JMQ : Mourir pour le yuan ? Comment éviter la guerre mondiale.

26/10/2011 | 3 commentaires

Jean-Michel Qua­tre­point :
Mou­rir pour le yuan ?
Com­ment évi­ter la guerre mondiale.

Mou­rir pour le yuan ? Com­ment évi­ter la guerre mon­diale..

Jean-Michel Qua­tre­point étu­die le pro­blème de la dette en rap­port avec la souveraineté.

Il com­mence par citer :

- « Il y a deux manières de conqué­rir une nation : l’une par l’é­pée, l’autre par la dette. » John Adam (second Pré­sident des USA).

- « Les capi­ta­listes nous ven­dront jus­qu’à la corde pour les pendre. » Lénine.

JM Qua­tre­point rappelle :

- L’im­por­tance des dés­équi­libres dans les échanges com­mer­ciaux pour com­prendre la for­ma­tion des dettes : les grands gagnants sont la Chine, qui a accu­mu­lé 2000 mil­liards d’ex­cé­dents, et l’Al­le­magne, avec 1400 mil­liards d’excédents !

- L’en­jeu des terres rares (contrô­lées à 95% par la Chine, et qui les garde pour sa propre pro­duc­tion), appe­lées à deve­nir aus­si impor­tantes que le pétrole aujourd’hui.

- Impor­tance de l’en­ca­dre­ment du cré­dit, très strict en Chine, qui repré­sente un atout impor­tant dans la com­pé­ti­tion com­mer­ciale internationale.

L’Al­le­magne (« la petite Chine »), dont la poli­tique mer­can­ti­liste lui per­met d’ac­cu­mu­ler des excé­dents consi­dé­rables, et que les condi­tions de négo­cia­tion de l’eu­ro ont beau­coup avan­ta­gée. Un deal a été pas­sé entre la classe ouvrière alle­mande, les PME et le patro­nat : salaires bas et assis­tance sociale dégra­dée mais pas de délo­ca­li­sa­tions loin­taines et pas de chô­mage de masse (choix plus natio­naux que ceux qu’ont fait les mul­ti­na­tio­nales « françaises »).

C’est le com­plexe indus­triel qui gou­verne l’Al­le­magne. Sie­mens négo­cie direc­te­ment avec Pou­tine, par exemple. La géos­tra­té­gie de l’Al­le­magne est la géos­tra­té­gie des grands groupes indus­triels : pré­da­tion sur les voi­sins et liqui­da­tion de la concur­rence. L’Eu­rope est en train de deve­nir un bou­let pour l’Al­le­magne qui a pillé qua­si­ment tout ce qu’elle pou­vait à ses voi­sins et se demande main­te­nant s’il faut payer pour la Grèce.

L’ar­naque de la taxe Hol­li­days sug­gé­rée à nou­veau par les mul­ti­na­tio­nales US pour se goin­frer tou­jours plus de bonus aux frais des contribuables.

La finance est deve­nue un objec­tif de la Chine.

Le mou­ve­ment « Occu­py Wall Street », selon JMQ, n’est pas de même nature que les Indi­gna­dos espa­gnols (plus déter­mi­nés, plus mécon­tents, plus ciblés, sans doute) et sera sans doute plus durable.

Rap­pel his­to­rique de la pre­mière glo­ba­li­sa­tion (1860−1914) et de la guerre qui a sui­vi, et simi­la­ri­té des condi­tions : mon­tée des émer­gents, mise en coupe réglée des colo­nies, expor­ta­tion du capi­tal anglais et fran­çais vers l’ex­té­rieur, sous-inves­tis­se­ment chro­nique, (emprunt russe) (perte des deux tiers de l’é­pargne à l’oc­ca­sion de la guerre), enri­chis­se­ments éhon­tés, inéga­li­tés crois­santes, mys­tère des vraies causes de la guerre mais intui­tion que c’é­tait la seule façon de sor­tir des spi­rales inéga­li­taires insen­sées et de la sur­pro­duc­tion chro­nique (à cause de salaires insuf­fi­sants), pau­pé­ri­sa­tion mas­sive en occi­dent, non pas des ouvriers à l’é­poque, mais des pay­sans car on impor­tait des pro­duits étran­gers à bas prix et on a trans­for­mé les pay­sans en esclaves, avec mon­tée des socia­listes et du com­mu­nisme… Et l’Al­le­magne, déjà à l’é­poque, menait une stra­té­gie mer­can­ti­liste, égoïste, avec un deal pas­sé par Bis­marck avec les syn­di­cats pour com­battre les socia­listes : coges­tion et sécu­ri­té sociale ; objec­tif : plus d’ex­por­ta­tions que d’importations…

Une très inté­res­sante confé­rence, où le contrôle public de la mon­naie voit son impor­tance stra­té­gique soulignée.

