LA solution à la crise mondiale de l’argent-dette de la maffia des banques : « 100% Money » d’Irving Fisher enfin traduit en français, grâce à Nathanael Faibis

26/05/2010 | 101 commentaires

Chers amis,

Je viens de décou­vrir un texte impor­tant, enfin en fran­çais, dont une large dif­fu­sion devrait faci­li­ter notre éman­ci­pa­tion monétaire.

Nous le devons à Natha­naël Fai­bis (revo​lu​tion​-mone​taire​.blog​spot​.com)
qui a tra­duit entiè­re­ment le livre « 100% Money », d’Ir­ving Fisher, en français.


Irving Fisher (1897−1947)

Je connais l’exis­tence et l’im­por­tance fon­da­men­tale du livre « 100% money » depuis des années, mais il est rigou­reu­se­ment introu­vable en anglais (ou seule­ment à 600 €…) et il n’a même car­ré­ment jamais exis­té en fran­çais… Cette chape de plomb édi­to­riale est tout sim­ple­ment extra­va­gante — ou plu­tôt, révé­la­trice d’un risque majeur pour nos para­sites bancaires.

📚 Livre : 100% Mon­naie — Irving Fisher

Il a donc fal­lu attendre Inter­net et le jour­na­lisme citoyen d’un Natha­naël Fai­bis pour publier enfin cette pen­sée lumi­neuse (vous allez voir comme c’est facile à lire, c’est une merveille).

Bon, je laisse vite la place à une courte intro­duc­tion de Natha­naël, puis à la parole ori­gi­nale de Fisher ; c’est le cha­pitre 1 qui est ici reproduit :

100% Money d’Ir­ving Fisher : Une courte présentation 

http://​revo​lu​tion​-mone​taire​.blog​spot​.com/​2​0​0​9​/​0​6​/​1​0​0​-​m​o​n​e​y​-​d​i​r​v​i​n​g​-​f​i​s​h​e​r​-​u​n​e​-​c​o​u​r​t​e​.​h​tml

Deux ans après avoir écrit « The Debt Defla­tion Theo­ry » où il expli­qua com­ment le pro­ces­sus de désen­det­te­ment a pu mener les États-Unis dans la pire défla­tion et dépres­sion éco­no­mique de son his­toire, Irving Fisher publia « 100% Money » en 1935. Réforme moné­taire, pro­jet poli­tique de très grand ampleur, monu­ment pour la théo­rie éco­no­mique, ouvrage convain­cant de vul­ga­ri­sa­tion, ce livre d’un des plus grands éco­no­mistes de l’ère moderne est res­té pour des rai­sons mys­té­rieuses presque incon­nu de la très grande majo­ri­té des spécialistes. 

L’im­por­tance de ce livre ayant gran­de­ment influen­cé la pen­sée des prix Nobels Mau­rice Allais et Miton Fried­man est pour­tant cru­ciale. Fisher y expose très sim­ple­ment com­ment assai­nir l’in­croyable châ­teau de carte moné­taire repo­sant sur une pyra­mide de dette pour mettre fin aux immuables cycles des­truc­teurs de boom et dépression.

L’ac­tua­li­té de cet ouvrage est frap­pante. Confron­tés à une crise de la dette pri­vée sans pré­cé­dent, nous ne trou­vons pas d’autres solu­tions que d’as­per­ger le mar­ché de liqui­di­tés et d’en­det­ter lour­de­ment nos États, ne fai­sant que repous­ser l’i­né­vi­table pro­ces­sus de désen­det­te­ment. Or dans notre sys­tème moné­taire comme dans celui des États-Unis des années 30 le coro­laire du désen­det­te­ment, c’est la défla­tion. Le plan d’Ir­ving Fisher « 100% money » ou plan de réserve inté­grale nous pré­sente ce qui pour­rait bien être LA solu­tion pour sor­tir de cette impasse.

Ce qui suit est la pre­mière tra­duc­tion fran­çaise à ma connais­sance d’une courte pré­sen­ta­tion du plan 100% Money en intro­duc­tion de cet ouvrage.

Ce texte est éga­le­ment dis­po­nible en ver­sion ori­gi­nale : http://​irving​-fisher​.blog​spot​.com

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Extrait (cha­pitre 1) de « 100% Money » d’Ir­ving Fisher (tra­duc­tion Natha­nael Faibis) :

CHAPITRE I – UNE COURTE PRÉSENTATION

INTRODUCTION

Aux États-Unis, ain­si que dans quelques autres pays, la plu­part de nos fac­tures sont payées par chèque et non pas en espèces.

Quand une per­sonne signe un chèque, elle paie avec ce qu’elle appelle « l’argent que j’ai a à la banque » comme l’in­dique son solde ban­caire sur le talon de son ché­quier. La somme de tous les soldes sur tous les talons de la nation, c’est-à-dire tous les dépôts sur compte chèque, ou ce que nous pen­sons habi­tuel­le­ment être « l’argent » repo­sant en banque pou­vant ser­vir à payer par chèque, consti­tue le prin­ci­pal moyen de paie­ment aux États-Unis. Je pro­pose d’ap­pe­ler cela « l’argent sur compte chèque » à dis­tin­guer des espèces ou « argent dans les poches ». L’argent dans les poches est le plus clas­sique des deux. Il est visible et tan­gible tan­dis que l’argent sur compte chèque ne l’est pas. Sa pré­ten­tion à être de l’argent et de s’é­chan­ger comme si c’é­tait de l’argent réel vient du fait qu’il « repré­sente » de l’argent réel et peut être conver­ti à la demande en de l’argent réel en « encais­sant » un chèque.

Cepen­dant, la prin­ci­pale dif­fé­rence entre l’argent sur compte chèque et l’argent dans les poches est que ce der­nier est un argent au por­teur, accep­té par toutes les mains, tan­dis que l’argent sur compte chèque néces­site la per­mis­sion spé­ciale du béné­fi­ciaire pour être transféré.

En 1926, une année repré­sen­ta­tive avant la grande dépres­sion, l’argent sur compte chèque déte­nu par les habi­tants des États-Unis s’é­le­vait à 22 mil­liards de dol­lars selon une esti­ma­tion, alors qu’en dehors des banques et du tré­sor des États-Unis, l’argent son­nant, l’argent phy­sique et au por­teur dans les poches des gens et dans les caisses des com­mer­çants ne repré­sen­tait que moins de 4 mil­liards de dol­lars. Ensemble, les moyens d’é­change du pays dans les mains du public s’é­le­vaient à 26 mil­liards de dol­lars, 4 mil­liards cir­cu­lant de main en main et 22 mil­liards cir­cu­lant par chèque.

Beau­coup de gens s’i­ma­ginent que l’argent sur compte chèque est vrai­ment de l’argent et repose réel­le­ment en banque. Cela est bien sûr loin d’être vrai.

Que peut bien être alors ce mys­té­rieux argent sur compte chèque que nous appe­lons de façon trom­peuse notre « argent en banque » ? C’est sim­ple­ment la pro­messe des banques de four­nir de l’argent à leur dépo­sant à la demande. Pour cou­vrir les 22 mil­liards d’argent sur compte chèque en 1926, les banques déte­naient seule­ment 3 mil­liards d’argent réel dans leurs coffres. Les 19 mil­liards res­tant repré­sen­taient d’autres actifs que de l’argent ; des actifs tels des titres de créance et des obli­ga­tions d’É­tat ou d’entreprise.

En temps ordi­naire, comme par exemple en 1926, ces 3 mil­liards étaient suf­fi­sants pour per­mettre aux banques de satis­faire les demandes en argent son­nant des dépo­sants. Mais si tous les dépo­sants avaient deman­dé de l’argent son­nant au même moment, même si elles auraient pu ras­sem­bler un cer­tain mon­tant d’argent son­nant en ven­dant leurs autres actifs, les banques n’au­raient pas pu avoir assez d’argent pour satis­faire ces demandes pour la simple rai­son qu’il n’y avait pas assez d’argent son­nant dans tout le pays pour ras­sem­bler ces 22 mil­liards. Et si tous les dépo­sants avaient deman­dé de l’or au même moment, il n’y aurait pas eu assez d’or dans le monde entier.

Entre 1926 et 1929, le mon­tant des moyens de paie­ment a légè­re­ment aug­men­té pour pas­ser approxi­ma­ti­ve­ment de 26 à 27 mil­liards, 23 d’argent sur compte chèque et 4 d’argent dans les poches.

Par contre, entre 1929 et 1933, le mon­tant d’argent sur compte chèque a décru pour atteindre 15 mil­liards ce qui, avec les 5 mil­liards d’argent véri­table pré­sents dans les caisses et les poches, repré­sen­tait en tout 20 mil­liards de moyen de paie­ment au lieu de 27 en 1929. La hausse de 26 à 27, c’é­tait de l’in­fla­tion. La chute de 27 à 20 était de la déflation.

Les épi­sodes de boom et de dépres­sion depuis 1926 sont en grande par­tie mis en lumière par ces trois chiffres, 26,27 et20 pour ces trois années 1926,1929 et 1933.

Ces varia­tions du volume moné­taire furent en quelque sorte aggra­vées par l’é­vo­lu­tion simi­laire de sa vélo­ci­té. En 1932 et 1933, par exemple, non seule­ment le volume d’argent en cir­cu­la­tion était peu impor­tant mais sa cir­cu­la­tion était lente. On peut même par­ler d’un phé­no­mène répan­du de thésaurisation.

Si on sup­pose que les mon­tants d’argent en cir­cu­la­tion pour 1929 et 1933 étaient res­pec­ti­ve­ment 27 et 20 mil­liards et que chaque dol­lar ait chan­gé res­pec­ti­ve­ment de main 30 et 20 fois par année, la cir­cu­la­tion totale seraient pour 1929, 27×30 = plus de 800 mil­liards de dol­lars et pour 1933, 20x20= 400 mil­liards de dollars.

Les prin­ci­pales varia­tions de quan­ti­té de mon­naie concernent les dépôts sur compte chèque. Les trois chiffres pour l’argent sur compte chèque sont comme nous l’a­vons dit 22,23,15 et pour l’argent dans les poches 4,4, 5. L’ef­fon­dre­ment de la quan­ti­té d’argent sur compte chèque, notre prin­ci­pal moyen de paie­ment dont nous avons tous besoin pour faire des affaires, pas­sant de 23 à 15 mil­liards, soit une dis­pa­ri­tion de 8 mil­liards, a été un des faits essen­tiels de cette dépression.

Cette baisse de 8 mil­liards du mon­tant total d’argent sur compte chèque de la nation s’op­pose à l’aug­men­ta­tion de 1 mil­liard (i.e. de 4 à 5) d’argent dans les poches. Le public a reti­ré ce mil­liard d’argent son­nant des banques et les banques pour four­nir ce mil­liard sup­plé­men­taire ont dû détruire 8 mil­liards de crédit.

Peu de gens ont réa­li­sé cette perte ou des­truc­tion de 8 mil­liards d’argent sur compte chèque et ce fait n’a été que rare­ment men­tion­né. Si 8 miles tous les 23 miles de voies fer­rées avaient été détruits, cela aurait fait les gros titres des jour­naux. Cepen­dant, un tel désastre aurait eu peu d’im­por­tance com­pa­ré à la des­truc­tion de 8 mil­liards des 23 mil­liards de notre prin­ci­pal moyen de paie­ment. Cette des­truc­tion de 8 mil­liards de dol­lars de ce que le public consi­dé­rait comme leur argent a été la grande catas­trophe qui a entraî­née les deux prin­ci­pales tra­gé­dies de la grande dépres­sion, le chô­mage et les faillites.

Ain­si, Les gens ont été for­cés à subir ce sacri­fice alors que cet argent n’au­rait pas dis­pa­ru si le sys­tème 100% ou de réserves inté­grales avait été en place. Et si cela avait été le cas, comme nous le ver­rons au cha­pitre VII, il n’y aurait pas eu de grande dépression.

Cette des­truc­tion d’argent sur compte chèque n’é­tait pas quelque chose de natu­rel et d’i­né­vi­table, cela était dû à un sys­tème défectueux.

Sous notre sys­tème actuel, les banques créent et détruisent de l’argent sur compte chèque en accor­dant ou en deman­dant le rem­bour­se­ment des prêts. Quand une banque m’ac­corde 1000$ de cré­dit et rajoute 1000$ à mon compte chèque, ces 1000$ « d’argent que j’ai à la banque » sont nou­veaux. Ils ont été fraî­che­ment créés de toute pièce lorsque le prêt a été accor­dé et sim­ple­ment ajou­tés au talon de mon ché­quier et aux livres de compte de la banque par un simple coup de stylo.

Comme nous l’a­vons pré­cé­dem­ment indi­qué, excep­té sur ces écri­tures, cet « argent » n’a pas d’exis­tence phy­sique réelle. Quand plus tard, je rem­bour­se­rai à la banque ces 1000$, je les reti­re­rai de mon compte chèque et un mon­tant équi­valent de moyen de paie­ment sera détruit par un simple coup de sty­lo du talon de mon ché­quier et des livres de compte de la banque. Ain­si, ils dis­pa­raissent simultanément.

Par consé­quent, nos moyens de paie­ment natio­naux sont à la mer­ci des tran­sac­tions de prêt de la banque, et nos mil­liers de banque de dépôts sur compte chèque sont, dans les faits, com­pa­rables à d’ir­res­pon­sables émet­teurs de mon­naie privés.

Ce qui pose pro­blème, c’est le fait que la banque ne prête pas de l’argent mais sim­ple­ment une pro­messe de four­nir de l’argent à la demande, de l’argent qu’elle ne pos­sède pas. Les banques peuvent construire à par­tir de leurs maigres réserves en argent son­nant une pyra­mide inver­sée de tels « cré­dits » c’est-à-dire d’argent sur compte chèque, dont le volume peut être aug­men­té ou réduit.

Il est évident qu’un tel sys­tème, aux bases fra­giles et au som­met impo­sant, est dan­ge­reux. Il est dan­ge­reux pour les dépo­sants, pour les banques et avant tout pour les mil­lions d’in­no­cents que forme le peuple. En par­ti­cu­lier, quand la quan­ti­té d’argent décroît, le public est pri­vé d’une par­tie de ses moyens de paie­ment essen­tiels grâce aux­quels les biens peuvent être échangés.

Il y a dans la pra­tique peu de dif­fé­rence entre per­mettre aux banques d’é­mettre cet argent sur compte chèque uti­li­sé comme moyen de paie­ment que de leur per­mettre d’é­mettre de la mon­naie papier comme elles le firent durant l’é­pi­sode des « Wild Cat Bank Notes ». Ces deux pra­tiques sont fon­da­men­ta­le­ment aus­si mauvaises.

Les dépôts ban­caires sont l’é­qui­valent moderne des billets de banque. Cepen­dant, les dépôts peuvent être créés et détruits de façon invi­sible alors que les billets de banque doivent être impri­més et brû­lés. Si 8 mil­liards de dol­lars de billet de banque avaient été brû­lés entre 1929 et 1933, cet évé­ne­ment n’au­rait guère pu pas­ser inaperçu.

Comme le sys­tème de compte chèque, ou d’argent sur compte chèque, fon­dé prin­ci­pa­le­ment sur les prêts, confi­né ori­gi­nel­le­ment à quelques pays s’est désor­mais éten­du au monde entier, tous ses périls ne peuvent qu’a­voir cru. En consé­quence, les futurs booms et dépres­sions risquent d’être encore pires que ceux du pas­sé sauf si le sys­tème est changé.

Les dan­gers et défauts du sys­tème actuel seront dis­cu­tés plus en détail dans les pro­chains cha­pitres. Seules quelques lignes suf­fisent à expo­ser briè­ve­ment le remède proposé.

LA PROPOSITION

Don­ner le pou­voir au gou­ver­ne­ment, à tra­vers une « Com­mis­sion Moné­taire » spé­cia­le­ment créée pour l’oc­ca­sion, de trans­for­mer en argent son­nant suf­fi­sam­ment d’ac­tifs de chaque banque com­mer­ciale pour que ses réserves atteignent 100% des dépôts sur compte chèque déte­nus. En d’autres mots, don­ner le pou­voir au gou­ver­ne­ment, à tra­vers la Com­mis­sion Moné­taire, d’é­mettre cet argent et d’a­che­ter avec celui-ci des obli­ga­tions, titres de créance ou autres actifs déte­nus par les banques ou de prê­ter cet argent aux banques avec ces actifs comme garantie1. Alors, tout argent chèque serait cou­vert par de l’argent véri­table, de l’argent dans les poches.

Cette nou­velle mon­naie (Mon­naie de la Com­mis­sion ou Uni­ted States Notes) per­met­trait à tous les comptes chèque d’a­voir une cou­ver­ture inté­grale en argent son­nant dans les réserves des banques. Cette émis­sion ni n’aug­men­te­rait ni me ferait décroître le mon­tant total de moyen de paie­ment dans le pays. Une banque qui aupa­ra­vant gar­dait 100 000 000$ de dépôt sur compte chèque devait déte­nir léga­le­ment des réserves mini­mum de 10 000 000$ d’argent son­nant (com­plé­tées par 90 000 000$ d’ac­tifs non moné­taires). Elle enver­rait ces 90 000 000$ d’ac­tifs non moné­taires à la com­mis­sion moné­taire en échange de 90 000 000$ en argent son­nant, por­tant ain­si à 100 000 000$ ses réserves en argent son­nant, soit 100% des dépôts sur compte chèque.

Une fois cette sub­sti­tu­tion d’argent réel contre des actifs non moné­taires ter­mi­née, les banques devraient main­te­nir de façon per­ma­nente des réserves en argent son­nant repré­sen­tant 100% de leurs dépôts sur compte chèque. En d’autres mots, les dépôts sur compte chèque seraient réel­le­ment des dépôts, consis­tant en de l’argent son­nant déte­nu par la banque.

Ain­si, cette nou­velle mon­naie serait ligo­tée aux réserves des banques par la néces­si­té légale de main­te­nir des réserves de 100%.

Le dépar­te­ment gérant les comptes chèque de la banque devien­drait un simple entre­pôt de sto­ckage pour l’argent au por­teur appar­te­nant aux dépo­sants et aurait une iden­ti­té com­mer­ciale dis­tincte en tant que banque de dépôt. Il n’y aurait alors plus aucune dis­tinc­tion pra­tique entre les dépôts sur compte chèque et les réserves. « L’argent que j’ai à la banque » comme indi­qué par le talon de mon ché­quier, serait vrai­ment de l’argent et serait vrai­ment à la banque (ou presque à por­tée de main). Les dépôts de la banque ne pour­raient aug­men­ter pour atteindre 125 000 000$ seule­ment si l’argent son­nant qu’elle détient aug­mente éga­le­ment pour atteindre 125 000 000$, c’est-à-dire en voyant ses dépo­sants dépo­ser 25 000 000$ de plus d’argent son­nant en reti­rant autant d’argent de leurs poches ou de leurs caisses et en le met­tant à la banque. Si le mon­tant des dépôts décrois­sait, cela signi­fie­rait que les dépo­sants auraient reti­ré une par­tie de l’argent entre­po­sé, le reti­rant de la banque pour le mettre dans leurs poches ou dans leurs caisses. En aucun cas, il n’y aurait de chan­ge­ment dans le mon­tant total en circulation.

Comme cette évo­lu­tion vers un sys­tème de réserves inté­grales reti­re­rait des actifs rému­né­rés aux banques et les rem­pla­ce­rait par de l’argent son­nant non rému­né­ré, les banques com­pen­se­raient cette perte en fac­tu­rant les ser­vices four­nis aux dépo­sants, ou grâce à d’autres moda­li­tés qui seront détaillées au cha­pitre IX.

AVANTAGES

Les avan­tages résul­tant de cette réforme pour le public inclu­raient ce qui suit :

1 II n’y aurait pra­ti­que­ment plus de panique ban­caire et de ruée vers les banques commerciales.

Pour la bonne rai­son que l’in­té­gra­li­té de l’argent des dépo­sants serait en per­ma­nence à la banque et dis­po­nible à leur guise. En pra­tique, moins d’argent serait reti­ré que sous le sys­tème actuel. Nous avons tous en mémoire ce dépo­sant apeu­ré qui cria au gui­che­tier de sa banque « Si vous n’a­vez pas mon argent, je le veux. Si vous l’a­vez, je n’en veux pas ».

2 II y aurait beau­coup moins de faillites bancaires.

Pour la bonne rai­son que les prin­ci­paux cré­di­teurs d’une banque com­mer­ciale et les mieux pla­cés pour l’ac­cu­ler à la faillite sont ses dépo­sants, et ses dépo­sants seraient conten­tés inté­gra­le­ment quoi­qu’il arrive.

3 La dette du gou­ver­ne­ment serait sub­stan­tiel­le­ment réduite.

Pour la bonne rai­son que la Com­mis­sion Moné­taire, qui repré­sente le gou­ver­ne­ment, met­trait la main sur une grande par­tie des obli­ga­tions d’É­tat en cours.

4 Notre sys­tème moné­taire serait simplifié.

Pour la bonne rai­son qu’il n’y aurait plus de dis­tinc­tion essen­tielle entre l’argent dans les poches et l’argent sur compte chèque. Tous nos moyens de paie­ment dans leur inté­gra­li­té seraient de l’argent véritable.

5 L’ac­ti­vi­té ban­caire serait simplifiée.

Aujourd’­hui, il existe une confu­sion en ce qui concerne la pro­prié­té de l’argent. Quand l’argent est dépo­sé sur un compte chèque, le dépo­sant pense encore que cet argent est le sien alors que léga­le­ment, c’est celui de la banque. Le dépo­sant ne détient pas d’argent à la banque, il est sim­ple­ment un cré­di­teur de la banque en tant qu’en­tre­prise pri­vée. Une grande par­tie du « mys­tère » qui entoure l’ac­ti­vi­té ban­caire dis­pa­raî­trait dès que les banques ne seraient plus auto­ri­sées à prê­ter l’argent de leurs clients alors que dans le même temps ces dépo­sants uti­lisent cet argent comme leur argent en payant par chèque. « M. Doo­ley » le Will Rogers de son époque, mit en lumière l’ab­sur­di­té de ce double usage de l’argent quand il décri­vit un ban­quier comme « un homme qui prend soin de votre argent en le prê­tant à ses amis »

Dans le futur, il y aurait une dis­tinc­tion claire entre les dépôts sur compte chèque et les dépôts sur compte épargne. L’argent pla­cé dans un compte chèque appar­tien­drait au dépo­sant, comme n’im­porte quel dépôt en coffre et ne serait rému­né­ré par aucun inté­rêt. L’argent pla­cé dans un compte épargne aurait un sta­tut iden­tique à celui d’au­jourd’­hui. Ce dépôt appar­tien­drait sans équi­voque à la banque. En échange de cet argent, la banque don­ne­rait droit à un rem­bour­se­ment avec inté­rêt, mais n’oc­troie­rait aucune pos­si­bi­li­té de paie­ment par chèque. Le dépo­sant en épargne aurait sim­ple­ment ache­té un inves­tis­se­ment à l’ins­tar d’une obli­ga­tion à inté­rêt et cet inves­tis­se­ment ne néces­si­te­rait pas des réserves inté­grales en argent son­nant, pas plus que n’im­porte quel inves­tis­se­ment en obli­ga­tion ou en action.

Les réserves mini­mum légales pour les comptes épargnes n’ont pas néces­sai­re­ment besoin d’être chan­gées avec l’ar­ri­vée du nou­veau sys­tème pour les dépôts sur compte chèque (même si un ren­for­ce­ment de ces réserves est désirable).

6 Les grandes infla­tions et défla­tions disparaîtraient.

Pour la bonne rai­son que les banques seraient pri­vées de leur pou­voir actuel de créer de l’argent sur compte chèque et de le détruire. En effet, l’oc­troi de prêts n’aug­men­te­rait pas le mon­tant total des moyens de paie­ment et la demande de rem­bour­se­ment des prêts n’en détrui­rait pas. Le volume d’argent sur compte chèque ne serait plus affec­té en fonc­tion de la crois­sance ou de la décrois­sance des sommes prê­tées. L’argent sur compte chèque ferait par­tie inté­grante de la mon­naie véri­table de la nation et le fait qu’il soit ou non prê­té à quel­qu’un n’au­rait aucune réper­cus­sion sur son volume.

Même si tous les dépo­sants devaient reti­rer tout leur argent au même moment ou devaient rem­bour­ser tous leurs prêts en même temps ou devaient tous faire défaut en même temps, le volume d’argent de la nation n’en serait pas affec­té. Cet argent serait juste redis­tri­bué. Ce total serait contrô­lé par son seul émet­teur, la com­mis­sion moné­taire (qui pour­rait aus­si se voir don­ner des pou­voirs en ce qui concerne la thé­sau­ri­sa­tion et la vélo­ci­té, si cela est désiré).

7 Les épi­sodes de boom et de dépres­sions seraient gran­de­ment atténués.

Pour la bonne rai­son qu’ils sont prin­ci­pa­le­ment dus aux infla­tions et déflations.

8 Le contrôle de l’in­dus­trie par les banques ces­se­rait quasiment.

Pour la bonne rai­son que c’est seule­ment en temps de dépres­sion que les indus­tries peuvent en géné­ral tom­ber dans entre les mains des banquiers.

De ces 8 avan­tages, les deux pre­miers s’ap­pli­que­raient prin­ci­pa­le­ment aux États-Unis, le pays des ruées vers les banques et des faillites ban­caires. Les 6 autres s’ap­pli­que­raient à tous les pays ayant un sys­tème de dépôt sur compte chèque. Les avan­tages 6 et 7 sont de loin les plus impor­tants, i.e. la fin de l’in­fla­tion ou de la défla­tion de nos moyens de paie­ment et de ce fait l’at­té­nua­tion des épi­sodes de booms et de dépres­sions en géné­ral et la fin des épi­sodes de grands booms et de grandes dépres­sions en particulier.

OBJECTIONS

Natu­rel­le­ment, une idée nou­velle ou qui le semble, comme celle d’un sys­tème de réserves inté­grales, devrait pro­vo­quer des huées de critique.

Les ques­tions qui vien­dront le plus pro­ba­ble­ment à l’es­prit de ceux qui ont des doutes à pro­pos du sys­tème de réserve inté­grale sont :

1 La tran­si­tion vers le sys­tème 100%, le rachat des actifs par de l’argent nou­vel­le­ment créé, n’aug­men­te­rait-il pas immé­dia­te­ment et très for­te­ment le mon­tant des moyens de paie­ment en cir­cu­la­tion au sein du pays ?

Pas du moindre dol­lar. Il ren­drait sim­ple­ment l’argent dans les poches et l’argent sur compte chèque entiè­re­ment conver­tibles en chan­geant les dépôts exis­tant consti­tués de mon­naie ima­gi­naire en dépôts consti­tués d’argent véritable.

Après la tran­si­tion (et après que le degré pres­crit de refla­tion ait été atteint2), la Com­mis­sion Moné­taire pour­rait aug­men­ter la quan­ti­té de mon­naie en ache­tant des obli­ga­tions et pour­rait la faire décroître en en ven­dant des obli­ga­tions, étant res­treinte dans chaque cas par l’o­bli­ga­tion de main­te­nir les prix ou la valeur du dol­lar au niveau pres­crit avec une pré­ci­sion raisonnable.

Il est cepen­dant inté­res­sant de noter que le main­tien de réserves de 100% et le main­tien d’un niveau des prix sont des pro­blèmes dis­tincts et indépendants.

2 Y aurait-il des actifs de valeur « cou­vrant » le nou­vel argent ?

Le jour sui­vant l’a­dop­tion du sys­tème de réserves inté­grales, le nou­vel argent émis trans­fé­rable par chèque serait cou­vert par exac­te­ment les mêmes actifs, en grande majo­ri­té des obli­ga­tions d’É­tat, qui cou­vraient l’argent sur compte chèque le jour pré­cé­dent, mais ces obli­ga­tions seraient désor­mais en la pos­ses­sion de la Com­mis­sion Monétaire.

L’i­dée selon laquelle il faut que toute mon­naie ou dépôt soit cou­vert des titres comme garan­tie contre une infla­tion galo­pante est tra­di­tion­nelle. Sous le sys­tème actuel (que nous allons appe­ler, par oppo­si­tion, sys­tème 10%), dès que le dépo­sant craint que son dépôt ne puisse lui être four­ni en argent dans les poches, la banque peut (théo­ri­que­ment) vendre des titres contre de l’argent pour rem­bour­ser ses clients paniques. Très bien. Sous le sys­tème 100%, la mon­naie serait cou­verte pré­ci­sé­ment par les mêmes titres et il serait aus­si aisé de vendre ces titres. Mais en plus, il y aurait le cré­dit du gou­ver­ne­ment des États-Unis. En conclu­sion, il n’y aurait plus de dépo­sants paniques, crai­gnant de ne pas pou­voir conver­tir leur dépôt en argent sonnant.

3 L’é­ta­lon or serait-il abandonné ?

Ni plus ni moins qu’il ne l’est aujourd’hui!3 L’or pour­rait avoir exac­te­ment le même rôle que le sien aujourd’­hui, son prix fixé par le gou­ver­ne­ment et son uti­li­sa­tion confi­née prin­ci­pa­le­ment aux règle­ments internationaux.

De plus, un retour au type d’é­ta­lon or que nous avions avant 1933 pour­rait, si on le désire, être effec­tué aus­si faci­le­ment sous un sys­tème 100% que ce ne l’est actuel­le­ment. En réa­li­té, sous le sys­tème 100%, il est pro­bable que notre vieil éta­lon or, s’il était res­tau­ré, fonc­tion­ne­rait tel que cela était vou­lu au départ.

4 Com­ment les banques trou­ve­raient-elles de l’argent à prêter ?

Juste comme elles le font habi­tuel­le­ment aujourd’­hui, à savoir : (1) en prê­tant leur propre argent (leur capi­tal), (2) en prê­tant l’argent qu’elles reçoivent de leur client et pla­cé sur des comptes épargne ( ne pou­vant pas être uti­li­sé pour payer par chèque ), (3) en prê­tant l’argent rem­bour­sé sur les prêts échus.

