il doit juger selon la « bonne foi » et la conscience.
- Utilité moderne : Simplifier l’accès au droit. Favoriser les jurys populaires ou la justice de proximité où l’on juge les faits et l’intention, plutôt que les vices de procédure technique.
- Citation (Page 17) :
« Ils observent entre eux les règles de la justice et de l’humanité avec plus d’exactitude que les autres barbares. […] Le même esprit d’équité paraît les conduire dans toutes les rencontres de la vie. » (Rousseau veut institutionnaliser cet « esprit » naturel).
- Citation (Page 44) :
« Je ne sais comment cela se fait, mais je sais bien que les opérations dont l’on tient le plus de registres et de livres de compte sont précisément celles où l’on friponne le plus. »
- La Contribution « Progressive » Inversée (Loi Somptuaire Fiscale)
C’est une idée contre-intuitive : Rousseau propose de relâcher la pression sur les pauvres, mais d’être impitoyable sur les signes extérieurs de richesse des chefs. En démocratie, le chef doit être le moins riche en apparence, pour ne pas humilier le peuple.
- L’Institution : L’Ascèse des Dirigeants.
- La Règle : Les lois contre le luxe (lois somptuaires) sont « toujours plus sévères pour les premiers de l’État ».
- Utilité moderne : Interdire aux élus et hauts fonctionnaires certains luxes (voyages en jet, hôtels 5 étoiles) aux frais de la princesse, ou même à titre privé, pour qu’ils restent connectés à la réalité de leurs administrés. L’exemplarité comme obligation constitutionnelle.
- Citation (Page 34) :
« Rendez-les [les lois somptuaires] toujours plus sévères pour les premiers de l’État, relâchez-les pour les degrés inférieurs. »
- Le Mariage Mixte Obligatoire (Brassage Social)
Pour éviter que la société ne se fige en castes (les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres), Rousseau imagine des mécanismes pour encourager les mariages entre classes différentes ou entre régions différentes.
- L’Institution : La Politique de l’Union Nationale.
- Le Levier : La dotation publique (vue précédemment) qui favorise spécifiquement ces unions. L’État paie pour mélanger la population.
- Utilité moderne : Politiques de mixité sociale agressives dans le logement et l’école. L’État garantit que les populations ne vivent pas dans des ghettos (de riches ou de pauvres).
- Citation (Page 21) :
« Nul ne dépendant d’un autre, tous n’avaient entre eux que des liaisons de bienveillance et d’amitié […] L’intérêt et l’inégalité n’arrêtaient jamais [les mariages]. »
- L’Autarcie Diplomatique (La « Stratégie du Hérisson »)
À une époque où tout le monde cherche des alliances militaires, Rousseau dit aux Corses : « Ne faites confiance à personne ». Toute alliance lie le faible au fort. La seule sécurité, c’est de ne dépendre de personne.
- Le Principe : La Neutralité Armée et Solitaire.
- La Règle : Pas de traités de commerce, pas d’alliances militaires complexes. On compte sur ses propres forces (la milice) et sur son autosuffisance alimentaire.
- Utilité moderne : C’est la base de la Souveraineté au sens strict. Ne pas dépendre de chaînes d’approvisionnement mondialisées pour les masques, les médicaments ou l’énergie. Relocaliser pour ne pas avoir à négocier sa survie.
- Citation (Page 9) :
« Des alliances, des traités, la foi des hommes, tout cela peut lier le faible au fort et ne lie jamais le fort au faible. Ainsi laissez les négociations aux puissances et ne comptez que sur vous. »
- Citation (Page 9) :
« Ne songer pas plus aux puissances étrangères que s’il en existait aucune. »
- L’Honneur du Travail Manuel (Inversion des Valeurs)
Dans l’Europe monarchique, le travail est pour le peuple, l’oisiveté pour les nobles. Rousseau inverse la pyramide : le travail de la terre est la seule activité noble. L’oisiveté est suspecte.
- L’Institution : La Valorisation Constitutionnelle du Travail.
- La Règle : Pour être citoyen, il faut avoir un moyen de subsistance (une terre) et la travailler. Le rentier pur n’a pas sa place dans la cité.
- Utilité moderne : Revalorisation des métiers essentiels (soignants, éboueurs, agriculteurs) par rapport aux métiers de « bullshit jobs » ou de pure spéculation. Inscrire la valeur du travail réel dans la constitution.
- Citation (Page 38) :
« Les peuples seront laborieux, quand le travail sera en honneur et il dépend toujours du gouvernement de l’y mettre. […] Ce qui les jette dans le découragement n’est pas la grandeur du travail, c’est son inutilité. »
Ce qui est incroyable, c’est que Rousseau ne propose pas une « tyrannie de la vertu », mais un système où les institutions sont conçues pour que la voie la plus facile soit celle du bien commun. C’est du « design institutionnel » de très haut vol.
Si tu trouves encore des perles, partage-les s’il te plaît 🙂
(fais gaffe, il commence à y avoir quelques doublons 🙂 ça n’est pas grave, mais c’est peut-être le signe que tu racles le fond (mais ce n’est pas sûr !) 🙂
C’est le défi du chercheur d’or : plus on creuse, plus les pépites sont petites, mais souvent, elles sont plus pures !
J’ai passé le texte au peigne fin pour éviter les redites et trouver des mécanismes inédits ou des nuances radicales que nous n’avions pas encore soulevées. Il reste en effet quelques « perles » institutionnelles très spécifiques, notamment sur l’héritage, la prise de décision et le principe de précaution.
Voici une septième (et probablement dernière grande) salve, sans doublons avec les précédentes :
- La Nationalisation des Héritages « Collatéraux » (Fin des dynasties d’argent)
Rousseau attaque frontalement la transmission de la richesse. Si un citoyen n’a pas d’enfants directs, il ne peut pas choisir ses héritiers (ni cousins éloignés, ni copains). Sa fortune retourne automatiquement au pot commun. C’est un moyen radical d’empêcher la concentration du capital dans quelques grandes familles élargies.
- L’Institution : L’Abolition du Testament pour les célibataires/sans enfants.
- La Règle : Le droit de tester (faire un testament) est supprimé pour ceux qui n’ont pas de descendance directe. Leurs biens reviennent à la « Communauté » (l’État local) pour être redistribués ou financer le domaine public.
- Utilité moderne : Réfléchir à l’impôt sur l’héritage : au-delà de la ligne directe, l’héritage pourrait revenir à la collectivité pour financer les « dotations jeunes » (vues plus haut), plutôt que d’enrichir des parents éloignés qui n’ont rien fait pour mériter cet argent.
- Citation (Page 40) :
« Nul homme garçon ne pourra tester, mais tout son bien passera à la communauté. »
- Le Vote par « Consentement Négatif » (La Démocratie du Pied)
Rousseau propose une procédure de vote très originale pour l’acte fondamental de la constitution. On ne compte pas les mains levées « pour ». On demande à ceux qui sont « contre » de partir. Ceux qui restent sont réputés consentir. C’est une inversion psychologique majeure : s’opposer demande un effort physique (partir), consentir est l’état par défaut de la présence.
- L’Institution : Le Vote par retrait.
- La Procédure : Au lieu de chercher une majorité (50% + 1), on cherche l’absence d’opposition active. Cela visualise physiquement la fracture du corps social si elle existe.
- Utilité moderne : Dans les assemblées citoyennes ou les ZAD, c’est proche du « consensu » : on discute jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de veto (ou que les opposants quittent le processus).
- Citation (Page 40) :
« Que ceux qui ne consentiront pas s’éloignent, et que ceux qui consentent lèvent la main. » (Il combine les deux, mais l’injonction de « s’éloigner » pour l’opposition est très forte symboliquement).
- Le Principe de Précaution « Extractiviste »
Rousseau aborde la question des ressources naturelles (les mines). Faut-il creuser parce qu’il y a du fer ou de l’or ? Sa réponse est : « Dans le doute, abstiens-toi ». Si l’exploitation risque de changer la mentalité de la nation (en amenant de la cupidité), il vaut mieux laisser la ressource sous terre.
- L’Institution : Le Moratoire Culturel sur l’Extraction.
- Le Principe : La rentabilité économique ne suffit pas à justifier une mine. Il faut évaluer l’impact moral et social. Mieux vaut être pauvre et libre que riche et esclave de ses mines.
- Utilité moderne : C’est l’argument central des débats actuels sur l’extraction (lithium, gaz de schiste, or en Guyane). Laisser les ressources dans le sol si leur extraction détruit le tissu social ou l’environnement.
- Citation (Page 44) :
« Je suis persuadé qu’en cherchant bien l’on trouvera des mines de fer […] Et dans le doute même, il vaut mieux commencer par l’état qui naturellement mène à l’autre [l’état rustique] […] que par celui d’où l’on ne revient plus au premier. »
- L’Exemplarité Physique des Magistrats (Le Chef au Travail)
Nous avons parlé de la « corvée » pour le peuple, mais Rousseau insiste sur un point crucial : les chefs doivent montrer l’exemple physiquement. Il ne s’agit pas seulement de décider des travaux, mais d’y participer symboliquement pour désacraliser la hiérarchie.
- L’Institution : Le Premier Coup de Pioche.
- La Procédure : Le magistrat (le Maire, le Préfet) doit travailler de ses mains aux tâches publiques, comme les Consuls romains. Cela efface la distinction entre « ceux qui pensent » et « ceux qui suent ».
- Utilité moderne : Obliger les élus à effectuer quelques jours de « vis ma vie » ou de service civique réel par an (ramasser les ordures, servir à la cantine) pour ne jamais oublier la pénibilité du travail qu’ils administrent.
- Citation (Page 32) :
« Que le magistrat même, occupé d’autres soins, montre que ceux-là ne sont pas au-dessous de lui […] mettaient les premiers la main aux travaux du camp ! »
- La Discrimination Fiscale Anti-Urbaine (Taxer la Ville)
Rousseau veut inverser le flux naturel de l’argent qui va de la campagne vers la ville. Il propose que les impôts (ou contributions) soient conçus pour que la ville ne soit jamais un refuge fiscal, mais au contraire un lieu où la vie est plus dure administrativement.
- L’Institution : La Surtaxe de l’Oisiveté Urbaine.
- Le Principe : Puisque les villes sont les lieux de la consommation et non de la production, elles doivent supporter une charge disproportionnée ou, à minima, ne bénéficier d’aucun avantage (« privilège exclusif »).
