Chers amis,
Vous savez comme j’aime Alain.
Ça s’aggrave 🙂
J’ai encore trouvé une perle : je pense que c’est un des meilleurs propos d’Alain. Il est magnifique, puissant, essentiel, 0% de MG, toutes les phrases comptent ; il y décrit même, peut-être, la vraie cause des causes des injustices sociales.
Mais lisez plutôt.
Le jugement politique et l’opinion commune
L’État est aisément neurasthénique. Mais qu’est-ce qu’un neurasthénique ? C’est un homme pensant, je veux dire instruit et fort attentif à ses opinions et à ses affections ; attentif en ce sens qu’il en est le spectateur. Et c’est en cela que consiste ce genre de folie, à constater ses propres opinions au lieu de les choisir et vouloir. Comme un homme qui, conduisant une automobile à un tournant, se demanderait : « Je suis curieux de savoir si je vais sauter dans le ravin. » Mais c’est justement son affaire de n’y point sauter. De même le neurasthénique se demande : « Est-ce que je serai gai ou triste aujourd’hui ? Est-ce que j’aurai de la volonté ou non ? Que vais-je choisir ? Je suis curieux de le savoir. » Mais il ne vient jamais à cette idée si simple de décréter au lieu d’attendre, pour les choses qui dépendent de lui.
Or ce genre de folie n’est jamais complet dans l’individu. Communément, dans les circonstances qui importent, il cesse d’attendre et se met à vouloir, résistant aux vices et aux crimes mieux qu’à la tristesse, et plutôt malheureux que méchant.
Cette maladie singulière me paraît au contraire propre à tout État ; et par là j’explique que ce grand corps soit toujours malheureux et souvent dangereux. Et voici pourquoi. Chacun a pu remarquer, au sujet des opinions communes, que chacun les subit et que personne ne les forme. Un citoyen, même avisé et énergique quand il n’a à conduire que son propre destin, en vient naturellement et par une espèce de sagesse à rechercher quelle est l’opinion dominante au sujet des affaires publiques. « Car, se dit-il, comme je n’ai ni la prétention ni le pouvoir de gouverner à moi tout seul, il faut que je m’attende à être conduit ; à faire ce qu’on fera, à penser ce qu’on pensera. » Remarquez, que tous raisonnent de même, et de bonne foi. Chacun a bien peut-être une opinion ; mais c’est à peine s’il se la formule à lui-même ; il rougit à la seule pensée qu’il pourrait être seul de son avis.
Le voilà donc qui honnêtement écoute les orateurs, lit les journaux, enfin se met à la recherche de cet être fantastique que l’on appelle l’opinion publique. « La question n’est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre, mais si le pays veut ou non faire la guerre. » Il interroge donc le pays. Et tous les citoyens interrogent le pays, au lieu de s’interroger eux-mêmes.
Les gouvernants font de même, et tout aussi naïvement. Car, sentant qu’ils ne peuvent rien tout seuls, ils veulent savoir où ce grand corps va les mener. El il est vrai que ce grand corps regarde à son tour vers le gouvernement, afin de savoir ce qu’il faut penser et vouloir. Par ce jeu, il n’est point de folle conception qui ne puisse quelque jour s’imposer à tous, sans que personne pourtant l’ait jamais formée de lui-même et par libre réflexion. Bref, les pensées mènent tout, et personne ne pense. D’où il résulte qu’un État formé d’hommes raisonnables peut penser et agir comme un fou. Et ce mal vient originairement de ce que personne n’ose former son opinion par lui-même ni la maintenir énergiquement, en lui d’abord, et devant les autres aussi.
Posons que j’ai des devoirs, et qu’il faudra que j’obéisse. Fort bien. Mais je veux obéir à une opinion réelle ; et, pour que l’opinion publique soit réelle, il faut d’abord que je forme une opinion réelle et que je l’exprime ; car si tous renoncent d’abord, d’où viendra l’opinion ? Ce raisonnement est bon à suivre, et fait voir que l’obéissance d’esprit est toujours une faute.
Alain (Émile Chartier), « Mars ou la guerre jugée » (1936).
Ce propos m’habite, depuis que je l’ai découvert : il revient tout seul dans ma tête, souvent ; je l’ai relu cent fois ; je sens qu’on touche à l’essentiel, tout proche de l’iségoria (totale liberté d’expression), mais sans se confondre avec elle ; il est comme son complément indispensable : NOUS DEVONS PENSER PAR NOUS-MÊMES, avec le courage d’être parfois seul à penser à notre façon. C’est un marqueur de la citoyenneté véritable.
Quand je cherche qui a cette qualité de courage (d’affronter, s’il le faut, en conscience, la réprobation générale), je pense d’abord à Maurice (Allais), dont je trouve la liberté de penser exemplaire, mais aussi à quelques militants encore bien vivants aujourd’hui. Cherchez : il n’y en a pas tant que ça, qui ne soient pas enfermés dans la chapelle d’un parti et d’une pensée quasi imposée par un groupe.
« Nous devons penser par nous-mêmes… OK, mais c’est déjà le cas, non ? » vous demandez-vous peut-être en votre for intérieur… Hum… Relisez Alain. Il a raison : nous cherchons toujours à savoir ce que pensent les autres, pour être sûr d’être en accord, en harmonie avec la société. Alors que, LOGIQUEMENT, c’est une nécessaire discipline que de s’interdire l’obéissance d’esprit. Une sorte d’hygiène démocratique de base.
D’un autre côté, cet impératif de penser librement est À COMBINER AVEC l’art de débattre, d’écouter l’autre en cherchant vraiment la vérité, autre formidable sujet de réflexion, lui aussi tout à fait central dans une démocratie véritable (dont les DÉBATS permanents sont le cœur battant), et que Montaigne étudie magistralement dans le chapitre 8 du livre 3 des Essais (ce chapitre, intitulé « L’art de converser », est une pure merveille). Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain billet.
Je trouve ces sujets de réflexion inépuisables. Et passionnants.
Et vous ?
Étienne.


Émile Chartier, dit « Alain » (1868−1951)
Nombreux livres d’Alain à télécharger sur le très précieux site de l’UQAC.
Ressources nombreuses sur le site d’Alain : http://alinalia.free.fr/, tenu par l’Association des Amis d’Alain (AAA)

Je trouve la réflexion d’Alain très intéressante. Il met le doigt sur un sujet qui me semble aussi important aujourd’hui dans notre société ; le fait qu’on manque énormément de culture émotionnelle : le fait que ce système capitalisme nous coupe de nous-même et de nos émotions, qu il nous enferme dans le « faire » (« le plaisir de faire » au profit du « faire plaisir ») plutôt que dans l’être » (et donc dans la pensée, cogito ergo sum pour citer Descartes). C’est en ce point que je rejoins les propos d’Alain qui nous incite à un changement intérieur pour un changement extérieur.
Encore merci pour tous ces textes et toutes ces explications qui nous ouvrent l’esprit pour mieux voir qui tirent nos ficelles.
Bonjour Étienne,
Merci pour ce trait d’esprit qui éclaire la journée, encore !
Je ne peux que préciser que c’est en effet ce que nous souhaitons aussi organiser, en parallèle du Plan C : la contribution de tous à définir les orientations claires du prochain gouvernement.
Dites : dans quel monde vous voulez vivre ? http://www.dqm3v.com/
à bientôt
JB
« Et ce mal vient originairement de ce que personne n’ose former son opinion par lui-même ni la maintenir énergiquement, en lui d’abord, et devant les autres aussi. »
C’est, dit autrement, ce que je soutiens obstinément : que la priorité des priorités est bien l’organisation du débat public, ce qui permet de sortir de la non pensée du système, et, sur la base de la confrontation des idées de poser des choix politiques.
J’en déduis que la seule action importante à mener pour ceux qui, ici ou là, droite gauche centre ou autres, se prévalent de penser par eux mêmes, est de s’unir pour revendiquer de pouvoir confronter leurs idées au sein d’un espace public et politique aménagé à cet effet.
Mais las, ils sont pris dans le piège des partis ou celui de leurs egos et se contentent de notoriétés médiatiques, le net étant à cet égard un formidable outil.
Je partage aussi cette vision de la société. Ne pas se fondre dans la masse parce que c’est simple mais plutôt comprendre pourquoi nous sommes aujourd’hui arrivé a ce point aujourd’hui.
Est ce un point de non retour ? Je ne pense pas, mais quand alors allons nous arriver à y voir un début d’optimisme.
La quête intérieure en est une, mais à l’extérieur qui s’en occupe ? Suffit il d’aller dans la rue pour manifester notre mécontentement ? Quelles initiatives aboutissent au progrès ?
A rapprocher, pour s’enfoncer dans un puits sans fond de réflexion, de la petite phrase qu’on attribue je crois à Einstein (mais on lui en attribue tellement que le doute s’impose..) : « Mieux vaut se tromper avec les autres qu’avoir raison tout seul. »
Et pour accompagner cette phrase d’Alain « Mais il ne vient jamais à cette idée si simple de décréter au lieu d’attendre, pour les choses qui dépendent de lui. »,
celle, tellement percutante, de Sénèque (origine certifiée, cette fois-ci) : « Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir. »
»Il a raison : nous cherchons toujours à savoir ce que pensent les autres, pour être sûr d’être en accord, en harmonie avec la société »… »
NON, si Alain dit cela ainsi, il a tort ! ou alors, « nous » n’est et ne sera jamais moi : je milite dans un parti à partir d’un choix essentiel, « existentiel », absolument personnel, donc ni définitif ni exclusif : de même si j’ai eu le choix d’un métier, cela ne m’a pas transformé en stéréotype de ma profession, que j’aime !