Sur le long terme, il y aurait pro­ba­ble­ment beau­coup plus d’argent à prê­ter, car il y aurait plus d’é­pargne créée et donc dis­po­nible à prê­ter. Mais ici une telle expan­sion des prêts, une expan­sion natu­relle pro­vo­quée par une expan­sion de l’é­pargne, n’im­pli­que­rait pas néces­sai­re­ment une quel­conque aug­men­ta­tion de la mon­naie en circulation.4

La seule nou­velle limi­ta­tion du cré­dit ban­caire serait une limi­ta­tion saine. Aucune somme ne pour­rait être prê­tée s’il n’y a pas d’argent dis­po­nible à prê­ter. Ain­si, Les banques ne pour­raient plus sur­prê­ter en créant de l’argent à par­tir de rien de manière à créer de l’in­fla­tion et un boom.

En plus des trois sources de fonds prê­tables citées pré­cé­dem­ment (capi­tal de la banque, épargne, et rem­bour­se­ment), il sera pos­sible pour la com­mis­sion moné­taire de créer de l’argent et de le trans­mettre aux banques en rache­tant des obli­ga­tions. Cepen­dant, l’é­mis­sion de nou­velle mon­naie serait res­treinte par l’o­bli­ga­tion fon­da­men­tale d’empêcher une hausse des prix au des­sus d’un cer­tain niveau pres­crit, mesu­ré par un indice des prix convenable.

5 Les ban­quiers seraient-ils pénalisés ?

Au contraire :

(a) Ils par­ta­ge­raient les bien­faits glo­baux dont tire­rait la nation d’un sys­tème moné­taire plus solide et d’une pros­pé­ri­té retrou­vée. En par­ti­cu­lier, ils rece­vraient plus de dépôts sur les comptes épargnes.

(b) Ils seraient dédom­ma­gés (en fac­tu­rant leurs ser­vices ou autre­ment) de toute perte de pro­fit due à la mise en place de réserves intégrales.

(3) Les banques seraient pra­ti­que­ment libé­rées du risque de futures paniques ban­caires et de faillites.

Les ban­quiers n’ou­blie­ront pas de sitôt ce qu’ils ont subi lors de la course à la liqui­di­té des années 1931–33, cha­cun pour soi et les der­niers sont dému­nis. Un tel mou­ve­ment de foule serait impos­sible sous le sys­tème 100% car une liqui­di­té de 100% serait assu­rée à tout moment par chaque banque sépa­ré­ment, indé­pen­dam­ment de ce que font les autre banques.

6 Ce plan consis­te­rait-il en une natio­na­li­sa­tion de la mon­naie et des banques ?

De la mon­naie, oui. De l’ac­ti­vi­té ban­caire, non.

EN CONCLUSION

La pro­po­si­tion d’un sys­tème de réserves inté­grales est tout sauf radi­cale. Ce qui est deman­dé, en prin­cipe, est un retour depuis l’ex­tra­va­gant et rui­neux sys­tème d’au­jourd’­hui consis­tant à prê­ter le même argent 8 à 10 fois au bon vieux sys­tème de dépôt en coffre des orfèvres , avant qu’ils ne se mettent de manière inap­pro­priée à prê­ter l’argent qu’on leur avait remis pour être mis en coffre. C’est cet abus de confiance qui, après avoir été accep­té comme une pra­tique stan­dard, nous a pro­gres­si­ve­ment ame­né vers le sys­tème de dépôt ban­caire moderne. Du point de vue poli­tique cela reste un abus. Ce n’est désor­mais plus un abus de confiance, mais ce sont les fonc­tions ini­tiales des prêts et des dépôts qui sont abusées.

L’An­gle­terre a effec­tué une réforme et un retour par­tiel au sys­tème de réserves inté­grales des orfèvres quand, il y a presque un siècle, le Bank Act a été voté requé­rant des réserves inté­grales pour tous les billets de la Banque d’An­gle­terre émis au-delà d’une cer­taine limite (et éga­le­ment pour les billets de toutes les autres banques émet­trices qui exis­taient à cette époque).

Le pro­fes­seur Frank D. Gra­ham de Prin­ce­ton, dans une décla­ra­tion favo­rable à ce plan de réserves inté­grales, a dit du pré­sident Adams qu’il « dénon­çait l’é­mis­sion de billets par des banques pri­vées comme une fraude à ren­contre du public. Il était sou­te­nu sur ce point par toutes les forces conser­va­trices de son temps. »

En conclu­sion, pour­quoi conti­nuer à pra­ti­que­ment délé­guer aux banques en l’é­change de rien une pré­ro­ga­tive du gou­ver­ne­ment ? Cette pré­ro­ga­tive est défi­nie comme il suit par la consti­tu­tion des États-Unis (Article 1, sec­tion 8) : « Le congrès aura le pou­voir […] de frap­per la mon­naie et de régu­ler la valeur de celle-ci ». On peut pra­ti­que­ment dire, voire dire avec cer­ti­tude, que toutes les banques de dépôt sur compte chèque frappent la mon­naie et ces banques, dans leur ensemble, régulent, contrôlent ou influencent la valeur de celle-ci.

Les défen­seurs du sys­tème moné­taire actuel ne peuvent hon­nê­te­ment pré­tendre que sous le joug d’une foule de petits centres d’é­mis­sion moné­taire pri­vés, le sys­tème a bien fonc­tion­né. Si c’é­tait le cas, nous n’au­rions pas vu dis­pa­raître 8 mil­liards de dol­lars sur 23 de nos comptes chèque.

Si nos ban­quiers veulent conti­nuer à com­mer­cia­li­ser la fonc­tion essen­tielle de l’in­dus­trie ban­caire, le prêt, ce qu’ils peuvent effec­tuer mieux que le gou­ver­ne­ment, ils doivent être prêts à aban­don­ner la fonc­tion d’é­mis­sion moné­taire qu’ils ne peuvent effec­tuer aus­si bien que le gou­ver­ne­ment. S’ils arrivent à conce­voir cela et pour une fois disent « oui » au lieu de « non » à ce qui semble peut-être pour eux une pro­po­si­tion nou­velle, il n’y aura pro­ba­ble­ment plus d’op­po­si­tion impor­tante à ce projet.

(…)

___________

Notes

1 En pra­tique, cela pour­rait être en grande par­tie des « cré­dits » sur les comptes de la Com­mis­sion tant que la Com­mis­sion se tient prêt à four­nir cet argent à la demande, car très peu d’argent tan­gible serait deman­dé aux banques, encore moins qu’aujourd’hui.

2 Voir le cha­pitre VI.

3 NDT : L’é­ta­lon-or avait été aban­don­né en 1933 aux États-Unis, soit deux ans avant la pre­mière publi­ca­tion de cet ouvrage.

4 Voir Cha­pitre V

(Fin du cha­pitre 1 de 100% Money de Irving Fisher (1935), tra­duit par Natha­naël Faibis).

À par­tir des docu­ments publiés par Natha­nael, j’ai moi-même com­po­sé un docu­ment bilingue anglais/français qui per­met­tra à cha­cun de lire Fisher dans le texte ori­gi­nal avec la tra­duc­tion en vis-à-vis :

Irving_Fisher_100_MONEY_chapitre_1_bilingue.pdf.

Ce vieux livre est le meilleur résu­mé de nos ana­lyses actuelles sur la mon­naie : c’est court, c’est clair, c’est puis­sant, et c’est LA solu­tion aux crises rui­neuses consé­quences du sys­tème maf­fieux de la mon­naie-dette, et ça date de 70 ans… et, comme par hasard, il n’est ni repu­blié, ni tra­duit dans toutes les langues du monde. Vous avez dit bizarre ? Cher­chez à qui pro­fite le crime.

Que Natha­naël soit ici publi­que­ment et cha­leu­reu­se­ment remer­cié : Citoyen Fai­bis, mer­ci : tu as ren­du au peuple un vrai grand ser­vice public.

Vive­ment que le livre entier soit publié sur le net !
Dépêche-toi, Natha­naël !
🙂

Mise à jour (octobre 2010) :

Natha­naël a accep­té de publier inté­gra­le­ment sa traduction !

Voyez : money​.fr

Il faut le remer­cier et l’ai­der. On peut lui don­ner de l’argent sur son site ; c’est important.

Vous êtes par­fai­te­ment libre de le faire ou pas.

Étienne.

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Étienne

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101 Commentaires

  1. A-J Holbecq

    Le 19 mai 2010 à 11:45 , sur le blog de Jorion, l’a­mi Sam fait un inté­res­sant com­men­taire (ce qui suit est extrait du blog « post­jo­rion » ; http://​post​jo​rion​.word​press​.com/​2​0​1​0​/​0​5​/​2​3​/​9​6​-​i​r​v​i​n​g​-​f​i​s​h​e​r​-​s​a​m​-​j​o​r​i​o​n​-​a​l​e​x​a​n​d​r​e​-​e​t​-​c​o​n​s​o​r​ts/ )

    Sam

    Pour en reve­nir au point cen­tral et prin­ci­pal de mon mes­sage, le même rai­son­ne­ment m’amène à consta­ter qu’en fait, Paul Jorion semble prô­ner la même chose que tous ces « éco­no­mistes (qui, d’a­près lui) se sont trom­pés » ! A savoir, pré­ci­sé­ment, l’établissement d’un régime moné­taire et finan­cier dans lequel il sera hors de ques­tion de trai­ter une recon­nais­sance de dette comme de la mon­naie… Génial, Paul Jorion est lui aus­si pour le « 100% money », pour la même rai­son qui le conduit à pen­ser que les autres se trompent ! Très fort…

    Ce pas­sage lui vaut les foudres de Cra­paud rouge …

    Pour­quoi n’avoir pas com­men­cé par nous dire ce que ce « 100% mon­naie » signi­fie pour vous au lieu de nous faire d’abord ava­ler vos trois siècles d’histoire moné­taire pour en arri­ver à cette conclu­sion qui montre que vous n’avez rien compris ?

    … et de Julien Alexandre (qui en pro­fite pour faire un peu de publi­ci­té pour son Maître à penser)

    A défaut de lire « L’argent, mode d’emploi », faites un tour sur les billets « mon­naie » du blog et vous consta­te­rez que le 100% money a été débat­tu et réfu­té des dizaines de fois

    Sam rétorque :

    Ce ne sont pas des argu­ments. Expli­quez-vous donc. Je n’ai rien contre les gens avares en parole pour­vu qu’ils ne vous prennent pas de haut. Ques­tion d’égalité dans le temps pas­sé à s’instruire. J’ai pas­sé assez de dizaines d’heures à lire les pages « mon­naie » de ce blog pour ne pas vous lais­ser le loi­sir de la flemme. Allez, réfu­tez, réfu­tez donc. Mais je crois que vous n’avez pas sai­si le but pre­mier de mon mes­sage, qui est de deman­der à M. Jorion ce qu’il veut, fina­le­ment, en matière de régime moné­taire. C’est d’après ses propres expli­ca­tions que je conclus que la seule mon­naie qu’il recon­nait est celle dont la contre­par­tie est un enga­ge­ment de l’État. Je dis : très bien, moi aus­si. So what ?

    Pour finir Julien Alexandre botte en touche, mais sa der­nière phrase (ici en gras) est carac­té­ris­tique de sa totale incom­pré­hen­sion du 100% money et des pro­po­si­tions de Fisher.

    Je n’ai mal­heu­reu­se­ment pas le loi­sir d’engager sys­té­ma­ti­que­ment un nou­veau débat avec tout nou­veau lec­teur remet­tant le cou­vert sur la mon­naie. Je le ferais volon­tiers tou­te­fois si vous avan­ciez des argu­ments qui n’ont pas été lon­gue­ment débat­tus sur ce blog. Ce n’est pas le cas, et c’est la rai­son pour laquelle pour ce qui concerne le 100% money, je vous ren­voie aux billets et com­men­taires pré­cé­dents sur la mon­naie.Je réponds néan­moins à votre ques­tion : ne pas assi­mi­ler les recon­nais­sances de dette à de la monnaie.

    Ceci amène donc une ques­tion à 10 balles à Jorion, Alexandre et consorts :

    ET QUE PROPOSE DONC FISHER ?! SI CE N’EST DE NE PAS ASSIMILER LES RECONNAISSANCES DE DETTE A DE LA MONNAIE, CECI 75 ANS AVANT JORION ???

    Mani­fes­te­ment ils n’ont jamais lu Fisher, ou, s’ils l’ont lu, ils n’ont rien compris…

    Réponse
  2. OlivierAuber

    Bon­jour Etienne,

    Je pro­fite de cette petite case sous cet inté­res­sant article pour vous faire un signe. Je suis comme vous un ancien com­bat­tant du Refe­ren­dum de 2005 lors duquel j’a­vais créé avec des amis NOTRE​CONS​TI​TU​TION​.NET, un ver­sion wiki­fiée du TCE afin que les gens puisse au moins le lire dans de meilleures condi­tions, qui s’est révé­lé être le pre­mier texte juri­dique entiè­re­ment hyper­texte (notam­ment avec la fonc­tion « back­links » sous chaque article)…

    Aujourd’­hui, c’est une autre ini­tia­tive qui m’a­nime : http://​appel​pour​le​re​ve​nu​de​vie​.org

    Si vous pou­viez lui faire l’hon­neur de la visiter ?

    Ami­ca­le­ment

    OA

    Réponse
  3. cooli

    Mer­ci Etienne,

    Ce livre ayant 70 ans, traite t‑il des rai­sons pour lequel le sys­teme x% actuel (x < 10) a été mis en place, par quel groupes et dans quel but ?

    Je vais voir ca de ma propre lecture.

    Mais si un etat vou­drait mettre en place une solu­tion comme le sys­tem « 100% money », il fau­drait com­prendre les résis­tances des « pos­sé­dants » (http://blog.mondediplo.net/2010–05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des), afin de pou­voir les contourner.

    Autre­ment, la toute puis­sance des pos­sé­dants ne laisse pas grande chance aux peuple de com­prendre, voir la solu­tion et la mettre en place.

    Réponse
  4. A-J Holbecq

    @cooli

    Le sys­tème actuel (réserves par­tielles) a été mis en place vers 1665 lorsque les orfèvres, jusque là simple « gar­diens de valeurs » se sont mis a émettre plus de cer­ti­fi­cats de dépôts qu’il n’a­vaient de valeurs en contre­par­tie et sont donc deve­nus des « banks­ters », émet­teurs de fausse monnaie.
    (vous trou­vez le détail de cette magouille dans mon livre « Argent, dettes et banques »)

    Réponse
  5. sam

    J’a­vais mal com­pris : il l’a tra­duit entiè­re­ment en fran­çais ? Étienne, AJH, savez-vous si on peut s’en pro­cu­rer une copie quelque part ?

    Réponse
  6. Antoine_de_paris

    Bon­jour à tous et toutes,

    je viens de lire éga­le­ment un livre qui traite de l’U­nion euro­péenne en plein dans le sujet ! C’est l’  »Hor­reur euro­péenne », de Fré­dé­ric Viale (chez Tata­mis), pré­fa­cé par Susan George. 

    C’est per­cu­tant et bien écrit. En ces temps de crise « grecque » (en fait euro­péenne), il y a là des thèses à faire connaître.

    Mer­ci pour votre travail.

    Antoine

    Réponse
  7. Lol

    Jorion comme Natha­naël Fai­bis sont tota­le­ment archaïques. Ce n’est rien com­prendre à l’é­vo­lu­tion de la mon­naie et de la finance moderne. Certes, les Banques ont besoin d’être sur­veillées et régu­ler. Mais cette concep­tion mal­thu­sienne de la mon­naie est tota­le­ment dépassée.

    Réponse
  8. A-J Holbecq

    @Lol

    Le 100% money n’im­pose pas une concep­tion mal­thu­sienne de la mon­naie (je sup­pose que vous pen­sez – à tort – que dans le 100% la quan­ti­té de mon­naie est limitée?)

    Non, le 100% mon­naie signi­fie sim­ple­ment qu’il doit y avoir la même quan­ti­té de mon­naie cen­trale (base moné­taire) en contre­par­tie de la mon­naie scripturale.

    Mais il est vrai que, dans ce cas, la BC pilo­te­ra l’aug­men­ta­tion sou­hai­tée de la masse moné­taire : nous évi­te­rons peut être ain­si une nou­velle crise due à une émis­sion incon­si­dé­rée de cré­dits par la « finance moderne », ayant abou­ti à la crise que nous connaissons.

    Avec 2% de réserves obli­ga­toires, com­ment la Banque cen­trale pour­rait-elle régu­ler la quan­ti­té de cré­dits, sur­tout que les banques « to big to fail » savent qu’elles n’ont qu’à se retour­ner vers les BC pour obte­nir les liqui­di­tés dont elles ont besoin et que la BC ne peut, dans ce cas, le leur refuser.

    Réponse
  9. Étienne

    @ Lol :

    RIEN de mal­thu­sien dans le texte de Fisher, puisque la Com­mis­sion Moné­taire (organe public) crée ou détruit autant de mon­naie que néces­saire. C’est l’in­tel­li­gence même, mais cette fois au ser­vice du plus grand nombre ; c’est peut-être cette nou­veau­té qui vous chif­fonne, ou vous dépasse.

    Il ne suf­fit pas de pré­tendre qu’une idée est dépas­sée : il faut le prou­ver. Bon courage 😉

    Étienne.

    Réponse
  10. Tarass Boulba @ LeucoCircus

    Ref 27 mai 2010 à 14:20
    <blo­ck­quote> la BC pilo­te­ra l’aug­men­ta­tion sou­hai­tée de la masse moné­taire : nous évi­te­rons peut être ain­si une nou­velle crise due à une émis­sion incon­si­dé­rée de cré­dits par la « finance moderne », ayant abou­ti à la crise que nous connaissons.</blockquote>
    – - – – - – - – - – - – — -
    Contexte :
    La Dette de la France vient de grim­per de 1000 mil­liards € à 1600 milliards €
    En sus, récem­ment l’eu­ro a per­du 50% de sa valeur par rap­port au dollar

    Q1 : En repre­nant l’ex­pres­sion de la cita­tion « émis­sion incon­si­dé­rée », est-ce que pas­ser de 1000 mil­liards à 1600 miliards est une « émis­sion inconsidérée »

    Q2 : Qui à la BCE ? … ou ailleurs … FMI (=Usa) ? … BRI [ 4 topCréanciers) ?
    <blo­ck­quote> Ah non ! Lagarde ne doit pas faire ceci, mais au contraire cela, très pré­ci­sé­ment </blockquote>

    Q3 : « L’aug­men­ta­tion souhaitée »
    Qui rem­bourse les 1600 mil­liards d’é­chéances à payer et simul­ta­né­ment les inté­rêts per­pé­tuel­le­ment récur­rents (« revol­ving ») sur ces 1600 mil­liards ? … Inté­rêtes en outre émi­nem­ment instables vers la hausse
    Sup­po­sons A, B, C :
    A : il existe quelques ache­teurs étran­gers pour acqué­rir 10 mil­lions de loge­ments de France.
    B : Votre « Grand Déci­deur » BCE ou autre : FMLI=Usa ou BRI ou (votre choix) sort sa déci­sion : 8 mio de fran­çais sont à taxer-tondre-déca­pi­ter-(…) pour rem­bour­ser la dette
    C : 8 mil­lions de pro­prié­taires fran­çais vendent leur loge­ment 200.000 € pour contri­buer à l’ef­fort de guerre Roya­lo­Ré­ga­lien­Pi­rate pour ne pas avoir la tête coupée

    A com­bien arriverait-on ?
    Ah tiens 1600 mil­liards. Bien

    C’est un début
    Et pour les inté­rêts bancaires
    Pen­dant 50 ans ? 30 ans ? 10 ans ?

    … Et pour man­ger, on fait comment ?

    Réponse
  11. ¤¤¤ (nom de dompteur à trouver) @ LeucoCircus

    La ques­tion Q2
    Qui déci­de­rait pour les Fran­çais selon l’es­poir des euro­péa­nistes (…) de ce blog ?

    Ajou­tons :
    Qui décide déjà à la place des français ?

    Réponse
  12. A-J Holbecq

    @Tarass Boul­ba @ LeucoCircus

    Tant que vous n’au­rez pas com­pris que ce sont les banques com­mer­ciales qui créent « la mon­naie » (par moné­ti­sa­tion de créances), vous ne ferez que dépla­cer le pro­blème. (Mais je n’ai plus d’es­poir… on a essayé de vous expli­quer de mul­tiples manières sur « post­jo­rion »… sans suc­cès, à moins que vous n’ayez déci­dé, ces der­niers temps, de creu­ser un peu la ques­tion et d’en­le­ver vos oeillières.)

    La Grèce peut vendre ses iles,l a France peut vendre ses mai­sons, et pour­quoi pas le Mont St-Michel, le Mont Blanc ou la tour Eif­fel, soit… so what ? Et alors ?

    Les ache­teurs devront les finan­cer par créa­tion moné­taire ban­caire (nou­velle ou exis­tante) et c’est donc tou­jours les banques qui seront créan­cières : vous trans­fé­rez une dette d’E­tat sur une dette pri­vée, même étrangère…

    Les 3 seules solu­tions sont :

    - grosse inflation

    - répu­dia­tion de la dette

    - moné­ti­sa­tion pro­gres­sive des dettes publiques et inté­rêts par la BCE ou la Banque de France (si nous reve­nons à des mon­naies natio­nales : pro­ba­bi­li­té maximale)

    Exemple de la solu­tion « moné­ti­sa­tion pro­gres­sive des dettes publiques »
    (au niveau de la France, mais extra­po­lable pour les 7000 Md€ de dette publique des pays de la zone euro):

    La dette à fin 2009 atteint sen­si­ble­ment 1500 mil­liards d’euros, géné­rant par des inté­rêts à payer à 4% une dette sup­plé­men­taire de 60 mil­liards par an.

    Pour la sim­pli­fi­ca­tion de l’explication, admet­tons ici que la banque cen­trale décide de moné­ti­ser tous les ans 100 mil­liard d’obligations arri­vant à échéance, plus les inté­rêts dus sur le solde au taux moyen de 4%, et sup­po­sons que le bud­get des Admi­nis­tra­tions publiques est équi­li­bré hors inté­rêts à payer.

    L’année 1, la banque cen­trale devrait donc moné­ti­ser 100 + (1500 x 4%) =160 Md€ qu’elle trans­fè­re­rait au Tré­sor Public pour paie­ment des titres de dette arri­vant à échéance.

    La seconde année la dette serait ain­si réduite à 1400 mil­liards. La banque Cen­trale moné­ti­se­rait 100 + (1400 x 4%) = 156 Md€

    Les années sui­vantes ver­raient les besoins de moné­ti­sa­tion sui­vants : 152, 148, 144, 140, 136, 132, 128, 124, 120, 116, 112, 108, 104, 100, et le solde de dette (hors banque cen­trale) bais­se­rait chaque année de 100 Md€.

    Et donc la 16° année le capi­tal de la dette de 1500 Md€ plus les inté­rêts payés de 480 Md€, soit un total d’environ 2000 Md€, seraient donc « gelés » sous forme de nou­velles obli­ga­tions du Tré­sor (OATI : Obli­ga­tions du Tré­sor à Terme Indé­fi­ni), sans inté­rêts à payer, par un trans­fert total à la Banque de France qui rap­pe­lons-le, est pro­prié­té à 100% de la Nation.

    Cette mon­naie s’intégrerait effec­ti­ve­ment en plus dans le cir­cuit éco­no­mique, mais sur une longue période, sans risque d’inflation !

    Réponse
  13. Alain

    Un sys­tème qui sau­ve­rait le capi­ta­lisme en lui évi­tant ses crises, le capi­ta­lisme n’en veut pas, car la « crise » est son mode de vie : il s’a­git régu­liè­re­ment de « remettre les comp­teurs à zéro, afin de main­te­nir le taux de pro­fit néces­saire au capi­tal en déva­luant le travail.

    Quand cela devient inte­nable « poli­ti­que­ment », la « crise » est néces­saire, à la fois comme « ali­bi » aux tra­hi­sons poli­tiques, et comme méca­nisme « natu­rel » de pro­duc­tion d’une main d’oeuvre « sou­mise à la force des choses ».

    L’in­tui­tion de cela est par­ta­gée en Europe quant à la volon­té de ses diri­geants de la cas­ser en tant que « pro­jet popu­laire » ris­quant de remettre en cause la domi­na­tion du dol­lar, domi­na­tion utiles aux capitalistes.

    Bien sûr, on pour­ra me dire « tais-toi et lis », mais cette soupe com­mence à me gonfler..NA !

    Réponse
  14. Alain

    Les « Non­nistes du 29 mai 2005 » posèrent magis­tra­le­ment la ques­tion qui est pas­sée sous silence aujourd’hui :

    Entre mar­chés et peuples, qui doit « déci­der » des conte­nus d’une éven­tuelle « gou­ver­nance européenne » ?

    L’Europe est dans une crise sans pré­cé­dent. Com­ment pré­tendre la refon­der sans rele­ver le « défi démo­cra­tique » qu’elle pose ?

    Sans libé­rer l’Union euro­péenne de la tutelle des marchés ?

    Et com­ment finan­cer un déve­lop­pe­ment sain à l’abri des spéculateurs.

    Cela concerne la capa­ci­té du sys­tème de banques cen­trales à créer de la
    mon­naie à par­tir de rien, sans avoir à rému­né­rer du capi­tal spéculatif.

    Cela implique le chan­ge­ment radi­cal de la concep­tion de la Banque cen­trale euro­péenne. Et la dénon­cia­tion de la phi­lo­so­phie du pacte de sta­bi­li­té, qui rationne les dépenses publiques. Cela sup­pose d’aller dans le sens d’une inno­va­tion attendue :

    le cré­dit sélectif.

    Le simple bon sens vou­drait que l’on n’accorde pas un cré­dit de la
    même manière selon les cri­tères choi­sis par les peuples eux-mêmes, peuples qui dans une vraie confi­gu­ra­tion démo­cra­tique sau­raient dis­tin­guer entre cré­dit et crédit :

    -d’une part à une entre­prise dont l’investissement pro­duit de l’emploi, élève la for­ma­tion des sala­riés, favo­rise la recherche ou la défense de l’environnement, ou à un pays pour créer des richesses durables et utiles…

    -d’autre part à des inves­tis­se­ments qui servent à finan­cer des opé­ra­tions spé­cu­la­tives et/ou com­pro­met­tantes pour l’environnement ou la PAIX…

    Com­bien va au mar­ché ? Com­bien va aux peuples ? Là est l’enjeu de cette bataille sur les cri­tères et sur les taux d’intérêt.

    Renon­cer à poser cette ques­tion revien­drait à capi­tu­ler devant les exi­gences du marché.

    Réponse
  15. Catherine

    Ils sont où les peuples dites-moi Alain ?

    Per­dus qu’ils sont, semble-t-il, dans un no man’s land indé­ter­mi­né et indé­ter­mi­nable, le fait qu’on en parle autant des peuples, prouve bien qu’ils sont in-ex-istants.

    Du vir­tuel, du fur­tif, voi­là ce que sont les peuples aujourd’­hui. Une idéo­lo­gie osten­ta­toire qui vient mani­fes­ter crû­ment son dépouillement.

    Le dépouille­ment de néga­tion, le dépouille­ment de mino­ri­sa­tion, voi­là ce que signi­fie à mon sens ce lan­ci­nant rado­tage du « peuple » qu’on psal­mo­die à toutes les sauces et sous tous les frontons.

    On, ce fou­tu « on » indé­fi­ni, vague et sans contours pré­cis, « on » s’en reven­dique, les uns, les autres du « bon » peuple, car il est tou­jours « bon » le peuple, n’est-ce-pas, n’a­vez-vous pas remarqué ?

    Mais on ne sait pas trop où ils sont ces peuples si peu peu­plés, où se cachent-ils dites-moi, ce sont des ombres et plus on les exalte, en tant qu’ayant droit de plein droit, plus on observe qu’ils sont réduits au silence de plus en plus silen­cieux, ne trou­vez-vous pas ?

    Le culte du peuple sert à voi­ler ce que nos yeux se refusent à voir, his­toire de se don­ner bonne conscience.

    Je ne vous adresse nul­le­ment ce reproche Alain, car ce reproche est géné­ra­li­sé, c’est celui que l’on peut vous faire, c’est celui que l’on peut me faire, c’est celui que cha­cun et cha­cune a à confron­ter avec ce qu’il est et ce qu’il fait de ce qu’il est.

    C’est à notre compte que nous devons nous battre, pour notre propre compte, sans évo­quer ce peuple abs­trait qui nous enterre, vous devez vous battre pour vous Alain, comme je dois me battre pour moi, et tous ces com­bats réunis feront que dans l’un se retrou­ve­ra le tout, car l’un sym­bo­lise le prin­cipe du tout, il résonne de lui, et plu­tôt que d’in­vo­quer le tout sans que per­sonne n’en­tende, ce qui ma foi se com­prend assez bien, soyons un peu plus modeste et tis­sons l’é­toffe du tout à par­tir de notre fil per­so, la chaîne et la trame se croi­se­ront alors et peut-être qu’ain­si ces croi­se­ments offri­ront de plus joyeuses ren­contres que ces hypo­thé­tiques appels que plus per­sonne n’entend !

    Réponse
  16. Alain

    Bon­soir Catherine…Je parle des peuples qui ont dit NON à cette Europe, et que « l’on » a fait mine de ne pas entendre, de ceux qu’on n’a pas dai­gné consul­ter « démo­cra­ti­que­ment », et de ceux qui vont des­cendre dans la rue par la « force des choses ». je parle des peuples qui sont niés par leurs « élites diri­geantes », et du « défi démo­cra­tique » consis­tant pour ces peuples à démon­trer qu’ils existent avec des droits fon­da­men­taux indi­vi­duels et col­lec­tifs. La confron­ta­tion est inévi­table entre « les peuples » et ceux qui font mine de croire que jamais « on » ne rece­vra la giffle méri­tée, le coup de pied de la mule du Pape. Cette arrogance,les domi­nés en sont par­fois com­plices dans leur bel indi­vi­dua­lisme un tan­ti­net mazo…cette « bur­ka men­tale » qu’on jure être sa « liberté »…

    Réponse
  17. gilles

    Bon­jour Alain et Catherine,
    la direc­tion du Par­ti Com­mu­niste Fran­çais se gar­ga­rise à lon­gueur de jour­née avec la notion d’ « Europe des peuples. »
    Cathe­rine a judi­cieu­se­ment dis­si­pé les illu­sions concer­nant l’u­ti­li­sa­tion rhé­to­rique du mot « peuple », « peuple » que l’on convoque tou­jours, mais dont on entend tou­jours ce que l’on veut bien entendre.
    Quant à moi, c’est à l’u­sage fal­la­cieux du mot Europe, que je vais m’attaquer.

    L’Eu­rope, nous l’a­vons déjà, c’est la par­tie occi­den­tale du conti­nent eur­asia­tique, nous ne pou­vons pas dire NON à la géo­gra­phie. Le NON, c’est au moins à ce type de « construc­tion euro­péenne » qu’il s’a­dresse quand ce n’est pas comme pour ma part le NON à tout type de « construc­tion euro­péenne », mais sur cette der­nière dis­tinc­tion, je revien­drais plus tard. Les mots ont un sens et l’a­mal­game entre la notion, obli­gée, non-modi­fiable, géo­gra­phique d’« Europe » et la notion poli­tique, cen­sée être choi­sie, de « construc­tion euro­péenne » est une escro­que­rie depuis le début qui veut faire déteindre le non-choix, l’o­bli­ga­tion de la géo­gra­phie vers le non-choix, la poli­tique cen­sée être obli­ga­toire de « construc­tion euro­péenne ». Chaque fois que le PCF uti­lise le mot « Europe » alors qu’il s’a­git de poli­tique et qu’il devrait soit uti­li­ser soit UE pour le résul­tat actuel ou « construc­tion euro­péenne » pour dési­gner le pro­ces­sus, il se piège lui-même dans le non-choix impli­qué par ce mot. Que peut faire le peuple convo­qué par un par­ti pié­gé par les mots de l’i­déo­lo­gie domi­nante, sinon s’en détourner ?

    Claude Guillon est un com­mu­niste liber­taire que je viens de décou­vrir, je ne résiste pas à vous faire par­ta­ger son texte : « Le mili­tan­tisme, stade suprême de l’aliénation. »

    Réponse
  18. Catherine

    L’ab-surde se pose sur la sur­di­té comme nous le dit si jus­te­ment l’é­ty­mo­lo­gie, et la sur­di­té, c’est le ferment de l’au­tisme que nous vivons pré­sen­te­ment à tous les niveaux des échanges humains.

    Et quand le mess-age ne passe pas, qu’est-ce qui se passe ?

    Il y a souf­france inévi­ta­ble­ment, et la souf­france vient témoi­gner de la mort rela­tion­nelle, au même titre qu’un tis­su se nécrose, se mor­ti­fie quand il n’est plus irri­gué par le sang.

    Le mes­sage, c’est quoi, dites-moi, si ce n’est l’éner­gie qui vient expri­mer le vivant.

    Si celui-ci ne peut s’ex­pri­mer, ou s’il le peut semble-t-il, mais que dans les faits il n’est pas enten­du, cela revient au bout du compte à le rendre in-exis­tant, la parole du mes­sage est alors muti­lée, mor­ti­fiée, niée, assas­si­née, elle n’existe pas car on ne lui donne pas SA place, la place qui lui revient pour­tant de droit.

    Mais cerise sur le gâteau, c’est pour­tant le peuple qui vient ser­vir de jus­ti­fi­ca­tion à cette farce macabre dont nous sommes les témoins peu glo­rieux à force de res­pec­ter les règles du jeu qui nous font prendre des rôles à contre-emploi !

    C’est au niveau des mes­sages que ça ne passe pas. Les mes­sages sont envoyés, mais y’a per­sonne pour accu­ser récep­tion de l’in-for­ma­tion qu’ils contiennent, alors pour dé-pas­ser ce dire qui ne sau­rait se dire que super­fi­ciel­le­ment sans jamais faire chair
    Le peuple peut et doit se dire, s’ap­pe­ler, s’in­vo­quer, jus­ti­fier l’in­jus­ti­fiable, on adore le peuple, on en appelle à lui pour ser­vir de « preuve » de la haute estime en laquelle on le tient, et on le sait bien plus le modèle est par­fait, plus on auto­rise le rejet du concret !

    Réponse
  19. Alain

    OUI, je ne repré­sente que moi ici comme cha­cun et pas le PCF à quoi vos pré­ju­gés font dire ce que ni moi ni « çà » (votre péju­gé de PCF) ne dit.

    Il me semble que le res­pect des per­sonnes passe par l’ar­rêt des « pro­cés en imbé­ci­li­té » qu’on leur fait car on a ses images dis­cri­mi­nantes de peuple colon « supérieur »…
    quel­que­part ! En effet, cha­cune des « libres per­sonnes » que nous sommes hérite d’une ten­dance au mépris de l’autre, car elle appar­tient à un « peuple » qui a bien vécu en pro­prié­taire de colo­nies : il doit tou­jours y avoir une race infé­rieure, désor­mais c’est faute d’au­tre­chose le coco qui n’au­rait pas l’in­tel­li­gence de par­ta­ger nos pré­ju­gés bien fabri­qués par le système…

    Non Gilles, le PCF ne dit pas ce vous croyez que je répète !

    Réponse
  20. gilles

    Alain, si tu veux être res­pec­té, défends tes opi­nions, ne change pas de sujet quand cela te dérange. Cette fois-ci, tu pars sur l’im­pé­ria­lisme, mais sache que d’où qu’il vienne, impé­ria­lisme euro­péiste ou fran­çais, j’y suis oppo­sé. J’ai­me­rais que tu donnes ton opi­nion sur l’a­mal­game entre les dif­fé­rentes notions :

    • celle fixe et géo­gra­phique d’Europe,
    • celle cen­sée être choi­sie, vou­lue ou reje­tée, pro­pre­ment poli­tique du pro­ces­sus de « construc­tion européenne »
    • celle poli­tique, du résul­tat actuel du pro­ces­sus pré­cé­dent : l’UE, accep­tée comme légi­time ou récu­sée dans sa légitimité

    Amal­game euro­péiste : La « construc­tion euro­péenne » serait natu­relle, c’est de la géo­gra­phie, mes­sieurs-dames, on n’a pas besoin de votre avis, allez, hop circulez.

    Réponse
  21. Alain

    L’Eu­rope d’un alter­mond, elle se construit tout comme l’A­frique se construi­ra, l’A­mé­rique dite « latine »(indienne), et un monde dif­fé­rent, dont les peuples for­me­ront le peuple de la pla­nète, pas le « peu­ple­ment » : tout cela ne va pas vers le renie­ment des dif­fé­rences, ni for­cé­ment la perte des sou­ve­rai­ne­tés natio­nales, (à voir, selon l’his­toire des soi-disant nations, résul­tats de rap­ports de force tout aus­si anti­dé­mo­cra­tiques que « l’UE » des banquiers).

    Essayons bien sûr de nom­mer judi­cieu­se­ment les choses, mais ne soyons pas tout de même pri­so­niers des mots :

    Le peuple euro­péen n’existe pas, mais en deve­nir, dans la lutte conver­gente actuelle contre l’illé­gi­tim­té de « l’UE », der­rière le « NON », il y a un oui fédé­ra­teur en train de se construire dans ce que j’ap­pel­le­rais un pro­ces­sus popu­laire commun…

    Voi­la ce que je pense, refu­sant les sacra­li­sa­tions défi­ni­tives de mots deve­nant par­fois vidés de sens et seule­ment des­ti­nés à entrer dans des conflits sur le sexe des anges.

    J’u­ti­lise le mot « peuple » car une fonc­tion révo­lu­tion­naire est der­rière, « consti­tuante » comme résul­tat poten­tiel des luttes émancipatrices..avant le « peuple de France », il y avait quoi ?

    Il y aura un « après » !

    J’exige qu’on me res­pecte sans autre condi­tion que mon res­pect d’autrui.

    Je ne change pas de sujet, il s’a­git tou­jours du même : « DEMO… »!

    Réponse
  22. Catherine

    Très, très éclai­rant cet article de méca­no­po­lis http://​www​.meca​no​po​lis​.org/​?​p​=​1​7​295, il vient offrir du sens à l’embrouillamini qui nous occupe.

    Les fils de notre étoffe sociale se croisent ici pour arri­ver aux noces glo­rieuses du sens.

    C’est de cela dont nous avons tous soif, remettre du sens, com­prendre de quoi il en retourne de tout ce désastre qui mor­ti­fie l’humain.

    Voi­ci le lien qui per­met d’en savoir davan­tage sur le lien de ce mon­sieur Yuri Slezkine :

    http://​cercle​-futur​.blog​spot​.com/​2​0​1​0​/​0​1​/​l​e​-​s​i​e​c​l​e​-​j​u​i​f​-​p​a​r​-​y​u​r​i​-​s​l​e​z​k​i​n​e​.​h​tml

    Réponse
  23. Catherine

    Excu­sez-moi, je me rends compte que les liens n’ar­rivent nulle part, pas­sez par là pour y arri­ver si cela vous inté­resse, ça vaut le détour, je vous assure !

    Je fais un copié/collé des échanges, j’es­père que ça mar­che­ra, c’est pris sur plus loin que jorion…

    Renaud dit :
    2 juin 2010 à 09:59

    Cathe­rine @ 26 mai 2010 à 21:42
    et Sim­ple­sans­tête @ 27 mai à 14:09

    Très inter­es­santes interventions !

    Déjà peu avant l’époque de la 2ème guerre, en 1938, le régime sovié­tique sta­li­nien rem­bour­sait sage­ment à la City de Londres, à un taux de 8%, les dettes que l’URSS avait contrac­tées avec cette der­nière. L’Angleterre, pays bailleur de fonds par excel­lence, avait déjà une avance sur les autres régions et pays du monde quant à l’« état d’esprit” à répandre dans le monde (un monde libre et démo­cra­tique) et cette situa­tion impré­gna, poli­ti­que­ment, intel­lec­tuel­le­ment, tout en même temps éco­no­mi­que­ment, donc des siècles durant ! le for­ma­tage des esprits… J’espère que nous sommes en train d’en sor­tir. C’est l’Angleterre, et après elle le monde anglo-amé­ri­cain, qui exer­cèrent, in fine, la pré­gnance sur les esprits et sur le monde entier, et ceci par le biais invi­sible, mais inéxo­rable et total(itaire) de la puis­sance du “ « gros argent” « …

    Voi­ci un puis­sant écho, hyper lucide, dans la plus brû­lante actua­li­té aux pro­pos de sim­ple­sans­tête @ 27 mai à 14:09, cet article de Jean Marc Desan­ti inti­tu­lé : Mer­cure contre Sion, on a envi de dire : ici, tout est résumé

    Voir : http://​www​.meca​no​po​lis​.org/​?​p​=​1​7​295

    Répondre

    * Cathe­rine dit :
    6 juin 2010 à 08:59

    Vos liens sont extrê­me­ment inté­res­sants Renaud, ils éclairent bigre­ment, le régime sovié­tique qui rem­bourse sage­ment la City de Londres, je lis Méca­no­po­lis et je vous dis com­ment résonne cette lec­ture, mer­ci pour cela déjà !

    Répondre

    Cathe­rine dit :
    2010 à 09:08

    Et c’est en lien direct avec la pré­face orwel­lienne de la ferme des ani­maux ! On com­prend mieux alors le pour­quoi de cette cen­sure qui a prio­ri peut sem­bler illo­gique, c’est qu’il y a une autre logique qui se cache juste en-des­sous qui n’est pas per­cep­tible si l’on s’en tient aux appa­rences, aux mots, et c’est la logique de l’argent, les dis­sen­sions sont de sur­face, c’est du spec­tacle pour di-ver­tir et dé-tour­ner les esprits, le lien du tout c’est l’argent, la mys­tique in-ver­sée, dévoyée…

    Répondre

    * Cathe­rine dit :
    6 juin 2010 à 10:26

    Très, très éclai­rant cet article de méca­no­po­lis, il vient offrir du sens à l’embrouillamini qui nous occupe, les fils de notre étoffe sociale se croisent ici pour arri­ver aux noces glo­rieuses du sens, mer­ci, grand, grand mer­ci, c’est de cela dont nous avons tous soif, remettre du sens, com­prendre de quoi il en retourne de tout ce désastre qui mor­ti­fie l’humain.

    Répondre

    * Cathe­rine dit :
    6 juin 2010 à 10:29

    Voi­ci le lien qui per­met d’en savoir davan­tage sur le lien de ce mon­sieur Yuri Slez­kine :

    http://​cercle​-futur​.blog​spot​.com/​2​0​1​0​/​0​1​/​l​e​-​s​i​e​c​l​e​-​j​u​i​f​-​p​a​r​-​y​u​r​i​-​s​l​e​z​k​i​n​e​.​h​tml

    Réponse
  24. Catherine

    La messe est dite, sur le site Cercle futur en date du 07⁄06, voilà…

    civi­li­sa­tion en quelques leçons

    Le chris­tia­nisme sys­té­ma­ti­que­ment tu atta­que­ras et la pen­sée grecque tu n’étudieras pas.
    La racisme tu pour­chas­se­ras sur­tout lorsqu’il n’existe pas.
    La pay­san­ne­rie tu ridi­cu­li­se­ras et abandonneras.
    Les ouvriers tu mépri­se­ras et leurs usines tu délocaliseras.
    Le peuple tu bafoue­ras et culpabiliseras.
    Via la contra­cep­tion, l’avortement et l’immigration, une sub­sti­tu­tion de popu­la­tion tu organiseras.
    La cel­lule fami­liale tu écla­te­ras et l’autorité paren­tale tu condamneras.
    De toute sou­ve­rai­ne­té l’Etat tu dépouilleras.
    La Nation l’évoquer même plus tu n’oseras.
    Le grand patro­nat déci­der de tout tu permettras.
    Sou­mis aux dik­tats des mar­chés tu seras.
    La mise à sac des sys­tèmes sociaux sans bron­cher tu accepteras.
    L’instruction métho­di­que­ment tu “décons­trui­ras”.
    Toute dimen­sion sacrée dans l’Art tu évacueras.
    La morale tu rin­gar­di­se­ras et toutes les déviances tu encourageras.
    La vul­ga­ri­té, l’obscénité et l’impudeur en toutes cir­cons­tances tu promouvras.
    Le béton­nage tu faci­li­te­ras et les pay­sages tu défigureras.
    Pour le grand bon­heur des ven­deurs de Kebabs, de nems et de bur­gers, ta gas­tro­no­mie tu oublieras.
    Ta langue mater­nelle tu massacreras.
    Par Gaval­da, Bal­zac tu remplaceras.
    Toute trans­mis­sion tu empê­che­ras et fustigeras.

    Les intran­si­geants
    Publié par Le Cercle futur

    Réponse
  25. Alain

    Gilles, Cathe­rine, qui change de sujet ? où allez-vous ?

    Il est ques­tion ici « d’ap­proche éco­no­mique de la sou­ve­rai­ne­té »… Et je me fais bous­cu­ler parce que j’u­ti­lise le mot peuple, et vous voi­ci en train de vou­loir nous faire sur­fer sur des blogs de cin­glés allu­més « soi-disant pas raciste »…

    Je pro­teste ! Vivement !

    Réponse
  26. Étienne

    Chers amis,

    Res­tez calmes, s’il vous plaît, évi­tez toute insulte. Ne vous trom­pez pas d’adversaire.

    Et lais­sez cha­cun dis­tin­guer libre­ment les sites déli­rants des sites inté­res­sants (et les mixtes…).

    Objec­tif : pas de police de la pen­sée et tâcher de res­ter crédible.

    Étienne

    Réponse
  27. Catherine

    Véhé­mente, dites-moi votre réponse, Alain, des blogs de cin­glés allu­més dites-vous, vous pen­sez cela, vrai­ment ? bon, cela vous revient, mais ce serait encore mieux si vous déve­lop­piez davan­tage afin que l’on puisse s’es­sayer à échan­ger sur la qua­li­fi­ca­tion de cin­glés allu­més , car je me demande bien ce qui peut vous per­mettre de dire cela, mais je suis tout à fait ouverte à la discussion,et s’il y a des choses que j’i­gnore, je ne demande qu’à élar­gir mes connais­sances, aus­si je vous laisse la parole et je vous répon­drai demain soir si vous accep­tez d’é­lar­gir vos arrêts, cin­glants, pour le moins, à défaut d’être cin­glés, d’a­vance je vous en remercie.

    Réponse
  28. gilles

    Cathe­rine, quelles sont tes sources pour affir­mer qu’en 1938, l’URSS de Sta­line rem­bourse les emprunts émis par le tsar aux banques bri­tan­niques de la City ? Le régime mis en place par Sta­line était odieux, mais est-ce qu’il est néces­saire d’in­ven­ter des évè­ne­ments pour en rajouter ?

    Alain, je ne suis pas soli­daire des posi­tions qui dérivent vers le racisme de Cathe­rine B., pour ma part je pense que nos iden­ti­tés per­son­nelles sont mul­tiples, plu­rielles, évo­lu­tives, frac­tales en quelque sorte. De même au plan col­lec­tif, nous n’a­vons pas une iden­ti­té, mais des iden­ti­tés. Sans comp­ter les iden­ti­tés que nous aurons dans le futur, si nous fai­sons tel ou tel choix. Nous avons une carte d’i­den­ti­té, mais nous n’a­vons pas la carte de toutes nos iden­ti­tés. C’est bien au nom d’une concep­tion poli­tique de la nation et de la sou­ve­rai­ne­té des habi­tants qui vivent ici que nous devons récu­pé­rer, nous les habi­tants de France, notre pou­voir de déci­sion. C’est un peu ce qui me gêne avec les dis­cours de Fran­çois Asse­li­neau ou de Nico­las Dupont-Aignan, ils reprennent trop un cer­tain dis­cours fran­co-fran­çais de la gran­deur de la France qui me sem­ble­rait déli­cat à entendre si je venais d’un pays ancien­ne­ment colo­ni­sé par la France. De leur part, il me sem­ble­rait qu’une mise au point sur le carac­tère non-conforme à la démo­cra­tie de la colo­ni­sa­tion, qui jus­te­ment enle­vait le pou­voir de déci­sion sur leurs propres affaires des peuples sur les­quels elle s’ap­pli­quait, serait la moindre des choses pour un mou­ve­ment d’au­to­no­mi­sa­tion et de sor­tie vis à vis de l’UE.

    Réponse
  29. gilles

    Peut être que Cathe­rine se sent mal dans sa peau en ce moment et bien que nous n’ap­prou­vions pas, mais alors pas du tout, le type de sites qu’elle affec­tionne, alain, il me sem­ble­rait sage que nous jugions qu’il serait inutile de ver­ser plus avant dans une polé­mique qui ne nous appor­te­rait rien.

    Réponse
  30. Catherine

    Non, mais je rêve Gilles, c’est à mou­rir de rire tel­le­ment c’est cari­ca­tu­ral cette posi­tion péremp­toire, qui obture tout dia­logue dès qu’elle est prononcée.

    Un cou­pe­ret, on me coupe la tête et me voi­là condam­née sans même entendre mes pro­pos, et en plus, oses-tu dire, il fau­drait s’en tenir là, ne pas polé­mi­quer là-des­sus, te rends-tu compte de ce que tu dis, l’ac­cu­sé a droit de réponse et toi le devoir de déve­lop­per tes pro­pos, c’est insul­tant ce genre de posi­tion, tu insultes et ensuite tu prends de haut, en disant, ne nous arrê­tons pas à cela, ne nous salis­sons pas les mains, nous sommes au-des­sus de ça, dépas­sons, dépas­sons, mais vois-tu, avant de dépas­ser il faut tra­ver­ser, comme avant d’al­ler dans le trans­al­pin il faut tra­ver­ser les Alpes, et tu vas tra­ver­ser car tu en as le devoir, et expli­quer, déve­lop­per avant d’ap­pli­quer tes sen­tences, car je ne me laisse pas affu­bler de tels ori­peaux sans croi­ser le faire et le fer d’ailleurs,alors, voi­là, toute dis­cus­sion est close dis-tu, je suis raciste, et en plus je dois être affai­blie en ce moment, ben, voyons, ça ne te rap­pelle rien ce genre de propos ?

    voi­là le ver­dict, le diag­nos­tic est posé d’une mala­die bizar­roïde, qu’on ne savait jus­qu’a­lors aucu­ne­ment cir­cons­crire, presque content de pou­voir la déli­mi­ter, alors c’é­tait ça, on s’dou­tait bien qu’y’a­vait quelque chose qui clo­chait chez elle, raciste ou en passe de l’être, alors, c’é­tait ça, presque apai­sant de pou­voir enfer­mer quel­qu’un dans un mot, je reprends ce que tu écris his­toire d’illus­trer mes propos :

    Alain, je ne suis pas soli­daire des posi­tions qui dérivent vers le racisme de Cathe­rine B

    J’ex­clus qui de qui dis-moi, ça m’intéresse ?

    Qu’es-tu entrain de faire mon­sieur le néo fou­quier-thin­ville ? si ce n’est me taxer de « raciste » parce que je ren­voie des dires qui inter­rogent tes dires ?

    Pas le temps d’en dire plus, je pars bos­ser mais j’exige entends-tu, j’exige que nous tra­ver­sions cette forêt obs­cure pour démê­ler cet éche­veau noué, ça t’ap­pren­dra à faire atten­tion à ce que tu dis.

    Réponse
  31. Catherine

    T’es entrain de don­ner rai­son à cette leçon de « syphi­li­sa­tion »

    Je reprends la cita­tion du texte réfé­ren­cé plus haut qui n’est pas de moi :

    Le racisme tu pour­chas­se­ras sur­tout lorsqu’il n’existe pas

    Réponse
  32. Alain

    @Gilles, je te cite : « Alain, si tu veux être res­pec­té, défends tes opi­nions, ne change pas de sujet quand cela te dérange »…

    Ce qui me dérange jus­te­ment c’est le hors- sujet qui consiste à faire un pro­cés d’in­ten­tion sur les mots que j’u­ti­lise, les moins liti­gieux qui soient, comme si d’autres n’é­taient pas au centre de la dis­cus­sion à ne pas man­quer : le sujet c’est « l’ap­proche éco­no­mique de la souveraineté ».

    Nous voi­ci au coeur du sujet avec AJH qui pro­pose si j’ai bien com­pris le prin­cipe, une reprise de sou­ve­rai­ne­té des Etats sur la créa­tion moné­taire, consta­tant qu’ac­tuel­le­ment, en Europe(Oui, Gilles, j’ai dit europe, mais c’est pas ce mot l’ob­jet de dis­cus­sion non plus!)les banques pri­vées pro­fitent de « l’in­dé­pen­dance de la BCE » et des cri­tères sous-ten­dus par le Trai­té de Lis­bonne pour créer de la mon­naie « ex-nihi­lo », qui se trans­forme via « la crise » en « dette des Etats »…car les Etats en ques­tion sont aux mains d’u­sur­pa­teurs déci­dés à « secou­rir les banques pri­vées pour soi-disant sau­ver l’é­co­no­mie »… mais ce que tu dis­cutes, c’est mon uti­li­sa­tion du mot « peuple » ou du mot « Europe ». Qui change de sujet ?

    Les peuples de cette Europe( dans l’ac­cep­ta­tion la plus simple : l’en­semble des gens res­sor­tis­sants des Etats euro­péens) se retrouvent donc avec une « dette » dont ils n’ont aucune maî­trise pos­sible, car il en a été déci­dé ain­si « dans leur dos » (pour les fran­çais ce fut au congrés de versailles).

    Si la « crise » devait fonc­tion­ner ain­si sans que « les peuples en ques­tion » ne disent mot, n’exigent de « pou­voir inter­ve­nir » dans la poli­tique de la BCE d’une façon ou d’une autre, cette « crise » ne serait qu’une béné­dic­tion pour les « ren­tiers domi­nants », et ce que je veux dire, c’est que le capi­ta­lisme en tant que rap­port social éta­bli « contre les peuples », il se porte à mer­veille dans une telle « crise » : la seule chose qu’il pour­rait encore obte­nir pour « maxi­mi­ser » sa ren­ta­bi­li­té, c’est une bonne guerre mon­diale, laquelle n’est « du point de vue éco­no­mique », que l’ac­cé­lé­ra­tion du pro­ces­sus actuel : une guerre des ren­tiers domi­nants contre les peuples par ces peuples mêmes interposés!(ah, oui, il y a « peuple contre peuple », c’est une source de « profit »!)

    Les Etats payent tout, et les capi­ta­listes vendent « tout et le pire en par­ti­cu­lier » aux Etats, qui s’en­dettent « pour une noble cause »(tou­jours une cause hau­te­ment « morale », Catherine!).

    Réponse
  33. gilles

    Cathe­rine, tu déclares que chez toi, le racisme n’existe pas, j’en prends acte et je me réjouis de cette volon­té de ne pas cher­cher de bouc-émis­saire com­mode face aux dif­fi­cul­tés qui nous assaillent. Sois plus pru­dente et plus cir­cons­pecte avant de don­ner des liens vers des pages d’un site, car les liens que tu as don­nés récem­ment pointent vers des sites où cer­taines pages sont racistes. Je suis par­ti­san d’une démo­cra­tie où les gens s’ap­pro­prient les pro­blèmes qui les concernent au plus près, au niveau le plus proche d’eux-mêmes pos­sible, ceci d’où qu’ils viennent du moment où ils sont là.
    Ces pro­blèmes sont com­plexes et méri­te­raient de plus amples déve­lop­pe­ments, j’en conviens ami­ca­le­ment Cathe­rine, mais pour l’ins­tant, faute de temps, je m’en tien­drais là.

    Alain, je te demande ami­ca­le­ment et le plus cor­dia­le­ment pos­sible de faire un effort d’a­na­lyse, sans quoi ton rai­son­ne­ment sera enta­ché d’er­reurs, ce que sûre­ment tu ne sou­haites pas, n’emploie pas le mot Europe, quand ce mot n’a pas à être employé, la Suisse, la Nor­vège, la Croa­tie, la Bos­nie-Her­zé­go­vine, la Ser­bie… ne sont pas concer­nés par la BCE, il s’a­git donc d’U­nion Euro­péenne. Tu m’ac­cor­de­ras que c’est bien l’U­nion Euro­péenne qui mène cette poli­tique que nous désapprouvons.

    Est-ce que l’U­kraine, la Rus­sie, Tur­quie, l’Ar­mé­nie, l’A­zer­baïd­jan, la Géor­gie et le Kaza­khs­tan font par­tie de l’Eu­rope ? Tout le monde aura un avis dif­fé­rent sur la ques­tion parce que la notion d’Eu­rope est une dan­ge­reuse notion floue et fumeuse, où beau­coup de gens mettent les pays qu’ils veulent et écartent les pays dont ils ne veulent pas ?

    N’est-ce pas là le début du racisme ?

    À mon sens, comme le pense le Mou­ve­ment Répu­bli­cain et Citoyen, le Mou­ve­ment pour une Édu­ca­tion Popu­laire, le Par­ti Ouvrier Indé­pen­dant, l’Arc Répu­bli­cain de Pro­grès et tant d’autres…, la volon­té de « construc­tion euro­péenne » est la volon­té de construc­tion d’un Empire pour annu­ler les avan­cées éman­ci­pa­trices obte­nues par chaque peuple. 
    Le der­nier exemple en date, d’une trop longue série, est le capi­ta­lisme de fer impo­sé à la Grèce par la « construc­tion européenne ».

    Aus­si, c’est grâce à une concep­tion poli­tique de la nation et de la sou­ve­rai­ne­té des habi­tants qui vivent dans leur pays res­pec­tifs et non à cause de notions reli­gieuses ou racistes que chaque peuple pris au piège de l’UE récu­pé­re­ra son pou­voir de décision.

    Pour recol­ler au débat éco­no­mique, il me semble qu’un pro­jet de sou­ve­rai­ne­té de chaque peuple = demos cra­tos = démo­cra­tie sera le plus pro­pice pour impo­ser aux ban­quiers des réserves moné­taires à 100 %, ceci par l’in­ter­mé­diaire d’une Banque Cen­trale Natio­nale ayant sa mon­naie adap­tée aux condi­tions éco­no­miques du pays et sur­veillée de plus près par chaque peuple concerné.

    D’ailleurs je com­mence seule­ment à com­prendre le rôle des expor­ta­tions de capi­taux et de la liber­té de cir­cu­la­tion des capi­taux prô­née par l’UE dans le chô­mage vécu dans les pays de l’UE. Je viens de décou­vrir sur Inter­net le prin­cipe de la délo­ca­li­sa­tion indi­recte, contrai­re­ment à la délo­ca­li­sa­tion directe qui consiste à licen­cier d’un seul coup de monde en fer­mant bru­ta­le­ment une boîte en UE et à la rou­vrir ailleurs, la délo­ca­li­sa­tion indi­recte consiste à ne plus inves­tir dans l’ou­til de pro­duc­tion qui per­dra pro­gres­si­ve­ment des parts de mar­ché. Les licen­cie­ments se feront petit à petit ou même les diri­geants pour­ront appli­quer la méthode du non-rem­pla­ce­ment des per­sonnes qui partent à la retraite tan­dis que les capi­taux seront expor­tés pour créer un outil de pro­duc­tion ailleurs.

    Réponse
  34. Georges

    L’argent dette ! Ce sujet que l’on ne retrouve que sur inter­net, sujet tabou ou igno­rance des « débat­teurs » TV ?
    Les notions de « crois­sance » et « créa­tion de richesses au niveau mon­dial » m’ont tou­jours lais­sées per­plexe avec l’i­dée sim­pliste que l’argent était une den­rée finie (à la mode du mono­po­lie où, à la fin du jeu, il n’existe plus qu’un riche pos­sé­dant tous les biens et l’argent). Je peut admettre qu’une quan­ti­té finie d’argent peut per­mettre la créa­tion de biens en quan­ti­té « illi­mi­té » , mais cela implique que le nombre de tran­sac­tion s’ef­fec­tuant simul­ta­né­ment se fasse à concur­rence de cette « den­rée », et que l’argent cir­cule. « Une per­sonne vou­lant revendre un bien devra remettre l’argent dans le cir­cuit en consom­mant et ne sur­tout pas être four­mi en le gar­dant dans son bas de laine pour assu­rer sa retraite ! »
    L’é­lé­va­tion du niveau de vie des pays du soleil levant (et d’autres) en même temps que l’aug­men­ta­tion de leur popu­la­tion peut-il se faire avec une masse monétaire
    finie ?
    Si oui, la théo­rie des vases com­mu­ni­cants s’appliquera.
    Si non, ou l’ac­crois­se­ment est une dette qui ne peut pas être rem­bour­sée car elle sera supé­rieure à « l’argent vrai » ou ?quel­qu’un ? fera mar­cher un planche à billet… une nou­velle mon­naie mondiale ?

    Réponse
  35. Catherine

    Bon, vrai­ment, j’sais pas quoi répondre tel­le­ment ça m’af­flige ce que tu racontes.

    Mieux vau­drait-il se taire, je suis entrain de me le demander.

    Non, allez, je vais m’y col­ler à cette réponse, alors écoute bien Gilles, à force de par­ler aux gens de façon infan­tile, ils deviennent des enfants, imma­tures, sans axe et que l’on peut gou­ver­ner comme on veut, c’est le spec­tacle actuel que nous avons sous les yeux et dont tu me sembles être le pro­to­type, excuse-moi, mais c’est fran­che­ment ce que je pense et si je disais autre chose que cela, je serais une menteuse.

    Tu es plein pot dans ces rails-là, tu entends ça, tu ne cherches pas à savoir, tu réponds du tac au tac ce qu’on t’a mis dans la cer­velle, sais-tu qu’il peut y avoir un temps de latence, un temps de rien, où ça se pose et où l’on ré-flé­chit, le sais-tu, dis-moi ?

    Alors, je vais te contre­dire et te dire que je suis raciste, oui, raciste je le suis et je le reven­dique fiè­re­ment, glo­rieu­se­ment, impu­tres­ci­ble­ment, là, j’me lâche !

    Oui, je suis raciste, et la race à qui je fais la guerre, c’est celle qui tue l’hu­main, et peu m’im­porte qu’elle soit mar­tienne, juive, française,rastaquouère ou j’sais pas quoi, rien à battre de tout cela, seul m’im­porte la défense du vivant, je pense que c’est assez clair, j’ar­rête-là, je vais me coucher.

    Réponse
  36. Alain

    Tout démontre ici que la ques­tion de l’argent est une pure ques­tion ration­nelle, car il s’a­git d’un ins­tru­ment uti­li­sé dans une tech­nique d’échange.

    Autant les mathé­ma­tiques sont étran­gères au états d’âme, autant les confi­dences reli­gieuses ou sen­ti­men­tales ou phi­lo­so­phiques sont étran­gères au débat !

    C’est dans ce sens que je regrette le ren­voi vers la psy­cha­na­lyse ou d’autres espaces de per­di­tion où se perd « la rai­son » qui nous inter­roge ici :

    Oui ou non est-il ration­nel et donc poten­tiel­le­ment « anti­crise », d’as­su­mer la cou­ver­ture à 100% de « l’é­co­no­mie réelle » par sa mesure « vir­tuelle », et de n’an­ti­ci­per le « déve­lop­pe­ment », donc « la crois­sance », que s’il s’a­git d’un déve­lop­pe­ment non nui­sible pour la pla­nète avec la bio­di­ver­si­té qu’elle porte ?

    Si oui, alors « le cré­dit » est un risque « col­lec­tif » qui pose la ques­tion démo­cra­tique de « qui controle le crédit » ?

    Brave marin reve­nu de guerre tout doux, mon esprit est habi­tué aux hori­zons embrouillés, mais sans doute est-il res­té « simplificateur »

    Réponse
  37. Catherine

    Y’a long­temps que vous n’a­vez pas goû­té l’air de la mer on dirait Alain, il fau­drait que vous réac­tua­li­siez vos idées rai­son­nantes à mon avis, je ne m’é­tends pas davan­tage, je crains que vous ne lisiez pas, puisque vous ne répon­dez pas aux ques­tions qui vous sont faites, en l’oc­cur­rence, les miennes !

    Réponse
  38. Hadrien

    Cher Etienne, Cher André-Jacques,

    On se doit de prendre du champ face au matra­quage, orches­tré par le pou­voir actuel, sur le pro­blème des défi­cits et de la dette, notam­ment publique, assé­né sans aucune vision éco­no­mique d’ensemble.

    Ain­si en est-il actuel­le­ment du seul pro­blème des retraites, sous l’alibi exclu­si­ve­ment démo­gra­phique, sans doute pour mieux faire pas­ser, ponc­tuel­le­ment, l’idée que l’on doit tra­vailler pro­por­tion­nel­le­ment à la durée de la vie, comme si les gains de pro­duc­ti­vi­té n’étaient pas là pour pour­voir au “pro­grés” en cette matière. Mais ce n’est qu’une des nom­breuses cou­leuvres que l’o­li­gar­chie va ten­ter de faire ava­ler, l’une aprés l’autre, à l’o­pi­nion sans vou­loir « cher­cher l’argent là où il se trouve », selon la for­mule consacrée.

    C’est en effet grace à la pro­duc­ti­vi­té accrue que, depuis l’époque de Dickens et Zola, on a pu en même temps rac­cour­cir la durée du tra­vail, aug­men­ter les salaires, et amé­na­ger les retraites. Or, comme le signa­lait Patrick Artus dans son livre « Sor­ties de crise », les salaires ont décro­ché en France depuis 1993, alors que la pro­duc­ti­vi­té a conti­nué de croître et que le régime des retraites a creu­sé son défi­cit. Cher­chez l’erreur ! Aux Etats-Unis, où la situa­tion est pire, le décro­chage des salaires a eu lieu dès 1980, ajou­tant aux défi­cits publics l’endettement prive qui fut le pre­mier départ de la crise finan­cière des “sub­prime”.
    Lorsque se creusent ain­si l’en­det­te­ment public et pri­vé, alors que la pro­duc­ti­vi­té n’a pas ces­sé de croître, et que les liqui­di­tés abondent, il faut bien que le pro­fit soit pas­sé en des mains indues…

    On peut ain­si véri­fier le chiffre sou­vent pro­non­cé de 600 000 mil­liards de dol­lars en pro­duits déri­vés, pour les seuls CDS :
    “Les CDS (cré­dit default swaps) repré­sentent 600 000 mil­liards de dol­lars, soit 12 fois le PIB mon­dial. Com­pa­gnies d’assurance et hedge funds pos­sèdent plus de 50% du mar­ché qui est concen­tré dans 14 institutions”.
    Inter­view de Gary Gens­ler, pré­sident de la CFTC, L’Agefi.

    Ain­si, au moment où le capi­ta­lisme finan­cier nous entraîne dans cette sur­en­chère spé­cu­la­tive du mar­ché qui va de crise en crise, et où l’on pointe du doigt les impasses bud­gé­taires, il se trouve encore des incons­cients pour y voir la culpa­bi­li­té des sala­riés ou de notre sys­tème social. Comme le dit le fameux pro­verbe, lorsque le sage pointe du doigt la lune, l’imbécile regarde le doigt !
    C’est ce à quoi nous invite à réflé­chir le petit livre que j’ai décou­vert avec quelques col­lègues à sa paru­tion (récente), éma­nant d’un auteur pug­nace sur le sujet, qui n’hé­site pas à remon­ter aux sources :

    LA FINANCIARISATION : CAPITAL CONTRE TRAVAIL, L’Harmattan, 2010,
    par Elie Sadigh, Eco­no­miste de l’Université de Bourgogne.

    Je ne résiste pas au plai­sir de vous en trans­mettre un petit résu­mé d’extraits :

    LA FINANCIARISATION

    Dans une éco­no­mie qui accepte qu’être pro­prié­taire du capi­tal donne un droit sur une par­tie de la pro­duc­tion, le capi­tal, dès qu’il appa­raît , devient la source d’un reve­nu per­pé­tuel pour ses pro­prié­taires. Or, même si l’on admet que l’épargne est la source du finan­ce­ment du capi­tal, on ne voit pas com­ment on peut jus­ti­fier le reve­nu per­pé­tuel des pro­prié­taires du capi­tal. En effet, lorsque le capi­tal devient obso­lete, c’est le reve­nu des tra­vailleurs qui per­pé­tue le capi­tal, ce qui signi­fie que le nou­veau capi­tal leur appar­tient. Cela marque la limite abso­lue des théo­ries qui consi­dèrent qu’être épar­gnant donne un droit sur une par­tie du pro­duit et, par consé­quent, la limite abso­lue de la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie.

    La finan­cia­ri­sa­tion signi­fie la géné­ra­li­sa­tion du finan­ce­ment des inves­tis­se­ments par l’épargne (sous forme d’actions et d’obligations), le finan­ce­ment de la crois­sance externe des entre­prises par le pro­fit et par des emprunts, le déve­lop­pe­ment du finan­ce­ment de l’achat de biens de consom­ma­tion par des emprunts, etc.
    La géné­ra­li­sa­tion du finan­ce­ment des inves­tis­se­ments par l’épargne peut créer un cercle où tout nou­vel inves­tis­se­ment paraît être finan­cé par l’épargne. Or, en der­nière ana­lyse, les inves­tis­se­ments sont finan­cés par le pro­fit. Lorsque le capi­tal de l’ensemble des entre­prises est finan­cé par les actions et obli­ga­tions, leur pro­fit est par­ta­gé entre les action­naires et les titu­laires d’obligations, qui peuvent les pré­ter à nou­veau aux entre­prises, une par­tie ou la tota­li­té du pro­fit ain­si par­ta­gé étant épar­gnée pour finan­cer de nou­veaux inves­tis­se­ments, ce qui aug­mente encore le mon­tant de leurs actions et de leurs obli­ga­tions. Ce pro­ces­sus peut ain­si se renou­ve­ler indéfiniment.

    Il n’aura pas échap­pé au lec­teur que, dans ce cas, le finan­ce­ment de ces nou­veaux inves­tis­se­ments ne trouve pas sa source dans le reve­nu (épargne) que ces finan­ciers tirent de leur par­ti­ci­pa­tion à la réa­li­sa­tion de la pro­duc­tion, mais dans le pro­fit que les entre­prises leur ont dis­tri­bué. En d’autres termes, ces inves­tis­se­ments sont finan­cés direc­te­ment ou indi­rec­te­ment par le pro­fit. Direc­te­ment, lorsque les entre­prises uti­lisent leur pro­fit pour finan­cer des inves­tis­se­ments. Indi­rec­te­ment, lorsque les entre­prises dis­tri­buent leur pro­fit qu’elles réem­pruntent. Dans les deux cas, le mon­tant des actions augmente.
    Rap­pe­lons que le pro­fit repré­sente une par­tie du reve­nu des tra­vailleurs qui ont par­ti­ci­pé à la réa­li­sa­tion de la pro­duc­tion. Mais lorsque le pro­fit est dis­tri­bué et consom­mé, le pou­voir d’achat réel des tra­vailleurs dimi­nue pro­por­tion­nel­le­ment. C’est là l’une des causes des inéga­li­tés éco­no­miques, donc des inéga­li­tés sociales et de l’apparition de l’injustice sociale au détri­ment des tra­vailleurs qui sont pour­tant la cause de la pro­duc­tion. Une éco­no­mie finan­cia­ri­sée impose la règle arbi­traire de la dis­tri­bu­tion du profit.

    LE CAPITALISME

    Le sys­tème capi­ta­liste impose la règle arbi­traire et par­ti­sane selon laquelle être pro­prié­taire des moyens de pro­duc­tion donne droit indé­fi­ni­ment à une par­tie du produit.
    Selon les par­ti­sans du capi­ta­lisme, l’épargne est indis­pen­sable dans une éco­no­mie de crois­sance et, à terme, l’enrichissement de cer­taines caté­go­ries, celles des capi­ta­listes, pro­fite à tous.
    Ils ont ten­té de for­mer ces affir­ma­tions sur une démons­tra­tion qui découle logi­que­ment d’une hypo­thèse selon laquelle l’épargne consti­tue la source du finan­ce­ment des inves­tis­se­ments addi­tion­nels. Il faut donc favo­ri­ser les caté­go­ries les plus riches car elles ont une capa­ci­té d’épargne plus importante…
    Or, ce rai­son­ne­ment se révèle faux dès lors que l’on démontre que ce n’est pas l’épargne mais le pro­fit qui consti­tue la source de finan­ce­ment du capi­tal. Et les par­ti­sans du capi­ta­lisme passent sous silence la ques­tion de savoir si le reve­nu des caté­go­ries les plus riches résulte ou non de leur par­ti­ci­pa­tion à la réa­li­sa­tion de la production.
    En fait, c’est l’épargne pré­tée aux entre­prises qui dimi­nue leur pro­fit, les rend dépen­dantes du mar­ché finan­cier et se trouve à l’origine de la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie. (On note­ra que les PME fami­liales ou entre­pre­neu­riales, tant van­tées, n’obéissent pas à ce sché­ma et réin­ves­tissent tout leur pro­fit dans la production).

    Par­ti­ci­per à la réa­li­sa­tion de la pro­duc­tion est la seule façon d’obtenir un reve­nu légi­time, car la pro­duc­tion seule est source de ce reve­nu. Mais faire de l’argent avec de l’argent est actuel­le­ment accep­té, et résulte de la finan­cia­ri­sa­tion qui trouve son ori­gine dans cette idée selon laquelle l’épargne est une néces­si­té abso­lue pour finan­cer les inves­tis­se­ments. Cette idée a été impo­sée et géné­ra­li­sée par ceux à qui elle pro­fite, par cer­taines théo­ries par­ti­sanes, en par­ti­cu­lier par la théo­rie néo­clas­sique, et grâce à la pro­pa­gande ampli­fiée par les médias sous l’influence des lob­bies financiers.
    Elle se trouve donc à l’origine d’une sorte de vol. En effet, c’est le pro­fit qui per­met aux entre­prises de payer divi­dendes et inté­rêts, et le pro­fit repré­sente une par­tie du reve­nu des tra­vailleurs cap­tée par les entreprises.
    D’aucuns pour­raient pré­tendre que ceux qui pro­posent de mora­li­ser le capi­ta­lisme pensent pou­voir le faire en écar­tant ses excés qui abou­tissent aux crises finan­cières. Or, ils ne voient pas que la finan­cia­ri­sa­tion, la spé­cu­la­tion, les délo­ca­li­sa­tions, etc. sont inhé­rentes au capitalisme.

    SPECULATIONS, DELOCALISATIONS

    Les spé­cu­la­tions de toutes sortes (sur les mar­chés finan­ciers, immo­bi­liers, des pro­duits, des matières pre­mières, etc.) et les délo­ca­li­sa­tions sont inhé­rentes aux éco­no­mies financiarisées.
    Pre­miè­re­ment, dans une éco­no­mie où il est pos­sible de gagner de l’argent avec de l’argent, cer­tains tentent de faire fruc­ti­fier leurs pla­ce­ments par tous les moyens, entre autres par la spéculation.
    Deuxiè­me­ment, lorsque les entre­prises se trouvent dans l’impossibilité de payer par leurs propres moyens, par le pro­fit réa­li­sé dans leur pays, les divi­dendes des action­naires et les inté­rêts de leurs emprunts, elles sont obli­gées de délo­ca­li­ser ou de spéculer.
    Troi­siè­me­ment, elles agissent de même lorsque les finan­ciers se trouvent dans l’impossibilité d’assurer la ren­ta­bi­li­té des pla­ce­ments pro­mise aux épargnants.
    Les spé­cu­la­tions et les délo­ca­li­sa­tions offrent des occa­sions réus­sies ou avor­tées, de faire face à toutes ces situa­tions. Ces spé­cu­la­tions et délo­ca­li­sa­tions ont des consé­quences éco­no­miques et sociales néfastes. Mais ceux qui défendent la finan­cia­ri­sa­tion et qui en pro­fitent, ceux qui cultivent la cupi­di­té et l’induvidualisme ne se pré­oc­cupent pas de ses consé­quences néfastes.

    L’ou­vrage évoque évi­dem­ment aus­si la ques­tion moné­taire et ban­caire, occul­tée ici, dans un esprit « public » qui rejoint assez les pré­oc­cu­pa­tions d’andré-Jacques.

    Autres ouvrages du même auteur, même éditeur :

    LA THEORIE ECONOMIQUE DOMINANTE : UN SIECLE D’IMPOSTURE , 1998

    PRINCIPES DE L’ECONOMIE SALARIALE, 1999

    VALEUR,PRIX ET CAPITAL, 2001

    LA PROPRIETE, LE PROPRE, L’APPROPRIATION. Ellipses, 2004

    DELOCALISATIONS, CHÔMAGE (2006)

    ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE : LA SUPERCHERIE, 2007

    DES INEGALITES ECONOMIQUES AUX INEGALITES SOCIALES, 2008

    Réponse
  39. A-J Holbecq

    Mer­ci Hadrien

    Je vais me pro­cu­rer ce livre d’E­lie Sadigh, mais il risque de res­ter fer­mé quelques semaines car pour le moment je suis tota­le­ment pris dans ce « com­bat » de la dette publique et de l’eu­ro car nous sommes à un moment clef qui dure­ra sans doute jus­qu’en mars 2012…

    Réponse
  40. Hadrien

    Chers amis,

    J’a­joute ci-aprés mes com­men­taires addi­tifs sur le texte ci-des­sus qui, vous vous en dou­tez, a fait l’ob­jet d’é­changes avec les Peyrelevadiens…

    AU COEUR DU PROBLEME

    Les pay­sans de ma région disent recon­naître les cita­dins – mais ils ne le disent qu’entre eux – au fait que ceux-là ne savent pas appré­cier les bonnes choses.
    Il est vrai qu’il n’y a que les faux connais­seurs pour croire qu’un bon Arma­gnac est for­cé­ment âgé, se boni­fiant comme un vin, alors que tous les récol­tants dis­til­leurs le pré­fèrent vert, sachant qu’on rajoute de l’alcool jeune à la place de l’ancien éva­po­ré pour lui évi­ter de res­sem­bler à une tisane de fût de chêne !
    Sans doute est-ce la rai­son pour laquelle Sina a lais­sé sans com­men­taire sa longue tirade à base d’extraits de Elie Sadigh. Texte trés vert, en effet, comme dans tous ses ouvrages, mais qui doit être appré­cié comme tel !

    Pour ce faire, il faut évi­dem­ment noter la filia­tion avec Marx, à sup­po­ser qu’on l’ait lu. Ah, si ce der­nier en était l’auteur, nul doute que le texte retrou­ve­rait dans la bouche de pré­ten­dus ama­teurs toutes les saveurs d’antan, et qu’ils se pâme­raient à l’idée de ces traces du par­fum révo­lu­tion­naire éven­té qui plait tant aux pro­gres­sistes de salon ! Alain Minc et Jacques Atta­li seraient évi­dem­ment au pre­mier rang, l’un pour se dire “le der­nier Mar­xiste fran­çais”, l’autre pour rap­pe­ler son trai­té sur Marx seul véri­table “théo­ri­cien du capitalisme” !

    Mais au fait, que disait Marx sur le sujet (finan­cia­ri­sa­tion, capitalisation)?
    En bon théo­ri­cien, il défi­nit tout d’abord ce dont il parle :
    ” On appelle capi­ta­li­sa­tion la consti­tu­tion du capi­tal fic­tif. On capi­ta­lise n’importe quelle recette se répé­tant régu­liè­re­ment en cal­cu­lant, sur la base du taux d’intérêt moyen, le capi­tal qui pré­té à ce taux, rap­por­te­rait cette somme ; par exemple, si la recette annuelle est de 100 et le taux de 5%, les 100 seraient l’intérêt annuel de 2000 et ces 2000 passent pour la valeur-capi­tal du titre de pro­prié­té qui, juri­di­que­ment, ouvre droit aux cent annuels” (Livre III, VII)
    Cette défi­ni­tion est l’ancêtre des géné­ra­li­sa­tions modernes à actua­li­sa­tion amor­tie sur période arbi­traire, et sto­chas­tique pour les inves­tis­se­ments à taux aléa­toires (d’où la for­mule de type Feyn­man-Kac, bap­ti­sée de Black et Scholtz par les économistes).

    Marx pour­suit, en pré­ci­sant bien :
    “… ce capi­tal n’existe pas deux fois, une fois comme valeur-capi­tal des titres de pro­prié­té, des actions, la seconde fois en tant que capi­tal inves­ti réel­le­ment ou à inves­tir dans les entre­prises. Il n’existe que sous cette der­nière forme, et l’action n’est qu’un titre de pro­prié­té ouvrant droit, au pro­ra­ta de la par­ti­ci­pa­tion, à la plus value que ce capi­tal va per­mettre de réa­li­ser” (L III, VII)
    En clair : le capi­tal appor­té dis­pa­rait bien en inves­tis­se­ments. Le titre de pro­prié­té n’est qu’un ayant droit aux reve­nus atten­dus, et peut se négo­cier à ce seul titre.
    Ce que Marx explicite :
    “Le mou­ve­ment auto­nome de valeur de ces titres de pro­prié­té – pas seule­ment des bons d’Etat, des actions aus­si – ren­force l’illusion qu’ils consti­tuent un véri­table capi­tal à côté du capi­tal qu’ils repré­sentent ou du droit qu’ils peuvent éta­blir. Ils se trans­forment en mar­chan­dise dont le prix est fixé selon des lois propres” (L III, VII)

    On constate bien que Marx met sur un même plan les obli­ga­tions d’Etat, à reve­nu déter­mi­niste (en prin­cipe, c’est à dire hors faillite), et les actions, à reve­nu aléatoire.
    Les deux reve­nus sont donc les inté­rêts ver­sés aux déten­teurs de titres, à ceci prés que l’aversion au risque joue un plus grand rôle (en temps nor­mal) pour les actions que pour les obli­ga­tions, d’où géné­ra­le­ment la dif­fé­rence constatée.
    Dans ces condi­tions, on voit mal com­ment le ban­quier peut se féli­ci­ter de la dette par capi­ta­li­sa­tion sur laquelle repose le capi­ta­lisme dans l’intérêt pri­vé, et dénier à l’Etat le droit de faire la même chose dans l’intérêt géné­ral, en clamant :
    – Demain la rigueur !
    – Le pêché originel
    – L’illusion collectiviste
    – La rigueur est incontournable
    etc.

    A l’inverse, beau­coup plus logi­que­ment, Elie Sadigh demande l’égalité de trai­te­ment, ce qui n’est pas le cas. Car, si les deux reve­nus sus-dits sont bien des inté­rêts, leurs taux doivent être conformes :
    – soit aux règles habi­tuelles du cré­dit : un taux suf­fi­sant pour rem­bour­ser, à terme, le capi­tal pré­té + les inté­rêts à l’épargnant.
    – soit aux règles de la par­ti­ci­pa­tion : un taux repré­sen­tant l’amortissement, à hori­zon infi­ni, du capi­tal enga­gé comme associé.
    Ce que dénonce Elie Sadigh, c’est la finan­cia­ri­sa­tion actuelle de l’économie qui joue sur les deux tableaux : Elle s’approprie les entre­prises comme un par­te­naire, tout en deman­dant un reve­nu en inté­rêts supé­rieurs (12–15%) à ceux d’un prêt à terme d’un épargnant.
    Dans ces condi­tions, sou­ligne Elie Sadigh :
    “…lorsque le capi­tal devient obso­lete, c’est le reve­nu des tra­vailleurs qui per­pé­tue le capi­tal, ce qui signi­fie que le nou­veau capi­tal leur appar­tient. Cela marque la limite abso­lue des théo­ries qui consi­dèrent qu’être épar­gnant donne un droit sur une par­tie du pro­duit et, par consé­quent, la limite abso­lue de la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie.”
    En d’autres termes, la finan­cia­ri­sa­tion doit res­pec­ter ce que l’analyse théo­rique de Marx, dis­sé­quée plus haut, proscrit :
    “le capi­tal n’existe pas deux fois, une fois comme valeur-capi­tal des titres de pro­prié­té, des actions, la seconde fois en tant que capi­tal inves­ti réel­le­ment ou à inves­tir dans les entreprises.”
    On sait bien, d’autre part, que de tels retours sur inves­tis­se­ments exi­gées des entre­prises les ont conduites au court ter­misme, avant leur ruine !
    Voi­là qui devrait arré­ter le rire de Rosenstiehl…

    EN MARGE DES RETRAITES

    Dans le même genre de défense, concer­nant P. Artus et MP. Virard, je signale à habsb, bour­si­co­teur du FOREX tou­jours abon­né à la même pen­sée-réflexe, que leur phrase ” il est aber­rant d’avoir une taxa­tion très éle­vée des reve­nus du tra­vail, et faible des reve­nus du capi­tal ” est une conclu­sion de leur livre concer­nant le bilan glo­bal des pré­lè­ve­ments par l’Etat, et non du seul impôt sur le reve­nu qui n’en repré­sente qu’une part infime, d’où l’inanité de ses récriminations…
    Ain­si, s’agissant de la par­ti­ci­pa­tion du capi­tal à la pro­tec­tion sociale, puisqu’on estime celui-ci, on l’a vu, asso­cié à l’entreprise, sous une forme ou sous une autre, je lui conseille de lire un autre éco­no­miste peu connu :

    AHMED HENNI
    ” L’actuel sys­tème de finan­ce­ment de la pro­tec­tion sociale s’est construit sur des prin­cipes d’assiette et de taux datant de la Libé­ra­tion (1945). Les coti­sa­tions sociales qu’elles payaient étaient pré­le­vées sur leur valeur ajou­tée propre (reve­nus internes) et n’étaient com­pen­sées par aucune autre res­source externe. Or, aujourd’hui, les entre­prises, dis­posent de res­sources externes abon­dantes (rentes finan­cières par­ti­cu­liè­re­ment) qui com­pensent le poids des pré­lè­ve­ments sur la valeur ajou­tée propre.
    Or, si au lieu de rap­por­ter les coti­sa­tions sociales effec­tives à la seule valeur ajou­tée propre, on les com­pa­raît aux res­sources totales (valeur ajou­tée propre + reve­nus de la pro­prié­té et de l’entreprise), on s’apercevrait qu’en 1950 leur part est qua­si iden­tique… (absence de res­sources externes) puis com­mence à diver­ger dès les années 1980.
    En 2009, cette part, de 14,9% de la valeur ajou­tée propre, n’est que de 10,3% des res­sources totales et, pour les socié­tés finan­cières, elle est de (16% de la valeur ajou­tée propre et) 3,6% seule­ment des res­sources totales.
    Si, au lieu d’appliquer l’obligation des pré­lè­ve­ments sur les seuls reve­nus internes des entre­prises (valeur ajou­tée propre), on élar­gis­sait l’assiette à l’ensemble de leurs reve­nus, les entre­prises non finan­cières devraient payer annuel­le­ment, pour un taux de 14,9%, un mon­tant de coti­sa­tions sociales de 205 mil­liards, soit un sur­plus de pré­lè­ve­ments de 62 milliards.
    Quant aux socié­tés finan­cières, leur appli­quer le taux de coti­sa­tion sur valeur ajou­tée propre (16%) à l’ensemble de leurs res­sources les obli­ge­rait à acquit­ter 6O mil­liards, soit un sur­plus pour la pro­tec­tion sociale de 46 milliards
    Le déve­lop­pe­ment ci-des­sus ne vise qu’à mon­trer qu’il y a dans les entre­prises et les socié­tés finan­cières, des res­sources qui échappent à tout pré­lè­ve­ment social et que ces res­sources externes (ren­tières), loin d’être négli­geables, atteignent aujourd’hui prés de la moi­tié de celles tirées de l’exploitation propre des entre­prises et le triple de celles tirées de la valeur ajou­tée propre des socié­tés financières.
    Il s’agit donc seule­ment d’adapter le méca­nisme de pré­lè­ve­ments sociaux à cette nou­velle struc­tu­ra­tion du capi­ta­lisme, deve­nu davan­tage un capi­ta­lisme de rente qu’un capi­ta­lisme de pro­duc­tion matérielle. ”

    On note­ra au pas­sage que l’on obtient ain­si un sur­plus total de 108 mil­liards par les seuls pré­lè­ve­ments sociaux, ce qui est à rap­pro­cher du manque à gagner de 100 mil­liards envi­ron envi­sa­gé par Artus et Virard, dans les années à venir, pour le bud­get général !

    Curieu­se­ment c’est ce même mon­tant de 100 mil­liards que l’on obtient par une autre voie, celle de l’équité de la part sala­riale de la V.A. lon­gue­ment dis­cu­tée sur ce blog, si l’on suit le rai­son­ne­ment de Fre­de­ric Lordon :

    LA PART SALARIALE DANS LA V.A. Où remettre le Curseur ?

