[Pire que les procès de Moscou : les procès de Londres et de Washington] Compte-rendu du Procès Assange, 2eme jour

27/02/2020 | 0 commentaires

Compte-rendu du Procès Assange, 2eme jour

Par Craig MURRAY

Cet après-midi, l’avocat espa­gnol de Julian, Bal­ta­sar Gar­zon, a quit­té le tri­bu­nal pour retour­ner à Madrid. En sor­tant, il s’est natu­rel­le­ment arrê­té pour ser­rer la main de son client, en fai­sant pas­ser ses doigts par l’étroite fente de la cage de verre pare-balles. Assange, à moi­tié debout, a pris la main de son avo­cat. Les deux gardes de sécu­ri­té dans la cage avec Assange se sont immé­dia­te­ment levés, met­tant la main sur Julian et le for­çant à s’asseoir, empê­chant la poi­gnée de main.

Ce n’était pas le pire aujourd’hui, loin de là, mais c’est une image frap­pante de la force brute insen­sée uti­li­sée conti­nuel­le­ment contre un homme accu­sé de publier des docu­ments. Le fait qu’un homme ne puisse même pas ser­rer la main de son avo­cat est contraire à l’esprit dans lequel les membres du sys­tème juri­dique aiment à faire sem­blant de pra­ti­quer le droit. Je vous offre ce moment éton­nant comme un résu­mé des évé­ne­ments d’hier au tribunal.

Le deuxième jour, la pro­cé­dure avait com­men­cé par une décla­ra­tion d’Edward Fitz­ge­rald, avo­cat d’Assange, qui nous a bru­ta­le­ment secoué. Il a décla­ré qu’hier, le pre­mier jour du pro­cès, Julian avait été désha­billé et fouillé à deux reprises, menot­té à onze reprises et enfer­mé cinq fois dans dif­fé­rentes cel­lules de déten­tion. De plus, tous les docu­ments judi­ciaires lui ont été reti­rés par les auto­ri­tés de la pri­son, y com­pris les com­mu­ni­ca­tions pri­vi­lé­giées entre ses avo­cats et lui-même, et il n’a pas pu se pré­pa­rer à par­ti­ci­per au pro­cès d’aujourd’hui.

La magis­trate Barait­ser a regar­dé Fitz­ge­rald et a décla­ré, d’une voix empreinte de dédain, qu’il avait déjà sou­le­vé de telles ques­tions aupa­ra­vant et qu’elle lui avait tou­jours répon­du qu’elle n’avait aucune com­pé­tence sur le domaine de la pri­son. Il devrait en par­ler avec les auto­ri­tés de la pri­son. Fitz­ge­rald res­ta sur ses posi­tions, ce qui lui valut un air très ren­fro­gné de la part de Barait­ser, et lui répon­dit qu’il allait bien sûr recom­men­cer, mais que ce com­por­te­ment répé­té des auto­ri­tés péni­ten­tiaires mena­çait la capa­ci­té de la défense à se pré­pa­rer. Il a ajou­té que, quelle que soit la juri­dic­tion, il était d’usage, selon son expé­rience, que les magis­trats et les juges trans­mettent leurs com­men­taires et leurs demandes à l’administration péni­ten­tiaire lorsque le dérou­le­ment du pro­cès en était affec­té, et que nor­ma­le­ment les pri­sons prê­taient une oreille sympathique.

Barait­ser a nié caté­go­ri­que­ment toute connais­sance d’une telle pra­tique et a décla­ré que Fitz­ge­rald devrait lui pré­sen­ter des argu­ments écrits expo­sant la juris­pru­dence en matière de com­pé­tence sur les condi­tions de déten­tion. C’en était trop même pour l’avocat de l’accusation James Lewis, qui s’est levé pour dire que l’accusation vou­drait aus­si qu’Assange ait une audience équi­table, et qu’il pou­vait confir­mer que ce que la défense sug­gé­rait était une pra­tique nor­male. Même alors, Barait­ser refu­sait tou­jours d’intervenir auprès de la pri­son. Elle a décla­ré que si les condi­tions car­cé­rales étaient si mau­vaises qu’elles ren­daient impos­sible un pro­cès équi­table, la défense devrait pré­sen­ter une motion de rejet des accu­sa­tions pour ce motif. Dans le cas contraire, elle devrait lais­ser tomber.

