Bonjour à tous,
J’ai à peine le temps de vous prévenir, avant de filer en cours, que je tâcherai demain, jeudi 22 mars 2012, lors de la soirée TEDx à Paris, de résumer en 15 minutes (pas facile) les meilleures idées pour l’organisation du monde commun que m’a inspirées mon travail depuis six ans :
Tout le monde pourra voir la soirée en direct sur le net, si j’ai bien compris.
Ensuite, samedi 24 ce sera Saint-Sauveur-En-Puisaye, et dimanche 25
Bruxelles. Vie de fou…
Au plaisir de vous y retrouver 🙂
Étienne.

Pour enregistrer (et éventuellement écouter en différé ou en diagonale) les 04 heures des diverses interventions, il y a une solution simple pour ceux qui sont sous Windows :
installer le logiciel gratuit screamer
Puis lancer le logiciel et y insérer dans la rubrique fichier l’url :
http://music.saooti.neweez.com/neweez
(flux mp3 de 128 Kbps)
Amicalement.
Bienvenue de nouveau à Bruxelles.
J’espère vous rencontrer cette fois-ci.
Antonio.
Salut à tous,
C’était vraiment une conférence incroyable !
En écoutant Étienne poser la question de savoir pourquoi les 99% continuent de défendre bec et ongles l’élection favorisant systématiquement les 1% je me suis dit que j’aimerais bien creuser cet aspect-là des choses.
Parce qu’il y a les mythes bien sûr, l’équation élections libres = démocratie qu’on a tous bien ancrée dans nos têtes, les mots détournés comme « citoyens » ou, précisément, « démocratie » qui parasitent le raisonnement, mais je soupçonne d’autres mécanismes d’autant plus puissants qu’ils ne sont l’œuvre d’aucun groupe en particulier mais l’expression de ce qui en l’homme l’attire hors de la civilisation. La civilisation étant une conquête permanente.
Je repensais à Bourdieu et l’idée de violence symbolique qui aboutit à ce qu’une grande partie du peuple s’interdise le droit de penser pour lui. Comme si la pensée n’était pas son affaire. Et s’il fallait là trouver une raison à son désinvestissement, qu’en est-il de la frange dite éclairée du peuple, celle qui s’autorise à penser ?
Il y a la question de la défense des intérêts de sa classe (Rousseau contre Voltaire) mais il reste encore une petite population, très mystérieusement silencieuse : les artistes et intellectuels pauvres.
Du coup ça me faisait penser à Christopher Lasch et sa dénonciation de la méritocratie qui enferme son bénéficiaire dans une logique d’arrogance où il doit son ascension à son seul talent et aux institutions en place.
Mais je me disais qu’il y avait aussi autre chose, encore plus radicale. Et si la culture n’était pas le frein le plus puissant à l’émancipation ? La culture au sens du ministère de la culture, c’est-à-dire le culte du grand art, du grand homme, et de l’éternité promise à la grandeur ?
L’artiste vise au pire la reconnaissance, au mieux l’éternité et oublie en chemin son rôle le plus fondamental.
Il me semblerait plus juste, par principe, et on verra ce que l’on fera ensuite, mais mettre en place ce système de connu, la notion de connu, tout ce qui est connu, consultable et archivé, pour pouvoir y revenir, y débattre.
et un deuxième système où serait le neuf, l’inconnu, le nouveau, pour nous épargner ce travail éternel du conflit. Laissons le peuple nourrir et corriger l’histoire, je pense qu’il y aura des personnes soucieuse de leurs justesses. Nos historiens, maintenant doivent sortir de leurs cerveaux des moyens, mais cet ordre ne doit pas être la norme, ce qui est connu est connu. Ce qui fera le mouvement éternel de l’évolution est la pensée, qui deviendra la garante des libertés de l’humanité.
Ce qui est la vérité doit éclairer nos pas vers l’égalité et la justice pour tous dans la plus grande des fraternités. À méditer
Il est clair maintenant qu’il va nous falloir sortir de ce système construit pour nous endormir et nous chloroformer pour mieux nous formater.
