OCCUPY WALL STREET : Indignés déjà manipulés ? Et si, pour se protéger durablement contre tous les voleurs de pouvoir, les Indignés du monde entier essayaient le tirage au sort ?

11/10/2011 | 6 commentaires

OCCUPY WALL STREET : Indi­gnés déjà mani­pu­lés ?
Et si, pour se pro­té­ger dura­ble­ment contre tous les voleurs de pou­voir,
si les Indi­gnés du monde entier essayaient le tirage au sort ?

J’ai d’a­bord repé­ré cet article intéressant :

Nais­sance d’un mou­ve­ment anti­ca­pi­ta­liste amé­ri­cain ?
par Michael C. Behrent, le 6 octobre 2011.
http://alternatives-economiques.fr/blogs/behrent/2011/10/06/naissance‑d%E2%80%99un-mouvement-anticapitaliste-americain/

La « Grande réces­sion » actuelle sem­blait se dis­tin­guer de la « Grande dépres­sion » des années trente par le fait qu’elle n’a engen­dré aucun mou­ve­ment social ou poli­tique (avec l’ex­cep­tion para­doxale du Tea Par­ty, qui réagit à la crise en pro­po­sant un appro­fon­dis­se­ment des mêmes poli­tiques qui l’ont déclen­ché). Mais les choses sont enfin peut-être en train de chan­ger. Depuis le 17 sep­tembre, le mou­ve­ment sur­nom­mé « Occu­py Wall Street » a mobi­li­sé de nom­breux jeunes ain­si que d’autres indi­vi­dus tou­chés par la crise, d’a­bord à New York, main­te­nant un peu par­tout à tra­vers les États-Unis. Ce mou­ve­ment a cap­té l’at­ten­tion des médias (presque mal­gré eux, est-on ten­té de dire) tout en les outre­pas­sant, grâce à une mai­trise des réseaux sociaux. « Occu­py Wall Street » se recon­nait aus­si bien dans le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste que dans le « prin­temps Arabe ». S’il est encore trop tôt pour spé­cu­ler sur son impact à long terme, il s’est déjà révé­lé admi­ra­ble­ment nova­teur par ses méthodes. Quand à ses objec­tifs, ils sont pour le moment loin d’être arrê­tés. Le mou­ve­ment se carac­té­rise avant tout par une sen­si­bi­li­té poli­tique, axée sur quelques mots clés : démo­cra­tie, prag­ma­tisme, anticapitalisme.

« Occu­py Wall Street » n’a pas de direc­tion cen­trale. Il se situe à la confluence de plu­sieurs ini­tia­tives. Mi-juillet, l’ap­pel est lan­cé par le mou­ve­ment cana­dien « Adbus­ters », lié au maga­zine du même nom. Il s’a­git d’un réseau inter­na­tio­nal de mili­tants et d’ar­tistes prô­nant le « culture jam­ming » – la démo­cra­ti­sa­tion des moyens de com­mu­ni­ca­tion et l’ou­ver­ture aux pers­pec­tives alter­na­tives obte­nues par détour­ne­ment des médias tra­di­tion­nels. Les « Adbus­ters » ont déci­dé notam­ment de viser le célèbre tau­reau de Wall Street, sym­bole du « bull mar­ket » (« mar­ché rebon­dis­sant »). Ils ont cir­cu­lé une affiche sati­rique, mon­trant une bal­le­rine équi­li­brée sur le dos de la sta­tue. D’autre part, une orga­ni­sa­tion sur­nom­mée « US Days of Rage » (« US jour­nées de la rage », une réfé­rence aux jour­nées d’ac­tion du prin­temps Arabe) joue un rôle logis­tique clé en appe­lant les mani­fes­tants (grâce en par­ti­cu­lier à Twit­ter) à se réunir dans le quar­tier d’af­faires de Man­hat­tan. La com­mu­nau­té des inter­nautes « Ano­ny­mous », qui pra­tique la déso­béis­sance civile vir­tuelle par attaques infor­ma­tiques concer­tées, répond lui aus­si à l’ap­pel. Enfin, le mou­ve­ment a béné­fi­cié du sou­tien d’une coa­li­tion d’é­tu­diants et de syn­di­cats s’op­po­sant aux réduc­tions bud­gé­taires pro­po­sés par le maire Michael Bloom­berg (« New Yor­kers Against Bud­get Cuts »), qui venait de ter­mi­ner une occu­pa­tion de trois semaines près de l’hô­tel de ville de New York.

J’ai écrit à un des « occu­pants », Noah Fischer, artiste new-yor­kais, pour lui deman­der d’ex­pli­quer un peu son mou­ve­ment. « Nous occu­pons Wall Street de manière sym­bo­lique pour dire ‘assez !’ aux injus­tices éco­no­miques crois­santes qui affligent tant d’A­mé­ri­cains (à tra­vers les dettes frau­du­leuses, les pres­ta­tions sociales insuf­fi­santes, etc.). Ceux qui appar­tiennent à l’un pourcent le plus riche de la popu­la­tion nous des­ti­tuent de nos droits. Ils agissent en dehors de la loi et s’ap­pro­prient le bien com­mun de la nation. Comme vous le savez, le NYPD (la police new-yor­kaise) a fer­mé, depuis le 17 sep­tembre, le quar­tier autour de la Bourse de Wall Street. En fait, nous occu­pons un endroit qui s’ap­pelle Zuc­cot­ti Park, que nous avons rebap­ti­sé ‘Liber­ty Square’ (‘place de la Liberte’) ».

Un ami new-yor­kais, Sid­dhar­tha Mit­ter, a visi­té « Liber­ty Square » et m’a décrit l’am­biance. L’oc­cu­pa­tion est « petite, mais ça prend de la vitesse et ça attire de plus en plus d’at­ten­tion et de plus en plus d’ef­fec­tifs. Autour on retrouve tous ceux à qui on s’at­ten­drait pour ce genre de mani­fes­ta­tion : les trots­kistes, les théo­ri­ciens de com­plot, les liber­ta­riens, les dési­reux de l’at­ten­tion, les plai­san­tins avec leurs pan­cartes humo­ris­tiques, etc. Autour du ter­rain de cam­ping (parce que ça fait vrai­ment ter­rain de cam­ping) il y a des gens, par­fois avec leurs chiens, cou­chés sur des mate­las. Ce genre de chose. Donc, a pre­mière vue, cela peut sem­bler un peu aléa­toire et à peine pertinent …

« Mais si on reste un peu, pour­suit Sid­dhar­tha, on voit qu’il y a un noyau de mili­tants dévoués et très bien orga­ni­sés qui font bou­ger les choses. Il y a un emploi du temps, un coin média, une dif­fu­sion web en direct, des comi­tés qui se forment et se réunissent, et une assem­blée géné­rale se réunis­sant deux fois par jours pour prendre des ini­tia­tives, infor­mer, déci­der, expri­mer son sou­tien à d’autres groupes, etc. Beau­coup de ce qui se passe ici s’ins­pire des mou­ve­ments que l’on a vus depuis un du Caire à Madrid. Cela se fait à une échelle beau­coup plus réduite et sous des contraintes tech­niques dif­fi­ciles : la place est petite, la police est par­tout, la régle­men­ta­tion concer­nant l’u­sage du parc est res­tric­tive – les haut-par­leurs, par exemple, sont inter­dits. Ain­si, au cours des réunions, on a recours aux ‘micros du peuple’ : quand quel­qu’un prend la parole, il fait une pause après chaque phrase, et un membre du public répète ses paroles afin que tout le monde puisse l’entendre ».

« Somme tout, cette occu­pa­tion, c’est une bouf­fée d’air frais. Je suis peu sen­sible au reproche que le mou­ve­ment serait flou ou idéo­lo­gi­que­ment naïf. Dans notre pays la culture de la dis­si­dence est tel­le­ment ané­mique que je trouve génial que les gens se réha­bi­tuent – ou s’ha­bi­tuent pour la pre­mière fois – à être ensemble, en chair et en os, dans un lieu de contes­ta­tion. Même s’il n’y a pas de reven­di­ca­tions pré­cises, les rai­sons qui poussent à mani­fes­ter sont de toute façon abon­dam­ment claires et valables en soi ».

Comme le sug­gèrent ces témoi­gnages, « Occu­py Wall Street » est un mou­ve­ment qui se veut pro­fon­dé­ment démo­cra­tique, toute en épou­sant une concep­tion de la démo­cra­tie radi­ca­le­ment dif­fé­rente de celle pra­ti­quée par la poli­tique poli­ti­cienne. Au cœur du mou­ve­ment est cette assem­blée géné­rale, où chaque mani­fes­tant à droit de parole. Les déci­sions se font non par vote majo­ri­taire, mais uni­que­ment par consen­sus. Noah Fischer explique : « A tra­vers cette occu­pa­tion, nous vivons une expé­rience démo­cra­tique. Nous sommes un groupe hété­ro­clite voué à la dis­cus­sion et au consen­sus à tra­vers un pro­ces­sus néces­si­tant de nom­breuses réunions et une assem­blée géné­rale ouverte. Nous man­geons de la nour­ri­ture gra­tuite, nous créons des comi­tés pour gérer nos besoins, et beau­coup d’entre nous dorment dans le parc ». Le mou­ve­ment repose sur un constat, que les pro­cé­dures démo­cra­tiques nor­males sont impuis­santes face à la mon­tée des puis­sances finan­cières. Une autre pra­tique de la démo­cra­tie est nécessaire.

Si « Occu­py Wall Street » peut paraitre uto­piste, la plu­part des mani­fes­tants ont pour­tant les pieds bien sur terre. Ils sont moti­vés moins par des idéaux abs­traits que par des expé­riences per­son­nelles. Ain­si Eli Schmitt constate dans la revue n+1 : « Ces Amé­ri­cains-là ne mani­festent pas contre la poli­tique étran­gère. Ces Amé­ri­cains-là sont en dettes ou sans emploi. Cette ‘jour­née de rage’ est ins­pi­rée par les injus­tices indi­vi­duelles, qui s’illus­trent à tra­vers des anec­dotes plu­tôt que des sta­tis­tiques. A les écou­ter, on entend, en même temps qu’une colère et une indi­gna­tion bien fami­lière contre le pou­voir des entre­prises dans notre soi-disant sys­tème démo­cra­tique, des his­toires, de chô­mage, de dette, et de déses­poir ». D’où l’im­pli­ca­tion des jeunes et des étu­diants, qui doivent sou­vent s’en­det­ter pour pour­suivre leurs études. Craig Bethel, un cinéaste de 26 ans, remarque : « Les uni­ver­si­tés placent les gens en dette aux débuts de leur vies. Les banques nous empruntent de l’argent pour pou­voir pour­suivre nos études, mais sans nous offrir ensuite des emplois ». « Occu­py Wall Street » exprime moins un pro­jet poli­tique qu’une angoisse vécue.

Si le mou­ve­ment ne pro­clame pas une idéo­lo­gie bien éla­bo­rée, il se range tou­te­fois sous la ban­nière de l’an­ti­ca­pi­ta­lisme – au mini­mum, d’une cri­tique radi­cale du capi­ta­lisme dans sa forme actuelle. Eli Schmitt, le jour­na­liste pour n+1, dresse une liste des reven­di­ca­tions évo­quées lors d’une réunion infor­melle à laquelle il a assis­té à « Liber­ty Park ». Cer­tains sou­haitent une annu­la­tion des dettes par­ti­cu­lières, soit pour les étu­diants, soit pour tout le monde. D’autres, dans la droite ligne de l’al­ter­mon­dia­lisme, prônent une taxe Tobin sur les spé­cu­la­tions finan­cières. Les idées éco­no­miques du pas­sé ne sont pas négli­gées : cer­tains demandent la créa­tion d’un reve­nu mini­mum garan­ti (éven­tuel­le­ment dans la forme d’un impôt néga­tif), d’autres sou­haitent une poli­tique de plein emploi. La réforme finan­cière est aus­si à l’ordre du jour : on demande la réin­tro­duc­tion du Glass-Stea­gall Act (une loi sépa­rant les acti­vi­tés des banques com­mer­ciales de celles des banques d’in­ves­tis­se­ment, adop­tée en 1933 mais abro­gée depuis). Cer­tains rêvent d’une Amé­rique sociale démo­crate, béné­fi­ciant de centres de soins uni­ver­saux pour les enfants et les seniors et de congés-mala­die payés. Cer­taines reven­di­ca­tions enfin sont plus poli­tiques, comme l’a­bro­ga­tion par amen­de­ment consti­tu­tion­nel de Citi­zens Uni­ted (la déci­sion de la Cour Suprême ren­dant pres­qu’illi­mi­tées les contri­bu­tions moné­taires des entre­prises à des fins électorales).

L’i­déo­lo­gie des mani­fes­tants de « Liber­ty Square » est ain­si tiraillée entre plu­sieurs réflexes, sou­vent contra­dic­toires. Ils se veulent par­fois révo­lu­tion­naires, par­fois réfor­mistes. On insiste aus­si bien sur la pri­mau­té des ques­tions éco­no­miques que sur la réforme de la démo­cra­tie comme condi­tion préa­lable à toute trans­for­ma­tion sociale. Il y a des relents socia­listes, mais aus­si liber­taires. Tou­jours est-il que le déno­mi­na­teur com­mun de toutes ces opi­nions est une pos­ture cri­tique à l’é­gard du capi­ta­lisme – l’i­den­ti­fi­ca­tion, en somme, du sys­tème éco­no­mique dans sa forme actuelle comme le prin­ci­pal pro­blème affron­tant le pays.

Cer­tains mani­fes­tants résistent à la notion même de « reven­di­ca­tion ». L’un d’entre eux explique au maga­zine The Nation : « Dans les semaines avant le 17 sep­tembre, l’as­sem­blée géné­rale sem­blait sur le point de reje­ter le lan­gage de la ‘reven­di­ca­tion’ tout court. Les ins­ti­tu­tions éta­tiques sont actuel­le­ment si cor­rom­pues par l’argent des entre­prises que faire des reven­di­ca­tions pré­cises serait com­plè­te­ment futile, du moins avant que le mou­ve­ment ne devienne plus fort poli­ti­que­ment. On a plu­tôt opté pour faire de l’oc­cu­pa­tion elle-même – et de l’ex­pé­rience de la démo­cra­tie directe qui y ait lieu – notre reven­di­ca­tion prin­ci­pale. L’oc­cu­pa­tion pour­rait éven­tuel­le­ment par la suite pro­po­ser des reven­di­ca­tions plus pré­cises. Quand on y pense, cette action est à elle seule une prise de posi­tion vigou­reuse contre la cor­rup­tion qu’in­carne Wall Street ».

Désor­mais, le mou­ve­ment « Occu­py Wall Street » se répand un peu par­tout dans le pays, relayé par des mou­ve­ments « miroirs » : « Occu­py Chi­ca­go », « Occu­py Washing­ton », etc. Il a com­men­cé à atti­rer vers lui des orga­ni­sa­tions plus clas­siques, à com­men­cer par les syn­di­cats. Si ce mou­ve­ment se refuse pour le moment à avan­cer des reven­di­ca­tions pré­cises, son impor­tance est sans doute d’un ordre plus géné­ral. Il repré­sente une entrée fra­cas­sante d’un nou­veau dis­cours – du moins, d’un dis­cours éclip­sé – dans le pay­sage poli­tique amé­ri­cain : l’anticapitalisme.

Michael C. Behrent

Source : http://alternatives-economiques.fr/blogs/behrent/2011/10/06/naissance‑d%E2%80%99un-mouvement-anticapitaliste-americain/


Je l’ai signa­lé sur Face­book, avec ce pre­mier commentaire :

Quand la mul­ti­tude s’in­digne enfin, l’es­poir de jus­tice sociale renaît.

Mais tou­jours (jus­qu’i­ci), les révoltes avortent, faute d’une orga­ni­sa­tion alter­na­tive robuste, durable.

Faute d’une idée simple et radicale ?

Il me semble que mon tra­vail peut ser­vir à ce mou­ve­ment qui devient mon­dial et qui vise la démo­cra­tie (la vraie), le prag­ma­tisme (au lieu de l’i­déa­lisme), l’an­ti­ca­pi­ta­lisme (la jus­tice sociale).

Je suis sûr que tous ces pro­grès res­te­ront par­fai­te­ment inac­ces­sibles si on ne remet pas le tirage au sort au cœur des méca­nismes politiques.

J’ai hâte que la tra­duc­tion anglaise de l’ex­po­sé de Mar­seille soit prête.

——————

Et sur Face­book, j’ai reçu ce com­men­taire inté­res­sant, d’un cer­tain « Dgeo Levett » : 

« Mon­sieur Chouard vous devriez regar­der de plus près qui dirige ce mouvement 😉

Occu­py Wall Street est affi­lié à l’or­ga­ni­sa­tion révo­lu­tion­naire pro­fes­sion­nelle OTPOR (CIA) »

Et voi­ci l’ar­ticle signa­lé en alerte par « Dgeo Levett » :

Occu­py Wall Street est affi­lié à l’or­ga­ni­sa­tion révo­lu­tion­naire pro­fes­sion­nelle OTPOR (CIA)

🎬 Vidéo d’origine (plus dis­po­nible) : https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​L​k​M​3​B​B​t​c​7N0

Le gars dans la vidéo ci-des­sus est Ivan Maro­vic. Ce nom ne signi­fie pro­ba­ble­ment pas grand chose pour vous, parce que je sais qu’il ne signi­fiait pas grand chose pour moi jus­qu’à ce que je fasses quelques recherches sup­plé­men­taires. Il s’a­vère que M. Maro­vic est le co-fon­da­teur d’Ot­por!. Otpor ! fut une orga­ni­sa­tion clé dans les guerres serbes dans les années 1990 et a éga­le­ment eu une influence dans les sou­lè­ve­ments en Egypte. Si l’on en croit le docu­men­taire ci-des­sous, alors Otpor ! est un groupe de révo­lu­tion­naires professionnels.

