Prochains rendez-vous EN MARS : Lyon, Montpellier, Nice, Gap, Saint-Sauveur, Pernes-les-Fontaines, Cannes…

4/03/2012 | 24 commentaires

• À LYON, le ven­dre­di 9 mars, 20 h, à la MJC Saint-Just, 6 rue des Fos­sés de Tri­on, 69005 Lyon :

« LA « DÉMOCRATIE » N’EST-ELLE QU’UN LEURRE ? »

http://​mjcst​just​.org/

• À MONTPELLIER, les 14 et 15 mars, avec l’as­so­cia­tion Ouvre-tête :

- Mer­cre­di 14 mars, de 19h30 à 23h00 : Confé­rence / Débat :
« COMMENT PERMETTRE AU PEUPLE D’ÊTRE LE MOTEUR D’UNE DÉMOCRATIE ? »
Univ. Montp 3, amphi H – Tram 1 arrêt « St. Eloi » – Suivre le fléchage

- Jeu­di 15 mars, de 14h00 à 18h00 : Ate­lier :
« RÉDACTION D’UNE CONSTITUTION »
Univ. Montp 3, salle C020 – Tram 1 arrêt « St Eloi ». Suivre le fléchage

http://​www​.ouvre​-tete​.fr/

• À NICE, le 16 mars, avec la Fédé­ra­tion des Cafés Citoyens, à la bras­se­rie « Le Quee­nie », 19 pro­me­nade des Anglais :

« FAUT-IL TIRER AU SORT NOS ÉLUS ? QU’EN PENSEZ-VOUS ? »

http://​www​.cafes​-citoyens​.fr/​d​e​b​a​t​s​/​9​7​1​-​f​a​u​t​-​i​l​-​t​i​r​e​r​-​a​u​-​s​o​r​t​-​n​o​s​-​e​l​u​s​-​q​u​-​e​n​-​p​e​n​s​e​z​-​v​o​u​s​-​d​e​b​a​t​-​e​n​-​p​r​e​s​e​n​c​e​-​d​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​ard

• À GAP, le same­di 17 mars, au Royal, rue Pas­teur, avec ATTAC 05

• À SAINT-SAUVEUR-EN-PUISAYE, le 24 mars, avec l’As­so­cia­tion du Châ­teau Musée Colette :

« LA DETTE, QUI VA PAYER ? » http://​www​.saint​-sau​veur​-en​-pui​saye​.fr/​c​ms/

• À PERNES-LES-FONTAINES, le 29 mars, avec ATTAC Vau­cluse. http://​local​.attac​.org/​a​t​t​a​c​8​4​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​a​g​e​n​d​a​/​p​e​r​n​e​s​-​l​e​s​-​f​o​n​t​a​i​n​e​s​/​2​1​7​-​e​-​c​h​o​u​ard
• À CANNES, le 30 mars, avec la Ligue des droits de l’homme. http://​cannes​.ldh​-france​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​117
… Quelle vie de fou !

Vive­ment le prin­temps… qu’on recom­mence à voler 🙂

Étienne.

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Étienne

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24 Commentaires

  1. Alain

    à SAINT-SAUVEUR-EN-PUISAYE ?

    Tu vas partout 🙂

    Es-tu déjà venu à Mâcon, Dijon, ou Dole ?

    Réponse
  2. Vincent

    Cher Étienne,

    Petite réflexion d’un « virus » débutant… 🙂

    En dis­cu­tant du tirage au sort avec des amis, je remarque que les mêmes ques­tions reviennent et j’ai bien du mal à y trou­ver des réponses.

    Tout le monde com­prend assez vite en quoi nos « démo­cra­ties modernes » sont de vraies oli­gar­chies et de fausses démocraties.

    Il n’est pas non plus trop dif­fi­cile de faire com­prendre le rôle fina­le­ment néfaste des élec­tions et l’in­té­rêt du tirage au sort pour aller vers la démocratie.

    Mais c’est là que ça devient plus com­pli­qué. Quand on com­mence à se deman­der à quoi une telle démo­cra­tie fon­dée sur le tirage au sort pour­rait res­sem­bler aujourd’hui ?
    On se rend compte que tout (ou presque) est à inven­ter et qu’on est bien en train de par­ler d’une utopie.

    En soi, ça n’est pas très grave, c’est même néces­saire his­to­ri­que­ment l’u­to­pie, mais ça exige beau­coup de condi­tion­nel (« si », et « si », et « si », etc…). Et à ce prix, je remarque avec dépit que mes inter­lo­cu­teurs pré­fèrent encore la ser­vi­tude volon­taire et l’es­poir uto­pique de mettre en place de meilleurs contrôles anti-cor­rup­tion, de meilleures règles, de meilleurs repré­sen­tants, etc, etc…

    C’est d’ailleurs ce qui m’a frap­pé dans le bou­quin de Deloire et Dubois, Cir­cus Poli­ti­cus. On jure­rait qu’ils foncent vers la démo­cra­tie et le tirage au sort… et pata­tras !! On s’a­per­çoit (p.87) que pour eux « la démo­cra­tie repose sur l’ex­pli­ca­tion des déci­sions politiques » !

    Réponse
  3. Étienne

    Cher Vincent,

    Ce n’est uto­pique que parce que nous renonçons.

    Il est facile de VOULOIR —PRIORITAIREMENT—, je trouve, une assem­blée consti­tuante sans conflits d’in­té­rêts, c’est-à-dire sans aucun pro­fes­sion­nel de la poli­tique. Ça, ce n’est pas une utopie.

    Il est rai­son­nable de PRÉDIRE que si nous sommes très nom­breux à vou­loir prio­ri­tai­re­ment une chose simple et forte, elle adviendra.

    Il n’est pas irra­tion­nel de PRÉVOIR qu’une assem­blée consti­tuante enfin débar­ras­sée des conflits d’in­té­rêts ins­ti­tue enfin LA PUISSANCE DE CONTRÔLE POPULAIRE PERMANENTE dont aucun pro­fes­sion­nel de la poli­tique ne veut, bien sûr, mais dont tous les citoyens nor­maux sou­haitent l’ins­ti­tu­tion : cette assem­blée consti­tuante pro­gram­me­ra à coup sûr, NATURELLEMENT, LOGIQUEMENT, sim­ple­ment parce qu’elle fait (enfin) hon­nê­te­ment son bou­lot de pro­gram­ma­tion de GARANTIES DURABLES contre les abus de pouvoir : 
    – une sépa­ra­tion des cinq pou­voirs (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, moné­taire, médiatique), 
    – des contrôles tri­an­gu­lés de ces cinq pou­voirs de façon à ce qu’au­cun pou­voir n’ait jamais rien à craindre, 
    – une chambre des citoyens tirée au sort à côté de la chambre des poli­ti­ciens élue, 
    – des chambres de contrôle tirées au sort pour chaque pouvoir, 
    – les quatre réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire (légis­la­tif, abro­ga­toire, révo­ca­toire et consti­tuant) avec des seuils de déclen­che­ment très bas (1% requis pour lan­cer le débat public et ajou­ter la ques­tion pour le pro­chain jour de la fête du référendum), 
    – le res­pect du vote blanc, avec annu­la­tion de l’é­lec­tion (et reprise avec d’autres can­di­dats ou d’autres ques­tions) quand le vote blanc est majoritaire…