J’ai choisi de me penser plutôt Breton que Turc ou Autrichien ou Italien ou Parisien, car j’avais ces choix.. ceci ne m’impose pas d’apprendre à parler breton et à boire du chouchen (excellent sur Tréguier…). Donc, je refuse tous les chapeaux ronds dont on prétend me coiffer « au nom de la pensée sublime d’Alain »… Ceci dit, OUI, c’est un penseur qui reste fort utile à condition de le confronter à des gens qui sont à des années-lumières de son monde… Par exemple Sartre : « Un homme qui adhère à tel syndicat, communiste ou révolutionnaire, veut des buts concrets(…) nous voulons la liberté pour la liberté et à travers chaque circonstance particulière »
Pensez par vous-mêmes est un titre qui fait écho pour moi…
http://www.amazon.fr/Malcolm-X-Pensez-par-vous-mêmes/dp/2748504690
Il y a un courage à penser par soi-même,
mais on ne pense jamais seul.
Paradoxe de la conscience, riche et fertile.
Desolé, je vais être hors sujet, mais ce site me donne la banane… Tout n’est pas perdu, vous en êtes la preuve. Vous n’avez rien à vendre, rien à y gagner… Chapeau citoyen.
Est-ce que la démocratie est nécessairement obéir à la pensée du plus grand nombre ?
Manipuler le plus grand nombre, c’est contrôler la démocratie et la transformer en oligarchie.
Comment préserver la plus grande liberté de chacun à penser par lui même, s’il y a une quelconque représentation ?
Je trouve très intéressant que l’interrogation sur « la cause des cause » et, en l’occurrence, celle des injustices sociales, se tourne enfin vers qui nous sommes.
C’est ce que j’ai exprimé lors d’un précédent message : Qu’est ce qui fait que l’être humain choisi plutôt son intérêt personnel que l’intérêt général ?
Est-ce que la cause des cause vient d’une constitution faussée, où est-ce parce que nous sommes (encore) majoritairement égoïstes ?
Nous interroger sur notre vouloir personnel et en débattre sur un blog, donc le soumettre à autrui, n’est ce pas retourner à l’erreur initiale ?.…
Bonjour,
La force de cette pensée réside dans sa capacité à obéir à une honnêteté intellectuelle absolue… Je me rends compte alors que dans l’exercice de la pensée, de la raison, j’apprends tout juste à marcher.
Il y a selon moi, un prérequis essentiel à l’autonomisation de la pensée : les outils nécessaires à cette pensée. De même que l’artisan doit en premier lieu s’imprégner du savoir faire de sa profession avant de devenir lui même créatif et source de progrès, il est primordial d’établir (ou protéger) dans nos société des institutions suffisamment désintéressées qu’elles n’auront pas de craintes à apprendre aux citoyens à penser…
L’éducation de nos enfants est une priorité au changement structurel que nous voulons appliquer à nos sociétés.
En effet l’éducation de nos enfants est une priorité , mais sur quel mode ? Si des pédagogues comme Decroly , Montésori , Freinet et Oury ( pour ne citer que les plus connus ) n’ont jamais servi de référence pour les différents ministères de l’Éducation Nationale, c’est que justement la pédagogie qu’ils proposaient avait pour but de faire des têtes bien faites plutôt que des têtes bien pleines !
Les propos d’Alain me donnent à penser que nous aurons bien du mal à réunir des citoyens autour d’un projet qui aurait pour but d’établir une nouvelle constitution, il faut bien entendu multiplier à l’envie tous les lieux de paroles politiques, mais comment faire pour que les gens comprennent que ce qu’ils pensent peut avoir une quelconque résonance ?
Probablement son meilleur livre…
Déjà à son époque, Alain « dérangeait », et on en n’entend guère parler…
Nous devons pensez par nous même ne pas tenir compte exprimer sa propre opinion, soit !
Que dites-vous de ce paradoxe :
je suis profondément attaché à des valeur humaniste.
Pourtant j’ai des pensées extrémistes, comme ré-ouvrir les bagnes pour y mettre les pédophiles, ressortir la guillotine mais uniquement pour les hommes politiques !
Qu’en dites-vous, gens bien pensant ?
Ça sort un peu des sentiers battus, dois-je le crier haut et fort ?
Bonjour Ndb,
Ce que vous décrivez relève plus des pulsions que de la raison à mon sens. Nul besoin de la guillotine pour les hommes politiques, juste d’une d’une constitution qui rendrait impossible tout abus de pouvoir.
Je rejoins le premier commentaire de stef : l’humain n’est actuellement pas complet parce que l’émotion n’est jamais prise en compte.
Or, qu’est-ce qui pousse l’individu à se conformer à la masse ? La peur. Cette émotion si générale, si puissante, si ancienne. L’humain a peur parce qu’il n’a pas appris à se connaître, il a juste appris à se fuir, à se nier.
Les émotions sont des marqueurs de notre personnalité, apprendre à les connaitre est un prélude obligatoire à :
- notre liberté retrouvée : liberté par rapport à toutes nos réactions incontrôlables qui sont le lot de l’humanité depuis trop longtemps, liberté par rapport à nos pensées qui sont gouvernées par nos émotions.
- notre prise de responsabilité véritable, responsabilité de nos émotions par la reconnaissance que c’est en nous que se situe la cause de celles-ci et non pas à l’extérieur, non pas chez les autres (gouvernement, parents, amis, etc…)
Suivre pour être suivi, obéir pour être obéi, serait-il possible que ces deux traits soient de même nature ?
Qu’est ce qui fait, en effet, ce besoin que nous ressentons tous de vouloir nous décharger, sur d’autres, quels qu’ils soient, de nos responsabilités d’être plutôt que d’être et rester responsable de ce que nous sommes, de corps comme d’esprit ?
Qu’est ce qui marque notre psyché à ce point pour que nous perpétuions, ainsi, de nos réflexes infantiles, même aux âges canoniques ?
Parce que n’est-ce donc faire injure à notre intelligence (cette grande œuvre de mère nature) que de se décharger de la sorte de nos prises de décisions ?
Cette obéissance prise au sens large fut rarement étudiée, et si ce n’est Milgram et ses fausses décharges électrique ou Adler et sa théorie du complexe d’infériorité plus, je l’espère, quelques autres que j’ignore, la psychologie comme la psychanalyse s’en fit très peu écho.
Étant donné que la politique est, d’abord et avant toutes choses affaires humaines, la pensée consciente et inconsciente y est naturellement au centre.
C’est toujours le même venin qui empoisonne la vie, c’est celui de prendre le vrai pour le faux ou inversement, le faux pour le vrai.
Et le faux c’est de penser abusivement que l’on pense par soi-même, oubliant qu’avant de penser par soi-même, aussi tant est qu’on le puisse un jour, penser, c’est la maladie la moins contagieuse comme dirait ce subtil Oscar Wilde, on se fait penser par les autres que l’on a intériorisés en soi et cela ça s’appelle la socialisation ma foi.
Souvent on se croit « libre » de penser ose-t-on dire avec outrecuidance, prétentieux que nous sommes tous, je m’inclus dans le lot bien sûr, alors qu’on est tout « occupé » de la pensée des autres, celle environnante du « on » odieux de l’opinion, la pire des connaissances, celle qui nous fait être et penser et émotionner ce que nous sommes supposés être, comme si l’être se posait comme ça, sans qu’il soit nécessaire d’aller le chercher ce bougre d’être ! C’est qu’avant d’être on a besoin d’avoir…mais bon, ça, c’est encore une autre histoire.
Bref, pour revenir à nos moutons, des libres penseurs y’en a jamais eu autant que depuis qu’on nous serine les chants de la liberté sous tous les tons, sous tous les frontons, de la démo ceci, de la démo cela, et des plus libres que libres comme la lessive qui lave plus blanc que blanc, c’est du même acabit tout ça, alors qu’on est tout occupé à discourir de la pseudo-pensée qui ne veut pas faire de vague, qui veut être reconnue, qui s’attache à prévoir ses sécurités bien propres qui dépassent pas d’un fil, ses garde-fous, mais c’est oublier alors que la liberté ne peut voisiner que sur les terrains abrupts, escarpés de la solitude âpre où l’air se raréfie car il gagne en pureté, la liberté ne saurait se trouver dans le service à ceci ou à cela, à une obédience quelconque, elle est la sortie de la terre d’esclavage et tant qu’on sert l’apparence au détriment de l’essence, tant qu’on ne sort pas de cette servitude-là, on est dans le servage, dans la servitude, même si l’on croit qu’on pense par soi-même, et surtout, d’autant plus si l’on pense penser par soi-même oserais-je dire .
