Au revoir – Un message bouleversant de Raoul Marc Jennar

16/08/2007 | 56 commentaires

Je viens de rece­voir ce mes­sage qui me peine profondément.

Au revoir

« C’est avec beau­coup d’é­mo­tion que je vous écris ces lignes. Toute ma vie, j’ai payé cash le prix de mes choix. Il en est allé ain­si, une fois encore, lorsque j’ai pris la déci­sion de sou­te­nir la can­di­da­ture de José Bové. 

Je suis sans emploi et sans res­sources. Depuis des mois, je cherche. En dépit d’un cur­ri­cu­lum vitae bien four­ni, qui, ailleurs, m’au­rait très vite ouvert de nom­breuses portes, notam­ment à l’U­ni­ver­si­té, en France, mon pays d’a­dop­tion, je n’ai trou­vé ni sou­tien sérieux, ni pro­po­si­tion crédible.

Au Cam­bodge, où on n’a pas oublié le rôle que j’y ai joué pen­dant douze ans pour l’ai­der à sor­tir des séquelles d’une des plus grandes tra­gé­dies du XXe siècle, cer­tains ont appris ma situa­tion. Ils ont consi­dé­ré que ce n’é­tait pas accep­table. Une offre m’est faite de tra­vailler comme expert-consul­tant auprès du gou­ver­ne­ment cam­bod­gien sur cer­tains dos­siers où je peux appor­ter quelque chose à ce pays. Je l’ai accep­tée. Comme j’ai accep­té une autre offre sur le Liban. Je vais par­ta­ger les quatre années qui me séparent de la retraite entre ces deux pays.

Depuis sept ans, je me suis impli­qué, avec toute la force de mes convic­tions, dans l’ac­tion citoyenne. Comme mili­tant al-ter­mon­dia­liste d’a­bord, au nom d’une cer­taine idée de l’Eu­rope ensuite, dans la recherche d’une gauche de gauche enfin. Je l’ai fait en toute liber­té, sans sou­ci de car­rière. En res­tant fidèle à mes convic­tions et en n’o­béis­sant qu’à ma conscience.

Ce qui me peine le plus au moment de me reti­rer de l’ac­tion mili­tante, c’est de lais­ser der­rière moi un champ de ruines où gisent toutes les gauches. Dans les gra­vats, on ne trouve que sauve-qui-peut car­rié­riste ou sec­ta­risme. Le socia­lisme a contri­bué de manière déci­sive à la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale et à son exten­sion aux champs euro­péen et fran­çais. Les dis­ci-ples de Lénine, quelle que soit la secte qu’ils dirigent, ont tué l’es­pé­rance née le 29 mai 2005. Les mili­tants alter­mon­dia­lis-tes sont repliés sur des com­bats certes essen­tiels, mais dans une approche trop sectorielle.

Le mot « gauche » ne porte plus aucune espé­rance. Il demeure néan­moins, pour ceux qui entendent mettre leurs actes en cohé­rence avec leurs convic­tions, une cer­taine manière de pen­ser et d’a­gir qui allie liber­té, éga­li­té et fra­ter­ni­té, qui recher-che le beau et le bien, qui ne renonce jamais à l’en­ga­ge­ment. C’est à cela que j’en­tends res­ter fidèle, plus que jamais dis­ci-ple des Lumières et atta­ché aux idéaux de Mai 68.

Je ne serai pas là pour par­ti­ci­per à la créa­tion d’une gauche nou­velle fon­dée sur des valeurs et une pra­tique où la fin se trouve déjà dans les moyens. Je le regrette pro­fon­dé­ment. Je ne serai cepen­dant pas absent du débat euro­péen grâce à un livre que je ter­mine ces jours-ci.

Je sou­haite à cha­cune et à cha­cun du bon­heur dans vos vies et vos combats.

Raoul
15 août 2007

Raoul Marc JENNAR
consul­tant – ques­tions inter­na­tio­nales
7, place du Châ­teau, 66500 Mos­set
Email : [email protected] »

Je suis ému et triste. Raoul a pro­fon­dé­ment chan­gé ma vie avec son immense livre « Europe, la tra­hi­son des élites », puis avec son ami­tié cha­leu­reuse et exi­geante. Je n’ai pas su l’ai­der comme il en avait besoin dans cette dif­fi­cile passe « après-Bové » ; je me sens nul. Nous aurons du mal à nous battre sans lui : c’est un fin connais­seur des trom­pe­ries de l’U­nion euro­péenne et un des plus solides résis­tants au féo­da­lisme des mul­ti­na­tio­nales et des banques qui s’en va.

C’est incroyable que les dizaines de mil­liers de résis­tants qui lui doivent tant — et qui vont tant avoir besoin de lui dans les années qui viennent — soient inca­pables de se grou­per et de se coti­ser dura­ble­ment (ou de l’ai­der à trou­ver un poste de cher­cheur en facul­té) pour lui per­mettre sim­ple­ment de vivre et pour qu’il puisse conti­nuer de lut­ter à nos côtés. Notre (éter­nelle) indif­fé­rence au sort d’au­trui et notre manque de dis­cer­ne­ment sont désespérants.

J’ai le bourdon.

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

56 Commentaires

  1. André

    Bon­jour à tous

    Je n’é­tais pas au cou­rant des dif­fi­cul­tés de Raoul Marc Jen­nar, mais cela m’at­triste éga­le­ment beau­coup, comme Étienne.

    Je l’ai ren­con­tré juste une fois, à Mons en Bel­gique, il était venu à l’oc­ca­sion d’un film sur l’OMC. C’est quel­qu’un de très acces­sible de très humain. Je lui ai peu par­lé, mais suf­fi­sa­ment pour com­prendre qu’il res­sort de lui beau­coup de bon­hom­mie, de cha­leur humaine, tout simplement.

    Il n’y a pas besoin de le cotoyer long­temps pour com­prendre qu’il est vrai­ment sin­cère et non carriériste!!

    Je sais que des gens comme lui res­sentent encore plus dure­ment les échecs et aus­si les lâche­tés de notre monde qui four­mille d’opportunistes.

    En tant que citoyen du monde et mili­tant alter­mon­dia­liste, je lui suis recon­nais­sant de m’a­voir ouvert les yeux et infor­mé sur le fonc­tion­ne­ment de l’Eu­rope, les pièges du TCE, la direc­tive Bol­ke­stein. Je me sou­viens de ses billets de Hong Kong au moment du som­met de l’OMC, de ses infor­ma­tions claires sur les enjeux. Je me sou­viens aus­si de sa conclu­sion à la fin du som­met : « la nuit arrive sur Hong Kong, un jour se lève sur La Paz », une belle leçon d’espoir !!

    Alors, que faire ? Conti­nuer avec nos moyens son com­bat qui est le nôtre, et sou­hai­ter qu’il revienne rapi­de­ment par­mi nous avec ses qua­li­tés pro­fon­dé­ment humaines, car ce sont des gens comme lui qui font avan­cer l’hu­ma­ni­té vers le vrai pro­grès, qui va de pair avec l’é­man­ci­pa­tion de l’être humain.

    Pour la ques­tion immé­diate de son deve­nir, je pense qu’il pour­rait être consul­tant ou avoir un sta­tut de sala­rié dans des ONG ; je vais sou­mettre l’i­dée à mon asso­cia­tion, ses connais­sances juri­diques sur l’Eu­rope sont vrai­ment pré­cieuses et utiles à tous.

    Cor­dia­le­ment

    André

    Réponse
  2. Soleil Sombre

    Bonne route à Raoul-Marc Jen­nar. C’est un mili­tant pré­cieux pour ses infos, sa qua­li­té d’a­na­lyse et son engagement.

    J’es­père pour lui qu’il va trou­ver ailleurs une acti­vi­té qu’il n’a pu trou­ver en France. Sans doute paie-t-il son enga­ge­ment. Ce n’est pas à l’hon­neur de ceux qui pour­raient béné­fi­cier de ses compétences.

    J’at­tends son pro­chain livre avec impatience.

    Réponse
  3. guilloualain

    Bon­jour Etienne,

    Cet « Au revoir » est dérou­tant. Je fais par­tie de ceux qui ont cru à la pos­si­bi­li­té d’a­van­cer avec la démarche des « col­lec­tifs », et avec les concours croi­sés de pen­seurs et de péda­gogues comme RMJ…Il m’a déçu , mais qui ne m’a pas déçu cette triste année 2007 ?

    On ne peut attendre tout des « pro­fes­seurs », et si « la gauche  » n’existe plus , un « peuple de gauche » existe, lui-même décevant…Pourquoi ?

    « créa­tion d’une gauche nou­velle où la fin se trouve déjà dans les moyens » ?

    OUI, c’est bien la pro­po­si­tion que je retien­drai de cet « au revoir » fina­le­ment pas si rési­gné que ça : c’est bien cette démarche là qui peut remettre debout ce qui marche sur la tête :

    L’ humain doit être la fin, et aus­si le moyen de remettre en route « le deve­nir humain », donc tout doit com­men­cer par là.

    Mais dés que l’on ins­ti­tu­tio­na­lise « les moyens » , ils sont « alié­nés », si l’on néglige les mul­tiples dérives dues à la force du « pouvoir »…

    « Com­men­cer par les fins » exige donc d’in­tro­duire dans les ins­ti­tu­tions cet « éter­nel recom­men­ce­ment » que per­met une Consti­tu­tion « hybride » : écrite à la fois par « le peuple tiré au sort » et par « le peuple élu ».

    Mer­ci à RMJ , non pas « à qui je dois tant », mais « pour faire tou­jours par­tie de ceux qui me font réfléchir ».

    Octobre s’an­nonce dans les pluies de la mi-Aout !…Peut-être sera-t-il chaud, et plein de « revenants » !

    NON au désespoir !

    Réponse
  4. Jacques Roman

    RAOUL MARC JENNAR

    Je ne connais pas M. Jen­nar, mais je suis cer­tain que c’est quel­qu’un de très estimable.

    Cela dit, son mes­sage appelle à mon avis les ques­tions suivantes :

    1)M. Jen­nar déclare publi­que­ment que ses opi­nions poli­tiques l’ont empê­ché de conser­ver ou de trou­ver en France un emploi cor­res­pon­dant à ses capa­ci­tés pro­fes­sion­nelles. Cette affir­ma­tion géné­rale, du moment qu’elle est publique, nous inté­resse tous et demande à être pré­ci­sée : sur quels faits se fonde M. Jen­nar exactement ?

    2) Qu’est-ce qui consti­tue­rait selon lui une « pro­po­si­tion d’emploi crédible » ?

    3) Consi­dère-t-il comme un pis-aller les deux postes d’ex­pert-consul­tant qu’on lui a offert – et qu’il a accep­tés – au Cam­bodge et au Liban, et si oui, pourquoi ?

    4) Qu’est-ce qui empê­che­rait M. Jen­nar, à l’ère de l’In­ter­net, de conti­nuer à contri­buer aux com­bats de la gauche en France, où qu’il se trouve ?

    Salut à tous. JR

    Réponse
  5. Étienne

    Bon­jour à tous,

    je suis à Paris pour une semaine et ça me rend moins actif sur le site, pardon.

    Je ne sau­rais pas répondre à la ques­tion 1) de Jacques, mais sur la 2), je peux dire que Raoul se serait conten­té d’un salaire de base pour pou­voir conti­nuer ici son acti­vi­té de recherche et de veille poli­tique (sans se renier, bien sûr).

    3) L’offre cam­bod­gienne est donc une planche de salut mais n’est for­cé­ment qu’un pis-aller puisqu’il doit aban­don­ner son domaine d’ex­per­tise actuel et en réac­ti­ver un autre (ancien) ; on peut se mettre à sa place et le comprendre.

    4) Raoul se consacre à fond à ce qu’il fait (il faut se sou­ve­nir de ses confé­rences tous les jours pen­dant des mois en 2004 et 2005 à tra­vers tout le pays ! Il faut réa­li­ser le tra­vail de lec­ture, de syn­thèse et d’écriture que demande l’étude des mani­gances bureau­cra­tiques de l’Union euro­péenne). Il va pro­ba­ble­ment faire de même — se don­ner à fond — pour ceux qui le sortent aujourd’­hui de l’embarras ; il n’aura donc plus le temps néces­saire pour lut­ter à nos côtés.

    C’est vrai­ment dom­mage car il nous fau­drait VRAIMENT des résis­tants de cette trempe au Par­le­ment euro­péen. Au lieu de cela, on le néglige. C’est misère.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  6. guilloualain

    Bon­soir Etienne, et bon séjour dans le grand nord !

    je me pose la ques­tion que semble attendre l’a­cu­sa­tion por­tée par ton « au lieu de cela, on le néglige » :

    Soyons clairs, qui est ce « on » ?

    Salut à tous.

    Al1 d’Nant’

    Réponse
  7. Étienne

    Bon­jour Alain.

    Dans mon esprit, « on » c’est nous tous, résis­tants aux inva­sions bar­bares des soi-disant « libéraux ».

    Moi-même, je savais que Raoul avait un pro­blème de tra­vail et j’ai conti­nué à m’oc­cu­per de mes propres spi­rales quo­ti­diennes comme si cela allait se régler sans moi, sans réa­li­ser que c’é­tait si grave et sans en faire une prio­ri­té d’ac­tion indi­vi­duelle. Je m’en veux (trop tard) et c’est pour ça que je me sens nul.

    Voi­là, ça n’est pas une accu­sa­tion, c’est une plainte, un regret, une déses­pé­rance pour la suite parce que tout est à l’a­ve­nant, souvent.

    Réponse
  8. guilloualain

    Cher Etienne,

    Raoul Marc Jen­nar, j’a­voue comme Jacques (salut !) ne pas vrai­ment bien le connaître.

    J’a­voue même ne pas l’a­voir lu ailleurs que dans une tri­bune de l’Hu­ma, et cela m’a­vait suf­fi pour m’en réjouir, me disant : avec des éclai­reurs comme çà, il vaut la peine d’al­ler ten­ter l’in­no­va­tion des « collectifs »…

    Ensuite, j’ai fait par­tie des mili­tants pro­fon­dé­ment humi­liés , car un cer­tain RMJ émet­tait à l’en­contre des gars comme moi ce que j’ai res­sen­ti comme une « FATWA », et j’en­dos­sais un péché mor­tel : avoir par­ti­ci­pé au « noyau­tage  » des « collectifs »…

    Je n’ai pas la hau­teur de vue qui me per­met­trait d’in­fir­mer ou de confir­mer la jus­tesse de cette ana­lyse de Raoul Marc Jen­nar, mais je peux dire qu’une chose pré­cise y est erronée :

    les mili­tants des par­tis (LCR ou PCF ou Verts) qui ont rejoint les col­lec­tifs ont fait preuve d’au­to­no­mie , et , sauf à culti­ver un « racisme anti-cocos », ils n’ont en aucun cas méri­té d’être trai­tés comme des « petits sol­dats d’un appa­reil malhonête ».