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Étienne

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3 Commentaires

  1. gilles

    Pour com­men­ter ton billet Étienne, un billet d’Ed­gar du blog « La lettre volée » :

    Le Monde publie un article de Pas­cal Gau­dron, titré « Il ne faut plus se foca­li­ser sur le résul­tat de la balance commerciale ». 

    Pas tou­jours très clair dans la forme (mais ça suit le fond), l’au­teur y explique que la balance com­mer­ciale ne compte plus : « l’a­na­lyse men­suelle de la balance com­mer­ciale n’a plus de sens et sa publi­ca­tion tra­duit bien que toutes les conclu­sions n’ont pas été tirées. sic » En effet, quand on perd une cin­quan­taine de mil­liards d’eu­ros par an, mieux vaut regar­der ailleurs ! 

    Pour affir­mer cela, l’ar­ticle repose sur des « expli­ca­tions » tech­niques : « Il faut même s’in­ter­ro­ger sur cette notion en rai­son des stra­té­gies des grandes entre­prises. Celles-ci déve­loppent une seg­men­ta­tion de leur chaîne de pro­duc­tion ou même une poli­tique de délo­ca­li­sa­tion par­tielle ou totale. Nous échan­geons des pro­duits mais aus­si des seg­ments avec plus ou moins de valeur ajou­tée. Le cas de Boeing en Europe est révé­la­teur des mou­ve­ments des composants. »

    Pour plus de pré­ci­sions, on peut se réfé­rer à un billet d’O­li­vier Bou­ba-Olga, qui com­men­tait un papier de l’OFCE. Bou­ba-Olga note ain­si qu’un Boeing, ven­du par les USA, contient en réa­li­té 70% de valeur ajou­tée étran­gère, et seule­ment 30% de valeur ajou­tée locale. L’ar­ticle de l’OFCE cite le cas de pièces fran­çaises par­tant en Chine pour être peintes avec de la pein­ture venant du Japon. Le retour des pièces en France sera enre­gis­tré en balance com­mer­ciale comme une vente de la Chine au Japon, alors que tech­ni­que­ment il s’a­git d’une vente du Japon à la France.

    L’a­na­lyse est exacte et inté­res­sante du point de vue de la com­pré­hen­sion des filières indus­trielles glo­bales et de leur struc­ture. Cela per­met de com­prendre l’in­ter­dé­pen­dance entre pays. Il n’empêche que le pays qui, à la fin de l’an­née, accu­mule des excé­dents, est dans une meilleure posi­tion que celui qui accu­mule des déficits. 

    Gau­dron a rai­son à très court terme : sur un mois et de façon microé­co­no­mique, la balance com­mer­ciale, sur un sec­teur don­né, a peu de sens. Sur une année et pour l’en­semble d’une éco­no­mie, ce n’est pas en déci­dant de s’in­té­res­ser à autre chose que l’on peut déci­der qu’un défi­cit de 50 mil­liards d’eu­ros n’a pas d’importance. 

    En réa­li­té, l’a­na­lyse de Gau­dron n’a rien d’é­co­no­mique et a tout à voir avec la poli­tique et la nov­langue des sou­ve­rai­nistes euro­péens : « Que signi­fie la balance com­mer­ciale de la France vis-vis du reste du monde alors qu’une par­tie est dans l’Eu­rope que nous essayons de construire ? Il faut au moins une balance com­mer­ciale de la zone Europe. »

    Fai­sant jouer ses titres uni­ver­si­taires qui masquent mal l’in­co­hé­rence de son pro­pos, l’au­teur, au détour d’une ligne, abat ses cartes poli­tiques : il s’a­git de ne cal­cu­ler qu’une seule balance com­mer­ciale, au niveau euro­péen. Cela n’a rien à voir avec les argu­ments ou bribes d’ar­gu­ments tech­niques avan­cés par ailleurs dans l’ar­ticle, c’est de la poli­tique mal dis­si­mu­lée (typique du Monde de lais­ser pas­ser cela).