L’accusation et la défense ont toutes deux sem­blé sur­prises par l’affirmation de Barait­ser selon laquelle elle n’avait pas enten­du par­ler de ce qu’elles qua­li­fiaient toutes deux de pra­tique cou­rante. Lewis a peut-être été sin­cè­re­ment pré­oc­cu­pé par la des­crip­tion cho­quante du trai­te­ment de la pri­son d’Assange hier ; ou il a peut-être juste eu des alarmes qui se sont déclen­chées dans sa tête en criant « annu­la­tion du pro­cès ». Mais le résul­tat net est que Barait­ser ne fera rien pour empê­cher les abus phy­siques et men­taux de Julian en pri­son, ni pour essayer de lui don­ner la pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­per à sa défense. La seule expli­ca­tion réa­liste qui me vienne à l’esprit est que Barait­ser a été pré­ve­nue, car ce mau­vais trai­te­ment conti­nu et la confis­ca­tion de docu­ments relèvent de la haute auto­ri­té du gouvernement.

Un der­nier petit inci­dent à rela­ter : après avoir fait la queue à nou­veau dès les pre­mières heures, j’étais dans la der­nière file d’attente avant l’entrée de la gale­rie publique, lorsque le nom de Kris­tin Hrnaf­sson, rédac­teur en chef de Wiki­leaks, avec qui j’étais en train de par­ler, a été pro­non­cé. Kris­tin s’est iden­ti­fié, et le fonc­tion­naire du tri­bu­nal lui a dit qu’il lui était inter­dit d’entrer dans la gale­rie publique.

J’étais avec Kris­tin pen­dant toute la pro­cé­dure la veille, et il n’avait rien fait de mal – c’est un homme plu­tôt calme. Lorsqu’il a été appe­lé, c’était par son nom et par son titre pro­fes­sion­nel – ils inter­di­saient spé­ci­fi­que­ment le rédac­teur en chef de Wiki­leaks de par­ti­ci­per au pro­cès. Kris­tin a deman­dé pour­quoi et on lui a répon­du que c’était une déci­sion de la Cour.
À ce stade, John Ship­ton, le père de Julian, a annon­cé que dans ce cas, les membres de la famille allaient tous par­tir aus­si, et ils l’ont fait, en sor­tant du bâti­ment. Ils ont alors com­men­cé, avec d’autres, à twee­ter la nou­velle du départ de la famille. Cela a sem­blé cau­ser une cer­taine conster­na­tion par­mi les fonc­tion­naires du tri­bu­nal, et quinze minutes plus tard, Kris­tin a été réad­mise. Nous ne savons tou­jours pas ce qui se cache der­rière tout cela. Plus tard dans la jour­née, les jour­na­listes ont été infor­més par les fonc­tion­naires que c’était sim­ple­ment pour avoir res­quillé, mais cela semble impro­bable car il a été ren­voyé par le per­son­nel qui l’a appe­lé par son nom et son titre, plu­tôt que de l’avoir repé­ré comme un resquilleur.

Aucune de ces infor­ma­tions ne concerne l’affaire offi­cielle. Tout ce qui pré­cède vous en dit plus sur la nature dra­co­nienne du simu­lacre de pro­cès poli­tique qui se déroule que sur la mas­ca­rade qui se déroule dans la salle du tri­bu­nal. Il y a eu des moments aujourd’hui où j’ai été hap­pé par l’argumentaire judi­ciaire et où sus­pen­du aux levres comme on peut l’etre au théâtre, et où j’ai com­men­cé à pen­ser « Wow, cette affaire se passe bien pour Assange ». Puis un évé­ne­ment tel que ceux rela­tés ci-des­sus se pro­duit, une froi­deur s’empare de votre cœur, et vous vous sou­ve­nez qu’il n’y a pas de jury a convaincre. Je crois que rien de ce qui sera dit ou prou­vé dans la salle d’audience aura un impact sur le ver­dict final de ce tribunal.

Pas­sons donc à la pro­cé­dure pro­pre­ment dite.

Pour la défense, Mark Sum­mers a décla­ré que les accu­sa­tions des États-Unis dépen­daient entiè­re­ment de trois accu­sa­tions fac­tuelles de com­por­te­ment d’Assange :

1) Assange a aidé Man­ning à déco­der une clé de cryp­tage pour accé­der à du maté­riel classifié.

Sum­mers a décla­ré qu’il s’agissait d’une allé­ga­tion fausse prou­vée lors de la cour mar­tiale de Manning.