    Dans mes cama­rades, il y en eut trop peu, à mon avis, à y venir, mais jamais le Par­ti n’a don­né un « ordre » (faut pas exa­gé­rer, tout de même!) d’y aller ou pas (…et qui plus est, « pour noyauter » ?):

    D’ailleurs, j’ai « plai­dé » (je ne dis pas « mili­té ») pour Clé­men­tine Autain dans ce col­lec­tif local, tout en recon­nais­sant les ver­tus des autres, et notem­ment, celles de Yves Salesse et de Marie-George Buffet :

    Le phé­no­mène hal­lu­ci­nant s’est pro­duit au niveau natio­nal, loin des col­lec­tifs de base où régnait le res­pect des uns et des autres !(pro­blème clas­sique des « délé­ga­tions de pouvoir »?)

    « ON » paye le prix fort, du moins « nous tous, authen­ti­que­ment enga­gés », et, effec­ti­ve­ment, « ON » est res­pon­sable du gachis que repré­sente (entre autres) l’é­loi­gne­ment de Raoul Marc Jennar…Mais com­ment expli­quer ce « on » à mes cama­rades ulcérés ?
    Bien amicalement
    Alain

    Réponse
  9. jacques

    Bon­jour,

    Pas facile de lut­ter contre la déses­pé­rance en ce moment.
    Je ne vois comme issue que la créa­tion d’un nou­veau par­ti anti-libé­ral, regrou­pant la LCR, Lutte Ouvrière, les Verts, le PC, les alter-mon­dia­listes … et les bonnes volontés.

    Je salue ain­si la pro­po­si­tion de Besan­ce­not, espé­rant qu’elles trou­ve­ra un écho dans les appa­reils sous la pres­sion des militants.
    Seule cette créa­tion spec­ta­cu­laire peut rame­ner de l’espoir.

    Cor­dia­le­ment,
    Jacques.

    Réponse
  10. André

    Bon­jour à tous

    Je m’a­dresse notam­ment à Jacques. D’un point de vue pure­ment poli­tique, il est sûr que la divi­sion dans le camp anti­li­bé­ral a por­té un grand coup à la cré­di­bi­li­té du camp pro­gres­siste. L’u­nion de la gauche anti­li­bé­rale comme en Alle­magne est une condi­tion néces­saire mais non suffisante.
    Il n’y aura un chan­ge­ment durable de la situa­tion, que dans la mesure où un tra­vail de proxi­mi­té sera fait au près du plus grand nombre,les gens ont besoin d’in­for­ma­tions sur les pro­blé­ma­tiques en ques­tion, d’au­tant plus qu’il faut contrer la mani­pu­la­tion média­tique que nous subis­sons à jet continu.
    Je pense que en dehors des par­tis, les asso­cia­tions de citoyens ont un grand rôle à jouer, un tra­vail de proxi­mi­té vis à vis des gens, celà peut paraître ingrat, mais ce tra­vail de fond est nécessaire.D’autant que beau­coup de per­sonnes ne se recon­naissent pas dans les par­tis poli­tiques, quelque soit leur sen­si­bi­li­té
    Je pense aus­si que les asso­cia­tions se doivent de gar­der une cer­taine indé­pen­dance vis à vis des par­tis, sinon elles perdent en cré­di­bi­li­té et se brûlent les ailes.
    Par ailleurs, il faut pro­po­ser des alter­na­tives, on ne peut pas que dénon­cer. Un site comme celui-ci rem­plit ce rôle, même si cer­tains sujets néces­sitent des connais­sances préalables.
    Se posent alors les pro­blèmes de trans­mis­sion des connais­sances. Un autre débat!!
    cordialement.
    André

    Réponse
  11. guilloualain

    Bon­jour à tous,

    Je pense aus­si qu’il est temps de refon­der un mou­ve­ment poli­tique uni­taire sur les bases des par­tis qui sont capables de se remettre en ques­tion, mais pour cela ces par­tis doivent assu­mer leur propre démo­cra­tie interne, et ana­ly­ser leurs propres « dérives » (mot pra­tique pour faire court…)

    Si une « nou­velle for­ma­tion » devait sor­tir de ces « tra­vaux poli­tiques des uns et des autres », la ques­tion déci­sive serait celle de « l’au­then­ti­ci­té de sa forme démo­cra­tique », néces­saire si l’on veut non seule­ment « un pro­jet ras­sem­bleur », mais sur­tout, une « réap­pro­pria­tion citoyenne de la poli­tique « …cela me conduit à reven­di­quer , déjà, dans ce « futur nou­veau par­ti », un mode de « rela­tions exté­rieures » avec les asso­cia­tions et les citoyens , qui favo­rise la « trans­ver­sa­li­té des ini­tia­tives », c’est-à-dire le « par­tage équi­table et res­pec­tueux de la force unitaire »…

    Le 10 Décembre 2006 mérite plus d’une « analyse » !

    Réponse
  12. NingúnOtro

    J’ai bien bien peur qu’il ne soit plus pos­sible de croire dans les par­tis poli­tiques exis­tants. Du moment qu’ils ont par­ti­ci­pé au cirque des élec­tions et, pour ce faire, se sont endet­tés pour faire face aux coûts des énormes cam­pagnes média­tiques néces­saires (aujourd’­hui) pour rem­por­ter un suc­cès élec­to­ral, ils sont pri­son­niers de ceux à qui ils doivent plaire pour obte­nir le finan­ce­ment de la sui­vante… car il y a mal­heu­reu­se­ment tou­jours une suivante.

    C’est pour ça que le par­ti socia­liste n’a plus de socia­liste que la façade (pas besoin de le démon­trer ici… ils étaient POUR le trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen, cela dit déjà assez), et c’est pour cela aus­si que les par­tis qui, jus­qu’à aujourd’­hui, ne se sont pas ven­dus au capi­tal pour finan­cer leur cam­pagnes n’ont guère de chance tant que la poli­tique res­te­ra un cirque où l’on vote au lieu d’une place où l’on dis­cute des options jus­qu’à obte­nir des consen­sus. Dans le cirque, la seule option que nous avons, c’est voter, après avoir été dûment « média­ti­sés », au point où la seule option libé­ra­trice est le refus à être ain­si mani­pu­lés en ne par­ti­ci­pant pas. Récem­ment, les cam­pagnes des par­tis recon­naissent cette dérive et ils ne manquent pas de nous rap­pe­ler que, au-des­sus de voter pour celui-ci ou celui-là, le plus impor­tant c’est de par­ti­ci­per. Ils ont peur et mini­misent l’im­pact des abs­ten­tions (pas de vote blanc comptabilisé…).

    La seule façon de jouer un rôle signi­fi­ca­tif dans une élec­tion pour le peuple serait la consti­tu­tion d’un tout nou­veau par­ti poli­tique, libre de ser­vi­tudes envers le capi­tal (sans dettes à refi­nan­cier…) et avec une col­la­bo­ra­tion sociale telle qu’il n’y ait point besoin de s’en­det­ter pour mener une bonne cam­pagne élec­to­rale (ou plu­tôt, être de forme per­ma­nente en cam­pagne avec un vrai pro­sé­li­tisme de base). Faire un peu comme le Hamas 😉 en Pales­tine : être exemple de bonne conduite, et on sera élu pour ce qu’on est et pas pour ce qu’on pro­met­te­ra d’être.

    Tant que n’im­porte quel nou­veau par­ti ne se dis­tan­cie­ra pas de la tra­di­tion­nelle forme de finan­ce­ment et de la façon de faire cam­pagne, il n’au­ra rien de nou­veau qui vaille la peine l’ef­fort de le soutenir.

    Tant pis pour la politique.

    Peut être, comme dit Allain Gil­lou, les par­tis seraient capables de se remettre en ques­tion, … mais seraient-ils capables de se libé­rer de leurs chaînes finan­cières (et peut-être la ver­mine incrus­tée qui les gèrent) sans perdre leurs options poli­tiques et la pos­si­bi­li­té de gagner des élections ?

    Moi, j’en doute. Il est tel­le­ment plus dif­fi­cile d’a­voir du suc­cès aujourd’­hui en étant ver­tueux… et pas seule­ment dans la politique.

    Si on veut une alter­na­tive… on doit lui construire petit à petit toutes les bases néces­saires pour qu’elle n’ait à dépendre à aucun moment de quel­qu’un avec des inté­rêts anta­go­niques… Pas de finan­cia­tion ban­caire, pas de cam­pagne média­tique dans les médias indus­triels (cher­chant le béné­fice éco­no­mique comme seul but), etc. C’est un vaste pro­gramme qui demande du temps pour se déve­lop­per et ne peut se conden­ser dans le court délai d’une seule légis­la­ture. C’est aus­si un pro­gramme à mener à l’é­chelle mon­diale si on ne veut pas être condam­nés à l’au­tar­cie du moment qu’on réus­sit quelque part.

    Réponse
  13. Alexis Bachelay

    Je tiens à remer­cier Marc Raoul Jen­nar, que j’a­vais écou­té à la radio lors d’une émis­sion pen­dant la cam­pagne sur le réfé­ren­dum TCE. Il m’a­vait confor­té dans mon choix pour le NON à la consti­tu­tion euro­péenne. C’est une per­sonne brillante et je m’é­tonne qu’il soit en dif­fi­cul­té pro­fes­sion­nelle. Je pense, et son mes­sage s’en res­sent, qu’il est plu­tôt amer et déçu. La gauche de la gauche est en miette et les pers­pec­tives sont inexis­tantes. Pour­tant notre pays a besoin de la gauche. Mais force est de consta­ter que ce n’est pas dans une sur­en­chère gau­cho-trost­kyste-alter que se trouve les clés de l’alternance…

    Je suis convain­cu qu’il vaut mieux sou­te­nir de petits pas dans la bonne direc­tion, qu’at­tendre un grand soir, qui se finit tou­jours dans la nuit tota­li­taire ou sectaire.
    Et je crois que RMJ a par­fois, lui aus­si, suc­com­bé aux charmes du sec­ta­risme en dénon­çant pêle-mêle l’Eu­rope, la mon­dia­li­sa­tion, la gauche de gou­ver­ne­ment, la droite, l’ex­trême droite, etc.

    Appa­rem­ment, il est épui­sé par ces com­bats sans issue. Sou­hai­tons-lui de se res­sour­cer vers d’autres hori­zons plus paisibles.

    Réponse
  14. Étienne

    Alexis,

    Je ne vois pas de quelle « sur­en­chère gau­cho-trots­kyste-alter » vous par­lez. Pou­vez-vous détailler un peu ?

    Je n’ai jamais vu Raoul « suc­com­ber aux charmes du sec­ta­risme » ; il ne dénonce pas « pêle-mêle » mais plu­tôt de façon métho­dique et argu­men­tée et contre des adver­saires effec­ti­ve­ment redou­tables que nous serions bien fous de lais­ser faire ; j’es­père bien que ces com­bats ne sont pas « sans issue » ; et il n’est appa­rem­ment pas épui­sé du tout, mais plu­tôt mal sou­te­nu, au moment où il avait besoin d’un coup de main, par ceux qu’il a pour­tant bien aidés en leur don­nant tout (je me place moi-même dans le lot des négligents).

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  15. Vladimir
  16. alexis Bachelay

    Cher Etienne,

    ce que je veux dire, c’est que la repré­sen­ta­tion poli­tique de la gauche de la gauche « gau­cho-alter-trots­kyste est condam­née à l’im­puis­sance. Pourquoi ? 

    Parce qu’il y a une telle concur­rence, une telle recherche d’hé­gé­mo­nie d’une frac­tion sur l’autre, que l’on est en per­man­cene dans la sur­en­chère idéo­lo­gique. À tel point que l’on est de plus en plus éloi­gné du monde réel. Pour résu­mer, on a l’im­pres­sion que leur prin­ci­pale pré­oc­cu­pa­tion, c’est d’être plus « anti que moi tu meurs » ! L’un se dit anti-libé­ral, l’autre répond qu’il faut être anti-capi­ta­liste. L’un se dit anti-mon­dia­li­sa­tion, l’autre lui répond qu’il faut être alter… etc, etc.

    À ce sujet, j’a­vais écrit un mes­sage à Clé­men­tine Autain qui se deman­dait à voix haute sur son blog si’il fal­lait « dépas­ser » ou « abo­lir » le capi­ta­lisme. J’ai trou­vé cela étrange. Et fina­le­ment cari­ca­tu­ral. À force de slo­gans creux, tout cela se ter­mine dans de la bouillie intel­lec­tuelle. La réa­li­té est différente :

    Une majo­ri­té des gens sur la pla­nète vivent par et pour l’é­co­no­mie mar­chande. Cela est la réalité.

    La mon­dia­li­sa­tion a per­mis l’é­lé­va­tion glo­bale du niveau de vie sur presque tous les conti­nents. La Chine « com­mu­niste » étant le pays où la capi­ta­lisme se déve­loppe le plus rapi­de­ment au monde. Avec une classe moyenne d’en­vi­ron 200 à 300 mil­lions de per­sonnes qui n’exis­taient pas il y a 20 ans !!!

    Enfin, l’al­lon­ge­ment de la vie à l’é­chelle de la pla­nète est aus­si une réa­li­té, qui a for­cé­ment un impact sur nos sys­tèmes sociaux.

    La seule révo­lu­tion néces­saire, c’est celle de l’é­co­lo­gie, qui devra bou­le­ver­ser nos modes de vie d’une façon inima­gi­nable. POur pré­ser­ver l’a­ve­nir de l’hu­ma­ni­té. Tout simplement.

    Fran­che­ment, par rap­port à ces défis, les débats d’in­tel­los rive gauche pour savoir s’il faut abo­lir ou dépas­ser le capitalisme…

    Mon mes­sage à Clé­men­tine Autain :

    « La force de Besan­çe­not c’est 4%…
    À ce titre, il pré­tend pou­voir refon­der un par­ti de la vraie “gôche”.
    Seule­ment le PC à 2%, LO à 1 et même Bové contestent cette “hégé­mo­nie”. Bref, on est repar­tie comme avec les col­lec­tifs anti unitaires.
    Quand com­pren­drez-vous que ces gens sont des clowns ?
    Dans une socié­té démo­cra­tique, le sec­ta­risme poli­tique engendre soit la divi­sion soit l”oppression, inéluctablement.
    Avant le PCF cen­tra­li­sait de manière mono­li­thique toutes les ten­dances gau­chistes de la socié­té depuis l’après-guerre. Il domi­nait poli­ti­que­ment et même par­fois phy­si­que­ment toutes les autres ten­dances. Main­te­nant qu’il a dis­pa­ru, les ten­dances alter et anti tout ce que vous vou­lez ont repris le des­sus. Cha­cun veut expri­mer “sa” sensibilité.
    À sa manière, Clé­men­tine (Autain) trans­pire ces contra­dic­tions. “Abo­lis­se­ment ou dépas­se­ment du capi­ta­lisme” demande-t-elle naï­ve­ment. Elle n’en sait rien la pôvre ?
    Une des figures du mou­ve­ment des antis qui ne sait plus contre quoi elle est ? Le libé­ra­lisme, trop mou, le capi­ta­lisme trop ferme… Nul doute que ces petits délires entre amis pas­sion­ne­rait les Fran­çais s’il n’avaient pas autre chose à faire comme avoir un tra­vail dans l’économie mar­chande que vous vou­lez abolir…
    Encore une fois, les sur­en­chères entre sectes gau­chistes n’ont aucun inté­rêt pour celles et ceux qui ont réel­le­ment besoin de la gauche.
    La vraie gauche, ce n’est pas celle qui fait de la sur­en­chère contre l”économie de mar­ché ou la mon­dia­li­sa­tion. Si quelqu’un ici est capable d’expliquer com­men on “abo­lit” ou on “dépasse” la mon­dia­li­sa­tion et le mar­ché, j’écoute.
    Ceux qui tentent de redis­tri­buer les divi­dendes de manière plus équi­table, dans l”économie de mar­ché, ceux qui veulent inflé­chir dura­ble­ment les logiques des­truc­trices du capi­ta­lisme, ceux là sont de gauche et méritent le respect.
    Les autres, si vous êtes défi­ni­ti­ve­ment contre la pro­prié­té pri­vée, contre l’économie de mar­ché et fina­le­ment contre les droits de l’homme, les trois piliers de la “bour­geoi­sie”, ins­tal­lez vous à Cuba ou au Vénézuela.
    En plus vous ferez l’économie, c’est le cas de le dire, d’une sys­tème démo­cra­tique. Et fina­le­ment n’est-ce pas tou­jours comme cela que ça se termine. »

    Réponse
  17. guilloualain

    Il me semble que beau­coup de per­sonnes res­pec­tables renoncent à confron­ter leur conscience, jus­te­ment, aux réa­li­tés que des intel­lec­tuels comme Raoul Marc Jen­nar ana­lysent, et que des mili­tants cou­ra­geux affrontent :

    La ren­contre de RMJ avec ces mili­tants orga­ni­sés selon leur his­toire per­son­nelle est un exemple de face-à-face salu­taire, et même si cela ne s’est pas bien « ter­mi­né », en réa­li­té ça ne sau­rait être « ter­mi­né », du moment que « tout le monde » pré­tend connaître la réalité…

    Les néo-conser­va­teurs qui veulent impo­ser à la pla­nète plu­sieurs tours de vis dans le sens de la régres­sion sociale se pré­tendent « pro­prié­taires du savoir », et donc ils nous assènent leurs dogmes « libé­raux » comme une « réalité » !

    Réponse
  18. guilloualain

    Cher Alexis bache­lay, en effet déjà « ren­con­tré sur le site de Clé­men­tine Autain :

    « Dépas­ser » une situa­tion, ce n’est pas l’i­gno­rer ni « pas­ser outre », au contraire, c’est « y être en tran­sit », et en tant qu’être humain doué sinon de « savoirs innés », au moins d’une facul­té d’ap­prendre, oser pré­tendre « trans­for­mer la situa­tion pour en sor­tir selon des aspi­ra­tions humai­ne­ment conçues »…

    Cela ne signi­fie donc pas que l’on pré­tende « abo­lir  » d’un coup de révo­lu­tion magique un sys­tème qui fonc­tionne comme une hor­loge, mais qui se remonte à coup de crises meur­trières, et qui tombe en tra­vers non seule­ment du « deve­nir humain » (de mil­liards d’in­di­vi­dus « cho­si­fiés »), mais aus­si et , comme vous l’ob­ser­vez vous-même, « SURTOUT » , en tra­vers de l’é­co­lo­gie néces­saire sur cette « pla­nète en deve­nir humain »…

    Marx n’est pas un pro­phète appel­lant des dis­ciples fana­tiques, il est un pen­seur par­mi les autres, mais comme par hasard, vic­time de toutes les cen­sures, de toutes les conju­ra­tions et de toutes les mau­vaises traductions :

    Ce qui fut tra­duit par « abo­li­tion » arran­gea bien les affaires des conser­va­teurs du vieux sys­tème capi­ta­liste, car même dans l’URSS de Sta­line, le com­mu­nisme était ain­si « remis aux calendes grecques », et on lui sub­sti­tuait, en atten­dant le futur grand soir, un régime soi-disant « socia­liste », comme une « étape indispensable ».

    Le « dépas­se­ment », au contraire, per­met de connaître les « ver­tus du sys­tème dont ont veut s’af­fran­chir » : for­mi­dable « créa­teur de richesse »… et de ne pas fer­mer les yeux sur ses « limites his­to­riques » : c’est l’a­na­lyse de celles-ci que fit Marx dans « LE CAPITAL »…

    On ne « dépas­se­ra » pas cette mer­veille sans recours à la pen­sée la plus libre mais la plus exi­geante que néces­sitent les « che­mins de la liber­té » : il nous fau­dra arrê­ter les cen­sures, et réflé­chir avec Alain, Mon­tes­quieu et tous les autres, sans mépri­ser per­sonne et sur­tout pas « les vic­times du sys­tème « , fussent-elles « mino­ri­taires » (ce que je récuse)…

    Car ce qui advient, alors qu’on ose se gar­ga­ri­ser avec un soi-disant « enri­chis­se­ment glo­bal des popu­la­tions », c’est une toute autre « réa­li­té », bien plus concrète, et, à force, « explosive » !

    Bien ami­ca­le­ment.

    Réponse
  19. guilloualain

    Alexis Bache­lay,

    mon métier me fait vivre dans le tiers monde (oui, appe­lons ain­si cette « réa­li­té » !) ; Ce n’est pas dans ces pays que le « dépas­se­ment » dont Marx rêvait (il ne fai­sait pas que rêver !) est envisageable.

    Là où je me sens « concer­né » par ce que pen­sait Marx, c’est dans mon pays « pri­vi­lé­gié », qui atteint la phase la plus « brillante » et la plus para­doxale du capitalisme :

    mon devoir d’hu­main, je l’é­prouve comme celui d’un héri­tier, mais héri­tier d’une « classe ouvrière » sans laquelle cette « brillance capi­ta­liste « n’exis­te­rait pas… Je dois par­ti­ci­per à « la suite » : le post-capitalisme !

    Ceux du tiers monde, eux, sont « héri­tiers de leur cho­si­fi­ca­tion par le colo­nia­lisme », c’est bien plus « violent » !

    Réponse
  20. Jmfayard

    Oui, quel sym­bole en effet !

    Après la mino­ri­té non­niste qui font une contre-per­for­mance aux élec­tions internes des verts, après le nau­frage d’AT­TAC décri­bi­di­li­sé par les pra­tiques sta­li­niennes (fraude élec­to­rale) de sa direc­tion, après la mar­gi­na­li­sa­tion des non­nistes au sein du PS les plus malins comme Mon­te­bourg et Peillon allant voir ailleurs, après la longue ago­nie des comi­tés anti­li­bé­raux, après l’é­chec de la can­di­da­ture uni­taire, après que le PCF et Bové aient bu l’eau jus­qu’à la calice aux pré­si­den­tielles, après la vic­toire de Sar­ko­zy, après que Fabius ait démon­tré sa dupli­ci­té en disant du bien du maxi-trai­té fei­gnant d’y voir une vic­toire du NON là où il n’y a qu’une série de reculs par rap­port au TCE lui-même, voi­là avec M. Jen­nar le der­nier repré­sen­tant de l’é­lite du NON qui tra­hit, ou du moins déserte.

    Quelle éner­gie aura été englou­tie, sou­vent de bonne foi, dans cet oxy­mo­rien « NON proeu­ro­péen de gauche ». Pré­cieuse éner­gie à employer à bon escient. Ce fut le cas pour cette autre for­mi­dable mobi­li­sa­tion qu’a été la lutte contre le CPE (iro­nie du sort il eût été contraire non seule­ment à l’es­prit mais aus­si à la lettre du TCE). En revanche l’éner­gie qui fut gâchée par cette fausse piste du non au TCE a fait défaut pour le ren­dez-vous capi­tal de 2007, Sar­ko­zy n’ayant à affron­ter qu’un champ de ruines. Une fausse piste car le « non pro-euro­péen de gauche » ne fut qu’un ambigü front de tous les refus le temps d’une cam­pagne réfé­ren­daire. Il n’a jamais exis­té avant la cam­pagne réfé­ren­daire (et l’é­pi­sode capi­tal de la conven­tion pour l’a­ve­nir de l’Eu­rope) ni après (avec tant de contra­dic­tions, d’au­to-intoin­toxi­ca­tion et d’im­pen­sés c’é­tait sans doute cou­ru d’a­vance mais il aurait fal­lu au moins essayé). La Roche Tar­péïenne s’est à nou­veau avé­rée toute proche du Capitole.

    Débat clos désor­mais. Même Raoul-Marc Jen­nar part. Le der­nier étein­dra la lumière.

    Main­te­nant il va fal­loir recons­truire. Sur d’autres bases.

    Réponse
  21. Étienne

    JMF,

    Vous faites comme si nous n’a­vions pas dit non.

    Pour avoir rai­son d’a­voir dit oui, envers et contre tout, — et pro­fi­tant de la force de ceux qui ont le pou­voir et qui peuvent en abu­ser libre­ment puisque le peuple est muse­lé par la « consti­tu­tion » (qui n’en est pas une, pour cette rai­son) —, vous pre­nez pour argu­ment que les nonistes n’ont pas su s’u­nir (c’est le moins qu’on puisse dire, effec­ti­ve­ment) pour pro­po­ser une alter­na­tive après avoir clai­re­ment dit non : pour­tant, la dif­fi­cul­té à s’u­nir pour construire ne prouve aucu­ne­ment qu’on avait tort de résis­ter à se lais­ser détruire : objec­ti­ve­ment, des démo­crates devaient dire non à tous ces trai­tés illé­gi­times, abus de pou­voir caractérisés.

    Les atteintes fron­tales a la démo­cra­tie la plus éle­men­taire des ins­ti­tu­tions euro­péennes sont des faits : pas de sépa­ra­tion (confu­sion) des pou­voirs sur des domaines impor­tants mais cachés (mar­ché inté­rieur, concur­rence et liber­té de mou­ve­ment des capi­taux, par exemple, où le Conseil décide seul sans le Par­le­ment), pas de contrôle des pou­voirs, pas de moyens pour résis­ter aux abus de pou­voirs, pas d’in­dé­pen­dance des juges par rap­port aux exé­cu­tifs, etc ! (*)

    Vous faites comme si nous impo­ser de force ce qu’on vient expres­sé­ment de refu­ser n’é­tait pas un viol.

    Vous faites comme si le fait de se faire vio­ler mon­trait qu’on a tort.

    Vous pré­sen­tez le départ de Raoul comme une désertion.

    Tout cela n’est sim­ple­ment pas honnête.

    Je vous ai connu meilleur.

    (*)
    Sur le fond du
    dos­sier (fal­lait-il dire oui ou non), pour com­prendre la tra­hi­son du PS
    (le mot
    n’est pas trop fort) en cette matière de pro­tec­tion contre les abus de
    pouvoir,
    je rap­pelle ce que je disais le
    19 mai 2005 dans
    mon Jour­nal
     :

     

    «
     Pour expli­quer ce « Oui
    de gauche »
    appa­rem­ment com­plè­te­ment inco­hé­rent, j’avais
    trou­vé comme
    expli­ca­tion qu’ayant construit eux-mêmes cette Europe-là (ils croyaient
    encore,
    à l’époque, à la pos­si­bi­li­té d’infléchir, plus tard, la tournure
    libé­rale du
    texte vers plus de social), il était dif­fi­cile pour eux de s’y opposer
    aujourd’hui sans se renier eux-mêmes. 

     

    Pour
    appe­ler à voter
    Non, il aurait fal­lu accep­ter d’avouer qu’ils s’étaient trom­pés, qu’ils
    avaient
    cru pou­voir chan­ger le cours libé­ral des ins­ti­tu­tions de Maastricht
    sans y être
    par­ve­nus. Les hommes de gauche qui appellent à voter Oui seraient, avec
    cette
    expli­ca­tion, ceux qui n’arrivent pas à admettre qu’ils nous ont
    conduits
    (invo­lon­tai­re­ment) dans une impasse.

     

    Thi­baud
    [de la
    Hos­se­raye] m’a fait entre­voir, par une seule phrase, une autre
    expli­ca­tion que
    je n’avais pas du tout ima­gi­née : la « stra­té­gie » des ténors
    socia­listes et verts qui sou­tiennent ce TCE (très concrètement
    néo­li­bé­ral et
    très sym­bo­li­que­ment social), pour­rait être sim­ple­ment la
    poli­tique du pire

     : une fois ce piège néo­li­bé­ral refer­mé, les hommes poli­tiques de gauche
    pour­raient enfin se pré­sen­ter et paraître comme le seul recours, seul
    moyen,
    prag­ma­tique, de reve­nir au pouvoir. 

     

    Si
    c’était le cas, ce
    plan d’ensemble serait quand même assez cynique.

     

    On
    est ici dans le
    pro­cès d’intention car bien malin qui dira pour quelle rai­son intime
    tel ou tel
    acteur agit : aucune cer­ti­tude, et encore moins aucune généralité,
    n’est donc
    pos­sible, évi­dem­ment, mais je trouve ça plau­sible, et ça ren­drait enfin
    com­pré­hen­sible ce choix d’un Oui de gauche
    incom­pa­tible avec la
    déré­gu­la­tion confir­mée et ren­for­cée par le TCE.

     

    Pour
    mémoire, on peut
    rap­pe­ler les
    sept exi­gences pour une
    Consti­tu­tion démo­cra­tique et sociale
    telles qu’elles
    avaient été
    adop­tées lors du conseil natio­nal du PS du 10 octobre 2003
    (http://​www​.par​ti​-socia​liste​.fr/​l​i​s​t​_​t​h​e​m​e​.​p​h​p​?​t​h​e​m​e​=​M​TY0[ce
    lien a dis­pa­ru, mais on peut consul­ter http://​www​.monde​-soli​daire​.org/​s​p​i​p​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​127]).

     

    On
    y mesure point par
    point l’abandon inté­gral, le renie­ment pro­fond qu’impose l’appel à
    voter Oui de
    ces gens-là. 

     

    Les
    socialistes
    exi­geaient fer­me­ment (à l’époque) :

     

    1.
    Une base juridique
    claire pour la pro­tec­tion et le déve­lop­pe­ment des ser­vices publics doit
    être
    posée ;

     

    2.
    Des mesures
    d’har­mo­ni­sa­tion de la fis­ca­li­té doivent pou­voir être adop­tées à la
    majorité
    qua­li-fiée. Ce doit être aus­si le cas en matière sociale. Les critères
    de
    l’emploi et de la crois­sance seront intro­duits pour gui­der les
    inter­ven­tions de
    la Com­mis­sion et de la Banque cen­trale euro­péenne. L’Eu­rope doit être
    dotée
    d’un gou­ver­ne­ment éco­no­mique, dis­po­sant d’un bud­get suf­fi­sant et d’un
    impôt,
    pou­vant recou­rir à l’emprunt pour finan­cer des grands travaux… ;

     

    3.
    La majorité
    qua­li­fiée doit aus­si deve­nir la règle pour la poli­tique exté­rieure et
    de
    sécu­ri­té com­mune, l’u­na­ni­mi­té étant l’exception ;

     

    4.
    La diversité
    cultu­relle doit être garan­tie. Nous sou­hai­tons que la Constitution
    ren­force les
    valeurs de la démo­cra­tie euro­péenne et qu’elles per­mettent l’évolution
    des
    institutions ;

     

    5.
    Le carac­tère laïc de
    la construc­tion euro­péenne est un prin­cipe à nos yeux fondateur ;

     

    6.
    Les méca­nismes de
    coopé­ra­tions ren­for­cées entre les États membres doivent être assouplis ;

     

    7.
    Les révisions
    futures de la Consti­tu­tion doivent pou­voir être adop­tées, si possible
    par
    réfé­ren­dum euro­péen orga­ni­sé le même jour dans toute l’U­nion, à la
    majorité
    qua­li­fiée de la popu­la­tion et des États.

     

    Les
    responsables
    poli­tiques de gauche qui défendent le TCE ont donc aban­don­né abso­lu­ment
    toutes
    ces belles convic­tions et sou­tiennent aujourd’hui,
    presque
    vio­lem­ment, un texte qui contre­dit pro­fon­dé­ment tout
    ce qu’ils exi­geaient for­te­ment il y a un an. 

     

    Et
    c’est même un comble
     : ces lâcheurs accusent les autres lea­ders de gauche, ceux qui sont
    simplement
    res­tés fidèles à leurs enga­ge­ments, d’avoir des arrière-pensées
    politiciennes,
    des vues sur le pouvoir… 

     

    Le
    moins qu’on puisse
    dire est qu’ils ne manquent pas d’air. (…) »

     

    Mais
    en fait, l’aveu
    éblouis­sant de la mal­hon­nê­te­té pro­fonde de l’ap­pa­reil socia­liste est là
     :

     

    Incroyable
    aveu (tou­jours mon
    Jour­nal, du 28 mai
    )

     

    «
     Fran­çois Hol­lande sur
    France Culture le 26 mai à midi :
    «
     si Chi­rac avait mis en
    jeu son man­dat, le PS aurait natu­rel­le­ment appe­lé à voter NON, comme
    pour De
    Gaulle en 69 »…

     

    Et
    quand le journaliste,
    médu­sé, demande de refor­mu­ler, le patron du PS en remet une couche.

     

    On
    mesure là dans toute
    son indé­cence, la posi­tion poli­ti­cienne du PS, intéressé
    exclu­si­ve­ment par
    le pou­voir, très loin du texte pour qui on peut fina­le­ment aus­si bien
    appe­ler à
    voter Oui que Non en fonc­tion de consi­dé­ra­tions tactiques.

     

    C’est
    simplement
    conster­nant. On est au degré zéro du res­pect des citoyens : le texte
    suprême,
    (dont je rap­pelle qu’il consacre à la fois des ins­ti­tu­tions non
    démocratiques,
    la pri­va­tion du droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes sur le plan
    économique
    et l’instrumentalisation du chô­mage par une poli­tique for­cée de lutte
    contre
    l’inflation) on s’en fout : ce texte aujourd’hui ardem­ment défen­du par
    le PS
    comme une urgente néces­si­té, ce texte aurait pu aus­si bien être rejeté
    par le
    PS si le pou­voir s’était offert rapi­de­ment à ce prix. 

     

    Pour
    le PS, on peut donc
    aus­si bien dire Oui ou Non : ce qui compte, c’est faire tomber
    l’adversaire
    poli­tique du moment et reprendre le pouvoir. 

     

    Moi,
    ça me laisse
    pantois.

     

    Lire
    et écou­ter à : http://​www​.legrand​soir​.info/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​384

     

    Et
    il faut faire
    confiance à ces gens-là ? Non merci. »

     

    Pour
    moi, on en est
    encore là : les notables du PS ont aban­don­né le peuple pour protéger
    leur misérable
    petit pou­voir per­son­nel et le peuple se fait vio­ler depuis, tout seul,
    par une
    droite triom­phant faute d’ad­ver­saire crédible.

     

    Et
    vous, vous venez
    nous dire que tout est de notre faute, nous qui n’a­vons AUCUN
    pou­voir… On se
    demande s’il faut rire ou pleu­rer de l’in­jus­tice de vos reproches.

    Réponse
  22. guilloualain

    Jmfayard :

    « il va fal­loir recons­truire sur d’autres bases »…

    Vous vou­lez nous faire quit­ter quelles bases, au juste ?

    « Nous » sommes un peuple , celui qui résiste contre des forces « domi­nantes » intal­lées par la force du men­songe assis­té finan­ciè­re­ment par les gros moyens des « dominants »…

    Le départ de RMJ montre que les intel­lec­tuels mani­fes­tant une liber­té de pen­sée sont en proie à des dif­fi­cul­tés d’exis­tence, tout comme mes méde­cins des hot­pi­taux dési­reux de soi­gner sans dis­cri­mi­na­tion, même les malades pas « solvables »…

    quelles « nou­velles bases » autres que celles de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire pré­ten­dez-vous uti­li­ser pour édi­fier quel mon­tage politicien ?

    C’est la ques­tion que pose votre cri­tique iro­ni­sant sur les dif­fi­cul­té d’un peuple à trou­ver une issue « ins­ti­tu­tion­nelle » au piège ins­ti­tu­tion­nel du régime présidentiel :

    Rire de l’é­chec en ques­tion sans voir com­ment cet « échec  » démontre la per­ver­si­té du sys­tème, libre à vous, mais dans quelques mois, les oppor­tu­nistes rejoin­dront le flot des mécon­tents, et on voit déjà Vil­le­pin se pré­sen­ter comme « oppo­sant disponible » :

    L’é­chec dont on parle est super­fi­ciel, c’est bien une consé­quence de fautes graves du « per­son­nel poli­tique diri­geant la gauche »
    dans une situa­tion où la « dyna­mique uni­taire » exis­tait bel et bien dans toutes les bases que pré­tendent « diri­ger » ces « direc­tions »…mais ce peuple là existe, y com­pris avec RMJ qui est loin d’être « démis­sio­naire » même s’il est « en dif­fi­cul­té » : ou sont donc vos « nou­velles bases » ?

    tout ce que vous lais­sez entendre est fort « ancien » : renon­ce­ments, col­la­bo­ra­tions, « concur­rence libre… » etc ?

    Réponse
  23. Jean-Michel FAYARD

    Vous pré­sen­tez le départ de Raoul comme une désertion.

    J’a­voue avoir suc­com­bé à la ten­ta­tion polé­mique de retour­ner à l’au­teur de « Europe, la tra­hi­son des élites » la mon­naie de sa pièce en en rajou­tant un peu pour don­ner l’im­pres­sion d’une « tra­hi­son des élites du NON à l’Eu­rope » 😉 mais le moins qu’on puisse dire est que ces élites là ont dis­pa­ru de la cir­cu­la­tion en un temps record. Et pas sous les coups d’une puis­sante conspi­ra­tion ouiste (pro­mis ce n’est pas moi qui ait bour­ré les urnes à ATTAC en faveur de Cas­sen-Niko­noff), ils se sont auto-sabordés.

    Une série pour le moins étrange vous l’a­voue­rez, dont l’his­toire reste à écrire.

    Vous connais­sez mon point de vue :

    Avoir voté non, « contre Chi­rac et le Medef », au réfé­ren­dum de 2005 : com­pré­hen­sible. Avoir cru qu’un non débou­che­rait sur un meilleur trai­té : erreur admis­sible. Mais que ces diri­geants de gauche n’aient pas osé expli­quer que, face à un capi­tal euro­péa­ni­sé, il fal­lait euro­péa­ni­ser la poli­tique et accep­ter des pas en avant vers une consti­tu­tion fédé­rale, c’est igno­rer la défi­ni­tion du libé­ra­lisme qu’ils pré­tendent com­battre. Le non de 2005, qui en l’ab­sence de pré­misses et de débou­chés ne pou­vait entraî­ner, sui­vant une froide logique juri­dique, que la simple recon­duc­tion de l’Eu­rope ultra­li­bé­rale exis­tante, annon­çait la « non-alter­nance » de 2007.

    Vous faites comme si le fait de se faire vio­ler mon­trait qu’on a tort.

    L’exis­tence de l’U­nion Euro­péenne, un viol com­mis contre les Nations ? Ah ah ah !

    Alors je sup­pose en filant l’a­na­lo­gie que ce qui exis­tait avant l’U­nion Euro­péenne, des Nation(alisme)s libres de se livrer à la grande bou­che­rie de 14–18, était une joyeuse par­touse entre adultes consen­tants, d’un splen­dide et inéga­lé éloge de l’A­mour Libre. Mais gare aux sida, her­pès, syphi­lis et autres mala­dies sexuel­le­ment transmissibles !

    Réponse
  24. Jean-Michel FAYARD

    à guilloua­lain

    Mon rire est la poli­tesse d’un déses­pé­ré. Regar­dez ce qu’est la gauche (de la plus molle à la plus sta­li­nienne) aujourd’­hui : un champ de ruines. 2007 est l’ann­née zéro du pro­gres­sisme. Il va en fal­loir du cou­rage pour rebâ­tir, pour oublier les vieilles ran­coeurs, pour faire tom­ber les ornières, pour se remettre à l’é­coute des idées nouvelles.

    Je n’ai même pas le récon­fort d’en vou­loir aux « non­nistes de gauche ». Son élite a dis­pa­ru, et je suis per­sua­dé que c’est de bonne foi que sa base a fon­cé dans cette impasse.

    Sur quelles nou­velles bases ?

    Je suis loin d’être capable de four­nir une réponse com­plète à une ques­tion aus­si dif­fi­cile mais deux pistes me paraissent essen­tielles. Le futur de la gauche passe selon moi obligatoirement

    • par l’a­ban­don du gau­chisme (cf Alexis Bache­lay plus haut) au pro­fit de cette gauche moderne qu’est l’é­co­lo­gie politique
    • par la for­mu­la­tion d’une réponse de gauche et décom­pléxée à la mon­dia­li­sa­tion. Là je pense qu’il y a de très bons indices à pêcher dans « Empire » de Toni Negri qu’on peut au choix lire en ligne en anglais ou ache­ter en fran­çais chez des sup­pôts du grand capital
    Réponse
  25. guilloualain

    Jean Michel FAYARD

    je suis plu­tôt d’ac­cord avec votre der­nier post, quant aux « nou­velles bases », mais les posts pré­cé­dents ne per­met­taient pas d’i­ma­gi­ner tout le « non dit  » de votre « rire »…

    Nous sommes de mil­liers à « rire » ain­si, mais les diri­geants , il ne faut pas les confondre avec les « intel­lec­tuels » dont l’au­to­ri­té est natu­relle, comme Négri, comme JMG : les « diri­geants » suivent leur trou­peau, mais le trou­peau recherche de plus en plus de façon auto­nome « sa lumière »…et là , l’er­reur c’est de croire que les intel­lec­tuels qui éclairent pré­tendent diri­ger : dés qu’ils dirigent, ils cessent d’éclairer !

    Le peuple est capable d’in­ven­ter ce que de grands intel­lec­tuels savent décryp­ter mieux que lui !

    Il y a la une com­plé­men­ta­ri­té , un face-à-face de la pen­sée et de l’ac­tion, qui échappe à bien des « diri­geants » ! (rions !)

    Le NON n’a pas été dic­té par des diri­geants, il a été éclai­ré par des intellectuels !

    c’est un « non » éclai­ré, assu­ré­ment, mais les « diri­geants ne pensent qu’à s’en venger…(rions !)

    bien ami­ca­le­ment.

    Réponse
  26. guilloualain

    Raoul Marc Jen­nar est un intel­lec­tuel mili­tant, , s’il va ici ou là, s’il « part », il ne tra­hit en rien son enga­ge­ment, et ses écrits militent uti­le­ment encore.

    Je lui ai repro­ché une inter­ven­tion qui sem­blait viser à diri­ger les col­lec­tifs, mais cette inter­ven­tion dis­cu­table visait à cri­ti­quer une « direc­tion » supposée :

    la fra­gi­li­té des col­lec­tifs vient du fait de leur grande spon­ta­néï­té , mais ils sont « deman­dés par la néces­si­té his­to­rique », tout comme le « non » majo­ri­taire a été « deman­dé » , contre toutes les pro­ba­bi­li­tés fabri­quées par les puis­sances médiatiques :

    dire que cela ne signi­fie rien , et le jeter aux natio­na­lismes bar­bares , c’est étrange de la part d’un lec­teur de Négri !

    Réponse
  27. jmfayard

    à Alain Guillou

    Je ne dis abso­lu­ment pas que R‑M Jen­nar est un natio­na­liste ! J’ai eu des dif­fé­rends avec lui, trou­vant notam­ment sur l’af­faire de la direc­tive ser­vices (lar­ge­ment modi­fiée depuis par le par­le­ment euro­péen – sans doute pas assez pour cer­tains mais jamais le par­le­ment fran­çais ne modi­fie autant en pro­fon­deur ce que lui sou­met l’éxé­cu­tif), que pres­sé de vou­loir démon­tré que toute l’é­lite avait tra­hi, qu’elle mar­chait au pas tel un somme homme der­rière le beau Frits Bol­ke­stein, il avait ten­dance à recou­rir au pro­cès d’in­ten­tion. Un peu comme mon pre­mier mes­sage à son encontre (où j’en rajoute un peu par goût de la pro­voc’ comme je l’ex­pli­quais à Etienne) en plus sophis­ti­qué. Mais bas­ta, c’est pea­nuts, c’est der­rière nous, et sur­tout je ne vais pas m’a­char­ner sur un absent.

    Non, s’il faut citer des noms (pra­tique pour se faire des amis 😉 ce sont les amis de Che­vè­ne­ment, le PCF, l’an­cienne direc­tion d’AT­TAC (Cas­sen et Nik­noff), et les Mélen­chon que je tiens pour des natio­na­listes, ou du moins pour des a‑européens sacra­li­sant l’é­tat natio­nal de manière exa­gé­rée à mon goût.

    A l’in­verse, les vrais alter­mon­dia­listes, Raoul-Marc Jen­nar, les socia­listes réno­va­teurs ten­dance Mon­te­bourg, les non­nistes verts, la LCR n’ont pas oublié la tra­di­tion de l’internationalisme.

    —

    Et d’ac­cord que la réac­tion de la gauche doit venir du bas, de l’ac­tion des gens eux-même, éclai­rés et non pas diri­gés. Toni Negri insiste beau­coup là-des­sus dans Empire. Et je dois recon­naître que ce fût le cas lors de la cam­pagne réfé­ren­daire. Mais la colère jus­ti­fiée parce que l’UE n’a­vait pas tenu les pro­messes à côté de la plaque qui avait été faites lors de Maas­tricht était mal diri­gée : ce n’é­tait pas contre le TCE (une ten­ta­tive de réforme) qu’il fal­lait axer les efforts mais contre l’Eu­rope actuelle – avec la luci­di­té de dire qu’on com­bat contre l’Eu­rope actuelle mais au sein de l’Eu­rope (car il n’y a pas de stra­té­gie natio­nale dans la mondialisation).

    Réponse
  28. guilloualain

    à jmfayard :

    votre balayage des « bobs nonistes et des mau­vais » est une erreur : le PCF, par exemple : il fait par­tie du « PARTI DE LA GAUCHE EUROPEENNE », et c’est le dépu­té euro­péen com­mu­niste de ce groupe qui a don­né une des pre­mières « alertes » contre le « pro­jet gis­card de TCE »…F WURTZ conti­nue ce tra­vail « proeu­ro­péen et anti­li­bé­ral en tant que dépu­té du groupe GUE…

    Réponse
  29. guilloualain

    Le « natio­na­lisme » est-il un intégrisme ?

    Cha­cun de nous peut pen­ser que « tous les nonistes n’é­taient pas de bons nonistes… », mais c’est faire un pro­cés à quels citoyens exac­te­ment, quand on sait que le débat a lar­ge­ment dépas­sé ceux dont sont capables les seuls partis ?

    Ce qui res­sort des expé­riences , c’est que l’in­ter­dic­tion ou la stig­ma­ti­sa­tion d’une reli­gion ou d’une phi­lo­so­phie ali­mente l’in­té­grisme de ses adeptes.

    Res­pec­tons les phi­lo­so­phies et les croyances, et sau­vons par la même occa­sion plu­sieurs choses :

    -Une « logique de paix », qui colle avec une laïcité ;

    -Un droit à l’es­prit cri­tique qui colle avec la liber­té d’expression ;

    -Un res­pect du droit des per­sonnes et des peuples (qui colle avec autodétermination…ou « souveraineté »).

    Toutes ces valeurs ont his­to­ri­que­ment pris racine sur des bases natio­nales, et nous héri­tons à la fois des avan­tages et des incon­vé­nients de « la nation »…

    Mais si l’on veut faire vivre un « inter­na­tio­na­lisme », que ce soit avec « les Nations Unies » , dont la voca­tion est de nous récon­ci­lier avec une idée paci­fiste des nations !

    Dépas­ser une nation don­née en Europe pour fusion­ner dans une « Europe », c’est encore un pro­ces­sus consti­tuant une nation.

    Tout le pro­blème c’est de savoir si cette nou­velle « super-nation » per­met­tra l’es­sort des valeurs aux­quelles la per­sonne et les peuples ont droit, ou bien si au contraire, ce soi-disant « inter­na­tio­na­lisme », impo­sé par la ruse ou par dic­tat, com­por­te­ra un « natio­na­lisme inté­griste » inavoué :

    « l’EU­ROPE FORTERESSE » , où seront exa­cer­bées les logiques de guerre (concur­rence sau­vage), où sera impos­sible une laï­ci­té (« tra­di­tion chré­tienne » etc…), et qui mar­che­ra au pas sous la hou­lette de l’O­TAN, fai­sant fruc­ti­fier pour les magnas de l’ar­me­ment les fameux « heurts de civi­li­sa­tions », stig­ma­ti­sant telle phi­lo­so­phie des lumières, telle reli­gion de l’axe du mal , etc…

    On ne va pas recom­men­cer le débat immense du « NON » : il a gagné , même si la volon­té des domi­nants est de ne pas tenir compte des résul­tats de cet immense débat démocratique !

    C’est fran­che­ment inquié­tant , au moment où la France se laisse pié­ger par un malade men­tal obsé­dé par la fièvre du pou­voir, et dont l’é­lec­tion est un déni de démo­cra­tie puis­qu’il s’a­git pour le peuple de se démettre de sa sou­ve­rai­ne­té en la délé­gant à un pres­ti­di­gi­ta­teur spon­so­ri­sé par le MEDEF, de voir qu’il y a encore des « démo­crates » remet­tant en cause le NON de 55% des citoyens issu d’un débat d’une ampleur, d’un sérieux et d’une durée qui ont déjoué les plans média­tiques pré­vus par les pres­ti­di­gi­ta­teurs et autres experts en publi­ci­té expéditive !

    OUI ou NON ?

    Réponse
  30. philéas

    Faut-il vrai­ment regret­ter quel­qu’un qui a si peu de suite dans les idées;-)

    « quand raoul marc jen­nar perd le plan b »
    quand raoul marc jen­nar perd le plan b

    moi, ça m’a fait marrer

    Réponse
  31. guilloualain

    phi­leas :

    je n’ai rien vu de « mar­rant » sur le site que vous recom­man­dez„ mise à part, une fois de plus, la pro­pen­sion à trai­ter de « guru » un intel­lec­tuel non communiste(voire, même , ne cachant pas en quoi il est hos­tile à cette idéo­lo­gie), qui ose écrire dans l’Hu­ma, et qui sera lu par des gens capables de se pas­ser de gourous…

    Je note la mal­hon­nê­te­té intel­lec­tuelle de l’au­teur, qui fait dire à RMJ le contraire de ce qu’il écrit dans l’Huma :

    « confier à un par­le­ment consti­tuant le soin de rédi­ger un pro­jet » est tra­duit vicieu­se­ment par « le par­le­ment euro­péen vote­ra la constitution »…

    Il n’y a au bout du bout de la mau­vaise foi , que la guerre civile et le chaos !

    De grâce, res­pec­tez au moins ceux à qui vous pré­ten­dez vous adresser :

    nous sommes capables d’en­tendre de vrais argu­ments, mais la confu­sion entre­te­nue ici entre « plan B » (lequel existe bel et bien dans la conscience d’une majo­ri­té popu­laire en europe, mais les ins­ti­tu­tions sont faites pour fal­si­fier cette réa­li­té là : l’im­mense attente sociale, des peuples euro­péens , l’im­mense attente de trans­pa­rence et de démo­cra­tie, des peuples euro­péens, l’im­mense attente de coopé­ra­tion et de jus­tice, des peuples européens)…

    le « plan B » est exac­te­ment le néga­tif des magouilles qui se font jus­qu’à ce jour dans le dos des peuples :

    s’il doit y avoir une « Europe poli­tique », le B‑A-BA , c’est d’ac­cec­ter la notion de « consti­tuante », et l’on mesure à quel point l’As­sem­blée euro­péenne majo­ri­tai­re­ment pro­li­bé­rale ne sau­rait être « consti­tuante » d’une Consti­tu­tion que les peuples vote­raient sans esca­mo­ter les débats néces­saires, par réfé­ren­dums, nation par nation, car ce qui est refu­sé à ce jour c’est le « tra­pèse volant sans filet » qu’on pro­pose aux peuples pour ce qui est de leur souveraineté :

    Toute l’his­toire de la construc­tion euro­péenne est mal­heu­reu­se­ment celle de la des­truc­tion de la sou­ve­rai­ne­té , et donc, de la des­truc­tion de la démo­cra­tie : le plan B consiste à rendre sous sa forme « euro­péenne » ces bien­faits légi­times aux peuples la constituant !

    …je vais main­te­nant­faire des maths pour fran­chir le test anti-spam…Bien ami­ca­le­ment, en atten­dant « la guerre civile »..

    Réponse
  32. philéas

    à guilloua­lain

    J’ai lu votre réponse et me suis deman­dé si j’étais un idiot qui n’avait rien com­pris à l’article que je citais. Donc, je l’ai relu.

    Et je m’interroge : où avez-vous pris que l’auteur écrit ou insi­nue que le par­le­ment euro­péen vote­ra la consti­tu­tion ? Ce que
    dit l’article c’est que les idées défen­dues par RMJ et ses amis (on va dire pour faire court les alter­mon­dia­listes) sont mino­ri­taires au Par­le­ment euro­péen où la majo­ri­té est social démocrate/ libé­rale (j’ai véri­fié aus­si sur le site du PE). Or, les dépu­tés euro­péens ont été élus par les peuples euro­péens au suf­frage uni­ver­sel direct, c’est-à-dire selon la même pro­cé­dure qui ser­vi­rait à dési­gner un par­le­ment consti­tuant au niveau euro­péen pour éla­bo­rer un pro­jet de consti­tu­tion euro­péenne, ce qui était la pro­po­si­tion des alter. Donc, vu le rap­port de forces actuel, il y a fort à parier que les alter seraient tou­jours très mino­ri­taires (voire inexis­tants) au sein de la consti­tuante et que donc la consti­tu­tion qui en sor­ti­rait ne serait pas du tout conforme à leurs idées. Et ce n’est pas près de chan­ger, si l’on en croit les résul­tats élec­to­raux dans les pays euro­péens, ces der­nières années, et notam­ment dans notre pays qui a voté non au TCE en 2005 et élu Sar­ko­zy et une majo­ri­té de droite en 2007 !

    Comme cette réa­li­té n’a pas échap­pé à RMJ(les faits sont têtus), il a tout sim­ple­ment renié l’idée de consti­tuante, pré­fé­rant aupa­ra­vant pré­pa­rer les citoyens par « un immense tra­vail d’éducation popu­laire dans les 25 pays » (cf sa tri­bune dans l’Hu­ma­ni­té). Cela revient à dire qu’à l’heure actuelle seule l’ignorance de la majo­ri­té des gens explique l’aberration de leurs choix élec­to­raux (mer­ci pour le mépris du peuple que cela révèle). Autre­ment dit, seuls ceux qui pensent comme RMJ sont dans le vrai. Et comme pour le moment, ils ne sont qu’une mino­ri­té inca­pable de gagner les élec­tions, RMJ ne juge plus du tout urgent de convo­quer une consti­tuante qu’il appe­lait pour­tant de ses vœux lors de la cam­pagne de 2005 (j’ai assis­té à un des débats où il était pré­sent) pro­met­tant que le non au trai­té serait sui­vi d’un élec­tro­choc sal­va­teur. On nous disait que loin de pro­vo­quer le blo­cage ou de confor­ter les thèses libé­rales, le non allait per­mettre l’émergence d’une autre Europe. On voit ce qu’il en est.

    Donc, plus de consti­tuante à l’horizon si ce n’est pour une échéance indé­ter­mi­née. Ce qui révèle une concep­tion de la démo­cra­tie à « géo­mé­trie variable ». Oui à des élec­tions, si on sûr de gagner, non dans le cas contraire. Le beau démo­crate que voila.

    Quant au terme de « gou­rou », il m’avait fait aus­si tiquer, mais, depuis que j’ai lu votre réponse je ne le trouve plus si inap­pro­prié. A l’évidence aucune cri­tique n’est admise vis –à – vis de RMJ sous peine de se voir mena­cé de « guerre civile ». Belle concep­tion là aus­si du débat et de la contra­dic­tion. Gar­dez vos salu­ta­tions ami­cales : elles ne font pas bon ménage avec la « guerre civile » que vous agi­tez. Etant moins hypo­crite et comme je n’apprécie pas les ten­ta­tives d’intimidation, je ne vous salue pas amicalement.

    Réponse
  33. guilloualain

    Mon­sieur phi­léas, ne per­dez pas votre rire si amusant !

    1)J’admets que l’é­vo­ca­tion de « guerre civile » est mal venue, mais ce que je disais est jus­te­ment qu’elles adviennent quand les gens cessent de res­pec­ter autrui…et de se saluer poliment…Et vous n’a­vez pas le droit de cata­lo­guer ma poli­tesse comme « hypo­crite » : bien sûr, je ne peux exi­ger de vous la réci­proque d’une conduite que vous déci­dez d’injurier…

    2)« GOUROU », qui sait qui pré­tend l’être ? Vous pou­vez cri­ti­quer RMJ comme je le fais par ailleurs (poli­ment car je suis « hypo­crite », un « hypo­crite » sup­po­sé « sta­li­nien » par RMJ lui-même entre autres…)…Donc RMJ , c’est pas mon « gou­rou », et ce n’est pas lui (que je connais peu) que je défends, c’est tout sim­ple­ment le « bon sens popu­laire », que je défends, face à une ten­ta­tive d’en­tour­loupe et d’es­cro­que­rie intel­lec­tuelle de la part d’un « oui-ouiste » dis­tin­gué que je salue ami­ca­le­ment : vous, l’a­no­nyme phi­léas contre la per­sonne réelle de « qui » je n’ai aucun « à priori »
    …
    3)le « bon sens popu­laire » consiste pour le peuple à savoir qu’il ne sait pas tout, et à se dou­ter que les « mon­sieur je sais tout  » sont des usurpateurs…Alors, en cas de consul­ta­tion élec­to­rale orga­ni­sée par les « mon­sieur je sais tout », le peuple répond sim­ple­ment et sans cal­culs poli­ti­ciens (car le peuple en est dégoû­té !)à la ques­tion qui est posée :

    Si l’on veut que les peuples d’Eu­rope consti­tuent un « peuple euro­péen », il faut le leur pro­po­ser clai­re­ment, et leur don­ner tous les élé­ments pour répondre selon leur « sou­ve­raine libre détermination »…

    4) la dif­fé­rence pour « le bon sens popu­laire », entre « l’As­sem­blée Euro­péenne » actuelle, issue des par­tis struc­tu­rés selon tous les dénis de démo­cra­tie que nous trou­vons mis en relief sur ce site (Etienne Chouard n’é­tant pas non plus mon « gou­rou »!), et « l’As­sem­blée Consti­tuante » qui serait élue par les peuples pour « écrire et pro­po­ser une Consti­tu­tion « , elle est de taille :

    Tout change quand on sait quelle mis­sion pré­cise on va don­ner à ses élus , et les termes du « débat démo­cra­tique « sont bien préa­la­ble­ment posés , de telle sorte que « le peuple répond lui-même en votant », ce qui est loin d’être pos­sible avec les ins­ti­tu­tions actuelles , sauf quand un réfé­ren­dum est pré­cé­dé par l’in­ter­ven­tion du débat en question !

    La réponse est « NON »

    Sar­ko­sy est « le meilleur pré­sident que la classe poli­tique avait en maga­sin » (vive­ment les soldes) !

    Per­met­tez moi, phi­léas, puisque je dois gar­der mes salu­ta­tions ami­cales, de « me marrer » !