Mais il faut avoir conscience que la politique n’est qu’un aspect des choses, c’est la société globale toute entière qui est construite sur un modèle de mind control.
Et il va falloir faire vite parce qu’ils sont en route vers la lutte finale…
Dans cette idée du sens des mots et en reprenant ce que Vincent plus haut considère comme important dans ce mécanisme le culte ou la culture. Je vous conseille fortement de prendre 2h et 3h pour regarder les interventions de Franck Lepage :
inculture(s): http://www.youtube.com/watch?v=9MCU7ALAq0Q
inculture(s) 2 : http://www.youtube.com/watch?v=ACxRSSkYR_k
Enjoy
Salut Etienne, salut à tous,
Décidément, Mélenchon est un sacré tribun. « Qu’ ils s’ en aillent tous ! » avait-il osé reprendre des révoltés argentins contre leur oligarchie… Haut-parleur, capable « d’ emporter » les foules, de la Bastille, vers les vases électoraux. Mais, « Les experts sont allés voir ce qu’ il y avait au fond du vase : il n’ y avait rien, qu’ un peu de vase »… C’ est tout le sujet de ton travail, et du mien aussi depuis longtemps… et de beaucoup d’ autres motivés sur la même recherche de « la cause des causes ? ». Ce désir d’ en finir aussi, avec les séculaires industries du mensonge de la domination. Comment orienter sa vie, pour ne pas la subir ? Ni maître, ni tribun !…
Comment mobiliser les individus au fond d’ eux-mêmes, afin que, à la fois, nous agissions réellement ensemble, et par nous-mêmes individuellement ? Mais en faisant attention au fait que « Le beaucoup dilue », et que « Le peu concentre » : c’est un véritable dilemme. Comment doser ces deux valeurs, pour réaliser une réelle Évolution !?… etc., etc. … A la fois, agir sur notre monde intérieur individuel, et transformer le monde collectif extérieur : l’ invisible, et le visible … C’est un peu ce que tu dis, en parlant de ton expérience, avec l’ expression : « Faire confiance aux gens ! » . C’est une clé… du trousseau… L’invisible et le visible sont complémentaires. Chaque mot agit à travers l’ univers, chaque geste agit aussi de même… tout ce que nous faisons, pensons, agit… et nous relie les uns aux autres… dans cette dimension sublime, dont parlait Léo Férré, L’ Éternité de l’ Instant !…
Ce tribun des tribunes est, finalement, du régime du vieux monde : manque total de visée vers la « réelle démocratie », vers une Constitution écrite par et pour le peuple, dans son programme. Au fond, Mélenchon n’ en veut pas. Le soir même de ce 18 mars 2012, je tombe par hasard, sur BFM TV.com , Mélenchon est là. J’ écoute… http://www.dailymotion.com/video/xpka1q_jean-luc-melenchon-invite-de-bfmtv-2012_news
Voilà sa véritable pensée, avec quelques extraits de l’ entretien :
Question du journaliste du Point :
Si vous êtes élu, la législative qui suit est une Constituante ?
Réponse de JL Mélenchon :
Soit elle est une Constituante, soit on élit une autre assemblée dont c’ est le travail. C’est à débattre. Parce que la nouvelle assemblée qui serait élue à la suite de la victoire, dans six semaines, a aussi beaucoup de travail à faire (…). Et il faut en même temps que cette Constituante travaille, et travaille vite pour que je puisse rentrer chez moi le plus tôt possible…
Le Point :
C’ est-à-dire que vous abolissez la fonction de président de la république élu au suffrage universel ?
JL Mélenchon :
Ça, c’est la Constituante qui le décide. Jusqu’ à ce que la nouvelle Constitution s’ applique , l’ ancienne est de vigueur. (…)
Le Point :
Qui serait membre de la nouvelle Constituante ? Parce que j’ ai vu dans votre programme que vous indiquez le modalités de l’ élection à la Constituante, donc seront à établir après consultation des organisations sociales ?