    De toute façon, même si tout ne se passe pas idéa­le­ment, même si l’as­sem­blée consti­tuante hon­nête oublie des points impor­tants, ce qu’elle pro­gram­me­ra sera quand même FORCÉMENT MIEUX que les anti-consti­tu­tions que nous avons tou­jours connues. Il n’y a donc pas de rai­son de déses­pé­rer et de renoncer.

    Mais au bout du compte, si notre corps social n’ar­rive PAS à se concen­trer comme il faut sur la racine de ses maux pour enfin lut­ter contre la mala­die oli­gar­chique, il som­bre­ra pro­gres­si­ve­ment dans une forme moderne d’es­cla­vage (c’est déjà bien enga­gé) et il me fau­dra bien recon­naître alors que « c’est dans l’ordre des choses », « ça devait arri­ver parce que les forces en pré­sence y condui­saient », « c’est une forme de sélec­tion natu­relle (morts aux cons) et nous paie­rons le prix de notre sot­tise ». Comme dit Spi­no­za : « ni rire ni pleu­rer mais com­prendre ». Moi, je fais ce que je peux, ce que je crois bon, et c’est peut-être com­plè­te­ment nul, ou cette idée est peut-être inac­ces­sible à la plu­part des cer­veaux qui pré­fèrent peut-être se sou­mettre que se libé­rer. On ver­ra. Et je n’i­ma­gine pas une seconde d’im­po­ser quoi que ce soit à qui que ce soit : soit nous vou­lons la démo­cra­tie (la vraie) et nous l’au­rons, soit nous ne la vou­lons pas et nous ne l’au­rons pas.

    Advienne que pourra.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  4. sitouaillain

    je suis tel­le­ment d’ac­cord avec le mes­sage qui pré­cède, que je crois que je vais l’im­pri­mer, dès que j’ai un moment au boulot,et que je vais en lais­ser un peu par­tout sur mon che­min du retour…

    fra­ter­nel­le­ment

    Réponse
  5. Étienne

    Mer­ci Sitouaillain.

    Fra­ter­nel­le­ment aussi 🙂

    Étienne.

    Réponse
  6. catherine

    Tous les arti­sans de la liber­té sont les défen­seurs et illus­tra­teurs de l’E­thique de Spi­no­za qui décline en cette oeuvre et de façon magis­trale les moyens de com­battre la servitude.

    Je suis bien heu­reuse de voir le nom de ce Grand Homme se poser subrep­ti­ce­ment comme un papillon sur les spi­rales de ce livre, que nous ten­tons d’é­crire cha­cun à notre mesure et avec nos petits moyens, et à s’es­sayer à le vivre dans notre chair propre et dans la chair du monde !

    Réponse
  7. raiden

    Bon­jour mon­sieur Chouard, j’ai beau­coup de res­pect pour ce que vous faites.

    Je vous envoie ce mes­sage pour juste vous dire de conti­nuer votre com­bat pour une vrai démo­cra­tie, n’a­ban­don­nez pas, vous avez ouvert les yeux d’un cer­tain nombre d’entre nous.

    En pas­sant quand vous par­lez des 5 pou­voirs (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, moné­taire, média­tique) n’ou­bliez pas aus­si le  » pou­voir élec­to­ral  » c’est-à-dire une branche indé­pen­dante des autres ins­ti­tu­tions et qui serait en charge de l’or­ga­ni­sa­tion des élec­tions, des réfé­ren­dums et des tirages au sort. Cette branche serait consti­tuée de gens tirés au sort au sein de la popu­la­tion. Natu­rel­le­ment tous les citoyens pour­raient assis­ter aux dépouille­ments pour contrer les fraudes (et on inter­dit le suf­frage élec­tro­nique qui a per­mis l’é­lec­tion tru­quée de Bush en 2000).

    C’est un scan­dale que les élec­tions soient orga­ni­sées par le minis­tère de l’intérieur.

    Enfin, je ne vous apprends rien, vous êtes plus com­pé­tent que moi sur ce sujet.

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  8. beo

    En fait, le concept, il me semble, ce n’est pas de dire « votons pour le tirage au sort », car cette for­mule m’a l’air un peu contra­dic­toire et en aucun cas auto-réalisatrice.

    Par contre la for­mule, « soyons can­di­dats pour le tirage au sort » me parait plus per­ti­nente, car s’il y a trop de can­di­dats l’é­lec­tion perd son sens au pro­fit du tirage au sort.

    Et je dirai même plus, le concept « Soyons can­di­dats » per­met de ratis­ser plus large pour le même effet.

    Réponse
  9. Vincent

    J’ai récem­ment fait une expé­rience inté­res­sante que je vou­drais par­ta­ger avec vous.

    J’ai par­lé de démo­cra­tie à ma mère, qui vient d’une famille de petits agri­cul­teurs bre­tons de droite. Elle déteste les hommes poli­tiques de gauche qu’elle consi­dère comme les pires hypo­crites qui pro­mettent monts et mer­veilles aux petites gens et qui finissent tou­jours par les trahir.

    Notre petite dis­cus­sion fut le moment d’une révé­la­tion capi­tale pour moi qui depuis tou­jours essaie de conci­lier mon enga­ge­ment à gauche et l’a­mour et le res­pect que j’ai pour ma mère.

    Je me suis aper­çu que la ques­tion d’un pro­ces­sus consti­tuant démo­cra­tique était une ques­tion tech­nique, idéo­lo­gi­que­ment neutre.

    Au bout d’une petite heure, nous étions tous les deux d’ac­cord en tous points sur l’i­dée que ce pro­ces­sus était le plus légi­time et, par­tant, le meilleur pour s’or­ga­ni­ser et prendre des déci­sions politiques.

    La ques­tion de l’a­vè­ne­ment d’un tel pro­ces­sus reste ouverte mais, sur le fond, il nous parais­sait évident qu’il était pré­fé­rable de confier la déci­sion poli­tique à des assem­blées de citoyens consti­tuées aléa­toi­re­ment et sur des man­dats courts plu­tôt qu’à tel ou tel bon­homme pour 5 ans.