    ” Pour s’en faire une idée, il suf­fit de consta­ter que la part des divi­dendes dans le PIB est pas­sée de 3,2% en 1982 à 8,5% en 2007 : 5,3 points au bas mot, virés aux action­naires et récu­pé­rables par le sala­riat. “Relaps!” s’écrieront immé­dia­te­ment cer­tains, car c’est …l’erreur que de prendre 1982 pour référence…
    A ceci prés qu’on ne voit aucune objec­tion sérieuse à faire reve­nir la rému­né­ra­tion des action­naires à ses 3,2 points de 1982, à moins de pou­voir exhi­ber un argu­ment qui tienne la route et jus­ti­fie à peu prés l’utilité de ces divi­dendes. Or, d’argument de cette sorte, il n’y en a point…
    Car, aux niveaux de ren­ta­bi­li­té exi­gés par les inves­tis­seurs, il n’y a pas beau­coup de pro­jets qui passent la barre… Dans un mou­ve­ment d’une par­faite cohé­rence, le capi­tal action­na­rial fixe des objec­tifs hors de por­tée, constate qu’ils ne sont pas atteints, et en tire le motif d’exiger des entre­prises qu’elles leur res­ti­tuent le cash oisif, c’est à dire le sur­plus finan­cier inem­ployé… faute de pro­jets suf­fi­sam­ment ren­tables en suf­fi­sam­ment grand nombre ! Comme l’on noté quelques obser­va­teurs pour­tant peu sus­pects d’inclinations révo­lu­tion­naires, le pou­voir action­na­rial a réus­si cette per­for­mance de don­ner nais­sance à un CAPITALISME SANS PROJET.
    Voi­là.. 5,3 points à récu­pé­rer (soit sen­si­ble­ment une cen­taine de milliards) ! ”
    (Fre­de­ric Lor­don, La crise de trop, Fayard, 2009)

    Rédi­gé par : Hadrien | le 11 juin 2010 à 20:55 |

    MORALISME DE LA MISERE

    A l’interrogation qui m’est adres­sée (PH), je vois que je n’ai pas suf­fi­samm­ment déve­lop­pé mon pro­pos (comme quoi, il n’était pas assez kilo­mé­trique…) sur la “filia­tion” des thèses de Elie Sadigh avec celles de Marx :
    Cha­cun sait que les réflexions pre­mières de Marx étaient bel et bien en conti­nui­té avec Smith auquel il a fait ample­ment réfé­rence (cf. manus­crits de 1848, Livre I du Capi­tal,…). Indé­pen­dam­ment de son ana­lyse cri­tique bien connue sur la péréqua­tion capital/travail, il consi­dé­rait le capi­ta­lisme comme une étape en pro­grés sur le féo­da­lisme qui, lui, se conten­tait de la rente de pro­prié­té acquise par les armes et trans­mise par le pri­vi­lège féo­dal. A son époque, il ne voit la rente dans le capi­ta­lisme que sous forme de terres (agri­coles ou minières):
    “Dès que la pro­duc­tion a besoin de la terre, soit pour l’agriculture, soit pour l’extraction de matières pre­mières, la pro­prié­té fon­cière empêche la péréqua­tion pour les capi­taux inves­tis dans le sol et acca­pare une par­tie de la plus-value qui, autre­ment entre­rait dans le fonds de péréqua­tion de taux géné­ral de pro­fit” (L III, VIII)

    L’analyse d’Elie Sadigh n’est autre qu’une exten­sion de la rente à l’ensemble du capi­ta­lisme par la finan­cia­ri­sa­tion, les taux étant arbi­trai­re­ment impo­sés comme ils l’étaient par les féo­daux. Inutile de cher­cher à les qua­li­fier : en fait, ils ne sont com­pa­tibles ni avec une vraie rente (amor­tis­se­ment long), ni avec un cré­dit (non-appro­pria­tion). D’où la mise en cause de la légi­ti­mi­té de ce pri­vi­lège per­mis par le capi­ta­lisme, qui conduit l’entreprise à la ruine comme autre­fois le féo­da­lisme condui­sait le ser­vage à la misère :
    Elie Sadigh dit “…lorsque le capi­tal devient obso­lete, c’est le reve­nu des tra­vailleurs qui per­pé­tue le capi­tal, ce qui signi­fie que le nou­veau capi­tal leur appartient”,
    comme on a dit avant lui : ” la terre appar­tient fina­le­ment à ceux qui la cultivent “.

    Dans tous les cas, le pro­jet est por­té par les tra­vailleurs, dont l’entrepreneur sala­rié fait d’ailleurs par­tie, mais pas le finan­cier qui impose son taux. Croire à la loi de l’offre et de la demande pour régler le pro­blème est aus­si erron­né que croire à la liber­té du serf d’autrefois de refu­ser sa condi­tion. Il s’en trou­vait tou­jours de plus pauvres et plus pré­caires pour l’accepter (aujourd’hui les délo­ca­li­sa­tions). Et leur condi­tion ne s’en trou­vait pas pour autant améliorée !

    D’où les pro­pos de Mau­rice Allais sur l’Europe et la mondialisation.
    Fré­dé­ric Lor­don ne dit pas autre chose en par­lant de CAPITALISME SANS PROJET, qui n’est autre qu’une forme de FEODALISME FINANCIER, et condui­ra cer­tai­ne­ment aux mêmes échéances :
    ‑Sait-on qu’aux Etats-Unis la contri­bu­tion nette des mar­chés bour­siers au finan­ce­ment des entre­prises est deve­nue… néga­tive : les action­naires pompent – sous forme de divi­dendes ou de rachat d’actions – plus de cash qu’ils ne leur en apportent. Heu­reu­se­ment que la bourse est là pour “aider le finan­ce­ment de l’économie réelle”, qu’est ce que ce serait autre­ment?… Dégé­né­res­cence hau­te­ment para­doxale sans doute : car la finance a l’impression de ne s’être jamais si bien por­tée – et elle a raison !
    Comme on le sait, le deve­nir-chancre n’a rien de contra­dic­toire avec le sen­ti­ment de sa pros­pé­ri­té, bien au contraire. Celui-ci ne se retourne que lorsque le corps para­si­té estime que c’est assez. Et décide l’ablation.
    (Fré­dé­ric Lor­don : “Jus­qu’ à quand?” Edi­tions Rai­sons d’agir, 2008)

    Il me reste à com­plé­ter, éga­le­ment, ma remarque un peu rapide :
    ” Dans ces condi­tions, on voit mal com­ment le ban­quier peut se féli­ci­ter de la dette par capi­ta­li­sa­tion sur laquelle repose le capi­ta­lisme dans l’intérêt pri­vé, et dénier à l’Etat le droit de faire la même chose (à des taux bien moindres) dans l’intérêt géné­ral, en clamant :
    – Demain la rigueur !
    – Le pêché originel
    – L’illusion collectiviste
    – La rigueur est incontournable ”

    J’aurais pu y ajou­ter les cla­meurs du même auteur, dans son billet :
    – Il faut arrê­ter de se trou­ver des alibis…
    – Il n’y a qu’une seule solu­tion, urgente…
    – réduire (la) dette de façon pré­dé­fi­nie et affichée…
    on a vu dans son livre au dépens de qui : “les sala­riés, vous dis-je!”… alors qu’en fait, la dette s’est essen­tiel­le­ment accu­mu­lée par le refus de “prendre l’argent là où il est, sous les gou­ver­ne­ments à droite (Bal­la­dur, Jup­pé,… et de Chi­rac, Sarkozy), “
    , sans oublier non plus la per­ti­nence du titre de ce billet :
    – « Quand la cupi­di­té est éri­gée en prin­cipe, on entre dans le désordre »
    , maxime qui égale en pro­fon­deur celle de Pierre Dac :
    ” Quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limite ! ”
    Ces vel­léi­tés de notre ban­quier n’ont pas échap­pé à Fré­dé­ric Lor­don, tou­jours lui, dans :

    MISERE DU MORALISME

    - Aprés avoir dénon­cé avec finesse les “criaille­ries des mou­ve­ments hos­tiles à la mon­dia­li­sa­tion”, Jean Pey­re­le­vade, quant à lui, tient de ter­ribles pro­pos sur le capi­ta­lisme finan­cier, très sem­blables à ceux qu’il fus­tige, et dont il ne semble pas voir qu’ils font de lui un braillard de plus, avant de ter­mi­ner par la léni­niste ques­tion “Que faire?”. On pou­vait s’en dou­ter : au moment de pas­ser à l’action, la sainte fureur de Jean Pey­re­le­vade ne donne pas davan­tage qu’un pet de lapin : que faire pour endi­guer les ravages du capi­ta­lisme finan­cier ? de la coor­di­na­tion mon­diale ! – et ren­dez-vous dans cin­quante ans. Depuis, Jean Pey­re­le­vade est reve­nu à des hori­zons tem­po­rels plus humains et à des formes d’action moins incer­taines. Là où même le Medef se fait dis­cret à pro­pos du par­tage de la valeur ajou­tée, lui jure que celui-ci est deve­nu atro­ce­ment défa­vo­rable… aux entre­prises ! Et pré­co­nise en consé­quence que ces goinfres enri­chis de sala­riés res­ti­tuent au plus vite quelques points de PIB au capi­tal qui dépé­rit. Pour le coup, pas besoin de coor­di­na­tion internationale ! …

    A ce degré de désor­ga­ni­sa­tion de la pen­sée, qu’est-il encore per­mis d’espérer ? Pro­ba­ble­ment plus grand chose, et sans doute plus de faire com­prendre la dif­fé­rence entre la ver­tu des indi­vi­dus et la force des struc­tures. Toute la ver­tu du monde ne convain­cra pas un ban­quier d’investissement de sai­sir un ROE de 40% s’il est lui-même à trente et que ses concur­rents voguent vers les 50 – sauf à le déter­mi­ner à chan­ger de métier. Qui donc pour­rait obte­nir d’institutions sou­mises à la pres­sion action­na­riale qu’elles oublient leurs objec­tifs de ren­ta­bi­li­té, d’individus sans cesse sou­mis à l’évaluation com­pa­rée qu’ils fassent abs­trac­tion des League Tables telles qu’elles déter­minent leurs bonus et leurs car­rières, c’est à dire leurs vies ? Et sur­tout, qui pour­rait obte­nir un réfrè­ne­ment spon­ta­né des pul­sions cupides au moment où s’ouvre devant elles un champ qui leur offre des occa­sions de satis­fac­tion sans paeilles, et que, dans cet uni­vers, ne pas les sai­sir est une faute pro­fes­sion­nelle ? Quel ban­quier pour­rait res­ter bras bal­lants à regar­der la bulle croître et embel­lir pen­dant que tous ses sem­blables s’enrichissent à milliards?…

    Les mar­chés finan­ciers sont le lieu du pro­fit hors norme. Et l’on vou­drait que des capi­ta­listes dont la voca­tion exis­ten­tielle est le pro­fit fassent la démons­tra­tion d’une chré­tienne rete­nue ? On ne peut pas attendre d’agents dont les inté­rêts vitaux sont confi­gu­rés d’une cer­taine manière qu’ils renoncent à les pour­suivre, ou à réagir à ce qui les met en péril. A l’indigence sans nom de la pré­di­ca­tion morale, il faut donc pré­fè­rer l’action sur les struc­tures, puisque ce sont elles qui confi­gurent ces inté­rêts et déer­minent les marges de manoeuvre offertes à leur pour­suite. ET comme il est dans la logique de l’intérêt de s’efforcer indé­fi­ni­ment, il est peu pro­bable que le sens de la limite lui vienne spon­ta­né­ment­du dedans – par consé­quent elle ne lui sera posée que du dehors. Veut-on que la finance n’offre plus le spec­tacle des extra­va­gantes inéga­li­tés de la bulle et celui du krash qui s’ensuivra néces­sai­re­ment ? Qu’on modi­fie les règles fon­da­men­tales qui struc­turent le jeu et le com­por­te­ment des agents, ou bien qu’on attende rési­gné la pro­chaine crise.
    (Fré­dé­ric Lor­don, Jusqu’à quand ? Edi­tions Rai­sons d’agir, 2008)

    Rédi­gé par : Hadrien | le 12 juin 2010 à 20:51

    Réponse
  41. Hadrien

    LA FINANCE ET LES INSTITUTIONS

    J’au­rais dû livrer le pas­sage de Marx dans son intégralité :
    “Dès que la pro­duc­tion a besoin de la terre, soit pour l’agriculture, soit pour l’extraction de matières pre­mières, la pro­prié­té fon­cière empêche la péréqua­tion pour les capi­taux inves­tis dans le sol et acca­pare une par­tie de la plus-value qui, autre­ment entre­rait dans le fonds de péréqua­tion de taux géné­ral de pro­fit. La rente consti­tue alors une par­tie de la valeur, plus spé­cia­le­ment de la plus-value des mar­chan­dises qui, au lieu d’é­choir à la classe capi­ta­liste qui l’a tirée des ouvriers, revient aux pro­prié­taires fon­ciers qui la pré­lèvent sur les capi­ta­listes” (L III, VIII)

    Les thèses radi­cales de Elie Sadigh consistent à remar­quer qu’un féo­da­lisme du même type s’est consti­tué au coeur même du capi­ta­lisme, par la financiarisation :
    Le pro­fit n’ir­rigue plus l’é­co­no­mie, même pas l’en­tre­prise, mais une nou­velle sorte de rente, celle ver­sée aux mar­chés finan­ciers qui ont acquis le pou­voir d’im­po­ser leurs lois (au point de contes­ter aujourd’­hui celles des nations) de la même façon, muta­tis mutan­dis, que les sei­gneurs d’au­tre­fois vis à vis de leurs pay­sans (au point de mettre en cause leur sur­vie). Retour à une forme de féo­da­lisme… Voi­là à quoi nous a conduit le lais­ser-faire, dans l’eu­ro-libé­ra­lisme et la globalisation !

    Com­ment donc empê­cher l’o­li­gar­chie de dic­ter ses vues à la popu­la­tion, sinon en pre­nant le pro­blème à sa source ?

    Par­ler de refon­da­tion… du capi­ta­lisme, c’est évi­dem­ment vou­loir dic­ter la solu­tion avant d’a­voir posé le problème !

    ET POURQUOI PAS PLUS LOIN ? (Fre­de­ric Lor­don, La crise de trop, Fayard, 2010)

    C’est en effet la ques­tion que pose l’au­teur, dans son style inimitable :
     » Et si fina­le­ment, à la ques­tion ‑jus­qu’où?- posée à nou­veau par l’his­toire ‑jus­qu’où por­ter la remise en ques­tion ? jus­qu’où faire aller la nou­velle donne?-, la réponse pra­tique, celle que donne le corps social en mou­ve­ment, dépas­sait les simples limites d’un chan­ge­ment de confi­gu­ra­tion du capi­ta­lisme pour deman­der davan­tage, il fau­drait être un édi­to­ria­liste, un ministre Sar­ko­zyste ou un expert du par­ti socia­liste pour ne pas voir ce qu’il y a à deman­der : la démo­cra­tie radi­cale partout…
    Si dépas­ser le capi­ta­lisme peut avoir quelque sens, ce ne peut être que celui d’éf­fa­cer cette incom­pré­hen­sible ano­ma­lie vou­lant qu’aux temps dits démo­cra­tiques les inté­res­sés se trouvent à ce point dépos­sé­dés de tout pou­voir sur la conduite de leur acti­vi­té col­lec­tive. Et celui de pour­voir à la plus com­plète réap­pro­pria­tion en cette matière…
    Tout celà fait-il un sens pos­sible à don­ner à ANTI-CAPITALISME ?…
    C’est à la fois la force et la fai­blesse des ordres régnants : ils s’im­posent à grande échelle mais nou­rissent des refus et amassent contre eux des forces de même exten­sion. Le capi­ta­lisme n’é­chappe pas à cette fata­li­té, même si l’in­ten­tion du tra­vail de trans­fi­gu­ra­tion sym­bo­lique qu’il déploie sans cesse, par célé­brants inter­po­sés, lui per­met de durer très au-delà de ce que la réa­li­té nue de ses rap­ports pour­rait jamais lui assu­rer. L’ex­pé­rience his­to­rique cepen­dant montre assez l’i­né­luc­table insuf­fi­sance de ces acco­mo­da­tions, et leur carac­tère de simples retar­de­ments. On pour­rait juste avoir l’en­vie d’ac­cé­lé­rer le cours des choses. »

    ECONOMIES LIBERALE ET SOCIALE

    Je constate à cet égard que tout, ou presque, a été oublié par les Pey­re­le­va­diens sur leur site, en juillet der­nier, dans “Le par­tage des richesses (12)” – comme quoi, là encore, on n’en fait jamais assez. Rado­tons donc une der­nière fois sur la dif­fé­rence entre éco­no­mies libé­rale (ou conflic­tuelle i.e. non-admi­nis­trée) et sociale (ou coopé­ra­tive i.e. administrée):

    - l’une pro­cède de la théo­rie des jeux : cha­cun opti­mise un cri­tère indi­vi­duel qui ignore les autres et l’on obtient, s’il existe, un équi­libre conflic­tuel, en priant Adam Smith. (C’est comme ça qu’on fai­sait à l’époque des cavernes!)

    - l’autre pro­cède de l’Optimisation coopé­ra­tive au sens de Pare­to : un cri­tère col­lec­tif agrège tous les cri­tères indi­vi­duels (C’est comme ça qu’on fait, à notre époque civi­li­sée, quand on a un pro­jet : essayez donc de construire un avion, selon la théo­rie des jeux conflictuels !)

    Ain­si, sur le fameux exemple d’école “le dilemme des deux pri­son­nier”, cha­cun reste en pri­son dans le pre­mier cas, alors qu’ils sont vite libres tous deux dans le second.
    Dans le der­nier cas, on qua­li­fie la solu­tion opti­mi­sante de “poli­tique opti­male” (même en maths), ou “stra­té­gie opti­male”, ce qui ren­voie aux “stra­tèges” de la Grèce antique : ils avaient pour mis­sion de mettre en oeuvre la solu­tion du pro­blème posé, notam­ment en temps de guerre.
    Cela ne signi­fie évi­dem­ment pas que cette stra­té­gie se sub­sti­tue à l’individu dans sa vie micro-éco­no­mique (régu­la­tion locale). Seules, les grandes struc­tures macro-éco­no­miques sont tou­chées. Mais ça n’est pas rien, et l’intérêt géné­ral ain­si for­mu­lé peut tout changer !

    Dans le pre­mier cas, il peut certes exis­ter un équi­libre conflic­tuel (dit de Nash), mais la notion d’op­ti­ma­li­té n’a aucun sens (opti­mal par rap­port à quel cri­tère global?).
    Tout au plus démontre-t-on que la solu­tion peut tou­jours être consi­dé­rée comme opti­mi­sante pour « un cer­tain cri­tère » agré­gé, mais qui n’a aucune rai­son d’a­voir les pro­prié­tés sou­hai­tables, notam­ment d’é­ga­li­té des coef­fi­cients d’agrégation.
    En effet, en matière socio-éco­no­mique, le point de départ est la fonc­tion d’utilité de cha­cun, u=f(x), x étant la variable (mul­ti­di­men­sion­nelle) repré­sen­tant théo­ri­que­ment toutes les dis­po­si­tions de la vie éco­no­mique et sociale qui nous concernent. Comme ces dis­po­si­tions n’ont pas le même effet sur cha­cun de nous, on doit “aggré­ger” la fonc­tion d’utilité élé­men­taire f(x) de cha­cun en une fonc­tion d’utilité macro­sco­pique U=F(x) de la Nation, pour pou­voir maxi­mi­ser sa valeur.
    Or, la décla­ra­tion des droits de l’homme sti­pule que tout être humain a même valeur pour l’expression de ses dési­rs (”égaux en droits”). C’est le fon­de­ment de la démo­cra­tie ! Elle nous impose donc F(x)= Somme des Pi.fi(x), sur l’indice i de la popu­la­tion, avec Pi=1/N, où N est le nombre total d’individus, ce qui est évi­dem­ment irréa­li­sable en pra­tique vu la gran­deur de N.
    Le tirage aléa­toire de n indi­vi­dus per­met d’obtenir approxi­ma­ti­ve­ment la même chose, avec une somme de n termes, où Pi=1/n, Pi repré­sen­tant la pro­ba­bi­li­té d’occurence de la fonc­tion d’utilité Ui(x) dans la population.C’est la loi des grands nombres qui le garantit !
    Les Grecs avaient choi­si 5OO, et on est tou­jours autour de ce chiffre dans nos démo­cra­ties (577 en France).

    Dès l’instant où ce point est acquis, tout le reste découle comme consé­quence logique : on admet, en effet, en éco­no­mie, que tous les agents sociaux ont une fonc­tion d’utilité construc­tible vis à vis de tous ses argu­ments, pour peu que l’on inter­roge les dits agents conve­na­ble­ment (la théo­rie des sub­sti­tu­tions et des pré­fé­rences y pour­voie, si néces­saire, au plan méthodologique).
    Dès lors, la for­mu­la­tion uni­voque du pro­blème d’optimisation de l’économie poli­tique, telle qu’énoncée par les uti­li­ta­ristes ain­si que Pare­to, s’obtient en remar­quant que :
    Pi = Ni/N, où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonc­tion d’utilité Ui(x), et n la somme des i, N étant le nombre total de citoyens.
    On voit là tout l’intérêt de la for­mu­la­tion fré­quen­tielle en Ni/N par les pro­ba­bi­li­tés : lorsque la popu­la­tion est en nombre N éle­vé, il est impos­sible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonc­tion d’utilité. Cela devient, en revanche, plus envi­sa­geable si l’on peut dis­po­ser d’un échan­tillon réduit de n citoyens, où les rap­ports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rap­ports Ni/N, c’est à dire les pro­ba­bi­li­tés Pi.
    Dans ce cas seule­ment, on peut par­ler d’une démarche “démo­cra­tique” car elle pré­serve fidè­le­ment la repré­sen­ta­tion du peuple par la repré­sen­ta­ti­vi­té de l’échantillon.
    Deux sortes d’une telle démarche ont été appli­quées dans l’histoire :

    DEMOCRATIE DIRECTE ET DEMOCRATIE ELECTIVE

    - la démo­cra­tie directe par tirage au sort : c’est celle de la démo­cra­tie athé­nienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / ‑322). Elle pos­sède la pro­prié­té essen­tielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathé­ma­tique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit, est la même que celle de la popu­la­tion totale, même si la car­di­na­li­té de j est infé­rieure à celle de i (autre­ment dit, même si toutes les fonc­tions d’utilité ne sont pas repré­sen­tées). C’est si vrai que cela s’applique en par­ti­cu­lier au tirage au sort d’un seul repré­sen­tant, dont l’espérance reste non biai­sée. C’était là tout le sens de la “Sto­cho­cra­tie”.

    - la démo­cra­tie indi­recte par délé­ga­tion élec­tive : c’est celle appli­quée de nos jours par les “démo­cra­ties occi­den­tales”. Elle consiste théo­ri­que­ment à regrou­per les citoyens qui se recon­naissent tous la même fonc­tion d’utilité Ui(x) qu’un des leurs, qu’ils élisent comme repré­sen­tant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle néces­si­te­rait i=j, donc la même car­di­na­li­té, d’où l’adverbe “théo­ri­que­ment” ci-des­sus, car ce n’est jamais le cas en pra­tique. Dans tous les cas, le citoyen doit se pro­non­cer pour celui des repré­sen­tants qui lui paraît “proche” avec tous les incon­vé­nients biens connus qu’évitaient les grecs : déma­go­gie, influence de l’éducation, de la posi­tion sociale, de la for­tune, etc.
    Tout cela est évi­dem­ment étran­ger à la déter­mi­na­tion de la “poli­tique opti­male” elle-même, qui déter­mine les valeurs de toutes les com­po­santes de x maxi­mi­sant l’utilité glo­bale U=F(x). C’est une opé­ra­tion méca­nique sans ambi­gui­té, quelle que soit sa difficulté.

    Il ne faut pas confondre éta­blir la fonc­tion-objec­tif, une opé­ra­tion néces­sai­re­ment démo­cra­tique car elle doit faire inter­ve­nir cha­cun de façon équi­pro­bable, avec maxi­mi­ser cette fonc­tion par rap­port à ses argu­ments, opé­ra­tion pure­ment tech­nique qui peut être dévo­lue au “plus apte” qui n’est autre, par défi­ni­tion, que l’Administration (le Gou­ver­ne­ment n’en est que le chef).
    En ce sens, croire que le “plus apte” serait apte…à don­ner à notre place notre propre “fonc­tion d’utilité” est une absurdité.
    On com­prend, au pas­sage, pour­quoi la “sto­chas­to­cra­tie”, chère à Etienne Chouard, éli­mine tout conflit dans l’obtention de la “Poli­tique optimale”.
    On com­prend aus­si que l’homo poli­ti­cus et l’homo eco­no­mi­cus dis­pa­raissent pour se confondre en un seul : le citoyen. Chaque citoyen a “droit de cité”, au sens ethy­mo­lo­gique de ce terme, ce qui a fait dire à Ber­nard Manin :

    (PRINCIPES DU GOUVERNEMENT REPRESENTATIF, Flam­ma­rion, 1996)
    “On ne réflé­chit plus guère, à pré­sent sur l’usage poli­tique du titage au sort. Le sort n’appartient plus depuis long­temps à la culture poli­tique des socié­tés modernes, où il il appa­raît aujourd’hui avant tout comme une pra­tique bizarre. On sait ‚sans doute qu’il était uti­li­sé à Athènes et on le remarque par­fois, mais sur­tout pour s’en éton­ner. L’énigme prin­ci­pale semble être que les Athé­niens aient pu avoir recours à pareille pro­cé­dure. La connais­sance pour­rait cepen­dant gagner à un ren­ver­se­ment du point de vue habi­tuel qui tend à faire de la culture pré­sente le centre du monde. Il y aurait peut-être avan­tage à se deman­der plu­tôt : com­ment pou­vons-nous ne pas pra­ti­quer le tirage au sort, nous qui nous pro­cla­mons démocrates?”

    Réponse
  42. Alain

    Mer­ci Adrien pour cette dis­tinc­tion remet­tant sur ses pieds la « rai­son républicaine » :

    « Il ne faut pas confondre éta­blir la fonc­tion-objec­tif, une opé­ra­tion néces­sai­re­ment démo­cra­tique car elle doit faire inter­ve­nir cha­cun de façon équi­pro­bable, avec maxi­mi­ser cette fonc­tion par rap­port à ses argu­ments, opé­ra­tion pure­ment tech­nique qui peut être dévo­lue au “plus apte” qui n’est autre, par défi­ni­tion, que l’Administration (le Gou­ver­ne­ment n’en est que le chef). En ce sens, croire que le “plus apte” serait apte…à don­ner à notre place notre propre “fonc­tion d’utilité” est une absurdité ».

    En effet, voi­ci une réponse à ceux qui faussent le débat en oppo­sant sur le même plan poli­tique ce qui ne devrait pas être confon­du : « com­pé­tence des experts » et « sou­ve­rai­ne­té popu­laire », riant de notre sou­ci de pous­ser « jus­qu’au bout » la démocratie.

    Réponse
  43. gilles

    Je viens de relire le com­men­taire d’A­lain qui est sous le lien que vous lisez et je suis aus­si dans cet état d’es­prit de gar­der l’es­time et l’en­vie de se res­pec­ter sauf pour cathe­rine qui dépasse régu­liè­re­ment les bornes sur ce blog.

    Le der­nier exemple en date. Elle cite un site raciste aupa­ra­vant, sans même prendre l’ef­fort de se dis­tan­cier ou dire qu’elle n’ap­prouve pas tout ce qui est écrit sur ce site, ce qui est la moindre des choses quand on prends la peine de citer un site liti­gieux et c’est elle qui se met ensuite en colère. Atten­tion, pas le droit de faire une remarque à sa majes­té Cathe­rine. Phare lumi­neux de la pen­sée, Génie des Flandres, Lumière des opprimés …

    Il ne vient pas non plus à l’i­dée de cathe­rine qu’en fré­quen­tant dif­fé­rentes per­sonnes au cours de ma vie, j’ai peu à peu vécu le racisme comme une absur­di­té, non je serais un enfant imma­ture auquel aurait mis des idées dans la cervelle.

    « Gar­dez-moi de mes amis, mes enne­mis je m’en charge. »

    À quoi bon conti­nuer avec elle dans ces conditions ?

    Réponse
  44. Alain

    @ cathe­rine

    Cathe­rine, pose moi donc tes ques­tions, j’y répon­drai sin­cè­re­ment, et sans avoir en face de moi une « raciste », ni même une « hal­lu­ci­née », donc, sim­ple­ment une « citoyenne », égale et sym­pa­thique « à priori ».

    Si tes ques­tions sont alam­bi­quées à la sauce freu­dienne, il est pos­sible que ni moi ni toi, en fait ne soyons « à la hau­teur du débat » : il y fau­drait d’autres com­pé­tences plus « avé­rées »…Doc­teur !

    Si tes ques­tions sont d’ordre « nit­chéennes », il se peut que mes réponses , même si elles te déplaisent, soient « sur la bonne lon­gueur d’onde », pour que l’on crève l’ab­cès de notre réel différent.

    Avoir un réel dif­fé­rent ne rend pas « enne­mi », pour peu que l’on s’ap­plique « mutuel­le­ment » les prin­cipes répu­bli­cains d’é­ga­li­té etc…

    Une chose est claire : le mot « sou­ve­rai­ne­té » est conflic­tuel, et heu­reu­se­ment, car « la nature humaine » n’est pas la même que « la nature » du pota­ger domestique.

    Sou­ve­rai­ne­té exige for­cé­ment révolte, jusques et y com­pris contre « soi-même », quand ce « soi-même » a été défi­ni par « autrui »…

    Nous refu­sons « natu­rel­le­ment » d’être les « clones » d’une figure sté­réo­ty­pée de « l’es­pèce humaine ».

    Ceci légi­time à mes yeux la vigi­lance anti-raciste, et l’exi­gence d’ou­ver­ture de prin­cipe à une autre idée, non finie, de ce que peut « deve­nir le genre humain », dans un pro­ces­sus d’au­tant plus com­plexe qu’il se doit de res­ter celui d’une « libération »…
    Bises, Catherine !

    Réponse
  45. Catherine

    Bon­jour Alain,

    J’en­rage, je viens de faire une fausse manoeuvre, j’a­vais écrit une longue réponse à ton mes­sage, et voi­là qu’elle s’est envo­lée, ça m’ap­pren­dra à faire davan­tage atten­tion la pro­chaine fois.

    Pas beau­coup de temps, quel­qu’un vient me voir à 13 hres, je vais donc devoir conden­ser ce qui n’est guère dans mes cordes.

    Que dire qui pour­rait dire vite et concentré ?

    Que je suis pour l’ou­ver­ture, que je n’aime pas les occlu­sions, et qu’a­vant de savoir, aus­si tant est que je sache un jour, ce dont je doute par des­sus tout, et bien je ne sais pas, et que pour savoir dis­cer­ner quelque chose de l’é­paisse forêt qui nous envi­ronne, je n’ai trou­vé rien d’autre, que de me ris­quer à tout ce qui passe sauf si je sais par moi-même, par mon exé­rience vécue, que ce n’est pas bon, sinon, dans tous les autres cas, je fonce, je me risque, et je t’as­sure que pour ma part, c’est très pro­duc­tif, je n’ai rien trou­vé de mieux pour avan­cer. Se ris­quer, se ris­quer, à des gens, des situa­tions, de façon la plus diver­si­fiée pos­sible, ne pas res­ter dans son quant à soi, élar­gir les espaces en offrant de l’es­pace, une oreille qui prête l’o­reille et qui selon les har­mo­niques qu’elle enten­dra diri­ge­ra les sons de sa bous­sole propre.Voilà gros­so modo, et rap­pe­ler que pour dé-pas­ser il faut d’a­bord pas­ser, sinon, on fait du sur-place et sou­vent même on recule.

    Les ques­tions que je te posais sont incluses dans ton mes­sage comme autant de réponses, ton ouver­ture dit plus et mieux que tu ne sau­rais dire même si tu dis bien, bien sûr.

    Grand, grand mer­ci à cet espace que tu offres, que tu m’offres et que tu t’offres par là même, un espace de liber­té, nous sommes riches de cela, sois-en remer­cié vivement.

    Cathe­rine

    Réponse
  46. Alain

    Don­ner béné­vo­le­ment des cours d’al­pha­bé­ti­sa­tion à des « gueux » res­ca­pés du monde entier tel qu’il est… voi­là qui enri­chit contre tous les « sur­ren­det­te­ments », et qui, contre toutes les évi­dences, apprend au « prof’im­pro­vi­sé » bien plus qu’il ne peut lui-même pré­tendre ensei­gner, en « échange ».

    …Reste à invi­ter ses « élèves » à la cho­rale du coin, et un « miracle » se pro­duit, fina­le­ment rien d’autre qu’une paren­thèse « nor­male » dans une situa­tion « glo­ba­le­ment anormale ».

    Se rap­pe­ler sans même réfé­rence à un soi-disant « devoir de mémoire », qu’on a for­cé­ment lou­pé « son meilleur ami pos­sible », faute d’a­voir dépouillé sa propre « iden­ti­té » des signes d’hos­ti­li­té « à prio­ri » que des « forces trans­cen­dantes » ont cou­su à notre insu sur elle…Le racisme n’est pas « un péché », c’est un lin­ceul qu’on porte sans vrai­ment s’en rendre compte, mais qui s’é­pais­sit à mesure qu’on le tolère, jus­qu’à nous accom­pa­gner dans la haine de « cet Autre », dont l’i­dée même qu’il puisse exis­ter nous étouffe : et ce lin­ceul finit par nous digérer…Mais le sen­ti­ment d’é­touf­fer est un avertissement.

    Réponse
  47. Catherine

    Je crois que ce qui importe c’est d’a­voir en tête que tout humain vaut un humain, et que toutes ces his­toires de racisme acco­mo­dé à toutes les sauces, anti-femme, anti-noir, anti-blanc, anti-juif, anti-com­mu­niste, anti-mys­tique, anti-droite, anti-tout ce qu’on veut, ce sont des conne­ries, dans les­quelles les gens tombent trop faci­le­ment, sans dis­tan­cia­tion aucune, de peur qu’on leur colle une éti­quette sur le dos.

    S’ils étaient plus assu­rés de ce qu’ils sont vrai­ment, ces gens-là, ils n’au­raient pas peur d’être inquié­tés de ceci ou de cela, ils sau­raient tout à fait répondre de leurs actes et les jus­ti­fier de manière tout à fait adéquate.

    Mais le sou­ci, c’est que les gens manquent d’axe, ils manquent de sub­stance, ils ont per­du leur Nord, ils ne savent plus à quel saint se vouer, alors ils écoutent bête­ment ce qu’on leur dit et répétent comme des per­ro­quets ce qu’ils ont enten­du, par peur de se démar­quer, ils veulent être dans le groupe, indif­fé­ren­ciés, c’est plus confor­table, c’est le « on » qui parle, aucune res­pon­sa­bi­li­té propre, le confor­misme se nour­rit de cette peur-là, si les gens étaient plus forts inté­rieu­re­ment, mieux affer­mis dans leurs posi­tions, nous n’en serions pas à vivre ce que nous vivons.

    Des êtres influen­çables sou­mis à tous les vents, toutes les marées.

    Cette his­toire de racisme, c’est un attrape-nigauds qui empêche toute réelle com­pré­hen­sion de l’en­jeu prin­ci­pal qui devrait nous occu­per, enjeu qui dépasse lar­ge­ment cet aspect réduit de la problèmatique.

    Cette his­toire de racisme, c’est le tis­su rouge qu’on met devant le nez du tau­reau pour que le « spec­tacle » com­mence, c’est un empê­cheur de pen­ser, ça arrête quelque chose du pro­ces­sus de pos­sible com­pré­hen­sion, ça fait tom­ber des rideaux de fer, ça coupe la res­pi­ra­tion, alors que toute notre atten­tion devrait être mise au ser­vice de ce qui se cache der­rière tout ça.

    Cette his­toire de racisme, c’est une diver­sion, au même titre que la télé qui occupe du temps de cer­veau dis­po­nible, ça occupe du temps, de l’es­pace, et ça empêche de faire cer­tains liens qu’on pré­fére de ne pas voir se faire, ce serait comme un peu plus dan­ge­reux, s’ils se fai­saient ces liens-là, alors, on a trou­vé une parade dorée, c’est celle-là, et c’est plu­tôt bien trou­vé, ma foi, ça marche plein pot !

    Quant à moi,je me fiche de savoir quelle est la cou­leur, le sexe, l’âge, la confes­sion de celui qui tue l’hu­main, s’il le tue, l’hu­main, d’une manière ou d’une autre, je lui fais la guerre, enfin, j’es­saie de lui faire la guerre, avec ce que j’ai en ma pos­ses­sion, pour mon­trer toute la faus­se­té d’une pareille atti­tude, c’est un devoir de faire la guerre à toute injus­tice, dont nous devrions tous avoir à répondre, faire le ménage, enle­ver les encom­brants, et le monde ne serait pas ce qu’il est, y’au­rait comme un peu plus d’air et de clar­té à l’ho­ri­zon, et là, c’est bou­ché, mais bon, qui sait, par­fois, y’a des éclair­cies qu’on n’at­ten­dait pas et qui nous surprennent !

    J’aime beau­coup les sur-prises !

    Réponse
  48. gilles

    Cathe­rine, je main­tiens, je désap­prouve tou­jours que tu aies insé­ré dans ton inter­ven­tion N° 26 un lien hyper­texte vers une page web rela­ti­ve­ment ano­dine d’un site qui lui est clai­re­ment fas­ciste, ceci sans aucune mise en garde, ni dis­tan­cia­tion des thèses expri­mées par ce site. Ce site évoque plu­sieurs fois Mus­so­li­ni et Julius Evola.

    Est-ce tu approuves oui ou non cer­tains aspects de la poli­tique menée par Mussolini ? 

    C’est une ques­tion que je n’au­rais pas ima­gi­né te poser aupa­ra­vant, mais que tu as légi­ti­mé que l’on te pose puisque tu as cité ce site sans aucune mise en garde.

    Je me pose la ques­tion, cette absence de mise en garde ou de dis­tan­cia­tion doit être mise au compte de l’é­tour­de­rie, de l’im­pru­dence, de la fatigue ou bien y a‑t-il une inten­tion cachée ?

    Je te cite : « Cette his­toire de racisme, c’est une diver­sion, au même titre que la télé qui occupe du temps de cer­veau dis­po­nible, ça occupe du temps, de l’es­pace, et ça empêche de faire cer­tains liens qu’on pré­fère de ne pas voir se faire, ce serait comme un peu plus dan­ge­reux, s’ils se fai­saient ces liens-là. »,

    En par­lant comme cela, tu as l’air de dire que le racisme n’existe pas, qu’il s’a­git juste d’une diver­sion et non pas de faits réels où des actes cri­mi­nels sont com­mis, est-ce que je com­prends bien ce que tu as vou­lu dire ? Ou alors t’es-tu mal exprimée ?

    Dans les cas où cela serait une diver­sion, je veux bien admettre que l’on abuse de cette accu­sa­tion grave pour mettre en dif­fi­cul­té cer­taines per­sonnes et puisque d’a­près toi, je fais par­tie des per­sonnes qui n’ont pas com­pris les buts pour­sui­vis par cette diver­sion, j’ai­me­rais com­prendre, quelle est la chose que l’on veut cacher ? Qui nous la cache ?

    Réponse
  49. Catherine

    Tu com­mences à me gon­fler sérieux Gilles, si tu ne sais pas lire et si tu ne com­prends rien à rien, alors fais un effort pour apprendre à lire, il est grand temps, ou évite de me poser ce genre de ques­tion­ne­ment stu­pide et indigne, et insul­tant de sur­croît, insulte à l’in­tel­li­gence, car de moi, rien à faire, suf­fi­sam­ment conscience de l’in­si­gni­fiance de mon être pour ne pas m’ar­rê­ter à ce genre de propos.

    Je n’ai nul­le­ment l’in­ten­tion, une nou­velle fois, de t’ex­pli­quer, en long, en large, en tra­vers, le pour­quoi de ce qui m’a fait pla­cer ce site, je m’en suis déjà expli­quée chez Plus loin que J, il ne ser­vi­rait à rien qu’à perdre mon temps que d’en rajou­ter une couche, j’en veux pour preuve tous les mes­sages depuis plus de deux ans main­te­nant, que j’en­voie ici et ailleurs,et si, mal­gré eux, tu en viens à m’a­dres­ser de tels pro­pos, c’est peine per­due, pas de rai­son a prio­ri, que tu com­prennes d’un seul coup, ce que tu refuses à voir depuis tout ce temps.

    Der­rière tout cela, tous les pro­blèmes que tu sou­lèves, il y a une ins­tru­men­ta­li­sa­tion mons­trueuse, dont tu es une vic­time paten­tée, asser­men­tée, label­li­sée, estam­pillée, mais tu n’as même pas conscience de cela, pas le début du plus petit début du début d’un com­men­ce­ment, et si tu ne l’as pas com­pris, alors, c’est que tu es encore plus nigaud que je ne le pensais.

    Ce sen­ti­ment d’op­po­si­tion dont tu te fais le ser­vile manou­vrier sert à faire naître l’op­po­si­tion entre indi­vi­du, classe, sexe, géné­ra­tion, confes­sion et tut­ti quan­ti, oppo­si­tion utile mais pas pour ceux que tu crois niai­se­ment défendre, utile afin que là où il devrait y avoir coopé­ra­tion inter­in­di­vi­duelle, il y ait division,rupture d’in­té­rêt, alors que l’in­té­rêt com­mun de tous ces indi­vi­dus serait de s’u­nir contre le seul et prin­ci­pal enne­mi qui génère et fabrique les dis­sen­sions, celui qui fait naître le sens du cou­rant qui va à contre­cou­rant de celui de ces dit-indi­vi­dus spo­liés dans leurs droits qui devraient être irré­fra­gables, et toi, tu te fais le défen­seur de ces inté­rêts dévoyés, ceux qui ali­mentent la direc­tion du cou­rant patho­gène, en pen­sant défendre une noble cause, cerise sur le gâteau, il faut voir plus loin que le bout de son nez, décol­ler un peu de sa vision de myope, prendre de la dis­tance, c’est comme si tu t’ar­rê­tais à une écor­chure de sur­face sans voir que l’hé­mor­ra­gie coule d’une veine ou même d’une artère, bref, si tu n’as pas encore com­pris cela à ton âge, c’est tout de même malheureux !

    Sache que je n’ai que faire de tes désap­pro­ba­tions. Tu ne com­prends rien à rien, tu t’en­fonces tou­jours plus dans tes sté­réo­ty­pies de pen­sée, tu ferais bien d’é­lar­gir un peu tes espaces, de les aérer, ils sentent un peu le renfermés.

    Encore une chose qui m’é­nerve par­ti­cu­liè­re­ment chez toi, quand tu as quelque chose à dire, prends cette chose à ton compte, à ton nom, dis je, c’est plus cor­rect, certes, tu es plus impli­qué, mais c’est comme ça que tu avan­ce­ras, le bou­clier du « nous » ou du « on » n’est guère cou­ra­geux, reprends à ton propre compte tes opi­nions sans les englo­ber comme tu le fais trop sou­vent dans un « nous » informe.

    J’es­père t’a­voir ôté tout désir de pour­suivre plus avant cette conver­sa­tion qui porte bien mal son nom, car le pré­fixe « con » invite à l’i­dée de conjoindre, alors que là, il s’a­gi­rait davan­tage de disjonction !

    Je n’ai plus aucune inten­tion de répondre à tes mes­sages tant qu’ils seront de cette teneur, obtus, étroits, imma­tures et réel­le­ment stu­pides. Tu peux m’en vou­loir de te par­ler aus­si fran­che­ment, je le recon­nais tout à fait, mais c’est vrai­ment pour te pous­ser à gran­dir, tu en as gran­de­ment besoin à mon sens.

    Réponse
  50. gilles

    Cathe­rine, ne m’ex­plique pas plus, j’ai déjà trop bien com­pris ton type de raisonnement.

    Réponse
  51. Catherine

    C’est bien petit tout cela !

    Bon, j’m’y colle encore une fois, car là, ça dépasse l’at­teinte per­son­nelle à laquelle je ne m’ar­rête pas d’ha­bi­tude, je m’y colle donc, fran­che­ment dépi­tée de tant d’â­ne­ries au cm d’é­cri­ture, car là, tu étends l’at­teinte au trans­per­son­nel en l’en­glo­bant dans un « rai­son­ne­ment » auquel cer­tains peuvent se retrouver,te rends-tu seule­ment compte de ce que tu dis ? j’ai comme des doutes !

    Alors, je vais faire des images pour que t’es­saies de com­prendre, écoute bien, ouvre tes oreilles, si les tra­ders aujourd’­hui déconnent sec, je crois que ce n’est pas à eux qu’il faut en vou­loir mais au sys­tème qui a per­mis et qui per­met encore au tra­vers de ses inter­dic­tions et sur­tout de ses auto­ri­sa­tions, l’é­mer­gence de telles dévia­tions.Les hasards ne sont des hasards que pour les gens qui ne savent pas les lire, très, très peu de choses sont le fruit du hasard, presque tout se construit mais bien peu décode la dite construc­tion. En disant cela, je me garde bien de dire que je décode, loin s’en faut, mais de ci de là, il me semble com­prendre cer­tains aspects de la confi­gu­ra­tion d’en­semble, enfin, je crois, et la réa­li­té du quo­ti­dien finit par­fois par venir confir­mer mes pres­sen­ti­ments, mais j’a­voue que pour beau­coup d’as­pects je dois être igno­rante et tel­le­ment igno­rante que j’i­gnore l’é­ten­due de mon ignorance.

    Certes le tra­der, il est pas beau, beau, pas très inté­rio­ri­sé, tout tour­né vers l’ex­té­rieur, l’ap­pât du gain, mais c’est un homme et ma foi, pas un saint, je ne suis pas assez « allu­mée » pour croire que tous les hommes sont justes d’emblée, non, c’est un tra­vail la jus­tesse, ça s’ap­prend, le ar qui est conte­nu h ar monie nous le rap­pelle, c’est la même struc­ture éty­mo­lo­gique qu’on retrouve dans artisan c’est pour dire que ça se construit, ça ne tombe que rare­ment du ciel cette chose-là, ça se mérite l’har­mo­nie, alors il s’en­gouffre là où il y a des brèches notre bon­homme, et c’est ce qu’il fait et fait bien, pour le plus grand mal de tous les autres qui lui per­mettent d’a­voir son pseu­do-bien à lui, c’est presque aus­si natu­rel que si j’ouvre le robi­net, l’eau coule.

    Ce n’est donc pas à lui qu’il faut en vou­loir, mais à l’or­ga­ni­sa­tion sociale qui a per­mis de telles dérives par ses empê­che­ments et ses autorisations.

    C’est tou­jours, tou­jours la même chose, dans toutes les sphères, c’est tou­jours la même chose, tout ce qui advient en un point pré­cis n’est aucu­ne­ment la résul­tante du hasard ou bien peu, mais la résul­tante de ce que l’on a bien vou­lu mettre au monde en terme d’au­to­ri­sa­tion et d’empêchement, c’est pour­quoi je veille autant à rec­ti­fier fer­me­ment ce qui me semble par­tir de guin­gois, car si on laisse pas­ser, ça ren­for­ce­ra encore ce qui est mis en place,et nous aurons indi­vi­duel­le­ment à répondre de cela, nous sommes donc furieu­se­ment res­pon­sables de ce qui se passe par­tout, tout ce que nous fai­sons ou ne fai­sons pas, tout ce que nous disons ou ne disons pas a des impli­ca­tions dans la chi­mie des rela­tions humaines, certes, nous avons des cir­cons­tances atté­nuantes, car nous avons été trom­pé long­temps dans la plus par­faite igno­rance, mais main­te­nant que nous savons ce n’est plus la même chose que si nous ne savions pas, ça oblige à répondre à cela au tra­vers de tous les actes que nous fai­sons y com­pris et sur­tout lorsque nous adres­sons des mes­sages, si l’on reste coin­cé avec une vision de myope en ne s’at­ta­chant qu’à ce phé­no­mène-là, sur les tra­vers des tra­ders sans rien chan­ger des normes qui ont per­mis son émer­gence, alors on pour­ra encore se lamen­ter long­temps, c’est pas pour tout de suite que ça va changer.

    Les Mus­sol­li­ni et consorts ne sont pas arri­vés au hasard, ils sont le pro­duit d’une chi­mie qui s’est faite, et si elle s’est faite, c’est parce qu’on l’a auto­ri­sée à se faire, c’est une co-construc­tion faite du tis­sage d’une mul­ti­tude d’a­ban­dons, de renon­ce­ments et d’ac­quies­ce­ments, à l’i­mage de ce que l’on vit aujourd’­hui socia­le­ment mais aus­si dans notre vie per­son­nelle, tout est ques­tion de chi­mie, des ingré­dients qu’on ajoute ou qu’on sous­trait, c’est d’une sim­pli­ci­té décon­cer­tante, mais pour cela même fich­tre­ment com­plexe. Une situa­tion en un point pré­cis est la fusion d’une mul­ti­tude de points qui se sont croi­sés et qui donnent un résul­tat pré­cis, c’est une recette de cuisine.

    Alors bien sûr, on pour­ra vili­pen­der les tra­ders comme on pour­ra vili­pen­der les racistes mais si l’on ne va pas y voir des normes, des cadres qui ori­ginent les com­por­te­ments humains, ce sont des lamen­tos stu­pides, et c’est ce que je te ren­voie, tu as une vision de myope, essaie de lire un texte en le voyant très près de tes yeux, tu ne ver­ras rien, il fau­dra que tu éloignes le texte pour com­men­cer à pou­voir lire, c’est ce que je te dis à tra­vers ces mes­sages, mais tu t’obs­tines à vou­loir voir de près et c’est moi que tu incri­mines de cette vision de tra­vers, c’est un comble !

    Et finir par le mot de res­pect. Le mot res­pect est très beau, il contient toute sa beau­té dans la chair de ses lettres. Il y a spect qui ren­voie à voir et le pré­fixe re avec l’i­dée de renou­vel­le­ment. Res­pec­ter c’est accep­ter de voir à nou­veau …avec d’autres yeux et d’autres oreilles, de celles que l’on a quand on s’est débar­ras­sé de tous les encom­brants qui obs­true ce qui est

    Réponse
  52. A-J Holbecq

    Bon­jour Catherine

    Depuis plu­sieurs mois je sens et je com­prends ta frus­tra­tion que les choses ne semblent pas avan­cer (dans le bon sens)

    Mais comme tu le dis, c’est au sys­tème qu’il faut s’at­ta­quer, alors, pour s’at­ta­quer au sys­tème je ne vois que 3 solutions
    1 – Don­qui­chot­tesque … toute seule ou cha­cun dans son coin..
    2- Un peu mieux : au sein d’as­so­cia­tions ou de regrou­pe­ments de citoyens … mais là on voit vite que cha­cun tire de son coté
    3 – Encore mieux, je crois : au sein d’un par­ti poli­tique dont tu approuve une majo­ri­té des idées ; là tu peux aus­si essayer de faire pas­ser cer­taines des tiennes .

    Si tu as une autre solu­tion, elle est la bienvenue.

    Réponse
  53. Catherine

    Oui, oui, bien sûr, tu as rai­son je crois André-Jacques, on peut, peut-être en ajou­ter une qua­trième de pos­sible solu­tion, celle de cer­taines pos­tures comme celle de quel­qu’un que je res­pecte beau­coup, c’est Di Giro­la­mo, quel­qu’un qui tra­vaille dans l’ombre et peti­te­ment, et qui s’at­tache à re-construire la cel­lule, pour qu’a­gré­gées ensemble les cel­lules consti­tuent une struc­ture, un orga­nisme plus sain.

    C’est très beau une telle tâche, humble et sans gran­di­lo­quence aucune, mais ça doit être re-connue une telle démarche, pour que d’autres entrent dans ses pas et viennent l’en­ri­chir de leur prés-ence, le levain qui fera lever la pâte tout entière, aus­si tu me donnes l’oc­ca­sion de le remer­cier pour tout ce qu’il fait et je signi­fie encore et encore ma plus vive sym­pa­thie à Georges Di Girolamo.

    Je crois, vois-tu, qu’il n’y a pas une solu­tion, mais des solu­tions, qui doivent s’u­nir, s’é­pou­ser pour don­ner le plat suave d’une juste jus­tesse à laquelle nous avons tous le devoir d’a­voir soif.

    Les par­tis poli­tiques, je ne les aime pas, pour ce qu’ils contiennent déjà de par­ti­tion en leur sein, mais je sais aus­si, que de telles posi­tions trop puristes ne sau­raient tenir face, face au tsu­na­mi qui nous tombe des­sus en cati­mi­ni mais bien profondément.

    Il ne s’a­git presque plus d’un choix pour la vie, mais contre la mort, pour évi­ter la mort qui prend de plus en plus de place dans notre lit et qui fini­ra bien­tôt par nous jeter au tapis, alors, les copies, il faut les re-voir pour sûr !

    Faire ce que l’on fait en l’ac­com­pa­gnant de rai­son de ce pour­quoi on le fait, c’est le re-spect ultime, qui dé-passe lar­ge­ment la petite per-sonne,l’opinion, res­pec­ter la vie, c’est ne rien faire sans accom­pa­gner ce que l’on fait de ce pour­quoi la vie nous offre l’oc­ca­sion de lui don­ner un sens, un ordre, une com­po­si­tion de rap­ports qui soit en con-for­mi­té avec le maxi­mum de jus­tesse pour des gens aus­si dif­fé­rents soit-il et riche, ôh com­bien riche de cette diversité !

    Réponse
  54. gilles

    La France a été sau­vé du nazisme par le gaul­lisme, mais aus­si­tôt le gaul­lisme a oppri­mé cer­taines anciennes colo­nies par le méca­nisme moné­taire du Franc CFA, une zone de mon­naie unique pour plu­sieurs pays afri­cains. André-Jacques, il y aurait un sujet d’é­tude pour les éco­no­mistes à étu­dier la mise en place de ce Franc CFA et ses réper­cu­tions éco­no­miques en terme de trans­ferts peu visibles de richesses de l’A­frique vers la France grâce à cette espèce d’eu­ro avant l’heure. Cela nous arran­geait bien pour main­te­nir la sujé­tion de la France sur les pays qui avaient eu le manque de dis­cer­ne­ment de l’a­voir accep­té et les Fran­çais regar­daient ailleurs et ne vou­laient pas le voir. Il y a quelque chose de tra­gique de voir presque à chaque fois, un mou­ve­ment d’é­man­ci­pa­tion, cette fois-ci le gaul­lisme, se retour­ner tota­le­ment ou par­tiel­le­ment en un mou­ve­ment de domi­na­tion. C’est à croire qu’il faut se méfier des libé­ra­teurs et des sau­veurs et que l’é­man­ci­pa­tion est tou­jours rela­tive à une per­sonne ou à un groupe et que les idées d’é­man­ci­pa­tion abso­lue finissent tou­jours par un retour­ne­ment dia­lec­tique à deve­nir les bases idéo­lo­giques de la domi­na­tion absolue.

    Réponse
  55. Alain

    @Gilles:Est-ce vrai­ment le même « gaullisme » ?

    Réponse
  56. CyrilH

    @ Gilles

    le CFA, c’est tout ce que tu retiens de l’op­pres­sion gaul­liste dans les ex colo­nies ? C’est certes très impor­tant, et ce d’au­tant plus que le méca­nisme per­dure, que la France conti­nue de nom­mer la moi­tié des admi­nis­tra­teurs des BCEAO, BEAC, Banque cen­trale des Comores, et que les pays du pré­car­ré conti­nue d’a­voir leur compte d’o­pé­ra­tion au Tré­sor fran­çais… Mais est-ce là tout ce qu’il y a à rete­nir ? Lisez un peu Ver­schave, Mon­go Beti, Grand­mai­son, Sven Lind­q­vist, Foc­cart, Trin­quier, Périès, Marie Monique Robin, Odile Tobner…Les « crimes de la Fran­ça­frique », c’est une tau­to­lo­gie qui a du vécu et qui vit encore quoi­qu’on dise. Tout n’est pas à mettre au compte du géné­ral mais une bonne part quand même, d’au­tant plus qu’il a inau­gu­ré le sys­tème. Je pense au par­ti­cu­lier au Came­roun où les Bami­lié­kés ont fait l’ob­jet d’un véri­table géno­cide au cours d’une des pre­mières guerres anti­sub­ver­sives modernes avec napalm et tout le tou­tim, menée sous l’é­gide de Pierre Mess­mer et qui s’est pour­sui­vie sous de Gaulle. Je pense au Bia­fra, au Togo, au Gabon, etc., et à l’en­semble des ex colo­nies de l’A­frique sub­sa­ha­rienne que De Gaulle a enten­du « tenir » très sérieu­se­ment, via le sys­tème Foc­cart, et ce notam­ment pour conser­ver les res­sources de ces pays et, par­tant, don­ner corps à son « idée de la France ».

    @ André-Jacques

    Ce rap­pel assure la tran­si­tion avec un avis sur les dif­fé­rentes options qui s’offrent à nous pour remettre en cause le sys­tème moné­taire. Les par­tis poli­tiques ? Les­quels André-Jacques ? Le par­ti socia­liste qui nous a don­né Maas­tricht, a ame­né la Fran­ça­frique à son paroxysme avec le géno­cide des Tut­si, a été sou­vent plus roya­liste que le roi en terme de néo­li­bé­ra­li­tés ? Le par­ti des Verts qui nous a pro­po­sé de voter oui au TCE avec tout ce que cela implique de signi­fi­ca­tions ? Le PCF, par­ti mori­bond et dépas­sé ? which one ? Adhé­rer à ces par­tis fait pas­ser du com­pro­mis à la com­pro­mis­sion, du moins en ce qui concerne tous les « par­tis de gou­ver­ne­ment » qui, sans excep­tion, ont pour­sui­vi la même ligne en terme de tota­li­ta­risme éco­no­mique et de sécu­ri­ta­risme social. Et puis sans par­ler de ces appa­reils qui ont tous peu ou prou goû­té au crime, quid du pro­jet offi­ciel qu’ils défendent ? C’est d’un capi­ta­lisme soft dont on a besoin ? Ou bien s’a­git-il de rendre pos­sible une socié­té vrai­ment dif­fé­rente où l’argent est au ser­vice de l’hu­main et pas le contraire ? Le capi­ta­lisme, c’est l’argent roi par défi­ni­tion ; y mettre un peu de ver­nis social n’y chan­ge­ra que dalle.

    Et pour­quoi l’en­ga­ge­ment poli­tique devrait-il néces­sai­re­ment pas­ser par ces vieilles machines qui ne repré­sentent plus grand monde ? Sont-ils à même, ces par­tis, de redon­ner conscience de l’im­por­tance du politique ?

    Et puis une autre ques­tion : faut-il attendre que l’on ait 27 gou­ver­ne­ments de gauche pour oser espé­rer quelques menus chan­ge­ment dans notre droit qui est aujourd’­hui prin­ci­pa­le­ment com­mu­nau­taire ? Faut-il rap­pe­ler que l’exé­cu­tif euro­péen, la com­mis­sion, n’a JAMAIS, été à gauche ?

    Ce qui est sûr, c’est qu’il faut de la conver­gence sur les inté­rêts fon­da­men­taux des peuples. Et là des­sus, les grands par­tis ins­ti­tu­tion­nels quels qu’ils soient se posent là pour ne rien dire. Ne rien dire sur le sys­tème de créa­tion moné­taire, ne rien dire ou si peu sur la pré­gnance des para­dis fis­caux qui pour­raient s’é­crou­ler dès lors que les grandes puis­sances le sou­hai­te­raient, ne rien dire sur un Nord qui vit sur le dos du Sud, d’une façon on ne peut plus cari­ca­tu­ra­le­ment cri­mi­nelle, ne rien dire sur l’ab­sence de médias alter­na­tifs de grande écoute (ou au contraire pour recon­naître la néces­si­té de bâillon­ner Inter­net qui est seul sup­port aujourd’­hui à per­mettre une infor­ma­tion de masse), ne rien dire sur l’im­pos­ture abra­ca­da­bran­tesque du para­digme du choc des civi­li­sa­tions – cette fic­tion que l’on nous joue depuis bien avant le 11 sep­tembre, etc.

    Le pro­blème, pour moi vient de ceux qui se « spé­cia­lisent » dans leur petit domaine, qui, en somme, se font plai­sir en refu­sant la trans­ver­sa­li­té et la mise en cohé­rence des luttes. C’est ça, avoir des œillères. Recon­naître par exemple l’ab­ject sys­tème moné­taire qui repose sur une pri­va­ti­sa­tion ori­gi­nelle de la créa­tion de l’argent, mais ne jamais piper mot sur d’autres aber­ra­tions tout aus­si, voir beau­coup plus, cri­mi­nelles. Je reprends ici sur l’exemple du géno­cide des Tut­si au Rwan­da en 1994 sous la coha­bi­ta­tion Balladur/Mitterrand car j’a­vais sou­le­vé le sujet il y a déjà un petit moment auprès de vous, André-Jacques et Étienne, sans rece­voir le moindre signe d’in­té­rêt de votre part. Or, il est un devoir pour tout citoyen fran­çais concer­né d’au moins cher­ché à savoir ce que recouvre notre impli­ca­tion là-bas. ça fait 8 ans que je lis sur le sujet et si je vous fai­sais part du plan­cher et du pla­fond qui encadre ma véri­dic­tion du sujet, vous me trai­te­riez sans doute de « pas sérieux » alors que mon ana­lyse, qui ne m’est pas propre d’ailleurs, mais plu­tôt com­mune à l’en­semble de ceux qui abordent le sujet (on par­le­ra à tout le moins de com­pli­ci­té de géno­cide), est on ne peut plus per­ti­nente au regard des faits connus, rela­tés, avé­rés et des docu­ments déclassifiés.

    Alors pour­quoi s’in­té­res­ser à la fois à la mon­naie, au Rwan­da, aux para­dis fis­caux, aux entre­prises phar­ma­ceu­tiques, aux assas­si­nats de coopé­rants fran­çais en Afrique, aux doc­trines poli­ti­co mili­taires fran­çaises de contrôle des popu­la­tions qui ont si bien fait « école » dans les états majors du monde entier, à l’eu­gé­nisme et au néo­mal­thu­sia­nisme qui habitent les esprits de nombres d’é­lites, aux sort réser­vés aux sans papiers, etc. ? Pour la mise en pers­pec­tive et la pers­pi­ca­ci­té qui en résulte. Car cela per­met la clair­voyance, et dans le domaine de la mon­naie de savoir par exemple qu’on ne revien­dra pas de sitôt par les urnes ou les par­tis sur le prin­cipe intan­gible (en temps nor­mal dirons-nous) de l’in­dé­pen­dance des auto­ri­tés moné­taires à l’é­gard des res­pon­sables politiques.

    Réponse
  57. Alain

    Le PCF, par­ti mori­bond et dépassé ?

    Que voi­là donc une ana­lyse fine !

    Le roi est mort, vive le roi ?

    Don­ner tant d’im­por­tance à ce qui est « dépas­sé » signi­fie qu’il y a quel­que­chose que l’on n’a pas été capable de dépas­ser soi-même :

    La mort des « par­tis » est dési­rable, mais à la condi­tion qu’un véri­table réveil citoyen soit en cours…On en est loin, et faute de cela, nous avons besoin du débat que pour l’ins­tant seuls les par­tis, avec leurs mili­tants, pro­voquent : telle est la condi­tion actuelle de la démo­cra­tie, et par­tout ou les popu­lismes ont inter­dit les par­tis, rien d’autre qu’une dic­ta­ture s’est ins­tal­lé : Pétain etc, non merci !

    Réponse
  58. CyrilH

    déso­lé d’a­voir heur­té votre sen­si­bi­li­té sur le PCF. Mais je main­tiens, ne vous en déplaise. Cepen­dant je ne confonds pas l’ap­pa­reil avec le com­mu­nisme qui lui, j’y crois fer­me­ment, peut don­ner les fer­ments d’une socié­té plus juste, à condi­tion que l’i­déal liber­taire ne soit pas sacri­fié sur l’au­tel de l’égalité.

    Ai-je dit qu’il fal­lait inter­dire les par­tis ou asso­cia­tion de ce genre ? Vous allez vite en besogne Alain. Ou alors c’est que vos pers­pec­tives sont bien étroites car la démo­cra­tie par­le­men­taire, plé­bis­ci­taire, publi­ci­taire n’est pas l’al­pha et l’o­mé­ga du champs des pos­sibles démocratiques.

    Réponse
  59. A-J Holbecq

    @ CyrilH

    Vous êtes mar­rant de pen­ser qu’on ne sait pas tout cela (et bien d’autre choses) à par­tir du moment où on se spé­cia­lise sur autre chose..

    Mais je ne puis por­ter sur mes épaules tout le mal­heur du monde et mes jour­nées n’ont aus­si que 24 h.. et en fait, vous, vous pro­po­sez quoi ?

    Sou­ve­nez-vous :  » la cri­tique est aisée et l’art est difficile »

    Réponse
  60. CyrilH

    @ André-Jacques

    Mais je ne dis pas que vous ne savez pas tout cela ; je dis qu’il y a besoin que cha­cun élar­gisse ses propres fronts et prennent ses res­pon­sa­bi­li­tés. Et il ne s’a­git pas de por­ter sur vos épaules tout le mal­heur du monde, mais au moins un petit peu celui qu’on peut impu­ter à la France… On est res­pon­sable de ce que nos élus font en notre nom, non ?

    Ce que je pro­pose ? Comme je l’ai dit, que cha­cun essaie à sa mesure de prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. Il importe en par­ti­cu­lier que ceux qui ont conscience des choses et trouvent un cer­tain écho dans les médias parlent.

    Après, rien n’est facile, n’i­ma­gi­nez pas que je sois naïf. Je m’in­té­resse suf­fi­sam­ment à l’his­toire pour savoir que les défis que nous avons à rele­ver sont vieux comme Hérode.

    Moi, ce qui guide ma démarche, c’est d’a­voir une com­pré­hen­sion géné­rale de la marche du monde. J’ai com­men­cé par un coin, celui de la Fran­ça­frique et j’é­lar­gis sans cesse mes hori­zons. C’est ce qui m’a ame­né par exemple à m’in­té­res­ser à la mon­naie. Sujet sur lequel d’ailleurs, on vous doit de mettre à dis­po­si­tion des res­sources acces­sibles. Mon but est de me pré­oc­cu­per des sujets fon­da­men­taux : la mon­naie, l’as­ser­vis­se­ment par la dette des pays du TM, la lutte contre l’im­pu­ni­té qui n’a jamais ces­sé d’au­réo­ler les cou­pables de crimes contre l’hu­ma­ni­té, la réflexion sur une phi­lo­so­phie poli­tique sur laquelle baser une socié­té plus juste, les doc­trines psy­cho­lo­giques poli­tiques et mili­taires de contrôle des popu­la­tions, les impos­tures des auto­ri­tés sani­taire et du monde de la méde­cine allo­pa­thique, etc.

    S’in­for­mer, c’est déjà résis­ter. Savoir pour com­prendre, com­prendre pour agir…

    Agir com­ment ? la conver­gence des luttes en iden­ti­fiant les sou­bas­se­ments com­muns des dif­fé­rents fronts, ce qui sup­pose du reste de contre­car­rer cette stra­té­gie qui consiste jus­te­ment à divi­ser, à opposer…Alors ensuite, peu importe la forme à tra­vers laquelle se maté­ria­lise cette conver­gence, un par­ti, une association…

    Ce que je dis en revanche, c’est qu’il n’y a rien à attendre ou à espé­rer des appa­reils de la poli­tique poli­ti­cienne actuelle.

    Ce que je pense aus­si, c’est qu’il faut en finir avec cette idéo­lo­gie qui consiste à ne blâ­mer per­sonne, à pen­ser que le sys­tème actuel trans­cende la sphère des déci­deurs elle-même. Pour en res­ter au sys­tème moné­taire : il faut com­battre le sys­tème lui-même mais aus­si ceux qui en béné­fi­cient, ceux qui l’ont mis en place en toute conscience. Autre chose : ça me fait « mar­rer » à quel point ce que je nomme « stra­té­gie de dis­cré­di­ta­tion pré­ven­tive » fonc­tionne pour empê­cher les objec­teurs de dési­gner les res­pon­sables de la merde actuelle. Alors on tourne autour du pot pour dési­gner ces res­pon­sables : la finance, l’o­li­gar­chie finan­cière, Wall Street, la City… Mais à la base, les noms de la grande banque qui font la pluie et le beau temps sont connus non ? Ceux qui font tout pour res­ter le plus dis­cret qui soit ne mérite-t-il pas d’être mis en lumière ? Bien sûr tout en se gar­dant bien d’a­mal­games dou­teux qui pour le coup dis­cré­ditent à juste titre (je fais bien sûr réfé­rence aux dérives anti­sé­mites, ceux qui, comme le disait si bien Des­proges, se trompent de colère). Et que dire de ces think tanks (Bil­der­berg, Tri­la­té­rale, Coun­cil of Forei­gn rela­tions, Royal Ins­ti­tute of Inter­na­tio­nal Affairs, etc.) dont l’exis­tence et l’in­fluence sont plus qu’a­vé­rées et qui regroupent la crème de la crème des déci­deurs ? Peut-on se conten­ter d’une cri­tique théo­rique des piliers d’un sys­tème sans s’in­té­res­ser à ceux qui le mettent en place et aux fins auquel il est asservi ?

    Réponse
  61. Alain

    « Peut-on se conten­ter d’une cri­tique théo­rique des piliers d’un sys­tème sans s’in­té­res­ser à ceux qui le mettent en place et aux fins auquel il est asservi » ?

    CyrilH, ici per­sonne (à ma connais­sance), ne répon­dra non à votre ques­tion, mais si pré­tendre avoir une vue « glo­bale » est hono­rable, il est inté­res­sant aus­si de fouiller des ques­tions comme par hasard vic­times du silence média­tique et même « universitaire ».

    Je pense que nous sommes dans « un sys­tème », comme vous dites, et je pré­fère le nom­mer « capi­ta­liste », ce qui mal­heu­reu­se­ment ne suf­fit pas à tout « résumer »…

    Seuls les défen­seurs « aver­tis » de ce ce sys­tème, c’est-à-dire fina­le­ment ceux qui dominent socia­le­ment le monde en tant que classe sociale n’ayant jamais lési­né quant aux « crimes néces­saires » pour main­te­nir cette « domi­na­tion » se sont auto­ri­sés à se nom­mer « libé­raux », et en fait, face au « dan­ger com­mu­niste », ils ont tant qu’il le fal­lait consen­ti à avan­cer des « avan­tages sociaux »…Avec une cer­taine « libéralité »…

    Ils pensent que « le com­mu­nisme est mor­ri­bond », désor­mais, alors, ils veulent de nou­veau « ser­rer la vis » : c’est bien le retour à l’es­cla­vage leur hori­zon vrai !

    Hélas, les « par­tis com­mu­nistes » ont très mal inter­prê­té la par­ti­tion écrite par le « grand com­po­si­teur Marx » avec une lec­ture la plus bête qui soit du « mani­feste du Par­ti communiste »…

    C’est évident aujourd’­hui, mais il faut avouer que la « salle du concert des nations » ne cor­re­pen­dait pas aux pré­vi­sions : le nazisme comme réponse au « dan­ger com­mu­niste », a été plus qu’ef­fi­cace, trans­for­mant le monde en champ mon­dial de lutte génocidaire :

    Vous sug­gé­rez que nous y sommes encore, mais heu­reu­se­ment, voi­ci le capi­ta­lisme désta­bi­li­sé car il avait une béquille com­mode : le soi-disant « bloc communiste »…

    Cette pré­sence face à face de soi-disant deux camps irré­con­ci­liables, a per­mis au capi­ta­lisme d’a­voir « un visage humain » (dans les « pays riches, bien sûr!)face à « l’hor­reur com­mu­niste »(pro­mise aux « pays pauvres »).

    La chute du mur est aus­si la chute du masque capitaliste.

    Il se peut que le PCF soit « dépas­sé », mais sans lui, l’es­poir aus­si serait « dépassé ».

    Faut-il que l’es­poir soit dépas­sé ? C’est une triste question !

    Réponse
  62. Étienne

    CyrilH

    Si vous feuille­tez ce site, vous y retrou­ve­rez trace de presque tous vos centres d’in­té­rêts, car je les par­tage et je détecte moi-même des rami­fi­ca­tions sem­blables à celles que vous suggérez. 

    Le fil d’A­riane entre tous ces scan­dales révol­tants, de mon point de vue, ce sont les abus de pou­voir.

    Et donc, logi­que­ment, l’ab­sence de contre-pou­voirs efficients.

    Et, donc, tou­jours logi­que­ment, l’ab­sence de vraie Consti­tu­tion.

    Et si on tient à remon­ter la chaîne des cau­sa­li­tés jus­qu’à sa véri­table ori­gine, si l’on remonte le fleuve des abus de pou­voirs jus­qu’à sa source pre­mière, on tombe inva­ria­ble­ment sur la mau­vaise qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant : savoir (et vou­loir) QUI écrit les consti­tu­tions et QUI les fait res­pec­ter ensuite, voi­là, à mon avis, la meilleure voie moderne d’é­man­ci­pa­tion pour tous les êtres vivants (y com­pris les ani­maux et les plantes, soit dit en passant).

    J’ai quatre gros livres de l’in­dis­pen­sable et bou­le­ver­sant Fran­çois-Xavier Ver­schave, et plus de 100 sur la colo­ni­sa­tion et l’im­pé­ria­lisme… Vous n’êtes pas seul… 🙂

    Si je n’ai pas réagi comme il fal­lait à l’une de vos sol­li­ci­ta­tions, je vous en demande par­don, mais cela m’ar­rive plus sou­vent que je le vou­drais : lit­té­ra­le­ment débor­dé, je manque sou­vent à tous mes devoirs.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  63. CyrilH

    bon­jour Étienne

    Mer­ci, je me sens moins seul à présent ! 🙂
    Je vous rejoins bien sûr sur la néces­si­té d’un pro­ces­sus consti­tuant de qua­li­té qui assure une loi fon­da­men­tale juste dont il faut garan­tir l’application.

    Savoir qui écrit les consti­tu­tions est en effet très impor­tant. Concer­nant la nôtre en par­ti­cu­lier, il importe plus que tout de connaître l’es­prit de ceux qui l’ont écrite.
    Et le tableau est bien triste : tout d’a­bord, il n’y a pas eu de pro­ces­sus consti­tuant démo­cra­tique étant don­né que l’a­vè­ne­ment de la 5ème répu­blique pro­cède d’un coup d’é­tat, celui du 13 mai 1958, et qu’une com­mis­sion de rédac­teurs fut impo­sée uni­la­té­ra­le­ment. Cette com­mis­sion com­pre­nait des gens comme Michel Debré bien sûr mais aus­si des per­sonnes moins connues comme Alain Plan­tey ou René Capi­tant qu’il est inté­res­sant de lire.
    Notre Consti­tu­tion per­met la dic­ta­ture, ni plus ni moins, comme le recon­naissent volon­tiers toutes les som­mi­tés du droit consti­tu­tion­nel. Cette consti­tu­tion est même un modèle du genre en ce qu’elle consti­tu­tion­na­lise les situa­tions d’ex­cep­tion lors des­quelles le chef suprême peut s’ar­ro­ger les pleins pou­voirs. Bon je ne vais pas m’é­tendre ici sur le sujet mais il y a beau­coup beau­coup à dire.
    Du coup, j’en viens à un sujet qui m’oc­cupe pas mal en ce moment : celui des phi­lo­so­phies poli­tiques qui pré­sident à l’es­sen­tiel des consti­tu­tions des « démo­cra­ties » modernes. Peut-être vous-êtes vous déjà inté­res­sé à Carl Schmitt ? à Kelsen ?
    Je suis ren­tré dans ce sujet par la porte mili­taire on va dire : la doc­trine de la guerre révo­lu­tion­naire concoc­tée par les Fran­çais après la guerre d’In­do­chine, appli­quée en Algé­rie, au Came­roun, expor­tée dans toutes les dic­ta­tures du monde, qui en cela a fait école, qu’on a appli­quée inté­gra­le­ment au Rwan­da (voir « une guerre noire » de Gabriel Périès, un poli­to­logue qui, ayant fait sa thèse sur cette doc­trine, s’est ren­du compte que le Rwan­da avait été un labo­ra­toire pour ain­si dire) pré­sente un fon­de­ment idéo­lo­gique (qui consiste à ins­tru­men­ta­li­ser et exci­ter une guerre des races à des fins de contrôle de la popu­la­tion) dont la cor­res­pon­dance juri­dique sup­pose une pré­émi­nence des situa­tions d’ex­cep­tion sur l’ordre légal nor­mal. Il y a énor­mé­ment à dire sur le sujet tel­le­ment cette doc­trine des états d’ex­cep­tion tend à se sys­té­ma­ti­ser dans le para­digme actuel de la guerre glo­bale au terrorisme.
    Les mili­taires fran­çais qui ont réor­ga­ni­sé l’ar­mée dans les années 40 se sont ouver­te­ment ins­pi­rés des théo­ri­ciens du genre : en par­ti­cu­lier Luden­dorff pour son concept de guerre totale, nazi notoire et Carl Schmitt tou­jours actuel­le­ment recon­nu par nombre d’u­ni­ver­si­taires comme un grand pen­seur poli­tique mal­gré son pas­sé lui aus­si nazi.

    Pour en reve­nir à votre pré­oc­cu­pa­tion, celle de faire adve­nir un pro­ces­sus consti­tuant de qua­li­té, plu­sieurs ques­tions : quelle est selon vous la bonne façon de faire prendre conscience de cette néces­si­té impé­rieuse ? Com­ment, pour être plus direct, sen­si­bi­li­ser à l’in­té­rêt d’une loi fon­da­men­tale qui garan­tisse un cer­tain ordre démo­cra­tique si vos conci­toyens n’ont pas idée de la réa­li­té des choses ? Par­tant, le pre­mier enjeu n’est-il pas de faire savoir ce qui se trame en réa­li­té et à quel point les masses font l’ob­jet de mani­pu­la­tion dont les tech­niques sont sans cesse plus sophis­ti­quées ? Les théo­ri­ciens de la guerre révo­lu­tion­naire ont tou­jours insis­té sur la néces­si­té fon­da­men­tale de contrô­ler les corps et les esprits. Et en l’es­pace d’un siècle, les méthodes en la matière (Edward Ber­nays inven­teur des rela­tions publiques, Gus­tave le Bon, Tcha­kho­tine l’au­teur du « viol des foules », etc.) ont pro­li­fé­ré. La base de la pro­pa­gande, c’est bien sûr la peur. La peur de l’autre, la peur de demain, la peur du monde…

    Bref, tout ça pour dire que si la néces­si­té d’une bonne consti­tu­tion est criante, ce n’est pas par cette approche juri­dique, posi­ti­viste de cette néces­si­té, qu’on abou­ti­ra il me semble.

    Pour reve­nir à la mon­naie tout de même un peu. Je ne com­prends pas bien pour­quoi il serait néces­saire d’as­su­rer une cou­ver­ture inté­grale de la mon­naie scrip­tu­rale par de la mon­naie fidu­ciaire. Pour moi, l’en­jeu réside bien plus dans l’ap­par­te­nance à la Nation de cette pré­ro­ga­tive suprême qu’est l’é­mis­sion moné­taire. Exit l’in­dé­pen­dance des banques cen­trales ! Et ensuite, il faut une bonne poli­tique moné­taire, c’est à dire une poli­tique adap­tée aux besoin de notre éco­no­mie. C’est-à-dire une poli­tique qui déve­loppe l’ap­pa­reil de pro­duc­tion dans un sens per­ti­nent et qui per­met la pro­duc­tion des entre­pre­neurs socia­le­ment utiles. Autre­ment dit il faut une injec­tion de mon­naie bien ajus­tée qua­li­ta­ti­ve­ment et quan­ti­ta­ti­ve­ment. En par­ti­cu­lier, il faut que l’ac­cès au cré­dit aux entre­prises utiles soit garan­ti. Il faut en finir avec le « on ne prête qu’aux riches » et même « on ne prête qu’aux riches spéculateurs ».
    Et je ne vois pas bien en quoi une cou­ver­ture inté­grale est néces­saire là dedans. D’au­tant plus que, comme le sou­ligne AJ, cela sup­pose un pilo­tage ser­ré de la BC. Et la pla­ni­fi­ca­tion, on sait que ça ne marche pas. Aucune auto­ri­té si com­pé­tente soit-elle n’est à même de pré­voir les besoins et d’ir­ri­guer en consé­quence. Il faut une régu­la­tion réelle et forte qui inter­dit les dys­fonc­tion­ne­ment notoires mais pas une seule auto­ri­té suprême qui contrôle tout en amont. Je serais plus pour une natio­na­li­sa­tion de toutes les banques. On peut en effet consi­dé­rer que les acti­vi­tés ban­caires sont des acti­vi­tés de ser­vice public et qu’en consé­quence elles doivent être conduites de façon à garan­tir la satis­fac­tion des besoins. Mais là encore, ce n’est pas la natio­na­li­sa­tion elle-même qui pour­ra garan­tir le res­pect de l’in­té­rêt géné­ral. C’est la mise à dis­po­si­tion de moyens réels pour ce faire.

    Réponse
  64. sentier198

    @ CyrilH

    « ..Et en l’es­pace d’un siècle, les méthodes en la matière (Edward Ber­nays inven­teur des rela­tions publiques, Gus­tave le Bon, Tcha­kho­tine l’au­teur du « viol des foules », etc.) ont pro­li­fé­ré. La base de la pro­pa­gande, c’est bien sûr la peur. La peur de l’autre, la peur de demain, la peur du monde…

    Bref, tout ça pour dire que si la néces­si­té d’une bonne consti­tu­tion est criante, ce n’est pas par cette approche juri­dique, posi­ti­viste de cette néces­si­té, qu’on abou­ti­ra il me semble.… »

    mer­ci de nous rap­pe­ler le carac­tère fon­da­men­ta­le­ment psy­cho­lo­gique des nos « turpitudes »…

    il me semble que l’homme a « épui­sé » les solu­tions « for­ma­listes » , issues de sa capa­ci­té à abs­traire le réel et en éla­bo­rer une concep­tua­li­sa­tion « opératoire »..

    les ava­tars « tota­li­taires » du siécle der­nier en sont un exemple .….

    il nous faut inven­ter des dis­po­si­tifs d’or­ga­ni­sa­tions sociales tenant compte <b>à prio­ri </b> de cette carac­té­ris­tiques (la vul­né­ra­bi­li­té de notre espèce face à la conscience de sa propre fin à titre individuel..d’où elle prête le flanc au mani­pu­la­tions liées à cette « peur »)

    j’a­vais évo­qué il y a quelques mois les expé­riences « micro-sociales » autour de ce que l’on à appe­lé la « psy­cho­thé­ra­pie institutionnelle »…

    cela me semble une piste intéressante..

    au plai­sir de vous lire

    cor­dia­le­ment à tous..

    Réponse
  65. A-J Holbecq

    @CyrilH

    Atten­tion, il ne s’a­git pas de rem­pla­cer la mon­naie scrip­tu­rale par de la mon­naie fidu­ciaire, mais d’im­po­ser à des banques de dépôts (les dépôts en mon­naie ban­caire) une cou­ver­ture de 100% en mon­naie cen­trale (évi­dem­ment scripturale).
    Ceci per­met d’empêcher les banques de créer de la mon­naie de cré­dit et de sépa­rer « mon­naie » et « épargne »
    Lisez les docu­ments que j’ai lais­sé sur le forum de la Nef http://​www​.lanef​.com/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​t​=​494

    Réponse
  66. CyrilH

    @ André-Jacques

    Oui, j’ai été impré­cis dans ma for­mu­la­tion. J’a­vais bien en tête une cou­ver­ture inté­grale de la mon­naie scrip­tu­rale émise par les banques com­mer­ciales par la mon­naie émise par la banque cen­trale donc par la mon­naie cen­trale totale (mon­naie cen­trale scrip­tu­rale + billets). Je com­prends bien que ceci empêche les banques de second rang de créer de la mon­naie mais c’est jus­te­ment ce dont l’op­por­tu­ni­té ne me paraît pas évi­dente. Je vais lire les docu­ments mis en lien en espé­rant y trou­ver une réponse sur l’as­pect pilo­tage cen­tral de la masse moné­taire dont l’é­co­no­mie a besoin.

    Réponse
  67. Alain

    Bon­jour sentier198

    … « le carac­tère fon­da­men­ta­le­ment psy­cho­lo­gique des nos « turpitudes »…

    L’œuvre des cher­cheurs en psy­cho­lo­gie sociale (avec et après Vygots­ki) dis­qua­li­fie l’unilatéralité fruste de la déter­mi­na­tion des per­sonnes « par l’intérieur » alors que rien dans leur vie n’est com­pré­hen­sible sans obser­ver la constante conver­sion du « dehors social » en « dedans psy­chique » (et inver­se­ment) dans le pro­ces­sus jamais ache­vé de l’apprentissage et du développement :

    Les motifs, dimen­sions intimes du psy­chisme, se construisent si bien « par le dehors » dans les « appro­pria­tions » et « iden­ti­fi­ca­tions », qu’ils sont « décen­trés » jusqu’à pou­voir être beau­coup plus vastes que « nous-mêmes » :

    Ce qu’on peut faire pour une « cause com­mune » à laquelle on tient révèle la pos­sible « auto­no­mie » à l’égard de ses « peurs ori­gi­nelles », au sein même de son « quant à soi ».

    Ce qu’il y a de poten­tiel­le­ment « libé­ra­teur » pour chaque per­sonne dans un « pro­ces­sus consti­tuant popu­laire », c’est la pers­pec­tive d’appropriation de capa­ci­tés supé­rieures, que les « nou­velles formes » du monde « exté­rieur » aux­quelles on engage sa per­sonne induisent, si l’imaginaire n’est pas « tué dans l’œuf ».

    En effet, s’op­pose aux idéo­lo­gies de « la peur », « l’émergence sociale », comme un « agran­dis­se­ment de soi » : dans ce sens, la « citoyen­ne­té » est la conquête d’une nou­velle vie.

    Le monde de « la créa­tion artis­tique » nous laisse croire que ce qui échappe à la « pul­sion ori­gi­nelle » dans la créa­tion, c’est la créa­tion elle-même…

    (Arthur Rim­baud : « je est un autre »…)

    Il me semble donc vital, pas seule­ment du point de vue appa­rem­ment « poli­tique », de pous­ser ses amis à rêver nou­velle forme « Consti­tu­tion »…Et à s’y enga­ger. (« nous » sommes un autre monde possible).

    Réponse
  68. Hadrien

    Un trai­te­ment de la dette trés différent,
    DE PART ET D’AUTRE DE L’ATLANTIQUE…

    Un livre récent, sor­ti la semaine der­nière en librai­rie, vient ren­for­cer l’é­clai­rage sur la non-moné­ti­sa­tion de la dette par voie de Banque cen­trale, intro­duite chez nous par la loi Pom­pi­dou-Gis­card de 1973, puis scel­lée par les trai­tés de Maas­tricht et Lis­bonne, et qui nous livre pieds et poings liés aux desi­de­ra­ta de l’Allemagne…
    Il s’a­git de « Sor­tir de l’eu­ro ou mou­rir à petit feu », par Alain Cot­ta, Plon, 2010 :

    ALAIN COTTA :

     » Depuis 2008, depuis sa hausse trés signi­fi­ca­tive à un niveau voi­sin de celui de la France…, le Tré­sor amé­ri­cain emprunte auprés de la Banque cen­trale et non des épar­gnants amé­ri­cains qui eussent été et sont tou­jours inca­pables d’un tel effort. Le défi­cit amé­ri­cain comme le défi­cit des finances publiques chi­nois est, en termes plus tech­niques « moné­ti­sé ». On crée (en échange de bons du tré­sor non com­mer­cia­li­sés) de la mon­naie dont on fait cadeau à l’E­tat fédé­ral ou à l’E­tat chi­nois, sans d’ailleurs que cette moné­ti­sa­tion soit sui­vie d’inflation.

    Pour les pays euro­péens, il en va tout autre­ment. Les défi­cits, même en crois­sance trés affir­mée ces trois der­nières années, sont finan­cés par l’é­pargne. Pour deux rai­sons : l’or­tho­doxie finan­cière affir­mée d’une Banque cen­trale sous contrôle alle­mand – on ne donne pas le mark sans droit de suite – et, bien sûr, l’exis­tence d’une épargne abon­dante (on ver­ra chez qui!)…
    L’es­sence même de la non-moné­ti­sa­tion – condi­tion de l’Al­le­magne à l’eu­ro – conduit à aug­men­ter le mon­tant des obli­ga­tions d’E­tat au niveau exact de la somme des défi­cits bud­gé­taires des pays de l’eu­ro, soit aujourd’­hui prés de quatre tril­lions (4000 mil­liards) d’eu­ros qui, ajou­tés au mon­tant de l’en­det­te­ment pri­vé, porte le total de l’en­det­te­ment des pays de l’eu­ro à presque 9 tril­lions d’eu­ros, soit à peu prés 100% du pro­duit (natio­nal) de la zone…

    A dette publique, créan­ciers pri­vés… L’ac­cu­mu­la­tion de ces inté­rêts plus celle des créances, jointes toutes deux à la « sta­bi­li­té des prix », font de la rente et des ren­tiers les grands béné­fi­ciaires de l’eu­ro. Que ça dure, sou­haitent-t-ils, en conti­nuant à voter pour les can­di­dats pro-euro. Et il n’est pas éton­nant, vu notre situa­tion démo­gra­phique, que tous les can­di­dats, par­tout, soient tous ou presque pro-euro. La démo­gra­phie des pays euro­péens engendre la géron­to­cra­tie poli­tique puisque plus de la moi­tié des élec­teurs ont désor­mais plus de cin­quante ans, déjà ren­tiers pour cer­tains, le deve­nant pour d’autres, à la mesure de leurs retraites et des reve­nus de leurs placements.
    Cette mon­tée conti­nue de la rente en Europe est conco­mit­tante à la fai­blesse de l’in­ves­tis­se­ment et à la qua­si-stag­na­tion qui l’ac­com­pagne. Cette vieille rela­tion – néga­tive, plus la rente est éle­vée, plus l’in­ves­tis­se­ment est faible – s’est d’ailleurs accen­tuée avec la mon­dia­li­sa­tion. Les entre­prises pri­vées qui s’en­dettent en Europe le font pour inves­tir « ailleurs », en Asie essentiellement… »

    Alain Cot­ta pour­suit sur l’im­pos­si­bi­li­té du sta­tu quo dans la mon­naie unique actuelle :

     » La voie offi­cielle, poli­tique : l’eu­ro doit demeu­rer la mon­naie ‑unique- d’un ensemble de nations qui devront obser­ver, pour atteindre cet objec­tif, plu­sieurs condi­tions dont le bou­quet res­sem­ble­rait à l’a­dop­tion de la fleur alle­mande par cha­cune… conte­nir les salaires, accroître les impôts indi­rects sur le consom­ma­teur et non sur les entre­prises, etc.

    Elle aurait toutes chances d’être adop­tée et sui­vie, si deux contraintes ne l’empêchaient de dan­ser ensemble et en rond.

    - D’a­bord la situa­tion éco­no­mique actuelle de la plu­part des pays de l’eu­ro, celle-ci ayant pour ori­gine essen­tielle la non-moné­ti­sa­tion, à l’al­le­mande des défi­cits publics : la crois­sance dans la plu­part de ces pays a fait place à une reces­sion affir­mée en 2008 (France, Grande-Bre­tagne, Ita­lie, Espagne…) sui­vie d’une qua­si-stag­na­tion en 2009. Il est donc impos­sible de bais­ser les défi­cits publics d’une façon signi­fi­ca­tive, de 2% à 4% par exemple, dans les deux ou trois ans à venir (2013), encore moins dans l’an­née qui vient. Toute dimi­nu­tion de ces défi­cits pro­vo­que­rait dans cer­tains pays, dont la France, le retour à la reces­sion et l’ac­crois­se­ment du chô­mage. Beau­coup plus déter­mi­nantes seraient des réac­tions sociales qui sui­vraient sans aucun doute toute poli­tique d’aus­té­ri­té en Espagne où le chô­mage est de 20% et 30% chez les jeunes, et en France où ces deux taux atteignent 10% et 20%…
    Comme la fameuse rigueur ne sau­rait être admi­nis­trée qu’à petites doses, contraintes de durer long­temps, l’Al­le­magne pour­rait avoir comme des­sein jus­ti­fié et à peine secret d’ex­pul­ser de la zone euro des nations peu ou trop peu recep­tives à ses recom­man­da­tions via Bruxelles et Franc­fort. Cette menace alle­mande de l’ex­pul­sion, pour l’ins­tant de leur seul fait, ne fait que don­ner du champ et jus­ti­fie l’in­ter­ven­tion per­ma­nente et encore plus mena­çante de la fameuse spé­cu­la­tion. La menace d’ex­pul­sion ne peut donc qu’ac­croître l’ins­ta­bi­li­té des mar­chés obli­ga­taires des pays mena­çés, accé­lé­rer sans doute leur expul­sion, donc détri­co­ter dans l’ur­gence des crises locales l’eu­ro actuel.

    - Même sans désordres convai­cants, une résis­tance pure­ment poli­tique à la géné­ra­li­sa­tion des pro­grammes d’or­tho­doxie néo­li­bé­rale aurait toute chance de se mani­fes­ter… Les poli­tiques savent qu’on ne sépare pas un peuple de ses racines, sa com­po­si­tion se fût-elle modi­fiée depuis un demi-siècle au nom d’un fédé­ra­lisme sans autre jus­ti­fi­ca­tion qu’é­co­no­mique, d’au­tant qu’elle s’est révé­lée un ali­bi gros­sier à des choix pure­ment poli­tiques et qu’elle cède aujourd’­hui sous le constat d’une stag­na­tion qui menace d’être durable – au mieux.
    D’ailleurs, aban­don­ner les pré­ro­ga­tives fis­cales et bud­gé­taires au pro­fit d’une ins­tance admi­nis­tra­tive (ou non), aprés l’a­voir fait pour la sou­ve­rai­ne­té moné­taire, condam­ne­rait les repré­sen­tants du peuple à deve­nir, comme le sug­gère Pagnol dans Topaze, des déci­deurs de la loca­li­sa­ton des pis­so­tières, sans doute mises aupa­ra­vant sur de com­modes rou­lettes. A quoi se rédui­rait, en effet, un Par­le­ment natio­nal dépouillé de ses pou­voirs moné­taires, de change, de fis­ca­li­té et de dépenses publiques (Sécu­ri­té sociale et col­lec­ti­vi­tés locales incluses) ? Pour­quoi convien­drait-il de conti­nuer à rému­né­rer ces « repré­sen­tants » réduits à essayer d’im­pres­sion­ner ou de cor­rompre les fonc­tion­naires com­mu­nau­taires ? L’in­dif­fé­rence et l’i­gno­rance des « citoyens » ont des limites. »

    Réponse
  69. Alain

    Mer­ci, André-Jacques, pour ce lien, à la lec­ture duquel je réagis per­son­nel­le­ment ainsi :

    Tout d’a­bord, entiè­re­ment d’ac­cord avec ceci :

    « Un gou­ver­ne­ment fran­çais, confron­té à ce pro­blème, devrait consi­dé­rer la pos­si­bi­li­té de sor­tir de l’Union Euro­péenne pour retrou­ver la liber­té de manœuvre sur ce ter­rain. Mais ceci ne serait pas rai­son­nable. D’abord la France est deve­nue trop petite à l’échelle du Monde pour espé­rer impo­ser à elle seule une réorien­ta­tion du sys­tème. La bonne échelle est celle de l’Europe ».

    …Inté­res­sant. Mais je note à quel point la peur de la puis­sance des mar­chés finan­ciers limite la pen­sée des « hypo­thèses de sor­tie de crise ».

    Il y a je trouve dans ces fines ana­lyses « éco­no­miques », l’ou­bli du carac­tère fon­da­men­ta­le­ment « poli­tique » des « sou­cis éco­no­miques présents » :

    ce sont bien les « poli­tiques » qui ont accep­té les fameux « dogmes éco­no­miques », etqui ont ofert sur un pla­teau leur « toute puis­sance » aux redou­tables mar­chés financiers.

    Ce seront donc les « poli­tiques » qui désa­mor­ce­ront cette « toute puis­sance redou­table », non seule­ment avec le « chan­tage au pro­tec­tion­nisme », mais aus­si en ren­dant leur voix aux citoyens, donc leur droit de regard et d’in­ter­ven­tion dans les cri­tères et les choix de ges­tion des entreprises :

    Il ne s’a­git pas de conti­nuer à déplo­rer « l’im­puis­sance des états », ce sont eux qui se sont ren­dus impuis­sants en tri­chant quant à leurs devoirs de « gou­ver­nance » triche consis­tant à mépri­ser le plus grand nombre des « admi­nis­trés », lequel par son nombre aura fina­le­ment de gré ou de force, accès à son droit : « la sou­ve­rai­ne­té économique ».

    Ce ne pour­ra être que dans un pro­ces­sus « conti­nen­tal », en efet, vu où en sont ren­dues les « dépossessions ».

    Réponse
  70. gilles

    Sor­tie mer­cre­di 18 août 2010 du film « Cle­ve­land contre Wall Street »

    Extraits de la cri­tique rédi­gé par le site « Filmosphère » :

    …Cle­ve­land fait par­tie de ces villes amé­ri­caines qui ont le plus souf­fert de la crise des sub­primes avec sa popu­la­tion peu aisée, et le film à la lisière entre fic­tion et docu­men­taire prend le par­ti de fil­mer un pro­cès oppo­sant la popu­la­tion de la ville aux banques de Wall Street. Sauf que ce pro­cès n’a jamais vrai­ment eu lieu, le pou­voir des finan­ciers étant tel que les rouages ont été blo­qués dès le pre­mier stade mais peu importe. Le réa­li­sa­teur qui devait au départ faire un vrai docu­men­taire décide que ce pro­cès doit avoir lieu, y com­pris de façon fic­tive. Fait incroyable et trou­blant, aucun acteur n’est bien sur pré­sent, tous les pro­ta­go­nistes étant les per­sonnes bien réelles qui auraient dû par­ti­ci­per à ce pro­cès s’il avait eu lieu. De vraies vic­times, de vrais avo­cats, un vrai juge. Tout est vrai, sauf que c’est faux. L’exercice est pas­sion­nant d’un bout à l’autre, révol­tant bien enten­du mais avant tout hon­nête avec le sujet trai­té, sans jamais deve­nir par­ti­san. C’est là toute sa force. …

    …Avec « Cle­ve­land contre Wall Street » Jean-Ste­phane Bron peut être fier des ver­tus didac­tiques et même péda­go­giques de son film qui, nous met­tant dans la posi­tion de ce jury qui n’y com­prend pas grand chose non plus, nous éclaire gran­de­ment et sur­tout pré­ci­sé­ment sur les méca­nismes com­plexes de Wall Street et de ses pra­tiques modernes hasar­deuses. Per­sonne n’est tout blanc ou tout noir et les « vic­times » ont clai­re­ment leur part de res­pon­sa­bi­li­té quelque part, dans leur mal­heur. Cha­cun a le droit de réponse, cha­cun a des rai­sons bien claires et tout à fait com­pré­hen­sibles, en cela « Cle­ve­land contre Wall Street » ne nous mani­pule jamais et va même jusqu’à pous­ser la réflexion plus loin que ce simple pro­cès et cette crise. Lors des déli­bé­ra­tions du jury sont mises en lumière des pro­blé­ma­tiques bien plus pro­fondes, sociales, raciales ou poli­tiques qui nous en apprennent énor­mé­ment, peut-être même plus que le pro­cès en lui-même, sur les bases de la crise et qui sont ancrées dans la socié­té américaine.…

    La cri­tique du site « Fil­mo­sphère » in extenso : …

    Réponse
  71. Alain

    Avez-vous lu :
    « Les vraies lois de l’é­co­no­mie », Jacques Géné­reux Etude (poche). Paru en 04/2008

    Ici est déve­lop­pée l’i­dée que la sou­ve­rai­ne­té des citoyens n’est « oppo­sée aux lois de l’é­co­no­mie » que par la per­ver­sion poli­tique de ces lois, faus­sées par la classe domi­nante et « retour­nées poli­ti­que­ment » contre « l’é­co­no­mie réelle » elle-même, grâce à la puis­sance poli­tique que s’offre cette classe domi­nante sur le pla­teau de la « finan­cia­ri­sa­tion mon­diale de l’économie ».

    Quand les citoyens ces­se­ront de croire que l’é­co­no­mie libé­rale n’est pas tru­quée poli­ti­que­ment par cette classe domi­nante, ils com­men­ce­ront à « croire en eux-mêmes »…

    N’est-ce pas la clef que l’on cherche, y com­pris pour recru­ter des adeptes du dis­cu­table « tirage au sort » ?

    Nous vivons une « crise éco­no­mique » qui consiste en une perte de confiance en eux-mêmes des domi­nants, car ils ont été pris à leur propre piège : la spéculation.

    Vivrons-nous une phase de « sor­tie par le haut » de cette crise, avec la reprise de confiance en soi du « citoyen-co-acteur de la vraie économie » ?

    .

    Réponse
  72. Étienne

    Bon­jour Alain.

    Je confirme : ce livre de Jacques Géné­reux est le meilleur manuel d’é­co­no­mie poli­tique que je connaisse. Cha­cun devrait l’a­voir lu et annoté.

    Une bonne par­tie de nos pro­blèmes quo­ti­diens vient de ce que nous sommes incultes, ce qui nous expose aux boni­men­teurs de foire éti­que­tés « éco­no­mistes » par les riches qui les paient.

    Mais à pro­pos du tirage au sort —évi­dem­ment dis­cu­table, comme toute autre pro­po­si­tion—, j’in­siste : ce qui per­met aux riches d’a­che­ter le pou­voir, l’ins­ti­tu­tion qui per­met aux riches de maî­tri­ser les élus, c’est L’ÉLECTION (et l’in­dis­pen­sable finan­ce­ment de la cam­pagne élec­to­rale qui va avec). 

    Soyons radi­caux et cher­chons la RACINE de notre impuis­sance poli­tique, et c’est la même pour tous les com­bats poli­tiques : qu’est-ce qui per­met aux poli­ti­ciens de se mettre à l’a­bri de tout contrôle réel des citoyens ? Des élec­tions tru­quées, où les choix sont tous fac­tices puisque les par­tis nous imposent leurs can­di­dats pro­fes­sion­nels, orga­ni­sées par des ins­ti­tu­tions écrites par les poli­ti­ciens eux-mêmes. L’é­lec­tion porte dans son génome la vic­toire des par­tis, et donc des chefs de par­tis, et donc de ceux qui garan­ti­ront le plus effi­ca­ce­ment leur réélec­tion (et leur pan­tou­flage ultérieur).

    La pre­mière vraie démo­cra­tie au monde sera ins­ti­tuée par une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort, ou elle ne sera pas.

    Étienne.

    La cré­du­li­té des dupes est un fond inépui­sable pour l’in­gé­nio­si­té des coquins. (William Burke)

    Réponse
  73. Alain

    Je suis à la fois d’ac­cord et sou­cieux que cette « idée simple » reste « dis­cu­table », car elle est beau­coup plus « com­plexe » dans la façon dont je la par­tage que dans la « sim­pli­ci­té évi­dente » (je ne dis pas « angé­lique ») dont elle est émise ici.

    Je ne par­tage pas la « croyance » dans le simple déver­rouillage de la « vraie démo­cra­tie » par une Assem­blée Consti­tuante (tom­bée du ciel?) sim­ple­ment par­ce­qu’ aujourd’­hui, elle serait tirée au sort dans ce peuple bour­ré de drogues idéo­lo­giques, intox à la com des domi­nants, et bien trop « inerte » encore.

    Je crois cepen­dant qu’en effet, le tirage au sort sera la preuve, puis­qu’une majo­ri­té rela­tive ou abso­lue l’au­ra impo­sé ou accep­té (élec­to­ra­le­ment ou par quelle forme de vilence?), d’une « matu­ra­tion popu­laire » qui aura été un pro­ces­sus plus ou moins long mais véri­ta­ble­ment « révo­lu­tion­naire », ou si l’on pré­fère, une « métamorphose ».

    Méta­mor­phose popu­laire dont le tirage au sort aura été à la fois une étape néces­saire, et un acquis prometteur.

    Pour qu’il y ait « vraie démo­cra­tie », il faut qu’il y ait eu un « chan­ge­ment ini­tial », une « mise en mou­ve­ment » ayant per­mis de quit­ter l’im­mo­bi­lisme mas­sif, de vaincre les iner­ties culturelles…

    Le tirage au sort n’est pas la pana­cée, mais une fois acquis, il aura déjà signi­fié (avant même les prises de céci­sions résul­tantes à suivre), que le peuple a trou­vé de bonnes rai­sons de croire en « soi », c’est-à-dire que déjà, dans la socié­té aura bou­gé le rap­port « savant-sachant-pro­fane », et « tout » le peuple sera à la manoeuvre des appren­tis­sages de la « sou­ve­rai­ne­té par­ta­gée »…(« Edu­ca­tion popu­laire », auto­ges­tion­naire dans sa « curiosité »).

    Pour moi,(pas « indiscutablement »!):

    Cet état où l’eau bout sup­pose qu’une source de cha­leur l’y porte, et cette source c’est la confron­ta­tion sociale soi-disant vaine et sté­rile, où « je lutte des classes » :

    « je » c’est bien moi tout seul entrain de com­men­cer à com­prendre que je ne suis « rien » sans « les autres »…(« rien », je refuse de le res­ter!…)« les classes sociales » sont une réa­li­té qui nous saute vile­ment à la figure quand on cesse de se laisse ber­ner par les idéo­lo­gies mensongères…grâce à des « leçons de chose » qui émaillent la vie des « dominés »…

    Bien sûr, toute cette « éner­gie gas­pillée »(« la lutte sociale »?) il faut culti­ver le rêve de la mettre « véri­ta­ble­ment » au ser­vice du « bien com­mun », ce que fera, une fois le rêve du « tirage au sort » réa­li­sé, le « Pou­voir résul­tant »…Mais rien n’est écrit d’avance.

    Voi­là pour­quoi en ce qui me concerne je par­ti­cipe ici et dans ce qui « bout » ailleurs, en trou­vant là et par­tout les choses « discutables »…

    Réponse
  74. Alain

    Bon Dimanche Etienne.

     » ce qui per­met aux riches d’a­che­ter le pou­voir, l’ins­ti­tu­tion qui per­met aux riches de maî­tri­ser les élus, c’est L’ÉLECTION (et l’in­dis­pen­sable finan­ce­ment de la cam­pagne élec­to­rale qui va avec) »

    L’é­vi­dence a frap­pé massivement…

    la « conscience popu­laire », s’est émue avec l’af­faire de la bête en cours, cepen­dant, toute saine prise de conscience reste para­si­tée par le tra­vail de médias popu­listes eux-mêmes à la recherche de n’im­porte quel moyen de déni de « la réa­li­té des classes sociales » :

    Tout ne serait que ques­tion de per­sonnes, et l’on éblouit le popu­lo avec des détails crous­tillants et sor­dides avi­lis­sant plus que néces­saire « la per­sonne humaine ».

    On incite le « bas peuple » à com­mettre son « péché mignon » le plus médiocre et le plus réel­le­ment inof­fen­sif politiquement…Le genre de défou­le­ment qui se retourne contre le petit peuple lui-même, car il rape­tisse encore plus sa confiance en lui-même, sa propre estime, jus­qu’à per­mettre de croire n’im­porte quoi et son contraire : « tous les par­tis sont pour­ris »..retour au péché ori­gi­nel et aux odeurs de cani­veaux moyenageux…

    c’est indigne, et cela réus­sit à frei­ner la fameuse « prise de conscience nécessaire » :

    « les riches » cela ne veut rien dire, si l’on refuse de nom­mer la classe sociale capable à la fois de faire du chan­tage à « la crise » et d’or­ga­ni­ser le hold-up d’E­tat auquel Sar­ko­zy a sacri­fié des mil­liards de fonds publics : pour appe­ler un chat un chat, les riches et leur par­ti, c’est la classe capi­ta­liste, et cette classe, qui lutte contre l’é­mer­gence sociale et poli­tique des autres, se pas­se­rait bien de la plu­ra­li­té des par­tis démo­cra­tiques et de toute forme de contre-pou­voir dus aux « vieilles exi­gences républicaines ».

    On peut rêver d’au­tre­chose que d’un « vieux PCF » et d’une « vieille CGT », certes, mais cette « classe domi­nante » en rêve aussi.

    Les par­tis peuvent être une abo­mi­na­tion, comme les roms voleurs de vélos, mais atten­tion : cette façon d’exer­cer son « juge­ment » est injuste, som­maire, car elle amal­game sans sou­ci de véri­té les carottes et les navets dans une comp­ta­bi­li­té pernicieuse.

    Non, tous les Roms ne sont pas des voleurs, non, tous les par­tis ne sont pas ache­tables par leurs enne­mis : seuls peuvent être ache­tés ceux qui déjà dans leur idéo­lo­gie par­tagent une « ami­tié fon­da­men­tale » avec « le capital ».

    Il reste donc aux « autres » à coti­ser à leur propre cause, laquelle ne peut être que l’a­bo­li­tion de leur pau­vre­té, ce qui se conçoit col­lec­ti­ve­ment en « pre­nant le par­ti », de ne pas se rési­gner à l’ordre des choses domi­nant. Le reste est « contre-feu » d’i­diots utiles rivés à leur peti­tesse de vue dans un « tous pour­ris » sans pers­pec­tive crédible.

    Le bras de fer de Yzo­kras der­nier avec les « vieux syn­di­cats pour­ris » laisse bien voir quel est le rêve com­mun de cette « classe des riches » et de ceux qui hurlent « tous pour­ris », non ?

    Réponse
  75. gilles

    Alain, lu sur un site com­mu­niste liber­taire : « Quels que soient ses idéaux ori­gi­nels, tout orga­nisme per­ma­nent de défense sala­riale se trans­forme en média­teur, puis en conci­lia­teur. Même ani­mée par des radi­caux, même répri­mée, l’institution est vouée à échap­per à la base pour deve­nir ins­tru­ment modérateur. »

    On peut rêver d’au­tre­chose que d’un « vieux PCF » et d’une « vieille CGT »…

    Voir la dérive pure­ment capi­ta­liste de Domi­nique Strauss-Khan, il ne fau­dra pas comp­ter sur moi pour voter pour lui…

    Réponse
  76. Alain

    « Même ani­mée par des radi­caux, même répri­mée, l’institution est vouée à échap­per à la base pour deve­nir ins­tru­ment modé­ra­teur ». quel site, Gilles ?

    Oui, mais plus l’ins­ti­tu­tion en ques­tion se cram­ponne à son sec­ta­risme « ori­gi­nel », plus sa « base citoyenne se rétré­cit », et plus elle sert à « l’en­ne­mi de classe » pour lézar­der le « front popu­laire » dont se gaussent ceux qui méprisent en réa­li­té la vie des « cama­rades »(trop de « vies subies »).

    Quel­que­part entre la dérive « Strauss-kah­nienne » et « l’i­dio­tie utile Besan­ce­no­tière », il se trouve un point de fonc­tion­ne­ment opti­mal que seule une conscience poli­tique scru­pu­leuse pour­rait trouver…

    Mais c’est vrai que « les appa­reils » négligent leur propre « édu­ca­tion popu­laire » , et perdent leur propre « capi­tal d’in­tel­li­gence poli­tique » ainsi :

    faute de « vraie démo­cra­tie » : il y fau­drait cher­cher exac­te­ment la même « clef » que celle qui manque à l’en­semble d’une « civi­li­sa­tion » pour ne pas être qu’une « bar­ba­rie de plus ».

    Repen­ser les « pro­ces­sus démo­cra­tiques » est une urgence, pour­quoi n’ex­pé­ri­mente-t-on pas déjà le tirage au sort de façon mixte avec d’autres « pra­tiques démo­cra­tiques », dans des asso­cia­tions citoyennes par exemple, voire des « coopé­ra­tives auto­ges­tion­naires », avec un « orga­nisme de direc­tion col­lé­gial » fonc­tion­ne­ment par « équipes de quart », avec un « cahier de bord » ouvert à toutes les par­ties prenantes ?

    Réponse
  77. NingúnOtro

    Puis-je sug­gé­rer, Alain, que ce n’est pas pos­sible parce-que ces expé­ri­men­ta­tions affectent trop la struc­ture d’une gauche qui ne peut tou­cher à la même tant que ces élites pensent qu’elles ne peuvent admettre de tou­cher la façon dont elles arrangent les « divi­sions » (pas en terme de disen­sions internes mais de com­pa­gnies de chars) face à l’en­ne­mi sur le champs de bataille per­ma­nent ? Les expé­ri­ments, c’est pour les labo­ra­toires… pas dans la vie réelle.

    On est for­cé de se battre avec des bâtons parce-que ils se savent les plus forts avec des bâtons… ils n’osent pas essayer les chars de peur que ce soit quel­qu’un d’autre le plus habile avec les chars et qu’ils y per­draient leur poste.

    Réponse
  78. juan nessy

    La notion de « per­ma­nence » , de maî­trise du temps et des hor­loges , est effec­ti­ve­ment inté­res­sante et cru­ciale , pour prendre conscience de la « marche » ( déjà le temps et la dis­tance) de l’a­ven­ture humaine .

    Réponse
  79. A-J Holbecq

    Oui, mais qu’est ce qu’un riche (à par­tir de quels reve­nus, de quel patrimoine ?)

    Réponse
  80. cooli

    Les thèses et pro­po­si­tions dis­cu­tées et déba­tues sur ce forum pour­raient deve­nir « virales » dans les 12–18 pro­chains mois, face à ce qui nous attend (pro­ba­ble­ment) :

    Crise euro­péenne, deuxième ser­vice (par­tie 1), de Fré­dé­ric Lordon
    http://blog.mondediplo.net/2010–11-08-Crise-europeenne-deuxieme-service-partie‑1

    (ou devrait-on —et com­ment— les pré­pa­rer pour cela ?)

    Réponse
  81. A-J Holbecq

    J’a­voue que j’ai lu le der­nier cha­pitre  » Moné­ti­sa­tion et « rena­tio­na­li­sa­tion » du finan­ce­ment des défi­cits » avec délectation.

    Je suis de plus en plus per­sua­dé que la seule solu­tion pour nous sor­tir du pétrin passe par :
    1 – une déso­béis­sance aux trai­tés (article 123) en moné­ti­sant direc­te­ment par notre banque cen­trale nos besoins d’in­ves­tis­se­ment et de ré-indus­tria­li­sa­tion (50 à 100 mil­liards par an)
    2 – une rené­go­cia­tion (pour ne pas par­ler de défaut)de la dette publique ; un retour au franc indui­rait celle ci d’une manière automatique.

    Réponse
  82. cooli

    AJH, Étienne, serait-il pos­sible, à votre avis, de vul­ga­ri­ser et pas­ser au for­mat « you­tube » (max 20 min) la quin­tes­sence (sépa­ré­ment) du thème argent dette et 100% money ain­si que le pro­blème cen­tral d’une bonne consti­tu­tion et du contrôle des pouvoirs ?

    Dans le même style ou for­mat que par exemple :
    – http://​www​.sto​ryof​stuff​.com/ ou
    – http://​com​ment​.rsa​blogs​.org​.uk/​2​0​1​0​/​0​6​/​2​8​/​r​s​a​-​a​n​i​m​a​t​e​-​c​r​i​s​i​s​-​c​a​p​i​t​a​l​i​sm/

    Coté livres et médias de recherche avan­cée (inter­net forum, blog, …), c’est rela­ti­ve­ment bien traité.
    Mais je cherche tou­jours un moyen effi­cace, et sur­tout viral, de pas­ser le mes­sage (et sur­tout per­mettre le débat) à la grande majorité.

    Mer­ci !
    – cooli/Olivier.

    P.S.: allez les Irlan­dais (dites encore une fois « Non ! », cette fois-ci, ce sera peut-être enten­du et respecté…)
    http://​blogs​.tele​graph​.co​.uk/​f​i​n​a​n​c​e​/​a​m​b​r​o​s​e​e​v​a​n​s​-​p​r​i​t​c​h​a​r​d​/​1​0​0​0​0​8​8​1​2​/​i​r​e​l​a​n​d​s​-​d​e​b​t​-​s​e​r​v​i​t​u​de/

    Réponse
  83. cooli

    Il suf­fi­sait de demander 🙂

    http://www.dailymotion.com/video/xfuw5w_crise-2008–1‑la-creation-monetaire_news

    AJH, future star ? 😉

    Vive­ment la par­tie 2…

    Et reste a trou­ver ou pro­duire sur le thème du controle des pou­voirs et d’une bonne constitution…
    Les enjeux peuvent etre plus proches que prevus :
    http://blog.mondediplo.net/2010–12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir
    (ne rater pas les com­men­taires aussi).

    Mer­ci – cooli/Olivier.

    Réponse
  84. cooli

    Et enfin les gens de Sto­ryOf­Stuff com­mencent a com­prendre d’ou vient la source veri­table du pro­bleme (ils auraient du ecou­ter Etienne il y a deja quelques années… ;):

    http://​www​.sto​ryof​stuff​.com/​b​l​o​g​/​?​p​=​641
     »
    Which is why on March 1st we’re laun­ching Sea­son Two of our on-line movie series with The Sto­ry of Citi­zens Uni­ted v. FEC : Why Demo­cra­cy Only Works When People are in Charge.

    I made The Sto­ry of Stuff back in 2007 because I wan­ted people to unders­tand that there’s a sys­tem behind the way we make, use and throw away Stuff. Many of us spend so much time fee­ling guil­ty about the consu­mer choices we make in life that we some­times for­get an impor­tant truth : the choices that got us into our cur­rent envi­ron­men­tal and eco­no­mic mess had very lit­tle to do with which light bulb or sham­poo we buy.

    It wasn’t you or I who deci­ded to gut public trans­por­ta­tion fun­ding in favor of the inter­state high­way sys­tem, or to turn a blind eye to oil rig safe­ty, or to put car­ci­no­gens in our pro­ducts. At least, I didn’t !

    I foun­ded The Sto­ry of Stuff Pro­ject because I knew we’d never be able to take on and change this sys­tem unless people got engaged–not only as conscious consu­mers, but also as active citi­zens. Unfor­tu­na­te­ly, there’s a big obs­tacle in our way : cor­po­ra­tions have way too much influence in our democracy.

    Our team believes that get­ting cor­po­ra­tions out of our demo­cra­cy (and get­ting people back in) is cri­ti­cal to making pro­gress on a huge range of issues that we Ame­ri­cans, and many others around the world, care about.
     »

    Réponse
  85. Étienne
  86. pierre mistwood

    Cher Etienne

    les ques­tions moné­taires sont celles où l’on pro­fère le plus de bétises.

    1ére véri­té : Un sys­tème de pro­duc­tion indus­triel exige une pro­duc­tion indus­trielle de mon­naie. A un flux de pro­duc­tion de biens réels doit cor­res­pondre en sens inverse un flux de pro­duc­tion monétaire.

    2éme véri­té (cor­ré­la­tive) : La mon­naie de flux est gagée sur le flux de production.

    3ème véri­té : Les stocks et les flux ne s’ex­pri­mant pas dans la même uni­té, il doit exi­ger deux mon­naies, l »une de flux, l’autre de stocks : le fluxor et le stockor.

    4ème véri­té : Le sys­tème mono­mo­né­taire est inco­hé­rent et consti­tue un vol. Le loca­taire d’un appar­te­ment ne doit pas rendre au pro­prié­taire un appar­te­ment plus grand, mais le loca­taire d’or doit rendre au pro­prié­taire de l’or augmenté.

    Dans un sys­tème hon­nête, l’in­té­rêt du capi­tal s’ex­prime en
    fluxor et le capi­tal en stockor.

    ILLUSTRATION :

    Le sto­ckor peut être l’eu­ro et le fluxor le franc (mark, drachme). Le capi­tal emprun­té en euro est rem­bour­sé en euro, mais l’in­té­rêt est rem­bour­sé en francs.

    SOLUTION DE LA CRISE

    Les inté­rêts per­çus par la Banque en euros doivent être res­ti­tués et ver­sés en francs (drachmes, marks.…)

    Point final.
    Réponse
  87. pierre mistwood

    Cher Etienne

    cor­ré­la­tif de l’a­na­lyse précédente.

    Le gage du franc-flux est la pro­duc­tion libel­lée en franc-flux, c’est-à-dire la pro­duc­tion industrielle.

    Les entre­prises du CAC40 doivent être nom­mées au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Banque de France (avec pos­si­bi­li­té de révo­ca­tion en cas de malversation).

    Leur mis­sion est d’in­ves­tir dans la zone moné­taire franc-flux, de vendre au coût mar­gi­nal, et de cou­vrir le décou­vert qui en résulte par la pro­duc­tion monétaire.

    Ain­si, il y a à la fois plein emploi et haut niveau de vie.

    L’E­tat est éga­le­ment action­naire de la Banque et couvre ses besoins par la pro­duc­tion moné­taire (édu­ca­tion, san­té, infra­struc­tures col­lec­tives, armée, police, justice).

    Il n’y a plus d’impôts.

    Evi­dem­ment, ça marche !

    Mais c’est trop simple, et c’est refu­sé car le rôle des banques est trop for­te­ment diminué !

    Réponse
  88. ASTF11

    bon­jour et merci

    Je m’ins­truis à la lec­ture de ton site très complet.

    je m inter­pelle, et toi aus­si par la même : com­ment serait-il pos­sible de convaincre les autres pays (et sur­tout les Amé­ri­cains .… sans attendre l’ef­fon­dre­ment géné­ral (qu’ils semblent même sou­hai­ter comme remède pour remettre nos pen­dules à l’heure sans rien changer ) ?

    mer­ci

    Réponse

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