JL Mélenchon :
Oui, bon, il faut demander un petit peu à tout le monde, faut consulter… C’ est pas des choses qu’ on fera …(inaudible) .
C’ est l’ élection au suffrage universel à la proportionnelle, de manière à obliger, à ce qu’ il y ait une représentation des femmes égale à celle des hommes. (…)
Le Point :
Que devient le Conseil Constitutionnel ? Et tous les principes généraux du droit qui sont issus du préambule de 1945 et de la Déclaration de Droits de l’ Homme, est-ce que tout ça, vous le bazardez pour refonder totalement ?
JL Mélenchon :
Ça, c’ est le travail de la Constituante. Il faut bien se souvenir que nous parlons de la Constituante. Je suis un homme partisan du régime d’ assemblée que j’ estime plus stable, plus raisonnable quand on prend quelques dispositions.
(…)
Olivier Mazerolle :
Proportionnelle intégrale ? Pour l’ élection de l’ assemblée ?
JL Mélenchon :
Il faut la corriger parce que l’ intégrale a prouvé que c’ était ingérable. Mais pour la proportionnelle, Oui ! Et de même, je suis par exemple partisan du référendum révocatoire. Une des solutions de médiation, entre l’ idée magnifique de la démocratie directe, mais qui semble ingérable, hein ! Parce que personne n’ y est jamais arrivé… et puis la délégation de pouvoir permanente et incontrôlable, c’ est le référendum révocatoire.
Y’ a X signatures qui le demandent sur un texte, alors on prend la proportion des inscrits sur les listes électorales. Alors ça peut être 10 %, ça peut être 5 %, et puis lorsqu’ ils ont signé alors la question est soumise à référendum.
Le Point : – C’est le régime Suisse qui vous inspire de ce point de vue là ?
JL Mélenchon : – Le régime Suisse, le régime Vénézuélien, le régime Équatorien, parce que dans tous ces pays, on a mis sur pied un référendum révocatoire.
(…)etc., etc. …
A propos de Constitution je vous livre à débettre quelques réflexions sur la nôtre actuelle et son application concernant les élections présidentielles :
Si les élections servaient à quelque chose il y a longtemps qu’elles seraient interdites. Coluche
Je vous propose un petit exercice de réflexion sur nos élections présidentielles, histoire d’échanger pour une fois, non sur les candidats et leurs programmes mais les élections elles mêmes.
Pour ce faire la lecture de « la loi des lois » : notre constitution, est éclairant et nous fait très vite nous rendre compte que ni le président de la République, ni les partis politiques , ni les représentants , ni le processus électoral , ne sont à leur place respectant les missions et prérogatives que leur donne la constitution ; tout marche de travers , à l’envers de ce qu’il faudrait .
Que dit la constitution ?
Que, c’est le cœur de la constitution, nous sommes en démocratie et donc c’est le peuple qui détient la souveraineté. (Articles 2 et 3)
Que cette souveraineté est fragile, en permanence menacée ; c’est une mise en garde forte : aucun individu, aucune section du peuple ne doivent s’approprier le pouvoir ! (Article 3)
Que les partis politiques doivent eux aussi respecter cette souveraineté du peuple et rester dans un rôle d’animation de la démocratie : « ils concourent à l’expression du suffrage » ; ils n’ont pas vocation à prendre le pouvoir et diriger le pays. (Article 4)
Que le président lui-même ne gouverne pas – cette tâche est celle du gouvernement (Article 20) – son rôle est de veiller à ce que la constitution s’applique, c’est-à-dire que la souveraineté soit exercée par le peuple et personne d’autre. (Article 5)
Que si ce sont bien les représentants qui permettent au peuple d’exercer sa souveraineté, mais que cette souveraineté s’exerce aussi par le référendum. « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Ce qui signifie que le peuple doit pouvoir aussi s’exprimer directement. (Article 3)
Que « Le Parlement vote la loi, contrôle l’action du Gouvernement, évalue les politiques publiques. » (Article 24)
Enfin concernant l’organisation du processus électoral que c’est une loi organique qui doit organiser un suffrage universel direct. (Article 6)
Que se passe t‑il dans les faits ?