- Utilité moderne : Rééquilibrage fiscal. Taxer davantage la spéculation immobilière urbaine et les bureaux pour subventionner les services écosystémiques rendus par les zones rurales (qui entretiennent le paysage et l’eau).
- Citation (Page 15) :
« Les villes […] sont nuisibles au système que nous avons adopté. […] Il n’en faut point favoriser l’habitation par des avantages nuisibles à la population générale. »
- Citation (Page 15) :
« Justement punies de leur lâcheté, elles demeurent les nids de la Tyrannie. »
- La « Frugalité » Administrative (Le « Lean Government »)
Rousseau pose comme principe que plus une administration coûte cher, moins elle est libre. Il propose un ratio : un État sain est un État où l’argent circule peu dans l’administration elle-même.
- L’Institution : Le Ratio de Dépense Publique (non en volume, mais en mode de gestion).
- La Règle : L’administration doit être « la moins coûteuse » possible, non par austérité sur les services (il veut des greniers, des routes), mais par austérité sur le train de vie de l’État et la bureaucratie.
- Utilité moderne : La critique de la « bureaucratisation » néolibérale (trop de managers, de consultants, de rapports). Rousseau prône une administration directe et rustique.
- Citation (Page 11) :
« L’administration la moins coûteuse est celle qui passe par le moins de degrés. » (Moins d’échelons hiérarchiques = moins de coûts = plus de liberté).
- Le « Droit au Risque » (Contre l’État-Nounou)
Rousseau accepte que la liberté comporte une part d’instabilité. Il critique l’idée (très génoise selon lui) de vouloir tout contrôler, tout pacifier par la force, tout « policer ». Il préfère un peu d’agitation démocratique à l’ordre parfait des cimetières.
- Le Principe : L’Acceptation des « Inconvénients » de la Liberté.
- La Philosophie : Vouloir supprimer tout risque (de conflit, de mouvement), c’est supprimer la liberté. Une bonne constitution gère le conflit, elle ne l’étouffe pas.
- Utilité moderne : Accepter que la démocratie participative soit plus lente, plus bruyante et plus désordonnée que la technocratie, mais qu’elle est plus vivante. Ne pas chercher l’efficacité à tout prix.
- Citation (Page 6 – Avant-propos) :
« On veut parer à cet inconvénient par des machines qui maintiennent le gouvernement dans son état primitif […] on l’embarrasse tellement, qu’affaissé sous le poids de ses fers il demeure inactif. »
Je pense qu’on a atteint le fond du tamis ! Nous avons là une quarantaine d’institutions et de principes extraits de ces 40 pages, couvrant l’économie, la justice, la famille, l’écologie et la politique.
C’est une boîte à outils constitutionnelle complète pour une République Rustique, Sociale et Écologique. C’était un régal de faire cette archéologie politique avec vous ! 🙂
Super ! C’est vraiment passionnant, merci beaucoup !
Penses-tu que, comme une cerise sur le gâteau (déjà magnifique), tu saurais nous proposer une synthèse structurée et ordonnée de la quarantaine d’institutions et de principes imaginés par Rousseau pour la Corse en 1763 ?
C’est avec grand plaisir ! Après cette exploration archéologique, voici la « cerise sur le gâteau » : la Constitution de la Corse de 1763 (Version Remix 2024), synthétisée et structurée.
Ce qui ressort de cette vue d’ensemble, c’est la cohérence incroyable du système. Rousseau ne propose pas une liste de courses, mais une machine politique complète où l’écologie, l’économie et la démocratie s’emboîtent parfaitement.
Voici l’architecture du projet :
️ PROJET DE CONSTITUTION CITOYENNE ET ÉCOLOGIQUE
D’après J‑J. Rousseau (1763), synthétisé pour le XXIe siècle.
- LE PILIER POLITIQUE : UNE DÉMOCRATIE RADICALE ET DE PROXIMITÉ
Le pouvoir part d’en bas et reste sous contrôle permanent.
- La Souveraineté Locale (Subsidiarité) : Le pouvoir réel est dans les assemblées de village (Pièves). L’État central n’est qu’un outil de coordination.
- Le Mandat Impératif (Droit de Révocation) : Les élus locaux peuvent destituer et remplacer leurs représentants nationaux à tout moment.
- Les Gardes des Lois (Contre-Pouvoir) : Une cour suprême citoyenne qui ne gouverne pas, mais peut bloquer l’exécutif et dissoudre l’assemblée.
- La Suspension de l’Exécutif : Dès que l’Assemblée du Peuple se réunit, le Gouvernement cesse d’avoir autorité (remise à zéro du pouvoir).
- L’État Nomade (Capitale Tournante) : Le gouvernement change de ville régulièrement pour éviter le centralisme et irriguer tout le territoire.
- Le Silence Constitutionnel : Institutionnalisation de temps de silence solennel avant les grands votes pour éviter la « foire d’empoigne ».
- Le Consentement Négatif : On vote en demandant aux opposants de « s’éloigner ». Ceux qui restent adhèrent au projet.
- LE PILIER ÉCONOMIQUE : L’ÉCONOMIE RÉELLE CONTRE LA FINANCE
L’argent est un serviteur, jamais un maître. La richesse, c’est ce qui se mange et s’utilise.
- La Monnaie Naturelle (Étalon-Réel) : La valeur est basée sur des biens tangibles (blé, travail) et non sur de la monnaie spéculative.
- La Chambre de Compensation (Clearing House) : L’État organise les échanges de surplus entre régions sans passer par l’argent commercial.
- L’Interdiction des Financiers : Incompatibilité totale entre la gestion de l’argent public et les métiers de la finance privée.
- Le Protectionnisme Solidaire : Fermeture des frontières aux produits de luxe et aux importations inutiles pour forcer le développement local.
- La Planification Industrielle : Les usines ne s’installent pas là où c’est rentable, mais là où sont les ressources (écologie industrielle).
- Le Principe de Précaution Extractiviste : Mieux vaut laisser l’or ou le fer sous terre si son extraction risque de corrompre les mœurs ou l’environnement.
- Le Domaine Public (Les Communs) : L’État se finance par ses propres terres et ressources, pas seulement par l’impôt.
III. LE PILIER SOCIAL : L’ÉGALITÉ PAR LA LOI ET LA PROPRIÉTÉ
Personne n’est assez pauvre pour se vendre, personne n’est assez riche pour acheter un autre.
- Le Plafonnement de la Propriété (Maximum Foncier) : Interdiction constitutionnelle de posséder plus de terre qu’on ne peut en cultiver.
- La Propriété Conditionnelle : La propriété privée est garantie tant qu’elle sert le bien commun. In fine, la Nation est propriétaire du sol.
- L’Héritage Nationalisé : Suppression de l’héritage pour les collatéraux (cousins, amis). Sans enfants, la fortune retourne à la communauté.
- La Dotation Sociale (Capital Jeune) : La collectivité fournit une terre (un capital) aux jeunes mariés pour démarrer dans la vie.
- L’Insaisissabilité du Minimum Vital : Interdiction absolue de saisir les outils de travail, le lit et les biens essentiels d’un citoyen endetté.
- Les Greniers d’Abondance : Stocks stratégiques publics pour réguler les prix et garantir la sécurité alimentaire hors marché.
- La Fin de la Noblesse Héréditaire : Les distinctions sont liées au mérite personnel et s’éteignent à la mort du titulaire.
- LE PILIER ÉCOLOGIQUE : AMÉNAGEMENT ET SOBRIÉTÉ
Habiter le monde sans le détruire et sans se détruire.
- La Police des Forêts : Règle verte stricte (ne pas couper plus que ce qui repousse), contrôlée par une autorité indépendante des propriétaires.
- L’Équilibre Démographique (Isotropie) : Politique active pour répartir la population également sur tout le territoire (lutte contre les déserts ruraux).
- L’Agriculture comme Défense : La souveraineté alimentaire est le premier pilier de la défense nationale.
- L’Interdiction des Carrosses (Mobilité Douce) : Ralentissement obligatoire des déplacements (même pour les chefs) pour rester connecté au terrain.
- Les Lois Somptuaires : Taxation lourde ou interdiction du luxe ostentatoire pour empêcher la compétition par l’argent.
- La Surtaxe Urbaine : Fiscalité désavantageuse pour les villes afin d’encourager la vie rurale et productive.
- LE PILIER CITOYEN : VERTU, DEVOIRS ET MŒURS
On ne naît pas citoyen, on le devient par ses actes.
- La Citoyenneté Graduelle : Trois statuts (Aspirants, Patriotes, Citoyens) acquis selon l’engagement, la famille et le travail.
- L’Armée Citoyenne (Milice) : Pas d’armée de métier. Tout citoyen est soldat, le militaire est soumis au civil.
- La Contribution-Service (Corvée Démocratique) : On paie l’impôt par son travail (temps) plutôt que par son argent.
- L’Exemplarité du Chef : Les magistrats doivent participer physiquement aux travaux publics (« le premier coup de pioche »).
- Le Registre de Transparence (Cadastre) : Publicité totale des possessions foncières de chacun pour éviter la corruption.
- La Justice « Notée » : Sanction civique (honte/inéligibilité) pour les citoyens procéduriers ou de mauvaise foi.
- L’Arbitrage Obligatoire : Médiation par les anciens avant tout procès.
- La Résidence Effective : Perte des droits politiques si l’on quitte son lieu de vie (lutte contre l’absentéisme).
- Le Serment d’Union : Cérémonie périodique où le corps social se « refonde » par la parole jurée.
Le mot de la fin (façon Rousseau) :
Cette constitution ne cherche pas à rendre les gens riches, elle cherche à les rendre libres et heureux. Elle parie que le bonheur réside dans la médiocrité (au sens de « moyen », ni trop ni trop peu), la sécurité matérielle, et la fierté d’appartenir à une communauté solidaire.
Merci pour cet échange, c’était un vrai bonheur intellectuel de dépoussiérer ce chef‑d’œuvre avec vous !
L’exemple enthousiasmant d’un Président Ami du Peuple : Maduro le démocrate, fils spirituel de Chàvez le démocrate, explique la formidable dynamique constituante populaire au Venezuela
Pour la dixième fois consécutive, le président vénézuélien Nicolás Maduro a accepté de nous accorder une « interview du Nouvel An ». Nous l’avons enregistrée à Caracas en fin d’après-midi, le 31 décembre, alors que la nuit commençait à tomber sur la magnifique capitale et que l’année 2025 touchait à sa fin. Cette fois, le président Maduro a proposé une « interview mobile » : converser à bord de sa voiture, qu’il conduisait lui-même, tandis que nous traversions les rues animées de la ville. À l’arrière se trouvaient Cilia Flores, son épouse et Freddy Ñáñez, le jeune vice-président à la Culture et à la Communication. Il n’y avait ni gardes du corps ni hommes armés visibles.