    En réa­li­té, les balances com­mer­ciales sont au coeur des pro­blèmes actuels, aus­si bien internes à l’Eu­rope qu’entre grandes régions du monde. 

    On trou­ve­ra quelques défi­ni­tions de base sur un site du CRDP de Lyon, et notam­ment ce pas­sage : « Par défi­ni­tion, la balance des paie­ments d’un pays est tou­jours équi­li­brée. Pour­tant, on entend sou­vent par­ler du défi­cit de la balance des paie­ments. C’est un abus de lan­gage mais cela recouvre une vraie réa­li­té : le pays est obli­gé d’emprunter ou de pui­ser dans ses réserves pour assu­rer l’é­qui­libre de sa balance des paiements. »

    Donc des défi­cits de la balance com­mer­ciale (ou des paie­ments cou­rants, pour inclure les ser­vices) qui s’ac­cu­mulent année après année, c’est de la dette à financer.

    Pour la France, un gra­phique montre le lien entre la balance com­mer­ciale et la dette de la France depuis 1980 :

    gra­phique

    D’autres fac­teurs jouent pour la dette, le niveau des impôts bien sûr, mais la balance com­mer­ciale est un élé­ment impor­tant et on ne peut com­pen­ser par des impôts crois­sants une balance constam­ment défi­ci­taire. D’ailleurs, dans un article de Mar­tin Wolf que je citais pré­cé­dem­ment, il rele­vait que « le meilleur indice pré­cur­seur des crises de la dette actuelles sont les défi­cits com­mer­ciaux, non bud­gé­taires » (« By far the best pre­dic­tor of sub­sequent dif­fi­cul­ties were the pre-cri­sis exter­nal defi­cits, not the fis­cal deficits »).

    Même au sein de l’Eu­rope, on rap­pel­le­ra à M. Gau­dron que le défi­cit de la balance com­mer­ciale doit être finan­cé. Le coup de baguette magique auquel invite en réa­li­té Gau­dron, que l’on peut tra­duire par : « oublions de rat­ta­cher à tel ou tel pays euro­péen la charge de la dette liée à ses défi­cits », c’est exac­te­ment ce que l’Al­le­magne est en train de refu­ser. Et du point de vue alle­mand, c’est par­fai­te­ment com­pré­hen­sible. Cela ne peut être impo­sé par des rai­son­ne­ments fumeux de nature éco­no­mique, c’est un choix politique. 

    De fait, on peut com­prendre le bras de fer euro­péen ain­si : les rêveurs, qui sou­haitent que l’Al­le­magne consacre ses excé­dents à finan­cer les pays défi­ci­taires. Les cyniques appel­le­ront soli­da­ri­té le fait que l’Al­le­magne consacre une petite par­tie de ses excé­dents à faire l’au­mône aux grecs, et peut-être demain aux ita­liens, en échange de mesures de réces­sion drastiques.

    Les key­né­siens, ou ceux qui ne sont pas obnu­bi­lés par l’ob­jec­tif poli­tique de construc­tion d’un état euro­péen, sou­li­gne­ront que de simples ajus­te­ments des taux de change rééqui­li­bre­raient les échanges intra-euro­péens, sans qu’il soit besoin de sai­gnées imbé­ciles. Moins de défi­cits com­mer­ciaux c’est moins de dette et donc pas de crise. 

    Ce qui ren­force l’ap­pa­rence de sérieux du papier de Gau­dron pro­vient du fait qu’il surfe sur une ten­dance qui existe éga­le­ment au niveau mon­dial et consiste à affir­mer que les balances com­mer­ciales ne comptent pas et que tout va bien tant que les iPad sont « conçus en Cali­for­nie et fabri­qués en Chine ».

    Il faut écou­ter la confé­rence pas­sion­nante de Jean-Michel Qua­tre­point à l’I­HEDN, il réplique à pro­pos d’Apple que Apple c’est 25 000 per­sonnes en Cali­for­nie et 250 000 en Chine. Qua­tre­point place clai­re­ment les balances com­mer­ciales au coeur des pro­blèmes actuels, et à juste titre.

    http://​vimeo​.com/​3​0​8​5​7​313

    Par ailleurs il faut man­quer de réa­lisme gra­ve­ment pour ima­gi­ner que les chi­nois se conten­te­ront de jouer du tour­ne­vis pen­dant que les occi­den­taux défi­ci­taires feraient mar­cher leurs cer­veaux : les chi­nois concur­ren­ce­ront les Apple de demain, si Sam­sung peut le faire (et Sam­sung le fait en grande par­tie en Corée, ce qui est un avan­tage : les idées de R&D et les amé­lio­ra­tions naissent aus­si de la fabri­ca­tion), Leno­vo y arri­ve­ra un jour.

