Lettre ouverte à Arnaud Montebourg : une démocratie a besoin de médias vraiment publics.

10/10/2010 | 5 commentaires

Lettre ouverte à Arnaud Mon­te­bourg
La France a besoin de médias vrai­ment publics.

par Marc Wein­stein et Roger Eva­no, le 7 octobre 2010

Mon­sieur,

Vous avez récem­ment fus­ti­gé l’ex­trême par­tia­li­té de la chaîne TF1 dans son trai­te­ment de l’in­for­ma­tion et la vul­ga­ri­té obs­ti­née de ses pro­grammes de « diver­tis­se­ment » où s’é­talent com­plai­sam­ment les non-valeurs de l’argent-roi et de la vio­lence. Nous par­ta­geons votre indi­gna­tion devant ce qu’il faut bien appe­ler une entre­prise cynique et cupide de décer­ve­lage et de dé-mora­li­sa­tion de notre pays.

Cepen­dant, l’in­di­gna­tion ver­tueuse dans les paroles ne nous paraît pas suf­fi­sante, sur­tout de la part d’un res­pon­sable poli­tique. Toute parole indi­gnée fait signe vers la posi­ti­vi­té d’un acte des­ti­né à mettre fin à la cause de l’in­di­gna­tion. C’est cet acte que nous appe­lons de nos voeux à pré­sent. De toute évi­dence, la cause de la bas­sesse actuelle de TF1 est sa pri­va­ti­sa­tion dans les années 1990, qui a livré la chaîne aux purs inté­rêts de l’argent-roi. Il faut donc en finir avec le sta­tut pri­vé de TF1. Un média, orga­nisme qui a pour essence et voca­tion de s’a­dres­ser au public, doit appar­te­nir au public.

Encore faut-il ne pas confondre « public » et « État ».

Nous vous deman­dons, ain­si qu’à tous les démo­crates de vous enga­ger publi­que­ment, en cas de retour au pou­voir, à dépri­va­ti­ser TF1 et les autres chaînes de l’argent-roi et à les rendre au public. Cela ne signi­fie pas que ces chaînes doivent retour­ner dans le giron éta­tique. La pri­va­ti­sa­tion pri­vée et la pri­va­ti­sa­tion éta­tique sont deux manières de pri­ver les citoyens de la pos­si­bi­li­té de créer des ins­ti­tu­tions auto­nomes et démo­cra­tiques. Il faut inven­ter un sta­tut nou­veau, moderne, auto­nome et démo­cra­tique pour les orga­nismes publics. Cela sup­pose que les­dits orga­nismes soient diri­gés col­lé­gia­le­ment par des repré­sen­tants du public (nous les audi­teurs et spec­ta­teurs) et par des repré­sen­tants des per­son­nels (tech­ni­ciens, jour­na­listes, artistes, ani­ma­teurs). Alors sera assu­rée l’in­dé­pen­dance des médias publics.

Cette future indé­pen­dance est la garan­tie que les médias publics pour­ront mener une poli­tique d’in­for­ma­tion plu­ra­liste et contra­dic­toire et viser une élé­va­tion géné­rale de la qua­li­té cultu­relle de leurs pro­grammes. Tout cela à l’a­bri des pres­sions des Etats-gou­ver­ne­ments et des inté­rêts finan­ciers privés.

Nous sommes prêts à sou­te­nir toute ini­tia­tive qui irait dans ce sens.

Marc Wein­stein Pro­fes­seur à l’u­ni­ver­si­té de Pro­vence
Roger Eva­no Ebé­niste retraité.

Ceux qui sont d’ac­cord avec cette lettre peuvent l’en­voyer en leur nom à Mr Mon­te­bourg et la faire circuler.

[email protected]

Source : http://​www​.media​part​.fr/​c​l​u​b​/​b​l​o​g​/​r​o​g​e​r​-​e​v​a​n​o​/​0​7​1​0​1​0​/​l​e​t​t​r​e​-​o​u​v​e​r​t​e​-​a​r​n​a​u​d​-​m​o​n​t​e​b​o​urg

—————————-

Pour mémoire, je vous rap­pelle l’en­tre­tien qui a lan­cé la polémique :

🎬 Lec­teur vidéo d’origine (Flash, plus lisible aujourd’hui) : www​.tou​sco​prod​.com

Cette petite vidéo a conduit le PDG de TF1 à pro­tes­ter publi­que­ment, comme si sa chaîne mer­can­tile et mani­pu­la­trice était un paran­gon de ver­tu… Lettre à laquelle Arnaud Mon­te­bourg a répon­du à son tour, en pas­sant une deuxième couche, un peu plus épaisse encore 🙂

Si vous avez raté cette lettre d’Ar­naud Mon­te­bourg à Nonce Pao­li­ni, il faut abso­lu­ment la lire : enfin, un chef du PS qui sert à quelque chose ! Je retrouve là l’au­teur enthou­sias­mant de « La machine à tra­hir : Rap­port sur le déla­bre­ment de nos ins­ti­tu­tions », publié en 2000) ; voi­ci la lettre incen­diaire du dépu­té Mon­te­bourg au PDG de TF1 :

Mon­sieur le Pré­sident Direc­teur Général,

J’ac­cuse volon­tiers récep­tion de votre lettre reçue au Conseil géné­ral de Saône-et-Loire, le 20 sep­tembre der­nier, dans laquelle vous qua­li­fiez “d’i­nad­mis­sibles” les pro­pos que j’ai pu tenir devant la camé­ra de Mon­sieur Pierre Carles, dans son film inti­tu­lé “Fin de concession”.

Comme vous le savez, la chaîne que vous diri­gez uti­lise à des fins com­mer­ciales le domaine public hert­zien, pro­prié­té publique appar­te­nant à la Nation toute entière, et dont la chaîne TF1 et ses action­naires ne sont, aux termes de la loi, que les uti­li­sa­teurs à titre pré­caire et les dépo­si­taires fra­giles et éphé­mères. Le regard libre et sans conces­sion d’un repré­sen­tant de la Nation sur le com­por­te­ment d’une chaîne qui fait un usage contes­table de ce bien public natio­nal, relève de ses devoirs poli­tiques et moraux élémentaires.

La chaîne TF1 n’a donc pas d’autre choix que d’ac­cep­ter, quoi qu’il lui en coûte, toute cri­tique publique de ses agis­se­ments, puisque la télé­vi­sion reste un bien col­lec­tif appar­te­nant à tous les Fran­çais même si celle-ci s’exerce dans la forme de l’en­tre­prise pri­vée que vous présidez.

Est-il néces­saire de rap­pe­ler que l’ac­tion­naire majo­ri­taire et opé­ra­teur de la chaîne TF1, la Socié­té Ano­nyme Bouygues, exploite une acti­vi­té qua­si-exclu­sive de construc­tion de bâti­ments et de tra­vaux publics, à tra­vers des mar­chés publics, dans les­quels le pou­voir d’E­tat et la diplo­ma­tie natio­nale dis­posent d’une influence avérée.

Les rap­ports de proxi­mi­té poli­tique entre les orien­ta­tions édi­to­riales de TF1 et le pou­voir actuel posent le pro­blème dans une démo­cra­tie comme la nôtre, du res­pect du plu­ra­lisme et de la sépa­ra­tion des inté­rêts publics et pri­vés, et les échanges de ser­vices et de bons pro­cé­dés entre eux.

TF1 dis­pose à ce sujet, en quelque sorte d’un long casier judi­ciaire, consti­tué de rap­pels à l’ordre et d’a­mendes pour vio­la­tion des règles du plu­ra­lisme poli­tique. Der­niè­re­ment, vous avez cru devoir don­ner la parole pen­dant plus de 2 heures au Pré­sident de la Répu­blique, chef du par­ti majo­ri­taire, à une heure de grande écoute, tout en ne per­met­tant à la prin­ci­pale diri­geante de l’op­po­si­tion de ne répli­quer que pen­dant 4 minutes. Der­niè­re­ment encore, selon le Conseil Supé­rieur de l’Au­dio­vi­suel, au pre­mier tri­mestre 2010, en cumu­lant TF1 et LCI, votre chaîne d’in­for­ma­tion, vous avez offert 32 heures de temps de parole au Pré­sident de la Répu­blique, au Gou­ver­ne­ment et à l’UMP, contre 8 heures à des membres de l’op­po­si­tion. Il y a quelques temps déjà, Mon­sieur Fran­çois Bay­rou, lui-même, avait dénon­cé au mois de jan­vier 2007, votre arro­gance et votre mépris du plu­ra­lisme en ces termes : “Vous n’êtes pas les patrons de la France. Nous ne cède­rons pas à votre matraquage.”

La gros­siè­re­té des vio­la­tions, la lour­deur des sanc­tions et la répé­ti­tion des infrac­tions depuis 15 ans, m’a­mènent à consi­dé­rer que le com­por­te­ment de la chaîne TF1 que vous pré­si­dez relève du pié­ti­ne­ment sys­té­ma­tique de nos lois et règle­ments. À mes yeux, j’a­jou­te­rai que les jour­na­listes de TF1, dont le pro­fes­sion­na­lisme est connu et louable, n’ont pas la res­pon­sa­bi­li­té qui est la vôtre dans cet état de fait condamnable.

Mal­gré ces com­por­te­ments blâ­mables, TF1 a néan­moins obte­nu des gou­ver­ne­ments et des majo­ri­tés par­le­men­taires qui se sont suc­cé­dés, de nom­breux pri­vi­lèges et avan­tages indus : assou­plis­se­ment du dis­po­si­tif anti­con­cen­tra­tion, renou­vel­le­ment auto­ma­tique de la conces­sion sans mise en concur­rence, droit à une deuxième cou­pure publi­ci­taire dans les oeuvres de fic­tion, intro­duc­tion for­cée sur la Télé­vi­sion Numé­rique Ter­restre qui a pro­vo­qué des réac­tions extrê­me­ment vives de vos concur­rents, et allè­ge­ment sub­stan­tiel et régu­lier des obli­ga­tions conte­nues dans votre cahier des charges. Au point qu’il me paraît pos­sible de faire obser­ver que sur un bien pour­tant public, TF1 exerce désor­mais un mono­pole pri­vé, pro­fi­table et incon­trô­lable avec la com­pli­ci­té de l’Etat.

Puisque vous employez dans votre lettre le vocable “inad­mis­sible” au sujet d’une phrase de ma part qui, semble-t-il, vous aurait frois­sé, ne pen­sez-vous pas que ce mot devrait plu­tôt s’a­dres­ser au com­por­te­ment de l’en­tre­prise que vous dirigez ?

Mais le plus grave n’est pas là. Sur le plan cultu­rel, il faut rap­pe­ler les dégâts consi­dé­rables que votre chaîne a pro­vo­qués sur la vision que les Fran­çais ont d’eux-mêmes et de notre socié­té contem­po­raine. Je m’au­to­ri­se­rai à dire, comme il est légi­time qu’un repré­sen­tant de la Nation puisse le faire, que vous avez par­ti­ci­pé avec méthode et constance à l’ap­pau­vris­se­ment de l’i­ma­gi­naire col­lec­tif des Français.

Dans la semaine du 29 sep­tembre au 5 octobre 2010, vous avez choi­si de consa­crer 41 heures 30 à des émis­sions liées à l’argent, soit des émis­sions de vente (télé shop­ping) ou à des jeux dont l’ap­pât du gain est le moteur (“Une famille en or”, “Les douze coups de minuit”, “Koh Lan­ta”, “Secret Sto­ry”). Les rela­tions entre les hommes ne relèvent pas que de l’argent et une socié­té ne pour­ra jamais se résu­mer à celui-ci. Pour­tant, sur TF1, l’argent est mal­heu­reu­se­ment partout.

Les émis­sions où vous met­tez en scène de façon arti­fi­cielle la com­pé­ti­tion achar­née et des­truc­trice de la digni­té, entre des êtres humains ‑jus­qu’à leur faire man­ger des vers de terre‑, occupent cette semaine plus de 23 heures d’an­tenne (“Mas­ter Chief”, “Koh Lan­ta”). Pour­tant, les rela­tions entre les humains peuvent être coopé­ra­tives et non pas for­cé­ment conflic­tuelles, comme vous en conviendrez.

Enfin, je suis sur­pris par la contri­bu­tion mal­heu­reu­se­ment déci­sive que TF1 a appor­tée à l’é­lé­va­tion du niveau de vio­lence dans les oeuvres de fic­tion dif­fu­sées. Le nombre de meurtres, de viols, et de vio­lences phy­siques a acquis en 15 ans une impor­tance déme­su­rée dans les pro­grammes de votre chaîne.

En somme, les valeurs domi­nantes que vous dif­fu­sez et trans­met­tez dans la socié­té fran­çaise ne seraient-elles pas celles de l’argent et de la cupi­di­té, de la com­pé­ti­tion achar­née et du conflit, de la vio­lence et du règle­ment de comptes ?

En 1987, la socié­té Bouygues avait obte­nu le droit de rache­ter TF1 en fai­sant valoir un pré­ten­du “mieux disant cultu­rel”. Votre illustre pré­dé­ces­seur, Mon­sieur Patrick Le Lay, décla­ra presque 20 ans plus tard, “ce que nous ven­dons à Coca-Cola, c’est du temps de cer­veau humain dis­po­nible”. Je me sou­viens que quelques jours après cette décla­ra­tion en forme d’a­veu, la Socié­té des Com­po­si­teurs et Auteurs décla­rait : “Les pro­pos tenus par le pré­sident de TF1 témoignent du niveau de dégra­da­tion que peut atteindre la télé­vi­sion, le signe du cynisme, du mépris et de l’arrogance”.

Je brise là une énu­mé­ra­tion éprou­vante, pour tous ceux qui ont une meilleure idée de ce que mérite la France. Mais vous convien­drez qu’il n’est pas illé­gi­time de pen­ser que votre chaîne porte une res­pon­sa­bi­li­té consi­dé­rable dans la dégra­da­tion à la fois du niveau du débat démo­cra­tique fran­çais, mais éga­le­ment de la repré­sen­ta­tion que les Fran­çais peuvent avoir d’eux-mêmes.

Puisque vous vous hasar­diez dans votre lettre à évo­quer la ques­tion des excuses, je me per­mets de vous dire avec une sin­cé­ri­té dont je ne vou­drais pas abu­ser, que s’il est des excuses à pré­sen­ter, je crois que c’est plu­tôt TF1 qui devrait les pré­sen­ter à la France.

Je vous prie de croire, Mon­sieur le Pré­sident Direc­teur Géné­ral, en l’as­su­rance de ma consi­dé­ra­tion distinguée.

Arnaud MONTEBOURG

Source : http://​www​.arnaud​mon​te​bourg​.fr/​i​m​a​g​e​s​/​c​o​u​r​r​i​e​r​-​m​o​n​t​e​b​o​u​r​g​-​p​a​o​l​i​n​i​.​pdf

Voyez aus­si :

Remarque : les « jour­na­listes » d’Europe 1‑La­gar­dère-mar­chand-de-canons défen­dant les « jour­na­listes » de TF1-Bouygues-mar­chand-de-béton sont un modèle du genre chiens de garde des mar­chands. C’est intéressant.

Nonce Pao­li­ni a répon­du ça : http://​www​.lefi​ga​ro​.fr/​a​s​s​e​t​s​/​p​d​f​/​l​e​t​t​r​e​-​p​a​o​l​i​n​i​-​m​o​n​t​e​b​o​u​r​g​.​pdf.

Les citoyens seront-ils invi­tés à don­ner leur avis par réfé­ren­dum ? Sûre­ment pas ; pas plus que d’habitude.

Étienne.

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Étienne

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5 Commentaires

  1. Alain

    Pour moi la sou­ve­rai­ne­té popu­laire doit contro­ler le pou­voir médiatique.

    Le pro­blème est de savoir com­ment ce « controle » peut à la fois aider les pro­fes­sion­nels à faire leur tra­vail dans la liber­té sans laquelle il n’y a plus de jour­na­liste, et aider l’o­pi­nion à inter­ve­nir contre l’ap­pro­pia­tion par­ti­sane ou spé­cu­la­tive de ce pou­voir, tout en per­met­tant la confron­ta­tion des idées, qu’elles se reven­diquent par­ti­sanes ou s’en défendent.

    J’ai conscience de machouiller un brouillon, mais déjà il me semble clair que l’i­dée du jury citoyen tiré au sort, asso­ciée à de nou­veaux droits du jour­na­liste sala­rié dans son entre­prise, et à un éven­tuel réfé­ren­dum pour déci­der si oui ou non le peuple veut cette appro­pria­tion publique, toutes ces reven­di­ca­tions peuvent conver­ger ici.

    Je signale le sta­tut du jour­nal « l’Hu­ma­ni­té », qui mérite réflexion, car il a chan­gé et dans un sens intéressant :

    il n’est plus « l’or­gane cen­tral d’un parti ».

    Il est finan­ciè­re­ment por­té, d’une part par ses abon­nés, d’au­tre­part par une asso­cia­tion indé­pen­dante de tout par­ti, « les Amis de l’Hu­ma », ras­sem­blant des sou­tiens fort divers, notam­ment de la part de citoyens atta­chés au plu­ra­lisme de la presse d’o­pi­nion… Cepen­dant, hélas, il a dû, éco­no­mi­que­ment coin­cé par « l’argent-dette », accep­ter des finan­ce­ments pri­vés, et tout l’en­jeu d’une presse libre s’y retrouve, pas du tout gagné d’a­vance : les jour­na­listes y sont « enga­gés », mais ils assument un tra­vail de « pros » pour offrir une qua­li­té jour­na­lis­tique, et ils ouvrent leurs pages à la jeu­nesse pour qu’elle s’ex­prime avec l’aide des « pros ».

    Nous sommes encore loin de l’i­déal jour­na­lis­tique, mais une vraie loi garan­tis­sant le plu­ra­lisme et donc la liber­té de la presse contre les puis­sances finan­cières per­met­trait de géné­ra­li­ser la pra­tique asso­cia­tive et citoyenne de sou­tien-contrôle et par­ti­ci­pa­tion popu­laire à la dif­fu­sion de l’in­for­ma­tion, asso­ciant « pros » et « amateurs ».

    Réponse
  2. Brieuc

    M. Paolini,dans sa lettre en réponse à M. Mon­te­bourg (http://​www​.lefi​ga​ro​.fr/​a​s​s​e​t​s​/​p​d​f​/​l​e​t​t​r​e​-​p​a​o​l​i​n​i​-​m​o​n​t​e​b​o​u​r​g​.​pdf) ne répond abso­lu­ment pas sur les argu­ments de M. Mon­te­bourg. Sa lettre n’est qu’une lita­nie comp­table, une suite de valeurs-fric cen­sées appor­ter une réponse à des demandes sur la qua­li­té, sur la trans­pa­rence, sur le res­pect des droits et des contrats, etc. Bref, c’est une réponse de la télé-fric à des ques­tions poli­tiques. Ce qui expose au grand jour com­bien les diri­geants de TF1 pensent que la res­pec­ta­bi­li­té et la digni­té ont un prix en euro. Pour eux, il suf­fit de faire aumône de quelques minutes de temps d’an­tenne (ici conver­ties en équi­valent-pognon) à des asso­cia­tions, et de payer ses impôts, pour être res­pec­table et digne de figu­rer au PAF ad vitam aeternam.

    Par ailleurs, M. Pao­li­ni se targue d’a­voir obtenu,avec ses équipes, le « Media Tenor Glo­bal TV Awards ».

    C’est bien, mais c’est quoi, ce truc ? Par ailleurs, je me sou­viens d’a­voir vu cet automne,dans une salle d’at­tente quel­conque, que le maga­zine « Marie Claire » avait obte­nu le pre­mier prix de … l’au­dace jour­na­lis­tique ! C’é­tait annon­cé en cou­ver­ture, mais, connais­sant le type de maga­zine que cette publi­ca­tion repré­sente, je ne suis pas cer­tain que j’ai la même notion de « l’au­dace jour­na­lis­tique » que les créa­teur du prix en question.

    Alors, puis-je avoir la liber­té de consi­dé­rer que l’ob­ten­tion d’un prix média­tique, décer­né par les tenors du milieu à leur meilleur élève, selon leurs propres cri­tères, n’est pas un gage des res­pec­ta­bi­li­té ni de dignité ?

    On nous apprend ici ou là (voir sur le net) que ce prix récom­pense TFI pour avoir pro­po­sé une grande diver­si­té de sujets (le sabo­tier des Vosges et chè­vrier du Lar­zac, sont-il comp­ta­bi­li­sés?), pour son trai­te­ment récur­rent des sujets de l’é­co­no­mie (encore du fric… expo­sé sou­vent par les bien-pen­sants qui estiment que les foot­bal­leurs devraient se conten­ter de jouer au foot­ball), et pour avoir expo­sé tout le tra­vail for­mi­dable que font les ONG sur les ter­rains dif­fi­ciles du monde entier (misé­ra­bi­lisme ven­deur, entre deux pubs pour des yaourths ou des crèmes rafer­mis­santes, ou manière de se rache­ter une conscience après n’a­voir rien dit des causes poli­tiques réelles des conflits ain­si soi­gnés par les ONG ?)

    Bref, TF1 reste bien la pou­belle télé­vi­suelle des­ti­née à vendre du temps de cer­veau humain qu’elle a tou­jours été.

    Réponse
  3. François Jéru

    Mon­sieur, bonjour

    Bon 31 dec 2010 – Bonne et heu­reuse année 2011 !

    Ne le pre­nez pas mal du tout, mais j’ai du mal à sup­por­ter le geste (…) de « La Lettre Ouverte » aux hommes poli­tiques en place.
    Cela fait pen­ser à Paul Jorion jouant « La Lettre Ouverte à M. Sar­ko­zy » (29 déc., billet n°19715) aus­si­tôt sui­vi par cinq autres billets par­lant d’autre chose.

    Cela est com­men­té par :

    Socra­tès http://​post​jo​rion​.word​press​.com/​a​b​o​u​t​/​#​c​o​m​m​e​n​t​-​144

    sui­vi de Cathe­rine Blancart :

    Je ne par­tage pas du tout votre croyance en l’E­tat Salvateur.

    Le Non_Marchand est à orga­ni­ser tout autrement
    Vous avez un nom et un visage ;
    vous êtes un interlocuteur.

    À ce stade, ma posi­tion personnelle :

    Le prin­cipe « indi­gna­tion et résis­tances » ne mène à rien

    S’a­dres­ser à la fra­trie sub-impé­riale PsM­dUmp-et+ pour un chan­ge­ment quel­conque est gro­tesque, ne mène à rien. 
    L’er­reur, c’est de s’a­dres­ser aux par­tis et syn­di­cats en place (noblesse+clergé), Conseil Eco­no­mique et Social compris.
    L’é­ta­ti­sa­tion de TF1 est grotesque.
    France Tele­vi­sions et Radio­france ne sont pas au ser­vice des fran­çais (99,99%), sauf topProtégés(faux)Protecteurs, en leur Don­jon enarchique.

    Les modèles de repré­sen­ta­tion des XVIIIe, XIXe et XXe siècle sont grotesques.
    La masse moné­taire euro­de­vises rend la mon­naie euro, toute mon­naie réga­lienne, grotesque.
    Par­lons de l’ar­ticle 123 du Trai­té de Lisbonne 🙂

    Où ?
    Amicalement

    Réponse
  4. François Jéru

    Mi avril 2010 la direc­tion de Radio­france (ou sa tutelle ?)
    prit la déci­sion d’ef­fa­cer le FORUM de ses autiteurs

    Autres Regards sur la Crise

    chan­gé, après quelques mois en

    Autres Regards sur l’actualité

    … poètes, rêveurs, âmes sensibles,
    experts tech­niques avec un brin d’éthique

    Le 30 avril 2010 tout fut effacé

    Acte de cen­sure révoltant

    régime poli­cier pri­maire, débile, pous­sant les plus pai­sibles à la violence

    favo­rable à la réac­tion et la matraque.

    Res­tons paisibles
    Bonne active dans la pen­sée PUIS l’action

    Réponse
  5. Ana Sailland

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