Les partis sont des machines de guerre politique condamnées à la discorde

28/11/2012 | 86 commentaires

Les partis sont des machines de guerre politique
condamnées à la discorde

Une ITV pour Ter​raE​co​.net :

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Étienne Chouard est ensei­gnant en éco­no­mie et en droit. Blo­gueur, il s’est fait connaître en 2005 en menant une cam­pagne contre [l’anti-]Constitution européenne

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Ter­ra eco : Au regard de la guerre interne à l’UMP, la confiance s’é­rode. Et vous, pen­sez-vous que les par­tis sont tou­jours utiles ?

Étienne Chouard : La dis­cus­sion sur les par­tis poli­tiques est secon­daire. Avant, il faut tom­ber d’ac­cord sur ce qu’on appelle la démo­cra­tie. Si l’on accepte — ce qui est pour moi une erreur cen­trale et majeure — d’ap­pe­ler démo­cra­tie un faux « suf­frage uni­ver­sel » qui [se limite] à dési­gner des maîtres qui déci­de­ront de tout à notre place et qui res­te­ront en place même s’ils nous tra­hissent au cours de leur man­dat, on ne peut pas se plaindre d’a­voir des par­tis (qui naissent pré­ci­sé­ment des élec­tions). Des struc­tures qui sont de véri­tables machines de guerre.

Les élec­tions n’ont rien à voir avec la démo­cra­tie. Certes, on peut avoir des élec­tions dans une démo­cra­tie mais à condi­tion qu’elles servent à élire des gens à des fonc­tions qui néces­sitent une com­pé­tence. Pas pour exer­cer le pou­voir poli­tique. Il ne peut pas y avoir de démo­cra­tie, du grec dêmos (peuple) et kra­tos (pou­voir) sans tirage au sort. C’est la seule pro­cé­dure dans une démo­cra­tie digne de ce nom. Cela a été très bien connu pen­dant long­temps, d’A­ris­tote jus­qu’à Mon­tes­quieu. Et puis, il y a eu la Révo­lu­tion fran­çaise et l’a­vè­ne­ment de l’é­cole répu­bli­caine au XIXe siècle. On a alors oublié ce qu’é­tait une vraie démo­cra­tie. Quand on nous rabâche dans les jour­naux, dans les livres, à la télé que démo­cra­tie = élec­tions, on le croit. C’est un outil de for­ma­tage dont il est dif­fi­cile de s’ex­traire ensuite. Pour­tant, il suf­fit de tra­vailler un peu, de revoir l’his­toire de la pen­sée poli­tique : Machia­vel, Mon­tes­quieu, Rous­seau… pour voir qu’une élec­tion est aris­to­cra­tique et non pas démo­cra­tique. Elle consiste à choi­sir le meilleur, aris­tos en grec. Ce n’est même pas objet de polé­mique. Il suf­fit de mettre les mots à l’en­droit. Mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien. Je suis capable d’i­ma­gi­ner une aris­to­cra­tie dési­rable. Si c’est bien les meilleurs qu’on élit, qu’on les contrôle tous les jours et qu’ils peuvent être virés à tout moment, ça peut être mieux qu’une démo­cra­tie. Je ne dis pas que c’est mal, je dis sim­ple­ment que nous ne sommes pas en démocratie.

Une aris­to­cra­tie dési­rable, vraiment ?

Le pro­blème, c’est que cette aris­to­cra­tie est deve­nue une plou­to­cra­tie parce qu’il n’y a pas de pri­maires et parce que les plus riches la financent. Dans une plou­to­cra­tie élec­tive, c’est natu­rel que les par­tis soient condam­nés à la dis­corde, à la guerre poli­tique. Aujourd’­hui, il y a six, sept par­tis à gauche, si on exclut le PS. Ils nous empêchent de fra­ter­ni­ser parce qu’ils ont des inté­rêts diver­gents à ceux de leurs membres, un peu comme une entre­prise a un mobile de pro­fit dif­fé­rent de ses sala­riés. Les gens du Par­ti com­mu­niste et du Front natio­nal auraient inté­rêt à fra­ter­ni­ser pour défendre le sys­tème de retraite par répar­ti­tion mais leurs par­tis leur inter­disent de faire com­bat commun.

Vous dites qu’il n’y a pas de pri­maires, il y en a pour­tant désormais…

Des pri­maires qui sont faites entre des can­di­dats dési­gnés à l’a­vance… Ce sont des élec­tions qui ne satis­font pas beau­coup d’entre nous. À Cuba, il n’y a qu’un seul par­ti, mais ce n’est pas le par­ti qui désigne les can­di­dats. Ce sont les gens eux-mêmes. Ils peuvent dési­gner le bou­lan­ger par exemple. Résul­tats : ils n’ont pas les mêmes gens que nous au pouvoir.

Mais ne faut-il pas une cer­taine exper­tise pour gou­ver­ner un pays ?

Cer­tains postes peuvent être dési­gnés au détour d’é­lec­tions : les Athé­niens éli­saient leurs mili­taires par exemple et les comp­tables publics. Vous savez, le capi­taine du navire, il faut qu’il sache navi­guer alors on peut l’é­lire. Mais l’ar­ma­teur, ce n’est pas la peine. L’ex­per­tise de l’é­lu ne vient pas du fait qu’il soit élu. Vous pre­nez n’im­porte quel jeune dépu­té méde­cin, c’est un bleu au départ. C’est son bou­lot qui le rend com­pé­tent. Ce serait la même chose s’il était tiré au sort.

Par quoi faut-il com­men­cer selon vous, par sup­pri­mer les partis ?

Non, il faut d’a­bord écrire une consti­tu­tion. [Nous n’a­vons pas] de consti­tu­tion (au sens d’un texte qui nous pro­tège). Aujourd’­hui notre consti­tu­tion est une pri­son, qui nous laisse juste choi­sir nos maîtres… C’est le contraire d’une garan­tie contre les abus de pou­voir.
Par­tout dans le monde, c’est la même chose.
Nous lais­sons les gens au pou­voir écrire les règles qu’ils devraient craindre.
Il faut écrire la consti­tu­tion nous-mêmes. C’est indis­pen­sable.
Alors au moins, même si on doit conti­nuer d’é­lire nos diri­geants, on gar­de­ra le contrôle sur eux.
Alors, les par­tis poli­tiques devien­dront secon­daires ou dis­pa­raî­tront. Ils pren­dront la place que nous leur lais­se­rons.
Je ne dis pas qu’il faut inter­dire les par­tis poli­tiques. Je suis pour la liber­té de réunion et la consti­tu­tion de cou­rants de pen­sée.
Mais si on pro­cède par tirage au sort et qu’on écrit notre consti­tu­tion, les par­tis chan­ge­ront de sens d’eux-mêmes.
Quand on aura com­pris qu’il faut mettre tout ça en place, qu’on por­te­ra notre consti­tu­tion dans notre poche comme notre meilleur gar­dien, les par­tis per­dront leurs tra­vers cor­rup­teurs et guerroyant.

Source : http://​www​.ter​rae​co​.net/​e​l​e​c​t​i​o​n​s​-​P​S​-​U​M​P​-​p​a​r​t​i​s​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​,​4​7​1​3​0​.​h​tml

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Étienne

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86 Commentaires

  1. J-Stéphane

    Mon­sieur Chouard,

    Vous ne nous faites pas seule­ment rêver à la Démo­cra­tie, vous la ren­dez pensable.

    En res­tant fidèle à l’esprit démo­cra­tique, vous avez moder­ni­sé l’agora en pro­po­sant une Pnyx numérique.

    Chaque citoyen peut y assis­ter et par­ti­ci­per à la rédac­tion de la Constitution.

    L’ouvrage est colos­sal, mais déjà l’encyclopédie de la genèse d’une réelle démo­cra­tie s’écrit sous nos yeux.

    Mon­sieur Chouard, vous avez la facul­té de récon­ci­lier les citoyens avec la poli­tique en la vul­ga­ri­sant, alors que ceux qui sont cen­sés nous y inté­res­ser ont tout fait pour rendre l’exercice repous­sant pour s’en octroyer l’exclusivité.

    Celui qui ne s’en pré­oc­cu­pait pas se sur­prend à y pen­ser et celui qui y pen­sait, prend main­te­nant la parole.

    Il me paraît de plus en plus évident que la démo­cra­tie doit conti­nuer à repo­ser sur le sys­tème bica­mé­ral (contre pouvoir).

    La chambre haute doit se consti­tuer d’élus au suf­frage uni­ver­sel direct avec prise en compte du vote blanc comme suf­frage exprimé.

    La chambre basse doit être consti­tuée de citoyens tirés au sort sur les listes élec­to­rales le temps d’un projet.

    Le gou­ver­ne­ment, ses ministres doivent être élus par les dépu­tés et les sénateurs.

    Le pré­sident de la Répu­blique doit être élu une der­nière fois, juste le temps de faire pas­ser notre Consti­tu­tion (Consti­tu­tion popu­laire) puis devien­dra pre­mier ministre d’État sous l’autorité des chambres.

    Enfin pros­crire tous les par­tis poli­tiques qui sont source de conflits inces­sants, et les rem­pla­cer par des pro­jets poli­tiques où l’individu n’aura aucune pos­si­bi­li­té de se l’approprier.

    Mon­sieur Chouard, je suis déso­lé pour vous, mais main­te­nant nous sommes beau­coup à comp­ter sur vous.

    Réponse
  2. Yvan

    Mais voyons Etienne ?!

    « Les gens du Par­ti com­mu­niste et du Front natio­nal auraient inté­rêt à fra­ter­ni­ser pour défendre le sys­tème de retraite par répar­ti­tion mais leurs par­tis leur inter­disent de faire com­bat com­mun. »

    Comme si le FN défen­dait les retraites par répar­ti­tion (B.Friot doit bon­dir sur sa chaise en enten­dant ça). Tu insi­nues que le FN défend le droit des tra­vailleurs, la hausse des salaires, et la retraite à 55 ans ? Je me trompe, ou tu t’égares ?! 🙂

    Soit les élec­teurs FN com­prennent la lutte des classes et ne votent donc plus FN, soit ils croient encore aux salades de ce par­ti, auquel cas ils ne sont pas prêt d’ai­der les tra­vailleurs à s’é­man­ci­per et se libé­rer des employeurs. Ils croi­ront naï­ve­ment le faire, comme tous ceux qui croient encore aujourd’­hui au mythe de la com­pé­ti­ti­vi­té, et en l’a­ve­nir du capi­ta­lisme alors qu’il n’en a aucun, si ce n’est celui d’être abo­li (si on est assez cou­ra­geux pour cela) ou de s’au­to-détruire (en détrui­sant notre éco­sys­tème par la même occasion).

    Mais main­te­nant tu laisses sou­vent entendre (c’était rare avant, il me semble) :
    « Si c’est bien les meilleurs qu’on élit, qu’on les contrôle tous les jours et qu’ils peuvent être virés à tout moment, ça peut être mieux qu’une démocratie. »

    Je suis bien d’ac­cord, et on ne pas­se­ra jamais d’une popu­la­tion dés­in­té­res­sée de la poli­tique (comme c’est le cas actuel­le­ment) à une vraie démo­cra­tie en une fois. Il fau­dra d’abord don­ner le droit aux gens de s’impliquer en poli­tique, afin qu’ils s’y inté­ressent, et s’en emparent sur­tout. Après on pour­ra peut-être étendre l’idée de « pou­voir par le peuple ». En atten­dant, si on peu déjà don­ner de l’importance au « pou­voir du peuple pour le peuple » en ligo­tant les élus avec une consti­tu­tion digne de ce nom, même si elle n’est pas tirée au sort dans un pre­mier temps… ce sera déjà une belle avan­cée je crois.

    Et le Vene­zue­la (mais la Boli­vie et l’Equateur aus­si) est un labo­ra­toire très inté­res­sant à étu­dier à ce sujet, c’est fas­ci­nant ce qui se passe là bas (même si tout n’est pas rose, on est bien d’ac­cord, on ne parle pas de « modèle » mais d’ins­pi­ra­tion). Plus de 40 par­tis poli­tiques, mais pas des par­tis gauche, droite ou centre… non, des par­tis pour le loge­ment, pour l’éducation, pour l’agriculture… de la vraie poli­tique à lon­gueur d’année (uni­que­ment pos­sible car leur consti­tu­tion leur donne le droit et le pou­voir de se consti­tuer en assem­blées citoyennes et autres conseils popu­laires pour enca­drer la poli­tique à tous les niveaux). Voi­là qui devrait nous inter­pel­ler, vrai­ment… mais non, nos médias fus­tigent ces révo­lu­tions citoyennes, pré­fé­rant défendre l’ordre éta­bli jusqu’à la frac­ture. Mais le point de rup­ture en Europe n’est plus loin, même si per­sonne ne sait dire quand ni com­ment, ça va cra­quer quelque part, et là on va rigo­ler, ou pas !

    Enfin, tu dis (et c’est étrange comme point de vue) :
    « Aujourd’hui, il y a six, sept par­tis à gauche, si on exclut le PS. Ils nous empêchent de fra­ter­ni­ser parce qu’ils ont des inté­rêts divergents »

    À part le NPA, je crois bien que tous les par­tis à gauche sont désor­mais réunis au sein du Front de Gauche, loin de vou­loir créer la divi­sion donc, au contraire même (car oui ils res­tent diver­gents, le FdG n’est pas un par­ti mais un ras­sem­ble­ment d’idées com­munes qui dépassent les petites que­relles par­ti­sanes). Ils sont d’accord pour pré­sen­ter le même pro­jet poli­tique dans les urnes, un pro­gramme qui aura deman­dé des mois de concertations/débats pour trou­ver les com­pro­mis entre tous ces par­tis, et un pro­gramme qui com­mence avant tout par la convo­ca­tion d’une constituante.

    Bien enten­du, quand on dit les « par­tis poli­tique de gauche », on en exclut for­cé­ment le P$ main­te­nant, on l’aura bien compris !

    Il manque encore EELV au FdG, mais ça ne sau­rait tar­der ^^ …c’est là que se joue­ra la frac­ture en France, si elle a lieu durant ce quin­quen­nat. Et une étin­celle comme l’Ayraultport de NDDL peut par­fois déclen­cher des frac­tures bru­tales au sein d’une majo­ri­té gouvernementale.

    Puis s’il reste des par­tis poli­tiques à gauche (et des gens qui les sou­tiennent) qui ne font pas par­tie du FdG, ça reste une mino­ri­té (comme le M’PEP) et je ne vois pas pour­quoi tous les autres par­tis rejoin­draient cette mino­ri­té poli­tique alors que c’est sur­ement à elle de faire l’effort de com­prendre l’enjeu de ce ras­sem­ble­ment à gauche (qui, je le rap­pelle, réunit déjà plus de 4 Mil­lions de voix pour une 6ème République).

    Tu me répon­dras cer­tai­ne­ment que cette nou­velle consti­tu­tion sera encore une pri­son (puisque pas tirée au sort) mais on peut se per­mettre de croire aus­si, pour ne pas être que défai­tiste, qu’une consti­tuante élue avec des non-professionnel(le)s serait déjà une belle avan­cée, non ?

    Et encore une fois, les révo­lu­tions en Amé­rique du Sud parlent d’elles-mêmes, avec des résul­tats très sti­mu­lants depuis 15 ans… mais faut-il encore s’y inté­res­ser de près, au niveau local, pour bien com­prendre ces révo­lu­tions sociales et poli­tiques qui sont en cours, et il est vrai que ce n’est pas facile depuis notre conti­nent si for­ma­té par l’ap­pa­reil média­tique (et poli­tique) libéral.

    Mer­ci pour l’interview, très inté­res­sante au demeu­rant, comme sou­vent quand le « père Chouard » s’exprime à pro­pos de la « démo­cra­tie » et du « gou­ver­ne­ment représentatif ». 🙂

    Mais ten­tons de dépas­ser le cadre du « tous pour­ris » si on veut espé­rer chan­ger la donne sans attendre le chaos social (des révoltes désor­ga­ni­sées qui ne mènent nulle part, on le sait bien).

    NB : à me lire on pour­rait croire que le Vene­zue­la c’est le para­dis… alors je tiens à pré­ci­ser que je suis bien conscient (et infor­mé) des nom­breux pro­blèmes qu’il y a dans ce pays, des cli­vages ter­ribles entre les cha­vistes, les anti-cha­vistes, la grande bour­geoi­sie, etc… mais quand je dis que c’est poli­ti­que­ment inté­res­sant, ce n’est pas sans oublier que la cor­rup­tion au niveau locale est tou­jours pré­sente (car si facile pour les riches, quand il s’a­git de petits élus modestes, qu’on ama­doue avec de grosses valises de billets sans pro­blème), et ce n’est pas sans oublier la cri­mi­na­li­té à Cara­cas, etc… mais ce n’est pas cela qui doit ter­nir notre vision de l’é­man­ci­pa­tion poli­tique de ce pays, car ce n’est pas leur nou­velle consti­tu­tion qui est res­pon­sable de la cor­rup­tion ou de la cri­mi­na­li­té (tout comme le tirage au sort n’est pas res­pon­sable de l’es­cla­va­gisme dans la démo­cra­tie athé­nienne… on ne peut donc pas renier le tirage au sort sur ces argu­ments qui n’en sont pas, et j’es­père qu’on ne rédui­ra pas mon com­men­taire à un aveu­gle­ment « pro-cha­viste » alors que je suis bien conscient que tout ne se fait pas dans la joie et la bonne humeur là bas).

    Il serait par ailleurs bien naïf de croire que la démo­cra­tie puisse se pra­ti­quer sans une espèce de ten­sion per­ma­nente, un affron­te­ment d’i­dées et d’i­déo­lo­gies… car rien qu’en France, il a seule­ment fal­lu que le P$ prenne le pou­voir pour que « les riches » s’emballent et fassent presque pas­ser ce gou­ver­ne­ment pour un régime com­mu­niste (quand le ministre du tra­vail parle de « régime sovié­tique » en par­lant de la natio­na­li­sa­tion d’Ar­ce­lor­Mit­tal)… alors que ce gou­ver­ne­ment n’a de « socia­liste » que le nom, ils cajolent la finance depuis le début mais se font har­ce­ler quand même… donc je vous laisse ima­gi­ner la pro­pa­gande (et la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment et/ou sur la consti­tuante) le jour où on aura enfin de vrais socia­listes (mieux, des éco­so­cia­listes) au pou­voir ^^ …ce jour là ça risque de cha­hu­ter un peu, avec les manifs UMP et FN dans les rues 🙂

    Yvan P.

    Réponse
  3. beo

    @Yvan

    Le FdG consi­dère qu’une consti­tuante tirée au sort est irréa­li­sable. Ah bon.

    En fait, ce que le FdG met sous le tapis, c’est que tirer des gens au sort pour qu’ils écrivent un texte, c’est quand même pas très com­pli­qué. Par contre, ce qui est com­pli­qué, c’est que ce texte soit approu­vé par réfé­ren­dum pour deve­nir la constitution.

    Pour cela, il doit y avoir un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne, et ça, c’est dans le pro­gramme du FN, pas dans celui du FdG.

    Donc, je pense que les pro­grammes ins­ti­tu­tion­nels des deux fronts sont assez com­plé­men­taires, mais effec­ti­ve­ment, je les ima­gine assez mal tra­vailler ensemble.

    @Étienne

    Y a du concept, merci.

    Réponse
  4. Étienne

    Cher Yvan,

    Je n’ai PAS dit « le FN » : j’ai dit « les gens du FN ».

    Je ne confonds pas les par­tis avec leurs mili­tants, et encore moins avec leurs électeurs.

    Je refuse de jouer au jeu par­ti­san, parce que, de mon point de vue, ses règles nous condamnent à la discorde.

    Sur les retraites, ce que je dis, c’est que, confor­mé­ment à ce que PROUVE Ber­nard Friot, TOUS les sala­riés (et pas seule­ment ceux qui votent à gauche ! reli­sez ceci, svp) ont un inté­rêt objec­tif, uni­ver­sel, ration­nel, incon­tes­table, à la retraite par répar­ti­tion, indé­pen­dam­ment des posi­tions (ou des arrières-pen­sées) de tel ou tel parti.

    Voi­là ce que je dis ; mais pour me com­prendre, il faut reti­rer ses œillères par­ti­sanes — je dis ça sans agres­si­vi­té : je pense que la pen­sée par­ti­sane (cette façon de pen­sée la poli­tique en camps retran­chés et oppo­sés en tout) nous pol­lue tous à notre insu, mal­gré nous, sans qu’on s’en rende bien compte => je peux donc aimer quel­qu’un qui est com­plè­te­ment défor­mé par cette façon de pen­ser et qui se met à me détes­ter parce que je suis capable de lire et même d’ap­pré­cier telle ou telle idée défen­due dans le camp que, lui, il déteste ; je peux bien l’ai­mer mal­gré sa haine nais­sante à mon égard, parce que je crois que cette haine n’est pas défi­ni­tive, elle peut dis­pa­raître, parce qu’elle est fon­dée sur un mal­en­ten­du et qu’une franche dis­cus­sion peut très bien en venir à bout. Cette franche dis­cus­sion qui nous prou­ve­ra à tous les deux que nous cher­chons tous les deux quelque chose de beau et bon, un pro­jet de socié­té juste et apai­sée, en sui­vant des che­mins dif­fé­rents c’est tout.

    Étienne.

    Réponse
  5. Étienne

    Je peux me trom­per, bien sûr, mais je pense que la vio­lence extrême qui règne au Vene­zue­la est créée, finan­cée et entre­te­nue tous les jours, en secret bien sûr, par les plus riches pour saper/discréditer le régime « par­ta­geux » qu’ils détestent.

    Faire régner la ter­reur pour rendre très dési­rable —dans le cœur même des plus pauvres— le retour à « l’ordre social » est la tech­nique mafieuse uti­li­sée par tous les contre-révo­lu­tion­naires (tous les grands pri­vi­lé­giés) du monde depuis tou­jours : ter­ro­ri­ser, puis se pré­sen­ter comme le pro­tec­teur, en échange de la doci­li­té.

    Le B‑A-BA de la mafia, quoi.

    Non ?

    Réponse
  6. Yvan

    @ Etienne :
    Tout à fait d’ac­cord au sujet des racines de la cri­mi­na­li­té, et des objec­tifs de ces racines arro­sées par les domi­nants (ou ceux qui veulent domi­ner plu­tôt, car ce n’est plus le cas là bas pour le moment).

    Concer­nant le FN, je fai­sais bien la dif­fé­rence entre le par­ti et ses mili­tants (ou élec­teurs seule­ment). Ce pour­quoi je précisais :

    « Soit les élec­teurs FN com­prennent la lutte des classes et ne votent donc plus FN, soit ils croient encore aux salades de ce par­ti, auquel cas ils ne sont pas prêt d’ai­der les tra­vailleurs à s’é­man­ci­per et se libé­rer des employeurs. »

    J’en­ten­dais par là que ceux qui votent à gauche sont géné­ra­le­ment conscients du rap­port de force entre salaire et capi­tal, là où les militants/électeurs FN ne voient que « le vol du tra­vail des fran­çais par les immi­grés ». J’i­ma­gine donc mal les élec­teurs FN rejoindre les élec­teurs FdG, même sur un sujet pour­tant aus­si uni­ver­sel (je suis bien d’ac­cord) que les retraites. Mais c’est pareil pour la consti­tu­tion, car si les élec­teurs FN étaient conscients de l’im­por­tance de rédi­ger une nou­velle consti­tu­tion, ils ne sou­tien­draient cer­tai­ne­ment pas Le Pen. En ce sens, je vois dif­fi­ci­le­ment réa­li­sable (là encore) un consensus/compromis tem­po­raire en évi­tant toutes les diver­gences, même sur un sujet aus­si uni­ver­sel que la prise en main de notre constitution.

    Mais je me trompe peut-être, je veux bien l’entendre.

    Et aucun sou­ci pour « l’a­gres­si­vi­té », je ne prends jamais mal les pro­pos d’une per­sonne éclai­rée, ouverte d’es­prit, et dont je sais per­ce­voir toute la sagesse et l’empathie, même quand les mots se dur­cissent (si peu). Je ne déses­père pas de trou­ver le temps de pas­ser sur Mar­seille pour en dis­cu­ter de vive voix.

    Quant à l’i­dée que je puisse déve­lop­per une « haine nais­sante », c’est très (TRÈS) loin d’être le cas, et je suis déso­lé que mes der­nières cri­tiques aient pu être per­çues de la sorte. Sûre­ment des mots mal choi­sis (?), je le regrette si c’est le cas :-/

    Non, vrai­ment, aucune ani­mo­si­té de ma part, ni aucune ran­cune pos­sible… je reste un indé­crot­table virus, et même si je ne par­tage pas tous les points de vue d’une per­sonne (ou d’un par­ti poli­tique) je sais gar­der le recul néces­saire pour conti­nuer d’ap­pré­cier tout ce qui me rap­proche de cette per­sonne (ou des idées d’un parti).

    Et ce n’est sur­ement pas un petit pic sur la « pen­sée par­ti­sane » qui me fera chan­ger d’a­vis sur une per­sonne dont j’es­time énor­mé­ment tout le tra­vail, et l’hu­ma­ni­té qui réside en lui, peu importe que je ne sois pas for­cé­ment d’ac­cord avec toutes ses réflexions 😉

    Pour ne pas que l’ambiguïté puisse naître, j’en arrive à m’é­ta­ler un peu, mais c’est sin­cère et je suis déso­lé si mes cri­tiques, par­fois viru­lentes, laissent pen­ser que ma vision est « com­plè­te­ment défor­mée »… ou qu’une quel­conque haine m’a­ni­me­rait. Ce n’est pas le cas, mais on aura sur­ement l’oc­ca­sion d’en dis­cu­ter, j’en serai ravi en tous cas. Tout cela mérite sans aucun doute une franche dis­cus­sion pour ne pas s’ar­rê­ter à un mal­en­ten­du alors que nous visons tous les deux la même chose, et ça je n’en doute même pas 🙂

    @ beo : Vous feriez presque pas­ser le FN pour un par­ti démo­crate, fal­lait oser !

    Yvan P.

    Réponse
  7. Morpheus

    @ Yvan

    Vous feriez presque pas­ser les par­tis poli­tiques pour des démo­crates. Fal­lait l’oser.

    🙂

    Je ne peux pas m’empêcher cette pique, parce que fran­che­ment, vous ten­dez la perche : vous croyez vrai­ment qu’un seul par­ti poli­tique soit réel­le­ment démo­cra­tique ? C’est une blague ! Aucun par­ti n’est démo­cra­tique, tous sont oli­gar­chiques, tous reposent sur l’é­lec­tion, tous veulent le pou­voir, tous ont quelques poli­chi­nelles qui veulent le pou­voir, tous sont men­teurs et tri­cheurs, tous sont de toute façon inféo­dés à ceux qui les financent. En tous cas, tous les « grands » par­tis (UMP – PS – VERTS – FN – FG).

    Bien sûr que le FN n’est pas démo­cra­tique. Mais les autres ne le sont pas non plus. Quand donc ces­se­rez-vous de jouer dans ce jeu de dupes ? Un jeu dont les règles sont de toute façon tru­quées, et le peuple sera tou­jours perdant.

    Mor­pheus

    Réponse
  8. JP

    Yvan,

    Étant moi même sym­pa­thi­sant de gauche, je pense que vous sous-esti­mez gran­de­ment l’ar­gu­men­taire des élec­teurs du FN.

    On peut avoir conscience du rap­port de force qui existe entre capi­tal et sala­riés, mais aus­si d’un but com­mun qui les unit, et sur­tout sans for­cé­ment voter à gauche, voire même en votant à droite, si ce n’est à l’ex­trême droite, sans par­ler de ne pas voter ou même de voter blanc.

    Enfin, on peut pen­ser que l’im­mi­gra­tion peut aug­men­ter le chô­mage et éga­le­ment vou­loir un sys­tème de retraite par répar­ti­tion, et même s’en­ga­ger dans un syn­di­cat de salariés.

    Moi-même sym­pa­thi­sant de gauche et défen­seur de l’i­dée d’une nou­velle consti­tu­tion, je suis par­fois séduit par cer­tains argu­ments de Le Pen.

    En bref, je pense dan­ge­reux et inexact les rac­cour­cis que vous faites quant à la pen­sée d’un élec­to­rat ; comme je pense trop étroit le lien que vous ten­dez entre l’é­lec­to­rat et son parti.

    J’es­père que je ne vous ai ni bles­sé ni vexé, mais que j’ai appor­té un contre-exemple utile à votre idée.

    JP

    Réponse
  9. Florence

    Comme cer­taines des exac­tions humaines ont l’air de se répé­ter, et comme il peut être bon de les rap­pe­ler (ou de les apprendre)…

     »« Sous Louis XIV, la Bre­tagne devint une « pos­ses­sion », ni plus ni moins que les Indes. Ministres et gou­ver­neurs ont de leur fonc­tion une notion simple comme le fouet : faire suer le bur­nous, obte­nir le bon compte d’hommes et d’argent qui se tra­dui­ra en états satis­fai­sants sur les bureaux du pou­voir cen­tral. Les dépenses de pres­tige ont épui­sé le Tré­sor : donc, au mépris des clauses de l’U­nion, on exige un impôt dont la Bre­tagne s’est rache­tée la veille par un énorme ver­se­ment for­fai­taire : on taxe, sans le consen­te­ment des Etats affo­lés, le tabac et le papier-tim­bré, pro­vo­quant une révolte qu’on réprime par un géno­cide ; la troupe reçoit un ordre, à chaque arbre son pen­du ; elle brûle, rase, pille, abat les clo­chers, détruit « en repré­sailles » tout un quar­tier de Rennes, efface de la carte tout vil­lage où on lui signale des gens aidant les rebelles ; tor­tures, dépor­ta­tions, galères, impu­ni­té du sou­dard cou­vert par ses chefs, eux-mêmes cou­verts par le « paci­fi­ca­teur », le duc de Chaulnes, la pro­vince est enfin matée ; on lève un nou­veau don de trois mil­lions et les mas­sacres recom­mencent. De tout cela, que dit le roi ? Rien : le colon n’a pas d’yeux ni d’oreilles.

    Le Soleil a aspi­ré la France. Mais cet immense appel, l’in­té­rêt, l’am­bi­tion, la mode, la fas­ci­na­tion même qu’exerce le monarque, toutes les rai­sons des his­to­riens ne suf­fisent pas à l’ex­pli­quer. Seule, la pri­va­tion d’his­toire en donne la mesure exacte.« »

    In Com­ment être Bre­ton, Mor­van Lebesque, 1970, Le Seuil, coll. Points, 1970, p. 60.
    Rap­pel du sous-titre livre de Lebesque : « Essai sur la démo­cra­tie française ».

    Et le style de l’au­teur ouvre à une lec­ture gou­lue, parole de lec­trice ! On n’est pas pas­sé par le Canard enchaî­né pour ennuyer le lec­teur, ni savoir ce qu’est l’information.

    Salut Hen­ri (G.), salut Mor­van (L.), salut Eric (H.) !!!!

    (Je vais peut-être avoir des idées d’in­sur­rec­tion moins paci­fistes après cela ? Je passe aux armes, piteuse bre­tonne d’i­gno­rance ? Sur­tout, non ! Le sang appelle le sang, et per­met toutes les pires légi­ti­ma­tions – par la « force » du pou­voir, tiens ! C’est per­du d’a­vance et ça gicle à tous les coups. Cou­rage, com­pa­gnons de Notre-Dame des-Landes ! L’His­toire conti­nue, grâce à vous, qui repre­nez, corps expo­sés et abî­més par les coups reçus, sa vitalité.)

    Un petit der­nier (extrait), à par­tir de 1914–18 ?

    « La Bre­tagne sor­tait de la guerre sai­gnée à blanc : deux fois fran­çaise en effet, 240 000 morts, le double pro­por­tion­nel­le­ment, du reste de la France. Sacri­fiée parce que rurale, et rurale parce que sacri­fiée. En plein essor indus­triel, un décret l’a­vait négli­gem­ment rui­née, l’o­bli­ga­tion d’u­ti­li­ser le mine­rai lor­rain, loin­tain et coû­teux, au lieu du mine­rai gal­lois tout proche. Ce dik­tat avait fixé son des­tin : elle vivait à cent lieues et cent ans de Paris. Tout en décou­lait, l’i­so­le­ment, la misère, l’é­mi­gra­tion mas­sive, la rési­gna­tion entre­te­nue par l’E­glise, une efroyable déper­son­na­li­sa­tion. Et le comble : l’ayant rui­née, on l’ins­ti­tuait men­diante ; il fal­lait quelle dise mer­ci. Comme on enseigne au pauvre qu’il doit bénir ceux qui l’ont fait pauvre, on sub­sti­tuait une fata­li­té à un sys­tème (…). » (pp.33–34)

    Et ceci qui me fas­cine quelque peu (car je suis igno­rante du pas­sé de ma « pro­vince », comme il se doit, et si je me soigne) :

    « Sait-on que le la Bre­tagne fut le pre­mier pays d’Eu­rope à abo­lir le ser­vage – règne d’A­lan Roe­breiz – et à per­mettre aux pay­sans (1070) l’ac­cès à la pro­prié­té rurale ? » (p. 48)

    La féo­da­li­té bre­tonne à étu­dier, à faire connaître… non comme modèle, mais pour trou­ver l’ex­pli­ca­tion de phé­no­mènes d’é­man­ci­pa­tion humaine réa­liste et his­to­rique, et exa­mi­ner des échelles d’or­ga­ni­sa­tion et / ou d’ad­mi­nis­tra­tion valeu­reuses pour une démo­cra­tie véri­table ? Kena­vo (au revoir).

    Pour une pré­sen­ta­tion de Lebesque : page 6, du docu­ment suivant.

    http://​www​.fes​ti​val​du​livre​-carhaix​.org/​2​0​1​2​/​p​d​f​/​g​l​b​_​j​o​u​r​n​a​l​_​2​0​1​2​.​pdf

    Réponse
  10. Étienne

    Cher Yvan,

    Je n’a­vais sen­ti aucune haine de votre part, effec­ti­ve­ment, et je pen­sais à un autre lec­teur quand je par­lais de « haine nais­sante », un autre que j’aime bien et qui est en train, je le crains, de m’ex­po­ser moi-même (dans sa tête) à la CONTAGION, sinon de la haine au moins de la détes­ta­tion d’un par­ti haï par lui ; conta­gion pour le crime-de-la-pen­sée de ne pas haïr le-par­ti-qu’il-faut-haïr.