Voi­ci des infor­ma­tions à pro­pos d’I­van Maro­vic trou­vées sur Source Watch​.org
http://​www​.sour​ce​watch​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​t​i​t​l​e​=​I​v​a​n​_​M​a​r​o​vic
Ivan Maro­vic, Ser­bie et Monténégro

« Avec un groupe d’autres lea­ders étu­diants serbes, Maro­vic a for­mé le mou­ve­ment OTPOR (« résis­tance ») en 1998. OTPOR a uti­li­sé la pro­tes­ta­tion popu­laire et la pro­vo­ca­tion paci­fique pour obte­nir un sou­tien anti-Milo­se­vic dans la période 1999–2000. Bien qu’OT­POR ait com­men­cé par mobi­li­ser les jeunes, elle s’est rapi­de­ment élar­gie en un mou­ve­ment de masse avec des membres de tous les sec­teurs de la socié­té. Comme l’un des lea­ders les plus visibles d’OT­POR, Maro­vic repré­sen­tait le mieux la jeu­nesse com­mune de Ser­bie et orga­ni­sait des ras­sem­ble­ments et des marches durant la période qui a pré­cé­dé l’é­lec­tion de Sep­tembre 2000 qui a ren­ver­sé le régime de Milo­se­vic. Après 2000, OTPOR s’est concen­trée sur le ren­for­ce­ment de la socié­té démo­cra­tique en Ser­bie et l’op­po­si­tion à la cor­rup­tion. OTPOR est deve­nu un modèle pour les mou­ve­ments de résis­tance dans d’autres pays, y com­pris la Géor­gie, l’U­kraine, le Béla­rus­sie et l’Albanie. »

La seule chose qu’ils ne vous diront pas au sujet de M. Maro­vic et de son bon ami Srd­ja Popo­vic, qui étaient les lea­ders d’Ot­por, est que cette orga­ni­sa­tion ain­si qu’eux-mêmes ont tous été spon­so­ri­sé par la CIA. Leur ges­tion­naire était William Mont­go­me­ry, qui coor­don­nait leurs actions à par­tir du siège de la CIA pour le sud de l’Eu­rope à Buda­pest, en Hon­grie. Wm. Mont­go­me­ry est deve­nu plus tard l’am­bas­sa­deur amé­ri­cain dans la Ser­bie post-Milosevic.

https://​you​tu​.be/​m​B​q​B​S​r​r​T​yzo

J’ai été tout de suite assez scep­tique sur le mou­ve­ment Occu­py depuis qu’il a sou­dai­ne­ment sur­gi de nulle part durant les deux der­nières semaines. Alors que j’ai accor­dé mon plein sou­tien au mou­ve­ment « End the Fed » (met­tez fin à la Fed), je me méfie de tout mou­ve­ment popu­laire qui reçoit immé­dia­te­ment le sou­tien des grands médias. Je me sou­viens qu’il y a eu à l’é­chelle natio­nale des ral­lies « End the Fed » (met­tez fin à la Fed) en 2009 qui n’ont reçu que peu ou pas de cou­ver­ture dans les grands médias.

Quand j’ai enten­du Van Jones avec divers diri­geants syn­di­caux décla­rer leur sou­tien au mou­ve­ment Occu­py durant les der­nières semaines, ceci a confir­mé pour moi que ce mou­ve­ment Occu­py n’est essen­tiel­le­ment que la ver­sion Tea-Par­ty de l’a­gen­da poli­tique pro­gres­sif extrême. Van Jones a même récem­ment dis­cu­té d’une « offen­sive d’Oc­tobre » qui serait uti­li­sée pour contrer le Tea Party.

Tou­te­fois, la liste des exi­gences sur le site web d’Occu­py Wall Street sonne comme le rêve humide de quel­qu’un avec un très fort agen­da socia­liste et com­mu­niste. En fait, ces exi­gences se lisent comme une ver­sion new-age d’une cer­taine liste Karl Marx non-autorisée.

J’é­tais prêt à m’embarquer avec ce groupe Occu­py jus­qu’à ce que je consulte cette liste, mais après sa lec­ture, je constate qu’il s’a­git juste d’un autre groupe avec un agen­da et je n’ai aucune envie d’être affi­lié à une orga­ni­sa­tion qui fait la pro­mo­tion de cet agen­da. Si ce groupe veut vrai­ment que je m’en­gage à ses côtés alors :

Où est la demande pour l’a­bro­ga­tion du PATRIOT Act ?
Qu’en est-il de mettre fin aux guerres inter­na­tio­nales d’a­gres­sion ?
Qu’en est-il de mettre fin au com­merce de l’o­pium en Afgha­nis­tan ?
Qu’en est-il de mettre fin aux assas­si­nats ordon­nés par le pré­sident de citoyens amé­ri­cains sans une audience du tri­bu­nal et une pro­cé­dure régu­lière ?
Qu’en est-il d’exi­ger la res­pon­sa­bi­li­té pénale effec­tive à Wall Street (comme le nom du groupe pour­rait l’im­pli­quer) et dans d’autres arènes finan­cières ?
Où est la demande de la dis­po­si­tion du butin volé et des gains des ban­quiers au fil des ans ?
Qu’en est-il de mettre fin aux écoutes élec­tro­niques sans man­dat et à l’es­pion­nage par le gou­ver­ne­ment et les télé­coms ?
Qu’en est-il de mettre un terme à la Réserve fédé­rale ?
Qu’en est-il du lien et des conflits entre d’an­ciens contrô­leurs du gou­ver­ne­ment se voyant offrir des emplois lucra­tifs du sec­teur pri­vé des mêmes sociétés/industries qu’ils contrô­laient ?
Qu’en est-il de mettre fin à la torture ?

J’ai pu énu­mé­rer ces exi­gences sans même consul­ter un livre, ou faire une véri­table ana­lyse appro­fon­die comme si j’a­vais vou­lu orga­ni­ser un mou­ve­ment. Veuillez noter que je n’ai inclus aucune des nom­breuses théo­ries du com­plot dis­cu­tées pré­cé­dem­ment sur ce blog. Cepen­dant, au lieu de tout de ce qui pré­cède, le mou­ve­ment Occu­py se concentre sur des choses qui n’ar­ri­ve­ront jamais ou condui­ront à une guerre civile totale. En d’autres termes, il se concentre sur les mêmes ques­tions que j’ai vu dans l’a­bon­dante lit­té­ra­ture progressiste/syndicaliste/de gauche/communiste. En fait, quand j’é­tais beau­coup plus naïf en 2006, j’ai mené une cam­pagne poli­tique avec une pla­te­forme qui était quelque peu simi­laire dans cer­tains domaines. Heu­reu­se­ment, mon idéo­lo­gie a évolué.

Voi­ci les exi­gences d’Oc­cu­py Wall Street.

Dj Osi­ris

Source : djosiris.blogspot
cité par http://​www​.lepost​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​1​/​1​0​/​1​0​/​2​6​1​0​4​3​5​_​o​c​c​u​p​y​-​w​a​l​l​-​s​t​r​e​e​t​-​e​s​t​-​a​f​f​i​l​i​e​-​a​-​l​-​o​r​g​a​n​i​s​a​t​i​o​n​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​n​a​i​r​e​-​p​r​o​f​e​s​s​i​o​n​n​e​l​l​e​-​o​t​p​o​r​-​c​i​a​.​h​tml


Ce à quoi j’ai répon­du ceci :

« Mer­ci Dgeo, c’est très intéressant.

Mais dites-moi : si les mani­pu­lés en puis­sance que nous sommes tous, conscients de ce risque uni­ver­sel de mani­pu­la­tion de nos volon­tés, déci­dions de mettre le tirage au sort, équi­table et incor­rup­tible, (et les CONTRÔLES per­ma­nents de tous les pou­voirs qui VONT AVEC le tirage au sort) au centre des méca­nismes d’at­tri­bu­tion des pou­voirs que nous délé­guons (ce qui revien­drait à reti­rer notre trop fra­gile volon­té de ces méca­nismes), est-ce que nous ne nous dote­rions pas d’un ANTIDOTE UNIVERSEL contre la cor­rup­tion, impar­fait, certes, mais pro­tec­teur quand même ? »

———–

(Je repro­duis tout ça ici parce que je sais qu’il y a pas mal de gens qui ne veulent à aucun prix mettre les pieds sur Facebook.)

Remarque : Ma petite « lettre ouverte à tous les indi­gnés du monde » reste d’ac­tua­li­té, je pense.

Étienne.