    Réponse
  34. Jean-Michel FAYARD

    à Phi­léas

    Non je confirme, c’est vous qui avez bien lu et Alain Guillou

    • qui a besoin de réhaus­ser ses lunettes (nul part il n’est dit que le par­le­ment vote­rait la consti­tu­tion, seule­ment qu’il la rédi­ge­rait… une assem­blée consti­tuante quoi).
    • qui en effet démontre sa concep­tion à géo­mé­trie variable de la démo­cra­tie : une Assem­blée euro­péenne – NOTE de JMF : qui dans l’hy­po­thèse que jen­nar rejette serait réélue à la pro­por­tion­nelle directe en 2009 avec le man­dat de rédi­ger la consti­tu­tion – majo­ri­tai­re­ment pro­li­bé­rale ne sau­rait être « consti­tuante » ce qui pour être la posi­tion de Raoul-Marc jen­nar n’en est pas moins scan­da­leux. Ce n’est rien d’autre que la fameuse phrase de Brecht : le peuple ne vote pas comme le par­ti com­mu­niste le sou­haite ? Il n’y a qu’à dis­soudre le peuple et en nom­mer un nouveau.
    • qui dévoile ses ten­dances sou­ve­rai­nistes (et tou­jours se rap­pe­ler que libé­ra­lisme et sou­ve­rai­nisme vont de pair dans la mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique) : les peuples vote­raient (…) nation par nation. Avec conser­va­tion de l’u­na­ni­mi­té sans doute ? Autre­ment dit il y aurait une chance sur deux expo­sant 27 qu’une réforme consti­tu­tion­nelle puisse être adap­tée. Nous avons là à l’é­vi­dence un for­ce­né du sta­tus-quo, cer­tai­ne­ment pas quel­qu’un qui cherche à per­mettre aux euro­péens de déci­der de leurs des­tins. NON un tel réfé­ren­dum ne peut être qu’eu­ro­péen. L’adhé­sion et la sor­tie de l’UE sont des ques­tions natio­nales et sont à déci­der par réfé­ren­dum natio­nal mais les ques­tions euro­péennes ne peuvent être déci­der qu’au niveau européen.
    Réponse
  35. philéas

    à jean-michel fayard

    « NON un tel réfé­ren­dum ne peut être qu’eu­ro­péen. L’adhé­sion et la sor­tie de l’UE sont des ques­tions natio­nales et sont à déci­der par réfé­ren­dum natio­nal mais les ques­tions euro­péennes ne peuvent être déci­der qu’au niveau euro­péen ».

    d’ac­cord avec vous

    Réponse
  36. guilloualain

    les citoyens ne sont pas des billes : « une chance sur deux expo­sant 27 », en effet, c’est donc impossible ?

    figu­rez-vous que le miracle de la démo­cra­tie véri­table consiste à faire en sorte que dans cha­cun des 15 véri­tables pays ayant construit une ébauche d’Eu­rope , la consul­ta­tion des peuples ait vrai­ment lieu quant à l’é­lar­gis­se­ment pré­ci­pi­té dû au désir des diri­geants de prendre de vitesse , jus­te­ment, l’o­pi­nion des peuples concernés :

    Atel point que les diri­geants en ques­tion ne savent plus trop jus­qu’où ils ne sont pas « allés trop vite « , cette soi disant europe étant « ingé­rable », sauf à en faire un empire autoritaire.

    Ensuite, la chose qui per­met de vaincre la dif­fi­cul­té « sta­tis­tique », et donc de ne pas subir , en effet « la pro­ba­bi­li­té de l’é­chec », c’est la qua­li­té même de la démo­cra­tie dans cha­cune des nations à réunir.

    On est donc réel­le­ment « euro­péen » quand on reven­dique dans son propre pays un chan­ge­ment consti­tu­tion­nel per­met­tant d’at­teindre le niveau de démo­cra­tie moderne resquis :

    Vous êtes de pas­sage sur ce blog, mais savez-vous quelle reven­di­ca­tion y est développée ?

    le but n’est pas l’Eu­rope en soi, le but est l’a­van­cée de la démo­cra­tie pour tous les peuples euro­péens, et on en est loin !

    Quant à l’e­lec­tion d’une « Assem­blée consti­tuante » c’est une pro­messe de dupes , si l’on ne pré­cise pas que cette « Assem­blée  » ne sera pas le simple pro­duit des sécré­tions par­ti­daires habi­tuelles, et que sa mis­sion sera exclu­si­ve­ment celle d’é­crire un pro­jet à sou­mettre au débat démo­cra­tique avant référendum.

    (ici , on parle d’une juste repré­sen­ta­tion du peuple, ce qui pose la ques­tion de la légi­ti­mi­té des par­tis, et de la néces­si­té d’ad­mettre une part de repré­sen­tants tirés au sort, pour , jus­te­ment, ten­ter de dépas­ser la pro­bable divi­sion , qui sert à régner quand on est roi…

    C’est le contraire de « la dis­so­lu­tion du peuple , ce qui est pro­po­sé, d’ailleurs cer­tains craigne là du « populisme ».

    j

    Réponse
  37. Vladimir

    La fin des sou­ve­rai­ne­tés et des liber­tés en Europe

    Le livre de Jean-Claude Paye : « Les lois anti-ter­ro­ristes. Un Acte consti­tu­tif de l’Empire »

    par Sil­via Cattori*

    « (…) Les lois « anti-ter­ro­ristes » impo­sées par les États-Unis ont ser­vi à jeter les bases sur les­quelles se construit un nou­vel ordre de droit, observe le socio­logue belge Jean-Claude Paye. Elles s’appliquent désor­mais dans tous les États euro­péens. Tout citoyen euro­péen ordi­naire peut, aujourd’hui, être sur­veillé dans son propre pays par des ser­vices secrets étran­gers, être dési­gné comme un « enne­mi com­bat­tant », être remis aux tor­tion­naires de la CIA et être jugé par des com­mis­sions mili­taires états-uniennes. (…)

    http://​www​.vol​tai​re​net​.org/​a​r​t​i​c​l​e​1​5​1​3​1​8​.​h​tml

    Réponse
  38. guilloualain

    Le deses­poir, tout comme la haine, ne pro­duisent rien de bon dans le cours de l’His­toire : dire cela, à quoi bon ?

    Pour moi, chaque humain, et donc même le plus « modeste et obs­cur citoyen », a le droit et le devoir de com­battre le déses­poir, et la haine…

    …Leur contraire ne se décrète pas, mais son avè­ne­ment est un long pro­ces­sus dont je pense que « les Lumières » font par­tie, avec, sur­tout, cette « inven­tion de la Liber­té » qui abou­tit à « la fra­ter­ni­té républicaine » :

    Sans vous impo­ser, Phi­léas et JM Fayard, mes sen­ti­ments ami­caux (« hypo­crites »..?), je pense que la « fra­ter­ni­té répu­bli­caine » est un bon a prio­ri, ou bien, alors, à quoi bon se dire capable de faire une « Europe » ? De quel « réa­lisme  » sera-t-elle faite ? de quel chasse aux « hypo­crites » sera-t-elle obsédée ?

    Réponse
  39. juan nessy

    Est-ce que ce serait don­ner au débat des chances d’être moins empreint d’a­mours propres et d’or­gueils, que d’a­van­cer qu’il n’est pas sans fon­de­ments qu’on s’in­ter­roge tou­jours sur la meilleure effi­ca­ci­té de deux approches dif­fé­rentes (seule­ment en appa­rence selon moi) :

    - légi­fé­rer, sanc­ti­fier, sacra­li­ser, d’a­bord et convaincre ensuite, consi­dé­rant que la véri­té pré­esxiste (en cela, nous sommes tous les héri­tiers de Des­cartes) et que le reste sui­vra, par la force s’il le faut !

    - Argu­men­ter, débattre, convaincre, conver­ger sur une expres­sion com­mune et écrire seule­ment à ce moment-là (qui risque de ne jamais venir !), de façon un peu plus « anglo-saxonne » ?

    Cha­cune a sa face sombre et sa face fer­tile. Les deux sont sou­vent à l’oeuvre en même temps d’ailleurs : que les citoyens en fassent leur miel , mais que les prés res­tent sou­la­gés des duels mortels !

    Réponse
  40. guilloualain

    Juan Nes­sy

    Trou­ver une « syn­thèse » entre d’une part un dik­tat de des­potes éclai­rés et d’au­tre­part un pro­ces­sus d’i­ni­tia­tive popu­laire, c’est impos­sible, car voi­là deux logiques fon­da­men­ta­le­ment antagonistes…mais cet « anta­go­nisme » ne vient pas des « orgueils », même s’il nous froisse dans notre « esprit cartésien ».

    Ici, per­son­nel­le­ment, sin­cè­re­ment, je ne cherche pas à me regar­der orgueilleu­se­ment, je cherche à ren­con­trer ce avec quoi je peux pen­ser : la contra­dic­tion, et je dis mer­ci , il y en a !

    Vous avez très bien résu­mé à mon avis les termes du duel entre deux logiques, et il ne s’a­git pas d’y tuer des per­sonnes, mais l’illu­sion , la confu­sion et les « consen­sus men­son­gers », qui sont de mau­vais investissements.

    Je ne dis pas qu’un­tel est un « tral­la­liste » ni un « tral­la­la­nien », ce que je réfute c’est que l’on cata­logue les gens ain­si comme pour pro­té­ger son cocon de « cer­ti­tudes hono­rables » (et sur­tout « dominantes »).

    Bien sûr, il nous reste à nous ima­gi­ner « fré­quen­tables », c’est nor­mal de le faire sur ce site, non ?

    Réponse
  41. juan nessy

    @guilloualain :

    Nous nous sommes donc bien compris.

    Comme vous, je ne crois pas à la syn­thèse-consen­sus… Je crois à l’é­gale richesse des deux approches, et pour avoir, selon le sujet, été le tenant de l’une ou de l’autre, j’ai aus­si appris à en connaître les limites. Il n’y a jamais syn­thèse mais choix, heu­reu­se­ment sinon tou­jours judi­cieu­se­ment, fait par le citoyen… au moins pour un temps !

    C’est pour ça que la pour­suite stu­dieuse et tenace du tra­vail d’É­tienne est utile et digne, même si je redoute par­fois un peu qu’il ne recherche une per­fec­tion des tables de la loi, inat­tei­gnable, dans l’é­cri­ture d’une nou­velle bible consti­tu­tion­nelle. Sa mise sur le mar­ché des idées me sem­ble­rait assez oppor­tune dès main­te­nant, alors que plu­sieurs par­tis se replongent dans l’é­cri­ture de leurs fondamentaux.

    PS : que pen­sez-vous des « 15 valeurs pour agir » énon­cées dans le « mani­feste pour une gauche moderne » des « Gracques » , paru dans le monde daté de ce jour ?

    Réponse
  42. guilloualain

    Juan nes­sy

    D’ac­cord quant à l’op­por­tu­ni­té d’une réflexion de tous les par­tis sur la Consti­tu­tion, car cette réflexion concerne leur propre mode d’exis­tence, leur « forme institutionnelle »…

    S’ils veulent être des moyens mis au ser­vice des citoyens, et non pas l’inverse.

    Je serai à la Fête de l’Hu­ma pour renccn­trer des gens de tous hori­zons , mais sur­tout ceux qui débat­trons de « l’Europe » .

    Je tâche­rai de me pro­cu­rer les 15 pro­po­si­tions (mais mon « a prio­ri » est défavorable…on ne se refait pas !) en espé­rant être agréa­ble­ment sur­pris, et en fai­sant un effort pour « dépas­ser » l’a priori…

    …ou vous expli­quer pour­quoi « non » !

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  43. guilloualain

    Déso­lé, j’a­vais rai­son de ne rien attendre du côté des « graques » : ils font exac­te­ment ce que l’on reproche aux « élites » auto­pro­cla­mées : ils pensent avec toute leur puis­sance de pen­sée une chose seule­ment : le peuple n’a aucune reven­di­ca­tion qui soit à la hau­teur de nos idées…

    Ils s’é­coutent inven­ter une « réa­li­té cré­dible », mais ils n’é­coutent pas la véri­té du peuple telle que le peuple essaye d’a­voir le droit de la dire :
    Or , rien de « moderne » ne sor­ti­ra de la t^te de per­sonne , si per­sonne n’ac­cepte de don­ner la parole au peuple.

    il manque une orga­ni­sa­tion poli­tique favo­ri­sant le tra­vail poli­tique du peuple, avec « ce qu’il veut » comme « devenir ».

    Réponse
  44. juan nessy

    Il n’y a pas lieu d’être désolé !

    Ma ques­tion était une demande d’ap­pré­cia­tion sur un effort concep­tuel réel , pas un juge­ment d’approbation .

    Mes griefs per­son­nels (et je fais les mêmes à la  » pro­po­si­tion pour une charte des valeurs » faite par BAYROU à Sei­gnosse, même si je la trouve plus pro­gres­siste) sont que j’ai­me­rais trou­ver dans de tels textes de réfé­rences lourdes :

    - l’af­fir­ma­tion que le mar­ché, qui reste le vec­teur puis­sant de la créa­tion de richesses, doit être stric­te­ment exclu de champs dont on doit avoir le cou­rage d’é­non­cer les noms : édu­ca­tion, san­té, jus­tice, sécu­ri­té publique, génome et corps humain, eau, air, vivant (pour ceux qui me sont le plus chers). On défi­nit d’ailleurs aus­si­tôt le champs de la puis­sance publique « opérationnelle ».

    - la consti­tu­tion­na­li­sa­tion du RIC (d’au­tant plus néces­saire et urgente que la réforme des admi­nis­tra­tions qui s’an­nonce res­semble plus à la des­truc­tion du sta­tut de la FP qui était peut être notre der­nier contre­pou­voir réel).

    - la consti­tu­tion­na­li­sa­tion du droit à une infor­ma­tion et au savoir sur tout sujet par le recours à des audits externes finan­cés par nos impôts et gérés par des ins­ti­tui­tions citoyennes à définir ).

    - l’o­bli­ga­tion stricte d’é­va­lua­tion annuelle des prin­ci­pales poli­tiques publiques, dans les mêmes condi­tions (ce peut être les mêmes ins­ti­tu­tions citoyennes).

    Comme vous, j’at­tends le par­ti qui serait capable de faire un texte s’ins­pi­rant de ces quatre pro­fes­sions de foi (… et d’autres textes qui ne disent pas que des inepties !)

    Réponse
  45. guilloualain

    il y a une ébauche (insuf­fi­sante , et pas assez « enga­gée de ces i,grédients atten­dus, dans le pro­jet de VIè Répu­blique , disons « de Marie-George Buf­fet » (car le texte est si bref que je n’ose pas pen­ser qu’i­lest l’Oeuvre de tout un « Par­ti »…(le mien !) , mais il a le mérite de poser les axes dont vous par­lez, si j’ai bien compris.

    Je crois qu’il revien­dra à un car­tel d’or­ga­ni­sa­tions répu­bli­caines (pour­quoi pas le récla­mer de l’or­ga­ni­sa­tion « Ripostes » ?), de tra­vailler à la mobi­li­sa­tion popu­laire pour cette écri­ture : le pro­blème est bien d’at­ti­rer l’at­ten­tion des citoyens sur la néces­si­té , pour eux, de repen­ser leurs mul­tiples reven­di­ca­tions « légi­times », à tra­vers la grille des valeurs d’une Consti­tu­tion nou­velle, com­por­tant les pré­oc­cu­pa­tions qui jus­ti­fient que tous les « mili­tants » passent faire un tour de réflexion sur le site d’Etienne.

    fra­ter­nel­le­ment

    Réponse
  46. juan nessy

    Je vais donc lire le meilleur de Marie Georges Buf­fet, puis ten­ter de me rap­pro­cher de soeur Julie !

