J’ai reçu ce matin ce mail de Pierre Bonnefoy, qui travaille avec Jacques Cheminade (un homme cultivé et passionnant) ; je vous livre son message tel quel…
Bonjour à tous,
Même si vous ne comprenez pas l’Anglais, je vous invite à écouter la vidéo suivante :
https://youtu.be/-p5JiPOpPpI&mode=related&search=
L’individu quelque peu agité qui s’exprime ici est Jim Cramer, un grand analyste financier américain interviewé dans le contexte de l’effondrement de la banque Bear Srearns, et de la décision de la Réserve Fédérale américaine de ne pas baisser les taux d’intérêt, et donc de tarir la pompe à finances sur les marchés.
À la question de la journaliste « Mais abaisser les taux provoquerait un Armageddon financier ? », Cramer qui réclame évidemment l’ouverture des vannes financières répond : « Mais nous sommes déjà dans un Armageddon financier ! ».
Et il explique même qu’il ne s’agit pas simplement d’une question financière « Si Bear Stearns part en faillite, il y aura une réaction en chaîne », mais que l’économie physique — c’est-à-dire notre survie immédiate à nous tous — est directement menacée : « 7 millions de personnes (…) vont perdre leur maison ».
Voyez également notre site :
LaRouche : les banques centrales ont décidé de « laisser le système éclater »
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3185L’effondrement financier et la désindustrialisation causent une hyperinflation des matières premières
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3178Ceci rappellera un refrain connu à ceux qui ont suivi la campagne présidentielle de Cheminade en 1995. La réaction paniquée de Cramer montre simplement qu’il n’y a pas de solution à la crise mondiale dans le cadre des règles du jeu financières actuelles (monter, maintenir ou baisser les taux d’intérêt).
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de solution du tout. C’est justement parce que nous nous battons depuis longtemps pour ces solutions sur le plan international, qu’il ne vous a pas été permis d’avoir une candidature Cheminade en 2002 et 2007.
L’automne sera chaud, mais pas dans le sens de ceux qui croient encore au catastrophisme écologiste. Plus sérieusement, aidez-nous dès maintenant.
Pierre Bonnefoy
PS : nous allons traduire en français les paroles de Cramer dans notre site

Bonjour,
Ce 9 août, les choses bougent des deux côtés de l’Atlantique :
Que veut dire tout ça ?
Je crains qu’à Washington, certains préfèrent encore l’option militaire pour sauver le système :
Je suis convaincu qu’il ne s’agit pas d’un moyen de dissuasion car l’Amérique a besoin, cette fois, d’une « vraie » guerre pour soutenir le dollar. Pas comme en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, ou en Irak. Une guerre avec une couleur nouvelle. L’Amérique compte ramener les choses sur un terrain où sa suprématie sera maximale : le nucléaire. On parlera bien sûr de frappes « chirurgicales », mais il s’agira bien cette fois ci de nucléaire.
« LaRouche : C’est l’heure de la révolution »
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3199
Mon commentaire :
Quand je compare cette débauche d’argent libéré du jour au lendemain (pour sauver les spéculateurs responsables de la crise) aux difficultés quotidiennes réservées aux citoyens et aux PME pour accéder au crédit (difficultés extravagantes pour les PME pour trouver un financement bancaire, crédits « revolving » au taux usuraire de 20% l’an, exigence de garanties telles, pour emprunter, que les prêteurs ne prennent plus jamais le soi-disant risque que l’intérêt est censé payer), quand je pense, par contre, aux risques scandaleux que les financiers font prendre à tout le système avec l’argent disponible (ou créé ex nihilo pour jouer sur les marchés casino), quand je compare ces deux comportements, je me dis que les banquiers et les financiers hors contrôle public sont les pires parasites de l’espèce humaine.
Avec ces montagnes ahurissantes de monnaie déversées sans problème du jour au lendemain dans les caisses des banques (pas dans les caisses publiques !), on voit bien que tout l’argent nécessaire au bonheur des hommes (satisfaction des besoins élémentaires de tous les humains du monde : nourriture, logement, santé, éducation) est largement disponible, dès aujourd’hui, ça éclate au grand jour quand c’est la peau des banquiers qui est en jeu, mais tout cet argent est rendu indisponible au plus grand nombre, cet argent qui permet de donner du travail bien payé à tout le monde nous est volé, par une bande de voyous hors contrôle.
Si on se préoccupe de l’intérêt général plus que de l’intérêt des banquiers, il faut au moins rendre à la puissance publique le contrôle du système bancaire et de la création monétaire, ça crève les yeux.
Finalement, il faudrait que tous les citoyens, y compris les journalistes et les politiciens, lisent Maurice Allais.
Bonjour Étienne,
Si l’immobilier baisse, ce ne sont pas les plus pauvres ou les propriétaires de résidence principale qui en souffriront mais les banques, les investisseurs spéculateurs, les boursicoteurs.
Ce ne serait pas du tout une mauvaise nouvelle, la crise annoncée mettra une claque à tout ceux qui paradent aujourd’hui en faisant des affaires faciles et douteuses.
Vive la crise, vive la baisse de l’immobilier et des loyers.
Amicalement
Edouard
Désolé mais si, ce seront les plus pauvres qui paieront l’addition la plus lourde. Ce sont eux qui perdront leurs maisons et leur travail. Les gros perdront des plumes mais ils ont un matelas plus important pour amortir le choc.
Sur le site Europe2020.org (qui avait prévu cette crise depuis plus d’un an), ils parlent de crise systémique avec des effets qui seront loin de se limiter à la sphère financière — même si elle va en prendre un coup-(ici et ici). Voici, selon eux, les quatre tendances à hauts risques à suivre d’ici septembre 2007 :
1. Finance – La fuite des opérateurs hors des bons du Trésor US, les Sovereign Wealth Funds, la perte de contrôle des taux d’intérêts US par la Fed et le grand retour de la volatilité
2. Économie US – Le PNB « fantôme » inventé par les statistiques US, l’aggravation de la crise immobilière aux États-Unis et la montée du chômage réel : la « Très Grande Dépression de 2007 » prend forme
3. Commerce international – Les retombées aux États-Unis et en Chine de l’entrée en récession de l’économie US : guerre commerciale accrue et système financier chinois en crise
4. Euroland – La zone Euro en crise avec l’éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l’Est
Pour ma part, n’étant pas un expert en finance, je n’ai pas les moyens de valider ou d’infirmer leurs prévisions, mais je constate qu’ils ont eu eu raison jusqu’ici.
Bonsoir Laurent ,
Vous pensez que les plus pauvres seront les principales victimes ? ils perdraient leur travail et leur maison : vous admettez implicitement que le système que vous condamnez profite aussi aux plus pauvres en leur fournissant travail et maison
…
ce système n’a pas que des effets pervers.
Vous affirmez, mais pouvez vous expliquer en quoi les plus pauvres perdraient plus ? cela n’apparaît pas dans votre affirmation.
Pourtant, les pauvres n’ont pas grand chose à perdre, leur maison restera leur maison quant ils en ont une ( il faut préciser la notion de pauvreté : les pauvres ne sont pas propriétaires !)