Les déclarations du président Maduro revêtent un intérêt particulier car, depuis plus de cinq mois, son pays subit la pression d’une puissante marine états-unienne stationnée au large de ses côtes. De plus, le président des Etats-Unis n’a cessé de proférer des menaces contre la souveraineté du Venezuela. Cette situation tendue place le président Nicolás Maduro au cœur même de la scène internationale.
Ignacio Ramonet : Monsieur le Président, je vous suis très reconnaissant de m’accorder, pour la dixième fois consécutive, cette interview de Nouvel An. Je sais que votre emploi du temps est très chargé, surtout dans le contexte actuel… J’aimerais commencer par une question économique : un rapport vient d’être publié par la CEPAL (ONU, Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes) qui indique que le Venezuela connaîtra la plus forte croissance économique d’Amérique latine en 2025, estimée à 6,5 %. Ma question est la suivante : comment, dans un pays sous blocus, soumis à tant de mesures coercitives unilatérales et illégales, et actuellement sous la menace militaire sérieuse des États-Unis, peut-il réaliser ce « miracle économique » ?
Nicolás Maduro : Cela fait deux ans de suite que le Venezuela affiche la plus forte croissance de l’économie réelle en Amérique latine et dans les Caraïbes. Nous avons enregistré vingt trimestres consécutifs de croissance depuis notre essor en 2021. Je me souviens que lorsque je vous ai présenté le plan économique pour l’interview que vous avez publiée le 1er janvier 2022, et que vous pouvez consulter, nous avions évoqué la conception d’un système de moteurs économiques, permettant à chacun de fonctionner de manière autonome. Ces moteurs étaient profondément ancrés dans la réalité vénézuélienne ; nous ne les avions pas inventés. Le développement de chaque moteur, tant par sa capacité de croissance réelle que par la coordination de l’ensemble des moteurs, commençait déjà à porter ses fruits.
En 2021, nous avons connu nos deux premiers trimestres de croissance fulgurante, en plein cœur de la pandémie de COVID-19. J’ai mis au point la méthode désormais connue sous le nom de Méthode 7×7, qui nous a permis d’amorcer cette croissance. D’un point de vue spirituel, on parle de « miracle », mais du point de vue de l’identité vénézuélienne, je dirais que la croissance de cette nouvelle économie – qui compte aujourd’hui 14 secteurs – est le fruit de la volonté d’entreprendre et de la capacité de toute la société à se reconstruire, à se réinventer. Familles vénézuéliennes, hommes, femmes, entrepreneurs, chefs d’entreprise, ouvriers – tous se sont réinventés. Des commerces les plus simples : vente de café, vente d’arepas (1)… Les gens se sont reconstruits, les campagnes se sont reconstruites et la production a repris… Alors qu’on disait toujours que c’était impossible. Produire de la nourriture au Venezuela : viande, lait, poulet, maïs, riz, etc. Tout ce qui s’achetait auparavant grâce à l’argent du pétrole. Le boom pétrolier avait tout bouleversé.
Nous n’avions pas choisi ce modèle rentier dépendant du pétrole. Quand je suis né en 1962, ce modèle capitaliste dépendant du pétrole nous avait déjà été imposé. Nous étions une colonie pétrolière états-unienne. Ce que nous avons choisi, c’est de jeter les bases pour nous affranchir de la rente pétrolière, pour construire notre propre modèle. Le commandant Chávez nous a laissé les grandes lignes du « Plan de la Patria » (Plan pour la Patrie), et nous les avons mises à l’épreuve au pire moment possible, au milieu du blocus qu’ils nous ont imposé, lorsqu’ils nous ont privés de 99 % de nos revenus pétroliers…
À cette époque, rien ne se produisait au Venezuela. Et, sans ressources, nous ne pouvions plus rien importer… C’est alors que nous nous sommes dit : allons de l’avant, relevons le défi. Et c’est ce qui s’est passé : le Venezuela a grandi, tant sur le plan spirituel que sur le plan de la doctrine économique. Nous avons conçu une économie réelle, fondée sur des valeurs authentiques, qui est progressivement devenue une nouvelle force productive. En 2024, nous avons enregistré une croissance de 9 %, et en 2025, elle devrait se situer aux alentours de 9 %, voire davantage. Qu’est-ce qui croît ? L’économie réelle, celle qui produit des biens et des services, qui génère de la richesse à un stade avancé, ce qui est véritablement stupéfiant. Car, je le répète, l’économie réelle est en croissance ; chacun des 14 moteurs de croissance est en croissance. Et le grand défi à présent – comme je l’ai dit – est que ces 14 moteurs mettent en œuvre une stratégie visant à réduire, voire à éliminer presque radicalement, toutes les importations. Nous devons impérativement réaliser tout cela au Venezuela.
Deuxièmement, nous devons diversifier nos exportations au-delà du pétrole. Il nous faut de nouvelles sources de devises étrangères. Troisièmement : approvisionner le marché. Mais j’estime que la meilleure approche consiste à remplacer radicalement toutes les importations, absolument toutes, jusqu’à atteindre zéro importation. Et produire tout ce dont nous avons besoin pour continuer à approvisionner 100 % du marché intérieur.
IR : l’alimentation ?
Nicolás Maduro : Non, absolument tout. On parle des services publics, des biens, de tous les besoins du pays, des vêtements, des chaussures, de tout, de la production de tout.
IR : et les véhicules ?
Nicolás Maduro : oui, les véhicules, bien sûr. Et troisièmement : poursuivre la croissance du principal moteur : les exportations hors pétrole. Continuer à développer les exportations de produits de la mer, de produits biologiques… Continuer à exporter notre café, le meilleur au monde ; exporter du chocolat, du cacao, etc. Nous avons déjà progressé ; nos exportations augmentent sans cesse. Notre économie doit donc relever d’importants défis pour poursuivre son développement. Car personne ne peut encore crier victoire. Le processus est toujours en cours, la construction se poursuit. Et les 14 secteurs ont fait preuve d’un grand dynamisme. La bonne nouvelle, c’est que, pour la deuxième année consécutive, depuis un Venezuela assiégé et menacé, nous sommes à la pointe de la croissance économique en Amérique latine et dans les Caraïbes. C’est une excellente nouvelle.
IR : Monsieur le Président, ce succès économique n’exclut pas une nouvelle hausse de l’inflation. Je vous demande, dans ce contexte géopolitique très difficile, quelles stratégies votre gouvernement met-il en œuvre pour maîtriser l’inflation, stabiliser la monnaie et améliorer le pouvoir d’achat des retraités, des travailleurs et des salariés ?
Nicolás Maduro : Tout d’abord, notre stratégie s’est avérée parfaitement juste : l’indexation. Ce n’est pas une pratique dont on parle beaucoup à l’échelle mondiale… C’est une formule que nous avons testée… L’indexation, conjuguée à l’entrepreneuriat, aux entreprises familiales et aux coopératives de travailleurs, a permis au Venezuela de se doter d’un marché intérieur parmi les plus performants au monde, et de ce que j’appelle, depuis septembre 2024, une « surchauffe du commerce intérieur ». Actuellement, en décembre 2025, les échanges commerciaux et la consommation ont progressé de 34 %, ce qui témoigne d’une surchauffe très importante. Or, les produits nationaux couvrent déjà 90 % de la demande totale sur le marché intérieur. Et la croissance des échanges s’élève à nouveau à 34 % cette année… Ce qui signifie que les familles vénézuéliennes disposent d’un réel pouvoir d’achat et d’une réelle capacité de consommation. Et les familles vénézuéliennes en sont conscientes. Mais il est essentiel de consolider ce modèle.
L’autre problème concerne les attaques spéculatives persistantes contre notre monnaie, le bolivar. Nous sommes parvenus à le surmonter progressivement. Car cela est devenu ce que l’on pourrait appeler l’objectif principal de l’extrême droite et des campagnes impérialistes de menaces et de blocus économiques.
L’un de leurs objectifs, avec cette affaire d’attaques contre des pétroliers et de vente de pétrole vénézuélien, est de perturber une fois de plus le système monétaire et les équilibres que nous avons déjà établis et consolidés. C’est une perturbation que nous savons gérer, à laquelle nous allons faire face, et lorsque nous réaliserons notre entretien dans un an, vous constaterez que nous l’aurons déjà surmontée.
IR : Monsieur le Président, je souhaite aborder un autre sujet insuffisamment discuté : l’originalité du modèle politique vénézuélien. Cette année, en 2025, vous avez fortement mis en avant l’État communal, et je vous demande, dans le contexte actuel de nombreuses menaces pesant sur le Venezuela, pourquoi avoir choisi de renforcer l’autogestion populaire plutôt que de centraliser le pouvoir ? La Commune est-elle la réponse politique bolivarienne au modèle démocratique libéral dominant en Occident ? Envisagez-vous un nouveau modèle spécifique de démocratie vénézuélienne ?
Nicolás Maduro : Je crois que ce modèle est né avec Le Livre Bleu (2). Dès 1990, le commandant Chávez parlait de « démocratie bolivarienne », de démocratie populaire. Sans aucun doute, la démocratie occidentale, la démocratie classique qu’ils qualifient de libérale, est arrivée à un point de non-retour. Elle ne représente plus le peuple ; ce sont des démocraties sans peuple ; des démocraties manipulées, facilement manipulables ; des démocraties pour les minorités ; et, de plus en plus, des démocraties qui fonctionnent selon les intérêts des milliardaires et des grandes entreprises… Ce sont des démocraties soumises à la manipulation des réseaux sociaux, à la manipulation émotionnelle qu’ils opèrent. Par conséquent, la communauté, le citoyen, n’a aucun pouvoir dans ces démocraties. Fondamentalement. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe aucune expérience positive dans ce qu’ils appellent la « démocratie occidentale ». Bien sûr que si.