    Bon­homme qui n’est pas plus « spé­cia­liste » en poli­tique que n’im­porte quelle assem­blée de citoyens et citoyennes de bas étage, en ce sens que prendre une déci­sion poli­tique consiste à écou­ter des points de vue d’ex­perts, de fonc­tion­naires et de spé­cia­listes com­pé­tents, dis­cu­ter et tran­cher. Sar­ko­zy n’est pas un spé­cia­liste des OGM, de nucléaire ou d’Histoire.

    On s’est ren­du compte qu’on confon­dait la « poli­teia » et la « poli­ti­kè » (wiki­pé­dia). La seule spé­cia­li­té de Sar­ko­zy (et des élus de manière géné­rale) c’est d’ob­te­nir le pou­voir, de se faire élire, de conser­ver le pou­voir, de faire des alliances et de recru­ter des mili­tants et des portes dra­peaux. Ça n’a rien à voir avec l’art de prendre une bonne déci­sion politique.

    Pour la pre­mière fois, nous étions d’ac­cord avec ma mère. Pour la pre­mière fois, nous avons mis de côté nos socié­tés idéales res­pec­tives, nos cer­ti­tudes sur ce qu’il fal­lait faire pour que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes et nous nous sommes retrou­vés autour de cette idée simple : QUI DÉCIDE ET COMMENT est mille fois plus impor­tant que QU’EST-CE QU’IL FAUT FAIRE.

    Depuis, les élec­tions pré­si­den­tielles nous font bien mar­rer avec tous ces pro­grammes concur­rents et tel­le­ment secon­daires ! Nous rions devant ces hommes et femmes poli­tiques qui se sentent tel­le­ment impor­tants et qui vont bien­tôt retour­ner au rang de simple citoyen et vivre et tra­vailler comme tout le monde.

    Parce que nous en sommes per­sua­dés : si nous avons réus­si, nous deux, aus­si vite et sim­ple­ment, à nous mettre d’ac­cord, alors c’est vrai­ment pour bientôt !

    Vincent

    PS : mes amis mili­tants de gauche, bien qu’ils soient beau­coup plus proche « idéo­lo­gi­que­ment » de l’i­dée ont para­doxa­le­ment bien plus de mal à en sai­sir la force et l’é­vi­dence. Peut-être bien d’ailleurs à cause de cette proxi­mi­té idéologique.

    Réponse
  10. Kévin

    Mer­ci Vincent pour ce mes­sage très enthou­sias­mant et lucide à la fois !

    « On s’est ren­du compte qu’on confon­dait la « poli­teia » et la « poli­ti­kè » (voir wiki­pé­dia). La seule spé­cia­li­té de Sar­ko­zy (et des élus de manière géné­rale) c’est d’ob­te­nir le pou­voir, de se faire élire, de conser­ver le pou­voir, de faire des alliances et de recru­ter des mili­tants et des portes dra­peaux. Ça n’a rien à voir avec l’art de prendre une bonne déci­sion poli­tique. »

    C’est un argu­ment très fort et que je réutiliserai !

    Réponse
  11. sitouaillain

    Vincent, si l’on ne s’en­thou­siasme pas béa­te­ment, c’est parce que la conscience d’un peuple ne devient pas spon­ta­né­ment lucide et liber­taire, et qu’il faut tou­jours regar­der les rap­ports de force et d’influence,
    par exemple que don­ne­rait une assem­blée consti­tuante tirée au sort dans un pays dont le peuple repus refuse par refe­ren­dum d’a­voir deux semaines de congés payés supplémentaires ?

    http://​www​.lemonde​.fr/​e​u​r​o​p​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​3​/​1​1​/​l​e​s​-​s​u​i​s​s​e​s​-​r​e​f​u​s​e​n​t​-​d​e​u​x​-​s​e​m​a​i​n​e​s​-​d​e​-​v​a​c​a​n​c​e​s​-​s​u​p​p​l​e​m​e​n​t​a​i​r​e​s​_​1​6​5​6​1​6​6​_​3​2​1​4​.​h​tml

    Réponse
  12. Étienne

    Mise à jour : 

    Le ren­dez-vous de GAP, avec ATTAC 05, same­di pro­chain, 17 mars 2012, 
    est au Royal, rue Pas­teur, à 20 h 30.

    Inti­tu­lé : CRISE OU COUP D’ÉTAT ?

    Réponse
  13. Vincent

    Sitouaillain, je suis d’ac­cord sur le fait qu’il ne faut pas s’en­thou­sias­mer « béa­te­ment ».

    En revanche, je ne suis pas du tout d’ac­cord pour cri­ti­quer le pro­ces­sus consti­tuant démo­cra­tique à l’aune d’une déci­sion réfé­ren­daire que TU désap­prouves (et que je désap­prouve par ailleurs MOI aussi…)

    Ne penses-tu pas qu’être démo­crate consiste pré­ci­sé­ment à défendre la majo­ri­té (à par­tir du moment où le vote émane DIRECTEMENT du peuple dans son ensemble) ? La défendre TOUJOURS et SURTOUT quand on la désapprouve ?

    Je pense que c’est le prin­cipe même de la démocratie.

    Si j’at­tends – pour défendre la démo­cra­tie – que la majo­ri­té pense comme moi, je suis un démo­crate bisou­nours, ou plu­tôt, un aris­to­crate de gauche.

    Nous ne serons peut-être pas d’ac­cord là-des­sus, mais je pense que c’est une des clefs du débat : la démo­cra­tie, ce n’est pas l’as­su­rance des MEILLEURES déci­sions, c’est la recon­nais­sance que per­sonne n’a le mono­pole de la meilleure déci­sion et qu’il convient dès lors de se fier au sys­tème de prise de déci­sion LE PLUS ÉQUITABLE.

    Croire que la démo­cra­tie accouche des meilleures déci­sions, c’est ça être béat.

    S’en­thou­sias­mer pour la démo­cra­tie, c’est être convain­cu que per­sonne ne sera jamais assu­ré d’a­voir rai­son et que tout le monde a voix au cha­pitre, ce n’est pas vrai­ment être opti­miste, c’est être lucide.

    Réponse
  14. Étienne

    Mer­ci Vincent.

    J’ai com­men­té ton remar­quable com­men­taire en ajou­tant des cou­leurs et des tailles : ça suffira 😉

    Étienne.

    Réponse
  15. sitouaillain

    @ Vincent,

    Je par­tage la plu­part de ce que tu dis ; sim­ple­ment, je ne m’ins­cris pas dans l’i­déo­lo­gie consiste à défi­nir la démo­cra­tie comme la loi du nombre, et toute les jus­ti­fi­ca­tions du type que tu pro­poses :« être démo­crate consiste pré­ci­sé­ment à défendre la majo­ri­té (à par­tir du moment où le vote émane DIRECTEMENT du peuple dans son ensemble). La défendre TOUJOURS et SURTOUT quand on la désapprouve »

    Parce qu’à ce moment-là, si je suis ton rai­son­ne­ment, nous serions dans des camps enne­mis lorsque ledit peuple aura voté majo­ri­tai­re­ment contre la démo­cra­tie… C’est-à-dire que je ne dis pas que tu as com­plè­te­ment tort, je mets en garde contre les jus­ti­fi­ca­tions sans nuances qui conduisent tout droit au retour­ne­ment de la démo­cra­tie contre elle-même, plé­bis­cites, lois scé­lé­rates et j’en passe,

    Et le pro­blème fon­da­men­tal qui va se poser à l’a­ris­to­crate de gauche que je suis, c’est qu’une déci­sion prise par des « tali­bans » tirés au sort n’au­ra, pour moi, jamais force de loi et je ne me sen­ti­rais jamais tenu de la res­pec­ter, et crois-moi, je ven­drai chè­re­ment ma peau, et ça tombe bien, c’est tout ce que j’ai à perdre.

    Le démo­crate bisou­nours que je suis, va faire une affir­ma­tion gratuite : 
    la démo­cra­tie ne sup­porte pas long­temps la dic­ta­ture de la majorité.

    Comme révé­la­tion en néga­tif des tra­vers de cer­tains rai­son­ne­ments, je trou­vais l’exemple du réfé­ren­dum suisse encore plus inté­res­sant que celui de l’as­sem­blée tirée au sort en Colom­bie britannique.

    Mais il faut croire que nous ne pour­sui­vons pas le même objec­tif, je vise à chas­ser la bar­ba­rie de ce pays, et non pas à me lais­ser gou­ver­ner par des bar­bares, au pré­texte de voir appli­quer quelques belles idées qui ne fonc­tionnent qu’au sein d’un peuple phi­lo­sophe.

    Je récuse donc l’i­dée d’a­ban­don­ner et de lais­ser balayer des siècles de lutte contre l’obs­cu­ran­tisme reli­gieux ou les idéo­lo­gies fal­la­cieuses sous pré­texte que devrait gou­ver­ner la majo­ri­té mani­pu­lée par les per­sonnes tirant leur jus­ti­fi­ca­tion sociale et psy­chique de l’obscurantisme.

    Il est naïf d’af­fir­mer que le pro­blème réside entiè­re­ment dans l’é­lec­tion, le socle d’un cadre de légi­ti­mi­té réside dans un ensemble de croyances majo­ri­tai­re­ment par­ta­gé dont l’en­ra­ci­ne­ment repose sur son inté­rio­ri­sa­tion, des allants de soi, non-réflé­chis et incul­qués à force de stimulus,de pro­pa­gandes silen­cieuses, de répé­ti­tions, etc.

    La tec­to­nique de la morale est un mou­ve­ment lent, même pour un peuple qui a fait le choix de s’é­le­ver et de deve­nir son propre maître, mais les sur­sauts qui se pro­duisent sont sou­vent liés à des moments his­to­riques bien particuliers,où se cris­tal­lisent et se capi­ta­lisent les fruits d’actes et de pen­sées qui bous­culent l’ordre éta­bli. Asso­ciée à une telle vague, une assem­blée consti­tuante n’a de chance de pro­duire du neuf, des avan­cées démo­cra­tiques éman­ci­pa­trices, por­teuses de chan­ge­ments pro­fonds des struc­tures sociales, uni­que­ment si elle compte en son sein des par­ti­ci­pants à ce mou­ve­ment. la nou­velle donne ne peut adve­nir que par des indi­vi­dus col­lec­ti­ve­ment impli­qués dans une trans­for­ma­tion d’eux-mêmes et de leurs cadres de vie et de pensée.

    L’es­clave révol­té n’a pas à deman­der son avis à celui qui lui intime de res­ter enchaîné.

    Et ce pas­sage en force est d’au­tant plus rai­son­nable qu’il répond jus­te­ment à la nature de l’op­pres­sion, majo­ri­té silen­cieuse, col­la­bo­ra­teurs pas­sifs, en sont les tenants plus ou moins volon­taires, res­pec­ter la totale pure­té démo­cra­tique ou l’a­vis d’un­tel vaut l’a­vis d’un­tel n’a pas de sens quand la conscience de l’op­pres­sion et la puis­sance de la révolte est telle que le res­pect de l’a­vis du sou­mis, du mou­ton de Panurge, serait tuer dans l’œuf toute pos­si­bi­li­té de ren­ver­ser l’ordre éta­bli, ou du moins d’é­lar­gir la por­tée du dis­cours et des actes libérateurs.

    et c’est là où je te rejoins, il serait béat de croire que tout ceci débouche néces­sai­re­ment sur du par­fait ou même du mieux, et il serait d’a­vance sus­pect que qui­conque en reven­dique le mono­pole ; par contre, ne rien ten­ter sous pré­texte qu’il y a une forme démo­cra­tique qui jus­ti­fie­rait le main­tien de l’op­pres­sion, car la majo­ri­té y sous­crit, non et trois fois non, et je ne vois pas pour­quoi je dépen­se­rais une once d’éner­gie pour faire en sorte qu’une assem­blée consti­tuante tirée au sort advienne, si c’est pour voir se réta­blir un ordre moral que je conchie.

    J’es­père donc que tu as com­pris où je vou­lais en venir, mais sinon, laisse-moi au moins le temps de construire une orga­ni­sa­tion aus­si puis­sante et bien répar­tie que l’Église catho­lique, ou coca-cola, je te laisse carte blanche sur la consti­tuante, la consti­tu­tion, etc., je sau­rais d’a­vance en tirer le meilleur par­ti… always

    Réponse
  16. sitouaillain

    PS : vincent et Etienne, la phrase [de Vincent] en gros carac­tère rouge est une affir­ma­tion que je par­tage à 300%

    reste à défi­nir ce qu’est une pro­cé­dure équi­table, en fai­sant l’ef­fort de se repor­ter à mes (hélas) nom­breux posts d’où émergent une contre­pro­po­si­tion de pro­ces­sus consti­tuant et\ou cher­chant à démon­trer le carac­tère non néces­sai­re­ment « équi­table » de la pro­po­si­tion d’Etienne…
    et tu avoue­ras, Etienne, que jus­qu’i­ci, tu n’es pas vrai­ment ren­tré dans ces débats de fond, mal­gré quelques allé­chantes promesses…que je sais sin­cères, bien sûr !

    Réponse
  17. Vincent

    Il est un peu tard et je ne vais pas faire long mais je ne peux me rete­nir de vous faire part, à nou­veau, de mon enthousiasme.