Les candidats sont issus de partis politiques et se présentent sur la base d’un programme de gouvernement pour gouverner
Les partis qui sont en lien avec le président qui a été élu, sont, de ce fait au pouvoir et gouvernent aussi avec lui
Le parlement en grande partie subit puisque se trouvant face à un bloc majoritaire qui comprend l’exécutif, le président, des ministres et des députés du parti politique majoritaire
Il n’y a pas de référendums (ou tout à fait exceptionnellement) le peuple ne s’exprime donc quasi ment jamais directement
Il y a une présélection des candidats (parrainage) et donc rupture du caractère direct du suffrage.
On ne peut pas dire que la Constitution est imparfaitement appliquée : elle est intégralement violée, esprit et texte :
La constitution pour sauvegarder la souveraineté populaire prévoit un dispositif où les partis politiques n’ont pas vocation à gouverner mais à aider les citoyens à s’exprimer, où le président, lui non plus n’a pas vocation à gouverner, mais doit veiller à ce que les citoyens exercent leur souveraineté par leurs représentants et par des référendums et que les partis respectent leur mission et ne s’emparent pas du pouvoir.
Elle prévoit une élection au suffrage universel direct et il y a un dispositif supprimant en amont le caractère direct !
L’immense paradoxe de la chose c’est que cette constitution est souvent critiquée mais non pour ce qu’elle propose mais pour ce qui se passe en son nom contre elle, à savoir une captation du pouvoir par les partis politiques et leurs soutiens et une forte personnalisation du pouvoir.
Comment expliquer ce fait incroyable d’une constitution non appliquée avec la bénédiction de tous ?
Il ne peut y avoir d’autre explication que celle de dire que jusqu’à aujourd’hui, cette situation a arrangé tout le monde :
Les partis politiques en premier lieu, leurs soutiens idéologiques et financiers et la population elle-même.
En effet ce mode de fonctionnement de deux partis politiques puissants qui se relaient au pouvoir favorise un immobilisme gestionnaire chronique ; l’absence d’organisation de référendums permet de ne pas s’interroger sur les grands enjeux de fond , ce qui maintien cette gestion systémique technique qui bénéficie en fait à une classe dirigeante et est un choix politique non dit d’un système économique et politique libéral ; les citoyens sont maintenus en position de consommateurs dans une démocratie du caddy : on choisit des partis, des programmes, des leaders ‚comme sa lessive ou son chocolat, ce qui est une forte réduction de la citoyenneté mais permet la pêche à la ligne. En effet c’est un principe général et naturel, les populations préfèrent la tranquillité d’esprit, le confort, la jouissance des biens matériels à la démocratie. C’est qu’on voit très bien avec la Chine et la Russie où les populations acceptent des régimes non démocratiques qui leur permettent temporairement une stabilité et un meilleur niveau de vie.
Ce type de régime, je reviens au nôtre, est une fausse démocratie, un théâtre, une mise en scène, une manipulation.
Il est le pacte social inconscient et donc très puissant d’une société riche et qui pense le rester. (Chinois , Russes et Français même combat !)
Il se maintient tant que la richesse satisfait l’élite et une large classe moyenne (qui peut faire du ski). C’est le confort et la richesse qui fondent ce pacte social.
Il va se lézarder parce que nous rentrons en pauvreté. Cette entrée en pauvreté coïncide avec d’immenses inégalités qui ne l’expliquent qu’en partie parce que la dette est aussi écologique : nous rentrons dans un monde de ressources rares.
Que faire ?
Les deux grands partis et leurs satellites vont chercher à maintenir ce système économique et politique le plus longtemps possible en faisant des ajustements ; Ils nous mènent en douceur à la catastrophe.
« Les extrêmes » (FDG ) ont des diagnostics parfois plus pertinents mais restent dans le cadre établi en concourant aussi pour « le pouvoir » ; ils n’ont ainsi aucune chance d’y accéder sauf par des alliances qui trahissent leurs idées ou dans l’attente que l’élection coïncide avec une situation révolutionnaire. Mais dans ce cas ce n’est pas l’élection mais la révolution qui les portera au pouvoir, même si c’est par les urnes.