Je reviens au paradoxe dont je parlais au tout début, celui de la socialisation, disons que ce serait un peu comme notre abécédé la socialisation, mais qu’ensuite il nous revient d’écrire notre livre.
C’est le passage obligé que celui de l’alphabet, car sans lui c’est difficile de nous ouvrir à nous-même aux autres et donc au monde, mais c’est aussi, vacherie de vacherie, cette socialisation,le paradoxe essentiel de l’homme, nécessaire alphabet, qui nous ouvre dans un premier temps et cellui-là même qui nous enferme ensuite, ah, c’est pas facile d’être un homme, mais c’est beau justement et ça se mérite que diable !
Alors que faut-il faire ?
Et bien, il faut d’abord se savoir- ça-voir ( voir ça, la faiblesse de notre pensée première qui est d’abord de se faire penser par les autres, par une socio culture et tout le toutim) la voir pour ce qu’elle est, sans excès, sans réduction, et fort de cette faiblesse primordiale intégrée, vue, comme l’est notre abécédé, construire notre conscience petit à petit sur le décombre de nos chutes, de nos douleurs, les nôtres et celles de la communauté , c’est le vécu qui est seul à ne pas mentir tout le reste est mensonge à degrés divers et variés mais mensonge a minima.
Sur le terrain du vécu, oui, sur lui et rien que sur lui, le passer au crible de la réflexion, et voir au grès des fruits que portent les actes de ce vécu et les non-actes, le notre, celui des autres, voir si ça re-specte l’individu et la communauté et en fonction de cette boussole-là, le respect des deux instances individu-communauté, construire sa voie, notre voie, la voie de la justesse.
Pour moi, le chemin, le passage vers l’hypothétique libre pensée est là et nulle part ailleurs que là.
Cela veut dire que la voie n’est pas tracée, et sera toujours inédite, comme une balance qui marque trop ou trop peu, c’est sur ces trop peu ou ces pas assez, que se construit notre ligne de penser, c’est-à-dire que ce n’est pas nous qui pensons, nous ne faisons alors que lire les marqueurs du trop ou trop peu et essayons de construire le point d’équilibre entre les deux et pour les deux instances qui sont notre cible, enfin qui devraient l’être de mon petit point de vue de non libre penseuse ! sourire !
Alors .…..Là !!! .…Je sais plus quoi penser ! (sourire ! )
Excellent texte qui a immédiatement résonné pour moi avec un excellent ouvrage :
- L’histoire d’un allemand de Sébastian Haffner
Ce récit est une mine pour comprendre comment les citoyens allemands ont glissé jusqu’à porter au pouvoir le parti nazi. Comment est-ce possible, serait-ce possible aujourd’hui ?
une harmonique secondaire :
Nos mythes ont conservé la trace d’Ogier de Danemarche (Holger Danske) sous forme du valet de pique (le fameux pouilleux). Au Danemark, il est dit que chaque fois que le pays sera en danger, Ogier, le géant silencieux, se lèvera pour le sauver. Ce géant silencieux, c’est justement le peuple, l’opinion publique.
L’histoire humaine a montré que réveiller Ogier n’est pas suffisant, si nous voulons faire mieux que les révolutionnaires du passé, il faut lui donner une conscience. A mon sens, Alain nous donne des pistes plutôt sérieuses pour y parvenir.
Salut Étienne,
je me permet de t’interpeller ici car je ne sais où le faire. Il y aurait peut être un endroit plus approprié… ?
Je me pose la question suivante et serais curieux de savoir ce que tu en pense :
Actuellement je suis entrain d’éplucher « Sortons de l’Euro » le livre très intéressant de Jacques Nikonoff. Il développe de façon assez convaincante le fait que l’Allemagne profite de l’euro, et pour cela elle a besoin que l’on y reste et d’y rester elle aussi.
Asselineau à l’air de dire au contraire que l’Allemagne aimerai sortir de l’euro mais que le gouvernement américain l’en empêche.
Que pense tu de cette contradiction ?
Dire ce que l’on pense est une chose ; penser ce que l’on dit en est une autre.
Il n’y a pas deux jours, j’écoutais parler un vieux bonhomme de 95 ans (J. Fresco) dans une vidéo sur le net. Il explique benoîtement que l’idée même de libre-arbitre est une supercherie.
Les choix que nous opérons ne sont pas des choix libres, explique-t-il, car cela supposerait que chacun de nos choix, pour être « libre », soit indépendant les uns des autres, et indépendant de notre expérience et de nos conditionnements.
Chacun de nos choix est une réaction à un stimuli extérieur, et la réaction n’est jamais une création (ndlr : remarquez éventuellement que les mots CRÉATION et RÉACTION sont presque identiques – des anagrammes dont seule la lettre C change de position pour changer le mot), c’est-à-dire que le choix opéré dépend entièrement des expériences acquises par le passé dans des situations analogues – ou jugées analogues par l’esprit. Et plus particulièrement, par l’esprit émotionnel, et non l’esprit rationnel, dans 99% des cas.
Nous sommes donc non seulement conditionné par l’environnement socioculturel dans lequel nous évoluons, mais nous sommes également conditionné par nos propres expériences personnelles intimes. Nos affects (émotionnels) déterminent nos choix, et (presque) jamais la raison, la logique ou le bon sens.
Nous nous berçons et nous nous illusionnons nous-mêmes – sans doute par cette incroyable arrogance, cette vanité typiquement humaine – de « libre-arbitre » et de « libre choix », alors que tout nous montre que nous sommes à mille lieues de cet idéal.
Bien entendu, les grands manipulateurs d’opinions (les experts de l’ingénierie du consentement) savent tout cela pertinemment, et ils savent également que même ceux qui, comme moi, ont conscience de ça,fonctionnent selon les mêmes règles.
Même si cela m’en coûte en amour-propre, je ne peux pas continuer à me mentir moi-même en me faisant croire que je ne suis pas conditionné par mon environnement socioculturel et par mon expérience intime dans la vie.
La vérité, si terrible soit-elle, c’est que mes choix ne sont que des réactions conditionnées par ces conditionnements. La seule vérité intéressante à retirer de tout cela, c’est que ma personnalité n’est qu’un masque de la grande mascarade sociale qu’est le grand jeu de rôle(s) grandeur nature massivement multijoueur qu’est la vie, un déguisement qui me fait croire que je suis unique. En réalité, je n’existe en tant qu’individu QUE par le processus inaliénable de l’interdépendance mutuelle des phénomènes. Mon ego est une construction mentale artificielle, un simple outil me permettant de voir les choses (le monde) d’un certain point de vue. Rien de plus.
Dans le film Matrix : Reloaded, le personnage du Mérovingien dit à propos du choix :
Un bon petit casse-tête à méditer à l’occasion :
Cordialement,
Morpheus
Nouveau sur ce blog.
Disparition de contributions entre le 5 et 6 janvier.
La nouvelle découverte américaine de disparition a été rapidement mise en application !
Non, erreur de blog simplement.
texte d’ Alain trop attirant !
J’ aime bien mieux.
Morpheus, certes nous sommes vous moi les autres tous conditionnées et tous cause à degrés divers et variés de ce qui nous environne. N’empêche, il nous reste le pouvoir et le devoir une fois que l’on a constaté cela, de sortir de cette prison d’exil de la servitude pour gagner en auto-nom-ie, en liberté a minima. Sinon, il n’y aurait qu’à constater désabusés cet état de fait et attendre que le dernier souffle vienne nous sortir de ce marasme et la vie serait morte avant même d’avoir été vécue car elle serait restée dans l’étage de la survie.
Tout notre cheminement est celui d’aller de la survie, l’état que vous décrivez à celui de la vie.
Et cela passe par l’intégration des énergies potentielles qui sont en nous, que nous appelons souvent le mal, mais qui n’ont rien à voir avec le mal, car une énergie en soi ce n’est ni bien ni mal, c’est CE que l’on va en faire le sujet.
Et la vocation des énergies c’est d’être intégrées c’est à dire retournées en in-formation, c’est à dire quelque chose qui nous forme à l’intérieur de nous comme le nom in-formation le dit dans ses petites lettres.
C’est donc un faire à faire qui nous appelle à transformer les métaux( les conditionnements)en or ( l’hypothétique liberté avec une minuscule) qui ne sera jamais totalement or il va sans dire mais cet or pourra nous servir de boussole pour guider notre faire à faire et parfois pour cela il faut croiser le fer, sourire !
Bonjour,
Ayant été formé par un disciple d’Alain, j’ai pu constater qu’une telle morale menait à faire système de cette impératif catégorique de « penser par soi-même », mais en pratique à ne jamais y parvenir… hormis sur chaque thème, en toute question, d’avoir pour chacune des inconnus de l’équation cette unique réponse.
Des groupes d’amis, même, se réunissant autour du maître et son ancêtre tutélaire Alain (Émile Chartier), eurent vite fait de virer « groupe de connivences et d’entendus », le feu intérieur suffisant amplement au bonheur de tous.
Bien entendu, la démocratie réelle fut rehaussée au rang d’objectif prioritaire, de connivence majeure : chacun devant penser par lui-même, la mise en commun des idiosyncrasies devait générer un capharnaüm dont le référendum permanent et ses arrangements besogneux (appels au vote hebdomadaire, recours au Net, montre-bracelet électorale…), en étaient la contrainte juste et honnête, le contre-pouvoir bien commode permettant aux « toute-puissances » en friction dans l’Agora, de s’accorder pour faire chœur et projet viable.