    Pour en finir avec Gau­dron : la nov­langue euro­péenne ne peut mas­quer que les balances com­mer­ciales défi­ci­taires sont au coeur de la crise actuelle. En Europe, Qua­tre­point rap­pelle que le taux de conver­sion ini­tial de Mark en Euros était favo­rable à l’Al­le­magne. Il note que c’est depuis la créa­tion de l’eu­ro que l’Al­le­magne accu­mule les excé­dents (il l’ap­pelle la « petite Chine »). Cor­ré­la­ti­ve­ment, c’est depuis l’eu­ro que la France, la Grèce et d’autres accu­mulent les défi­cits com­mer­ciaux (cf. les gra­phiques que j’a­vais com­pi­lés dans un billet précédent).

    L’eu­ro est donc la cause des crises actuelles, pas un remède. Il ne mérite en aucun cas qu’on lui consacre encore des réduc­tions de nos bud­gets, comme il s’en pré­pare. Ce n’est pas en théo­ri­sant que les balances com­mer­ciales n’ont aucun sens que l’on mas­que­ra ce fait cruel. Retar­der la recon­nais­sance de l’é­vi­dence a un coût social croissant…

    Source : La lettre volée.

    Réponse
  2. Hadrien

    Je sous­cris à l’a­na­lyse de Gilles ci-des­sus, en signa­lant une autre prose euro­péiste du même ton­neau que dans Le Monde :
    http://​leplus​.nou​ve​lobs​.com/​c​o​n​t​r​i​b​u​t​i​o​n​/​2​0​8​4​3​9​;​c​r​i​s​e​-​d​e​-​l​a​-​z​o​n​e​-​e​u​r​o​-​p​e​u​t​-​o​n​-​e​n​c​o​r​e​-​g​a​g​n​e​r​-​d​u​-​t​e​m​p​s​-​a​v​a​n​t​-​u​n​-​s​u​i​c​i​d​e​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​.​h​tml

    Dans l’article du Nou­vel Obs, en lien ci-des­sus, sous l’interrogation « Peut-on encore gagner du temps ? », on lit :

    (Deux) AUTRES SOLUTIONS :

    « La pre­mière est la créa­tion d’un super-com­mis­saire à l’euro qui aurait un droit de veto sur des déci­sions bud­gé­taires nationales…
    La deuxième solu­tion est celle de la mise en place des euro­bonds, des titres de dette euro­péens, qui per­met­traient pro­ba­ble­ment de dimi­nuer les taux d’intérêts des titres de dette de l’ensemble des pays de la zone euro…
    Si l’idée est sédui­sante, elle néces­site une révi­sion des trai­tés à l’unanimité, alors que cer­tains pays sont clai­re­ment oppo­sés à l’idée que des pays peu ver­tueux puissent encore se refi­nan­cer à moindre taux. »

    ET LES VRAIS AUTRES SOLUTIONS ?

    Elles consistent à remettre en cause, ce qui ne plait pas aux banquiers :

    - la dette publique aux mains des banques depuis 1973,
    http://​post​jo​rion​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​1​0​/​0​5​/​2​1​0​-​a​-​j​-​h​o​l​b​e​c​q​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​m​o​n​e​t​a​i​r​e​-​e​n​-​15/

    - la mon­naie unique sur­éva­luée à l’ombre de laquelle notre indus­trie est en train de mou­rir, ain­si que le sta­tut de la BCE qui empêche de moné­ti­ser la dette publique,
    etc…

    Peut-on rap­pe­ler à nou­veau que notre propre dette, que Moody’s vient de mettre en sur­veillance, n’existerait tout sim­ple­ment pas si l’on n’avait pas inter­dit au Tré­sor de se finan­cer auprés de la Banque cen­trale en 1973, inter­dic­tion ren­for­cée avec l’euro et les sta­tuts de la BCE ? … car l’essentiel de cette dette repré­sente les inté­rêts cumu­lés depuis lors !
    Ces inté­rêts repré­sentent cette année queques 50 Mil­liards, soit l’intégralité de l’impôt sur le reve­nu, et ils vont conti­nuer d’augmenter …