_____

PS : ce serait bien de sous-titrer en fran­çais la vidéo « Revo­lu­tion Busi­ness » ci-dessus.

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Étienne

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6 Commentaires

  1. jelejure

    Moi aus­si je me suis (presque) fait avoir par « Etienne », per­son­nage mélan­geant le sen­ti­ment et l’es­cro­que­rie men­tale avec comme seule excuse une « sin­cé­ri­té » de nar­cisse se mirant dans un por­trait « pur jus » de lui-même…Et je lui en veux, car il m’a fait perdre mon temps, m’a stig­ma­ti­sé pour mes opi­nions, et se moquant de ma gueule qui lui accor­dait « un à prio­ri favo­rable »…Sauf qu’un cau­che­mar m’a ouvert les yeux, et j’ai relu presque toutes ses « réflexions » : une obses­sion et une haine féroce le motive, elle s’est for­mée dès qu’il a pris fait et cause pour le « NON ni de droite ni de gauche » : c’é­tait un « non anti gauche » mais « non-dit » ! sa haine concerne essen­tiel­le­ment les com­mu­nistes mais il fait mine de viser « les élus » en géné­ral… Il vient de me répondre car je lui fai­sais remar­quer son injus­tice à l’é­gard des élus euro­péen de la GUE/GNL, voi­ci sa réponse, elle avoue « tout » : « L’exemple du com­mu­ni­qué de presse des élus GUE/NGL se pré­ten­dant « soli­daires avec les Indi­gnés » est acca­blant : les citoyens sont priés de se conten­ter d’un insi­pide bla­bla sans la moindre por­tée contrai­gnante, et de ne pas tenir rigueur aux élus pour toutes les régres­sions anti­so­ciales (bien réelles et bien contrai­gnantes, elles) que rend pos­sible depuis qua­rante ans l’U­nion euro­péenne (impo­sée par VIOL par les mêmes élus) ».…rien à ajou­ter, Etienne, t’es dans ta pri­son de haine fachiste et ce qui t’empoisonne l’exis­tence c’est de ne pas vou­loir faire la dif­fé­rence entre les pour­ris com­plices de la droite et les élus qui se ras­semblent pour résis­ter et aider les mobi­li­sa­tions concrètes, GUE/NGL !

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  2. Étienne

    Là, c’est car­ré­ment du délire…

    Je main­tiens que les élus qui ver­rouillent en cou­lisses le piège de l’UE et nous dis­suadent d’en sor­tir (ça, c’est épou­van­ta­ble­ment contrai­gnant, c’est un FAIT) et qui se pré­tendent en façade « soli­daires de peuples en lutte » (ça, ça n’a RIEN de contrai­gnant, c’est du bla, je le main­tiens, c’est un FAIT), ces élus-là sont des Tar­tuffe, des men­teurs ; et quand ils me traitent de « fas­ciste » (eux ou leurs sol­dats), cha­cun pour­ra déter­mi­ner de quel côté est la haine, l’op­pres­sion et le fas­cisme moderne…

    Mon auteur pré­fé­ré, avec Alain, est Kro­pot­kine, un com­mu­niste liber­taire. Alors, comme anti­com­mu­niste, on a vu pire… 🙂

    Se dévouer à un par­ti peut déclen­cher des patho­lo­gies (sûre­ment à cause de la lutte à mort contre tous les autres) ; mais ça se soigne, je suis sûr : je suis convain­cu que vous êtes bon, au fond, mal­gré toutes les méchan­ce­tés que vous mar­te­lez ces temps-ci.

    Étienne.

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  3. D.T

    L’a­ris­to­cra­tie n’a plus besoin d’op­pri­mer de façon visible. Elle peut gar­der les manettes en lais­sant aux gens l’im­pres­sion qu’ils sont res­pec­tés alors qu’en fait, elle les spo­lie par une poli­tique éco­no­mique sour­noise qui favo­rise exa­gé­ré­ment la rente. Cette spo­lia­tion est même défen­due par un grand nombre d’op­pri­més sans qu’ils le sachent.

    Pas la peine d’op­pri­mer a « l’an­cienne » si les gens se laissent plu­mer sans résister.

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  4. RCH

    Bon­jour Etienne,

    Les ques­tions sur le triste évé­ne­ment du 9⁄11, qui est d’ac­tua­li­té, sont la maïeu­tique pour dis­cer­ner la sin­cé­ri­té de toute sorte four­née. Elle ne par­vient pas à méta­mor­pho­ser les citoyens, qui exigent des réponses dont les conte­nus res­pectent la réa­li­té et la loi phy­sique commune. 
    L’exemple au sujet de Julian Assange est ins­truc­tif de la guerre de l’in­for­ma­tion par les castes en place.

    What about 9⁄11 ? “I’m constant­ly annoyed that people are dis­trac­ted by false conspi­ra­cies such as 9⁄11, when all around we pro­vide evi­dence of real conspi­ra­cies, for war or mass finan­cial fraud.”

    Ain­si, selon Julian Assange,9/11 ne sont pas des choses tan­gibles ou visibles. À par­tir de là, il est tout à fait nor­mal de mettre en doute et de se méfier de toute sorte de groupes ou mou­ve­ment diri­gé par un chef unique. Même une per­sonne rai­son­nable peut changer…

    Le mou­ve­ment 9⁄11 dans le monde se fait infil­trer, insul­ter, accu­ser, mani­pu­ler… etc. Mais l’ap­port de nou­veaux citoyens qui ne cesse de grim­per, comme une per­sonne qui vient de tirer au sort indi­rec­te­ment, en réflé­chis­sant sur le sujet, rend le mou­ve­ment incon­trô­lable par la pen­sée unique en place.

    On dirait que le tirage au sort est une arme contre « big bro­ther ». Il est plus facile et moins oné­reux de contrô­ler les dérives pos­sibles des pou­voirs, que de contrô­ler 7 mil­liards d’hu­mains, et répa­rer en plus les dégâts : humaines, écologiques…etc.

    Cepen­dant, les gens rai­son­nables pré­fèrent conser­ver leur pen­sée cri­tique seule, plu­tôt que sous l’in­fluence d’un groupe quel­conque. Cette consta­ta­tion ((confor­misme, crainte, fer­me­ture, absence de pro­cé­dure, homo­gé­néi­té idéo­lo­gique) mérite un débat sur le tirage au sort.

    Ami­ca­le­ment vôtre,

    (Je ne suis pas fran­çais, je m’ex­cuse s’il y a trop de fautes)

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  5. micha el

    Étienne « (Je repro­duis tout ça ici parce que je sais qu’il y a pas mal de gens qui ne veulent à aucun prix mettre les pieds sur Facebook.) »

    ben je vou­lais pas y aller sur face book. J’y suis allé quand même. Eh bien ça ne marche pas !! et c’est dom­mage parce qu’il y a beau­coup d’intervenants !

    Ça ne marche pas, c’est a dire que le com­men­taires me sont fer­més. J’ai essayé plu­sieurs manips mais rien n’y fait. Sur le mur (ouvert) d’Étienne je dis­pose du « bou­ton par­ta­ger » mais ni du « bou­ton j’aime » ni du « bou­ton com­men­ter » ni de l’es­pace pour écrire « rédi­ger un commentaire »

    après plu­sieurs recherche infruc­tueuses, il semble que face­book soit très bug­gé. La ver­sion para­no c’est que vu la quan­ti­té hal­lu­ci­nante et en accé­lé­ra­tion crois­sante, d’in­ter­nautes qui font appel à leur ser­vices, il est pos­sible que leur ser­vice « désac­tive la pos­si­bi­li­té de com­men­ter » pour des mil­liers d’in­ter­nautes qui mangent trop de pain.

    Si tu observes tes com­men­ta­teurs, il est fort pro­bable que plu­sieurs de ceux qui s’exprimaient avant mais qui ne le font plus soient comme moi, empê­chés de le faire.

    Le tra­vail péda­go­gique que tu y fais est remar­quable, mais, contre les appa­rences, il est pos­sible que la large audience que tu y trouves soit, en fait, tronquée.

    La mora­li­té, c’est que mal­gré ses efforts de séduc­tion, un opé­ra­teur pri­vé ne pour­ra jamais four­nir un ser­vice public !

    Quant à Ménard – pour la petite anec­dote hors sujet- qui ali­mente ici

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​T​m​Y​Q​T​0​B​Z​9​V​g​&​f​e​a​t​u​r​e​=​r​e​l​a​ted

    Droit dans ses bottes, min10 sec12, la dif­fa­ma­tion dont tu es par ailleurs vic­time, sui­vant la quelle je le cite « quand on dit les com­plo­tistes comme vous sont antisémites »…
    ce genre de pro­cé­dés en fait plus un arti­san de la confu­sion que de la clar­té des débats…

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  6. cooli

    @micha el, il faut peut-etre deman­der Etienne en ami pour pou­voir lais­ser des commentaires.

    Réponse

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