Éric Hazan est un type épatant.

Son dernier bouquin — Une histoire de la Révolution française — est passionnant.
Et quand il signale, lui aussi, Henri Guillemin, c’est émouvant : tout le monde se réveille en ce moment.
C’est ce qu’il a fait chez Kathleen Evin, dans l’Humeur vagabonde du 27 novembre 2012, sur France Inter :
Il y a aussi cet entretien avec Joseph Confraveux sur Médiapart :
Éric Hazan est un habitué de Là-bas si j’y suis (mon émission radio préférée) : tous ses entretiens donnent des forces 🙂
Pour mémoire : http://www.la-bas.org/recherche.php3?recherche=hazan
J’aime beaucoup les Éditions La Fabrique : on y trouve de très nombreux livres décapants, généreux, utiles.
Hazan est un type important et attachant ; à connaître, je crois.
Étienne.

Oui, Érik Hazan mérite à être connu.
Il y a une idée qui, à partir ou autour de lui, me paraît importante à mettre en débat, c’est l’idée d’AUTONOMIE.
Une fois reconnu que c’est la faculté de décider par soi-même (étymologiquement : « auto », soi, et « nomos » loi, c’est « la loi de soi », la règle qu’on se donne, de l’intérieur, indépendamment des autres, extérieurs), on doit réfléchir aux règles qui viennent de l’extérieur de soi (l’HÉTÉRONOMIE) et qui nous sont données comme incontournables, fatales, divines (la religion), règles scientifiques, techniques (les savants et experts, les ingénieurs, la technocratie), règles économiques, financières (la monnaie, les banques, la dette)…
tout ceci oubliant la vie et le vivant, la relation à la nature qui est pourtant le lieu même d’où part (ou devrait partir) l’autonomie de chacun : l’alimentation par cueillette, agriculture, élevage, cuisine…
C’est davantage de l’autonomie que de la souveraineté. (non ?)
Perçu dans l’humeur vagabonde :
Une cité où toutes les âmes s’agrandiront
La république des cœurs purs
(Robespierre, cité par Guillemin)
ça me touche au plus profond, car c’est l’horizon secret du non dit
que je porte en moi
et je sais ne pas être seule
voire nombreuse
Robespierre a la particularité d’oser dire
alors qu’il est trop tôt pour faire
S’ensuivent des distorsions
du dire et du faire
sanglantes
prêcher la vertu
et l’usage d’un mot yang pour dénommer du yin
n’est pas anodin
prêcher est une chose
mais vouloir légiférer
imposer
ce qui relève de l’âme
en est une autre
S’ensuivent des distorsions
du dire et du faire
sanglantes
Une cité où toutes les âmes s’agrandiront
La république des cœurs purs
ça me fait penser au Shambala
Le Shambala, c’est cette cité perdue dans les neiges éternelles
ou en hyperborée
cité de perfection incarnée
où nulle loi n’est nécessaire, ni dieu, ni maître
tant ses habitants sont courageux
imprégnés de la nécessité d’être
juste/ajusté
modeste autant que dynamique
Si le Shambala est par la tradition localisé en territoire glacé
inatteignable et impossible à explorer, ce n’est pas pour rien :
les mythes, très souvent, s’autorégulent
sagesse
Le mythe du Shambala est un indicateur de direction
mais attention nous dit il :
c’est loin
avant de vous embarquer, couvrez vous
ne partez pas sans un bagage sérieux
C’est pourquoi dire est essentiel
C’est pourquoi faire trop tôt est mortel
L’empire soviétique lui aussi nous le montre
exemple dramatique, et sanglant, d’un idéal
trop précocement choisi
et tant d’autres
Nous avons aussi ce Jacques Fresco
qui demande des fonds, c’est marrant ça
pour son shambala technologique
Ces affamés de perfection sont dangereux
Je les suis sur l’intention
tenace
Mais pas sur l’exigence
et encore moins sur l’immédiateté
Je suis utopiste
et fière de l’être
mais les utopistes sont dangereux
lorsqu’ils sont trop pressés
au point de parfois souhaiter imposer
S’ensuivent des distorsions
du dire et du faire
J’adore, et je l’avais écrit aussi
quand j’entends ces semaines dernières
Étienne nous dire qu’il est trop tôt pour la révolution
les esprits n’étant pas prêts
Et c’est bien à cette exigence là que nous devons nous soumettre :
préparer l’esprit
La révolution juste sera pédagogique ou ne sera pas.
Un tsunami de conscience est la condition nécessaire et suffisante au succès d’une révolution sans heurt
C’est pourquoi toutes les révolutions ont échoué
peu ou prou
La route qui conduit à Shambala
est lente et laborieuse
Nous devons nous y engager
tenaces
mais sans avidité infantile
J’aime bien, au col, la statue de saint Bernard, qui tend un doigt dans la direction du salut
Vers la plaine
Pour qui est monté trop haut et trop tôt 🙂
Oui, c’est ce que je pense aussi. C’est trop tôt.