Ceux qui perdront le plus, ce sont ceux qui ont placé des fonds, ce sont aussi les banquiers, la crise de 1929 a mis des riches sur le trottoir au même niveau que les pauvres de l’époque, et ils se sont vite relevés : visionnez le film avec Jeff Bridges.
N’oublions pas non plus que la crise actuelle provient en grande partie de l’effort fait pour que les ménages moyens acquièrent leur maison (il est vrai à des conditions hypothécaires draconiennes : subprime).
Contrairement à ce qui se dit, la crise ne devrait pas être si forte car le système monétaire est très organisé et solidaire comparé à 1929… La faillite annoncée ne me paraît pas être à l’ordre du jour et pourtant je souhaite ardemment une baisse des prix de l’immobilier et des loyers, tant les prix actuels brident le revenu des ménages…
Amicalement
Bonsoir Edouard,
Je ne dis pas que les pauvres perdraient plus en valeur mais tout simplement que plus on est riche, plus on a les ressources pour absorber le choc. Perdre 70% de ses revenu fait mal dans tous les cas mais si on a 10 maisons, en perdre 7 ne vous met pas à la rue. Quand on a juste de quoi payer sa maison (en général achetée à crédit), la perdre signifie se retrouver à la rue.
Après, comme vous le soulignez, il faut définir ce qu’est un pauvre. La crise actuelle vient justement de pauvres qui sont devenus propriétaires mais ne sont plus en mesure de rembourser leur dette. Ils ont beau être propriétaire, je les classe dans les pauvres…
Et le risque extrême de cette crise serait que les classes moyennes soient plongées dans cette spirale comme en 1929. Ca s’est très mal terminé. On n’en est pas encore là heureusement.
Amicalement
Laurent
À propos du rôle du crédit, je viens de retrouver un commentaire spirituel qu’avait formulé Éric GRANDVUINET (du blog « Qui veut détruire la classe moyenne ? ») à l’occasion de la suggestion que je faisais l’an passé de relier « Chômage, dividendes et Constitution d’origine citoyenne » ; Éric me disait :
« À quoi jouent les banques centrales ? »
par Jean-Marie Harribey :
http://harribey.blogsudouest.com/2007/08/12/a‑quoi-jouent-les-banques-centrales/
Bonjour,
la démonstration par équation est intéressante intellectuellement mais elle est guidée par un postulat formulé en guise de conclusion alors qu’il imprègne toute l’explication : la lutte de classes : la classe la plus aisée MAINTIENDRAIT volontairement les autres classes dans un état de peur et de dépendance (une sorte de théorie du complot).
Les pauvres seraient pauvres parce que les plus aisés y ont intérêt ?
L’auteur répond-il à la question :
Qui sont les classes aisées ?
D’ou tirent-elles leur richesse ? du travail ?
À quoi aspirent les classes moyennes ou pauvres en empruntant ? (à rejoindre les classes aisées ?)
Le chômage baisse et la situation sociale et économique devrait s’améliorer d’autant que les baisses d’impôts (pour les plus aisés : les seules efficaces économiquement) accompagnée des crédits d’impôts (pour les moins aisés : efficaces)boosteront l’activité.
Qui crée l’activité ? l’emploi ?
La théorie de l’auteur du site (Étienne), théorie du complot, est transposée par Éric dans le domaine économique : je relève une même ligne de pensée, vous devriez vous rencontrer si ce n’est déja fait !
L’économie n’imprègne-t-elle pas trop le politique ?
Aujourd’hui, les citoyens des classes moyennes ne sont-ils pas déja suffisamment aisés ? Ne sommes-nous pas dans une course au toujours plus ?
Imaginons la Chine et l’Inde se développant comme nos pays occidentaux, la planète ne pourrait pas y subvenir, serait polluée irréversiblement ; autrement dit, il faut revoir le système économique dans lequel nous vivons et stopper la course au toujours plus, mais surtout sortir de ces théories du complot imprégnant tellement de prises de positions afin de faire naître un monde plus juste et plus sage, plus pur !
Amicalement.
@ Edouard :
Il me semble qu’il ne suffit pas d’aligner les mots « théorie », « du » et « complot » pour tenir lieu d’argument ; ce serait trop facile : pas besoin du moindre argument ; une formule toute faite suffirait à se dispenser de réfléchir davantage… Ça me fait penser à l’accusation commode et expéditive de « populisme » qu’on trouve souvent dans les mêmes bouches : il faut soutenir point par point ce qu’on avance, d’un côté comme de l’autre.
Traiter l’autre de paranoïaque, même indirectement comme le fait l’accusation d’en tenir pour une théorie du complot, voisine le degré zéro de l’argumentation, je trouve.
Ceci dit, vous avez peut-être des arguments pour démontrer l’exagération paranoïaque que vous suspectez, mais ce serait bien d’en voir apparaître ici au moins le début d’un :o)
Pour moi, démentir la réalité de la lutte des classes, c’est aussi sérieux que de nier que le soleil brille : le conflit d’intérêt profond et durable qui existe entre ceux qui s’enrichissent sans travailler et ceux qui s’appauvrissent en travaillant est simplement une évidence. Le fait que cette injustice est verrouillée par les uns aux dépens des autres au moyen du droit, dont les sources sont sous contrôle de classe en est une autre et j’ai mille éléments de fait pour soutenir cette affirmation. Commencez par compter les ouvriers à l’Assemblée nationale, au Congrès américain ou au Parlement européen, par exemple.
Quant à prétendre que les plus aisés sont les plus efficaces économiquement et qu’il faut les rendre plus riches encore pour servir l’intérêt général, cela demande également à être prouvé, c’est le moins que l’on puisse dire.
ÉC
bonjour Etienne,
Votre Site contient une foule d’informations très riches .
vous relevez que le nombre d’ouvriers est faible au sein de la représentation nationale et vous en faites un argument pour soutenir que le peuple est sous le contrôle de quelques uns. C’est un argument qui cache d’autres réalités : pourquoi n’y a t- il pas plus d’ouvriers ? d’employés ? mais plutôt des médecins , des professeurs des fonctionnaires de catégories A ?
Confier la responsabilités du vote de lois revient souvent aux plus instruits, même Socrate l’affirmait.