2) Assange a sol­li­ci­té le maté­riel auprès de Manning

M. Sum­mers a décla­ré que les infor­ma­tions publiques prou­vaient que cela était faux

3) Assis­ter a sciem­ment mis des vies en danger

M. Sum­mers a décla­ré qu’il était prou­vé que cela était faux, tant à par­tir d’informations acces­sibles au public qu’en rai­son de l’implication spé­ci­fique du gou­ver­ne­ment américain.

En résu­mé, M. Sum­mers a décla­ré que le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain savait que les allé­ga­tions for­mu­lées étaient fausses quant aux faits et qu’il était prou­vé qu’elles avaient été for­mu­lées de mau­vaise foi. Il s’agit donc d’un abus de pro­cé­dure qui devrait conduire au rejet de la demande d’extradition. Il a décrit les trois chefs d’accusation ci-des­sus comme « de la fou­taise, de la fou­taise et de la foutaise ».

Sum­mers a ensuite pas­sé en revue les faits. Il a décla­ré que les accu­sa­tions des États-Unis divisent en trois caté­go­ries les docu­ments divul­gués par Man­ning à Wiki­leaks qui sont :

a) Câbles diplo­ma­tiques
b) Les notes d’évaluation des déte­nus de Guan­ta­na­mo
c) Règles d’engagement pour la guerre en Irak
d) Jour­naux de guerre afghans et irakiens

Les Sum­mers ont ensuite métho­di­que­ment pas­sé en revue les points a), b), c) et d) en les reliant cha­cun à leur tour aux com­por­te­ments allé­gués 1), 2) et 3), en douze expli­ca­tions et démons­tra­tions en tout. Ce compte ren­du exhaus­tif a pris envi­ron quatre heures et je ne ten­te­rai pas de le repro­duire ici. Je vais plu­tôt en don­ner les grandes lignes, mais je me réfé­re­rai occa­sion­nel­le­ment au numé­ro du com­por­te­ment allé­gué et/ou à la lettre de l’allégation. J’espère que vous sui­vrez cette méthode – il m’a fal­lu un cer­tain temps pour le faire !

Pour 1) Sum­mers a démon­tré de façon concluante que Man­ning avait accès à chaque maté­riel a) b) c) d) four­ni à Wiki­leaks sans avoir besoin d’un code d’Assange, et qu’il avait cet accès avant même de contac­ter Assange. Man­ning n’avait pas non plus besoin d’un code pour dis­si­mu­ler son iden­ti­té comme l’alléguait l’accusation – la base de don­nées des ana­lystes du ren­sei­gne­ment à laquelle Man­ning pou­vait accé­der – comme des mil­liers d’autres – ne néces­si­tait pas de nom d’utilisateur ou de mot de passe pour y accé­der à par­tir d’un ordi­na­teur mili­taire pro­fes­sion­nel. Sum­mers a cité le témoi­gnage de plu­sieurs offi­ciers de la cour mar­tiale de Man­ning pour le confir­mer. Le fait de cas­ser le code d’administration du sys­tème ne don­ne­rait pas non plus à Man­ning l’accès à d’autres bases de don­nées clas­si­fiées. Sum­mers a cité le témoi­gnage de la cour mar­tiale de Man­ning, où cela avait été accep­té, selon lequel la rai­son pour laquelle Man­ning vou­lait accé­der à l’administration des sys­tèmes était de per­mettre aux sol­dats de mettre leurs jeux vidéo et leurs films sur les ordi­na­teurs por­tables du gou­ver­ne­ment, ce qui en fait se pro­dui­sait fréquemment.

Le magis­trat Barait­ser a pro­cé­dé à deux reprises à des inter­rup­tions impor­tantes. Elle a fait remar­quer que si Chel­sea Man­ning ne savait pas qu’elle ne pou­vait pas être tra­cée comme l’utilisateur qui avait télé­char­gé les bases de don­nées, elle aurait pu par igno­rance deman­der l’aide d’Assange pour cra­cker un code afin de dis­si­mu­ler son iden­ti­té ; même si elle n’avait pas besoin de le faire, l’aide d’Assange consti­tue­rait une infraction.