Ce professeur de philosophie s’appellait Paul Barrassin (1932-), vivait en Charente (La Chapelle-des-Pots), enseignait au Lycée Camille Julian de Bordeaux (jusqu’au début des années 1990) et publiait à compte d’auteur via l’imprimerie Delavaud de Saintes. Puis prit sa retraite tout en continuant d’écrire. Un disciple plus persévérant que ses congénères, Yvan Elissalde, décida même d’en perpétuer l’enseignement par voies de recensions érudites.
Parmi les ouvrages princeps signés P. Barrassin, posant son cardo et son decumanus, on distinguera :
L’Homme Infini, dénichant les bases mystiques à l’exhorte pour une « réflexion autonome généralisée », dans la puissance infinie de l’Esprit humain.
Et Propos sur la Chose Publique, une représentation de la Cité idéale (de forme athénienne mais spartiate dans le goût), avec Lois et Châtiments sensément inspirés par le précédent ouvrage et son héros, l’Homme Infini doté de sa toute-puissance de penser.
Il m’est aussi difficile de faire l’économie d’ironie sur Paul Barrassin que d’aucuns sur Alain Beitone… réglant ici mécaniquement de vieux comptes touchant à l’adolescence et leurs années de formation/répulsion pour une ancienne philosophie faite habit.
Cet héritage frictionnel personnel m’empêchant de dénoncer avec vous l’Empire par la recherche d’une citoyenneté réellement démocratique, et m’obligeant à opter pour d’autres biais de réparation des torts causés à tous, je continuerai à frayer loin d’ici, dans d’autres eaux de la contestation, celles portées à ébullition par Alain Soral…, tout en restant persuadé que les écrits de ce professeur de terminale, Paul Barrassin, farouche moraliste et défenseur de l’autonomie individuelle, existent encore, charriant à jamais leurs saintes colères métaphysiques et leurs rêves de temples dédiés à l’Esprit, au cœur même des Cités humaines enfin Démocratiques.
Max
En quoi votre voisinage auprès d’Alain Soral serait susceptible de réparer des torts causés ?
Ce serait bien intéressant d’avoir votre éclairage, mais ne vous obligez à rien bien sûr, c’est juste une question qui me titille !
Bonjour,
Effectivement les travaux d’Alain Soral pèsent de tout leurs poids pour mettre en lumière l’Empire dans ses manœuvres internationales pour faire plier les poches de résistance nationale au Moyen-Orient (Syrie, Lybie, Iran), en Europe ou en Amérique Latine (Venezuela).
A travers le site de son association Égalité et Réconciliation, il démontre combien son analyse de l’impérialisme monétaire US, chapitre nodal de son dernier ouvrage Comprendre l’Empire (Editions Blanche), a valeur prédictive en ces temps de recompositions territoriales forcées, et présent-il, d’accélération de l’Histoire.
Je vous concède qu’il n’appuie guère pour l’instant sur le levier constitutionnel pour engager ses troupes à résister, préférant œuvrer dans un premier temps, au rapprochement confessionnel des composantes du peuple français (notamment catholique et musulmane).
Ses références constantes aux travaux d’Étienne Chouard témoignent pourtant de sa connaissance des outils juridiques mis en avant par ce dernier pour œuvrer à cette massive réappropriation de souveraineté qu’en hommes courageux et de bonne volonté, nous souhaitons tous, eux en première ligne.
Cordialement.
Max
@ Catherine
(d’abord, merci de réagir 🙂 )
J’entends bien ce que vous dites, et j’y souscris. Dès l’instant où l’on accepte le fait que l’esprit humain est conditionné, il convient bien évidemment de faire de cette connaissance (de cette conscience) quelque chose de positif, qui d’après moi se résume assez simplement dans l’opposition entre ces deux notions du destin : le Fatum (fatalité) et l’Amor Fati (l’amour de la destinée).
Pour reprendre l’allégorie de la trilogie Matrix, dans le second opus (Matrix : Reloaded), Neo (le héros) rencontre le personnage de l’Oracle. Celle-ci lui explique qu’il n’est pas là pour faire des choix (les choix étant déjà fait), mais pour comprendre pourquoi il fait ces choix.
C’est une autre façon de dire que nous sommes conditionné (nb. dans cette allégorie, c’est encore plus significatif, car l’histoire secrète du film, c’est que Neo est, lui aussi, programmé – comme les machines qu’il est censé combattre – pour accomplir une tâche précise), et que lorsque l’on parvient à le comprendre, on peut déceler la nature des choix que l’on pose et le « pourquoi » de ceux-ci.
Dès lors, il nous reste à faire de cette conscience plus élevée de nous-même (plus élevée dans le sens « plus grande, plus large ») un outil pour grandir en conscience. Par exemple, en se demandant si les choix que nous opérons sont cohérents avec nos aspirations, cohérents avec « qui je veux être ». Si c’est le cas, alors mes actions se trouvent renforcée, et je peux me donner plus pleinement dans mes actions ; si ce n’est pas le cas, alors il me reste le choix de changer mes choix.
C’est la chose la plus difficile qui soit, car cela implique de changer notre « programme », de « virer les vieux implants » qui ont créé le programme de « choix ». Or, ces implants sont d’ordre émotionnel autant qu’intellectuel. Si, sur le plan intellectuel, il n’y a pas trop de difficulté à changer d’idée, sur le plan affectif, par contre, c’est à un véritable combat intérieur que l’on se livre (nb. le vrai « Jihad » tant préconisé par les religieux de l’islam, c’est de cela qu’il s’agit : un combat intérieur, contre soi-même, pas une guerre extérieure contre autrui).
Je peux donner un exemple personnel qui me parle : lorsque j’ai visionné le film Heartlings (Terriens), j’ai été profondément choqué et bouleversé. Ma prise de conscience des comportements humains à l’égard des animaux, qui illustre notre « barbarie » (au sens le plus péjoratif du terme) me porte à honnir l’espèce humaine, et me sentir « non humain ». En toute logique, je devrais cesser de manger de la viande (car cela participe évidemment à ces comportements crapuleux). Pourtant, je n’y arrive pas (encore). Je continue à manger de la viande, et à apprécier le goût de la viande. Je suis conditionné depuis mon enfance à manger de la viande, mon organisme est habitué à solliciter et digérer cet « aliment », et cette « programmation » est profonde. Renoncer à la viande est un combat difficile (pas impossible, mais difficile), qu’il faut non seulement faire en soi, contre soi-même, mais également vis-à-vis du monde extérieur, la société, qui elle, n’a pas encore la conscience que j’ai acquise, et qui trouve parfaitement naturel de manger de la viande. Un double combat, donc.
Mais effectivement, faire un autre choix, faire un choix que l’on a jamais fait et qui ne correspond pas à nos « engrammes » (programmes, implants, conditionnements, …), c’est véritablement être en « création », et plus en « réaction ». C’est à ce moment-là, en prenant sur la voie du « chemin de gauche » (de sinistra, à gauche, mais aussi sinistre, inquiétant, inconnu), que je crée une nouvelle réalité, que je crée un nouveaux programme. C’est seulement là que je deviens créateur de mon destin.
Cordialement,
Morpheus
Merci à vous Max d’avoir apporté une réponse mais qui me semble assez timide je dois vous l’avouer, mais bon, c’est mieux que rien et je m’en contente.
Et c’est quand même assez intéressant ce que vous dites d’Alain Soral et de son « supposé » désir de mettre en lumière » l’Empire dans ses manœuvres internationales pour faire plier les poches de résistance nationale au Moyen-Orient (Syrie, Lybie, Iran), en Europe ou en Amérique Latine (Venezuela). »
Car ce qu’il ressort de mon vécu avec ce monsieur Soral, c’est que lorsque j’ai voulu diffuser des informations concernant les travaux remarquables d’Antony Sutton, j’ai tout simplement été censuré puis radié de son compte faRcebook, étrange ne trouvez-vous pas
Je soumets donc ces faits à votre connaissance et vous laisse libre bien entendu de penser ce que vous voulez en penser, n’empêche taire des faits c’est très parlant pour moi, non ?
Morphéus, je crois que c’est Wittgenstein qui dit que lorsque l’on a compris certaines choses, ces certaines choses ne produisant pas de si bonnes choses pour nous, les autres et le monde, on ne pourra plus de si tôt y rejouer sauf si ça répond à un état chez nous, qui nous appelle à reconduire des erreurs, mais c’est alors que l’intégration de ces informations n’est pas passée en nous ou pas suffisamment.
Tout est question de degré en toute chose et nous évoluons toujours sur un continuum, un curseur on pourrait presque dire qui nous fait aller du rien au tout ou du tout ou rien, et notre boulot c’est justement de construire l’entre deux je crois, l’équilibre et ce n’est jamais fixé, jamais gagné, c’est toujours sur le feu cette marmite-là .
Des cartes qu’on a dans la main en naissant, certes on ne pourra pas les changer. Que je m’en satisfasse ou pas, je fais avec. Mais ça ne s’arrête pas là et c’est ça qui est essentiel, sinon la vie n’aurait aucun goût et surtout aucun relief, aucun sens.