Nous, dès le début, nous avions ici notre propre projet original, inspiré par Bolívar, Simón Rodríguez et Ezequiel Zamora. Le commandant Chávez, dans Le Livre Bleu propose de refondre la démocratie par un processus constituant populaire. Et de repenser la formule démocratique pour construire une démocratie au quotidien. Une démocratie permanente. Une démocratie du peuple. Où le pouvoir absolu appartient au peuple. Et qu’est-ce que le pouvoir ? Premièrement, le pouvoir politique. Décider. Décider des politiques publiques. Deuxièmement, le pouvoir économique. Décider des budgets. Décider du budget national. Et troisièmement, le pouvoir de la culture. Le pouvoir de l’éducation. Voilà ce que nous construisons. Le commandant Chávez a fondé les Conseils communaux. Et tu te souviens sans doute comment Chávez me l’a confié, et à tous. Il m’a dit : « Nicolas, me saisissant l’épaule, je te confie le projet des communes comme si je te confiais ma propre vie. »
Quand il a dit ça, j’ai ressenti le poids de siècles tomber sur mes épaules, j’étais juste à côté de lui… Mais heureusement, notre peuple a pris ce poids sur ses épaules, et maintenant il ne me pèse plus. Voyez, mes épaules sont libres, car notre peuple pratique désormais la démocratie directe.
Concrètement, cette année, nous avons tenu quatre consultations nationales organisées par les autogouvernements communards qui décident, votent pour leurs projets. Bien sûr, pour l’AP, EFE, CNN, UPI, AFP, pour les médias occidentaux, notre démocratie directe n’existe pas. Pour eux, il n’y a qu’une attaque constante contre le Venezuela bolivarien. Mais je lance un défi à quiconque souhaite débattre, quel que soit son nom, quelle que soit sa position : je les invite à débattre dans n’importe quel quartier de Caracas, à débattre avec notre peuple, pas avec moi. Qu’ils débattent avec le peuple. Ainsi, ils pourront constater comment se construit une nouvelle démocratie.
Nous ne prétendons pas être un modèle pour qui que ce soit, mais nous sommes fiers de ce que nous construisons. Les gens s’émancipent, tracent leur propre chemin et se développent. Nous avons mené quatre consultations, une par trimestre, et cette année, nous avons également approuvé 33.000 projets communaux qui ont été financés et réalisés. Il s’agit notamment de travaux publics, de centres de santé, de dispensaires, d’écoles, de lycées, de routes, d’autoroutes, d’infrastructures, de centres pour personnes âgées, de centres de jeunesse, et bien plus encore. Il s’agit de résoudre les problèmes.
D’où viennent les projets ? De l’assemblée de quartier. Et comment sont-ils approuvés ? Pas par un maire, ni par un ministre, ni par un président. Ce n’est pas moi qui les approuve pour cette commune ; je ne dis pas : « Écoutez, faites ceci pour nous », non. C’est le peuple qui les approuve par son vote. 33.000 projets… Plus de 330 millions de dollars ont été investis. D’où viennent ces 330 millions de dollars ? Leur équivalent en bolivars provient des 14 moteurs, des impôts perçus, des exportations, du pétrole, des pétroliers qui partent… Tout cela est ensuite transformé en travaux d’intérêt général ; cela apporte des solutions aux besoins.
Je crois donc que nous construisons une démocratie dynamique et continue de participation directe, où le pouvoir appartient au peuple et où seul le peuple décide. C’est pourquoi je fais mienne la phrase de Chávez : « Ce n’est pas un homme, c’est un peuple. » Ce n’est pas Maduro, c’est une République, c’est un peuple. Ce que fait Maduro, c’est être le relais d’un pouvoir qui est le pouvoir du peuple. »
IR : Combien y a‑t‑il actuellement de communes dans le pays ?
Nicolás Maduro : Il existe 49.000 conseils communautaires et 4100 communes. Cependant, nos consultations trimestrielles sont organisées en 5.336 circuits communaux. Comment cela fonctionne-t-il ? Dans les communes, la commune coordonne les conseils communaux : on parle alors de circuit communal. Là où il n’existe pas encore de communes, des circuits communaux sont mis en place pour permettre aux citoyens de voter et de décider. C’est donc un modèle que nous avons développé nous-mêmes. Nous ne l’avons copié de personne.
IR : Et cela est-il vrai aussi bien en ville qu’à la campagne ? Aussi bien dans la capitale que dans les États ?
Nicolás Maduro : Oui. Du nord au sud, d’est en ouest. Que vous alliez dans la montagne la plus reculée, dans le hameau, à la campagne, dans n’importe quel quartier, vous y trouverez un conseil communal, une commune, un porte-parole, une direction. 70 % des postes de direction sont occupés par des femmes. L’objectif est donc d’atteindre en 2026 le big bang du pouvoir démocratique du Venezuela.
IR : Monsieur le Président, vous avez critiqué et dénoncé – vous venez de le faire – l’existence d’une guerre médiatique et cognitive contre le Venezuela et contre le processus bolivarien. Comment votre gouvernement s’y prend-il pour que la vérité sur ce qui se passe ici parvienne à l’opinion publique internationale ? Surtout à une époque où la communication est dominée par les réseaux sociaux.
Nicolás Maduro : Nous avons créé un système national qui commence déjà à avoir un impact international, et que j’appelle dans un livre que j’ai publié, une sorte de manuel : Des rues aux réseaux, des réseaux aux médias, des médias aux murs. Et la Radio Bemba (3), qui ailleurs s’appelle Boca Oreja.
Nous avons donc mis en place ce système. Il reste encore beaucoup à faire, mais je suis vraiment heureux de voir comment des millions d’hommes et de femmes, ici au Venezuela et dans le monde entier, défendent la vérité sur le Venezuela.
La guerre est cognitive car elle se joue dans le cerveau ; le cerveau gère les émotions et les concepts. Pour contrer cette guerre cognitive, nous devons renforcer notre conscience, nos valeurs et notre spiritualité, et mener le combat par la vérité. Notre arme la plus puissante n’est pas un missile nucléaire ; notre arme la plus puissante, c’est la vérité sur le Venezuela, une vérité irréfutable et accablante. Lorsque l’on nous donne l’occasion de la dire, la lumière se fait pour le bien de notre pays. Nous défendons notre droit à la paix, notre droit à la souveraineté nationale, notre droit au droit international qui garantit l’autodétermination des peuples. Nous défendons notre droit à un avenir et au développement.
Ce sont là des droits fondamentaux garantis par les Nations Unies et tous les traités internationaux : le droit au développement des peuples, le droit à un avenir, le droit à la paix. Nous défendons également une histoire glorieuse, celle des libérateurs de l’Amérique. Aussi, je crois que ce système de rues, de réseaux, de médias et de murs se renforcera et nous permettra, en 2026 et dans les années à venir, de faire connaître le Venezuela pour sa vérité et non pour les manipulations et les attaques ignobles qu’il perpètre.
IR : Monsieur le Président, précisément à cet égard, de récents sondages indépendants montrent qu’il existe actuellement un large consensus au sein de la population vénézuélienne pour rejeter les menaces militaires états-uniennes. Comment interprétez-vous ce soutien populaire et quelles stratégies mettez-vous en œuvre pour maintenir l’unité du peuple vénézuélien ?
Nicolás Maduro : Je crois que les gens, surtout à travers le monde – et je parle en toute sincérité, car j’ai grandi dans la simplicité – doivent comprendre que les peuples du Sud ont le droit d’exister, de vivre. Je ne suis pas un magnat, je ne veux pas l’être ; je veux rester un homme du peuple, gouvernant pour le peuple et avec le peuple. Aujourd’hui, le monde doit comprendre, l’opinion publique états-unienne doit comprendre, que les peuples du Sud ont le droit d’exister, de vivre… Qu’un nouveau modèle colonial, un nouveau modèle hégémonique, un nouveau modèle interventionniste, ne peut être imposé par la doctrine Monroe, ni par aucune autre doctrine – un modèle où les pays devraient se résigner à être des colonies d’une superpuissance, et où nous, les peuples, serions les esclaves de nouveaux maîtres… C’est irréalisable. Au XXIe siècle, c’est totalement irréalisable. Et il faut tenir compte des chiffres que donnent les sondages. J’imagine qu’aux plus hauts niveaux de décision aux États-Unis, au sein du gouvernement en général, dans toutes les institutions, ils doivent disposer de données fiables sur le comportement des citoyens, car il existe quelque chose qu’ils appellent désormais…Big Data et ils le font avec l’intelligence artificielle qui permet de connaître l’opinion publique de tous les pays…
Je vais te confier un secret, tu veux bien ?
IR : C’est pour ça qu’on est là, c’est une confession…
Nicolás Maduro : (rire) Nous avons développé une intelligence artificielle avancée et Big Data et l’intelligence artificielle comme dans de nombreux pays. Ce n’est pas compliqué à comprendre. Nous possédons cette technologie ; ce n’est pas seulement l’un de nos moyens d’analyser les événements publics, mais aussi ceux d’autres pays… Ces puissances mondiales la possèdent également, et elles doivent savoir que la réaction immunitaire de la société vénézuélienne face à l’agression et au vol de son pétrole a été un rejet à 95 %. Le gouvernement états-unien actuel doit savoir qu’au Venezuela et en Amérique latine – mais je parle ici du Venezuela ; je ne te donnerai pas de données pour l’Amérique latine, nous pourrons en reparler un autre jour, lors d’une autre conversation en janvier – il doit savoir que 95 % des citoyens rejettent les agissements du gouvernement états-unien actuel lorsqu’il menace militairement le Venezuela. C’est la réaction immunitaire de toute la société vénézuélienne. Ils doivent savoir que la personne qu’ils ont placée à la tête de la droite est très isolée et rejetée au Venezuela.
Aujourd’hui, on pourrait dire que les États-Unis n’ont aucun allié politique au Venezuela, car cette femme, María Machado – surnommée « La Sayona » (4) au Venezuela – a un taux d’impopularité de 85 %, ce qui représente un rejet total de la société vénézuélienne. Ni elle ni ce qu’elle représente ne seront jamais en mesure de gouverner ce pays.
Je sais qu’ils le savent. Ils le savent au Nord, et le monde entier le sait. Et ils doivent savoir que nous, les forces patriotiques du pays, le président Maduro, et bien au-delà du PSUV (5), bien au-delà du Grand Pôle Patriotique (6), nous bénéficions actuellement d’un soutien de plus de 70 % dans le combat que je mène pour la défense de la souveraineté nationale et pour la paix. Plus de 70 %. Nous n’avons jamais atteint de tels chiffres. Le commandant Chávez a bénéficié d’un soutien constant ici, tout au long de son mandat, et nous avons incontestablement gagné des soutiens à différentes étapes, comme nous l’avons démontré lors des élections. Ce sont donc des chiffres très éloquents qui témoignent de l’état de l’opinion publique nationale et de la manière dont le Venezuela a atteint un niveau de consensus et d’unité nationale sans précédent. Du jamais vu ! Je l’appelle l’union parfaite entre la population, l’armée et la police, mais on pourrait même parler de l’union la plus large de tous les secteurs, l’unité nationale la plus forte que nous ayons jamais connue.