Des candidats ouvriers ou employés il y en a parfois plus que pour les autres catégories sociales mais ils ne sont pas élus.…
vous écrivez par ailleurs :
« entre ceux qui s’enrichissent sans travailler et ceux qui s’appauvrissent en travaillant est simplement une évidence. »
il serait bon de dire combien de riches s’enrichissent sans travailler, et comparer ce nombre à combien de pauvres le restent parce qu’ils ne veulent pas travailler, non sérieusement Etienne, ceux qui sont riches ont souvent beaucoup travaillé , inventé , crée, ils ont su innover.…les gens que vous désigner sont fort peu nombreux, à lire cette affirmation , je crois lire un slogan communiste des années 1980
De plus , il y a de nombreux pauvres en France mais le niveau de vie à considérablement augmenté, la situation des français s’est largement améliorée surtout matérielle. Vous le savez très bien .…
qaunt à l’aide fiscale aux plus riches , elle est efficace car ce sont eux qui ensuite crée de l’emploi ‚ils prennent plus de loisirs ( et cela crée des emplois par ex. ), ils investissent la marge importante qu’ils récupèrent
les moins aisés sont aussi beaucoup aidés, plus que les riches, en quoi cela est il plus efficace ? par une relance de la consommation soutenue par l’argent de l’Etat qui provient d’ou ? essentiellement des plus riches…ou des classes moyennes , en fait cet argent est distribué mais il a d’abord été ponctionné. Pour la justice sociale oui mais pour l’efficacité créatrice ‚non !
la théorie du complot est présente dans votre argumentation , vous la soutenez par des mots peu sereins et exagérés, il s’en trouvet dans tout le site :un ex. édulcoré :
je ne vous ferais pas la liste des mots alarmistes que vous employez couramment mais ils illustrent le côté très ATTAC ou collectif de gauche de votre entreprise
Dans votre essai de constitution
, vous présentez un article du style » abrogation de la misère publique « , tout àfait d’accord mais ce n’est ni la place ‚ni juridique de l’inscrire dans une constitution
alors pour conclure, je pense sincèrement que vous avez une tendance à l’exagération ‚pas à être paranoiaque . mais ce sens de l’exagération dans votre action est certainement une QUALITE puisqu’elle permet d’alerter les citoyens que tout n’est pas parfait, elle leur permet de s’interroger comme je le fais ici
Alors gardez cette qualité, elle est l’attrait de votre démarche
Edouard
Re
une dernière remarque : vous devez passer un temps fou à cette entreprise ?
à ce titre , je respecte votre travail et sachez que comme sans doute beaucoup de vos interlocuteurs , je n’ai pas le temps de répondre avec suffisamment de profondeur à vos interrogations n’étant pas « armé » comme vous l’êtes …vous connaissez vos dossiers
l’impression que je vous ai laissé n’est donc qu’une première impression, je le reconnais volontiers mais vous faites tout pour faire bondir !
parc ertains côtés votre site est aussi désolant et inquiétant que le journal télévisé :un recueil de mauvaises nouvelles heureusement hautement discutables
bonne bagarre
Bonjour,
Étienne n’est pas seul :
dans l’article du jour du Parisien
Coup de froid sur la croissance : c’est la mauvaise surprise de l’été, l’économie française a ralenti au 2e trimestre.
L’investissement des entreprises est au point mort et la consommation des méage profite surtout aux importations.
La rentrée s’annonce rude.
Un chapitre intéressant :
L’effet Sarkozy n’a pas eu lieu
Nicola Bouzou expert à Astres, societé d’études économiques
Les critiques se multiplient et ne sont pas près de s’arrêter !!!
Un débat intéressant, j’y apporte mon grain de sel. Le problème lorsque nous débattons économie est que nous restons enfermés dans les dogmes qui sont enseignés dans les universités et autres écoles de commerce.
Il me semble qu’il serait intéressant pour tous les défenseurs de la création de richesse et du marché de vérifier s’ils connaissent bien ce qu’est la monnaie et quels rôles lui ont été assignés. Une zone de commentaire ne se prête pas à un si fastidieux rappel. J’insite tous les lecteurs de ce commentaire à se documenter sur la monnaie, la façon de la créer et sur les rôles qui lui sont assignés. Et surtout sur QUI est à l’origine de sa création, quels statuts possèdent la FED, et les autres banques centrales …
Si nous changions de paradigme :
L’homo oeconomicus cher à la théorie classique ne raisonnerait que par appât du gain. Tout peut se monnayer… En réalité ces affirmations sont fausses et toute la théorie économique avec. Avez-vous fait des enfants par appât du gain ? Pourquoi offrez-vous un cadeaux à un ami ? Attendez-vous un retour sur cet « investissement » ? Pratiquez-vous un sport pour gagner plus d’argent ?
Les exemples de la vie quotidienne pourraient être multipliés à l’infini. Non, l’Homme n’agit pas seulement par rationalité économique. Oui, l’altruisme peut créer de la richesse !
Et en réalité faut-il créer de la richesse au sens monétaire ?
Nous touchons ici la distinction entre valeur d’échange et valeur d’usage . Dans nos sociétés il semblerait que seule la première nous intéresse. C’est pourtant fondamentalement la moins utile. Ce qui compte, c’est ce qu’il est possible de faire avec un bien. Peu importe la valeur monétaire de ce bien. Un naufragé sur une île déserte préférera voir s’échouer sur la plage une caisse à outil qu’une cargaison de lingots d’or.
Or nous l’oublions tous, mais nous sommes naufragés sur une petite planète fragile. L’appât du gain ne résoudra pas les problèmes de manque d’eau, de climat, de surpopulation…
Je termine par un adage bien connu des économistes : « les ressources sont limitées et les besoins des hommes illimités ». L’économie telle qu’elle est mise en oeuvre actuellement gère la rareté, mais pas pour le bien de tous. Les manuels apprennent à certains comment avoir une plus grosse part du gâteau. Il y a bien une lutte des classes même si cette expression est devenue taboue. Et ne dites pas que le gâteau grandit, les ressources sont rares, les économistes le disent et ne se trompent pas car la planète est finie. Cette finitude marque le maximum des capacités de productions… Jusqu’au prochain voyage intersidéral financé par les banques centrales ?
Voir :
http://www.michaeljournal.org/ilenauf.htm
http://www.silesfemmescomptaient.com/fr/bibliographie/silence_argentfictif_11.htm
http://www.selidaire.org/spip/article.php3?id_article=1410
http://fr.wikisource.org/wiki/Silvio_Gesell_:_un_pr%C3%A9d%C3%A9cesseur_de_Keynes
Bonjour Eric ,
Je partage tout à fait votre affirmation suivante :
» mais nous sommes naufragés sur une petite planète fragile. L’appât du gain ne résoudra pas les problèmes de manque d’eau, de climat, de surpopulation… »
C’est de ces problèmes là dont il faut urgemment s’occuper.
Et effectivement il y a bien une lutte des classes et des approches partant de là , c’est dommage car il faudrait dépasser ces clivages pour résoudre les problèmes.
j’apprécie beauoup votre intervention
amicalement
Edouard
« Les spéculateurs se rabattent sur l’alimentaire »
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3230
Proposition de slogan pour caractériser les financiers spéculateurs, goinfres insatiables, rentiers prédateurs de l’humanité : Actionnaire = ver solitaire.
« Il faut euthanasier le rentier » disait John Maynard Keynes après une vie de travail sur la monnaie et pour résumer l’essentiel de sa réflexion.
