Chers amis,
Je continue à puiser dans l’œuvre d’Alain des armes pour résister :
« L’antique comparaison, tirée du navire et du pilote, n’a pas fini d’instruire les citoyens de leurs devoirs et de leurs droits. Premièrement apparaît cette remarque de bon sens qu’on ne choisit pas le capitaine d’après sa naissance, mais d’après son savoir. Et par là nous sommes délivrés d’un genre de servitude, mais pour retomber aussitôt dans un autre, car c’est le plus savant qui est capitaine. Dès qu’il a fait ses preuves, tout est dit. Prompte obéissance, prompte et silencieuse, voilà ce qui nous reste.
Il n’est pas dit que le simple matelot comprendra toujours ; et le capitaine n’est nullement instituteur ; il n’en a pas le temps. Mais bien mieux, supposons qu’un capitaine, et non sans renommée, soit au nombre des passagers ; il n’est pas encore évident que celui-là aura le droit de discuter, et d’expliquer aux matelots que la manœuvre à laquelle ils participent n’est peut-être pas la meilleure, ou la seule qui soit possible ; car on agit mal si l’on pense à deux choses dont l’une exclut l’autre.
Ainsi le matelot raisonnable devra se persuader lui-même qu’il doit croire celui qui est au gouvernail, et que, lorsqu’on double l’écueil, ce n’est pas le temps d’examiner. Et comme il n’est point du matelot de savoir où est l’écueil, quel est le risque, et à quel moment le navire est sauf, ce n’est jamais le temps d’examiner. Aux fers, donc, l’esprit fort qui discute ; aux fers le matelot qui écoute. Songez maintenant à cette traversée sans fin, et toujours périlleuse, que nous faisons tous sur un grand vaisseau ; songez qu’il n’y a point de port. C’est tempête de monnaie, tempête de travail, tempête de guerre toujours ! « Ne parlez pas au capitaine. »
Il est vrai que l’on juge le capitaine qui a perdu son navire, comme aussi le machiniste qui est venu butter sur l’obstacle. De même l’on voudrait juger le général qui a attaqué témérairement, et le colonel qui a fait fusiller un peu trop vite des hommes qui peut-être se sont mépris, ou bien qui ont fait ce que tous faisaient. Mais ce genre de procès ne conduit à rien ; car il n’est pas dit que le plus savant ne se trompera jamais. Et, au surplus, il est bien aisé de montrer que l’homme de métier a fait pour le mieux. Enfin, à la rigueur, si l’on voulait prouver que la faute était évitable, il faudrait pouvoir recommencer et faire mieux. Or on ne peut jamais recommencer. La vague est autre, le brouillard est autre. Une situation ne se retrouve jamais.
Ici le citoyen souvent s’abandonne, et même se détourne par système de ces irritantes pensées. Mais il faut suivre la comparaison. Le capitaine du navire est juge des moyens ; il n’est pas juge de la fin. C’est l’armateur qui dit où il faut aller. De même c’est le citoyen qui dit où il faut aller.
Mais, répond le tyran, il n’y a point de doute là-dessus ! Vous voulez tous richesse et puissance. À quoi Socrate répondait : « Non pas d’abord richesse et puissance ; mais d’abord justice. » La puissance donne un genre de sécurité, la justice en donne un autre, qui ne contente pas moins la partie inférieure de l’homme, et qui contente aussi l’autre. Et si l’on voulait soutenir que l’homme reste indifférent devant les massacres, les supplices, les emprisonnements, les suspicions, on ferait rire. Mais bien mieux, il y a un bon nombre d’hommes qui s’indignent de ces choses, toute crainte mise à part, et ce ne sont pas les pires. Et encore est-il que beaucoup d’hésitants suivraient ceux-là s’ils ne se laissaient étourdir par les discours bien payés, qui toujours plaident pour les pouvoirs, et non sans de fortes raisons que j’ai voulu rassembler ci-dessus.
Tout examiné, je conclus qu’il faut plaider aussi contre, réveiller tous les citoyens autant qu’on peut, et tenir ferme cette idée que les pouvoirs sont nos serviteurs, et non point nos maîtres. « Ou puissance d’abord, ou justice d’abord. » Et ce n’est point au pilote, si savant qu’on le suppose, qu’il appartient de répondre. »
Alain, 1er juin 1927.
On nous sert souvent cet argument que seul le capitaine a la compétence pour bien naviguer et que le peuple DOIT donc s’en remettre en toute confiance à ses élus, plus compétents que lui… Voici donc un fort argument en retour : admettons que le capitaine soit le seul maître à bord, mais c’est pour garder un cap lui est imposé par son employeur (qui le surveille de près et peut le révoquer à tout moment).
Les graines vont bien finir par germer, non ?
Amicalement.
Étienne.

Je suis Européen, je vis à London et j’écris pas très bien en Français mais je comprends presque tout ce que vous écrivez là, Etienne. Je suis avec vous !
Merci alkistis, join together :o)
You can speak english, if you prefer ;o)
Affirmer que l’armateur est le citoyen est un raccourci plaisant mais qui peut être trop facile. Je préfèrerais poser que c’est l’expression citoyenne qui fonde la direction à suivre.
Pour que cette direction se fasse jour, on n’a rien encore inventé de mieux que la démocratie, c’est-à-dire le choix par le vote entre différentes propositions de directions à suivre.
Reconnaissons alors que les capitaines potentiels ont en responsabilité de définir celles-ci. Une fois le vote opéré, le capitaine choisi n’est pas totalement infondé à dire que « sa » direction est la bonne (au moins pour la durée de son mandat).
Le déficit actuel tient sans doute moins aux qualités manoeuvrières des capitaines qu’à leur prétention à incarner une direction choisie, parce que, en fait, les directions qu’ils ont proposées sont vagues, sans âme, trop partisanes. Parfois même, tel Sarkozy semble-t-il, ils en changent une fois élus… Ce qui serait presque rassurant si, comme je le prétends, il a été élu plus pour exorciser des peurs sur un réel projet.
Le seul contrôle de l’armateur serait alors de vérifier que le capitaine est adroit à la manoeuvre, qu’il sait éviter les écueils, et que, à défaut de connaître son port de livraison, il garde la cargaison en bon état !!!
@ Juan :
Qui est légitime pour définir la mission du capitaine et en contrôler la bonne exécution ?
Le capitaine lui-même ?!
De votre réponse dépend la route que nous allons suivre : soit vers la démocratie, soit vers la tyrannie.
Est-ce que limiter la participation des citoyens à un vote « oui » ou un vote « non », en bloc, un vote tous les 5 ans, le choix unique entre « tout » et « rien », sans même de vote « blanc » pour protester contre les escroqueries, sur un projet unique, sans projets alternatifs, est-ce un comportement démocratique ? Où est le respect des individus ? Est-ce qu’un citoyen peut être réduit à un électeur ?
Ne voyez-vous pas la différence entre un citoyen et un électeur ? Un électeur abandonne à un autre homme quasiment tous ses droits à réflexion politique utile ; un électeur est un serviteur qui se croit maître, en pleine servitude volontaire. Qui ne voit, après deux cents ans d’expérience pratique indéniable, l’exclusion, la confiscation, portée de fait par l’élection ?
Sommes-nous donc, d’après vous, condamnés — sans l’avoir jamais décidé nous-mêmes directement ! — à déléguer notre souveraineté sans contrôle au lieu de l’exercer nous-mêmes dès que nous le jugeons nécessaire ?
Le vote n’est pas une procédure démocratique mais aristocratique : on choisit le meilleur, ce qui la pure négation de l’égalité politique, fondement basique de la démocratie.
L’expression « élection démocratique » est un oxymore, un assemblage de mots contradictoires. Certes, les élections sont un progrès par rapport à la tyrannie, évidemment, mais elles ne sont pas du tout « la démocratie » ; tout au plus sont-elles un élément (profondément corruptible, attention) de ce que j’appelle « la préhistoire de la démocratie ».
Pour info, je vous rappelle un résumé récent (format pdf pour une impression propre sur une seule page) :
« Critique de nos prétendues « démocraties » ; plaidoyer pour un peuple constituant et vigilant »
On peut commenter cette synthèse à cette adresse (sur ce blog) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/03/31/61-pour-un-peuple-constituant-et-vigilant.
Amicalement.
Étienne
@ Étienne :
Je ne méconnais pas votre exigence sur la pureté démocratique sinon républicaine !br>
Je ne faisais que réagir par rapport au texte de votre édito …Et je ne pense pas avoir écrit que le capitaine était légitime à définir la direction et à en contrôler la bonne exécution .
J’ai écrit par contre que des capitaines étaient légitimes à proposer des directions et que les citoyens devaient se prononcer par un vote sur les choix offerts. Encore faut-il qu’il y ait choix entre des projets compréhensibles et en prise avec le monde. Une fois le vote exercé, nous n’aurons pas de mal à tomber d’accord pour affirmer que les citoyens doivent garder droit d’intervention si le mandat donné n’est pas honoré. Ce droit est à coup sûr aujourd’hui trop ténu (sauf à manifester dans la rue), et les seuls contre-pouvoirs institutionnels ou syndicaux trop affaiblis. Il n’est sans doute pas acceptable et d’ailleurs improductif qu’il ne puisse s’exercer « légalement » qu’à l’occasion de l’élections suivantes. C’est sans doute ce qui explique l’alternance des votes entre présidentielle, législatives, municipales et régionales, voire européennes.
Comme vous, je revendique le RIP, davantage de proportionnelles, la pétition citoyenne… Les Suisses ont une expérience ancienne, avec ses propres travers, qui pourrait être utilement source d’inspiration. Vous remarquerez que je n’ai pas spontanément évoqué les jurys (ou comités selon les auteurs) citoyens, qui vous sont chers. Comme Blandine Kriegel, j’en redoute les dérapages despotiques plus ou moins réversibles. Ma vie professionnelle et le spectacle de réunions de concertation (urbanisme, grands projets, assemblées de copropriétaires…) me laissent pour l’instant, un peu dubitatif sur les risques d’appeler intérêt général, ce qui le plus ouvent n’était que l’expression de quelques intérêts particuliers, dits plus violemment, ou avec une meilleure maîtrise de la communication et de l’éloquence : ces deux derniers travers ne sont hélas pas l’appanage des capitaines !
C’est donc principalement là ce qui nous distingue : je reste attaché à un système électoral déléguant mandat, corrigé des droits fondamentaux d’intervention citoyenne évoqués plus haut.
Plus fondamentalement encore, je pense que la qualité de la pensée citoyenne tient pralablement à la qualité et l’indépendance de l’information qu’elle reçoit. Avant le jury citoyen, je donnerais priorité à l’obligation constitutionnelle faite à l’État de réserver un fonds, de gestion citoyenne (structure à définir), pour financer toutes études et recherches visant, en particulier et entre autres, à mesurer l’impact a priori et a posteriori, des lois proposées ou votées. Ce serait un bon début d’école citoyenne .
Peut-on compter sur Jacques Lang pour défendre tant de belles idées ?!!!
Cher Juan,
à votre réponse, je sens que j’ai sans doute été trop agressif sans le vouloir ; pardonnez-moi. Dès qu’on m’explique que l’élu, parce qu’il a été élu, est fondé à décider sans nous (jusqu’à la prochaine élection) et à nous dicter sa loi, cela déclenche en moi une révolte intérieure de plus en plus profonde. J’en veux beaucoup aux voleurs de pouvoir, ceux que j’appelle les cratocrates.
Comme vous, je redoute les passions collectives et les bas sentiments de foules en colères. Mais pas au point de renoncer à la participation intense des citoyens à l’action politique dans la cité : les démocrates athéniens avaient le même problème et les mécanismes de responsabilité qu’ils avaient mis au point pour réguler les initiatives étaient sévères et rigoureux, nous pourrions nous en inspirer : par exemple, on ne parlait pas à la légère à l’assemblée ; celui qui avait trompé l’assemblée était sévèrement puni dès qu’on s’en apercevait.
Etienne,
je l’écrivais ce matin dans une autre partie du blog : c’est le moment pour vous de demander à Sarkosy d’être invité à la réflexion sur les institutions aux côtés de Jack Lang :il vous invitera et vous pourrez essayez de faire évoluer la démocratie.
c’est une chance aujourd’hui , ayez le cran de lui écrire , c’est un homme poltique très ouvert : il vous répondra
bon courage
Ce que je préfère retenir d’Athènes (qui n’a pas toujours été exemplaire : on y coupait la tête des porteurs de mauvaises nouvelles !), c’est , de façon plus durable (presque au sens actuel de développement durable), le sens du relatif et de la mesure, le fameux « jamais trop » de Socrate.
Je conçois et je partage la défiance viscérale vis à vis des hommes (et femmes) de pouvoir, un peu comme un paysan, qu’il soit breton, auvergnat, savoyard, picard, laisse venir et contrôle le petit nouveau qui sait tout. Mais recul ne peut être haine, qui bloque tout espoir.
Athènes et Sparte ont laissé le champ libre à Rome, Jérusalem, Venise, Amsterdam, New York et peut être bientôt un centre asiatique.
Mais je suis d’accord que notre pays, à son niveau, a encore des choses à dire à cette foutue espèce. À vous de voir, si comme le suggère Lucien, on peut signer cette contribution, qui règlerait la contradiction entre pouvoir et liberté individuelle, du double nom de Nicolas SARKOZY et de Étienne CHOUARD !
Je note au passage que si le pouvoir c’est le marché plus que les élus, vous rejoindriez dans l’analyse Jacques ATTALI, qui avance , selon moi avec une vision utile , que notre humanité est menacée d’un dérapage ‚tant du marché que de la liberté individuelle (qui se fait caprice sans souci de solidarité). Il trouve des voies de solution dans l’éthique, la gratuité, la responsabilité et le savoir. Je me suis contenté de lui chiper le savoir comme première priorité.
Lucien et Juan, à propos de votre suggestion d’aller expliquer mon point de vue à Nicolas Sarkozy :
Voici l’image que cette idée me suggère : proposeriez-vous à la victime d’un viol, dans la recherche d’une démarche positive et constructive, de se rapprocher de son violeur pour lui expliquer ce qui ne va pas et espérer qu’il comprenne et amende son comportement ?
Voilà ; je crois que l’image de « la victime violée qui va chercher de l’aide auprès de son violeur » correspond bien au décalage que je ressens en lisant votre proposition. Je cherche à sortir de notre servitude, me comprenez-vous ? Je n’aspire pas à aménager ma servitude, je cherche à faire de nos représentants ce qu’il prétendent être : nos serviteurs, les sertviteurs de l’intérêt général.
Et je crois que, structurellement, inévitablement, l’homme au pouvoir est incapable de définir lui-même honnêtement ses propres limites.
Amicalement.
Étienne.
Étienne,
J’attendais votre réponse avec impatience.
Pour sortir de la servitude dans laquelle vous prétendez être, aller dire courageusement aux politiques qu’ils sont les serviteurs de l’intérêt général (leur rappeler) vous honorerait, ce serait dépasser vos propres limites, celles qui fixent un mur entre celui qui agit et celui qui réfléchit à un monde meilleur.
Si les institutions se modifient de l’intérieur, les politiques en place montreront l’exemple, vous pouvez les y amener.
Je vous engage à franchir ce pas, à défendre vos idées dans le système afin de l’améliorer.
Vous considérez être une victime violée au sens figuré, celui qui a commis ce viol souhaite que les institutions soient améliorées, dans le cas présent, à terme, cela peut effacer le viol si vous même vous rentrez dans la réalité.…
Courage Étienne
Chers Juan Nessy et Lucien,
Vos commentaires et suggestions seraient recevables hors de l’histoire récente.
Nous avons connu en 2005, lors du référendum, une impérieuse expression citoyenne pour un changement de cap.
Quelle leçon en ont tiré les politiques ?
Ont-ils pris la peine de créer un débat public national sur cette secousse ?
Malheureusement non, ils n’ont fait que nier et contourner la réalité en espérant que la poussière du temps cache l’évidence.
Si cette énorme expression n’a pas réussi à les infléchir, aucune pétition, aucune commission, [ÉC : et a fortiori aucune initiative individuelle] ne sont à même d’enclencher les réformes que vous souhaitez.
C’est un constat collectif amer pour tous.
Comment en sortir, sinon en changeant les institutions ? Nous n’avons plus de choix : les dernières péripéties électorales n’ont fait que confirmer l’impossibilité de la réforme.
@ Vladimir et Étienne :
je suis sensible à la métaphore du viol qui me semble cependant un peu… impudique vis-à-vis de ceux (et le plus souvent celles) qui ont subi cette négation de l’être.
Nous sommes d’accord sur la nécessité de modification des institutions, voire de notre constitution. Comment y parvient-on ?
* Soit par la négociation (certes avec le « maître » abusif que l’on combat ; avec aussi quelques « grands frères » et alliés),
* soit par le rapport de forces violent . Pourquoi pas, mais encore faut-il avoir un étendard et un projet lisible de nouveau contrat social, capable de mettre en mouvement une part majoritaire de la population, autre, en tous cas pour moi, qu’une minorité, aussi « éclairée » soit-elle, dont l’histoire mondiale nous enseigne qu’elle (la minorité éclairée) n’a de cesse que de reproduire bien vite à son profit, et parfois à son insu, les tares et excès qu’elle souhaitait combattre.
Pour revenir aux grecs : « jamais trop ». Et dieu (ou un autre) sait que c’est exigeant de faire toujours et sans cesse un pas en avant. C’est pour moi la condition de l’efficacité réelle et du respect dû à autrui . On ne va jamais bien loin (ou en tous cas pas longtemps) quand on y va seul .
Pour Sarko, c’était, de mon côté, plus un clin d’oeil qu’une prière, et Étienne CHOUARD sera sans doute plus utile en dehors qu’en dedans de cette commission. Ce qui s’y dira, à défaut de conclusion, ne sera pas sans intérêt. J’espère que ce sera suffisamment public et ouvert pour que ça soit pris un peu au sérieux.
Bonjour
Je lis ces messages, et j’adhère (avec pessimisme) au résumé de Vladimir :
« Si cette énorme expression n’a pas réussi à les infléchir, aucune pétition, aucune commission, [ÉC : et a fortiori aucune initiative individuelle] ne sont à même d’enclencher les réformes que nous souhaitons. »
Je n’ai, bien sûr, pas la solution, mais « l’entrisme » au sein d’un des partis « solides » existant, d’un groupe assez nombreux portant un message clair, pourrait-il (peut être) faire changer les choses ?
Cela veut dire pour moi qu’un groupe (associatif ou parti politique ?) doit être formé préalablement et « justifié » (par de nombreuses adhésions de préférence) avant d’aller apporter son appui à un ou même plusieurs des « marginaux » des grands partis (je pense aussi bien à Mélanchon à gauche, qu’à des gens comme Dupont Aignan à droite), afin d’avoir quelque chose à négocier.
Ce groupe doit, pour réunir assez de monde dans des directions communes, tourner autour de quelques simples messages… un peu comme Attac à ses débuts autour de la « taxe Tobin »… quelques idées auxquelles la majorité de la population puisse adhérer et qu’elle soutienne car de bon sens (i.e ; RIC, vote blanc, chambre du peuple tirée au sort, droit de seigneuriage, etc., à choisir…)
Mais ça voudrait dire aussi s’attendre à avaler de nombreuses couleuvres…
Sinon, il reste ce que nous faisons (débattre et évangéliser), ou la pêche 😉
Bonjour ,
Dans les faits un fatalisme, dans les mots un viol.
Une contradiction due à un manque de confiance en vous, mais aussi à une suspicion qui ne grandit personne et qui vous dessert.
Tant pis pour vous et vos idées.
Vous vous comportez comme les utopistes que critiquaient MARX !
@ AJH :
Si j’aime le débat, je ne suis pas disciple et Étienne, qui n’accepte ni dieu ni maître, comprendra mon refus de me soumettre à la bonne parole d’un maître (fût-il à penser !) Mais je ne crois pas qu’il se prenne pour Jésus Christ !
Je reste assuré que partout là où l’on se trouve, un discours de liberté responsable (je n’envisage pas la liberté autrement, et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne dit pas autre chose en signifiant que la liberté de chacun n’a de frontière que celle des autres), peut trouver un écho si l’enjeu est compris comme assez puissant et porteur d’espérance. Et c’est la somme des petits échos qui parvient parfois à faire un concert assez fort pour s’imposer. Notre hôte est d’ailleurs le témoin de ce qu’un média tel internet peut générer de confluences quand le discours est solide et porteur d’humanité vraie .
Information claire et solide, et liberté d’une communication vaste sont sans doute les clés d’un progrès possible. Et le combat n’est pas toujours aussi manichéen, réduit à un maître et un esclave, qu’on croit. Tout est toujours plus complexe que le maître et l’esclave le pensent.
L’âge et la trivialité du contact quotidien pour motiver et accompagner des équipes assez grandes (41 ans durant), m’ont appris qu’il faut sans cesse convaincre, se remettre en cause soi même, et … rester respectueux et si possible aimable (c’est ce qui est parfois le plus dur !).
Mais c’est vrai aussi que « les personnes âgées aiment à donner de bons conseils pour se consoler de n’être plus en état de donner de mauvais exemples » !
PS : Étienne ayant visiblement des réactions allergiques dès qu’on parle de pouvoir, je lui livre la définition de Tolstoï dans « Guerre et Paix « :
« Le pouvoir n’est que l’expression de plus grande dépendance où l’on se trouve à l’égard d’autrui » (du moins le pouvoir utile. Si ça n’est pas le cas, alors d’accord : à mort le tyran !)
Je ne comprends pas très bien ce que j’ai pu écrire de blessant ou d’étonnant … merci à Lucien et à Juan Nessy de m’expliquer, ce qui me permettra peut être de préciser ensuite ma pensée.
Désolé si j’ai blessé l’un ou l’autre, c’est bien involontaire…
Le plan C, du laboratoire d’idées au laboratoire social : dépasser la posture morale ?
La vie de ce blog, comme de tant d’autres, néanmoins tous uniques, chacun à sa manière, par son architecture comme sa participation, montre que quelque chose est en train de murir.
L’extrême foisonnement et la richesse des multiples sites, citoyens autonomes qui expriment une recherche de cohérence, dans tous les domaines, sont le résultat d’un travail et d’un désir collectif d’aboutir à un projet commun crédible.