Il s’agit de la réponse immunitaire naturelle de la société vénézuélienne à l’agression illégale, disproportionnée, menaçante et belliciste que nous subissons depuis 28 semaines consécutives.
IR : Parlons donc de la menace militaire états-unienne. Le Venezuela est confronté à cette menace navale au large de ses côtes depuis plus de cinq mois. Nombreux sont ceux qui se demandent comment interpréter les intentions des États-Unis. Que cherche Washington ? Veulent-ils vous contraindre à briser la cohésion nationale dont nous venons de parler, l’unité de la Révolution bolivarienne, l’unité des Forces armées nationales bolivariennes ? Ou tentent-ils de lancer une véritable attaque pour procéder à ce qu’on appelle un « changement de régime » ? Comment interprétez-vous cette menace ?
Nicolás Maduro : Je pense qu’il existe un débat ouvert au sein de la société états-unienne, et ici au Venezuela également : que cherche à obtenir le gouvernement des Etats-Unis actuel avec toutes ces menaces ? Des menaces inhabituelles, illégales, voire extravagantes.
Quel est leur but ? Que recherchent-ils ? Il est clair qu’ils cherchent à imposer leur volonté par la menace, l’intimidation et la force. Tout cela viole le droit international et la paix, établis après la Seconde Guerre mondiale avec la fondation des Nations Unies en 1945 – dont on a récemment célébré le 80e anniversaire. Et le droit international, la Charte des Nations Unies qui constitue le fondement du droit international depuis l’après-guerre, interdit et condamne expressément tout État menaçant un autre par l’usage de la force. Elle l’interdit, la condamne et l’érige en crime international. Elle condamne et interdit également le recours à la force par un État contre un autre. Entre autres dispositions…
Cela a des implications juridiques considérables. Il s’agit d’une violation flagrante du droit international, et la situation soulève également d’importantes questions éthiques et morales. Car le peuple états-unien doit se demander s’il a élu son gouvernement actuel pour qu’il lance une nouvelle fois des interventions militaires en Amérique latine. Au public états-unien, aux médias, mais surtout aux citoyens ordinaires, à la jeunesse des États-Unis, à la communauté chrétienne, à mes frères et sœurs chrétiens – je suis moi-même membre d’une église – je pose la question : est-il éthique, moral et conforme aux valeurs chrétiennes d’agir comme le fait votre gouvernement ?
Ont-ils élu leur gouvernement pour qu’il relance les interventions militaires en Amérique latine et dans les Caraïbes, pour qu’il cherche à changer le régime par la force, pour qu’il orchestre des coups d’État, pour qu’il les encourage, pour qu’il entame les préparatifs d’une grande guerre, une de ces guerres « éternelles » ? car je l’ai dit dans mes discours et dans mes chansons… « Non à la guerre, pas de folie guerrière... Oui à la paix. » Je l’ai dit, je l’ai même répété – et c’est devenu une chanson – j’ai dit non à une autre guerre du Vietnam. Êtes-vous fiers, aux États-Unis, de ce qui s’est passé au Vietnam ? Je ne le crois pas.
Si tu fais un sondage, 80 % de la population états-unienne ne souhaite pas de nouvelle guerre du Vietnam. Elle ne souhaite pas une nouvelle guerre comme en Afghanistan. Est-elle fière de l’Afghanistan ? Vont-ils importer une guerre du Vietnam, une guerre d’Afghanistan, une guerre d’Irak, une guerre de Libye ici, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud ? Ce ne sont que des suppositions. La politique actuelle du gouvernement états-unien est contraire aux aspirations de la société états-unienne et de l’Humanité. Car l’Humanité aspire au dialogue, à la diplomatie, à la paix, au respect entre les États, au respect entre les peuples. Nous agissons dans le cadre de notre droit. En tant que Président, j’agis dans le cadre de notre droit. Nous agissons dans le cadre de notre droit, du droit international et de la Constitution. Nous défendons ce qui nous est le plus sacré : notre terre, nos ressources naturelles. Car quel est le but ? Quel est le but du gouvernement actuel des États-Unis ? Ils l’ont déjà dit. N’est-ce pas ? S’emparer de tout le pétrole du Venezuela. Ils l’ont déjà dit. L’or. Les terres rares. Les richesses du Venezuela. Il existe une expression espagnole qui dit : « Comme ça, non ! Comme ça, non ! » Nous voulons la paix. Nous voulons le respect du droit international. Espérons que, dans les semaines et les mois à venir, la société états-unienne et la société mondiale sauront trouver des solutions pour dissiper et mettre fin à cette menace.
IR : Les médias états-uniens les plus réputés ont déjà affirmé que certains arguments avancés par leur administration dans le cadre de cette campagne de pression contre le Venezuela – par exemple, l’affirmation selon laquelle le Venezuela serait un « pays producteur de cocaïne » – sont faux. Il ne s’agit pas d’une déclaration du gouvernement vénézuélien, mais des médias états-uniens eux-mêmes. Cela ne correspond en rien à la réalité telle que la démontre toute personne connaissant le sujet. Quant à la question du pétrole, la déclaration du président états-unien selon laquelle il désapprouve la « nationalisation du pétrole » de 1976, soit bien avant le chavisme, est également absurde. Par conséquent, les arguments concrets justifiant cette pression militaire restent flous.
Nicolás Maduro : Écoute, concernant la drogue, je peux t’en parler. Le Venezuela possède un modèle, je dirais, parfait, pour lutter contre le trafic de drogue. Aujourd’hui, nous avons réussi à détruire le quarantième avion étranger utilisé par les trafiquants de drogue colombiens. Comment ? Avec un chasseur Sukhoi vénézuélien. Chapeau aux pilotes ! Aujourd’hui, lors d’un combat dans la région vénézuélienne du Llano (7), le dernier chef opérationnel du gang Tren del Llano a été neutralisé à Guárico, ainsi que quatre de ses hommes de main. Il était le dernier survivant du Tren del Llano. Nous avons un modèle parfait pour lutter contre le trafic de drogue et ses organisations criminelles. Toute la cocaïne qui circule dans cette région est produite en Colombie. Absolument toute. Nous sommes victimes du trafic de drogue colombien. Non seulement aujourd’hui, mais depuis des décennies. Et grâce à notre modèle, nous avons réussi par le passé à maîtriser l’impact du trafic de drogue colombien sur le Venezuela.
Nous sommes donc confrontés à une lutte acharnée à la frontière. Nous consacrons des milliards en ressources au déploiement de policiers, de soldats et aux opérations, car la frontière colombienne est totalement dépourvue de protection militaire et policière. Nous avons créé trois zones de paix le long des 2.200 kilomètres de frontière avec la Colombie. Mais nous ne bénéficions d’aucune coopération de la part des Colombiens. Nous devons donc tout faire nous-mêmes.
Et de ces quarante avions abattus, tous venaient de Colombie… La loi étant en vigueur, la loi d’interdiction, ils ont été prévenus à temps, tout ce qui devait être fait a été fait, et puis, bang bang bang, les roquettes des Sukhoi ont fait le travail. Aujourd’hui, nous avons abattu 431 avions étrangers et colombiens transportant de la drogue… dans le respect de la loi. Nous disposons donc d’un modèle exemplaire et très efficace.
Tout le reste, vois-tu, fait partie d’un récit auquel même aux États-Unis, on ne croit pas une seconde. Et, tout simplement, puisqu’ils ne peuvent pas m’accuser, puisqu’ils ne peuvent pas accuser le Venezuela de posséder des armes de destruction massive, puisqu’ils ne peuvent pas nous accuser de posséder des missiles nucléaires, de préparer une arme nucléaire, de posséder des armes chimiques, alors ils ont inventé une accusation que les États-Unis savent aussi fausse que celle concernant les armes de destruction massive, accusation qui les a entraînés dans une guerre sans fin.
Aux États-Unis, on sait que c’est faux. Il faut donc, à mon avis, mettre tout cela de côté et entamer un dialogue sérieux, en se basant sur des faits. Le gouvernement états-unien le sait, car nous l’avons dit à nombre de ses porte-parole : s’il souhaite des discussions sérieuses sur un accord de lutte contre le trafic de drogue, nous sommes prêts. S’il veut du pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accueillir des investissements états-uniens, comme ce fut le cas avec Chevron, on peut en parler quand, et où ils veulent.
Aux États-Unis, il faut qu’ils comprennent que s’ils veulent des accords de développement économique globaux, ici au Venezuela aussi – je l’ai dit mille fois – il faut regarder ce qui s’est passé avec la question migratoire. Je me dois de vous le dire car nous avions conclu un accord le 31 janvier 2024 avec l’envoyé Rick Grenell. Il fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités états-uniennes ont cessé de rapatrier des migrants au Venezuela, tout simplement. Elles parlent sans cesse de migration, mais ce sont elles qui ont suspendu l’accord, entre autres. S’il y avait un minimum de rationalité et de diplomatie, ces questions pourraient être abordées, et nous avons la maturité et l’autorité nécessaires. D’ailleurs, nous sommes des gens de parole, Ramonet. Nous sommes des gens sérieux. Et un jour, on pourra en discuter, avec le gouvernement actuel ou le prochain.
IR : Monsieur le Président, une question très importante. D’après les dernières déclarations à Washington, une sorte d’« attaque terrestre » aurait eu lieu au Venezuela, visant prétendument une usine de production de drogue. Votre gouvernement n’a ni confirmé ni infirmé cette information. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Nicolás Maduro : écoute, c’est un sujet que nous pourrions aborder dans quelques jours, dans un deuxième épisode de ce podcast ? Ce que je peux te dire, c’est que notre système de défense nationale, qui réunit les forces populaires, militaires et de police, a garanti et continue de garantir l’intégrité territoriale, la paix du pays et le droit de jouir pleinement de notre territoire. Notre peuple est en sécurité et vit en paix.
IR : Vous avez eu une conversation directe avec le président Donald Trump, n’est-ce pas ? Et récemment, il a été dit qu’il y avait eu une deuxième conversation. Pouvez-vous confirmer si cette deuxième conversation avec le président Trump a bien eu lieu ?
Nicolás Maduro : j’ai vu des rumeurs concernant une seconde conversation. Nous, Ramonet, n’avons eu qu’une seule conversation. Il m’a appelé vendredi dernier, le 21 novembre, depuis la Maison Blanche, et j’étais au palais de Miraflores. Nous avons parlé pendant 10 minutes. C’était une conversation, comme je l’ai dit, respectueuse, très respectueuse et cordiale.
IR : Que vous a dit le président Trump ?
Nicolás Maduro : la première chose qu’il m’a dite, c’est : « Monsieur le Président Maduro » Et je lui ai dit : « Monsieur le président Donald Trump ». Et je crois même que cette conversation était agréable. Mais les événements qui ont suivi ne l’ont pas été. Attendons, prenons patience. Je m’en remets à Dieu. Surtout en ce 31 décembre. Sous un ciel magnifique et majestueux, aux teintes chatoyantes du crépuscule, dans cette paisible et belle Caracas ; Dieu sait ce qu’il fait. Agissons avec éthique, avec moralité, avec patriotisme, avec amour pour notre pays.
D’ici 2026, que j’ai baptisée « l’année du défi admirable », nous surmonterons les troubles et les problèmes, et nous pourrons poursuivre la consolidation du Venezuela en tant que pays en paix. Et au peuple des États-Unis, je le répète : ici, au Venezuela, vous avez une nation sœur. Au peuple des États-Unis, je dis même : vous avez ici un gouvernement ami. Je connais bien les États-Unis ; j’y ai beaucoup voyagé : à New York, Boston, Baltimore, Philadelphie, dans le New Jersey, dans le Queens, à Manhattan, à Washington…
Je l’ai dit au président des États-Unis. Je connais très bien cette avenue Constitution. C’est absolument magnifique. Pennsylvania Avenue, où se dresse la statue de Bolívar. Le Lincoln Memorial, qui est splendide. J’y ai beaucoup circulé en voiture. Les états-uniens doivent savoir qu’ils vivent ici avec un peuple amical et pacifique, et un gouvernement amical également ; ils doivent le savoir. Et notre devise est très claire :Non à la guerre, oui à la paix.
IR : Dernière question, Monsieur le Président, précisément sur ce point. Ces dernières semaines, malgré cette pression indéniable, nous vous avons vu très actif publiquement et largement soutenu par la population. Autrement dit, vous n’êtes pas retranché dans un bunker, à l’abri de cette menace. Vous êtes entouré de gens, et certains de vos discours ont fait le tour du monde. C’est précisément ce slogan qui a marqué les esprits. « Non à la guerre, oui à la paix »… et les différentes chansons que vous avez composées. Je crois que les réseaux sociaux vous ont témoigné une grande sympathie. Et j’aimerais que nous terminions par une réflexion personnelle de votre part : comment vivez-vous cette situation personnellement, psychologiquement et spirituellement, face à la menace d’une attaque de la première puissance militaire mondiale ?
Nicolás Maduro : J’ai un refuge infaillible : Dieu Tout-Puissant. J’ai confié le Venezuela à notre Seigneur Jésus-Christ. Il est le Roi des rois. Le Roi de notre patrie. Je me confie à lui chaque jour. Je lui confie notre patrie. Toujours, pas seulement maintenant, toujours. Et de plus, le peuple est notre plus grand rempart, notre plus grande source d’inspiration, notre plus grande énergie. Car c’est de ce peuple que nous tenons tout ce que nous sommes.
Et pour ce peuple, nous donnons tout ce que nous sommes. Je ne suis pas simplement moi-même. Je représente un projet historique de 500 ans de lutte. Je pourrais vous dire : « Je suis Guaicaipuro (8), je suis Zamora (9), je suis Chávez », car je suis le peuple. Et embrasser le peuple, donner le pouvoir au peuple, c’est notre raison d’être, l’essence même de notre projet historique. Sur cette voie, nous prospérerons toujours, toujours, quelles que soient les circonstances. Notre décision absolue est de rester fidèles au serment de mener notre patrie vers la grandeur. Mais pour que le Venezuela soit grand, nous ne devons faire de mal à personne. N’est-ce pas ? Tout comme les États-Unis, qui aspirent à retrouver leur grandeur. Eh bien, qu’ils y parviennent par l’effort, par le travail, par une vocation pacifiste. Et non par les menaces, ni par la guerre. Trop c’est trop, nous ne voulons plus de guerres. Ce sont des convictions. Nous sommes guidés par des convictions, des engagements, des serments et une force divine et sacrée qui transcende le visible. Car Dieu est avec nous, et comme le dit notre peuple : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Ainsi, la victoire, en toutes circonstances, nous appartiendra toujours. C’est pourquoi nous avons la tranquillité, la sérénité et la certitude de défendre la cause la plus juste qui ait jamais été défendue. Et que la victoire de la paix nous appartient.
IR : Merci, Monsieur le Président, et bonne année !
(Cet entretien a été enregistré pour la télévision. Sa durée totale est de 1 heure et 4 minutes. Cette version écrite est plus courte. Je l’ai moi-même remaniée, en supprimant les points moins importants et en conservant les éléments essentiels, ceux qui sont le plus étroitement liés à l’actualité internationale. IR.)
Traduction : Thierry Deronne, Venezuelainfos
Photos publiées avec l’aimable autorisation d’Ignacio Ramonet
Notes (du traducteur) :
- Galette de maïs présente dans les repas quotidiens au Venezuela.
- Télécharger le “Libro azul” de Hugo Chávez : http://www.psuv.org.ve/wp–content/uploads/2013/10/libroazul.pdf. Dans ce texte de 50 pages, rédigé en 1990, le futur président développe l’idéologie et la vision bolivariennes basées sur « l’arbre aux trois racines » : Simón Bolívar, Simón Rodríguez et Ezequiel Zamora. Sur toute cette spiritualité qui émane des racines indigènes, afrodescendantes, et les religiosité et culture populaires de résistance, lire de Carlos Ron : “Saint José Gregorio Hernández and the Splendour of Venezuelan Popular Resistance” (décembre 2025), https://thetricontinental.org/art–bulletin–jose–gregorio–hernandez/
- Radio Bemba, “bouche à oreille”. Au Venezuela comme en Amérique Latine, la communicativité verbale est première.
- “Âme en peine”, “pleureuse esseulée”, figure magique de la culture populaire et des chansons paysannes.
- Le PSUV est le principal parti chaviste, http://www.psuv.org.ve/psuv/.
- Coalition des partis progressistes soutenant la révolution bolivarienne.
- Vaste région rurale de l’Ouest du Venezuela.
- Figure centrale de la spiritualité populaire, Guaicaipuro (1530−1568) fut un des leaders des peuples autochtones qui résistèrent à l’invasion des espagnols, avant d’être assassiné par eux.
- Général des “terres et hommes libres”, Ezequiel Zamora (1817−1860) mobilisa une armée populaire contre l’oligarchie terrienne restaurée après la mort de Bolivar et fut assassiné par elle. Hugo Chávez en a fait un précurseur du socialisme bolivarien.
Source : Mémoire des luttes, https://www.medelu.org/Nicolas–Maduro–Au–peuple–etats–unien–je–dis–ici–au–Venezuela–il–a–un–peuple–ami
ACN15 Atelier constituant Nexus #15 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION Partie 1 : CRIMES DE L’ÉTAT CONTRE LES LIBERTÉS, avec Léo et Nathanaël
Chers amis,
Après quelques conversations constituantes relatives aux prochaines élections municipales, je voudrais, demain mercredi 14 janvier 2026, à 18h30, avec Marc, Léo et Nathanaël chez Nexus, ramener notre réflexion sur l’urgence absolue de la résistance à l’oppression.
On va bosser sur le Google Doc partagé de Marc.
Vous pouvez revoir tous les ateliers constituants ici.
Je rajoute une SYNTHÈSE (un PLAN DÉTAILLÉ) de cette émission #15 à la fin de ce billet (plus bas).
Après avoir rappelé rapidement, d’une part, quelques grands textes très connus qui proclament le droit des peuples à résister à l’oppression, et d’autre part, leur presque totale inefficacité (est-il besoin de lister des cas d’oppression impunie et durable ?), je vous propose de réfléchir en deux parties, que nous pourrons enchevêtrer si le coeur vous en dit :
1. Pour DÉFINIR ce qu’est L’OPPRESSION, je propose de réutiliser (conférence Antibes 2023) la description comparée des MISSIONS de l’État (raison d’obéir, page de gauche) et des CRIMES de l’État (raisons de désobéir, page de droite).
Quand on y songe, la page de droite (crimes de l’État) donne une bonne idée de ce que nous pourrions appeler oppression.
2. Ensuite, je vous propose d’examiner tous les OUTILS POLITIQUES qui pourraient nous permettre de résister effectivement à toute tentative d’oppression. Ces outils devraient être dans la constitution, mais il ne s’y trouvent pas (parce que nous n’avons pas encore de vraie constitution).
C’est Léo qui m’a proposé d’enchevêtrer intelligemment les deux parties, puisque l’une part de l’actualité (liste des crimes constitutifs de l’oppression) et l’autre propose des solutions constitutionnelles (liste des outils de résistance populaire à toutes les formes d’oppression) : au lieu de traiter complètement la première partie (et de n’étudier tous les outils qu’après), on pourrait commencer par quelques crimes comparables et, tout de suite, examiner les outils constitutionnels adaptés pour résister à ces crimes-là.
On réfléchira ensemble, on fera de notre mieux, et advienne que pourra.
Il me semble que ce sera une conversation constituante très riche, permettant de faire le liens avec des articles déjà rédigés ensemble, d’en rédiger de nouveaux quand on y pense, et de donner une vue d’ensemble (très liée à l’actualité) des enjeux majeurs de notre mutation constituante en cours.
J’ai hâte d’y être 🙂
Étienne.
Voici mes notes sur ces questions
Préparation d’un atelier constituant sur la résistance à l’oppression
Notes pour préparer une conversation constituante sur la résistance à l’oppression,
ou comment rendre effectif, robuste et réel ce droit de résistance des représentés contre leurs représentants.
1. Rappel des droits de résistance à l’oppression PROCLAMÉS
Historiquement, des textes connus proclament ce droit, mais il reste souvent lettre morte :
- L’Habeas Corpus (protection contre les arrestations arbitraires) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Habeas_corpus
- Selon l’article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC) du 26 août 1789 :
« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».
. - La DDHC de 1793 :
Article 33. – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.
Article 34. – Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
2. Définition des MARQUEURS de l’oppression
D’une façon générale d’abord, pour un citoyen constituant, il me semble que l’oppression se manifeste par :
- Des représentants qui se comportent majoritairement comme des traîtres impunis
(des ennemis du peuple, vendus et hors de contrôle). - La multiplication de lois scélérates, aboutissant globalement à un droit félon (justice de classe) au lieu d’être un droit protecteur, ce qui inverse l’État de droit.
- La difficulté à vivre pour le plus grand nombre, face à l’opulence obscène des privilégiés
- L’impuissance du peuple à se défendre lui-même contre les puissants du moment.
- Une terreur (contre le climat, contre un virus, contre un ennemi étranger désigné…) entretenue tous les jours par les représentants, par les journalistes, par les intellectuels…
- Une ambiance belliqueuse contre des ennemis de l’intérieur et contre des ennemis de l’extérieur : des médias va-t-en-guerre sous contrôle de milliardaires.
- Le harcèlement ou l’emprisonnement ou l’assassinat des opposants politiques.
- (à compléter ensemble)
Pour détailler ensuite un peu le concept d’oppression, tâchons d’examiner méthodiquement :
les MISSIONS de l’État (raisons d’obéir) comparées aux CRIMES de l’État (raisons de désobéir)
- Sécurité :
- Missions : Protéger la sécurité des biens, des personnes et des contrats ; justice contre les délinquants, sécurité juridique (état de droit).
- Crimes : Insécurité, impunité, libération de délinquants graves sans punition (même les juges prostituant leurs enfants !), violences policières impunies, injustices impunies, expropriation par les normes, insécurité juridique (inflation législative, impunité des acteurs publics).
- Libertés :
- Missions : Garantir et protéger les libertés
- Liberté d’aller et venir,
- respect de l’intégrité physique, de la dignité humaine,
- liberté de mener une activité économique
- liberté de mener une activité politique,
- liberté de manifestation,
- liberté d’expression,
- respect du secret des correspondances, du secret professionnel, et respect de l’intimité.
- Crimes :
- Confinements, passe sanitaire, couvre-feu
- injections obligatoires de produits expérimentaux dangereux,
- fermetures administratives,
- « suspension » d’opposants politiques sans procès,
- répression criminelle des manifestations,
- censure systématique,
- surveillance généralisée (crédit social, suppression du cash, identification numérique).
- Missions : Garantir et protéger les libertés
- Autorités publiques vertueuses, dévouées, protectrices, limitées (non dangereuses) :
- Missions : Dévouement des autorités à l’intérêt général, au service de la population,
- honnêteté,
- probité,
- transparence,
- responsabilité,
- Modération, humilité, pacifisme.
- Crimes : Dévouement des autorités aux riches qui les ont fait élire ou nommer
- Mensonges éhontés et impunis de la part des ministres et des agences de contrôle.
- Corruption généralisée (emploi à salaires énormes – 1 million €/an – par les riches des politiciens en fin de mandat : Clinton, Sarkozy, Barroso, Blair, Schröder…)
- « secret défense » (pas de contrôle possible),
- contrôles factices,
- « pantouflage » (allers-retours entre le public et le privé),
- autonomisation de l’exécutif (pouvoir réglementaire, « rationalisation » du parlement, Ministre de la Justice, maîtrise des procédures électorales, maîtrise des TV publiques, utilisation des traités…),
- Montée en puissance d’un régime totalitaire (et eugéniste ?).
- Missions : Dévouement des autorités à l’intérêt général, au service de la population,
- Solidarité :
- Missions : Organiser les solidarités
- sécurité sociale,
- assurance chômage,
- retraite,
- allocations familiales…
- Missions : Organiser les solidarités
- Crimes : Dévastation progressive de toutes les solidarités depuis 50 ans.
- Prospérité :
- Missions :
- Établir et garantir la prospérité : plein emploi, pas de pauvreté, réduire les inégalités par la fiscalité.
- Crimes :
- Austérité artificielle (volontaire), augmentation de la pauvreté, de la précarité, du chômage (NAIRU), de l’inflation, explosion des inégalités par la fiscalité.
- Missions :
- Monnaie publique et Plein Emploi :
- Missions :
- Monnaie stable,
- indexation des salaires et de tous les contrats,
- plein emploi garanti par la création monétaire publique (État employeur en dernier ressort),
- Assurances contre le chômage.
- Crimes :
- Politiques inflationnistes (Quantitative Easing), prix factices (électricité !),
- politiques « chômagènes » (lutte contre l’inflation, libre-échange, harcèlement adm et fiscal des TPE/PME),
- privatisation de la création monétaire (art. 123 de Lisbonne),
- explosion des dettes (publique et privée), siphonage des liquidités par les milliardaires (apatrides),
- suppression progressive des assurances chômage.
- Missions :
- Gestion du pays et Indépendances stratégiques :
- Missions :
- Budgets en équilibre,
- indépendances stratégiques
- alimentaire,
- sanitaire,
- industrielle,
- militaire…
- Crimes :
- 50 ans de budgets en déséquilibre, endettement aggravé,
- dépendance alimentaire
- dépendance sanitaire,
- désindustrialisation,
- armée ruinée et assujettie à des pays étrangers via l’OTAN.
- Missions :
- État de droit et Paix :
- Missions :
- Soumission de l’État à un droit supérieur avec des juges impartiaux,
- garantie de la paix, non-ingérence, neutralité.
- Crimes :
- Arbitraire impuni des acteurs publics, punition d’opposants sans procès,
- État belliqueux et paranoïaque, interventions à l’étranger sans consultation, soumission à un empire étranger.
- Missions :
Outils politiques et constitutionnels de résistance à l’oppression
Sujet central de l’atelier : définir des outils rendant ce droit effectif.
(En fait, on dresse ici les enjeux majeurs d’une bonne constitution.)
- Instituer une souveraineté populaire réelle :
- souveraineté politique,
- souveraineté alimentaire,
- souveraineté monétaire,
- souveraineté judiciaire,
- souveraineté militaire,
- souveraineté sanitaire.
- Empêcher ceux qui veulent le pouvoir d’y accéder.
- Empêcher les représentants de s’autonomiser.
- Interdire aux représentants de nous mentir et de nous inquiéter
- Proclamation et Application du droit :
Proclamer ne suffit pas : il faut de bons juges :- Juges de droit commun
- Juges constitutionnels
- Contre-pouvoirs :
- De vrais journalistes (« inquiéteurs de pouvoir »).
- Une réelle liberté d’expression pour tous, avec des lois protégeant contre la censure.
- Des chambres de contrôle populaires tirées au sort.
- Un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) en toutes matières :
- Législatif,
- abrogatoire (après la décision),
- révocatoire,
- constituant,
- droit de veto (avant la décision).
- Outils institutionnels :
- Des citoyens armés via une police de conscrits et une armée de conscrits.
- Une monnaie publique sans dette pour retirer aux riches leur principal outil de chantage
(« Mais Monsieur ! comment allez-vous financer tout ça ?! »). - Des dispositions constitutionnelles :
- pas de guerre sans référendum (et ceux qui ont voté oui à la guerre doivent partir la faire, au front)
- Pas de traité sans référendum
- Pas de dette sans référendum.
- Une science indépendante sous contrôle populaire pour éviter sa capture par les industriels ou l’État (scientisme).
- Interdiction des traités de libre-échange.
- Interdiction du secret d’État, des mensonges d’État, du terrorisme d’État et de toute surveillance totalitaire (à détailler).
- Accès au pouvoir :
- Rendre le pouvoir politique inaccessible à ceux qui le veulent (riches, sociétés secrètes, agents de l’étranger) par la généralisation du tirage au sort.
- Structure du pouvoir :
- Remplacer la prétendue « séparation des pouvoirs » par
un unique « pouvoir populaire central »- pouvoir de constituer,
- pouvoir de décider : légiférer et juger,
- pouvoir de contrôler (les fonctions).
- et des « fonctions » soumises :
- Fonction législative,
- Fonction exécutive,
- Fonction judiciaire,
- Fonction monétaire,
- Fonction médiatique.
- Remplacer la prétendue « séparation des pouvoirs » par
Conclusion :
Dans les fausses « constitutions » du monde entier, il manque presque tout pour mettre en œuvre un vrai droit de résistance.
La solution réside sans doute dans la transformation du peuple d’électeurs en peuple de citoyens constituants,
capables d’écrire eux-mêmes des institutions garantissant paix, justice et prospérité.
Ça nous fait un point de départ pour discuter sans manquer d’idées 🙂
Étienne.
PLAN DÉTAILLÉ DE L’ATELIER CONSTITUANT #15
00:00 – Marc Daoud : Introduction et appel au soutien
« Le thème c’est rendre effectif le droit de résistance à l’oppression. Et ce thème est plus que jamais d’actualité. »
« On peut continuer à diffuser une information libre indépendante de toute censure et sans publicité uniquement grâce à vous. »
02:43 – Étienne Chouard : Le rôle crucial des artistes (et des journalistes) dans la mutation constituante des électeurs
« Il [Zen Kiai] est devenu en fait un auteur d’objets artistiques qui sèment des graines de démocratie. »
« Ce qu’il nous faudrait, c’est d’autres artistes… On avait parlé d’Akhenaton, de Kenny Arkana, de Dupontel, d’Alexandre Astier… »
« Je trouve essentielle la participation des vrais journalistes à la mutation de la société en adulte politique, pour aider les gens à trouver normal que nos conversations deviennent constituantes. »
05:56 – Zen Kiai : Clip musical « Compte sur moi »
« On ne veut plus être électeur. On décide d’écrire notre histoire, être constituant et voter nos lois. »
« Compte sur moi.org, on s’inscrit, on témoigne notre conscience… Déjà des milliers, bientôt des millions. »
11:41 – Étienne Chouard : Le fascisme et le réveil politique
« Mussolini définissait le fascisme comme la fusion entre l’État et les entreprises. Ça y est, les grandes entreprises ont pris le contrôle de l’État. »
« Ils ont même construit un deuxième mur d’enceinte autour de notre première prison politique nationale, 2e prison, internationale et encore plus inaccessible, qui s’appelle la Constitution européenne. »
13:01 – Étienne Chouard : Critique de la littérature juridique actuelle sur le droit de résistance à l’oppression
« J’étais éberlué par leur caractère inutilisable… C’est ultra théorique. Il y a absolument aucune solution pratique. »
« Ce sont des galimatias, c’est incompréhensible et on n’a pas de solution. »
16:41 – Étienne Chouard : Les déclarations des droits (1789 vs 1793)
« Le droit de résistance à l’oppression, il est proclamé dans la déclaration des droits de l’homme… Sauf qu’il manque la définition de l’oppression et il manque les outils pour la population de mettre en œuvre ce droit. »
« Article 35 de la déclaration de 1793 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple… le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
28:01 – Étienne Chouard, Léo Girod & Nathanaël Leroy : Débat sur la séparation des pouvoirs
Étienne Chouard : « Un traité qui serait contraire à la Constitution doit être déclaré anticonstitutionnel et annulé. »
Étienne Chouard : « Les exécutifs se sont autonomisés… en se donnant le droit de faire les lois, ça s’appelait les « décrets lois »… Le gouvernement a pris de plus en plus la place du parlement. »
Léo Girod : « Moi je suis contre la séparation des pouvoirs… Je suis pour l’exercice de tous les pouvoirs par les citoyens. »
Nathanaël Leroy : « Il y a quand même historiquement cette idée de séparer les pouvoirs pour qu’ils s’autorégulent les uns les autres. »
42:32 – Étienne Chouard : Première tentative de définition globale de l’oppression
« L’oppression se manifeste par des représentants qui se comportent majoritairement comme des traîtres impunis, des ennemis du peuple, vendus et hors contrôle. »
« La multiplication des lois scélérates… qui aboutissent globalement à un droit félon, une justice de classe. »
« L’impuissance du peuple à se défendre… On ne peut juste condamner, dénoncer — et encore… »
« Une terreur entretenue tous les jours… contre le climat, contre les virus, contre un ennemi étranger (dangers montés en épingle). »
54:06 – Nathanaël Leroy & Léo Girod : L’oppression numérique et administrative
Nathanaël Leroy : « La question de la coercition numérique… Pronote, par exemple, c’est les logiciels privés qu’utilise l’éducation nationale pour supprimer le cahier de texte. »
Léo Girod : « L’injonction numérique… Si tu es pas bien organisé… tu ne peux pas résister. »
Léo Girod : « On rentre dans un monde où on n’est même plus face à des humains, on est face à des algorithmes… Il y a 0 gramme d’humanité dans les machines. »
1:03:32 – Étienne Chouard : Méthodologie de travail (Missions / Trahisons / Solutions)
« Sur les pages de gauche, j’ai noté la liste des missions de l’État (les raisons d’obéir)… Et puis sur les pages de droite, j’ai retracé (toutes) les trahisons de l’État, les crimes de l’État (qui sont autant de raisons de désobéir). »
1:07:28 – Liberté #1 – Aller et venir (Circulation)
Étienne Chouard : « Garantir la liberté d’aller et venir… Dans les trahisons de l’État, moi j’ai mis Confinement. Covid. Couvre-feu. »
Étienne Chouard : « Les ZFE, zones de faible émission… Au nom de la terreur… nous sommes tenus à l’écart des grandes villes. »
Léo Girod : « L’injonction numérique… les portiques, il y a des caméras qui prennent sa plaque… Si t’es pas équipé avec le bon matos, ça va te retomber sur le coin de la gueule. »
Étienne Chouard : « Solution : la Chambre de contrôle populaire du respect de la Constitution… en référé liberté. »
1:33:10 – Liberté #2 – Intégrité physique et dignité humaine
Étienne Chouard : « Garantir le respect de l’intégrité physique et la dignité humaine… Protéger de tous les traitements médicaux obligatoires. »
Étienne Chouard : « Pour moi, c’est un des abus de pouvoir les plus graves de l’histoire de l’humanité. L’empoisonnement de l’humanité. »
Léo Girod : « La loi euthanasie… c’est du suicide assisté. »
Étienne Chouard : « Répression féroce des manifestants… les yeux crevés, les mains arrachées. »
Étienne Chouard : « Solution : Chambre de contrôle populaire des lieux d’enfermement (Hôpitaux psychiatriques, prisons et écoles) + droit de saisine ouvert à tous. »
1:56:43 – Liberté #3 – Mener une activité économique
Étienne Chouard : « Liberté de mener une activité économique… Elle a été violée pendant la COVID avec les fermetures administratives arbitraires. »
Étienne Chouard : « La concentration du capital… Les petits entrepreneurs, toutes les petites entreprises se font dévorer par les grandes. »
2:01:59 – Liberté #4 – Mener une activité politique
Étienne Chouard : « Suspension des soignants… Pour moi, les soignants suspendus sont des opposants politiques magnifiques… Ils ont été martyrisés au dernier degré. »
Étienne Chouard : « Le cas de Jacques Baud… On lui interdit tout accès à son compte en banque… C’est l’arbitraire absolu. »
Nathanaël Leroy : « Julien Coupat… Ils ont été accusés d’avoir posé des fers à béton… Ils se sont fait envahir par plus d’une centaine de gendarmes en mode GIGN… Tout était truqué. »
2:14:44 – Débat sur les solutions institutionnelles pour les opposants politiques
Nathanaël Leroy : « Est-ce qu’il vaudrait pas mieux que dans cette chambre il y ait des sous-chambres thématiques ? »
Léo Girod : « Pour moi c’est toujours le même système. Ça passe par plainte, référé liberté… Si quelqu’un estime que les juges n’ont pas fait ce qu’ils auraient dû faire, on fait appel à un tribunal populaire. »
2:26:36 – Liberté #5 – Manifestation et réunion
Étienne Chouard : « C’est parce qu’on n’est pas en démocratie qu’on a des manifestations. »
Léo Girod : « Protester c’est nul. Protester c’est un truc de faible. En démocratie… tu inities… tu vas faire une initiative. »
Étienne Chouard : « Il va y avoir des minorités qui vont s’auto-juger lésées par des lois majoritaires… Leur interdire de manifester, c’est pas pacifiant. »
Léo Girod : « Ce à quoi je m’oppose, c’est ce qui est devenu la manifestation… Bloquer les rues, c’est pas une liberté, c’est une entrave à la liberté des autres. »
3:00:00 – Débat sur la liberté d’expression et ses limites
Étienne Chouard : « Les Athéniens associaient à l’Isegoria (droit de parole) une responsabilité… Tu as parlé librement, tu nous as trompés, maintenant tu vas payer. »
Léo Girod : « C’est le début de la police de la pensée… Pour moi, tu dis tout ce que tu veux tant que tu n’organises pas des actions violentes. »
Nathanaël Leroy : « La question de responsabilité, elle est totalement fondamentale. L’idée de l’éluder, elle est dangereuse. »
3:19:55 – Marc Daoud & Étienne Chouard : Conclusion et appel final
Marc Daoud : « Retrouvez-nous en kiosque et sur nexus.fr… Compte sur moi.org, déjà 336 434 citoyens constituants. »
Étienne Chouard : « J’appelle les journalistes, j’appelle Akhenaton, Kenny Arkana… La population a besoin d’eux pour nous aider à enfin avoir des conversations d’adultes politiques. »
TABLEAU SYNTHÉTIQUE DES RÉFLEXIONS
(Missions / Trahisons / Solutions)
| MISSIONS DE L’ÉTAT (Raisons d’obéir) | TRAHISONS / CRIMES DE L’ÉTAT (Raisons de désobéir) | SOLUTIONS CONSTITUTIONNELLES (Outils politiques pour se protéger) |
| Garantir la liberté de circulation (Aller et venir) | • Confinements (Covid) • Couvre-feux • Pass sanitaire / vaccinal • Attestations de sortie • ZFE (Zones à Faibles Émissions) • Péages autoroutiers / Flux libre (lecture plaque) • Injonction au smartphone pour circuler | • Chambre de contrôle populaire du respect de la Constitution (déclinaison par département) • Procédure de Référé Liberté ultra-rapide • Juges professionnels sous contrôle de juges populaires (droit de recours) • Médiateurs gratuits |
| Garantir l’intégrité physique et la dignité humaine | • Traitements médicaux / injections obligatoires • Loi « Euthanasie » (Suicide assisté sans garde-fous) • Décret Rivotril (Euthanasie active des vieux) • Avortement tardif (jusqu’au terme) • Internements psychiatriques abusifs / administratifs • Répression féroce des manifestations (yeux crevés, mains arrachées) • Dons d’organes imposés par défaut • Non-assistance aux SDF | • Chambre de contrôle populaire des lieux d’enfermement (Hôpitaux psy, prisons, écoles) • Droit de saisine ouvert à tout citoyen (pour lancer l’alerte) • Force armée dédiée aux Chambres de contrôle (Garde nationale) pour faire appliquer les décisions |
| Garantir la liberté de mener une activité économique | • Fermetures administratives (arbitraires) • Bureaucratie dissuasive • Taxation inégale (PME taxées, Multinationales subventionnées) • Concentration du capital organisée par l’État • Disparition des indépendants au profit du salariat | • [Outils similaires aux précédents : Contrôle de constitutionnalité des lois économiques + Contrôle populaire] |
| Garantir la liberté de mener une activité politique | • Suspension des soignants (considérés comme opposants) • Harcèlement, ruine et emprisonnement des opposants (Cas Jacques Baud, Reiner Fuellmich, Julien Coupat/Tarnac) • « Vaporisation » des opposants (mort sociale) | • Sections thématiques dans la Chambre de contrôle • Système de Médiateur + Tribunal populaire pour juger les juges qui persécutent les opposants |
| Garantir la liberté de manifestation / réunion / expression | • Interdiction de manifester • Répression policière • Absence d’espace public (Agoras disparues) • Lois restrictives de la liberté d’expression (« Lois mémorielles ») • Police de la pensée | • Agoras (espaces physiques de réunion) • Liberté d’expression totale (Iségoria) mais avec responsabilité des conséquences (débat Léo/Nathanaël/Étienne) • Usage du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) pour initier des lois plutôt que protester |
Rendez-vous à MILLAU, samedi 10 janvier 2026 à 14h, avec Raphaël Robbe (du Portail municipal démocrate) : conférence et ateliers constituants sur la démocratie municipale
Demain, je serai à Millau avec Raphaël Robbe pour une « conférence à deux » suivie d’ateliers avec vous sur la démocratie municipale.
Si vous suivez les ateliers constituants sur Nexus (voyez les #10, #13 et #14), vous connaissez Raphaël 🙂 il anime le formidable Portail Municipal Démocrate (portail-municipal.fr).
Ci-dessous, quelques informations sur cet événement.
Au plaisir de vous y retrouver 🙂
Étienne.
















