Éric Hazan raconte la Révolution française (et Robespierre)

28/11/2012 | 10 commentaires

Éric Hazan est un type épatant.

Son der­nier bou­quin — Une his­toire de la Révo­lu­tion fran­çaise — est passionnant.

Et quand il signale, lui aus­si, Hen­ri Guille­min, c’est émou­vant : tout le monde se réveille en ce moment.
C’est ce qu’il a fait chez Kath­leen Evin, dans l’Hu­meur vaga­bonde du 27 novembre 2012, sur France Inter :

Il y a aus­si cet entre­tien avec Joseph Confra­veux sur Médiapart :

Éric Hazan est un habi­tué de Là-bas si j’y suis (mon émis­sion radio pré­fé­rée) : tous ses entre­tiens donnent des forces 🙂

Pour mémoire : http://​www​.la​-bas​.org/​r​e​c​h​e​r​c​h​e​.​p​h​p​3​?​r​e​c​h​e​r​c​h​e​=​h​a​zan

J’aime beau­coup les Édi­tions La Fabrique : on y trouve de très nom­breux livres déca­pants, géné­reux, utiles.

Hazan est un type impor­tant et atta­chant ; à connaître, je crois.

Étienne.

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

10 Commentaires

  1. Jean-Jacques M’U

    Oui, Érik Hazan mérite à être connu. 

    Il y a une idée qui, à par­tir ou autour de lui, me paraît impor­tante à mettre en débat, c’est l’i­dée d’AUTONOMIE. 

    Une fois recon­nu que c’est la facul­té de déci­der par soi-même (éty­mo­lo­gi­que­ment : « auto », soi, et « nomos » loi, c’est « la loi de soi », la règle qu’on se donne, de l’in­té­rieur, indé­pen­dam­ment des autres, exté­rieurs), on doit réflé­chir aux règles qui viennent de l’ex­té­rieur de soi (l’HÉ­TÉ­RO­NO­MIE) et qui nous sont don­nées comme incon­tour­nables, fatales, divines (la reli­gion), règles scien­ti­fiques, tech­niques (les savants et experts, les ingé­nieurs, la tech­no­cra­tie), règles éco­no­miques, finan­cières (la mon­naie, les banques, la dette)… 
    tout ceci oubliant la vie et le vivant, la rela­tion à la nature qui est pour­tant le lieu même d’où part (ou devrait par­tir) l’au­to­no­mie de cha­cun : l’a­li­men­ta­tion par cueillette, agri­cul­ture, éle­vage, cuisine… 

    C’est davan­tage de l’au­to­no­mie que de la sou­ve­rai­ne­té. (non ?)

    Réponse
  2. Ana Sailland

    Per­çu dans l’hu­meur vagabonde :

    Une cité où toutes les âmes s’agrandiront
    La répu­blique des cœurs purs

    (Robes­pierre, cité par Guillemin)

    ça me touche au plus pro­fond, car c’est l’ho­ri­zon secret du non dit
    que je porte en moi
    et je sais ne pas être seule
    voire nombreuse

    Robes­pierre a la par­ti­cu­la­ri­té d’o­ser dire
    alors qu’il est trop tôt pour faire

    S’en­suivent des distorsions
    du dire et du faire
    sanglantes

    prê­cher la vertu
    et l’u­sage d’un mot yang pour dénom­mer du yin
    n’est pas anodin
    prê­cher est une chose
    mais vou­loir légiférer
    imposer
    ce qui relève de l’âme
    en est une autre

    S’en­suivent des distorsions
    du dire et du faire
    sanglantes

    Une cité où toutes les âmes s’agrandiront
    La répu­blique des cœurs purs

    ça me fait pen­ser au Shambala
    Le Sham­ba­la, c’est cette cité per­due dans les neiges éternelles
    ou en hyperborée
    cité de per­fec­tion incarnée
    où nulle loi n’est néces­saire, ni dieu, ni maître
    tant ses habi­tants sont courageux
    impré­gnés de la néces­si­té d’être
    juste/ajusté
    modeste autant que dynamique

    Si le Sham­ba­la est par la tra­di­tion loca­li­sé en ter­ri­toire glacé
    inat­tei­gnable et impos­sible à explo­rer, ce n’est pas pour rien :
    les mythes, très sou­vent, s’autorégulent
    sagesse

    Le mythe du Sham­ba­la est un indi­ca­teur de direction
    mais atten­tion nous dit il :
    c’est loin
    avant de vous embar­quer, cou­vrez vous
    ne par­tez pas sans un bagage sérieux