    Quelle bonne réfé­rence pour se faire ?

    Cor­dia­le­ment,

    Juan.

    Réponse
  47. guilloualain

    Cher Juan.

    Il existe un docu­ment de tra­vail assez avan­cé , daté de novembre 2005, qui a ser­vi de base ensuite, pour une pré­sen­ta­tion sim­pli­fiée pen­dant la cam­pagne de 2007, et dont un exem­plaire a été remis par MGB au Sieur Pré­sident , pour lui dire à quel point nous nous oppo­se­rions au « pré­si­den­tia­lisme exa­cer­bé » de ce dernier.

    On le trouve sur le site « PCF », puis « Propositions »,
    puis « une VIè Répu­blique soli­daire et démo­cra­tique »…il faut pas­ser plu­sieurs aar­ticles et cli­quer sur « ver­sion imprimable ».

    Il existe des pro­po­si­tions plus anciennes du PCF, qui per­mettent de voir que les pré­sentes pro­po­si­tions ont avan­cé for­te­ment vers « la démo­cra­tie directe », qui n’a rien à voir avec le « popu­lisme » (pra­ti­qué par le déma­gogue de ser­vice au som­met de l’E­tat désormais)…

    Je pense qu’on trouve dans ces pro­po­si­tions le sou­ci de ne pas les iso­ler d’une recherche de « citoyen­ne­té uni­ver­selle », qui exige que l’on rené­go­cie tous les trai­tés signés dans le dos des citoyens d’Eu­rope, ain­si que le res­pect de l’O­NU comme ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale devant garan­tir les droits fon­da­men­taux inaliénables.

    Fra­ter­nel­le­ment.

    Réponse
  48. guilloualain

    Je me per­mets de recommander ;

    « col­lec­tifs du 29 Mai ; « La Répu­blique nou­velle sera démo­cra­tique et sociale’

    (je retrouve cet article ain­si sur le net )

    …Signé Roger Mar­tel­li (Coper­nic)

    On y trouve le RIC et bien d’autres « avancées » !

    Réponse
  49. juan nessy

    @ guilloua­lain :

    j’ai trou­vé un docu­ment de 38 pages . S’a­git-il bien de celui ci ?

    Réponse
  50. guilloualain

    @ juan nessy

    Oui, c’est bien cela. Mais il y a une bro­chure plus syn­thé­tique qui a ser­vi durant la cam­pagne de 2007, « le petit livre rouge remis par MGB à Sarkozy ».

    Quant à l’i­dée ico­no­claste du « tirage au sort », elle com­mence à s’in­fil­trer de ce côté (PCF), car les tra­vaux conti­nuent, concer­nant le rôle de l’é­ven­tuelle « deuxième chambre » , celle qui rem­pla­ce­rait l’ac­tuel Sénat, pour favo­ri­ser le RIC, entre autres :

    Ce « Sénat » serait une éma­na­tion de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive locale, laquelle pren­drait de mul­tiples formes « expé­ri­men­tales » de che­mi­ne­ment vers « la démo­cra­tie directe ».(Mais je cherche encore la trace « inter­net » de ces récentes avancées.

    Pour ma part, je défends « l’é­mer­gence du tirage au sort » dans une dyna­mique de valo­ri­sa­tion des quo­tas de « vote blanc » :

    Plus cette « dyna­mique » se ren­for­ce­rait, plus cela signi­fie­rait que les citoyens se sentent aptes à « dépas­ser la délé­ga­tion de pou­voir ». Hélas,je pense qu’on s’en est fort éloi­gnés avec la vic­toire de sar­ko­zy, signi­fiant au contraire le recours à « un chef suprême »… confor­té par « la forte par­ti­ci­pa­tion » dont il peut se flatter…

    (…et dont bien­tôt la majo­ri­té de ses élec­teurs se mor­dra les doigts, je pense.)

    Réponse
  51. guilloualain

    @ Juan

    On est sans doute d’accord :

    Je dois avouer qu’en fait, j’adhère à 100% aux « 15 valeurs d’une gauche moderne » énon­cées par les « Gracques »…

    …Il me semble même dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner s’y oppo­ser, ce qui fait qu’elles ne sont pas spé­ci­fi­que­ment « de gauche » à mon humble avis… Le pro­blème n’est pas que la recherche d’une prise de conscience sur des « valeurs »… Même s’il est bon d’y recou­rir pour mesu­rer les « écarts »…

    La ques­tion à l’ordre du jour est celle des « moyens que l’on se donne concrè­te­ment » pour que ces « fins » soient à notre portée.

    Des leviers et des ins­tru­ments avec les­quels les peuples, car c’est bien d’eux qu’il s’a­git, se ren­draient capables d’as­su­mer la vie concrète dans ces valeurs.

    Quels pou­voirs se réap­pro­prier, quand il est évident qu’un sys­tème d’ap­pro­pria­tion pri­vée pous­sé jus­qu’à l’ex­trême logique du « libé­ra­lisme éco­no­mique », abou­tit à cette « dépos­ses­sion géné­ra­li­sée », lais­sant les peuples « impuis­sants face au déni des valeurs fondamentales » ?

    Réponse
  52. guilloualain

    Pour reve­nir à Raoul Marc Jen­nar :

    J’ai cli­qué sur son nom , sur site de Bel­la­ciao, et j’ai obte­nu une suite d’ar­ticles signés de lui.

    Même si je ne par­tage pas tout, je dois recon­naître que cette « rétros­pec­tive  » est édi­fiante, et je me dis :

    « Ce com­bat, il faut le pour­suivre, cha­cun avec ce qui fait de lui un humain mobilisé… 
    Pour une Approche Citoyenne des Enjeux Mon­diaux : PACEM ! »

    Réponse
  53. Étienne

    Bon­jour.

    Raoul Marc Jen­nar nous envoie du Cam­bodge son 
    « Pre­mier carnet »

    Il faut lire cette syn­thèse de la situa­tion, c’est tout sim­ple­ment passionnant :
    http://www.urfig.org/Premier%20carnet.doc

    La réflexion ins­ti­tu­tion­nelle, pour fon­der une démo­cra­tie digne de ce nom, y est, là encore, cen­trale et bien stimulante. 
    La démo­cra­tie ne s’impose pas d’en haut.

    Raoul nous tien­dra régu­liè­re­ment infor­mé sur la page d’URFIG nommée 
    « Car­nets du Proche et de l’Extrême-Orient »
    http://​www​.urfig​.org/​c​a​r​n​e​t​s​_​d​u​_​p​r​o​c​h​e​_​e​t​_​d​e​_​l​.​htm

    Voi­ci son mes­sage, que je trouve pas­sion­nant d’un bout à l’autre ; il syn­thé­tise ce que Raoul m’a décrit pen­dant des heures et que nous devrions tous savoir. Je suis vrai­ment heu­reux que Raoul nous rejoigne à l’U­ni­ver­si­té popu­laire d’Aix au mois de février ou mars : nous par­le­rons ensemble des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales. J’ai déjà hâte d’y être :o)

    Pre­mier carnet.

    Phnom Penh, 15 octobre 2007.

    Cela fait un bien fou de se trou­ver loin non seule­ment des miasmes des erre­ments paroxys­tiques de la gauche dite de gauche, mais aus­si de l’arrogance occi­den­tale. Loin du PCF et de la LCR, loin de BHL, d’Alexandre Adler, de Fin­kiel­kraut et de tous ces maîtres à pen­ser qui ne sont ni des maîtres, ni des penseurs.

    Je vou­drais dire à quel point je suis hor­ri­fié par ce qui se passe en France. Deux faits me frappent. La géné­tique est mise au ser­vice de la chasse de l’autre. Dans le même temps, un diri­geant du Médef réclame le déman­tè­le­ment de ce qui fut réa­li­sé du pro­gramme du Conseil Natio­nal de la Résis­tance. Vichy est de retour. 

    J’en viens à ce qui m’occupe.

    Le Liban d’abord. Je suis très heu­reux d’annoncer que la recherche des locaux néces­saires à l’organisation du « Jury Inter­na­tio­nal de Conscience pour le Liban » a sur­mon­té les embûches du lob­by pro-israé­lien. Ce jury se réuni­ra à Bruxelles, les 1, 2 et 3 février 2008 dans les locaux de la Mai­son des Asso­cia­tions Inter­na­tio­nales, 40 rue de Washing­ton. On trou­ve­ra le pro­jet de pro­gramme par ailleurs dans cette rubrique du site de l’URFIG. Les pré­pa­ra­tifs se pour­suivent depuis Bey­routh, Paris et …Phnom Penh !

    Le Cam­bodge, donc. Ce pays que j’ai appris à connaître et à aimer. Depuis plus de vingt-cinq ans déjà.

    Il y a deux semaines que j’ai pris mes fonc­tions. Et un des pre­miers dos­siers dont j’ai eu à m’occuper concerne des négo­cia­tions avec la Banque Mon­diale sur la réforme de l’administration cam­bod­gienne. Fran­che­ment, je n’ai pas eu l’impression de chan­ger de sujet. Me revoi­ci au cœur d’un dos­sier où je retrouve ce qui jus­ti­fie le com­bat de ceux qui ont lut­té contre l’Accord Mul­ti­la­té­ral sur l’Investissement, contre les accords de l’OMC, contre les poli­tiques que j’ai dénon­cées dans Europe, la tra­hi­son des élites et, avec Lau­rence Kala­fa­ti­dès, dans AGCS, quand les États abdiquent face aux mul­ti­na­tio­nales. Un com­bat qui a mon­tré dans quel camp se trouvent aujourd’hui les par­tis socia­listes et sociaux-démo­crates. Est-il illus­tra­tion plus écla­tante de cet aban­don du socia­lisme, c’est-à-dire du sou­ci prio­ri­taire pour les plus faibles, que de retrou­ver deux membres émi­nents du PS fran­çais à la tête des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales les plus nui­sibles pour les peuples : le FMI et l’OMC. Et, en plus, ils en sont fiers !

    Déci­dé­ment, la mon­dia­li­sa­tion est bien là, sur les rives du Mékong comme par­tout ailleurs. Et ses agents sont, ici aus­si, actifs et arro­gants. Dans un pays qui demeure sous per­fu­sion de l’aide inter­na­tio­nale, ils dis­posent d’un levier puis­sant pour impo­ser leurs concep­tions néo­li­bé­rales. Ils mobi­lisent les pays dona­teurs pour exer­cer les pres­sions qui s’imposent. Et ils n’hésitent pas à récla­mer la tête des haut fonc­tion­naires cam­bod­giens quand ceux-ci — ils ne sont pas tous cor­rom­pus, ils ne sont pas tous stu­pides, contrai­re­ment à ce que laissent entendre la presse occi­den­tale, y com­pris fran­çaise — défendent l’intérêt géné­ral tel qu’il s’impose ici, non en ver­tu de chi­mères dog­ma­tiques, mais compte tenu des réalités. 

    L’immense majo­ri­té des Cam­bod­giens qui sont res­tés ici et ont sur­vé­cu à la décen­nie soixante-dix sont vac­ci­nés contre les idéo­lo­gies. On leur à tout ser­vi. De la droite fas­ci­sante au com­mu­nisme le plus meur­trier qui soit. Les meilleurs d’entre eux sont deve­nus doc­teurs es-prag­ma­tisme. Aujourd’hui, ils doivent se battre pour impo­ser aux Occi­den­taux que la recons­truc­tion du pays et sur­tout la recom­po­si­tion d’une socié­té qui fut plon­gée dans la vio­lence jusqu’à l’incandescence et qui a per­du la qua­si-tota­li­té de ses cadres se fassent en tenant compte du point de vue des Cam­bod­giens. Au tra­di­tion­nel pater­na­lisme des Occi­den­taux (leur pré­ten­due « mis­sion civi­li­sa­trice ») s’ajoute le dog­ma­tisme intran­si­geant des néolibéraux. 

    Certes, on peut, comme se plaisent à le faire la plu­part des jour­na­listes, sou­li­gner tout ce qui ne va pas et écrire des papiers pleins d’indignation morale et de condam­na­tions ver­tueuses. Il y a quelques plumes fran­çaises qui s’y emploient avec ardeur. D’autant plus que le pays est gou­ver­né par un homme, Hun Sen, qui, tare majeure, ne fut pas dans le camp pro-occi­den­tal entre 1970 et 1991. A pro­pos duquel on écrit tout et n’importe quoi. Et auquel il est de bon ton d’attribuer tous les maux dont souffre le pays. 

    Mais, c’est vrai, la cor­rup­tion sévit, l’indépendance de la Jus­tice est toute rela­tive, la démo­cra­tie plu­ra­liste n’est pas encore une réa­li­té ache­vée, il y a d’énormes pro­blèmes de spo­lia­tion des terres et de défo­res­ta­tion, le fos­sé s’élargit chaque jour un peu plus entre Phnom Penh et les cam­pagnes où vit dans la pau­vre­té la majo­ri­té de la popu­la­tion et les abus de pou­voir des mili­taires sont une réa­li­té quotidienne. 

    Mais d’où venons-nous ? 

    La démo­cra­tie ? Quand donc fut-elle une réa­li­té au Cam­bodge ? Cer­tai­ne­ment pas pen­dant la période colo­niale. Reli­sons les superbes édi­to­riaux qu’écrivait André Mal­raux depuis Sai­gon dans L’Indochine enchaî­née lorsqu’il dénon­çait l’arbitraire violent de l’administration colo­niale. Cer­tai­ne­ment pas de 1953, année de l’indépendance, jusqu’en 1970, année du coup d’Etat vou­lu par Nixon et Kis­sin­ger. Car, pen­dant ces années Siha­nouk, on ne res­pec­tait pas les règles démo­cra­tiques aujourd’hui exi­gées de Hun Sen. Loin s’en faut. C’est même pen­dant cette période que les assas­si­nats poli­tiques et la fer­me­ture de jour­naux sont deve­nus pra­tiques courantes.

    À par­tir de 1970 com­mence la décen­nie de l’horreur. Avec les bom­bar­de­ments mas­sifs des B52 US, l’invasion du pays par les troupes US et alliées (Sud-Viet­na­miennes et Thaï­lan­daises) d’une part et par les forces com­mu­nistes viet­na­miennes d’autre part, le pays des rizières, des thnôts (pal­miers à sucre typiques dans le pay­sage cam­bod­gien), des pagodes s’est trans­for­mé en un des plus hor­ribles champs de bataille. Le Cam­bodge s’est trou­vé alors sur la ligne de frac­ture de tous les conflits pos­sibles à l’époque : le conflit Est-Ouest, le conflit au sein du monde com­mu­niste entre pro-sovié­tiques et pro-chi­nois, un conflit régio­nal mul­ti­sé­cu­laire oppo­sant, par Cam­bod­giens inter­po­sés, les Sia­mois d’hier (les Thaï­lan­dais d’aujourd’hui) aux Anna­mites d’entant (le Viet­nam), une guerre civile interne entre Cam­bod­giens répu­bli­cains pro-amé­ri­cains, roya­listes neu­tra­listes et com­mu­nistes eux-mêmes divi­sés entre natio­naux-maoïstes (les fidèles de Pol Pot) et pro-vietnamiens. 