    Je n’ai pas encore bien lu tout ton com­men­taire, Sitouaillain, mais sa lon­gueur, l’éner­gie que je per­çois me ravit. J’y sens le goût du débat et j’ai hâte de m’y col­ler. Non pas pour néces­sai­re­ment te convaincre mais sim­ple­ment pour débattre et peut-être m’a­per­ce­voir de mes erreurs de jugement.

    En effet, j’ai le sen­ti­ment qu’il y a de quoi faire autour de cette ques­tion que je ren­contre beau­coup : faut-il d’a­bord démo­cra­ti­ser la socié­té afin d’é­man­ci­per le peuple ou consi­dé­rer qu’il n’y aura pas de « réelle » démo­cra­tie sans éman­ci­pa­tion préa­lable du peuple ?

    Tu connais mon point de vue de départ que je vais m’empresser d’é­tayer mais, en atten­dant, voi­ci une petite cita­tion de Goethe, gla­née sur ce site, et qui mérite, je crois, d’être soi­gneu­se­ment méditée :

    « Trai­tez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pour­raient être et vous les aide­rez à deve­nir ce qu’ils sont capables d’être »

    Réponse
  18. Étienne

    @ Vincent :

    Sitouaillain est comme ça, vous ver­rez : sti­mu­lant, déca­pant, et… enthousiasmant.

    S’il n’exis­tait pas, il fau­drait l’inventer. 🙂

    Je file en cours.

    Ami­tiés à tous.

    Étienne.

    Réponse
  19. Di Girolamo

    On revient à ce prin­cipe de contra­dic­tion et de mou­ve­ment : la démo­cra­tie n’a pas d’o­reiller où poser sa tête , elle est mou­ve­ment , le but est le chemin.
    Toute ten­ta­tive de réso­lu­tion des pro­blèmes est une tyrannie.

    C’est la rai­son pour laquelle, au niveau concret et pra­tique du mode d’or­ga­ni­sa­tion de la démo­cra­tie il faut pou­voir vivre et lais­ser s’ex­pri­mer la contradiction :

    contra­dic­tion du fait que
    ‑d’une manière ou d’une autre il faut bien gérer l’exis­tant et prendre des déci­sions ; et quand il n’y a pas consen­sus , tran­cher à la majorité
    – et qu’en même temps il est impé­rieu­se­ment néces­saire d’al­ler au delà parce que ce sys­tème de ges­tion de l’exis­tant est tyran­nique, bor­né et conser­va­teur : on en a l’exemple sous les yeux : le nôtre ; 
    en effet nos élec­tions ont pour seul but, seul effet , que de gérer l’exis­tant ; pas de trans­for­mer la société.

    Alors ? Pondre une magni­fique consti­tu­tion pour per­mettre à la masse de se décou­vrir , de se libé­rer , de se trans­for­mer ou attendre que les échecs inévi­tables des conser­va­tismes ouvrent les yeux du peuple ?Ils risquent de s’ou­vrir sur un désastre.

    Je pense qu’il faut, à côté de la ges­tion de l’exis­tant socié­tal , la socié­té telle qu’elle est , les gens tels qu’ils sont à un moment T de l’his­toire, un outil poli­tique de transformation .
    Je prends deux exemples concrets :
    Fran­çois Aman­rich se pré­sente aux pré­si­den­tielles ( qui sont for­ma­tées pour gérer la socié­té) pour faire connaître le tirage au sort, accom­pa­gner, aider, suci­ter le chan­ge­ment : il dit qu’il faut des années et des années pour faire évo­luer les esprits ; avec comme pre­mière étape ‚faire connaître , par­ler de .
    JLMé­len­chon se pré­sente aus­si avec le pro­gramme d’une nou­velle répu­blique et rédac­tion d’une nou­velle constitution

    Tous les deux uti­lisent un outil ( les élec­tions) for­ma­té pout la ges­tion du sys­tème.….. pour trans­for­mer la socié­té ! ( la cuillère à café pour creu­ser le tunnel)

    Mon point de vue est qu’on aurait meilleur compte à créer et mettre en place un véri­table outil offi­ciel de trans­for­ma­tion per­ma­nant , à côté , en com­plé­ment de la ges­tion ; cet outil per­met­trait à Aman­rich et au FDG de faire connaître leurs propositions .
    Il n’y aurait plus besoin de se ser­vir des élec­tions pour s’ex­pri­mer , dans la mesure où un outil d’ex­pres­sion et de débat serait pré­sent et acti­vé au sein même de l’institution.
    Il faut équi­li­brer le sys­tème , mettre à côté de la ges­tion court terme , un outil de trans­for­ma­tion avec une visée à long terme :un lieu où s’é­la­bore le pro­jet de socié­té , un lieu de débat et d’in­tel­li­gence col­lec­tive qui faci­lite la trans­for­ma­tion. Il doit prendre autant de place et d’im­por­tance que la ges­tion ; c’est je crois ce qui nous manque .

    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​p​d​r​3​7​_​i​n​t​e​r​v​i​e​w​-​d​e​-​f​r​a​n​c​o​i​s​-​a​m​a​n​r​i​c​h​-​p​o​r​t​e​-​p​a​r​o​l​e​-​d​u​-​m​o​u​v​e​m​e​n​t​-​p​o​u​r​-​l​a​-​c​l​e​r​o​c​r​a​t​i​e​_​n​e​w​s​?​s​t​a​r​t​=​2​#​f​r​o​m​=​e​m​bed

    Réponse
  20. sitouaillain

    Di Giro­la­mo, je suis encore une fois en phase avec ce que tu dis,
    par contre ce n’est pas un lieu de débat et d’in­tel­li­gence col­lec­tive qui faci­lite la trans­for­ma­tion qu’il nous faut, mais des mil­liers, soit, compte tenu des cadres exis­tants, il nous faut mul­ti­plier, élar­gir, les lieux de débats éman­ci­pa­teurs qui existent déjà…et nul doute que ta pro­po­si­tion trou­ve­ra à terme des appuis « offi­ciels », « ins­ti­tu­tion­nels-légi­times » dans le cadre d’une démo­cra­tie ressourcée.

    mais, cha­cun en convien­dra, encore faut-il se mettre en capa­ci­té d’ar­ri­ver au but :
    que ce soit l’in­tro­duc­tion du tirage au sort en poli­tique ou la mise en place d’un sup­port éthique et loyal du débat public, ceci sup­pose de faire vaciller sur leurs bases les fon­de­ment d’une oligarchie.

    et je pense que, Di Giro­la­mo, confor­mé­ment aux lumi­neuses théo­ries de l’Es­pace Public d’Ha­ber­mas, ton optique est mieux ancrée dans les réa­li­tés des rap­ports de forces qui tra­versent une socié­té hié­rar­chique et inéga­li­taire et par consé­quent plus sûre­ment libé­ra­trice que celle qui consis­te­rait à attendre le résul­tat des déli­bé­ra­tions d’une assem­blée tirée au sort.

    la ques­tion n’est donc pas, Vincent,faut-il d’a­bord démo­cra­ti­ser la socié­té afin d’é­man­ci­per le peuple ou consi­dé­rer qu’il n’y aura pas de « réelle » démo­cra­tie sans éman­ci­pa­tion préa­lable du peuple ?, mais plu­tôt consi­dé­rer que les deux vont ensemble, c’est à dire que la démo­cra­tie n’est pas seule­ment incar­née dans tel ou tel jeu ins­ti­tu­tion­nel ou telle manière de faire des choix, ceci est contingent,

    la démo­cra­tie s’in­carne aus­si dans dif­fé­rentes manières d’être « citoyen », par oppo­si­tion à la manière d’être « sujet »,

    en fait, dans le pro­ces­sus de décon­ta­mi­na­tion des esprits, il n’y a pas lieu de s’ar­rê­ter au milieu du gué, l’i­dée force du virus démo­cra­tique, est d’être indi­vi­duel­le­ment immu­ni­sé à toute forme d’op­pres­sion, toute forme d’a­ban­don de sou­ve­rai­ne­té, tout argu­ment d’au­to­ri­té qu’on sui­vrait les yeux fer­més et à cher­cher à être de plus en plus nom­breux, comme Di Giro­la­mo l’a dit ailleurs,le reste vien­dra par surcroît.

    Autre­ment dit il ne sert à rien de répondre à la ques­tion de l’oeuf et de la poule, du genre un peuple démo­cra­tique émerge-t-il d’ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques ou bien des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques émergent-elles d’un peuple démocratique…

    je posais d’autres ques­tions, qui visent à lever cer­taines ambigüi­tés liées à l’u­ti­li­sa­tion abu­sive du mot « peuple » et du mot « démo­cra­tie », ambigüi­tés qui per­sistent depuis la Révo­lu­tion et dont on ne sor­ti­ra pas par des juge­ments moraux, en tout cas pas s’ils sont basés sur des concep­tions objec­ti­ve­ment démon­trables comme fausses,

    et je pré­fère de loin le rai­son­ne­ment de Rosan­val­lon, qui montre bien que la démo­cra­tie assi­mi­lée à la loi du plus fort en nombre ne peut être un bon régime si elle ne fait pas place à des ins­ti­tu­tions ou des mou­ve­ments qui relèvent de la contre-démocratie.

    c’est là aus­si qu’on tombe sur le para­doxe rele­vé par bien des pen­seurs : l’é­lar­gis­se­ment du champ de la démo­cra­tie pro­vient néces­sai­re­ment d’une frac­tion mino­ri­taire du peuple qui ne se satis­fait plus des règles du jeu et en reven­dique d’autres…au « nous sommes le peuple » de ceux qui contestent, répon­dra tou­jours les « ce n’est pas la rue qui gou­verne » et les « écou­tons la majo­ri­té silencieuse »,

    pour cer­tains, mieux vau­drait donc se reven­di­quer pre­neurs d’o­tages et miser sur le syn­drome de stock­holm, que d’at­tendre patiem­ment qu’une méthode démo­cra­tique s’im­pose d’elle-même…

    en tous cas, pas­sons bien en revue toutes les options qui peuvent conduire à une assem­blée consti­tuante tirée au sort…

    et, oups, on a déjà fait deux-trois entorses aux belles idées du monde pur des idées…aussi vrai que 2 et 2 font quatre, ou cinq, à sup­po­ser que tout le monde y croie…

    donc on réflé­chit sur com­ment et dans quelles condi­tions pour­rait adve­nir un pro­ces­sus constituant,
    vient ensuite la deuxième étape, selon où tu te situes dans ta réflexion et où selon où en sont tes adver­saires, citoyen, seras-tu le béné­fi­ciaire ou la vic­time de la récu­pé­ra­tion d’une idée sim­pliste ? ver­ras-tu le triomphe d’une idée, lumi­neuse, une « bombe poli­ti­que­ment durable contre l’oligarchie » ?

    allumes ta télé, lagar­dè­reTV, 13H00, avril 2017 : « …enfin elle est là cette assem­blée consti­tuante tirée au sort, qui, n’en dou­tons pas don­ne­ra un nou­veau souffle à notre démo­cra­tie, qui, il faut le dire, a bien souf­fert ces der­niers temps, face aux émeu­tiers et au cas­seurs, les fran­çais attendent que la démo­cra­tie soit réta­blie, dans le calme, et c’est pour cela que notre pré­sident, dans un dis­cours rap­pe­lant le fameux « je vous ai com­pris » de Gaulle a annon­cé une mesure radi­cale, le tirage au sort d’une assem­blée consti­tuante rem­pla­ce­ra l’é­lec­tion pré­si­den­tielle qui dans ce contexte instable ne pou­vait avoir lieu sereinement.

    Par contraste, quel sou­la­ge­ment de voir les images de l’é­mou­vante et his­to­rique entrée dans l’as­sem­blée des « élus », cha­cun se pen­chant pour don­ner un res­pec­tueux bai­ser sur la tête de la sta­tue gran­deur nature du Pré­sident, allant rapi­de­ment s’ins­tal­ler dans l’hé­mi­cycle pour écou­ter reli­gieu­se­ment le dis­cours inau­gu­ral sur les enjeux de cette consti­tuante, que notre pré­sident, dans un sou­ci d’in­dé­pen­dance, a lais­sé à Chris­tophe Bar­bier et Yves Cal­vi… » (yves sin­to­mer, si tu nous regardes!)

    bien,

    et pour étayer nos rai­son­ne­ments de bisou­nours borgnes, il y a suf­fi­sam­ment de moments his­to­riques ou de situa­tions quo­ti­diennes sous nos yeux, et, s’il y a des uti­li­sa­tions ouver­te­ment contre-révo­lu­tion­naires du lexique et des tech­niques attri­buées à la démo­cra­tie (par ex. les refe­ren­dums pro­po­sés par sar­ko), la seule chose que je regrette avec les Tuni­siens qui se sont révol­tés et ont obte­nu le départ de Ben Ali, c’est qu’ils n’aient pas encore adop­té l’i­dée d’Étienne,

    ça me per­met­trait de faire d’une pierre deux coups, en appor­tant une nou­velle fois la preuve que l’i­déo­lo­gie de la repré­sen­ta­tion (élec­tive ou tirée au sort) com­bi­née à la loi du nombre (le fait majo­ri­taire) n’ont pas grand chose à voir avec le pro­jet d’au­to­no­mie (cf Castoriadis),

    et ce, d’au­tant plus dure­ment que les révol­tés por­teurs d’i­dées éman­ci­pa­trices sont sur­pas­sés en intel­li­gence orga­ni­sa­tion­nelle et en nombre par les por­teurs d’i­dées conser­va­trices, de sorte que le sen­ti­ment col­lec­tif de révolte est plus faci­le­ment cap­té par ceux qui font appel au bon sens popu­laire, aux croyances, aux dogmes, plu­tôt que par ceux qui font appel à son intelligence.

    donc je main­tiens, si on veut démys­ti­fier les fausses croyances qui sou­tiennent le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif et l’o­li­gar­chie, nous sommes ensemble, et nous avons besoin les uns des autres pour avancer,

    s’il s’a­git de pro­duire de nou­velles mys­ti­fi­ca­tions et de tendre le bâton pour se faire battre, je serais votre caillou dans la chaus­sure pour un bon moment…;)

    et, mon post pré­cé­dent, comme celui-ci, un peu long et cari­ca­tu­ral comme d’hab je l’a­voue, ne va pas au fond des choses, mais peut être y arri­ve­ra-t-on en avan­çant ensemble !

    Réponse
  21. Vincent

    Sitouaillain, Di Giro­la­mo, c’est un débat dif­fi­cile parce que nous vou­lons la même chose – j’en suis convain­cu – mais nous diver­geons sen­si­ble­ment sur les moyens de l’obtenir.

    On pour­rait croire que c’est secon­daire. C’est faux. Il nous faut enfon­cer une sacrée porte. Et si nous ne par­ve­nons pas à nous mettre d’ac­cord sur le bélier, c’est peine per­due. Il faut donc qu’un moyen s’im­pose à nous.

    … Et ce n’est pas gagné ! Illustration :

    (Les cita­tions en ita­liques [bleues] sont de Sitouaillain)

    « Je ne m’ins­cris pas dans l’i­déo­lo­gie qui consiste à défi­nir la démo­cra­tie comme la loi du nombre. »

    Je pense que la loi du nombre est la loi indé­pas­sable de la démocratie.

    « Si je suis ton rai­son­ne­ment, nous serions dans des camps enne­mis lorsque ledit peuple aura voté majo­ri­tai­re­ment contre la démocratie. »

    Je pense que si le peuple votait contre un pro­jet de Consti­tu­tion démo­cra­tique il fau­drait res­pec­ter son choix.

    « Une déci­sion prise par des « tali­bans » tirés au sort n’au­ra, pour moi, jamais force de loi et je ne me sen­ti­rais jamais tenu de la respecter. »

    Je pense qu’il faut tou­jours res­pec­ter la déci­sion d’une assem­blée démo­cra­tique tirée au sort.

    « La démo­cra­tie ne sup­porte pas long­temps la dic­ta­ture de la majorité. »

    Je pense que la règle de la majo­ri­té est pré­ci­sé­ment l’op­po­sé de la dic­ta­ture et qu’elle est la condi­tion sine qua none de toute démocratie.

    « Il est naïf d’af­fir­mer que le pro­blème réside entiè­re­ment dans l’élection. »

    Je pense que le pro­blème réside entiè­re­ment dans l’élection.

    « L’es­clave révol­té n’a pas à deman­der son avis à celui qui lui intime de res­ter enchaîné. »

    Je pense que le maître est tout aus­si vic­time de l’es­cla­vage que l’es­clave (même si l’un en souffre quand l’autre en use).

    Nous avons donc quelques diver­gences mais je ne pense pas que cela soit bien grave.

    Tu écris aus­si (et là est, à mon sens, la source de notre désac­cord et la clef pour nous en débarrasser) :

    « (Une consti­tuante démo­cra­tique) ne peut adve­nir que par des indi­vi­dus col­lec­ti­ve­ment impli­qués dans une trans­for­ma­tion d’eux-mêmes et de leurs cadres de vie et de pensée. »

    Je pense que nous serons d’ac­cord pour dire que per­sonne n’est en mesure de « trans­for­mer » le peuple. C’est en sub­stance le dis­cours de tous les grands totalitarismes.

    C’est exac­te­ment ce que Sta­line ou Hit­ler ou Mus­so­li­ni (et tant d’autres) ont vou­lu faire avec « leur » peuple. Et on aurait beau jeu aujourd’­hui de pré­tendre qu’ils avaient seule­ment tort dans l’ob­jec­tif d’é­du­ca­tion ou de trans­for­ma­tion qu’ils se donnaient.

    J’i­ma­gine bien que tu ne te penses pas en nou­veau dic­ta­teur sachant mieux que ses pré­dé­ces­seurs ce qu’il convient de pen­ser et com­ment il faut vivre.

    Je vois bien que tu te réfères aux notions d’é­du­ca­tion popu­laire délo­ca­li­sée et à l’é­man­ci­pa­tion du peuple par lui-même.

    Et quand tu me reproches de tom­ber dans l’a­po­rie de l’oeuf et de la poule, tu as tout à fait rai­son : démo­cra­tie et éman­ci­pa­tion popu­laire vont de pair, nécessairement.

    Voi­là donc où nous nous rejoi­gnons – je pense : plus le peuple pren­dra conscience de la ser­vi­tude dans laquelle le main­tient l’o­li­gar­chie, plus l’a­vè­ne­ment de la démo­cra­tie sera envisageable.

    Ceci étant acté, je vou­drais en reve­nir au bélier du début.

    Si je m’en réfère à mon rai­son­ne­ment, ce bélier, ou le moyen par lequel la démo­cra­tie peut adve­nir, réside donc dans le tra­vail de citoyens éclai­rés (comme Étienne et quelques autres, je pense notam­ment à la Scop le Pavé et ses amis) qui, pro­gres­si­ve­ment, et voyant les rangs des « éclai­reurs » gros­sir et, par consé­quent, ceux de leurs audi­teurs, par­vien­drons à remettre l’i­dée de démo­cra­tie à la place qu’elle n’au­rait jamais dû quit­ter : dans l’es­prit du plus grand nombre.

    Dès qu’en effet la moi­tié du corps élec­to­ral (au moins) sera comme toi et moi convain­cue par l’i­dée démo­cra­tique, l’a­vè­ne­ment de cette der­nière ne sera plus qu’une ques­tion de jours.

    Com­bien de temps cela peut-il prendre ?

    Un bail, probablement.

    C’est la stra­té­gie « virale » d’É­tienne et je l’ai adop­tée, tout comme toi, à n’en pas douter.

    Mais (est-ce mon impa­tience ?) je per­siste à pen­ser qu’il reste un pro­blème. Ou plu­tôt un mys­tère. Un obs­tacle invi­sible. Un frein dif­fi­cile à mettre au jour… L’i­dée devrait se pro­pa­ger plus vite ! Qu’est-ce qui la freine ?

    L’im­ma­tu­ri­té du peuple ?

    Je ne crois pas. « L’im­ma­tu­ri­té du peuple » c’est l’ex­cuse que se donnent tous ceux qui pensent savoir pour le peuple. Le peuple n’est pas plus imma­ture ou mani­pu­lé que toi ou moi.

    Ce qui bloque, c’est la croyance que la loi est plus impor­tante que le pro­ces­sus législatif.

    Qu’im­porte le pro­ces­sus (12 dépu­tés ? 5000 ? deux assem­blées ? élus ? tirés au sort ?) pour­vu que la loi soit bonne.

    Voi­là, je pense, où se cache le frein anti-démo­cra­tique. Bien plus que dans la défense de je ne sais quels inté­rêts. Parce que ces inté­rêts sont tou­jours ceux d’une mino­ri­té, et chaque sous-groupe consti­tuant le peuple (telle famille, telle cor­po­ra­tion, telle loca­li­té) pos­sède et défend ses propres inté­rêts. Mais si la démo­cra­tie n’est plus aujourd’­hui pour per­sonne, ou presque, une évi­dence, c’est parce que tous sont convain­cus que « le pro­ces­sus importe peu, pour­vu que la loi qui en res­sort soit bonne ou que le can­di­dat élu soit le bon pour la défense de mes inté­rêts ou de mes convictions ».

    « Le pro­ces­sus, ça m’est égal, ce qui m’in­té­resse ce sont les lois, les can­di­dats, les pro­grammes, le modèle de socié­té, ce que ça va chan­ger pour moi. »

    La démo­cra­tie, c’est l’inverse.

    C’est en finir avec la néces­si­té de prendre le pou­voir pour faire pas­ser SES idées et mettre le pro­ces­sus au-des­sus de tout.

    Quel pro­ces­sus ? Je n’en sais rien. Ce n’est pas à moi de déci­der (ni à Étienne ;), ni à per­sonne en par­ti­cu­lier), c’est à une assem­blée consti­tuante démo­cra­tique tirée au sort (et donc mathé­ma­ti­que­ment repré­sen­ta­tive du peuple).

    Ensuite il nous revien­dra à tous (c’est-à-dire au peuple) de vali­der OU NON le pro­jet de consti­tu­tion de cette assem­blée par référendum.

    Est-ce que leur pro­jet sera un bon pro­jet ? Sera-t-il au moins démocratique ?

    Qui vivra verra.

    Mais le pro­ces­sus, lui, aura été démocratique.

    Si nous par­ve­nons à faire com­prendre qu’en poli­tique, le pro­ces­sus est tou­jours plus impor­tant que le résul­tat, nous aurons détruit le pre­mier et der­nier obs­tacle à la démocratie.

    Le voi­là notre bélier.

    Réponse
  22. Vincent

    Juste un mot pour conseiller à tous le film abso­lu­ment remar­quable de Pierre Schoel­ler (encore à l’af­fiche dans quelques salles) : L’exer­cice de l’État.

    On y voit de manière magis­trale com­ment l’exer­cice de l’État aujourd’­hui est déme­su­ré­ment acca­pa­ré par la Poli­ti­kè au détri­ment de la Poli­teia. En d’autres termes, com­ment lors­qu’on arrive aux res­pon­sa­bi­li­tés les plus hautes, il s’a­git bien plus d’y res­ter que d’en faire usage pour ser­vir l’in­té­rêt commun.

    C’est une idée com­mu­né­ment admise mais rare­ment aus­si jus­te­ment dépeinte et ana­ly­sée. On croit sou­vent que le plus dur pour « faire pas­ser ses idées ou celles de son camp », c’est de prendre le pou­voir, mais on oublie les luttes intes­tines et la vio­lence de l’exer­cice du pou­voir lui-même qui ne conduisent qu’à une chose : pas­ser son temps à sau­ver sa place et cal­cu­ler sans arrêt com­ment conti­nuer à mon­ter les échelons.

    L’é­che­lon suprême étant celui du Pré­sident qui, lui, passe son temps à divi­ser pour mieux régner.

    C’est un réqui­si­toire impla­cable contre le sys­tème élec­tif en place. On ne peut plus croire en un homme pro­vi­den­tiel, figure arché­ty­pale de « l’é­lu » qui sau­rait enfin défendre les inté­rêts du peuple. Le film se conclut d’ailleurs sur une magni­fique réplique du Président :

    « Le peuple fran­çais n’a pas le pou­voir, il est bien nor­mal qu’il soit méfiant ».

    Réponse
  23. Étienne

    Je viens de mettre à jour les liens du mes­sage en tête de ce billet : ce sont nos deux pro­chains rendez-vous : 

    • Ce soir, 29 mars, à Pernes-Les-Fon­taines (Vau­cluse)

    • et demain soir, 30 mars, à Cannes.

    Je vous pro­pose de suivre le PLAN suivant : 

    Je vou­drais mon­trer que la « crise » n’en est pas une : ce n’est pas un acci­dent, c’est le terme d’un pro­ces­sus de prise de pou­voir par les plus riches.

    Je compte com­men­cer par rap­pe­ler que les peuples ont pro­gres­si­ve­ment per­du le contrôle de la mon­naie à par­tir de la créa­tion de la Banque d’Angleterre (1694), jusqu’à car­ré­ment inter­dire aux États de battre mon­naie (art. 123 du TL).

    Après avoir signa­lé le lien que je vois entre cette dépos­ses­sion moné­taire ori­gi­nelle et notre dépos­ses­sion poli­tique via des Consti­tu­tions qui n’en sont pas, je pro­pose une solu­tion (que je trouve ori­gi­nale et pro­met­teuse) qui consiste à remettre d’abord à l’endroit les mots impor­tants que les voleurs de pou­voir ont mis à l’envers (avec notre incroyable consen­te­ment) : démo­cra­tie, citoyen, suf­frage uni­ver­sel, consti­tu­tion, réforme.

    Je pré­vois d’insister sur­tout sur le fait qu’il n’y a rien à attendre des hommes au pou­voir quant au contrôle des pou­voirs (à cause du conflit d’intérêts), et j’invite donc cha­cun à se réap­pro­prier — per­son­nel­le­ment et quo­ti­dien­ne­ment — le pro­ces­sus consti­tuant, la cause des causes de nos impuis­sances poli­tiques et donc, selon moi, la vraie cause des injus­tices sociales.

    Au plai­sir de vous rencontrer 🙂

    Étienne.

    Réponse

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