Nous sommes en marche, chacun(e) à son rythme, avec sa respiration propre, sa pierre pour l’édifice commun. Il me semble qu’il ne sert à rien de vouloir forcer, précipiter cette élaboration.
La tentation de l’activisme, comme du simple jugement moral, est grande, et tout notre parcours nous incite à forcer les étapes, parce que l’urgence est là, parce que nous nous croyons déjà porteurs de l’embryon de solution et que les schémas anciens nous y précipitent.
Jusqu’ici, l’impatience, les écheances extérieures nous ont poussés à vouloir formaliser sous un drapeau, un sigle, un pôle la diversité, afin d’acquérir un début de reconnaissance.
Il me semble que cette voie tentante est une répétition de plus, une illusion.
Notre identité multiple, en gestation collective, implique d’abord sa propre reconnaissance, la connaissance de nos limites.
C’est en étant autre que ce qui est médiatiquement promu, hors des chemins connus, et des joutes electorales ? que nous serons reconnaissables, crédibles, citoyens égaux parmi d’autres, quelque part notre faiblesse apparente est notre force.
L’injontion forcée à créer de nouvelles organisations à chaque défaite, comme ultime rempart, reflète bien l’impasse subjective, alors que nous sommes bien plus forts et nombreux que ce que l’on s’imagine, victimes de l’intox du système qui nous le distille en continu.
Dépasser le discours, c’est s’investir dans des pratiques qui soient porteuses d’alternatives démocratiques expérimentales : démocratie directe, tirage au sort, rotation des charges, mandats révocables, etc. que nous devons promouvoir au mieux dans les associations, coopératives, syndicats, mouvements, partis ?, ancrés dans le réel, sans chercher à les imposer mais les proposer de manière ludique, non directive, à partir de jeux de rôle, votes, etc.
Et en renvoyant, chaque fois que c’est possible, aux objectifs généraux popularisés par internet et medias alter.
Et les fronts d’intervention ne manquent pas, dès que l’on est capable de s’extirper de l’autisme politicien qui a pollué, divisé des générations.
Avant de nous méfier de nos ennemis, il faut nous méfier de nous-même, de nos schémas idéologiques, hiérarchiques, de nos egos.
À un moment ou un autre, il se produira quasi naturellement un saut qualitatif, une existence collective se structurera de fait, par des activités communes qui parviendront à échapper à tous les pièges que le système nous tend (médiatisation, hiérarchisation, concurrence, etc.).
Nous serons devenus practiciens dialecticiens rebelles irrécupérables, sans ambition de pouvoir et murs pour une participation publique collective, harmonieuse, débarrassée des enfantillages politiciens.
L’intellectuel organique collectif aura fait son boulot, repris et assumé, pillé, décortiqué, trituré, assimilé librement suivant les besoins par la vague transformatrice.
Alors la société rebelle sera à même d’imposer ses propres échéances, et on verra peut-être des référendums “sauvages” apporter la confirmation du bien-fondé de ses objectifs.
Pour ceux qui rejeteraient cela en totalité comme en partie, jugeant cela d’utopisme contre Marx, etc., je réponds chiche… échappons aux “ismes”, changeons de vocabulaire, pas de contenus.
Un exemple parmi d’autres de propositions qui heurtent les schémas établis et suscitent chez certains un rejet instinctif :
Étienne,
une commission va réfléchir sur les améliorations institutionnelles à mettre en oeuvre.
Je vous propose une idée :
simultanément, vous constituez en dehors des pouvoirs une constituante de 100 citoyens ( 50 hommes /50 femmes ) tirés au sort parmi ceux qui, dans un premier temps, veulent réfléchir (vous lancez une inscription sur votre site) : peut-être qu’Étienne Chouard n’y figurerait pas.…
Ces citoyens ne doivent pas avoir de cartes de partis ou de responsabilités politiques.
Vous proposez dix améliorations institutionnelles phares (qui permettent le contrôle efficace des pouvoirs par le Peuple, le contrôle du gouvernement par le parlement, etc.)
Vous rédigez un court rapport accessible à tous et toutes.
Vous le publiez le même jour que le rapport de la commission officielle.
Chiche ?
Amicalement.
Pour donner en partie raison à Étienne et Vladimir quant à leur pessimisme dans la capacité des élus à partager le pouvoir, on peut noter que les évolutions évoquées hier par Sarkozy semblent s’arrêter aux rôles du président et des assemblées.
Pour un gage de prise au sérieux de ce qui monte en France (en particulier si un parti devient presque unique), il est sans doute nécessaire de manifester que LA mesure crédible pour que les citoyens se sentent entendus, c’est le Referendum d’Initiative Populaire. Une deuxième pourrait être le règlement des rapports Médias/pouvoirs politiques et économiques, un peu comme l’avait demandé Bayrou. Une troisième le droit d’évaluation/sanction de l’application des lois.
Capitaine de navire moi-même, je trouve juste et nécesaire de répéter que « comparaison n’est pas raison », et je redoute autant les « raisonnements par analogie » que les « délégations de pouvoir ».
