Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle

22/04/2012 | 75 commentaires

Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle

Entre­tien avec Étienne Chouard (Nexus n°78)

Cher­cheur indé­pen­dant, citoyen sans par­ti, sans éti­quette et sans ambi­tions poli­tiques per­son­nelles, Étienne Chouard s’est fait connaître du grand public en 2005 à l’oc­ca­sion du réfé­ren­dum sur le trai­té éta­blis­sant une consti­tu­tion pour l’Eu­rope en argu­men­tant pour le « non ». Deve­nu depuis un adepte du tirage au sort, il en est aus­si l’un des prin­ci­paux pro­pa­ga­teurs et théo­ri­ciens. Confé­ren­cier infa­ti­gable, il sillonne les routes pour en expli­quer la logique.

Nexus : Qu’est-ce qu’il y a de révo­lu­tion­naire dans le tirage au sort ?

Étienne Chouard : Tout. Le tirage au sort démonte le méca­nisme qui conduit à notre impuis­sance actuelle. Il y a quan­ti­té de causes à notre impuis­sance, qui s’im­briquent les unes les autres. Ma méthode, emprun­tée à Hip­po­crate, consiste à cher­cher la cause des causes, à remon­ter à la racine du pro­blème. Quand j’é­tu­die les rai­sons de notre fai­blesse par rap­port aux abus de pou­voir, de proche en proche, j’a­bou­tis à tous les coups à la même chose : la Consti­tu­tion. La Consti­tu­tion est en effet l’ou­til génial que les hommes ont inven­té pour affai­blir les pou­voirs. Or, qui écritaujourd’­hui la Consti­tu­tion ? Des par­le­men­taires, des pro­fes­sion­nels de la poli­tique, des ministres, des juges… Autre­ment dit, ceux-là mêmes qui vont exer­cer le pou­voir et qui devraient craindre les lois ins­ti­tu­tion­nelles. Et il ne s’a­git pas là d’un acci­dent iso­lé, mais d’une règle géné­rale : dans tous les pays du monde et à toutes les époques, ce sont les hommes au pou­voir qui dictent les règles du pou­voir — même si ces règles sont désor­mais sou­vent votées par les peuples, ce qui montre au pas­sage qu’il est assez facile de convaincre le peuple d’ac­cep­ter lui-même sa propre impuis­sance. C’est le grand para­doxe des consti­tu­tions : ori­gi­nel­le­ment pen­sées comme le moyen de pro­té­ger les citoyens contre les abus de pou­voir, elles donnent aujourd’­hui une légi­ti­mi­té aux abus de pou­voir ! Voi­là la cause des causes de nos pro­blèmes. Mal­heu­reu­se­ment, les humains, qui res­tent à ce stade des enfants, ne mesurent pas l’im­por­tance du pro­ces­sus consti­tuant. S’il est aus­si stra­té­gique qu’un tel pro­ces­sus soit dés­in­té­res­sé, c’est pour évi­ter très prio­ri­tai­re­ment les conflits d’in­té­rêts. Pour cela, il faut radi­ca­le­ment sépa­rer le pou­voir consti­tuant des pou­voirs consti­tués. C’est là que le tirage sort s’im­pose comme solu­tion : en rai­son­nant a contra­rio, on peut dire que, méca­ni­que­ment, n’im­porte qui fera mieux pour l’in­té­rêt géné­ral qu’une per­sonne qui a un inté­rêt per­son­nel à défendre contre l’in­té­rêt général.

Seule manière de récu­pé­rer la démo­cra­tie à ceux qui l’ont confisquée ?

Ils ne l’ont pas tant confis­quée qu’empêchée d’ad­ve­nir. La non-démo­cra­tie est écrite par des per­sonnes qui ont un inté­rêt per­son­nel à ce qu’il n’y ait pas de démo­cra­tie. Nos régimes sont déli­bé­ré­ment et sciem­ment pen­sés et vou­lus comme des non-démo­cra­ties. La plu­part des pères fon­da­teurs de nos régimes par­le­men­taires étaient des notables pleins de méfiance à l’en­contre du peuple. Ils ont ins­ti­tué des gou­ver­ne­ments repré­sen­ta­tifs qu’ils ont, plus tard, fal­la­cieu­se­ment éti­que­té du nom de « démo­cra­tie ». Mais c’est une escro­que­rie qui ne fonc­tionne qu’au­près des naïfs. C’est pour­quoi je fais la grève du mot « démo­cra­tie ». Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on s’est fait ber­ner pen­dant deux cents ans que cela va durer éter­nel­le­ment. J’ai bon espoir que nous nous pas­sions le mot entre nous et que nous trans­for­mions en virus démo­cra­tique le prin­cipe du tirage au sort, seul anti­dote durable contre la confis­ca­tion du pou­voir par une oligarchie.

Mais vous l’a­vez dit, il y a quelque chose d’im­pa­rable dans la méca­nique élec­to­rale, c’est le consen­te­ment : le peuple consent à sa propre domination…

C’est le méca­nisme même de toute escro­que­rie. Les escrocs sont tou­jours des gens très sédui­sants, jamais des affreux qui font peur aux enfants. Ils nous piègent en nous flat­tant et en détour­nant la puis­sance libé­ra­trice de notre volon­té : « puisque vous votez, vous êtes le sou­ve­rain », nous disent-ils. Et c’est vrai qu’au niveau indi­vi­duel, l’exer­cice de notre volon­té nous per­met sou­vent d’a­mé­lio­rer notre sort, à la condi­tion qu’elle ne soit pas biai­sée par des escrocs (c’est le point essen­tiel). Notre erreur est de croire que notre volon­té, qui fonc­tionne bien au niveau indi­vi­duel, va pareille­ment fonc­tion­ner au niveau col­lec­tif, alors qu’à ce niveau, appa­raissent des rai­sons puis­santes de cir­con­ve­nir la volon­té géné­rale, des mobiles de crimes . De l’u­ti­li­té sou­vent confir­mée de notre volon­té indi­vi­duelle, nous dédui­sons fau­ti­ve­ment qu’il en sera de même au niveau col­lec­tif. C’est une erreur. Au niveau col­lec­tif appa­raissent des trom­peurs d’o­pi­nion et l’é­lec­tion donne une prise à ces voleurs de pou­voir.Le plus riche pour­ra finan­cer les cam­pagnes élec­to­rales et faire élire son can­di­dat qui, du coup, sera son débi­teur et mène­ra les poli­tiques qui lui sont favo­rables. Le tirage au sort écarte cette méca­nique cor­rup­trice de l’é­lec­tion en ne don­nant aucune place à la volon­té. C’est la loi des grands nombres (incor­rup­tible par construc­tion) qui décide, et non plus une volon­té sus­cep­tible d’être trompée.

Mais on vous rétor­que­ra que le sort est arbitraire ?

Impar­tial, plu­tôt. Le pro­jet démo­cra­tique consiste à ne délé­guer que très peu de pou­voir aux repré­sen­tants. Ce que le tirage au sort per­met. Il ne cherche pas à rendre l’hu­ma­ni­té par­faite, il veut au contraire s’a­dap­ter à son imper­fec­tion, en en tirant les consé­quences logiques : puisque nous sommes impar­faits, ne don­nons jamais la tota­li­té des pou­voirs à quelques-uns. Don­nons un tout petit peu de pou­voir, à un grand nombre de per­sonnes, pour très peu de temps, et jamais deux fois de suite. Le tirage au sort emporte avec lui la rota­tion des charges (des man­dats courts et non-renou­ve­lables) et le contrôle sys­té­ma­tique des repré­sen­tants. L’ex­pres­sion « démo­cra­tie indi­recte » est un oxy­more, une contra­dic­tion dans les termes. La démo­cra­tie est directe ou elle n’est pas. Certes, nous avons besoin de repré­sen­tants, mais pas pour voter les lois : seule­ment pour les exé­cu­ter, les inter­pré­ter et les pré­pa­rer. Ces repré­sen­tants doivent être tirés au sort pour qu’ils res­tent nos ser­vi­teurs et qu’ils ne deviennent jamais nos maîtres. Les dérives cor­po­ra­tistes qui viennent tou­jours avec la pro­fes­sion­na­li­sa­tion des fonc­tions de repré­sen­ta­tion sont pro­fon­dé­ment anti-démo­cra­tiques. Les démo­crates dignes de ce nom tiennent prio­ri­tai­re­ment à l’a­ma­teu­risme politique.

Que répon­dez-vous aux deux objec­tions les plus cou­ram­ment for­mu­lées contre le tirage au sort, à savoir la dimen­sion tech­nique des pro­blèmes, beau­coup plus com­plexe aujourd’­hui, et le chan­ge­ment d’é­chelle : les citoyens ne se chiffrent plus en dizaines de mil­liers comme à Athènes, mais en dizaines de mil­lions, sinon en centaines ?

La com­pé­tence d’un repré­sen­tant fraî­che­ment élu n’est pas innée. Il va devoir tran­cher sur une pro­fu­sion de sujets, juri­diques, tech­niques, scien­ti­fiques, etc. Il va acqué­rir sa com­pé­tence che­min fai­sant. Ce n’est pas un sur­homme omni­scient. C’est son tra­vail qui va le rendre com­pé­tent. Toutes les expé­riences d’as­sem­blées citoyennes démontrent que des per­sonnes dis­tin­guées par le hasard se trans­forment, s’in­ves­tissent, se res­pon­sa­bi­lisent et choi­sissent fina­le­ment les bonnes solu­tions, y com­pris sur des sujets com­plexes. Voyez com­ment les par­le­men­taires euro­péens, soi-disant si com­pé­tents, votent les lois : savez-vous qu’ils ont à leurs pieds une sorte de grande can­tine dans laquelle sont clas­sés tous les dos­siers du jour ? Ces dos­siers sont si nom­breux, si com­plexes, si ardus, qu’il est impos­sible de seule­ment les lire à temps. Chaque dos­sier com­porte donc un numé­ro et une consigne de vote four­nie par le par­ti. Le dépu­té moderne n’est donc alors qu’un auto­mate et l’ar­gu­ment de sa néces­saire com­pé­tence paraît bien surfait.

Et l’ob­jec­tion de la taille ?

Elle ne tient pas non plus. Rai­son­nons à par­tir de la cel­lule de base démo­cra­tique, qui n’est ni le conti­nent, ni le pays, ni la région, mais la com­mune, la démo­cra­tie ne s’im­po­sant pas par le haut, mais par le bas. A cet égard, rien n’a chan­gé depuis les Grecs, la cel­lule de base pour nos démo­cra­ties reste la même. Au niveau com­mu­nal, les gens se côtoient et se connaissent. Ils peuvent se sur­veiller mutuel­le­ment. Au niveau plus large, la démo­cra­tie s’or­ga­nise autour de com­munes libres gérées dans le cadre d’une fédé­ra­tion. Les exemples fédé­ra­tifs ne manquent pas (États-Unis, Suisse, Alle­magne, etc.). Il n’est pas exa­gé­ré de dire qu’ils fonc­tionnent très bien, à cette réserve près qu’ils uti­lisent tous, à la base, une pro­cé­dure aris­to­cra­tique : l’é­lec­tion. C’est cette pro­cé­dure qu’il faut chan­ger. Com­ment ? En la rem­pla­çant par la seule pro­cé­dure démo­cra­tique qui soit : le tirage au sort. Les citoyens de chaque com­mune déci­de­ront alors libre­ment des sujets qu’ils sont en mesure de trai­ter eux-mêmes, direc­te­ment, et ils délé­gue­ront les autres au niveau fédé­ral, selon le prin­cipe de la sub­si­dia­ri­té, qui veut que l’on ne doit pas faire à un éche­lon plus éle­vé ce qui peut l’être avec plus d’ef­fi­ca­ci­té à un éche­lon plus petit.

Que pen­sez-vous des (rares) expé­riences de tirage au sort ?

Elles sont toutes enthou­sias­mantes, car elles montrent toutes que l’homme nor­mal n’est pas bête mais astu­cieux et avi­sé. Tant que ce sera des hommes de par­ti et des élus qui par­le­ront de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, les choses n’a­van­ce­ront pas. Les pro­fes­sion­nels de la poli­tique n’ac­cou­che­ront jamais de la vraie démo­cra­tie, non parce qu’ils sont mau­vais en eux-mêmes, mais parce qu’ils sont en conflits d’in­té­rêts. Le conflit d’in­té­rêts est la clé de com­pré­hen­sion de notre impuis­sance poli­tique. Les consti­tuants ne doivent plus être en conflits d’in­té­rêts. Le jour où nous serons des mil­lions à dire qu’on ne veut plus d’hommes de pou­voir dans les assem­blées consti­tuantes, mais seule­ment des gens nor­maux et dés­in­té­res­sés, alors tout changera.

Pro­pos recueillis par Fran­çois Bousquet.

À visi­ter :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​pe/

Source : revue Nexus, n°78 jan­vier-février 2012.

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Étienne

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75 Commentaires

  1. Étienne
  2. Di Girolamo

    Étienne

    Com­ment trouves tu le temps pour ton blog , les confé­rences , la lec­ture , les recherches docu­men­taires etc etc ??!!!!!

    Je ne connais­sais pas ce mon­sieur Farage ; il n’y va pas avec le dos de la cuillère !

    Pour reve­nir au tirage au sort ; com­ment arti­cules-tu démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et tirage au sort ?

    Dans mon esprit ce n’est pas for­cé­ment néga­tif d’être repré­sen­té À CONDITION que cette repré­sen­ta­tion soit véri­dique ‚c’est à dire qu’il y ait un lien vivant effec­tif entre le répré­sen­tant et le repré­sen­té ; en qqsorte le repré­sen­tant fait le bou­lot , il est au ser­vice du repré­sen­té et de ce fait il revient tou­jours vers lui pour s’en­qué­rir de ce qu’il faut faire , si c’est bien fait, quels sont les résul­tats etc etc.

    Bref la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive per­met à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive de res­ter une démocratie .

    L’in­té­rêt fort de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive c’est qu’elle per­met au plus grand nombre d’exer­cer le pou­voir ; le pou­voir n’est pas confié au repré­sen­tant ; le repré­sen­tant est un serviteur .

    Réponse
  3. Heloïse

    La récu­pé­ra­tion de la « démo­cra­tie » se fera contre ceux qui la déna­turent, elle s’est faite à la libé­ra­tion contre « ceux qui l’ont confisquée »…

    Je trouve fausse l’af­fir­ma­tion selon laquelle « la démo­cra­tie a été confis­quée » : cela signi­fie­rait en somme (mais pour­quoi « en somme »?), qu’on a atteint le « degré zéro », et alors, sans levée de « par­ti­sans résis­tants armés », rien n’est qu’illusoire…
    Heu­reu­se­ment, la démo­cra­tie , si elle est malade et ce jour en France, salie, souf­frant entre autre d’une « incon­ti­nence xéno­pho­bique » qui l’empêche de « renaître », nous sommes der­rière la vitre du « bloc opé­ra­toire », et nous pen­sons devant le spec­tacle des « infir­miers-poli­ti­ciens » : « tirage au sort »… Quelle impuis­sance ! Ouvrons la porte du bloc , « inter­ven­tion citoyenne » ! révo­lu­tion citoyenne : sau­vons la démo­cra­tie dont le cœur bat encore !

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  4. Di Girolamo

    Héloïse

    Si la démo­cra­tie est un idéal, alors on peut tou­jours dire que : si on est pas tout à fait en démo­cra­tie on l’est quand même un peu et que au regard de régimes tyran­niques nous n’avons pas trop à nous plaindre ; et qu’il tient à cha­cun d’entre nous par notre atti­tude, nos actions d’améliorer la démo­cra­tie. Bref que c’est une ques­tion de degré : on est plus ou moins en démocratie.

    Mais si la démo­cra­tie est un régime poli­tique s’organisant autour du prin­cipe d’une sou­ve­rai­ne­té par­ta­gée acces­sible à tous, on n’est pas là seule­ment face à un idéal mais à un mode d’organisation poli­tique enca­dré par des textes. D’où l’importance de ces textes consti­tuants et de ceux qui les rédigent ; ces textes dési­gnent des prin­cipes intan­gibles qui ne sont pas à amé­lio­rer mais donnent le cadre de ce qui fait qu’on est ou pas en démocratie.

    La confis­ca­tion de la démo­cra­tie réside alors à ce niveau struc­tu­rant du cadre : si on fausse les choses au départ, en amont, alors tous les efforts qu’on pour­ra faire en aval seront vains.

    Si on se situe au niveau du cadre, nous ne sommes pas en démo­cra­tie ; nous avons des lois , des liber­tés indi­vi­duelles , mais nous ne sommes pas en démocratie.

    Le cadre de la démo­cra­tie c’est la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ; à par­tir de là se déroule les lois , les poli­tiques tou­jours impar­faites , tou­jours à amé­lio­rer . Mais si ces lois ces poli­tiques sont menées par d’autres que le peuple, on n’est pas en démo­cra­tie et cela n’est pas une ques­tion de degré et d’amélioration : IL Y A CONFISCATION.

    C’est pour­quoi je pense qu’on peut être tolé­rant et indul­gent pour soi même et pour autrui mais pas sur les prin­cipes ; si on ne res­pecte pas le contrat social, la consti­tu­tion, ce n’est même pas la peine d’aller plus loin. Le prin­cipe fon­da­teur d’une démo­cra­tie c’est la sou­ve­rai­ne­té popu­laire. Il est donc impé­ra­tif que les pra­tiques poli­tiques soient en confor­mi­té avec ce prin­cipe, du moins y tendent toujours.

    Que le tra­vail consti­tuant soit fait par des tirés au sort ou des assem­blées citoyennes locales ou autre il est de toute manière impé­ra­tif que tous les citoyens soient infor­més de ce tra­vail et que tous ceux qui le sou­haitent puissent y par­ti­ci­per et qu’enfin la vali­da­tion offi­cielle soit faite par un référendum.

    L’état des lieux que je fais est que les prin­cipes fon­da­men­taux de celle exis­tante ne sont pas res­pec­tés dans le cœur même de nos pra­tiques poli­tiques : la sou­ve­rai­ne­té alter­na­tive un coup l’un un coup l’autre est une cap­ta­tion per­ma­nente de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ; et que du fait de cette confis­ca­tion struc­tu­relle tous nos efforts seront vains. La sou­ve­rai­ne­té vraie c’est la pré­sence en conti­nu des citoyens autour de la construc­tion de la socié­té. Il est tout à fait exact de dire que c’est un idéal et un effort per­ma­nent mais je sou­tiens que nous sommes même pri­vé de cet effort qui nous est confis­qué du fait même de la règle du jeu en vigueur : un coup l’un un coup l’autre.

    Même si rien n’est par­fait et que la vie est une ten­sion, un che­min, le point de départ et le point d’arrivée sont fon­da­men­taux. On a beau s’agiter dans tous les sens notre bal­lon de rug­by ne devien­dra pas rond : les règles, le cadre sont fondamentaux.

    Je m’étonne donc beau­coup que les par­ti­sans d’une consti­tuante s’intéressent si peu à ce que je dis concer­nant la vio­la­tion de la nôtre concer­nant la sou­ve­rai­ne­té popu­laire parce que si on s’attelle à ce tra­vail consti­tuant , d’une manière ou de l’autre , le prin­cipe de base sera bien la sou­ve­rai­ne­té de tous . Et que si on ne l’applique pas aujourd’hui, pour­quoi l’appliquerions-nous demain ?

    Réponse
  5. catherine

    Com­plé­te­ment d’ac­cord avec toi Georges, du Moins ne peut sor­tir du Plus. Les prin­cipes, ce sont les struc­tures, les fon­da­tions de la mai­son, le pivot, l’axe, la colonne ver­té­brale du corps social et cha­cun sait que sans colonne ver­té­brale c’est mal par­ti pour se tenir debout, si elle n’existe pas la colonne ver­té­brale, on est condam­né à ram­per même si on déploie tous les efforts possibles.

    Mais à peine dit cela que déjà je suis ren­voyée dans la cour­sive du quo­ti­dien qui m’o­blige à admettre que je le veuille ou non qu’il faut pas­ser par le Moins pour aller vers le Plus.

    A cet hypo­thé­tique Plus qui reste hypo­thé­tique tant que je ne l’ai pas tou­ché, sen­ti, vu, entendu,goûté en moi, à tra­vers moi, au-delà de moi.

    Ain­si, accep­ter de voter Mélan­chon, c’é­tait pour moi consen­tir au Moins mais à un Moins au ser­vice d’un Plus hypo­thé­tique, tel­le­ment hypo­thé­tique ce Moins pour un Plus, que je me suis four­voyée, c’é­tait le risque, en l’en­ten­dant offrir, ensuite, ses voix, à un homme qu’il sem­blait pour­tant condam­ner durant sa campagne.

    Ce qui veut dire à mon sens, que les prin­cipes, c’est essen­tiel, c’est notre étoile, notre bous­sole, celle qui sert à gui­der nos pas dans le marais bour­beux du quo­ti­dien, mais sans jamais oublier que cette étoile « prin­ci­pielle » on ne la tou­che­ra jamais car nos pas sont sur terre et pas dans le ciel, et qu’il faut peut-être accep­ter de mouiller la che­mise, ( ce que tu fais au demeu­rant toi Georges et que je ne conteste pas et suis même admi­ra­tive de cela) mais de prendre des risques autre­ment que tu ne le fais peut-être et peut-être même en asso­ciant les deux méthodes, quitte à se trom­per, mais se trom­per, tout compte fait, ce n’est pas si mal que cela. Certes, ça semble être une décon­ve­nue et ça en est une c’est vrai et donc ça fait mal, mais ça pré­sente une autre face aus­si cette décon­ve­nue, car dès lors on co-naît au tra­vers de cette expé­rience mal­heu­reuse le faire d’une per­sonne qui jus­qu’a­lors par­lait, ça per­met de se rendre compte que les mots du dit mon­sieur divorcent du faire qu’il fait ensuite en disant autre chose que ce qu’il lais­sait entendre aupa­ra­vant, bref, ça per­met d’af­fi­ner l’i­mage et donc ça per­met de savoir où on ne met­tra plus les pieds car on s’est brû­lé au feu des illu­sions et que dès lors on fera davan­tage atten­tion au bon­homme.

    Et ain­si de ce Moins en faire un Plus( y’a juste que c’est pas le plus VERSlequel on diri­geait nos pas, maigre conso­la­tion mais conso­la­tion quand même, on a appris quelque chose.

    Et puis sur­tout ça laisse ouvert je trouve, car si on ne fait pas a mini­ma confiance, si on accepte pas de se prendre les pieds dans le tapis, c’est fini de tout espoir, le Plus, l’i­déal des Prin­cipes ne nous sera pas ser­vi sur un pla­teau doré, le pla­teau c’est nous qui devons le construire, sur nos tré­bu­che­ments, nos erreurs, nos bévues, enfin, c’est mon point de vue aujourd’hui.

    Réponse
  6. Di Girolamo

    Cathe­rine

    Je res­pecte infi­ni­ment ceux qui ont voté Mélen­chon et ils ont ma sym­pa­thie. J’ai sou­vent honte de moi même en allant pas aux manifs gaz de schiste ou autres com­bats de ter­rain. Mais ça com­mence à faire qqtemps déjà que j’ai déci­dé de m’ac­cep­ter comme je suis et de com­battre comme je le sens ; je sens par exemple que mani­fes­ter contre le gaz de schiste a sa limite si en même temps on ne construit pas une socié­té en capa­ci­té de vivre sans ; et selon moi construire la socié­té de demain passe pas seule­ment par les élec­tions et les manifs : faut construire . Je ne vois pas com­ment construire autre­ment qu’en se par­lant au local dans les pays où nous vivons afin de cogé­rer nos ter­ri­toires ; et ça ça dépasse les posi­tions par­ti­sanes et les rap­ports de force. ça passe par une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive concrète sur des ana­lyses par­ta­gées et des pro­jets collectifs. 

    C’est un tra­vail avec les élus, avec les acteurs du ter­ri­toire . Ces tra­vaux de déve­lop­pe­ment soli­daire d’un ter­ri­toire de proxi­mi­té c’est de la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique (!) ; de ce fait , dans les faits on rejoints le rap­port de force , le choix de socié­té. Quand à Mélen­chon il ne se renie pas : il avait dit depuis le début qu’il ferait bar­rage à Sar­ko­sy ; Moi aus­si je suis déçu ; mais déçu pour ces mili­tants qui y ont cru fort et qui repartent pour 5 ans, 10 ans .…. Mélen­chon ne pas­se­ra pas par les urnes mais par la révo­lu­tion ; moi je pense plu­tôt , comme je le sou­tiens à Sitouaillain que ça énerve au plus haut point ‚que la révo­lu­tion actua­li­sée aujourd’­hui avec le monde tel qu’il est deve­nu , sera une révo­lu­tion des intel­li­gences , un tra­vail poli­tique d’in­tel­li­gence col­lec­tive , mais pas un rap­port de force phy­sique ‚numé­rique , de mili­tants , de par­tis , de fronts .

    On arrive trop au bout du bout du monde pour res­ter sur le rap­port de force ; c’est ce qui nous pend au nez et c’est très peu réjouis­sant .Il n’existe qu’une potion magique pour appri­voi­ser le rap­port de force c’est la démo­cra­tie qui intro­duit ces diver­gences d’in­té­rêts dans une machine à construire le futur : la machine poli­tique : réflexion-étude- débat – pro­jet – déci­sion votée.

    Réponse
  7. Étienne

    Cher Georges,

    Ce coup-ci, je m’y colle (un peu).

    J’a­na­lyse notre pré­ten­due « consti­tu­tion » comme une ANTI-consti­tu­tion, un texte-pri­son qui pro­gramme notre impuis­sance poli­tique au lieu de nous pro­té­ger contre les abus de pouvoir.

    Aus­si, je serais très inté­res­sé par ta recen­sion des articles AYANT UNE FORCE CONTRAIGNANTE et qui te semblent réel­le­ment protecteurs.

    De mon point de vue, même dans le cadre des objec­tifs d’une « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », pour qu’on puisse par­ler de « Consti­tu­tion » (donc qui pro­tège le peuple contre les tyrans), il manque, dans ce texte lit­té­ra­le­ment MONARCHIQUE (la « consti­tu­tion » de 1958), les points suivants : 

    - la pos­si­bi­li­té pour le peuple, de sa propre INITIATIVE, d’im­po­ser les ques­tions (et les réponses) qu’il estime bonnes (un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, un vrai).

    - la pos­si­bi­li­té pour le peuple de CHOISIR (vrai­ment) ses can­di­dats, en dehors des faux choix impo­sés par les par­tis poli­tiques (un peu comme on peut le faire dans les petites com­munes, où l’on peut bar­rer des noms de can­di­dats sur la liste ou en ajou­ter de son cru). L’o­bli­ga­tion d’al­ler men­dier 500 signa­tures (publiées pour per­mettre un chan­tage) d’é­lus pour avoir le droit de se pré­sen­ter à une élec­tion est lit­té­ra­le­ment MAFIEUSE, scandaleuse.

    - La pos­si­bi­li­té d’ex­pri­mer des CHOIX NUANCÉS (et pas seule­ment à la hache) par le scru­tin du VOTE À POINTS (12 points posi­tifs et 12 points néga­tifs, par exemple) qui per­met de d’ex­pri­mer plu­sieurs pré­fé­rences ET PLUSIEURS CRAINTES. Réduire le suf­frage uni­ver­sel au seul 1) choix de maîtres poli­tiques, 2) par­mi des gens qu’on n’a pas choi­sis et 3) sans aucun moyen de résis­ter à un abus de pou­voir, est une véri­table escro­que­rie poli­tique. Nous n’a­vons pas de Constitution.

    - la pos­si­bi­li­té pour les citoyens, D’INCRIMINER n’im­porte quel acteur public devant une cour de jus­tice com­po­sée de NON PROFESSIONNELS (ni pros de la poli­tique ni pros de la jus­tice) (qui, sinon, se pro­tègent évi­dem­ment entre eux).

    - UN PARLEMENT digne de ce nom, c’est-à-dire LIBRE de ses pen­sées et pas com­po­sé de par­le­men­taires godillots à la botte d’un chef de par­ti, ser­viles parce que leur car­rière poli­tique dépend tota­le­ment des caprices du Pré­sident (chef du par­ti vain­queur qui donne ou pas les pré­cieuses « inves­ti­tures » aux pro­chaines élec­tions et qui détient donc sur tous ses dépu­tés un « droit de vie et de mort politique »).

    - une PROTECTION INVULNÉRABLE DES SERVICES PUBLICS contre l’a­vi­di­té des cupides, par­mi les­quels LA CRÉATION MONÉTAIRE, la GRANDE DISTRIBUTION, L’EAU, L’ÉNERGIE, L’INFORMATION, L’ÉCOLE, LES SOINS, LES MÉDICAMENTS, LES TRANSPORTS… (liste modi­fiable par le peuple à sa propre ini­tia­tive, au vu de nou­veaux dan­gers éventuels).

    - une pro­cé­dure (sévère) de REDDITION DES COMPTES en fin de man­dats qui ferait peser sur les élus un risque réel de sanc­tions graves en cas de man­que­ment aux pro­messes élec­to­rale, de mal­ver­sa­tions, ou d’en­ri­chis­se­ment per­son­nel. Le « pan­tou­flage » devrait être très sévè­re­ment incri­mi­né et puni par la Constitution. 

    - L’af­fir­ma­tion de la SUPÉRIORITÉ DE LA CONSTITUTION SUR TOUS LES TRAITÉS, et la peine de Haute Tra­hi­son pour les félons qui ten­te­raient de délé­guer à d’autres qu’eux la sou­ve­rai­ne­té natio­nale (QUI NE LEUR APPARTIENT PAS et qu’il ne peuvent donc évi­dem­ment pas trans­mettre à qui que ce soit).

    - L’in­ter­dic­tion abso­lue pour les par­le­men­taires de s’ac­cor­der à eux-mêmes des PRIVILÈGES, en toute matière.

    - À com­men­cer par la pos­si­bi­li­té de chan­ger eux-mêmes la consti­tu­tion : aucun organe ins­ti­tué ne devrait pou­voir modi­fier lui-même le texte qu’il doit craindre. La pos­si­bi­li­té de modi­fier la Consti­tu­tion en Congrès sans réfé­ren­dum est une HONTE qui fait de la France une « répu­blique bananière ».)

    - la totale INTERDICTION DE TOUT « POUVOIR RÈGLEMENTAIRE » (expres­sion qui avoue la plus dan­ge­reuse confu­sion des pou­voirs, par construc­tion): mise au BAN des DÉCRETS, per­met­tant au prince pré­ten­du­ment « répu­bli­cain » de pro­duire lui-même du droit, comme un roi : ne sont pos­sibles que de simples arrê­tés, et sur les seules moda­li­tés d’ap­pli­ca­tion de la loi, mais ne pou­vant pro­duire aucune norme nouvelle.

    - L’ins­ti­tu­tion (avec finan­ce­ment public) d’un MÉDIA D’EXPRESSION POPULAIRE qui per­mette aux citoyens de PARLER direc­te­ment aux autres citoyens (et pas seule­ment un télé­cran à sens unique pour déver­ser de la pro­pa­gande). Des ins­ti­tu­tions qui per­mettent et même favo­risent les grands débats publics per­ma­nents qui devraient carac­té­ri­ser une démo­cra­tie digne de ce nom. 

    - (Option) La sur­veillance par camé­ras devrait être réorien­tée dans le droit che­min (celui de l’in­té­rêt géné­ral) : compte tenu que c’est bien le gou­ver­ne­ment qui doit avoir peur du peuple et pas l’in­verse, les camé­ras devraient être inter­dites dans les rues et dans les lieux publics, et obli­ga­toires dans toutes les pièces des minis­tères, des chambres, des com­mis­sa­riats, des palais de jus­tice, etc. Et les vidéos de contrôle dif­fu­sées en conti­nu sur des chaînes spé­cia­li­sées sur Internet.

    - L’INTERDICTION abso­lue pour une ENTREPRISE de pos­sé­der DES JOURNAUX, DES TÉLÉS…

    - L’OBLIGATION ABSOLUE D’UN RÉFÉRENDUM avec majo­ri­té qua­li­fiée (ren­for­cée) POUR TOUTE MODIFICATION DE LA CONSTITUTION.

    - etc.


    Je vous parle de mémoire et de façon impro­vi­sée = > donc, j’en oublie sûre­ment des tas…

    Mais je trouve que, dans notre consti­tu­tion monar­chique, il manque TOUT ce qui ins­ti­tue­rait notre puissance, 
    et qu’il y a PRESQUE TOUT ce qui per­met à un chef de par­ti de prendre le contrôle per­son­nel du pays.

    Donc, de mon point de vue, ce n’est PAS du tout une ques­tion d’in­ter­pré­ta­tion des textes, mais ce sont bien les textes qui sont pour­ris en pro­fon­deur (parce que ceux qui les ont écrits les ont écrits pour eux-mêmes => c’est facile à com­prendre mais c’est inad­mis­sible), pour­ris dans la qua­si tota­li­té des articles (à part les chants de trom­pettes léni­fiantes de l’in­tro­duc­tion qui sont là pour gru­ger les pas­sants qui ne lisent jamais les pages qui suivent la pre­mière, et qui se contentent de l’af­fir­ma­tion (sans force contrai­gnante) « liber­té éga­li­té fra­ter­ni­té plein emploi crois­sance jus­tice bla bla… » et peu importe si les pages sui­vantes (celles qui créent les vraies règles) n’or­ga­nisent aucune puis­sance popu­laire : rien que du bla.

    Cher Georges, je ne te réponds pas sou­vent comme je le devrais, faute de temps, mais je te lis le plus atten­ti­ve­ment pos­sible. Et j’aime bien tes posi­tions prag­ma­tiques, que je par­tage sou­vent complètement.

    Bien ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  8. sitouaillain

    Cathe­rine
    Ain­si, accep­ter de voter Mélan­chon, c’é­tait pour moi consen­tir au Moins mais à un Moins au ser­vice d’un Plus hypo­thé­tique, tel­le­ment hypo­thé­tique ce Moins pour un Plus, que je me suis four­voyée, c’é­tait le risque, en l’en­ten­dant offrir, ensuite, ses voix, à un homme qu’il sem­blait pour­tant condam­ner durant sa campagne.

    j’es­père que tu ne crois pas vrai­ment à ce que tu dis, mais bon si tu pré­fères prendre 5 ans de sar­ko­sy en plus…c’est ton problème…je suis déso­lé mais j’i­rais voter hol­lande pour que sar­ko­sy dégage…comme va faire mélenchon…et je le fais vrai­ment sans état d’âme vu ce qui se passe dans ce pays…enfin, si tu ne veux pas voir que mélen­chon conserve la même cri­tique et la même incom­pa­ti­bi­li­té avec le sieur hol­lande, c’est bien ridi­cule, mais il sait faire la dif­fé­rence entre hol­lande et sar­ko­sy, et n’a pas la lâche­té de dire que c’est bon­net blanc et blanc bon­net, ques­tion d’objectivité…

    et puis, pour ce qui est des élec­tions par exemple on peut être contre mais, objec­ti­ve­ment, quand on exa­mine les choses, que pré­fères-tu un scru­tin majo­ri­taire à un tour ou la pro­por­tion­nelle ? juste une ques­tion, mais à des­sein, car la réforme des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales concoc­tée par le comi­té bal­la­dur et la droite est sacré­ment préoccupante…

    très pré­oc­cu­pante pour l’a­ve­nir est aus­si la fin des RASED, la fin de la pos­si­bi­li­té d’in­té­grer l’é­cole mater­nelle avant trois ans, la pénu­rie de places de crèches, l’aug­men­ta­tion des droits d’en­trée à l’u­ni­ver­si­té, la pres­sion sur les profs, etc., etc., mais évi­dem­ment ce genre d’en­jeux, tout le monde s’en fout.…

    sinon, par rap­port à l’a­na­lyse d’E­tienne, je suis tota­le­ment d’accord…et je vais de suite rédi­ger mon tes­ta­ment pour que mes arrière-arrière petits enfants conti­nuent la « révo­lu­tion de l’in­tel­li­gence » du grand théo­ri­cien di Giro­la­mo cha­cun dans leur coin…à moins qu’ils ne trouvent Prou­dhon et bakou­nine dans ma bibliothèque.…

    Réponse
  9. catherine

    Excu­sez-moi Etienne mais je m’y colle un peu aussi.

    Dès les pre­miers mots de la Consti­tu­tion, on pose d’emblée les droits fon­da­men­taux comme base basante.

    Que peut-on espé­rer de mieux dites-moi s’ils étaient res­pec­tés ces droits si bien écrits, si bien com­po­sés dans cet avant-pro­pos de la Consti­tu­tion, pas la peine d’al­ler plus loin à vrai dire( je pousse le bou­chon bien sûr!) car à eux seuls ils consti­tuent les fon­da­tions solides d’une pos­sible belle construc­tion si nous le voulions.

    C’est donc bien d’une ques­tion d’in­ter­pré­ta­tion, dont il s’a­git, et de res­pect de ce qui est écrit, car les droits fon­da­men­taux marquent les Prin­cipes sur les­quels s’ap­puient les élé­ments de la struc­ture sociale dont nous par­lions tout à l’heure, mais à condi­tion de les res­pec­ter ces fameux Principes.

    C’est de lec­ture biai­sée, inté­res­sée, de filtre per­son­nel de cer­tains groupes plus puis­sants que d’autres dont il est ques­tion et tout le mal­heur vient de là, de la lec­ture et des dérives qu’on lui fait subir à ce texte.

    Je ne crois pas, mais je ne suis pas une spé­cia­liste qu’il faille for­cé­ment chan­ger la Consti­tu­tion, à mon avis la faire res­pec­ter, ça suffirait.

    Si nous avions cette pos­si­bi­li­té là, de faire res­pec­ter les textes qui divorcent sans cesse de ce qu’ils disent, nous aurions tout gagné, or, nous avons tout per­du car nous ne savons pas COMMENT deman­der des comptes à ceux qui se doivent cepen­dant de nous les rendre.

    Réponse
  10. tom

    bien dit Cathe­rine , tout à fait d’ac­cord avec vous !

    Réponse
  11. catherine

    Voi­ci les pre­miers mots : » Le peuple fran­çais pro­clame… etc, etc…

    A la limite, tout est ins­crit dans le verbe pro­clame.

    Pro­clame, ça veut dire, cla­mer avant que ça ne soit posé en acte.

    C’est dit EN MOT mais ce n’est pas encore fait EN ACTE.

    ça veut dire que notre che­min, de citoyen, si nous nous consi­dé­rons comme des citoyens, c’est de faire en sorte que ce qui est écrit, cla­mé, avant même sa réa­li­sa­tion, passe du mot à l’acte.

    Donc, la citoyen­ne­té de mon point de vue c’est ce pas­sage-là, de la théo­rie à la pratique.

    Réponse
  12. Tom

    Toute la dif­fi­cul­té est dans la pratique.

    Ce n’est pas le fait que le texte ait été écrit par ceux qui gou­vernent ( ce qui d’ailleurs n’est pas exact ).

    La consti­tu­tion de 1958 est très bien écrite , elle per­met de gou­ver­ner effi­ca­ce­ment , de décider.

    Main­te­nant, il faut com­plé­ter par des textes pour pré­voir des contrôles : contrôle des parlementaires/des ministres notam­ment d’un point de vue éthique , même si c’est déja le cas.

    Aux US , la consti­tu­tion et le bipar­tiste est très efficace.

    Il ne s’a­git pas non plus d’ins­tau­rer un man­dat impé­ra­tif : le dépu­té devien­drait pri­son­nier de ses élec­teurs et le man­dat ne serait plus un man­dat de la Nation. De plus , il ne pour­rait s’a­dap­ter rapi­de­ment aux évé­ne­ments sur­tout aujourd’­hui ex. la crise.…

    Réponse
  13. tom

    Dans cette vidéo, il y a du vrai pour aujourd’­hui mais le sys­tème est domi­né par une masse bien plus diverse qu’à l’époque.

    Les poli­tiques se sont en grande par­tie éman­ci­pés du pou­voir éco­no­mique pour impo­ser des règles à tous.

    Le peuple est mieux pris en compte. Les lois pro­tec­trices des plus faibles sont légions et tant mieux.

    De plus l’Eu­rope nous apporte la paix .….fai­sons atten­tion ! la paix est fragile.

    Réponse
  14. catherine

    Euh, c’est une plai­san­te­rie Tom???

    De quelle vidéo par­lez-vous d’abord ?

    Et puis de où vous tenez que les poli­tiques se seraient éman­ci­pés de l’é­co­no­mique ? C’est tout le contraire !

    Le peuple est mieux pris en compte, ah bon, quand il dit non au trai­té euro­péen, et qu’on lui fait repas­ser le texte par la fenêtre, vous appe­lez ça, mieux com­prendre le peuple, vous ?

    Les lois pro­tec­trices pour les faibles, là, c’est trop, et puis tout ça cou­ron­né par l’Eu­rope por­teuse de paix, ras­su­rez-moi, c’est de l’i­ro­nie bien sûr !

    Réponse
  15. Di Girolamo

    Etienne

    Et Sitouaillain qui dit « sinon, par rap­port à l’a­na­lyse d’E­tienne, je suis tota­le­ment d’accord…et je vais de suite rédi­ger mon tes­ta­ment pour que mes arrière-arrière petits enfants conti­nuent la « révo­lu­tion de l’in­tel­li­gence » du grand théo­ri­cien di Giro­la­mo cha­cun dans leur coin…à moins qu’ils ne trouvent Prou­dhon et bakou­nine dans ma bibliothèque.… »

    C’est donc le grand théo­ri­cien qui vous parle : prière de gar­der ces écrits pour vos arrière-arrière petits enfants s’ils n’ont pas la mal­chance de ren­con­trer Sitouaillain et le FDG .

    En préa­lable : je sors de mon cana­pé Télé, du film sur Arte : Mar arden­tro , l’his­toire d’un tétra­plé­gique qui vous envole loin très loin de notre Consti­tu­tion et la Sixième République…

    Moi aus­si je suis d’ac­cord avec Étienne sur tout ce qu’il dit et pro­pose concer­nant une bonne Consti­tu­tion , qui non seule­ment doit dérou­ler les bon prin­cipes (qui ne sont pas du bla­bla) mais les faire suivre le plus pré­ci­sé­ment pos­sible de contraintes , de gardes fous ; il faut les prin­cipes et il faut leur appli­ca­tion et des articles ayant une force contraignante.

    Notre débat ne porte donc pas là-des­sus : je n’ai jamais sou­te­nu que la Consti­tu­tion actuelle était une bonne consti­tu­tion et qu’il fal­lait s’en conten­ter. Elle a été bidouillée et modi­fiée sans nous , elle a de gros défauts , et donc assez d’ac­cord sur la « pour­ri­ture en profondeur ».

    Cela étant dit, cer­tains articles essen­tiels qui semble-t-il n’ont pas été modi­fiés, sont incon­tour­nables et.……

    Excu­sez mais il est 11h 15 et le som­meil me prend, j’au­rais demain dans la jour­née les idées plus claires pour mieux posi­tion­ner ce débat.

    Réponse
  16. catherine

    Et, le sou­ci, c’est que lors­qu’on croit déte­nir une véri­té, on devient aveugle à tout ce qui pour­rait être autre qu’elle.

    On se ferme au lieu de s’ou­vrir, on se refuse à tout souffle qui pour­rait venir per­tur­ber notre air ambiant.

    Mais quand on s’ar­rête un peu, juste un peu, et que l’on regarde ce que ça donne comme fruits notre petite véri­té, on se doit de se poser des questions.

    De quelle nour­ri­ture nous nour­rissent-elles nos petites vérités ?

    Celui qui croit déte­nir la véri­té détient peut-être un petit mor­ceau de véri­té, mais ce petit mor­ceau ne doit pas l’empêcher d’ad­mettre qu’elle n’est pas toute la Vérité !

    Je me parle à moi-même aus­si il va sans dire !

    Quand per­drons-nous les clefs qui n’ouvrent aucune porte??

    Réponse
  17. sitouaillain

    À di Girolamo,

    ne déri­vons pas, nous n’a­vons que des diver­gences d’a­na­lyse sur le pré­sent, et sur le « que faire ? », pour l’a­ve­nir, je sou­tiens, tu le sais ta pers­pec­tive d’es­pace de débat public offi­ciel et impartial,

    en revanche j’es­time cer­taines de tes pos­tures inco­hé­rentes, dans la mesure où il s’a­git sou­vent d’une confu­sion tem­po­relle entre la situa­tion actuelle, ses dyna­miques et ses « rap­ports de force », le fai­sable ici et main­te­nant et le sou­hai­table « à terme »,

    de la même manière que j’ac­cepte dif­fi­ci­le­ment cer­taines pos­tures et pro­po­si­tions d’Étienne, notam­ment parce qu’il se refuse à répondre expli­ci­te­ment à la ques­tion des moyens à mettre en œuvre pour abou­tir au tirage au sort d’une constituante,

    étant don­né qu’il déve­loppe un concept de « gen­tils virus », on est en droit d’at­tendre des garan­ties quant au carac­tère intrin­sè­que­ment « gen­tils » des­dits virus, et sur­tout une vision claire de l’at­ti­tude à tenir par ceux-là lorsque le « sys­tème » pour lequel ils sont un virus s’a­per­ce­vra que leur gen­tillesse ne le concerne pas…

    autre­ment dit, pas plus qu’au­cune autre idée, ce ne sera pas le « tirage au sort » la bombe poli­ti­que­ment durable contre l’o­li­gar­chie, mais bien l’at­ti­tude des por­teurs de l’i­dée, leurs tra­duc­tions en actes poli­tiques, et leurs rap­port aux idéo­lo­gies inégalitaristes…

    donc, digres­sion pas­sée, je cite :
    « prière de gar­der ces écrits pour vos arrière-arrière petits enfants s’ils n’ont pas la mal­chance de ren­con­trer Sitouaillain et le FDG »

    bien, une fois requin­qué tu feras un long déve­lop­pe­ment là-des­sus, en n’o­met­tant pas d’ex­pli­quer en quoi sitouaillain est res­pon­sable de l’exis­tence du FDG, des règles élec­to­rales de la Vème Rep et de la struc­tu­ra­tion du sys­tème médiatique,

    Sitouaillain qui fait déjà de gros efforts pour sou­te­nir le FdG alors même qu’il en connaît les véri­tables tares, mais Sitouaillain qui ne connait pas, au sein de son peuple, d’i­ni­tia­tive ayant une chance de réus­sir et d’a­voir un effet posi­tif à moyen-court terme, pré­fère ne pas s’a­jou­ter à la liste de ceux qui veulent la des­truc­tion du FdG, et conti­nuer à consi­dé­rer les ini­tia­tives comme com­plé­men­taires, sauf celles qui cherchent à annu­ler les autres,

    donc, comme ton « pro­jet » sup­pose la des­truc­tion du FdG (des­truc­tion, c’est-à-dire que les gens ne croient plus du tout en la stra­té­gie pro­po­sée par des coa­li­tions de par­tis réformistes),

    tu m’ex­pli­que­ras, si pos­sible étape par étape, ta stra­té­gie pour arri­ver à une consti­tu­tion qui contienne les prin­cipes fon­da­men­taux sus­men­tion­nés par Étienne, DDHC y compris,

    et en quoi la récla­ma­tion que tu adresses au Conseil Consti­tu­tion­nel serait-elle plus « pure » que la ten­ta­tive d’un grou­pe­ment de citoyens de pas­ser par l’é­lec­tion pour chan­ger la consti­tu­tion, puisque dans les deux cas, il s’a­git de s’ap­puyer sur le peu de brèches que le sys­tème laisse entrouvertes…

    et sur­tout, en quoi ton pro­jet serait sus­cep­tible de sur­pas­ser en audience et en convic­tion géné­rée pour pas­ser au-des­sus de par­tis comme le PS, l’UMP et sur­tout le FN…

    j’exa­mi­ne­rai scru­pu­leu­se­ment ce que tu dis et te dirais mon avis, s’il t’in­té­resse (pré­cise au cas où),

    enfin si fina­le­ment ton pro­jet n’ap­pa­rait pas incom­pa­tible avec l’exis­tence du FdG, ayant moi-même, sans les consi­dé­rer inso­lubles dans le temps, des diver­gences de forme quand à la nature du grou­pe­ment citoyen en ques­tion et de fond quand au syn­cré­tisme idéo­lo­gique véhi­cu­lé, auras-tu un jour l’o­bli­geance d’ex­po­ser clai­re­ment les tiennes ?

    Réponse
  18. catherine

    Je reprends ce que tu dis Sitouillain.

     »ne déri­vons pas, nous n’a­vons que des diver­gences d’a­na­lyse sur le pré­sent, et sur le « que faire ? », pour l’a­ve­nir, je sou­tiens, tu le sais ta pers­pec­tive d’es­pace de débat public offi­ciel et impartial, »

    puis ce que dit toi, Georges :

    « moi je pense plu­tôt , comme je le sou­tiens à Sitouaillain que ça énerve au plus haut point ‚que la révo­lu­tion actua­li­sée aujourd’­hui avec le monde tel qu’il est deve­nu , sera une révo­lu­tion des intel­li­gences , un tra­vail poli­tique d’in­tel­li­gence col­lec­tive , mais pas un rap­port de force phy­sique ‚numé­rique , de mili­tants , de par­tis , de fronts »

    et si la com­bi­nai­son gagnante, c’é­tait le mariage des deux points de vue, du local et du moins local mais tous réunis dans la même finalité.

    Pour­quoi tout compte fait devrions-nous exclure une pos­ture au pro­fit de l’autre ?

    Pour­quoi ne pour­rions-nous pas conju­guer les deux pour lui don­ner des petits, à deux c’est quand même plus facile que tout seul, non ?

    Sou­rire, mais c’est quand même un peu sérieux !

    Réponse
  19. Di Girolamo

    Sitouaillain

    je vois ton mes­sage alors que je viens pos­ter un sem­blant incom­plet de réponse à Étienne (ah que je regrette de ne pas être un grand théoricien!)

    Pro­cé­dant donc dans l’ordre contraint des jour­nées qui n’ont que 24 h , je te répon­drais un peu plus tard.

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  20. Di Girolamo

    Bon­jour Etienne

    Comme déjà dit hier soir je suis d’accord avec toi sur la néces­si­té de reprendre ou réécrire une consti­tu­tion et bien évi­dem­ment sur la base d’une écri­ture ou pour le moins par­ti­ci­pa­tion et vali­da­tion par les citoyens eux-mêmes. Une consti­tu­tion assez pré­cise pour ver­rouiller au mieux les dérives.

    Néan­moins je suis per­sua­dé que même doté d’une telle consti­tu­tion rien ne sera gagné : c’est dans la nature de l’histoire humaine de faire et défaire, ce qui ne signi­fie pas que glo­ba­le­ment les choses n’avancent pas.
    Il ne s’agit donc pas pour moi de por­ter aux nues cette consti­tu­tion ou l’inverse mais d’observer ce qui se passe actuel­le­ment et d’en tirer des leçons ; mon obser­va­tion n’est pas for­ma­tée par une « grille d’analyse » en réfé­rence au débat que tu ouvres avec Sitouaillain sur un autre fil. Entre paren­thèse une grille même de bonne qua­li­té reste une grille et est donc par nature un enfermement.

    Ce qui se passe en termes d’organisation de la vie poli­tique : tous les 5 ans des élec­tions pré­si­den­tielles selon une moda­li­té de pré sélec­tion de can­di­dats par des élus ; le pré­sident issu d’un des 2 grands par­tis se pré­sente sur les bases d’un pro­gramme de gou­ver­ne­ment et est ain­si un super pre­mier ministre. Le pré­sident, son gou­ver­ne­ment, le par­ti ou alliance de par­tis qui le sou­tien forment une majo­ri­té en capa­ci­té d’imposer son action ; c’est la démo­cra­tie en alter­nance, qui enlève du pou­voir et au peuple et à ses repré­sen­tants, un com­bat élec­to­ral per­ma­nent can­ton­nant la vie poli­tique à la ges­tion et favo­ri­sant la conser­va­tion du sys­tème existant.
    Je crois que tu es d’accord avec moi pour condam­ner ce fonc­tion­ne­ment d’apparence démo­cra­tique comme un piège bien tendu.

    Hors il se trouve que les pre­miers articles de la consti­tu­tion, les plus impor­tants, ceux qui parlent de la sou­ve­rai­ne­té, du pré­sident de la répu­blique, des repré­sen­tants du peuple, du gou­ver­ne­ment, ce pour­rait être le cas mais ça ne l’est pas, ne pré­voient pas du tout ce type de fonc­tion­ne­ment et sont ain­si vio­lés. Ils deviennent ain­si de fait du bla­bla, du brillant, « des chants de trom­pettes léni­fiantes » pour reprendre ton expression.

    A par­tir de là quelle atti­tude avoir ? La mienne consiste à dire : je suis citoyen de ce pays, de cette Répu­blique et je ne peux tolé­rer qu’on se fiche de moi. Les textes consti­tu­tion­nels ont force de loi, j’exige leur appli­ca­tion. Pour­quoi fau­drait-il que je sorte de ma citoyen­ne­té et de cette exi­gence immé­diate pour ren­trer dans ce piège de devoir tous les 5 ans voter pour espé­rer une Sixième Répu­blique ? Pour­quoi espé­rer d’une sixième si nous sommes inca­pables de faire appli­quer ce qu’il y a de bon dans la cinquième ?

    Le piège c’est de posi­tion­ner le citoyen en contre pou­voir, en mili­tant. Comme si cet état, cette Répu­blique n’était pas nôtre. Vous avez faim et soif ? Rem­plis­sez un for­mu­laire ! Oui le bureau est au 7 ème étage et l’ascenseur est en panne !

    Le piège c’est d’accepter que les textes soient « des chants de trom­pettes léni­fiantes » ! Non ce sont des textes consti­tu­tion­nels qui ont force de loi. Pour toutes les consti­tu­tions qu’on pour­ra écrire ce sera idem .

    Que dit le texte consti­tu­tion­nel en vigueur ? Que c’est le peuple qui détient la sou­ve­rai­ne­té que per­sonne , ni indi­vi­du ni grou­pe­ment ne doit lui déro­ber ; que le peuple élit direc­te­ment un pré­sident qui doit veiller au bon fonc­tion­ne­ment de ces prin­cipes, que c’est le gou­ver­ne­ment qui gou­verne, que le peuple exerce sa sou­ve­rai­ne­té par ses repré­sen­tants et par le réfé­ren­dum. Et que les par­tis poli­tiques sont des orga­nismes de recherche et d’animation dont le rôle est de « concou­rir à l’expression du suf­frage » et sur­tout ne pas gouverner.

    On est donc pas du tout dans le cas de figure d’un bloc majo­ri­taire tous les 5 ans et d’un pré­sident pré­sé­lec­tion­né ( le suf­frage est direct ) ; on a un gou­ver­ne­ment qui gou­verne , une assem­blée de repré­sen­tants qui fait les lois , contrôle l’action du gou­ver­ne­ment , lance des études et débats sur les grands sujets afin de pou­voir recueillir l’expression du peuple et quand cela est pos­sible et néces­saire faire tran­cher direc­te­ment par le peuple par le réfé­ren­dum . Le pré­sident dans son rôle non par­ti­san d’intérêt natio­nal veillant au bon fonc­tion­ne­ment de tout ça.

    Pour­quoi lais­se­rions nous donc ce théâtre poli­tique en place sans le dénon­cer, sans dénon­cer son hypo­cri­sie et la vio­la­tion de la loi ? 

    Pour­quoi fau­drait il ren­trer nous même dans ce jeu faus­sé et tou­jours per­dant qu’on nous impose ?

    J’ai le même posi­tion­ne­ment au local et en fait sur le même sujet de notre sou­ve­rai­ne­té et du men­songe en place : ll existe, je l’ai déjà dit et me répète des Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment, struc­tures enca­drées par la loi et des règle­ments régio­naux de par­ti­ci­pa­tion citoyenne aux poli­tiques publiques locales d’aménagement et déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire. C’est, mal­gré tout l’intérêt que peuvent repré­sen­ter ces conseils citoyens, comme pour la consti­tu­tion, sou­vent du clin­quant et de la poudre aux yeux ; les textes annoncent qqchose et en pra­tique c’est tout autre. Comme pour la Consti­tu­tion il y a deux atti­tudes : celle qui dit c’est du pipo, j’exerce ma citoyen­ne­té en dehors ‚sur le net , les manifs , je fais de « l’éducation popu­laire » je sou­tiens un par­ti poli­tique etc ou la mienne qui dit ce ter­ri­toire est le mien , les lois doivent être appli­quée , la citoyen­ne­té doit se faire dans nos com­munes , com­mu­nau­tés de com­munes , dans l’institution qui est nôtre.

    L’expérience que j’ai actuel­le­ment c’est que ça finit au tri­bu­nal et que ça met un sacré bazar dans la four­mi­lière ! Parce que ce n’est jamais bon de faire remon­ter au grand jour les contra­dic­tions et man­que­ments à la loi de nos chers élus.

    Sitouaillain, avec sa grille d’interprétation de l’histoire humaine, va me dire qu’il faut m’enfermer à l’asile, que seul on ne fait rien, qu’il faut ren­trer dans la lutte en se regrou­pant. Eh bien d’accord avec cela ! Il est tout à fait évident que si ce com­bat me laisse seul indé­fi­ni­ment, il est per­du d’avance. Mais rien n’est écrit et rien ne tient dans des grilles.

    Et tout comme Étienne je cherche des com­plices pour ce grand com­plot : la Démo­cra­tie est le che­val de Troie de la Révolution.

    Réponse
  21. Di Girolamo

    Cathe­rine

    Tu dis :
    « Pour­quoi tout compte fait devrions-nous exclure une pos­ture au pro­fit de l’autre ? »

    Dans les faits c’est ce qui se passe et je n’ex­clus rien ni per­sonne ; mais ‚tou­jours dans les faits mon posi­tionn­ment est très très mino­ri­taire . En cela Sitouaillain a raison.

    Réponse
  22. Morpheus

    @ Étienne

    Tiens, je m’y colle aus­si, du coup :-p

    Au préa­lable, sache que je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec TOUS tes arguments.

    Je lis éga­le­ment les argu­ments et idées pré­sen­tés par les autres inter­ve­nants de ce forum (Di Giro­la­mo, sitouaillain, cathe­rine, etc.).

    Je vais mettre un peu les pieds dans le plat… en disant que LES LOIS et LES RÈGLEMENTS ne résolvent JAMAIS les pro­blèmes à la racine.

    C’est sans doute là que se situe les dif­fé­rents entre les uns et les autres sur les nom­breuses dis­cus­sions concer­nant la « force de la consti­tu­tion » ou « l’ef­fi­ca­ci­té de la consti­tu­tion » ou « la mau­vaise inter­pré­ta­tion des textes ».

    Au delà de ces consi­dé­ra­tions, je pense que le pro­blème est là : les lois ne résolvent pas les problèmes !

    A y son­ger de plus prêt, les lois (ne) sont (que) des ten­ta­tives pour contour­ner les pro­blèmes, en ins­tau­rant un cadre « social » fait de règles, d’in­ter­dits, de puni­tions, etc.

    Mais la loi ne règle pas le pro­blème. Si je vois que des indi­vi­dus se livrent à des acti­vi­tés cri­mi­nelles, je peux édic­ter des lois qui punissent et sanc­tionnent les cri­mi­nels… Je ne résous pas la cause de ce choix d’ac­ti­vi­tés cri­mi­nelles. Je m’a­per­çois éga­le­ment qu’en dépit de lois et de sanc­tions, cer­tains indi­vi­dus conti­nuent de se livrer à ces acti­vi­tés. C’est le signe même de l’é­chec de mes lois : elles ne résolvent pas le problème.

    Cela entraîne donc un cercle vicieux : si les lois ne par­viennent pas à endi­guer le pro­blème de cri­mi­na­li­té, je suis ten­té de dur­cir les lois et les sanc­tions. De fil en aiguille, on arrive vite à un état policier.

    Et mes pro­blèmes ne sont tou­jours pas résolus.

    Quid ?

    Pour­suivre notre démarche « Hip­po­cra­tique » : cher­cher les causes, et si pos­sible, la cause des causes des « déviances sociales ».

    J’ai déjà une petite idée, ou en tout cas, une très bonne piste.

    (to be continued)

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  23. Di Girolamo

    Sitouaillain

    Tu dis ne pas connaître au sein du peuple « d’i­ni­tia­tive ayant une chance de réus­sir et d’a­voir un effet posi­tif à moyen-court terme »

    Je ne pense pas que les choses avan­ce­ront rapi­de­ment ;que c’est une idée à s’enlever de la tête. Poli­ti­que­ment puisqu’on parle de stra­té­gie il faut ten­ter de trou­ver la meilleure méthode pour accé­lé­rer les évo­lu­tions et faire qu’elles soient plu­tôt « sym­pa­thiques » pour reprendre l’expression de Jan­co­vi­ci , que désas­treuses .Donc pré­pa­rer la paix plu­tôt que la guerre . Et notre sys­tème , sys­tème poli­tique en alter­nance y com­pris , qui n’en est qu’une com­po­sante impor­tante parce que struc­tu­rante ‚conduit plus à la guerre qu’à la paix.

    Concer­nant la stra­té­gie court terme/ long terme ; je pense for­te­ment que d’une manière ou l’autre ce qui compte c’est une bonne défi­ni­tion du point de départ (constat de la situa­tion) et du point d’arrivée (pro­jet) ; Cette défi­ni­tion donne le cadre : c’est un cadre dit démo­cra­tique , régime poli­tique où le peuple par­ti­cipe à ces tra­vaux de réflexion / construc­tion de la société.

    C’est bien impos­sible de viser la rapi­di­té dans ce domaine des évo­lu­tions de la socié­té ; on me reproche sou­vent de voir trop loin et on me dit sou­vent que du fait de l’urgence il faut d’abord choi­sir des options court terme. Ce n’est à mon avis pas en ces termes qu’il faut rai­son­ner. Je suis her­mé­tique au dis­cours consis­tant à pen­ser qu’il faut y aller par étape, qu’on ne peut pas vou­loir tout tout de suite . Avec la cri­tique impli­cite ou expli­cite de dire c’est utopique ;

    Moi je pense que c’est une erreur de rai­son­ne­ment. Je pense que tout est dans le cadre choi­si au départ : ce qui va struc­tu­rer l’action. Le cadre n’est pas sou­mis au temps et aux réforme et au petit à petit ; les réfor­mistes pensent en réa­listes, en petit à petit mais en pre­nant cette pos­ture ne chan­ge­ront jamais le cadre, la logique du sys­tème qu’ils ne prennent pas le temps d’examiner dans son fonc­tion­ne­ment . C’est par exemple le cas de ceux qui prônent le déve­lop­pe­ment durable, l’économie verte : on laisse les choses en place et on rajoute le vert. De même pour la construc­tion Euro­péenne : si on ne dit pas clai­re­ment le pro­jet , où on veut aller , alors le petit à petit qu’on nous pro­pose au nom du réa­lisme est une sou­mis­sion à ceux qui savent où eux veulent aller.

    Le petit à petit est donc un immé­diat et gros mensonge.

    En ce qui me concerne je sais par­fai­te­ment que les choses se font dans le temps , len­te­ment , par étape ; mais ce réa­lisme n’est pas la jus­ti­fi­ca­tion d’un conser­va­tisme . Le fait de chan­ger de cadre change tout, tout de suite mais laisse l’histoire dans son temps long à par­faire jour après jour. Sim­ple­ment on est ins­tan­ta­né­ment plus dans le même monde.

    Je dis sou­vent qu’à par­tir du moment où les citoyens ‚les acteurs de la socié­té décident de se ren­con­trer pour faire émer­ger du constat et du pro­jet , en d’autres termes pour construire ensemble la socié­té ( au niveau local des ter­ri­toires, au niveau natio­nal du pays , ces deux niveaux pen­sant glo­bal ) ils sont déjà de plein pied dans le monde qu’ils sou­haitent construire ; le court terme du pré­sent et le long terme de l’avenir sont dans une logique de construc­tion , de pla­ni­fi­ca­tion . On est donc de fait dans un autre régime poli­tique ; c’est pour­quoi j’ai employé plus haut la for­mule : la démo­cra­tie est le che­val de Troie de la révolution.

    En effet dans mon esprit la démo­cra­tie c’est faire du constat et du pro­jet, c’est construire ensemble, c’est étu­dier réflé­chir débattre du pré­sent de la socié­té pour faire émer­ger du pro­jet , la socié­té de demain. Si on orga­nise au local et au natio­nal la vie poli­tique sur ce prin­cipe, on change de régime poli­tique , c’est la révolution.

    Si au contraire sous pré­texte de résul­tats à court terme on reste dans le sys­tème d’alternance de 2 par­tis au pou­voir, les évo­lu­tions se feront sur les ruines de nos échecs successifs.

    Le FDG ne peut pas dans ce sys­tème du bi-par­tisme réfor­miste gagner les élec­tions ; s’il le fait dans 5 ans , 10 ans ce sera sur les ruines de la société.

    Si j’ai cette posi­tion révo­lu­tion­naire, extré­miste, démo­cra­tique et paci­fiste , c’est que je suis per­sua­dé de la jus­tesse de l’analyse de Jan­co­vi­ci ou du Club de Rome : le lien fort entre l’énergie et le déve­lop­pe­ment de nos socié­tés et du fait de la décrois­sance des res­sources(+ pol­lu­tions + cli­mats+ guerres etc) la décrois­sance de ces mêmes sociétés .

    Dans cette optique la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique prend une dimen­sion cen­trale- la jus­tice sociale y étant bien sûr comprise.

    Comme pour la Consti­tuante je ne crois pas que le meilleur cadre pour la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique soit celui des élec­tions et du com­bat poli­tique au sens de prise de pou­voirs alter­na­tives ; Il faut une prise de pou­voir abso­lue , per­ma­nente et pour cela il faut chan­ger de cadre , de régime poli­tique , pas­ser en démocratie.

    Tu me dis pour l’a­ve­nir sou­te­nir ma pers­pec­tive « d’es­pace de débat public offi­ciel et impar­tial » , donc pour l’avenir tu sou­tiens la mise en place d’une démo­cra­tie ? Et la mise en œuvre d’une Consti­tuante pour la sixième Répu­blique, une réflexion sur la dési­gna­tion des repré­sen­tants en lien avec les pré­oc­cu­pa­tions d’Etienne sur le sujet ?

    Bref pour l’avenir il faut quit­ter le théâtre en alter­nance ? Et l’avenir ne venant pas tout seul en matière poli­tique s’y col­ti­ner dès à présent ?

    Ce « pro­jet n’ap­pa­rait pas incom­pa­tible avec l’exis­tence du FdG » ni incom­pa­tible avec les autres par­tis ; il est incom­pa­tible avec l’idée de par­tis en alter­nance au pou­voir et avec l’idée d’un par­ti unique en per­ma­nence au pou­voir. Il rejoint en fait très bien l’idée que « « Les par­tis et grou­pe­ments poli­tiques concourent à l’ex­pres­sion du suf­frage. Ils se forment et exercent leur acti­vi­té libre­ment. Ils doivent res­pec­ter les prin­cipes de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et de la démo­cra­tie. » consti­tu­tion article4 ; les par­tis per­mettent de regrou­per des per­sonnes ayant des inté­rêts, des valeurs en com­mun , de défendre et faire s’exprimer leurs idées ; ce sont de puis­sants cata­ly­seurs d’énergies , des ani­ma­teurs du débats public , des centres de recherche .

    Dans cette optique plus les par­tis sont forts, struc­tu­rés, divers , plus riche et appro­fon­di sera le débat public.

    Mais les par­tis comme machines de prise de pou­voir sont incom­pa­tibles avec la démocratie.

    Quant à théo­ri­ser ce que je raconte …contrai­re­ment à ce que tu dis pour te moquer ami­ca­le­ment je n’ai rien d’un grand théo­ri­cien, manque cruel­le­ment de culture géné­rale et avance à mon rythme, pen­sant qu’à un moment don­né peut être du ren­fort de poids pour­ra per­mettre une avan­cée plus visible plus rapide de ce type de projet.

    Pour l’instant je suis au fond du trou mais ne lâche pas, ni au local ( le pré­sident de région m’a enfin répon­du et va s’occuper de ces conseils citoyens) , ni au natio­nal ( je viens d’envoyer un cour­rier recom­man­dé élec­tro­nique au conseil consti­tu­tion­nel pour qu’il m’envoie le compte ren­du du pro­cès ver­bal de la déci­sion sur ma récla­ma­tion ; un mail aus­si à des dépu­tés à ce sujet pour avoir leurs avis)

    Misère misère disait Cathe­rine récem­ment ! Mais qui sait, je vais peut être un jour convaincre des col­lègues de la conf et du FDG , de EELV ….de ren­trer au CLD Ardèche Verte ? En échange je pren­drais une carte chez eux !

    Réponse
  24. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    je pense que tu es sur une bonne piste !

    @ Cathe­rine,

    je dis la même chose que toi, sous une autre forme, non ?

    @ Di girolamo

    la nuit n’est pas bonne conseillère ! je ne sais quelle « grille d’in­ter­pré­ta­tion » tu me prêtes, per­son­nel­le­ment, j’ai tou­jours fait atten­tion à en avoir plu­sieurs mais sur­tout à ne pas en avoir aucune (encore plus dan­ge­reux que l’enfermement dans une seule, à mon sens),

    c’est le côté tra­gique « rien n’est écrit et rien ne tient dans des grilles. » mais il faut poser arbi­trai­re­ment des « grilles » sur le mag­ma du réel, dif­fé­ren­cier et nom­mer les choses pour le com­prendre, l’im­por­tant est d’a­voir conscience du côté arbi­traire et par consé­quent impar­fait de l’exercice…

    « Et tout comme Étienne je cherche des com­plices pour ce grand com­plot : la Démo­cra­tie est le che­val de Troie de la Révolution. »
    je suis volon­tiers ton com­plice, mais pas d’ac­cord pour bazar­der l’ac­cu­mu­la­tion des savoir-faire et des savoir-pen­ser des géné­ra­tions de résis­tants pré­cé­dentes, et les ensei­gne­ments à en tirer,

    car en disant
    « Comme pour la Consti­tu­tion il y a deux atti­tudes : celle qui dit c’est du pipo, j’exerce ma citoyen­ne­té en dehors ‚sur le net , les manifs , je fais de « l’éducation popu­laire » je sou­tiens un par­ti poli­tique etc ou la mienne qui dit ce ter­ri­toire est le mien , les lois doivent être appli­quées , la citoyen­ne­té doit se faire dans nos com­munes , com­mu­nau­tés de com­munes , dans l’institution qui est nôtre. »

    tu es en train de repro­duire le sché­ma néfaste qui pour­rit le mou­ve­ment social depuis les origines…écoute ce que dis cathe­rine, les atti­tudes sont com­pa­tibles, l’une n’empêche pas l’autre, rare­ment en tout cas, et je me tue à te le répé­ter, il faut pou­voir lier les ini­tia­tives entre elles, du local au glo­bal, c’est la meilleure façon de comploter !

    Réponse
  25. sitouaillain

    @ Di girolamo,

    je répon­dais en même temps que tu postais,

    bon, c’est dif­fi­cile si tu ne réponds pas vrai­ment à mes questions 😉

    en fait, là où j’ai envie qu’on creuse un peu, c’est pas sur la contra­dic­tion qu’il y a à vou­loir chan­ger le cadre tout en ins­cri­vant ses action à l’in­té­rieur du cadre,

    cette contra­dic­tion s’é­va­cue dès lors que l’on exa­mine les choses sous un angle « tac­tique », qui est valable pour ton action dans le Pays, comme pour celle du FdG dans les élections,

    je passe aus­si sur l’as­si­mi­la­tion très ten­dan­cieuse de l’ac­tion du FdG à une volon­té d’ins­tau­rer un régime de par­ti unique,

    non là où il faut t’ex­pli­quer, c’est plu­tôt sur la croyance en une pos­si­bi­li­té d’un chan­ge­ment de cadre en quelque sorte « spon­ta­née », comme ça d’un coup,

    je cite :

    « Le fait de chan­ger de cadre change tout, tout de suite mais laisse l’histoire dans son temps long à par­faire jour après jour. Sim­ple­ment on est ins­tan­ta­né­ment plus dans le même monde. Je dis sou­vent qu’à par­tir du moment où les citoyens ‚les acteurs de la socié­té décident de se ren­con­trer pour faire émer­ger du constat et du pro­jet , en d’autres termes pour construire ensemble la socié­té ( au niveau local des ter­ri­toires, au niveau natio­nal du pays , ces deux niveaux pen­sant glo­bal ) ils sont déjà de plein pied dans le monde qu’ils sou­haitent construire »

    et bien je n’y crois pas du tout, tout sim­ple­ment parce que l’absence d’un sem­blant de consen­sus sur quel est le « cadre » qu’il faut chan­ger et que signi­fie « démo­cra­tie », implique qu’une majo­ri­té de per­sonnes peut très bien s’ins­crire dans une volon­té de faire émer­ger du constat et du pro­jet sans pour autant arri­ver à dépas­ser le « cadre »…exemple sur le dvpt durable…

    et, encore un fois, tout ça n’ex­plique pas COMMENT tu envi­sages que le « cadre » tombe de lui-même !

    et si ça peut te ras­su­rer, cette dis­cus­sion, je l’ai eu avec des tas de mili­tants, sou­vent de grou­pus­cules d’ex­trême gauche…tu n’es pas tout seul…mais ça n’est ptet pas très ras­su­rant de ce point de vue là, puisque ça com­ment comme ça et ça finit par l’a­po­lo­gie de la lutte armée 😉

    ce sont de vieux débats, et je crois qu’il vaut mieux se faire son propre avis en s’ap­puyant sur les diverses théo­ries de la révo­lu­tion, du réfor­misme, etc., la notion de « rap­ports de force », ou même de « fenêtre d’op­por­tu­ni­té » chez les éco­no­mistes libé­raux, bref un bon voyage à faire sur wiki­pe­dia et les sites spécialisés,

    et sur­tout, vas voir tes copains de la conf, les verts ou autre, à cette échelle-là, c’est plus une affaire de théo­rie mais de per­sonnes, il y a des gens ouverts ou bor­nés par­tout, et aus­si de bonnes rai­sons à s’op­po­ser à ton mode d’ac­tion qui n’en infirment pas la per­ti­nence « pour toi »…et peut être qu’or­ga­ni­ser un débat sur la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive locale : pipo ou pas pipo atti­re­ra les moti­vés dont tu pour­rais rece­voir le soutien..

    Réponse
  26. catherine

    Tu sais Georges, dans les faits , j’ai­me­rais bien m’y col­ler à ce que tu fais mais je ne sais pas trop com­ment faire, et puis j’ai été un peu échau­dée avec les mani­fes­ta­tions obs­ti­nées que nous fai­sions il y a main­te­nant quelques années, le maire qui me regarde un peu de tra­vers depuis et qui n’a pas vou­lu me rece­voir quand j’ai déci­dé de faire le pied de grue toutes les semaines devant le bef­froi de ma ville, ça n’aide pas pour sûr, et puis aus­si, je dois bien avouer que le soir, je me sens un peu fati­guée, y’a eu la jour­née de bou­lot à essayer de faire du mieux que je pou­vais quelque chose qui me tient à cœur, mon bou­lot, mais je sens bien que je ne suis pas juste en négli­geant cet aspect essen­tiel du tra­vail que tu as le cou­rage de faire toi et que je ne fais pas moi.

    Si tu pou­vais me don­ner quelques petits trucs, com­ment démar­rer par exemple, où aller, ce serait peut-être l’oc­ca­sion de faire mûrir quelque chose en moi, ou en d’autres, aussi,si tu avais un peu de temps, y’a pas d’ur­gence, je serais volon­tiers preneuse.

    ça ne veut pas dire que je le ferais tout de suite, mais au moins j’au­rais le mode d’emploi.Merci déjà et si ça ne te dit rien de répondre, si tu n’as pas le temps ou pas l’en­vie, ne te fais pas de sou­cis avec ça, quand on veut on trouve, et si je n’ai pas encore trou­vé, c’est que je ne le veux pas assez tout compte fait.

    Oui, citoyen sitouaillain, le conte­nu est le même, c’est juste la forme qui change, tu as raison !

    Réponse
  27. Di Girolamo

    Cathe­rine

    Pas d’illu­sion sur le tra­vail et le cou­rage d’au­trui au tra­vers de dia­logues sur blogs.Chacun son che­min . Et sur­tout n’en­jo­live pas le mien .Je refuse avec sin­cé­ri­té cette notion de cou­rage appli­qué à ma per­sonne ; pas par modes­tie , par simple bon sens et lucidité .

    Je crois en l’é­ga­li­té citoyenne mais aus­si humaine ; Bach qui nous entraîne aus­si haut est il à admi­rer ? A remer­cier certes d’exis­ter et d’être ce qu’il est .

    Pas de trucs ‚pas de mode d’emploi à te don­ner ; on se donne par­fois sans le vou­loir ou le savoir .

    Sitouaillain mer­ci pour ce lien.

    Et mer­ci à Étienne de nous lais­ser nous expri­mer comme bon nous semble sur cet espace de recherche de la cause des causes .

    -Vous faites quoi dans la vie M Chouard ?

    -Je cherche la cause des causes .

    -?.… Lais­sez pas­ser : il n’est pas dangereux.

    Réponse
  28. catherine

    Ton mes­sage Mor­phéus m’a fait écrire ça !

    Le cer­veau de l’homme est une machine, y’a quelque chose en lui qui l’empêche de faire du neuf. Il se rac­croche au vieux parce que ça le ras­sure et pour­tant ce qu’il connaît de cet « ancien », ça lui fiche une trouille pas pos­sible, car le pré­sent est construit sur l’an­cien et le pré­sent a de quoi fiche la trouille, n’empêche, il y va quand même dans ces vieux sen­tiers, et le para­doxe c’est que ça le ras­sure tout en main­te­nant sa peur, bigre.

    Mon cer­veau à moi est une machine, y’a quelque chose en lui qui m’empêche de faire du neuf. Il se rac­croche au vieux, aux vieilles pen­sées, aux vieux condi­tion­ne­ments, il n’ose pas trop aller dans les sen­tiers incon­nus par peur du manque, par peur de tom­ber et de ne pas savoir se rele­ver, par peur de se retrou­ver seul, par peur aus­si des fai­blesses qui com­mencent à se faire sen­tir de ci de là et qui risquent de l’af­fai­blir encore davan­tage. Parce que c’est plus douillet de râler que de se bou­ger. Parce que la fatigue pointe le bout de son nez le soir et que l’au­dace de la dépas­ser s’é­teint quand le soir tombe, justement.

    Mais der­rière ce cer­veau-machine, il y a une conscience qui déborde, comme le vête­ment déborde du porte-man­teau et cette conscience a besoin de feu pour se sen­tir vivante, et l’on ne fait pas de feu sans brû­ler quelque chose.

    Ce sont mes peurs qu’il faut que je fiche au panier, c’est elles qu’il faut que je brûle dans un feu de joie, même si trop sou­vent je me laisse croire abu­si­ve­ment que je n’ai pas peur, pour­tant à bien y regar­der, si je ne fais pas grand-chose pour me débar­ras­ser de tout ce m…..ce sont bien mes peurs qui en sont l’o­ri­gine, qu’est-ce que ça pour­rait être d’autre ?

    Il faut que je les retourne mes fatigues et mes craintes, en audace de vivre et alors quelque chose se trans­for­me­ra en moi, autour de moi, la cause des causes n’est-elle pas en nous d’a­bord, cha­cun à notre petit niveau ? Je le crois fort pour ma part.

    Je suis res­pon­sable du monde dans lequel je fais vivre mes enfants et dans lequel je vis. S’il est ain­si ce monde, c’est parce que j’y ai consen­ti et que je n’ai pas fait grand-chose pour redres­ser la barre !

    Réponse
  29. catherine

    illus­tra­tion du mes­sage 30, réponse, oui!!!!

    Réponse
  30. Di Girolamo

    Sitouaillain

    « COMMENT tu envi­sages que le « cadre » tombe de lui-même ! » ?

    Il me semble qu’il fau­drait parvenir

    1) à poser les bonnes questions

    2) à les faire vivre dans des débats au local et au natio­nal en veillant à ce que l’or­ga­ni­sa­teur ait clai­re­ment un carac­tère public.

    -Poser les bonnes questions.

    Pas simple ! Mais indis­pen­sable : il faut que ces ou cette ques­tion fasse consen­sus et qu’elle résume l’en­semble de nos prin­ci­pales préoccupations.

    -Les faire vivre dans des débats au local et au natio­nal en veillant à ce que l’or­ga­ni­sa­teur ait clai­re­ment un carac­tère public.

    Pas simple non plus ! Cela demande de mettre en place une struc­ture, des moyens et que cette struc­ture puisse se faire recon­naître comme publique.

    Dans la mesure où la démarche est nou­velle et entiè­re­ment à créer, le démar­rage le plus adap­té serait expé­ri­men­tal. Une expé­ri­men­ta­tion ne se pré­sente pas comme la véri­té révé­lée mais une recherche. Ça per­met humi­li­té, ouver­ture et souplesse.

    Réponse
  31. Di Girolamo

    .….….

    La ques­tion à poser doit être la plus glo­bale pos­sible et ouvrir les champs du constat et du pro­jet ; il faut se posi­tion­ner comme un enfant ou un extra ter­restre. C’est un regard entiè­re­ment nouveau.

    Du style : où en sommes nous avec notre his­toire ? Quelle orga­ni­sa­tion de la socié­té humaine sur notre pla­nète nous per­met­trait le mieux de faire face aux enjeux éco­no­mique sociaux envi­ron­ne­men­taux qui assom­brissent notre horizon ?

    Il faut quit­ter le champ du savoir mor­ce­lé et spé­cia­li­sé qui empêche de pen­ser. Ne pas étu­dier les éner­gies renou­ve­lables d’un côté, la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie de l’autre, la ban­lieue, l’agriculture…Il faut pen­ser glo­bal, ques­tion­nons nous global.

    Le pari est qu’un ques­tion­ne­ment glo­bal col­lec­tif parce qu’il est simple mobi­lise très lar­ge­ment hors des « sachants » et autres don­neurs de leçons ; pen­ser glo­bal c’est refu­ser la sou­mis­sion à tous les pou­voirs en place ; même ceux qu’on ins­talle en soi. C’est la métho­do­lo­gie glo­bale et trans­ver­sale qui s’intéresse au cadre, à la logique à la direc­tion des choses. Le ques­tion­ne­ment glo­bal col­lec­tif c’est la rup­ture. C’est ce qui peut pré­cé­der et acti­ver la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique. La construc­tion d’une autre socié­té. C’est l’acte poli­tique par excellence.

    C’est de s’interroger ain­si au local, au natio­nal, au mon­dial qu’on peut concrè­te­ment espé­rer maî­tri­ser un chan­ge­ment moins chao­tique, moins dou­lou­reux et qui aura lieu quoiqu’on fasse ; pen­ser glo­bal c’est acti­ver le sub­til lien entre le déter­mi­nisme, réa­li­té lourde, et notre liber­té, réa­li­té incontestable.

    Réponse
  32. catherine

    Et sur­tout par­ler de ce que l’on connaît soi, à tra­vers son vécu propre, ça parle plus à tout le monde et du coup, c’est plus « enten­dable » et en par­ler du coup en termes concrets, com­pré­hen­sibles par tous, sans exper­tise de ceci ou cela.

    Et ensuite, mais ensuite seule­ment essayer de voir la chaîne du tis­sage qu’il y a sous la trame de nos vécus respectifs.

    Glo­bal et local dans un par­fait va et vient en somme sans exclu­sive de l’un ou de l’autre je crois, c’est comme ça que se font les liens, et les liens c’est la vie, c’est la rela­tion, des choses qui s’u­nissent, on fait des asso­cia­tions mul­tiples et du coup, ça per­met de voir des choses que l’on ne voyait pas jus­qu’a­lors et que du coup de com-prendre des choses des liens que l’on ne com­pre­nait pas jus­qu’a­lors faute d’a­voir oublié de les lier.

    Réponse
  33. Di Girolamo

    Oui il faut par­tir du vécu des gens.

    Ceux qui nous enseignent ou ceux qui nous repré­sentent, nos diri­geants, ceux qui les suivent, ceux qui les sou­tiennent ‚rentrent dans des sché­mas , des grilles d’in­ter­pré­ta­tion du réel et à par­tir de là disent qu’il faut édu­quer le peuple , faire de l’é­du­ca­tion popu­laire ; je pense qu’au contraire il faut par­tir de ce que sont et vivent les gens et refaire avec eux ces che­mins de connais­sance dans l’hu­mi­li­té d’un non savoir. Le recueil et la mise en lien de toutes ces diver­si­tés, d’âge, de reli­gion, de situa­tion etc autour de la ques­tion com­mune du vivre ensemble est une méthode plus per­ti­nente que de mettre en confron­ta­tion élec­to­rale des repré­sen­tants qui savent et pour qui il faut voter.

    Il faut les dénon­cer comme faux savants atta­chés à leur per­sonne, au pou­voir et à l’argent. Les vrais repré­sen­tants du peuple sont ceux qui ne sou­haitent pas repré­sen­ter, ceux qui sou­haitent acti­ver la parole en place publique.
    Je suis bien cer­tain que si dans ma boîte aux lettres je rece­vais un cour­rier du maire de ma com­mune m’invitant à venir par­ti­ci­per à une soi­rée d’échanges « on ne va pas refaire le monde ‚mais on peut en par­ler », le cour­rier d’invitation pré­ci­sant que devant les menaces sur la situa­tion éco­no­mique et sociale , les menaces sur notre envi­ron­ne­ment , les justes inquié­tudes qu’on pou­vait avoir pour notre ave­nir ‚nous devions nous réap­pro­prier la ques­tion du vivre ensemble ; avec l’aide de la région un cycle de soi­rées d’échange est proposé .

    Les pre­mières soi­rées seront consa­crées à dres­ser un état des lieux ; des docs vidéo ser­vi­ront de sup­port aux échanges qui seront faci­li­tés par la pré­sence d’un ani­ma­teur. Ces soi­rées se veulent simples et convi­viales ; les habi­tants sont invi­tés à appor­ter leurs paniers en vue d’un repas tiré du sac. La muni­ci­pa­li­té orga­nise une gar­de­rie pour les enfants des familles.

    Je suis bien cer­tain que si dans ma boîte aux lettres je rece­vais un tel cour­rier j’irais à cette soi­rée et que le repas tiré du sac aidant, une bonne métho­do­lo­gie sou­te­nant, ces soi­rées très offi­cielles pour­raient s’installer dans le pay­sage de la vie publique.

    On pour­rait même y par­ler du tirage au sort et invi­ter Étienne ! ( pour res­ter dans le sujet du fil)

    Réponse
  34. catherine

    Je pense qu’il n’y a pas d’in­quié­tude à avoir concer­nant « l’o­béis­sance » au « droit-fil » du sujet Georges, on est en plein dedans.

    Re-pen­ser à ce que devrait être une juste Consti­tu­tion, ima­gi­ner ce que pour­rait être une hypo­thé­tique démo­cra­tie, ça se doit de se ré-flé­chir SUR ce qui consti­tue le vécu des gens et non sur des idéaux loin­tains qui ne peuvent du fait de leur éloi­gne­ment qu’é­loi­gner les gens du sujet qui devrait pour­tant les ani­mer car ça concerne leur vie de tous les jours.

    Et réflé­chir, au vrai sens du terme, c’est faire une flexion, se plier, aller vers soi, ce qui nous meut, ce qui nous mobi­lise, ce qui nous para­lyse, mais y aller, ne pas faire la fine bouche, se col­ler aux pro­blé­ma­tiques de ter­rain et du coup, ça risque fort d’a­voir bien plus de réso­nance, et la réso­nance, ça rend sen­sible à cer­tains bruits, alors pour sûr que c’est tant mieux s’il y a de l’écho !

    Si l’on veut que des rap­pro­che­ments soient faits entre les gens alors il faut se rap­pro­cher du quo­ti­dien des gens. Je crois qu’en fait c’est très simple et très com­pli­qué à la fois.

    Tu parles d’hu­mi­li­té du non-savoir, pour sûr que j’adhère à ce genre de pro­pos, car si nous savions  » ce savoir » d’a­vance en ver­tu de je ne sais quoi, ce pseu­do-savoir ne serait déjà plus qu’un vieux savoir au regard du pré­sent qui n’est déjà plus du pas­sé et il y aurait un déca­lage avec l’ins­tant, donc une erreur d’appréciation.

    Il ne serait pos­si­ble­ment vrai de savoir que si les hor­loges s’ar­rê­taient et qu’au lieu d’être dyna­mique, la vie était sta­tique, figée, pétri­fiée quoi !

    Brrr!!

    Réponse
  35. Heloïse

    Iner­tie, pesan­teur his­to­rique, fata­li­té, impuis­sance : bien sûr la consti­tu­tion conte­nait le virus de l’im­puis­sance popu­laire, mais aujourd’­hui nous lui décou­vrons une « viru­lence » qu’au fil de l’his­toire les hommes de pou­voir ont « amé­lio­rée ». Tout semble avoir déjà été ten­té pour inver­ser le rap­port de forces qui per­met aux domi­nants d’être ins­tal­lés comme « consti­tuants » à la place du peuple. Pour­tant, peut-être reste-t-il encore des ini­tia­tives « poli­tiques » à imaginer ?

    Nous sommes dans ce « tuyau » avec une « liber­té » prou­vée par les flux auto­ri­sés dans son cadre. La consti­tu­tion ne posait aucun pro­blème à ceux qui se croyaient « libres » tant que leur condi­tion de consom­ma­teurs les gar­daient en « lévi­ta­tion » dans ce tuyau « insoup­çon­nable »…Car pour repla­cer le peuple au poste de « Consti­tuant » le pro­blème n’est pas d’é­crire une consti­tu­tion mais de rendre au peuple son espoir, ses rêves, toutes ces choses dont les expé­riences fraîches des « indi­gnés » comme du « Front de gauche », ont révé­lé le potentiel…et son contraire : nous sommes dans ce tuyau, mais « le fleuve a com­men­cé à sor­tir de son lit » : il faut donc ali­men­ter le mou­ve­ment actuel en liant cha­cune de ses « reven­di­ca­tions » à l’exi­gence « car­di­nale » de rendre vrai­ment le peuple « constituant ».

    Réponse
  36. catherine

    Alors puis­qu’il faut s’y col­ler et que rien ne vaut que l’exemple, allez j’y vais, ça ouvri­ra peut-être des fenêtres, qui sait ?

    Alors com­ment commencer ?

    A la vue de tout ce qu’il y a comme pré-requis pour com­prendre un peu ce qui peut se retrou­ver dans un ins­tant de la vie de quel­qu’un, c’est presque mis­sion impos­sible, et pour­tant c’est dans cet ins­tant-là que se trouve concen­tré, agglo­mé­ré toute la den­si­té d’un être en lien avec lui-même, les autres et le monde, comme un caillot, un point de concen­tra­tion, de fixa­tion bref, mais de fixa­tion quand même, qui dit de ce qui est de l’ins­tant de ce quel­qu’un et l’ins­tant ne ment pas, c’est juste le déco­dage que l’on peut faire men­tir, par mau­vaise foi, par omis­sion, par aveu­gle­ment, par incons­cience, et tous ces trucs qu’on connaît bien. C’est mis­sion impos­sible disais-je d’en par­ler bien ou juste car c’est déjà mis­sion impos­sible pour la per­sonne elle-même ! Tant de choses qui s’en­tre­mêlent et dont on n’a pas for­cé­ment conscience, on ne sent que les saillies, les choses qui dépassent, qui sont dans le plus ou dans le moins, mais pour le reste, ça fait un peu fouillis, bric-à-brac, quelque chose de bru­meux, c’est mon point de vue sur­tout ce matin.

    C’est que sou­vent, c’est pas facile de jon­gler avec les contra­dic­tions de notre vie ou serait-ce moi qui ai une vie « spé­ciale » je n’en sais rien, mais qu’il faut pour­tant bien s’y col­ler et essayer de trou­ver ce juste mi-lieu dont Socrate nous dit qu’il est le lieu du non-savoir( Di Giro­la­mo tu parles comme Socrate, tu ne le savais pas ça, hein!)

    Ain­si, moi, en prise avec des pro­blèmes avec mon fils. Il est res­té presque un an à la mai­son à se traî­ner, suite à une décep­tion amou­reuse qui l’a com­plé­te­ment sidé­ré au vrai sens du terme, arrê­té, stop­pé dans sa dyna­mique de vie​.Il venait juste de ter­mi­ner son bac pro cui­sine quand c’est arri­vé. J’a­vais tel­le­ment la trouille qu’il fasse une bêtise que ce qu’il y avait d’urgent pour moi, de vital, c’é­tait de recons­truire un sem­blant de base en lui pour qu’il essaie de se rele­ver. J’é­tais tel­le­ment obnu­bi­lée par ça, par cette crainte d’un pas­sage à l’acte que j’ai lâché toute exi­gence de tra­vail alors que c’est ce que j’au­rais du faire tout de suite l’in­ci­ter à tra­vailler comme me l’a­vait conseillé ma fille aînée. J’ai écou­té mon fils, encore et encore et encore jus­qu’à ce qu’il se fatigue de me par­ler d’elle, son amou­reuse, mais lui du coup, en lais­sant pas­ser tout ce temps où il ne fai­sait rien que de pen­ser à elle, ça l’a décon­nec­té du reste et ensuite quand je lui par­lais bou­lot c’é­tait l’a­bîme, le trou noir, ça devait lui fiche la trouille, il ne devait plus s’en sen­tir capable, allait-il savoir se lever, assu­mer un ser­vice de res­tau­ra­tion, des heures de bou­lot à des cadences sou­te­nues. Et puis sur­tout, sur­tout, il y avait cette absence totale, radi­cale de désir. Il était en arrêt. Je passe sur les détails de ces ins­tants de conflit que j’ai pu vivre avec lui alors et les mon­tées de vio­lence, car sans doute avait-il l’im­pres­sion que je lui por­tais atteinte en exi­geant de lui, des exi­gences de tra­vail que j’a­vais tues jus­qu’a­lors. Pour que ce soit plus clair, que le tableau soit plus repré­sen­ta­tif il faut vous dire que j’é­tais seule alors, divor­cée depuis belle lurette, mon ex- mari ne vou­lait pas s’oc­cu­per de « ça », du pro­blème qui se posait, il se conten­tait de télé­pho­ner à notre fils et de l’in­ci­ter à se bou­ger mais ce n’é­tait guère inci­ta­tif, bref, il était chez moi mon fils et mon ex-mari avait sa vie, point. Il faut savoir que c’est le lot de beau­coup de femmes ça, de se retrou­ver avec la charge édu­ca­tive d’en­fants, et donc de por­ter deux cas­quettes, pas facile et pas drôle tous les jours. Le clash a fini par avoir lieu avec mon fils, clash sérieux dont je vous passe les détails. Un appar­te­ment a été trou­vé à Lille et du tra­vail il a bien fini par trou­ver. Mais dur-dur les condi­tions de tra­vail. Un tra­vail de fou, sous-payé, là, au bout d’un an, il a déci­dé de don­ner sa démis­sion et de reve­nir là où j’ha­bite, mais je ne vous dis pas la trouille que j’ai, revivre ce que j’ai vécu pen­dant cette année où il ne fai­sait rien, j’ai plus la force. Alors, j’ai mis les points sur les i et les barres sur les t, en lui disant que je com­pre­nais qu’il veuille quit­ter ce bou­lot dégra­dant car il dégrade réel­le­ment ses capa­ci­tés vitales, mais qu’il devait retrou­ver un autre bou­lot pour reve­nir à la mai­son, sinon il fal­lait qu’il prenne un appart et qu’il assume ses choix. Mais ima­gi­nez deux secondes les tiraille­ments que ça peut repré­sen­ter pour une mère. Savoir que les condi­tions de tra­vail sont détes­tables, mais le remettre dans ce bain-là parce qu’il n’y a pas d’autre solu­tion que celle-là, que de faire cette expé­rience-là, que lui doit vivre et que je ne peux pas vivre à sa place, celle de se col­ler à cette vache­rie-là, dur-dur je vous assure, pas de bonne solu­tion juste les moins pires. Essayer de trou­ver un sem­blant d’é­qui­libre mais juste un sem­blant pour sûr, bien fra­gile, bien pré­caire. Et sans renier ma vie per­son­nelle, sans être écra­sée par ce poids du poids de faire à mes enfants des vies de chien, dur-dur, dur-dur vraiment.

    Alors pour ce qui est de vivre des contra­dic­tions, ma foi, je suis ver­nie. Je vous explique​.Il y a un an et demi, j’ai ren­con­tré un mon­sieur dans une soi­rée chez une amie. On a par­lé d’hyp­nose médi­cale, on a par­lé bou­lot, du mien, je suis sophro­logue, sur une base d’in­fir­mière psy, c’é­tait fluide comme conver­sa­tion. Il vou­lait qu’on se reparle de tout ça, moi je n’é­tais pas contre, j’ai dit oui, j’aime bien les oui. Je ne savais pas ce que fai­sait ce mon­sieur, ce qu’il fai­sait dans la vie je veux dire, comme quoi cette expres­sion elle dit beau­coup de choses, comme si un être se résu­mait à une fonc­tion pro­fes­sion­nelle, bigre. Bon, moi, pré­ten­tieuse comme je suis, pas d’a prio­ri, a prio­ri. V’là t’y pas que le dit mon­sieur vient me cher­cher chez moi, et qu’est-ce que je vois comme car­rosse, je vous le donne en mille, une X6 de chez BMW. Alors je me dis en moi-même, ah non, ça quand même c’est trop fort, c’est rédhi­bi­toire ça, s’il a ce type de bagnole c’est même pas la peine d’en savoir plus, c’est un enne­mi de classe, j’ai l’es­prit large je crois, mais qui prend de furieuses étroi­tesses par­fois aus­si, et c’é­tait le cas là, c’é­tait du vécu, du concret. Bon, bref, je me dis, tant pis pour moi, j’ai dit oui pour man­ger un mor­ceau, alors main­te­nant j’as­sume. J’ai tel­le­ment bien assu­mé que j’ai très vite lais­sé tom­ber mes a prio­ri même s’ils me chif­fonnent quand même de temps en temps. Alors le dit mon­sieur, en fait, est ita­lien, fils de mineur, qui a fait des études brillantes et qui s’est retrou­vé ingé­nieur dans le tex­tile, ano­blis­se­ment de tis­su ça s’ap­pelle. Il a eu sa boîte donc, un diri­geant d’en­tre­prise, petite entre­prise mais entre­prise quand même, et moi qu’est-ce que je fais avec ça, quand je me rends compte que der­rière ça, y’a pas for­cé­ment un type égoïste, avec des doigts cro­chus qui essaient de ramas­ser l’argent. Et quand à la lec­ture de Friot hier soir je me rends compte que le dit mon­sieur entre dans la caté­go­rie des gens qui ont deux pro­prié­tés lucra­tives!!!! Bigre, vous ren­dez-vous compte du grand écart que ça oblige à faire pour conci­lier tout ça, c’est un tra­vail de tous les ins­tants, en ayant par des­sus le mar­ché, une volon­té pug­nace de faire adve­nir plus de jus­tesse dans les rap­ports humains, ça fait un sacré bou­lot, et là des­sus essayer de réflé­chir à ce qu’il y a lieu de faire au mi-lieu de ce lieu si bouillon­nant, si divers, si plein de diver­gences, de dés­équi­libres, d’in­jus­tices de toute sorte, com­ment s’y retrou­ver soi déjà dans tout ça en essayant déjà de bou­cler ses fins de mois qui com­mencent à la mi du mois !

    Voi­là ce que c’est que la vie des gens, en tout cas la mienne et là des­sus, on se branche sur la consti­tu­tion ou sur l’Eu­rope, et on se dit com­ment on fait avec tout ça ?

    Le com­ment, la manière, c’est ça notre bou­lot, le com­ment ça ren­voie à la main et la main invi­sible du mar­ché, c’est pas la peine de faire un des­sin, on sait bien ce qu’elle donne, comme quoi, la main, c’est bien d’elle dont il s’agit.

    Bref, je suis dans la pos­ture socra­ti­co-giro­la­mienne, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas mais j’a­vance pour­tant en m’é­ton­nant de faire un pas sur lequel vient se joindre un autre pas !

    Je ne m’ex­cuse pas pour la lon­gueur du texte car ceux qui auront lu jusque-là ma foi, c’est qu’ils s’y seront retrou­vés un peu, sinon, ils seraient déjà partis.

    Réponse
  37. Di Girolamo

    Non ! t’ex­cuse pas pour la lon­gueur : tu es res­tée tout à fait dans le sujet.

    Et t’ayant lu après repas BIEN arro­sé , j’ai énor­mé­ment ri sur du vécu qui sans doute a été dif­fi­cile pour toi et n’est pas du tout risible : encore une contradiction !

    En tout cas la rela­tion entre ce qu’on est ce qu’ont vit et la per­fec­tion du tirage au sort et du texte sacré est bien vue.

    RIEN ne vaut la vie , avec ses contra­dic­tions . Et puisque nous n’en sommes pas à une contra­dic­tion près, il nous fau­dra bien reve­nir au sérieux de com­ment orga­ni­ser au mieux notre société .

    J’es­saie­rai de résu­mer la posi­tion de cha­cun au stade où nous en sommes de nos conver­sa­tions .Mais ce repas il faut d’a­bord le digé­rer un peu.

    Par­donne-moi d’a­voir ri Cathe­rine c’est tout à fait pro­fon­dé­ment amical.

    Réponse
  38. Di Girolamo

    Cathe­rine

    Le repas est pas­sé et si j’ai ri c’est de ton style, ta manière de racon­ter, de la BM et des contra­dic­tions qu’on a tous ; pas du reste ; et j’es­père ne pas t’a­voir bles­sée ; j’ai le vin joyeux , eupho­rique , c’est dans ma nature.

    Pour reve­nir à notre sujet :

    Étienne insiste sur le bon ver­rouillage des textes consti­tuants, en amont : ceux qui écrivent la consti­tu­tion doivent être mis en situa­tion de dés­in­té­rêt par le tirage au sort .En aval , le texte lui même doit pré­voir des gardes fous clairs et contrai­gnants ; mais il ne dit pas com­ment on va arri­ver à bous­cu­ler l’ordre éta­bli et pou­voir par­ve­nir réel­le­ment à cette consti­tuante. Il se donne beau­coup de mal , fait de nom­breuses confé­rences ..le point faible de la démarche est que par la force des choses il a du mal à sor­tir du cercle des convaincus .

    Sitouaillain est plus pré­cis à ce sujet et si je ne me trompe pas penche pour des comi­tés consti­tuants locaux , et est pour sou­te­nir les forces sociales en émer­gence , notam­ment l’ef­fort du FDG qui lui même pro­pose une consti­tuante. Posi­tion pré­sen­tée comme réa­liste et la seule voie actuelle pour avan­cer là dessus.

    De mon côté je reste méfiant sur les pro­po­si­tions de ces forces sociales, non pas les hommes qui sont der­rière, et avec qui je par­tage des valeurs, mais il me semble que les enjeux actuels doivent nous inci­ter à aller au delà des rap­ports de force his­to­riques certes encore bien pré­sents ; cela dans la mesure où nous sommes à un moment tout à fait inédit de l’his­toire ; il va nous fal­loir une révo­lu­tion dépas­sant de beau­coup les inté­rêts de classe. Ces mêmes inté­rêt ayant été par ailleurs noyé dans le goût géné­ral de la liber­té indi­vi­duelle, confort, BM ou deux cv.

    Pour rac­cour­cir j’ai en tête qu’il va fal­loir aller vers une relo­ca­li­sa­tion géné­ra­li­sée, des chan­ge­ments de mode de vie, d’habitats…. très pro­fonds, un rema­nie­ment com­plet de l’aménagement du ter­ri­toire , des métiers , de l’agriculture ‚de l’élevage , une rela­tion dif­fé­rente avec la pro­prié­té , l’argent…. plus de PIB , plus de bourse …… Bref il va fal­loir un chan­ge­ment énorme, une rup­ture, une mise en œuvre de quelque chose de vrai­ment nou­veau. Je suis per­sua­dé que ces mises en œuvres ne peuvent pas pas­ser par des vieux outils, par des pra­tiques poli­tiques anciennes, elles mêmes adap­tées à l’ancien monde. Per­sua­dé que le chan­ge­ment pas­se­ra par un chan­ge­ment de métho­do­lo­gie en matière politique.

    Et le seul outil poli­tique réel­le­ment nou­veau c’est la démo­cra­tie .Qui n’est rien d’autre que l’organisation du pou­voir par­ta­gé entre nous tous. Seul ce type d’organisation peut faire remon­ter un ques­tion­ne­ment col­lec­tif impli­quant la foule lamb­da ; peut lan­cer une recherche sociétale.

    On a devant nous une crise de la mon­dia­li­sa­tion : la libre cir­cu­la­tion des biens, des hommes, des mar­chan­dises, des entre­prises a et va conti­nuer à dés­équi­li­brer, appau­vrir l’économie euro­péenne au pro­fit des pays émer­gents ; eux mêmes sont dépen­dants d’une Europe qui si elle s’appauvrit trop n’achètera plus leur pro­duits ; à cela se rajoute les poli­tiques moné­taires et finan­cières qui vident les caisses et le pou­voir des états ; dans le même temps « la crois­sance » mon­diale est prise dans l’étaux res­sources /climat ;la crise éco­lo­gique ; ces crise ne sont pas conjonc­tu­relles mais struc­tu­rantes de notre ave­nir . La crise éco­lo­gique est lar­ge­ment sous esti­mée et donc mal comprise.

    Je suis donc plus par­ti­san d’opérer une rup­ture de l’outil poli­tique et de ren­trer dans un pro­ces­sus d’autoéducation popu­laire impli­quant lar­ge­ment les acteurs sociaux, les scien­ti­fiques, la popu­la­tion , autour de la prise de conscience des enjeux éco­lo­giques , les enjeux sociaux , moné­taires etc en fai­sant inté­gra­le­ment par­ti ; Disons que ma grille d’interprétation intègre très for­te­ment l’enjeu éco­lo­gique et est plus glo­bale que le SMIG à 1700 € .
    Ma démarche butte sur un iso­le­ment fort, une incom­pré­hen­sion . J’ai mis mon article sur Ago­ra Vox http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​m​o​n​-​b​u​l​l​e​t​i​n​-​d​e​-​v​o​t​e​-​p​o​u​r​-​c​e​s​-​1​1​5​068

    Il a fal­lu que je les pousse un peu pour qu’ils publient, et j’ai très peu de com­men­taires , signe évident d’un manque d’intérêt ; j’aurais fait un titre accro­cheur et un truc crous­tillant sur Mélen­chon , c’était car­ton plein .
    Bon , j’arrête là et rebon­di­rai sur vos com­men­taires si vous en faites .

    Réponse
  39. Catherine

    Di Giro­la­mo, sur­tout ne t’in­quiète pas, c’est bon­heur si j’ai réus­si à te faire rire, et fran­che­ment c’est plu­tôt plai­sant de te l’en­tendre dire de si bon coeur, ça me fait fran­che­ment plaisir.

    Pour ce qui est du reste, j’a­voue que je suis perplexe.

    Je reprends ce que tu dis : « Etienne insiste sur le bon ver­rouillage des textes consti­tuants, en amont : ceux qui écrivent la consti­tu­tion doivent être mis en situa­tion de dés­in­té­rêt par le tirage au sort »

    Le ver­rouillage pour ma part ne me semble pas devoir se faire seule­ment en amont.

    Certes il faut être rigou­reux et poin­tilleux sur les textes qui vont ser­vir de struc­ture à l’or­ga­ni­sa­tion sociale si le texte devait se réécrire. Mais per­sonne ne nous dit que les per­sonnes tirées au sort, si cela se fai­sait, ne seraient pas sou­mises aux mêmes lob­bies, avec la même ardeur que nos repré­sen­tants actuels,et avec une pres­sion telle, qu’ils fini­raient par y suc­com­ber à ces pres­sions si pres­santes, car ils ne sont pas des dieux ces hommes tirés au sort, ils sont du même lot que tout un cha­cun, des hommes du com­mun et le com­mun résiste peu aux chants mélo­dieux des sirènes quand ils se font pres­sants et doux. Je suis presque cer­taine d’ailleurs, que par­mi nos hommes poli­tiques actuels, nos repré­sen­tants de com­mune, de dépar­te­ment, au tout départ, à l’o­ri­gine de leurs enga­ge­ments, il devait y avoir pour cer­tains, une fer­veur « can­dide », un élan sin­cère, quelque chose de propre qui s’est sali ensuite sur le che­min qui va de l’i­dée à la réa­li­sa­tion. Car il n’y a pas eu de garde- fous pla­cés, et que la nature de l’homme est ain­si faite que tout com­por­te­ment « dé-viant » ne s’é­teint que s’il y a des sanc­tions à la clef, sinon, on a beau dire, c’est cause tou­jours, ça part par­tout la bonne parole sauf là où ça devrait pas­ser et le com­por­te­ment déviant ne s’é­teint pas alors mais au contraire se ren­force car l’ex­pé­rience apprend que rien ne peut arri­ver de fâcheux pour ceux qui contre­viennent à cet ordre-là, autant y aller de bon coeur puisque si ce n’est pas eux qui en pro­fitent il y en aura d’autres qui le feront sans sour​cillier​.Et le vécu, ce vécu-là parle, les oreilles se tendent, et le mes­sage, ce mes­sage-là est reçu 5 sur 5.

    Avant même de pen­ser à révo­lu­tion­ner notre consti­tu­tion, si déjà nous deman­dions des comptes à nos repré­sen­tants sur les illé­ga­li­tés qui sont com­mises tous les jours, ça, ça serait rude­ment bien et ça ne doit pas être bien dif­fi­cile mais il faut trou­ver le COMMENT. Pour le trai­té de 2005 par exemple, il y a eu une action en jus­tice, j’y étais de ceux qui ont por­té plainte à la Cour Euro­péenne et nous avons été débou­té, c’est quoi ça, une Cour qui est sen­sée défendre un droit qu’elle méprise , c’est du sem­blant, c’est pour faire sem­blant tout ça comme disent les enfants, c’est pour faire beau, tout ça c’est du trompe l’oeil, mais der­rière il n’y a rien, car tout cela n’est que simu­lacre, aus­si, on pour­ra avoir les plus beaux textes que l’on veut, si rien ne vient contraindre leur res­pect rigou­reux à ces beaux textes, et bien, ça ne ser­vi­ra à rien qu’à gas­piller sté­ri­le­ment de l’éner­gie, enfin, c’est mon point de vue.

    Main­te­nant, je crois qu’il faut par­tir de la terre, de notre terre à cha­cun avant de vou­loir voler dans les Cieux. Il faut rede­ve­nir humbles et comme un bon jar­di­nier, il faut pré­pa­rer la terre sur laquelle on a le désir d’en­se­men­cer quelque chose. Il faut donc enle­ver les mau­vaises herbes et dieu sait s’il y en a, ça veut dire dis­cer­ner, faire le tri, sélec­tion­ner ce qu’il y a sur notre terre, qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on jette.Tout ce qui est sus­cep­tible d’é­touf­fer la semence et donc de la faire mou­rir doit être enle­vé, éra­di­qué, et puis ensuite aérer la terre, la rendre légère. Moi, ça, ça me semble déjà un sacré bou­lot. Et ça pour faire ça,je ne vois rien d’autre que du local, du très local d’a­bord. Voir com­ment ça fonc­tionne dans les mai­ries par exemple. Com­ment sont prises les déci­sions, etc, etc, etc. Pour le reste, de toute façon, les condi­tions de vie vont tel­le­ment se dur­cir et se dégra­der que les trans­for­ma­tions vont se faire toutes seules, dans cer­taines villes il y a déjà du troc…les jeunes vont se regrou­per pour vivre ensemble, les per­sonnes âgées ne pour­ront plus aller en mai­son de retraite car ce sera trop cher, la méde­cine revien­dra à des choses plus natu­relles et donc beau­coup plus saines, mais bon, d’i­ci là, ça va craindre je le crains fort. Bon, j’ar­rête là, je suis fatiguée !

    Réponse
  40. catherine

    Il y a CE qui est écrit, dit et ce que l’on fait de ce qui est écrit, dit.

    Et entre ce pont, entre ce qui est écrit et dit et ce que l’on en est fait sur le ter­rain du concret, qui est-ce qui fait ce faire dites-moi ?

    Qui est l’ar­ti­san de ce divorce cruel ?

    Et bien c’est pas la parole, le dire, l’é­crit, c’est ce que l’homme en fait qui crée ce divorce.

    L’homme qui par son consen­te­ment ou par son renon­ce­ment fabrique le monde tel qu’il est aujourd’­huiet par­ti­cipe de ce divorce.

    Donc, pas 36 trucs, juste deux petits choix limi­tés, peut-être même un ( ou zéro s’il y a échec) je dis oui ou je dis non, oui ou non, sur un conti­nuum gra­dué, mais les deux berges du pont, c’est d’un côté, le oui, de l’autre le non.

    Mais ces choix-là sur le vécu, sur la terre que les hommes flouent tous les jours, ils ne construisent pas tout d’un bloc et c’est pour­quoi on ne les voit pas, et ce que l’on ne voit pas, on n’en a pas conscience et si nous n’en n’a­vons pas conscience c’est comme si ça n’exis­tait pas.

    ça se construit à bas bruit toute cette cui­sine ‑là, sur les feux d’une mar­mite qui mijote tran­quille­ment, sans faire de bruit, en déve­lop­pe­ment une odeur qui s’in­si­nue très dou­ce­ment, mais quand la cuis­son est finie, on constate amer, les résul­tats de la cuisson.

    Ce beau mot de démo­cra­tie est deve­nue démon­cras­sie. Il fal­lait avoir l’oeil sur la mar­mite, la goû­ter, la sen­tir, la retour­ner, enle­ver des trucs et peut-être rajou­ter des saveurs, bref, il nous fal­lait être en cui­sine et faire notre bou­lot, sur­veiller la cuisson.

    Réponse
  41. Catherine

    Sur le COMMENT, il faut un sub­strat, car les manières, ça s’ap­prend, il faut savoir COMMENT faire pas­ser au mieux un mes­sage, et pour ça, je pro­pose qu’on se colle à la lec­ture de

    http://​www​.edi​tions​-zones​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​p​a​g​e​=​b​o​n​u​s​&​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=21

    et qu’on se par­tage la tâche.

    Que l’on concentre en quelques mots clés cha­cun des cha­pitres. Que ça serve de grille de tra­vail en quelque sorte.

    Est-ce que ça dit à quel­qu’un, sachant que moi, je pars ce soir et ne reviens que le 09⁄05 et n’ai pas la pos­si­bi­li­té d’a­voir le net là où je vais.

    Je me colle au pre­mier cha­pitre, qui prend le sui­vant, puis le suivant

    C’est une proposition,juste une pro­po­si­tion et si ça ne dit à per­sonne, je ferai le bou­lot moi-même mais pas tout de suite. Qui vivra verra !

    Réponse
  42. Catherine

    Cer­tains auront peut-être des scru­pules à uti­li­ser cet outil de pro­pa­ga­tion, mais il faut se rap­pe­ler que __lors­qu’on fait de la pro­pa­gande, on pro­page un mes­sage, en soi, ce n’est ni bien ni mal de propager__, ce n’est pas tant le mes­sage, sa forme qui importe que son conte­nu qui doit sus­ci­ter et concen­trer toute notre atten­tion, pro­pa­ger un mes­sage, c’est ce que nous fai­sons tout le temps lorsque nous par­lons, ou écri­vons, ou nous tai­sons, nous fai­sons pro­pa­ger un message.

    Ceux qui ont construit notre monde de guin­gois ont été de bons pro­pa­ga­teurs, c’est donc auprès d’eux qu’il faut prendre les leçons du com­ment faire pas­ser un mes­sage, et ensuite, uti­li­ser cet outil neutre, neutre comme toute nature d’ outil, un cou­teau ça peut tuer ou sau­ver, et l’u­ti­li­ser à notre pro­fit, pour faire pas­ser, pour que se pro­page l’i­dée d’une réelle démo­cra­tie, et donc en par­tant de là, dire la démo­cra­tie ce n’est pas ci, ce n’est ça, le ceci et le cela étant extraits de la terre du quo­ti­dien, par exemple, la démo­cra­tie ce n’est pas dire le peuple s’ex­prime par le vote et ensuite enter­rer le vote car il ne cor­res­pond pas aux sou­haits de quelques uns !

    Réponse
  43. Di Girolamo

    La pro­pa­gande repose sur la défor­ma­tion de l’i­dée de liber­té qui n’est plus une liber­té dans le cadre de la construc­tion de l’in­té­rêt col­lec­tif , mais une liber­té indi­vi­duelle de consom­mer et choi­sir ses biens de consom­ma­tion. La chose publique n’existe plus qu’en tant qu’elle orga­nise le mar­ché ; celui des salades et des hari­cots , celui des votes.

    Vous vou­lez culti­vez bio ? no pro­blèmes ! vous pré­fér­rez l’a­gri­cul­ture indus­trielle ? No pro­blems ! N’est on pas en démocratie ?

    Vous votez en 2007 pour la droite ? En 2012 pour la gauche ? Nor­mal ! C’est çà la démocratie !

    Ce piège mor­tel qui déplace la liber­té vers l’in­di­vi­du qui a une capa­ci­té indé­fi­ni de choix dans un monde en per­pé­tuel crois­sance , alors que la réa­li­té est celle d’une socié­té com­po­sée d’in­di­vi­dus , trouve son abou­tis­semnt dans l’or­ga­ni­sa­tion du vote en alter­nance pour des programmes .

    « COMMENT faire pas­ser au mieux un message » ?

    En l’ex­tra­yant des innom­brables mes­sages qui se valent tous …

    En lui don­nant de l’im­por­tance et de l’officialité.

    La pro­pa­gande a un ter­reau de com­plexi­té et mul­ti­pli­ci­té des mes­sages. Monde de la liber­té illu­soire où cette mul­ti­pli­ci­té n’est pas une diver­si­té mais une uni­for­mi­sa­tion ; dans un monde où tous les mes­sages peuvent se dire et se pro­po­ser, plus aucun n’a d’im­por­tance et par en des­sous les seuls mes­sages qui « tirent leur épingle du jeu  » qui gou­vernent le jeu ce sont les mes­sages sous ten­dus par le pou­voir et l’argent.

    En éco­no­mie les regrou­pe­ments, les trusts rendent illu­soire la liber­té d’en­tre­prendre et la diver­si­té des entre­prises ; en poli­tiques les par­tis poli­tiques puis­sam­ment struc­tu­rés rendent illu­soire le choix poli­tique. Et quand les par­tis puis­sam­ment struc­tu­rés s’u­nissent avec les trusts indus­triels et financiers…le seul ter­reau qui est arro­sé et sujet de toutes les atten­tions c’est celui de la com­plexi­té, de la mul­ti­pli­ci­té, de la confu­sion des esprits.

    Donc à la ques­tion : COMMENT faire pas­ser au mieux un mes­sage , dans ce monde de mul­ti­pli­ci­té des mes­sages ; je réponds en se sai­sis­sant de ce mes­sage comme Quelque chose d’im­por­tant, de plus impor­tant que les autres mes­sages : la signa­ture d’un mes­sage impor­tant est que la puis­sance publique et les acteurs sociaux s’en emparent et le dési­gnent comme tel .

    DÉSIGNANT AINSI CE MESSAGE COMME D’INTÉRÊT GÉNÉRAL.

    Sou­vent la pub d’un pro­duit rajoute la for­mule « vu à la télé », cela comme un sigle d’officialité, d’importance.

    Tant que l’é­tat qui nous repré­sente n’au­ra pas un mes­sage d’in­té­rêt géné­ral dont puissent se sai­sir les acteurs du pays, les par­tis poli­tiques, les syn­di­cats , les médias, les citoyens et leurs repré­sen­tants etc le mes­sage res­te­ra un mes­sage par­mi d’autres, une option par­mi d’autres .

    D’où mon inces­sante pro­po­si­tion d’un espace public et offi­ciel de recherche de l’intérêt général .

    Réponse
  44. Di Girolamo

    .….Où ce qu’on dit , ce qu’on étu­die , ce à quoi on réflé­chit , ce de quoi on débat prend une sou­daine impor­tance parce qu’en lien direct avec la sou­ve­rai­ne­té officielle,institutionelle.

    La pro­pa­gande nivelle les mes­sages les replacent TOUS dans un régime poli­tique libé­ral du caddy.

    Réponse
  45. Catherine

    Atten­tion Georges, t’es entrain de faire de la pro­pa­gande, t’en as pas conscience mais c’est pour­tant ce que tu fais, tu fais pas­ser un mes­sage, tu pro­pages, tu fais cir­cu­ler un mes­sage, ton mes­sage, le tien,tu es un pro­pa­ga­teur, sale pro­pa­ga­teur va !

    Ceux qui se taisent, en font pro­pa­ger un aus­si de mes­sage, la plus grande pro­pa­gande comme le dit Chom­sky est celle du silence, on ne sort pas aus­si faci­le­ment de tout ça, on ne sau­rait s’en laver les mains car le mes­sage, c’est celui de la vie , on a tous les mains dans le cam­bouis, car c’est le mes­sage de l’éner­gie qui passe et tant qu’on est vivant ma foi, ça passe, y’a juste le sens de l’éner­gie qui change, la direc­tion VERS laquelle on veut faire pas­ser l’éner­gie, notre éner­gie, celle de la com­mu­nau­té, celle de l’Eu­rope, vers quelle cible, tout est ques­tion de cible mais la cir­cu­la­tion du mes­sage, sa pro­pa­ga­tion, c’est comme la pro­pa­ga­tion de la lumière, qu’est-ce qui se passe quand la lumière n’est plus pro­pa­gée ? ?

    Réponse
  46. Catherine

    Tu dis Georges : « En l’ex­tra­yant des innom­brables mes­sages qui se valent tous … En lui don­nant de l’im­por­tance et de l’officialité. La pro­pa­gande a un ter­reau de com­plexi­té et mul­ti­pli­ci­té des mes­sages. Monde de la liber­té illu­soire où cette mul­ti­pli­ci­té n’est pas une diver­si­té mais une uni­for­mi­sa­tion ; dans un monde où tous les mes­sages peuvent se dire et se pro­po­ser, plus aucun n’a d’im­por­tance et par en des­sous les seuls mes­sages qui « tirent leur épingle du jeu  » qui gou­vernent le jeu ce sont les mes­sages sous ten­dus par le pou­voir et l’argent. En éco­no­mie les regrou­pe­ments, les trusts rendent illu­soire la liber­té d’en­tre­prendre et la diver­si­té des entre­prises ; en poli­tiques les par­tis poli­tiques puis­sam­ment struc­tu­rés rendent illu­soire le choix poli­tique. Et quand les par­tis puis­sam­ment struc­tu­rés s’u­nissent avec les trusts indus­triels et financiers…le seul ter­reau qui est arro­sé et sujet de toutes les atten­tions c’est celui de la com­plexi­té, de la mul­ti­pli­ci­té, de la confu­sion des esprits.

    ça revient à ce que je dis, enle­ver les mau­vaises herbes, car pour l’ins­tant c’est la confu­sion la plus totale, mais c’est vou­lu, c’est pas un hasard, le hasard n’existe pas, c’est juste qu’on ne sait pas lire, c’est tout.

    Noyer le pois­son, c’est ce qu’ils font dans la pro­fu­sion de mes­sages qui se suc­cèdent dans un flot hyp­no­ti­sant, et c’est par­fois ce que l’on fait aus­si qu’on le veuille ou non, en refu­sant de se col­ler à qq chose d’es­sen­tiel comme cette stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion qui est la leur.

    Si tu ne connais pas ton adver­saire, tu auras du mal à atteindre ta cible, car tu n’au­ras pas la visi­bi­li­té, tu essaie­ras de l’at­teindre à l’a­veugle, y’a une petite chance pour que ça marche( déter­mi­nisme incom­plet comme disent les phy­si­ciens quan­tiques), mais y’a plus de mal-chance pour que ça râte, non

    Réponse
  47. Catherine

    La matière c’est un ensemble com­plexe tis­sé de sub­stance + de l’éner­gie + de l’in-for­ma­tion + de l’es­pace-temps dixit Basa­rab Nico­les­cu ! Tout est inter­elié et omettre un aspect, c’est avoir une vision ban­cale et donc atro­phiée du réel, et quand il nous manque une jambe, c’est moins facile pour mar­cher droit !

    Réponse
  48. Di Girolamo

    « Atten­tion Georges, t’es entrain de faire de la pro­pa­gande, t’en as pas conscience mais c’est pour­tant ce que tu fais, tu fais pas­ser un mes­sage, tu pro­pages, tu fais cir­cu­ler un mes­sage, ton mes­sage, le tien,tu es un pro­pa­ga­teur, sale pro­pa­ga­teur va ! »

    Atten­tion Zérard ! a.…ttention!! le pinard oui !!mais le hakic .…Nooon!!!!!

    Il y a un moyen très simple de recon­naître la pro­pa­gande à la démo­cra­tie : la pro­pa­gande veut faire pas­ser un mes­sage , la démo­cra­tie veut( et se donne les moyens pour ) que tous les mes­sages puissent passer .
    Rap­pelle toi comme tu t’es éner­vée à pro­pos de la cen­sure !!!! A juste titre . Sauf qu’il y a une nuance de taille entre un blog pri­vé et une consti­tu­tion , un contrat , une loi publique . Jorion y me fait mar­rer mais j’ai rien signé avec lui ; la cen­sure publique là c’est du sérieux , de lavraie pro­pa­gande importante.

    Réponse
  49. Catherine

    Tu dis, ensuite j’ar­rête parce que per­sonne ne semble s’in­té­res­ser à ça et pour­tant à mon sens c’est le nerf de la guerre. Tu dis : « je réponds en se sai­sis­sant de ce mes­sage comme Quelque chose d’im­por­tant, de plus impor­tant que les autres messages »

    Impor­tant pour toi, mais pour les autres, l’est-il ? S’il était aus­si impor­tant que tu le dis, alors on enten­drait que lui de par le monde, or, est-ce le cas ? Non, bien sûr, ça veut donc dire qu’il y a une lutte, un com­bat entre des notions de mes­sage qui porte cet « impor­tant » bref, ++des forces en action dont cer­taines vont être plus agis­santes que les autres et qui vont réus­sir à se faire entendre mieux que les autres et donc au bout du compte fabri­quer notre tis­sage sociAl.++

    Donc il faut une stra­té­gie pour faire en-tendre ce mes­sage dans la caco­pho­nie quo­ti­dienne, car pour­quoi ton mes­sage sor­ti­rait du marais d’au­jourd’­hui, parce que tu t’ap­pelles Georges et que tu es plein de bonne foi, non, la bonne foi ne suf­fit pas, il faut un modus ope­ran­di, et c’est le com­ment, la stratégie !

    tu peux construire une mai­son sans plan toi Bon après tout, pour­quoi pas,

    Allez je laisse l’es­pace libre, à bientôt

    Réponse
  50. Di Girolamo

    Tout à fait d’ac­cord sur la stratégie .

    Réponse
  51. Di Girolamo

    Et si on tirait au sort nos députés ?
    LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 23.03.2012 à 20h55 • Mis à jour le 24.03.2012 à 16h08

    Par Pierre Bar­thé­lé­my, chronique

    IMPROBABLOLOGIE – En cette année d’é­lec­tions pré­si­den­tielle et légis­la­tive, les Fran­çais vont pour la plu­part glis­ser quatre fois un bul­le­tin dans l’urne. A voté, a voté, a voté, a voté ! Ce choix des res­pon­sables poli­tiques par l’é­lec­to­rat amé­lio­re­ra-t-il la situa­tion de la socié­té pour autant ? C’est la ques­tion ico­no­claste qu’a posée en 2011 un quin­tette de cher­cheurs ita­liens (deux phy­si­ciens, un poli­to­logue et deux sta­tis­ti­ciens) dans un article paru sur le site de pré­pu­bli­ca­tions scien­ti­fiques arXiv. Leur idée n’é­tait pas de jeter la démo­cra­tie aux orties, mais de rap­pe­ler que le gou­ver­ne­ment du peuple pour le peuple et par le peuple ne pas­sait pas for­cé­ment par le bureau de vote : on peut très bien tirer au sort celles et ceux qui auront la res­pon­sa­bi­li­té de diri­ger le pays et d’en faire les lois, tout comme le hasard désigne les jurés des tri­bu­naux populaires.

    Après tout, la démo­cra­tie athé­nienne ne pro­cé­dait pas autre­ment pour choi­sir bou­leutes et archontes. L’é­lec­tion com­plexe du doge de Venise fai­sait elle aus­si inter­ve­nir une bonne part de hasard. Le pro­cé­dé, pour­suivent ces cher­cheurs un brin uto­pistes, per­met­trait de régu­ler le régime des par­tis et serait plus éga­li­taire en menant au Par­le­ment des citoyens de tous hori­zons poli­tiques, de toutes ori­gines sociales ou eth­niques et, sur­tout, des deux sexes à parts égales. Fini ces Chambres bico­lores où une oli­gar­chie poli­tique essen­tiel­le­ment mas­cu­line se pré­oc­cupe moins de l’in­té­rêt géné­ral que de sa réélec­tion. Fini aus­si les cam­pagnes élec­to­rales avec fré­né­sie média­tique et son­dages quo­ti­diens contradictoires…

    Encore faut-il s’as­su­rer que le hasard fera vrai­ment bien les choses. Une Assem­blée natio­nale com­plè­te­ment tirée au sort sera-t-elle plus effi­cace que celle élue ou bien faut-il concoc­ter un cock­tail des deux ? C’est là que la science impro­bable inter­vient avec une magni­fique modé­li­sa­tion par­le­men­taire basée sur les der­nières avan­cées de la phy­sique sta­tis­tique. La Chambre aléa­toire à 100 % est un échec reten­tis­sant. Certes, les pro­jets de loi adop­tés pro­fitent tous au plus grand nombre, mais les 500 dépu­tés vir­tuels décrits par ce modèle sont tel­le­ment indé­pen­dants les uns des autres que la plu­part des textes n’ob­tiennent pas la majo­ri­té suf­fi­sante pour être votés ! Effi­ca­ci­té presque nulle.

    Les par­tis poli­tiques ont donc un peu de bon. Encore faut-il se débrouiller pour qu’au­cun d’entre eux – ou qu’au­cune coa­li­tion – ne détienne la majo­ri­té abso­lue, car si c’est le cas les textes de loi ne vise­ront plus à régler les pro­blèmes col­lec­tifs mais plu­tôt à satis­faire des inté­rêts clien­té­listes ou cor­po­ra­tistes. Toute l’as­tuce consiste à réser­ver aux dépu­tés tirés au sort, cen­sés avoir une vision plus altruiste de la poli­tique, une part suf­fi­sante des sièges pour que les poli­ti­ciens de métier soient contraints de dépla­cer le cur­seur de leur action légis­la­tive vers l’in­té­rêt général.

    Cette étude sur les mérites de la « loto­cra­tie » est une réci­dive. En 2010, la même équipe avait mon­tré qu’en rai­son du prin­cipe de Peter – lequel dit que, dans une entre­prise ou une admi­nis­tra­tion, tout employé finit, grâce au jeu des pro­mo­tions, par atteindre son niveau d’in­com­pé­tence – il était plus effi­cace, lors­qu’un poste à res­pon­sa­bi­li­tés deve­nait vacant, de dési­gner son titu­laire par tirage au sort. Sug­gé­rons donc à la Fran­çaise des jeux de créer de nou­veaux tickets : PDG au grat­tage, dépu­té au tirage…

    Jour­na­liste et blogueur
    (Pas​seur​des​ciences​.blog​.lemonde​.fr)

    Pierre Bar­thé­lé­my, chro­nique Improbablologie

    Lien pêché sur
    http://elevons-niveau-nos-democraties.ning.com/profiles/blogs/et-si-on-tirait-au-sort-nos-d-put‑s

    Réponse
  52. sitouaillain

    Quel dia­logue !

    j’ai lu atten­ti­ve­ment ce qui pré­cède, au final il me semble que la ques­tion des moyens est en sus­pend et cathe­rine a rai­son sur son idée de propagande,

    le mes­sage éco­lo­giste ne fait sens à bien d’entre nous que parce qu’il y a eu dans le pas­sé des cher­cheurs et des acti­vistes qui ont consti­tué des forces de pro­pa­gandes et d’a­gi­ta­tions, des green­peace, des revues, des par­tis verts, des réseau sor­tir du nucléaire, des fau­cheurs d’OGM, etc.

    ça ne tombe pas du ciel !

    encore une fois la des­crip­tion de cathe­rine sur les pro­pa­gandes, est per­ti­nente, elle per­met de voir le monde ima­gi­naire, celui qui se construit en même temps que nous le vivons, comme le résul­tats d’af­fron­te­ments et de recom­po­si­tions per­ma­mentes à par­tir de dis­cours sur le réel, des pro­pa­gandes qui s’a­gencent, s’an­nulent, et dont le résul­tat pro­duit le monde, l’institue.

    la ques­tion de l’of­fi­cia­li­té du mes­sage est donc une ques­tion secon­daire, non pas qu’il faille nier la por­tée et la force sup­plé­men­taire de « l’of­fi­cia­li­té » du dis­cours en tant qu’il devient dis­cours « per­for­ma­tif » (pro­duc­teur de réel),

    mais plu­tôt parce qu’il faut d’a­bord et avant tou consi­dé­rer qui tient le méga­phone « officiel »,

    ceci pose donc la ques­tion du pou­voir ins­ti­tué (com­mune ou Etat),

    l’im­par­tia­li­té du pro­duc­teur de débats « offi­ciels » et la neu­tra­li­té de la parole « offi­cielle » est donc par essence tri­bu­taire de l’or­ga­ni­sa­tion démo­cra­tique de ces institutions,

    ce qui mal­heu­reu­se­ment n’est pas le cas aujourd’hui !

    autre­ment dit, en appe­ler pour trans­for­mer le monde à une ins­tance offi­cielle de débat, c’est s’in­ter­dire à nou­veau de répondre à la ques­tion des moyens d’y parvenir.

    ce qui au final abou­ti à deux choses : l’a­pa­thie ou, de fil en aiguille, à la com­pré­hen­sion que pour por­ter un mes­sage et pour faire adve­nir un type d’or­ga­ni­sa­tion poli­tique que l’on sou­haite, il faut ras­sem­bler des per­sonnes acquises à cette cause, dif­fu­ser de la pro­pa­gande, faire des débats et donc à terme créer une asso­cia­tion ou un par­ti, un col­lec­tif, bref…

    tout est dans le mes­sage 41 ;

    « Pour rac­cour­cir j’ai en tête qu’il va fal­loir aller vers une relo­ca­li­sa­tion géné­ra­li­sée, des chan­ge­ments de mode de vie, d’habitats…. très pro­fonds, un rema­nie­ment com­plet de l’aménagement du ter­ri­toire , des métiers , de l’agriculture ‚de l’élevage , une rela­tion dif­fé­rente avec la pro­prié­té , l’argent…. plus de PIB , plus de bourse …… Bref il va fal­loir un chan­ge­ment énorme, une rup­ture, une mise en œuvre de quelque chose de vrai­ment nou­veau. Je suis per­sua­dé que ces mises en œuvres ne peuvent pas pas­ser par des vieux outils, par des pra­tiques poli­tiques anciennes, elles mêmes adap­tées à l’ancien monde. Per­sua­dé que le chan­ge­ment pas­se­ra par un chan­ge­ment de métho­do­lo­gie en matière politique.

    Et le seul outil poli­tique réel­le­ment nou­veau c’est la démo­cra­tie .Qui n’est rien d’autre que l’organisation du pou­voir par­ta­gé entre nous tous. Seul ce type d’organisation peut faire remon­ter un ques­tion­ne­ment col­lec­tif impli­quant la foule lamb­da ; peut lan­cer une recherche sociétale. »

    voi­là des pro­pos inté­res­sants, que je retra­dui­rais ain­si : le chan­ge­ment pas­se­ra par le ren­for­ce­ment d’or­ga­ni­sa­tions poli­tiques et asso­cia­tives agré­geant des citoyens sou­cieux du chan­ge­ment, moti­vés pour s’au­toé­du­quer, mutua­li­ser leurs savoirs et addi­tion­ner leurs forces pour agir, construire des réa­li­sa­tions concrètes et reti­rer aux inté­rêts par­ti­cu­liers néfastes les pou­voirs d’a­gir qui sont les leurs actuellement,
    cette force plu­rielle dans ses moyens d’ac­tion comme dans ses convic­tions et ses champs de pré­di­lec­tion, doit être soli­daire et savoir se baser sur des ins­tances de débat, de prises de déci­sion et de défi­ni­tions de stra­té­gies entiè­re­ment démocratiques,

    ce qui bien enten­du sup­pose une double lutte, celle locale ou glo­bale pour ren­ver­ser les cadres actuels de la pen­sée domi­nante et du pou­voir oli­gar­chique et celle, plus urgente, pour construire dans les ini­tia­tives et orga­ni­sa­tions exis­tantes ou dans de nou­velles orga­ni­sa­tions des pra­tiques démo­cra­tiques qui pré­fi­gu­re­rons l’or­ga­ni­sa­tion sociale dans son ensemble.

    je rajou­te­rais éga­le­ment qu’il faut perdre à tout jamais les illu­sions una­ni­mistes, ou spon­ta­néistes, jamais un peuple entier ne devien­dra le moteur de sa propre des­ti­née ni l’or­ga­ni­sa­teur d’une pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, ceci est une illu­sion mal­saine au même titre que celle qui consiste à confier à une petite caste ou « avant-garde » le soin de gui­der le peuple,

    il m’ap­pa­raît plus « réa­liste » de consi­dé­rer qu’une vaste frac­tion d’un peuple qui fait l’ef­fort de conduire de manière dés­in­té­res­sée, et en pra­ti­quant la démo­cra­tie et la tolé­rance, les actions et les avan­cées qu’il estime néces­saire pour le bien com­mun et l’an­crage solide de la démo­cra­tie, de la pré­ser­va­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et de la satis­fac­tion des besoin en tant qu’ac­crois­se­ment de la liberté.

    je dis cela en pre­nant par com­pa­rai­son le phé­no­mène reli­gieux, même la plus belle des reli­gion, plus libé­ra­trice, plus tolé­rante, etc., ne ver­ra jamais l’en­semble de la popu­la­tion s’y conver­tir, il res­te­ra tou­jours de fortes mino­ri­té pour conti­nuer à croire aux anciennes.

    enfin, et c’est tout le sens de mon insis­tance pour un fédé­ra­lisme et une uni­té claire du mou­ve­ment social, il faut bien com­prendre que l’absence de chef et la démo­cra­tie inté­grale peuvent fonc­tion­ner à l’in­té­rieur de cer­tains cercles, j’ai pu l’ex­pé­ri­men­ter, cepen­dant les dif­fi­cul­tés sont d’un autre ordre lorsque l’on prend en consi­dé­ra­tion que les modèles de pen­sée et d’é­du­ca­tion contem­po­rain, s’il évo­luent dans cette direc­tion, n’en ont pas pour autant ces­sée de for­ger des indi­vi­dus enclins à se sou­mettre ou à res­ter apa­thiques, autre­ment dit je suis en train de jus­ti­fier l’ac­cep­ta­tion qu’ont beau­coup de gens à se fier à un guide, à des lea­ders, à des règles hiérarchiques…l’autonomie est un com­bat autant indi­vi­duel que col­lec­tif, nous n’en sommes pas au bout, il faut donc avoir conscience de nos limites quant à nos capa­ci­tés à ins­ti­tuer là tout de suite main­te­nant une démo­cra­tie inté­grale qui soit « fonctionnelle »,

    j’a­joute enfin, que la remarque de Cathe­rine sur le carac­tère per­méable au lob­bying d’é­ven­tuels tirés au sort, n’est que la par­tie émer­gée de l’i­ce­berg, puisque pour ma part c’est le mot « dés­in­té­res­sé » que je conteste à Étienne, non pas sur cette unique pos­si­bi­li­té mais bien parce que nous sommes tous sou­mis à des condi­tion­ne­ments et à des pro­pa­gandes diverses, et qu’il n’est pas don­né à tout le monde de s’en abs­traire, pour, comme le sug­gère Di Giro­la­mo, adop­ter le point de vue de l’en­fant ou de l’ex­tra­ter­restre, ce qui en lan­gage com­mun s’ap­pelle le point de vue scientifique,

    et c’est toute l’ambiguïté du dis­cours tenu sur les idéo­lo­gie et l’op­po­si­tion for­mu­lée ici à tra­vers le « vécu », ambi­guï­té car le « vécu » n’est jamais autre chose que ce que nos « grilles de lec­ture » en disent, et le cher­cheur vise à expli­quer le vécu à par­tir d’angles de vues et de grilles qu’il expli­cite, qu’il ques­tionne et met à l’é­preuve des faits, le char­la­tan qui se pré­tend cher­cheur ten­te­ra de faire col­ler le réel à ses théo­ries et le « lamb­da » fier de le res­ter dira son « vécu » à par­tir de ses propres pré­ju­gés et savoirs issu d’un sens com­mun éri­gé en « bon sens »…c’est ain­si que cer­tains ont long­temps cru que le soleil tour­nait autour de la terre…est-ce si inof­fen­sif que cela ? ou bien y a‑t-il une pro­pa­gande à faire pour que le lamb­da et le cher­cheur se nour­rissent et nour­rissent la socié­té de nou­veaux ima­gi­naires libérateurs ?

    Réponse
  53. sitouaillain

    pour illus­trer la notion d« ima­gi­naire libérateur,

    en voi­ci au moins l’en­jeu : cas­ser les croyances et les visions de la socié­té qui légi­ti­ment la domination.

    Domi­na­tion qui sous l’angle d’une grille de lec­ture d’un juris­con­sulte se tra­dui­ra par un Droit favo­ri­sant le main­tien des pou­voirs au sein d’une caste diri­geante, l’é­lec­tion n’é­tant qu’un moyen par­mi d’autre, le prin­ci­pal étant bien-sûr la forme du droit de pro­prié­té, du droit d’hé­ri­tage et celle du droit des échanges, voire la forme du Droit elle-même. Mais ceci reste à la sur­face des choses…

    en effet, le tirage au sort en soi et une éga­li­té poli­tique sur le papier ne sau­raient contre­ba­lan­cer les effets de la domi­na­tion dont les inéga­li­tés sociales sont les marqueurs,

    si ces inéga­li­tés per­sistent sous la consti­tu­tion athé­nienne, c’est qu’il y a autre chose,

    et cet « autre chose » tient pour beau­coup au « rap­port idéo­lo­gique à la réa­li­té » des hommes qui com­posent une socié­té, il s’a­git de l’hé­gé­mo­nie d’une cer­taine concep­tion du social, dont la reli­gion ou autres mythes jus­ti­fi­ca­teurs sont les soutènements.

    De sorte que l’ad­mi­ra­tion pour Athènes ne doit pas cacher ce qui en fai­sait le vice (et favo­ri­sa sa chute): il n’y a aucun pour les riches à ce que les pauvres décident si les déci­sions des pauvres sont prisent à l’in­té­rieur d’un cadre moral, reli­gieux ou idéo­lo­gique qui est la jus­ti­fi­ca­tion de la per­sis­tance des inéga­li­tés de condi­tion à la nais­sance et des inéga­li­tés sociales. En ce sens, le mythe de la réin­car­na­tion est le plus beau qui ait été inven­té pour jus­ti­fier le fait que cha­cun se trouve bien à sa place…

    « Les trois pos­tu­lats de base de la Théo­rie de la Domi­nance Sociale

    La théo­rie de la domi­nance sociale repose sur trois prin­ci­paux postulats :
    (1) Alors que les hié­rar­chies fon­dées sur le sys­tème d’âge et le sys­tème de
    genre tendent à exis­ter dans toutes les socié­tés, les hié­rar­chies basées sur le
    sys­tème de groupes arbi­traires tendent à émer­ger seule­ment au sein des sociétés
    qui pro­duisent un sur­plus éco­no­mique substantiel ;

    (2) La plu­part des formes de conflits inter­groupes et d’oppressions (e.g.
    racisme, eth­no­cen­trisme, sexisme, natio­na­lisme, clas­sisme, natio­na­lisme etc…)
    peuvent être consi­dé­rées comme dif­fé­rentes mani­fes­ta­tions de la même
    pré­dis­po­si­tion humaine à for­mer une hié­rar­chie sociale basée sur des groupes, et ;

    (3) Les sys­tèmes sociaux humains sont sujets à l’influence contre­ba­lan­cée de
    deux types de « mythes légi­ti­mi­sa­teurs » : (1) les mythes/forces qui accen­tuent la
    hié­rar­chie sociale (e.g. racisme, sexisme, natio­na­lisme, etc…); et, (2) les
    mythes/forces qui atté­nuent la hié­rar­chie sociale (e.g. droit de l’homme,
    mul­ti­cul­tu­ra­lisme, socia­lisme, etc…). Alors que le pre­mier type de mythe favorise
    l’é­mer­gence ou le main­tien des inéga­li­tés sociales entres les groupes, le second
    favo­rise l’égalité sociale entre les groupes. »

    la suite : http://​www​.pre​juges​-ste​reo​types​.net/​e​s​p​a​c​e​D​o​c​u​m​e​n​t​a​i​r​e​/​d​a​m​b​r​u​n​T​D​S​.​pdf

    Réponse
  54. gilles

    Bon­jour, je viens de lire vos messages.

    • À Cathe­rine, les tirés au sort n’exer­ce­raient leurs charges que pen­dant une période déter­mi­née et non-renou­ve­lable jus­te­ment pour évi­ter de finir cor­rom­pus. C’est ce qu’É­tienne nous appris lors de ses expli­ca­tions sur le tirage au sort :

    => Lien vers le sché­ma expli­ca­tif sur la démo­cra­tie athé­nienne par le moyen du tirage au sort ( source : Étienne Chouard ) …

    • À tous : En sui­vant et véri­fiant les infor­ma­tions don­nées par un blog mili­tant pour la démo­cra­tie, je viens de décou­vrir que la socié­té habi­li­tée à homo­lo­guer les machines à voter en France est le « Bureau Veritas » :

    => Lien vers un docu­ment for­mat pdf d’ho­mo­lo­ga­tion de cette socié­té dénom­mée « Bureau Veri­tas » afin de véri­fier la confor­mi­té des machines à voter( source : Bureau Veritas ) … 

    Or, il se trouve que cette une entre­prise pos­sé­dée par le baron Ernest-Antoine Sei­lière de Laborde, ex-pré­sident du MEDEF, pré­sident du direc­toire du hol­ding fami­liale Wen­del Inves­tis­se­ment. Son chiffre d’affaires est en hausse de 10,6% au pre­mier semestre 2005, grâce notam­ment à sa filiale Bureau Veri­tas (+11,6%). Source Boursorama

    => Lien vers une confir­ma­tion de la pro­prié­té par Ernest-Antoine Sei­lière de Laborde du « Bureau Veri­tas ( source : Busi­ness Week ) …

    Je ne sais pas quelle est ma grille de lec­ture comme dirait sit…ain, mais à moins que l’on me prouve le contraire, il me semble qu’il y a très grave conflit d’in­té­rêts pour ce diri­geant patro­nal entre la sin­cé­ri­té du résul­tat des élec­tions et son inté­rêt per­son­nel de chef d’entreprise.

    Réponse
  55. Di Girolamo

    Sitouaillain

    Sur la « ques­tion des moyens » .….

    J’ai com­men­cé des réponses hier soir mais ce matin je décide de te copié col­lé le compte ren­du de l’ex­pé­ri­men­ta­tion qu’on avait com­men­cée et qui a été mal­heu­reu­se­ment cas­sée par le pou­voir d’un dépu­té maire carriériste.
    La stra­té­gie c’est de pas­ser par l’ins­ti­tu­tion exis­tante ( ici région et com­munes )de viser le public lamb­da , de ne sur­tout pas ren­trer dans le débat poli­ti­cien ‚d’a­bor­der direc­te­ment les pro­blèmes , de mettre en oeuvre et inven­ter des méthodes attrac­tives pour créer loca­le­ment une culture du débat et de la réflexion ; d’a­van­cer par effet boule de neige de com­munes en communes.

    L’é­chec et la vio­lence contre nous de cer­tains ins­ti­tu­tion­nels montre qu’on a tou­ché réel­le­ment à leur sys­tème de pou­voir ; suite à mon insis­tance ( tri­bu­nal , lettre aux conseillers régio­naux ) le pré­sident de région vient de me répondre , « m’as­su­ranr de toute son atten­tion »(!) et invi­tant son vice pré­sident en charge des ter­ri­toires de s’en occu­per ; mon idée est de conti­nuer à appuyer for­te­ment afin de pou­voir déblo­quer le CLD Ardèche Verte , redé­mar­rer des soi­rées com­mu­nales, don­ner une vraie auto­no­mie à cette struc­ture offi­cielle , la faire vrai­ment connaître de tous et la dyna­mi­ser. Pour­quoi pas éta­blir un pont avec l’as­sem­blée natio­nale et le prin­cipe des com­mis­sion d’é­tude ( sur l’éner­gie , la mon­naie etc)

    Je copie colle :

    Asso­cia­tion Orga­ni­ser la Démo­cra­tie Participative
    à Région Rhône Alpes
    Direc­tion de la pros­pec­tive, de l’évaluation et de la rela­tion aux citoyens
    08 025578 01-ODP002
    Impu­ta­tion : 935 58 6574

    Compte ren­du-éva­lua­tion de l’expérimentation « Comi­tés de Villages »
    « La démo­cra­tie sans la par­ti­ci­pa­tion des citoyens à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des poli­tiques de la nation n’est pas une démo­cra­tie mais une oligarchie*. »

    L’expérimentation inti­tu­lée « Comi­tés de Vil­lages » a été sou­te­nue par la Région Rhône Alpes dans le cadre de sa poli­tique d’aide au déve­lop­pe­ment de la démo­cra­tie participative.

    Elle a consis­té à cher­cher à réunir les élus locaux et les acteurs du ter­ri­toire autour d’une réflexion col­lec­tive sur les enjeux éco­lo­giques au sens large du terme. Le ter­ri­toire concer­né géo­gra­phi­que­ment recoupe le Pays de l’Ardèche Verte. Nous pou­vons en décrire la réalisation.

    1. Démar­rage de l’action.

    1.1 Un contexte local difficile

    En 2009 date du début de l’expérimentation le contexte local en termes d’organisation de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, sauf rare excep­tion, est assez néga­tif : les conseils muni­ci­paux et com­mu­nau­taires sont peu ouverts à la par­ti­ci­pa­tion, et concer­nant le Pays, le Conseil Local de Déve­lop­pe­ment (CLD) Ardèche Verte, struc­ture dédiée à la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, est une struc­ture confi­den­tielle, peu connue, réser­vée à des ini­tiés. Les citoyens lamb­da sont à l’écart des poli­tiques locales et les citoyens dits « mili­tants »assument leur citoyen­ne­té au tra­vers du sec­teur asso­cia­tif ; l’école pre­mier et essen­tiel éche­lon de la répu­blique ne favo­rise pas assez l’esprit cri­tique et la citoyenneté.

    Le lien col­la­bo­ra­tif élus /citoyens au sein même de l’institution est très peu vivant.

    Dans ce contexte, l’expérience avait donc pour but, d’étudier la pos­si­bi­li­té de ren­for­cer la démo­cra­tie locale en cher­chant à rap­pro­cher les élus et les citoyens et de favo­ri­ser une culture du débat. Cela en s’appuyant sur le fait que nous avons aujourd’hui devant nous des enjeux majeurs sus­cep­tibles de pou­voir nous inci­ter à nous réunir au-delà des inté­rêts partisans.

    1.2 Le choix d’une méthode.

    La méthode employée consis­tait à mobi­li­ser les élus locaux autour de l’organisation de soi­rées vidéo par­ti­ci­pa­tives sur leurs com­munes ; il s’agissait de réunir les maires, leurs conseillers et les habi­tants autour de films per­met­tant une réflexion et des débats sur les grands enjeux éco­lo­giques. L’espace com­mu­nal pré­sen­tant un double avan­tage : celui de la proxi­mi­té et un carac­tère public situé au-delà des cli­vages, per­met­tant une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive à sa place au sein de l’institution. Les élus étaient invi­tés à par­ti­ci­per dès l’amont en termes d’organisation des soirées.

    2. Des pre­miers pas prometteurs.

    2.1 Pre­mier film : un pro­jet, des liens.

    Le pre­mier film auto réa­li­sé cher­chait à mon­trer la pro­fon­deur de la crise glo­bale (éco­no­mique, finan­cière, sociale, éco­lo­gique …) et tout l’intérêt de se regrou­per loca­le­ment pour la com­prendre et agir ; le film ren­voyait expli­ci­te­ment au Pays de l’Ardèche Verte et son Conseil Local de Déve­lop­pe­ment (CLD), comme outil public de col­la­bo­ra­tion active entre les élus et les citoyens concer­nant les poli­tiques d’aménagement et déve­lop­pe­ment du territoire.

    Le lien entre des réflexions par­ti­ci­pa­tives au niveau com­mu­nal et le pays appa­rais­sait alors comme une évi­dence d’autant que sur un plan pra­tique deux ini­tia­teurs de l’expérimentation étaient déjà membres du bureau du CLD.

    Le pré­sident du CLD par­ti­ci­pa d’ailleurs à la pre­mière soi­rée qui se dérou­la sur la com­mune de Lemps et se dit très inté­res­sé et tout dis­po­sé à faire en sorte que le CLD col­la­bore avec l’association Orga­ni­ser la Démo­cra­tie Par­ti­ci­pa­tive sur ce type d’action.

    Cette pre­mière soi­rée à laquelle par­ti­ci­pa M Fran­çois Auguste, alors Vice Pré­sident de la région en charge de la Démo­cra­tie Par­ti­ci­pa­tive fut un suc­cès en terme d’intérêt et fré­quen­ta­tion des habi­tants et mobi­li­sa­tion des élus locaux qui mirent la salle com­mu­nale à dis­po­si­tion gra­tuite et s’investirent dans l’organisation.

    Un groupe de tra­vail se consti­tua afin de pou­voir pro­lon­ger l’expérience sur d’autres com­munes ; plu­sieurs réunions furent orga­ni­sées ‚et le lien se ren­for­ça avec le CLD Ardèche Verte qui dans le cadre d’un ate­lier déjà exis­tant dit Ate­lier Démo­cra­tie Par­ti­ci­pa­tive sou­hai­ta s’investir sur cette action qui cor­res­pon­dait rigou­reu­se­ment à sa mis­sion n° 4 de sen­si­bi­li­sa­tion, infor­ma­tion de la socié­té civile des­ti­née à faire connaitre le pays et son CLD comme outils par­ti­ci­pa­tifs ouverts aux acteurs locaux dans le cadre des poli­tiques d’aménagement et déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire par les contrats régionaux .

    Une dizaine de per­sonnes de ce groupe de tra­vail suite à une réunion d’information sur le pays sou­hai­tèrent s’inscrire comme membre du CLD ; de son côté le bureau du CLD avait vali­dé la par­ti­ci­pa­tion du CLD à cette action qui devait être pré­sen­tée aux élus du Comi­té de Pilo­tage le 26 novembre 2009 à St Jean de Muzols.

    L’expérimentation pre­nait donc forme posi­ti­ve­ment et la soi­rée de Lemps allait pou­voir se dupli­quer sur d’autres com­munes du ter­ri­toire : des ren­dez vous avaient d’ailleurs été pris à ce sujet avec le maire de Tour­non sur Rhône et le Pré­sident de la Com­mu­nau­té de Com­munes du Haut Vivarais.

    2.2 Où la démo­cra­tie ren­contre ses limites

    Pour­tant, entre temps, le pré­sident du CLD avait été renou­ve­lé et son suc­ces­seur affi­cha d’entrée son oppo­si­tion à ce type d’action de ter­rain, sa volon­té de res­treindre les acti­vi­tés du CLD à la par­ti­ci­pa­tion aux réunions orga­ni­sées par le Syn­di­cat Mixte et de mettre en place un por­tage du poste d’animateur du CLD par le Syn­di­cat Mixte, pro­ces­sus sur lequel il s’était déjà per­son­nel­le­ment accor­dé avec le Pré­sident du Syn­di­cat mixte Ardèche verte à l’origine de cette pro­po­si­tion de portage.

    Le bureau du 5 octobre 2009 du Conseil Local de Déve­lop­pe­ment en vali­dant la par­ti­ci­pa­tion du CLD à l’action expé­ri­men­tale, en l’orientant réso­lu­ment vers sa mis­sion de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive de ter­rain et en choi­sis­sant une autre orien­ta­tion que le por­tage de poste pro­po­sé se heur­ta de front aux sou­haits déjà pro­gram­més des deux pré­si­dents, du Pays et du CLD.

    Cet état de fait fut le déclen­cheur d’une inter­rup­tion bru­tale de l’expérimentation et d’un long pro­ces­sus de décom­po­si­tion du CLD. La pré­sen­ta­tion de l’action pré­vue au Comi­té de Pilo­tage le 26 novembre 2009 n’eut pas lieu. Suite à une vio­lente inter­ven­tion du pré­sident du CLD , le pré­sident de séance (pdt du Pays) a clos la séance sans lais­ser la pré­sen­ta­tion avoir lieu. Il décla­ra par ailleurs aux élus du Comi­té de Pilo­tage que cette action n’était pas sou­te­nue finan­ciè­re­ment par la Région.

    3. Un épi­logue pro­vi­soire … de faible niveau démocratique.

    3.1 Jeux d’ex­perts du pouvoir …

    Suite à ce comi­té de pilo­tage, les élus res­sen­tant fort bien le posi­tion­ne­ment néga­tif du Pré­sident du Syn­di­cat Mixte envers cette expé­ri­men­ta­tion annu­lèrent leurs ren­dez vous , Mon­sieur Jacques Deplace et moi-même, Georges Di Giro­la­mo, furent exclus du CLD , puis plus récem­ment à nou­veau exclus de la phase consti­tu­tive du nou­veau CLD por­té par le Syn­di­cat Mixte par l’in­ter­mé­diaire d’un bureau d’é­tudes à la com­mande pré­cise (pour 10 000 €). Ce nou­veau CLD étant clai­re­ment un ins­tru­ment et une éma­na­tion du Syn­di­cat Mixte.

    Une requête auprès du Tri­bu­nal admi­nis­tra­tif est en cours à ce sujet.

    Bien que posi­ti­ve­ment enga­gée et bien accueillie, l’expérimentation a été « cas­sée »par les pré­si­dents du CLD et du Pays. Venait-elle contra­rier leur propre pro­jet et bous­cu­ler leurs pou­voirs ? Les prin­cipes de l’ouverture à tous et d’indépendance des CLD, pour­tant affi­chés clai­re­ment dans les déli­bé­ra­tions régio­nales, ont été tran­quille­ment vio­lés. Le poids poli­tique déme­su­ré du pré­sident du Pays , dépu­té et maire, membre émi­nent du Par­ti socia­liste diri­geant la région en lien étroit avec la rap­por­teuse régio­nale, le vice pré­sident en charge des ter­ri­toires et le pré­sident de Région.

    3.2 … et béné­vo­lat citoyen.

    De ce fait le groupe de tra­vail consti­tué s’est décou­ra­gé, les pro­jec­tions ont été inter­rom­pues, les per­sonnes ayant par écrit deman­dé l’adhérer au CLD n’ont jamais eu de réponse ; le syn­di­cat Mixte sous l’impulsion de son pré­sident, a mis en place un nou­veau CLD, non indé­pen­dant, simple annexe du Syn­di­cat Mixte qui décide de son sta­tut et de sa composition.

    Le pro­gramme expé­ri­men­tal n’a donc pu être réa­li­sé plei­ne­ment, et cinq soi­rées seule­ment ont été orga­ni­sées : la soi­rée inau­gu­rale à Lemps et son avant pre­mière à Etables, une soi­rée vidéo de vision­nage des débats des deux pre­mières soi­rées, et plus récem­ment dans des condi­tions moins pro­pices, suite au pro­blèmes ren­con­trés au sein du Pays , une soi­rée sur la com­mune de Nozières , une soi­rée sur la com­mune de St Jean de Muzols en pré­sence de Madame Lela Ben­cha­rif, vice pré­si­dente de la région .

    4. Une éva­lua­tion nécessaire.

    4.1 Une action utopique ?

    L’arrêt bru­tal de l’expérimentation, pour­tant bien enga­gée et béné­fi­ciant de l’aide finan­cière de la Région a para­si­té l’expérience et ren­du dif­fi­cile une véri­table éva­lua­tion quant à l’ impact pos­sible d’une telle action sur l’amélioration de la par­ti­ci­pa­tion des habi­tants du pays , mais a sur­tout révé­lé des dys­fonc­tion­ne­ments impor­tants de notre démo­cra­tie locale et fait res­sor­tir un ques­tion­ne­ment de fond sur l’organisation régio­nale en matière de sou­tien à la démo­cra­tie participative.

    Concer­nant l’évaluation de l’action, en rap­port avec les buts fixés au départ d’amélioration de la démo­cra­tie locale ‚on peut remar­quer que le contact direct et per­son­nel avec des élus com­mu­naux s’est bien pas­sé et qu’apparemment les élus des com­munes , maires et conseillers ‚sont prêt à jouer le jeux de la par­ti­ci­pa­tion sur les bases pro­po­sées ; côté popu­la­tion , le fait qu’après la soi­rée inau­gu­rale se soit consti­tué un groupe de tra­vail et qu’une dizaine de per­sonnes aient fait la démarche d’adresser une demande écrite d’adhésion au CLD Ardèche Verte, est un signe encou­ra­geant quant à l’intérêt de l’expérience et l’efficacité de sa métho­do­lo­gie glo­bale /locale .Ces aspects posi­tifs n’effaçant pas pour­tant les ten­dances néga­tives lourdes repé­rées au départ et qui ont été confir­mées : une grande majo­ri­té de citoyens est dif­fi­cile à mobi­li­ser et les citoyens « mili­tants » sont très méfiants vis-à-vis des élus et de l’institutionnel.

    4.2 Pistes cri­tiques et propositions.

    Néan­moins, glo­ba­le­ment, l’expérience et sa méthode s’est révé­lée posi­tive au moins pour les cinq soi­rées orga­ni­sées (Voir Compte ren­du plus détaillé joint)

    Concer­nant le (dys) fonc­tion­ne­ment de la démo­cra­tie locale, il a été au contraire mis en évi­dence, au niveau des ins­tances inter­com­mu­nales, et donc d’échelons repré­sen­ta­tifs plus pro­fes­sion­na­li­sés, de la réelle dif­fi­cul­té pour les élus à ce niveau d’accepter le prin­cipe de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ; du moins si ce terme prend son vrai sens et dépasse l’utilisation qu’ils peuvent eux-mêmes en faire ; en effet l’élargissement et le déve­lop­pe­ment du CLD, ins­tance locale offi­cielle de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, dans le sens de sa mis­sion de mobi­li­sa­tion des acteurs locaux à par­ti­ci­per aux poli­tiques locales ont été for­te­ment contes­té et refu­sé par les deux pré­si­dents qui ont sou­hai­té impo­ser un CLD relié étroi­te­ment avec le Syn­di­cat Mixte ‚et en défi­ni­tive très peu autonome.

    Le compte ren­du des soi­rées vidéo et le témoi­gnage qui peut être sol­li­ci­té de Mon­sieur Fran­çois Auguste et Madame Lela Ben­cha­rif Vice-pré­si­dents à la Démo­cra­tie Par­ti­ci­pa­tive qui ont assis­té à deux soi­rées montre clai­re­ment l’intérêt du pro­ces­sus expé­ri­men­tal enga­gé et rend d’autant plus incom­pré­hen­sible la réac­tion des deux présidents.

    Le contexte local explique pour­tant bien les choses : dès l’origine le CLD Ardèche Verte a été vécu comme une obli­ga­tion admi­nis­tra­tive par les élus du Comi­té de Pilo­tage du Pays ; il s’est consti­tué sur une base socio­lo­gique et géo­gra­phique étroite et très dés­équi­li­brée et en cela contraire aux pres­crip­tions régio­nales … les divers pré­si­dents du CLD étaient ou pré­sident de la CCI ou pré­si­dents de l’Office du Tou­risme d’Annonay ….le CLD s’est consti­tué sans jamais rédi­ger de règle­ment inté­rieur ; sur ces deux élé­ments en contra­dic­tion avec les pres­crip­tions de la région ni le rap­por­teur régio­nal , ni le chef de pro­jet , ni les ser­vices de la région n’ont fait leur tra­vail : la région n’aurait jamais du accep­ter de finan­cer un CLD non doté d’un règle­ment intérieur.

    Un CLD confi­den­tiel de quelques « ini­tiés » locaux, fai­sant corps avec les élus au sein de la même enti­té diri­geante, conve­nait très bien à tout le monde . L’expérimentation en cours, du fait de son pos­sible suc­cès venait bous­cu­ler cet équi­libre assez convi­vial mais peu répu­bli­cain : des réunions dans les vil­lages, des per­sonnes qui s’inscrivaient au CLD ! Où allait-on ?!

    Les char­gés de mis­sion eux-mêmes, comme c’est sou­vent le cas, les élus par néces­si­té s’appuyant beau­coup sur eux du fait de leurs acti­vi­tés cumu­lées, étaient d’autant moins enclins à par­ta­ger leur « pou­voir » qu’ils per­ce­vaient clai­re­ment le posi­tion­ne­ment de leurs employeurs.

    Enfin, comme déjà indi­qué, le fait de cumul de man­dats natio­naux et locaux, fausse la vie poli­tique locale en y insé­rant des rela­tions de pou­voir tout à fait anor­males et anti démo­cra­tiques. La pra­tique de la réserve par­le­men­taire rajou­tant encore de la pol­lu­tion et de l’immoralité.
    .
    Ces dérives qui sont connues mais jamais réel­le­ment remises en cause ou même dis­cu­tées sont incom­pa­tibles avec la poli­tique régio­nale de sou­tien à la démo­cra­tie (démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et par­ti­ci­pa­tive étant deux faces de la même médaille)

    Conclu­sion provisoire.

    En conclu­sion et en terme de pré­co­ni­sa­tion suite aux résul­tats de l’expérimentation, nous citoyens de Rhône Alpes, deman­dons au conseil régio­nal d’organiser des réunions de tra­vail sur ces pro­blé­ma­tiques ; serait abor­dé le rôle et le fonc­tion­ne­ment des CLD et la méthode à mettre en œuvre pour les déve­lop­per ; le CLD Ardèche Verte pour­rait ser­vir de champ d’expérimentation pour recons­truire une dyna­mique par­ti­ci­pa­tive . Serait étu­dié le rap­pro­che­ment des ser­vices démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ( Lela Ben­cha­rif) et ter­ri­toire( Her­vé Sau­li­gnac ) concer­nant les CLD. Même si les déci­sions les concer­nant dépendent « du légis­la­teur », Le pro­blème des cumuls de man­dats, notam­ment pour la pré­si­dence du pays devrait aus­si être abordé.

    Dans le contexte actuel de crise pro­fonde de la gou­ver­nance (et du reste !), dans la pers­pec­tive des réformes ter­ri­to­riales qui en sup­pri­mant les pays qui assu­raient le lien élus/ citoyens et la rela­tion villes/campagne, l’élargissement des éche­lons ter­ri­to­riaux ayant natu­rel­le­ment ten­dance à accen­tuer l’aspect tech­nique et ges­tion­naire de la gou­ver­nance et à creu­ser le fos­sé entre les citoyens et leurs repré­sen­tants, la région doit, suite à cette expé­ri­men­ta­tion, assez réus­sie au final ‚assu­mer dans les faits ses dis­cours de sou­tien à une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive , aujourd’hui plus qu’avant, com­plè­te­ment nécessaire.

    Réunions publiques de vil­lage autour du thème central
    “Crise glo­bale ! Solu­tions locales ?”
    intro­duit par un film réa­li­sé par Jo Di Girolamo.

    Cinq soi­rées ont été orga­ni­sées, pré­pa­rées par des réunions inter­mé­diaires notam­ment avec les équipes muni­ci­pales de Lemps, Nozières, St Jean de Muzols. Elles visaient à la prise de conscience de la situa­tion de crise dans laquelle nous sommes entrés et des solu­tions locales pos­sibles que nous pou­vons y appor­ter. Celles-ci étaient condi­tion­nées par un lien étroit entre les élus locaux (muni­ci­paux, com­mu­nau­taires) et les citoyens de tous métiers, quelle que soit leur orien­ta­tion poli­tique. C’est la rai­son de la sol­li­ci­ta­tion des maires et de leur équipe municipale.

    Ani­mées par Jacques Deplace sous diverses contraintes visant à la démo­cra­tie la plus vivante :

    Orga­ni­sa­tion de l’espace de la salle en hémi­cycle afin que tous les par­ti­ci­pants puissent se voir. La réor­ga­ni­sa­tion des chaises entre une dis­po­si­tion cen­trée sur l’écran (pour le film) et un échange géné­ra­li­sé est un des temps de cette démo­cra­tie : les par­ti­ci­pants orga­ni­sant eux-mêmes l’espace de leurs échanges plu­tôt que subir une parole ver­ti­cale depuis une tri­bune avec des ques­tions qui res­tent tou­jours posées au centre.
    Dis­tri­bu­tion et régu­la­tion de la parole : pour évi­ter à la fois les apar­tés gênants et non par­ti­ci­pa­tifs comme les échanges incom­pré­hen­sibles par excès d’intervenants simultanés.

    Relance des thèmes de débat à par­tir des inter­ven­tions des par­ti­ci­pants pour y inclure au maxi­mum les apports de chacun.

    Ela­bo­ra­tion en direct d’une syn­thèse qui tente de faire per­ce­voir aux par­ti­ci­pants la pro­duc­tion com­mune de connais­sances réa­li­sée pen­dant ce temps d’échanges.

    1. Etables (Mai­son de Pays de l’Ay au Doux 1) / 14 mars 2009⁄75 personnes

    Lan­ce­ment de l’opération dans un lieu dédié aux ren­contres citoyennes comme à l’accueil de por­teurs de pro­jets ou à la pré­sen­ta­tion-vente de pro­duits de pays.
    Pre­mière pré­sen­ta­tion du film

    2. Lemps (Salle des fêtes) / 26 mars 2009 130 personnes

    Réunion publique lon­gue­ment pré­pa­rée avec le maire et l’équipe muni­ci­pale, pré­sents lors de cette réunion.
    Film réa­li­sé par Ate­lier Images (?) de la MJC d’Annonay
    Pré­sence de Fran­çois Auguste (VP Région­Rh­pône Alpes en charge de la Démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive) et du pré­sident (Michel Suz­za­ri­ni) du CLD Ardèche Verte

    3. Etables (Mai­son de Pays de l’Ay au Doux 2) / 20 jan­vier 2010⁄24 per­sonnes (7 excusées)

    Retour sur le film pris lors de la réunion de Lemps, en quelque sorte un film sur le film : ana­lyse cri­tique des échanges.
    Pré­sence d’un vice-pré­sident du CLD Ardèche Verte (Jean Cha­tai­gnier, qui en devien­dra pré­sident le 11 février). Notons qu’à l’issue de la réunion, 10 per­sonnes ont mani­fes­té leur désir de par­ti­ci­per au Conseil Local de Déve­lop­pe­ment et ont deman­dé leur adhé­sion … sans réponse à ce jour !!!!

    4. Nozières (salle muni­ci­pale) / 18 février 2010⁄60 personnes

    Notons pour ce débat l’échange dense et pas­sion­né entre les par­ti­sans d’une contre-socié­té, en dehors des ins­ti­tu­tions et ceux, par­ti­sans d’une trans­for­ma­tion, certes dif­fi­cile, de celles-ci. Des citoyens de Lamastre orga­ni­sés dans l’association « Grains d’i­ci » pré­sentent le pro­gramme de leur pro­chain « Forum des ener­gies » dont les thèmes de réflexion-action et les méthodes de réunions rejoignent les nôtres. Notons qu’ils auront une grande dif­fi­cul­té à trou­ver une salle devant la mau­vaise foi évi­dente de la mai­rie de Lamastre. Sur nos conseils, ils uti­li­se­ront des moyens juri­diques rapides pour rame­ner la mai­rie à la simple légalité.

    5. St Jean de Muzols / 26 mars 2011⁄80 personnes

    Débats autour d’apports intro­duc­tifs sur divers sujets :
    Pro­duc­tion pay­sanne de viande et race locale (par Fré­dé­ric Duvert)
    Réa­li­sa­tion d’un réseau d’échanges en mon­naie locale (la “mesure”) à Romans, par Tho­mas Heu­riez qui pré­sente aus­si la chaus­sure éthique locale à tra­vers l’entreprise “made in Romans” …
    Construc­tion de mai­son en paille (par Lio­nel Chau­vet de l’association Terre de Sienne)
    Débat géné­ral autour du lien à éta­blir entre ces domaines : mon­naie, habi­tat-éner­gies, ali­men­ta­tion …acti­vi­tés asso­cia­tives et
    La par­ti­ci­pa­tion de Lela Ben­cha­rif Vice pré­si­dente Région Rhône alpes, en charge de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive per­met d’aborder la ques­tion du poli­tique comme lieu de construc­tion – dif­fi­cile – du bien commun.

    Élé­ments d’analyse.

    Sur le total des 370 par­ti­ci­pants, il y a évi­dem­ment une part ( une petite ving­taine) de per­sonnes du noyau mili­tant qui se retrouvent. Cela fait cepen­dant quelque 300 per­sonnes concer­nées. Cela couvre toutes les géné­ra­tions, avec une domi­nante cepen­dant des 40 – 60 ans.

    Nous pou­vons repé­rer les avan­cées démocratiques :

    Per­cep­tion de modes pos­sibles d’échanges mal­gré les dif­fé­rences de lan­gage, de per­cep­tion, liées aux métiers, aux âges, aux orien­ta­tions idéo­lo­giques (le terme est un peu lourd ici).

    Per­cep­tion d’une construc­tion pos­sible d’un monde com­mun avec une cer­taine auto­no­mie locale : “ce qui dépend de nous”. Cette rela­tive auto­no­mie, qui ne signi­fie pas autar­cie concerne l’ensemble des sec­teurs de notre vie quotidienne.

    Connais­sance par­ta­gée des struc­tures exis­tantes de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, notam­ment le Conseil Local de Déve­lop­pe­ment. Ceci en com­plé­ment d’une per­cep­tion plus fine de la proxi­mi­té des Conseils muni­ci­paux direc­te­ment élus par les citoyens.

    Même la per­cep­tion des limites de l’action peut être mise au compte de son apport : il faut du temps pour construire ce monde com­mun et ren­for­cer les liens citoyens nécessaires.

    Réponse
  56. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    fina­le­ment on voit bien que le fac­teur poli­tique frei­nant la pro­gres­sion de vos ini­tia­tives est direc­te­ment lié aux résul­tats des élections,

    pour faire sau­ter le ver­rou, à mon avis, deux échéances devraient mobi­li­ser ce qui reste de troupes : les légis­la­tives et les municipales.

    il faut au moins faire tom­ber cet oli­vier Dus­sopt, dépu­té-maire d’An­no­nay et pré­sident du syn­di­cat mixte du pays ardèche-verte(http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​O​l​i​v​i​e​r​_​D​u​s​s​opt) ne serait-ce que pour le salut public, c’est-à-dire avant qu’il ne nuise à niveau supé­rieur de res­pon­sa­bi­li­tés, car il est encore bien jeune et a de belles années de rapt poli­tique devant lui. Son par­cours montre bien pour­quoi il a adop­té de teles posi­tions envers la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, puis­qu’il est lui-même un ancien char­gé de mis­sion spé­cia­liste en déve­lop­pe­ment territorial,

    fonc­tion qui consiste sou­vent et sur­tout dans le cadre des pays, à mobi­li­ser éner­gies et sub­ven­tions en vue d’une exten­sion des pro­fits des membres influents des CCI et chambres d’a­gri­cul­ture et point du tout à géné­rer des alternatives…ça c’est pour les beaux dis­cours et la façade…l’  »attrac­ti­vi­té du ter­ri­toire », c’est pour finan­cer publi­que­ment la com des entre­prises de tou­risme et pas pour rendre la vie locale plus agréable…

    stra­té­gi­que­ment, une alliance des verts locaux et du FdG devrait se construire pour lui ravir ses man­dats, en s’ap­puyant sur ce docu­ment, qui, j’en suis sûr, ne consti­tue qu’un exemple par­mi d’autres d’u­sur­pa­tion de pouvoir.

    le dépu­té Jean-Jack Quey­ranne, Pré­sident de la région Rhône-Alpes est lui aus­si membre du bureau natio­nal du PS, avec der­rière lui un beau par­cours de pro­fes­sion­nel de la poli­tique, il est cepen­dant adhé­rent d’une autre ten­dance que celle du dépu­té-Maire d’An­no­nay (ce qui peut ser­vir ta cause)…(http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​J​e​a​n​-​J​a​c​k​_​Q​u​e​y​r​a​nne),

    et déci­dé­ment, comme on est là face à une véri­table mafia, très sem­blable au « sys­tème PS » en Bre­tagne (là-bas direc­te­ment lié à Véo­lia environnement…qu’en est-il en Rhône-Alpes?), il vous fau­dra éga­le­ment vous atta­quer au dépu­té de l’Ar­dèche, pré­sident du Conseil Géné­ral, Pas­cal Ter­rasse(http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​P​a​s​c​a​l​_​T​e​r​r​a​sse), cumu­lard lui aus­si très occu­pé, son busi­ness étant plu­tôt orien­té sur les gra­ba­taires qu’il s’a­gis­sait de rendre sol­vables avec l’A­PA, il est tout de même membre des Conseils de Sur­veillance du Fonds de finan­ce­ment de l’allocation per­son­na­li­sée d’autonomie, de l’Agence cen­trale des orga­nismes de sécu­ri­té sociale et de la Caisse natio­nale d’assurance vieillesse des tra­vailleurs sala­riés ain­si que membre du Conseil d’orientation des retraites (COR).

    Il inter­vient actuel­le­ment à Sciences-Po Paris dans le cadre de l’Exe­cu­tive mas­ter Poli­tiques géron­to­lo­giques et ges­tion des EHPAD.

    et éga­le­ment membre du bureau natio­nal du PS (déci­dé­ment!) et char­gé de la com­mis­sion de contrôle des comptes (ce qui en soi devrait l’oc­cu­per à plein temps rien que sur le CG 13 et Marseille),

    bref vous êtes sur des gros gros poissons…des vaches sacrées, le der­nier ayant été élu dépu­té avec 61% des voix !

    j’ai éga­le­ment lu le sché­ma d’o­rien­ta­tion du Pays Ardèche verte, un Power­point arti­sa­nal dégou­li­nant de bonnes inten­tions, avec tout de même le constat du dys­fonc­tion­ne­ment du CLD, et sur­tout un magni­fique aveu sur ce que sont vrai­ment ces « machins » poli­tiques que sont les pays, puis­qu’on y déplore dans le diag­nos­tic la concen­tra­tion des actions de l’exer­cice pré­cé­dent sur le domaine « économique »,

    mais on enchaîne plus loin sur le « pro­blème » de l’é­miet­te­ment des par­celles pour la mise en valeur de la « filière bois », véri­table « poten­tiel », là où on s’at­ten­dait à des recom­man­da­tions en matière de pré­ser­va­tion d’es­paces pour les humains et les ani­maux, en coha­bi­ta­tion har­mo­nieuse, nous voi­ci face à un ter­ri­toire « à exploi­ter » plus « ration­nel­le­ment »…même si bien-sûr tout n’est pas à jeter dans les « fiches action »…on est bien loin de la « pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique » et de la « démo­cra­tie participative »…

    les mots sont impor­tants : un « dis­po­si­tif de concer­ta­tion » n’a rien de contrai­gnant du point de vue déci­sion­nel, il s’a­git d’une simple cau­tion « démocratique »,

    m’est avis qu’in­té­grer ces ins­tances consul­ta­tives, de concer­ta­tion, etc., qui sont en fait des opé­ra­tions de com pour mieux faire accep­ter les pro­jets déjà éta­blis et les amé­lio­rer très à la marge, ne peut avoir de sens qu’à la condi­tion d’a­voir bien pré­pa­ré des contres-argu­men­taires pour mettre les « rap­por­teurs » face à leurs contra­dic­tions, et éven­tuel­le­ment pour res­ter inté­grés aux avan­cées des tra­vaux des déci­deurs afin de mieux ali­men­ter des actions d’in­for­ma­tion et d’a­gi­ta­tion visant à per­tur­ber le train-train com­mu­ni­ca­tion­nel habi­tuel suin­tant les bonnes inten­tions et la concorde publique,

    bref, mieux vaut prio­ri­tai­re­ment agir en dehors de tout ça pour être un grain de sable efficace…et conti­nuer ces séances de pro­jec­tion qui n’ont pas besoin de tam­pon offi­ciel ni de sub­ven­tions pour s’or­ga­ni­ser et être des réussites…de même pour une news­let­ter et une liste de dif­fu­sion ser­vant de contre­point à la pro­pa­gande des pla­quettes offi­cielles en papier gla­cé et aux divers bul­le­tins mas­quant soi­gneu­se­ment les choses qui fâchent, tout comme la presse locale struc­tu­rel­le­ment trop dépen­dante de ses sources « offi­cielles » et des encarts publi­ci­taires locaux pour s’at­ti­rer les foudres des élus et des pontes des CCI, CA, etc.

    en tout cas, bra­vo pour ton combat ! 😉

    Réponse
  57. Di Girolamo

    Sitouaillain

    À chaud avant de réflé­chir plus avant sur ta réac­tion tou­jours bien docu­men­tée comme à ton habi­tude : tu es quel­qu’un de pré­cieux… à ce niveau là (!)

    En fait ton argu­men­ta­tion sur les moyens se retourne à l’a­van­tage de la mienne : ce que toi tu sais et moi par expé­rience, la popu­la­tion lamb­da est très loin d’i­ma­gi­ner un tel bou­clage poli­tique même si intui­ti­ve­ment les gens en savent beaucoup ;

    Il est donc très inté­res­sant de prendre au mot la loi ( la consti­tu­tion , les CLD ) et de la faire appli­quer ; ç’est une stra­té­gie très révé­la­trice de l’exis­tant et propre à ouvrir les yeux à beau­coup ; l’ex­pé­rience m’a mon­tré que les gens sont très très sou­mis à l’ins­ti­tu­tion et n’osent pas ren­trer en conflit ; aus­si que les poli­tiques sont très très fri­leux vis à vis de cela, très cor­po­ra­tistes quelque soit leur éthi­quette poli­tique ; la vice pré­si­dente de région en charge de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive( bien que nous (un nous main­te­nant très res­treint )sou­te­nant n’a pas osée bou­ger une oreille ; chez les FDG c’est pareil ; il a fal­lu mon cour­rier aux conseillers régio­naux que je te copie colle des­sous pour qu’en­fin Quey­ranne réponde .Dus­sopt est intou­chable . Mais là je crois l’a­voir touché.

    Donc l’ef­fet de ce posi­tion­ne­ment fait office de révé­la­teur et refuse ce jeu poli­tique où quelque soit les par­tis c’est la même attitude .

    De plus les CLD sont (comme les pre­miers articles de la consti­tu­tion http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​m​o​n​-​b​u​l​l​e​t​i​n​-​d​e​-​v​o​t​e​-​p​o​u​r​-​c​e​s​-​1​1​5​0​6​8​?​p​n​=​1​000 ) sont de mer­vei­leux outils de par­ti­ci­pa­tion : ima­gines toi leur impact si ils étaient réel­le­ment uti­li­sé pour ce qu’ils sont et de vrais outils de réflexion col­lec­tif dans nos communes .

    Ce que redoute par des­sous tout nos repré­sen­tants c’est que leurs repré­sen­tés s’emparent des pro­blèmes et y réflé­chissent ; les réunions publiques montrent alors que le savoir des élus est sou­vent très limité !

    Concer­nant des espaces citoyens auto­nome de l’ins­ti­tu­tion : ça gêne beau­coup moins le sys­tème ; même pas du tout : ça reste du contre pou­voir et le contre pou­voir est accep­té ; il rentre dansle jeu d’une démo­cra­tie du choix . C’est le pou­voir qu’il faut revendiquer.

    De plus les lamb­da sont géné­ra­le­ment très réti­cent à venir s’il y a une conno­ta­tion poli­tique : c’est comme ça . Et vice et ver­sa les mili­tants en orga­ni­sant eux même hors de l’ins­ti­tu­tion pré­fèrent ce fonc­tion­ne­ment en contre pouvoir .…

    Bon c’est l’heure de man­ger mon petit fils vient me dire bon­jour ;;;;j’ar­rête pro­vi­soi­re­ment et te copie colle mon cour­rier à la région :

    Poli­tique le l’Au­truche à la Région

    Mes­dames Mes­sieurs les Conseillers Régionaux

    Vous trou­ve­rez ci-joint le Compte Ren­du d’une expé­ri­men­ta­tion qui a été sou­te­nue par la Région Rhône Alpes. Ain­si qu’un cour­rier à Mon­sieur Jean- Jack Quey­ranne qui accom­pa­gnait ce Compte Rendu.

    Si nous vous infor­mons et fai­sons appel direc­te­ment à vous Conseillers Régio­naux c’est que Mon­sieur Quey­ranne, sans doute pour des rai­sons com­pré­hen­sibles de soli­da­ri­té avec un col­lègue élu*, ne sou­haite pas nous répondre et ne sou­haite pas notam­ment pré­ci­ser si la com­po­si­tion des Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment est libre­ment orga­ni­sée par le CLD lui même, ou si au contraire le Chef de Pro­jet et le Rap­por­teur Régio­nal ont com­pé­tence pour choi­sir ou exclure les membres.

    Nous repro­chons en effet au pré­sident du Syn­di­cat Mixte Ardèche Verte (entre autres man­dats ou res­pon­sa­bi­li­tés) d’in­ter­ve­nir sur la com­po­si­tion du CLD Ardèche Verte en excluant des per­sonnes et sur son fonc­tion­ne­ment en le rédui­sant à une simple annexe du Syn­di­cat Mixte par le biais d’une pres­ta­tion payante d’un bureau d’étude.

    De deux choses l’une : ou notre point de vue est juste : les CLD sont par nature des struc­tures citoyennes qui bien qu’encadrées pré­ci­sé­ment doivent res­ter indé­pen­dantes , ou nous nous trom­pons et inter­pré­tons mal les déli­bé­ra­tions régio­nales et les divers textes offi­ciels concer­nant les Conseils locaux de développement.

    C’est de clar­té dont nous avons besoin ; nous vous serions donc très recon­nais­sants de nous indi­quer si vos déli­bé­ra­tions (Déli­bé­ra­tion n° 05.07.805 du Conseil Régio­nal) pré­voient que le chef de pro­jet et le rap­por­teur régio­nal ont com­pé­tence pour inter­ve­nir sur la com­po­si­tion et le fonc­tion­ne­ment du CLD ou si le CLD s’organise libre­ment dans le cadre de ces délibérations.

    Nous vous serions très recon­nais­sants de sol­li­ci­ter Mon­sieur le pré­sident de région pour, comme nous lui avons deman­dé, pro­vo­quer une ren­contre de tra­vail à ce sujet. Il ne s’agit pour nous en aucun cas de régler des comptes mais de faire appli­quer les règles concer­nant les Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment qui nous semblent être des avan­cées démo­cra­tiques majeures pour acti­ver des liens aujourd’hui si néces­saires de col­la­bo­ra­tion entre les élus locaux et les acteurs des territoires.

    Nous sommes Mes­dames Mes­sieurs les Conseillers Régio­naux, à votre entière dis­po­si­tion pour des infor­ma­tions complémentaires.

    PS : Le TA de Lyon est sai­si concer­nant des exclu­sions abusives/ La chambre régio­nales des comptes aler­tée sur le non res­pect des règles d’attribution des aides régio­nales au CLD Ardèche Verte (depuis sa créa­tion le CLD Ardèche Verte a vécu en cir­cuit fer­mé sans se doter de règle­ment intérieur)

    • soli­da­ri­té avec un col­lègue élu :

    Mon­sieur Oli­vier Dus­sopt a été rap­por­teur régio­nal concer­nant le Contrat de Pays Ardèche Verte et le CLD de 2006 à 2008 ; en 2008 il devient Pré­sident du Syn­di­cat Mixte et Chef de Pro­jet .Il est maire d’Annonay, dépu­té de l’Ardèche, Vice pré­sident de l’Association des petites villes de France, Vice Pré­sident de la Fédé­ra­tion Natio­nale des Elus Socia­listes et Répu­bli­cains, Secré­taire Natio­nal au Ter­ri­toire au sein du par­ti Socialiste.

    On a à faire ici à un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire en terme de cumul abu­sif de man­dats mal assor­tis : confier la pré­si­dence d’un SM de Pays à un élu aus­si impor­tant sur le plan local, régio­nal, et natio­nal pèse de fait et méca­ni­que­ment d’un manière très néga­tive sur le fonc­tion­ne­ment et les mis­sions même du Pays .

    La voca­tion essen­tielle d’un pays est en effet de mobi­li­ser la créa­ti­vi­té et la mise en mou­ve­ment des acteurs locaux en terme de matière grise et d’action soli­daire pour amé­na­ger et déve­lop­per un ter­ri­toire ; c’est une forme de gou­ver­nance du bas vers le haut ; d’où la pré­sence et l’importance d’un CLD qui doit être un relai, un lieu de liai­son et de mise en syner­gie des acteurs ter­ri­to­riaux entre eux et avec les élus déci­sion­naires ; c’est donc tout le contraire d’un pro­ces­sus ins­ti­tu­tion­nel ver­ti­cal admi­nis­tré et pen­sé d’en haut . En ce sens un pré­sident du pays cumu­lant des hautes fonc­tions natio­nales et poli­tiques ‚char­gée d’un poids ins­ti­tu­tion­nel fort , d’une haute auto­ri­té n’est pas le pro­fil le mieux adap­té à cette mis­sion et à la néces­saire et spé­ci­fique métho­do­lo­gie pays ; d’autre part c’est une tâche d’animation et mise en œuvre lourde néces­si­tant beau­coup de temps et de dis­po­ni­bi­li­té , ces deux élé­ments étant peu com­pa­tibles avec le cumul de mis­sions néces­si­tant pour cha­cune d’entre elle , plus qu’un temps plein de tra­vail ! Enfin le cumul aus­si impor­tant pro­duit méca­ni­que­ment un pou­voir de fait déme­su­ré, une influence dis­pro­por­tion­née pou­vant don­ner lieu pour le moins à une auto cen­sure chez les acteurs n’osant pas s’exprimer libre­ment, à une cer­taine sou­mis­sion natu­relle à l’autorité, ou au pire à des abus de pou­voir. Il est très dif­fi­cile aus­si d’éviter l’effet de cour, pro­ces­sus rela­ti­ve­ment natu­rel ; il faut rap­pe­ler le poids que peut repré­sen­ter un dépu­té auprès d’un élu local ; cer­taines dépen­dances indi­rectes non négli­geables en terme d’avantages pour sa com­mune bien au-delà des fameuses et contes­tables enve­loppes parlementaires.

    Il est donc très dif­fi­cile à un dépu­té maire pré­sident de sus­ci­ter spon­ta­né­ment l’initiative et l’innovation et la pente natu­relle liée à ce cumul est beau­coup plus d’aller vers des contrats clas­siques, rela­ti­ve­ment sco­laires dans les constats et assez admi­nis­tra­tif dans l’application ; on abou­tit donc logi­que­ment à des contrats se rédui­sant à des gui­chets en défi­ni­tive assez lourds et coû­teux en terme de dis­tri­bu­tion de l’argent public. Bref tout le contraire des effets d’annonce des futures poli­tiques régionales.

    L’histoire du CLD Ardèche Verte dont M Dus­sopt fut le rap­por­teur régio­nal de 2006 à 2008 puis Chef de pro­jet à par­tir de 2008 illustre par­fai­te­ment les consé­quences très néga­tives que cette situa­tion de cumul peut induire et devrait inci­ter la région à deman­der que pour ses contrats de déve­lop­pe­ments la pré­si­dence du SM soit confié à un élu de base qui aurait sans doute plus de temps et de cœur à l’ouvrage pour son ter­ri­toire et un pro­fil plus adap­té pour réel­le­ment déve­lop­per le pays.

    Depuis l’origine le CLD Ardèche Verte a été subi par les élus comme une contrainte admi­nis­tra­tive, beau­coup plus que comme un atout et une oppor­tu­ni­té. La col­la­bo­ra­tion avec des citoyens non élus était très mal com­prise et per­çu comme peu légi­time par les élus ; cela parce qu’il n’y a pas eu de tra­vail pré­pa­ra­toire à son inté­gra­tion sur le Pays , et que le rap­por­teur régio­nal et le chef de pro­jet n’ont pas assu­mé sérieu­se­ment leur mis­sion d’interface ni de réelle pré­sence au sein du CLD . Ils n’ont pas même su véri­fier sa confor­mi­té en terme de repré­sen­ta­ti­vi­té ter­ri­to­riale ou la pré­sence d’un règle­ment inté­rieur, le mini­mum pour qu’il fonc­tionne cor­rec­te­ment ; la région a ain­si finan­cé un orga­nisme non conforme à ses propres déli­bé­ra­tions et voué dès l’origine à un mau­vais fonctionnement.

    Il semble évident que ces écarts d’avec les règles de déli­bé­ra­tion régio­nale auraient été bien plus faci­le­ment cor­ri­gées si le chef de pro­jet avait été un élu de base , le rap­por­teur régio­nal aurait plus faci­le­ment pu l’interpeller sur les demandes de la région ; dans la mesure où les postes de rap­por­teur et de chef de pro­jet se sont che­vau­chés sur la même per­sonne et que de plus cette per­sonne était une haute per­son­na­li­té , per­sonne ne s’est sen­ti habi­li­té à inter­ve­nir ; dans la suite les rela­tions entre M Dus­sopt et les rap­por­teurs régio­naux étaient plus des rela­tions « d’amitié » ou copi­nage comme on vou­dra que des rela­tions admi­nis­tra­tives ; cet état de fait s’étendant d’ailleurs vers les autres acteurs institutionnels.

    De ce fait le CLD Ardèche Verte a fonc­tion­né plu­sieurs années en cir­cuit fer­mé, il est res­té un orga­nisme confi­den­tiel n’assumant pas sa mis­sion d’information et sen­si­bi­li­sa­tion des acteurs locaux ; ses membres actifs, bureau et CA était des per­sonnes essen­tiel­le­ment rési­dentes sur Anno­nay et proxi­mi­té et issue d’une même classe sociale ; les pré­si­dents suc­ces­sifs du CLD ont été ou pré­sident de CCI ou pré­sident d’office de Tou­risme ou d’une asso­cia­tion de déve­lop­pe­ment éco­no­mique Anno­néenne. Bref une repré­sen­ta­ti­vi­té ter­ri­to­riale et sociale très exi­gu, de per­sonnes se trou­vant en ter­rain de connais­sance avec les élus locaux.

    C’est dans ce contexte très peu actif, d’un CLD éli­tiste et fer­mé sur lui-même , au demeu­rant fort sym­pa­thique mais en dehors de toute règle ou effi­ca­ci­té dans ses mis­sions , que le pré­sident, M Suz­za­ri­ni par ailleurs pré­sident de l’office de tou­risme d’Annonay pour des motifs per­son­nels démis­sion­na du CLD rem­pla­cé par M Louis Claude Gagnaire Pré­sident d’une Asso­cia­tion de déve­lop­pe­ment éco­no­mique à Anno­nay qui ‚seul can­di­dat ‚fut élu à main levée alors que les pres­crip­tions régio­nales imposent le vote à bul­le­tin secret ; aus­si­tôt élu il enta­ma sa pré­si­dence en annon­çant avec auto­ri­té qu’il s’était enten­du avec M Oli­vier Dus­sopt que par ailleurs il connais­sait bien pour faire por­ter le CLD dans son ani­ma­tion par le Syn­di­cat Mixte. Cette déci­sion qui offi­cia­li­sait en quelque sorte la situa­tion d’un CLD peu actif qui allait recen­trer essen­tiel­le­ment son action au sein du Syn­di­cat Mixte et des com­mis­sions de tra­vail thé­ma­tique a été pré­sen­tée par M Louis Claude Gagnaire comme un fait accom­pli sans dis­cus­sion possible.

    Étant moi-même depuis peu membre du bureau du CLD je suis inter­ve­nu pro­po­sant une réflexion col­lec­tive du bureau du CLD sur le choix de ses orien­ta­tions avant toute déci­sion hâtive ; ce tra­vail s’est sol­dé par le choix d’une nou­velle orien­ta­tion beau­coup plus axée vers l’action de ter­rain de sen­si­bi­li­sa­tion infor­ma­tion mobi­li­sa­tion des acteurs cor­res­pon­dant à la mis­sion 4 du CLD et devant ain­si le faire connaître et dyna­mi­ser ; dans la logique de ce choix , il a été déci­dé de conser­ver la maî­trise du poste de l’animation et de refu­ser la pro­po­si­tion du Pré­sident du SM ; cette nou­velle orien­ta­tion du CLD pas­se­rait dans un pre­mier temps par une par­ti­ci­pa­tion à l’expérimentation dite « comi­té de vil­lages » déjà enta­mée dans le cadre d’une sub­ven­tion régio­nale ; ( le CR de cette expé­ri­men­ta­tion est en PJ ) Il existe un compte ren­du de cette déci­sion et du vote du bureau du CLD concer­nant ces choix qui a été dépo­sé au Tri­bu­nal Administratif. .

    A par­tir de là M Louis Claude Gagnaire fit tout ce qu’il pu en tant que pré­sident pour contrer ces nou­velles orien­ta­tions pour­tant légi­ti­mées par déli­bé­ra­tion et vote du bureau. Son atti­tude en intro­dui­sant le conflit pesa très néga­ti­ve­ment sur un CLD très fra­gile. Beau­coup de membres se sont dis­tan­ciés crai­gnant de mécon­ten­ter l’institution repré­sen­tée par M Oli­vier Dussopt .

    Dans la suite du bureau du CLDet à sa demande je fus en charge de pré­sen­ter aux élus lors d’un Comi­té de pilo­tage ces nou­velles orien­ta­tions du CLD et notam­ment l’action expé­ri­men­tale dont il est ques­tion ici. Je fus pris dans ce qui m’apparais aujourd’hui avec le recul du temps dans un véri­table guet apens : le pré­sident de séance, pré­sident du SM et chef de pro­jet , M Oli­vier Dus­sopt ‚avant de me don­ner le parole men­tit à deux reprises( je ne sais pas quel autre terme employer pour deux annonces fausses et connues par lui comme telles ) : alors que l’action que j’allais pré­sen­ter avait fait l’objet d’un vote du bureau du CLD il l’indiqua comme per­son­nelle (« certes M Di Giro­la­mo est très atta­ché per­son­nel­le­ment… ») , alors qu’elle avait déjà obte­nue une sub­ven­tion de la région il indi­qua aux élus qu’elle ne serait pas aidée ( « mais la région ne sou­tien­dra pas finan­ciè­re­ment … ») , puis il me don­na la parole ; je n’eu pas le temps de réel­le­ment m’exprimer puisque j’ai été immé­dia­te­ment et vio­lem­ment inter­rom­pu inju­rié et mena­cé d’exclusion par le pré­sident du CLD , M Louis Claude Gagnaire : « M Di Giro­la­mo est un fau­teur de troubles , nous allons l’exclure du CLD » criait il vio­lem­ment sou­te­nu dans ses invec­tives par un autre membre du bureau ; le pré­sident de séance, au lieu de réta­blir l’ordre et me redon­ner la parole , lais­sa les invec­tives se pour­suivre lon­gue­ment , puis se tour­na vers moi en me repro­chant publi­que­ment de ne pas l’avoir pré­ve­nu des désac­cords ( qu’il connais­sait pour­tant par­fai­te­ment ) puis il clôt la séance en pré­tex­tant la néces­si­té de « libé­rer la salle pas trop tard ».

    A par­tir de là les dés était jetés : les élus inter­lo­qués per­çurent immé­dia­te­ment le posi­tion­ne­ment de leur pré­sident ; ceux avec les­quels j’avais pris des rdv pour mettre en œuvre l’expérimentation sur leurs com­munes annu­lèrent leur rdv . Au sein du CLD cet inci­dent créa des ten­sions ; le pré­sident confor­té par l’incident et le posi­tion­ne­ment du chef de pro­jet , indi­qua que c’était bien regret­table mais « comme les élus sont oppo­sés à ce genre d’action ‚ce que j’avais d’ailleurs pré­vu, nous allons donc recen­trer le CLD sur sa vraie mis­sion et réac­tua­li­ser le por­tage du poste d’animateur par le SM » ; la boucle était bou­clée ou presque puisque deux membre du bureau du CLD (moi-même et une autre per­sonne) sou­hai­tions ne pas céder face à la vio­lence et l’abus de pou­voir et deman­dions la mise en appli­ca­tion stricte des pres­crip­tions régio­nales : rédac­tion d’un règle­ment inté­rieur ; res­pect des mis­sions du CLD notam­ment sa mis­sion 4 de sen­si­bi­li­sa­tion et infor­ma­tion des acteurs locaux .

    Ces prises de posi­tion nous valurent d’être exclus par cour­rier simple : l’absence de règle­ment inté­rieur per­met­tant tout, même exclure sans réunion du CA ! D’autant que cette exclu­sion avait été vali­dée quelques jours avant dans un entre­tien entre le pré­sident du CLD et M Dus­sopt pré­sident du pays ; le Compte ren­du de cet entre­tien est en PJ au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif ; les deux hommes pré­voient mon exclu­sion et la recons­truc­tion d’un nou­veau CLD.

    Notre résis­tance et refus de l’exclusion contraint le pré­sident du SM à faire dis­soudre le CLD et embau­cher un bureau d’étude pour en recom­po­ser un nou­veau ; cela dans le refus abso­lu du dia­logue. En cou­lisse le rap­por­teur régio­nal était infor­mé par M Dus­sopt de conflits de pou­voirs et volon­té de puis­sance .Nous fûmes exclus une seconde fois, cette fois ci par le chef de pro­jet et le rap­por­teur régio­nal ( qui il faut le signa­ler n’ont à aucun moment été pré­sent lors de cette phase de recons­truc­tion) : nous gênions la recons­truc­tion en infor­mant les par­ti­ci­pant de l’existence des pres­crip­tions régio­nales , ces infor­ma­tions ris­quant d’empêcher ce qui était pré­vu : recom­po­ser un CLD en annexe du SM qui por­te­rait le poste d’animation du CLD , cela grâce à la pres­ta­tion d’un bureau d’étude payé pour livrer un CLD clé en main au syn­di­cat Mixte. Cette mani­pu­la­tion a d’ailleurs été dénon­cée par des par­ti­ci­pants au pré­sident de région qui n’a jamais répondu.

    La stra­té­gie employée par M Oli­vier Dus­sopt pour mener ces opé­ra­tions a tou­jours été la même : avi­ver et valo­ri­ser les divi­sions au sein du CLD, puis prendre à témoins les élus et char­gés de mis­sions, le rap­por­teur régio­nal, le vice pré­sident en charge du Ter­ri­toire … de ces déviances et luttes d’influence et de pou­voir ! Et comble d’ironie , alors qu’on a été rap­por­teur régio­nal et qu’on est aujourd’hui chef de pro­jet ‚et qu’on ne s’est jamais sou­cié de l’application des règles , s’appuyer sur le non res­pect des règles au sein du CLD pour le dis­soudre, exclure les per­sonnes gênantes qui elles mêmes dénon­çaient les man­que­ments, et avaient enta­mé une redy­na­mi­sa­tion du CLD ( suite aux réunions que nous orga­ni­sions 10 per­sonnes ont expri­mée par écrit leur volon­té d’adhérer au CLD ; le pré­sident du CLD ne leur a jamais répon­du )les salir habi­le­ment sans les dési­gner jamais nommément.

    Conclu­sion

    Les pro­blèmes et dys­fonc­tion­ne­ments décrits ci-des­sus, même s’ils dévoilent des com­por­te­ments beau­coup plus tour­nés vers le car­rié­risme que l’intérêt géné­ral, n’ont aucun inté­rêt en terme de juge­ment sur des per­sonnes mais doivent être ana­ly­sés pour amé­lio­rer le fonc­tion­ne­ment des contrats de pays ‚et acces­soi­re­ment de la région !

    à un moment de l’histoire humaine où les pro­blèmes vont avoir de plus en plus de mal à être trai­tés sec­to­riel­le­ment : la socié­té for­mant un ensemble com­plexe qui ne pour­ra plus se trai­ter par mor­ceaux mais dans le cadre d’une réflexion glo­bale et mon­diale sur le sens même des socié­tés humaines sur la pla­nète , les pays, ter­ri­toires locaux sont cette immense oppor­tu­ni­té d’être au local des labo­ra­toires com­plets et trans­ver­saux pour faire émer­ger et expé­ri­men­ter du projet .

    Ce ren­ver­se­ment de la gou­ver­nance a besoin de tous les acteurs élus et non élus ; d’où l’importance des pays et leurs CLD.

    Mon contact : Georges Di Giro­la­mo [email protected]

    PS : Pour être tout à fait com­plet GG

    Concer­nant le cumul des man­dats : si j’ai eu affaire à M Oli­vier Dus­sopt en tant que Pré­sident du Syn­di­cat Mixte, j’ai aus­si eu affaire à lui en tant que député :

    - à ma demande il s’était occu­pé de poser 2 ques­tions écrites au ministre de l’agriculture concer­nant d’une part le lien entre la nomi­na­tion des délé­gués com­mu­naux SAFER et l’obligation qui leur était faite d’adhérer au syn­di­cat agri­cole majo­ri­taire et d’autre part la non obli­ga­tion légale d’information de la vente de par­celles agri­coles ; il avait délé­gué cette mis­sion à un de ses col­la­bo­ra­teurs ; je me sou­viens avoir du réécrire moi-même les ques­tions qui étaient mal posées et aus­si d’avoir été très peu satis­fait du sui­vi inexis­tant concer­nant les réponses du ministre ; j’ai eu à l’époque la très nette impres­sion que l’on avait affaire au jeu habi­tuel de façade des ques­tions écrites bien plus qu’à quelque chose de sérieux .

    - Plus récem­ment je l’ai sol­li­ci­té en urgence concer­nant des par­celles agri­coles mitoyennes à ma ferme qui allaient être attri­buées à des non exploi­tants agri­cole ; ces par­celles auraient été utiles pour confor­ter l’installation de mon fils qui est actuel­le­ment en for­ma­tion pour reprendre mon exploi­ta­tion. La réac­ti­vi­té de M le Dépu­té n’a pas été du tout à la hau­teur et ces par­celles sont main­te­nant la pro­prié­té de retrai­tés non agri­cul­teurs et ont ain­si per­dus leur voca­tion agricole.

    Je tire donc la conclu­sion de la noci­vi­té évi­dente de cumul de fonc­tions importantes.

    J’avais eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet du cumul avec M Dus­sopt , cette fois ci il était pré­sident du Syn­di­cat Mixte et je lui avais don­né sans langue de bois ma façon de voir les choses.

    Réponse
  58. Di Girolamo

    Sitouaillain

    Pour reve­nir sur les moyens : pour moi il n’y a pas pho­to : le seul moyen que je vois pour que fonc­tionne au mieux une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive c’est que cette démo­cra­tie repré­sen­ta­tive soit obli­ga­toi­re­ment participative .

    Obli­ga­tion légale et consti­tu­tion­nelle. Et que des moyens publics soient pré­sents pour per­mettre d’a­ni­mer cette par­ti­ci­pa­tion . (ani­ma­teurs , jour­na­listes d’in­ves­ti­ga­tions, mise à dis­po­si­tion médias ‚outils de com. Comis­sions par­le­men­taires etc )

    La par­ti­ci­pa­tion a un rôle de contrôle et d’é­va­lua­tion des poli­tiques publiques mais pas que : sa fon­tion essen­tielle est la réflexion pros­pec­tive, réflexion de fond sur la socié­té et son ave­nir qui fait pro­gres­ser les men­ta­li­tés et nour­rit l’in­no­va­tion en matière de poli­tique publique.

    Je ne condamne pas les par­tis ; ils peuvent avoir ce rôle d’a­ni­ma­tion du débat public ; je condamne ce monde à part de repré­sen­tants qui pré­tend diri­ger la socié­té et vit dans sa bulle et se satis­fait et pro­fite du fait de la dis­tance des lamb­da et de la politique.

    Réponse
  59. sitouaillain

    Di Giro­la­mo,

    je vais finir par m’impatienter !

    « le seul moyen que je vois pour que fonc­tionne au mieux une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive c’est que cette démo­cra­tie repré­sen­ta­tive soit obli­ga­toi­re­ment participative . »

    ça mon ami, ça n’est pas un moyen, c’est une fin par­tielle et, si j’en crois les convic­tions que nous par­ta­geons (citoyens au pou­voir) il s’a­git même d’une fin « transitoire ».

    Autre­ment dit tu ne réponds pas à la ques­tion des moyens, puisque je peux à nou­veau te la repo­ser : si tu penses ce que tu dis, à ce moment là com­ment penses-tu qu’il soit pos­sible d’ins­ti­tuer « une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui soit obli­ga­toi­re­ment participative » ?

    Sur le com­ment, au Vene­zue­la, il a été ins­ti­tué une démo­cra­tie mixant repré­sen­ta­tion élec­tive et par­ti­ci­pa­tion citoyenne à tous les niveaux par l’ac­ces­sion au pou­voir des forces coa­li­sées du mou­ve­ment social dans le mou­ve­ment Quin­ta Repu­bli­ca (Vème répu­blique) der­rière Cha­vez via une élec­tion pré­si­den­tielle, puis par l’é­lec­tion d’une assem­blée consti­tuante dont les membres se sont dépla­cés dans tous le pays pour écou­ter des assem­blées citoyennes…

    même chose en Boli­vie, en Équa­teur, etc.

    face aux attaques répé­tées de l’in­té­rieur comme de l’ex­té­rieur contre les actions du gou­ver­ne­ment boli­va­rien, celui-ci est même allé plus loin dans les avan­cées démo­cra­tiques en votant d’a­bord la loi orga­nique sur les Conse­jos Comu­nales (conseils de quar­tiers) et la loi orga­nique du pou­voir popu­laire et de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et pro­ta­go­nique, met­tant en place les cadres juri­diques pour une par­ti­ci­pa­tion effec­tive et à divers éche­lons des citoyens à la for­mu­la­tion, à la mise en oeuvre et à l’é­va­lua­tion des poli­tiques publiques, confor­mé­ment à ce qui se pra­ti­quait déjà sous diverses formes de par l’im­pli­ca­tion directe de citoyens enga­gés dans le pro­ces­sus révo­lu­tion­naire en cours et encou­ra­gés par le pou­voir cen­tral mais avec des bâtons dans les roues ren­con­trés ça et là au sein des élites de fonc­tion­naires et de poten­tats locaux, qu’ils se réclament ou pas du chavisme.

    dans les nations a plus forte pro­por­tion d’in­di­gènes, comme la Boli­vie ou l’é­qua­teur, les ins­ti­tu­tions locales sont dotées d’une très grande auto­no­mie et ces pays sont his­to­ri­que­ment bien moins cen­tra­li­sés que le Venezuela…donc je ne m’é­tends pas à leur sujet,

    en Colom­bie, dans les années 80, le même pro­ces­sus d’u­ni­fi­ca­tion du mou­ve­ment social pour faire tom­ber les gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux et fas­cistes a eu lieu, les Farc sont sor­ties de la forêts , ont dépo­sé les armes et se sont alliées aux mou­ve­ments socia­listes, aux par­tis de gauche réfor­miste, aux éco­lo­gistes, etc., la cam­pagne et le réseaux mili­tant lais­sait pen­ser à une vic­toire, mais le pre­mier can­di­dat a été assas­si­né, son suc­ces­seur idem, et le der­nier aus­si, s’en est sui­vi une cam­pagne de répres­sion et d’as­sas­si­nats des mili­tants de par­tis et de syn­di­cats, répres­sion sys­té­ma­tique et inin­ter­rom­pue, et qui a ali­men­té de nom­breux char­niers dont cer­tains accueillent encore ce qu’il reste de luchadores…

    au Mexique, le même pro­ces­sus que la répres­sion colom­bienne ayant toute les chances de se pro­duire, les mili­tants se sont plu­tôt tour­nés vers la lutte armée, pour pro­gres­si­ve­ment pas­ser à la lutte d’é­man­ci­pa­tion locale et indi­gé­niste, de sorte qu’une par­tie du pays est sous­traite à la légis­la­ture du pou­voir cen­tral et oppres­seur, au Chia­pas notam­ment, où fonc­tionne une démo­cra­tie directe et un fédé­ra­lisme, mais pour le moment, l’ex­ten­sion des ter­ri­toires libé­rés semble impossible.

    les révoltes du monde arabe montrent que le défaut d’or­ga­ni­sa­tion des citoyens conscient et menant une lutte d’é­man­ci­pa­tion à dimen­sion uni­ver­sa­liste les expose à une récu­pé­ra­tion par des mou­ve­ments mieux orga­ni­sés qui ont su fixer dura­ble­ment leur implan­ta­tion par des actions cha­ri­tables auprès des popu­la­tions rurales et habi­tants des quar­tiers de relégation,

    en Islande, les révoltes popu­laire contre les banques, ont abou­ti à une façade de démo­cra­tie car la popu­la­tion n’a pas d’ap­pui poli­tique pour une véri­table remise en cause du féo­da­lisme capi­ta­lis­tique qui règne sur cet île, les même causes repro­dui­ront donc les mêmes effets à plus ou moins long terme.

    en Espagne, le mou­ve­ment des indi­gnés n’ pas réus­si à débou­cher sur un ren­ver­se­ment du pou­voir ni même à une inflexion mineure de ses diktats,

    aux États-Unis, les indi­gnés peinent à construire un socle cohé­rent et une orga­ni­sa­tion poli­tique capable de s’ins­crire dura­ble­ment dans un pay­sage poli­tique tota­le­ment ver­rouillé au plan natio­nal mais très ouvert au niveau local, de sorte qu’ils s’ex­posent à une récu­pé­ra­tion de l’in­di­gna­tion géné­rale par le mou­ve­ment d’ex­trême droite très orga­ni­sé des Tea-Par­ties et finan­cé par des enne­mis du peuple.

    En France, la démis­sion du peuple un tant soit peu édu­qué et son refus de prendre par­ti comme son adhé­sion aux thèses d’ex­trême droite et du néo­li­bé­ra­lisme sur le « ni droite ni gauche » a per­mis la vic­toire idéo­lo­gique de l’an­ti­france, là où l’ur­gence de la lutte contre les avan­cées du capi­ta­lisme mon­dia­li­sé exi­geait de s’im­pli­quer dans la construc­tion d’une force organisée,

    la ques­tion des moyens pour moi est donc très ouverte, mais en même temps la lec­ture des rap­ports de force du pré­sent en res­treint les condi­tions d’ef­fi­ca­ci­té selon qu’on se posi­tionne pour telle ou telle méthode,

    il est par exemple selon moi tota­le­ment impro­duc­tif de prô­ner la lutte armée, à l’in­verse prô­ner un mou­ve­ment citoyen sans capa­ci­té d’or­ga­ni­sa­tion et sans s’au­to­ri­ser à déso­béir mas­si­ve­ment, et ans recherche d’une prise de pou­voir, c’est exac­te­ment ce qu’at­tendent les tenants du pou­voir, puis­qu’il existe tou­jours des forces bien pré­pa­rées pour prendre le pou­voir lais­sé vacant, c’é­tait déjà la leçon de 1789, mais même résul­tat en 1989, à l’i­mage de ce que les alle­mands de l’Est ont obte­nu, une chute du mur, certes, mais pas celle du mur de l’argent, et ils ont aujourd’­hui leur com­pa­triote chan­ce­lière pour finir de les ruiner…l’effrayant étant que tous ne sont pas d’ac­cord pour consi­dé­rer qu’ils y ont gagné au change…

    tout ça bien sûr n’é­tant que des pistes et des points de vues (orien­tés).

    par contre, lorsque tu dis :

    « Je ne condamne pas les par­tis ; ils peuvent avoir ce rôle d’a­ni­ma­tion du débat public ; je condamne ce monde à part de repré­sen­tants qui pré­tend diri­ger la socié­té et vit dans sa bulle et se satis­fait et pro­fite du fait de la dis­tance des lamb­da et de la politique. »

    ce que tu fais est encore plus per­ni­cieux que de condam­ner les par­tis « ouver­te­ment » puisque tu fais fina­le­ment un amal­game entre tous les par­tis en les assi­mi­lant tous à un « monde à part de repré­sen­tants qui pré­tend diri­ger la socié­té et vit dans sa bulle », alors que ce n’est objec­ti­ve­ment pas le cas,

    et d’ailleurs per­son­nel­le­ment je m’in­ter­roge, et c’est pour­quoi je ne lâche pas l’af­faire aus­si faci­le­ment, si ce n’est pas pré­ci­sé­ment ce type de dis­cours aux consé­quences léni­fiantes, qui ali­mente cette dis­tance des lamb­da à la poli­tique, qui est en fait une lâche­té ou une paresse, une sorte de col­la­bo­ra­tion pas­sive, soi­gneu­se­ment entre­te­nue, et qui, par effet dia­lec­tique per­met à des gens réel­le­ment enga­gés et réel­le­ment moti­vés par la cause com­mune de deve­nir des diri­geants autistes ou des sui­veurs de diri­geants autistes, fautes d’un effet de masse né de l’en­ga­ge­ment de tous ceux qui refusent cet état de fait,

    pré­ci­sé­ment parce que les gens qui auraient tout à gagner à s’en­ga­ger pré­fèrent ne pas se mouiller, ne pas se confron­ter aux réa­li­té d’une action poli­tique de par­ti pris, de choix, et par là même de débat entre gens enga­gés, qui ne sont pas tous d’ac­cord sur les moyens et sur les fins et qui donc se construisent un che­min com­mun par la pra­tique de la démo­cra­tie en tant que citoyens actifs…précisément par cette confor­table dis­tance au « cam­bouis » de la poli­tique, nous voyons avan­cer des thèses dan­ge­reuses dans le cer­veaux des fran­çais, quand nous devrions tous être sur le ter­rain pour faire vivre la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, qui com­mence par par­ti­ci­per à la lutte contre les pré­ju­gés, l’i­gno­rance et l’a­ta­visme politique,

    et tu as bien vu à quel point cet ata­visme géné­ral te rends iso­lé lorsque tu as à com­battre des poten­tats locaux, et je m’i­ma­gine bien qu’à force de votes blancs et de démis­sions poli­tiques, il s’en fau­dra de peu que les­dits poten­tats aient le pou­voir de te faire enfer­mer à l’asile.

    si je pousse le vice à retra­duire ton pro­pos tel que j’i­ma­gine ses consé­quences logiques en termes d’at­ti­tude politique,

    nous serions en fait un peuple de citoyens « lamb­da » qui lors­qu’ils sont appe­lés à voter font leur mar­ché de consom­ma­teur par­mi les pro­duits qu’  »on » leur pro­pose, l’offre élec­to­rale des partis,

    et donc les « lamb­da » seraient en droit d’être insa­tis­faits, et de refu­ser tous les partis…

    c’est oublier qu’a­vant le droit de vote il y a la liber­té d’as­so­cia­tion, et cer­tains ne se satis­fai­sant des fausses alter­na­tives pro­po­sées, cherchent à construire par leur enga­ge­ment des par­tis qui visent à faire adve­nir leurs reven­di­ca­tions, d’autres construisent des asso­cia­tions pour influen­cer les par­tis déjà exis­tants et les choix et men­ta­li­tés des citoyens, etc., etc.

    autre­ment dit, de fait, une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive est une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, avec la liber­té suprême de choi­sir de ne pas par­ti­ci­per, mais aus­si celle de for­mer des par­tis, d’in­té­grer ceux qui existent et de faire son choix en fonc­tion de ses convictions,

    je sais bien que ça peut paraître « tor­du » de dire cela, mais il faut com­prendre ce qu’est la nature de l’en­ga­ge­ment, et en valo­ri­ser ses aspects posi­tifs tout en dénon­çant les arrières pen­sées de cer­tains (qui intègre par exemple le PS pour se trou­ver une place au chaud, etc.),

    en tous les cas, c’est l’exis­tence du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif qui a conduit des pans entiers du mou­ve­ment his­to­rique des ouvriers à construire des par­tis qui, selon leurs options stra­té­giques, par­ti­cipent ou non aux élec­tions, s’al­lient ou non à d’autres cou­rants politiques,

    mais, sans nier le néces­saire besoin de renou­vel­le­ment de cette option-là, sans nier la néces­saire com­plé­men­ta­ri­té d’autres formes d’ac­tion et d’en­ga­ge­ment, il est par­fai­te­ment ration­nel d’en­vi­sa­ger un par­ti comme une école d’au­toé­du­ca­tion à la citoyen­ne­té et d’é­man­ci­pa­tion des pro­pa­gandes domi­nantes, une école de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, citoyens ras­sem­blés pour prendre le pou­voir et ins­ti­tuer une véri­table démo­cra­tie, dans la limite de ce qu’il est pos­sible de faire compte tenu des rap­ports de force en pré­sence dans la socié­té et du niveau d’adhé­sion du peuple dans son ensemble à ce projet…

    un autre grand cou­rant de pen­sée de la gauche his­to­rique envi­sage l’op­tion élec­to­rale comme une impasse, et ce même si his­to­ri­que­ment des alliances ont pu s’o­pé­rer avec des par­tis électoralistes,

    il existe une mul­ti­tudes de grou­pus­cules qui conservent cette croyance, indé­pen­dam­ment des idéo­lo­gies qui ras­semblent leurs membres (anar­chisme, trots­kysme, décrois­sance, déso­béis­sance civile, etc.), on peut dire, sous une forme enfan­tine et peu struc­tu­rée que les « indi­gnés » sont en train de réin­ven­ter la poudre de ce côté-là…quoi qu’il en soit, ces mou­ve­ments prônent une agi­ta­tion révo­lu­tion­naire, agi­ta­tion dont il devrait décou­ler un ren­ver­se­ment des struc­tures du pou­voir en place…l’impensé c’est aus­si qu’en géné­ral et, c’est bien com­pré­hen­sible, le ren­ver­se­ment du pou­voir condui­rait à une reprise de pou­voir par les oppri­més, qui seraient tôt ou tard en accord avec l’i­déo­lo­gie prô­née par le groupe…parmi ceux-là, cer­tains sont plus clairs puis­qu’ils se pensent en avant-garde de la classe oppri­mée dont la révolte les condui­rait à prendre le pou­voir pour orga­ni­ser la tran­si­tion selon les pré­ceptes qu’ils ont défi­ni à l’avance.…d’autres au contraire pensent que leurs actions et leurs exemples feront tâche d’huile, qu’il n’y a pas à attendre de « grand soir », qu’il faut agir ici et main­te­nant, détruire cer­taines choses si besoin mais avant tout construire…à vrai dire je pré­fère ça…

    enfin, le troi­sième grand cou­rant qui connait lui-même de mul­tiple sub­di­vi­sions, est assi­mi­lable à l’a­nar­cho-syn­di­ca­lisme, la révolte est alors conçue sous la forme d’une grève géné­rale illi­mi­tée et les moyens de la sus­ci­ter et de l’or­ga­ni­ser sous une forme éman­ci­pa­trice (les tra­vailleurs font fonc­tion­ner l’é­co­no­mie à leur pro­fit), sont conte­nus dans le tra­vail syn­di­cal, tra­vail d’é­du­ca­tion poli­tique, d’or­ga­ni­sa­tion à la base et d’a­gi­ta­tion per­ma­nente pour sus­ci­ter l’in­do­ci­li­té du tra­vailleur aux déci­sions patronales,

    bien sûr cer­tains mou­ve­ments com­binent les trois ver­sions avec plus ou moins de cohé­rence, et de conte­nu démo­cra­tique ou idéologique.

    en tous les cas, chaque fois qu’un ces par­tis ou syn­di­cats se trans­forme en armée de sui­veurs mou­ton­niers, ils s’é­loigne de son concept ori­gi­nel qui est l’en­ga­ge­ment, la par­ti­ci­pa­tion active de cha­cun à la lutte, car ces orga­ni­sa­tions dont on peut légi­ti­me­ment se méfier pour cer­taines d’entre-elles, mais qui pour les plus valeu­reuses n’en­vi­sagent pas le par­ti ou le syn­di­cat comme une offi­cine d’où l’on pour­rait s’ar­ro­ger le droit de par­ler à la place des « sans voix et des sans grade », ni pour répé­ter des pré­ju­gés que l’i­gno­rance invente mais bien comme le lieu de la par­ti­ci­pa­tion et de mutua­li­sa­tion des forces pour la lutte contre l’op­pres­sion et pour l’émancipation.

    j’ai mes idées, j’ai mes griefs à l’é­gard de cer­tains par­tis ou de cer­taines idéo­lo­gies ou formes d’ac­tion, mais en aucun cas je n’au­rais la pré­ten­tion de me sen­tir au-des­sus de tout ça, ou même de les mettre sur le même plan que des par­tis ou syn­di­cats d’autre nature (conser­va­teurs),

    j’ai mes idées sur la stra­té­gie à tenir, mais je me gar­de­rais bien d’é­loi­gner mes com­pa­triotes de l’en­ga­ge­ment dans des par­tis ou des syn­di­cats où figure au pro­gramme la trans­for­ma­tion radi­cale de la socié­té dans un sens uni­ver­sa­liste et huma­niste, car c’est bien de cet enga­ge­ment que peut émer­ger la force citoyenne capable de faire plier ou de s’abs­traire du pou­voir des voleurs de pouvoir…

    et je n’ou­blie pas non plus ce qui fait la force du citoyen, à savoir une méfiance per­ma­nente dans toute ten­ta­tive d’ins­tal­la­tion durable de quelques-uns dans des posi­tions de pou­voir, que ce soit à l’in­té­rieur des ins­ti­tu­tion d’un répu­blique comme à l’in­té­rieur de toute orga­ni­sa­tion, qu’elle soit à voca­tion poli­tique ou à voca­tion économique…

    mais si per­sonne ne va retour­ner la terre à ma place, pour que les légumes poussent, qu’ai-je à attendre si je ne m’en­gage pas ? et qu’ai-je à attendre si je ne m’en­gage pas en soli­da­ri­té avec ceux qui le sont déjà ?

    j’es­père que tu ne prends pas mal tout ce que je dis, ça n’est pas du tout contre toi, et je res­pecte tes combats,

    sim­ple­ment j’in­siste sur la mau­vaise pente (à mon sens) qu’est la pro­pen­sion à se déso­li­da­ri­ser des ini­tia­tives existantes,
    et sur­tout sur la paresse intel­lec­tuelle et la démis­sion qui consiste à ne pas vou­loir faire le tri entre « amis » et « enne­mis », voir à cette illu­sion de pure­té qui vou­drait oublier que selon les buts que l’on se fixe, l’  »enne­mi » peut par­fois être bon allié de cir­cons­tance, tout étant affaire de savoir faire en termes de neu­tra­li­sa­tion une fois le but atteint..c’est cynique hein ?

    la per­fec­tion n’exis­tant pas, je vois mal com­ment on pour­rait pré­tendre lever les consciences et les forces de mil­lions de gens vers la démo­cra­tie, quand on n’ar­rive pas déjà à se coor­don­ner avec la toute petite mino­ri­té de ceux qui sont déjà enga­gés dans ce com­bat, et qui peinent déjà à sus­ci­ter la révolte pour des hori­zons bien bas et bien maté­riels comme la défense de quelques « acquis sociaux » et de quelques « bouts de gras »,

    encore moins lors­qu’il s’a­git de défendre des choses plus concep­tuelles comme « l’en­vi­ron­ne­ment », que dire alors de la consti­tuante et de la démo­cra­tie, si nous ne sommes pas au (semi)diapason pour mar­te­ler l’as­pect prio­ri­taire de cette lutte et le carac­tère révol­tant des ins­ti­tu­tions et des pra­tiques poli­tiques qui la nie et l’étouffe…?

    je ne te demande pas de rédi­ger un « que faire » comme cette canaille de lénine, je te demande sim­ple­ment de m’ex­po­ser clai­re­ment quels sont les moyens concrets que tu envi­sages comme effi­caces et légi­times pour par­ve­nir à ce que tu/nous sou­hai­tons. Car c’est en cher­chant des moyens que nous avançons…reste à savoir si on n’in­vente vrai­ment du nou­veau en ne regar­dant pas ce qui se fait déjà et ce qui a déjà été fait.…

    Et fina­le­ment, cette ques­tion des « moyens » implique aus­si de répondre à la ques­tion de la rela­tion entre ce dans quoi tu es prêts à t’en­ga­ger et ce qui existe déjà (je ne parles pas que du FdG), à savoir est-il pos­sible d’être à la fois contre le sys­tème et à la fois contre ceux qui déjà sont enga­gés sous diverses formes contre ce sys­tème, y com­pris en fai­sant l’ef­fort de s’y ins­crire sous tel ou tel aspect ?

    et l’ab­sence de « résul­tats » pro­bants dans une optique révo­lu­tion­naire de la part de ce qui existe déjà, est-il dû uni­que­ment aux tares de ces ini­tia­tives ou bien plu­tôt à la force des puis­sances adverses et de ses pro­pa­gandes voire aus­si à la démis­sion de biens des conci­toyens acquis au moins mora­le­ment à la cause démo­cra­tique mais pas prêts à mouiller le gros orteil ?

    enfin, ne convient-il pas de recon­naître que mal­gré l’absence de chan­ge­ment radi­cal de direc­tion (pour le moment), bons nombre d’i­ni­tia­tives pro­duisent du chan­ge­ment posi­tif, que d’autres vont ren­for­cer la capa­ci­té d’au­to­dé­fense des citoyens, et d’autres encore, moins bien aver­ties sur les stra­té­gies et la lec­ture des rap­ports de force vont tout droit dans les filets du sys­tème en en ren­for­çant sa struc­ture immu­ni­taire (je ne parle pas seule­ment des ter­ro­ristes, j’y mets aus­si bien des syn­di­ca­listes diri­geants à la pro­pen­sion « négociatrice »).…?

    Réponse
  60. Di Girolamo

    Sitouaillain ,

    « com­ment penses-tu qu’il soit pos­sible d’ins­ti­tuer « une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui soit obli­ga­toi­re­ment participative »

    Concer­nant les Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment (CLD) c’est déjà le cas : ce sont des struc­tures par­ti­ci­pa­tives obli­ga­toires : les élus locaux s’ils veulent contrac­tua­li­ser avec la région pour finan­cer le déve­lop­pe­ment local ‚sont obli­gés de créer un CLD ; ces CLD sont ouvert aux citoyens sou­hai­tant par­ti­ci­per ; si ça n’a­vait pas été le cas les élus d’Ar­dèche Verte n’au­raient pas mis en place de CLD ; ce qui est tout à fait dom­mage c’est que les citoyens ne com­prennent pas cette oppor­tu­ni­té légale : tra­vailler au niveau d’un pays c’est très trans­ver­sal et ça touche à tous les com­bats mili­tants : les OGN , le nucléaire , le gaz de schiste, le sou­tien à l’a­gri­cul­ture pay­sanne ‚à l’a­gri­cul­ture bio , la relo­ca­li­sa­tion de l’é­co­no­mie , la mise en oeuvre de SCIC , la mise en place de mon­naies locales , l’ins­tal­la­tion agri­cole , l’ha­bi­tat, l’emploi local etc etc etc

    La Loi n° 95–115 du 4 février 1995 d’o­rien­ta­tion pour l’a­mé­na­ge­ment et le déve­lop­pe­ment du territoire
    dit que :

    « Les citoyens sont asso­ciés à son éla­bo­ra­tion et à sa mise en oeuvre ain­si qu’à l’é­va­lua­tion des pro­jets qui en découlent. »

    C’est une avan­cée démo­cra­tique majeure ! C’est une obli­ga­tion légale ! Mais qui est très peu connue , très peu uti­li­sée ; c’est quand même fort de café de lut­ter dans un sens et de ne pas sai­sir une oppor­tu­ni­té légale , un droit qui fait rap­port de force pour le citoyen.

    Il y a selon moi à ce niveau là un « com­ment  » à creuser .

    Je ne me déso­li­da­rise pas des syn­di­cats et par­tis et asso­cia­tions mais je regrette cette non appro­pria­tion du pou­voir local que le légis­la­teur sans doute sans bien y pen­ser a ren­du aux citoyens.

    Même si ce sont les élus les déci­deurs , quand des tra­vaux sont menés et sou­te­nus par la popu­la­tion locale , ils sont contraints de les prendre en compte.

    je suis admi­ra­tif de green peace et ses coups , comme celui de l’at­ter­ris­sage sur la cen­trale ; recon­nais­sant aux mili­tants qui vont mani­fes­ter contre l’ex­ploi­ta­tion du gaz de schiste ; mais en même temps si, sur nos ter­ri­toires on ne réflé­chit pas à des modes d’or­ga­ni­sa­tions pour nous en pas­ser , c’est pas cohérent .

    Et au niveau natio­nal quand deux can­di­dats disent oeu­vrer pour le ras­sem­ble­ment natio­nal et que l’un veut x cen­trales nucléaires , l’autre y cen­trales et autres mesures de leurs pro­grammes , est ce ras­sem­bler ? Le ras­sem­ble­ment ne serait il pas : un débat natio­nal sur l’éner­gie pen­dant la durée du quin­que­nat ? Parce qu’il fau­dra bien ce temps là ?

    Et cri­ti­quer la non léga­li­té d’un pré­sident menant l’éxé­cu­tif , n’est ce pas aus­si un comment ?

    Bon on n’en a pas pas fini avec ce com­ment et aus­si le quoi (vers quoi vou­lons nous aller ) ‚le quoi et le com­ment mar­chant ensemble .

    Réponse
  61. sitouaillain

    Di Giro­la­mo,

    tu as rai­son dans un cer­tain sens, il faut sai­sir de ces instances,

    mais per­sonne n’est dupe, de même que les « négo­cia­tions » entre patro­nat et syn­di­cats sont obli­ga­toires pour bien des aspects, il n’est nulle part écrit dans la LOADT ou pour n’im­porte quelle dis­po­si­tion légis­la­tive ou régle­men­taire ren­dant obli­ga­toire l’exis­tance d’ins­tance de « par­ti­ci­pa­tifs » ou de « concer­ta­tion », que l’é­lu ou le fonc­tion­naire prend sa déci­sion « après avis conforme » de ladite instance…

    en tous les cas pour ce qui est des actions citoyennes, le dedans et le dehors ne peuvent que se nour­rir l’un l’autre. Et par­ti­cu­liè­re­ment pour les Agen­da 21 et les SCOT.

    mis à part ça voi­ci une bonne syn­thèse des (nom­breux) tra­vaux de recherche en science poli­tique que le sujet a sus­ci­té (sur­tout en milieu urbain):
    http://​base​.cite​go​.info/​f​r​/​c​o​r​p​u​s​_​n​o​t​e​d​e​l​e​c​t​u​r​e​/​f​i​c​h​e​-​n​o​t​e​d​e​l​e​c​t​u​r​e​-​1​1​.​h​tml

    Réponse
  62. Di Girolamo

    Sitouaillain
    Mer­ci pour le lien je regarderais.

    A pro­pos de « milieu urbain » , c’est un de mes a prio­ri amont , fai­sant par­ti de mon quoi ( à débattre ) je suis inti­me­ment per­sua­dé que le « milieu urbain » tel qu’il s’est orga­ni­sé aujourd’­hui n’est pas l’a­ve­nir de l’homme. Et qu’il va fal­loir en pas­ser par une recom­po­si­tion , un réamé­na­ge­ment de fond en comble du ter­ri­toire . Pour moi la par­ti­ci­pa­tion en milieu urbain n’a pas grand sens , parce qu’elle est dans l’in­ca­pa­ci­té de réflé­chir cela et que ce que je dis est à 99,9% à contre cou­rant de la pen­sée ambiante.
    Autant sur les ter­ri­toires mixtes des pen­sées trans­ver­sales et des pro­jets glo­baux peuvent se mettre en place, des soli­da­ri­tés se créer, autant en milieu urbain on reste comme des mouches der­rière les vitres des grattes ciel : pri­son­nier maté­riel­le­ment du système .

    Concer­nant la com­plé­men­ta­ri­té des com­bats ‚il y a dés­équi­libre très fort et SIGNIFICATIF en faveur du dehors ; c’est pour­quoi ‚il me semble qu’il est impor­tant d’é­la­bo­rer une stra­té­gie COMMUNE d’ac­tion dans ce dedans.

    Réponse
  63. Florence

    Je n’ai hélas pas le temps ni de lire avec appro­fon­dis­se­ment, ni de déve­lop­per mon propre regard – et expé­rience, mais je relève un opti­misme dans les der­niers com­men­taires ci-pré­sents (à l’é­gal d’un autre com­men­taire récent sur la com­mune – et ses attaques en cours, signa­lées par Etienne).

    En effet, les dis­po­si­tions légales atta­chées à l’ur­ba­nisme pour­raient être ouvertes et pos­si­ble­ment démo­cra­tiques, comme dans d’autres domaines ; lorsque la loi est appli­quée à sa mesure réelle, et avec volon­té de citoyen­ne­té (assez rare, non ?)…

    Alors, cer­tains, bien infor­més, veille­raient-il au grain (de l’an­ti-démo­cra­tie) pour éra­di­quer des latences encore trop disponibles…

    http://​www​.laurent​-muc​chiel​li​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​1​2​/​0​5​/​0​2​/​T​e​n​t​a​t​i​v​e​-​d​-​a​t​t​e​i​n​t​e​-​a​u​x​-​d​r​o​i​t​s​-​d​e​s​-​a​s​s​o​c​i​a​t​i​o​n​s​-​c​i​t​o​y​e​n​nes

    Réponse
  64. sitouaillain

    Di Giro­la­mo,

    ne crois-tu pas que le dés­équi­libre en faveur du « dehors » est pré­ci­sé­ment lié à la nature de ces ins­tances « octroyées » et à la dimen­sion par nature débi­li­tante d’un rap­port au pou­voir déci­sion­naire qui s’ins­cri­rait dans les cadres dont ce pou­voir à lui même fixé les limites ?

    Ne crois-tu pas que lien entre le dehors et le dedans, du point de vue de l’ef­fi­ca­ci­té repose prin­ci­pa­le­ment sur le fait que le citoyen qui parle « dedans » est en mesure de s’ap­puyer sur des cen­taines d’autres, qui, par leurs agi­ta­tions et leurs dif­fu­sions de mes­sages, créent de fait un rap­port de force avec lequel « l’é­lu » est contraint de composer ?

    « M Di Giro­la­mo est un fau­teur de troubles , nous allons l’exclure du CLD »= « M Di Giro­la­mo est un fau­teur de troubles iso­lé, comme il n’a pas les moyens de semer le trouble et de désta­bi­li­ser mon pou­voir, ce gêneur peut sans graves consé­quences être évincé »
    je tra­duis libre­ment et j’es­père que ce type se trompe, mais tu n’es pas sans savoir que les actions indi­vi­duelles ont plus de chances de réus­site si elle ne res­tent pas confi­den­tielles, et il est dif­fi­cile de les mener seul à bien, sans sou­tien, que ce soit un recours en jus­tice, une grève de la fin, un assas­si­nat, un entar­tage, une cam­pagne de calom­nies, etc., etc. et que sur­tout, toute action indi­vi­duelle qui ne s’ap­puie pas sur un rap­port de force créé par une action col­lec­tive pré­exis­tante ou en ges­ta­tion et à venir ne mène à rien…il n’a pas suf­fit qu’un com­mer­çant s’im­mole par le feu en place publique pour faire tom­ber Ben Ali..

    j’i­ma­gine que je t’en­nuie avec cette ques­tion des « rap­ports de force » mais elle essentielle,

    la démo­cra­tie directe sup­pose le consen­sus, ne serait-ce que pour recon­naître un droit de der­nier mot à la « majorité »,

    mais la situa­tion d’im­puis­sance poli­tique, la non légi­ti­mi­té de juris de la parole citoyenne, sup­pose la recherche de com­pro­mis, que ce soit en situa­tion de négo­cia­tion directe avec le pou­voir, ou en situa­tion d’ac­tion col­lec­tive ou indi­vi­duelle hors ins­tances de négociation-concertation.

    c’est à dire que le pou­voir en place étant ins­ti­tué par la loi (i.e ori­gi­nel­le­ment par la force) comme le seul déten­teur de la légi­ti­mi­té à décider,

    celui (ou ceux) qui pré­tend aller à l’en­contre de sa déci­sion doit, soit le ren­ver­ser et prendre sa place, soit se mettre en situa­tion de l’o­bli­ger à inflé­chir sa position.

    c’est d’ailleurs le rap­port de force, ou disons, la situa­tion de fai­blesse dans laquelle le pou­voir s’est par­fois sen­ti qui l’a contraint à paci­fier les rela­tions conflic­tuelles, que l’exer­cice de son auto­ri­té génère, au moyen d’ins­tances de concer­ta­tion, et ce depuis les pre­miers par­le­ments jus­qu’aux dis­po­si­tifs actuels.

    une ins­tance de « par­ti­ci­pa­tion », de « négo­cia­tion », est donc, dans ce contexte de dis­tri­bu­tion inégale de la légi­ti­mi­té, qua­si sys­té­ma­ti­que­ment une ins­tance de jus­ti­fi­ca­tion-légi­ti­ma­tion du pou­voir institué,
    ins­tance dans laquelle le requé­rant sera tou­jours en situa­tion de subor­di­na­tion à l’au­to­ri­té ins­ti­tuée, au sens où sa par­ti­ci­pa­tion est une recon­nais­sance de fait que l’au­to­ri­té est légi­time et qu’elle le place en situa­tion de « récla­mer », soit un aveu d’im­puis­sance à œuvrer soi-même en dehors du bon vou­loir du prince.

    donc tout l’en­jeu pour le requé­rant est de se mettre en situa­tion sinon d’a­voir spon­ta­né­ment l’o­reille du Prince, ce qui s’ap­pa­rente à de la com­pro­mis­sion, du moins d’a­voir une posi­tion telle que le Prince pour­rait voir son pou­voir dura­ble­ment affai­blit voire défi­ni­ti­ve­ment per­du, s’il ne fait pas des com­pro­mis. Et pour obte­nir un com­pro­mis qui lui coûte, il faut vrai­ment qu’il lui en coûte de ne pas céder…

    en tous les cas, il va sans dire que le bon prince-phi­lo­sophe qui écoute ce qu’a à dire le gueux et éva­lue ses dires à l’aune de l’in­té­rêt géné­ral de ses sujets ou de l’es­pèce humaine et de la Terre entière, est soit une excep­tion, soit un per­son­nage de conte de fées.

    donc en géné­ral un lea­der syn­di­cal se fait mieux entendre du patron lors­qu’il a le sou­tien actif des tra­vailleurs der­rière lui, prêts à se mettre en grève ou autre…et la caisse noire de l’IUMM était là pour que les patrons aient le temps de voir les gré­vistes s’affaiblir…rapports de force obligent…

    Bien sûr, bien des choses invi­sibles et peu spec­ta­cu­laires par­ti­cipent de l’é­ta­blis­se­ment de rap­ports de force, et ce, même dans les négo­cia­tions les plus feutrées.

    Il va sans dire aus­si, que le divi­ser pour mieux régner n’est pas que l’a­pa­nage du fort, et que ce qui est le plus impor­tant dans une réunion ce n’est pas ce qui s’y dit, mais bien ce qui s’est dit avant et ce qui s’en dira après entre par­ti­ci­pants ou par tru­che­ments média­tiques ou autres intermédiaires.

    Pour ce qui est de ton com­bat sur le CLD, m’est avis que les légis­la­tives sont une fenêtre d’op­por­tu­ni­té fan­tas­tique pour mettre au pied du mur les édiles…tu as déjà une bonne matière pour un long tract à ne pas oublier de trans­mettre à tous les par­tis, bien sûr…cela pour­rait être rigolo…

    sur ta récla­ma­tion au conseil consti­tu­tion­nel, j’ai déjà dit ce que j’en pen­sais, et ceci n’est aucu­ne­ment réduc­tible à ma non indif­fé­rence envers une réélec­tion pos­sible de la clique au pou­voir, je n’ai pas dit non plus que ta vision du pré­sident ou du can­di­dat « idéal » était injustifiée,

    je dis sim­ple­ment très prag­ma­ti­que­ment que sachant que siègent au CC des anciens Pré­si­dents dont l’un a dit « je décide, il exé­cute » à pro­pos de Sar­ko­sy et que la lec­ture de la consti­tu­tion comme l’exa­men de sa pra­tique ou de la juris­pru­dence du CC m’im­posent de consi­dé­rer ton idée comme inopé­rante, hors sujet, pour ne pas dire inutile, si tant est qu’une lettre au père noël le soit(sorry).

    je pense cela bien sûr du point de vue des objec­tifs que tu te fixes, faire appli­quer la constitution,

    cela sup­po­se­rait d’a­bord que ta lec­ture soit « la bonne », ensuite qu’au moins un des membres du CC la par­tage his­toire d’en convaincre les deux tiers, et qu’en­fin il ne se trouve aucun membre pour rap­pe­ler que les récla­ma­tions étant por­tées sur le dérou­le­ment des élec­tions, elles s’exa­minent par rap­port aux articles de la consti­tu­tion et de la loi orga­nique et des décrets la régis­sant, il y a lieu pour le conseil de décla­rer la récla­ma­tion irre­ce­vable étant enten­du qu’il n’existe aucun méca­nisme juri­dique per­met­tant de contraindre un can­di­dat non seule­ment à res­pec­ter ses pro­messes mais aus­si à les res­treindre dans le seul cadre de ses com­pé­tences futures. Com­pé­tences qui objec­ti­ve­ment sont bien plus vastes que tu ne sembles vou­loir le lire dans les textes.

    De plus, si des sanc­tions post élec­tion d’un dépas­se­ment vir­tuel de fonc­tion par les seules pro­messes d’un Pré­sident, sont pro­pre­ment inen­vi­sa­geables (je rap­pelle d’ailleurs qu’à chaque élec­tion plu­sieurs résul­tats de bureaux de votes sont inva­li­dés sans don­ner lieu à une nou­velle élec­tion, de même pour des irré­gu­la­ri­tés de comptes de campagne),

    il n’existe aucun méca­nisme de sai­sine du CC qui puisse s’en­vi­sa­ger si effec­ti­ve­ment le Pré­sident outre­passe ses pou­voirs consti­tu­tion­nels ou n’ac­com­plit pas ses devoirs, et ce, même en période de coha­bi­ta­tion (cf quand Mit­ter­rand a refu­sé de signer les lois de pri­va­ti­sa­tions), à moins de pro­blèmes de san­té men­tale dûment consta­tés, et encore…

    Il s’a­git donc d’une récla­ma­tion morale dont les fon­de­ments juri­diques sont inexis­tants et dont les fon­de­ments poli­tiques sont pour le moins inco­hé­rent avec la néces­si­té de construire un consen­sus natio­nal sur le carac­tère abject et anti­dé­mo­cra­tique de cette consti­tu­tion, dont la réécri­ture est une néces­si­té, néces­si­té qui implique aus­si d’é­jec­ter celui qui pour­rait bien aller au bout de ce qu’elle per­met en matière de tyran­nie sans même avoir à la vio­ler. Ceci se fait par un bul­le­tin de vote comptabilisable.
    Néces­si­té de chan­ger en pro­fon­deur selon une méthode légi­time et impar­tiale la consti­tu­tion qui passe aus­si par le relais et la dif­fu­sion des argu­ments, et je veux bien accor­der le carac­tère juste, rai­son­nable et puis­sant d’une démarche qui consiste à convaincre les « légi­ti­mistes » de la Vème répu­blique, à par­tir des prin­cipes fon­da­men­taux qu’elle énonce et qu’elle trans­gresse ensuite, à la fois dans le texte lui-même, mais aus­si à par­tir d’une lec­ture cri­tique des pra­tiques qu’elle n’in­ter­dit ou ne contrôle pas ni a prio­ri, ni a posteriori.

    autre­ment dit la pierre à l’é­di­fice du « com­ment » peut effec­ti­ve­ment pas­ser par des démarches se vou­lant « inté­grées », « jouant le jeu » et visant à révé­ler les contra­dic­tions du sys­tème avec les prin­cipes qu’il énonce pour jus­ti­fier sa légitimité,

    sim­ple­ment ta démarche, certes repo­sant sur une intui­tion juste, ne m’ap­pa­rait pas per­ti­nente du point de vue de l’efficacité.

    Pour se faci­li­ter le tra­vail de lec­ture et de cri­tique, le livre de Mit­ter­rand « le coup d’E­tat per­ma­nent » contient déjà beau­coup de ces cri­tiques, et pour le reste, tout ou presque a déjà été écrit…reste donc à trou­ver des actions plus per­cu­tantes en com­plé­ment des confé­rences d’Etienne 😉

    Réponse
  65. sitouaillain

    tou­jours @ Di giro­la­mo (au pas­sage mer­ci pour l’ar­ticle Florence)

    je suis inti­me­ment per­sua­dé que le « milieu urbain » tel qu’il s’est orga­ni­sé aujourd’­hui n’est pas l’a­ve­nir de l’homme. Et qu’il va fal­loir en pas­ser par une recom­po­si­tion , un réamé­na­ge­ment de fond en comble du territoire .

    J’en suis moi aus­si inti­me­ment persuadé,

    le pro­blème encore une fois, c’est le « com­ment », c’est à dire quelles sont les luttes à mener, quelles sont les ima­gi­naires à construire et quels sont les leviers à notre por­tée, employables ici et main­te­nant, et quels sont ceux que l’on peut cher­cher à ravir aux tenants actuels du pouvoir.

    En matière d’a­na­lyse du « milieu urbain » et de recom­po­si­tion ter­ri­to­riale, je pense qu’il est inutile de rap­pe­ler que les Khmers rouges ou les maoïstes pen­saient la même chose, ou que, depuis la révo­lu­tion, les pou­voirs conser­va­teurs se sont tou­jours appuyés sur les cam­pagnes pour frei­ner les avan­cées démo­cra­tiques et sociales.

    donc m’est avis qu’on doit être pru­dent, puisque le rap­port ville-cam­pagne est au moins aus­si impor­tant en termes de socle anthro­po­lo­gique que le sont les formes de pro­prié­té, y tou­cher, c’est tou­jours à double tranchant…

    alors je ne sais pas si tu seras d’ac­cord avec moi, mais voi­ci ce que cela m’inspire :

    Dans le rap­port Ville-Cam­pagne, on s’at­taque néces­sai­re­ment à une « cause des causes », ou plus rigou­reu­se­ment à un « fais­ceau de cau­sa­li­tés » per­met­tant d’ex­pli­quer la génèse des struc­tures contem­po­raines de nos socié­tés, qu’elles soient éco­no­miques, poli­tiques, reli­gieuses ou culturelles.

    mais le pro­blème c’est qu’on ne peut pas décem­ment s’au­to­ri­ser à y voir les « ori­gines du mal », Baby­lone, Sodome et Gomorrhe, etc. car les cri­tères des juge­ments néga­tifs sur la ville comme incar­na­tion du capi­ta­lisme, de l’E­tat, de la dépra­va­tion des moeurs, du cos­mo­po­li­tisme, de l’homme effe­mi­né, etc., sont per­ti­nents si et seule­ment si ils ne se basent pas sur une idéa­li­sa­tion de la cam­pagne en tant qu’es­pace de la ver­tu, des valeurs, de l’homme fort, etc., mas­quant en fait une volon­té plus ou moins consciente de retour à un monde figé et rigoriste,

    c’est toute l’am­bi­gui­té des dif­fé­rences entre « socié­té » et « com­mu­nau­té » et leurs impli­ca­tion sur la pos­si­bi­li­té de la démo­cra­tie qui se jouent dans l’at­tri­bu­tion de vices ou de ver­tus à la « Ville », et c’est tout le défi que pose le néces­saire rééqui­li­brage ter­ri­to­rial, en termes répar­ti­tion géo­gra­phique-démo­gra­phique, mais aus­si en termes de rap­ports géné­riques entre espaces ruraux et espaces urbains, dans leur dimen­sion juri­dique, poli­tique et éco­no­mique mais aus­si dans leur dimen­sion ima­gi­naire et culturelle.

    sur ce der­nier point, c’est un peu comme si la lutte à mener était du même ordre que la lutte fémi­niste, au sens où la supré­ma­tie de l’es­pace urbain-vor­tex, lieu de cap­ta­tion des flux et sa rela­tion struc­tu­relle de domi­na­tion sur l’es­pace rural serait du même ordre que la domi­na­tion masculine.

    ceci laisse d’ores et déjà pen­ser qu’il pour­rait y avoir une vel­léi­té exces­sive de ren­ver­ser la domi­na­tion, là où la sagesse impose une recherche d’un pos­sible équilibre,

    puisque la ville est (fut?) aus­si l’es­pace qui per­met aux cam­pagnes de res­ter dans une socié­té ouverte et dynamique.

    j’a­joute éga­le­ment que nos socié­tés souffrent d’un dés­équi­libre de même ordre entre le séden­taire et le nomade, cette der­nière dimen­sion étant deve­nue com­plè­te­ment marginale.

    tou­jours est-il que la ques­tion que tu poses, ou du moins la cri­tique que tu fais de la par­ti­ci­pa­tion poli­tique des citoyens en milieu urbain est légitime.

    elle est légi­time en termes de « ratio­na­li­té » de la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique et de l’a­mé­na­ge­ment « glo­bal » du ter­ri­toire, et elle l’est d’au­tant plus lors­qu’on ima­gine un pro­ces­sus d’é­chelle régio­nal, natio­nal ou plus, puisque le dés­équi­libre démo­gra­phique et capi­ta­lis­tique posi­tionne d’emblée les ter­ri­toires ruraux en situa­tion d’infériorité.

    cette situa­tion d’in­fé­rio­ri­té n’est pas inso­luble, non seule­ment parce qu’un cer­tain nombre de lois-cadres et de dis­po­si­tifs fis­caux ou moné­taires peuvent conduire à un rééqui­li­brage pro­duc­tif et démo­gra­phique du ter­ri­toire, mais aus­si et sur­tout parce que les prin­cipes du fédé­ra­lisme per­mettent d’i­ma­gi­ner un sys­tème poli­tique de type 1 com­mune= 1 voix.

    cepen­dant, là où je res­te­rais pru­dent sur cette pré­ten­due inef­fi­ca­ci­té de la par­ti­ci­pa­tion poli­tique en milieu urbain, c’est sur la dimen­sion pro­fon­dé­ment poli­tique qu’elle contient, au sens d’ap­pren­tis­sage de la citoyen­ne­té, et sur­tout comme construc­tion d’at­ti­tudes et de repré­sen­ta­tions qui forment une dimen­sion indis­pen­sable de la capa­ci­té de nos socié­té à pro­duire une trans­for­ma­tion radi­cale de nos rap­ports poli­tiques et de nos rap­ports à l’environnement.

    En fait il faut voir dans la capa­ci­té citoyenne à se réap­pro­prier le fait poli­tique et le fait urbain notam­ment un anti­dote à la dis­tan­cia­tion, à la dépo­li­ti­sa­tion, à la délé­ga­tion, bref à la perte de capa­ci­té du corps social à défi­nir le beau, le bien et les normes du vivre-ensemble, lais­sant cela à des élites, des « entre­pre­neurs de morale » rigo­ristes ou new âge et la régu­la­tion sociale au forces du « marché ».

    Et c’est pré­ci­sé­ment en se trans­for­mant en citoyen que l’in­di­vi­du urbain peut « recréer du social », du lien, bri­ser le pro­ces­sus déso­cia­li­sant de la divi­sion du tra­vail et sor­tir de sa condi­tion d’a­tome bal­lo­té par des pou­voirs dis­tants, imper­son­nels, tech­ni­cistes, âme bal­lo­té par des injonc­tions de pro­pa­gandes, de pul­sions consu­mé­ristes, et tra­dui­sant ses ins­tincts gré­gaires par des liens imper­son­nels d’i­mi­ta­tion (la mode, les « contre-cultures »), et sa quête de sens par des spi­ri­tua­li­tés com­po­sites évo­luant au gré des modes ou s’ac­cro­chant aux tra­di­tions barbares.

    alors bien-sûr les dis­po­si­tifs géné­rés par les pou­voirs sont une infime par­tie de la réa­li­té des inves­tis­se­ments poli­tiques des citoyens dans l’es­pace urbain. Mais ce qui est inté­res­sant c’est que la plu­part des inves­tis­se­ments le sont depuis une pos­ture qui tient plus de la rura­li­té que de l’ur­ba­ni­té. Il s’a­git sou­vent de recréer du lien, de remettre du sens dans ce que l’on achète et du contact humain dans ce que l’on échange, de faire émer­ger une nature en dé-béton­nant, en créant des jar­dins sur les toits, de reven­di­quer du beau, des dépla­ce­ments doux, des loi­sirs non consu­mé­ristes, ou bien de créer des éco­no­mies sou­ter­raines ou paral­lèles, des sys­tèmes de soli­da­ri­té, des lieux de socia­bi­li­té hors mar­ché, etc., etc.

    et il n’est pas non plus inutile de repé­rer que les espaces de la trans­gres­sion, sont avant tout urbain, et que la révolte comme la créa­tion de nou­veau nait de la trans­gres­sion, hors codes, hors tra­di­tions, et que sans en occul­ter les aspects délé­tères et néga­tifs, cette trans­gres­sion est la condi­tion sine qua non de notre capa­ci­té à éva­cuer du réel et de l’i­ma­gi­naire les injonc­tions de l’ordre mar­chand, sécu­ri­taire et tech­ni­ciste-scien­tiste-pro­duc­ti­viste, comme celle de sa cou­ver­ture morale-rigo­riste et des reli­gions officielles.

    je ne peux m’empêcher de croire qu’une par­ti­ci­pa­tion accrue des citoyens en milieu urbain ne débouche jus­te­ment sur des rééqui­li­brages très inté­res­sants du point de vue des rela­tions éco­lo­giques et des ima­gi­naires démo­cra­tiques, notam­ment parce que la crise qui a lais­sé en friche de vastes espaces indus­triels dans une ville comme Détroit a sus­ci­té des gestes poli­tiques de réap­pro­pria­tion du sol pour en faire des espaces de culture, selon des modes de par­tage, à l’i­mage de la ges­tion des prés com­mu­naux, ailleurs ce sont des immeubles voire des quar­tiers entiers que les habi­tants réin­ves­tissent par l’au­to­ges­tion, etc.

    il ne manque fina­le­ment qu’une volon­té-capa­ci­té poli­tique plus puis­sante, une tra­duc­tion poli­tique de ces faits cultu­rels et sociaux dans des lois et des mesures d’en­ver­gure com­mu­nale et nationale…ce qui repose la ques­tion du com­ment prendre\transformer le pouvoir !

    Réponse
  66. L'amour comme un boomerang

    sitouaillain, tu veux une socié­té neuve et tu te demandes com­ment se débar­ras­ser de l’an­cienne. Mon pro­blème est plus simple, je veux ache­ter un boo­me­rang neuf. Com­ment puis-je me débar­ras­ser du vieux ?

    Réponse
  67. sitouaillain

    @ L’a­mour comme un boomerang,

    je ne sais pas où tu veux en venir,
    pour ma part je veux ni socié­té neuve, ni me débar­ras­ser de l’an­cienne, je sou­haite que la socié­té se trans­forme d’elle-même et pour elle-même, donc effec­ti­ve­ment ton pro­blème est plus simple…comme je n’aime pas jeter et que là c’est ris­qué vu que je ne sais pas me ser­vir d’un boo­me­rang, ma solu­tion serait de m’en ser­vir comme tuteur 🙂

    Réponse
  68. Di Girolamo

    @Sitouaillain

    Quand on parle de dehors et de dedans , ne pas oublier que le dehors exprime seule­ment l’im­pos­si­bi­li­té d’être dedans ; en d’autres termes c’est parce que la gou­ver­nance ne fonc­tionne pas démo­cra­ti­que­ment que les réflexions, reven­di­ca­tions , actions etc se déroulent en dehors.
    Ce qui ne me convient pas c’est l’ac­cep­ta­tion de cet état de fait comme quelque chose d’i­né­duc­table et de posi­tif . Il y a une satis­fac­tion à se reven­di­quer du dehors​.Et les mêmes qui se reven­diquent du dehors s’ins­crivent avec satis­fac­tion DANS le cadre impo­sé par le dedans ‚à savoir un pro­ces­sus du pou­voir alternatif,avec des par­tis en com­pé­ti­tion pour cette « prise de pouvoir ».

    Au lieu de se réunir autour d’une reven­di­ca­tion com­mune de bon fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique, chaque par­ti tra­vaille à son ascension.

    De ce fait tout le monde est bien trop occu­pé par ce jeu du pou­voir pour orga­ni­ser rai­son­na­ble­ment le pou­voir de tous .

    En disant cela je ne nie pas les néces­saires luttes contre la tyran­nie , les inéga­li­tés etc mais il me semble plus intel­li­gent de mettre un pauvre au pou­voir que d’aug­men­ter son salaire ; plus intel­li­gent métho­do­lo­gi­que­ment ( le com­ment ) de mettre ses forces , de créer des fronts sur la reven­di­ca­tion démo­cra­tique . Le reste « vien­dra par surcroit ».

    Or, c’est tout l’in­verse qui se passe.

    Dans la logique qui est la mienne ‚de reven­di­ca­tion d’une gou­ver­nance plus démo­cra­tique ‚et sachant que pour plan­ter un clou il faut taper de nom­breuses fois , j’ai ce matin dépo­sé à mon bureau de vote une nou­velle récla­ma­tion , le coeur de son sujet étant que concer­nant la gou­ver­nance du pays ‚sur tous les grands sujets struc­tu­rant enga­geant l’a­ve­nir du pays,ce ne soit pas le pré­sident qui gou­verne , mais bien le peuple grâce à ses repré­sen­tants et aux réfé­ren­dums : en pra­tique les dépu­tés lancent des réflexions ‚études, enquêtes ‚débats , et gèrent des pro­ces­sus de consul­ta­tion et réfé­ren­dums , au local ‚au natio­nal en uti­li­sant les médias.

    Ci des­sous nou­velle réclamation :

    Je sous­si­gné Di Giro­la­mo Georges Elec­teur au Bureau de vote 1 mai­rie de Lemps 
    07610
    N° d’ordre sur la liste 12, fait Réclamation

    1 Non res­pect de l’article 6 de la consti­tu­tion indi­quant que « Le Pré­sident de la Répu­blique est élu pour cinq ans au suf­frage uni­ver­sel direct. »
    La loi orga­nique d’application de cet article ne res­pecte pas le carac­tère direct du suf­frage ; elle fait un mixte entre suf­frage indi­rect et suf­frage direct en fai­sant inter­ve­nir en amont les pré­sen­ta­tions des can­di­dats par un sec­teur de la popu­la­tion. Cette pré­sé­lec­tion enlève le carac­tère direct du suf­frage. La loi peut pour rai­son pra­tique de sur­abon­dance de can­di­dats pré­voir une pré­sé­lec­tion, mais le pro­ces­sus pré­vu doit gar­der un carac­tère direct, cette pré­sé­lec­tion devant être faite par l’ensemble des élec­teurs et non une par­tie d’entre eux.

    • Je réclame que la loi orga­nique soit modi­fiée afin de se mettre en confor­mi­té avec la Constitution.

    2 Non res­pect de l’article 20 qui indique que « Le Gou­ver­ne­ment déter­mine et conduit la poli­tique de la nation. » et de l’article 5 qui pré­cise le rôle et les mis­sions du Pré­sident de la République.

    Les can­di­dats se pré­sentent à nos suf­frages avec un pro­gramme de gou­ver­ne­ment ; leurs pro­fes­sions de foi, décla­ra­tions, sites inter­net, débat… en attestent. Le scru­tin pré­si­den­tiel ne res­pecte donc pas la Consti­tu­tion : les can­di­dats devraient se pré­sen­ter à nos suf­frages dans le cadre du rôle et des mis­sions que l’article 5 donne au Pré­sident de la Répu­blique et non dans celui du gou­ver­ne­ment (article 20)

    Cette confu­sion des rôles ne res­pecte pas le texte consti­tu­tion­nel et fausse entiè­re­ment les équi­libres pré­vus par la consti­tu­tion en ses articles 2,3 et 4 concer­nant la souveraineté.

    Le fait que des habi­tudes, aujourd’hui entrées dans les faits et les mœurs se soient crées n’enlève rien au carac­tère illé­gal du scru­tin. Cette pra­tique non consti­tu­tion­nelle sub­sti­tue le prin­cipe de « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum. »(Article 3) par une délé­ga­tion de sou­ve­rai­ne­té en alter­nance à une par­tie du peuple, puis à une autre, puis à une autre ……Ce « cha­cun son tour » va à l’encontre des inté­rêts supé­rieurs de la Nation, assèche le débat natio­nal sur les grands enjeux et fausse le prin­cipe fon­da­men­tal d’une Répu­blique Démocratique.

    • Je réclame que le can­di­dat élu s’engage à reve­nir à une sou­ve­rai­ne­té natio­nale qui « appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum. »(Article 3) : en pra­tique : Orga­ni­sa­tion tra­vaux de réflexion, études, enquêtes, débats…Parlementaires+Processus consul­ta­tions, réfé­ren­dums popu­laire sur tous les grands sujets struc­tu­rant enga­geant l’avenir du pays

    Je sou­haite en tant qu’électeur for­mu­lant cette récla­ma­tion rece­voir le pro­cès ver­bal de son exa­men par le Conseil Constitutionnel .

    Réponse
  69. Di Girolamo

    .…. Donc quand tu me demandes :

    « ne crois-tu pas que le dés­équi­libre en faveur du « dehors » est pré­ci­sé­ment lié à la nature de ces ins­tances « octroyées » et à la dimen­sion par nature débi­li­tante d’un rap­port au pou­voir déci­sion­naire qui s’ins­cri­rait dans les cadres dont ce pou­voir à lui même fixé les limites ?

    Ne crois-tu pas que lien entre le dehors et le dedans, du point de vue de l’ef­fi­ca­ci­té repose prin­ci­pa­le­ment sur le fait que le citoyen qui parle « dedans » est en mesure de s’ap­puyer sur des cen­taines d’autres, qui, par leurs agi­ta­tions et leurs dif­fu­sions de mes­sages, créent de fait un rap­port de force avec lequel « l’é­lu » est contraint de composer ? »

    Je dis que tu es sim­ple­ment en train de dres­ser un constat de l’exis­tant : effec­ti­ve­ment les pro­ces­sus de par­ti­ci­pa­tion sont rares et peu pré­ci­sé­ment défi­ni, peu de moyens leurs sont octroyés, ce sont la plu­part du temps des cau­tion­ne­ments de façade …Et oui « la lutte » se passe en dehors. A par­tir de ce constat tu déduis que les cents du dehors sont pré­cieux pour ceux du dedans. Ce serait le cas s’il y avait coor­di­na­tion, cohé­rence et syner­gie ; ce que ne montre pas du tout le constat de l’existant . Il est tout à fait évident que si les cent dépla­çaient leur luttes vers le dedans , les lignes bou­ge­raient et les pro­ces­sus de par­ti­ci­pa­tion ne seraient plus des cau­tions mal fago­tées mais de vrais outils d’action citoyens.

    Je reste sur le posi­tion­ne­ment d’un enga­ge­ment consis­tant à dres­ser le constat pré­cé­dent , à en faire une cause des causes de notre impuis­sance , à ten­ter de creu­ser publi­que­ment ce sujet , afin que des cen­taines et des cen­taines de citoyens réclament une vraie démo­cra­tie n’o­bli­geant pas à faire de l’ULM au des­sus des cen­trales et nous per­met­tant de prendre entière pos­ses­sion de notre pou­voir de citoyen , consis­tant à réflé­chir ensemble repré­sen­tants et repré­sen­tés offi­ciel­le­ment dans un cadre légal et média­ti­sé à ces enjeux. Je reste donc assez buté sur ce que tu avais lu de moi il y a déjà main­te­nant un peu de temps sur l’a­mé­na­ge­ment d’un nou­vel outil de gou­ver­nance publique.

    C’est tout à fait exact qu’en termes de stra­té­gie poli­tique je suis très dému­ni pour por­ter ce com­bat ; dému­ni par mes propres moyens per­son­nels (limite de temps, dif­fi­cul­té à concep­tua­li­ser..) dému­ni en terme d’alliés, ou asso­ciés pour pro­mou­voir ces objec­tifs, dému­ni en terme de com­mu­ni­ca­tion etc La dif­fi­cul­té que j’ai à faire pas­ser cette approche même avec des gens comme toi , doit m’in­ci­ter à m’in­ter­ro­ger sur sa jus­tesse ou non ;je rame à contre cou­rant ; mais je suis encore , sans cris­pa­tion , ni pas­sion , sur le point de vue de per­sé­vé­rer : à un moment don­né c’est l’histoire qui tranche ; et si après avoir explo­ré diverses pistes à fond avec per­sé­vé­rance et que rien ne se passe , c’est que je suis réel­le­ment à côté de la plaque.

    Mes pistes :

    -Conti­nuer à réflé­chir au sujet grâce par exemple aux blogs quand j’ai la chance de trou­ver des déba­teurs comme toi (ce qui est rare : on débat peu sur les blogs on vient cher­cher une famille )

    - Loca­le­ment ten­ter de déblo­quer la situa­tion avec la région et tra­vailler avec le CLD afin de relan­cer la struc­ture et des soi­rées com­mu­nales ; convaincre des mili­tants locaux dde s’in­ves­tir dans le CLD et SCOT

    - Média­ti­que­ment : faire pas­ser des articles

    - Trou­ver un ou des alliés connus médiatiquement.

    - Pour­suivre les récla­ma­tions d’ordre juri­dique et les médiatiser

    Réponse
  70. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    http://​www​.pro​gramme​-pre​si​den​tiel​.com/​2​0​0​7​/​0​3​/​0​8​/​j​o​s​e​-​b​o​v​e​-​l​h​o​m​m​e​-​s​a​n​d​w​i​c​h​-​s​a​n​s​-​p​r​o​g​r​a​m​me/

    lis cet article, en ayant en tête ceci :

    en 2006, suite à la cam­pagne du NON de gauche au TCE et suite aux mobi­li­sa­tions contre le CPE (pas­sé avec l’ar­ticle 49–3 et avec 83% de fran­çais contre),

    dans toute la France, se sont réac­ti­vés des col­lec­tifs pour l’u­nion de la gauche de trans­for­ma­tion sociale,

    y venait qui vou­lait, y ont par­ti­ci­pé des gens, simples citoyens, mili­tants encar­tés, asso­cia­tifs, de tout,

    nous avons éla­bo­ré sur le mode de la démo­cra­tie directe (plus ou moins impar­faite mais disons à par­tir de la sou­ve­rai­ne­té des col­lec­tifs locaux et avec des coor­di­na­tions régio­nales puis natio­nales et donc des délé­gués tour­nants), un pro­gramme en 125 propositions.

    ces pro­po­si­tions étaient le résul­tat des dis­cus­sions entre par­ti­ci­pants, mais, fina­le­ment, à chaque pro­po­si­tion il s’a­gis­sait de dire ce que nous pen­sions impor­tant tout en ren­voyant au choix du peuple dans de nou­velles ins­ti­tu­tions le soin de pré­ci­ser, mettre en œuvre et contrôler.

    comme nous avions choi­si de four­nir une tra­duc­tion poli­tique aux mou­ve­ments sociaux, les pro­po­si­tions fai­saient bien sûr la part belle à ces revendications,

    comme nous avions choi­si de pas­ser par les urnes pour tra­duire notre uni­té qui se mani­fes­tait à chaque mobi­li­sa­tion, il nous a fal­lu choi­sir une candidature…

    Bon là c’est par­ti en couille, mais, de par le tra­vail des mili­tants encar­tés loyaux à l’es­prit de consen­sus du mou­ve­ment citoyen, et sur­tout par le tra­vail d’élec­trons libres comme moi et des gens plus connus au niveau natio­nal, nous avons déci­dé de ne pas nous plier aux dik­tats des par­tis et de pré­sen­ter un can­di­dat qui ne soit d’au­cun par­ti, nous avons, par­mi plu­sieurs per­son­na­li­tés qui émer­geaient, choi­si de pré­sen­ter José Bové,

    il ne vou­lait pas, nous l’a­vons convain­cu de por­ter notre pro­gramme, nous avons été cher­cher les 500 signa­ture, nous nous sommes coti­sés pour payer des frais, faire des affiches, tout était arti­sa­nal et décen­tra­li­sé, nous avons du faire une asso pour pou­voir emprun­ter, etc.

    bref, nous avons tout fait selon les règles de la démo­cra­tie et du dés­in­té­res­se­ment et nous avons joué le jeu des cadres impo­sés par la constitution…

    résul­tat : un échec total, puisque si tu lis l’ar­ticle, tu ver­ras que même un type qui aurait du être des nôtres n’a pas pu com­prendre quelle était la nature inédite de cette can­di­da­ture, de ce mou­ve­ment, et notre volon­té de rendre le pou­voir au peuple.

    le type deman­dait qu’il y ait un pro­gramme com­plet, pré­cis, chif­fré avec des déci­sions à prendre, qui ne rele­vaient pas de nous mais bien du peuple, Bové étant notre che­val de troie pour remettre à plat toutes les struc­tures instituées.

    Per­sonne n’a com­pris, ce n’est même pas que le peuple ne vou­lait avoir le pou­voir, les citoyens n’ont tout sim­ple­ment pas eu accès à ce que nous avions à dire, les médias inter­ro­geant Bové comme s’il était can­di­dat pour lui-même, et comme un « petit can­di­dat »,sur sa « per­son­na­li­té », se moquant, le met­tant sur le même plan que buf­fet besan­ce­not ou laguiller, bref, il était le can­di­dat des sans voix, nous sommes res­té sans voix et lui aussi.

    bref, si les gens vou­laient vrai­ment la démo­cra­tie et qu’on leur pro­pose de l’ins­tau­rer en votant, un tri­so­mique pour­rait être élu dès le pre­mier tour,

    donc si on choi­sit cette option pour gagner, pas pour « témoi­gner », on se doit de se plier à bien des règles du jeu tacite..le can­di­dat doit « faire Pré­sident », avoir l’air « volon­taire », avoir un pro­gramme de « dic­ta­teur bien­veillant », sou­rire aux jour­na­listes, mee­tings, chif­frage des pro­po­si­tions, bref être cré­dible à mini­ma, c’est à dire tel que les usages et les rap­ports de force ont consti­tué comme « signaux » de la « crédibilité ».

    De par l’hé­gé­mo­nie du sys­tème média­tique, pour pou­voir faire contre­point, le « can­di­dat » ou les idées doivent être por­té par un réseau de citoyens, très très nom­breux, enga­gés ou sim­ple­ment capables de retra­duire dans leur entou­rage le sens de la mobi­li­sa­tion, et pour qu’ils soient assez nom­breux, le noyau qui ini­tie le pro­ces­sus doit éta­blir des stra­té­gies qui font émer­ger leurs ini­tia­tives sur la scène média­tique d’une manière qui paraisse un mini­mum sen­sée et sym­pa­thique, du moins qui ne laisse pas indifférent.…d’où les par­tis, les assocs, etc.

    Sur la can­di­da­ture Bové, notre homme sand­wich, nous avons échoué, mais pour espé­rer une insur­rec­tion élec­to­rale, nous nous sen­tions contraint de choi­sir une per­son­na­li­té connue, dont l’in­té­gri­té et le dés­in­té­res­se­ment ne fai­sait pas de doute par­mi nous…même si la suite à mon­tré qu’il n’é­tait pas bon dans l’exer­cice et pas assez dis­ci­pli­né par rap­port à la sou­ve­rai­ne­té de nos col­lec­tifs et le sens pro­fon­dé­ment démo­cra­tique de notre fonctionnement.

    donc tout ça vu du dehors peut appa­raître comme une volon­té d’une frac­tion du peuple de prendre le pou­voir, en réa­li­té nous aurions été ravis d’être débor­dés par le nombre, et puisque la par­ti­ci­pa­tion au pro­ces­sus ne néces­si­tait pas de carte ni de ser­ment nous n’a­vions pas d’autre défi­cit de légi­ti­mi­té que celui de la propre auto-exclu­sion du peuple lui-même.

    Peuple qui s’en fout, qui regarde du dehors en spec­ta­teur, en consom­ma­teur, qui attend qu’on lui fasse des pro­po­si­tions ou qui n’at­tend rien du tout ou attend un miracle de sur­gis­se­ment d’un « homme pro­vi­den­tiel » ou qui veut abso­lu­ment que ce soit son par­ti qui dirige…

    bref nous sommes tou­jours condam­nés à vivre sous l’au­to­ri­té d’une frac­tion du peuple, et cette frac­tion est (pour le moment)ultra-majoritaire : elle veut un guide qui donne l’air de maî­tri­ser le trou­peau qu’elle forme.

    et d’ailleurs, de par la concep­tion lar­ge­ment par­ta­gée de la démo­cra­tie, même en cas de gou­ver­nance par réfé­ren­dum nous avons à subir la dic­ta­ture d’une majorité.

    il y aura donc tou­jours un « en-dehors » car il faut bien s’or­ga­ni­ser pour don­ner de la force et de la consis­tance à des mes­sages et faire en sorte que la majo­ri­té soit du côté de la liber­té et de la démocratie…ce n’est pas le cas aujourd’­hui car nos adver­saires sont mieux orga­ni­sés et mieux outillés ;

    peu importe les textes, la sou­ve­rai­ne­té appar­tient tou­jours à la frac­tion du peuple la mieux orga­ni­sée et la plus consciente pour pos­sé­der les moyens de faire en sorte que ce qu’elle pense bon pour elle ait force de loi.

    j’ap­par­tiens à la frac­tion du peuple qui pense que cette sou­ve­rai­ne­té et sa quête n’a de sens que si la sou­ve­rai­ne­té en ques­tion est dévo­lue à tous et émane de tous, et qui entend l’exer­cice de la sou­ve­rai­ne­té comme le moyen de faire en sorte que ce qui est bon pour soi doit être bon pour tous.

    Mon par­ti pris est que toute action non-vio­lente envers les per­sonnes qui vise à mettre le peuple en capa­ci­té d’exer­cer lui-même la sou­ve­rai­ne­té est légi­time, que cette action soit per­çue comme venant d’un par­ti pris, d’une frac­tion du peuple, qu’elle soit légale ou illé­gale, qu’elle ne réa­lise ce but que de manière infi­ni­té­si­male, m’im­porte peu.

    ceux qui gou­vernent sont tou­jours ceux qui n’en­tendent pas que d’autres gou­vernent à leur place et qui se donnent les moyens de gouverner.

    comme je n’en­tends pas que d’autres gou­vernent à ma place, je fais ce qui est en mon pou­voir pour que les autres ne gou­vernent pas,
    et comme je n’en­tends pas gou­ver­ner quel­qu’un d’autre que moi-même, je cherche à m’as­so­cier avec ceux qui ont le même but,
    et je cherche à neu­tra­li­ser le pou­voir de ceux qui l’ont obte­nu des per­sonnes qui veulent être gou­ver­nées, en sou­te­nant libre­ment les actions de ceux qui, s’ils avaient un pou­voir sur moi, m’as­su­re­ront la plus grande part pos­sible de sou­ve­rai­ne­té sur moi-même.

    la triste réa­li­té m’o­bli­geant à prendre par­ti pour ceux qui se donnent les moyens d’é­li­mi­ner le pou­voir de ceux qui me volent le plus de sou­ve­rai­ne­té et qui orga­nisent le gros­sis­se­ment des rangs de ceux qui ne veulent ou qui ne peuvent se gou­ver­ner eux-mêmes en asso­cia­tion avec les autres.

    de cela je tire la conclu­sion que le par­ti de ceux qui ne veulent ni gou­ver­ner, ni être gou­ver­nés, ne peut pas exis­ter autre­ment que comme par­ti de ceux qui veulent gou­ver­ner pour que tous puissent gou­ver­ner. Et puisque tous ne peuvent gou­ver­ner, pour des rai­sons maté­rielles ou cog­ni­tives, le seul moyen d’ar­ri­ver à ces fins est de s’at­ti­rer les grâces de ceux qui veulent res­ter gou­ver­nés et de cher­cher à gros­sir les rangs de ceux qui sont en capa­ci­té de se gou­ver­ner eux-mêmes et de gou­ver­ner pour que ceux qui ne le sont pas le devienne.

    « Quand on parle de dehors et de dedans , ne pas oublier que le dehors exprime seule­ment l’im­pos­si­bi­li­té d’être dedans »

    ou la volon­té d’être dedans

    « ; en d’autres termes c’est parce que la gou­ver­nance ne fonc­tionne pas démo­cra­ti­que­ment que les réflexions, reven­di­ca­tions , actions etc se déroulent en dehors. Ce qui ne me convient pas c’est l’ac­cep­ta­tion de cet état de fait comme quelque chose d’i­né­luc­table et de positif . »

    « Il y a une satis­fac­tion à se reven­di­quer du dehors. » satis­fac­tion qui est la source de nos pro­blèmes car elle est ultra­ma­jo­ri­taire, en bon peuple de spec­ta­teurs que nous sommes.

    « Et les mêmes qui se reven­diquent du dehors s’ins­crivent avec satis­fac­tion DANS le cadre impo­sé par le dedans ‚à savoir un pro­ces­sus du pou­voir alternatif,avec des par­tis en com­pé­ti­tion pour cette « prise de pouvoir ». »
    ceci concerne tout le monde quel que soit son choix

    « Au lieu de se réunir autour d’une reven­di­ca­tion com­mune de bon fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique, chaque par­ti tra­vaille à son ascension. »

    Tous les par­tis qui ont été en posi­tion de pou­voir sont réuni autour de la même « reven­di­ca­tion démo­cra­tique », au moins celle d’é­vi­ter la guerre civile

    « De ce fait tout le monde est bien trop occu­pé par ce jeu du pou­voir pour orga­ni­ser rai­son­na­ble­ment le pou­voir de tous . »

    oui mais pour chan­ger les choses il faut être en posi­tion de pou­voir le faire, ce qui implique de concur­ren­cer ceux qui le sont.

    « En disant cela je ne nie pas les néces­saires luttes contre la tyran­nie , les inéga­li­tés etc mais il me semble plus intel­li­gent de mettre un pauvre au pou­voir que d’aug­men­ter son salaire »
    tout dépend du pauvre en ques­tion et tout dépend de qui le met au pouvoir.

    « ; plus intel­li­gent métho­do­lo­gi­que­ment ( le com­ment ) de mettre ses forces , de créer des fronts sur la reven­di­ca­tion démocratique »
    parce qu’aug­men­ter les salaires ou dimi­nuer le temps de tra­vail n’est pas une reven­di­ca­tion démo­cra­tique ? celui a faim ou n’a pas le temps de com­prendre les enjeux peut-il seule­ment être citoyen ?

    enfin, la plu­part des gens pré­fèrent l’ordre et la sécu­ri­té, la sur­vie, à la liber­té et à ses risques, l’as­su­rance du pain quo­ti­dien aux pro­messes de len­de­mains qui chantent, l’é­qui­libre pré­caire du moment aux incer­ti­tudes d’un chan­ge­ment radi­cal de direc­tion, à moins d’un retour en arrière…ceux qui veulent le pou­voir le gagnent s’ils savent créer un désordre qu’ils maî­trisent, du moins qu’ils donnent l’im­pres­sion de maîtriser.

    c’est là la supé­rio­ri­té du déma­gogue sur l’hon­nête homme : com­ment tout un peuple de gens qui se mentent à eux-mêmes en fai­sant sem­blant d’être dupes pour­rait pré­fé­rer autre chose qu’un déma­gogue, com­ment un peuple de valets et satis­faits de l’être pour­rait deve­nir un peuple de seigneurs ?

    ce soir sera élu celui que le peuple pense le moins mau­vais par­mi les can­di­dats que les sei­gneurs ont présélectionné,
    les can­di­dats du peuple… le peuple les a lui-même éliminés…

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  71. sitouaillain

    j’ai vu hier soir dans Paris bien des choses encou­ra­geantes, hors des came­ras et des écrans géants,
    dans ce car­na­val de l’en­ter­re­ment du nabot malfaisant,
    une liesse grave, une joie exigeante,
    une envie de prendre au mot le slo­gan : le chan­ge­ment c’est maintenant.
    le peuple attend les nou­veaux tyrans au tournant !

    Réponse
  72. Catherine

    De l’i­dée à la réa­li­sa­tion, c’est notre Che­min semé d’embûches !

    De la théo­rie à la pra­tique, c’est notre cui­sine cette cui­sine-là, et elle requiert une furieuse atten­tion de tous les instants !

    bah, …

    Pou­vez-vous m’ex­pli­quer ceux qui savent, pour­quoi il y a tant de tra­vaux dans toutes les villes à une époque où pour­tant il fau­drait res­ser­rer les bud­gets non vitaux, si l’on sui­vait à la lettre la logique de ce sys­tème malade qui quand il dit oui, ça veut dire non, et quand il dit non, ça veut dire oui !

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