« Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas »… Passionnant Lordon : contre « l’armée de réserve » des sans-papiers : la régularisation ! Contre le chômage : la souveraineté populaire et une nation citoyenne, démocratique, régulant les puissants pour protéger la société

9/07/2013 | 210 commentaires

Un papier pas­sion­nant — et impor­tant — de Fré­dé­ric Lor­don, sur le blog du Diplo, « La pompe à phynance » :

Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas

sur le blog de « La pompe à phy­nance », lun­di 8 juillet 2013, par Fré­dé­ric Lordon

La colo­ri­mé­trie des demi-habiles ne connais­sant que deux teintes, toute mise en cause de l’Eu­rope, fût-elle ren­due au der­nier degré du néo­li­bé­ra­lisme, est le com­men­ce­ment d’une abo­mi­na­tion guer­rière, toute entrave au libre-échange est la démons­tra­tion mani­feste d’une xéno­pho­bie pro­fonde, toute vel­léi­té de démon­dia­li­sa­tion l’an­nonce d’un ren­fer­me­ment autar­cique, tout rap­pel au prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire la résur­gence d’un natio­na­lisme du pire, tout rap­pel au prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire en vue d’une trans­for­ma­tion sociale, la cer­ti­tude (logique) du… natio­nal-socia­lisme, bien sûr ! Voi­là sur quel fumier intel­lec­tuel pros­père le com­men­ta­riat euro­péiste quand, à bout d’ar­gu­ment, il ne lui reste plus que des spectres à brandir.

Le pire cepen­dant tient au fait que ces impu­ta­tions, où le gro­tesque le dis­pute à l’i­gnoble, font sen­tir leurs effets d’in­ti­mi­da­tion jusque dans la gauche cri­tique, ter­ro­ri­sée à l’i­dée du moindre soup­çon de col­lu­sion objec­tive avec le FN, et qui se donne un cri­tère si bas de cet état de col­lu­sion que le moindre regard jeté sur une de ses idées par les oppor­tu­nistes d’ex­trême droite conduit cette gauche à aban­don­ner l’i­dée – son idée – dans l’ins­tant : irré­mé­dia­ble­ment souillée. À ce compte-là bien sûr, la gauche cri­tique fini­ra rapi­de­ment dépos­sé­dée de tout, et avec pour unique solu­tion de quit­ter le débat public à poil dans un ton­neau à bre­telles. Comme on sait, sous cou­leur de ne pas don­ner prise aux accu­sa­tions de « repli natio­nal », elle a lais­sé tom­ber de fait toute idée de mettre quelque entrave que ce soit au libre-échange puisque toute res­tric­tion à la libre cir­cu­la­tion des conte­neurs est une offense égoïste faite aux peuples des pays expor­ta­teurs – et la démon­dia­li­sa­tion y a été vue comme une inac­cep­table entorse à un inter­na­tio­na­lisme de prin­cipe. En bonne logique ne fau­drait-il pas, à cette par­tie de la gauche, renon­cer éga­le­ment à la cri­tique de la déré­gle­men­ta­tion finan­cière inter­na­tio­nale au motif que l’ex­trême droite, elle aus­si, en fait l’un de ses thèmes de pré­di­lec­tion, en consé­quence de quoi la chose ne pour­rait plus être dite ?

Sou­ve­rai­nisme de droite,
sou­ve­rai­nisme de gauche

« Repli natio­nal », en tout cas, est deve­nu le syn­tagme-épou­van­tail, géné­rique par­fait sus­cep­tible d’être oppo­sé à tout pro­jet de sor­tie de l’ordre néo­li­bé­ral. Car si cet ordre en effet se défi­nit comme entre­prise de dis­so­lu­tion sys­té­ma­tique de la sou­ve­rai­ne­té des peuples, bien faite pour lais­ser se déployer sans entrave la puis­sance domi­nante du capi­tal, toute idée d’y mettre un terme ne peut avoir d’autre sens que celui d’une res­tau­ra­tion de cette sou­ve­rai­ne­té, sans qu’à aucun moment on ne puisse exclure que cette res­tau­ra­tion se donne pour ter­ri­toire per­ti­nent – n’en déplaise à l’in­ter­na­tio­na­lisme abs­trait, la sou­ve­rai­ne­té sup­pose la cir­cons­crip­tion d’un ter­ri­toire – celui des nations pré­sentes… et sans exclure symé­tri­que­ment qu’elle se pro­pose d’en gagner de plus étendus !

Pro­non­cer le mot « nation », comme l’un des cas pos­sibles de cette res­tau­ra­tion de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, peut-être même comme l’un de ses cas les plus favo­rables ou du moins les plus faci­le­ment acces­sibles à court terme – pré­ci­sion tem­po­relle impor­tante, car bien sûr le jac­quat­ta­lisme du gou­ver­ne­ment mon­dial, lui, a le temps d’at­tendre… –, pro­non­cer le mot « nation », donc, c’est s’ex­po­ser aux foudres de l’in­ter­na­tio­na­lisme, en tout cas de sa forme la plus incon­sé­quente : celle qui, soit rêve un inter­na­tio­na­lisme poli­ti­que­ment vide puis­qu’on en n’in­dique jamais les condi­tions concrètes de la déli­bé­ra­tion col­lec­tive, soit qui, les indi­quant, n’a­per­çoit pas qu’elle est sim­ple­ment en train de réin­ven­ter le prin­cipe (moderne) de la nation mais à une échelle étendue !

En ce lieu de la sou­ve­rai­ne­té, qui donne nais­sance à toutes les confu­sions poli­ti­que­ment inté­res­sées, il pour­rait être utile de com­men­cer par mon­trer en quoi un sou­ve­rai­nisme de gauche se dis­tingue aisé­ment d’un sou­ve­rai­nisme de droite, ce der­nier se conce­vant géné­ra­le­ment comme sou­ve­rai­ne­té « de la nation », quand le pre­mier reven­dique de faire droit à la sou­ve­rai­ne­té « du peuple ». Les tenants de la « sou­ve­rai­ne­té natio­nale » en effet ne se posent guère la ques­tion de savoir qui est l’in­car­na­tion de cette sou­ve­rai­ne­té, ou plu­tôt, une fois les évo­ca­tions filan­dreuses du corps mys­tique de la nation mises de côté, ils y répondent « tout natu­rel­le­ment » en tour­nant leurs regards vers le grand homme, l’homme pro­vi­den­tiel – l’i­ma­gi­naire de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale dans la droite fran­çaise, par exemple, n’é­tant tou­jours pas décol­lé de la figure de de Gaulle. L’homme pro­vi­den­tiel donc, ou tous ses pos­sibles suc­cé­da­nés, comi­tés de sages, de savants, de com­pé­tents ou de quelque autre qua­li­té, avant-gardes qua­li­fiées, etc., c’est-à-dire le petit nombre des aris­toi (« les meilleurs ») à qui revient « légi­ti­me­ment » de conduire le grand nombre.

La sou­ve­rai­ne­té vue de gauche, elle, n’a pas d’autre sens que la sou­ve­rai­ne­té du peuple, c’est-à-dire l’as­so­cia­tion aus­si large que pos­sible de tous les inté­res­sés à la prise des déci­sions qui les inté­ressent. Le sou­ve­rai­nisme de droite n’est donc rien d’autre que le désir d’une res­tau­ra­tion (légi­time) des moyens de gou­ver­ner mais exclu­si­ve­ment ren­dus à des gou­ver­nants qua­li­fiés en les­quels « la nation » est invi­tée à se recon­naître – et à s’a­ban­don­ner. Le sou­ve­rai­nisme de gauche est l’autre nom de la démo­cra­tie – mais enfin com­prise en un sens tant soit peu exigeant.

Faute de ces élé­men­taires dis­tinc­tions, une par­tie de la gauche en est venue à ostra­ci­ser l’i­dée de sou­ve­rai­ne­té quand elle pré­tend par ailleurs lut­ter pour une exten­sion de la démo­cra­tie… qui n’en est que le syno­nyme ! Démo­cra­tie, sou­ve­rai­ne­té popu­laire : une seule et même idée, qui est celle de la maî­trise par une com­mu­nau­té de son propre des­tin. On mesure donc les effets de cap­ta­tion et de ter­ro­risme intel­lec­tuels de l’ex­trême droite, et les effets de téta­nie de la gauche cri­tique, à cette aber­ra­tion d’au­to-cen­sure et d’in­toxi­ca­tion qui a conduit cette der­nière à aban­don­ner l’i­dée de sou­ve­rai­ne­té, faute d’être sim­ple­ment capable de se sou­ve­nir que, sous l’es­pèce de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, elle est l’une de ses propres bous­soles idéo­lo­giques depuis la Révo­lu­tion française !

Contre l’« armée de réserve » des sans-papiers :
la régularisation !

Il est bien vrai cepen­dant que le FN se montre d’une redou­table habi­le­té dans le pillage éhon­té des idées de la gauche cri­tique. Il aurait tort de se gêner puis­qu’il ne vient per­sonne pour lui rap­pe­ler les orien­ta­tions fon­ciè­re­ment rea­ga­niennes de sa « pen­sée éco­no­mique » jus­qu’au début des années 2000, ni lui faire obser­ver les légères traces de pneu qui résultent d’un tête-à-queue idéo­lo­gique aus­si par­fait – mais les jour­na­listes poli­tiques qui disent déplo­rer le dépé­ris­se­ment du « débat d’i­dées » ne sont visi­ble­ment pas très inté­res­sés par ce genre d’i­dées… Le ter­rain de l’im­pos­ture intel­lec­tuelle ain­si grand ouvert, le FN s’a­vance gaie­ment, sans le moindre com­plexe ni la moindre ver­gogne, se goin­frant de thèmes de gauche pour mieux semer une réjouis­sante confu­sion, mais affi­nant éga­le­ment son art de cou­ler ses obses­sions xéno­phobes de tou­jours dans une cri­tique du néo­li­bé­ra­lisme de fraîche date.

Ain­si, dans cette veine, sa nou­velle empa­thie pour les tra­vailleurs revient-elle pério­di­que­ment sou­li­gner que l’im­mi­gra­tion irré­gu­lière consti­tue une « armée de réserve » prête à s’employer aux pires condi­tions, et vouée par là à faire une concur­rence déloyale aux sala­riés régu­liers (on est invi­té à com­prendre natio­naux), notam­ment à tirer vers le bas les salaires. Il n’y aurait pas pire objec­tion que celle qui se réfu­gie­rait dans le pur et simple déni de tout effet de cette sorte. Car il est hau­te­ment vrai­sem­blable que l’en­tre­tien d’une armée de réserve, et même d’une « sous-armée de réserve », consti­tuée de tra­vailleurs ren­dus au der­nier degré de la pré­ca­ri­té pour être exclus de toute pro­tec­tion légale, offre au patro­nat une for­mi­dable masse de main d’œuvre cor­véable à mer­ci avec, oui, pour effet de tirer vers le bas tous les stan­dards sociaux, en tout cas de faire une concur­rence directe aux sala­riés « régu­liers » du niveau juste au dessus.

Le MEDEF, lui, ne s’y trompe pas qui défend l’im­mi­gra­tion avec des accents que ne renie­rait pas Har­lem Désir : « Res­tons un pays ouvert, qui accueille de nou­velles cultures et pro­fite du métis­sage » déclare la main sur le cœur Lau­rence Pari­sot [1], inquiète des tours de vis de l’é­quipe Guéant-Sar­ko­zy en 2011 qui pour­rait bien tarir la source mira­cu­leuse aux exploi­tables. « Je ne crois pas qu’il faille faire de l’im­mi­gra­tion un pro­blème », ajoute-t-elle avec un huma­nisme criant de sin­cé­ri­té. Bien sûr – il ne s’a­git tout de même pas de se mettre le gou­ver­ne­ment d’a­lors à dos –, Pari­sot ne manque pas de pré­ci­ser que l’im­mi­gra­tion à laquelle elle pense est l’im­mi­gra­tion de tra­vail légale – mais c’est celle dont Guéant se pro­pose de réduire les volumes… Il suf­fi­rait cepen­dant de pas grand-chose pour ima­gi­ner que Pari­sot éten­drait volon­tiers le métis­sage et l’ac­cueil de toutes les cultures à une immi­gra­tion moins légale, celle, pré­ci­sé­ment qui fait les meilleures (sous-)armées de réserve.

On remar­que­ra au pas­sage que, dans une asy­mé­trie carac­té­ris­tique, l’en­dos enthou­siaste de l’im­mi­gra­tion par le MEDEF est un de ces rap­pro­che­ments bizarres qui pose curieu­se­ment moins de pro­blème que la récu­pé­ra­tion de la démon­dia­li­sa­tion par le FN… Mais l’es­sen­tiel est ailleurs. Il est dans l’ins­tru­men­ta­tion éhon­tée de l’im­mi­gra­tion par le patro­nat telle qu’elle donne symé­tri­que­ment sa matière à la xéno­pho­bie d’ex­trême droite, qui trouve ici le moyen idéal de se rendre pré­sen­table en se ripo­li­nant de cri­tique sociale. Vu de loin, on admi­re­ra l’ha­bi­le­té tac­tique, car c’est indé­nia­ble­ment une manœuvre très réus­sie que de faire che­mi­ner ain­si un fond inal­té­rable de racisme sous les dehors les plus hono­rables de la pré­oc­cu­pa­tion pour la condi­tion ouvrière, la seconde, pro­tes­tée de bonne foi, per­met­tant alors de faire vibrer impli­ci­te­ment toutes les cordes du pre­mier sans avoir l’air d’y tou­cher – par­fois aus­si sans prendre la peine de ne pas avoir l’air…

Rien n’o­blige cepen­dant à tom­ber dans des stra­ta­gèmes aus­si gros­siers, et ceci d’au­tant plus que les capa­ci­tés de récu­pé­ra­tion idéo­lo­gique de l’ex­trême droite atteignent assez vite leur limite, en tout cas ici on va les leur faire atteindre, et rapi­de­ment. Car, au-delà de l’im­mi­gra­tion légale à laquelle Lau­rence Pari­sot affecte de s’en tenir, on fera obser­ver à Marine Le Pen qu’on règle très faci­le­ment le pro­blème de la sous-armée de réserve des clan­des­tins : par la régu­la­ri­sa­tion inté­grale ! Plus de clan­des­ti­ni­té, plus de vul­né­ra­bi­li­té ; plus de vul­né­ra­bi­li­té, plus de chan­tage patro­nal, donc plus de salaires de misère ni de trai­te­ment de qua­si-esclaves. Les régu­la­ri­sés auront les mêmes salaires et les mêmes droits que les natio­naux et les rési­dents légaux – aux­quels ils appar­tien­dront –, ces­sant par là même de créer cette poche de sous-sala­riat dépres­sion­naire qui pro­duit objec­ti­ve­ment tous ses effets de dum­ping social inté­rieur, et ceci d’au­tant plus vio­lem­ment qu’on a pous­sé plus loin la déré­gle­men­ta­tion du mar­ché du travail.

Fau­cher la nation au FN

Mieux encore : s’il est évident que l’a­ban­don de toute régu­la­tion des flux de popu­la­tion est une aber­ra­tion indé­fen­dable, il n’est pas moins évident que les rési­dents et les régu­la­ri­sés qui le sou­haitent ont plei­ne­ment voca­tion à être inté­grés dans la natio­na­li­té fran­çaise. Ce sont des femmes et des hommes qui tra­vaillent, qui contri­buent à la vie maté­rielle et sociale de la col­lec­ti­vi­té, qui payent leurs coti­sa­tions et leurs impôts – eux.

Au lieu de se lais­ser défaire en rase cam­pagne et de tout aban­don­ner sans même com­battre, la gauche cri­tique ferait mieux non seule­ment de se tenir un peu fer­me­ment mais aus­si de son­ger à quelques contre-mesures, manière de retour­ner contre le FN ses propres pro­cé­dés. Cette ques­tion de l’im­mi­gra­tion et de la régu­la­ri­sa­tion offre peut-être l’oc­ca­sion idéale de lui fau­cher la nation, dont elle s’est fait le mono­pole et qu’elle a consti­tué en pôle toxique du débat public, mais au prix bien sûr d’en avoir défi­gu­ré l’i­dée. Par un effet de téta­nie aus­si navrant que carac­té­ris­tique, la gauche cri­tique n’a pas même fait l’ef­fort de s’y atta­quer et, là encore, comme à pro­pos de la sou­ve­rai­ne­té dont elle est évi­dem­ment pro­fon­dé­ment soli­daire, la nation s’est trou­vée de fait ren­due à l’i­dée que s’en fait l’ex­trême droite – et à ses seuls usages.

Là contre, il faut dire que la nation n’est en aucun cas le fan­tasme eth­nique que pro­page le FN, et qu’on ne voit pas au nom de quoi la gauche devrait aban­don­ner l’i­dée de la nation ouverte, jouant le sol contre le sang, assise sur la citoyen­ne­té et sur elle seule, qui lui a été, elle aus­si, léguée par la Révo­lu­tion. S’il est vrai que, sous cou­leur de « Répu­blique », on a long­temps bour­ré les crânes avec « nos ancêtres les Gau­lois », ce temps-là est révo­lu. À quelque chose mal­heur étant bon, l’é­poque de crise pro­fonde est on ne peut plus pro­pice à expli­quer, et dès l’é­cole !, qu’ap­par­te­nir à la nation s’ap­pré­cie en tout pre­mier lieu par le res­pect de ses devoirs fis­caux, que cette appar­te­nance n’est pas une affaire de nais­sance, encore moins de lignée (pour ne pas dire de souche…), mais d’une démons­tra­tion simple et per­ma­nente de citoyen­ne­té com­prise comme par­ti­ci­pa­tion à une forme de vie com­mune dont la repro­duc­tion emporte natu­rel­le­ment des sujé­tions contri­bu­tives. À ce compte-là, pour par­ler comme Le Pen, et aus­si pour par­ler très dif­fé­rem­ment d’elle, on voit très vite qui est « vrai­ment fran­çais » et qui ne l’est pas – et c’est un nou­veau crible qui va sans doute lui faire tout drôle, on attend de voir si elle va le récu­pé­rer celui-là.

Car voi­là le nou­veau pay­sage de la natio­na­li­té : Ber­nard Arnault ? Pas fran­çais. Cahu­zac ? Pas fran­çais. John­ny et Depar­dieu qui se baladent dans le monde comme dans un self-ser­vice à pas­se­ports ? Pas fran­çais. Les Mama­dou et les Moham­med qui triment dans des ate­liers à sueur, font les bou­lots que per­sonne d’autre ne veut faire, et payent leurs impôts sont mille fois plus fran­çais que cette race des sei­gneurs. Le sang bleu éva­dé fis­cal, dehors ! Pas­se­port et bien­ve­nue à tous les basa­nés ins­tal­lés sur le ter­ri­toire, qui, eux contri­buent deux fois, par leur tra­vail et par leurs impôts, à la vie col­lec­tive, double contri­bu­tion qui donne son unique cri­tère à l’ap­par­te­nance de ce qui, oui !, conti­nue de s’ap­pe­ler une nation – mais pas la même que celle du Front « National ».

Immi­gra­tion et chômage ?

Il y a peu de crainte que le FN vienne nous cher­cher sur ce ter­rain-là. Davan­tage que, dans sa comé­die de néo-macroé­co­no­miste, il vienne nous objec­ter que si la régu­la­ri­sa­tion fait dis­pa­raître le « dum­ping interne » et la concur­rence intra-sala­riale déloyale, elle ne règle rien à la concur­rence intra-sala­riale « ordi­naire », et même l’in­ten­si­fie en fai­sant gros­sir une popu­la­tion active déjà confron­tée à une pénu­rie objec­tive d’emplois. Mais d’où vient cette pénu­rie elle-même ? Il faut toute l’emprise du biais xéno­phobe pour refu­ser de poser cette simple ques­tion et, par défaut – en fait par pro­pos déli­bé­ré – faire des immi­grés la cause géné­rale, voire unique, du pro­blème du chômage.

Or on ne répond à ce genre de ques­tion qu’en com­men­çant par remar­quer com­bien les liens entre démo­gra­phie et emploi sont autre­ment plus com­plexes que ne le sup­posent ceux dont l’ou­tillage intel­lec­tuel s’ar­rête aux quatre opé­ra­tions de l’a­rith­mé­tique élé­men­taire, pour conclure que si la démo­gra­phie aug­mente alors le chô­mage aus­si « puis­qu’il y a plus de gens pour le même nombre d’emplois »… Il fau­drait d’ailleurs que le FN finisse par arrê­ter une posi­tion car ce même argu­ment qui cherche à sin­gu­la­ri­ser les immi­grés s’ap­pli­que­ra tout autant aux bonnes familles fran­çaises, invi­tées par lui à croître et à se mul­ti­plier… Petits fran­çais de souche, ou immi­grés, ça ne va pas chan­ger grand-chose à ses équa­tions sim­plistes du chômage…

En véri­té il n’y a aucune déter­mi­na­tion uni­voque aus­si rudi­men­taire entre démo­gra­phie et chô­mage. On le sait bien depuis le for­disme qui a connu simul­ta­né­ment une démo­gra­phie sala­riale galo­pante, notam­ment du fait du mou­ve­ment de sala­ri­sa­tion des femmes, et un plein-emploi écla­tant… au point d’ailleurs que le patro­nat fran­çais n’a pas man­qué d’al­ler faire de mas­sives cam­pagnes de recru­te­ment en Afrique du Nord. Dans cette affaire, loin de se com­battre, crois­sance démo­gra­phique et emploi se sou­tiennent : l’af­flux de nou­veaux sala­riés employés injecte plus de reve­nu dans l’é­co­no­mie, donc plus de consom­ma­tion, plus de demande… et plus d’offres d’emploi. La crois­sance démo­gra­phique vient donc inten­si­fier les pro­prié­tés ver­tueuses, éta­blies par ailleurs, du régime d’ac­cu­mu­la­tion fordien.

Le régime qui suc­cède au for­disme est tout autre. À l’exact oppo­sé de ce que sou­tient la doc­trine néo­li­bé­rale, la déré­gle­men­ta­tion géné­ra­li­sée ne pro­duit aucune crois­sance : il suf­fit de com­pa­rer en longue période le taux de crois­sance moyen en Europe sur les périodes 1945–75 et 1985–2013 pour que l’af­faire soit vite enten­due. Les mon­dia­li­sa­teurs libé­raux répondent en géné­ral à ce genre d’ob­jec­tion en pré­fé­rant détour­ner le regard vers les BRICS et autres pays émer­gents… à ceci près, comme l’a mon­tré Rodrik [2], que le suc­cès de ces pays doit tout ou presque… au fait qu’ils ont pris bien soin de n’ap­pli­quer aucune des recettes que leur pré­co­ni­sait le FMI, la Banque mon­diale et l’en­semble des pres­crip­teurs auto­ri­sés du néolibéralisme !

Dans le dis­po­si­tif néo­li­bé­ral tel qu’il s’est appli­qué aux pays les plus indus­tria­li­sés, un élé­ment s’est révé­lé par­ti­cu­liè­re­ment nui­sible, il s’a­git du pou­voir action­na­rial qui est l’un des « charmes » de la déré­gle­men­ta­tion finan­cière. Les exi­gences de ren­ta­bi­li­té des fonds propres en constant relè­ve­ment ont en effet conduit à pas­ser à la trappe tous les pro­jets d’in­ves­tis­se­ment qui ne passent plus la barre des 15 %, et forcent les entre­prises à se sai­gner en divi­dendes ou en buy-back pour rétro­cé­der leur cash « oisif » aux action­naires – for­cé­ment il est « oisif » puis­qu’on lui inter­dit de tra­vailler à moins de 15 %… Le néo­li­bé­ra­lisme est donc un régime d’ac­cu­mu­la­tion dépres­sion­naire par inhi­bi­tion action­na­riale de l’investissement.

Il suf­fit d’y ajou­ter toutes les pertes d’emploi liées à la large ouver­ture aux délo­ca­li­sa­tions et à la concur­rence très dis­tor­due du libre-échange, plus les poli­tiques éco­no­miques aber­rantes d’aus­té­ri­té en période de crise, pour avoir toute les don­nées struc­tu­relles de la pénu­rie d’emploi – dont on voit alors qu’elle est le propre des orien­ta­tions pro­fondes de l’ac­cu­mu­la­tion du capi­tal en régime néo­li­bé­ral, et qu’elle n’a pas grand-chose à voir avec la pré­sence des immi­grés sur notre sol. Toutes choses égales par ailleurs, l’oc­cu­pa­tion des emplois par des immi­grés nour­rit la boucle macroé­co­no­mique « reve­nu-consom­ma­tion-demande » et contri­bue à la créa­tion d’emplois pour tout le monde – rai­son pour quoi, en pas­sant, le ren­voi ins­tan­ta­né de tous les immi­grés que fan­tasme le FN n’a­mé­lio­re­rait en rien la situa­tion de l’emploi, au contraire !

Mais toutes choses ne sont pas égales par ailleurs. Dif­fé­rentes, donc, les carac­té­ris­tiques struc­tu­relles du régime d’ac­cu­mu­la­tion en vigueur. C’est de ce côté-là, et de ce côté-là seule­ment, qu’il faut aller cher­cher les causes du chô­mage, et non du côté de la cou­leur de peau de ceux qui occupent les postes. C’est la forme dépres­sion­naire prise par l’ac­cu­mu­la­tion du capi­tal en régime néo­li­bé­ral qui donne toute l’ex­pli­ca­tion de la pénu­rie d’emploi. Et ce sont ces struc­tures-là le pro­blème de pre­mière ins­tance – pas l’immigration.

Le FN ou la « récon­ci­lia­tion natio­nale »…
sous l’é­gide du capital

Mais ce pro­blème-là, le FN a‑t-il quelque envie sérieuse de s’y atta­quer ? Tout à son nou­veau rôle, il clame vou­loir faire la peau à la mon­dia­li­sa­tion et à la finance. Voire. Comme l’at­testent ses revi­re­ments de longue période, le FN est un inver­té­bré idéo­lo­gique quand il s’a­git d’é­co­no­mie, où il n’a d’autre bous­sole que l’op­por­tu­nisme. Il se trouve qu’il peut comp­ter avec une paire d’ef­frayés et d’é­di­to­ria­listes décé­ré­brés pour que tout lui pro­fite. Mais on n’est pas for­cés de s’y lais­ser prendre. Ni d’ou­blier de rap­pe­ler ce que sont les grands inva­riants de l’ex­trême droite en France (et sans doute ailleurs) : loin d’être, comme une lobo­to­mie média­tique en entre­tient l’i­dée, l’a­pa­nage du peuple affreux, sale et méchant, l’ex­trême droite est un pro­jet qui plaît beau­coup à une cer­taine frac­tion de la bour­geoi­sie, et dont d’autres, la bour­geoi­sie d’af­faire notam­ment, s’ac­com­mo­de­raient très bien s’ils ne font pas œuvre de sou­tien manifeste.

L’his­toire a suf­fi­sam­ment mon­tré que la bour­geoi­sie avait le libé­ra­lisme poli­tique qui s’ar­rê­tait là où com­mence sa liber­té de valo­ri­ser le capi­tal. Rien ne per­met d’ex­clure for­mel­le­ment une remise au goût du jour du « Hit­ler plu­tôt que le Front popu­laire » si la situa­tion « l’exi­geait ». Mais sur­tout rien ne per­met de dou­ter que la socio­lo­gie de ses élites diri­geantes, et de celles qu’elles recru­te­raient dans l’hy­po­thèse d’une arri­vée au pou­voir, condui­rait le FN à mener une poli­tique conforme aux inté­rêts du capi­tal, ou disons à pas­ser avec le capi­tal un com­pro­mis poli­tique, sans doute dif­fé­rent de celui de la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale, mais tout à fait satis­fai­sant pour la pré­ser­va­tion de ses intérêts.

[Lire le dos­sier « Les extrêmes droites à l’of­fen­sive », Le Monde diplo­ma­tique, jan­vier 2011]

L’ex­trême droite prête à défier le capi­tal pour les tra­vailleurs est une fable qui ne résiste pas un ins­tant à l’a­na­lyse. Ni encore moins aux ensei­gne­ments de l’his­toire. Car très loin de tout anti­ca­pi­ta­lisme, l’ex­trême droite est plu­tôt un rêve de « récon­ci­lia­tion natio­nale »… autour d’un ordre social domi­né de fait par le capi­tal. Aucun des fas­cismes n’a jamais cher­ché la confron­ta­tion avec le capi­tal, tout au contraire : ils n’ont ces­sé de pour­suivre la chi­mère d’un corps natio­nal fon­du dans l’u­ni­té affec­tive d’une appar­te­nance mys­tique, cette fusion étant d’ailleurs expli­ci­te­ment conçue comme le moyen d’un dépas­se­ment de toutes les (inutiles) divi­sions « secon­daires » – au pre­mier rang des­quelles le conflit de classes bien sûr…

C’est peut-être le Metro­po­lis de Fritz Lang qui en donne la repré­sen­ta­tion la plus frap­pante, puisque, com­men­çant à la manière d’un Marx cinéaste, cam­pant la lutte des classes entre le sous-sol des pro­lé­taires asser­vis et la sur­face de la bour­geoi­sie jouis­seuse, il finit dans l’exal­ta­tion pré-nazie [3] de la récon­ci­lia­tion du capi­tal et du tra­vail, dont les per­son­nages repré­sen­ta­tifs finissent par triom­pher de leurs ani­mo­si­tés res­pec­tives et se don­ner la main… sous le porche de la cathé­drale !, soit exac­te­ment la tra­jec­toire pré­vi­sible d’une Marine Le Pen qui tien­drait presque le dis­cours de la lutte des classes, et emprunte tout ce qu’elle peut au dis­cours de la gauche cri­tique, mais fini­ra à coup sûr dans le plus com­plet déni du conflit capi­tal-tra­vail – dont on sait qu’il est bien fait pour garan­tir et la domi­na­tion et la tran­quilli­té du capi­tal –, et ceci au nom du « ras­sem­ble­ment » dans la « com­mu­nau­té natio­nale unanime ».

Récu­pé­ra­tions lepé­nistes et braie­ments médiatiques

Faute de ces rec­ti­fi­ca­tions élé­men­taires, les erreurs intel­lec­tuelles et poli­tiques s’en­chaînent les unes aux autres. La gauche cri­tique aban­donne la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et la nation-citoyenne à l’ex­trême droite qui les défi­gure en sou­ve­rai­ne­té du chef et nation eth­nique ; et l’in­ca­pa­ci­té à qua­li­fier, c’est-à-dire à affir­mer le qua­li­fi­ca­tif per­ti­nent – popu­laire pour la sou­ve­rai­ne­té, citoyenne pour la nation – suf­fit à rabattre ces deux idées sur les usages qu’en fait l’ex­trême droite, qui ne les fait plus exis­ter impli­ci­te­ment que sous ses propres qua­li­fi­ca­tifs à elle – où l’on retrouve inci­dem­ment que les entre­prises de récu­pé­ra­tion trouvent aus­si leur pos­si­bi­li­té dans la pas­si­vi­té de ceux qui se laissent dépouiller.

Or la sou­ve­rai­ne­té du peuple ins­crite dans une citoyen­ne­té élec­tive, consti­tuée dans et par le consen­te­ment fis­cal, est cela-même qui ne cesse d’être atta­qué par le néo­li­bé­ra­lisme, comme l’at­testent et les confis­ca­tions tech­no­cra­tiques (aug­men­tées du pur et simple pou­voir des mar­chés…), et la géné­ra­li­sa­tion de l’é­va­sion fis­cale des pos­sé­dants. Il est cer­tain que la lutte contre le néo­li­bé­ra­lisme s’en trouve sin­gu­liè­re­ment com­pli­quée lors­qu’on aban­donne à l’en­ne­mi les deux thèmes à la fois les plus cen­traux poli­ti­que­ment et les plus sus­cep­tibles de faire, à rai­son, levier dans l’o­pi­nion publique…

On com­prend mieux alors, dans ce vide créé par une déser­tion intel­lec­tuelle, que des mili­tants, voire des publi­cistes, sin­cè­re­ment de gauche, finissent par s’é­ga­rer sérieu­se­ment en lou­chant du mau­vais côté – mais le seul res­tant qui fasse vivre, quoique pour le pire, des thèmes qui leur sont chers, mau­vais côté auquel ils cèdent sous l’ha­bi­le­té cap­tieuse d’une extrême droite qui, comme tou­jours en période de grande crise, sait s’ha­biller des ori­peaux de la révo­lu­tion sociale.

Il leur suf­fi­rait pour­tant d’al­ler creu­ser sous ces conver­gences trom­peuses, et d’in­ter­ro­ger ceux qu’ils envi­sagent de se don­ner pour nou­veaux com­pa­gnons de route sur la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers, sur leur inté­gra­tion entiè­re­ment jus­ti­fiée dans la natio­na­li­té, sur la pro­fonde bêtise de la « théo­rie » qui lie chô­mage et immi­gra­tion, pour recueillir des réac­tions qui leur mon­tre­raient le pri­mat de la com­pul­sion xéno­phobe, la manière dont elle ordonne et même dont elle subor­donne toute la « doc­trine », et pour voir com­bien ce qu’on pour­rait appe­ler le délire de l’ho­mo­gène nour­rit un fan­tasme de « com­mu­nau­té natio­nale », lit­té­ra­le­ment par­lant le fan­tasme d’une com­mu­nau­té et non d’une socié­té, c’est-à-dire d’une fusion qui impose son prin­cipe (mys­tique) à tous les cli­vages, à tous les dis­sen­sus… à com­men­cer bien sûr par celui qui oppose le capi­tal et le travail.

Le voile est bien mince qui sépare cet arrière-plan de tou­jours de l’ex­trême droite de la comé­die « sociale » qu’il nous joue à l’a­vant-scène. La stra­té­gie de la récup’ est à coup sûr d’une grande habi­le­té ; elle n’a cepen­dant rien d’ir­ré­sis­tible, il est même assez simple de remettre quelques pen­dules à l’heure, pour peu qu’à gauche, on n’ait pas le désir de se lais­ser contraindre à un strip-tease inté­gral. La chose n’est pas seule­ment simple : elle est de la plus urgente néces­si­té. Elle l’est pour conser­ver des élé­ments de fond per­ti­nents de la cri­tique du néo­li­bé­ra­lisme, elle l’est au moins autant pour ôter leur four­rage aux braie­ments média­tiques inté­res­sés, trop content de se pré­ci­pi­ter – « ah ! vous voyez bien ! » – sur la der­nière récu­pé­ra­tion lepé­niste, et dont l’empressement oppor­tu­niste à l’a­mal­game est le symé­trique de celui du FN, l’un et l’autre éga­le­ment obs­tacles objec­tifs à la pers­pec­tive de la trans­for­ma­tion sociale.

Fré­dé­ric Lordon.

___________________

Notes

[1] « Immi­gra­tion : Pari­sot s’op­pose à Guéant », Le Figa­ro, 16 avril 2011.

[2] Dani Rodrik, Nations et mon­dia­li­sa­tion. Les stra­té­gies natio­nales de déve­lop­pe­ment dans un monde glo­ba­li­sé, La Décou­verte, 2008.

[3] Le scé­na­rio de Metro­po­lis a été co-écrit par Fritz Lang et par son épouse Thea von Arbou que ses incli­na­tions nazies ont fini par faire adhé­rer au NSDAP.

Source : http://blog.mondediplo.net/2013–07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas

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210 Commentaires

  1. nlescan

    Applau­dis­se­ments soutenus.

    Réponse
  2. L'Orangé

    Lor­don est tou­jours pas­sion­nant et son style lit­te­raire rond et pré­cis ne laisse aucune place à la polémique.

    Réponse
  3. RST

    J’a­voue ne pas par­ta­ger votre enthou­siasme pour la der­nière pro­duc­tion de Lor­don qui est clai­re­ment polé­mique (comme tou­jours d’ailleurs, c’est ce qui fait son charme)
    Visi­ble­ment pour Lor­don, on ne peut pas être sou­ve­rai­niste et démo­crate sans être « de gauche » et en plus « de gauche cri­tique ». Déso­lé, mais ça ne passe pas :
    Ce que la « gauche cri­tique » ne nous pren­dra pas

    Réponse
  4. J.C

    Sans tra­vail, y aurait-il du capital ?
    et sans capi­tal y aurait-il du travail ?

    Ne sont-ce point là les vraies questions ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  5. sebouillle

    Mon­sieur Lordon,

    Je pense être un homme de gauche.
    Mais j’a­voue que cette ques­tion me turlupine.
    Je pense être clai­re­ment anti­ra­ciste. Et par ce fait, je me pose de plus en plus de ques­tions là dessus.
    Effec­ti­ve­ment, pour avoir voya­gé énor­mé­ment en Afrique, j’ai rare­ment ren­con­tré de gens là bas qui vou­laient quit­ter leurs pays par amour de la France.
    Mais vrai­ment a cause de condi­tions éco­no­miques désastreuses.
    J’ac­cuse donc le sys­tème éco­no­mique mondiale.
    Et je ne pense pas que de lais­ser espé­rer toutes ces per­sonnes pauvres d’un accueil cha­leu­reux en France soit quelque chose d’intéressant pour leurs développements.
    De plus, depuis 40 ans, j’ai l’im­pres­sion que nous avons extrê­me­ment mal géré l’ac­cueil de toutes ces per­sonnes (ex.: situa­tion catas­tro­phique dans nos banlieues).
    Com­ment vou­lez vous que le pro­lo lamb­da ne se sente pas désta­bi­li­sé par cette situation.
    Votre argu­ment de dire qu’il faut donc régu­la­ri­sé n ‘est pas une solu­tion en soi de mon point de vu. Je pense que même régu­la­ri­sé, les per­sonnes étant accueillies en France ne sou­haitent pas se battre encore plus pour défendre vrai­ment leurs droits.
    Pour toutes ces rai­sons et parce que je me sens clai­re­ment anti­ra­ciste. Je sou­haite qu’on réflé­chisse a ces ques­tions a gauche.
    Ne nous ren­dons pas les idiots utiles de ce sys­tème ? Est ce réel­le­ment bon pour le déve­lop­pe­ment de l’A­frique ? Et ces per­sonnes immigrent-elles par amour de la France ou a cause de ce sys­tème éco­no­mique mon­dia­li­sé ? Et si oui bat­tons nous d’a­bord pour chan­ger le sys­tème. Et enfin a vou­loir régu­la­ri­sé tout le monde, ne fai­sons nous pas aug­men­ter le racisme chez les classes popu­laires ? Pour être issu d’un milieu pro­lo et vivre avec, j’ai bien l’im­pres­sion que si. Car eux se confronte à cette pro­blé­ma­tique tous les jours dans leurs emplois. Et la mon­tée du FN n’est pas qu’un simple délire d’une classe com­plè­te­ment idiote.

    Mer­ci de votre réponse

    Réponse
  6. Ana Sailland

    A gauche du sternum !
    Dif­fé­rent de « à gauche de l’hémicycle »

    Osons chan­ger de vocabulaire
    et de pensée
    😉

    La révo­lu­tion com­mence par pen­ser neuf.

    Réponse
  7. ernest

    bon­jour

    je viens sur le blog d’E­tienne Chouard pour la pre­mière fois et ça me semble très confus de s’y retrou­ver, et, je tombe en plus sur un article de Fré­dé­ric Lordon…

    un lien aurait pu suf­fire, quel est le sens de cette mise en exergue, si l’hôte ne livre pas la lec­ture qu’il fait de l’ar­ticle autre­ment que par du surlignage ?

    Réponse
  8. Furax

    Ne t’interroge pas sur le rai­son­ne­ment des uns, contente-toi de ta propre compréhension.

    Réponse
  9. Ernest

    Mer­ci Furax,
    ma com­pré­hen­sion se porte bien, a part qu’il me manque une clé pour com­prendre ce que « gauche cri­tique » veut dire chez Lor­don, mais enfin d’autre ont déjà posé la ques­tion là d’où vient l’article…et que j’ai pour ma part l’im­pres­sion qu’il dit des choses très vraies mais que j’ai pen­sée et vu expri­mées depuis desannées..bref, il se réveille un peu tard sur ce volet-là de la lutte hégé­mo­nique, si cette réfé­rence gram­scienne te parle…

    non vrai­ment, ça m’in­té­resse de savoir ce que pense Etienne Chouard…précisément parce que j’ai vu une ou deux confé­rence de lui et que je ne pen­sais pas trou­ver cet article-là chez un pour­fen­deur du cli­vage droite-gauche, des par­tis, et de la lutte des classes en géné­ral, donc j’en déduis que ce qui lui « parle » là-dedans doit être autre que ce que j’y lis…d’où ma curiosité…mais je ne m’of­fus­que­rais pas si mon désir « consu­mé­riste » n’est pas satisfait 😉

    Réponse
  10. mathieu nercess

    Ernest, « cli­vage droite-gauche », et « lutte des classes » ce n’est pas vrai­ment la même chose il me semble. Per­son­nel­le­ment je suis contre une oppo­si­tion sys­té­ma­tique entre droite et gauche mais je suis pro­fon­dé­ment convain­cu de l’exis­tence de la lutte des classes. Pour moi c’est un fait d’ailleurs. Le MEDEF et la CGT ne sont pas des « par­te­naires sociaux » comme on cherche à nous le faire croire. Recon­naître qu’il y a des contra­dic­tions énormes d’in­té­rêts me paraît être du bon sens.

    Pour ce qui est du texte de Lor­don, je le trouve excellent !

    Réponse
  11. Ana Sailland

    Obser­ver les luttes, ou s’en mêler, n’est ce pas un peu en accep­ter le sub­strat systémique ?

    Car enfin, défendre l’emploi, ou les condi­tions de tra­vail, ou les condi­tions de rému­né­ra­tion, c’est bien accep­ter le prin­cipe de la subor­di­na­tion, non ? ->?!?

    Et si on accepte le prin­cipe de la subor­di­na­tion, toute vic­toire sociale ne peut être que par­tielle. Et sur­tout éphé­mère : avec le temps, elle sera anéantie.

    La lente et patiente éro­sion des acquis du CNR nous le démontre.

    Le jour où on par­le­ra du cli­vage démocrate/non démo­crate plu­tôt que du cli­vage gauche/droite, on sera sur la bonne voie ; car seule la réelle démo­cra­tie est capable de faire le débat public s’emparer des vraies ques­tions, de fond, les ques­tions de civi­li­sa­tion, et elle est seule sus­cep­tible de trans­mu­ter l’u­to­pie du jour en prag­ma­tisme du demain.

    Par essence, la réelle démo­cra­tie ne peut qu’a­bou­tir à l’a­bo­li­tion de la subordination.

    Là est le vrai sujet.

    Les domi­nants, c’est à dire les béné­fi­ciaires du prin­cipe de subor­di­na­tion, ont très fine­ment com­pris que pour assu­rer sa péren­ni­té incon­tes­table, ils avaient inté­rêt à défrag­men­ter les pri­sons du peuple, en ins­tau­rant une dic­ta­ture conti­nen­tale (dégui­sée en démo­cra­tie par la magie de la nov­langue). Car des peuples aux cultures dif­fé­rentes et aux inté­rêts par­fois diver­gents jamais ne sau­ront se sou­le­ver comme par­fois sait le faire une nation.

    La nation Europe n’existe pas. Le peuple euro­péen n’existe pas. Il est donc impos­sible de résis­ter mas­si­ve­ment et de manière unie au peuple des domi­nants, qui quant à lui fait corps.

    Les démo­crates, même si comme moi ils conservent un rêve d’u­nion, sont donc contraints d’être natio­na­listes : ce n’est pas une ques­tion d’i­déo­lo­gie, ni de pas­sion, mais de stra­té­gie : car la ré-acqui­si­tion, ou plu­tôt l’ac­qui­si­tion des liber­tés, et l’a­bo­li­tion du prin­cipe de subor­di­na­tion, et l’a­vè­ne­ment de la concer­ta­tion et de la codé­ci­sion uni­ver­selles, ne peuvent s’o­pé­rer que sur des ter­ri­toires limi­tés en sur­face, en popu­la­tion, et en culture.

    La nais­sance des démo­cra­ties réelles, puis leur réunion, syner­gique mais non contrai­gnante, ne seront pos­sibles que quand la dic­ta­ture conti­nen­tale, voire mon­diale, aura été mor­ce­lée par une rena­tio­na­li­sa­tion non idéo­lo­gi­que­ment natio­na­liste de la décision.

    Réponse
  12. Ernest

    Mathieu,

    il me semble que le tra­vail idéo­lo­gique de Lor­don se situe plus sur le ter­rain de la réha­bi­li­ta­tion des enjeux du cli­vage Droite/Gauche que sur celui de la lutte des classes.

    en effet, ce cli­vage idéo­lo­gique per­met plus faci­le­ment de pen­ser la com­plexi­té et la mul­ti­pli­ci­té des luttes que celui de la lutte des classes, car, contra­dic­tion « d’in­té­rêts » oblige, il faut aus­si tenir compte des frac­tures entre les genres, les géné­ra­tions, etc.

    il a donc défi­nit la droite comme étant « ce qui ne ques­tionne pas le cadre » et « ce qui aspire à un retour à un cadre anté­rieur », d’où un spectre allant de la « droite com­plexée » à l’ex­trême droite.

    et pré­ci­sé­ment en ana­ly­sant (par­tiel­le­ment) la manière dont une cer­taine gauche (il ne dit pas laquelle) se voit para­ly­sée en pen­sée par la stra­té­gie de la droite popu­liste ou extrême de récu­pé­ra­tion des idées de gauche, il invite « la gauche » à se res­sour­cer aux fondamentaux…non pas pour « s’op­po­ser sys­té­ma­ti­que­ment » mais bien pour s’ins­crire effi­ca­ce­ment à mini­ma sur le ter­rain poli­tique et idéo­lo­gique de la lutte des classes, en tant que son effi­ca­ci­té du point de vue des « domi­nés » est subor­don­née à l’exis­tence du « conscience de classe » là où le FN et autres invite à un « sen­ti­ment natio­nal-eth­nique » (alliance des classes) et désigne des « boucs émis­saires » au sein de la classe exploitée.

    et, cerise sur le gateau, il fait la cri­tique d’un cer­tain inter­na­tio­na­lisme et d’un cer­tain anti­ra­cisme qui effec­ti­ve­ment est débilitant…maintenant, j’au­rais pré­fé­ré avoir des noms…lui se contente de s’at­ta­quer à un spectre qu’il nomme « gauche critique ».…

    Réponse
  13. Tibak

    Ces his­toires de gauche et de droite ne vou­lant rien dire pour un démo­crate, c’est juste inté­res­sant pour défaire en par­tie l’ar­gu­men­ta­tion les néo-convain­cus du FN, c’est tout…mais c’est déjà pas mal ! 🙂

    Réponse
  14. Ernest

    Ana,
    je suis à peu de choses près d’accord ;

    étant enten­du que depuis 1789 le cli­vage « démocrates/non démo­crates » ou plu­tôt le conti­nuum cor­res­pond à la divi­sion-conti­nuum gauche/droite ;

    et que la façon dont tu uti­lises le mot « natio­na­lisme » cor­res­pond à ce que l’on nomme à gauche internationalisme…

    Réponse
  15. nlescan

    Je vois que nombre d’entre vous s’i­ma­ginent que la gauche et la droite ne signi­fient plus rien. Quelle erreur ! Vous sous lais­sez mani­pu­ler par les men­teurs, spé­cia­listes des mélanges dou­teux dont l’ob­jec­tif est de réha­bi­li­ter la droite ou de tuer la gauche. Le pro­jet démo­cra­tique est non seule­ment de gauche mais de la plus radi­cale qui soit. Vous pou­vez tou­jours essayer de vous men­tir en refu­sant d’ap­pe­ler un chat un chat. Vous pou­vez essayer de vous ima­gi­ner que si vous refu­sez de vous battre avec les autres pauvres contre la poi­gnée de riches vous sor­tez de la logique de la sou­mis­sion. J’es­time que ça ne fait que ren­for­cer la domi­na­tion des riches en met­tant en cause la lutte des classes.

    Réponse
  16. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La lec­ture des textes d’A­na devrait être pres­crite par la sécu­ri­té sociale.

    Réponse
  17. Tibak

    Si on se rap­porte à la cari­ca­ture de ces pseu­do-caté­go­ries qu’on nous vomit tous les jours dans les médias, alors oui, l’i­dée démo­cra­tique se RANGE à l’ex­trême gauche.

    Mais dans le monde réel, ces caté­go­ries ne cor­res­pondent à rien tant au niveau de l’é­lec­to­rat (à part quelques mili­tants de base qui se com­plaisent à être des cari­ca­tures d’eux-mêmes mais vu leur nombre on gagne­ra du temps à ne pas en tenir compte) qu’au niveau des élus (et pour cause!).

    Elles ne sont là que pour ran­ger les gens dans des cases afin de mieux les divi­ser (pour mieux régner). C’est un méca­nisme cen­tral sur lequel s’appuie le sys­tème élec­tif pour pri­ver le peuple de sa souveraineté.

    L’i­dée démo­cra­tique, c’est aus­si bri­ser ça ! Il faut être cohé­rent dès le départ…et donc ne pas uti­li­ser ces catégories.

    Réponse
  18. nlescan

    Il ne s’a­git ni de caricatures,ni de ce que vomissent les médias qui ont trans­for­mé la gauche en néo libéralisme.

    Il s’a­git de l’his­toire, de la lutte des peuples pour leur éman­ci­pa­tion. Je ne me lais­se­rai pas voler l’his­toire des luttes sociales au nom de je ne sais quel ten­ta­tive d’en­fu­mage qui n’a aucune prise sur moi.

    Par contre je ne suis pas pour la haine cré­tine de cer­tains envers les gens de droite, je pense qu’il faut leur par­ler afin qu’ils se reveillent et adhèrent au pro­jet démocratique.Si ils sont d’ac­cord pour la démo­cra­tie directe ils peuvent bien conti­nuer à se men­tir à se pen­ser de droite ou « trans cou­rants », ça ne emper­che­ra pas de dor­mir ni de dia­lo­guer avec eux.

    Réponse
  19. J.C

    @ mathieu nercess

    Je pense que la CGT et le MEDEF ne sont bien des « par­te­naires sociaux ».
    Le pre­mier prône la fin du sala­riat, le second le détruit.

    @ Ana,

    Tout à fait d’ac­cord avec toi sur la subor­di­na­tion. Par contre, je ne com­prends pas pour­quoi tu vois des fron­tières natio­nales à l’i­dée de démocratie.
    Est-ce à rap­pe­ler que nous n’a­vons ni plus ni moins de pou­voir au niveau natio­nal qu’au niveau trans­na­tio­nale, c’est à dire aucun.

    N’ou­blions pas que lorsque l’on dit « on » lors qu’une déci­sion est prise, ce n’est pas nous, c’est eux. On ne devrait sur­ement évi­ter de dire « on » d’ailleurs mais plu­tôt « eux », non ?

    @ nles­can

    Ce ne sont jamais les gens de droite ou de gauche qui sont au pou­voir mais une petite oli­gar­chie toute puissante.
    Le cli­vage gauche du tra­vail – droite du capi­tal ne sont que les deux faces d’une même pièce que se sou­tiennent mutuellement,
    un enfu­mage complet.
    Tout le monde est pris par la pro­pa­gande de la néces­saire exploi­ta­tion des res­sources humaines (avec quelques amé­na­ge­ments pour la gauche bien sûr).

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  20. Benoît

    Texte plu­tôt inté­res­sant mais les com­men­taires du blog ajoute encore d’avantage à la réflexion.

    Concer­nant Métro­po­lis je dirais :

    visuel­le­ment excellent mais alors idéo­lo­gi­que­ment exé­crable. Fritz Lang lui-même en parle très bien : 

    « Quand j’ai ter­mi­né Métro­po­lis, je n’ai pas du tout aimé le résul­tat. Cer­taines choses étaient trai­tées de façon trop sim­pliste. Par exemple, cette idée-force du film écrit par Mme Von Har­bou, ma femme à l’é­poque, selon laquelle le média­teur entre la main et le cer­veau, le capi­tal et l’ou­vrier, était le cœur. on ne résout pas ain­si un pro­blème social. »

    A noter que son ex-femme a déjà des pen­chants Nazi lors de l’é­cri­ture du livre et du film en 27 et qu’elle adhère au Par­ti Nazi en 40. Et ça trans­pire dans le film : la « gen­til Maria » apprend à la masse labo­rieuse à ne pas se révol­ter et a attendre qu’une appa­ri­tion divine les sauve. Tan­dis que la « Maria dia­bo­lique » amène le peuple à se révol­ter ce qui arrête les machines. Ce qui inonde la cité-sou­ter­raine avec leurs enfants, pen­dant que les parents indignent dansent de joie. Le peuple est déci­dé­ment dans ce film inca­pable de prendre une bonne déci­sion puis­qu’il s’ap­prête ‑après s’être aper­çu qu’il s’é­tait fait avoir par la « méchante Maria »- à brû­ler la « bonne Maria ». 

    Voi­là le niveau lamen­table du scé­na­rio de ce soi-disant chef‑d’œuvre.

    Réponse
  21. nlescan

    @ JC, je n’y crois pas une demi seconde, il y avait une dif­fé­rence entre Bush et Cha­vez, il y a une dif­fé­rence entre Hol­lande et Cor­reia, entre Madu­ro et Oba­ma. Il y avait une dif­fé­rence entre Allende et Pino­chet, entre Lumum­ba et Mobu­tu ou Kabila…

    Que l’o­li­gar­chie tente de rem­pla­cer la gauche par une droite dégui­sée c’est un fait. Qu’il y ait des ovnis per­dus dans la droite c’est vrais aussi.

    Robes­pierre et les mon­ta­gnards ont défi­ni ce qu’est la gauche en poli­tique : patrio­tisme, démo­cra­tie, soli­da­ri­té, éga­li­té, paci­fisme, progressisme.

    Les gens de droite ont tou­jours été les défen­seurs de l’o­li­gar­chie, de l’au­to­ri­ta­risme, du natio­na­lisme, de la guerre, du conservatisme.

    Tu auras beau essayer de me faire oublier l’his­toire et de me faire pas­ser des ves­sies pour des lan­ternes ça ne fonc­tion­ne­ra pas. Je ne suis ni amné­sique ni crédule.

    Je trouve ça mignon d’es­sayer de faire croire aux enfants que la gauche et la droite n’existent pas mais c’est aus­si faux que de dire que le PS est socialiste.

    Réponse
  22. Benoît

    @ nles­can
    La défi­ni­tion de la gauche et de la droite étant floue ces deux concepts ne veulent plus rien dire, ce qui nous enfume et nous divise. Je crois qu’il serait bon de dif­fu­ser mas­si­ve­ment l’i­dée de l’é­chelle d’Hen­ri Guille­min. Elle prend comme conven­tion qu’à l’ex­trême gauche sont ceux qui défendent le peuple et à l’ex­trême droite ceux qui défendent les inté­rêts des finan­ciers, des puis­sants. Il est évident dès lors que tout « l’é­chi­quier » poli­tique est cham­bou­lé : UMPS qui se par­tage les rênes du pou­voir, pour ne citer que lui, pas­se­rait à l’ex­trême droite. C’est un exer­cice à faire mais je crois que c’est vrai­ment éclai­rant pour le peuple (de droite comme de gauche, au sens actuel des termes).

    Mais je viens de lire qu’A­na Sailland le dit autre­ment et peut-être bien mieux, plus clair immé­dia­te­ment : « Le jour où on par­le­ra du cli­vage démocrate/non démo­crate plu­tôt que du cli­vage gauche/droite, on sera sur la bonne voie »

    Réponse
  23. Benoît

    LE DICTIONNAIRE DE LA CONVERSATION ET DE LA LECTURE DE 1868, un texte d’une incroyable igno­rance écrit avec une telle arro­gance que ça rap­pel lorsque l’o­li­gar­chie parle du peuple 😉

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​k​v​w​L​E​5​R​q​-fA

    EXTRAIT DU DICTIONNAIRE DE LA CONVERSATION ET DE LA LECTURE DE 1868

    Ce dic­tion­naire fut rédi­gé par une socié­té de savants et de gens de lettre recon­nus, sous la direc­tion de Sir William Dukrett.

    « Mes res­pects Mr Dukrett ! »

    Nègre, négresse, négrillon, sont des indi­vi­dus de sexe et d’âge dif­fé­rents, qui consti­tuent la race noire, si remar­quable dans la grande famille du Genre Humain.

    Tout le monde connaît cette sorte de museau et ce pelage lai­neux, avec une barbe rare, ces grosses lèvres si gon­flées, ce nez si épais, ce men­ton recu­lé, ces yeux ronds et à fleur de tête. Plu­sieurs d’entre eux ont les jambes cam­brées, presque tous avec peu de mol­let, les genoux tou­jours demi-flé­chis, une allure érein­tée, le corps et le cou ten­dus en avant, tan­dis que les fesses res­sortent beau­coup en arrière. Tous ces faits exté­rieurs montrent déja une nuance vers la forme du singe.

    Le Doc­teur Mad­den obser­va dans la Haute Egypte que le sque­lette des nègres offre fré­quem­ment six ver­tèbres lom­baires comme l’orang-outan.

    Ces gros corps ath­lé­tiques, le long du Niger, res­tent toute leur vie de grands enfants, dans leur exces­sive indo­lence et leur mal­pro­pre­té. Heu­reux mal­gré leur volon­taire pau­vre­té, ils rient et se laissent duper sans peine, tan­dis que leurs femmes, babillardes, faciles, cré­dules, cèdent à toutes les super­sti­tions par stupidité.

    Nous avons recon­nu, avec quelques autres obser­va­teurs, que l’en­cé­phale du nègre était géné­ra­le­ment moins volu­mi­neux, moins pesant d’en­vi­ron 6 à 9 onces, que celui même de la femme blanche, déjà bien infé­rieur en poids à celui de l’homme blanc.

    Le Coran de Moha­met dit aus­si que tous les peuples ont eu des pro­phètes, excep­té les nègres, comme s’ils man­quaient de haute capa­ci­té d’inspiration.
    Enfin, à mesure que dimi­nuent les organes intel­lec­tuels, ceux de la volup­té brute se déploient davan­tage. Les nègres en offrent la preuve par la gros­seur de leurs par­ties sexuelles, et l’ex­ten­sion consi­dé­rable des lèvres du vagin et des nymphes chez la plu­part des négresses, au point qu’elles exigent l’ex­ci­sion en divers pays.

    Par­mi nous, une peau fine et déli­cate éprou­ve­rait des tour­ments hor­ribles des moindres frois­se­ments du fouet. Le serf nègre, déchi­ré par les lanières de cuir de son com­man­deur, et dont les plaies sai­gnantes sont quel­que­fois frot­tées, par sur­croît de puni­tion, de vinaigre ou de poivre, sou­tient cepen­dant de tels châ­ti­ments avec flegme et patience. On en a vu, sor­tir du sup­plice, accou­rir à la danse de leurs griots au son du bala­fon de leurs musi­ciens, et se livrer à l’a­mour avec cette furie bes­tiale qui trans­porte aus­si la négresse.

    Il est donc facile de prou­ver, par l’or­ga­ni­sa­tion ana­to­mique, que le nègre se rap­proche plus des singes que de notre race blanche. Aus­si l’a­ni­mal est-il plu­tôt fait pour man­ger que pour réfléchir.

    Réponse
  24. J.C

    @ nles­can

    Je n’ai pas dis ça.

    Ce que je dis c’est qu’on ne peut pas sérieu­se­ment être par­ti­san ET démo­crate. Aucun de ceux dont tu cites les noms et qui ont eu le pou­voir non ins­tau­ré une démocratie.

    Une >démo­cra­tie repré­sen­ta­tive< n’est PAS une démo­cra­tie. Les fon­da­teurs du sys­tème repré­sen­ta­tif ne vou­laient pas de la démo­cra­tie, Etienne et d’autre n’ar­rête pas de le répéter.

    Aucun n’a non plus remis en cause l’ex­ploi­ta­tion de la popu­la­tion, la fameuse « valeur tra­vail ». Que ce soit l’E­tat ou le Pri­vé qui exploite, ça ne change pas grand chose au bout du compte.

    On ne peut pas défendre la légi­ti­mi­té d’un sys­tème élec­tif qui garan­ti le pou­voir du petit nombre par construc­tion et se dire démocrate.
    L’é­lu ce devrait être le peuple, pas un chef.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  25. nlescan

    @ JC

    Je dis que les gars que je t’ai cité ont fait beau­coup plus pour amé­lio­rer l’exis­tence de beau­coup de gens que moi, que toi ou que plein d’autres per­sonnes à opinions.

    Je dis que cer­tains d’entre eux, en par­ti­cu­lier Cha­vez et Cor­reia sont à l’o­ri­gine de très impor­tantes avan­cées démo­cra­tiques dans leur pays. Oui demo­cra­tiques comme dans demos cra­tos. D’autres comme Allende ou Lumum­ba ont été assas­si­nés avant d’a­voir pu mener à bien leur projet.

    Je n’ai pas besoin de rap­pel sur ce qu’est la démo­cra­tie, je suis un démo­crate convain­cu, non je ne parle pas de gou­ver­ne­ment représentatif.

    Ton his­toire à pro­pos du fait qu’être démo­crate inter­dit d’être par­ti­san est tel­le­ment fausse que je me demande com­ment ta reflexion te mène à des conclu­sions si délirantes.

    Parce que je sou­haite que le peuple vote lui même ses loi je ne devrais pas avoir d’o­pi­nion sur ce les poli­tiques qui doivent être menées ? Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Je devrais subi­te­ment me mettre à igno­rer l’histoire et ce que les pen­seurs nous ont pro­po­sés comme idée à mettre en oeuvre ? C’est vrai­ment n’im­porte quoi.

    Réponse
  26. Tibak

    @ nles­can :

    J’ai l’im­pres­sion que tu vois la démo­cra­tie comme une avan­cée dans le com­bat social, et que tu la penses en terme de lutte de classes. Je pense que c’est une erreur, je m’ex­plique. (Ça n’est que mon avis hein ^^)

    Comme l’a évo­qué Ana, nous ne sommes pas ici pour que la « popu­lasse »(nous ^^) soit mieux trai­tée, mais pour qu’il n’y ait plus de « populasse ».

    La démo­cra­tie est un vrai chan­ge­ment de para­digme, il faut pla­cer le dis­cours sur un autre registre que celui de la poli­tique poli­ti­cienne qu’on subit depuis 200 ans. Cette vic­toire du grand nombre sur le petit nombre ne serait donc PAS l’a­bou­tis­se­ment de 200 ans de lutte de classes parce que :

    -d’un point de vue concep­tuel il s’a­gi­rait d’une révo­lu­tion poli­tique condui­sant à un nou­veau sys­tème, pas d’une évolution.

    -d’un point de vue pra­tique elle n’ad­vien­dra pas par un rap­port de force d’une classe sur une autre mais par une prise de conscience globale.

    Pour ter­mi­ner je penses que si un jour par bon­heur la ques­tion démo­cra­tique touche le grand public, il ne faut sur­tout pas qu’elle puisse être assi­mi­lée à un bord poli­tique plus qu’à un autre, sinon c’est per­du d’avance !

    Nous devons être radi­caux et enter­rer nos vielles ran­cœurs et nos vieux idéaux par­ti­sans, facile à dire pour moi qui suis jeune, je sais, mais c’est la seule façon d’être cohérent.

    Réponse
  27. nlescan

    @Tibak : c’est une fausse impres­sion, je vois la démo­cra­tie comme une avan­cée dans le com­bat pour l’é­ga­li­té politique.

    Par contre je pense qu’ef­fec­ti­ve­ment décou­le­rait de l’a­vè­ne­ment de la démo­cra­tie une plus grande jus­tice sociale, de façon qua­si méca­nique, par le simple fait que chaque citoyen serait asso­cié aux déci­sions politiques.

    Au delà de ça essayer d’ex­traire le concept de démo­cra­tie de l’his­toire poli­tique des deux der­niers siècles pour ten­ter de la pré­sen­ter comme une idée toute neuve pou­vant s’ac­cor­der à toutes les ten­dances poli­tiques dans un but « rassembleur »…

    Faites votre cui­sine les mecs mais je vous le dis clai­re­ment : c’est du pipeau.

    Vous ne me ferez pas oublier les mon­ta­gnards, vous ne me ferez pas oublier les anar, vous ne me ferez pas oublier la révo­lu­tion permanente…

    La démo­cra­tie directe est défen­due par la vraie gauche radi­cale depuis deux siècles, que vous le vou­liez ou non. Cer­tains se sont four­voyés dans des visions éli­tistes et l’his­toire a prou­vé qu’ils se trompaient.

    Inven­tez les fables que vous vou­drez pour élar­gir la clien­tèle de votre soupe dont j’ap­pré­cie la recette, ça res­te­ra des fables et du marketing.

    Je ne suis pas prêt a me lais­ser voler la gauche comme on nous a volé la démo­cra­tie. J’en ai marre du vol de mots. J’appelle un chat un chat.

    Réponse
  28. nom ou pseudo

    Etre contre c’est encore pen­ser selon !

    Etre contre c’est encore pen­ser selon !

    Etre contre c’est encore pen­ser selon !

    Réponse
  29. J.C

    C’est inté­res­sant, si on par­lait du cli­vage démocrate/ anti-démo­crate comme le dit Ana, la situa­tion serait très différente.

    La plu­part des gens de droite pense que nous sommes en démo­cra­tie et se disent démocrate.

    S’ils pre­naient vrai­ment conscience de ce qu’est la démo­cra­tie, peu de gens défen­drait le sys­tème actuel.
    Les quelques-uns qui ose­raient se dire anti-démo­crate serait encore moins nom­breux qu’au­jourd’­hui parce qu’il ne faut pas oublié que par­mi eux il y a les déçus du régime actuel qui pensent que c’est ça la démocratie.

    Il res­te­rait pro­ba­ble­ment qu’une poi­gnée de per­sonne assoif­fée de pou­voir qui ne pré­sen­te­rait aucun dan­ger véri­table puis­qu’il n’y aurait plus d’élection.