    Or, il s’agit là d’un cadeau fait aux banques, qui est pur béné­fice et ne leur coûte aucun frais d’infrastructure (les écri­tures élec­tro­niques sont liqui­dées dans les trois jours aprés l’adjudication de l’appel d’offre). Les banques nous fac­turent quelque chose qui ne leur coûte rien !
    En d’autres termes, les chefs d’Etat se réunissent pour trai­ter d’un pro­blème qui n’existerait pas sans leur entê­te­ment à le main­te­nir sous la pres­sion des lob­bies ban­caires (Rap­pe­lons que cette mesure fut ini­tiée sous Pom­pi­dou, ancien fon­dé de pou­voir du Groupe Roth­schild, et jume­lée avec l’entrée du Royaume-Uni et de la « City » dans la CEE, en Jan­vier 1973 !

    Il suf­fi­rait de reve­nir à l’ancien sys­tème de la sou­ve­rai­ne­té moné­taire natio­nale, et la dette dis­pa­rai­traît tota­le­ment, de façon pro­gres­sive sur sept ans, puisque telle est la durée maxi­male des tranches.

    C’est à cela qu’on voit vers où penche l’idéologie du social-démo­crate de ser­vice (Nou­vel Obs). Il vaut mieux mieux sans doute s’interroger gra­ve­ment, avec les can­di­dats pré­si­den­tiels UMPS, sur « la véri­té sur les comptes publics », mais sans vou­loir entendre cette vérité-là !
    On pre­fère dire qu’il fau­dra de l’austérité, beau­coup d’austérité, pour sau­ver les banques et même les reca­pi­ta­li­ser aux frais de tous…
    De qui se moque-t-on ?

    Contrai­re­ment aux pro­pos de café du com­merce que l’on entend sou­vent, relayés par les banques, sur la moné­ti­sa­tion (cava­le­rie, planche à billets, mon­naie de singe, etc.), la sou­ve­rai­ne­té moné­taire de l’Etat par finan­ce­ment du Tré­sor, au moyen de la Banque cen­trale, a été l’outil uti­li­sé pen­dant les trente glo­rieuses (y com­pris sous le géné­ral de Gaulle, mal­gré les admo­nes­ta­tions de Jacques Rueff).

    Cela nous ont valu une crois­sance moyenne supé­rieure à 5%, iden­tique à celle de l’Allemagne et le double des Etats-Unis, mal­gré des dévaluations/réévaluations en sens inverse de part et d’autre du Rhin.
    La seule dif­fé­rence fut chez nous une redis­tri­bu­ton en faveur des jeunes ménages, au détri­ment des ren­tiers et des banquiers.
    Où est donc aujourd’hui pas­sée cette poli­tique key­né­sienne, au milieu du cloaque euro-libé­ral et mon­dia­liste de la finan­cia­ri­sa­tion glo­ba­li­sée en faveur des banques et des ren­tiers ? En véri­té, la doxa moné­ta­riste anti-key­ne­sienne fut intro­duite par des semi-fachos (Hayek, Fried­man et al.) et mise en oeuvre par That­cher (1979) Rea­gan (1980) et Delors (1982, la desin­dexa­tion des salaires, 1983 l’arrimage au mark), des références…!

    A ceux qui pré­ten­draient que le tour­nant de la rigueur 82⁄83 fut bon pour notre éco­no­mie, je rap­pelle un chiffre :
    En 1982, notre indus­trie repré­sen­tait 30% du PIB. On est aujourd’hui à 13% !
    Contrai­re­ment à l’Allemagne qui est res­tée autour de 30%…
    Ce qui prouve que chaque pays a sa façon de fonc­tion­ner, en ver­tu de par­ti­cu­la­rismes sécu­liers qu’il ne faut pas négli­ger, et que le fonc­tion­ne­ment actuel de notre zone moné­taire « non-opti­male » n’est en fait opti­mal que pour l’Allemagne et ses satel­lites, puisque l’euro… c’est le mark !

    L’ENTÊTEMENT MONÉTARISTE ALLEMAND :

    L’idée que « si l’Allemagne pra­tique une poli­tique de mon­naie forte depuis la fin de la seconde guerre mon­diale c’est plu­tôt par han­tise de ce qu’il leur est arri­vé avec leur mark pen­dant l’entre deux guerres » semble insuf­fi­sante, même si on l’entend dire par­tout à défaut d’autre explication.
    (Cer­tains vont même jusqu’à lui attri­buer la mon­tée du nazisme des années 30 qui vécurent pour­tant de la reces­sion et non de l’inflation des années 20)

    Il n’y aurait d’ailleurs rien de contra­dic­toire avec l’idée de « revanche », puisque la planche à billets des années 20 fut acti­vée pour répondre aux contraintes du lourd tri­but de la guerre 14–18 impo­sé à l’Allemagne par le trai­té de Ver­sailles. L’orthodoxie moné­taire après 39–40 fut donc bien à cet égard une « revanche ».
    Mais cette idée de mon­naie forte remonte, en fait, à l’othodoxie moné­taire aus­tro-alle­mande fon­dée par Carl Men­ger (1840−1921), qui eut comme célèbres dis­ciples von Mises et von Hayek, et plus tard le moné­ta­riste « aus­tro-amé­ri­cain » Friedman.
    Tout le redres­se­ment d’après 39–40 des alle­mands s’est construit avec cette contrainte en tête, alors qu’on n’était plus sous les mêmes condi­tions qu’après 14–18, l’aide amé­ri­caine ayant tou­ché toute l’Europe. Le redres­se­ment fran­çais le prouve bien, puisqu’on a eu les mêmes taux de crois­sance sans s’imposer la même poli­tique monétaire.

    On peut donc se poser la ques­tion : » l’entêtement alle­mand dans leur poli­tique moné­ta­riste n’est-il pas dû, depuis la guerre à un désir de revanche en visant avec obs­ti­na­tion, soit seuls (deut­sch­mark), soit avec l’euro, une mon­naie de réserve d’une part conforme à leur tra­di­tion, d’autre part comme sub­sti­tut à tout qui leur a été confis­qué après 39–40 (pas de siège au conseil de sécu­ri­té, pas d’arme nucléaire, etc.): Deut­schland über alles , en quelque sorte, via la monnaie ! »

    Le pri­vi­lège d’une mon­naie de réserve est en effet exor­bi­tant puisqu’on peut, une fois ce sta­tut acquis, se per­mettre impu­né­ment la moné­ti­sa­tion (direc­te­ment ou indi­rec­te­ment) à sa propre dis­cré­tion : l’inflation qui peut en résul­ter est diluée chez tout le monde !
    Avec l’euro-mark, para­doxa­le­ment, on n’est pas loin d’entrevoir ce « nir­va­na moné­taire » dont les amé­ri­cains ont joui pen­dant plus d’un demi-siècle, puisque nombre de pays com­mencent à lou­cher vers l’euro comme pla­ce­ment (cf les offres chi­noises ren­dues publiques hier soir). A cet égard, la crise de l’euro est à double face : l’euro est fra­gile en interne (diver­gence des éco­no­mies natio­nales), mais solide en externe (appré­cia­tion face au dollar).

    Comme on dit pudi­que­ment, le « géo­po­li­tique » com­mence à se mani­fes­ter : appro­vi­sion­ne­ment en dol­lars dif­fi­cile pour les banques euro­péennes aux Etats-Unis, dis­cours récent d’Obama contre ces banques, etc. Dans le même ordre d’idées, rap­pe­lons quels sont les pays qui tenaient à mon­nayer leur pétrole en euros : l’Irak, l’Iran, la Syrie… Il suf­fit de voir quelle a été la réac­tion américaine !

    Réponse
  3. frabato

    Bon­jour amis du futur,
    Le monde entier est inquiet, à juste titre…
    Des moder­ni­tés s’im­posent, il faut des que possible
    Pro­po­ser les solutions !
    Elles existent, nos échanges sur la toile sont très encourageants.

    Nous repren­drons contact avec vous par mails pour vous faire part de notre pro­jet de socié­té : Nous sommes arrives à la fin d’un sys­tème, tous les pays indus­tria­li­sés sont dans l’o­bli­ga­tion de moder­ni­ser l’é­co­no­mie qui est trop mer­can­tile alors qu’elle devrait être dis­tri­bu­tive. Le moment est venu d’ajouter… 
    le pou­voir qui manque !!

    Soyez patients, nos ruches sont au travail.
    Mer­ci de votre confiance ! Bien à vous et cordialement.

    Signe:F. Col­ley vice-pré­sident-de la :
    socio​cra​tie​-popu​laire​-fran​caise​.org

    Réponse

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