CENTRALITÉ DU TIRAGE AU SORT EN DÉMOCRATIE

27/04/2011 | 91 commentaires

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(Vidéo d’une confé­rence sur ce sujet)

La catas­trophe finan­cière et moné­taire actuelle PROUVE tous les jours que les pires cra­pules, pour­vu qu’elles soient RICHES, n’ont rien à craindre des élus. Je répète : la preuve est appor­tée tous les jours, par­tout dans le monde, que les canailles RICHES n’ont RIEN à craindre des ÉLUS.

Ce sont des FAITS. Et il faut avoir beau­coup de pous­sière sur les lunettes pour ne pas les voir.

Je signale d’a­bord que les riches et autres aris­to­crates, eux, le savent depuis long­temps : dès le début du XIXe siècle, Alexis de Toc­que­ville avouait déjà : « Je ne crains pas le suf­frage uni­ver­sel : les gens vote­ront comme on leur dira. » Éton­nant, non ? Ils le savent depuis long­temps, eux. Bien.

Pour­tant, le can­dide que je suis, novice en poli­tique (puisque je ne résiste aux abus de pou­voir que depuis six ans seule­ment) est sidé­ré de l’at­ta­che­ment vis­cé­ral des mes meilleurs amis — de gauche ; à toutes fins utiles, je pré­cise que je ne suis pas fas­ciste… — atta­che­ment qua­si­ment reli­gieux au suf­frage uni­ver­sel, en dépit de toutes les décep­tions, en déni de toutes les trahisons.

Le suf­frage uni­ver­sel res­semble à un MYTHE, un peu comme une vache sacrée qui serait deve­nue abso­lu­ment intou­chable, en ver­tu d’un dogme qui ne se dis­cute plus, alors que, DE FAIT, elle rend pos­sible —et même scelle dura­ble­ment— l’im­puis­sance poli­tique du plus grand nombre, tou­jours et partout.

Je vous pro­pose de don­ner une heure de lec­ture à une idée alter­na­tive mécon­nue, d’une puis­sance consi­dé­rable, le tirage au sort des ser­vi­teurs poli­tiques de la Cité. Ne lâchez pas prise avant la fin : plus on lit à ce sujet, plus on y pense libre­ment, plus on com­prend qu’on n’a­vait pas assez réflé­chi en fai­sant confiance à l’é­lec­tion. Nous serions tous bien mieux pro­té­gés par des ins­ti­tu­tions (démo­cra­tiques) orga­ni­sées autour du tirage au sort que par des ins­ti­tu­tions (oli­gar­chiques) fon­dées sur l’élection.

La prin­ci­pale racine de nos pro­blèmes poli­tiques modernes est que
nous appe­lons démo­cra­tie son strict contraire
 :
l’é­lec­tion est aris­to­cra­tique, par défi­ni­tion : on élit le meilleur, le meilleur = aris­tos.

Et pour­tant les fon­da­teurs de nos régimes —dont le vrai nom est en fait « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif »— n’a­vaient nul­le­ment l’in­ten­tion d’ins­ti­tuer une démo­cra­tie, au contraire ! Sieyès en France et Madi­son aux États-Unis, pour des rai­sons dif­fé­rentes, tenaient à écar­ter le peuple des déci­sions poli­tiques, et ne s’en cachaient nul­le­ment (il faut lire à ce pro­pos le petit livre for­mi­dable de Ber­nard Manin, « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment représentatif »).

C’est par un curieux retour­ne­ment de voca­bu­laire (assez bien décrit par Pierre Rosan­val­lon en 1993) que le mot démo­cra­tie s’est mis, dès le début du XIXe siècle, à qua­li­fier un régime qui la mépri­sait pour­tant expli­ci­te­ment dès l’origine.

Aujourd’­hui, le fait d’ap­pe­ler démo­cra­tie son strict contraire nous empri­sonne dans une glu intel­lec­tuelle qui nous empêche de for­mu­ler une alter­na­tive sérieuse : nous n’ar­ri­vons pas à dési­gner l’en­ne­mi car l’en­ne­mi a pris le nom de l’a­mi, LE NOM de ce qui le détrui­rait. Tenant cette place stra­té­gique, l’en­ne­mi nous empêche de l’occuper.


Alors, qu’est-ce qu’une véri­table démocratie ? 

L’exemple d’A­thènes, il y a 2500 ans, est tout à fait pas­sion­nant. Pour com­prendre la logique des ins­ti­tu­tions athé­niennes, et pour per­ce­voir l’es­sen­tiel de ce qui fait leur cohé­rence, je vous pro­pose un sché­ma (cli­quer pour agran­dir, puis Ctrl+roulette pour ajus­ter) :

Gar­der ce sché­ma sous les yeux en lisant ce qui suit.

Pour com­prendre ce qui fait la cohé­rence de la démo­cra­tie athé­nienne, il faut se sou­ve­nir que les Athé­niens avaient comme prin­ci­pal objec­tif (au centre (A), à ne jamais oublier) de mettre un terme à plu­sieurs siècles de tyran­nie. Ils étaient armés et ils ont déci­dé, pour se pro­té­ger des tyrans, d’im­po­ser une véri­table éga­li­té poli­tique, tout en sachant bien qu’il était impos­sible (et inutile) d’im­po­ser une éga­li­té géné­rale (phy­sique, éco­no­mique, sociale, men­tale, etc.) ; on parle bien d’é­ga­li­té POLITIQUE.


Le droit de parole publique et l’i­ni­tia­tive populaire

Un pre­mier pilier, dans les ins­ti­tu­tions de la démo­cra­tie, était l’i­sè­go­ria (B), droit de parole pour tous à tout moment et à tout pro­pos : les Athé­niens consi­dé­raient ce droit de parole comme une hygiène de base qui per­met­tait à la démo­cra­tie de se pro­té­ger elle-même en fai­sant DE CHAQUE CITOYEN UNE SENTINELLE apte à dénon­cer d’é­ven­tuelles dérives oli­gar­chiques et à pro­té­ger la démo­cra­tie, un peu comme si des mil­liers de paires d’yeux sur­veillaient en per­ma­nence que tout se passe bien, un peu comme des glo­bules blancs. Cette éga­li­té de droit de parole est à la fois une consé­quence et une condi­tion de l’é­ga­li­té poli­tique. Cette éga­li­té est indis­so­ciable de la démo­cra­tie ; les Athé­niens y tenaient plus qu’à toute autre ins­ti­tu­tion. Aujourd’­hui, en pleine oli­gar­chie, d’une cer­taine façon, l’In­ter­net nous rend (un peu) l’i­sè­go­ria que les élus nous ont volée depuis 200 ans.

C’est l’i­sè­go­ria qui ren­dait pos­sible des citoyens actifs © et à l’in­verse ce sont les citoyens actifs qui don­naient vie à l’i­sè­go­ria. Les deux se tiennent, vont ensemble.


Des citoyens armés

Je rap­pelle, pour mémoire, que les citoyens athé­niens étaient armés (D) ; je crois que c’est tout sauf un détail : au moment d’é­crire des ins­ti­tu­tions pro­tec­trices contre les abus de pou­voir, en 1791, au moment de bâtir des rem­parts solides contre la tyran­nie, Robes­pierre a écrit un impor­tant Dis­cours sur les Gardes Natio­nales, expli­quant que c’é­tait folie de désar­mer le peuple en lais­sant sub­sis­ter en son sein un corps armé : pour lui, c’é­tait le che­min garan­ti vers la tyran­nie. Appa­rem­ment, effec­ti­ve­ment, nous y sommes. On peut noter que les Suisses sont tous armés et que leur ser­vice mili­taire dure toute leur vie.


Ama­teu­risme poli­tique et rota­tion des charges, DONC tirage au sort

Pour atteindre cet objec­tif cen­tral d’é­ga­li­té poli­tique, consta­tant que le pou­voir cor­rompt et en dédui­sant logi­que­ment qu’il faut évi­ter de lais­ser au pou­voir le temps de cor­rompre les acteurs, les Athé­niens ont éta­bli qu’il fal­lait abso­lu­ment garan­tir, DE FAÇON TOUT À FAIT PRIORITAIRE, L’AMATEURISME POLITIQUE (E), et donc LA ROTATION DES CHARGES (F), grâce aux MANDATS COURTS ET NON RENOUVELABLES (H).

NOTA : tout ça est très logique, on ne peut pas reti­rer une ins­ti­tu­tion sans cou­rir le risque de créer une inco­hé­rence. LE SEUL MOYEN pour dési­gner les repré­sen­tants en fai­sant tour­ner rapi­de­ment les charges (man­dats courts et non renou­ve­lables) ÉTAIT LE TIRAGE AU SORT (G), éga­li­taire et incor­rup­tible : en effet, ce qui conduit à une élec­tion conduit méca­ni­que­ment, tôt ou tard, à une réélec­tion (et donc une sta­bi­li­sa­tion du per­son­nel poli­tique) ; l’é­lec­tion conduit donc pro­gres­si­ve­ment et imman­qua­ble­ment à la for­ma­tion d’une cor­po­ra­tion de poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels radi­ca­le­ment contra­dic­toire avec l’ob­jec­tif cen­tral de l’é­ga­li­té poli­tique réelle.

DONC, si on rem­place le tirage au sort par l’é­lec­tion dans ce sché­ma, on met tout par terre, on perd la démo­cra­tie. Il faut com­prendre la cohé­rence de l’en­semble et l’as­pect déci­sif de la pro­cé­dure du tirage au sort par rap­port aux objec­tifs fon­da­men­taux de la Cité et par rap­port aux autres ins­ti­tu­tions (qui visent toutes les mêmes objectifs).

On n’a pas le choix : PAS DE DÉMOCRATIE SANS TIRAGE AU SORT.


DÉSYNCHRONISATION de la puis­sance poli­tique de la puis­sance économique

Ce qu’il est très impor­tant d’ob­ser­ver, vrai­ment très impor­tant, c’est un effet fon­da­men­tal du tirage au sort qui est la DÉSYNCHRONISATION ENTRE LE POUVOIR ÉCONOMIQUE ET LE POUVOIR POLITIQUE (i).

Ceux qui étaient riches étaient par­fois pri­vés de tout pou­voir poli­tique puis­qu’ils n’é­taient même pas citoyens (on appe­lait « métèques » les étran­gers, sou­vent riches et accueillis pour leurs richesses, pra­ti­quant leurs affaires et vivant confor­ta­ble­ment sans être trop gênés, appa­rem­ment, par leur impuis­sance poli­tique), alors que LA PLUPART DES CITOYENS (DONC RICHES POLITIQUEMENT) ÉTAIENT PAUVRES (ÉCONOMIQUEMENT).

Autre­ment dit, et je trouve ça fon­da­men­tal, PENDANT 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE TIRAGE AU SORT, LES RICHES N’ONT JAMAIS GOUVERNÉ ET LES PAUVRES TOUJOURS.

Il ne devrait pas être indif­fé­rent à des mili­tants de gauche, aujourd’­hui, de consta­ter que, AU CONTRAIRE, 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE L’ÉLECTION ONT PERMIS AUX RICHES DE TOUJOURS GOUVERNER, ET AUX PAUVRES JAMAIS. (J)

Il est inté­res­sant de cher­cher à com­prendre la cause des causes de ces faits :

La dif­fé­rence fon­da­men­tale, c’est que l’é­lec­tion repose sur la CONFIANCE en notre VOLONTÉ indi­vi­duelle (comme notre volon­té ne pou­vait pas être trom­pée), alors que le tirage au sort cultive la DÉFIANCE pour, en quelque sorte, nous pro­té­ger contre notre VOLONTÉ col­lec­tive (tou­jours mena­cée de TROMPERIE).


UN MOBILE DU CRIME (de trom­pe­rie), absent à l’é­chelle indi­vi­duelle mais qui appa­raît tou­jours à l’é­chelle collective 

Pour­quoi croyons-nous tous que « ce qu’on désire don­ne­ra tou­jours de meilleurs résul­tats que le hasard » ? Parce que nous géné­ra­li­sons au niveau col­lec­tif ce que nous obser­vons au niveau indi­vi­duel : quand je suis seul à vou­loir, je constate tous les jours que j’a­mé­liore mon sort par ma volon­té ; j’en déduis logi­que­ment que col­lec­ti­ve­ment ça va être la même chose. MAIS, ce que je ne vois pas, dans cette infé­rence fau­tive, c’est que, au niveau indi­vi­duel, faute de mobile, per­sonne ne vient trom­per ma volon­té (per­sonne n’y a inté­rêt), alors que, au niveau col­lec­tif, appa­raissent de puis­sants mobiles, d’ir­ré­sis­tibles moti­va­tions par­ti­cu­lières, contraires à l’in­té­rêt géné­ral, qui poussent cer­tains acteurs à faus­ser la volon­té géné­rale, à trom­per les électeurs.

Ce qui fait que l’im­pres­sion forte que nous avons tous de « supé­rio­ri­té du choix sur le hasard » est TROMPEUSE : cette supé­rio­ri­té effec­tive au niveau indi­vi­duel ne se véri­fie PAS au niveau col­lec­tif : des trom­peurs d’o­pi­nion appa­raissent au niveau col­lec­tif parce qu’il y a alors UN MOBILE, une moti­va­tion pour trom­per l’o­pi­nion (qui n’existe pas au niveau individuel).

On pour­rait dire que, par la pré­fé­rence pour l’é­lec­tion, les humains font preuve de pré­ten­tion (« si c’est moi qui choi­sis, c’est mieux ») alors que l’é­lec­tion détruit l’é­qui­libre qui découle natu­rel­le­ment du hasard : par­tout dans la nature, le hasard joue un grand rôle à la fois dans la sur­vie d’une espèce et dans sa non-pro­li­fé­ra­tion toxique.

Reve­nons à nos 400 ans d’ex­pé­rience poli­tique des deux pro­cé­dures, et tâchons de cher­cher la cause des causes : PAR DÉFINITION (et c’est pour ça que ça se passe comme ça, tou­jours et par­tout, de la même façon), LE RICHE A LES MOYENS D’AIDER un can­di­dat à être élu (inutile de déve­lop­per ça, c’est évident), même si ce can­di­dat est peu ver­tueux par rap­port à l’in­té­rêt général.

Donc, par défi­ni­tion, l’é­co­no­mi­que­ment riche peut se rendre indis­pen­sable pour qu’un autre devienne poli­ti­que­ment riche (élu) et donc pour exi­ger ensuite une poli­tique publique conforme à ses inté­rêts pri­vés. Et il le fait parce qu’il y a intérêt.


L’é­lec­tion est LA CAUSE qui per­met aux mar­chands de colo­ni­ser la Cité

Nous sommes nom­breux à nous plaindre de la colo­ni­sa­tion de notre ima­gi­naire par les mar­chands (c’est-à-dire, in fine, par les ban­quiers, que deviennent tou­jours les plus riches mar­chands) : pro­gres­si­ve­ment, les mar­chands arrivent à nous faire croire ce bobard que « tout ce qui a un prix a de la valeur et que tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur » alors que, au contraire, tout ce qui compte vrai­ment (l’a­mour, la quié­tude, le bon­heur, la paix, l’ar­deur, la plé­ni­tude, la joie, l’hon­neur…) n’a pas de prix et que ce qui a un prix, sou­vent, a peu ou pas de valeur véritable.

Mais le cœur nucléaire de cette colo­ni­sa­tion de notre ima­gi­naire et de nos ins­ti­tu­tions par les mar­chands, c’est l’é­lec­tion, car c’est l’é­lec­tion qui per­met aux riches d’ai­der l’é­lu à être élu et de rendre ain­si l’é­lu DÉPENDANT du riche, ENDETTÉ en quelque sorte.

D’une cer­taine façon, L’ÉLECTION per­met de géné­ra­li­ser au monde poli­tique les modes opé­ra­toires de la SERVITUDE PAR LA DETTE, mis au point par les mar­chands d’argent pour faire tra­vailler les autres à leur place.

Par le méca­nisme de l’é­lec­tion, les mar­chands mettent leurs prêtres mar­chands un peu par­tout dans le corps social en posi­tion d’in­fluer les choix publics à leur avantage.

Mais LE MAILLON FAIBLE de cette colo­ni­sa­tion du poli­tique par l’é­co­no­mique, C’EST L’ÉLECTION ! 

Et ce Talon d’A­chille des riches est à la por­tée des pauvres, mais à condi­tion que les pauvres cessent d’être aus­si orgueilleux en croyant stu­pi­de­ment (et en déni de tous les faits contraires qui leur donnent tort) que leur volon­té col­lec­tive (pour­tant facile à trom­per) est meilleure que le hasard (pour­tant incor­rup­tible) dans la dési­gna­tion des ser­vi­teurs poli­tiques de la Cité.

Il serait facile et judi­cieux de rem­pla­cer l’é­lec­tion par le hasard, maître du jeu habi­tuel dans la nature, et —à l’ex­pé­rience— res­pec­tueux des équi­libres et de la sur­vie de tous.

LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES, on l’ou­blie par pré­ten­tion : le hasard est une pro­ba­bi­li­té qui n’est pas sujette à notre volon­té (elle-même fra­gile aux bobards, facile à trom­per) ; LE HASARD EST INCORRUPTIBLE.


L’é­lec­tion, idéa­lisme sup­po­sant la confiance (avant d’a­ban­don­ner l’i­dée de gou­ver­ner) —vs— le tirage au sort, réa­lisme sup­po­sant la défiance (avant de s’or­ga­ni­ser pour gouverner)

Il faut com­prendre un para­doxe (ou un contre­sens) : contrai­re­ment aux appa­rences, l’é­lec­tion repose sur la confiance, alors que le tirage au sort repose sur la défiance. L’é­lec­tion se fonde sur un idéal (à mon avis par­fai­te­ment inac­ces­sible et rele­vant de l’es­cro­que­rie) selon lequel un élu serait ver­tueux par le seul fait d’être élu et le res­te­rait dura­ble­ment grâce à la même élec­tion (cen­sée per­mettre aus­si une sanc­tion par non réélec­tion), le peuple étant sup­po­sé apte à bien choi­sir ses maîtres… ce qui est extra­va­gant, un vrai mythe, par­fai­te­ment irréaliste.

Alors que, au contraire, les Athé­niens, très prag­ma­tiques, se connais­saient bien eux-mêmes, se méfiaient les uns des autres et ont bâti des ins­ti­tu­tions pre­nant acte de la réa­li­té de leurs imper­fec­tions et fon­dées sur la défiance, sur des contrôles per­ma­nents des magis­trats qui n’é­taient les maîtres de per­sonne ; des ins­ti­tu­tions comp­tant sur la mise en scène des conflits, sur l’ar­gu­men­ta­tion contra­dic­toire, à l’oc­ca­sion de débats publics, dans les­quels aucune déci­sion ne pou­vait être prise sans que tous n’aient été obli­gés d’é­cou­ter et réfu­ter publi­que­ment les argu­ments des pires adversaires.

L’é­lec­tion est un aban­don poli­tique, un renon­ce­ment, un geste de confiance avant de consen­tir à obéir pen­dant plu­sieurs années ; c’est une orga­ni­sa­tion poli­tique qui ne laisse aux hommes que le droit de choi­sir des maîtres.

Alors que le tirage au sort est au cœur d’une orga­ni­sa­tion poli­tique qui maté­ria­lise une volon­té de tous les hommes de conser­ver le pou­voir poli­tique et de ne nom­mer que des exé­cu­tants ser­viles pour leur repré­sen­ta­tion.

Il ne faut pas oublier qu’en démo­cra­tie, ce ne sont pas les tirés au sort qui ont le pou­voir (on les appe­lait des « magis­trats »), c’est l’As­sem­blée du peuple en corps qui exerce la plé­ni­tude du pou­voir poli­tique. Les tirés au sort ne servent qu’à exé­cu­ter les tâches que l’As­sem­blée ne peut pas assu­mer elle-même : par exemple, la pré­pa­ra­tion et la publi­ca­tion de l’ordre du jour, l’exé­cu­tion des déci­sions de l’As­sem­blée, l’or­ga­ni­sa­tion maté­rielle du tirage au sort, de la red­di­tion des comptes, etc.

OBJECTIONS et RÉFUTATION DES OBJECTIONS :

Je pro­pose dans cette deuxième par­tie de réca­pi­tu­ler les objec­tions sou­vent for­mu­lées à l’en­contre de la pro­cé­dure du tirage au sort en poli­tique, ain­si que les réfu­ta­tions pos­sibles de ces objec­tions. À ce jour, je ne connais pas d’ob­jec­tion rédhibitoire.


1. AVEC LE TIRAGE AU SORT, ON METTRAIT DES AFFREUX AUX MANETTES…

Alors, bien sûr, la pre­mière objec­tion au tirage au sort tient sou­vent à la crainte de tirer au sort des per­son­nages indé­si­rables ou même dangereux.

D’a­bord, il ne s’a­git pas de mettre quel­qu’un « aux manettes » : en démo­cra­tie, ce ne sont pas les repré­sen­tants qui décident, c’est le peuple lui-même réuni en assemblée.

Mais aus­si et sur­tout, les Athé­niens, exac­te­ment comme nous, avaient très peur de tirer au sort des inca­pables, des mal­hon­nêtes, des abru­tis, des salauds… Et pour­tant, j’at­tire votre atten­tion sur le fait que, mal­gré cette peur, ils ont pra­ti­qué le tirage au sort pen­dant 200 ans avec suc­cès… On peut donc pen­ser qu’ils avaient trou­vé des ins­ti­tu­tions com­plé­men­taires capables d’a­pai­ser ces craintes.

Effec­ti­ve­ment, on trouve dans les ins­ti­tu­tions athé­niennes toute une série d’ins­ti­tu­tions pro­tec­trices qui ser­vaient à « bor­der le sys­tème » et empê­cher les abus de pou­voir (voir en bas à droite du sché­ma (K)) :


Les 6 institutions complémentaires qui protègent des faiblesses du hasard

• Avant le man­dat, le volon­ta­riat (L), d’a­bord, per­met­tait une forme d’au­to­cen­sure puisque ceux qui ne se consi­dé­raient pas eux-mêmes comme capables s’ex­cluaient d’eux-mêmes. Ce point est aujourd’­hui dis­cu­table, à mon avis : il serait bon d’inci­ter tout le monde à par­ti­ci­per (y com­pris et sur­tout les per­sonnes justes qui ne se sou­cient pas de gou­ver­ner, dixit Alain) ; avec pos­si­bi­li­té de refu­ser, bien sûr.

Par ailleurs, la doci­ma­sie (M), sorte d’exa­men d’ap­ti­tude (mais pas de com­pé­tence puisque l’é­ga­li­té poli­tique était de prin­cipe), exa­men qui per­met­tait d’é­li­mi­ner les ban­dits et les fous, était un autre bar­rage contre les indé­si­rables avant tout mandat.

Enfin, l’os­tra­cisme (N) (impor­tante ins­ti­tu­tion qui n’a­vait pas, à l’é­poque, de conno­ta­tion péjo­ra­tive, au contraire) per­met­tait de mettre au ban (tem­po­rai­re­ment) un citoyen consi­dé­ré comme effrayant (sans le tuer, sans le rui­ner, et sans même le désho­no­rer) : chaque citoyen pou­vait gra­ver le nom d’un per­son­nage jugé dan­ge­reux sur un ostra­con, frag­ment de pote­rie, et celui qui était le plus sou­vent cité était éloi­gné de la vie poli­tique pour dix ans.

• Pen­dant le man­dat, les tirés au sort étaient révo­cables (O) à tout moment, par un vote de l’assemblée.

• En fin de man­dat, les tirés au sort devaient rendre des comptes ℗ et cette red­di­tion des comptes était sui­vie de récom­penses (hono­ri­fiques) ou de puni­tions éven­tuel­le­ment sévères. Mon­tes­quieu sou­li­gnait à ce pro­pos que la com­bi­nai­son entre le risque de puni­tions et le volon­ta­riat per­met­tait de fil­trer effi­ca­ce­ment les citoyens dési­gnés et ren­dait le tirage au sort inté­res­sant pour le bien com­mun : grâce au risque de puni­tions, il y avait moins de volon­taires fan­tai­sistes ou dangereux.

• Après le man­dat, même, deux pro­cé­dures d’ac­cu­sa­tion publique ex post (Q) per­met­taient de mettre en cause après-coup des acteurs éven­tuel­le­ment fau­tifs : le
Graphe para nomon et l’Ei­san­ge­lia : l’une pour réexa­mi­ner une déci­sion de l’As­sem­blée (et éven­tuel­le­ment punir un citoyen qui aurait induit l’as­sem­blée en erreur en défen­dant un pro­jet fina­le­ment nui­sible), l’autre pour mettre en accu­sa­tion un magis­trat.

Tout cela est infi­ni­ment plus pro­tec­teur qu’un sys­tème d’ins­ti­tu­tions repo­sant sur l’é­lec­tion qui, elle, fait comme si on pou­vait comp­ter sur la ver­tu de cer­tains acteurs, meilleurs que les autres. 

Le tirage au sort, lui, est au centre d’ins­ti­tu­tions qui assument les conflits et les imper­fec­tions indi­vi­duelles en se fon­dant sur la défiance et en pré­voyant des contrôles à tous les étages.

Ne pas oublier que
le tirage au sort ne désigne pas des chefs, mais des serviteurs.


2. LE TIRAGE AU SORT ÉTAIT ADAPTÉ AUX PETITES CITÉS,
MAIS NE SERAIT PAS ADAPTÉ À NOS GRANDES SOCIÉTÉS MODERNES…

Vous enten­drez sou­vent dénon­cer la sot­tise qui consis­te­rait à pro­je­ter les règles d’une petite Cité de 30 000 citoyens sur un État de 40 mil­lions d’électeurs.

De ce point de vue, contrai­re­ment aux idées reçues, un sys­tème basé sur l’é­lec­tion ne peut fonc­tion­ner qu’à petite échelle puis­qu’il sup­pose que les gou­ver­nés CONNAISSENT à la fois les gou­ver­ne­ments et leurs actions (ce qui est lit­té­ra­le­ment impos­sible à grande échelle : qui donc peut savoir ce que font tous les jours nos élus au niveau euro­péen ?) ; alors qu’au contraire, un sys­tème basé sur le tirage au sort est beau­coup mieux adap­té à des États de grande échelle puis­qu’il emporte avec lui DES CONTRÔLES PERMANENTS À TOUS LES ÉTAGES POLITIQUES.

Ce qui est essen­tiel en démo­cra­tie, c’est que chaque citoyen garde l’i­ni­tia­tive. Le mot ini­tia­tive est fon­da­men­tal et cor­ré­lé à l’i­sè­go­ria. C’est un outil puis­sant contre toute dérive oligarchique.

Ain­si, sur le modèle de la fédé­ra­tion — magni­fi­que­ment défen­du par Prou­dhon, que nous devrions tous relire et actua­li­ser —, la démo­cra­tie locale pour­rait se coor­don­ner avec les autres en dési­gnant des repré­sen­tants à des Assem­blées régio­nales qui elles-mêmes délè­gue­raient des man­da­taires à l’As­sem­blée natio­nale, tous ces man­da­taires ren­dant des comptes et res­tant sous le contrôle per­ma­nent des assem­blées locales, puisque l’i­dée maî­tresse des ins­ti­tu­tions fon­dées sur le tirage au sort, réa­liste plu­tôt qu’i­déa­liste, c’est que la ver­tu n’est pas natu­relle et que seuls des contrôles per­ma­nents —par de bonnes ins­ti­tu­tions— poussent les acteurs à la ver­tu et garan­tissent ain­si tous les citoyens contre les abus de pouvoir.


3. AVEC LE TIRAGE AU SORT, ON DÉSIGNERAIT DES INCOMPÉTENTS…

Autre objec­tion cou­rante : le monde devient com­plexe et les tirés au sort ne seraient pas aus­si COMPÉTENTS que les élus…

Parce que vous trou­vez que, de par le monde et à tra­vers l’his­toire des faits, les élus sont « compétents » ?!

C’est une blague ?

Savez-vous com­bien de bombes ato­miques les élus soi-disant com­pé­tents ont fait explo­ser dans l’at­mo­sphère, en plein air ou sous l’eau !, depuis 1945 ? Plus de 2 000 ! En fait de com­pé­tence, c’est de la folie furieuse, oui. Et com­bien de guerres ?! Et com­bien de mil­lions de mil­liards de dol­lars gas­pillés avec des armées sur­équi­pées —qui se neu­tra­lisent mutuel­le­ment !!!—pen­dant que des mil­liards d’hommes crèvent de faim ? Et com­bien de scan­dales de cor­rup­tion avé­rée ? Et com­bien de cas de col­lu­sion abjecte avec les riches qui ont per­mis d’é­lire les élus ? Et com­bien de tra­hi­sons du bien commun ?

Un avo­cat, un homme d’af­faires ou un pro­fes­seur qui vient d’être élu est tout à fait incom­pé­tent dans le domaine nucléaire ou cli­ma­tique ou médi­cal ou autre, et c’est son tra­vail sur les dos­siers qui va le rendre com­pé­tent. On peut en dire tout autant de n’im­porte quel tiré au sort volon­taire qui va deve­nir com­pé­tent en tra­vaillant sur ses dos­siers. Les très nom­breuses expé­riences d’as­sem­blées tirées au sort sur des sujets tech­niques com­plexes montrent une extra­or­di­naire com­pé­tence col­lec­tive et un for­mi­dable dés­in­té­res­se­ment par rap­port aux lob­bys. L’hon­nê­te­té et l’ab­sence de conflit d’in­té­rêts sont des carac­té­ris­tiques bien plus impor­tantes pour le bien com­mun que la (pré­ten­due) com­pé­tence, puis­qu’un réa­lisme élé­men­taire conduit à consta­ter qu’au­cun être humain ne peut pré­tendre maî­tri­ser un savoir ency­clo­pé­dique a priori.


4. AVEC LE TIRAGE AU SORT, ON CHANGERAIT D’AVIS TOUT LE TEMPS…

Autre objec­tion cou­rante contre le tirage au sort, la rota­tion des charges empê­che­rait de main­te­nir une ligne poli­tique cohé­rente sur la durée ; des magis­trats aux man­dats courts et non renou­ve­lables seraient inca­pables de pour­suivre des stra­té­gies cohé­rentes à long terme… Mais là encore, c’est faire comme si les tirés au sort avaient le même pou­voir que les élus modernes, ce qui n’est pas du tout le cas : dans un sys­tème orga­ni­sé autour du tirage au sort, c’est l’as­sem­blée qui a le pou­voir, et cette assem­blée, elle, est tout à fait stable. Les Athé­niens n’a­vaient aucun pro­blème de ce point de vue, au moins rien de plus grave que les inco­hé­rences liées aux élec­tions contra­dic­toires, évi­dem­ment elles aus­si possibles.


5. LE RÉGIME ATHÉNIEN SERAIT ESCLAVAGISTE, PHALLOCRATE ET XÉNOPHOBE…

Autre objec­tion fré­quente : on nous rap­pelle aima­ble­ment, comme si nous l’i­gno­rions, que les Athé­niens étaient escla­va­gistes, phal­lo­crates, et xénophobes.

Effec­ti­ve­ment, à l’é­poque, les femmes ne fai­saient pas par­tie du peuple, les esclaves non plus, et les étran­gers non plus. Mais juger ces faits antiques avec les valeurs d’au­jourd’­hui est un ana­chro­nisme, une injus­tice, une absur­di­té ; c’est aus­si idiot que de repro­cher aux Athé­niens de ne pas voler en avion… (L’i­mage est de Jac­que­line de Romilly).

Quand on s’in­té­resse aux ins­ti­tu­tions athé­niennes, on ne défend pas l’es­cla­va­gisme, ni la miso­gy­nie, ni la xéno­pho­bie, évi­dem­ment… Sim­ple­ment, on a le sens du dis­cer­ne­ment, on sépare le bon grain de l’i­vraie, on n’est pas bête­ment mani­chéen : la démo­cra­tie ne fonc­tion­nait PAS grâce à l’es­cla­va­gisme, NI grâce à la phal­lo­cra­tie, NI grâce à la xénophobie.

Autre­ment dit, débar­ras­sées de ces carac­tères infa­mants, les ins­ti­tu­tions athé­niennes auraient pro­duit les mêmes résul­tats béné­fiques en termes d’é­ga­li­té poli­tique et de pro­tec­tion contre les oligarques.

Autre­ment dit, cette objec­tion mal­hon­nête consiste à mon­ter en épingle (exa­gé­rer l’im­por­tance) de carac­tères sans aucun rap­port avec le sujet cen­tral de la démo­cra­tie : com­ment orga­ni­ser la Cité pour qu’au­cun corps n’op­prime les autres ? Il ne faut pas se lais­ser dis­traire et détour­ner de l’es­sen­tiel, et voir com­ment le peuple de l’é­poque, défi­ni comme il pou­vait l’être à l’é­poque, AVEC SES RICHES ET SES PAUVRES (CECI EST ESSENTIEL), voir com­ment ce peuple s’est pro­té­gé contre les oli­garques, contre la ten­dance des riches à tout prendre pour eux, tou­jours plus. Comme dit Cas­to­ria­dis, Athènes n’est pas un modèle mais un germe. 

Certes, on pour­rait dire, d’une cer­taine façon, que l’es­cla­va­gisme et le tra­vail des femmes à la mai­son libé­raient du temps pour les hommes, et leur per­met­taient de la sorte d’al­ler à l’As­sem­blée, ce qui est vrai ; mais la situa­tion actuelle du monde moderne, avec des machines mues par le pétrole qui font à notre place beau­coup plus de tra­vail que les esclaves antiques, cette pré­sence d’es­claves de fer à la place d’es­claves de chair per­met d’i­ma­gi­ner que nous pour­rions très bien, aujourd’­hui, libé­rer du temps pour que tous les humains puissent exer­cer une acti­vi­té politique.

C’est donc un mau­vais pro­cès, le plus sou­vent mené par des gens (élus et/ou riches) qui ont un inté­rêt per­son­nel à dis­cré­di­ter la démo­cra­tie (puisque le tirage au sort met­trait au chô­mage les élus et ôte­rait aux riches leurs pré­cieuses cour­roies de trans­mis­sion politiques).

Par un amal­game calom­nieux, les élus (et leurs par­rains) essayent de nous conduire à jeter un beau bébé démo­cra­tique avec l’eau sale de son bain escla­va­giste d’une époque révolue.


6. MAIS LES ATHÉNIENS UTILISAIENT AUSSI L’ÉLECTION, NON ?

On entend par­fois objec­ter que les Athé­niens uti­li­saient aus­si l’é­lec­tion. C’est vrai, mais mar­gi­na­le­ment : l’é­lec­tion était pré­fé­rée seule­ment dans les cas où une com­pé­tence était néces­saire, c’est-à-dire essen­tiel­le­ment en matières mili­taires et finan­cières. Ain­si, les chefs d’ar­mée et les comp­tables publics étaient élus, mais c’est tout. À Athènes, le tirage au sort des repré­sen­tants poli­tiques a bel et bien été la règle géné­rale pen­dant 200 ans.

Nous pour­rions très bien, à notre tour, com­bi­ner les deux, en fonc­tion de nos objec­tifs. Cepen­dant, ce n’est pas aux élus de faire ces choix-là, car ils vont évi­dem­ment tri­cher et pré­fé­rer l’é­lec­tion par­tout, dans leur inté­rêt per­son­nel, contre l’in­té­rêt général.


7. SI LA DÉMOCRATIE A PRIS FIN UN JOUR, ET N’EST JAMAIS RÉAPPARUE, C’EST BIEN LA PREUVE QUE LE SYSTÈME ÉTAIT MAUVAIS…

Autre objec­tion ren­con­trée contre le tirage au sort et la démo­cra­tie : si la démo­cra­tie a pris fin et n’est jamais réap­pa­rue, c’est bien la preuve que le sys­tème était mauvais…

Pas du tout : la démo­cra­tie a pris fin à cause d’une guerre per­due. C’est-à-dire une cause contin­gente, non néces­saire, acci­den­telle, et pas à cause de vices propres. 

Et les voleurs de pou­voir qui ont sui­vi ont bien rete­nu la leçon : le tirage au sort des repré­sen­tants donne méca­ni­que­ment le pou­voir au plus grand nombre, au lieu de lais­ser les riches gou­ver­ner. Cette pro­cé­dure aléa­toire —équi­table et incor­rup­tible— a donc ensuite été métho­di­que­ment dis­cré­di­tée par tous les notables et pri­vi­lé­giés à tra­vers les âges, mais pour des rai­sons qui n’ont évi­dem­ment rien à voir avec l’in­té­rêt géné­ral, et sans aucun débat public sur le choix socié­tal stra­té­gique « élec­tions ou tirage au sort ».


8. ET SI, MOI, J’AI ENVIE DE CHOISIR MES REPRÉSENTANTS ?!!

Cer­tains objectent avec véhé­mence qu’ils tiennent abso­lu­ment à choi­sir leurs repré­sen­tants, que c’est leur pré­cieuse part de sou­ve­rai­ne­té qu’on leur dérobe avec le tirage au sort, et que per­sonne ne leur reti­re­ra sans qu’ils se battent bec et ongles.

Ce que j’ob­serve, c’est que ces cris viennent sou­vent de per­sonnes plu­tôt favo­ri­sées qui n’ont rien à craindre de l’é­lec­tion puis­qu’ils sont pré­ci­sé­ment de ceux que les élus ne mar­ty­risent jamais.

Je ne suis pas sûr qu’il soit utile de ten­ter de les convaincre car il est pos­sible qu’un inté­rêt per­son­nel contraire à l’in­té­rêt géné­ral les anime, auquel cas la dis­cus­sion est un simu­lacre, et sans doute une impasse.

Par contre, de la part de per­sonnes défa­vo­ri­sées, cet argu­ment est vrai­ment éton­nant : après 200 ans de tra­hi­sons répé­tées, après 200 ans de pro­messes non tenues, conti­nuer à s’ac­cro­cher à ce qui est — de fait — un pur men­songe, relève de la pen­sée magique, un peu comme cer­taines croyances conduisent à pro­té­ger une vache sacrée.

Peut-on argu­men­ter contre une croyance ? Peut-être. Je pense par exemple à une voie médiane (tran­si­toire ?) : une Assem­blée qui com­bi­ne­rait les deux modes : une par­tie élue (pour ceux qui veulent choi­sir) et une par­tie tirée au sort (pour ceux qui ont com­pris que l’é­lec­tion est une men­teuse). Le résul­tat serait déjà bien meilleur pour l’in­té­rêt géné­ral qu’une élec­tion à 100%.

On peut aus­si pro­po­ser de choi­sir la pro­cé­dure par réfé­ren­dum. Par exemple, après un hon­nête débat public ouvert à toutes les opi­nions dis­si­dentes, on pose­rait la ques­tion au peuple : sou­hai­tez-vous que la pro­chaine Assem­blée consti­tuante soit 1) inté­gra­le­ment tirée au sort, 2) inté­gra­le­ment élue, 3) tirée au sort pour moi­tié et élue pour moi­tié, 4) consti­tuée de tous les citoyens volontaires ?

Mais aujourd’­hui, à l’é­vi­dence,
EN NOUS PRIVANT DE L’INITIATIVE (tan­tôt des can­di­dats, tan­tôt des ques­tions),
LE SUFFRAGE UNIVERSEL NE NOUS PRÉSENTE QUE DE FAUX CHOIX.


9. LES TIRÉS AU SORT SONT ÉGALEMENT MANIPULABLES ET CORRUPTIBLES, PLUS FACILEMENT MÊME, PUISQU’ILS SONT DÉBUTANTS POLITIQUES ET DONC PLUTÔT NAÏFS

On objecte aus­si par­fois que rien ne pro­tège les tirés au sort contre les mani­pu­la­tions ni contre la cor­rup­tion ; on sou­ligne même que des éter­nels débu­tants seront par­ti­cu­liè­re­ment expo­sés aux influences des fonc­tion­naires, eux inamovibles.

D’a­bord, encore une fois, c’est faire comme si les tirés au sort avaient le pou­voir alors que ce n’est pas le cas. Pour cor­rompre ou mani­pu­ler la volon­té com­mune, c’est toute l’As­sem­blée popu­laire qu’il faut cor­rompre et mani­pu­ler puisque c’est elle qui conserve le pou­voir en démo­cra­tie. Et les pro­cé­dures de mise en cause après-coup comme le Graphe para nomon per­mettent pré­ci­sé­ment de punir un ora­teur adroit qui aurait réus­si à cir­con­ve­nir l’As­sem­blée et la conduire à voter de mau­vaise décisions.

Par ailleurs, pour ce qui concerne les tirés au sort, il n’est pas vrai qu’il est aus­si simple de cor­rompre un ama­teur qu’un pro­fes­sion­nel : la cor­rup­tion et la mani­pu­la­tion prennent du temps. Et en atten­dant, il suf­fit d’un incor­rup­tible dans une assem­blée pour son­ner le toc­sin et aler­ter tous les citoyens des intrigues éventuelles.

Enfin, même impar­fait, le tirage au sort reste meilleur pour l’in­té­rêt géné­ral que l’é­lec­tion sur bien des aspects. Le fait que le tirage au sort soit (évi­dem­ment) impar­fait n’est pas suf­fi­sant pour y renoncer.


10. LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE NE RESPECTAIT PAS LES DROITS FONDAMENTAUX ET PRATIQUAIT, PAR EXEMPLE, LA PEINE DE MORT

On entend dire par­fois qu’un régime capable de condam­ner Socrate à mou­rir ne peut pas être un bon régime…

On a du mal à croire à la bonne foi de cet argu­ment : la mort de Socrate fut une erreur, sans doute un drame, mais c’est un micro­sco­pique détail pour juger un régime sur des siècles ; un simple fait divers, à l’é­vi­dence mal­hon­nê­te­ment mon­té en épingle.

Si ceux qui mettent en avant la mort de Socrate sont de bonne foi, vont-ils pen­ser à dis­po­ser aus­si dans la balance les cen­taines de mil­lions de morts et de tor­tu­rés par la faute d’é­lus depuis 200 ans ?

…

Plus sérieu­se­ment, on entend dire la démo­cra­tie ne res­pec­tait pas les droits de l’Homme.

C’est tout à fait exact, mais le leur repro­cher est d’a­bord un véri­table ana­chro­nisme : il est pro­fon­dé­ment injuste de repro­cher à un peuple d’il y a 2 500 ans de ne pas avoir res­pec­té nos valeurs actuelles.

Ensuite, en faire une pierre d’a­chop­pe­ment non négo­ciable est très exa­gé­ré car rien ne nous empê­che­rait, aujourd’­hui, d’a­mé­lio­rer le sys­tème dans le sens de ce res­pect des droits fon­da­men­taux, et puis c’est tout.

Pas du tout de quoi jeter le pro­jet tout entier aux orties, évidemment.


11. DÉMOCRATIE, DÉMOCRATIE… ARRÊTEZ DE NOUS CASSER LES PIEDS AVEC LES RÉFÉRENCES GRECQUES : IL N’Y A PAS QUE L’OCCIDENT SUR TERRE…

Cer­tains inter­lo­cu­teurs objectent que la réfé­rence lan­ci­nante à la démo­cra­tie dans les pays déve­lop­pés relève de l’ob­ses­sion reli­gieuse et néglige de nom­breuses autres expé­riences poli­tiques riches et anciennes, en Égypte et en Chine, notam­ment.

C’est vrai que, pour ceux qui se contentent des appa­rences et acceptent d’ap­pe­ler démo­cra­tie son strict contraire, la com­pa­rai­son avec la reli­gion est intéressante.

Mais au contraire, par­ler de reli­gion ne convient pas pour ceux qui cherchent à com­prendre — et n’ont pas peur d’a­mé­lio­rer — une vraie démo­cra­tie. Ceux-là mènent une enquête pour pro­té­ger tout le monde effi­ca­ce­ment contre les abus de pou­voir, au-delà des mythes, pré­ci­sé­ment. Cette enquête reste ouverte sur toutes les sug­ges­tions utiles, naturellement.

Quant aux autres his­toires mobi­li­sables pour pen­ser la Cité aujourd’­hui, je retiens de l’expé­rience chi­noise, pour le moment, l’in­té­rêt por­té aux CONCOURS pour l’ac­cès aux charges publiques : cette pro­cé­dure per­met (théo­ri­que­ment) d’ac­cé­der à une méri­to­cra­tie authen­tique (où les aris­to­crates font constam­ment la preuve qu’ils sont bien les meilleurs, sans aucun pri­vi­lège, de nais­sance ou autre). Il y a sans doute d’autres idées utiles dans l’his­toire chi­noise : eh bien par­lons-en, si vous voulez.

D’autre part, on évoque par­fois les attraits de l’ex­pé­rience égyp­tienne, bien plus ancienne que l’ex­pé­rience grecque. Mais pour l’ins­tant, je dois dire que les apports égyp­tiens à la science poli­tique qui per­met­traient de résis­ter aujourd’­hui aux abus de pou­voir me sont incon­nus. Je suis évi­dem­ment ouvert à toute sug­ges­tion crédible.

Pour l’ins­tant, j’ob­serve (et je signale) le germe poli­tique tes­té (et approu­vé) à Athènes parce qu’il me paraît logique, robuste, et par­fai­te­ment adap­té pour sor­tir enfin de la plu­part de nos impasses sociales, À CONDITION DE CESSER DE CONFIER AUX PARTIS L’ÉCRITURE DE NOS CONSTITUTIONS (puis­qu’ils choi­si­ront tou­jours l’é­lec­tion, natu­rel­le­ment, conduits par leur inté­rêt personnel).

…


12. AURIEZ-VOUS, VOUS AUSSI, DES OBJECTIONS, DES CRAINTES À FORMULER ? 

Faites-le ici et par­lons-en, à l’occasion.

———–


Fina­le­ment, pour éva­luer et COMPARER élec­tion et tirage au sort, QUE DISENT
LES FAITS ?

Rap­pel impor­tant : c’est sur­tout l’é­tude des FAITS, au moment de conclure, qui per­met de dou­ter de la per­ti­nence des mythes aujourd’­hui rabâ­chés : à l’é­vi­dence, la vache sacrée du suf­frage uni­ver­sel ne tient pas ses pro­messes. JAMAIS.

D’ailleurs, le fait que le suf­frage uni­ver­sel ait été ins­ti­tué par Napo­léon III et Bis­marck, et soit aujourd’­hui ardem­ment défen­du par les mul­ti­na­tio­nales et les banques, par exemple, devrait nous inci­ter à la plus grande méfiance. 


L’é­lec­tion donne le pou­voir aux riches,
le tirage au sort donne le pou­voir aux pauvres…
Com­bien de temps encore les pauvres vont-ils défendre l’élection ?

Nous dis­po­sons de 200 ans d’ex­pé­rience et de résul­tats FACTUELS pour cha­cune des deux pro­cé­dures : le tirage au sort a été tes­té pen­dant 200 ans, au Ve et au IVe siècle avant Jésus-Christ, et l’é­lec­tion a été tes­tée pen­dant éga­le­ment 200 ans envi­ron, depuis la fin du XVIIIe siècle.

Quels sont les faits inté­res­sants qui res­sortent de ces deux expé­riences de longue durée ? Eh bien, pen­dant 200 ans de tirage au sort quo­ti­dien, les riches n’ont jamais gou­ver­né, trop peu nom­breux pour être majo­ri­taires, et LES PAUVRES TOUJOURS. 

Au contraire, pen­dant 200 ans d’é­lec­tion, les riches ont tou­jours gou­ver­né, mal­gré leur petit nombre, et LES PAUVRES JAMAIS. 

Il n’est donc pas éton­nant que le suf­frage uni­ver­sel soit défen­du mor­di­cus par tous les MEDEF, GOLDMAN SACHS, UMP, PS et autres MONSANTO du monde. 

Il est, par contre, très éton­nant, je trouve, que TOUS les mili­tants de gauche, huma­nistes, socia­listes, com­mu­nistes, anar­chistes, éco­lo­gistes, tous sou­cieux de pro­grès social réel, sou­tiennent eux aus­si le suf­frage uni­ver­sel comme on défend une vache sacrée, alors que tout indique que ce mythe est men­son­ger, une véri­table escro­que­rie politique !

Pour moi, c’est incom­pré­hen­sible. De la part des élus (et de leurs riches maîtres), je com­prends : ces gens-là haïssent natu­rel­le­ment une idée qui repren­drait leur pou­voir, OK. Mais de la part des non élus, l’at­ta­che­ment à l’é­lec­tion et le refus du tirage au sort, en déni total de faits criants sur 400 ans, est pro­pre­ment incompréhensible.

Par défi­ni­tion, l’é­lec­tion est aris­to­cra­tique et conduit méca­ni­que­ment à l’o­li­gar­chie, et les faits confirment l’a­na­lyse théo­rique : tou­jours et par­tout, L’ÉLECTION PERMET AUX RICHES D’ACHETER LE POUVOIR POLITIQUE comme on achète une voi­ture, et L’ISSUE LOGIQUE, MÉCANIQUE, DE L’ÉLECTION, C’EST LE GOUVERNEMENT DES PLUS RICHES, C’EST-À-DIRE DES BANQUES. Voir l’in­fluence de Gold­man Sachs, Mor­gan, Rocke­fel­ler, Roth­schild et autres car­tels sur tous les gou­ver­ne­ments du monde.

D’où le lien indis­so­ciable entre le tirage au sort et la créa­tion moné­taire, qui est le moyen suprême pour les riches de deve­nir infi­ni­ment riches et de le res­ter, en asser­vis­sant tous les autres acteurs éco­no­miques, y com­pris les États, par leur dépen­dance à l’argent rare, l’argent-dette.

C’est un autre front de la résis­tance à mener en priorité.

Étienne Chouard
22 avril 2011. (MAJ 9 mai 2011.)

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BIBLIOGRAPHIE autour du tirage au sort :

LIVRES :

• Ber­nard Manin, « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » (Champs Flam­ma­rion, 1995).

• M. H. Han­sen, « La démo­cra­tie athé­nienne à l’é­poque de Démos­thène » (Les Belles Lettres, 2003).

• Moses I. Fin­ley, « Démo­cra­tie antique et démo­cra­tie moderne » (Petite biblio­thèque Payot, 2003).

• Yves Sin­to­mer, « Le pou­voir au peuple. Jurys citoyens, tirage au sort et démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » (La Décou­verte, 2007).

• Jacques Ran­cière, « La haine de la démo­cra­tie » (La Fabrique, 2005).

• Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, « Post-scrip­tum sur l’in­si­gni­fiance. Entre­tiens avec Daniel Mer­met » (Poche Essai, 1998).

• Simone Weil, « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques » (Écrits de Londres, Gal­li­mard 1957).

• Robert Michels, Les par­tis poli­tiques (1911).

• Octave Mir­beau, La grève des élec­teurs (1888), avec un flo­ri­lège inci­vique, (Édi­tions L’in­som­niaque 2007).

• Fabrice Wolff, Qu’est-ce que la démo­cra­tie directe ? Mani­feste pour une comé­die his­to­rique (Édi­tions anti­so­ciales, 2010).

• Alexis de Toc­que­ville, « De la démo­cra­tie en Amé­rique » (1835−1840).

SITES :

• http://​www​.ric​-france​.fr/

• http://​sto​cho​cra​tie​.free​.fr

• http://​www​.cle​ro​cra​tie​.com

• https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php

DIVERS :

• André Tol­mère, « Mani­feste pour la vraie démocratie ».

• Her­vé Chay­gneaud-Dupuy, Les dépu­tés tirés au sort : pro­po­si­tion ico­no­claste pour des citoyens légis­la­teurs (2003).

• Étienne Chouard, « Tirage au sort ou élec­tion ? Démo­cra­tie ou aris­to­cra­tie ?
Qui est légi­time pour faire ce choix de socié­té ? Le peuple lui-même ou ses élus ? »

* * * * *

Nota : bien sûr, je vous invite à com­men­ter cette ana­lyse et for­mu­ler vos propres objec­tions ou pro­po­si­tions ci-des­sous, en commentaires. 

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Étienne

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91 Commentaires

  1. NingúnOtro

    C’est déjà for­mi­dable, Étienne, comme résu­mé de toutes ces années de réflexion.

    Vous avez néan­moins encore des tics qui vous empêchent d’é­va­luer cor­rec­te­ment quelques inco­hé­rences des temps modernes.

    L’hu­main en est tou­jours au stade de se deman­der ce qu’il fout sur la Terre, quel est le but de son exis­tence. Il est curieux et veut savoir, et dans ce but il entre­prend des quêtes, il fait des inves­ti­ga­tions,… D’une part il invente des ins­tru­ments pour mieux s’y prendre, d’autre part avec tant d’in­ves­ti­ga­tions en cours il vient natu­rel­le­ment à l’i­dée de pré­ser­ver sa propre vie le plus et mieux pos­sible pour se don­ner la pos­si­bi­li­té de mener à bout la plu­part de ces inves­ti­ga­tions. Méta­phy­si­que­ment, il en vient même à s’i­ma­gi­ner avoir à sa dis­po­si­tion toute l’éternité.

    Voi­là, décrite som­mai­re­ment, la force qui pousse l’hu­main à agir. Tout cela doté d’un cer­veau chaque fois plus opti­mi­sé par la pra­tique au bout de ces pos­si­bi­li­tés, Ratio­na­li­té, anti­ci­pa­tion, anti­ci­pa­tion de l’anticipation, …

    Du fait que ce cer­veau, et toute l’hu­ma­ni­té a évo­lué… l’homme a expé­ri­men­té dans le pas­sé, par­tout comme à Athènes, avec des théo­ries ingé­nieuses qui met­taient à pro­fit le savoir de son temps. Quelques-unes de ces théo­ries se sont avé­rés incom­plètes ou même car­ré­ment fausses… mais le temps qu’elles furent uti­li­sés… elles pro­dui­sirent des consé­quences. Des consé­quences dont les influences durent et durent (comme les dura­cell quoi 😉 ).

    Tout comme tu dis, avec rai­son, qu’il ne faut pas juger les Athé­niens à tra­vers le filtre des connais­sances d’au­jourd’­hui (ils n’en avaient pas la dis­po­ni­bi­li­té!), on ne juge pas les appa­reils pro­je­tés par un Leo­nar­do Da Vin­ci des pauvres pro­jets de bébé parce que quelques-uns de nos enfants pour­raient les refaire avec leurs pièces légo.

    Les idéo­lo­gies, ce sont des col­lec­tions d’i­dées orga­ni­sées dans le but de struc­tu­rer le mieux pos­sible toute la socié­té. Qui dit toute la socié­té dit, impli­ci­te­ment, tout le monde. Ce sont donc des struc­tures où tout le monde doit trou­ver sa place… et l’accepter.

    La dif­fé­rence, théo­rique, entre une idéo­lo­gie et l’autre, n’est que le choix du groupe gérant. Les tra­vailleurs, les pos­ses­seurs, les scien­ti­fiques, les tirés au sort…

    Le pro­blème dans toutes les ver­sions est bien la même… l’é­lite choi­sie (même les tra­vailleurs, même les tirés au sort 😉 )… ter­mine par obte­nir des avan­tages de sa posi­tion, et des lors… elle conspire pour ne jamais finir de mener au bout le but ultime de l’i­déo­lo­gie (n’im­porte laquelle 🙁 ), moment où, tous étant deve­nus égaux… ils per­draient leurs privilèges.

    Tu t’entêtes encore à défendre quelques concepts pure­ment cir­cons­tan­ciels comme s’ils étaient des bases solides, et tu t’é­gares encore à essayer de com­prendre des lignes de pen­sée sans trou­ver ou est l’erreur.

    La dif­fé­rence entre les riches et les pauvres, par exemple. Aujourd’­hui, cela fait un bout de temps qu’on ne se trouve plus dans une situa­tion où tout le monde com­mence sa vie dans les mêmes cir­cons­tances. Cela a un effet très puis­sant sur les logiques qu’on peut vou­loir déve­lop­per. S’i­ma­gi­ner com­ment par­tir d’une situa­tion d’é­qui­té et main­te­nir cette équi­té indé­fi­ni­ment, est un exer­cice fon­da­men­tal pour s’i­ma­gi­ner com­ment pour­rait être une socié­té idéale. Une telle struc­ture peut ser­vir de base pour nos tra­vaux, parce qu’elle signale le but qu’on veut atteindre comme quelque chose de viable et durable.

    Viable et durable, jus­te­ment, mais il faut aller jus­qu’au bout de la pen­sée… tant que ne peuvent se pré­sen­ter des cir­cons­tances externes qui bou­le­versent tout, comme la guerre avec un enne­mi exté­rieur dans le cas des grecs (ou un cata­clysme natu­rel qui inter­rom­prait le déve­lop­pe­ment linéaire des progrès).

    …

    Réponse
  2. Étienne

    Cher Ningú­nO­tro,

    Je ne sais pas si je m’en­tête 🙂 mais toi, tu conti­nues à entre­te­nir un mal­en­ten­du, je crois 🙂 Dans des ins­ti­tu­tions fon­dées sur le tirage au sort, les tirés au sort ne sont PAS du tout une ÉLITE. Sous le contrôle per­ma­nent et sour­cilleux des citoyens (armés), ils sont les ser­vi­teurs (ordi­naires et tem­po­raires) de l’Assemblée. 

    Par ailleurs, je sais bien, figure-toi, que les pauvres ne res­tent pas for­cé­ment pauvres, et qu’ils peuvent s’en­ri­chir, et qu’ils peuvent alors, selon moi, deve­nir exac­te­ment aus­si dan­ge­reux pour les autres que les riches de longue date, et je me garde bien de natu­ra­li­ser une condi­tion éco­no­mique riche/pauvre que je sais fluctuante. 

    Mais pré­ci­sé­ment, l’in­té­rêt stra­té­gique pour la Cité de pen­ser de bonnes ins­ti­tu­tions, c’est de ne pas rêver en fai­sant comme s’il était pos­sible de trou­ver des hommes ver­tueux (par élec­tion ou par nais­sance ou autre), et c’est donc, de façon prag­ma­tique et réa­liste, de tou­jours se méfier des riches DU MOMENT et de don­ner aux autres des armes poli­tiques pérennes pour ne pas lais­ser les riches ache­ter le pou­voir politique.

    Quant aux « concepts cir­cons­tan­tiels » aux­quels tu fais allu­sion (et dont je devrais me déta­cher selon toi, appa­rem­ment), je ne sais pas de quoi tu parles.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  3. NingúnOtro

    …

    Nous, les humains, nous nous sommes déve­lop­pés sépa­rés en beau­coup de groupes, cha­cun d’entre eux pou­vant consti­tuer une cir­cons­tance externe pou­vant mena­cer la sta­bi­li­té d’un ou plu­sieurs autres. Pen­dant beau­coup de temps dans notre his­toire, nous avions à craindre que n’im­porte quoi d’in­con­nu sur­gisse d’un peu plus loin… de ter­ra inco­gni­ta, et nous avions besoin, si non de l’arme abso­lue qui pro­tè­ge­rait contre n’im­porte quoi, au mieux de la meilleure qu’on pou­vait inven­ter et qu’on pou­vait s’of­frir. C’est comme cela qu’on en est arri­vé à la doc­trine de la des­truc­tion mutuelle assu­rée (MAD en anglais 😉 ) par la dota­tion de mis­siles balis­tiques nucléaires intercontinentaux.

    La dif­fé­rence entre les riches et les pauvres comme uti­li­sée par la gauche est un leurre, une absur­di­té de mage hou­di­ni inven­tée par le bour­geois Karl Marx pour convaincre les pauvres anal­pha­bètes russes de se débar­ras­ser du pro­prié­taire médié­val le Tzar Nico­las II qui empê­chait le pro­grès qui enri­chi­rait les bour­geois de s’ins­tal­ler dans le ter­ri­toire russe.

    La pro­prié­té des moyens de pro­duc­tion, et de n’im­porte quel moyen, n’est qu’un symp­tôme. La cause réelle de ces pos­ses­sions est UNE LOGIQUE DE LA PENSÉE. On ne pos­sède que ce dont on RATIONALISE avoir besoin pour atteindre un but.

    Le but ultime, au moins quand on est capable d’y pen­ser ration­nel­le­ment… est de se doter des moyens pour assu­rer la sur­vie de soi-même (et sou­vent de son groupe social, famille, tribe,…).

    Ce but ultime, on peut s’en appro­cher par deux logiques bien distinctes :

    1) Paci­fique. On à besoin de se nour­rir et d’a­voir un toit. Des besoins limi­tés aux­quels la nature pour­voit assez effi­ca­ce­ment une fois qu’on déve­loppe l’ingéniosité.

    C’est le cas de la plu­part des déve­lop­pe­ments tri­baux et le but du mou­ve­ment de la décroissance.

    2) Para­noïaque et ultra agres­sif. On à besoin de s’approprier plus que la moi­tié DE TOUTES LES RESSOURCES POSSIBLES DISPONIBLES, a fin de se doter de la défense QUE PERSONNE NE POURRA BATTRE (puisque même tous ceux qui res­tent ensemble avec toutes leurs res­sources ne suf­fi­ront pas à nous inquié­ter). (Chiche, je crois que vous aurez immé­dia­te­ment recon­nue la stra­té­gie anglo-saxonne d’ins­pi­ra­tion juive sui­vie par les WASP ‑White Anglo-Saxon Protestant-).

    En excep­tuant les quelques riches par acci­dent qui ne connaissent pas le jeu… ce n’est pas pour avoir des yachts et des avions pri­vés que les gens sont riches… ils sont riches parce-qu’ils concentrent les res­sources néces­saires pour se construire des défenses fabu­leuses (mili­taires, cor­po­ra­tives, …) et tant qu’on y est avec les miettes on s’a­chète des dis­trac­tions pour une vie qui devient mor­tel­le­ment monotone.

    S’at­ta­quer à ces symp­tômes maté­riels est inutile tant qu’on ne décons­truit pas la logique qui les pousse à tou­jours amas­ser plus.

    Réponse
  4. NingúnOtro

    Inter­lude : on répond sur la marche aux objections 😉 .

    Étienne, évi­dem­ment, les tirés au sort seront la moins éli­tiste des élites pos­sibles… parce-qu’on aura fait tout ce qui est humai­ne­ment pos­sible pour qu’ils ne puissent pas pro­fi­ter de leur avan­tage tem­po­rel comme responsables.

    Mais il s’a­git bien de construire tout un sys­tème ingé­nieux, je vous l’ac­corde, pour que le génie qui EST DANS LA BOITE… n’ait pas l’oc­ca­sion de sortir.

    Le rai­son­ne­ment logique qui pousse les indi­vi­dus à vou­loir acca­pa­rer des avan­tages reste néan­moins pré­sent. Il fau­dra des géné­ra­tions dans une situa­tion ou vou­loir un avan­tage n’au­ra aucune uti­li­té pour que nous puis­sions nous débar­ras­ser de la charge de struc­tures coer­ci­tives pen­sées pour évi­ter les abus.

    Avant qu’on puisse arri­ver à la meilleure des situa­tions… celle ou les citoyens n’au­ront plus besoin de s’ar­mer que de la rai­son de leurs discours.

    Je ne sais pas pour­quoi… mais l’expériment socio­lo­gique de la série Bat­tles­tar Galac­ti­ca me vient à l’esprit 😉 .

    Je vais t’en don­ner, des pistes sur le quoi je parle… 😉

    Réponse
  5. NingúnOtro

    Étienne, je ne m’at­taque pas du tout au tirage au sort. La nous tirons ensemble du même bout de la corde 😉 .

    En ce moment, j’es­saie de te faire com­prendre pour­quoi tu n’ar­rives pas à com­prendre l’at­ti­tude de tes amis de gauche. Ce n’est pas parce-que je suis leur enne­mi juré (cela ne vaut pas la peine d’être l’en­ne­mi de qui­conque, c’est une pleine perte de temps). C’est parce-qu’on n’ar­ri­ve­ra jamais à avan­cer si on ne fait pas tout ce qui est dans notre pou­voir pour FACILITER QU’ILS SE COMPRENNENT EUX-MÊMES. Tant qu’ils ne com­pren­dront pas, ils seront leur propre pire enne­mi, et par cela le pire enne­mi de toute l’humanité.

    Je croyais que vous vous étiez déjà ren­du compte de cette obvié­té. Au moins vous décla­rez ne pas com­prendre leur atti­tude, et moi j’ai cru que c’é­tait le moment ou jamais de vous faire com­prendre quelles sont les causes (cor­ri­gibles!) de leur attitude.

    Comme cela on pour­rait être deux à s’y mettre.

    Parce-que la gauche, c’est quand-même > 80% de tous les huma­nistes, même s’ils se sont éga­rés sur quelques détails d’une telle façon qu’ils bloquent tout.

    Réponse
  6. Étienne

    Chers amis,

    Ma réflexion se pour­suit et je cherche tou­jours la cause des causes. Depuis ce matin, j’ai for­mu­lé quelques nou­veaux para­graphes, qui sont désor­mais dans le corps du billet ci-des­sus, ain­si que dans le fichier pdf cor­res­pon­dant, et que voi­ci (pour vous évi­ter de chercher) :


    DÉSYNCHRONISATION de la puis­sance poli­tique de la puis­sance économique

    Ce qu’il est très impor­tant d’ob­ser­ver, vrai­ment très impor­tant, c’est un effet fon­da­men­tal du tirage au sort qui est la DÉSYNCHRONISATION ENTRE LE POUVOIR ÉCONOMIQUE ET LE POUVOIR POLITIQUE.

    Ceux qui étaient riches étaient par­fois pri­vés de tout pou­voir poli­tique puis­qu’ils n’é­taient même pas citoyens (on appe­lait « métèques » les étran­gers, sou­vent riches et accueillis pour leurs richesses, pra­ti­quant leurs affaires et vivant confor­ta­ble­ment sans être trop gênés, appa­rem­ment, par leur impuis­sance poli­tique), alors que LA PLUPART DES CITOYENS (DONC RICHES POLITIQUEMENT) ÉTAIENT PAUVRES (ÉCONOMIQUEMENT).

    Autre­ment dit, et je trouve ça fon­da­men­tal, PENDANT 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE TIRAGE AU SORT, LES RICHES N’ONT JAMAIS GOUVERNÉ ET LES PAUVRES TOUJOURS.

    Il ne devrait pas être indif­fé­rent à des mili­tants de gauche, aujourd’hui, de consta­ter que, AU CONTRAIRE, 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE L’ÉLECTION ONT PERMIS AUX RICHES DE TOUJOURS GOUVERNER, ET AUX PAUVRES JAMAIS.

    Il est inté­res­sant de cher­cher à com­prendre la cause des causes de ces faits :

    Le cœur de la dif­fé­rence, c’est que l’é­lec­tion accorde confiance à notre VOLONTÉ alors que le tirage au sort, en quelque sorte, nous pro­tège contre notre VOLONTÉ col­lec­tive, tou­jours mena­cée de TROMPERIE.


    UN MOBILE DU CRIME (de trom­pe­rie), absent à l’é­chelle indi­vi­duelle mais qui appa­raît tou­jours à l’é­chelle collective 

    Pour­quoi croyons-nous tous que « ce qu’on désire don­ne­ra tou­jours de meilleurs résul­tats que le hasard » ? Parce que nous géné­ra­li­sons au niveau col­lec­tif ce que nous obser­vons au niveau indi­vi­duel : quand je suis seul à vou­loir, je constate tous les jours que j’a­mé­liore mon sort par ma volon­té ; j’en déduis logi­que­ment que col­lec­ti­ve­ment ça va être la même chose. MAIS, ce que je ne vois pas, dans cette infé­rence fau­tive, c’est que, au niveau indi­vi­duel, faute de mobile, per­sonne ne vient trom­per ma volon­té (per­sonne n’y a inté­rêt), alors que, au niveau col­lec­tif, appa­raissent de puis­sants mobiles, d’ir­ré­sis­tibles moti­va­tions par­ti­cu­lières, contraires à l’in­té­rêt géné­ral, qui poussent cer­tains acteurs à faus­ser la volon­té géné­rale, à trom­per les électeurs.

    Ce qui fait que l’im­pres­sion forte que nous avons tous de « supé­rio­ri­té du choix sur le hasard » est TROMPEUSE : cette supé­rio­ri­té effec­tive au niveau indi­vi­duel ne se véri­fie PAS au niveau col­lec­tif : des trom­peurs d’o­pi­nion appa­raissent au niveau col­lec­tif parce qu’il y a alors UN MOBILE, une moti­va­tion pour trom­per l’o­pi­nion (qui n’existe pas au niveau individuel).

    On pour­rait dire que, par la pré­fé­rence pour l’é­lec­tion, les humains font preuve de pré­ten­tion (« si c’est moi qui choi­sis, c’est mieux ») alors que l’é­lec­tion détruit l’é­qui­libre qui découle natu­rel­le­ment du hasard : par­tout dans la nature, le hasard joue un grand rôle à la fois dans la sur­vie d’une espèce et dans sa non-pro­li­fé­ra­tion toxique.

    Reve­nons à nos 400 ans d’ex­pé­rience poli­tique des deux pro­cé­dures, et tâchons de cher­cher la cause des causes : PAR DÉFINITION (et c’est pour ça que ça se passe comme ça, tou­jours et par­tout, de la même façon), LE RICHE A LES MOYENS D’AIDER un can­di­dat à être élu (inutile de déve­lop­per ça, c’est évident), même si ce can­di­dat est peu ver­tueux par rap­port à l’in­té­rêt général.

    Donc, par défi­ni­tion, l’é­co­no­mi­que­ment riche peut se rendre indis­pen­sable pour qu’un autre devienne poli­ti­que­ment riche (élu) et donc pour exi­ger ensuite une poli­tique publique conforme à ses inté­rêts pri­vés. Et il le fait parce qu’il y a intérêt.


    L’é­lec­tion est LA CAUSE qui per­met aux mar­chands de colo­ni­ser la Cité

    Nous sommes nom­breux à nous plaindre de la colo­ni­sa­tion de notre ima­gi­naire par les mar­chands (c’est-à-dire, in fine, par les ban­quiers, que deviennent tou­jours les plus riches mar­chands) : pro­gres­si­ve­ment, les mar­chands arrivent à nous faire croire ce bobard que « tout ce qui a un prix a de la valeur et que tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur » alors que, au contraire, tout ce qui compte vrai­ment (l’a­mour, la quié­tude, le bon­heur, la paix, l’ar­deur, la plé­ni­tude, la joie, l’hon­neur…) n’a pas de prix et que ce qui a un prix, sou­vent, a peu ou pas de valeur véritable.

    Mais le cœur nucléaire ce cette colo­ni­sa­tion de notre ima­gi­naire et de nos ins­ti­tu­tions par les mar­chands, c’est l’é­lec­tion, car c’est l’é­lec­tion qui per­met aux riches d’ai­der l’é­lu à être élu et de rendre ain­si l’é­lu DÉPENDANT du riche, ENDETTÉ en quelque sorte.

    D’une cer­taine façon, L’ÉLECTION per­met de géné­ra­li­ser au monde poli­tique les modes opé­ra­toires de la SERVITUDE PAR LA DETTE, mis au point par les mar­chands d’argent pour faire tra­vailler les autres à leur place.

    Par le méca­nisme de l’é­lec­tion, les mar­chands mettent leurs prêtres mar­chands un peu par­tout dans le corps social en posi­tion d’in­fluer les choix publics à leur avantage.

    Mais LE MAILLON FAIBLE de cette colo­ni­sa­tion du poli­tique par l’é­co­no­mique, C’EST L’ÉLECTION ! 

    Et ce Talon d’A­chille des riches est à la por­tée des pauvres, mais à condi­tion que les pauvres cessent d’être aus­si orgueilleux en croyant stu­pi­de­ment (et en déni de tous les faits contraires qui leur donnent tort) que leur volon­té col­lec­tive (pour­tant facile à trom­per) est meilleure que le hasard (pour­tant incor­rup­tible) dans la dési­gna­tion des ser­vi­teurs poli­tiques de la Cité.

    Il serait facile et judi­cieux de rem­pla­cer l’é­lec­tion par le hasard, maître du jeu habi­tuel dans la nature, et —à l’ex­pé­rience— res­pec­tueux des équi­libres et de la sur­vie de tous. 

    LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES, on l’ou­blie par pré­ten­tion : le hasard est une pro­ba­bi­li­té qui n’est pas sujette à notre volon­té (elle-même fra­gile aux bobards, facile à trom­per) ; LE HASARD EST INCORRUPTIBLE.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  7. beo

    Salut, je n’ai pas lu le billet mais je me pose une question. 

    Est-ce que l’ar­gu­ment selon lequel sans hasard il n’y a pas d’ac­tion pos­sible a fait l’ob­jet d’une étude ?

    La phrase est de Machia­vel et elle s’ap­plique tout à fait au com­mu­nisme sta­li­nien et au néo­li­bé­ra­lisme moderne.

    Ces sys­tèmes com­plè­te­ment ver­rouillés bloquent com­plè­te­ment l’ac­tion publique car si quelque chose n’est pas dans l’in­té­rêt de ceux qui tirent les ficelles il ne se passe rien.

    Réponse
  8. bonnet rene

    Quel est, dans ce sché­ma très inté­res­sant, la place du pro­jet poli­tique et du pro­jet de société ?

    À quels étages se place la pro­cé­dure de rédac­tion du cahier des charges de la demande d’ex­per­tise par les citoyens pour enga­ger un pro­ces­sus déci­sion­nel réel­le­ment démo­cra­tique et éclairé ?

    La consti­tu­tion peut elle pré­voir pour chaque loi un volet de mise en oeuvre de la démo­cra­tie, de la trans­pa­rence et une éva­lua­tion de la per­for­mance entre le pro­je­té et le réalisé ???
    etc.

    Ni le hasard, ni le sys­tème ne rem­pla­ce­ront la ver­tu ! La com­plexi­té mul­ti­plie les pro­cé­dures, divise les déci­deurs, les choix les plus sages ne se jouent pas à la loterie…

    rb

    Réponse
  9. juan nessy

    en écho au com­men­taire 6 d’E­tienne :la pour­suite de la réflexion appa­rait ici selon moi plus comme le béton­nage d’une convic­tion sacrée que comme une démons­tra­tion de l’er­reur de l’élection .

    Elire c’est éty­mo­lo­gi­que­ment choi­sir . On peut cri­ti­quer la clar­té et la qua­li­té des choix offerts , la sin­cé­ri­té de celles et ceux qui éla­borent les choix , la per­ti­nence de celles et ceux qui reçoivent ces choix…voire tout ça à la fois .Il n’en reste pas moins qu’à mon choix ( pour le coup ) l’é­lec­tion est dans la rela­tion sociale ce qui repré­sente mon iden­ti­té ( Ega­li­té : un homme/une voix ) , ma Liber­té par le choix , ma res­pon­sa­bi­li­té dans le groupe ( Fra­ter­ni­té ) .L’é­lec­tion est le maillon fort de la vie répu­bli­caine. Elle ne me pré­mu­nit pas contre l’ar­bi­traire ( dont le hasard est aus­si une porte d’en­trée) , mais au moins elle per­met de le dési­gner sinon le vaincre .

    Tra­vailler à la moti­va­tion , la per­ti­nence , la clar­té et la fai­sa­bil­té des choix , est sans doute plus com­plexe et lourd que d’é­tran­gler la cause des causes .Mais ça me parait plus sûr.

    PS : j’ai remar­qué il y a peu que vous aviez la même pas­sion pour le para­pente que Franck Lepage . Mais lui défend plu­tôt la démo­cra­tie selon Paul Ricoeur que le tirage au sort .

    Bon­jour à la Provence !

    Réponse
  10. Étienne

    Cher Juan,

    Je devine un mal­en­ten­du (vous allez me dire si je me trompe) :

    Le tirage au sort des repré­sen­tants poli­tiques ne vous prive pas du choix, AU CONTRAIRE : il vous GARANTIT que vos ser­vi­teurs poli­tiques res­te­ront des ser­vi­teurs (au lieu de deve­nir vos maîtres comme c’est TOUJOURS le cas avec l’é­lec­tion), et il pro­tège vos CHOIX, VOTRE ini­tia­tive : un homme = une voix, à tout moment et à tout pro­pos, DIRECTEMENT, à l’As­sem­blée. Alors que l’é­lec­tion, DE FAIT (ça compte, les faits, n’est-ce pas ?) VOUS PRIVE DES CHOIX aux­quels vous dites tant tenir. N’êtes-vous pas en contradiction ? 

    Le mal­en­ten­du vient peut-être dans la confu­sion entre deux types de choix possibles :

    1) Dans une orga­ni­sa­tion vrai­ment démo­cra­tique où les déci­sion sont prises par le peuple réuni en Assem­blée, le choix d’une déci­sion à prendre (plu­tôt qu’une autre) sur tel ou tel sujet de socié­té, choix que je peux renou­ve­ler à tout moment, à l’As­sem­blée où je peux tou­jours aller, si je le souhaite. 

    2) Dans une orga­ni­sa­tion aris­to-oli­gar­chique où les déci­sions sont prises par les élus réunis en Assem­blée, le choix d’un repré­sen­tant qui fera ensuite tous les autres choix à ma place, choix sinistre qui est, en fait, le der­nier de mes choix, la mort pro­gram­mée de tous mes autres pos­sibles choix, la pure néga­tion de la démo­cra­tie, à mon sens.

    Vous dites tenir au choix, mais quel est le choix le plus démo­cra­tique, et le plus aimable ? Celui — mul­tiple et pré­cis — que chaque citoyen peut faire LUI-MÊME à répé­ti­tion SUR TOUS LES SUJETS ? Ou celui — unique et gros­siè­re­ment approxi­ma­tif — du repré­sen­tant-maître qui fera ensuite tous les choix à ma place ?

    Cette réflexion n’a rien de reli­gieux (vous qua­li­fiez ma convic­tion de sacrée), elle est juste ration­nelle : je véri­fie ce qui fonc­tionne (ce qui atteint concrè­te­ment les résul­tats — l’é­ga­li­té poli­tique réelle et le blo­cage des ten­dances oli­gar­chiques) et ce qui ne fonc­tionne pas (ce qui tra­hit ses pro­messes théo­riques, tou­jours et par­tout). Il me semble que c’est plu­tôt la croyance dans « les ver­tus démo­cra­tiques de l’é­lec­tion » (incroyable oxy­more !) qui relève pré­ci­sé­ment de la croyance reli­gieuse, par son total déni des faits contraires à la théo­rie qui la fonde. 

    Quand vous dites « L’é­lec­tion est le maillon fort de la vie répu­bli­caine », je trouve que c’est une péti­tion de prin­cipe, une croyance, un espoir peut-être, que tous les FAITS contre­disent (avez-vous l’im­pres­sion que les citoyens élec­teurs ont la moindre prise sur les poli­tiques menées en leur nom ? Sont-ils d’ac­cord pour détruire tous les ser­vices publics, par exemple ?). Auriez-vous des PREUVES de cette affir­ma­tion « L’é­lec­tion est le maillon fort de la vie répu­bli­caine » ? Parce que, sur le plan des défi­ni­tions, ça ne colle pas : l’é­lec­tion, pro­cé­dure fon­da­men­ta­le­ment aris­to­cra­tique, me semble être plu­tôt un poi­son anti-répu­bli­cain, et même sacré­ment violent. Pou­vez-vous étayer votre convic­tion par des faits qui la sou­tien­draient, des résul­tats qui concor­de­raient avec les espoirs théoriques ?

    Je suis content de gar­der un fil de contro­verse avec vous. On ne pro­gresse vrai­ment que dans la contra­dic­tion (c’est un des prin­cipes fon­da­teurs de la démo­cra­tie athé­nienne, d’ailleurs, avec la mise en scène des conflits, cru­ciale pour favo­ri­ser la concorde).

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  11. juan nessy

    Je n’ai mal­heu­reu­se­ment , même si je pour­rais en avoir encore le goût , plus vrai­ment le temps deant moi,ni les forces, d’en­tre­te­nir la contro­verse dans le seul esprit qui la légi­time et lui donne son prix , dans le sens où vous l’a­vez rappelée .

    L’i­den­ti­té des faits et des tra­duc­tions humaines est chose mal­ai­sée . Parce qu’an­cien ingé­nieur construc­teur fonc­tion­naire , j’en connais la néces­saire per­ti­nence et la dif­fi­cul­té et la fra­gi­li­té de la fonc­tion publique , car mon minis­tère pré­fé­ré a été rayé de la carte dans le silence et l’in­dif­fé­rence géné­rale ! Au moins avions nous conser­vé la fier­té de nos METIERS avant d’être clo­nés en « EMPLOIS » omni­va­lents , contrai­re­ment à ce qui s’est pas­sé à France Tele­com avec les désatres que l’on connait mais que per­sonne ne nomme vrai­ment les causes struc­tu­relles- sauf peut être quelques mède­cins du travail .

    Mes cre­dos ( car ce sont bien des cre­dos ) sont donc autant la ten­ta­tive de prise en compte des réa­li­tés décryp­tées aus­si bien que pos­sible , que de la matu­ra­tion phi­lo­so­phique qui n’est bien sûr que la mienne , mais qui se nour­rit aus­si , comme semble-t-il la vôtre , de la pen­sée grecque en très grande partie .

    Ces cre­dos sont les suivants :

    - la Répu­blique est le meilleur garant de la démo­cra­tie . Liber­té – Ega­li­té – Fra­ter­ni­té , sont et res­tent les trois points d’ap­pui exis­ten­tiels de la Répu­blique selon mon esprit de finesse et de géomètrie .

    - la fin de tout indi­vi­du ou groupe appa­rait être la recherche du maxi­mum de liber­té .La seule fin véri­table de l’or­ga­ni­sa­tion sociale est de faire au mieux pour par­ve­nir à ce but .

    - Il est très dif­fi­cile de s’ac­cor­der sur le sens et le conte­nu uni­ver­sel du mot Liberté .

    - j’ai fait le pari ( au sens de Pas­cal ) que la nature la plus riche de ce mot Liber­té , c’est le Choix . On note d’ailleurs au tra­vers de l’é­ty­mo­lo­gie du mot Choix qu’il s’a­git autant de  » goû­ter » que de « tran­cher » entre plu­sieurs « possibles ».

    - Les choses se corsent quand il s’a­git de défi­nir ce qui est du res­sort du choix indi­vi­duel ( avec l’or­nière de l’in­di­vi­dua­lisme et du consu­mé­risme ) et du choix col­lec­tif ( avec l’or­nière du grou­pisme et des sys­tèmes « économiques » )

    - je ne connais pas encore de sys­tème satis­fai­sant qui per­mette la qua­li­té d’un choix col­lec­tif dans le res­pect abso­lu de l’in­fi­ni­té des choix indi­vi­duels . J’ai com­pris que c’é­tait votre quête Vous avez com­pris que votre solu­tion ne m’en­thou­siasme pas .

    - je pense en l’é­tat que l’on ne peut échap­per à une écri­ture à deux niveaux ( col­lec­tifs et indi­vi­duel )du conte­nu des natures de choix ouverts , remarque faite que cette écri­ture ne peut ‚ni ne doit, être immuable et fer­mée . Le RIP que, comme vous et d’autres, je pro­meus autant qu’il m’est pos­sible , est selon moi , à ce jour , le bon outil pour dis­cu­ter et posi­tion­ner au fil des temps la fron­tière entre les deux niveaux de choix .La vio­lence est au ren­dez vous quand les deux niveaux sont trop en oppo­si­tion et la socié­té schizophrénique .

    - c’est his­to­ri­que­ment la lutte entre ces deux niveaux qui fonde les sys­tèmes poli­tiques . Le prince , le clerc ou le mar­chand ont suc­ces­si­ve­ment ten­té de s’ap­pro­prier le choix col­lec­tif pour s’im­po­ser aux indi­vi­dus .Plus opti­miste que vous , je crois que l’emprise du mar­chand va décrois­sant… à l’aune de la marche de l’hu­ma­ni­té . Plus pes­si­miste , je ne crois pas la Répu­blique et la démo­cra­tie à l’a­bri de nou­velles races de pré­da­teurs …plus ou moins indi­vi­duels et/ou collectifs .

    - la qua­li­té du choix col­lec­tif n’est pas garan­tie par la somme quan­ti­ta­tive des choix indi­vi­duels qui reste à pri­vi­lè­gier ( faute de mieux pour l’ins­tant) . Cette qua­li­té ne peut être obte­nue que par la qua­li­té des choix indi­vi­duels …ou par hasard !

    - vous don­nez la prime au hasard , moi au tra­vail à faire pour amé­lio­rer la qua­li­té des choix et des choi­sis­sants ( cf mon post pré­cé­dent). C’est sans doute ce qui nous épare sur deux voies parallèles !

    ( Yvan Audouard tou­jours :  » il me semble que si j’é­tais poly­tech­ni­cien, je serais ému de com­pas­sion à la vue de ces paral­lèles mau­dites qui ‚quelle qu’en soit leur envie, ne se ren­contrent jamais »).

    PS : je ne suis pas cer­tain qu’il était un démo­crate à 200% , mais c’est du seul Socrate que je ne gar­de­rais qu’une seule chose si je devais res­ter rede­vable à la pen­séee grecque , chiasme de l’es­prit de finesse et de l’es­prit de géomètrie .

    Et c’est :  » Jamais trop ».

    Ce qui est épui­sam­ment exigeant !

    Ami­ca­le­ment , Juan nessy .

    Réponse
  12. Étienne Chouard

    Cher Juan,

    J’ai l’im­pres­sion que vous n’a­vez pas com­pris mon objection.

    Vous dites asso­cier votre liber­té à la qua­li­té des choix que vous pou­vez faire (ce que je peux par­ta­ger bien sûr), et je vous réponds qu’il me semble que l’é­lec­tion de repré­sen­tants consiste jus­te­ment en un choix de per­sonnes qui feront ensuite tous les choix à votre place…

    L’é­lec­tion est donc le choix de ne plus jamais choi­sir pen­dant 5 ans… Tu parles d’un choix…

    Mon objec­tion est : est-ce qu’on peut encore appe­ler « choix » un choix qui renonce à choi­sir soi-même ?

    La démo­cra­tie consiste à orga­ni­ser des ins­ti­tu­tions qui laissent TOUS les citoyens (qui le dési­rent) au coeur des choix, par des votes à l’As­sem­blée (des citoyens).

    La prime au hasard que je défends ne concerne donc pas du tout les dif­fé­rents choix de socié­té qu’il fau­dra faire à pro­pos de la cité (ce sont les citoyens qui feront ces choix EUX-MÊMES), mais seule­ment le choix des ser­vi­teurs politiques.

    L’ob­jec­tif étant d’in­ter­dire à ces ser­vi­teurs de se trans­for­mer pro­gres­si­ve­ment en maîtres.

    Ne pas confondre.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  13. beo

    Vla­di­mir Pou­tine a très bien résu­mé l’af­faire lor­qu’un jour­na­liste lui a deman­dé s’il avait des favo­ris pour l’é­lec­tion pré­si­den­tielle russe de 2012.

    « C’est une per­sonne qui va vous plaire ».

    Réponse
  14. Juan nessy

    @ Etienne :

    Heu­reux 1er mai d’abord !

    Je com­prends que vous reje­tez la part de délé­ga­tion qu’il peut y avoir (ou pas) dans l’exer­cice de la démo­cra­tie. Je crois que nous n’au­rons pas de dif­fi­cul­té à conve­nir ensemble que la délé­ga­tion est périlleuse.

    Mais ce dan­ger ne me fait pas la reje­ter car toute notre vie quo­ti­dienne (voire notre his­toire de singe nu selon l’ex­pres­sion de Des­mond Mor­ris, qui énon­çait avec talent et humour com­ment nous sommes héri­tiers à la fois de l’in­sou­ciance indi­vi­dua­liste du pri­mate cueilleur et de l’es­prit de meute et de hié­rar­chie des car­nas­siers tueurs que nous avons dû imi­ter, pour les com­battre, en des­cen­dant de nos arbres pour affron­ter la prai­rie), voire un bête vie de couple, nous incite à la délé­ga­tion pour être « dans les faits ».

    Mais je vous rejoin­drai pour affir­mer que c’est le peuple qui délègue, et que la délé­ga­tion par le peuple gagne à s’exer­cer comme dans d’autres struc­tures sociales et en res­pec­tant les règles de la délé­ga­tion, par­mi les­quelles : on ne délègue jamais ce qui est stra­té­gique (et en par­ti­cu­lier les « choix stra­té­giques » qui doivent être réser­vés au réfé­ren­dum ), on ne délègue que ce que l’on peut contrô­ler et sanctionner…

    La délé­ga­tion démo­cra­tique néces­site un peuple fort et infor­mé, et non un peuple qui se des­sai­sit de sa res­pon­sa­bi­li­té et de son droit , comme cer­tains signent sans le lire le contrat par lequel « on s’oc­cupe de tout » à leur place.

    Cette délé­ga­tion se concré­tise par la Consti­tu­tion (qui ‚elle, est stra­té­gique et donc NON délé­guable, et c’est la pre­mière mons­truo­si­té de notre vie poli­tique à corriger).

    Je pré­fère que ce soit l’en­semble des citoyens qui défi­nisse, accouche dans la dou­leur, ce que sont les choix stra­té­giques inalié­nables, plu­tôt qu’une assem­blée de tirés au sort. C’est plus long, plus déce­vant, moins glo­rieux immé­dia­te­ment que votre pro­po­si­tion mais ça me semble une forme plus res­pec­tueuse de la capa­ci­té citoyenne recon­nue à autrui.

    Et plu­tôt que sur le cynisme de Pou­tine, je fonde sur l’a­ve­nir (on dit tou­jours que les poli­tiques échouent par insou­ciance du long terme) en me réfé­rant davan­tage à Tol­stoï qui énon­çait que « le pou­voir, dans son accep­tion véri­table (et utile et effi­cace, c’est moi qui com­plète), n’est que l’é­tat de plus grande dépen­dance où l’on est à l’é­gard d »autrui. »

    Ça n’est pas la délé­ga­tion qui pose pro­blème, c’est le délé­gué… et le déléguant.

    Le tirage au sort peut évi­ter les tra­vers de la bouillie pour les chats qu’est deve­nue notre Consti­tu­tion, per­mise par notre lâche­té et/ou notre incompétence.

    Il ne rend le délé­gué et le délé­guant ni plus intel­li­gent et com­pé­tent, ni moins lâche ou prédateur.

    La liber­té, ça se mérite.

    La pen­sée du jour : 

    « Nous pro­met­tons selon nos espé­rances et nous tenons selon nos craintes ».

    Réponse
  15. David

    Bon­jour,

    Je n’ai peut-être pas bien com­pris, mais si on tire les gou­ver­nants au sort, c’est pour exé­cu­ter quelle poli­tique ? Quel programme ?
    Merci !
    David

    Réponse
  16. Étienne

    Nous n’a­vons pas besoin de GOUVERNEMENT, nous avons besoin d’un EXÉCUTIF

    David,

    On ne tire PAS au sort nos gou­ver­nants, mais nos ser­vi­teurs poli­tiques.

    Le « gou­ver­ne­ment » est alors aux mains des Assemblées.

    Pré­fé­rer le tirage au sort, c’est pré­fé­rer que les citoyens décident EUX-MÊMES de leurs affaires, plu­tôt qu’une classe poli­tique pro­fes­sion­nelle (tou­jours et par­tout aux ordres de ceux qui ont finan­cé —et qui finan­ce­ront— leur accès au pouvoir).

    Com­ment gou­verne-t-on par Assemblées ?

    En orga­ni­sant une FÉDÉRATION de com­munes (un peu comme en Suisse), où chaque Assem­blée prend en charge tout ce qui relève de son niveau (sub­si­dia­ri­té) et ne délègue aux Assem­blées supé­rieures que le mini­mum, et encore : sous un contrôle sour­cilleux et effi­cace de tout ce que disent en leur nom leurs repré­sen­tants dans les assem­blées supérieures.

    Prou­dhon a beau­coup écrit sur l’or­ga­ni­sa­tion en fédé­ra­tion. C’est beau­coup plus démo­cra­tique (et donc plus pro­tec­teur contre les abus de pou­voir) que ce qu’à pu écrire Marx, à ma connaissance.

    Voir par exemple, « Du prin­cipe fédé­ra­tif et de la néces­si­té de recons­ti­tuer le par­ti de la révolution »

    Étienne.

    Réponse
  17. Alain Guillou

    Sans pré­tendre répondre à l’un d’entre « nous »
    il me semble que Sartre , dans son petit essai adres­sé aux co
    mmu­nistes « l’exis­ten­tia­lisme est un huma­nisme », répond quant à « la liber­té » et au « pro­jet », à ceux qui cherchent encore pour­quoi « le choix » est un acte insuf­fi­sant, et pour­quoi la recherche d’un « dépas­se­ment de soi-même » est consub­stan­tielle à l’exi­gence d’exis­ter pour tout être « se reven­di­quant humain »…Mais jus­te­ment tout humain est « libre » de ne pas choi­sir cette « reven­di­ca­tion » (et de pré­fé­rer admi­rer la céré­mo­nie d’un mariage prin­cier ou d’une béa­ti­fi­ca­tion papale plu­tôt que de défi­ler un Dimanche 1er Mai pour ser­vir de « faire-valoir » à des lea­ders for­cé­ment suspects…)Ce qui rend la pro­mo­tion du tirage au sort dif­fi­cile est en effet dans cha­cun de « nous ». Si nous introspections ?
    A‑t-on vrai­ment envie de « ser­vi­teurs poli­tiques » ou bien plu­tôt de régler son compte à son « enne­mi intime » : sa propre médiocrité?(ceci n’est pas un plai­doyer pour la guerre…)Amicalement.

    Réponse
  18. moi même

    QUEL PARTI POLITIQUE OSERA appel­ler a un réfe­ren­dum euro­péen sur l’an­nu­la­tion de l’ar­ticle 123 du TRAITE de LISBONNE qui inter­dit la BCE ou à une banque d’un état membre d’ac­qué­rir direc­te­ment des titres de dette d’é­tat, plu­tot que d’être OBLI­Gé d’emprunter a des banques privées…

    ALORS MÊME QUE DE NOMBREUX ÉTATS BRADENT LES BIENS PUBLICS AUX MULTINATIONALES !!!

    ALORS MÊME QUE LE TRAITÉ DE LISBONNE A ÉTÉ RATIFIÉ CONTRE LA VOX POPULI !

    En france le réfe­ren­dum avait refu­sé la rati­fi­ca­tion a plus de 53 %, le pré­sident sor­tant (bien­tot apa­tride) a igno­ré le peuple et a rati­fié un mini trai­té sans enle­ver cet article.

    En Europe, de nom­breux autres pays avaient refu­sé par réfé­ren­dum ce traité.

    Le par­ti qui ose­rait un tel acte peut uti­li­ser le lien pour pétitionner :

    http://​www​.consul​ta​tions​-euro​peennes​-des​-citoyens​.eu/​f​r​/​p​r​o​p​o​s​a​l​/​2​581

    LA QUESTION À POSER POUR CE RÉFÉRENDUM :

    Le TRÉSOR PUBLIC est il une « chose » pri­vée ou une « chose » d’État ?

    En effet, l’É­tat appar­tient au peuple et non à des groupes de pres­sion pri­vés ; aujourd’­hui, ces groupes pri­vés génèrent des conflits d’in­té­rêt qui mettent en péril de nom­breuses actions citoyennes.

    LES INTÉRÊTS NOTIONNELS !
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​V​V​X​Y​J​6​X​2​c2k

    Une page spé­cia­li­sée sur la dette :
    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​h​2​6​k​s​_​f​r​a​n​c​o​i​s​-​h​o​l​l​a​n​d​e​-​e​t​-​l​a​-​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​u​e​-​a​c​c​a​b​l​a​n​t​_​n​ews

    Par­le­ment européen :

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​d​e​d​&​v​=​a​W​9​J​G​E​S​D​7kM

    Réponse
  19. David

    Mer­ci pour la réponse Etienne !

    Donc, on tire au sort les membres de l’as­sem­blée qui sera char­gée de gérer le bien com­mun. Ce sera donc à l’as­sem­blée de déci­der, par exemple, si on inves­tit dans le nucléaire plu­tôt que le solaire etc…? Cette déci­sion sera par vote majo­ri­taire au sein de l’as­sem­blée ? Ou par réfé­ren­dum dans cer­tains cas ?
    Je pose les ques­tions parce que cela m’in­té­resse pas pour réfu­ter quoi que ce soit. J’a­dore ces idées qui ouvrent les fenêtres.
    Mille mercis !
    David

    Réponse
  20. nec

    Très inté­res­sant, il fau­drait mener l’ex­pé­rience en paral­lèle his­toire de faire un com­pa­ra­tif cré­dible. Mais per­son­nel­le­ment je trouve que l’i­dée se tient.

    Autre­ment voi­ci ce que m’ins­pire votre petite phrase de fin de post :
    « On ne pro­gresse vrai­ment que dans la contra­dic­tion (c’est un des prin­cipes fon­da­teurs de la démo­cra­tie athé­nienne, d’ailleurs, avec la mise en scène des conflits, cru­ciale pour favo­ri­ser la concorde). »

    Ceci me semble vrai, mais encore faut-il enga­ger le débat entre deux per­sonnes prêtes à chan­ger leur point vue objec­ti­ve­ment à la lumière des argu­ment de l’autre. Il y a tel­le­ment de com­por­te­ments qui peuvent rendre un débat tota­le­ment sté­rile (la fiè­re­té, l’interêt…).
    Je dirais que oui « On ne pro­gresse vrai­ment que dans la contra­dic­tion… » mais s’il y a un arbitre pour tran­cher. Alors bien sur si vous et juan nes­sy étiez à l’as­sem­blé ou d’une totale impar­tia­li­té vis a vis de vos idées res­pec­tive, la dis­cus­sion aurait pro­ba­ble­ment un sens, mais dans le cas contraire cette forme de dis­cus­sion semble stérile 🙂

    Je dis ça mais en fait l’in­té­rêt de cette dis­cus­sion c’est moi qui le trouve en vali­dant une ou l’autre des deux thèses.

    En tout cas mer­ci pour ce billet très instructif.

    Réponse
  21. Juan nessy

    @ Etienne :

    La réfé­rence à Proud’­Hon ( en accord sur ce coup avec Bakou­nine )et à l’a­nar­chisme ( le vrai ) est effec­ti­ve­ment incon­tour­nable , quand il s’a­git de retrou­ver les traces des pre­mières ten­ta­tives struc­tu­rées pour résoudre cette contradiction :

    même dans un sys­tèmes éco­no­mique auto­gé­ré, basé sur la com­mu­nau­té de tra­vail, les bourgs et les cités ne peuvent plus, comme dans l’an­ti­qui­té, être autonomes.

    Leur réponse était que l’E­tat ( l’hor­reur pour eux ! ) devait dis­pa­raître en tant que tutelle , au béné­fice de com­mu­nau­tés de bases qui aspirent ellles mêmes à l’u­ni­té  » natio­nale » … En bref il s’a­gis­sait de sub­sti­tuer à un cen­tra­lisme auto­ri­taire , un fédé­ra­lisme socié­taire qui soit le pro­duit de la libre adhé­sion des citoyens .

    Dans l’es­prit , il s’a­gis­sait de pro­mou­voir une uni­té vivante et réelle à l’u­ni­té « auto­ri­taire » . Bakou­nine ima­gi­nait qu’a­lors  » par évo­lu­tion natu­relle » , les engre­nages asso­cia­tions-com­munes- régions-nations se met­traient en oeuvre.

    Cet assem­blage fédé­ra­liste répon­dait en théo­rie à l’or­ga­ni­sa­tion interne de la Nation ( on peut pen­ser que les Etats – Nations tels qu’on le dit pour la France auraient pu trou­ver grâce à leurs yeux ! ) . Pour les rela­tions inter­na­tio­nales, le cor­res­pon­dant poli­tique du fédé­ra­lisme est l’In­ter­na­tio­na­lisme . et de ce point de vue le pre­mier chan­tier inter­na­tio­nal des anar­chistes était la rapide néces­si­té d’une Europe fédérale.

    J’ai fait ce rapide rap­pel pour noter que, si les pro­po­si­tions faites n’ont pas connu de déve­lop­pe­ment  » dans les faits » , on doit d’a­bord se deman­der pour­quoi ( oppo­si­tion d’autres inté­rêts ? Insuf­fi­sance de la pro­po­si­tion ? les deux ? autre?), mais aus­si et sur­tout, sou­li­gner que la ques­tion fon­da­men­tale que les anar­chistes portent , à savoir celle de l’ar­ti­cu­la­tion de la liber­té indi­vi­duelle avec la liber­té col­lec­tive , est bel et bien l’in­ter­ro­ga­tion poli­tique majeure de notre monde à ce moment de son histoire .

    L’a­nar­chisme peut se pré­va­loir d’a­voir cata­ly­sé cer­taines expé­riences ( ratées ) de socia­lisme ( Algé­rie , You­go­sla­vie ), reje­té le com­mu­nisme sta­li­nien ‚accom­pa­gné les expé­riences auto­ges­tion­naires , la liber­té sexuelle, le res­pect des iden­ti­tés régio­nales , don­né des points d’ap­pui à l’é­co­lo­gie par le régio­na­lisme ‚explo­sé le lan­gage , la gram­maire , l’art ( surréalisme).

    Pour moi , je lui prends son éner­gie et sa créa­ti­vi­té ( quand elles ne sont pas récu­pé­rés par de faux druides) . Mais je ne compte pas plus sur les regrou­pe­ments  » par affi­ni­té natu­relle » que sur les regrou­pe­ments « auto­ri­taires » pour assu­rer , à eux seuls, l’har­mo­nie uni­ver­selle dans une nature respectée .

    J’en suis encore à croire que la nature nous a dotés de ces aspi­ra­tions contra­dic­toires pour nous aider à trou­ver des solu­tions aux infi­nis défis d’un uni­vers encore incom­pris et sans âme , en nous lais­sant le soin de les mesu­rer et employer au mieux pour sur­vivre dans les meilleures condi­tions pos­sibles , aus­si long­temps que possible .

    En bref je tente , pour obte­nir un homme plus libre et une socié­té plus juste , de marier le  » fais toi toi même  » de l’a­nar­chisme , au  » connais toi toi même de Socrate » .

    Sans cer­ti­tude autre que d’en payer le prix .

    Réponse
  22. NingúnOtro

    Juan,

    Pour com­prendre la situa­tion… il faut s’i­ma­gi­ner la genèse du com­mu­nisme et ana­ly­ser la dif­fé­rence entre ces buts avé­rés et ceux des anarchistes.

    Cher­chez par exemple Nes­tor Makh­no + Lénine.

    L’his­toire devrait vous ouvrir les yeux.

    Quelque-chose de com­pa­rable se pro­dui­sit lors de l’é­vo­lu­tion de la Répu­blique Espa­gnole… les com­mu­nistes avaient un pro­gramme d’ex­pan­sion tota­li­taire incom­pa­tible avec l’a­nar­chisme et n’hésitèrent à le poi­gnar­der dans le dos.

    Le com­mu­nisme fut conçu comme un virus pour éli­mi­ner le Tzar Nicolás… et lors qu’il muta… il fal­lut le McCar­tisme comme anti­dote viru­lent aussi.

    La guerre au virus muté est tou­jours rageante… et l’op­po­si­tion for­cé (on était ami de l’un ou de l’autre) fut un pro­blème pour l’é­ta­blis­se­ment d’i­déo­lo­gies moins bel­li­queuses comme l’a­nar­chisme ou le libé­ra­lisme. Il fal­lait choi­sir entre être com­mu­niste ou être capi­ta­liste et se pla­cer sous la pro­tec­tion du bloc per­ti­nent pour échap­per à la rage de l’autre.

    Les posi­tions modé­rés ont la vie courte dans les batailles à mort…

    Réponse
  23. Christian

    Mer­ci pour vos efforts Etienne !
    Autre­ment dit, et je trouve ça fon­da­men­tal, PENDANT 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE TIRAGE AU SORT, LES RICHES N’ONT JAMAIS GOUVERNÉ ET LES PAUVRES TOUJOURS

    Effec­ti­ve­ment, on assiste à un équi­libre stable sur l’en­semble durant cette période.À quel moment et com­ment le bas­cu­le­ment sous forme de démo­cra­tie infé­rieure (équi­libre instable) a eu lieu ?

    Cepen­dant, la réflexion au sujet de la désyn­chro­ni­sa­tion de la puis­sance poli­tique de la puis­sance économique,cette action est très dif­fi­cile à mettre en œuvre, car la syn­chro­ni­sa­tion et la domi­na­tion de la puis­sance finan­cière sur notre réa­li­té se carac­té­risent par une forme onco­gène.

    La figure au-des­sus montre les acteurs qui par­ti­cipent acti­ve­ment dans les trois dimen­sions (objec­tifs, ins­ti­tu­tions, faits). Comme nous avons actuel­le­ment les don­nées his­to­riques et les Pro­blèmes RÉELS, Com­ment peut-on faire un « stress Test » ou ima­gi­ner le fonc­tion­ne­ment ? Un bon réveil fera l’affaire…

    Réponse
  24. Étienne

    Donc, selon moi (vous l’a­vez com­pris), l’ac­tuelle dic­ta­ture poli­tique des mul­ti­na­tio­nales (et notam­ment des mul­ti­na­tio­nales de la banque et des armes) est ren­due POSSIBLE —et même pérenne— par le méca­nisme (juri­dique) de L’ÉLECTION des repré­sen­tants politiques.

    D’autres mili­tants résistent — de leur côté et à leur manière — contre cette dic­ta­ture des mul­ti­na­tio­nales. Un des plus valeu­reux, un des plus cou­ra­geux, un des plus savants, est Raoul Marc Jen­nar. Je viens de voir pas­ser cette ancienne vidéo de Raoul au sujet de la résis­tance citoyenne qu’il appelle de ses voeux — résis­tance néces­sai­re­ment inter­na­tio­nale selon lui ! — et je relaie ici cette vidéo car la tyran­nie des car­tels est pré­ci­sé­ment L’ENJEU cru­cial de ma réflexion sur le tirage au sort : selon moi, on ne repren­dra aucun pou­voir impor­tant aux mul­ti­na­tio­nales dans le cadre (je pour­rais dire dans la CAGE) du suf­frage uni­ver­sel. Ce n’est (mal­heu­reu­se­ment) pas (encore) l’a­vis de Raoul :

    Raoul Marc Jen­nar, for­mi­dable sen­ti­nelle du peuple, 
    rap­pelle la néces­saire vigi­lance au niveau INTERNATIONAL :


    Raul Marc Jen­nar 1 par ACJNEWS


    Raul Marc Jen­nar 2 par ACJNEWS

    Utiles rap­pels (enre­gis­trés en 2007 appa­rem­ment) des salo­pe­ries pro­gram­mées par l’U­nion euro­péenne (au ser­vice des banques et des car­tels) contre nous tous, et des salo­pe­ries pra­ti­quées par les gou­ver­ne­ments (au ser­vice des banques et des car­tels) contre nous tous.

    « S’il n’y avait pas eu les atten­tats du 11 sep­tembre 2001, il n’y aurait pas eu d’ac­cords de Doha ». Ça illustre, bien sûr, la stra­té­gie du choc ana­ly­sée par Nao­mi Klein.

    Pour les alter­mon­dia­listes, il ne faut sur­tout pas dire « un autre monde est pos­sible » : il faut abso­lu­ment dire « DES autres mondes sont pos­sibles. » Il faut res­pec­ter les dif­fé­rences qui existent entre les hommes.

    Rap­pels sur l’é­pou­van­table AGCS…

    Ma tris­tesse : appa­rem­ment, mon cher Raoul (à qui je dois tant) n’in­tègre tou­jours pas (mais c’est un enre­gis­tre­ment ancien) la cause des causes qu’est l’É­LEC­TION DES REPRÉSENTANTS dans son ana­lyse de « la toute-puis­sance des mul­ti­na­tio­nales sur nos gou­ver­ne­ments », ni la solu­tion (logique) du tirage au sort .

    Mais son tra­vail est essen­tiel, abso­lu­ment essentiel.

    Étienne.

    Réponse
  25. NingúnOtro

    @ Chris­tian… rien à faire avec une pos­sible décré­pi­tude du sys­tème poli­tique… ils ont sim­ple­ment per­du une guerre, et c’est le vain­queur qui impose ces sys­tèmes à lui 😉 .

    Réponse
  26. Étienne

    Bon­soir,

    Petite mise à jour : pour vous aider à suivre le fil de mon rai­son­ne­ment, j’ai ajou­té DES LETTRES, à la fois dans le sché­ma et dans le texte.

    Quelques coquilles cor­ri­gées, aussi.

    Bonne nuit.

    Étienne.

    Réponse
  27. Christian

    Bon­jour à tous et à toutes,

    A pro­pos de Sta­line, le mal­heur qu’il a pro­vo­qué et écrit dans l’His­toire offi­cielle est loin d’être exacte. La CAUSE pre­mière de ses com­por­te­ments se trouve dans le fait qu’il était atteint d’une carac­té­ro­pa­thie fron­tale due à des centre fron­teaux (10A1B) endom­ma­gés à cause d’une mala­die qu’il a eue à la nais­sance. Il en résulte des carac­tères extrê­me­ment dangereux.

    En ima­gi­nant le tirage au sort, les gens auraient pu évi­ter ce genre de problème.

    Réponse
  28. NingúnOtro

    Un homme n’est jamais qu’un homme… il est aus­si ces circonstances.

    Com­bien de choix avait-il ?

    Réponse
  29. Christian

    Bon­soir,
    1=1 choix ? 8)

    Réponse
  30. François JERU

    Exemple d’ap­pli­ca­tion
    – à bon escient -
    du TIRAGE AU SORT

    Contexte choi­si :

    Audit interne et audit externe

    Les corps d’ins­pec­tion au sein d’une orga­ni­sa­tion (d’un minis­tère,…) ne valent que pour rendre compte au chef de la pyra­mide. Idem pour l’é­quipe d’un Big Four (600.000 per­sonnes dans le monde) qui rend éga­le­ment compte au même chef, celui qui paye la mis­sion, puis opa­ci­fie, camoufle, crée des leurres, diver­tit, etc. Cha­cun connaît.

    (1°) Contrôle Finan­cier des enti­tés neuves (pro­po­si­tion sera faite) consti­tuant les Forces d’in­gé­nie­rie géné­rale par Pro­gramme au sein des « Fédérations »
    (a) les unes EDIFIENT du NEUF
    (b) d’autres LIMITENT « ENDIGUENT » l’ANCIEN
    (les méfaits de ce qui est encore plei­ne­ment en vigueur, expri­més en euros fausse mon­naie fol­le­ment instable par volon­té déli­bé­rée, sans aucun éta­lon, impos­sible à régu­ler même par tous les membres du G20 réunis et d’accord)

    (2°) Contrôle Finan­cier des Orgas Rei­tas (1 à 12) de l’E­tat dont Socié­tés Mixtes avec le pri­vé, Grands Bar­ters d’off­set-coun­ter­trade trans­fron­tières (trocs des « armeurs » ou grands com­mer­çants « agents » les gou­ver­nants étant signa­taires), Coop dites « inter-nations », JV, Col­lec­ti­vi­tés Territoriales

    CONTRÔLE FINANCIER LATÉRAL et EXPERT
    PAR TIRAGE AU SORT

    entre les cabi­nets d’experts-comtables,

    vali­dés et cer­ti­fiés, de bonne manière,

    pour tel ou tel type de mis­sion d’au­dit financier

    Annuaire :
    http://​www​.experts​-comp​tables​.fr/​c​s​o​e​c​/​R​e​g​i​ons

    Hypo­thèse :

    Jeu avec 80 FÉDÉRATIONS

    À titre d’exemple et un enjeu est ins­truit qui implique, par exemple, la Fédé­ra­tion 77.

    Fait :

    Il existe, par espace de Fédé­ra­tion, une liste des cabi­nets certifiés
    pour le type de mis­sion considéré

    Règle 1 :

    Deux ou trois cabi­nets d’ex­perts-comp­tables et finan­ciers seront tirés au sort – au der­nier moment – et ce par­mi 79 Fédé­ra­tions à l’ex­clu­sion de la fédé­ra­tion 77, voire même à l’ex­clu­sion des 4 à 8 fédé­ra­tions qui entourent le n°77.

    Règle 2 :

    Les 2 ou 3 tirés n’ap­par­tiennent pas à la même Fédération

    Règle 3 (non défi­nie) :

    Qui gère le tirage au sort ?
    Des per­sonnes tirées au sort, au der­nier moment dans la Fédé­ra­tion 77 ? C’est une question.

    Règle 4 (non défi­nie ) :

    À qui les 2 ou 3 cabi­nets d’in­ves­ti­ga­tion rendent-ils compte ?
    Tou­jours de la même façon ?
    Quid des aspects tout de même confidentiel.
    Cela arrive :
    – aux seules per­sonnes tirées au sort dans la Fédé_77 ?
    – aus­si auprès d’une autre Fédé, par exemple 78, jouant rôle de Coor­di­na­teur polyFédé ?

    Réponse
  31. François JERU

    à Juan Nessy 

    Ref. Le lun­di 2 mai 2011 à 15:39

    Pour obte­nir une socié­té plus juste com­po­sée d’hu­mains plus libres, faut-il simplement 

    marier le  » fais toi toi même  » de l’a­nar­chisme paci­fique et au  » connais toi toi même de Socrate » ?

    Sûre­ment pas. Condi­tion néces­saire et non suffisante 

    Un exemple ci-après

    Réponse
  32. François JERU

    à Etienne :
    Votre texte est gran­de­ment utile et je vous en remercie
    (au nom de ces dizaines de mil­lions de fran­çais qui ignorent Inter­net et/ou le Réel)

    Deux lignes sur la Suisse m’ont gêné ; 
    n’est-il pas de mon devoir de vous pro­cu­rer ce feedback ? 

    à Etienne :

    Vous écri­vez :

    « Les Suisses sont tous armés et leur ser­vice mili­taire dure toute leur vie. »

    Le 27 avril 2011 à 12:13
    « Cher NingúnOtro,
    Les tirés au sort ne sont PAS du tout une ÉLITE.
    Sous le contrôle per­ma­nent et sour­cilleux des citoyens (armés),
    ils sont les ser­vi­teurs (ordi­naires et tem­po­raires) de l’Assemblée. »

    Selon vous ce serait la garan­tie d’une capa­ci­té à lut­ter contre la tyrannie.

    Que nen­ni. Rien de plus faux.

    Le gou­ver­ne­ment fédé­ral Suisse est l’une des pires salo­pe­ries vicieuses de la planète.

    À Étienne :
    Vous écrivez :
    « Nous n’ar­ri­vons pas à dési­gner l’en­ne­mi car l’en­ne­mi a pris le nom de l’ami,
    il a pris LE NOM demo-cra­tie qui en réel le détruirait. »

    Occu­pant le réseau stra­té­gique por­tant ce nom ‘ECHELON-DEMOCRATIE’, l’en­ne­mi nous empêche de l’occuper.

    Ce der­nier verbe est mal choisi.

    Il ne faut pas cher­cher à l’occuper.

    Pour­quoi ?

    Le Club finan­cier com­man­di­taire du Merdier_Calculé, notam­ment des quatre top­Créan­ciers de la BRI (@Basel, Suisse)
    est silen­cieux, mafieu­se­ment dis­tin­gué, plou­to­cra­tique, mal­hon­nête, fas­ciste, fon­da­teur et manoeu­vreur des insta­bi­li­tés, pré­da­teur, ultra-secret, insais­si­sable … a‑enquêtable >>&gt ; a for­tio­ri irréformable.

    Après 50 ans (1947−2007) des archives s’ouvrent.

    Édi­fiant ! Berne : pra­ti­que­ment tout le pou­voir entre trois personnes.

    TROIS, pas même les 7 officielles…

    Le dis­cret fas­cisme hypo­crite le plus salo­pard qui soit :

    feu­tré et non violent au pre­mier degré, pure­ment finan­cier … propre quoi.

    L’Argent serait sans odeur ;

    Or, volé par les armées du Reich, camou­flé et fon­du sous contrôle d’un ban­quier amé­ri­cain à Châ­teau d’Oex par la Banque natio­nale Suisse, banque pri­vée contrai­re­ment à ce que semble signi­fier BNS.

    Par ses réfé­ren­dums popu­laires, la Suisse semble can­ton­nale, ouverte au débat et …
    démo-cratique
    ce n’est pas faux pour les sujets-thèmes subalternes,

    mais c’est un leurre.

    c’est pure mas­ca­rade, mys­ti­fi­ca­tion, hypo­cri­sie et men­songe pour les enjeux réga­liens, mafieux c.a.d. écran juri­dique, secret ban­caire, charte des banques. Lisez l’his­toire du gou­ver­ne­ment fédé­ral Suisse de 1913 à 1923 puis de 1936 à 1946.

    à Etienne :

    Vous posez la question :

    « La prin­ci­pale racine de nos pro­blèmes poli­tiques post_XXe_siècle ? »

    Votre réponse :
    nous appe­lons démo­cra­tie son strict contraire.

    D’ac­cord :

    Le duo d’é­lec­tions dites « natio­nales », mani­pu­lé par les « par­tis-de-gou­ver­ne­ment », est aristo-cratique.

    … plus exac­te­ment vas­sal et sub-aristo-cratique.

    Sans contrôle de la mon­naie, le pou­voir est plus qu’af­fai­bli : proche du néant.

    Sur­tout quand cette mon­naie est sub­ver­tie par des tril­lions qui vont et viennent, sans limite, à la vitesse de la lumière, sans aucun digue, jour et nuit, 24h/24.

    Les non-abs­ten­tion­nistes élisent
    le meilleur pour les inté­rêts du par­ti (subal­terne) Machin (PsUmp, etc.) 

    en réa­li­té, non-dit, 

    l’un(e) des séides 

    inqua­li­fiable,

    des com­man­di­taires plou­to­cra­tiques, supra Echelon_Network,
    supra_BRI+Euroclear+Fednewyork+Clearstream+Deutschebank-Reichsbank+Windsor<br>

    À côté de cela, qu’est la dynas­tie d’An­dré Bet­ten­court ? une misère, un leurre.

    Ety­mo­lo­gie de le meilleur= aris­to. Même pas 
    des lar­bins sélec­tion­nés ayant reçu le label pré­si­den­tiable :
    DSK, Sarko-ou-Borlo-ou-Del’Or(s), LaGard(ienn)e des magots

    Quel pour­rait être le nom per­ti­nent de nos régimes vassaux ?
    serait-il
    gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ou 
    par­le­ment représentatif ?

    • en théo­rie un peu les deux.

    • en pra­tique pas même le pre­mier concept

    Votre cer­veau veut croire qu’il ignore les rai­sons de cette impos­si­bi­li­té à nommer :

    • le groupe for­mant « majo­ri­té par­le­men­taire » est lar­bin du gouvernement 

    • la clique for­mant « gou­ver­ne­ment » est lar­bin du club com­man­di­taire de Reita10 ( AFT, AMF, Banque-de-France, CdC, Mine­fi, INSEE, etc.)

    Réponse
  33. François JERU
  34. Alain Corruptible

    Au final, les solu­tions les plus concrètes et construc­tives pro­po­sées par les inter­ve­nants les plus actifs (qui me semblent être Ningù­nO­tro et Jùan) sont plu­tôt sans espoirs ni réelles pers­pec­tives d’actions.

    Je ne suis pas aus­si calé ni réfé­ren­cé que ces der­niers et je vais donc rame­ner assez sim­ple­ment les longues tirades à l’es­sen­tiel sens que j’en ai tiré, com­pris (ce qui pour­ra donc ne pas être juste puis­qu’as­sez dur à sai­sir pour moi). Mais avant je veux pré­ci­ser l’in­té­rêt que cela pour­rait avoir : rendre plus clair des débats qui deviennent com­plexes et donc contraire à ce qu’à peu près tout le monde s’ac­corde à dire, l’in­té­rêt géné­ral dans le sens où l’ou­ver­ture à ces débats est notre meilleure pas­se­relle vers la liber­té. Je suis un pro­fane très enga­gé heu­reu­se­ment car j’ai­me­rais vous rap­pe­ler que la simple lec­ture de vos opi­nions pour­rait en perdre plus d’un.

    Pour en reve­nir à l’es­sen­tiel, je vais com­men­cer par Jùan qui, si je ne me trompe pas, prône comme com­bat une ouver­ture au savoir («  fais-toi toi-même  » de l’a­nar­chisme paci­fique et  » connais-toi toi-même de Socrate ») afin de nous libé­rer, mais cette connais­sance for­ma­trice est aus­si admise comme néces­saire par M. Chouard dixit Franck Lepage et elle peut être mise en place par l’é­du­ca­tion natio­nale qui n’as­sume pas son rôle d’é­du­ca­tion jus­te­ment. C’est un rôle qui lui appar­tient parce qu’il serait bien trop long d’é­veiller tout le monde avant une pos­sible action alors que l’ac­tion consis­tant à reprendre le pou­voir nous per­met­trait d’é­tendre ce savoir par des moyens ins­ti­tu­tion­nels simples (culture poli­tique à l’é­cole). Donc, le moyen que vous nous pro­po­sez, Jùan, est uto­piste, il me semble, et non central.

    Ensuite, l’es­sen­tiel que j’ai tiré de Ningù­nO­tro est que ce sont les guerres qui contrôlent et que l’Homme cher­che­ra tou­jours à s’or­ga­ni­ser pour pos­sé­der, que le génie qui l’a­nime se mani­fes­te­ra tou­jours pour faire resur­gir le mal mais il me semble que les guerres ont été créées ces der­niers siècles par les mêmes per­sonnes que nous com­bat­trions si nous arri­vions à sépa­rer le pou­voir poli­tique de l’é­co­no­mique avec des moyens don­nés par M. Chouard.

    Je ne sais pas si le tirage au sort est la meilleure solu­tion mais je fon­ce­rai dans cette voie car je suis un adepte des faits moi aus­si et je vois que 2 siècles d’é­lec­tions n’ont jamais rien appor­té si ce n’est des acquis dis­so­lus par la suite ou en cours de sabo­tage aujourd’­hui. Que le méca­nisme tout simple de la cor­rup­tion des élus est faci­le­ment véri­fiable :com­bien ont un casier judi­ciaire et occupent tou­jours des fonc­tions poli­tiques, com­bien d’af­faires dont nous nous plai­gnons tous ou sépa­ré­ment mais qui ne dépassent jamais le stade de la plainte (on sait on râle mais c’est comme ça et on ne bouge pas), etc. je ne crois pas que ce soit contes­té par les acteurs du débat de toute manière, les élus nous entubent et je crois que tous le monde s’ac­corde à le dire.

    Et je vois d’un autre coté un sys­tème (tirage au sort) qui écar­te­rait en toute logique, de par même son fonc­tion­ne­ment (qu’im­porte ici qu’il soit viable ou pas) les gens qui veulent le pou­voir du moyen d’y accé­der puis­qu’il ne fonc­tion­ne­rait que par le hasard.

    Je pense qu’il serait temps de vou­loir chan­ger. Tous les gens qui réflé­chissent, c’est très bien mais pen­dant ce temps, un sys­tème que nous reje­tons qua­si­ment tous se ren­force. Je vois mal com­ment cela pour­rait être pire et le tirage au sort est quand même une solu­tion orga­ni­sée qui consiste à don­ner le pou­voir à la majo­ri­té d’entre nous. Que ris­quons nous ?

    Le bla bla n’a jamais mené à rien d’ef­fec­tif dans les sujets que nous rela­tons, si ce n’est ser­vir à la mise en place des moyens par les­quels une révo­lu­tion ne puisse pas être récu­pé­rée. Donc je m’a­dresse à vous M.Chouard, comp­tez-vous sérieu­se­ment ral­lier une majo­ri­té d’entre nous afin de pou­voir impo­ser (dans le sens de sim­ple­ment pou­voir en débattre puis­qu’ap­pa­rem­ment vos théo­ries ne sont même pas écou­tées) votre pro­jet aux plus hautes strates de notre état ? Com­ment comp­tez vous mener à bien votre but ? Ne crai­gnez vous pas pour votre vie si par un incroyable coup du sort vous arri­viez à appro­cher votre but ?

    Vous m’a­vez don­né beau­coup d’es­poirs quand j’ai fait votre décou­verte mais je veux entendre par­ler d’ac­tions, j’ai­me­rais même vous ren­con­trer si cela est pos­sible pour tou­cher du doigt le chan­ge­ment. J’erre dans les méandres de l’in­tel­li­gence de tous ces rouages qui nous oppressent depuis que je vous connais… Je vous les laisse ! Je vous fais confiance, j’ai confiance en vous ! Dites-moi qui on fait péter et com­men­çons la mise en place ! Humour, humour je précise 🙂
    Mer­ci pour votre tra­vail et déso­lé à tout le monde si j’ai rien compris 🙂

    Réponse
  35. Camille Desmoulins

    Bon­jour Alain, bon­jour Étienne, bon­jour à tous.

    Je rejoins la « soif d’ac­tion » d’A­lain, même s’il est évident que toute action sup­pose une réflexion préa­lable sur les objec­tifs. Mais il me semble que le but est clair : (re)faire de notre pays une démo­cra­tie, et les moda­li­tés aus­si : impo­ser le tirage au sort pour dési­gner nos repré­sen­tants. À par­tir de là, conti­nuer à débattre sans jamais rien entre­prendre me paraît aus­si vain que – par exemple – par­ti­ci­per aux réunions pour éla­bo­rer le « pro­gramme par­ta­gé » du Front de Gauche si cette for­ma­tion n’ac­cède jamais au pouvoir…

    C’est pour­quoi je pense qu’il est sou­hai­table de créer une orga­ni­sa­tion citoyenne pour faire du lob­bying et impo­ser le res­pect de la volon­té géné­rale… (voir mon com­men­taire http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​4​/​0​7​/​1​2​0​-​l​e​s​-​e​n​j​e​u​x​-​d​e​-​l​a​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​m​o​n​e​t​a​i​r​e​-​c​h​o​m​a​g​e​-​e​t​-​a​l​i​e​n​a​t​i​o​n​-​o​u​-​p​r​o​s​p​e​r​i​t​e​-​e​t​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​#​c​4​464). Je suis curieux de connaître votre avis sur la question…

    Réponse
  36. François JERU

    Com­men­taire sur­tout adres­sé à Alain Cor­rup­tible (le 17 mai à 17:33) et Camille Des­mou­lins (le 18 mai à 8:55) et bien enten­du éga­le­ment à Etienne Chouard
    – - – - – - – - – 

    L’é­norme dif­fi­cul­té ce sont les préa­lables, notamment
    A – une ossa­ture bien-fon­dée de balises, défi­ni­tions, axes de pro­grammes, « places-à-pro­jets », chartes, protocoles

    B – un sys­tème de flux moné­taires qui sache allier mon­naie de plein emploi (non thé­sau­ri­sable plus de 2–3ans) et titres ad hoc pour garan­tir çi, ça et autre chose ET qui soit capable de « coha­bi­ter » avec le mer­dier BRI-FMI-Euro­clear-Fed­newyork que per­sonne ne peut son­ger une seconde faire dis­pa­raitre en quelques années alors qu’il a pris racines depuis des siècles, qu’il est incon­trô­lable par le G20 , qu’il est enva­hi par toutes sortes de mil­liards de dol­lars off­shore (dont petro­dol­lars, mafio­dol­lars, transnational_transfer prices, etc.)

    C – (…)

    Obser­va­tion au pas­sage : Une unique uni­té de compte moné­taire pour les géné­ra­tions d’un peuple comme la France est concep­tuel­le­ment une inep­tie. Elle est vieille de 25 siècles. Jusque vers 1960 peut-être était-ce qua­si impos­sible de faire autre­ment (il fau­drait que je réflé­chisse). Depuis l’a­vè­ne­ment des ordi­na­teurs et a for­tio­ri avec Inter­net et l’E­DI il est pos­sible de moné­ti­ser autrement 

    L’in­no­va­tion dans les pro­grammes et pro­jets est vitale
    comme le mix d’au­dace et de saine pru­dence dans les calen­driers à barres d’actions.

    Camille Des­mou­lins résume tout cela en une superbe expres­sion « <b>Volonté_Générale</b> ». En effet c’est un préa­lable. Concrè­te­ment, com­ment par­vient-on à un quel­que­chose qui s’en rapprocherait
    – sans 55% d’abs­ten­tion­nistes (envi­ron)
    – sans 45% émiet­tés entre des dizaines de cliques en par­ti­to­cra­tie dont les « « pro­grammes » » ne cor­res­pondent pas du tout à la situation

    Il fau­drait qu’au moins 51% des fran­çais soient à peu près d’ac­cord sur des balises ouvertes per­met­tant de pro­gres­ser vala­ble­ment pour qu’un concept de tirage-au-sort prenne un peu d’intérêt

    Sinon vous auriez des repré­sen­tants « frais » . OK
    Mais 
    en quelle(s) monnaie(s), uni­tés de compte, uni­tés d’oeuvre ? 
    pour faire quoi ? 
    Pour aller où ? 
    A quelle vitesse ?

    Dans quels délais ?

    Avec qui ?
    Comment ?
    Dans quelles limites ? 
    Sur quel(s) espace(s) ?
    Et pour mener quoi entre tel espace et tel autre espace ? 
    etc.

    Réponse
  37. François JERU

    à Assu­ran­ce­tou­rix, Alain Cor­rup­tible, Camille Desmoulins 
    et tous autres

    Exemple ci-après de Partie_Tiers 
    (BRI en Fran­çais, BIS en saxon)
    B.I.S. @ Basel – ex-Nazi bank the world cen­tral bank
    Créan­ciers occultes
    à CORRÉLER
    à l’aide d’un plan concret de cohabitation
    clair, arti­cu­lé, pré­cis sou­te­nu par (tous?) docu­ments appro­priés moti­vant les choix préconisés

    http://www.postjorion.wordpress.com/2011/05/18/178-etienne-chouard-tirage-au-sort‑2/#comment-6561

    Réponse
  38. Étienne

    Bon­jour,

    J’ai ajou­té un tableau réca­pi­tu­la­tif en page 6 :

    Vices de l’élection et ver­tus du tirage au sort, récapitulons :

    L’ÉLECTION :

    • L’élection pousse au men­songe les repré­sen­tants : d’abord pour accé­der au pou­voir, puis pour le conser­ver, car les can­di­dats ne peuvent être élus, puis réélus, que si leur image est bonne : cela pousse méca­ni­que­ment à men­tir, sur le futur et sur le passé.

    • L’élection pousse à la cor­rup­tion : les élus « spon­so­ri­sés » doivent fata­le­ment « ren­voyer l’ascenseur » à leurs spon­sors, ceux qui ont finan­cé leur cam­pagne élec­to­rale : la cor­rup­tion est donc inévi­table, par l’existence même de la cam­pagne élec­to­rale dont le coût est inac­ces­sible au can­di­dat seul. Le sys­tème de l’élection per­met donc, et même impose, la cor­rup­tion des élus (ce qui arrange sans doute quelques acteurs éco­no­miques fortunés).

    Grâce au prin­cipe de la cam­pagne élec­to­rale rui­neuse, nos repré­sen­tants sont à vendre (et nos liber­tés avec).

    • L’élection incite au regrou­pe­ment en ligues et sou­met l’action poli­tique à des clans et sur­tout à leurs chefs, avec son cor­tège de tur­pi­tudes liées aux logiques d’appareil et à la quête ultra prio­ri­taire (vitale) du pouvoir.

    Les par­tis imposent leurs can­di­dats, ce qui rend nos choix fac­tices. Du fait de la par­ti­ci­pa­tion de groupes poli­tiques à la com­pé­ti­tion élec­to­rale (concur­rence déloyale), l’élection prive la plu­part des indi­vi­dus iso­lés de toute chance de par­ti­ci­per au gou­ver­ne­ment de la Cité et favo­rise donc le dés­in­té­rêt poli­tique (voire le rejet) des citoyens.

    • L’élection délègue… et donc dis­pense (éloigne) les citoyens de l’activité poli­tique quo­ti­dienne et favo­rise la for­ma­tion de castes d’élus, pro­fes­sion­nels à vie de la poli­tique, qui s’éloignent de leurs élec­teurs pour fina­le­ment ne plus repré­sen­ter qu’eux-mêmes, trans­for­mant la pro­tec­tion pro­mise par l’élection en muse­lière politique.

    • L’élection n’assure que la légi­ti­mi­té des élus, sans garan­tir du tout la jus­tice dis­tri­bu­tive dans la répar­ti­tion des charges : une assem­blée de fonc­tion­naires et de méde­cins ne peut pas appré­hen­der l’intérêt géné­ral comme le ferait une assem­blée tirée au sort.

    Une assem­blée élue n’est jamais représentative.

    • Para­doxa­le­ment, l’élection étouffe les résis­tances contre les abus de pou­voir : elle réduit notre pré­cieuse liber­té de parole à un vote épi­so­dique tous les cinq ans, vote tour­men­té par un bipar­tisme de façade qui n’offre que des choix fac­tices. La consigne du « vote utile » est un bâillon politique.

    • L’élection sélec­tionne par défi­ni­tion ceux qui semblent « les meilleurs », des citoyens supé­rieurs aux élec­teurs, et renonce ain­si au prin­cipe d’égalité (pour­tant affi­ché par­tout, men­son­gè­re­ment) : l’élection désigne davan­tage des chefs qui recherchent un pou­voir (domi­na­teurs) que des repré­sen­tants qui acceptent un pou­voir (média­teurs, à l’écoute et au ser­vice des citoyens).

    L’élection est pro­fon­dé­ment aris­to­cra­tique, pas du tout démo­cra­tique. L’expression « élec­tion démo­cra­tique » est un oxy­more (un assem­blage de mots contradictoires).

    Un incon­vé­nient impor­tant de cette élite, c’est ce sen­ti­ment de puis­sance qui se déve­loppe chez les élus au point qu’ils finissent par se per­mettre n’importe quoi.

    • DE FAIT, depuis 200 ans (depuis le début du 19ème), l’élection donne le pou­voir poli­tique aux plus riches et à eux seuls, jamais aux autres : l’élection de repré­sen­tants poli­tiques per­met de SYNCHRONISER dura­ble­ment le pou­voir poli­tique et le pou­voir éco­no­mique, créant pro­gres­si­ve­ment des monstres irres­pon­sables écri­vant le droit pour eux-mêmes et s’appropriant le mono­pole de la force publique à des fins privées.

    LE TIRAGE AU SORT :

    – La pro­cé­dure du tirage au sort est impar­tiale et équi­table : elle garan­tit une jus­tice dis­tri­bu­tive (consé­quence logique du prin­cipe d’égalité poli­tique affir­mé comme objec­tif cen­tral de la démocratie).

    – Le tirage au sort empêche la cor­rup­tion (il dis­suade même les cor­rup­teurs : il est impos­sible et donc inutile de tri­cher, on évite les intrigues) : ne lais­sant pas de place à la volon­té, ni des uns ni des autres, il n’accorde aucune chance à la trom­pe­rie, à la mani­pu­la­tion des volontés.

    – Le tirage au sort ne crée jamais de ran­cunes : pas de vani­té d’avoir été choi­si ; pas de res­sen­ti­ment à ne pas avoir été choi­si : il a des ver­tus paci­fiantes pour la Cité, de façon systémique.

    – Tous les par­ti­ci­pants, repré­sen­tants et repré­sen­tés sont mis sur un réel pied d’égalité.

    – Le hasard, repro­dui­sant rare­ment deux fois le même choix, pousse natu­rel­le­ment à la rota­tion des charges et empêche méca­ni­que­ment la for­ma­tion d’une classe poli­ti­cienne tou­jours por­tée à tirer vani­té de sa condi­tion et cher­chant tou­jours à jouir de privilèges.

    Le prin­cipe pro­tec­teur majeur est celui-ci : les gou­ver­nants sont plus res­pec­tueux des gou­ver­nés quand ils savent avec cer­ti­tude qu’ils revien­dront bien­tôt eux-mêmes à la condi­tion ordi­naire de gouvernés.

    – Le tirage au sort est facile, rapide et économique.

    – Le hasard et les grands nombres com­posent natu­rel­le­ment, méca­ni­que­ment, un échan­tillon repré­sen­ta­tif. Rien de mieux que le tirage au sort pour com­po­ser une assem­blée qui res­semble trait pour trait au peuple à repré­sen­ter. Pas besoin de quo­tas, pas de risque d’intrigues.

    – Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque citoyen à s’instruire et à par­ti­ci­per aux contro­verses publiques : c’est un moyen péda­go­gique d’émancipation intellectuelle.

    – Avoir été tiré au sort pousse chaque citoyen à s’extraire de ses pré­oc­cu­pa­tions per­son­nelles et à se pré­oc­cu­per du monde com­mun ; sa dési­gna­tion et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à déve­lop­per ses com­pé­tences par son tra­vail, exac­te­ment comme cela se passe pour les élus : c’est un moyen péda­go­gique de res­pon­sa­bi­li­sa­tion des citoyens, de tous les citoyens.

    – Pré­fé­rer le tirage au sort, c’est refu­ser d’abandonner le pou­voir du suf­frage direct à l’Assemblée, et c’est tenir à des contrôles réels de tous les repré­sen­tants : donc, le tirage au sort por­tant avec lui des contrôles dras­tiques à tous les étages, il est mieux adap­té que l’élection (qui sup­pose que les élec­teurs connaissent bien les élus et leurs actes quo­ti­diens) pour les enti­tés de grande taille. (Alors qu’on entend dire géné­ra­le­ment le contraire.)

    – DE FAIT, pen­dant 200 ans de tirage au sort quo­ti­dien (au Ve et IVe siècle av. JC à Athènes), les riches n’ont JAMAIS gou­ver­né, et les pauvres tou­jours. (Les riches vivaient très confor­ta­ble­ment, ras­su­rez-vous, mais ils ne pou­vaient pas tout rafler sans limite, faute d’emprise poli­tique.) Ceci est essen­tiel : méca­ni­que­ment, infailli­ble­ment, irré­sis­ti­ble­ment, le tirage au sort DÉSYNCHRONISE le pou­voir poli­tique du pou­voir éco­no­mique. C’est une façon très astu­cieuse d’affaiblir les pou­voirs pour évi­ter qu’ils n’abusent.

    On est donc ten­té de pen­ser que c’est l’élection des acteurs poli­tiques qui a ren­du pos­sible le capi­ta­lisme, et que le tirage au sort reti­re­rait aux capi­ta­listes leur prin­ci­pal moyen de domination.

    Pour une impres­sion soi­gnée, rechar­gez le pdf : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​c​e​n​t​r​a​l​i​t​e​_​d​u​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​e​n​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  39. Molette

    Bon­soir à tous,

    J’ai été pas­sion­née par votre débat.

    Je suis par­ti­sane, main­te­nant, du tirage au sort ! Car je me deman­dais com­ment s’at­ta­quer à deux fléaux :

    1)L’abus de pou­voir inévi­table (ou presque) quand on a le pouvoir,

    2)L’abandon des gou­ver­nés par les gouvernants.

    Seule­ment voilà …

    L’é­pine dans notre pied est que tout concourt, sciem­ment, à nous décer­ve­ler et que l’en­vie de com­prendre notre des­tin com­mun ne fait pas rage. Nous en sommes dépos­sé­dés et « cha­cun » pense que c’est fatal.

    Et deuxième obs­tacle majeur :

    Com­ment ins­tau­rer le tirage au sort ? Il nous fau­dra bien voter puis­qu’on a pas le choix de la méthode, et encore une fois abdi­quer notre liberté …

    Je me réponds que nous devons faire sans cesse oeuvre péda­go­gique et je vais voter pour ceux qui prônent un chan­ge­ment pro­fond des ins­ti­tu­tions qui limi­te­ront un peu les dégâts. Je ne vote­rai pas « utile ». Et, à l’a­dresse de Camille, je vote­rai pour un pro­gramme qui sou­lève ces pré­oc­cu­pa­tions essen­tielles pour la démo­cra­tie, même s’il ne passe pas ! Bien à vous, citoyens !

    Réponse
  40. NingúnOtro

    @ Alain Corruptible

    Mer­ci de me consi­dé­rer l’un des par­ti­ci­pants les plus concrets et construc­tifs 😉 , cela fait du bien de se faire nommer.

    « Au final, les solu­tions les plus concrètes et construc­tives pro­po­sées par les inter­ve­nants les plus actifs (qui me semblent être Ningù­nO­tro et Jùan) sont plu­tôt sans espoirs ni réelles pers­pec­tives d’actions. »

    Chèr Alain… je suis beau­coup plus loin dans mes pen­sées, et j’ai une vision beau­coup plus com­plète de la situa­tion glo­bale, euro­péenne, natio­nale et locale dans les domaines poli­tiques, éco­no­miques, sociaux, phi­lo­so­phiques, psi­co­lo­giques, média­tiques et de com­mu­ni­ca­tion ana­logue et digi­tale que je ne peux expo­ser et sou­mettre à débat sur les sites de mon ami Étienne.

    Pour avoir une idée nette, il faut com­bi­ner plus de fac­teurs cir­cons­tan­tiels et vigi­ler l’é­qui­libre de leurs inter­ac­tions que ceux dont la plu­part des par­ti­ci­pants sont même capables de recon­naitre qu’ils existent. Il faut décons­truire des mons­truo­si­tés que des agents inter­es­sés nous vendent comme véri­tés avé­rés, et récons­truire par syn­thèse logique toute une par­tie de l’his­toire que les « vain­çeurs » nous cachent ou dont ils essaient de mini­mi­ser l’importance.

    « L’é­norme dif­fi­cul­té ce sont les préa­lables, notamment :
    A – une ossa­ture bien-fon­dée de balises, défi­ni­tions, axes de pro­grammes, « places-à-pro­jets », chartes, protocoles ».

    Le plus grand préa­lable… c’est com­ment convaincre l’âne qui est en nous tous du fait que pour ne plus avoir soif c’est de l’eau qu’il faut boire.

    Impos­sible de faire boire la véri­té à un âne qui à même oublié que la véri­té existe… qui à même peur qu’elle existe et se résiste à s’ex­po­ser à la trou­ver… parce-que la trou­ver l’o­bli­ge­rait à s’ac­ti­ver et dépen­ser des res­sources qu’il juge plus utile de thé­sau­ri­ser et dépen­ser au compte-gouttes car chaque fois moins rem­pla­çables après avoir été dépensées.

    Il faut des véri­tés trés sai­gnantes et beau­coup de créa­ti­vi­té pour orga­ni­ser les actions requises… pour obte­nir des avances sub­stan­tiels ET conso­li­der l’ob­te­nu come base per­ma­nente sur laquelle bâtir la pro­chaine étappe. Cela ne sert à rien de se mani­fes­ter dans la rue pen­dant des semaines… si on ne prend pas soin de conso­li­der les changes vou­lues dans le domaine for­mel du pou­voir : l’a­re­na politique.

    Ors, sur ce ter­rain… tout est vér­rouillé par le mer­dier qu’est l’a­to­mi­sa­tion de la gauche dog­ma­tique et son endo­ga­mie. La gauche souffre depuis sa créa­tion l’ac­tion d’un che­val de Troie virique… une erreur de trans­crip­tion « implan­té » dans sa défi­ni­tion de « classe sociale »… aux­quel per­sonne ne veut tou­cher par peur de dis­cré­di­ter Marx et faire tom­ber tout l’édifice.

    « Ensuite, l’es­sen­tiel que j’ai tiré de Ningù­nO­tro est que ce sont les guerres qui contrôlent et que l’Homme cher­che­ra tou­jours à s’or­ga­ni­ser pour pos­sé­der, que le génie qui l’a­nime se mani­fes­te­ra tou­jours pour faire resur­gir le mal mais il me semble que les guerres ont été créées ces der­niers siècles par les mêmes per­sonnes que nous com­bat­trions si nous arri­vions à sépa­rer le pou­voir poli­tique de l’é­co­no­mique avec des moyens don­nés par M. Chouard. »

    Je n’ai pas dit cela… ce que j’ai dit c’est que l’É­lite (n’im­porte laquelle) s’est doté d’une logique par laquelle se faire la guerre est inévi­table… et que tout ce qu’ils nous font subir est consé­quence de cela. A nous qui ne sommes pas élite de com­prendre pour­quoi ils n’ont dans leur logique pas d’al­ter­na­tive viable pour ce qu’ils font, et d’a­gir pour leur oter les res­sources que nous leur don­nons pour qu’ils en puissent orga­ni­ser des guerres meur­triéres. C’est à nous de faire le néces­saire pour qu’ils prennent la retraite et pour­suivent leur jeu sur un mono­po­ly vir­tuel au lieu de nôtre réa­li­té cotidienne.

    Quand on com­prend les rouages de leur réa­li­té, et de la plu­part des nôtres… cela ne devient pas si impos­sible que cela que d’a­gir avec effi­cience, si bien com­men­cer à faire bou­ger les choses sans que trop de gens sachent bien com­prendre la mécha­nique célés­tiale… risque de nous obli­ger à répé­ter plus d’une fois en desar­roi… Eppur si mouve ! (et pour­tant, cela bouge!).

    Réponse
  41. juan nessy

    @Etienne :

    - Qu’est ce que l’as­sem­blée du peuple ? Quel fon­de­ment ? Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Com­ment ? Quelle posi­tion­ne­ment international ?

    - Est-ce tra­hir votre pro­pos que de dire que les tirés au sort, dans votre vision, sont des fonc­tion­naires (sans sta­tut, ou très peu pro­tec­teur d’ailleurs) ?

    - Citoyens armés signi­fie-t-il : armée de conscrip­tion, natio­na­li­sa­tion de l’in­dus­trie d’ar­me­ment et du nucléaire ?

    Réponse
  42. Alain Corruptible

    Bon­jour Nin­gu­nO­tro, M.Chouard, tout le monde et desole d’a­vance pour les accents que je n’ar­rive pas a faire avec ce cla­vier de m…

    « Le plus grand préa­lable… c’est com­ment convaincre l’âne qui est en nous tous du fait que pour ne plus avoir soif c’est de l’eau qu’il faut boire.
    Impos­sible de faire boire la véri­té à un âne qui à même oublié que la véri­té existe… qui à même peur qu’elle existe et se résiste à s’ex­po­ser à la trou­ver… parce-que la trou­ver l’o­bli­ge­rait à s’ac­ti­ver et dépen­ser des res­sources qu’il juge plus utile de thé­sau­ri­ser et dépen­ser au compte-gouttes car chaque fois moins rem­pla­çables après avoir été dépensées. »

    « A nous qui ne sommes pas élite de com­prendre pour­quoi ils n’ont dans leur logique pas d’al­ter­na­tive viable pour ce qu’ils font, et d’a­gir pour leur oter les res­sources que nous leur don­nons pour qu’ils en puissent orga­ni­ser des guerres meurtriéres »

    Nin­gu­nO­tro, tu sou­lignes ici la pen­see que je veux ame­ner et qui decoule d’une qua­si impos­si­bi­lite de pas­ser a l’acte de part l’op­po­si­tion indi­quee entre ces 2 para­graphes puisque tu recon­nais qu’il est extre­me­ment dif­fi­cile non seule­ment de faire ouvrir les yeux a des per­sonnes sur des rea­lites qui sont meme au dela de ce qu’elles peuvent ima­gi­ner mais en plus de les ral­lier a ta cause. Je ne me heurte que trop sou­vent a l’i­ner­tie qu’a creee ce sys­teme chez les gens. Quand je vois a quel point j’e­tais loin des meca­nismes de la verite et donc de son ampleur (que revele tres bien Eus­tace Mul­lins dans son livre les secrets de la reserve fede­rale que je n’ai pas encore acheve) alors que tota­le­ment ouvert a celle ci, je ne touche que mieux du doigt non seule­ment l’i­nu­ti­lite d’ou­vrir des mil­lions d’yeux mais aus­si le risque que cela induit et c’est la ou j’en­vi­sage, peut etre can­di­de­ment, fol­le­ment ou dan­ge­reu­se­ment, une toute autre voie que la deli­vrance intel­lec­tuelle que vous pro­po­sez toi et M.Chouard. C’est evi­dem­ment quelque chose d’ab­so­lu­ment neces­saire mais qui doit etre fait au fur et a mesure que nous batis­sons une resis­tance solide et de maniere plus diverse car nous sommes pour l’ins­tant au yeux du grand public des uto­pistes, c’est en tout cas ma realite.

    Quand on com­mence a lire les secrets de la reserve fede­rale de Eus­tace Mul­lins, livre conseille par M.Chouard, on peut y voir des le debut a quel point les gens aux­quels nous avons affaire sont intel­li­gent sans par­ler du pou­voir qu’ils ont acquis en met­tant la main sur la crea­tion mone­taire et en cor­rom­pant les pou­voirs politiques.

    A mon sens, le seul moyen de resis­ter serait, meme si l’en­tre­prise peut paraitre folle, de faire la meme chose que ces gens ont fait a savoir reu­nir les intel­li­gences et com­pe­tences neces­saires au ren­ver­se­ment de leur sys­teme. Les per­sonnes com­pe­tentes ne sont pas toutes per­ver­ties et il fau­drait creer une resis­tance tres dis­crete qui choi­si­rait soi­gneu­se­ment ses ele­ments (eco­no­mistes, hackeurs et toutes per­sonnes neces­saires a l’in­for­ma­tion au finan­ce­ment even­tuel etc et donc a l’ac­tion) afin de se pro­cu­rer ce qu’il faut pour les court cir­cui­ter. Pour ca il faut savoir ou taper et avoir les moyens de le faire. La fai­blesse d’une grosse machine est qu’elle ne peut pas tout contro­ler et ne pour­rait rien contre le deve­lop­pe­ment d’un tel grou­pus­cule si les pre­cau­tions neces­saires sont prises. Au lieu d’ou­vrir les yeux de mil­lions de gens, ce qui serait non seule­ment trop long mais aus­si risque car cela per­met­trait aux oli­garques tres intel­li­gent de voir venir et donc de sabo­ter, il faut reu­nir les convain­cus et cibler les per­sonnes a convaincre afin de reu­nir les com­pe­tences neces­saires. Ce que je dis est loin d’etre infai­sable et les com­pe­tences sont la cle de toute entre­prise effi­cace… ils ne savaient pas que c’e­tait impos­sible alors ils l’ont fait. J’aime beau­coup cette phrase et aujourd’­hui tous le monde a les bras baisses parce qu’il croit que l’on ne peut rien faire mais un vrai sou­le­ve­ment nait, je pense, de per­sonnes qui y croient plus que d’autres et je crois que c’est en com­men­cant a entre­prendre que des gens se pen­che­ront sur nous (par­ti infor­ma­tive de mon « plan » qui ne vien­drait qu’apres avoir mis bon nombre de choses en place).

    En me ren­sei­gnant sur le tirage au sort, sur l’en­jeu des retraites (Ber­nard Friot), j’ai vu des alter­na­tives tres effi­caces au sys­teme capi­ta­liste que nous vivons, le pro­bleme n’est donc pas la. De la meme maniere qu’en me pen­chant sur Franck Lepage j’ai vu comme tu dis Nin­gu­nO­tro que « Quand on com­prend les rouages de leur réa­li­té, et de la plu­part des nôtres… cela ne devient pas si impos­sible que cela que d’a­gir avec effi­cience » mais seule­ment s’il n’y a pas d’ad­ver­saire (oli­garques) ni d’op­po­si­tion consciente ou incons­ciente de beau­coup de per­sonnes habi­tuees a vivre d’une cer­taine maniere et qui ne croient pas le chan­ge­ment pos­sible, qui en ont peur ou bien d’autres rai­sons qui sont autant d’obs­tacles au pas­sage a l’action.

    J’ai encore beau­coup a lire et a apprendre mais je crois que nous nous devons de for­cer un cer­tain nombre de choses en gagnant en puis­sance (et elle doit abso­lu­ment etre cachée) et pour cela il fau­drait com­men­cer a en debattre de vive voix. Quand je vois le mal qu’a M.Chouard ne serait ce qu’a com­mu­ni­quer (manque de temps en confe­rence) avec des gens qui l’e­coutent, je crois qu’il est temps que nous debat­tions d’a­bord entre convain­cus. Peut-etre cela se fait-il deja (je m’a­dresse a vous M.Chouard) et cela serait donc un appel, je suis on ne peut plus pret a me depla­cer. Les acteurs de la verite doivent se reu­nir pour la faire exploser !

    Réponse
  43. JP. Rougier

    J’ai décou­vert vos pro­pos sur la chaîne LCP face à un élu, et j’ai tout de suite pen­sé … il est fou.

    Au bout de 10 minutes je suis dit : il n’est pas con… Depuis je suis convain­cu que : élec­tion = piège à cons.
    Donc effec­ti­ve­ment je suis d’ac­cord pour un tirage au sort des repré­sen­tants du peuple qui au sein d’un par­le­ment, débat­tront de dif­fé­rents choix poli­tiques et éli­ront le meilleur de ces choix.

    Par contre vous élu­dez un aspect très terre à terre : quel sera l’a­ve­nir du tiré au sort après son man­dat repré­sen­ta­tif…, retrou­ve­ra-t-il son tra­vail « d’avant »…

    On voit bien que les élus les « plus repré­sen­ta­tifs », fonc­tion­naires, indé­pen­dants ou ren­tiers, sont ceux qui peuvent retrou­ver leur tra­vail après non renou­vel­le­ment d’un man­dat (cer­tains mènent plu­sieurs acti­vi­tés en paral­lèle y com­pris chef de par­ti politique).

    Il fau­drait aus­si mon­trer qu’une élec­tion per­son­nelle n’est pos­sible que der­rière un par­ti poli­tique, qui apporte les fonds néces­saires à votre cam­pagne élec­to­rale, et que par retour, il exige par­fois votre vote dans le sens du groupe… sinon vous ris­quez d’être lâché… (et obli­gé de mon­ter votre propre par­ti… avec votre argent comme cer­tains mil­lion­naires des USA, ou celui de vos spon­sors,… si défen­dez leurs idées).

    Par contre, un tirage au sort coû­tant consi­dé­ra­ble­ment moins cher qu’une cam­pagne élec­to­rale, il serait bon que l’argent alloué par l’é­tat aux par­tis et aux élec­tions, serve à ins­truire de la chose poli­tique les tirés au sort, et cela plu­sieurs mois, pour les pré­pa­rer à mieux repré­sen­ter les autres conci­toyens, car effec­ti­ve­ment même les experts de cer­tains domaines ont du mal à se com­prendre, alors le citoyen lambda…

    Les gens ont trop ten­dance à divi­ni­ser leurs élus,… je crois que tous les hommes sont Dieux, à condi­tion qu’ils des­cendent du ciel autre­ment que par l’as­cen­seur d’un 5 étoiles.

    Réponse
  44. JP. Rougier

    Quel­qu’un que vous avez ren­con­tré, mais qui n’est pas convain­cu par le tirage au sort des repré­sen­tants du peuple.
    http://​www​.marian​ne2​.fr/​T​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​u​n​-​r​e​m​e​d​e​-​p​i​r​e​-​q​u​e​-​l​e​-​m​a​l​_​a​2​0​7​0​8​7​.​h​tml ;

    Ses argu­ments ne m’ont pas convain­cu, mais au vu de la résis­tance pas­sive des gens, le chan­ge­ment se fera par des ras­sem­ble­ments sur de grandes places, façon pays arabes,… mais pour quelle démocratie…

    Réponse
  45. Di Girolamo

    Dans la gou­ver­nance ‚il y a la méthode et il y a son objet .

    Si la démo­cra­tie n’est qu’une méthode déci­sion­nelle cela réduit de beau­coup son inté­rêt . Si tant est qu’on puisse sépa­rer méthode
    et objet .
    La socié­té humaine , contrai­re­ment aux autres sys­tèmes vivants semble ne pas être régie entiè­re­ment par une loi natu­relle rigide et de ce fait est en per­pé­tuelle construction.
    On pour­rait donc dire que la démo­cra­tie est la recherche de la meilleure méthode de gou­ver­nance pour faire société.
    Il fau­drait rajou­ter aujourd’­hui, expé­rience aidant : pour faire une socié­té durable ; durable et juste les deux concepts allant de pair.
    Bien évident alors, que sans remettre en cause le bien fon­dé du tirage au sort comme méthode, il ne suf­fit pas à faire socié­té et que cette fabri­ca­tion là n’est conce­vable que dans le cadre d’un tra­vail d’in­tel­li­gence col­lec­tive ‚c’est à dire de débat.
    La ques­tion cen­trale de la démo­cra­tie est donc bien d’or­ga­ni­ser au mieux le débat pour orga­ni­ser au mieux une socié­té durable .

    Éco­lo­gie, au sens de recherche des règles à obser­ver pour durer, jus­tice et débat étant des concepts inhé­rents à la démocratie .

    Une socié­té sans débat orga­ni­sé, sans réflexion col­lec­tive glo­bale sur son sens, est un sys­tème à subir, à conser­ver ou à détruire sui­vant la place qu’on y occupe, mais pas une démo­cra­tie, pas une socié­té durable.

    C’est parce que les cli­gno­tants sont au rouge vif sur tous le sujets impor­tants que la démo­cra­tie est deve­nue une néces­si­té de sur­vie. L’in­tel­li­gence col­lec­tive pou­vant se sub­sti­tuer à l’in­tel­li­gence ins­tinc­tive et natu­relle des autres espèces.

    Réponse
  46. Alain Corruptible

    La démo­cra­tie, c’est le pou­voir au peuple comme son éty­mo­lo­gie l’in­dique, je ne crois pas qu’il s’a­gisse d’une recherche de la meilleure gou­ver­nance… Il s’a­git plu­tôt à mon sens de récu­pé­rer ce qui nous est dû, la créa­tion moné­taire, le pou­voir et tout ce qui en découle aux mains d’une bande de mal­frats qui orga­nisent leur toute puis­sance depuis plus de deux siècles et qui galope vers leur but sans que rien depuis lors n’ait réus­si à les arrêter.

    J’en appelle aux adeptes des faits, ces deux der­niers siècles ne se sont pas écou­lés sans oppo­si­tion au sys­tème, sans pen­seurs ni tout mili­tants de la vraie démo­cra­tie ; pour­tant les oli­garques conti­nuent « tran­quille­ment » leur bon­homme de che­min. Je can­tonne ce que je dis à la France, même si beau­coup d’autres pays sont concer­nés car des com­bats digne de ce nom ont pu être menés, et pour­tant pas par tirage au sort, je pense au Vene­zue­la par Hugo Cha­vez, sur qui je me suis pen­ché, encore grâce à M. Chouard via une vidéo pré­sente sur ce site qui vaut le détour. Ce mon­sieur a pris les rennes de son pays par les urnes mais il s’est fait entendre et connaître autre­ment… Et mal­gré la contro­verse, il a appor­té énor­mé­ment de choses (dans les faits) au Venezuela.

    Donc, le pro­blème est sur­tout très humain, le tirage au sort vise d’ailleurs à pré­ve­nir le vice humain au moyen de contrôle. Si un homme bon (qui se bat pour l’in­té­rêt géné­ral) prend le pou­voir, il aurait le moyen d’é­ta­blir une pas­se­relle vers un nou­veau sys­tème. Le pro­blème étant qu’ac­tuel­le­ment les gros pré­ten­dants au pou­voir (gauche socia­liste, droite) sont tous des vendus.

    J’es­saie d’é­va­luer les chances qu’of­fri­raient les actions comme celles de M. Chouard qui consistent à convaincre la majo­ri­té d’entre nous sur la cor­rup­tion et le non fonc­tion­ne­ment de notre sys­tème actuel afin de le ren­ver­ser, mais je ne trouve pas. Serait-ce parce qu’elle sont nulles ou très faible…?

    Réponse
  47. Di Girolamo

    Oui la démo­cra­tie est le pou­voir au peuple ; mais pas de pou­voir sans compréhension
    pas de peuple en mor­ceaux se reven­di­quant d’être le tout ; le peuple n’est pas uni­forme et d’ac­cord ; le peuple ne par­tage pas le même regard ; il est divers , diversifié
    c’est l’or­ga­ni­sa­tion du débat public entre ces diver­si­tés qui per­met au peuple d’exer­cer son pouvoir.

    Des diver­si­tés qui ne débattent qu’entre elles, entre soi, sont des par­ties , des par­tis, et repro­duisent à l’i­den­tique le sys­tème tota­li­taire où l’on est.
    Le fait de tirer au sort est inté­res­sant parce que cas­sant « tech­ni­que­ment » cette prise de pou­voir illicite.
    Mais ce prin­cipe ne peut pas rem­pla­cer le débat qui est le coeur de la démocratie.

    Réponse
  48. A-J Holbecq

    @Di Giro­la­mo

    Mais ce prin­cipe ne peut pas rem­pla­cer le débat qui est le coeur de la démocratie.

    Tout à fait exact…
    C’est pour cela qu’à mon sens il faut
    – 2 chambres : une d’é­lus, une de tirés au sort
    – que les tirés au sort le soient sur une « sélec­tion » pro­po­sés par des groupes de citoyens qu’ils soient de la même famille, des copains, des asso­cia­tions, des syn­di­cats des par­tis, des églises, des com­mu­nau­tés, etc ..
    Donc, 1 « can­di­dat » par 10 élec­teurs, les­quels entre eux en choi­si­ront 1 sur 10.. Sur 40 mil­lions d’é­lec­teurs, il y aurait dont au maxi­mum un « stock » de « tirables au sort » de 400 000 « can­di­dats ».. le tirage au sort en sélec­tion­nant 400 par le hasard.

    Mais je pré­fè­re­rai com­men­cer par une sélec­tion locale (une « chambre » com­mu­nale de même poids que les élus com­mu­naux). Cette chambre com­mu­nale choi­sis­sant, par­mi ses « élus » (il fau­drait trou­ver un mot) 1 can­di­dat sur 10 « élus », ces can­di­dats fai­sant donc par­ti des « poten­tiel­le­ment éli­gibles » à une pré­sence à la seconde chambre nationale..

    Je sais pas si je suis très clair.. sans doute un cro­quis serait plus explicite

    Réponse
  49. Episteme

    Bon­jour,

    Bon, tout ce que vous faites est inté­res­sant, mais je pense que vous vous lais­sez empor­ter. Déjà, votre affir­ma­tion sous forme de slo­gan est fausse : « PENDANT 200 ANS D’EXPÉRIENCE DE TIRAGE AU SORT, LES RICHES N’ONT JAMAIS GOUVERNÉ ET LES PAUVRES TOUJOURS ».

    Mil­tiade, Cimon, Péricles, Démos­thène étaient-ils pauvres ? Non, loin s’en faut.

    Vous citez Han­sen en biblio­gra­phie de votre déve­lop­pe­ment. Qu’y lit-on par exemple page 272 :

    « L’é­lec­tion n’é­tait pas tenue pour anti­dé­mo­cra­tique, pour­vu que tous les citoyens puissent voter et que cha­cun d’eux soit en théo­rie éli­gible ; mais l’his­toire d’A­thènes montre que la com­bi­nai­son de l’é­lec­tion et du tirage au sort condui­sit dans une cer­taine mesure à concen­trer les pou­voirs entre les mains des magis­trats élus. »

    Ça modère for­te­ment vos affir­ma­tions péremp­toires, vous ne trou­vez pas ? De manière géné­rale, user de l’his­toire comme unique argu­ment est pro­blé­ma­tique. Au pas­sage, vous avez éga­le­ment omis l’im­pé­ria­lisme athé­nien, pro­blé­ma­tique de sou­mettre un exemple loin d’être exem­plaire vis à vis de ses « alliés ».

    Réponse
  50. Étienne

    Bon­soir « Epis­teme » (joli pseudo)

    Péri­clès, Démos­thène et les grands ora­teurs devaient prou­ver tous les jours qu’ils étaient bons (et ils l’é­taient). Ceci est essentiel. 

    Par ailleurs, ils ne gou­ver­naient pas : ils convain­quaient l’As­sem­blée, déci­sion après déci­sion. Mais c’é­tait TOUJOURS l’As­sem­blée qui votait les lois et, ne vous en déplaise, l’As­sem­blée a TOUJOURS été effec­ti­ve­ment com­po­sée de beau­coup plus de pauvres que de riches, pen­dant 200 ans (j’in­siste).

    Ensuite, je ne trouve pas que votre cita­tion contre­dise ce que je dis moi-même : les Athé­niens pra­ti­quaient L’ÉLECTION (je le rap­pelle effec­ti­ve­ment dans chaque confé­rence) pour toutes les fonc­tions requé­rant à leurs yeux une COMPÉTENCE par­ti­cu­lière (et donc à l’ex­clu­sion de toute fonc­tion POLITIQUE pour les­quels les démo­crates, les vrais, pos­tu­laient la com­pé­tence égale de tous) : donc, armée et finances et c’est tout (que je sache). Or donc, dit en sub­stance Han­sen, quand coexistent élec­tion et tirage au sort, l’ex­pé­rience montre vite la confis­ca­tion du pou­voir par les élus… En quoi donc cela contre­dit-il ma thèse ?! Cela la ren­force au contraire, il me semble.

    Par ailleurs, loin de moi l’i­dée de n’u­ti­li­ser que l’his­toire, n’ayez crainte : pour étayer et affi­ner ma thèse, je mobi­lise la phi­lo­so­phie, la poli­tique, le droit, l’é­co­no­mie, l’his­toire, la géo­gra­phie, la socio­lo­gie, l’éthologie, la science, le bon sens, mes propres obser­va­tions et réflexions, mes conver­sa­tions avec des pen­seurs de mon temps (Mau­rice Allais, Michel Onfray, Ber­nard Manin, Fré­dé­ric Lor­don, Raoul Marc Jen­nar, Franck Lepage…), et je ne consi­dère pas cette liste comme fer­mée (si vous avez des suggestions) 🙂 

    Enfin, l’im­pé­ria­lisme (incon­tes­table, et je ne le masque jamais) de la démo­cra­tie athé­nienne n’est NULLEMENT SPÉCIFIQUE (qua­si­ment toutes les col­lec­ti­vi­tés humaines qui ont été capables d’en domi­ner d’autres l’ont mal­heu­reu­se­ment fait, non ?). Ain­si, tout est dit : non spé­ci­fique, l’ar­gu­ment est sans poids (à mon sens).

    Mais encore une fois, il faut évi­ter un mal­en­ten­du : je ne fais pas du tout d’A­thènes un modèle : j’y vois UN GERME (génial). Com­pre­nez-vous la dif­fé­rence ? Je cherche à ADAPTER ce germe à mon temps. Où avez-vous vu que j’é­tais péremp­toire ? Je passe mon temps à faire appel aux objec­tions et réfu­ta­tions ; je répète à tous les vents que j’ai BESOIN DE MES ADVERSAIRES pour progresser.

    Au plai­sir de vous lire.

    Étienne.

    Réponse
  51. Episteme

    Bon­jour Etienne,

    Le pro­blème est que votre sché­ma pré­sente la démo­cra­tie athé­nienne comme un mono­lithe qui n’au­rait pas évo­lué entre 508⁄507 et 322⁄321. Si vous avez lu Han­sen que vous citez en biblio­gra­phie (que vous avez décou­vert via Manin, je n’en doute pas), vous ne pou­vez par exemple pas faire appa­raître l’os­tra­cisme et la gra­phè para­no­môn comme contem­po­rain. La pre­mière attes­ta­tion d’un ostra­cisme date de 487 et la der­nière de 417–415. Et la gra­phè para­no­môn semble avoir rem­pla­cé l’ostracisme.

    De même, en his­toire, on n’emploie pas l’ex­pres­sion de « citoyens armés », mais de citoyens-sol­dats. Un citoyen armé risque de géné­rer l’i­mage d’un cow-boy.

    Point de détail direz-vous peut-être ? Pour moi sim­pli­fi­ca­tion des don­nées his­to­riques (j’ai fait des études d’his­toire) pour ser­vir une thèse poli­tique. L’exemple se doit d’être lumi­neux, la situa­tion actuelle se doit d’être catastrophique.

    Vous sim­pli­fiez à l’ex­trême la démo­cra­tie athé­nienne de l’âge clas­sique, parée de mille ver­tus ins­ti­tu­tion­nelles alors qu’à contra­rio vous assom­bris­sez la réa­li­té que nous vivons actuel­le­ment. La démo­cra­tie fran­çaise n’a pas ces­sée de pro­gres­ser. Obser­vez les évo­lu­tions : d’une démo­cra­tie cen­si­taire que nous avons connu au XIX° siècle, nous sommes pas­sés à une démo­cra­tie éten­due avec le droit de vote accor­dé aux femmes et même (avec réti­cence et limi­ta­tions) aux membres de la com­mu­nau­té euro­péenne pour les élec­tions locales. Cha­cun peut s’ex­pri­mer libre­ment, cri­ti­quer le per­son­nage le plus impor­tant de l’E­tat. Vous pou­vez vous-même défendre votre marotte, l’ex­po­ser, la dif­fu­ser, sans omettre au pas­sage que les jurés d’as­sise sont tirés au sort.

    Per­sonne n’i­ra affir­mer que la démo­cra­tie actuelle soit par­faite, que rien ne puisse être amé­lio­ré. Sur ce point d’ailleurs, si les Grecs nous ont légués une chose, c’est l’i­déal démo­cra­tique, tou­jours ques­tion­né. On se plaint par exemple de la cor­rup­tion, comme si celle-ci n’exis­tait pas à l’é­poque de Démosthène !

    Bref, au risque de vous cho­quer, vous vivez dans une démo­cra­tie et en tant que citoyen actif, vous par­ti­ci­pez à son évo­lu­tion. Bra­vo, fer­mez le ban !

    Réponse
  52. Alain Corruptible

    Fer­mer le ban ? J’ai­me­rais être sur le même nuage que toi Epis­tème, il sim­pli­fie rien du tout il met en avant le bon coté de la démo­cra­tie Athé­nienne pour en tirer le meilleur afin de cor­ri­ger notre sys­tème pour­ri. Et s’il assom­bris­sait la réa­li­té ce serait magni­fique, je ne crois pas que ce soit l’a­vis des grecs d’au­jourd’­hui ni celui de l’A­frique et j’en passe évi­dem­ment ! S’il peut par­ler de sa « marotte » c’est parce que le gros du monde s’en fout et c’est la même chose pour les cri­tiques et débats sur les élus. Ce qui nous inté­res­se­rait ce serait de par­ler des mil­liers de mil­liards que les ban­quiers nous ont volé, nous volent et nous vole­rons et com­ment il le font mais ça on le ver­ra nulle part à la télé parce que si c’é­tait l’ob­jet de débat ça fait long­temps que tout le monde serait sur le même nuage que toi.

    Je suis pas construc­tif pour un sou mais ça sert pas à grand chose de toutes façons, on est là à débattre du bien fon­dé d’un sys­tème pen­dant que d’autres nous ont déjà qua­si esso­rés et se pré­parent à tous nous étri­per donc au point où on en est… Tu vois ça c’est sombre.

    Réponse
  53. J-Stéphane

    Bon­jour et bonne année à tous,

    Il y a peut-être une piste à explo­rer.
    Certes le sys­tème est tota­le­ment ver­rouillé aux citoyens.

    Alors, soyons rusés, en essayant d’utiliser l’existence du tirage au sort pour en étendre ses applications.
    Ce qui en plus per­met­tra peut-être d’en faire la démonstration.

    Je m’explique avec mes mots et je peux faire fausse route car je n’ai aucune connais­sance poli­tique et juridique.
    Les spé­cia­listes, eux sen­ti­ront s’il y a une brèche qui peut s’ouvrir sur une autre, comme pour une par­tie de jeu d’échecs où on ne fait jamais mat en un seul coup.

    1) Nous avons un for­mi­dable outil qu’est Inter­net. Avec, nous pou­vons réunir des spé­cia­listes, des fonds et des citoyens.
    2) Il existe déjà des listes de citoyens à tirer au sort dis­po­nibles dans les mairies.
    3) Il faut trou­ver qui ou quoi incul­per et où l’inculper pour le mettre face aux jurés de citoyens.
    4) Il me semble que l’existence même du tirage au sort dans notre jus­tice et notre poli­tique, peut être une voie pour l’étendre.

    Je vous l’accorde c’est plu­tôt léger. Mais je m’étonne que l’on ait éten­du le prin­cipe de l’élection mais pas celui du tirage au sort.
    De plus, si le tirage au sort existe, c’est qu’il repose sur des textes de lois exis­tants et donc ils pour­raient être une brèche pour faire levier.

    Aus­si je me fais la réflexion suivante,

    Pour­quoi faire valoir l’amateurisme des citoyens lamb­das pour ne pas leurs faire prendre part poli­ti­que­ment à l’avenir de la cité ?
    Alors qu’on leurs impose par le tirage au sort de déci­der de l’avenir de citoyens déchets de cette politique.
    Les oli­garques recon­naissent-ils aux citoyens seule­ment le droit de trier les déchets de cette poli­tique exclusive ?
    Comme pour leur mon­trer ce qui les attend s’ils trans­gressent leurs règles…

    Réponse
  54. J-Stéphane

    En Europe, il n’y a pas qu’en France où l’on viole les constitutions.

    D’un autre média :

    « Le virage auto­ri­taire de la Hongrie

    Des mani­fes­tants pro­testent contre la nou­velle consti­tu­tion hon­groise du Pre­mier ministre Vik­tor Orban le 2 jan­vier 2012 à Budapest.

    Depuis le 1er jan­vier, la Hon­grie du Pre­mier ministre conser­va­teur Vik­tor Orban s’est dotée d’une nou­velle consti­tu­tion dénon­cée par l’op­po­si­tion de gauche et de nom­breux mou­ve­ments de la socié­té civile qui y voient une dérive auto­ri­taire des­ti­née à ren­for­cer le pou­voir en place. Le chan­ge­ment est éga­le­ment obser­vé de très près par l’U­nion euro­péenne et le FMI. Poli­tique, éco­no­mie, jus­tice, socié­té et médias, tout y passe. Et seule une majo­ri­té des deux-tiers des dépu­tés per­met de modi­fier ces nou­velles dis­po­si­tions, ce qui réduit les marges de manœuvre des futurs gouvernements… »

    Réponse
  55. J-Stéphane

    Bon­jour,

    L’actualité sur l’entrée des jurés popu­laires (citoyens tirés au sort) dans les tri­bu­naux cor­rec­tion­nels démontre que la poli­tique agit sur le juridique.

    L’inverse peut-il être possible ?

    Réponse
  56. Nadir

    Bon­jour Étienne,

    superbe texte que je viens de relire aujourd’­hui ! Tout est là.

    Je crois que tu as mis le doigt sur un point fon­da­men­tal. Effec­ti­ve­ment il faut prendre les pro­blèmes à la racine.Tout découle de là.

    Il convien­drait de manière urgente de se foca­li­ser en prio­ri­té sur la réap­pro­pria­tion de la démo­cra­tie réelle telle que tu l’as décrite dans ce texte. Tout le reste n’est que du bla-bla qui ne mène à rien tant qu’on reste coin­cé dans ce sys­tème de repré­sen­ta­tion élec­to­rale usurpateur.

    Réponse
  57. Vassili

    Bon­jour Étienne,

    Bra­vo pour le tra­vail d’une vie réa­li­sé jusque là.

    Je pense qu’il fau­drait mettre au point un sché­ma capable de repré­sen­ter se que pour­rait être une démo­cra­tie de nos jours, en décri­vant sim­ple­ment le rôle des citoyens et l’or­ga­ni­sa­tion poli­tique du vil­lage à la nation, ou à l’Eu­rope, voir au monde.

    Ceci dans un sou­cis de vul­ga­ri­sa­tion et de pro­pa­ga­tion de l’i­dée même de démo­cra­tie au sens pre­mier du mot, défen­du ici.

    Je com­prend que le débat est essen­tiel et qu’il n’est pas encore assez avan­cé pour sor­tir un plan défi­ni­tif, néan­moins un brouillon clair de se der­nier le pas­sion­ne­rait sans doute encore plus.

    ensuite, j’ai­me­rais dire que l’élection en géné­ral(du gou­ver­ne­ment) me semble quand même un chouiat trop dia­bo­li­sée. Telle qu’elle est actuel­le­ment ok, mais n’est-elle pas tem­po­rai­re­ment améliorable ?

    Mon idée étant de trou­ver une manière de tran­si­ter en dou­ceur vers la démo­cra­tie, les chocs trop violent étant sou­vent contre-productif.

    Réponse
  58. sitouaillain

    ah mer­ci Etienne, ces sché­mas sont for­mi­dables, on embrasse d’un coup tout un monde de potentialités !

    et comme tout n’est pas sur le sché­ma où peut on trou­ver des déve­lop­pe­ments sur
    – les ins­ti­tu­tions et le fonc­tion­ne­ment du pou­voir judiciaire
    – les ins­ti­tu­tions et le fonc­tion­ne­ment du pou­voir médiatique
    – les ins­ti­tu­tions et le fonc­tion­ne­ment du pou­voir monétaire.

    et, comme dans les deux sché­mas, il n’y a pas de pou­voir de pro­po­si­tions de loi, et n’est pas ins­crit le pou­voir régle­men­taire du gou­ver­ne­ment, je n’en voit pas vrai­ment l’intérêt…il suf­fit que le par­le­ment pro­pose des can­di­dats à une élec­tion par les employés et les usa­gers (panels de citoyens tirés au sort) des res­pon­sables des admi­nis­tra­tions et des ser­vices publics, non ? il ne s’a­git que d’ap­pli­quer la loi…d’exécuter quoi…

    Réponse
  59. Lucadeparis

    Quelle est la réfé­rence de la cita­tion de Toc­que­ville faite au début de ce texte :

    « Je ne crains pas le suf­frage uni­ver­sel : les gens vote­ront comme on leur dira. » ?

    Car j’ai recher­ché dans De la Démo­cra­tie en Amé­rique en PDF, tomes I et II, et je n’y retrouve pas cette affir­ma­tion. Sur l’in­ter­net, je ne trouve rien de plus pré­cis que 1835, ce qui indi­que­rait pour­tant assez pro­ba­ble­ment le tome I de l’ou­vrage majeur de Tocqueville.

    Pour­rais-je être ren­sei­gné car c’est une cita­tion forte, et dont le contexte devrait aus­si être intéressant 
    (et qui me serait utile pour un texte que j’é­cris sur la démo­cra­tie et un moyen d’y par­ve­nir dans le cadre élec­to­ral actuel) ?

    Réponse
  60. Étienne

    Cher Lucas

    Je viens de pas­ser un moment à recher­cher dans mes bou­quins scan­nés, mais sans trouver. 

    De mémoire, je ne sais plus si c’est Rosan­val­lon ou Manin qui fai­sait cette cita­tion, mais il fau­drait retrou­ver l’original. 

    Ce doit être Pierre Rosan­val­lon qui cite ain­si Toc­que­ville, dans une des confé­rences du cycle qu’il a inti­tu­lé (fau­ti­ve­ment, je trouve, d’ailleurs) « la contre-démo­cra­tie ». Il fau­drait que je réécoute ces confé­rences, lit­té­ra­le­ment pas­sion­nantes (elles m’a­vaient enthou­sias­mé quand j’ai décou­vert ce tra­vail for­mi­dable d’his­to­rien de la résis­tance aux abus de pou­voir), mais je manque cruel­le­ment de temps.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​R​o​s​a​n​v​a​l​l​o​n​.​htm

    http://​www​.col​lege​-de​-france​.fr/​s​i​t​e​/​p​i​e​r​r​e​-​r​o​s​a​n​v​a​l​l​o​n​/​a​u​d​i​o​_​v​i​d​e​o​.​jsp

    Vous avez rai­son, pour­tant, il fau­drait sour­cer ça correctement : 

    Le pre­mier qui trouve pré­vient l« autre, OK ? 🙂

    Étienne.

    Réponse
  61. sitouaillain

    @ lucas,

    la liste est déjà longue mais tu as oublié :

    Rosa Luxem­bourg :

    Elle cri­tique enfin la dis­so­lu­tion de l’As­sem­blée consti­tuante et l’é­touf­fe­ment de la démo­cra­tie poli­tique par les bolcheviques : 
    « La liber­té seule­ment pour les par­ti­sans du gou­ver­ne­ment, pour les membres d’un par­ti, aus­si nom­breux soient-ils, ce n’est pas la liber­té. La liber­té, c’est tou­jours la liber­té de celui qui pense autrement. »

    Si pour Rosa Luxem­burg, « la dic­ta­ture socia­liste ne doit recu­ler devant aucun moyen de contrainte pour impo­ser cer­taines mesures dans l’in­té­rêt de la col­lec­ti­vi­té », elle estime que le pou­voir léni­niste est « une dic­ta­ture, il est vrai, non celle du pro­lé­ta­riat, mais celle d’une poi­gnée de poli­ti­ciens, c’est-à-dire une dic­ta­ture au sens bour­geois ».
    Elle pré­co­nise au contraire « la démo­cra­tie la plus large et la plus illi­mi­tée », et rap­pelle que « c’est un fait abso­lu­ment incon­tes­table que, sans une liber­té illi­mi­tée de la presse, sans une liber­té abso­lue de réunion et d’as­so­cia­tion, la domi­na­tion des larges masses popu­laires est inconcevable ».

    « La condi­tion que sup­pose taci­te­ment la théo­rie de la dic­ta­ture selon Lénine et Trots­ky, c’est que la trans­for­ma­tion socia­liste est une chose pour laquelle le par­ti de la révo­lu­tion a en poche une recette toute prête, qu’il ne s’a­git plus que d’ap­pli­quer avec énergie. »

    extraits de l’ar­ticle wiki­pé­dia « Rosa Luxem­bourg » et cita­tions tirées de « la Révo­lu­tion Russe », 1918 (http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​l​u​x​e​m​b​u​r​/​r​e​v​o​-​r​u​s​/​r​r​u​s​1​.​htm)

    et les pro­ta­go­nistes direct que furent Vic­tor Makh­no (http://​www​.biblio​li​ber​taire​.org/​T​e​x​t​e​s​/​l​i​d​e​e​_​d​e​g​a​l​i​t​e​.​doc) et Voline (http://​www​.biblio​li​ber​taire​.org/​T​e​x​t​e​s​/​l​a​_​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​_​i​n​c​o​n​n​u​e​.​zip)

    Je pense que ton article sera très bon et très utile,

    et il a le mérite de pro­po­ser des solu­tions à la fin,

    J’ai tiqué sur le mot d’ordre de la fin de l’im­mu­ni­té d’un man­da­taire : si j’é­tais un capi­ta­liste, cela me réjoui­rait, car je pour­rais ain­si calom­nier et jeter en pâture à la vin­dicte popu­laire un brave tiré au sort qui vou­drait atten­ter à mes intérêts…

    Même après l’a­bo­li­tion du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, avec mes amis oli­garques plou­to­crates, je pour­rais éga­le­ment for­mer en interne des bri­gades à l’ac­tion dif­fuse dans la popu­la­tion et dont les sym­pa­thiques membres seront tirables au sort, conti­nuer à déco­rer les murs d’af­fiches sus­ci­tant le désir d’a­voir, dis­tri­buer lar­gesses et œuvres de bien­fai­sance, afin de m’as­su­rer que l’es­prit de tolé­rance ain­si mani­pu­lé me per­mette de conser­ver mon sta­tut pri­vi­lé­gié, et si cela ne marche pas, je suis sûr que mes amis étran­gers vien­dront bien vite à mon secours.

    Et puisque nous avons pris soin de main­te­nir dans l’i­gno­rance les moins conta­mi­nés par nos idéo­lo­gies jus­ti­fi­ca­trices, le biais du volon­ta­riat et du sen­ti­ment capa­ci­taire m’as­sure de toute façon une proxi­mi­té de vues avec la cohorte des petits bour­geois tirés au sort…et ceux qui seraient de véri­tables enne­mis feront de notre part l’ob­jet d’une cam­pagne de calom­nie et de pres­sion telle qu’ils ne tar­de­rons pas à sau­ter au pre­mier refe­ren­dum révocatoire…

    En résu­mé, il faut étof­fer dans la fin de ton article les anti­dotes à la plou­to­cra­tie et à l’o­li­gar­chie, repeindre la façade avec le tirage au sort ne suf­fi­ra mal­heu­reu­se­ment pas…et j’es­père me tromper 😉

    Réponse
  62. Nadir

    salut sitouaillain,

    les réserves que tu émets concer­nant la capa­ci­té de nui­sance des riches dans un sys­tème de tirage au sort ont déjà subi l’é­preuve des faits. Comme l’a écrit Étienne sur son sché­ma, pen­dant les 200 ans de la démo­cra­tie Athé­nienne les riches ne gou­vernent jamais. Ils vivent confor­ta­ble­ment mais on arrive à les tenir en respect.

    C’est exac­te­ment le contraire avec les élec­tions, on est leurs esclaves et ils s’en donnent à cœur joie. Pour moi, y a pas pho­to le tirage au sort n’est pas un simple rava­le­ment de façade. C’est la condi­tion sine qua non de la démocratie.

    Après comme l’a dit Vas­si­li, je crois qu’il fau­dra être très vigi­lant au moment de la tran­si­tion du sys­tème élec­to­ral vers le sys­tème « tirage au sort » car nos oli­garques redou­ble­ront de malice pour récu­pé­rer une idée pro­fon­dé­ment révo­lu­tion­naire, la détour­ner et en faire une simple modi­fi­ca­tion cos­mé­tique. C’est vrai que les gens sont faci­le­ment mani­pu­lables de nos jours car on les a tenus à l’é­cart trop long­temps et on est trop habi­tués à délé­guer la ges­tion de nos propres affaires. Donc, ce risque existe aus­si de se faire à nou­veau arnaquer.

    Réponse
  63. luc

    bon­soir ,
    Au centre de votre pré­oc­cu­pa­tion , don­ner le pou­voir aux pauvres que vous oppo­sez aux riches.

    Ce serait une ver­tu du tirage au sort ?
    Question :
    En quoi les pauvres seraient mieux à mêmes de prendre les meilleures déci­sions pour l’humanité ?

    Evi­tez donc de stig­ma­ti­ser les riches , je sup­pose que vous visez les très riches ?

    Dans votre démarche quelque chose relève du malsain.

    Une longue réflexion rece­lant une violence .

    et pas la vio­lence exer­cée par les riches sur les pauvres.….

    Réponse
  64. Nadir

    luc, on ne stig­ma­tise personne

    on essaye sim­ple­ment de réflé­chir à un sys­tème per­met­tant d’empêcher les abus de pou­voir quels que soient les auteurs de ces abus. Il se trouve que actuel­le­ment ce sont les super riches qui abusent mais on ne peut pas leur en vou­loir puisque notre consti­tu­tion actuelle ne per­met pas de leur mettre une limite.Avec le tirage au sort ils ne pour­ront plus s’a­che­ter des élus qui défendent leurs inté­rêts et non l’in­té­rêt général.

    A mon avis il y a rien de mal­sain, bien au contraire.

    Réponse
  65. Étienne

    ??!!

    Quelque chose de mal­sain pour les riches, assu­ré­ment.

    Par­tout sur terre, les riches sont le fléau de l’hu­ma­ni­té, la condam­na­tion aux tra­vaux for­cés pour le plus grand nombre.

    Les faits sont là. Partout.
    Il n’y que les riches pour ne pas les voir.
    Je parle des très riches, évidemment.

    On a ces­sé de dire les « pos­sé­dants » et les « pro­prié­taires » au 19ème siècle, pour dire les « hon­nêtes gens » (sic) : c’est le nom de code pour les his­to­riens « convenables ». 

    Je vis, ces temps-ci, plon­gé dans les for­mi­dables confé­rences d’Hen­ri Guille­min, au rythme d’une ou deux confé­rences par jour, cha­cune écou­tée deux fois au moins, sou­vent trois fois. 

    Cet homme lit­té­ra­le­ment pas­sion­nant, char­mant, enthou­sias­mant, épa­tant, me raconte Napo­léon, les tur­pi­tudes extrêmes d’un Sieyès, d’un Tal­ley­rand, d’un Constant, tous affai­ristes, c’est-à-dire âpres au gain, affai­rés sur­tout à piller la France et les Fran­çais comme on pille un tré­sor à pleines bras­sées… Napo­léon por­té au pou­voir de façon expé­di­tive par les riches, les finan­ciers et les grands mar­chands, tout exprès pour assas­si­ner la Révo­lu­tion et impo­ser l’ordre pro­prié­taire. Hen­ri Guille­min raconte le détail de cette bonne affaire qu’est la France, avec ses tra­vailleurs contri­buables et ses sol­dats. Hen­ri Guille­min raconte la nais­sance de la Banque dite « de France », sa créa­tion for­cée par une poi­gnée de cra­pules cupides et sans ver­gogne, gre­dins à qui Napo­léon devait son pou­voir politique.

    Hen­ri Guille­min me raconte aus­si (en détail) la Com­mune de 1771, après l’i­nu­tile et scan­da­leuse guerre de 1870 (vou­lue, déclen­chée et finan­cée, puis per­due par capi­tu­la­tion cra­pu­leuse, par les riches et leur valet THIERS, l’o­dieux THIERS, ce traître mul­ti­ré­ci­di­viste, pour des rai­sons de poli­tique inté­rieure, pour des rai­sons affai­ristes sor­dides), la Com­mune et ses braves gens, tra­his et mar­ty­ri­sés par les épou­van­tables fre­lons oisifs, pri­vi­lé­giés de Ver­sailles, « gens de bien » prêt à mas­sa­crer par cen­taines de mille pour pro­té­ger leurs pri­vi­lèges ché­ris, men­teurs pro­fes­sion­nels, affa­meurs, négriers… C’est moi qui choi­sis ces mots révol­tés, car Guille­min, lui, est mesu­ré, rigou­reux, par­fai­te­ment loyal, d’une sin­cé­ri­té bouleversante.

    Il faut prendre le temps d’é­cou­ter Guille­min, vrai­ment : http://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​d​o​s​s​i​e​r​s​/​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​min.
    Ça se télé­charge et puis ça s’é­coute et ça se réécoute pen­dant les transports. 
    Il faut prendre des notes, ne pas oublier.
    Ce que raconte Guille­min sur hier est de la pre­mière impor­tance pour com­prendre aujourd’­hui.

    Les riches ont presque tou­jours tra­hi l’in­té­rêt géné­ral. La ter­reur, la vraie, est le plus sou­vent le fait des riches. Les tra­hi­sons actuelles (d’un niveau inédit) des pré­ten­dues élites sont un triste pro­lon­ge­ment (un de plus) des innom­brables salo­pe­ries de riches contre les pauvres dont l’his­toire four­mille. Il n’y a rien de bon à attendre des trop riches. De bonnes ins­ti­tu­tions (donc évi­dem­ment pas écrites par les riches du moment) devraient limi­ter à la fois les reve­nus et les patri­moines : le bilan coût-avan­tage pour l’hu­ma­ni­té serait consi­dé­ra­ble­ment meilleur si per­sonne n’a­vait suf­fi­sam­ment de for­tune pour cor­rompre les acteurs politiques.

    Alors, vous me faites sou­rire, Luc, avec votre res­sen­ti « mal­sain » contre ma ran­cune contre tous les riches du moment. Vous n’êtes sans doute pas pauvre vous-même.

    Enfin pour ma part, « mal­sain » ou pas, je dis ce que je pense, au fur et à mesure où je découvre, par le menu, l’his­toire du monde et l’en­fer sur terre que les riches réservent aux pauvres, tou­jours et partout.

    Étienne.

    PS : je n’es­sen­tia­lise d’ailleurs pas la cra­pu­le­rie : je pense que nous por­tons tous en nous à la fois le pire et le meilleur, et que de bonne ins­ti­tu­tions ne laissent pas le pire prendre tout le pou­voir ; le pauvre d’au­jourd’­hui devien­dra sans doute un vrai dan­ger public s’il s’en­ri­chit trop, et inver­se­ment, le psy­cho­pathe richis­sime d’au­jourd’­hui peut deve­nir un vrai héros après quelque temps de pau­vre­té solidaire.

    Réponse
  66. sitouaillain

    Je trouve que Luc pose une très bonne ques­tion : En quoi les pauvres seraient mieux à mêmes de prendre les meilleures déci­sions pour l’humanité ?

    et il est légi­time de res­sen­tir comme « mal­sain » tout dis­cours remet­tant en cause l’u­ni­ci­té de l’humanité.

    il est évident que la sim­pli­fi­ca­tion a ses limites et que la dis­tinc­tion riches-pauvres ne peut abou­tir qu’à des cri­tiques de surface.

    Bien plus que d’un pro­blème de base, une cause des causes,institutionnelle, il s’a­git d’un pro­blème d’ culturelle.

    lire le poli­tique à tra­vers les concepts de domination(bourdieu, fou­cault) ou d’hé­gé­mo­nie (Gram­sci, Althus­ser) c’est dépas­ser la logique binaire voire sim­pliste, qui conduit à retra­vailler l’his­toire comme un com­bat entre riches et pauvres.

    Jus­te­ment, d’ailleurs, la démo­cra­tie athé­nienne n’a jamais abo­li la supré­ma­tie des pos­sé­dants, il a même fal­lu payer les gens du petit peuple pour qu’ils assistent à l’a­go­ra ou acceptent les tâches de l’hé­liè, et mal­gré le tirage au sort,longtemps sub­sis­ta la pos­si­bi­li­té pour un créan­cier de faire son débi­teur esclave si celui-ci ne pou­vait rembourser.

    il faut donc s’a­vouer que la domi­na­tion des uns sur les autres n’est pas seule­ment liée à un pro­blème d’ins­ti­tu­tions, mais à un rap­port idéo­lo­gique à la réa­li­té qui gou­verne la sou­mis­sion des uns aux logiques qui jus­ti­fient la domi­na­tion des autres. c’est bien là qu’est l’enjeu.

    les pauvres qui portent des habits de marque avec des chaines voyantes et rêvent de dol­lars ne seraient pas moins dan­ge­reux pour l’é­man­ci­pa­tion humaine s’ils avaient le pou­voir, car ils sont domi­nés par les logiques qui main­tiennent l’as­cen­dant de ceux qui sont déjà riches sur les autres, car il n’y a pas meilleur ami des riches que ceux qui aspirent à le devenir.

    Enten­dons d’ailleurs par « riches », l’exis­tence sociale légi­time d’in­di­vi­dus au pou­voir d’a­gir et de consom­mer supé­rieur à celui des autres. beau­coup de « pauvres », fina­le­ment, ne remettent pas en cause cet état social qui jus­ti­fie la pré­da­tion et l’i­né­ga­li­té, au contraire, ils enragent de ne pas pou­voir en être. et si tout est fait pour les main­te­nir dans ce désir, beau­coup s’y complaisent.
    si l’hé­gé­mo­nie cultu­relle ne se trans­forme pas par un vaste mou­ve­ment social qui soit en même temps un mou­ve­ment d’é­du­ca­tion popu­laire, autre­ment dit, si on tire au sort main­te­nant, par le méca­nisme même de la domi­na­tion, les pro­ba­bi­li­té est énorme que les tirés au sort ne remettent pas en cause les cadres idéo­lo­giques, les valeurs et les manières de voir le monde qui jus­ti­fient et main­tiennent la domi­na­tion des « riches » et les struc­tures sociales hiérarchiques.

    fait notable, mal­gré ce que l’on peut pen­ser des élec­tions, lors­qu’elles ont lieu, énor­mé­ment de pauvres votent pour la droite, soit des par­tis qui oeuvrent à l’en­contre de leurs inté­rêts de base…ils ne veulent pas s’é­man­ci­per en éman­ci­pant l’en­semble du genre humain, ils veulent se sor­tir de la pau­vre­té en y lais­sant les autres…ayons à coeur de les convaincre qu’ils se trompent et pro­té­geons leurs enfants, en fonc­tion de la réus­site de ce pro­jet, le tirage au sort pro­dui­ra soit la démo­cra­tie, soit la dic­ta­ture des « braves gens »…

    Réponse
  67. Di Girolamo

    « si l’hé­gé­mo­nie cultu­relle ne se trans­forme pas par un vaste mou­ve­ment social qui soit en même temps un mou­ve­ment d’é­du­ca­tion populaire »

    eh bien voi­là qu’on est encore vrai­ment d’ac­cord Sitouaillain !

    Va jus­qu’au bout de ta logique et tu diras comme moi que l’ac­tion poli­tique prio­ri­taire à mener est la mise en place de l’au­to édu­ca­tion popu­laire , c’est à dire réflexion ‚débat sur les grandes ques­tions sociétales.

    Que ce pro­ces­sus n’est rien d’autre que la démo­cra­tie appli­quée et vivante.

    Et qu’en conséquence :

    Il nous fau­drait faire pas­ser cette idée afin de lui don­ner corps , la rendre concrète et effec­tive au sein de nos ins­ti­tu­tions et pra­tiques politiques.

    C’est là où se situe la cause des causes ; je regrette for­te­ment que des gens comme Etienne , hon­nête et plein d’énergie,ne déplace pas leur action à ce niveau ; il ne s’a­git pas de nier l’im­por­tance du tirage au sort et de la for­mu­la­tion d’une consti­tu­tion , mais de pro­cé­der dans l’ordre ; c’est d’a­bord une pra­tique d’au­to édu­ca­tion au sein de l’es­pace public qu’il faut pen­ser , pro­mou­voir, exi­ger , mettre en place . Lui qui est prof devrait être sen­sible à cela : com­ment ferait il pour ensei­gner sans école publique ? Et n’u­ti­lise t‑il donc pas les médias , les confé­rences pour faire pas­ser ses idées ?

    Nous aurions une struc­tu­ra­tion publique de la réflexion sur la socié­té , nous sor­ti­rions du cercle vicieux ; ce n’est pas une solu­tion miracle qui va appla­nir les dif­fi­cul­tés , mais pour ramer , autant ramer dans la bonne direc­tion , avec un bateau et des rames adap­tés à la traversée.

    Réponse
  68. sitouaillain

    « Vas jus­qu’au bout de ta logique et tu diras comme moi que l’ac­tion poli­tique prio­ri­taire à mener est la mise en place de l’au­to édu­ca­tion populaire »

    c’est exac­te­ment ce que j’ai fait en pro­po­sant un pro­ces­sus consti­tuant à par­tir d’as­sem­blées locales,
    ce qui revient en fait à créer de fac­to un immense débat public au sein d’un mou­ve­ment social auto-orga­ni­sé et qui ras­semble au-delà des par­tis et des syn­di­cats et des asso­cia­tions ‚au-delà des causes sectorielles(retraites,LRU,CPE, etc.), des citoyens assem­blés qui s’at­tachent à régler les causes et non plus les consé­quences de leurs problèmes…

    je trouve que c’est cohé­rent, un mou­ve­ment de dés­in­toxi­ca­tion col­lec­tive, pas des indi­gnés, des e‑n-g-a-g-é‑s, qui s’or­ga­nisent avec la conscience qu’il faut détri­co­ter ensemble les chaînes qui nous enserrent et agir, construire des modes de prises de déci­sions et des modes de mise à exé­cu­tion de ces décisions.

    n’im­porte qui avec un mini­mum d’é­du­ca­tion poli­tique sait par­fai­te­ment qu’il faut se lier les uns-aux-autres, faire « peuple », pour défaire les pou­voirs en place et mettre en place une véri­table démocratie(où le tirage au sort aura toute sa place, mais ce n’est qu’un outil, rien de plus, et rien de miraculeux).

    tu ne peux pas repro­cher à Etienne de ne pas oeu­vrer dans un sens de débat public per­ma­nent, il n’y a juste pas assez d’e­tiennes et pas assez de gens qui le prennent au mot et qui à l’is­sue de ses confé­rences décident de ne plusse sépa­rer et de conti­nuer à agir ensemble col­lec­ti­ve­ment pour la démocratie.

    De qui veux-tu que vienne ton ins­ti­tu­tion du débat public ? sinon du mou­ve­ment social lui-même ? il serait absurde avant de se mettre en branle, de patien­ter, jus­qu’à ce qu’une hypo­thé­tique ins­tance natio­nale, bien réglée,officielle et bien construite émerge,sur déci­sion d’on ne sait qui ! fai­sons-nous média,continuons d’agir,multiplions les lieux de débat,même en ache­tant notre pain, la mayon­naise ne demande qu’à prendre :

    ne voit-on pas fleu­rir par­tout, grâce à des indi­vi­dus comme Etienne, des cher­cheurs, des mou­ve­ments poli­tiques pro­duire des écrits,des dis­cours, des confé­rences, des sites web, des assem­blées citoyennes, qui visent à édu­quer le peuple pour qu’il se sai­sisse de la ques­tion démocratique?ne voit-on pas ces ini­tia­tives recueillir une audience et un assen­ti­ment de plus en plus large ? ne voit-on pas que même les oli­garques can­di­dats à la pré­si­den­tielle voire même déjà au pou­voir sont obli­gé de se pré­sen­ter « contre le sys­tème » ? Si les citoyens votent pour eux, c’est par défaut, parce qu’ils n’ont pas de pers­pec­tive, et c’est pour­tant mal­gré un par­tage large et pro­fond des constats de la déli­ques­cence de nos ins­ti­tu­tions et de l’in­jus­tice de notre éco­no­mie, qu’ils iront encore jus­ti­fier la main-mise de l’oligarchie.

    Etienne pro­pose une pers­pec­tive, il dit n’en­trons plus dans le jeu et tirons au sort une assem­blée consti­tuante, mais il n’ex­plique pas qui tire au sort,comment tout ça peut-il adve­nir, avec quelles garan­ties de non mani­pu­la­tion et sur­tout quel pour­rait être le contexte qui rende pos­sible ce tirage au sort d’une AC,

    per­son­nel­le­ment je pense qu’il y a deux solu­tions qui ne sont que des options poli­tiques, elles ne se contre­disent pas et sont complémentaires :

    soit le peuple se sert des élec­tions bou­geoises pour faire pas­ser un pro­gramme qui pro­pose un pro­ces­sus consti­tuant démocratique,

    soit le peuple s’or­ga­nise pour ren­ver­ser les pou­voirs en place.

    dans les deux cas, une orga­ni­sa­tion consciente, la plus inclu­sive pos­sible, basée sur des ins­tances démo­cra­tiques, décen­tra­li­sées et solides est néces­saire car dans les deux cas, la révo­lu­tion citoyenne s’ex­pose à des réac­tions vio­lentes et ce sera aux citoyens huma­nistes, amou­reux de la démo­cra­tie de défendre les institutions.

    Par­mi le peuple, cer­tains ne veulent pas du chan­ge­ment ou en ont peur, ceux-là seront les cibles pri­vi­lé­giées des oli­garques, dans leur stra­té­gie d’ins­tru­men­ta­li­sa­tion au ser­vice du main­tien des fon­da­men­taux de leurs pou­voirs. les tea par­ty sont un bel exemple de ce type de mani­pu­la­tion, d’au­tant plus facile quand le niveau d’a­bru­tis­se­ment géné­ral est élevé.

    Nous ne sommes jamais à l’a­bri du fas­cisme, et si les entre­prises adverses de condi­tion­ne­ment des esprits gagnent, alors la démo­cra­tie se retour­ne­ra contre elle-même, y com­pris grâce au tirage au sort. Ne soyons pas naïfs sur ce point.

    la révo­lu­tion citoyenne, huma­niste, ne pour­ra donc vaincre la réac­tion que par la mobi­li­sa­tion de citoyens actifs, conscients, édu­qués, qui dési­rent et agissent pour la trans­for­ma­tion démo­cra­tique de la société,

    et selon moi, cette façon de faire bloc tous ensemble, de nous auto-édu­quer, et de nous mettre en capa­ci­té non plus de récla­mer ou de râler mais bien de construire et d’a­gir, passe par un réseau d’as­sem­blées locales, de col­lec­tifs d’en­ga­gés pour la démo­cra­tie, se ren­con­trant phy­si­que­ment, et uti­li­sant éga­le­ment les sup­ports tech­no­lo­giques qui abo­lissent les dis­tances et la sélec­tion biai­sée de la parole, bref,un réseau conscient de lui-même, tour­né vers un objec­tif simple : vivre en démocratie.

    Réponse
  69. sitouaillain

    (suite du com­men­taire précédent)

    ce qui est cen­tral en démo­cra­tie, ce n’est pas le tirage au sort, c’est l’é­ga­li­té d’ac­cès à l’ex­pres­sion publique d’une opi­nion construite, argu­men­tée, l’é­ga­li­té d’ac­cès à ce bien public qu’est le savoir, et la capa­ci­té col­lec­tive à mettre en balance par le débat, les consé­quences de nos choix passés.

    en ce sens, Di giro­la­mo, la luci­di­té est du côté de ce que tu mar­tèles à cha­cun de tes posts, l’é­du­ca­tion popu­laire et le débat per­ma­nent est l’arme poli­tique à dis­po­si­tion des citoyens pour s’é­man­ci­per de la domination.

    Une fois dit cela, l’abîme qui s’ouvre devant nous est immense : com­ment contrer la puis­sance d’un condi­tion­ne­ment per­ma­nent à la ser­vi­tude volon­taire, com­ment accroître la masse de ceux qui se rendent imper­méables aux mes­sages sub­li­mi­naux conte­nus dans chaque parole d’o­li­garque, chaque spot publi­ci­taire, chaque pas­sage quo­ti­dien sous les fourches cau­dines de l’as­ser­vis­se­ment à un ordre hié­rar­chique, poli­cier, mou­ton­nier, où l’a­voir est un sub­sti­tut à l’être ?

    la réponse à cette ques­tion n’est pas uni­voque, elle est néces­sai­re­ment plu­rielle, protéiforme.
    un pre­mier pas est de com­prendre que bon nombre de réponses existent déjà, ce qui manque c’est le liant, les ponts entre les dif­fé­rents ini­tia­tives et formes d’action.

    je pro­pose des assem­blées, collectifs,comités locaux, appe­lez-les comme vous vous vou­lez :), pré­ci­sé­ment pour créer ce liant, ce « pot com­mun » des ini­tia­tives et des constats.
    l’é­lar­gis­se­ment de la conscience col­lec­tive passe par là, c’est à dire par la construc­tion d’un mou­ve­ment orga­ni­sé, à par­tir d’i­ni­tia­tives d’in­di­vi­dus moti­vés qui attirent à eux des gens qui jusque là res­taient pas­sifs, et des gens plus ou moins actifs mais à qui il manque encore les outils intel­lec­tuels pour tra­duire leurs intui­tions ou pour dépas­ser les dogmes qu’ils suivent, ou l’en­fer­me­ment grou­pus­cu­laire, en nous ren­dant capables de recon­naître nos désac­cord, mais en sachant les dépas­ser pour avan­cer ensemble.

    les choses peuvent être dans un pre­mier temps très infor­melles, l’im­por­tant est de s’u­nir sous la ban­nière de la démo­cra­tie véri­table. Et ceci passe à la base par une orga­ni­sa­tion démo­cra­tique, fonc­tion­nelle. Nous devons donc apprendre à nous orga­ni­ser effi­ca­ce­ment sans avoir recours à des hié­rar­chies, sans repré­sen­ta­tion, sans réfé­rence à des véri­tés révé­lées ou à des dogmes : notre orga­ni­sa­tion doit déjà être une édu­ca­tion à la démo­cra­tie et ne sur­tout pas repro­duire les dérives oligarchiques.

    Il faut donc fixer et construire un idéal démo­cra­tique, mais en même temps avoir conscience que notre édu­ca­tion et notre envi­ron­ne­ment ins­ti­tu­tion­nel ne per­mettent pas d’es­pé­rer un fonc­tion­ne­ment « idéal ». inévi­ta­ble­ment des lea­ders émergent, inévi­ta­ble­ment ils sont sui­vis de manière plus ou moins réflé­chie, il fau­dra faire avec.

    Ceci est un point impor­tant, refu­ser d’a­voir un lea­der et refu­ser d’être lea­der est pour moi un aspect fon­da­men­tal de l’é­thique civique d’une démocratie.
    Mais en même temps, j’ai bien conscience que si je ne me recon­nais dans aucun lea­der, en les excluant, en pour­ris­sant leur action, j’a­gi­rais contre l’ob­jec­tif d’é­lar­gir la masse de ceux qui dési­rent chan­ger de répu­blique et de ceux qui sont en capa­ci­té de le faire.

    Par exemple, comme le cha­risme et la capa­ci­té d’en­traî­ne­ment n’est pas éga­le­ment répar­tie, je pré­fère qu’un lea­der émerge plu­tôt que rien ne se passe : il vaut mieux faire élire un maire qui pro­pose la démo­cra­tie directe dans la com­mune avec des AG à inter­valles régu­liers, plu­tôt que d’at­tendre une autoor­ga­ni­sa­tion spon­ta­née des citoyens. à moi de convaincre mes conci­toyens que le rôle du lea­der, dès qu’il dépasse celui d’ins­tru­ment de réa­li­sa­tion de la volon­té com­mune, contre­dit la démo­cra­tie et qu’une fois obte­nu le droit de déci­der col­lec­ti­ve­ment et tous ensemble, mieux vau­dra une élec­tion sans can­di­dat et du tirage au sort, s’il faut un res­pon­sable ou un garant…

    le rôle d’un lea­der n’est donc que tran­si­toire, spon­ta­né et ne sau­rait être « ins­ti­tué », le lea­der est celui qui s’a­vance pour mettre des mots sur les maux du peuple et celui qui les entraîne à l’as­saut de toutes les bas­tilles. c’est aus­si celui qui est écouté,qui éduque et qui aide à s’or­ga­ni­ser, et en ce sens Étienne est un lea­der, il per­met à des mil­liers de gens de com­prendre l’ar­naque ins­ti­tu­tion­nelle dans laquelle ils vivent. Comme tous les citoyens n’ont pas son éner­gie et sa ténacité,je suis ravi qu’il tienne confé­rence sans vrai­ment être inter­rom­pu et je relaie bien volon­tiers les fruits de son tra­vail. cela ne fait pas pour autant de moi un petit soldat 😉

    en résu­mé, quoi qu’on fasse, des lea­ders émer­ge­ront, ils ont toute leur place, des pré­cau­tions sont donc à prendre en termes orga­ni­sa­tion­nels et péda­go­giques pour, d’un côté évi­ter toute ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion d’un leadership,et de l’autre, évi­ter toute para­ly­sie du mouvement.

    un autre point impor­tant et connexe à cette thé­ma­tique de l’au­to-édu­ca­tion popu­laire réside dans la construc­tion d’un rap­port sain et lucide à ce qui se nomme l’é­lite. Il y a une dif­fé­rence fon­da­men­tale entre un mou­ve­ment popu­laire et un mou­ve­ment popu­liste. un mou­ve­ment popu­laire est un ferment de démo­cra­tie car il ne rejette dans la notion d’é­lite que sa dimen­sion « ins­ti­tuée », sa cris­tal­li­sa­tion en une caste pérenne et non renou­ve­lée de diri­geants. Un mou­ve­ment popu­liste flatte la médio­cri­té et la paresse intel­lec­tuelle et aspire à la dis­pa­ri­tion de l’é­lite. son rai­son­ne­ment consé­quent abou­ti à brû­ler les livres, à sub­sti­tuer les slo­gans aux argu­ments, les pas­sions à la raison.

    Il n’y a pas d’é­man­ci­pa­tion popu­laire sans recon­nais­sance et inté­gra­tion du rôle d’in­tel­lec­tuels, de cher­cheurs, etc., qui, de par leur niveau d’ins­truc­tion font par­tie de l’é­lite. Leur tra­vail est essen­tiel, leur rôle social est un point d’ap­pui néces­saire pour une démo­cra­tie pérenne.

    Ceci dit, rien n’empêche de cri­ti­quer la cou­pure entre tra­vail intel­lec­tuel et tra­vail manuel, la hié­rar­chie des savoirs, le manque d’ac­cès à la culture, etc., mais encore faut-il recon­naître que cette cri­tique ne sera effi­cace et construc­tive qu’à par­tir d’un tra­vail intel­lec­tuel, qu’on l’ef­fec­tue à part ou qu’on l’ef­fec­tue en même temps qu’on agit.

    le fas­cisme se nour­ris­sant de la paresse intel­lec­tuelle et de la flat­te­rie de la médio­cri­té, ceux qui aspirent à vivre en démo­cra­tie doivent donc cher­cher à s’ins­truire et à ins­truire, faire leur le pro­jet des lumières, et ne pas refu­ser ce que d’autres pro­duisent comme outils per­met­tant ensuite de pro­duire sa propre pensée.

    face à la cri­tique fas­ciste des élites, nous devrions oppo­ser la recherche de l’é­gal accès de cha­cun au plein déve­lop­pe­ment de ses capa­ci­tés, sans que la recon­nais­sance sociale d’une capa­ci­té par­ti­cu­lière dans un domaine don­né ne donne lieu à une quel­conque auto­ri­té dans les autres. Nous devons donc savoir nous orga­ni­ser pour que nos assem­blées sachent peser le pour et le contre, faire le tri entre les argu­ments ration­nels et les pré­ju­gés. ceci est vital. nous devons être des citoyens membre d’une répu­blique et non les indi­vi­dus d’une foule.

    le peuple répu­bli­cain doit savoir construire et écou­ter sa propre rai­son, il doit savoir s’au­to-limi­ter pour ne pas deve­nir peuple-horde écou­tant ses bas-instincts.

    voi­là pour­quoi je pro­pose de ban­nir le plus pos­sible le vote majo­ri­taire comme mode légi­time de prise de déci­sion, pour le rem­pla­cer par la recherche du consen­sus : contrai­re­ment au vote majo­ri­taire, la prise de déci­sion issue dis­cus­sion visant le consen­sus est un anti­dote à la capa­ci­té d’en­traî­ne­ment et de séduc­tion d’un indi­vi­du par­lant à par­tir de pré­ju­gés lar­ge­ment par­ta­gés dans le peuple.

    et voi­là pour­quoi je pro­pose un mou­ve­ment basé sur de mul­tiples assem­blées plu­tôt qu’une assem­blée consti­tuante : si nous ne sommes pas à l’a­bri d’une mani­pu­la­tion dans une assem­blée, en les mul­ti­pliant, nous nous assu­rons qu’au moins quelques unes gar­de­ront raison,ce qui, de par le mode de prise de déci­sion qu’im­pose la recherche du consen­sus, leur laisse le champ libre pour rame­ner les autres à la raison…ceci bien sûr n’est qu’­hy­po­thèse et conjecture.

    A l’in­verse, au cas où une majo­ri­té se ran­ge­rait confor­ta­ble­ment et qua­si aveu­glé­ment der­rière des pen­seurs, des lea­ders, des « amis du peuple » issu de l’é­lite, la recherche du consen­sus, obli­ge­rait de toute façon ces der­niers à cher­cher à convaincre la mino­ri­té de réfractaires,et il est fort pro­bable que la contra­dic­tion pro­duise une déci­sion meilleure que celle qui aurait été prise dans la confiance aveugle en quelques-uns et sur­tout, il s’a­gi­rait d’une déci­sion dont cha­cun aura pu mesu­rer les consé­quences et les faire siennes.

    La recherche du consen­sus, vise à mettre tout le monde en situa­tion de res­pon­sa­bi­li­té quant à la déci­sion prise.

    en ce sens, l’ex­clu­sion de l’a­go­ra athé­nienne de celui qui avait pro­po­sé une mau­vaise solu­tion est une héré­sie démo­cra­tique : la logique du bouc émis­saire ne sau­rait éva­cuer le fait tra­gique que ceux qui ont pris ensemble la déci­sion ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes et apprendre ensemble de leurs erreurs.

    Réponse
  70. Di Girolamo

    Quand Etienne (à qui je ne reproche rien et que je remer­cie d’être ce qu’il est et de faire ce qu’il fait) va faire une confé­rence , il le fait dans le cadre qui est le sien ou celui de l’or­ga­ni­sa­teur qui l’a sol­li­ci­té ; Étienne , bien qu’es­prit large peut avoir au regard d’au­trui une conno­ta­tion : on est tou­jours clas­sé , éti­que­té ; lui , toi , moi , quoi­qu’on fasse ou dise . Nous sommes indi­vi­duel­le­ment ou col­lec­ti­ve­ment si nous sommes dans une asso­cia­tion, un mou­ve­ment, un par­ti … un sec­teur de la socié­té et non pas le tout ‑c’est d’ailleurs pour­quoi le vote en alter­nance pour qu’un sec­teur ou l’autre gou­verne n’est pas démocratique-

    De ce fait le liant dont tu parles comme une néces­si­té est la démo­cra­tie elle même, comme lien vivant de dia­logue entre les divers sec­teurs de la socié­té ; pas un lien sec­to­riel ras­sem­blant les joueurs de boules entre eux ou les amou­reux de Bee­tho­ven entre eux, mais le lien per­met­tant aux diver­si­tés de se poser la même ques­tion du vivre ensemble.
    Lors­qu’É­tienne (Excuse-moi Étienne de te gar­der comme exemple) va faire sa confé­rence, méca­ni­que­ment il attire les convain­cus : le lien qui s’o­père existe déjà ; on peut s’au­to com­pli­men­ter et dire c’est super , mais ce n’est pas au sens strict un lien démocratique .

    Ce qui à mon sens serait super c’est que le cadre où Étienne s’ex­prime soit un cadre offi­ciel ; cette offi­cia­li­té du cadre, son carac­tère consti­tu­tion­nel, ins­ti­tu­tion­nel, est d’une extrême impor­tance ; c’est un peu la même dif­fé­rence entre les pri­maires du PS et l’é­lec­tion offi­cielle. Entre un tir à blanc, un exer­cice ou un tir à balles réelles.

    De même que nous avons un cadre pour voter qui du fait de sa légi­ti­mi­té consti­tu­tion­nelle est recon­nu par tous
    il faut créer un cadre offi­ciel de l’exer­cice citoyen ; dans la mesure ou ce cadre est enca­dré par la loi , il est de fait la coque vide pro­dui­sant le lien social ; le liant ; cela sans qu’il ne soit besoin de lea­ders ; le fait d’a­voir un carac­tère public , ouvert à tous fait que tes ques­tions sur popu­lisme ou pas tombent : tout le monde est accueilli : cher­cheurs et paysans.

    Je prends un autre exemple : le cadre asso­cia­tif, loi 1901 est un acquis offi­ciel, légi­time , recon­nu par tous, per­met­tant à des per­sonnes de s’associer autour d’un but com­mun . Ce cadre leur per­met de réflé­chir et agir dans le sens de ce but statutaire.

    Qu’est ce qui existe comme cadre asso­cia­tif per­met­tant de nous réunir autour du but de faire société ?

    Nada, rien du tout ! Mais on peux uti­li­ser en atten­dant le cadre 1901 et créer une asso­cia­tion, on peut créer un par­ti poli­tique aus­si pour se pré­sen­ter aux élec­tions : on nous invite à par­ti­ci­per à cet écla­te­ment, épar­pille­ment, com­pé­ti­tion, anti démo­cra­tique. Le piège est ten­du et fonc­tionne à merveille.

    Conclu­sion il faut qu’on pro­pose la construc­tion d’un espace com­plé­men­taire à l’élection, espace des­ti­né à offrir un cadre offi­ciel, légal, orga­ni­sé où Etienne puisse expri­mer ses idées, et quant à faire nous tous aussi !
    Tout ce à quoi je fais allu­sion existe déjà : par exemple on a par­fois d’excellents repor­tages et débats sur la TV , mais ma pro­po­si­tion est de pou­voir don­ner un cadre offi­ciel et orga­ni­sé à tout cela . La démo­cra­tie a besoin d’un cadre légal d’application et d’une struc­tu­ra­tion concrète , maté­rielle ( la salle com­mu­nale , du maté­riel video et son , un ani­ma­teur etc etc )
    Ma reven­di­ca­tion est celle du pou­voir , de notre pou­voir ; pas les miettes qu’on veut bien jeter sous la table.

    Réponse
  71. sitouaillain

    (suite de la suite) je m’a­per­çois que ce que je pense à été dit en 2008 et mieux dit par un cer­tain sam sur ce blog (http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​8​/​1​1​/​1​8​/​9​7​-​b​i​e​n​-​f​a​i​t​-​p​o​u​r​-​v​o​u​s​#​c​2​941)
    de toute façon je pen­sais déjà ça en 2008 et avant.

    juste après ce post de Sam, Étienne se lamente du fait que la solu­tion insur­rec­tion­nelle, ou par les urnes, depuis les orga­ni­sa­tions de la gauche, abou­ti­ra, si elle abou­tit, à une assem­blée consti­tuante élue. Il se disait même prêt à parier gros là-dessus !

    et je remarque que 4 ans plus tard il s’ef­force tou­jours de ne pas perdre son pari : la plus sûre manière de voir les orga­ni­sa­tions de la gauche conser­ver leurs illu­sions repré­sen­ta­tives est de ne pas y aller, plus sûr encore est de les déni­grer (tous pourris,ni droite ni gauche), et encore mieux de semer la confusion.

    Par­mi les per­son­na­li­tés qui ont émer­gé lors de la mobi­li­sa­tion contre le TCE, par­mi ceux qui ont acti­ve­ment par­ti­ci­pé à l’or­ga­ni­sa­tion sou­ter­raine mais publique et ouverte à tous d’un débat hors médias, par­mi ceux-là, rares sont celles et ceux qui n’ont pas pris conscience de la néces­si­té his­to­rique de refon­der les bases de ce qui a conduit à la perte d’in­fluence des contre-pou­voirs à l’oligarchie.

    à part quelques-uns, tous se sont atte­lés à revi­vi­fier le mili­tan­tisme par­ti­san, syn­di­cal ou asso­cia­tif, à cher­cher à uni­fier dura­ble­ment les forces pro­gres­sistes du mou­ve­ment social et à les inclure dans une alliance pour un chan­ge­ment radi­cal et durable de la société.

    force est de consta­ter qu’ils ont été peu sou­te­nu ou du moins que leur action n’est jus­qu’à aujourd’­hui que par­tiel­le­ment efficace.

    la refon­da­tion des vielles ins­ti­tu­tions issus des luttes des ouvriers et des pay­sans depuis, les clubs de la révo­lu­tion fran­çaises, en pas­sant par les socié­tés, les par­tis et syn­di­cats des pre­miers anar­chistes et socia­listes, me semble une priorité.

    je vais encore me répé­ter mais, les ins­tances de débat public per­ma­nent, elles sont là, elles existent,simplement, elles sont plus ou moins inclu­sives, plus ou moins visibles et plus ou moins démo­cra­tiques et plus ou moins unies.

    on n’a­van­ce­ra pas en cri­ti­quant les par­tis, les syn­di­cats et les élus en bloc, dans un glou­bi­boul­ga d’ex­trême droite qui s’ignore,

    l’hé­ri­tage des mou­ve­ments sociaux aura la vie dure, et la seule liber­té qui nous reste est la liber­té de s’as­so­cier, et c’est elle qui a été conquise de haute lutte avant le suf­frage uni­ver­sel. Et ça n’est pas un hasard que celui-là même qui a octroyé le suf­frage uni­ver­sel pour en faire son ins­tru­ment de plé­bis­cite, a pris grand soin d’in­ter­dire ou de faire sérieu­se­ment enca­drer tous les grou­pe­ments asso­cia­tifs popu­laires y com­pris de loisirs.

    ce ne sont donc pas les par­tis qu’il faut abo­lir mais l’o­li­gar­chie, et ce y com­pris dans toute orga­ni­sa­tion intermédiaire(entreprise,association,parti, famille, etc.).

    on pren­dra donc soin d’exa­mi­ner la com­pa­ti­bi­li­té d’une orga­ni­sa­tion poli­tique avec le pro­jet de démo­cra­tie, à la manière dont elle prend ses déci­sions et dont elle entend faire valoir ses arguments.

    Si tel ou tel par­ti ou orga­ni­sa­tion ne vous parait pas reflé­ter et res­pi­rer la démo­cra­tie : dites-le haut et fort et expli­quez à leurs mili­tants ce qu’il peuvent y faire…ce sera bien plus construc­tif que de tout déni­grer en bloc,

    et si vous ne voyez pas de salut dans la trans­for­ma­tion interne des orga déjà exis­tantes qui pro­posent une trans­for­ma­tion radi­cale des ins­ti­tu­tions et qui attirent à elles des mili­tants pour cette rai­son-là, créez les vôtres et ne res­tez pas dans votre coin, alliez-vous,confrontez-vous mais unissez-vous !

    dans une socié­té savam­ment ato­mi­sée, où même les pauses café dis­pa­raissent du fonc­tion­ne­ment nor­mal d’une usine, et où les bis­trot ren­ferment une col­lec­tions de paires d’yeux rivées sur les gains du rapido,
    cer­tains relaient volon­tiers des dis­cours à fort suc­cès popu­laire et média­tique, le peuple ne serait, ni de droite ni de gauche, les indi­gnés se reven­diquent apo­li­tiques, nico­las hulot aus­si, les gens qui cherchent à se faire élire sont pour­ris, etc., etc.,

    ceci nous pro­met un bel ave­nir, avec un peuple nihi­liste et des élites conquises à l’i­dée qu’il n’y a pas d’al­ter­na­tive, Schwar­ze­neg­ger ou Evo Morales, même com­bat, élec­tions pièges à cons..

    même si je crois que les cons en ques­tion seraient ceux qui sous des pré­textes variés refu­se­raient de se sai­sir de la brèche ouverte par l’élection,
    je demande au moins que les pour­fen­deurs des par­tis et des élec­tions me four­nissent une expli­ca­tion claire du com­ment ils comptent s’y prendre et quelles sont leurs chances de ne pas être récupérés,

    à la limite, je pré­fère quel­qu’un qui me dit qu’il est pour la lutte armée et qui s’en­traîne en consé­quence, ou quel­qu’un qui cherche seul ou a plu­sieurs l’au­tar­cie éco­no­mique, ou d’autres qui construisent concrè­te­ment des alternatives,
    plu­tôt qu’un benêt qui me dit que l’é­lec­tion ne mène à rien sans me don­ner une once d’ex­pli­ca­tion cré­dible sur les méthodes capables de mener le peuple à la démo­cra­tie véritable…je veux bien qu’il y en ait qui pré­fèrent s’in­di­gner sur une place en conspuant par­tis et élections…tant mieux si ça les sou­lage et les éduque politiquement…mais au bout du compte c’est devant des tenants du pou­voir qu’ils s’in­dignent, c’est à eux qu’ils s’a­dressent et qu’ils réclament…

    au bout du compte je remarque aus­si que la cri­tique des par­tis et des poli­ti­ciens, abou­ti chez ceux qui sont consé­quents à for­mer de nou­velles orga­ni­sa­tions poli­tiques, je remarque que la cri­tique des médias abou­tit à construire de nou­veaux sup­ports de dif­fu­sion de l’in­for­ma­tion, et je remarque que ce tra­vail d’en­ga­ge­ment poli­tique finit tôt ou tard par conta­mi­ner l’en­semble des citoyens déjà enga­gés ou très près de l’être…petit à petit les choses avancent, encore faut-il le recon­naître et œuvrer à la résis­tance, ça com­mence par l’ac­cep­ta­tion de sa néces­saire coor­di­na­tion. Et la résis­tance exigent que de poten­tiels futurs adver­saires poli­tiques s’allient…c’était vrai en 44, comme en 1789…mais mieux vaut lire Maxi­mi­lien de Robes­pierre que Sté­phane Hessel…pourquoi?indice : l’un est mort guillo­ti­né par les oli­garques, l’autre est tou­jours en vie…

    Réponse
  72. sitouaillain

    (réponse à Di Girolamo)

    tu as entiè­re­ment rai­son, encore une fois, les assem­blées locales coor­don­nées sont une réponse pra­tique à ce que tu exiges et peuvent s’or­ga­ni­ser dès main­te­nant, sans attendre qu’un hypo­thé­tique pou­voir en place ins­ti­tue ce débat officiellement…et en atten­dant, des asso et des par­tis orga­nisent des débats publics, ouverts à tous, et on n’y fera jamais ren­trer tout le monde, pas plus qu’on obli­ge­ra tout le monde à regar­der un bon repor­tage TV…jusqu’ici tout fonc­tionne sur la libre adhé­sion, et c’est très bien comme ça 😉

    Réponse
  73. Di Girolamo

    « et en atten­dant, des asso et des par­tis orga­nisent des débats publics, ouverts à tous, et on n’y fera jamais ren­trer tout le monde, pas plus qu’on obli­ge­ra tout le monde à regar­der un bon repor­tage TV… »

    Si c’est bien comme ça et que les choses avancent , alors …TOUT VA TRÈS BIEN Madame la Marquise !

    Je pense exac­te­ment le contraire et suis bien sûr que les choses n’a­van­ce­ront que lorsque ceux qui ne viennent pas dans ces débats et qui ne regardent pas ces émis­sions seront la « cible » de cette auto éduc pop.

    J’en ai déjà par­lé sur ce blog : j’ai dans un cadre asso­cia­tif et sou­te­nue par la région Rhône Alpes expé­ri­men­té d’or­ga­ni­ser des soi­rées vidéo de réflexion en impli­quant les élus locaux , maires et conseillers muni­ci­paux dans l’or­ga­ni­sa­tion afin de don­ner un cadre public à la chose et tou­cher les habi­tants et non for­cé­ment les mili­tants ( quel intérêt ? )

    La méthode étant de pro­fi­ter de ce cadre de proxi­mi­té et la convi­via­li­té ( verre de l’a­mi­tié , repas tiré du sac ..) ; aus­si de par­tir du glo­bal pour arri­ver au local ; le film auto réa­li­sé mon­trait l’as­pect glo­bal de la crise et ren­voyait au local avec l’i­dée que les solu­tions pou­vaient se trou­ver et mettre en place loca­le­ment ; il ren­voyait aus­si aux outils poli­tiques d’a­mé­na­ge­ment et déve­lop­pe­ment exis­tants et offi­ciels : le conseil local de déve­lop­pe­ment au sein du pays .

    Le compte ren­du que j’ai avec un ami co-orga­ni­sa­teur ren­voyé à la région a montré :

    1) que les élus locaux jouaient le jeux , que la popu­la­tion venait et que l’ex­pé­rience pou­vait se dupli­quer , se ren­for­cer et ain­si tou­cher des publics habi­tuel­le­ment peu concernés

    2) que l’or­ga­ni­sa­tion repré­sen­ta­tive locale ‚notam­ment au sein des struc­tures inter­com­mu­nales , étaient déviantes et favo­ri­saient l’a­bus de pou­voir ( j’ai été et mon ami avc moi , exclus du conseil local , ce mal­gré la loi )

    Nous sommes donc en pro­cès contre un élu pré­sident dépu­té maire et notre compte ren­du est caché sous le tapis par le pré­sident de région , pour ne pas faire de vagues et frois­ser le cor­po­ra­tisme de nos chers représentants.

    Mais tout va très bien madame la mar­quise !!!! ‑Mélen­chon va nous sau­ver- , il y a de bonnes émis­sions et il y a des débats organisés.…Tout va très bien tout va très bien
    ( bon­homme jaune avec un grand sourire )

    Réponse
  74. sitouaillain

    mélen­chon ne sau­ve­ra per­sonne Di Giro­la­mo, ce serait plu­tôt à ses élec­teurs de le sau­ver, et si mélen­chon fait bien son job ils seront plus prêts que ne l’é­taient ceux d’Allende…
    tu peux iro­ni­ser tant que tu veux, si tu ne com­prends pas où je veux en venir,
    c’est juste que tu manques (par­donnes moi pour la vio­lence du pro­pos) de culture politique,

    ton ini­tia­tive était excel­lente, tu manques sim­ple­ment d’un cadre pour la faire fructifier,
    tu as fait pré­ci­sé­ment ce qu’il faut faire : tu as mis le pou­voir en place face à ses propres contra­dic­tions. Et tu peux en être fier.

    la dif­fé­rence entre toi et moi, c’est que quand je fais ce genre de chose, je sais à peu près d’a­vance ce qui va se pas­ser, mais je le fais en ayant conscience que l’im­por­tant est de pou­voir prou­ver qu’on a tout fait dans les règles, qu’on s’est cou­lé dans les jus­ti­fi­ca­tions que le pou­voir se donne et que pour­tant ça n’a pas mar­ché. l’im­por­tant c’est de pou­voir par­ta­ger avec tout un cha­cun le constat que tout cela n’é­tait que façade et que l’en­ne­mi de la démo­cra­tie a été démas­qué. Mélen­chon tire à bou­lets rouges, tu grattes la coque du navire, les choses avan­ce­rons plus vite grâce à toi, et c’est tant mieux.

    que tu ne veuilles pas t’en­ga­ger sur la ques­tion de savoir quoi faire lors de la pro­chaine élec­tion (de ton affreux dépu­té-maire), c’est ton choix et je le respecte.

    ce que je pré­fè­re­rais par contre, c’est que ton ini­tia­tive s’in­tègre en conscience à un mou­ve­ment plus vaste de lutte pour la conquête de la démo­cra­tie. que tu dénies à Mélen­chon, et aux mil­liers de gens qui sont membres de la même orga­ni­sa­tion, le pou­voir de déci­der seuls de l’a­ve­nir de tout un peuple, que tu refuses à ses modes d’ac­tion le mono­pole de cette lutte, est par­fai­te­ment sain et je le partage.

    mais que tu t’empêtres dans des rai­son­ne­ments chi­mé­riques qui exclu­raient de fait mélen­chon comme arti­san de cette lutte me navres. D’au­tant que dire à qui veut bien l’en­tendre qu’il faut une orga­ni­sa­tion offi­cielle d’un débat public, n’est pas si éloi­gné que ça du fait de pas­ser des heures en réunions de mili­tants pour écrire dans un pro­gramme qu’on veut un pôle public média­tique indé­pen­dant du pou­voir poli­tique et du pou­voir éco­no­mique et qu’on essaie d’y pré­ci­ser sur quelles bases ins­ti­tu­tion­nelles cela reposerait…non vrai­ment rien à voir…si ce n’est que les gens du FdG écrivent et agissent pour rien car ils sont une frac­tion du peuple, alors que Di Giro­la­mo lui est uni­ver­sel à lui tout seul, mais que dans les deux cas, per­sonne ne les écoute…

    pas plus qu’un autre tu ne sau­rais appa­raître comme « au-des­sus des par­tis », mais il y a une dif­fé­rence fon­da­men­tale entre refu­ser la sec­to­ri­sa­tion des luttes, œuvrer pour la conver­gence des luttes, et refu­ser la plu­ra­li­té et la com­plé­men­ta­ri­té des modes d’ac­tion pour fina­le­ment nier toute légi­ti­mi­té à qui­conque n’ap­pa­raî­trait pas d’emblée comme « consen­suel », « officiel ».

    l’  »offi­ciel » actuel étant pré­ci­sé­ment ce que nous com­bat­tons, il n’y a rien à en attendre sinon des miettes.

    la conscience qu’il faut s’u­nir et s’or­ga­ni­ser pour lut­ter ensemble pour éta­blir une véri­table démo­cra­tie, repose sur la luci­di­té face à la puis­sance, la soli­da­ri­té et le par­tage d’une culture et d’in­té­rêts com­muns qui unit les tenants de l’o­li­gar­chie. Leur pou­voir ne tient pas uni­que­ment à la force, il tient par la divi­sion, par la capa­ci­té à rendre désuète et ridi­cule toute contra­dic­tion et par le condi­tion­ne­ment men­tal dès l’en­fance, sans même qu’il n’y ait de com­plot. Face à cela un Di Giro­la­mo est bien peu de chose, un Sitouaillain rien du tout, une crotte à balayer d’une pichenette…mais ils par­tirent 500.…et furent des millions.…reste à pas­ser l’an­neau de l’alliance…ou à périr noyés sous le flot des hordes pétainistes..
    aimez-vous les uns les autres, il a finit com­ment déjà celui qu’à dit ça ?

    Réponse
  75. Di Girolamo

    Ne me fais pas plus méchant ou plus orgueilleux que je ne suis : je le suis bien assez !

    Il y a de fortes chances que je mette un bul­le­tin Mélen­chon au pre­mier tour et même au second si en défi­ni­tive l’im­pen­sable se pro­dui­sait. Je me sens assez mer­deux de ne pas être un « vrai « mili­tant bien dans sa peau et son camp ou sa famille si tu pré­ferres : tou­jours soup­çon­neux , tou­jours à cher­cher la petite bête .….et en fait assez soli­taire , de ce fait là !
    « Mon » dépu­té maire et la région rhône alpes je ne vais pas les lâcher comme ça ! Parce que vois tu je crois en la démo­cra­tie (par­ti­ci­pa­tive) .

    Bonne nuit Sitouaillain , un citoyen qui comme moi et tous les autres vaut de l’or : nous ne sommes pas des crottes .… merde !

    C’est peut être là , dans la valeur qu’on se donne tous à éga­li­té que se fonde la démocratie ?

    Réponse
  76. Vassili

    une émis­sion à été dédié à la démo­cra­tie athé­nienne aujourd’­hui sur France inter, j’es­père que Etienne Chouard l’a écou­té, même si il n’y a pas énor­mé­ment d’i­dées de devel­lo­pées, son éclai­rage serait bienvenue.

    http://​www​.fran​cein​ter​.fr/​p​l​a​y​e​r​/​r​e​e​c​o​u​t​e​r​?​p​l​a​y​=​2​9​4​979

    http://​www​.fran​cein​ter​.fr/​e​m​i​s​s​i​o​n​-​l​a​-​m​a​r​c​h​e​-​d​e​-​l​-​h​i​s​t​o​i​r​e​-​l​a​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​a​-​a​t​h​e​n​e​s​-​a​u​-​v​e​-​s​i​e​cle

    Et pour Sitouaillain en par­ti­cu­lier en géné­ral, je met le lien vers l’hu­main d’a­bord, qui à la l’in­tel­li­gence d’être en libre accès et où il est ques­tion d’une assem­blée consti­tuante certes et mal­heu­reu­se­ment élue, mais avec quelques avan­tages tout de même (entre-autres sujets).

    http://​www​.jean​-luc​-melen​chon​.fr/​a​r​g​u​m​e​n​t​s​/​t​e​l​e​c​h​a​r​g​e​z​-​l​e​-​p​r​o​g​r​a​m​m​e​-​l​h​u​m​a​i​n​-​d​a​b​o​rd/

    Réponse
  77. sitouaillain

    mer­ci Vassili,

    moi je n’a­vais pas mis le lien, car, l’é­di­tion papier s’a­chète deux euros… ce qui per­met entre autres au FdG de ne pas être finan­cé par des enne­mis du peuple… 😉

    sur la constituante,c’est le seul pro­gramme qui va aus­si loin, bien évi­dem­ment, ça n’est pas la pana­cée, mais, si ça passe, ça lais­se­ra quand même la place à des amé­lio­ra­tions radi­cales… donc je prends.

    Réponse
  78. Vassili

    Si il est en libre accès, c’est bien pour étendre les idées du FdG afin de convaincre plus de gens, qui seront bien meilleurs médias du pro­gramme que ceux qui ne sou­haite pas le partager.

    Sachant de plus que ne l’achèteront que les convain­cus… je partage 😉

    Réponse
  79. Vassili

    Double mes­sage pour par­ta­ger cette découverte :

    http://www.clerocratie.com/la-clerocratie-fonctionnement-17–1.html

    Selon tou​pie​.org,
    « La clé­ro­cra­tie est un sys­tème poli­tique dans lequel les repré­sen­tants du peuple et les gou­ver­nants sont dési­gnés par tirage au sort.
    Syno­nymes : sto­cho­cra­tie, loto­cra­tie, sortition. »
    « du grec clé­ro­té­rion machine uti­li­sée pour le tirage au sort des magis­trats dans la démo­cra­tie athé­nienne et de kra­tos, pou­voir, autorité. »

    Il y a donc d’autres groupes qui s’in­té­ressent beau­coup au concept.

    Réponse
  80. divorce amiable

    Les États membres dis­posent de la poli­tique étran­gère, de la défense, de la qua­si-tota­li­té de la poli­tique éco­no­mique et bud­gé­taire, de la fis­ca­li­té, du droit du tra­vail et de la pro­tec­tion sociale, de l’or­ga­ni­sa­tion des col­lec­ti­vi­tés locales, de l’é­du­ca­tion… Au total, 90% de l’ac­ti­vi­té poli­tique res­sor­tit à la com­pé­tence presque exclu­sive des États.  » Je dirai plu­tôt que 80% des lois en France dépendent exclu­si­ve­ment de l’UE. Et la prin­ci­pale poli­tique qu’on a per­du avec l’UE (que 55% des fran­çais ne vou­laient pas, je le rap­pelle) c’est la poli­tique moné­taire, aujourd’­hui déte­nue par les mar­chés pri­vés !!! C’est comme les 83% de CONTRE les OGM en France… mais qui nous sont pour­tant aujourd’­hui impo­sés dans le pays, qu’on le veuille ou non (direc­tive euro­péenne oblige)! Ce ne sont pour­tant pas de petits sujets.
    Alors com­ment peut-on dire que les États Membres ont encore 90% de leurs droits quand on voit ce qui se passe avec la Grèce, l’I­ta­lie, la France, et j’en passe… (?)

    Réponse
  81. Di Girolamo

    Vas­si­li nous dit :
    « La clé­ro­cra­tie est un sys­tème poli­tique dans lequel les repré­sen­tants du peuple et les gou­ver­nants sont dési­gnés par tirage au sort. »

    Com­ment s’ap­pelle donc un régime poli­tique où les repré­sen­tants du peuple et les gou­ver­nants sont dési­gnés par tirage au sort, en tota­li­té, en par­tie , pas du tout …Sui­vant la déci­sion sou­ve­raine des citoyens par un réfé­ren­dum ‚après que le pro­blème ait été étu­dié en pro­fon­deur , débat­tu , avec la par­ti­ci­pa­tion active (par­ti­ci­pa­tion directe au débat) ou pas­sive des citoyens (infor­ma­tion sur le débat et les don­nés du problème)
    Il a nom démo­cra­tie et c’est sans aucun doute le mei­leur qui soit quand les hommes ont la volon­té de l’appliquer.

    Réponse
  82. Mora M.

    Ques­tion 1 :
    Si … «  »ce ne sont pas les « tirés au sort » (magis­trats) qui ont le pou­voir poli­tique c’est l’AS­SEM­BLÉE du peuple »…
    Com­ment est for­mée cette assem­blée ? De qui ?

    Q 2 : Les citoyens armés ?
    Les grecs pour lut­ter contre l’i­gno­rance qu’u­ti­li­saient-ils … l’épée ?
    Je trouve curieux que vous puis­siez faire allu­sion à des armes maté­rielles (ex : Suisse, USA). La seule arme dont il faut équi­per le citoyen est la « CONNAISSANCE ». Apprendre et déve­lop­per l’a­mour de l’hu­main, le goût de la recherche, la libé­ra­tion de l’i­ma­gi­naire, l’ou­ver­ture d’es­prit, déve­lop­pe­ment de l’es­prit cri­tique, de tolé­rance, de rigueur, de volon­té de véri­té etc … La seule arme accep­table, pos­sible c’est l’é­cole et l’u­ni­ver­si­té gra­tuite et obligatoire.

    Ami­tiés

    Réponse
  83. houria

    « catas­trophe finan­cière et moné­taire actuelle PROUVE tous les jours que les pires cra­pules, pour­vu qu’elles soient RICHES, n’ont rien à craindre des élus. Je répète : la preuve est appor­tée tous les jours, par­tout dans le monde, que les canailles RICHES n’ont RIEN à craindre des ÉLUS »

    dixit ; ÉTIENNE CHOUARD rien à rajou­ter. Après on fait débats sur tout le reste si l’on veut, mais nous sommes bien­tôt en 2013 après 2014, 2015 etc. ? 

    bonne route et bonne chance au tirage au sort

    Réponse
  84. Boisgerault

    La démo­cra­tie diluée par la spé­cu­la­tion et le capi­ta­lisme, c’est de mettre les pou­voirs du monde dans les mains d’une même famille pour ne pas laisse le libre choix des sociétés.
    En fai­sant en sorte de se taqui­ner aux moments des élec­tions pour mieux ber­ner les électeurs.
    Et emme­ner le monde a terme dans une dic­ta­ture démo­cra­tique mondiale.
    Pas de démo­cra­tie sans tirage au sort

    Michel Bois­ge­rault

    Réponse
  85. Laetitia

    Bon­soir M. CHOUARD,
    Je vous adresse mes com­pli­ments car vous expri­mez tout haut avec légi­ti­mi­té, ce que je pense tout bas.
    Je pense qu’il n’y a pas de hasard.
    Ce soir j’é­cri­vais dis­crè­telment avec des gens qui vous connaissent sur Facbk, alors qu’ils échan­geant sur les pro­pos de l’ab­bé Seyes :
    qu’ils aient été élu par tirage au sort ou pas, je leur écri­vais l’im­por­tance pour les élus, dans l’a­ve­nir, de devoir « rendre des comptes »…d’ins­ti­tuer un man­dat par « contrat »…leur pro­po­sant de mofi­fier le nom « man­dat impé­ra­tif » en un autre terme plus juri­di­que­ment contem­po­rain, qui aurait un conte­nu adap­té à notre époque, le 21 ème siècle et aux siècles futurs.
    J’ai l’im­pres­sion que vos admi­ra­teurs, les GV, n’ont pas tous lu cette page de votre blog.
    Peut-être serait-ce une bonne idée de leur trans­mettre le lien de votre blog. Par votre bolg, ils pour­raient déjà appro­fon­dir les mes­sages que vous leur transmettez.

    Je vous sou­haite une excel­lente soirée.
    Amicalement

    Réponse

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