    Ça me fait pen­ser, bien sûr, à Big Bro­ther —Orwell, « 1984 »— qui impose à tout le monde de se réunir fré­quem­ment pour « les Deux Minutes de la Haine » (sic) : tous les jours, devant un télé­cran quel­conque (tous les télé­crans dif­fusent tous la même chose : les Deux Minutes de la Haine sont donc inévi­tables, tous les jours), on se regroupe pour éruc­ter, trans­pi­rer, rou­gir, beu­gler, contre « Gold­stein » (qui dit le plus grand mal du sys­tème, qui dit que la résis­tance s’or­ga­nise, qui défend la liber­té, la véri­té, la paix, etc.), l’en­ne­mi public mon­tré et poin­té du doigt par Big Bro­ther comme « ter­ro­riste », cause pré­ten­due de la guerre per­ma­nente. Et ceux qui n’o­béissent pas à cette police de la pen­sée (qui impose qui haïr et qui aimer) sont « vapo­ri­sés » : ils dis­pa­raissent entiè­re­ment, sans lais­ser la moindre trace : les archives sont régu­liè­re­ment net­toyées pour que l’his­toire ne puisse pas ser­vir à orga­ni­ser une résistance.

    J’ai hor­reur qu’on m’in­ti­mide pour que je pense ceci ou pour que j’ar­rête de pen­ser cela. D’ailleurs, quand on essaie de m’in­ter­dire quelque chose, j’ai très envie de le faire quand même (plus qu’a­vant), ne serait-ce que pour mar­quer ma liber­té d’ex­pres­sion, natu­rel­le­ment. L’es­prit des Lumières, pré­ci­sé­ment, ce serait de res­pec­ter (vrai­ment) mon libre-arbitre : relire Kant, ci-des­sus. Et la tolé­rance ÉLÉMENTAIRE inter­dit évi­dem­ment de dia­bo­li­ser les mili­tants et les élec­teurs du FN —et qui que ce soit, d’ailleurs— comme le fait pour­tant la gauche. Il n’est donc pas cer­tain que les huma­nistes auto­pro­cla­més (mais qui ostra­cisent le FN — et tous ceux qui osent par­ler du FM sans médire) soient dignes du « cri de guerre des Lumières », qu’ils reven­diquent pour­tant bruyam­ment : rai­son, tolé­rance, huma­nisme 😉 Je taquine, pardonnez-moi.

    Si les mili­tants de gauche (dont je fais par­tie, mais avec mes méthodes à moi) sont si sûrs d’eux dans leurs rai­sons de haïr le FN, qu’ils osent en débattre publi­que­ment : allez donc accu­ser Soral, Le Pen ou un autre 1) de ne pas défendre le bien com­mun et 2) d’être fas­ciste…, et lais­sez-le se défendre publi­que­ment, dans une hon­nête contro­verse… On ver­ra bien ce que ça don­ne­ra. Mais « l’a­vant-garde éclai­rée » ne fait pas comme ça : pas de débat, sur­tout ! avec le camp d’en face… On l’ac­cuse des pires maux, avec les plus gros mots qui soient, par amal­game avec d’autres auteurs éti­que­tés « atroces », et on se dis­pense d’en­tendre la défense de l’ac­cu­sé dans un débat contra­dic­toire normal. 

    Je trouve cette façon de faire (très) peu conforme à (l’i­dée que je me fais de) l’es­prit des Lumières. 

    Et, pour avoir dit ça, juste ça, je m’at­tends à être à mon tour vili­pen­dé (et bien­tôt haï ?)… Pour ce simple appel à des débats contra­dic­toires et équi­tables (appel qui sera sans doute pré­sen­té, pur men­songe, comme une prise de posi­tion en faveur du par­ti-qu’il-faut-abso­lu­ment-haïr)… La liber­té d’ex­pres­sion semble mal bar­rée en France ; Chom­sky lui-même en parle dans ces termes, il me semble.

    En tout cas, ce qui me plaît dans le tra­vail de Marion Sigaut, c’est qu’elle cherche dans les archives (plu­tôt que dans les livres de l’His­toire Offi­cielle), qu’elle débou­lonne les sta­tues dites incon­tes­tables quand elle le juge néces­saire, et qu’on peut la contre­dire quand on n’est pas d’ac­cord (ce qui est mon cas sur quelques points) : elle accepte la contro­verse et ain­si, on peut progresser.

    Ami­tiés à tous 🙂

    Étienne.

    O’Brien, à ce moment, regar­da son bra­ce­let-montre, vit qu’il était près de onze heures et déci­da, de toute évi­dence, de res­ter dans le Com­mis­sa­riat aux Archives jus­qu’à la fin des Deux Minutes de la Haine. Il prit une chaise sur le même rang que Wins­ton, deux places plus loin. Une petite femme rousse, qui tra­vaillait dans la cel­lule voi­sine de celle de Wins­ton, les sépa­rait. La fille aux che­veux noirs était assise immé­dia­te­ment der­rière eux.

    Un ins­tant plus tard, un hor­rible cris­se­ment, comme celui de quelque mons­trueuse machine tour­nant sans huile, écla­ta dans le grand télé­cran du bout de la salle. C’é­tait un bruit à vous faire grin­cer des dents et à vous héris­ser les che­veux. La Haine avait commencé.

    Comme d’ha­bi­tude, le visage d’Em­ma­nuel Gold­stein, l’En­ne­mi du Peuple, avait jailli sur l’é­cran. Il y eut des coups de sif­flet çà et là dans l’as­sis­tance. La petite femme rousse jeta un cri de frayeur et de dégoût. Gold­stein était le rené­gat et le traître. Il y avait long­temps (com­bien de temps, per­sonne ne le savait exac­te­ment) il avait été l’un des meneurs du Par­ti presque au même titre que Big Bro­ther lui-même. Il s’é­tait enga­gé dans une acti­vi­té contre-révo­lu­tion­naire, avait été condam­né à mort, s’é­tait mys­té­rieu­se­ment échap­pé et avait disparu. 

    Le pro­gramme des Deux Minutes de la Haine variait d’un jour à l’autre, mais il n’y en avait pas dans lequel Gold­stein ne fût la prin­ci­pale figure. Il était le traître fon­da­men­tal, le pre­mier pro­fa­na­teur de la pure­té du Par­ti. Tous les crimes sub­sé­quents contre le Par­ti, tra­hi­sons, actes de sabo­tage, héré­sies, dévia­tions, jaillis­saient direc­te­ment de son ensei­gne­ment. Quelque part, on ne savait où, il vivait encore et our­dis­sait des conspi­ra­tions. Peut-être au-delà des mers, sous la pro­tec­tion des maîtres étran­gers qui le payaient. Peut-être, comme on le mur­mu­rait par­fois, dans l’O­céa­nia même, en quelque lieu secret.

    Le dia­phragme de Wins­ton s’é­tait contrac­té. Il ne pou­vait voir le visage de Gold­stein sans éprou­ver un pénible mélange d’é­mo­tions. C’é­tait un mince visage de Juif, lar­ge­ment auréo­lé de che­veux blancs vapo­reux, qui por­tait une bar­biche en forme de bouc, un visage intel­li­gent et pour­tant mépri­sable par quelque chose qui lui était propre, avec une sorte de sot­tise sénile dans le long nez mince sur lequel, près de l’ex­tré­mi­té, était per­chée une paire de lunettes. Ce visage res­sem­blait à celui d’un mou­ton, et la voix, elle aus­si, était du genre bêlant. Gold­stein débi­tait sa veni­meuse attaque habi­tuelle contre les doc­trines du Par­ti. Une attaque si exa­gé­rée et si per­verse qu’un enfant aurait pu la per­cer à jour, et cepen­dant juste assez plau­sible pour emplir cha­cun de la crainte que d’autres, moins bien équi­li­brés pussent s’y lais­ser prendre. Gold­stein insul­tait Big Bro­ther, dénon­çait la dic­ta­ture du Par­ti, exi­geait l’im­mé­diate conclu­sion de la paix avec l’Eu­ra­sia, défen­dait la liber­té de par­ler, la liber­té de la presse, la liber­té de réunion, la liber­té de pen­sée. Il criait hys­té­ri­que­ment que la révo­lu­tion avait été tra­hie, et cela en un rapide dis­cours poly­syl­la­bique qui était une paro­die du style habi­tuel des ora­teurs du Par­ti et com­pre­nait même des mots nov­langue, plus de mots nov­langue même qu’au­cun ora­teur du Par­ti n’au­rait nor­ma­le­ment employés dans la vie réelle. 

    Et pen­dant ce temps, pour que per­sonne ne pût dou­ter de la réa­li­té de ce que recou­vrait le boni­ment spé­cieux de Gold­stein, der­rière sa tête, sur l’é­cran, mar­chaient les colonnes sans fin de l’ar­mée eur­asienne, rang après rang d’hommes à l’as­pect robuste, aux visages inex­pres­sifs d’A­sia­tiques, qui venaient débou­cher sur l’é­cran et s’é­va­nouis­saient, pour être immé­dia­te­ment rem­pla­cés par d’autres exac­te­ment sem­blables. Le sourd mar­tè­le­ment ryth­mé des bottes des sol­dats for­mait l’ar­rière-plan de la voix bêlante de Goldstein.

    Avant les trente secondes de la Haine, la moi­tié des assis­tants lais­sait échap­per des excla­ma­tions de rage. Le visage de mou­ton satis­fait et la ter­ri­fiante puis­sance de l’ar­mée eur­asienne étaient plus qu’on n’en pou­vait sup­por­ter. Par ailleurs, voir Gold­stein, ou même pen­ser à lui, pro­dui­sait auto­ma­ti­que­ment la crainte et la colère. Il était un objet de haine plus constant que l’Eu­ra­sia ou l’Es­ta­sia, puisque lorsque l’O­céa­nia était en guerre avec une de ces puis­sances, elle était géné­ra­le­ment en paix avec l’autre. 

    Mais l’é­trange était que, bien que Gold­stein fût haï et mépri­sé par tout le monde, bien que tous les jours et un mil­lier de fois par jour, sur les estrades, aux télé­crans, dans les jour­naux, dans les livres, ses théo­ries fussent réfu­tées, écra­sées, ridi­cu­li­sées, que leur pitoyable sot­tise fût expo­sée aux regards de tous, en dépit de tout cela, son influence ne sem­blait jamais dimi­nuée. Il y avait tou­jours de nou­velles dupes qui atten­daient d’être séduites par lui. Pas un jour ne se pas­sait que des espions et des sabo­teurs à ses ordres ne fussent démas­qués par la Police de la Pen­sée. Il com­man­dait une grande armée téné­breuse, un réseau clan­des­tin de conspi­ra­teurs qui se consa­craient à la chute de l’É­tat. On croyait que cette armée s’ap­pe­lait la Fra­ter­ni­té. Il y avait aus­si des his­toires que l’on chu­cho­tait à pro­pos d’un livre ter­rible, résu­mé de toutes les héré­sies, dont Gold­stein était l’au­teur, et qui cir­cu­lait clan­des­ti­ne­ment çà et là. Ce livre n’a­vait pas de titre. Les gens s’y réfé­raient, s’ils s’y réfé­raient jamais, en disant sim­ple­ment le livre. Mais on ne savait de telles choses que par de vagues rumeurs. Ni la Fra­ter­ni­té, ni le livre, n’é­taient des sujets qu’un membre ordi­naire du Par­ti men­tion­ne­rait s’il pou­vait l’éviter.

    À la seconde minute, la Haine tour­na au délire. Les gens sau­taient sur place et criaient de toutes leurs forces pour s’ef­for­cer de cou­vrir le bêle­ment affo­lant qui venait de l’é­cran. Même le lourd visage d’O’­Brien était rouge. Il était assis très droit sur sa chaise. Sa puis­sante poi­trine se gon­flait et se contrac­tait comme pour résis­ter à l’as­saut d’une vague. La petite femme aux che­veux roux avait tour­né au rose vif, et sa bouche s’ou­vrait et se fer­mait comme celle d’un pois­son hors de l’eau. La fille brune qui était der­rière Wins­ton criait : « Cochon ! Cochon ! Cochon ! » Elle sai­sit sou­dain un lourd dic­tion­naire nov­langue et le lan­ça sur l’é­cran. Il attei­gnit le nez de Gold­stein et rebon­dit. La voix conti­nuait, inexorable. 

    Dans un moment de luci­di­té, Wins­ton se vit criant avec les autres et frap­pant vio­lem­ment du talon contre les bar­reaux de sa chaise. L’hor­rible, dans ces Deux Minutes de la Haine, était, non qu’on fût obli­gé d’y jouer un rôle, mais que l’on ne pou­vait, au contraire, évi­ter de s’y joindre. Au bout de trente secondes, toute feinte, toute déro­bade deve­nait inutile. Une hideuse extase, faite de frayeur et de ran­cune, un désir de tuer, de tor­tu­rer, d’é­cra­ser des visages sous un mar­teau, sem­blait se répandre dans l’as­sis­tance comme un cou­rant élec­trique et trans­for­mer cha­cun, même contre sa volon­té, en un fou voci­fé­rant et grimaçant.

    Mais la rage que res­sen­tait cha­cun était une émo­tion abs­traite, indi­recte, que l’on pou­vait tour­ner d’un objet vers un autre comme la flamme d’un pho­to­phore. Ain­si, à un moment, la haine qu’é­prou­vait Wins­ton n’é­tait pas du tout diri­gée contre Gold­stein, mais contre Big Bro­ther, le Par­ti et la Police de la Pen­sée. À de tels ins­tants, son cœur allait au soli­taire héré­tique bafoué sur l’é­cran, seul gar­dien de la véri­té et du bon sens dans un monde de mensonge. 

    Pour­tant, l’ins­tant d’a­près, Wins­ton était de cœur avec les gens qui l’en­tou­raient et tout ce que l’on disait de Gold­stein lui sem­blait vrai. Sa secrète aver­sion contre Big Bro­ther se chan­geait alors en ado­ra­tion. Big Bro­ther sem­blait s’é­le­ver, pro­tec­teur invin­cible et sans frayeur dres­sé comme un roc contre les hordes asia­tiques. Gold­stein, en dépit de son iso­le­ment, de son impuis­sance et du doute qui pla­nait sur son exis­tence même, sem­blait un sinistre enchan­teur capable, par le seul pou­voir de sa voix, de bri­ser la struc­ture de la civilisation.

    On pou­vait même, par moments, tour­ner le cou­rant de sa haine dans une direc­tion ou une autre par un acte volon­taire. Par un violent effort ana­logue à celui par lequel, dans un cau­che­mar, la tête s’ar­rache de l’o­reiller, Wins­ton réus­sit sou­dain à trans­fé­rer sa haine, du visage qui était sur l’é­cran, à la fille aux che­veux noirs pla­cée der­rière lui. (…)

    La Haine était là, à son paroxysme. La voix de Gold­stein était deve­nue un véri­table bêle­ment de mou­ton et, pour un ins­tant, Gold­stein devint un mou­ton. Puis le visage de mou­ton se fon­dit en une sil­houette de sol­dat eur­asien qui avan­ça, puis­sant et ter­rible dans le gron­de­ment de sa mitrailleuse et sem­bla jaillir de l’é­cran, si bien que quelques per­sonnes du pre­mier rang recu­lèrent sur leurs sièges. 

    Mais au même ins­tant, ce qui pro­vo­qua chez tous un pro­fond sou­pir de sou­la­ge­ment, la figure hos­tile fut rem­pla­cée, en fon­du, par le visage de Big Bro­ther, aux che­veux et à la mous­tache noirs, plein de puis­sance et de calme mys­té­rieux, et si large qu’il occu­pa presque tout l’é­cran. Per­sonne n’en­ten­dit ce que disait Big Bro­ther. C’é­taient sim­ple­ment quelques mots d’en­cou­ra­ge­ment, le genre de mots que l’on pro­nonce dans le fra­cas d’un com­bat. Ils ne sont pas pré­ci­sé­ment dis­tincts, mais ils res­taurent la confiance par le fait même qu’ils sont dits. Le visage de Big Bro­ther dis­pa­rut ensuite et, à sa place, les trois slo­gans du Par­ti s’ins­cri­virent en grosses majuscules :

    LA GUERRE C’EST LA PAIX
    LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
    L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

    Mais le visage de Big Bro­ther sem­bla per­sis­ter plu­sieurs secondes sur l’é­cran, comme si l’im­pres­sion faite sur les rétines était trop vive pour s’ef­fa­cer immé­dia­te­ment. La petite femme aux che­veux roux s’é­tait jetée en avant sur le dos d’une chaise. Avec un mur­mure trem­blo­tant qui son­nait comme « Mon Sau­veur », elle ten­dit les bras vers l’é­cran. Puis elle cacha son visage dans ses mains. Elle priait.

    L’as­sis­tance fit alors écla­ter en chœur un chant pro­fond, ryth­mé et lent : B‑B !…B‑B !…B‑B !… — encore et encore, très len­te­ment, avec une longue pause entre le pre­mier « B » et le second. C’é­tait un lourd mur­mure sonore, curieu­se­ment sau­vage, der­rière lequel sem­blaient reten­tir un bruit de pieds nus et un bat­te­ment de tam-tams. Le chant dura peut-être trente secondes. C’é­tait un refrain que l’on enten­dait sou­vent aux moments d’ir­ré­sis­tible émo­tion. C’é­tait en par­tie une sorte d’hymne à la sagesse et à la majes­té de Big Bro­ther, mais c’é­tait, plus encore, un acte d’hyp­nose per­son­nelle, un étouf­fe­ment déli­bé­ré de la conscience par le rythme. Wins­ton en avait froid au ventre. 

    Pen­dant les Deux Minutes de la Haine, il ne pou­vait s’empêcher de par­ta­ger le délire géné­ral, mais ce chant sous-humain de « B‑B !… B‑B !… » l’emplissait tou­jours d’hor­reur. Natu­rel­le­ment il chan­tait avec les autres. Il était impos­sible de faire autre­ment. Dégui­ser ses sen­ti­ments, maî­tri­ser son expres­sion, faire ce que fai­saient les autres étaient des réac­tions ins­tinc­tives. Mais il y avait une couple de secondes durant les­quelles l’ex­pres­sion de ses yeux aurait pu le tra­hir. C’est exac­te­ment à ce moment-là que la chose signi­fi­ca­tive arri­va — si, en fait, elle était arrivée. (…)

    Source : George Orwell, « 1984 » (1950).

    Réponse
  11. Yvan

    @ JP : Non, je vous ras­sure, aucune bles­sure appa­rente (il en fau­drait bien plus pour me vexer) 😉

    « on peut pen­ser que l’im­mi­gra­tion peut aug­men­ter le chô­mage et éga­le­ment vou­loir un sys­tème de retraite par répartition »

    …une retraite réser­vée aux fran­çais de France ?! Oh mais ça je n’en doute pas !

    Déso­lé mais je ne crois pas une seconde en un pos­sible com­pro­mis entre ces deux oppo­sés poli­tiques. Je n’ai jamais vu le FN défi­ler dans la rue avec la CGT pour sou­te­nir les tra­vailleurs. Des éga­rés qui votent FN, il y en a for­cé­ment dans ces manifs, vu qu’au­cune gauche ne les défend plus depuis 30 ans… mais ce n’est sur­ement pas l’ex­trême droite qui sou­tient les tra­vailleurs et leurs droits (pour eux c’est « non à la bour­geoi­sie mon­diale pour plus de bour­geoi­sie natio­nale »). À moins qu’on soit assez naïf pour consi­dé­rer le FN comme un par­ti socia­liste, ou défen­dant les tra­vailleurs, mais ça, seuls les mili­tants ou les élec­teurs les plus éga­rés le croient (car force est de consta­ter que leur par­ti se moque bien du sort des syn­di­cats… ils seraient même ravis de les voir dis­pa­raître, mais si les plus cré­dules ne voient même pas cela, alors c’est triste).

    Et dites-moi si je me trompe, mais les argu­ments qui vous séduisent chez Le Pen sont cer­tai­ne­ment les argu­ments que vous trou­vez déjà à gauche, non ?

    Je n’ai jamais nié que le FN avait de bons argu­ments, par­fois… quand on écoute Jean-Marine par­ler de la dette publique par exemple, on pour­rait être séduit en effet, mais c’est bien triste de réduire un pro­jet poli­tique à un dis­cours si facile de nos jours (tout le monde remet la dette en cause à part l’UMP et le P$). Dire que le FN « a de bons argu­ments » sous pré­texte de quelques dis­cours qui ne sont pas ridi­cules (natio­na­li­ser les banques, restruc­tu­rer la dette, etc) c’est faire abs­trac­tion des idées por­tées par ce cou­rant poli­tique… sans le com­pa­rer au nazis (qui sont d’un autre temps, une autre époque, alors ce serait ridi­cule) on peut faci­le­ment se méfier des cou­rants de pen­sée se reven­di­quant du « natio­nal-socia­lisme » ou du natio­na­lisme tout court !

    M’en­fin, libre à cha­cun de croire en la « moder­ni­sa­tion » du FN, comme si la forme (la fille à papa) avait chan­gé quelque chose dans le fond (les idées nau­séa­bondes et les méthodes peu hono­rables des « bour­geois-cathos » qui dirigent ce par­ti ou les nom­breux grou­pus­cules « iden­ti­taires » qui gra­vitent autour).

    @ Mor­pheus : Selon vous, seuls les par­tis poli­tiques (ou mou­ve­ments du même genre, y com­pris les regrou­pe­ments de liber­taires anti-par­ti) de 10 ou 100 per­sonnes sont démo­cra­tiques et hon­nêtes ? Il est donc impos­sible d’i­ma­gi­ner la démo­cra­tie à plus de 100, ou 1000 ? (quelle est la limite selon vous ?)

    Ah mais bien sûr, un par­ti dont les idées ras­semblent des mil­lions de vos conci­toyens, c’est for­cé­ment un par­ti mani­pu­la­teur, et encore des mil­lions de mou­tons qui ne com­prennent rien à la politique ?

    Quand vais-je sor­tir de ce jeu de dupe ?… je n’sais pas… mais je vous encou­rage à croire en autre chose qu’en l’i­déa­lisme d’une révolte désor­don­née mais paci­fique (ou pas) qui serait éman­ci­pa­trice pour le peuple, ou une démo­cra­tie qui naî­trait de je-ne-sais-quel miracle issu d’un regrou­pe­ment d’i­déa­listes pas­sifs qui attendent que ça arrive tout seul.

    Si vous pen­sez que c’est en ne croyant en rien, à part en vous-même (et ceux qui pensent comme vous), que les choses chan­ge­ront un jour dans l’in­té­rêt des peuples, alors je vous sou­haite bien du cou­rage dans votre quête du bonheur.

    Quant à moi, plus prag­ma­tique (peut-être à tort, c’est pos­sible), je reste per­sua­dé que c’est en uti­li­sant les outils et ins­ti­tu­tions poli­tiques à notre dis­po­si­tion que nous pour­rons les faire évo­luer dans le bon sens, comme l’ont fait nos frères lati­nos récemment.

    Ce n’est sur­ement pas en atten­dant le chaos social que l’on construit l’avenir.

    Au lieu de regar­der juste devant vous, je vous invite plu­tôt à étu­dier ce qui se déroule ailleurs dans le monde, dans les pays qui se sont libé­rés des poli­tiques néo­li­bé­rales et qui aujourd’­hui, tant bien que mal dans leur contexte, s’é­man­cipent sur le plan éco­no­mique et poli­tique (avec des consti­tu­tions dont on devrait être jaloux… mais non, c’est tel­le­ment plus simple de cri­ti­quer ceux qui y croient, et d’at­tendre que tout change par l’o­pé­ra­tion du saint-esprit… n’est-ce pas ?)! Les révo­lu­tions citoyennes, voi­là qui donne de l’es­poir, au lieu d’at­tendre le pire en espé­rant que ce sera mieux après.

    C’est mar­rant tous ces gens qui espèrent une vraie démo­cra­tie (ima­gi­nant que celle-ci abo­li­rait les par­tis, alors que ce serait tout l’in­verse) sans même avoir conscience de ce que repré­sente la poli­tique et la lutte que cela impose au quo­ti­dien sur le ter­rain (auprès des ins­ti­tu­tions et des autres citoyens actifs). Ne croyez pas que c’est en criant votre indi­gna­tion sur Inter­net que les choses chan­ge­ront. Com­pre­nez plu­tôt que c’est en s’im­pli­quant mas­si­ve­ment dans les luttes locales qu’on pour­ra peut-être espé­rer ren­ver­ser l’ordre des choses un jour… car si votre objec­tif est d’at­tendre une démo­cra­tie réelle avant de vous empa­rer un peu de la poli­tique, au lieu de cher­cher à construire cette démo­cra­tie autour de vous avec les gens qui s’im­pliquent déjà pour résis­ter face à l’ordre éta­bli (car nous ne sommes pas en dic­ta­ture non plus)… alors vous pour­rez attendre long­temps. Je reste pour ma part un mili­tant actif, non pas un mili­tant de par­ti (puisque je n’ai aucune carte, même si je sou­tiens ce ras­sem­ble­ment qu’est le FdG) et je milite sur tous les fronts (audit de la dette, retour de l’eau en régie publique, pro­mo­tion du reve­nu de base en Europe, etc) en allant à la ren­contre des élus, en met­tant le nez dans les affaires des col­lec­ti­vi­tés (car on en a le droit, bien heu­reu­se­ment encore) ou en orga­ni­sant des débats publics… tout sim­ple­ment car j’es­time qu’il est absurde d’at­tendre que les choses changent sans même essayer de les chan­ger soi-même… et la poli­tique ne se résume pas à des débats sur Inter­net. La poli­tique se pra­tique dans les espaces dédiés à cela, pas seule­ment au café du com­merce (même si c’est impor­tant aus­si, je ne le nie pas, et j’en­cou­rage le débat popu­laire même, par­tout et tout le temps) 😉

    Yvan P.

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  12. Luc Guthrie

    Étienne, je sais à quel point le temps te manque. Ain­si, je serai bref : 

    ça fai­sait 40 ans (au moins!!) que j’essayais de com­prendre le monde dans lequel je vis. 
    Et Dieu sait (comme on dit) à quel point mon ques­tion­ne­ment était prégnant. 
    Ain­si, par ta force intel­lec­tuelle et par ta force d’âme (comme on dit), tu es deve­nu, que tu le veuilles ou pas, citoyen indispensable. 

    Mer­ci.

    Réponse
  13. Morpheus

    @ Yvan

    Le truc, Yvan, c’est que des mil­liers (des mil­lions ?) de per­sonnes, sans doutes sin­cères (au moins au début) ont fait exac­te­ment comme vous, et ont rai­son­né de la même manière en se disant « réa­listes » et en expli­quant qu’elles vou­laient uti­li­ser les ins­ti­tu­tions telles qu’elles existent pour les faire chan­ger de l’intérieur.

    Le hic, et on le voit bien (sauf à avoir de la merde sur les lunettes), c’est que cela ne marche pas, et cela depuis au moins deux cent ans de pré­ten­due >démo­cra­tie repré­sen­ta­tive< consti­tuée de par­tis poli­tiques eux-mêmes pré­ten­du­ment représentatifs.

    Vous vous faites abu­ser (ou vous vous abu­sez vous-même), j’en ai la pro­fonde convic­tion. Mais seule l’ex­pé­rience pour­ra peut-être vous en convaincre, j’en ai bien conscience. Pas mon intime convic­tion ni le plus sin­cère plai­doyer de ma part, fut-il per­ti­nent. Au final, seule l’ex­pé­rience est vraie.

    « Le prin­ci­pal secret du gou­ver­ne­ment consiste à affai­blir l’es­prit public, au point de le dés­in­té­res­ser com­plè­te­ment des idées et des prin­cipes avec les­quels on fait aujourd’­hui les révo­lu­tions. Dans tous les temps, les peuples comme les hommes se sont payés de mots. Les appa­rences leur suf­fisent presque tou­jours ; ils n’en demandent pas plus. On peut donc éta­blir des ins­ti­tu­tions fac­tices qui répondent à un lan­gage et à des idées éga­le­ment fac­tices ; il faut avoir le talent de ravir aux par­tis cette phra­séo­lo­gie libé­rale, dont ils s’arment contre le gou­ver­ne­ment. Il faut en satu­rer les peuples jus­qu’à la las­si­tude, jus­qu’au dégoût.

    On parle sou­vent aujourd’­hui de la puis­sance de l’o­pi­nion, je vous mon­tre­rai qu’on lui fait expri­mer ce qu’on veut quand on connaît bien les res­sorts cachés du pou­voir. Mais avant de son­ger à la diri­ger, il faut l’é­tour­dir, la frap­per d’in­cer­ti­tude par d’é­ton­nantes contra­dic­tions, opé­rer sur elle d’in­ces­santes diver­sions, l’é­blouir par toutes sortes de mou­ve­ments divers, l’é­ga­rer insen­si­ble­ment dans ses voies. Un des grands secrets du jour est de savoir s’emparer des pré­ju­gés et des pas­sions popu­laires, de manière à intro­duire une confu­sion de prin­cipes qui rend toute entente impos­sible entre ceux qui parlent la même langue et ont les mêmes inté­rêts. »

    Mau­rice Joly, dans son Dia­logue aux enfers entre Machia­vel et Mon­tes­quieu (1864)

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  14. Florence

    (Comme je ne sou­haite pas per­tur­ber outre mesure les pages du Plan C, mais valo­ri­ser cer­taines pen­sées qui lui sont com­plé­men­taires, je tiens à pré­ci­ser que les cita­tions que j’ai faites pré­cé­dem­ment résultent prin­ci­pa­le­ment du com­men­taire 5 d’Étienne dans le pré­sent débat, la ques­tion des par­tis y étant oubliée un moment. Mon com­men­taire aurait mieux pris place dans le billet anté­rieur – consa­cré à Éric Hazan et sa Révo­lu­tion fran­çaise -, mais il aurait d’au­tant plus ris­qué d’être balayé par les mon­ceaux d’in­for­ma­tion continue.

    La brève des­crip­tion des méthodes mafieuses d’Étienne m’a immé­dia­te­ment rap­pe­lé des heures noires de la Bre­tagne que décrit Mor­van Lebesque.

    Il ne s’a­git pas du Vene­zue­la, pas d’o­li­garques richis­simes contem­po­rains, mais la ter­reur la plus rava­geuse a été un moyen d’autres pou­voirs, et qui nous concernent au plus près, là où L’ABSTRACTION POLITIQUE com­mence à se faire un visage, sans encore com­plè­te­ment para­ly­ser l’ac­tion. Où l’on peut aus­si ima­gi­ner repen­ser l’E­tat « pro­tec­teur », une fois cette veine ouverte…* * car j’y reviens tout de suite…

    Juste pour que la négli­gence n’emporte pas trop Lebesque ! Que je recom­mande cha­leu­reu­se­ment (et atten­tion, on pour­ra lire des accu­sa­tions, désor­mais assez clas­siques pour l’au­teur de notre blog pré­fé­ré, à l’en­contre du « patriote » bre­ton. Il s’en explique lui aus­si, et super­be­ment à mes yeux, puis­qu’il semble qu’il faille sans cesse s’ex­pli­quer, tan­dis que nul ne sait ce qu’il advient de ses choix théo­riques et poli­tiques, en situa­tion réel­le­ment critique.)

    Réponse
  15. sitouaillain

    Il se trouve Mor­phéus, qu’en 1864, les par­tis étaient inter­dits, les ras­sem­ble­ment auto­nomes de citoyens sur­veillés. D’où la satire comme arme de combat.

    À mon avis, Yvan a rai­son, et il te suf­fit d’al­ler sur le site de la FASE, d’é­tu­dier leurs sta­tuts pour com­prendre qu’un ras­sem­ble­ment par­ti­san peut très bien être démo­cra­tique, tout en étant dans le FDG.

    on ne peut pas mettre tout les par­tis dans le même panier, sauf à faire preuve de paresse.

    Quand à Étienne, mes inter­ven­tions ne sont pas empreintes de haine, c’est toi qui pro­jette des choses et pose des éti­quettes, et je n’ac­cepte pas que tu cata­logue les gens comme tu le fais, c’est tout, et des débats, il y en a eu de pro­po­sés, ce sont les gens d’ex­trême droite qui refusent, der­nier épi­sode, l’at­ti­tude de M Le Pen face à mélen­chon dans une émis­sion de la cam­pagne présidentielle.

    Quand j’a­vais quinze ans je pen­sais comme toi, depuis j’ai che­mi­né, j’ai appris, je me suis confron­té à leurs idées j’ai ten­té les dia­logues, cour­tois et sans invec­tive ça n’est pas pos­sible avec des fana­tiques, qu’ils soient de LO, du FN, ultra­ca­tho ou inté­gristes musul­mans… il faut accep­ter que vu la socié­té dans laquelle on vit, ce qu’on pro­jette comme idéal n’existe pas dans le réel, il y a donc des gens qui ne veulent pas dia­lo­guer, qui ne sont pas prêts pour accueillir les argu­ments de l’autre et point.

    je ne t’ai jamais repro­ché de ne pas haïr le FN, mais j’ai aus­si le droit d’ex­pri­mer mes désac­cord sur tes pos­tures et j’ai le droit de croire que tu n’a pas tou­jours la luci­di­té poli­tique adé­quate au moment his­to­ri­co-social et de pen­ser que tu ne fais pas non plus tou­jours l’ef­fort de te mettre dans la tête des gens, pour com­prendre ce qu’ils veulent dire.

    j’ai aus­si le droit de consi­dé­rer que lire des archive avec des lunettes défor­mantes et une méthode d’ap­pren­ti cher­cheuse, ça ne vaut pas tri­pette.. mais là, c’est le cher­cheur en sciences humaines qui parle, mais comme citoyen tout de même.

    et d’ailleurs, au sujet de la cri­mi­na­li­té au Vene­zue­la, c’est mal­heu­reu­se­ment pas aus­si simple que ta vision le sug­gère, et il y a des niveaux d’ex­pli­ca­tion mul­tiples, suf­fi­sam­ment étayées pour qu’une pré­ten­due « mani­pu­la­tion par les riches » (encore une preuve de ta pro­pen­sion gênante à des inter­pré­ta­tions com­plo­tistes) soit à exclure comme hypo­thèse de départ… Bien enten­du, on ne parle pas des jeunes riches blancs qui passent la nuit et assas­sinent à coup de pierres les clo­chards, ces jeunes d’ex­trême droite, il faut bien enten­du dia­lo­guer avec eux car ils ont des idées inté­res­santes.… Non, on parle des jeunes défa­vo­ri­sés des bidon­villes, qui se trans­mettent toute une culture de la déviance, dont on pour­ra trou­ver des modèles iden­ti­fi­ca­toires dans l’ex­po­si­tion par l’in­dus­trie ciné­ma­to­gra­phique nord-amé­ri­caine, certes, mais c’est bien plus pro­fond que cela, ces jeunes ont leurs propres pra­tiques reli­gieuses, des codes d’hon­neurs par­ti­cu­lier, bref des traits idéo­lo­giques très ancrés qu’ils se sont construits dans un pro­ces­sus de socia­bi­li­sa­tion ado­les­cente, dans un contexte de désa­fillia­tion totale, du point de vue de la « socié­té » mais aus­si du point de vue de cer­tains socles anthro­po­lo­giques, très par­ti­cu­liers dans ces quar­tiers, où les grand mère élèvent les enfants issus de gros­sesses pré­coces, et ou la misère a fait son œuvre depuis des décennies,

    mal­gré les bonnes volon­tés du gou­ver­ne­ment, on ne règle pas ce genre de pro­blèmes en quelques années.. Tout juste en plu­sieurs géné­ra­tions, un peu comme la cor­rup­tion… D’ailleurs c’est leur gros pro­blème, la police est pour­rie de chez pourrie !

    En tout cas, là bas, toute une par­tie de ce que marx appel­lait le « lum­pen­pro­le­ta­riat, une large frange des gens « à l’aise », et une par­tie de gens pas­sifs ne par­ti­cipent pas au pro­ces­sus démo­cra­tique, ils ne font pas avan­cer le pays, ils ne sont pas 1%, à frei­ner, à mani­fes­ter, à ten­ter de pour­rir la vie au hon­nêtes citoyens ou à défendre becs et ongles leur bif­teck égoïste, ils sont beau­coup plus… Je veux bien que tu nour­risses le rêve que tout le monde dis­cute, et qu’on se mette d’ac­cord et bla et bla, mais ce sont des illu­sions, des chi­mères, et quand bien même, ça ne t’au­to­rise pas à dire à tout ceux qui s’en­gagent et qui ont eu à cœur de se nour­rir des expé­riences sécu­laires de lutte et de conscien­ti­sa­tion sur le ter­rain qu’ils auraient par défi­ni­tion l’es­prit fer­mé ou que ce sont des diviseurs,

    car mal­gré ce qu’on t’as mis dans la tête pour te rendre impuis­sant poli­ti­que­ment, mal­gré tout ton back­ground d’illu­sions démo­cra­tistes pro­pice à la légi­ti­ma­tion du régime en place et dont tu ne te rends encore pas compte, tes illu­sions una­ni­mistes et tes pré­ten­tions aux grands écarts, si tu ne prends pas en compte ces aver­tis­se­ments, ceux qui te pren­dront au mot et for­me­ront qqch qui res­semble à un par­ti pour faire avan­cer tes idées, auront eux à se col­ti­ner ces pro­blèmes et à y faire face… Pour le moment, la pos­ture les expose à des récu­pé­ra­tions faciles. Et pas besoin d’a­voir lu machia­vel pour le comprendre.

    Réponse
  16. Yvan

    __@ Mor­pheus :

    Votre vision défai­tiste de la poli­tique et de la révo­lu­tion se limite visi­ble­ment aux fron­tières de votre pays, ou au mieux, de l’Eu­rope. Vous men­tez tout sim­ple­ment (par igno­rance, ou mau­vaise foi ?) en affir­mant qu’on ne peut pas chan­ger la donne en uti­li­sant les urnes, comme si elles étaient le diable en per­sonne, comme si elles n’é­taient pas le meilleur moyen de recueillir l’a­vis d’une popu­la­tion de plu­sieurs Mil­lions d’ha­bi­tants. Mais puisque vous vous entê­tez à res­sor­tir inlas­sa­ble­ment vos idées reçues au lieu d’al­ler voir plus loin (de l’autre côté de l’At­lan­tique par exemple) on ne pour­ra visi­ble­ment pas en dis­cu­ter sérieusement.

    Je répète tout de même que c’est un men­songe d’af­fir­mer qu’au­cun peuple n’a réus­si à s’é­man­ci­per de l’é­li­tisme poli­tique via les urnes, et d’af­fir­mer que toutes les consti­tu­tions dans le monde seraient aux mains de l’o­li­gar­chie finan­cière (qui assiège l’Eu­rope actuel­le­ment, après s’être achar­née sur l’A­mé­rique latine des années durant). Mais je vous laisse attendre le déluge tout seul, si vous pen­sez que c’est la seule façon de chan­ger les choses 😉

    En atten­dant, pre­nez donc le temps de lire la consti­tu­tion que les véné­zué­liens ont adop­té il y a déjà plus de 10 ans au lieu de vous enfer­mer dans ce fata­lisme inutile. Les articles qui com­posent le Cha­pitre IV (dont le 68 et le 72 qui en disent déjà long) devraient vous aider à com­prendre pour­quoi je réfute l’af­fir­ma­tion qui tend à dire que « TOUTES les consti­tu­tions dans le monde sont biai­sées si on ne tire pas au sort la consti­tuante ». C’est faux, et on peut le démon­trer faci­le­ment, même si cela ne semble pas vous suf­fire (vous rétor­que­rez sur­ement que la France n’est pas le Vene­zue­la, ou je ne sais quoi encore, tant que ça vous per­met­tra de nier les faits que j’ex­pose pour­tant sans détour).

    Je ne dis pas que la poli­tique de Cha­vez est un modèle ou un idéal, mais le PSUV a fait chan­ger bien des choses depuis leur arri­vée au pou­voir, et c’est déjà bien mieux que ce qu’on a chez nous avec cette 5ème répu­blique archaïque qui nous donne (à tous) l’en­vie de vomir sur nos élus et dans les urnes, alors on s’in­flige d’i­gno­rer tout chan­ge­ment pos­sible via cette solu­tion pour­tant bien plus effi­cace que la révolte désor­ga­ni­sée et vio­lente (les véné­zué­liens ou les chi­liens auront long­temps ten­té de prendre les rues avant de com­prendre que cela ne menait nulle part, à part aux sang et aux larmes). Certes on vou­drait tout de suite plus plus plus, pas­ser de ce sys­tème poli­tique à une démo­cra­tie réelle (et encore, le veut-on vrai­ment, tous?). M’en­fin, tâchons déjà de faire un pas en avant, au lieu de rechi­gner bête­ment en espé­rant pou­voir un jour chan­ger le monde en atten­dant que ça se fasse tout seul. En refu­sant d’u­ti­li­ser les urnes pour ren­ver­ser l’ordre éta­bli, on fait tout sim­ple­ment le plus grand bon­heur de ceux qui en pro­fitent… car ne vous leur­rez pas, les élec­teurs dupés par leur pro­pa­gande vont bien voter, eux !

    Ne pas aller voter (ou voter blanc) c’est tout sim­ple­ment lais­ser un bou­le­vard à TF1 dans les urnes, voi­là tout. Et il est bien naïf de croire qu’on sera un jour assez nom­breux, et assez orga­ni­sés, pour reven­di­quer gen­ti­ment le pou­voir en le deman­dant autre­ment que par les ins­ti­tu­tions en place, des ins­ti­tu­tions que tout le monde consi­dère comme légi­times, et elles le sont puisque la loi est ain­si faite pour le moment (et c’est le res­pect de la loi qui donne, aux yeux de tous, de la légi­ti­mi­té à une action, ici une action politique).

    Les expé­riences tor­pillées en Islande ou en Tuni­sie nous démontrent qu’à côté des révo­lu­tions latines, les révoltes islan­daises et tuni­siennes (par les cas­se­roles ou par immo­la­tion, au choix) n’ont abou­ti à rien de com­pa­rable avec la consti­tu­tion que je vous donne en lien plus haut 😉

    Mais libres aux plus idéa­listes de croire que la démo­cra­tie pour­ra naître en affron­tant les forces de l’ordre. Je crois moi qu’il faut com­battre et défendre ses idées dans le débat public (et si notre consti­tu­tion nous limite à convaincre des citoyens à voter pour un can­di­dat, la démo­cra­tie ne pro­po­se­ra rien de plus que de convaincre nos conci­toyens éga­le­ment, dans le même débat public per­ma­nent… sauf que les débats seront arti­cu­lés autour de pro­jets locaux ou natio­naux sur des thèmes bien pré­cis, et non plus des débats autour de la per­son­ni­fi­ca­tion des can­di­dats et les idées qu’ils représentent).

    Bref, adop­ter une telle consti­tu­tion (comme celle du Vene­zue­la) en France per­met­trait de don­ner le goût de la poli­tique aux gens, dou­ce­ment mais sûre­ment… s’ils avaient la pos­si­bi­li­té de s’en empa­rer loca­le­ment déjà, de créer des assem­blées citoyennes qui auraient le droit et le pou­voir de par­ti­ci­per à la poli­tique locale, et natio­nale bien enten­du (via des débats publics bien plus larges). Mais aujourd’­hui on est bri­dé, c’est nous qui sommes ligo­tés (contrai­re­ment aux véné­zué­liens qui ont eux ligo­tés le pou­voir, en grande par­tie déjà), nous pou­vons donc juste regar­der nos élus faire ce que bon leur semble… et cela fini par géné­rer des Mil­lions de dépri­més comme vous qui ne croient plus en rien ni per­sonne, et qui se contentent de tout cri­ti­quer sans jamais faire avan­cer les choses finalement.

    Je dis « dépri­mé » car si votre pro­jet se résume à attendre une guerre civile en espé­rant que celle-ci engen­dre­ra de bonnes choses pour la petite plèbe, vous vous met­tez le doigt dans l’œil, je pense (enfin, sauf si vous avez « des lunettes sales », mais dans les deux cas vous ne voyez pas plus loin que vos préjugés).

    Nous ne sommes que spec­ta­teurs de la poli­tique, comme les véné­zué­liens, les équa­to­riens ou les boli­viens il y a quelques années à peine… mais ce n’est pas une fata­li­té, et ces peuples nous le prouvent. Et il est bien dom­mage de voir autant de fran­çais ne pas com­prendre ces révo­lu­tions citoyennes, car c’est bien par les urnes que les choses ont fina­le­ment chan­gé là-bas (après qu’ils se soient pris raclée sur raclée dans les rues, avec des mil­liers de morts qui ne croyaient plus en rien, comme vous, alors qu’il appa­raît bien plus effi­cace d’or­ga­ni­ser la révolte en uti­li­sant notre intel­li­gence dans les urnes, au lieu d’u­ti­li­ser notre sueur dans la rue pour rien).

    Je ter­mi­ne­rai en sou­li­gnant que vous avez une vision de la poli­tique bien pué­rile je trouve, qui tend à dire que tous les élus ou can­di­dats sont for­cé­ment tous pour­ris… alors que la plu­part des élus que je connais sont pas­sion­nés et sin­cères dans leur tra­vail de repré­sen­tant, et même des élus P$ (au niveau local, ils sont très loin d’être tous « pour­ris » ou car­rié­ristes… détrom­pez-vous, car la plu­part n’ont rien à voir avec les diri­geants de ces partis) !

    Et com­ment croyez-vous que pour­rait fonc­tion­ner une démo­cra­tie en France ?… Ce n’est pour­tant pas com­pli­qué : les débats publics, les par­tis (regrou­pant les mili­tants autour d’une même cause) et les urnes seront tou­jours pré­sentes. À moins que votre vision de la poli­tique, ce soit le pays des bisou­nours où cha­cun aime son pro­chain et où per­sonne n’a envie d’empiéter sur la liber­té des autres (?) 🙂

    Encore une fois : si le FdG s’ap­puie autant sur les expé­riences récentes (et tou­jours en mou­ve­ment) en Amé­rique du sud, c’est jus­te­ment car ils étaient dans la même situa­tion que nous, éco­no­mi­que­ment et poli­ti­que­ment (avec un bipar­tisme domi­nant depuis des décen­nies)… et tout nous encou­rage à croire qu’on ferait bien de faire comme eux. On ver­ra ensuite pour se cha­mailler et débattre sur l’a­gri­cul­ture, l’é­du­ca­tion, l’é­co­no­mie… quand on aura la consti­tu­tion près de nous.

    Yvan P.

    Réponse
  17. Yvan

    @ Étienne :

    je com­prends bien cette envie de vou­loir réunir pour la bonne cause (des causes). Mais c’est peine per­due car il parait bien impos­sible de gom­mer ce rap­port de force entre le capi­tal et le peuple… et croire que c’est pos­sible, c’est un peu ce que fait le P$ en ce moment, non ?

    C’est un rap­port de force inévi­table qu’il faut arrê­ter de vou­loir fuir, mais qui doit se résu­mer à un rap­port de force poli­tique via le débat et les affron­te­ments d’i­dées (le consen­sus c’est le contraire de la démo­cra­tie, car la démo­cra­tie c’est jus­te­ment le recherche de l’é­qui­libre du rap­port de force en poli­tique, non ? … alors on ne peut et il ne faut pas nier cette divi­sion per­ma­nente). N’ou­blions pas, au pas­sage, que le rap­port de force est assez inégal (entre nous et le capi­tal) donc vou­loir ten­ter d’é­qui­li­brer les choses, c’est pas utile je pense, car ça nous des­sert seule­ment (les riches ont bien assez de moyens comme ça face à nous, non ? … Alors pour­quoi faire pas­ser leurs alliés pour des « pas pires » ?). 
    À moins de croire que la poli­tique du FN irait dans le sens des pauvres, et de l’écologie ?

    Déso­lé, mais je ne suis pas de ceux qui se laissent endor­mir par l’i­dée que le FN serait anti-capi­ta­liste et/ou pour les travailleurs.

    Le FN c’est le main­tien de l’ordre éta­bli (capi­ta­lisme et éli­tisme) mais au niveau natio­nal, car ça les gonfle de voir par­tir à l’é­tran­ger les richesses qu’ils vou­draient s’ac­ca­pa­rer, tout en ver­rouillant les fron­tières par la même occa­sion (en stig­ma­ti­sant le moindre étran­ger car il vien­drait nous voler ou prendre le tra­vail des autres, les bons fran­çais, « de souches » bien enten­du)… Et croire, ou lais­ser croire, que ce par­ti cri­tique « le sys­tème » pour le bien du plus grand nombre et dans l’in­té­rêt géné­ral, c’est d’une naï­ve­té effrayante. Effrayante car c’est bien cette même naï­ve­té et ce dégoût de la poli­tique qui aura jeté l’Eu­rope dans les bras du natio­nal-socia­lisme dans les années 1930.

    Je n’ai pas besoin de deman­der à Soral ou Le Pen de s’ex­pli­quer sur leur convic­tion poli­tique, elle est bien claire. Pour­quoi chi­po­ter ? (et je n’ai qua­li­fié per­sonne de fas­ciste ici je crois)

    Quant au débat fron­tal, n’est-ce pas ce qu’a fait JLM en ridi­cu­li­sant MLP sur le pla­teau de France2 durant la présidentielle ?

    Bref, le FN est une plaie, tout comme l’UMP ou le P$ d’ailleurs (à moindre échelle ceux là, mais c’est aus­si vicieux fina­le­ment)… et lais­ser entendre qu’ils ont des choses à dire, alors qu’ils ne disent rien de plus que les autres (ou alors des men­songes que seuls les plus sim­plets ou les plus pres­sés croi­ront)… je ne vois pas l’intérêt.

    Et si le seul fait que le FN veuille quit­ter l’eu­ro (et l’UE) laisse croire qu’ils pro­posent une solu­tion inté­res­sante, c’est alors évin­cer l’é­vi­dence que Le Pen veut la créa­tion moné­taire pour elle, par pour nous. Alors on échan­ge­rait une banque cen­trale véro­lée contre une banque cen­trale véro­lée, mais natio­nale celle-là ?… ça fait rêver comme projet ^^

    EDIT : je vois, le temps de relire mon com­men­taire, que sitouaillain m’a devan­cé en rap­pe­lant cette ren­contre entre Le Pen et Mélen­chon durant la présidentielle.

    Yvan P.

    Réponse
  18. Vincent

    @ Étienne (à pro­pos de ton com­men­taire 10)

    Très curieuse émis­sion de Mer­met hier et j’at­tends la suite aujourd’­hui avec beau­coup d’impatience :
    http://​www​.la​-bas​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​618

    Dans cette ([modeste et] géniale) émis­sion, qu’on peut dif­fi­ci­le­ment qua­li­fier d’an­ti-gau­chiste, qu’entend-on ?

    La voix d’une can­di­date FN aux der­nières légis­la­tives. Elle a fait 33% et man­qué de peu l’é­lec­tion. C’est une voix douce, gen­tille, polie, bien loin du gros beauf blanc avi­né. Ses parents, ouvriers céve­nols, étaient de gauche. Comme elle, au début. Écou­tez-la. C’est com­pli­qué. Mer­met nous pré­vient, d’ailleurs. Il dit : nous qui par­lons au micro, nous qui sommes cen­sé savoir, il faut bien recon­naître que nous ne connais­sons qua­si­ment rien de cette « France pro­fonde ». C’est son expres­sion, à Mer­met… Il dit : il faut réflé­chir, beau­coup. Écou­tez cette émis­sion mais je trouve ça incroyable. C’est très nou­veau et très inté­res­sant d’en­tendre cette voix-là sur France Inter et chez Mer­met de sur­croît (pas si éton­nant après tout : c’est le signe de son intel­li­gence, au sens de curio­si­té, cou­rage de pen­sée). Impos­sible de pas­ser ce repor­tage le matin. Ima­gi­nez Pas­cale Clark : « On ne peut pas pas­ser ça à l’an­tenne, les gens ne vont plus rien com­prendre, le FN c’est des fachos, point barre ». Repen­sez à l’an­nu­la­tion de la visite d’É­tienne à l’U­to­pia. Tou­jours cette his­toire de confu­sion…

    À réen­tendre aus­si : le repor­tage de Vincent Josse sur Manu Lar­ce­net. Lar­ce­net qui raconte ses ori­gines punks, son enga­ge­ment et ses regrets aujourd’­hui d’a­voir « appris à ne pas pen­ser ». Et je me rap­pelle, lycéen dans la rue, à gueu­ler : Le Pen, facho ! Le peuple aura ta peau ! » Qu’est-ce qu’on a pu être con ! Lar­ce­net, qu’on peut dif­fi­ci­le­ment taxé de fas­ciste, qui s’ex­plique, il cite une phrase : « rien de ce qui est humain ne m’est étran­ger ». On repense à la conver­sa­tion que son per­son­nage du Com­bat ordi­naire a avec un ouvrier des chan­tiers navals qui vote FN, un col­lègue de son père qui vient de mou­rir et qui l’a connu, lui, tout jeune. Le gouffre qui les sépare. L’im­pos­si­bi­li­té de com­mu­ni­quer. Qu’est-ce qu’on a été con !

    Réponse
  19. Vincent

    Mais il faut que je m’ex­plique. Le mal­en­ten­du rode, gigantesque.

    Il ne s’a­git pas de dédoua­ner, en bloc, l’ex­trême droite. Il s’a­git de se récon­ci­lier, de consi­dé­rer les élec­teurs de l’ex­trême droite comme des êtres humains doués de rai­son, des voi­sins, des frères. Il s’a­git de tenir ensemble deux pro­po­si­tions et de n’en lâcher aucune :

    1) La menace fas­ciste per­ma­nente des iden­ti­taires, du natio­na­lisme, du repli sur soi et de la haine de l’autre.
    et
    2) L’é­coute de tous. L’é­coute véri­table, celle où l’on prend le risque d’être convaincu.

    Il s’a­git de com­prendre que la régu­la­ri­sa­tion en tant qu’ac­cueil de l’é­tran­ger qui fuit la pau­vre­té ou la menace est une valeur de gauche mais aus­si une reven­di­ca­tion du Medef et du capi­ta­lisme mon­dia­li­sé. Com­prendre la cohé­rence de Soral pas­sant du PCF au FN parce que, dans le cadre de la mon­dia­li­sa­tion, le patrio­tisme défend mieux l’in­té­rêt du tra­vailleur. Com­prendre l’al­liance objec­tive des « patriotes » et des com­mu­nistes contre l’Eu­rope néo-libérale.

    Pou­voir dire cela et dire aus­si ses désac­cords. Avec Soral par exemple : je suis pour la démo­cra­tie, quand il défend, au fond, une sorte de des­po­tisme éclai­ré. Je suis pour l’Eu­rope fédé­rale et la sou­ve­rai­ne­té des peuples (néces­si­té d’une démo­cra­tie véri­table) quand il défend la sou­ve­rai­ne­té de la France (qui n’est pour moi que la sou­ve­rai­ne­té d’une caste diri­geante fran­çaise à faire ce qu’elle juge bon pour le peuple fran­çais et qui ne vaut guère mieux que la tech­no­cra­tie bruxel­loise). Écou­ter les élec­teurs du Front, c’est être en capa­ci­té de leur par­ler. L’i­dée est de sub­sti­tuer à la sacro-sainte lutte contre l’ex­trême droite, la lutte contre tous les élec­to­ra­lismes, contre toutes les stigmatisations.

    Une fois pour toute, il n’y a pas les gen­tils d’un côté et les méchants de l’autre (les fachos ou patrons en tous genres). Je crois que c’est un petit désac­cord que j’en­tre­tiens avec Étienne. Je pense qu’il faut s’ef­for­cer de pen­ser le peuple comme un tout : les pauvres et les riches, tout le monde. Je pense qu’il ne faut pas confondre plou­to­cra­tie et repro­duc­tion des classes. À mes yeux, le sys­tème actuel est une méri­to­cra­tie inéga­li­taire. Un pauvre peut, de droit (et il y a quelques exemples), accé­der au pou­voir. C’est le logi­ciel de base des par­tis de gou­ver­ne­ment : amé­lio­rer cette méri­to­cra­tie qui leur semble être le régime le plus légi­time et le « moins pire ». Ils ont tort. Et je veux croire qu’ils ont tort parce qu’ils n’ont pas mis les yeux sur cette « amphore » qu’est le tirage au sort.

    Il y a, bien sûr, des lob­bys, des groupes béné­fi­ciant outra­geu­se­ment du sys­tème poli­tique en place, des com­plots pour main­te­nir l’ordre éta­bli et d’autres pour en ins­tau­rer un nou­veau. Bien sou­vent les gens qui appar­tiennent à ces orga­ni­sa­tions sont per­sua­dés d’exer­cer un réel pou­voir sur le cours des choses et c’est ma prin­ci­pale cri­tique à l’en­contre de tous les conspi­ra­tion­nismes : accor­der à ces gens tout le pou­voir qu’ils s’at­tri­buent eux-mêmes à tort. Je pré­fère Lor­don – non pas les agents du mal mais la force des struc­tures – et La Boétie.

    À pro­pos de ser­vi­tude volon­taire, de tous les fac­teurs expli­ca­tifs avan­cés, celui qui a ma pré­fé­rence est le choc des inté­rêts éco­no­miques ou la lutte des classes com­prise au niveau indi­vi­duel : il y a tou­jours pire que moi et toute remise à plat menace ce petit avan­tage. Et plu­tôt que de cher­cher à abo­lir (de manière illu­soire) la méca­nique de la ser­vi­tude volon­taire, il faut bien plu­tôt voir en quoi elle est l’al­liée fon­da­men­tale de la démo­cra­tie comme sys­tème poli­tique le plus stable.

    Réponse
  20. Morpheus

    @ Yvan

    Vous me faites dou­ce­ment rire à péro­rer que ce serait moi qui res­sasse inlas­sa­ble­ment les mêmes « idées reçues ».

    🙂

    Ce n’est en tout cas pas moi qui res­sasse inlas­sa­ble­ment que les par­tis et l’é­lec­tion sont « le meilleur moyen de recueillir l’a­vis d’une popu­la­tion de plu­sieurs Mil­lions d’ha­bi­tants » (idée reçue depuis +200 ans).

    Vous vous accro­chez à l’exemple Véné­zué­lien pour jus­ti­fier, encore, tou­jours, l’u­sage de l’é­lec­tion, le recours au par­tis, en trans­po­sant une situa­tion cultu­relle et sociale tota­le­ment dif­fé­rente de l’Eu­rope conti­nen­tale. Un exemple in-trans­po­sable chez nous. Qui plus est, votre exemple n’en est pas un, car même si Hugo Cha­vez se montre le défen­seur du peuple, ce n’est en aucun cas le recours à un dic­ta­teur éclai­ré qui éman­ci­pe­ra les peuples. Cha­vez n’a pas de suc­ces­seur, et je suis prêt à parier que lors­qu’il dis­pa­raî­tra, c’en sera finit du miracle social véné­zué­lien dont vous vous gar­ga­ri­sez (et je le regrette pour le peuple vénézuélien).

    Vous me trai­tez de men­teur, mais je vous retourne la poli­tesse : c’est vous qui men­tez – par igno­rance ou par mau­vaise foi – en affir­mant que des élec­tions ont éman­ci­pé les peuples. Où vous ne savez tout sim­ple­ment pas ce que signi­fie éman­ci­per poli­ti­que­ment un peuple, c’est-à-dire le rendre auto­nome, auquel cas c’est votre igno­rance qui vous mène à men­tir. Où vous êtes trop enga­gé dans votre mili­tan­tisme par­ti­san pour pou­voir faire marche arrière et accep­ter que vous vous êtes éga­ré, auquel cas vous êtes dans cette mau­vaise foi carac­té­ris­tique de l’é­tat agen­tique mon­tré dans l’ex­pé­rience de Milgram.

    Vous vou­lez uti­li­ser les urnes ? Vous me faites pitié. Même après la claque que le FdG s’est prise au der­nières élec­tions, vous per­sis­tez. Il vous est impos­sible de regar­der en face le pay­sage poli­tique déso­lant qui recon­duit, sys­té­ma­ti­que­ment, les mêmes au pou­voir. PS / UMP / PS / UMP. Vous ne voyez pas les tenailles de toutes les pinces poli­tiques et média­tiques qui ver­rouillent l’a­rène du pouvoir.

    Il y a un point où je suis d’ac­cord avec vous : « on ne pour­ra visi­ble­ment pas en dis­cu­ter sérieu­se­ment ». Dis­cu­ter sérieu­se­ment avec quel­qu’un qui voit le monde à tra­vers le monde illu­soire que l’on pro­jette à son regard pour lui dis­si­mu­ler la véri­té n’est pas sérieux.

    Mor­pheus

    Réponse
  21. Morpheus

    Concer­nant Cha­vez, une émis­sion radio inté­res­sante à suivre :

    http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​a​r​t​i​c​l​e​/​q​u​i​-​e​s​t​-​h​u​g​o​-​c​h​a​v​e​z​-​3​7​140

    Pour une fois on sort des cli­chés soit dithy­ram­biques, soit dia­bo­li­sant le personnage.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  22. beo

    @ Yvan

    Ne pas pas voter aux légis­la­tives prive les par­tis de moyens finan­ciers. Par­fois la pas­si­vi­té de masse est une arme.

    Réponse
  23. Florence
    • Tou­jours à contre-pied et dans la fenêtre que j’ai ouverte, pour ceux que d’autres réflexions « para­si­taires un temps » portent (et sur l’État pro­tec­teur), un Prou­dho­nien averti :

    http://siolgnal.unblog.fr/2012/10/23/c‑c-c‑p/

     » »(…) J’ai mis CCCP (sigle de l’URSS en alpha­bet cyril­lique) car le « capi­ta­lisme mono­po­liste d’État » (inven­tion des éco­no­mistes cocos pour stig­ma­ti­ser la tech­no­cra­tie gaul­lienne et pom­pi­do­lienne, mais qui décrit très bien l’économie russe de l’époque) revient par­fai­te­ment au même : l’extraction du sur­plus social au pro­fit d’une classe de domi­na­tion, d’exploitation et d’aliénation (le « bloc his­to­rique » hégé­mo­nique de Gram­sci). Il s’agit de construire une socié­té libre, d’individus auto­nomes, mais soli­daire, donc à l’opposé tant du socia­lisme col­lec­ti­viste ou social-démo­crate que du libé­ra­lisme indi­vi­dua­liste et « fri­co­phone ». Com­ment faire, ce qui consiste aus­si à contrer l’Europe libé­rale d’aujourd’hui ?

    Pre­nons les capi­ta­listes au mot et sup­pri­mons toutes les charges sociales pesant sur les salaires et les pro­fits. Le sala­riat n’a pas besoin de s’enfermer dans les struc­tures du capi­tal et de la fausse démo­cra­tie en accep­tant les bases de ce qui finit par deve­nir une assis­tance et une dépen­dance. Au même ins­tant, les salaires récu­pèrent l’intégralité de ces coti­sa­tions patro­nales et sala­riales. Per­sonne n’y perd même si les pha­ri­siens capi­ta­listes visent bien plus que la sup­pres­sion des charges ; ils veulent que les salaires tendent vers zéro et le temps de tra­vail vers l’infini dans la même dia­lec­tique que le Zay­rault et l’in-fini Flan­by. Le salaire devient donc inté­gra­le­ment net, sans pré­lè­ve­ments sociaux. Évi­dem­ment, ensuite, le patro­nat cher­che­ra à faire bais­ser ces salaires. Mais les sala­riés et leurs syn­di­cats n’auront alors qu’à se rai­dir vers un seul objec­tif fon­da­men­tal (cepen­dant sans pré­ju­dice pour la défense des condi­tions et horaires de tra­vail) : le main­tien et la pro­gres­sion des salaires. Cet objec­tif clair devrait être bien plus mobi­li­sa­teur que l’actuel sal­mi­gon­dis de défense de rien et de tout pro­pa­gé par un syn­di­ca­lisme réfor­miste (en fait inté­gré au sys­tème libé­ra­lo-capi­ta­liste car sub­ven­tion­né par les poli­ti­cards et hui­lé par des cadeaux patro­naux, des avan­tages, des statuts).

    Les ins­ti­tu­tions de retraite et de san­té de la Sécu sont paral­lè­le­ment déman­te­lées. En effet ce sont des machins de col­la­bo­ra­tion de classe, de cor­rup­tion, de gas­pillage, de pla­ce­ment de nota­bi­li­tés dans des siné­cures, etc. qui amputent le bud­get car toutes les excel­lences (poli­ti­cards, syn­di­ca­listes, admi­nis­tra­teurs, patrons) se servent sur la bête. Com­ment ? En sup­pri­mant le mono­pole de la sécu dans la col­lecte des coti­sa­tions et le ver­se­ment des pen­sions et indem­ni­tés du régime géné­ral. Les sala­riés reprennent le droit d’assurer leur pro­tec­tion sociale comme ils le veulent avec leur argent. Ils veille­ront à ne pas s’inscrire dans des assu­rances pri­vées fonc­tion­nant sur la logique capi­ta­liste ou dans des fausses mutuelles telles celles que nous connais­sons aujourd’hui. Il faut donc que dès l’opération de récu­pé­ra­tion des pré­lè­ve­ments sociaux les sala­riés trouvent les moyens de pla­cer leur pognon dans des anar­cho-struc­tures anti­ca­pi­ta­listes. Ce sera déjà la « Banque du Peuple » socia­li­sée, dont j’ai sou­vent par­lé. Ce sera aus­si un sys­tème fédé­ra­tif orga­ni­sé de mutuelles de pré­voyance en tout genre. Des mutuelles (des vraies) pour­ront être créées mais elles seront obli­ga­toi­re­ment struc­tu­rées et coif­fées par une orga­ni­sa­tion socia­li­sée, natio­nale et fédé­ra­tive, laquelle concen­tre­ra les coti­sa­tions et les pla­ce­ra par­tiel­le­ment dans la banque du peuple. Les mutuelles de base et fédé­rées assurent les ren­trées de coti­sa­tions, la ges­tion des ayants-droits mutuel­listes, les ver­se­ments ; elles sont diri­gées par des repré­sen­tants élus et béné­voles délé­gués direc­te­ment par les mutuel­listes dont les­dits man­da­taires font for­cé­ment partie. (…)« »

    Réponse
  24. Yvan

    Un café-débat (à la Librai­rie Topiques) qui rentre en plein dans le sujet je crois.

    A.Corbière (qui n’est pas un gui­gnol en His­toire) a récem­ment sor­ti un livre pour décons­truire les argu­ments du FN et les sym­boles qu’il tente de s’ap­pro­prier. Un entre­tien très inté­res­sant, même si partisan :

    => http://​www​.librai​rie​-tro​piques​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​-​c​o​r​b​i​e​r​e​-​v​s​-​l​e​-​p​e​n​-​1​0​3​6​1​3​4​8​0​.​h​tml


    Alexis Cor­bière contre Marine Le Pen 2 par urbain_glandier

    Notez que lorsque je parle du FN, je parle bien du par­ti et ses res­pon­sables, pas des élec­teurs (qui pour la plu­part ne se rendent même pas compte de ce que repré­sente vrai­ment le FN, puisque la plu­part ne font pas l’ef­fort d’é­tu­dier et véri­fier les faits et les argu­ments). Et dans cette époque où la confu­sion est reine, où plus per­sonne ne croit en rien, nous avons là un ter­reau plus que fer­tile à la nais­sance du fas­cisme (je ne parle pas for­cé­ment du FN, car même la tech­no­cra­tie qui se met en place en Europe révèle ce recul démo­cra­tique, que la popu­la­tion laisse s’ins­tal­ler, jus­te­ment par rési­gna­tion, quand elle pré­fère ne même plus voter, se disant que fina­le­ment tout est moisi).

    Et les plus indi­gnés mais bien rési­gnés (ou naïfs ? para­nos je crois sur­tout) attendent en vain qu’une majo­ri­té (30 Mil­lions de per­sonnes ?) sorte un jour dans la rue pour récla­mer une nou­velle consti­tu­tion et une démo­cra­tie réelle, et espèrent même que les pou­voirs en place pour­ront se reprendre en tapant sur des cas­se­roles, ou pires, en pre­nant les armes pour affron­ter les forces de l’ordre (qui pro­té­ge­ront tou­jours la majo­ri­té, et c’est bien nor­mal, ils sont là pour ça).

    Or, rien ne chan­ge­ra par la force, ou en tous cas, rien ne chan­ge­ra dans le bon sens pour nous tous. Si cer­tains estiment qu’il est pré­fé­rable d’at­tendre le chaos sans rien faire, je crois moi que c’est en dis­cu­tant, en débat­tant et en votant qu’on change les choses.

    Et résu­mer « le vote » (je ne parle pas d’é­lec­tion) au pou­voir des riches, c’est juste ridi­cule. Si les riches peuvent faci­le­ment s’ap­pro­prier l’o­pi­nion publique et poli­tique (via les médias et les lob­bies) il ne tient qu’à nous de com­prendre où sont les autres canaux d’in­for­ma­tions, et de s’en ser­vir pour se regrou­per (et pas se regrou­per sur FB ou sur le PlanC seule­ment, mais se regrou­per dans les urnes car dans la rue ou sur Inter­net, ça ne mène­ra nulle part… il n’y a que les bisou­nours ou les plus dépri­més pour croire à cela).

    Il aura fal­lu 200 ans pour édu­quer tout un peuple qui est en train de prendre conscience (non sans une cer­taine para­noïa ambiante) qu’il est gou­ver­né par une élite depuis tout ce temps ? …soit, alors n’at­ten­dons pas le chaos social pour chan­ger les choses, et s’au­to­ri­ser un peu plus de pou­voir dans les ins­ti­tu­tions déjà en place (qui sont loin d’être la cause du pro­blème, puisque le pro­blème se résume à « qui occupe ces ins­ti­tu­tions » surtout).

    Et si le vote n’est pas le meilleur moyen de recueillir l’a­vis et le choix de Mil­lions de citoyens, quel est l’autre solu­tion cher Mor­pheus ? Peut-être espé­rez-vous vous expri­mer à main levée ?… ou ne pas vous expri­mer du tout, et cha­cun fait sa vie ? 🙂 (bah voyons, c’te bonne blague ^^)

    Yvan P.

    Réponse
  25. Yvan

    Et puis­qu’on parle de « la dis­corde des par­tis », esti­mant (pour ma part) que c’est dans le débat qu’on peut avan­cer et se for­ger des opi­nions (et non pas dans la rue en se tapant des­sus bête­ment), voi­là quelques débats révé­la­teurs enrichissants :

    Libre à cha­cun de déce­ler de quel côté se trouve la mau­vaise foi, mais per­sonne ne pour­ra nier qu’elle est bien présente.

    Et c’est bien la tête de ce par­ti et les idées qu’il porte que je dénonce quand j’en parle, je n’en veux nul­le­ment aux élec­teurs qui pour la plu­part sont juste naïfs et igno­rants des faits. Ils doivent sur­ement s’ar­rê­ter aux beaux dis­cours « anti-sys­tème » (si facile de nos jours) sans même se sou­cier de la réa­li­té poli­tique, des votes que sou­tient le FN lors des scru­tins dans les assem­blées natio­nales ou euro­péennes, les lois que ce par­ti défend et pro­pose, etc… En somme, soit ils sont naïfs, soit ils cau­tionnent consciemment.

    je ne haïs aucun des élec­teurs de Le Pen, mais de là à croire en une pos­sible soli­da­ri­té avec des gens qui ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez, il y a tout un monde. Et si on peut convaincre les incons­cients à réflé­chir un peu plus, il est sur­ement impos­sible de convaincre ceux qui sont conscients des idées du FN mais qui les sou­tiennent quand même)…

    Mais je n’in­sulte per­sonne de fas­ciste en disant cela (ni même Soral ou LePen). Je sais juste recon­naître où se situe le pire en poli­tique. Et pour cela je ne fais pas qu’é­cou­ter les idées que je sou­tiens, j’é­coute aus­si leur oppo­si­tion pour savoir si ces idées sont solides ou fébriles, notam­ment à tra­vers ce genre de débats très éclai­rants je trouve, où on ne peut que consta­ter que face aux argu­ments qui pointent du doigt la véri­té, le FN (ou en tous cas sa pre­mière repré­sen­tante) ne sait rien faire d’autre que répondre à côté ou pas du tout… se conten­tant d’es­sayer de calom­nier son adver­saire en per­ma­nence au lieu de répondre aux argu­ments avancés.

    Mais bon, je vous laisse le soin d’ad­mi­rer vous-même ce spec­tacle, quand la petite bour­geoi­sie natio­na­liste (et capi­ta­liste) se rétame sur les pla­teau de télé dés qu’elle est face à des adver­saires qui savent de quoi ils parlent (et le démontrent).

    D’où l’in­té­rêt de « l’af­fron­ter », et ce n’est pas guer­rier ou violent de dire cela, on parle bien d’af­fron­te­ment poli­tique, de débats fron­taux pour expo­ser la réa­li­té aux gens, afin qu’ils puissent juger au lieu de subir les com­men­taires de l’ac­tua­li­té par les médias en guise de source d’o­pi­nion. Si on avait plus régu­liè­re­ment et fré­quem­ment ce genre de débats, les gens arrê­te­raient peut-être de consi­dé­rer le (nou­veau?) FN comme un par­ti « comme les autres », ou « pas pire ».

    Sans dire (du tout) que les oppo­sants sont LA solu­tion idéale, ne nous leur­rons pas : si on veut chan­ger les choses il fau­dra choi­sir son camp car l’in­té­rêt géné­ral ne peut se résu­mer à quelques indi­gnés, en igno­rant la masse qui vote et qui vote­ra tou­jours. L’o­pi­nion publique se des­si­ne­ra for­cé­ment autour de deux choix d’i­ci peu, des choix qui deviennent de plus en plus clairs, non ?
    Il suf­fit de s’in­té­res­ser à la Grèce. Si demain ils devaient re-voter, ils n’au­ront sur­ement plus d’autre choix que l’Aube Dorée ou Syri­za. Et le bipar­tisme en France est lui aus­si au grand jour main­te­nant, même pour les moins infor­més ça devient évident je crois.

    Alors oui, on peut vou­loir res­ter en dehors de ce « com­bat » poli­tique (d’é­du­ca­tion popu­laire) mais il n’y a pour­tant que comme ça qu’on chan­ge­ra la donne, et pas sim­ple­ment en atten­dant une poten­tielle révolte popu­laire qui n’ar­ri­ve­ra jamais, ou qui (si elle arrive un sombre jour) ne ser­vi­ra jamais les inté­rêts du peuple. Jamais le corps élec­to­ral, dans toute sa dimen­sion (que les plus idéa­listes semblent igno­rer), ne sou­tien­dra un mou­ve­ment révo­lu­tion­naire dans la rue (des éga­rés qui croient pou­voir chan­ger le monde en créant des pages FB sur Internet).

    A lire cer­tains ici, on croi­rait presque que les urnes sont anti-démo­cra­tiques (vive la paresse intellectuelle) 🙂

    Encore une fois, le pro­blème n’est pas dans « le vote » mais dans les médias et dans le fait de ne pas avoir la main sur la consti­tu­tion, ne pas avoir de contrôle sur nos élus, etc. On peut aus­si croire que les fran­çais veulent (et peuvent?) se pas­ser d’é­lus et de repré­sen­tants poli­tiques, mais bon… le mieux est d’al­ler éle­ver des chèvres dans le fond du Lar­zac si on ne croit qu’en ça (et sur­tout si on attend que ça arrive tout seul).

    A bon enten­deur, qui pren­dra le temps de vision­ner ces débats !

    Le but, puis­qu’on parle de dis­corde, est d’es­sayer de com­prendre d’où vient la dis­corde, et qui a fina­le­ment rai­son. Après on peut pen­ser que per­sonne n’a vrai­ment rai­son, et que les argu­ments se tiennent (alors on met tout le monde « au coin »)… mais si vous n’ar­ri­vez pas à com­prendre que le FN repré­sente la haine et la dis­cri­mi­na­tion, je vous laisse dans vos dis­cus­sions de comp­toir (à conti­nuer de faire croire que c’est un par­ti comme un autre, alors qu’il uti­lise des méthodes mafieuses à tour de bras pour pro­pa­ger ses idées nau­séa­bondes… mais ça non plus, les mili­tants FN semblent ne pas le voir, ou ils s’en moquent ?… bref ! …c’est pour­tant évident, quand on prend le temps de s’y intéresser).

    @ Étienne : Peut-on croire que la poli­tique avec plu­sieurs Mil­lions de par­ti­ci­pants peut se faire sans regrou­pe­ment d’i­dées et de pro­jets poli­tiques (struc­tu­rés en par­ti) ? Ou plu­tôt, pour­quoi pen­ser que dans une démo­cra­tie réelle les par­tis n’exis­te­raient plus (et ne se dis­pu­te­raient plus) ?

    Au Vene­zue­la, depuis que la « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » est en place, les par­tis se sont démul­ti­pliés pour se spé­cia­li­ser, non pas dans le cli­vage entre can­di­dat, mais pour por­ter des thèmes comme l’é­du­ca­tion, l’a­gri­cul­ture, etc… Et tous ces par­tis forment des « alliances » lors des élec­tions natio­nales afin de sou­te­nir un can­di­dat à tra­vers un par­ti uni­taire, comme le PSUV qui regroupe des 10aines de par­tis lors des élec­tions pour sou­te­nir Chavez.

    Je crois donc, au contraire, que plus la démo­cra­tie sera pré­sente et « liquide », plus les par­tis se démul­ti­plie­ront pour don­ner nais­sance aux débats publics sur des sujets divers et variés au niveau local. Les par­tis ne seront pas seule­ment là pour défendre un can­di­dat d’une pré­si­den­tielle à une autre, mais pour ali­men­ter l’é­du­ca­tion popu­laire sur des tas de sujets autour des­quels les citoyens pour­ront débattre pour déci­der ensemble (en votant) des poli­tiques locales, ou natio­nales parfois.

    Pour­quoi ne pas défendre (et pro­lon­ger) ce qui est fai­sable, ce qui est déjà réel et sous nos yeux, au lieu de vou­loir « tout ou rien » ?

    J’é­tu­die pas mal B.Friot en ce moment, et je suis com­plè­te­ment d’ac­cord avec lui quand il sou­ligne l’im­por­tance de croire en ce qui est déjà révo­lu­tion­naire et à notre por­tée, sous nos yeux, au lieu de vou­loir tout refaire sans trop savoir par quel bout le prendre 🙂

    Yvan P.

    Réponse
  26. Morpheus

    Voyons donc un peu les contra­dic­tion des autres las­cars – les vilains de « l’ex­trême gauche » – his­toire de com­pa­rer un peu tout ce stuud…

    « (…) Jean-Luc Mélen­chon et le PG ne jouent-ils pas un double jeu et ne pra­tiquent-ils pas le double lan­gage ? En effet, en vou­lant sor­tir de l’UE et de l’euro, le M’PEP répond par­fai­te­ment au cri­tère fixé par Jean-Luc Mélen­chon pour entrer au Front de gauche : le « refus » de tous les trai­tés euro­péens. A moins que Jean-Luc Mélen­chon fasse une dis­tinc­tion, non expli­cite, entre « le refus des trai­tés euro­péens » et la sor­tie de l’UE et de l’euro. Si on com­prend bien, le PG estime que le « refus des trai­tés euro­péens » est la « clé » pour entrer au Front de gauche, mais que ce « refus » ne peut pas aller jusqu’à sor­tir de l’UE et de l’euro. Mais alors jusqu’où va ce « refus » ? Jean-Luc Mélen­chon ne le dit pas.

    Ensuite, Jean-Luc Mélen­chon reprend les posi­tions habi­tuelles du PG (« il faut sor­tir des trai­tés euro­péens ») et du Front de gauche (« s’affranchir des trai­tés euro­péens »). Nous ne savons tou­jours pas, à cette étape, ce que ces notions veulent dire puisque les notions de « sor­tir » et « s’affranchir » ne sont jamais défi­nies. Il faut conti­nuer la lec­ture de l’entretien de Jean-Luc Mélen­chon avec Infor­ma­tions ouvrières pour décou­vrir que « si c’est moi qui avait été élu, j’aurais sou­mis à réfé­ren­dum l’abandon des trai­tés actuels et une autre orien­ta­tion euro­péenne pour notre pays ». Cette posi­tion est celle de Jean-Luc Mélen­chon et pas celle du Front de gauche qui ne pro­pose pas de réfé­ren­dum sur la ques­tion des trai­tés. Rap­pe­lons d’ailleurs que c’est ce que le M’PEP a pro­po­sé au Front de gauche en repre­nant leur idée de réfé­ren­dum sur le nucléaire mais en l’appliquant à la par­ti­ci­pa­tion de la France à l’UE et à la zone euro. Le Front de gauche, à l’époque, avait refusé.

    Essayons de com­prendre ce que signi­fient les pro­pos de Jean-Luc Mélen­chon. Si, par réfé­ren­dum, les Fran­çais « rejettent » les trai­tés euro­péens (pour cla­ri­fier les choses, Jean-Luc Mélen­chon devrait dire quelle serait la ques­tion posée aux Fran­çais et quels seraient les trai­tés concer­nés), la consé­quence pra­tique sera que la France ne fera plus par­tie de l’Union euro­péenne. Est-ce cela que veut Jean-Luc Mélen­chon ? Si oui, pour­quoi ne le dit-il pas clai­re­ment ? Si non, s’il veut res­ter dans l’UE après que les Fran­çais aient reje­té par réfé­ren­dum les trai­tés euro­péens (en réa­li­té seul compte le trai­té de Lis­bonne), com­ment est-ce pos­sible ? Pour­quoi ne le dit-il pas pour être convain­cant ? Ajou­tons que le rejet par les Fran­çais des trai­tés euro­péens entraîne ipso fac­to la sor­tie de la France de la zone euro. Jean-Luc Mélen­chon a‑t-il com­pris cela ? Pour­quoi ne le dit-il pas, s’il l’a com­pris ? Pour­quoi dit-il pen­dant sa cam­pagne « l’euro est à nous », et après la cam­pagne qu’il faut un réfé­ren­dum pour « sor­tir » des trai­tés euro­péens et donc sor­tir de l’euro ?

    Pou­vons-nous être d’accord avec cette façon de faire de la poli­tique ? Ambigüi­tés, cal­culs, impré­ci­sions : tout est fait, en disant tout et son contraire, pour ratis­ser le maxi­mum d’électeurs, peu importe si les bases sont floues. (…) »

    Source.

    En fin de compte, moi je crois qu’aus­si bien « à l’ex­trême gauche » que « à l’ex­trême droite » (notez les guille­mets), les clowns en chef cherchent à ratis­ser large et bouffent à tous les râte­liers. Ils se jouent du peuple en disant tout et son contraire, et la confu­sion, c’est eux qui l’in­tro­duisent dans nos esprits.

    Je per­siste et signe : les par­tis sont les enne­mis de la démocratie.

    YA BASTA !

    Mor­pheus

    Réponse
  27. Di Girolamo

    Ce qui m’in­té­res­se­rait, c’est la posi­tion per­son­nelle et construite de Mor­pheus sur l’Europe .
    C’est aus­si sa posi­tion per­son­nelle sur la natio­na­li­sa­tion de Flo­range ; sa posi­tion per­son­nelle sur ND des Landes ; aus­si sur le débat natio­nal de la tran­si­tion éner­gé­tique etc etc
    Puis de savoir com­ment il pense pou­voir par­ve­nir (stra­té­gie poli­tique) à faire en sorte que ses posi­tions prévalent.
    Ma ques­tion vaut pour Yvan, Sitouaillain , Etienne.… etc

    Réponse
  28. Alain Guillou

    Les sen­ti­ments, s’ils sont avoués, sont en poli­tique por­teurs d’en­trave au raisonnement.

    Si je veux être hon­nête j’a­voue­rai ma haine du FN… Et je réveille­rai des « sym­pa­thies » mais aus­si des « réci­pro­ci­tés » : beau­coup de gens qui pour moi sont tom­bés dans le piège idéo­lo­gique du fas­cisme me haïront…

    Si par hon­nê­te­té, je dis en plus que « je suis com­mu­niste », alors, c’est stop aux petites cel­lules grises qui refu­se­ront de se cau­ser plus avant…

    Pour­tant, s’il y a une « intel­li­gence poli­tique  » en réserve dans « le peuple sou­ve­rain », il faut la sol­li­ci­ter sans lui cacher quels « sen­ti­ments » sont invi­tés à cotoyer la rigueur des rai­son­ne­ments pro­po­sés « sur le mar­ché des idées politiques »…

    en réa­li­té voi­la pour moi le « scan­dale » : nous sommes pri­son­niers d’une « logique de mar­ché » qui ne nous consi­dère pas comme pro­duc­teurs mais seule­ment comme consom­ma­teurs : je par­tage donc la cri­tique des « par­tis » dans la mesure où ils fonc­tionnent exclu­si­ve­ment comme des « pros de la vente-entour­loupe »…Et une fois reve­nus « chez soi », on s’a­per­çoit qu’on a « cro­qué une pomme » qui rend dépen­dant de la conne­rie uni­ver­selle : celle de la « haine de l’autre »…

    Or il est temps que le peuple reprenne confiance en lui-même et per­sonne d’autre « au-des­sus de lui » ! 

    L’a­van­tage du Front de Gauche, s’il conti­nue à se déve­lop­per selon une « dyna­mique au-des­sus des par­tis » y com­pris donc au-des­sus de la logique « par­ti­daire » de ceux qui y contri­buent en se res­pec­tant comme dif­fé­rents les uns des autres, et si cette dyna­mique le conduit à se méta­mor­pho­ser en « Front du peuple tout entier », ce qui sup­pose qu’il aura dépas­sé le stade du « car­tel de par­tis » ini­tial, alors, le peuple consti­tuant qui se sera appro­prié un nou­veau moyen d’exer­cer une nou­velle puis­sance poli­tique, pren­dra confiance en lui-même, avec tout ce que ce sen­ti­ment per­met d’espoir…

    Sans peur ni haine et sans FN… (entre autres).

    Réponse
  29. Alain Guillou

    OUPS ! j’ai chan­gé d’or­di … et j’es­père bien ne pas réécrire une troi­sième fois le même post en ten­tant de m’ex­cu­ser… Oui, l’or­di­na­teur pour­rit vite lui aus­si donc on en change, un immense mar­ché nous attend et tan­dis qu’on passe ses soi­rées à décrire « un autre monde », c’est encore un autre monde qui se pro­duit : une mon­tagne de détri­tus infor­ma­tiques non recyclables…

    Toutes mes excuses aux éco­lo­gistes ! (mais ils ne les liront pas, car je suis sûr qu’ils ont gar­dé leur vieil ordi qui reste en panne dans leur valise en rotin…)

    Réponse
  30. sitouaillain

    « L’abandon des vieilles idéo­lo­gies n’annoncera pas un âge d’or du consen­sus. Si nous pou­vons sur­mon­ter les fausses pola­ri­sa­tions que sus­cite aujourd’hui la poli­tique domi­née par les ques­tions de sexe et de race, peut-être décou­vri­rons-nous que les divi­sions réelles res­tent celles de classes. » »La révolte des élites » Chris­to­pher Lasch

    @ Mor­phéus

    cet article du M’PEP (un par­ti) montre toute la limite de leur pré­ten­tion à éduquer… 
    la posi­tion du FdG sur l’Eu­rope est claire et expo­sée par J.Généreux ici : 
    http://​www​.mil​tha​.lautre​.net/​2​0​1​2​/​0​4​/​1​9​/​1​4​-​q​u​e​s​t​i​o​n​s​-​a​-​j​-​g​e​n​e​r​e​u​x​-​r​e​t​r​a​n​s​c​r​i​p​t​i​on/

    la posi­tion du M’PEP est tout aus­si claire, elle est dif­fé­rente, et cela semble les auto­ri­ser à nour­rir les pisses vinaigres sans œuvrer à un véri­table débat… or pour ma part je ne suis pas cer­tain que leur posi­tion soit tenable, car elle ne tient pas compte des rap­ports de force géo­po­li­tiques et éco­no­miques. mais ce dont je suis cer­tain, c’est que leur tor­chon démontre qu’ils n’ont pas cher­ché à com­prendre une posi­tion simi­laire quant aux objec­tifs mais plus sub­tile et qu’ils n’ont pas cher­ché à débattre pour savoir si elle est plus à même de répondre aux objec­tifs. ils pré­fèrent donc éta­ler leur igno­rance en semant la confusion…te voir tom­ber dans le pan­neau n’est pas éton­nant, tu fais par­tie des divi­seurs, des confu­sion­nistes et des sec­taires que tu dénonces. et je mets en rap­port ta pré­ci­pi­ta­tion obsé­quieuse au che­vet des pauvres petits fachos avec le fiel déver­sé sur les par­tis, sur­tout quand ils sont démo­cra­tiques, de gauche, éco­so­cia­listes et républicains…

    tes affir­ma­tions répé­tées de dogmes de domi­né mala­dif n’en feront jamais des véri­tés et nul clown en chef ne sau­rait semer la confu­sion dans mon esprit, sur­tout pas toi.

    à mon avis, pour la démo­cra­tie, j’ai plus confiance dans des gens capables de se mettre d’ac­cord sur un texte, un pro­gramme, se mobi­li­ser ensemble et réflé­chir ensemble, que sur des indi­vi­dus iso­lés et retran­chés der­rières des pos­tures intenables.

    une chose est sûre, les par­tis sont les enne­mis de TA démo­cra­tie, celle où tout le monde pense comme toi et où per­sonne ne peut s’as­so­cier pour peser plus fort.

    déso­lé pour la véhé­mence (en même temps tu as l’ha­bi­tude!) mais lire ce truc le jour où le par­ti de gauche orga­ni­sait les assises de l’é­co­so­cia­lisme, avec des débats de fond, à par­tir de ce texte : 


    http://​www​.lepar​ti​de​gauche​.fr/​s​y​s​t​e​m​/​d​o​c​u​m​e​n​t​s​/​P​r​o​j​e​t​_​d​e​_​M​a​n​i​f​e​s​t​e​_​e​c​o​s​o​c​i​a​l​i​s​m​e​.​p​d​f​?​1​3​5​3​6​0​8​677

    ça me fous en rogne autant de bassesse !

    Réponse
  31. J.C

    Je ne sais si vous vous sou­ve­nez d’un spot publi­ci­taire qui pas­sait sou­vent à la télé­vi­sion en période élec­to­rale. La scène se passe dans une mater­ni­té, l’en­fant vient d’ac­cou­cher, le père est pré­sent ain­si que deux infir­mières. L’une d’elle dit :  » Jean  » l’autre réponds :  » Paul « ,  » allez va pour Jean-Paul  » réponds la pre­mière sous le regard effa­ré du père. Le mes­sage de fin nous dit quelque chose comme si vous n’al­lez pas votez ne vous éton­nez pas que d’autre choi­sissent à votre place.
    Et bien c’est exac­te­ment ce qui se passe lorsque vous allez aux urnes, vous don­nez le pou­voir à d’autre de choi­sir à votre place.

    Les poli­ti­ciens ne pro­posent pas de solu­tions viables pour l’é­man­ci­pa­tion de la popu­la­tion, ils suivent sim­ple­ment la logique propre au pou­voir représentatif.

    @ Yvan

    Le FdG par exemple nous dit :  » la richesse d’un pays réside dans le tra­vail humain  » Voi­là qui résume tout. Est-cela l’é­man­ci­pa­tion ? La richesse d’un pays ne devrait-elle pas plu­tôt rési­der dans sa capa­ci­té à rendre heu­reux et libre ?

    L’é­tat est un gros employeurs et les tra­vailleurs ne peuvent se libé­rer des employeurs sauf s’il n’y a plus d’employeurs.

    Crois-tu vrai­ment que JLM ne sui­vait pas les son­dages et qu’il ne savait pas quel serait son score à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle ? Depuis le début, il a dit son sou­tien au can­di­dat socialiste.
    Si tu per­mets que je te taquine un peu, tu par­lais de Bisou­nours, il a natu­rel­le­ment appe­lé à voter pour lui au second tour. Tout le monde devrait donc être content au FdG puis­qu’il a effec­ti­ve­ment été élu comme pré­vu. Un bisou­nours qui s’é­lève contre la finance et qui nous dit que la crise est déjà der­rière nous. Pour­tant, il va quand même fal­loir payer plus d’im­pôts, se serez un peu plus la cein­ture etc.

    « les pro­messes n’en­gagent que ceux qui y croit  » et comme disait Coluche :  » Si voter, chan­geait quelque chose, il y a long­temps que ça serait interdit « .

    Sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion est essen­tiel mais lui dire qu’il faut voter aux élec­tions est une erreur. Les élec­tions n’ont jamais don­né le pou­voir au peuple, le peuple en accep­tant cela n’a fait que l’ab­di­quer encore et toujours.

    Avons-nous déjà écrit une loi ? N’a­vons-nous ne serait-ce que voté libre­ment une loi ? Non, jamais nous n’a­vons rien choi­si dans ce domaine.
    Le pro­blème est bien les ins­ti­tu­tions et non uni­que­ment ceux qui les occupent.
    Nous n’a­vons pas d’ou­tils pour nous défendre, les urnes sont encore moins effi­cace que la rue.

    Pour le moment, la popu­la­tion n’a aucun pou­voir poli­tique à grande échelle et un pou­voir très limi­té au niveau local. Nous sommes en dic­ta­ture, nous devons suivre ce que l’on nous dicte.
    Il y a bien d’autres moyens d’ac­tions (non-vio­lents) et bien plus effi­cace mais il s’a­git sur­tout de prises de conscience et pour cela, il nous faut infor­mer et débattre pour que le plus grand nombre soit au clair avec les solu­tions à apporter.
    Mais sur­tout, sur­tout, il nous faut arrê­ter de deman­der à l’o­li­gar­chie de prendre les déci­sions à notre place et lui aban­don­ner notre pouvoir.

    où en sommes nous ?

    Aujourd’­hui 60 % (si je ne me trompe) de la popu­la­tion alle­mande ne vit pas direc­te­ment du reve­nu du tra­vail. Ce pour­cen­tage ne fait qu’aug­men­ter un peu par­tout. En cause, l’aug­men­ta­tion de la durée des études, l’al­lon­ge­ment de la durée de la vie et l’aug­men­ta­tion mas­sive du chô­mage en quelques décennies.

    Nous assis­tons à la dés­in­té­gra­tion de > la valeur travail <.

    Par­mi les alter­na­tives moné­taires pro­po­sées face à la dégra­da­tion des condi­tions sociales, le reve­nu de base me semble être celle qui est tech­ni­que­ment appli­cable. Il est dif­fi­cile de mesu­rer toutes les consé­quences d’une éven­tuelle mise en place d’un tel reve­nu ni de sa fai­sa­bi­li­té politique.
    On peut cepen­dant sup­po­ser qu’une des qua­li­tés de ce reve­nu serait de rendre plus vivable la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive mais rapide du tra­vail humain par la moder­ni­sa­tion des moyens de pro­duc­tions et de dis­tri­bu­tions que nous connais­sons aujourd’hui.

    Ceux qui crain­draient la solu­tion plus radi­cale de l’a­bo­li­tion de la mon­naie ne le devrait pas.
    Les acti­vi­tés humaines seront bien plus effi­cace si elles ne sont plus ni limi­tées ni moti­vées par l’argent.
    De plus, envi­sa­ger le main­tien du pou­voir de la mon­naie nous expose direc­te­ment au ren­for­ce­ment du pou­voir éta­tique en place, non plus au niveau natio­nal mais à celui des ins­ti­tu­tions euro­péennes et mondiales.
    Par contre, en sup­pri­mant la mon­naie, on se débar­rasse des inté­rêts finan­ciers, les pro­grès de la science ne seront plus entre les mains de ceux qui détiennent l’argent.
    La libre dis­tri­bu­tion des biens et ser­vices nous libère entiè­re­ment du stress et des contraintes moné­taires, elle per­met aus­si la prise en main des déci­sions par les usa­gers eux-mêmes libé­rés des tra­vaux for­cés. Autre­ment dit, la porte d’une réelle démo­cra­tie s’ouvre enfin et plus rien n’empêche l’ins­tau­ra­tion des moyens d’a­mé­lio­ra­tion des condi­tions de vie sur la planète.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  32. sitouaillain

    @ JC, je trouve ton point de vue bien étrange, pas sur la mon­naie, ça on en a déjà dis­cu­té (du moins essayé), mais plu­tôt sur la manière dont les citoyens peuvent être acteurs et trans­for­mer la société.

    par exemple tu reproche au FdG d’a­voir appe­lé à voter Hol­lande, c’est donc tu aurais pré­fé­ré Sar­ko­sy. Si tu avais été dans le FdG tu aurais pu ten­ter de convaincre tes cama­rades que ne pas appor­ter leurs voix pour que Sar­ko­zy ne soit pas élu amé­lio­re­rait le sort de la France et de l’Europe.
    Et quand bien même tu n’au­rais pas réus­si à les convaincre, tu aurais pu ne pas voter ou voter blanc. Ain­si tu as une res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique que tu exerce en conscience, favo­ri­sant ou on le main­tien d’un gou­ver­ne­ment dont on connais­sait le bilan et dont on ne meusre pas vrai­ment l’ac­tion du point du déli­te­ment social et de la vio­lence géné­rée par la répres­sion aveugle et les pro­pos racistes tenus.

    si tu avais par­ti­ci­pé à l’é­la­bo­ra­tion du pro­gramme par­ta­gé du FdG, tu aurais com­pris que la démo­cra­tie implique que la posi­tion du col­lec­tif ne cor­res­pond jamais tout à fait à ce que cha­cun indi­vi­duel­le­ment pense.

    Si ensuite tu avais été dans la rue expli­quer aux gens ce pro­gramme, tu aurais pu consta­ter que ce n’est pas la timi­di­té des chan­ge­ments pro­po­sés sur tel ou tel point que les gens dans leur grande majo­ri­té cri­ti­quaient, mais bien sa radi­ca­li­té, les chan­ge­ments qu’il implique et l’at­ti­tude com­bat­tive et res­pon­sable qu’il leur demande. De sorte que tu aurais com­pris que ce pro­gramme est déjà trop radi­cal pour que la majo­ri­té y adhère et s’en empare.

    le rou­leau com­pres­seur des pro­pa­gandes néo­li­bé­rales laisse déjà peu de place pour que les idées du FdG puissent s’ex­pri­mer et s’in­té­grer au débat citoyen.

    on voit bien que même lors­qu’il ne s’a­git que de mettre un bul­le­tin dans l’urne, les gens ont peur, il me parait illu­soire d’at­tendre qu’ils se révoltent sur des idées encore plus radi­cales et exi­geantes sur le plan de la réflexion et de l’engagement.

    et que tu le veuilles ou non, ce sont les autres qui choi­sissent pour toi, parce que tu vis en socié­té. appe­ler à déser­ter les par­tis et les urnes ne fera que ren­for­cer cet état de fait : tu te coupe du seul moyen d’a­gir poli­ti­que­ment et du seul moyen d’in­flé­chir les orien­ta­tions du gou­ver­ne­ment. le jour de l’é­lec­tion et pen­dant le man­dat, car aucun citoyen iso­lé ne sau­rait déclen­cher une manif monstre, dif­fu­ser dans l’es­pace public une parole relayée média­ti­que­ment, faire des pro­po­si­tions de loi. Les citoyens agissent poli­ti­que­ment grâce à leur capa­ci­té à se fédé­rer dans des par­tis, des syn­di­cats, des asso­cia­tions. Et seul l’en­ga­ge­ment par­ti­san est autre chose qu’une volon­té d’in­fluen­cer ceux qui sont au pou­voir. toute autre forme d’ac­tion est une réclamation.

    cha­cun a la liber­té de faire usage de sa langue pour ten­ter de convaincre ou du moins d’in­té­grer son point de vue au débat et aux déci­sions qui s’en­suivent. les par­tis et orga­ni­sa­tions qui com­posent le FdG ne sont pas des orga­ni­sa­tions de mou­tons qui suivent des notables, des aspi­rants oli­garques. Vous y trou­ve­rez des gens bor­nés et têtus, mais bien plus de gens qui réflé­chissent, débattent se posent des ques­tions et aus­si qui agissent, qui sou­tiennent les luttes sociales, éco­lo­giques, politiques.

    le fait que bien des gens ici aient déjà inté­gré leur inca­pa­ci­té à s’in­té­grer à un col­lec­tif où ils savent que l’in­té­gra­li­té de leurs idées ne fait pas l’u­na­ni­mi­té en dit long sur le che­min à par­cou­rir pour l’a­vè­ne­ment d’une démocratie.

    Je vois ici des gens qui pré­fèrent saper le tra­vail accom­pli pour réunir des orga­ni­sa­tions qui se dis­pu­taient pour des nuances, en un vaste front capable de por­ter au pou­voir les idées de par­ti­ci­pa­tion citoyenne, de tran­si­tion éco­lo­gique, de démo­cra­tie sociale, etc., face aux forces du néo­li­bé­ra­lisme et des réac­tion­naires. Qu’es­pé­rez-vous en fai­sant cela ? qu’un peuple qui ultra-majo­ri­tai­re­ment vote PS, UMP, FN, prenne conscience de sa force, s’af­fran­chisse de ses maîtres et de ses illu­sions crain­tives pour affir­mer la néces­si­té d’une révolution ?

    qui ici a fait la démons­tra­tion claire des moyens par les­quels il s’at­tend à ce que ses idées deviennent réelles ?
    Est-ce qu’E­tienne nous dit COMMENT se met en place une AC tirée au sort si ça n’est pas en pas­sant par les urnes, en pre­nant le pou­voir d’E­tat, est-ce que Di giro­la­mo nous dit com­ment se mettent en place des ins­tances offi­cielles de débat public, et toi JC, com­ment on est posi­tion d’a­bo­lir la monnaie ?
    la gue­rilla, le conseillisme, comment ?

    c’est un peu trop facile de mettre dans le même panier tous les élus, tous les par­tis et d’a­dop­ter la pos­ture en retrait, du sage dans sa tour d’i­voire que les sou­bre­sauts du monde n’at­teignent pas. la res­pon­sa­bi­li­té civique com­mande de faire des choix. Et pour que les choses avancent, les aspi­ra­tions à la pure­té ou à l’u­na­ni­misme sont des freins. le monde et les hommes sont per­fec­tibles, rien ne sera jamais parfait.

    à par­tir d’une ana­lyse sérieuse du monde tel qu’il est, des forces à l’oeuvre, et d’une éla­bo­ra­tion sérieuse d’une pers­pec­tive, d’un idéal, d’une uto­pie, sur­git un éven­tail de choix pos­sibles, ce qu’il est pos­sible ici et main­te­nant de faire, quels sont les obs­tacles et les outils pour avan­cer. D’autres avant nous se sont bat­tus, les brèches ouvertes ont per­mis les avan­cées. Il faut pour­suivre. nous avons le devoir d’être sourds aux injonc­tions cyniques à ne pas s’en­ga­ger, sourds aux com­plaintes des ser­viles et des démis­sion­naires, sourds aux enfan­tillages de ceux pour qui le che­min n’est jamais assez lisse pour faire le pre­mier pas.

    aven­cer s’est s’en­ga­ger et créer, ensemble, conscients d’ap­par­te­nir à un même mou­ve­ment. ceci appelle à des réa­li­sa­tions concrètes, d’é­ri­ger des bar­ri­cades der­rières les­quelles le peuple est à l’abri.

    Ces points d’ap­pui se construisent par et pour le peuple, pour étendre la por­tée des luttes et des liens qui nous unissent, que ce soit des entre­prises non capi­ta­listes, des assem­blées d’é­du­ca­tion popu­laire, des lieux de par­tage, des sys­tèmes de soli­da­ri­té hors mar­ché. Un cer­tain nombre de ces réa­li­sa­tions existent déjà, la sécu, les retraites, l’é­cole publique, les droits de l’homme, et tout ce que les luttes ont per­mis de construire. D’autres sont à l’é­tat embryon­naire et peuvent se conso­li­der et se mul­ti­plier à l’in­su du pou­voir en place. D’autres sont à trans­for­mer ou à aban­don­ner, en fonc­tion des buts à pour­suivre et à mesure que nous détri­co­tons les chaînes de l’aliénation.

    D’autres enfin néces­sitent la prise du pou­voir à ses dif­fé­rentes échelles : des régies publiques locales pour les biens com­mun, l’a­mé­na­ge­ment du ter­ri­toire, la tran­si­tion éco­lo­gique, la maî­trise de la mon­naie, l’ex­ten­sion de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, néces­sitent que nous pre­nions le pou­voir dans les ins­ti­tu­tions, ne serait-ce que pour les trans­for­mer. Les urnes sont une brèche, un moyen d’y parvenir.

    Il se trouve qu’il y a le FdG, un ras­sem­ble­ment de 9 orga­ni­sa­tions poli­tiques, mais aus­si un réseau mili­tant qui fait le trait d’u­nion entre les luttes, éco­lo­gistes, socié­tales, sociales et éco­no­miques, et l’as­pi­ra­tion démo­cra­tique. Bien enten­du il n’y a pas que le FdG, et s’il ne s’é­tend pas, la pos­si­bi­li­té d’a­van­cées par une pres­sion constante sur le pou­voir, dans la rue, dans les urnes et dans l’or­ga­ni­sa­tion et l’in­ves­tis­se­ment popu­laire de lieux de résis­tance, rien ou si peu ne se fera…tout juste aura-t-il le rôle de ralen­tis­seur pour un gou­ver­ne­ment néo­li­bé­ral qui a besoin de se dire « de gauche » pour se faire réélire…car pour lui mettre un coup d’ar­rêt, il faut enfon­cer des coins solides.

    cela va de soi que le FdG est l’ob­jet de luttes internes, dans la mesure où il s’a­git là d’une construc­tion impar­faite à par­tir d’une conscience citoyenne issue d’une socié­té inéga­li­taire et où l’é­du­ca­tion civique fait défaut. Le tout est de com­pa­rer avec ce qui se fait à sa droite, et il n’y a pas pho­to. De toute façon on fait avec ce qu’on a…par exemple je ne vais pas me pri­ver d’a­van­cées démo­cra­tiques majeures au pré­texte qu’elles ne recouvrent pas tout ce que je crois devoir être néces­saire d’instituer…au vu de la men­ta­li­té glo­bale du peuple tout entier, je m’as­so­cie volon­tiers à ceux qui appellent à une consti­tuante élue à la pro­por­tion­nelle. ça n’empêche pas le débat de se pour­suivre au sein de cette gauche, mais force est de consta­ter que le peuple n’a même pas choi­si cela, et qu’il pour­rait choi­sir pire…

    quand on fait l’é­tat des lieux de la socié­té dans laquelle on vit, ce serait déjà un acte insur­rec­tion­nel his­to­rique que le FdG arrive au pou­voir par les urnes. un miracle qu’il tienne plus de quelques mois et puisse appli­quer le cen­tième de son pro­gramme partagé…car ceci implique un sou­tien et une par­ti­ci­pa­tion mas­sive d’un peuple lucide et conscient, car une élec­tion n’a jamais défait les struc­tures du pou­voir et que pour avan­cer, il fau­dra conti­nuer et étendre la lutte, parce que même après l’é­lec­tion, les rap­ports de force ne nous seront pas favorables.

    d’ailleurs, Mon­sieur Copé vient de faire la preuve que le putsch fait bien par­tie du réper­toire d’ac­tion des oli­garques fran­çais. D’où l’i­dée que res­pec­ter les formes, par les­quelles le pou­voir bour­geois jus­ti­fie son droit d’exer­cer le pou­voir, per­met au moins de se réser­ver une marge de manoeuvre dans l’o­pi­nion domi­née par l’i­déo­lo­gie bourgeoise…c’est la tac­tique de la révo­lu­tion citoyenne…

    d’autres tac­tiques sont pos­sible, mais il n’y a pas lieu de se pri­ver de celle-là…du conte­nu de nos dis­cours décou­le­ra l’is­sue du pro­chain vote. Je me serais bien pas­sé de voter hol­lande, le peuple fran­çais m’a impo­sé ce choix, tu m’as impo­sé ce choix.

    « un autre monde est pos­sible, mais il est dans celui-ci » P. Eluard

    Réponse
  33. Morpheus

    Comme si voter Hol­lande contre Sar­ko­sy chan­geait quoi que ce soit au sort des fran­çais. L’un ou l’autre, vous êtes cuit, les gars, arrê­ter de vous illu­sion­ner. Les cham­pions du monde en tra­hi­son de pro­messes élec­to­rales depuis 30 ans, c’est le PS fran­çais, et il vient encore de le démon­trer. A peine élu, ils ont bouf­fé toutes leurs pro­messes de cam­pagne. On le savait – en tout cas, JE le savais (et je ne suis pas le seul).

    Faut-il être bête – ou naïf – pour croire une seule seconde que Hol­lande ou le PS va amé­lio­rer le sort des fran­çais. Ou alors, il faut pré­ci­ser quels fran­çais vont voir leur sort améliorer …

    @ Di Girolamo

    Ma posi­tion, tu la connais si tu me lis depuis quelques temps. Pour le reste, ne viens pas pré­tendre que tu t’in­té­resses vrai­ment à mon ana­lyse, je n’y crois pas. De plus, la ou les solu­tions ne doivent pas venir de moi, ou d’un seul homme. Je veux la démo­cra­tie : la ou les solu­tions doivent venir du peuple. Point à la ligne.

    Mon opi­nion (qui importe peu, je le redis) : l’UE, il faut en sor­tir le plus vite pos­sible : c’est la prio­ri­té n°1 (article 50 du trai­té de Lis­bonne). Flo­range, la solu­tion est simple : natio­na­li­sa­tion au prix de l’eu­ro sym­bo­lique (une vrai natio­na­li­sa­tion), et idem pour TOUS les sites de Mit­tal en France ; Mit­tal joue le chan­tage clas­sique « si vous me met­tez des bâtons dans les roues pour Flo­range, je fais payer les autres sites » > riposte pro­por­tion­née = natio­na­li­sa­tion dure. Après un coup pareil, les indus­triels y regar­de­ront à deux fois avant de jouer pareil chan­tage. Il est grand temps de remettre un peu les pen­dules à l’heure et de mettre au pas ces rapaces de l’in­dus­trie qui ne sont là que pour piller. Nous n’a­vons pas besoin d’eux. Notre Dame des Landes, il y a encore 8 recours en jus­tice qui courent : atten­dons déjà que ceux-ci abou­tissent avant de déci­der poli­ti­que­ment quoi que ce soit. En atten­dant, poli­ti­que­ment, je gèle toute pro­cé­dure d’ex­pul­sion et j’in­ter­dis tout début de tra­vaux. Et toutes ces mesures, nous pour­rions les ren­con­trer dans une vrai démo­cra­tie, pas dans l’o­li­gar­chie par­ti­cra­tique actuelle.

    Mor­pheus

    Réponse
  34. sitouaillain

    « A peine élu, ils ont bouf­fé toutes leurs pro­messes de cam­pagne. On le savait – en tout cas, JE le savais (et je ne suis pas le seul). »

    ça non tu n’es pas le seul… sauf que les autres sont encore pire, notam­ment vis-à-vis de la pos­si­bi­li­té d’une trans­for­ma­tion sociale… en divi­sant les fran­çais en fonc­tion de leurs ori­gines et de leur reli­gion, en accrois­sant le sen­ti­ment des habi­tants de ghet­tos qu’ils n’ap­par­tiennent pas à la socié­té et en exer­çant sur les plus pauvres une répres­sion, en dif­fu­sant l’i­déo­lo­gie du chô­meur res­pon­sable de son état, en détrui­sant la laï­ci­té, l’é­cole, l’hôpital, etc.…. faut être cré­tin pour pas savoir faire la nuance… ou être d’ex­trême droite, pour pro­fi­ter du lan­gage de l’UMP comme tremplin…comme je ne pense pas que tu sois crétin…

    Réponse
  35. Grumeau

    Choi­sir le moins pire, on se dit que c’est « ce qu’il y a de mieux », mais ça reste tou­jours un « mau­vais » choix puisque…c’est tou­jours quoi qu’il arrive un choix ! Ce qui ne contri­bue pas à ce qu’ap­pa­raisse un vrai remue-ménage démo­cra­tique. On fait per­du­rer le sys­tème quoi, même si on retarde peut-être vrai­ment la déchéance en choi­sis­sant le moins pire. C’est juste pour gagner du temps. Ou pas.

    Libre à vous de faire comme vous vou­lez mais moi aus­si, pour ma part en tout cas, je ne chois­si­rai plus.
    La démo­cra­tie n’est pas négociable.
    Allez ouste les partis…:)

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  36. sitouaillain

    sauf que Gru­meau, que tu choi­sisses ou pas, ça conti­nue sans toi, je dirais même plus, grâce à toi. Que tu le veuilles ou non, sauf à vivre dans un sys­tème tota­li­taire, il y aura tou­jours des par­tis et la démo­cra­tie ne sau­rait adve­nir par le miracle du saint esprit, ce seront donc des par­tis qui l’ins­tau­re­ront, dans un rap­port de force avec ceux qui n’en veulent pas…et on gagne­ra du temps quand le peuple sau­ra choisir…en atten­dant, les mobi­li­sa­tions peuvent faire en sorte que ça ne penche pas trop du mau­vais côté. Ce n’est pas les par­tis le pro­blème, ce sont les citoyens impuis­sants par choix de ne pas s’en­ga­ger et de voter pour la per­du­ra­tion du sys­tème ou de ne pas voter, ce qui revient au même.

    Réponse
  37. sitouaillain

    les contri­bu­tions aux assises de l’é­co­so­cia­lisme, sont dis­po­nibles ici : http://​www​.lepar​ti​de​gauche​.fr/​v​i​d​eos

    les inter­ven­tions de J. Géné­reux (théo­rique) et de G. Amard (pra­tique) m’ont sem­blé les plus riches, avec celle du ministre de l’en­sei­gne­ment supé­rieur équa­to­rien, mais qui a souf­fert d’une tra­duc­tion mau­vaise, fai­sant état des avan­cées en équa­teur, et la phi­lo­so­phie de l’ac­tion menée, pas­sage de l’an­thro­po­cen­trisme au bio­cen­trisme, par­ti­ci­pa­tion des citoyens aux déci­sions, socia­lisme du « buen vivir », etc..

    Réponse
  38. gilles

    Les gens de Gold­mann Sachs vont et viennent des postes de leur entre­prise aux postes de res­pon­sables de l’UE : 

    Mario Dra­ghi ;

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​M​a​r​i​o​_​D​r​a​ghi

    Peter Suther­land ;

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​P​e​t​e​r​_​S​u​t​h​e​r​l​and

    Otmar Issing ;

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​O​t​m​a​r​_​I​s​s​ing

    Mario Mon­ti ;

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​M​a​r​i​o​_​M​o​nti

    a] Cen­tra­li­sa­tion ou pays indépendants :

    Les gens de Gold­mann Sachs vont et viennent des postes de leur entre­prise aux postes de res­pon­sables de l’UE. Pour­quoi ? On a créé avec la « construc­tion » euro­péenne, une enti­té cen­tra­li­sée qui est le bon­heur pour l’ac­ti­vi­té des lob­bies, spé­cia­le­ment le lob­by ban­caire et le mal­heur pour l’ac­ti­vi­té démo­cra­tique des simples citoyens. Pourquoi ?

    Parce que, sans « construc­tion » euro­péenne, les groupes de pres­sion doivent créer 27 orga­nismes de lob­bying, un par pays, c’est donc plus cher pour eux et pour une popu­la­tion moins nom­breuse donc, en terme de mar­ché, c’est moins ren­table. Sans « construc­tion » euro­péenne, les citoyens sont plus proches des déci­deurs poli­tiques et les influencent plus, c’est plus démo­cra­tique. 27 pays indé­pen­dants sont net­te­ment moins influen­cés par les lob­bies et net­te­ment plus démo­cra­tiques qu’un seul qui les regroupe tous.

    b] L’ab­sence de débats

    Parce qu’il n’existe pas de débats entre les gens à un niveau signi­fi­ca­tif, à cause de la bar­rière des langues, une « construc­tion » euro­péenne est net­te­ment régres­sive en terme de niveau de démo­cra­tie, de prise en compte de la volon­té des peuples par rap­port à des pays indépendants.

    Déjà par ces rai­sons, sans même comp­ter les déci­sions néfastes de l’UE au quo­ti­dien, toute idée de « construc­tion » euro­péenne est nocive pour un bon niveau de prise en compte de l’a­vis des citoyens dans les déci­sions politiques.

    À mon avis, il faut voter uni­que­ment pour les par­tis qui veulent déve­lop­per la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et faire dis­pa­raître la des­truc­tion euro­péenne, nom­mée par les cyniques par anti­phrase : « construc­tion » européenne.

    Salut Alain, je com­pa­tis pour ton ordi, je fais durer le mien, il est de jan­vier 2000, j’ai ins­tal­lé une carte PCI-SATA avec une nou­veau disque dur, il y a deux ans, mais tous les débuts de mois, si je n’ai pas trop la flemme, je passe une après-midi à trier des fichiers pour faire de la place pour clo­ner mon disque dur de tra­vail sur un disque de secours au cas où il vien­drait à me lâcher. Tu connais le prin­cipe puisque tu as tra­vaillé dans la marine : un sys­tème qui marche et un autre prêt à prendre la relève, voi­là le secret !

    Réponse
  39. sitouaillain

    @ Gilles,

    Ton ana­lyse me paraît bonne,

    Néan­moins, tu dis « 27 pays indé­pen­dants sont net­te­ment moins influen­cés par les lob­bies et net­te­ment plus démo­cra­tiques qu’un seul qui les regroupent tous. »

    Je veux bien, mais cela reste à démon­trer, et sur­tout il faut s’in­ter­ro­ger sur ce que peut être l’in­dé­pen­dance… puisque, d’une part, tous ces pays dont tu parles sont dépen­dants les uns les autres et leurs éco­no­mies imbri­quées for­te­ment, leurs prin­ci­pales sources éner­gé­tiques et de matières pre­mières sont ailleurs, leur défense dépend en large par­tie du bon vou­loir des États-Unis d’A­mé­rique, leurs élites admi­nis­tra­tives, tech­niques, etc. sont for­mées par l’idéologie de cette intel­li­gent­sia qui a son foyer dans le pays sus­men­tion­né et leurs réserves moné­taires que leurs banques cen­trales iso­lées pour­raient avoir seraient bien inca­pable de défendre leurs mon­naies face à des opé­ra­teurs finan­ciers dont la capi­ta­li­sa­tion dépasse la valeur de ce qu’ils peuvent pro­duire chaque année, et la sur­vie de leurs pauvre dépend de la pro­duc­tion de plus pauvre encore dans des usines délo­ca­li­sée en chine, inde ou pakis­tan et enfin, les catas­trophes natu­relles et tech­no­lo­giques qui ne man­que­ront pas de venir sau­ront rap­pe­ler que la pla­nète n’est décou­pée en fron­tières que sur le papier.

    Ne penses-tu pas que, face à ces défis, la bar­rière de la langue est bien peu de chose, sur­tout si l’on consi­dère que mal­gré cela, les idées en Europe ont tou­jours su circuler ?

    Réponse
  40. gilles

    Salut sitouaillain, cer­taines idées ont tou­jours plus ou moins cir­cu­lées un peu par­tout et pas qu’en Europe, comme par exemple, celles du chris­tia­nisme, celles des Lumières, mais tu l’au­ras remar­qué sans que cela implique for­cé­ment de créer une une struc­ture cen­tra­li­sée pour les mettre en œuvre. Je crois que tu peux recon­naître ceci, parce qu’il ne semble pas que tu sois un dis­ciple du pape et de la papauté. 🙂

    Je dis cela parce que la cou­leur bleue et les douze étoiles du dra­peau de l’en­ti­té euro­péiste sont les attri­buts de la Vierge Marie, mais peut-être qu’il ne s’a­git pas de « ta tasse de thé ».

    Cela va au-delà des idées puis­qu’il s’a­git de déci­sions poli­tiques qui ont des effets, nous le voyons en Grèce. C’est pour­quoi, nous sommes quelques-uns très atta­chés à ce que se tiennent des débats appro­fon­dis au sein des dif­fé­rents peuples, plu­tôt que le faux consen­sus mou sur des idées vagues en Europe offert au public, ceci cachant de plus en plus mal le carac­tère oli­gar­chique de l’u­ni­fi­ca­tion et les idées libre-échan­gistes, moné­ta­ristes, l’or­ga­ni­sa­tion de la pri­mau­té du mar­ché sur tout le reste qui est mis en vigueur. Notre posi­tion serait la même où que soit sur le globe face à une uni­fi­ca­tion de ce type où qu’elle soit. Notre posi­tion est d’au­tant plus affir­mée ici parce que le sous-conti­nent euro­péen est net­te­ment plus hété­ro­gène que les plaines du Mid-West, les plaines de Sibé­rie ou celle de la Chine, hété­ro­gène cli­ma­ti­que­ment, hété­ro­gène par l’as­pect frac­tal et le mor­cel­le­ment géo­gra­phique, côtes très décou­pées, îles, par le relief, par les cultures. La diver­si­té, c’est la richesse de ce bout de conti­nent. L’u­ni­fi­ca­tion est une régres­sion et un sim­plisme de l’a­na­lyse, alors que les réponses devraient être fine­ment adaptées.

    Je t’é­pargne les longues démons­tra­tions éco­no­miques détaillées dis­po­nibles qui arrivent aux mêmes résul­tats que ci-dessus.

    J’ai écrit là-des­sus un texte court qui reprend une par­tie de ces argu­ments à pro­pos de l’hé­té­ro­gé­néi­té et la diver­gence entre la Grèce et l’Allemagne :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​2​1​3​7​9​#​p​2​1​379

    Les fron­tières ont tou­jours été à rela­ti­vi­ser en bien comme en mal et l’in­dé­pen­dance aus­si, je te ras­sure, mais il faut aller plus loin, à l’heure d’In­ter­net, sys­tème non-cen­tra­li­sé, une révo­lu­tion men­tale est à accom­plir ( chez cer­tains ) pour consi­dé­rer que le sys­tème de l’U­nion Euro­péenne est un sys­tème péri­mé de cen­tra­li­sa­tion iden­tique à un réseau en étoile comme nos pré­dé­ces­seurs les conce­vaient jus­qu’au XIXème siècle tel que le réseau des che­mins de fer français.

    Pour­quoi pas­ser par une struc­ture mul­ti­la­té­rale cen­tra­li­sée, donc dans une struc­ture avec des majo­ri­tés et des mino­ri­tés d’É­tats ? Mino­ri­tés d’É­tats dont la volon­té des citoyens ne sera pas alors res­pec­tée ? 

Il me semble que mailler le sous-conti­nent avec uni­que­ment des trai­tés bi-laté­raux est plus souple ( cer­tains trai­tés bi-laté­raux peuvent pas­ser à l’ar­rière-plan ou reprendre de la vigueur sui­vant les conjonc­tures tra­ver­sées, ce qui est net­te­ment plus dif­fi­cile avec les trai­tés mul­ti-laté­raux qui font avan­cer tous le monde au même pas. )

( les sujets abor­dés peuvent être dif­fé­rents sui­vants les dif­fé­rents trai­tés bi-laté­raux, alors que tous les États concer­nés par des trai­tés muti-laté­raux sont obli­gés de trai­ter les sujets abor­dés par le trai­té mul­ti-laté­ral. Par exemple, l’UE a un volet de poli­tique mari­time et cela fait par­ti­ci­per pour rien à ce sujet des pays qui n’ont aucune façade mari­time comme la Hon­grie et la Slo­va­quie, alors qu’un bi-laté­ral entre la Hon­grie et la Slo­va­quie ferait l’é­co­no­mie bien com­pré­hen­sible d’a­bor­der ce sujet. )

    Tu vois que nous pou­vons co-opé­rer et tra­vailler les pro­blèmes que tu évoques sans la cen­tra­li­sa­tion que tu prô­nais jus­qu’à ce tu t’a­per­çoives que c’est n’est pas la solu­tion, mais un obstacle.

    Reste à tra­vailler la défense et la dépen­dance aux États-Unis qui est fina­le­ment le vrai sujet quand on parle de » construc­tion « euro­péenne, un sujet que je n’ai plus le temps d’a­bor­der et dont je sou­hai­te­rais qu’É­tienne* puisse créer un article de blog qui ser­vi­rait à amor­cer la discussion.

    • Mais, si il veut se res­sour­cer par le moyen de son choix, je crois qu’il le mérite largement.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  41. sitouaillain

    Gilles,
    je ne vois pas ce qui te fait dire cela : Tu vois que nous pou­vons co-opé­rer et tra­vailler les pro­blèmes que tu évoques sans la cen­tra­li­sa­tion que tu prô­nais jus­qu’à ce tu t’a­per­çoives que c’est n’est pas la solu­tion, mais un obstacle.

    je n’ai jamais prô­né de cen­tra­lisme, ni Euro­péen, ni National.

    Comme Fran­çais, nous sommes à la fois dépo­si­taires d’une pos­ture uni­ver­sa­liste à la ver­tu éman­ci­pa­trice et d’un héri­tage « repous­soir » lié à des dévoie­ments de cette pos­ture : nous avons colo­ni­sé d’autres peuples et nous avons sur­tout créé le notre à par­tir de l’ef­fa­ce­ment de ses par­ti­cu­la­rismes, des folk­lores, de ses langues et de ses solidarités.

    ces cruelles leçons de l’His­toire sont dès lors un point d’ap­pui pour pen­ser l’Eu­rope autre­ment que comme une trans­po­si­tion d’un État uni­for­mi­sa­teur et pro­duc­teur du social, en somme la vision jaco­bine de l’Etat-Nation.

    Nos voi­sins ita­liens quant à eux nous enseignent que les forces en pré­sences sur le plan géo­po­li­tique rendent illu­soire la sou­ve­rai­ne­té si l’é­chelle de l’E­tat concer­né ne lui offre pas les res­sources pour la résistance…c’est tout l’ob­jet du Prince de Machiavel…et la suite de la construc­tion de l’E­tat ita­lien, dépas­sant des prin­ci­pau­tés se que­rel­lant en per­ma­nence et faibles face aux grands voisins.

    plus loin dans l’his­toire nous per­ce­vons des manières de créer un espace poli­tique com­mun sans avoir à détruire les par­ti­cu­la­ri­tés locales, c’est le cas des confé­dé­ra­tions celtes et des peuples ger­ma­niques fédé­rés en « Bund », modèle qui per­du­re­ra très dif­fi­ci­le­ment face à la conquête romaine, sous sa forme mili­taire ou sous sa forme « spi­ri­tuelle », mais c’est para­doxa­le­ment l’expansionnisme du jaco­bi­nisme fran­çais par le glaive de Bona­parte qui ravi­ve­ra les bour­geoi­sies natio­nales et abou­ti­ra par la suite à la répu­blique de Wei­mar sur les ruines de l’empire prussien.

    cela dit ce sont tout de même nos voi­sins suisses les plus fidèles dépo­si­taires de cet héri­tage et leur corps poli­tique fédé­ré est consti­tué de popu­la­tions aux langues et cou­tumes bien dif­fé­ren­ciées sans que cela soit un obs­tacle à la for­mu­la­tion de règles de vie en commun.

    Et à mon sens il convient d’exa­mi­ner l’i­dée d’Eu­rope sous ces trois angles
    – espace d’ex­pé­ri­men­ta­tion d’un uni­ver­sa­lisme en tant qu’en­semble de règles per­met­tant le vivre-ensemble dans le res­pect des liber­tés de cha­cun, l’é­ga­li­té et l’ac­cès aux biens essen­tiel à la vie, avec l’i­dée sous-jacente que l’ac­tion exté­rieure de cet ensemble res­pecte les impé­ra­tifs caté­go­riques qu’il s’est don­né en interne.
    – un espace de pro­tec­tion des habi­tants d’un ter­ri­toire tel qu’il est assez vaste pour conte­nir des forces en équi­libre vis-à-vis d’autres espaces, et n’ai pas à subir leurs volontés.
    – une enti­té poli­tique où le pou­voir dis­tri­bué à éga­li­té entre citoyens s’in­carne dans des lieux de coor­di­na­tion et de régu­la­tion à des échelles per­ti­nentes en fonc­tion d’un prin­cipe de subsidiarité.

    donc tu l’au­ras com­pris, mon point de vue est qu’une autre forme et un autre conte­nu est pos­sible à l’i­dée d’Eu­rope. J’as­sume ce point de vue sans aucune illu­sion sur l’UE telle qu’elle s’offre à nos yeux, à la fois dans son immé­dia­te­té mais aus­si comme processus.

    et lorsque je dis « sans illu­sion », c’est aus­si pour signa­ler celles dont se nour­rissent ceux qui vont me trai­ter d’  »euro­péiste ». jus­te­ment parce que l’at­ti­tude reli­gieuse n’est pas ma tasse de thé, je n’ai pas à sous­crire à des rai­son­ne­ments atro­phiés par cet esprit, avec leurs cor­tèges d’ex­pli­ca­tions linéaires et mono­cau­sales, de plans dia­bo­liques ou secrets, j’en passe et des meilleures. Sans illu­sion ça veut aus­si dire que les trois dimen­sions expo­sées plus haut sont déjà à des degrés variables pré­sentes dans ce qu’est l’UE aujourd’­hui. Mais évi­dem­ment il fau­drait y aller voir dans le détail et tenir compte des pro­ces­sus dia­lec­tiques qui ont fait ce qu’elle est.

    et sur­tout ne pas exa­gé­rer ce qu’elle est, puisque ce qui la carac­té­rise, c’est l’abs­cence de réels moyens de coer­ci­ci­tion, chaque Etat y fait bien ce qu’il y veut, la preuve, contrai­re­ment au droit euro­péen, on peut per­sé­cu­ter les roms en Hon­grie comme en France. Ce sont donc les citoyens qui, de par leurs choix, conduisent les gou­ver­ne­ments à res­pec­ter telle dis­po­si­tion plu­tôt qu’une autre. En géné­ral, ce n’est pas l’ex­ten­sion du domaine de la démo­cra­tie et des droits humains que réclament les oppo­sants à l’i­dée d’Eu­rope mais bien des liber­tés sup­plé­men­taires pour exer­cer leurs pul­sions et leurs veu­le­ries natio­na­listes ou eth­ni­cistes ou reli­gieuses. J’en conviens cer­tains sont pas­sés du natio­nal-libé­ra­lisme au natio­nal-socia­lisme, mais ce faux nez tom­be­ra bien vite. D’au­tant que le temps qu’ils passent à déve­lop­per des mys­tiques de la dia­bo­li­sa­tion les rend aveugles quant à la réa­li­té des rap­ports de force. Par aveu­gle­ment natio­na­liste, ils oublient ce qui, de fait, ren­drait caduques leurs vel­léi­tés « sociales » récem­ment intro­duites dans leurs dis­cours populistes :

    encore une fois, ce n’est pas parce que nos élites natio­nales res­pec­tives s’ac­cordent pour faire de l’UE un ter­rain de jeu favo­rable aux acteurs du capi­ta­lisme trans­na­tio­nal et à la ren­ta­bi­li­té de court terme que cha­cun des Etats concer­nés serait iso­lé­ment moins expo­sé à leur puis­sance et à leurs dési­rs pré­da­teurs, sans quoi l’on obser­ve­rait jalou­se­ment le fleu­ris­se­ment des voi­sins non membres de l’u­nion et leur non-ali­gne­ment vis-à-vis de l’OMC et des poli­tiques monétaristes.

    Et l’at­ti­tude hos­tile à l’UE qui se trans­forme ensuite en une atti­tude hos­tile à l’i­dée d’Eu­rope ne fait pas de leurs por­teurs des alliés objec­tifs des classes popu­laires, loin de là, en témoigne l’ex­pé­rience hongroise.

    Si l’on admet que c’est la coopé­ra­tion entre Etats qui per­met­tra de sor­tir de l’im­passe du néo­li­bé­ra­lisme, alors je vois mal en quoi des Etats qui se font dure­ment concur­rence au sein de l’U­nion, n’am­pli­fie­raient pas ce tra­vers une fois déli­vrés de cer­taines obli­ga­tions à coopé­rer. on peut même parier que le dum­ping social serait com­plé­té par des déva­lua­tions com­pé­ti­tives en chaînes et du dum­ping envi­ron­ne­men­tal. Le ter­rain de jeu pour la pré­da­tion n’en sera que plus facile pour des groupes émer­gents cher­chant à se tailler une part..chinois, indiens ou autres.

    je dis bien, « si l’on admet », mais si l’on n’ad­met pas, alors que l’on m’ex­plique com­ment s’ef­fec­tue la tran­si­tion d’une éco­no­mie très for­te­ment dépen­dante de l’ex­té­rieur à une éco­no­mie qua­si-autar­cique et quelle allure aurait une démo­cra­tie sous-embar­go avec une mon­naie expo­sée à la spéculation…au bout de com­bien de déva­lua­tion le peuple crain­tif deman­de­ra le retour au bercail ?

    bien enten­du, je ne conteste pas la per­ti­nence et la pos­si­bi­li­té de sus­ci­ter des alliances bila­té­rales, mais alors nous n’a­vons pas à pré­sup­po­ser que ces alliances se déploie­raient à l’in­té­rieur du sous-conti­nent, et nous pou­vons même nous attendre à ce que les rap­ports de forces exa­cer­bés imposent à cer­tains l’al­liance avec la Rus­sie, d’autres avec les USA, d’autres avec la Chine, etc. et si les batailles d’hé­gé­mo­nie entre l’Angleterre, la France et l’Allemagne se fai­saient à coup d’ex­pan­sion ter­ri­to­riale sur d’autres ter­ri­toires, nous voyons bien qu’au­jourd’­hui aucune de ces nations n’a les moyens de se livrer à ce petit jeu et on ne voit pas quels acteurs en feraient la promotion.

    Nous, peuples, avons inté­rêt à nous ser­rer les coudes, les capi­ta­listes eux ont un ter­rain de jeu mon­dial et la crois­sance et les sur-pro­fits sont désor­mais ailleurs. peu importe le lieu d’où ils tirent leur force de frappe finan­cière, tant que des peuples n’au­ront pas démon­tré qu’il est pos­sible et sou­hai­table de faire sans eux, cette force de frappe sera tou­jours assez grande pour dic­ter la poli­tique qu’il leur faut dans des zones suf­fi­sam­ment grandes pour leur per­mettre de conti­nuer à se gaver.

    Il y a eu suf­fi­sam­ment de désastres au XXème siècle pour démon­trer que la sor­tie du capi­ta­lisme dans un seul pays est illu­soire. Les bour­geoi­sies natio­nales ont su s’al­lier pour écra­ser les révoltes et les révo­lu­tions, tan­dis que les peuples, nour­ris au bibe­ron du natio­na­lisme, se sont allè­gre­ment entre­tués, ou du moins qu’ils n’a­vaient pas la conscience de la néces­si­té du com­bat inter­na­tio­na­liste et ont lais­sé les voi­sins se faire pilonner.

    ce com­bat me semble tou­jours d’ac­tua­li­té, et pas seule­ment à l’é­chelle de l’Eu­rope d’ailleurs, mais du moins en Europe, on peut regret­ter la fai­blesse du mou­ve­ment pro­gres­siste à la fois dans chaque pays et la fai­blesse de leurs connexions, par rap­port à ce qu’à pu être l’AIT. Tout juste avons nous une confé­dé­ra­tion euro­péenne des syn­di­cats, quelques cryp­to­marxistes et des éco­lo­gistes ayant su ça et là intro­duire des clauses dans le droit euro­péen qui pour­ront ser­vir par la suite…si tant est que les citoyens des quelques pays où il y a encore un espoir se dépar­tissent de leur ata­visme de ramas­seurs de miettes pour s’emparer du gâteau…

    faute de cela, il est effec­ti­ve­ment fort pro­bable que l’UE éclate, mais ça ne sera sûre­ment pas pour ouvrir la voie du pro­grès humain et de la conver­sion éco­lo­gique, de la démo­cra­tie, etc. bien plus cer­tai­ne­ment assis­te­rons-nous à l’af­fron­te­ment sté­rile d’une col­lec­tion d’E­tats (sans doute plus que les 27 actuels, atten­dons-nous à des sépa­ra­tismes) diri­gés par une alliance de classe de la grande bour­geoi­sie avec la petite bour­geoi­sie locale sous une forme plus ou moins fas­ciste et avec cha­cun ses ori­gi­na­li­tés quant au choix des boucs émis­saires pou­vant faire diver­sion de leurs ten­ta­tives d’ac­ca­pa­rer ce qu’il restera.

    cette pré­dic­tion est d’au­tant plus facile que c’est déjà plus ou moins ce qui se passe par­tout en Europe, et que mal­heu­reu­se­ment la dis­pa­ri­tion de l’UE ne fera pas dis­pa­raitre les puis­sances à l’oeuvre à l’é­chelle mon­diale, c’est à dire l’hé­gé­mo­nie du néo­li­bé­ra­lisme, ni les inéga­li­tés immenses que ce rou­leur com­pres­seur aura per­mis d’ap­pro­fon­dir, ni l’af­fai­blis­se­ment de la conscience de classe ou de la pos­si­bi­li­té d’une résis­tance effi­cace que son hédo­nisme indi­vi­dua­liste et consu­mé­riste a produit.

    pour illus­trer ce pro­pos, on pour­rait se livrer à un inté­res­sant exa­men des direc­tives euro­péennes non trans­po­sées en droit fran­çais, on ver­rait alors d’une part que la liste est très longue et que d’autre part la plu­part son por­teuses d’une amé­lio­ra­tion des droits sociaux et envi­ron­ne­men­taux ou de pro­tec­tion des « consom­ma­teurs » vis-à-vis d’o­li­go­poles aco­qui­nées avec nos élus. On peut donc par­fai­te­ment déso­béir sans remettre en cause l’u­nion. Si l’E­tat fran­çais s’est réser­vé le droit de ne pas trans­po­ser celles-là, alors qu’il a trans­po­ser toutes celles qui met­taient en place la tra­duc­tion poli­tique des dogmes éco­no­miques du néo­li­bé­ra­lisme, c’est donc que ceux pour qui nos conci­toyens ont voté en par­tagent les prin­cipes et qu’a­vec ou sans l’UE, ils auraient tou­jours le sen­ti­ment d’y être contraint. Ce qui d’ailleurs est plus qu’un sen­ti­ment, étant don­né qu’en régime de changes flot­tants, face à des zones éco­no­miques plus puis­santes ou en voie de l’être et face à des opé­ra­teurs finan­ciers de taille nocive, si vous êtes capi­ta­liste, effec­ti­ve­ment, il n’y a pas d’alternative..vous avez juste le choix d’une fis­ca­li­té plus ou moins por­tée sur les plus riches , plus ou moins por­tée sur les entre­prises, pour rem­bour­ser vos dettes et faire fonc­tion­ner vos appa­reils de répres­sion et de repro­duc­tion des masses pro­duc­tives, et vous avez le choix de vous démar­quer de vos concur­rents sur des ques­tions socié­tales pen­dant que vous gérez la tran­si­tion désor­mais inévi­table d’une éco­no­mie sociale de mar­ché à une éco­no­mie de mar­ché tout court.

    si alter­na­tive il y a, elle n’est pas située dans les illu­sions étri­quées d’un capi­ta­lisme natio­nal, ni même dans un capi­ta­lisme vert, mais bien dans une tran­si­tion éco­lo­gique et démo­cra­tique de l’é­co­no­mie, donc d’une sor­tie du capi­ta­lisme qui appelle à une trans­for­ma­tion radi­cale des struc­tures de l’E­tat et du rap­port entre gou­ver­nants et gou­ver­nés, comme des struc­tures territoriales.

    Et si bien sûr cette alter­na­tive ne peut s’i­ni­tier qu’à l’é­chelle d’un espace poli­tique d’in­ter­ven­tion citoyenne pri­vi­lé­giée, à savoir ou un Etat-Nation ou une por­tion d’un Etat fédé­ral, elle ne devient viable et durable que si elle par­vient à s’é­tendre au-delà des fron­tières, c’est-à-dire si elle par­vient à repous­ser les cadres de contraintes qui pèse­ront sur cet espace, que ce soit sur le plan moné­taire (immu­ni­té face au spé­cu­la­tions), de l’ac­cès aux matières pre­mières ou au pro­duits manu­fac­tu­rés non encore rem­pla­cés ou pro­duits localement(éviter des sur­coûts désta­bi­li­sa­teurs) mais sur­tout sur le plan géo­po­li­tique (se pré­mu­nir d’une inva­sion, d’un coup d’E­tat, etc.). De sorte que sans cadre mini­mal de soli­da­ri­té et de droit euro­péen, toute insur­rec­tion civique s’op­po­sant fron­ta­le­ment au néo­li­bé­ra­lisme serait imman­qua­ble­ment fragile.

    mais, au vu des rap­ports de force internes, il n’est pas dit que les pays voi­sins soient rapi­de­ment conta­mi­nés par la révolte, de sorte qu’il semble néces­saire de trou­ver des points d’ap­pui ailleurs dans le monde, et d’en­clen­cher les trans­for­ma­tions néces­saires de l’ap­pa­reil pro­duc­tif, du sys­tème ban­caire, des échanges, avant de sor­tir de l’UE et de l’eu­ro, sans quoi le pays en ques­tion s’ex­pose à des chocs qu’il ne sera pas en mesure d’ab­sor­ber, et qui ne man­que­ront pas d’exacerber les ten­sions à l’oeuvre dans son corps social.

    à mon sens donc, dans la mesure où le bas­cu­le­ment s’ap­proche et que son issue est incer­taine, il convient de main­te­nir la pers­pec­tive euro­péenne comme hori­zon d’ac­tions et de luttes et comme condi­tion de la sou­ve­rai­ne­té. Sou­ve­rai­ne­té qui n’a pas à être dimi­nuée par l’ac­cord mul­ti­la­té­ral, mais au contraire élar­gie, par la conver­gence et la coopé­ra­tion sur des dimen­sions éco­lo­giques, sociales et démo­cra­tiques, notam­ment pour per­mettre une trans­for­ma­tion de l’a­gri­cul­ture, de l’in­dus­trie, la relo­ca­li­sa­tion, etc. Car la sou­ve­rai­ne­té relève aus­si de la capa­ci­té des hommes à pré­ser­ver leur environnement.

    Il n’y a pas de fata­li­té qui nous empê­che­rait de pas­ser des accords de sanc­tua­ri­sa­tion des ser­vices publics, des droits sociaux, et de tout un ensemble de droits humains aujourd’­hui gra­ve­ment négli­gés. et ce n’est pas parce que nous ne par­lons pas les mêmes langues que nous ne pou­vons déter­mi­ner les appli­ca­tions euro­péennes en réponse à ce qui relève d’un inté­rêt de l’hu­ma­ni­té. Et si l’UE a pu se construire sur la base d’in­té­rêts bour­geois bien com­pris, alors pour­quoi diable serions-nous inca­pables de ren­ver­ser la vapeur ?

    en tout cas ce que je remarque, c’est que 55% des fran­çais ont voté non au TCE, deux ans plus tard ils élisent sar­ko­sy, qui fait pas­ser le même trai­té au congrès, et qu’à la der­nière mani­fes­ta­tion contre le nou­veau trai­té TSCG, que le der­nier élu en date a fait voter, nous n’é­tions que 80 000 à manifester…à l’ap­pel des syn­di­cats et du FdG et de toutes les orgas anti­ca­pi­ta­listes. ce qui reste d’in­di­gnés pari­siens étaient là aussi…mais enfin, au regard des enjeux, c’est pro­pre­ment dérisoire !

    Réponse
  42. gilles

    « On peut donc par­fai­te­ment déso­béir sans remettre en cause l’union. » 

    Si ce n’est pas un slo­gan creux, déjà sub­sti­tuer l’eu­ro par une mon­naie qui n’u­ti­lise pas les règles de fonc­tion­ne­ment moné­ta­ristes de l’UE sans en deman­der la per­mis­sion à BCE pour reprendre la main par une poli­tique déci­dée par des gens sur­veillés de plus près, ce qui comme tu l’in­diques don­ne­ra des idées aux autres peuples.

    Réponse
  43. gilles

    « On peut donc par­fai­te­ment déso­béir sans remettre en cause l’union. » 

    Si ce n’est pas un slo­gan creux de la part de ceux qui l’u­ti­lisent, déjà sub­sti­tuer l’eu­ro par une mon­naie qui n’u­ti­lise pas les règles de fonc­tion­ne­ment moné­ta­ristes de l’UE sans en deman­der la per­mis­sion à BCE pour reprendre la main par une poli­tique déci­dée par des gens sur­veillés de plus près, ce qui ne contri­bue­ra pas peu aux mobi­li­sa­tions que nous sou­hai­tons ( pen­ser notam­ment au trans­fert du roi de Ver­sailles à Paris dans l’ac­cé­lé­ra­tion de la dyna­mique popu­laire de la Révo­lu­tion ), et ce qui comme tu l’in­diques don­ne­ra des idées aux autres peuples.

    L’é­loi­gne­ment des lieux de déci­sion et du face à face phy­sique avec les déci­deurs nour­rit l’a­to­nie poli­tique des gens qui perdent espoir de chan­ger quoique soit. La « des­truc­tion » euro­péenne est une des­truc­tion du poli­tique et non une simple moda­li­té neutre qu’il suf­fi­rait d’in­ver­ser par des rap­ports de forces.

    Réponse
  44. sitouaillain

    je veux bien sous­crire à cette idée d’é­loi­gne­ment, sim­ple­ment j’y ajou­te­rais un argu­ment de mau­vaise fois, à savoir que Lille est plus proche de Bruxelles que de Paris et Stras­bourg plus près de Francfort…et les mar­seillais n’ont été proche des déci­deurs pari­siens que lors­qu’ils ont mar­ché en chan­tant jus­qu’à la capi­tale. l’a­to­nie poli­tique, ça se soigne et il y a tel­le­ment à faire localement!..Pour un face à face phy­sique, il faut se déplacer…et c’est une affaire de conscience politique…Place beau­vau, c’est à 50min de Cli­chy sous Bois

    de part les moyens de com­mu­ni­ca­tion et de trans­port qui sont les nôtres, l’é­loi­gne­ment est donc réduit à un sen­ti­ment, une vision sym­bo­lique, et la proxi­mi­té avec les déci­deurs dépend de leur nature, ou plu­tôt des structures..sont elles démo­cra­tiques ou non et avant cela, qui le peuple désigne (réfor­misme) ou com­ment s’y prend-t-il pour s’or­ga­ni­ser comme déci­deur (révo­lu­tion).

    reste à savoir s’il y a bien des « déci­deurs » à Bruxelles ou à Francfort…je crois qu’il n’en est rien ou si peu…ce sont des com­mis tout au plus.

    pour ce qui est des poli­tiques moné­taire, je main­tiens, aucune mon­naie natio­nale ne sau­rait se sub­sti­tuer à l’Eu­ro sans pro­duire immé­dia­te­ment des effets d’ex­po­si­tion à ce qui a pré­ci­sé­ment conduit tous les gou­ver­ne­ment à appli­quer des poli­tiques moné­ta­ristes et préa­la­ble­ment à s’as­so­cier dans le ser­pent monétaire…et après, qui vou­dra de notre mon­naie de singe ?

    d’où il res­sort que si espoir il y a, en période de tran­si­tion, ce sont via des mon­naies locales, via un pôle publique ban­caire (taux d’emprunt qua­si-nul à la BCE actuel­le­ment) et pour­quoi pas se faire faux-monnayeurs…on peut très bien émettre autant d’eu­ro qu’on en aurait besoin et une banque publique contrô­lée démo­cra­ti­que­ment autant de cré­dits qu’il y a besoin..le tout est de le vou­loir et d’être en posi­tion de le pouvoir.

    Réponse
  45. J.C

    @Sitouaillain

    Oui effec­ti­ve­ment, on a bien essayé de dis­cu­ter de la mon­naie mais tu as pris la fuite au beau milieu, je ne sais pas pour­quoi, peut-être par mépris ou manque d’arguments.

    Cher Sitouaillain, je dois t’a­vouer quelque chose, je ne suis pas un homme de gauche.
    Je ne suis pas non plus un homme de droite.
    Com­ment est-ce possible ?
    Je ne suis pas non plus du centre ni des extrêmes.
    Mais ou est-il donc alors ?

    Je n’ai pas voté et tu aurais pu ne pas voter non plus, Fran­çois Hol­lande aurait tout de même été élu et le TSCG voté.
    Il était facile de devi­ner ce résul­tat déjà 6 mois à l’avance.
    Tu as fait ce qu’on t’as dis de faire comme les autres. Tu as encore une fois don­né ton pou­voir à d’autre de choi­sir à ta place, à des repré­sen­tants. Non pas à des repré­sen­tants du peuple mais de ceux qui leur ont per­mis d’être élu.

    La démo­cra­tie, ce n’est pas cela et elle ne ver­ra pas le jours de cette façon.
    Tu n’as sim­ple­ment aucun pou­voir poli­tique sérieux, c’est tout. Mais tu vas encore conti­nuer à te battre car tu crois que c’est les élec­teurs qui décident tout en aban­don­nant leur pou­voir à d’autres.
    Eh bien non, les can­di­dats sont choi­si à l’a­vance et ils sont là pour que la popu­la­tion accepte ce que l’on a déci­dé pour elle sous pré­texte qu’elle a voté.

    Je suis allé voir les liens que tu as lais­sé plus haut, les 18 thèses pour l’é­co­so­cia­lisme ain­si que les vidéos.

    Que nous pro­pose le FdG :
    L’é­man­ci­pa­tion du peuple par le plein emploi, la pro­mo­tion de l’é­co­lo­gie diri­gée par l’argent, sub­ve­nir à la sub­sis­tance de tous par la décroissance.
    Il va sans dire que ces pro­po­si­tions m’ap­pa­raissent peu viable si je puis m’ex­pri­mer ainsi.
    Elle rime avec asser­vis­se­ment, cor­rup­tion et pau­vre­té comme toutes les idéo­lo­gies com­mu­nistes d’ailleurs.
    Cette men­ta­li­té qui consiste à dire que « nous sommes pauvres et il faut faire avec » est un réel danger.
    Non, nous sommes pas pauvre, nous sommes riche et il faut apprendre à l’u­ti­li­ser conve­na­ble­ment cette richesse, aus­si bien maté­rielle que spi­ri­tuelle et en réa­li­té, nous n’a­vons pas besoin d’argent pour cela.

    « que tu le veuilles ou non, ce sont les autres qui choi­sissent pour toi, parce que tu vis en société »

    Non, ce ne sont pas for­cé­ment les autres qui choi­sissent pour nous sur l’es­sen­tiel parce que contrai­re­ment à ce que dit JLM la démo­cra­tie, ce n’est pas la dic­ta­ture de la majo­ri­té et la vio­lence légi­time de l’é­tat ( J’ouvre une paren­thèse pour dire que sa vidéo est inté­res­sante pour com­prendre sa vision philosophique).

    Je ne suis pas non plus d’ac­cord avec l’a­na­lyse de Jacques Géné­reux, ce n’est pas l’i­déal de l’a­bon­dance qui fait prendre l’é­goïsme pour la liber­té mais bien les conflits qui résident dans les inté­rêts moné­taires indi­vi­duels qui s’op­posent et s’affrontent.
    C’est jus­te­ment la com­pé­ti­tion et la vio­lence impo­sée par le pou­voir de l’argent qui empêche l’a­bon­dance, l’en­traide, la coopé­ra­tion, la solidarité.

    Les pro­blèmes de la socié­té sont liés à l’argent et l’as­ser­vis­se­ment qu’il a per­mis : le tra­vail, la hié­rar­chi­sa­tion, la sou­mis­sion, les inégalités.

    Le FdG n’i­den­ti­fie pas clai­re­ment à mon sens, le pro­blème et les solu­tions à appor­ter, les cor­ré­la­tions entre la démo­cra­tie, l’é­ga­li­té poli­tique, l’é­ga­li­té éco­no­mique, l’a­bo­li­tion de la mon­naie, l’a­bon­dance, l’ap­proche scien­ti­fique, l’é­du­ca­tion, la connais­sance, la liber­té et la fraternité.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  46. sitouaillain

    Cher JC,

    je sais très bien que tu ne sais pas te situer, que ce soit par absence de culture poli­tique ou par inves­tis­se­ment nar­cis­sique dans une pos­ture « au-des­sus de la mêlée ». je t’a­voue que je m’en fiche un peu, je ne m’in­té­resse qu’à ce que tu dis, et je sou­hai­te­rais que la réci­proque soit possible.

    en ce qui me concerne, je suis à gauche et bien plus à gauche que la majo­ri­té des cama­rades du FdG.

    mas à quoi me sert d’a­voir des idées radi­cales si je ne par­ti­cipe pas à les rendre pos­sibles ? à rien.

    c’est pour­quoi mon sou­tien au FdG est en quelque sorte tac­tique, et il m’ap­pa­rait d’au­tant plus néces­saire que la majo­ri­té de la popu­la­tion est en voie de se droi­ti­ser, peu m’im­porte donc que je sois en désac­cord sur des points essen­tiels, c’est déjà incom­men­su­ra­ble­ment pré­fé­rable et la bataille cultu­relle à mener pour rendre pos­sible le quart de ce qui est pro­po­sé par les citoyens par­ti­ci­pant au FdG est une tâche ardue.

    et, étant d’ex­trac­tion pauvre, je ne suis pas de ceux qui pré­fèrent lais­ser le monde tel qu’il est, pour me gar­ga­ri­ser d’i­dées pures et d’u­to­pies parfaites.

    et c’est pour la même rai­son que j’ai voté hol­lande, non pas parce qu’on me l’au­rait dic­té, mais parce que ma rai­son et ma conscience me le dic­tait, et elle me le dic­tait d’au­tant plus fort qu’à ce moment là je tra­vaillais dans une pri­son, soit un poste pri­vi­lé­gié d’ob­ser­va­tion des effets directs de la poli­tique du gou­ver­ne­ment pré­cé­dent, dont la base élec­to­rale réclame de taper sur plus faible que soi, d’ou­blier les prin­cipes fon­da­men­taux de la jus­tice et de la digni­té humaine. de sorte que si tout le monde rai­sonne comme toi, la voie est libre pour les ado­ra­teurs de l’ordre moral, des hié­rar­chies, de la reli­gion et des pépettes. je te ras­sure, tu n’es pas le seul à pra­ti­quer ce puri­ta­nisme qui consiste à ne pas vou­loir « cau­tion­ner le sys­tème »…aveu­glés au point de ne pas voir qu’ils le ren­forcent et se privent volon­tai­re­ment des points d’ap­puis pour mener plus avant leurs luttes et leurs idées.

    et ce fai­sant je n’ai pas plus que toi don­né le pou­voir à d’autres de faire à ma place…en tout cas sûre­ment moins que toi.
    car si tu crois que a démo­cra­tie ne orti­ra pas des urnes dans cette démo­cra­tie là, non seule­ment tu serais bête de ne pas cher­cher à faire élire les plus faibles des repré­sen­tants face au reven­di­ca­tions popu­laires et je note aus­si par sur­croit que tu te gardes bien de pro­po­ser une tac­tique concrète.

    c’est d’ailleurs cette abs­cence de clar­té qui m’a pous­ser à évi­ter de répondre à tes der­niers posts sur la mon­naie pour évi­ter au max de subir a répé­ti­tion de la même lli­ta­nie infan­tile, étant don­né que tu n’as pas exa­mi­né mes argu­ments qui cher­chaient à te faire voir les failles évi­dentes de ton rai­son­ne­ment et qu’eles te seraient appa­rues rapi­de­ment si tu avais eu a poli­tesse de répondre à mes demandes d’ex­pli­ca­tions quand aux appli­ca­tion concrètes, à a fois sur com­ment on s’y prend pour mettre « ton » sys­tème en place et com­ment la dis­tri­bu­tion et sur­tout la pro­duc­tion s’organisent…

    d’ou le fait que tu puisse sans ver­gogne dire à Yvan :
    « Le FdG par exemple nous dit :  » la richesse d’un pays réside dans le tra­vail humain  » Voi­là qui résume tout. Est-cela l’é­man­ci­pa­tion ? La richesse d’un pays ne devrait-elle pas plu­tôt rési­der dans sa capa­ci­té à rendre heu­reux et libre ? »

    comme si les machines, les tech­no­lo­gies etc. que tu réclames ne devaient pas résul­ter du tra­vail humain…et comme si on pou­vait être heu­reux et libre en ayant faim…et comme si de par ton inca­pa­ci­té à sor­tir de tes dogmes, tu ne savais voir que le tra­vail n’est pas for­cé­ment syno­nyme d’a­lié­na­tion, et que si toi tu tra­vailles uni­que­ment pour pour l’argent, ça n’est pas une généralité.

    et, tu dis que tu n’es pas de gauche, mais alors qui va te croire après avoir dit cela : L’é­tat est un gros employeurs et les tra­vailleurs ne peuvent se libé­rer des employeurs sauf s’il n’y a plus d’employeurs.
    ce qui d’ailleurs nous ramène à ces assises que tu as pris le temps d’é­cou­ter, et où tu as sûre­ment du entendre que jus­te­ment les syn­di­cats reprochent à l’E­tat-patron de se com­por­ter comme les capitalistes…il n’y a donc pas de contra­dic­tion avec ton pro­pos, si ce n’est bien sûr que des ten­dances à gauche vont pré­fé­rer la natio­na­li­sa­tion à la socia­li­sa­tion, il est vrai aus­si que tout dépend de ce qu’on entend par « Etat », et à aus­si il y a débat.

    et puis donc tu dis : Non, nous sommes pas pauvre, nous sommes riche et il faut apprendre à l’u­ti­li­ser conve­na­ble­ment cette richesse, aus­si bien maté­rielle que spi­ri­tuelle et en réa­li­té, nous n’a­vons pas besoin d’argent pour cela. mais si tu avais bien écou­té, tu aurais enten­du la même chose…en tout cas je n’ai rien enten­du de contra­dic­toire avec ça dans les interventions.

    Par contre « la pro­mo­tion de l’é­co­lo­gie diri­gée par l’argent, sub­ve­nir à la sub­sis­tance de tous par la décrois­sance » ça, je ne l’ai pas entendu…par défi­ni­tion, la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, ne peut pas être diri­gée par des effets de mar­chés et les inté­rêts capi­ta­listes et le mot décrois­sance a été évo­qué pour ce qui est du superflu

    pire encore tu verses dans la dénon­cia­tion calom­nieuse gra­tuite, la langue toute pleine de pro­pa­gande bien enra­ci­née : Elle rime avec asser­vis­se­ment, cor­rup­tion et pau­vre­té comme toutes les idéo­lo­gies com­mu­nistes d’ailleurs. ma foi, je subi cela avec beau­coup d’a­mu­se­ment dans la mesure où a plu­part de ce que tu dis sur ce blog relève com­plè­te­ment des idéo­lo­gies socia­listes et que d’ailleurs ta récente conver­sion aux pro­phé­tie du Dr Fres­co te porte à répé­ter à l’en­vie tous les schèmes du vieux cou­rant socia­liste uto­pique et ses pentes totalitaires…

    mais quand tu dis « C’est jus­te­ment la com­pé­ti­tion et la vio­lence impo­sée par le pou­voir de l’argent qui empêche l’a­bon­dance, l’en­traide, la coopé­ra­tion, la soli­da­ri­té. » tu es en plein dans le com­mu­nisme, sauf que les com­mu­nistes ou un socia­liste comme Géné­reux vont uti­li­ser le terme « capi­ta­lisme » au lieu de « pou­voir de l’argent » parce qu’ils ont défi­nit et uti­lisent des concepts et des ana­lyses sur des bases rigou­reuses, en tout cas moins superficielles.

    enfin quand tu dis :
    Non, ce ne sont pas for­cé­ment les autres qui choi­sissent pour nous sur l’es­sen­tiel parce que contrai­re­ment à ce que dit JLM la démo­cra­tie, ce n’est pas la dic­ta­ture de la majo­ri­té et la vio­lence légi­time de l’é­tat ( J’ouvre une paren­thèse pour dire que sa vidéo est inté­res­sante pour com­prendre sa vision philosophique).

    ce que je vou­lais te dire ça n’é­tait pas que les autres choi­sissent pour toi « dans ton idéal » mais « de fait », et sans doute dans l’ab­so­lu, car c’est une autre façon de dire que la liber­té des uns s’ar­rête là où com­mence celle des autres, et plus pro­fon­dé­ment, de par la nature même de l’homme comme être social, la liber­té telle que tu l’en­tends est une illu­sion, une fic­tion libérale,

    ce qui fait que tu ne choi­sis pas vrai­ment ta langue par exemple et,plus pro­fon­dé­ment encore, ce qui fait que tu ne choi­sis pas le moment social-his­to­rique qui te struc­tures et qui, s’il te per­met de rêver, ne t’en­joins pas moins de poser des actes sur le réel pour faire adve­nir ces rêves, rêves dont la réa­li­sa­tion est tri­bu­taire des agis­se­ments d’au­trui plus encore que des tiens propres.

    ce qui veut dire très tri­via­le­ment que si dans ton monde par­fait sans argent une masse de gens décide de s’ap­pro­prier ton lieu de vie et de le trans­for­mer en temple, tu n’au­ras que tes yeux pour pleu­rer si tu n’as pas de cama­rades pour le défendre.

    et ce que dit JLM, si tu écoutes bien, ce n’est pas que la majo­ri­té à rai­son, il dit d’a­bord que la règle de la majo­ri­té c’est la règle que le peuple s’est don­né et ensuite que rien ne peut se faire sans l’ac­cord du plus grand nombre,
    et il me semble qu’il pense que toute ini­tia­tive poli­tique doit res­pec­ter ce prin­cipe sauf à être éphé­mère ou catastrophique…ceci l’o­blige donc à convaincre…mais en même temps cela le prive de moyens d’ac­tions plus radicaux.

    j’a­voue que c’est là une inter­ro­ga­tion très inté­res­sante, puisque s’il y a une alter­na­tive à la dic­ta­ture de la majo­ri­té qui ne soit pas la dic­ta­ture d’une mino­ri­té, alors il nous faut en trou­ver les prin­cipes et des modes opé­ra­toires, mais pour le moment toi , moi et JLM subis­sons la même loi.

    mais quand je te lis, il me semble que tu es plu­tôt pour la dic­ta­ture, étant don­né que tu veux abo­lir l’argent et la liber­té de dis­po­ser de ce que l’on pro­duit, il va de soi que ceux qui ne sont pas d’ac­cord avec toi auraient à subir un pré­ju­dice, et comme ton sys­tème est mon­dial, il n’y a pas d’é­chap­pa­toire et toutes les res­sources appar­tiennent à frescoland…tu fais donc un bien mau­vais don­neur de leçons 😉

    Réponse
  47. gilles

    Les nou­veaux prê­cheurs ( incons­cients ? ) de la rési­gna­tion et le ron-ron de la langue de bois européiste.

    Ci-devant Citoyen fata­liste, je ne vois pas en quoi il y aurait une fata­li­té au moné­ta­risme et à la lutte contre l’in­fla­tion dans les pays euro­péens autre que celle du pro­ces­sus cyni­que­ment dénom­mé « construc­tion » euro­péenne, en réa­li­té des­truc­tion euro­péenne des acquis sociaux et du niveau de démo­cra­tie natio­nale, je n’ai pas peur du mot que Marx employait, que nous avions atteint, insuf­fi­sant certes, mais pré­fé­rable à une dic­ta­ture non-pas 5 étoiles, mais bien 12 étoiles-luxe pour les uns et 12 bles­sures sur le crâne pour les autres.

    Pour les chré­tiens qui aiment souf­frir pour aller vers la rédemp­tion et faire Un avec le Sei­gneur, je com­pren­drais tes argu­ments d’U­ni­fi­ca­tion, mais j’ai du mal avec un révo­lu­tion­naire qui s’embrouille lui-même les idées et se mets à péda­ler à l’en­vers de qui est souhaitable.

    Je m’ex­plique, il me semble que tu veuille prê­cher la rési­gna­tion quand tu veux igno­rer les tra­vaux de Sapir, Lor­don, Krug­mann, Stil­giz sur l’i­dio­tie du moné­ta­risme et des règles de l’eu­ro, qui entre paren­thèses, est prê­ché dans dif­fé­rents endroits du Monde, mais appli­qué qu’en régime de des­truc­tion euro­péenne, cer­tains ( Les US et etc …, pas fous, le prêchent aux autres, mais ne se l’ap­pliquent pas à eux-mêmes, voir les relances du Quan­ti­ta­tive Easing …), cer­tains autres pays n’en ayant rien à battre de ces théo­ries moné­ta­ristes stu­pides, et toi le cen­sé­ment révo­lu­tion­naire, il me semble, ci-devant citoyen Fata­liste, que tu dis­poses de beau­coup de temps pour nous prê­cher la rési­gna­tion et bien peu pour ouvrir de nou­veaux che­mins critiques.

    Rends-toi compte, même Keynes avec son eutha­na­sie des ren­tiers était plus révo­lu­tion­naire que toi, c’est dire le che­min à l’en­vers que t’a fait accom­plir l’i­déo­lo­gie dominante.

    Même le FMI com­mence à admettre qu’il fau­drait un peu moins lut­ter contre l’inflation :

    http://www.alternatives-economiques.fr/l‑inflation–une-solution-trop-simple_fr_art_916_48760.html

    mais cela ne fait rien, les com­man­dants du paque­bot bien au chaud dans la cabine de pilo­tage de l’Eu­rope ne changent pas de cap, droit sur l’i­ce­berg, les eaux gla­cées du cal­cul égoïste pour les autres, c’est cela qu’ils aiment.

    Face à cela que pro­pose le front de » gauche « : Rési­gna­tion euro­péiste, rési­gna­tion atlan­tiste, rési­gna­tion moné­ta­riste, rési­gna­tion libre-échan­giste, en consé­quence, sans l’as­su­mer, de manière schi­zo­phrène : rési­gna­tion au mar­ché tout puissant.

    Quand à la Confé­dé­ra­tion Euro­péenne des »Syn­di­cats « et sa sou­mis­sion et sa col­la­bo­ra­tion aux valeurs unio­nistes, si tu savais ce qu’en pense les anar­chistes et les trots­kistes, juste un exemple :

    http://​alen​contre​.org/​e​u​r​o​p​e​/​c​o​n​f​e​d​e​r​a​t​i​o​n​-​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​-​d​e​s​-​s​y​n​d​i​c​a​t​s​-​u​n​-​l​o​b​b​y​-​v​o​u​e​-​a​-​l​a​-​c​o​l​l​a​b​o​r​a​t​i​o​n​.​h​tml

    Quant à l’i­dée que l’eu­ro­péisme est néces­saire pour s’é­man­ci­per de l’im­pé­ria­lisme US, main­te­nant après la Chute du Mur, c’est d’au­tant plus le contraire, l’im­pé­ria­lisme US est un des fac­teurs aggra­vants d’im­po­si­tion de la des­truc­tion euro­péenne sur nos sociétés.

    Tiens, juste un exemple récent, mais il y en aurait une longue suite à toutes les époques depuis 1945, je mets à la suite un article sur le chan­tage US sur l’Al­le­magne pour qu’elle conserve l’Eu­ro, comme quoi, la ques­tion de la défense ( voir le trai­té de Mos­cou de 1990 ) est pri­mor­diale pour le débou­ché des luttes sociales.

    « Extrait d’un article dont je ne par­tage pas tout les pré-sup­po­sés, mais qui apporte des informations :

    Tous les employés du Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES) béné­fi­cient de l’immunité juri­dique, per­sonne ne peut dépo­ser plainte contre le MES ou ses employés. Mais par contre le MES peut dépo­ser plainte contre tout un cha­cun et pos­sède des droits incroyables : il peut exi­ger de la part de tous les États signa­taires et en tout temps autant d’argent qu’il lui plaît. Et tout ceci sans devoir don­ner de rai­sons. Les membres doivent obtem­pé­rer dans les sept jours sans oppo­si­tion pos­sible. Si un État ne peut satis­faire ces exi­gences (la Grèce, l’Irlande, le Por­tu­gal, l’Espagne, l’Italie, la Slo­vé­nie, Chypre) ce sont les autres États membres qui doivent reprendre auto­ma­ti­que­ment le mon­tant de la dette qu’ils doivent eux aus­si payer dans les sept jours. Il est pré­vu que les popu­la­tions des États membres soient tenues de se plier à cette exi­gence avec leurs biens propres pour sup­por­ter les dettes de leur État. Le MES repré­sente la prise de pou­voir de la haute finance inter­na­tio­nale avec l’accord de nos repré­sen­tants politiques.

    Selon les infor­ma­tions exis­tantes jusqu’à pré­sent, le pro­jet d’accord sur le MES a été rédi­gé par le bureau d’avocats amé­ri­cain Fresh­fields Bruck­haus Deringer.

    Véri­fi­ca­tion du fait que la rédac­tion de l’ac­cord dénom­mé : « Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té » a été effec­tué par le bureau d’a­vo­cats amé­ri­cain Fresh­fields Bruck­haus Deringer :

    http://​www​.neu​rope​.eu/​b​l​o​g​/​g​e​r​m​a​n​y​-​h​a​s​-​h​u​n​g​-​i​t​s​elf

    http://​www​.lob​by​pe​dia​.de/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​F​r​e​s​h​f​i​e​l​d​s​_​B​r​u​c​k​h​a​u​s​_​D​e​r​i​n​ger

    Cet accord de type anglo-amé­ri­cain est à mille lieues de toute culture juri­dique euro­péenne. Il a été rédi­gé en anglais, puis tra­duit en alle­mand. Les règles d’immunité de l’accord sur le MES furent, par com­mo­di­té, reco­piées des sta­tuts de la BRI (Banque des règle­ments inter­na­tio­naux, Bâle, Roth­schild), res­pec­ti­ve­ment des sta­tuts de l’US-ESF (Exchange Sta­bi­li­za­tion Fund). Le minis­tère alle­mand des Finances à lui seul occupe 1900 employés et aurait sans autre pu rédi­ger l’accord sur le MES selon le droit ger­ma­no-romain au sein de son ins­ti­tu­tion. Mais que fit Schäuble ? Il remit le soin de rédi­ger cet accord à un bureau d’avocats amé­ri­cain qui est en rela­tion directe avec les grands créan­ciers euro­péens et Gold­man Sachs.

    La chan­ce­lière Mer­kel, elle aus­si, s’efforce de remettre la sou­ve­rai­ne­té bud­gé­taire de la Répu­blique fédé­rale alle­mande à l’administration fis­cale du Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té. Tous les États qui se lancent sur cette voie acceptent la fin de l’État de droit libre et démo­cra­tique en renon­çant à leur sou­ve­rai­ne­té bud­gé­taire. Madame Mer­kel viole par là clai­re­ment son ser­ment pro­fes­sion­nel. La fameuse « union bud­gé­taire » sent la dic­ta­ture. Alors même que « tout pou­voir d’État émane du peuple » (art. 20 de la Loi fon­da­men­tale), les citoyens n’ont, là aus­si, rien à dire quant il s’agit d’endosser les dettes d’États étran­gers cor­rom­pus. Lors de telles déci­sions, on a de plus en plus l’impression que Madame Mer­kel est sous la contrainte de l’industrie de la finance.

    C’est l’ancien porte-parole de la ministre autri­chienne des Finances, Maria Fek­ter (ÖVP), Harald Wai­glein, qui repré­sente l’Autriche dans le MES. Il fut autre­fois jour­na­liste à la télé­vi­sion autri­chienne ORF et à la « Wie­ner Zei­tung ». Il n’est pas un spé­cia­liste des finances et fut après son adhé­sion au par­ti bour­geois ÖVP, en der­nier, chef de la sec­tion III « Poli­tique éco­no­mique et mar­chés finan­ciers » au minis­tère des Finances à Vienne. Sur les plans euro­péen et inter­na­tio­nal, il pos­sède uni­que­ment quelque expé­rience en tant que porte-parole et jour­na­liste. En tant que membre du direc­toire du MES, Harald Wai­glein jouit de l’immunité, ne paie pas d’impôt sur le reve­nu et dis­pose avec ses col­lègues d’une for­tune de 700 mil­liards d’euros pour commencer.

    
Lors de l’effondrement de l’euro qui se pro­file, l’Allemagne devra payer jusqu’à 771 mil­liards d’euros, selon les cal­culs de l’institut Ifo. Face à un bud­get d’État de 306 mil­liards, cela « fait froid dans le dos ». S’il faut encore ajou­ter les plans de sau­ve­tage pour l’Espagne et l’Italie, la somme totale à payer pour l’Allemagne attein­dra 2,8 bil­lions d’euros. Il est indé­niable que l’Allemagne s’effondrerait sous la charge d’un tel poids. C’est dans ce contexte que les jour­naux « Bild » et « Süd­deutsche Zei­tung » ont publié un appel de l’ancien Pre­mier ministre anglais, Tony Blair, inti­mant l’ordre à l’Allemagne de sau­ver l’euro. Les États-Unis aus­si attendent le sau­ve­tage de l’euro par l’Allemagne, même si cela menace l’existence du pays. C’est ce qu’a décla­ré le ministre amé­ri­cain des Finances Geith­ner, lors d’un court séjour chez le ministre des Finances Schäuble à son domi­cile de vacances sur l’île de Sylt. Il fit aus­si com­prendre que les États-Unis ne tolé­re­raient pas une sor­tie de l’Allemagne de l’euro. Car le retour au Deutsche Mark signi­fie­rait la renais­sance d’une mon­naie qui serait rapide de nou­veau la plus forte mon­naie du monde – ce qui n’est cer­tai­ne­ment pas le vœu des Alliés et de l’industrie finan­cière. La dis­pa­ri­tion du Deutsche Mark fut une des rai­sons fon­da­men­tales de l’introduction de l’euro.

    
Ange­la Mer­kel a reçu aux États-Unis la médaille de la liber­té, du fait qu’elle a appli­qué sans bron­cher les objec­tifs d’après-guerre des États-Unis pour l’Allemagne, soit les 5D déci­dés pour l’Allemagne en 1945 lors de la Confé­rence de Pots­dam : démi­li­ta­ri­sa­tion, déna­zi­fi­ca­tion, décen­tra­li­sa­tion, démo­cra­ti­sa­tion et démon­tage. Pour mieux pou­voir appli­quer tout cela, l’Allemagne n’a tou­jours pas de trai­té de paix et doit se conten­ter d’un trai­té d’armistice et de la clause d’« État enne­mi » selon les sta­tuts de l’ONU.

    Véri­fi­ca­tion per­son­nelle, pour confir­mer le fait que l’Al­le­magne n’a pas de trai­té de paix, voir l’ar­ticle de l’en­cy­clo­pé­die en ligne wiki­pé­dia sur le Trai­té de Paris de 1947 :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Paris_%281947%29

    mais juste un trai­té d’ar­mis­tice et de démi­li­ta­ri­sa­tion, voir l’ar­ticle 3 du trai­té de Mos­cou de 1990 :

    http://​mjp​.univ​-perp​.fr/​t​r​a​i​t​e​s​/​1​9​9​0​t​r​a​i​t​e​2​+​4​.​htm

    Extrait des condi­tions du trai­té accep­tées par l’Al­le­magne en 1990 : renon­cia­tion à la fabri­ca­tion, à la pos­ses­sion et au contrôle d’armes nucléaires, bio­lo­giques et chi­miques. Fin de cita­tion. L’Al­le­magne ne peut donc pas se défendre seule face à des pays qui emploie­raient des armes de ces types, sa sou­ve­rai­ne­té est limi­té et elle doit se pla­cer obli­ga­toi­re­ment sous la férule d’un suze­rain. En l’oc­cur­rence les États-Unis d’A­mé­rique qui en pro­fitent pour impo­ser des solu­tions moné­ta­ristes qui asphyxient leur concur­rent : l’UE

    Ain­si la Bun­des­wehr est sou­mise à l’OTAN et l’Allemagne reste occu­pée par 68 000 sol­dats amé­ri­cains et 30 000 sol­dats bri­tan­niques. L’Allemagne paie les frais d’occupation et offre constam­ment de nou­velles infra­struc­tures aux occu­pants, soit des immeubles, des hôpi­taux, des aéro­ports et des ter­rains d’exercices. Les troupes d’occupation et leurs ser­vices secrets peuvent agir en toute impu­ni­té dans le pays, n’étant pas sou­mis à la loi alle­mande, leurs casernes et leurs éta­blis­se­ments jouissent de l’exterritorialité. Ain­si on construit à Land­stuhl un nou­vel hôpi­tal amé­ri­cain pour 900 mil­lions d’euros, l’Allemagne en sup­por­tant 600 millions. •

    Source pri­maire : Inter-Info d’octobre 2012

    Cou­cou, il faut se réveiller, le Monde a chan­gé, tes ana­lyses sont en train de moisir.

    Réponse
  48. Alain Guillou

    Voi­ci un site Inter­net que je recom­mande à ceux qui cherchent « tous azi­muts » les clefs introu­vables de « la réelle démo­cra­tie », ain­si qu’à celles , plus nom­breuses, je ne sais pour­quoi, qui cherchent les secrets, introu­vables, du « miracle de la vie »…

    http://​fifi24​.com

    Mais je pré­viens : vous allez y enfié­vrer vos petites cel­lules grises, et sans doute, devoir chan­ger d’or­di­na­teur, de conjoint, de sexe, et d’a­ni­maux de compagnie…alors, sur­tout, ne sui­vez pas mon conseil : ache­ter le livre de Lucien Sève,« L’HOMME ? » col­lec­tion La Dispute.…

    Il vous atten­drait dis­crè­te­ment sur l’é­ta­gère de votre petit-coin pré­fé­ré, car c’est là qu’on se débar­rasse de « l’i­déo­lo­gie dominante »…

    Salut Gilles!… je n’ai pas que grillé mon ordi, je perds le contact avec mes cama­rades marins, et à force de ne plus cotoyer que des ter­riens, j’ai vrai­ment l’im­pres­sion d’un uni­vers noyé dans la pous­sière qui empêche d’i­ma­gi­ner que l’ho­ri­zon existe !

    Jamais « les gens du FN » n’ont ima­gi­né le sens du mot uto­pie ! J’ai beau lire et relire Bra­zillac, ce petit salo­pard m’ins­pire tou­jours la même horreur !

    Réponse
  49. Alain Guillou

    La pous­sière, c’est la seule chose qui explique qu’un citoyen intel­li­gent d’entre les intel­li­gents comme Gilles, voire comme Orpheus, pas­sant à deux pas (deux pas dia­lec­tiques, excu­sez-moi !)de « la véri­té », notre « bien com­mun » que cha­cun tutoie et que per­sonne n’ar­rive à par­ta­ger, semblent les uns comme nous autres, faire sem­blant de ne pas voir : « vous qui pas­sez sans me voir… » , hurle-telle dans son registre infra­so­nore que « nous » n’en­ten­dons pas…« sor­tez donc de l’eu­ro » et lais­sez celui-ci vous écra­ser à la des­cente du véhi­cule…« moi je vous le répète : pre­nez donc plu­tôt les com­mandes de ce bidule que vous nom­mez Euro ! »…la lutte poli­tique pour la démo­cra­tie réelle est insé­pa­rable de la lutte éco­no­mique pour sou­mettre la planche à billet à la puis­sance du peuple qui en a marre de subir toutes sortes d’im­pé­ria­lismes dégui­sés en « dettes » ! La planche à billet existe, c’est l’E­tat le plus puis­sant mili­tai­re­ment qui nous l’im­pose , nous obli­geant à tri­mer ou à cho­mer ten­dan­ciel­le­ment pour le même résul­tat : la dette aggra­vée … pour ser­vir sa domi­na­tion, (allez, je le dis le gros mot : « impé­ria­lisme , stade suprème du capi­ta­lisme »!)… et celle de ses dro­gués féroces : les ren­tiers du sys­tème « pigeons » avec des dents de requins et des yeux exor­bi­tés par une par­so­tie cupide !

    Réponse
  50. Alain Guillou

    titre de mon der­nier post : les paris stu­pides, la Pari­sot pigeonne, la pari­so­tie aveuglante.
    J’ai oublié un i , or il ne faut pas oublier un i si l’on veut mettre un pont des­sus (ah ! pas de vio­lence, SVP !)

    Réponse
  51. sitouaillain

    @ Gilles,

    tu t’é­nerves pour rien tu sais, je ne crois pas du tout qu’il y « aurait une fata­li­té au moné­ta­risme et à la lutte contre l’in­fla­tion dans les pays euro­péens » et je connais bien la théo­rie key­né­sienne, krug­man, sti­glitz, tout ça, je les ai lu et suis au fait des étapes du pro­ces­sus ayant conduit à la dif­fu­sion puis l’ap­pli­ca­tion des idées monétaristes…le pro­blème c’est com­ment on en sort de tout ça…donc des rap­ports de force à prendre en compte et des actions possibles..

    dans ce débat, c’est toi qui te montre fata­liste, dans le sens où le terme à visée dis­ca­li­fi­ca­toire d’  »euro­péiste », peut, certes, être tac­ti­que­ment effi­cace un cer­tain temps pour dési­gner tout ceux qui sont prêts à sacri­fier des choses essen­tielles au non d’un idéal euro­péen, mais, dès que ça devient un fata­lisme selon lequel l’UE serait for­cé­ment anti­dé­mo­cra­tique et for­cé­ment monétariste,ibre-échangiste ou que sais-je, peu importe nos actions et nos enga­ge­ments, alors là ça devient du fatalisme.

    et si non seule­ment on connait la théo­rie moné­ta­riste, key­né­sienne, les apports de Krug­man ou de sti­glitz, et qu’on a pris connais­sance des mesures à prendre à la seconde près telles que décrites dans une récente note de J. Sapir qui se demande si on peut sor­tir de l’eu­ro, alors il n’y a pas à s’ex­ci­ter sur les pré­cau­tions que j’ai expo­sé plus haut.

    la ques­tion n’est pas à qui sera le plus révo­lu­tion­naire, c’est très sérieux, tu me parles de quit­ter le navire sans savoir s’il y a une cha­loupe, je te recom­mande de construire d’a­bord une cha­loupe et de tout faire pour récu­pé­rer le gou­ver­nail, avant de sau­ter, et d’a­voir l’es­poir que rien qu’une menace de sau­ter suf­fise à faire chan­ger le navire de cap, à condi­tion que tu aies une chaloupe…sinon on te lais­se­ra t’é­pui­ser et on t’ex­tor­que­ra mille pri­va­tions sup­plé­men­taires pour te repêcher.

    Réponse
  52. J.C

    @ Sitouaillain

    Je vais encore essayer de répondre au mieux à tes observations

    « si tu avais eu a poli­tesse de répondre à mes demandes d’ex­pli­ca­tions quand aux appli­ca­tion concrètes, à a fois sur com­ment on s’y prend pour mettre « ton » sys­tème en place et com­ment la dis­tri­bu­tion et sur­tout la pro­duc­tion s’organisent… »

    Je vais lais­ser Pros­per dire quelques mots à ce sujet :

    « Dans une éco­no­mie sans argent, les savoirs-faire, leur acqui­si­tion, leurs effec­ti­vi­té, les
    usages qu’ils honorent, l’invention de nou­veaux usages, la cri­tique per­ma­nente et la réflexion
    au sujet des usages que nous fai­sons des contraintes de base, man­ger, communiquer,
    orga­ni­ser… – deviennent le « lieu » pri­vi­lé­gié et décon­cen­tré des « déci­sions ». On ne cesse
    d’y apprendre. On peut donc iden­ti­fier cet ensemble à « une école ». Elle rem­place les
    par­le­ments et leurs élus cou­pés du terrain…/…

    Dans une éco­no­mie fon­dée sur les res­sources il ne s’agit plus « d’accord » ou « pas
    d’accord », qui impliquent la sujé­tion à un pou­voir exté­rieur, celui de l’argent, impo­sé par
    l’oligarchie et les élus qui lui font allé­geance. Il s’agit de « fai­sable ou pas » et du contrôle
    conti­nu, trans­pa­rent, de l’usage des res­sources. Le ver­rouillage par l’argent ayant sauté,
    l’expérience en est du même coup libé­rée. Fin des entre­prises lan­cées en force, sans
    cal­cu­ler leur impact éco­lo­gique et social…/…

    Dans la pers­pec­tive où l’argent a été abo­li son cri­tère ne joue plus pour déci­der ni pour
    hié­rar­chi­ser les sphères de déci­sions en sphère pri­vée, grande consom­ma­trice d’alcool moral,
    et sphères res­pon­sables, qui forcent elles aus­si sur la mora­line pour jus­ti­fier la bonne marche
    du cré­dit, l’apurement des dettes, la rai­son d’Etat.

    Vous n’« empor­te­rez » plus une déci­sion comme on emporte un objet payé.
    L’informatisation des don­nées et des croi­se­ments uso­lo­giques offre à tous et objec­ti­ve­ment une
    image de la situa­tion, là encore : si les déci­sions sont prises à la majo­ri­té, et même pour des
    durées très brèves, on devra les boire jusqu’à la lie, avec pour effet d’en prendre ensuite
    l’exact contre-pied, d’où des jeux de balan­cier coû­teux, émo­tion­nel­le­ment et matériellement.

    Dans le cas où les déci­sions ne sont plus prises à la majo­ri­té, la trans­pa­rence des
    infor­ma­tions, via l’informatisation des don­nées, rend aux par­ti­ci­pants les pleins et entiers
    contrôle et inven­ti­vi­té de leurs actes, avec d’autant plus de liber­té sur leurs effets qu’ils sont
    sous contrôle per­ma­nent. Les par­te­naires sont et res­tent des par­te­naires, dans un exercice
    d’équilibre où per­sonne n’a rai­son et ne peut impo­ser son opi­nion par quelque moyen que ce
    soit, la force pure, per­sua­sive, la séduc­tion, le lob­bying… Com­ment ça s’organise… ? Nous
    y revien­drons à pro­pos de la transition »

    la suite ici, peut être que cette fois tu en tien­dras compte. Enfin, on peut tou­jours rêver, ça ser­vi­ra à d’autres.

    « le mot décrois­sance a été évo­qué pour ce qui est du superflu »

    c’est bien ce que je dénonce ici (entre autres), la limi­ta­tion de la pro­duc­tion à l’indispensable.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​8​/​2​4​/​2​4​7​-​m​o​n​n​a​i​e​-​l​i​b​r​e​-​n​1​0​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​e​t​-​m​o​n​n​a​i​e​#​c​1​1​912

    « mais quand tu dis « C’est jus­te­ment la com­pé­ti­tion et la vio­lence impo­sée par le pou­voir de l’argent qui empêche l’a­bon­dance, l’en­traide, la coopé­ra­tion, la soli­da­ri­té. » tu es en plein dans le com­mu­nisme, sauf que les com­mu­nistes ou un socia­liste comme Géné­reux vont uti­li­ser le terme « capi­ta­lisme » au lieu de « pou­voir de l’argent » parce qu’ils ont défi­nit et uti­lisent des concepts et des ana­lyses sur des bases rigou­reuses, en tout cas moins superficielles. »

    Ce dont j’es­sayais de débattre avec toi sur le fil de dis­cus­sion – mon­naie libre – était l’é­ven­tuelle via­bi­li­té d’une alter­na­tive moné­taire. Tu n’as pas sou­hai­té répondre à mes objec­tions, tant pis. Toute mon­naie est par construc­tion capi­ta­liste puis­qu’ayant de la valeur en elle-même, ce qui signi­fie que l’on éta­blit un capi­tal en la thé­sau­ri­sant et qu’en plus de cela son fonc­tion­ne­ment est une entrave à la libre entre­prise et l’abondance.

    Ma conclu­sion est qu’il n’existe pas d’al­ter­na­tive moné­taire viable qui soit com­pa­rable aux avan­tages de sa sup­pres­sion pure et simple. Elle n’est qu’une contrainte, un outils d’asservissement.

    Et même à reve­nu égal, dès la 1ere tran­sac­tion, cette éga­li­té sera rompue.
    Toute éga­li­té et liber­té véri­table est exclue par l’u­sage de la monnaie.

    Pour ce qui est du dis­tri­bu­tisme moné­taire, puisque c’est l’i­déal que tu sembles prô­ner, j’ai déjà abor­dé les points qui relèvent les inco­hé­rences et les limites de cette approche qui a pour consé­quences ce qu’on peut repro­cher aux régimes com­mu­nistes soit la pau­pé­ri­sa­tion et l’u­ni­for­mi­sa­tion de la popu­la­tion et l’i­déal du tra­vail for­cé pour sa sub­sis­tance « le tra­vail rend libre ».

    « le tra­vail n’est pas for­cé­ment syno­nyme d’a­lié­na­tion, et que si toi tu tra­vailles uni­que­ment pour pour l’argent, ça n’est pas une généralité. »

    Je te trouve par­ti­cu­liè­re­ment de mau­vaise foi sur ce point comme sur le reste de ton post d’ailleurs.

    Le tra­vail en tant qu’ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles comme nous la vivons aujourd’­hui ou dans les alter­na­tives aux­quelles tu adhères sont des tra­vaux contraints et forcés.
    Com­bien tou­chant un reve­nu moyen conti­nue­rait la même acti­vi­té pro­fes­sion­nelle s’il gagnait le gros lot au loto à ton avis ? Demande autour de toi.
    Déjà, ne serait-ce que dès que l’on parle de reve­nu de base, 80 % pense que les autres ne sou­hai­te­raient plus tra­vailler sans même par­ler de chan­ger de tra­vail, pour­quoi un tel sen­ti­ment à ton avis ?
    Parce que cha­cun sait que les acti­vi­tés que nous entre­pre­nons dans notre socié­té, nous les entre­pre­nons avant tout pour >gagner nos vies<, que ce que nous choi­sis­sons, ce sont des choix par défaut et non pas des acti­vi­tés libre­ment consenties.
    Alors ima­gine qu’on se libèrent tous des contraintes de l’argent comme cri­tères de choix, un peu comme si nous étions des mil­lion­naires mais qui ne risquent pas de perdre leur situa­tion et qui n’ont plus d’argent à faire, dans quelles types d’ac­ti­vi­tés nous enga­ge­rions nous ? Les mêmes et de quelles façons ? à ton avis.

    Non, c’est trop beau, trop par­fait etc.
    Mais mon cher, le moment est venu de choi­sir, c’est ça ou la fin.
    La des­truc­tion de l’é­co­sys­tème, du vivant et les moyens de contrôles de la popu­la­tion par la tech­no­lo­gie sont main­te­nant tel­le­ment avan­cée que si chaque indi­vi­du com­po­sant la popu­la­tion ne prends pas les com­mandes très vite nous allons vivre sous un régime tota­li­taire comme jamais.
    il est tant de com­prendre ce qu’est une vraie démo­cra­tie, ce qu’est la liberté.
    Ce n’est pas le moment de s’en­dor­mir sur ses lau­riers et de croire encore qu’il est pos­sible de chan­ger un petit quelque chose au sein du contexte >répre­sen­ta­tif<.
    Nous n’a­vons pas besoin de gou­ver­ne­ment ce qui ne signi­fie pas que nous ne sommes pas orga­ni­ser. Nul besoin de suivre un cou­rant poli­tique pour cela.
    Eh non, je te vois venir, je ne suis pas anar­chiste non plus, il s’a­git juste de façons dif­fé­rentes d’or­ga­ni­ser la société.

     » ce qui veut dire très tri­via­le­ment que si dans ton monde par­fait sans argent une masse de gens décide de s’ap­pro­prier ton lieu de vie et de le trans­for­mer en temple, tu n’au­ras que tes yeux pour pleu­rer si tu n’as pas de cama­rades pour le défendre. »
    et
    « mais quand je te lis, il me semble que tu es plu­tôt pour la dic­ta­ture, étant don­né que tu veux abo­lir l’argent et la liber­té de dis­po­ser de ce que l’on produit »

    Je vois par tes exemples que tu n’as pas tout à fait sai­si le mode de fonc­tion­ne­ment de la socié­té dans le pro­jet Vénus. Ces objec­tions ne s’y appliquent pas, mais bon, je n’in­siste pas puisque J.Fresco ne t’ap­prend rien de toutes façons.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  53. gilles

    à citoyen, qui s’é­puise ? Tous les pays de la pla­nète qui ne sont pas dans l’UE ou bien ceux les plus vis­sés aux 12 étoiles : La Grèce, l’Espagne ?

    Quelle est la zone du Monde qui a le moins de croissance ?

    Qu’est-ce que c’est que cette peur que tu sou­haites amplifier ?

    Nous les par­ti­sans de l’au­to­no­mie, nous disons : « N’ayez pas peur de secouer vos chaînes, vous avez un Monde à gagner ! »

    Réponse
  54. gilles

    Europe : l’intégration mène au néo­li­bé­ra­lisme et au despotisme

    Bien sûr, les par­ti­sans de l’intégration euro­péenne font tou­jours miroi­ter une Europe sociale ou soli­daire, qui serait plus démo­cra­tique. Mais force est de consta­ter que depuis près de trente ans, elle rime avec un néo-libé­ra­lisme dog­ma­tique et un des­po­tisme volon­tiers post-démocratique.

    L’intégration euro­péenne avant tout

    C’est après une dis­cus­sion avec un ami que la réa­li­té m’a sau­té aux yeux. En effet, j’ai pu consta­ter que l’intégration euro­péenne passe avant le pro­grès social ou la démo­cra­tie, même pour des per­sonnes atta­chées aux deux. Car c’est le vice de cette construc­tion euro­péenne que de pous­ser à des poli­tiques fon­da­men­ta­le­ment anti­so­ciales et anti­dé­mo­cra­tiques. L’intégration euro­péenne devient l’objectif suprême, auquel tout est subor­don­né, quelles qu’en soient les conséquences.

    Pre­mier exemple : la mon­naie unique ne fonc­tionne pas car cela revient à impo­ser une poli­tique unique à des pays trop dif­fé­rents. Sapir ou Artus ont par­fai­te­ment démon­tré qu’il n’y a pas 36 solu­tions pour résoudre les dés­équi­libres actuels : une déva­lua­tion interne (en res­tant dans la mon­naie unique) ou une déva­lua­tion externe (qui impose d’en sor­tir). Mal­gré l’évidence du coût social bien plus impor­tant de la pre­mière, la sur­vie de la mon­naie unique passe avant la dou­leur des peuples…

    Deuxième exemple : le pro­ces­sus de déci­sion extrê­me­ment com­pli­qué pour répondre à la crise de la zone euro. Non seule­ment les fédé­ra­listes font l’erreur d’attribuer la crise aux défi­cits (qui en sont sur­tout la consé­quence), mais en plus, beau­coup sont prêts à mettre les bud­gets sous tutelle tech­no­cra­tique (ce qui a été fait en par­tie par le TSCG, le six pack, puis le two pack), une remise en cause fon­da­men­tale de nos démo­cra­ties. Mais là encore, l’intégration euro­péenne prime.

    Des fer­ments des­po­tiques et antisociaux

    Les par­ti­sans d’une plus grande inté­gra­tion euro­péenne souffrent d’un double pro­blème. Tout d’abord, ils oublient que l’Europe est un moyen et non une fin, et en aucun cas une fin supé­rieure à la démo­cra­tie et au pro­grès humain. Ensuite, ils sont dans une véri­table guerre reli­gieuse où toute per­sonne qui remet en cause le moindre « acquis com­mu­nau­taire » est un agent du mal, un natio­na­liste ou un fas­ciste mal dégros­si. Il n’y a plus de dia­logue pos­sible, seule­ment une excommunication.

    Du coup, ils ne par­viennent pas à voir que leur manière de fonc­tion­ner conduit à prendre des déci­sions détes­tables (qui fini­ront, soit dit en pas­sant, par détruire l’idée euro­péenne). Il est pro­pre­ment hal­lu­ci­nant d’entendre Mario Dra­ghi ou Pierre Mos­co­vi­ci admettre que les poli­tiques d’austérité vont pro­duire beau­coup de dégâts tout en étant inca­pables d’essayer de faire autre chose, alors même que des « prix Nobel d’économie » ne cessent de leur indi­quer une autre direction.

    Et quand les peuples ou les gou­ver­ne­ments viennent à contes­ter la direc­tion choi­sie, c’est for­cé­ment qu’ils ont tort et on com­mence à entendre des contes­ta­tions de la démo­cra­tie, comme le rap­porte bien le livre « Cir­cus Poli­ti­cus », notam­ment avec l’épisode lamen­table du réfé­ren­dum puis de la démis­sion de Papan­dréou en Grèce. On ne compte plus les juge­ments néga­tifs à l’égard de la démo­cra­tie dans des ins­ti­tu­tions lar­ge­ment à l’abri de l’opinion des peuples.

    L’UE est un monstre. Les objec­tifs d’une par­tie de ses pères étaient peut-être louables, mais ils ont engen­dré une orga­ni­sa­tion poli­tique abso­lu­ment détes­table, qui pro­meut les poli­tiques les plus anti­so­ciales de la pla­nète, tout en pre­nant de gros arran­ge­ments avec la démo­cra­tie. Il faut donc lui cou­per la tête.

    Réponse
  55. Yvan

    @ gilles :

    On est tous d’ac­cord (enfin, on est très nom­breux je crois) sur le fait que la poli­tique euro­péenne est « un monstre abso­lu­ment détes­table »… mais la poli­tique n’est défi­nie que par les textes, et aucune poli­tique n’est irré­ver­sible. Détruire la « construc­tion euro­péenne », ses ins­ti­tu­tion, sa banque cen­trale, son par­le­ment, ce serait ridi­cule puis­qu’on peut ten­ter de gar­der ces bases pour éta­blir une nou­velle poli­tique, via une nou­velle consti­tu­tion euro­péenne. De la même manière qu’on pour­rait appli­quer une poli­tique bien dif­fé­rente en France en refon­dant notre consti­tu­tion, sans pour autant détruire le par­le­ment, les mai­ries et les conseils com­mu­naux, ou d’autres ins­ti­tu­tions ter­ri­to­riales. Et nous n’a­vons sur­ement pas besoin de détruire la banque de France pour retrou­ver le pou­voir de créa­tion moné­taire, car là encore, ce n’est qu’une his­toire de lois, de textes, et donc de com­bats poli­tiques pour réus­sir à refon­der ces ins­ti­tu­tions. Il faut refon­der ces ins­ti­tu­tions natio­nales aus­si, les rendre plus trans­pa­rentes, com­plè­te­ment acces­sibles aux citoyens, mais pour­quoi tout cas­ser pour rebâ­tir quand il suf­fi­rait de faire évo­luer et de cher­cher à éman­ci­per ces construc­tions poli­tiques issues de grandes luttes (et autres révo­lu­tions) qui nous auront lais­sé des outils poli­tiques qu’il serait dom­mage de renier, mais qu’on devrait plu­tôt uti­li­ser pour aller encore plus loin.

    Et le terme « construc­tion » n’est pas mal employé non. C’est votre oppo­si­tion à cette poli­tique qui vous pousse à la haine, mais notez que cette construc­tion libé­rale est soi­gnée, très bien construite au contraire, au point qu’on se croi­rait pié­gé dedans (mais ce n’est qu’une illu­sion qu’on peut balayer avec de la volon­té poli­tique et la diplo­ma­tie euro­péenne, et on peut très bien refu­ser le TSCG et le TFUE sans que le ciel nous tombe sur la tête ou que les foudres des dieux s’a­battent sur le pays). La « consti­tu­tion » est une anti-consti­tu­tion oui, en grande par­tie, mais la construc­tion poli­tique natio­nale, conti­nen­tale ou mon­diale, reste une « construc­tion ». A nous d’en refon­der les bases en impo­sant la par­ti­ci­pa­tion popu­laire dans toutes les ins­ti­tu­tions, de la com­mune à au par­le­ment euro­péen en pas­sant par les région et les nations, via un contrôle citoyen à tous les niveaux, et un droit de regard sur les lois votées, sur le man­dat des élus. Tout cela en pas­sant, comme le mar­tèle le PlanC depuis si long­temps, par une consti­tu­tion plus citoyenne (qui ne sera peut-être pas tirée au sort dans un pre­mier temps, mais qui sera tou­jours mieux que celles que nous avons là, en France et en Europe… en atten­dant mieux, une fois que les popu­la­tions auront le goût et l’en­vie de s’emparer de la poli­tique… faut-il encore pour ça s’en don­ner les moyens).

    Et bien évi­dem­ment, le FdG est contre cette poli­tique libé­rale euro­péenne, mais aus­si fran­çaise, et abso­lu­ment contre le Trai­té de Lis­bonne (et tous les trai­tés pré­cé­dents d’ailleurs) ain­si que contre la 5ème Répu­blique. Mais si on est contre toute cette mas­ca­rade, est-ce pour autant qu’il faille fer­mer la porte aux débats et aux pro­po­si­tions entre les pays membres ? Est-ce pour autant qu’il faille aban­don­ner, après tant de désastre du néo­li­bé­ra­lisme en Europe, les pays les plus en dif­fi­cul­tés en les ren­voyant à leur triste sort après les avoir dépouiller ? Si la Grèce est déjà bien mal en point, ses habi­tants souf­fri­ront encore bien plus (dans un pre­mier temps au moins, quelques années quand même) si on détruit la zone euro… alors qu’en ren­ver­sant la poli­tique, dont les sta­tuts de la BCE, on peut redon­ner très rapi­de­ment du souffle et de l’es­poir à tous les pays les plus lami­nés par les poli­tiques actuelles et passées.

    On peut donc aus­si pen­ser, même si cela semble héris­ser le poil à cer­tains, qu’une autre poli­tique est pos­sible en Europe, et qu’il suf­fi­rait de taper du poing sur la table à Bruxelles, en mena­çant de quit­ter l’UE pour que cela impose le débat (et les pays membres les plus puis­sants n’ont aucun inté­rêt à voir cela s’ef­fon­drer, et les pays sac­ca­gés ont tout inté­rêt à espé­rer un sou­tien euro­péen). Je tiens à pré­ci­ser que JAMAIS ce débat n’a été pro­po­sé en Europe (pour une autre poli­tique, un sta­tut non-indé­pen­dant de la BCE qui prê­te­rait direc­te­ment aux Etats, la fin du libre échange, une har­mo­ni­sa­tion fis­cale, etc). Alors pour­quoi ne pas croire que ce débat est pos­sible, est qu’une bonne par­tie des pays nous sui­vrait dans cette démarche ?

    On peut s’in­quié­ter et s’in­di­gner des poli­tiques ultra-libé­rales de la com­mis­sion euro­péenne, et des ins­ti­tu­tions peu démo­cra­tiques de cette Europe, mais à écou­ter les plus effrayés, pour ne pas dire les plus para­noïaques, on ne pour­rait pas refu­ser les trai­tés euro­péens ou chan­ger la consti­tu­tion fran­çaise sans voir des chars d’as­saut débar­quer sur les Champs Ely­sées (pilo­tés par qui d’ailleurs ? Mon­ti, Dra­ghi, Van Rom­puy et Merkel ?) 🙂

    Soyons sérieux, le débat est pos­sible, et même s’il n’a­bou­tit à rien, ce qui est pro­bable, et bien la « construc­tion euro­péenne » s’ef­fon­dre­ra, car elle ne pour­ra pas sur­vivre si la France se retire… ce que ferait le FdG si aucune remise en cause des consti­tu­tions actuelles ne serait accep­tée par la voie diplo­ma­tique. Mais c’est un scé­na­rio qui donne autant de chance à la réus­site qu’à l’é­chec, car aucun des pays membres n’a vrai­ment l’in­té­rêt éco­no­mique de reve­nir aux mon­naies natio­nales alors qu’on pour­rait chan­ger la poli­tique de la mon­naies euro­péenne, tout comme il fau­drait chan­ger la poli­tique au niveau natio­nal pour redon­ner son vrai rôle à notre banque cen­trale, car la France n’a pas atten­du l’Eu­rope pour se pri­ver de la créa­tion monétaire.

    Pour finir, aucun res­pon­sable, mili­tant ou sym­pa­thi­sant du FdG ne veut res­ter dans le cadre du Trai­té de Lis­bonne et des poli­tiques libé­rales. Mais ce n’est pas une rai­son pour « plier bagage » sans même enfon­cer les portes… car rien ne force à croire qu’il faut détruire la BCE et le par­le­ment euro­péen pour que tout aille mieux demain. Tout comme il ne sert à rien de détruire la Banque de France pour qu’on retrouve la sou­ve­rain­té moné­taire au niveau natio­nal, si on reve­nait à une mon­naie nationale.

    Il faut refon­der les poli­tiques de toutes ces ins­ti­tu­tions, mais détruire un texte c’est quand même moins régres­sif que détruire des outils que nous avons su créer, même si ceux-ci sont pour le moment sous le contrôle du capi­ta­lisme le plus exa­cer­bé. On peut au contraire ces ins­ti­tu­tions uti­li­ser pour voir et faire les choses en grand, au lieu de se faire domi­ner par les poli­tiques mor­ti­fères du dol­lar ou du yuan.

    Yvan P.

    Réponse
  56. Yvan

    @ J.C : Vous écrivez :
    « Le FdG par exemple nous dit :  » la richesse d’un pays réside dans le tra­vail humain  » Voi­là qui résume tout. Est-cela l’é­man­ci­pa­tion ? La richesse d’un pays ne devrait-elle pas plu­tôt rési­der dans sa capa­ci­té à rendre heu­reux et libre ? »

    Vous ne faites visi­ble­ment pas la dif­fé­rence entre le tra­vail et l’emploi (mais le FdG non plus, je vous l’ac­corde). N’est-ce pas la liber­té de pou­voir tra­vailler comme on le veut, ou même de pou­voir tra­vailler tout court, qui per­met de s’é­pa­nouir et d’être libre et indé­pen­dant ? Et c’est bien l’emploi qui nous empêche de travailler !

    Je vous rejoins sur ce point : le FdG n’est pas assez radi­cal… même si je pense moi qu’il est sur­ement le plus à la marge du cadre actuel, et sur­ement la meilleure alter­na­tive poli­tique du moment, d’au­tant plus quand elle réunit déjà des Mil­lions de sou­tiens qui ont com­pris l’in­té­rêt de la jus­tice sociale et l’im­por­tance d’a­bo­lir cette 5ème Répu­blique et les trai­tés euro­péens. C’est sur­ement la meilleur alter­na­tive donc à mes yeux, mais je suis bien d’ac­cord sur le fait que ce n’est pas encore assez éman­ci­pa­teur, pas assez libé­ra­teur, et même si je sou­tiens le FdG, je suis pour aller encore plus loin que ce qu’ils pro­posent en terme de pro­jet de société.

    Mais vous prê­chez un convain­cu, car étant membre du Réseau Sala­riat et du Réseau pour un Reve­nu de Base je suis contre le mythe du plein emploi. Je pré­fère m’at­tar­der sur le carac­tère sub­ver­sif et libé­ra­teur du « salaire à vie » (ou du « reve­nu de base » dans un pre­mier temps) afin de mettre un terme au mar­ché du tra­vail, et donc un terme à l’emploi.

    Voi­là un petit mon­tage (sous forme de zap­ping) que je viens de ter­mi­ner, et qui vous répon­dra bien mieux que moi sur l’im­por­tance (et l’ur­gence même) d’a­bo­lir la pro­prié­té lucra­tive afin de cou­per l’herbe sous le pied des employeurs, et pou­voir contrô­ler l’in­ves­tis­se­ment, contrô­ler les pro­duc­tions donc, et ain­si nous libé­rer de la pri­son de l’emploi pour que tout le monde puisse tra­vailler. Mais il faut bien com­prendre que l’emploi est l’obs­tacle au tra­vail (et j’en­tends par « tra­vail » une acti­vi­té utile, qu’elle se fasse au sein d’un col­lec­tif de tra­vail ou pas, car même en culti­vant des tomates dans son jar­din on est utile et pro­duc­tif). Mais Ber­nard Friot en parle bien mieux que moi :

    Et pour bien com­prendre com­ment on peut assu­rer un salaire à tous, à vie, et tout de suite :

    Mais déso­lé, on s’é­gare du sujet, car en effet le FdG (qui n’est pas un par­ti, faut-il le rap­pe­ler) ne pro­pose pas le salaire à vie. Cela dit, c’est une objec­tion que l’on peut faire à tous les par­tis sans excep­tion aujourd’­hui. Et ce débat ne sera cer­tai­ne­ment pas le plus dif­fi­cile à por­ter au sein du FdG et de ses militants/sympathisants (qui sont géné­ra­le­ment sen­sibles aux idées du Reve­nu de Base ou du Salaire à vie). D’ailleurs, le Reve­nu de base est déjà en débat au sein du Par­ti de Gauche :

    http://www.lespetitspoissontrouges.org/index.php?post/2011/01/25/Le-revenu-universel-en‑d%C3%A9bat

    M’en­fin, la route est encore longue, je sais… je sais 🙂

    Yvan P.

    Réponse
  57. Morpheus

    Cette série de courtes vidéos est en effet bien faite. C’é­tait encore l’é­poque ou Jean Robin (Enquête & Débat) n’a­vait pas retour­né sa veste…

    Comme s’ap­pelle la jolie black qui parle au début de la vidéo ? Elle a été un moment dans le gou­ver­ne­ment Sar­ko, je crois, non ? Elle a vite com­pris le bou­sin, en tout cas !

    Mor­pheus

    Réponse
  58. Ana Sailland

    Mor­pheus,

    Rama Yade.

    Il fau­dra l’in­vi­ter si un jour nous orga­ni­sons nous-mêmes des débats (…)

    En fait, si j’ai mis cette vidéo, c’est en grande par­tie parce que j’ai été très éton­née par cette claire_voyante fran­chise chez une per­sonne qui a pour­tant trem­pé sa des­ti­née dans la soupe oli­gar­chique. ça ras­sure. Et j’ai­me­rais bien en savoir plus sur ce qu’elle aurait à dire concer­nant cette dualité.

    hors sujet,

    Je rentre à l’ins­tant d’une fête orga­ni­sée par la confé­dé­ra­tion pay­sanne. C’est fou le nombre de gens qui s’en­gagent dans la résis­tance par la créa­tion. ça ras­sure. aussi.

    Réponse
  59. Ronald

    La pre­mière vidéo, avec Rama Yade et Yvan Blot est par­ti­cu­liè­re­ment éclai­rante. Même s’ils disent des choses que l’on savait déjà, on com­prend bien pour­quoi on peut par­ler d’un sys­tème oli­gar­chique. Clas­si­que­ment, on dit que « l’oligarchie est une dégé­né­res­cence de l’aristocratie ». On voit bien ici que l’on n’est même plus dans le sys­tème aris­to­cra­tique qu’est cen­sé don­ner l’élection. Car ce sys­tème signi­fie que le pou­voir est déte­nu par les meilleurs. Or, ici, par le fait que les déten­teurs du pou­voir choi­sissent eux-mêmes ceux avec qui il vont devoir par­ta­ger le pou­voir, ils vont méca­ni­que­ment soi­gneu­se­ment évi­ter de sélec­tion­ner les meilleurs pour l’établissement des listes élec­to­rales. La prin­ci­pale condi­tion pour être éli­gible est de ne pas entra­ver ceux qui sont déjà au pou­voir. On est dès lors sim­ple­ment en oligarchie.

    Ain­si donc :

    Le prin­cipe de la Démo­cra­tie est le Suf­frage direct (le tirage au sort d’une assem­blée de repré­sen­tants n’étant d’ailleurs qu’un pis-aller).
    Le prin­cipe de l’Aris­to­cra­tie serait dès lors l’ Elec­tion sans can­di­da­tures.
    Le prin­cipe de l’Oli­gar­chie est la Coop­ta­tion.

    Réponse
  60. Morpheus

    @ Ana

    Mer­ci pour l’in­fo (concer­nant Rama Yade).

    Oui, on pour­rait l’in­vi­ter, c’est sûr. Encore fau­drait-il avoir ses coor­don­nées pour ça 😉

    Très bonne jour­née à toi,
    Morpheus

    PS : je viens de publier un article à pro­pos du reve­nu de base, si ça t’intéresse.
    http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/04/29/a‑propos-du-revenu-de-base/

    Réponse
  61. Ana Sailland

    J’ai appré­cié ton article 🙂 
    (tu connais mes idées sur la « transition »)

    Du coup j’ai tapé mon nom pour voir si Google rend compte de mes appa­ri­tions vir­tuelles et/ou réelles ; on a quand même son tit ego hein -> En page 1, rien en rap­port avec Etienne .….

    Bizarre que je me dis
    Puisque c’est là que nor­ma­le­ment je devrais être le plus visible.

    Alors je tente les entrées : 
    démo­cra­tie, démo­cra­tie directe, démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, choix des repré­sen­tants, tirage au sort.
    Là il n’est pas vrai­ment en tête de gondole …

    Bizarre quand on regarde les comp­teurs de visite …

    Je ne sais que conclure.
    Dis­cri­mi­na­tion cachée ou bien néces­si­té de faire appel à un réfé­ren­ce­ment solide ?

    En tout cas, ce serait dom­mage que les idées d’E­tienne (et les nostres) ne crèvent pas l’é­cran pour une bête ques­tion technique.

    Qui sait faire ?

    Réponse
  62. Morpheus

    Le réfé­ren­ce­ment Google est diri­gé et contrô­lé, il n’est pas fonc­tion des entrées. C’est bidon.

    Google oriente les réfé­ren­ce­ment. Mais si tu veux, tu peux payer Google pour favo­ri­ser tes réfé­ren­ce­ment, ou alors payer un hacker pour créer des bot qui vont arti­fi­ciel­le­ment de faire mon­ter dans les référencements 😉

    Main­te­nant, s’il y a des hacker par ici qui savent bidouiller et pira­ter les réfé­ren­ce­ments Google, qu’ils n’hé­sitent pas. Pira­ter des pirates, ce n’est pas du piratage.

    Mor­pheus

    Réponse
  63. Ana Sailland

     » une socié­té essen­tiel­le­ment auto­ma­ti­sée par les prin­cipes de la cyber­né­tique  » (Mor­pheus sur l’un des com­men­taires Agoravox)

    et ici :
     »Le lun­di 10 sep­tembre 2012 à 14:37, par Morpheus

    Je ne connais pas les détails du fonc­tion­ne­ment cyber­né­tique, même si j’en com­prends glo­ba­le­ment les prin­cipes élé­men­taires. Ce que je sais, c’est que Fres­co éva­lue à 3% la pro­por­tion de per­sonnes actives nécessaires … »

    .….. Il me semble que tu es bien vite séduit 😉 

    Quant à moi, confier le monde à la cyber­né­tique, c’est NIET

    Mais on a déjà dit tout ça sur « mon­naies libres »

    Réponse
  64. Morpheus

    Et je t’ai répon­du que per­sonne ne serait for­cé de dépendre de la cyber­né­tique s’il ne le sou­haite pas 🙂

    Et je n’ai pas dis que j’é­tais séduit. Je demande à voir. Mais plu­tôt que de dire « les hommes ne vole­rons jamais dans les airs, c’est n’im­porte quoi, tous les manuels de sciences vous le dirons, voyons », j’at­tends de voir. Et de comprendre.

    Bonne nuit 🙂

    Mor­pheus

    Réponse
  65. Étienne

    Myret Zaki

    Reve­nu de base : un pro­jet défi­ci­taire à sa base ?

    http://​www​.bilan​.ch/​m​y​r​e​t​-​z​a​k​i​/​r​e​d​a​c​t​i​o​n​-​b​i​l​a​n​/​r​e​v​e​n​u​-​d​e​-​b​a​s​e​-​u​n​-​p​r​o​j​e​t​-​d​e​f​i​c​i​t​a​i​r​e​-​s​a​-​b​ase

    Débat de 45 mn sans tabous à pro­pos de l’i­ni­tia­tive fédé­rale sur le reve­nu de base, orga­ni­sé par Myret Zaki pour TV Bilan. Invi­tés : Julien Cart, conseiller muni­ci­pal en Ville de Genève et membre du comi­té BIEN-Suisse et Eva Zaki, conseillère finan­cière, par­ti­ci­pante au groupe de récolte de signa­tures, et spé­cia­liste des mon­naies alternatives.

    Une ini­tia­tive fédé­rale en Suisse veut intro­duire dans la Consti­tu­tion hel­vé­tique le droit, pour tout citoyen (ain­si que les titu­laires d’un per­mis B ou C et les diplo­mates), à un reve­nu de base incon­di­tion­nel, fixé à 2500 francs par mois. L’i­ni­tia­tive a déjà recueilli plus de 100’000 signa­tures, et il n’est pas exclu qu’elle abou­tisse à un réfé­ren­dum populaire.

    L’i­ni­tia­tive sou­lève d’im­por­tantes ques­tions : l’argent peut-il être un droit de nais­sance ? On veut créer une sorte de rente, garan­tie pour tous, sans tra­vail en contre­par­tie. Un T‑shirt des pro­mo­teurs du reve­nu de base dit que « nager », « faire l’a­mour » ou « culti­ver des légumes » seront des occu­pa­tions tout aus­si louables que tra­vailler, pour ceux qui tou­che­ront le reve­nu de base. En l’ab­sence d’o­bli­ga­tions, on peut tou­te­fois dou­ter que les diverses occu­pa­tions de ceux qui tou­che­ront ce reve­nu sans tra­vailler béné­fi­cient toutes à la collectivité.

    Une rému­né­ra­tion sans condi­tions n’est-elle pas une invi­ta­tion aux abus ? Assiste-t-on à la mon­tée d’un indi­vi­dua­lisme de gauche en quête de pri­vi­lèges ? Pour rap­pel, l’argent qui ser­vi­ra à finan­cer le reve­nu de base pro­vien­dra essen­tiel­le­ment d’un trans­fert des pres­ta­tions sociales exis­tantes (180 mil­liards de francs), mais sera en bonne par­tie com­plé­té, à hau­teur de 30 mil­liards, par des impôts sur les moyens et hauts salaires.

    Ces der­niers accep­te­ront-ils de payer plus d’im­pôts – et de finan­cer aus­si leur propre caisse de chô­mage, dans le cas des plus hauts reve­nus – pour que d’autres n’aient plus besoin de travailler ?

    Les per­sonnes âgées et les inva­lides s’y retrou­ve­ront-ils finan­ciè­re­ment, com­pa­ré à la situa­tion actuelle ? Il semble que le reve­nu de base ne suf­fi­ra pas à cou­vrir leurs besoins. Il fau­dra vrai­sem­bla­ble­ment des sup­plé­ments pour mala­die, acci­dents et vieillesse, ce qui ajou­te­ra des coûts sup­plé­men­taires aux mon­tants (encore théo­riques) indi­qués ci-des­sus. Dès lors, l’E­tat pour­rait bien devoir s’en­det­ter pour que tout un cha­cun béné­fi­cie de cette allo­ca­tion universelle…

    Autre volet du débat : n’y a‑t-il pas un gros mal­en­ten­du entre droite et gauche, qui le sou­tiennent pour des rai­sons com­plè­te­ment dif­fé­rentes, la droite espé­rant dimi­nuer ses charges sociales, et la gauche espé­rant tou­cher plus de pres­ta­tions, et le fos­sé poten­tiel­le­ment béant se révé­lant le jour ou il fau­drait rédi­ger une loi ?

    Au final, la ques­tion est de savoir s’il est sou­hai­table de créer des droits acquis, sans devoirs en face. Retrou­vez quelques réponses ou pistes de réflexion dans ce débat vidéo, avec les argu­ments de Julien Cart à pro­pos de la néces­si­té du carac­tère incon­di­tion­nel de ce droit, et face à lui, une contre-pro­po­si­tion d’E­va Zaki, qui vou­drait intro­duire dans l’i­ni­tia­tive des contre­par­ties sous forme de tra­vail social minimum.

    Réponse
  66. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Je pense que le reve­nu de base incon­di­tion­nel est dif­fi­cile à rendre cré­dible dans l’é­tat actuel de notre sys­tème économique.

    Il pour­rait deve­nir plus évi­dents s’il s’ap­puyait sur un sys­tème éco­no­mique plus simple et plus juste, dans l’i­dée de celui qu’ex­plique Ber­nard Friot dans la vidéo « La répar­ti­tion du PIB », n’ou­blions pas les sommes colos­sales gas­pillées dans les divi­dendes, la publi­ci­té, l’armée…

    Per­son­nel­le­ment, je pré­fère que cet argent pro­duit par les tra­vailleurs et les machines serve à faire un reve­nu de base à tous les citoyens, plu­tôt que des reve­nus extra­vaguent à quelques mégalos…

    Réponse
  67. Morpheus

    Une autre source pour appro­fon­dir la réflexion.

    Claude Guillon repro­duit sur son site de larges extraits de son livre « Éco­no­mie de la misère » (La Digi­tale, 1999) consa­crés au « reve­nu garan­ti ». Il y ana­lyse les ori­gines, les fon­de­ments et les res­sorts d’un mou­ve­ment déjà ancien (plus qu’on ne le pense) visant à ins­tau­rer un reve­nu de base. L’article est en 6 par­ties (assez long, mais for­cé­ment instructif).

    http://​clau​de​guillon​.inter​net​down​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=53

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  68. Ronald

    Je n’ai pas étu­dié tous les tenants et abou­tis­sants de la ques­tion du reve­nu de base, mais pour ce que j’en sais, j’y suis très favo­rable. C’est en fait une méthode de redis­tri­bu­tion des reve­nus des plus riches vers les plus pauvres, qui a en outre l’avantage de :

    • sup­pri­mer les dis­tinc­tions entre les gens
    • lais­ser les gens libres de tra­vailler le temps qu’ils veulent
    • conser­ver un filet de sécu­ri­té en cas de pépin
    • sim­pli­fier net­te­ment le sys­tème d’aides sociales.

    Mal­heu­reu­se­ment, les deux invi­tés de la vidéo argu­mentent très mal, parce qu’ils n’ont pas eux-mêmes vrai­ment com­pris la phi­lo­so­phie du truc. On peut ins­tau­rer le reve­nu de base car la pro­duc­ti­vi­té dans nos pays est deve­nue telle qu’il est pos­sible de peut-être pas vivre sans tra­vailler, mais en tout cas sans être exploi­té. Aus­si il est « moral » d’instaurer un sys­tème pour que tout le monde puisse béné­fi­cier du pro­grès tech­nique. Cette pos­si­bi­li­té est liée aux moyens du pays où il est appli­qué : alors qu’en Nami­bie, reve­nu de base ou pas, la vie doit être dif­fi­cile pour celui qui n’a pas les capa­ci­tés de sur­ve­nir à ses besoins, le sys­tème serait très jus­ti­fié au Koweit. Mais dans la vidéo, l’on embrouille tout : alors que Julien Cart dit tex­tuel­le­ment « il n’y a pas de com­pen­sa­tion à four­nir au droit d’exister » (32:56), pour­quoi vient-il de dire que le reve­nu de base se jus­ti­fie en « paie­ment » parce que les gens même sans emploi effec­tuent un « tra­vail » qui « crée de la richesse », par le béné­vo­lat, par exemple. C’est exac­te­ment contra­dic­toire. Cette allo­ca­tion doit être UNIVERSELLE et non condi­tion­née. Sinon, on arrive à des aberrations :

    - Un pro­blème majeur de notre socié­té est que la moné­ta­ri­sa­tion enva­hit tous les seg­ments de la vie, notam­ment par le fait que de plus en plus de choses sont conver­ties en tra­vail. Et on en vient là à vou­loir conver­tir l’éducation des enfants, la cal­li­gra­phie, le jar­di­nage en « tra­vail », en « créa­tion de richesse » que l’on peut éva­luer en quan­ti­té moné­taire, et qui serait rétri­buée. Non, mille fois non ! Il y a des choses qui font par­tie de la « vie », et dont je crois que l’assimilation au « tra­vail » serait une perte pour tous.

    - Dans la même veine, Eva Zaki dit qu’il fau­drait deman­der un tra­vail social mini­mal (24:28), et qu’il fau­drait « défi­nir clai­re­ment qu’est-ce que la col­lec­ti­vi­té consi­dère comme tra­vail social, mettre des défi­ni­tions dans cette lois » (27 :50), pour comp­ta­bi­li­ser le temps consa­cré aux acti­vi­tés sociales. Dans la dis­cus­sion, ils sont en train de par­ler du temps pas­sé à s’occuper de ses enfants ! Vous ima­gi­nez l’enfer bureaucratique …

    - Elle dit aus­si que les gens « en capa­ci­té de tra­vail qui ne contri­buent pas à ali­men­ter la caisse de reve­nu de base s’en gagent à four­nir un cer­tain nombre d’heures de tra­vail social dans les sec­teur en pénu­rie (…), comme la voi­rie » (24 :48). C’est exac­te­ment la défi­ni­tion de la « cor­vée » pra­ti­quée sous l’Ancien Régime et sup­pri­mée à la Révo­lu­tion. Et encore, tout le monde était astreint à la cor­vée, contri­buables ou pas. En somme, elle veut faire des tra­vaux for­cés aux sans-emploi : ima­gi­nez ce que l’on dirait si un poli­tique pro­po­sait cela en France. En outre, si on est de l’ordre de 35% du temps (26 :10) que les sans-emploi devraient contri­buer au « tra­vail social », il s’agit tout sim­ple­ment d’un sys­tème d’Entreprise d’Etat, avec juste moins de droits pour les tra­vailleurs, et sans doute une acti­vi­té qui fina­le­ment n’apportera pas grand chose au pays, parce que si l’Etat pou­vait créer des emplois vrai­ment utiles aux chô­meurs pour 35% de leur temps, ça se saurait.

    - Et bien enten­du, contrai­re­ment à ce que vou­drait Miret Zaki, le reve­nu doit être uni­ver­sel, donc aus­si pour ceux qui ont déjà un emploi bien rémunéré.

    Ain­si, autant l’idée de reve­nu de base est excel­lente, autant il faut gar­der sont carac­tère uni­ver­sel et incon­di­tion­né, sous peine de créer une usine à gaz qui fera perdre tout le béné­fice qu’on en attend.

    Réponse
  69. Ana Sailland

    J’ai vécu ma car­rière à Genève, et je retrouve avec plai­sir dans cette conver­sa­tion le « calme olym­pique » des suisses qui sont capables de débattre de sujets brû­lants sans s’étriper 🙂

    Le débat allume plein d’i­dées en moi que je vais dépo­ser ici, sans for­cé­ment des liens entre elles.
    Même si j’use du mode affir­ma­tif, n’y voyez pas une convic­tion mais plu­tôt des pistes, +/- bonnes.

    1)
    Notre civi­li­sa­tion est schi­zo­phrène, en ce sens qu’elle a pon­du la DUDH et donc le droit incon­di­tion­nel à la digni­té, assor­ti cepen­dant de la néces­si­té de tra­vailler, voire de se vendre, pour méri­ter cette dignité.
    La DUDH sti­pule en clair le devoir pour la socié­té d’as­sis­ter le chô­meur, et pour­tant, notre débat poli­tique tourne sou­vent autour de la mise en œuvre de ce devoir ET autour de la limi­ta­tion dans le temps du droit individuel.

    Puisque notre civi­li­sa­tion uti­lise la mon­naie, la digni­té a un coût et néces­site un revenu.
    La DUDH étant recon­nue par toute nation membre de l’O­NU, elle est en prin­cipe tenue d’en assu­mer les prin­cipes, et dans cette optique, le reve­nu incon­di­tion­nel est une solu­tion, et si cette solu­tion n’est pas rete­nue, il faut en trou­ver d’autres. Sauf à renon­cer à la DUDH …

    2)
    C’est quand même for­mi­dable le droit d’i­ni­tia­tive populaire !
    Ren­dez-vous compte que de simples citoyens ont la pos­si­bi­li­té d’i­ni­tier un débat natio­nal concer­nant la phi­lo­so­phie du contrat social et de pro­po­ser un bou­le­ver­se­ment révo­lu­tion­naire du para­digme inconscient.
    Même si leur démarche tech­nique échoue, ils auront impul­sé la réflexion de plu­sieurs cen­taines de mil­liers de personnes.
    Je vous le dis en véri­té : la démo­cra­tie réelle est un puis­sant boos­ter de la conscience col­lec­tive, qui met à bas les fal­la­cieuses argu­ties ici ou là fon­dées sur l’in­com­pé­tence du peuple.

    3)
    Revient la ques­tion des métiers peu pri­sés (par exemple éboueur) qui seraient délais­sés dans le cas ou le reve­nu incon­di­tion­nel existerait.
    J’a­vais déjà abor­dé ça en évo­quant le fait que ce sont des métiers à hono­rer alors qu’ils sont mépri­sés. A mon sens, le balayeur de rue est un héros, et l’éboueur,et tant d’autres. A la socié­té ils rendent un ser­vice vital. Et si nous sommes dans la civi­li­sa­tion de la rému­né­ra­tion, ils doivent outre le res­pect, rece­voir le salaire cor­res­pon­dant au ser­vice rendu.
    C’est par le mépris absurde qu’elle accorde à de nobles tâches, nobles mais salis­santes, ou pénibles, que la socié­té glo­bale impose à cer­tains des condi­tions de tra­vail et de rému­né­ra­tion injustes.

    Mais sur la vidéo, cer­tains échanges m’ont sug­gé­ré l’i­dée d’un impôt-travail.
    En effet, nous pen­sons tou­jours l’im­pôt en terme de ponc­tion sur les sous gagnés, ou sur les sous dépen­sés, via la TVA, c’est à dire que nous ne l’i­ma­gi­nons que comp­table et mesu­ré en argent.
    Une sorte de ser­vice civil non pas incon­di­tion­nel mais cal­cu­lé sur le reve­nu total n’est pas incom­pa­tible avec l’i­dée d’un reve­nu inconditionnel !

    4)
    A Genève et en Suisse, de nos jours, chaque citoyen autre qu’in­di­gent est tenu de payer une sorte de droit à la vie, dont les postes prin­ci­paux sont le loyer (très éle­vé en géné­ral) et l’as­su­rance mala­die OBLIGATOIRE, et une coti­sa­tion AVS OBLIGATOIRE. Si ce sont les postes prin­ci­paux de cette sorte de taxe sur la survie,n’oublions pas non plus que s’il est agréable d’a­voir l’eau cou­rante, les fon­taines publiques sont détruites, et qu’il est donc impos­sible de se pas­ser de ce ser­vice … payant…
    Je ne parle pas du chauf­fage et de l’élec­tri­ci­té dans des immeubles qui sont conçus pour qu’on ne puisse pas s’en passer :

    La socié­té place l’hu­main dans une situa­tion dont pour sur­vivre il ne peut pas se dis­tan­cer, et qui néces­site pour être sup­por­tée … du fric.

    5)
    J’ai un peu le sen­ti­ment que le reve­nu incon­di­tion­nel est per­çu par ses défen­seurs (dont je suis) comme le remède à cer­taines injus­tices ou dys­fonc­tion­ne­ments de la socié­té. Par exemple, exemple très en vogue, le fait que la ména­gère (c’est par­fois le papa) reste à la mai­son et accom­plisse une tâche non rému­né­rée, bien que néces­saire à la sur­vie de la nation, de la civi­li­sa­tion, et de l’espèce.
    Autre exemple clas­sique : le chan­tage au chômage.
    Il y en a d’autres.
    Ne serait ce que le coup des tra­vailleurs clan­des­tins qui bossent pour des nèfles.

    Je me dis qu’il serait peut être sain de résoudre ces pro­blèmes « par les voies natu­relles » , c’est à dire via des déci­sions et des lois démo­cra­tiques mais s’ins­cri­vant dans la métho­do­lo­gie actuelle du contrat social ; puis de se concen­trer sur la vraie rai­son d’être du reve­nu incon­di­tion­nel, qui est un droit à la vie, à la digni­té, et un droit suc­ces­so­ral en tant que co-héri­tier de l’His­toire et des richesses qu’elle a engen­drées et qu’en­core elle engendre.

    6)
    A la grande peur de voir fleu­rir les pro­fi­teurs, je vou­drais répondre en dési­gnant sans les accu­ser les mil­liers de tra­vailleurs qui ne servent à rien, puisque leur tra­vail ne sert qu’à répa­rer les méfaits sociaux de l’ab­sence du reve­nu inconditionnel !!!
    Sans comp­ter tout le sec­teur de la banque, qui n’est utile que de par l’é­goïsme pla­né­taire et la non-soli­da­ri­té qu’elle entre­tient et nour­rit. Immense armée de tra­vailleurs dont sous une autre orga­ni­sa­tion nous pour­rions nous pas­ser, et qui pour­tant souffrent et trans­pirent. C’est bête hein 😉

    7)
    Il y avait quelque chose de génial dans le pro­gramme du CNR : l’in­con­di­tion­na­li­té de l’as­sis­tance sociale, et pour tous, riches comme pauvres, un droit d’ac­cès égal aux outils de la fra­ter­ni­té répu­bli­caine et à l’école.
    Si on tran­sige, très vite sur­gissent la méde­cine à deux vitesses, l’é­cole à deux vitesses, etc etc etc.
    Et croyant pro­té­ger les modestes de la suc­cion des riches qui hon­teu­se­ment pro­fi­te­raient d’une assis­tance indue, très vite on les enferme dans un sta­tut de pauvre et d’as­sis­té, bien plus facile à mon­trer du doigt par les pri­vi­lé­giés pri­vés d’as­sis­tance. C’est un peu la phi­lo­so­phie Sarko 😉

    C’est impor­tant l’in­con­di­tion­na­li­té, qui est l’un des fon­de­ments de l’é­ga­li­té citoyenne, quant aux droits.

    Les devoirs, c’est autre chose, et il ne me semble pas anor­mal de deman­der un peu plus d’im­pôt à celui qui touche cent smics qu’à celui qui n’en aurait qu’un.
    Le reve­nu incon­di­tion­nel étant ajou­té au reve­nu clas­sique, il par­ti­ci­pe­rait gen­te­ment à son propre finan­ce­ment, en quelque sorte, par le biais des barèmes non linéaires 😉

    8)
    L’i­dée que celui qui touche 10000 CHF tou­che­rait 2500CHF de RB + 7500 CHF n’est pas bonne, car c’est pour le coup que les pares­seux seraient rete­nus de bos­ser en des­sous de 5000 …

    9)
    Il en est de ce débat comme du débat sur la dette (je parle du débat Puja­das Lan­glois hihi) : on rai­sonne trop sou­vent comme s’il y avait un bas­sin d’argent immuable, avec des déten­teurs ici ou là de godets ou de pis­cines rem­plis de ce fluide mys­té­rieux, chez qui il fau­drait prendre, ou emprun­ter, pour finan­cer ceci ou cela.
    Nous savons com­bien c’est faux.
    Nous savons les sommes astro­no­miques que repré­sente le loyer de l’argent.
    Nous savons que d’un point de vue glo­bal et pla­né­taire, toute mon­naie exis­tante implique le besoin d’une mon­naie sup­plé­men­taire, inexis­tante à l’ins­tant t, des­ti­née au loyer de l’argent.
    Nous savons que l’argent étant rare, tout pro­jet néces­site emprunt et que c’est en cette occa­sion qu’ap­pa­raît la monnaie.
    Nous savons que c’est l’exis­tence même de la mon­naie qui rend néces­saires l’emprunt et la crois­sance, afin de per­mettre le paie­ment de l’in­té­rêt, qui est une vérue can­cé­reuse posée sur l’é­co­no­mie, lui inter­di­sant à jamais l’é­qui­libre entre l’im­pul­sion, la créa­tion, et la richesse (concrète) produite.

    Non. Ce n’est pas hors sujet : toutes les ques­tions concer­nant le finan­ce­ment du reve­nu incon­di­tion­nel ne peuvent être réso­lues sans une réflexion sur la créa­tion monétaire.
    Savoir à qui on prend est moins impor­tant que de savoir qui crée et comment.
    La par­tie moné­taire du droit à la digni­té qui ne pour­rait être finan­cée par des voies simples et équi­tables devrait l’être par la créa­tion moné­taire, com­pen­sée par une indexa­tion des salaires (issus du tra­vail ou totaux ?) sur l’in­fla­tion. Non ?

    Que le pro­jet soit défi­ci­taire, il fau­drait apprendre à s’en foutre, car face aux banques, vivre, res­pi­rer, sur­vivre, sont des acti­vi­tés deve­nues défi­ci­taires. Par le miracle de l’hy­per­com­pé­tence poli­tique hihi.

    10)
    Myret pose la ques­tion du débat droite/gauche…
    Dans le contexte pré­sent, ce qu’elle dit n’est pas faux, mais il est clair que la ques­tion du reve­nu incon­di­tion­nel va bien au delà du pré­sent et du cal­cul mené selon les règles et fan­tasmes poli­tiques du pré­sent, et des dogmes qui gou­vernent la réflexion depuis 200 ans :
    il s’a­git d’une révo­lu­tion psy­cha­na­ly­tique, et je regrette que cette moi­tié là du débat soit réduite à la por­tion congrue.

    Réponse
  70. Morpheus

    La pro­po­si­tion de Ber­nard Friot d’un salaire à vie (acco­lée à la sup­pres­sion de la pro­prié­té lucra­tive) est bien plus attrac­tive et rigou­reuse que celle du reve­nu de base (dans le cadre d’une éco­no­mie fon­dée sur la mon­naie et le travail).

    Bien sûr, ceux qui me connaissent savent que je suis d’a­van­tage favo­rable à un chan­ge­ment plus radi­cal : une éco­no­mie fon­dée sur le par­tage équi­table des res­sources (EBR), sans mon­naie, et globale.

    Ce qui me gène le plus dans le reve­nu de base, c’est que c’est recu­ler pour mieux sau­ter : c’est une mise sous per­fu­sion du sys­tème éco­no­mique actuel où l’en­semble des voleurs de res­sources et de pou­voir (oui, parce qu’au des­sus des voleurs de pou­voirs, il y a sur­tout les voleurs de res­sources) détiennent tous les moyens de contrôle : res­sources, créa­tion moné­taire, cir­cuits finan­ciers pri­maire et secon­daire, moyens de pro­duc­tion et de dis­tri­bu­tion, armées, polices, bureau­cra­tie, médias.

    Il nous reste quoi ? Même avec le reve­nu de base, ils res­tent les maîtres (indé­pen­dants) et nous les ser­vi­teurs (dépen­dants).

    Notre sort (du moins celui des pays chan­ceux qui adop­te­raient le reve­nu de base) serait plus confor­table, ce qui me fait dire que c’est une orien­ta­tion vers Le Meilleur des Mondes de Hux­ley. Évi­dem­ment, face à l’alternative de l’autre modèle de dic­ta­ture qu’est le 1984 de Orwell, le Meilleur des Mondes semble for­cé­ment plus attrayant.

    N’ou­bliez pas votre soma ! 😉

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  71. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Si vous pen­sez que la Répu­blique ne doit pas être une affaire per­son­nelle.

    Demain ne ratez pas l’oc­ca­sion de l’exprimer.

    Réponse
  72. J-Stéphane
  73. EFFAB

    Ce Bour­din, un pro­fes­sion­nel de l’in­fo ou un énième gui­gnol mer­dia­tique ?!… je ne suis pas cou­tu­mier de ce mon­sieur, si quel­qu’un vou­lait bien éclai­rer ma lan­terne, mer­ci d’avance.

    ÉTIENNE a‑t-il déjà ren­con­tré Mélan­chon ? Si oui, cela a‑t-il été posi­tif ? si non, pour­quoi, à moins que cela ne soit programmé.

    Bref, qui pour­rait me faire un bref résu­mé de ce qui dif­fé­ren­cie Mélan­chon d’Asselineau.

    Mer­ci

    Réponse
  74. Ana Sailland

    L’un se réfère à Char­le­magne et l’autre à Proudhon.

    (le cahier des charges, c’é­tait « bref résu­mé » ce qui explique un cer­tain raccourci 😉 )

    Réponse
  75. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Pour moi, pour ce cas-là, M Mélen­chon c’est le média qui me donne la parole, c’est le véhi­cule qui trans­port des idées que j’ap­prouve, pour ce cas-là.

    Je n’au­rais aucun scru­pule à me joindre à un autre lea­der média­tique si je peux don­ner du poids à une idée commune.

    De plus, dans la rue, c’est cash et sans men­songe, y a de la matière, ce n’est pas du numé­raire numé­ri­sé, il n’est pas ques­tion d’au­di­mat et de son­dage qui réduisent le citoyen à un client, et l’u­ni­té à l’€uro, pour ali­men­ter la pro­pa­gande de pseu­do chiffres invérifiables.

    Le peuple ne fait pas dans le détail, c’est un gros­siste qui étale son stock. Les médiats qui nous abru­tissent de son­dages et d’au­di­mats, le font pour divi­ser, pas pour ras­sem­bler, eux, ils pré­fèrent ras­sem­bler les forces de l’ordre pour se cacher der­rière, et mégo­ter sur le nombre de par­ti­ci­pants pour se convaincre qu’il n’y avait personne…

    Réponse
  76. J.C

    Deve­nons tous des pauvres tra­vailleurs et retour­nons en arrière vers nos pénibles labeurs.
    Il faut sau­ver l’emploi, tout le monde doit retour­ner au tra­vail, l’é­lec­tion c’est la démo­cra­tie, ne chan­geons rien ou plu­tôt si chan­geons tout, retour­nons en arrière vers l’es­cla­vage de l’a­ve­nir, celui indis­pen­sable à la bonne marche de l’exploitation.

    et serons nous la cein­ture, la nature ne peut plus.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  77. Brigitte

    Vidéo de la manif de Paris qui vient de tom­ber dans ma boîte mail : 

    Réponse
  78. EFFAB

    Bon­soir à tous, chers amis, et mer­ci pour ces pré­ci­sions, mer­ci, ANA, pour ce bref résu­mé, aus­si conden­sé qu’ex­pli­cite, si j’ai bien tout com­pris, lol.

    Ami­tiés

    Réponse

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