    Dans cette pers­pec­tive, les vues par­ti­sanes qui visent à divi­ser le peuple en droite et gauche sont le meilleur moyen de pré­ser­ver le statu-quo.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  30. Ernest

    @ nles­can

    mer­ci, car j’a­vais l’im­pres­sion d’être tom­bé dans une secte de sophistes !

    je crois que la ques­tion n’est pas qu’ils veulent te faire oublier tout ce que tu cherches à leur rappeler..

    ils s’en foutent car ils sont pares­seux, ils s’i­ma­ginent supé­rieurs au peuple, celui qui a lut­té, celui qui a construit les bases intel­lec­tuelles de son éman­ci­pa­tion et croient faire du neuf quand ils en sont à l’en­fance de la poli­tique et se gar­ga­risent de réin­ven­ter la poudre.…si au moins ils pro­lon­geaient, dépas­saient, forts du savoir et de la mémoire…non, aucune culture poli­tique, alors tant qu’à faire, autant aller dans l’im­passe, que dis-je le mur, l’in­di­gna­tion à l’es­pa­gnole, sans faire d’effort !

    ils ne se rendent même pas compte des luttes idéo­lo­gique qui les ont for­gé et leur font répé­ter des inep­ties comme s’il s’a­gis­sait d’une subversion…

    ce blog est un fichu symp­tôme de la dépo­li­ti­sa­tion opé­rée par le néolibéralisme !

    donc je suis ravi d’y trou­ver un vrai par­ti­san de la démo­cra­tie, mer­ci à toi et bonne continuation !

    fra­ter­nel­le­ment

    Réponse
  31. Ernest

    « les vues par­ti­sanes qui visent à divi­ser le peuple en droite et gauche sont le meilleur moyen de pré­ser­ver le statu-quo »

    tout type étant fervent par­ti­san que je ne sois par­ti­san de rien d’autre que ce dont il est par­ti­san dirait pareil.

    méfie-toi cama­rade de l’im­pos­teur qui sous l’ha­bit du « démo­crate » t’im­po­se­rait la bouche en coeur la « démo­cra­tie » selon lui sans même assu­mer qu’il a un par­ti pris et qu’il milite acti­ve­ment pour son hégémonie.

    TINA

    Réponse
  32. J.C

    @ Ernest

    « ce blog est un fichu symp­tôme de la dépo­li­ti­sa­tion opé­rée par le néolibéralisme ! »

    « méfie-toi cama­rade de l’im­pos­teur qui sous l’ha­bit du « démo­crate » t’im­po­se­rait la bouche en coeur la « démo­cra­tie » selon lui sans même assu­mer qu’il a un par­ti pris et qu’il milite acti­ve­ment pour son hégémonie. »

    Tu es un bon toi.
    ça sent le troll a plein nez.
    Retourne dans ton par­ti poli­tique et laisse les sophistes hégé­mo­niques dis­cu­ter entre eux.

    J.C

    Réponse
  33. Ernest

    voi­ci donc le visage de la démocratie…des bouf­fons qui du haut de leur magis­tère moral vous trai­te­rons de « troll » si vous n’êtes pas d’accord.…avec des « retourne dans ton parti ».…

    en effet JC je ne suis pas dans ton par­ti, et puisque tu as si envie de faire la démo­cra­tie sans moi, tu devras bien un jour com­prendre que si tu sou­haite faire adve­nir ta vison du monde comme hégé­mo­nique, tu devras lut­ter contre moi…tu as le choix de res­ter dans tes enfan­tillages et ne pas te remettre en cause, et, ça me faci­li­te­ra la tâche, ou bien, et je ne t’en demande pas plus, moi qui suis un vrai démo­crate, tu as le choix d’as­su­mer et de consti­tuer ton point de vue en une cohé­rence, et l’ex­po­ser en tant que par­ti pris, sans pour autant avoir à dis­qua­li­fier l’ad­ver­saire par des attaques ad homi­nem et l’ap­pli­ca­tion bête et méchante de ce que le pou­voir hégé­mo­nique actuel attend de toi : la haine de ceux qui se coa­lisent pour ren­ver­ser l’ordre des choses dans un sens le plus juste pos­sible pour tous et pour chacun…

    en atten­dant, je vous laisse trol­ler en rond

    Réponse
  34. Furax

    Ai-je bien com­pris la vidéo « Lec­ture poli­tique d’une fiche de paie » ?

    On peut vrai­ment avoir un cré­dit immo­bi­lier à 1 % avec son patron ?

    Réponse
  35. nlescan

    @ Ernest, nous avons de points de conver­gence, d’autres où nous diver­geons. La gars qui te traite de troll dit évi­de­ment une bêtise. Par contre je ne pense pas qu’i­ci les gens soient pré­ten­tieux ou fai­néants. Je ne pense pas que la pen­sée d’E.C. soit le fruit de la dépo­li­ti­sa­tion culti­vée par le néolibéralisme.

    Je crois que E.C. sait par­fai­te­ment se que je rap­pelle ici a quelques com­men­ta­teurs. Il évite cepen­dant d’en par­ler car il a pour ambi­tion de ras­sem­bler un maxi­mum de per­sonnes, je pense qu’il ne veux pas effa­rou­cher les déçus du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif qui se seraient tour­nés vers le coté auto­ri­ta­riste de la force… 😉

    Il veut les retour­ner, il y par­vient par­fois, c’est louable.

    Quand on le titille un peu trop le E.C. il finit par cra­cher le mor­ceau et avoue qu’il est anar.

    Et puis E.c. n’aime pas les par­tis poli­tiques, comme Simone Weil (non pas la vieille de l’UMP, la phi­lo­sophe mar­xiste)… Je suis assez d’ac­cord avec ça, je suis très par­ti­san de cer­taines idées, sym­pa­thi­sant de cer­tains mou­ve­ments poli­tiques mais je n’adhère à aucun par­ti par prin­cipe, je n’aime pas trop les par­tis, ni les sectes, ni les reli­gions, ni les socié­tés secrètes et autres clubs de ceux qui se croient plus malins que les autres.

    Que des droi­teux deviennent par­ti­sans de la démo­cra­tie directe tout en s’imaginant être encore de droite ça ne me dérange pas…

    Mais je suis leur poil à grat­ter pour le rap­pe­ler qu’ils ont beau se chan­ter des chan­sons, ça fait long­temps qu’on la connait la musique.

    Par exemple quand j’ai décou­vert E.C. je ne l’ai pas appré­cié parce qu’il me fai­sait décou­vrir quelque chose de nou­veau mais parce qu’il m’ap­pre­nait une foule de détails sur ce que je savais déjà et pro­po­sait des modes de mise en œuvre très inté­res­sants du pro­jet qui est le mien depuis mes pre­mières pen­sées politiques :

    Le pou­voir pour­rit l’homme, la révo­lu­tion doit être per­ma­nente, le peuple doit exer­cer lui-même le pouvoir.

    Je pense donc qu’il ne faut pas s’of­fus­quer des choses qui peuvent être dites, par­fois fausses, dans les débats qui ont lieu ici. Il suf­fit de dis­cu­ter, d’ar­gu­men­ter, la plu­part des inter­lo­cu­teurs ici sont logiques et recon­naî­tront la vali­di­té d’un rai­son­ne­ment cor­rec­te­ment articulé.

    Réponse
  36. Tibak

    @ nles­can : Je n’ai alors sim­ple­ment pas la même vision de l’histoire.

    Les mon­ta­gnards ça a duré 10 ans et les anar­chistes ils étaient 12. J’exa­gère bien sûr, mais il faut tou­jours consi­dé­rer des ordres de gran­deurs com­pa­rables quand on veut res­sor­tir des ten­dances (et oui, je suis scien­ti­fique ^^). Pour moi ce ce sont que des épi­phé­no­mènes qui n’ont jamais DEFINIT la gauche. Quand j’é­coute Guille­min ou que je repense à ce que j’ai appris à l’é­cole, en tout cas, ce n’est pas ce qui res­sort, mais si quel­qu’un a des sources démon­trant le contraire je suis bien sûr intéressé. 🙂

    @ Ernest : je pense que si le mot « troll » est sor­ti, c’est que tu as été un peu véhé­ment sur ce coup-là. On veut tous la même chose ici, ne l’ou­blions pas.

    Il faut savoir avoir une lec­ture froide des choses (sur­tout de l’his­toire ! rem­plie de men­songes et de contre-véri­tés) et je nous ren­voie à Mon­taigne en ce qui concerne nos mau­vaises habi­tudes (à tous) de débat, Étienne en parle dans plu­sieurs conférences. 

    Bien ami­ca­le­ment. 😉

    Réponse
  37. Tibak

    Déso­lé pour le dou­blon avec nles­can (qui rap­pelle aus­si les bonne pra­tiques du débat), j’ai pos­té en même temps :).

    Je te rejoins aus­si là des­sus, la démo­cra­tie EST anar­chique. Mais pour moi l’anarchie n’est juste pas de gauche (même si elle a été ran­gée là…), par défi­ni­tion en fait, c’est tout . ^^

    Réponse
  38. nlescan

    D’ailleurs his­toire de bien enfon­cer le clou le cli­vage gauche droite d’après moi prend son ori­gine dans la démo­cra­tie grecque :

    Plu­tarque décrit en ces termes les divi­sions poli­tiques à Athènes : « Les habi­tants de la mon­tagne sou­te­naient avec force la démo­cra­tie, ceux de la plaine l’oligarchie ; les habi­tants de la côte for­maient un troi­sième par­ti, favo­rable à une forme de gou­ver­ne­ment intermédiaire… »

    Cer­tains pensent que c’est de la que vient l’appellation de « mon­ta­gnards » or le cli­vage montage/marais est bien l’ancêtre du cli­vage gauche droite : la boucle est bouclée.

    La gauche, la vraie, au sens his­to­rique, est démo­crate et la droite aristocratique.

    Réponse
  39. nlescan

    et déso­lé Tibak mais les anar sont la gauche radi­cale et n’é­taient pas du tout 10, révise.

    Réponse
  40. Tibak

    « Le cli­vage montagne/marais est bien l’an­cêtre du cli­vage gauche/droite » : C’est là que nos avis divergent.

    Quand je parle aux gens de démo­cra­tie, cer­tains me traitent de gau­cho et d’autres de facho. Pour moi, au delà de toutes les grandes théo­ries qu’on peut avoir sur la gauche et la droite, c’est ce qui existe dans l’es­prit des gens qui compte réel­le­ment et, à ce niveau là, ce cli­vage n’est qu’une mani­pu­la­tion et Guille­min nous apprend que cette mani­pu­la­tion est là depuis le commencement.

    Ces mots de gauche et de droite sont rem­plis de pas­sion dans l’es­prit de tout le monde, si nous vou­lons rame­ner le débat sur le ter­rain de la rai­son, nous devrions, je pense, uti­li­ser des mots plus froid et sur­tout plus pré­cis, par exemple, comme le pro­pose Ana, mettre en avant un cli­vage démo­cra­te/an­ti-démo­crate. Comme le dit JC, des gens se disant de droite seraient alors démo­crates sans même se poser la ques­tion de la droite ou de la gauche.

    Il ne faut pas perdre vue l’é­ten­due du men­songe ! Si vous aviez déjà avant inter­net une grande culture poli­tique, tant mieux pour vous, mais l’im­mense majo­ri­té des gens ignore com­plè­te­ment ce qu’est la démocratie.

    Réponse
  41. nlescan

    @Tibak : j’ai un peu plus de temps.

    Ce que tu dis est sidé­rant, tu com­mences par ten­ter de mini­mi­ser ce qu’a été la mon­tagne qui est juste la genèse de la gauche de notre pays…Tant que tu y est la révo­lu­tion aus­si était un épi­phé­no­mène. Bakou­nine Prou­dhon Kro­pot­kine n’é­taient « juste pas de gauche » meuh non, le socia­lisme liber­taire c’est de droite, évi­de­ment. Sac­co et Van­zet­ti étaient de droite aus­si tant que tu y est. Alain aus­si, mais bien sur. Et puis Bras­sens et Fer­ré tant qu’a faire.

    Je pense que tu as très mal écou­té Guille­min qui lui sait par­fai­te­ment faire la dif­fé­rence entre la gauche et la droite et nous alerte très clai­re­ment lorsque ce label est usur­pé (ils essayent en per­ma­nence depuis deux cent ans et a te lire on voit que pour cer­tains ils ont réussi).

    Tu dis que tu est inté­res­sé par des sources prou­vant que tu racontes des salades ? com­mence par lire tous les gens que je viens de citer. Je ne te parle pas d’écouter un type qui parle d’eux, lis les, lis leur bio.

    Réponse
  42. nlescan

    Et j’ai lu ce qu’a écrit Ana et je trouve cela très moyen­ne­ment per­ti­nent et E.C. a beau trou­ver ça super ce n’est pas du tout mon cas. Je ne voit pas de salut dans l’a­mné­sie déso­lé. Je trouve très mau­vaise son idée qu’il fau­drait uni­que­ment se concen­trer sur l’avènement de la démo­cra­tie et aban­don­ner les luttes pour conser­ver nos acquis sociaux comme elle semble le sug­gé­rer. Je pense qu’il faut faire le deux en même temps.

    Je ne veux pas croire les détrac­teurs de gens qui sont ici et qui les traitent de sophistes mais force est de consta­ter que vous leur don­nez du grain a moudre et que votre mémoire sélec­tive pour ten­ter à tout prix de n’être ni de gauche ni de droite res­semble de plus en plus a de la mau­vaise foi.

    Faire des mou­li­nets pour ten­ter de réécrire l’his­toire ça ne marche pas.

    Réponse
  43. Tibak

    C’est pas parce que je dis que ce n’est pas de gauche que c’est de droite hein ^^

    Pour moi ce sont des mots-mani­pu­la­teurs qui divisent le peuple qui ne l’est pas en réa­li­té, c’est tout.

    Il ne s’a­git pas d’a­ban­don­ner les luttes sociales et encore moins de les oublier, en peut (on doit?) faire les deux en même temps. Je pense par contre qu’il ne faut pas les mélanger.

    Réponse
  44. nlescan

    Mettre sur le dot des mots droite et gauche les divi­sions idéo­lo­giques des per­sonnes me semble être une gros­sière erreur.

    Parce que des déma­gogues essayent de vider ces mots de leur sens nous devrions les aban­don­ner ? je crois dia­mé­tra­le­ment le contraire. Gauche est droite ont une signi­fi­ca­tion et il est bon de les rap­pe­ler comme le fai­sait Guille­min justement.

    Réponse
  45. Tibak

    Encore un fois, pour moi, puisque les déma­gogues ONT RÉUSSI à vider ces mots de leurs sens, nous devrions les aban­don­ner, oui, afin d’en uti­li­ser des plus pré­cis, parce que ces mots n’ont aucun sens éty­mo­lo­gi­que­ment par­lant et qu’à éty­mo­lo­gie obs­cure, défi­ni­tion obs­cure (et sur­tout variable).

    De toutes les manières, je ne vois pas com­ment être cohé­rent quand on donne la « pilule rouge » démo­cra­tique à quel­qu’un si on lui dit que c’est une idée de gauche, puis­qu’on vient de lui expli­quer que l’é­lec­tion et donc les par­tis et donc leurs répar­ti­tions sont une dupe­rie anti-démocratique…et à vrai dire, quand on pré­sente le sujet de façon neutre comme le fait Etienne en pre­nant le temps d’ex­pli­quer tout depuis la base, la ques­tion ne se pose même pas.

    Réponse
  46. J.C

    @ nles­can

    Oui, la gauche était por­teuse des idéaux démo­cra­tiques mais à par­tir du moment ou des gens dit de gauche ont accep­té de jouer le jeu de la repré­sen­ta­ti­vi­té et de l’é­lec­tion propre à la droite, la sens de ce qu’é­tait la gauche a disparu.
    Tu ne veux pas qu’on vole la notion de gauche comme on a volé le mot démo­cra­tie, excuse moi de te dire que c’est trop tard et ce depuis deux cents ans.
    Deux cents ans de pseu­do-cli­vage gauche/ droite et elle est ou la démo­cra­tie ? deux cents ans d’é­chec, zéro pointé.
    Résul­tat, à peu près tout le monde croit qu’on est en démo­cra­tie et tout le monde veut amé­lio­rer ses acquis sociaux au sein de ce sys­tème. Tout le monde est de droite sans s’en rendre compte.

    On peu encore conti­nuer comme ça deux cents ans et plus. Il serait peut être temps de chan­ger d’ap­proche, la gauche a per­du il y a deux cents ans, c’est un fait.

    Aujourd’­hui le cli­vage gauche/ droite n’a plus aucun sens, il n’a été main­te­nu que comme un outils de division.

    Per­mettre à la popu­la­tion de com­prendre le sens véri­table du mot démo­cra­tie est bien plus per­ti­nent que de conti­nuer à ali­men­ter les divi­sions gauche-droite et le sys­tème élec­tif qui va avec.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  47. nlescan

    Non ils n ont pas reus­si, et ce n est pas par­ce­qu une poi­gnee ne sait plus faire la dif­fe­rence entre gauche et droite que c est le cas de tout le monde. Dans le monde reel la majo­rite des per­sonnes com­prennent tres bien ce que signi­fient gauche et droite. De toutes facons meme E.C. se conci­dere impli­ci­te­ment de gauche quand il designe l oli­gar­chie et ses par­ti­sants comme la « droite dure » (sic)…bref, ca com­mence a tour­ner en rond et lorsque j apporte des preuves de ce que javance et des refe­rences his­to­riques pre­cises tu essayes d esqui­ver en mini­mi­sant les fait et en fai­sant dire a des gens comme Guille­min le contraire de ce qu ils disent. A force d accu­ser les autres d etres des mani­pu­la­teurs tibiak tu finis toi meme par jon­gler avec des demi verites et des inter­pre­ta­tions plus qu approx­ma­tives pour convaincre…Et moi c est exac­te­ment ca que j apelle manipuler.

    Réponse
  48. nlescan

    Et JC une fois de plus je trouve ce que tu dis tres faux, le front popu­laire ce n etait pas du pipau, la com­mune non plus, ni la mon­tagne, ni le CNR…pretendre que tout cela n etait rien ou l amal­ga­mer a la droit c est mentir.

    Réponse
  49. Ana Sailland

    @nlescan (43)

    En effet 🙂

    Des per­sonnes dif­fé­rentes peuvent mener des com­bats dif­fé­rents mais convergents 🙂
    Et c’est souhaitable.
    (Par contre il me paraît dif­fi­cile pour un indi­vi­du de se situer en conti­nu aux deux rateliers)

    Tu as par­fai­te­ment rai­son et il serait dérai­son­nable d’at­tendre la démo­cra­tie pour récla­mer justice.
    Ce n’est bien enten­du pas ce que je suggérais.

    Mais la lutte syn­di­cale, en se bat­tant pour un meilleur contrat entre l’employé et l’employeur ne remet pas en cause la subor­di­na­tion de l’employé à l’employeur, ni les causes pro­fondes de l’exis­tence de ces deux statuts.

    Mais mili­ter dans un par­ti de gauche, c’est offrir sa force per­son­nelle au sys­tème repré­sen­ta­tif, et donc le cautionner.
    Nous pour­rions cepen­dant attendre avec curio­si­té ou impa­tience de voir si un JLM sau­ra dans son pro­jet de 6ème répu­blique pro­po­ser la réelle démo­cra­tie, mais pour l’heure, il en est à des années lumière, et s’ap­puyer sur le sys­tème pour s’ex­traire du sys­tème semble encore irréa­liste : nous ne sommes pas au Vene­zue­la et JLM n’est pas Chavez.

    S’ap­puyer pour défendre le sort du peuple sur les règles qui le contraignent, ou négo­cier avec un pou­voir domi­nant, c’est (à moins d’un sau­veur 😉 ) recon­naître comme de fait légi­times la contrainte et la domi­na­tion, c’est ne se battre que pour le détail de la sou­mis­sion et non pas contre la soumission.

    Par ailleurs, le peuple, s’il était sou­ve­rain, pour­rait com­mettre des erreurs, comme tout sou­ve­rain, certes, mais sans se cabrer dans des idéo­lo­gies = il s’en ren­drait très vite compte et les répa­re­rait, sans se bou­cher les oreilles ni fer­mer les yeux aux exi­gences de la rue, car il est la rue ;

    en démo­cra­tie, le peuple, s’il est le mécon­ten­te­ment, devient ins­tan­ta­né­ment la solution ;

    le peuple ne sau­rait imi­ter ceux qui de nos jours le dirigent = il ne sau­rait pas se tirer à répé­ti­tion des balles dans le pied pour ensuite se men­tir à lui même durant des décen­nies pour jus­ti­fier des choix contraires à son propre intérêt.

    La réelle démo­cra­tie, si elle est durable et solide, ne peut donc que gou­ver­ner dans l’in­té­rêt du peuple : la vraie démo­cra­tie est donc par nature à gauche du ster­num, car en empa­thie sys­té­mique avec le cœur et l’in­té­rêt de toustes.

    Le com­bat pour la démo­cra­tie est donc un com­bat qui se situe par nature à gauche, à gauche du ster­num, mais pas à gauche de l’hémicycle.

    Réponse
  50. Ralph

    Réduire notre vision du champ poli­tique à un axe droite – gauche est à mon sens un piège encore plus grand que l’in­ver­sion des mots.

    - Oui, ce mode de repré­sen­ta­tion à une histoire
    – Oui, il est effi­cace pour sché­ma­ti­ser cer­taines ten­dances du pay­sage poli­tique, notam­ment la lutte des classes.

    Il est tou­te­fois gran­de­ment incom­plet et très réducteur.

    Démo­cra­tie, racisme, éco­lo­gie, reli­gion, conquête spa­tiale, poli­tique étran­gère (indus­trielle, éner­gé­tique) sont autant de sujets qui ne sont ni de droite, ni de gauche a prio­ri mais que l’on essaie tout de même de posi­tion­ner sur notre axe. Il ne faut pas s’é­ton­ner après si l’on est pas d’ac­cord sur l’en­droit où on les met.

    La pri­son par­faite est celle que l’on ne voit pas, la pri­son de l’esprit.

    Réponse
  51. Benoît

    @ Ernest

    Si dire que « ça sent le troll » n’est pas heu­reux pour le dia­logue, il faut recon­naître tes insultes (« secte de sophistes ! », « ils sont pares­seux, ils s’i­ma­ginent supé­rieurs au peuple » etc…) qui ne montrent pas l’ou­ver­ture d’es­prit d’un démo­crate dont tu te targues d’être. Ton agres­si­vi­té sou­daine est d’au­tant plus dérou­tante que tu étais d’ac­cord (com­men­taire 14) avec Ana Sailland sur « le cli­vage « démocrates/non démo­crates » » et nous avons dit par la suite, il me semble, la même chose. Ou alors citer les pas­sages, qu’on puisse éclair­cir le mal-enten­du. Atten­tion à ne pas faire aux autres ce que tu leur reproches : « l’ap­pli­ca­tion bête et méchante de ce que le pou­voir hégé­mo­nique actuel attend de toi : la haine de ceux qui se coa­lisent pour ren­ver­ser l’ordre des choses dans un sens le plus juste pos­sible pour tous et pour chacun »

    @nlescan

    Il y a bel et bien une cari­ca­ture du cli­vage g/d dans les médias (des gens qui se battent contre l’o­li­gar­chie sont clas­sés à l’ex­trême droite par exemple !!!) pour­quoi le nier ? N’est-ce pas dan­ge­reux pour le peuple de ne pas voir cet enfumage ?

    Les diri­geants de gauche dont tu parles ont fait une poli­tique natio­na­liste et sociale deux choses impen­sables aux occi­den­taux si nous ne redé­fi­nis­sons pas clai­re­ment la g/d en terme de « démocrates/non démo­crates ». Il ne s’a­git pas de se « lais­ser voler l’his­toire des luttes sociales », au contraire : tout ce qui a été fait pour le peuple se trouve à gauche !

    Essayez de com­prendre le point de vue énon­cé. Si vous pen­sez qu’il est faux, dîtes en quoi en citant les pas­sages, sans cher­cher à défor­mer nos paroles.

    Mer­ci

    Réponse
  52. Henri Poincaré

    @nlescan

    Suis-je de gauche, suis-je de droite ?

    Si je vous dis :

    - que je suis pro­fon­dé­ment par­ti­san de la démo­cra­tie directe ;

    - que je suis patriote et nationaliste ;

    - que je suis amou­reux de culture russe, ita­lienne, alle­mande, bré­si­lienne, perse, espa­gnole, indienne, argen­tine, anglo-saxonne, japo­naise, mais que par des­sus tout je suis un amou­reux tran­si de culture française ;

    - que je consi­dère la nation comme la seule enti­té, le seul cadre apte à pré­ser­ver l’u­ni­té cultu­relle des peuples et de ce fait pré­ser­ver dans le monde le plu­ra­lisme des cultures humaines contre l’u­ni­for­mi­sa­tion délé­tère, et ceci bien que ponc­tuel­le­ment il arrive aux uns et aux autres de digé­rer cer­taines influences de cultures exo­gènes afin d’en tirer les meilleurs résultats ;

    - que je suis pour une redis­tri­bu­tion des richesses tou­jours plus justes et optimales ;

    - que je suis atta­ché plus que tout à la sou­ve­rai­ne­té moné­taire des peuples orga­ni­sés en nation ;

    - que je suis abso­lu­ment favo­rable à la pro­li­fé­ra­tion des entre­prises publiques sub­ven­tion­nées (en par­ti­cu­lier dans les domaines les plus stra­té­giques de l’in­dus­trie et de l’é­co­no­mie ain­si que dans les grands chan­tiers d’a­ve­nir) de même qu’à la favo­ri­sa­tion des ini­tia­tives de coopé­ra­tives ouvrières ;

    - que je suis pour ins­crire dans la consti­tu­tion le devoir de neu­tra­li­té des média ;

    - que je suis favo­rable à l’in­ter­dic­tion de toute acti­vi­té boursière ;

    - que je suis favo­rable au pré­lè­ve­ment à la source dans tous les domaines de la fiscalité ;

    - que je suis plu­tôt favo­rable à la taxa­tion du capi­tal à même hau­teur que le travail ;

    - que mon rêve consiste en ce que la France exploite enfin sa gigan­tesque ZEE et trouve le moyen d’y mettre en oeuvre la culture, sur des mil­lions de km², d’algues bio-car­bu­rantes, deve­nant par ce biais le pre­mier pro­duc­teur de car­bu­rant au monde ;

    - que je consi­dère qu’un pays ce n’est ni un régime, ni un gou­ver­ne­ment, ni même une popu­la­tion (inévi­ta­ble­ment éphé­mère), mais ni plus ni moins qu’un patri­moine cultu­rel (les tra­di­tions, les mythes, les arts) et territorial ;

    - que je suis plu­tôt favo­rable à l’ex­pé­ri­men­ta­tion d’un reve­nu de base inconditionnel ;

    - que je suis un rous­seauiste convaincu ;

    - que je suis favo­rable à ce que l’ad­mi­nis­tra­tion fran­cise sys­té­ma­ti­que­ment l’or­tho­graphe des noms et pré­noms des gens dans les registres (par exemple mon père s’ap­pelle « Arman­do », et je suis favo­rable à ce qu’on l’or­tho­gra­phie « Arman­deau ») afin de rendre cohé­rente l’i­den­ti­té des citoyens dans la conti­nua­tion de la langue de leur pays la France (après tout on a déjà enta­mé le tra­vail lorsque l’on trans­cri­vait les noms des gens du cyril­lique vers l’al­pha­bet occi­den­tal, ou des kan­jis vers l’al­pha­bet occi­den­tal, ou bien encore de l’al­pha­bet arabe vers l’al­pha­bet occi­den­tal,… pour­quoi ne pas enfin par­ache­ver l’oeuvre que l’on a commencé);

    - que je suis plu­tôt défa­vo­rable à l’a­vor­te­ment (mais pas à la contra­cep­tion de type préservatif);

    - que je suis contre le divorce (mais pas contre l’adultère);

    - que je suis plu­tôt défa­vo­rable à la régu­la­ri­sa­tion des sans-papiers ;

    - que je suis plu­tôt favo­rable aux thé­ra­pies géné­tiques de demain, à condi­tion tou­te­fois qu’elles soient appli­quées dans des condi­tions éthiques (on pour­rait s’en ser­vir afin de gué­rir le can­cer ou bien encore pour nous pré­ser­ver du dépé­ris­se­ment des cel­lules céré­brales, voir peut-être même ren­for­cer notre consti­tu­tion… mais sur­ement pas en revanche pour effa­cer pro­gres­si­ve­ment les carac­tères fémi­nins et mas­cu­lins menant à terme vers l’an­dro­gi­nat uni­ver­sel, ni pour faire du n’im­porte quoi géné­ra­li­sé au nom de la liber­té des gens à dis­po­ser d’eux même);

    - que pour moi le pro­gres­sisme est une dan­ge­reuse illu­sion et qu’il n’existe en réa­li­té que des trou­vailles plus ou moins per­ti­nentes selon les contextes aux­quels on les applique (la seule défi­ni­tion du pro­grès que je recon­naisse repose dans la maî­trise tou­jours plus grande d’un outil donné);

    - que je suis athée ten­dance agnos­tique mais que j’é­prouve un grand res­pect pour nombre d’en­sei­gne­ments conte­nus dans les écrits reli­gieux (notam­ment ces mises en garde répé­tées des dan­gers de l’usure);

    - que mal­gré mon atta­che­ment incon­di­tion­nel à la mise en oeuvre de la démo­cra­tie directe, je tiens en haute estime l’oeuvre de cer­tains monarques de l’an­cien régime (y com­pris par­mi ceux qui ont la plus mau­vaise réputation)…

    … si je vous dis tout ça (et plus encore !) suis-je de droite, suis-je de gauche, ou admet­trez-vous enfin que les hommes sont plus com­plexes que ces caté­go­ri­sa­tions illu­soires et que l’hu­main est trans-cou­rant par nature puis­qu’il pré­exis­tait à toute idéo­lo­gie, lui et sa facul­té à déter­mi­ner des solu­tions plus ou moins per­ti­nentes, plus ou moins satis­fai­santes à un pro­blème donné.

    Réponse
  53. Alix

    Per­son­nel­le­ment, j’ai tou­jours trou­vé inutiles et confuses les éti­quettes poli­tiques, qui ne sont que des armes de sou­mis­sion mas­sive entre les mains de ceux qui aspirent à la domi­na­tion de leurs semblables.

    La pen­sée de « gauche » est répu­tée plus altruiste que celle de « droite », recon­nue pour être plus « individualiste ».
    C’est pra­tique. De cette manière, l’individualiste for­ce­né peut glis­ser son vilain défaut d’égoïsme sous le tapis et se reven­di­quer de « droite », ça fait meilleur genre. Et pour nos chers poli­tiques, il est plus com­mode de par­tir en croi­sade contre la « gauche » plu­tôt que de condam­ner l’entre-aide ouver­te­ment, ce qui en cho­que­rait sans doute plus d’un dit comme ça.

    Et pen­dant que les hommes cherchent à savoir si untel est plus de gauche que de droite, si le meilleur sys­tème serait plus de droite que de gauche, si telle pen­sée est plus issue d’un cou­rant de gauche que de droite et enfin si l’homme est plus altruiste ou plus égoïste… les assoif­fés de pou­voir et de pos­ses­sion, qui n’utilisent que très rare­ment le lan­gage pour com­mu­ni­quer (mais plu­tôt à des fins per­sua­sives), peuvent pour­suivre tran­quille­ment leur quête.

    Lorsque je regarde l’his­toire, pas seule­ment la nôtre mais aus­si celle des autres civi­li­sa­tions, il y a un point pri­mor­dial qui me saute aux yeux au-delà des guerres idéo­lo­giques : je vois des hommes qui ont com­pris qu’un indi­vi­du a autant de valeur qu’un autre et d’autres qui l’i­gnorent ou font sem­blant de l’i­gno­rer afin de satis­faire leurs inté­rêts personnels.

    Ceux qui ont soif de pou­voir ou de pos­ses­sion appar­tiennent géné­ra­le­ment à la deuxième catégorie.

    Dans la culture amé­rin­dienne, les per­sonnes cupides étaient consi­dé­rées comme malades et dan­ge­reuses pour le groupe (mythe du wendigo).
    Dans l’obs­cu­ran­tisme actuel, celles-ci sont pro­té­gées par une idéo­lo­gie politique.

    Les crises que nous tra­ver­sons suc­ces­si­ve­ment depuis plu­sieurs années sont avant tout dans la tête : il y a eu confu­sion des repères.

    On y gagne­rait sans doute beau­coup à recon­si­dé­rer l’homme pour ce qu’il fait et non à tra­vers le prisme res­tric­tif de son adhé­sion poli­tique, qui ne lui sert au mieux qu’à briller et au pire qu’à se débiner.

    On n’a pas besoin de ces éti­quettes pour penser.

    Réponse
  54. J.C

    @ nles­can

    Je te répon­drais par deux cita­tions d’A­na très en forme :

    « mili­ter dans un par­ti de gauche, c’est offrir sa force per­son­nelle au sys­tème repré­sen­ta­tif, et donc le cautionner. »

    « S’ap­puyer pour défendre le sort du peuple sur les règles qui le contraignent, ou négo­cier avec un pou­voir domi­nant, c’est (à moins d’un sau­veur 😉 ) recon­naître comme de fait légi­times la contrainte et la domi­na­tion, c’est ne se battre que pour le détail de la sou­mis­sion et non pas contre la soumission. »

    Mili­ter pour un par­ti poli­tique n’est pas la clé, c’est même s’im­po­ser un ver­rou sup­plé­men­taire au regard de la démocratie.

    La clé se trouve dans la prise de conscience de ce qu’est une vraie démo­cra­tie et non dans la par­ti­ci­pa­tion à la légi­ti­ma­tion du pou­voir oligarchique.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  55. Hypericum Perfolatum

    Bon­jour à tous, je pré­pare un ate­lier consti­tuant dans le 14° à Paris. J’ai un accord de prin­cipe pour réa­li­ser une série de confé­rence dans un café du coin à par­tir de sep­tembre … Y a t il des GV inté­res­sés pour orga­ni­ser la confé­rence avec moi et éven­tuel­le­ment débu­ter l’a­te­lier en petit groupe ? vous pou­vez me joindre par mail : [email protected]

    Vira­le­ment votre, HP

    Réponse
  56. nlescan

    @ Ana Saillan :

    -je trouve ce que tu dis sur la lutte syn­di­cale cari­ca­tu­ral même si ça concerne très pro­ba­ble­ment une large part de celle-ci, une autre vision du syn­di­ca­lisme existe et en la matière j’é­coute Friot. Je trouve ton pro­pos beau­coup trop caté­go­rique et sur­tout assez « hors sol », la réflexion ne m’intéresse que lors­qu’elle per­met de pro­gres­ser, si il s’a­git de devi­ser sur la poule et l’œuf et faire des ronds de fumée ça ne me m’in­té­resse pas.

    -Je ne suis mili­tant d’au­cun par­ti, je suis plui­tot anti par­tis, cepen­dant je ne suis pas d’ac­cord avec ce que tu dis sur les gens qui militent dans des par­tis, il y a des par­tis qui veulent chan­ger le sys­teme et qui uti­lisent ce qui est per­mis de faire a l’heure actuelle pour se faire entendre, je res­pecte ça, c’est prag­ma­tique. Je suis pragmatique.

    Mélen­chon n’est pas Chavez..Oui et ? nous ne sommes pas au Vene­zue­la, sans blagues ? et ? ou veux tu en venir ?

    En tout cas on aurait pro­ba­ble­ment été mieux lotis avec le JLM qui est loin d’être par­fait qu’a­vec cette escro­que­rie de « centre gauche » à la Thiers qu’on a élu.

    Pour rap­pel les seul par­tis poli­tiques que j’ai vu relayer le tra­vail d’EC sont le NPA( blog de l’aube qui dif­fuse ses videos), le Par­ti de gauche (Savoyard qui a deba­tu du tirage au sort et je ne sais plus quoi)…le par­ti pirate a aus­si fait des trucs avec EC…et tu as Asse­li­neau qui l’a invi­té mais qui dit qu’il est contre la démo­cra­tie directe…

    -tu finis par recon­naitre que la demo­cra­tie est un concept propre à la gauche, tu ajoutes du ster­num par oppo­si­tion à l’hémicycle…ok, admet­tons… Je reste per­sua­dé qu’il y a moins de cre­vards tout a gauche de l’hémicycle qu’ailleurs, j’ai dit tout à gauche.

    @ Benoit les gens qui se classent eux même à l’extrême droite veulent au mieux rem­pla­cer l’o­li­gar­chie actuelle par une autre…Ceux qui ne sont pas d’extrême droite mais dont on tente de salir le nom par amal­game c’est dif­fé­rent… Mais les salades des mytho­manes de la TV n’est pas ce dont je perle ici.

    Je suis clai­re­ment oppo­sé au nationalisme..;Vous aimez bien confondre patrio­ti­sem et natio­na­lisme, il y a une dif­fé­rence, je vais citer un extrait de la defi­ni­ton de natio­na­lisme dans le larousse :

    « Théo­rie poli­tique qui affirme la pré­do­mi­nance de l’in­té­rêt natio­nal par rap­port aux inté­rêts des classes et des groupes qui consti­tuent la nation ou par rap­port aux autres nations de la com­mu­nau­té internationale. »

    à patrio­tisme il est écrit :

    « Atta­che­ment sen­ti­men­tal à sa patrie se mani­fes­tant par la volon­té de la défendre, de la promouvoir. »

    Je consi­dère ces défi­ni­tions valables, ce sont les miennes et j’en véri­fie le sens a tra­vers l’his­toire et en voyant le com­por­te­ment des par­tis qui se réclament de ces idéo­lo­gies une fois au pouvoir.

    Oui, le natio­na­lisme, la volon­té de faire pas­ser les inté­rêts de mon pays avant celui des autres c’est une men­ta­li­té de cre­vards que je com­bat. C’est celle qui conduit au colo­nia­lisme, dégui­sé ou non, à l’im­pe­ria­lisme et à la guerre…C’est exac­te­ment ce qui est pra­ti­qué par l’en­semble des pays occi­den­taux a l’heure actuelle avec plus ou moins de véhémence.

    Je suis patriote et je conchie le nationalisme.

    Qu’est ce que c’est que cette insi­nua­tion à pro­pos de de défor­ma­tion de paroles que je pra­ti­que­rait ? Je n’ap­pré­cie pas.

    @ Hen­ri Pointcarré

    -à pro­pos du patrio­tisme et du natio­na­lisme mer­ci de voir le para­graphe précédent.

    -a pro­pos de ce que tu aimes c’est ton pro­blème, moi j’aime ma femme, cha­cun son truc.

    -Je trouve ta posi­tion a pro­pos de la nation dis­cu­table : par exemple quand elle cor­res­pond a un décou­page colo­nial pra­ti­qué au dépit du bon sens en ne tenant aucun compte des eth­nies qui peuplent les ter­ri­toires les nations peuvent être de belles conneries…Mais bon je ne suis pas for­cé­ment contre les nations, pour l’ins­tant elle ont une fonc­tion de pro­tec­tion des peuples que j’ap­prouve, je ne suis pas per­sua­dé qu’elle soient tota­le­ment indis­pen­sables non plus a par­tir du moment ou la démo­cra­tie est instaurée.

    -La redis­tri­bu­tion oui, tout a fait d’accord.

    -je suis pour la sou­ve­rai­ne­té moné­taire et ali­men­taire de peuples, oui.

    -a pro­pos du publique et des coopé­ra­tives pas mieux.

    -medias neutres : oui

    -ce qui suit je suis d’accord.

    -Le truc sur les pré­noms : c’est une conne­rie, les gens font ce qu’ils veulent.

    -Je n’aime pas l’a­vor­te­ment mais je suis pour que les femmes y aient droit.

    -Je suis pour le divorce et contre l’adultère.

    -Sur les sans faf : je trouve que tu dis une belle conne­rie, je suis avec Lor­don et le FDG la dessus.

    -je ne suis pas com­pé­tent a pro­pos des thé­ra­pies géniques.

    -Ce que tu dis sur le pro­gres­sisme ne me parle pas, je ne par­tage pas ta défi­ni­tion, ça sonne comme un pré­texte pour être réac.

    -Je suis agnos­tique : la seule posi­tion logique vis a vis de dieu selon moi.

    -Je n’ai aucun res­pect pour pour les oli­garques qui on per­mis le géno­cide des indiens et la traite négrière.

    Pour moi tu sonnes comme un mec de droite mais dans le fond c’est ton pro­blème et je m’en tape un peu.

    Réponse
  57. J.C

    @

    « En tout cas on aurait pro­ba­ble­ment été mieux lotis avec le JLM qui est loin d’être par­fait qu’a­vec cette escro­que­rie de « centre gauche » à la Thiers qu’on a élu. »

    On n’est pas ren­du, au lieu de pro­po­ser la démo­cra­tie, il pro­po­sait de faire élire Hol­lande pour pas que Sar­ko­zy soit réelu.
    Quel pro­gramme, ça nous fait une belle jambe.

    De toute façon, il ne pou­vait pas pro­po­ser la démo­cra­tie puisque pour lui on y est. Il faut res­pec­ter le pro­ces­sus démo­cra­tique, l’é­lec­tion démo­cra­tique de la sou­ve­rai­ne­té du peuple… bla bla bla
    Mais, il nous pro­pose une consti­tuante … d’é­lus, autant rien chan­ger ça ira plus vite.

    Je ne l’ai pas enten­du remettre en cause une seule fois le sys­tème repré­sen­ta­tif en tant que tel.

    Le tirage au sort par­mi la popu­la­tion, n’y pen­sez même pas. Les gens n’y adhè­re­ront pas.
    De toutes façons, il ne pour­rait pas aller trop loin ne serait-ce que dans les acquis sociaux si ça ne sert pas à per­pé­tuer le pro­ces­sus en cours. Les rares qui sont pas­ser entre les mailles du filet ont été sup­pri­mé alors de quel­qu’un qui se pré­sen­te­rait pour la démo­cra­tie. Le sys­tème actuel est ver­rouillé par le haut grâce entre autres à l’é­lec­tion et le faux cli­vage gauche-droite.

    Peu importe que la démo­cra­tie soit ori­gi­nel­le­ment une idée de gauche ou pas. Aujourd’­hui l’i­dée même de démo­cra­tie a dis­pa­ru de l’es­prit du grand nombre. ils n’ont aucune idée de ce que ce peut être.
    Il y en a même qui pense que le Vene­zue­la était une démo­cra­tie, c’est pour dire.

    La démo­cra­tie n’a pas besoin de cli­vage gauche-droite qui ne fait que le jeu de l’o­li­gar­chie. Par contre la popu­la­tion a besoin de savoir que nous ne sommes pas en démocratie.

    « Oui, le natio­na­lisme, la volon­té de faire pas­ser les inté­rêts de mon pays avant celui des autres c’est une men­ta­li­té de cre­vards que je com­bat. C’est celle qui conduit au colo­nia­lisme, dégui­sé ou non, à l’im­pe­ria­lisme et à la guerre…C’est exac­te­ment ce qui est pra­ti­qué par l’en­semble des pays occi­den­taux a l’heure actuelle avec plus ou moins de véhémence. »

    Pour une fois que je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec tout un para­graphe de ce que tu écris, je tenais à le souligner 🙂

    Pour le patrio­tisme, c’est autre chose

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  58. Ernest

    @ nles­can

    mer­ci pour ton inter­ven­tion, je trouve bien des points de conver­gence dans ce que tu dis.

    c’est le for­mat du débat qui fait que je me suis éner­vé. car, on ne peut inter­rompre l’interlocuteur.

    et, ça ne me gène pas de m’emporter, c’est une trans­gres­sion des règles du débat qui a le mérite d’être évi­dente et visible.

    d’autres le sont moins.
    je n’ai pas une connais­sance et une maî­trise assez fine en rhé­to­rique pour répondre en des termes qui feraient prendre conscience à l’autre qu’il est en train d’a­bu­ser (sans même en avoir conscience) d’un pro­cé­dé trom­peur, et pas­ser sur un mode de dia­logue constructif.

    par exemple il y en a un qui te dis que les anar­chistes n’ont eu aucune influence et qu’il étaient 12 puis ajoute qu’il est « scien­ti­fique » et te demande même des « sources ».…là on a du lourd…argument d’autorité.

    plus sub­til, ceci : « mili­ter dans un par­ti de gauche, c’est offrir sa force per­son­nelle au sys­tème repré­sen­ta­tif, et donc le cautionner. »
    car aucune cor­ré­la­tion directe et néces­saire n’existe entre « mili­ter dans un par­ti de gauche » et  » par­ti­ci­per au sys­tème repré­sen­ta­tif » donc tout le rai­son­ne­ment s’é­croule. Mais bien sûr, mon­trer à l’autre son erreur, c’est l’in­vi­ter à se docu­men­ter, à prendre connais­sance de la genèse des par­tis de gauche, des débats viru­lent entre Marx et Bakou­nine, des écrits des socia­listes pour­fen­dant l’é­lec­tion, etc.
    cette mémoire-là se trans­met entre mili­tants, et quelques cher­cheurs sin­cères ramènent chaque année quelques pépites, mais enfin, après 1989, ils sont de moins en moins…cela dit, l’in­ter­net per­met de se faire une idée facilement…encore faut-il lire sans à prio­ri et avoir un mini­mum de connais­sances his­to­riques pour remettre les choses dans leur contexte.

    reste à savoir aus­si si Simone Weil a rai­son, au-delà de condam­ner qui­conque se conten­te­rait de son texte pour tirer défi­ni­ti­ve­ment un trait sur tout ce qui peut de près ou de loin res­sem­bler à un parti…il s’a­git peut-être de sa part d’un moment d’é­ga­re­ment, un « à quoi bon » au terme d’une vie d’en­ga­ge­ment par­ti­san et de luttes…et alors ? tôt ou tard, pour qui entend mener à bien une idée, se pose la ques­tion des moyens…arrive consé­quem­ment la ques­tion de l’or­ga­ni­sa­tion des citoyens par­ti­sans de cette idée.…cela vaut aus­si pour l’in­tro­duc­tion du tirage au sort en politique…

    la prise de conscience est un pas­sage obli­gé, mais une fois qu’on a pris conscience, il faut bien prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés, et comme le monde ne se divise pas en « gen­tils » et « méchants »,ce qui va se jouer dans un col­lec­tif humain en termes de rap­ports de pou­voir, de domi­na­tion, etc., ne sera jamais que le reflet d’une époque, de cultures, d’é­du­ca­tions et on aura beau vou­loir pas­ser par des­sus en pen­sée, la réa­li­té mou­vante et solide à la fois, com­plexe, fait que les illu­sions tombent pour qui ne perd pas de vue l’ob­jec­tif mais pré­fère avan­cer pas à pas, ou bien finit par­fois six pieds sous terre pour ceux qui ne veulent pas la prendre en compte…

    et que dire de cet autre pan du rai­son­ne­ment d’une ana sailland qu’on nous dit en forme, ce dont je suis ravi pour elle, qui vou­drait que jouer dans le sys­tème serait le cau­tion­ner… dois-je l’in­vi­ter à s’in­quié­ter de sa san­té ou bien à lire « le gauchisme…la mala­die infan­tile du com­mu­nisme » his­toire de voir si la thé­ra­pie porte ses fruits et que ça syn­thé­tise à gauche du cor­tex ce que sa gauche du plexus lui dicte ?
    un petit voyage au véné­zue­la peut être pour la post-cure…histoire de voir ce que pensent de ses idées ceux qui ont tro­qué les balles de la kalach­ni­kov pour des bul­le­tins dans l’urne et la par­ti­ci­pa­tion directe des citoyen à l’é­cri­ture d’une constitution ?

    et peut-être que la Charte d’A­miens que se donne les citoyens syn­di­qué de la CGT fai­sant men­tion de l’ob­jec­tif d’a­bo­li­tion du sala­riat souffre-t-elle dans son appli­ca­tion d’un trop grand nombre d’a­na sailland qui ne se coa­lisent ni ne cau­tionnent pen­dant qu’en face ça conti­nue de cau­tion­ner sévère…peut-être, qui sait ?

    et on apprend aus­si ici qu’on pour­rait être de droite et démo­crate, mais alors c’est admettre que l’on peut être citoyen dans la cité et serf dans l’en­tre­prise, pos­sé­der le droit de faire la loi sans pou­voir contes­ter ce qui fait que nous ne sommes pas en posi­tion de la faire…intéressant paradoxe…Proudhon doit se retour­ner dans sa tombe.

    inté­res­sant pro­cé­dé aus­si qui consiste à sépa­rer le poli­tique du social et de l’économique…précisément ce qui nous lie à l’im­puis­sance poli­tique tient en ce stra­ta­gème, mais d’au­cun vou­drait ici nous faire ava­ler l’i­déo­lo­gie bour­geoise libé­rale (la jus­ti­fi­ca­tion idéo­lo­gique de sa domi­na­tion) en se parant des ori­peaux du « pur », du « démo­crate »…on ne nous aurais pas déjà fait le coup après que la tête de Robes­pierre eut rou­lé sur le sol ?

    il fau­drait donc croire qu’une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui s’est construite sur la légi­ti­mi­té du pos­sé­dant qui sait gérer sa pro­prié­té et ses sala­riés-sujet ne sau­rait se voir dépas­ser sans lut­ter aus­si pour rendre impuis­sants les­dits sala­riés-sujets qui ne cau­tionnent pas ça au pré­texte qu’ils auraient fon­dés par­tis et syn­di­cats et qu’ils auraient occu­pé les ter­rains de lutte qui s’of­fraient à eux.…compte-tenu des rap­ports de force…c’est à dire compte-tenu aus­si non pas uni­que­ment des méchants « riches » mais aus­si et fina­le­ment sur­tout de la pas­si­vi­té et sans doute plu­tôt de l’adhé­sion des gens à ces idéo­lo­gies qui les enchainent et dont ils ne s’a­per­çoivent même pas tant elle leur appa­raissent évi­dentes, à force de pro­pa­gande et d’é­du­ca­tion, et faute d’a­voir envie de faire l’ef­fort de prê­ter l’oreille…

    alors oui peut-être ne sont-ce pas là des témoi­gnage de paresse…mais, il est tout de même plus facile de lire gram­sci que de finir sa vie en pri­son et d’y cou­cher son savoir sur papier…même ça ça leur coûte, des fois qu’ils com­prennent ce que le concept d’i­déo­lo­gie, d’hé­gé­mo­nie veut dire, pour ensuite avoir un dilemme ou bien je reste esclave du TINA ou bien je com­prends que je suis une éponge à idéo­lo­gies et que celle qui me fait dire tout fier de moi que l’i­déo­lo­gie ça empêche de pen­ser, m’in­vite jus­te­ment à ne pas pen­ser et à tour­ner en rond avec ma démo­cra­tie des calendes grècques…

    qui ici fait l’ef­fort de dia­lo­guer ? pas moi en tout cas, car je ne sais pas dia­lo­guer avec des pré­ju­gés, et qu’une conver­sa­tion avec quel­qu’un qui a tel­le­ment de pré­sup­po­sés qu’il n’est pas capable de rendre conscients à lui-même est pro­pre­ment pénible, a for­tio­ri quand elle pol­luée par des sophisme et des pro­cé­dés rhé­to­riques douteux.

    déso­lé pour ceux qui trouve cela bar­bant et long.…je n’ai pas le pouvoir…du surlignage

    Réponse
  59. nlescan

    @JC :

    Je salue ce point d’ac­cord ! ça fait tou­jours plai­sir d’être d’accord.

    A pro­pos de Melen­chon je trouve que tu cari­ca­tures, il veut une assem­blée élue, c’est vrais, mais dont les membres ne pour­ront être par la suite élus à d’autres fonctions…Il s’ins­pire de Robespierre..

    Ce n’est pas par­fait, ce n’est pas assez mais bon je trouve c’est un peu facile de jeter le bébé avec l’eau du bain…Et mani­fes­te­ment le Par­ti de Gauche est un des seuls par­tis a ma connais­sance dont cer­tains membres abordent avec sérieux l’i­dée du tirage au sort…Je trouve ça un peu facile de condam­ner d’office.

    Et a pro­pos du vote Hol­lande contre Sar­ko c’é­tait un pis aller mais quand tu sais que tu vas te la prendre la vase­line vaut mieux pour ton fond…Je sais c’est vul­gaire mais c’est la dif­fé­rence entre Hol­lande et Sar­ko : le même manche avec ou sans vaseline.

    Je com­prend pas trop ta phrase a pro­pos du Venezuela…Le Vene­zue­la est un sys­tème légi­ti­me­ment repré­sen­ta­tif qui a com­men­cer a inté­grer des élé­ments pri­mor­diaux de la démo­cra­tie a savoir les RIC.

    Réponse
  60. nlescan

    @ Ernest : j’aime bien ce que tu dis, mais ne soit pas trop prompt à balan­cer la cui­sine grecque de Chouard… Moi je la trouve très bonne… Les gens de ce site ne sont pas des méchants, ni les amné­siques, ni les igno­rants, ni meme les droiteux…Ils croient a leur truc comme nous au notres…Ce qui me gave c’est quand ils sont de mau­vaise foi…mais ça arrive a tout le monde…

    Il ne faut pas se bra­quer, il faut dis­cu­ter, c’est tou­jours intéressant.

    Moi qui suis un ignare j’ap­prends des trucs en lisant tes posts…On a aus­si besoin d’intervenants comme toi ici.

    Réponse
  61. Ana Sailland

    Le pres­byte et le myope, s’ils ne dis­posent pas de lunettes à double foyer, ont mieux à faire que de s’ac­cu­ser mutuel­le­ment d’a­voir le regard trouble 😉 (@nlescan)

    Réponse
  62. J.C

    @ nles­can

    « Et a pro­pos du vote Hol­lande contre Sar­ko c’é­tait un pis aller mais quand tu sais que tu vas te la prendre la vaseline »

    Ce que j’es­saie de te dire et je ne suis pas le seul, c’est que, pour résu­mé, au lieu de se « prendre la vase­line » et de consen­tir, il suf­fi­rait d’arrêter de cau­tion­ner l’é­lec­tion comme étant un pro­ces­sus démocratique.

    Mais bon après tout ça ne fait que 200 ans qu’on s’en­fonce, encore 50 ans et tout cela sera ter­mi­né, on sera tous deve­nu des cyborgs sauf si on fini par se réveiller sérieusement.

    http://​web​su​ter​fuge​.free​.fr/​f​i​l​m​.​h​tml

    Mais avec le retour de sitouaillain ou de son frère ici et ses dis­cours lan­ci­nants, c’est pas gagner.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  63. nlescan

    mwouais… c’est tout ce que tu as a répondre a mes objec­tions et a mes demandes de cla­ri­fi­ca­tion ? tu me traites de miro ? c’est faible.

    Réponse
  64. nlescan

    JC, tu prêches un convain­cu, je suis tout a fait pour un sys­tème à l’a­thé­nienne avec du tirage au sort…En atten­dant on fait avec ce qu’on a…

    T’est un peu comme la gars qui explique au mort de faim qu’il devrait arrê­ter de man­ger des patates bouillies parce que le filet mignon c’est bien meilleur…

    Faute de grives on mange des merles.

    Réponse
  65. nlescan

    le 64 était pour Ana Sailland

    Réponse
  66. Henri Poincaré

    @nlescan

    Mon pro­fil en soi ne pré­sente aucun inté­rêt et n’est évo­qué ici que pour les besoins de la démonstration.
    Démons­tra­tion qui par ailleurs porte ses fruits puisque, si l’on remonte un peu le fil de cette dis­cus­sion, vous assé­niez encore il y a peu qu’un par­ti­san de la démo­cra­tie directe ne pou­vait être en défi­ni­tive qu’un homme « de gauche », fusse-t-il au pire un gau­chiste qui s’i­gnore (et qui se trompe lors­qu’il se croit « de droite »).
    Hors à pré­sent vous esti­mez que mon pro­fil, celui d’un fervent par­ti­san de la démo­cra­tie directe, vous appa­rait comme le pro­fil d’un indi­vi­du « de droite ».

    Il appa­rait donc qu’il y ait déjà du mieux dans votre approche de la ques­tion puisque vous sem­blez désor­mais envi­sa­ger qu’un indi­vi­du puisse se pro­non­cer pour la démo­cra­tie directe tout en étant « de droite » (à vos yeux tout du moins).
    Tout ceci laisse entre­voir de l’es­poir, et peut-être bien que par le futur vous en vien­drez à consi­dé­rer les choses avec des sché­mas de pen­sée encore plus nuan­cés, un regard sur le monde prêt à envi­sa­ger que l’on puisse s’af­fir­mer en tant que simple humain éman­ci­pé de tout mani­chéisme idéologique.

    En outre il appa­rait que pour l’heure vous ayez une uti­li­té objec­tive dans notre démarche col­lec­tive pour la démo­cra­tie directe, car,en effet, il existe nombre d’in­di­vi­dus, se reven­di­quant « de gauche », et qui ne pour­ront être convain­cus de se lan­cer dans l’a­ven­ture de la démo­cra­tie directe que si ce pro­jet leur est pré­sen­té comme un « com­bat de gauche ». Or puisque nous avons besoin de tout le monde pour sou­te­nir le pro­jet, j’es­time que, dans une démarche d’ef­fi­ca­ci­té, on peut bien les lais­ser y croire.

    Pour le reste je n’en­tre­rai pas plus avant dans le détail des idées avan­cées tan­tôt puis­qu’il n’é­tait pas dans l’ob­jec­tif de ce fil d’exa­mi­ner toutes ces ques­tions pio­chées à des­sein, pour les besoins du raisonnement.

    PS : Cela dit je tiens tout de même à pré­ci­ser que vous confon­dez mani­fes­te­ment le natio­na­lisme (qui n’est plus ou moins qu’un syno­nyme du patrio­tisme) avec l’ex­pan­sion­nisme (qui, pour sa part, est une dégueu­las­se­rie)… D’où l’a­mal­game que vous culti­vez à ce sujet.

    Il me semble que par rap­port au patrio­tisme, sou­vent pré­sen­té comme la stricte défense des inté­rêts stra­té­giques et vitaux de la patrie, le natio­na­lisme sou­ligne avec un peu plus d’in­sis­tance que les res­sor­tis­sants ont certes des droits, mais éga­le­ment quelques devoirs (des res­pon­sa­bi­li­tés) à l’é­gard du legs dont ils héritent, à savoir leur pays (dont j’ai déjà four­ni une défi­ni­tion quelques mes­sages plus haut).

    Le natio­na­lisme implique notam­ment que les res­sor­tis­sants d’un pays ont une res­pon­sa­bi­li­té devant le reste du monde : celle pré­ser­ver un tant soit peu les par­ti­cu­la­rismes cultu­rels du pays dont ils dépendent, afin que, chaque nation fai­sant de même, l’on soit assu­ré de pré­ser­ver tout autour du globe le plu­ra­lisme des cultures humaines (sans nul doute le plus pré­cieux tré­sor de l’hu­ma­ni­té), esqui­vant par là-même le péril de l’u­ni­for­mi­sa­tion (sac­cage de ce trésor).

    Bref il me semble qu’il y a une dimen­sion cultu­relle dans le natio­na­lisme et que l’on retrouve assez peu dans l’emploi cou­rant du terme patriotisme.

    Réponse
  67. nlescan

    Je ne cultive aucun amal­game au sujet du natio­na­lisme : je lis le dic­tion­naire, j’ob­serve les par­tis poli­tiques qui s’en réclament et je compte mes morts.

    J’ai déjà dit que je trou­vais très bien que des gens de droite soient pour la démo­cra­tie, je n’ai jamais dit que vous n’é­tiez pas capables de piquer des idées à la gauche, plus vous en pren­drez plus je serais content.

    Mais bon, on va pas se men­tir, les démo­crates de droite sont ultra mino­ri­taires, le gros des démo­crates dans ce pays est consti­tué d’a­nar­chistes et de trots­kistes (quoi ? d’hor­ribles bol­che­viques?) et ils n’ont pas atten­du E.C. pour mili­ter en faveur de la démo­cra­tie directe…Apres c’est tou­jours pareil, il y a des cons partout…

    Réponse
  68. Henri Poincaré

    nles­can a dit :
    « J’ai déjà dit que je trou­vais très bien que des gens de droite soient pour la démo­cra­tie, je n’ai jamais dit que vous n’é­tiez pas capables de piquer des idées à la gauche, plus vous en pren­drez plus je serais content. »

    Sauf que pour ma part je ne suis pas « de droite » (et je ne suis pas « de gauche » non plus), c’est sim­ple­ment votre juge­ment tout per­son­nel et sub­jec­tif qui a déci­dé que, pour vous, je devrais échoir dans la caté­go­rie des gens « de droite ».
    Per­son­nel­le­ment je ne me consi­dère que comme un homme tout à fait éman­ci­pé de ce cli­vage artificiel.

    nles­can a dit :
    « Je ne cultive aucun amal­game au sujet du natio­na­lisme : je lis le dic­tion­naire, j’ob­serve les par­tis poli­tiques qui s’en réclament et je compte mes morts. »

    À ce compte là tous les par­tis se récla­mant du patrio­tisme ont autant de morts au comp­teur (dans pas mal d’ailleurs de cas les mêmes par­tis se réclament du natio­na­lisme et du patrio­tisme)… Ça n’a pas de sens d’en réfé­rer à de telles décla­ra­tions d’intention.
    En outre com­bien de par­tis se récla­mant du socia­lisme avec des bataillons de morts à la clé ? Cela signi­fie-t-il que la jus­tice sociale soit quelque chose de mal en soi ? Ou sim­ple­ment cela signi­fie-t-il que des ordures et des hypo­crites ont récu­pé­ré, dévoyé et sali des concepts qui n’en méri­taient pas tant ?..

    Réponse
  69. phil82

    « Une nation est une âme, un prin­cipe spi­ri­tuel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, consti­tuent cette âme, ce prin­cipe spi­ri­tuel. L’une est dans le pas­sé, l’autre dans le pré­sent. L’une est la pos­ses­sion en com­mun d’un riche legs de sou­ve­nirs ; l’autre est le consen­te­ment actuel, le désir de vivre ensemble, la volon­té de conti­nuer à faire valoir l’hé­ri­tage qu’on a reçu indi­vis. L’homme, Mes­sieurs, ne s’im­pro­vise pas. La nation, comme l’in­di­vi­du, est l’a­bou­tis­sant d’un long pas­sé d’ef­forts, de sacri­fices et de dévoue­ments. Le culte des ancêtres est de tous le plus légi­time ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un pas­sé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’en­tends de la véri­table), voi­là le capi­tal social sur lequel on assied une idée natio­nale. Avoir des gloires com­munes dans la pas­sé, une volon­té com­mune dans le pré­sent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vou­loir en faire encore, voi­là les condi­tions essen­tielles pour être un peuple. On aime en pro­por­tion des sacri­fices qu’on a consen­tis, des maux qu’on a souf­ferts. On aime la mai­son qu’on a bâtie et qu’on trans­met. Le chant spar­tiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes » est dans sa sim­pli­ci­té l’hymne abré­gé de toute patrie.

    Dans le pas­sé, un héri­tage de gloire et de regrets à par­ta­ger, dans l’a­ve­nir un même pro­gramme à réa­li­ser ; avoir souf­fert, joui, espé­ré ensemble, voi­là ce qui vaut mieux que des douanes com­munes et des fron­tières conformes aux idées stra­té­giques ; voi­là ce que l’on com­prend mal­gré les diver­si­tés de race et de langue. Je disais tout à l’heure : « avoir souf­fert ensemble » ; oui, la souf­france en com­mun unit plus que la joie. En fait de sou­ve­nirs natio­naux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils com­mandent l’ef­fort en commun.

    Une nation est donc une grande soli­da­ri­té, consti­tuée par le sen­ti­ment des sacri­fices qu’on a faits et de ceux qu’on est dis­po­sé à faire encore. Elle sup­pose un pas­sé ; elle se résume pour­tant dans le pré­sent par un fait tan­gible : le consen­te­ment, le désir clai­re­ment expri­mé de conti­nuer la vie com­mune. L’exis­tence d’une nation est (par­don­nez-moi cette méta­phore) un plé­bis­cite de tous les jours, comme l’exis­tence de l’in­di­vi­du est une affir­ma­tion per­pé­tuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins méta­phy­sique que le droit divin, moins bru­tal que le droit pré­ten­du his­to­rique. Dans l’ordre d’i­dées que je vous sou­mets, une nation n’a pas plus qu’un roi le droit de dire à une pro­vince : « Tu m’ap­par­tiens, je te prends ». Une pro­vince, pour nous, ce sont ses habi­tants ; si quel­qu’un en cette affaire a droit d’être consul­té, c’est l’ha­bi­tant. Une nation n’a jamais un véri­table inté­rêt à s’an­nexer ou à rete­nir un pays mal­gré lui. Le vœu des nations est, en défi­ni­tive, le seul cri­té­rium légi­time, celui auquel il faut tou­jours en revenir.

    Nous avons chas­sé de la poli­tique les abs­trac­tions méta­phy­siques et théo­lo­giques. Que reste-t-il, après cela ? Il reste l’homme, ses dési­rs, ses besoins. La séces­sion, me direz-vous, et, à la longue, l’é­miet­te­ment des nations sont la consé­quence d’un sys­tème qui met ces vieux orga­nismes à la mer­ci de volon­tés sou­vent peu éclai­rées. Il est clair qu’en pareille matière aucun prin­cipe ne doit être pous­sé à l’ex­cès. Les véri­tés de cet ordre ne sont appli­cables que dans leur ensemble et d’une façon très géné­rale. Les volon­tés humaines changent ; mais qu’est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d’é­ter­nel. Elles ont com­men­cé, elles fini­ront. La confé­dé­ra­tion euro­péenne, pro­ba­ble­ment, les rem­pla­ce­ra. Mais telle n’est pas la loi du siècle où nous vivons. À l’heure pré­sente, l’exis­tence des nations est bonne, néces­saire même. Leur exis­tence est la garan­tie de la liber­té, qui serait per­due si le monde n’a­vait qu’une loi et qu’un maître.