    Cinq ans plus tard, 800.000 morts, un pays tota­le­ment détruit (ponts, routes, infra­struc­tures hydrau­liques des rizières, écoles, dis­pen­saires, uni­ver­si­tés,…) et la vic­toire des plus hal­lu­ci­nants des com­mu­nistes : les Khmers rouges, c’est-à-dire ces Khmers (nom de l’ethnie majo­ri­taire au Cam­bodge) qui, sous la direc­tion d’un petit groupe de fana­tiques nour­ris de textes de Lénine, Sta­line et Mao, mais aus­si impré­gnés de racisme et de natio­na­lisme, enten­daient ins­tau­rer un col­lec­ti­visme agraire abso­lu et, au nom d’un irré­den­tisme débile, récu­pé­rer les « terres per­dues » pen­dant les siècles qui ont pré­cé­dé la colo­ni­sa­tion. Pour ce faire, point besoin de gens édu­qués et bien enten­du, point besoin de gens qui ne par­tagent pas ces objec­tifs et qui sont qua­li­fiés de « Khmers avec une âme étran­gère ». La guerre amé­ri­caine avait détruit le pays. Les Khmers rouges ont détruit le peuple cam­bod­gien : près de deux mil­lions de morts, soit le pour­cen­tage le plus éle­vé de tous les crimes contre l’humanité recon­nus comme tels au XXe siècle. « La Chine de Mao revue par des cons » devait dire Mal­raux. Il n’a pas vécu assez long­temps pour en connaître l’ampleur tragique.

    Le peuple khmer n’a été libé­ré de la tyran­nie que grâce à l’intervention d’un Viet­nam fati­gué de subir d’incessantes et meur­trières attaques de la part de son voi­sin. Une Répu­blique Popu­laire du Kam­pu­chea (RPK) fut ins­tal­lée pour rem­pla­cer le « Kam­pu­chea Démo­cra­tique » de Pol Pot. Il s’est pro­duit alors ce qu’un phi­lo­sophe fran­çais a jus­te­ment appe­lé « une obs­cé­ni­té inter­na­tio­nale ». Parce que le Viet­nam était dans le camp sovié­tique et uni­que­ment pour cette rai­son, on a invo­qué le pré­cé­dent de l’invasion de la Mand­chou­rie par le Japon pour condam­ner ce qui était en fait une libé­ra­tion. Dans la pré­face d’un livre de l’historien Alain Rus­cio, qui devrait paraître sous peu, j’ai ana­ly­sé ce qu’il y avait d’hypocrite de la part de la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale qui consi­dé­rait inac­cep­table de la part du Viet­nam ce qu’elle avait accep­té, par exemple, de la part de l’Inde au Pakis­tan Orien­tal (aujourd’hui Ben­gla­desh), de la part de la Tan­za­nie en Ougan­da, de la part de la Syrie au Liban, etc. Il fut donc déci­dé, pour « conte­nir l’expansionnisme sovié­tique » de condam­ner le peuple cam­bod­gien pour avoir été libé­ré par le Viet­nam d’un des plus hor­ribles régimes du siècle. Le Kam­pu­chea Démo­cra­tique fut consi­dé­ré comme le seul État légi­time du Cam­bodge et son repré­sen­tant à l’ONU (et dans toutes les agences inter­gou­ver­ne­men­tales de l’ONU) comme le seul repré­sen­tant légi­time. Les bour­reaux repré­sen­taient leurs vic­times. Un embar­go contre le Viet­nam et la RPK fut déci­dé. Et l’armée des Khmers rouges, défaite par les Viet­na­miens et repliée à la fron­tière thaï­lan­daise, fut recons­ti­tuée avec l’aide de la Chine, des pays de l’Asie du Sud-Est, des Etats-Unis et de l’Europe ! Ima­gi­nons qu’en 1945, au nom de la lutte contre l’URSS, on ait, en Alle­magne, remis sur pied le régime nazi. C’est ce qu’on a vou­lu faire au Cam­bodge. Pen­dant dix ans. 

    Je me sou­viens avoir vu en 1990 (onze ans après la décou­verte des hor­reurs pol­po­tistes !), dans le grand hall de l’aéroport de Mont­réal, au pla­fond duquel pen­daient les dra­peaux de tous les pays du monde, le dra­peau du régime de Pol Pot. Il n’y avait offi­ciel­le­ment alors aucun autre Cam­bodge. Et cer­tai­ne­ment pas celui où vivaient les res­ca­pés de la barbarie. 

    Tout au long des années quatre-vingt, le peuple du Cam­bodge, qui avait tant souf­fert, fut lit­té­ra­le­ment cou­pé du monde. Je peux en témoi­gner, puisque c’est à ce moment-là que je suis venu ici. Et cha­cun de nos pays euro­péens a par­ti­ci­pé à cette mons­truo­si­té. Pen­dant dix ans, les gou­ver­ne­ments occi­den­taux ont exi­gé que les Khmers rouges par­ti­cipent à toute solu­tion à la ques­tion cam­bod­gienne. Et refu­sé qu’on parle d’un tri­bu­nal pour juger de leurs crimes.

    On com­pren­dra dès lors que le dis­cours occi­den­tal sur la démo­cra­tie, l’État de droit et la lutte contre l’impunité passe mal ici. La cohé­rence entre ce dis­cours et les actes fait défaut. Et les Cam­bod­giens, sur­tout ceux qui sont res­tés ici pen­dant la décen­nie de l’horreur, n’ont pas la mémoire courte et facul­ta­tive. À cette décen­nie s’est ajou­tée celle de l’isolement et de l’occupation viet­na­mienne dont il fau­dra bien un jour recon­naître qu’elle était la seule garan­tie contre un retour des Khmers rouges au pouvoir.

    Pen­dant les années 80, le peuple cam­bod­gien n’a pu comp­ter que sur l’aide – modeste – des pays du bloc sovié­tique et d’une ving­taine d’ONG occi­den­tales regrou­pées dans un consor­tium bap­ti­sé « Forum des ONG au Cam­bodge » (dont je fus pen­dant quatre ans le conseiller diplo­ma­tique). Alors qu’il fal­lait redon­ner du sens à la vie en com­mun, alors qu’il fal­lait recréer des pro­fes­sions dont cer­taines avaient tota­le­ment dis­pa­rus (y com­pris celles qui auraient pu contri­buer à la mise en place d’un Etat de droit), alors qu’il fal­lait recons­truire toutes les infra­struc­tures. Et pen­dant qu’il fal­lait payer le prix d’une guerre impo­sée par la Chine et les Occi­den­taux sou­te­nant une coa­li­tion d’opposants dont les Khmers rouges for­maient le noyau dur.

    Lorsque se tinrent entre 1989 et 1991 les négo­cia­tions de paix, en pré­sence des Khmers rouges, il fut inter­dit de par­ler de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de géno­cide. Les accords de paix for­mulent seule­ment le sou­hait que « les pra­tiques d’un pas­sé récent »ne se répètent pas. L’Autorité Pro­vi­soire des Nations Unies au Cam­bodge a réus­si à orga­ni­ser des élec­tions en 1993, ce qui a per­mis l’adoption d’une Consti­tu­tion, la mise en place d’institutions démo­cra­tiques et le retour du pays dans la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale. Mais elle a raté la paci­fi­ca­tion suite au retrait des Khmers rouges du pro­ces­sus de paix. Les années 90 vont voir le gou­ver­ne­ment de coa­li­tion issu du scru­tin de 1993 se déchi­rer sur la manière de trai­ter les Khmers rouges. 

    Ce seront les années d’une forme très par­ti­cu­lière de paci­fi­ca­tion : le ral­lie­ment des diri­geants Khmers rouges s’accompagnait de leur main­tien en liber­té. Mais fin 1998, la paix était enfin là. Après près de 30 ans de souf­frances inima­gi­nables. On oublie sou­vent que, dans cer­tains coins du pays, des popu­la­tions n’ont pas ces­sé de vivre sous la ter­reur pol­po­tiste depuis 1970. Cette paci­fi­ca­tion est sans conteste à mettre au cré­dit de M. Hun Sen.

    Le mérite de cette paci­fi­ca­tion, peu d’Occidentaux veulent bien lui attri­buer. Beau­coup, dont moi-même, ont été cho­qués lorsque, en décembre 1998, Hun Sen reçut dans sa demeure, avec faste et devant les camé­ras de télé­vi­sion, deux des plus impor­tants diri­geants Khmers rouges encore en vie, une ren­contre qui tra­dui­sait la fin de la rébel­lion. C’est en y réflé­chis­sant un peu plus tard que j’ai com­pris la rai­son de cette mise en scène théâ­trale : confor­mé­ment à la tra­di­tion cam­bod­gienne, il y avait là un geste que, chez nous nous qua­li­fie­rions de féo­dal, d’allégeance. Les anciens maîtres venaient dans la demeure du nou­veau lui dire qu’ils le recon­nais­saient comme tel. Dans une socié­té demeu­rée pro­fon­dé­ment cla­nique, on ne se sou­met pas à une fonc­tion, on se sou­met à une personne.

    C’est dans un tel contexte qu’il faut construire un État démo­cra­tique. Cha­cun en convien­dra : la démo­cra­tie, cela ne se décrète pas. Il ne suf­fit pas d’adopter une consti­tu­tion démo­cra­tique et même de mettre en place des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques pour que règne la démo­cra­tie. Celle-ci est le résul­tat d’une évo­lu­tion lente, pro­gres­sive. Car la démo­cra­tie exige non seule­ment une adhé­sion mas­sive de l’écrasante majo­ri­té de la popu­la­tion, mais sur­tout une impli­ca­tion de celle-ci, dans tous les sec­teurs de la socié­té. Afin que tous soient sou­mis de la même manière au seul règne de la loi. Or, il existe dans cette socié­té des ten­dances lourdes qui ne faci­litent pas l’évolution vers l’État de droit. On s’en convain­cra en lisant cette des­crip­tion du Cam­bodge des années trente par le bio­graphe de Saloth Sâr, mieux connu sous le nom de Pol Pot : 

    « Contrai­re­ment aux his­toires pour enfants de la plu­part des pays où la ver­tu est récom­pen­sée et la méchan­ce­té punie, le monde ima­gi­naire qui offrit à Sâr et à ses contem­po­rains leurs pre­miers aper­çus des cou­tumes de la socié­té cam­bod­gienne n’était pas régi par des règles aus­si tran­chées. Dans la légende khmère, les voleurs sont impu­nis et coulent des jours heu­reux ad vitam aeter­nam. Des hommes sont exé­cu­tés pour des actes qu’ils n’ont pas com­mis. À condi­tion qu’elle réus­sisse, l’infamie n’est pas condam­née. La ruse est admi­rée ; l’honnêteté décriée ; et la bon­té passe pour de la stu­pi­di­té. Il n’y a guère de place pour la com­pas­sion. Les juges sont décrits comme des imbé­ciles ; la vraie jus­tice ne sau­rait éma­ner que du roi, dont les juge­ments sont sans appel. » (SHORT Phi­lip, Pol Pot. Ana­to­mie d’un cau­che­mar, Paris, Denoël, 2007)

    Voi­là d’où on vient. Alors, oui, il y a encore beau­coup de pro­blèmes au Cam­bodge. Mais, vu les condi­tions que je viens de décrire, vu cer­taines carac­té­ris­tiques pro­fondes de la culture cam­bod­gienne, il y a un long che­min à par­cou­rir pour atteindre l’État de droit. Et, il faut en conve­nir, on ne peut attendre des sur­vi­vants que ce qu’ils peuvent don­ner. Même si la majo­ri­té d’entre eux font beau­coup plus d’efforts que ce que les média occi­den­taux veulent bien recon­naître. Ce qui importe à mes yeux, c’est de véri­fier qu’il y a pro­grès. Parce que cela veut dire qu’il y a volon­té. Et là réside l’essentiel.

    Or des pro­grès, en ce qui concerne la démo­cra­tie, il y en a eu beau­coup dans un pays qui n’a aucune tra­di­tion démo­cra­tique (un grand échec, par­mi d’autres, de la colo­ni­sa­tion). Les élec­tions légis­la­tives de 1998 puis celles de 2003 ont vu de réelles amé­lio­ra­tions par rap­port à celles de 1993 orga­ni­sées par l’ONU. De moins en moins d’assassinats poli­tiques (même si un mort, c’est tou­jours un mort de trop, ce n’est plus rien par rap­port à ce qui se passe dans cer­tains pays voi­sins jamais cri­ti­qués par les Occi­den­taux comme les Phi­lip­pines, par ex.), de moins en moins d’intimidation, de plus en plus de trans­pa­rence dans les pro­cé­dures et de plus en plus de vrais débats poli­tiques contra­dic­toires. Il y a au Cam­bodge une véri­table oppo­si­tion poli­tique et une véri­table presse d’opposition. Ce qu’on ne trouve pas à Sin­ga­pour géné­ra­le­ment consi­dé­ré comme un modèle par les Occi­den­taux. Deux scru­tins muni­ci­paux suc­ces­sifs ont mis en place une démo­cra­tie locale qui n’avait jamais exis­té jusqu’ici au Cambodge. 

    Certes, le Par­ti du Peuple Cam­bod­gien (PPC) offre les carac­té­ris­tiques de ce qu’on appelle en socio­lo­gie poli­tique un par­ti domi­nant. Comme la démo­cra­tie-chré­tienne en Alle­magne, l’UMP en France ou le People’s Action Par­ty, le par­ti au pou­voir depuis 1959 à Singapour. 

    Ain­si va le Cambodge.

    À bien­tôt.

    Raoul

    Réponse
  54. Étienne

    « Quelle Europe après le « non » ? »

    Le nou­veau livre de Raoul Marc JENNAR (chez Fayard) :

    http://​www​.urfig​.org/​A​n​n​o​n​c​e​_​l​i​v​r​e​_​E​u​r​o​p​e​.​doc

    En librai­rie à par­tir de ce mer­cre­di 24 octobre 2007..

    Et une nou­velle page à sur­veiller sur le site de l’URFIG : 
    « Cam­pagne contre le trai­té modi­fi­ca­tif » :
    http://​www​.urfig​.org/​c​a​m​p​a​g​n​e​_​c​o​n​t​r​e​_​l​e​_​t​r​a​i​t​e​_​m​o​d​i​f​i​c​a​t​i​f​.​htm

    Réponse
  55. nadar

    Oh le pauvre Raoul !

    « la tra­hi­son des élites »

    Ce qu’il récuse c’est la tra­hi­son, non pas les élites, car il se pro­pose comme une éven­tuelle élite qui ne tra­hi­rait pas.

    Bon ben c’est raté en 2007, du coup il se casse se faire bien payer ailleurs (super militant !)

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles