Encore une CONFÉRENCE REMARQUABLE,
ADMIRABLEMENT PÉDAGOGIQUE ET COMPLÈTE,
de François Asselineau.
J’espère qu’une retranscription en sera publiée.
Travail à faire connaître largement, entre nous, pour contrer le silence des « journalistes professionnels ».
(LES PARTIES 3 ET 4 SONT PARTICULIÈREMENT REMARQUABLES.)
https://dai.ly/xhuq90
Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? 1 par UPR-TV
https://dai.ly/xhv6vk
Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? 2 par UPR-TV
https://dai.ly/xhvi36
Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? 3 par UPR-TV
https://dai.ly/xhvuec
Faut-il avoir peur de sortir de l’euro ? 4 par UPR-TV

Un RÉSUMÉ en TEXTE de la conférence magistrale (« Les 10 raisons urgentes de sortir de l’UE », trois heures),
conférence de référence à laquelle François fait allusion au-début de celle-ci (« Il ne faut pas avoir peur de sortir de l’euro »), est paru ici :
http://occidere.files.wordpress.com/2011/08/10-raisons-de-sortir-de-lunion-europc3a9enne-par-franc3a7ois-asselineau1.pdf
Faites passer.
Étienne.
C’est marrant… Tout le système capitaliste est en train de se casser la binette et on parle de la sortie de l’euro comme le remède à tous nos maux. La France doit montrer l’exemple en sortant de l’euro… Vous manquez pas d’air…
Ce n’est pas en sortant de l’euro que vous échapperez aux spéculateurs. Arrêtez de donner des arguments aux partis nationalistes.
Le problème est bien plus grave. Le système capitaliste a atteint sont point de rupture. Redonner le pouvoir de battre sa propre monnaie ne résout rien. En Amérique, la planche à billets tourne à plein rendement (près de 1800 milliards de dollars en 2010 et autant cette année…) et pourtant l’économie ne reprend pas.
Le repli nationaliste n’est pas une solution. L’argent ne doit plus faire de l’argent au détriment des travailleurs (qui constituent la grande majorité de la population) et ce de quelque nationalité qu’ils soient. Il s’agit de vous, de moi…
Le comble du pathétique, c’est de voir les grandes fortunes françaises qui proposent de mettre la main au portefeuille… à condition que tout le monde en fasse autant… Les mesures d’austérités sont là pour rassurer les marchés et en même temps pour préserver le capital… que nous, pauvres quidams, n’avons pas…
En passant, je vous conseille de lire ce très bon livre de Paul Jorion, « Le capitalisme à l’agonie ». Pas sur qu’après, vous acceptiez encore de vous serrer la ceinture.
Tu dis et je suis d’accord avec toi : « L’argent ne doit plus faire de l’argent au détriment des travailleurs (qui constituent la grande majorité de la population) et ce de quelque nationalité qu’ils soient. »
C’est très difficile pourtant à réaliser, à cause de l’accroissement de la productivité de l’industrie ; voir ce passage de « Salaires, prix et profits » de Karl Marx :
Avec le développement de la force productive du travail, l’accumulation du capital s’accélère beaucoup, même en dépit d’un taux de salaire relativement élevé. On en pourrait conclure, comme Adam Smith, du vivant duquel l’industrie moderne n’était encore qu’à ses débuts, que l’accumulation accélérée du capital doit nécessairement faire pencher la balance en faveur de l’ouvrier en créant une demande croissante de travail. Pour cette même raison, un grand nombre d’écrivains contemporains se sont étonnés que les salaires n’aient pas augmenté davantage, alors que le capital anglais s’est accru dans ces vingt dernières années beaucoup plus rapidement que la population anglaise. Mais, parallèlement à l’accumulation continuelle du capital, il s’opère une modification croissante dans la composition du capital. La portion du capital total, qui consiste en capital fixe, machines, matières premières, moyens de production de toutes les sortes possibles, s’accroît plus rapidement comparativement à l’autre portion du capital qui est employée en salaires, c’est-à-dire à l’achat du travail. Cette loi fut établie sous une forme plus où moins exacte par Barton, Ricardo, Sismondi, le professeur Richard Jones, le professeur Ramsay, Cherbuliez et plusieurs autres.
Si le rapport entre ces deux éléments du capital était à l’origine 1 contre 1, il devient au cours du progrès de l’industrie 5 contre 1, etc. Si sur un capital total de 600, on en investit 300 en instruments, matières premières, etc., et 300 en salaires, il n’y aura qu’à doubler le capital total pour créer une demande de 600 ouvriers au lieu de 300. Mais si, sur un capital de 600, 500 sont investis en machines, matériaux, etc., et 100 seulement en salaires, il faudra porter le même capital de 600 à 3 600 pour créer une demande de 600 ouvriers au lieu de 300. Dans le développement de l’industrie, la demande de travail ne marche donc pas de pair avec l’accumulation du capital. Elle s’accroîtra sans doute, mais dans un rapport constamment décroissant relativement à l’augmentation du capital.
Ces quelques indications suffiront à montrer que le développement même de l’industrie moderne doit nécessairement faire pencher toujours davantage la balance en faveur du capitaliste contre l’ouvrier…
Les travailleurs ont intérêt que le rapport de forces de leurs luttes avec les capitalistes ait un débouché politique qui traduise, même de façon imparfaite, ce rapport de forces. Les travailleurs étant plus nombreux que les capitalistes, c’est dans l’arène la plus démocratique que ce rapport de forces sera retranscrit le plus favorablement aux travailleurs. Les travailleurs n’ont pas du tout intérêt à s’inscrire dans un espace politique où plusieurs peuples peuvent être mis en concurrence.
Sortir de l’euro, et suivre l’adage : « Un peuple, une monnaie, une démocratie. », c’est permettre aux peuples, aux travailleurs concernés de nettement mieux influencer politiquement à leur niveau les politiques économiques. Ceci par rapport à un niveau supra-populaire, hors de portée de toute sanction. C’est pouvoir remettre à nouveau en vigueur les avances sans intérêts de la Banque centrale du peuple concerné à son Trésor Public et non être obligé d’en passer les banques privées, les agences de notation et les marchés pour financer le budget de l’État et donc les services publics dont le peuple a besoin.
Marx… Je ne suis pas sur qu’il était familier avec les CDS, LBO, et tous ces produits financiers qui se sont découplés de l’économie réelle en faisant passer l’économie mondiale pour un immense casino où les règles sont truquées.
Pourquoi une banque centrale devrait prêter à une banque privée ? A la base, parce que les banques privées sont censées elles-mêmes investir dans l’industrie. Indirectement, via les systèmes de taxation et d’impôts, l’état pouvait espérer récupérer sa mise, voir plus… (Enfin, c’est la déduction que j’en fait). Le problème, depuis la crise inter bancaire, c’est que cet argent n’est que partiellement réinvesti dans l’économie réelle. Spéculation quand tu nous tiens. De plus, la financiarisation des entreprises les ont rendues extrêmement vulnérables. La finance mondiale est devenue très complexe et donc aussi très instable. Une situation, qui, à terme la conduira à son effondrement.
Alors, qu’est-ce qu’on fait après ?
On se tape sur la tronche comme en 40 ?
Les peuples sont parfois enclin au délire collectif. Heil.
Tu dis « Les travailleurs n’ont pas du tout intérêt à s’inscrire dans un espace politique où plusieurs peuples peuvent être mis en concurrence. ». Tu espères vivre en autarcie ? A partir où tu fais une distinction entre les peuples, tu les mets automatiquement en concurrence.
En fait, j’en suis seulement au stade où je me pose des questions, donc il faut prendre ma réponse avec des pincettes 🙂
Mais c’est bien de débattre.
Salut stouf le ouf, on m’écrit ceci sur un autre forum :
« Mais quand donc se manifestera une véritable solidarité internationale des exploités ? Le capitalisme est mondialisé. La défense des exploités, quand elle existe, demeure pitoyablement enfermée dans les cadres nationaux. »
Je réponds :
C’est une question d’implication et de grands nombres. Sans aller raisonner sur le Monde entier, prenons-en déjà une zone dont l’extension très significative pour servir de base de raisonnement. Prenons un exemple, mettons qu’il y ait 500 000 entreprises significatives en Union Européenne, une convention ou une réunion extraordinaire de décision de grands patrons, style BusinessEurope, peut facilement faire de 500 à 1000 patrons concernés soit un effet d’entraînement de 1 à 2 % des patrons de la zone.
En ce qui concerne les salariés de l’UE, puisque 80 % grosso-modo de la population ( environ 500 000 000 ) est, a été ou sera salariée, soit 400 000 000 personnes, si l’on ne prend que ceux qui sont présentement salariés, soit le taux d’activité 2009 en UE multiplié par 400 000 000 personnes, 64,6 % * 400 000 000 = 258 400 000 personnes salariées.
Pour un même effet d’entraînement et de mobilisation que la réunion patronale la réunion salariale devrait concerner 1 à 2 % des personnes actuellement salariés dans l’UE, soit entre 2 584 000 et 5 168 000 personnes !
Le nombre est trop élevé pour qu’une réunion extraordinaire de décision directe de salariés puisse avoir lieu.
Par exemple si il se tient une réunion de 500 représentants de salariés de l’UE par rapport au 258 400 000 personnes salariées de l’UE, cela veut dire une proportion et une mobilisation d’environ 2 représentants pour 10 000 salariés.
En fait cette réunion, n’est même pas une réunion de représentants de salariés, mais seulement de représentants de représentants de salariés ! En fait des gens qui voient plus souvent les patrons pour négocier que des simples salariés de base !
Dans la confrontation salariés-patrons, le paramètre « étendue territoriale » ne peut mathématiquement pas profiter aux salariés, c’est une des raisons pourquoi les patrons poussent tant à la mondialisation et que les salariés instinctivement y répugnent avec raison.
Je viens de vérifier mes calculs, j’ai fait une erreur, c’est encore pire :
Une réunion de 500 délégués de salariés pour l’UE, c’est une proportion et une mobilisation d’environ 2 représentants pour 1000 000 salariés.
En fait cette réunion, n’est même pas une réunion de représentants de représentants de salariés, mais seulement de représentants de représentants de représentants de salariés !
Je comprends ton argument, Gilles, même si je n’aime pas me perdre dans la numérologie krazukiste.
En terme de nombres (chiffres), 2 c’est déjà trop… Dans mon petit pays qui jouxte le tien, on a plus de gouvernement (légitime) depuis plus d’un an… Pourquoi un tel blocage maintenant ? Parce que l’argent vient à manquer, à la fois dans les caisses du gouvernement, mais aussi dans les poches du citoyen.
Si on garde le système tel quel, le seul moyen est bien évidemment de se délester des économiquement faibles (Flandre sans Wallonie) et commence alors les discours nationalistes. Cette dichotomie pourrait se poursuivre en déstructurant complètement le tissu social. Et donc je me répète, le repli nationaliste n’est pas une solution. D’ailleurs, il n’y a pas de solution dans le système actuel.
Quant à la représentation du peuple, que penser du fait que tous nos parlementaires (belges) ont accepté l’ingérence humanitaire en Libye. En passant, on parle déjà de reconstruire la Libye et comment les alliés vont se partager le gâteau…
Je pense qu’il faut oublier les marxistes, es communistes et les capitalistes. Tous ces systèmes on fait leur temps.
Il faut trouver d’autres pistes… Internet est le nouvel outil des révolutions, même intellectuelles car il permet à la masse de s’organiser. J’en veux pour preuve ce site et les milliers d’autres qui fleurissent sur la toile.
Pour en revenir à cette conférence « admirablement remarquable et complète »…
Le problème principal de la sortie de l’euro est l’augmentation radicale de la dette publique qui s’en suivra. Je vous rappelle que la crise de la zone euro est, en surface, une crise de la dette et que les créanciers ne n’ont pas forcément un comportement rationnel.
Avant la crise inter bancaire, le défi, presque perdu d’avance, était de résoudre le problème des pensions. Quelle économie doit-on attendre d’un pays dont plus d’un quart de la population sera censée vivre de ses allocations de pension ? Ce problème est passé en second plan et pourtant il est une partie importante de l’équation qui déterminera notre avenir.
Dans la vidéo, on examine la réussite de la Suède qui se trouve hors zone euro. On veut également nous faire croire que la France pourrait connaitre la même réussite si elle sortait de l’euro.
Par contre, pour l’Allemagne qui connait également une bonne réussite économique et qui fait partie de la zone euro, on nous dit qu’il ne faut pas comparer des pommes et des poires…
La vérité est que chaque pays a ses spécificités et son historique en matière de politique économique. Agiter la carotte de la Suède, ça ressemble fort à de la démagogie.
Enfin, la dévaluation de la monnaie française qui suivra la sortie de l’euro, entrainera une meilleure compétitivité des entreprises et relancera l’économie… Ce serait vrai si les autres pays européens gardaient l’euro. Hors la sortie de la France entrainera immédiatement un éclatement de la zone euro. Tous les pays européens verront leur monnaie dévaluée (à part l’Allemagne). Le quel de ces pays sera le plus compétitif ?
Vous êtes trop focalisé sur les échéances et les difficultés à court terme qui sont en plus contournables. Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Jean-Jacques Rosa et d’autres économistes ont décrits en détail ces mécanismes de contournement. Je vous renvoie à leurs ouvrages ou articles récents pour cela, n’étant pas moi-même un économiste, mais un simple particulier. Chaque pays qui comme vous le dites a ses spécificités et son historique en matière de politique économique et une politique adaptée spécifiquement à sa situation lui est plus profitable à moyen et long terme qu’une politique centraliste européenne qui ne peut que répondre à la moyenne des situations. Par exemple, il y a des pays où la politique appropriée serait de dévaluer la monnaie, dans d’autres il faudrait lutter en priorité contre l’inflation et dans d’autres relancer l’activité, avec une zone unique, une seule politique est imposée qui ne convient bien à personne. Un éclatement de l’euro permettant à chacun de mener la politique autonome la plus adaptée sera une politique gagnant-gagnant pour tout le monde.
il n’est pas du tout garanti que la sortie de l’euro correspondrait à une dévaluation forte du nouveau franc. Il est aussi faux de parler systématiquement de dumping monétaire en cas d’autonomie monétaire puisque pour les pays concernés qui ne sont pas dans une union monétaire, et ils sont nombreux sur la planète, les buts des politiques quelles soient budgétaires, salariales, de concurrence et des prix, de commerce extérieur sont celles qui sont prises en compte pour donner une cible pour le taux de change. Taux de change qui n’est qu’une variable parmi ces politiques et non une obsession pour un dumping monétaire permanent qui de toute façon serait stupide puisqu’il rend par exemple le coût des produits importés plus cher et qui ne rassure pas les industriels qui veulent investir dans le pays car les profits se feront dans une monnaie dévaluée.
Quant à l’Allemagne, elle a compris avant les autres que puisque les leviers des politiques monétaires, budgétaires, de concurrence et de prix lui étaient retirés et étant désormais fixés par les traités de la soit-disante « construction » européenne, il ne restait plus que les leviers de la politique salariale et des délocalisations. Elle a alors entamé une vigoureuse politique de déflation salariale ( soit chômage ou acceptation des jobs à 1 € de l’heure, plan Harz IV de réduction des avantages des salariés) et délocalisation de la sous-traitance dans les anciens pays du bloc soviétique, le montage final étant encore réalisé en Allemagne. Ce qui explique la réussite économique, plus pour les entreprises que pour les salariés, de cette dernière.
Salut Gilles,
Là ça devient intéressant… Je vais essayer de vérifier tes infos.
Concernant la délocalisation de la production ou de la sous traitance, ce n’est pas quelque chose qui est spécifique à l’Allemagne. Je le vie dans mon travail, mais aussi chez moi… quand des obscures phone-centers localisés au maghreb m’appellent sur mon téléphone fixe…
La libre circulation des biens, et donc la délocalisation, ont été une des mesures qui ont permis aux entreprises (côtées en bourse) de résister un temps à la pression des marchés qui exigent des rendements de l’ordre de 15% alors que la croissance est bien inférieure. Enfin, c’est ce que je pense avoir compris… A vérifier donc…
Bon, c’est mon dernier commentaire puis j’arrête mon délire…
J’ai un peu regarder les arguments pour et contre la sortie de l’euro. Un fait curieux, de prime abord, c’est que les arguments des pour sont aussi convaincants que ceux des contre…
Je pense que c’est du au fait que ce problème est devenu indécidable. Le système est devenu tellement complexe qu’il est imprévisible. C’est une des propriétés des systèmes chaotiques où il n’existe plus de règle prédominante.
Oui, je sais bien, je reviens avec cette thèse que le capitalisme est cliniquement mort… Mais au cas où se serait le cas, le monde s’organisera d’une manière nouvelle. Personnellement, je préfèrerais qu’il se cristallise autour des valeurs humaines. Peut importe le système qui en résultera, tant que le respect de chacun reste fermement inscrit dans ses bases.
Quand je parle de valeurs humaines, je n’entends pas celles qui consiste à substituer les victimes d’un dictateur sanguinaire à celles des dommages collatéraux d’une guerre « humanitaire »…
Allez, j’arrête parce que j’en ai marre de me prendre le choux. Surtout que je viens d’apprendre sur un site d’information que Benoit de secret story 5, vient de se faire élargir le pénis.…
La dernière information qui a fait bouillonner les sites belges d’information est une vidéo sur la bourgmestre d’Alost, une petite ville proche de Bruxelles :
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/365916/une-video-d-ilse-uyttersprot-bourgmestre-d-alost-s-envoyant-en-l-air-fait-scandale.html
il est dit plus haut que la crise que nous vivons est une crise de la dette avant tout,
je n’en suis pas si sûr, je la vois plutôt comme une crise au départ factice, qui devient bien réelle en faisant apparaître une crise de « gouvernance »,
factice parce qu’il s’agit avant tout de très légers doutes de la part d’acteurs prenant des positions sur des marchés quant à la capacité de certains états à rembourser tout ou partie de leurs dettes,
crise de « gouvernance » car à partir du moment ou lesdits acteurs, notoires cocaïnomanes fonctionnant par mimétisme et anticipation des actions des autres (« esprits animaux » de keynes), se sont emballés dans leurs trip, et que les banques, sentant l’odeur de l’or ont vu là une occasion de pratiquer des taux très lucratifs,
il eut été très simple de mettre fin à tout cela, il suffisait que les États d’Europe se mettent d’accord pour que la banque centrale européenne change de mission… Visiblement le consensus règne quand il s’agit de préserver les avoirs des clients des professionnels de la spéculation, et d’appliquer le programme néolibéral en criant à la crise et à la nécessité de l’austérité…
bref, le problème qui se pose me semble moins relever d’une solution type « sortie de l’euro » que d’une véritable démocratie européenne,
autrement dit que notre monnaie soit européenne ou française, on passe à côté de l’essentiel lorsqu’on fait l’économie de la question de la souveraineté populaire et de la forme de création monétaire qu’elle implique,
je préfèrerais donc, au regard de la situation actuelle, qu’on reste avec l’euro :
vous aurez noté que les conditions de réussite d’une sortie de l’euro telles que définies par J. Sapir implique un contrôle des sorties de capitaux et une planification en vue d’une relocalisation de l’économie,
la première exigence peut se faire en restant dans l’euro, la deuxième ne se fait pas en un jour.
De plus, un certain nombre de mesure importantes peuvent se faire en contrevenant aux traités, en faisant pression sur les autres États… Just do it
Et le plus important, la relocalisation et la vitalisation d’une économie, sociale, solidaire et écologique peut très bien se faire en éditant des monnaies locales ou une monnaie parallèle nationale, avec un contrôle citoyen des projets financés et des échanges possibles etc.,
c’est plus subtil, ça permet d’éviter de trop s’exposer et de tranquillement se mettre en capacité de produire ce dont on a besoin, de la manière que l’on juge digne et respectueuse de l’écosystème et de se coordonner avec d’autres collectivités de par le monde pour se fournir en biens et services que l’on ne pourrait produire chez nous…
Évidemment, comme ça n’est pas un slogan ni une solution miracle et que ça nécessite un minimum d’implication populaire, cette solution est sûrement un vœu pieu
Just do it / Voeu pieux…
Le coeur de nos difficulté est bien là : on est empêtré dans une infinité de mesures techniques : sociales, écologiques, économiques, financières… Brouillard de complexité…
Sans jamais soulever le coeur du problème qui est politique :
ou bien nous suivons la carotte de l’enrichissement et liberté individuelle, accumulation de biens matériels et culturels qui déploie sa logique systémique,
ou bien nous gouvernons c’est-à-dire mettons en place une démocratie et les outils politiques qui vont avec permettant de réfléchir collectivement en amont à l’intérêt collectif.
Cette réflexion ne peut qu’aboutir au constat de catastrophe du choix A, et à la nécessité de déployer une autre organisation de la société, la relocalisation y prenant une place de choix, la « démondialisation » passant par une désurbanisation et invention de nouveaux concepts en terme d’aménagement du territoire, par une désindustrialisation au profit de micro entreprises artisanales, micro centrales énergétiques…
Mais Chinois, Indiens, pays « émergents » ont soif de goûter à cette accumulation et s’y emploient.…
Mais nos représentants sont insatiables de pouvoir et ne pensent qu’à conforter leur concitoyens dans l’idée fataliste que c’est ainsi
Just do it… Je suis actuellement en procès contre un député cumulard de mandats qui bloque localement toute initiative de participation citoyenne à la construction du territoire… Cet épisode local vérifiant que le pouvoir rend fou et que les élus, une fois en place, ne veulent rien lâcher : le choix A les aidant à conforter leur position de « sachants ».
à stouf de ouf
Comme pour toi maintenant, avant juillet 2008, choisir et me décider entre « Garder une monnaie unique » et « Sortir de l’euro et retrouver l’autonomie monétaire » me semblait indécidable. C’est une une analyse de gauche ( Jacques Nikonoff ) du Mouvement Pour une Éducation Populaire qui ouvert la voie à ce que je me décide clairement.
Pour aller plus loin et te décider, un entretien au sujet l’euro avec Jacques Nikonoff dans « Libération » … …
Dans la même veine :
Un entretien avec Jean-Jacques Rosa dans « Le Figaro » … … Son bouquin : « L’euro : comment s’en débarasser » est lumineux et donne plein d’espoir pour la reconquête d’une autonomie monétaire gagnant-gagnant, à lire pour tous les peuples emprisonnés dans l’euro … …
Salut Gilles,
J’ai lu cet petit article, on y trouve notamment :
« Partout, il faut faire défaut sur la dette, c’est à dire arrêter de rembourser les spéculateurs.
…
Dubaï il y a deux ans, l’Argentine en 2002, ont fait défaut sur leur dette, avec succès. C’est un non-problème. »
Je dois encore payer 20 ans de traites avant d’être propriétaire de ma maison. Je crois que je vais arrêter de les payer et si j’ai une remarque de mon banquier affolé parce qu’il risque la faillite, je lui dirai que c’est un non-problème, qu’il faut être solidaire.
On peut se débarrasser des banques comme ça, mais j’ai peur qu’on en aie encore besoin.
Étienne, ton site est intéressant, comme celui de Paul Jorion et ces autres qui pensent reconstruire un monde nouveau. Mais Ces constitutions citoyennes, ces nouvelles théories économiques tombent vite dans la complexité.
Je suis découragé car je vois poindre encore un système où nous sommes exclus par les spécialistes.
Je regarde mon chien les quatre pattes en l’air qui prend le soleil et je me dis que c’est le seul qui a raison.
À bientôt sur un champ de bataille, donc… 🙁
Bonjour Étienne,
Après avoir lu le livre « La dette publique, une affaire rentable » que vous avez préfacé, j’aimerais vous poser une question à laquelle on n’a pas vraiment répondu dans ce livre :
POURQUOI l’État français a‑t-il décidé en 1973 d’abandonner la création monétaire aux banques privées ?
Merci de votre réponse.
Vincent,
C’est une bonne question, je trouve, et je me la suis posée aussi, naturellement. Mais figurez-vous que nous ne sommes pas arrivés à consulter les débats parlementaires concernant cette loi, aussi incroyable que cela puisse paraître.
Je ne peux donc pas vous dire quels sont les arguments qui ont été ionvoqués pour corconvenir nos représentants (en tout cas ceux qui n’étaient pas préalablement corrompus).
Si vous avez des infos, un lien officiel vers ces débats, je suis preneur ; extrêmement intéressé, même !
Étienne.
« Les banques centrales font une estimation de la richesse créée chaque année par le travail combiné à d’autres ressources afin d’assurer la stabilité des prix. » Ce sont elles qui créent l’argent.
Les banques privées pourraient prêter plus d’argent qu’elles ne possèdent… (Il ne faut pas confondre argent et liquidité) Etienne pourriez vous indiquer un document légal qui atteste une telle allégation. Je suppose que vous l’avez déjà fait mais ce serait bien d’enfoncer le clou.
Salut stouf, bonjour à tous, bonjour Étienne et merci pour l’amélioration du temps d’affichage de ce blog du à la suppression du code du caractère non-ASCII. 🙂
Au sujets des débats, est-ce que vous avez consulté les archives de la V ème législature de la V ème République ( 1973 – 1978 ) ?
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/tables_archives/index.asp
Je n’ai pas moi-même assez de RAM pour ouvrir ces documents volumineux d’archives en pdf. 🙁
Hé, Gilles, je viens de faire une grande découverte…
Tous ces spécialistes de la haute finance, qui touchent des salaires ahurissants… Ils ne sont pas plus malins que toi et moi. On ne remarque leur incompétence que dans les périodes de crises, parce que quand tout va bien, ils sont inutiles (un peu comme les politiques).
Bref, tout ceci amène le directeur de l’OCDE à annoncer que le risque de récession a été largement revus à la hausse.
Je parie mon slip que le cours de l’or va de nouveau connaitre une forte hausse. La finance, c’est le seul système qui parie sur sa chute.
Quand on sera sur les barricades, souviens toi de l’article premier des droits de l’homme :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. ».
Compare le l’article 1 de la constitution française :
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. ».
Il y a une différence entre « être égaux en dignité et en droits » et « être égaux devant la loi » …
On est actuellement dans une société où éthique et honnête sont deux concepts qui ne semblent pas aller ensemble…
Gilles,
Merci pour l’adresse. J’ai téléchargé tous les pdf de la 4ème législature.
Mais CE NE SONT PAS LES DÉBATS : ce sont seulement des tables des matières qui signalent que des débats ont eu lieu…
Amicalement..
Étienne.
Et est-ce qu’en téléphonant là, en ciblant le tir sur les débats référencés (la date en particulier), il y aurait une piste ?
http://www.journal-officiel.gouv.fr/informations-jo/en-savoir-plus.html#nospublications
http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/684141/le-chef-economiste-de-la-bce-demissionne-les-bourses-et-l-euro-plongent.html
Étienne, le compte rendu des débats, ce sera pour les livres d’histoire. Quant à la sortie de l’euro, j’ai peur que le problème ne se pose plus le jour des élections françaises.
Il y a un climat pré-révolutionnaire dans l’air. On avance vers l’inconnu. C’est le moment de revenir à votre plan C, parce que le plan A et le plan B n’ont pas marché.
Bonjour à tous,
Pardonnez-moi d’avance, je voudrai poser une question qui sera certainement hors-sujet.
Nous voyons l’effondrement du capitalisme depuis quelques temps, Europe, USA qui tombera le premier… Lorsqu’on voit le déroulé des événements, cela me donne l’impression qu’on ne maîtrise plus grand chose et pourtant…
Depuis de nombreuses années aux USA des « cerveaux » sont pris à la sortie des universités pour remplir des « think tank » dédiés à la haute finance.
J’ai du mal à me faire à l’idée que ce qui arrive ici est une conséquence incontrôlée de l’avidité des banques, sachant que des équipes entières de types ultra-intelligents bossent avec d’énormes moyens sur ces sujets. Il y a là quelque chose qui me dérange.
Alors si l’effondrement de ce système, voulu implicitement par les élites financières se produit et est en quelque sorte un « chaos organisé », qu’est ce qui nous est réservé après ?
Je lis souvent sur le net des gens qui sont super content de voir le système se vraquer et se disent « youpi on va pouvoir vivre dans un nouveau monde, plus humain, plus libre etc… », mais quid de cela si ce sont les boureaux qui abattent eux mêmes leurs échafauds ?
Merci pour vos réponses et pardonnez moi par avance si je viens polluer votre fil de discussion.
Bien à vous
Stéphane
Salut Stéphane,
Si j’ai bien compris… (A vérifier donc).
L’effondrement du système n’est pas voulu implicitement par les élites financières…
Le problème est venu en partie du fait que la théorie de la finance reposait sur la notion d’efficience des marchés qui s’est avéré fausse mais qui est le seul modèle actuel qui permet une modélisation du système financier. Cette théorie a eu pour effet de sous estimer les risques liés à un produit.
Un peu avant la crise des sub-primes, certaines banques du côté de WallStreet ont vu venir le raz de marée. Elles ont alors créé des produits, qui étaient apparemment sans risque mais qui contenaient un vice caché.
Ainsi, de nombreuses banques se sont fait berner. Résultat, les banques se méfient les unes des autres et ne veulent plus se prêter mutuellement de l’argent comme avant, ce rôle étant repris par l’état avec les conséquences que l’on connait.
Ajouter à ça l’intervention des bots informatiques qui biaisent le comportement des marchés…
Bref, il ne s’agit pas ici d’un complot mais juste de la manifestation de l’absence d’une théorie correcte de la finance devant sa complexité et du surplus de frilosité de nos politiques qui préfèrent le conventionnel quitte à couler le navire..
L’avenir est imprévisible, mais il faut se tenir sur ses gardes et surtout ne pas se laisser séduire par les discours nationalistes ce qui ne veut pas dire que l’on ne doit pas revenir à une économie locale…
Bonjour Stouf le ouf,
Merci de ta réponse, je connaissais déjà cette vision, mais je l’ai relu avec ouverture. Elle peut effectivement correspondre à une réponse valide. Mais tout de même, ça m’épate d’imaginer que des tronches d’élites se soient plantées sur cette modélisation de l’efficience des marchés. Qu’ensuite les politiques merdouillent complètement, ça ne m’étonne plus depuis quelques années.
Pour revenir sur ces cerveaux, pour moi c’est comme si on me disait que les ingénieurs de la Nasa avait oublié de mettre des toilettes dans la station spatiale ISS. C’est presque surnaturel.
Encore merci pour ta réponse 😉
Bien à vous
Stéphane
À Étienne, puisque je ne peux pas charger les documents, je suppose que juan nessy propose la bonne piste : trouver la date des débats en cherchant dans les tables d’archives, soit les tables nominatives soit les tables analytiques :
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/tables_archives/index.asp
et ensuite seulement, avec la ou les dates, aller aux comptes rendus des débats classés par date :
http://archives.assemblee-nationale.fr/
À stouf et stéphane :
Esquisses de solutions de sortie de la crise et de l’euro pour la Grèce à la lumière de l’expérience argentine :
Il est assez clair que les aides de l’UE et du FMI que l’on nous dit nécessaire pour la solidarité nécessaire avec les citoyens grecs ne vont pas vers eux, avec l’austérité et les privatisations qu’ils subissent, mais aux créanciers de la Grèce qui sont les banques françaises, allemandes, italiennes, états-uniennes.
Comme ça avait été le cas en Argentine en 2001, les insultes des gouvernements de droite pleuvent contre les Grecs. Ils présentent cette communauté comme un ensemble de feignants qui ont trompé les banques et dilapidé les énormes crédits reçus grâce à la bonne volonté des créanciers. Les fonctionnaires étasuniens de l’administration Bush diffusaient les mêmes fables afin de jeter le discrédit sur les Argentins.
Les médias dominants mènent campagne en propageant la croyance absurde que les Grecs jouissent d’un niveau de vie enviable sur le dos du Nord de l’Europe. Rien ne vient corroborer ce mythe puisque tous les indicateurs sociaux témoignent du caractère défavorisé de la Périphérie de la région.
Avec cette inversion de la réalité, la propagande réactionnaire prétend démontrer que le refinancement de la dette grecque constitue une « aide de la communauté internationale » à l’associé qui s’est fourvoyé dans une mauvaise voie. Il en était de même vis-à-vis de l’Argentine. Ceux qui financent par le chômage, la pauvreté et la dégradation des salaires la survie des financiers sont présentés comme des profiteurs de la charité mondiale.
Ces caricatures masquent la manière dont les gouvernements viennent en aide aux capitalistes français et allemands qui, au cours des dernières décennies, ont fait d’énormes bénéfices sur les excédents générés en Europe du Sud.
Les grandes entreprises étrangères actives en Argentine faisaient le même type de bénéfices au cours de la période de la principale réorganisation néolibérale. Ils ont d’abord affaibli l’industrie nationale à travers l’ouverture commerciale et se sont ensuite appropriés des portions croissantes du marché local.
La Grèce a subi le même type de dégradation après l’adoption de l’euro et l’entrée dans l’Union Européenne. Cette économie fragile a été livrée à la merci de la puissante compétitivité allemande et du déficit commercial qui en a résulté, financé par un endettement croissant.
En réalité, aucun pays de la périphérie européenne ne peut résister à la supériorité dévastatrice des économies plus avancées qui ont profité de la création d’un marché continental unifié pour renforcer leur hégémonie. L’explosion des dettes privées des ménages et les bulles immobilières qui ont affecté les pays les plus vulnérables ont été alimentées par les excédents industriels des économies les plus puissantes. Comme l’Euro facilite particulièrement les affaires des industriels allemands, ce secteur se prononce actuellement pour le maintien de la Grèce dans l’Euro et est même favorable à un type de Plan Marshall destiné à financer de futures importations.
Dans les débats sur ces événements, il convient de retenir les trois grandes leçons de l’Argentine pour la Grèce. Cette expérience indiqua, en premier lieu, l’indubitable nécessité de freiner l’hémorragie du débiteur, au travers d’une suspension unilatérale des paiements. Elle clarifia également l’importance de choisir le moment le plus opportun pour cette rupture.
L’Argentine s’est déclarée en défaut de manière volontaire, quand le pays s’est retrouvé sans fonds. La Grèce pourrait imiter cette action avant de perdre toutes ses ressources. Elle a la possibilité d’anticiper et d’agir alors que les créanciers sont confrontés à une forte exposition de titres toxiques qu’ils accumulent dans leurs portefeuilles. Il ne faut pas donner le temps aux financiers de procéder à des échanges de titres.
Il est également indispensable de mettre immédiatement en pratique un audit de la dette. En Argentine, on a beaucoup débattu de cette initiative face aux accusations dûment étayées sur le caractère frauduleux du passif. La dette s’était gonflée avec des engagements inexistants qui ont financé la fuite des capitaux, avec une spirale des intérêts et une importante absorption de faillites privées de la part de l’État.
Ces irrégularités confirmées sont restées impunies. Le lobby des banques a bloqué toutes les tentatives d’enquête et paralysé plusieurs projets parlementaires de révision des passifs. Les conséquences de cette impunité ont été mises en lumière dans tous les débats postérieurs sur la dette. Sur ce terrain, l’Argentine est restée très en arrière par rapport à l’Équateur, qui a mis en place une Commission d’audit qui a permis de faire la lumière sur bien des choses.
En Grèce, il existe actuellement la possibilité de mener à bien un audit. Cette action permettait d’annuler la portion illégitime des passifs et de faciliter la constitution d’un registre des propriétaires des titres. Cette identification serait indispensable afin de déterminer les droits de recouvrement. Il existe déjà une importante initiative afin de mener à bien cette recherche. Voir Yorgos Mitralias, « Révolte populaire de masse en Grèce » .
La troisième leçon de l’Argentine est la nécessité de nationaliser les banques et d’établir un contrôle total sur les mouvements des devises et des capitaux. Ces mesures devraient être adoptées avant la suspension du paiement de la dette (ou en modifiant le type de change). La Grèce est encore dans les temps pour préserver ses ressources avec de telles mesures.
Certains économistes considèrent qu’il est indispensable de rompre immédiatement avec l’euro. Mais la récupération de la monnaie nationale requiert en premier lieu d’assurer les réserves, en empêchant la fuite frénétique des capitaux qu’accompagnerait un virage économique. Ce n’est qu’en intervenant sur les banques (en les nationalisant) et au travers d’un strict contrôle des changes qu’il serait possible de contrebalancer la perte des devises résultant d’une souveraineté monétaire retrouvée.
Le réveil populaire en Argentine a surgi quand les illusions néolibérales, qui prédisaient « l’entrée dans le premier monde », se sont effondrées. La même haine a éclaté parmi les Grecs, avec la fin des attentes créées par l’adhésion à l’Union européenne.
Tous les observateurs s’accordent sur le fait que la crise a déjà complètement débordé de la sphère financière et qu’elle se répand dans les rues.
Il y a dix ans, la rébellion argentine avait freiné les mesures d’ajustement, fait avorter le programme déflationniste et bloqué la dollarisation. Elle força également l’introduction d’un projet politique qui combinait la restauration du pouvoir des dominants avec l’octroi de concessions démocratiques et sociales. Le soulèvement confirma l’utilité de la lutte afin d’inverser des rapports de force défavorables, donner de la légitimité aux mouvements sociaux et légaliser les grèves. Il permit de freiner la répression brutale (qui persiste en Colombie ou au Mexique) et contrebalança la résignation dans les mouvements sociaux (que l’on observe en Uruguay ou au Brésil).
Mais la rébellion argentine resta au milieu du gué car elle n’a pas expulsé les politiciens corrompus ni éradiqué le poids du bipartisme. Elle n’empêcha pas non plus l’enrichissement des mêmes capitalistes qui profitèrent de la convertibilité. Mais elle conditionna toute la politique étrangère et elle influença une gestion de la dette qui limita les appétits des créanciers.
Il est important de tenir compte de ces résultats au moment d’établir des comparaisons internationales.
La bataille populaire qui se livre actuellement en Grèce présente un caractère plus continental. La rébellion argentine a fait partie d’un cycle de luttes sud-américain, mais elle n’éclata pas au même moment que les soulèvements au Venezuela, en Équateur ou en Bolivie. Les mobilisations grecques coïncident par contre avec la crise générale du Vieux Continent, qui tend à provoquer des réactions simultanées dans plusieurs points de cette région. Ces réponses commencent à rompre l’isolement des résistances nationales et permettraient de surmonter la perplexité qui a prévalu au début de la récession.
La généralisation de l’action populaire est le meilleur antidote contre la passivité alimentée par la social-démocratie et contre les campagnes racistes promues par la droite.__ La récente protestation des indignés espagnols peut marquer un tournant dans ce sens. Le mouvement gagne en massivité à mesure que ses revendications politiques (« démocratie réelle ») et économiques (en finir avec le sauvetage des banques) conquièrent une plus grand légitimité et soutien.
La présence dominante de la jeunesse dans ces mouvements – et l’utilisation novatrice des réseaux sociaux comme instruments d’information alternative – encourage la contagion continentale. Cette généralisation peut répéter l’effet domino qui caractérise les soulèvements dans le monde arabe. L’étincelle de la jeunesse réchauffe en outre les énergies des travailleurs, tant dans les pays qui maintiennent un haut niveau de mobilisations sociales (France), que dans les pays qui ont souffert un recul prolongé (Grande-Bretagne).
Si la confiance envers la résistance réapparaît, on pourra envisager la manière de généraliser la bataille contre les créanciers, comme cela a déjà commencé dans certains pays, comme l’Islande. En résumé, la flamme allumée par les Grecs s’étend en Europe et son impact déterminera qui payera les conséquences de la crise. Ce processus est suivi avec une énorme attention en Amérique latine. Très peu de nouvelles sont attendues avec autant d’espoir que celle d’une victoire populaire en Europe.
Source : Comité d’annulation de la dette du tiers-monde
Gilles,
Complêtement d’accord avec ce texte… Même si l’Argentine reste un cas spécial.
Toutes les mesures possibles doivent être prises pour lutter contre la spéculation. Cependant, il faut également se demander pourquoi les banques et les fonds d’investissements spéculent. Il ne suffit pas de solutionner les conséquences d’un problème, mais aussi ses causes…
J’ai trouvé un bon site, même si il est un peu tendancieux où se trouve un article qui pour moi résume bien le problème.
http://www.matierevolution.org/spip.php?article1915
Bonne lecture…
Grandeur…
http://jslefebvre.wordpress.com/2011/02/21/sans-lue-pas-de-resto-du-coeur/
et décadence…
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/20/l‑ue-ne-s-accorde-pas-sur-l-aide-alimentaire_1574947_3214.html
Finalement, j’opte non seulement pour sortir de l’Euro, mais aussi pour sortir de l’Europe…
J’espère qu’à la place, nous saurons instaurer un véritable organe de solidarité entre les pays européens puis par extension, au reste du monde…
Ça va être chaud…
Merci Stouf pour l’article dans le site matierevolution
Je suis d’accord avec l’analyse de fin de l’accumulation capitaliste qui à mon avis dérive à la fois de son aspect de casino fou et de l’épuisement des ressources naturelles à faible coût.
Si tu veux créer les liens hypertextes ( url cliquables ) sur le blog DotClear d’Étienne, ceci afin d’éviter à Étienne de passer du temps à bidouiller dans le code. Clique ici, j’y ai mis la syntaxe nécessaire
Étienne t’en sera reconnaissant !
Bonjour à tous,
Avec un peu de retard, merci à Gilles pour sa réponse.
Étienne a‑t-il envisagé que sa solution pourrait avoir une chance de prendre place au cours ou à l’issue d’un énorme marasme économique et social ?
Je ne sais pas à quoi vont ressembler les élections présidentielles en 2012 mais j’ai le drôle de pressentiment qu’elles vont être très différentes de celles qu’on a pu voir jusqu’à présent.
Je suis peut être un peu parano, mais je voudrais poser une question à 1 euro. Y a‑t-il, et si oui quelles sont-elles, des situations qui pourraient légalement repousser les élections (genre guerre) ?
Bien à vous
Stéphane
BIDIBI…Les Français parlent aux Français…BIDIBI
—Nous sommes le 14 juillet 2015. Voici un message du général Sarkozy en direct de Malibu…
« Carla et moi, vous souhaitons « bonne merde » pour les années à venir… »
Fin de transmission.
Et maintenant un peu de provocation…
Avant d’avoir une guerre (même si on est déjà en guerre contre une partie la Lybie), nous aurons
une grande période de troubles sociaux et de répressions musclées de la part des gouvernements qui se doivent
d’assurer la stabilité de leur nation chérie et moribonde. Cette répression est approuvée par la population qui craint le climat d’insécurité ambiant.
Ensuite, il y a le problème du dollar qui sert de monnaie internationale. Pour rappel, la grande majorité des banques
centrales détiennent près de 90% de leur liquidités en dollars…
Si l’économie américaine ne reprend pas, il y a des chances que le petit billet vert perde la presque totalité de sa valeur dans un
processus d’hyperinflation. S’en suivra un effondrement complet de l’économie modial.
Or la finance mondiale, malgré ses travers avait une vertu, celle d’inhiber les tensions internationnales.
De son côté, les USA ont l’armée la plus puissante au monde avec une panoplie d’armes qu’ils gardent encore secrètes.
Est-ce que le pays le plus puissant militairement au monde va se laisser mourrir de faim ? Ou utilisera-t-il sa puissance de feu afin
de relancer son économie ?
Ce ne sont pas les « bonnes raisons » de rentrer en guerre qui manquent. J’en veux pour preuve la guerre « humanitaire » qui se déroule
actuellement en Lybie. A comparer, le nombre de morts par la répression du fou sanguinaire khadafi et les 50000 morts estimés actuellement pour cette guerre.
Fin de provocation…
Sur ce, je vais aller boire une bière spéciale au café du coin…
PS : Merci pour ta réponse canada goose… Tu me mettras deux oies de côté quand je passerai chez toi…
Je vous (Étienne et les autres ) fait passer ce lien vers le site de l’UPR où l’on peut trouver en ligne l’intégralité du programme présidentiel de F Asselineau en vidéo .
http://www.u‑p-r.fr/presidentielles-2012/le-programme-de-l-upr
Cela pour avoir vos avis sur qui est proposé.
Merci Di Girolamo,
Je suis en retard, je n’ai pas encore vu cette conférence-là. Pourtant, elle est sûrement passionnante.
Présidentielle 2012 : le programme de François… par UPR-TV
Bientôt.
Étienne.
Elle est intéressante mais dure 5 heures !
Cela dit et sans encore me positionner sur le fond quant aux propositions de Asselineau , j’ai compris qu’il n’était pas encore assuré de ses 500 signatures . Ce qui, pour lui, pour d’autres, et pour les citoyens que nous sommes est( devrait être) innacceptable.
Ci dessous extraits des textes concernant les modalités des élections présidentielles et mon commentaire .
Constitution
– ARTICLE 6.
Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel DIRECT.
- Loi n° 62–1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel
Version consolidée au 20 avril 2011
I. Quinze jours au moins avant le premier tour de scrutin ouvert pour l’élection du Président de la République, le Gouvernement assure la publication de la liste des candidats.
Cette liste est préalablement établie par le Conseil constitutionnel au vu des présentations qui lui sont adressées par au moins cinq cents citoyens membres du Parlement, des conseils régionaux, de l’Assemblée de Corse, des conseils généraux des départements, de Mayotte, des conseils territoriaux de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin et de Saint-Pierre-et-Miquelon, du Conseil de Paris, de l’assemblée de la Polynésie française, du congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie, de l’assemblée territoriale des îles Wallis-et-Futuna, maires, maires délégués des communes associées, maires des arrondissements de Lyon et de Marseille ou membres élus de l’Assemblée des Français de l’étranger. Les présidents des organes délibérants des communautés urbaines, des communautés d’agglomération, les présidents des communautés de communes, le président de la Polynésie française, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et les ressortissants français membres du Parlement européen élus en France peuvent également, dans les mêmes conditions, présenter un candidat à l’élection présidentielle.
Conseil Constitutionel
– Contentieux de l’élection présidentielle et des opérations référendaires
Tout électeur a le droit de contester la régularité de l’élection présidentielle et des opérations référendaires en faisant porter au procès-verbal des opérations de vote (tenu par le président du bureau de vote) mention de sa réclamation. Les réclamations sont transmises au Conseil constitutionnel qui les examine et les tranche définitivement.
Selon moi la loi de 1962 qui indique que ce sont 500 citoyens ( élus) qui sélectionnent les candidats est en contradiction avec l’article 6 de la constitution et le caractère DIRECT de ce suffrage . On mixte du direct et de l’indirect ; c’est anti constitutionel .
Si pour des raisons pratiques on souhaite maintenir « une sélection » , il faut une procédure qui respecte l’aspect direct du suffrage ; c’est possible.
A partir de là il me semblerait judicieux , très utile , de saisir le conseil constitutionel en contestant la régularité , ce, comme tout électeur peut le faire lors du scrutin.
Si cette idée est valable(?) et qu’on puisse la diffuser en vue de constestations massives , cela devient une action politique utile.
Je ne supporete pas l’idée de me voir encore une fois imposer un choix déjà décidé.
Pour ma part je dis que dans un premier temps le plus important serait de récupérer le pouvoir non plus par la vote mais bien par le tirage au sort. Pour le reste, récupérer la création de la monnaie, et la deuxième chose la plus importante avec tout ce que ça implique dont les lois concernant le commerce et le libre échange, les mécanismes inflationnistes qui devrait être à supprimer et remplacer par un système plus juste et créatif d’emplois…, Quant à la sortie de l’Europe et de fait de la structure mondiale qui est en train de se mettre en place, je dirais oui et non… oui de la manière dont l’oligarchie entrevoit l’union des peuples (uniquement pour le profit et l’exploitation des ressources sans contraintes) et non si les peuples reprennent le contrôle et pourraient ainsi créer non pas un gouvernement (en langue des oiseaux gouverne ment, ce qu’ils font très bien aujourd’hui) mais un genre de conseil des sages s’appuyant sur un groupe de personnes tiré au sort, enfin je vais pas reproduire l’intégrale d’Étienne à se sujet… ou finalement tous et toutes serions égaux en droits sociaux, salariaux… et ou de fait ils ne pourraient plus exploiter sans vergogne les ressources pour une poignée de chique, ce qui ne leur servirait plus à rien de jouer à saute mouton avec leurs entreprises en délocalisant à tout va pour maintenir la pression économique plus communément appelée par ces bas-du-front « dumping social »…
@ Etienne
http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/debat-public-avec-francois-33885