Sum­mers a sou­li­gné que Mme Man­ning savait qu’elle n’avait pas besoin de nom d’utilisateur et de mot de passe, car elle avait en fait accé­dé à tous les docu­ments sans en avoir. Barait­ser a répon­du que cela ne consti­tuait pas une preuve qu’elle savait qu’elle ne pou­vait pas être pis­tée. Sum­mers a décla­ré qu’il n’était pas logique de sou­te­nir qu’elle cher­chait un code pour dis­si­mu­ler son nom d’utilisateur et son mot de passe, alors qu’il n’y avait pas de nom d’utilisateur et de mot de passe. Barait­ser a répon­du à nou­veau qu’il ne pou­vait pas le prou­ver. C’est à ce moment que Sum­mers est deve­nu quelque peu irri­table avec Barait­ser, et a énu­mé­ré de nou­veau les preuves pré­sen­tées à la cour martiale.

Barait­ser a éga­le­ment fait remar­quer que même si Assange aidait Man­ning à cra­quer un code d’administrateur, même si cela ne lui per­met­tait pas d’accéder à d’autres bases de don­nées, il s’agissait tou­jours d’une uti­li­sa­tion non auto­ri­sée et cela consti­tue­rait le crime de com­pli­ci­té d’utilisation abu­sive d’un ordi­na­teur, même si dans un but innocent.

Après une brève pause, Barait­ser est reve­nue avec quelques bien bonnes. Elle a dit à Sum­mers qu’il avait pré­sen­té les conclu­sions de la cour mar­tiale amé­ri­caine de Chel­sea Man­ning comme des faits. Mais elle n’était pas d’accord avec le fait que son tri­bu­nal devait consi­dé­rer les preuves pré­sen­tées devant une cour mar­tiale amé­ri­caine, même les preuves agréées ou non contes­tées ou les preuves de l’accusation, comme des faits. Sum­mers a répon­du que les preuves conve­nues ou les preuves à charge devant la cour mar­tiale amé­ri­caine étaient clai­re­ment consi­dé­rées comme des faits par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, et que la ques­tion était de savoir si le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain lan­cait de fausses accu­sa­tions en toute connais­sance de cause. Barait­ser a décla­ré qu’elle revien­drait sur ce point une fois les témoins entendus.

Barait­ser ne cher­chait pas à dis­si­mu­ler son hos­ti­li­té envers l’argument de la défense, et sem­blait irri­tée qu’ils aient eu la témé­ri­té de le for­mu­ler. Cela paru évident lors de la dis­cus­sion sur le point c), les règles d’engagement de la guerre en Irak. Sum­mers a fait valoir que celles-ci n’avaient pas été sol­li­ci­tées auprès de Man­ning, mais qu’elles avaient plu­tôt été four­nies par Man­ning dans un dos­sier d’accompagnement avec la vidéo Col­la­te­ral Mur­der qui mon­trait le meurtre d’enfants et de jour­na­listes de Reu­ters. L’objectif de Man­ning, comme elle l’a décla­ré lors de sa cour mar­tiale, était de mon­trer que les actions visibles dans Col­la­te­ral Mur­der vio­laient les règles d’engagement, même si le minis­tère de la défense affir­mait le contraire. Sum­mers a décla­ré qu’en n’incluant pas ce contexte, la demande d’extradition amé­ri­caine ten­tait déli­bé­ré­ment de trom­per car elle ne men­tion­nait même pas du tout la vidéo Col­la­te­ral Murder.

À ce stade, Barait­ser ne pou­vait pas dis­si­mu­ler son mépris. (…) Ceci une cita­tion littérale :

« Sug­gé­rez-vous, M. Sum­mers, que les auto­ri­tés, le gou­ver­ne­ment, devraient four­nir le contexte de leurs accusations ? »

Un Sum­mers infa­ti­gable a répon­du par l’affirmative et a ensuite mon­tré où la Cour suprême l’avait dit dans d’autres affaires d’extradition. Barait­ser sem­blait tota­le­ment per­due devant l’idée qu’on pou­vait pré­tendre faire une dis­tinc­tion entre le gou­ver­ne­ment et Dieu.

L’essentiel de l’argumentation de Sum­mers consis­tait à réfu­ter le com­por­te­ment 3), la mise en dan­ger de vies. Cela n’a été reven­di­qué qu’en rela­tion avec les élé­ments a) et d). Sum­mers a lon­gue­ment décrit les efforts déployés par Wiki­leaks avec ses par­te­naires média­tiques pen­dant plus d’un an pour mettre en place une cam­pagne de rédac­tion mas­sive sur les câbles. Il a expli­qué que les câbles non expur­gés n’ont été dis­po­nibles qu’après que Luke Har­ding et David Leigh du Guar­dian aient publié le mot de passe de l’archive en tête du cha­pitre XI de leur livre sur Wiki­leaks, publié en février 2011.