C’est trop tôt pour tout d’ailleurs. Je veux dire : même pour protéger la planète!! Dans mon travail, on pose des tas de questions aux clients. Et parmi celles-ci, il y a : « acceptez-vous d’avoir un comportement éco responsable lors de vos séminaires » ? Eh bien il y en a beaucoup qui répondent carrément NON ! À chaque fois ça me surprend…
Merci Étienne de nous faire partager vos choix littéraires, et de nous faire découvrir des personnes qui donnent encore et toujours de l’inspiration à notre construction intellectuelle et viennent mettre de l’eau à notre moulin, sur la situation d’hier et d’aujourd’hui . Qui mieux en parle que ceux qui vivent de près la situation des territoires occupées ? Ainsi qu’un regard de l’auteur sur une histoire passée de de FRANCE, qui a construit son avenir d’aujourd’hui, nous donne un visage de la France actualisée de la révolution, et qui doit malgré tout être réformée dans sa substance et redonner à la France cette réalité du texte de la déclaration des droit de l’homme et des chartes et autre déclarations. ALLONS REFAIRE LE MONDE ET LA FRANCE DANS TOUTES SA DIVERSITÉ ET SES SAVOIRS, SON EXPÉRIENCE, ET TOURNER UNE NOUVELLE PAGE DE L ‘HISTOIRE.
Bien amicalement
Ceci est une autre rencontre d’Eric Hazan, menée assez direcetment par 2 ou 3 jeunes journalistes (rue 89) :
http://gilbertquelennec.blogspot.fr/2012/11/audio-video-eric-hazan-une-histoire-de.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+GilbertQulennec+(Gilbert+Qu%C3%A9lennec)
E.Hazan : Que les moments mortifères de l’après révolution n’adviennent, de ces « gouvernements provisoires auto-proclamés » avec « élection constituante ».
Quant à ‘actualité de la disette…
« (…) l’idée que nous entrons, par analogie avec la Révolution, dans l’époque de la Terreur (1793), est largement conforté par ce que nous découvrons aujourd’hui de la situation de la nutrition, – la situation de la faim, ou de la disette potentielle, – dans un pays si complètement symbolique de la modernité, si conscient et si fer de l’être, qu’est le Royaume-Uni (…) »
http://www.dedefensa.org/article-la_disette_stade_ultime_de_la_crise-syst_me_26_11_2012.html
Et je lis en ce moment feu Morvan LEBESQUE, un intellectuel du Canard enchaîné : Comment être Breton, Essai sur la démocratie française (1970). Cela peut passionner d’autres que moi ! Et carrément !
(Étienne : je vous l’offrirais bien !)
Pour toujours plus de préparation à l’insurrection (pacifique) ? Kenavo.
La video de mediapart
50′ d’intensité
Permettez moi de retenir (pas au mot à mot)
1)
Gouvernement autoproclamé + élection + constituante , ça c’est très mauvais .… reconduction
2)
Le système représentatif, les élections, ça doit être remis en cause
3)
Pas d’assemblée à Paris
On mure les lieux du pouvoir
on crée des groupes de travail
pas dans la même ville
les problèmes peuvent être résolus par vous et moi
Passionnant E.Hazan en effet 🙂
« LQR : la propagande du quotidien » (paru en 2006 aux éditions « Raisons d’agir ») est un excellent bouquin, entre autres.
Au passage, en parlant de la Révolution française, je suis tombé sur un entretien intéressant autour de « Rousseau et le capitalisme » :
http://www.dailymotion.com/video/xvekz2
Un entretien enregistré à la « Librairie Tropiques », un p’tit lieu de débat qui propose des tas de rencontres enrichissantes.
Friot, Hazan, Lordon, et j’en passe… que du beau monde !
Mais comment faisions-nous avant Internet ?! 🙂
(on ne faisait pas, ou si peu, nous étions tellement dépendants !)
« L’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet lui permet d’écrire » (B.Bayart)
Peu de gens ont conscience de ce que représente le Web dans l’évolution de l’Humanité, et pourtant !
Et quand on a conscience de l’impact qu’a eu l’imprimerie sur nos sociétés, on comprend vite pourquoi le pouvoir est autant affolé avec l’arrivée du Net (et ni ACTA, PIPA, SOPA et Tralala n’y changeront quelque chose, ça va bien trop vite pour eux, plus rien n’arrêtera cet élan de savoir et d’éducation qui se répand à travers les réseaux partout dans le monde à la vitesse de la lumière).
Un excès d’enthousiasme et d’espoir ne fait jamais de mal, mais je m’égare, pardon 🙂
Merci encore pour ces références (tellement) utiles Etienne !
Yvan P.
Pour en revenir à Robespierre (avec Alexis Corbière et Jean-Numa Ducange) :
Jeudi du PG – Robespierre par lepartidegauche
Yvan P.
Une remarque qui en dit tant de Joseph Confavreux après qu’Eric Hazan (Médiapart) ait décrit un scénario insurrectionnel :
« La
Ccommune c’est ça l’imaginaire ? », avec un ton apitoyé surpris… NON !!!! ?Nota, déjà dit mais se confirmant (à la lecture des échanges de politiciens locaux) : la refondation actuelle de l’urbanisme français, c’est « l’urbanisme de projet » et les SCOT, avec en corollaire, la disparition-fusion des communes ! Bon, évidemment, ce n’est pas comme cela que l’affaire est présentée publiquement, et il faut creuser le champ (de ce qui est silencieusement à l’oeuvre), mais…
SCOT : schéma de cohérence territoriale. Si l’on est esthète ou raffiné, on écrira SCoT !
Que pour les grands (ou les gros ?)!
La commune, sans majuscule ici.
Erratum.