Il me revient à moi, qui contient tout ça, d’en faire quelque chose au service de la vie, qui offre du sens pour moi dans un juste rapport avec les autres, et ça, ça ne tombe pas du ciel cette affaire-là, ça se construit et c’est ça notre boulot d’homme je trouve.
Tenter de construire du sens qui fasse sens pour le je et le nous, l’équilibre de la balance qui respecte les deux instances qui sont la personne et la communauté, sans prévalence de l’une par rapport à l’autre comme aujourd’hui ni comme jadis( j’entends ici les communismes qui broient l’individu et qui sont un autre totalitarisme pas plus reluisant que celui d’aujourd’hui)d’une instance plutôt qu’une autre, et ça, ce n’est pas encore écrit, ça s’écrit dans chaque souffle, chaque silence, chaque parole, chaque renoncement ou chaque acquiescement et ça, ce n’est écrit nulle part, sinon dans cette ouverture, cette ouverture au souffle qui sans lui nous fait répéter des schémas qui nous broient et nous tuent par anticipation.
Enfin, ça reste un point de vue tout personnel bien sûr, je ne peux parler que de mon vécu.
Attention !
La photo du jeune homme à lunettes n’est pas une photo d’Alain, mais de son élève Louis Canet.
Cordialement,
P. Heudier
Vice-président de l’Association des amis d’ALAIN
Merci Pierre,
j’ai corrigé.
Et je vais remettre ici cette photo que je croyais d’Alain et qui est celle d’un de ses élèves, parce que trouve qu’il a vraiment une bonne tête, comme l’idée que je m’en fais quand on s’élève à l’altitude d’Alain.
Louis Canet, élève d’Alain.
Au plaisir de vous rencontrer et de parler ensemble de lui (et peut-être aussi de Simone).
Étienne.
Trouvée sur le site d’Alain (aliana.free.fr), cette perle :
Si l’on croit que la culture de l’intelligence ne convient qu’à un petit nombre d’hommes bien doués, qui gouverneront ensuite les autres, alors oui il faut enseigner mal, et enseigner vite ; et c’est tant pis pour celui qui ne saura pas comprendre à demi mot ; il apprendra, au cours de ses études, le respect qui est dû à l’élite ; et cela suffit, dans un régime aristocratique. A ce point de vue l’Université défie toute concurrence ; elle possède l’art d’enseigner mal ce qu’elle sait bien ; et ce n’est pas si facile qu’on le croirait.
Mais si l’on considère que les esprits les plus lents, et qui sont quelquefois les plus riches, sont ceux qui ont le plus besoin de conseils et de leçons ; si l’on croit que des citoyens préparés à la réflexion et à la critique sont le trésor d’une démocratie, et si l’on estime, d’après cela, que l’enseignement est fait principalement pour ceux qui ne sont pas capables de s’instruire tout seuls, alors, il faut reconnaître que l’Université ne nous en donne point pour notre argent.
Propos d’un Normand, 17 mars 1906
Source : http://alain.institut.free.fr/index.html
Le Canard Enchaîné, 1985 : « Cher vieux prof ».
il parle notamment de Victor Klemperer , philologue qui a décrypté la novlangue nazie utilisée comme moyen de propagande. Et puis il cite souvent Kafka le grand : » Une hache qui brise en nous, la mer de glace » fichtre, nous en aurions besoin de cette hache pour briser la glace dans laquelle nous sommes gelés…
Il reprend aussi une très belle phrase de
Kafka qui dit:« un livre ne présente d’intérêt que s’il est un coup de poing dans le crâne qui réveille » je glisserai pour dire aussi, un blog n’a d’intérêt que s’il est un coup de poing dans le crâne qui réveille, or, nous sommes endormis, anesthésiés par les discours qui ne cessent de se suivre.
Merci à Fabrice Midal
« l’oppression mentale totalitaire est faite de piqures de moustiques et non de grands coups sur la tête »…
LA LANGUE NE MENT PAS – 1⁄4 par ESTETTE
La liberté est elle compatible avec une volonté générale claire et incontestée ?
Comment l’individu peut il distinguer ce qu’il choisit d’être de ce qu’on fait de lui ?
Je cherchais un auteur qui ait traité de ce qui permet à l’individu de faire cette différence,(ci-dessus#39)et puis j’ai pensé je ne sais pas encore bien pourquoi, à Wilhelm Reich, un scientifique, professeur d’Alexander Lowen(ce dernier auteur de la bioénergie) dont a été inspirée la méthode Mézière ; Thérèse Bertherat en fera plus tard un développement suivie par Marie-Lise Labonté. Les travaux de recherche de W. Reich,(pas à cause de son nom faisant concurrence;-) auront été en partie brûlés par les nazi. Né en 1897-mort en prison en 57.
En fait, je le trouve intéressant dans le sens où, au-delà de la fonction reproductive, la force sexuelle a je pense d’autres raisons et potentialitées émancipatrices et individuente (la sexualité est en elle-même individuante)page 2 du pdf http://www.psychanalyse.lu/articles/BernatOrgasme.pdf et est aussi liée à la force vitale de l’individu de son esprit ; ce qui rayonne en lui. Peut-être est-ce là la raison d’une volonté à travers la religion de la soumettre, en l’empêchant d’être reconnue comme naturelle et donc diabolisée au travers de l’acte sexuel comme mal, comme pecher.
Georges Orwell en parle aussi dans son roman 1984 :
« Nous abolirons l’orgasme ! » (Orwell, 1972).
W. Reich auteur de l’analyse caractérielle – La psychologie de masse du fascisme,…
La volonté de tous étant incompatible avec la liberté individuelle (puisque majoritaire et non représentative de l’ensemble), il faut donc constamment garder à l’esprit que la volonté générale s’équilibre en nombre sur le modèle individuel quand celui-ci (l’individu) agit et participe au bien public, garant de son bien propre et particulier.
Le totalitarisme n’est qu’une usurption de la puissance publique par une élite en même temps qu’une majorité ignore ou se refuse, inconsciente ou conditionnée, cette souveraineté proportionnelle en nombre.
L’enjeu est bien un rapport de force, mais cette exigence démocratique en même temps que ce pragmatisme éclairé… et je ne vois qu’une solution pour forcer cette destinée commune et ré-enchanter le Monde, innover en tout cas.
Cette Transparence en même temps que cette Volonté… simple délire ou prophétie des temps modernes, il sera toujours bien assez tôt pour voir de quoi il retourne.
Non pas tant l’orgasme mais cette montée en puissance surtout, cette fébrilité, cette démesure, cette exubérance, cette overdose sensuelle et inconsciente de tout vouloir, de tant désirer et de ne plus s’appartenir… cette illimitation de la volonté, de la psyché, cette infini dont on commence enfin à prendre conscience, cette sublimation par la beauté, ce désir avant que cette contemplation, cette plénitude, cet absolu…
… ou quelque chose comme ça, lol.
erratum : cet infini
@ Ana
questions essentielles, la seconde semblant préciser la 1ere.
Questions en appelant d’autres :
qu’entends tu par liberté ?
et qui est le « on » de « on fait de lui » ?
Bien amicalement
J.C
« Comment l’individu peut il distinguer ce qu’il choisit d’être de ce qu’on fait de lui ? »
Ana : quand ses pensées, ses émotions et ses actes sont fondés sur son instinct de Vie, et non sur un pseudo « instinct de survie ». Sur l’Amour, et non sur son contraire : LA PEUR.
Quand il a la Foi en la puissance créatrice dont il est partie intégrante, au lieu de ressentir la peur, le doute, et aussitôt le découragement, le sentiment d’impuissance puis la paralysie. Ou au lieu de passer directement à la haine sans même avoir le temps de s’apercevoir qu’elle naît de la peur, comme le sentiment d’être victime naît de la peur.
Quand son être n’entre en résonance avec aucune croyance (même si on lui répète « c’est ça la réalité, tu te trompes de perception »), mais seulement avec la Connaissance.
Quand il ressent une tendresse profonde pour tout ce qui vit, au lieu de répandre comme de la confiture un ego dont l’objectif n’est nullement de gagner, seulement d’avoir raison.
Quand il ressent le long de sa colonne vertébrale la danse de l’énergie de Vie courir en sarabande, et qu’il sent les ondes de cette énergie se propager dans tout son corps comme une fête cosmique dont il est une étincelle, et qu’il peut même décider de l’émettre consciemment, et même avec une intention précise.
Brigitte
« la FORCE sexuelle a je pense d’autres raisons et potentialités »
Oh oui Marie, elle a d’autres raisons, le corps à corps de l’amour est pour l’humain de cette planète un des événements qui lui ouvrent l’accès à une autre dimension, à sa véritable dimension : il ne sait plus qui est dans qui, où est le haut ni le bas, il ne ressent aucune douleur, aucune séparation, aucune dualité, il est entièrement relié à tout le vivant, il sort de l’espace et du temps linéaire de ce monde, il quitte la prison des perceptions dans lesquelles on l’a enfermé, la bande de fréquence trop étroite pour jouer sa musique, il entre dans la réalité, c’est-à-dire dans l’infini… Il retrouve qui il est. Il ne l’oubliera plus jamais.