Il ne faut pas attendre cette situation prérévolutionnaire parce que c’est attendre les effets d’une immense dégradation et c’est prendre tous les risques : le « plus jamais ça », risque de revenir en force.
La solution ne peut être que démocratique et écologique :
Le peuple doit pouvoir réfléchir aux enjeux de société et planifier la société écologique.
Pour ce faire la constitution existante telle qu’elle est écrite, et pas comme on l’applique, peut servir de point de départ en précisant certains éléments.
Le Président (qui redevient quelqu’un qui veille à ce que la souveraineté populaire s’exerce) peut lancer une réflexion nationale de fond sur les grands thèmes, et, quand cela sera possible et souhaitable, après un véritable approfondissement des thèmes, faire s’exprimer le peuple par référendum.
Cette réflexion de fond sur l’organisation durable de la société et les décisions qui émergeront en référendum seront la feuille de route du long terme que le gouvernement devra s’appliquer à mettre en œuvre.
Les thèmes étudiés seront des enjeux cruciaux pour l’avenir du pays ; exemple : Europe et Nation , quelle coordination, quel projet, quelle organisation ? Energie, économie, richesse …. Qu’est ce que la richesse ? Comment organiser la société et aménager le territoire ? La très grande ville : une solution ou un piège ? etc etc
Il s’agit donc
– De dénoncer le caractère illégal et anticonstitutionnel de l’élection présidentielle
– De convaincre un nombre suffisant d’électeurs de déposer une réclamation *
– De revendiquer que le futur président respecte la constitution et organise sur les cinq ans de son mandat un grand processus participatif national de réflexion sur les enjeux repérés comme engageant l’avenir du pays
– D’organiser sur les points de réflexion ayant fait émerger des choix décisionnels possibles des référendums.
Mes propositions, qu’il faut approfondir, expérimenter, formaliser … ont l’intérêt de ne pas mettre à mal le fonctionnement ordinaire de la nation, mais d’introduire au cœur de la République un espace citoyen d’intelligence collective fondé sur la pensée globale et le long terme.
C’est seulement dans une démarche de projet face aux enjeux qui viennent que peut se construire l’unité nationale.
Etant bien entendu que le local et le mondial s’entrecroisent et que la nation est ici échelon indispensable et non un nationalisme.
Merci Vincent d’aborder la MERITOCRATIE, ainsi que subsidiairement les intellectuels et artistes pauvres (une classe sociale aujoud’hui ? Cela me fait penser au livre de Bourdieu : les Règles de l’art, témoignant au passage de la bohème du 19e siècle).
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ritocratie
L’article de Wikipédia est plutôt intéressant… avec cette vision de hiérarchie sociale intrinsèque qui m’amène personnellement toujours à voir la tentation humaine classique de la hiérarchie humaine (et terrestre) tout court, et à une volonté de naturalisation (au profit des supposés supérieurs) à mes yeux insupportable et dramatique, non contente d’être erronnée.
Et je vois que toute pensée, et même tout acte établit à un moment ou l’autre une hiérarchie (ce qui est important / ce qui ne l’est pas), que c’est l’un de nos fonctionnements naturels et profonds, peut-être même vital, et davantage partagé avec le vivant (animal et végétal) qu’on ne le voudrait. Quant à instituer une hiérarchie des êtres, du vivant, voire du non-vivant (attention, je sors mes griefs écolos d’écorchée puisque ce seraient les derniers « objets » ‘totalement sacrifiés aux autres)…
L’argument d’une Nature de la concurrence et de la rivalité ne tient pas la route. Quand de pseudo-penseurs finissent par utiliser cet argument en trouvant qu’ôter à des tas de gens la possibilité de trouver un abri, de manger et boire et de s’occuper les mains et l’esprit par leurs propres moyens, c’est tout vu, et n’est rien d’autre que l’assise éhontée d’une volonté d’ordre terrestre implacable et de main-mise sur l’essentiel par les tenants du discours.
