Ça germe, ça foisonne, et c’est bien savoureux 🙂
Merci à tous les gentils virus, présents et à venir !
L’excellent site
« La Catalyse » :
(avec des profs es désenfumage)
http://www.scoplacatalyse.org/
Sur facebook :
https://www.facebook.com/scoplacatalyse
Je vous recommande les textes de Sylvain Rochex, souvent passionnants :

Bravo les Gentilscrates Démoviraux.
Joli travail épistémocratique … :@)
Belle représentation , bravo !
Dans un article de Médiapart (article payant)
http://www.mediapart.fr/journal/france/120713/politique-de-la-ville-ne-plus-decider-sans-l-avis-des-habitants‑0?page_article=4
« Quel sens donner à la promotion du tirage au sort parmi les habitants des quartiers populaires que vous faites dans votre rapport, notamment pour composer les tables de concertation ou les instances de discussions locales ? Est-ce aussi une façon d’admettre les limites de la représentation des seules associations ?
M. M. : Oui, il existe des barons dans le secteur associatif. Mais nous nous savons faire notre autocritique…
M.-H. B. : Le tirage au sort permet d’aller chercher des gens qui ne se mobiliseraient pas forcément d’emblée. »
Un support a montrer au plus grand nombre
Félicitations.
« Qu’est-ce qui pousse un organisateur à organiser ? Une curiosité
contraignante qui ne connaît pas de limite. Un vieux dicton assure que
la « curiosité est un vilain défaut ». De telles mises en garde n’ont
aucune prise sur l’organisateur. La vie est pour lui la recherche d’un
plan d’ensemble, la recherche de ressemblances dans les différences
apparentes, la recherche de différences dans les ressemblances
apparentes, la recherche d’un ordre dans le désordre, la recherche d’un
sens autour de lui, la recherche d’une façon de se situer par rapport à
lui-même, une recherche incessante. Il avance, guidé par la question
posée, et se doute bien qu’il n’y a pas de réponse, mais seulement
d’autres questions. L’organisateur est porteur du germe contagieux de
la curiosité, car un peuple qui commence à se poser des questions est
un peuple en passe de prendre le maquis. La remise en question des
valeurs acceptées jusqu’alors est le premier pas vers la réforme, qui est
elle-même le signe avant-coureur de toute révolution. »
Saul ALINSKY, Manuel de l’animateur social, 1971.
La démocratie, ça marche !
Emmanuel Daniel (Reporterre)
Extraits :
Reportage, Vaudoncourt (Doubs)
« Les 800 habitants de Vaudoncourt, dans le Doubs, n’ont pas attendu que la démocratie participative soit à la mode pour s’impliquer dans la vie de leur village. Ils disposent de nombreux canaux pour faire entendre leur voix. Et si la municipalité est toujours en charge des affaires courantes, aucune décision importante n’est prise sans le consentement des citoyens. »
« Le débat en cours sur l’implantation d’un parc éolien est un bon exemple de la culture démocratique qui règne dans la commune. Le projet en est encore au stade des études d’impact et de faisabilité, mais déjà, des voix s’élèvent, tant au sein du conseil municipal que parmi les villageois. »
« Une opposition qui n’incommode pas le maire, Patrice Vernier : « Je me suis engagé auprès des habitants en leur disant que dès que nous aurons tous les éléments en main, nous organiserons une réunion publique contradictoire ». Si au terme de ce débat, les deux camps n’arrivent pas à s’entendre, le maire envisage de « lancer une consultation de type référendum pour sonder l’avis des habitants ». »
« Pour comprendre l’origine de la dynamique participative qui anime le village, il faut remonter au début des années 1970. À cette époque, une bande de jeunes emmenée par Jean-Pierre Maillard-Salin, un jeune retraité de l’Education nationale, décide de présenter une liste aux élections. Leur slogan : « Démocratie, contrôle populaire et autogestion ». »
« Afin d’établir leur programme, ils mettent sur pied un questionnaire et recueillent les désidératas de la population. Lors des élections, la liste l’emporte et l’ensemble des candidats présentés entrent au Conseil municipal. Quarante ans plus tard, ils sont nombreux à Vaudoncourt à parler avec nostalgie du regretté Jean-Pierre Maillard-Salin et de la « révolution culturelle » qu’il a impulsée. »
« Sans compter que chaque année, avant le vote du budget, la municipalité organise une réunion publique. Les grandes orientations y sont exposées et, là encore, chacun a son mot à dire. « Une centaine de personnes y participent. C’est un moment important de la vie de la commune », estime Brigitte Cottier, conseillère municipale en charge de la culture. »
« Près d’un demi siècle plus tard, ces institutions existent toujours. Véronique Fiers, arrivée au village il y a une quinzaine d’années participe à quatre d’entre elles. « Je me sens directement concernée. Ça touche à la vie du village, à ses habitants », argue-t-elle. Convaincue de l’utilité démocratique de ces commissions, elle assure que « tous les points de vue sont écoutés et acceptés. Ils rentrent dans la balance au même titre que le point de vue d’un élu ». »
« Jean-Marie Bart, conseiller général qui connaît bien l’expérience vaudoncourtoise pense que la « démocratie participative à des limites. Ce sont toujours les mêmes qui participent », note-t-il. La baisse de l’implication citoyenne s’explique par la « tendance actuelle à privilégier l’individu plutôt que le collectif », estime Véronique Fiers. « Et puis certaines personnes pensent qu’elles ne seront pas utiles. Mais quand on ne fait pas partie de l’équipe municipale, on peut apporter un autre regard, justement parce qu’on ne fait pas partie de l’équipe », plaide-t-elle. »
« Alors, pour éviter que l’héritage de Jean-Pierre Maillard-Salin ne soit progressivement effacé par la routine, Patrice Vernier veut « relancer l’utopie » et faire en sorte que « l’intelligence collective continue à œuvrer au service du village ». Y parviendra-t-il ? »
La suite ici :
http://www.reporterre.net/spip.php?article4533
Il faut la liberté des lanceurs d’alerte
Le pouvoir important que représente la puissance médiatique est un pouvoir dangereux : la puissance médiatique est un pouvoir dangereux.
Ce pouvoir important que représente la puissance médiatique est un pouvoir dangereux :
Le pouvoir médiatique conditionne les votes des électeurs et détermine donc le choix des marionnettes aux commandes.
Ce pouvoir appartient (ou est soumis) dans sa grande majorité aux banques et aux marchands d’armes.
La liberté d’informer des lanceurs d’alertes doit ABSOLUMENT exister comme grain de sable dans l’énorme capacité de FABRICATION DU CONSENTEMENT au service de laquelle la plupart des journalistes « libres (?) » doivent prêter leurs services pour pouvoir garder leur travail et payer leur loyer tous les mois.
Pour la démocratie, signez l’appel ci-dessous adressé —symboliquement— au « GRAND MOUVEMENT CITOYEN » (donc aux autres mais aussi à nous même pour nous motiver) qui doit impérativement se constituer dans les mois et années qui viennent :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Une_Assemblee_Constituante_tiree_au_sort/
Il faut diffuser ce message de façon virale et que chaque signataire fasse tout pour recruter deux autres signataires. Partagez cet appel sur les murs Facebook de vos amis et sur vos comptes Twitter.
On n’en est qu’au début l’association : « Les Citoyens Constituants » vient de voir le jour en juin.
http://lescitoyensconstituants.com/ Soutenez là !
Je publie ici quelques paragraphes de « Discours de la servitude volontaire », écrit par Etienne de la Boétie en 1549.
« J’en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie. Celui qui penserait que les hallebardes, les gardes et le guet garantissent les tyrans, se tromperait fort. Ils s’en servent, je crois, par forme et pour épouvantail, plus qu’ils ne s’y fient. Les archers barrent l’entrée des palais aux malhabiles qui n’ont aucun moyen de nuire, non aux audacieux bien armés. On voit aisément que, parmi les empereurs romains, moins nombreux sont ceux qui échappèrent au danger grâce au secours de leurs archers qu’il n’y en eut de tués par ces archers mêmes. Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, les compagnies de fantassins, ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran, mais toujours (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et qui lui soumettent tout le pays. Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ils ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef qu’il en devient méchant envers la société, non seulement de sa propre méchanceté mais encore des leurs. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. Ils leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection. Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui, comme Homère le fait dire à Jupiter qui se targue, en tirant une telle chaîne, d’amener à lui tous les dieux. De là venait l’accroissement du pouvoir du Sénat sous Jules César, l’établissement de nouvelles fonctions, l’institution de nouveaux offices, non certes pour réorganiser la justice, mais pour donner de nouveaux soutiens à la tyrannie. En somme, par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profite, que ceux auxquels la liberté plairait. »
« C’est ainsi que le tyran asservit les sujets les uns par les autres. Il est gardé par ceux dont il devrait se garder, s’ils valaient quelque chose. Mais on l’a fort bien dit : pour fendre le bois, on se fait des coins du bois même ; tels sont ses archers, ses gardes, ses hallebardiers. Non que ceux-ci n’en souffrent souvent eux-mêmes ; mais ces misérables abandonnés de Dieu et des hommes se contentent d’endurer le mal et d’en faire, non à celui qui leur en fait, mais bien à ceux qui, comme eux, l’endurent et n’y peuvent mais. Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé de leur sottise. »
« Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude ? Qu’ils mettent un moment à part leur ambition, qu’ils se dégagent un peu de leur avidité, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se considèrent eux-mêmes : ils verront clairement que ces villageois, ces paysans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils traitent comme des forçats ou des esclaves, ils verront, dis-je, que ceux-là, si malmenés, sont plus heureux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut et souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent ses propres désirs. Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lu complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu’ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à épier ses volontés et à deviner ses pensées. »
« Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insupportable que cet état, je ne dis pas pour tout homme de cœur, mais encore pour celui qui n’a que le simple bon sens, ou même figure d’homme ? Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi, n’ayant rien à soi et tenant d’un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie ? »
« Mais ils veulent servir pour amasser des biens : comme s’ils pouvaient rien gagner qui fût à eux, puisqu’ils ne peuvent même pas dire qu’ils sont à eux-mêmes. Et comme si quelqu’un pouvait avoir quelque chose à soi sous un tyran, ils veulent se rendre possesseurs de biens, oubliant que ce sont eux qui lui donnent la force de ravir tout à tous, et de ne rien laisser qu’on puisse dire être à sa personne. Ils voient pourtant que ce sont les biens qui rendent les hommes dépendants de sa cruauté ; qu’il n’y a aucun crime plus digne de mort, selon lui, que l’avantage d’autrui ; qu’il n’aime que les richesses et ne s’attaque qu’aux riches ; ceux-là viennent cependant se présenter à lui comme des moutons devant le boucher, pleins et bien repus comme pour lui faire envie. »
Quand je lis cet article de « l’Huma. », je ne peux m’empêcher de relire La Boétie et de faire un sérieux rapprochement avec les 500 tyrans listés par « Challenge ».
http://www.humanite.fr/social-eco/les-plus-riches-tirent-d-enormes-profits-de-la-cri-545843
« Les 500 plus grandes fortunes de France ont grimpé de 25 % en un an. Un bond spectaculaire qui révèle les profits que tire de la crise une poignée de grands patrons, pendant que le pouvoir d’achat des Français a reculé de 0,9 % l’an dernier. »
Vraiment génial, j’ai partagé massivement ! Avec ce genre d’outil d’éducation populaire formidable, la démocratie est pour demain !!!
Extraits du texte de la conférence théâtralisée http://www.scoplacatalyse.org/sommesnousendemocratiedesylvainrochexetgerardvolatjuin2013.pdf
Nous constatons notre impuissance politique.
Or, quand on a un problème,
Quand on a un mal à soigner,
Hippocrate disait : ne vous en prenez pas aux CONSÉQUENCES, Vous ne réglerez jamais le problème.
Ne vous en prenez même pas aux causes !!
Il faut chercher LA CAUSE Qui serait
déterminante.
Celle qui détermine TOUTES les autres.
Et c’est celle là qu’il nous faut.
« La cause des causes », c’est ce que nous cherchons tous ensemble.
Il va donc nous falloir ÊTRE RADICAL,
Être radical, c’est-à-dire uniquement prendre les choses par le bon bout, par la racine !
Pour être en bonne santé, c’est très
important d’avoir une bonne Constitution !
Et nous allons voir que nous pourrions, pour être en bonne santé, écrire une autre constitution pour nous protéger des abus de pouvoir et pour être en véritable démocratie.
on ne vote pas pour les sénateurs !
On ne vote pas non plus pour les communautés
d’agglomération, ni les métropoles…
on ne vote pas non plus pour le conseil constitutionnel.
Au moment de mettre le bulletin dans l’urne, nous abandonnons au candidat, imposé, par un parti, la totalité de notre pouvoir politique, nous le perdons, nous n’en avons plus, et nous le mettons entièrement entre ses mains, et en plus, cerise sur le gâteau, nous lui faisons confiance.
L’impuissance politique…
Premier élément :
Par cet acte de l’élection,
Nous la créons,
Nous-même,
Cette impuissance.
Et donc, nous désignons ce qu’on appelle des : Représentants.
Des personnes qui auront donc le Pouvoir à
notre place.
Qui parleront à notre place !
Et qui agiront à notre place.
Qui décideront à notre place.
Qui débattront à notre place.
Qui délibéreront à notre place.
Et qui voteront à notre place.
Et qui puniront à notre place
Et qui récompenseront à notre place.
Qui trancheront à notre place.
Qui dépenseront à notre place.
Jugeront.
Choisiront A notre place.
Arbitreront à notre place.
Qui vivront à notre place.
Et qui auront des opinions A‑NOTRE-PLACE !
« Démocratie représentative » est un oxymore parfaitement fallacieux. Démocratie et représentatif, sont en totale opposition dans cette expression, ils s’annulent l’un l’autre…, ça ne veut rien dire.
Il convient de parler de « Gouvernement
Représentatif » ou d’OLIGARCHIE.
Scène 7 : Les 3 régimes décrits par Hérodote.
La monarchie c’est le pouvoir d’un seul homme.
Ensuite : la Démocratie, qui vient du Grec : Démos Kratos, Kratos, le Pouvoir, Démos, le peuple, il s’agit d’un régime où il y a l’égalité des droits politiques entre tous les citoyens.
Autrement dit : le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.
La souveraineté du peuple.
Mais entre les deux, il y a un régime dont nous ne parlons pratiquement pas depuis deux siècles, voir pas du tout, qui est pourtant aussi important que les deux autres. Et qui s’appelle l’oligarchie.
Du Grec, Oligos, peu nombreux.
C’est quand le pouvoir est détenu par une toute petite fraction de la population, par quelques personnes…
Comme actuellement avec l’élection…
L’élection, n’est pas démocratique un seul instant, Elle est aristocratique – du Grec Aristos, le meilleur – par nature, par définition (car élire c’est choisir le « meilleur » parmi la sélection et selon l’électeur).
Elle conduit inévitablement à une oligarchie (dès que les élus ne sont plus les meilleurs pour l’intérêt général), Puisque nous déléguons notre pouvoir à un tout petit nombre.
Scène 9 (chapitre 7, à 35:25): Une vraie démocratie
Rousseau s’est beaucoup exprimé sur les
gouvernements. Et il disait ceci dans le contrat social :
« A l’instant qu’un Peuple se donne des Représentants, il n’est plus libre ; il n’est
plus. »
Ensuite, je voudrais vous lire un propos d’un
des pères fondateurs de notre régime politique, au lendemain de la révolution
française, en septembre 1789 : l’Abbé Sieyes.
« Les citoyens qui nomment des représentants
renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté
particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet
État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans
un pays qui n’est pas une démocratie – et la France ne saurait l’être -, le peuple ne
peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »
Et Rousseau de nouveau : « L’idée des représentants est moderne : elle nous vient de l’inique gouvernement féodal. (…)
Dans les anciennes républiques, et même dans les monarchies, jamais le peuple n’eut des représentants ; on ne connaissait pas ce mot-là. »
Ecoutez-bien, Voltaire :
« Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. », Voltaire !!
Scène 10 : La démocratie, c’est le pouvoir des Pauvres
Cela est déjà arrivé dans l’histoire. C’est d’ailleurs à ce moment là que le mot de démocratie fut inventé, par des riches qui méprisaient évidemment ce renversement de « l’ordre des choses » et donc le mot de démocratie, était donc entièrement employé de façon négative.
Le fait que le gouvernement puisse être réalisé par la masse des gens ordinaires, par les petites gens comme ont dit, cela
déplaisait fortement aux riches, qui voulaient eux d’un gouvernement oligarchique et donc, ils rétorquaient à tous ceux qui voulaient donner le pouvoir au peuple : « vous rigolez, on ne va quand même pas faire… (avec un fort dégoût) une démocratie… !! »
Vous vous souvenez de la phrase de l’abbé Sieyes de tout à l’heure ?!
Après la révolution française, le terme
Démocratie, était encore employé, comme chez Platon dans l’antiquité : de façon ouvertement péjorative et, comme nous l’avons
vu, de façon totalement opposé à un régime représentatif.
Scène 11 (chapitre 9, à 40:00): Inversion du sens du mot démocratie et la fabrique du consentement.
Aldous Huxley dans son livre « Le meilleur des mondes » :
« La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, – et à Facebook -, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. »
Au lendemain de la Commune de Paris en 1871, le boucher de la Commune :
Adolphe Thiers était alors en campagne électorale.
Il est allé trouver les royalistes.
Et il leur dit ceci (extraits de « L’avènement de M. Thiers et Réflexions sur la Commune » par Henri Guillemin) :
Mes amis, « La République démocratique est très supérieure à la monarchie pour le maintien de l’ordre. Sa force contraignante sur la multitude est beaucoup plus grande que celle d’un pouvoir monarchique.
Dans une monarchie, en effet, c’est la volonté d’un seul qui mène tout, et cette volonté unique est vulnérable à une contestation de la » liberté « . Dans une république
démocratique, le pouvoir est l’émanation de la volonté générale, laquelle, dans
la réalité concrète, est celle de la majorité des citoyens. Plus d’insurrection, dès lors, qui se puisse faire, théoriquement, au nom de la liberté puisque c’est la liberté elle-même, dans une démocratie, qui fait la loi et désigne le pouvoir.
Une insurrection, sous la République, est un attentat contre la République. »
Les royalistes n’ont pas été immédiatement conquis, ils ont même un peu protesté et ont répondu à peu près ceci : mais alors, c’est la plèbe qui va choisir le souverain à notre place ?! Vous êtes vraiment sûr de votre technique et de vos vues, Monsieur Thiers ?
Et Thiers : Mes amis, mes amis
« Il nous suffira juste de bien mener, chose très facile, le suffrage universel pour
disposer, grâce à lui, d’une puissance plénière de commandement… la voilà, la
supériorité insigne, inégalable, de la république démocratique sur la monarchie,
quant à l’essentiel, qui est l’obéissance du « grand nombre ». Une république
démocratique est donc infiniment mieux armée et plus efficace qu’une monarchie pour la protection des biens des possédants. »
Rousseau (Lettre à d’Alembert sur les spectacles (1758) ).
« Jamais, dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du prince ; dans une république, elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. »
Rien de plus aisé donc, dans une république démocratique, que de faire de l’État, la propriété des propriétaires et ce sont eux, par conséquent, qui feront les lois. »
C’est les riches qui font les lois !
Ça s’appelle la ploutocratie.
Et toujours concernant le suffrage universel, un certain Alexis de Tocqueville, un libéral, beaucoup plus tôt, vers 1837, a dit ceci : « Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront, Comme on leur dira. »
Scène 12 : Les clichés pervers sur la Démocratie Athénienne
Athènes, parce qu’elle fut une vraie démocratie, réussit pendant près de 200 ans à être
la Cité
La plus prospère,
La plus puissante,
La plus stable,
La plus paisible intérieurement,
Et de loin la plus riche de tout le monde grec au point de vue culturel.
Les techniques de démocratie directe que les athéniens ont inventées et qu’ils ont merveilleusement utilisé pendant deux siècles entiers, ces techniques, sont très importantes pour l’humanité et un exemple pour que les peuples asservis d’aujourd’hui reprennent le pouvoir sur de nombreuses
tyrannies.
La Démocratie athénienne est surtout enseignée selon le schéma : « Il y avait une véritable démocratie MAIS… il y avait des esclaves, les femmes étaient exclues de la vie politique et, les Salauds, ils ont tué Socrate… Fin de l’histoire, circulez, rien à voir !!».
Un enseignement sincère de la Démocratie athénienne devrait correspondre au schéma inverse : « il y avait des esclaves, les
femmes étaient exclues de la vie politique, ils ont tué Socrate dans des conditions bien particulières, la religion avait une grande place dans la vie de la cité, MAIS… MAIS !! »
Derrière quoi, on peut enseigner les techniques de démocratie directe. L’insistance qu’on rencontre partout sur la condition des femmes et des esclaves n’a d’autre but que d’écarter les gens du germe,
passionnant, crucial, de la démocratie athénienne.
A Athènes, l’élection n’était pas du tout la
procédure centrale de désignation, elle était
réservée à des choses très particulières, Très peu nombreuses. Et c’est au titre de stratège militaire que Périclès fut effectivement élu et réélu, mais ce, chaque année, les mandats électifs étaient courts.
Le pouvoir de Périclès n’avait rien à voir avec celui de notre Président de la République ou des autres élus ! Pourquoi ? Ses propositions étaient toutes soumises à l’assemblée, semaine après semaine, les idées opposées à celle de Périclès, demeuraient sous les yeux des membres de l’assemblée et celle-ci pouvait toujours, et elle le fit à l’occasion, l’abandonner, lui et sa politique.
Ce n’était pas le chef. La décision appartenait aux membres de l’assemblée, elle n’appartenait pas à Périclès.
L’anarchisme, An- Archie, c’est l’absence d’autorité et de chefs, c’est tout. Ça ne
signifie absolument pas la confusion ou le désordre.
« Il ne faut jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent. »
Le philosophe Alain disait les choses ainsi :
« Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner
les autres mais de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Les pires
gouverneront. »
Une vraie démocratie est un régime où il y a
l’égalité des droits politiques entre tous les citoyens. Chaque citoyen possède exactement la même quantité de pouvoir politique que son voisin.
C’est-à-dire donc la possibilité de participer à l’entièreté de la vie politique, de voter toutes les lois.
Un homme,
Une voix.
Il n’y pas d’expert au niveau politique. La vraie démocratie affirme précisément qu’il ne peut pas y avoir de science des affaires
politiques. On ne peut avoir qu’un ensemble d’opinions, souvent contradictoires, et c’est précisément la justification en faveur d’un pouvoir de décision partagé…
Les experts existent toujours mais c’est pas eux qui prennent la décision politique.
Si des experts peuvent indiquer quelles sont les possibilités de creuser un tunnel ferroviaire sous les Alpes et en préciser chaque détail de sa construction, la DÉCISION de creuser ou non un tel tunnel demeure, elle, authentiquement politique et radicalement hors du champ de compétence des experts.
En plus de voter toutes les lois, chaque citoyen a les mêmes possibilités que son voisin d’accéder à des charges politiques. Aristote disait : être citoyen c’est être tour à tour gouverné et gouvernant.
Ce qu’on pourrait nommer aussi : la participation de tous au pouvoir.
Or, aujourd’hui, le gouvernement représentatif détruit mécaniquement la participation et provoque une apathie politique générale et généralisée.
Scène 14 : Le tirage au sort
Le tirage au sort est la procédure qui
permet de ne pas donner le pouvoir à ceux qui le veulent !
Et qui prévient tous les vices
Et toutes les passions, ou presque.
Montesquieu disait ceci :
« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix, l’élection, est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon de faire qui n’afflige personne et il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. »
Tous les jours les athéniens tirés au sort.
C’était tout à fait central. Et la démocratie reposait en grande partie sur ce
système de désignation. D’ailleurs, actuellement, en France, lors des procès,
les jurés d’assises sont tirés au sort.
Des citoyens, tirés au sort, peuvent envoyer un accusé, en prison, pour 30 ans et ils ne pourraient pas décider de la construction d’un gymnase ou de l’aménagement de rond-points ?
C’est justement parce que je pense qu’il y a du bon et du mauvais chez chacun d’entre-nous que je préfère un système qui pousse les gens à la vertu.
Et qui ne repose pas sur les supposées qualités d’untel ou untel.
Les personnes qui sont tirées au sort n’ont donc plus rien à voir avec les Élus d’aujourd’hui.
Ce sont des serviteurs du peuple et non des maîtres politiques.
Scène 15 : Des institutions protectrices complémentaires
Les athéniens avaient peurs de tomber sur des affreux, et donc, Pour profiter des vertus démocratiques du tirage au sort, ils ne se sont pas arrêtés là et ils ont mis sur pied toute une série d’institutions protectrices pour empêcher tout abus.
Voici ce qu’on pourrait appeler la deuxième loi du pouvoir, elle nous est donnée par Montesquieu : « Tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite ».
On trouve aussi cette idée chez le philosophe Alain :
« Ce qui importe, ce n’est pas l’origine des pouvoirs, c’est le contrôle continu et
efficace que les gouvernés exercent sur les gouvernants. »
« le pouvoir corrompt toujours ».
Donc mettre sur pied un principe comme le faisait les Athéniens tels que les mandats courts et non renouvelables.
Pour que les hommes n’aient pas le temps de s’abîmer dans l’exercice d’une responsabilité.
Et ce qui nous amène ensuite à deux autres notions essentielles :
La rotation des charges.
Et l’amateurisme politique.
Aujourd’hui on a des vrais professionnels de la politique, Qui cumulent les indemnités, les mandats ; ils ont repoussé à 2017 la loi sur le « non cumul » malgré les promesses de campagne.
Ils ne voteront jamais une loi qui supprime leurs privilèges
Ils ont tout le pouvoir.
Ils connaissent les techniques pour le conserver.
En vraie démocratie on fait tout à fait autrement :
On donne
Très peu de pouvoir,
Pas longtemps,
Et jamais deux fois de suite.
Avec ça, on se protéger au maximum des phénomènes de corruption.
En vraie démocratie, le citoyen sait les risques qu’il prend en donnant un mandat, et il établit ensuite un régime de méfiance, de défiance, de contrôle,
de vigilance, Et de jugement.
Alain, encore, nous dit ceci :
« Tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire ; (Mais) Tout pouvoir est sage dès qu’il se sent… jugé. »
C’est pourquoi donner son pouvoir – et
aujourd’hui donner TOUT son pouvoir – et faire confiance par-dessus le marché est une sottise incommensurable qu’il faut arrêter tout de suite.
C’est même la pire des choses.
Pour pousser vraiment les gens à être vertueux d’autres institutions existent en vraie démocratie.
Les tirés au sort sont révocables à tout moment.
Les tirés au sort doivent rendre des comptes
moraux et financiers à la fin de leur mandat, c’est ce qu’on appelle la reddition des comptes Qui est longue, éprouvante,
Ça se passe devant un tribunal du peuple,
Et à l’issue de laquelle peuvent intervenir
Des récompenses mais aussi… des punitions !
Il y avait beaucoup d’autres institutions. Tel que l’ostracisme, la docimasie, l’iségoria.
L’iségoria est le droit de parole pour tous,
à tout moment et à tout propos, ça fonctionne avec : la parrhésia.
La parrhésia, c’est l’obligation morale de dire le fond de sa pensée.
L’agora, le lieu institutionnalisé des débats publics. Aujourd’hui, on a des magasins de vêtement !
Ou encore la place occupée par le théâtre et par l’éducation en vue des affaires communes.
Pour former d’authentiques adultes citoyens qui adoptent certains comportements, au lieu d’enfants-producteurs-consommateurs-électeurs, qui sont tous éloignés de la politique comme aujourd’hui.
Scène 16 : L’apathie politique, les Idiotès
A l’époque d’Athènes, le type de personnes intéressées uniquement par leurs propres affaires, étaient très minoritaires, contrairement à aujourd’hui.
Et les citoyens athéniens avaient un mot de mépris pour cela, Ils les appelaient… les Idiotès.
C’est ce terme qui a ensuite donné le terme
d’idiot.
Heureusement ça se soigne…
C’est le système qui nous rend malade de cette façon.
Cet état est profitable au système capitaliste, voilà tout.
Une des vertus premières d’une véritable démocratie est justement la désynchronisation totale des pouvoirs
politiques et économiques…
Tout est fait pour éloigner les citoyens de la politique en les abrutissant, pour les rendre, uniquement, consommateurs,
En leur donnant du pain et des jeux, C’est une vieille affaire.
Les révolutions correspondent à chaque
fois à cette réapparition du peuple sur la scène politique qui revendique son autonomie
et qui ne veut plus être, l’inverse de l’autonomie : hétéronome (subir des lois extérieurs).
Il faudra qu’un jour il finisse par
comprendre qu’il ne doit plus jamais redescendre de scène s’il ne veut plus se
faire berner par des voleurs de pouvoir.
Le peuple n’est pas bête.
Il est trompé.
Scène 17 : Quelques autres objections
La question de la compétence ?
Vous trouvez nos Élus compétents ?
Les élus soi-disant compétents ont fait exploser plus de 2 000 bombes atomiques dans l’atmosphère, en plein air ou sous l’eau depuis 1945 !
Et combien de guerres ?!
Et combien de millions de milliards de dollars gaspillés avec des armées suréquipées
Pendant que des milliards d’hommes crèvent de faim ?
Et combien de scandales de corruption avérée ?
Et combien de cas de collusion abjecte avec les riches qui ont permis d’élire les élus ?
Et combien de trahisons du bien commun ? Tous les jours ! Combien de Cahuzac ! C’est de la compétence, ça ?! Les Cahuzac ?!
Un professeur, un avocat, un homme d’affaires,… un chirurgien capillaire qui vient d’être élu est tout à fait incompétent et c’est son travail sur les dossiers qui peut le rendre compétent.
On peut en dire tout autant de n’importe quel tiré au sort volontaire qui va
devenir compétent en travaillant sur ses dossiers, Et qui le deviendra sûrement plus car il aura une plus grande humilité qui le
conduira à chercher, à se nourrir de tout le monde et à écouter les autres.
Vous savez, les très nombreuses expériences d’assemblées tirées au sort sur des sujets techniques complexes montrent une extraordinaire compétence collective et un formidable désintéressement par rapport aux lobbys.
L’honnêteté, la transparence et l’absence de conflit d’intérêts sont des caractéristiques bien plus importantes pour le bien commun que la prétendue compétence, puisqu’un réalisme élémentaire conduit à constater qu’aucun être humain ne peut prétendre, à priori, maîtriser un savoir encyclopédique.
L’élection suppose que les gouvernés
connaissent à la fois les gouvernants et leurs actions. Ce qui est impossible à
grande échelle.
Pouvons-nous savoir ce que font tous les jours nos élus à Bruxelles ou à Paris ?
Un système basé sur le tirage au sort est lui, beaucoup mieux adapté à la grande échelle puisqu’il emporte avec lui des
contrôles permanents à tous les étages politiques.
Et puis, le tirage au sort, c’est mathématique, c’est incorruptible.
Si y’a des contrôles…
La démocratie suppose l’existence d’une subdivision en Cités démocratiques pour que les gens puissent pratiquer directement leur pouvoir politique pratiquement de façon quotidienne, hebdomadaire.
C’est le principe de la subsidiarité : tout ce qu’on peut faire au local, on le fait.
Grâce au principe de la fédération développé par Pierre-Joseph Proudhon.
Pour ne pas opposer Cité démocratique et Nation et avoir une nation composée d’une multitude de cités.
Scène 18 : Une nouvelle constitution.
Qui peut et qui doit l’écrire pour instituer une vraie démocratie ?
Avant la Révolution il nous faudrait tous reprendre contact avec un texte tout à fait central dont on ne souligne pas assez l’importance à l’école et dans les médias.
Un texte censé nous protéger des abus de pouvoirs : la Constitution.
Aujourd’hui, notre impuissance politique y est inscrite !
Car les élus écrivent la constitution !
Comme en Égypte et en Tunisie …
Nous sommes dans une situation sur la planète entière où les personnes au pouvoir ont la possibilité d’écrire les règles du pouvoir.
Il y a conflit d’intérêts.
Ils sont juges Et parties
Le pouvoir est confisqué par une minorité…
Ils ont un intérêt personnel dans les règles qu’ils instituent…
Il faut reprendre le contrôle pour nous protéger des abus. Et instituer notre puissance, à nous, le peuple. Car ce n’est pas les élus qui vont le faire à notre place, ils n’écriront jamais des règles contre eux-mêmes,
c’est à nous d’écrire le texte qu’ils doivent craindre.
Il faut fixer les limites de chaque pouvoir, sans exception.
Et permettre l’initiative populaire.
On pourrait choisir chacun, librement, des citoyens que l’on juge « honnêtes, valeureux, désintéressés, capables de bon sens » sans se laisser imposer les candidats des partis et parmi ces valeureux, on choisit les constituants, ceux qui vont rédiger la constitution, par tirage au sort.
Ceux qui écriront la constitution n’écriront pas les règles pour eux-mêmes.
Ils seront inéligibles aux fonctions qu’ils instituent.
Et ensuite ils retourneront dans le peuple.
Et la nouvelle constitution sera soumise au
peuple par référendum.
On pourrait faire élire des candidats désintéressés, dont l’unique programme serait d’instaurer la vraie démocratie partout, du local au national, en tirant au sort des assemblées constituantes.
Parce que Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
Il nous faut donc une assemblée constituante, désintéressée, démocratique, et donc, tirée au sort !
Vous etes d’accord ?
Moi aussi !
Alors, si ce n’est déja fait signez, twittez, bref partagez la pétition :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Une_Assemblee_Constituante_tiree_au_sort/
http://api.ning.com/files/pQ8PE*DabukCR2hNoFUdBL5TQHGNJfCuCatUeGG62Ad9BSrqE2JnCxxbxORHcGHVA81IQw6kTy9uxmzwcA517GhsEUxJiVZg/schemavraiedemocratie.jpg
« On pourrait faire élire des candidats désintéressés, dont l’unique programme serait d’instaurer la vraie démocratie partout, du local au national, en tirant au sort des assemblées constituantes. »
Cette proposition de la conférence théâtralisée pose la question de comment le peuple peut-il tirer le meilleur profit de notre système électoral au lieu de le subir.
Analysons les critiques sur les partis, essayons de trouver les meilleurs solutions et voyons si ça peut valoir le coup.
Selon Alain :
« Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres mais de se gouverner seulement lui-même.
Cela décide tout. Les pires gouverneront. »
-Nos candidats, une fois élu, ne gouverneront pas : leur mission, inscrite dans le programme, sera uniquement d’utiliser tous les moyens en leur pouvoir pour progresser vers la Démocratie, dans le but d’instaurer une assemblée tirée au sort chargée d’écrire la nouvelle constitution. Assemblée ayant tous les moyens nécessaire au bon déroulement de son travail jusqu’à son achèvement. Alors, cette constitution sera soumise à référendum. Une nouvelle assemblée est constituée en cas de rejet.
-Par contre, je crois qu’il n’est pas souhaitable de tirer au sort nos candidats car nous avons besoin, au sein de l’élection, d’une compétence : ils faut qu’ils soient les meilleurs pour remporter les élections uniquement en diffusant le Message de la Démocratie. Cette sélection des meilleurs pourrait-être voté par tous les adhérents au « parti ».
Les candidats sont ceux qui se présentent et/ou ceux choisis (et volontaires) comme les meilleurs par les adhérents parmi leurs connaissances.
« La trahison est naturelle dans un député, à quelque parti qu’il appartienne. Et la trahison, comme on l’a cent fois remarqué, consiste à tirer vers (l’oligarchie) après avoir juré de rester plus ou moins (démocrate) ».
-Faire de nos candidats et élus nos serviteurs en reproduisant au parti les institutions protectrices de la Démocratie. Il y aura bien tirage au sort et rotation des charges donc mais pour les personnes chargées du contrôle du respect de l’intérêt général.
« Il faudrait que la populace des parasites, intermédiaires, intrigants, joueurs, marchands de plaisirs, journalistes, vaudevillistes, leur laissât un peu plus d’air. »
-Outre les surveiller et ne pas les lâcher en roue libre : se préoccuper de leur réaction face aux stress des campagnes électorales, les re-confronter régulièrement aux réalités et réclamations du peuple, et leur soutient en cas de bon travail.
« le caractère du député, ses habitudes de travail, sa clairvoyance, son indépendance sont le principal, une fois que le principe de la souveraineté du peuple est posé et maintenu. »
-« une fois que le principe de la souveraineté du peuple posé et maintenu » nous n’auront probablement plus de députés.
« Ce que j’appelle liberté, c’est la dépendance étroite de l’élu par rapport à l’électeur. »
« pourvu que le député soit tenu par les électeurs et non par les partis, le pouvoir sera tenu de dire ses secrets, d’exposer ses projets, d’étaler ses comptes ; et tout ira passablement. »
-D’où les institutions de contrôle, le système de récompense/punition, etc…
Selon Étienne :
« Si on se regroupe, ils vont nous voir venir. Il faut être insaisissable. »
-Regroupé ou non ils nous verront venir, si ce n’est déjà fait (« antifas », … ?).
Il me semble que nous pouvons utiliser les germes de la Démocratie pour se regrouper tout en étant insaisissable et incorruptible.
Conclusion : j’ai donc l’impression que c’est non seulement possible mais même souhaitable.
Quand pensez-vous ?
Contre les professionnels de la politique
http://www.marianne.net/Contre-les-professionnels-de-la-politique_a230049.html
« Ces bandes s’appellent les partis. Leur fonction est la collecte des suffrages au profit d’eux-mêmes et de leurs caciques. Alors que tout les oppose, ils sont au moins d’accord sur un point : la monopolisation du suffrage universel au profit du réseau qu’ils constituent ensemble. Quitte à accepter de revoir à chaque scrutin la clé de répartition des revenus – pardon, des suffrages ! – entre les bandes. »
« Sauf que, dans la pratique, ces organismes se constituent en monopoles pour confisquer à leur profit exclusif les volontés du suffrage universel. Les partis deviennent ainsi à la politique ce que les trusts, les ententes, les cartels sont à la vie économique : des organismes d’accaparement, qui font obstacle au libre-échange. Avec la multiplication des instruments d’information et d’expression propres aux techniques modernes – médias, Internet -, cette confiscation de la démocratie est désormais ressentie comme intolérable par la masse des citoyens. »
« Ce qui se passe aujourd’hui ? Le peuple est en train de réclamer sa place en politique, c’est-à-dire dans le lieu même où se décident ses propres destinées. Il ne faut donc pas voir dans la critique actuelle de la profession politique par la population un déclin de la passion démocratique mais, au contraire, une nouvelle exigence de cette passion. Il serait grave pour l’avenir d’en laisser le monopole au Front national. »
Je pense qu’il y a encore plus important que le tirage au sort de l’assemblée constituante : le fait qu’il n’y en ait pas une seule mais au moins 4 ou plus et que les citoyens choisissent par un vote celle qu’ils adoptent et également la possibilité pour tout citoyen de prendre connaissance de l’avancement de la rédaction des projets et de réagir en soumettant une objection ou une suggestion aux constituants qui doivent être tenus d’écouter et de prendre en compte.
De toutes façons pour moi le simple tirage au sort n’est pas suffisant. Je suis favorable a un mix entre élection et tirage au sort.
Je pense qu’il faut créer un système ou l’on, vote pour des programmes et non des candidats, ou l’on a le droit de voter a bulletin secret mais aussi a bulletin publique. Le bulletin publique serait la façon de se porter volontaire dans la liste des personnes pouvant être tirées au sort pour le programme pour lequel on a voté.
exemple de constituante :
Dans un premier temps, les partis politiques, les citoyens indépendants, tout un chacun souhaitant présenter un projet de constitution s’expriment équitablement dans les médias, diffusent leur documentation pour un temps donné afin de décrire leurs projets respectifs.
Après cela les citoyens votent, un certain nombre d’entre eux le font a bulletin publique et ce faisant se portent volontaires au tirage au sort en tant que constituant représentatif des idées qu’ils ont soutenu.
On tire au sort ensuite, proportionnellement aux resulats des elections, les députés constituants dans les différentes listes.
Apres avoir tiré au sort au moins 4 mais pourquoi pas 10 assemblées constituantes le travail commence sous contrôle citoyen et avec possibilité d’intervention comme je l’ai déjà dit.
Une fois les constitutions proposées il y aurait à nouveau un débat publique équitable ou chacun serait amené à prendre parti pour telle ou telle proposition.
Nous choisirions ensuite la constitution définitive grâce au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.
@nlescan :
A mon avis il faut prendre en compte une chose, une constituante d’un nouveaux genre n’adviendra très probablement quand dans une phase de révolution de révolte ou de chaos quelconque.
Cela implique que :
Donc pour conclure à mon avis il faut réclamer une chose claire, simple, qualitative, qui ne peut pas être détournée, et qui rassemble : « Une assemblée constituante démocratique donc tirée au sort »
Oui, « Une assemblée constituante démocratique donc tirée au sort ».
Pourtant je trouve que nlescan a raison sur l’idée de plusieurs assemblées tirées au sort travaillant séparément mais au même moment, c’est plus malin et rapide. Ainsi il suffit de faire un référendum sur chacune des constitutions et instituer celle qui a le plus haut pourcentage de « Pour » (si les abstentions ne sont pas trop élevés).
« Nous voulons des assemblées constituantes démocratiques donc tirées au sort » serait plus juste ?
Par contre je n’ai pas bien saisi… nlescan, pourrais-tu détailler quels seraient les avantages de l’élection dans la procédure ?
Viralement,
Benoît
@ Pierre : il est possible que tu aies raison, ou peut être pas… Dans tout les cas c’est un système de ce type que j’imagine, y compris pour les tirages au sort des bouleutes municipaux et nationaux ainsi que des magistrats et ministres.
Cependant il me semble que ce que je propose est probablement plus démocratique qu’un simple tirage au sort et je dirait pourquoi je pense cela en répondant à Benoit.
La seule solution « démocratiquement supérieure » serait celle ou chaque article de la constitution est votée par référendum mais la lourdeur et la fréquence élevée des votes m’inquiète : j’ai peur d’un effet pervers ou un repartie de la population, pas encore suffisamment préparée, se désintéresserai de ces nombreux scrutins. Nous obtiendrions donc une constitution « des assidus ».
Dans ce que je propose il y a relativement peu de consultations nationales au final, ça reste raisonnable, le but étant d’avoir une bonne motivation et donc des résultats d’elections « fiables ».
@ benoit : je pense que l’avantage de l’élection est de donner plus de pouvoir au citoyen, en effet faire simplement confiance à la « lois des grands nombres » pour que le tirage au sort de nos bouleutes/constituants/magistrats/ministres/controleurs soit représentatif de la nation me semble un peu light.
L’élection est aristocratique et est un problème lorsque qu’on a des candidats ou même des listes préalablement établie de candidats puisque il est possible de les corrompre en finançant leur campagne, en noyautant leur parti, ect.
Mais si seul des programmes, donc des idées à éventuellement tenter de réaliser sont présentées et que l’on peut tous être volontaires au tirage au sort pour représenter ce pourquoi on a voté je ne vois plus comment la corruption peut se faire, ça devient beaucoup plus compliqué.
Par contre on obtiendrait des tirés au sort dont les proportions seraient bien mieux alignées avec l’opinion du peuple.
Ce qui m’intéresse c’est de donner plus pouvoir de contrôle au peuple dans le cadre du processus de tirage au sort.
Bonjour,
La culture de l’hyperconsommation a tellement bousillé l’esprit politique des citoyens, qu’il nous faudra être patients et passer par la démocratie participative exponentielle pour que la culture politique décontamine les consommateurs, et pour qu’enfin les parents redevenus citoyens, transmettent à leurs enfants qu’il faut être « politique » pour avoir « l’usufruit ».
@nlescan
A mon avis tu trouves une un peu « light » de faire confiance à la lois des grand nombres pour l’assemblée constituante ; car tu considère que la dynamique des oppositions est de type droite/gauche ou extreme gauche/gauche/centre/droite/extreme droite. (soit des groupes de proportions de même ordre de grandeur)
Or a mon avis lors du processus constituant l’opposition principale est entre les 99% et les 1%. Dans ce cas là on peut faire confiance à la lois des grand nombres. La probabilité que les 1% gagnent contre les 99% dans ces conditions est vraiment très très faible (négligeable).
Pour illustrer ça regarde les résultats des sondage sur le référendum d’initiative populaire. L’énorme majorité est pour. N’importe quelle assemblée tirée au sort sera pour.
@ Pierre Parent : ce que tu dis n’est pas totalement faux mais il y a quand même des divergences d’opinons entre le personnes, que ce soit sur le classique axe gauche droite ou même d’autres axes qui peuvent apparaître si on laisse les gens s’exprimer et présenter des projets à l’élection…
Bref, tout le monde ne pense pas pareil, chacun a des valeur a défendre et même si s’extirper des griffes de l’oligarchie est, j’en conviens, un objectif primordial, ce n’est pas le seul problème à régler.
Honnêtement je pense que mon objection à l’encontre de l’utilisation du tirage au sort pur est logique et solide.
J’ai entendu ton argument concernant le fait qu’obtenir l’adhésion du plus grand nombre à un système plus complexe serait difficile.
Je veux bien mais ça ne veut pas dire que ce système ne soit pas meilleur et plus démocratique. Si c’est le cas je crois au contraire que sa « complexité » qui n’est pas non plus démente ne sera pas un frein. Je pense que le pouvoir supplémentaire qu’il donne au citoyen peut être un argument fort pour faire progresser l’idée du tirage au sort. Ce système peut permettre de largement rassurer le citoyen vis a vis du tirage au sort en lui garantissant que les tirée correspondant à son vote ont un certain nombre d’idées en commun avec lui.
Complément au message 18 :
Le système actuel met en compétition des dogmes (qui par ailleurs sont trahis) tandis que le tirage au sort redonne leur force naissante aux idées non conventionnelles.
« je trouve que nlescan a raison sur l’idée de plusieurs assemblées tirées au sort travaillant séparément mais au même moment » (message 15)
J’avais aussi poussé ce pion il y a environ un an.
Je suis donc d’accord 😉
Un argument :
Le referendum fonctionne en tout ou rien ( et c’est d’ailleurs un outil de la dominance qui en use pour faire valider par le peuple ce qui n’est pas idéal pour lui ) et si par hasard dans le cas d’une assemblée unique le produit fini est bancal, le peuple n’a que le choix entre le pire et le moins bon.
A ce propos, nous n’avons pas écrit ni tenté d’écrire le « cahier des charges de la démocratie » et un tel document (avec variantes) sans être contraignant, serait précieux pour une assemblée de simples citoyens non formés à une mission aussi grande.
La solution de l’assemblé polymorphe est intéressante, mais on peut l’enrichir en prévoyant un round supplémentaire de mise en relation des groupes constituants.
Et partant de cette idée, mais ça devient compliqué (et l’argument de la complexité, avancé plus haut comme frein à la réalisation du souhait est recevable), pourquoi ne pas imaginer un réseau dense d’assemblées constituantes locales, intégrant tout citoyen volontaire, interconnectées, et accouchant par approximations successives (ici le tirage au sort peut intervenir) de une à trois assemblées terminales.
Super ! Je salue cette convergence d’idées !
Sur ta proposition il faudrait que tu développes, dit comme ça j’ai du mal a imaginer ce que ça pourrait donner concrètement, quels techniques seraient utilisées pour créer les interconnections et « accoucher » des approximations dont tu parles ?
Et le mix élection/tirage au sort ? Des objections ?
Youpy !!! Bonne nouvelle !
Étienne CHOUARD plébiscité, recommandé et mis en lumière
avec de larges citations tout au long de l’article du 17 juillet 2013 sur le site
Libre Vent :
http://librevent.fr/comprendre-leconomie-et-lhistoire-de-notre-epoque/
Félicitations Étienne tu prends le bon Vent 🙂
« mais aussi propice au temps disponible pour la réflexion » pas au temps disponible de TF1 LOL ! « avec des textes sortant tous des chemins et lieux communs généralement diffusés par les nombreux systèmes d’informations classiques et officiels. »
Excellent l’humour du rédacteur de cet article dans sa présentation des 5 livres que ce site propose de lire cet été !
Merci à ce site indépendant des médias officiels, il faut encourager ce site ! Soyons nombreux et nombreuses à commenter cet article en soutien et aussi à développer et encore mieux faire connaitre l’action citoyenne d’Étienne !
@22
rhooooo, tu me demandes de bosser 😉
Le cahier des charges de la démocratie pourrait contenir entre autres une phrase que certains jugeront onirique : « Tout citoyen doit à tout instant avoir la certitude de pouvoir être entendu et de pouvoir participer à la codécision ».
Il doit pouvoir passer d’un désintérêt chronique à la passion dans l’instant : c’est l’une des conditions nécessaires à la non prise de pouvoir par des « VIP » tenaces.
Si on l’accepte, il peut certes y avoir des variantes, mais la topologie et l’organisation des assemblées délibératives est assez facile à prévoir, dans les grandes lignes.
A noter que vue comme ça la démocratie ne peut se contenter du tirage au sort, car l’égalité des chances de participer, souvent invoquée comme justification clef du tirage au sort, n’est pas la participation universalisée.
Pour ce qui est de leur interconnexion et des migrations de délibérants, les pièges sont les pièges habituels et donc les solutions avancées sur ce site prennent leur pleine puissance. Il s’agit de choisir des tisserands réalisant la trame des échanges, un peu comme les rémouleurs au moyen-âge ;), ils peuvent être nommés ou tirés au sort, ainsi que ceux qui les surveillent.
De façon générale, en assemblée publique, ceux qui parmi nous s’expriment dans le monde réel, nous sommes un peu limités/légers face à la question récurrente posée par ceux qui ne croient pas à la démocratie à grande échelle. Nous devons travailler ce thème et ce que j’écris ici n’est que piste, sans prétention.
Je précise que je suis également plutôt favorable à plusieurs projets de constitutions menés par plusieurs assemblées tirées aux sort en parallèle. Et le décision finale serait prise par référendum.
A mon avis les assemblées tirées au sort ne devraient avoir que pouvoir de proposition et pas de voter à la place des citoyens. En ce sens il ne me parait pas extrêmement problématique qu’il y ai des fluctuation dans les représentation des différente opinion à l’assemblée au cour du temps. Je dirai même que ça pourrai être plutôt bénéfique dans le sens ou ça permettrait de varier un peu les propositions de lois.
Pour des mandats de 6 mois, et une assemblée de 500 personnes il faut tirer 3 personnes au sort chaque matin. Donc les proportion d’opinions fluctueraient gentiment au cour du temps, tout en restant largement contrainte par le loi des grands nombres.
Enfin je pense qu’il faut réfléchir à la question de comment réaliser des assemblées populaires ou vient qui veut pour voter les lois.
Merci à vous d’avoir signé la
pétition demandant une Assemblée Constituante tirée au sort
http://www.avaaz.org/fr/petition/Une_Assemblee_Constituante_tiree_au_sort/
Sur les modalités, une ou plusieurs constituante, on aura le temps de faire ce choix, avec les futures recrues de cette revendication (on ne vas pas décider nous seuls, nous ne serions pas légitime).
En revanche, on pourrait mettre dans un texte
une liste de modalités possibles pour réaliser ce tirage au sort et organiser le travail des Constituants.
1. Parmi qui tirer au sort ?
- age ?
– prérequis ? niveau d’étude ?
– pré-sélection citoyenne ? oui/non comment ?
– volontariat préalable/postérieur ?
– étapes intermédiaires
2. Formation postérieure au tirage au sort
- légitimité des formateurs ?
– sélection par l’analyse de conflits d’intérêts
– conférences débats contradictoires
– spécialisation des constituants ?
(travail de commission)
Analyse de propositions citoyennes
– économie
– droit des personnes
– référendum
– droits des personnes
– sécurité
-
etc .…
Bonjour,
Démocratie n’est peut-être plus un mode politique à envisager.
Peuple et pouvoir ne sont peut-être plus des termes appropriés avec notre époque.
Maintenant que les peuples s’accordent et que le pouvoir est reconnu comme moyen pour abuser des autres, il est peut-être temps de s’orienter vers une politique à dimension humaine et universelle…
@ nlescan
j’aurais à objecter que ton système aura tendance à proposer des constituions pour la « gauche » (ce que je ne souhaite pas) et des constitutions pour la « droite » (ce que je ne souhaite pas, et toi non plus je crois).
Le tirage au sort permet une représentativité DES opinions politiques (entre autre) de la « cité ». Il n’est pas souhaitable que la règle qui contraint les pouvoirs, soit partisane, oriente et lèse toute une partie de la population. La constitution doit permettre l’égalité pour tous et donc l’assemblée doit prendre en compte les objections et sensibilités de chacun.
@ J‑Stéphane
« Démocratie n’est peut-être plus un mode politique à envisager.
Peuple et pouvoir ne sont peut-être plus des termes appropriés avec notre époque. »
En gros je lis : peut-être faudrait-il se laisser voler les mots…
J’ai pas dû comprendre, est-ce une blague ?
Cordialement
@ Benoit : je contestes ce que tu dis, dans le système que je propose toutes les assemblées constituantes simultanées sont tirée au sort dans les listes de votants proportionnellement aux résultats donc les assemblées ne seront ni de droite ni de gauche mais bien représentatives de l’ensemble des différents courants de pensée du pays (de droite de gauche d’en haut d’en bas de derrière de devant, de ou tu veux).
Apres je vais vous dire un truc dont je suis persuadé : du moment que les partisans du tirage au sort ne mettront pas un peu d’eau dans leur vin pour proposer aux gens quelque chose dont ils peuvent tirer des avantages supplémentaires sans leur retirer ceux qu’ils croient déjà avoir (a tort ou a raison) nous n’arriverons jamais a convaincre nos concitoyens.
Les gens sont persuadés que leur vote leur permet d’influer sur la ligne politique du pays (a tort ou a raison, ce n’est même pas mon débat). Du moment que le tirage au sort que vous leur proposez leur enlèvera la possibilité de faire ce choix qu’ils ont été conditionnés a considérer comme un droit inaliénable ça ne prendra pas plus que ça (et meme en vous escrimant a expliquer qu’ils vont pouvoir beaucoup plus influer sur les décisions).
Le mix élection de programme/tirage au sort résout ce probleme tout en conservant toutes les vertus anti corruption du tirage au sort qui sont celles qui nous intéressent…le tirage au sort pour le tirage au sort objectivement on s’en fout.
Et un mot au niveau de clivage gauche droite : a ceux qui s’imaginent que ces clivages seraient dépassés et qu’il faut militer pour qu’il disparaissent je vous dis la chose suivante : peu importe que je sois d’accord ou non avec vous, ce qui est parfaitement certain c’est que la majorité des gens eux y croient dur comme fer, s’attaquer a ce clivage est une perte de temps et d’énergie considérable qui a mon sens est complètement inutile. Le combat contre les partis, les clivages, les divergences d’opinons est perdu d’avance, vous êtes face a une hydre : coupez lui une tète il en repoussera deux.
Le projet démocratique plutôt que de s’attaquer frontalement a ces problèmes sans aucune chance de les résoudre devrait plutôt chercher a les contourner, à les intégrer, a faire en sorte que chaque citoyen y trouve son compte. Il faut absolument chercher a minimiser les objections à l’encontre du système démocratique et pour cela il faut accepter d’y intégrer, au moins en apparence les elements constitutifs de la vie politique actuelle.
@nlescan
Tu raisonnes encore comme si on faisait le tirage au sort à la place de l’élection et que les tirés au sort décideront à notre place.
Or à mon à vis encore une fois les tirés aux sort ne peuvent avoir que force de proposition. Pour l’assemblée constituante soumise à référendum. Et pour une assemblée législative tirée au sort : soumis au votes d’assemblées populaire ou vient qui veut.
Si tu dis juste on remplace l’élection par le tirage au sort alors oui on peut avoir peur de perdre un certain pouvoir.
Si tu dis on instaure le tirage au sort et des assemblées ou vient qui veut. Toutes les lois seront votées par ces assemblées. Si tu dis au gens « vous pourrez voter les lois, plutôt que de voter pour les candidats ». Alors tous le monde comprendra que leur vote influera beaucoup plus qu’avant.
@ Pierre Parent
Nous n’avons pas besoin de tirés au sort, les assemblées suffisent, il n’y a rien que le peuple ne puisse faire lui-même.
Ce n’est pas le tirage au sort qu’il faut prôner, c’est la démocratie. Le tirage au sort n’est pas la caractéristique de la démocratie, ce n’est qu’un moyen de désigner des fonctionnaires dont nous pouvons aujourd’hui techniquement nous passer.
Bien amicalement
J.C
@Pierre Parent
Pas du tout, tu te trompes complètement.
Mon raisonnement se situe a plusieurs niveaux :
- d’une je suis certain qu’on aura beaucoup moins de difficultés a faire progresser l’idée du tirage au sort si on ne cherche pas a pourfendre la droite ou la gauche le centre, les partis, je ne sais quoi encore, et qu’on ne s’attaque pas frontalement au mythique et quasi divin suffrage universel direct…Je vais te dire je suis même pour qu’on continue d’élire un président au rôle uniquement protocolaire pour pas trop bousculer les coutumes des gens et pas trop être moins embetés par les anti demorates…
- de deux la gentille théorie du tiré au sort qui fait calmement ce que le peuple a voté, et qui le fait bien, alors qu’il pense exactement le contraire dans son fort intérieur, je pense que ça peut poser beaucoup de problèmes : je pense que c’est bien mieux si les tirés au sort sont en accord avec ce qu’on leur demande de faire..
- de trois, on peut tourner autours du pot tant qu’on veut le fédéralisme implique une dose de représentation, qui applique des votes populaires tout ce que vous voudrez : il n’empêche. Mon système permet d’avoir des représentants fédéraux qui seront a la foi élus pour leurs choix politiques et tirés au sort…ça couvre les deux axes, garde les vertus des deux systèmes sans les corrompre…
ou alors que l’on me dise ou je me plante avec des argument sérieux parce que mon truc je l’ai retourné.
Bonjour,
Il me parait difficile d’écrire les lois nous-même de manière directe. On est trop nombreux pour les écrire, mais pas pour les voter.
De plus les lois sont une chose suffisamment sérieuses pour qu’il faille qu’il y ai des gens à plein temps à réfléchir dessus.
Donc je pense que le tirage au sort est nécessaire pour avoir une assemblée qui rédige des propositions de loi, ou de constitution, ou pour d’autre rôles similaires.
Est-ce que vous voyez une autre manière d’écrire les propositions de lois ?
Amicalement,
Pierre.
@ JC : de mieux en mieux, après avoir arrête de bosser parce que des machines fabriquées par d’autres machines conçues par des machines qui réfléchissent le font a notre place nous profitons tous de richesses abondantes et illimitées et nous n’avons même pas besoin que qui que se soit s’occupe de faire appliquer nos décision puisque le sait esprit de Venus descend sur terre pour nous aider a instaurer le paradis de la glande futuriste. Mais en attendant il bikrave des DVD et quémande des dons paypal libellés en dollars…
@nlescan
1)Oui je ne suis pas contre non plus garder un président élu avec très peu de
pouvoir, et plutôt du pouvoir diplomatique et de représentation à l’étranger disons.
2)Je n’ai jamais parlé d’obliger les tirée au sort à faire ce qu’il n’ont pas
envie, ou le contraire de ce qu’il pensent. Leur rôle serait de proposer des lois. Il proposent alors ce que bon leur semble !
(sans contrainte du peuple ou de qui que ce soit). Ensuite c’est le peuple qui vote la proposition de loi. Ce n’est alors
absolument plus du ressort des tirés au sort. Il n’ont plus aucun pouvoir et plus rien à faire à part prendre connaissance des résultats.
3)Je précise que je ne suis pas personnellement pour le fédéralisme au moins dans un premier temps. Je pense qu’aujourd’hui le plus simple est le plus
souhaitable est d’abord d’instaurer une démocratie à l’échelle de la France. Ensuite une fois que l’on sera en démocratie nous pourront réfléchir à une éventuelle décentralisation des pouvoirs d’une part, et de l’autre à une éventuelle fédération à
plus autre échelle.
A mon avis ton système peut être
intéressant, mais pas pour une première constituante pour les raisons que j’ai évoquées plus haut. Il y a tout de même des objections auxquelles il faudra réfléchir. Par exemple, comment on fait si un groupe de personnes se présente pour une liste alors qu’ils ne sont pas d’accord du tout
avec l’idée mais ont un plan pour se faire élire et détourner l’idée originale…
Amicalement,
Pierre.
Bonsoir,
@ 29,
Non Benoît, ce n’est pas une blague, c’est juste que j’ai parfois le sentiment que l’on fasse un blocage sur un vieux souvenir que l’on n’a jamais réalisé, et qu’au lieu de devenir adulte on cherche absolument à vivre un moment manqué de notre enfance, ou plutôt volé pour être plus juste.
Il me semble que l’humanité arrive à un moment de son évolution où elle prend conscience que la définir en tant que peuple la divise, et que le pouvoir crée des conflits.
Donc il serait peut-être préférable pour notre évolution de chercher à innover politiquement.
@ Pierre Parent
Il est tout à fait possible de débattre en groupe, il faut juste réapprendre à communiquer.
@ nlescan
Tu as parfaitement résumé le projet, je n’ai rien à redire. J’aime beaucoup la façon dont tu l’as présenté. Je te conseille de garder ce message en souvenir, dans quelques années tu l’appréciera au moins autant que moi 😉
Bien amicalement
J.C
@ Pierre Parent :
En partant du principe que la cellule de base d’une démocratie pour diriger le pays tu est bien obligé de passer par une fédération (qui est une forme de représentation) ou un autre système utilisant une part de représentation…
Il me semble en tout cas.
Pour le cas des plaisantins qui voudraient se « présenter » à une liste et détourner le projet avec le système que je propose ça risque d’etre assez compliqué :
Pour te « présenter » à une liste tu dois voter pour, en fait on se porte volontaire par son vote que l’on accepte de rendre publique…
A partir de la c’est assez difficile de « noyauter » une liste : n’importe qui peut y figurer, il suffit de voter publiquement pour.
Tu crois vraiment que les gens qui sont contre un projet vont voter pour en sachant qu’ils ont très peu de chances d’être tirés au sort et qu’il y a de fortes probabilités que les tirés au sort issus de cette liste essaieront sincèrement d’en défendre le programme ?
Personnellement j’y crois pas trop, ce serait vraiment le complot de la loose.
@ JC : franchement j’aimerai bien que tu sois en mesure de me clouer le bec dans quelques années, pour de vrais, j’y crois pas trop malheureusement mais franchement je suis de tout cœur avec vous les gars, appelez moi quand la paradis de la glande gratos sera prêt, moi je suis chaud.
@ Pierre parent : la premiere phrase du post 39 dit en fait « En partant du principe que la cellule de base d’une démocratie EST LA VILLE, pour diriger le pays tu est bien obligé de passer par une fédération.
@30
« donc les assemblées ne seront ni de droite ni de gauche mais bien représentatives de l’ensemble des différents courants de pensée du pays »
Bon, je comprends toujours pas comment tu peux en arriver là avec l’élection. Mais de toute façon on arrive au même résultat avec seulement le tirage au sort et en plus c’est incorruptible contrairement à l’élection grandement influençable (même pour le vote d’un programme).
Si c’est pour palier aux tirés au sort qui ne seraient pas volontaire et qui biaiseraient la proportionnalité, je ne pense pas que tirer au sort des volontaires soit préférable.
Car dans ce dernier cas on exclurait en plus les personnes qui n’aurait pas été volontaire mais comme ils ont été tirés au sort, pourraient se dire « pourquoi pas ».
Ca a son importance comme disait Alain : « Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres mais de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Les pires gouverneront. »
@16 Il me semble que tu n’as pas totalement intégré le discours touffu d’Etienne à en juger par certaines phrases :
« je pense que l’avantage de l’élection est de donner plus de pouvoir au citoyen, en effet faire simplement confiance à la « lois des grands nombres » pour que le tirage au sort de nos bouleutes/constituants/magistrats/ministres/controleurs soit représentatif de la nation me semble un peu light. »
Si la loi des grands nombres est bien « light », comme tu dis, c’est bien là l’un de ses avantages, en plus d’être mathématiquement vérifiée.
Comment l’élection peut-elle bien « donner plus de pouvoir » ?!
Voir entre autre « 7 vices de l’élection et 11 vertus du tirage au sort » dans ce pdf qui m’a bien été utile d’imprimer (en papier et dans ma tête ^^) pour convaincre : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Documents_conferences/centralite_du_tirage_au_sort_en_democratie.pdf
Si ces programmes pour lesquels ont aurait à choisir ne contribuent pas à « partitionner » les volontaires selon leurs opinions, alors je ne vois pas à quoi leur contenu peut ressembler. Aurais-tu des exemples de ces programmes ? Et en quel mesure influenceront-ils les projets de constitution ?
La corruption de programmes n’est pas plus compliqué que celle de candidats. Il suffit de médiatiser deux programmes oligarchiques que l’on fait passer pour les seuls raisonnables et faire croire que les différences sont importantes.
Ca rappelle quelque chose, non ?
Et reprendre le contrôle des médias avant que le peuple souverain ait décidé de la constitution pourrait prêter le flanc à la critique et ne serait peut-être pas possible en terme de rapport de force.
@31
Et pour ceux qui veulent absolument des élections en démocratie, y a celles pour les postes où il y a besoin de compétence comme les stratèges militaire (et qui doivent obéir au peuple pour rester en poste!). ça a quand même vachement plus de gueule que nos élections (qu’une majorité avoue subir « faute de mieux »).
J’ai proposé ici
un système pour le volet législatif d’une démocratie qui me parait tout à fait réalisable. En tous le cas jusqu’à maintenant personne ne m’a opposé d’objection qui montrerai que l’idée est impossible.
Donc le volet législatif serait basé au niveau national sur 3 points :
。Les assemblées tirées au sort ont pour seul but de préparer et proposer les lois (les écrire ainsi que les amendements possibles). Les tirés aux sorts ne votent en aucun cas ces lois et n’ont donc aucun pouvoir de décision sur l’adoption des lois.
。Des assemblées existent dans tous le pays (dont le nombre de places additionnées est au minium 5 000 000 ), chaque citoyen peut venir s’il le désire dans n’importe quelle des assemblée de France, la limite des capacités (sachant que l’ordre du jour est bien sur publié à l’avance), des débats sont organisés (le dimanche principalement) sur les lois proposées par la chambre tirée au sort, suivit d’un vote sur la loi (à main levée ou autre) dans chacune des assemblées, le résultat du vote de chaque assemblée est directement publié via internet, et la somme sur toutes les assemblées du pays, donc le résultat final du vote centralisé est obtenu instantanément. Et en même temps tous le monde peut vérifier, le score de son assemblée étant publié on peut vérifier que c’est bien le bon (et aussi que la somme est correcte). Toute personne pour voter doit avoir assisté au débat.
。Le référendum d’initiative populaire permet au peuple d’imposer directement sa volonté (sans passer par les tirés au sort): proposer une loi, en abroger une, révoquer un représentant, ou modifier la constitution.
Qu’en penses-tu ? Il me semble que si on doit dissoudre la nation pour avoir une démocratie alors ça complique tout. Je ne suis pas sur que les gens soit d’accord pour abandonner l’idée de la France. Et je suis pour isoler les modifications quand c’est possible. Donc commencer par un démocratie en France.
@Pierre Parent : Il y a du bon dans ce que tu proposes…loin de moi l’idée de vouloir dissoudre la France, surtout pas, la France pour moi est avant tout un peuple, le mien, avec sa culture, la mienne, son pays, le mien,je ne suis pas du tout contre la nation moi, je suis patriote, altermondialiste aussi c’est vrais mais je ne veux rien diluer du tout.
Quand je parle de fédéralisme, je parle de fédérer les villes Françaises. C’est une vielle idée anarchiste. Je ne sais pas si c’est la meilleure façon d’organiser la gouvernance démocratique du pays mais c’est une possibilité.
@Benoit :
« Bon, je comprends toujours pas comment tu peux en arriver là avec l’élection. Mais de toute façon on arrive au même résultat avec seulement le tirage au sort et en plus c’est incorruptible contrairement à l’élection grandement influençable (même pour le vote d’un programme). »
Parce que tu n’as pas bien lu ou que je m’exprime mal.
Je reprend : tu as des programmes, les gens votent, quand tu votes pour un programme tu peut choisir de le faire publiquement auquel cas tu est dans la liste des gens que l’on peut tirer au sort.
Une fois l’élection effectuée tu as des résultats avec un pourcentage pour chaque programme.
Tu utilises ces proportions pour tirer au sort des gens dans les différentes listes.
résultat des courses tu obtiens des assemblées de tirés au sort représentative des opinions exprimées lors du vote.
J’espère que c’est plus clair.
La citation d’Alain est très bonne, je suis plutôt d’accord…n’empêche qu’en Grèce c’était des volontaire que l’on tirait au sort…bref, cette objection est probablement la meilleure dans ta liste mais tu ne peux pas obliger les gens à faire des choses qui ne les intéressent pas et le coup du « oh ben ouais pourquoi pas » je ne sais pas…avec le système que je propose il est très facile d’être volontaire au tirage au sort, le « oh ben ouais pourquoi pas » on se le fait tout seul en choisissant de voter sans entrer dans l’isoloir, je pense que c’est valable.
La loi des grands nombres est surtout extrêmement approximative : il suffit de comparer le résultats des sondages et la réalité pour se rendre compte que les écarts sont importants et justifient un système qui comporte moins de hasard.
Bien sur que les programmes servent a faire des choix, évidement, c’est exactement le but.
En fait c’est fou, tu donnes l’impression de tellement nier les divergences d’opinions que tu crois qu’en faisant l’autruche elles vont disparaître…Il n’y a aucune logique la dedans.
Moi les différences d’opinion je veux les prendre en compte, demander aux gens ce qu’ils pensent puisque c’est eux qui commandent et tirer les gens au sort proportionnellement aux résultats. C’est simple, logique, ça comporte les avantages du tirage au sort combinés à la décision prise lors d’un vote.
Et la soit disant corruption des programmes serait tout à fait compliquée : tu auras beau faire deux programmes présentés comme « raisonnables » tu sera bien obligé d’y mettre quelques projets qui plaisent aux gens si tu veux qu’ils les votent, sans tirage au sort pas besoin de tenir de promesse puisque le candidat est dans la combine…mais si tu tires au sort de simple citoyens qui ont vote pour : les mecs vont vouloir appliquer le programme, avec les promesse, tout le bazar.
ça change tout, des que tu mets du tirage au sort ça change tout..
Et je suis contre l’élection des stratèges, je suis pour qu’ils soirent tirés au sort comme les autres, simplement parmi les personnes compétentes et proportionnellement au vote du peuple (dans le système que je propose), comme les autres.
Je suis totalement opposé a ce que l’on donne plus que des rôles protocolaires a des élus, je ne veux que des tirés au sort.
De élus on peut en avoir quelques uns, des maires qui représenteraient la ville lors des vernissages, un président qui irait accueillir les représentants étrangers à l’aéroport, éventuellement un conseil de sénateurs maires qui donneraient leurs avis mais sans réel pouvoir de décision…ça s’arrête la, pour les choses sérieuses : des tirés au sort.
On a écrit plus haut : « Nous n’avons pas besoin de tirés au sort, les assemblées suffisent, il n’y a rien que le peuple ne puisse faire lui-même. »
Dans cette vision : ->
Y a‑t-il des assemblées locales, régionales, nationales, continentales, mondiales ?
Qui va rendre compte à Neuilly des conclusions de Barbès, et à Berlin de celles de Collioures ?
Tout membre d’une assemblées est il légitime à en diffuser les conclusions ?
Que se passe-t-il en cas de conclusions divergentes de deux assemblées ?
Qui des membres de deux assemblées divergentes va participer à l’échange réparateur s’il en est décidé un et par qui et comment ?
Comment va-ton concilier/harmoniser l’intérêt général (mis au jour par délibération) et l’intérêt local (mis au jour lui aussi par délibération)?
Quelles sont les compétences de la souveraineté locale et celles de la souveraineté globale ?
Bonjour,
On peut envisager que la souveraineté locale s’arrête où commence une autre, ou dit autrement, la souveraineté citoyenne s’agglomère autour de besoins communs, et pour ça, il faut aussi définir la notion d’ingérence.
C’est vrai que je comprends pas bien en fait l’interet de cette idée de fédération de communes.
En effet soit l’essentiel du pouvoir de décision est gardé au niveau de la nation et alors il y a forcement délégations (lors du passage de la commune aux échelons supérieurs), représentation, et donc perte de souveraineté populaire qui pourrait s’exercer directement.
Soit on donne de larges pouvoirs aux communes (d’écrire leur propres lois sur des sujets important), et alors au delà de dissoudre la nation, on s’expose à de gros problème prévisible de loin. Comme par exemple, un groupe organisé qui se rassemble et s’installe dans une commune pour y être majoritaire et imposer sa loi. (Et un certains nombre d’autres chose dont j’avais mis en garde dans le post dont j’ai donné le lien plus haut, et sûrement d’autres auxquelles on aurait pas pensé).
Si quelqu’un peut me montrer un interet particulier que je n’aurai pas vu, à cette idée de fédération, je suis preneur.
–@nlescan :
Concernant l’objection du noyautage je ne suis pas convaincu que ça ne puisse pas arrivé. Un parti puissant et organisé puisse massivement détourner un projet encore naissant (et donc avec une faible adhésion publique) mais dangereux.
J’ajoute une seconde objection. Sitôt qu’un projet est écrit par un autre, non-seulement il y a des différences d’interprétations, mais aussi personne ne sera jamais d’accord avec 100% du projet. Donc un tirée au sort qui a voté sincèrement pour un projet peut ne pas vraiment le représenter. Par exemple que doit faire un tiré au sort si on en vient à une question sur-laquelle son idée personnelle est opposée à l’idée écrite dans le projet pour lequel il a voté ? (car il n’était d’accord qu’à 80% avec celui-ci)
J’ajoute que quand on réfléchit à un système, il faut se dire que probablement il va y avoir dans celui-ci des choses qui arrivent aux-quelles ont avait pas pensé en l’écrivant. Donc déja il faut au moins résoudre toutes les choses auxquelles on pense qu’elle pourraient se passer.
Pierre.
@ Ana,
Pour rester accessible de chaque citoyen, les assemblées devraient être locales, présentes dans chaque citées. Le compte rendu des débats et des décisions qui en auront découlé devront être rendu public de sorte que tout autres assemblées sur des sujets similaires puissent être informées des fruits des expériences qui l’ont précédés.
Le point ici est de savoir comment les décisions sont prises. Si par exemple sur un même problème deux assemblées arrivent à des conclusions divergentes, il se peut que leurs conditions soient différentes et justifient des conclusions différentes. Le but est de trouver les solutions les plus appropriés pour chacune.
Quelles pourraient être les causes de conflits ?
Il est intéressant de se demander en quoi les intérêts de différentes assemblées pourraient diverger.
Si on est encore dans un système de compétition avec des financements, on aura toujours besoin d’une autorité supérieure à un niveau plus global pour prendre le dessus sur les décisions conflictuelles du local. On ne peut se débarrasser ainsi d’un système hiérarchique pyramidale et d’un pouvoir fort qui prends l’ascendant au nom du bien commun et de la cohésion sociale.
Si par contre on sort de cette logique de compétition fondée sur le rationnement alors on peut se permettre de chercher les décisions les plus pertinentes pour tous par l’application du meilleur des connaissances au profit des besoins de chacun.
La vrai cause des problème et ces solutions résident dans le fait d’obtenir ou non l’abondance. Qui dit abondance dit partage et absence de conflits. Qui dit pénurie (ou rareté) dit conflits.
Il n’y a que deux choses à résoudre : 1) avons-nous les ressources (matières premières) nécessaire pour produire tel ou tel bien et 2) avons nous les capacités techniques et les connaissances nécessaires pour les transformer et les rendre disponibles pour chacun.
En dehors de ces deux questions, tout le reste est superfétatoire et uniquement jeu de pouvoir.
Bien amicalement
J.C
@44
C’est un peu plus clair, merci.
Mais je n’ai toujours pas eu de réponse à : « Si ces programmes pour lesquels ont aurait à choisir ne contribuent pas à « partitionner » les volontaires selon leurs opinions, alors je ne vois pas à quoi leur contenu peut ressembler. Aurais-tu des exemples de ces programmes ? Et en quel mesure influenceront-ils les projets de constitution ? »
J’imagine un programme du genre « un pays fort économiquement » est séduisant pour tous ceux qui n’auraient pas déconstruit le discours dominant. C’est pourtant un programme néfaste à la démocratie car en faveur des marchands, de la ploutocratie (voir Rousseau sur le « capitalisme » : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/12/08/285-sur-jean-jacques-une-conference-re-mar-quable-avec-barbara-de-negroni-yves-vargas-et-dominique-pagani)
« En fait c’est fou, tu donnes l’impression de tellement nier les divergences d’opinions que tu crois qu’en faisant l’autruche elles vont disparaître…Il n’y a aucune logique la dedans. »
En fait c’est tout le contraire. Je ne nie en rien les divergences d’opinions.
Je ne les classe cependant pas sur le barème « gauche/droite » calqué sur le schéma arbitraire (qui choisit ? Choix politicien ?) de l’hémicycle qui nous enfume.
Je me base sur les notions concrètes de défenseur de la démocratie/anti-démocratie. Conscient des multiples divergences d’opinions dans tout groupe (même au sein d’un parti, d’une famille, de frères jumeaux, d’un couple même fusionnel…) il est sain qu’elles soient débattus avec l’ensemble du groupe (et à défaut une part réellement représentative, donc tirée au sort). L’assemblée constituante doit être représentative de l’assemblée citoyennes car elle doit la préparer en l’inscrivant. De même que les citoyens ne devront pas choisir entre plusieurs assemblées citoyennes (ou plusieurs Conseils tirées au sort) divisées selon leurs différentes sensibilités politiques.
Ca serait dangereux pour la démocratie, je trouve.
« tu auras beau faire deux programmes présentés comme « raisonnables » tu sera bien obligé d’y mettre quelques projets qui plaisent aux gens si tu veux qu’ils les votent »
« quelques projets qui plaisent », c’est fort probable mais ce qu’on veut c’est la meilleur constitution possible pas des miettes qu’on nous présentera comme des avancées incontournables.
« si tu tires au sort de simple citoyens qui ont vote pour : les mecs vont vouloir appliquer le programme, avec les promesse, tout le bazar. »
Dans ces deux programmes (mais possiblement plus pour donner davantage l’illusion du choix, comme on le voit pour les partis) se présenteront tous les oligarques « prestigieux », la clique des chiens de garde et ce sera mécaniquement un nid à citoyens endoctrinés. Presque impossible qu’il n’en sorte pas des constitutions néfastes à l’intérêt général.
Ca revient quasiment à des constitutions écrites par des professionnels de la politique !
Pour citer Etienne : « Le Talon d’Achille des riches est à la portée des pauvres, mais à condition que les pauvres cessent d’être aussi orgueilleux en croyant stupidement (et en déni de tous les faits contraires qui leur donnent tort) que leur volonté collective (pourtant facile à tromper) est meilleure que le hasard (pourtant incorruptible) dans la désignation des serviteurs politiques de la Cité. »
Viralement,
Benoît
Je vous propose de lire ma proposition pour créer un parti au service du peuple pour qu’il accède au pouvoir, en espérant qu’elle ne vous déplaira pas totalement.
Merci de m’exposer vos objections, modifications, points faibles ou autre…
Pour reprendre la phrase d’Étienne trouvée ici http://etienne.chouard.free.fr/wikiconstitution/index.php?title=Constitution_nationale_d%27origine_citoyenne_%C3%89C :
« Comme tout chantier, il comporte des répétitions, des lacunes, des choses mal dites, vous avez raison mais ne m’en veuillez pas et venez plutôt m’aider à progresser : cet objet est commun, historique et libérateur (on peut y croire :o) »
Charte du parti « Pour la Démocratie »
Introduction
Nous, simples électeurs du « gouvernement représentatif », faisons le constat de notre impuissance politique.
Nous constatons que le pouvoir que nous déléguons aux élus, sert les intérêt d’un petit groupe, l’oligarchie.
Nous constatons que l’élection est par définition aristocratique et dérive en oligarchie si le respect de l’intérêt général, que doit garantir l’aristocratie pour rester au pouvoir, n’est pas sévèrement contrôlé.
Nous nous rappelons que la Démocratie est apparu avec l’aide de l’aristocratie.
Nous émettons l’hypothèse, qu’au sein même de notre système, il est possible de combiner les éléments aristocratiques de l’élection et ceux démocratiques du tirage au sort afin d’arriver à la Démocratie.
Article I
Les candidats et les élus s’engagent à promouvoir et défendre le programme du parti et les idées qui en sont liées.
Les élus s’engagent à appliquer scrupuleusement leur mission, inscrite dans le programme du parti.
Les adhérents volontaires et tirés au sort en tant que magistrats, s’engagent à l’exécution des tâches nécessaires au bon fonctionnement du parti.
Les adhérents volontaires et tirés au sort au sein de la commission des comptes s’engagent à vérifier honnêtement le bon usage des comptes du parti. En cas de malversation
Article II
Le parti ne peut être séparé de ses institutions protectrices garantissant le désintéressement, l’intégrité et le respect de la mission de ses candidats et de ses élus.
Définition
Le mandat désigne la charge de l’élu, du candidat ou du tiré au sort appartenant au parti.
Annexe I
Les institutions protectrices.
Le volontariat :
Avant chaque élection les adhérents qui y voteront, éliront le candidat du parti qui s’y présentera.
Ce choix est fait parmi les adhérents se présentant.
L’incitation aux justes :
Les adhérents peuvent choisir les personnes qu’ils jugent les meilleurs par parmi leurs connaissances.
Celles-ci devront être volontaires et adhérer.
La docimasie :
Inéligibilité au mandat de tout individu jugé fou ou condamné pour tout abus de ses fonctions.
L’ostracisme :
Chaque adhérent peut inscrire le nom d’un individu qu’il juge dangereux sur un registre infalsifiable.
Celui qui est cité par plus de 10 % des adhérents, est exclu du parti pendant 10 ans.
La révocabilité :
A tout moment, tout adhérant à le droit de proposer la destitution d’un candidat ou d’un élu. L’ensemble des adhérents sont invités à voter.
Si les adhérents votent en majorité pour la destitution d’un candidat, une élection est préparé au sein du parti pour le remplacer ; pour la destitution d’un élu, le vainqueur de la nouvelle élection le remplacera. Le révoqué reçoit une punition et est exclus du parti.
Si les adhérents votent à moins de 20 % la destitution, l’instigateur de la demande reçoit une punition et est exclus du parti.
La reddition des comptes :
A chaque fin de mandat d’un candidat ou d’un élu, les comptes sont inspectés.
En cas de bon usage, celui-ci est récompensé.
En cas de mauvais usage, celui-ci est puni.
La mise en accusation :
Chaque adhérent peut, à tout moment, accuser tout autre adhérent ayant enfreint les règles exposés dans cette charte. L’ensemble des adhérents sont invités à voter. Si les adhérents votent en majorité pour la condamnation de l’accusé, celui-ci reçoit une punition et est exclus du parti.
Si les adhérents votent à moins de 20 % la condamnation, l’accusateur reçoit une punition et est exclus du parti.
La modification
Toute modification de cette charte doit ne peut être faite qu’avec l’accord de plus de 70 % des adhérents votant.
Annexe II
Le programme du parti.
L’élu, contraint par la signature de cette présente charte, jure solennellement utiliser tous les moyens en son pouvoir pour donner au peuple le pouvoir, par l’organisation des prises de décision par une assemblée citoyenne et autres initiatives.
La mission ultime de l’élu est d’instaurer des assemblées constituantes tirés au sort (entre 4 et 10) chargées d’écrire la nouvelle constitution.
Ces assemblées ont tous les moyens nécessaire au bon déroulement de son travail jusqu’à son achèvement.
Une rencontre entre les assemblée doit être organiser pour débattre, s’enrichir d’idées intéressantes et rejeter celles nuisibles.
Une fois finies, ces constitutions sont soumises chacune à un référendum.
La constitution qui obtient le plus haut pourcentage d’adoption est institué.
En cas d’abstentions supérieur à 50 % des inscrits, de nouvelles assemblées constituantes sont tirés au sort.
La signature de la charte du parti « Pour la Démocratie » entraîne l’acceptation de celle-ci et l’obtention du titre de « adhérent » au parti.
Quelqu’un a écrit : » … mais ce qu’on veut c’est la meilleur constitution possible ».
Peut être que la modeste sagesse serait de réfléchir à comment faire écrire ou permettre d’ écrire une constitution ultrasimple et provisoire mais garantissant l’écriture de cette meilleure constitution possible.
Construire la piste d’envol avant les avions en quelque sorte.
Dit autrement : souhaiter un produit fini parfait et immédiat est peut être irréaliste cas dans lequel il vaudrait mieux réfléchir à des structures autorisant l’approche progressive mais inéluctable du meilleur, par approximations successives, et ça va de soi à l’abri des pièges usuels et des égos boulimiques.
@ Pierre Parent :
« Concernant l’objection du noyautage je ne suis pas convaincu que ça ne puisse pas arrivé. Un parti puissant et organisé puisse massivement détourner un projet encore naissant (et donc avec une faible adhésion publique) mais dangereux. »
Quel intérêt de « noyauter » un projet ayant une faible adhésion publique ? Faible adhésion=faible score=peu ou pas de tirés au sort… Avec ce que je propose plus un projet remporte de votes plus il y a de volontaires dans sa liste. Plus il y a de volontaires, plus ça devient aléatoire voir très peu probable qu’un « noyauteur » soit en mesure d’être tiré au sort.
« J’ajoute une seconde objection. Sitôt qu’un projet est écrit par un autre, non-seulement il y a des différences d’interprétations, mais aussi personne ne sera jamais d’accord avec 100% du projet. Donc un tirée au sort qui a voté sincèrement pour un projet peut ne pas vraiment le représenter. Par exemple que doit faire un tiré au sort si on en vient à une question sur-laquelle son idée personnelle est opposée à l’idée écrite dans le projet pour lequel il a voté ? (car il n’était d’accord qu’à 80% avec celui-ci) »
Rein n’interdit au citoyen qui ne trouve pas le projet qui lui convient de créer et de présenter le sien. Il est évident que si l’on vote un projet c’est qu’on au moins largement d’accord avec le contenu et que si on se porte volontaire pour être tiré au sort on accepte de le défendre.
@ Benoit :
« Si ces programmes pour lesquels ont aurait à choisir ne contribuent pas à « partitionner » les volontaires selon leurs opinions, alors je ne vois pas à quoi leur contenu peut ressembler. Aurais-tu des exemples de ces programmes ? Et en quel mesure influenceront-ils les projets de constitution ? »
Ma réponse a cette question était : « Bien sur que les programmes servent a faire des choix, évidement, c’est exactement le but. »
A quoi le contenu des programmes peu ressembler ?
pour une constituante il devrait s’agir de projets de constitution comparables a ce que l’on trouve sur le wiki du plan C. Pour être en mesure de présenter un projet de constitution il faudrait obtenir un certain nombre de signatures de citoyens.
Pour une municipale (tirage au sort des bouleutes et magistrats) ça ressemblerait a des programmes d’élection municipales la photo du champion du monde en moins ce qui obligerait a développer le contenu plutôt que de ne proposer uniquement un slogan idiot.
Pour une législative (pour tirer au sort des « bouleutes fédéreaux ou nationaux ») même histoire.
« J’imagine un programme du genre « un pays fort économiquement » est séduisant pour tous ceux qui n’auraient pas déconstruit le discours dominant. C’est pourtant un programme néfaste à la démocratie car en faveur des marchands, de la ploutocratie »
Et tu t’imagines que les gens favorables a une ploutocratie vont disparaître comme par enchantement parce que tu tires au sort en faisant uniquement confiance a la loi des grands nombres plutôt que de procéder a un vote pur connaitre la proportion exacte…Ils ne vont pas disparaître et tu prends le risque, par accident, d’en tirer au sort plus qu’il ne devraient y en a voir… En fait ce que je propose ne change strictement rien a part de permettre d’avoir un résultat précis qui corresponde aux proportions des opinions exprimées par le peuple a un moment donné et d’avoir des tirés au sort représentatifs de ça.
« En fait c’est tout le contraire. Je ne nie en rien les divergences d’opinions. Je ne les classe cependant pas sur le barème « gauche/droite » calqué sur le schéma arbitraire »
DING DONG : les gens qui ne croient pas au clivage gauche droite en France sont ultra minoritaires, pour l’instant nous autres démocrates radicaux aussi. Tu veux dépenser ton énergie a lutter contre la gauche et la droite ou a promouvoir la démocratie ?
Pour moi il est très clair que c’est une perte de temps de s’attaquer a la convention gauche droite. En plus même moi qui suis démocrate convaincu je trouve que c’est un clivage qui a un sens très clair et que je comprends parfaitement. En opposant la démocratie au clivage gauche droite on a tout faux, on ne fera que desservir notre cause.
» l’hémicycle qui nous enfume »
petite remarque : les bouleutes constituent un hémicycle…Ce sont des parlementaires…L’anti parlementarisme est une erreur, la démocratie ne va pas faire disparaître le parlement ni les parlementaires, c’est juste qu’il seront tirés au sort au lieu d’être élus. En plus c’est une erreur stratégique de dire que la démocratie est anti parlementaire : ça permet de nous diaboliser bêtement alors qu’objectivement au contraire des parlementaires on en veux plus, beaucoup plus.
« De même que les citoyens ne devront pas choisir entre plusieurs assemblées citoyennes (ou plusieurs Conseils tirées au sort) divisées selon leurs différentes sensibilités politiques. Ca serait dangereux pour la démocratie, je trouve. »
Tu n’as toujours pas compris ce que je propose. Je compte utiliser les proportions du vote non pas pour tirer au sort des assemblées séparées mais bien pour que chaque assemblée soit représentative des suffrages exprimés.
exemple : tu as les projets A B C et D. Les gens votent.
A obtient 10% et une liste de volontaires au tirage au sort.
B obtient 30% et une liste de volontaires au tirage au sort.
C obtient 40% et une liste de volontaires au tirage au sort.
D obtient 20% et une liste de volontaires au tirage au sort.
Si l’on part sur des assemblées de 500 A obtient 50 tirés au sort, B 150, C 200 et D 100.
« Dans ces deux programmes (mais possiblement plus pour donner davantage l’illusion du choix, comme on le voit pour les partis) se présenteront tous les oligarques « prestigieux », la clique des chiens de garde et ce sera mécaniquement un nid à citoyens endoctrinés. Presque impossible qu’il n’en sorte pas des constitutions néfastes à l’intérêt général. Ca revient quasiment à des constitutions écrites par des professionnels de la politique ! »
Si ces deux programmes sont ceux qui remportent la majorité des voix alors ce seront ceux qui auront le plus de volontaires issus du peuple et les éventuels oligarques qui voudraient être tirés au sort seraient noyés dans la masse. Donc non, pas de professionnels de la politique des qu’un grand nombre de citoyens est impliqué.
Si une majorité des citoyens sont endoctrinés et que tu fais un simple tirage au sort tu auras toujours les mêmes endoctrinés (loi des grand nombres) tu prends juste le risque d’en tirer au sort une proportion plus importante que ce qu’elle devrait être (différence entre les résultats des sondages et des suffrages).
Ce n’est pas le vote qui crée l’endoctrinement, ce sont les médias et les doctrines, il ne faut pas tout mélanger.
Et a propos de la citation d’Étienne je trouve qu’il commet une erreur de vouloir opposer la volonté collective et le tirage au sort alors qu’on peut être beaucoup plus malin et garder les deux pour combiner leurs avantages respectifs…D’ailleurs je l’ai déjà vu admettre, je crois que c’est quand il parle avec Blot, qu’une combinaison entre vote (pas élection, vote) et tirage au sort est envisageable.
@51 »
« Belle » trouvaille.
J’ai comme l’impression que le nouvelobs ne va pas dire que voltaire défendait les 1% et non les 99%… et ne vont pas citer cette phrase :
“ un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne ”.
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations
Ni se référer aux travaux de Marion Sigaut
Marion Sigaut « Voltaire, le personnage et l… par erlorraine
@52
Effectivement ça peut être sage
Il faut arrêter de déformer la citation de Voltaire ça nous discrédite :
« Quand nous parlons de la sagesse qui a présidé quatre mille ans à la constitution de la Chine, nous ne prétendons pas parler de la populace ; elle est en tout pays uniquement occupée du travail des mains : l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. Certainement cet esprit de la nation chinoise est le plus ancien monument de la raison qui soit sur la terre. »
Un texte très intéressant :
http://www.rutebeuf.com/textes/jouffroy-01.html
Théodore JOUFFROY
Comment les dogmes finissent
(in Mélanges philosophiques)
(1823)
Quand un dogme touche à la fin de son règne, on voit naître d’abord une indifférence profonde pour la foi reçue. Cette indifférence n’est point le doute, on continue de croire. Pas même une disposition à douter, on ne s’est point encore avisé que le doute fût possible. Mais c’est le propre d’une croyance qui n’a plus de vie et qui ne subsiste que par la coutume. Dans les temps éloignés où le dogme prit naissance, on l’adopta parce qu’il parut vrai ; on croyait alors, et on savait pourquoi : la foi était vivante. Mais les enfants des premiers convertis commencèrent à admettre le dogme sans vérifier ses titres, c’est-a-dire à croire sans comprendre. Dès lors, la foi changea de base, et au lieu de reposer sur la conviction, s’assit sur l’autorité et tourna en habitude. Transmis ainsi de génération en génération sous des mots consacrés et toujours moins compris à mesure qu’il s’éloigne davantage de sa source, le moment vient où le dogme ne gouverne plus qu’en apparence, parce que tout sentiment de sa vérité est éteint dans les esprits. La foi n’est plus qu’une routine indifférente qu’on observe sans savoir pourquoi, et qui ne subsiste que parce qu’on n’y fait pas attention.
Alors s’élève l’esprit d’examen. Étonnés de leur docile attachement à des formules qu’ils ne comprennent point, entourés d’un peuple qui partage leur ignorance et leur crédulité, quelques hommes se demandent si l’on doit croire sans motif et, trouvant au fond de leur conscience une invincible répugnance à une foi aveugle, commencent à regarder de près à la vérité du dogme qui règne sans se donner la peine de justifier de ses droits. Ce n’est point là un acte d’hostilité, mais de bon sens. Ceux en qui s’est développé cet esprit de recherche y cèdent comme à un besoin raisonnable. Ils ne songent ni à détruire le dogme, ni à changer les idées du peuple. Ils ne songent qu’à trouver dans la doctrine consacrée quelque chose de vrai, qui légitime leur foi passée, réponde à leur bonne volonté présente, et fonde pour l’avenir leur attachement à ses maximes sur une conviction éclairée.
Mais le dogme ne leur offre point ce qu’ils cherchent, car il s’est corrompu en traversant tant de siècles. Établi par la vérité qui était en lui, cette vérité est restée pure tant que la lutte engagée pour lui donner le pouvoir a subsisté ; mais après, la ferveur est tombée, et le triomphe a produit l’apathie. La paresse humaine l’a enveloppé de formules dont la mémoire s’est chargée, et qui ont dispensé l’intelligence de comprendre. L’oubli du sens a permis la corruption des formes. L’ignorance et l’intérêt, après les avoir dénaturées, les ont interprétées : en sorte qu’aujourd’hui cette doctrine, jadis pleine de vérité et de vie, ne présente plus à la bonne foi du scepticisme naissant qu’un assemblage informe de vieux symboles mutilés à travers lesquels le sens primitif ne perce plus, et de maximes despotiques ou superstitieuses ajoutées par l’ambition du pouvoir ou l’abrutissement du peuple.
Mille erreurs, mille absurdités palpables, des mensonges intéressés et d’odieuses pratiques, frappent donc les yeux des premiers qui examinent. Et, comme ils sont d’une nature morale et raisonnable, ils cessent de croire ce qui est faux, ils cessent de respecter ce qui est méprisable. Dès lors, une foi nouvelle s’élève dans leur esprit sur les débris de l’ancienne. Cette foi n’a rien de positif, elle n’est que la négation de la foi reçue, la croyance que cette foi n’est pas fondée ; mais cette conviction est vive, parce qu’elle est inattendue ; elle est vive, parce qu’elle est le réveil de l’intelligence humaine après des siècles d’engourdissement, et que la vérité, toujours belle par elle-même, passionne ceux qui la sentent pour la première fois ; elle est vive enfin, parce qu’on sent qu’elle renferme une révolution.
Aussi, dans l’émotion d’une découverte si imprévue, les premiers sceptiques ne peuvent retenir le cri qui la signale au monde. Il ne leur appartient pas d’avoir cette prudence ou cette hypocrisie qui enfouit la vérité ; elle s’apprend dans l’orage des révolutions, quand on a connu la puissance d’une idée, et que les échafauds ont enseigné les dangers de la franchise. Elle n’est point de leur époque, parce qu’avant l’expérience la nature va son chemin. Sans prévoyance, sans intention, sans calcul, ce qu’ils ont trouvé ils l’annoncent ; ils osent dire que le dogme régnant est faux, et remettant en circulation des mots qui n’avaient pas été employés depuis des siècles, ils en attestent le bon sens et la raison. Dès lors, toute la société est ébranlée, et une lutte terrible s’engage.
Éveillé par la voix de ces prophètes nouveaux, le peuple endormi dans l’indifférence prête l’oreille, et s’aperçoit qu’il ne croyait pas, ou du moins qu’il croyait sans savoir pourquoi. Le doute s’élève en lui, car il ne peut se refuser au bon sens. Mais ce doute ne se précise pas d’abord dans son esprit, et n’y pénètre que lentement et à son insu. Tandis que sa raison le détache du dogme, et que l’amour de la nouveauté l’attire au scepticisme, quelque chose de plus fort le retient, l’habitude et la vénération pour le passé. Loin d’incliner au changement, il y résiste, et c’est malgré lui qu’il est saisi par le scepticisme ; et pendant que cette lutte intérieure se passe, il reste immobile, comme si des idées ne suffisaient pas pour rompre son indifférence au mouvement et au repos, et semble attendre que les intérêts viennent passionner les doctrines, pour comprendre ce dont il s’agit et se déclarer pour un parti.
Il n’en est pas de même des hommes qui gouvernent au nom de la foi ancienne, et qui en vivent. Ces hommes qui, dans la paix d’une longue domination, ont oublié les travaux qui la fondèrent et perdu de vue la possibilité d’un changement, sortent a leur tour de l’assoupissement commun, menacés, mais surpris et désarmés, car la sécurité les a amollis. Ils ont aussi perdu le sens de leurs dogmes ; ils ne savent plus pourquoi ni comment ils sont vrais. Ces formules si commodes à leur paresse, si dociles et si souples à leur ambition, à présent que la raison les interroge, mutilées par eux, privées de sens, réduites à de vains mots, les trahissent au jour du danger, et restent muettes entre leurs mains. À la vérité qui les presse, ils ne savent opposer que l’usage, l’autorité, la foi ; ou plutôt ils ne songent point à répondre, et dédaignent tonte raison. Maîtres de la puissance matérielle qu’ils regardent comme leur propriété, fiers de leur vieille suprématie qu’ils pensent inébranlable, ils méprisent leurs adversaires, et sont plus irrités de leur audace qu’effrayés de leur pouvoir. Ils n’admettent point la discussion avec eux, ils les tuent. Ils n’éclairent pas le peuple sur la vérité de leurs dogmes, ils menacent de mort quiconque les abandonnera. Telle est la première lutte : l’esprit d’examen d’un côté, l’autorité de l’autre ; la philosophie ou l’appel à la raison chez les uns, chez les autres l’appel à l’usage ; d’une part, une force toute morale, de l’autre, une force toute matérielle.
Mais le sang des premiers martyrs commence à intéresser le peuple à la querelle. Un sentiment de justice lui fait paraître indigne qu’on assassine des hommes pour avoir dit ce qui lui paraît vrai et de bon sens. Il en vient à les plaindre et haïr leurs persécuteurs. La puissance de l’opinion publique s’élève. La vérité a conduit à l’indignation. Bientôt l’indignation contre les bourreaux attache aux doctrines des persécutés, seconde leur vérité et la fait admettre. La réalisation de ces doctrines devient un besoin pour un grand nombre, la force se partage, et non seulement le vieux dogme est ébranlé dans l’opinion, il commence à être menacé dans son existence matérielle. Ce changement n’échappe pas à ses partisans. Ils commencent a revenir de leur fière confiance, et n’osent plus, devant cette force redoutable, multiplier les bûchers et les échafauds ; ils sont obligés de parler raison et de plaider leur cause devant le tribunal de l’opinion, qu’ils avaient d’abord décliné.
C’est l’époque de la lutte rationnelle des deux doctrines. Mais dans cette lutte, l’un des adversaires a sur l’autre un immense avantage, celui de n’avoir rien à défendre ; l’autre un grand désavantage, la nécessité de soutenir toutes les parties d’un mélange ou le faux s’est introduit et tient tellement au vrai qu’on ne saurait céder l’un sans abandonner l’autre. Sans compter que les partisans du dogme vieilli ne le comprennent plus, ou ne peuvent accorder sa primitive interprétation, qui était vraie, avec la nouvelle dont il s’agit, et qui ne l’est pas. D’un côté donc, on parle le langage du bon sens compris de tout le monde ; de l’autre, on est forcé de s’enfoncer dans une mer d’érudition d’où l’on ne saurait faire sortir rien de palpable, rien de concluant aux yeux du peuple. On le sent, et la faiblesse irritée s’emporte, se passionne ; le sophisme et l’injure remplacent le raisonnement. C’est ainsi qu’on se discrédite et qu’on perd sa cause. Après avoir été condamné comme répondant aux raisonnements par la force, le vieux dogme est condamné comme n’opposant aux bons raisonnements que des subtilités et des passions. Le peuple passe contre lui de l’indignation au mépris ; on le haïssait, il devient ridicule.
Alors commence l’époque des plaisanteries. Le bon sens triomphant devient moqueur et léger ; il achève par le ridicule une victoire commencée par de sérieuses raisons. Mais la rage de ses adversaires s’en accroît. Tous les intérêts sont convoqués ; on leur montre l’incrédulité comme une ennemie qui les menace : si les croyances dont le pouvoir vit et par lesquelles il règne sont détruites, le pouvoir tombera avec elles, et avec le pouvoir les hommes qui l’occupent. La puissance passera aux doctrines nouvelles. Elle sera exercée par leurs partisans. En un mot, la révolution des idées entraînera une révolution complète dans les intérêts. Tout ce qui est se trouve menacé par ce qui veut être. De là une ligue puissante qui se compose de tous ceux qui tirent quelque parti des vieilles croyances et de tous ceux à qui on persuade que leur renversement changera tout et blessera leurs intérêts. Dans cette ligue, dont la peur est l’âme, il ne s’agit plus de foi, plus de croyance ; il n’y a plus rien de moral : l’intérêt seul en serre les nœuds, et cependant on couvre ce vil mobile des beaux noms de morale, de religion, d’ordre, de légitimité ; on le pare de tout ce que les vieux temps ont de saint et de respectable. L’hypocrisie, l’habileté, les débris réunis d’une puissance ébranlée mais non pas abattue, la nécessité de vaincre ou de périr, l’indifférence sur les moyens, qui naît de l’immoralité du motif, tout donne à cette nouvelle ligue une force extrême, une force d’autant plus dangereuse que ses adversaires, accoutumés à la victoire, tiennent leur ennemi pour battu, et le méprisent plus qu’ils ne l’ont jamais redouté.
Une autre cause de revers s’ajoute à cette imprévoyance et à la force réelle du camp opposé. D’abord on a détruit ; c’était le premier besoin. Après avoir détruit, on s’est moqué ; c’est le propre des vainqueurs. Mais jusque là on n’a pas songé à établir, et pourtant il faut du positif au peuple et à la raison. Dans la ruine d’un dogme usé, la négation sérieuse tient d’abord lieu de foi : c’est croire quelque chose que de croire qu’une doctrine que l’on suivait est fausse ; on y met d’abord une ardeur, un zèle qui remplissent l’âme. Mais quand la chose est bien démontrée, que l’ennemi est abattu, qu’on n’a plus à faire que rire de son absurdité, le zèle tombe faute d’opposition, et l’on se trouve à vide, détaché d’une croyance et ne tenant plus à aucune, dans une parfaite indépendance d’esprit qui flatte et à laquelle on se plaît quelque temps, mais qui ne tarde pas à fatiguer une nature dont la faiblesse ne supporte pas le doute.
Dans toute révolution d’idées, le scepticisme trouve sa place ; il vient pour détruire, et survit à sa victime ; mais il ne peut tenir longtemps. Nous avons besoin de croire, parce que nous savons qu’il y a de la vérité. Le doute est un état qui ne peut nous plaire que comme l’absence d’une fausse croyance dont nous nous sentons délivrés. Cette satisfaction goûtée, nous aspirons à une nouvelle croyance. Le faux détruit, nous voulons le vrai.
Or s’il est facile, l’esprit d’examen une fois né, de détruire ce qui est faux, il ne l’est pas, le faux démontré, de trouver ce qui est vrai. Mille systèmes s’élèvent. Le parti vainqueur, uni pour abattre, se partage pour rétablir. La perspective du pouvoir pour le parti triomphant, complique d’intérêts particuliers cette dispute philosophique. Les vieux amis de la réforme se divisent ; bientôt ils se craignent ; encore un moment ; et ils se détesteront plus qu’ils ne détestent leurs communs ennemis, qu’ils ne jugent plus redoutables. Tout est faction dans le parti de la vérité, tandis que le parti opposé devient de plus en plus compact par l’unité d’intérêt qu’une crainte commune y a fait naître.
Cependant le peuple, dont les intérêts matériels ne sont point engagés directement dans ces querelles, continue de regarder avec son bon sens, ne voulant et ne cherchant que la vérité, mais la voulant promptement, parce qu’il en a besoin. Il sait qu’elle n’est pas dans le vieux dogme : quoi qu’il arrive, il ne se ralliera pas à ses partisans ; mais il est étonné de ne plus trouver cette vérité dans la bouche de ses amis. Eux qui parlaient de si bon sens et avec tant d’humanité et de désintéressement, les voilà qui se perdent dans des systèmes inintelligibles, qui se divisent sur tous les points, qui se haïssent, qui deviennent évidemment égoïstes et ambitieux comme leurs adversaires. Qu’est devenu le zèle pur de ces apôtres de la nouvelle foi ? Où est la vérité promise ? Où est le bonheur qu’ils annonçaient au peuple ? C’était pour lui et pour lui seul qu’ils voulaient travailler ; et c’est pour eux-mêmes qu’ils combattent, se divisent, et oubliant le vieil ennemi, se déchirent entre eux. Voilà ce que fait ressortir avec soin l’ancien parti. À son tour, il attaque avec le raisonnement et le ridicule les plans proposés ; à son tour, il reproche l’égoïsme, il accuse d’ambition et d’hypocrisie ; il demande où l’on va mener ce pauvre peuple à qui on avait tant promis ; il lui fait honte d’avoir été dupe ; il lui fait honte d’avoir prêté sa force à des fourbes et d’avoir servi de moyen. Et comme le peuple souffre (car les temps de révolution sont pénibles à traverser), il lui fait sentir son malaise, qu’il oppose à son ancien bonheur, ou du moins à celui de ses pères, dont l’éloignement permet de tracer des tableaux de fantaisie. Écartant la question de la vérité du dogme ancien et des opinions nouvelles, il n’en atteste plus que l’intérêt, démoralisant ainsi de toutes ses forces la société, qu’il ne pourrait plus retenir par l’autorité de la vérité et du devoir. Et tout cela, il le fait répéter et prêcher partout : car il est uni, organisé ; il a la force constituée entre les mains, et ses adversaires n’ont que la parole.
Alors le peuple désespère de la vérité. Il ne voit plus que des trompeurs autour de lui ; il devient défiant envers tous, et pense qu’en ce monde l’affaire unique est d’être le moins malheureux possible ; que c’est folie de prêter l’oreille aux beaux discours et aux grands mots de vérité, de justice, de dignité humaine ; que la religion et la morale ne sont que des moyens de prendre le peuple et de le faire servir à des projets qui ne le touchent point. Il devient sceptique sur tout, sauf sur son intérêt ; et passant à l’indifférence pour tous les dogmes et pour tous les partis, estime que celui qui lui coûtera le moins sera le meilleur. On ne pourra plus lui mettre les armes à la main pour aucun ; nul n’en vaudra la peine. Sa religion, sa morale, sa politique, sa doctrine universelle et unique, c’est l’intérêt ; ses maîtres et ses meneurs sont parvenus à le rendre semblable à eux.
Son indifférence obtenue, c’est tout ce que veulent les partisans de l’ancien dogme. Ils s’inquiètent peu de prendre sur lui un ascendant moral, d’en être crus, aimés, estimés ; encore moins qu’il soit vertueux, religieux, heureux. Le peuple est indifférent, les voilà maîtres ; ils le savent, et leurs adversaires l’ignorent. Toute la confiance qu’avait inspirée à ceux-ci leur premier empire sur l’opinion, ils la gardent ; ils se croient sûrs d’elle et dorment tranquilles, attendant que le pouvoir leur tombe entre les mains sans qu’ils s’en mêlent, et n’avisant qu’à l’écarter de celles de leurs amis. Ils rient des progrès de leurs ennemis, et s’en consolent en songeant que le peuple est pour eux et que sans lui on ne peut rien de durable.
Enfin, le moment du réveil arrive. Après avoir longuement et sourdement ramassé ses forces et ourdi sa trame, après s’être assuré surtout la neutralité du peuple, le vieux régime éclate tout-à-coup, et laisse échapper sa vengeance longtemps contenue. Tous les souvenirs de sa défaite, de sa honte, du danger qu’il a couru, enflamment son ressentiment ; il est cruel comme la faiblesse humiliée, vindicatif comme l’hypocrisie ; de sanglantes exécutions le débarrassent de ses ennemis, et servent de préparation à un despotisme défiant et étroit comme la peur. Il se hâte de l’organiser. Instruit par ses revers, il songe avant tout à étouffer ce fatal esprit d’examen qui menaça de si près sa domination, et cette sainte moralité qui met les bras au service de ce qui paraît vrai. Il étouffe donc à la fois les lumières et la croyance à la vertu ; il y substitue la superstition ; il y substitue des formules, des pratiques, dont il se réserve l’explication, afin de contenter le sourd et impérissable besoin de règle morale qui gît dans le coeur humain, de façonner ce besoin à sa manière et de le diriger à son but. Ces temps sont affreux : il n’y a plus rien qui console et qui rappelle la dignité de la nature humaine, ni dans le pouvoir ni dans la société. Le peuple dégoûté des lumières et de la réforme, parait se prêter par calcul à l’éducation qu’on lui fait. Moyennant son intérêt matériel ménagé, il semble abandonner son intelligence et sa volonté à ses tristes précepteurs. On tremble de le voir passer bientôt, de l’indifférence qui souffre la superstition et de l’égoïsme qui la joue, à l’abrutissement qui s’y complaît et y ajoute foi. On désespère de lui et de la vérité, que lui seul par l’appui de sa force pourrait faire remonter au pouvoir.
Si l’on tourne ses regards vers la puissance qui régit cette société dégradée, on y voit des hommes habiles, corrompus, hypocrites, qui forment des élèves fanatiques sans vertu, qui auront leur habileté, leur indifférence sur les moyens, sans avoir comme eux la conscience de mal faire, et au contraire, qui auront la conscience que tout ce qui mène à un but regardé comme sacré est bon. Dans la main de ces maîtres effrayants, une affiliation puissante, qui couvre tout le pays d’un filet qui va se fortifiant et se perfectionnant de jour en jour, et une organisation administrative non moins forte et non moins soigneusement entretenue : partout la parole enlevée à toute doctrine contraire, et réservée aux agents du pouvoir ; nul espoir de voir tant de chaînes rompues, ni un terme à une si terrible progression de despotisme, de dégradation et d’indignité.
Mais ce n’est là qu’une crise salutaire et dernière, d’où sort la santé du corps social. Il semble que dans ces moments sans espoir, la dignité de la nature humaine fasse un effort surnaturel pour ne point succomber, comme la force vitale dans le dernier période d’une maladie violente. Ayez confiance, vous que la Providence fit naître dans ces tristes jours ! Un germe d’avenir et de vie fermente au sein de cette corruption, et ce que vous prenez pour la mort n’est qu’une métamorphose.
Il faut que la génération de ceux qui ont ruiné l’ancienne foi, passe. Son œuvre fut de détruire, jamais il ne lui sera donné de rétablir. C’est trop pour la faiblesse humaine de renverser le faux et de ressusciter le vrai. Leur vie s’est usée a combattre l’ancien dogme. Arrivés vieux à leur fin, leur vigueur défaillante s’est endormie dans le scepticisme, et leur esprit vide de croyances s’est laissé prendre à la morale des passions. Leurs ennemis en ont eu bon marché ; et témoin de leur impuissance, de leurs divisions, de leur dégradation, le peuple, qui avait encensé leur aurore, oubliant leurs nobles services et sa propre admiration, les a vus de sang-froid périr sur les échafauds. Ainsi ils n’avaient point en eux la force d’établir le dogme nouveau, et ils n’avaient point autour d’eux une génération confiante qui en voulût pour ses apôtres. Il fallait qu’ils succombassent sous leurs adversaires, après leur avoir porté le coup mortel, et qu’ils laissassent entre leurs mains cette société qu’ils avaient d’abord émancipée.
Mais ces premiers soldats de la réforme n’ont point vainement combattu ; ils ont rompu le charme, et pour les âmes jeunes et éclairées qu’ils élevèrent, ce charme ne saurait revivre. Le vieux régime a beau régner despotiquement, il est convaincu de fausseté. Lui-même a la conscience de son néant. Il ne peut sentir ce qu’il a besoin d’affecter. Et cette impuissance de croire à ses doctrines frappe de mort toutes ses paroles, et leur ôte toute force morale. Il le voit, et il opprime par faiblesse, et ne pouvant gouverner, il enchaîne. C’est une force sous laquelle on plie, mais qu’on méprise en lui cédant, pour peu qu’on ait de bon sens. Une génération nouvelle s’élève, qui a pris naissance au sein du scepticisme, dans le temps où les deux partis avaient la parole. Elle a écouté et elle a compris : pour elle le vieux dogme est sans autorité ; pour elle le scepticisme a raison contre lui, mais il a tort en lui-même ; quand il a détruit, il n’en reste rien. Et déjà ces enfants ont dépassé leurs pères, et senti le vide de leurs doctrines. Une foi nouvelle s’est fait pressentir à eux ; ils s’attachent à cette perspective ravissante avec enthousiasme, avec conviction, avec résolution. L’espérance des nouveaux jours est en eux. Ils en sont les apôtres prédestinés, et c’est dans leurs mains qu’est le salut du monde. Supérieurs à tout ce qui les entoure, ils ne sauraient être dominés ni par le fanatisme renaissant, ni par l’égoïsme sans croyance qui couvre la société. Ils jugent le passé, ils méprisent l’incrédulité du présent, ils abhorrent sa corruption. Ils ont foi à la vérité et à la vertu. Ou plutôt par une providence conservatrice qu’on appelle aussi la force des choses, ces deux images impérissables de la divinité, sans lesquelles le monde ne saurait aller longtemps, se sont emparées de leurs cœurs, pour revivre par eux, et par eux rajeunir l’humanité.
Aussi ont-ils le sentiment de leur mission et l’intelligence de leur époque. Ils comprennent ce que leurs pères n’ont point compris, ce que leurs tyrans corrompus n’entendent pas. Ils savent ce que c’est qu’une révolution, et ils le savent, parce qu’ils sont venus à propos. Leurs pères n’ont aperçu que la première moitié de la tâche, et ils l’ont accomplie, éclairés sur la fausseté du vieux dogme, leurs mains l’ont renversé. Mais leur intelligence, absorbée par la grandeur de cette œuvre, n’a pu s’en dégager et embrasser d’autres perspectives.
Quant aux partisans du dogme ancien, ils n’ont compris ni pourquoi il tombait, ni ce qui s’ensuivrait. Par le malheur de leur position, ils n’ont pu voir dans la guerre avec les sceptiques, qu’une dispute de pouvoir. Vaincus d’abord, ils se sont estimés malhabiles ; vainqueurs à présent, ils en font honneur à leur bonne conduite, et ils s’arrangent pour demeurer à l’avenir les plus adroits et les plus forts. Plus que personne ils parlent de foi, de religion et de morale, mais par habitude et par calcul. Eux seuls n’ont point de croyance, point de religion, point de morale. Les sceptiques en avaient plus qu’eux ; ils croyaient au mal de l’erreur, c’était leur foi, et elle était vraie et sincère, et parce qu’elle était vraie, elle a prévalu contre l’erreur. Ce n’est point comme adversaires du vieux dogme qu’ils ont succombé, c’est comme adversaires de tout dogme. Ennemis de ce qui était faux, ils ont vaincu. Inhabiles à montrer le vrai, le besoin de croire a séparé le peuple d’eux, et les a livrés à la vengeance de leurs rivaux.
Mais maintenant leurs héritiers arrivent, sur la scène, nourris dans le mépris du vieux dogme, libres du soin déjà rempli de le réfuter, avides de nouveautés, et pleins des besoins de leur époque qu’aucun préjugé ne les empêche de ressentir. À eux se dévoile l’énigme qui avait échappé aux autres ; à eux le doute ne paraît plus la révolution, mais sa préparation. Ils aperçoivent l’autre moitié de la tâche, et sentent la nécessité de la vérité. Et parce que seuls ils la sentent, ils savent qu’en eux seuls est l’avenir, et par conséquent la force. Ils se sentent donc appelés, non plus à poursuivre la querelle terminée du scepticisme et du vieux dogme, non plus à réchauffer dans le peuple de vieilles haines personnelles, un enthousiasme usé ou des passions d’un autre siècle, mais à chercher la vérité, mais à découvrir la doctrine nouvelle à laquelle toutes les intelligences aspirent à leur insu, au nom de laquelle tous les bras s’armeront s’il y a lieu, qui remplira dans la croyance le vide laissé par l’ancienne et terminera l’interrègne illégitime de la force. Telle est l’oeuvre sainte à laquelle ils se dévouent dans le silence.
Cependant, ils ne peuvent demeurer insensibles aux misères de leur époque, ni perdre le sentiment du présent dans la contemplation de l’avenir. Le spectacle de ce que font leurs oppresseurs et de ce qu’ils préparent, la vue de ce peuple par eux corrompu, dégradé, malheureux, trompé, façonné avec un art exécrable à une longue servitude, tout, dans la scène de désolation qu’ils ont sous les yeux, enracine dans ces jeunes âmes, possédées de l’amour de la vérité et de la vertu, un dégoût amer de la société et une indignation profonde contre ses corrupteurs et ses maîtres. Ils n’en perdent pas leur foi, ils ne désespèrent pas pour cela de l’avenir. Mais ils ne croient pas que cet avenir soit fait pour eux. Ils n’osent même le promettre à leurs enfants, tant est lourde la tyrannie qui pèse sur eux, tant elle parait fortement tissée, tant il leur semble qu’il y a loin de ce qu’ils voient à ce qu’ils pensent.
Et comment se défendre entièrement des illusions du présent, et, faibles que nous sommes, quand il nous écrase, quand il dévore notre courte vie, l’apprécier à sa valeur et le réduire à ce qu’il pèse ? Comment, quand les événements semblent chaque jour démentir de plus en plus les prévoyances de la raison, résister à la passagère apparence du fait, et garder confiance en soi-même ? Ils ne savent pas que rien n’est si fragile qu’une domination purement fondée sur la force ; qu’un peuple sans foi à ses maîtres leur obéit mais les méprise, et n’attend qu’un revers pour leur échapper ; que des maîtres sans morale et sans croyances ne s’accordent pas longtemps ; qu’ils se détruisent après avoir détruit leur ennemi commun. Ils ne savent pas que le monde est plein de causes secrètes qui paraissent tout-à-coup à la voix de la Providence, et rompent brusquement comme un fil les plus habiles échafaudages humains. Ils ne savent pas enfin, dans leur isolement, que plusieurs pensent comme eux dans le secret de leur conscience ; qu’ils sont nombreux quand ils pensent être faibles, et que dans l’âme de tous les hommes opprimés, aveuglés, corrompus, il y a une voix sourde qui parle de liberté, de vérité et de vertu, et qui opère, quand le jour est arrivé, des conversions rapides qui entourent l’étendard de la bonne cause d’une foule imprévue de prosélytes.
Ils ne le savent pas, et ils fuient le monde, et ils vont mourir dans la solitude, loin de la boue du peuple et des yeux impies du pouvoir, leurs croyances proscrites et impuissantes. Échauffés par l’indignation et par le feu concentré d’une nature qui n’a rien à produire hors d’elle-même, tous les germes des hautes vertus, des grandes idées, des nobles sentiments, se développent avec rapidité, et s’élevant ensemble, appuyés, entrelacés, confondus, forment en peu de temps ces stoïques caractères qui éclatent dans les jours d’oppression, protestent contre elle tout à coup, tout à coup la renversent, et paraissent gigantesques aux siècles ordinaires, qui ne peuvent ni les expliquer, ni les égaler.
C’est dans cette retraite des véritables représentants de l’humanité (car le reste n’en a que la forme) que se retrouvent les grandes vérités morales, politiques, religieuses, destinées à gouverner le monde sous une face ou sous une autre, et que les formes de l’ancien dogme avaient étouffées. Elles se manifestent de nouveau au petit nombre qui n’en a point désespéré. Elles lui apparaissent pures de tout nuage et telles qu’elles sont, parce qu’elles rencontrent des intelligences neuves, sorties du scepticisme sans foi, mais avec le besoin d’en avoir une, conditions indispensables à la perception pure du vrai, et qui ne se reproduisent que dans ces époques. Alors recommence l’empire légitime de la vérité, et il y a entre elle et notre nature une sympathie si puissante, que son retour excite dans les âmes un amour et un enthousiasme inexprimables. Celui qui l’a reçue est changé. Ce n’est plus un homme, ce n’est plus un philosophe, c’est un prophète. Il est tellement dominé par l’ascendant de la vérité, qu’il s’oublie lui-même, qu’il se dévoue à elle, qu’il est elle : c’est la vérité personnifiée ; ses actions la parlent, sa voix la commande ; il n’a plus d’autre intérêt, plus d’autre affaire ; il est l’apôtre, il sera, s’il y a lieu, le martyr de la nouvelle loi.
On s’étonne dans les temps ordinaires de l’exaltation morale de pareils caractères. C’est qu’on n’a pas vu le spectacle hideux d’une société sans croyance, livrée tout entière à l’égoïsme. C’est qu’on n’a pas senti la dégoûtante oppression d’un pouvoir sans autre règle que son intérêt, sans autre borne que sa propre force, se faisant un jeu du parjure et de la fraude, et méprisant la morale et les hommes. C’est ce contraste qui manque à l’empire de la justice et de la vérité, pour faire sentir ce qu’il a d’admirable et de ravissant. C’est ce contraste qui le fait paraître à la fin des révolutions comme le salut du monde, qui fait de son avènement l’unique affaire de ceux qui l’ont pressenti, et qui rend cet avènement si nécessaire qu’aucune puissance humaine ne peut l’empêcher.
À mesure que le temps marche et qu’avec lui s’augmentent le dégoût de ce qui est et l’attente de la vérité, un grand nombre d’esprits, même parmi ceux qui n’ont point cherché, se trouvent plus ou moins illuminés. Tous seront des apôtres ou des prosélytes, des soldats ou des chefs de la foi nouvelle. Cette foi est déjà née. Elle vit dans l’esprit de plusieurs, elle est attendue par tous, car tous ressentent une vague inquiétude, dont elle est l’objet ignoré, et qu’elle seule peut apaiser. Ses ennemis sont usés, divisés, méprisés. Les anciens chefs ne sont plus, et malgré leur ardeur à former des élèves dignes d’eux, ils n’ont pu faire avec de l’ignorance et du fanatisme que des hommes plus méchants que redoutables. La force du parti n’a plus de nerf ; c’est une apparence qui va tomber en poussière ; tout le peuple l’abandonnera au premier mot, au premier signe. Enfin les temps sont arrivés, et deux choses sont devenues inévitables : que la foi nouvelle soit publiée, et qu’elle envahisse toute la société.
Comment ce grand phénomène se produira-t-il ? quelles circonstances particulières décideront son apparition un jour plutôt qu’un autre, dans tel lieu plutôt que dans tel autre ? Il n’y a rien ici de nécessaire et d’absolu. Tantôt le pouvoir se désorganise lui-même, et laisse le champ libre a qui veut régner ; tantôt un événement extérieur vient le pousser et détermine la manifestation de la vérité ; tantôt un fait trivial, imprévu, en apparence insignifiant, introduit sur la scène un homme qui parle, et cette étincelle allume l’incendie ; quelquefois c’est un prophète enthousiaste qui ne peut résister à la vérité qui le possède, et qui se produit tout-à-coup fort de sa mission et de son zèle. L’homme, le lieu, le moment, l’occasion n’y font rien : toujours est-il que la force des choses rend inévitable une promulgation qu’elle a préparée, et dont elle a d’avance abattu tous les obstacles. Ainsi s’accomplit la ruine du parti de l’ancien dogme et l’avènement du nouveau. Quant au vieux dogme lui-même, Il est mort depuis longtemps
Le suffrage universel et le problème de la souveraineté du peuple
par P. Brousse…
Auteur : Brousse, Paul (1844−1912)
Éditeur : impr. coopérative (Genève)
Date d’édition : 1874
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5452069z/
« La manifestation de la volonté collective se produit dans ce système par l’intermédiaire de deux opérations successives, le choix populaire du représentant, l’élaboration parlementaire de l’idée. Le premier travail s’opère dans l’urne électorale où chaque citoyen apporte le bulletin sur lequel il a écrit le nom du candidat qu’il désire, le second se fait au fond de l’urne législative dans laquelle chaque député vient déposer son vote individuellement motivé. Nous voyons bien, au moment du dépouillement, sortir de ces deux urnes les opinions personnelles de tous ceux qui, dans les comices ou à la Chambre, ont pris part au vote, mais nous sommes encore en présence d’un simple pêle-mêle, d’un véritable chaos. Une chose reste à faire, déduire, remonter de cette expérimentation des tendances des éléments du corps électoral ou du corps législatif à une pensée unique, systématique, générale, qui puisse être regardée comme celle du peuple. Le peuple, en effet, au môme instant, ne peut pas désirer oui et non, vouloir blanc et noir tout ensemble ! A ces conditions seulement le suffrage universel, ayant un caractère synthétique, une faculté d’unification, pourra être regardé comme l’expression de la volonté collective.
Examinons s’il en est ainsi.
…le vote est terminé et le dépouillement s’achève. Nous avons là, sur une table, devant nos yeux, les bulletins qui portent les noms des candidats. On compte ceux qui sont identiques, on décide la question de majorité, et, ce beau travail de synthèse fini, on s’écrie, voilà le représentant du peuple ! Des cris remplissent la salle, vive la république, le roy ou l’empereur, suivant le côté qui triomphe, et la foule se dissipe, et le peuple pour sept ans peut-être, rentre dans son silence et reprend son sommeil. Mais qui donc est représenté ici, à part le parti qui triomphe ? Demandez à ceux qui s’en vont tête basse, ils vous diront s’ils se sentent un représentant dans l’élu de la journée ? Amère ironie, la majorité est d’une voix peut-être ! N’importe, le suffrage universel a prononcé. Quoi donc ? L’ostracisme de la moitié des électeurs.
Si nous avions le temps d’aller jusqu’à la Chambre, nous verrions la même farce se reproduire. Ce qui vient d’être fait ici aux hommes, là-bas on le fait aux idées.
Et c’est après cette élimination des hommes par l’urne électorale, après cette élimination des idées par l’urne législative, que la pensée victorieuse et le gouvernement vainqueur viendront nous demander obéissance comme représentant la souveraineté du peuple ? Il nous est impossible de voir en eux autre chose qu’une domination de majorité.
Oui, gouvernement d’une majorité ! Voilà, malgré les hypocrisies, les sophismes, la pauvre logique des radicaux, la réalité du système. Il remplace, ce système, le peuple par les électeurs, les électeurs par les votants, et ceux-ci par leur majorité. Voilà le travail de l’urne électorale. Le parle- ment vient à son tour, qui substitue à l’opinion des députés celle d’une majorité parlementaire. Voilà la besogne de l’urne législative. La volonté qu’exprime, l’organe exécutif que constitue le suffrage même étendu à tous, ne sortent donc ni du peuple, ni du corps électoral, ni même de la majorité de l’un ou de l’autre, ni des députés, mais de la seule majorité parlementaire. Ce système n’est donc pas l’unification des tendances individuelles des éléments qui forment le peuple ; ce qu’il est, c’est l’ostracisme partout et toujours, l’ostracisme à plusieurs degrés, l’ostracisme de l’homme, plus l’ostracisme de l’idée.
Le Problème de la Souveraineté du peuple
Est-ce donc un problème insoluble que le problème de la souveraineté du peuple ? Faut-il biffer l’histoire et déclarer que les efforts de l’humanité, cherchant à travers les âges la formule sincère de la souveraineté collective, sont condamnés à l’impuissance ? Les Etats-Généraux, le droit de vote, le système représentatif, le suffrage universel, toutes ces étapes, toutes ces victoires que le peuple a payées de la prison, de la fusillade, de l’exil, sont donc devenus conquêtes inutiles ? Si le peuple ne peut parler, dira-t-on, s’il n’existe aucun moyen assuré de constater sa volonté souveraine, il ne nous reste qu’une chose à faire, amende honorable et nous réfugier impuissants dans le passé. Non, certes. La solution approche. Un pas de plus, nous touchons à la terre promise. Que faut-il pour l’atteindre ? Marcher seulement. Sous prétexte de progrès accomplis ne pas piétiner sur place, ne pas s’obstiner à s’embourber dans cette mare du suffrage-principe. Il ne s’agit nullement de renier nos pères, mais d’imiter leur audace. Nullement d’effacer notre histoire, mais il s’agit, en véritables disciples de la méthode expérimentale, d’en bien comprendre les enseignements.
…Ici une objection se présente. « Nous reconnaissons volontiers, » — dira-t-on peut-être, — « dans nos grandes explosions historiques, la manifestation évidente, l’exécution certaine de la volonté collective. A côté de la voix du peuple qui s’élève de la place publique, la voix qui sort des urnes nous paraît bien timide ! Bien faible la main de nos représentants en présence de celle qui dresse les barricades exécutives ! Mais, enfin, pour si nombreuses que soient nos révolutions dans l’histoire, elles n’en forment pas moins une chaîne interrompue ? Pendant ses intermittences, durant les périodes où l’on dirait que le peuple sommeille, quel moyen aura-t-il, si nous renversons la tribune, de faire connaître et prévaloir sa volonté ? Ah ! s’il pouvait agir d’une manière continue, combien le problème de sa souveraineté serait moins difficile ! Il n’en est malheureusement pas ainsi. De là, la nécessité d’admettre le suffrage universel comme l’expression de la volonté du peuple, le gouvernement qui en sort comme l’exécutif de cette volonté, et de se fier aux interventions directes du peuple pour remettre les choses en leur place quand le système électoral sera trop en défaut. C’est le seul moyen d’en finir. »
D’abord, nous ne voyons pas qu’on en finisse à ce prix.
Et, si ensuite il n’en était pas ainsi ? Si l’obstacle que rencontre cette activité, cette véritable vie sociale, qui l’empêche d’être permanente, était justement le maintien de ce système gouvernemental, expression mensongère, nous l’avons vu, de la souveraineté du peuple ? Faudrait-il le conserver ce système, ou faudrait-il l’abattre ? L’abattre assurément. Replacer pour ainsi dire le peuple sur ses jambes, afin que désormais il fasse sa volonté naturellement comme le dernier des mortels, et ne se voie plus dans la nécessité de recourir par moments à ces explosions terribles de colère, après lesquelles, épuisé, il retombe abattu.
Radicaux, si le mot PEUPLE est pour vous une abstraction, une métaphore, une figure de rhétorique, vous abusez de la naïveté de ceux qui vous écoutent et qui prennent au sérieux tous ces grands mots vides de sens dont vous vous montrez si rarement avares. Ce mot serait-il dans votre esprit synonyme de majorité ? Pourquoi ne le dites-vous- pas ? Pourquoi trompez-vous vos électeurs par ces artifices de langage ? Avouez-leur donc franchement que votre souveraineté du peuple n’est point autre chose que la souveraineté des majorités.
Pour nous, nous acceptons avec enthousiasme le principe de la souveraineté du peuple, mais nous entendons par PEUPLE une réalité. Le peuple est à nos yeux un être collectif, réel, vivant, ayant son organisme spécial, obéissant à des lois qui lui sont propres, et dont le développement, sous le nom de progrès, se fait à travers l’histoire. Nous l’appelons Corps social, et nous le considérons comme le dernier degré connu du monde matériel.
Tous ceux donc qui se déclarent partisans de la souveraineté du peuple doivent, nous l’avons déjà dit — ou admettre qu’il peut être consulté, qu’il est capable de répondre, que l’authenticité de sa parole peut être établie, — ou bien, qu’il peut se passer d’exprimer ses désirs, sa volonté se manifestant et exécutant à la fois par ses propres actes.
Pour qu’un être vivant (et nous savons que le corps social n’est point autre chose) puisse agir d’une manière conforme à sa volonté, il est indispensable que l’on assure le développement, l’indépendance, le libre jeu de son organisme. Voyons donc quels peuvent être les organes du corps social et demandons-nous si, dans l’organisation actuelle de la société, ils jouissent de toute l’indépendance nécessaire.
Quels sont donc ces organes dont le jeu doit assurer la permanence de la souveraineté collective ? Comment pouvons-nous prévoir aujourd’hui ce qu’ils seront un jour, puisqu’il existe un organisme fictif qui nous les cache et met obstacle à leur développement ? Par quel moyen les dessinerons-nous dans la masse vivante du corps social ? On le voit, c’est toute une anatomie embryogénique que nous avons à faire. Nous prendrons pour point de départ une vérité incontestable : tout organe accuse une fonction, mais aussi toute fonction annonce la présence d’un organe. Quelles sont les fonctions principales du corps social ? La plus générale est le Travail. Le TRAVAILLEUR est donc notre premier organe ; nous lui donnerons son indépendance en l’arrachant à la servitude qui l’écrase, à son esclavage politique, philosophique, économique, judiciaire et religieux. Mais le travail individuel pèse peu dans la production collective moderne. De là la nécessité d’un autre organe, celui de la production collective. Cet organe est le CORPS DE MÉTIER. Que faut-il pour qu’à son tour il devienne libre ? Le mettre en possession de la matière première et des instruments de travail. Enfin, qui dit production dit aussi consommation, répartition ou échange ? Cela nous conduit à admettre un troisième organe, la COMMUNE SOCIALE de l’avenir. Ainsi donc, l’organisme du corps social, nous le trouvons dans la fédération des producteurs dans le corps de métier, des consommateurs dans la Commune ; dans la fédération des corps de métier, dans la fédération des communes. Hâtons-nous de dire qu’on aurait tort de voir là une conception personnelle, malgré les obstacles qu’il rencontre, ce fédéralisme révolutionnaire se produit tous les jours, se développe de plus en plus sous nos yeux. Que faut-il pour qu’il existe d’une façon complète ? Que la révolution sociale devienne une réalité.
Dans la société actuelle point de souveraineté du peuple possible ; dans celle de l’avenir elle existera par la nature môme des choses.
…Pour se créer et vivre, un gouvernement s’appuie sur une majorité dans le corps électoral. Or, d’une part, cette majorité, étant sous la dépendance des fluctuations des partis politiques, est variable ; d’autre part, tout pouvoir possède des moyens d’action sur ces partis, soit qu’il se les rende favorables par des concessions de détails apportées dans sa ligne de conduite, soit qu’il en corrompe les membres par des sinécures, des portefeuilles ou des fonctions. Une expérience donc, indiquant au gouvernement, et, chaque fois qu’il le désire, la force numérique, les intentions, les tendances, le nom des chefs, les progrès ou la faiblesse de ses adversaires et de ses amis devient une source précieuse de renseignements, un auxiliaire presque indispensable. Journellement cette expérience a lieu dans le monde gouvernemental : le corps électoral en fournit la MATIÈRE, le suffrage en est l’INSTRUMENT, le pouvoir l’EXPÉRIMENTATEUR. L’habileté de l’homme d’Etat consiste donc à procéder à cette épreuve de la façon la plus complète possible, afin d’éviter autant que faire se peut les résultats erronés.
Aux grandes époques électorales le résultat du suffrage, les noms des candidats élus, les programmes qui triomphent, le succès ou la défaite des amis du pouvoir, telles sont les données de l’expérience. Mais pendant les intérims le pays électoral est muet, le gouvernement manœuvre dans l’obscurité, et il peut fort bien se faire qu’à la nouvelle période de vote venue, il soit trop engagé pour pouvoir réparer ses fautes.
L’idéal du système serait évidemment la possibilité pour le pouvoir d’avoir constamment sous les yeux le tableau complet et fidèle des fluctuations des partis. Quoiqu’il soit impossible de tenir le peuple en permanence dans ses comices, ce qui serait le plus sûr moyen, cet idéal a été obtenu. Par une fiction nouvelle, le principe représentatif, on suppose que la souveraineté peut passer du peuple dans une assemblée de représentants ; on fait voter à certaines époques, et par ce moyen on arrive à cette réalité, avoir sous les yeux, sous le nom de chambre, une espèce de photographie, non pas du corps social et de son organisme, mais de la cohue électorale et de la force proportionnelle des partis.
…Mais, (curieux phénomène de la tactique des partis), pendant que le suffrage universel descendu du piédestal du droit et réduit à son véritable rôle dans la mécanique gouvernementale, assure au privilège la direction des affaires humaines, voici le travailleur à son tour, l’exploité lui-même qui, loin de le maudire, l’accueille avec enthousiasme, le réclame, le revendique, s’apprête à la mort pour le conquérir, ou s’il l’a, pour le conserver. Spectacle étrange que celui que donne celle victime sociale demandant, la tête sous le couteau, le maintien de la guillotine ? Cet instrument dressé pour sa perte, peut-il au moins le conquérir ? Espère-t-il un jour l’employer à son profit, la tourner contre ses oppresseurs ? En termes plus simples, le suffrage-instrument, favorable jusqu’ici au maintien de l’exploitation capitaliste, peut-il échapper aux mains de la classe moyenne pour devenir dans celles du prolétariat un outil émancipateur ?
Depuis un quart de siècle, les urnes sont dressées sur la terre de France et nous voudrions que l’on nous citât une seule bataille électorale où le pauvre peuple ne soit pas resté meurtri sur le carreau ! Dans un article publié dans l’Almanach du Peuple, le compagnon Jules Guesde déroule ce long martyrologe du vote populaire. Ecoutons-le :
« Depuis vingt-quatre ans que les urnes sont debout en France, — dans la France du 10 août 1792 et du 18 mars 1871, — sur les cadavres des insurgés de Février, qu’en est-il sorti ?
« L’Assemblée nationale de 1848, qui devait, à peine réunie, répondre par la fermeture des ateliers nationaux à la confiance des ouvriers parisiens, mettant généreusement trois mois de misère au service de la République ; »
« La dictature de Cavaignac, les fusillades et les transportations ouvrières de Juin »
« La présidence de M. Louis Bonaparte et l’expédition romaine, en attendant le 2 décembre »
« L’Assemblée législative de 1847, qui n’a été qu’un long complot contre le socialisme, alors à l’état d’instinct ; »
« La présidence décennale de Napoléon-Bonaparte, en décembre 1851, et son lugubre cortège d’ouvriers fusillés dans la rue, jetés à Cayenne ou guillotinés, comme Cadelard et Charlet ; »
« L’Empire en 1852, avec la loi de sûreté générale, le rétablissement du livret autrement dit la mise en carte du travailleur traité en fille publique, les tueries de la Ricamarie et d’Aubin que le sarcasme de Rochefort définissait
« L’extinction du paupérisme par la suppression des pauvres, » et cette condamnation du bureau parisien de l’Internationale qui caractérise un régime : » Attendu que… le but des associés était l’amélioration de la condition de tous les ouvriers sans distinction de nationalité, et ce, par la coopération, la production et le crédit,… condamne…; »
Quel avantage le prolétariat français a‑t-il retiré de son activité électorale, de son empressement à faire, à chaque scrutin « acte de souveraineté ? »
« Demandez à l’ouvrier des villes, à l’employé dont les patrons peuvent supprimer le travail ou l’emploi ; demandez au manouvrier des campagnes qui peut être chassé par son maître ; à ce maître lui-même, qui, s’il n’est que fermier, peut se voir molester de toutes manières par son propriétaire ; demandez à tous ces électeurs s’ils se sentent réellement indépendants dans l’exercice de leur prétendue souveraineté. »
Que m’importe le droit de faire, si je n’en ai pas le moyen ? Le droit de vote sera un leurre jusqu’à ce que le travail ait la faculté de le faire valoir. C’est l’éternelle absurdité du philosophe : « Je suis libre, quoique dans les fers ! »
Oh ! Je prévois l’objection ! Les CANDIDATURES OUVRIÈRES ! Citoyens, pas de grands mots. Les grands mots sont la perte du peuple.
Il était incontestable que l’emploi du suffrage serait inutile dans les luttes économiques, et l’on devait prévoir qu’il serait dangereux. Comment pouvait-on espérer que cet instrument de division cimenterait la solidarité ouvrière ? Il fallait craindre au contraire qu’il ne la détruisît. En divisant sur le terrain des principes les ouvriers d’une même profession, il a rendu difficile, presque impossible, l’entente qu’il est toujours indispensable d’établir entre eux, lorsqu’on désire employer la grève pour avoir raison du monopole récalcitrant.
Dans la lutte économique, nous avons vu le système du suffrage au moins impuissant. Les rares triomphes, en effet, remportés sur ce terrain par le prolétariat, sont dus à l’organisation de la solidarité ouvrière. La production exige le concours de deux éléments : le travail considéré en lui-même, la matière première et les instruments destinés à sa transformation, c’est-à-dire le capital. Pour vaincre, il faut s’assurer des deux choses ? Pour se défendre de l’une d’elles au moins ? Dans la société actuelle, le patron est détenteur de tous les capitaux ; un seul espoir reste donc aux ouvriers, se rendre maître de la main‑d’œuvre. Le seul moyen qu’ils peuvent mettre on usage pour atteindre ce but, c’est l’association. A l’époque où la production était restreinte, les associations de métier, locales, éparses, isolées, pouvaient suffire, mais quand la production est devenue internationale, il a fallu fédérer en associations. On y est parvenu en créant dans chaque ville une section par métier et en unissant ces sections dans une fédération locale ; en formant des unions régionales d’une même profession et en fédérant ces unions dans la nation et dans le monde. C’est là la première raison d’être de l’Internationale ; nous n’insistons pas sur ce sujet, il est compris de tous, l’expérience sur ce point a convaincu les plus incrédules. »
@ 53
Ok l’exemple que tu donnes précise ton projet, mais je n’y vois toujours qu’une étape dangereuse et inutile à rajouter :
« les programmes servent à faire des choix »
C’est bien ça le problème.
« Et tu t’imagines que les gens favorables à une ploutocratie vont disparaître comme par enchantement parce que tu tires au sort »
Tirer au sort parmi la population permet d’avoir 1% de ploutocratie. Faire intervenir l’élection augmente naturellement, mécaniquement, les chances en leur faveur et ne peut que fausser la représentativité.
« en faisant uniquement confiance à la loi des grands nombres plutôt que de procéder à un vote pour connaitre la proportion exacte »
Le vote ne permet pas de connaître la proportion exacte (des opinions?) contrairement au tirage au sort.
Nous sommes d’accord sur le fait que les sondages ne représentent pas l’opinion de la population, mais c’est parce que ça n’a rien à voir avec un simple tirage au sort. La position politique de l’institut de sondage, le client qui commande le sondage, le nombre de fois qu’il va être fait pour coller aux attentes du client, la tournure des questions, etc… l’influencent et le corrompent.
« et tu prends le risque, par accident, d’en tirer au sort plus qu’il ne devraient y en a voir… »
Tu crains plus un IMPROBABLE accident du hasard, cette loi naturelle, que l’élection qui apporte un faille certaine dans l’incorruptibilité du tirage au sort ?
Je trouve ta peur de la non représentativité de la loi des grands nombres irrationnelle.
« En fait ce que je propose ne change strictement rien, à part de permettre d’avoir un résultat précis qui corresponde aux proportions des opinions exprimées par le peuple à un moment donné et d’avoir des tirés au sort représentatifs de ça. »
Ça « ne change strictement rien » effectivement, si ce n’est que les tirés au sort seront représentatifs des opinions à un moment donné, c‑à-d après avoir été travaillées par des campagnes électorales (au sens large de « choix »).
Pas très alléchant.
Citation de Bernard Manin dans « Principes du gouvernement représentatif » : « Les effets inégalitaires et aristocratique de l’élection tiennent en quatre facteurs : le rôle des préférences de personne, la dynamique d’une situation de choix, les contraintes cognitives, et les coûts de la diffusion de l’information. »
(Le vote pour un programme est concerné par les 3 derniers)
(« DING DONG » ???
et pourquoi pas « Allo, non mais allo… » tant que tu y es !!!)
« Tu veux dépenser ton énergie à lutter contre la gauche et la droite ou à promouvoir la démocratie ? »
« lutter contre » ?! Une fois de plus tu déformes mes propos, c’est pénible. J’ai dit « Je ne classe cependant pas (les différences d’opinions) sur le barème « gauche/droite » (…) qui nous enfume. Je me base sur les notions concrètes de défenseur de la démocratie/anti-démocratie. »
Je ne fais que ça, dépenser mon énergie à promouvoir la démocratie, qui passe, entre autre, à réfléchir sur un schéma 99%/1% plutôt que g/d qui me semble contribuer à la « division du peuple pour mieux régner ». Car des gens de « gauche » comme des gens de « droite » ont intérêt, et se battent pour arriver en Démocratie.
« petite remarque : les bouleutes constituent un hémicycle…Ce sont des parlementaires…L’anti parlementarisme est une erreur, la démocratie ne va pas faire disparaître le parlement ni les parlementaires, c’est juste qu’il seront tirés au sort au lieu d’être élus. »
« juste »?! C’est quand même une différence de taille, excuse-moi de le rappeler !
Pour moi, l’erreur ça serait de prétendre que la Démocratie ne sera pas très différente de notre régime parlementaire, sous prétexte qu’il y aurait des hémicycles dans les deux, ou autre.
Je crois qu’il ne faut pas confondre tous les « parlements » et donc tous les antiparlementarismes.
La définition me parait coller avec ce que nous rejetons aussi : « L’antiparlementarisme désigne l’opposition ou l’hostilité envers le parlementarisme, qu’il s’incarne sous forme républicaine ou monarchique, critiquant le plus souvent le coût de fonctionnement du Parlement, la corruption des parlementaires, leur absentéisme et le vote godillot »
Le meilleur angle d’attaque me semble être de rappeler toutes les trahisons des parlementaires (entre autre) et de faire valoir les avantages pour le bien commun des « bouleutes » tirés au sort(ou « parlementaires tirés au sort » mais je crains que ça ne contribue à la confusion et aux réactions fréquentes du genre « il me propose le même système mais avec des politiciens qui en plus sont tirés au sort. Non merci. »)
Par exemple (et ils sont innombrables) rappeler « le coup d’État du 4 février 2008, où nos prétendus « représentants » nous ont imposé par voie parlementaire le traité anticonstitutionnel que nous venions de refuser expressément par référendum ! Ce viol politique est gravissime, et nous n’avons pourtant AUCUN moyen de résister, même à ça. »
J’ai constaté qu’il est souvent bon de reposer un temps son projet et de se/le nourrir d’un maximum de pensées et de points de vue. Après quoi, on a une toute autre vision, souvent plus objective et critique de celui-ci.
@55
Merci pour la vision plus globale.
Ceci dit, ça ne contribue pas à le rendre plus sympathique : « Quand nous parlons de la sagesse (…) nous ne prétendons pas parler de la populace »
Ce qui m’a mené ici :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/11/30/282-henri-guillemin-explique-voltaire
A sa décharge il a tout de même dit « Dans tout pays qui aura de bonnes lois, le peuple même aura le temps de s’instruire, et d’acquérir le petit nombre d’idées dont il a besoin pour se conduire par la raison. »
Constat qu’il fait pour mieux enseigner à asservir, semble-t-il :
« Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. »
ou « Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. »
une définition de la philosophie sociale de Voltaire, par Robespierre :
« une espèce de philosophie pratique réduisant l’égoïsme en système, qui considère la société comme une guerre de ruses, le succès comme la règle du juste et de l’injuste, le monde comme le patrimoine des fripons les plus adroits ».
Gentil viralement,
Benoît
@58
« Tirer au sort parmi la population permet d’avoir 1% de ploutocratie. Faire intervenir l’élection augmente naturellement, mécaniquement les chances en leur faveur et ne peut que fausser la représentativité. »
Premièrement ce que je propose n’est pas une élection, il n’y a pas de candidats, il s’agit d’un vote, ça n’a strictement rien à voir.
Deuxièmement ce que tu dis n’est juste pas logique : tu tires au sort et tu n’a que 1% de ploutocrates mais si tu leur demande leur avis (aux mêmes) juste avant pour tirer au sort proportionnellement à leurs choix tu aurais subitement un bond en ploutocrates : ça ne veut absolument rien dire.
Le taux de ploutocrates reste exactement pareil dans les deux cas, la seule différence est dans la fidélité de la représentation que l’on obtient : précise selon ma méthode, approximative avec le tirage au sort pur. Objectivement c’est la seule différence.
« Le vote ne permet pas de connaître la proportion exacte (des opinions?) contrairement au tirage au sort. »
Mais qu’est ce que tu racontes la mon ami ?
Les décisions se prennent avec des votes pas en tirant au sort. Le tirage au sort n’est qu’un outil pour nous protéger de la corruption de candidat et nous garantir la non professionnalisation des hommes politiques.
Tant que tu y est choisissons notre politique économique à la roulette.
Non et non, le vote, je l’affirme permet de connaitre l’opinion des personnes a un moment donné et le tirage au sort en aucun cas. les bénéfices du tirage au sort sont essentiellement de grandement compliquer la corruption préalable des acteurs politiques.
Tu cites Bernard Manin qui parle d’élection, moi je parle de vote : ça n’a absolument aucun rapport.
« Je ne fais que ça dépenser mon énergie a promouvoir la démocratie, qui passe, entre autre, à réfléchir sur un schéma 99%/1% plutôt que g/d qui me semble contribuer à la « division du peuple pour mieux régner »
C’est très bien, pense comme tu veux mais du moment que tu passera le message que pour être démocrate il faut cesser d’être partisan pour tel ou tel bord politique tu vas immédiatement braquer les personnes qui ont un parti pris (cad la majorité des français) contre ton idée, c’est juste mécanique. Des que tu laissera de coté cette histoire de ne plus penser en termes de G/D pour te concentre uniquement sur la démocratie je suis certain que tu seras en mesure de rallier beaucoup plus de gens au projet démocrate.
« « juste »?! C’est quand même une différence de taille, excuse-moi de le rappeler ! Pour moi, l’erreur ça serait de prétendre que la Démocratie ne sera pas très différente de notre régime parlementaire, sous prétexte qu’il y aurait des hémicycles dans les deux, ou autre. »
J’ai dis le contraire ? je ne crois pas, tu n’as pas compris ce que je dis, ce que je dis c’est que classer les démocrates chez les anti-parlementaires est une erreur tactique doublée d’une erreur sur le fond : les bouleutes sont des parlementaires.
« Je crois qu’il ne faut pas confondre tous les « parlements » et donc tous les antiparlementarismes. La définition me parait coller avec ce que nous rejetons aussi : « L’antiparlementarisme désigne l’opposition ou l’hostilité envers le parlementarisme, qu’il s’incarne sous forme républicaine ou monarchique, critiquant le plus souvent le coût de fonctionnement du Parlement, la corruption des parlementaires, leur absentéisme et le vote godillot » »
Je ne suis pas d’accord, je ne suis pas du tout antiparlementaires, je n’ai absolument rien contre les parlementaires, je veux juste largement augmenter leur nombre, les tirer au sort et les tenir sous surveillance.
« Par exemple(et ils sont innombrables) rappeler « le coup d’État du 4 février 2008, où nos prétendus « représentants » nous ont imposé par voie parlementaire le traité anticonstitutionnel que nous venions de refuser expressément par référendum ! Ce viol politique est gravissime, et nous n’avons pourtant AUCUN moyen de résister, même à ça. » »
Chacun pensera ce qu’ils veut mais les gros cons qui ont voté pour Sarkozy ne sont pas blanc comme neige sur ce coup la.
« Ceci dit, ça ne contribue pas à le rendre plus sympathique : « Quand nous parlons de la sagesse (…) nous ne prétendons pas parler de la populace « »
Je te confirme Voltaire était une salope, je sais je suis vulgaire, désolé, mais il vaut mieux le citer correctement pour pas qu’on vienne nous explique qu’on remixe. Je la vois venir gros comme une maison celle la.
J’ai dit un peu trop de gros mots sur la fin la, j’aurais préféré les enlever, c’est puéril, désolé.
Salut les Virus
Une vraie Démocratie sans le soutient de l’armée et des personnels qui la compose n’aura pas lieu.
Mais qu’en pensent les militaires ?
Le témoignage d’un vétéran d’Afghanistan.
La morosité est dans la panoplie copieuse et non dite des outils des maîtres, et de l’asservissement moderne du genre humain.
Un outil silencieux, invisible, mais d’une terrible efficacité.
Soyons conscients de cela que trop de dénonciations de l’ombre finissent par occulter la lumière.
Alors soyons joyeux :
Ce sera mon premier acte révolutionnaire de ce beau dimanche matin.
Et sans le soutien de l’armée hihi 😉
Au loin d’une célèbre maxime apache :
C’est un bon jour pour sourire.
Bonjour,
J’ai plutôt l’impression que nous sommes tous des Mohicans en sursis… mais bon, continuons à être passif politiquement et de se donner bonne conscience en choisissant nos maîtres.
Sur ce, je vais faire mon Apache dans le jardin, et y retourner un carré de terre pour écouter les Peaux-Rouges (les Rouges-gorges) s’impatienter d’y mettre leur bec.
« Le Libertaire […] La droite le récuse parce qu’il est de gauche ; la gauche le refuse parce qu’on le classe à droite quand il affirme préférer une vérité de droite à une erreur de gauche. » Michel Onfray
http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n-98-juillet-2013/
HEURS & MALHEURS DU LIBERTAIRE
Se dire libertaire est assez facile, tâcher de vivre en libertaire s’avère plus difficile. Non pas que cette éthique pratique (ou cette pratique éthique…) soit irréalisable, au contraire, c’est relativement facile, il suffit de commencer un jour, mais parce qu’aux yeux d’autrui, pour qui la liberté est la chose du monde la moins bien partagée, mieux valent toujours un mythe, une fiction, une légende, un catéchisme, une religion, même athée, une fable, un conte, (pourvu que tout cela dispense de penser par soi-même et de faire face directement au réel), qu’une vérité qui trouble et met chacun face à soi-même, en demeure de « se construire liberté » pour utiliser une expression de Nietzsche. Dès lors, pour ceux qui n’ont pas construit leur vie selon ce principe, une vie libertaire vaut comme un reproche vivant à leur vie de servitudes volontaires.
Le libertaire veut une vie dans laquelle un maximum de liberté puisse être vécue sans que ce projet existentiel coûte à autrui en désagrément. Si l’autre se construit des châteaux de servitudes inhabitables quand on prend soin de lui proposer une chaumière libertaire habitable, c’est son affaire, il ne tient qu’à lui de se souvenir des termes du contrat. On stigmatise souvent la cruauté ou l’égoïsme du libertaire qui préserve sa liberté pour éviter de mettre en question sa propre cruauté ou son propre égoïsme. On sait que l’égoïste définit souvent celui qui ne pense pas assez à nous…
En matière religieuse, le libertaire est athée. Dès lors, il a contre lui tous les dévots : le Juif le traite d’antisémite, le Chrétien lui reproche son goût du blasphème, le Musulman stigmatise sa prétendue islamophobie. On peut préférer la liberté à n’importe quel dieu sans insulter ceux qui croient à leurs divinités. Le libertaire traite à égalité toutes les croyances là où le croyant se contente d’être lucide sur la religion des autres, qu’il aborde avec une raison qui lui fait défaut pour la sienne, mais se met en colère quand on utilise sa logique à l’endroit de sa propre fiction. Il a également contre lui les Francs-maçons ou les tenants d’une dite Libre Pensée souvent enfermés dans leurs propres catéchismes récités avec componction.
Sur le terrain politique, le libertaire se soucie plus de vérité et de justice que de droite et de gauche – même si, dans l’histoire, la droite a moins souvent fait que la gauche pour la justice sociale… Dès lors, il a également contre lui tous les tenants du catéchisme idéologique de gauche et tous les dévots de la religion pragmatique de droite. La droite le récuse parce qu’il est de gauche ; la gauche le refuse parce qu’on le classe à droite quand il affirme préférer une vérité de droite à une erreur de gauche.
Le libertaire se garde de toutes les tribus construites sur la classe sociale, le sol natal, le sang du lignage, la caste institutionnelle, la secte religieuse, l’appartenance politique sur le papier, la préférence sexuelle, l’esprit de corps, la profession… Toutes les communautés tribales, repliées sur elles-mêmes, élitistes et électives, actives en promotion du même et en éviction du dissemblable, intrigantes et utiles à leur propre promotion, le voient d’un mauvais œil – toujours parce que la vie solaire du libertaire vaut comme un reproche vivant à la vie en meute. Diogène, Aristippe, La Boétie, Nietzsche, Thoreau, Proudhon, Camus sont dans son arbre généalogique. Il n’en changerait pour rien au monde…
Michel Onfray.
Source : http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n-98-juillet-2013/
Ana et J‑S je n’avais pas lu vos saines envies joyeuses précédentes et un seul mot totalement décalé me vient à l’esprit : pouet 🙂
(C’est complétement débile, je sais, mais ça me fait marrer …)
Il n’y a rien de débile, puisque le sérieux nous rend triste, alors il est bon de s’accorder des pauses pour se requinquer, et le pouet est le prout du poète 😉
Bonsoir Étienne, et merci d’avoir corrigé ma grossière faute d’orthographe.
Salut les Virus
La suite attendue et « logique » pour le vétéran courageux … Et pour Ana : YOOUPIII ! 🙂
http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/07/19/slim-rehouma-veteran-de-la-guerre-dafghanistan-est-assigne-a-residence-sa-compagne-temoigne/
Allez lire cet article particulièrement succulent sur mediapart :
« Maistre censeur sur son lignage perché »
du 22 juillet 2013, par Antoine Perraud
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/190713/maistre-censeur-sur-son-lignage-perche?onglet=full
Patrice de Maistre a donc obtenu la disparition de sa voix dans Mediapart, qu’il semble poursuivre d’une vindicte amère. Une exégèse de sa généalogie et de ses enregistrements montre pourtant que rien n’est simple et que tout se complique. Portrait herméneutique…
…
Court extrait,
Puisque l’intéressé nous y convie, en s’assignant ainsi à résidence généalogique, suivons la piste patriarcale. Et abreuvons-nous à la source : Joseph de Maistre, donc. Ce gentilhomme né à Chambéry va fuir, à partir de 1792, « la pure impureté », « la fange sanglante », « une prostitution impudente du raisonnement », cette révolution « satanique » agitant, en un « délire inexplicable » et dans les « convulsions », une France devenue folle au point de réduire à rien la Maison de Savoie et d’annexer ce territoire alpin. Maistre trouve refuge au Piémont, puis en Suisse, un temps à Venise et finalement à Saint-Pétersbourg, où il conseille quatorze ans durant le tsar de toutes les Russies. Il prise le manant attaché à la glèbe et surtout pas le “citoyen” : « Ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau titre. » …
Par la même occasion,vous pouvez signer l’appel « Nous avons le droit de savoir »
http://blogs.mediapart.fr/blog/la-redaction-de-mediapart/110713/plus-de-50000-personnes-ont-signe-lappel-nous-avons-le-droit-de-savoir
et largement diffuser le gentil virus…
Bonjour Etienne
Je ne savais pas trop où mettre ce lien qui, je pense, devrait vous intéresser (ainsi que, je n’en doute pas, de nombreux GV).
Donc, je vous le mets dans cette file de dials.
Michel Onfray vs Pierre Rabhi. Brrr on en frétille d’avance …
http://www.philomag.com/lepoque/dialogues/pierre-rabhi-michel-onfray-lascete-et-lhedoniste-7747
ce matin, 458 signatures de la pétition sur avaaz, ça mesure la percée des idées et le nombre de GV qui se mouillent, un peu, comme moi.
Bonne journée à tous.
Quelle pétition ?
@thierry ou peut-être que les gens se disent que pétitionner, c’est réclamer à nos maîtres, et on sait très bien qu’il ne faut rien attendre de nos maîtres.
Les listes pour l’élection européennes démocratie réelle on eu presque 1000 participants, alors que devoir se présenter à une élection est bien plus engageant que de signer une pétition. De plus je pense que de nombreuses personnes dont moi n’étaient pas au courant de leur action ou n’étaient pas encore convaincu au moment de se présenter pour le tirage au sort.
Pierre.
ça progresse quand même thierry, l’autre jour quand j’ai mis mon blaze le chiffre étais bien plus bas si mes souvenirs sont bons…
Probable que du militantisme de terrain avec un pétition à l’ancienne serait plus payante et plus propice a la diffusion du projet.
Il faut peut-être commencer par aérer les cerveaux de ceux qui sont volontairement préoccupés par des conséquences…
2014 approche. C’est le moment de créer en vu des municipales des listes « démocratie locale directe ».
S’engager à ne jamais prendre une décision sans établir une concertation à vocation décisionnelle peut faire un tabac. Si ça ne fait que contraindre le sortant à surenchérir sur ce thème, c’est djà pas mal.
« Benoit HAMON , à la marge du VRAI SOCIALISME »
Quelques extraits d’une interview de Benoit Hamon par « La Tribune », le 23 juillet 2013.
Titre ;
Benoît Hamon :
« assurer un terrain de jeu équitable
entre économie classique et économie sociale et solidaire’ »
1) « Avec la création de mon ministère, le gouvernement entend pour la première fois appliquer au champ de l’Economie sociale et solidaire des politiques publiques nouvelles pour favoriser son développement et soutenir ses créations d’emplois. »
2) « Les entreprises et structures de l’ESS créent de la richesse, jusqu’à 10% du PIB chaque année. »
3) « …les entreprises de l’ESS sont moins exposées au risque de délocalisation parce que leur stratégie est guidée, non par la rémunération des détenteurs du capital, mais par les délibérations de personnes qui se sont associées pour mettre en commun leur force de travail, pour répondre à leurs propres besoins ou pour traiter un besoin ignoré par le marché… »
4) « Ce serait une faute grave que d’ignorer la robustesse de ce modèle économique et son incroyable richesse ! »
5) « Aujourd’hui, les différentes composantes de l’ESS sont confrontées à des freins structurels que nous devons lever sous peine de voir la dynamique fléchir… »
6) « Il est faux de penser que l’économie sociale et solidaire vit grâce aux subventions. C’est une économie d’acteurs privés, positionnés la plupart du temps sur des marchés concurrentiels.. »
7) « Je veux assurer un terrain de jeu équitable entre économie classique et ESS. Grâce à des allégements de cotisations, et à divers dispositifs d’incitation fiscale, la puissance publique aide des géants du secteur privé. »
8) « Elle ne doit pas redouter les contreparties que demandera l’Etat à cette priorité politique nouvelle donnée au développement du secteur. Je ne cherche à exclure personne… »
9) « Cette clarification, que l’on présente sous le terme de « labellisation »
10) « …simplement respecter les principes mêmes de l’ESS : la non lucrativité et la gouvernance démocratique… »
11) « Je ne veux pas rater le rendez-vous de l’entrepreneuriat social dans notre pays. Il y a déjà 78 masters et chaires ESS dans les écoles de commerce et université aujourd’hui… »
12) « C’est un modèle qui se révèle plus robuste mais aussi plus tempérant sans ignorer les exigences de compétitivité. »
13) « Le statut des SCOP a toutefois besoin d’être modernisé pour mieux répondre aux besoins des transmissions d’entreprise… »
14) « Que les choses soient bien claires ! L’ ESS n’est pas l’économie des pauvres par les pauvres pour les pauvres ! »
15) « Elle favorise des externalités positives vis-à-vis du cadre de vie et de l’environnement… »
16) « …ce sont des sociétés de personnes et non des sociétés de capitaux… »
17) « …Mais ce n’est pas pour autant une économie « naïve ». L’ESS est une économie qui doit bénéficier à tous, au sens étymologique du mot bénéfice… »
18) « Un acteur de l’ESS est donc évidemment encouragé à faire des bénéfices. C’est même recommandé. La différence c’est que le profit, l’excédant est intégralement réinjecté dans l’entreprise. »
19) « L’ESS peut-elle favoriser l’émergence d’un nouveau modèle économique et social et français ? »
20) « Il y a encore un problème d’acculturation des décideurs politiques et des chefs d’entreprise. Il nous faut créer des passerelles. »
21) « Si l’on considère le secteur de la santé par exemple, sans les acteurs de l’ESS, de nombreux territoires seraient médicalement désertifiés. »
22) « En créant des passerelles entre l’économie classique et l’ESS, l’économie française sera mieux armée pour répondre aux défis qui l’attendent dans un environnement de plus en plus instable… »
Dans un premier temps, Benoit Hamon devrait s’instruire avec deux ouvrages :
« Les socialistes et les droits de travail » de Jean-Baptiste André GAUDIN, 1874
« La bonne politique et le bon socialisme ne peuvent être ni séparés ni ennemis :— car, si la bonne politique doit consacrer la souveraineté du peuple et inaugurer avec elle la liberté sociale, la liberté morale et la liberté religieuse ; —si la politique désintéressée, honnête, la politique de la justice doit nous conduire aux réformes sociales utiles et nécessaires, — le bon socialisme, celui du droit, du devoir et de la justice doit être la science de ces réformes et de leur application. »
« Qu’on ne s’y trompe donc plus ; ceux- là qui, même sous le nom de socialistes, veulent, par un moyen quelconque, réformer la marche des gouvernements établis, ne font pas du socialisme : ils ne font que de la politique, ils ne font que des actes politiques. »
« Il suffit d’étudier les socialistes contemporains pour voir que l’organisation du travail et des intérêts, de la production et de la consommation, a surtout été l’objet de leurs préoccupations, et qu’au lieu de chercher à améliorer la constitution des empires, ils se sont surtout occupés de l’amélioration de la constitution physique, intellectuelle et morale des individus. »
Du jour où la grande industrie s’organise, le principe de participation du travail devient un droit social, plus vivement senti qu’il ne l’était antérieurement, par- ce qu’il se confondait alors dans l’exercice individuel du droit de chacun à la possession de ses outils et des produits de son travail. La grande industrie, venant en- lever au travailleur l’instrument du travail, et concentrer la production, doit, en raison des progrès accomplis, restituer au travail un droit équivalent et supérieur en ressources et en bien-être.
L’association du travail, du capital et de la capacité est un progrès social à réaliser parallèlement au progrès industriel, et loin de se nuire, ces deux progrès doivent marcher de concert à la conquête de tous les autres.
C’est d’ailleurs l’association qui constituera le remède aux plaies apparentes de notre progrès industriel : c’est en elle que sont renfermés les véritables principes d’organisation industrielle sur lesquels reposera la prospérité future des nations ; la participation du travail et de la capacité n’est pas une formule vague, se n’est pas une de ces formules dont le sens pratique est insaisissable comme l’étaient naguère, par exemple, ces mots : Droit au travail, jetés au vent de la publicité.
Ainsi que « Le coopératisme : conférences de propagande » (5e édition) / par Charles Gide, 1929 :
« …tel est donc le véritable but de la coopération. Permettez-moi de le résumer une dernière fois en ces termes transformation pacifique, mais radicale, du régime économique actuel en faisant passer la possession des instruments de production, et avec elle la suprématie économique, des mains des producteurs qui les détiennent aujourd’hui, entre les mains des consommateurs. Et comme moyens pratiques organisation de grandes fédérations de sociétés, avec accumulation d’un fonds de réserve aussi gros que possible, et création de magasins de gros aussi vastes que possible. »
« C’est une bonne chose que la retraite, mais chaque chose doit venir, en son temps, et ce sera seulement quand la coopération aura organisé la production qu’elle pourra prélever sur l’excédent de cette production de quoi assurer une retraite aux ouvriers qu’elle emploie. »
Il serait vraiment pénible de supposer que des êtres raisonnables, vivant en société, n’arriveront pas à résoudre le problème social qui consiste à concilier la justice avec la liberté ; et il est impossible d’imaginer par quel autre moyen ils pourront y arriver, sinon par des associations libres, s’organisant elles- mêmes en vue du résultat à atteindre, proclamant et mettant en pratique, dans leur constitution intérieure, le droit social nouveau, et se multipliant par la contagion de l’exemple. Or un tel régime, quel que soit le nom ou la forme qu’on lui donne, n’est autre. que le régime coopératif.
« Or, la plupart des coopératives mortes ont succombé par les discussions créées dans leur sein par ceux de leurs membres qui sont infectés de l’esprit mercantile ou de l’esprit individualiste, qu’on pourrait résumer en un mot, l’esprit bourgeois.
Il ne faut pas confondre individualisme et individualité celle-ci est une force et le signe d’une personnalité vigoureuse ; celle-là est une forme de l’égoïsme.
J’ai dit tout à l’heure que les coopératives ne vaincraient les marchands qu’à la condition de ne pas devenir elles-mêmes mercantiles. J’appelle esprit mercantile cette disposition à ne voir dans la coopération qu’une question de boutique, de gros sous à économiser ou à gagner… »
Mais l’esprit individualiste ne se manifeste pas seulement par l’amour des bonis. Comme le diable, il est habile à se déguiser et souvent il exerce ses ravages dans les coopératives sous la forme de « l’amour-propre ». Et il faut avouer que sous cette forme-là il est très connu en France. »
Pour les plus courageux, je vous adresse la réponse du MEDEF (sur BFM BUSINESS) au projet de loi HAMON sur l’économie sociale…
http://www.bfmtv.com/economie/thibault-lanxade-medef-projet-hamon-est-un-non-sens-economique-565922.html
Ce n’est pas une critique : Le sujet 78 aborde en gros 1⁄5 du nécessaire de découture du monde présent, hostile au bonheur :
-Rendre l’entreprise aux gens (sa gestion, sa production, sa finalité)
‑Rendre la monnaie aux gens (sa création, sa distribution, sa destruction si nécessaire, le crédit, la finance)
‑Rendre aux gens la réflexion, la décision et l’écriture de la loi, qui doit être issue d’un accord général et non plus d’un dictat oligarchique
‑Rendre l’information aux gens (et l’éducation)
‑Rendre la force des armes aux gens
Ces sujets sont épais et longs à explorer mais ils sont inséparables 😉
En particulier, traiter le premier sans régler le second conduit à un combat perdu d’avance.
(Le PS ne méritera son étiquette que le jour où bravant les fusils à lunette il s’engagera à casser le monopole du crédit – on peut rêver – qui est le fer de lance de la civilisation antisociale )
Ce qui est important/ennuyeux avec le cerveau humain, c’est que n’étant pas multitâche il est obligé de séparer, mais il est important de le savoir et de conserver un kaléidoscope bien en évidence sur la table d’élaboration des rêves.
Bonsoir,
« ‑Rendre l’entreprise aux gens (sa gestion, sa production, sa finalité) » : Localisation
« ‑Rendre la monnaie aux gens (sa création, sa distribution, sa destruction si nécessaire, le crédit, la finance)» : Localisation
« ‑Rendre aux gens la réflexion, la décision et l’écriture de la loi, qui doit être issue d’un accord général et non plus d’un dictat oligarchique » : Localisation
« ‑Rendre l’information aux gens (et l’éducation) » : Localisation
« ‑Rendre la force des armes aux gens » : Localisation
Pour moi la démocratie s’arrête là où le contact se perd.
Et dire que je n’avais pas encore vu la version complète
Religion, dettes, Fed, guerres, manipulations et réveil, tout y est
http://www.dailymotion.com/video/x4jhkg_zeitgeist_news?start=628#.UfAoRoFe-xM
Zeitgeist par CHOIX-REALITE
Bien amicalement
J.C
@J‑Stéphane
(81)
En effet, plus le rayon d’action d’un pouvoir est vaste et plus ses détenteurs sont autistes.
C’est mécanique.
Effet secondaire de ce mal originel et inscrit génétiquement dans le centralisme, ils sont incompétents.
Rendre les pouvoirs aux gens est donc incompatible avec le concept d’état central ; on comprend vite alors que la démocratie réelle, pour fonctionner, ne peut passer que par une relocalisation de tout ce qui peut l’être, assortie d’un tissage relationnel des entités techniques ou délibératives conçues dans le respect de ces idées. La topologie de la démocratie doit être fondée sur un espace relationnel isotrope et sans point d’accumulation.
Le détenteur d’un pouvoir central est aveugle au détail, mais le contributeur à la vie locale sera quant à lui aveugle au global.
C’est pourquoi le souci est double, d’inventer un maillage de l’économie et de la décision fondé sur le localisme, mais aussi d’inventer un système de communication performant entre les entités locales, en vue d’une synchronisation concertée mais non contrainte.
Ce n’est pas évident, car de même qu’un personnage haut en couleur peut au sein d’un groupe empocher la démocratie des décibels, de même une région riche et hyperactive peut au sein d’un réseau d’entités locales empocher un leadership naturel bien que nuisible.
Y a du boulot en vue pour les méninges démocrates 😉
et sans leader.
C’est bien pour ça,je pense, qu’il faut bosser sur l’idée du gouvernement démocratique national. Je suis persuadé que c’est possible. confier le national uniquement a des délégués de collectivités locales ne me parait pas suffisamment démocratique : l’idéal serait un référendum systématique pour tout. Evidemment c’est compliqué, il est probable que ce soit trop exigeant pour les citoyens, que la trop haute fréquence des consultations et la quantité de dossiers sur lequel il faut se former ne permette pas une véritable efficacité démocratique avec le référendum systématique.
Pour cette raison je ne pense pas qu’il soit stupide de voter pour des programmes…avec derrière des votes loi par loi, amendement par amendement évidement.
Les tribus ne sont-elles pas plus démocratiques que l’empire ?
Est-ce à ce moment que nous avons perdu la voie de la démocratie ?
@nlescan (85)
Le referendum ne résout pas de son simple mécanisme le défaut crucial qui de nos jours fait de lui un outil des dominants : Qui pose la question pour laquelle le peuple va devoir se former (ou être déformé 😉 ) avant d’y répondre, et donc qui décide des autres questions laissées en standby …, cela est un vrai souci …
Le pouvoir de poser la question, et de la rédiger, le pouvoir de choisir la cible commune des consciences, sont des pouvoirs immenses, et décisifs (!).
Ce pouvoir sur l’attention n’est certes pas le pouvoir de décision, mais il est le pouvoir d’orienter la décision, et de cadrer la réflexion et donc la volonté générales. Le pouvoir sur l’attention ne doit pas être centralisé. Mais partagé. C’est un peu comme dans une assoce 1901 où des petits malins s’accordent subrepticement le rôle de rédiger l’ordre du jour :
En démocratie réelle, le principe républicain de l’égalité doit donc s’étendre non seulement à la codécision universelle mais encore au questionnement universel : les citoyens doivent être égaux dans le choix de la nature et du thème du débat public autant que dans le mécanisme décisionnel qui suit ce débat.
Et il me semble qu’un localisme bien conçu pourrait favoriser ce but, en offrant au citoyen sa région comme porte-avion pour sa pensée.
Pour ce qui est de la crainte que peut inspirer le trop de démocratie qui pourrait épuiser les gens, ou les lasser (un argument des anti RIP), l’important n’est pas, c’est mon avis, que le citoyen participe à tout mais qu’il puisse le faire, en tout temps, et quelle que soit sa participation antérieure :
Le cahier des charges de la démocratie doit intégrer la garantie pour le modeste du droit de sortir soudainement de sa modestie, et pour ce faire, des outils efficaces, bien que raisonnables.
(En Suisse, les gens ne se déplacent que quand il y a une question qui les passionne, et les votations sont groupées, ce qui résout en partie cette inquiétude)
h
Le discours politique est volontairement simpliste, naïf, réducteur, déresponsabilisant, réactionnaire, parfois cynique, il résume, à mon sens, la psychologie type du politique contemporain.
Le « Théâtre politique et le ménage des riches », paraphrase du livre d’Olivier de Serres.
« En tant qu’employeur et directeur de manufacture dans le Lancashire et le Lanarkshire, j’avais fait tout ce qui était en
mon pouvoir pour alléger les maux dont souffraient mes employés ; pourtant, malgré tout ce que j’avais pu mettre en
oeuvre dans notre système hautement irrationnel de création de richesses, de formation du caractère et de conduite de
toutes les affaires humaines, je n’avais pu atténuer que dans une mesure limitée le caractère misérable de leur
situation et ce, alors que je savais que la société, même à cette époque, possédait amplement les moyens d’éduquer,
d’employer, de placer et de gouverner l’ensemble de la population de l’Empire britannique pour en faire des hommes
et des femmes ayant une formation poussée et une haute intelligence en même temps qu’unis, jouissant en
permanence de la prospérité et du bonheur, et supérieurs en toutes leurs qualités physiques et mentales »
(Owen, Robert.,1858).
« (…) entrez dans n’importe laquelle des écoles dites nationales et demandez au maître de vous montrer ce qu’ont
appris les enfants. Celui-ci les appellera pour leur poser des questions théologiques auxquelles les hommes les plus
érudits sont incapables de répondre rationnellement ; les enfants fourniront cependant sans hésiter la réponse qu’on
leur aura enseignée ; car cette parodie d’apprentissage ne requiert que de la mémoire. Ainsi l’enfant dont la faculté
naturelle de comparer les idées ou dont le pouvoir de raisonner auront très rapidement été détruits
deviendra-t-il ce que l’on appelle le premier de la classe s’il possède en même temps une mémoire lui
permettant de retenir des absurdités sans liens ; et les trois-quarts du temps qui devrait être employé à faire acquérir
une instruction utile seront-ils en fait occupés à détruire les capacités mentales des enfants »
(Owen, R. 1814).
Projet de loi
Économie sociale et solidaire : le gouvernement veut-il supprimer la démocratie d’entreprise ?
Par François Longérinas (29 mai 2013)
http://www.bastamag.net/article3093.html
L’économie sociale et solidaire (ESS), ce sont 2,4 millions d’emplois dans des coopératives, des mutuelles ou des associations, 10% du PIB et un ministre délégué, Benoît Hamon, qui prépare un projet de loi sur le sujet. Problème : sous prétexte d’ouvrir le secteur à d’autres entrepreneurs, le ministre serait prêt à enterrer l’une des spécificités de l’ESS, la gestion relativement démocratique des entreprises, avec le principe « une personne égale une voix », quelles que soient les responsabilités ou la part de capital de chacun.
Un projet de loi sur l’économie sociale et solidaire sera débattu au Parlement dans quelques mois, pour assurer davantage de reconnaissance à ce secteur – qui représente 10 % du PIB et 2,4 millions d’emplois – et accompagner son développement. A la lecture du projet de loi porté par Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire (ESS) et à la Consommation, on reste largement sur sa faim ! On ne sait s’il vaut mieux en rire ou en pleurer…
Comment en effet ne pas applaudir à cette volonté affichée par le ministre d’offrir aux coopératives, aux mutuelles et aux associations une visibilité et une crédibilité qu’elles n’ont plus connues depuis la Libération ? Du temps où le Conseil national de la Résistance affirmait son soutien aux coopératives et aux autres démarches de solidarité et d’intérêt général. Comment ne pas se réjouir que la majeure partie des structures et des mouvements concernés par ce projet ont été consultés depuis six mois ? L’exercice n’est pas facile, tant secteur de l’économie sociale et solidaire recouvre des réalités très diverses.
Mais à parcourir le texte du projet de loi, le lecteur attentif retiendra tout d’abord que le cabinet de Benoît Hamon aura voulu proposer des bouts de réforme, répondant chacun à une revendication de l’un des secteurs concernés. Une pincée de retour aux subventions pour le mouvement associatif, un zeste de facilitation des reprises en coopérative par les salariés, deux cuillères à café d’accompagnement, par l’élargissement de la révision coopérative à toutes les structures (la révision permet aux responsables des coopérative de s’assurer que leurs structures sont restées fidèles aux principes de l’ESS)… Et j’en passe. Ce saupoudrage ne constitue pourtant pas une orientation cohérente de transformation sociale. C’est même l’inverse qui se profile.
Ringarde, la démocratie ?
À force de vouloir contenter tout le monde, l’ancien dirigeant de la gauche du PS fait la part belle aux courants les plus libéraux de l’ESS. Constatant depuis quelques années « un véritable engouement de la part de jeunes créateurs d’entreprise pour un modèle dont l’objectif principal n’est pas l’accumulation de bénéfices et leur distribution », le ministre en déduit qu’il faut leur ouvrir la porte et les inclure dans le champ de l’ESS. La loi va donc intégrer dans le « secteur de l’ESS » des entreprises au statut capitalistique classique mais qui se revendiquent de l’économie sociale et solidaire 1. Problème : ces jeunes dirigeants pilotent des SA ou SARL, et non des structures avec un mode de gouvernance coopératif et démocratique. D’un côté, c’est l’actionnaire qui décide en fonction de son capital (50% du capital = 50% des voix), de l’autre, ce sont les sociétaires, qu’ils soient investisseurs ou salariés (un homme = une voix, quel que soit le montant du capital placé dans l’entreprise). Conséquence, pointe Benoit Hamon, « le seul principe qu’il ne nous semblait pas possible d’inscrire dans la loi, dès lors qu’il s’agit d’une SA ou d’une SARL, c’est la gouvernance démocratique » 2 ! Ce mode de gouvernance spécifique – et historique – de l’ESS, sera seulement rappelé dans l’exposé des motifs de la loi…
On croit marcher sur la tête lorsque Benoît Hamon va jusqu’à saluer les acteurs « historiques », « qui au départ souhaitaient rester sur le seul périmètre des statuts », seuls garants des principes de l’ESS, « d’avoir fait évoluer leur position pour inclure de « nouveaux entrants ». » C’est pourtant exactement le contraire qu’ont défendu jusqu’au bout Patrick Lenancker, président de la confédération générale des SCOP, et Jean-Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement, qui ont réussi à convaincre le très institutionnel Conseil économique, social et environnemental (CESE) que la question de la gouvernance démocratique, à travers les statuts des structures, était centrale.
Lisez plutôt : « Notre assemblée considère que ce sont les statuts qui définissent le périmètre de l’ESS. Ceux-ci reprennent en effet des valeurs communes (entreprises de personnes et non de capitaux, solidarité entre membres, gouvernance démocratique, impartageabilité de la propriété collective) et spécifiques (non lucrativité pour les associations, les mutuelles et les fondations ; lucrativité encadrée et règlementée pour les coopératives). En conséquence, l’instauration d’un label ou dispositif volontaire de reconnaissance ne présente pas de réel intérêt. » 3
Une personne = une voix : un principe dépassé ?
Ce positionnement gouvernemental s’explique donc par une volonté d’inclure dans le champ de l’ESS les jeunes gens qui veulent faire carrière dans le social ou l’environnemental. Ceci est louable. Mais est-ce la bonne méthode que de baisser les bras sur les statuts de l’ESS, avant même d’essayer de convaincre ces « nouveaux entrants » de leur utilité ?
Ne soyons pas naïfs. Benoît Hamon adopte le point de vue des dirigeants du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) qui entendent faire de la gouvernance un point secondaire de leurs principes fondateurs. Tout simplement parce que leurs objectifs ne sont pas le changement de système économique, mais la réparation des pires dégâts du capitalisme. Ils en arrivent ainsi à cautionner le greenwashing opéré par les entreprises du CAC 40 ou le social business prôné par le réseau Ashoka, qui incite les jeunes loups à occuper le « marché des besoins sociaux ». Bref, à faire de la pauvreté une terre de conquête économique et financière.
Il n’est pas trop tard pour réagir. Une alliance entre le mouvements coopératif, les réseaux mutualistes et les associations citoyennes permettrait peut-être d’inverser la tendance et de remettre l’intérêt général au cœur de ce projet de loi.
Il faut cependant reconnaître que les pistes proposées pour changer les dispositifs de la commande publique à l’égard des acteurs de l’ESS, notamment en augmentant la part des clauses sociales et environnementales dans les appels d’offre, vont dans le bon sens 4… A condition, une fois de plus, que le parole de toutes les personnes concernées – salariés, usagers et « bénéficiaires », y compris dans le secteur de l’insertion – soit pleinement reconnue.
François Longérinas, directeur d’une coopérative de formation et co-animateur du Front de Gauche de l’économie sociale et solidaire
Notes
1 Ces structures devront inscrire dans leurs statuts des principes de l’ESS, se déclarer « entreprise de l’ESS » au moment de leur création. Elles bénéficieront d’un « agrément solidaire d’utilité sociale » délivré par les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRRECTE).
2 Source : La Gazette des communes, 26/04/2013.
3 Source : CESE.
4 Actuellement les marchés incluant une clause sociale représent à peine 3 % des appels d’offre
Pourquoi l’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale
Par Ivan du Roy (2 février 2012)
http://www.bastamag.net/article2086.html
Les ravages du capitalisme financier remettent au goût du jour « l’économie sociale ». L’idée de créer des sociétés coopératives, où l’actionnaire ne prédomine plus, se répand de nouveau parmi les salariés. Les associations rassemblant consommateurs et producteurs se multiplient pour contourner les grands groupes. Les banques éthiques suscitent un regain d’intérêt… D’où vient cette « économie sociale » ? Peut-elle constituer une alternative au système économique actuel ?
Entretien avec Jean-Philippe Milesy, délégué général de la coopérative Rencontres sociales.
Basta ! : D’où vient « l’économie sociale » ?
Jean-Philippe Milesy 1 : Historiquement, l’économie sociale se constitue en réaction au libéralisme économique de la Révolution française et des régimes suivants. La loi Le Chapelier (promulguée en juin 1791) interdit tout groupement de citoyens, d’ouvriers ou de paysans. Au départ, les formes d’économie sociale sont des démarches pragmatiques de citoyens, dans un quartier ou sur un territoire donné, pour mettre en commun le peu qu’ils ont : capacité de travail, outils, épargne, inventivité… Une des premières sociétés de secours mutuel s’appelle « Le sou du linceul » : des gens d’un quartier qui réunissent leurs maigres économies pour éviter qu’on enterre les leurs comme des chiens. Cela renvoie à la Chanson des Canuts. C’est l’essence de l’économie sociale : des réponses collectives immédiates à un besoin social non satisfait. Des artisans mettent en commun leurs outils, d’autres leur pécule pour pratiquer le crédit, alors réservé aux grandes entreprises. Autre exemple : dans les fabriques, le système de l’économat assujettit les travailleurs au magasin de l’entreprise. Les employés doivent y acheter les produits dont ils ont besoin – une manière pour le patron de récupérer leurs salaires. En réaction, des circuits courts sont mis en place, qui permettent aux travailleurs d’aller se fournir chez des paysans et industriels pour ne plus dépendre des prix fixés par le patron.
Qui sont les initiateurs de ce mouvement ?
L’économie sociale est alors portée par des militants, partisans du fouriérisme (de Charles Fourier et de son idée de phalanstère, ndlr), de Proudhon (qui incarne l’un des courants de l’anarchisme, ndlr), des socialistes utopistes, des chrétiens sociaux issus du mouvement ouvrier, et même des bourgeois, voire des petits aristocrates, en rébellion contre le capitalisme manufacturier et le libéralisme financier. Ces structures pragmatiques et dispersées vont assurer leur pérennité grâce à l’idée de fédéralisme lancée par Proudhon ou le penseur anarchiste Élisée Reclus. On assiste à des regroupements de caisses de crédit, d’associations de secours mutuel, comme la Société d’épargne de crédit mutuel des ouvriers relieurs à Paris avec le socialiste Eugène Varlin, et d’associations ouvrières de production. Des structures fédérées suffisantes pour peser, et qui annoncent la création des syndicats 2. La liberté, l’égalité et la solidarité constituent leurs principes communs : la libre création, avec des citoyens qui, librement, se regroupent ; la démocratie, avec le principe un homme égale une voix, indépendamment de sa fortune ; et l’impartageabilité des résultats, vers des détenteurs du capital, par exemple.
Pourquoi les mouvements progressistes et révolutionnaires qui émergent au sein du mouvement ouvrier au XIXe siècle ne portent-ils pas pleinement cette économie sociale ?
Les deux courants majeurs du mouvement ouvrier – marxiste et anarchiste – adoptent des attitudes ambiguës envers l’économie sociale. Ils reconnaissent l’intérêt du mouvement mais portent des jugements très sévères sur la perte d’énergie qu’induirait, selon eux, l’économie sociale : le temps que les ouvriers passent à monter ces structures est autant de temps qui n’est pas consacré à la lutte contre le capital. En parallèle, l’État, dès Napoléon III, tente de capter ces structures, de les institutionnaliser. Certains courants du mouvement ouvrier, autour du socialiste Jules Guesde, par exemple, considèrent que seul l’État peut assurer la régulation, la laïcité… La conquête de l’État devient donc la priorité. Et c’est un débat qui perdure encore aujourd’hui. Le soutien à de nouvelles formes d’économie sociale n’est pas vu comme un levier principal du changement par la gauche.
Et ensuite ?
Durant tout le XXe siècle, l’économie sociale va s’isoler et s’institutionnaliser, malgré les « coopératives rouges » créées dans les années 1920 ou les coopératives ouvrières relancées sous le Front populaire en 1936. À la Libération, on peut dire que l’économie sociale « rate le coche ». Le Conseil national de la Résistance n’y fera guère référence. Si les gaullistes, les démocrates chrétiens et les communistes n’ont alors aucune idée de ce qu’est l’économie sociale, c’est aussi parce qu’une partie des notables du mouvement se sont compromis sous le régime de Vichy, en cédant au corporatisme et à la solidarité nationale. L’économie sociale va ensuite subir les remous de la guerre froide, la CGT y est marginalisée. Elle retrouve un peu de force dans les années 1970 avec l’arrivée de la deuxième gauche, porteuse des idées du christianisme social, notamment dans le monde rural, où la tradition de coopération est encore vivace. Les coopératives agricoles ne sont pas encore devenues des multinationales agroalimentaires, la vie démocratique y est alors présente. Des initiatives comme Lip jouent un rôle dans cette renaissance. La CGT s’ouvre aux coopératives de luttes.
Comment expliquer le regain d’intérêt actuel pour l’économie sociale, en particulier pour les sociétés coopératives (Scop), médiatisée par les tentatives de reprise des entreprises SeaFrance ou Fralib par leurs salariés ?
Aujourd’hui, la destruction de l’État providence, ou de l’État du compromis social, la dislocation des mesures héritées du Conseil national de la Résistance et la domination du capitalisme financier la remettent au goût du jour. Le fait que des entreprises pourtant bénéficiaires soient lâchées par leurs actionnaires invite à réagir. Mais il n’est pas toujours sûr que ces entreprises puissent demeurer rentables en dehors d’un groupe capitaliste, qui leur facilite les accès au marché.
Quelles sont les conditions d’une reprise en coopérative ?
Trois conditions sont nécessaires : l’engagement des salariés, la démocratie et une dose de réalisme économique. Il semble que ces conditions n’étaient pas réunies dans le cas de SeaFrance. Une Scop n’est pas un îlot de socialisme. Elle se situe sur un marché, doit produire quelque chose qui se vend, avoir la confiance de ses clients. Dans ce cadre, la transformation de PME en coopérative est plus réaliste. Les grosses entreprises, c’est plus difficile. Mais cela peut fonctionner : Chèque Déjeuner face à Sodexo, ou Acome dans la fibre optique. Ce n’est pas un modèle, mais chaque fois une aventure humaine recommencée. Les Scop ont besoin d’un soutien populaire. L’économie sociale est avant tout un élan collectif, ce que l’on a tendance à oublier. Ce n’est pas un leader charismatique, avec des gens qui suivent.
L’économie sociale peut-elle faire du travail un vecteur d’émancipation, dans un contexte où les conditions de travail et l’emploi se dégradent ?
Il existe une ambiguïté vis-à-vis des salariés. À part les Scop, au sein desquelles les salariés sont eux-mêmes sociétaires, toutes les organisations de l’économie sociale sont dans un rapport classique de subordination. La Macif ou la MGEN sont des mutuelles entre sociétaires – leurs adhérents –, pas entre salariés. Même s’ils y sont globalement mieux traités que dans une entreprise d’assurance privée, ils ne participent pas au processus politique de l’économie sociale. Les salariés d’un comité d’entreprise ne bénéficient pas forcément des avantages du CE. À l’intérieur de ces entreprises, la lutte des classes existe : il y a des syndicats, des institutions représentatives du personnel.
Le mouvement associatif est pourtant très peu syndiqué…
Dans le monde associatif, c’est plus compliqué. D’abord parce qu’une association est contrainte par ses recettes. Ensuite parce qu’une partie des dirigeants du monde associatif estiment – leurs structures agissant pour le bien commun – que les salariés doivent prendre une part de la souffrance de leur public. Du coup, on vit parfois dans une certaine économie de la misère : « Ne vous attendez pas à être bien payés », répète-t-on aux salariés. L’institutionnalisation des associations par les pouvoirs publics pèse aussi sur la gestion des ressources humaines. La contractualisation par appel à projets aggrave le phénomène et favorise le « moins-disant » social. Trop d’associations dépendent de la commande publique. C’est dangereux. Il suffit que le maire change et une association est obligée de se séparer brutalement d’une partie de ses salariés, sans avoir les moyens de mettre en place un plan social. Tout cela accroît la précarité. En l’absence de réserves ou de fonds de roulement, la sortie de crise est souvent catastrophique.
L’économie sociale ne peut-elle survivre qu’en marge du secteur concurrentiel ou peut-elle incarner une réelle alternative ?
Il existe une économie sociale de transformation et une économie sociale conservatrice à l’abri de ses statuts, comme certaines coopératives agricoles ou les coopératives de la grande distribution, tel le groupe Leclerc (une coopérative de commerçants) : des regroupements de patrons qui peuvent adopter le même comportement prédateur que certaines multinationales. L’oligarchie financière ne veut pas de l’économie sociale. Laisser se développer des entreprises fondées sur autre chose que la recherche du profit maximum des actionnaires n’est pas envisageable. En Allemagne, le tissu de PME subsiste pour l’instant grâce aux règles anciennes du compromis social. Si l’économie sociale se développait trop, le modèle du management unique – où le travail est la plaie et où tout retour sur investissement à moins de deux chiffres est jugé minable – serait remis en cause. Et le système des financiers serait vicié. Pour le patronat comme pour certains politiques, l’idée d’un pluralisme économique est donc intolérable. L’économie sociale est donc acceptée seulement comme une économie subsidiaire. Elle montre que l’alternative est possible, mais n’est pas en son état actuel l’alternative elle-même.
Cette économie sociale compte également des acteurs financiers importants (Crédit agricole, groupe Caisse d’Épargne-Banque populaire, Crédit mutuel…). Sont-ils si différents que les acteurs bancaires classiques, pointés du doigt depuis le début de la crise ?
Au sein du Crédit agricole, on assiste à une certaine tension entre les hypercapitalistes de Crédit agricole SA (société anonyme) face aux élus et aux équipes qui viennent de la Fédération nationale du Crédit agricole (l’instance de réflexion, d’expression et de représentation des Caisses régionales, ndlr). Idem au Crédit mutuel ou au sein du groupe Caisse d’Épargne-Banque populaire, où l’arrivée de François Pérol il y a deux ans a tendu la situation. Le Crédit mutuel et les banques populaires se sont mis à communiquer sur leur statut d’économie sociale. Ils ont donc conscience que s’en revendiquer favorise leur implantation et la fidélité de leurs clients. Ils ne peuvent pas affirmer que leurs sociétaires occupent une place dominante sans leur donner un peu de pouvoir. Quand la Maif choisit le slogan « assureur militant », cela change la donne et infléchit nécessairement, et dans le bon sens, les pratiques. Ils ne peuvent pas rester dans la schizophrénie. Et si revendiquer les principes de l’économie sociale peut être un avantage compétitif, pourquoi s’en priver ?
1 salarié français sur 10 travaille dans l’économie sociale (2,3 millions de salariés). Pourquoi ses structures représentatives sont-elles si peu présentes dans le débat public, à l’image du Ceges (Conseil des entreprises, employeurs et groupements de l’économie sociale), invisible face au Medef ?
Au sein du collège patronal, où il se présentait pour la première fois aux élections prud’homales de 2004, l’AES, un groupement d’entreprises de l’économie sociale, réalise 9 % des voix, avec seulement trois syndicats d’employeurs et sans les grandes instances de l’économie sociale. Le Medef n’a pas apprécié. En 2008, l’AES, avec cette fois l’appui du Ceges, passe de 9 % à 19 %, et ce, sans le secteur agricole et sans les banques coopératives qui restent au Medef. Cela signifie que des entrepreneurs capitalistes ou des artisans votent en faveur des listes de l’économie sociale pour marquer leur opposition au Medef. Il serait donc légitime que les employeurs de l’ES détiennent 20 % des sièges patronaux dans tous les dispositifs paritaires dans lequel l’État est impliqué. Or, le Medef refuse obstinément et revendique le monopole de la représentation patronale.
Selon vous, l’économie sociale est-elle davantage présente dans le débat politique, en particulier à l’occasion de l’élection présidentielle ?
Quelles que soient les arrière-pensées politiques, la reconnaissance de l’économie sociale progresse. À gauche, les équipes de chaque candidat qui travaillent sur le sujet se sont renforcées. La vision que l’État devait tout régler est en train d’évoluer, y compris au Front de gauche. Même l’UMP compte un délégué à l’économie sociale, ce qui n’était pas le cas auparavant. De leur côté, les collectivités locales ont tendance à regarder plus attentivement ceux qui travaillent sur le lien social, face au démembrement des services publics. Cela les force à interroger le modèle étatique.
Quel est le rôle de Rencontres sociales dans ce contexte ?
Rencontres sociales est une boîte à outils pour susciter les coopérations entre les diverses maisons de l’économie sociale, et les secteurs du mouvement social et syndical, avec une vision d’une économie sociale transformatrice de la société. Pour prendre deux exemples, nous travaillons sur de nouvelles formes de restauration collective sociale, à partir d’un travail avec la CCAS (Caisse centrale d’activités sociales des industries électriques et gazières) et avec un certain nombre d’acteurs qui cherchent à échapper au cartel constitué par les grandes sociétés financières qui œuvrent dans le secteur de la restauration collective (Sodexo, Elior et Compass). Avec la mutuelle Chorum, nous travaillons à mettre en place des activités de loisirs et de vacances sociales et culturelles pour les salariés d’associations, de TPE et de PME qui ne bénéficient pas de comités d’entreprise.
Recueilli par Ivan du Roy
Notes
1 Délégué général de la coopérative Rencontres sociales.
2 La Fédération parisienne des sociétés ouvrières constitue le noyau de la future CGT, créée en 1895
J’ai un faible pour la fraternelle à Saint Claude.
http://www.maisondupeuple.fr/presentation/
La fraternité obligatoire a mis fin à la fraternité spontanée. Une vraie réflexion philosophique serait ici nécessaire.
;;;;;
J’avais visité deux « empresas ocupadas » en Argentine ( salaires égaux et une voix par personne )
ça marchait bien jusqu’à ce qu’on leur tire dessus à balles réelles ( et après la dictature ! )
Bonsoir,
Ca bouge en Bulgarie…
« Les Inaudibles de Bulgarie », Mediapart,
25 juillet 2013.
Albena Dimitrova, économiste et essayiste, expose les raisons du mouvement de protestation bulgare et interpelle les Européens.
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250713/les-inaudibles-de-bulgarie
Après plus de 40 jours consécutifs de protestations, Sofia et d’autres villes de Bulgarie voient leurs rues toujours investies de citoyens excédés par la corruption et les lacunes de la représentativité parlementaire. Les Indignés bulgares sont aujourd’hui les Inaudibles d’un pays et de toute l’Europe. Leurs revendications de changement de la Constitution, du Code électoral et plus largement, d’une refondation des règles démocratiques, émergent dans un contexte de crise politique profonde.
…
« Nous voulons une démocratie directe !»
Ces protestations posent des questions plus fondamentales devant la démocratie européenne. Les médias européens parlent peu de ces protestations pacifiques avant ce 40e jour. À croire que seule la nuit des violences a droit d’audience dans les autres pays d’Europe. Pourquoi un tel mouvement reste-t-il inaudible en Europe ? Est-ce qu’un pays européen dans lequel la population manifeste quotidiennement et pacifiquement depuis 40 jours n’intéresse personne ? Faut-il des visages en sang pour qu’un refus d’usurpation de la démocratie soit entendu ? Est-ce la nature des revendications sociétales qui dénote avec les revendications économiques habituellement plus audibles ? Ou bien, est-ce l’absence d’homologues et de leaders politiques du mouvement qui le priverait de dialogue avec les autres pays d’Europe ? Ce mouvement n’apporte-t-il rien à la réflexion européenne ? Les manifestants sont-ils trop « Beaux », trop pacifiques pour être entendus ?
N’y a‑t-il pas, dans les préoccupations bulgares, une proximité avec les exigences de moralisation de la vie publique dans toute l’Europe ? La quête pour une justice indépendante et pour une presse libre n’est-elle pas commune ? Le récent exemple du ministre du budget français est éloquent à cet égard. En charge de la lutte contre la fraude fiscale, il est démasqué en tant que fraudeur lui-même sous la pression et par le sérieux des enquêtes de la société civile indépendante. D’autres scandales politiques en Europe montrent régulièrement l’existence des connivences dangereuses qui se tissent entre les élites politiques et la nécessité d’une vigilance renforcée de la société civile indépendante. Ce sont précisément ce genre de connivences qui poussent les citoyens bulgares dans les rues depuis 40 jours. Et pourtant leur mouvement est à peine relayé par la presse européenne, alors même que des appels « Europe wake up ! Dictatorship can’t be velvet » ou « Europe, help our fight against mafia-governement ! » sont affichés quotidiennement.
Dans l’exercice effectif des mandats, le pluralisme démocratique est de plus en plus réduit à des alternances bipartites. Il ne garantit plus suffisamment ni la représentativité démocratique, ni le renouvellement de ceux qui exercent le pouvoir conféré par le vote. Les Cahuzac fréquentent des hommes d’affaires en commun avec des Woerth et des Le Pen, tout en appartenant à des partis politiques différents.
Pourquoi en Europe néglige-t-on un mouvement citoyen qui revendique une refondation des règles de la démocratie ? La crise de représentativité démocratique n’est-elle pas une problématique commune pour les démocraties d’Europe ?
Un mouvement comme celui des citoyens bulgares aujourd’hui pourrait inspirer la mise en place de nouvelles règles et soulever la question des instruments d’accès direct des citoyens au Parlement. « Nous voulons une démocratie directe !», revendiquent-ils. « Changement du Code électoral ! », « Changement de la Constitution ! »
Les urnes n’expriment plus pleinement les volontés des électeurs. Les promesses électorales sont de plus en plus rarement tenues et découragent la participation massive aux élections. Ce recul est perceptible un peu partout en Europe y compris dans les pays à forte tradition démocratique. En Bulgarie, plus de la moitié de l’électorat se désintéresse de son droit de vote, alors qu’au début des années 90, près de 96% des votants bulgares s’étaient rendus aux urnes. Les gens ne croient plus que leur voix sera utilisée pour la réalisation réelle des projets électoraux.
A ce titre, la place prévue pour le vote blanc dans la loi électorale est significative. Dans nos démocraties structurées par des partis politiques, le vote blanc est comptabilisé comme un bulletin non valide au même titre que les bulletins comportant des irrégularités. Les voix exprimées activement par le bulletin blanc sont-elles vraiment vides de sens ?
Les bulletins blancs, inaudibles aujourd’hui, tout comme les manifestants bulgares, ne pourraient-ils pas être entendus ? Des projets de cette nature ne peuvent pas venir naturellement des partis politiques, eux-mêmes soumis à des fonctionnements et à des logiques d’appareil. Ils gardent encore les mécanismes obsolètes d’une maximisation « d’utilité » politique sous contrainte des voix électorales obtenues. Mais la société civile indépendante a la possibilité d’exiger un décompte des bulletins blancs et permettre de les utiliser comme tickets d’entrée au Parlement pour des députés-citoyens. Le pourcentage obtenu pourrait déterminer le nombre de sièges de ces députés-citoyens qui seraient tirés au sort parmi l’ensemble de la population. Le principe d’une part d’élection aléatoire n’est-il pas un des principes fondateurs de la démocratie ?
Le rejet en masse du système actuel des partis politiques en Bulgarie appelle à une refondation de la démocratie et à la recherche de garanties supplémentaires contre les corporatismes hiérarchisés et les influences des pouvoirs économiques non élus. L’entrée dans les Parlements démocratiques des députés-citoyens via la reconnaissance du bulletin blanc pourrait élargir les compétences des citoyens et le niveau de la culture électorale. Une formation pour l’exercice du mandat de député-citoyen pourrait prendre la forme d’un service civique nouveau… Les Inaudibles de Bulgarie pourraient peut-être devenir des porteurs de ces nouvelles règles de démocratie participative. En tout cas, à Sofia le rendez-vous est donné : « On restera devant le Parlement jusqu’au bout ! »
Françoise,
« Nos » médias appartiennent à la malsainte trinité béton-canon-pognon, et n’ont donc aucun intérêt à relayer ce qui pourrait donner des idées au peuple.
C’est le même phénomène qu’avec le silence sur l’Islande.
Je préconise des journalistes tirés au sort … 😉
http://tinyurl.com/kf32wx8 #ARTEFuture via @ARTEFuture
https://fbcdn-sphotos-c‑a.akamaihd.net/hphotos-ak-prn1/16558_503394399735422_1782999162_n.jpg
Bonjour Etienne
J’ai trouvé cette vidéo d’une conf où étaient présent Dieudonné et Soral.
La réponse donnée par Soral sur votre travail et sur la Démocratie devrait vous intéresser.
Démocramicalement. 🙂
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1aUH1NK8eEY
@ Françoise (93)
Pour compléter le msg d’Ana, les médias sont aussi, et peut-être surtout, vendus au GRAND Saint Pognon.
Je dirai que la masse dans son immense servitude, sa stérilité moutonnière, voyeuse, et cupide aime le sang et les larmes, entrecoupés de cul et de jeux. L’homme aime avant toutes choses LES Plaisirs. Son Plaisir.
Le reste ne faisant pas vendre des espaces publicitaires. Les médias n’ont aucun intérêt financier à le proposer …
Si les marchands de canons, béton et autres prédateurs sociaux faisaient plus de bénéfices en vendant des révolutions, je suis persuadé qu’ils seraient tous révolutionnaires.
Les médias nous vendent aussi ce que nous aimons.
A méditer …
Au fait Etienne, et votre bouquin ? …
Dupont-Aignan propose le RIC !
http://occir.free.fr/pl_1248.htm
Ça bouge, voila enfin l’occasion de prouver la corruption de nos élus lorsqu’ils refuseront cette proposition.
Énorme la proposition de référendum d’initiative populaire par NDA !
Dommage que le seuil soit si élevée. Il aurait mis à 2% voir même 5% et ça aurait put se fêter !
NDA doit en avoir tellement marre d’être traité comme il est, qu’il se sent hors de la classe politique, et commence à être prêt à tout pour que ça change.
Pierre.
La proposition de RIC sur le site de l’assemblée nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1248.asp
Cette proposition de loi montre à mon avis par quelle voie la démocratie est amenée à s’imposer. Dans ses conférences et débats, Etienne en vient souvent à être confronté au problème du cercle vicieux. Etant donné que les institutions sont établies par une oligarchie, et que ces institutions sont telles qu’elles favorisent la détention du pouvoir par une élite oligarchique, comment espérer établir une démocratie ? Les personnes au pouvoir n’accorderont jamais volontairement le pouvoir au plus grand nombre. Etienne reste toujours peu disert sur le « comment ». Comment peut se faire la transition d’une oligarchie à une démocratie ? La réponse la plus intuitive, qui revient régulièrement, est que la transition se fera par la violence. C’est l’image de la révolution. On imagine le peuple en masse manifester dans la rue jusqu’à chasser les tyrans, avec comme exemple les révolutions arabes. Je ne crois pas trop à cette voie. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’exemple de révolution ayant amené à long terme une démocratie, sans doute parce que pour fomenter une révolution, il faut une organisation solide, et donc des leaders, etc … D’ailleurs, contrairement à d’autres régions du monde, on ne voit pas venir l’ébauche d’une révolution semblable en Europe Occidentale.
Je pense plutôt que dans nos pays, la démocratie viendra remplacer l’oligarchie par un mécanisme de capillarité. Les idées démocratiques se répandront dans la masse du peuple, puis avec un certain retard, seront reprises par l’élite. C’est la thèse de Gustave le Bon dans La Psychologie des Foules :
« C’est surtout par le mécanisme de la contagion, jamais par celui du raisonnement, que se propagent les opinions et les croyances des foules. C’est au cabaret, par affirmation, répétition et contagion que s’établissent les conceptions actuelles des ouvriers ; et les croyances des foules de tous les âges ne se sont guère créées autrement. Renan compare avec justesse les premiers fondateurs du christianisme « aux ouvriers socialistes répandant leurs idées de cabaret en cabaret» ; et Voltaire avait déjà fait observer à propos de la religion chrétienne que « la plus vile canaille l’avait seule embrassée pendant plus de cent ans ».
On remarquera que, dans les exemples analogues à ceux que je viens de citer, la contagion, après s’être exercée dans les couches populaires, passe ensuite aux couches supérieures de la société. C’est ce que nous voyons de nos jours pour les doctrines socialistes, qui commencent à gagner ceux qui pourtant sont marqués pour en devenir les premières victimes. Le mécanisme de la contagion est si puissant que, devant son action, l’intérêt personnel lui-même s’évanouit.
Et c’est pourquoi toute opinion devenue populaire finit toujours par s’imposer avec une grande force aux couches sociales les plus élevées, quelque visible que puisse être l’absurdité de l’opinion triomphante. Il y a là une réaction des couches sociales inférieures sur les couches supérieures d’autant plus curieuse que les croyances de la foule dérivent toujours plus ou moins de quelque idée supérieure restée souvent sans influence dans le milieu où elle avait pris naissance. Cette idée supérieure, les meneurs subjugués par elle s’en emparent, la déforment et créent une secte qui la déforme de nouveau, puis la répand dans le sein des foules qui continuent à la déformer de plus en plus. Devenue vérité populaire, elle remonte en quelque façon à sa source et agit alors sur les couches supérieures d’une nation. C’est en définitive l’intelligence qui guide le monde, mais elle le guide vraiment de fort loin. Les philosophes qui créent les idées sont depuis bien longtemps retournés à la poussière, lorsque, par l’effet du mécanisme que je viens de décrire, leur pensée finit par triompher. »
Contrairement à l’idée classique que le gouvernement impose ses vues au peuple, Le Bon pense que les gouvernements suivent les opinions qui se sont répandues dans le peuple :
« De ces causes diverses est résulté un phénomène très nouveau dans l’histoire du monde, et tout à fait caractéristique de l’âge actuel, je veux parler de l’impuissance des gouvernements à diriger l’opinion.
Jadis, et ce jadis n’est pas fort loin, l’action des gouvernements, l’influence de quelques écrivains et d’un tout petit nombre de journaux constituaient les vrais régulateurs de l’opinion. Aujourd’hui, les écrivains ont perdu toute influence, et les journaux ne font plus que refléter l’opinion. Quant aux hommes d’État, loin de la diriger, ils ne cherchent qu’à la suivre. Ils ont une crainte de l’opinion qui va parfois jusqu’à la terreur et ôte toute fixité à leur ligne de conduite.
L’opinion des foules tend donc à devenir de plus en plus le régulateur suprême de la politique. Elle arrive aujourd’hui à imposer des alliances, comme nous l’avons vu récemment pour l’alliance russe, exclusivement sortie d’un mouvement populaire. C’est un symptôme bien curieux de voir de nos jours papes, rois et empereurs, se soumettre au mécanisme de l’interview, pour exposer leur pensée, sur un sujet donné, au jugement des foules. On a pu dire jadis que la politique n’était pas chose de sentiment. Pourrait-on le dire encore aujourd’hui où elle a de plus en plus pour guide les impulsions de foules mobiles qui ne connaissent pas la raison, et que le sentiment seul peut guider ? »
Bien plus probablement que par une révolution de masse, je crois que les projets démocratiques s’imposeront quand certaines franges de l’oligarchie, se voyant systématiquement minoritaires et tenue à l’écart du pouvoir dans le système actuel, reprendront à leur comptes des idées populaires devenues majoritaires dans l’opinion publique : « Il est rare qu’un meneur précède l’opinion ; presque toujours il se borne à la suivre et à en épouser toutes les erreurs. » (NB : pour Le Bon, les exemples qu’il reprend souvent d’ ‘erreurs’ issues du peuple sont les idées chrétiennes, les idées démocratiques et les idées socialistes). En France, les exemples de tels relais marginalisés au sein de l’oligarchie pourraient être Dupont-Aignan à droite, Mélenchon à gauche, ou Plenel dans le monde médiatique. Je pense que les institutions démocratiques se construiront pas à pas quand de tels « meneurs », surfant sur la vague de l’opinion publique, feront passer des projets tels que le Référendum Citoyen.
Ces gouvernements qui appliquent le démocide ne devraient pas être crédibles quand ils disent agir au nom de la démocratie !
Bonjour,
L’idée de Bernard Uguen, blog Mediapart, 15 juillet 2013, en appelant à « Un Grenelle Citoyen de la Démocratie » est intéressante.
http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-uguen/150713/un-grenelle-citoyen-de-la-democratie-17-le-dossier
… »« Il est plus que temps de rassembler toutes les énergies, les ressources, en appelant par exemple à un « Grenelle de la démocratie », chargé de mettre la société civile au service d’une refondation démocratique.
Ces travaux qui porteraient sur les modifications institutionnelles proposées par les citoyens, les organismes et mouvements divers, pourraient ainsi faire l’objet d’un grand débat citoyen, par l’utilisation des techniques internet et médiatiques. Au terme de cette consultation sur des objets clairement établis, les moyens d’adoption parlementaire ou citoyenne seront utilisées avec beaucoup plus de force et d’efficacité.
Cette solution du Grenelle de la Démocratie, outre qu’elle formerait une innovation intéressante d’une révision institutionnelle, présenterait l’avantage de lancer une grande opération de sensibilisation publique vis-à-vis des institutions et du droit constitutionnel.
J’espère qu’il est possible si toutes ces énergies disparates de citoyens démocrates pouvaient converger sur cette simple revendication d’un « Grenelle de la Démocratie », par l’organisation d’une rencontre sur 2 ou 3 jours, lors du premier semestre 2014, de telle sorte que chaque participant puisse préparer et affiner ses propositions avant le grand débat.
Il s’agit de réfléchir collectivement aux transformations estimées nécessaires à la constitution de la Véme République, pour changer la République afin de rénover la démocratie et la faire évoluer. Ceci n’évacue pas le fait qu’au terme de ce Grenelle, une des conclusions puisse être le changement de constitution et la nécessité d’une constituante…
Il est alors obligatoire de réfléchir à la constitution d’une petite structure associative par ex, chargée des contacts et de l’organisation, de trouver d’autres participants, de fixer des règles de conduite du futur débat, de faire circuler l’information et les travaux préparatoires, de retenir le lieu de la rencontre et d’organiser le contenu et le déroulé du programme des journées… et peut être de trouver des partenaires … Cette structure peut se limiter dans un premier temps à un site internet pour un travail collectif de réflexion sur cette seule fonction technique.
Y aurait ‘il des volontaires ?? »
Lien vers le projet :
http://pacte-democratique.over-blog.com/categorie-11922077.html
et le forum :
http://grenellecitoyen.forumcrea.com/
Pétition pour le RIC
https://www.change.org/fr/pétitions/a‑tous-les-députés-et-sénateurs-de-france-adopter-la-loi-n-1248-pour-le-référendum-d-initiative-citoyenne#
Dommage que cette proposition de Référendum d’initiative populaire ne fait pas plus parler d’elle, alors que pourtant on a pas le droit à ça tous les 4 matins.
Article Agoravox le 29/07/13 :
Un premier pas dans la bonne direction
Notre stratégie de « lobbying citoyen » vient de porter ses premiers fruits : le 12 juillet, le député Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) a déposé la proposition de loi n° 1248 visant à inscrire le référendum d’initiative citoyenne dans l’article 3 de la Constitution.
(http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1248.asp)
Nous les avions tous sollicités par courriel. 577 adresses électroniques à collecter une par une, un travail long et fastidieux, il fallait vraiment le vouloir, mais nous le voulions vraiment. Puis l’envoi d’un même mail à tous. Certains ont répondu, d’autres nous ont ignorés. Peu de réponses positives, et même pour ceux de nos élus qui se disaient favorables au référendum d’initiative populaire, le passage des paroles aux actes semblait problématique.
Il fallait en remettre une couche, et se tenir à l’affût de tout événement qui pouvait servir notre cause. C’est ainsi que fin janvier, je suis tombé sur un article du blog de Nicolas Dupont-Aignan, où il félicitait David Cameron de sa décision d’organiser dans son pays un référendum sur l’Europe. Il y écrivait notamment « Nous devons saisir l’opportunité pour exiger un référendum dans tous les pays d’Europe d’ici 2017. Un référendum (…) pour dénoncer les traités et construire une Europe des Nations et des projets. »
J’ai aussitôt saisi mon clavier (le 26 janvier) pour expliquer au député souverainiste que si nous disposions du référendum d’initiative citoyenne, les Français pourraient eux-mêmes provoquer des référendums sur des questions de leur choix, sans dépendre du bon vouloir d’un exécutif UMP ou PS qui sont européistes l’un et l’autre. (Et quand nous nous adressions à des députés de gauche, nous mettions en avant la possibilité de trancher, par référendum, des questions telles que la réforme des retraites ou l’Accord National Interprofessionnel, si défavorable aux salariés.)
Sa réponse (du 30 janvier) m’a singulièrement irrité :
« Cher Monsieur,
Même si en l’occurrence, la stratégie de David Cameron n’est inspirée que d’intentions politiciennes, je pense en effet que son initiative vient à point nommé rappeler à nos gouvernants qu’ils tiennent leur légitimité du peuple et qu’ils doivent le consulter sur les grands enjeux politiques ou sociétaux.
Encore, faudrait-il que, bien sûr, ils respectent le verdict des urnes ! le référendum du 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne est l’exemple-type de la trahison du peuple ; malgré les 59 % de suffrages un peu moins de 55 % en réalité qui se sont portés sur le non, le traité de Lisbonne a été adopté 3 ans plus tard par le Parlement…
C’est la raison pour laquelle, comme vous le savez, je milite fermement pour l’organisation d’un référendum sur l’euro (j’avais lancé une pétition à ce sujet, voici quelques mois) et me réjouirais que, grâce à David Cameron, la citadelle Bruxelloise soit enfin ébranlée.
Concernant le référendum d’initiative citoyenne, je vous rappelle qu’il n’est pas applicable tant que les gouvernements successifs diffèrent (délibérément) la publication des décrets d’application du texte.
Veuillez agréer, Cher Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. »
J’avais le désagréable sentiment que lui aussi se moquait de moi : oser appeler « référendum d’initiative citoyenne » cette lamentable réforme de l’article 11 voulue par Nicolas Sarkozy en 2008, c’était prendre les gens pour des ignares, de vrais analphabètes constitutionnels, car il suffisait de lire le texte pour comprendre que l’initiative n’appartenait pas au peuple mais à 20 % des membres du Parlement, et qu’il suffisait que le parlement examine la proposition de loi (sans même la voter !) pour que le recours au référendum soit définitivement écarté (alors que la procédure exigeait le soutien de 10 % des électeurs inscrits, soit environ 4,6 millions de signatures) !
J’ai donc poussé mon « coup de gueule » sur Facebook, ce qui a fait réagir André-Jacques Holbecq (proche de NDA et auteur notamment de « La Dette publique, une affaire rentable » et du « Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir »). André-Jacques m’a proposé de lui réécrire pour dissiper ce qu’il considérait comme un « malentendu », et a lui-même repris contact avec le député pour appuyer mes arguments.
C’est ainsi que j’ai obtenu le 5 février la mise au point suivante :
« Pour faire suite à notre échange du 30 janvier, je vous confirme être favorable à l’introduction du référendum d’initiative populaire dans notre constitution, en particulier dès lors qu’il s’agit d’adopter des traités qui portent atteinte à la souveraineté de notre pays.
Ce serait le seul moyen de contourner l’hostilité de nos gouvernants – de droite, comme de gauche – à utiliser l’article 11 de la Constitution, voulu par le Général de Gaulle, pour associer le peuple aux grandes décisions qui concernent son avenir. Ce serait aussi et surtout le moyen de soustraire le pouvoir aux technocrates.
Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués. »
Mais c’est Yvan Bachaud, infatigable promoteur du référendum d’initiative citoyenne depuis plus de 20 ans, qui a enfoncé le clou, en prenant contact avec chaque député, chaque responsable de parti ayant (ou ayant eu) le RIC à son programme, et avec chaque président de groupe parlementaire, et demandant très précisément à chacun de faire ce qui est en son pouvoir pour réaliser cette promesse, c’est-à-dire déposer une proposition de loi en ce sens. Nicolas Dupont-Aignan fut donc le premier à passer de la parole aux actes.
Il est vrai que le texte de sa proposition de loi ne donne pas entièrement satisfaction, mais il a deux qualités qu’il faut souligner :
1) Il instaurerait (s’il était voté) un référendum d’initiative exclusivement citoyenne, sans aucune intervention du Parlement.
2) Il est à la bonne place, à l’article 3 de la Constitution (« De la souveraineté ») et non à l’article 11 (« Du président de la République ») comme la réforme bancale de juillet 2008 (et dont le Parlement est actuellement – 5 ans après ! – en train de voter la loi organique censée permettre son application…). Inscrit à cet emplacement, le RIC peut porter sur tous les domaines, alors qu’à l’article 11, son champ d’application est restreint.
Cependant, il comporte aussi des points faibles :
1) Par précaution, on aurait pu préciser « … en toutes matières, y compris constitutionnelle et de ratification des traités » histoire de lever toute ambiguïté (et éviter que la loi organique ne puisse exclure ces domaines-clés !). Cela va sans dire, mais ça va encore mieux en le disant.
2) Il précise un seuil de signatures très élevé : 10 % des inscrits (4,6 millions d’électeurs), c’est plus qu’il n’en faut pour les « I.C.E. » (Initiatives Citoyennes Européennes, 1 million de signatures mais qui ne débouchent pas – il est vrai – sur un référendum décisionnel) ou pour les référendums suisses (1 à 2 % des inscrits). De plus, ce seuil faisant partie des modalités d’application du RIC, il aurait pu être fixé par la loi organique. Dans l’article 3, il vaut mieux s’en tenir au seul principe du RIC.
3) Il maintient la possibilité pour le président de la République d’être à l’initiative du référendum. Cela se comprend aisément en référence à l’héritage gaullien, (un héritage qui remonte en fait jusqu’aux plébiscites du Second Empire) mais apparaît aujourd’hui comme totalement anachronique : à l’époque où De Gaulle l’a institué, en 1958, l’autorité du Président était encore fragile et il pouvait être confronté à un Parlement hostile (De Gaulle dénonçait d’ailleurs le « système des partis »…) d’où l’utilité pour lui de pouvoir faire appel au peuple par-dessus le Parlement. Or depuis 1962, le Président est élu au suffrage universel direct, ce qui accroît sa légitimité, et avec le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral décidés en 2000 (les législatives ayant lieu après les présidentielles), il est assuré d’avoir une majorité à l’Assemblée. Il dispose donc de tous les instruments pour gouverner, et n’a plus besoin du référendum ! De plus, maintenir ce droit présidentiel entretien la confusion entre les référendums-plébiscites (à l’initiative du Président) et ceux qui sont à l’initiative des citoyens : on prête ainsi le flanc à la critique des adversaires de la démocratie directe, clamant que lorsque le peuple est consulté par référendum, il répond davantage à celui qui pose la question qu’à la question elle-même. En Suisse, modèle du genre, la Constitution interdit à l’exécutif de recourir au référendum.
4) Le principal défaut de la proposition de loi n°1248 de Nicolas Dupont-Aignan est qu’elle émane de Nicolas Dupont-Aignan, c’est-à-dire d’un député qui est le seul représentant de son parti, qui ne dispose pas d’un groupe parlementaire et qui n’a donc pas la possibilité de mettre sa proposition à l’ordre du jour de l’Assemblée. Elle est renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, et son parcours dépendra de la mobilisation des citoyens qui se fera (ou pas…) autour de ce projet de référendum d’initiative citoyenne souhaité par une écrasante majorité de Français (82 à 88 % selon plusieurs études) mais qui devront – eux aussi – passer des paroles aux actes.
Nous avons donc gagné une bataille, mais nous n’avons pas encore gagné la guerre ! Cette proposition de loi constitue indubitablement un premier pas dans la bonne direction, mais il faudra en faire d’autres si nous voulons parvenir au but et faire vraiment de notre peuple le souverain comme le prévoit l’article 3 de notre Constitution…
Patrice Camille Desmoulins, le 29 juillet 2013.
P.S. L’association Article 3, à laquelle on pourra bientôt adhérer et dont le site sera prochainement en ligne à l’adresse http://www.article3.fr/, préconise la réécriture de l’article 3 de la Constitution de 1958 en ces termes : (modifications en majuscules et entre crochets)
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum [D’INITIATIVE CITOYENNE, EN TOUTES MATIÈRES, Y COMPRIS CONSTITUTIONNELLE ET DE RATIFICATION DES TRAITES. CET ARTICLE NE PEUT ÊTRE MODIFIE QUE PAR VOIE RÉFÉRENDAIRE]. »
Sa mise en œuvre nécessitera un toilettage de quelques autres articles de la Constitution pour prendre en compte la modification de l’article 3, et notamment la suppression de l’article 11. Les modalités d’application du référendum d’initiative citoyenne devront être précisées dans une loi organique.
Pour profiter du dépôt de cette proposition de loi afin de soutenir l’inscription du référendum d’initiative citoyenne dans la Constitution, condition incontournable de la démocratisation de notre système politique :
http://occir.free.fr/pl_1248.htm
Bonjour,
{{La dernière séance de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale a débuté, jeudi 25 juillet, sans aucun député dans l’Hémicycle. A l’ouverture des travaux prévus pour 9h30, seuls le président de séance, l’écologiste Denis Baupin et le ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve étaient présents sur les bancs de l’Assemblée, indique « Le Canard Enchaîné », mercredi 31 juillet.
Un président de séance (le député (EELV) de la 10e circonscription de Paris, Denis Baupin) un ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve, et aucun député. C’est ainsi qu’a débuté la dernière séance de la session extraordinaire à l’Assemblée nationale, programmée jeudi 25 juillet à 9h30.
Les fonctionnaires du Palais-Bourbon réussissent à rameuter deux parlementaires
« Plutôt gênant, alors que l’Assemblée devait entendre un hommage aux victimes de la catastrophe ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle », précise « Le Canard Enchaîné ». Et l’hebdomadaire satirique de poursuivre : « les fonctionnaires de l’Assemblée ont finalement réussi à rameuter deux malheureuses parlementaires ». Les travaux ont donc pu débuter avec une affluence record de quatre personnes dans l’Hémicycle du Palais-Bourbon.
Outre l’hommage rendu aux victimes de la catastrophe ferroviaire espagnole. Et après avoir attendu que des courageux arrivent en renfort, les parlementaires ont dû approuver diverses conventions internationales, le règlement du budget et les comptes de l’année 2012 avant de se pencher sur la thématique des « soins sans consentement en psychiatrie ».}}
Source : newsring.fr
PS : L’absentéisme n’est-il pas sanctionné ? Et si c’est le cas, qu’est-ce qui nous assure du sérieux de leur présence …
Merci, c’est à ranger au dossier d’accusation du système représentatif.
A resservir en public. Le thème n’est pas l’absentéisme mais bel et bien le jemenfoutisme.
Le projet ne peut pas venir d’en haut (députés ou sénateurs), mais bien évidemment d’en « bas ». Il ne verra le jour qu’après un dysfonctionnement majeur du système actuel (grains de sable). Par « système », j’évoque ce « despotisme silencieux », cette « domination légale » d’une technocratie si habile à étouffer toute initiative d’un membre dissident.
Le préambule à la proposition de loi N°1248 ne résume que quelques conséquences du système actuel ; le diagnostic est partiel et bien peu persuasif. On y retrouve les poncifs habituels (divorce, politique éloignée des réalités, sentiment de défiance, etc.), le « nous » plutôt que le « sa » est plus approprié pour juger la classe politique : « les décisions que nous prenons ne sont pas en adéquation avec ne sont pas en adéquation avec les besoins du peuple ». Touchons au but ; c’est par la rédaction d’un préambule objectif et autocritique que NDA aurait dû commencer et non un état des lieux aussi banal que celui qu’il propose. La proposition de loi qui en découle est bien timide, et, malgré le bien-fondé de cette initiative, elle finira bien évidemment aux oubliettes.
Nous connaissons tous (je l’espère) tant elle est une évidence, la tromperie que nous vivons, cette « domination légale » que Max Weber a intitulé « La domination légale à direction administrative bureaucratique ». Le propos consiste à un classement de la domination légitime en 3 types :
Je ne voudrais pas ici sortir le propos de son contexte, mais faire un rapprochement entre notre soumission et les différents artifices utilisés par la classe politique :
-Élection du président au suffrage universel (charisme).
-L’avalanche de normes et de règlements (statutaire).
-Fonctionnement des institutions (tradition « républicaine »).
La solution ne peut venir que du « bas », par une intrusion dans les conseils municipaux, intrusion légale par la présence aux élections municipales. Un « mouvement citoyen », sans prendre la forme d’un parti, devrait s’immiscer lors des prochaines municipales. Pas de leaders, mais des consciences éclairées devraient prendre cette initiative et tirer vers le haut un ensemble de personnes. Des réunions autour de thèmes principaux (Constitution, pouvoir, démocratie, citoyenneté, cité, social, association, communauté, etc.), doivent être organisées dans les communes et arrondissements. Le propos doit être articulé sous forme d’échanges, en ayant soin d’avoir fait un état des lieux des connaissances du public. Les orateurs principaux doivent donner des références (philosophiques, sociologiques), citer les auteurs ; tout débat a besoin d’un support valable et nous n’en manquons pas !!
Le premier temps de cette conquête citoyenne doit passer par la subversion du « système » à sa base, la présence contradictoire dans les conseils municipaux sans quoi, nous le savons par expérience, le « système » s’adaptera et avalera tel un phagocyte, mouvement populaire quel qu’il soit.
Je pense cette possibilité à portée de mains. Le « système » recherche toujours l’affrontement, la désinformation, la manipulation et le discrédit. Proposons une autre méthode, une intrusion subversive dans le débat politique, parlons des causes et non des conséquences.
Préambules :
Indispensables : instruire, éduquer, informer et diffuser
Présence : communes puis départements, régions et Nation.
Questions : pouvoir, constitution, démocratie, citoyenneté…
Pour illustrer le propos ci-dessus, je vous propose un éclairage historique au travers de l’article suivant :
LE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE : UN TRAIT MÉCONNU DU GÉNIE DE CONDORCET
Anne-Cécile Mercier
P.U.F. | Revue française de droit constitutionnel
2003⁄3 – n° 55
pages 483 à 512
ISSN 1151–2385
L’institution du citoyen se fait constitution républicaine »52. Il n’est donc pas surprenant de constater que son système constitutionnel s’élabore en parallèle avec une réflexion profonde sur l’instruction publique. En 1791, il publie son Premier mémoire sur l’instruction publique. Quatre autres suivront. En 1792, alors qu’il participe au comité de constitution, il publie un Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique. Au lendemain de la dissolution du comité constitutionnel (février 1793), Condorcet rejoint le comité d’instruction publique. Benjamin Franklin dira de ce système « qu’il voulait établir entre les citoyens une communication plus étroite des lumières et des sentiments, leur faire prendre l’habitude de se concerter pour leurs intérêts communs, et non propager ses opinions ou se donner un parti ».
« L’ordre social n’aura vraiment atteint le degré de perfection auquel on doit tendre sans cesse, qu’à l’époque où aucun article des lois ne sera obligatoire qu’après avoir été soumis immédiatement à l’examen de tout individu (…). Je propose pour cette fois, de borner ce droit individuel aux seuls articles relatifs à la constitution ; mais c’est dans l’espérance que les progrès de la raison et l’effet que des institutions plus légales et plus justes produiront nécessairement dans les esprits, permettront à une autre époque d’étendre ce même droit à d’autres classes de lois, et successivement de l’étendre à toutes »
Les hommes ont tellement pris l’habitude d’obéir à d’autres hommes, que la liberté est, pour la plupart d’entre eux, le droit de n’être soumis qu’à des maîtres choisis par eux-mêmes. Leurs idées ne vont pas plus loin, et c’est là que s’arrête le faible sentiment de leur indépendance.
(…) Presque partout cette demi-liberté est accompagnée d’orages ; alors on les attribue à l’abus de la liberté, et l’on ne voit pas qu’ils naissent précisément de ce que la liberté n’est pas entière ; on cherche à lui donner de nouvelles chaînes, lorsqu’il faudrait songer, au contraire, à briser celles qui lui restent.
Pour ce qui est de la structure de la consultation, c’est-à-dire la réaction en chaîne entre subdivisions territoriales, que l’on peut se figurer sous la forme de cercles concentriques, on a vu que l’idée en a germé aux côtés de Turgot. On retrouve cette construction dans l’Essai sur la constitution et les fonctions des assemblées provinciales, écrit en 1788. Afin d’éviter les inconvénients des assemblées trop restreintes, qui « dépendent trop des intérêts personnels, des passions particulières de ceux qui la composent », et les inconvénients des assemblées trop importantes, « livrées en quelque sorte au hasard, lorsqu’elles ne sont pas dictées par quelques hommes doués du talent dangereux d’ébranler l’imagination », il propose une série de divisions territoriales s’emboîtant comme des tables gigognes. La première division correspondrait à la communauté, soit d’une ville, soit de plusieurs « paroisses de campagne réunies ». La seconde rassemblerait plusieurs communautés à l’échelon d’un district. Les districts enfin seraient rassemblés en provinces, la Nation représentantl’ensemble des provinces.
« Pour que la masse entière de la nation émette un vœu, faudra-t-il attendre que l’universalité de ses portions s’assemble spontanément, ou que les représentants du peuple convoquent ses assemblées ? La tranquillité publique serait-elle assurée si, dans le cas où une inquiétude vive agiterait une portion notable de citoyens, il leur fallait, ou déterminer cette convocation, ou produire un mouvement général dans toutes les autres portions ? Ne serait-il pas plus simple d’établir que telle portion de citoyens, qui aurait déjà un moyen légal d’émettre son vœu, pourrait exiger la convocation nationale ; qu’une portion plus petite pourrait également obtenir, sous une forme régulière, l’émission de ce vœu pour une convocation, en sorte qu’il ne pût exister une réunion un peu considérable de citoyens, qui n’eût l’espérance et le moyen légal de consulter le peuple entier, si elle le croyait nécessaire ? »
Le droit d’initiative populaire y est traité au titre VIII sous l’appellation de « Censure du peuple sur les actes de la représentation nationale, et du droit de pétition ». L’article premier explique la signification et expose l’objectif de l’institution : « Lorsqu’un citoyen croira utile ou nécessaire d’exciter la surveillance des représentants du peuple sur des actes de constitution, de législation ou d’administration générale, de provoquer la réforme d’une loi existante ou la promulgation d’une loi nouvelle, il aura le droit de requérir le bureau de son assemblée primaire, de la convoquer au jour de dimanche le plus prochain pour délibérer sur sa proposition ».
Le droit d’initiative existe donc tant en matière législative que constitutionnelle (cette question est réglée dans le titre suivant, intitulé Des conventions nationales), et autorise à la fois la révision d’une norme ancienne et la proposition d’une norme nouvelle. Le mécanisme de saisine du corps législatif est le même, que la norme proposée soit de nature législative ou constitutionnelle. En revanche, les procédures divergent une fois que l’initiative populaire a saisi le corps législatif.
La requête initiale doit être rédigée en termes simples (article II) et comporter la signature de 50 citoyens résidant dans l’arrondissement de la même assemblée primaire (article III). Elle est présentée au bureau de l’assemblée primaire (article I), qui vérifie si les signataires ont droit de suffrage. Si tel est le cas, le bureau est tenu de convoquer l’assemblée primaire le dimanche suivant (article IV). Lors de la réunion de l’assemblée, le projet est lu et discuté, mais il ne pourra être voté que le dimanche suivant (article V). Le vote doit avoir lieu en répondant par oui ou non à la question : « Y a‑t-il, ou n’y a‑t-il pas lieu à délibérer ? » (article VI). « Si la majorité des votants est d’avis qu’il y ait lieu à délibérer, le bureau sera tenu de requérir la convocation des assemblées primaires, dont les chefs-lieux sont situés dans l’arrondissement de la même commune, pour délibérer sur l’objet énoncé dans la réquisition » (article VII). Voici le schéma de base. Il va être reproduit à l’échelon de la commune, puis à celui du département. On y trouve les composantes essentielles du système de Condorcet : crédibilité de la proposition de départ (soutien de cinquante signatures), saisine de plein droit de la collectivité (assemblée primaire, commune, département), sans examen au fond, si les conditions en sont remplies (afin que le droit soit effectif et non soumis à une appréciation subjective qui pourrait faire obstacle au processus) ; une proposition simple pour baliser la discussion ; un vote ajourné pour plus de réflexion.
Le bureau de l’assemblée primaire initiale saisit alors les assemblées primaires de la même commune en adressant à chacune d’entre elles le procès-verbal de la délibération ainsi qu’une copie de la proposition elle-même (article VIII). Ces assemblées se réunissent, votent selon les mêmes directives, et envoient le résultat des délibérations au bureau de l’assemblée primaire initiale (article IX). S’il ressort de ces résultats que la majorité des citoyens ayant voté dans les assemblées primaires de la commune a estimé qu’il y avait lieu à délibérer sur la proposition, le bureau de l’assemblée primaire initiale saisit l’administration du département d’une copie de la proposition et du procès-verbal des délibérations (article X). La convocation sous quinzaine des assemblées primaires du département est alors obligatoire ; elles se réunissent, votent, et adressent le résultat de leur délibération à l’administration du département dans des formes identiques à celles précédemment décrites (article XI). « Si la majorité des citoyens décide qu’il y a lieu à délibérer, l’administration du département adressera au corps législatif le résultat de leurs délibérations, avec l’énonciation de la proposition qu’ils ont adoptée, et le requerra de prendre cet objet en considération » (article XII). Le corps législatif est enfin saisi. « La procédure entre ici dans une nouvelle phase et elle va se terminer ou par le vote d’une nouvelle loi ou par une véritable révocation du Corps Législatif, suivie de sa réélection, car tels sont les deux résultats considérables que peut indifféremment provoquer l’initiative du plus humble des citoyens, du plus ignorant des paysans »68. Si la procédure paraît longue et compliquée, c’est qu’elle confère un pouvoir unique à tout citoyen : capter l’attention de la Nation entière sur son projet. Il convient donc de dresser des remparts puissants contre les abus.
Mais le système ne serait pas vraiment démocratique si le peuple n’avait pas un moyen de censurer la décision du corps législatif. Le « droit de censure et de pétition » n’est pas un simple droit de suggestion laissé in fine à l’appréciation des députés. Au contraire, la véritable audace du droit d’initiative élaboré par Condorcet repose précisément dans la possibilité de censurer a posteriori la décision des députés. Ainsi, si les assemblées primaires d’un autre département demandent la révocation du décret qui a rejeté la proposition (en décidant qu’il n’y avait pas lieu de délibérer) ou la loi qui aura été faite suite à l’approbation de la proposition au fond, le corps législatif sera tenu de convoquer sur le champ toutes les assemblées primaires de l’ensemble du territoire (article XX). En effet, la rebuffade d’un département révèle une distorsion entre les citoyens et leurs représentants, et seule une consultation directe générale peut lever ce doute. Si le résultat du référendum contredit la décision prise par le corps législatif, la sanction proposée par Condorcet est radicale : dissolution, nouvelles élections, et inéligibilité pendant une législature des députés qui se seraient prononcés dans le sens condamné par le vote du peuple70 (article XXII). Une constatation s’impose : le processus est long, surtout s’il s’accompagne d’un référendum national et de la dissolution du Corps législatif, suivie de nouvelles élections, d’un nouveau vote, susceptible d’être l’objet d’une nouvelle censure… Mais ces complications ne font que révéler un dysfonctionnement en amont du système représentatif, et tentent d’y remédier. Si le corps législatif est le fidèle représentant de la volonté du peuple, sa décision n’a pas lieu d’être contestée. Le processus s’arrête là et il n’aura fallu finalement que 3 à 4 mois pour qu’une initiative populaire devienne une loi de la République.
« chaque citoyen a le droit de provoquer l’appel d’une convention pour la réforme de la constitution ; mais ce droit est soumis aux formes et aux règles établies pour l’exercice de droit de censure ».
« En toutes circonstances, donner le dernier mot au peuple »72
« la souveraineté du peuple chez Condorcet n’est pas dans l’élection, mais dans les divers actes par lesquels les citoyens répondent à l’initiative du corps législatif, ou développent une initiative propre. C’est d’ailleurs pourquoi la volonté générale ne saurait résider dans le peuple seul, mais émane du mécanisme général des interactions. (…) La volonté générale devient un processus et non une entité (…) ».
Au lendemain de la lecture du projet devant la Convention les 15 et 16 février 1793, les critiques sont surtout de nature politique. Pour les Montagnards, le projet est mauvais parce que girondin. Comme l’exprime Jeanbon Saint-André, « ce malheureux rejeton de huit ou neuf pères brissotins a contre lui, comme beaucoup considèrent, un vice très essentiel : celui de sa naissance »74. Mais « en réalité, le projet de Condorcet était si démocratique que les Jacobins ne trouvaient pas d’objection à y faire : ils n’y étaient hostiles que parce qu’il émanait de leurs adversaires, les Girondins »75. La meilleure preuve en est que le projet de Constitution proposé par les Montagnards, rédigé à la hâte et adopté quelques semaines plus tard le 24 juin 1793, ne peut que reprendre certaines des idées que Condorcet avait mûri si lentement76. On retrouve ainsi à l’article 115 la mise en place d’un référendum d’initiative populaire en matière constitutionnelle77.
Le droit d’initiative populaire selon Condorcet suppose en effet l’approbation à la majorité de plusieurs échelons successifs de la population (assemblée primaire, commune, département), avec pour conséquence de « noyer » tout soulèvement spontané d’un groupe minoritaire. Les Sans-culottes ont de la démocratie directe une conception diamétralement opposée à celle de Condorcet : spontanée, et non corsetée par le formalisme étouffant, unanime et non majoritaire79
« Nous entendons, sans cesse, les portions de citoyens, un peu nombreuses, parler au nom du peuple souverain. Ignorent- elles que la souveraineté n’appartient qu’au peuple entier ; qu’il n’exerce immédiatement sa souveraineté qu’au moment où toutes ses portions peuvent émettre un vœu commun ; qu’alors seulement sa volonté est souveraine ; que dans toute autre circonstance il ne peut prononcer qu’une opinion, manifester un désir ; que les réunions même les plus puissantes sont, comme un seul individu, soumises à la loi, et n’exercent que le pouvoir ou les fonctions qui leur sont délégués par elle ? »
En effet, chaque assemblée n’est pas souveraine ; la souveraineté ne peut appartenir qu’à l’universalité d’un peuple, et ce droit serait violé, si une fraction quelconque de ce même peuple n’agissait pas, dans l’exercice d’une fonction commune, suivant une forme absolument semblable à celle que les autres ont suivie ». Robespierre, qui n’entend dans ce discours qu’une justification bourgeoise et girondine, lui répond qu’ « assujettir à des formes légales la résistance à l’oppression est le dernier raffinement de la tyrannie… ».
Cependant, Condorcet n’interdit pas l’insurrection comme ultime défense contre la tyrannie85. Ses priorités sont simplement inversées. Au lieu de présumer l’urgence et de reléguer le processus démocratique à des jours meilleurs, comme la Convention le fera en enfermant la Constitution du 24 juin 1793 à peine adoptée dans une arche de cèdre, dont elle ne sortira jamais, Condorcet préfère mettre en œuvre le principe démocratique avant tout, et n’envisager les piques et les cris qu’en dernier recours.
Invoquant un autre argument, le député Robert s’oppose violemment devant la Convention à l’adoption du projet comme instituant la ploutocratie de manière indirecte : « Si vous décrétiez ces fréquentes assemblées, la partie la moins aisée du peuple serait dans l’impossibilité absolue de s’y rendre ; et si elle ne s’y rendait pas, son droit à l’exercice de la souveraineté ne serait plus qu’illusoire : la classe aisée, la classe opulente deviendrait la maîtresse suprême des assemblées, et par un excès de démocratie mal entendu, vous verriez nécessairement s’élever un genre d’aristocratie bien plus terrible, l’aristocratie presque absolue des riches »
Alors que son article Aux citoyens français sur la nouvelle constitution93, qui critique vivement la Constitution montagnarde du 24 juin 1793, lui a attiré les foudres de la Convention, Condorcet rédige un éclairant et touchant Fragments de justification95. On peut y lire ce passage : « Au moment de la Révolution, l’égalité absolue entre les citoyens, l’unité du corps législatif, la nécessité de soumettre une constitution à l’acceptation immédiate du peuple, la nécessité d’établir des assemblées périodiques qui pussent changer cette constitution, et de donner aussi au peuple un moyen de faire convoquer ces assemblées lorsqu’il croirait sa liberté menacée ou ses droits violés par les pouvoirs existants, me parurent devoir être la base de la nouvelle organisation sociale. L’idée surtout d’organiser un moyen pour le peuple d’exprimer son voeu sur la nécessité d’une réforme quelconque, tel que jamais une insurrection ne fût nécessaire, me paraissait aussi utile qu’elle était en quelque sorte nouvelle, du moins pour le très grand nombre ». On retrouve le souci de Condorcet de faire prévaloir la discussion et le vote sur les armes et la violence. Il est intéressant de remarquer que ce leitmotiv est bien différent des raisons qui précipiteront l’adhésion du droit d’initiative dans d’autres pays, en particulier aux États-Unis d’Amérique, au milieu et à la fin du XIXe siècle. Ce ne sera plus la crainte de l’insurrection mais plutôt le dysfonctionnement du système parlementaire représentatif qui sera au centre des préoccupations. Pour l’heure, Condorcet a raison de craindre la tyrannie d’une minorité active : la Convention, aux mains du Comité de Salut public, allait bientôt décréter son arrestation et l’acculer au suicide.
Charles Coutel souligne l’inventivité du système proposé par Condorcet : « Les citoyens sont en liaison avec l’Assemblée et les autres élus dans un débat continu et libre. A la place d’une opposition entre gouvernés et gouvernants (présente chez Robespierre comme chez Sieyès), Condorcet propose une circulation des avis, débats et décisions politiques. C’est la République permanente. A la place de l’unanimisme, le débat et l’argumentation ; à la place d’une citoyenneté de « spécialistes », une citoyenneté partagée ». Léon Cahen évoque la « noblesse des principes » du projet de Condorcet, et Francis Hamon en souligne le modernisme
En 1831, le canton de Saint-Gall adopta une Constitution qui organisait un droit de veto présentant quelques similarités frappantes avec le droit d’initiative de Condorcet. A l’article 137, on peut lire que « dès que 50 citoyens d’une même commune le demandent, une assemblée communale doit être tenue pour décider s’il convient de s’opposer à la loi qui lui a été soumise ». L’article 138 continue en précisant que « si la majorité de l’assemblée communale décide de ne soulever aucune objection, la loi est considérée comme approuvée par la commune. Dans le cas contraire, l’Amman de la communauté communique sans délai le résultat à l’Amman du district, qui lui-même en avise le Petit Conseil en lui envoyant une copie de la minute de la réunion ». Bien que cette procédure ne concerne que le droit de veto et non le droit d’initiative, nous reconnaissons certaines caractéristiques du système proposé par Condorcet : le choix des 50 citoyens nécessaires à la mise en branle de tout le processus est une coïncidence frappante ; on retrouve aussi la progression par paliers chère à Condorcet.
Des auteurs comme Burkli ou Rittenhausen se référeraient directement aux idées de Condorcet, ce qui aurait fait dire à Louis Blanc « Plus de Girondins ! » en tête d’un de ses pamphlets. Rittinghausen propose en effet un mécanisme de consultation par échelon (section, commune, district, département) qui rappelle avec force le système de Condorcet : « Le peuple se divise en sections de mille citoyens chacune. (…) Chaque section s’assemble dans un local propre à cet usage, école, hôtel de ville ou salle publique. Elle nomme son président, qui dirige les débats de la manière dont il sera parlé ci-après. Chaque citoyen peut prendre la parole dans les discussions, par conséquent toutes les intelligences sont au service de la patrie. La discussion close, chaque citoyen émettra son vote. Après le dépouillement du scrutin ; le président de la section fait transmettre au maire de la commune le chiffre des votes pour et contre. Le maire fait le relevé des votes de toutes les sections de la commune et en communique le résultat à l’administration supérieure, qui, opérant de la même manière pour son district, fait parvenir le chiffre des votes pour et contre au préposé du département. Ce dernier transmet le résultat du dépouillement au ministère, qui fait l’addition pour le pays entier »
Un cliché représente les Français volontiers cocardiers, claironnant fort leurs conquêtes et inventions. Le droit d’initiative serait alors l’exception confirmant la règle. L’aversion française envers cette institution est clairement exprimée par Ulrich Coste, au tournant du XXe siècle : « Les institutions sont comme les hommes et les plantes ; un changement de pays, de zone et de climat est presque toujours pour elles une cause de dépérissement et de mort. Donc il serait dangereux d’introduire dans un nouveau pays des institutions qui se sont développées et ont prospéré dans un autre, appropriées à sa nature, sur un sol apte à les nourrir et à les fortifier. La Suisse n’est pas un État comparable à la France : son territoire est tout à fait minuscule, il est étranger au grand concert des nations européennes, il se prête facilement aux votations populaires, n’est pas obligé de faire un grand nombre de lois, et partant le peuple n’est que rarement appelé à se prononcer. Les institutions de la Suisse sont le résultat des moeurs du passé, des conditions sociales de ce peuple, et il est plus que probable, qu’en dehors de ces conditions éminemment favorables, le référendum serait chez nous une institution parasite, d’un fonctionnement extrêmement difficile, peut-être même impossible ».
C’était oublier que la France avait précédé la Suisse dans cette voie… Dès 1850, Victor Considérant se fait l’avocat du droit d’initiative : parce que « la démocratie ne peut vouloir de la délégation sous aucune forme », toute proposition émanant d’une « section » et recueillant plus de 500 000 suffrages « sera réputée prise en considération par la nation et mise à son ordre du jour »126. Les grands constitutionnalistes du XXe siècle se sont affrontés eux aussi sur l’idée de référendum d’initiative populaire. Pour Esmein, c’est un « élément de trouble et de désorganisation législative ». Il se demande, « alors qu’il est difficile d’obtenir une législation cohérente et pondérée avec l’initiative parlementaire, comment l’espérer avec l’initiative populaire ? ».
Carré de Malberg estime en revanche que l’introduction du référendum (dans lequel il inclut l’initiative populaire des lois) est nécessaire a perfectionnement du régime représentatif. Duguit y est, lui aussi, favorable. Plus récemment, Jacques Mestre, Alain Werner, Pierre Nuss et Francis Hamon ont fait des propositions en ce sens. Par ailleurs, le référendum d’initiative populaire est depuis plus d’une décennie l’arlésienne de nombreux partis politiques138. Pourtant, à l’exception du projet Vedel qui n’a pas été suivi sur ce point, et d’une proposition de loi faite par le député André Guérin en 1999, qui n’a pas abouti, aucune mesure concrète n’a jamais été prise pour instaurer le droit d’initiative en France. Sous la pression de quelques groupes, de nombreux candidats à l’élection présidentielle d’avril-mai 2002 l’ont inscrit à leur programme14
Ainsi deux siècles « d’errance » ? Si cela devait être, le législateur serait inspiré de tenir compte de l’expérience des autres pays, et d’apporter les correctifs adaptés à certaines dérives observées principalement aux États- Unis. Le mécanisme proposé par Condorcet offre à cet égard certaines garanties. Ce serait là l’occasion de lui en reconnaître la paternité, et d’honorer la mémoire d’un homme de génie.
Pour l’article complet et les nombreuses références citées par l’auteur, je vous renvoie au lien suivant :
http://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2003–3‑page-483.htm
Trop de concordances avec ce que je pense. C’est louche 😉
Chez Condorcet il y a une réflexion sur la topologie de la délibération collective, bien entendu incompatible avec le centralisme conventionnel, géométrie unique et sans nuance, hélas acceptée presque sans rechigner, qui fait ressembler le peuple humain, pourtant muni de conscience, à une ruche d’insectes sans capacité d’individuation.
Permettez moi de diverger 😉
Il y a probablement dans le centralisme quelquechose d’archétypal, issu de conditions biologiques que l’on retrouve dans la meute de loups soumise au loup alpha, dans la ruche, dans la fourmilière aussi ; mais dans l’évolution de la vie sur Terre, nous sommes le premier prototype à être capable de s’arracher volontairement à ses archétypes pour se reconstruire en conscience et choisir une nouvelle « programmation ». Cette capacité est d’ailleurs sous utilisée. Le passage d’une société hiérarchisée à une société réellement démocrate participe de cette mutation psychanalytique, non seulement collectivement, mais encore individuellement ( les deux se tiennent ) si bien que la révolution démocrate passe probablement en premier par une révolution individuelle, de l’ordre du travail sur soi.
Parler entre nous de ce qu’expose ici PHil est bien, il faut le faire surtout à l’extérieur. Y a du boulot.
J’entends bien, j’ai pris Condorcet comme exemple de réflexion et « d’organisation » d’un principe délibératif.
Exemple à replacer en fonction du personnage (références physiocratiques) et du contexte historique (constitution présentée par la minorité girondine en 1793).
Tout à fait d’accord avec toi Anna, certains « dogmes » relèvent de l’inscription dans le code génétique. Ce code est universel, réveillons alors les gène dormants, stimulons ce patrimoine caché.
Suite à l’envoi du mail type disponible ici http://occir.free.fr/pl_1248.htm je n’ai reçu qu’une réponse de Gilbert COLLARD :
Bonjour,
Vous avez bien voulu m’informer de la proposition de loi constitutionnelle déposée par Monsieur Nicolas Dupont-Aignan ; et qui figure bien dans son programme de 2012.
J’en ai pris connaissance avec sympathie, mais aussi avec étonnement.
En effet, la république référendaire, le cas échéant par voie de pétition est une mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis 12 ans et du Rassemblement Bleu Marine depuis sa création. Il est donc clair que Monsieur Dupont-Aignan qui était déjà parlementaire à cette époque n’a pas appuyé cette initiative.
Par ailleurs, Marion Maréchal Le Pen et moi-même avons déposé deux propositions de lois constitutionnelles débouchant sur un référendum d’initiative populaire, et ce dans deux cas précis :
- l’interdiction du mariage entre personnes du même sexe d’une part,
- et d’autre part un référendum révocatoire du mandat du Président de la République.
Or, les signataires de ces deux propositions de lois n’ont reçu aucun soutien de Monsieur Dupont-Aignan.
Pour conclure, cette adhésion partielle à notre programme, même si elle est la bienvenue, semble très tardive.
Avec mes sentiments les meilleurs.
« N. B : Vous voudrez bien noter également que la proposition de loi n° 1248 déposée par Monsieur Dupont-Aignan ne peut pas être adoptée en l’état. En effet, dans la version déposée par l’intéressé sur le Bureau de l’Assemblée Nationale, et dont je viens de prendre connaissance, l’article 3 modifié par Monsieur Dupont-Aignan n’est pas cohérent avec la nouvelle rédaction de l’art 11 de la Constitution ; ce qui parait rédhibitoire. »
C’est un très chouette texte, phil82.
Je ne connaissais pas du tout cette histoire.
Ce Condorcet n’était décidément pas le dernier des imbéciles.
Merci.:-)
Comme un air de « Qu’est-ce qu’ils sont cons » de Matthieu Cote qui méritait bien une image des gentils virus
À voir la vidéo et à lire le blog, on a un peu l’impression qu’on cherche la solution à des problèmes qui concernent ou intéressent tout le monde. Mais c’est qui, tout le monde ?
L’oligarchie qui nous dirige n’est pas qu’un petit groupe de personnes, une liste finie, c’est une galaxie avec de nombreuses nébuleuses plus ou moins actives et un trou noir au centre.
Cette galaxie représente la seule véritable organisation de notre société en terme de pouvoir politique et économique (institutionnelle avant tout), la seule solution existante, complexe à comprendre dans le détail, mais très stable dans le temps (reformulée au long des siècles, le dernier avatar étant notre oligarchie bourgeoise).
[Le trou noir, c’est une image, mais on peut y voir, pensée extrême et venue d’ailleurs, une mesure de l’incompétence, voire de la malhonnêteté en tout cas de la suffisance, de l’arrogance des gens de pouvoir, ce pouvoir qui permet de « tenir » la galaxie par un effet d’attraction. Mais, bien sûr les gens concernés pensent exactement le contraire et, pour eux ce pouvoir d’attraction est leur grande qualité.]
Le centre de cette galaxie de pouvoir est occupé par notre structure de gouvernement, censé diriger mais surtout noyauté, piloté et contrôlé par moult experts, conseillers, groupes de pression (grand patronat, anciens des grandes écoles et divers clubs de riches et d’enrichis) qui gravitent autour.
Puis, autour, la galaxie s’élargit en plusieurs cercles (« les chiens de garde ») d’importance (en pouvoir et en attraction) décroissante (étatiques, médiatiques, universitaires…) puis plusieurs cercles de la population qui sont entrainés par cette attraction (grave et pas gravitationnelle), soit qu’ils ne veulent rien changer à cette société (conservatisme et/ou peur), soit qu’ils admirent les « gens arrivés », qu’ils pensent (peut-être un jour) s’enrichir (diplôme, loterie, arrivisme, profit autre) et acquérir ainsi de l’ « importance au yeux des autres » et peut-être se rapprocher du centre…
Autour, mais tout proche, on a un nuage flou, ensemble plus ou moins consensuel (qui vote dans le bon sens droite puis gauche puis droite) plus ou moins mou, plus ou moins aigri, pas vraiment bien car généralement dans la difficulté, mais qui ne sait que faire.
Au total on arrive disons, à 30 à 40 % de la population, coincés volontairement ou non dans la galaxie principale et aux alentours.
Dans l’univers proche (notre population par rapport au reste du monde) mais toujours coincé par l’attraction générale (par obligation), en s’écartant un peu de ce pôle galactique de pouvoir, très mal structurés, satellisés (par les institutions), manipulés, contrôlés en tout cas par la structure principale, des « gens qui voudraient autre chose », comme une bonne tyrannie (un trou noir plus vaste qui boufferait le reste) pour les uns, une espèce de démocratie (anarchie-communisme-autre…) , genre de galaxie tranquille sans trou noir pour d’autres. Ces derniers (qui se disent démocrates), environ 10% de la population, ont aussi leurs satellites, leurs propres cercles, qui se croisent et s’injurient mais ne se rejoignent pas souvent (manifs, événements festifs), associations, groupes et partis politiques, « penseurs » et velléitaires de tout poil. Il y a parmi ceux-la un epsilon (0,002% ?) qui voudrait faire changer les choses en reprenant à la base la république, en redéfinissant la constitution, en voulant y faire participer l’ensemble de la population… [rires dans la salle de projection de la galaxie].
Les démocrates, les meilleurs, ceux dont je suis, participent comme les autres (bouh, les méchants) au maintien de la structure galactique, ne serait-ce que parce qu’ils y participent obligatoirement (ils sont inscrits dans les registres de la galaxie et ne peuvent s’en extraire), l’enrichissent par leur travail. C’est pourquoi, ne pas participer à la foire aux élections, ne suffit pas pour se déterminer contre l’oligarchie galactique, il faudrait refuser un certain nombre de contraintes qui font ou justifient cette société : travail, impôts, reproduction, plus facilement tous les médias « chiens de garde », la grande distribution, l’agro-alimentaire, les armes et l’armée, l’entreprise au delà de la structure de coopérative, les banques, mon micro-ordinateur, moi.
@117
un peu compliqué votre texte, ça donne pas envie de tout lire.
Est-ce que vous pouvez résumer ou décoder ? 😉
Merci d’avance.
En écho au commentaire 62 d’Ana :
L’optimisme est un acte politique
« Les intérêts en place utilisent le désespoir, la confusion et l’apathie pour empêcher le changement. Ils encouragent des modes de pensée qui nous conduisent à penser que les problèmes sont insolubles, que rien que nous puissions faire peut avoir une importance, que la situation est si complexe qu’elle rend la possibilité de changement impossible. C’est un art politique depuis longtemps établi que de planter les graines de la défiance entre les gouvernés : comme Machiavelli l’a dit, les tyrans ne soucient pas d’être haïs du moment que leurs gouvernés ne s’aiment pas entre eux. Le cynisme est souvent vu comme une attitude rebelle alors qu’en réalité il est souvent conforme au désir des puissants : le cynisme est une forme d’obéissance.
L’optimisme, d’un autre coté, particulièrement l’optimisme qui n’est ni béat ni silencieux, peut être révolutionnaire. Quand personne ne croit à un futur meilleur le désespoir est un choix logique et les personnes désespérées ne changent presque jamais rien. (…) Quand personne ne croit à une possibilité d’action alors l’apathie devient un obstacle insurmontable à la réforme. Mais introduisez des raisons intelligentes de croire que l’action est possible, que des solutions meilleures sont disponibles, et qu’un futur meilleur peut-être construit, alors vous libérez le potentiel des gens d’agir selon leurs desseins les plus nobles. Une croyance partagée dans un meilleur futur est la force de cohésion la plus forte qui soit : elle permet à chacun d’aimer son prochain et l’amour est une force explosive en politique.
Les grands mouvements de changements sociaux commencent toujours par des affirmations d’un grand optimisme.
(…)
(…) Nous avons besoin de nous instruire des solutions, de partager des idées, d’imaginer des possibilités, de peser les options. Nous devons trouver comment transformer au mieux le système que nous avons construit (…). »
par Alex Steffen, source : http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/P2pfoundation#Alex_Steffen_:_l.27optimisme_est_un_acte_politique
@ Benoît c’est exactement ce que je pensais lorsque j’ai lu le dernier long commentaire, j’ai pensé au 62 d’Ana.
Sortons de ce marasme ambiant !
Voici un lien qui, je trouve, va dans ce sens (sur les EMI), et qui nous montre tout le potentiel encore inexploré de l’humain, et svp, prouvé scientifiquement !
Aussi visionnable sur la télé de Lilou.
Dr Pim Van Lommel, cardiologue
http://www.dailymotion.com/video/x124vcx_etudes-scientifiques-du-dr-pim-van-lommel-sur-les-emi-experiences-de-mort-imminente_webcam#user_widget
Aussi le Dr Eben Alexander, neurochirurgien ainsi que le Dr J. Charbonnier, anesthésiste
La Compagnie Jolie Mome
Message capital aux électeurs
La Commune de Paris 1871
« La commune n’est pas morte »
« Appel du comité central de la garde nationale aux électeurs parisiens, le 25 mars 1871.
CITOYENS
Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.
Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leurs propres intérêts et finissent toujours par se considérer comme indispensables.
Défiez-vous également des beaux parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel.
Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère.
Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du Peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue.
Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter.
Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maîtres. »
— Hôtel-de-Ville, 25 mars 1871, le comité central de la Garde nationale
Et un autre message encore plus indispensable :
http://le-message.org/
Je vous propose les extraits d’un texte de Ferdinand Lassalle (1825−1864) écrit en 1862 :
Qu’est-ce qu’une Constitution ?
« Je commence donc mon exposé par la question : qu’est-ce qu’une Constitution ? En quoi réside l’essence d’une Constitution ?
Si je pose cette question à un juriste, il me répondra à peu près ainsi : » Une Constitution est un pacte juré entre le roi et le peuple fixant les principes fondamentaux de la législation et du gouvernement d’un pays « . Ou il dira peut-être d’une façon plus générale, puisqu’il y a eu aussi des Constitutions républicaines : » Une Constitution est la loi fondamentale proclamée dans un pays, qui fixe l’organisation du droit public dans cette nation « .
…toutes ces réponses ne contiennent qu’une description extérieure de la façon dont une Constitution est créée, de ce qu’est le » rôle » de la Constitution, mais non l’indication de ce qu’est une constitution. Elles donnent des critères, des signes auxquels on » reconnaît » extérieurement et juridiquement une Constitution. Mais elles ne nous disent nullement quelle est » l’essence « , quelle est la » notion » d’une Constitution.
Seule la » notion » de Constitution – vous en conviendrez de vous mêmes une fois que nous aurons abordé cette notion – est la source de tout l’art et de toute la science dans la rédaction d’une Constitution, qui à leur tour se développent à partir de ladite notion avec facilité.
nous userons d’une méthode dont on fait d’ailleurs toujours bien de se servir lorsqu’il s’agit d’atteindre à la claire conception d’une chose. Cette méthode est simple, Messieurs. Elle consiste à comparer la chose dont on cherche la notion avec une autre qui lui est semblable, et à déterminer clairement et rigoureusement la différence qui les sépare l’une de l’autre.
Vous ne voyez pas d’inconvénient à la modification des lois, en général vous considérez bien plutôt cela comme la tâche normale des organes de gouvernement. Mais des qu’on touche à la Constitution, vous y voyez un inconvénient et criez : On touche à notre Constitution !
D’où vient cette différence ? Elle existe de façon tellement indéniable que l’on a même disposé dans certaines Constitutions qu’on » ne peut pas » modifier la Constitution ; dans d’autres qu’elle ne peut être modifiée qu’avec les deux tiers des voix des organes législatifs, au lieu de la majorité simple ; dans d’autres encore que le corps législatif ne peut en aucun cas, pas même en accord avec les autres autorités gouvernementales, procéder à une modification de la Constitution, et que, s’il décide une telle modification, une nouvelle Assemblée doit être élue par le pays, spécialement » ad hoc « , pour statuer sur cette modification.
Car se pose à son tour la question : qu’est-ce qui distingue une loi d’une loi fondamentale ? Nous en sommes donc au même point que tout à l’heure. Nous avons seulement gagné un nouveau nom, loi fondamentale, qui ne nous est pas du moindre secours aussi longtemps que nous ne pourrons dire quelle est la différence entre une loi fondamentale et une autre loi.
la Constitution représente la loi fondamentale d’un pays, elle serait donc – et c’est ici, Messieurs, que nous voyons poindre une première lueur – quelque chose qu’il faudra bientôt déterminer de plus près ou, d’après ce que nous avons trouvé provisoirement, une force agissante qui fait de toutes les autres lois et dispositions juridiques édictées dans ce pays nécessairement ce qu’elles sont, en sorte que dorénavant des lois différentes des premières ne peuvent même pas être promulguées dans ledit pays.
existe-t-il dans un pays quelque chose, une force agissante, déterminante, qui influe sur toutes les lois édictées dans ce pays de telle sorte que, dans des limites données, elles soient nécessairement telles qu’elles sont et non différentes ? Mais évidemment, Messieurs, cela existe, et ce quelque chose n’est rien d’autre que les rapports de forces réels existant dans une société donnée.
Supposons maintenant qu’il se déclare un vaste incendie, un peu comme l’incendie de Hambourg, et que toutes ces archives d’Etat, bibliothèques, magasins et l’imprimerie Becker brûlent, et que par une coïncidence remarquable il en soit de même dans les autres villes du Royaume, ainsi que pour les bibliothèques privées où se trouvent des Bulletins des lois, en sorte que dans toute la Prusse il n’existerait plus une seule loi en bonne et due forme. Par cette calamité le pays aurait perdu toutes ses lois, et Il ne lui resterait plus qu’à se donner de nouvelles lois.
Je suppose donc que vous disiez : les lois ont été détruites, nous faisons maintenant de nouvelles lois, et ce faisant nous ne voulons plus accorder à la monarchie la position qu’elle occupait auparavant ; ou même : nous ne voulons plus lui accorder de position du tout.
Là-dessus le roi dirait simplement : les lois peuvent bien avoir été détruites, mais en fait l’armée m’obéit, marche à mon commandement ; en fait les commandants des arsenaux et des casernes délivrent sur mes ordres des canons, avec lesquels l’artillerie se porte dans la rue. Appuyé sur cette force effective, je ne tolère pas que vous me réserviez une position différente de ce que je veux.
Vous voyez, Messieurs, un roi à qui l’armée obéit, ainsi que les canons, c’est un morceau de Constitution !
Ou bien je suppose que vous disiez : nous sommes 18 millions de Prussiens. Parmi ces 18 millions il n’y a qu’un petit nombre de grands propriétaires fonciers nobles en voie de disparition. Nous ne comprenons pas pourquoi ce petit nombre en voie de disparition de grands propriétaires fonciers exercerait une influence égale à celle des 18 millions ensemble, en formant une Chambre haute qui suspend et rejette les résolutions de la Chambre des députés élue par l’ensemble de la nation, quand ces résolutions valent quelque chose. Je suppose que vous teniez ce langage et disiez : nous sommes tous des » Pairs » et ne voulons plus de Chambre haute particulière.
Assurément, Messieurs, les grands propriétaires fonciers nobles ne pourraient pas alors faire marcher leurs paysans contre vous. Bien au contraire, ils auraient probablement assez à faire de leurs mains pour se sauver de leurs paysans d’abord !
Mais les grands propriétaires fonciers nobles ont de tout temps eu une grande influence auprès de la Cour et- du roi, et grâce à cette influence ils peuvent mettre en mouvement l’armée et les canons pour leur compte aussi bien que si ces instruments de puissance étaient à leur disposition directe.
Vous le voyez donc, Messieurs, une noblesse qui a de l’influence à la Cour et auprès du roi, c’est un morceau de Constitution !
Ou bien je suppose le cas contraire : le roi et la noblesse s’entendent entre eux pour réintroduire la constitution moyenâgeuse des corporations, non seulement pour le petit artisanat, comme on l’a en partie effectivement tenté il y a quelques années, mais comme ce fut le cas au Moyen Age, c’est-à-dire pour toute la production sociale, par conséquent aussi pour la grande entreprise, les fabriques, la production avec des machines. Vous n’ignorez pas que le grand capital, la grande entreprise proprement dite, la production à l’aide de machines ne pourrait nullement s’accomplir sous le régime moyenâgeux des corporations.
Car, dans ce système, existaient par exemple partout des délimitations juridiques entre les différentes branches d’activité, même les plus apparentées l’une à l’autre, et nul entrepreneur ne pouvait en exercer deux. Le plâtrier n’avait pas le droit de recouvrir un trou ; entre les cloutiers et les serruriers s’engageaient à l’époque des procès interminables sur les limites de leurs métiers respectifs ; l’imprimeur de toiles de coton ne pouvait pas employer de teinturiers. De même était juridiquement fixée avec précision, sous le régime des corporations, la quantité qu’un entrepreneur pouvait produire, puisque aussi bien en chaque lieu, dans chaque métier, chaque maître n’avait le droit d’employer qu’un contingent de main-d’œuvre donné, fixé par la loi.
Vous voyez que déjà pour ces deux raisons, la grande production, la production avec des machines et un système de machines, ne pourrait progresser un seul jour sous le régime des corporations. Car cette grande production exige d’abord pour atmosphère vitale l’association des différentes branches d’activité dans les mains du même grand capital, ensuite la production en masse, la libre concurrence, c’est-à-dire l’emploi à discrétion et sans limitation de la main-d’œuvre.
Si néanmoins on voulait introduire aujourd’hui la constitution corporative, qu’arriverait-il ? Messieurs Borsig, Egels, etc., les grands fabricants de coton, de soie, etc., fermeraient leurs fabriques et licencieraient leurs ouvriers ; la direction des chemins de fer devrait faire de même, le commerce et l’industrie cesseraient ; à leur tour un grand nombre d’artisans, en partie forcés, en partie volontairement, renverraient leurs compagnons ; toutes ces masses sans fin parcourraient les rues, réclamant du pain et du travail ; derrière elles se trouverait la grande bourgeoisie stimulant par son influence, encourageant par sa considération, aidant par ses moyens financiers, et il y aurait un combat tel que la victoire ne pourrait en aucun cas revenir à l’armée.
Vous le voyez donc, Messieurs, les sieurs Borsig et Egels, les grands industriels en général, voilà un morceau de Constitution !
Ou bien je suppose que le gouvernement veuille prendre une de ces mesures qui lèsent de façon décisive les intérêts des grands banquiers. Le gouvernement dirait par exemple que la Banque royale n’est pas destinée, comme elle l’est actuellement, à rendre le crédit encore meilleur marché aux banquiers et aux capitalistes qui disposent déjà de tout l’argent et de tout le crédit, et qui, à présent, sur leur simple signature peuvent escompter à la Banque, c’est-à-dire obtenir du crédit, mais qu’elle est précisément destinée à rendre le crédit accessible aux petites et moyennes gens, et on conférerait alors à la Banque royale une organisation qui engendrerait ce résultat.
Cela serait-il possible, Messieurs ?
Certes, cela n’entraînerait pas un soulèvement. Mais pour le gouvernement actuel, cela serait aussi impossible.
Car de temps en temps, le gouvernement se trouve dans un besoin de moyens financiers tels, de masses d’argent telles, qu’il n’ose pas se les procurer sous la forme d’impôt. Dans ce cas, il se saisit de l’expédient qui consiste à consommer l’argent de l’avenir, c’est-à-dire à faire des emprunts et à émettre en contrepartie des valeurs d’État. Pour cela il a besoin des banquiers. II est vrai qu’avec le temps la majeure partie des valeurs d’État va dans les mains de l’ensemble de la classe possédante de la nation et des petits rentiers. Mais pour cela il faut du temps, souvent beaucoup de temps. Le gouvernement cependant a besoin d’avoir rapidement de l’argent, en une seule fois ou en quelques échéances ; pour cela, il lui faut des intermédiaires qui commencent par lui donner l’argent et qui prennent sur eux de placer ultérieurement au grand public les valeurs d’État qu’ils obtiennent en échange, en y ajoutant le profit de la montée des cours artificiellement donnée à ces valeurs à la Bourse. Ces intermédiaires sont les grands banquiers, et c’est pourquoi le gouvernement de nos jours ne peut se brouiller avec eux.
Vous voyez donc, Messieurs, les banquiers Mendelssohn, Schikler, en général la Bourse c’est un morceau de Constitution.
Je vais maintenant poser la question ainsi : on veut retirer au petit bourgeois et à l’ouvrier non seulement sa liberté politique mais aussi sa liberté personnelle, c’est-à-dire on veut le déclarer personnellement non libre, asservi ou dépendant, comme c’était le cas dans beaucoup de pays dans les siècles lointains du Moyen-âge. Cela se pourrait-il ? Non, même si le roi, la noblesse et toute la bourgeoisie s’unissaient à ce sujet ! Car dans ce cas vous diriez : nous préférons nous battre jusqu’à la mort plutôt que de l’accepter. Les ouvriers sortiraient dans la rue, sans que Borsig et Egels ferment leurs usines, toute la petite bourgeoisie les aiderait, et comme leur résistance unie serait très difficile à vaincre, vous voyez, Messieurs, que dans certains cas extrêmes, vous êtes tous un morceau de Constitution.
Nous avons donc vu maintenant ce qu’est la Constitution d’un pays : les rapports de force réels existant dans un pays.
Mais qu’en est-il par conséquent de ce qu’on appelle habituellement Constitution, de la Constitution légale ? Vous le voyez tout aussitôt. Ces rapports de force réels, on les inscrit sur une feuille de papier, on leur donne une expression écrite ; et lorsqu’ils sont écrits, ce ne sont plus des rapports de force réels, ils sont devenus le droit, des dispositions légales, et qui les enfreint est puni !
De même, vous voyez maintenant clairement comment on procède pour écrire ces rapports de force réels afin qu’ils deviennent légaux. On n’écrit pas : monsieur Borsig est un morceau de la Constitution, monsieur Mendelssohn est un morceau de la Constitution, etc., mais on exprime cela d’une manière bien plus adroite.
Veut-on ensuite établir qu’un petit nombre de nobles propriétaires fonciers ait à lui seul à son tour autant de pouvoir que les riches, les possédants et les non possédants, que les électeurs des trois classes, que toute la nation réunie ? On se gardera encore de le dire en termes aussi grossiers — remarquez bien, Messieurs, une fois pour toutes, que tout ce qui est clair est grossier — on inscrit dans la Constitution : qu’avec quelques dispositions non essentielles il est créé au moyen des représentants de l’ancienne propriété foncière consolidée une Chambre haute, dont l’assentiment est nécessaire aux décisions de la Chambre des députés représentant toute la nation et ainsi on donne tout le pouvoir politique à une poignée de vieux propriétaires fonciers pour annuler même la volonté unanime de toute la nation et de toutes ses classes.
On inscrit dans l’article 47 de la Constitution : » Le roi nomme à tous les postes dans l’armée « , et dans l’article 108 de la Constitution : » Il n’y a pas de serment de l’armée à la Constitution « . Cet article, on l’appuie par la théorie qui en fait y a une base principielle, à savoir que le roi a envers l’armée une toute autre attitude qu’envers toute autre institution de l’État, qu’envers l’armée il n’est pas seulement roi mais aussi quelque chose d’autre, de très Particulier, Secret et Inconnu, pour lequel on a trouvé le terme de » chef de guerre » et qu’à cause de cela la Chambre des députés ou la nation ne doit pas du tout se préoccuper de l’armée, ne pas interférer dans ses affaires et dans son organisation, qu’elle a seulement à voter l’argent pour celle-ci. Et on doit admettre, Messieurs, comme je l’ai dit — la vérité avant tout — que cette théorie a sans aucun doute un certain fondement dans l’article 108 de la Constitution. Car si la Constitution décide que l’armée, à la différence de tous les serviteurs de l’État et du roi lui-même, ne doit pas prêter serment à la Constitution, on déclare ainsi en principe que l’armée se trouve en dehors de la Constitution et n’a rien à faire avec elle, qu’elle doit avoir seulement un rapport avec la personne du roi et non avec le pays.
L’armée, moyen du pouvoir politique du roi, est organisée, rassemblée à tout moment, parfaitement disciplinée et prête à intervenir à chaque instant ; par contre, la force qui se trouve dans la nation, même si elle est infiniment plus grande, n’est pas organisée, la volonté de la nation et notamment le degré de résolution que cette volonté a atteint n’est pas toujours facilement appréciable par ses membres ; personne ne sait exactement combien il trouverait de compagnons. En outre, il manque à la nation ces instruments d’une force organisée, ces fondements si importants d’une Constitution dont nous avons déjà parlé : les canons. Il est vrai que ceux-ci sont payés avec l’argent des citoyens, il est vrai qu’ils sont produits et perfectionnés aussi au moyen des sciences, de la physique, de la technique, etc., que la société civile développe. Leur seule existence est en elle-même une preuve du développement auquel la puissance de la société civile a amené le progrès des sciences, les arts techniques, les domaines de la fabrication et du travail de toute sorte. Mais là s’applique le vers de Virgile : sic vos non vobis ! Tu l’as produit mais pas pour toi ! Étant donné que les canons ne sont produits que pour la force organisée, le pays sait qu’il trouverait contre lui dans un conflit ces enfants et produits de sa puissance.
Ce sont ces raisons qui font que la force la plus faible, mais organisée, peut dominer souvent pendant longtemps la force beaucoup plus grande mais inorganisée de la nation, jusqu’à ce que la direction et l’administration des affaires nationales s’exerçant continuellement dans un sens opposé aux volontés et intérêts de la nation, celle-ci se décide à opposer à la force organisée sa force inorganisée supérieure.
Nous avons vu jusqu’à présent, Messieurs, de quoi il retourne au sujet des deux constitutions d’un pays, la constitution réelle, les réels rapports de force qui existent dans une société, et la constitution écrite qu’à la différence de l’autre nous pourrions appeler la feuille de papier.
Une constitution réelle, comme cela vous apparaîtra aussitôt clairement, chaque pays en a eu une à chaque époque, et rien ne serait plus faux et ne conduirait à des conclusions plus erronées que de penser, comme cela est la conception répandue, dominante, qu’avoir une constitution est une caractéristique des temps modernes. Bien plus, aussi nécessairement que tout corps a une constitution, bonne ou mauvaise, faite d’une manière ou d’une autre, chaque pays a nécessairement aussi une constitution réelle. Car dans chaque pays il existe certains rapports de force réels.
Vous voyez, Messieurs, qu’on parlait alors d’une Constitution, tout comme aujourd’hui et même d’une Constitution telle que le roi ne pouvait la changer. Ce qui y était formulé comme Constitution, à savoir que le bas peuple pouvait être taillable et corvéable à volonté, ne se trouvait certes pas dans une proclamation rassemblant tous les droits du pays et tous les principes importants de gouvernement, mais c’était simplement l’expression des rapports de force réels dans la France du Moyen-Age. Le bas peuple était au Moyen-Age réellement si impuissant qu’on pouvait à volonté le charger de tailles et de corvées ; on procédait toujours selon ces rapports de force réels, le peuple était toujours ainsi chargé. Cette procédure réelle donna lieu aux soi-disant précédents qui, encore aujourd’hui en Angleterre et partout pendant le Moyen-Age, jouent un si grand rôle dans les questions de constitution. Dans l’institution de ces charges réelles, il était souvent exprimé, comme il ne pouvait en être autrement, le fait que le peuple pouvait ainsi être frappé. Ces expressions fournissaient le principe de droit politique auquel on recourait dans des cas semblables. Souvent aussi on donnait une expression et une reconnaissance particulière sur parchemin a une circonstance particulière qui avait ses racines dans les rapports de force réels. C’était les franchises, libertés, droits, privilèges, statuts d’un État, d’une corporation, d’un lien, etc.
Tous ces faits, précédents, principes de droit public, parchemins, franchises, statuts, privilèges, formaient par leur ensemble la constitution du pays, et tous ensemble ne formaient pas autre chose que la simple et naturelle expression des rapports réels des forces en ce pays.
Aussi chaque pays et à chaque moment, a eu une constitution effective. Ce qui est donc vraiment particulier aux temps modernes — il est très important de le remarquer toujours nettement — ce ne sont pas les constitutions effectives mais la constitution écrite, la feuille de papier. Dans les temps modernes nous voyons, dans la plupart des États, se manifester l’effort pour se donner une Constitution écrite qui comprend et doit fixer dans un document, sur une feuille de papier toutes les institutions et tous les principes de gouvernement ou pays.
Comment pourra bien être faite la Constitution d’un tel État ? Elle résulte nécessairement de ces mêmes rapports de forces réels que nous venons de considérer dans ce pays. Ce sera une Constitution d’état, où la noblesse sera le premier état ou ordre, et à tous égards l’état gouvernant. Sans son acceptation, le prince ne pourra pas percevoir un sou d’impôts ; il n’aura, relativement aux nobles, pas d’autre position que celle du premier parmi ses égaux.
Telle était, Messieurs, la Constitution de la Prusse et de la plupart des autres États au Moyen-Age.
Supposons maintenant que la population augmente toujours, que l’industrie et les métiers prospèrent, donnant ainsi les moyens de subsistance nécessaires à un nouvel accroissement de la population qui commence à remplir les villes. Le capital et la richesse monétaire commencent à se développer entre les mains de la bourgeoisie et des corporations urbaines. Que va-t-il arriver ?
L’accroissement de la population urbaine qui ne dépend pas de la noblesse et dont les intérêts sont bien plutôt opposés à ceux de la noblesse, est d’abord favorable au prince, augmentant le nombre des hommes d’armes à sa disposition. Avec les subsides des bourgeois et des métiers qui souffrent tant des perpétuelles querelles nobiliaires, qui désirent dans l’intérêt du commerce et de la production repos, sécurité et justice régulière, et qui, ainsi, donnent volontiers au prince l’appui de leur argent et de leurs hommes, le prince peut, aussi souvent qu’il en a besoin, enrôler une armée suffisante et de puissance bien supérieure à celles des nobles rebelles. Les princes dès lors ne cessent de limiter toujours plus la puissance de la noblesse et lui retireront le droit de guerre ; quand elle violera les lois du pays, ils démantèleront ses forteresses. Et quand, dans le cours des temps, par le progrès de l’industrie, la richesse et la population du pays se seront développées suffisamment pour que le prince puisse former une armée permanente, ce prince fera alors avancer ses régiments contre les états-généraux comme le Grand électeur ou comme Frédéric-Guillaume 1er, s’écriant : » J’établirai ma souveraineté comme un rocher de bronze » ; il supprimera l’exception d’impôts de la noblesse et mettra fin à son droit de consentement à leur levée.
Vous voyez comment, par un changement des rapports réels de forces, est intervenu un changement de la Constitution : l’absolutisme princier ou royal est né.
Le prince n’a pas maintenant besoin d’écrire la nouvelle Constitution ; le prince est beaucoup trop pratique pour cela. Le prince a dans les mains le réel et effectif instrument de force, l’armée permanente, qui forme la véritable Constitution de cette société, et le prince et ses serviteurs ne manqueront pas par la suite de le dire en nommant le pays un État militaire.
Mais l’industrie, les métiers se développent de plus en plus, et avec eux croît de plus en plus la population. Il semble que ce progrès ne doive toujours servir qu’au prince qui peut ainsi, sans cesse, augmenter son armée permanente et en arriver à occuper une position dans le monde.
Mais le développement de la société bourgeoise finit par devenir si énorme, si gigantesque que, même au moyen de l’année permanente, le prince ne peut plus participer dans le même rapport qu’auparavant à ce progrès de la puissance de la bourgeoisie.
Sous l’influence d’un si gigantesque développement, la bourgeoisie commença à se sentir une puissance politique propre. Parallèlement à ce développement de la population se produisit un développement encore plus grand de la richesse sociale ; de plus, dans une aussi forte mesure, progressaient les sciences et la culture générale, la conscience publique, et nous avons déjà dit qu’elle était aussi un morceau de Constitution. Les citoyens se dirent alors : nous ne voulons pas rester plus longtemps un peuple dominé, sans volonté ; nous voulons commander nous aussi ; le prince lui-même ne devra nous régir et diriger nos affaires que suivant notre volonté.
Bref, Messieurs, les rapports réels des forces dans ce pays se sont de nouveau modifiés
Quand dans une société une révolution est victorieuse, le droit privé demeure il est vrai ; mais toutes les lois du droit public sont à terre, ou n’ont qu’une signification provisoire et sont à refaire.
Évidemment en ce seul cas où, comme il résulte de tout notre exposé, elle répond à la Constitution effective, aux réels rapports de forces existant dans le pays. Là où la Constitution écrite ne correspond pas à la Constitution effective, un conflit se produit, conflit inévitable et dans lequel, inévitablement, à la longue, la Constitution écrite, la simple feuille de papier, est vaincue par les rapports réels de forces existant dans le pays.
Qu’aurait-il donc alors dû arriver ?
Et bien, on aurait dû avant tout non écrire une Constitution sur du papier mais faire une Constitution effective, c’est-à-dire qu’il aurait fallu modifier les rapports réels de forces dans le pays, et les modifier en faveur des citoyens.
Mais j’ai déjà, auparavant, appelé votre attention sur cette importante différence entre la force de la nation et la force de l’armée permanente qui a pour conséquence que, quoique en vérité plus petite, la force de l’armée permanente est cependant plus effective que la force, certes plus grande, de la nation.
Cette différence consiste, comme vous vous en souvenez, en ce que la force de la nation est une force inorganisée, tandis que la force de l’année permanente est une force organisée, prête chaque jour à recommencer le combat, et par conséquent devant par là, à la longue, être plus effective et se rendre maîtresse du champ de bataille contre la force plus grande mais inorganisée de la nation, qui ne se rassemble qu’en de rares moments de grande excitation.
Il aurait fallu par exemple réduire la durée du service à six mois, ce qui d’une part, d’après les plus hautes autorités militaires, est tout à fait suffisant pour une complète instruction militaire du soldat et, d’autre part, est trop court pour qu’on puisse insuffler au soldat l’esprit de caste. La brièveté de ce temps de service aurait eu pour conséquence un renouvellement populaire continu de l’armée qui, au lieu de rester l’armée du prince, devenait ainsi l’armée du peuple.
On aurait dû, de plus, établir que tous les officiers subalternes, jusques et y compris le major, devaient non être nommés par les chefs mais élus par les corps de troupe, de façon que les postes d’officiers ne fussent pas occupés par des ennemis du peuple pouvant contribuer à changer l’armée en un instrument aveugle de la puissance princière.
Il aurait fallu de plus que, pour toutes les fautes qui n’étaient pas d’ordre purement militaire, l’armée fût placée sous la juridiction des tribunaux civils ordinaires afin que, par là aussi, elle apprit à se considérer comme formant un tout avec le peuple, et non comme quelque chose à part, une caste séparée.
De tout cela, au printemps, en l’été de 1848 rien n’a été fait. Pouvez-vous donc vous étonner si, en novembre 1848, la Révolution de Mars refoulée en arrière, était restée sans résultat ? Non, c’était précisément une conséquence nécessaire de ce qu’on n’avait rien change aux rapports réels des forces en présence.
Au commencement de nos recherches, nous avons procédé très lentement afin d’arriver d’abord à la notion de la Constitution. Peut-être cela vous a‑t-il même semblé trop long. Mais, par compte, vous aurez remarqué depuis longtemps que, depuis que nous possédons cette notion, pas à pas se développaient les conséquences les plus surprenantes et nous comprenons les choses bien mieux, beaucoup plus clairement et tout autrement ; et même, à proprement parler, nous sommes parvenus à des conséquences qui, pour la plupart, sont tout à fait opposées aux conceptions habituelles de l’opinion publique à ce sujet
Transformer effectivement dans les pays les rapports réels des forces, entamer le pouvoir exécutif, le faire de telle façon, le transformer tellement qu’il ne pût plus jamais, par lui-même, s’opposer à la volonté de la nation — c’était cela qu’il fallait faire alors, ce qui devait tout précéder, afin qu’une Constitution puisse être durable. Cela n’arrivant pas à temps, on ne laissa même pas à l’Assemblée nationale le temps de faire une Constitution, on la chassa avec les instruments de ce pouvoir exécutif qui n’avaient pas été brisés.
Deuxième conséquence : Supposez que l’on n’ait pas chassé l’Assemblée nationale, et qu’elle ait pu réussir à faire et à terminer une Constitution. Cela aurait-il changé quelque chose d’essentiel au cours des choses ?
Pas du tout, la preuve en est dans les faits eux-mêmes. L’Assemblée nationale a été, il est vrai, chassée, mais le roi lui-même, le 5 décembre 1848, a proclamé une Constitution tirée des papiers laissés par l’Assemblée nationale et qui, dans la plupart de ses dispositions, correspondait entièrement à celle que nous aurions eu à attendre de l’Assemblée nationale. Cette Constitution fut proclamée par le roi lui-même. Elle ne lui fut pas imposée ; elle fut par lui, se posant en vainqueur, librement octroyée. Alors, semblerait-il, cette Constitution aurait d’autant mieux dû être viable !
Nullement, Messieurs ! Si vous avez un pommier dans votre jardin et y attachez une étiquette sur laquelle vous avez écrit c’est un figuier, cet arbre est-il devenu un figuier ? Non ; et quand même toute votre maisonnée et avec elle tous les habitants du pays s’assembleraient tout autour et solennellement jureraient : C’est un figuier, l’arbre restera ce qu’il était, et l’année suivante, il le prouvera, en portant des pommes et non des figues.
Il en est exactement de même, nous l’avons vu, avec la Constitution. Ce qui est écrit sur la feuille de papier est fort indifférent quand elle est en contradiction avec la situation réelle des choses, avec les rapports réels des forces.
Mais chaque fois qu’en quelque lieu ou temps que ce soit un parti fait entendre pour cri de guerre ce cri d’angoisse : se grouper autour de la Constitution, quelle conclusion en tirez-vous ? Je ne vous interroge pas ici, comme des hommes animés d’une volonté ; ce n’est pas à votre volonté que j’adresse ma question. Je vous interroge simplement comme êtres pensants. Que concluriez-vous de ce phénomène ?
Les raisons en sont simples. Quand une Constitution écrite répond aux rapports de forces existant dans le pays, jamais ce cri n’est poussé. Devant une telle Constitution, chacun se tient à distance et se garde de l’approcher de trop près. Chacun se garde envers une telle Constitution de familiarités qui pourraient mal tourner pour lui. Là où la Constitution écrite répond aux rapports réels des forces, on ne voit pas ce phénomène d’un parti faisant de l’attachement à la Constitution son cri particulier de ralliement. Où ce cri est poussé, c’est un signe certain et infaillible d’angoisse, car dans la Constitution écrite il y a quelque chose qui est en contradiction avec la vraie Constitution, avec les rapports réels des forces. Et là où cette contradiction s’est produite, il n’y a ni Dieu ni cris qui la puissent secourir. La Constitution écrite est toujours et irrémédiablement condamnée.
Si, Messieurs, non seulement vous vous rappelez la conférence que j’ai eu l’honneur de vous faire et y réfléchissez, mais aussi, si par la pensée, vous en développez toutes les conséquences, vous viendrez en possession de tout art constitutionnel et de toute science constitutionnelle.
Les questions constitutionnelles sont en premier lieu non des questions de droit mais des questions de force ; la Constitution effective d’un pays n’existe que dans les rapports réels des forces dans un pays ; les Constitutions écrites n’ont de valeur et de durée que si elles sont l’expression exacte des rapports effectifs de forces, tels qu’ils sont dans la société — ce sont les principes que vous voudrez bien retenir. J’ai exposé aujourd’hui ces principes en considérant tout particulièrement la force de l’armée — d’abord parce que la brièveté du temps ne me permettait pas plus, et ensuite parce que l’armée est le plus décisif et le plus important de tous les moyens organisés de force, de puissance.
Mais vous comprenez, cela va de soi, qu’il en est entièrement de même de la justice, de l’administration, etc. Ce sont en effet également les instruments organisés de force d’une société. Retenez ce que je vous ai dit, Messieurs, et si jamais vous vous retrouviez en état de vous donner vous-mêmes une Constitution, vous saurez ce que vous avez à faire, et que quelque chose peut être fait non en remplissant d’écriture une feuille de papier, mais en modifiant les rapports réels des forces du pays.
Jusque là et en attendant, vous aurez appris, Messieurs, par cette conférence, pour votre usage quotidien, et sans que j’en dit un mot, de quels besoins sont sortis les nouveaux projets militaires, l’augmentation de l’armée qu’on vous demande. Vous aurez de vous-mêmes mis le doigt sur la source profonde d’où ces projets de loi sont issus.
La monarchie, Messieurs, a des serviteurs pratiques ; ce ne sont pas de beaux parleurs mais des serviteurs pratiques, comme vous devriez en désirer.
Version complète :
http://www.marxists.org/francais/general/lassalle/constitution.htm#ftn1
Ferdinand Lassalle :
http://www.marxists.org/francais/bios/lassalle.htm
Pour approfondir le texte de Lassalle, il y a, pour ceux qui ne les ont pas lues, les œuvres de Marx qui évoquent le sujet : Les luttes de classes en France et sa suite, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte. L’idée principale est de présenter la luette des classes comme le moteur de l’histoire, en l’occurrence ici de la Deuxième République. Mais ceci est devenu une idée couramment admise de nos jours. De manière plus secondaire, Marx aborde parfois aussi le problème – qui nous intéresse – de la Constitution. Je ne suis pas spécialiste de Marx, mais mon interprétation (toute) personnelle est la suivante.
A la chute de Louis-Philippe, l’intention a été d’établir un régime qui préserve les intérêts de chacune des classes qui avaient participé à la révolution. Mais la conséquence de cette idée de « Constitution équilibrée » est que finalement personne ne la soutenait réellement. Très rapidement, chaque groupe a voulu « tirer la couverture à soi » et transformer voire transgresser la constitution républicaine dès qu’elle contredisait leurs intérêts. Marx ne croit pas qu’une constitution seule puisse s’imposer d’elle-même : « l’interprétation de la Constitution n’appartenait pas à ceux qui l’avaient faite, mais uniquement encore à ceux qui l’avaient acceptée ». Il n’aurait certainement pas considéré la rédaction de la Constitution comme la cause des causes, et pour lui elle n’est pas l’expression de la volonté générale, mais le résultat d’un rapport de force. Dès lors qu’une classe ne peut plus maintenir son rang, la constitution n’est plus qu’un bout de papier. Contre le prolétariat, la République bourgeoise usa de moyens non constitutionnels, et quand il en eut l’occasion, Louis-Napoléon Bonaparte usa à son tour des mêmes moyens contre la République. La constitution n’est qu’une enveloppe prête à craquer au moindre déséquilibre social :
« La bourgeoisie française s’était cabrée contre la domination du prolétariat travailleur, et c’est elle qui mit au pouvoir le sous-prolétariat ayant à sa tête le chef de la société du Dix-Décembre. La bourgeoisie avait tenu la France toute haletante dans la crainte des horreurs futures de l’anarchie rouge, et c’est Bonaparte qui lui escompta cet avenir en faisant, le 4 décembre, descendre de leurs fenêtres à coups de fusils, par les soldats de l’ordre saouls d’eau-de-vie, les bourgeois distingués du boulevard Montmartre et du boulevard des Italiens. La bourgeoisie avait fait l’apothéose du sabre, et c’est le sabre qui la domine.
Elle avait supprimé la presse révolutionnaire, et c’est sa propre presse qui est supprimée. Elle avait placé les réunions populaires sous la surveillance de la police, et ce sont ses salons qui sont, à leur tour, placés sous la surveillance de la police. Elle avait dissous la garde nationale démocratique, et c’est sa propre garde nationale qui est dissoute. Elle avait proclamé l’état de siège, et c’est contre elle que l’état de siège est maintenant proclamé. Elle avait remplacé les jurys par des commissions militaires, et ses propres jurys sont, à leur tour, remplacés par des commissions militaires.
Elle avait livré aux prêtres l’instruction publique, et maintenant c’est sa propre instruction qui est livrée aux prêtres. Elle avait déporté sans jugement, et maintenant c’est elle que l’on déporte sans jugement. Elle avait réprimé à l’aide de la force publique tout mouvement de la société, et maintenant le pouvoir d’Etat réprime, à son tour, tout mouvement de sa propre société. Pour l’amour de son porte-monnaie, elle s’était révoltée contre ses propres politiciens et littérateurs. Maintenant, non seulement ses politiciens et littérateurs sont à l’écart, mais on pille son porte-monnaie, après l’avoir bâillonnée et après avoir brisé sa plume. (…) Cette République n’avait perdu que l’apparence de la respectabilité. La France actuelle était déjà tout entière dans la République parlementaire. Il avait suffi d’un coup de baïonnette pour crever l’enveloppe extérieure et faire apparaître le monstre à tous les yeux. » (Le 18 brumaire de Louis Bonaparte)
Marx ne semble donc pas croire aux institutions de l’Etat pour prévenir les abus de pouvoir. Ceux-ci resurgiront dès qu’une classe entreverra la possibilité de dominer les autres. Aussi, il en arrivera à ce qu’il voit comme seule solution : une société sans classes.
Pour terminer, voici un petit passage narquois qui me plaît bien, où il exprime sa pensée sur les démocrates de son temps (nous sommes dans le contexte de juin 1849, et Bonaparte commence à violer progressivement les prérogatives du Parlement en attaquant Rome).
« Aucun parti ne s’exagère davantage les moyens dont il dispose que le Parti démocrate. Aucun ne s’illusionne plus légèrement sur la situation. Parce qu’une partie de l’armée avait voté pour elle, la Montagne était persuadée que l’armée se soulèverait en sa faveur. Et à quelle occasion ? A une occasion qui, du point de vue des troupes, ne signifiait autre chose que ceci : les révolutionnaires prenaient parti pour les soldats romains contre les soldats français. D’autre part, les souvenirs de Juin 1848 étaient encore trop vivaces pour que le prolétariat ne ressentît pas une aversion profonde à l’égard de la garde nationale, et pour que les chefs des sociétés secrètes n’eussent pas une profonde méfiance à l’égard des chefs du Parti démocrate. Pour aplanir ces différends, il fallait les grands intérêts communs qui étaient en jeu. La violation d’un paragraphe abstrait de la Constitution ne pouvait pas offrir cet intérêt. La Constitution n’avait-elle pas été déjà violée à différentes reprises, de l’aveu des démocrates eux-mêmes ? Les journaux les plus populaires ne l’avaient-ils pas stigmatisée comme une machination contre-révolutionnaire ?
Mais le démocrate, parce qu’il représente la petite bourgeoisie, par conséquent une classe intermédiaire, au sein de laquelle s’émoussent les intérêts de deux classes opposées, s’imagine être au-dessus des antagonismes de classe. Les démocrates reconnaissent qu’ils ont devant eux une classe privilégiée, mais eux, avec tout le reste de la nation, ils constituent le peuple. Ce qu’ils représentent, c’est le droit du peuple ; ce qui les intéresse, c’est l’intérêt du peuple. Ils n’ont donc pas besoin, avant d’engager une lutte, d’examiner les intérêts et les positions des différentes classes. Ils n’ont pas besoin de peser trop minutieusement leurs propres moyens. Ils n’ont qu’à donner le signal pour que le peuple fonce avec toutes ses ressources inépuisables sur ses oppresseurs. Mais si, dans la pratique, leurs intérêts apparaissent sans intérêt, et si leur puissance se révèle comme une impuissance, la faute en est ou aux sophistes criminels qui divisent le peuple indivisible en plusieurs camps ennemis, ou à l’armée qui est trop abrutie et trop aveuglée pour considérer les buts de la démocratie comme son propre bien, ou encore, c’est qu’un détail d’exécution a tout fait échouer, ou, enfin, c’est qu’un hasard imprévu a fait perdre cette fois la partie. En tout cas, le démocrate sort de la défaite la plus honteuse tout aussi par qu’il était innocent lorsqu’il est entré dans la lutte, avec la conviction nouvelle qu’il doit vaincre, non pas parce que lui et son parti devront abandonner leur ancien point de vue, mais parce que, au contraire, les conditions devront mûrir. » (Le 18 brumaire de Louis Bonaparte)
@ Ronald
« Il n’aurait certainement pas considéré la rédaction de la Constitution comme la cause des causes, et pour lui elle n’est pas l’expression de la volonté générale, mais le résultat d’un rapport de force »
Je suis parfaitement d’accord avec ça, toute constitution vise à imposer des lois. Ceux qui sont garants de ces lois imposent les leurs aux autres. Comme il ne peut y avoir de consensus sur tout les sujets sauf à abandonner les opinions, il y aura toujours des dominants et des dominés. Tant que les choses seront décidés en fonctions d’intérêts plutôt qu’en fonctions des besoins de chacun, il en sera ainsi.
Bien amicalement
J.C
Bonsoir,
Je pense qu’il serait bon de revoir complètement la composition des ministères qui structure notre gouvernement ainsi que leurs fonctions.
Alors que certains ministères devraient être tout simplement supprimés, d’autres ont besoin d’être complètement remaniés, et pour mieux correspondre aux réalités de notre époque, il faudrait également en créer de nouveaux.
Economie démocratique.
Puisque ce n’est pas le coût de production qui détermine les prix, mais l’offre et la demande, les producteurs détruisent leurs productions pour faire grimper les prix… :
{{Une vingtaine de producteurs d’œufs du Finistère s’est rendue jeudi, à 21 h, devant le centre des Finances publiques de Morlaix, place du Pouliet, pour y déverser 100 000 œufs.
Ce chiffre représente 5 % de la production quotidienne de la trentaine d’éleveurs qui composent ce collectif informel pour la défense de l’agriculture bretonne. 5 %, c’est ce qu’ils estiment être le taux de surproduction d’œufs en France, responsable selon eux de la baisse des prix. « Ces œufs ne doivent pas rester sur le territoire national. On est prêt a les expédier ailleurs s’il le faut », explique un des producteurs
« Ca fait sept mois que l’on vend en dessous du prix de revient, ça suffit », s’indigne l’un d’eux. Ils appellent l’État à encadrer la production, et à fournir un lieu où la destruction du surplus pourra se faire dans les normes, le temps qu’une solution pérenne soit trouvée. Pour cela, ils demandent aux groupements de producteurs de les rejoindre. Pour que les négociations prennent en compte les intérêts de chacun, ils souhaitent la présence d’un médiateur autour de la table de discussion.
Tant qu’une solution ne sera pas trouvée, ils menacent de poursuivre leurs actions. « Il faut que l’on trouve une solution avant la fin du mois d’août », tranche l’un des membres du collectif.
À l’issue de leur action de protestation qui a duré une trentaine de minutes, les producteurs se sont rendus dans les locaux des Restos du cœur pour y faire don de 5 400 œufs.}}
Source : Ouest-france
Perso les agriculteurs qui déversent je ne sais combien de tonnes produits chimiques dans la terre, qui traitent leurs animaux d’une façon monstrueuse et qui pour montrer leur mécontentement détruisent de la nourriture je le dis clairement : je ne trouve pas leur action légitime, je ne les soutien pas, je trouve ce qu’ils font parfaitement dégueulasse.
Que les gars aillent faire des distribution de denrées gratos devant les supermarchés, la je les respecterai, la ce serait subversif.
Aller gâcher de la bouffe pendant que d’autres crèvent de faim c’est une honte !
Leurs élevages en batterie une honte !
Leurs produits chimiques une honte !
Absolument d’accord !
Bonjour,
Au non à la démocratie, l’empire divise le peuple pour mieux régner.
Au nom de la démocratie, le peuple doit diviser l’empire pour la liberté, l’égalité et la fraternité.
http://simonv.com/music/mp3/Simon_V-Rukous.mp3
LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.
LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.
LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.
Source : Oscar Fortin
POUR UNE HUMANITÉ À VISAGE HUMAIN
L’image que projette l’humanité, celle des guerres, des famines, des crises économiques, n’a pas de quoi la révéler dans ce qu’elle a de plus humain. Elle est plutôt un champ de bataille où se commettent les crimes les plus atroces et son destin est plus près de l’abîme que de la plénitude d’humanité dont elle porte pourtant le germe.
Que l’on soit croyant ou pas, l’HUMANITÉ ne porte-t-elle pas dans sa propre nature une réalité et des valeurs qui rejoignent toutes les personnes de bonne volonté de la planète terre ? Serait-elle donc condamnée par un mystérieux destin à n’être que la contradiction d’elle-même ?
Pourtant, depuis la nuit des temps où elle s’est mise en marche vers un destin non encore atteint, elle a fait des pas de géants pour franchir, étape après étape les résistances de la matière, de l’ignorance, de l’esclavitude, de l’individualisme, des pouvoirs de domination et de conquêtes. Des peuples ont conquis leur indépendance, les droits des personnes ont été reconnus dans des chartes internationales, etc.
Cette HUMANITÉ, à laquelle nous appartenons tous et toutes, est une semence dont les principales caractéristiques se révèlent au fur et à mesure qu’elle se développe dans le temps. Celles qui s’imposent à ce moment précis des temps que nous vivons ce sont, cette fois-ci dans leur dimension universelle et planétaire, la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, la dignité, le respect des personnes et des peuples. Nous n’en sommes plus au village qui se prend pour le monde pas plus qu’à l’individu qui se prend pour l’humanité. Nous passons du « tout pour moi » au « tout pour l’humanité ». Nous passons, comme dirait le grand philosophe Gabriel Marcel, du moi au nous.
Le monde que nous connaissons n’est plus une entité uniforme, mais une réalité multiforme et multipolaire, se présentant comme un prisme aux mille couleurs et se révélant sous diverses facettes. Chaque fois où ces valeurs prennent forme et consistance, l’HUMANITÉ se révèle plus lumineuse, plus belle, plus diversifiée et plus authentique. Nous en sommes à ce passage. Un passage où tout n’est pas évident. De nouveaux paradigmes de la gouvernance mondiale s’imposent. À nous de les identifier, d’en prendre pleinement conscience et d’en faire les références d’un monde nouveau à naître.
LES RÉSISTANCES À LA CROISSANCE DE L’HUMANITÉ
Autant la matière brute fut une résistance aux premiers pas de la vie de cette HUMANITÉ, autant les pouvoirs dominants de nos sociétés, guidés par les ambitions de conquête et d’asservissement, emportés par la cupidité sans limites de ses artisans, la consommation chloroformante des esprits, sont devenus les résistances qu’elle doit vaincre pour poursuivre sa route par en avant.
Ce combat s’avère d’autant plus ardu que ces forces de résistance sont parvenues, jusqu’à un certain point, à transformer leurs mensonges en vérité et la vérité en mensonge, leur cupidité en générosité et la générosité en cupidité, leurs guerres, en guerres humanitaires et les guerres humanitaires, en terrorisme. On parle de certaines choses tout en passant sous silence d’autres pour mieux tromper. Une toile, tissée habilement et finement, présente ce mirage comme l’authentique et véritable humanité.
Les dernières techniques de communication et les médias les plus puissants sont, évidemment, au service de cette grande tromperie. La majorité des esprits n’ont plus le temps de s’arrêter pour regarder ce qui se passe réellement, envoûtés qu’ils sont par leur quotidien. Ils s’en remettent à ce que leur racontent les journaux et leur journal télévisé qu’ils reçoivent comme paroles d’Évangile. Les dirigeants des pays développés auxquels plusieurs d’entre nous appartenons nous vendent l’idée que nous sommes les bâtisseurs d’une humanité nouvelle aux mille vertus.
Le fameux discours de G.W. Bush, alors président des États-Unis, définissant ce qui est bon et ce qui est mal, les bons étant les États-Unis d’Amérique et tous leurs alliés, les méchants étant tous ceux qui ne se rallient pas à leurs projets de domination et d’empire, marque un tournant dans l’histoire des relations des peuples et des nations.
Les Nations Unies ainsi que toutes ses chartes sur les droits des personnes et des États passent au second rang, l’arbitre n’étant plus la communauté internationale, mais plutôt les principaux artisans des pouvoirs de l’État étasunien. Même l’Église catholique, à travers sa papauté et sa hiérarchie, s’est faite complaisante avec cette façon de définir le bien et le mal.
Le pape Jean-Paul II n’a‑t-il pas reçu la médaille de la liberté des mains de ce G.W. Bush, cet envahisseur d’Irak et Benoit XVI ne s’est-il pas prêté à une célébration grandiose de son anniversaire de naissance dans les jardins de la Maison Blanche en compagnie de plus de 10 000 invités, la plupart engagés dans les guerres criminelles contre « ces terroristes », à savoir ceux qui ne s’allient pas à leur volonté de puissance et de domination ? Sur ce point, je vous réfère à un article qui fait état de cette grande alliance entre l’Église et l’Empire.
Les guerres en Libye et en Syrie, les coups d’État au Honduras et au Paraguay ainsi que les multiples tentatives de renversement de gouvernements en Bolivie, au Venezuela, en Équateur ont tous un objectif commun, celui de contrer l’émergence d’un autre monde et de reconquérir les richesses et les pouvoirs de l’État.
Lorsque les « indignés » ont pris la rue en Europe et aux États-Unis, ils ont voulu dire, assez c’est assez. Le scandale du 1% de l’humanité, disposant à volonté des 99%, a assez duré.
LES FORCES MONTANTES DE L’HUMANITÉ
Derrière cette image officielle que nous donnent les principaux médias de l’empire et de leurs alliés politiques et religieux, il y a une humanité qui avance, fragilisant toujours plus ce montage médiatique et démasquant avec toujours plus d’acuité l’hypocrisie et le mensonge qui en constituent les fondements.
Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, qui a brisé la glace du secret en dévoilant des milliers de documents mettant en cause le gouvernement des États-Unis Bradley Manning, ce jeune soldat (26 ans) qui a dénoncé les crimes commis par l’armée et les services secrets de son pays, Edward Snowden, cet autre jeune (29 ans) qui vient de révéler tous les dessous de l’espionnage criminel des États-Unis dans le monde sont, tous les trois, de véritables chefs de file dans cette lutte contre le secret couvrant des crimes et des criminels. Leurs interventions lèvent le voile derrière lequel se cachent les véritables visages de ceux et de celles qui se font passés pour des grands serviteurs d’humanité, alors qu’ils n’en sont que des fossoyeurs.
Au-delà de ces évènements tout récents, il y a eu et a toujours de plus en plus de leaders et de peuples qui prennent conscience de cette grande manipulation et qui l’affrontent avec courage, dignité et une détermination indéfectible au service de la vérité, de la justice et de la solidarité.
La deuxième moitié du siècle dernier nous fournit de nombreux exemples de ces prises de conscience de la grande tromperie. Que ce soit en Afrique ou en Amérique latine ces pourfendeurs des pouvoirs dominants et de leurs tricheries ont, pour un grand nombre, témoigné de leurs convictions jusqu’au sacrifice de leur propre vie. Qu’on pense aux centaines de milliers de victimes des coups d’État militaire que ce soit au Guatemala, au Brésil, au Chili, en Bolivie, en Uruguay, enArgentine, sans oublier toutes ces victimes du Plan Condor.
En juillet dernier, le peuple cubain célébrait le 60e anniversaire de l’attaque à la caserne militaire « La Moncada ». Un groupe de jeunes, encore dans la vingtaine, scandalisés par la dictature de Batista, par les injustices sociales, par la domination des multinationales, par le maintien d’un régime d’esclavitude, se sont attaqués, un 26 juillet 1953, à la caserne militaire La Moncada, symbole de ce pouvoir. Certains y laissèrent leur vie, plusieurs autres furent blessés ou fait prisonnier. Fidel parviendra à s’enfuir à la montagne, mais il sera vite dénoncé et fait prisonnier. Le jeune Fidel Castro, 26 ans et avocat de formation, assumera lui-même sa propre défense. Cette défense est devenue une référence fondamentale pour tout ce qui va suivre en Amérique latine et dans de nombreux pays du Tiers-monde, « L’Histoire vas m’absoudre ». Il a d’ailleurs terminé sa plaidoirie par ces mots :
« « Je terminerai ma plaidoirie d’une manière peu commune à certains magistrats en ne demandant pas la clémence de ce tribunal. Comment pourrais-je le faire alors que mes compagnons subissent en ce moment une ignominieuse captivité sur l’île des Pins ? Je vous demande simplement la permission d’aller les rejoindre, puisqu’il est normal que des hommes de valeur soient emprisonnés ou assassinés dans une République dirigée par un voleur et un criminel. Condamnez-moi, cela n’a aucune importance. L’histoire m’absoudra. »
Le 1er janvier 1959, Batista est renversé et les jeunes révolutionnaires, soutenus par la grande majorité du peuple feront une entrée triomphale à la Havane. Depuis plus de 53 ans, ce petit pays des Antilles est soumis à un des pires blocus économiques de son puissant voisin du nord. En dépit de toutes ces difficultés, la Cuba révolutionnaire a survécu, devenant la référence continentale pour ses médecins et ses services de santé, offrant gratuitement l’éducation à tous ses citoyens et citoyennes et déployant une solidarité internationale qui fit dire à l’ex-président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miguel Descoto, que Fidel était l’homme le plus solidaire de notre temps.
Les forces dominantes ne l’entendent pas ainsi, mais Fidel, cible de plus de 635 tentatives d’assassinat, est toujours là pour écouter et conseiller les nombreux présidents et dignitaires de l’Amérique latine et des Caraïbes, de même que ceux venant de partout à travers le monde.
Depuis lors, le germe d’une pensée nouvelle pour un autre monde, une autre humanité, a pris racine et s’est développé. Les pays émergents de l’Amérique latine ainsi que les diverses organisations d’intégration régionale en font de plus en plus la démonstration. Ils confondent l’empire et ses oligarchies en réalisant par des voies entièrement démocratiques les changements profonds qui redonnent à leurs peuples le véritable pouvoir de leur destin.
Voici ce qu’avait à dire Pepe Mujica, président d’Uruguay, ancien révolutionnaire Tupamaros, 14 ans de prison dans des conditions où le respect de la personne n’avait pas sa place, en ce 60e anniversaire de l’attaque de la caserne de la Moncada.
« Les changements sociaux ne sont pas au coin de la rue. Les changements sociaux ne disposent pas de laboratoires où on peut expérimenter à froid. Les changements sociaux sont le résultat de l’expérimentation directe de la lutte avec les peuples.
« La révolution cubaine a été une révolution d’auto-estime pour les Latino-Américains. Les changements matériels sont plus faciles que les changements culturels qui sont en définitive le ciment de l’histoire.
Quant à Nicolas Maduro, président du Venezuela, ancien chauffeur d’autobus et de Métro il a eu ces paroles à l’endroit du peuple cubain :
« Merci au peuple cubain si l’Amérique latine est aujourd’hui ce qu’elle est. Cuba est responsable de la création d’institutions comme l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), la CELAC (Communauté d’États latino-américains et Caribéens), de qui nous avons l’espérance de ce que nous sommes aujourd’hui. Il a fallu attendre 60 ans de lutte. Grâce à Cuba, grâce à Fidel, grâce à Bolivar. »
Nos médias et nos gouvernants ont tellement diabolisé Cuba et ses dirigeants que nous avons peine à comprendre que des dirigeants de pays démocratiques, des intellectuels de réputation internationale, des prix Nobel de la paix, puissent avoir un tel respect et une telle admiration pour ces derniers.
N’empêche que l’Humanité de l’avenir, celle dans laquelle tous les humains pourront s’y reconnaître, doit passer par cette voie de la solidarité, de la démocratie participative, du respect des différences à travers l’intégration qui soudent les peuples et les personnes les unes aux autres. La justice doit devenir une référence constante et la vérité doit s’imposer par sa transparence.
L’Humanité n’a plus besoin de ces maîtres qui s’imposent aux peuples pour se les asservir, mais de ces maîtres qui s’unissent aux peuples pour les servir.
CONCLUSION
Un vent d’optimisme se filtre un passage à travers la morosité des temps que nous traversons. Les pays émergents de l’Amérique latine avancent avec leurs peuples, fondements de leur capacité de vaincre ces forces occultes qui les ont pendant de si nombreuses années manipulés et asservis.
Le premier geste de ces nouveaux gouvernements est de doter leurs peuples d’une nouvelle constitution qui soit à leur image. Les anciennes constitutions, élaborées par les oligarchies, répondaient prioritairement aux intérêts de ces derniers. Ce fut, entre autres, le cas pour le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur. Dans les trois cas, les nouvelles constitutions ont été reconnues et acceptées à travers un référendum populaire.
Le pape François avec Rafael Correa, président de l’Équateur
Il y a aussi, avec l’arrivée du pape François, une ère nouvelle qui s’annonce pour l’Église, alliée traditionnelle des forces de l’Empire. Beaucoup d’ingrédients indiquent que cette alliance tire à sa fin.
De fait, l’option pour les pauvres et avec les pauvres qu’il prêche ne pourra fraterniser longtemps avec les forces qui sont à la source d’une grande partie de cette pauvreté. L’appel à la charité dont elle se fait la promotrice pour résoudre les problèmes de pauvreté ne pourra résister longtemps à la nécessité de s’attaquer au système qui en est le germe et la principale cause.
La charité qui fait appel à la générosité et à la bonté doit se conjuguer avec la justice qui fait appel aux droits des personnes et des peuples. Les jours et les mois qui viennent seront déterminants pour voir plus clairement la direction vers laquelle se dirige le pape François.
Pour l’Amérique latine, un changement de cap de l’église institutionnelle aurait un impact déterminant sur les forces oligarchiques et impériales du Continent.
Parfois il m’arrive de penser que j’aurai vu naître le Nouveau Monde, l’homme nouveau, l’humanité dans ses derniers pas vers son plein achèvement. Le livre de l’Apocalypse a sa manière bien lui de nous raconter cet avènement.
Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle – car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n’y en a plus. Je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l’univers nouveau. » Puis il ajouta : « Écris : Ces paroles sont certaines et vraies. » (Apoc. 21, 1–5)
Source : Oscar Fortin
Qui peut faire feu de l’arme nucléaire ?
Qui seront les victimes, et qui en profitera ?
Les 99% ou les 1% ?
Une interview passionnante d’Alain Supiot :
Partie 1 :
Justice sociale : entretien avec Alain Supiot (1÷2) par Mediapart
Partie 2 :
Justice sociale : entretien avec Alain Supiot (2÷2) par Mediapart
Déclaration de Philadelphie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Philadelphie
La démocratie c’est le peuple qui fait autorité sur sa politique et qui ne s’ingère pas dans celles des autres.
Salut les Virus
Un article dans Sud Ouest qui devrait en ravir plus d’un (fauteuil municipal) …
Un Maire par tirage au sort.
On les aura !
http://www.sudouest.fr/2013/08/22/le-maire-par-tirage-au-sort-1147325–4018.php?reagir=true
Le gouvernement Français réagit, et compte intervenir à l’étranger pour répondre à l’utilisation de l’arme chimique.
Sans remettre en question la véracité de l’utilisation de l’arme chimique sur les civils, on peut quand même s’interroger sur qui en est l’utilisateur…
Il me semble que le gouvernement Français fait preuve d’une ingérence manifeste, surtout quand on prend en compte que tous les jours en France des citoyens meurent de l’arme chimique, et qu’il en encourage l’utilisation…
sans parler de ceci…
@ Patrick Flécheux
Cet article de Sud Ouest est super. C’est une belle trouvaille. Ce Stéphane Bernard est vraiment sur la ligne des revendications démocratiques. Je ne doute pas qu’il soit un lecteur de ce site. Je souscrirais à l’ensemble de son projet, sauf sur un point mais essentiel. A mon avis, le maire ne devrait pas être tiré au sort. Je pense que dans une structure démocratique, le plus haut poste ne devrait pas être confié à un démocrate. Si, si ! J’explique.
Dans son projet, sa liste sera composée de volontaires, avec tirage au sort parmi les volontaires. Il espère que sa liste sera victorieuse aux élections, et ainsi qu’il aura la majorité au conseil municipal. Il pourra alors imposer son idée, qui est de tirer le maire au sort, parmi les conseillers. Au cours du mandat, il y une rotation du poste entre les candidats à la fonction :
« Surtout lorsque, dans le projet municipal d’EBR‑T, le maire sera lui aussi désigné par la fortune. « Ce sera un poste tournant. Nous prendrons tous ceux qui veulent bien être maire, nous diviserons les six ans du mandat par leur nombre. »
Sa liste remporte les élections. Admettons que parmi les candidats au poste de maire, il y en a quatre de sa liste et deux de l’opposition oligarchique. (NB : S’il y a cinq candidats de l’opposition et un de la majorité, cela pose déjà problème, puisque l’opposition aura la poste pendant 5 ans et la majorité 1 an ; mais passons, admettons qu’il y a quatre candidats de la majorité et deux de l’opposition).
Pendant les 6 ans de la mandature, il y aura deux ans où le maire est un vieux roublard de la politique, représentant l’oligarchie. Et puis 4 ans ou le maire sera un novice issu des tirés au sort. Parmi ces quatre, il y en aura sans doute trois pas très compétents (c’est le principe de la démocratie), pour un compétent. Chacun n’a son poste qu’un an.
Or, le maire est le représentant de sa commune pour l’extérieur. C’est lui qui doit défendre les projets, obtenir les subsides. A ce jeu, les maires oligarchiques, qui ont l’avantage d’être plus compétents, plus malhonnêtes et de disposer de réseaux seront bien plus efficaces que des gens qui étaient auparavant réparateurs de photocopieurs. A la fin des six ans, il n’y aura pas photo sur les résultats obtenues par les uns et les autres et le tirage au sort sera décrédibilisé par rapport au système oligarchique.
Aussi, je pense que comme représentant de la commune face aux autres institutions qui sont elle dirigées par des oligarques (le département, les ministères, les multinationales, etc), on ne peut pas se passer de quelqu’un qui soit lui-même une personnalité « rapace ». Sinon, la commune sera toujours perdante dans les combats avec l’extérieur. Et les gens se détourneront du système démocratique. Aussi je pense que dans le projet présenté, le maire doit rester élu par le conseil municipal. Pour éviter l’abus de pouvoir, le plus simple reste de garder l’idée d’une rotation annuelle du poste, non renouvelable.
Ceci permettrait de montrer qu’un système démocratique peut obtenir d’aussi bons résultats qu’un mécanisme oligarchique. Ceci tant que le tirage au sort en est au stade expérimental et doit faire ses preuves. Quand toutes les institutions du pays seront dirigées de manière démocratique, alors on pourra aussi appliquer le tirage au sort pour désigner le maire, puisque tous les autres dirigeants auxquels il sera confronté seront aussi des tirés au sort. Ils seront alors à armes égales.
Mais ce jour-là, le poste non démocratique devra être maintenu à un niveau plus élevé. Ce sera notamment le Chef de l’Etat qui devra continuer à être élu. Car les autres Chefs d’Etats avec qui il devra négocier seront eux des crapules : il faut que le pays ait un représentant qui puisse leur tenir tête. En fait, il faut toujours garder à l’idée qu’un dirigeant tiré au sort est un avantage pour la société en interne, mais un handicap en tant que la société est confrontée à d’autres sociétés dotées d’un pouvoir non démocratique.
Ronald
Slt Ronald
Se n’est pas faut. Sauf qu’à l’échelon local, voir même international, se n’est pas le Maire qui négocie, se sont ceux qui eux ont les épaules taillés pour le job.
L’élu, quel que soi son rang dans la hiérarchie politique, se contente (ou peut se contenter) d’avaliser ou pas l’accord négocié au préalable en buvant de la Vodka lors d’un sommet malencontreux … (Souvenirs, souvenirs)
Ceci dit, le Maire ou l’équipe municipale en question devra au moins être une équipe capable de bien s’entourer …
Mais cette condition est identique pour des professionnels de la politique. Donc …
Oui, c’est vrai. Il y a aussi ce problème que le « délégué de la communauté » (maire, député, chef d’Etat, …) ne détient souvent que la façade du pouvoir. Il est entouré d’une kyrielle d’experts. Sans oublier les intérêts privés divers qui ont soutenu son ascension et souhaitent un renvoi d’ascenseur (par exemple les labos pharmaceutiques avec Cahuzac).
Alors on peu se dire qu’un des objectif commun aux idéologues démocrates est souvent d’affaiblir tant les experts que les lobbies au profit des amateurs et du pouvoir public et que quand les courants démocratiques prendront le pouvoir, il y veilleront.
Mais on peut aussi argumenter en craignant qu’au contraire des non-compétents seront encore plus soumis aux experts et aux lobbies que les politiques professionnels. En fait il est difficile d’imaginer comment se modifieront les équilibres de force. il faudra sans doute de nombreux essais à petite échelle comme celui de Bayonne, et des échecs, pour trouver les mécanismes institutionnels optimaux avant de passer à des échelles plus grandes.
Oh merde, les chemtrails…
Et les castor satanistes psychopathes qui forniquent avec les extraterestres pour invoquer l’antéchrist au pied des grandes pyramides tu est au courant ?
Ce sont eux les maîtres du monde occultes.
NLESCAN, réalité observable et récurrente que les Chemtrails, ni paranoïa ni fantaisie ici, sois-en persuadé sinon ce minimum, ce bénéfice du doute.
Excepté si cela n’est que de l’humour de ta part, bien sûr_sinon, sache que ton ironie est très déplacée ici et, en ce cas, renseigne-toi mieux : les Chemtrails et la Démocratie même combat, même désinformation, même asservissement…
.. et j’enrage aujourd’hui d’entendre les intentions belliqueuses française en Syrie ! pas vous ?
Bonsoir,
Notre président a dit « Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse, et la France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents » je serais curieux de savoir s’il tiendrait le même discours s’il est prouvé que c’est le gouvernement USA qui en est l’auteur.
Non c’est sérieux le problème des chemtrails, c’est a mon avis l’exemple type du racontars de base destiné à discréditer tout un tas de question très sérieuses. Je fais des blagues pour tromper la frousse que me file l’escroquerie globale.
Je guettais ça dernièrement, une trad serait été top pour le non hispanophones.
La Syrie c’est terrible, je suis terrorisé.
Si la France y va, comme ça se précise, je ne le pardonnerai pas a ce gouvernement, ils ont déjà beaucoup de choses très graves a leur actif en peu de temps mais la c’est un point de non retour.
un post en français avec un synopsis du documentaire en espagnol que j’ai posté :
http://gaetanpelletier.wordpress.com/2013/08/18/ley‑9–70-documental-colombia-monsanto-en-colombia/
Nlescan, il n’est jamais très judicieux de dénigrer des hypothèses pertinentes sous prétexte qu’elles sont aberrantes, l’histoire de l’humanité en est jonchée, car c’est ainsi que l’Humain est…
A mon avis ce qui n’est pas judicieux c’est de se laisser embourber l’attention dans des pitreries pendant le massacre.
Il semble y avoir un léger rétropédalage de la représentation élue au niveau de velléités guerrières.
Les sondages nous donnent l’estimation du résultat d’une consultation des peuples occidentaux sur le sujet : la majorité est conte la guerre.
Observez maintenant comment parmi les journalistes et autres commentateurs télévisés que l’on entend il semblent y avoir largement plus de personnes favorables à la guerre. Il y a ces question d’indignation guerrières hallucinantes du genre « comment ? Vous voulez dire qu’on pourrait ne pas y aller ? ». C’est flippant.
http://blogs.mediapart.fr/blog/pilhaouer/280813/opposants-syriens-contre-la-guerre
Une idée en passant :
Si un système est globalement définitif, ce système ne peut pas être la démocratie.
(solidifier l’organisation de la cité implique le refus autoritaire de l’imaginaire)
Le problème c’est que par peur, les humains aiment la stabilité et le définitif.
Le grand nombre ne s’oppose donc que difficilement à celles des contraintes qu’il subit qui sont favorables à la continuité.
Il y a quand même des éléments des élément qui paraissent indispensables à la démocratie. Par exemple je ne voit pas comment un système pourrait se prétendre démocratique si ce ne sont pas des assemblées populaire qui exercent le pouvoir.
@158 nlescan
Le système, c’est à dire les gens au pouvoir, n’est pas à un mensonge près, et marteler une idée fausse est l’un de ses outils de prédilection, hélas efficace.
Mais je suis plus étonnée quand je vois de simples citoyens défendre bec et ongle ce qui asservit.
Mieux comprendre la servitude volontaire offrirait peut être à ceux qui osent penser des clefs pour la liberté des autres.
(Demeure la question de la légitimité du vouloir la liberté de ceux qui ne se battent pas pour elle … un chouette sujet de dissertation pour le bac hihi)
Pire que ne pas se battre contre un système malsain, c’est d’y collaborer.
Je n’ai aucun pouvoir pour lutter contre, mais j’ai encore la force de ne pas en être complice…
En même temps J. Steph vu que tu postes sur internet tu utilises un ordinateur (probablement fabriqué par des enfants asiatiques) lui même alimenté par une électricité très probablement générée par une centrale atomique qui tourne au sous sol africain et connecté sur le web grâce a un abonnement auprès d’un des groupes qui font entre autres des Telecom…
Breaking news ! Tu collabores man ! Comme tout le monde ou presque.
Cas extrême : Flinguer le tyran avec le fusil construit dans ses usines n’est pas vraiment collaborer. Réveiller ses sujets avec le porte voix produit par ses esclaves et dans ses usines ne l’est pas davantage.
Mais attention au syndrome de Lorenzaccio (Musset)
attention : tu parles (entre autres) a un ignare…
Ce syndrome consisterait a collaborer avec le système mais a tenter un coup type attentat ou assassinat et a ce que ça ne serve a rien du tout dans la mesure ou personne ne viendrait profiter de l’occasion pour instaurer une alternative ?
…
Si si…
Mais sinon ce que je voulais dire c’est que malheureusement nous collaborons (quasiment) tous plus ou moins au système actuel d’une manière ou d’une autre…
En gros c’est ça ou devenir ermite…
D’où la nécessité d’essayer de résister, ne serai-ce qu’en s’informant le plus possible, en essayant de partager, de débattre le plus possible…
Quelque part l’urgence pour moi c’est de « réveiller » un maximum de personnes autour de moi…
Pour le reste je ne me raconte pas d’histoire, je ne suis ni Gandhi ni Che Guevara.
Complètement d’accord avec toi Nlescan, sans rentrer dans les justifications de mes matériels et mes énergies, que je sélectionne comme les moins néfaste « de mon point de vu », il est de plus en plus difficile de ne pas s’en être complice.
C’est pour quoi, il faut, pour ne pas être mis hors » jeu « , faire des choix contre principes pour garder un minimum de combativité.
Autrement cela s’assimile plus à de la négation et de la lâcheté.
Collaborer ou ne pas collaborer ? N’est pas la question.
Voila deux positions qui me semblent manquer de stratégie, voir de pertinence.
Ne pas collaborer au système est un non sens quant on vie en occident. S’est une vision romantique voir même enfantine.
Collaborer est aussi un non sens. Collaborer à quoi ? Gagner du pognon pour faire bouffer sa famille ?
Participer à la société de consommation car nos gosses aiment bien le coca de Monsanto ? Regarder la télé, allé au match de foot, entretenir de gros éditeurs véreux en achetant le dernier bouquin qu’il faut absolument lire quand on veut faire de la politique ?
Finir dans un hôtel un peu classe (quand même) avec la jolie copine de son voisin et la raccompagner au volant de sa belle voiture toute propre directement sortie de l’Eléphant Bleu du super marché local ? Voiture fabriquée à la chaine par des esclaves payés au SMIC.
Allons allons est-ce bien sérieux tout ça …
Bien sur, que quand on vit dans notre monde il faut Collaborer avec un grand C.
Il faut collaborer au point d’en devenir tellement puissant, indispensable et effrayant que le système ne puisse ignorer notre puissance.
Il faut collaborer au point d’en devenir tellement puissant, indispensable et effrayant que les décisions que nous prendrons ne pourront être QUE bénies par les maîtres du monde. Car, sans notre puissance ils perdraient la leur, ils ne seraient pas. Toutes résistances doit-être vaines sous peine d’être définitivement annihilée et sortie du jeu.
S’est d’ailleurs ce qu’on compris nos maîtres depuis la nuit des temps. Et s’est tout simplement pour ça qu’ils dirigent le monde et que nous, on le subit.
Maintenant, si l’on à pas les épaules, si l’on est pas près à être le maître du monde, alors contentons nous d’être suffisamment puissant pour préserver au mieux les siens et en faire des gens biens, confiants et conscients de l’avenir.
Car ses derniers pourrons partager leur puissance avec d’autres qui leurs ressemblent, qui à leur tour enrichirons cette puissance pour la transmettre aux générations futures.
Il existe un principe Bouddhiste, fondé sur l’expérience des hommes, de l’impermanence des choses. Le tout est d’être près (moralement et matériellement) à accueillir et à transmettre le renouveau quand il surviendra.
Un seul obstacle à se programme : nos maîtres ont 3000 ans d’avance sur nous.
Mais, il n’est pas trop tard pour bien commencer. Car aujourd’hui tous va beaucoup plus vite.
A Men.
La domination grandissante des oppresseurs réside dans le fait qu’ils établissent des régles d’appropriation sur toute création, même monaitaire.
Là où notre planète est généreuse, et offre sans compter, certains s’octroient le droit dans n’etre les propritaires, et font croire aux autres qu’il est morale et possible de faire parti du banquet des banquiers.
Il serait peut-etre judicieux de s’émenciper de ces financiers éradiquateur de vie.
Sauf si nous sommes seulement désireux démenciper de leurs activités sociales,nos vieux, nos femmes, nos enfants et nos handicapés pour qu’ils aillent s’éreinter pour ces dieux de l’asservissement…
Ces asservisseurs pervertissent sans vergogne, le don sacré, généreux et abondant de la vie, en un enfer et repère d’assassins. À nous de prendre conscience qu’on nous a menti sur toute la ligne en pervertissant tout, pour chercher chacun la vérité au milieu de ce bourbier, de ce labyrinthe de mensonges.
Je crois que chacun sait au fond de lui ce qui sonne juste.
Libérons-nous de tout joug malsain quel qu’il soit, la joie est un bon baromètre pour ça.
Tout ennui est mauvais pour l’esprit, seule une joie simple est porteuse d’une dynamique positive et saine.
Bannissons l’ennui, fuyons le découragement !
Parfois, sortir des sentiers battus peut être nécessaire, au moins au niveau de l’esprit.
L’entraide peut aussi aider grandement.
@ Marie
L’ennui est loin d’être mauvais pour l’esprit. Bien au contraire. S’est dans l’ennui qui les hommes se retrouvent, qu’ils réfléchissent et se recentre sur eux-mêmes.
L’ennui est la plus grande arme contre les puissants car il réapprend aux hommes à vivre pleinement avec ce qu’il sont et pas ce que l’on voudrait qu’ils soient.
S’est d’ailleurs pour cela que toute notre société de consommation est basée sur « l’occupation », pour ne pas dire le gavage, des cerveaux et du temps disponible, que ce soit par le travail, les jeux ou la pub.
Le système ne veut surtout pas que l’on s’ennuie, car on risquerait de réfléchir …
S’est dans l’inaction que l’on comprend les choses, que l’on comprend le sens de nos actes. S’est dans l’inaction que l’on à envie de bouger vraiment.
Comment apprécier un bon bifteck si l’on ne sait pas ce que s’est d’avoir faim ?
Désolé pour l’accumulation de fautes d’orthographe et de grammaire … C’est navrant … :/
Persau, jean évu oqu’une.
@ Patrick Flécheux
je suis d’accord que l’ennui, ennuie;-) et ce qui est désagréable pousse à rechercher une solution pour en sortir.
Peut-être alors que le terme de « désenchantement »;tout ce qui ternis notre âme et éteinds notre joie de vivre convient mieux car comme vous dites ; tout est fait pour occuper les gens, et les faire ainsi éviter de voir et s’occuper de l’essentiel.
Enthousiasme et fantaisie : deux composantes de la croissance (la vraie, celle de l’esprit) ?
Dites moi pourquoi il est mal vu de hurler de joie pendant l’entracte.
Exprimer sa joie en public, qui ose ?
Nos prisons ne sont pas que politiques et c’est peut être en abattant celles qui sont en nous que nous pourrons éroder celles qui nous sont extérieures.
CQFD
Bonjour,
Ana, ce doit-être la propagande du paraître qui enferme l’être dans l’avoir, et nous emmène de plus en plus à nous exprimer que par la possession, et de moins en moins par l’aptitude.
Avec un masque ou plongé dans l’obscurité, l’être n’a plus cette préoccupation du paraître.
Faut-il en déduire que l’avoir est un luxe qui a besoin de lumière, et l’être d’être à l’ombre de l’avoir ?
Oui et non, je pense que ce n’est pas une fatalité, mais un conditionnement, je pense qu’il ne tient qu’à nous de refaire les règles, et c’est d’un intérêt universel que de faire que chaque règle mette plus de lux sur l’être, et fasse de l’ombre à l’avoir, car avoir c’est prendre et être c’est donner.
Les lois sont de plus en plus pensées pour autoriser d’avoir et interdire d’être. Pour moi c’est un choix contre nature et totalement illogique, je pense que plus l’avoir dépossédera, plus il aura des conséquences malsaines sur l’être.
La réaction sera de faire encore une nouvelle loi qui interdit d’être en sanctionnant la conséquence, et non de revoir la loi qui en est la cause pour en éradiquer ses effets préjudiciables.
Alors, pour l’universalité et la démocratie, brûlons toutes ces lois qui implicitement prennent plus que ce qu’elles prétendent donner.
Mais, tant que ce seront les possédants qui feront les lois, il en sera ainsi, la démocratie c’est l’être, pas l’avoir…
La RADIO des GENTILS VIRUS !
https://soundcloud.com/radiogentilsvirus/radio-gentils-virus-1-re‑d
@Jstéphane
« avoir c’est prendre et être c’est donner »
Merci Jstéphane.
L’art peut nous aider à être davantage dans l’être plutôt que dans le paraître par le ressenti, le fait de sortir qqch de ses tripes aussi (je pense à des ateliers intergénérationnels par exemples…)
Cette pensée qu’être c’est donner est puissante et je l’intègre à ma besace 🙂
Donner sans condition peut conduire l’autre à faire de même.
Il s’agit d’amorcer le siphon.
Par des actes quotidiens originaux on le peut.
Les propositions telles que le revenu inconditionnel vont dans ce sens mais de manière limitée puisqu’on reste dans l’idée qu’il faut un revenu.
Par contre, l’expérience de Todmorden incarne en local un total changement de paradigme que je souhaite au global, puisque dans les faits il s’agit bel et bien d’une transition du contractuel vers le don acratopège.
Ces pensées sont évidemment en relation avec les concepts d’anarchie et de démocratie puisque la majorité des lois sont écrites en vue de (mal) canaliser l’égoïsme et deviendraient donc obsolètes si le mammifère humain avait la sagesse de muter vers le don.
(juste pour confirmer que nous ne sommes pas hors sujet 🙂 )
Transmettre sa joie, (la valeur de l’enthousiasme, comme nous disait André Stern)
Vouloir partager sa joie, sa gaieté, son rire transmettre sa bonne humeur, son dynamisme, comme si on entraînait les autres dans son sillage d’encouragement, tout cela pour dire non à l’abattement, renverser la vapeur du système mortifère pour aller dans le sens de la nature, qui elle, fait une fête de la vie et d’être à la vie. Évidemment, c’est plus facile lorsque le soleil paraît et que les amis sont là. On peut bien commencer par transmettre aux amis, puis aux amis des amis, aux clients des amis, puis aux amis des clients… 😉 lorsque je le fais, en général, ça fonctionne comme feux aux poudres, parce qu’il y a un fort besoin d’échange positif et chaleureux.
Mais ça a alors l’avantage de me stimuler moi aussi, ce qui confirme ainsi bien la règle qu’en donnant, on reçoit. Ça doit évidemment partir d’un élan spontané du besoin de partage qui nous anime tous, car je pense qu’on aspire tous à ça au fond de nous. C’est parce qu’on n’ose pas qu’on se retient. Donc, laissons rejaillir notre enthousiasme naturel et notre joie, plus d’auto-censure svp. Lançons une propagande pour cela, pourquoi pas ?
Vive le don acratopège.
Il a tous les avantages
Celui d’être vecteur de chaleur humaine, d’enthousiasme et de joie.
Stimule et dynamise, transmet la joie de donner, etc.
À faire passer 😉
On plane et je vais donc casser l’ambiance 🙂
Comment faire avec les gens qui aiment tant leurs prisons qu’ils sont prêts à les défendre bec et ongle contre quiconque leur montre le monde extérieur ?
Comment rivaliser avec le syndrome du canari, né en cage, et qui reste enfermé même si la porte est ouverte, même si le chat est mort ?
Dans des échanges réels ou virtuels, je me casse souvent le nez là dessus et ne sais pas comment faire.
Pire encore, dans mes efforts de convaincre, je finis par être désagréable. Et pourtant se taire n’est pas non plus une solution.
Help me 😉
Eh bien, le rire et la surprise, je dirais que ça désarçonne et donc ça provoque parfois la remise en question. La vraie bonne humeur, le fait de la réinstaler constamment en soi, ça devient contagieux et ça transforme.
Que ça transforme tout le monde n’est pas de la responsabilité de chacun, mais chacun devrait au moins faire ça part pour installer ça en lui au quotidien.
Tellement les gens en ont besoin de cet enthousiasme. Mais il faut parfois de la persévérence, dire bonjour plusieurs fois avant d’en recevoir un.
Et surtout être bien avec soi-même avant d’espérer se sentir bien au milieu des autres.
Donc, être bien même si l’autre ne répond pas !
D’où l’importance de l’entourage pour commencer en premier à partager ce dynamisme
« Être c’est donner » Oui mais c’est avant tout recevoir.
Car pour pouvoir donner il faut d’abord avoir reçu.
Et il est souvent plus difficile d’apprendre à recevoir que d’apprendre à donner.
Peut-être parceque « donner » fait partie de notre héritage Chrétien et : Capitaliste … (via Enrico Macias hihi)
« Comment faire avec les gens qui aiment tant leurs prisons qu’ils sont prêts à les défendre bec et ongle contre quiconque leur montre le monde extérieur ? »
Peut-être que ce qui est une prison pour toi, n’en est pas une pour eux ? Nous ne sommes pas tous au même stade d’évolution spirituel.
Et personne ne peut prétendre que son « propre stade » est plus élevé que celui d’un autre. Tout au plus, nous correspond t‑il mieux …
« Comment rivaliser avec le syndrome du canari, né en cage, et qui reste enfermé même si la porte est ouverte, même si le chat est mort ? »
« Rivaliser », c’est réer une tension supplémentaire.
Il faut donc absorber et fuir les délinquants relationnels si l’on veut être en paix.
Sauf si l’on est suffisamment sage, ou 8eme dan d’Aïkido, pour que ces derniers n’aient aucune emprise sur nous.
Ce qui n’empêche pas d’être toujours navré, voir attristé quand on fait de pareils constats … (En ce qui me concerne tout du moins) 🙂
Pour faire simple, on ne « sauve pas » les gens malgrés eux.
Sur-comment reprendre le pouvoir-la télé de Lilou :http://www.lateledelilou.com/Pertes-de-pouvoir-et-comment-le-reprendre-Jean-Jacques-Crevecoeur-1ere-partie_a1210.html
le même sur daily motion :http://www.dailymotion.com/video/x1475zh_pertes-de-pouvoir-et-comment-le-reprendre-jean-jacques-crevecoeur-1ere-partie_webcam#user_widget
Nous sommes ici au cœur du problème : percevoir la relation étroite entre la politique intérieure à l’être-individu et la politique collective, par pour ou contre le corps social, et plus loin encore.
J’avais un jour ici sur ce même site posé une question du genre : est il raisonnable de se battre pour la démocratie avant d’avoir favorisé le développement de la conscience individuelle et/ou collective ? Il me semble que je n’avais pas reçu de réponse.
Le temps a passé et je pense que d’une part la démocratie est nécessaire à la conscience et que d’autre part la conscience est nécessaire à la démocratie (à son avènement puis à sa vie).
Compris cela se dessine de manière plus nette la nécessité d’un combat politique qui doit être en soi au minimum autant qu’hors soi.
Cette notion de reprise du pouvoir en soi développée ici par Jean-Jacques Crèvecoeur (quel nom prédestiné pour crever l’abcès !) est bien essentielle, qui induit une transformation exogène, depuis le cœur de l’individu jusqu’aux confins de l’univers collectif.
Bonjour à tous,
Je me pose la même question concernant le rapport entre conscience individuelle et mise en place d’une véritable démocratie…
J’ai malheureusement l’impression que les idées se propagent et s’adoptent plus par effet de mode et contagion que par effort de réflexion. Les personnes capables de penser par elles-mêmes, aussi librement que possible, et capables de faire preuve d’un altruisme authentique ne me semble pas vraiment majoritaire. Mais peut-être y a‑t-il une couche à gratter sous le costume que chacun enfile chaque matin pour survivre dans ce monde absurde ?
Ce que je vois en revanche, c’est que les personnes qui nous gouvernent ou qui accumulent des « biens » et des « richesses » ont une conscience d’eux-mêmes et du monde qui les entoure extrêmement limitée… Ce qui fait que le tirage au sort devient une solution presque inévitable pour inciter à la réflexion et responsabiliser un maximum de monde…
J’ajoute ce lien vers les travaux de ce psychiatre polonais sur le développement de la conscience, qui dépend selon lui du degré de sensibilité de l’individu à son environnement :
http://wiki.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:dabrowski
Il est intéressant de voir qu’il classe la plupart de nos leaders dans le niveau 1, c’est-à-dire dans la catégorie des personnes qui ne se remettent que très peu en question, qui se distinguent par leur égoisme et leur égocentrique et qui ne sont intéressés que par la satisfaction de leurs besoins personnels…
D’autres théoriciens du développement personnel parlent de l’étape « mourir à soi même« qui correspond peut être à ce concept de désintégration positive de Dabrowski.
Un peu comme si la vie se passait en deux temps :
construire en état de protoconscience un moule protecteur et « rentrer dans le moule » = phase de socialisation peu critique ou au contraire douloureuse = construction d’un ego social, assez robotique
puis
casser le moule, en sortir, et alors seulement choisir en conscience liens et libertés.
La chenille doit passer par son enfermement initial, puis perforer sa protection initiale, avant de s’envoler.
De même : L’économie que nous vivons, construite sur la défiance, qui nous enferme dans le contrat social, euphémisme pour désigner la parcimonie du donnant-donnant, est peut être ce cocon vital à l’origine, mais à détruire pour accéder à la liberté universelle qu’impliquerait la générosité sans compter.
De même encore : Le hiérarchisme radical, qu’il soit celui des pharaons ou celui de Louis XIV, ou celui de la république française est peut être aussi le cocon qui nous était nécessaire avant d’accéder à la démocratie.
L’humanité n’a jamais tenté démocratie + générosité -> c’est un mélange qui devrait « décoiffer » 😉
A nous d’inventer notre serrapeptase 😉
Bonjour,
La générosité, être à l’image de notre mère Nature, ou plutôt, ne plus lui faire obstruction, mais généraliser le fait de participer à cette générosité naturelle.
Par ailleurs, peut-on comparer la vie des végétaux à un régime politique ? Et quel serait-il ?
Pour tenter de repondre à Ana, @181. Ma pensé du moment est que nous avons tous le devoir d’informer, pas de convaincre.
Quand le principe thèse antithèse est grippé, c’est qu’il y a un manque d’information, ou le contraire.
Alors il est préférable de laisser un temps pour la méditation afin que toutes ces nouvelles trouvent une place de raison.
De toute façon, la conviction personnelle s’acquiert par la volonté personnelle, et la volonté ne va pas naturellement vers le préjudice immédiat, elle a tendance à repousser la sentence.
On attendra que la carie soit douloureuse pour aller chez le dentiste…
François Plassard compare la croissance exponentielle des algues vertes qui en quelques mois peuvent asphyxier tout un grand lac à la folle croissance économique prônée par nos édiles.
Oui, il peut donc y avoir une analogie entre la folie d’un végétal qui n’est programmé que pour croître et la folie d’une oligarchie politico-financière qui ne se focalise que sur la croissance.
Mais c’est une pensée au fond assez négative et a contrario l’équilibre d’un écosystème heureux pourrait peut être nous guider dans la réflexion sur une économie saine et naturelle.
Curieusement, il y a là quelquechose proche d’une autre pensée libérale que celle qu’on nous impose puisqu’il s’agirait de laisser vivre, mais en harmonie. Et un peu de l’étude des systèmes complexes en vue de définir quelles conditions initiales engendrent un équilibre dynamique non destructeur et respectueux de toutes les composantes du système.
ça tombe bien cette question de J‑Stéphane (192) : j’ai reçu un mail de Philippe Derudder qui diffuse cette vidéo (et nous suggère d’en faire autant.)
;;;;;;;;;;
Le droit à la lenteur n’est pas inscrit dans la DUDH. Une grave lacune ?
@193
« nous avons tous le devoir d’informer, pas de convaincre » »> J’aime cette réponse.
Dans convaincre, il y a vaincre. Pas anodin ça.
Rentrée scolaire 2013 :
Charte de laïcité
http://www.planetecampus.com/wp-content/uploads/2013/09/charte-laicit%C3%A9.jpg
Il se murmure qu’ils veulent aussi de modifier la devise de la République française :
Liberté Egalité Fraternité Laïcité
Tous les échanges précédents convergent : un changement de mentalité qui ne peut se faire sans modifier notre système d’éducation-formation-enseignement.
Un texte dejà ancien et déjà signalé sur ce blog et qu’il faut rappeler tellement il est claivoyant de ce point de vue.
http://ensortantdelecole.wordpress.com/2013/09/09/moi-albert-jacquard-ministre-de-leducation-je-decrete/
22 mars 1999
Moi, Albert Jacquard, ministre de l’Éducation, je décrète :
L’Éducation nationale ne doit pas préparer les jeunes dont l’économie ou la société ont besoin. La finalité de l’éducation est de provoquer une métamorphose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, surmonte sa peur de l’étranger, et rencontre le monde où il vit à travers le savoir.
Moi, ministre de l’Éducation nationale, je n’ai qu’une obsession : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regarder les autres et leur environnement, à écouter, discuter, échanger, s’exprimer, s’émerveiller.
À la société de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entreprises d’organiser les évaluations et la formation de leur personnel à l’entrée des fonctions.
Il faut que les rôles cessent d’être inversés : l’éducation nationale ne produira plus de chair à profit.
Article premier
Il faut supprimer tout esprit de compétition à l’école. Le moteur de notre société occidentale est la compétition, et c’est un moteur suicidaire.
Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier.
Article deuxième
L’évaluation notée est abandonnée. Apprécier une copie, ou pire encore, une intelligence avec un nombre, c’est unidimentionnaliser les capacités des élèves.
Elle sera remplacée par l’émulation. Ce principe, plus sain, permettra la comparaison pour progresser, et non pour dépasser les camarades de classe.
Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié.
Article troisième
Les examens restent dans leur principe, sachant que seuls les examens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux professeurs pour évaluer la compréhension des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le baccalauréat sont une perte de temps et sont abolis.
Sur tous les frontons des lycées figurera l’inscription : » Que personne ne rentre ici s’il veut préparer des examens. »
Article quatrième
Les grandes écoles (Polytechnique, l’ENA…) sont remises en question dans leur mode de recrutement. La sélection, corollaire nécessaire de la concurrence, et qui régissait l’entrée dans ces établissements, ne produisait que des personnalités conformistes, incapables de créativité et d’imagination.
Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de cinquante ans. Ce n’était pas bon signe.
Article cinquième
Les enseignants n’ont plus le droit de se renseigner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de naissances doivent être rayées de tous les documents scolaires, sauf pour le médecin de l’école.
Il n’est plus question de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un instrument de sélection. Chacun doit avancer sur le chemin du savoir à son rythme, et sans culpabilisation ou fierté par rapport aux camarades de classe.
Par contre, un professeur a le devoir de demander à l’élève ce qu’il sait faire pour adapter son enseignement, éventuellement programmer un redoublement.
Le redoublement est d’une réelle utilité s’il n’a pas de connotation de jugement.
Article sixième
Chaque professeur sera assisté d’un professeur de philosophie. Il faut en effet doubler l’accumulation des connaissances d’une approche par les concepts. Il faut en particulier passer par l’histoire des sciences, restituer les connaissances par rapport aux erreurs historiques d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux politiques qui se cachent derrière le progrès scientifique. On pourra rester quelques semaines sur un même concept, plutôt que de saupoudrer du savoir dans chaque cours.
Article septième
Le travail des professeurs par disciplines est annulé au profit du travail en équipe. La progression du travail des classes ne doit pas être perturbée par des impératifs de programme.
Article huitième
Chaque personne disposera dans sa vie, vers la fin de la trentaine, de quatre années sabbatiques afin de faire le point, se réorienter, apprendre d’autres choses. Chacun a le droit de vouloir changer de métier ou de vocation, parce qu’il n’est pas évident de se déterminer définitivement à dix-huit ans.
Article neuvième
Le ministère de l’Économie ne dictera plus ses besoins au ministère de l’Éducation. Dorénavant, le ministre de l’Économie donnera tous les moyens nécessaires à l’Éducation nationale pour réussir sa vocation.
Albert Jacquard :
Mon utopie – 2006
•Les spécialistes peuvent bien faire de savants calculs pour mesurer le coût et les conséquences pour l’économie d’un programme d’amélioration de la santé publique, de même ils peuvent évaluer l’impact d’un programme d’exploration de la planète Mars, mais c’est au citoyen de définir les priorité entre ces projets.
•Le droit aux soins ne dépend dans chaque Etat que des décisions des autorités nationales ; il a donc pu passer, assez rapidement dans certains pays comme le nôtre, du statut de rêve au statut de quasi-réalité. Il est désormais temps de le généraliser à toute l’humanité et, pour cela, de ne pas seulement nationaliser le système sanitaire, mais de le planétiser.
•Jamais, avant la généralisation du cinéma et de la télévision, les yeux et système nerveux central de nos ancêtres n’avaient été agressés par tant de formes et de couleurs constamment changeantes, et dont le rythme est d’autant plus rapide que le discours associé est plus insignifiant. Aucun de nos prédécesseurs humains n’avait été soumis à un tel traitement qui désarçonne notre capacité de réaction, fascine notre regard, envahit nos neurones et leurs connexions, et structure sans nous, ou même malgré nous notre cerveau. Il peut avoir sur lui le même effet qu’une drogue, mettant en place un écran entre la réalité et notre perception de cette réalité, créant une accoutumance, un besoin.
•Autant la radio, dont le matériau est la parole, est dans la continuité des moyens d’information de la presse, autant la télévision, dont le matériau est l’image en mouvement, constitue une mutation dans notre rapport à la réalité aussi inquiétante que les mutations de notre patrimoine génétique.
•Présenter la télévision comme un prolongement des moyens d’information d’autrefois est lui faire beaucoup trop d’honneur. Elle ne succède nullement aux journaux ou aux revues qui décrivaient les faits et proposaient une réflexion à leur propos. Elle a plutôt pris la place des bonimenteurs qui jadis, sur les boulevards, vendaient des poudres miraculeuses, et celle des camelots qui distribuaient des chansons illustrées paraphrasant l’actualité.
•Les bonimenteurs et les camelots des boulevards n’étaient guère dangereux car leur impact était limité ; ils n’étaient que des amuseurs. Aujourd’hui, les télévisions participent largement à ce rôle d’amuseurs, mais elles interviennent simultanément, sans en avoir le mandat, dans la formation des esprits. Qu’elles puissent se donner comme objectif de décerveler les citoyens donne la mesure du danger.
•Le pétrole et le gaz naturel sont les exemples les plus spectaculaires de ces ressources non renouvelables. L’on sait que ces substances, devenues précieuses pour nos sociétés fondées sur la technique, sont le résultat d’un processus de production qui s’étend sur plusieurs centaines de millions d’années. Les détruire, c’est les faire disparaître définitivement. Avant d’en disposer, il faudrait donc répondre à la question : » A qui appartiennent-elles ? » La réponse la plus raisonnable est : » A tous les hommes « , en incluant dans ce » tout » non seulement les six milliards et demi d’êtres humains d’aujourd’hui, mais les nombreux milliards qui leur succèderont jusqu’à la fin de l’humanité.
•Lorsque des familles sont à la rue, lorsque des enfants sont logés dans des trous à rats, lorsque, comme à Paris durant l’été 2005, plusieurs incendies de taudis provoquent des dizaines de morts, tandis que des locaux tout proche restent vides, il serait criminel de ne pas réagir en remettant en cause le droit de propriété.
•Songeons à la multiplication des objets inutiles et rappelons-nous de la réaction de Socrate qui se serait écrié en entrant dans une boutique : » Que de chose dont je n’aurai jamais besoin ! » que dirait-il aujourd’hui en entrant dans un supermarché ?
•Sur une planète dont les dimensions et les richesses sont finies, tout processus exponentiel ne peut qu’être éphémère. La croissance de la consommation est en réalité l’équivalent d’une drogue ; la première dose crée l’euphorie mais les suivantes mènent inévitablement à la catastrophe. Prétendre résoudre un problème, par exemple le chômage, par la croissance, s’est s’enfoncer délibérément dans une impasse.
•Réussir est devenu l’obsession générale de notre société, et cette réussite est mesurée par notre capacité à l’emporter dans des compétitions permanentes. Il est pourtant clair que la principale performance de chacun est sa capacité à participer à l’intelligence collective, à mettre en sourdine son je et à s’insérer dans le nous, celui-ci étant plus riche que la somme des je dans laquelle l’attitude compétitive enferme chacun. Le drame de l’école est d’être contaminée par une attitude de lutte permanente, qui est à l’opposé de sa finalité.
•À deux reprises, j’ai donc défilé avec ma promo sur les Champs-Élysée. Je me souviens d’avoir éprouvé une certaine gêne, car j’avais lu la remarque d’Einstein : » Pour marcher au pas, le cerveau est superflu, la moelle épinière suffit. »
•Il ne s’agit pas de refuser l’autorité du pouvoir, nous sommes par bonheur en démocratie, mais d’intervenir au quotidien, au difficile équilibre entre le désordre et les excès de l’ordre.
•Élève médiocre Albert Jacquard change d’école sans que son dossier scolaire le suive. Ses nouveaux professeurs l’interrogent :
» En quoi êtes-vous bon ? « , j’ai répondu : » En tout, sauf en gymnastique. » Les professeurs m’ont cru. J’ai donc été bon. Je regrette pour la gymnastique.
•La meilleure façon de faire le tour d’un domaine scientifique est de l’exposer, de l’enseigner, d’en faire un livre.
•Sélectionner parmi quelques centaines d’étudiants ceux qui seront aptes, dix années plus tard, à exercer tel métier est une tâche impossible. Sauf cas extrêmes, seule une voyante extralucide pourrait prétendre donner une réponse. Comment quelques copies apporteraient-elles des informations suffisantes pour décider d’une performance à venir aussi multiforme que, par exemple, la profession de médecin ?
•Une utopie qui se borne à décrire un rêve irréalisable est plus néfaste qu’utile ; le fossé entre le réel vécu dans l’instant et le souhaitable imaginé pour plus tard apparaît définitivement infranchissable.
Tous les abandons sont alors justifiés, tous les projets se heurtent à la lâcheté des » À quoi bon ? « .
Elle peut être au contraire un facteur de renouveau, être à l’origine d’une dynamique, si elle est reçue en suscitant un » Pourquoi pas ? « .
•N’oublions pas que c’est un Occidental, un chrétien, le président Harry Truman, qui a osé s’adresser publiquement à Dieu au lendemain de l’explosion d’Hiroshima pour – je cite : » Le remercier de nous avoir donné cette arme. » Cette référence à Dieu dans un tel contexte montre que les consciences n’ont guère progressé depuis les XIIe siècle, époque où les cardinaux du Vatican condamnaient l’usage de l’arbalète, mais en limitant cet interdit aux seuls combats entre chrétiens.
•Pour mettre un terme définitif aux guerres, la seule issue est de développer l’art de la rencontre.
•Le risque est grand que l’on réfléchisse à l’éducation avec une mentalité d’ingénieur s’efforçant de produire des objets définis avec précision, ou avec un regard d’économiste, de comptable, s’efforçant de dégager la meilleure rentabilité.
Le compte à rebours a‑t-il commencé ? – 2009
•Ce n’est pas là seulement une affirmation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, c’est la conclusion de la recherche scientifique : tous les humains ont une origine commune.
Ils sont donc tous également co-propriétaire de la planète, donc co-responsables de sa gestion. A la question : » A qui est confiée la planète ? » la seule réponse est désormais : » A tous les humains, y compris ceux qui ne sont pas encore nés « .
•Depuis de nombreuses générations ils les humains savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du travail et des outils ; des paraphes sur des documents imprimés peuvent tout au plus déplacer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été semblables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les promesses des bonimenteurs. Ils ont confié leur fortune à des financiers, ceux-ci l’ont convertie en prêts qui ne seront jamais remboursés.
•Le mot » croissance » à lui seul est le signe d’une véritable supercherie, contre laquelle l’enseignement prémunissait autrefois les élèves préparant le certificat d’études, au bon vieux temps où ce certif marquait la fin de l’adolescence. Les programmes scolaires introduisaient le concept » d’intérêts composés « , c’est-à-dire, en terme plus pédants, celui de l’évolution exponentielle. Les élèves comprenaient qu’un franc placé à » trois pour cent l’an » à l’époque de Charlemagne représentait, douze siècles plus tard, une fortune fabuleuse, supérieure à la totalité des avoirs de tous les humains morts ou vivants ; ils savaient donc qu’un tel processus ne peut être durable.
•Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandent leurs drogues.
•Le changement de perspective que nécessite, dès à présent, l’abandon du leurre qu’est la croissance des biens matériels ne pourra aboutir que par l’adhésion des générations qui nous suivront. Les signes sont nombreux d’un écœurement des adolescents devant ce que nos sociétés présentent comme des réussites et qui ne sont ressentis par les nouveaux venus que comme des embrigadements, des mises aux normes, qu’ils récusent.
Il est temps que les années passées dans le système éducatif leur apparaissent non comme la préparation à une soumission, mais comme le début de la construction par chacun de la personne qu’il choisit d’être.
C’est cette soumission qui représente le pire danger de l’intégrisme économique : l’acceptation passive des conséquences de processus qui nous échappent, amplifiés par le recours à des mots qui ne font référence à aucune réalité.
•La machine devrait être au service de ceux qu’elle aide, non au service des financiers qui s’en rendent propriétaires.
•L’école est au service de ceux qui s’adressent à elle pour qu’elle les aide à devenir eux-mêmes, non au service de la société. Elle n’est pas chargée de lui fournir des humains prêts à l’emploi dont elle a besoin ; elle n’a pas à se préoccuper du nombre d’archivistes-paléographes, d’astronautes, de jardiniers ou de pianistes dont la société aura besoin dans vingt ans. Son rôle est de fournir dans l’immédiat, à ceux qui pensent en avoir la vocation, les moyens d’acquérir les compétences qu’ils désirent.
J’accuse l’économie triomphante – 1995
•Les éléments nécessaires pour produire du blé étaient autrefois la terre, le soleil, et la sueur des bêtes et des hommes. Aujourd’hui, la terre ne compte guère, les animaux ont disparu, les hommes continuent à se fatiguer, différemment mais au moins autant qu’avant, et le reste des ingrédients est fourni par l’industrie. Certes le rendement à l’hectare s’accroît régulièrement, mais ce terme n’a plus le même sens, puisque le rôle de la terre s’est amoindri. Il faut comparer la récolte non à la surface qui lui est consacrée, mais à l’ensemble des produits de toutes natures qu’il a fallu consommer pour l’obtenir (les intrants). Le bilan est alors beaucoup moins glorieux. Ce que met en évidence le prix de revient élevé des céréales produites. Encore ce prix ne tient-t-il pas compte des charges qui, en bonne logique, devraient lui être imputées : coût des pollutions induites qui détruisent peu à peu l’écosystème, coût du déplacement de populations qui avaient un toit au village et pour qui il faut construire des barres ou des tours dans les grands ensembles.
•L’objectif affiché [de la société actuelle] est de devenir un » gagnant « , comme si un gagnant n’était pas, par définition, un producteur de perdants. En nous présentant cette attitude de combat permanent de chacun contre les autres, comme une conséquence nécessaire de la » lutte pour la vie « , les économistes ont enfermé les hommes d’aujourd’hui dans une logique aboutissant à l’échec final de tous.
•La publicité […], pour arriver à ses fins, doit décerveler les citoyens. Ceux-ci ne sont plus que des consommateurs qu’il faut manipuler, transformer en foule docile, à qui l’on veut faire prendre des vessies pour des lanternes. Cet objectif est naïvement avoué par l’usage d’une expression dont le cynisme éhonté n’est plus perçu tant elle est utilisée : » améliorer l’image de marque « . Il ne s’agit plus d’améliorer la réalité des produits offerts par une grande entreprise sous une marque commune, mais la perception floue qu’en ont les acheteurs.
•Le pouvoir voit sans déplaisir les frustrations et les colères engendrées par une vie sans espoir trouver un exutoire dans la frénésie des fins de match. Pendant qu’ils braillent » On a gagné « , les sans-emploi ne pensent pas à faire la révolution.
•Aller de Paris à Dakar est certainement une aventure humaine merveilleuse, à condition de parcourir le trajet le plus lentement possible. Qu’apporte la vitesse, sinon la possibilité infantile d’établir un classement à l’arrivée ? Devenu une course, le Paris-Dakar n’est plus qu’un jeu stupide, dangereux, que gagne le plus capable de dépenser, et qui manifeste avec une morgue insupportable le mépris des Européens repus pour les Africains qui crèvent de faim. Une fois de plus l’économisme a tout perverti.
•La véritable liberté est indissociable de la protection des plus faibles. Le libéralisme à l’occidentale est synonyme d’esclavage pour la grande majorité des hommes, qu’ils soient citoyens des pays du Sud ou relégués dans les couches dévalorisées des pays du Nord.
•Admettre comme des vérités absolues les propositions des économistes, c’est passer de l’économie, discipline scientifique parmi d’autres, à l’économisme, intégrisme aussi ravageur que les intégrismes religieux.
•Un objet, matériel ou immatériel, n’a pas de valeur en soi ; il n’en a que si au moins une personne voit en lui une source de satisfaction ; c’est donc l’attitude des hommes qui est la source de la valeur. Un sourire chaleureux, une journée ensoleillée, de l’air pur, apportent au moins autant de satisfaction qu’une pièce en or. Mais un économiste ne sait en tenir compte ; cette valeur-là ne peut entrer dans ses raisonnements. Tout en gardant le même mot » valeur « , il restreint son champ de réflexion aux objets qui ont d’autres caractéristiques permettant d’évoquer un autre type de valeur, que l’on appelle la valeur marchande.
•Être libre, ce n’est pas avoir la capacité de faire n’importe quoi ; la liberté de l’individu seul sur une île n’a pas de contenu. Être libre, c’est accepter des contraintes discutées en commun et auxquelles chacun se soumet au nom d’un objectif supérieur : la liberté de la parole est l’aboutissement des contraintes du langage.
•L’école de demain ne servira plus à approvisionner les généraux en chair à canon ou les chefs d’entreprise en chair à profit ; elle aidera des hommes à se construire eux-mêmes au contact des autres.
•L’obligation scolaire ne devrait pas être comprise comme imposant aux enfants d’aller à l’école, mais comme imposant à leur entourage, et en premier lieu à leur famille, de les aider à bénéficier de son enseignement.
Petite philosophie à l’usage des non-philosophes – 1997
•La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.
•Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges ; il perd l’essentiel de sa personne. Il n’est plus qu’un objet prêt à être manipulé.
•Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.
•Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la » réussite « . En réalité, ils ne sont que des événements anecdotiques, de peu d’importance à côté de l’enjeu essentiel : construire cet outil fabuleux qu’est notre intelligence.
•Communiquer, c’est mettre en commun ; et mettre en commun, c’est l’acte qui nous constitue. Si l’on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain.
•Respecter autrui, c’est le considérer comme une partie de soi, ce qui correspond à une évidence si l’on accepte la définition : » Je suis les liens que je tisse avec d’autres. »
•Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s’exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence.
•L’amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l’amoureux qui a obtenu !
•Idéalement, tout comportement devrait résulter d’une décision personnelle prise après une analyse lucide. Suivre un exemple, c’est se défausser d’une responsabilité sur un autre. Donner l’exemple en proposant à l’autre de suivre cet exemple, c’est l’encourager à une irresponsabilité.
•Le rôle de l’école est d’intégrer un petit d’homme dans la communauté humaine, de transformer un individu en une personne. Répétons-le : éduquer c’est é‑ducere, c’est conduire un jeune hors de lui-même, le faire exister dans les échanges qu’il vit avec les autres.
•Les maths sont ce qu’il y a de plus facile à comprendre. Sauf pathologie mentale profonde, tout le monde est » bon en maths « . Mais pour des raisons que les psychologues pourraient sans doute élucider, certains jeunes décident qu’ils ne sont pas bons. Je crois que la principale responsabilité réside dans la façon dont les mathématiques sont enseignées.
•La liberté n’est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s’imposeront à tous.
•On ne peut mesurer que ce qui est unidimensionnel.
•Le péché fondamental des religions : faire des adeptes qui ne posent plus de questions. L’attitude scientifique est exactement à l’opposé.
•Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème.
•Plus nous sentons le besoin d’agir, plus nous devons nous efforcer à la réflexion. Plus nous sommes tentés par le confort de la méditation, plus nous devons nous lancer dans l’action.
•On peut apprendre à un ordinateur à dire : » Je t’aime « , mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.
•Nous ne voyons pas le monde avec nos yeux, nous le voyons avec nos concepts.
•L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions.
•Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.
•Utiliser les maths comme outil de sélection est décidément une aberration. Sur quoi sélectionner alors ? direz-vous. La vraie question est : Pourquoi sélectionner ? Et je ne connais pas la réponse.
•La plupart des religions recommandent » d’aimer son prochain « . Le fait est que, malgré ce bel objectif, elles ont souvent secrété des comportements d’exclusion des païens, des infidèles, des ennemis du vrai Dieu, qui n’étaient plus regardés comme des prochains, des frères, mais comme des adversaires à éliminer. Ce n’est pas au nom d’une volonté divine qu’il faut » aimer son prochain « , mais au nom de notre lucidité sur la réalité humaine. Cette lucidité est pour moi le fondement de la laïcité.
•Si le foulard n’était qu’une façon de s’habiller, il ne poserait pas problème. Mais le » foulard islamique » est une façon d’affirmer qu’une jeune musulmane, pour être fidèle à sa religion, doit le porter. Il s’agit donc d’une pression sur celles qui jugent bon de n’en pas porter. A ce titre, il ne peut être toléré.
•L’invention des dieux […] résulte d’une démission de la raison, plus précisément d’une incapacité à accepter une évidence douloureuse, du moins pour certains : que la raison ne peut apporter des réponses à tout. Cette invention, comme toutes les inventions, a été utilisée parfois pour provoquer les pires fléaux, ainsi les effroyables guerres de religion.
•L’évocation d’un paradis à gagner en acceptant les misères du monde présent a été une véritable drogue évitant la révolte des exploités. La religion catholique n’a pas fini de payer sa compromission avec ce détournement des paroles de l’Évangile.
•La démarche scientifique n’utilise pas le verbe croire ; la science se contente de proposer des modèles explicatifs provisoires de la réalité ; et elle est prête à les modifier dès qu’une information nouvelle apporte une contradiction. Pourquoi les religions n’en feraient-elles pas autant ?
•Je suis, comme beaucoup, agnostique, c’est-à-dire conscient de mon incapacité à dire quoi que ce soit à propos de ce qu’il est convenu de désigner par le mot Dieu.
•Les religions sont un obstacle sur ce chemin [recherche de la vérité] dans la mesure où elles se réfèrent à une parole révélée. Le concept de révélation conduit droit à l’intégrisme dont nous voyons les ravages.
Halte aux Jeux ! – 2004
•Ramener l’événement à un palmarès est aussi réducteur que de décrire une statue de bronze en se contentant d’en indiquer le poids.
•N’est-il pas grotesque de prétendre que » la France est championne du monde » alors que le respect de la vérité nécessite de dire simplement qu’une équipe subventionnée par le budget de l’État français a remporté un championnat ?
•L’histoire de notre espèce n’est pas seulement celle des exploits individuels peu à peu améliorés, elle est surtout celle des réussites permises par notre capacité à mettre en commun. Tout exploit de l’un d’entre nous doit donc être ressenti par chacun comme le signe d’une avancée dont tous nous pouvons nous sentir acteurs.
•Lorsque cet objectif de victoire personnelle est la finalité réelle des efforts consentis, l’aboutissement ne peut être qu’une lutte contre les autres, alors que la réussite essentielle des êtres humains est de savoir lutter contre soi avec l’aide des autres…
Officiellement, il s’agit de rencontres loyales où chacun manifeste au mieux ses talents. Le mot d’ordre est partout répété : » L’important, c’est de participer, non de gagner. » Mais il est difficile de ne pas déceler dans cette formule une bonne dose d’hypocrisie, tant l’accent est mis à toute occasion sur la nécessité de gagner…
Si vraiment l’objectif est de participer, il ne peut pas être de gagner ; si vraiment l’objectif est de rencontrer amicalement d’autres êtres humains, il ne peut pas être de chercher à l’emporter sur eux ; si vraiment il s’agit de faire la fête, il ne peut pas s’agir de se doper. Pour éradiquer le dopage, la seule voie possible est d’en supprimer la cause, c’est-à-dire d’oublier la compétition.
La science à l’usage des non-scientifiques – 2003
•Calculer la probabilité d’un événement n’a aucun sens une fois que l’on sait qu’il s’est produit. L’apparition de la vie, celle des dinosaures, celles des Hommes, a résulté d’un grand nombre de bifurcations dans le cours des processus se déroulant sur notre planète ; chacune de ces bifurcations s’est produite alors que de nombreuses autres étaient possibles ; chacune avait une probabilité faible, mais il fallait bien qu’une de ces possibilités se produise.
Entretien sur Nouvelles Cles.com
•Je ne suis pas athée, mais agnostique. Athée, cela veut dire : je sais que Dieu n’existe pas. Moi, je n’en sais strictement rien. Gnose signifie parler. Être agnostique, cela veut dire : si Dieu existe, je suis incapable de le dire, donc je n’en parle pas. Mais je peux évoquer l’idée que d’autres se font de Dieu.
Revue Topo, anatomie du credo – avril 2004
• »… j’ai été un petit catho très fervent dans ma jeunesse. J’ai passé deux ans chez les jésuites, j’ai même servi la messe ! Mais progressivement, je me suis éloigné de l’Église et de ses rites : « Trop longtemps, j’ai cru ce qui m’était dit », sont les premiers mots de mon livre Dieu ?. J’ai réalisé que les religieux m’avaient enseigné des choses auxquelles eux-mêmes ne croyaient pas. Et je leur en ai voulu.
Une pensée à Albert Jacquard, un grand homme vient de nous quitter…
Un grand inspirateur.
Merci
Même Dieudonné se met à parler de tirage au sort et de changement de Constitution.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7VhSjgpTNJQ
« Être un être humain, s’est être quelqu’un capable de rencontrer les autres et de se construire avec la rencontre des autres. » Albert Jacquard
http://colibris.ning.com/video/albert-jacquard-demographie?xg_source=activity
On pourrait jouer à définir ce qu’est être humain.
Je commence 🙂
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La fourmi transporte des brindilles sans se poser de question.
La vache broute sans se poser de question.
Le lion bouffe la gazelle sans se poser de question.
Le castor abat des arbres sans se poser de question.
L’humain, c’est le contraire :
L’humain tue en se posant des questions.
L’humain déforeste en se posant des questions.
Le client du super marché mange du poulet élevé en batterie, en se posant des questions.
Et en plus, il arrive que l’humain réponde à ces questions qu’il se pose en infléchissant son comportement pour s’écarter de son intérêt immédiat et solitaire.
Et cela au nom de « valeurs » dont il ne sait pas vraiment d’où elles viennent.
(Énorme mystère que l’étalon moral qui me sert à mesurer mes actes)
En première approximation, on pourrait mesurer le degré de conscience d’un humain par le nombre de choix qu’il a fait contre la facilité des solutions immédiates qui lui sont proposées. Mais c’est plus compliqué que ça je crois 😉
Bonjour Ana
Je rebondis sur ton post, mais j’aurai pu le faire à maintes reprises (et de façon plus épidermique) dans cette fil de dial sur plusieurs interventions de Virus.
Mais, même si l’on ne se connait toujours pas, je « t’aime bien » donc je rebondi synthétiquement sur toi, car ça me démange depuis un bon moment déjà. 🙂
« En première approximation, on pourrait mesurer le degré de conscience d’un humain par le nombre de choix qu’il a fait contre la facilité des solutions immédiates qui lui sont proposées. Mais c’est plus compliqué que ça je crois »
On pourrait te répondre que l’on peut « mesurer le degré de conscience d’un imbécile par le nombre de choix qu’il a fait etc »
Car pour vouloir compliquer ce qui est simple, (les solutions immédiates), faut quand même être un peu con, non ? Ou, au mieux, n’avoir vraiment que ça à foutre (S’est le cas des oligarques et de nombreux intellectuels inutiles, mais producteurs de concepts. Malheureusement incapables de tenir une pelle ou un balais.)
Cela me rappelle vaguement (dans d’autres registres) le discours des castes « normées » auto-proclamées « élites ». Ainsi que nombre de politiciens professionnels.
Pour finir, tu termines ton exemple par : Mais c’est plus compliqué que ça.
Il faudrait donc (pour « comprendre ») ajouter de la complication, à plus de complications afin de digresser sur ce qui à la base est une définition (celle de Jacquard) simple et pédagogique, car philosophiquement émancipatrice, et surtout à la portée de tout le monde.
Là, je vais te soupçonner d’avoir peur de perdre le « pouvoir » que te donne ton érudition certaine. 🙂
Questions : à qui vont servir (qui est servit par ? Qui se sert de ?) toutes ces « complications » « digressantes » ?
Pas aux gens simples en tout cas. Donc, pas à la Démocratie.
Patrick,
renoncer à la facilité peut être par exemple s’inscrire à une AMAP et s’éloigner du supermarché.
C’est à ce genre d’exemple que je pensais, bien entendu. Merci de ne pas l’avoir compris.
Je me suis mal exprimée, donc.
Quant à mon pouvoir, hum hum, il n’est pas bien immense.
Et si je ne touche pas les mêmes personnes que toi, tant mieux : ça fait deux sons de cloches, et un carillon, c’est mieux que big ben 😉
Ici, je bavarde avec des amis (j’ose le croire), et j’avoue me lacher un peu, mais si mon but est de diffuser (ça arrive), je tente d’être plus synthétique.
Un blog, c’est une somme de styles et de pensées, émis par des gens différents, de cultures différentes et d’opinions différentes, et le résultat est ce qu’il est, c’est à dire riche et varié !
Un réservoir immense où chacun puise ce qu’il peut puiser à un instant t de sa vie.
C’est marrant ce que tu écris sur la démocratie car il y a sur ce site des gens qui suggéraient de faire passer un examen d’aptitude aux candidats au tirage au sort, et je m’étais insurgée contre cette idée. Il ne faudrait pas d’un autre côté faire taire ceux qui (c’est parfois un handicap relationnel, hélas) sont à l’opposé de l’illettrisme, non ?
La démocratie, c’est tout le monde, et pas seulement les gens « simples », comme tu dis, ou « la France d’en bas » comme disait Raffarin.
A ce propos, quelqu’un a‑t-il des nouvelles de Morpheus ? (Je m’inquiète)
La définition que tu admires, très positive au demeurant, n’aborde qu’une partie de la question qu’elle est censée résoudre.
Mais tu peux t’en contenter. Moi pas : pour moi, ce sujet est immense et ne s’achève pas d’un trait pédagogique. Mais c’est moi …
Ton aintairvanssion m’ait utile, messie.
Non le monde n’est pas composé que de gens simples. S’est bien là tout le problème. Car s’est ce qui fait que ce monde est en apparence si compliqué et si insoluble.
N’oublions jamais que se sont les gens simples qui font tourner le monde au quotidien. Que se sont les gens simples qui nous nourrissent et nous permettent de vivre autre part que dans des grottes. Se sont les gens simples qui vont toujours à l’essentiel, car pour pouvoir survivre ils y sont condamnés.
Quand je lis sur les posts des trucs du style « il faut apprendre aux gens les réalités de la vie », ça me fout en rage.
Car quand un gamin prend des tartes dans la gueule tous les matins « pour la connerie qu’il fera plus tard » je peux t’assurer que ce môme à plus le sens des réalités de la vie que n’importe quel intello sortie de l’ENA.
Lui, il n’a pas besoin de faire appel à des psychiatres Polonais pour comprendre la réalité du monde et de ce que sont les humains qui le composent. Le monde il a grandit avec et il vit en plein dedans. Et il doit s’adapter très vite si il veut survivre.
Et s’est à ces gens là que l’on voudrait apprendre ce qu’est la « vraie » vie, les réalités sociales et politiques
Mais s’est nous qui avons tout à apprendre d’eux. Car s’est nous qui nous berçons d’illusions sur l’humanité.
Si les indiens avant d’être Démocrates étaient des guerriers ce n’est pas par hasard.
Tout est dans cet exemple. Les intellos et autres pseudo-chercheurs de vérités n’élaborent que du concept mais se sont eux qui n’y comprennent rien à rien à la réalité de ce qui les entoure. Les types ne vivent que dans leur cerveau.
(Sauf ceux qui ont morflés et encore là, les aigris peuvent devenir encore plus dangereux car ils savent magner les mots et le baratin et en prime l’instruction t’apprends aussi à te défaire de toute morale.)
Qui a fait de notre monde ce qu’il est ? Qui a assis sa domination et son pouvoir sur les autres, si se n’est les zélites et les zérudits. Tous ces êtres qui pensent avoir tout compris mais qui se cachent derrière le premier cordon de CRS qui passent dés que le peuple les ramène à la seule réalité qui vaille et qui compte. A savoir : que la vie est TRES fragile, même pour eux.
Et d’où tirent-ils ce pouvoir, si se n’est de l’enfumage intellectuel qu’ils propagent comme un saint Graal tout puissant.
Seul un retour à l’essentiel et à la simplicité (intellectuel et matériel) nous donnera une chance de survivre à notre inhumanité. Car s’est seulement en prenant cette inhumanité en pleine gueule que l’on apprend à s’en préserver.
Nous devons sortir du formatage intellectuel oligarchique ou nous nous trouvons. Il faut flinguer Descartes et tous ses soupirants.
Car la réduction des inégalité de tous ordres sous entends que les moins disant acceptent d’en gagner plus (ce qui ne sera pas trop compliqué, quoi que il va falloir apporter du concret, car le blabla ils en bouffent depuis des siècles.)
Et que les mieux disant acceptent de perdre l’inutile et cette bonne dose du superflue qui nourrit leurs cerveaux malades. (Et là c’est loin d’être gagné) Et je ne parle pas uniquement de matériel bien sur.
La sculpture de soi passe par le corps, seul le corps peut nourrir l’esprit car il ancre les faits dans la chair et dans le coeur des hommes. S’est sans doute une des raisons qui fait que l’homme aime tant les guerres, la violence et le cul. Car là, on ne peut se la raconter, on est à l’essence des choses, on est aux tripes. On est tout seul.
L’esprit n’est qu’un l’heur superficiel qui ne sert qu’à tricher, à tromper et qui n’a jamais nourrit ou fait les gosses.
Un sage Hindou dont j’ai oublié le nom compliqué à cette phrase merveilleuse.
« Cherche la réponse en se lieu même d’où t’es venue la question. »
Un autre Samouraï de ma connaissance celui-là, l’explique avec moins de délicatesse.
« Il y a des moments dans la vie où il faut mettre ses couilles sur la table. »
L’humanité est en guerre contre elle même. Seuls les plus forts survivrons.
On peut être simple et avoir des idées, et avoir envie de les partager, et faire ça autrement qu’en SMS. Je suis d’accord avec plein de trucs que tu viens d’écrire, mais pas avec le nivellement par le bas que ça sous entend.
Oui, comme le suggère ta citation de Monsieur Jacquard, la rencontre est un des processus (pas le seul) qui permettent de se construire. Mais à condition qu’elle s’opère entre gens différents (car me rencontrer dans un miroir glacé ne va pas me faire me construire). Et c’est exactement ce qui nous arrive ici : nous sommes différents (toi et moi en particulier au vu de ta réaction), ce qui va nous permettre de nous enrichir mutuellement. Encore faut il que ne s’immisce pas quelque complexe d’infériorité ou de supériorité, soyons y attentifs.
Sur le forum d’Etienne, il y a eu un court débat ces derniers jours concernant la nécessaire simplicité (mon point de vue) des textes législatifs ou constitutionnels : j’écrivais qu’on devrait pouvoir les lire à haute voix à un illettré sans qu’il rencontre des difficultés à les entendre (c’est peut être optimiste). En cette circonstance, la simplicité est selon moi un but que la démocratie doit intégrer. Mais au cours de simples échanges, je ne suis pas d’accord avec l’idée que brider systématiquement le style et l’expression serait une bonne chose : la qualité du Verbe se transmet par osmose (!) (au cours de cette fameuse rencontre qui permet de se construire, n’est ce pas), et par ailleurs, l’appauvrissement de la langue du peuple, ou son maintiens volontaire en son état, serait donner plus de pouvoir à l’élite que tu dénonces. Donc : Vive le brassage des styles entre gens honnêtes.
« Dictature du prolétariat » est un oxymore qui me semble en relation avec notre échange 😉
Petite parenthèse :
http://youtu.be/o32IluX7V3w
Petite pensée :
Le sédentaire a la bougeotte et le nomade squatte…
http://youtu.be/JwPGoMHfG6w
A chaque fois… quel merveilleux pédagogue.
Il explique d’une façon si clair et si fluide que ça touche là où il faut pour que ça touche
Ana se que je sous entend dans le mot « simplicité », ne se situe pas au niveau de la langue Française. Ou de l’appauvrissement des savoirs. Certains savoirs sont utiles et indispensables à l’évolution du monde et des hommes.
Mais combien d’entre ces « savoirs » ne permettent que de se gausser dans les salons bien pensant entre deux petits fours ?
Et sur se blog il ne manque souvent que les petits fours.
Il faut une juste mesure dans tout cela. Je ne crois pas que tous les savoirs, ou prétendus tels, aient une utilité autre que de se différencier des autres personnes. (Instruite ou pas, inculte ou pas. Pour moi Jacquard, Rabbi ou Etienne font partis des gens simples. D’ailleurs pourquoi associer le mot « simple » à pauvres ou incultes ? Serait-ce encore là une excroissance de l’ego ?)
Donc de prendre le pouvoir sur eux. « Nous ont sait, eux pas. Nous on connait eux pas. »
Et si tu y fait bien attention ce type de remarques est récurrente sur ce blog.
Non pas que je crois fourbes ou prétentieux les gens qui publient ces posts (même si il est permis d’en douter, vu qu’ils sont, semble t‑il, « intelligents » et instruits. Il connaissent donc le sens et le poids des mots. Mais ce n’est pas à moi d’en juger.)
Malheureusement je les crois sincères dans leurs démarches. Et s’est bien se qui me chagrine le plus.
Mais de par leurs formatage intellectuel Il ne semblent n’être même plus conscient de se qu’ils sont réellement et de leur (in)utilité minuscule et ridicule dans la société et à la vie en générale. Et je ne parle pas à l’échelle de la France ou de l’univers, mais à celui de leur propre foyer, à savoir leur cerveau.
Le but n’est pas de « niveler vers le bas ». (Déjà rien que dans cette phrase tu sous entends qu’il y a des gens plus « haut » que d’autres, ce qui est un non sens, donc s’est peut-être à toi de te « niveler » dans un premier temps … Mais depuis le temps que je te lis, je sais que tu ne te considères pas, consciemment tout du moins, comme « supérieure ». Ou alors tu es une sacrée fumiste lol)
Mais je digresse … Donc le but n’est effectivement pas de « niveler » ni même « d’élever » (se qui revient au même …), mais de se mettre « à la mesure de » qui nous sommes et de se que nous représentons réellement. (Se que j’appelle le retour à la « simplicité ». Peut-être que le mot « authenticité » sera plus juste. Mais l’un ne va pas sans l’autre.
Car à partir du moment ou une personne, même inconsciemment, se considère comme plus « haute », « mieux que » ou « supérieur » à d’autres, tout se qu’elle peut raconter au delà de cet aveux narcissique n’est QUE de l’enfumage rhétorique pour prendre (et oui) : Le Pouvoir sur autrui et assoir sa domination et son contrôle sur les autres de part cette pseudo différence qui ne repose que sur du vent et des mots.
Ce ne sont pas les gens simples qui se pensent supérieurs ou inférieurs, car eux ne peuvent se le permettre, la vie concrète et bien réelle les ramenant toujours à ce qu’ils sont vraiment à savoir : des merdes de passage sur la Terre.
Se sont les gens QUE instruits qui n’ont souvent que ça à foutre que de se gausser d’eux-mêmes en se regardant le nombril (ou le cerveau).
Je ne m’élève pas contre l’instruction et le savoir. Je m’élève contre l’utilisation que tout à chacun en fait.
A savoir une tentative de démonstration permanente de sa propre « supériorité » sa propre « intelligence » et de son « érudition » histoire de se prouver que l’on est aussi « quelque chose » ou « quelqu’un » de mieux que les autres.
Se considérer comme à part ou différent, s’est vouloir prendre le pouvoir et dominer autrui. Et ça, (aux prolos ce coup çi), tu ne leurs fais pas.
D’ailleurs une phrase qui devrait être au fronton des Mairies et à la base de tous les cours de philo revient souvent dans mon monde : « Mais tu te prends pour qui ? …
La Démocratie commence peut-être avec cette phrase ? A méditer …
Simplifier ce qui semble complexe, c’est vouloir partager.
Compliquer ce qui est simple, c’est vouloir exclure.
Je suis pour la vulgarisation.
@ Patrick Flécheux #213
je crois bien que ce que vous dites je l’attendais depuis un bon moment(même si moi aussi je tombe dans le panneau) mais n’aurais pas oser le dire moi-même surtout que je n’aurais pas su l’exprimer de cette façon. Alors merci.
Personnellement, j’ai beaucoup plus de difficulté à échanger par écrit qu’oralement,
J’ai remarqué que lorsque je me relisais, ça ne correspondait pas vraiment à ce que je voulais partager, écrire je suppose que ça s’apprends :-)j’espère !
Patrick,
Le partage du peuple entre deux classes, c’est toi qui l’a mis sur le tapis, et c’est toi qui dans notre échange a parlé des gens simples le premier.
J’ai répondu sur le terrain que tu avais défini et il serait logique que tu ne me reproche pas d’y être.
Tu serais par ailleurs sympathique de ne pas m’assimiler aux baveux qui veulent le pouvoir. J’ai eu été aux écoles et c’est pas ma faute 😉
Par ailleurs, fouille un peu les écrits de Monsieur Jacquard, et tu verras que ce n’est pas toujours aussi simple que ça. Il y a quand même des messages originaux qu’il n’est pas facile d’exprimer comme tu le souhaites.
Pour ma part, rebondissant sur une citation fournie par tes soins, j’ai tenté de proposer une discussion sur la spécificité de l’humain. C’est mal reçu ? Jugé compliquant ? Ou pédant ? Tant pis après tout.
Dommage, car c’est un sujet qui aurait pu nous enrichir.
Mais peut être que quand un grand homme prononce une phrase il faut juste admirer et fermer sa gueule, c’est ça ?
Pour qui tu te prends ?
Bonne question.
Tu saurais dire qui tu es toi ?
;;;;;;;;;
Marie,
Peut être que ce ne sont pas les mêmes zones du cerveau qui travaillent à l’écrit et à l’oral
C’est un peu comme si en face à face et par écrit les interlocuteurs n’étaient pas les mêmes …
;;;;;;;;;;;
Toustes,
Il y a environ un mois, j’ai rencontré par hasard en ville un vieil ami pas vu depuis dix ans (un collègue en fait). Nous avons bavardé plus de trois heures autour d’un café. Echange passionnant.
A un moment, cet ami m’a dit que « parler contient toujours une part de violence ».
Je trouve cette idée au minimum intéressante et depuis elle me turlupine.
Peut-être Dr Jekil et Mister Hyde 😉
Bonsoir,
« parler contient toujours une part de violence »
Voila une remarque très pertinente, d’ailleurs, nous le constatons clairement au réveil, nous somme beaucoup moins disposé à être sociable, on peut en déduire, je pense, que parler n’est pas inné, et donc contre nature, on peut aussi prendre en compte que dans une discussion le délais de réflexion est un stress supplémentaire pour l’individu…
En tout cas moi je rêve de vivre une relation amoureuse où on se comprendrait sans dire mot, où on communiquerait juste par le regard
ça devrait être le bon celui-là 😉 ça c’est pour la touche d’humour 🙂
« Le partage du peuple entre deux classes, c’est toi qui l’a mis sur le tapis, et c’est toi qui dans notre échange a parlé des gens simples le premier. »
Je viens de relire mes post (au cas où) et à aucun moment je ne fais mention de peuple, de séparation entre les classes. Ou même de classes sociales ou autres.
Je ne sépare même pas les gens simples des tordus compliqués, (les deux étant interdépendants et totalement liés – il existe aussi des « compliqués » pauvres.) je pointe juste leurs différences et leur défaut principal, car omniprésent. (En y mettant, pour le coup, s’est vrai, une échelle de valeurs morales.)
Après, choisit ton camp camarade. Mais n’oublies jamais que où que tu te trouves sans ceux d’en face tu n’es rien.
J’ai effectivement parlé de « gens simples » (sans préciser il est vrai ce que je mettais derrière ce mot totalement apolitique. Pensant – à tort semble t‑il – que ce mot ne souffrait pas d’interprétations autres que ce qu’il exprime – Imprudence que j’ai corrigé dans mon 2eme post à la lecture de ta réponse. En te citant comme exemple Etienne ou Rabbi car au moins ceux là je suis sur que tu les connais.)
Donc, pour une fois, l’interprétation ne vient pas de moi. Non mais 🙂
« Tu serais par ailleurs sympathique de ne pas m’assimiler aux baveux qui veulent le pouvoir. J’ai eu été aux écoles et c’est pas ma faute »
Loin de moi cette idée. Même si je me permet de te tester un peu … Sans vrais doutes te concernant je te rassure. Mais ça, il me semble te l’avoir déjà dit plus haut. 🙂
Mais dans la mesure ou tu te positionnes comme une personne « voulant changer » les gens, ou tout du moins la perception qu’ils ont du monde, il me semble normal, faisant parti des gens en question, de savoir se que tu as dans le ventre.
Car vouloir changer les autres s’est bien gentil, mais es-tu au moins capable de te changer toi-même ?
Et je ne parle pas de changer sur des positions intellectuelles bien confortables pour esquiver la réponse.
Je te parle de changer sur se qui te maintient en vie. Sur tes propres fondements, au delà de tes positions philosophiques, sur ce que tu es fondamentalement et qui a maintenu, jusqu’à se jour, ce que tu considères comme ton équilibre social et peut-être même, ton équilibre tout court.
Car le changement de position rhétorique, ça tout le monde sais le faire ou peut y prétendre avec un peu d’entrainement.
Mais le vrai changement profond et individuel, s’est autre chose.
Et seule la capacité de changement profond de chacun d’entre nous permettra l’avènement d’une Anarchique Démocratie.
Donc, tout le blabla s’est très bien pour passer les longues soirées d’hiver et se faire plaisir entre potes.
Mais as tu vraiment les couilles de changer se que tu es ? (De les mettre sur la table …)
Là est la seule question qui vaillent.
Si ton quotidien répond non. Alors tout ton baratin n’est que du vent. Et tu es un manipulateur en prétendant le contraire. (Donc tu cherches à obtenir ou à conserver un pouvoir)
Tu ne veux pas du pouvoir ? Alors que ta vie réponde à ces exigences et peut-être pourras-tu me convaincre.
(NB : le « tu » que j’emploie, si il t’es adressé indirectement, s’adresse surtout à chacun d’entre nous, moi y compris.)
Même quant on prétend agir pour le bien commun, s’est encore de la manipulation intellectuelle des autres et une tromperie machiavélique du cerveau.
Si l’on choisit l’option « humaniste » s’est pour exister et pour briller dans quelque chose ou l’on se sent à l’aise quand on est pas un vrai guerrier, que l’on est plus sensible que la moyenne et/ou que certains aspects de la violence nous effraie et nous paralyse.
C’est pour être reconnu comme quelqu’un « de bien » par ces pairs, qui semble t‑il, nous ressemblent.
Donc pour avoir du pouvoir et de l’emprise sur eux. Tout simplement pour (au mieux) être aimé, au pire avoir l’impression de contrôler son destin en contrôlant celui de ces autres potentiellement dangereux pour nous.
Et ce, pour la seule et unique raison qui nous anime : continués à vivre pour son orgueil, dans le regard des autres, le plus longtemps possible.
CHAPITRE II 🙂
« Pour qui tu te prends ?
Bonne question.
Tu saurais dire qui tu es toi ? »
Cela va certainement te surprendre. Mais oui.
Et jusque dans le moindre de mes recoins obscurs et tordus. Non seulement je sais qui je suis, mais je sais aussi ce que l’on a fait de moi, qui, quand et souvent même pourquoi.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que j’en accepte toujours le constat et que je m’en satisfasse. Mais je ne m’en plein pas.
Je n’ai pas été aux écoles et c’est en parti de ma faute … :p
Marie
Ecrire demande de prendre le temps. (Donc de l’avoir …).
Le temps de choisir ses mots, de se relire et d’en changer mainte fois, jusqu’à trouver celui qui se rapproche au plus près de ce que l’on veut exprimer.
Le temps d’être le plus précis possible …
Je passe des heures à écrire ces post, afin d’essayer de ne pas trahir mes pensés pour éviter toutes interprétations de celles ci et pour éviter aussi d’être trop blessant.
Et aussi pour corriger mes fautes … Mais là, je suis franchement mauvais.
Et contrairement à toi, si il m’arrive avec surprise d’être parfois éloquent, je suis très mauvais à l’oral, car je n’ai pas le temps de choisir mes mots. Et trop souvent mes paroles dépassent et travestissent mes pensés.
Mon manque d’instruction et mon émotivité, sans doute.
J’oubliais Ana
« Mais peut être que quand un grand homme prononce une phrase il faut juste admirer et fermer sa gueule, c’est ça ? »
Non, il suffit de laisser les gens l’interpréter comme ils l’entendent, et s’ils le souhaitent, sans forcement leur imposer ta définition ou ta vision de la chose.
Chacun est assez grand pour se faire une opinion sans toi. Ou sans qui que ce soit d’autre d’ailleurs.
Transmettre, c’est mettre à la disposition. Ce n’est pas définir pour les autres.
Tu noteras d’ailleurs que c’est ce qu’Étienne fait sur ce blog. Il se contente de mettre du savoir à disposition.
Voilà un bel exemple de « simplicité » respectueuse de chacun.
La simple mise à disposition du savoir. Sans interprétation autre que celle que les gens choisissent pour s’épanouir.
Ni plus, ni moins.
» pour éviter aussi d’être trop blessant »
C’est un projet à poursuivre avec constance 🙂
Je rebondis juste là-dessus car ça m’a fait un peu rire en le lisant :
« Car quand un gamin prend des tartes dans la gueule tous les matins « pour la connerie qu’il fera plus tard » je peux t’assurer que ce môme à plus le sens des réalités de la vie que n’importe quel intello sortie de l’ENA. Lui, il n’a pas besoin de faire appel à des psychiatres Polonais pour comprendre la réalité du monde et de ce que sont les humains qui le composent. Le monde il a grandit avec et il vit en plein dedans. Et il doit s’adapter très vite si il veut survivre. »
J’ai eu une vie à peu près similaire à ce gamin qui est décrit, pourtant, c’est moi qui ai cité le psychiatre polonais un peu plus haut dans la discussion. D’ailleurs, c’est justement parce que j’ai eu affaire très tôt à des comportements humains violents et incompréhensibles que j’ai eu besoin par la suite de lire des ouvrages de psychiatrie. Les lectures ne servent pas qu’à « briller » dans les diners, elles peuvent aussi servir à donner du sens et à guérir certaines souffrances.
Je pense qu’il y a confusion dans la suite de la discussion entre ceux qui ont besoin d’étaler leur culture et ceux qui s’interrogent réellement sur le monde qui les entoure. Et jusqu’à présent, il ne me semble n’avoir lu ici que des personnes de la seconde catégorie.
Pour en revenir au fameux psychiatre polonais, il n’y a rien de prétentieux derrière ces interrogations sur le développement de la conscience ou la capacité à réfléchir par soi-même, bien au contraire. Ce médecin a assisté aux deux guerres et a voulu comprendre les raisons qui font qu’un homme va se comporter en héros, porté par de hautes valeurs et un sens du sacrifice, tandis qu’un autre torturera ses semblables sans cas de conscience.
C’est justement en étant au courant de ce genre de travaux qu’on diminue les risques de choisir des personnes immatures à la tête d’un pays, ou que l’on peut réfléchir à des systèmes politiques plus adaptés pour limiter les risques d’abus de pouvoir. J’ai laissé sa référence ici uniquement dans une optique de partage..
« Même si je me permets de te tester un peu … » »> Ah bon ?!?
Tu fais ça toi ???
« Les lectures ne servent pas qu’à « briller » dans les diners, elles peuvent aussi servir à donner du sens et à guérir certaines souffrances. »
Alix cela j’en convient tout à fait, mais (comment dire …) c’est un cheminement d’évolution et de reconstruction qui est propre à chacun et totalement personnel.
De fait, il semble vous avoir réussit.
Et dans ce cas le plus « humain » que vous puissiez faire est de mettre à disposition des autres cette expérience personnelle, pour le cas ou elle pourrait être utile à autrui.
Ce que vous avez voulu faire en proposant cette vidéo.
Mais ce cheminement personnel ne peut être transposé à un collectif en son ensemble.
Il est donc inutile à une réflexion sur le fonctionnement et l’organisation d’un collectif Démocratique.
(Ce qui ne veut pas dire que je le considère comme inutile ou inintéressant en soi. Ou que je veuille niveler les oripeaux Ana ! Pardon Alix.)
Ceci dit, je veux bien admettre que l’on puisse en tirer des informations utiles pour la Démocratie, mais dans ce cas il suffit de les exposer simplement. On pourra tous s’instruire en gagnant du temps …
Surtout que le sujet embraye (si ma mémoire est bonne) sur l’évolution des algues vertes ou je ne sais plus trop quoi …
Franchement vouloir accoupler une algue verte et un psychiatre Polonais pour donner naissance à la Démocratie. Avouez qu’il y a de quoi soupçonner le grand foutage de gueule quand même …
Marie
Je voudrai te proposer une citation très « parlante » de Jules Renard.
« Ecrire : s’est une façon de parler sans être interrompu. »
Et juste pour le plaisir :
Kangourou ? Puce géante.
Bouderie ? Grève de gamin.
Je te laisse méditer là-dessus 🙂
Ana désolé de t’embêter encore, mais bon, tu me permets d’étayer mon propos. Donc …
Et comme je suis pratiquement convaincu que le changement de paradigme dont l’avènement Démocratique à besoin pour réussir ne peut passer que par le choix collectif de la « simplicité », je me permet d’insister encore un peu. Mais après j’arrêterai là.
(Extrait de ton 217 je coupe ta phrase en deux.)
« Pour ma part, rebondissant sur une citation fournie par tes soins, j’ai tenté de proposer une discussion sur la spécificité de l’humain. C’est mal reçu ? Jugé compliquant ? Ou pédant ? Tant pis après tout. »
Mais pour savoir cela il suffit de regarder vraiment ce que l’on est et de visionner quelques émissions sur les poissons rouges ou les Bonobos, ou d’observer les pigeons en bas de chez de chez toi, (très instructif le Pigeon) et tu connaîtras tes spécificités d’être humain.
Révélation : tu es sans aucun doute plus attirante qu’un Bonobo ou qu’un poisson rouge. Mais à part ça, juste une différence de couleurs et de nature … Certains établissent une hiérarchie et parlent de degrés, je pense qu’ils ont tort, dans la mesure où ils nous positionnent au-dessus.
Par contre, les Poissons Rouges, eux connaissent très bien la spécificité des hommes.
La preuve dés que tu t’approches, ils se barrent.
Il faut croire qu’ils sont moins cons que nous. Et pourtant qu’est-ce qu’ils peuvent être incultes … 🙂
(Se rapprocher de la simplicité = se rapprocher – je n’ai pas dis assouvir ! – de ses instincts ? Peut-être un truc à creuser de ce côté là … Mais antinomique avec nos modes de pensés actuelles. Et je ne parle même pas de notre fonctionnement sociétal …)
Après si l’instruction amène à devoir faire une thèse pour être en mesure de différencier un Poisson Rouge de son voisin de palier. Alors je suis vraiment ravi d’avoir fuit les études pour explorer la vie. J’ai gagné du temps en évitant pour le coup, cet exemple effectivement « compliquant ».
Par contre si ta proposition consiste à vouloir comprendre l’individu. Là oui s’est « pédant ».
Car prétendre être potentiellement en capacité de comprendre un homme qui non seulement à souvent du mal à se comprendre lui-même, mais qui en prime sera différent dans 5mn, dans 6 mois ou dans 10 ans.
Si se n’est pas de l’esbroufe neuronale et/ou de la masturbation intellectuelle inutile ça, je ne vois pas comment çà s’appelle.
Une phrase qui doit-être de Sarthe illustre bien cette affaire : « Ma vérité n’est vraie qu’au moment ou je l’exprime. »
« Dommage, car c’est un sujet qui aurait pu nous enrichir. »
Et là, PAN, tu présumes de ce qui pourrait enrichir les autres. (Je sais, il y a un « Conditionnel », mais on le sent bien venir là ton « Conditionnel » …)
Non s’est un sujet qui pourrait t’enrichir toi. Résultat : manipulation sémantique exprimant ta déception de n’avoir pu satisfaire ton plaisir. (Car j’ai foutu la merde hihi)
Ca s’est vraiment « compliquant ».
Attention ne te méprend pas, il n’y a aucun jugement dans cette dernière remarque, étant un manipulateur de première, je serai mal placé pour en porter.
Juste des exemples que je crois explicites sur ce que je pense contraire à cette « simplicité authentique » que j’appelle de mes voeux.
Bonjour,
« Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. »
J’aime bien cette interprétation, aussi, on peut en penser que la lecture est une façon d’écouter sans interrompre. Ce qu’il faut surtout retenir, je pense, c’est que l’écriture et la lecture laissent du temps à la réflexion.
Pour ma part, je ressens le besoin d’écrire (même si je ne suis pas lu), car je me suis rendu compte que ça m’évitait de somatiser, et en plus je suis plus agréable à vivre. Avec Internet et les blogs, on a généralisé à tous les biens faits du journal intime.
À ce propos, je me demande comment les Français peuvent être champions de prise d’anxiolytiques et râleurs en même temps…
Protester n’est pas râler, et protester c’est comme la curiosité, ce ne sont pas de vilains défauts, ce sont des attitudes qui révèlent un esprit sain.
@Patrick Flécheux
Les images ça doit aussi beaucoup aider à exprimer sa pensée, et plus on est simple mieux c’est, mais pour ça faut les idées les plus claires possibles évidemment, et ne pas partir dans tous les sens comme je le fais généralement.
Patrick,
Je crois que nous avons tiré tout le bénéfice possible de ta sainte colère.
Il est assez incohérent de nous servir la phrase de Monsieur Jacquard que tu as citée et par ailleurs de déclarer que tu préfères penser seul.
Je me demande comment on peut prétendre se construire à travers la rencontre tout en demandant aux gens de ne pas donner leur opinion, ceci afin de ne pas courir le risque d’être influencé.
Au pays des sourds-muets-aveugles, peut être.
Par ailleurs, quel crédit accorder à un échange où l’un des interlocuteurs déclare tester les gens, ou manipuler ?
Vaut il vraiment la peine d’argumenter face à ce qui n’est peut être qu’une collection de fallacieuses arguties ? Probablement pas :
Dans les accélérateurs de particules, on casse les briques de matière afin d’essayer d’en comprendre la subtile substance. Mais entre humain, ça ne marche pas comme ça.
Au vu de tout cela, je choisis de ne pas me déconstruire à travers ma rencontre virtuelle avec toi, et de m’en tenir donc, du moins provisoirement, à la construction opérée par 66 ans de rencontres multiples et variées.
Et de continuer à m’exprimer librement quand je le juge utile, et avec mon style. Libre à toi de me lire, ou pas si tu as peur d’être pollué par une abominable pensée élitiste :
c’est ton affaire.
Mais je m’exprime peut être encore ici de manière trop complexe : alors m’inspirant de ton style, je résume : tu me gonfles.
« Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. »
+
« Lire, c’est une façon d’écouter sans interrompre. »
C’est assez génial, merci 🙂
A l’oral, le ping pong harmonieux devient un challenge difficile à relever mais infiniment satisfaisant aux instants privilégiés où on réussit à s’enrichir mutuellement sans se marcher dessus.
NB : on retire plus de bénéfice à écouter l’autre qu’à lui parler, c’est mathématique.
Mais comme nous ne sommes pas égoïstes, se taire ne serait pas une bonne solution 😉
Je n’ai pas trouvez un article où intégrer judicieusement ce sujet, merci de le couper/coller si il en existe un…
Les phrases signalées par * [*] sont mes propres commentaires.
Source : Le petit livre vert
{{Pour une réforme humaniste du Droit de Propriété
Résumé du livre de Jacques Berthillier. Edition : La Pensée Universelle – 1991.
Préface par le Professeur Albert Jacquard
Depuis que les hommes regardent autour d’eux, ils se sont tout naturellement imaginés que la terre était un espace sans limite. Soudain tout a changé ; l’effectif des hommes est passé à 7 milliards. Aujourd’hui le temps du monde fini commence.
Nous devons être économes des richesses offertes, sinon nous aboutirons très vite à l’épuisement de la planète et à la mort de l’homme.
Toutes les organisations mises en place par les sociétés humaines pour assurer leur survie doivent être revues, une réflexion s’affranchissant des anciennes illusions est nécessaire et urgente. Aucune remise en cause ne doit être taboue.
Les méthodes progressivement élaborées au cours des siècles passés, soit pour répartir les biens disponibles, soit pour se les approprier, doivent désormais faire l’objet d’une révision fondamentale.
Ce qui était vrai pour l’appropriation des terrains l’est aussi pour les moyens de production. Leur transmission héréditaire systématique ne peut qu’aboutir à l’accumulation du capital entre les mains de quelques-uns, jouissant d’un pouvoir exorbitant, face à une foule de gens démunis qui sont peu à peu privés de tout espoir. L’idéal d’une société juste, fraternelle, assurant certaine égalité entre les citoyens, ne peut plus être alors que le camouflage d’une société inflexible, impitoyable, destructrice de la majorité des hommes.
Certes, la remise en cause du droit de propriété entraîne, dans des cultures comme la nôtre, de tels bouleversements que la plupart des esprits préfèrent rester crispés sur le maintien du système actuel. En réalité ces bouleversements, de toute façon inévitables, peuvent s’avérer bénéfiques pour autant que le changement du système juridique fasse l’objet d’une réflexion suffisamment approfondie.
C’est à cette réflexion que nous convie Jacques Berthillier. Son analyse de l’histoire du droit de propriété et de l’inadaptation de ce droit, aux conditions à venir de l’homme, lui permet de dégager une voie nouvelle. Son enthousiasme pour la formule qu’il préconise est communicatif. Sans doute faudra-t-il soumettre sa proposition à mille critiques ; il n’existe pas en ce domaine, il en est bien conscient, de « il n’y a qu’à ». Son travail a le grand mérite de nous mettre face à une question décisive pour notre avenir. Grâce à lui le problème est bien posé. Reste à confronter les possibles solutions.
Introduction.
Le droit de propriété est au cœur de notre organisation sociale. Combattu par les uns, prônée par les autres, il divise le monde en deux clans, le capitalisme et le collectivisme.
Entre les tenants de la propriété individuelle et ceux de la propriété collective, le fossé n’est pas irrémédiable. Il existe une voie intermédiaire, de nature à rapprocher les uns et les autres sans pour autant compromettre les acquis de notre civilisation.
À l’aube de notre millénaire, à une époque en par un phénomène d’accélération de l’histoire, le monde évolue à une vitesse prodigieuse, il est donc grand temps de libérer l’individu, à la fois des servitudes d’un pouvoir étatique centralisateur et, du pouvoir de l’argent généré par l’accumulation du capital.
Ainsi, l’accumulation du capital, par l’héritage, a maintenu certaines inégalités sociales provoquant, de ce fait, un sentiment d’injustice à l’égard des immenses fortunes qui se perpétuent de père en fils sans la moindre prestation de travail pour ces bénéficiaires.
Alors que la disparition progressive des régimes totalitaires donne aux hommes jusqu’ici asservis de réels espoirs, le moment est donc venu de réfléchir sur la manière d’assurer une meilleure répartition du capital productif entre les individus. Pour y parvenir, certains préconisent un renforcement de l’imposition du capital. Pour nous, il semblerait préférable d’opérer une redistribution équitable du capital à chaque génération, par une transformation radicale de l’héritage et une remise en cause des fondements de la propriété.
Un peu d’histoire
I – Évolution historique
Aux temps les plus reculés de notre civilisation, la propriété, droit de disposer des choses de la façon la plus absolue, n’existait que pour les biens mobiliers. Avec l’apparition du sédentarisme se sont développées l’appropriation privée du sol et sa transmission héréditaire dans le cadre de la tribu, puis de la famille. Le développement du commerce et l’importance accrue des métaux précieux ont contribué, par la suite, à réduire la part de la propriété foncière. La propriété individuelle se substituait alors à la propriété familiale pour les objets, les animaux et même pour la terre. C’est ainsi que progressivement se sont constitués de grands domaines fonciers, puis d’immenses fortunes héréditaires. Cette évolution se poursuivra par des voies diverses jusqu’à la fin du XIXe siècle dans la plupart des pays.
__Face aux inégalités de richesses de plus en plus marquées, s’est élevé un courant de pensée hostile à la notion même de propriété individuelle. Il prit ses racines dans la plus haute Antiquité puisque déjà Platon, dans un écrit célèbre « La République », concevait l’idéal d’une société nouvelle totalement communiste. Plus près de nous, Jean-Jacques Rousseau prône des idées égalitaires dans son « Contrat Social », reprise par Saint-Simon et Proudhon, ce dernier ayant résumé sa pensée dans une phrase célèbre : « la propriété c’est le vol ».
C’est pourtant Karl Marx qui conteste, avec le plus de force, l’appropriation privée des moyens de production, considérant que ceux-ci doivent être centralisés aux mains de l’État, c’est-à-dire du prolétariat institué en classe dirigeante (le capital, 1867). 50 ans plus tard, avec la révolution bolchevique conduite par Lénine, naîtront les républiques socialistes dans lesquelles la plupart des moyens de production seront confiés à l’État. La Chine à son tour, en 1958 avec la création des communes populaires, instaurera une vie communautaire extrêmement poussée au sein de 26 000 communes regroupant 750 000 coopératives.
Ces transformations cependant, ne vont pas apporter tous les bienfaits attendus. C’est ainsi que, deux évolutions parallèles mais décalées, 1978 pour la Chine, 1988, pour l’URSS, vont tendre à relancer l’initiative privée et à réduire l’emprise de l’État sur l’économie. Une évolution d’une rapidité inconcevable il y a encore quelques années, a vu également le jour dans les pays socialistes européens pour réclamer plus de justice, davantage de libertés individuelles et un nouvel aménagement de l’organisation économique et sociale.__
II – La leçon des faits
Face aux récents bouleversements des pays socialistes, le moment est venu de tirer parti de l’expérience du passé pour réfléchir sur la place donnée à l’homme dans l’économie et sur le rôle assigné à l’État.
L’homme, en premier lieu, et ceci n’est plus contesté, constitue bien la force maîtresse de tout développement économique ; il est le vrai moteur de la croissance. De ses motivations, de son goût de l’effort, de son aptitude à innover, de sa liberté d’entreprendre vont dépendre les réussites de l’espace économique dans lequel il s’insère. D’ailleurs, sa liberté d’initiative fait partie intégrante du droit à la liberté, un des besoins fondamentaux de la nature humaine.
Mais l’homme, en tant que consommateur, est aussi un agent de régulation de l’économie par ses arbitrages sur le marché où la loi de l’offre et de la demande* [*personnellement je n’adhère pas à ce concept, surtout pour les besoins essentiels, je préfère le principe : coût de production + marge plafonnée] permet de fixer les prix de vente des produits et des services.
L’État, de son côté, un rôle essentiel à jouer en tant que régulateur de l’économie, par son action sur le budget, sur la politique du crédit et par ses choix stratégiques. Il doit veiller aussi à la sauvegarde du patrimoine national et de l’environnement, sans pour autant transgresser le principe essentiel de séparation des pouvoirs* [*et collectivité pour chaque pouvoir], fondement de toute démocratie.
Dans ce contexte, conforme au schéma de la pensée classique, il semble néanmoins souhaitable d’amender le régime de la propriété privée pour assurer une meilleure répartition du capital, afin d’éviter que son accumulation, par le jeu de la transmission héréditaire, non seulement fausse la compétition économique, mais crée un esprit de classe fortement préjudiciable aux bons rapports humains. Cette « réforme humaniste du droit de propriété » créerait aussi les bases d’un rapprochement entre les peuples qui vivent sous des régimes économiques différents.
Une voie nouvelle
Dans les pays démocratiques le pouvoir politique n’est plus héréditaire. Pourquoi n’en va-t-il pas de même pour le pouvoir économique encore trop dépendant de la règle de transmission héréditaire du capital, elle-même contraire au principe d’égalité des droits et de promotion au seul mérite ?
Il serait donc judicieux d’accompagner toute réforme sur l’héritage d’une meilleure répartition du capital, de façon à parvenir à une association plus équitable entre le capital et le travail, tout en prenant soin de ne pas altérer l’esprit d’entreprise et la motivation des agents économiques les plus performants.
Dans ces conditions, il semblerait opportun d’envisager quelques mesures essentielles :
faciliter à tout individu l’accès au capital productif
lui permettre, de son vivant, de se constituer un capital en accumulant une épargne prélevée sur le revenu de son travail.
mais limiter, néanmoins, la transmission héréditaire du patrimoine aux seuls avoirs sentimentaux tels que la maison familiale (principale ou secondaire) et des biens mobiliers pouvant lui être rattachés (objet de famille ou bien précieux).
Pour cela il conviendrait :
d’exonérer de tout droit de succession les biens chargés d’un avoir sentimental, sous réserve de leur conservation dans la famille ou d’un réemploi dans des biens de même nature ;
de taxer fortement, au-delà d’une franchise, la transmission héréditaire des biens de courte durée (inférieure à 15 ans) ;
de supprimer totalement l’héritage pour les autres biens.
Ainsi, au décès de leur propriétaire, tous les biens exclus de la transmission héréditaire reviendraient à la collectivité qui, obligatoirement, devrait recéder le droit de jouissance à toute personne physique ou morale qui s’en porterait acquéreur. Celle-ci bénéficierait alors d’un contrat de jouissance de très longue durée, de 7 à 49 ans, selon les biens considérés et le choix des titulaires, ce qui leur permettraient de jouir de ses biens et même de les céder, mais non de les transmettre héréditairement. En contrepartie, il s’obligeait à acquitter à la communauté une indemnité fixée par adjudication.
Les modalités de cette adjudication, propre à chaque catégorie de biens, conduirait à des valeurs fixées par le marché, évitant ainsi tout passe-droit et tout arbitraire dans la fixation des prix.
Dans son esprit, cette réforme rejoindrait les formules de financement par crédit-bail dans lesquelles, si l’utilisateur du bien n’en possède pas l’entière propriété, néanmoins il en récolte bien les fruits résultant de son usage. Cette réforme offrirait en outre, l’immense avantage de permettre une redistribution du capital à chaque génération. La collectivité de son côté percevrait une rémunération fonction des avantages attendus des biens donnés en jouissance et des disponibilités monétaires des adjudicataires ; en revanche, elle en perdrait tout pouvoir de gestion.
Pour éviter tout excès de bureaucratie dans le cadre d’une procédure informatisée, les contrats de jouissance immobilier seraient établis par les notaires, les banques, de leur côté, intervenant dans la négociation des contrats de jouissance portant sur les entreprises.
Perspectives.
__Pour autant que nous ayons foi en la nature humaine et sur sa capacité de choisir son destin, de vaincre les difficultés et de forger l’histoire de sa génération, le moment est venu d’essayer, simultanément, de libérer l’individu des servitudes d’un pouvoir étatique et, tout autant, du pouvoir de l’argent généré par l’accumulation du capital.
En assurant la promotion des individus, en favorisant leur esprit d’entreprise et leur sens de l’initiative, en cultivant leur goût de l’effort, en leur donnant l’ambition de réussir, on en fera des hommes pleinement responsables et non plus des agents économiquement assistés.__
Or, dans le domaine économique, se sont notamment la suppression du pouvoir héréditaire et l’ouverture du capital aux plus grands nombres qui seront les plus sûrs moyens pour modifier les comportements humains grâce à une meilleure association entre le capital et le travail.
Mais comment parvenir à ce résultat sans remettre en cause notre législation sur la propriété, de façon à supprimer les privilèges, aussi bien de l’individu que de l’État, qui bride l’individu en l’assujettissant aussi bien à la bureaucratie qu’au capital ?
Pour autant, en Occident, une remise en cause aussi fondamentale d’un droit successoral plus que millénaire n’est pratiquement concevable que si elle est appliquée à une très vaste échelle. C’est pourquoi, cette proposition de réforme du droit de propriété et de la transmission du patrimoine doit s’envisager, d’emblée, non seulement dans une perspective à très long terme mais aussi à l’échelle planétaire. En effet, elle perdrait toute crédibilité, si, dès le départ, on admettait l’existence de paradis fiscaux ou viendrait se réfugier les capitaux.
Cet objectif apparemment lointain ne doit pas pour autant nous amener à différer notre réflexion. Ce serait oublier la formidable accélération de l’histoire, née du progrès technique et du développement des communications. L’Europe se construit avec les anciens pays socialistes, les nations dites « émergentes » ne pourront pas rester étrangères aux mutations des pays les plus développés.
Alors que les anciens pays de l’Est découvrent l’efficacité de l’économie de marché et s’orientent déjà vers des formules de type locatif, il serait opportun que, parallèlement, les pays occidentaux prennent conscience des injustices chroniques générées par une accumulation héréditaire du capital, qui réfléchissent aussi aux freins économiques résultant d’une excessive et durable concentration du capital qui limite son accession au plus grand nombre.
C’est sur cette réconciliation loyale entre les forces du capital et du travail que pourrait s’accélérer le processus de rapprochement entre les peuples, qui vivait sous des régimes différents et qui aspire à vaincre leurs antagonismes.
Références bibliques.
La Bible, il y a plus de 3000 ans, a posé de façon claire quelques règles essentielles, en particulier la répartition de la terre, principal facteur de production de cette époque, entre les 12 tribus d’Israël. En cas d’aliénation, son retour tous les 50 ans à ses propriétaires d’origine, à l’occasion du jubilé, pour préserver les règles de partage initial.
La terre est distribuée en fonction de l’importance de la population des tribus et à l’intérieur de chaque tribu, entre les familles, par tirage au sort quelque soit leur importance. Cette façon de procéder avait probablement pour raisons d’éviter tout favoritisme dans l’affectation des lots et de responsabiliser la famille en transgressant la règle : à chacun selon ses besoins
__Tous les 50 ans au plus tard, c’est-à-dire pour le jubilé, la terre en cas d’aliénation, retourne à la famille qu’il avait reçue en partage.
Les terres ne se vendent donc pas à perpétuité, toute vente comporte un droit de rachat et en l’absence de rachat le vendeur retrouve sa terre l’année du jubilé
Cette règle ne s’applique qu’aux biens de production (à l’époque les fonds de terre) et la fixation du prix de vente est fonction du nombre de récoltes restant à venir. L’année du jubilé est l’année de liberté__
En conclusion.
__Avec le jubilé, soit tous les 50 ans environ toutes les deux générations, on revient à la répartition du capital d’origine. Il s’agit d’un retour aux sources, selon le sens donné au mot jubilé.
Ainsi, chacun accède au capital sans disposer pour autant de la possibilité de s’enrichir indéfiniment au détriment d’autrui. Façon harmonieuse de concilier efficacité économique et justice sociale.__
Malheureusement, la pratique du jubilé n’est plus applicable. En outre, l’économie s’est diversifiée et la terre n’est plus l’unique facteur de production.
Dès lors, que faire aujourd’hui ?
Laisser les choses en l’état ou bien essayer de s’adapter aux impératifs d’une économie moderne, en s’appuyant sur les règles données par la Bible : ouvrir à chacun l’accès au capital productif, et éviter son accumulation indéfinie.
Ce sont ces règles qui sous-tendent nos propositions. D’où la réduction de la transmission héréditaire et de développement des régimes de location pour des durées de base multiples de 7 : 7,14, 21, 28, 35, 42 et 49 ans (une année de moins que le jubilé).
Cependant, au risque de transgresser l’esprit des textes, nous avons innové avec le retour aux intérêts composés, formule qui a paru nécessaire dans le contexte d’une économie moderne.}}
http://youtu.be/YDwlqlw4ggY
« La Bible, il y a plus de 3000 ans »
ça c’est pas sur, d’après les connaissances archéologiques actuelles ce serait plutôt un peu moins, l’ancien testament a probablement été écrit autours du 7eme siècle avant JC à l’époque le royaume de Juda commence à être militairement menacé.
Avec ce type de remarque, il faudra attendre 3000 ans après JC pour faire avancer le schmilblick…
Ou pas, parce que quitte a faire avancer le schmilblick autant que ce soit sur des bases sérieuses.
Et pui je pense que Proudhon ne s’était pas trompé quand il a écrit à Michelet en 1860 :
« Le vieux monde chrétien, monarchique, féodal, capitaliste est en dissolution, il fait des bamboches. On ne sort de là que par une révolution intégrale dans les idées et dans les cœurs…
Mais la croyez-vous faite, cette révolution ? Une révolution dure des siècles. »
« Par ailleurs, quel crédit accorder à un échange où l’un des interlocuteurs déclare tester les gens, ou manipuler ? »
Le mérite de ne pas faire semblant et de permettre aux autres de s’en préserver si nécessaire peut-être …
« Mais je m’exprime peut être encore ici de manière trop complexe : alors m’inspirant de ton style, je résume : tu me gonfles. »
Là au moins on se comprends 🙂
Mais en relisant ton 233 je me rends compte au vue de ta réponse que c’est moi qui pour le coup doit-être trop complexe. Ou que je dois exprimer très mal mes pensés …
Trop de mots tuent les mots.
@ Patrick, j’ignorais qu’il fallait vous consulter avant de poster un commentaire sur ce site.
« Alix cela j’en convient tout à fait, mais (comment dire …) c’est un cheminement d’évolution et de reconstruction qui est propre à chacun et totalement personnel (…) Ce que vous avez voulu faire en proposant cette vidéo. »
Ceci me fait penser que vous êtes en train de rejeter un document que vous n’avez pas consulté.
Il s’agit d’un article.
« Franchement vouloir accoupler une algue verte et un psychiatre Polonais pour donner naissance à la Démocratie. Avouez qu’il y a de quoi soupçonner le grand foutage de gueule quand même »
« Le foutage de gueule » pour moi s’apparente plutôt à la condamnation d’une référence sans même en avoir pris connaissance, ou encore, dans la volonté d’instaurer une véritable démocratie en évinçant la question de l’homme et de son comportement.
La démocratie ne peut être appelée que par des personnes qui ne subissent plus le dictat de l’idéologie actuelle. Or, cette idéologie se maintient et persiste parce qu’elle distille tous les jours dans les consciences une définition totalement erronée de l’être humain.
L’individu prôné par le système se trouve être naturellement égoïste, compétitif et égocentrique, toujours prêt à faire fi de sa conscience et à piétiner les autres pour gagner de l’argent. L’individu prôné par ce système accepte la violence dans les rapports humains comme un mal nécessaire et inévitable…
Cet individu nous est présenté comme l’aboutissement même de toutes les années d’évolution du genre humain, comme ce qu’il y a de mieux à atteindre et à espérer, or, ceci rentre en parfaite contradiction avec les travaux qui ont été dirigés sur le développement de la conscience.
Chez Dabrowski (mais il y en a d’autres), ce type d’individu se place au niveau un de l’échelle de la conscience, et tout individu qui se développe (ou on pourrait dire : qui grandit) tend naturellement à intégrer les autres dans son raisonnement, à devenir profondément altruiste et à mettre ses capacités au profit de l’épanouissement réel de la société.
Il me semble donc nécessaire de faire circuler ce genre de réflexion, d’autant plus que la mise en place d’un système démocratique ne pourra se faire tant que cette inversion des valeurs et cette ignorance de ce que nous sommes perdura dans l’esprit du plus grand nombre et décimera les initiatives individuelles.
« Le foutage de gueule » pour moi s’apparente plutôt à la condamnation d’une référence sans même en avoir pris connaissance »
Ce n’est pas faut, j’en prends ma part. 🙂
« ou encore, dans la volonté d’instaurer une véritable démocratie en évinçant la question de l’homme et de son comportement. »
Donc chercher un comportement qui serait propre à tous les hommes.
Donc penser l’homme, aborder l’homme comme un ensemble, une entité au fonctionnement homogène et aux réactions identifiables et prévisibles.
Donc, penser l’homme comme un être définissable ? Contrôlable ? Manipulable ? Orientable ? Educable peut-être ?
Donc (qu’ils soient fondés, intéressant ou pas) des travaux qui seront forcement récupérés par le système que nous dénonçons (étant utilisables à leurs profits) pour encore un peu mieux contrôler les hommes en supprimant un peu plus leur individualité et la fantaisie qui les composent. Pour un peu mieux les formater.
Je ne suis pas un savant. Mais je sais une chose. La capacité des oligarques à récupérer à leur avantage des travaux dont si je peux en concevoir l’intérêt éventuel, je peux aussi en évaluer certaines conséquences pour l’homme.
Je sais une chose que la mécanique quantique à menée à la bombe atomique et à la manipulation génétique. (Avec un Einstein se confondant en contritions pour avoir contribué à cela, le pauvre il ne savait pas … Tu parles.)
La vie m’a apprise autre chose, que l’homme (quand son cerveau n’est pas déficient ou abimé) nait fondamentalement sadique et méchant, tout du moins pulsionnel (les deux adjectifs précédents restant une interprétation subjective), et que seul l’enseignement à l’empathie en assumant la conséquence de ses actes, lui permet de maitriser et d’apaiser ses instincts et ses pulsions.
L’homme n’est ni bon ni mauvais en soi. Il est s’est tout. Tout du moins il aspire à être. Il suffit de travailler ou d’être avec des enfants pour s’en rendre compte.
Tant que des chercheurs et autres penseurs aborderons l’homme, le penserons, dans son ensemble (la complexité dont je faisais état) alors il ne faut pas attendre de l’homme qu’il s’épanouisse et devienne un individu autonome et à part entière.
Donc qu’il devienne un Démocrate.
Comme disait Coluche, « ils nous prennent pour des cons et ils voudraient que l’on soit intelligent. Comment on fait alors ? … »
Quand vous dites que l’individu « accepte la violence comme un mal nécessaire ».
Mais l’individu qui n’accepte pas la violence est condamné au suicide et est incapable de s’épanouir dans la vie.
Car se n’est pas l’individu qui est violent, s’est la vie en générale.
Rien qu’un accouchement ou une simple partie de jambes en l’air au moment du « rûte collectif », si se n’est pas violent ça …
Se n’est pas à vous que je vais apprendre que pour maîtriser et transcender la violence, le première des choses à faire s’est de l’accepter puis d’agir sur elle doucement afin qu’elle en devienne une énergie constructive.
La vie ne dépend pas de l’individu. Elle est, et nous devons faire avec, s’est tout.
Et si vous n’avez pas la chance d’avoir été bien breafé par une éducation vous facilitant la tache pour vous construire, la vie se charge de vous enseigner les règles du jeu : violemment.
Ceci dit, dans ce marasme intellectuel je sais que l’ignorant s’est moi. Et que ma voix compte très certainement pour de la sottise.
En fait je commence à prendre pas mal de recul par rapport à tout ça. (La Démocratie, une organisation sociale différente etc.)
On veut une Démocratie avec des individus éclairés et autonomes.
Donc des « UN-dividus » qui pensent et surtout DECIDENT par eux-mêmes. Nous sommes d’accord là-dessus je pense ?
Et que fait-on pour rendre les gens autonomes ?
(Ce qui sous entends, quand même, que nous considérons que certains d’entre eux ne le serait pas. Pourtant les mecs survivent très bien, souvent même mieux que nous, sans même nous connaître …)
On débat sur le cadre social, sociétal, politique, biologique, écologique et même moral qu’il faudrait mettre en place pour que NOTRE système fonctionne.
Afin de proposer quoi ? Des solutions à une nouvelle organisation sociale et sociétale, morale, écologique, planétaire, universelle, etc etc Pffuu ça en fait du monde tout ça …
Dois-je rappeler que cette SSolution « Démocratique » à laquelle nous aspirons de nos voeux convient, à ce jour et avant toute chose, à nous-mêmes.
Et pour quelle advienne il faut évidement qu’elle conviennent aux autres, nettement plus nombreux que nous …
Mais bon, ils sont manipulés, décérébrés, lobotomisés, voir même sodomisés par un système qu’ils ne comprennent pas, et forcement ils ne peuvent pas aimer ça, vu que nous nous ne l’aimons pas (mais nous on « comprends ». On est pas cons …), donc forcement les mecs déconnent, ils ne se rendent pas comptes, ce n’est pas de leur faute on les trompes obligatoirement. Les pauvres …
On cherche donc aussi à décripter, médicalement, neurologiquement, psychiatriquement, génétiquement, comment réagit et fonctionne cette foule, cette masse difforme et imparfaite.
Pour faire simple, nous cherchons à savoir pourquoi ils ne pensent pas comme nous et pourquoi ils sont si récalcitrant à nos idées si lumineuses.
En gros, on pense des trucs et des machins, pour des gens dont on aimerai qu’ils pensent par eux-mêmes dans la mesure où ils pensent comme nous.
(Tout en affirmant le contraire, bien sur. Mais quand même le but est qu’ils deviennent Démocrate. Donc, qu’ils pensent comme nous.)
Il faut donc qu’ils soient « autonome », mais pas trop quand même.
D’ailleurs nous avons préparés, pensés à un cadre social, sociétal, écologique, moral, pré-natal, orbital, mais surtout COLLECTIF pour que cette « autonomie » pré mâché, pré construite et pré définie puisse s’exprimer et s’orienter pleinement dans le sens que l’on aura choisi. Dans le sens « Démocratique ».
En gros on pense un collectif pour que des personnes soit des UN-dividus. Euh …
Ce qui, soi dit en passant est exactement le mode de fonctionnement et de raisonnement de notre système de société actuel.
Vous ne trouvez pas qu’il y a une sacré contradiction dans tout ça ?
La logique et la cohérence Anarchique, donc Démocratique, voudrai que l’on réfléchissent à des outils permettant l’avènement d’un UN-dividu totalement autonome car totalement indépendant du collectif. Et non pas l’inverse.
Un-dividu qui : si il l’estime nécessaire à son épanouissement à l’instant T construira de lui même le collectif qui lui convient le mieux.
Si il juge nécessaire dans construire un, quand il le jugera nécessaire et surtout COMME il le pensera nécessaire à ses besoins à l’instant T.
Enfermez 10 types dans une pièce autour d’une table. Au bout d’une heure, soi il se foutent sur la gueule, soi ils se tapent sur l’épaule et vont boire une bière ensemble.
Si vous n’intervenez pas et n’anticipez pas de ce qu’ils vont se dire, faire ou penser. Là vous êtes en Anarchique Démocratie.
Car tout ce que vous avez fait s’est de leur permettre de se réunir.
L’anarchie, « sans foi ni loi », présuppose que chaque individu est assez grand pour bien faire et que ce bien faire par tous produira le bien être de tous.
La démocratie, c’est le contraire : nous constatons notre bas niveau et décidons donc d’écrire des règles pour remédier à cela, consenties par tous, et écrites avec la participation de tous.
La démocratie présuppose donc quand même que nous ne sommes pas si bas que ça puisque capables de travailler ensemble à un édifice juridique optimal.
Et l’oligarchie, c’est de trois systèmes le plus méprisant de tous, qui présuppose que le peuple est trop con pour se gérer lui-même.
Et le plus dangereux puisque ceux qui se croient supérieurs au point de briguer le pouvoir sont de ce simple fait autistes.
En l’état de l’évolution de la conscience sur terre, il me semble donc raisonnable d’être démocrate mais avec un regard amoureux ou nostalgique tourné vers l’anarchie.
C’est pourquoi je trouve très pertinentes les quelques lignes d’Alix dans deux ou trois messages où il pointe la nécessité d’approfondir la connaissance de l’humain.
J’y rajouterais que le grand avantage qu’offrirait un développement sain de la conscience collective et individuelle devrait nous pousser à intégrer ce challenge dans la réflexion démocrate.
Mis à part ici ou là un débat sur l’école, ce terrain est en friche et reste hélas l’apanage de philosophes tels qu’Albert Jacquard, entre autres.
Persuadés que nous devons reprendre le pouvoir sur la gestion, persuadés que nous devons reprendre le pouvoir sur la monnaie, pourquoi renoncerions nous à reprendre le pouvoir sur la philosophie ?
Comment donc obtenir que « la masse » ose penser, penser neuf, penser libre et sans suivre les pulsions que les médias lui offrent ?
- Il faut une télé démocrate avec des thunes
- Il serait bon d’avoir un gros péplum avec les moyens d’un blockbuster un peut comme avaient pu l’être Troie ou Alexandre (même si vous n’aimez pas le cinéma gringo ce sont de beaux spectacles qui d’après moi valent le coup d’œil)à propos de la démocratie Athénienne.
-On pourrait peut être parvenir a écrire une très bonne constitution, mais qui soit REALISTE (cad vraiment applicable demain matin en l’état actuel des infrastructures, us et coutumes du pays) et que l’on pourrait promouvoir qui a directement fonder un parti politique dont l’objectif serait de la mettre en place (c’est une tactique différente de l’assemblée constituante tirée au sort mais qui sert le même objectif mais dont le résultat serait peut être plus maîtrise et qui pourrait peut être remporter un adhésion plus importante puisque n’étant pas un concept avant-gardiste pouvant effrayer certains mais une règle du jeu explicite et concrète consultable par touts par avance)
-Pour l’instant, sous le régime « représentatif » actuel une reforme profonde (et nécessaire) du système éducatif me semble inatteignable. Les lacunes de ce qui existe aujourd’hui font partie des conséquences du réime. Il faut probablement commencer par instaurer la démocratie pour pouvoir mettre en place une façon d’éduquer de vrais citoyens.
-On en revient aux outils promotionnels précédemment cités, pour l’instant c’est la meilleure arme.
IL FAUT DONC DE L’OSEILLE. On a besoin de gros investissement misés sur la promo de la démocratie, je vois pas d’autre solution…
J’aurai du relire avant de poster, mais bon je suppose que celui qui lira arrivera a comprendre ce que j’ai voulu dire.
Et ça me ramène évidement a ce film, la forme a un peu le meulon mais on sent que c’est spontané, le fond est très sérieux.
L’Appel de l’espérance, par Stéphane Hessel et… par Mediapart
Le titre de cette page est : « Sommes nous en Démocratie ? »
Voici un lien répondant à cette question.
Les Sénateurs Français refusent clairement de se voir appliquer le non cumul des mandats.
http://lelab.europe1.fr/t/les-senateurs-refusent-de-se-voir-appliquer-le-non-cumul-des-mandats-10999
La limitation du cumul des mandats, c’est maintenant !
Pétition
de PARITÉ et Les Marianne de la Diversité
http://www.change.org/cumulmandats?utm_source=action_alert&utm_medium=email&utm_campaign=34844&alert_id=gDcOIwiOgy_CVNtWHAdrN
Dans le texte du commentaire @235, à la question : « le pouvoir politique n’est plus héréditaire. Pourquoi n’en va-t-il pas de même pour le pouvoir économique ? »
J’ai envie de répondre que quand on a le pouvoir économique, on a le pouvoir politique, la pseudo-démocratie n’est qu’un subterfuge pour mater le peuple. C’est comme une partie d’échecs où le roi et la reine n’ont plus besoin de s’exposer pour mater l’adversaire…
Bonjour,
La seule solution pour éviter tous les abus de pouvoir, c’est de ne le confier à personne, mais à tout le monde.
C’est pour cela qu’il ne faut pas nous battre pour la démocratie, mais pour les démocraties, la démocratie politique et surtout la démocratie économique.
Démocratiser c’est mettre au service du peuple, privatiser l’en priver.
D’où l’urgence et l’importance de légiférer sur le droit à la propriété individuelle, pour y mentionner la notion de propriété d’usage.
Je viens d’entendre à la radio, un ministre se plaindre de la solitude du pouvoir …
Salut les GV
On veut tous du concret et de la Démocratie ?
Beaucoup de gens en ont marre du blabla politicien, des promesses sur FB ou autres blog de pseudos révoltés distributeurs de tracs, qui ne changerons rien à rien de toute façon.
De plus ils n’ont pas que ça à foutre, ou pas l’envie (et c’est leur droit !), de faire de la politique et/ou de prendre du temps sur celui consacré à leurs enfants pour ça.
S’est d’ailleurs pour cela qu’il payent des politicars professionnels. Chacun son métier.
Quand on va chez le garagiste, le garagiste ne vous demande pas de connaître le fonctionnement de son moteur avant de réparer votre bagnole. Il fait le boulot pour lequel il est payé. Point barre. Et si il ne le fait pas ou mal, il coule sa boite, se prend une droite ou un procès dans les dents.
Le Sénat vient de démontrer qu’il ne faisait pas le boulot pour lequel il était payé. Qu’il estorquait purement et simplement l’argent public en s’octroyant plusieurs salaires ad vitae eternam illégalement. Donc qu’il était hors la loi.
Car, que je sache, dans se pays il est interdit de cumuler plusieurs emploies à plein temps et de cumuler les fonctions.
Quand on signe un contrat avec un patron et que l’on ne respecte pas ce contrat on est tous virés non ?
Et bien les élus signent un contrat avec le peuple quand ils présentent un programme électoral. Donc, les règles du droit du travail s’appliquent certainement aussi pour eux. (Mais les compétents c’est vous, donc c’est à vous de le dire. Pas à moi.)
Bref les sénateurs, l’état et le reste sont certainement dans la plus totale illégalité.
Je ne suis pas juriste et je n’ai pas votre culture, mais je suis certains qu’ils vont à l’encontre des lois du travail ou de je ne sais où …
Sur ce blog vous êtes de nombreux érudits, vous étudiez les textes législatifs depuis maintenant plusieurs années. Vous débattez, sur le pourquoi du comment etc.
Vous devez donc, je suppose, maîtriser sérieusement le sujet ?
Vous voulez faire connaître la VRAIE Démocratie ? Vous voulez que les gens s’en empares ? Vous voulez qu’ils y croient ? Vous voulez convaincre avec des faits ?
Voila du concret.
Montez un dossier en béton (en prenant le temps qu’il faudra pour le faire) et collons un procès au cul de tous ces enfoirés.
1/ Les médias ne pourront pas nous ignorez.
2/ Le peuple verra que ce que l’on propose est efficace car effectif et concret.
3/ Vous voulez changez la loi via un super texte juridique, la Constitution ?
S’est bien gentil, mais la justice à toujours été pour les plus riches et les plus puissants. Et ça les gens le savent tous pertinemment.
Donc, comment voulez-vous qu’ils croient à votre truc
A nous de prouver au peuple qu’un acte juridique peut réellement changer les choses, les politiques électorales de merde, et donc leur quotidien.
Faire autre chose que du blabla et de petites réunions entre amis qui n’aboutirons jamais à rien, car elles ne toucherons jamais la grande masse des gens qui nous prendrons toujours pour des fumistes et ils auront raisons !
Car ce n’est pas en se masturbant le cerveau pendant 50 ans ou en plantant 3 poireaux que l’on changera le monde.
Que toute votre érudition et tous vos bouquins servent à autre chose qu’à discuter entre amis.
Foutez leurs au cul toutes vos connaissances et redonnons sa souverenneté au peuple. Sans armes, ni violence, mais par la loi.
Et alors le peuple nous suivra.
A Men
SURVEILLANCE
« L’Allemagne est un État policier »
http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/18/l‑allemagne-est-un-etat-policier
Coups de gueule de Marie Monique Robin
contre le criminel « libre-échange »
http://lesmoutonsenrages.fr/2013/09/16/coup-de-gueule-de-marie-monique-robin/
http://www.mariemoniquerobin.com/deportesdulibreechangeextrait.html
Précisions.
Il est évident que la plainte ne devra pas être déposée par un homme ou une petite association ridicule qui sera discréditée et ruinée en un rien de temps par les membres des RG encore inféodé au système.
(Car je suis certain qu’il existe au sein de RG des gens qui ont une haute idée de la France, et qui sont exaspérés par les comportements prédateurs des oligarques).
Mais la plainte devra être déposée par des milliers, voir des dizaines de milliers, de citoyens, de toutes tendances politiques confondues, se portant parti civile.
Car si l’on peut ruiner une assoc on ne ruine pas aussi facilement 30 000 personnes.
Je crois qu’il existe assez de preuves et de déclarations (journaux, télé, radio) de tous les élus qui seront accusés, pour les laminer et attester de leurs tromperies devant un tribunal. Non ?
De plus, il existe aussi de nombreux juges intègres, tel Eric De Montgolfier (pour ne citer que le plus connu), qui serait près je suis sur à nous aider de leurs conseils avisés.
Une seule chose, un tel projet ne devra se faire, dans les débuts, que dans la plus grande confidentialité. Afin, qu’ils aient le moins de temps possible pour se retourner et surtout faire voter des lois (si ils sentent que ça devient trop chaud pour leurs fesses) pour nous couper l’herbe sous le pied avant même que l’on ne soit près au combat.
Car réunir toutes les preuves et monter un vrai dossier en béton armé prendra peut-être 3 ou 3 années.
Les RG étant de toute évidence déjà sur le dos d’Etienne, voir de certains autres GV, depuis certainement pas mal de temps déjà. Il serait naïf de croire le contraire.
Une telle action demandera un maximum de discrétion jusqu’à ce qu’elle soit prête pour le combat final ou il s’agira de mobiliser tous les GV militants qui devront tous allés porter plainte en même temps au commissariat de leur de leur lieu de résidence.
Prête !
🙂
Derniers points.
Je suis presque certains que nous pourrions compter sur tous les GV et même ceux qui ne le sont pas, pour nous dégotter des infos, articles de presses, déclarations vidéos etc, de tous les élus qui devront passés à la trappe.
Ce qui sera donc, en prime, une bonne manière de fédérer tous les GV et les citoyens (nous sommes tous plus ou moins curieux par nature) autour d’un objectif concret, commun, ludique et enrichissant politiquement.
Mener des enquêtes via le net (ou autre) sur les déclarations des élus de leur région.
Ce serait donc un bon moyen de mettre en application la VRAIE Démocratie via une participation concrète du peuple.
Procès des patatistes contre les OGM :
http://www.fieldliberation.org/?lang=fr
http://www.legalworld.be/legalworld/Als-de-rechter-kijft-en-slaat-krijgt-de-rechtsstaat-klappen.html?LangType=2067&utm_source=LegalWorld.nl&utm_medium=Ezine&utm_campaign=Ezine%202013.03.28
OGM, hybrides F1, codex alimentarius, purin d’ortie, taxes sur le réensemencement, kokopelli condamné … pas de complot … pas de complot … pas de complot … pas de complot … pas de complot … pas de complot … démocratie … démocratie … démocratie … démocratie
Il est minuit, tout est calme, dormez 😉
… Dormez braves gens… Maintenant, il est l’heure de vous réveillez, ou de reprendre une pilule pour vous s’endormir…
Docs ad Hoc : Les nouveaux désobéissants par LCP
@267
Il faudrait quand même que Noël Mamère comprenne que nous ne sommes pas en démocratie.
Misère de misère, à l’université d’utopia (fin septembre), même après la conférence d’Etienne, j’ai entendu plein de gens utiliser le mot démocratie dans son sens perverti.
y a du boulot
et convaincre nos propres amis sera long.
;;;;;;;;;
Quand le gouvernement est autiste, ou cruel, plus encore qu’en période de ron ron, la démocratie, et la république (!), c’est le peuple, et le désordre devient le symptôme de sa santé intrinsèque.
Prenons bien conscience du fait que ce sont des élus qui avaient mis en place le délit de solidarité. Les élus peuvent donc bien être des salopards reptiliens, nous en avons la preuve, et ce système qui les sacralise est abominable.
Ecoutez donc David Graber, même si c’est sur France Culture, la culture qui féconde le marasme actuel, parfois entre deux ivraies, il y a un bon grain!!!
Article Agoravox
La véritable démocratie n’existe pas
sans la reconnaissance du vote blanc.
Encore un plébiscite pour le vote blanc, penseront certains avec agacement qui dénieront tout intérêt à un nouvel article sur ce sujet.
Pourtant le combat est toujours d’actualité puisqu’en dépit de tous les mouvements populaires qui pétitionnent depuis de nombreuses années en faveur du vote blanc, ce dernier, déposé dans les urnes, est toujours considéré comme nul.
Pourtant le combat a sa raison d’être tant que des français et des françaises voteront non pas en faveur d’un candidat mais contre un candidat à la présidence de la république.
Pourtant le combat n’est pas vain tant que des français et des françaises s’abstiendront de voter parce qu’ils ne cautionnent ni l’un ni l’autre des candidats qui se présentent à l’élection présidentielle.
Parce qu’il ne faut s’y tromper, nous croyons peut-être détenir un pouvoir avec le droit de vote mais ce pouvoir est une illusion.
En vérité, nous n’avons aucune importance aux yeux de certains qui se sont présentés candidats à l’élection présidentielle 2012 et qui ne briguent que les honneurs et la reconnaissance des puissants de ce monde. Et pour les deux derniers en liste, seul leur importe l’autre, le rival, l’adversaire qu’il convient d’abattre.
En vérité, ne nous leurrons pas, le séducteur qui emporte les suffrages n’est pas celui qui offre les meilleurs arguments ou les meilleures propositions mais celui qui use de la meilleure dialectique pour convaincre de sa supériorité.
Alors, allons-nous continuer de permettre aux gens à la tête des gouvernements de s’obstiner à nier aux électeurs le droit de n’en préférer aucun de ceux que l’on veut nous imposer.
Allons-nous les laisser nous contraindre au silence alors que la démocratie est déjà bafouée à partir du moment où on ne nous laisse que le choix de candidats désignés non pas par le peuple mais par les maires.
N’est-il pas atterrant de songer qu’un génie de la politique et de la finance sans ressources et/ou sans relations ne pourra jamais briguer la présidence de la république quand bien même il soulèverait l’enthousiasme ET L’ADHÉSION des foules ? Consternant de songer que ce génie de la politique et de la finance serait obligé de laisser la place à un médiocre ?
Ne soyons pas utopistes ; rares sont les politiciens assez intègres pour reconnaître la légitimité du vote blanc. Et je suppose encore plus rares ceux qui, détenant le pouvoir, se montreraient favorables à un projet de loi légalisant le vote blanc.
Il est plus à supposer que si une décision devait être prise par les politiciens, elle se ferait en faveur du vote obligatoire.
Si aucun homme de pouvoir ne peut être favorable au vote blanc, c’est parce que le vote blanc est la pire menace qui soit pour les politiciens. Le vote blanc, c’est la négation de leur autorité. Le vote blanc c’est une manifestation de mépris en réponse à leurs campagnes insanes, à leur absence de créativité, à leurs promesses mensongères, à leur aveuglement volontaire face aux problèmes réels.
Mais si les hommes de pouvoir se rendent coupables de totalitarisme en refusant aux citoyens le droit au vote blanc, nous qui votons contre et non pas en faveur d’un candidat, nous qui nous abstenons d’aller déposer un bulletin dans l’urne, n’avons pas le droit de nous cacher que, ce faisant, nous apportons notre collaboration aux gens de pouvoir.
Voter contre un candidat, c’est se rendre complice de l’élection de l’autre, c’est confier notre destin à une personne à qui nous n’accordons ni crédit ni respect.
S’abstenir de voter, c’est offrir aux politiciens (avec la connivence plus imbécile que malhonnête des médias) l’opportunité de prétendre qu’en sont responsables des éléments externes comme la météo ou les vacances.
Que disent-ils, en effet, les politiciens et les médias :
Les abstentionnistes ont préféré aller à la pêche ou en excursion quand il fait beau ; se sont réfugiés dans les salles de cinéma si le temps est à la pluie. Ils ont préféré partir sur les plages ou à la campagne si les élections ont lieu pendant un pont ou en période de vacances scolaires.
N’est ce pas se moquer du monde ?
Comme si les conditions météorologiques empêchaient de consacrer un quart d’heure du temps de toute une journée pour aller voter. Comme s’il n’était pas aussi facile de délivrer une procuration pour qui s’absente.
S’abstenir de voter est pire encore que voter par défaut pour un candidat. S’abstenir de voter, c’est encourager les politiciens à ne pas se remettre en cause.
Le 22 avril dernier, j’ai voté pour un candidat qui ne se montre pas utopique, ne cherche pas à faire accroire que la crise est surmontée, n’hésite pas à prévenir que nous devons nous attendre à connaître de prochaines années d’austérité, considère que contrairement à ce qu’on cherche à faire gober aux français, l’immigration n’est pas un fléau mais, bien au contraire, une richesse pour le pays.
J’ai voté pour ce candidat bien que sachant, qu’avec un tel discours, il n’avait aucune chance d’être agréé par une majorité qui craint plus que tout de cesser d’être assistée.
Je suis certaine que nombreux sont ceux qui, comme moi, ne veulent voir élire ni l’un ni l’autre des candidats qui arrivent en tête.
Le 22 avril dernier, le nombre des votes ne se prononçant pour aucun des candidats a interpellé les médias par son importance (700.119 personnes ont voté blanc ou nul. Soit 1,91% des votants).
Alors, et si le 6 mai 2012 nous cessions d’être lâches. Si, au lieu de choisir l’abstention, si, au lieu de voter à contre-cœur pour un candidat, nous nous lancions dans une véritable révolution passive en allant déposer un bulletin blanc dans l’urne.
Peut-être aurions-nous une chance d’émouvoir enfin les politiciens. Peut-être parviendrions-nous à les perturber assez pour qu’ils cessent de se contempler le nombril et s’intéressent, ENFIN, aux problèmes des français.
Source : Agoravox
Il nous faut des animaux en politique…
En furetant, je découvre la constituante de 1945.
🙂 C’est fou ce que nous (je) sommes (suis) inculte 🙂
Vous pourrez découvrir ça ici et là.
On y voit ces messieurs se disputer entre le monocamérisme et le bicamérisme.
ça confirme l’essence de nos idées : au sein d’une constituante élue, la contradiction portera pour les élus sur la façon d’organiser LEUR pouvoir mais jamais sur le pouvoir du peuple.
On y voit du referendum.
ça confirme : le referendum à la française a pour fonction de faire signer par le peuple des décisions dont il n’est pas artisan.
1944–1945 peut être assimilé à une révolution, puisque c’est tout un peuple qui secoue le joug d’une tyrannie. Et pourtant, le peuple se laisse dominer par ses « sauveurs », via l’élection.
Si je peux me permettre d’enfoncer notre clou :
1)Nous avons besoin d’une constituante radicalement déprofessionnalisée, et le tirage au sort est une excellente méthode, sinon la meilleure, pour garantir cette déprofessionalisation.
2)L’initiative référendaire doit appartenir au peuple.
3)Il est au cœur du travail pédagogique qui incombe à tout citoyen mis au parfum de divulguer comme une certitude l’idée qu’en cas de révolution, le peuple ne doit surtout pas recourir à l’élection pour nommer les organisateurs de son futur.
4)Nous devons réfléchir au moyen d’obtenir hors révolution une constituante rigoureusement citoyenne.
L’AG de « citoyens constituants » aura lieu probablement en janvier.
Je pense me taper mes 600 bornes pour y être.
Soyons nombreux.
Excusez-moi, je ne sais pas où mettre ce sujet gravissime,
je le mets donc dans l’espace qui interroge le fait que nous soyons réellement en démocratie !
Voici le sujet
PROTÉGEONS LA PUDEUR ET L’INTÉGRITÉ DE NOS ENFANTS
Farida Belghoul lance une action nationale
pour l’interdiction du gender à l’école
http://jre2014.fr/
Dans la mouvance …
http://enfantsjustice.wordpress.com/
Catherine, l’intrusion dans l’école de théorie vaseuses crée en effet malaise.
« lève-toi » et marche.
Denis Cheneau se met en marche
Faire passer l’info de Denis Cheneau, merci à lui pour son courage !
Et si on se retrouvait sur la marche ?
Perso, je crois, ça ne sera malheureusement pas possible cette fois.
J’espère toutefois qu’il y aura beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde et que la zenitude ainsi qu’un beau soleil règnera ce jour-là.
euh … Reigner-Paris, ça fait au moins 15 jours …
Les décisions concernant le parcours seront prises en début de semaine. Je vous tiens au courant avec plus de détails.
Je ne serai pas au départ (suis ailleurs) mais rejoindrai en route 🙂
Les enjeux des accords de libre échange UE-USA sur l’agriculture et les semences
http://www.portalangop.co.ao/angola/fr_fr/noticias/africa/2014/2/13/Fabius-presente-ses-excuses-son-homologue-marocain-pour-controle-policier-aeroport-Roissy,b8125f0b-eeb9-4c5c-8ba9-899ae753a745.html
https://www.youtube.com/watch?v=eyPB6z528dM