Même à Wall-Street, on commence à comprendre :
Pour un nouveau New Deal
Classé dans : Économie, Subprime — Paul Jorion @ 3:56 le Vendredi 24 août 2007 :
http://www.pauljorion.com/blog/
Artus explique la crise financière »
aux Matins
de France Culture ce lundi matin, 27 août
2007 :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=55160
Un entretien
devenant, au fil de la conversation, de plus en plus
intéressant. Voici mes notes :
L’entretien
commence à la minute 0:20 (7h20) :
on n’a pas d’inflation [Patrick Artus
devrait peut-être préciser qu’il parle
des prix des biens et services, alors que les actifs, eux, sont en
situation d’inflation] ;
notre vrai grand problème est la
baisse de nos parts de marché [Patrick Artus
ne dit pas un mot pour suggérer que ces dramatiques pertes
de parts de marché viendraient peut-être de la chienlit
laissez-fairiste en odeur de sainteté
à l’OMC et à l’UE
— politique autoproclamée
« libérale » alors
qu’elle est objectivement antilibérale —
qui exposerait nos industriels désarmés
à la concurrence déloyale de pays qui produisent
à très bas coût en dégradant
les hommes et l’environnement] ;
insuffler du pouvoir d’achat serait jeter l’argent
public par les fenêtres des importations [Patrick Artus
n’envisage pas une seconde de protéger nos
industries et nos services en interdisant les importations déloyales] ;
la France se désindustrialise, plus que ses
voisins ; en dessous de 2% de croissance,
la puissance publique n’a pas de marge de manœuvre,
pas d’argent pour financer ses projets ;
résumé du mécanisme du prêt
immobilier à des insolvables en pariant que
l’augmentation de la valeur de la maison de
l’emprunteur va lui permettre de rembourser, ce qui ne
fonctionne que si les prix immobiliers flambent, ce qui ne peut pas
durer éternellement…
Tout cela permettait d’annoncer dès
le départ que tout allait bientôt
s’effondrer.
les minutes 0:50 (7h50) et suivantes :
« le prix des actif n’a plus
aucun rapport avec la valeur des biens réels
qu’ils représentent et ça
c’est très grave ; De plus, on
ne fait pas porter le risque sur les bonnes personnes : pour
éviter les crises bancaires, on a imaginé de « répartir
le risque »
sur la multitude des petits investisseurs (fragiles et mal
informés !) plutôt que sur les banques (dont
c’est pourtant le métier et la seule bonne raison
d’être !
Ce sont les banques qui « prêtent mieux
que les autres », ce sont elles, normalement, qui
devraient courir le risque inhérent aux prêts)
parce qu’elle ne le veulent pas ! Or, tous ces
petits investisseurs sont en train
d’exploser. »
[Finalement,
ce sont les banques qui ne font plus leur métier :
elles ne veulent plus que s’enrichir sans prendre aucun
risque ; c’est ce qu’on comprend tous
depuis quelques mois.]
a vu venir la crise de l’immobilier américain,
ça c’était
évident : immense responsabilité des
banques qui proposent un crédit très
populaire qui s’appelle
« 2–28 », avec un taux
à 2% pendant les deux premières années
et 8 ou 9% pendant les 28 ans suivants :
tout le monde sait qu’au bout de deux ans, il ne peut plus
payer, mais ce que tout le monde espère, c’est
qu’au bout de deux ans sa maison aura pris suffisamment de
valeur pour qu’il puisse se réendetter sur la
valeur de sa maison pour payer des intérêts plus
élevés. À partir du jour où
le prix des maisons a cessé de monter, ils ont tous fait
faillite et ça on le savait. »
qu’on avait pas prévu c’est cette
bizarrerie que tout d’un coup plus personne ne voudrait plus
rien risquer. Ce n’est pas une crise de
liquidités, il y a plein de liquidités,
c’est une crise qui révèle que, dans la
finance, tout peut se figer d’un coup : les
banques qui ont plein d’argent refusent de prêter
aux banques qui ont besoin d’argent, de peur de courir un
risque lié au subprime, ce qui conduit les banques
en crise à solliciter les banques centrales (voir les
opération de secours en fin de semaine). Personne
n’avait prévu que la finance
s’arrêterait. »
Slama tresse alors dans sa chronique d’étonnants
lauriers à Raymond Barre, qui a pourtant
été le plus grand malfaiteur
économique de France, celui qui a inauguré vingt
ans de politique publique au profit exclusif des vieux riches rentiers.
Passons.]
Artus reprend la parole après le journal, à la
minute 1:20 (8h20) :
« Qu’est-ce qui s’est
passé ? Au début des années
2000, on a la crise Internet : effondrement des cours
boursiers, à la suite de ça, de très
grosses difficultés des entreprises, effondrement de
l’investissement et de l’emploi ; que font
toutes les banques centrales pour limiter les
dégâts ? Elle passent à des
politiques monétaires extrêmement agressives, donc
on se retrouve avec des taux
d’intérêts très bas
et — aux États-Unis très vite et un peu
plus lentement en Europe—, on démarre la bulle
immobilière, c’est-à-dire que
tout le monde se met à s’endetter
—c’est trop tentant—, les banques
prêtent de façon libérale (les
entreprises ne s’endettent plus alors il faut bien trouver de
nouveaux clients), et les prix de l’immobilier se
mettent à monter puisque l’offre de produits
immobilier ne peut pas augmenter aussi vite que la demande dans ces
périodes-là, donc on a
fabriqué, depuis 2003 jusqu’à il
n’y a pas longtemps, au début de cette
année, un
vrai soutien de l’économie
qui s’est autoalimenté avec des prix qui montent
ce qui permet aux gens de s’endetter plus facilement, ce qui
donne à l’immobilier une rentabilité
incroyablement plus élevée que les taux
d’intérêt, et donc on a
vraiment utilisé ça…
le vrai risque, c’est d’abord que ça
ne peut pas durer indéfiniment (la
capacité à faire monter les prix
s’arrête quand plus personne ne peut acheter de
maison, et on voit qu’on n’en est pas loin,
peut-être, en France, et on est en plein dedans au
États-Unis), et puis ça cache la
réalité des effets de la globalisation sur les
pays qui souffrent parce qu’on a cru qu’on pouvait
encore avoir de la croissance sans faire grand-chose malgré
la globalisation, on dit : « regardez
on peut avoir 3% de croissance, qu’est-ce que
c’est, ces histoires sur les émergeants qui nous
prennent nos emplois, c’est pas vrai »,
mais c’était uniquement dû à
cet épisode de courte durée. »
(…) La France peut, elle, voir la bulle
continuer un peu parce que la France connaît une
situation d’exclusion du prêt (tout une
partie des Français qui n’ont pas accès
aux prêts immobiliers, contrats précaires,
intérimaires, CDD…) : chez nous, on a
encore une marge d’accession à la
propriété : il n’y a
que 65% des Français qui sont propriétaires de
leur logement, c’est très peu.
Quel est le sens économique d’une politique
d’accès à la
propriété ?
D’abord, ça correspond à une
demande ; ensuite, économiquement, les
propriétaires de leur logement n’ont plus de loyer
à payer ce qui va faciliter le problème des
retraites en baisse, mais attention, comme en toute politique
économique, l’ennemi
absolu est l’effet
d’aubaine,
c’est-à-dire dépenser de
l’argent public (rare) pour aider quelque chose qui
se serait produit malgré tout (!) et
là, il y a un vrai danger, si on aide des gens
déjà relativement aisés à
acquérir une maison s’ils avaient
déjà acquis cette maison ou si le promoteur en
profite pour monter les prix (il est bien
documenté que le prêt à taux
zéro a surtout fait monter les prix, donc le prêt
a été confisqué, finalement, par les
constructeurs) ; l’effet d’aubaine fait
des dépenses publiques sans effet économique.
s’explique que l’immobilier prenne tant de place
dans les économies ?
on est dans un monde où ce qui compte le plus,
c’est le prix des actifs, parce vous dites
ça, mais pour les américains, le prix des
actions, c’est au moins aussi important. C’est un
peu le problème culturel de nos banques centrales :
quand on injecte de la monnaie dans l’économie, si
on fait ça il y a vingt ans, on fait de
l’inflation, puisque les gens veulent acheter des biens, il
n’y en a pas assez… ;
Aujourd’hui, si vous voulez acheter une
télévision de plus, il y a un chinois qui sera
content de la produire, donc quand vous injectez
aujourd’hui de la monnaie dans
l’économie, ce qui monte, c’est le prix
des actifs, et c’est de là que vient le
rôle de l’immobilier (et des autres
actifs : les marchés boursiers dans les pays anglo
saxons…), donc c’est l’immobilier qui
reflète nos déséquilibres
monétaires.
puis aussi, c’est assez facile, ça marche
: quand la Réserve fédérale a un
problème avec la croissance américaine,
(jusqu’au point de saturation, où on est, on le disait à
l’instant, mais) tant qu’on
n’avait pas saturé la capacité
d’endettement des Américains, on baissait les taux
et tout de suite ça marche : tout de suite, les
gens s’endettent, achètent des maisons, les prix
des maisons montent, les gens sont plus riches
donc ils se réendettent, ils
rachètent une maison plus grande, donc en plus
c’est efficace.
étant 1) c’est dangereux (on voit ce qui se passe
aux États-Unis), et 2) on voit pas pourquoi les banques
centrales ne s’occupent pas de ça et continuent
à s’occuper du prix des biens [les banques
centrales ne surveillent que la seule inflation des prix des biens et
services, sans surveiller l’inflation des prix des actifs]
puisque c’est ça (les prix de
l’immobilier) qui reflète les
déséquilibres financiers, et 3) c’est
quand même à nouveau, dans la plupart des pays,
fini : on a usé cette corde jusqu’au bout
et si on veut faire de la croissance et si ne réforme pas,
ce qui fait que notre industrie continue à
décroître, cette ficelle-là, on ne
pourra plus l’utiliser et là, on est un peu en
peine d’en trouver une autre (sauf en France où il
reste une capacité à s’endetter). Si
on relance encore l’immobilier, les prix vont encore remonter
et on arrive au bout.
ça marche une banque centrale ? (minute 1:28)
(…) et donc les banques centrales règlent la
quantité de monnaie qui est en circulation dans les
économies en achetant ou en vendant d’autres
actifs contre de la monnaie. Alors, le problème
qu’on a, il est double, c’est que 1) à
la différence du passé, cette monnaie
circule : vous
pouvez, vous, vous endetter en yens pour acheter votre
maison ; si vous êtes à Londres,
ça se fait très couramment, c’est plus
de 90% des crédit immobiliers en Hongrie sont faits en yens
ou en francs suisses, donc la
banque centrale de Hongrie ne contrôle plus rien mais
c’est vrai aussi dans la zone euro,
donc la zone euro ne contrôle plus la quantité de
liquidités puisque la liquidité
s’importe.
Deuxièmement, il y a une source de création de
liquidité formidable qui est l’investissement
des surplus des pays d’Asie, de la Chine, des pays
producteurs de pétrole, qui achètent
des actifs et qui paient en monnaie et donc les
banques centrales sont confrontées à
l’irruption d’une montagne de liquidités
en permanence et qui, tant qu’elle sera là,
fabriquera les crises à répétition
comme celle que nous venons de voir, parce que,
la nature humaine étant ce qu’elle est, tant
qu’on a plein de liquidité, les taux
d’intérêt sont bas, et c’est
très tentant de s’endetter pour acheter un actif,
alors si c’est plus l’immobilier… Alors,
le jeu entre économistes, c’est de dire :
l’immobilier c’est fini ; c’est
quoi la prochaine bulle ? Alors vous dites : on va
refaire les sociétés technologiques…
Il y en a qui disent : non non ça va être
à nouveau les émergeants… Mais on
refera autre chose…
la chronique d’Alain Duhamel, Corinne Lepage pose une
question importante, minute 1:36 (8h36) :
Vous avez dit qu’un fossé se creuse entre la
création de richesse financière et la
création de richesses matérielles. On peut
considérer qu’il est normal que les
liquidités représentent dix fois, grosso modo,
— et encore dix fois c’est beaucoup —, ce
que nous créons en richesses chaque année, en
termes physiques. Mais là, on est dans des chiffres qui sont
infiniment plus importants, 60, 80 fois…
Est-ce que vous pensez que c’est un système
pérenne, durable ?
(…) Il y deux endroits où cette question
(très importante) se pose : il y a
d’abord dans la façon de gérer les
entreprises, avec des objectifs plus ou moins financiers
(…), ça c’est
le premier niveau ; deuxième niveau : on a
vu de plus en plus que la taille des marchés financiers, par
rapport aux actifs qu’ils représentaient, devenait
considérable ; alors ce n’est pas vrai
pour les actifs financiers les plus simples (les actions, ça
représente le capital des entreprises, ni plus ni moins),
mais c’est vrai pour tout ce qu’on appelle les
produits dérivés qui sont de plus en plus gros
par rapport aux actifs sous-jacents (…)
faut dire : normalement les produits
dérivés, ce sont des produits
d’assurance, une entreprise qui a fait
crédit à une entreprise, elle va
s’assurer contre le risque que cette entreprise aille mal,
fasse faillite, en allant sur des marchés de produits
dérivés, et les produits d’assurance
ont un rôle tout à fait positif, bien
entendu ; sauf que ces produits ont
été détournés de leur
rôle : aujourd’hui, ce ne sont plus des
produits d’assurance, ce sont des produits pour investisseurs.
juste une histoire qui est presque vraie : maintenant, on
fabrique des obligations qui sont liées aux risques
automobiles et donc, supposez que cette obligation commence
à avoir une vie propre, en fonction de l’offre et
de la demande, (c’est-à-dire qu’un
assureur qui assure des voitures revend sur le marché une
obligation et si le risque automobile devient… enfin
s’il y a plus d’accidents que ce qui avait
été anticipé, le prix de cette
obligation baisse), donc pour lui [pour
l’assureur], c’est une façon de se
décharger du risque automobile sur les investisseurs, sur
les marchés. Normalement, le risque automobile,
c’est un truc réel, c’est combien y a de
gens qui sont rentrés les uns dans les autres, …
enfin bon, sauf que si vous fabriquez une finance
déconnectée de la réalité,
cette obligation, par exemple, va avoir son prix qui chute si plus
personne ne veut l’acheter pour une raison quelconque (comme
on l’a vu ces jours-ci sur les marchés), et
l’assureur, du coup, va monter les primes
d’accident et donc, vous, vous paierez plus cher votre prime
d’assurance auto, pas parce que vous avez plus
d’accidents, mais parce que les marchés financiers
ne veulent plus acheter les obligations liées aux assurances
auto. C’est exactement ce qui s’est
passé sur les entreprises depuis trois semaines un mois
où les entreprises vont payer plus cher leur dette
simplement parce que les produits structurés de la dette ne
trouvent plus d’acheteur.
je crois que ce n’est pas tellement
l’effet de taille pur qui pose problème,
c’est surtout cette inversion
de causalité : ce n’est plus
l’économie réelle risque le prix des
actifs financiers, c’est le prix des actifs financiers qui
fabrique le prix de l’assurance, en gros, dans
l’économie réelle, et là
c’est très très dangereux…
Alors, vous dites : « on doit
réfléchir », c’est
qui, « on » ?
Ben, normalement, nous avons des gens qui sont payés pour
ça, ça s’appelle des banques centrales,
alors peut-être, plutôt que de s’exciter
pour savoir si l’inflation sera de 1,75 ou de 1,80, il
faudrait peut-être qu’ils regardent ce genre de
question… (…) »
fait un fichier mp3 des extraits utiles
pour consulter cet entretien plus tard :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/2007_08_27_Patrick_Artus_crise_financiere.mp3
« Spéculation immobilière, ralentissement économique
Quand la finance prend le monde en otage »
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15074
C’est un excellent article de Frédéric Lordon dans Le Monde diplomatique de septembre (seul un court extrait est sur le net ce mois-ci : il faut acheter le journal).
Lire également, sur la partie interactive du site du Diplo, un autre article du pétillant Lordon :
« Spéculation immobilière, ralentissement économique
Comment protéger l’économie réelle » :
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15165
« En complément de son article publié dans Le Monde diplomatique de septembre, et qui analyse la crise financière partie cet été du marché américain du crédit immobilier (lire « Quand la finance prend le monde en otage »), Frédéric Lordon livre, dans cet article exclusif pour notre site Internet, ses pistes de réflexion sur la finance… et les moyens de limiter sa suprématie.
Cet ensemble d’articles fait l’objet d’un débat sur notre site http://blog.mondediplo.net/-En-debat-. »
Edouard devrait trouver dans mes deux derniers messages (une partie) des explications qu’il cherche sur la crise immobilière ;o)
S’il y a chavirement du navire capitaliste, ce ne sont pas les gens des ponts supérieurs qui en crèveront : ils ont leurs brassières et leurs accés privilégiés aux embarcations de secours où ils ont déjà leurs stocks de survie. Ce sont les galériens et ceux qui servent de lest de réserve « en fond de cale », qui seront perdus.
Cela ne signifie pas qu’avant le chavirage « le capitalisme avait du bon pour ces gens des ponts inférieurs » !
Mais que font les contestataires « antilibéraux » d’aujourd’hui, si ce n’est donner l’alerte et réclamer la mise en chantier d’un tout autre navire ?
La « modernité » est encore très loin , et nous revoici toujours bien proches du vieux quai de départ, sur lequel nous avions laissé un architecte naval barbu nous décrire cette « phase ultime des traversées de crise » :
Marx fait partie des classiques que l’on brûla un peu précipitamment ! (en fait, avant de l’avoir vraiment lu !).
… Bien sûr, on se repose les méninges, alors une chaise longue en première classe nous autorise à rester optimistes :
« Y a qu’à mettre un peu plus de transparence, voire, changer le nom et le pavillon du navire, si « Titanic » est de mauvais goût ! »
(il y a des chantiers spécialisés dans les opérations « cosmétiques »…)
Bien amicalement.
« Northern Rock : la bulle immobilière britannique a explosé »
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3321
« Système monétaire mondial – crise du dollar »
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=462
« L’avidité a son prix.
La crise bancaire mondiale démontre à quel point le train-train de la cupidité trompe les populations »
par Karl Müller, Allemagne :
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=447
« Des inégalités destructrices »
un bon article de Paul Fabra, dans Les Échos de ce vendredi 21 septembre :
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4625249.htm
« La crise actuelle expliquée en mille mots »
Communiqué public GEAB N°17 (15 septembre 2007) :
http://www.alterinfo.net/La-crise-actuelle-expliquee-en-mille-mots_a11273.html
Je viens de tomber sur un livre qui je pense est indispensable pour toute personne souhaitant en savoir davantage sur le monde actuel de la finance. Ma lecture est en cours, mais ce que j’y apprends est au-delà de ce que j’imaginais.
Il s’agit du livre « Le nouveau mur de l’argent, essai sur la finance globalisée » de François Morin paru au Seuil en septembre 2006.
François Morin a été membre du Conseil général de la Banque de France et enseigne l’Économie à l’université de Toulouse I. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il sait de quoi il parle.
Dans ce livre passionnant, mais compliqué (il faut être motivé pour comprendre ce que sont les différents marchés financiers, le monep, le matif, et les produits dérivés tels les swaps, futures et autres warrants, toutefois l’auteur nous les explique très bien), il met en valeur avec précision l’évaluation de l’emprise de la finance sur l’économie réelle.
Morin utilise une unité de mesure un peu spéciale, le « teradollar », c’est-à-dire 1000 milliards de dollars, pour mettre en valeur le poids de l’économie financière sur l’économie réelle, et ce qu’il met en valeur est proprement fou. Fou ! Je n’aurai jamais imaginé de telles (dis)proportions entre les deux sphères…
Voici l’un des tableaux du livre mettant en valeur le PIB mondial face au volume des échanges sur les marchés :
La sphère economique mondiale
(unité = tera dollar, année 2002)
Échanges et productions :
-Transactions sur dérivés : 699
-Transactions de change : 384,4
-Transactions financières : 39,3
-Transaction sur biens et services (PIB mondial) : 32,3 !
-Transactions commerciales internationales (Importations de biens et services, non inclus dans le PIB) : 8
Total : 1 155
Ainsi, les transactions relatives à l’économie réelle n’occupent qu’une part infime du total des transactions. La somme des transactions réelles de la planète (production + échanges commerciaux internationaux) représente 40,3 téra dollars, soit un rapport de 1 à 28 par rapport aux 1 155 téra dollars. Vertigineux…
Le reste m’a l’air tout aussi passionnant. Il met en jour le rôle des plus grandes banques mondiales, comment le taux d’intérêt directeur de la banque centrale, est fortement influencé par ces banques, qui contrôlent le marché des SWAPS (marchés sur lequel on négocie un prêt à taux d’intérêt à taux fixe auprès d’un investisseur institutionnel), et par là même comment quelques dizaines de banques ont conquis le vrai pouvoir de régulation monétaire.
Étienne, je pense sincèrement que vous devriez y jeter un oeil (si ce n’est déjà fait).
Merci Adrien,
Je confirme l’intérêt de ce livre, que j’avais signalé l’an passé (sur la page Liens). Il est publié dans l’excellente collection « Économie humaine » (Seuil) dirigée par Jacques Généreux.
Je pense que les hommes seront malheureux (opprimés, condamnés aux travaux forcés, au profit de riches rentiers) tant qu’ils n’auront pas pris le contrôle public de leur monnaie et, indissociablement, le contrôle (à tout moment) de leurs représentants politiques (car la souveraineté politique découle de la souveraineté monétaire, et pas l’inverse).
Il faudrait prendre la peine de retranscrire ici quelques pages fulgurantes de ce livre pour donner envie au plus grand nombre de le lire en entier.
Pour ma part, je progresse en ce moment dans les livres de Maurice Allais (c’est immense) et dans le livre décapant de Patrick Artus, « Les incendiaires – les banques centrales dépassées par la globalisation » (Perrin). Je vous en reparlerai bientôt.
Amicalement.
Étienne.
Le processus de libéralisation des années 1970–1995 ou comment s’est opéré l’avènement de la finance aux dépends de l’économie réelle. Une synthèse d’une partie du livre, le Mur de l’argent de François Morin (Seuil, 2006).
NB : il s’agit de la partie intitulée « Les fondations du mur ».
Morin commence par résumer la doctrine officielle libérale : la libéralisation des mouvements des capitaux a certes causé une recrudescence des crises financières, mais la suppression des entraves à la circulation de l’épargne a été une bénédiction pour le développement économique partout dans le monde. De plus, la puissante et irréversible vague de transformations des techniques de l’information et de communication (l’informatique, l’Internet) a fait que l’extrême mobilité des réseaux est devenue une réalité incontournable. « Face à ces constats, le FMI affirme qu’il n’est pas possible de revenir à un régime de restriction des flux de capitaux, mais qu’il faut au contraire procéder à la libéralisation de manière ordonnée et bien enchaînée, avec l’appui de politiques macroéconomiques saines, de systèmes intérieurs renforcés, et dans une plus grande transparence. Encadrée de la sorte, la libéralisation est non seulement inévitable mais aussi salutaire. »Pourtant, la question se pose quant à l’adhésion systématique de ces principes au regard du développement économique actuel de notre planète.
En une trentaine d’année, le processus de libéralisation s’est étendu à l’échelle de la planète. De sorte qu’il s’est peu à peu amorcé, des années 70 à la fin des années 90, l’avènement d’une finance réellement globalisée. Morin décline ce processus en quatre étapes :
Etape 1 : sur le marché des changes
Il s’agit de l’abrogation des accords de Bretton-Woods et l’adoption des « taux de change flexibles » en 1971. Autrement dit, les monnaies ne s’échangent plus à taux fixes, lesquels étaient déterminés par l’Etat et les banques centrales. Désormais, le marché des changes se régule de lui-même.
Ce premier pas du processus de libéralisation externe a entraîné très rapidement un changement considérable dans l’échelle des mouvements internationaux de capitaux. D’une dizaine de milliards de dollars transactions quotidiennes, le marché des changes (lieu où l’on s’échange des monnaies différentes) a fini par atteindre, environ 2000 milliards de dollars en 2004, environ 200 fois plus.
Une des conséquences inéluctable de cette ouverture du marché des devises (lieu où l’on s’échange les monnaies) sera une volatilité de plus en plus marquée des taux de change (prix de l’échange d’une monnaie par rapport à une autre monnaie). Elle aura pour conséquence de générer par la suite, une instabilité monétaire périodique à l’échelle mondiale.
Note d’Adrien : Pour ma part, je crois qu’il faut attendre 1973 pour que le système des changes flexibles se mette en place définitivement. Dès lors, on peut considérer, à l’instar de certains économistes comme F.Lordon, que cette date marque la fin des trente glorieuses. La crise du choc pétrolier de 1974 serait un phénomène conjoint, important mais bien moindre à celui de l’adoption du système des changes flexibles. En effet, depuis 1973 à ce jour, les statistiques indiquent nettement qu’en France, les fruits de la croissance reviennent davantage au revenu du capital qu’aux revenus du travail. Ainsi, ceux qui vivent des revenus du travail essentiellement, se sont de manière significative mais indolore progressivement appauvris.
Etape 2 : sur le marché obligataire
Au cours des années 80, la dette publique a été « titrisé », c’est-à-dire qu’au lieu de recourir à la création monétaire par l’inflation (phénomène dit de « la planche à billet »), les Etats ont recouru aux marchés financiers pour financer l’intégralité de leurs déficits publics. Pour ce faire, L’Etat vend des titres : des bons du trésors (dettes de court terme, en général entre 2 et 5 ans) et des obligations (en général plus de dix ans d’endettement.). Le but est d’accroître la concurrence entre les établissements bancaires, et ainsi créer un marché unifié des capitaux qui fixerait les taux d’intérêts des créances de l’Etat. Autrement dit, depuis cette période les taux ne seraient plus fixés par l’Etat, mais bien par le marché.
En fait , « »l’explosion de la dette publique des pays avancé date de cette période » ( !!!). En effet, « La création de marché obligataires a permis un financement non inflationniste des déficits budgétaire, mais une dette publique gigantesque s’est constituée en quelques années. Le service de cette dette absorbe entre 20 et 25 % des dépenses budgétaires des principaux pays, obligeant les gouvernements à émettre en permanence de nouveaux titres et à la placer sur les marchés. » »
Etape 3 : sur les marchés des produits dérivés
Les marchés de produits dérivés sont très récents. Leur besoin s’est fait sentir du fait de l’instabilité du système des changes flexibles et des taux d’intérêts. Aussi, les produits dérivés répondent au besoin de se protéger contre ses risques. Ils permettent, grâce à des marchés à terme, de fixer aujourd’hui (moment de la passation du contrat) le prix d’un bien – ou d’un taux d’intérêt – ou d’un taux de change – à une échéance donnée. Ces marchés sont apparus en 1972 aux Etats-Unis, en 1982 en Grande-Bretagne et en 1986 en France (MATIF et MONEP). Ces instruments financiers représentent désormais des montants considérables, ce sont les marchés les plus actifs en terme de flux (la quantité de monnaie qui y circule bien plus élevée que sur le marché des actions/obligations) et donne prise à des comportements spéculatifs, notamment à travers l’activité des hedge funds très actifs sur ces marchés.
Etape 4 : les marchés émergents
Les entrée nettes de capitaux dans les pays émergents (pays en développement rapide et disposant d’un fort potentiel de croissance) ont grimpé, passant d’environ 50 milliards de dollars en 1987 à plus de 150 en 1995 (NB : aujourd’hui, c’est sûrement – au bas mot – 8 fois plus).
Cette croissance a été favorisée par la libéralisation économique et la multilatéralisation des accords commerciaux. Grâce à l’informatique et aux réseaux, les investisseurs peuvent connaître en temps réel le prix des actifs à un coût minime : les nouvelles technologies font qu’il est plus dur d’exercer un contrôle à l’entrée comme à la sortie des capitaux internationaux.
En réalité, les apports de capitaux sont focalisés sur une vingtaine de marchés émergents, en fait principalement pays du Sud-Est asiatique.
Conclusion : des acteurs financiers surpuissants
Ce processus a conduit à l’émergence d’acteurs de marchés puissants agissant sur l’ensemble des marchés de l’argent.
Il s’agit des « investisseurs institutionnels » (Bernard Maris les appelle ironiquement les « zinzins »), agents structurellement en capacité de financement, collectant l’épargne placée par les particuliers (nos banques, nos assurances, nos mutuelles, groupes d’investissements gestionnaires de fond de placements).,Deux ont acquis une place dominante : les fonds de pension et les fonds mutuels. « Organismes gérant l’épargne des ménages et les cotisations des employeurs dans le cadre des retraites par capitalisation, les fonds de pension sont très présents aux Etats-Unis et ont connu une expansion considérable ces vingt dernières années. S’agissant des fonds mutuels, ce sont des gestionnaires de portefeuilles collectifs constitués d’actifs (actions, obligations, produits dérivés). Leurs actifs et leurs revenus ont crû de façon quasi exponentielle dans la même période. »Ces acteurs financiers sont devenus, les nouveaux intermédiaires des économies de marché financier. On a pensé qu’ils relégueraient les banques à une place secondaire, mais en réalité, les grandes banques internationales se sont transformées à leur tour en grands gestionnaires d’actifs, développant à travers leurs départements spécialisés des activités d’investisseurs institutionnels (« Capital risk », « Asset management », « Midcaps »)(1).
La révolution libérale à t‑elle atteint ses objectifs ? Si en apparence, la réponse est affirmative, on constate que l’émergence de puissants acteurs, constitue un véritable « mur de l’argent ». De sorte que, la question se pose de savoir si ce mur constitue une passerelle pour l’investissement et la croissance, ou si au contraire, il pèse de tout son poids sur le fonctionnement de l’économie mondiale, provoquant chocs, instabilités, et inégalités.
(1) Note d’Adrien : A cet égard, quiconque se promènera autour de Bercy sera « secoué » en réalisant le développement incroyable en 5 ans des banques d’affaires d’Asset management (Natixis, Caisse d’Epargne, etc) qui entourent le ministère, et qui ne sont autres que les lieux où notre épargne est placée sur les marchés). Comme si, en fin de compte, « cette Bastille » avait été prise… par d’autres.
En ce qui me concerne, je suis terrorisé à l’idée que mon banquier utilise ma petite épargne plus que moi… Bien sûr, les taux d’intérêt (plus faibles que l’inflation, merci l’arnaque) en sont la contrepartie. Tout ceci me donne presque envie de tout thésauriser (sauf que, à 2% voir plus d’inflation par an, ça fait très mal).
Voici une explication intéressante de la crise des subprimes de Jacques de Larosière, ancien directeur du FMI et de la banque de France sur le site de la radio de l’académie des sciences morales et politiques :
http://www.canalacademie.com/Retour-sur-la-crise-financiere-de.html
Je pense pour ma part qu’il est essentiel de s’interesser au poids des « produits dérivés » de la finance par rapport à l’économie réelle. Ce sont notamment, les « swaps de crédits », qui ont explosé sur les marchés et qui ont été la courroie de transmission de cette crise. Une véritable bulle des swaps existe, et elle n’a pas explosé.
A ce sujet, on trouve des infos très intéressantes sur le site de la banque des réglements internationaux :
http://www.bis.org/statistics/otcder/dt1920a.pdf
Les chiffres affichés montrent que les dérivés représentent en décembre 2006, 465 000 milliards de dollars. Le PIB mondial se situe quant à lui entre 45 et 65 000 milliards de dollars, selon qu’on le calcul « nominalement » ou en « parité de pouvoir d’achat ». La différence entre la sphère des produits dérivés et celle de l’économie réelle est de 6 à 8, c’est effrayant !
A noter, que dans le livre de Morin, le rapport est bien supérieur.
http://www.bis.org
La banque des réglements internationaux est « la banque centrale des banques centrales ».
Un autre site intéressant est celui de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA). Les membres de cette association sont les plus grandes banques et fonds de gestion du monde. Les statistiques s’agissant du poids et de l’explosion des dérivés sont très intéressantes, mais on est vite « noyé » dans les chiffres et les termes bancaires en anglais. Il faut du courage, mais je pense qu’il y a beaucoup à en retirer :
http://www.isda.org/c_and_a/pdf/ISDA-Margin-Survey-2007.pdf
[
http://www.isda.org|http://www.isda.org|fr]
Merci Adrien
En fait on est tenté de penser que finalement si les banques revendent à tout va d’autres peuvent tirer leur épingle du jeu, j’entends des investisseurs étrangers,la Chine par exemple, ou ces dinausores entre eux… C’est toujours pareil les banques font la pluie et le beau temps et le système monétaire ressemble à une maladie « contagieuse » qui menace l’économie réelle.
Il serait urgent tout de même d’être capable de réguler ce genre de pratiques pseudo désinflationnistes, en vérité le grand n’importe quoi du monde de la finance qui montre toutes ses limites à se brûler les ailes…
L’INVENTION DE LA CRISE
Escroquerie sur un futur en perdition
Éditions L’Harmattan
2012
http://www.amazon.fr/Invention-Crise-Escroquerie-Futur-Perdition/dp/2296569064
« La crise n’est pas une fatalité, ni un accident de parcours, c’est une invention construite de toutes pièces, qui permet au capitalisme financier de parfaire sa domination en usurpant tous les pouvoirs. Nous sommes entrés dans l’État d’urgence d’une guerre ouverte contre les populations. Ce n’est pas le dysfonctionnement du système qui est ici en cause, mais bien l’économie elle-même dans son fonctionnement, son achèvement inévitable.
Il s’agit maintenant d’appréhender le système sous tous ses aspects et dans toute la complexité de ses interactions, pour mieux comprendre comment la création de richesses a été accaparée par la haute bourgeoisie dans le processus de la mondialisation, accéléré par l’informatisation généralisée, la prolifération des dettes, et par le pillage d’un futur déjà ruiné. L’escroquerie de ce temps décompté se précipite, l’espace se restreint aux marchandages et aux spéculations dévastatrices, c’est alors que notre survie s’amenuise dans les restrictions, la misère et la barbarie.
Le règne de l’exploitation et de sa servitude, des séparations guerrières et des arnaques mafieuses, paraît se réduire aujourd’hui au scénario d’une catastrophe programmée. Quand il n’y a plus d’avenir, on peut alors abandonner les préjugés réducteurs d’un passé révolu. C’est le moment de prendre le pouvoir sur ses propres conditions d’existence au cours de situations incertaines, par des pratiques libertaires en coopérant tous ensemble à l’auto-organisation d’une démocratie générale. »
Lukas Stella
TABLE
Guerre ouverte
L’achèvement du capitalisme
Une mutation accélérée
Dettes publiques et profits privés
Les maîtres au-dessus des lois
Quand la finance condamne les politiques
Traficotages sans entraves des accapareurs
Le temps fait de l’argent, la dette de la monnaie
Instabilité de la captation des créations de richesses
La tyrannie économique
L’économie dépassée
Futur en faillite
L’escroquerie de la crise
Présages d’imposteurs
Guerre sociale et haute bourgeoisie
L’irruption des possibles
De la contagion à l’épidémie
Nous sommes le monde en devenir