    C’est pour­quoi dire est essentiel
    C’est pour­quoi faire trop tôt est mortel
    L’empire sovié­tique lui aus­si nous le montre
    exemple dra­ma­tique, et san­glant, d’un idéal
    trop pré­co­ce­ment choisi
    et tant d’autres

    Nous avons aus­si ce Jacques Fresco
    qui demande des fonds, c’est mar­rant ça
    pour son sham­ba­la technologique
    Ces affa­més de per­fec­tion sont dangereux
    Je les suis sur l’intention
    tenace
    Mais pas sur l’exigence
    et encore moins sur l’immédiateté

    Je suis utopiste
    et fière de l’être
    mais les uto­pistes sont dangereux
    lors­qu’ils sont trop pressés
    au point de par­fois sou­hai­ter imposer

    S’en­suivent des distorsions
    du dire et du faire

    J’a­dore, et je l’a­vais écrit aussi
    quand j’en­tends ces semaines dernières
    Étienne nous dire qu’il est trop tôt pour la révolution
    les esprits n’é­tant pas prêts
    Et c’est bien à cette exi­gence là que nous devons nous soumettre :
    pré­pa­rer l’esprit
    La révo­lu­tion juste sera péda­go­gique ou ne sera pas.
    Un tsu­na­mi de conscience est la condi­tion néces­saire et suf­fi­sante au suc­cès d’une révo­lu­tion sans heurt
    C’est pour­quoi toutes les révo­lu­tions ont échoué
    peu ou prou

    La route qui conduit à Shambala
    est lente et laborieuse
    Nous devons nous y engager
    tenaces
    mais sans avi­di­té infantile

    J’aime bien, au col, la sta­tue de saint Ber­nard, qui tend un doigt dans la direc­tion du salut
    Vers la plaine
    Pour qui est mon­té trop haut et trop tôt 🙂

    Réponse
  3. profil

    Oui, c’est ce que je pense aus­si. C’est trop tôt.

    C’est trop tôt pour tout d’ailleurs. Je veux dire : même pour pro­té­ger la pla­nète!! Dans mon tra­vail, on pose des tas de ques­tions aux clients. Et par­mi celles-ci, il y a : « accep­tez-vous d’a­voir un com­por­te­ment éco res­pon­sable lors de vos sémi­naires » ? Eh bien il y en a beau­coup qui répondent car­ré­ment NON ! À chaque fois ça me surprend…

    Réponse
  4. houria

    Mer­ci Étienne de nous faire par­ta­ger vos choix lit­té­raires, et de nous faire décou­vrir des per­sonnes qui donnent encore et tou­jours de l’ins­pi­ra­tion à notre construc­tion intel­lec­tuelle et viennent mettre de l’eau à notre mou­lin, sur la situa­tion d’hier et d’aujourd’hui . Qui mieux en parle que ceux qui vivent de près la situa­tion des ter­ri­toires occu­pées ? Ain­si qu’un regard de l’au­teur sur une his­toire pas­sée de de FRANCE, qui a construit son ave­nir d’aujourd’hui, nous donne un visage de la France actua­li­sée de la révo­lu­tion, et qui doit mal­gré tout être réfor­mée dans sa sub­stance et redon­ner à la France cette réa­li­té du texte de la décla­ra­tion des droit de l’homme et des chartes et autre décla­ra­tions. ALLONS REFAIRE LE MONDE ET LA FRANCE DANS TOUTES SA DIVERSITÉ ET SES SAVOIRS, SON EXPÉRIENCE, ET TOURNER UNE NOUVELLE PAGE DE L ‘HISTOIRE.
    Bien amicalement

    Réponse
  5. Florence

    Ceci est une autre ren­contre d’E­ric Hazan, menée assez dire­cet­ment par 2 ou 3 jeunes jour­na­listes (rue 89) :

    http://gilbertquelennec.blogspot.fr/2012/11/audio-video-eric-hazan-une-histoire-de.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+GilbertQulennec+(Gilbert+Qu%C3%A9lennec)

    E.Hazan : Que les moments mor­ti­fères de l’a­près révo­lu­tion n’ad­viennent, de ces « gou­ver­ne­ments pro­vi­soires auto-pro­cla­més » avec « élec­tion constituante ».