C’est pourquoi tout est fait pour le formater en consommateur de sexe avant que cela n’arrive : il faut à tout prix lui effacer les traces qui le ramèneraient à la connaissance de qui il est.
Brigitte
Il arrive que la question soit plus importante que la réponse.
La question éveille et la réponse endort.
Ce qui est ennuyeux chaque fois que l’éveil est la réponse 😉
J.C,
Je ne suis libre que si je suis et je ne suis que si je suis profondément humaine.
Ma liberté, selon ma pomme, se présente donc aux rares instants où les circonstances de ma vie et mes propres caractéristiques me permettent de percevoir ma dimension la plus profondément humaine, puis de régler mes pensées et mes actes sur cette connaissance là.
C’est rare !
Pour résumer : Percevoir la profondeur et s’y conformer.
Cette liberté est non seulement individuelle mais encore collective -> Ma liberté commence là où commence celle des autres !
Car c’est lorsqu’il est lui-même libre que l’autre choisit de ne pas entraver ma liberté.
Ainsi la liberté est elle un phénomène synergique en rapport avec la solidarité.
(((La conception usuelle de la liberté, qui dit on s’arrêterait là où commence celle des autres, cette conception là intègre la concurrence, l’opposition, et nécessite donc la loi, régulatrice des désirs égocentrés de chacun, nécessite donc l’Etat et la coercition. Ainsi la conception usuelle de la liberté induit elle la coercition, au contraire de l’autre, que je brosse ici, qui si elle était effective, elle ne l’est pas hélas, permettrait l’heureuse anarchie)))
L’humain ne peut approcher la liberté que s’il développe, aussi constante que possible …, une attention sur lui-même mais dégagée de lui. Hors de l’attention, il devient mécanique, et une mécanique n’est pas libre.
La vidéo (qui m’a fait poser ces deux questions) proposée par Catherine démontre bien les effets pervers de la non-liberté (au sens susdit) lorsque des troupeaux de mammifères humains sombrent dans l’oubli universel de soi en croyant pourtant librement adhérer à un »idéal collectif«.
Puisque j’établissais un lien entre la liberté et la solidarité (la perception de l’unité intégrée jusque dans l’attitude mentale et dans l’acte physique) il est important de noter que lorsque le rayon d’action de la perception de l’unité est réduit, on n’est pas dans la liberté mais dans la classification (raciale ou nationale sur la vidéo)
JC, pour ton autre question : « On », c’était tout ce qui m’entoure et me façonne sans me consulter, la liste est longue. Pas forcément des gens.
Bonjour,
À mon avis, la liberté prend son sens quand un acte délibéré s’y oppose.
Ana questionne : » Comment l’individu peut il distinguer ce qu’il choisit d’être de ce qu’on fait de lui ? »
Quand il devient serviteur de la puissance de vie et non maître, alors il est dans le royaume de la puissance de vie et la justesse, et tout lui est accordé par surcroît comme dit Matthieu. Bref, tout le contraire de ce que l’on vit aujourd’hui où tout est dicté par la peur comme nous le rappelle si bien Brigitte.
Au fait Etienne, pourquoi n’ouvrez-vous pas les vidéos que je propose, messages 37 et 38, auriez-vous oublié « vos limites » démocratiques ?
Bigre, il vous faut donner l’exemple si vous voulez être entendu, sinon, tout votre discours coule, et va-l’eau !
Il y a dans la barre d’outil (au dessus du pavé d’écriture) une planète-symbole qui permet de rendre les liens plus pratiques au lecteur qui passe en attendant qu’Étienne ait eu le temps en plus de son métier de tout fignoler ici et de réparer ce qui doit l’être (les spams entre autres). Ce serait bien de s’en servir.
no comprendo??? Initiés, levez-vous !
Si l’intérêt individuel est contraire à l’intérêt général, c’est qu’il ne s’agit pas vraiment de l’intérêt général.
Bien amicalement
J.C
Ouais, si l’intérêt( stricto sensu inter ‑esse, ce qui est entre, l’espace entre moi et l’autre)mon intérêt est différent de celui des autres, alors ça ne veut pas dire qu’il soit faux, ou menteur, ça veut dire qu’il y a un chemin à cheminer pour que le moi et le nous se rejoignent, se relient, se marient, c’est de noces dont il s’agit, non ?
Bien barbaresquement
J.C
Cela faisait suite à une vidéo montrant qu’une volonté générale peut être malsaine.
C’est ce qui m’a poussée à triturer la notion de liberté intérieure.
;;;;;;;
Catherine, essaye déjà de cliquer sur l’icône signalée. Tu devrais trouver assez vite comment ça marche.
Ana, je ne comprends rien de ce que tu me dis.J’ai besoin qu’on me parle simplement sinon je reste sur le bord de la route. Je vais me coucher , deux mains je me lève tôt car je dois aller bosser !
@ Ana,
Oui, la volonté général n’est pas l’intérêt général surtout quand il s’agit de la manipulation générale mon général.
j’aurais bien un début de réponse sur la liberté individuelle mais je ne suis pas sûr quelle te plaise.
Sous forme de question ça donne ça :
nos caractéristiques propres ne sont-elles pas héritées ?
Nos réactions ne sont-elles pas conditionnées ?
Nos actions étant toujours une réponse à l’environnement, la réponse se trouve dans la question.
Bien amicalement
J.C
La réponse se trouve dans la question, ça, c’est du lourd !
« Nos actions étant toujours une réponse à l’environnement »
Non, l’école déterministe a vécu, du moins sa dimension absolutiste, vaincue par les faits, et croire cela c’est renoncer à être humain, c’est se reléguer, plus bas que le primate, au rang de robot, biologique certes, mais robot quand même, c’est renoncer, et au Moi, et au Soi, et à toute la mesnie polymorphe qui gère notre ménage.
De la complexité, celle du cadre & celle du système vivant, de l’hypercomplexité des choses et des êtres, dans le foisonnement d’impulsions souvent contraires et désordonnées, mouvantes, instables, venues du dedans et du dehors, naissent le libre arbitre et la gestion volontaire, qui affranchissent de la stricte causalité. Lorsque l’organisme devient suffisamment autonome, il peut alors décider, ou pas, d’un moi directionnel, et cela en toute indépendance de ses moteurs primitifs.
On pourrait penser/objecter qu’in fine, à l’instant où l’être se décide à orienter sa liberté illusoire, il est encore déterminé, à son insu.
L’introspection attentive, au calme et sans passion, tend à convaincre du contraire, mais sans preuve.
Mais en physique, on a dû renoncer au déterminisme (et ce fut dur à avaler) et dans le créneau laissé par ce vide causal peut se nicher la liberté. A nous d’en faire notre royaume. « It’s a long way »
@61
Il y a eu un truc extra dans l’évolution de la vie sur Terre, c’est quand l’attention s’est mise à se pencher sur elle-même.
Nous ne savons pas si la conscience préexiste à la vie, mais c’est à cet instant singulier qu’elle se révèle :
Le nombrilisme cybernétique est le germe de l’évasion au loin de la cybernétique biologique :
Si nous sommes capables, et c’est considéré comme une maladie (un autisme acquis), de ne plus nous déterminer qu’en fonction d’un monde intérieur, virtuel, créé de toute pièce, nous pouvons aussi, mais cette fois-ci sans hubris, user de cette capacité d’évasion pour contrebalancer la pression du monde extérieur sur nos décisions au moyen de ce qu’il faut bien nommer liberté intérieure.
Vient alors l’instant où les autonomies se concertent.
ça se complique 😉
Au-delà de tout complexification – cette édification fractale et cette diversité du Vivant -, cette évidence de la Beauté et de l’Harmonie, cette effarante simplicité_paradoxes et subjectivité, le sentiment amoureux comme ce recul éclairé, conscience et conditionnement…
… Mais en physique, on a dû renoncer au déterminisme (et ce fut dur à avaler) et dans le créneau laissé par ce vide causal peut se nicher la liberté. A nous d’en faire notre royaume. « It’s a long way » (ANA)
Telle une graine de laqelle va naître tant de vie et tout un monde, toute une interacticité systémique née de rien mais ce Tout, bien présent, bien réel, la Nature souveraine et l’Homme non indispensable… ou ce juste équilibre, cette sublimation autant de cette automatisation physiologique que cette intention (spirituelle) et cette attention (respectueuse) cumulées, bref, cette exigence au même titre que cette humilité.
Mais parallèlement à ces évidences, tout n’en reste pas moins compliqué… ou chercher l’erreur, lol.
Bien des choses, par-delà toute cette grisaille printanière et ce peu de soleil
@ Ana
Essayes juste de faire une expérience toute simple. Une petite expérience de méditation. Tu te mets au calme, et tu te concentre sur une seule chose : observer ta respiration. Et tu essayes de faire cela, disons 30 minutes. Le but étant de rester bien concentré sur la respiration et rien que cela.
Ensuite, on verra si tu es toujours aussi convaincu sur l’absence de conditionnement par l’environnement et que croire cela « c’est renoncer à être humain, c’est se reléguer, plus bas que le primate, au rang de robot ».