Mon propos est rapide, et doit rester aussi un clin d’oeil à la cause des causes d’Etienne, à laquelle je souscris (même si je rajoute pas mal de trucs dans la cause des causes – dont mon gros dada, avec l’art de la communication, des relations : Alice Miller !!! Pensons-nous vraiment nos relations aux enfants et particulièrement aux plus jeunes autrement que lorsqu’il y a problème ? Pourtant, beaucoup s’y joue, quelles que soient les aventures vécues hors la famille ou les institutions du premier âge, et ensuite par le « petit » que nous avons tous été et sommes souvent encore).
J’en profite pour pousser mon petit coup de gueule sur l’usage de la notion de peuple. Etienne a déjà fourni quelques indications sur le contenu de cette notion très profitable pour tout candidat aux élections, et évidemment très confuse mais fort manipulable.
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/11/18/97-bien-fait-pour-vous#c8100
Commentaire 78.
Si jamais un peuple existe, les petits intellectuels sans distinction (ce que l’école nous permet – devrait nous permettre d’être tous, en un sens), voire les artistes sans reconnaissance (ce que chacun peut aussi bien être au nom de sa sensibilité et de sa capacité à manier des formes sensibles, ceci avec ou sans l’école !) en font incontestablement partie. J’en ai assez d’entendre certains « analystes » décrire les électeurs possibles de Mélenchon, exemple parmi d’autres, comme des intellectuels et artistes presque bas-de-gamme, l’envers des bobos en quelque sorte (ceux-ci déjà vilipendés), les « ratés de l’ambition » pour les autres, des gens « favorisés » encore cependant (et donc passibles de défaveurs face à ceux qui sont le vrai peuple ?). Chers médias, toujours ivres de raccourcir les faits et réalités afin de retomber sur des conclusions faussement logiques et argumentées dans le timing imparti, mais tellement idéologiques, si peuple il y a, il ne saurait se réduire aux ouvriers, ni même aux gens de peu (Pierre Sansot pour l’expression elle aussi assez frappante). (Et les intellectuels précaires sont peut-être la part sortie de l’école « à succès » devenue « sur-plus » d’une société sclérosée mono-orientée par l’utilitarisme matériel.
Enfin et trève de bavardage, Michel Onfray a revendiqué l’intérêt de la méritocratie en commentant son livre sur Camus chez Finkielkraut (Répliques) récemment (encore une déception pour moi… ou il faudrait développer !).
Il y a plusieurs définition du mot peuple ; et quand à utiliser les chose , les gens, les mots , les situations …Il suffit d’avoir un but de domination ou victoire ce qui est idem . La démocratie ne peut se prétendre victorieuse ; elle est tout le contraire : une ouverture et une humilité. Cela ne veut pas dire qu’il faille se résigner et devant la tyrannie aligner des mots ; parfois la lutte est physique et il faut se défendre ! Mais ce n’est plus de démocratie mais de la légitime défense dont on parle .
Le peuple , en système démocratique , c’est sur un terroir donné et délimité , l’entente entre les habitants de ce territoire de renoncer à la domination des uns sur les autres , et à signer un pacte social , une constitution indiquant que le peuple est l’ensemble de tous les citoyens de ce territoire et que tous à égalité sont souverains.C’est ce que je retrouve dans le texte sans doute bien imparfait et incomplet de la constitution actuelle.
Dans la même veine de réflexion je copie colle un mail en réponse que je viens de faire au FDG :
http://reseau.dynamique-frontdegauche.fr
Un réseau citoyen pour le Front de gauche
L’appel* lancé afin que soit créé au sein du Front de gauche un cadre permettant à celles et ceux qui en partagent les objectifs fondamentaux de s’y investir personnellement a été signé par plus de 1700 personnes. Sur cette base a été crée un véritable réseau citoyen : « Initiatives Citoyennes-Front de gauche ».
L’objectif est de permettre à chacun‑e, adhérent‑e ou pas d’un des partis qui constituent le Front de gauche, de trouver un lieu où s’exprimer, échanger et proposer librement, mais aussi prendre ensemble toutes les initiatives utiles au développement et au rayonnement du Front de gauche. Ce que nous voulons, c’est contribuer ainsi à une véritable dynamique politique citoyenne.….….….……
Re : Initiatives citoyennes Front de gauche ; Un réseau citoyen pour le Front de gauche
Je partage sur le fond les valeurs défendues par le FDG ; je les partage d’autant plus que je vous invite à être très vigilant à un point fondamental de la démocratie , c’est à dire un régime politique où la souveraineté est réellement populaire ; le peuple n’étant pas une entité de personnes partageant les mêmes idées et intérêts mais l’ensemble diversifié et contradictoire des citoyens , habitants d’un territoire .
C’est la raison pour laquelle les partis politiques ( front ou pas ) doivent veiller à ne pas s’approprier la souveraineté du peuple ; je partage l’idée actée dans le texte mais violée dans la pratique de la constitution à ce sujet :
ARTICLE 3.
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
ARTICLE 4.
Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
En conséquence la réflexion citoyenne qui est une des composantes essentielle de la souveraineté populaire ne peut pas se faire ni être vraiment efficace et aller sur le fond dans un cadre privé . C’est d’un espace public dont nous avons besoin pour ce faire ; un think tank public ; que les bons sondages et je le souhaite bons scores aux présidentielles ne vous fasse pas oublier cela : les élections restent des pièges à cons : la démocratie ne se réduit pas au choix alternatif de partis . Et un parti ou un front n’est pas la démocratie ou le peuple , mais une composante d’animation de l’émergence de l’expression citoyenne.
C’est pourquoi je suis 100% favorable aux espaces de réflexions citoyens mais reste attaché à ce qu’il soient publics et évitent ainsi la dérive de l’entre soi propre à tous les partis , toutes les associations .
Ce thème de la création d’un véritable espace public et médiatique de réflexion recherche et débat citoyen devrait faire parti des revendications du FDG et des autres partis vraiment attaché à la démocratie .
Merci si cela est possible de diffuser cette réflexion et demande .
Jean-Léon Beauvois : « Nous n’avons pas de prétention au pouvoir »
Cette analyse, qui pousse Jean-Léon Beauvois à utiliser un oxymore (« démocratie totalitaire ») pour caractériser les sociétés contemporaines de soumission généralisée, ne doit-elle pas nous conforter dans l’idée qu’il n’y a justement aucun sens à parler de démocratie aujourd’hui, puisque ce mot est tout de même censé signifier « pouvoir du peuple » ? Si un régime dans lequel les individus se refusent à l’exercice du pouvoir, s’organise autour de la seule procédure élective, celle-ci ne doit-elle pas être considérée comme un profond leurre et le moyen même de nous tenir à l’écart du pouvoir ?
http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/jean-leon-beauvois-nous-n-avons-34480
Salut ! Je viens de revoir Network de Sydney Lumet, un film de 1976 complètement visionnaire qui raconte l’histoire d’un animateur de télé qui pète les plombs et se met à dire « la vérité » aux téléspectateurs américains parce qu’il a épuisé son stock de conneries à raconter (« I just ran out of bullshit »).
Il y a cette scène très belle où il invite tous les téléspectateurs à se mettre à la fenêtre et simplement crier : « J’en ai plus qu’assez et je ne peux pas continuer à accepter tout ça » (« I am mad as hell and I am not going to take it anymore »). Et tout le monde s’y met et se retrouve dehors.
Mais la force du film est surtout de montrer que cet animateur a beau dévoiler la stricte vérité sur l’oligarchie, la mondialisation, la déhumanisation, il a beau ordonner à son public d’éteindre la télé, rien ne change et tout est récupéré parce qu’au fond, il fait de l’audience et il n’y a que ça qui compte.
Le public d’Howard Beale l’adore, l’écoute avec attention, l’applaudit à tout rompre, est d’accord à 100% avec ce qu’il dit mais ça reste un divertissement, une émission, un tour de manège intellectuel, rien de plus.
C’est comme si on dormait, qu’on voulait se réveiller, que quelqu’un nous disait : « réveille-toi ! », qu’on répondait : « carrément ! » mais qu’on n’a juste pas la force de sortir du rêve.
Tout le monde sait que TF1 vend notre disponibilité cérébrale à des annonceurs (ils l’ont dit) mais tout le monde continue de regarder TF1.
Et ça me fait un peu penser à la conférence TED et l’intervention d’Étienne que l’animatrice ponctue d’un : « c’était l’égérie des salles des fêtes ».
Ce n’est pas méchant, bien sûr, mais c’est un petit ton qui m’insupporte, le petit ton du « surtout pas d’inquiétude, tout va bien, tout va continuer à aller bien, faisons de beaux rêves »… Ce petit ton c’est la voix puissante du divertissement qui met tout sur le même niveau comme si les idées n’étaient que des bibelots en vitrine. Merci Étienne, ton idée est sympa, y’en a d’autres, chacun ses goûts…
Pourtant on sait ce qui se passe et on le sait depuis longtemps ! « Soyez résolus de ne servir plus et vous voilà libres »… Ça date de 1574. Pas exactement avant-hier.
Mais rien n’y fait… on roupille !
SAUF QUE !
Sauf qu’on vit VRAIMENT une époque formidable. Pour deux raisons.
1) On a internet.
2) On a une « nouvelle » idée : le tirage au sort.
Quand Étienne dit : « Il faudrait qu’on VEUILLE une assemblée constituante tirée au sort », il reprend presque les termes de La Boétie, SAUF qu’il y a l’idée du tirage au sort. Donc, d’un coup, ce n’est pas qu’une idée abstraite sur la volonté commune, il y a une procédure, très simple et implacable.
Et, en plus, c’est sur internet. Or si réunir plus de la moitié du corps électoral dans la rue c’est un brin utopique, réunir 20 millions de personnes sur un site, ça l’est beaucoup moins. C’est pas gagné pour autant, ce n’est peut-être pas pour après-demain, mais pour une fois dans l’histoire, il y a une chance, matériellement.
Erratum : Hippocrate, et non Hérodote…
Je signale que je commets souvent, ces temps-ci, une erreur (récente et bizarre) : après avoir correctement attribué (pendant des années) la paternité du conseil « Cherchez la cause des causes » à Hippocrate, je me suis mis, depuis quelques mois, dieu sait pourquoi, à l’attribuer à… Hérodote… N’importe quoi… 🙂 Alors, surmené, le père Chouard ?
Voilà comment j’interprète ce signe de sénilité : il est grand temps que je recommence à voler 😉
@ Etienne
Je serai heureux d’avoir ton point de vue sur mon analyse ( commentaire 8) concernant l’actuelle constitution et sa totale violation qui ne pose pas du tout problème à quiconque.
@ Di Girolamo
Merci pour votre réflexion autour du mot « peuple ».
J’utilise aussi assez souvent le mot et quand je cherche à le définir, deux acceptions me viennent à l’esprit.
Soit l’on considère que le « peuple » c’est simplement l’ensemble de la population. Tout le monde. (C’est la définition que je préfère. Ça marche dans la phrase : « le peuple est souverain »).
Mais il est vrai que lorsqu’on dit « peuple » c’est souvent pour l’opposer à ce qui n’est pas le peuple. Par exemple, dans la phrase : « le peuple est manipulé ».
Dans ce cas, je proposerais une deuxième acception : « le peuple c’est l’ensemble de la population qui n’a pas accès directement à l’information ».
Je crois que la distinction la plus fondamentale au sein du peuple (sens 1) c’est ceux qui ont un accès « immédiat » (au sens strict) à l’information (les oligarques) et ceux qui ont besoin du recours des « médias » (le peuple).
Les problèmes commencent quand les premiers se sentent le devoir de parler pour les deuxièmes, de « leur dire la vérité » et de les protéger.
(Sur l’origine du rôle que se donnent les premiers sur les seconds, voir Walter Lippmann)