(Vraiment, il y a « similitude » entre « délégation de pouvoir » et attente de réponses fiables d’un « modèle analogique »…)
(Il va de soi que, pour moi, en réalité, la France est le bateau du MEDEF, et son capitaine est « seul maître à bord après Cécilia »… Ramons plus, et surtout faisons descendre ceux qui crient « terre » afin qu’eux aussi rament !)…
Une des « inadéquations » du modèle « bateau », c’est l’Océan lui-même :
Pour le navire dont parle Alain, l’océan demeure une abstraction, mais si on veut comparer avec « la France », il s’agit de prendre en compte aussi « l’océan », et je crois que cet océan c’est « l’Histoire »…
Nos armateurs ont délimité leur propre « histoire », et ils y jouent comme des enfants avec un « modèle réduit », capricieusement, sans prendre en compte « la réalité », celle , immense encore, du « devenir humain » : leur « réalité économique » à eux, elle se limite à des dogmes bien balisés, entre lesquels ils veulent faire « naviguer leur modèle français »… en concurrence avec d’autres « enfants » encore plus « mal élevés »…
Il se trouve que « les revendications de l’équipage » m’ont parfois servi à faire prévaloir face à celles de l’armateur, l’intérêt réel du bateau et surtout de son environnement (l’océan en question).
Mais finalement la comparaison est « vicieuse », car le navire n’existe que pour servir, et on le laisse se perdre corps et bien quand il ne rapporte plus assez pour payer les primes d’assurance.
Tout redeviendrait « valide » dans la comparaison si le but du navire était son propre « devenir » : alors, chaque membre de l’équipage aurait une certaine légitimité à en partager le « commandement ».
Chers tous, en réponse à la proposition de Lucien,
Accord de principe sur une commission citoyenne tirée au sort qui se donne pour tâche de rédiger un projet.
Le tout, c’est de savoir comment ?
Limité à une ville ? (pour des raisons de nécessaires relations physiques),
À partir de volontaires tirés au sort ? Qui s’impliquent comment, à partir de quelle information ?
Ou de manière aléatoire, en utilisant les listes électorales ?
Limitée dans le temps, 6 mois un an ?
Avec quelle disponiblilté ?
À partir de l’ébauche définitive en préparation par Étienne,
plein d’énergie, merci.
Cette proposition avait tout son sens après le Non en 2005, quand c’était chaud, qu’il y avait une attention sociale sur la question.
Nous avons manqué d’initiatives en espérant trop des partis qui avaient déja en tête le schéma de l’échéance des européennes de 2009, et ont évité tout débat pouvant déboucher en épreuve de force, par crainte peut-être du “populisme”. On sait la suite.
Aujourd’hui, c’est plus difficile, mais il faut le tenter, ne serait-ce que pour contrer le “coup d’État”en marche.
Porter la problématique dans les communautés d’action, la seule actuellement (été 2007) à exister : le mouvement des faucheurs volontaires et les collectifs qui le composent.
Dejà un lien web avec leur site serait un début :
http://www.monde-solidaire.org/spip/rubrique.php3?id_rubrique=131
Au pire, on aura une ébauche de projet discuté et élaboré publiquement comme proposition alternative pour 2009.
À moins que l’urgence sociale, activée en partie par la crise et ses conséquences, ne précipite l’opinion à s’emparer de la question.
L’idéal serait que de telles initiatives, même à petite échelle, surgissent dans tous les pays européens, l’Espagne et l’Italie et autres. A‑t-on des nouvelles quelconques de la Hollande ?
Pas trouvé une seule référence sur le net.
Ce n’est pas facile de trouver quoi que ce soit sur l’internet si l’on ne sait point quoi chercher. Évidemment, une fois qu’on sort de la France et de la région Wallonne belge, ce n’est pas en français qu’on trouvera des nouvelles.
Il faudrait d’abord se faire des mots « clefs » de recherche dans les langues respectives, ce qu’on peut faire en consultant les traductions officielles des organismes européens, ou les titres dans les journaux électroniques autour des dates relevantes.
Une fois utilisés ces mots clefs, faudrait-il encore entendre ce qui s’écrit dans les différents sites web, forums, etc. et éventuellement utiliser l’information qui s’y trouve pour suivre des liens vers encore d’autres lieux.
Excusez mon pauvre français, mais ce n’est pas ma langue maternelle 😉 je domine beaucoup mieux le hollandais et l’espagnol.
En hollandais, les mots clefs principaux sont « nieuwe » (nouvelle), « europese » (européenne), et « grondwet » (constitution).
Ça donne déjà beaucoup de liens ou commencer :
http://nl.wikipedia.org/wiki/Verdrag_tot_vaststelling_van_een_Grondwet_voor_Europa
où l’on trouve même un lien vers la traduction en hollandais d’un des articles sur le site d’Étienne.
http://www.grondweteuropa.nl/
http://www.nrc.nl/europa/article693734.ece/Nieuwe_Europese_grondwet_blijkt_lastig_op_te_lossen_puzzel
http://www.europatransparant.nl/
http://www.europa-nu.nl/
http://www.europese-grondwet.nl/
http://www.europeannocampaign.com/51.html
http://www.nederlandineuropa.nl/
http://europa.eu.int/constitution/index_nl.htm
http://www.democratischeuropa.nl/
http://weblogs.nrc.nl/weblog/europa/
http://www.nd.nl/htm/dossier/EUgrondwet/index.htm
http://www.grondwetnee.org/
http://www.wijwillenreferendum.eu/
http://www.attac.nl/
http://www.eurodusnie.nl/
http://eu.startpagina.nl/
http://www.eugrondwet.nl/
http://www.elsevier.nl/nieuws/europese_unie/index/asp/index.html
http://www.eunee.nl/
http://www.democratischeuropa.nl/
http://www.free-europe.org/blog/dutch.php
http://www.libertarian.nl/NL/topics‑9.php#http://www.libertarian.nl/NL/archives/cat_europa_en_de_eu.php
Toutes opinions confondues, je n’ai pas eu le temps de faire mieux.
Je n’ai nullement trouvé mieux que sur votre site, Étienne, mais je suis un privilégié, j’ai quatre langages à ma disposition pour faire la recherche. La plupart des gens n’ont que leur langue maternelle. Et puis une très pauvre maîtrise des possibilités de l’accès à l’internet.
Il faut les aider tant qu’on peut, avant que ça soit trop tard pour tous.
Salut.
Antonio.
Merci beaucoup, Antonio, pour ce travail et toutes ces adresses.
Effectivement, on aura besoin de vous pour les exploiter ;o)
Votre français est excellent :o)
Amicalement.
Étienne.
Excusez cette parenthèse, mais dans la série je musèle tout risque d’opposition, je vous invite à lire le dernier post de Jean Quatremer sur la fin du référendum. L’idée serait de profiter de la réforme constitutionnelle à venir pour supprimer le référendum obligatoire pour l’adhésion de nouveaux membres à l’UE. Le TCE n’était vraiment qu’un symptôme du cancer qui ronge notre démocratie.
Merci Laurent,
Je consulte souvent le blog de Quatremer et j’enrage en silence. Là, avec l’aveu de détestation générale du reférendum par la classe politique, c’est le pompon, je dois reconnaître. Mais si je commençais à y réagir, j’y passerais ma vie, et en vain car les intervenants y semblent le plus souvent assez obtus et surtout très agressifs ; leur aveuglement et leur servilité me surprennent, je trouve qu’ils se trompent sur tout ce qui est essentiel.
Je trouve qu’on se paie de mots, là-bas : il leur suffit de dire, sur le ton de l’évidence incontestable, qu’ »on est en démocratie » — que l’UE institue « les plus hauts standards de la démocratie », même ! :o) — pour penser ensuite à autre chose, la conscience tranquille.
Amicalement.
Étienne.
Étienne,
Je viens de parcourir une fois encore votre blog, les forums, le wiki, la page des liens, etc. C’est vaste, c’est même énorme… d’autant que tout s’y trouve en français.
Ce n’est pas parfait, mais qui peut prétendre la perfection avec les moyens très limités dont on dispose, se dira-t-on. C’est vrai, mais… avons nous réellement évalué où nous en sommes et ce que nous pouvons faire ?
Il y a eu évidemment l’époque pré-référendum français (hollandais, même espagnol) où chacun dans son coin national a fait de son mieux pour contrer les campagnes de propagande dignes de Goebbels déployées par les gouvernements respectifs qui avaient tout intérêt à faire avaler cette pilule amère (du vrai cyanure pour la liberté) aux peuples respectifs. Même l’ordre selon lequel furent organisés ces référendum par les politiciens n’était pas laissé au hasard. Ils savent bien comment s’organiser, avec toute l’information d’eurostat à leur disposition. Le peuple espagnol, avec les deux partis principaux et presque hégémoniques en faveur du Traité et convaincus qu’ils pouvaient parfaitement jouer avec le peu d’envie de ceux-ci de lire un texte si long et difficile (qu’ils eurent en main beaucoup trop tard pour ça, en plus), fut [artèrement] trahi par ses représentants. Le peuple français eut plus de chance, en grande partie grâce à votre initiative et sa popularité inespérée, quoique, aussi, du fait de l’existence de plusieurs partis plus ou moins puissants favorisant le NON, même si c’était pour des raisons bien différentes.
Maintenant, on se trouve dans une étape bien différente…
Les gouvernements ont appris malgré tout qu’on ne pouvait pas faire avaler au peuple cette pilule-là. Si ça n’avait pas été le peuple français, c’eut été le peuple hollandais ou n’importe lequel des autres à l’occasion d’une ratification référendaire par le peuple directement. De plus, chaque référendum raté faisait briller encore plus, si c’était possible, la terrible trahison que représentait chacune des honteuses ratifications parlementaires. On se rendait bien compte du fait qu’ils avaient pondu une constitution pour eux-mêmes sur le dos des peuples.
Alors, ne nous faisons pas d’illusions… ils vont tout faire pour éliminer la nécessité d’une ratification référendaire. Non seulement pour éviter les référendum délayés, mais je crois surtout pour éviter le grand problème de Angela Merkel… Je ne sais pas si le noeud a déjà été tranché ou pas, mais le « Bundesverfassungsgericht », la Cour Constitutionnelle allemande, devait se prononcer sur l’illégalité de la Constitution Européenne du fait que la Constitution Allemande ne tolère pas l’existence de normes au-dessus d’elle… ce qui rendrait la ratification parlementaire de cette Constitution Européenne par le parlement allemand totalement nulle. Alors, ils vont éviter de la nommer Constitution, et essayer de sauver la face, non seulement en évitant les référendum, mais aussi en même temps l’examen public de son articulation avec les différentes normes constitutionelles.
Ceci d’abord en essayant de changer les constitution là où c’est possible… N’oublions pas qu’ils peuvent essayer d’utiliser n’importe quelle modification plus ou moins justifiée de nos Constitutions pour éliminer ou changer, par la porte de derrière et sans faire trop de bruit, les dispositions de celle-ci qui font opposition à l’acceptation de la Constitution Européenne (ou quelque autre nom qu’ils veulent bien lui donner pour nous la faire avaler).
C’est bien Angela Merkel qui est la plus pressée, parceque les sondages d’opinion donnent plus de 90% au NON populaire en Allemagne, et qu’elle est bel et bien obligée d’arriver à quelque chose de concret et contraignant pour l’Allemagne AVANT que cette bombe potentielle du « Bundesverfassungsgericht » ne lui éclate dans la figure et ruine sa carrière politique.
La lutte pour éviter qu’on nous impose des règles, lois, constitutions, etc. au niveau européen qui ne sont pas issues de la souveraineté des peuples et qui, le plus souvent, ont l’intention d’éroder des droits qui sont, eux, bel et bien établis dans les différentes Constitutions nationales, n’est pas seulement française. Du moment qu’il s’agit de nous imposer une norme supra-nationale… nous devons tous nous unir ou collaborer pour utiliser du mieux qu’on peut TOUTES les opportunités de TOUTES les constitutions de TOUS les pays concernés.
Chacune de ses opportunités doit servir à tous pour mettre tout notre potentiel dans la balance… Luttant contre la défaite, mais aussi en faisant toute la publicité que nous pouvons pour que notre injuste défaite, si celle-ci se produit, et tout les trucs qu’ils auront utilisés pour l’obtenir, puissent servir à sensibiliser la population de toute l’Union Européenne afin qu’ils fassent encore plus d’efforts pour l’étape suivante. N’oublions pas qu’il n’y aura pas de Constitution Européenne (ou Traité, ou…) si une seule des 27 nations ne ratifie pas, car l’unanimité est requise.
Notre priorité doit être d’abord de préserver à tout prix les processus de ratification référendaire des pays qui en ont encore un, en restant vigilants et en utilisant toutes les occasions possibles pour conscientiser ces peuples des risques qu’ils courent en perdant ces prérogatives… en faisant connaître toutes les difficultés supportées par ceux qui n’ont pas droit au référendum.
Maintenir la pression et le flux d’information permanent dans toute la Communauté Européenne es essentiel.
Pour cela, il nous faut une stratégie de communication active et complète. Inventive, puisque nous n’avons pas beaucoup de moyens physiques…
Il faut identifier les pièces d’information essentielles pour la stratégie qui correspondent au moment actuel, et les disséminer et les défendre dans toute l’Union. Une synthèse de ce que nous avons ou pouvons obtenir s’impose, car je ne vois pas comment nous pouvons entamer la traduction de tout ce qu’on a dans les autres langues utilisées dans les pays de l’Union (même les non-officielles, car il n’y a pas de peuple non-officiel).
Je pense depuis beaucoup de temps que nous avons besoin d’un site multilingue, mais quand je pense au cauchemar wiki-forum-blog-page résumé-site d’Étienne (en termes de gérance) et je me l’imagine en plus de vingt langues… j’ai bien peur de mourir d’infarctus avant de le voir réalisé.
En plus, l’internet n’est pas suffisant comme stratégie médiatique… Il nous faut impérativement trouver des moyens pour avoir une présence dans des magazines imprimés. La radio et la télé, bien que populaires, ne servent pas pour transmettre des idées EN DÉTAIL et AVEC PROFONDEUR, elles ne sont utiles que pour faire la propagande partisane de ceux qui ont des intérêts à cacher et se servent de la nécessaire brieveté des interventions pour omettre ce qui leur ne convient pas. Étienne sait trop bien qu’il n’a jamais eu le temps nécessaire dans les médias pour fonder ses argumentations.
Si il s’avère impossible d’obtenir de l’espace dans les média corporatifs, il faudra avoir assez d’imagination pour en inventer d’autres. J’ai quelques idées… mais malheureusement pas un sou et moins encore de la compagnie. On peut faire sans sous… mais pas tout seul.
Assez pour aujourd’hui. Je voudrais bien avoir vos opinions à tous.
Antonio.
[email protected]
Bonjour Antonio.
Merci d’être là :o)
Vous avez raison sur le besoin de synthèse et sur la nécessaire approche multilingue. Également sur le fait d’être nombreux.
De mon côté, je sature complètement… Pas moyen d’en faire beaucoup plus pour le moment…
(Ne ratez pas Onfray sur France Culture tous les jours à 19 h)
Amicalement.
Étienne
Aïe, trop tard…
J’ai bien trouvé la retransmission en ligne http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/sommaire/ mais à 19:55h…
Mais j’ai réussi à trouver un enregistrement alternatif que je veux bien partager avec tous :
http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/ONFRAY/ONFRAY20070801.ram
C’est en format Real Media. Pas de problème sur ma boite linux actuelle, mais pas évident pour tout le monde.
En voyant que la codification du fichier se fait par date, j’ai même eu de la chance en mettant celle de la semaine dernière… l’enregistrement est bien la ! Alors, si cette émission était la huitième de 25… les sept autres peuvent bien être la… il suffit de consulter les dates exactes sur un calendrier.
L’émission de la semaine prochaine n’est pas encore là 😉
Ooops… Il n’est pas trop alternatif, l’enregistrement…
… Tout est disponible sur la page d’archives :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/archives.php
SUR LE KRACH FINANCIER : C’EST ICI QUE LE RÊVE CESSE ET QUE LA RÉALITÉ SE FAIT JOUR
LYNDON LAROUCHE 3 août 2007 – 13:22
Au-delà de la crise financière, une analyse politique des limites de la mondialisation :
L’irrémédiable fragilité du système
Qui fixe le cap du navire
En tout cas, c’est pas nous qui laissons faire.
Tandis que certains causent(comme moi!!!), d’autres agissent et agissent puissamment puisqu’ils ratiboisent tout !
Voici repris de chez sity.net
En décembre, Barack Obama a signé la loi NDAA autorisant la détention illimitée et sans jugement des citoyens américains.
Cette possibilité avait été instaurée par le Patriot Act de Bush mais jusqu’ici c’était réservé aux ressortissants étrangers. C’est donc de facto la fin “l’habeas corpus”, droit constitutionnel fondamental de toute démocratie qui garantit à chaque citoyen de ne pas être emprisonné sans jugement.
Cette loi NDAA est une initiative des représentants et sénateurs Républicains qui ont la majorité au Congrès, mais une grande partie des Démocrates l’ont votée aussi. Obama a exprimé son désaccord mais il a quand même signé le décret d’application de la loi et il n’a pas opposé son véto comme il en avait la possibilité.