L’orgueil humain est impayable : il est persuadé qu’il a le libre-arbitre, qu’il est maître de lui-même, qu’il est seul au commande. Il est persuadé qu’il est au dessus de la nature, un être supérieur, au delà de l’animalité. Pardon, mais je me marre.
Qu’il suffise de voir le film « Earthlings » [terriens] pour se convaincre que, oui, en effet, l’humain civilisé est au delà de l’animalité, au delà de la bestialité : il est carrément dans l’abomination démoniaque digne des pires films d’horreur et de zombies que Hollywood a jamais produit. Aucun animal, jamais, ne s’est comporté de la sorte. Sauf peut-être les virus, si l’on considère les virus comme des animaux…
TOUTES les formes de vie sont conditionnées par leur environnement. Et l’être humain a un lourd handicap : il est dominé par son mental. Qu’est-ce que le mental ? Non pas le conducteur, mais le conduit. Entre les mains du maître véritable, le mental n’est qu’un outil. Tu portes la cuillère à sucre à la bouche et tu trouve cela doux ; ce n’est pas la cuillère qui est douce : essaye de la mordre, tu t’y casseras les dents.
Mais bon. Crois ce que tu veux.
Morpheus
@ Ana
Dans « Mort de la famille », David Cooper à écrit :
La mort du doute et la mort du corps tirent leur origine des besoins grégaires développés au premier chef par la famille. Une des premières leçons que nous acquérons dans le cours du conditionnement familial est qu’en ce bas monde nous ne pouvons nous suffire à nous-mêmes. On nous enseigne avec force détail à nous déposséder de nous-mêmes et à vivre tellement agglutinés les uns aux autres que nous nous collons des lambeaux de la personnalité d’autrui jusqu’à ne plus distinguer ce qui, dans notre personnalité, nous appartient de ce qui appartient aux autres.
Telle est l’aliénation : soumission passive à l’invasion des autres qui ne sont, à l’origine, que des membres de la famille. Toutes les métaphores développées dans la « paranoïa » sont une protestation poétique contre cette invasion.
L’institution psychiatrique est, après l’école et la prison, le troisième moyen de défense dont dispose la famille contre l’autonomie des individus, sans compter, bien sûr, les nombreuses institutions propres à les rejeter.
Il me semble que, de nos jours, la paranoïa, du moins dans le premier monde, est une nécessaire tentative de libération et d’accomplissement total. (…)
Nous devons, je crois, réévaluer certaines expériences et certains états catalogués comme morbides, puis, grâce à une complète « déclinicalisation » de notre appareil conceptuel, les considérer comme des tactiques plus ou moins réussies pour acquérir autonomie et cohérence interne.
Dans un ouvrage précédent (note : Psychiatrie et Anti-psychiatrie), j’ai démontré quelle distance infinie, du point de vue de la vérité de la vie, sépare d’une part la norme — triste destin de la plupart d’entre nous — et d’autre part la santé et la folie qui se rejoigne au pôle opposé.
Le point crucial est ici le rôle que joue la famille en produisant, à travers la socialisation initiale de l’enfant, la normalité et les bases du conformisme. Pratiquement, élever un enfant c’est détruire une personne. De plus, l’éducation met la personne hors d’elle-même et loin d’elle-même. En jouant sur l’étymologie grecque, on peut illustrer cette idée.
Eknoïa <-> Paranoïa <-> Noïa (En-noïa) <-> Anoïa / Antinoïa
L’état eknoïde à gauche du diagramme est l’état normal du citoyen conditionné et toujours obéissant. Dans cet état, l’homme est étranger à tous les aspects de son expérience, à toute véritable raison d’agir, étranger aussi à son propre corps quand il n’est pas objet d’exploration pour les autres, il refuse prudemment toute possibilité de changement, si bien que l’on peut dire, sans crainte d’une métaphore déplacée, qu’il a perdu la tête. (…)
De cet assassinat, la compensation est manifeste : on peut devenir riche ou du moins « aisé », diriger une grosse entreprise ou un État, ou même se réjouir de la dévastation écologique d’énormes surfaces au profit de valeurs admises. Tout bien pesé, il n’y a rien de mieux que d’avoir perdu la tête.
Par une série de métanoïas, l’homme peut se sortir de l’état eknoïde. On entend par là un changement de sa personnalité profonde qui atteint son apparence, sa surface sociales. C’est un véritable chemin de Damas, avec conversion, repentir et, même au deuxième stade de la métanoïa, des « signes » de dépression et de deuil.
La première métanoïa conduit à une zone « paranoïaque », état où l’homme est à côté de lui-même. Si l’eknoïa est l’état où l’on est hors de soi-même, dans la paranoïa, du moins, on en est près. »
Ainsi l’on peut considérer que si le « conspirationnisme ambiant » est le signe de l’émergence d’une forme de paranoïa dans la société, il s’agit d’un bon signe, c’est-à-dire le signe d’un réveil progressif des consciences, désireuses de sortir de l’état de zombies dans laquelle le conformisme social les a entraînés, et de retrouver leur identité propre.
Il s’agit donc de comprendre que le processus d’individuation est continuellement confronté au processus d’uniformisation imposé par l’environnement, c’est-à-dire, dans la civilisation, l’environnement socioculturel et la pression du groupe sur l’individu. L’individu s’adapte, ce n’est jamais l’environnement qui s’adapte à l’individu.
Dès lors, affirmer que nous sommes conditionnés par notre environnement est presque une tautologie.
Amicalement,
Morpheus
« Essayes juste de faire une expérience toute simple. Une petite expérience de méditation. Tu te mets au calme, et tu te concentre sur une seule chose : observer ta respiration. »
On t’a pas attendu tu sais.
@ Ana
« Nos actions étant toujours une réponse à l’environnement »
On agit pour modifier l’environnement sinon on n’agirait pas.
la complexité ne change rien à l’affaire.
« Nos actions étant toujours une réponse à l’environnement »
Les représentations mentales prennent toujours appui sur les facultés perceptives.
Les élaborations, les déductions sont toujours des réponses conditionnées.
Autrement dit, rien n’échappe à la causalité.
Le point est de trouver l’origine de la causalité, l’origine des perceptions ou champ perceptif.
Bien amicalement
J.C
@ Ana
D’accord, et qu’as-tu appris de cette expérience ?
J.C,
« rien n’échappe à la causalité » -> renseigne-toi sur les révolutions scientifiques du siècle passé.
« On agit pour modifier l’environnement sinon on n’agirait pas » -> Écrire un poème agit sur l’idéosphère. Tu as donc raison 🙂
Morphéus,
suivre ton propre conseil t’éclairera certainement mieux que je ne puis le faire : je ne vois pas ce qu’une andouille qui croit encore au libre arbitre pourrait t’apporter sur ce plan là.
Bonsoir,
Georges Moustaki ma liberté :
S’il n’y avait pas de causalité, il n’y aurait pas de science Ana.
Sans rapport de cause à effet, il n’y a rien à étudier.
Bien amicalement
J.C
Renseigne toi, disais-je.
Ana,
Si tu fais référence à la physique quantique, elle déplace la causalité de l’objet au sujet mais ne l’a nie en rien.
Toute science est fondée sur la causalité Ana.
je te mets au défi de me donner un seul exemple d’approche scientifique qui ne le soit pas.
Bien amicalement
J.C
« elle déplace la causalité de l’objet au sujet »
Explique.
@ ana
Lorsque l’on cherche à observer un évènement, on cherche à comprendre la relation entre l’avant et l’après, c’est à dire à en déterminer le fonctionnement, les rapports de cause à effet.
Je voudrais faire une petite parenthèse concernant le déterminisme.
Voilà ce que l’on trouve sur Wikipédia :
« Le déterminisme dit que dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Dans la pratique, ce « dans les mêmes conditions » pose un problème de réalisation, car les conditions initiales du système ne pouvant pas être absolument connues, si l’on fait deux fois ce qui semble être « la même expérience », quelque chose en différera nécessairement »
On ne peut se laver les mains deux fois dans la même eau.
En physique classique, nous considérons généralement les évènements de manière objectives. Nous considérons à tord qu’un évènement peut être observé indépendamment de nombreuses conditions comme un élément isolé ou l’observateur lui même serait extérieur à celui-ci.
Cette abstraction de l’interdépendance de toutes choses n’est acceptable que pour des applications simples ou un grand nombre de facteurs sont considérés comme négligeable.
Dans le cas de la physique quantique, il n’est plus possible de faire cette abstraction. Les mécanismes à l’œuvre sont alors trop subtiles, dans ce champ de potentialité, le sujet qui observe ne peut plus être considéré comme extérieur à l’expérience.
Le rôle de l’observateur étant central, il rentre dans le champs des causes qui vont produire un effet au sein même de l’évènement.
C’est que j’entends par déplacer la causalité de la considération purement objective (objet) à celle impliquant directement l’observateur (sujet).