    Par leurs facul­tés diverses, sou­vent oppo­sées, les nations servent à l’œuvre com­mune de la civi­li­sa­tion ; toutes apportent une note à ce grand concert de l’hu­ma­ni­té, qui, en somme, est la plus haute réa­li­té idéale que nous attei­gnions. Iso­lées, elles ont leurs par­ties faibles. Je me dis sou­vent qu’un indi­vi­du qui aurait les défauts tenus chez les nations pour des qua­li­tés, qui se nour­ri­rait de vaine gloire ; qui serait à ce point jaloux, égoïste, que­rel­leur ; qui ne pour­rait rien sup­por­ter sans dégai­ner, serait le plus insup­por­table des hommes. Mais toutes ces dis­so­nances de détail dis­pa­raissent dans l’en­semble. Pauvre huma­ni­té, que tu as souf­fert ! que d’é­preuves t’at­tendent encore ! Puisse l’es­prit de sagesse te gui­der pour te pré­ser­ver des innom­brables dan­gers dont ta route est semée !

    Je me résume, Mes­sieurs. L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa reli­gion, ni du cours des fleuves, ni de la direc­tion des chaînes de mon­tagnes. Une grande agré­ga­tion d’hommes, saine d’es­prit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’ap­pelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacri­fices qu’exige l’ab­di­ca­tion de l’in­di­vi­du au pro­fit d’une com­mu­nau­té, elle est légi­time, elle a le droit d’exis­ter. Si des doutes s’é­lèvent sur ses fron­tières, consul­tez les popu­la­tions dis­pu­tées. Elles ont bien le droit d’a­voir un avis dans la ques­tion. Voi­là qui fera sou­rire les trans­cen­dants de la poli­tique, ces infaillibles qui passent leur vie à se trom­per et qui, du haut de leurs prin­cipes supé­rieurs, prennent en pitié notre terre à terre. « Consul­ter les popu­la­tions, fi donc ! quelle naï­ve­té ! Voi­là bien ces ché­tives idées fran­çaises qui pré­tendent rem­pla­cer la diplo­ma­tie et la guerre par des moyens d’une sim­pli­ci­té enfan­tine ». – Atten­dons, Mes­sieurs ; lais­sons pas­ser le règne des trans­cen­dants ; sachons subir le dédain des forts. Peut-être, après bien des tâton­ne­ments infruc­tueux, revien­dra-t-on à nos modestes solu­tions empi­riques. Le moyen d’a­voir rai­son dans l’a­ve­nir est, à cer­taines heures, de savoir se rési­gner à être démodé. »

    RENAN, Ernest (1823−1892) : Qu’est-ce qu’une nation ?, 1882

    Réponse
  70. nlescan

    Attends tu ne cites pas ses super pas­sages sur les races etses délires colonialistes ?

    « Nous aspi­rons, non pas à l’égalité, mais à la domi­na­tion. Le pays de race étran­gère devra rede­ve­nir un pays de serfs, de jour­na­liers agri­coles ou de tra­vailleurs indus­triels. Il ne s’agit pas de sup­pri­mer les inéga­li­tés par­mi les hommes, mais de les ampli­fier et d’en faire une loi. »

    « La nature a fait une race d’ou­vriers. C’est la race chi­noise, d’une dex­té­ri­té de main mer­veilleuse, sans presque aucun sen­ti­ment d’hon­neur ; gou­ver­nez-la avec jus­tice en pré­le­vant d’elle pour le bien­fait d’un tel gou­ver­ne­ment un ample douaire au pro­fit de la race conqué­rante, elle sera satis­faite ; une race de tra­vailleurs de la terre, c’est le nègre : soyez pour lui bon et humain, et tout sera dans l’ordre ; une race de maîtres et de sol­dats, c’est la race euro­péenne. Que cha­cun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien »

    Sa com­plète bien son texte sur la nation, la boucle est bouclée.

    @Pointcarré : t’est un peu obtus avec ton natio­na­lisme, vas régler tes embrouilles avec le Larousse, Le Robert, le Fhaine, Pino­chet et Vide­la… Et fout moi la paix avec les morts des autres, je t’ai par­lé des miens…a ce compte la, a ce compte la rien du tout. Vas vendre ta soupe pour­rie a quel­qu’un d’autre.

    Réponse
  71. Henri Poincaré

    @nlescan

    Je ne com­prends pas bien votre aga­ce­ment soudain.
    C’est pour­tant éton­nant, de la part de quel­qu’un ayant bien assi­mi­lé le fait que que nous nous soyons fait voler le mot « démo­cra­tie » il y a désor­mais 200 ans, de ne pas pou­voir envi­sa­ger qu’il en soit de même avec d’autre mots, et que nous nous soyons éga­le­ment fait voler des termes comme « natio­na­lisme » par exemple. Il arri­ve­ra bien un jour d’ailleurs, où nous nous feront voler le terme patrio­tisme, ce n’est pas impossible.

    PS : en outre vous pour­rez bien regar­der la défi­ni­tion de la démo­cra­tie dans le Larousse, ça ne m’é­ton­ne­rait pas qu’ils y assi­milent la démo­cra­tie au régime repré­sen­ta­tif (de la même manière que le pro­fesse l’é­du­ca­tion natio­nale), sans comp­ter le nombre de régimes tyran­niques qui se sont récla­més (à tort) de la démo­cra­tie… On en sort plus si l’on va par là, et que l’on ne cherche plus à récu­pé­rer notre voca­bu­laire légitime.

    Réponse
  72. Ana Sailland

    @64 et 68

    Que d’a­gres­si­vi­té …
    Mais puisque tu affirmes regret­ter que je ne sois pas plus pug­nace, je vais faire un effort (très modéré) 😉

    L’i­mage du myope et du pres­byte, c’é­tait pour signi­fier, en clair puisque tu as besoin d’une tra­duc­tion, que si nous ne par­lons pas de la même chose, avec des pro­fon­deurs de champ dif­fé­rentes, en gros du genre regard révo­lu­tion­naire ver­sus regard réfor­miste, qui sont des regards com­plé­men­taires, mais foca­li­sés sur des dyna­miques dis­tinctes, il est plus utile de par­ta­ger et de s’é­cou­ter que de s’affronter.
    Je refuse donc d’en­trer dans un conflit arti­fi­ciel fon­dé sur la confu­sion de deux thèmes dis­tincts, qui sont d’une part la lutte au jour le jour dans et contre l’ordre éta­bli, et d’autre part la sor­tie de cet ordre établi.

    Mais puis­qu’en amont, tu dis que je cari­ca­ture en poin­tant la sou­mis­sion induite par la négo­cia­tion, alors lis avec soin l’A­NI et dis nous alors ensuite si la cari­ca­ture, ce n’est pas plu­tôt la lutte syn­di­cale, et en par­ti­cu­lier la CFDT.

    Pour finir, j’ai­me­rais savoir ce que tu penses de l’ex­pres­sion « par­te­naires sociaux ».

    Réponse
  73. nlescan

    Ben alors ca chouine comme quoi je suis mechant ? Je suis direct, je dis ce que j ai a dire, je ne fais pas d insi­nua­tions et je n insulte pas sous cou­vert de faire de l humours. J ai pas trop le temps la, je repon­drait sur le fond plus tard.

    Réponse
  74. J.C

    @ nles­can

    Je crois que tu n’as encore com­pris ce que j’es­saie de te dire.
    le filet mignon est tout chaud pré­pa­ré, il n’at­tends que toi, arrête de cher­cher des merles, ce n’est pas nécessaire.

    Il n’y a rien à attendre de l’é­lec­tion ou de par­tis poli­tiques ou même d’un quel­conque pseu­do clivage.
    La socié­té est un leurre, nous ne sommes pas en démocratie.
    Les élec­tions ne sont pas légitimes.
    Tout est fon­dé sur des mensonges.
    Tu peux te réveiller maintenant.
    Nous ne sommes pas en démocratie.

    @ Ernest RENAN (1823−1892)

    « La nation, comme l’in­di­vi­du, est l’a­bou­tis­sant d’un long pas­sé d’ef­forts, de sacri­fices et de dévoue­ments » à l’oligarchie.
    Et oui, il n’y a rien eu d’autre jusqu’à main­te­nant depuis des siècles.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  75. phil82

    @71

    Tu cites des pas­sages d’un livre de Renan écrit en 1871 : « La réforme intel­lec­tuelle et morale de le France ».

    « Renan est un libé­ral réac­tion­naire qui se situe entre Mon­tes­quieu et de Gaulle. Mon­tes­quieu sub­sti­tue la loi au pou­voir per­son­nel, et, d’autre part, il refuse de prendre la chose mili­taire comme éta­lon de la valeur natio­nale (pour lui, ce n’est pas la gloire mais le bien des citoyens que doit recher­cher le sou­ve­rain). Renan réta­blit la force mili­taire comme valeur d’é­ta­lon­nage, au détri­ment même, s’il le faut, du niveau de vie, ce qui don­ne­ra en se moder­ni­sant la force de frappe gaul­lienne ; mais il n’eût pas tran­si­gé sur le res­pect de la consti­tu­tion et des lois. Ce der­nier point n’est plus consi­dé­ré aujourd’­hui en France comme un cri­tère de moder­ni­té poli­tique. Par contre, Renan, par méfiance à l’é­gard du suf­frage uni­ver­sel, sous-esti­mait sans doute l’im­por­tance de l’o­pi­nion publique. Ce qui est une erreur carac­té­ris­tique du XIXe siècle : on peut très bien se méfier du suf­frage uni­ver­sel et, pré­ci­sé­ment pour cette rai­son, être un vir­tuose dans la mani­pu­la­tion de l’o­pi­nion. Ce que le XXe siècle a mon­tré, c’est que l’en­ne­mi du pou­voir per­son­nel n’est pas le suf­frage uni­ver­sel, mais l’in­for­ma­tion du suf­frage universel. »

    Jean-Fran­çois REVEL

    Réponse
  76. phil82

    « C’est pré­ci­sé­ment parce que dans le cas du racisme, l’ob­jet de la haine doit demeu­rer incon­ver­tible que l’i­ma­gi­naire raciste doit invo­quer ou inven­ter des carac­té­ris­tiques pré­ten­du­ment phy­siques (bio­lo­giques), donc irré­ver­sibles, chez les objets de sa haine ; la cou­leur de la peau, les traits du visage, sont l’é­tayage le plus appro­prié de cette haine à la fois parce qu’ils signe­raient l’é­tran­ge­té irré­duc­tible de l’ob­jet et éli­mi­ne­raient tout risque de confu­sion entre lui et le sujet. D’où aus­si la répul­sion par­ti­cu­liè­re­ment forte à l’é­gard du métis­sage, qui brouille les fron­tières entre les purs et les impurs et montre au raciste qu’il s’en fau­drait de peu pour qu’il se trouve de l’autre coté de la bar­rière de la haine. Enfin, il serait cer­tai­ne­ment jus­ti­fié de lier cette forme extrême de la haine de l’autre à la forme la plus obs­cure, la plus sombre et la plus refou­lée de la haine : la haine de soi.

    L’hé­té­ro­no­mie et la haine de l’autre ont une racine com­mune : le qua­si-« besoin », la qua­si-néces­si­té de la clô­tu­ré du sens, qui dérivent des ten­dances intrin­sèques à l’ins­ti­tu­tion et de la quête des cer­ti­tudes ultimes de la part de la psy­ché sin­gu­lière qui conduit des iden­ti­fi­ca­tions extrê­me­ment fortes à des corps de croyances étanches, par­ta­gées et sou­te­nues par des col­lec­ti­vi­tés réelles.

    L’au­to­no­mie, c’est à dire la pleine démo­cra­tie, et l’ac­cep­ta­tion de l’autre ne forment pas la pente natu­relle de l’hu­ma­ni­té. Elles ren­contrent toutes deux des obs­tacles énormes. Nous savons par l’his­toire que la lutte pour la démo­cra­tie a ren­con­tré jus­qu’i­ci, mar­gi­na­le­ment, plus de suc­cès que la lutte contre le chau­vi­nisme, la xéno­pho­bie et le racisme. Mais, pour ceux qui sont enga­gés dans le seul pro­jet poli­tique défen­dable, le pro­jet de la liber­té uni­ver­selle, la seule voie ouverte est la conti­nua­tion de la lutte à contre-pente. »

    C. CASTORIADIS

    Réponse
  77. Renaud

    Je ne peux pas foui­ner dans tous les com­men­taires, mais la teneur de cer­tains laisse à pen­ser qu’une évo­lu­tion salubre se ferait dans l’opinion.
    C’est urgent, car, encore et tou­jours la « pen­sée » fran­çaise est impré­gnée, satu­rée d’i­déo­lo­gies poli­tiques, les­quelles sont deve­nues impli­ci­te­ment autant de « grilles » d’a­na­lyse qui ne concordent presque jamais. Or, l’i­déo­lo­gie, les idéo­lo­gies ont enva­hi nos cer­velles comme autant de miroirs défor­mants qui égarent dura­ble­ment les per­cep­tions et les réflexions. Je pense que la sur­po­li­ti­sa­tion de la socié­té fran­çaise est deve­nue très pré­ju­di­ciable et même toxique.
    Il nous faut lais­ser tom­ber la poli­tique et œuvrer en direc­tion de ce qui est ‑orga­nique-dans tout sys­tème d’or­ga­ni­sa­tion sociale.
    Il se peut qu’il soit dif­fi­cile et long d’ha­bi­tuer une socié­té à s’oc­cu­per intel­li­gem­ment et effi­ca­ce­ment de la chose publique. Mais a‑t-on vrai­ment essayé ? Ce ne sont tou­jours pas les poli­ti­ciens de par­tis qui s’y sont appli­qués. Jamais les exploi­teurs n’es­saient d’or­ga­ni­ser leurs vic­times pour qu’elles résistent à leurs exploiteurs.
    N’at­ten­dons pas du diable qu’il nous apporte la gâce de Dieu. De même, si l’on veut une poli­tique et une éco­no­mie au ser­vice de tous et de cha­cun, ne l’at­ten­dons pas de ceux qui visent un autre objec­tif : c’est à tous et à cha­cun de nous de tra­vailler à l’organiser.
    La pre­mière chose à faire, c’est cer­tai­nemnt de savoir de quoi il est question.
    Au stade où nous en sommes, le constat incon­tour­nable est l’ab­sence abso­lue du moindre contrôle social des pro­duc­teurs des biens et des ser­vice sur la créa­tion moné­taire laquelle doit cor­res­pondre rigou­reu­se­ment à la pro­duc­tion faite. Mais la créa­tion moné­taire est faite par les banques, et cela fausse tout. En tout pre­mier lieu c’est ce qui fausse le pou­voir d’a­chat de la socié­té pro­duc­trice dans son ensemble avec toutes les consé­quences his­to­riques et d’ac­tua­li­tés les plus cala­mi­teuses les unes que les autres, chô­mage inter­mi­nable, révo­lu­tions, guerres, etc. Les action­naires des banques, les tenants des mar­chés finan­ciers, ne roulent que pour eux. Et grâce à la for­fai­ture bana­li­sée du poli­tique, les banques et les mar­chés finan­ciers détournent, en mon­naie et à leur pro­fit une énorme par­tie de la valeur de ce qui est créé en production.
    On a com­plè­te­ment oublié (c’est très grave et bien plus ter­rible qu’on pour­rait croire)que, sans les capa­ci­tés de pro­duc­tion, la mon­naie ne vau­drait stric­te­ment rien. La valeur de la mon­naie pro­vient uni­que­ment des pro­duc­teurs dans leur ensemble.
    Autre­ment dit, il n’y a pas moins démo­cra­tique que l’argent. C’est une évi­dence à rap­pe­ler sans cesse. Et l’on doit tou­jours poser la ques­tion : quel est le sens de la démo­cra­tie poli­tique (dont on nous saoule et même on nous cré­ti­nise) en l’ab­sence de Démo­cra­tie Éco­no­mique ? C’est donc bien de Démo­cra­tie Éco­no­mique dont il s’a­git. Ce qu’on nomme : Cré­dit Social est exac­te­ment la Démo­cra­tie Éco­no­mique. (recom­man­da­tion : lire Louis EVEN qui fut le pre­mier dif­fu­seur du Cré­dit-Social, alias Démo­cra­cie Économique)

    Réponse
  78. Ana Sailland

    La mon­naie et la démo­cra­tie sont deux thèmes inti­me­ment liés :

    La mon­naie, sui­vant com­ment elle est conçue/gérée, peut être l’ou­til d’é­mer­gence d’une dic­ta­ture cachée (la situa­tion pré­sente) comme l’ou­til d’é­mer­gence d’une vraie démocratie.

    Si la créa­tion moné­taire appar­tient au peuple, tout devient possible.

    (Il y a aus­si une médi­ta­tion à mener sur la syn­chro­ni­sa­tion de mon­naies locales struc­tu­rées en pou­pées russes avec les assem­blées déli­bé­ra­tives locales)

    Inculte, il va fal­loir que j’aille lire Louis Even 😉

    Réponse
  79. J.C

    @ Renaud

    Je suis aller faire un petit tour sur le site auquel ren­voi votre pseudo.
    ‑Simple et efficace-

    J’au­rais quelques observations :

    Que se pas­se­ra-t-il si le peuple créait lui-même sa mon­naie ? j’en­tends par là la dis­pa­ri­tion du rap­port de force domi­nants-domi­nés, la dis­pa­ri­tion de la lutte de classe.

    Le tra­vail exis­te­rait-il encore ?

    Le tra­vail est-il vrai­ment la richesse, n’est-ce pas plu­tôt les ressources ?
    Les res­sources doivent-elles for­cé­ment résul­ter du travail ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  80. Ernest

    @ Nles­can,

    je ne crois pas que le sujet concerne les pro­po­si­tions de Chouard, il a pos­té un article de Lor­don, qui cherche à réar­mer concep­tuel­le­ment la « gauche cri­tique » face au péril fasciste…

    mais, puisque je suis un troll, je vais me faire plai­sir avec un bon point godwin :

    Beni­to Mus­so­li­ni lui aus­si disait qu’il faut dépas­ser les cli­vages droite/gauche, lui aus­si pour­fen­dait les par­tis et les syn­di­cats, et lui aus­si refu­sait de cau­tion­ner les élections,etc.

    à l’in­verse de nos « cama­rades » idéa­listes ci-pré­sents, il savait très bien ce que vou­lait dire ce cli­vage droite/gauche, l’im­por­tance des par­tis et syn­di­cats et ce que vou­lait dire de se plier au résul­tat d’une élec­tion bour­geoise ou de le refuser.

    d’où le fait qu’il se don­na les moyens de mettre en pra­tique ses idées, soit-disant ni de gauche ni de droite, au moyen des fais­ceaux, avec des tact-tiques qui, une fois à même de créer un rap­port de force favo­rable, lui per­mirent de conduire ses troupes dans une marche sur Rome et de s’emparer du pouvoir.

    Donc, si tu veux, c’est un tan­ti­net aga­çant ces his­toires de vase­line, puisque ce choix-là, que nous fai­sons en indi­vi­dus-citoyens res­pon­sables, nous est impo­sé en quelque sorte par les autruches qui te font la leçon sur ce fil.

    yaka­fo­kon, Paris en bouteille

    Réponse
  81. Étienne

    Sou­ve­rai­ne­té et Nation

    par Jacques Sapir
    le ven­dre­di 12 juillet 2013

    http://​www​.marianne​.net/​r​u​s​s​e​-​e​u​r​o​p​e​/​S​o​u​v​e​r​a​i​n​e​t​e​-​e​t​-​N​a​t​i​o​n​_​a​1​9​0​.​h​tml

    Sou­ve­rai­ne­té et Nation

    À pro­pos d’un article de Fré­dé­ric LORDON, et en atten­dant le 14 juillet.

    Fré­dé­ric LORDON vient de publier un texte important[1] où il aborde la ques­tion essen­tielle de la sou­ve­rai­ne­té mais aus­si celle tout aus­si essen­tielle de la Nation. On voit immé­dia­te­ment l’enjeu de ce texte, et des inter­ro­ga­tions aux­quelles il cherche à répondre, dans le contexte de la crise de l’Euro, mais aus­si, plus géné­ra­le­ment, de la crise de l’idée euro­péenne engen­drée par les efforts de ceux qui se pro­clament les plus ardents défen­seurs de l’Union euro­péenne. Ces ques­tions ont aus­si été abor­dées dans le livre qu’a diri­gé Cédric Durand[2], et j’invite les lec­teurs de ce car­net de se repor­ter au débat que j’ai eu avec lui dans des notes précédentes[3].

    Sou­ve­rai­nisme de droite, sou­ve­rai­nisme de gauche ?

    Avant d’essayer d’approfondir cer­tains points du texte avec les­quels j’ai un accord évident, et sur les­quels j’ai pris posi­tion depuis plus de dix ans[4], il convient de pré­ci­ser une chose. Fré­dé­ric LORDON écrit donc : « Car si cet ordre (i.e. le Néo-Libe­ra­lisme) en effet se défi­nit comme entre­prise de dis­so­lu­tion sys­té­ma­tique de la sou­ve­rai­ne­té des peuples, bien faite pour lais­ser se déployer sans entrave la puis­sance domi­nante du capi­tal, toute idée d’y mettre un terme ne peut avoir d’autre sens que celui d’une res­tau­ra­tion de cette sou­ve­rai­ne­té, sans qu’à aucun moment on ne puisse exclure que cette res­tau­ra­tion se donne pour ter­ri­toire per­ti­nent – n’en déplaise à l’internationalisme abs­trait, la sou­ve­rai­ne­té sup­pose la cir­cons­crip­tion d’un ter­ri­toire – celui des nations pré­sentes… et sans exclure symé­tri­que­ment qu’elle se pro­pose d’en gagner de plus éten­dus ! ». C’est un début que je par­tage entiè­re­ment, y com­pris le fait que la sou­ve­rai­ne­té implique un ter­ri­toire mais aus­si la défi­ni­tion de qui est à l’intérieur et de qui est à l’extérieur. La fron­tière est un élé­ment déci­sif et même consti­tu­tif de la démo­cra­tie, que cette fron­tière soit ter­ri­to­riale ou qu’elle soit méta­pho­rique comme dans le cas de l’appartenance à une orga­ni­sa­tion. Il est plai­sant d’entendre ceux-là mêmes qui refusent les fron­tières autour d’un ter­ri­toire défendre la dis­tinc­tion mem­bre/­non-membre dès que leur pou­voir est en jeu. Il ferait beau voir que cha­cun d’entre nous puisse voter au sein des ins­tances d’un par­ti poli­tique, quel qu’il soit, sans en être membre ! On voit bien, à tra­vers cet exemple, que l’existence de la démo­cra­tie implique la clô­ture de l’espace poli­tique, et que cette dite clô­ture implique une « fron­tière ». Dire cela n’implique pas que nous n’ayons rien en com­mun, ou que nous ayons à nous dés­in­té­res­ser de ceux qui sont de l’autre côté de la clô­ture, que celle-ci défi­nisse une orga­ni­sa­tion ou un pays. Mais cela conduit à don­ner du sens à la dis­tinc­tion membre / non-membre, à lui confé­rer une per­ti­nence et donc, par oppo­si­tion, à tenir pour dan­ge­reuses les idées qui récusent qui récusent cette distinction.

    Fré­dé­ric LORDON ne dit pas autre chose quand il ajoute que ceux qui opposent la Nation à l’Internationalisme ne se rendent pas compte que cette oppo­si­tion tourne à vide car on a : « un inter­na­tio­na­lisme poli­ti­que­ment vide puisqu’on en n’indique jamais les condi­tions concrètes de la déli­bé­ra­tion col­lec­tive, soit qui, les indi­quant, n’aperçoit pas qu’elle est sim­ple­ment en train de réin­ven­ter le prin­cipe ( moderne ) de la nation mais à une échelle étendue ! »

    Puis, Fré­dé­ric LORDON dis­tingue ce qu’il appelle un « sou­ve­rai­nisme de droite » d’un « sou­ve­rai­nisme de gauche » en oppo­sant « Nation » et « Peuple » : « il pour­rait être utile de com­men­cer par mon­trer en quoi un sou­ve­rai­nisme de gauche se dis­tingue aisé­ment d’un sou­ve­rai­nisme de droite, ce der­nier se conce­vant géné­ra­le­ment comme sou­ve­rai­ne­té « de la nation », quand le pre­mier reven­dique de faire droit à la sou­ve­rai­ne­té « du peuple ». »

    Il y a là, me semble-t-il, une confu­sion. La dif­fé­rence entre droite et gauche ne vient pas de la sou­ve­rai­ne­té mais de la manière dont on conçoit la Nation. De ce point de vue, je récuse l’idée qu’il puisse y avoir un sou­ve­rai­nisme « de droite » ou « de gauche ». Il y a le sou­ve­rai­nisme, condi­tion néces­saire à l’existence d’une pen­sée démo­cra­tique et les idéo­lo­gies qui récusent la sou­ve­rai­ne­té et donc, in fine, la démocratie.

    Quelles visions de la Nation ?

    Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas une pen­sée de droite ou une pen­sée de gauche, mais cette oppo­si­tion ne passe pas par la ques­tion de la sou­ve­rai­ne­té mais par celle de la Nation. Pour une pen­sée « de droite », la Nation « est » et en consé­quence on réflé­chit fort peu à son ori­gine. On pré­fère mettre l’accent sur les aspects intem­po­rels de son exis­tence et la ques­tion du « corps mys­tique » de la Nation n’est pas une lubie ou un ana­chro­nisme. On retrouve rapi­de­ment les mythes chré­tiens pour les plu­part des pen­seurs de « droite » avec l’idée que la Nation ren­voie, in fine au trip­tyque « une foi, une loi, un Roi ». Les pro­blèmes com­mencent, d’ailleurs, dès l’entrée dans la période moderne, avec l’émergence d’un plu­ra­lisme reli­gieux (la Réforme) qui casse l’idée d’une uni­ci­té de reli­gion. Des auteurs modernes, et par­mi eux des per­son­na­li­tés aus­si oppo­sées sur Carl Schmitt et von Hayek, font réfé­rences à des « méta-valeurs » comme ori­gine de la « loi » et donc comme struc­tu­rant l’espace de la Nation. La réfé­rence au chris­tia­nisme est expli­cite chez Carl Schmitt. Il ne faut pas être grand clerc pour y voir une refi­gu­ra­tion de la méta­phy­sique. Mais ici se pose un pro­blème. Celui des guerres de reli­gion qui ont ensan­glan­té l’Europe à la Renais­sance. En fait, dès la fin du XVIe siècle, à tra­vers un per­son­nage comme Bodin, se dégage au contraire l’idée que la loi tire sa légi­ti­mi­té de la néces­si­té de faire coexis­ter des inté­rêts et des croyances qui sont diverses au sein d’un même cadre territorial.

    Ce n’est pas pour rien que Bodin fut certes l’auteur connu des « Six Livres de la Répu­blique »[5], mais aus­si celui, moins connu mais non moins impor­tant, du « Col­lo­quium Hep­ta­plo­meres [6]» ou le « Col­loque des sept » qui pose les bases de l’État laïc à par­tir du constat qu’il est impos­sible de convaincre en matière reli­gieuse à par­tir d’arguments fai­sant appel à la Rai­son. Dès lors, l’important lors des guerres de reli­gion en France n’est pas de savoir si l’on est catho­lique ou hugue­not, mais si l’on est fran­çais ou ral­lié au roi d’Espagne. Ce n’est qu’en posant la ques­tion en ces termes-là que l’on a pu recons­ti­tuer un espace poli­tique col­lec­tif. Mais pour ceci il fal­lait pen­ser qui était fran­çais et qui ne l’était pas. La pen­sée « de droite » ne s’est jamais remise de cette révo­lu­tion qui oblige de pen­ser l’origine de la loi et les com­pro­mis sociaux hors de toute réfé­rence à une norme « divine » ou sim­ple­ment satu­rante. De ce point de vue, la Nation et l’État post-Bodin sont à jamais irré­con­ci­liables avec tous les fana­tismes reli­gieux, toutes les lec­tures lit­té­rales d’une reli­gion, qu’il s’agisse des chré­tiens, des juifs ou des musul­mans (voire d’autres….).

    Pour les pen­seurs « de gauche » la Nation est d’abord une construc­tion sociale. On est ras­su­ré et l’on croit avoir liqui­dé la ques­tion méta­phy­sique. Rien n’est moins sûr. À cette pen­sée qui est pro­fon­dé­ment vraie, ils ajoutent immé­dia­te­ment deux apo­ries. S’ils sont mar­xistes, ils ne conçoivent cette construc­tion sociale qu’à tra­vers le prisme de « la lutte des classes qui met­tra fin à la lutte des classes », bref du retour­ne­ment hege­lien de la contra­dic­tion. Mais ceci n’est qu’une repré­sen­ta­tion, et elle les conduit à mino­rer l’importance de la Nation comme cadre habi­té (et même han­té) par la démo­cra­tie. Puisque l’exploitation de l’homme par l’homme met­tra fin à l’exploitation, qu’importe cette « relique du pas­sé » qu’est la Nation et l’État. D’ailleurs, dans une socié­té sans conflits, l’État n’est plus néces­saire… À peine avons-nous cru être déli­vré du car­can méta­phy­sique que celui-ci est de retour. Et Lénine qui écri­vait quelques mois avant Octobre 1917 l’État et la Révo­lu­tion a dû, sous l’emprise de la néces­si­té, recon­naître et l’importance de l’État et l’existence de conflits sociaux légi­times même dans la socié­té post-révo­lu­tion­naire. Pour cer­tains mar­xistes (pas tous, je le sais par­fai­te­ment) cela se com­bine avec une sous-esti­ma­tion fon­da­men­tale de la démo­cra­tie elle-même. Cette der­nière devient ins­tru­men­tale par rap­port à l’objectif de fin de l’exploitation. On sait à quelles dérives ceci a conduit.

    S’ils sont par contre mar­xiens et non mar­xistes (la dif­fé­rence pour les non-ini­tiés vient de ce qu’un mar­xien cherche à être fidèle à la démarche de Marx alors qu’un mar­xiste cherche à être fidèle à une tra­di­tion inter­pré­ta­tive de Marx), ils n’ont pas de prisme téléo­lo­gique mais ils consi­dèrent en géné­ral le chan­ge­ment social comme rele­vant du temps court, ce qui est assez nor­mal d’ailleurs quand on veut chan­ger le monde. Le pro­blème est que la Nation, et l’État-Nation avec, sont des construc­tions sociales rele­vant du temps long, et s’étalant sur plu­sieurs siècles. La culture poli­tique qui en est issue, et qui dif­fère assez lar­ge­ment d’une Nation à l’autre, imprègne non seule­ment notre conscient mais aus­si notre incons­cient. Cette culture n’est autre que le lan­gage dans lequel nous pou­vons expri­mer les conflits comme les solu­tions. De ce point de vue, même si les ana­lyses sont radi­ca­le­ment dif­fé­rentes entre une vision méta­phy­sique de la Nation et de l’État arti­cu­lée autour de la notion de « corps mys­tique » et une vision qui les consi­dèrent comme les pro­duits d’une construc­tion sociale de très longue durée, il n’y a pas fonc­tion­nel­le­ment de dif­fé­rence radi­cale entre les deux à ce niveau de l’analyse. La dif­fé­rence est plu­tôt que, pour celui qui entend pen­ser la Nation et l’État dans le cadre d’une construc­tion sociale de longue durée, il est indis­pen­sable de s’en tenir à la double injonc­tion de Jean Bodin. Cette injonc­tion porte à la fois sur le prin­cipe (on ne peut fon­der la Nation et l’État sur des bases reli­gieuses parce que la reli­gion nous divise et ne nous ras­semble pas) et sur les condi­tions de fonc­tion­ne­ment de la Nation et de l’État qui doivent maî­tri­ser des conflits entre des inté­rêts et des croyances mul­tiples au nom de la « chose publique », la Res Publica.

    L’opposition n’est donc pas entre un sou­ve­rai­nisme « de droite » et un « de gauche ». Il n’y a qu’un sou­ve­rai­nisme. Mais il y a des concep­tions de la Nation qui sont « de droite » parce qu’elles ramènent à des apo­ries reli­gieuses (et l’on parle ici des reli­gions consti­tuées comme des visions téléo­lo­giques) qui ne sont pas com­pa­tibles avec le déploie­ment com­plet de la démo­cra­tie. Ceci étant dit et pré­ci­sé, on par­tage plei­ne­ment l’idée affir­mée par Fré­dé­ric LORDON que la gauche, la vraie, aurait tout inté­rêt à se réap­pro­prier la Nation comme condi­tion néces­saire à l’existence de la démo­cra­tie et de la Res Publi­ca. Mais, bien enten­du, cette Nation n’est pas consti­tuée sur des bases eth­niques et elle accueille en son sein tous ceux qui viennent la faire vivre par leur tra­vail et par leur éner­gie, dans le res­pect de ses lois à la for­ma­tion des­quelles ils contribuent.

    Jacques Sapir.

    [1] Lor­don F., « Ce que l’extrême droite ne nous pren­dra pas », billet pos­té dur le blog du Monde Diplo­ma­tique à l’adresse http://blog.mondediplo.net/2013–07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas le 8 juillet 2013.

    [2] Durand C., (sous la direc­tion de), En finir avec l’Europe, La Fabrique édi­tions, Paris, 2013.

    [3] Sapir J., « Europe : un livre, un son­dage » note publiée sur Rus­sEu­rope le 16 mai 2013, http://​rus​seu​rope​.hypo​theses​.org/​1​237 et Idem, « En finir avec l’Europe (suite) », note publiée sur Rus­sEu­rope le 31 mai 2013, http://​rus​seu​rope​.hypo​theses​.org/​1​306

    [4] Sapir J., Les éco­no­mistes contre la démo­cra­tie – Les éco­no­mistes et la poli­tique éco­no­mique entre pou­voir, mon­dia­li­sa­tion et démo­cra­tie, Albin Michel, Paris, 2002.

    [5] Bodin, J. Les Six Livres de la Répu­blique, Librai­rie Géné­rale Fran­çaise, Le Livre de Poche, avec une pré­sen­ta­tion de Gérard Mai­ret, Paris, 1993, 607p.

    [6] Bodin, J., Col­lo­quium Hep­ta­plo­meres, ouvrage écrit en 1587, mais long­temps res­té manus­crit, cet ouvrage n’a été publié qu’en 1858, à Leip­zig, par Lud­wig Noack

    Réponse
  82. J.C

    @ Ernest
    @ Ernest

    Oui oui, et le par­ti natio­nal fas­ciste de Mus­so­li­ni c’é­tait pas un parti ?

    La prin­ci­pale dif­fé­rence vois-tu entre les démo­crates et les par­ti­sans du sys­tème repré­sen­ta­tif ou fas­cisme décla­ré dans sa ver­sion la plus expli­cite, c’est que nous on ne veut pas de chef.

    Mais ouhhh atten­tion avec le dépas­se­ment du cli­vage gauche/droite, on ris­que­rait d’a­voir Bay­rou dans un autre style.

    Et puis Hit­ler, il regar­dait sa montre aus­si par­fois, alors fait gaffe à pas lui ressembler.

    Salut le troll 😉

    Réponse
  83. Benoît

    @nlescan « les gens qui se classent eux même à l’extrême droite veulent au mieux rem­pla­cer l’o­li­gar­chie actuelle par une autre… »
    Mais qui se classe d’eux-même à l’extrême droite ? Qua­si­ment per­sonne. Le FN par exemple récuse d’être d’ex­trême droite et se dit « socia­le­ment de gauche et éco­no­mi­que­ment de droite ».

    « Ceux qui ne sont pas d’extrême droite mais dont on tente de salir le nom par amal­game c’est dif­fé­rent… Mais les salades des mytho­manes de la TV n’est pas ce dont je perle ici. »
    C’est bien le cœur du sujet pour­tant. Et la TV n’est pas la seule mytho­manes. Par exemple, des pré­ten­dus « anar­chistes » et « anti­fas » le font aus­si et des per­sonnes sin­cères tombent dans le piège.

    « Je suis clai­re­ment oppo­sé au nationalisme »
    pour­tant les diri­geants que tu cites le sont, comme Cha­vez qui déve­loppe une « doc­trine de gauche-natio­na­liste qu’il sur­nom­ma le « Boli­va­ria­nisme » » (cf page wiki)

    « Le 4 sep­tembre 1970, Sal­va­dor Allende arrive en tête des suf­frages de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle au Chi­li, avec une cam­pagne autour du thème des natio­na­li­sa­tions et de l’in­dé­pen­dance du pays vis-à-vis du capi­tal étran­ger. » (cf page wiki)

    Concer­nant Lumum­ba si tu regardes ça http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​c​O​Y​Q​j​e​g​I​tnM tu ver­ras qu’il est indé­pen­dan­tiste sou­ve­rai­niste (7min20) et nationaliste(24min)
    « Je ne suis pas du tout com­mu­niste …je suis sim­ple­ment nationaliste »

    __
    « Théo­rie poli­tique qui affirme la pré­do­mi­nance de l’in­té­rêt natio­nal terme qu’on peut rem­pla­cer par « l’in­té­rêt géné­ral » rap­port aux inté­rêts des classes et des groupes qui consti­tuent la nation ou par rap­port aux autres nations de la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale.« __

    Qu’y a t il de cho­quant à pri­vi­lé­gier le bien com­mun à l’in­té­rêt par­ti­cu­lier ou communautaire ?
    Le natio­na­lisme n’empêche pas d’ai­der les autres pays (voir les diri­geants plus haut et autres) mais plus tu seras en bonne san­té plus tu pour­ras aider ton pro­chain (dif­fi­cile quand t’es cloué au lit… 😉

    Je te conseille la page wiki : « Le natio­na­lisme est un prin­cipe politique1, né à la fin du XVIIIe siècle, ten­dant à légi­ti­mer l’exis­tence d’un État-nation pour chaque peuple (défi­ni par une langue, une his­toire ou des tra­di­tions com­munes, au-delà des divi­sions poli­tiques et ini­tia­le­ment par oppo­si­tion à la royau­té, régime poli­tique qui en France sera ensuite nom­mé Ancien Régime). Ce prin­cipe poli­tique s’est pro­gres­si­ve­ment impo­sé en Europe au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et il s’est sou­vent pré­sen­té comme un mou­ve­ment d’é­man­ci­pa­tion à forte conno­ta­tion sociale, notam­ment chez les peuples alors pri­vés d’É­tat et sou­mis à la domi­na­tion d’une élite étrangère »

    « Je consi­dère ces défi­ni­tions valables, ce sont les miennes et j’en véri­fie le sens a tra­vers l’his­toire et en voyant le com­por­te­ment des par­tis qui se réclament de ces idéo­lo­gies une fois au pouvoir. »
    Il faut pour cela savoir quels diri­geants s’en réclament (qu’ils soient clas­sés de g. comme de d.) et ne pas oublier que « l’his­toire est écrite par les vainqueurs ».

    « Oui, le natio­na­lisme, la volon­té de faire pas­ser les inté­rêts de mon pays avant celui des autres c’est une men­ta­li­té de cre­vards que je com­bat. C’est celle qui conduit au colo­nia­lisme, dégui­sé ou non, à l’im­pé­ria­lisme et à la guerre…C’est exac­te­ment ce qui est pra­ti­qué par l’en­semble des pays occi­den­taux a l’heure actuelle avec plus ou moins de véhémence. »

    C’est le contraire en fait : l’impérialisme lutte contre la mon­tée du natio­na­lisme des nations colo­ni­sées comme l’o­li­gar­chie lutte contre les natio­na­li­sa­tions et fait tout pour pri­va­ti­ser. Les indé­pen­dan­tistes (comme Gand­hi) se disaient expli­ci­te­ment natio­na­liste. C’est une pro­tec­tion contre l’im­pé­ria­lisme, le libé­ra­lisme… http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​u​u​4​4​b​_​c​h​o​u​a​r​d​-​f​r​o​n​t​i​e​r​e​-​e​t​-​p​r​o​t​e​c​t​i​o​n​n​i​s​m​e​_​n​e​w​s​#​.​U​e​A​s​Q​2​2​Z​gfQ. « dans tous les pays, les pauvres sont plus natio­na­listes que les riches » George Orwell.

    Je trouve que l’a­bo­li­tion des fron­tière c’est comme détruire la mai­son d’une famille, de la rendre sdf pour suis-disant lui per­mettre de s’ou­vrir au reste du monde. Dans les faits ça pré­ca­rise, ça divise ce corps social et l’o­blige à prendre le pre­mier bou­lot qui vient, où qu’il soit.

    La sup­pres­sion des fron­tière conduit à la glo­ba­li­sa­tion, au gou­ver­ne­ment mon­diale (évi­dem­ment diri­gé par l’o­li­gar­chie mon­diale mais très peu pro­ba­ble­ment par l’in­ter­na­tio­nal ouvrière). La gou­ver­nance mon­diale sera pro­ba­ble­ment à l’i­mage de l’U­nion Euro­péenne http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​v​e​d​g​i​_​l​-​e​u​r​o​p​e​-​l​a​-​m​i​s​e​-​e​n​-​p​l​a​c​e​-​d​-​u​n​e​-​d​i​c​t​a​t​u​r​e​-​f​r​a​n​c​o​i​s​-​a​s​s​e​l​i​n​e​a​u​-​a​n​n​e​c​y​-​2​2​-​s​e​p​t​e​m​b​r​e​-​2​0​1​2​_​n​e​w​s​?​s​t​a​r​t​=​7​4​8​#​.​U​e​B​A​O​m​2​Z​gfQ.
    La mon­dia­li­sa­tion marque le triomphe durable de l’A­mé­rique. Le pro­ces­sus de glo­ba­li­sa­tion est en fait une « amé­ri­ca­ni­sa­tion du monde », c’est-à-dire une exten­sion à l’é­chelle de la pla­nète du « rêve américain ».

    Dans une démo­cra­tie le pou­voir vient de la base et une fédé­ra­tion de com­munes démo­cra­tiques est sans doute sou­hai­table (qui pour­raient s’é­tendre au monde entier). Les fron­tières seront sur­ement souples aux endroits calmes (entre com­munes démo­cra­tiques et autres pays amis), et ren­for­cés contre les agres­sions des gou­ver­ne­ments qui œuvrent contre les peuples. Les fron­tières doivent-être des bar­rières immu­ni­taires qui dif­fé­ren­cies le « soi » du « non-soi », l’in­té­rêt du peuple de ce qui va à son encontre.

    Cor­dia­le­ment,
    Benoît

    Réponse
  84. Étienne

    Tout aus­si captivant :

    « Lor­don-Todd :
    Les intel­lec­tuels vont devoir par­ler au peuple »

    http://​www​.marianne​.net/​L​o​r​d​o​n​-​T​o​d​d​-​L​e​s​-​i​n​t​e​l​l​e​c​t​u​e​l​s​-​v​o​n​t​-​d​e​v​o​i​r​-​p​a​r​l​e​r​-​a​u​-​p​e​u​p​l​e​_​a​2​2​9​8​2​8​.​h​tml

    Face au nau­frage de l’U­nion euro­péenne, Emma­nuel Todd et Fré­dé­ric Lor­don, deux grands adver­saires de l’eu­ro débattent d’une pos­sible sor­tie de crise et en appellent à la sou­ve­rai­ne­té popu­laire contre le pou­voir des banques.


    Fré­dé­ric Lor­don et Emma­nuel Todd (Edi­tions du Seuil / Baltel-Sipa)

    Marianne : Pour­quoi prendre la parole ensemble ?

    Emma­nuel Todd : En France est en train de naître une foi­son­nante pen­sée éco­no­mique contes­ta­taire, ain­si que le remar­quait Per­ry Ander­son il y a deux semaines dans les pages de Marianne. Mais, évi­dem­ment, les cher­cheurs qui ont résis­té au confor­misme de la pen­sée zéro sont de fortes têtes, de vrais indi­vi­dua­listes. Cent pen­seurs ori­gi­naux divi­sés n’au­ront jamais la force de frappe poli­tique de 100 ins­pec­teurs des finances réci­tant sans relâche des recettes apprises sans être com­prises il y a trente ans.

    L’ur­gence, pour la contes­ta­tion, est donc une uni­fi­ca­tion mini­male, un débat entre dis­si­dents qui abou­tisse à un pro­gramme com­mun de sor­tie de l’im­passe. Et puis les citoyens doivent savoir que Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Paul Jorion, Pierre-Noël Giraud, Gaël Giraud, Chris­tophe Ramaux, et Fré­dé­ric Lor­don, pour n’en citer que quelques-uns, sont des types com­pé­tents et rai­son­nables, pas seule­ment des rebelles, et que réci­pro­que­ment Mos­co­vi­ci, Sapin et tant d’autres énarques sont des incom­pé­tents dérai­son­nables. Avec Lor­don, nous ne sommes pas par­ti­cu­liè­re­ment proches idéo­lo­gi­que­ment, mais nous don­nons l’exemple.

    Fré­dé­ric Lor­don : L’er­reur de la mon­dia­li­sa­tion et de l’Eu­rope libé­rales est main­te­nant écra­sante. Com­men­çons par l’eu­ro. Peut-on sau­ver cette mon­naie ? L’eu­ro n’est pas une réponse moné­taire à une ques­tion éco­no­mique, mais une réponse à un pro­blème poli­tique : le mur de Ber­lin vient de tom­ber, il faut réan­crer l’Al­le­magne dans l’Eu­rope pour l’empêcher de déri­ver à l’Est. Pour faire faire un pro­grès à l’in­té­gra­tion, après le grand mar­ché, la suite logique, c’est la mon­naie unique.

    L’Al­le­magne est déci­sive à tous les titres dans cette affaire : elle est la cause de la manœuvre d’en­semble… et elle en impose la forme ! Car il faut lui faire lâcher son deutsche Mark ché­ri. La contre­par­tie de ce sacri­fice est un coup de force inouï : l’Al­le­magne impose à toute la zone euro son propre modèle de poli­tique éco­no­mique, tel quel. D’où la banque cen­trale indé­pen­dante, l’or­tho­doxie bud­gé­taire, l’ob­ses­sion de l’in­fla­tion, et plus géné­ra­le­ment un modèle inédit de sou­mis­sion des poli­tiques éco­no­miques natio­nales à des règles consti­tu­tion­nelles… ren­for­cées par la sur­veillance constante des mar­chés financiers !

    La chose très éton­nante dans la construc­tion euro­péenne, c’est cette attrac­tion pour le pire : car le modèle euro­péen des poli­tiques éco­no­miques mises « en pilo­tage auto­ma­tique » par les règles allie la perte de toute pos­si­bi­li­té de réac­tion dis­cré­tion­naire à des évé­ne­ments excep­tion­nels (comme la crise finan­cière) et la dis­pa­ri­tion de toute sou­ve­rai­ne­té politique.

    Au contraire des allé­ga­tions gro­tesques de « l’eu­ro, bou­clier contre la mon­dia­li­sa­tion », je pense qu’il faut dire que l’eu­ro est la réa­li­sa­tion régio­nale de la mon­dia­li­sa­tion libé­rale. L’eu­ro n’est pas réfor­mable pour une rai­son qui prend presque la forme d’un syl­lo­gisme : l’eu­ro actuel consacre l’empire des mar­chés finan­ciers sur les poli­tiques éco­no­miques et leur pri­mat sur les sou­ve­rai­ne­tés poli­tiques ; un pro­jet de trans­for­ma­tion signi­fi­ca­tive de l’eu­ro n’a donc pas d’autre sens que de bri­ser cette emprise et de remettre les mar­chés à leur place ; par consé­quent, com­ment peut-on ima­gi­ner une seule seconde que ces der­niers lais­se­ront faire une chose pareille ! Une tem­pête spé­cu­la­tive se déchaî­ne­rait aus­si­tôt qu’un tel pro­jet pren­drait quelque consis­tance politique.

    Or, on ne refait pas une archi­tec­ture ins­ti­tu­tion­nelle de l’eu­ro en un week-end de fer­me­ture des mar­chés. Il s’en sui­vra donc néces­sai­re­ment un retour aux mon­naies natio­nales. Que faire à par­tir de là ? On peut très bien en res­ter aux mon­naies natio­nales qui consti­tuent des formes éco­no­miques par­fai­te­ment viables, au sur­plus res­pec­tueuses du prin­cipe de sou­ve­rai­ne­té popu­laire. On peut aus­si, et c’est ma posi­tion, ne pas renon­cer à recons­truire quelque chose d’autre. Une mon­naie com­mune par exemple – ce qui est très dif­fé­rent d’une mon­naie unique. Avec un petit groupe de pays, dont l’Al­le­magne ne ferait pas par­tie, en tout cas ini­tia­le­ment, car elle n’est pas prête à renon­cer à son excep­tion­na­li­té monétaire.

    E.T. : Je sens, moi, dans l’eu­ro, un acci­dent his­to­rique, un ajout sui­ci­daire ori­gi­nal à la folie finan­cière mon­diale. Nous sommes dans un moment his­to­rique tout à fait par­ti­cu­lier. Le libre-échange per­met dans un pre­mier temps des taux de pro­fit éle­vés, mais il crée une pres­sion sur les salaires qui com­prime la demande et conduit le monde à une longue oscil­la­tion entre stag­na­tion et dépression.

    Les gou­ver­ne­ments, pour contrer la dépres­sion, n’ont pas offi­ciel­le­ment renon­cé au dogme de la supré­ma­tie du mar­ché, mais ils ont, en pra­tique, sans le dire, renon­cé au libé­ra­lisme. Ils tentent de fabri­quer de la demande en dis­tri­buant, par la créa­tion moné­taire, de l’argent frais aux banques, phé­no­mène qui exprime en fait la toute-puis­sance de l’État — un Etat domi­né par les riches, par la droite, par lui-même, on peut en dis­cu­ter, mais cer­tai­ne­ment pas par idéal libé­ral, même si les banques peuvent simu­ler une acti­vi­té de mar­ché en fai­sant jou­jou avec les signes moné­taires dis­tri­bués par les États.

    Cette muta­tion du capi­ta­lisme en un sys­tème de dis­tri­bu­tion d’argent frais par l’E­tat a pris l’Eu­rope par sur­prise. L’eu­ro avait été conçu comme une mon­naie à l’ ancienne, avec un objec­tif banal et d’ailleurs insuf­fi­sant de sta­bi­li­té moné­taire. Mais l’eu­ro a de fait pla­cé le pou­voir de créa­tion moné­taire — deve­nu aux États-Unis, en Angle­terre et au Japon l’ins­tru­ment ultime de lutte contre la dépres­sion — hors de por­tée des Etats euro­péens, ou plu­tôt sous le contrôle du plus puis­sant d’entre eux, l’Al­le­magne. Actuel­le­ment, l’Al­le­magne admet en par­tie le jeu de la créa­tion moné­taire par Mario Dra­ghi [pré­sident de la Banque cen­trale euro­péenne], mais elle en fait l’ins­tru­ment d’un chan­tage per­ma­nent sur ses par­te­naires plus faibles, exi­geant aus­té­ri­té, pri­va­ti­sa­tions, impo­sant en fait un rituel sado­ma­so aux Etats faibles s’ils veulent pou­voir emprun­ter aux banques — qui ont elles-mêmes reçu de l’ argent de la Banque cen­trale européenne !

    La banque cen­trale est un organe d’E­tat, contrô­lé par l’Al­le­magne, et d’ailleurs situé sur son ter­ri­toire. Nous ne sommes pas ici sim­ple­ment dans la déré­gu­la­tion finan­cière, nous sommes dans une uti­li­sa­tion poli­tique auto­ri­taire et néo­co­lo­nia­liste de la déré­gu­la­tion finan­cière : un sys­tème violent, des­truc­teur de la démo­cra­tie, mais lou­foque et né acci­den­tel­le­ment, pas un sys­tème cohé­rent comme le sug­gère Lor­don. Le vrai drame, pour moi, est que cet acci­dent his­to­rique réen­clenche une dérive auto­ri­taire de l’Al­le­magne, et la haine de l’Al­le­magne qui ne peut man­quer d’en résul­ter. Dans le sud de l’Eu­rope, nous en sommes déjà là.

    Il ne nous reste donc plus qu’à sor­tir de l’eu­ro, alors ?

    F.L. : À la dif­fé­rence de l’eu­ro actuel, une mon­naie com­mune lais­se­rait exis­ter des déno­mi­na­tions natio­nales, mais dont la conver­ti­bi­li­té entre elles ou avec l’ex­té­rieur ne s’ef­fec­tue­rait que par le tru­che­ment d’une (nou­velle !) BCE. Plus de mar­ché des changes intraeu­ro­péens donc plus de crises spé­cu­la­tives façon SME des années 80 ; effet d’a­mor­tis­se­ment des fluc­tua­tions de change externes par la mon­naie com­mune ; pos­si­bi­li­té de révi­ser les pari­tés intraeu­ro­péennes dans le calme, c’est-à-dire par des pro­ces­sus de négo­cia­tion poli­tique : la mon­naie com­mune com­bi­ne­rait en quelque sorte le meilleur des deux mondes.

    E.T. : Sur la sor­tie néces­saire de l’eu­ro, je ne peux qu’ap­prou­ver Fré­dé­ric. Et, sur le plan tech­nique, il a évi­dem­ment rai­son, la mon­naie com­mune serait le bon concept. Mais je crois que, poli­ti­que­ment, il est trop tard. L’Eu­rope a une image catas­tro­phique, elle est per­çue comme une machine à ne pas gou­ver­ner. Ce dont la France et les autres pays ont besoin, c’est de se recen­trer — comme l’a fait Alle­magne depuis sa réuni­fi­ca­tion — sur l’i­dée de nation pen­dant un bout de temps. Nous, Fran­çais, avons besoin de nous retrou­ver entre nous, avec nos bonnes vieilles luttes des classes, avec notre fan­tas­tique diver­si­té cultu­relle, avec notre Etat, et notre mon­naie. Nous devons tirer de nos tra­di­tions et de notre his­toire ce qu’il faut pour nous en sortir.

    F.L. : J’ai peur que vous n’ayez rai­son : c’est peu dire que, reve­nus aux mon­naies natio­nales, l’éner­gie poli­tique man­que­rait pour repar­tir vers une nou­velle construc­tion moné­taire col­lec­tive. Mais, per­son­nel­le­ment, je ne veux pas aban­don­ner l’i­dée de pen­ser quelque chose qui dépasse le péri­mètre des nations pré­sentes, même si c’est pour des hori­zons tem­po­rels éloi­gnés. Je pense qu’il y a de nom­breux bons argu­ments de puis­sance qui jus­ti­fient qu’on n’a­ban­donne pas cette idée. Le pre­mier est géo­po­li­tique bien sûr, mais il y en a d’autres qui tiennent aux béné­fices cultu­rels des bras­sages de popu­la­tions, sur­tout quand elles ont déjà autant en commun.

    Une chose est sûre en tout cas : c’est un pro­blème qui ne s’a­borde qu’à par­tir de la pierre angu­laire de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, seule manière qu’une com­mu­nau­té poli­tique digne de ce nom se construise au-delà des fron­tières natio­nales pré­sentes. Ce qui, en pas­sant, signi­fie bien plus que les ins­ti­tu­tions for­melles du suf­frage. On pour­rait dire qu’il y a des condi­tions pas­sion­nelles de pos­si­bi­li­té d’une démo­cra­tie supra­na­tio­nale : en par­ti­cu­lier l’exis­tence d’un affec­tio socie­ta­tis euro­péen qui l’emporte sur les sen­ti­ments d’ap­par­te­nance natio­naux, et qui rende accep­table pour tous une « loi de la majo­ri­té » euro­péenne. Si une majo­ri­té euro­péenne venait à déci­der, par exemple, la reprise en main de la BCE et l’au­to­ri­sa­tion de moné­ti­ser les dettes publiques, les Alle­mands s’y plie­raient-ils ? Pour l’heure, poser la ques­tion, c’est y répondre…

    De même, on peut pen­ser que les Fran­çais n’ac­cep­te­raient pas une loi euro­péenne de pri­va­ti­sa­tion inté­grale de la Sécu, repo­se­rait-elle sur une majo­ri­té for­melle. Tant que ces condi­tions affec­tives d’une pos­sible « loi de la majo­ri­té » euro­péenne ne sont pas rem­plies, il est évident que nos ambi­tions doivent être plus modestes.

    E.T. : Je le dirais en anthro­po­logue. Les nations euro­péennes sont très dif­fé­rentes, et elles sont même en train de diver­ger. L’Eu­rope latine n’existe d’ailleurs pas plus que l’Eu­rope glo­bale. La famille ita­lienne, ou espa­gnole, pro­duit aus­si peu d’en­fants que la famille alle­mande, au contraire de ce qui se passe en France où la fécon­di­té est raisonnable.

    Qui serait capable de remo­bi­li­ser autour d’un tel pro­gramme collectif ?

    F.L. : Évi­dem­ment pas la droite, dont les rési­dus de pen­sée de la sou­ve­rai­ne­té ont été écra­sés par sa voca­tion à ser­vir les puis­sants du capi­tal mon­dia­li­sé. Évi­dem­ment pas la chose que, par un abus de lan­gage carac­té­ri­sé, on appelle la « gauche », je veux dire le Par­ti « socia­liste»… dont le néo­li­bé­ra­lisme est plus for­ce­né encore. Il fau­dra bien se résoudre un jour à consta­ter qu’il n’y a plus aucun titre auquel appa­ren­ter le PS à la gauche. La for­mi­dable conti­nui­té de la poli­tique éco­no­mique après Sar­ko­zy en témoigne assez. Europe, TSCG, non-réforme ban­caire, rap­port Gal­lois : dans le meilleur des cas, c’est pareil, et le plus sou­vent, c’est pis.

    Je plaide pour une conver­sion du regard et une rec­ti­fi­ca­tion des mots qui pri­ve­raient enfin le PS de ses pré­ten­tions fal­la­cieuses à se dire de gauche, et à le voir comme ce qu’il est : la frac­tion modé­rée de la droite. Plus exac­te­ment, je dirais que le PS, c’est la droite com­plexée. Des fausses alter­nances entre droite décom­plexée et droite com­plexée, c’est le FN, bien sûr, qui tire tous les pro­fits. Sauf si une vraie gauche par­ve­nait à se faire entendre.

    Emma­nuel Todd : Je par­tage ces points de vue. En ajou­tant cepen­dant que je ne per­çois pas le Par­ti de gauche comme tel­le­ment plus à gauche que le PS. Mélen­chon n’a pas de pro­gramme éco­no­mique, il amuse les jour­na­listes et ne convainc pas les élec­teurs. La prio­ri­té pour la gauche fran­çaise, c’est de construire un dis­cours fort sur la nation, de réin­ven­ter une vision de gauche de la nation qui balaye la nation rata­ti­née du FN.

    Nous devons com­prendre ce que l’Eu­rope est deve­nue pour les poli­tiques et pour­quoi ils n’osent pas sor­tir de l’eu­ro. L’Eu­rope leur per­met de fuir leurs res­pon­sa­bi­li­tés, de ne pas gou­ver­ner. Un exemple : les hommes poli­tiques fran­çais n’ont aucune envie de gérer les crises de change qui vont avec la liber­té moné­taire. Déva­luer de temps en temps, pour­tant dans l’in­té­rêt de la nation, était vécu à chaque fois comme une défaite. Ruse de l’his­toire : la crise de change a été rem­pla­cée par les crises de l’eu­ro, abou­tis­sant à des bouf­fon­ne­ries comme le contrôle des changes et le pillage de l’é­pargne à Chypre. L’Eu­rope est deve­nue une machine à déres­pon­sa­bi­li­ser les poli­tiques. La liber­té de la nation les obli­ge­rait à gou­ver­ner, à tra­vailler : com­prendre la mon­naie, défi­nir une poli­tique indus­trielle, des pro­tec­tions tarifaires…

    Il revient aux intel­lec­tuels de construire un pro­jet poli­tique, indé­pen­dam­ment des poli­tiques, je dirais même contre les poli­tiques. Nous ne devons plus les conseiller, nous devons les juger. Nous devons sur­tout pro­po­ser à la nation, en nous concer­tant entre nous, un nou­veau para­digme his­to­rique et éco­no­mique. Les intel­lec­tuels vont devoir par­ler au peuple directement.

    F.L : À part nos ques­tions de fond, c’est pro­ba­ble­ment là où j’ai un point de dif­fé­rence avec Emma­nuel Todd. J’ai tou­jours eu de grandes réserves vis-à-vis de l’i­dée du pou­voir des intel­lec­tuels. Je crois d’a­bord qu’ils en ont infi­ni­ment moins qu’ils ima­ginent. C’est une illu­sion propre aux intel­lec­tuels d’i­ma­gi­ner que les idées, ou plu­tôt leurs idées, vont chan­ger la face du monde. Ca n’est évi­dem­ment pas que les idées ne jouent aucun rôle dans l’his­toire ! Mais, comme disait Marx, la théo­rie ne devient une arme que si elle s’empare des masses.

    For­mu­la­tion que je modi­fie­rais d’ailleurs pour dire « … que si les masses s’en emparent ». Pour en faire ce qu’elles veulent ! Je ne crois pas que les intel­lec­tuels puissent reven­di­quer un magis­tère poli­tique, et je me méfie des révo­lu­tions sous la conduite des intel­lec­tuels — en véri­té il n’y en a pas, et c’est tant mieux. C’est le peuple, ou comme dit Spi­no­za, la mul­ti­tude, qui est le sujet de l’his­toire, et qui se moque bien de rece­voir ses direc­tives des intel­lec­tuels. Que les intel­lec­tuels cepen­dant prennent la parole et contri­buent, à leur place propre, au grand tra­vail que fait sur soi la com­mu­nau­té poli­tique, ça me paraît la moindre des choses.

    Ne crai­gnez vous pas que ces pro­jets de sor­tie de l’eu­ro ne vous conduisent à être taxés de « repli national » ?

    F.L. : Avez-vous lu l’E­tat com­mer­cial fer­mé, de Fichte ? Au début du XVIIIe siècle, ce phi­lo­sophe invite les Alle­mands à être auto­suf­fi­sants éco­no­mi­que­ment : on ferme tout. Évi­dem­ment, la chose ne serait plus ni pos­sible ni sou­hai­table main­te­nant. Mais l’in­té­rêt de le lire, c’est de voir que sa posi­tion stric­te­ment autar­cique en éco­no­mie ne s’ac­com­pagne pas moins du désir de la plus grande ouver­ture inter­na­tio­nale sous tous les autres rap­ports : cir­cu­la­tion des intel­lec­tuels, des artistes, des étu­diants, des voya­geurs de toutes sortes.

    Pour tout ça, oui, libre cir­cu­la­tion maxi­male ! C’est une lec­ture qui, en creux, en dit long sur l’é­tat pré­sent de colo­ni­sa­tion de nos esprits par l’é­co­no­mi­cisme. Autant les inter­na­tio­na­listes que les euro­péistes n’en­vi­sagent plus « les échanges » qu’à tra­vers la cir­cu­la­tion des conte­neurs et des capi­taux, et ils sont inca­pables de pen­ser un régime d’é­changes inter­na­tio­naux qui se déploie dans un autre plan. Si on arrête un conte­neur aux fron­tières ou qu’on met un contrôle des capi­taux, c’est donc l’a­bo­mi­na­tion obsi­dio­nale. Voi­là leur unique cri­tère pour juger de l’internationalisme.

    E.T. : Le véri­table inter­na­tio­na­lisme aujourd’­hui, ce serait d’ac­cep­ter l’exis­tence de toutes les nations et d’as­su­rer leur éga­li­té dans un sys­tème euro­péen et mon­dial équi­li­bré. Mais l’Eu­rope a chan­gé de nature. C’é­tait un beau pro­jet : des nations libres et égales accep­tant le lepa­der­ship fran­co-alle­mand. La concur­rence géné­ra­li­sée du libre-échange en a fait le champ d’un affron­te­ment silen­cieux mais féroce entre nations. L’eu­ro a fait muter le conti­nent en un sys­tème de domi­na­tion hié­rar­chique, avec ses infé­rieurs grecs, por­tu­gais, espa­gnols ou ita­liens, et un hege­mon allemand.

    Face à cette muta­tion, la France, sans en être consciente, se désho­nore. Les euro­péistes au pou­voir dénoncent la ger­ma­no­pho­bie de ceux qui décrivent la réa­li­té. Ils se pré­sentent comme de bons uni­ver­sa­listes en défen­dant la fic­tion du couple fran­co-alle­mand. La véri­té est que, sans la com­plai­sance de la France, dans sa pos­ture de brillant second qui cherche à pas­ser à tra­vers les gouttes, l’Al­le­magne ne pour­rait pas impo­ser aux pays faibles du Sud des poli­tiques de des­truc­tion de l’E­tat social et de la démo­cra­tie. Le Par­ti socia­liste au pou­voir devrait avoir honte. 

    Source : http://​www​.marianne​.net/​L​o​r​d​o​n​-​T​o​d​d​-​L​e​s​-​i​n​t​e​l​l​e​c​t​u​e​l​s​-​v​o​n​t​-​d​e​v​o​i​r​-​p​a​r​l​e​r​-​a​u​-​p​e​u​p​l​e​_​a​2​2​9​8​2​8​.​h​tml

    Réponse
  85. Ernest

    @ Phil82

    mer­ci d’ap­por­ter au débat des ancrages intéressants,

    je note cette phrase de la cita­tion de J‑F REVEL : « on peut très bien se méfier du suf­frage uni­ver­sel et, pré­ci­sé­ment pour cette rai­son, être un vir­tuose dans la mani­pu­la­tion de l’o­pi­nion. Ce que le XXe siècle a mon­tré, c’est que l’en­ne­mi du pou­voir per­son­nel n’est pas le suf­frage uni­ver­sel, mais l’in­for­ma­tion du suf­frage universel. »

    ceci m’ap­pa­rait en contra­dic­tion avec le dis­cours de Chouard lors­qu’il expose les ver­tus du tirage au sort (qui sont indé­niables sur bien des points et dans bien des contextes).

    En effet, l’en­jeu de la démo­cra­tie est liée à cette capa­ci­té d’une mino­ri­té agis­sante capable de por­ter de dif­fu­ser dans le corps social une adhé­sion à des normes et des prin­cipes, des façon de pen­ser et d’être puis à por­ter cette cohé­rence sous la forme de luttes pro­téi­formes menées par des col­lec­tifs humains organisés…en tout cas, c’est ma vision qui s’ap­puie sur l’hé­ri­tage de « la gauche ».

    Or Chouard, ou, disons plus sûre­ment, cer­tains ici, refusent cette notion de « par­ti pris » assu­mé qui per­met à une mino­ri­té de se sen­tir légi­time à deve­nir majo­ri­taire (dans l’o­pi­nion), et dont découle l’i­dée d’or­ga­ni­sa­tion, par exemple, en par­ti (forme d’or­ga­ni­sa­tion pos­sible, non suf­fi­sante mais de toute manière dépen­dante de ce qu’en font ses membres et d’où ils en sont à ce moment social-historique).

    je dis « par­ti pris assu­mé » en tant qu’il est inévi­ta­ble­ment en confron­ta­tion avec d’autres « par­ti-pris », dont celui du sta­tus quo, au sein du corps social.

    Or, la pro­ba­bi­li­té qu’une idée fasse son che­min et devienne un ingré­dient de l’au­to-ins­ti­tu­tion du social, n’est pas uni­que­ment subor­don­née à son carac­tère vrai, mais tout autant voir bien plus à l’ef­fi­ca­ci­té des por­teurs du mes­sage au milieu des enjeux et des forces à l’oeuvre. Et à ce titre, une mino­ri­té agi­sannte, vouée à la sub­ver­sion et à l’é­man­ci­pa­tion des domi­nés, doit prendre en compte sa posi­tion par rap­port à ce qui contre­dit son projet.

    d’où le malaise que j’é­prouve à l’é­gard d’un dis­cours dont les fai­blesses sont évi­dentes lors­qu’on exa­mine la pro­ba­bi­li­té que la ques­tion du tirage au sort soit acca­pa­rée par des forces adverses, dès lors que ceux qui sin­cè­re­ment y voient un moyen de mettre en pra­tique l’i­dée de sou­ve­rai­ne­té popu­laire et disons-le, de jus­tice, n’ont pas cette conscience de la force de l’i­déo­lo­gie, des idéo­lo­gies, et ne l’as­sument pas.

    en effet, ne pas se voir comme mino­ri­taire et ne pas se nour­rir de tout ce que ceux qui ont été dans cette posi­tion ou le sont encore ont construit en termes de cri­tique sociale mais aus­si de formes de lutte, de com­pro­mis et mal­heu­reu­se­ment de com­pro­mis­sions, c’est prendre le risque de se voir duper.

    car, Revel a rai­son, et je parie à coup sûr qu’il s’ap­puie en cela sur Gram­sci, le pro­blème n’est pas d’a­voir tort ou rai­son, mais d’a­voir numé­ri­que­ment tort (suf­frage uni­ver­sel) ou plus sub­ti­le­ment « com­mu­ni­ca­tio­nel­le­ment » tort. A savoir que l’on tire au sort ou que l’on élise, les indi­vi­du sont tou­jours pris à par­tir d’un moment social-his­to­rique où les opi­nions sont tra­vaillées par des forces inégales avec des pro­ces­sus de sédi­men­ta­tion peu sus­cep­tibles d’être ren­ver­sées du jour au lendemain.

    la ques­tion des fins et des moyens est ici très peu posée, on ne sent pas de conscience de cette don­née incon­tour­nable qu’est la domi­na­tion, au sens de Bour­dieu, ou l’hé­té­ro­no­mie, au sens de castoriadis.

    or, en omet­tant cela, on s’in­ter­dit de pen­ser que ceux ou disons, les logiques, qui maî­trisent assez faci­le­ment ce que le résul­tat d’une élec­tion peut être, n’au­raient pas plus de mal à maî­tri­ser ce qu’une assem­blée de tiré(e)s au sort pour­rait produire ;
    On s’in­ter­dit de pen­ser à ce que peut être un pro­ces­sus révo­lu­tion­naire en termes de prise de conscience, de chan­ge­ment des valeurs, etc., et de pen­ser à com­ment y par­ve­nir, et sur­tout, com­ment un groupe peut sion en avoir la maî­trise, du moins offrir par son effi­ca­ci­té et sa bonne pré­pa­ra­tion, une issue conforme aux fins, sans grave récu­pé­ra­tion pos­sible, sans que le peuple, que dis-je, néces­sai­re­ment une par­tie du peuple, conscien­ti­sée, agis­sante, ne se voit volé, spo­lié, par des plus forts, plus orga­ni­sé, plus ins­crits dans un long tra­vail de for­ma­tion des consciences et de créa­tion de relais à tous les éche­lons de la socié­té hiérarchisée.

    toute la dif­fi­cul­té réside dans ce para­doxe : il est impos­sible de par­ve­nir à une démo­cra­tie par la démo­cra­tie ! inévi­ta­ble­ment il s’a­git d’as­su­mer une part d’ar­bi­traire, de coup de force, d’im­po­si­tion, que l’on ratio­na­li­se­ra après-coup comme étant néces­saire. Inévi­ta­ble­ment il s’a­git de prendre, pour cet autrui qui est contre le chan­ge­ment ou qui bar­guigne, la déci­sion que l’on agit pour son bien et que c’est cette volon­té d’a­gir pour le bien com­mun qui légi­time la non prise en compte immé­diate de ces résis­tances et réti­cences. Sans quoi l’on laisse le pou­voir à ceux qui jouissent de la situa­tion actuelle.

    et ceci, ne signi­fie pas qu’il fau­drait s’en­fer­mer dans des cer­ti­tudes, ou, oublier les méfaits com­mis par tous les pré­dé­ces­seurs de ces luttes pour l’hé­gé­mo­nie, qui ont trop sou­vent som­bré dans l’en­fer­me­ment sec­taire de celui qui sait ce qui est bon pour tous, sans même avoir écou­té ni accep­té la remise en cause. Mais, ces tra­vers, s’ils ne sont inévi­tables, font aus­si par­tie du jeu et, vou­loir les évi­ter par la néga­tion d’une néces­saire prise de risque, implique l’échec…le/les camp(s) d’en face n’ayant pas cette attention.

    si la ques­tion de ce que nous vou­lons est claire, alors la ques­tion du com­ment y par­ve­nir doit être posée. De là découle tout un ques­tion­ne­ment où en sommes-nous dans l’o­pi­nion sur qui est sus­cep­tible de nous mettre des bâtons dans les roues, et à quel stade de notre expan­sion dans l’o­pi­nion, à quelle posi­tion nous occu­pons dans les rap­ports de force à l’oeuvre. Et c’est cette ana­lyse, ces contro­verses, tout ce qui va déter­mi­ner l’at­ti­tude à tenir qui feront ou non que nous par­vien­drons, plus ou moins rapi­de­ment à des objectifs.

    ceci implique une atti­tude très sub­tile et tou­jours en recherche d’une com­pré­hen­sion la plus exhaus­tive pos­sible. Ceci implique des stra­té­gies, des formes d’or­ga­ni­sa­tions, mul­tiples, diverses, des alliances, etc. il fau­dra carac­té­ri­ser de ce qui in fine bloque, ce qui est à affron­ter, ce qui nous impose de com­po­ser, les tem­po­ra­li­tés, les néces­si­tés de repli, les pos­tures à adop­ter, en fonc­tion des cir­cons­tances, etc.

    il fau­dra donc autant se méfier de ceux qui veulent tout tout de suite, se méfier de ceux qui dési­gnent comme enne­mi un com­pa­gnons de route pro­vi­soire, tout aus­si sin­cères qu’ils soient.

    une ana­lyse de la situa­tion actuelle et des prio­ri­tés, doit per­mette de consi­dé­rer que ce qui parait impor­tant est incar­né en bonne par­tie par des orga­ni­sa­tions ou ins­ti­tu­tions déjà exis­tante. Dès lors l’at­ti­tude à tenir est-elle le sou­tien ou la confron­ta­tion ? doit-on par­ti­ci­per à légi­ti­mer ou du moins dois-t-on se faire le sou­tien de tel ou tel cou­rant ? tout ceci est à réflé­chir, quand bien même on s’ac­cor­de­rait sur le carac­tère non conforme de ce qu’ils pro­posent avec nos objec­tifs finaux..il n’empêche, il fau­dra convaincre, il fau­dra conso­li­der notre posi­tion et, tel ou tel pour­ra nous faci­li­ter la tâche, pour le moment, etc.

    et donc, pour conclure ce long post, par une gen­tille pro­vo­ca­tion (je laisse le point god­win pro­vi­soi­re­ment) je dirais que, même si pour le moment, elle n’a pas­be­soin de le faire, puisque l’é­pou­van­tail FN lui suf­fit, madame Pari­sot ne pren­drai que très peu de risques à appe­ler à une assem­blée consti­tuante tirée au sort.

    Réponse
  86. J.C

    Oula, la démo­cra­tie doit avoir des fron­tières ? tout le monde n’y a pas droit ???

    Étrange vision de la démocratie.

    Réponse
  87. Ernest
    @ Etienne,

    si com­prend bien il s’a­git de rapa­trier et de com­pi­ler ici des articles d’autres blogs…bon pour­quoi pas…

    en tout cas, c’est vrai, le débat Lordon/Sapir est passionant.

    je me per­mets de rete­nir du for­mi­dable et inha­bi­tuel­le­ment court texte de Sapir, une phrase non sur­li­gnée qui me parait cruciale :

    "''De ce point de vue, même si les analyses sont radicalement différentes entre une vision métaphysique de la Nation et de l’État articulée autour de la notion de « corps mystique » et une vision qui les considèrent comme les produits d’une construction sociale de très longue durée, il n’y a pas fonctionnellement de différence radicale entre les deux à ce niveau de l’analyse''"

    que je mets en pers­pec­tive avec cette phrase de Benoit :
    « Dans une démo­cra­tie le pou­voir vient de la base et une fédé­ra­tion de com­munes démo­cra­tiques est sans doute sou­hai­table (qui pour­raient s’é­tendre au monde entier). Les fron­tières seront sur­ement souples aux endroits calmes (entre com­munes démo­cra­tiques et autres pays amis), et ren­for­cés contre les agres­sions des gou­ver­ne­ments qui œuvrent contre les peuples. Les fron­tières doivent-être des bar­rières immu­ni­taires qui dif­fé­ren­cies le « soi » du « non-soi », l’in­té­rêt du peuple de ce qui va à son encontre. »

    Car à mon sens, si Sapir dit, que « à ce niveau de l’a­na­lyse », il n’y a pas de dif­fé­rence entre sou­ve­rai­nisme de droite et sou­ve­rai­nisme de gauche, c’est bien qu’il y en a tout de même une, et, Benoit me semble par­fai­te­ment expri­mer ce que Lor­don veut dire, ou en tout cas ne sou­haite pas inter­dire de pen­ser, c’est à dire que la Nation, du moins les nations telle qu’elle existent en Europe, ne sont pas néces­sai­re­ment l’ho­ri­zon ultime de la sou­ve­rai­ne­té populaire.

    et que dès lors, si nous sui­vons Sapir dans l’i­dée que bon, après tout, la construc­tion de la Nation et sa défi­ni­tion actuelle nous suf­fisent pour pen­ser ici et main­te­nant une solu­tion de défense face à …, ceci n’empêche, que, très loca­le­ment ou à l’in­té­rieur d’or­ga­ni­sa­tions, il se peut qu’une enti­té col­lec­tive se recon­nais­sant comme tri­bu­taire d’un pas­sé et contri­bu­tive d’un ave­nir, via la prise en main de son des­tin , puisse inven­ter de nou­veaux méca­nismes de défense.

    la com­mune de zuangz­hi, l’E­tat du balou­chis­tan, le royaume uni, ne sont pas des Nations mais autant d’es­paces avec fron­tières, de même que le par­ti des X ou le syn­di­cat des Y, le col­lec­tif des B, sont autant d’en­ti­té avec fron­tières, et avec his­toire, pen­sée, soli­da­ri­tés per­met­tant la résis­tance et l’of­fen­sive, la construc­tion et la soli­di­fi­ca­tion de normes de vivre ensemble, de modes de déci­sion, de pro­duc­tion et de dis­tri­bu­tion alternatives…

    l’es­pace poten­tiel pour la démo­cra­tie est illi­mi­té et com­mence là où c’est possible..le « peuple », ça n’est jamais qu’un « nous » affir­mé comme poten­tiel­le­ment durable..et on le pré­fère exten­sible et à géo­mé­trie variable, jus­qu’à ce qu’il coïn­cide avec l’Homme.…

    Réponse
  88. phil82

    Je reprends ici des extraits de RENAN et SAPIR « droite » et « gauche », un peu comme un dialogue

    Ernest RENAN :

    « Nous avons chas­sé de la poli­tique les abs­trac­tions méta­phy­siques et théo­lo­giques. Que reste-t-il, après cela ? Il reste l’homme, ses dési­rs, ses besoins. La séces­sion, me direz-vous, et, à la longue, l’é­miet­te­ment des nations sont la consé­quence d’un sys­tème qui met ces vieux orga­nismes à la mer­ci de volon­tés sou­vent peu éclai­rées. Il est clair qu’en pareille matière aucun prin­cipe ne doit être pous­sé à l’ex­cès. Les véri­tés de cet ordre ne sont appli­cables que dans leur ensemble et d’une façon très géné­rale. Les volon­tés humaines changent ; mais qu’est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d’é­ter­nel. Elles ont com­men­cé, elles fini­ront. La confé­dé­ra­tion euro­péenne, pro­ba­ble­ment, les rem­pla­ce­ra. Mais telle n’est pas la loi du siècle où nous vivons. À l’heure pré­sente, l’exis­tence des nations est bonne, néces­saire même. Leur exis­tence est la garan­tie de la liber­té, qui serait per­due si le monde n’a­vait qu’une loi et qu’un maître. »

    Jacques SAPIR :

    « Le fait que la sou­ve­rai­ne­té implique un ter­ri­toire mais aus­si la défi­ni­tion de qui est à l’intérieur et de qui est à l’extérieur. La fron­tière est un élé­ment déci­sif et même consti­tu­tif de la démo­cra­tie, que cette fron­tière soit ter­ri­to­riale ou qu’elle soit méta­pho­rique comme dans le cas de l’appartenance à une orga­ni­sa­tion. Il est plai­sant d’entendre ceux-là mêmes qui refusent les fron­tières autour d’un ter­ri­toire défendre la dis­tinc­tion mem­bre/­non-membre dès que leur pou­voir est en jeu. Il ferait beau voir que cha­cun d’entre nous puisse voter au sein des ins­tances d’un par­ti poli­tique, quel qu’il soit, sans en être membre ! On voit bien, à tra­vers cet exemple, que l’existence de la démo­cra­tie implique la clô­ture de l’espace poli­tique, et que cette dite clô­ture implique une « fron­tière ». Dire cela n’implique pas que nous n’ayons rien en com­mun, ou que nous ayons à nous dés­in­té­res­ser de ceux qui sont de l’autre côté de la clô­ture, que celle-ci défi­nisse une orga­ni­sa­tion ou un pays. Mais cela conduit à don­ner du sens à la dis­tinc­tion membre / non-membre, à lui confé­rer une per­ti­nence et donc, par oppo­si­tion, à tenir pour dan­ge­reuses les idées qui récusent cette distinction. »

    Ernest RENAN :

    « Une nation est donc une grande soli­da­ri­té, consti­tuée par le sen­ti­ment des sacri­fices qu’on a faits et de ceux qu’on est dis­po­sé à faire encore. Elle sup­pose un pas­sé ; elle se résume pour­tant dans le pré­sent par un fait tan­gible : le consen­te­ment, le désir clai­re­ment expri­mé de conti­nuer la vie com­mune. L’exis­tence d’une nation est (par­don­nez-moi cette méta­phore) un plé­bis­cite de tous les jours, comme l’exis­tence de l’in­di­vi­du est une affir­ma­tion per­pé­tuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins méta­phy­sique que le droit divin, moins bru­tal que le droit pré­ten­du his­to­rique. Dans l’ordre d’i­dées que je vous sou­mets, une nation n’a pas plus qu’un roi le droit de dire à une pro­vince : « Tu m’ap­par­tiens, je te prends ». Une pro­vince, pour nous, ce sont ses habi­tants ; si quel­qu’un en cette affaire a droit d’être consul­té, c’est l’ha­bi­tant. Une nation n’a jamais un véri­table inté­rêt à s’an­nexer ou à rete­nir un pays mal­gré lui. Le vœu des nations est, en défi­ni­tive, le seul cri­té­rium légi­time, celui auquel il faut tou­jours en revenir. »

    Jacques SAPIR :

    « Pour les pen­seurs « de gauche » la Nation est d’abord une construc­tion sociale. On est ras­su­ré et l’on croit avoir liqui­dé la ques­tion méta­phy­sique. Rien n’est moins sûr. À cette pen­sée qui est pro­fon­dé­ment vraie, ils ajoutent immé­dia­te­ment deux apo­ries. S’ils sont mar­xistes, ils ne conçoivent cette construc­tion sociale qu’à tra­vers le prisme de « la lutte des classes qui met­tra fin à la lutte des classes », bref du retour­ne­ment hege­lien de la contra­dic­tion. Mais ceci n’est qu’une repré­sen­ta­tion, et elle les conduit à mino­rer l’importance de la Nation comme cadre habi­té (et même han­té) par la démo­cra­tie. Puisque l’exploitation de l’homme par l’homme met­tra fin à l’exploitation, qu’importe cette « relique du pas­sé » qu’est la Nation et l’État. D’ailleurs, dans une socié­té sans conflits, l’État n’est plus néces­saire… À peine avons-nous cru être déli­vré du car­can méta­phy­sique que celui-ci est de retour. »

    Le pro­pos phi­lo­so­phique doit tou­jours être rap­pro­ché du contexte social, d’au­tant plus que le sujet aborde un thème aus­si impor­tant que la NATION.

    F. LORDON se place dans le pré­sent, la des­crip­tion et les consé­quences. Son texte est impor­tant dans son analyse :

    « En ce lieu de la sou­ve­rai­ne­té, qui donne nais­sance à toutes les confu­sions poli­ti­que­ment intéressées »

    Jacques SAPIR va cher­cher des clés dans le passé :

    « Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas une pen­sée de droite ou une pen­sée de gauche, mais cette oppo­si­tion ne passe pas par la ques­tion de la sou­ve­rai­ne­té mais par celle de la Nation. Pour une pen­sée « de droite », la Nation « est » et en consé­quence on réflé­chit fort peu à son ori­gine. On pré­fère mettre l’accent sur les aspects intem­po­rels de son exis­tence et la ques­tion du « corps mys­tique » de la Nation n’est pas une lubie ou un ana­chro­nisme. On retrouve rapi­de­ment les mythes chré­tiens pour les plu­part des pen­seurs de « droite » avec l’idée que la Nation ren­voie, in fine au trip­tyque « une foi, une loi, un Roi ». Les pro­blèmes com­mencent, d’ailleurs, dès l’entrée dans la période moderne, avec l’émergence d’un plu­ra­lisme reli­gieux (la Réforme) qui casse l’idée d’une uni­ci­té de reli­gion. Des auteurs modernes, et par­mi eux des per­son­na­li­tés aus­si oppo­sées sur Carl Schmitt et von Hayek, font réfé­rences à des « méta-valeurs » comme ori­gine de la « loi » et donc comme struc­tu­rant l’espace de la Nation. »

    Une ana­lyse his­to­rique que l’on retrouve chez RENAN (pen­seur dit de « droite ») :

    « Les nations, enten­dues de cette manière, sont quelque chose d’as­sez nou­veau dans l’his­toire. L’an­ti­qui­té ne les connut pas ; l’É­gypte, la Chine, l’an­tique Chal­dée ne furent à aucun degré des nations. C’é­taient des trou­peaux menés par un fils du Soleil, ou un fils du Ciel. Il n’y eut pas de citoyens égyp­tiens, pas plus qu’il n’y a de citoyens chi­nois. L’an­ti­qui­té clas­sique eut des répu­bliques et des royau­tés muni­ci­pales, des confé­dé­ra­tions de répu­bliques locales, des empires ; elle n’eut guère la nation au sens où nous la com­pre­nons. Athènes, Sparte, Sidon, Tyr sont de petits centres d’ad­mi­rable patrio­tisme ; mais ce sont des cités avec un ter­ri­toire rela­ti­ve­ment res­treint. La Gaule, l’Es­pagne, l’I­ta­lie, avant leur absorp­tion dans l’Em­pire romain, étaient des ensembles de peu­plades, sou­vent liguées entre elles, mais sans ins­ti­tu­tions cen­trales, sans dynas­ties. L’Em­pire assy­rien, l’Em­pire per­san, l’Em­pire d’A­lexandre ne furent pas non plus des patries. Il n’y eut jamais de patriotes assy­riens ; l’Em­pire per­san fut une vaste féo­da­li­té. Pas une nation ne rat­tache ses ori­gines à la colos­sale aven­ture d’A­lexandre, qui fut cepen­dant si riche en consé­quences pour l’his­toire géné­rale de la civilisation. »

    Réponse
  89. Ernest

    Pour pro­lon­ger le dia­logue entre les morts et les vivants..

    Maxi­mi­lien de Robes­pierre, dis­cours à l’As­sem­blée Consti­tuante le 25 jan­vier 1790 :

     » …Enfin la Nation est-elle sou­ve­raine, quand le plus grand nombre des indi­vi­dus qui la com­posent est dépouillé des droits poli­tiques qui consti­tuent la sou­ve­rai­ne­té ? Non, et cepen­dant vous venez de voir que ces mêmes décrets les ravissent à la plus grande par­tie des Fran­çais. Que serait donc votre Décla­ra­tion des droits si ces décrets pou­vaient sub­sis­ter ? Une vaine for­mule. Que serait la Nation ? Esclave : car la liber­té consiste à obéir aux lois qu’on s’est don­nées, et la ser­vi­tude à être contraint de se sou­mettre à une volon­té étran­gère. Que serait votre Consti­tu­tion ? Une véri­table aris­to­cra­tie. Car l’a­ris­to­cra­tie est l’é­tat où une par­tie des citoyens est sou­ve­raine et le reste est sujet, et quelle aris­to­cra­tie ! La plus insup­por­table de toutes, celle des riches.

    Tous les hommes nés et domi­ci­liés en France sont membres de la socié­té poli­tique, qu’on appelle la Nation fran­çaise, c’est-à-dire citoyens fran­çais. Ils le sont par la nature des choses et par les pre­miers prin­cipes du droit des gens. Les droits atta­chés à ce titre ne dépendent ni de la for­tune que cha­cun d’eux pos­sède, ni de la quo­ti­té de l’im­pôt à laquelle il est sou­mis, parce que ce n’est point l’im­pôt qui nous fait citoyens ; la qua­li­té de citoyen oblige seule­ment à contri­buer à la dépense com­mune de l’E­tat, sui­vant ses facul­tés. Or vous pou­vez don­ner des lois aux citoyens, mais vous ne pou­vez pas les anéan­tir. Les par­ti­sans du sys­tème que j’at­taque ont eux-mêmes sen­ti cette véri­té, puisque, n’o­sant contes­ter la qua­li­té de citoyens à ceux qu’ils condam­naient à l’ex­hé­ré­da­tion poli­tique, ils se sont bor­nés à élu­der le prin­cipe de l’é­ga­li­té qu’elle sup­pose néces­sai­re­ment, par la dis­tinc­tion de citoyens actifs et de citoyens pas­sifs. Comp­tant sur la faci­li­té avec laquelle on gou­verne les hommes par des mots, ils ont essayé de nous don­ner le change en publiant, par cette expres­sion nou­velle, la vio­la­tion la plus mani­feste des droits de l’homme.

    Mais qui peut être assez stu­pide pour ne pas aper­ce­voir que ce mot ne peut ni chan­ger les prin­cipes ni résoudre la dif­fi­cul­té, puisque décla­rer que tels citoyens ne sont point actifs ou dire qu’ils n’exer­ce­ront plus les droits poli­tiques atta­chés au titre de citoyen, c’est exac­te­ment la même chose dans l’i­diome de ces sub­tils poli­tiques ? Or je leur deman­de­rai tou­jours de quel droit ils peuvent ain­si frap­per d’i­nac­ti­vi­té et de para­ly­sie leurs conci­toyens et leurs com­met­tants : je ne ces­se­rai de récla­mer contre cette locu­tion insi­dieuse et bar­bare qui souille­ra à la fois et notre Code et notre langue, si nous ne nous hâtons de l’ef­fa­cer de l’un et de l’autre, afin que le mot de liber­té ne soit pas lui-même insi­gni­fiant et même dérisoire.

    Qu’a­jou­te­rai-je à des véri­tés si évi­dentes ? Rien, pour les repré­sen­tants de la Nation, dont l’o­pi­nion et le voeu ont déjà pré­ve­nu ma demande ; il ne me reste qu’à répondre aux déplo­rables sophismes sur les­quels les ambi­tions et les pré­ju­gés d’une cer­taine classe d’hommes s’ef­forcent d’é­tayer la doc­trine désas­treuse que je com­bats ; c’est à ceux-là seule­ment que je vais par­ler. Le peuple ! des gens qui n’ont rien ! les dan­gers de la cor­rup­tion ! l’exemple de l’An­gle­terre, celui des peuples que l’on sup­pose libres, voi­là les argu­ments que l’on oppose à la jus­tice et à la rai­son. Je ne devrais répondre que ce seul mot : le peuple, cette mul­ti­tude d’hommes dont je défends la cause, a des droits qui ont la même ori­gine que les vôtres. Qui vous a don­né le pou­voir de le leur ôter ?

    L’u­ti­li­té géné­rale, dites-vous ! Mais est-il rien d’u­tile que ce qui est juste et hon­nête ? Et cette maxime éter­nelle ne s’ap­plique-t-elle pas sur­tout à l’or­ga­ni­sa­tion sociale ? Et si le but de la socié­té est le bon­heur de tous, la conser­va­tion des droits de l’homme, que faut-il pen­ser de ceux qui veulent l’é­ta­blir sur la puis­sance de quelques indi­vi­dus et sur l’a­vi­lis­se­ment et la nul­li­té du reste du genre humain ! Quels sont donc ces sublimes poli­tiques, qui applau­dissent eux-mêmes à leur propre génie, lors­qu’à force de labo­rieuses sub­ti­li­tés, ils sont enfin par­ve­nus à sub­sti­tuer leurs vaines fan­tai­sies aux prin­cipes immuables que l’é­ter­nel légis­la­teur a lui-même gra­vés dans le coeur de tous les hommes ! …

    Mais dites-vous : le peuple ! Des gens qui n’ont rien à perdre, pour­ront donc comme nous exer­cer tous les droits des citoyens ? Des gens qui n’ont rien à perdre ! Que ce lan­gage de l’or­gueil en délire est injuste et faux aux yeux de la véri­té ! Ces gens dont vous par­lez sont appa­rem­ment des hommes qui vivent, qui sub­sistent au sein de la socié­té, sans aucun moyen de vivre et de sub­sis­ter. Car s’ils sont pour­vus de ces moyens-là, ils ont quelque chose, ce me semble, à perdre ou à conser­ver. Oui, les gros­siers habits qui me couvrent, l’humble réduit où j’a­chète le droit de me reti­rer et de vivre en paix, le modique salaire avec lequel je nour­ris ma femme, mes enfants, tout cela, je l’a­voue, ne sont point des terres, des châ­teaux, des équi­pages, tout cela s’ap­pelle rien peut-être, pour le luxe et pour l’o­pu­lence ; mais c’est quelque chose pour l’hu­ma­ni­té ; c’est une pro­prié­té sacrée aus­si sacrée, sans doute, que les brillants domaines de la richesse. Que dis-je ! ma liber­té, ma vie, le droit d’ob­te­nir sûre­té ou ven­geance pour moi et pour ceux qui me sont chers, le droit de repous­ser l’op­pres­sion, celui d’exer­cer libre­ment toutes les facul­tés de mon esprit et de mon coeur ; tous ces biens si doux, les pre­miers de ceux que la nature a dépar­tis à l’homme, ne sont-ils pas confiés comme les vôtres à la garde des lois ?

    Et vous dites que je n’ai point d’in­té­rêt à ces lois ; et vous vou­lez me dépouiller de la part que je dois avoir comme vous dans l’ad­mi­nis­tra­tion de la chose publique ! et cela par la seule rai­son que vous êtes plus riches que moi ! Ah si la balance ces­sait d’être égale, n’est-ce pas en faveur des citoyens les moins aisés qu’elle devrait pen­cher ? Les lois, l’au­to­ri­té publique, n’est-elle pas éta­blie pour pro­té­ger la fai­blesse contre l’in­jus­tice et l’op­pres­sion ? C’est donc bles­ser tous les prin­cipes sociaux que de la pla­cer tout entière entre les mains des riches.

    Mais les riches, les hommes puis­sants ont rai­son­né autre­ment. Par un étrange abus des mots, ils ont res­treint à cer­tains objets l’i­dée géné­rale de pro­prié­té ; ils se sont appe­lés seuls pro­prié­taires, ils ont pré­ten­du que les pro­prié­taires seuls étaient dignes du nom de citoyens, ils ont nom­mé leur inté­rêt par­ti­cu­lier l’in­té­rêt géné­ral, et pour assu­rer le suc­cès de cette pré­ten­tion, ils se sont empa­rés de toute la puis­sance sociale. Et nous ! ô fai­blesse des hommes ! nous qui pré­ten­dons les rame­ner aux prin­cipes de l’é­ga­li­té et de la jus­tice, c’est encore sur ces absurdes et cruels pré­ju­gés que nous cher­chons, sans nous en aper­ce­voir, à éle­ver notre Consti­tu­tion ! ….

    Mais voyez, je vous prie, à quelles bizarres consé­quences entraîne une grande erreur en ce genre. For­cés par les pre­mières notions de l’é­qui­té, à cher­cher les moyens de la pal­lier, vous avez accor­dé aux mili­taires, après un cer­tain temps de ser­vice, les droits de citoyens actifs comme une récom­pense. Vous les avez accor­dés comme une dis­tinc­tion aux ministres du culte, lors­qu’ils ne peuvent rem­plir les condi­tions pécu­niaires exi­gées par vos décrets ; vous les accor­de­rez encore, dans des cas ana­logues, par de sem­blables motifs. Or, toutes ces dis­po­si­tions si équi­tables par leur objet sont autant d’in­con­sé­quences et d’in­frac­tions des pre­miers prin­cipes consti­tu­tion­nels. Com­ment, en effet, vous qui avez sup­pri­mé tous les pri­vi­lèges, com­ment avez-vous pu éri­ger en pri­vi­lèges pour cer­taines per­sonnes, et pour cer­taines pro­fes­sions, l’exer­cice des droits du citoyen ? Com­ment avez-vous pu chan­ger en récom­pense un bien qui appar­tient essen­tiel­le­ment à tous ? D’ailleurs, si les ecclé­sias­tiques et les mili­taires ne sont pas les seuls qui méritent bien de la patrie, la même rai­son ne doit-elle pas vous for­cer à étendre la même faveur aux autres pro­fes­sions ? Et si vous la réser­vez au mérite, com­ment en avez-vous pu faire l’a­pa­nage de la for­tune ; ce n’est pas tout ; vous avez fait, de la pri­va­tion des droits du citoyen actif, la peine du crime, et du plus grand de tous les crimes, celui de lèse-Nation. Cette peine vous a paru si grande que vous en avez limi­té la durée, que vous avez lais­sé les cou­pables maîtres de la ter­mi­ner eux-mêmes, par le pre­mier acte de citoyen qu’il leur plai­rait de faire… Et cette même pri­va­tion, vous l’a­vez infli­gée à tous les citoyens qui ne sont pas assez riches pour suf­fire à telle quo­ti­té, à telle nature de contri­bu­tion ; de manière que, par la com­bi­nai­son de ces décrets, ceux qui ont conspi­ré contre le salut et contre la liber­té de la Nation, et les meilleurs citoyens, les défen­seurs de la liber­té, que la for­tune n’au­ra point favo­ri­sés, ou qui auront repous­sé la for­tune pour ser­vir la patrie, sont confon­dus dans la même classe. Je me trompe, c’est en faveur des pre­miers que votre pré­di­lec­tion se déclare ; car dès le moment où ils vou­dront bien consen­tir à faire la paix avec la Nation, et à accep­ter le bien­fait de la liber­té, ils peuvent ren­trer dans la plé­ni­tude des droits du citoyen ; au lieu que les autres en sont pri­vés indé­fi­ni­ment, et ne peuvent les recou­vrir que sous une condi­tion qui n’est point en leur pou­voir. Juste ciel ! le génie et la ver­tu mis plus bas que la for­tune et le crime par le législateur !

    Que ne vit-il encore, avons-nous dit quel­que­fois, en rap­pro­chant l’i­dée de cette grande révo­lu­tion de celle d’un grand homme qui a contri­bué à la pré­pa­rer ! Que ne vit-il encore ce phi­lo­sophe sen­sible et élo­quent, dont les écrits ont déve­lop­pé par­mi nous ces prin­cipes de morale publique qui nous ont ren­dus dignes de conce­voir le des­sein de régé­né­rer notre patrie ! Eh bien ! s’il vivait encore, que ver­rait-il ? les droits sacrés de l’homme qu’il a défen­dus vio­lés par la Consti­tu­tion nais­sante et son nom effa­cé de la liste des citoyens ! Que diraient aus­si tous ces grands hommes qui gou­ver­nèrent les peuples les plus libres et les plus ver­tueux de la terre, mais qui ne lais­sèrent pas de quoi four­nir aux frais de leurs funé­railles et dont les familles étaient nour­ries aux dépens de l’É­tat ; que diraient-ils, si revi­vant par­mi nous, Ils pou­vaient voir s’é­le­ver cette Consti­tu­tion nais­sante ? Aris­tide ! la Grèce t’a sur­nom­mé le juste, t’a fait l’ar­bitre de sa des­ti­née : la France régé­né­rée ne ver­rait en toi qu’un homme de rien, qui ne paie point un marc d’argent ! En vain la confiance du peuple t’ap­pel­le­rait à défendre ses droits, il n’est point de muni­ci­pa­li­té qui ne te repous­sât de son sein. Tu aurais vingt fois sau­vé la patrie que tu ne serais point encore citoyen actif ni éli­gible… à moins que ta grande âme ne consen­tît à vaincre les rigueurs de la for­tune aux dépens de la liber­té ou de quel­qu’une de tes vertus.

    Le des­po­tisme lui-même n’a­vait pas osé impo­ser d’autres condi­tions aux citoyens qu’il convo­quait : com­ment donc pour­riez-vous dépouiller une par­tie de ces hommes-là, à plus forte rai­son la plus grande par­tie d’entre eux, de ces mêmes droits poli­tiques qu’ils ont exer­cés en vous envoyant à cette Assem­blée, et dont ils vous ont confié la garde ? Vous ne le pou­vez pas sans détruire vous-mêmes votre pou­voir, puisque votre pou­voir n’est que celui de vos com­met­tants. En por­tant de pareils décrets, vous n’a­gi­riez pas comme repré­sen­tants de la Nation : vous agi­riez direc­te­ment contre ce titre ; vous ne feriez point des lois, vous frap­pe­riez l’au­to­ri­té légis­la­tive dans son prin­cipe. Les peuples mêmes ne pour­raient jamais ni les auto­ri­ser, ni les adop­ter, parce qu’ils ne peuvent jamais renon­cer, ni à l’é­ga­li­té, ni à la liber­té, ni à leur exis­tence comme peuples, ni aux droits inalié­nables de l’homme. Aus­si, Mes­sieurs, quand vous avez for­mé la réso­lu­tion déjà bien connue de les révo­quer, c’est moins parce que vous en avez recon­nu la néces­si­té, que pour don­ner à tous les dépo­si­taires de l’au­to­ri­té publique un grand exemple du res­pect qu’ils doive ni aux peuples, pour cou­ron­ner tant de lois salu­taires, tant de sacri­fices géné­reux, par le magna­nime désa­veu d’une sur­prise pas­sa­gère, qui ne chan­gea jamais rien ni à vos prin­cipes, ni à votre volon­té constante et cou­ra­geuse pour le bon­heur des hommes. Que signi­fie donc l’é­ter­nelle objec­tion de ceux qui vous disent qu’il ne vous est per­mis, dans aucun cas, de chan­ger vos propres décrets ? Com­ment a‑t-on pu faire céder à cette pré­ten­due maxime cette règle invio­lable, que le salut du peuple et le bon­heur des hommes sont tou­jours la loi suprême, et impo­ser aux fon­da­teurs de la Consti­tu­tion fran­çaise, celle de détruire leur propre ouvrage, et d’ar­rê­ter les glo­rieuses des­ti­nées de la Nation et de l’hu­ma­ni­té entière, plu­tôt que de répa­rer une erreur dont ils connaissent tous les dan­gers ? Il n’ap­par­tient qu’à l’être essen­tiel­le­ment infaillible d’être immuable : chan­ger est non seule­ment un droit, mais un devoir pour toute volon­té humaine qui a failli. Les hommes qui décident du sort des autres hommes sont moins que per­sonne exempts de cette obli­ga­tion com­mune Mais tel est le mal­heur d’un peuple qui passe rapi­de­ment de la ser­vi­tude à la liber­té, qu’il trans­porte, sans s’en aper­ce­voir, au nou­vel ordre de chose, les pré­ju­gés de l’an­cien dont il est cer­tain que ce sys­tème de l’ir­ré­vo­ca­bi­li­té abso­lue des déci­sions du Corps légis­la­tif n’est autre chose qu’une idée emprun­tée du des­po­tisme. L’au­to­ri­té ne peut recu­ler sans se com­pro­mettre, disait-il, quoi­qu’en effet il ait été for­cé quel­que­fois à recu­ler. Cette maxime était bonne en effet pour le des­po­tisme, dont la puis­sance oppres­sive ne pou­vait se sou­te­nir que par l’illu­sion ou la ter­reur ; mais l’au­to­ri­té tuté­laire des repré­sen­tants de la Nation, fon­dée à la fois sur l’in­té­rêt géné­ral et sur la force de la Nation même, peut répa­rer une erreur funeste, sans cou­rir d’autre risque que de réveiller les sen­ti­ments de la confiance et de l’ad­mi­ra­tion qui l’en­vi­ronnent ; elle ne peut se com­pro­mettre que par une per­sé­vé­rance invin­cible dans des mesures contraires à la liber­té, et réprou­vées par l’o­pi­nion publique. Il est cepen­dant quelques décrets que vous ne pou­vez point abro­ger, ce sont ceux qui ren­ferment la Décla­ra­tion des droits de l’homme, parce que ce n’est point vous qui avez fait ces lois, vous les avez pro­mul­guées. Ce sont des décrets immuables du légis­la­teur éter­nel dépo­sés dans la rai­son et dans le coeur de tous les hommes avant que vous les eus­siez ins­crits dans votre code, que je réclame contre les dis­po­si­tions qui les blessent et qui doivent dis­pa­raître devant eux. Vous avez ici à choi­sir entre les uns et les autres, et votre choix ne peut être incer­tain, d’a­près vos propres prin­cipes. Je pro­pose donc à l’As­sem­blée natio­nale le pro­jet de décret suivant :

    « L’As­sem­blée natio­nale, péné­trée d’un res­pect reli­gieux pour les droits des hommes, dont le main­tien doit être l’ob­jet de toutes les ins­ti­tu­tions politiques ;

    Convain­cue qu’une ins­ti­tu­tion faite pour assu­rer la liber­té du peuple fran­çais et pour influer sur celle du monde, doit être sur­tout éta­blie sur ce principe ;

    Déclare que tous les Fran­çais, c’est-à-dire tous les hommes nés et domi­ci­liés en France, ou natu­ra­li­sés, doivent jouir de la plé­ni­tude et de l’é­ga­li­té des droits du citoyen et sont admis­sibles à tous les emplois publics, sans autre dis­tinc­tion que celle des ver­tus et des talents. » »

    Réponse
  90. nlescan

    @ benoit : si des gens se réclament de l’extrême droite et le FN peut faire les mou­li­net qu’il veut et se don­ner des airs de socia­lisme pour escro­quer les pro­lo racistes tous les vioques sont des ultra libé­raux chez eux Goll­nisch est tou­jours un fan de Pino­chet et de Friedmann…Le Fhaine est un par­ti oppor­tu­niste et une escro­que­rie dont le fond de com­merce est la xéno­pho­bie. C’est un par­ti d’extrême droite et le rou­lé bou­lé répu­bli­cain est tout récent et ne trompe que les naïfs.

    Cha­vez n’é­tait pas natio­na­liste, il était socia­liste, patriote et inter­na­tio­na­liste, je connais très bien ses dis­cours et le pipeau sur le wiki fran­co­phone ne m’intéresse pas, je n’en ai pas besoin, j’é­coute direc­te­ment Hugo Cha­vez, je lis direc­te­ment apor​rea​.org.

    Et je connais l’his­toire, Simon Boli­var a libe­ré l’a­mé­rique latine. Il rêvait d’une amé­rique latine unie en une grande patrie.

    Crois moi c’est pas de ce coté la que tu vas m’a­vaoir, tu me montres juste que tu essayes de me mon­ter un truc de bric et de broc pour me vendre ton natio­na­lisme tout beau tout gentil.

    natio­na­li­sa­tion et natio­na­lisme n’ont rien a voir benoît…la natio­na­li­sa­tion c’est quand l’é­tat prend le contrôle d’en­tre­prises pri­vées et c’est bien pour empê­cher ça que les CIA ont appuyé Pino­chet, un natio­na­liste, pour ren­ver­ser All­lende, le gars qui vou­lait nationaliser…Plus tard Pino­chet appli­que­ra le pro­gramme ultra libé­ral de Fried­mann au Chi­li. Le natio­na­lisme ne natio­na­lise pas..non non.

    Je suis pour les nations, je suis pour les natio­na­li­sa­tions et je suis contre le natio­na­lisme en tant que doc­trine d’extrême droite qui exalte une nation au détri­ment de celle des autres… C’est une doc­trine raciste, chau­vine et xénophobe.

    Toi et tes potes aurez beau faire de mou­li­nets pour ten­ter de réha­bi­li­ter le natio­na­lisme vous n’ar­ri­ve­rez pas a effa­cer d’un revers de la main Fran­co, Pino­chet ou Vide­la. Ou même les vieux racistes du 19eme comme ce Renan qui semble avoir un fan dans le secteur.

    J’ai même vu E.C. par­ler de Robes­pierre comme un natio­na­liste alors que c’est une erreur his­to­rique : il par­lait bien de nation mais non de natio­na­lisme, les révo­lu­tion­naires fran­çais n’employaient pas ce mot, ils par­laient seule­ment de patrio­tisme. Robes­pierre était de plus tout à fait internationaliste.

    En ce qui concerne Lumum­ba c’est dif­fé­rent, il s’a­git la du natio­na­lisme de type indé­pen­dan­tiste, ce n’est pas la même signi­fi­ca­tion. On appelle les indé­pen­dan­tistes basques, « natio­na­listes » par exemple…C’est une défi­ni­tion qui est éga­le­ment valable mais qui ne s’ap­plique qu’a des mou­ve­ments de libé­ra­tion pour des peuples colo­ni­sés ou oppri­més par d’autres…

    Une autre forme de natio­na­lisme dif­fé­rent est le natio­na­lisme arabe qui a ses par­ti­cu­la­ri­tés avec un aspect socia­liste et laïque mais des régimes très auto­ri­taires et totalitaires.

    Le natio­na­lisme qui serait un ver­sion plus du patrio­tisme est une escroquerie.

    Et vu que tu aimes cite Orwell tu devrais lire ce qu’il a écrit sur le natio­na­lisme qu’il n’ap­pré­ciait pas des masses dans ses « notes sur le nationalisme »

    d’ailleurs il y dit une chose tout a fait inté­res­sante et qui devrait réflé­chir les chantres du grand rien qui ne s’op­pose a rien :

    « Je crois qu’il faut s’en­ga­ger en poli­tique, et ce, dans un sens très large, qu’il faut prendre par­ti, c’est à dire conve­nir que cer­taines causes sont objec­ti­ve­ment meilleures que d’autres, même si les moyens pour les défendre sont éga­le­ment discutables »

    Réponse
  91. nlescan

    @ Anna Sailland : si tu veux cri­ti­quer l’A­NI et la CFDT fait le…Il n’y a rein a sau­ver la dedans, la CFDT est un contre syn­di­cat, l’A­NI une escro­que­rie et « les par­te­naires sociaux » un ali­bi pour Thiers, je veux dire Hol­lande, pour nous la mettre soft­po­werment bien profond.

    C’est quand même éton­nant, tu t’é­coutes par­ler dans une phi­lo­so­phie qui chie allè­gre­ment sur tout le syn­di­ca­lisme, je te répond Friot et tu me parles de la CFDT…ça part n’im­porte oui ça…

    Et la pro­chaine quand tu veux dire qu’on parle pas de la même chose ne m’é­cris pas allé­go­rie sur les lunettes, j’suis un peu pre­mier degré comme type, je cherche pas midi a 14. Quand on me traite de taupe je com­prend taupe. Je suis pas agres­sif, je suis juste un banlieusard.

    @Ernest, oui Ernest, Cet article de Lor­don est très bon, Chouard a bien fait de le poster…

    Oui, je par­tage le pro­jet des gars d’i­ci mais des fois je les trouve hors sol, les gars me disent des trucs comme si demain matin on allai tous se mettre a chan­ter we are the world en votant nos lois (JC)…

    En atten­dant ce qui a cours c’est la repré­sen­ta­tion et si on se bouge pas un peu a essayer de mettre quelques par­ta­geux dedans on se fait juste encore plus niker comme tu le rap­pelles, ce seraient bien que cer­tains redes­cendent un peu sur le plan­cher de vaches avec ceux qui font ce qu’ils peuvent.

    Comme dans l’un n’empêche pas l’autre (a savoir vou­loir la démo­cra­tie mais ten­ter quand même de pous­ser la repré­sen­ta­tion dans le sens le moins nul en attendant).

    Réponse
  92. J.C

    Pour reprendre la for­mu­la­tion d’E­tienne, si on pro­pose un can­di­dat qui défends l’i­dée d’une vraie démo­cra­tie, ils vont nous voir venir.

    De la même façon, si on essaie de mettre en place une démo­cra­tie à l’é­chelle natio­nale, les oli­gar­chies envi­ron­nanteS vont nous tom­ber des­sus, mili­tai­re­ment, éco­no­mi­que­ment ou par touteS autres méthodes pour remettre en place leur domi­na­tion. ça vous rap­pelle quelque chose ?

    Si on veut vrai­ment la démo­cra­tie, il faut se pas­ser le mot entre nous, gens du peuple, entre peuples au-delà des fron­tières nationales.
    Que la démo­cra­tie puisse voir le jour sans ces fron­tières là.
    Tant que l’on sera en com­pé­ti­tion les uns avec les autres ; par­tis, peuples etc. on atti­se­ra les dis­sen­sions, les conflits, les guerres.
    Ne res­tons donc pas aveugle à notre inté­rêt com­mun, une démo­cra­tie uni­ver­selle qui ne peut voir le jours que par­tout à la fois.

    Allez, je la remets une der­nière fois parce que je l’aime bien celle là :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​d​e​d​&​v​=​s​j​u​V​4​A​T​8​QBg

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  93. J.C

    @ nles­can

    « Oui, je par­tage le pro­jet des gars d’i­ci mais des fois je les trouve hors sol, les gars me disent des trucs comme si demain matin on allai tous se mettre a chan­ter we are the world en votant nos lois (JC)…
    En atten­dant ce qui a cours c’est la repré­sen­ta­tion et si on se bouge pas un peu a essayer de mettre quelques par­ta­geux dedans »

    Arrête de croire au père Noël, c’est en par­ti­ci­pant au élec­tion que tu empêches la démo­cra­tie d’advenir.
    Sans mili­tants, il n’y aurait plus per­sonne pour élire des repré­sen­tants de l’oligarchie.

    Ce « demain » que tu accuses d’être naïf ne vien­dra jamais tant que, comme toi, des gens pré­fè­re­rons pré­ser­ver leurs der­niers avan­tages en par­ti­ci­pant à cette dic­ta­ture actuelle.

    ça peut sem­bler rude ce que je te dis là mais sincèrement,

    Qu’est-ce qui l’empêche d’ad­ve­nir ce demain ?
    poses-toi sérieu­se­ment la ques­tion un instant.
    Tant que les gens auront un espoir, pour­tant illu­soire, en l’é­lec­tion ce jours ne vien­dra pas.

    Hon­nê­te­ment, com­ment est-il entre­te­nu cet espoir ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  94. Benoît

    @nlescan

    Je n’es­saie pas de te pié­ger mais de dia­lo­guer cal­me­ment argu­ment par argu­ment, nous vou­lons tous les deux la démocratie.

    Basons-nous sur la défi­ni­tion que tu as don­né toi-même : le natio­na­lisme c’est pri­vi­lé­gier le bien com­mun, l’in­té­rêt géné­ral au lieu de l’in­té­rêt par­ti­cu­lier ou com­mu­nau­taire : ce que font concrè­te­ment Cha­vez, Cor­réa, Allende… qui entrent donc dans la défi­ni­tion du nationalisme.
    Par contre « Fran­co, Pino­chet ou Vide­la » pri­vi­lé­giant les « inté­rêts (de leurs) classes et des groupes (l’a­ris­to­cra­tie ou le cler­gé par exemple) qui consti­tuent la nation », n’é­taient pas nationalistes.

    Donc le natio­na­liste natio­na­lise bien : c’est même un moyen de reconnaissance.

    « En ce qui concerne Lumum­ba c’est dif­fé­rent, il s’a­git la du natio­na­lisme de type indé­pen­dan­tiste, ce n’est pas la même signi­fi­ca­tion. On appelle les indé­pen­dan­tistes basques, « natio­na­listes » par exemple…C’est une défi­ni­tion qui est éga­le­ment valable mais qui ne s’ap­plique qu’a des mou­ve­ments de libé­ra­tion pour des peuples colo­ni­sés ou oppri­més par d’autres… »
    Tu recon­nais donc que le natio­na­lisme peut être la solu­tion « pour des peuples colo­ni­sés ou oppri­més » ce qui est notre cas à tous et nous per­met­trait de résis­ter à l’o­li­gar­chie. Cela dit, je pense que cette résis­tance (et la vie) sera d’au­tant meilleur en démo­cra­tie qu’a­vec un élu natio­na­liste (qui défen­drait l’en­semble du peuple, donc).

    Pour finir je suis d’ac­cord avec la cita­tion d’Or­well et m’en­gage en défen­dant la cause qui me semble « objec­ti­ve­ment meilleure que d’autres » : la démo­cra­tie, le pou­voir au peuple. Et ça passe par une remise en cause, en doute de tout ce que je sais, ou crois savoir, notam­ment tous ces mots qu’on nous a volés http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​9​M​C​U​7​A​L​A​q0Q.

    ami­ca­le­ment,
    Benoît

    Réponse
  95. nlescan

    Benoit,tu veux réin­ven­ter la défi­ni­tion du mot natio­na­liste : c’est ton problème.

    La défi­ni­tion que je t’ai don­né parle d’exal­ter la nation. Exal­ter signi­fie pla­cer au des­sus du reste. Quand on consi­dère sa nation comme supé­rieure on en vient à écrire :

    « Nous aspi­rons, non pas à l’égalité, mais à la domi­na­tion. Le pays de race étran­gère devra rede­ve­nir un pays de serfs, de jour­na­liers agri­coles ou de tra­vailleurs indus­triels. Il ne s’agit pas de sup­pri­mer les inéga­li­tés par­mi les hommes, mais de les ampli­fier et d’en faire une loi. »
    Et autres salo­pe­ries du même tonneau.

    Cha­vez, Cor­réa, Allende n’ont rien a voir avec le natio­na­lisme mais avec patriotisme.

    tu cherches déses­pé­ré­ment a rem­pla­cer un mot par un autre.

    Je n’adhère pas a cette réin­ven­tion du mot natio­na­lisme, elle ne m’in­té­resse pas et je laisse les droi­teux se faire plai­sir avec ça, c’est un mot cou­vert de sang.

    Pour moi Fran­co, Pino­chet et Vide­la sont l’exemple type du natio­na­lisme en exer­cice, le dico dit la même chose, même la page wiki que tu m’as deman­dé d’al­ler regar­der le dit

    Je recon­nais l’u­ti­li­sa­tion du mot pour desi­gner les indé­pen­dan­tistes mais je pré­fère les appe­ler indépendantistes.

    J’ai le mot patrio­tisme qui me convient par­fai­te­ment pour desi­gner ce que tu t’a­charnes a appe­ler natio­na­lisme. Tu veux res­pec­ter la culture Fran­çaise ? Tu sou­haite t’ins­pi­rer des mon­ta­gnards ? Sois patriote, c’é­tait leur mot.

    En France les natio­na­listes, his­to­ri­que­ment, c’est les croix de feu, Vichy, Pétain : mer­ci bonsoir.

    En fai­sant la pro­mo­tion de ce mot tu fait indi­rec­te­ment le jeu de ceux qui le reven­diquent le plus : les iden­ti­taires d’extrême droite dont le pro­jet est tout ce qu’il y a de plus néfaste et contraire a la démo­cra­tie, en fait les gars veulent ren­ver­ser la repré­sen­ta­tion pou la rem­pla­cer par une tyran­nie : super !

    Réponse
  96. nlescan

    @JC : je trouve que c’est toi qui manque de réalisme.

    Je fais acti­ve­ment la pro­mo­tion du pro­jet démo­cra­tique tel que décrit par EC autours de moi.

    Mais en atten­dant je trouve contre pro­duc­tif de boy­cot­ter les élec­tions, je trouve même que voter blanc est une mau­vaise idée : on a déjà qua­si­ment aucun pou­voir et le seul petit truc qu’ils nous on lais­ser tu veux le lâcher ?

    Pour moi c’est un manque total de réalisme.

    Tu pré­tends que je crois au père Noel, ce n’est pas le cas, j’ob­serve la cas de pays ou l’élection a per­mis de mettre au pou­voir une repré­sen­ta­tion qui essaye de faire les choses bien et qui fait concrè­te­ment de bien meilleures choses que les escrocs habituels.

    Je suis prag­ma­tique et la poli­tique du tout ou rien est d’après moi une très mau­vaise idée, je fais avec ce qu’il y a parce que der­rière il y a des gens des vies, ce n’est pas un jeu. Si tu ne com­prends pas ça j’y peu rien mec.

    Réponse
  97. phil82

    « Les erreurs popu­laires tiennent tou­jours à quelque pré­ju­gé consa­cré par une longue habi­tude, ou à une véri­té mal démê­lée. Nous enten­dons, sans cesse, les por­tions de citoyens un peu nom­breuses, par­ler au nom du peuple sou­ve­rain. Ignorent-elles que la sou­ve­rai­ne­té n’ap­par­tient qu’au peuple entier ; qu’il n’exerce immé­dia­te­ment sa sou­ve­rai­ne­té qu’au moment où toutes ses por­tions peuvent émettre un vœu com­mun ; qu’a­lors seule­ment sa volon­té est sou­ve­raine ; que dans toute autre cir­cons­tance-il ne peut pro­non­cer qu’une opi­nion mani­fes­ter un désir que les réunions même les plus puis­santes sont, comme un seul indi­vi­du, sou­mises à la loi, et n’exercent que le pou­voir ou les fonc­tions qui leur sont délé­gués par elle ?.

    Pour­quoi une doc­trine si simple et si vraie, que per­sonne n’o­se­rait com­battre, a‑t-elle tant de peine à deve­nir l’o­pi­nion géné­rale ? N’est-ce pas que chaque sec­tion par­ti­cu­lière du peuple regarde le droit de connaître le vœu de la géné­ra­li­té de la nation avec laquelle elle est confon­due, comme une des condi­tions de cette asso­cia­tion, comme le juste prix de la renon­cia­tion à celui de don­ner quelque effi­ca­ci­té à sa volon­té propre, et de ce qu’elle a consen­ti à mettre en com­mun le droit de sou­ve­rai­ne­té que pri­mi­ti­ve­ment elle pou­vait exer­cer seule ? N’est-ce pas la confu­sion de ce droit d’in­vo­quer le sou­ve­rain avec le droit de sou­ve­rai­ne­té qui est la vraie cause de cette erreur si commune ?

    Tel est le terme auquel il me paraît que l’on doit s’ar­rê­ter ; sans jamais oublier com­bien il est néces­saire de res­ter plu­tôt en deçà du but, que de le pas­ser dans ce qu’on exige de la confiance du peuple. Ain­si, dans une consti­tu­tion vrai­ment libre, non seule­ment tout pou­voir émane du peuple, et se rap­porte à la volon­té una­nime de se sou­mettre à l’o­pi­nion de la majo­ri­té, soit qu’elle pro­nonce sur un objet déter­mi­né, soit qu’elle se borne à déci­der elle-même à quelle opi­nion elle veut se sou­mettre pro­vi­soi­re­ment mais aus­si toute la force des pou­voirs délé­gués se réduit à celle du peuple lui-même de manière qu’elle tombe néces­sai­re­ment avec sa confiance, ou plu­tôt lors­qu’il perd l’o­pi­nion que sa force doit être employée à sou­te­nir ces pouvoirs. »

    CONDORCET

    « De la nature des pou­voirs poli­tiques dans une nation libre »

    Réponse
  98. Renaud

    Il y a plus d’une 20taine de com­men­taires parus avant celui-ci et il faut que j’es­saie d’y reve­nir dans la mesure du pos­sible. Après une lec­ture (mais trop rapide) de ces com­men­taires, jai l’im­pres­sion forte que l’é­tat de nation, pour­tant brilla­ment trai­té ici, n’est plus que l’ombre de lui-même. Le monde finan­cier et des affaires s’é­tant his­sé frau­du­leu­se­ment en amont du poli­tique, ce « poli­tique » désor­mais com­plè­te­ment dis­qua­li­fié, se trouve hélas tou­jours en poste, il nuit plus qu’il de règle de pro­blèmes, j’y reviens. Vu mon expé­rience géné­rale pro­fes­sion­nelle et extra­pro­fe­sion­nelle dans la socié­té (entre autres par le milieu des indus­tries, PMI, PME, arti­sa­nat), et bien cette « Europe » arti­fi­cielle qui nous sté­ri­lise, cet euro de mal­heur qui ruine et détruit silen­cien­se­ment sur­tout l’Eu­rope du Sud qui, his­to­ri­que­ment, à par­tir des rives de la Médi­ter­ra­née ense­men­ca l’es­sen­tiel d’une civi­li­sa­tion qui for­ma, de proche en proche, l’Eu­rope. Cette « Europe » aujourd’­hui finie dans le monde et per­ver­tie par les méthodes finan­cières anglo-pro­tes­tantes deve­nues mon­diales car mon­dia­listes, puis nor­ma­tives, fusse de force, par ruse ou par chan­tage. Et bien dis-je, c’est le mar­ché qui, depuis l’a­près guerre, sur­tout depuis 30 ans, s’est his­sé, ou qu’on a his­sé frau­du­leu­se­ment en amont du poli­tique, ce « pou­voir », remis au qua­si seul mar­ché lequel bafoue, dis­sout, s’in­filtre dans l’es­sen­tiel des déci­sions, etc, rend caduc le poli­tique et homo­gé­néise les cer­veaux jus­qu’à leur perte de repères de base. Petite digres­sion, nous sommes en plein dans l’ère mer­cu­rienne. Il faut rap­pe­ler que dans la tra­di­tion gré­co-latine mer­cure est le dieu des com­mer­çants et des voleurs (que les com­mer­çants qui liraient ceci ne s’of­fusquent pas de ça car la majo­ri­té d’entre eux est hon­nêtes, mais enfin), et bien le mer­cure, ce métal liquide, est le seul agent chi­mique capable de dis­soudre l’or. L’or est incor­rup­tible sauf par le mer­cure. Tout se tient ici, fin de la digres­sion. Les autres dimen­sions his­to­riques, par­tant, humaines sont neu­tra­li­sées ou stré­ri­li­sées. La « paix mar­chande » a gobé les nations, les a sté­ri­li­sées, leur gou­ver­ne­ments sont à pré­sent des fan­toches du mar­ché mon­dial, ils sont deve­nues des concièges ou des gar­diens d’im­meubles, des immeubles por­tant les noms des anciennes nations qui ne s’ap­par­tiennent plus, mais, sont presque toutes hypo­thé­quées jus­qu’aux aux der­niers degrés, et elles sont, de fac­to, la pro­prié­té des banques les plus puis­santes du monde.

    Mais le capi­ta­lisme, sur­tout le capi­ta­lisme finan­cier – sans rien créer – ne fait que consom­mer et digé­rer ce qu’il cherche fré­né­ti­que­ment à tra­vers le monde. Voir les grandes orga­ni­sa­tions état­su­niennes, par exemple le CFR, la Rand Cor­po­ra­tion, et pas mal d’autres, qui ne tra­vaillent, sou­vent en sous-main, que pour détec­ter dans le monde les res­sources toutes natures, maté­rielles et matière grise, pou­vant être inves­ties, contro­lées et ser­vir à s’en­ri­chir en four­bis­sant la stra­té­gie mondialiste.

    « Nous sommes actuel­le­ment dans le Troi­sième âge « tech­no­tro­nique », écri­vit Zbi­gnew Bre­ze­zins­ky quand il fut conseiller en chef du pré­sident des États-Unis Jim­my Car­ter (Z. Bre­ze­zins­ky est tou­jours influent aujourd’­hui). Et voi­ci quelques orien­ta­tions prises par les agences qui four­bissent la stra­té­gie mon­dia­liste à par­tir des États-Unis et ce, depuis l’a­près deuxième guerre mon­diale. Aujourd’­hui l’on per­çoit clai­re­ment par­tout les « effets » dévas­ta­teurs d’une telle stra­té­gie, une stra­té­gie pérenne très au-delà des pré­si­dences état­su­niennes qui sont seule­ment des exécutants :
    – La troi­sième révo­lu­tion a pour tâche de démon­ter le sys­tème des États-Nations pour for­mer un âge de l’hu­ma­nisme ration­nel à l’é­chelle pla­né­taire- L’in­té­rêt légi­time des États-Unis est de voir la fin de la nation (nation­hood), telle qu’elle est his­to­ri­que­ment défi­nie. » Faut-il faire un dessin ?
    Voi­ci, je le crains, où nous en sommes réduits aujourd’hui.

    Idéa­li­ser le pas­sé ne mène à rien. Mais l’on peut s’y réfé­rer si l’on veut struc­tu­rer l’a­ve­nir. Entre autres, et c’est tout ce qu’il y a de plus regret­table en la Révo­lu­tion fran­çaise qui (outre les flots de sang qu’elle pro­dui­sit) a consi­dé­ra­ble­ment réduit son bilan posi­tif en détrui­sant, ou annu­lant nombre d’ac­ti­vi­tés natu­relles qui la pré­cé­daient et qui étaient sen­sées et bien­fai­trices à la socié­té en tous domaines et auraient pu ser­vir de base solides à d’autres déve­lop­pe­ments : c’é­taient des acti­vi­tés poli­tiques div­serses, sur­tout pro­vin­ciales bien sûr et d’autres tel que : géo­gra­phiques, pro­vin­ciales, regio­nales, des pro­fes­sions et métiers et leur règle­ments, archi­tec­tu­raux, juri­diques, etc. Tout ce que le socle catho­lique du pou­voir poli­tique his­to­rique pou­vait com­por­ter de posi­tif a été atteint irré­mé­dia­ble­ment par la Révo­lu­tion fran­çaise qui jeta le bébé avec l’eau du bain et les graves consé­quences sur­tout sur le long terme. Les exemples et les traces des muti­la­tions poli­tiques et sociales, dans nombre de domaines se per­çoivent plus net­te­ment aujourd’­hui : domaines de la famille, éco­no­miques et sociaux, scien­ti­fiques et artis­tiques, reli­gieux et mêmes mili­taires, sont nom­breux en l’é­poque contemporaine.
    En com­plé­ment, on dirait que, depuis ce qu’on peut consi­dé­rer comme la fin de la Révo­lu­tion fran­çaise en 1799 (Bonaparte,18 bru­maire), et bien, mal­gré les déve­lop­pe­ments indus­triels et éco­no­miques déter­mi­nants inter­ve­nus depuis tout ce temps, on dirait que tous les 70 à 72 ans (bien sûr qu’il se passe énor­mé­ment de choses en 70 ans et des plus déter­mi­nantes) l’on peut poin­ter ‑quelque chose‑, une cala­mi­té s’ab­bat sur la France, la rédui­sant peu à peu à n’être plus que l’ombre d’elle-même. Ain­si 70 ans après la fin de la Révo­lu­tion fran­çaise il y eut 1870, 70 ans après il y eut 1940, 70 ans après il y a 2010 et les années suivantes…

    Les grands sys­tèmes « modernes », le capi­ta­lisme, son alte­ré­go (j’ai envie d ‘écrire : alter-égal) le socia­lo-com­mu­nisme, la laï­ci­té vécue incons­ciem­ment comme une « reli­gion », ne paraissent pas capables d’in­té­grer les hommes dans des actes créa­tifs, donc créa­teurs, en phase avec avec la Création.

    Ain­si, je cite :

    « « Le capi­ta­lisme (et son pré­ten­du oppo­sé le socia­lo-com­mu­nisme) n’ont pu fonc­tion­ner que parce qu’ils ont héri­té d’une série de types anthro­po­lo­giques qu’ils n’ont pas créés et qu’ils n’au­raient pas pu créer eux-même : des juges incor­rup­tibles, des fonc­tion­naires intègres et wébé­riens, des édu­ca­teurs qui se consacrent à leur voca­tion, des ouvriers qui ont un mini­mum de conscience pro­fes­sion­nelle, etc. Ces types ne sur­gissent pas et ne peuvent pas sur­gir d’eux-mêmes, ils ont été créés dans des périodes his­to­riques anté­rieures, par réfé­rence à des valeurs alors consa­crées et incons­tes­tables : l’hon­nê­te­té, le ser­vice de l’É­tat, la trans­mis­sion du savoir, la belle ouvrage, etc. » »

    D’a­près Mar­cel Mauss, Karl Pola­nyi, repris par Cor­né­lius Cas­to­ria­dis, et ce fut l’in­tui­tion de George Orwell.

    Renaud

    Réponse
  99. Henri Poincaré

    @ nles­can
    On nous a volé des tas de mots :

    - on nous a volé le mot démo­cra­tie pour le cou­vrir de sang, de honte, l’as­so­cier à des pro­jets oli­gar­chiques, mais éga­le­ment expan­sion­nistes, colo­nia­listes et néo­co­lo­nia­listes en tous genres ;

    - on nous a volé la belle idée des droits de l’homme pour s’en ser­vir de pré­texte sys­té­ma­tique à des expé­di­tions expan­sion­nistes colo­niales et néo-colo­niales, et de ce fait cou­vrir de sang et de honte la belle idée ori­gi­nelle des droits de l’homme (au point que de nos jours cer­tains sont tel­le­ment écœu­rés de l’u­sage colo­nia­liste que l’on en fait sys­té­ma­ti­que­ment, qu’ils ne peuvent tout bon­ne­ment plus voir en pein­ture la simple expres­sion « droits de l’homme »);

    - on nous a volé la belle idée de laï­ci­té afin d’en faire un outil d’hu­mi­lia­tion, d’op­pres­sion et de calom­nies des cultes et des spiritualités ;

    - on nous a volé le terme com­mu­nisme pour le cou­vrir de sang, de fait, l’as­so­ciant sys­té­ma­ti­que­ment aux famines orga­ni­sées, aux gou­lags et aux tyrans expan­sion­nistes et oli­garques staliniens ;

    etc,…

    Il en va de même pour le natio­na­lisme qu’on ne cesse d’as­so­cier à des tyrans expan­sion­nistes et oli­garques. Pour­quoi refu­ser ne serait-ce que d’en­vi­sa­ger que ce terme ait été volé, sali, dévoyé comme les autres ? Sim­ple­ment l’envisager…

    Je rap­pelle en outre qu’ « inter­na­tio­na­lisme » signi­fie éty­mo­lo­gi­que­ment dia­logue entre nations consti­tuées,… un terme qui s’op­pose donc, dans l’étymologie, à celui du « mon­dia­lisme » signi­fiant (dans l’ab­so­lu) uni­fi­ca­tion du monde en un seul pays, une seule langue, une seule culture, une seule huma­ni­té, une seule ban­nière (péril majeur qui consti­tue un appau­vris­se­ment maxi­mal du patri­moine humain : la des­truc­tion de ce tré­sor plu­riel et pré­cieux par l’uniformisation).
    Il me semble donc que le cadre idéal (et indé­pas­sable) pour l’ex­pres­sion de la démo­cra­tie directe soit la nation : un monde consti­tué de nations démo­cra­tiques qui dia­loguent entre-elles, garan­tis­sant ain­si de pré­ser­ver rela­ti­ve­ment le plu­ra­lisme et la richesse de nos civilisations.

    (Alors qu’un monde uni­fié et divi­sé en simples « régions » semble beau­coup moins apte à pré­ser­ver cette richesse : bien au contraire, à terme il vien­dra iné­luc­ta­ble­ment le temps de l’u­ni­for­mi­sa­tion. Alors ça se fera sans doute pro­gres­si­ve­ment et sur un temps long, il suf­fit de voir la Chine, la Bel­gique ou la Suisse qui n’ont pas encore aban­don­né l’u­sage de plu­sieurs langues en leur propre sein, « pas encore » car au bout du bout l’u­ni­for­mi­sa­tion est dans l’ADN de tout pro­ces­sus d’u­ni­fi­ca­tion, l’his­toire finit tou­jours par le démon­trer, et ce quelque soit le temps que ça prend)

    Réponse
  100. Ernest

    @ nles­can

    JC ne sait pas, ou ne veut pas savoir, mais, nous nous le savons que tout un pan de la gauche, autre­fois énorme, aujourd’­hui grou­pus­cu­laire, a la même atti­tude vis-à-vis de l’é­lec­to­ra­lisme et du réformisme.

    nous savons qu’il a exis­té et qu’il existe des cen­taines de par­tis dont les mili­tants n’ont jamais sou­hai­té par­ti­ci­per aux élec­tions ni appe­ler à voter.

    et nous avons conscience qu’il existe un « mou­ve­ment social » avec des formes d’ac­tion, d’or­ga­ni­sa­tion, des valeurs, très diverses ; et qu’un des prin­ci­paux pro­blèmes consiste à trou­ver des ponts et des points de conver­gence pour faire émer­ger du neuf dans le monde réel de manière durable et stable. Et nous avons en mémoire les réus­sites et les échecs passés.

    mais de fait, c’est l’in­ca­pa­ci­té à pen­ser le monde en com­plexi­té, en dif­fé­rents champs, etc. c’est à dire peut-être un idéa­lisme, peut être un maté­ria­lisme, sûre­ment une dia­lec­tique, mais à lire dans des tas de dimen­sions et non plus dans une seule comme a pu nous le pro­po­ser Marx, qui empêche de s’ins­crire effi­ca­ce­ment dans un pro­ces­sus révolutionnaire.

    ce qu’il faut tra­vailler avec les JC qui nous inté­ressent, c’est à dire ceux qui existent poli­ti­que­ment, ceux qui déve­loppent des lec­tures du réel qui vont ensuite influen­cer les JC pour nous saou­ler au café du com­merce, ceux qui parlent et agissent au nom d’un col­lec­tif et qui agré­ge­rons des volon­tés, et des inci­dences sur le réel, ceux qui sont orga­ni­sés, bref, « la gauche », le « mou­ve­ment social », ses par­tis, ses asso, ses col­lec­tifs, ses intellectuels,

    c’est à mon sens, sur les bouts de che­min que l’on peut faire ensemble, sur les actions et les dis­cours qui peuvent diver­ger mais se sou­te­nir mutuel­le­ment. et il est là le chantier !

    bien enten­du, c’est fati­gant de dis­cu­ter avec quel­qu’un ne sait pas dis­tin­guer ce qui serait bien « dans l’ab­so­lu » et ce que l’on peut faire « dans l’immédiat ».

    le capi­ta­lisme nous pro­pose un cer­tain che­min pour se mettre à table, et pour peu qu’on ait com­pris qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, il n’y a pas de rai­son de s’op­po­ser entre ceux qui veulent ren­ver­ser la table tout de suite et ceux qui veulent avoir plus de miettes…

    c’est tout aus­si fati­gant de dis­cu­ter avec des gens qui ne savent pas pen­ser en pro­ces­sus, avec conscience des dyna­miques social-historiques…

    par exemple défi­nir à prio­ri ce qu’est et ce que fait un par­ti non pas comme un concept mais comme une essence est une escroquerie,

    tout le monde sait ce qu’est une table, main­te­nant si je me lance dans la contro­verse en affir­mant qu’une table est blanche, faite de bois et avec des pieds de 80 cm, et que donc je n’aime pas les tables et qu’elles m’empêchent de bien manger…ma foi je risque le ridicule…

    c’est la même avec l’i­dée de cli­vage gauche/droite, on peut épu­rer au maxi­mum jus­qu’à la sub­stan­ti­fique moelle et défi­nir ce qu’est la gauche, ce qu’est la droite, mais, ce qu’on y met aujourd’­hui est néces­sai­re­ment dif­fé­rent de ce qu’on y met­tait hier et de ce qu’on y met­tra demain. on peut alors consi­dé­rer que pla­cer une idée majo­ri­taire dans l’o­pi­nion sur un conti­nuum gauche droite per­met de mesu­rer où nous en sommes dans les dyna­miques d’émancipation.

    ce que ma conscience et ma lec­ture rai­son­née du réel me dicte comme hori­zon sou­hai­table se classe à l’ul­tra-gauche par rap­port à l’o­pi­nion majo­ri­taire, c’est à dire par rap­port à ce que « les gens » s’au­to­risent à pen­ser comme sou­hai­table, en moyenne.

    et, disant cela, je me fiche bien que sur tel ou tel sujet, untel qui se dirait d’ul­tra-gauche aus­si me ferait remar­quer que je pen­se­rais à droite…le réel est com­plexe, on pose des concepts des­sus, et en fonc­tion de ce qu’on veut exa­mi­ner ça marche ou pas…là l’i­dée c’est qu’il existe des cou­rants de pen­sée, des schèmes d’in­ter­pré­ta­tion, des sys­tèmes de pré­fé­rence, le dire, le consta­ter, ça n’o­blige per­sonne à s’y enfer­mer et à s’ar­rê­ter de réfléchir…

    le nier, par contre, c’est pro­blé­ma­tique et en arri­ver à dire que ce sont les par­tis qui divisent les gens, ma foi, c’est mécon­naitre la néces­si­té pour l’es­pèce humaine d’ins­ti­tuer le réel par le biais de conven­tions sociales, de prin­cipes, des schèmes d’ac­tions et d’in­ter­pré­ta­tion ; néces­si­té qui est en fait sa liber­té, son auto­no­mie, et qui ne devient « réelle », c’est à dire consciente que parce qu’il y a pos­si­bi­li­té de conflit.

    Sinon, la clô­ture de l’es­prit, l’ou­bli de cette néces­saire auto-ins­ti­tu­tion du social, l’absence de conflit sur ce est et doit être, cela s’ap­pelle le tota­li­ta­risme, dont la forme extrême est la tri­bu iso­lée, où l’in­di­vi­du vit avec un sur­moi immuable et intan­gible, de tout temps et de toute éternité…en tout cas c’est le contraire de la démo­cra­tie comme pro­ces­sus déli­bé­ra­tif et conscient de for­mu­la­tion et d’ins­ti­tu­tion des normes du vivre ensemble.…et pour que la démo­cra­tie existe, il faut du conflit, à mini­ma entre ceux qui veulent que ça change et ceux qui ne le veule pas.

    bref tout cela pour dire que, d’ul­tra-gauche, mon objec­tif est de le rester !
    d’a­bord, on ne nait pas d’ul­tra-gauche, on le devient. c’est à dire que le monde social, les idées domi­nantes, etc., nous façonnent, il faut donc faire un plus ou moins grand effort en fonc­tion de sa tra­jec­toire fami­liale et autre pour ne pas res­ter dans cette moyenne d’une époque et toutes ses évidences.

    Mais il y a deux manières de res­ter d’ul­tra-gauche, celle qui consiste à accom­pa­gner tout ce qui fait que les idées domi­nantes le res­tent, voire pro­gressent vers une régression.
    et celle qui consiste à faire avan­cer les idées de la gauche vers la droite…en somme il faut par exemple faire en sorte que les idées d’un mélen­chon deviennent de droite, c’est à dire qu’elles adviennent un cer­tain temps comme prin­cipe d’or­ga­ni­sa­tion du social et trans­forme le réel, mais comme ceci me pla­ce­rai tout bon­ne­ment à gauche, il faut en même temps que je conti­nue mon che­mi­ne­ment, pour res­ter d’ul­tra­gauche, c’est à dire conti­nuer à inter­ro­ger les évi­dences pour sou­le­ver encore plus de lièvres aliénants…

    Or, on peut en dis­cu­ter, mais j’ai le sen­ti­ment que c’est l’in­verse qui se passe avec un Mélen­chon, qui, avec les mêmes idées et le même dis­cours, aurait été consi­dé­ré 40 ans en arrière comme de gauche, sans que per­sonne ne songe à le mettre à l’ex­trême gauche, et per­sonne ne serait venu te saou­ler avec un débat séman­tique sur le natio­na­lisme, ou du moins tu aurais pu expli­quer, impé­ria­lisme, lutte des classes, inter­na­tio­na­lisme, etc., alors que là on part de loin avec des décen­nies de lavage de cer­veau néo­li­bé­ral et de pro­pa­gande xéno­phobe ou réac…et pour­quoi ? et bien sans doute parce que Lor­don arrive un peu tard…dès 83 « la gauche » est deve­nue de droite, en se reniant.

    Mais, la manière dont tu abordes le cama­rade qui se dit natio­na­liste me parait inap­pro­priée, au regard du che­mi­ne­ment qui semble être le sien, puisque, certes on peut tiquer sur l’absence de rigueur concep­tuelle, mais la véri­table ques­tion, est, pré­fère-t-il a)l’exploiteur fran­çais à b)l’exploité allemand ?
    réponse a), autant pour moi, réponse b) change de registre
    et bien sûr tu fais ce que tu veux, le fait est que je n’ai pas ta pug­na­ci­té et ta per­cus­sion, les zin­di­gnés et autres réin­ven­teurs de poudre me mettent en rogne 😉

    Réponse
  101. Ernest

    @ hen­ri Poincarré

    pour­quoi uti­li­ser ce concept de « mondialisme »
    alors qu’il y a celui d’  »impé­ria­lisme », de « mon­dia­li­sa­tion », de « cos­mo­po­li­tisme », etc.?

    et quand tu dis :
    « Il me semble donc que le cadre idéal (et indé­pas­sable) pour l’ex­pres­sion de la démo­cra­tie directe soit la nation »

    non­obs­tant le fait que ton argu­men­taire m’ap­pa­rait comme une expli­ca­tion tau­to­lo­gique, du moins si tu es français

    il y a plein de choses dans cette phrase qui méritent explication :

    tu dis « cadre idéal », j’ai bien com­pris que c’é­tait « pour toi », mais, tu ne dis pas idéal par rap­port à quoi. par rap­port à la tri­bu, par rap­port à un groupe affi­ni­taire, par rap­port à la com­mune, par rap­port à une civi­li­sa­tion, au monde ?

    tu ne dis pas par rap­port à quelle échelle de temps…idéal de tout temps, pour hier, pour aujourd’­hui, pour demain, pour toujours ?

    tu ne dis pas non plus ce que veut dire « expres­sion de la démo­cra­tie directe ». Un réfé­ren­dum, une ago­ra, un tirage au sort ?

    et puis, com­ment peut-on sans être schi­zo­phrène se reven­di­quer sans réserve de la Nation, telle qu’elle s’est construite en France, c’est à dire ché­rir le résul­tat d’une uni­for­mi­sa­tion contrainte par le haut et en même temps pré­tendre lut­ter contre l’uniformisation ?

    et, pour toi, un indi­vi­du peut-il se reven­di­quer de plu­sieurs com­mu­nau­tés en même temps, au sein des­quelles il est à chaque fois libre d’y adhé­rer et d’en sor­tir et libre de par­ti­ci­per aux défi­ni­tions de ce qui les fonde et de ce qui les fait fonctionner ?

    et à un moment aus­si, il te fau­dra dire com­ment tu vois les choses, enfin, com­ment il fau­drait s’y prendre, car tous les Etats ne sont pas des nations, et toutes les nations ne sont pas des Etats. tous les peuples ne sont pas des eth­nies et toutes les eth­nies ne sont pas des enti­tés politiques…ça risque donc de faire un beau bor­del ton histoire…mais enfin on est plus à ça près…

    Réponse
  102. Ana Sailland

    @92

    Tu m’a­vais annon­cé une réponse de fond.
    Pas une rai­son pour le toucher 😉

    Réponse
  103. Henri Poincaré

    @ Ernest

    J’au­rais pu tout autant uti­li­ser les syno­nymes que tu pro­poses au mon­dia­lisme, il m’a sim­ple­ment paru que « mon­dialsme » syn­thé­ti­sait assez bien les notions que tu lui pré­sentes comme équivalentes.

    La nation me semble le cadre idéal (pour l’ex­pres­sion de la démo­cra­tie directe), prin­ci­pa­le­ment dans l’a­ve­nir, et ceci dans le très long terme.
    L’ob­jec­tif, je ne vais pas le répé­ter, demeu­rant de pré­ser­ver rela­ti­ve­ment (et sur le long terme) le plu­ra­lisme des cultures humaines, que je consi­dère comme le plus pré­cieux tré­sor des hommes… et qui n’est pas loin d’ailleurs d’être le moteur pre­mier de ma prise de conscience poli­tique (avec le sujet de la jus­tice sociale éga­le­ment, qui me semble aller de pair dans l’ar­ti­cu­la­tion glo­bale des enjeux du monde, mais c’est une autre histoire).

    Donc pour être aus­si clair que ta ques­tion le réclame : la nation me semble le cadre idéal vis à vis de la pré­ser­va­tion rela­tive du plu­ra­lisme des cultures humaines. Ques­tion essen­tielle s’il en est.

    J’en­tends la démo­cra­tie directe au même sens que la plu­part des par­ti­ci­pants à ce site, c’est à dire dans l’i­déal l’en­semble du dis­po­si­tif « tirage au sort de nos repré­sen­tants + scru­tin popu­laire sys­té­ma­tique pour chaque loi ou action gou­ver­ne­men­tale + réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire (à carac­tère légis­la­tifs, révo­ca­toires, abro­ga­toires, consti­tu­tion­nels, et pou­vant éga­le­ment pro­po­ser des actions gouvernementales) »…
    … Même si je pour­rais éga­le­ment me conten­ter du simple duo « scru­tin popu­laire sys­té­ma­tique pour chaque loi ou action gou­ver­ne­men­tale + réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire (à carac­tère légis­la­tifs, révo­ca­toires, abro­ga­toires, consti­tu­tion­nels, et pou­vant éga­le­ment pro­po­ser des actions gou­ver­ne­men­tales) » qui me semble déjà une solide colonne ver­té­brale démocratique.

    À mes yeux les divers folk­lores régio­naux d’un pays font par­tie inté­grante des par­ti­cu­la­rismes de la culture natio­nale et par­ti­cipent de sa richesse et de sa beauté.
    Je ne te cache­rais pas en revanche que je suis tou­jours très pei­né de la manière dont les dia­lectes régio­naux se sont trou­vés écra­sés et mépri­sés dans la construc­tion his­to­rique de la nation fran­çaise et il me semble qu’il y avait bien d’autres moyens de pro­cé­der. C’est pré­ci­sé­ment quelque chose que je ne vou­drais voir sous aucun pré­texte se répé­ter à l’é­chelle du monde : il faut donc stop­per les frais, en n’al­lant sur­tout pas au-delà de l’é­chelle de la nation, qui, aujourd’­hui, se retrouve de fait le meilleur bou­clier contre les ravages (expo­nen­tiels) de ce qu’elle a pour­tant elle-même admi­nis­tré par le pas­sé (iro­nie du sort).

    Pour ce qui relève des com­mu­nau­tés il fau­drait que tu pré­cises, il y a des com­mu­nau­tés de tout et n’im­porte quoi, des com­mu­nau­tés de ciné­philes, des com­mu­nau­tés de taxidermistes…
    Si tu fais sim­ple­ment allu­sion à la ques­tion de la double natio­na­li­té, je suis défa­vo­rable à ce qu’un indi­vi­du dis­pose d’une double (ou mul­tiple) nationalité.

    Pour ce qui est de ta der­nière ques­tion, j’y avais déjà fait réfé­rence dans mon tout pre­mier mes­sage : je consi­dère qu’un pays ce n’est ni un régime, ni un gou­ver­ne­ment, ni même une popu­la­tion (inévi­ta­ble­ment éphé­mère), mais ni plus ni moins qu’un patri­moine cultu­rel (les tra­di­tions, les mythes, les arts) et territorial.
    L’or­ga­ni­sa­tion de la démo­cra­tie directe dans le cadre de ce pays m’ap­pa­rait donc simple : tous les res­sor­tis­sants du ter­ri­toire natio­nal par­ti­cipent à la démocratie.

    Réponse
  104. Ernest

    @ Hen­ry Poincaré

    mer­ci pour ta réponse,

    je n’ai pas le temps de te faire la réponse sur le fond, je ne sais pas si je le ferai, par contre il faut au moins que je te fasse l’honnêteté de d’ex­pli­ci­ter pour­quoi je te posais ces ques­tions, disons pour le moment que je pré­fère que tu aies répon­du à côté plu­tôt que pile poil mais en expo­sant des points de vue sus­cep­tible de fran­chir mes lignes rouges.…l’emploi du mot « mon­dia­lisme » m’a­vait mis un doute sérieux…

    en atten­dant, tu peux poursuivre,

    je par­lais bien de n’im­porte quelle communauté.

    et je te serais recon­nais­sant de véri­fier si les termes pro­po­sés pour rem­pla­cer le mot « mon­dia­lisme » dans ton pré­cé­dent post sont vrai­ment des synonymes.

    et pour­quoi pas me faire part de ce que tu penses de ça :

    ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE. MEXIQUE

    SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE

    http://​csp​cl​.ouva​ton​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​204

    Réponse
  105. nlescan

    @103 je com­prend bien que ce que je te dis ne te plais pas et que mon ton bous­cule un peu tes conven­tions mais de la a dire que je touche le fond tu pousses…Et sur­tout tu n’a que sar­casmes et juge­ment de valeur alors que j’ai fait l’ef­fort de répondre a tes ques­tions que les réponses te plaisent ou non.

    @Henri Point­car­ré : a pro­pos du pré­ten­du vol du mot « natio­na­lisme » : ils l’on volé ? très bien, QU’ILS LE GARDENT ! mon patrio­tisme me convient parfaitement.

    Et ça ne me dérange pas du tout qu’il y ait un mot pour dési­gner les gens qui adorent les « autres » mais pas chez eux, qui pensent que la colo­ni­sa­tion n’a pas eu que des mau­vais cotés, que l’es­cla­vage c’é­tait il y a long­temps et que l’oc­ci­dent ne doit rien a per­sonne, qu’il est bon de ne pas régu­la­ri­ser le congo­lais qui net­toie les chiottes au black, qui ne peuvent pas sup­por­ter l’i­dée que quel­qu’un puisse être avoir deux natio­na­li­tés parce qu’il a deux ori­gines, qui veulent obli­ger les immi­grés a por­ter de noms fran­çais ou encore plus débile : fran­ci­ser l’or­tho­graphes des noms étran­gers, qui veulent empê­cher les gens de por­ter cer­taines tenues par­ce­qu’elles ne cor­res­pon­draient pas aux code ves­ti­men­taire du ter­roir local, qui sous pré­texte de pro­té­ger une culture veulent impo­ser a tout un cha­cun des tra­di­tions qui n’ont de sens que si des gens se les appro­prient volon­tai­re­ment, qui refusent les évo­lu­tions, les influences exté­rieures les assi­mi­lant tou­jours a des agres­sions alors qu’il ne s’a­git que du cours des choses, des consé­quences de l’histoire…Est-ce que les fran­çais pre­naient des pré­noms arabes quand ils étaient les patrons pen­dant plus d’un siècle en Algé­rie ? Et on devrait main­te­nant obli­ger les fils d’algériens deve­nus fran­çais qui livrent nos colis a s’ap­pe­ler Jean-Michel Ben­gé­bareau ?

    Des lubies de raciste nationaliste.

    Quoi ? meuh non je ne suis pas raciste, je suis amou­reux la culture pyg­mée et mon chien est noir.

    Super ma gueule, tes un gros sis­tra mec, c’est tout.

    vive­ment la démo­cra­tie qu’on s’engueule à l’as­sem­blée et qu’on pro­pose des motions contradictoires.

    Réponse
  106. J.C

    @ nles­can

    Quand tu ne sais ce qu’est la démo­cra­tie, tu as une excuse mais lorsque tu sais que ce n’est pas l’é­lec­tion et le régime repré­sen­ta­tif, faut arrê­ter quoi, c’est bon.
    Faut être un peu sérieux deux minutes, faut arrê­ter de faire semblant.

    200 ans d’é­lec­tions et donc 200 ans ans que le peuple vote contre son inté­rêt n’est-ce pas paradoxale ?
    n’as-tu tou­jours pas com­pris ? d’autres plus haut on essayé vai­ne­ment de te le dire, tu confonds avan­cés sociales et avan­cés démocratiques.
    Les avan­cés sociales n’ont eu d’autres but que de main­te­nir le pou­voir en place.
    alors oui, il y a des gens, des vies, ils seraient peut être temps d’arrêter de jouer à remettre sa vie entre les mains d’élus.

    @ mon copain le troll

    « nous nous le savons que tout un pan de la gauche, autre­fois énorme, aujourd’­hui grou­pus­cu­laire, a la même atti­tude vis-à-vis de l’é­lec­to­ra­lisme et du réformisme. »

    Tu as par­fai­te­ment résu­mé la chose Sitoua.. euh Ernest, c’est exac­te­ment ce qui s’est pro­duit et tu en connais la cause. Non ?

    C’est parce que dans l’im­mé­diat, on s’est lais­ser prendre à aller dans le sens inverse de ce qui n’est pas si abso­lu que ça mais bien, en réa­li­té, immé­dia­te­ment dis­po­nible si l’on se donne la peine de faire un petit effort pour com­prendre com­ment nous sommes dupés.
    Quand ça fait des années que tu donnes pour gagner le gros lot au loto et que tu te rends compte qu’il n’y a pas de gros lot, que per­sonne n’a jamais gagné, tu conti­nus quand même à jouer ?

    Dans le jeu de l’é­lec­tion il n’y a aucune issu qui mène à la démo­cra­tie et y par­ti­ci­per donne tou­jours plus de pou­voir à la dés­in­for­ma­tion des masses.

    L’é­lec­tion n’est pas légi­time, le régime actuel n’est pas légi­time pour­quoi cela ?
    Parce que même si l’on y adhère en votant, ne nous choi­sis­sons rien contrai­re­ment à ce qu’on nous fait croire. Non seule­ment les élus sont choi­si par avance mais en plus le sys­tème repré­sen­ta­tif n’a rien de démocratique.
    On nous ment donc doublement.
    Qui adhère aux prin­cipes de la démo­cra­tie et com­prends cela aban­donne les élec­tions et com­mence à s’oc­cu­per de ses affaires et ce aujourd’­hui qu’il se dise de gauche, de droite, ou des extrêmes.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  107. nlescan

    Déso­lé JC mais d’une je ne confonds rien du tout et je suis déso­lé de te le dire mais c’est toi qui est dans le déni de réa­li­té : il y a des repré­sen­tions plus res­pec­tueuses de l’intérêt géné­ral que d’autres, tu peux le véri­fier dans ton jour­nal, tu peux le véri­fier dans ton livre d’histoire…Tu dis qu’il faut arrê­ter ? Mais je te retourne le conseil. Milite pour l’a­vè­ne­ment de la démo­cra­tie, je fais pareil, mais en atten­dant boy­cot­ter les élec­tions n’a­vance a rien, au contraire, en ne votant pas pour ceux qui pro­posent les RIC et les reformes, même timides, qui vont dans le bon sens, de fait tu luttes CONTRE la démo­cra­tie et tu contri­bue a per­eni­ser la domi­na­tion d l’o­li­gar­chie actuelle…Ernest l’a bien expliqué.

    Et bien ami­ca­le­ment poto je trouve que ça tourne en rond notre dialogue.

    Réponse
  108. Henri Poincaré

    @ Ernest

    Je suis affir­ma­tif, le terme de « mon­dia­lisme » syn­thé­tise mer­veilleu­se­ment bien les notions d’im­pé­ria­lisme, de mon­dia­li­sa­tion, de cos­mo­po­li­tisme que tu évoques.

    Il porte mieux que tous, dans son éty­mo­lo­gie même, l’ob­ses­sion du monde unique. Obses­sion anxio­gène s’il en est.

    Et je me fiche bien des fan­tasmes que nour­rissent les gens « de gauche » ou les gens « de droite » à l’é­gard de ce terme… Or je les connais bien leurs fan­tasmes aux uns et aux autres.

    Je lirais un peu plus tard le texte que tu me fais par­ve­nir (je me doute assez des pro­blé­ma­tiques qui y sont abor­dées pour connaître un peu cette histoire).

    @ nles­can

    Ce qu’il ne faut pas entendre…

    Je suis tel­le­ment raciste, vois-tu, que je suis l’(heureux) époux d’une femme noire de peau, citoyenne fran­çaise accom­plie au demeu­rant. Mais enfin bon, je vais sans doute devoir la pré­sen­ter à quel­qu’un comme toi afin qu’il lui explique que son mari est un odieux raciste, parce qu’ap­pa­rem­ment elle n’est pas au courant…

    Je ne com­prends pas cette obses­sion qu’ont cer­tains gens qui se réclament « de gauche » de tou­jours vou­loir dépor­ter la ques­tion cultu­relle vers la ques­tion raciale ou eth­nique. C’est assez mal­sain cette obses­sion des carac­tères physiologiques.

    De plus je vais te dire, tu te plantes sur toute la ligne : ce qui menace au pre­mier chef la culture fran­çaise (mais éga­le­ment ita­lienne, alle­mande, espa­gnole, etc,..) depuis quelques décen­nies désor­mais, c’est l’u­ni­for­mi­sa­tion par les pro­duits de consom­ma­tion cultu­rels anglo-saxons et japo­nais prin­ci­pa­le­ment. Et ce phé­no­mène touche aus­si bien les fran­çais dit « de souche » que les fran­çais ex-immi­grés ou des­cen­dants d’ex-immi­grés. En somme tous les fran­çais sans exceptions.

    En revanche je suis abso­lu­ment d’ac­cord avec ces mots que tu évoques : « tra­di­tions qui n’ont de sens que si des gens se les appro­prient volon­tai­re­ment », et il faut à mon sens œuvrer tou­jours mieux en ce sens… Ce qui se révèle en géné­ral rela­ti­ve­ment aisé dès lors qu’un indi­vi­du se retrouve ini­tié, avec altruisme, aux arts fran­çais des cinq der­niers siècles (et tout par­ti­cu­liè­re­ment aux arts fran­çais de ces 2 der­niers siècles), tant cette pro­duc­tion, l’un des patri­moines les plus foi­son­nants de l’his­toire des hommes, finit tou­jours par ins­pi­rer res­pect, admi­ra­tion, et déve­loppe, en consé­quence, le sens des res­pon­sa­bi­li­tés** que nous avons à l’é­gard de ce legs qui nous est dévo­lu, celui de le pro­lon­ger, de l’ins­crire tou­jours plus loin dans le futur, en édi­fiant à notre tour de nou­velles œuvres vision­naires pre­nant elles-même racine dans l’hé­ri­tage cultu­rel que (les meilleurs de) nos anciens nous ont trans­mis, cepen­dant que ponc­tuel­le­ment, comme le veut notre belle tra­di­tion, il arrive aux uns et aux autres de digé­rer cer­taines influences de cultures exo­gènes afin d’en tirer les meilleurs résultats.

    ** Une res­pon­sa­bi­li­té aux yeux du monde en pre­mier chef d’ailleurs.

    Je suis moi-même par­ve­nu, auprès de l’ad­mi­nis­tra­tion (et après avoir fais des pieds et des mains), à faire fran­ci­ser l’or­tho­graphe de mon pré­nom (l’or­tho­graphe, l’a­mi, pas la pro­non­cia­tion, qui reste stric­te­ment la même !), acte déri­soire à l’é­chelle d’un simple indi­vi­du, mais sym­bo­lique de la cohé­sion et l’har­mo­nie qui demeure entre le res­sor­tis­sant d’un pays, dans le cas pré­sent la France, et cet héri­tage cultu­rel qui lui est lais­sé, de fait, et dont il devient res­pon­sable à sa modeste échelle (certes, par le tru­che­ment du hasard, mais après tout, en nais­sant sur Terre, par le tru­che­ment de ce même hasard, il n’en reste pas moins que l’on devient res­pon­sable de l’é­co­sys­tème natu­rel dont on hérite, dans lequel on évo­lue et qui nous a fait tel que nous sommes : la res­pon­sa­bi­li­té, heu­reu­se­ment ou mal­heu­reu­se­ment, ça ne se désire pas, ça nous tombe des­sus). Res­pon­sable ça veut dire en prendre soin, ne pas faire n’im­porte quoi avec, et cher­cher à le pré­ser­ver, par­fois même par le biais d’as­tuces aus­si déri­soires que symboliques.

    À l’é­poque, j’au­rais aimé faire de même avec mon nom de famille, mais ça m’a été refu­sé. Et aujourd’­hui que je suis marié c’est encore plus com­pli­qué, j’ai aban­don­né l’affaire.

    Chan­ger de pays, c’est chan­ger d’his­toire, donc chan­ger d’an­cêtres, des ancêtres spi­ri­tuels, certes, mais c’est presque encore plus beau que s’ils étaient nos ancêtres bio­lo­giques… L’hé­ri­tage spi­ri­tuel et cultu­rel dépasse enfin l’hé­ri­tage bio­lo­gique ou pure­ment tribal.

    Réponse
  109. nlescan

    Et le fait que ta femme soit noire t’im­mu­nise contre le fait d’être un sistra ?

    J’ai pas besoin de ren­con­trer ta femme, des blancs raciste avec des femmes noires j’en connais déjà, et aus­si des noirs racistes avec des femmes blanches, je connais même une asia­tique raciste qui est avec un blanc.

    Etre raciste ça veut dire trai­ter dif­fé­rem­ment les per­sonnes en fonc­tion de leurs ori­gines ethniques.

    Je connais les mecs comme toi, quand le fran­çais porte un bou­bou et joue du djem­bé il est féru de culture et de musique afri­caine mais quand un afri­cain le fait il refuse de s’in­té­grer et trouble l’ordre publique avec son vacarme.

    Le des­cen­dant d’es­clave (comme ma femme) ou le fils de colo­ni­sé doit faire des efforts sup­plé­men­taires parce que se conten­ter des jobs les plus nuls ce n’est pas assez il doit aus­si chan­ger son nom pour plaire a mon­sieur, s’habiller d’une cen­taine façon..Et bais­ser les yeux quand il te croise ?

    Ben tu vois moi je suis pas né en France, j’ai une ori­gines étran­gère mais je suis aus­si fran­çais de souche avec un arbre généa­lo­gique qui remonte au 14 eme siecle et je porte fiè­re­ment le pre­nom tehuelche que m’a don­né mon pere et je suis déter­mi­né a ce que tes idées a la noix sur le nom des gens ne res­tent qu’au stade de pro­jet délirant.

    Réponse
  110. Henri Poincaré

    @nlescan

    Encore une fois tu noies la ques­tion cultu­relle dans la ques­tion eth­nique (qui semble t’ob­sé­der), c’est à croire que tu n’as pas lu ce qui était écrit précédemment.

    Qui parle de trai­ter les gens dif­fé­rem­ment en fonc­tion de la cou­leur de leur peau ? Et pour­quoi pas en fonc­tion de la cou­leur de leurs che­veux, ou de leurs yeux pen­dant que tu y es ? Leur taille, leur poids ? 

    Puisque tu sembles accor­der tant d’im­por­tance à la phy­sio­lo­gie des gens… Les carac­tères phy­sio­lo­giques des gens sont des consi­dé­ra­tions déri­soires qui n’ont rien à faire dans le débat politique.

    Il est par­fai­te­ment admis, par tous, qu’il faille trai­ter les gens avec une stricte éga­li­té en regard de la loi et je ne vois pas qui vient le contester.

    De même qui parle de chan­ger le nom des gens ? Il s’a­git de gar­der stric­te­ment le même nom, stric­te­ment la même iden­ti­té donc, seule l’or­tho­graphe y serait adap­tée. Per­son­nel­le­ment désor­mais mon pré­nom s’or­tho­gra­phie Ser­giaux, c’est stric­te­ment le même nom, la même pro­non­cia­tion, la même identité.

    (J’a­joute, pour le détail, que « Влади́мир Ильи́ч Улья́нов »,« 武満 徹 » ou « احمد شاه مسعود » sont des noms ortho­gra­phiés de manière ori­gi­nale, alors que les trans­crip­tions que nous en fai­sons vers l’al­pha­bet occi­den­tal sont déjà des trans­gres­sions, des fal­si­fi­ca­tions, des contre­fa­çons… quel sens attri­buer à tout cela ? Une marque évi­dente et déli­rante de fas­cisme liber­ti­cide et de racisme ?)

    C’est vrai­ment se faire des mon­tagnes d’un acte tout à fait déri­soire, mais à simple ver­tu symbolique.

    Réponse
  111. nlescan

    Ser­giaux ? déso­lé mec je veux pas te man­quer de res­pect mais c’est par­fai­te­ment ridi­cule. La on est fran­che­ment dans le pur n’im­porte quoi. Par pitié si tu veux res­pec­ter la culture fran­çaise fait toi appe­ler Serge. Avec Ser­giaux tu as juste fran­kes­tie­ni­sé ton pré­nom, ça ne cor­res­pond plus a aucune culture, ni fran­çaise, ni que d’alle…

    En fait j’avoue je me suis trom­pé sur toi tu n’est pas sis­tra, tu est inté­gra­tion­niste, tu veux tel­le­ment t’in­té­grer que tu fais des truc com­plè­te­ment délirants…

    Bref…

    Mais plus sérieu­se­ment je recon­nais que j’exa­gère en te trai­tant de sis­tra, je n’ai effec­ti­ve­ment pas de preuve que se soit le cas, c’est juste que jusqu’à main­te­nant la plu­part des gens que j’ai ren­con­tré qui défen­daient des délires comme ceux dans les­quels tu est se sont avé­ré l’être…excuse moi pour l’a priori.

    allez ciaeau sergieau

    Réponse
  112. Henri Poincaré

    De nom­breuses familles de France portent Ser­giaux comme nom de famille.
    Tout ça n’a rien de déli­rant, au contraire c’est déri­soire et tu en fais toute une montagne.

    Réponse
  113. Henri Poincaré

    En outre je ne t’ex­cuse pas pour l’a­prio­ri, car cette obses­sion à voir du racisme par­tout pour­rit véri­ta­ble­ment la socié­té dans les rap­ports du quo­ti­dien, cette pro­pen­sion qu’ont cer­tains à jouer les che­va­liers blancs sur un mal­en­ten­du, un aprio­ri ou un amal­game. Ça me rap­pelle un peu le com­por­te­ment un peu casse-burette qu’ont les anti­fas à l’é­gard de Chouard.

    Mais en revanche je ne vois pas d’en­trave à ce que nous conti­nuions, à l’oc­ca­sion, à échan­ger respectueusement.

    Réponse
  114. Henri Poincaré

    Petite paren­thèse à l’in­ten­tion de nlescan :

    Au jour d’au­jourd’­hui, l’in­té­gra­li­té des habi­tants de France, sans excep­tion aucune, les noirs, les blancs, les mates, les jaunes, les des­cen­dants de schtroumpfs et de mar­tiens, contri­buent direc­te­ment, que ce soit par les impo­si­tions diverses ou par la TVA (donc les tou­ristes aus­si sont à l’a­mende), à finan­cer les expé­di­tions néo-colo­niales menées par les oli­garques, que ce soit en Afgha­nis­tan, en Lybie ou ailleurs (sans doute aus­si le Mali, qui est un dos­sier que je connais peu). Et ceci sans avoir voix au cha­pitre, en subis­sant la pro­pa­gande de l’O­TAN, relayée à fond les bal­lons par l’AFP et nos chers média.

    La situa­tion est stric­te­ment simi­laire à ce que connais­saient les pay­sans et ouvriers fran­çais des siècles pas­sés (à la fois sous l’an­cien et sous le nou­veau régime) ‑qui repré­sen­taient 90% de la popu­la­tion- lors­qu’on leur pré­le­vait l’im­pôt, et qu’on leur volait leurs fils par la conscrip­tion, pour mener des expé­di­tions expan­sion­nistes et colo­niales au ser­vices des oli­garques. La dif­fé­rence majeure à l’é­poque, c’est que le gaz et l’u­ra­nium, on ne connais­sait pas encore, de ce fait on ne pour­ra même pas accu­ser les pauvres bougres de l’é­poque d’a­voir « pro­fi­té du confort » en se tai­sant ; l’or, les dia­mants et les esclaves étaient pour les oli­garques. Les fran­çais eux, les 90% et plus, ont tra­vaillé à orga­ni­ser des cam­pagnes bien ordon­nées, se sont cas­sé le dos et rui­né la san­té à bâtir des édi­fices magni­fiques, se pelaient l’hi­ver dans leurs baraques mal chauf­fées et voyaient leurs éco­no­mies pré­le­vées ain­si que leurs fils fau­chés au ser­vice des pro­jets des oligarques.
    Si tu cherches à acca­bler nos ancêtres les pay­sans, les ouvriers et les petits arti­sans, à les culpa­bi­li­ser, à nous expli­quer que leur pays, ce beau pays, celui qu’ils ont bâti avec leurs bras et à la sueur de leur front, est en par­tie illé­gi­time et doit tout aux pillages, à l’ex­pan­sion­nisme et aux rapines des oli­garques (qui furent, in fine, les seuls à béné­fi­cier des richesses en ques­tion),… Si tu cherches à les acca­bler ces 90% de fran­çais, à les accu­ser, ain­si qu’à en conclure que nous autres des­cen­dants contem­po­rains et héri­tiers spi­ri­tuels de ces 90%, devont répa­rer leurs fautes, à eux qui n’ont rien fait, je te dis fais toi plaisir.

    La véri­té c’est que nous payons la dette et les répa­ra­tions morales contrac­tés par les oli­garques, et on la paye tout bon­ne­ment à la place des oli­garques, rien de moins. Un far­deau idéo­lo­gique qui nous écrase et nous pousse à tout accep­ter, à bais­ser les yeux, à rava­ler notre amour propre, alors que ce far­deau devrait être celui des oligarques.
    Cette dette morale, tout comme la dette ban­caire que l’é­tat oli­gar­chique contracte depuis 30 ans, il est illé­gi­time de la faire payer à ceux qui n’ont à peu près rien à y voir.

    De plus, comme rap­pe­lé au début du mes­sage, de nos jours, ce sont à la fois les des­cen­dants de ces 90% de pay­sans, mais éga­le­ment les « fils de colo­ni­sés » ain­si que les « des­cen­dants d’es­claves », qui, tous ensemble, sans excep­tion, payent l’im­pôt qui sert à finan­cer les expé­di­tions néo-expan­sion­nistes de nos oli­garques contem­po­rains. Faut-il en conclure que nous sommes tous des hor­ribles col­la­bos bons à fusiller sur place, nous autres les des­cen­dants de pay­sans, les fils de colo­ni­sés et les des­cen­dants d’es­claves rési­dant sur le sol fran­çais, tous sans exception ?

    (Et même les tou­ristes qui paient la TVA et injectent de la mon­naie dans notre économie ?)

    Ou bien faut-il com­men­cer à pen­ser autre­ment et à s’é­man­ci­per de ces dettes morales et finan­cières qu’ils nous collent sur le dos et qu’il ne revient qu’à eux d’as­su­mer en définitive ?

    Réponse
  115. nlescan

    Allons bon.

    Hen­ri, je vais être plus précis :

    -tu défends le natio­na­lisme en disant qu’il n’a rien a voir avec les tyrans qui s’en réclament, qu’on nous a volé le mot… le natio­na­lisme serait un patrio­tisme+ super sympa.

    Mon père a du s’exi­ler de son pays a cause d’un mec qui se disait natio­na­liste et qui enle­vait et tuait des gens pour rai­sons poli­tiques. Mon daron a per­du plein de gens. Je te confirme le mec avait piqué le mot mais toi non, toi tu le veux ce mot.

    -tu ne veux pas régu­la­ri­ser sans papiers.

    La mere de ma belle soeur est asia­tique avait des visa mais ils viennent de lui recou­per les faf, elle a passe les deux pre­mières années de sa vie en France dans un ate­lier de confec­tion clan­des­tine dans le sen­tier, elle dor­mait sous la machine a coudre et était nour­rie de restes. Elle veut ren­trer mais elle peut pas parce que le reste de la famille est indi­gente. Cette dame agée c’est ma famille et tu veux qu’on lui com­pli­quer la vie, chaque rdv a la pref elle doit faire la queue a par­tir de 3 heures du mat. T’est pour rajou­ter des pro­blèmes a mon frère et de sa femme et leurs 5 enfants.

    -tu veux refu­ser la double natio­na­li­té au bi-nationaux.

    Ben moi jus­te­ment j’y ai pas droit mais j’aurais bien aimé l’avoir. Et puis quand je me suis poin­té pour le recen­se­ment on m’a dit que j’é­tais pas fran­çais alors qu j’a­vais une carte d’identité fran­çaise et que ma mère l’est…Du coup je suis deve­nu offi­ciel­le­ment Fran­çais a 19 ans au rat­tra­page et on a pas jugé bon de me faire faire l’ar­mée comme un pote fran­çais nés au même endroit que moi de ma géné­ra­tion et mon frère. Mer­ci les potes, moi on a même bien failli me refu­ser la natio­na­li­té tout court et j’a­vais ma carte d’i­den­ti­té a la main.

    -tu veux que les gens changent leur nom et rajoutent des lettre pour faire plus français.

    Donc tu veux faire une sorte de dis­cri­mi­na­tion cultu­relle sur les noms des gens pour les « reloo­ker » avec des ter­mi­nai­sons d’ins­pi­ra­tion francisantes…Et tu ajoutes que les tra­duc­tions depuis les langues non latines sont des falsifications…mais bien sur.

    Mais c’est n’im­porte quoi ça mec, c’est des trucs de sis­tra a mort tes trucs…

    Apres tu la joue non je suis pas sis­tra je pro­tège la culture française…

    Tu dis que n’est pas raciste mais en tout cas tu veux dis­cri­mi­ner sur des cri­tères cultu­rels, c’est déjà un bon début.

    et tu jus­ti­fies ça en invo­quant l’in­té­gra­tion. fran­che­ment je te le dis comme je le pense : c’est ridicule.

    -Quand je t’ex­plique que la pré­sence d’é­tran­ger dans notre pays est une des consé­quence du colo­nia­lisme dont l’es­sor éco­no­mique de notre pays a lar­ge­ment pro­fi­té tu me dis que je cherche a culpa­bi­li­ser les fran­çais pro­lo, tu racontes n’im­porte quoi.

    Je cherche a culpa­bi­li­ser per­sonne, je cherche a ce que les gens se réveillent et com­prennent que l’ur­gence c’est la ces­sa­tion immé­diate du néo­co­lo­nia­lisme et de ses guerre et de plans de col­la­bo­ra­tion et d déve­lop­pe­ment équi­table et durable entre les peuples. Je vou­drais voir la France 5eme pays le plus riche du monde chan­ger dans la direc­tion de la paix et du res­pect des autres peuples.

    Tu pré­tends aus­si que nous paye­rions une dette morale…A bon ? tu payes une dette morale quand tu fais le plein ? ou quand tu pompes du jus nucléaire ? ou quand t’achètes des sapes made in Ban­gla­desh ? ou des ali­ments pro­duits en repen­dant des poi­sons issus de l’in­dus­trie mili­taire dans la terre de ta nation.

    Moi per­so je trouve que je vis plu­tôt pas mal par rap­port au reste de l’humanité…La dou­lou­reuse des ban­quiers a savoir un de mes 12 salaires annuels par contre je la sens bien, on est plus sur du moral.

    -Tu m’ac­cuses d’être obsé­dé et de voir du racisme par­tout. Je vais te dire, je ne suis pas obsé­dé, je suis déran­gé et oui du racisme j’en vois beau­coup, j’en entend cou­ram­ment, je vois beau­coup de monde pour mon tra­vail et même chez des gens que je connais, je le déplore chez des amis…Obsédé non, déçu d’en consta­ter autant oui.

    Tu vas rigo­ler, je connais même un skin­head noir, le mec se dit raciste des « rouges », il a sa petite véhé­mence naïve, se dit pret a en découdre avec l’en­ne­mi, tatouages tout l’bazard…quand je lui dit que je suis assez rouge il n’a bizar­re­ment plus envie de se battre, très bizarre, lui ne me parait pas dan­ge­reux étant assez faible phy­si­que­ment par contre il traîne avec des types plus cos­tauds, ama­teurs de bastons…

    Les gars sont loin…

    Et toi aus­si tu pars loin dans tes délires mec…réfléchit bien t’as des croyances dont la DLC date mon pote.

    Et je m’en fout que tu ne me par­donnes pas de t’a­voir trai­té de sis­tra parce que fran­che­ment t’as quand même des symp­tômes assez inquiétants.

    ça te regarde

    Réponse
  116. Renaud

    Hen­ri Poin­car­ré (et qui veux), tu peux jeter un coup d’œil un peu plus haut :
    99 Le same­di 13 juillet 2013 à 12:25, par Renaud

    Sans doute il s’y trouve des ‘réponses anticipées’ ?
    Je m’en aper­çoit à l’ins­tant, c’est sans doute encore plus vrai, voire sym­bo­lique aujourd’­hui 14 juillet…

    Réponse
  117. Ernest

    @ Hen­ri Poincaré,

    si je peux me per­mettre d’in­sis­ter sur les symp­tômes ras­su­rants, c’est que tu me sembles avoir une véri­table liber­té de pen­sée et qu’il faut une cer­taine noblesse d’âme pour faire cette démarche de chan­ge­ment de patronyme.

    cela dit, Nles­can a rai­son, il serait avi­lis­sant de l’im­po­ser à autrui, avi­lis­sant pour les concer­nés, avi­lis­sant pour la patrie.
    Il me suf­fit que le droit le per­mette à qui­conque en res­sent le besoin ou l’en­vie, et que l’es­prit patrio­tique ne fasse jamais du pré­nom un signe l’adhé­sion aux valeurs de la Répu­blique, car ceci se mesure en paroles et en actes.

    Et effec­ti­ve­ment tu as rai­son, la trans­for­ma­tion de pro­non­cia­tion et d’or­tho­graphe des noms étran­gers par le creu­set cultu­rel local ne signi­fie­rait pas que, de manière sous-jacente, nous serions dans une dérive vers la concep­tion eth­nique de la Nation, ce serait sans doute tout le contraire même.

    cepen­dant, l’é­ner­ve­ment de nles­can, tient sans doute en ce que, de manière très inquié­tante, nous pou­vons obser­ver un jaillis­se­ment dans l’es­pace public de paroles et d’actes qui contre­viennent gra­ve­ment à la concorde natio­nale et à l’es­prit républicain.

    jus­te­ment quand tu dis que per­sonne ne conteste l’é­ga­li­té des hommes devant la loi, force est de consta­ter que si, et qu’ils sont suf­fi­sam­ment nom­breux pour avoir deux dépu­tés. Les dépu­tés, c’est la par­tie soft mais der­rière il y a toute une par­tie du corps social qui est à la dérive, qui s’est appro­prié le dra­peau et l’hymne d’une Répu­blique que pour­tant ils insultent et désho­norent par leurs paroles et leurs actes.

    Ces cou­rants qui remontent à la révo­lu­tion resur­gissent aux pires moment. Il y a eu depuis les années 70à un gros tra­vail idéo­lo­gique, dans l’ombre, puis au grand jour, qui fait qu’au­jourd’­hui on peut entendre par­ler d’his­toires de pain au cho­co­lat, du viri­lisme du ché­tif Eric zey­mour, de rem­pla­ce­ment de popu­la­tion, etc.

    leurs délires sont conta­gieux, et leurs concepts sont de plus en plus pré­sents, de plus en plus d’actes se manifestent…(et abdel­ka­der pour­rait chan­ger de pré­nom que ça ne le pro­tè­ge­rait pas.)

    D’où le fait que ta liber­té de pen­sée va aller se nour­rir à des rate­liers que mon his­toire fami­liale, simi­laire à celle de nles­can et plus sur­ement mon atta­che­ment à la France, me dési­gnent comme poten­tiel­le­ment dan­ge­reux. Il faut donc être vigi­lant et pru­dent quant à ce que l’on dit, com­ment on le dit et com­ment cela peut-il être inter­pré­té par des esprits faibles.

    c’est là la force des théo­ri­ciens de l’ex­trême droite qui sont cham­pions pour pro­duire confu­sions et amal­games. D’où l’in­vi­ta­tion à lais­ser le mot « mon­dia­lisme » comme signe dis­tinc­tif des étran­gers à la France telle que tu la désire. D’au­tant qu’il s’a­git là d’un mot-valise abso­lu­ment inopé­rant lorsque l’on veut vrai­ment aller au fond des choses.

    je consi­dère d’ailleurs que le titre de cha­pitre de Lor­don « le FN, où la récon­ci­lia­tion natio­nale sous l’é­gide du capi­tal » est assez mal choi­si, car, comme je consi­dère que ces gens ne sont pas vrai­ment fran­çais, et qu’ils consti­tuent une menace envers les valeurs qui font qu’on peut vivre en paix dans ce pays, il n’y aura pas de récon­ci­lia­tion pos­sible, et c’est la guerre civile qu’ils pré­parent, sous l’é­gide du capi­tal, là oui je suis d’accord.

    je constate depuis mon bal­con que nous avons suf­fi­sam­ment d’armes pour nous défendre face à des attaques exté­rieures, ils n’ar­rête pas de pas­ser des héli­co et des avions. Par contre, si je sais que nous avons suf­fi­sam­ment d’armes concep­tuelles pour dimi­nuer dras­ti­que­ment ce pour­ris­se­ment de l’in­té­rieur, force est de consta­ter que les citoyens ne s’en arment pas suf­fi­sam­ment et que le ter­rain à recon­qué­rir est immense.

    J’ai envie de croire que tu es sur la bonne voie, atten­tion tout de même à ne pas ébré­cher cer­taines digues avant d’a­voir trou­vé pro­tec­tion plus solide encore, soyons vigi­lant à ne pas pro­lon­ger et légi­ti­mer l’oeuvre de pré­pa­ra­tion des esprits à quelque chose que tu pour­rais regret­ter, si tu aimes autant la France, ta femme et ceux qui te sui­vront dans la carrière.

    Réponse
  118. Henri Poincaré

    « un mec qui se disait natio­na­liste et qui enle­vait et tuait des gens pour rai­sons politiques »

    cf l’ex­pli­ca­tion que j’ai déjà four­ni à savoir que des mecs se sont dit droit-de-l’hom­mistes et tuaient, de même qu’ils enva­his­saient pour des rai­sons poli­tiques, des mecs se sont dits « démo­crates » et tuaient, de même qu’ils enva­his­saient pour des rai­sons poli­tiques, des mecs se sont dit com­mu­nistes et tuaient, de même qu’ils annexaient des ter­ri­toires pour des rai­sons politiques…

    Oui je tiens à pou­voir me récla­mer de tous ces mots qu’on m’a volé : la démo­cra­tie, les droits de l’homme, le com­mu­nisme, le natio­na­lisme, et beau­coup d’autres encore !

    - Le sujet des sans-papiers dépasse de très loin le simple cas des indi­vi­dus iso­lés, c’est une pro­blé­ma­tique qui recouvre des enjeux de légis­la­tion, d’é­co­no­mie, de réseaux, de fraudes, de pro­blé­ma­tiques cultu­relles, ain­si que nom­breux autres thèmes qui méritent de n’être pas trai­tés au débot­té, et je rap­pelle, en outre, qu’en atten­dant il existe des pro­cé­dures légales qui sont loin d’être par­faites, c’est évident, mais qui sont le recours naturel

    - jus­te­ment, s’il nous était impos­sible d’a­voir une double (ou mul­tiple) natio­na­li­té, il nous suf­fi­rait de choi­sir laquelle nous dési­rons gar­der et nous serions assu­rés de ne plus jamais se la voir reti­rer injus­te­ment, car il n’y aurait plus de litiges pos­sibles. De plus rien n’empêche qui­conque, dès lors, de choi­sir à nou­veau de chan­ger de natio­na­li­té : la seule contrainte serait de n’en dis­po­ser que d’une à la fois. La natio­na­li­té c’est un choix, pas une fata­li­té. Pour le reste je dirais que les parents ont à assu­mer le lieu et le ter­ri­toire où ils déclarent leurs enfants, c’est une res­pon­sa­bi­li­té qui n’est pas à trai­ter par des­sus la jambe.
    Pour ce qui est du renou­vel­le­ment de nos cartes d’i­den­ti­tés et des litiges absurdes qu’il peut en décou­ler par­fois, il est tout à fait conce­vable d’a­dap­ter la loi de sorte qu’on ne puisse pas nous reti­rer notre (unique) natio­na­li­té, et ceci en aucun cas.

    - Tu es tel­le­ment obsé­dé par la ques­tion eth­nique, la ques­tion phy­sio­no­mique, que tu en viens à déce­ler du racisme y com­pris chez les couples mixtes qui vivent tran­quille… Ta vision du monde est mani­fes­te­ment très racia­liste, tu per­çois mala­di­ve­ment la réa­li­té par cette ornière.
    Si la France était raciste ça fait long­temps qu’au­rait écla­té une guerre civile et les gens ne se met­traient pas pai­si­ble­ment en couple

    nles­can a écrit : « Je cherche à culpa­bi­li­ser per­sonne, je cherche a ce que les gens se réveillent et com­prennent que l’ur­gence c’est la ces­sa­tion immé­diate du néo­co­lo­nia­lisme et de ses guerre et de plans de col­la­bo­ra­tion et d déve­lop­pe­ment équi­table et durable entre les peuples. Je vou­drais voir la France 5eme pays le plus riche du monde chan­ger dans la direc­tion de la paix et du res­pect des autres peuples. »

    Tout ça rejoint par­fai­te­ment ce que je viens de t’ex­pli­quer, car si tu vas au bout de ta logique nous en reve­nons exac­te­ment à ce que j’é­cri­vais là :

    « Si tu cherches à acca­bler nos ancêtres les pay­sans, les ouvriers et les petits arti­sans, à les culpa­bi­li­ser, à nous expli­quer que leur pays, ce beau pays, celui qu’ils ont bâti avec leurs bras et à la sueur de leur front, est en par­tie illé­gi­time et doit tout aux pillages, à l’ex­pan­sion­nisme et aux rapines des oli­garques (qui furent, in fine, les seuls à béné­fi­cier des richesses en question),… »

    Donc tu t’y prends de la pire des manières pour « réveiller  » ou « conscien­ti­ser » les gens en te confon­dant en amal­games et autres sous-enten­dus, qui ne sont que le dérou­lé de ta logique lors­qu’on la mène à son bout.
    Il est évident et abso­lu­ment néces­saire de faire en sorte que cessent toutes acti­vi­tés néo-colo­niales oli­gar­chiques et illé­gi­times c’est un fait et une urgence. Mais pour cela mieux vaut s’y prendre de la meilleure des manières, au lieu d’ac­ca­bler le pays, cet édi­fice qu’ont bâti tous les pauvres bougres qui se rui­naient la san­té à l’ouvrage.
    Ce sont les gens à la manœuvre qu’il faut acca­bler, les oli­garques, et non pas l’œuvre et l’é­di­fice des 90% de bougres.

    Réponse
  119. Henri Poincaré

    @ nles­can je me suis trom­pé de cita­tion, celle que je vou­lais reprendre est celle-ci :
    « Quand je t’ex­plique que la pré­sence d’é­tran­ger dans notre pays est une des consé­quence du colo­nia­lisme dont l’es­sor éco­no­mique de notre pays a lar­ge­ment pro­fi­té tu me dis que je cherche a culpa­bi­li­ser les fran­çais pro­lo, tu racontes n’im­porte quoi. »

    et pas celle-ci : « Je cherche à culpa­bi­li­ser per­sonne, je cherche a ce que les gens se réveillent et com­prennent que l’ur­gence c’est la ces­sa­tion immé­diate du néo­co­lo­nia­lisme et de ses guerre et de plans de col­la­bo­ra­tion et d déve­lop­pe­ment équi­table et durable entre les peuples. Je vou­drais voir la France 5eme pays le plus riche du monde chan­ger dans la direc­tion de la paix et du res­pect des autres peuples. »

    Déso­lé pour la confu­sion que cela engendre.

    Réponse
  120. Henri Poincaré

    @ Ernest

    Comme je l’ai indi­qué à de nom­breuses reprises ne suis pas dans une démarche de che­mi­ne­ment « vers la droite » ou « vers la gauche ». Il fau­dra que tu te fasses à l’i­dée que je ne suis pas « dans la bonne voie » au sens où tu l’en­tends qui pro­cé­de­rait d’un che­mi­ne­ment de ma part vers ce que tu estimes être « la gauche ». (De même je ne sau­rais être « dans la mau­vaise voie » au sens où tu l’en­tends qui pro­cé­de­rait d’un che­mi­ne­ment de ma part vers ce que tu consi­dères rele­ver de « la droite ».)

    Ce qui m’im­porte en véri­té c’est d’a­me­ner à inclure, dans l’é­qua­tion démo­cra­tique, la culture et les res­pon­sa­bi­li­tés que nous avons vis-à-vis d’elle, bref déter­mi­ner du meilleur cadre pour pré­ser­ver son carac­tère plu­riel, ne pas nous lan­cer à l’a­veugle dans des entre­prises de destruction.

    Car c’est une res­pon­sa­bi­li­té dont les par­ti­sans de la démo­cra­tie directe font géné­ra­le­ment peu de cas, ce qui me cha­grine, en tant que l’un de ces par­ti­sans moi-même.

    Beau­coup d’entre-eux notam­ment font la pro­mo­tion, sans grande réserve, de la « fédé­ra­tion mon­diale de com­munes démo­cra­tiques », sans se sou­cier de s’in­ter­ro­ger sur ce que ça pour­rait impli­quer au plan cultu­rel, le péril poten­tiel de voir se désa­gré­ger petit à petit les belles cultures des pays nation (et ceci au pro­fit d’une uni­for­mi­sa­tion à des fins pra­tiques et paresseuses).

    Il me semble qu’il faille exa­mi­ner ces ques­tions avec atten­tion, car ce sont pour leur part des pro­blé­ma­tiques de très long terme, qui dépassent l’in­di­vi­du, ou le groupe d’in­di­vi­dus à l’é­chelle de leur vie (contrai­re­ment aux ques­tions de jus­tice sociale, qui sont capi­tales éga­le­ment, mais qui relèvent de l’im­mé­dia­te­té et du court terme).

    Bref il nous faut la démo­cra­tie directe, mais il nous faut déter­mi­ner le meilleur cadre de son expres­sion en vue des res­pon­sa­bi­li­tés mul­tiples que cela implique.

    Réponse
  121. nlescan

    T’es trop fort mec, c’est moi le sis­tra et j’ai une vision racia­liste. N’im­porte quoi. J’ai pas le temps de répondre à tes délires là. Va avec tes lubie sur le nom des gens et tes pro­jets de fran­ci­sa­tion ridicules…j’te le dis et je m’en tape si tu boudes j’ai mon­tré ton délire avec les aux à mes potes et à des col­lègues : ça a eu le mérite de faire rigo­ler tout le monde.

    Je vais te dire : sur les sujets dont on parle je ne suis d accord en rien avec toi, je trouve ce que tu dis com­plè­te­ment déli­rant et pour moi tu joues sur les mots pour essayer de trou­ver des nou­velles façons de dis­cri­mi­ner et d’im­po­ser des galères aux gens d’o­ri­gine étran­gère en essayant de me balan­cer un écran de fumée « cultu­rel » pour faire pas­ser la pilule et te pré­tendre « non raciste ».

    Mec tes conne­ries sont hau­te­ment sus­pectes mais je m’en cogne un peu… va faire tes trucs bizarres, j’ai ma dose de par­ler de ça.

    Réponse
  122. Henri Poincaré

    Ah c’est sûr que dès qu’on essaye de sor­tir du mani­chéisme et appor­ter un peu de com­plexi­té aux grilles de lec­ture, ain­si qu’à inté­grer des pro­blé­ma­tiques de long terme, ça rend les choses moins faciles à inter­pré­ter pour ceux qui aiment la sim­pli­ci­té et les dogmes faciles.

    En outre, le fait est qu’ob­jec­ti­ve­ment, nous avons tous les deux bien plus de points d’ac­cord (cf nos tous pre­miers mes­sages où l’on peut s’a­per­ce­voir qu’à quelques détails socié­taux près, nous sommes d’ac­cord sur tous les points essen­tiels), que tu n’en auras jamais avec un homme comme Mélenchon.

    Mélen­chon, que je res­pecte d’ailleurs, lors­qu’il parle de pro­jets tech­niques d’a­ve­nir comme la géo­ther­mie pro­fonde ou les poten­tiels stra­té­giques de la mer, ain­si que de rap­port capital/travail, mais qui n’ins­tau­re­ra jamais, ô grand jamais, la démo­cra­tie directe (un tel régime est sa han­tise en véri­té). Il est donc notre pro­blème, comme tous les repré­sen­tants élus, et pas la solution.

    PS : si, depuis ta plus tendre enfance, tu avais croi­sé quo­ti­dien­ne­ment des petits Ser­giaux, à l’é­cole, dans la rue, dans les situa­tions de tous les jours, tu trou­ve­rais ce nom banal et par­fai­te­ment natu­rel (et tu le sais). Mais là encore les dogmes et les habi­tudes ou petites manies ont la vie dure…

    Réponse
  123. nlescan

    De quelle com­plexite ou griile de lec­ture tu parles ? Tu veux impo­ser des galeres sup­ple­men­taires aux etran­gers et obli­ger les fran­cais qui on des ori­gines etran­geres a fran­ci­ser leur nom selon des methodes hal­lu­ci­nantes qui ne sont meme pas cohe­rentes avec la langue fran­caise. J en ai rien a faire de savoir si tes idees sont accom­pa­gnees du reste du « pack » xeno­phobe, tou­jours est il que ce que tu dis est super nul et nuisible.

    Azy on sera pas d accord, va, vogue ta galere et moi la mienne.

    Réponse
  124. Ernest

    @ Hen­ri Poincaré,

    je crois qu’il y a méprise sur le terme de « bonne voie », et je ne m’at­ten­dais pas à ce que tu pro­jettes sur moi pré­ci­sé­ment ce que tu reproches aux autres, ou à cette idée de cli­vage droite/gauche, à savoir d’en­fer­mer les gens dans des iden­ti­tés et des modes de pen­sée à priori.

    je disais juste que ce que tu cherches à ancrer dans le débat peut ou non s’a­vé­rer utile du point de vue de la pré­ser­va­tion de la diver­si­té cultu­relle dans et par la démo­cra­tie, si tant est que tu ne te laisse pas entrai­ner sans défense par les idées ambiantes…ce dont tu offres pour­tant des signes évi­dents, quand bien même tu t’en défends.

    je conseillais cet appel de la forêt de Lacan­don pour que tu me dises ce que tu retiens de cet effort d’ex­pres­sion d’une cohé­rence à par­tir d’une expé­rience de démo­cra­tie directe et de lutte indi­gé­niste, pour la plu­ra­li­té des mondes.

    tu peux aus­si lire quelques articles ça et là, notam­ment chez Paul Ariès pour te frot­ter à ce que des pen­seurs for­mulent comme réac­ti­va­tion du com­bat cultu­rel, qui puise à la source des pre­miers socia­listes mais aus­si de cer­tains com­mu­nistes comme Gram­sci, avec les apports essen­tiels des anthro­po­logues et des socio­logues, d’é­co­no­mistes et philosophes.

    Et pour­quoi pas d’ailleurs s’a­mu­ser à un dia­logue avec les posi­tions anar­chistes qui vont mieux que qui­conque défendre la sin­gu­la­ri­té des cultures tout en décons­trui­sant tout ce qui peut alié­ner, à la fois en poin­tant cer­tains schèmes cultu­rels mais aus­si en termes de rap­ports à la culture.

    si on parle sérieu­se­ment de culture, alors il faut défi­nir ce que l’on entend par là, car s’il s’a­git de savoir se défendre, il faut aus­si savoir ce qu’on défend.
    les choses s’exa­minent en ver­ti­cal (culture des élites/cultures popu­laires) et en hori­zon­tal, entre groupes cultu­rels, et s’exa­minent au regard de pro­ces­sus sociaux et his­to­riques qu’il convient ne pas trop simplifier…or j’in­siste, et c’est un exemple par­mi d’autres dans ton dis­cours, le concept de « mon­dia­lisme » est pour cela inopé­rant et te mène­ra à la stag­na­tion dans ton che­mi­ne­ment, et tu ne sau­ras te défendre lorsque ta naïve adhé­sion à la confi­ture d’ex­trême droite te met­tra dans la dif­fi­cile posi­tion d’a­voir à contes­ter des actes gui­dés par le même back­ground concep­tuel que le tien…

    si tu fais de la culture un essence, si tu fais de la Nation un être éter­nel, tu as déjà per­du. c’est d’une part, scien­ti­fi­que­ment indé­fen­dable, d’autre part,c’est poli­ti­que­ment te tirer une balle dans le pied…le temps joue contre toi.

    je t’in­vites éga­le­ment à te dépar­tir de l’an­goisse de l’u­ni­for­mi­sa­tion, non pas pour ces­ser de s’y oppo­ser, mais pour que ce ne soit pas l’an­goisse ton moteur de recherche. L’his­toire de l’hu­ma­ni­té devrait te confor­ter en ce sens, il n’y a aucun risque d’u­ni­for­mi­sa­tion totale et chaque ins­tant voit naître de nou­veau germes culturels.

    je pré­fère quand ton moteur est la liber­té, l’é­ga­li­té et la fra­ter­ni­té, cela per­met déjà d’é­vi­ter l’é­cueil de ren­ver­ser ce qui t’an­goisse dans l’u­ni­for­mi­sa­tion par l’en­fer­me­ment dans une « culture », une « identité ».

    d’autre part, je me méfie­rais d’employer les termes de « démo­cra­tie directe » lors­qu’en fait il s’a­git de défi­nir des prin­cipes qui, s’ils étaient vio­lés par une déci­sion majo­ri­taire, devraient t’a­me­ner à les faire valoir par d’autres moyens que les procédures…justement parce qu’il s’a­gi­rait des condi­tions de pos­si­bi­li­té même de la démo­cra­tie, quelle que soit la taille du groupe concer­né, quelle que soit sa culture, quelle que soit l’é­poque et quel que soit le lieu.

    c’est ça aus­si qui est inté­res­sant dans le débat, jus­qu’où on peut être démo­crate, et jus­qu’où on va dans l’i­dée de pré­ser­va­tion des cultures…un couple qui fouette ses gosses et qui me dit que c’est sa tra­di­tion, grâce à tes rai­son­ne­ments, ou madame pari­sot qui dira que « chez nous » on exploite les ouvriers, ils vont me rétor­quer que je suis un affreux uniformisateur..une majo­ri­té qui vote l’ex­ter­mi­na­tion des roms, et me voi­là antidémocrate…

    Réponse
  125. Henri Poincaré

    Mani­chéisme (et amal­games) quand tu nous tiens…

    Au contraire, nous sommes ame­nés à voguer dans la même galère et à ramer dans le même sens.

    Réponse
  126. Henri Poincaré

    mon der­nier mes­sage était à l’at­ten­tion de nles­can naturellement.

    Réponse
  127. Ernest

    tou­jours au même…

    quand bien même Chouard lui-même serait pré­sident qu’il n’ins­ti­tue­rait pas une démo­cra­tie directe, tout bon­ne­ment parce que ça ne relève pas de la déci­sion d’un homme mais de l’im­pli­ca­tion, de la lutte, de l’ap­pren­tis­sage de tout un peuple, que ça prend du temps et de l’énergie.

    en revenche si ça n’est pas un pleur­ni­cheur de son impuis­sance poli­tique alors qu’il s’est réveillé à 50ans et entre­tien celle des autres en les dis­sua­dant de s’en­ga­ger vrai­ment et effi­ca­ce­ment mais que c’est ton enne­mi Mélenchon,
    la liber­té d’as­so­cia­tion et la liber­té d’ex­pres­sion (toute rela­tive compte-tenu du contexte média­tique et poli­tique) me per­mettent de consti­tuer un groupe dif­fu­sant des idées que je pour­rais pro­po­ser à mes conci­toyens comme man­dat pour inter­ve­nir dans une assem­blée consti­tuante, par­mi d’autres dépu­tés envoyés par d’autres citoyens et qui eux ne vou­dront pas du tout de la démo­cra­tie directe, prin­cipes de démo­cra­tie directe qui irriguent déjà une bonne par­tie du pro­gramme du front de gauche.

    j’en déduis donc que tu n’es pas pour cette fenêtre d’op­por­tu­ni­té que consti­tue­rait l’é­lec­tion de mélen­chon et que tu pré­fères que l’UMPS ou le FN te per­mettent de conti­nuer à te sen­tir vic­time et à nous vendre une soupe confuse comme étant de la « com­plexi­té »…ma foi, si tu savais comme tu en es loin !

    l’autre fenêtre d’op­por­tu­ni­té, à savoir un mou­ve­ment de masse est encore plus ris­quée, au vu du niveau de conscience poli­tique des anti-par­ti, ni gauche ni droite, nani­na­na­na, c’est la récup assurée…vote mas­sif à droite en espagne, frères musul­mans en tuni­sie, armée en egypte…pas bon signe, et je serais toi je prie­rai pour que ce soit le FDG et pas le FN-oli­gar­chie, la rup­ture du pacte social engen­drée par un mou­ve­ment de masse à voca­tion révo­lu­tion­naire engen­drant tou­jours quelques oppor­tu­ni­tés d’exac­tions dont ta femme pour­rait être victime…

    il est des adver­saires dont il convient de recher­cher l’al­liance tant que l’on n’est pas en posi­tion de force pour les sup­plan­ter. et face à cer­tains périls il est des ini­mi­tiés qui s’ef­facent facilement…encore une fois, le temps joue contre toi.

    Réponse
  128. Henri Poincaré

    @ Ernest

    Pour te répondre expli­ci­te­ment, oui le temps joue contre moi et je joue­rai contre le temps, dans la mesure de mes modestes moyens.

    En outre j’ac­cepte le prin­cipe de la démo­cra­tie directe, et ceci dans tout ce qu’il com­porte, y com­pris si les déci­sions qui en émanent vont à l’en­contre de mes opi­nions ou de mes prin­cipes moraux (même si j’es­saie­rai à mon échelle de peser dans le scru­tin en ques­tion): j’ac­cepte toute déci­sion, sans excep­tion, éma­nant de l’ex­pres­sion de la démo­cra­tie directe, y com­pris celles me choquent ou me révoltent.
    Le contrat col­lec­tif repose à ce que la même exi­gence soit récla­mée à tous.

    Je suis un démo­crate extré­miste jus­qu’au­bou­tiste en quelque sorte.

    Chaque régime, de quelque nature que ce soit, est un risque, voir un péril majeur : monar­chie, repré­sen­ta­tion, ou démo­cra­tie directe com­portent tous des risques de dégé­né­rer. Pour ma part je suis pour la démo­cra­tie directe et j’ac­cepte tous les risques qu’elle com­porte sans excep­tion, ceci à par­tir du moment où la neu­tra­li­té des média est assu­rée et que cha­cun peut peser, donc se faire entendre lar­ge­ment, sans être mépri­sé ni minoré.

    La neu­tra­li­té des média me semble abso­lu­ment essen­tielle et consub­stan­tielle à la démo­cra­tie directe. Dès lors qu’elle ne serait plus assu­rée, nous retom­be­rons dans une logique de pro­pa­gande oli­gar­chique et de mou­to­nisme. Dès lors il ne s’a­git plus véri­ta­ble­ment de démocratie.

    Quand aux égards que tu me portes, sache que, contrai­re­ment à ce que tu pré­sup­pose, je connais très bien les arcanes des milieux « d’ex­trême gauche », comme les arcanes des milieux « d’ex­trême droite », que je sais par le détail ce que cha­cun d’eux pro­jettent comme fan­tasmes ou pré­oc­cu­pa­tions à tra­vers leurs concepts séman­tiques… et que je me lave les mains de toutes ces consi­dé­ra­tions. Aucune naï­ve­té dans ma conduite, une conscience pleine et entière de ce que cer­tains fan­tasment à tra­vers les mots. Je ne lais­se­rai le mono­pole du voca­bu­laire à aucun.

    Je n’ai pas encore lu le texte que tu m’a­vais fais par­ve­nir, mais j’i­ma­gine qu’il y sera ques­tion de fédé­ra­tions de com­munes non ? Or tu connais déjà mon opi­nion à ce pro­pos : les résul­tats de la ges­tion, de la pré­ser­va­tion et de l’é­pa­nouis­se­ment des cultures par les fédé­ra­tions de com­mune ne pour­ront être éta­blis et démon­trés qu’à l’aune de plu­sieurs siècles de pra­tique… Même en pre­nant acte de l’at­ta­che­ment ini­tial que ces com­munes fédé­rées nour­rissent pour leur culture, l’en­jeu réel, le seul et unique, repose dans les com­por­te­ments qu’au­ront leurs enfants, leurs arrières petits enfants, ain­si que leurs des­cen­dants bio­lo­giques ou spi­ri­tuels dans les siècles, voir les mil­lé­naires à venir. Si, pro­gres­si­ve­ment, de géné­ra­tions en géné­ra­tions ceux-là viennent à négli­ger leurs res­pon­sa­bi­li­tés, celle de faire vivre leur culture, l’ins­crire dans le futur par de nou­velles pierres à l’é­di­fice, des pro­jets vision­naires, cha­cun pre­nant racine dans l’hé­ri­tage des anciens,… si pro­gres­si­ve­ment ils en viennent à négli­ger ces res­pon­sa­bi­li­tés, par paresse, et parce qu’au­cun cadre de civi­li­sa­tion ne vien­dra les encou­ra­ger à le faire (un cadre aus­si ouvert que la fédé­ra­tion mon­diale est à ce titre un risque, ou tout du moins une sérieuse incer­ti­tude), alors c’est une perte ines­ti­mable pour le genre humain.

    Réponse
  129. nlescan

    Par contre ernest meme si il ne le dit pas expli­ci­te­ment j aivu plu­sieurs pro­pos de Chouard qui laissent a pen­ser qu il vote fdg et pas blanc…Il ne faut pas confondre ce qu il dit dans le cardre du debat pour la demo­cra­tie en essayant de pas etre trop civant, pro­ba­ble­ment pour ratis­ser large, et ce qu il fait.

    Et a ser­giaux arretes avec ton mani­cheisme la, je t ai dit, je ne sais pas si tu est raciste ou pas, je dis juste que tes idees a popos des sans faf et des noms etran­gers sont mau­vaises et meme nui­sibles, c est clair ca ?
    Allez ciaeaux

    Réponse
  130. Henri Poincaré

    Ernest, je n’ai pas envie de relan­cer le débat que tu avais avec les autres (prin­ci­pa­le­ment JC) au sujet des partis.
    Je suis bien évi­dem­ment du côté dudit JC sur ce dossier.

    De plus, dans les 20 pro­chaines années, FDG ou FN ne feront jamais plus de 40% ni l’un ni l’autre, y com­pris dans leurs rêves les plus fous. (Pour­tant ce sont les seuls « gros par­tis » à pro­po­ser un RIP/RIC à minima).

    Per­son­nel­le­ment je ne vois qu’une seule et unique solu­tion à l’ob­ten­tion de la démo­cra­tie directe : l’ob­ten­tion, par la mobi­li­sa­tion de 20 ou 30 mil­lions de fran­çais, de l’ins­crip­tion, dans la consti­tu­tion actuelle, d’un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire performant.

    Une fois le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire obte­nu, les citoyens favo­rables à l’é­la­bo­ra­tion d’une démo­cra­tie directe pour­rons le pro­po­ser au suf­frage : de ce fait un débat natio­nal nai­tra. Évi­dem­ment les média feront tout ce qui est en leur pou­voir pour dis­cré­di­ter l’i­dée, mais là ce sera à nous autres, les plus convain­cus, d’in­ter­ve­nir dans l’a­go­ra. De plus, après un délai de carence, il nous sera pos­sible de remettre régu­liè­re­ment le débat sur la table.

    Il me semble donc que l’é­tape n°1, la plus ardue, et de loin, repose dans l’ob­ten­tion d’un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire per­for­mant,.. beau­coup plus per­for­mant encore que celui des suisses, sinon c’est déjà mal barré.

    Il faut trou­ver la solu­tion miracle à dif­fu­ser vira­le­ment ce désir de RIP/RIC (que tout le monde nour­rit déjà qui plus est, car 8 ou 9 fran­çais sur 10 s’y déclarent abso­lu­ment favo­rables)… Et trans­for­mer ce désir en mobi­li­sa­tion par une com­mu­ni­ca­tion simple. Le jour où l’on noie l’ad­mi­nis­tra­tion sous 40 mil­lions de péti­tions récla­mant ce RIP per­for­mant, ce sera déjà un pre­mier pas.

    C’est com­pli­qué mais ça nous en sommes tous bien conscients.

    Réponse
  131. Ernest

    @ Hen­ri poincaré

    au vu de ce que je lis de toi, ça me parait pré­ten­tieux de pré­tendre connaitre les « arcanes » des « milieux » d’ex­trême droite et d’ex­trême gauche et tous les débats qui sur­gissent… ça va, soyons humbles, c’est tel­le­ment foi­son­nant qu’on ne sau­rait pré­tendre à l’exhaustivité !

    en tout cas, via les études de Tilly ou Tar­row, la socio­lo­gie des mou­ve­ments sociaux, très avan­cée en France, et puis bien sûr pour ceux qui sont au pou­voir les RG et autres agences de ren­sei­gne­ment, l’o­li­gar­chie dis­pose de connais­sances supé­rieures aux tiennes…

    c’est le côté tra­gique d’ailleurs, les plus grands pen­seurs qui ont consa­cré leur œuvre à l’é­man­ci­pa­tion des oppri­més ont été lus avec atten­tion par les oppres­seurs, mais pas vrai­ment par les opprimés…Machiavel le premier.

    comme tu offres à bien des post au moins une ques­tion d’œuf et de poule, il est dif­fi­cile de te répondre…par exemple.…pour que la démo­cra­tie directe fonc­tionne il faut des média indé­pen­dants, pour des médias indé­pen­dants il faut la démocratie…

    bref, à trop res­ter du côté JCéen, tu risques de perdre du temps…les anar étant pas­sé par là, il est pos­sible d’en tirer les leçons : ça ne marche pas !

    au moins ont-ils eux une vision de l’or­ga­ni­sa­tion, de la lutte et de l’a­lié­na­tion, ce qui tout de même per­met, sans être 30 mil­lions d’a­voir un pou­voir réel sur le cours des choses.

    en effet tu dis
    « Per­son­nel­le­ment je ne vois qu’une seule et unique solu­tion à l’ob­ten­tion de la démo­cra­tie directe : l’ob­ten­tion, par la mobi­li­sa­tion de 20 ou 30 mil­lions de fran­çais, de l’ins­crip­tion, dans la consti­tu­tion actuelle, d’un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire performant. »

    pos­ture réclamatoire…à 20 ou 30 mil­lions, fichtre, bien orga­ni­sés, nous serions ce peuple éman­ci­pé de ses maîtres !

    si à 15–20% pour le FN on obtient des camps de réten­tions pour étran­gers, des peines plan­cher et autres mani­fes­ta­tion du déla­bre­ment de cette répu­blique, alors il s’en faut de peu qu’un ren­ver­se­ment de vapeur vers la gauche faci­lite ton objec­tif prioritaire…avec 100 fois moins de mili­tants que ta « seule et unique solu­tion » l’exige.…question de rap­ports de force et d’efficacité.

    ta posi­tion d’extrémiste de la démo­cra­tie directe amène des pré­ci­sions quant à ce que tu entends par « démocratie »…

    ma foi, si la majo­ri­té décide d’ex­ter­mi­ner tous les ser­gio y com­pris maquillés en ser­giaux, tu pour­ras comp­ter sur moi pour illé­ga­le­ment te per­mettre de sau­ver ta peau, quand bien même n’au­rais-tu que la mon­naie de ta pièce, vu la fai­blesse de tes posi­tions théo­riques et ton arro­gance à les tenir mordicus…

    il y a dans ce pays des gens d’en appe­ler à un putsch jus­qte parce que des homo ont le droit de se marier, je ne vais pas me sou­mettre à leurs lois, eux qui pour si peu oublie que notre pacte social sup­pose que les dogmes reli­gieux n’ont pas d’in­ci­dence sur la loi.

    Il y en a qui veulent faire chan­ger de pré­nom les autres…c’est soft…mais enfin ça sent mau­vais, nles­can a rai­son, et, aucune déci­sion majo­ri­taire, abso­lue, des deux tiers ou des trois quart, ne me fera pas chan­ger de pré­nom, il est alle­mand, ni de nom, il est cata­lan et c’est très bien comme ça.

    je ne vois pas en quoi ma culture et ce qu’on m’a mis sur la carte d’i­den­ti­té devrait me faire obéir à des cré­ti­ne­ries, seule la force le peut !

    tu mets la com­mu­nau­té au-des­sus de la liber­té indi­vi­duelle, je condi­tionne mon appar­te­nance à une com­mu­nau­té au res­pect de la liber­té individuelle.

    or, la situa­tion dans laquelle nous sommes sup­pose que le majo­ri­té adhère à la domi­na­tion des uns sur les autres, consciem­ment ou pas d’ailleurs, ce qui fait de la culture le prin­ci­pal vec­teur de l’in­té­gra­tion de cette domi­na­tion comme « natu­relle ». Et depuis cette socié­té mil­lé­nai­re­ment tra­vaillée par des logiques de domi­na­tion, hié­rar­chi­sée, inéga­li­taire, il n’y a pas de démo­cra­tie directe pos­sible immé­dia­te­ment, sinon nous y serions déjà !

    et l’in­té­gra­tion dans un pro­ces­sus qui tend vers cela n’est pas pos­sible sans sérieux garde-fous et contre­poids qui sou­vent impliquent de consi­dé­rer cer­taines règles comme non négo­ciables avant long­temps (pour un mieux disant) et que toute trans­gres­sion équi­vaut à une rup­ture du pacte qui lient les citoyens entre eux.

    c’est pour­quoi il faut pen­ser la com­plexi­té, les pro­ces­sus, les para­doxes et les effets de feed­back, etc. pour ne pas être un « extré­miste » mais un par­ti­san lucide…ta pos­ture naïve ris­quant de conduire au contraire de ce que tu souhaites.

    Socrate a su mon­trer le che­min, Pla­ton nous dit qu’une répu­blique qui per­met la vie bonne est gou­ver­née par des phi­lo­sophes, et des suc­ces­seurs comme rous­seau, marx ou bour­dieu ont su poin­té ce qui cloche et ce qui fait que l’a­mour de la sagesse et du savoir n’est pas suf­fi­sant, il faut aus­si avoir les moyens de nour­rir cet amour, de le sus­ci­ter, de l’encourager…et de fait, à Athènes, ce n’é­taient ni les phi­lo­sophes, ni les pauvres qui gou­ver­naient, sans quoi elle n’au­rait pas som­bré de cette manière…c’étaient de cupides pos­sé­dants, des valeurs ances­trales issues du monde indo-euro­péen, ses dieux, ses castes, et ses modes de pro­prié­té comme son ata­visme tri­bal (celui qui fait prendre à Socrate la cigüe volontairement)…en sommes-nous vrai­ment affran­chis ? Plus que les Athé­niens, c’est évident, en tout cas bien plus que ceux qui les fai­saient vivre et celles qui leur don­naient le sein.

    là où tes rai­son­ne­ments clochent, ça se voit comme le nez au milieu de la figure…quelque part au croi­se­ment entre pas­sé et futur…

    les idées domi­nantes sont les idées de la classe dominante…démocratie directe ou pas, ne l’ou­blie jamais !

    Réponse
  132. phil82

    Je vous pro­pose ici les extraits d’un texte de Joseph KRULIC publié en 2007 :

    « L’idée de peuple dans la tra­di­tion consti­tu­tion­nelle française »

    « Les tri­bu­naux fran­çais jugent au nom du peuple fran­çais. Mais ce peuple français,
    source de la légi­ti­mi­té des déci­sions juri­dic­tion­nelles et des déci­sions politiques,
    com­ment faut-il le com­prendre ou l’entendre ? Peuple concret des jus­ti­ciables de
    pré­toires ou des élec­teurs les jours d’élections, peuple abs­trait ou corps poli­tique, réincarnation
    sécu­lière du corps du roi théo­ri­sé par le médié­viste Ernst Kantorowicz3 ? Les pro­jets de « jurys
    citoyens »4, ins­pi­rés de tra­vaux savants mais dif­fu­sés par cer­taines figures de la vie politique
    fran­çaise, les inquié­tudes récur­rentes face au « popu­lisme »5 et l’éventuelle néces­si­té d’une
    « contre-démo­cra­tie »6, mais aus­si les pro­jets de décen­tra­li­sa­tion, voire de trai­te­ment différencié
    d’une par­tie de la popu­la­tion en fonc­tion de variables ter­ri­to­riales et/ou eth­niques, de la Nouvelle-
    Calé­do­nie à la ville de Paris en pas­sant par la Corse et les diverses ban­lieues, sans comp­ter les
    hési­ta­tions que sus­cite la prise en compte de sta­tis­tiques eth­niques, posent le pro­blème de l’unité,
    socio­lo­gique ou juri­dique, d’un peuple français. »

    « Selon Car­ré de Mal­berg, la théo­rie de la sou­ve­rai­ne­té du peuple n’a pas été consa­crée par la
    tra­di­tion consti­tu­tion­nelle fran­çaise issue de la Révo­lu­tion et ne ser­vi­rait pas de fon­de­ment aux
    ins­ti­tu­tions qu’il observe, celles de la IIIe Répu­blique entre 1885 et les années 1930. Elle
    com­por­te­rait sur­tout un inté­rêt his­to­rique, puisqu’elle aurait ins­pi­ré de nom­breux écrits politiques,
    depuis cer­tains trai­tés théo­lo­giques du Moyen Age jusqu’à la Consti­tu­tion du 24 juin 1793 en
    pas­sant par les oeuvres des Monar­cho­maques et de Jurieu. Mais c’est en réa­li­té l’oeuvre de
    Rous­seau qui en a été le « prin­ci­pal propagateur »

    « En revanche, la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, selon le même illustre auteur, serait une réalité
    englo­bante, sur­plom­bante à l’égard des indi­vi­dus. La sou­ve­rai­ne­té natio­nale réside dans cette
    construc­tion doc­tri­nale, invi­si­ble­ment dans toute la nation et non point divi­sée dans les personnes
    ou indi­vi­dus concrets com­po­sant un peuple ato­mi­sé, ni davan­tage dans aucun groupe d’individus,
    de natio­naux. La nation est sou­ve­rai­ne­té en tant que col­lec­ti­vi­té. La nation ain­si enten­due est une
    « col­lec­ti­vi­té indi­vi­sible et per­pé­tuelle », dans ce sens qu’elle n’est pas seule­ment consti­tuée par la
    géné­ra­tion pré­sente des citoyens, mais elle com­prend « la suc­ces­sion inter­rom­pue des
    géné­ra­tions natio­nales pré­sentes et futures » et « c’est pour­quoi les citoyens, même réunis en
    tota­li­té, ne sau­raient for­mer l’organe suprême de l’Etat ». La nation n’est en réa­li­té qu’un être
    syn­thé­tique et abs­trait, une « uni­ver­sa­li­té idéale » bien inca­pable d’exprimer direc­te­ment ellemême
    une quel­conque volon­té souveraine. »

    Selon Car­ré de Mal­berg, les deux théo­ries ont été res­pec­ti­ve­ment por­tées par la Constitution
    de 1791 pour ce qui concerne la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, et celle de 1793 pour la souveraineté
    popu­laire. Cette der­nière aurait repris les théo­ries de Rous­seau dans leur sub­stance, sous réserve
    de quelques adap­ta­tions rela­tives à un régime représentatif. »

    « Les pen­seurs comme Rous­seau, sans se faire, comme le croit Car­ré de Mal­berg, les chantres
    d’un peuple com­po­sé d’individus addi­tion­nés, n’en étaient pas moins rétifs à la repré­sen­ta­tion du
    peuple par une assem­blée, sur­tout une assem­blée où le man­dat impé­ra­tif serait exclu. Au regard
    de l’expérience des Assem­blées révo­lu­tion­naires, il ne fut plus ques­tion d’empêcher les délégations
    de la volon­té sou­ve­rai­ne­té et de limi­ter l’expression de celle-ci aux seules règles de portée
    géné­rale. L’expérience révo­lu­tion­naire a bien ten­du, notam­ment à par­tir du Direc­toire, à
    trans­for­mer une sou­ve­rai­ne­té d’exercice en sou­ve­rai­ne­té d’origine. Le sou­ve­rain, par hypo­thèse le
    peuple, n’est plus celui qui fait la loi, mais celui qui consti­tue la source de toutes les compétences,
    y com­pris celle de faire la loi.

    « Ain­si, en 1793, après le coup de force devant les Giron­dins, le dépu­té Ramel-Noga­ret a
    pro­po­sé le 10 juin 1793 la créa­tion d’un « jury natio­nal », cen­sé consti­tuer un « auguste asile de
    la liber­té » grâce auquel « le man­da­taire cou­pable n’échappera pas plus à la jus­tice qu’à
    l’opinion39. Ce der­nier pro­jet déna­tu­rait un pro­jet plus juri­dic­tion­nel, modé­ré ou éli­tiste de
    Condor­cet que celui-ci défen­dit ain­si : « Le jury natio­nal tel qu’il se pré­sente dans le pre­mier plan
    est com­bi­né de manière à ce que les fonc­tion­naires publics accu­sés soient jugés avec promptitude
    et impartialité40… ». La pro­po­si­tion a été écar­tée et le débat mérite d’être évo­qué dans la mesure
    où il a une por­tée géné­rale, avec des échos contem­po­rains à Por­to Alegre, Ber­lin ou Paris. Dès le
    11 juin 1793, le dépu­té Cha­bot a mani­fes­té un doute répro­ba­teur. En pre­mier lieu, il invoque la
    démo­cra­tie directe : « Je sou­tiens que le peuple a seul le droit de se pro­non­cer sur la conduite de
    ses repré­sen­tants ». En second lieu, il se fonde sur l’impératif de l’unité ou de l’indivisibilité des
    pou­voirs, retrou­vant l’idée de Condor­cet : « n’établissons pas deux pou­voirs qui puissent rivaliser
    ensemble ; n’exposons pas le peuple à se divi­ser d’opinion entre le corps repré­sen­ta­tif et le jury
    natio­nal ». C’est très exac­te­ment le besoin d’échapper à ce cercle infer­nal de la « démocratie
    repré­sen­ta­tive, pro­met­tant tout le pou­voir au peuple pour le remettre entiè­re­ment à ses
    repré­sen­tants que tra­duit le recours à une ins­ti­tu­tion sup­po­sée concré­ti­ser l’assujettissement des
    repré­sen­tants au voeu des repré­sen­tés »41. Le dépu­té Thi­rion conclut au rejet de ce pro­jet par ces
    mots : « Il existe déjà un tri­bu­nal de ce genre, l’opinion publique ». »

    On voit ain­si s’esquisser le dilemme ou l’aporie du « peuple » dans la tradition
    consti­tu­tion­nelle fran­çaise. Entre l’impossible démo­cra­tie directe, le soup­çon constant envers le
    sys­tème repré­sen­ta­tif, la concep­tion d’une sou­ve­rai­ne­té popu­laire et l’idée que beaucoup
    esquissent pen­dant la Révo­lu­tion mais qui ne devient droit posi­tif qu’en 1830, plus abs­traite, qui
    fait du vote une fonc­tion plus qu’un droit, qui ren­voie à une anthro­po­lo­gie plus holiste ou plutôt
    issue d’une réac­tion holiste au défi indi­vi­dua­liste de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, idée de sou­ve­rai­ne­té natio­na­liste qui sup­pose une concep­tion plus hié­rar­chique d’un populus42, plus que
    d’une plebs, le débat ou l’oscillation n’a ces­sé d’exister. »

    « Cepen­dant, le bou­lan­gisme des années 1887–89, l’ouvriérisme de nom­breux socia­listes depuis
    les années 1860, les pro­jets de lais­ser une place au réfé­ren­dum comme moda­li­té d’expression de
    la sou­ve­rai­ne­té du peuple ou/et de la nation, des pro­jets de révi­sion consti­tu­tion­nelle de Millerand
    (années 1920) à de Gaulle en pas­sant par Tar­dieu (début des années 1930), tout cela manifeste
    la per­sis­tance d’une cer­taine idée de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire. Cepen­dant l’idée juri­dique a
    domi­né la théo­rie juri­dique entre 1885 et les années 1960. L’évolution indi­vi­dua­liste de la socié­té a
    tou­te­fois ren­du dif­fi­cile la sta­bi­li­sa­tion de la légi­ti­mi­té poli­tique dans l’idée de la souveraineté
    natio­nale. Il est vrai qu’après le départ du géné­ral de Gaulle, la mon­tée en puis­sance du contrôle
    de consti­tu­tion­na­li­té et du rôle des juri­dic­tions, dans le contexte de la « judi­cia­ri­sa­tion », limite de
    nou­veau le rôle du « peuple » et l’expression légi­time des conflits par ce « peuple ». »

    « L’idée de peuple joue un rôle fon­da­men­tal dans la tra­di­tion consti­tu­tion­nelle fran­çaise. Mais il
    s’agit d’un rôle ambi­va­lent. Peuple concret ou peuple/nation, titu­laire abs­trait de la souveraineté,
    dont le pou­voir a été de fait écar­té par les méca­nismes du suf­frage cen­si­taire expri­mant un
    vote/fonction, corps sécu­la­ri­sé d’un roi désen­chan­té, le peuple revient comme fic­tion nécessaire
    ou réa­li­té sociale sur la scène de l’histoire poli­tique. Depuis plus de trois décen­nies, la mon­tée de
    l’Etat de droit et de la judi­cia­ri­sa­tion ont dres­sé une nou­velle bar­rière entre le peuple et le pouvoir,
    recons­ti­tuant de fait, à l’âge de l’individualisme triom­phant, un mur aris­to­cra­tique dans l’espace
    public. Le pro­ces­sus de bri­co­lage qui inter­pose entre le peuple et l’expression directe de la
    sou­ve­rai­ne­té un outillage juri­dique, dans le domaine des normes juri­diques et des procédures
    appli­cables qui lient l’expression directe d’une sup­po­sée volon­té du peuple, est tou­jours à l’oeuvre.
    Mais inver­se­ment, les reven­di­ca­tions, popu­laires ou popu­listes, font un retour récur­rent, proposant
    des réformes consti­tu­tion­nelles, des modes de par­ti­ci­pa­tion plus ou moins directes. Cha­cun peut
    en voir des figures contemporaines. »

    Le texte com­plet ici (pour les nom­breuses références) :

    http://​www​.sens​-public​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​385

    Réponse
  133. Henri Poincaré

    Ernest a écrit : « pour que la démo­cra­tie directe fonc­tionne il faut des média indé­pen­dants, pour des médias indé­pen­dants il faut la démocratie »

    Erreur : pour qu’il y ait neu­tra­li­té des média il suf­fit d’ob­te­nir un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire per­for­mant (et ça les gens le dési­rent déjà). Car dès lors il ne suf­fi­ra plus que de pro­po­ser au suf­frage un texte qui éta­blit par le détail, l’or­ga­ni­sa­tion de la dite neutralité.
    Et dès lors qu’il y a neu­tra­li­té, les condi­tions sont réunies pour évo­quer la démo­cra­tie directe ‚et sen­si­bi­li­ser les gens.

    Certes l’ob­ten­tion du réfé­ren­dum est une tâche consi­dé­rable, mais (contrai­re­ment à l’ob­ten­tion de la démo­cra­tie directe) on peut gagner cette pre­mière manche sans le sou­tien des média,… et même avec les média contre nous. Les gens sont d’ors et déjà acquis à la cause du RIC/RIP, et le seul piège consiste à ce qu’ils ne se laissent pas ber­ner par un réfé­ren­dum à mini­ma (que l’é­tat ne man­que­ra pas de lui faire miroi­ter en temps voulu).

    Pour le reste il me semble que tu n’as pas bien com­pris ce qu’im­pli­quait la démo­cra­tie directe :
    dans le cadre d’une telle démo­cra­tie, dès lors qu’une déci­sion est adop­tée au suf­frage des votants, tu auras beau n’être pas d’ac­cord avec la dite déci­sion, tu auras beau reven­di­quer qu’il y a rup­ture de contrat, il n’en reste pas moins que tu ne pour­ras plus te battre que contre un enne­mi sans visage, à savoir la masse toute entière (ou majo­ri­taire) des citoyens. C’est là toute la force de la démo­cra­tie directe, contrai­re­ment à l’o­li­gar­chie, on ne peut plus la déca­pi­ter, ni la mettre en qua­ran­taine de la socié­té, puisque c’est la socié­té toute entière.

    La seule arme, en démo­cra­tie directe, passe par la prise de parole enten­due de tous, mépri­sée de per­sonne, et la per­sua­sion, y com­pris lors­qu’est prise une déci­sion inique. Et cela passe par la neu­tra­li­té des média.

    Si tu n’es pas capable d’en­cou­rir le risque, je pense qu’il faut que tu réflé­chisses à deux fois avant de sou­te­nir le pro­jet de pareille démo­cra­tie. Per­son­nel­le­ment je n’ai pas peur du peuple, bien que j’en accepte le risque.

    Réponse
  134. Ernest

    @ hen­ri Poincaré

    on peut défi­nir nor­ma­ti­ve­ment ce que pour­rait être des média neutres, mais enfin, la neu­tra­li­té, ça n’existe pas, les gens sont tra­vaillés par des a prio­ri, d’où le fait qu’on ne pour­ra jamais que pro­gres­ser vers plus de hau­teur dans l’exa­men de ce qui serait bon, accep­table, sou­hai­table, mais on part de loin.

    et des « il suf­fi­rait », je m’en méfie !

    je n’ai pas peur, je suis lucide, c’est dif­fé­rent, sur­tout quand le mot « peuple » prend une conno­ta­tion condescendante..

    alors tu penses que je n’ai pas bien com­pris la démo­cra­tie, et tu dis :
    « il n’en reste pas moins que tu ne pour­ras plus te battre que contre un enne­mi sans visage, à savoir la masse toute entière (ou majo­ri­taire) des citoyens. C’est là toute la force de la démo­cra­tie directe, contrai­re­ment à l’o­li­gar­chie, on ne peut plus la déca­pi­ter, ni la mettre en qua­ran­taine de la socié­té, puisque c’est la socié­té toute entière. »

    sauf que nous ne par­lons pas sur le même plan, car pour moi, si nous sommes en démo­cra­tie, il n’y a plus de mys­tique du peuple à avoir, il n’y a que des citoyens. en démo­cra­tie, les citoyens sont res­pon­sables de leurs choix, or j’an­nonce : une majo­ri­té de citoyens qui décident de quelque chose de contraire à mon éthique, mes lignes rouge, cessent dès lors d’être à mes yeux des citoyens de ma cité…je me sen­ti­rai ostra­ci­sé, j’i­rais peut-être ailleurs, mais s’ils décident de faire du mal à qui que ce soit pour des rai­sons qui nie l’é­ga­li­té des hommes en digni­té et en droits alors je sau­rais leur trou­ver un visage, un par un. et je suis sûr que je ne serais pas seul à user de ce droit de veto. Nous serons nom­breux à faire sécession.

    tout cela pour te faire bien com­prendre que l’ac­cep­ta­tion d’une déci­sion majo­ri­taire n’est pos­sible qu’en deçà de cer­taines limites. et il a fal­lu des siècles pour que la pro­cé­dure de déci­sion à la majo­ri­té aille presque de soi, car cela sup­pose des dis­po­si­tion men­tales par­ti­cu­lières. Mais en aucun cas la légi­ti­mi­té d’une déci­sion ne dépend uni­que­ment des condi­tions de son adop­tion, des procédures…ceci est une fic­tion, une conven­tion sociale…on peut faire sem­blant, mais jus­qu’à un cer­tain point.
    Seul le consen­sus est démo­cra­tique, mais même le consen­sus peut être illégitime…l’excision ayant pu faire consen­sus au sein de cer­taines socié­tés. En sommes, la démo­cra­tie n’est pas un régime neutre, elle sup­pose l’adhé­sion à des valeurs autres que sa propre auto-réfé­rence ou alors elle est impossible.

    et tu dis que :
    « La seule arme, en démo­cra­tie directe, passe par la prise de parole enten­due de tous, mépri­sée de per­sonne, et la per­sua­sion, y com­pris lors­qu’est prise une déci­sion inique. Et cela passe par la neu­tra­li­té des média. »
    Haber­mas dis beau­coup mieux mais passons,

    tu te contre­dis en quelque sorte, car, si la démo­cra­tie est vrai­ment directe, alors la dis­cus­sion préa­lable à la prise de déci­sion se suf­fit à elle-même…il n’y a pas besoin de média, d’intermédiaire.
    mais, plus impor­tant, tu es dans l’illu­sion selon laquelle les pro­cé­dures suf­fi­raient à déca­pi­ter l’o­li­gar­chie ou la mettre en quarantaine…c’est une vision qui pour la qua­ran­taine ne tient pas, car, quelle démo­cra­tie pour­rait mettre en qua­ran­taine une par­tie du corps citoyen, et quelle démo­cra­tie pour­rait accep­ter l’exis­tence d’une oli­gar­chie qui pour­rait être mise en quarantaine…
    et sur­tout, l’af­fran­chis­se­ment de la domi­na­tion ne cor­res­pond pas à une affaire numé­rique, au sens où de fait, l’o­li­gar­chie est numé­ri­que­ment infé­rieure à ceux qu’elle dominent.
    Car, tu pour­rais envoyer en Sibé­rie tous ceux que tu arri­ve­rais à qua­li­fier d’o­li­garques, il n’en reste pas moins les res­sort de leur domi­na­tion, et tout ce qui fait qu’une oli­gar­chie peut réap­pa­raitre serait encore pré­sent dans les esprits et que tes conci­toyens met­traient un point d’hon­neur à défendre toutes sortes d’i­dées et de prin­cipes qui les main­tien­draient en situa­tion d’être domi­nés, alié­nés, mineurs sociaux.

    On ne balaye pas dans une illu­sion de la tabu­la rasa tout un condi­tion­ne­ment, tout un fond cultu­rel qui a fait que les domi­nés ont sup­por­té une oli­gar­chie et n’a­vaient pas de quoi se défendre, y com­pris dans une démo­cra­tie représentative…comment expli­quer que des pauvres votent à droite sinon ?

    une accep­tion sin­cère et fon­dée en rai­son de la démo­cra­tie ne sau­rait tolé­rer la per­du­ra­tion des logiques qui ont abou­ti à ce que la richesse et la pau­vre­té ne soient pas le fruit du mérite mais bien de l’hé­ré­di­té, de l’ins­crip­tion dans le jeu social avec des morales dou­teuses du pont de vue de la pos­si­bi­li­té de vivre dans le res­pect et la recon­nais­sance des uns et des autres.

    dès lors, ceux qui jouissent d’un sta­tut, d’une part du gâteau pri­vi­lé­gié, auront à coeur de pré­ser­ver coute que coute ce qui les légi­time dans cette posi­tion avan­ta­geuse. De même,ceux qui ont for­gé leur culture dans l’ac­cep­ta­tion de ces logiques et qui ont construit leurs tra­jec­toires de vie en res­pect de ces légi­ti­ma­tions, vont trou­ver très cou­teux psy­chi­que­ment, inac­cep­table d’a­voir à aban­don­ner leurs pers­pec­tives et leurs illusions.

    du coup, ta démo­cra­tie a du plomb dans l’aile, elle n’est pas armée contre ce qui la contre­dit, car elle accepte comme légi­time l’ex­pres­sion de ce qui la ren­drait fra­gile face à des attaques exté­rieures ou intérieures.

    vu d’où nous par­tons, « la prise de parole enten­due de tous et mépri­sée de per­sonne » n’est pas un hori­zon attei­gnable à court terme. ce sera un long appren­tis­sage, d’une part parce qu’il y a des prises de parole objec­ti­ve­ment mépri­sable, d’autre part parce qu’il y a moult dis­cours qui ne sont pas enten­dables jus­te­ment parce que ton « peuple » est asser­vi à des logiques qui l’oppriment…à com­men­cer peut être par celles qui jus­ti­fient la démo­cra­tie indi­recte (eh oui, la majo­ri­té adhère à cette idée d’a­voir des repré­sen­tants, et je peux démon­trer en quoi l’an­ti­par­tisme de ceux qui conteste l’ordre éta­bli sans s’en don­ner les moyens en est une mani­fes­ta­tion écla­tante), certes, mais sur­tout par celles qui rendent pos­sible cette jus­ti­fi­ca­tion, et elles sont pro­fondes, durables, bien ancrées et pas sûr que nous soyons nom­breux à en com­prendre le quart des ressorts.

    une chose est sûre, le démo­cra­tisme béat ne te sera d’au­cune uti­li­té, car, si la fin ne jus­ti­fie pas tou­jours les moyens, l’in­verse n’est pas plus vrai.

    Réponse
  135. Ronald

    Le pro­blème de l’œuf et de la poule est inté­res­sant à soulever.

    Ernest fait remar­quer que pour que la démo­cra­tie directe fonc­tionne, il faut des médias indé­pen­dants et que pour avoir des médias indé­pen­dants, il faut la démocratie.

    Hen­ri Poin­ca­ré pense qu’on peut s’en sor­tir par le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, qui per­met de déblo­quer la situa­tion. Mais le pro­blème ne fait qu’être dépla­cé : pour avoir le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, il faut modi­fier la consti­tu­tion. Qui est faite actuel­le­ment par les par­tis. Qui ne met­trons le réfé­ren­dum à l’ordre du jour que s’il y a un bat­tage médiatique …

    J’ai remar­qué le même pro­blème récem­ment à la lec­ture de la série d’articles publiés par Les Non-Ali­gnés sur Ago­ra­vox « Etienne Chouard, Don Qui­chotte des temps modernes » (j’espère qu’Etienne met­tra une repro­duc­tion de cette inté­res­sante série d’articles sur le blog). Très briè­ve­ment, les auteurs estiment que le tirage au sort n’est pas une solu­tion au manque de démo­cra­tie si la popu­la­tion reste avec une men­ta­li­té disons « capi­ta­liste ». Ils estiment que la prio­ri­té est l’Education Popu­laire. Certes, on peut avoir une assem­blée consti­tuante tirée au sort sans que le sys­tème ne change beau­coup s’il n’y a pas eu de for­ma­tion préa­lable (ex : Colom­bie Bri­tan­nique). Mais il est très dif­fi­cile de faire de l’Education Popu­laire dans le cadre d’institutions qui ne sont pas démo­cra­tique (ex : témoi­gnage de Franck Lepage).
    Là aus­si, on semble être dans un cercle vicieux.

    Mais en fait, un cercle vicieux n’est jamais com­plet. Toutes les socié­tés sont ain­si bâties sur de tels cercles où la culture viens appuyer les ins­ti­tu­tions, qui à leurs tour main­tiennent le sys­tème d’idées en place. Mais si cette règle était abso­lue, il n’y aurait aucune évo­lu­tion dans la vie des socié­tés, ce qui n’est pas le cas. Pour que les esclaves d’Haïti puissent se révol­ter, ils devaient s’organiser. Mais pour pou­voir s’organiser, il leur fal­lait être libres. En pra­tique ils ont bien cepen­dant acquis leur indé­pen­dance. Et notre situa­tion est moins déses­pé­rée que celle d’esclaves haïtiens.

    Je crois que l’on ne peut pas savoir par quelle voie on sor­ti­ra d’une situa­tion qui semble immo­bi­li­sée. La révolte Tuni­sienne était impré­vi­sible encore un mois avant qu’elle n’éclate. Aus­si je pense qu’il faut agit à tous les niveaux pos­sibles, selon ses affi­ni­tés. Celui-ci orga­nise des Uni­ver­si­tés Popu­laires, un autre donne des confé­rences expli­quant ce qu’est le tirage au sort d’une consti­tuante, un tel monte un média inter­net indé­pen­dant, tel autre pro­meut le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire dans son par­ti, etc. Je crois que toute ini­tia­tive per­met­tant de bri­ser le cercle de l’oppression et pou­vant s’inscrire dans le cercle de la démo­cra­tie est bonne à prendre. Il ne faut pas cher­cher à ame­ner à sa cause un autre « résis­tant » qui pense être plus effi­cace sur un autre angle d’attaque à la place où il est. A par­tir du moment où son objec­tif va dans le même sens que le nôtre, il est contre-pro­duc­tif de cher­cher à le convaincre de s’en détour­ner. Cha­cun est plus utile dans la démarche qui lui tient à cœur, et on ne sait pas à l’avance laquelle réus­si­ra la pre­mière et fera évo­luer le sys­tème dans un sens favorable.

    Réponse
  136. Henri Poincaré

    Ernest a écrit : « sauf que nous ne par­lons pas sur le même plan, car pour moi, si nous sommes en démo­cra­tie, il n’y a plus de mys­tique du peuple à avoir, il n’y a que des citoyens. en démo­cra­tie, les citoyens sont res­pon­sables de leurs choix, or j’an­nonce : une majo­ri­té de citoyens qui décident de quelque chose de contraire à mon éthique, mes lignes rouge, cessent dès lors d’être à mes yeux des citoyens de ma cité…je me sen­ti­rai ostra­ci­sé, j’i­rais peut-être ailleurs, mais s’ils décident de faire du mal à qui que ce soit pour des rai­sons qui nie l’é­ga­li­té des hommes en digni­té et en droits alors je sau­rais leur trou­ver un visage, un par un. et je suis sûr que je ne serais pas seul à user de ce droit de veto. Nous serons nom­breux à faire sécession. »

    Fina­le­ment tu vois bien que même toi tu acceptes les risques mul­tiples, qui sont impli­qués par l’ap­pli­ca­tion de la démo­cra­tie directe. La guerre civile est l’un de ces risques. Et j’ac­cepte d’en­cou­rir ce risque, comme tous les autres, lorsque je me déclare par­ti­san de la démo­cra­tie directe.
    Comme déjà dit, je fais confiance au peuple, même si je suis lucide sur les risques encou­rus. Il en existe tel­le­ment d’autres que la guerre civile d’ailleurs.
    Mais ça reste beau­coup plus convain­cant et pro­met­teur, à mes yeux, que tout autre régime déjà éprouvé.

    Concer­nant ce qui est dit sur l’o­li­gar­chie, c’est éga­le­ment ain­si que je l’en­ten­dais, et il n’est nul­le­ment ques­tion de l’é­car­ter du corps citoyen, au contraire, ils par­ti­ci­pe­ront, comme tout un chacun.

    Sim­ple­ment, des gardes-fou savam­ment éla­bo­rés, éta­blis col­lec­ti­ve­ment, notam­ment (et tout par­ti­cu­liè­re­ment) vis-à-vis de ce que doit demeu­rer la neu­tra­li­té des média, sont en mesure de rela­ti­ve­ment équi­li­brer le poids de leur parole et même neu­tra­li­ser leurs éven­tuelles mani­pu­la­tions, afin de les réduire au rang de citoyens comme les autres, ni plus ni moins.
    Ces gardes-fou, il y en a d’é­vi­dents qui viennent en tête…

    PS : Lorsque je par­lais de qua­ran­taine ce n’é­tait pas en mon nom. C’é­tait sim­ple­ment pour expli­quer le contraste entre un sys­tème oli­gar­chique et un sys­tème démo­cra­tique. L’o­li­gar­chie a un visage, la démo­cra­tie pas vraiment.

    Réponse
  137. Ernest

    @ ronald,
    mer­ci, ça fait du bien une lueur de bon sens !

    @ hen­ri poincaré
    tu dis
    « Sim­ple­ment, des gardes-fou savam­ment éla­bo­rés, éta­blis col­lec­ti­ve­ment, notam­ment (et tout par­ti­cu­liè­re­ment) vis-à-vis de ce que doit demeu­rer la neu­tra­li­té des média, sont en mesure de rela­ti­ve­ment équi­li­brer le poids de leur parole et même neu­tra­li­ser leurs éven­tuelles mani­pu­la­tions, afin de les réduire au rang de citoyens comme les autres, ni plus ni moins. Ces gardes-fou, il y en a d’é­vi­dents qui viennent en tête… »

    je ne sais pas où tu places le cur­seur pour trou­ver « rela­ti­ve­ment équi­li­bré » le poids de la parole de l’oligarchie…mais enfin, médias neures ou pas, ce poids sera très long­temps ultra­dé­sé­qui­li­bré, car nom­breux, majo­ri­taires, sont ceux qui ne font que répé­ter ladite parole, sans même s’en apercevoir…

    d’où l’im­pres­sion fugace d’a­voir affaire à quel­qu’un qui met­trait des garde-fous par-des­sus les­quels il est facile de sauter…
    jus­te­ment parce que tu ne me sembles pas avoir conscience de l’im­por­tance du fait qu’il est des « mani­pu­la­tions » qui ne sont pas inten­tion­nelles et dont les auteurs peuvent être morts depuis des années…beaucoup croient, très peux ne pensent et beau­coup croient qu’ils pensent, alors qu’ils répètent !

    Réponse
  138. J.C

    Avant qu’Er­nest, notre gen­til troll conti­nu a essayer de nous endor­mir en ten­tant de nous faire croire par mille et une pirouettes que les poli­tiques du FDG n’ont qu’un seul but dans la vie, se retrou­ver au chô­mage avec leur copain Hol­lande, je fini­rais par une cita­tion d’E­tienne issu de la vidéo pos­tée en 93 :

    « Si je devais comp­ter sur la ver­tu des acteurs poli­tiques, la ver­tu des élus qui aujourd’­hui, si vous ne le voyez pas aujourd’­hui, vous ne le ver­rez jamais, qui ne servent que les banques. Ils ne servent pas le peuple, ils servent les banques mais les banques qui les ont fait élire, c’est nor­mal, il ne faut pas leur en vou­loir, ils sont dans leur rôle, ils ren­voient l’as­cen­seur à ceux à qui ils doivent leur pou­voir. à nous ils ne doivent rien, vous com­pre­nez les courbes, ils doivent leur pou­voir à ceux qui les font pas­ser à la télé. Nous, ils s’en tapent, ils n’ont rien à faire des élec­teurs vous com­pre­nez, ce qui compte c’est le pas­sage à la télé. Si j’at­tends de ces acteurs poli­tiques de la ver­tu, je vais attendre long­temps. Si j’at­tends la démo­cra­tie écrite par ces gens là, ça n’ar­ri­ve­ra jamais… »

    Conti­nuez à sou­te­nir l’é­lec­tion c’est conti­nuez à sou­te­nir notre sou­mis­sion à des élus, c’est conti­nuez à sou­te­nir notre mise en escla­vage par les prin­cipes hié­rar­chiques d’a­ban­don de notre sou­ve­rai­ne­té individuelle.

    Ce n’est pas par le maté­ria­liste Mélen­chon qui pré­sente l’é­lec­tion comme l’ex­pres­sion de la sou­ve­rai­ne­té du peuple avec ses objec­tifs d’E­tat fort cou­plé de sa vio­lence légi­time qu’on va s’en sortir.

    Il faut bien que les extrêmes du cli­vage de sur­face soit un peu affrio­lant sur cer­tains points pour qu’on puissent les uti­li­ser comme trem­plin dans un sens ou dans l’autre pour les seconds tours.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  139. J.C

    déso­lé pour le fautes

    Réponse
  140. J.C

    @ Etienne et à tous

    Je viens de décou­vrir une vidéo incroyable, en plein dans le fil de nos dis­cus­sions içi.

    Le titre de ce film est : 
    De la ser­vi­tude moderne.

    J’ai­me­rais juste ajou­ter deux remarques en complément.

    1. Lors­qu’il n’y a plus de rap­port de force entre l’offre et la demande (c’est à dire plus de capi­tal), il n’y a plus de monnaie.

    2. la solu­tion a nos pro­blèmes peut être tota­le­ment pacifique.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  141. J-Stéphane

    Bon­soir,

    À quoi bon légi­fé­rer et suivre des règles si ces règles et ces lois ne cana­lisent pas les bas ins­tincts et per­mettent l’outrance ?

    Réponse
  142. J-Stéphane

    Pour digé­rer la vidéo  » DE LA SERVITUDE MODERNE »

    une bonne dose de BARAKA :

    Réponse
  143. Ernest

    @ JC

    si je suis un troll, eh bien tu fais un bel insi­gni­fiant farfadet…

    Mélen­chon, ce n’est pas moi qui en ai par­lé en pre­mier, je ne sais plus qui d’ailleurs…en tout cas je n’ai pas ma carte dans son par­ti et mon chien ou lui, c’est pareil.

    tout ce qu’on peut dire là-des­sus, c’est que les élec­tions, ça existe et qu’en consé­quence, ne plus en vou­loir est une chose, il n’empêche, elles pro­duisent des effets, et, s’y inves­tir pro­duit des effets, même si on n’est pas élu. si tu n’es pas d’ac­cord avec ça, je te conseille un petit voyage dans le temps.

    per­sonne t’o­blige à t’in­ves­tir sur ce ter­rain-là, mais ça ne t’au­to­rise en rien à médire de ceux qui s’y engagent, et sur­tout pas à leur prê­ter des inten­tions qu’il n’ont pas.

    que tes cita­tions du café du com­merce consti­tuent pour toi une légi­ti­ma­tion de ton psit­ta­cisme est pour le moins navrant.

    le fait est que tu n’es pas cohé­rent dans tes pro­pos et dans tes posi­tions, du moins ce que tu as livré sur ce fil démen­tiel­le­ment long.

    si tu pen­sais par toi même tu pour­rais com­prendre qu’E­tienne Chouard, autant cher­cheur que moi je suis dan­seuse étoile, ne traite abso­lu­ment pas du cens caché de l’é­lec­tion, et quand je dis cens caché, il n’y a pas de faute d’orthographe.

    s’il y consa­crait ses « recherches » et que cela le condui­sait à une vul­ga­ri­sa­tion non énon­cée sous la forme de véri­tés toutes faites gros­sières et sim­pli­fi­ca­trices, il te dirait qu’il n’y a pas plus à attendre d’une élec­tion que d’une démo­cra­tie « réelle »…

    en somme, ce que tu attends d’une démo­cra­tie « réelle » et avec tous tes « il suf­fi­rait » pour y par­ve­nir pour­rait aus­si bien se dire ain­si : « il suf­fi­rait que JC se pré­sente avec un pro­gramme yaka­fo­kon et hop tout le monde vote pour lui »…

    sauf que « les élec­teurs », c’est à dire les mêmes que tu attends dans tes pro­cé­dures de démo­cra­tie « réelle » auront les mêmes choses dans la tête et aux­quelles ils croient mordicus…donc le levier ne se situe pas essen­tiel­le­ment sur le plan des procédures…

    par contre, les pro­cé­dures, ça aide, les mou­ve­ments sociaux, ça aide, l’en­ga­ge­ment par­ti­san, asso­cia­tif, syn­di­cal, ça aide, la lutte, c’est fon­da­teur, révé­la­teur, tout se qui sort les citoyens de leur pas­si­vi­té et à expé­ri­men­ter leur auto­no­mie ça aide.

    et de ce fait, il est des régimes, ou des gou­ver­ne­ments, sous les­quels ces points d’ap­pui pour un ave­nir plus en confor­mi­té avec ce que tu sou­haites sont plus ou moins faciles, il est des cir­cons­tances dans les­quelles les gens pré­fè­re­ront un qui­gnon de pain de plus, peu importe qui le le leur donne, l’i­dée de démo­cra­tie ne les aidant pas à bouf­fer, des contextes d’exa­cer­ba­tions des haines et des peurs où le bas­cu­le­ment vers l’hor­reur est pal­pable, etc.

    après tu penses ce que tu veux et tu pisses sur qui tu veux, il n’empêche, tes « il suf­fi­rait » ne pro­duisent rien d’autre que la per­pé­tua­tion du « sys­tème »…tout bon­ne­ment parce que tu cherches d’a­bord à jus­ti­fier ta condi­tion d’im­puis­sant petit pleurnicheur.

    Réponse
  144. J.C

    au troll sophiste dénom­mé Ernest

    « per­sonne t’o­blige à t’in­ves­tir sur ce ter­rain-là, mais ça ne t’au­to­rise en rien à médire de ceux qui s’y engagent, et sur­tout pas à leur prê­ter des inten­tions qu’il n’ont pas. »

    Il n’y a pas encore besoin d’au­to­ri­sa­tion pour ça. Je ne prête bien évi­dem­ment pas d’in­ten­tions au élec­teurs qu’ils n’ont pas. S’ils votent c’est bien parce qu’ils pensent que c’est dans leur inté­rêt. Ils ne réa­lisent enfin pour cer­tains ne réa­li­saient pas qu’ils se tiraient eux-même une balle dans le pied.

    « sauf que « les élec­teurs », c’est à dire les mêmes que tu attends dans tes pro­cé­dures de démo­cra­tie « réelle » auront les mêmes choses dans la tête et aux­quelles ils croient mordicus…donc le levier ne se situe pas essen­tiel­le­ment sur le plan des procédures… »

    S’ils arrêtent de voter pour élire des maîtres, c’est que les choses ont chan­gé dans leurs têtes et qu’ils com­mencent à se réveiller pour reprendre leur vie en main.

    « par contre, les pro­cé­dures, ça aide, les mou­ve­ments sociaux, ça aide, l’en­ga­ge­ment par­ti­san, asso­cia­tif, syn­di­cal, ça aide, la lutte, c’est fon­da­teur, révé­la­teur, tout se qui sort les citoyens de leur pas­si­vi­té et à expé­ri­men­ter leur auto­no­mie ça aide. »

    Je pense exac­te­ment le contraire, c’est tout sauf de l’au­to­no­mie. Viens mou­ton, on va te mon­trer ce qu’est l’en­ga­ge­ment autorisé.

    Pour le reste , je te laisse avec tes palabres. Quand tu auras fini d’a­voir peur de tout et que tu auras assez de cette misère, tu te pose­ra les vrais questions.

    Et quand cette hor­reur aura pris fin, si tu n’es pas fâché, on ira boire un verre ensemble.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  145. nlescan

    @ Ernest

    Je suis pas d’ac­cord avec tes attaques sur Etienne Chouard.

    Je ne m’ex­plique pas cette animosité.

    Je ne suis pas non plus d’ac­cord dans tes doutes vis a vis de la démo­cra­tie réelle.

    Je suis sur que les peuples ne peuvent qu’être plus rai­son­nables que l’escroquerie actuelle.

    Je suis per­sua­dé qu’E­tienne Chouard a rai­son en atti­rant notre atten­tion sur la constitution.

    Je suis per­sua­dé que c’est sur la consti­tu­tion qu’il faut bos­ser. En démo­cra­tie la bonne consti­tu­tion pro­tège le peuple aus­si contre lui même en ins­tau­rant les droits de l’homme, pas de peine de mort, toutes les règles dont nous avons besoin pour qu’il soit sim­ple­ment inter­dit de faire n’im­porte quoi.

    Je ne com­prend pas qu’il n’y ait pas plus de pro­jets consti­tu­tion­nels a com­pa­rer, cri­ti­quer… Celui qui est pré­sen­té sur le plan C est pas mal du tout et intègre beau­coup de règles tout a fait indispensables.

    …

    Non tu lances de piques mais je les trouve non fon­dées et assez gra­tuites… C’est dom­mage parce que tu dis d’autre choses plus intéressantes.

    Réponse
  146. Ernest

    @ JC

    Ton aveu­gle­ment idéo­lo­gique fait tour­ner ton esprit en rond. Tu as beau canon­ner tes dogmes, ils ne te seront d’au­cune utilité.

    depuis plus d’une cen­taine d’an­née, des gens plus avi­sés que toi s’é­chinent à détour­ner les gens du com­bat élec­to­ra­liste, mais, au moins ont-ils le sou­ci d’être une force orga­ni­sée, vouée à sou­te­nir les luttes et l’a­gi­ta­tion popu­laire, une force propre à sou­te­nir les révol­tés dans la mise en place de struc­tures autonomes.

    tous leurs désac­cords et leurs scis­sions, leurs dog­ma­tismes, font qu’au­jourd’­hui ils ne sont plus assez pour avoir une influence majeure dans la popu­la­tion. Aus­si, si ta tact­tique abs­ten­tion­niste réus­sis­sait (comme à vil­le­neuve sur Lot?), ton aver­sion pour l’or­ga­ni­sa­tion, ton indi­vi­dua­lisme du citoyen ato­mi­sé dans un régime bour­geois libé­ral, ne pour­rait que conduire à une immense gueule de bois collective.…chacun accu­sant l’autre.

    gueule de bois au len­de­main de gri­se­ries pleines d’illu­sions, tout bon­ne­ment parce qu’il faut de solides bases orga­ni­sa­tion­neles, de solides bases théo­riques et de solide moyens de les dif­fu­ser et de les conso­li­der avant d’es­pé­rer sup­plan­ter « l’oligarchie ».

    le temps que tu t’a­per­çoives de ton erreur, à moins que tu ne trouves un autre bouc émis­saire pour res­ter dou­cet­te­ment vic­time, tu pour­ras obser­ver que sans le ver­nis des pro­cé­dures, les rap­ports de force sont bien plus bru­taux que tu ne le penses, que les mani­pu­la­tions sont bien plus aisées quand les sources de légi­ti­mi­tés sont floues, et tu consta­te­ras que ce sont tou­jours les mieux orga­ni­sés et les plus déci­dés qui gagnent.

    On en sera quitte pour une petite frayeur faite à Madame Michu, qui ne man­que­ra pas de regar­der comme le mes­sie celui qui lui pro­met le réta­blis­se­ment de l’ordre, toute prête à fer­mer les yeux sur quelques exac­tions per­pé­trées contre les JC, source de toute cette angois­sante agitation…

    si nous trin­quions avant, au moins pour­rions-nous vrai­ment discuter…ce for­mat ne le per­met pas.

    Réponse
  147. Ernest

    @ nles­can,

    tu me prêtes une ani­mo­si­té que je n’ai pas du tout. Il m’a l’air même fort sym­pa­thique cet homme.

    En revanche, il y a des pro­pos qui m’hor­ri­pilent, en temps qu’ils sont le symp­tôme d’une époque.
    ce que je dis n’es pas « gra­tuit », poses-moi plu­tôt des ques­tions ou bien contre-argumente.

    Je suis per­sua­dé, dis-tu, qu’E­tienne Chouard a rai­son en atti­rant notre atten­tion sur la constitution.

    je ne te reproches pas d’être recon­nais­sant qu’E­tienne Chouard ait atti­ré ton atten­tion, le fait est que mon atten­tion était atti­rée là-des­sus bien avant, mais par contre j’en vois cer­tains qui répète benoî­te­ment les bêtises…d’où les « piques ».

    Réponse
  148. Étienne

    Bon­jour Ernest,

    N’est-ce pas une bonne idée, d’or­ga­ni­ser entre nous, libre­ment, de façon AUTONOME, de nom­breux et fré­quents ate­liers consti­tuants, pour aug­men­ter notre niveau de conscience popu­laire et pour mieux cibler nos actions ?

    Qu’est-ce que vous pro­po­sez, vous, concrètement ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  149. nlescan

    @ Ernest :

    Le pro­blème avec JC, je trouve par ailleurs assez sym­pa­thique dans le fond, c’est qu’il prend des obser­va­tions d’E­tienne Chouard qui sont assez justes en en déduis un jusqu’au bou­tisme qui me semble maquer de réa­lisme et qui d’a­près moi ne mène nulle part.

    Mais après tout cha­cun est libre de son opi­nion et mani­fes­te­ment JC en est à un stade ou il rejette en bloc la représentation.

    Ça manque évi­de­ment de nuance, on sait très bien que toutes le repré­sen­ta­tions ne se valent pas, on sait aus­si qu’il existe de régimes encore plus mauvais.

    Il m’a­vait sem­blé déce­ler chez toi une ani­mo­si­té envers Etienne Chouard quand tu insi­nues que ses recherches manque de sérieux et qu’il donne des véri­tés toutes faites alors qu’ob­jec­ti­ve­ment je constate plu­tôt le contraire.

    J’ai l’im­pres­sion que tu lui reproches le fait qu’il conserve une cer­taine neu­tra­li­té vis à vis des diverses orga­ni­sa­tions poli­tiques, et qu’il est assez cri­tique vis a vis des divi­sions qu’elles renforcent.

    C’est vrais qu’E­tienne Chouard désigne une source mais il ne dit pas clai­re­ment si il fait boire, pis­ser dedans, ou en détour­ner le cours pour faire une cen­trale élec­trique. Je pense qu’il veut que cha­cun réflé­chisse par lui même… Il me semble que sont par­ti prix c’est de favo­ri­ser une réflexion collective.

    Réponse
  150. nlescan

    Rien à voir : je vou­lais aus­si pré­sen­ter mes excuses à ceux qui se donnent la peine de lire mes mes­sages pour le grand nombre de fautes que je fais et mon lan­gage assez fami­lier. J’ai un niveau sco­laire peu éle­vé et je ne suis pas très poli comme type. Déso­lé pour le dérangement.

    Réponse
  151. Ana Sailland

    Dans le film « de la ser­vi­tude moderne » (un peu plus haut), vers 48:40, on voit une dame qui donne un coup de pied dans une vitrine déjà cas­sée, et elle tient dans sa main un soda dans une canette alu, avec une paille.

    « Sois le chan­ge­ment » nous dit Gandhi ».

    N’y a‑t-il pas là matière à réflexion ?

    Une révo­lu­tion « vio­lente » assor­tie d’un chan­ge­ment des struc­tures et des lois sup­po­sé encadrer/réparer les erreurs et abus a‑t-elle la moindre chance d’ap­por­ter un mieux durable si elle n’est pas accom­pa­gnée d’une volon­té du citoyen de se redé­fi­nir par lui-même et sans la contrainte du groupe, dans ses actes, ses dési­rs, ses atti­tudes, ses motivations ?

    La sub­ti­li­té de la mise en ser­vi­tude des masses par l’His­toire et ses maîtres ne réside-t-elle pas dans l’ins­tau­ra­tion d’une car­to­gra­phie du désir et de la léthar­gie, assor­tie d’une absence d’é­du­ca­tion à l’au­to­diag­nos­tique de l’âme, qui rendent cette ser­vi­tude stable et pérenne, capable de se régé­né­rer d’elle même après d’éventuels « sou­bre­sauts libé­ra­teurs » qui ne sau­raient être qu’illu­soires tant que la liber­té n’est pas intérieure ?

    Réponse
  152. Ernest

    Bon­jour Etienne

    tu dis
    « N’est-ce pas une bonne idée, d’or­ga­ni­ser entre nous, libre­ment, de façon AUTONOME, de nom­breux et fré­quents ate­liers consti­tuants, pour aug­men­ter notre niveau de conscience popu­laire et pour mieux cibler nos actions ?

    Qu’est-ce que vous pro­po­sez, vous, concrètement ? »

    oui oui, c’est une très bonne idée, d’ailleurs je suis ani­ma­teur de cafés citoyens dans un quar­tier popu­laire à deux pas de chez moi, et je touche aus­si un salaire dans une ins­ti­tu­tion qui me per­mets de rendre les gens les plus pauvres acteurs de leur vie, etc.

    c’est aus­si une très bonne idée que les par­tis de la gauche révo­lu­tion­naire orga­nisent des réunions, que le FdG orga­nisent des assem­blées citoyennes, qu’at­tac orga­nise des débats, que les syn­di­cats orga­nisent des réunions, qu’il y ait des manifs, des luttes, des squats, etc., etc.

    main­te­nant la bonne idée serait de ne pas oppo­ser les uns et les autres et de tout faire pour fédérer.

    c’est pour­quoi je suis tou­jours là quand une ini­tia­tive se monte qui réunit plu­sieurs par­tis, asso, non-encar­tés, etc., et que je sou­tiens du mieux que je peux toutes les luttes dans les­quelles les gens apprennent à s’op­po­ser, à s’or­ga­ni­ser et à se défaire des ori­peaux du vieux monde.

    tous les copains, camarades,e tc;, qui me croisent ou que je fré­quente savent que je conchie toute forme de sec­ta­risme, d’en­fer­me­ment par­ti­san, d’at­ti­tude non-coopé­ra­tive entre orga­ni­sa­tions et que je suis un fervent par­ti­san de l’u­nion de la gauche de trans­for­ma­tion sociale, avec toutes ses formes de lutte, toute sa richesse et toute son expérience.

    voi­là pour­quoi je n’ap­pré­cie pas les dis­cours délé­gi­ti­ma­teurs à l’é­gard de ceux qui consacrent leur temps pour le bien com­mun et oeuvrent pour que le ter­rain de l’é­lec­tion ne soit pas lais­sé aux seuls enne­mis du genre humain. je trouve cela hono­rable et les sou­te­nir ne me coute aucun renie­ment. et je n’ai d’ailleurs aucun pro­blème à adop­ter la stra­té­gie du « moins pire »…jus­te­ment parce que je suis issu d’un milieu très modeste et que j’ai déci­dé de consa­crer ma vie à com­battre les injus­tice et à amé­lio­rer le sort des gens…je n’at­tends donc pas les calendes grecques pour prendre ce qu’il est pos­sible de prendre…et je n’ai pas un regard suf­fi­sam­ment condes­cen­dant sur « les pauvres » pour les consi­dé­rer autre­ment que comme des êtres humains, capable du meilleur, comme du pire…ce que les gens des « classes moyennes » oublient sou­vent lors­qu’ils flattent les pauvres pour mieux poin­ter du doigt « les riches » qui font obs­tacle à leur pouvoir.

    et pour répondre à Nles­can, je ne crois pas dut otu que tu es « neutre » vis à vis des autres for­ma­tions poli­tiques, bien au contraire, et que de fait, tes vues sur « la dém­cra­tie » devraient t’a­me­ner à en pré­fé­rer cer­taines à d’autres, même si je conçois que le dire met­trait en péril ta stra­té­gie et une par­tie de ton aura,

    et pour ce qui est cette « aura » qui tient en par­tie à la qua­li­té de « cher­cheur » autoat­tri­buée, étant de for­ma­tion scien­ti­fique en sciences poli­tiques et sociales, je recon­nais volon­tiers à qui­conque la pos­si­bi­li­té de deve­nir cher­cheur et d’être auto­di­dacte, mais je me sens auto­ri­sé à dire objec­ti­ve­ment qu’ef­fec­ti­ve­ment tes recherches manquent de sérieux et que tu donnes des véri­tés toutes faites…en pâture à des moins assi­dus que toi.

    on peut en dis­cu­ter cal­me­ment et posé­ment, ça n’a rien à voir avec de l’a­ni­mo­si­té, sans doute un cer­tain aga­ce­ment, et il s’a­git cer­tai­ne­ment d’un pro­blème de méthode, de pos­ture et de tra­vail sur soi plu­tôt qu’un pro­blème de capacités.

    je trouve par exemple, et ce n’est qu’un exemple par­mi de mul­tiples autres, abso­lu­ment inap­pro­prié de dire « durant 400 ans à Athènes, ce sont les pauvres qui ont gou­ver­né », sans d’ailleurs citer de source. Inna­pro­prié du point de vue des connais­sances accu­mu­lées, mais sur­tout inap­pro­prié au sens poli­tique, celui de tes propres objec­tifs, en ce sens que ne pas voir qu’en réa­li­té, les membres de l’o­li­gar­chie tenaient la barre (en témoigne la condam­na­tion de Socrate), c’est occul­ter tout un pan de la réflexion sur la démo­cra­tie dont je fais men­tion dans les divers post plus haut, et qu’au XXIème siècle il s’a­gi­rait de ne pas, de ne sur­tout pas occulter.

    puis­qu’a­près tout, tout le savoir est dis­po­nible, grâce à inter­net qui n’exis­te­rait pas en régime dic­ta­to­rial sans élec­tions, et que même l’en­tre­tien avec Friot démontre que cette dimen­sion t’est acces­sible, quand il dit « les idées domi­nantes sont les idées de la classe domi­nante », ça devrait pour­tant faire tilt,

    A mon avis, si je tente de com­prendre d’où cette occul­ta­tion vient,
    eh bien je dirais qu’il y a une bonne part qui vient d’un esprit per­méable à la mys­tique reli­gieuse, et une autre bonne part de for­ma­tage par des cours de droit… cela se soigne.

    en ce qui te concerne, je ne me fais pas de sou­ci, mais, à mon niveau, c’est irri­tant lorsque des gens se ruent aus­si faci­le­ment sur des énon­cés un peu à l’emporte pièce pour en faire aus­si rapi­de­ment des dogmes et, de fait, en pro­fi­ter pour s’ar­rê­ter de cher­cher d’autres voies… mais après tout, ça n’est pas, je le recon­nais, ton objectif.

    À mon sens, tes réflexions manquent de pro­fon­deur socio­lo­gique, anthro­po­lo­gique, et peut-être même poli­tique. car il se dégage chez toi une ten­dance à explo­rer les connais­sances dis­po­nibles, non pas avec l’es­prit de curio­si­té, mais avec le sou­ci d’une confir­ma­tion de ce que tu t’es convain­cu d’a­voir eu comme intui­tion ; Et du coup, (bien sûr je cari­ca­ture) tout ce que tu vas enre­gis­trer, et rete­nir est tour­né vers cer­taines idées fixes qu’il t’im­porte de confirmer.

    À mon sens, et si je puis me per­mettre, et je me le per­met parce que j’es­time ne pas avoir autant que toi d’éner­gie et de dévoue­ment pour me faire recon­naitre et dif­fu­ser mes idées, orga­ni­ser des ren­contres, aller de ci de là dans le pays (même si j’en sais la saveur et la rétri­bu­tion per­son­nelle, qui ne se mesure pas en espèces!), il serait impor­tant pour ta pro­gres­sion, que tu te dépar­tisses de cer­tains défaut de rigueur, que tu te forges une atti­tude de cher­cheur en sciences sociales (qui de mieux que Sim­mel, Goff­man, Elias ou Bour­dieu et même Fou­cault pour cela ? sans oublier l’é­cole de Franc­fort, Haber­mas et Hon­neth) et que tu explores le mag­ma du social, en te dépar­tis­sant de la foca­li­sa­tion sur les procédures.

    je te conseille cela car un cer­tain nombre de tes concepts sont vides de sens… « hommes de pou­voir »… que cela veut-il dire ? à part si on le lit à tra­vers les pro­cé­dures, l’of­fi­ciel, mais, en réa­li­té, TU es un homme de pou­voir, je le vois bien, en un seul fil, je lis tout un tas de tes dis­ciples… réflé­chis à cela et prends conscience, le pou­voir, ça ne se dis­tri­bue pas par des élec­tions, ni par d’autres pro­cé­dures dont font par­tie le tirage au sort, le concours, etc., c’est en amont, c’est au-delà, ce sont des rela­tion, des édu­ca­tions, des mes­sages, des com­por­te­ments… et je te l’af­firme, ce sont tou­jours des hommes de pou­voir qui écrivent les consti­tu­tions, que ces hommes soient mort, qu’ils aient sur­pas­sé leur condi­tion sociale pour avoir ce droit.

    bref, j’en ai déjà dit assez dans les posts pré­cé­dents et ici pour des mois et des mois de lec­ture, de ques­tion­ne­ments, d’ex­pé­ri­men­ta­tions et, nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants, et s’il est déjà très dif­fi­cile, et impos­sible seul, de se jucher à cette hau­teur de vue, il est encore plus dif­fi­cile de dis­tin­guer le vrai au milieu de ce brouillard de jus­ti­fi­ca­tions théo­riques des diverses formes de domi­na­tion, comme au milieu de ce bliz­zard des lamen­ta­tions de tous ceux qui inventent des jus­ti­fi­ca­tions à leur impuis­sance et à leur pas­si­vi­té… j’ai trou­vé que tes thu­ri­fé­raires se com­plai­saient plus faci­le­ment dans cette deuxième voie, d’où le fait que je sois ame­né à t’en rendre res­pon­sable, puisque tu te pré­sentes volon­tiers comme cher­cheur, comme indi­vi­du et non comme citoyen membre d’un col­lec­tif voué à te per­du­rer et à ne pas t’appartenir 😉

    Réponse
  153. Ernest

    Ana Sailland,

    (pas vu le film)

    je suis presque d’accord,

    ou tota­le­ment si on rem­place « vio­lente » par « hors cadres de légit­mi­té » (donc, aujourd’­hui, sans pas­ser par une élec­tion, mais ça ne peut res­sem­bler à un immense mou­ve­ment non-violent..après, c’est sûr, qui peut croire qu’en face ça ne réagi­rait pas…)

    et si le terme « illu­soire » sonne comme un aver­tis­se­ment à ne pas se faire d’illu­sions, mais ne veut pas dire « impos­sible », jus­te­ment parce que l’é­vo­lu­tion du sys­tème engendre une autre confi­gu­ra­tion où la déter­mi­na­tion et l’in­ter­ro­ga­tion s’é­lar­gissent. c’est ce que l’on peut appe­ler pro­grès, ou pro­ces­sus de civi­li­sa­tion, auto­no­mie dirait cas­to­ria­dis, car la liber­té, oui ce peut être une illu­sion, mais, si tou­jours et quoi qu’on dise, nous sommes for­gé par une époque et une socié­té, notre sin­gu­la­ri­té nous amène à pro­duire du nou­veau et ce que nous par­vien­drons à intro­duire de nou­veau dans le réel, ce sera une par­tie de ce qui for­ge­ra ceux qui nous sui­vrons. bien sûr rien de cer­tain, rien d’im­muable, rien qui ne soit pérenne.

    et pour reprendre une des remarques bien plus haut : ce qui se construit dans une lutte syn­di­cale pour aug­men­ter les salaires, ce sont des prises de conscience, ce sont des actes, ce sont des rela­tions, autant de point d’ap­pui pour for­ger des êtres capables de pro­duire sans patron…n’oublie jamais ça et apportes‑y tes germes.

    Réponse
  154. J.C

    @ Ernest

    « tous leurs désac­cords et leurs scis­sions, leurs dog­ma­tismes, font qu’au­jourd’­hui ils ne sont plus assez pour avoir une influence majeure dans la popu­la­tion. Aus­si, si ta tact­tique abs­ten­tion­niste réus­sis­sait (comme à vil­le­neuve sur Lot?), ton aver­sion pour l’or­ga­ni­sa­tion, ton indi­vi­dua­lisme du citoyen ato­mi­sé dans un régime bour­geois libé­ral, ne pour­rait que conduire à une immense gueule de bois collective.…chacun accu­sant l’autre. »

    Ernest tes dis­cours son à côté du sujet, je n’ai pas de tac­tique abs­ten­tion­niste et je n’ai pas d’a­ver­sion pour l’organisation.

    Si je puis me per­mettre, tes obser­va­tions suite à la vidéo, sont aus­si un rien en déca­lage. Tu com­pren­dras pour­quoi si tu la regarde.

    @ nles­can

    « Le pro­blème avec JC, je trouve par ailleurs assez sym­pa­thique dans le fond, c’est qu’il prend des obser­va­tions d’E­tienne Chouard qui sont assez justes en en déduis un jusqu’au bou­tisme qui me semble maquer de réa­lisme et qui d’a­près moi ne mène nulle part. »

    Tu sautes aux conclu­sions sans avoir pris la peine de savoir de quoi il s’agit.

    Il nous est certes dif­fi­cile pour la plu­part d’entre nous d’en­vi­sa­ger ce que nous ne connais­sons pas actuel­le­ment, force est de consta­ter que nous nous inter­di­sons, dû à notre for­ma­tage, de pen­ser autre­ment qu’en terme de représentation.
    Nous n’ar­ri­vons même pas à nous auto­ri­ser cer­taines ques­tions pour­tant simple. Je rejoins sur ce point Ana sur le sujet de la liber­té intérieure.

    Nous repro­dui­rons en grande par­tie les trames de ce qui nous est imposé.
    il n’y a qu’à regar­der com­ment nous nous défen­dons de cer­taines accu­sa­tions infu­sées par les grands médias.

    Toutes idées un peu radi­cales et pour­tant faci­le­ment appli­cables sont inter­dites car rien ne doit vrai­ment changer.

    Pour don­ner un exemple de ques­tion simple qui nous est interdite :
    Ques­tion simple qui appelle une réponse simple mais dont peu s’au­to­rise le droit même d’y pen­ser encore moins d’y répondre sérieusement :

    Si nous repre­nons, en tant que peuple, le contrôle de l’é­co­no­mie, qu’est-ce qui nous empêche de rendre tout gratuit ?

    Non, soyons sérieux, lais­sons de côté les uto­pie etc. voi­là le genre de réflexe auto­ma­tique qui s’é­lève dans l’es­prit de beaucoup.

    Etienne par exemple ne peut répondre à cette ques­tion, il n’en n’a pas la capa­ci­té, cela ne fait pas par­ti de sa programmation.
    Il est fort pro­bable que per­sonne ici ne son­ge­ra même à répondre à cette ques­tion ou du moins sans chan­ger de sujet.

    Et je peux vous don­ner pleins d’autres exemples sur de nom­breux sujets ou l’in­ves­ti­ga­tion est interdite.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  155. Ernest

    JC

    de ne pas avoir de tac­tique, c’est bien ce que te reproche aussi…du coup tu balances des « il suf­fi­rait » et des dogmes sans même réflé­chir aux consé­quences logiques, du coup, for­cé­ment tu as l’im­pres­sion que je suis à côté « du » sujet.

    donc tu dis « Si je puis me per­mettre, tes obser­va­tions suite à la vidéo, sont aus­si un rien en déca­lage. Tu com­pren­dras pour­quoi si tu la regarde. » or tu parles d’une réponse à Ana, qui elle, tire toutes les consé­quences de ton refus de la tac­tique élec­to­rale (qui bien évi­dem­ment, mais cela t’é­chappe, n’est pas la seule tac­tique de bien des par­tis et orga­ni­sa­tions, figures-toi qu’il y a des gens capables de pen­ser plu­sieurs volets d’ac­tions en même temps, c’est fou non?).

    et quand tu dis :

    « Il nous est certes dif­fi­cile pour la plu­part d’entre nous d’en­vi­sa­ger ce que nous ne connais­sons pas actuel­le­ment, force est de consta­ter que nous nous inter­di­sons, dû à notre for­ma­tage, de pen­ser autre­ment qu’en terme de représentation.

    Nous n’ar­ri­vons même pas à nous auto­ri­ser cer­taines ques­tions pour­tant simple. Je rejoins sur ce point Ana sur le sujet de la liber­té intérieure. »

    eh bien com­mence par toi même !

    « Pour don­ner un exemple de ques­tion simple qui nous est inter­dite : Ques­tion simple qui appelle une réponse simple mais dont peu s’au­to­rise le droit même d’y pen­ser encore moins d’y répondre sérieusement :

    Si nous repre­nons, en tant que peuple, le contrôle de l’é­co­no­mie, qu’est-ce qui nous empêche de rendre tout gratuit ? »

    et là on touche le pon­pon, pre­miè­re­ment, « ques­tion simple qui appelle une réponse simple », dis-tu, mais elle com­mence par un « Si » et un « nous » que tu es dans l’in­ca­pa­ci­té de défi­nir autre­ment que par l’absence de tac­tique et un pathé­tique « en tant que peuple », de même que le mot « éco­no­mie » est dou­teux, qu’est-ce que ça veut dire?, et « gra­tuit », ça veut dire quoi aussi ?

    mais enfin, on peut poser ce genre de ques­tion à son prof d’i­ni­tia­tion à l’é­co­no­mie en seconde, mais dès qu’on va au-delà de l’i­ni­tia­tion, on est for­cé de répondre à côté,

    par exemple, mais rien mon petit,
    il suf­fit qu’un aggré­gat d’in­di­vi­dus se consi­dère comme « peuple », il suf­fit que ce peuple soit en immense majo­ri­té d’ac­cord, il suf­fit que ceux qui ne sont pas d’ac­cord n’ai pas de quoi faire chan­ger d’a­vis ou rendre impuis­sant les autres, il suf­fit que ce « peuple » consi­dère qu’il existe une sphère sépa­rée du reste du social qu’il nom­me­rait éco­no­mie, il suf­fit qu’il n’ai pas besoin d’autre chose que ce qui est dis­po­nible sur le ter­ri­toire qu’il s’est appro­prié ou bien il suf­fit que l’hu­ma­ni­té entière se consi­dère comme peuple, il suf­fit que dis­pa­raisse une concep­tion de la pro­prié­té et une moti­va­tion à la pro­duc­tion vieille de plu­sieurs mil­lé­naires, il suf­fit que ledit « peuple » soit un aggré­gat d’in­di­vi­dus qui consi­dèrent que les autres ont le droit de leur dire ce qu’il ont le droit ou pas de faire, il suf­fit, il suf­fit, il suffit…je peux t’en faire 2000 pages sachant que là je suis res­té en deça du niveau du bac et à coup sûr sans men­tion, car ne pas dis­cu­ter des termes de la ques­tion serait jugé médiocre…

    Tout est pos­sible JC, il suf­fit de faire des efforts. et ça n’est donc pas gra­tuit, au sens où ça ne tombe pas tout cru dans le cer­veau comme la bec­quée que tu va prendre sur You tube.

    Réponse
  156. nlescan

    Ola Roman, ¿como te va ?

    @ Ernest :

    « voi­là pour­quoi je n’ap­pré­cie pas les dis­cours délé­gi­ti­ma­teurs à l’é­gard de ceux qui consacrent leur temps pour le bien com­mun et oeuvrent pour que le ter­rain de l’é­lec­tion ne soit pas lais­sé aux seuls enne­mis du genre humain. je trouve cela hono­rable et les sou­te­nir ne me coute aucun renie­ment. et je n’ai d’ailleurs aucun pro­blème à adop­ter la stra­té­gie du « moins pire »…jus­te­ment parce que je suis issu d’un milieu très modeste et que j’ai déci­dé de consa­crer ma vie à com­battre les injus­tice et à amé­lio­rer le sort des gens…je n’at­tends donc pas les calendes grecques pour prendre ce qu’il est pos­sible de prendre…et je n’ai pas un regard suf­fi­sam­ment condes­cen­dant sur « les pauvres » pour les consi­dé­rer autre­ment que comme des êtres humains, capable du meilleur, comme du pire…ce que les gens des « classes moyennes » oublient sou­vent lors­qu’ils flattent les pauvres pour mieux poin­ter du doigt « les riches » qui font obs­tacle à leur pouvoir. »

    Je suis très d’ac­cord avec ça !

    Par contre je suis beau­coup moins d’ac­cord sur tes reproches quand à la rigueur du tra­vail d’E­tienne sur­tout quand tu te trompe sur ce qu’il dit. E.C. n’a jamais par­lé de 400 ans ou les pauvres on diri­gé mais de deux siècles, ensuite des sources il en cite… a rouasse… D’ailleurs ceux qui connaissent un peu son bou­lot savent que la période qui l’in­té­resse le plus est celle dont il est trai­té dans « La démo­cra­tie athé­nienne à l’é­poque de Démos­thène » c’est à dire une période pos­té­rieure à la vie de Socrate et au régime des 30. D’ailleurs La condam­na­tion de Socrate ne semble pas (seule­ment) être une consé­quence du fait que « l’o­li­gar­chie tenaient la barre ». La défaite face aux spar­tiates, la recherche de bouc émis­saires et même l’at­ti­tude de l’ac­cu­sé semblent avoir joué un grand rôle dans la condam­na­tion de Socrate qui a quand même été voté par par un jury de 501 per­sonnes (par 60 voix de plus).Il est éga­le­ment inté­res­sant de noter qu’Athènes se retour­ne­ra ensuite contre les accusateurs…

    Si tu pointes des approxi­ma­tions dans le tra­vail de E.C. fait l’effort de ne pas en faire toi même.

    @ JC : non je ne saute pas aux conclu­sions, je constate des faits : E.C. cri­tique à rai­son l’élection et dénonce la syn­chro­ni­ci­té entre les pas­sages télé et les résul­tats et tu en déduis qu’il faut donc boy­cot­ter l’élection.

    Excuses moi mais c’est un rac­cour­ci auquel je n’adhère pas et dont j’ai­me­rai te détour­ner, je n’y par­vien­drait pro­ba­ble­ment pas mais peu importe.

    En effet on a vu des cas ou de bonnes per­sonnes ont été élues contre toutes les télés on fait pro­gres­ser la démo­cra­tie une fois au pou­voir. C’est pas cou­rant mais ça arrive. rai­son pour laquelle il faut abso­lu­ment que le per­sonnes qui n’é­coutent pas les imbé­cil­li­tés de la télé, comme toi JC, aillent voter pour les gens qui pro­posent plus de démo­cra­tie (même si ce n’est pas encore ce qu’on veux), pour aller de l’a­vant il faut par­fois accep­ter des compromis.

    La démo­cra­tie athé­nienne ne s’est pas faite en un jour et a com­men­cé par un régime qui était un mélange entre aris­to­cra­tie et démocratie…Par des reformes pro­gres­sives la démo­cra­tie est deve­nue de plus en plus radicale.

    Et au niveau de ta ques­tion sur le gra­tuit je ne vois pas le rapport…La ques­tion est cepen­dant inté­res­sante, d’après moi le du « tout gra­tuit » bute­rai pro­ba­ble­ment rapi­de­ment sur des pro­blèmes logis­tiques matériels…De plus je ne pense pas que nous puis­sions rai­son­na­ble­ment nous arrê­ter de tra­vailler, nous sommes deve­nus trop nom­breux pour cela…Ils devaient être heu­reux nos ancêtres chas­seur-cueilleur mais en toute objec­ti­vi­té leur mode de sub­sis­tance leur deman­dait de four­nir un cer­tain tra­vail. Je pense que la vraie gra­tui­té totale n’existe pas. Je pense que Friot a rai­son quand il dit que l’on ne peut dis­so­cier le reve­nu du tra­vail. J’aime aus­si son idée de consa­crer un par­tie du PIB à la gra­tui­té (prise sur les 30% des ren­tiers qui sont à mon sens les seuls béné­fi­ciaires d’une forme de gra­tui­té arti­fi­cielle qui consiste à faire payer aux autres ce que l’on prend).

    Réponse
  157. Ernest

    @ Nles­can,

    oui, par­don, tu as rai­son, autant pour moi, c’est 200 ans qu’il dit, mais, bon, ça ne change rien au schmil­blick, et l’é­poque de Démos­thène, ma fois, c’est une période très courte.

    ce qui compte aus­si pour le rai­son­ne­ment, c’est la pére­ni­té de ce qu fonde le pou­voir des riches, du point de vue moral, reli­gieux, etc. et du point de vue politique.

    autre­ment dit, si les pauvres avaient vrai­ment gou­ver­né à Athènes, jamais il n’y aurait pu avoir cette révolte des 400, puis des trente, et tous les mul­tiples épi­sodes tyra­niques, qui ont suivi.

    comme dit Jacques Ran­cière, mais, ce n’est qu’un aspect, la démo­cra­tie se construit sur les limites du droit de pro­prié­té, cela com­mence donc avec Solon, mais jamais Athènes n’a réglé le pro­blème des condi­tions dl’é­mer­gence d’une oli­gar­chie, elle a donc per­du­ré sous la forme d’un com­pro­mis de classe, dans lequel les riches ont réus­si à se main­te­nir en tant que tels, d’où leur réapa­ri­tion régu­lière comme tenant du pou­voir « officiel ».

    et au-delà, le pro­blème posé par l’oc­cul­ta­tion dont je parle plus haut, c’est le m^^eme que Toc­que­ville nous invite à pen­ser…« n’ayez point peur du suf­frage uni­ver­sel, ils vote­ront comme nous le leur diront »…et ce qui lui per­met d’a­voir cette confiance ne serait pas ébran­lée par le tirage au sort, il faut donc ne sur­tout pas l’occulter.

    Réponse
  158. nlescan

    Enfin quand même Ernest, bien sur que le tirage au sort est un des outils qui peut com­pli­quer le télé­gui­dage des oli­garques. Cette cita­tion de Toc­que­ville montre bien qu’à l’é­poque ils savaient déjà que l’élection ne suf­fi­rait pas à enle­ver le pou­voir à l’o­li­gar­chie. Quand tu parles de la démo­cra­tie Athé­nienne tu est bien obli­gé de par­ler de « com­pro­mis de classe » et de simple « réap­pa­ri­tion régu­lière des riches comme tenants du pou­voir »…Enfin ce n’est quand même pas pareil, et je te signale qu’E.C. le dit clai­re­ment : la démo­cra­tie Athé­nienne n’a pas expro­prié les riches ni empê­ché leur pros­pé­ri­té, elle a sim­ple­ment per­mis une éga­li­té poli­tique, durant cette période les pauvres, aus­si, on don­né leur avis et acti­ve­ment par­ti­ci­pé aux déci­sions poli­tiques. Tu contestes ça ? Je ne pense pas…

    Ta conclu­sion n’est donc pas logique désolé.

    Ce qui per­met­tait a Toc­que­ville d’a­voir confiance en l’é­lec­tion serait au contraire tout à fait ébran­lé par le tirage au sort.

    Evi­dem­ment je ne dis pas que le tirage au sort est la solu­tion ultime, la pana­cée, le saint Graal…Mais par contre je pense que c’est un outil par­mi d’autres tout à fait sérieux et qu’il faut uti­li­ser pour ses ver­tus « anti-cor­rup­trices » assez évidentes…

    Après les moda­li­tés d’u­ti­li­sa­tion res­tent à définir…

    Per­so­nel­le­ment je penche pour un mix election/tirage au sort, j’en parle sur le fil « Sommes-nous en démo­cra­tie ? » de ce meme blog.

    Je pense que per­sonne ici n’a pour ambi­tion de repro­duire la démo­cra­tie Athé­nienne mais plu­tôt comme Cas­to­ria­dis le sug­gé­rait de se ser­vir du germe qu’elle repré­sente pour mettre en place une démo­cra­tie moderne.

    Réponse
  159. J.C

    @ Ernest

    « de ne pas avoir de tac­tique, c’est bien ce que te reproche aussi…du coup tu balances des « il suf­fi­rait » et des dogmes sans même réflé­chir aux consé­quences logiques, du coup, for­cé­ment tu as l’im­pres­sion que je suis à côté « du » sujet. »

    Encore des affir­ma­tions gra­tuites et men­son­gères, c’est tout le contraire. Toutes les réflexions que je pro­pose ont un objec­tif, elles ne sont pas lan­cées à la légère sans en mesu­rer les consé­quences logiques. Ce que tu appelle tac­tique que j’ap­pel­le­rais stra­té­gie, il y a en une, il s’a­git de sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion au fait que nous ne sommes pas en démo­cra­tie puis de réflé­chir plus en pro­fon­deur à la cohé­rence de ce que pour­rait être une vraie démo­cra­tie viable et enfin com­ment y parvenir.

    Ton sophisme sur le « à côté du sujet » montre bien que tu te contre fou de ce que je peux te dire dans le fond et être à côté du sujet ne t’embarrasse pas outre mesure, tant que tu t’a­muses à déni­grer et à endor­mir tout le monde.

    Pour reprendre la ques­tion plus haut :

    Si nous repre­nons, en tant que peuple, le contrôle de l’é­co­no­mie, qu’est-ce qui nous empêche de rendre tout gratuit ?

    Il s’a­git de consi­dé­ra­tions tech­niques, pour que la majo­ri­té de la popu­la­tion puisse accep­ter et sou­hai­ter cette gra­tui­té et par gra­tui­té j’en­tends le libre accès aux biens et aux ser­vices, il faut quelle soit soutenable.
    il faut donc que ce libre accès aux biens et aux ser­vices soit garan­ti, pour cela, cha­cun doit pou­voir y accé­der, l’é­chelle doit donc être mon­diale et la pro­duc­tion per­mettre l’abondance.

    La logique vou­drait que si nous repre­nions le contrôle de l’é­co­no­mie, le rap­port de force sur lequel s’appuie la valeur moné­taire et les prix n’au­rait plus lieu d’être.
    Lors­qu’il n’y a plus deux par­tis qui s’op­posent mais que la créa­tion moné­taire appar­tient à l’en­semble du peuple, il n’y a plus de rap­port de force entre l’offre et la demande, c’est à dire la recherche du capi­tal et de son accrois­se­ment. Il n’y a, en l’ab­sence de toute contrainte, plus de mon­naie qui tienne, plus d’argent.

    La seule contrainte devient les res­sources elles-mêmes.

    La conclu­sion est bien en réa­li­té que si nous repre­nons le contrôle de l’é­co­no­mie, rien ne nous empêche concrè­te­ment de rendre tout gra­tuit. il y a bien cepen­dant une chose qui l’empêche, c’est notre condi­tion­ne­ment, nos croyances.

    Tous d’a­bord, ce sont nos réac­tions auto­ma­tiques à la dis­pa­ri­tion de la mon­naie par les  » Non, soyons sérieux, lais­sons de côté les uto­pies » ou encore  » et là on touche le pon­pon » et il y en a une autre pro­fon­dé­ment ancrée. Elle est la réponse simple de ma ques­tion, Nles­can l’a soulevée :

    -la néces­si­té du travail-

    Que l’on va jus­ti­fier par tout les moyens comme indis­pen­sable à la vie… et j’en passe.

    Pour pro­duire cette abon­dance qui per­met la gra­tui­té, il faut bien du tra­vail pense-t-on et le tra­vail ne peut pas être gra­tuit ajoute-t-on.

    Pro­fes­ser le contraire devient tout sim­ple­ment impen­sable, incon­ce­vable, l’en­fer sur terre, le tabou abso­lu d’ailleurs l’homme ne peut se pas­ser de tra­vail (sauf les ren­tiers qui l’ont bien mériter 😉 ).

    Que vont deve­nir les hommes s’ils ne sont plus esclaves du tra­vail, ils n’au­ront aucun sens dans leur vie, allons, allons soyons un peu raisonnable.
    Ces­sez donc vos idées sau­gre­nues, vos dogmes qui tourne en rond et ne mène nulle part, votre mys­ti­cisme d’un autre monde…

    Qu’est ce qui empê­che­rait la gra­tui­té pour tous ? notre croyance en la néces­si­té du travail.
    Tra­vail qui n’est en rien nécessaire.

    @ nles­can

    Si, nles­can, tu sautes aux conclu­sions en affir­mant que ce que je dis ne mène nulle part sans savoir ce que je propose.

    Il n’y a pas de démo­cra­tie et il n’y aura pas de démo­cra­tie sans abo­li­tion de la mon­naie. L’u­sage de la mon­naie est la base même des plou­to­cra­ties, soit la pos­si­bi­li­té des inéga­li­tés éco­no­miques et sociales.

    ça a tou­jours été ain­si depuis que la mon­naie existe, soit envi­ron 4000 ans selon J.Attali.

    à Athènes, le grand nombre était sou­mis au petit nombre du fait de son sta­tut social.
    Le grand nombre ; les esclaves et les femmes étaient sou­mis aux oli­garques de la citée mais ceci pour Etienne, ça ne compte pas.

    Du tirage au sort au sein du par­le­ment ça lui irait très bien puisque pour lui, nous avons besoin de repré­sen­tants, de gou­ver­nants (gou­ver­ne­ment), alors qu’il prône la démo­cra­tie, cher­cher l’erreur.

    Pour finir nles­can, j’ai­me­rais bien avoir ton avis sur la vidéo pos­té en 141 ain­si que sur ceci et cela et suivant.

    Si ça n’intéresse per­sonne ici, ce n’est pas grave, je vous lais­se­rais entre vous.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  160. nlescan

    Je ne sais pas JC, je ne dis pas que ce que tu dis est intéressant…

    Je n’ai pas regar­dé le film en entier, juste un extrait et il a l’air bien, après le pas­sage que j’ai vu ne fai­sait pas non plus dans la den­telle, j’en­tends par la que même si j’adhère en par­tie aux cri­tiques que j’ai enten­du ça m’a aus­si sem­blé très pes­si­miste, je ne par­tage pas cette vision et je ne consi­dère pas que tout est à jeter dans notre civilisation.

    Tout ce que je sais c’est que mon demi frère a du venir en Europe quand les délires du FMI ont réduit l’ar­gen­tine au troc et que pour ma grand mère et ma tante qui étaient déjà très pauvres cette période a été TERRIBLE.

    tu dis que le tra­vail n’est pas néces­saire, la je te demande concrè­te­ment : com­ment on fait ? la mon­naie est inutile, super : com­ment on fait ?

    Je veux bien t’é­cou­ter mais j’ai l’im­pres­sion que tu est à fond dans la théo­rie du NON. Et sur­tout que ton pro­jet est pour le coup extrê­me­ment éloi­gné de ce que l’on connait et donc extrê­me­ment théorique…

    Réponse
  161. J.C

    @ nles­can

    Tu as les réponses dans les liens que je t’ai mis au des­sus et les mes­sages qui suivent ces liens.

    Allez un der­nier

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  162. nlescan

    J’ai regar­dé JC, c’est inté­res­sant, cepen­dant je ne suis pas sur que le pro­blème soit réel­le­ment l’argent,je pense que le pro­blème se situe plu­tôt dans la façon dont il est créé et géré et dans les moti­va­tions des per­sonnes qui le font.

    De plus en lisant le faq de ton pro­jet, je trouve très sym­pa ce qui est décrit mais il n’y a aucune expli­ca­tion sur com­ment on s’arrête tous de bos­ser, il y a juste écrit qu’on pas besoin de le faire et que la tech­no­lo­gie va tout faire pour nous…Super, fran­che­ment j’ai­me­rai bien mais je vais être hon­nête avec toi : non seule­ment je n’y crois pas, en tout cas pas en l’état actuel de notre tech­no­lo­gie, mais en plus tes potes ne donnent pas le plus petit début d’ex­pli­ca­tion de com­ment on fait ça concrètement.

    Pareil pour l’argent, il est dit que dans un socié­té d’a­bon­dance nous n’a­vons pas besoin d’argent, super sauf que l’a­bon­dance en ques­tion n’est pas aus­si évidente…En fait en bos­sant comme on le fait aujourd’­hui on pro­duit juste ce qu’il faut pour qu’a peu prés tout le monde ait un niveau de vie potable sur terre, juste potable, pas la fête du slip…Il est évident que si tu laisse tout en libre ser­vice gra­tuit tu auras tou­jour le mec avec les yeux plus gros que le ventre qui man­ge­ra la part de ses voisins…Je ne suis pas convain­cu, du tout.

    Si on com­men­çait par rému­né­rer les per­sonnes équi­ta­ble­ment en lais­sant le cré­dit entre les mains de per­sonnes sérieuse ayant pour objec­tif le déve­lop­pe­ment durable je pense qu’on solu­tion­ne­rait déjà plein de choses…

    En fait c’est comme a chaque fois : je trouve l’i­dée bonne, tout a fait en accord avec mes valeurs, mais je trouve que ça manque de réa­lisme mais alors plein tube. On est en pleine science fic­tion dans te trucs…mais bon je ne dit pas que je suis contre, si vous savez faire ça les gars, allez y, mon­trez moi ! je ne demande que ça…mais pas que sur inter­net avec un bou­ton pay­pal pour faire un don, genre en vrais à une échelle rai­son­na­ble­ment grande qui prouve que tout ça est concrè­te­ment viable.

    …

    Réponse
  163. J.C

    @ nles­can

    Tech­ni­que­ment l’a­bon­dance est acquise, c’est pro­duire pour de l’argent qui l’interdit.
    Je te sug­gère d’al­ler jeter un oeil sur les deux liens que je t’ai mis en 162. et les mes­sages qui suivent.
    Tu com­pren­dra pour­quoi ont pro­duit pour qu’il n’y en ait pas pour tout le monde et de manière le moins durable possible.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  164. nlescan

    L’a­bon­dance est acquise ? l’a­bon­dance de quoi pour com­men­cer ? Je suis d’ac­cord que le sys­tème capi­ta­liste bride le déve­lop­pe­ment durable et crée du gas­pillage pour plein de rai­sons, ça c’est sur…mais de la a pré­tendre qu’on peut tous s’arrêter de bos­ser (cette par­tie est pro­ba­ble­ment la plus déli­rante, ça fran­che­ment je n’y crois pas, j’ai­me­rai bien, ce n’est pas du tout une ques­tion de tabou) et qu’il y aura assez de tout ce qu’on veut pour tout le monde et que tous nos pro­blèmes sont du a l’u­ti­li­sa­tion de l’argent…désolé mec mais je ne te crois pas…par contre prouve le moi, je ne demande que ça…mais pas avec des décla­ra­tions défi­ni­tives ou des super hypo­thèses : dis moi ou ça se passe comme ça que j’aille voir ça sur place, par exemple pour les vacances vu que le sud c’est un peu cher donc ton sec­teur high tech ou tout est gra­tos ren­carde moi s’il te plait.

    Réponse
  165. Ana Sailland

    @166 et 167

    Exemple : l’in­ter­dic­tion aux pays pauvres de pro­duire leurs propres médi­ca­ments s’ils n’ont pas ache­té les bre­vets ( accords ADPIC ) :

    Là il y a clai­re­ment une volon­té de rendre des popu­la­tions entières dépendantes 

    Le pire, c’est que sou­vent ces popu­la­tions n’ont pas la capa­ci­té finan­cière d’être clientes. Donc le blo­cage est non seule­ment inhu­main mais encore débile.

    Bon, ce sont des infos qui datent du temps où je m’en étais mêlée, et ça a peut-être évo­lué (pays désobéissants).

    Mais koi­ki­len­soi le prin­cipe demeure :
    Il y a une vraie per­ver­sion de la fina­li­té de l’ac­ti­vi­té humaine, qui n’est pas de créer du bon­heur, mais qui est de créer du bénéfice.
    Folie.

    Réponse
  166. J.C

    @ nles­can

    Tu as quelques doutes quant à la capa­ci­té des machines à être infi­ni­ment plus pro­duc­tives et plus effi­caces que l’être humain ?

    J’ai déjà mis des vidéos d’u­sines entiè­re­ment auto­ma­ti­sées avec zéro humain et aus­si des machines plus effi­caces que les méde­cins eux-mêmes, les éboueurs etc..

    Dans une socié­té moné­taire, on ne met en place les choses que si ça rap­porte. Il faut rem­bour­ser les machines, inves­tir pro­gres­si­ve­ment, ain­si que des tra­vailleurs qui touchent un salaire pour pou­voir ache­ter la pro­duc­tion, mais dans un monde sans mon­naie toute ces limi­ta­tions disparaissent.

    Bon, je suis un peu fati­gué de tou­jours répé­ter la même chose, je ne suis pas une machine.
    ça fait des mois que je parle de ces choses, tu comprendras.
    Heu­reu­se­ment, il y a de quoi lire main­te­nant et de quoi tran­cher tes doutes ici et la suite, il y a aus­si toute la suite des liens que je t’ai don­nés précédemment.
    Ain­si que d’autres fils de discussions.

    Si le sujet t’intéresse vrai­ment et que tu ne sou­haites pas sau­ter aux conclu­sions trop vite, va déjà voir tout ça, tu trou­ve­ras plein d’autres infor­ma­tions concer­nant le pro­jet vénus sur le site et pleins d’autres vidéos.

    Pour ce qui est du sys­tème moné­taire, aucune alter­na­tive n’est viable, de toute façon il n’y a aucune chance pour les pauvres de prendre le contrôle de la mon­naie. Il va fal­loir s’au­to­ri­ser à pen­ser autre­ment que mon­naie, tra­vail et élec­tion si l’on veut la liberté.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  167. Ernest

    @ Nles­can

    tu dis

    « Enfin quand même Ernest, bien sur que le tirage au sort est un des outils qui peut com­pli­quer le télé­gui­dage des oligarques. »

    je dis que oui mais sous cer­taines condi­tions, c’est à dire en fonc­tion d’une cer­tain éthique, du débat notam­ment, de l’ac­qui­si­tion du savoir, et sous l’angle de vue d’une défiance sys­té­ma­tique envers ce que Bour­dieu appe­lait le « sens com­mun »…mais enfin, ça reste Socrates et puis Des­cartes les véri­tables ins­ti­ga­teurs de la méthode, a savou­rer d’ailleurs ces pre­mières phrases du dis­cours de la méthode : le bon sens est la chose du monde la mieux par­ta­gée : car cha­cun pense en être si bien pour­vu, car ceux-là même qui sont les plus dif­fi­cile à conten­ter en toutes autres choses, n’ont point cou­tume d’en dési­rer plus qu’ils n’en ont » (atten­tion tou­te­fois « sens com­mun » chez Bour­dieu et « bon sens » chez des­cartes ne coïn­cident pas tout à fait).

    et fina­le­ment sans doute Haber­mas qui défi­nit le mieux les condi­tions d’un espace public démocratique.

    ceci est donc en deça des pro­cé­dures, et il faut aus­si voir en face, que cette pro­cé­dure du tirage au sort est poten­tiel­le­ment tout aus­si effi­cace pour main­te­nir le pou­voir, c’est à dire l’in­fluence, de l’o­li­gar­chie, au sens où pré­ci­sé­ment sa capa­ci­té à pro­duire du sens com­mun est supé­rieure à celle de toute autre par­tie du corps social, d’une part en tant que classe « pour soi » et d’autre part en tant qu’elle dis­pose d’un avan­tage struc­tu­rel pour pen­ser, éla­bo­rer, construire des expli­ca­tions cohé­rentes du monde, pré­ser­ver les aspects reli­gieux qui asser­vissent, etc. à des­ti­na­tion du « petit peuple ».

    en fait, toute socié­té étant for­cé­ment un sys­tème de condi­tion­ne­ment (plus ou moins lâche), ceux qui sont à la tête de la pyra­mide voient leur posi­tions jus­ti­fiées par de mul­tiples croyances et règles morales, si bien que tu peux élire un « homme du peuple » ou le tirer au sort, sans pro­ces­sus mas­sif de trans­for­ma­tion sociale, idéo­lo­gique, la pro­ba­bi­li­té qu’il agisse et décide en rela­tive confor­mi­té avec les inté­rêts de classe des domi­nants est mons­trueu­se­ment forte…celui qui conteste cet ordre des choses devra affron­ter de vives résistences…le com­bat de la rai­son, face aux croyances est très inégal !

    donc Cette cita­tion de Toc­que­ville montre bien qu’à l’é­poque ils savaient déjà que le pou­voir de l’o­li­gar­chie ne repo­sait pas sur les formes juri­diques de la dis­tri­bu­tion des com­pé­tences politiques.

    la figure du notable, du prêtre, de l’homme de science, sont autant de can­di­dat à une élec­tion jouée d’a­vance, certes, mais autant de déma­gogues pour une démo­cra­tie semi-directe à l’a­thé­nienne, car leur parole pèse plus, leurs réfé­rences à la morale, au bien, au juste, pèsent plus…en quelque sorte, ce qu’ils disent « va de soi »…nous payons trop d’impôts, il y a un pro­blème de com­pé­ti­ti­vi­té, on vis plus long­temps donc on cotise plus long­temps et ain­si de suite…« nous », enfin si ça veut dire quelque chose sur ce blog, sommes dans une bataille cultu­relle, et, les pro­cé­dures d’é­lec­tion, par vote ou tirage au sort, sont secon­daires, il s’a­git bien plus de nous aider à être des hommes libres de déci­der par nous même de ce qui est bon pour tous..et l’en­ne­mi est en bonne par­ti une forme inté­rio­ri­sée de la domination…couper des têtes n’y chan­ge­rait rien, à moyen terme, Ana a raison.

    et puis tu dis
    « Quand tu parles de la démo­cra­tie Athé­nienne tu est bien obli­gé de par­ler de « com­pro­mis de classe » et de simple « réap­pa­ri­tion régu­lière des riches comme tenants du pou­voir »… Enfin ce n’est quand même pas pareil » bah oui ce n’est pas pareil, vu que ce n’est pas ce que j’ai écrit ! il manque un mot, j’ai écrit, tenant du pou­voir « offi­ciel », c’est à dire que les action­naires des mul­ti­na­tio­nales n’ont pas besoin que l’un d’entre eux soit élu pour que leurs affaires tournent, mais que quand il prend l’en­vie à un groupe social de por­ter au pou­voir par l’é­lec­tion (ou le tirage au sort) des idées et des règles qui contre­viennent à leurs objec­tifs, alors là oui, on les revoit aux postes de com­mandes « offi­ciels », sinon comme écrit plus haut, il leur suf­fit qu’on ne conteste pas les règles, les conven­tions sociales etc. qui les arrangent

    , et jus­te­ment, j’es­time E.C. se contre­dit clai­re­ment : si « la démo­cra­tie Athé­nienne n’a pas expro­prié les riches ni empê­ché leur pros­pé­ri­té, » alors elle n’a jamais  » sim­ple­ment per­mis une éga­li­té poli­tique, » et dire que « durant cette période les pauvres, aus­si, ont don­né leur avis et acti­ve­ment par­ti­ci­pé aux déci­sions poli­tiques » est faux au sens où les pauvres n’ont par­ti­ci­pé que lors­qu’ils se révol­taient et c’est pour avoir la paix que l’o­li­gar­chie a fait des réformes, sans jamais que son pou­voir réel ne soit entra­vé, avec d’ailleurs une par­ti­ci­pa­tion active plus que rela­tive des classes labo­rieuses, y com­pris en met­tant à part les esclaves et non citoyens (mais JC a rai­son, c’est un pro­cé­dé dis­cu­table) car il a fal­lu attendre Péri­clès et une rému­né­ra­tion plus impor­tante pour voir des citoyens pauvres à l’he­liée… étaient-ils d’ailleurs sin­cères et hon­nêtes envers le bien com­mun s’il y allaient pour les sous…

    donc alors toi aus­si tu contestes ça ? Je ne pense pas…

    Jus­te­ment, tu dis plus haut à juste titre que Socrate est accu­sé dans le contexte d’une trau­ma­ti­sante défaite contre Sparte, suite à quoi l’on recher­cha des boucs émis­saires pour l’ex­pli­quer. On l’ac­cuse de cor­rompre la jeu­nesse, d’in­tro­duire de nou­veaux dieux, et un autre chef d’ac­cu­sa­tion que j’ai oublié, mais enfin ana­chro­ni­que­ment on pour­rait dire qu’on l’ac­cuse d’at­ta­quer les tra­di­tions et la cohé­sion natio­nale autour des valeurs qui font la force de l’Athénien…et ses accu­sa­teurs sont des riches patri­ciens, des­cen­dants d’ar­chontes, ses juges sont pour la plu­part, et tou­jours ana­chro­ni­que­ment, des gens des petits bour­geois et des artisans.

    Ce sont les mêmes qui, grâce à ce sen­ti­ment orga­nique d’ap­par­te­nance à la cité, vive­ment heur­té par le cos­mo­po­li­tisme de Socrate, ont sui­vi les inté­rêts des riches, voté les guerres impé­ria­listes, l’as­ser­vis­se­ment de la ligue de Delos sous le joug mili­taire et com­mer­cial d’A­thènes… d’où, entre autres, la riva­li­té avec Sparte…

    ceci n’est qu’un exemple et, il y en a plé­thore, où jus­te­ment les plus modestes votent, jugent, agissent « comme on le leur dit », et ce « on » qui leur dit a par­fois un nom, un visage une adresse, et plus sou­vent, ce ne sont que des valeurs com­munes, des tra­di­tions, des dis­po­si­tions men­tales for­gées dans et par une socié­té hié­rar­chique venue du fond des âges, état de fait qui pro­duit ces normes, valeurs, tra­di­tions, par le haut, et qui font tenir la domi­na­tion des uns sur les autres… un peu comme le sys­tème de castes en Inde et le fata­lisme lié au concept de réin­car­na­tion et de kar­ma… un peu comme l’i­dée que ce sont les riches qui créent des emplois ou que la femme est un être faible…

    les gens intègrent toutes sortes de jus­ti­fi­ca­tions de la domi­na­tion et y com­pris en déve­lop­pant toutes sortes de récon­ci­lia­tions psy­chiques avec leur état de domi­né… de sorte qu’il se sen­ti­ront orphe­lins, atta­qués et pour­ront réagir vio­lem­ment si d’autres les place en situa­tion d’êtres de liber­té, de res­pon­sa­bi­li­tés, de choix et recons­truc­tion du vide lais­sé par la laisse coupée.

    cela ne doit pas nous rendre pes­si­miste, ou plu­tôt, comme disait Gram­sci, nous enjoindre à allier le pes­si­misme de la rai­son à l’op­ti­misme de la volon­té. Car, jus­te­ment, à chaque époque il est des hommes, éru­dits, pour dépas­ser leur époque, dépas­ser les croyances éta­blies et nous emme­ner vers un peu plus de liberté.

    Mais je main­tiens, ce qui per­met­tait à Toc­que­ville d’a­voir confiance en l’é­lec­tion ne sera pas du tout ébran­lé par le tirage au sort, c’est autre chose qui se joue, et si tu lis « de la démo­cra­tie en Amé­rique » de Toc­que­ville, je te mets au défit de me pré­sen­ter dix de tes connais­sances qui sont au niveau de cet homme-là qui pour­tant est mort il y a un siècle et demi… enfin je me trompe peut-être, après tout… mais je peux t’en pré­sen­ter au moins dix de mon côté, et, les trois-quart, sont des gosses de riches ou fils de profs… kevin ou mou­loud n’ont bien sou­vent que leur cok­tails molo­tov pour s’ex­pri­mer, si des onfray ou des chouard leur mettent n’im­porte nawak dans la tête, on s’en sor­ti­ra pas…

    Et moi aus­si je pense que le tirage au sort, c’est un outil par­mi d’autres tout à fait sérieux et qu’il faut uti­li­ser pour ses ver­tus assez évi­dentes, et je n’ai pas atten­du E C pour y penser.

    et comme j’adhère presque qua­si tota­le­ment à la pen­sée de Cas­to­ria­dis (et je ne vois pas en quoi je l’ai contre­dite dans cette réponse, même si c’est ptet pas un bou­lot « sérieux » car j’ai dû faire plein de chose entre deux para­graphes!)), je trouve sym­pa­thique que tu y fasses référence :

    « La phi­lo­so­phie et la démo­cra­tie sont nées à la même époque et au même endroit. Leur soli­da­ri­té résulte de ce qu’elles expriment, toutes les deux, le refus de l’hétéronomie – le rejet des pré­ten­tions à la vali­di­té des règles et des repré­sen­ta­tions de ce qui se trouvent sim­ple­ment là, le refus de toute auto­ri­té exté­rieure (même « divine ») et de toute source extra-sociale de la véri­té et de la jus­tice, bref, la mise en ques­tion des ins­ti­tu­tions exis­tantes et l’affirmation de la capa­ci­té de la col­lec­ti­vi­té et de la pen­sée de s’instituer elles-mêmes expli­ci­te­ment et réflexi­ve­ment. La visée de l’auto gou­ver­ne­ment n’accepte aucune limite externe… »

    Cor­ne­lius Castoriadis

    Réponse
  168. Étienne

    ASI : Sor­tir de l’euro ? 
    Sapir et Mélen­chon débattent 

    Réponse
  169. Claude Rochet

    Ce texte est assez déce­vant venant de Lor­don dont on appré­cie autant le fond des ana­lyses que le style. Cela sent le plai­doyer face à sa mise en accu­sa­tion par la bande de Mélen­chon pour avoir osé reven­di­quer le concept de « nation », qui ne va tar­der à lui envoyer ses anti­fas (de vrais « fachos » en voi­là !) pour lui inter­dire de parler.

    Sapir a fait une bonne cri­tique de cette dis­tinc­tion entre « sou­ve­rai­nisme de gauche et de droite », qui est un oxy­more puisqu’il n’existe par défi­ni­tion qu’une seule sou­ve­rai­ne­té au sein de laquelle existe des contro­verses que l’on peut appe­ler droite et gauche si ça vous fait plai­sir, mais les grands enjeux : le libre-échange, l’industrie, l’emploi, la pro­tec­tion sociale ne sont ni de droite ni de gauche quand on regarde qui les a construit dans l’histoire de nos pays.
    Notre regret­té cama­rade Fran­çois Gau­du avait déve­lop­pé le concept de « gauche eth­nique » : être de gauche est qua­si racial, indis­so­lu­ble­ment lié au pro­grès. Tant pis si cela n’a jamais été vrai par le pas­sé, et encore moins aujourd’hui. La « gauche » est sec­taire, elle est le Bien par essence et il est inen­vi­sa­geable, sur­tout lorsqu’on est un intel­lec­tuel, de ne pas se dire « de gauche ».

    La pro­po­si­tion de régu­la­ri­sa­tion des sans papiers est pure­ment idéo­lo­gique : d’abord cela ne vau­drait que si c’était pour solde de tout compte et donc que l’on stoppe l’immigration. Ensuite on n’empêchera jamais un tra­vailleur moins édu­qué cumu­lant les han­di­caps cultu­rels et sociaux d’être exploi­té, même avec des papiers. Enfin, on n’a tout sim­ple­ment pas besoin d’immigration qui ne sert – nul besoin d’être diplô­mé en mar­xo­lo­gie – qu’à faire pres­sion à la baisse sur les salaires.

    L’extrême-droite ? Elle est deve­nue plus à gauche que vous et le FN est le pre­mier par­ti de la classe ouvrière : la meilleure chose à faire est de la prendre au mot. Soit elle rompt avec ses ori­gines, soit elle se démasque. Mais ce n’est pas en fai­sant les coquettes en s’inventant une menace ima­gi­naire qu’on avancera.

    Réponse
  170. nlescan

    @ Ernest : tout à fait d’ac­cord, le tirage au sort n’est qu’un outil mais nous avons besoin, évi­de­ment, de l’in­dé­pen­dance des médias, d’éducation popu­laire, de la créa­tion moné­taire publique, de plein de choses, évi­de­ment, je ne dis pas autre chose et d’Après ce que je sais E.C. non plus.

    « Offi­ciel » oui d’ac­cord, après dans ce que tu dis je ne suis pas tout a fait d’ac­cord, je suis déso­lé mais d’après ce que j’ai lu l’éc­clé­sia était bel et bien consti­tué des citoyens moyens et les lois votés a 6000 (si ma mémoire est bonne). La ou tu dis vrais c’est que c’est en effet à par­tir la réforme d’Éphialtès, faite suite a ce que Péri­clès par­vienne a obte­nir l’ostracisme de Cimon, que la démo­cra­tie devient radi­cale par la limi­ta­tion du pou­voir de l’aristocratique aréo­page à un rôle judi­ciaire en ‑462. Mis à part l’é­pi­sode des trente, ça te donne quand même 140 piges de démo­cra­tie « sérieuse » jus­qu’au sui­cide de Démosthène.

    Durant cette période les pauvres (pas les esclaves mais sans vou­loir être cynique nos machines ne votent pas) ont tout à fait par­ti­ci­pé aux déci­sions poli­tiques, par­fois mau­vaises évi­de­ment, par­fois mani­pu­lés par des déma­gogues, il n’empeche, le pou­voir n’é­tait objec­ti­ve­ment pas direc­te­ment entre les mains des oligarques.

    Sur le cas de Socrate tu ne vas pas jus­qu’au retour­ne­ment des athé­niens contre les accu­sa­teurs, cette erreur la démo­cra­tie l’a com­mise mais elle s’est ravi­sé et a fait payer ceux qui l’ont influen­cé dans cette direc­tion. Ton ana­lyse est donc incom­plète et je la trouve orientée.

    Sur Toque­ville je trouve vrai­ment que tu lui fait dire des choses qu’il ne dit pas et tu digresse sur cette his­toire de niveau intel­lec­tuel entre le fils de prof et mou­loud… a croire qu’il ne te vienne pas a l’i­dée que Mou­loud est pro­ba­ble­ment fils de prof et que c’est Charles-Hen­ri qui brûle des bagnoles pour impres­sion­ner Kevin… J’adhère pas a ta vison éli­tiste. Ni a l’at­taque *gra­tos* que tu enchaînes sur Chouard et Onfray (qui pour­tant me gonfle a bien des égards mais qui est tout à fait digne d’être écou­té et qui d’après moi est loin de ne mettre que des âne­ries dans la tête des gens).

    Je pense que si tu étais un poil plus rigou­reux dans ton ana­lyse tu te ren­drais compte de l’étonnante proxi­mi­té entre ce que disait Cas­to­ria­dis et ce que dit Chouard, en fait ce que dit E.C. est très lar­ge­ment ins­pi­ré de ce que disait C.C., tu est bien obli­gé de voir ça…Le fait que tu induise le contraire me pousse a pen­ser que soit tu as mal éco­té E.C. soit tu as d’autres choses a lui repro­cher mais que tu ne les exprimes pas clai­re­ment et que tu cherches d’autres trucs a lui mettre sur le dos quitte à faire dans l’ap­proxi­ma­tif ou l’inexact.

    @Claude Rochet

    « être de gauche est qua­si racial »

    wow, on y est…rien que ça…

    Pour moi être de droite c’est cher­cher a dis­si­mu­ler son racisme sous tout un tas de pré­textes hypo­crites comme la laï­ci­té, la culture et je ne sais quelles excuses foi­reuses pour faire chier les pas comme soi et s’es­ti­mer plus légi­time que les autres au droit d’etre la.

    Et être ni de gauche ni de droite ça res­semble de plus en plus à essayer de piquer le socia­lisme de la gauche en reven­di­quant le droit à la xénophobie.

    Réponse
  171. J.C

    @ Claude Rochet

    « ce n’est pas en fai­sant les coquettes en s’inventant une menace ima­gi­naire qu’on avancera. »

    Agi­ter des chif­fons rouges pour impo­ser la pen­sée unique n’est pas chose nouvelle.

    Tous les élus sont dan­ge­reux parce qu’ils décident à la place de la population.

    On sait ce que valent les pro­messes élec­to­ra­listes, elles n’en­gagent que ceux qui y adhèrent mais sur­tout elles retirent toutes res­pon­sa­bi­li­tés et tout pou­voirs poli­tiques aux indi­vi­dus lambda.

    Quant au cli­vage gauche-droite, il n’a plus aucun sens. Ce n’est pas que l’extrême droite soit pas­sé à gauche, c’est l’inverse.

    Autre­fois, la gauche était pour la dis­pa­ri­tion du sala­riat main­te­nant, comme l’ex­trême droite, elle sou­haite le préserver.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  172. J.C

    @ Etienne en réponse au 170

    Tout les conflits d’in­té­rêts entre les nations pour­raient être réglés tel­le­ment plus simplement.
    Tant que nous per­pé­tue­rons le sys­tème moné­taire, on pour­ra s’ac­ca­pa­rer les richesses avec l’argent et il y aura des guerres.

    Tant que pour vivre, il fau­dra être com­pé­ti­tif, ce sera la guerre entre tous.
    La com­pé­ti­tion, c’est la guerre.
    Voi­là l’i­déo­lo­gie du ration­ne­ment néces­saire aux échanges plu­tôt que celle du partage.

    Quant il y en a assez pour tout le monde, il n’y a pas besoin de com­pé­ti­tion, de ration­ne­ment (de pou­voir d’a­chat), nul besoin non plus d’ac­cu­mu­la­tion inutile.

    Il ne s’a­git de s’ac­ca­pa­rer les res­sources pour en reti­rer un quel­conque pro­fit mais de pou­voir en faire usage librement.
    Plus besoin de pro­prié­té pri­vée, la pro­prié­té d’u­sage suffit.

    Mais tant qu’il y aura de l’argent, il n’y en aura pas pour tout le monde, les res­sources ne seront pas dis­po­nible pour tous car si elles l’é­taient, elles seraient gratuites.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  173. Ernest

    @ Nles­can,

    le « ni droite ni gauche » c’est aus­si l’a­ti­mie
    (« déshon­neur », pri­va­tion des droits civiques) : Solon punit d’a­ti­mie ceux qui,lorsque la cité était divi­sée par un conflit ne pre­naient pas par­ti (cela peut concer­ner notam­ment selon Cas­to­ria­dis les oppor­tu­nistes atten­dant de voir de quel côté le vent allait tour­ner…). « Un homme ne se mêlant pas de poli­tique mérite de passer,non pour un citoyen pai­sible, mais pour unci­toyen inutile » (Péri­clès) ; Cas­to­ria­dis ajoute même qu’il serait para­si­taire du point de vue de la socié­té. Il ren­voie à l’o­ri­gine éty­mo­lo­gique du mot __« idiot » :
    idio­tès, « celui qui ne s’oc­cupe que de ses propres affaires »…__

    A part ça,
    eh, oh, c’est bon, hein, on est sur un blog, je te réponds entre deux tâches ména­gères et autre rdv, ça va, reproche moi mon manque de rigueur sur une confé­rence ou un livre, et encore plus si je reven­dique un tra­vail de cher­cheur, mais pas là, d’accord…

    sinon, comme tu m’ac­cuses « d’é­li­tisme », je vais t’ac­cu­ser à la fois de « médio­crisme » tout en me repro­chant de ne pas être à la hau­teur de l’élite…bref, ça ne tient pas debout.
    et oui je connais des « mou­loud » qui sont fils de prof…ça change quoi ? tu me cherches ;)?

    je crois juste qu’il y a mal­en­ten­du, et je le vois au fait que tu me répètes que des pauvres étaient titu­laires de charges à Athènes, ou pré­sent sur la pnyxx, mais tout ce que je dis depuis plu­sieurs post, ça n’est pas pour nier ce fait incontestable,

    mais bien pour mettre en garde sur l’illu­sion selon laquelle un pauvre serait voué à gou­ver­ner dans l’in­té­rêt des pauvres…et jus­te­ment je prends Athènes pour exemple car si ça n’é­tait pas une illu­sion, si par miracle c’é­tait vrai, alors il n’y aurait plus eu des pauvres à Athènes, plus jamais…cqfd

    et c’est à cette même ques­tion que la réflexion sur le suf­frage uni­ver­sel devrait nous mener, car après tout, nous avons quand même tous au moins le droit de nous choi­sir des repré­sen­tants qui pour­raient nous mettre sur la bonne voie, pour­quoi alors les « pauvres » ne le font-ils pas ?
    ce genre de constat a mené les plus grands pen­seurs issu notam­ment du mar­xisme comme cas­to­ria­dis, lucacs, gram­sci à cher­cher des réponses.

    chez Cas­to­ria­dis, il y a cette notion de l’i­ma­gi­naire, pour d’autres c’est l’i­déo­lo­gie, mais enfin tout tourne autour de la même idée de force d’as­su­jet­tis­se­ment des masses à un ensemble de croyances, de conven­tions sociales, etc. qui, certes peuvent être contrées (encore faut-il en prendre conscience et être au niveau) mais n’en ont pas moins pour résul­tat, sta­tis­ti­que­ment véri­fiable, que la plu­part des domi­nés pensent selon les ima­gi­naires ins­ti­tués par les domi­nants du passé.

    et il y a même foule de croyances et de théo­ries faites par des domi­nés, à l’u­sage des domi­nés, qui ont pour effet de main­te­nir ces der­niers dans des atti­tudes ser­viles et de s’y complaire.

    donc oui, j’af­firme, aus­si impor­tantes que soient les pro­cé­dures et le fait que tout indi­vi­du puisse prendre part aux affaires de la cité, il n’en reste pas moins que l’al­lé­geance des domi­nés aux schèmes jus­ti­fi­ca­teurs de la domi­na­tion ne sau­rait dis­pa­raitre du jour au lendemain.

    De sorte qu’ef­fec­ti­ve­ment je n’at­taque pas les réfé­rences à la créa­tion moné­taire, l’é­du­ca­tion, l’in­dé­pen­dance des médias, etc. dans le dis­cours de Chouard, je dis sim­ple­ment qu’il occulte une des dimen­sions prin­ci­pales de ce qui fait que les citoyens votent pour des élus qui bon gré mal gré vont finir par agir sans trop inquié­ter les riches, et qu’en fai­sant cela il s’au­to­rise à prendre la grèce comme exemple du phé­no­mène inverse, alors que c’est indu­bi­ta­ble­ment faux (et qu’en plus il le dit!), et il en déduit que le tirage au sort ceci cela…

    or je dis que ce sont tou­jours des hommes de pou­voir qui écrivent les consti­tu­tions (c’est très vrai à Athènes), mais je le dis non pas au sens d’a­voir une charge offi­cielle, je parle de pou­voir au sens ou on a plus assu­ré­ment le pou­voir quand autrui pense que tout ce que vous dites est du « bon sens », que telle ou telle chose est « nor­male », « juste », vous pou­vez donc lais­ser autrui occu­per la charge, ça ne change rien.

    et comme ce sont tou­jours les hommes de pou­voir qui écrivent les consti­tu­tions, si on veut le faire direc­te­ment, et pas juste influer sur ceux qui ont « offi­ciel­le­ment » le pou­voir dans le sys­tème actuel, et si on ne veut pas prendre les armes ou si on a décré­té que l’é­lec­tion c’é­tait par nature et par essence un mal abso­lu (je sais j’exagère…mais je me mets au niveau du petit pleur­ni­cheur vic­time qui se plaint de n’a­voir pas le pou­voir et se com­plait dans les délices d’une jus­ti­fi­ca­tion à son impuis­sance qui exclue sa propre res­pon­sa­bi­li­té et sa paresse..), eh bien il faut éle­ver le niveau et la rigueur de son dis­cours à la hau­teur de l’in­com­men­su­rable dif­fi­cul­té qui se pré­sente : ter­ras­ser des valeurs, des croyances, par­fois mil­lé­naires, pro­fon­dé­ment ancrées dans le sens commun…

    mais aus­si, comp­ter sur la capa­ci­té à se fédé­rer, à faire bloc, à agir en tant qu’en­ti­té collective…c’est là où pêche aus­si le dis­cours (ratis­se­ra large mais ratis­se­ra lâche) qui dit « nous, le peuple », alors qu’il y a bien der­rière, avec tous ces « riches » et ces « pauvres », une espèce de ver­sion bâtarde, floue et non assu­mée de « lutte des classes »…

    bref, je ne déve­loppe pas ce der­nier point, mais enfin tout ceci est « éton­nam­ment proche » de ce que dis cas­to­ria­dis, membre fon­da­teur de « socia­lisme ou bar­ba­rie », et éton­nam­ment absent la pen­sée de chouard…por ahora…

    Réponse
  174. Ernest

    tou­jours à Nlescan
    Tant qu’à faire, j’ai été recher­cher dans mes sources :

    « Le monde poli­tique se consti­tue comme un monde où la force est sou­ve­raine. Et on peut d’ailleurs dire que, aus­si radi­cale que puisse être la trans­for­ma­tion de la socié­té, il ne ces­se­ra jamais d’en être ain­si. » « Quel que soit le bout par lequel on aborde la ques­tion, on ne peut pas esqui­ver le pro­blème de la force. La grande supé­rio­ri­té de la pen­sée poli­tique grecque sur ce qui a sui­vi […] c’est que la ques­tion de la force a tou­jours été là comme pré­sup­po­sé fondamental. »

    « Le fait brut, cen­tral, c’est que toute consti­tu­tion et ins­ti­tu­tion de la socié­té, si elle doit s’in­car­ner, implique la force. … toute socié­té implique des règles, des lois et donc un pou­voir pour les faire res­pec­ter et pour punir les violations

    . » […] « Dans une socié­té libre et rela­ti­ve­ment homo­gène, sans conflit trop aigu, il peut suf­fire de
    faire jouer la règle majo­ri­taire. Mais il faut bien voir que la majo­ri­té ne s’im­pose que parce qu’elle est
    vir­tuel­le­ment la force. »

    Cor­ne­lius CASTORIADIS

    LA CITÉ ET LES LOIS
    (Ce qui fait la Grèce, 2 ; Sémi­naires 1983 – 1984 ; Seuil 2008)

    Si l’on peut dire que dans une socié­té auto­nome il y a dépas­se­ment de la force et ins­tau­ra­tion d’un autre rap­port avec autrui, Cas­to­ria­dis pré­cise que « c’est un dépas­se­ment de la force en tant que force phy­sique » ; il n’empêche que pour par­ve­nir à cette situa­tion il faut « l’ap­pui d’une frac­tion si impor­tante de la socié­té que l’op­po­si­tion à cet état de choses baisse les bras, accepte de n’être oppo­si­tion que dans les règles du jeu poli­tique impo­sées par la socié­té » ; et donc qu’elle ne cherche pas à s’op­po­ser à cet état de fait par la force physique…

    Réponse
  175. nlescan

    Le reste de ce que tu dis OK, les cita­tions sont inté­res­santes, pas de pro­blème mais je pense que tu te trompes là-dessus

    « mais aus­si, comp­ter sur la capa­ci­té à se fédé­rer, à faire bloc, à agir en tant qu’en­ti­té collective…c’est là où pêche aus­si le dis­cours (ratis­se­ra large mais ratis­se­ra lâche) qui dit « nous, le peuple », alors qu’il y a bien der­rière, avec tous ces « riches » et ces « pauvres », une espèce de ver­sion bâtarde, floue et non assu­mée de « lutte des classes »…

    bref, je ne déve­loppe pas ce der­nier point, mais enfin tout ceci est « éton­nam­ment proche » de ce que dit cas­to­ria­dis, membre fon­da­teur de « socia­lisme ou bar­ba­rie », et éton­nam­ment absent la pen­sée de chouard…por ahora… »

    Je m’ex­plique : Etienne Chouard fait de nom­breuse réfé­rences à Marx et aux anar­chistes, parle en per­ma­nence de la lutte des classes meme s’il uti­lise ses propres mots pour le faire, appelle le capi­ta­lisme le « cra­pu­lisme », fait la pro­mo­tion du dis­cours de per­sonnes comme Friot, et pas qu’a moi­tié, E.C. boit lit­té­ra­le­ment les paroles de Friot (tu as bien écou­té ce que dit Friot ? c’est pas très capi­ta­liste, son pro­jet, à ce gars-là)…Et regarde de qui il fait la pro­mo en prio­ri­té dans son blog : Cas­to­ria­dis, Guille­min, Rousseau…bon c’est vrai, il fait la pub du vote blanc… c’est son droit après tout…

    Enfin bon, objec­ti­ve­ment E.C. est tout ce qu’il y a de plus socia­liste… en tout cas bien plus que le PS si tu veux mon avis… Non non, je pense que tu prêtes des posi­tions a E.C. qui ne sont pas les siennes ou que tu as lou­pé une par­tie de ce qu’il dit.

    Réponse
  176. Ernest

    Nles­can,

    depuis Marx, cer­tains ont fait des pro­grès dans l’a­na­lyse, ne serait-ce que parce que Marx n’a pas su com­plè­te­ment s’é­le­ver au-des­sus de son époque, et que l’é­co­no­mis­cisme, la concep­tion téléo­lo­gique du pro­grès, etc. ont trou­vé chez des gens comme Bau­drillard, Cas­to­ria­dis, Ellul, Latouche, etc. des cri­tiques solides et des dépas­se­ments féconds.

    alors vois-tu, si à la fin du 19ème siècle, au milieu d’une Europe en pleine muta­tion, avec des mani­fes­ta­tions odieuses de la misère et de la vio­lence capi­ta­liste, un phi­lo­sophe est capable de défi­nir le capi­ta­lisme d’une manière mul­ti­di­men­tion­nelle, comme logique, comme inves­tis­se­ments libi­di­naux, comme sys­tème, comme rap­ports de pou­voir dans le concret et dans l’i­ma­gi­naire, de grat­ter sous la sur­face de l’a­pa­reil d’E­tat, etc., et non comme « cra­pu­lisme », méchants « riches » contre gen­tils « pauvres », méchants élus contre télé­spec­ta­teurs … avec comme solu­tion des pro­cé­dures et aucune piste pour le com­ment s’y prendre pour qu’elles adviennent autre que celle de « gen­til » virus, pour­tant bien méchants dès qu’on les contredit !

    en 2013, j’at­tends d’un type qui se dit cher­cheur et prend la peine de faire des confé­rences et non des mee­tings popu­listes, autre chose que des expli­ca­tions grossières.

    A mon niveau, je ne cri­tique pas le per­son­nage, je ne lui prête pas d’in­ten­tions cachées qu’il n’au­rait pas et je ne dis pas que ce qu’il dit est com­plè­te­ment stu­pide ou inutile.

    je ne te reproche pas non plus de trou­ver que ce qu’il dit est rigou­reux et sus­cep­tible d’of­frir des points d’ap­pui pour se sor­tir d’une cer­taine aliénation.

    de fait d’ailleurs, c’est amu­sant d’ob­ser­ver com­ment des indi­vi­dus alié­nés (je ne parle pas de toi)se sai­sissent du dis­cours de chouard, pour jus­ti­fier et cher­cher ailleurs que dans leurs propres sché­mas de pen­sée leur non-emprise sur le réel et pour ima­gi­ner des portes de sor­tie à l’in­té­rieur même des cadres de pen­sée qui les ont pla­cé dans cet état.

    pen­dant ce temps là, la terre tourne !

    adios

    Réponse
  177. J.C

    C’est drôle que cer­tains ne réa­lisent pas que la cause des inéga­li­tés poli­tiques c’est l’argent.
    Dans un monde de rare­té, il ne peut y avoir que com­pé­ti­tion et inéga­li­té d’ac­cès au ressources.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  178. nlescan

    @ Ernest

    « et non comme « cra­pu­lisme », méchants « riches » contre gen­tils « pauvres », méchants élus contre téléspectateurs … »

    Deso­lé mais tu fais encore dans la méchante cari­ca­ture (le dis­cours de Chouard n’ac­cuse per­sonne d’être méchant mais parle d’ins­ti­tu­tions qui entraient méca­ni­que­ment une situa­tion) et tu me prouves une fois de plus que tu as une dent contre ce qui se passe ici que je n’ai pas tota­le­ment expli­quée. Pour être hon­nête je te soup­çonne d’en vou­loir a Chouard de ne pas clai­re­ment appe­ler a voter pour tel ou tel et d’ac­cep­ter de dis­cu­ter avec des gens que tu consi­dères (et moi aus­si pro­ba­ble­ment) comme des adver­saires poli­tiques. Je trouve per­son­nel­le­ment qu’il a rai­son de faire ça.

    Réponse
  179. Jean-Yves L.

    Bon­jour,

    Nles­can, à l’o­ri­gine la gauche est tota­le­ment libé­rale et pro­gres­siste, contrai­re­ment à la droite qui est réac­tion­naire et monarchiste.

    Alors que les socia­listes à l’o­ri­gine, les vrais, eux ne se récla­maient pas de la gauche. Pour eux, la gauche, c’é­tait un par­ti bour­geois de gou­ver­ne­ment avec qui il était hors de ques­tion de col­la­bo­rer. Car l’é­tat est uni­que­ment pro­fi­table à la bour­geoi­sie capi­ta­liste et finan­cière et est nui­sible au prolétariat.

    En entrant dans le jeu poli­tique bour­geois il fau­drait faire inévi­ta­ble­ment des com­pro­mis et des conces­sions inac­cep­tables et incom­pa­tibles avec un bou­le­ver­se­ment authen­ti­que­ment révolutionnaire.
    Les congrès socia­liste du XIXème et du début du XXème l’ex­pliquent par­fai­te­ment. La scis­sion s’est faite avec les pos­si­bi­listes qui sont réformistes(eux mêmes divi­sé entre eux, mais c’est une autre his­toire) qui pen­saient pour­voir par­ve­nir au com­mu­nisme sans révo­lu­tion, uni­que­ment par le bul­le­tin de vote. Ils se sont donc logi­que­ment allié à la gauche répu­bli­caine qui elle a tou­jours été, depuis la révo­lu­tion, capi­ta­liste et libérale.

    Non le socia­lisme révo­lu­tion­naire n’est sur­ement pas de gauche, le PS qui tra­hit le peuple depuis Mit­ter­rand lui l’est, de gauche, effec­ti­ve­ment. D’ailleurs Mélen­chon ne renie pas sa période de col­la­bo­ra­tion avec le gou­ver­ne­ment, il a même ten­dance je trouve à la mythifier.

    Comme lec­ture je te conseille un vieux livre sor­ti juste après guerre « His­toire du socia­lisme en France 1789–1945″ de Paul Louis et du même auteur « 150 ans de pen­sée socialiste_ De Babeuf à Lénine ».

    Tu peux aus­si lire « Les illu­sions du pro­grès » et « La Décom­po­si­tion du mar­xisme » de Georges Sorel, un syn­di­ca­liste révo­lu­tion­naire de la fin du XIXème début XXème, pas­sion­nant et per­met de com­prendre pas mal de chose sur ces concepts qu’il faut abso­lu­ment dépas­ser que sont la gauche et la droite.

    Réponse
  180. phil82

    Socia­lisme, com­mu­nisme et collectivisme : 
    aper­çu de l’his­toire et des doctrines 
    jus­qu’à nos jours

    (2e édi­tion revue et augmentée)
    par Eugène d’Eich­thal, Paris, 1901.

    http://​gal​li​ca​.bnf​.fr/​a​r​k​:​/​1​2​1​4​8​/​b​p​t​6​k​5​5​2​9​1​54f

    Le socia­lisme poli­tique et électoral.

    On est embar­ras­sé quand on veut aujourd’­hui défi­nir un socia­liste. Le contact du socia­lisme avec le suf­frage uni­ver­sel, le par­ti qu’il cherche à tirer du vote popu­laire pour ses pro­chaines des­ti­nées, l’ont trans­for­mé, et cela dans tous les pays de scru­tin géné­ra­li­sé. Il lâche bien de conser­ver quelques-unes de ses anciennes appa­rences en conti­nuant à se parer d’an­tiques dési­gna­tions ; mais, quand on creuse sous la sur­face, on s’a­per­çoit que tout est chan­gé : et, tout d’a­bord, les sen­ti­ments mêmes du socia­lisme vis-à-vis du suf­frage universel.

    Les socia­listes ont, en France aus­si bien qu’en Alle­magne, été long­temps peu bien­veillants pour
    le suf­frage populaire.

    Engels, le suc­ces­seur de K. Marx, le qua­li­fiait de « der­nier ins­tru­ment de règne des classes possédantes ».

    En 1872, M. J. Guesde, deve­nu depuis dépu­té, et l’un des chefs du groupe socia­liste à la der­nière Chambre, disait : « Rien de plus triste et de plus inex­pli­cable que le charme que le suf­frage uni­ver­sel exerce encore aujourd’­hui sur la géné­ra­li­té de la classe ouvrière… Si l’his­toire des récentes années a démon­tré quelque chose, c’est que l’é­man­ci­pa­tion poli­tique du pro­lé­ta­riat, telle qu’elle résulte de son admis­sion au scru­tin, est une dupe­rie : c’est que toute inter­ven­tion élec­to­rale de la classe labo­rieuse tourne fata­le­ment au pro­fit de son enne­mie, la bour­geoi­sie (1). »

    • 1 Voir son dis­cours repro­duit dans la Revue par­le­men­taire (10 jan­vier 1897). — Les Alle­ma­nistes lancent au par­le­men­ta­risme, où ils ont cepen­dant eu des repré­sen­tants, des reproches ana­logues. Voir leur organe le Par­ti ouvrier, par exemple le 12 juin 1897 :
    • 1. « A l’as­saut des vieilles for­mules légis­la­tives, sus au par­le­men­ta­risme ! Que chaque élu qui se sent véri­ta­ble­ment repré­sen­ter une frac­tion popu­laire n’a­borde plus la tri­bune que pour cra­cher toute l’ex­pres­sion de notre dégoût aux faces glabres des avor­tons bour­geois. » … M. Alle­mane vient de se faire nom­mer dépu­té de Paris (mars 1901).

    « Jusqu’ici, nous ensei­gnâmes tous sous l’influence de Marx et de ses dis­ciples, — écri­vait, il y a quelque temps, Dome­la Nie­wen­huis, dans son Socia­lisme en dan­ger, — que c’est le pou­voir éco­no­mique qui déter­mine le pou­voir poli­tique, et que les moyens du pou­voir poli­tique d’une classe n’é­taient que l’ombre de ses moyens éco­no­miques. Et main­te­nant, on vient nous dire que le pou­voir poli­tique doit être conquis et que le reste se fera de soi!… Marx a dû se retour­ner dans son tom­beau quand il a enten­du défendre de pareilles héré­sies par des dis­ciples qui ne jurent que par son nom. »

    L’ex­ten­sion du socia­lisme élec­to­ral est une consé­quence du suf­frage uni­ver­sel que Toc­que­ville et d’autres avaient prévue.

    « Il était inévi­table, écri­vait celui-ci dans ses Sou­ve­nirs, que le peuple fini­rait par décou­vrir que ce qui le res­ser­rait dans sa posi­tion, ce n’é­tait pas la consti­tu­tion du Gou­ver­ne­ment, mais les lois qui consti­tuent la socié­té elle-même… et qu’il se deman­de­rait s’il n’a­vait pas le pou­voir de chan­ger celui-là comme il avait chan­gé les autres 1. »

    • 1. Cf. Hen­ry George : « Fon­der des ins­ti­tu­tions poli­tiques d’a­près les­quelles les hommes sont théo­ri­que­ment égaux, sur la plus cho­quante des inéga­li­tés sociales, c’est vou­loir faire tenir une pyra­mide sur son som­met. » {Pro­grès et pau­vre­té, introd.) — Lave­leye : « Le XVIIIe siècle a dit à l’homme : Tu ces­se­ras d’être l’es­clave des nobles et des tyrans qui t’op­priment, tu seras libre et sou­ve­rain. Mais com­ment se fait-il que le sou­ve­rain meurt sou­vent de faim ? »

    Le résul­tat en par­tie de cette concep­tion du monde — nou­velle par cer­tains côtés, quoique par cer­tains autres elle remonte aux phi­lo­sophes grecs à la Bible​.et à l’E­van­gile, — qui fait de l’é­ga­li­té et de la fra­ter­ni­té à la fois le point de départ et l’i­déal de l’hu­ma­ni­té régé­né­rée, le suf­frage uni­ver­sel a créé pour l’é­tude et pour la pour­suite des réformes sociales un milieu tout ensemble entrai­nant et dan­ge­reux, une atmo­sphère de popu­la­ri­té pleine de germes per­ni­cieux pour la san­té de la nation.

    Dans la ruine des anciennes auto­ri­tés sociales, le nombre, deve­nu dépo­si­taire et source de la puis­sance, s’est pro­gres­si­ve­ment et natu­rel­le­ment por­té vers ceux qui s’oc­cu­paient bruyam­ment de ses pas­sions ou de ses inté­rêts. Quelques-uns par­mi ces inté­rêts légi­ti­ment le sou­ci constant qui entraîne les poli­tiques de tous les par­tis vers les ques­tions dites sociales. Dans d’autres cas, les élec­teurs se réclament moins du zèle phi­lan­thro­pique des réfor­ma­teurs que de leurs com­plai­sances pour des ten­dances peu louables, ou pour des uto­pies qui cou­te­raient cher au bud­get natio­nal. Sans dis­tin­guer les mobiles, les can­di­dats avides de recueillir les suf­frages popu­laires se livrent à une sur­en­chère per­pé­tuelle de pro­messes ou de fla­gor­ne­ries, qui rap­pellent celles du char­cu­tier el du cor­royeur dans Aris­to­phane. Aucun par­ti, dans aucun pays de démo­cra­tie, n’a été sans reproches sur ce ter­rain dos mar­chan­dages élec­to­raux. Un seul a été jus­qu’au bout du sys­tème, et de ce qui était le vice d’un régime a fait on quelque sorte une doc­trine : c’est le par­ti socia­liste, entraî­nant der­rière lui, par une sorte d’en­gre­nage fatal de recherche de popu­la­ri­té, une bonne por­tion de l’an­cien par­ti radical.

    C’est ain­si qu’a­près avoir pas­sé, dans le cou­rant du siècle, par des phases diverses, reli­gieux et auto­ri­taire avec Saint-Simon, huma­ni­taire et sen­ti­men­tal avec Owen et Fou­rier, dia­lec­tique avec Prou­dhon, scien­ti­fique de pré­ten­tion avec Marx et Las­salle, le socia­lisme se pré­sente aujourd’­hui avant tout comme un sys­tème élec­to­ral, visant la conquête, par le bul­le­tin de vote, dos Par­le­ments et des influences poli­tiques et sociales qui en dépendent, — non pour trans­for­mer le monde sui­vant un idéal éle­vé et dés­in­té­res­sé, mais pour s’emparer tout d’a­bord au pro­fit de ses clients de ce que, sous son orga­ni­sa­tion actuelle, le monde offre déjà d’avantageux.

    Sous cette forme nou­velle il est deve­nu très posi­tif : le mot même de socia­lisme, appli­qué à sa pré­sente incar­na­tion, sonne comme une sorte de para­doxe ; car si le par­ti qui prend ce nom cherche à agir par la force « sociale », c’est au vue de pro­fits indi­vi­duels qu’il fait soi­gneu­se­ment reluire devant les yeux de la foule, el nul­le­ment par cet esprit de sacri­fice à l’E­tat, à Ia Socié­té, qui était l’ob­jec­tif, au moins appa­rent, de cer­taines sectes com­mu­nistes anciennes, qui consti­tuait le patrio­tisme de l’an­tique cité, qui a encore fait l’hon­neur des écoles de 1830 (1)».

    * 1. « S’il ne faut dans nos rangs que des dés­in­té­res­se­ments, il ne nous reste qu’à licen­cier notre par­ti ! » s’é­criait der­niè­re­ment un ora­teur col­lec­ti­viste devant un audi­toire populaire.

    En France, où nous le sui­vrons de plus près, ce nou­veau socia­lisme veut aller vite.

    Les anciennes doc­trines sup­po­saient dans les âmes et dans les cœurs une pro­fonde trans­for­ma­tion, qui les incli­nait sous l’au­to­ri­té d’une élite, en quelque sorte sacer­do­tale, et les échauf­fait d’une pro­fonde impul­sion do phi­lan­thro­pie. Le col­lec­ti­visme lui-même, plus maté­ria­liste, subor­don­nait la réforme éco­no­mique à une vaste refonte du monde du tra­vail, qui avait le mérite de la recu­ler dans le temps et de la dis­ci­pli­ner, en quelque façon, par avance, en l’o­bli­geant à une chi­mé­rique orga­ni­sa­tion. Les néces­si­tés élec­to­rales ont ame­né nos socia­listes à faire des pro­messes à bien plus brève échéance et à sim­pli­fier consi­dé­ra­ble­ment les condi­tions de la réa­li­sa­tion. Ins­tinc­ti­ve­ment, élec­teurs et élus ont sen­ti qu’une socié­té coor­don­née sui­vant les for­mules vagues de Marx et d’En­gels, c’é­tait bien loin ou bien nua­geux, et qu’il valait beau­coup mieux, réforme pour réforme, se ser­vir de ce qu’on avait sous la main, déjà tout pré­pa­ré par le capi­ta­lisme. Pour­quoi tant de trans­for­ma­tions com­plexes et embrouillées dans le prin­cipe de la pro­prié­té, quand on peut, par un article de loi, la faire pas­ser des mains de Jacques, qui l’a reçue en patri­moine, ou acquise, à celles de Pierre, qui se croit en droit d’en pro­fi­ter ? Pour cela on n’au­ra besoin que d’une simple dis­tinc­tion entre la pro­prié­té dite « capi­ta­liste », et l’autre comme point de départ, et de quelques lois d’im­pôt comme moyen.

    Aus­si les théo­ries pro­pre­ment dites ne tiennent-elles presque plus de place dans les cam­pagnes élec­to­rales. Les doc­trines ont, en quelque sorte, fon­du, ou plu­tôt on les tient en réserve comme une socle de vision mys­té­rieuse sur laquelle il convient de ne pas lever le voile. « Quel est l’ob­jet actuel du groupe des socia­listes dits« par­le­men­taires » ? Consta­tait M. E. Rech dans sa pré­face du Socia­lisme en dan­ger. Recueillir des votes et conqué­rir les pou­voirs publics… en atti­rant les élec­teurs par toutes les manœuvres qui les séduisent, en se gar­dant bien de heur­ter leurs pré­juges. » Loin de les heur­ter on les flatte el on les caresse : les exci­ta­tions de ran­cunes ou des convoi­tises de classes ou de groupes, les cri­tiques vio­lentes contre les charge, fis­cales ou civiques impo­sées aux citoyens, les pro­jets de spo­lia­tion dos plus riches au pro­fils des moins for­tu­nés, soit par la taxa­tion, soit par l’ex­pro­pria­tion directe, enva­hissent la presse, reten­tissent dans les réunions.

    Rien n’est plus facile pour les meneurs que d’ap­pro­prier leur sys­tème de déni­gre­ment conti­nu aux cir­cons­tances fuyantes de la poli­tique, aux pas­sions locales ou tran­si­toires, aux souf­frances trop réelles des popu­la­tions, aux ques­tions mêmes de jus­tice qui agitent la conscience publique et d’où devraient être ban­nies toutes les pré­oc­cu­pa­tions autres que celle de la véri­té. Les dénon­cia­tions et les pro­tes­ta­tions du par­ti naissent de tous les inci­dents, se greffent sur toutes les infor­tunes, se gros­sissent de toutes les dif­fi­cul­tés qui sur­gissent dans la vie natio­nale de chaque jour : c’est un déver­soir où abou­tissent les mul­tiples canaux de l’exis­tence du pays et qui n’en garde que la boue ou les cailloux, sans rien rete­nir de ce qui y coule d’eau à peu près lim­pide. Des mains habiles et actives remuent celle boue et ces pierres et les font remon­ter à la sur­face. Les élec­teurs, qui, chaque matin, aper­çoivent éta­lé sous leurs yeux, par les jour­naux, ce rési­du fan­geux ou héris­sé, en emportent de la socié­té une image aigrie el empoisonnée. »


    Robert Michels et la démo­cra­tie alle­ma­niste
    par Michel WINOCK.

    http://​jea​nal​le​mane​.free​.fr/​W​i​n​o​c​k​1​9​7​6​.​PDF

    « Un par­ti socia­liste peut-il être démo­cra­tique ? Il y pré­tend par ses buts ; il s’y essaie par ses prin­cipes d’or­ga­ni­sa­tion. Tou­te­fois, par sa pra­tique poli­tique, il est ame­né à sacri­fier sou­vent la démo­cra­tie sur l’au­tel de I’efficacité. Ce qui est vrai de toute orga­ni­sa­tion est encore plus vrai d’un par­ti révo­lu­tion­naire : la dis­ci­pline et la hié­rar­chie donc lui sont aus­si indis­pen­sables qu’à une orga­ni­sa­tion mili­taire. Un petit nombre d’in­di­vi­dus, fina­le­ment, dis­posent de la réa­li­té du pou­voir. Dans le cas d’un par­ti socia­liste réfor­miste, la ten­dance à I’o­li­gar­chie est aus­si patente, même si d’autres rai­sons l’ex­pliquent, Robert Michels, dans son étude sur les Par­tis poli­tiques publiée peu de temps avant la pre­mière guerre mon­diale, a mis en évi­dence, à tra­vers son ana­lyse de la social-démo­cra­tie alle­mande, ce qu’il appelle la loi d’ai­rain de I’o­li­gar­chie. On pour­rait la résu­mer par le syl­lo­gisme sui­vant : majeure, il y a incom­pa­ti­bi­li­té entre « tout sys­tème de chefs » et la démo­cra­tie ; mineure : toute orga­ni­sa­tion implique une hié­rar­chie, c’est-à-dire un sys­tème de chefs ; conclu­sion : les orga­ni­sa­tions socia­listes ne sont pas (plus que les autres) démo­cra­tiques, elles tendent à l’oligarchie. »

    Réponse
  181. nlescan

    @Jean Yves L

    Je ne par­tage pas cette vision de choses, ma defi­ni­tion de la gauche cor­res­pond a celle d Hen­ri Guille­min ou… d’ Hugo Chavez…et tout comme eux je ne suis pas dupe de l escro­que­rie que consti­tue le centre gauche que j accuse d etre de droite. Je e suis pas d accord avec ce que tu dis sur Melen­chon, son dis­cours ne cor­res­pond pas a la cari­ca­ture que tu en fais et il recon­nais avoir fait des erreurs, c est quel­qu un qui est cri­ti­quable sur cer­taines choses, je n avais pas du tout aime son sou­tien a la « libe­ra­tion » de la Lybie, pro­ba­ble­ment sous l influence du pseu­do mas­sacre auquel il a du croire grace a nos chers mas­sin­toxi­queurs media­tique. Melen­chon a tout de meme la merite de fede­rer 10% des elec­teurs sur un pro­jet net­te­ment moins nul que le reste meme s il n est pas par­fait. Bref, j ai pas le temps de deve­lop­per mais je ne pense pas comme toi.

    Réponse
  182. phil82

    « Cama­rades, le jour où le Par­ti socia­liste, le jour où le pro­lé­ta­riat orga­ni­sé com­pren­drait et pra­ti­que­rait la lutte de classe sous la forme du par­tage du pou­voir poli­tique avec la classe capi­ta­liste, ce jour-là il n’y aurait plus de socia­lisme ; ce jour-là il n’y aurait plus de pro­lé­ta­riat capable d’af­fran­chis­se­ment ; ce jour-là, les tra­vailleurs seraient rede­ve­nus ce qu’ils étaient, il y a vingt-deux ans, lors­qu’ils répon­daient, soit à l’ap­pel de la bour­geoi­sie oppor­tu­niste contre la bour­geoi­sie monar­chiste soit à l’ap­pel de la bour­geoi­sie radi­cale contre la bour­geoi­sie oppor­tu­niste ; ils ne seraient plus qu’une classe, qu’un par­ti à la suite, domes­ti­qué sans rai­son d’être et sur­tout sans avenir. »

    « Les deux méthodes »

    Jules Guesde

    26 novembre 1900

    http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​g​u​e​s​d​e​/​w​o​r​k​s​/​1​9​0​0​/​1​1​/​g​u​e​s​d​e​_​1​9​0​0​1​1​2​6​.​htm

    Réponse
  183. Jean-Yves L.

    Oui j’ai bien vu que tu ne le par­tages pas. Cha­vez est de gauche oui, mais ce n’est pas un socia­liste au sens ori­gi­nel du terme. 

    Puisque le socia­lisme authen­tique, c’est les tra­vailleurs qui prennent le contrôle des moyens de production. 
    Un des moyens d’y arri­ver est la grève géné­rale avec l’oc­cu­pa­tion non stop des usines et l’ex­pro­pria­tion pure et simple des capitalistes. 

    Même si Cha­vez a fait quelques avan­cées qui sont béné­fiques pour le peuple, il suf­fit que son suc­ces­seur ne soit pas comme lui pour que la situa­tion rede­vienne ce qu’elle était avant Cha­vez et même pire. 

    Il fau­drait que le peuple qui vote ne se trompe jamais de can­di­dat, et aus­si que ce der­nier soit sin­cère et fasse ce qu’il a pro­mis durant la cam­pagne, pour que les avan­cées enta­mées par Cha­vez prennent le bon chemin. 

    Autant dire que c’est voué à l’échec.

    Réponse
  184. nlescan

    Tu es inté­res­sant dans tes contri­bu­tions à carac­tère his­to­rique. Par contre, pour ce qui est de ta boule de cris­tal, je la trouve moins intéressante.

    Réponse
  185. Jean-Yves L.

    Pas besoin de boule de cris­tal, il suf­fit jus­te­ment de se réfé­rer… à l’histoire.

    Réponse
  186. Renaud

    À tous, en par­ti­cu­lier à Jean-Yves L., nes­can et d’autres.

    Je suis sûre­ment à côté de mes chaus­sures, mais tous ces inté­res­sants échanges m’é­voquent un musée raf­fi­né de la pen­sée fran­çaise. Enfin ce qu’il en reste. Il y a long­temps, j’ai été déniai­sé poli­ti­que­ment par un vieil ami anar­cho-syn­di­ca­liste, dis­pa­ru il y a envi­ron 36 ans. Et je ne le regrette pas. J’i­ma­gine que sur ce blog, cer­tains doivent savoir exac­te­ment ce que fut (et est tou­jours ?) l’a­nar­cho-syn­di­ca­lisme. Je ne remer­cie­rai jamais assez la pro­vi­dence d’a­voir été for­mé, ou re-for­mé par ce courant.

    J’ai lais­sé un mes­sage, N°99, plus haut, sans le moindre écho. Sans doute ai-je dû gaf­fer, ou ne rien comprendre.

    Mais je suis quand-même un peu éton­né de la haute qua­li­té des échanges qui sont faits ici, dont la teneur me paraît com­por­ter une dimen­sion ‘uni­ver­selle’, et ce, à par­tir de la France. Mais hélas, il y a long­temps je crois que l’im­pact de la pen­sée fran­çaise n’a plus de por­tée uni­ver­selle. Ce fut vrai sans doute jus­qu’en 1914, ou 1918.

    Il y a déjà, dans le monde contem­po­rain, et ce depuis plus d’un siècle l’in­fluence majeure dans le monde de la Socié­té Fabienne (mère du par­ti Tra­vailliste de Grande-Bre­tagne, depuis le fin du 19ème siècle). La pen­sée Fabienne se trouve sous beau­coup de nom et d’ap­pel­la­tions très diverse à tra­vers le monde. Innom­brables sont les diri­geants pas­sés et pré­sents mou­lés dans pen­sée fabienne. L’es­sence de cette pen­sée est, en très résu­mé : ‑la révo­lu­tion dans le rue peut nous échap­per, c’est nous qui ferons la révo­lu­tion à par­tir de la tête, autre­ment dit, la pen­sée fabienne consiste à édi­fier le socia­lisme avec les moyens du capi­ta­lisme. Je cois qu’on est en plein dans ce sys­tème, en par­ti­cu­lier depuis 30 ans, début des années 1980.

    Aus­si je remets, un peu plus four­ni, ce dont je par­lais ici, plus haut, au N°99.

    Il s’a­git entre autre de la pré­sence mas­sives de bases nord-amé­ri­caines en « Europe » (depuis 68 ans!!) avec tout ce que cela signifie. 

    Ceux qui le vou­dront trou­ve­ront des réflexions appro­fon­dies toutes récentes sur ce sujet déter­mi­nant qui ne peut être écar­té, et dont on fait un silence très signi­fi­ca­tif, par un lien menant à la plume de Manuel de Dié­guez, hel­lé­niste accompli.

    Mais avant, je crois oppor­tun de rap­pe­ler quelques « options » déter­mi­nantes constantes depuis qua­si­ment un siècle éla­bo­rées par la stra­té­gie état­su­nienne « mon­diale », car mon­dia­liste, qui rend l’ « Europe » à peu près caduque.

    Et voi­ci évo­quées seule­ment quelques orien­ta­tions prises par les agences amé­ri­caines qui four­bissent la stra­té­gie mon­dia­liste à par­tir des États-Unis et ce, depuis les années 1920, et plus encore depuis la fin de la deuxième guerre mon­diale. Aujourd’­hui l’on per­çoit clai­re­ment par­tout les « effets » dévas­ta­teurs d’une telle stra­té­gie, une stra­té­gie pérenne très au-delà des pré­si­dences état­su­niennes qui sont seule­ment des exé­cu­tants de passage.

    L’ob­jec­tif de Washing­ton depuis l’a­près deuxième guerre mon­diale (en réa­li­té depuis les années 1920) est : « d’é­tendre les prin­cipes fon­da­men­taux de la démo­cra­tie occi­den­tale, à toute la pla­nète, en éta­blis­sant un sys­tème mon­dial de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif. »  » Notre concept d’u­ni­ver­sa­li­té exige que le sys­tème inclue tous les peuples, y com­pris les élé­ments dis­pa­rates ». N. Gor­don Levin et Théo­dore de Bary (qui furent cher­cheurs au ser­vice de l’exé­cu­tif des États-Unis) affirment que :  » l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion de la poli­tique inter­na­tio­nale a pour but de dif­fu­ser les valeurs uni­ver­selles du pro­gres­sisme libé­ral ».

    Nous sommes actuel­le­ment dans le Troi­sième âge « tech­no­tro­nique », écri­vit Zbi­gnew Bre­ze­zins­ky quand il fut conseiller en chef du pré­sident des États-Unis Jim­my Car­ter (de même Z. Bre­ze­zins­ky, qui serait tou­jours influent aujourd’­hui, joua un rôle déci­sif, tout comme David Rock­fel­ler, dans la for­ma­tion de la Com­mis­sion Tri­la­té­rale en 1973). La troi­sième révo­lu­tion a pour tâche de démon­ter le sys­tème des États-Nations pour for­mer un âge de l’hu­ma­nisme ration­nel à l’é­chelle pla­né­taire. L’in­té­rêt légi­time des États-Unis est de voir la fin de la nation (nation­hood), telle qu’elle est his­to­ri­que­ment définie. »

    Faut-il faire un des­sin ? Voi­ci, je le crains, où nous en sommes réduits aujourd’hui.

    http://​www​.mon​dia​li​sa​tion​.ca/​l​o​t​a​n​-​e​n​-​s​t​a​n​d​-​b​y​-​p​r​e​t​e​-​a​-​l​a​t​t​a​q​u​e​/​5​3​4​2​941

    Per­son­nel­le­ment je ne crois pas beau­coup à une guerre ouverte au Moyen-orient élar­gi, mais je peux me trom­per. Il y a déjà une guerre presque silen­cieuse par ser­vices secrets interposés…

    Infor­ma­tions « euro­péennes » : la base mili­taire amé­ri­caine située en Ita­lie, à Lago Patria (proche de Naples) est toute neuve, elle a été inau­gu­rée en décembre 2012.

    La base pré­cé­dente base amé­ri­caine était (sauf erreur) a Bagno­li, tou­jours près de Naples, elle res­ta en ser­vice 59 ans ! Iro­nie, c’é­tait alors des bâti­ments qui, durant les années 30, abri­taient des ser­vices pour aider les jeunes mar­gi­naux et dans le besoin. Inutile de rap­pe­ler qu’au­jourd’­hui, à Naples, le nombre de jeunes au chô­mage est himalayesque!…

    Ain­si, j’en ter­mine avec ce pro­pos réper­cu­té par Cor­né­lius Cas­to­ria­dis, je cite :

    « « Le capi­ta­lisme (et son pré­ten­du oppo­sé le socia­lo-com­mu­nisme) n’ont pu fonc­tion­ner que parce qu’ils ont héri­té d’une série de types anthro­po­lo­giques qu’ils n’ont pas créés et qu’ils n’au­raient pas pu créer eux-même : des juges incor­rup­tibles, des fonc­tion­naires intègres et wébé­riens, des édu­ca­teurs qui se consacrent à leur voca­tion, des ouvriers qui ont un mini­mum de conscience pro­fes­sion­nelle, etc. Ces types ne sur­gissent pas et ne peuvent pas sur­gir d’eux-mêmes, ils ont été créés dans des périodes his­to­riques anté­rieures, par réfé­rence à des valeurs alors consa­crées et incon­tes­tables : l’hon­nê­te­té, le ser­vice de l’É­tat, la trans­mis­sion du savoir, la belle ouvrage, etc. » »

    D’a­près Mar­cel Mauss, Karl Pola­nyi,— repris par Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis —, et ce fut l’in­tui­tion de George Orwell.

    Ci-des­sous les plus récentes réflexions de Manuel de Dié­guez, cet hél­le­niste hors série comme il n’en existe plus aujourd’­hui, vu la confu­sion régnante géné­ra­li­sée actuelle.

    http://​aline​.dedie​guez​.pages​per​so​-orange​.fr/​t​s​t​m​a​g​i​c​/​1​0​2​4​/​t​s​t​m​a​g​i​c​/​d​e​f​i​s​_​e​u​r​o​p​e​/​v​a​s​s​a​l​i​s​a​t​i​o​n​.​htm

    Réponse
  187. nlescan

    @187 : Ce Vincent Lapierre est un sale type, sa video est une vielle ten­ta­tive de mani­pu­la­tion adres­sée aux vene­zue­liens. En dehors de leurs accents à cou­per au cou­teau les deux « cha­vistes du fond du coeur » qui s’ex­priment dans cette video n’en n’ont abso­lu­ment rien a foutre de Cha­vez, ce qui les inté­resse c’est de salir le FDG et de chan­ter les louanges de E&R et de sa pro­pa­gande pro FN au des­sus du cadavre encore chaud de Hugo Chavez.

    À vomir.

    Réponse
  188. nlescan

    @ Renaud, tiens un petit clip pour aller avec ton post.

    Réponse
  189. nlescan

    @187 : d’ailleurs ces petits malin on desac­ti­vé les com sur la video, tu m’é­tonnes, ils vou­draient pas qu’un autre bilingue vienne pre­ve­nir les gens que ce qu’ils racontent sont des mani­pu­la­tions ayant pour objec­tif de détruire la gauche fran­çaise et de faire gagner la déli­cieuse extrême droite isla­mo­phobe de notre cher pays.

    Tu peux répé­ter à Vincent Lapierre : tout les vene­zue­liens que je connais et que ma daronne connais (ça fait du people) je vais les pré­ve­nir pour qu’ils sachent bien pour qui il roule et ce qu’il essaye de faire la larme à l’œil, une main sur le cœur et l’autre en train de glis­ser un bul­le­tin Marine Le Pen dans l’urne.

    Des que les cha­viste vont se rend compte de qui est MLP et ça a déjà com­men­cé que vous allez vous faire tej comme des mer, par contre vous avez toutes vos chances de faire copain avec l’é­quipe Capriles.

    Réponse
  190. Ana Sailland

    @Renaud (188)

    Chaus­ser les lunettes pour voir de loin est en effet néces­saire, mais être affir­ma­tif sur ce que l’on voit est périlleux ; à vou­loir par exemple inter­pré­ter la volon­té de l’His­toire après la seconde guerre mon­diale laisse hors du champ visuel toute la pro­mo­tion du nazisme par des puis­sances dif­fi­ciles à cata­lo­guer, mais dont cer­taines étaient de toute évi­dence aux USA, et y sont encore, et tirent encore les ficelles.

    Nous ne savons pas nom­mer l’en­ne­mi, dont la tri­la­té­rale, ou Davos, ou Bil­der­berg, voire car­ré­ment les ins­tances inter­na­tio­nales pignon sur rue, ne sont pro­ba­ble­ment que l’in­ten­tion­nel­le­ment visible opi­nel, mais nous savons consta­ter ses méfaits métho­diques, et tenaces dans la mani­pu­la­tion des âmes, et des prin­cipes, rava­lés au rang de spot publi­ci­taire élec­to­ral, nous devons consta­ter cette abo­mi­nable habi­le­té qu’il y a à rendre les pri­sons vitales, et les cami­soles confor­tables, avec pour objec­tif l’as­ser­vis­se­ment par le consen­te­ment.

    La fina­li­té est l’as­ser­vis­se­ment, mais intel­li­gem­ment construit, afin de le faire aimer des asser­vis, du moins de ceux qui ne crèvent pas, et encore, même ceux là rêvent avant de mou­rir de rejoindre le troupeau.

    Il n’y a aucun huma­nisme dans le plan dis­cret des cent der­nières années, mais seule­ment l’in­tel­li­gence de le simu­ler ou de le faire miroi­ter, et de l’u­ti­li­ser tan­tôt comme pré­texte, tan­tôt comme moyen de diviser.

    Réponse
  191. Patrick Flécheux

    « … rava­lés au rang de spot publi­ci­taire électoral … »

    C’est bien pire que ça je pense ; « élec­to­ral » n’est même pas nécessaire …

    Réponse
  192. Renaud

    @Ana Sailland (192)

    — Chaus­ser les lunettes pour voir de loin est en effet néces­saire, mais être affir­ma­tif sur ce que l’on voit est périlleux ; à vou­loir par exemple inter­pré­ter la volon­té de l’His­toire après la seconde guerre mon­diale laisse hors du champ visuel toute la pro­mo­tion du nazisme par des puis­sances dif­fi­ciles à cata­lo­guer, mais dont cer­taines étaient de toute évi­dence aux USA, et y sont encore, et tirent encore les ficelles.—

    C’est tout à fait vrai. Il y a, entre autres points, un point de repère his­to­rique en Occi­dent, vu de France, c’est 1904, l’En­tente cor­diale (tou­jours en vigueur), la France devient « défi­ni­ti­ve­ment »(?) le tou­tou diplo­ma­tique de la Grande Bre­tagne à laquelle il faut rajou­ter les États-Unis dans les décen­nies qui suivent, il y a aus­si 1914 (ou 1918 au choix, c’est à peu près pareil).
    Mais par­tir du pré­sent est pré­fé­rable à mon avis et davan­tage opé­ra­tion­nel. Cette « Europe » actuelle est d’ailleurs l’un des ‑reje­tons- concoc­tés par les mon­dia­listes depuis les années 1920, par une syner­gie de forces mon­dia­li­sées, car déjà mon­dia­listes. C’est ce qui a don­né à l’é­poque la Synar­chie, cette orga­ni­sa­tion mon­dia­liste qui tirait les ficelles jus­qu’aux extrêmes poli­tiques droite et gauche com­prises. Tout le monde a été le jou­jou de la Synar­chie pour arri­ver à 1945 et la suite. La pour­suite de l’ins­tau­ra­tion du com­mu­nisme (sur toute l’Eu­rope de l’Est), avant qu’il puisse s’ap­pe­ler mon­dia­lisme, disons ain­si pour faire court, mais sans s’é­car­ter du vrai historique.
    Aujourd’­hui, le fais­ceaux de pré­somp­tions est tel­le­ment four­ni et dense que cela confirme que le prin­cipe synar­chique n’en existe pas moins. L’ac­tua­li­té parle d’elle-même si l’on s’exerce à la lire effi­ca­ce­ment. L’emboîtement et l’in­tri­ca­tion d’in­té­rêts, sou­vent en phase, qui n’ont ces­sé de tis­ser leur domi­na­tion sur le monde. Aujourd’­hui, effec­ti­ve­ment, les noms de Bil­der­berg, Tri­la­té­rale, Coun­cil of Forei­gns Rela­tions ou CFR (États-Unis), Royal Ins­ti­tute of Inter­na­tio­nals Affairs ou RIIA (Angle­terre), et quelques autres, sont les noms des pointes de l’i­ce­berg mondialiste.

    Ce qui me frappe à lire ici les com­men­taires, tous très éla­bo­rés et pré­gnants dans leurs domaines, c’est le « micro­cosme » fran­çais et son déchi­re­ment his­to­rique interne droite-gauche entraî­né par la Révo­lu­tion fran­çaise, avec, à pré­sent, des « cou­leurs » poli­tiques affa­dies, com­plè­te­ment déla­vées, deve­nues tout à fait obso­lètes. Car cette dia­lec­tique droite-gauche sté­rile est deve­nue une sorte de bro­cante. Tan­dis que les fran­çais, bien trop poli­ti­sés, piè­gés dans une « Europe » délé­tère, s’é­reintent dans des for­mules éla­bo­rées pour l’es­sen­tiel en 1789–1793… Alors que, au final, la ‑vraie révolution‑, celle qui aura eu une por­tée irré­sis­tible, remonte à 1689 en Angle­terre. En par­ti­cu­lier avec le démar­rage (en 1694) de la banque d’An­gle­terre qui allait deve­nir en trois siècles le modèle mon­dial d’ap­pro­pria­tion des nations, puis du monde, par la qua­si seule sphère finan­cière sou­chée his­to­ri­que­ment en pays pro­tes­tant où (sauf erreur) la reine Éli­sa­beth, de l’é­poque, auto­ri­sa le prêt à inté­rêts jus­qu’à l’u­sure… La Répu­blique fran­çaise, fille poli­tique de la Révo­lu­tion anglaise, est ain­si deve­nue peu à peu un ensemble de comptes, tous débi­teurs, et elle s’a­per­çoit avec effroi quelle perd un à un tous ses moyens, engluée dans cette « Europe » sté­ri­li­sante, rava­geuse et rava­gée, deve­nue une réunion de mendiants.

    À pré­sent, la poli­tique est insi­pide et n’a plus prise sur qua­si­ment rien. Il faut se tour­ner vers l’or­ga­nique, ce qui est en amont du politique.

    C’est pour­quoi, il faut, d’une part, sou­te­nir notre ami Étienne Chouard dans son tra­vail de réha­bi­li­ta­tion du tirage au sort, voi­là déjà un sys­tème orga­nique, et d’autre part éla­bo­rer un sys­tème finan­cier qui soit contrô­lé par les ins­tances repré­sen­ta­tives des socié­tés pro­duc­trices, et non plus des banques pri­vées main­te­nant mon­dia­li­sées, ache­vant notre ruine, voi­ci un autre prin­cipe orga­nique déter­mi­nant à entre­prendre d’urgence.

    Les libé­raux et consorts et les mar­xistes et consorts ont tous lou­pé le coche au sujet de la créa­tion moné­taire et du contrôle de la mon­naie. Ils n’ont fait qu’é­ga­rer les socié­tés en les fai­sant beau­coup souf­frir. Ils ont par­ti­ci­pé au triomphe des ban­quiers sans cou­leurs qui depuis plus de deux siècles ont fait à eux seuls les ‑ques­tions- et les ‑réponses- du monde et des hommes. Les socié­tés étant là uni­que­ment pour tra­vailler et payer.

    Je ne résiste pas à remettre ici (Étienne l’a déjà fait paraître ici sur son blog en jan­vier 2012) cette vidéo cana­dienne d’il y a 51 ans (1962) de l’ir­rem­pla­çable Louis EVEN au sujet des dettes publiques. Ce conte­nu n’a pas pris une ride, au contraire, il est de plus en plus d’ac­tua­li­té et balise concrè­te­ment le futur.
    Durée maxi : 13 minutes :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​1​/​2​5​/​1​8​7​-​a​r​g​e​n​t​-​d​e​t​t​e​-​l​o​u​i​s​-​e​v​e​n​-​1​9​6​2​-​l​a​-​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​-​u​n​e​-​a​b​s​u​r​d​ite

    Réponse
  193. Ana Sailland

    Notre seule arme est la pédagogie.

    Réponse
  194. Renaud

    C’est cer­tain, la péda­go­gie bien pla­cée est irremplaçable. 
    Comme celle de Louis Even
    dont je viens de m’apercevoir que la vidéo se trou­vant sur ce pré­sent blog ne serait plus exploi­table, dixit youtube.

    Cette vidéo ci-après devrait fonctionner :


    Les dettes publiques – Louis Even par GerardFoucher75018

    Réponse
  195. Renaud

    nes­clan, vu, mer­ci, on a répon­du pres­qu’en même temps, avec ces deux ça devrait marcher

    Réponse
  196. Hadrien

    Cher Etienne,

    Un mot de ma part sur ce sujet qui me tient à cœur, car il revêt bien des aspects contra­dic­toires : le billet de Lor­don ne m’a­vait pas échap­pé et j’a­vais fait deux com­men­taires sur son site, contrai­re­ment à mon habi­tude qui, tu le sais, consiste plu­tôt à fer­railler avec des opposants…

    Je te livre donc ici ces deux com­men­taires, repre­nant son inti­tu­lé en forme de provoc…

    CE QUE L’EXTRÊME-DROITE NE NOUS PRENDRA PAS… C’EST L’INTERNATIONALE LIBÉRALE ???

    Il est symp­to­ma­tique que notre meilleur pam­phlé­taire du néo­li­bé­ra­lisme ose ain­si sau­ter le pas cri­tique, pour s’arrêter ensuite… sur le pas de porte !
    Car qu’est-ce que le (néo)libéralisme sinon, par défi­ni­tion, la libre cir­cu­la­tion des capi­taux, des mar­chan­dises, et de la main d’oeuvre…

    Sur le pre­mier aspect, notre auteur a four­ni une ample contri­bu­tion cri­tique : « Et la ver­tu sau­ve­ra le monde… »(mai 2008), « Jusqu’à quand ? » (nov 2008), etc.

    Sur le second, il est un des rares à trans­gres­ser le tabou : « Le pro­tec­tion­nisme et ses enne­mis » (2012).

    Mais sur le troi­sième, ça coince ! A l’approche du but, sa mon­ture se cabre, refuse d’avancer… Va de retro Sata­nas ! Car une part du ter­rain fut de longue
    date le “camp de base” du FN, même si sa nou­velle figure de proue s’en est extraite pour faire le long che­min inverse en direc­tion de “la gauche critique”.

    Rien n’y fait, le réflexe pav­lo­vien est là : “c’est un piège”, “on nous prend notre élec­to­rat”. Du coup, on perd tous ses repères : “si c’est midi à leur montre, c’est qu’il doit for­cé­ment faire nuit à la notre”, etc.

    Et d’invoquer l’internationalisme de Marx :
    “Pro­lé­taires de tous les pays, unissez-vous” !
    Mais Marx n’a jamais dit : “Pro­lé­taires de tous les pays, concurrencez-vous” !
    C’est pour­tant ce à quoi conduit l’internationalisme trots­kyste mal com­pris, ou plu­tôt mal trans­po­sé à notre époque : C’est ain­si que l’on voit Besan­ce­not tan­cer ce pauvre Mélen­chon en lui repro­chant son natio­na­lisme étroit…
    Il n’y a pas de meilleur para­vant pour le MEDEF, Bruxelles et l’OMC, pour qui l’immigration mas­sive est le plus sûr allié dans la foire d’empoigne libé­rale : La Com-pé-ti-ti-vi-té, on vous dit !

    Le bon peuple ne s’y est pas trom­pé, qui a sanc­tion­né JLM au len­de­main de son dis­cours élec­to­ral en 2012, à Mar­seille, dont l’appel oecu­mé­nique à l’Euroméditerranée aurait fait les délices de Guai­no : plus on est, plus on rit ! …jaune lui répon­dirent les élec­teurs chez qui le score en sa faveur pas­sa immé­dia­te­ment d’un 16% en hausse à un 11% blo­qué net !

    Le PC lui-même va jusqu’à cri­ti­quer la logique de Jacques Sapir, au nom des meilleures inten­tions. Ça donne le spec­tacle éto­nam­ment rare d’un Mélen­chon s’accrochant à l’euro, comme on peut le suivre en video sur : http://​rus​seu​rope​.hypo​theses​.org/​1​417

    On pour­rait presque conclure : “Ce que l’extrême droite ne nous pren­dra pas : … c’est l’euro !”


    CE QUE L’EXTRÊME-DROITE NE NOUS PRENDRA PAS… C’EST « L’INTERNATIONALE DE LA MISÈRE” ??? (Jau­rès)

    Extrait de la motion défen­due par le dépu­té de Car­maux, Jean Jau­rès, lors de séance par­le­men­taire du 8 mars 1887 :

    “Je dis que lorsqu’on vient ache­ter sur le mar­ché fran­çais des pro­duits agri­coles, du blé, par exemple, qui ont été obte­nus par des tra­vailleurs réduits à un salaire déri­soire, c’est exac­te­ment comme si on jetait dans les cam­pagnes de France, pour faire concur­rence à nos pay­sans, les ouvriers qui au dehors tra­vaillent à des salaires dépré­ciés. Et voi­là pour­quoi, pour ma part, je ne me refuse null­le­ment à pro­té­ger l’ensemble de la pro­duc­tion agri­cole ; mais j’ajoute : à condi­tion – et vous vous y êtes enga­gés vous-mêmes – que par des mesures com­plé­men­taires vous assu­riez à la com­mu­nau­té rurale, à ceux qui tra­vaillent véri­ta­ble­ment, le béné­fice exclu­sif de cette mesure. Voi­là pour­qoi, lorsque vous aurez voté les sur­taxes que vous pré­pa­rez, nous vien­drons vous deman­der d’en assu­rer direc­te­ment le béné­fice aux tra­vailleurs des champs.”

    …

    ” De même, nous pro­tes­tons contre l’invasion des ouvriers étran­gers qui viennent tra­vailler au rabais. Et ici, il ne faut pas qu’il y ait de méprise :
    Nous n’entendons nul­le­ment, nous qui sommes inter­na­tio­na­listes…
    ”
    (Rumeurs et inter­rup­tions sur divers bancs)

    “Vous enten­dez bien que ce n’est pas nous qui vou­lons éveiller entre les tra­vailleurs manuels des dif­fé­rents pays les ani­mo­si­tés d’un chau­vi­nisme jaloux ; non, mais ce que nous ne vou­lons pas, c’est que le capi­tal inter­na­tio­nal aille cher­cher la main d’oeuvre sur les mar­chés où elle est le plus avi­lie, humi­liée, dépré­ciée, pour la jet­ter sans contrôle et sans règle­men­ta­tion sur le mar­ché fran­çais, et pour ame­ner par­tout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas.”
    (Applau­dis­se­ments)

    “C’est en ce sens, et en ce sens seule­ment, que nous vou­lons pro­té­ger la main d’oeuvre fran­çaise contre la main d’oeuvre étran­gère, non pas, je le répète, par un exclu­si­visme d’esprit chau­vin, mais pour sub­sti­tuer l’internationale du bien être à l’internationale de la misère.”
    (Applau­dis­se­ments à l’extrême gauche. Mou­ve­ments divers)

    ————

    La cita­tion ci-des­sus a été rete­nue comme com­men­taire par Jacques Sapir (fait assez rare pour être sou­li­gné) sur son billet « Sou­ve­rai­ne­té et nation » du 11 juillet 2013.

    Réponse
  197. Hadrien

    J’en pro­fite pour évo­quer un autre sujet digne d’in­té­rêt qui recèle éga­le­ment des aspects ico­no­clastes dignes d’être dis­cu­tés, sinon élu­ci­dés, sur ce site : les inégalités.

    Lors­qu’on parle de ce sujet, l’in­dice Gini vient immé­dia­te­ment à l’es­prit pour caractériser :

    - les inéga­li­tés de reve­nus (income)

    - les inéga­li­tés de patri­moine (wealth)

    On pour­rait pré­sa­ger que les deux indices varient dans le même sens, puisque le patri­moine est, à long terme, l’in­té­grale des reve­nus (d’un indi­vi­du, voire de sa lignée).
    Or, cela n’ap­pa­raît pas du tout sur les listes mon­diales dis­po­nibles sur Wikipedia :

    http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​i​s​t​_​o​f​_​c​o​u​n​t​r​i​e​s​_​b​y​_​i​n​c​o​m​e​_​e​q​u​a​l​ity

    http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​i​s​t​_​o​f​_​c​o​u​n​t​r​i​e​s​_​b​y​_​d​i​s​t​r​i​b​u​t​i​o​n​_​o​f​_​w​e​a​lth

    Plus éton­nant encore : selon ce der­nier lien, le pal­ma­rès des inéga­li­tés de patri­moine en Europe serait déte­nu dans l’ordre par Dane­mark, Suède, France… c’est à dire qua­si­ment l’in­verse de celui des revenus !
    Cer­tains en tirent argu­ment pour incri­mi­ner le « faux éga­li­ta­risme » des reve­nus qui ne per­met pas aux « entre­pre­nants » de rat­tra­per leur défi­cit en dota­tion initiale…
    Ce Gini des patri­moines ne serait-il pas plu­tôt la mesure de l’ef­fi­ca­ci­té des ser­vices fis­caux de ces pays à révé­ler la véri­té des patrimoines ?

    Même les auteurs habi­tuel­le­ment avides de pré­ci­sions chif­frées, comme Ber­ruyer, semblent jeter le manche après la cognée :

    http://www.les-crises.fr/inegalites-dans-le-monde‑2/ (patri­moines) explique bien la défi­ni­tion géné­rale de l’in­dice Gini, mais pour conclure :
    « Dis­po­sant fré­quem­ment de peu d’informations sur les patri­moines, on uti­lise géné­ra­le­ment cet indice pour les inéga­li­tés de reve­nus. Obser­vons sur les cartes sui­vantes la dis­tri­bu­tion de l’indice de Gini pour les reve­nus (Source : World CIA Fact­book 2009 et Eurostat). »
    C’est un comble !

    http://www.les-crises.fr/inegalites-dans-le-monde‑3/ (reve­nus) montre bien la France en tête de l’é­ga­li­té depuis 1995… mais jus­qu’à 2004 seule­ment. Or, la liste des indices mon­diaux réfé­ren­cée ci-des­sus, fait res­sor­tir que la France est deve­nue plus inégale (que l’Al­le­magne, notam­ment) depuis lors, aprés le pas­sage de Sakozy…

    Bref, voi­là bien un sujet qui méri­te­rait d’être sou­mis à la saga­ci­té des com­men­ta­teurs de ce site !

    Réponse
  198. yéti

    Les anti-racistes bien pen­sants sont juste

    les négriers de la mondialisation

    des béton­neurs

    des sup­pôt du Glo­baS­tate libé­ral amé­ri­cain et son mel­ting potes

    N’im­porte qui peut le comprendre.

    Et la démo­cra­tie directe ne se fait pas avec un peuple divisé …

    Une pha­lange de guer­riers grecques n’est pas un arle­quin de ban­lieues multi-ethniques …

    Le gau­chiste de base est une crasse poli­tique, son chef un jésuite lambertiste

    « Le pou­voir démo­cra­tique ne réside dans le peuple que lorsque le peuple est uni ».
    Carl Schmitt.

    Réponse
  199. Ana Sailland

    @Carl schmitt

    L’u­nion dans la sou­mis­sion, par la crainte ou la coer­ci­tion, ne peut être que celle d’un trou­peau sans esprit, mené à la baguette ou par des dési­rs orchestrés.

    Le refou­le­ment du génie poli­tique indi­vi­duel conduit à la tris­tesse des peuples.

    La démo­cra­tie réelle est un préa­lable indis­pen­sable à la consti­tu­tion d’un cer­veau col­lec­tif libre et conscient, auto­ri­sant le foi­son­ne­ment heu­reux de désac­cords chroniques.

    L’u­nion par l’u­ni­for­mi­sa­tion est un mythe néga­tion­niste de l’in­di­vi­dua­tion, mais l’har­mo­nie de la codé­ci­sion uni­ver­selle est à la por­tée d’une orga­ni­sa­tion vou­lue par tous.

    Réponse
  200. EFFAB

    Elle s’appelle Inge Han­ne­mann. Depuis deux semaines, elle fait les titres des jour­naux de l’autre côté du Rhin. Elle a tra­vaillé comme conseillère au Pôle Emploi alle­mand de Ham­bourg de 2005 à début 2013. Elle a été sus­pen­due pour acti­vi­té poli­tique. En 2006, en consta­tant les méthodes car­ré­ment vio­lentes ins­ti­guées en interne, qui consti­tuent de fac­to des vio­la­tions des droits fon­da­men­taux à l’égard de ses com­pa­triotes au chô­mage, elle va, au péril de sa vie, se révol­ter et refu­ser de sanc­tion­ner des hommes et des femmes, jeunes ou plus âgés.

    http://​lesouf​fle​cest​ma​vie​.unblog​.fr/​2​0​1​3​/​p​a​g​e​/​26/

    Réponse
  201. EFFAB

    Très inté­res­sant et très expli­cite, mer­ci FURAX !

    Réponse
  202. EFFAB

    @205

    Ce mon­sieur ne m’ins­pire pas vrai­ment confiance…

    @207

    La « norme », cette fameuse nor­ma­li­té fran­çaise… gen­til petit sol­dat de la laï­ci­té et de la République !

    … cette dame me semble autre­ment plus cré­dible et plus sin­cère, mon humble avis.

    Réponse

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