Per­sonne n’avait n’avait fait le rap­pro­che­ment avec le mot de passe jusqu’à ce que la publi­ca­tion alle­mande Die Frei­tag le fasse et annonce en aout 2011 qu’elle avait toutes les câbles non expur­gés. Sum­mers a ensuite pré­sen­té les argu­ments les plus per­cu­tants de la journée.

Le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain avait par­ti­ci­pé acti­ve­ment à l’exercice de rédac­tion des câbles. Ils savaient donc que les allé­ga­tions de publi­ca­tion impru­dente étaient fausses.

Une fois que Die Frei­tag a annon­cé qu’ils avaient les docu­ments non expur­gés, Julian Assange et Sara Har­ri­son ont immé­dia­te­ment télé­pho­né à la Mai­son Blanche, au Dépar­te­ment d’Etat et à l’Ambassade des Etats-Unis pour les aver­tir que les sources nom­mées pou­vaient être mises en dan­ger. Sum­mers a lu les trans­crip­tions des conver­sa­tions télé­pho­niques alors qu’Assange et Har­ri­son ten­taient de convaincre les res­pon­sables amé­ri­cains de l’urgence d’activer les pro­cé­dures de pro­tec­tion des sources – et ont expri­mé leur per­plexi­té face à l’obstruction des res­pon­sables. Ces preuves ont com­plè­te­ment miné le dos­sier du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain et ont prou­vé la mau­vaise foi en omet­tant des faits extrê­me­ment per­ti­nents. Ce fut un moment très frappant.

En ce qui concerne le même com­por­te­ment 3) sur les docu­ments d), Sum­mers a mon­tré que la cour mar­tiale de Man­ning avait admis que ces docu­ments ne contiennent pas de noms de sources en dan­ger, mais a mon­tré que Wiki­leaks avait de toute façon acti­vé un exer­cice de rédac­tion pour une approche « cein­ture et bre­telles ». La défense a dit bien plus.

Pour l’accusation, James Lewis a indi­qué qu’il répon­drait de manière appro­fon­die plus tard dans la pro­cé­dure, mais a sou­hai­té décla­rer que l’accusation n’accepte pas les preuves de la cour mar­tiale comme des faits, et en par­ti­cu­lier n’accepte aucun des témoi­gnages « égoïstes » de Chel­sea Man­ning, qu’il a dépeint comme un cri­mi­nel condam­né se pré­va­lant à tort de nobles motifs. L’accusation a géné­ra­le­ment reje­té toute idée selon laquelle cette cour devrait exa­mi­ner la véri­té ou les faits car ceux-ci ne pou­vaient être déci­dés que lors d’un pro­cès aux États-Unis.

Ensuite, pour conclure la pro­cé­dure, Barait­ser a lan­cé une bombe. Elle a décla­ré que bien que l’article 4.1 du trai­té d’extradition entre les États-Unis et le Royaume-Uni inter­dise les extra­di­tions poli­tiques, cela ne figure que dans le trai­té. Cette exemp­tion n’apparaît pas dans la loi bri­tan­nique sur l’extradition. À pre­mière vue, l’extradition poli­tique n’est donc pas illé­gale au Royaume-Uni, car le trai­té n’a pas de force juri­dique devant la Cour. Elle a invi­té la défense à abor­der cet argu­ment dans la mati­née.
Il est main­te­nant 6h35 et je suis en retard pour com­men­cer à faire la queue…

Avec nos remer­cie­ments à ceux qui ont fait des dons ou qui se sont ins­crits pour rendre ce repor­tage possible.

Cet article est entiè­re­ment libre de repro­duc­tion et de publi­ca­tion, y com­pris en tra­duc­tion, et j’espère vive­ment que les gens le feront acti­ve­ment. La véri­té nous ren­dra libres.

Craig Mur­ray

tra­duc­tion « avec une envie de ger­ber » par VD pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment toutes les fautes et coquilles habituelles

Source : Le Grand Soir, Vik­tor Dedaj,
https://​www​.legrand​soir​.info/​c​o​m​p​t​e​-​r​e​n​d​u​-​d​u​-​p​r​o​c​e​s​-​a​s​s​a​n​g​e​-​2​e​m​e​-​j​o​u​r​.​h​tml

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