Bien amicalement
J.C
-L’observation d’un paramètre le fait certes basculer d’un état flou à un état précis ; elle peut en effet être perçue comme cause de ce collapsus des possibles et être considérée comme élément inséparable du système observé, mais néanmoins, l’élection de la valeur mesurée parmi le champ des possibles demeure acausale. A moins que mes souvenirs d’il y a … 46 ans ne soient obsolètes 😉
-Ce qui est important dans la chute du déterminisme, c’est qu’elle abolit l’idée de Gauss que la connaissance de l’univers à l’instant t pourrait permettre de prévoir l’univers à l’instant t+dt ; c’est en quelque sorte la fin du « c’était écrit », et l’irruption d’un hasard radical dans l’évolution des choses.
-Nous avons de la peine avec tout ceci, et Einstein s’arrachait le crin en clamant que dieu ne saurait jouer le monde aux dés, car nous avons tendance, peut être est ce un désir, un besoin angoissé de pouvoir imaginer un monde qui serait précis, granuleux et connaissable même s’il ne nous est pas connu dans le détail de chaque granule, un besoin de croire qu’en grattant la réalité on peut toujours la connaître, nous avons tendance à tout vouloir trier en vrai/faux, à distinguer ce qui vibre de ce qui est dur, ou à croire qu’à toute grandeur est attachée à tout instant une valeur numérique, qui même si elle nous est inconnue n’en est pas moins précise.
Nous aimerions bien que tout effet soit l’enfant d’une cause, car cela pourrait nous laisser imaginer que la puissance de la déduction nous permet de tout anticiper, et d’ainsi maximaliser notre maîtrise du monde.
C’est faux.
S’il passe par ici un physicien authentique, il va peut être hurler, mais je ne crois pas me tromper sur l’effondrement du mythe de la cause nécessaire à tout évènement :
il y a des évènements spontanés : ils étaient improbables, ou probables, peu importe, mais ils se déclenchent mystérieusement sans la nécessité d’une cause nouvelle ; ça fait vachement penser à la révolution tunisienne non ?
Cliquez sur Emmanuel Ransford ou Basarab Nicolescu, il se peut que vous trouviez chaussures à vos pieds !
De la spontanéité et de la vie, cette inconscience en nous et ce mouvement en acte, constant, incessant, toujours renouvelé, infini, potentiel illimité car perpétuel et pouvant se décliner dans tous les sens et toutes les directions…
… le mouvement au coeur du vivant et de la réalité objective, et non le temps, perception subjective en soi comme du monde environnant, le temps ce postulat culturel, cette convention pratique et mentale, mais ce temps physique et abstrait qui n’est rien d’autre qu’une invention de notre esprit pour arrêter et délimiter le mouvement…
… telles ces heures du jour et de la nuit qui n’existeraient pas sans la révolution terrestre…
… telle cette attirance de l’autre qui ne serait rien sans libido…
… telles ces querelles de clocher et autres joutes partisanes qui n’auraient plus de raison d’être sans ce sentiment inné de justice et de liberté, cette Conscience en nous par-delà cette inconscience vitale, ce qui nous dépasse, cet Absolu, cette Harmonie, de ce qui nous sublime, la beauté du monde, les mots qui suspendent le mouvement et éternalisent le vie qui passe, nos rêves, nos désirs et cet émerveillement de l’enfant_comme de tout un chacun quand l’esprit et le coeur sont à ce point équilibré ici quelque part et complètement libérés de tout entrave et de toute représentation.
Je viens de voir Mon oncle d’Amérique, un film d’Alain RESNAIS de 1980, je ne l’avais encore jamais vu ; du cinéma intelligent et ces voitures de l’époque emportées dans cette grande danse du Mouvement !
@cb,
judicieuse suggestion 😉
j’y ai passé du temps mais n’en sors enrichie que de la persistance du mystère.
Pensées en vrac (ne pas y chercher une logique ni une intention) :->
Rien n’est plus risqué que d’affirmer.
-C’est bien avant la science que la conscience interroge sur elle-même, et sur d’autres continents souvent. Je crois même que nous d’occident sommes en retard parfois.
-La synchronicité selon Jung ouvre peut être une piste à la science pour détecter comme certaine l’existence du dessous Descartes.
Mais il y a de l’évanescent dans ce genre de chose, qui nous condamne à la modestie du pêcheur qui surveille son bouchon sans jamais savoir si ça va mordre, ni quand.
Si bien que ce que nous nommons « la méthode scientifique » est de peu de secours au pays de l’expérience non reproductible à souhait.
-Le Chaman lui aussi comme Jung explore « scientifiquement » et contrairement à ce que nous pensons avant d’avoir « voyagé », au propre ou au figuré (sans artifice, c’est possible), il ne se laisse pas leurrer : mais se met intentionnellement en état d’être leurré, par diverses méthodes, ceci afin de ne pas laisser baissé le rideau rationnel qui nous sépare de la composante mystérieuse du réel. Et ça marche. Charge à lui de trier après l’expérience et non pas avant, de trier le vrai vu du faux vu.
-La fausse reconnaissance selon Bergson, lorsqu’il analyse l’impression de déjà vécu, est typiquement la démarche occidentale qui consiste à baisser le rideau comme susdit.
Refuser le bénéfice apporté par la trahison de nos sens est un choix dangereux qui peut nous faire rater la perle rare de l’évènementiel.
Ainsi la science mal comprise (et en particulier les fameux critères de l’objectivité) peut elle par cécité choisie occulter l’occulte.
C’est marrant, mais j’établis un lien étroit entre ce que j’écris là et les réflexes de rejet en politique, qui font refuser jusqu’à l’observation de l’hypothèse complotiste. Un phénomène proche de la théorie du deuil selon Mme Kubler Ross conduit peut être par souci de confort à s’accrocher au résultat laborieux d’une pensée ancienne : l’aveugle volontaire vit le confort extrême de ne jamais être ébloui.
-Et c’est un sacré pavé dans la marre aux canards que l’effondrement du déterminisme. Il laisse un trou béant dans l’eau, et des ondes concentriques sur le lac lisse de nos dogmes. Il est donc logique de s’y engouffrer, avec ou sans palmes académiques, dans l’espoir d’y trouver le Graal.
Je l’ai fait quelques messages plus haut en suggérant que dans le vide causal peut s’immiscer la liberté, mais sans preuve.
D’autres vont rejoindre une certaine pensée plus qu’ancienne, courante en Asie, en farfouillant à la recherche du pan-psychisme ; il est en effet naturel de se demander si la dislocation d’un noyau atomique, qui semble n’obéir à aucune règle ((( voici qui répond au défi de J.C)))n’est pas coordonnée, non pas à des « variables cachées » mais à un machin contenu en toute chose, qui serait porteur d’intention ou d’esprit.
-Insinuant le doute sur l’immuable flèche du temps survient alors la causalité rétrograde suggérée par Olivier Costa de Beauregard, qui, lit on, permettrait d’ouvrir au delà de l’interdiction d’expliquer qu’imposent les expériences d’aspect et le théorème des variables cachées.
Et c’est vrai que si au laboratoire on comprend que l’observateur est parfois nécessaire pour faire passer de la réalité floue à la réalité précise, on peut se demander par extension au delà des murs du chercheur si l’univers existerait sans la conscience qui l’observe, et s’il n’a pas été obligé de l’engendrer pour se mirer en elle.
Mais si rien n’est à jeter, rien non plus n’est solide et le mystère demeure. Croire d’ailleurs qu’il est réductible est peut être un dogme.
@ Ana
La vision objectiviste qui considère qu’un évènement peut se produire de manière indépendante et séparé est effectivement dépassée. Tout évènement doit être envisager dans le contexte plus large de l’interdépendance de toutes choses.
Le terme « hasard » est utilisé lorsque l’on a pas encore identifié ou compris pourquoi et comment les choses sont produites.
Autrement dit, la poule et l’œuf ne naissent pas spontanément, comme le disait Lavoisier » rien ne se crée, rien ne se perds, tout se transforme ».
Le champ des potentialités n’est pas mesurable tel l’élément espace, à chaque fois que l’on souhaite mettre une frontière, on peut toujours se demander ce qu’il y a derrière.
Par contre, tout ce qui est observable est mesurable. Mesurer c’est mettre des limites.
Avant toutes autres considérations, une chose existe qu’en relation avec ce qui la différencie, ce qu’elle n’est pas, son opposé, l’autre. L’existence même d’une chose dépends d’autre chose que d’elle-même.
Quand est-il de la production ex nihilo (du néant), le néant n’a par définition aucune qualité pour produire quoique ce soit.
D’ailleurs le néant existe-t-il s’il est dépourvu de toutes caractéristiques ?
La réponse est non.
Les choses peuvent venir au jours que parce que leur existence dépends d’autre chose que d’elles-mêmes, si elles existaient indépendamment les unes des autres elles seraient immuables, inchangeantes puisque non sujettes à des conditions et rien ne pourrait jamais se produire.
Il existe une contradiction dans l’objectivisme qui conçoit une indépendance aux évènements, une rigidité qui conduit au déterminisme. Si l’on ne va pas jusqu’au bout du raisonnement concernant la nature de la manifestation, on s’enferme dans des vues extrêmes éternalistes et nihilistes.
Pour finir sur une touche d’humour, il y a une exception, la production ex nihilo existe… en matière de création monétaire mais là aussi, en réalité, il y a une astuce, certains banquiers se prennent pour Dieu 😉
Bien amicalement
J.C