    Quant à ‘actua­li­té de la disette…

    « (…) l’idée que nous entrons, par ana­lo­gie avec la Révo­lu­tion, dans l’époque de la Ter­reur (1793), est lar­ge­ment confor­té par ce que nous décou­vrons aujourd’hui de la situa­tion de la nutri­tion, – la situa­tion de la faim, ou de la disette poten­tielle, – dans un pays si com­plè­te­ment sym­bo­lique de la moder­ni­té, si conscient et si fer de l’être, qu’est le Royaume-Uni (…) »

    http://​www​.dede​fen​sa​.org/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​a​_​d​i​s​e​t​t​e​_​s​t​a​d​e​_​u​l​t​i​m​e​_​d​e​_​l​a​_​c​r​i​s​e​-​s​y​s​t​_​m​e​_​2​6​_​1​1​_​2​0​1​2​.​h​tml

    Et je lis en ce moment feu Mor­van LEBESQUE, un intel­lec­tuel du Canard enchaî­né : Com­ment être Bre­ton, Essai sur la démo­cra­tie fran­çaise (1970). Cela peut pas­sion­ner d’autres que moi ! Et carrément !
    (Étienne : je vous l’of­fri­rais bien !)

    Pour tou­jours plus de pré­pa­ra­tion à l’in­sur­rec­tion (paci­fique) ? Kenavo.

    Réponse
  6. Ana Sailland

    La video de mediapart

    50′ d’in­ten­si­té

    Per­met­tez moi de rete­nir (pas au mot à mot)

    1)
    Gou­ver­ne­ment auto­pro­cla­mé + élec­tion + consti­tuante , ça c’est très mau­vais .… reconduction

    2)
    Le sys­tème repré­sen­ta­tif, les élec­tions, ça doit être remis en cause

    3)
    Pas d’as­sem­blée à Paris

    On mure les lieux du pouvoir

    on crée des groupes de travail 
    pas dans la même ville

    les pro­blèmes peuvent être réso­lus par vous et moi

    Réponse
  7. Yvan

    Pas­sion­nant E.Hazan en effet 🙂
    « LQR : la pro­pa­gande du quo­ti­dien » (paru en 2006 aux édi­tions « Rai­sons d’a­gir ») est un excellent bou­quin, entre autres.

    Au pas­sage, en par­lant de la Révo­lu­tion fran­çaise, je suis tom­bé sur un entre­tien inté­res­sant autour de « Rous­seau et le capi­ta­lisme » :
    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​v​e​kz2

    Un entre­tien enre­gis­tré à la « Librai­rie Tro­piques », un p’tit lieu de débat qui pro­pose des tas de ren­contres enrichissantes.
    Friot, Hazan, Lor­don, et j’en passe… que du beau monde !

    Mais com­ment fai­sions-nous avant Internet ?! 🙂
    (on ne fai­sait pas, ou si peu, nous étions tel­le­ment dépendants !)

    « L’im­pri­me­rie a per­mis au peuple de lire, Inter­net lui per­met d’é­crire » (B.Bayart)

    Peu de gens ont conscience de ce que repré­sente le Web dans l’é­vo­lu­tion de l’Hu­ma­ni­té, et pourtant !
    Et quand on a conscience de l’im­pact qu’a eu l’im­pri­me­rie sur nos socié­tés, on com­prend vite pour­quoi le pou­voir est autant affo­lé avec l’ar­ri­vée du Net (et ni ACTA, PIPA, SOPA et Tra­la­la n’y chan­ge­ront quelque chose, ça va bien trop vite pour eux, plus rien n’ar­rê­te­ra cet élan de savoir et d’é­du­ca­tion qui se répand à tra­vers les réseaux par­tout dans le monde à la vitesse de la lumière).
    Un excès d’en­thou­siasme et d’es­poir ne fait jamais de mal, mais je m’é­gare, pardon 🙂
    Mer­ci encore pour ces réfé­rences (tel­le­ment) utiles Etienne !

    Yvan P.

    Réponse
  8. Florence

    Une remarque qui en dit tant de Joseph Confa­vreux après qu’E­ric Hazan (Média­part) ait décrit un scé­na­rio insurrectionnel :

    « La Ccom­mune c’est ça l’i­ma­gi­naire ? », avec un ton api­toyé sur­pris… NON !!!! ?

    Nota, déjà dit mais se confir­mant (à la lec­ture des échanges de poli­ti­ciens locaux) : la refon­da­tion actuelle de l’ur­ba­nisme fran­çais, c’est « l’ur­ba­nisme de pro­jet » et les SCOT, avec en corol­laire, la dis­pa­ri­tion-fusion des com­munes ! Bon, évi­dem­ment, ce n’est pas comme cela que l’af­faire est pré­sen­tée publi­que­ment, et il faut creu­ser le champ (de ce qui est silen­cieu­se­ment à l’oeuvre), mais…

    SCOT : sché­ma de cohé­rence ter­ri­to­riale. Si l’on est esthète ou raf­fi­né, on écri­ra SCoT !

    Que pour les grands (ou les gros ?)!

    Réponse
  9. Florence

    La com­mune, sans majus­cule ici.
    Erratum.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles