16 mars 2012 : courte émission radio à Cannes

29/03/2012 | 51 commentaires

Voi­ci la trace d’une courte émis­sion de radio, avec Tho­mas Krob, le 16 mars 2012.

Etienne CHOUARD AGo­ra FM 16 mars 2011 Le tirage… par alexandry06

Voir aus­si :

https://​chouard2​.adm​.arti​cle3​.net/​2​0​1​2​/​0​3​/​2​9​/​1​4​-​m​a​r​s​-​2​0​1​2​-​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​-​a​-​m​o​n​t​p​e​l​l​i​er/

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Étienne

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51 Commentaires

  1. umpsdegage

    les confé­rences opi­news seront-elles dis­po­nibles prochainement ?

    Encore MERCI pour ton tra­vail Étienne.

    Réponse
  2. PRabourdin

    Bon­jour, déso­lé de par­ler une his­toire dont on est satu­ré. (Et je suis les­si­vé, donc maladroit)

    On aurait pu évi­ter ce mas­sacre com­men­cé le 11 mars.

    Dés l’at­taque d’un mili­taire fran­cais, le 11
    les poli­ciers doivent faire sur­veiller le clan Merah, puisque le 11 est une signa­ture d’Al Qai­da (il y a 6 autres attaques ayant eu lieu un 11)

    Je poste à en perdre mon latin sur le nou­vel obs, j’ai écrit à Fré­dé­ric Lordon,
    j’en ai par­lé au tra­vail, et suis tom­bé sur des gens bla­sés, je me démène comme je peux, j’ai­me­rais avoir votre aide ou votre avis sur ce qu’il faut faire.
    Si per­sonne ne se bouge , cette his­toire va être enter­rée, comme toutes les affaires
    qui s’ac­cu­mulent, et dont la non réso­lu­tion devient habi­tuelle. Il faut dire stop !
    Les limites sont atteintes !

    Réponse
  3. PRabourdin

    Dans l’af­faire Merah :
    On ne sait tou­jours pas pour­quoi la piste inter­net n’a pas don­né de résul­tats en quelques heures.
    Excu­sez moi d’in­sis­ter , mais ce sont des faits. Il suf­fit de cela. Pas besoin du 11. La piste des 576 adresses IP aurait du abou­tir au clan Merah en quelques heures . Pour­quoi 6 morts de plus ? Est ce que ces mal­heu­reux n’ont pas droit à ce que jus­tice soit faite ?
    A notre mobilisation ?

    Il faut par­ler , par­ler , par­ler partout
    de cela. Impo­ser à ce pou­voir une enquête.

    Réponse
  4. catherine

    Etienne, J’suis pas tou­jours d’ac­cord avec vous et lorsque c’est le cas, j’fais pas dans la den­telle, je vous le dis ver­te­ment, mais je dois bien confes­ser que même s’il y a des côtés de vous que j’ai envie de secouer, le plus gros de vous je l’aime bien. Me remer­ciez pas sinon j’vais devoir cher­cher l’embrouille !

    Votre pos­ture est belle car elle va son che­min, elle ne connaît pas de but, car la liber­té n’a pas de but, elle suit son souffle et n’est arrê­tée par rien que par le désir de désobs­truer le chemin !

    Mer­ci

    Réponse
  5. catherine

    PRa­bour­din, je ne com­prends rien à ce que vous dites, ça veut dire « quoi » ce que vous nous dites, allez, soyez plus pro­lixe, que l’on com­prenne, je ne suis pas bla­sée pour ma part, vous pou­vez y aller !

    Mer­ci si vous pre­nez le temps d’expliquer !

    Réponse
  6. J.C

    bon­jour Etienne,

    Comme tu le sais, je ne suis pas pour le tirage au sort car ça ne me semble pas être la meilleure façon de faire fonc­tion­ner une démocratie.

    Par contre, je trouve que tu deviens meilleur dans la façon de pré­sen­ter les choses.

    Il me semble pour­tant, concer­nant le tirage au sort, que tu laisses tou­jours un espace trop grand pour une mau­vaise inter­pré­ta­tion du tirage au sort. En effet, le rem­pla­ce­ment de l’é­lec­tion par le tirage au sort laisse tou­jours pen­ser qu’on va tirer au sort nos maîtres et ce n’est que quelques minutes plus tard que tu pré­cise qu’il ne s’a­git pas de cela.

    Ne serait-il pas plus effi­cace et clair de pré­sen­ter d’emblée, dès le début, le tirage au sort comme le tirage au sort d’exécutants du peuple ou des citoyens qui, eux, ont le pou­voir. C’est-à-dire, fina­le­ment, de rem­pla­cer le sys­tème élec­tif met­tant au pou­voir des repré­sen­tants par une démo­cra­tie met­tant au pou­voir l’en­semble des citoyens et la mise en appli­ca­tion de ce pou­voir par le moyen du tirage au sort de fonc­tion­naires qui ont, certes, un cer­tain pou­voir, mais qui sont contrô­lés tel que tu l’exposes ?

    Bien ami­ca­le­ment.

    J.C

    Réponse
  7. PRabourdin

    http://www.lepoint.fr/societe/fusillade-de-toulouse-al-qaida-pourrait-reconnaitre-les-attaques-21–03-2012–1443685_23.php

    Pour­quoi l’ar­ticle du Point pour dire que l’at­ten­tat était signé Al Qai­da n’a-t-il pas été repris par les autres journaux ?

    On est tous abru­tis d’in­fos contra­dic­toires, fati­gués par cette puan­teur de concur­rence de haine, de cupi­di­té, ces relents de nazisme refou­lés par cette cam­pagne. On peut nous faire ava­ler n’im­porte quoi !

    Le 11 mars, le 11, c’est un indice capi­tal, la signa­ture d’Al Qai­da que la police ne peut pas ignorer.

    Pour­quoi a‑t-elle choi­si la piste impro­bable d’une ven­geance per­son­nelle pour des faits remon­tant à 4 ans, 
    ven­geance qui inter­vien­drait en pleine cam­pagne ? Un bon poli­cier choi­si­ra-t-il cette piste par rap­port à Al Qaida ?

    Le contexte élec­to­ral, l’at­taque d’un mili­taire, le 11, un scoo­ter puis­sant uti­li­sé par le tueur, tout cela oriente vers une orga­ni­sa­tion, et non un homme seul.

    Vous choi­si­riez, vous, d’é­plu­cher 20 000 dos­siers au lieu de com­men­cer par une piste au moins aus­si valable et facile à remonter ? 
    Les adresses IP, tout le monde sait qu’il ne faut pas 6 jours pour remon­ter cette piste 
    48 h tout au plus.

    C’est donc un choix déli­bé­ré de la hié­rar­chie et donc de Sar­ko, per­met­tant au tueur de frap­per plus fort, et ain­si d ‘offrir un évè­ne­ment grave média­ti­sant une action d’é­clat via sa police.

    J’af­firme que c’est cela qui c’est passé 
    et poste sous mon vrai nom si quel­qu’un veut m’at­ta­quer en diffamation.

    Réponse
  8. GRémi

    Rabour­din, je suis d’ac­cord avec vous !

    Réponse
  9. Ansheos

    Bon­jour Étienne,

    Je me trompe peut-être, mais j’ai l’im­pres­sion que vous avez un sou­cis avec les mails 🙂

    _ soit la pile qui vous attend est plus que consi­dé­rable et vous avez pris du retard, ce qui est lar­ge­ment com­pré­hen­sible et rend caduc mon commentaire,

    _ soit une par­tie des mails part en spam, ou dans un néant inconnu.

    _ soit… je ne sais pas, un chan­ge­ment de mail, un com­plot, du sable dans un routeur, …

    Du coup je me per­mets de vous faire un retour ici, au cas où 🙂

    Réponse
  10. Étienne

    Heu, mes mails fonc­tionnent cor­rec­te­ment (j’en reçois entre 300 et 350 par jour…) ; c’est moi qui suis débor­dé et qui n’ar­rive pas du tout à suivre. Désolé.

    Réponse
  11. Ansheos

    Non non, pas du tout, il faut dor­mir par­fois mal­gré le café 😀
    Vous faites déjà lar­ge­ment plus que la plu­part d’entre nous.

    Réponse
  12. democradirect

    Bon­jour,

    A la 47ème minute de la deuxième vidéo, je vous entend dire qu’il faut voter loi par loi. D’où ma ques­tion : êtes-vous d’ac­cord que le pro­jet de Consti­tu­tion qui serait rédi­gé par la Consti­tuante devrait être sou­mis au réfé­ren­dum point par point, et non pas en bloc ?

    Pour en savoir plus, lire « Pour une Assem­blée consti­tuante, sous trois conditions » : 
    http://​www​.blog​de​mo​cra​tie​di​recte​.blog​spot​.com/​2​0​1​2​/​0​3​/​p​o​u​r​-​u​n​e​-​a​s​s​e​m​b​l​e​e​-​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​e​-​s​o​u​s​.​h​tml

    Les trois condi­tions sont :

    - Le pro­jet de Consti­tu­tion doit être sou­mis au réfé­ren­dum point par point

    - Les membres de l’Assemblée consti­tuante doivent être tirés au sort

    - Il faut préa­la­ble­ment intro­duire un véri­table droit de réfé­ren­dum d’initiative popu­laire pour les modi­fi­ca­tions de la Constitution

    Réponse
  13. Étienne

    Bon­jour,

    Je pré­dis que les profs de droit consti­tu­tion­nel (déjà irri­tés, voire révol­tés, par l’i­dée ico­no­claste d’ex­clure les pro­fes­sion­nels de la poli­tique —dont ils font par­tie— du pro­ces­sus consti­tuant) vont a for­tio­ri s’é­le­ver digne­ment contre l’i­dée du vote article par article, en pré­tex­tant qu’on renon­ce­rait ain­si à toute « COHÉRENCE » et qu’on s’ex­po­se­rait au pire chaos…

    Pour­tant, je trouve l’i­dée extrê­me­ment sédui­sante. Je vous suis.
    Mais mon avis importe peu : cette bonne idée pour­rait, elle aus­si, être sou­mise à un réfé­ren­dum préalable.

    Étienne.

    Réponse
  14. Vincent

    Vu sur le site du nou­vel obs.

    Un article inti­tu­lé : « Pré­si­den­tielle : pour­quoi les son­dages men­tionnent si peu les inten­tions d’abstention »

    Lisez la réponse en pen­sant aux son­dages en général :

    « Tout sim­ple­ment parce que cette don­née est extrê­me­ment mobile, très fluc­tuante dans le temps et qu’elle évo­lue à mesure que l’é­lec­tion se rap­proche. Les indi­vi­dus et les médias ont à pré­sent bien inté­gré le fait qu’un son­dage sur les inten­tions de vote n’est pas un pro­nos­tic sur l’is­sue du scru­tin, mais une pho­to à un ins­tant T des envies des élec­teurs. Si nous dif­fu­sions une mesure de l’abs­ten­tion aujourd’­hui, on pour­rait craindre qu’elle soit inter­pré­tée comme une pré­vi­sion de ce que sera la participation.

    D’autre part, nous n’a­vons pas encore atteint la période dite de cris­tal­li­sa­tion, lorsque les élec­teurs n’hé­sitent qua­si­ment plus et qu’ils ont arrê­té leur choix. Aujourd’­hui, ils n’ont pas encore for­cé­ment choi­si leur can­di­dat et par­fois même pas encore choi­si de se dépla­cer aux urnes ou non. Il est donc très aléa­toire de com­mu­ni­quer un chiffre sur la par­ti­ci­pa­tion. Nous pré­fé­rons alors opter pour la pru­dence, en ne divul­guant cette don­née que dans les der­niers jours qui pré­cèdent le scru­tin, lorsque la cris­tal­li­sa­tion s’est opé­rée. Cela me paraît plus rai­son­nable que de le faire trois semaines plus tôt. »

    (Source : http://​leplus​.nou​ve​lobs​.com/​c​o​n​t​r​i​b​u​t​i​o​n​/​5​1​7​9​7​5​-​p​r​e​s​i​d​e​n​t​i​e​l​l​e​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​l​e​s​-​s​o​n​d​a​g​e​s​-​m​e​n​t​i​o​n​n​e​n​t​-​s​i​-​p​e​u​-​l​e​s​-​i​n​t​e​n​t​i​o​n​s​-​d​-​a​b​s​t​e​n​t​i​o​n​.​h​tml)

    Réponse
  15. Morpheus

    A pro­pos de boîte mails, Étienne, je me per­met de te signa­ler que, comme conve­nu lors de notre ren­contre en marge de ta confé­rence der­niè­re­ment à Bruxelles (à l’ULB), je t’ai fait par­ve­nir le docu­ment au sujet du Pro­jet Venus.

    Date de l’en­voi : 28 Mars 2012
    Objet : de la part de MORPHEUS

    Ami­tié,

    Mor­pheus

    Réponse
  16. sitouaillain

    « Bon­jour,

    Je pré­dis que les profs de droit consti­tu­tion­nel (déjà irri­tés, voire révol­tés, par l’i­dée ico­no­claste d’ex­clure les pro­fes­sion­nels de la poli­tique —dont ils font par­tie— du pro­ces­sus consti­tuant) vont a for­tio­ri s’é­le­ver digne­ment contre l’i­dée du vote article par article, en pré­tex­tant qu’on renon­ce­rait ain­si à toute « COHÉRENCE » et qu’on s’ex­po­se­rait au pire chaos…

    Pour­tant, je trouve l’i­dée extrê­me­ment sédui­sante. Je vous suis.
    Mais mon avis importe peu : cette bonne idée pour­rait, elle aus­si, être sou­mise à un réfé­ren­dum préalable.

    Étienne. »

    on voit bien que cette idée de consti­tuante tirée au sort n’est pas cohérente,

    En effet cet échange avec demo­cra­di­rect montre qu’im­pli­ci­te­ment, le peuple pour­rait ne pas avoir les mêmes sou­haits que les tirés aux sort… Sinon à quoi bon lui faire voter chaque article ?

    Puisque le vice intrin­sèque de cette idée est de repro­duire la concep­tion délé­ga­taire-repré­sen­ta­tive de la sou­ve­rai­ne­té (et je com­prend qu’elle en séduise beau­coup… Après tout, rien à faire, les tirés au sort font le job…), d’au­cuns vou­draient cor­ri­ger le tir en sou­met­tant le texte point par point à refe­ren­dum et intro­duire par là le prin­cipe de la démo­cra­tie directe,

    Mais le pire, au vu de la nature du pro­ces­sus pro­po­sé, c’est que le désac­cord pro­bable entre l’as­sem­blée consti­tuante et le « peuple » a de fortes chances de débou­cher sur un moins-disant démo­cra­tique et « tech­nique » (au sens de la capa­ci­té d’un ensemble d’ar­ticles à rendre effec­tif l’es­prit qui pré­side à leur rédac­tion), puisque là où les tirés au sort font l’ef­fort de s’in­for­mer à fond, de com­prendre la com­plexi­té d’un pro­blème, de convo­quer des experts,etc., le « peuple », lui, ne par­ti­cipe pas acti­ve­ment à ce mou­ve­ment de for­ma­tion citoyenne (cf l’é­chec de la réforme du scru­tin en Colom­bie Britannique),

    et bien sûr, comme on ne dit jamais dans quel contexte on serait, qui orga­nise quoi, et par quel miracle se met­trait en place une AC tirée au sort, on s’i­ma­gine peut-être aus­si que le champ média­tique serait mira­cu­leu­se­ment neutre et inves­ti dans la pesée ration­nelle des argu­ments et la dif­fu­sion active du tra­vail constituant…

    Bien, j’es­père que les pro­messes seront res­pec­tées et qu’un jour sera dis­cu­té ce que j’ai pro­po­sé sur ce blog, en matière de pro­ces­sus consti­tuant, j’es­time avoir pro­po­sé quelque chose de « cohé­rent », sur la base des fon­da­men­taux de la démo­cra­tie directe et du prin­cipe fédé­ra­tif, à savoir, une consti­tu­tion écrite par les assem­blées du « peuple », c’est-à-dire ceux qui ont envie de vivre en démo­cra­tie et qui s’y impli­que­ront (je me fiche des col­la­bos qui par­ti­cipent au main­tien de notre impuis­sance poli­tique !), et qui n’ont pas besoin qu’on fasse et décide à leur place, et qui créent eux-mêmes les condi­tions de pos­si­bi­li­té du pro­ces­sus consti­tuant en s’or­ga­ni­sant comme des grands…

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  17. democradirect

    @sitouaillain

    Bon­jour,

    Certes, la repré­sen­ta­ti­vi­té de la Consti­tuante risque de ne pas être par­fai­te­ment assu­rée même avec le tirage au sort. C’est pour­quoi son pro­jet de Consti­tu­tion doit être sou­mis au réfé­ren­dum. Et j’argumente dans mon article pour­quoi il doit être sou­mis point par point (plu­tôt qu’en bloc). Il n’en reste pas moins qu’une Consti­tuante tirée au sort serait en prin­cipe beau­coup plus repré­sen­ta­tive qu’une Consti­tuante élue.

    Mais vous pro­po­sez que ce soit le peuple lui-même qui rédige la Consti­tu­tion. La Consti­tuante est une ins­ti­tu­tion qui faci­lite le débat. Elle n’exclut pas que des citoyens lancent un réfé­ren­dum d’initiative popu­laire pour modi­fier un article de la Consti­tu­tion (même s’il est vrai­sem­blable qu’une pro­po­si­tion qui aura pas­sé la sélec­tion de la Consti­tuante aura davan­tage de chance d’être adop­tée par le peuple). Par contre, je ne pense pas que l’on puisse se mettre à plu­sieurs mil­lions de citoyens pour véri­ta­ble­ment rédi­ger le texte d’une Consti­tu­tion. Des groupes plus res­treints (Consti­tuante, comi­té ini­tiant un réfé­ren­dum) peuvent faire des pro­po­si­tions concrètes de texte, et c’est au peuple de déci­der par référendum.

    Pour ce qui est du contexte de la créa­tion d’une Consti­tuante, j’estime qu’elle doit être adop­tée par réfé­ren­dum. Par réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, les citoyens peuvent pro­po­ser dif­fé­rentes moda­li­tés. Et c’est au peuple de déci­der ces moda­li­tés en vota­tion popu­laire. Le peuple serait donc direc­te­ment impli­qué non seule­ment dans le prin­cipe de la créa­tion d’une Consti­tuante, mais aus­si dans le choix de ses moda­li­tés. Lorsque des pro­po­si­tions de modi­fi­ca­tion de la Consti­tu­tion seront sou­mises en vota­tion popu­laire, il y aura un large débat. Et si ces réformes sont sou­mises en vota­tion point par point, ce sera chaque fois un débat sur un sujet très pré­cis (cf. les vota­tions popu­laires en Suisse). Sou­li­gnons qu’il ne serait pas accep­table qu’un petit groupe de citoyens impose à tous la Consti­tu­tion qu’ils ont rédi­gée. Ce n’est pas accep­table si ces citoyens repré­sentent le peuple, et encore moins s’ils ne le repré­sentent pas.

    Il me semble que ceci est aus­si proche que pos­sible de votre pro­po­si­tion si on admet qu’on ne peut pas dis­cu­ter à plu­sieurs mil­lions de citoyens sur chaque mot d’un texte.

    Réponse
  18. sitouaillain

    @ demo­cra­di­rect,

    Si plu­sieurs mil­lions de citoyens peuvent expri­mer leur avis article par article, c’est donc que la pré­ten­due impos­si­bi­li­té de la démo­cra­tie directe à grande échelle est déjà bat­tue en brèche dans ta conscience,

    même si nous n’é­tions pas des dizaines de mil­lions, j’ai par­ti­ci­pé à au moins 5 mou­ve­ments sociaux d’é­chelle natio­nale qui ont fonc­tion­né sur la base de ce que je pro­pose, à savoir des col­lec­tifs locaux répar­tis sur tout le ter­ri­toire et se coor­don­nant natio­na­le­ment pour for­mer des plate-formes de reven­di­ca­tions, un pro­gramme, ou des actions concer­tées, donc ça marche,

    et plu­sieurs expé­rience d’en­ver­gure en Bavière, en Ukraine, en Espagne, au Chia­pas, à Oaxa­ca, etc., montrent que c’est un che­min démo­cra­tique de ges­tion auto­nome de la chose publique qu’empruntent les hommes en lutte pour leur liber­té et leur digni­té, en dehors de l’É­tat et se sub­sti­tuant à lui.

    et, pour ce que j’ai expé­ri­men­té, le prin­ci­pal bémol à chaque fois consiste en la dif­fi­cul­té de se pré­mu­nir de l’in­fluence à voca­tion par­fois hégé­mo­nique d’or­ga­ni­sa­tions déjà struc­tu­rées et non-basées sur des prin­cipes de démo­cra­tie directe comme cer­tains par­tis, syn­di­cats ou asso­cia­tions, encore que ce soit plu­tôt un pro­blème de jour­na­listes qui ont besoin de leaders,de figures, etc., à invi­ter sur leurs pla­teaux et un pro­blème pour le pou­voir, qui a besoin de tuer le mou­ve­ment en trou­vant des traîtres avec qui négocier,

    pour le reste, à chaque fois, ces orga­ni­sa­tions ont été utiles pour mobi­li­ser et jouer un rôle moteur, elles ont vite été dépas­sées. Sim­ple­ment, c’est l’ex­pé­rience russe qui doit nous rap­pe­ler que l’or­ga­ni­sa­tion auto­nome du peuple en lutte doit se pré­mu­nir contre les fac­tions anti­dé­mo­cra­tiques, fas­cistes rouges ou bruns, même combat…

    Voi­là pour­quoi j’ai pro­po­sé une archi­tec­ture par­fai­te­ment auto­nome, dont serait exclus, non seule­ment les élus (autres que conseillers muni­ci­paux) mais aus­si les diri­geants d’as­so, de par­tis, d’en­tre­prises, de plus de quelques membres, bref, tous ceux qui briguent une posi­tion de pou­voir, et qui déli­bère à la base selon des règles pré­cises (ou du moins à bien réflé­chir) qui excluent le fait majo­ri­taire (le plus pro­pice à la mani­pu­la­tion et à la démis­sion de la pen­sée) pour y sub­sti­tuer les prin­cipes de la recherche du consen­sus (qui oblige la majo­ri­té à l’ef­fort d’in­té­gra­tion des oppo­si­tions formulées).

    Je note éga­le­ment que ta pro­po­si­tion néces­site de s’or­ga­ni­ser à la base pour obte­nir que notre régime accepte le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, puis que ce mou­ve­ment s’ac­tive pour éla­bo­rer une ou des pro­po­si­tions de pro­ces­sus consti­tuant, et donc s’ac­corde sur les mots d’une ques­tion réfé­ren­daire, et enfin par­vienne à faire signer sur le ter­rain la pétition,

    c’est une option inté­res­sante, mais, tant qu’à faire, ce mou­ve­ment serait par­fai­te­ment capable d’or­ga­ni­ser des assem­blées locales pour un pro­ces­sus consti­tuant démo­cra­tique, par­ti­ci­pa­tif et coor­don­né par le bas,

    ceci aura d’ailleurs pour avan­tage de per­mettre, par la par­ti­ci­pa­tion active et l’é­du­ca­tion popu­laire mutuelle, de mieux soli­di­fier la résis­tance et de créer les bases pour le sys­tème fédé­ra­tif dont Étienne fait la pro­mo­tion à chaque confé­rence mais qu’il met de côté pour le pro­ces­sus constituant.

    Or, je pense que c’est par la pra­tique que la démo­cra­tie s’ins­talle et que se construit un ima­gi­naire où ce qui parais­sait impos­sible avant devient réa­li­té, et où les citoyens se prennent en main pour orga­ni­ser eux-mêmes leurs affaires.

    Je veux dire par là qu’en l’ab­sence d’une telle mobi­li­sa­tion horizontale,massive, d’au­to-édu­ca­tion, le tirage au sort d’une AC, extra­yant de leur quo­ti­dien inchan­gé des « citoyen lamb­da », a de fortes chance de ne pas por­ter en elle un ima­gi­naire immu­ni­sé contre les schèmes de pen­sée main­te­nant les struc­tures de l’o­li­gar­chie. (mal­gré bien-sûr d’in­dé­niables avancées).

    Je pro­pose donc un pro­ces­sus par­ti­ci­pa­tif à par­tir d’as­sem­blées locales,

    Pour les féti­chistes du tirage au sort,vous n’au­rez qu’à convaincre vos conci­toyens à l’as­sem­blée locale de tirer au sort votre délé­gué qui ira por­ter vos pro­po­si­tions et les avis sur les avan­cées du tra­vail, au niveau de la coor­di­na­tion nationale,

    l’im­por­tant est que ce que je pro­pose sup­prime la logique de la « repré­sen­ta­ti­vi­té », et la logique de la citoyen­ne­té pas­sive qui n’a que oui ou non à dire, alors que la logique de la citoyen­ne­té active et de la recherche du consen­sus ou tout du moins d’une capa­ci­té à construire ensemble et à tran­cher les désac­cords, veut que si tu dis non, citoyen, alors tu dois dire pour­quoi et pro­po­ser autre chose !

    Pour coor­don­ner les assem­blées entre elles et faire avan­cer le tra­vail de manière syn­chrone, nous avons sim­ple­ment besoin que chaque assem­blée envoie un man­da­taire, qui porte sa parole, et qu’elle contrôle en amont par la fixa­tion col­lec­tive d’un man­dat impé­ra­tif et en aval par la révo­ca­tion voire l’ostracisme,

    et il est même sou­hai­table que la coor­di­na­tion soit tour­nante, c’est-à-dire qu’à chaque réunion de coor­di­na­tion des assem­blées locales, ce soit un man­da­taire dif­fé­rent qu’elles envoient.

    Cette coor­di­na­tion, néces­saire, bien sûr, est l’ins­tance qui trie, rap­proche, éclair­cit les propositions,

    L’al­ler-retour avec la base per­met qu’ait lieu ce que tu sou­lignes en faveur d’un vote réfé­ren­daire article par article, mais en plus « adulte », car il s’a­git au niveau local de se pro­non­cer sur une pro­po­si­tion éma­nant d’autres groupes locaux, en pro­dui­sant un argu­men­taire, des amen­de­ments ou des contres-pro­po­si­tions, donc de faire avan­cer le travail,

    ce prin­cipe de fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique per­met de répondre à un point noir de votre pro­po­si­tion : le rôle des média. En effet, en l’ab­sence d’as­sise locale ins­ti­tuée (l’as­sem­blée locale), le sui­vi du tra­vail des consti­tuants tirés au sort et la tenue de réfé­ren­dums est tri­bu­taire de la com­pli­ci­té des médias et de la qua­li­té de leur tra­vail ; or, je n’y crois pas une seconde.

    Grâce à la struc­tu­ra­tion en assem­blées locales, la média­tion devient inutile, l’en­semble du pro­ces­sus est intel­li­gible sans média­tion et ce que je n’au­rais pas com­pris pour­ra m’être expli­ci­té par un membre de mon assem­blée, dans les termes qui me seront intel­li­gibles et selon une pro­blé­ma­tique qui sera celle de la base et non celle de l’é­lite journalistique.

    D’où la ver­tu de cette pro­po­si­tion en tant qu’elle se veut une pré­fi­gu­ra­tion de la démo­cra­tie à venir, qui, vous en convien­drez, a besoin de citoyens actifs, conscients, éclai­rés et déter­mi­nés à se battre pour défendre leur auto­no­mie politique,

    Ce tra­vail-là doit se faire en pro­fon­deur dans le peuple, et non pas se faire par pro­cu­ra­tion entre tirés au sort.

    J’es­time donc que l’ar­gu­ment d’im­pos­si­bi­li­té n’est pas recevable.

    Réponse
  19. democradirect

    @sitouaillain

    Je ne crois pas que ta pro­po­si­tion fonc­tion­ne­ra. Ceci pour deux rai­sons. Pre­miè­re­ment, il me paraît impos­sible de rédi­ger un texte à plu­sieurs mil­lions d’auteurs (je fais une nette dif­fé­rence entre 1) rédi­ger un texte en dis­cu­tant chaque mot et 2) adop­ter ou refu­ser un texte en le com­pa­rant sim­ple­ment aux alter­na­tives exis­tantes). Mon expé­rience c’est que déjà à deux c’est beau­coup plus com­pli­qué de rédi­ger un texte que tout seul. Deuxiè­me­ment, les citoyens ont un temps limi­té à consa­crer à la poli­tique. Ils ont (et j’ai) sim­ple­ment d’autres choses à faire. Je crois que la majo­ri­té des citoyens fran­çais sont dis­po­sés à consa­crer à la poli­tique autant de temps que le font les citoyens suisses (ce qui leur per­met par exemple de déci­der sur l’assurance vieillesse). Mais je ne crois pas qu’ils soient dis­po­sés à y consa­crer beau­coup plus de temps. Il faut donc un sys­tème de démo­cra­tie semi-directe où des repré­sen­tants sont dési­gnés, mais où le peuple conserve la pos­si­bi­li­té d’intervenir quand il veut dans les affaires publiques de sorte que ces repré­sen­tants ne puissent pas confis­quer le pouvoir.

    Mais sur ces deux points je peux me trom­per. Tu as appa­rem­ment d’autres expé­riences que moi. Il n’y a tou­te­fois pas incom­pa­ti­bi­li­té entre ta pro­po­si­tion et celle d’une Consti­tuante. Il peut très bien y avoir paral­lè­le­ment une Consti­tuante, une struc­ture comme celle que tu pro­poses et des réfé­ren­dums d’initiative popu­laire qui pro­posent des réformes de la Consti­tu­tion. Et à la fin c’est le peuple qui tranche par vota­tion popu­laire, point par point.

    Réponse
  20. carole

    Mélen­chon, dans son dis­cours de Tou­louse, hier :

    « la sou­ve­rai­ne­té poli­tique du peuple » qui consiste à « n’o­béir qu’aux lois aux­quelles on a per­son­nel­le­ment contri­bué par son bul­le­tin de vote »

    Réponse
  21. themouseland.org

    bon­jour à toutes et à tous. je me per­mets de vous don­ner le lien d’un clip dont le texte mérite vrai­ment qu’on s’y arrête.

    bonne écoute

    « voter, c’est abdi­quer » (Eli­sée Reclus 1830–1905)

    Réponse
  22. sitouaillain

    pour conti­nuer,

    et pour répé­ter ce que j’ai déjà dit sur ce blog, la pro­po­si­tion sui­vante est une affir­ma­tion gratuite :

    « Il n’en reste pas moins qu’une Consti­tuante tirée au sort serait en prin­cipe beau­coup plus repré­sen­ta­tive qu’une Consti­tuante élue. »

    En effet, il y a là impli­ci­te­ment une forme de rai­son­ne­ment mal­heu­reu­se­ment très répan­due qui vou­drait que puisque quelque chose dys­fonc­tionne ou pro­duit des effets non dési­rés, c’est parce qu’elle contien­drait un mal inhé­rent et que donc il fau­drait l’éradiquer,

    l’en­do­ga­mie sociale, l’au­tisme et la cor­rup­tion de moult élus serait donc le résul­tat d’un vice intrin­sèque de l’é­lec­tion, comme les crimes per­pé­trés par des inté­gristes seraient le résul­tat d’un vice intrin­sèque de leur reli­gion, ou comme les délits d’hommes à face brune feraient de tous les hommes à face brune intrin­sè­que­ment des hommes de vice.

    qu’on me par­donne cette pro­vo­ca­tion, mais c’est pour bien mon­trer l’a­na­lo­gie avec cer­taines méthodes de rai­son­ne­ment un peu facile.

    cette méthode est insi­dieu­se­ment pré­sente sur ce blog, puisque non seule­ment lors­qu’on dit, non, l’é­lec­tion, ce n’est pas mal en soi, on est voué aux gémo­nies et accu­sé de sou­te­nir je ne sais quelle cause obs­cure et soup­çon­neu­se­ment per­son­nelle, mais aus­si lorsque l’on cri­tique les posi­tions de l’ex­trême droite sur la « sor­tie de l’Eu­rope », on est accu­sé d’  »euro­péiste », de sou­te­nir l’Eu­rope telle qu’elle s’est construite et d’œuvrer pour les dis­ciples d’A­lain Minc ou de Tri­chet, et ain­si de suite, on sent qu’on est à deux doigt du com­plot maçonnique.

    Je ne blâme per­sonne, sim­ple­ment je ne reçoit pas mieux les argu­ments faibles parce qu’ils sont répé­tés, sou­li­gnés en gras ou en majus­cules, ni même parce qu’ils sont par­ta­gés par une majorité.

    Et après tout, moi aus­si, je fais des affir­ma­tions gra­tuites, sachez sim­ple­ment que mon sou­hait n’est pas de dire « vous avez tort, j’ai rai­son », mais plu­tôt de cla­ri­fier cer­taines choses qui font que, ne par­tant pas des mêmes pré­misses, nous n’ar­ri­vons pas aux mêmes conclusions,

    donc vous vou­lez que le prin­cipe de repré­sen­ta­ti­vi­té poli­tique soit rem­pla­cé par la légi­ti­mi­té d’une proxi­mi­té socio­lo­gique,

    et qui plus est en bazar­dant toute élection,

    ceci, fina­le­ment, serait l’a­bou­tis­se­ment des fon­de­ments idéo­lo­giques d’une socié­té indi­vi­dua­liste, d’un peuple de nar­cisses, éri­geant leur propre médio­cri­té et leur propre mou­ton­ne­rie en ver­tu, vous avez trou­vé là la tra­duc­tion poli­tique à la sta­ri­sa­tion des par­ti­ci­pants à un loft sto­ry ou autre télécrochet,

    et un dépas­se­ment salu­taire à l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­ti­cienne de la fameuse « majo­ri­té silen­cieuse », dont la ver­tu intrin­sèque se lit dans les résul­tats des refe­ren­dums suisses contre les mina­rets et la semaine sup­plé­men­taire de congés payés… on a hâte d’y être !

    Donc par le miracle du tirage au sort, une assem­blée de repré­sen­tants devient « repré­sen­ta­tive », mais, de quoi, ça on ne sait pas ! ce dont on est sûr, c’est que la majo­ri­té sera acquise aux idées de l’o­li­gar­chie, puisque quand on donne la parole aux citoyens lamb­da, ils votent, et pour les tenants de l’o­li­gar­chie, pour des chefs qui font à leur place un pro­gramme et qui l’ap­pliquent et ils en redemandent…

    J’ai­me­rais bien qu’on m’ex­plique, sans qu’il y ait un mou­ve­ment social de masse d’au­toé­du­ca­tion et de construc­tion de pers­pec­tives, capable de ren­ver­ser le pou­voir avec des citoyens conscients et qui s’or­ga­nisent de façon à ne pas aban­don­ner le pou­voir à des incons­cients ni à des autocrates,

    com­ment un peuple abru­ti et excu­sez-moi, une bonne part se satis­fait de cet état d’a­bru­tis­se­ment, va se retrou­ver trans­cen­dé via un tirage au sort ? les mêmes qui votent ump ou fn vont se trans­for­mer en Solon ou Clysthène?!!!

    Lais­sez-moi en dou­ter et per­met­tez-moi de pen­ser que l’in­tro­duc­tion du tirage au sort dans les ins­ti­tu­tions consti­tuées ne pas­se­ra pas par une AC consti­tuante tirée au sort, pas plus que par une assem­blée élue à la pro­por­tion­nelle, même si cette der­nière pos­si­bi­li­té vous laisse au moins une chance d’y faire entrer des par­tis acquis à cette cause…

    Donc, tout content d’a­voir là une idée géniale et qui ne souffre aucune espèce de contra­dic­tion, il fau­drait en plus y voir un hom­mage à l’Athènes antique où jamais les riches n’au­raient eu le pou­voir, bla­bla, même s’il faut avoir une bonne dose de mau­vaise fois pour affir­mer cela, il faut car­ré­ment être un filou pour maquiller ce qui relève des pré­sup­po­sés de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans son accep­tion son­da­gière avec du marbre grec : à Athènes, c’est l’A­go­ra qui décide, pas une assem­blée tirée au sort.

    En quelque sorte l’A­go­ra rem­plit trois fonc­tions, elle est en même temps le sys­tème d’in­for­ma­tion qui porte à la connais­sance de cha­cun les points de vue, l’é­lec­tion qui dépar­tage les points de vues et l’as­sem­blée natio­nale qui for­mule une loi, ces trois fonc­tions ne seront pas réunies dans une assem­blée tirée au sort.

    Sans filia­tion de prin­cipe avec les sagesses ioniennes, votre idée a plus avoir avec les tra­vers de l’é­ga­li­ta­risme et de la dic­ta­ture de la majo­ri­té poin­té par Toc­que­ville, puisque là où les grecs avaient soin de pré­sé­lec­tion­ner au sein du dème et par diverses autres pro­cé­dures les « tirables au sort », vous ne pro­po­sez rien d’autres que le hasard pour bien faire les choses ; or, les grecs, non seule­ment sélec­tion­naient ceux qu’ils esti­maient aptes, mais en plus ils avaient de quoi leur faire rendre des comptes, ce que votre pro­po­si­tion ne per­met en aucun cas, vos tirés au sort ne sont ni révo­cables et ne seront pas tenus de rendre des comptes, et qui les contrôlera ?

    En confon­dant éga­li­té poli­tique et éga­li­ta­risme, on abou­tit fina­le­ment à tirer au sort des repré­sen­tants (et non pas des exé­cu­tants comme en Grèce) qui ne repré­sentent qu’eux-mêmes, et leur légi­ti­mi­té à être là découle du sort, et non pas de la recon­nais­sance que les citoyens ont en leurs idées ou leur capa­ci­té de discernement,

    en somme, un ouvrier rétro­grade et raciste vaut un ouvrier ins­truit et huma­niste, pour­vu qu’il y ait des ouvriers à l’as­sem­blée, pour­vu qu’il y ait des femmes et tant pis si elles sont anti-IVG, etc.,

    Moi je vois ce genre d’i­dées comme un symp­tôme de quelque chose de pro­fon­dé­ment dan­ge­reux, avec pour consé­quence la pré­pa­ra­tion du ter­rain au retour­ne­ment de la démo­cra­tie contre elle-même, c’est le même dan­ger de la dépo­li­ti­sa­tion qui a fait s’en­thou­sias­mer des mil­lions de gens parce qu’un noir était élu pré­sident des USA… et qui plus est face à une femme ant-IVG et pro peine de mort… pour le reste où est la révolution ?

    Donc l’é­lec­tion c’est la cause des causes, on peut tout expli­quer avec, le capi­ta­lisme, les géno­cides, les dic­ta­tures, tout, l’é­lu est tôt ou tard cor­rom­pu, spon­so­ri­sé par les riches, etc. Alors que le tiré au sort, lui, a toute les ver­tus, et sur­tout, n’al­lez pas regar­der com­ment se déroule une élec­tion, dans quel contexte, selon quelles moda­li­tés, etc., non, non, intrin­sè­que­ment, c’est le mal on vous dit !

    Mer­veilleux, et pour­tant, citoyen inca­pable de choi­sir le meilleur, et me satis­fai­sant de ma médio­cri­té et vou­lant me voir diri­gé par mes sem­blables, il ne me vien­drait pas à l’i­dée de tirer au sort mon architecte…

    C’est peut-être que je n’ai pas envie que le toit me tombe sur la tête.

    Et citoyen héri­tier de la grande révo­lu­tion, il me paraît invrai­sem­blable de lais­ser des aris­to­crates ou des roya­listes ven­déens déci­der pour moi,

    Mais ceci ne fait pas de moi un lec­teur tor­du d’A­ris­tote, car il ne nous dit pas qu’une caste diri­geante doit diri­ger et se main­te­nir de géné­ra­tion en géné­ra­tion, ceci, c’est l’a­ris­to­cra­tie telle que nous l’en­ten­dons, lui l’ap­pelle oli­gar­chie, et nous vivons en oli­gar­chie héré­di­taire, bien sûr la forme de nos ins­ti­tu­tions poli­tiques, éco­no­miques, sociale en main­tient le pou­voir, et nous devons abo­lir ce pouvoir,

    Aris­tote nous dit, l’é­lec­tion est par prin­cipe aris­to­cra­tique, et, dans vos idées tor­dues, vous confon­dez prin­cipe aris­to­cra­tique et prin­cipe oligarchique,

    c’est donc que par une confu­sion entre les formes contem­po­raines des élec­tions et la nature intrin­sèque de l’é­lec­tion vous dédui­sez que par nature l’é­lec­tion conduit à la for­ma­tion d’une oli­gar­chie, ce qui est objec­ti­ve­ment mal­hon­nête : com­ment des élus aux man­dats courts, non cumu­lables, non renou­ve­lables et révo­cables pour­raient-ils s’ins­ti­tuer en caste diri­geante dont les enfants seraient à leur tour élus par tout le peuple ?

    Donc non seule­ment vous insul­tez l’in­gé­nio­si­té humaine dans sa capa­ci­té à inven­ter des formes d’é­lec­tion et des ins­ti­tu­tions qui n’a­bou­tissent pas à la démis­sion poli­tique d’un peuple et à la for­ma­tion d’une caste diri­geante, mais en plus vous vou­lez lui impo­ser le non-choix comme mode de gou­ver­nance, c’est-à-dire le pri­ver de sa capa­ci­té à dési­gner qui par­mi lui il estime être le plus apte à effec­tuer une tâche en son nom

    et, pour cou­ron­ner le tout, là où le peuple, n’a jus­te­ment pas à se dépar­tir de sa sou­ve­rai­ne­té abso­lue, au moment même où la par­ti­ci­pa­tion de tous au corps citoyen en tant que pou­voir pre­mier et donc consti­tuant est néces­saire, vous pro­po­ser d’al­ler tirer au sort les médiocres pour qu’ils rédigent à la place la règle commune…

    sous pré­texte que les élec­tions actuelles ne sélec­tionnent pas les meilleurs ni ne four­nissent les outils ins­ti­tu­tion­nels pour cor­ri­ger les erreurs de choix et encore moins ceux néces­saire à la rota­tion des charges, il fau­drait conti­nuer à sélec­tion­ner, mais cette fois-ci sans dis­cri­mi­na­tion ni choix pour avoir une assem­blée consti­tuante hon­nête et effi­cace… Autant dire que nous sommes inca­pables de vivre en démo­cra­tie si nous ne sommes pas capables de faire les bons choix et de dis­cer­ner entre un inté­griste et un huma­niste, entre un per­ro­quet bor­né et un penseur.

    Or, les Grecs savaient dis­cer­ner par exemple un bon chef mili­taire d’un mau­vais et ils votaient, ils ne tiraient sur­tout pas au sort là où la com­pé­tence était néces­saire. Ils savaient donc com­bi­ner élec­tion et tirage au sort à bon escient en y met­tant les com­plé­ments et dis­po­si­tifs cor­rec­teurs néces­saire, car eux avaient une jugeote col­lec­tive qui leur fai­sait exa­mi­ner ce genre de chose ration­nel­le­ment, chaque outil ayant ses tares et ses vertus.

    À noter d’ailleurs que n’en déplaise à cer­tains, ce sont sur­tout les élites qui ont pen­sé ces choses… Le petit peuple, lui devait sur­vivre… et, comme à Flo­rence, le tirage au sort ser­vait sur­tout à ne pas faire de jaloux entre les grandes familles patri­ciennes… En France, on a des concours pour ça… Et là, le pro­blème, ce n’est pas l’é­lec­tion, mais l’in­ca­pa­ci­té de l’é­cole à contrer la repro­duc­tion des inéga­li­tés sociales, elles-mêmes pro­duits du mode de pro­prié­té et de pro­duc­tion capi­ta­liste, et qui n’a pas eu besoin des élec­tions pour se mettre en place et se maintenir.

    Je lis donc dans cer­tains mes­sages une haine impli­cite du prin­cipe aris­to­cra­tique de l’é­lec­tion, plus qu’une haine du prin­cipe représentatif,

    Or, le prin­ci­pal pro­blème est à mon sens dans la repré­sen­ta­tion vue comme « incar­na­tion » du peuple, et vous vou­lez que le peuple soit repré­sen­té par ce qui lui res­semble, ain­si le jeune par des « jeunes », le cadres par des « cadres », le noir par des « noirs », comme autant d’a­tome indi­vis agré­gés dans un peuple, qu’on refor­me­rait en miniature,

    Je ne dis pas qu’il n’est pas ras­su­rant d’être repré­sen­té par quel­qu’un qui nous res­semble, mais je trouve qu’il est encore plus ras­su­rant qu’il nous res­semble « en mieux »… En matière de repré­sen­ta­tion, je me place donc du point de vue aris­to­cra­tique, et je l’as­sume, voyez-vous, il est pré­fé­rable d’a­voir des fas­cistes éclai­rés, nuan­cés dans l’as­sem­blée que des fas­cistes bru­taux de la base, et je pense que les cama­rades qui se sont révol­tés en Tuni­sie pré­fèrent avoir à dis­cu­ter avec les isla­mistes élus et culti­vés qu’a­vec leurs élec­teurs de base au fin fond des vil­lages… Ça per­met les compromis.

    Si l’a­mi Mar­cel est un brave type dont je par­tage les condi­tions de vie, en quoi cela fait-il de lui un bon repré­sen­tant ? Ne m’a-t-il pas déjà prou­vé lors de pré­cé­dentes conver­sa­tions qu’il avait une pro­pen­sion à se lais­ser séduire par des pro­pos sim­plistes et des thèses incom­pa­tibles avec mes convic­tions, tan­dis que son voi­sin Jean-Paul m’a mon­tré sa clair­voyance et sa capa­ci­té à argumenter ?

    Je lis peut-être un peu trop entre les lignes et j’ai peut-être tort de voir dans cer­taines posi­tions une haine des élites et le soup­çon de la tra­hi­son per­ma­nente, du complot,etc., l’é­ga­li­ta­risme for­ce­né qui veut qu’on coupe la tête à tout ce qui se dis­tingue, peu importe, mais tout ça n’a rien à voir avec la démocratie

    bien au contraire, il nous faut culti­ver la volon­té de cha­cun de s’é­le­ver en connais­sances et recon­naître par­fois qu’il y a meilleur que soi, non seule­ment toutes les idées ne se valent pas, mais en plus tous ne sont pas égaux dans leur capa­ci­té à les expri­mer et encore moins dans leur capa­ci­té à rece­voir celles des autres pour construire une idée plus puis­sante encore,

    autre­ment dit cama­rades, si vous avez envie de démo­cra­tie, et si vous vou­lez une assem­blée consti­tuante repré­sen­ta­tive (pour ma part j’ai pro­po­sé un contre pro­jet), n’al­lez sur­tout pas vous pri­ver de ceux qui sont les mieux pla­cés pour la faire adve­nir, car vous aurez besoin d’être repré­sen­tés par des gens capables de convaincre et d’im­mu­ni­ser le reste de l’as­sem­blée contre les pro­pos de ceux qui veulent main­te­nir le sys­tème en place… et ils n’ont pas besoin, eux, d’é­lus pour le faire, le tirage au sort d’une assem­blée leur four­ni­ra un ter­rain de jeu idéal en fai­sant appel au « bon sens », à la tra­di­tion, etc ; ils n’au­ront pro­ba­ble­ment pas beau­coup d’ad­ver­saires à leur mesure dans l’as­sem­blée… Le pro­ces­sus de déco­lo­ni­sa­tion des esprits est loin d’être ache­vé, ne nous tirez pas une balle dans le pied !

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  23. Di Girolamo

    Écrire une consti­tu­tion c’est choi­sir de résoudre les diver­gences d’in­té­rêt et rap­ports de force pré­sents dans toute socié­té, non par la force mais en recon­nais­sant et pla­çant tous les citoyens à éga­li­té de sou­ve­rai­ne­té : sou­ve­rai­ne­té populaire.

    À par­tir de là tout le reste suit logi­que­ment : il est bien évident que si cette sou­ve­rai­ne­té est effec­ti­ve­ment par­ta­gée dans les faits c’est la jus­tice sociale et l’in­té­rêt géné­ral qui sera recherchée.
    Il y a donc un seul grand prin­cipe et ses déclinaisons.

    Le pro­blème n’est pas de rédi­ger la consti­tu­tion, comme si c’é­tait une pro­tec­tion contre notre stu­pi­di­té, goût du plai­sir immé­diat ou volon­té de puis­sance et domi­na­tion. On peut avoir la plus belle consti­tu­tion et la lais­ser dans un tiroir ; preuve en est mon com­men­taire 8 dans Soi­rée TEDx à Paris où je montre que notre actuelle consti­tu­tion, sur ces articles essen­tiels, n’est pas du tout appli­quée concer­nant les élec­tions pré­si­den­tielles ; je n’ai d’ailleurs aucune réac­tion à ce pro­pos ; comme si j’a­vais écrit avec de l’encre sympathique !

    Donc ce qui compte en prio­ri­té, c’est pas le bla­bla, c’est la volon­té réelle, effec­tive, d’hommes et de femmes, volon­taires dans l’i­dée de gou­ver­ner ensemble leur société.

    Si dans la pra­tique rien ne se passe et que, comme aujourd’­hui au local comme au natio­nal, on met des rem­pla­çants pro­fes­sion­nels et on ferme les yeux parce qu’a­près tout, ça nous rend bien ser­vice et qu’on peut aller en vacances, ce renon­ce­ment géné­ra­li­sé de la pra­tique citoyenne PARTICIPATIVE, qui fait qu’on vote en alter­nance pour des sachants, du moins se pré­ten­dant tels, eh bien que vous tiriez au sort ou que vous éli­siez, la consti­tu­tion sera un bout de papier ; ce qui compte c’est le réel et la pra­tique effec­tive de la citoyen­ne­té. Cela com­mence au local, com­munes, com­mu­nau­tés de com­munes, pays : y mettre son nez, deman­der des comptes, les comptes, inter­ro­ger… Bref par­ti­ci­per ; et exi­ger de pou­voir participer.

    Réponse
  24. catherine

    A PRa­bour­din,

    Tout laisse à pen­ser en effet que vos sup­po­si­tions soient fon­dées et si elles ne le sont pas, alors ces gens qui soi-disant repré­sentent « la majo­ri­té de ce petit bout qui vote » sont à évin­cer pour incom­pé­tence notoire. Dans les deux cas, ils n’ont rien à faire là où ils sont et ont de sur­croît des comptes à rendre de ce qu’ils ont fait et donc aus­si de ce qu’ils ont lais­sé faire !

    Mais qui, qui, va deman­der des comptes ?

    Per­sonne!!!!

    Car tout est fait, construit, pour que ce petit monde soit au-des­sus des lois, dans l’empyrée de la déli­ques­cence sans avoir à souf­frir des lois qu’ils ont eux-mêmes pon­dues ! Incon­sé­quence totale, ils font ce qu’ils veulent et ne sont arrê­tés par rien.

    Et ce que nous disons va se perdre dans la mer de l’in­dif­fé­rence et s’ou­blier pour mieux se revivre sous une autre forme,ailleurs, mais ce sera tou­jours la même enti­té à l’oeuvre, c’est à dire celle d’une force qui n’est contrée par aucune autre force !

    Nos dires glissent sur le sable mou­vant de l’in­con­sé­quence et de l’ou­bli. Les lois ne sont faites que pour rabais­ser l’homme de la rue et en faire le ser­vi­teur incons­cient ou zélé de cet ordre sou­doyé aux plus basses besognes.

    Je ne crois pas au vote. Cepen­dant, même si par dépit, mon cœur penche pour Nico­las Dupont-Aignan, je crois bien que j’i­rai offrir mon suf­frage à Mélen­chon, his­toire que quelque chose se passe, même si ce n’est pas grand chose !

    Réponse
  25. sitouaillain

    @ démo­cra­tie directe (et déso­lé si j’é­cris trop),

    je com­prend tes arguments,
    d’un côté la dif­fi­cul­té à tra­vailler à plu­sieurs, de l’autre le manque de temps

    d’a­bord je cir­cons­cris le pro­pos : je ne parle pas du fonc­tion­ne­ment d’une répu­blique, ce que tu dis a du sens mais là je parle du pro­ces­sus constituant,

    si les citoyens décident de conti­nuer leur train-train, libre à eux, main­te­nant, pour arri­ver à un pro­ces­sus consti­tuant, quel qu’en soit la nature, il va fal­loir y consa­crer du temps, et ça ne sera pas facile, les condi­tions de pos­si­bi­li­té relè­ve­raient plus d’une grève géné­rale pour faire plier le pou­voir en place que d’une gen­tille opé­ra­tion de lob­bying, je ne pense pas que qui­conque soit naïf sur ce point…

    des cen­taines de mil­liers de mili­tants passent du temps pour la chose publique,
    c’est donc qu’il s’en trouve beau­coup qui estiment que ça vaut la peine d’y consa­crer du temps,

    après il faut savoir ce qu’on veut, mais l’en­jeu d’une nou­velle consti­tu­tion en vaut la peine, et ceci implique de se mobi­li­ser, tant pour faire adve­nir ce moment, que pour rédi­ger la constitution.

    pour ceux qui n’en voient pas l’in­té­rêt, j’as­sume de dire, qu’ils res­tent où ils sont et ne viennent pas se plaindre après.

    enfin, il y en a qui ont du temps pour la messe, d’autres la télé­vi­sion, d’autres le shop­ping, le sport,etc., bref je ne crois pas à cette his­toire de temps insuf­fi­sant, le temps ça se prend, une réunion heb­do­ma­daire parait suffisante.

    pour ce qui est du pro­blème tech­nique de la rédac­tion à plu­sieurs, les méthodes ne manquent pas, de toute façon, quelle qu’en soit l’é­chelle et le mode de peu­ple­ment, une assem­blée reste une assem­blée, elle doit donc orga­ni­ser son tra­vail, avoir un règle­ment pré­cis de fonc­tion­ne­ment et tra­vailler selon un calen­drier et des formes, avec des com­mis­sions, des tra­vaux pré­pa­ra­toires, etc.,
    il est donc par­fai­te­ment pos­sible de faire par­ti­ci­per des mil­lions de gens à un pro­ces­sus de ce genre, cela ne veut pas dire que cha­cun rédige sa consti­tu­tion, ni même que chaque assem­blée locale le fasse, le sys­tème de coor­di­na­tion vise jus­te­ment à pro­duire le maté­riel sur lequel cha­cun au sein de son assem­blée locale peut se pro­non­cer et sur lequel chaque assem­blée locale peut pro­po­ser un amen­de­ment ou une contreproposition,
    les règles per­mettent la dis­tri­bu­tion rai­son­née de la parole et la réso­lu­tion des points de blo­cage, au regard notam­ment du temps impar­ti. mais même une AG bon­dée, bor­dé­lique et mal fichue arrive à adop­ter des textes sans trop tra­hir l’es­prit col­lec­tif, sim­ple­ment, ce sont tou­jours des gens rai­son­nables et qui ont à coeur de bien faire qui s’y mettent et en géné­ral ils ne se trompent pas trop, et la vali­da­tion du texte en plé­nière prend très rare­ment des heures…donc rassures-toi,au vu des expé­riences mul­tiples d’or­ga­ni­sa­tions hori­zon­tales réus­sies, on a les moyens de trou­ver des modes de fonc­tion­ne­ment efficaces,transparents et participatifs.

    En tous les cas, tel que je le vois, la phase 1 du pro­ces­sus consti­tuant, est au final très proche du sys­tème des cahiers de doléances, les pre­miers délé­gués envoyés par les assem­blées locales sont en fait por­teurs de principes,de d’exi­gences, que leurs com­met­tants espèrent voire s’in­car­ner dans le texte, ils ne viennent pas avec des mor­ceaux tout fait de consti­tu­tion, et la tâche des délé­gués, qui pour­ront être dif­fé­rents à chaque ren­contre natio­nale, sera pré­ci­sé­ment de mettre en mots ce qui émane des assem­blées, et ce, cha­pître par cha­pître, en lis­tant ce qui fait consensus,
    et ain­si de suite,

    autre­ment dit,ce que je pro­pose-là n’est pas tech­ni­que­ment si dif­fé­rent du tra­vail qu’au­ront à faire tes consti­tuants tirés au sort, sim­ple­ment, c’est le lien entre eux et le peuple qui me semble sous-opti­mal par rap­port à ce que je propose,
    dans le sens où la maî­trise reste popu­laire, le délé­gué au natio­nal, n’est pas un « repré­sen­tant », il a un conte­nu pré­cis dans son man­dat que lui fixe l’as­sem­blée locale, il n’a pas « carte blanche » et il est rede­vable devant elle, il doit expli­quer ce qui s’est fait en haut, faire com­prendre que l’exi­gence d’un­tel n’é­tait pas rece­vable pour telle ou telle rai­son, et il peut aus­si être révo­qué et remplacé,

    bref tout ça rend caduque les mul­tiples réfé­ren­dums que tu demandes, et qui pren­dront eux,beaucoup de temps, ne serait-ce que parce qu’il est plus rapide de dire non à quel­que­chose et de pro­po­ser quelque chose de construc­tif que de dire non sans dire pour­quoi, méthode qui expose les auteurs de la pro­po­si­tion refu­sée à en refaire une qui pour­rait tout aus­si bien être à nou­veau refusée…et ain­si de suite jus­qu’à ce qu’ils tombent juste…

    en la matière, je pré­fère que chaque citoyen ait la pos­si­bi­li­té d’a­dop­ter la posi­tion d’ac­teur, et ne soit pas can­ton­né à celle de spec­ta­teur et de consommateur,
    parce que c’est à se moment-là qu’on est tenu de « faire peuple », de se sen­tir par­tie pre­nante d’une res publica.

    Réponse
  26. Étienne

    Cher Sitouaillain,

    Je ne suis pas votre ennemi. 
    Nous cher­chons la même chose, je crois, cha­cun sur une voie qui lui semble la plus prometteuse.
    Dans cette situa­tion, si on arrive à s’empailler, on est deux ânes.

    Si ce que vous pro­po­sez est pos­sible (et je ne suis pas sûr du tout que ce soit impos­sible), alors vous avez bien rai­son, et cette écri­ture (puis sur­veillance quo­ti­dienne) directe est bien meilleure que la repré­sen­ta­tion par le sort.

    Est-ce que je peux être plus clair ?

    MAIS j’af­firme, je dis bien que j’af­firme (et je sais que je peux me trom­per, bien sûr) que JAMAIS une Assem­blée élue par­mi des pro­fes­sion­nels de la poli­tique ne met­tra en place le pro­ces­sus que vous décri­vez. JAMAIS. À cause du conflit d’intérêts.

    Alors, je ne sais pas sur quelle ins­tance, sur quel organe, vous comp­tez pour lan­cer, puis orga­ni­ser, le pro­ces­sus inten­sé­ment par­ti­ci­pa­tif et déci­sion­nel (de plus en plus sédui­sant, je dois dire) que vous ima­gi­nez, mais moi, pour l’ins­tant, j’es­saie de faire prendre conscience aux gens qu’il n’y a rien à attendre, en matière de contrôle des pou­voirs et de puis­sance popu­laire, du côté des pro­fes­sion­nels de la poli­tique, à cause du CONFLIT D’INTÉRÊTS. Le tirage au sort ne serait évi­dem­ment pas par­fait, mais il nous débar­ras­se­rait des conflits d’in­té­rêts les plus criants. C’est mon idée à moi ; je ne vous oblige évi­dem­ment pas à la faire vôtre, mais il n’est pas absurde que je la défende de mon côté, puisque je la trouve bonne… 😉

    Je glisse sur vos mots inuti­le­ment méchants. 
    Mais je vous rap­pelle que je ne sug­gère pas, comme vous sem­blez le pen­ser (pour l’As­sem­blée consti­tuante), de tirer au sort par­mi n’im­porte qui, mais plu­tôt par­mi des élus libres (non can­di­dats => non pros de la poli­tique et non rééligibles). 
    D’un autre côté, je vous fais aus­si remar­quer que les affreux jojos que vous redou­tez de voir appa­raître dans l’AC par le tirage au sort, vous n’y cou­pe­rez pas dans les assem­blées popu­laires directes, n’est-ce pas ? Alors ? Dans tous les cas, il fau­dra « faire avec » les affreux jojos 🙂

    Je signale enfin que je parle sou­vent de votre pro­po­si­tion en confé­rence, en idée alter­na­tive au tirage au sort, ayant le même résul­tat de nous épar­gner le dra­ma­tique conflit d’in­té­rêts actuel, alter­na­tive à dis­cu­ter ensemble puis­qu’on en est à réflé­chir, l’es­sen­tiel étant pour moi qu’il faut sur­tout arrê­ter de lais­ser les hommes au pou­voir écrire eux-mêmes les règles supé­rieures qu’ils sont cen­sés craindre.
    Et si je parle de votre pro­po­si­tion en confé­rence, c’est bien que je ne trouve pas l’i­dée idiote. PAS DU TOUT.

    Appa­rem­ment, vous avez peur que je sois inca­pable de chan­ger d’a­vis ou de modi­fier mon point de vue, mais ce n’est pas parce que vous en avez peur que c’est le cas effec­ti­ve­ment : je passe mon temps à ajus­ter mes opi­nions, en fonc­tion des argu­ments que je ren­contre (comme la plu­part des gens, il me semble). Ça se fait le plus sou­vent par petites touches, et par­fois par forte inflexion (comme quand j’ai décou­vert la méca­nique géniale d’A­thènes et son gou­ver­ne­ment des 99%).

    Pour vous faire une idée posi­tive du tirage au sort (et du com­mun des mor­tels), je vous recom­mande le petit livre d’Yves Sin­to­mer : « Petite his­toire de l’ex­pé­ri­men­ta­tion démo­cra­tique : Tirage au sort et poli­tique d’A­thènes à nos jours » Ça donne la pêche, parce qu’on s’a­per­çoit que les humains ont déjà fait sur Terre des cen­taines d’ex­pé­riences réus­sies d’as­sem­blées tirées au sort, et que, DE FAIT, le com­mun des mor­tels, quand on lui fait vrai­ment confiance, n’est pas le triste sire que vous redoutez.

    Bien ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  27. Seb du 132

    Bon­soir Etienne, bon­soir Sitouaillain,

    Je me per­mets de réagir car je suis depuis un cer­tain temps main­te­nant vos pro­pos sur la mise en place d’une nou­velle Consti­tu­tion, et que jus­qu’à main­te­nant l’i­dée d’E­tienne d’une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort m’a­vais sem­blé la meilleure option. Or je trouve la pro­po­si­tion de Sitouaillain au moins aus­si intéressante.

    Je pense que la voie d’as­sem­blées locales qui se syn­chro­nisent par le biais de porte-paroles est en effet la meilleure option pos­sible, mais beau­coup plus gour­mande en éner­gie et en moti­va­tion. Mais l’é­man­ci­pa­tion des peuples mérite bien cela.

    Bref, j’en viens à ma réac­tion, qui se rap­porte aux pro­pos d’E­tienne concer­nant la pro­po­si­tion de Sitouaillain : « JAMAIS une Assem­blée élue par­mi des pro­fes­sion­nels de la poli­tique ne met­tra en place le pro­ces­sus que vous décri­vez. » et « Je ne sais pas sur quelle ins­tance, sur quel organe, vous comp­tez pour lan­cer, puis orga­ni­ser, le pro­ces­sus inten­sé­ment par­ti­ci­pa­tif et déci­sion­nel .. que vous ima­gi­nez ».

    En fait, Etienne, on pour­rait vous retour­ner la ques­tion : Com­ment comp­tez-vous, ou pen­sez-vous pos­sible de, mettre en place une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort ? Par quelle ins­tance peut-on pas­ser pour qu’elle soit valide juri­di­que­ment ? Car il est bien cer­tain qu’au­cun pro­fes­sion­nel de la poli­tique n’ac­cep­te­ra cela non plus.

    Du coup, ce qui est possible/impossible pour votre pro­po­si­tion l’est aus­si pour la pro­po­si­tion de Sitouaillain, et inver­se­ment. En soit, l’une et l’autre des pro­po­si­tions néces­sitent d’in­for­mer et édu­quer au préa­lable la majo­ri­té des gens sur ce que l’on attend de la Consti­tu­tion. C’est déjà ce que vous faites, et le tra­vail d’E­tienne est remar­quable à ce sujet (Jene vous connais pas encore assez Sitouaillain pour juger). Mais ce qu’il fau­drait dans l’i­déal, c’est pro­gram­mer la Consti­tuante à une date pré­cise, dans un délai de 1 ou 2 ans par exemple, et de faire des for­ma­tions civiques pré­pa­ra­toires obli­ga­toires pour tout citoyen.

    Cor­dia­le­ment,

    sébas­tien.

    Réponse
  28. Étienne

    Cher Sébas­tien,

    Je suis bien d’ac­cord avec vous : nous but­tons, Sitouaillain et moi, sur la même dif­fi­cul­té : 1) un rap­port de force cari­ca­tu­ra­le­ment en défa­veur du peuple (qui n’a ni les armes, ni les leviers éco­no­miques, ni l’argent, ni les médias, ni la culture, ni les ins­ti­tu­tions, ni le temps libre, etc), et une intoxi­ca­tion intel­lec­tuelle du peuple (Big Bro­ther a mis tous les mots impor­tants à l’en­vers, ce qui nous empêche d’a­voir une conscience claire et com­mune de ce qui est sou­hai­table prio­ri­tai­re­ment) qui, pré­ci­sé­ment, l’empêche de même VOULOIR une solution.

    Pré­fé­rant
    1) m’en prendre prio­ri­tai­re­ment à la cause des causes (si elle existe), 
    et 2) com­men­cer par le commencement, 
    j’ai pris le par­ti d’ex­pli­quer ce que m’ins­pirent mes lec­tures et mes échanges pour que deve­nions vite des mil­lions à 
    1) remettre les mots impor­tants à l’en­droit (consti­tu­tion, démo­cra­tie, citoyen, suf­frage uni­ver­sel, pro­ces­sus consti­tuant, conflit d’intérêts), 
    de façon à 2) deve­nir des mil­lions à VOULOIR ENFIN un pro­ces­sus consti­tuant débar­ras­sé des conflits d’intérêts.

    Le com­men­ce­ment du chan­ge­ment, c’est de le vouloir.

    Ce que je crois pos­sible (pas cer­tain, mais pos­sible), c’est que notre corps social fabrique enfin suf­fi­sam­ment de « glo­bules blancs » por­teurs d’un « VOULOIR DE L’ANTIDOTE tirage au sort » capables de le pro­té­ger dura­ble­ment (par construc­tion) contre la mala­die oligarchique.

    Autre­ment dit, si, à force d’en par­ler autour de nous tous les jours, si nous deve­nons TRÈS nom­breux à vou­loir la (vraie) démo­cra­tie (en nous UNISSANT sur une CAUSE déter­mi­nante la ren­dant pos­sible), nous l’au­rons, et sans vio­lence parce que nous serons très nom­breux à vou­loir la même chose simple et forte (alors que si nous sommes peu nom­breux, ce sera violent et nous per­drons probablement).

    D’où mes nom­breux dépla­ce­ments à tra­vers le pays pour essayer de lan­cer un pro­ces­sus auto­nome d’é­du­ca­tion popu­laire pour nous réap­pro­prier les mots capables de nous émanciper. 
    À mon sens, il est prio­ri­taire de sor­tir de l’im­pos­ture par­le­men­taire du « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » (pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif), et de faire la grève des mots men­teurs : je n’i­ma­gine pas de bon gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ins­ti­tué par des pro­fes­sion­nels de la poli­tique : le seul gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif qui vaille, selon moi, c’est un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ins­ti­tué (et contrô­lé quo­ti­dien­ne­ment) par le peuple lui-même.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  29. Di Girolamo

    Étienne

    Quand tu dis

    « .…qui, pré­ci­sé­ment, l’empêche de même VOULOIR une solution. »

    Tu désignes là la cause des causes ; qui n’est pas externe à la nature humaine : beau­coup veulent le pou­voir pour domi­ner et en tirer des avantages/ Beau­coup en pro­fite pour faire leur petites affaires et aller à la pêche à la ligne.

    A par­tir du moment où nous vou­lons nous ren­trons en politique .

    C’est la rai­son pour laquelle sans cri­ti­quer d’autres options tou­chant plus aux textes et pra­tiques struc­tu­rantes comme le tirage au sort qui sans aucun doute est pour une part à uti­li­ser afin d’ai­der cette décou­verte que tous sont aptes à gou­ver­ner et ce d’au­tant plus qu’ils ne le cherchent pas pour eux même ; c’est au niveau de la sti­mu­la­tion de cette VOLONTÉ qu’il faut agir .
    Cette sti­mu­la­tion passe par la réflexion à haute voix sur les pro­blèmes de la socié­té et son ave­nir ; à haute voix cela veut dire que les gens peuvent écou­ter et par­ti­ci­per à ces réflexions .Qu’elles sont offi­cielles , média­ti­sées , par­ti­ci­pa­tives . Ils ne sont pas tirés au sort pour cela mais tirés par l’in­té­rêt qui va s’é­veiller en eux parce qu’on parle d’eux , de leur pro­blèmes et de la construc­tion d’un avenir ;

    J’en veux ÉNORMÉMENT à tous les res­pon­sables poli­tiques de faire ren­trer les gens dans le rai­son­ne­ment en par­tis et rap­port de force parce que c’est ça, ce type de pen­sée et pra­tique , ces élec­tions , qui bloquent le pro­ces­sus démo­cra­tique qui n’est pas se mettre tout nu et crier mais se ren­con­trer et réflé­chir en semble sur nos pro­blèmes ; et pas délé­guer ça .

    Cela dit , orga­ni­sa­tion du débat public et tirage au sort , on ne fait pas avan­cer un âne qui ne veut pas . « Bien fait pour vous » disais tu à un moment ?

    Réponse
  30. sitouaillain

    Étienne,

    Je ne suis pas ton enne­mi non plus, et j’ose espé­rer que nous avons bien plus en com­mun que mon insis­tance sur les points qui me gênent ne pour­rait le lais­ser penser.
    et je dirais même que, ne te connais­sant pas per­son­nel­le­ment —ce que je regrette— j’é­prouve énor­mé­ment de res­pect pour ton tra­vail, tes actions et j’ad­mire sin­cè­re­ment la jus­tesse du ton que tu emploies dans tes conférences,

    je ne t’ai jamais trai­té de fas­ciste comme ton « ami » Raoul marc Jennar,
    je trouves que tu joues un rôle de Socrate, accou­cheur des consciences, émi­nem­ment salutaire.

    Je regrette donc de t’a­voir moles­té, mais qu’à moi­tié, car au moins j’ai eu une réponse, je ne suis pas méchant, je provoque 😉

    Donc tu affirmes que « JAMAIS une Assem­blée élue par­mi des pro­fes­sion­nels de la poli­tique ne met­tra en place le pro­ces­sus » que j’ai pro­po­sé. « JAMAIS. À cause du conflit d’intérêts. »

    Ça effec­ti­ve­ment,

    Mais, comme j’ai déjà lu atten­ti­ve­ment le livre de Sin­to­mer, que j’ai même dis­cu­té avec lui il y a peu, vu qu’on bos­sait pas loin,
    et qu’on a déjà vu ce genre d’as­sem­blée mettre en place des confé­rences de citoyens tirés au sort, des bud­gets par­ti­ci­pa­tifs et même, en Colom­bie bri­tan­nique une assem­blée tirée au sort, pour trou­ver enfin une solu­tion au pro­blème de la règle élec­to­rale dans cet État cana­dien… C’est donc que cette idée-là n’est pas si sub­ver­sive que ça.…

    Encore une fois, mon pro­blème n’est pas le tirage au sort en soi, il a toute sa place dans une consti­tu­tion démo­cra­tique, le pro­blème c’est le pro­ces­sus consti­tuant, ses condi­tions de pos­si­bi­li­té, le contexte dans lequel nous avons une chance d’ob­te­nir quelque chose,

    et je pré­fère le dire tout de suite, ma pro­po­si­tion est infai­sable si elle n’in­ter­vient pas dans un contexte par­ti­cu­lier qu’on pour­rait qua­li­fier de « situa­tion insur­rec­tion­nelle », et cette situa­tion « hors quo­ti­dien de ser­vi­tude volon­taire » rend aus­si la tienne bien plus viable, et celle du FDG au même titre, car pas plus que ta méthode, des élus à la pro­por­tion­nelle ne sont révo­cables, et la pro­po­si­tion du pro­gramme par­ta­gé exclut de même les pros de la poli­tique (non rééli­gi­bi­li­té) et com­porte des com­plé­ments sup­plé­men­taires (assem­blées citoyennes et ini­tia­tives citoyennes), comme la tienne son prin­ci­pal bémol est l’in­cer­ti­tude sur son peu­ple­ment (majo­ri­té conser­va­trice-réac­tion­naire ou majo­ri­té révolutionnaire),

    et en fait, pour peser la qua­li­té démo­cra­tique des dif­fé­rentes pro­po­si­tions, c’est là où je demande de la clar­té à beau­coup d’in­ter­ve­nants ici : tu dis : 
    « il faut sur­tout arrê­ter de lais­ser les hommes au pou­voir écrire eux-mêmes les règles supé­rieures qu’ils sont cen­sés craindre », certes, mais nous n’a­vons peut-être pas la même ana­lyse de la socié­té, j’es­time pour ma part que les hommes au pou­voir n’ont pas besoin d’é­crire eux mêmes les règles pour avoir le pou­voir, il se trou­ve­rait des mil­lions de gens pour le faire à leur place !

    J’en veux pour preuve l’as­sem­blée tirée au sort de Colom­bie Bri­tan­nique : les gen­tils citoyens lamb­da ont-ils pro­po­sé un sys­tème athé­nien ? non, ils ont pro­po­sé un sys­tème élec­to­ral com­bi­nant scru­tin majo­ri­taire et pro­por­tion­nel pour sor­tir du bipar­tisme et conser­ver une « gou­ver­na­bi­li­té », et leur pro­po­si­tion très tech­nique n’a pas recueilli l’as­sen­ti­ment du peuple, non pas parce qu’il vou­lait du tirage au sort, mais parce qu’il trou­vait ça trop com­pli­qué… Ça demande des efforts de réfléchir…

    Autre­ment dit, les hommes de pou­voir se voient pri­vés du pou­voir quand les citoyens pensent et agissent en dehors des clous, quand ils créent une situa­tion où ils peuvent échan­ger en dehors de la pro­pa­gande des médias domi­nants et en dehors des dogmes aux­quels ils croient en temps nor­mal, et en dehors d’une atti­tude de démis­sion et de lâche­té, et ceci a des chances de fonc­tion­ner s’il y a des pers­pec­tives (d’où l’in­té­rêt de ton tra­vail sur le fonc­tion­ne­ment d’une démo­cra­tie) et un savoir-faire organisationnel,

    Et là des­sus, tu seras d’ac­cord, l’ins­pi­ra­tion est plus à pui­ser aux sources de la révo­lu­tion fran­çaise (un ter­ri­toire par­se­mé de clubs, les « mai­sons des hommes » où se gèrent les « com­muns ») et dans la genèse du mou­ve­ment ouvrier, les réflexions qui ont agi­tés les anar­cho-syn­di­ca­listes, les mar­xistes et les socia­listes, sur la manière de s’or­ga­ni­ser pour être victorieux.

    D’où fina­le­ment ma pro­po­si­tion, qui jus­te­ment, ne fera cer­tai­ne­ment pas sur le mot d’ordre « consti­tuante » et n’a pas vrai­ment besoin d’ins­tance exté­rieure à elle-même pour se lan­cer, pas plus qu’il n’y avait d’ins­tance cen­tra­li­sa­trice à l’o­ri­gine des col­lec­tifs du non en 2005 par exemple,

    en revanche, sur cet exemple comme sur bien d’autres, il va de soi que cer­tains par­tis, syn­di­cats, assos, ont été des points d’ap­pui, ça n’en fait pas des polit­bu­ro en puissance, 
    mais si je me méfie de cer­taines choses, je n’ai pas de haine des par­tis ou des orga­ni­sa­tions, rien ne peut se faire sans leurs membres, et le dis­cours anti­par­tis des indi­gnés avait quelque chose d’a­ga­çant, au sens où l’ur­gence est plu­tôt de s’y inves­tir ou d’en créer d’autres et sur­tout de relé­guer aux oubliettes de l’his­toire tout ce que ces orga­ni­sa­tions contiennent d’an­ti­dé­mo­cra­tique (le « virus » a déjà pris!).

    Que les choses soient claires, je ne compte pas sur les seuls par­tis, cer­tains seront des points d’ap­pui et l’in­sur­rec­tion civique ne se fera pas sans eux mais elle les dépas­se­ra faci­le­ment, on observe d’ailleurs ce genre de chose à chaque mou­ve­ment social, et là où je vois de l’in­té­rêt à ma pro­po­si­tion c’est qu’elle vise à four­nir un modèle orga­ni­sa­tion­nel qui per­mette aux citoyens enga­gés de conser­ver la maî­trise poli­tique, donc de ne pas dépendre ni des asso­cia­tions ou des par­tis, ni du bon vou­loir du pou­voir en place,

    elle per­met d’en­glo­ber tout le monde, qu’elle que soit son appar­te­nance poli­tique et coupe l’herbe sous le pied à toute orga­ni­sa­tion qui vou­drait prendre la direc­tion du mou­ve­ment. ce qui s’est pas­sé avec les CUALS pour la pré­cé­dente pré­si­den­tielle est d’ailleurs riche d’enseignements.

    voi­là pour les forces ini­tia­trices du mou­ve­ment, l’au­toor­ga­ni­sa­tion du peuple moti­vé, ensuite, c’est la taille de la mobi­li­sa­tion qui en fait une force capable de deve­nir insur­rec­tion­nelle, voire légi­time pour écrire une constitution.

    je ne fais pas là l’a­po­lo­gie d’une « mys­tique révo­lu­tion­naire », sim­ple­ment je constate que c’est au coeur des mobi­li­sa­tions que l’on voit des citoyens-mou­tons-sujets, se poli­ti­ser, réflé­chir autre­ment, s’in­for­mer autre­ment, déve­lop­per un nou­vel ima­gi­naire, etc.

    je constate aus­si que, peu­reux, condi­tion­nés à la haine des « rouges », ou des éco­los, ou des gau­chistes et à l’a­mour-craintes de leurs maîtres ou de leurs dogmes, pré­fé­rant l’ordre dic­ta­to­rial, bien des citoyens ne seront jamais prêts à sou­te­nir ce mou­ve­ment et encore moins à s’y impli­quer, et pour ma part, je ne leur accorde aucune légi­ti­mi­té, mais ils sont les bien­ve­nus, de toute façon ils sont par­tout et dans tous les par­tis ils y en a,

    Pour­tant, c’est en fait le côté para­doxal, pour pou­voir obte­nir une consti­tu­tion démo­cra­tique, il faut espé­rer que les anti­dé­mo­crates, les « col­la­bos » s’ex­cluent d’eux-mêmes, car je fais le pari que ceux-là seront tou­jours majo­ri­taires, sinon, le sys­tème ne tien­drait pas une seconde de plus. Ils ne sont pas nos enne­mis, mais ils nous empêchent d’a­van­cer, il faut donc comp­ter sur des méthodes qui évitent l’im­po­si­tion majo­ri­taire, et aus­si, pour ceux qui s’ex­cluent d’eux-mêmes, sur leur assen­ti­ment ex-post, une fois le fait accom­pli, ce qui peut prendre du temps, vu les haines qu’a sus­ci­tées la Répu­blique à ses débuts.

    La tâche accom­plie par un mou­ve­ment social révo­lu­tion­naire, fai­sant vaciller le pou­voir sur ses bases, a besoin de se tra­duire ins­ti­tu­tion­nel­le­ment, et là, le plus logique est de construire une archi­tec­ture consti­tu­tion­nelle incon­tes­ta­ble­ment démocratique.

    Et c’est là encore mon inquié­tude pro­fonde, sur des pro­cé­dures qui naï­ve­ment ten­draient le bâton pour se faire battre, comme une élec­tion au scru­tin majo­ri­taire (cf le vote après mai 68) ou le tirage au sort d’une assem­blée, même si les filtres que tu pro­poses sont rassurants.

    c’est pour­quoi j’in­siste sur le fond du mes­sage de Di Giro­la­mo, dont je vais tra­hir le conte­nu en le tor­dant à ma sauce, mais qui est fina­le­ment peut être le plus sage d’entre nous, il dit, l’im­por­tant c’est la par­ti­ci­pa­tion,
    et c’est fina­le­ment le ticket d’en­trée pour la consti­tuante dans ce que je pro­pose
    , puisque de toute façon, nous ne serons pas en situa­tion d’ob­te­nir ce que nous vou­lons si nous ne nous retrous­sons pas les manches, 
    rien ne nous sera « octroyé »,
    et il dit, il faut un espace de dia­logue et d’in­for­ma­tion éthique et « offi­ciel », ce qui, tant que la nou­velle consti­tu­tion n’est pas en vigueur, reste un vœu pieux ; donc je tra­duis par : nous devons créer nos médias, conti­nuer l’in­fo hors canaux offi­ciels et, en situa­tion insur­rec­tion­nelle, nous devons prendre les télés, enva­hir les jour­naux, etc. et nous devons nous assembler.

    Je pro­pose donc un mode d’or­ga­ni­sa­tion du mou­ve­ment social qui peut se tra­duire en mou­ve­ment constituant,

    si on me suit bien, on repère avec gêne que cette pro­po­si­tion fait, certes, du peuple l’ac­teur unique, sans média­tion, auto-orga­ni­sé, de la mise en place d’un pro­ces­sus consti­tuant, mais qu’en même temps il ne s’a­git de fait que d’une (très impor­tante) frac­tion du peuple, donc que ce n’est pas tout le peuple.

    Ceci est à bien retour­ner dans sa tête : il est inévi­table qu’une part d’ar­bi­traire inter­vienne dans un pro­ces­sus constituant.

    Ce n’est pas le petit peuple d’A­thènes qui a écrit la consti­tu­tion, ce n’est pas le peuple fran­çais qui a écrit celle de 1791, et encore moins la DDHC, et on ne sau­ra jamais si la majo­ri­té du peuple était d’ac­cord, c’est un peu le para­doxe démo­cra­tique, on ne fait pas de refe­ren­dum pour deman­der si on fait un referendum,

    ce que je pro­pose vise à rendre cette part d’ar­bi­traire à sa por­tion congrue, en tant qu’il s’a­git d’un mou­ve­ment dont le mot d’ordre est la démo­cra­tie comme anti­dote à l’op­pres­sion, et qui n’ex­clut per­sonne dans la défi­ni­tion de ce qu’est la démo­cra­tie et qui de fait se recon­nait en situa­tion d’  »appre­nant », et ne sau­rait être dog­ma­tique ou sec­taire, puisque, pour atteindre une « taille cri­tique », capable de ren­ver­ser les struc­tures du pou­voir en place, il est inen­vi­sa­geable que ce mou­ve­ment déve­loppe une pen­sée uni­forme, pré­con­çue, etc., fai­sons confiance à la « com­mon decen­cy » sur ce point.

    Mais, comme je me méfie, j’ai pro­po­sé des formes de garan­tie (les tech­niques de prise de déci­sion au consen­sus, etc., mais aus­si une assem­blée de contrôle tirée au sort).

    Cela dit, il faut espé­rer que ceux qui s’en­gagent, et par là-même opèrent un coup de force et passent outre l’a­vis de ceux qui ne par­ti­cipent pas, opèrent sur une base éthique huma­niste qui leur fait déve­lop­per des ins­ti­tu­tions pour tout le peuple en garan­tis­sant la liber­té de chacun,

    et la sou­ve­rai­ne­té poli­tique du peuple n’est pas comme l’a dit Mélen­chon à Tou­louse, de n’o­béir qu’aux lois aux­quelles on a per­son­nel­le­ment contri­bué par son bul­le­tin de vote, mais bien de n’o­béir qu’aux lois à l’é­cri­ture des­quelles ou à la modi­fi­ca­tion ou à la contes­ta­tion des­quelles on a pu per­son­nel­le­ment participer.

    Ce qui ne veut pas dire que tous doivent écrire mais bien qu’il existe dans la consti­tu­tion des dis­po­si­tifs qui per­mettent à tout citoyen de pro­po­ser ou de contes­ter une loi ou une dis­po­si­tion consti­tu­tion­nelle, et que les règles de l’es­pace public média­tique lui per­mettent de défendre hon­nê­te­ment son point de vue.

    Donc, j’in­vite ceux qui acceptent l’en­torse démo­cra­tique for­melle qui consiste à écar­ter les « hommes de pou­voir » du pro­ces­sus consti­tuant — car après tout, ils sont citoyens comme nous et au moment de l’é­cri­ture, ils n’ont vir­tuel­le­ment aucun pou­voir sup­plé­men­taire — à réflé­chir à un pro­ces­sus consti­tuant qui nous assure que les « écri­vains » ne seront pas non plus les hommes qui sou­tiennent le pou­voir, consciem­ment ou inconsciemment…

    Voi­là donc pour­quoi je suis aus­si viru­lent sur cer­taines idées qui me laissent pen­ser que, une fois que les moti­vés auraient fait le bou­lot pour obte­nir une consti­tuante, on pren­drait le risque de remettre un peu trop ces gens-là dans la course… Simple précaution,

    et voi­là pour­quoi je pro­pose un pro­ces­sus « insur­rec­tion­nel » qui m’as­sure que ces gens-là, au-pire s’ex­cluent d’eux-mêmes, au mieux sont noyés dans la masse et peut-être conta­mi­nés par le virus de l’i­ma­gi­na­tion au pouvoir…

    et j’in­siste aus­si sur cette impos­sible inclu­sion de ceux qui ne s’en­gagent pas ou de ceux qui s’en­ga­ge­raient contre et ne se sen­ti­raient pas soli­daires, mais cette absence d’in­clu­sion « obli­ga­toire », ne veut pas dire exclu­sion, et qu’il faut par tous les moyens cher­cher à inclure le plus pos­sible de gens, ne serait-ce que parce que ceux qui sont défé­rents envers le pou­voir en place ont aus­si en eux une sagesse qu’il convient d’in­clure dans nos réflexions afin de ne pas com­mettre les erreurs et d’al­ler trop loin.

    Ce serait par exemple le refus de tout prin­cipe aris­to­cra­tique ou de recon­nais­sance de la com­pé­tence, de dis­po­si­tifs d’équilibre,etc., et le refus de recon­naître qu’on ne fait pas d’une socié­té inéga­li­taire et hié­rar­chique une socié­té éga­li­taire et démo­cra­tique du jour au lendemain.

    Ne serait-ce que parce que le schème de pen­sée et d’ac­tion de l’é­lu d’au­jourd’­hui (qui n’est pas tou­jours un « pro­fes­sion­nel de la poli­tique »), a bien des chances de se repro­duire dans le tiré au sort de demain, et il se trouve dans toute socié­té de ce type, suf­fi­sam­ment de gens pour sou­te­nir une dictature.

    Je veux dire par là, encore sous l’in­fluence de Di Giro­la­mo, que la défi­ni­tion d’un idéal démo­cra­tique ne sau­rait s’in­car­ner dans une réa­li­té « fonc­tion­nelle » si les citoyens de l’i­ci et main­te­nant ne sont pas les citoyens que réclament une vraie démo­cra­tie, cela s’inscrit néces­sai­re­ment dans un « deve­nir auto­nome », indi­vi­duel et col­lec­tif, un enga­ge­ment à être autre chose qu’un sujet.
    et ceci, je te rejoins Étienne, se fait par grosses inflexions par­fois, par petites touches souvent,

    Et c’est tout le tra­vers des idées de la tabu­la rasa, du grand soir et, concrè­te­ment de l’hor­reur russe et de « l’homme nou­veau » que les dic­ta­tures mar­xistes cher­chaient à fabri­quer, pour faire ren­trer dans leurs dogmes les indi­vi­dus, ceci pou­vant prendre d’autres formes, il convient de res­ter vigi­lants sur le côté néces­sai­re­ment expé­ri­men­tal, incré­men­tal d’une construc­tion démo­cra­tique, d’où la nou­veau­té doit pou­voir sur­gir, et ne jamais perdre à l’es­prit nos limites, dépas­sables par ceux qui vien­dront après nous.

    J’es­père que tout ceci est clair.

    Donc, je compte sur toi pour que ton idée de virus ne débouche pas sur un SIDA (non pas chez toi ni ceux qui adoptent le même che­mi­ne­ment, mais par­mi tes « fans »), et soit un ferment de plus au ras­sem­ble­ment des forces du pro­grès vers la démo­cra­tie véri­table, quelles que soient les options pour y arriver.

    Fra­ter­nel­le­ment

    Réponse
  31. Seb du 132

    Cher Sitouaillain,

    je suis d’ac­cord avec vous, une grande majo­ri­té des Fran­çais se fichent pas mal de la poli­tique, ou en tout cas ne sont pas prêts à s’y inves­tir et ne le seront peut-être jamais. On ne peut pas leur en vou­loir et il fau­dra faire sans eux, mais pas contre eux.

    Prendre appui sur les syn­di­cats et par­tis pour mettre en place ta pro­po­si­tion a du sens, car ils sont orga­ni­sés et pos­sèdent une cer­taine forme d’ef­fi­cience. Atten­tion juste à ne pas se faire récupérer…

    D’ailleurs à ce pro­pos, il me semble que les idées déve­lop­pées sur ce blog et dans le réseau connexe sont per­çues comme de gauche voire extrême gauche. C’est navrant car jus­te­ment les pro­blèmes ins­ti­tu­tion­nels qui sont les nôtres sont au-delà du cli­vage gauche/droite.

    Il serait donc peut être utile (si ce n’a pas déjà été fait, Étienne ?) d’ef­fec­tuer des conférences/débats pour des orga­ni­sa­tions à ten­dance de droite. Et pour répandre le « virus » il serait aus­si inté­res­sant d’or­ga­ni­ser des débats au sein des antennes locales des par­tis poli­tiques et/ou syn­di­cats (droite comme gauche). En effet, il est pro­bable qu’une grande par­tie des mili­tants ne soient pas encore « corrompus/lobotomisés » et soient sen­sibles à ces idées. Or les mili­tants ont une conscience poli­tique et une moti­va­tion pour faire avan­cer les choses, donc sont une force pour dif­fu­ser les idées déve­lop­pées ici.

    Sébas­tien.

    Réponse
  32. democradirect

    @sitouaillain

    Si une mino­ri­té impose une Consti­tu­tion à la majo­ri­té, ce n’est pas démo­cra­tique (et qu’on ne me dise pas que la fin est démo­cra­tique même si les moyens ne le sont pas). Il faut donc abso­lu­ment que les pro­po­si­tions de modi­fi­ca­tion de la Consti­tu­tion (qui peuvent être rédi­gées par une Consti­tuante tirée au sort, une struc­ture telle que celle pro­po­sée par sitouaillain, et des comi­tés réfé­ren­daires) soient sou­mises au réfé­ren­dum (et j’argumente que ces pro­po­si­tions doivent être sou­mises au réfé­ren­dum point par point).

    Hé oui, au lieu de sim­ple­ment court-cir­cui­ter la majo­ri­té, il faut la convaincre. En fait, elle est par exemple déjà convain­cue de l’utilité d’introduire un véri­table droit de réfé­ren­dum d’initiative popu­laire (voir son­dage IFOP : 
    http://​www​.contri​buables​.org/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​1​/​0​4​/​s​o​n​d​a​g​e​_​I​F​O​P​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​_​d​i​r​e​c​t​e​.​pdf ).

    Mais le peuple n’a aucun moyen légal d’imposer à ses élus l’introduction d’un véri­table droit de réfé­ren­dum. Cet exemple montre qu’un sys­tème peut tenir même si la majo­ri­té n’en veut pas. Sim­ple­ment parce que la France n’étant pas une démo­cra­tie, ce n’est pas le peuple qui décide.

    Mais vous, vous pré­fé­rez qu’une avant-garde impose sa volon­té à la majo­ri­té. Vous êtes de la graine de dictateur !

    Réponse
  33. Morpheus

    Lorsque l’on affirme que les citoyens, dans leur majo­ri­té, se fichent de la poli­tique, j’ai envie de faire quelques remarques.

    1. Il serait déjà pré­fé­rable de par­ler des ÉLECTEURS plu­tôt que des CITOYENS, parce qu’un citoyen, pré­ci­sé­ment, est une per­sonne impli­quée dans la poli­tique au sens vrai du terme (la ges­tion de la cité).

    2. Ce que cette majo­ri­té d’é­lec­teurs rejettent, par leur dés­in­té­rêt de la poli­tique, c’est la « poli­ti­kè », c’est-à-dire les luttes inces­sante pour accé­der / conser­ver le pou­voir aux­quels se livrent tout le temps les politiciens.

    3. Nous savons bien que cette apa­thie est vou­lue et pro­vo­quée par les oli­garques et les voleurs de pou­voir. Ce n’est donc pas une fata­li­té : les élec­teurs, libé­rés du car­can des ins­ti­tu­tions des gou­ver­ne­ment pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif qui dirigent actuel­le­ment, dans un contexte où le pou­voir poli­tique leur serait ren­du, devien­draient, pour beau­coup, des citoyens impli­qués dans la poli­tique, sinon de l’É­tat, au moins de leur com­mune (car cela les touche directement).

    4. Il n’en fau­drait pas plus pour relan­cer une dyna­mique par­ti­ci­pa­tive, qui sans qu’elle soit par­faite, sera tout de même bien plus démo­cra­tique, et bien plus sou­hai­table que le sta­tu quo actuel.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  34. sitouaillain

    @ demo­cra­tie directe,

    je m’at­ten­dais à ce qu’on me tombe des­sus, ça n’a pas loupé,

    non mon­sieur, je ne suis pas une graine de dic­ta­teur, et je n’ai jamais dit qu’une mino­ri­té devait impo­ser quoi que ce soit, ça, c’est ce qui se passe actuellement,

    et le peuple a plein de moyens légaux d’im­po­ser à ses élus qu’ils fassent ceci ou cela, et s’il avait conscience de la dupe­rie, il ne s’embarrasserait pas de la léga­li­té, puisque la léga­li­té, ça n’est jamais que ce que les oli­garques en place décident, et si elle est res­pec­tée, c’est tout de même parce que la majo­ri­té le veut bien et si elle est ce qu’elle est, c’est en bonne par­tie parce que le peuple vote majo­ri­tai­re­ment pour que ça ne change pas…

    Je n’ai jamais par­lé d’a­vant-garde, j’ai par­lé de mou­ve­ment de masse qui n’est pas « diri­gé », donc d’un « contexte insur­rec­tion­nel », qui fait que la « majo­ri­té » change d’a­vis jus­te­ment, mais je me fiche bien que ce soit la majo­ri­té abso­lue, pour­vu qu’il s’a­gisse d’une majo­ri­té relative,

    Ceux qui ne s’en­gagent pas, les abs­ten­tion­nistes de conscience, au final peu leur importe que ce soit démo­cra­tique ou non, et les autres, ils s’en­ga­ge­ront et s’or­ga­ni­se­ront contre… et ces orga­ni­sa­tions-là, cher Seb du 132, ça s’ap­pelle des par­tis de droite… Non­obs­tant la ten­dance actuelle au ni-droite ni gauche (à qui pro­fite-t-elle?), le cli­vage a tou­jours du sens, même si, sur cer­tains sujets, le cli­vage conser­va­teurs-pro­gres­sistes ne cor­res­pond pas à ce que les par­tis repré­sentent, et j’ai connu des gens de gauche qui sont en fait de droite et inversement…;)

    Per­son­nel­le­ment, je trouve qu’É­tienne est un « radi­cal », au sein du cou­rant pro­gres­siste et huma­niste (la gauche), c’est-à-dire qui ne cherche pas à accom­mo­der le sys­tème, mais qui cherche à trai­ter les racines des pro­blèmes, donc à ren­ver­ser les para­digmes ; qu’il ait rai­son ou tort, le type « radi­cal » sera tou­jours la bre­bis galeuse qui cherche à convaincre les mou­tons de ne plus suivre leurs ber­gers, et il est nor­mal que le ber­ger cherche à le faire détes­ter des autres mou­tons, et pour les mou­tons qui ten­draient quand même l’o­reille, il est tou­jours sain de ne pas lais­ser la bre­bis galeuse se trans­for­mer en berger…

    Mais tu ne devrais pas écou­ter ce que je dis, car je suis d’ex­trême gauche, encar­té nulle part mais tout de même, je déteste les hié­rar­chies, je n’aime pas les ban­de­roles, les slo­gans et encore moins les dogmes, mais suis pour l’a­bo­li­tion du sala­riat, la socia­li­sa­tion des banques, une éco­no­mie de libre entre­prise mais de coopé­ra­tives, l’ac­cès au loge­ment pour tous, la conver­sion éco­lo­gique de l’a­gri­cul­ture, de l’in­dus­trie et de l’ha­bi­tat, la sanc­tua­ri­sa­tion non-mar­chande et le contrôle démo­cra­tique de la ges­tion des biens com­muns et des ser­vices fon­da­men­taux (édu­ca­tion, san­té, poste, infor­ma­tion, etc.) et plein d’autres trucs affreux comme le mariage homo­sexuel, le par­tage des bre­vets avec le tiers-monde, l’in­ter­dic­tion par­tielle de la publi­ci­té, le reve­nu de vie, etc., etc.,

    Cela fait-il de moi un extré­miste, ou bien repren­drez-vous volon­tiers une petite cure d’aus­té­ri­té et quelques tsu­na­mis, avant de savoir si nous ne vivons pas dans une uto­pie dégé­né­rée, dont les tenants sont pré­ci­sé­ment ceux qu’on nous a condi­tion­nés à voir comme « sérieux », « modé­rés » et ceux qui ont peur de chan­ger radi­ca­le­ment de direc­tion (ce qui ne veut pas dire « tout d’un coup » messieurs) ?

    Autre ques­tion, pour démo­cra­tie­di­rect : toi, le pur et dur la démo­cra­tie pour la démo­cra­tie, dans quel camp serais-tu si la majo­ri­té déci­dait de don­ner les pleins pou­voirs à un dictateur ?

    Réponse
  35. democradirect

    Je suis d’accord avec Morpheus.

    Il suf­fit de voir en Suisse : les citoyens suisses sont beau­coup plus impli­qués dans les déci­sions poli­tiques (pas juste élire des repré­sen­tants) que les élec­teurs français.

    Le sys­tème suisse n’est pas par­fait, mais c’est mieux qu’en France. Intro­duire la démo­cra­tie semi-directe en France serait déjà un pro­grès considérable.

    Réponse
  36. democradirect

    @sitouaillain

    Vous dites : « je n’ai jamais dit qu’une mino­ri­té devait impo­ser quoi que ce soit ». Alors pour­quoi refu­ser que les pro­po­si­tions de modi­fi­ca­tion soient sou­mises au réfé­ren­dum populaire ?

    Vous dites « le peuple a plein de moyens légaux d’im­po­ser à ses élus qu’ils fassent ceci ou cela ». Faux. En fait le pro­chain pré­sident pour­ra tra­hir le peuple autant qu’il le veut, il sera indé­bou­lon­nable pen­dant cinq ans. Autre exemple : le peuple n’a aucun moyen d’imposer léga­le­ment un véri­table droit de réfé­ren­dum d’initiative à ses élus. Il peut uni­que­ment choi­sir ses élus par­mi des can­di­dats qu’il n’a pas choi­sis. Certes, il pour­rait élire un can­di­dat qui s’engage à intro­duire ce droit de réfé­ren­dum. Mais ce n’est pos­sible que si le droit de réfé­ren­dum est la prio­ri­té abso­lue pour la majorité. 

    En réa­li­té, il y a bien d’autres sujets qui divisent le peuple, notam­ment sur l’axe gauche/droite. Chaque com­po­sante du peuple fran­çais a avan­tage à pla­cer ses inté­rêts par­ti­sans avant l’intérêt géné­ral de l’introduction de la démo­cra­tie. Car quoique fassent les autres com­po­santes, ses inté­rêts seront ain­si mieux ser­vis. Il serait bien sûr de l’intérêt de tous que cha­cun donne la prio­ri­té à la démo­cra­tie (puisque presque tous veulent une véri­table démocratie). 

    Mais en l’absence de coor­di­na­tion, cela ne se pro­dui­ra pas. Un peu comme si les élec­teurs de gauche déte­naient la clé pour libé­rer les élec­teurs de droite, et réci­pro­que­ment les élec­teurs de droite déte­naient la clé pour libé­rer les élec­teurs de gauche : le peuple dis­pose en prin­cipe des clés pour entrer en démo­cra­tie, mais il y a un pro­blème fon­da­men­tal de coor­di­na­tion qu’il ne faut pas sous-esti­mer. C’est ce que l’on nomme le « dilemme du pri­son­nier ». C’est de ce dilemme-là dont le peuple fran­çais est pri­son­nier, et qui l’empêche d’accéder à la démocratie.

    Réponse
  37. sitouaillain

    @ démo­cra­tie directe,

    je n’ai jamais refu­sé les réfé­ren­dums, je disais sim­ple­ment que dans ma pro­po­si­tion ils n’ont pas lieu d’être, puisque de fait, les points que tu veux sou­mettre à réfé­ren­dum seront vali­dés en assem­blées locales, donc un refe­ren­dum sur le texte final peut suf­fire ; mais j’ai rien contre ce que tu as dit,

    par contre là où je ne suis pas du tout d’ac­cord, c’est sur tes idées d’in­té­rêts par­ti­san et ton dilemme du prisonnier,

    tu peux créer ton par­ti, je ne vais pas t’ac­cu­ser d’a­voir des inté­rêts partisans,

    la plu­part des gens qui sont dans des par­tis, ils n’ont pas d’in­té­rêts par­ti­sans, et ils agissent de manière dés­in­té­res­sée et donnent de leur temps, ils ont sim­ple­ment des visions de l’in­té­rêt géné­ral plus ou moins réflé­chies et plus ou moins anta­go­nistes, mais je ne crois pas qu’ils soient là pour leur pomme,

    de plus, les par­tis n’ont pas tous la même his­toire ni la même filia­tion, et les pro­blèmes des orga­ni­sa­tions et les types de dérives pos­sibles ne sont donc pas les mêmes, his­to­ri­que­ment il y a des par­tis de notables, des clubs idéo­lo­giques, des par­tis de la lutte ouvrière, des par­tis reli­gieux, etc.,

    donc il faut aller y regar­der à la loupe et bien voir la dif­fé­rence entre le type sin­cère qui défend une cause et le type qui est là pour avoir du pou­voir et qui choi­sit ce qu’il doit dire en fonc­tion d’un plan marketing,

    l’un cherche à ce que sa vision de l’in­té­rêt géné­ral soit vali­dée par le vote, l’autre cherche à ber­ner, ce n’est pas la même chose,

    mais je suis d’ac­cord avec toi sur le pro­blème de la prio­ri­té à la démo­cra­tie, mais ça, c’est aus­si à nous tous d’en faire une pré­oc­cu­pa­tion pre­mière des élec­teurs, à défaut d’en faire des citoyens…

    et c’est vrai que j’exa­gé­rais, sur les moyens légaux, le pre­mier c’est bien sûr de bien voter…le second, c’est de manifester…

    sur le pro­blème démo­cra­tique, on voit déjà que le peuple uti­lise son droit pour voter pour le filou sar­ko, et que quand il passe en lou­ce­dé son trai­té de Lis­bonne avec la com­pli­ci­té des petits copains de Hol­lande, on n’est que trois pelots dans la rue…

    on était beau­coup plus, mais pas assez, pour les retraites ; sim­ple­ment, c’est dans ce genre de grandes mobi­li­sa­tions que se construisent les bases pour une citoyen­ne­té active, prête à se ser­vir indif­fé­rem­ment des moyens légaux et extra­lé­gaux, pour­vu que ceux qui agissent le fassent paci­fi­que­ment, avec conscience et res­pect des valeurs qui fondent notre répu­blique, confor­mé­ment au droit de résis­tance à l’op­pres­sion et aux autres droits de l’homme.

    Réponse
  38. 3emeType

    Etienne, juste un truc : atten­tion à l’ar­gu­ment « la démo­cra­tie a duré 200 ans, ça prouve que ça n’a pas tant de défauts », car on pour­rait l’ap­pli­quer au gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif : « le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif a duré 200 ans, ça prouve qu’il n’a pas tant de défauts ».

    Réponse
  39. democradirect

    @ sitouaillain

    Si tu es d’accord qu’il y ait des réfé­ren­dums sur les modi­fi­ca­tions consti­tu­tion­nelles, alors nos posi­tions ne sont pas aus­si éloi­gnées que je l’imaginais (même si tu trouves que c’est inutile dans ton sys­tème et que je trouve que cela reste crucial).

    Pour ce qui est de l’intérêt par­ti­san, je ne vou­lais pas dire inté­rêt per­son­nel, mais inté­rêt de par­ti. J’essayais d’expliquer pour­quoi il n’y a tou­jours pas de véri­table réfé­ren­dum d’initiative popu­laire alors que dans chaque par­ti la majo­ri­té des élec­teurs le sou­haitent (selon le son­dage ci-des­sus). Mon expli­ca­tion est que les élec­teurs des dif­fé­rents par­tis sont divi­sés par leur oppo­si­tion sur d’autres sujets (notam­ment les ques­tions de redis­tri­bu­tion, etc…). Sur ces sujets, les dif­fé­rents par­tis ont des posi­tions dif­fé­rentes (c’était ce que j’entendais par « inté­rêts par­ti­sans », cela res­semble aux visions anta­go­nistes de l’intérêt géné­ral que tu évoques). Au lieu de s’unir pour ce pro­grès démo­cra­tique qui les ras­semble, ils s’affrontent sur les sujets qui les divisent.

    Ces divi­sions sont nor­males. Les gens sont dif­fé­rents, il est donc nor­mal qu’ils aient des valeurs et des visions du monde dif­fé­rente, et qu’ils s’affrontent sur leurs diver­gences. La ques­tion est de savoir com­ment faire pour que cela ne les empêchent pas de s’unir sur les points (comme l’instauration du réfé­ren­dum d’initiative popu­laire) qu’ils par­tagent. Tu dis que c’est à nous tous d’en faire une pré­oc­cu­pa­tion pre­mière des élec­teurs. Si on y arrive c’est génial.

    Réponse
  40. sitouaillain

    @ démo­cra­di­rect

    en fait, en te reli­sant, je m’é­tais aper­çu que j’a­vais mal com­pris, donc tu as rai­son, mais en même temps, à mon goût, tu es un peu trop angé­lique dans ton analyse.

    tous les par­tis ne se valent pas et je dirais aus­si que tous les bul­le­tins de vote ne se valent pas, de même que tous les can­di­dats ne se valent pas,
    ce n’est par exemple pas la même chose de voter parce qu’on trouve untel plus beau qu’un­tel que de voter parce qu’on a la convic­tion de le cadre idéo­lo­gique qui est le sien convient à une appré­hen­sion rai­son­née de ce qu’il est bon de faire,

    et au final, peut importe ce que pense l’é­lec­to­rat d’un poli­ti­cien qui est là pour l’a­mour du pou­voir, le jeu est de lui dire ce qu’il a envie d’en­tendre, dans la limite de ce que les vrais déten­teurs du pou­voir sont prêts à lâcher,

    je dirais d’ailleurs que ceux-là sont prêts à lâcher pas mal s’ils voient la menace pres­sante d’une insur­rec­tion popu­laire, c’est le prin­cipe de la cana­li­sa­tion de la colère par l’ex­trême droite qui devient inévi­table quand les petits lâchages de miettes ne fonc­tionnent plus ou ne sont plus pos­sibles, comme par exemple dans une situa­tion de crise.

    autre­ment dit, si nous n’a­vons pas le RIC, c’est parce que les vrais déten­teurs du pou­voir n’ont pas assez confiance en eux, comme c’est le cas en Suisse, le para­dis des banquiers,

    puisque fina­le­ment, quand vous pos­sé­dez suf­fi­sam­ment de richesses, vous n’a­vez pas à vous inquié­ter de la démocratie :

    si ceux qui pensent comme vous (qu’une petite mino­ri­té d’  »éclai­rés » doit diri­ger le cours des choses) sont bien soli­daires et orga­ni­sés, qu’ils dirigent les médias, les par­tis de masse que les médias valo­risent, que vous savez dif­fu­ser sans cesse votre pro­pa­gande et votre édu­ca­tion à la ser­vi­tude, votre science de la récu­pé­ra­tion mar­chande des dési­rs et des pul­sions, et bien vous béné­fi­ciez d’une belle immu­ni­té, qui fait que tout ce qui main­tient votre pou­voir est bien inté­rio­ri­sé par la majo­ri­té des citoyens, vous n’a­vez pra­ti­que­ment rien à craindre, puisque en poli­tique, votre pou­voir est bien arri­mé dans les cadres de tout ce qui est per­çu comme « pos­sible », « sérieux », « légi­time », et que votre porte-feuille s’a­li­mente par tout ce qui est per­çu comme « besoin », « style de vie enviable », « atti­tude et rap­port au tra­vail », etc., etc., et vous pou­vez vous amu­ser à écou­ter vos ouailles répé­ter doc­te­ment ce que vous avez besoin qu’il croient en se croyant les propres auteurs,

    l’ha­billage démo­cra­tique est une forme très sub­tile de domi­na­tion, mais, si besoin, d’autres options moins sub­tiles existent.

    c’est pour­quoi à mon sens, la démo­cra­tie n’est pas qu’une ques­tion de formes ins­ti­tu­tion­nelles « poli­tiques » : elle a besoin de s’ap­puyer sur une conscience et une recherche per­ma­nente de l’au­to­no­mie indi­vi­duelle et col­lec­tive, c’est-à-dire aus­si une ana­lyse de ce qui contraint la liber­té et l’é­man­ci­pa­tion et tout ce qui dans nos vie relève du non choix et du confor­misme, de la douce contrainte,etc.

    Réponse
  41. Étienne

    Cher Sitouaillain,

    Est-ce que vous seriez libre mar­di pro­chain, de 20 h à minuit ? 🙂

    Parce qu’O­pi­news orga­nise un échange Inter­net (ouvert à tous) pré­ci­sé­ment sur le sujet qui nous réunit si sou­vent et qui nous divise parfois : 

    Voyez :
    Le tirage au sort : 
    anti­dote poli­ti­que­ment durable contre l’oligarchie ?

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​3​/​1​1​/​1​9​8​-​t​r​o​i​s​-​p​r​o​c​h​a​i​n​e​s​-​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​-​s​u​r​-​i​n​t​e​r​n​e​t​-​a​v​e​c​-​o​p​i​n​e​w​s​-​e​n​-​m​a​r​s​#​c​8​287

    Je trouve que ce serait bien qu’on se parle un peu de vive voix (en atten­dant d’en­fin se ren­con­trer — à la mai­son cet été ?).

    J’a­dresse la même invi­ta­tion cha­leu­reuse à tous les habi­tués de ce site, cela va sans dire.

    Je vais en par­ler aus­si sur Face­book et sur le forum : ce serait bien que San­dy — et Jacques ? et toute la bande ? — nous rejoignent 🙂

    Fra­ter­nel­le­ment 🙂

    Étienne.

    Réponse
  42. sitouaillain

    Etienne,

    pour mar­di soir, j’es­père qu’il y aura d’autres occa­sions, là je suis très embê­té car je dois pré­pa­rer un pas­sage devant un jury tôt le len­de­main matin, et je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure des pré­pa­ra­tions, enfin je vais réfléchir,

    par contre, j’ai­me­rais vrai­ment pou­voir dis­cu­ter de vive voix, ça serait plus sym­pa, c’est certain,

    d’un autre côté je ne suis pas sûr d’a­voir grand chose à t’ap­por­ter, moi je suis un ama­teur, un blanc-bec, j’ai pas la pré­ten­tion de déve­lop­per une pen­sée suf­fi­sam­ment solide et encore moins ori­gi­nale, je suis sûr qu’il y a des types qui sont mieux pla­cés pour ça, il doit bien y avoir des bons-vivants maî­tri­sant cas­to­ria­dis ou deu­leuze, ou bien, je sais pas, pour­quoi tu n’or­ga­ni­se­rais pas un truc avec rosan­val­lon, lor­don, des uni­ver­si­taires décrois­sants, ou etc.

    enfin tout ça pour te dire que je prend ça comme un hon­neur, après tout l’un n’empêche pas l’autre 😉

    alors bien sûr je suis prêts à faire le dépla­ce­ment si tu as du temps cet été, ou même lors d’un de tes pas­sages à Paris, nous n’a­vons mal­heu­reu­se­ment pas de quoi te rece­voir digne­ment, mais je t’in­vi­te­rais avec plai­sir dans un bistrot ! 🙂

    mon mail : [email protected]

    ce mes­sage n’ap­por­tant rien, il peut être censuré 😉

    Réponse
  43. Volusien

    Je suis tout à fait novice sur les forums et je suis donc encore éton­né du manque de contrôle d’eux-mêmes des inter­ve­nants, dont les inter­ven­tions tra­hissent l’i­déo­lo­gie sous-jacente. C’est vrai­ment dom­mage pour la cré­di­bi­li­té des argu­men­ta­tions déve­lop­pées, et cela m’en­lève toute envie de participer…

    Réponse
  44. sitouaillain

    @ Volu­sien,

    c’est dom­mage, tu devrais au contraire avoir encore plus envie de participer,
    puisque le dia­logue per­met de révé­ler les idéo­lo­gies sous-jacentes, et donc de les décons­truire ou de les dépasser.

    le plus grave serait de croire ou de lais­ser croire que tu n’au­rais pas d’i­déo­lo­gie sous-jacente,

    alors peut-être que c’est pré­ci­sé­ment cette occul­ta­tion de l’  »idéo­lo­gie » (encore faut-il défi­nir ce que c’est) par le néo­li­bé­ra­lisme qui est pro­fon­dé­ment idéo­lo­gique et qui fonc­tionne comme une « police de la pen­sée », un « contrôle », et qui nous empêche d’al­ler au fond des choses, non ?

    n’est-ce pas essen­tiel de décons­truire toutes les « idéo­lo­gies sous-jacentes » qui ont été appli­quées dans nos pays et qui font qu’on ne vit pas vrai­ment en démocratie ?

    Réponse
  45. Catherine B

    C’est inté­res­sant ce que dit Volu­sien qui déplore semble-t-il le manque de contrôle des inter-venants et j’aime bien ta réponse Sitouaillain !

    Regret­ter un contrôle, mais un contrôle c’est quoi Volusien ?

    Un contrôle c’est une mesure et une mesure par rap­port à quoi ?

    Par rap­port à un éta­lon, non ?

    Et qui nous l’a fichu dans la caboche cet éta­lon qui te per­met de dire « je suis donc encore éton­né du manque de contrôle d’eux-mêmes des inter­ve­nants, dont les inter­ven­tions tra­hissent l’i­déo­lo­gie sous-jacente

    ça veut dire que CE qui te per­met de dire il y a manque de contrôle, ce manque, c’est par rap­port à la forme qu’on a fait prendre à tes idées qui sont le sub­strat de ta conscience, bref du conte­nu quan­ti­ta­tif et qua­li­ta­tif de ce qu’il y a dans ton cer­veau qui émet des sons qui finissent par for­mer des mots et des phrases qui résonnent chez celui qui te croise.

    Ce manque de ce que tu appelles, contrôle, réten­tion, c’est un trou dans le cane­vas quoi ! Mais le cane­vas, c’est pas toi qui l’as tis­sé, tu t’es fait tis­ser un cane­vas dans ta tête que tu finis par te l’ap­pro­prier et l’in­té­grer comme étant ta pen­sée, ta conscience et tout le tou­tim, mais ce cane­vas, avant d’être le tien, c’est d’a­bord celui qu’on a construit en toi !

    Mais il est vrai aus­si, et tout le monde tombe dans le piège je te ras­sure, qu’a­vant de savoir on ne sait pas, on ne sait pas qu’il est bien rare que quel­qu’un pense. On est sou­vent pré­ten­tieux d’a­bord, on croit qu’on pense alors que le plus sou­vent on se fait pen­ser par un sys­tème, c’est-à-dire des élé­ments qui se réunissent pour construire une con-fré­rie de com­mu­nau­té d’in­té­rêts qui nous dépassent lar­ge­ment. Plus sou­vent en effet, on se fait pen­ser par un entre­mê­le­ment de noeuds qui sont bien noués et on a bien du mal à y retrou­ver nos petits, bref, on se fait pen­ser plus qu’on ne pense !

    L’i­déo­lo­gie est une pri­son, car elle enferme dans un car­can asphyxiant et du coup, ça manque d’air et ça sent le renfermé.

    Mettre un tiret, je crois que c’est déjà un peu plus juste, idéo-logie, c’est plus juste pour­quoi et pour quoi ?

    Parce que le tiret ouvre un espace, un espace de dif­fé­ren­cia­tion qui per­met de nous éloi­gner des matrices iden­ti­fi­ca­toires qui nous consti­tuent, toi, moi les autres en fonc­tion de notre milieu, notre âge, notre lieu d’ha­bi­ta­tion et tut­ti quan­ti et qui nous font avoir des pseu­do-idées qui pro-viennent de nos matrices iden­ti­fi­ca­toires qui seraient tout autre si nous étions nés ailleurs que là où nous sommes nés.

    Mais pas de des­tin tra­cé auquel nous serions sou­mis, non. Il nous faut construire notre his­toire et ne plus res­ter dans la pré-his­toire du des­tin et pour se faire, il faut inter­ro­ger, croi­ser, obser­ver nos errances,et c’est très bien que tu viennes par­ler et inter­ro­ger car c’est la ques­tion qui est féconde, elle ouvre et crée un espace qui sans elle n’exis­te­rait pas. Si tu n’a­vais pas ris­qué d’é­crire, nous ne serions pas Sitouillain et moi, à essayer d’é­lar­gir la brèche que tu ouvres.

    S’il y a le tiret dans l’i­déo-logie, il y a l’i­dée qui reste, et qui sert de sup­port au lan­gage, ça veut dire que l’i­dée nous ne devons pas la rayer ni l’en­fer­mer dans une Bas­tille mais que sans idée nous nous enfer­mons nous-même dans une conscience qui s’embastille elle-même car elle n’a plus alors de briques pour construire sa mai­son, et une mai­son sans brique, c’est pas une mai­son, ça reste une idée de mai­son mais s’il fait froid la mai­son en brique c’est quand même mieux.

    Bref, un sacré funam­bu­lisme que le nôtre, le tien, le mien qui veut sans vou­loir, qui pense sans pen­ser qui s’ar­ti­cule sur le tiret, l’entre-deux qui per­met à l’al­té­ri­té de se poser et d’é­vi­ter ain­si la confu­sion du tout tota­li­taire qui finit ce tout tota­li­taire par ne par­ler que d’une seule voix et de son corol­laire, le fameux maître contrôle qui vient obtu­rer et bâillon­ner toute parole de tra­vers par rap­port au droit fil de sa ligne, mais le droit fil de sa ligne à lui.

    La jus­tesse est peut-être dans l’entre-deux, dans le tiret, ni idée, ni logos, mais articulation,jointure entre les deux, bref, un équi-LIBRE !

    Réponse
  46. sitouaillain

    Cathe­rine, j’ai éprou­vé un plai­sir immense à ta lec­ture, vrai­ment, merci.

    et si le tiret entre deux idées contraires est ce qui les rend com­plé­men­taires, alors le tiret est un dépas­se­ment, ce n’est plus un entre-deux, et le dépas­se­ment est un équi­libre, pro­vi­soire, car ce nou­vel équi­libre est tou­jours une idée qui appelle à son contraire, pour un nou­veau dépas­se­ment, et ain­si de suite…le but n’est pas le but, c’est la voie.…

    Réponse
  47. Catherine B

    Et oui, jamais arri­vés à la mai­son, tou­jours sur la route avec le petit balu­chon sur l’é­paule, mais plein d’ar­deur et coeurs vaillants, osons l’es­pè­rer Sitouaillain !

    Je te trouve plein d’ar­deur en tout cas, à prendre le temps de répondre à cha­cun et donc à ouvrir, ouvrir des espaces in-connus, et qui le res­te­raient si tu ne fai­sais pas ce tra­vail, cet effort, ce bel effort. Mer­ci à toi pour cela.

    Réponse
  48. Catherine B

    Le tiret comme dans idéo-logie, le tiret qui dif­fé­ren­cie l’i­dée du logos, c’est le signe, le medium, qui sort les deux par­ties de l’i­so­le­ment, du tout indif­fé­ren­cié, du com­pact qui empêche toute conscien­ti­sa­tion car sans lui tout se confond.

    Il dit alors ce tiret de la vie à venir, cette par­tie inédite qui n’est ni l’i­dée ni le logos, quelque chose qui dépasse les deux élé­ments mais qui a pour­tant besoin et de l’i­dée et du logos pour se construire.

    Comme un sup­plé­ment d’âme alors car l’âme n’est-ce-pas cet élé­ment inter-médiaire qui conjoint deux élé­ments dis­tin­gués mais non sépa­rés, ques­tion que je me pose !

    Bref, le tiret ren­voie au dyna­misme de la pos­sible créa­tion, qui devien­dra pos­si­ble­ment à son tour, si on ne l’en­ferme pas dans une pri­son de mots ou de sys­té­ma­ti­sa­tion, créa­tion de créa­tion, de créa­tion de création…génial je trouve !

    Réponse
  49. sitouaillain

    @ Cathe­rine,

    je ne com­prends pas tout à fait ce que tu dis, sans doute parce que je ne com­prends pas com­ment les idées se forment, et que du coup je n’ar­rive pas pas à savoir s’il est vrai­ment pos­sible de sépa­rer idée et logos…

    et aus­si parce je suis un opti­miste et que le tiret, je l’au­rais plu­tôt mis à idéo-logique, comme suite d’i­dées éma­nant de la con-science,

    par oppo­si­tion au bon sens, d’où le tiret à dis­pa­ru, et dont on ne sait jamais qui ou ce qui le défi­nit, et dont on est sûr qu’il ne suf­fit pas à rendre libre et clair­voyant, sans quoi nous n’en serions pas là,

    et enfin parce que dans la bataille des mots sur les maux et les remèdes, l’étymologie n’est qu’une arme sur le champ de bataille de la conno­ta­tion et de la définition.

    du coup le tiret, c’est génial je te l’ac­corde, mais pas sûr qu’il efface la moue de dégout de l’homme de bon sens, du brave homme, lors­qu’il entend une logique des idées, une vision du monde qui contre­dit la sienne..

    j’es­père juste être un brave homme sachant faire le tri entre les idées aux­quelles je dois secouer la tête et celles avec les­quelles je dois me grat­ter le menton 😉

    qui sau­ra faire men­tir Des­cartes en étant meilleure méthode que lui?:

    « Jamais mon des­sein ne s’est éten­du plus avant que de tâcher à réfor­mer mes propres pen­sées, et de bâtir dans un fonds qui est tout à moi. Que si mon ouvrage m’ayant assez plu, je vous en fais voir ici le modèle, ce n’est pas, pour cela, que je veuille conseiller à per­sonne de l’imiter. Ceux que Dieu a mieux par­ta­gés de ses grâces auront peut être des des­seins plus rele­vés ; mais je crains bien que celui-ci ne soit déjà que trop har­di pour plu­sieurs. La seule réso­lu­tion de se défaire de toutes les opi­nions qu’on a reçues aupa­ra­vant en sa créance n’est pas un exemple que cha­cun doive suivre. 

    Et le monde n’est qua­si com­po­sé que de deux sortes d’esprits aux­quels il ne convient aucu­ne­ment : à savoir de ceux qui, se croyant plus habiles qu’ils ne sont, ne se peuvent empê­cher de pré­ci­pi­ter leurs juge­ments, ni avoir assez de patience pour conduire par ordre toutes leurs pen­sées, d’où vient que, s’ils avoient une fois pris la liber­té de dou­ter des prin­cipes qu’ils ont reçus, et de s’écarter du che­min com­mun, jamais ils ne pour­raient tenir le sen­tier qu’il faut prendre pour aller plus droit, et demeu­re­raient éga­rés toute leur vie ; puis de ceux qui, ayant assez de rai­son ou de modes­tie pour juger qu’ils sont moins capables de dis­tin­guer le vrai d’avec le faux que quelques autres par les­quels ils peuvent être ins­truits, doivent bien plu­tôt se conten­ter de suivre les opi­nions de ces autres, qu’en cher­cher eux mêmes de meilleures. »

    Réponse
  50. Catherine B

    Moi non plus je ne sais pas com­ment les idées se forment car il s’a­git de presque magiques com­bi­na­toires , d’en­tre­la­ce­ments, de moult et moult élé­ments( à condi­tion qu’on ne filtre pas par anti­ci­pa­tion néga­tive) élé­ments qui s’en­tre­croisent et finissent par accou­cher d’une sou­ris, non d’une idée, smile.

    Donc pas de mode opé­ra­toire c’est vrai, « juste » ( je rigole en disant juste parce que c’est ce qu’il y a de plus dif­fi­cile à lais­ser faire en nous, ce mou­ve­ment de se lais­ser ren­con­trer par ce qui passe_sans distingo_, sans écran, sans rideau de fer, sans rideau de fer qui vien­drait illi­co pres­to nous fer­mer à l’é­coute d’un mot, d’une idée, d’une repré­sen­ta­tion, car ils ren­voient à des sono­ri­tés qui ne nous plaisent guère, en ver­tu de ci ou de ça, des pré-sup­po­sés qui comme toute nature de pré-sup­po­sé nous font sup­po­ser quelque chose avant même que cette chose soit posée.__

    Dé-faire, dé-coudre, dé-lier, dé-nouer,dé-lire, débar­ras­ser les encom­brants qui prennent toute la place en nous et qui de ce fait ne laissent plus de place pour autre chose, c’est déjà une noble tâche, car c’est le récep­teur qui fait vivre ou mou­rir un mes­sage et donc c’est de lui que tout dépend. Le récep­teur est le créa­teur du mes­sage, je ne sais plus qui dit ça, mais je trouve ça très juste, la preuve si je suis en train de me noyer et que je crie au secours mais que per­sonne n’en­tend, le mes­sage n’a pas de récep­teur et donc il est mort le mes­sage et moi aus­si du coup.

    Je ne connais­sais pas cette har­diesse chez Des­cartes dont je salue et par­tage la manière de voir en cette occurrence.

    Je laisse tom­ber pour idéo-logie, ça me prend la tête et c’est pas le but, c’é­tait à moi d’être plus claire !

    Réponse

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