Citation n°1 : Denis Clerc
« Les banques créent de la monnaie très simplement. Lorsque le titulaire d’un compte obtient un prêt à court terme (moins d’un an), par exemple une avance sur salaire : dans ce cas, la banque inscrit au crédit du bénéficiaire la somme demandée (d’où le terme de crédit). Elle a créé de la monnaie scripturale à partir de rien. Une inscription sur un compte lui a suffit. »
Source : Denis Clerc, « Déchiffrer l’économie », Chapitre 4 La monnaie et le crédit, p. 163.
Citation n°2 : Banque de France
En 1971, la Banque de France éditait un opuscule dénommé « la Monnaie et la Politique monétaire » dans lequel elle précisait : « Les particuliers — même paraît-il certains banquiers — ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l’argent en compte et c’est ce dépôt qui permettrait à la banque de consentir un crédit à un autre client. Les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réalité, car ce sont les crédits qui font les dépôts. » [et pas l’inverse. (ÉC)]
Source : Banque de France, donc pas vraiment des mickeys :o)
Citation n° 3 : Maurice Allais
« Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiements ex nihilo [(à partir de rien (ÉC)], car le détenteur d’un dépôt auprès d’une banque le considère comme une encaisse disponible, alors que, dans le même temps, la banque a prêté la plus grande partie de ce dépôt, qui, redéposée ou non dans une banque, est considérée comme une encaisse disponible par son récipiendaire. À chaque opération de crédit, il y a ainsi duplication monétaire. Au total, le mécanisme de crédit aboutit à une création de monnaie ex nihilo par de simples jeux d’écritures (*).
(*) Ce n’est qu’à partir de la publication en 1911 de l’ouvrage fondamental d’Irving Fisher, The purchasing Power of money, qu’il a été pleinement reconnu que le mécanisme du crédit aboutit à une création de monnaie. »Source : Maurice Allais, « Prix Nobel » de sciences économiques, « La crise monétaire d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires. », Éd. Clément Juglar, 1999, p. 63.
Citation n°4 : Maurice Allais
« Le jugement éthique porté sur le mécanisme du crédit bancaire s’est profondément modifié au cours des siècles. (…) À l’origine, le principe du crédit reposait sur une couverture intégrale des dépôts. (…) Ce n’est que vers le XVII e siècle, avec l’apparition des billets de banque, que les banques abandonnèrent progressivement ce principe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’insu du public » (…) « En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’État s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national. »
Source : Maurice Allais, Prix Nobel d’économie 1988, La réforme monétaire, 1976).
Citation n°5 : Bernard Maris
Création et destruction monétaire
« (…) C’est le principe fondamental de la création monétaire : si je fais un crédit papier de 100 et si je sais qu’une grande partie de ce crédit reviendra chez moi banquier, je peux multiplier le crédit bien au-delà du stock d’or dont je dispose. (…) Le mécanisme est décrit dans l’adage : « les prêts font les dépôts ». Le crédit fait les dépôts, il fait l’argent. Et non l’inverse ! Avis à ceux qui croient que l’épargne fait l’argent. Quel contresens économique !
(…) Mais la vraie garantie de la création monétaire, c’est l’anticipation de l’activité économique, du cycle production consommation. Encore faut-il que cette anticipation soit saine : toute création monétaire saine débouche sur une destruction monétaire équivalente.
(…) Nous percevons mieux la nature de la monnaie : des dettes (des créances sur la banque émettrice) qui circulent. Des dettes qui, si elles sont saines, doivent, par l’activité économique, provoquer leur remboursement. Aujourd’hui, la monnaie est détachée de tout support matériel, on peut en créer à l’infini. »Source : Bernard Maris, professeur d’université en France et aux États-Unis, « Anti-manuel d’économie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 219.
Citation n°6 : Bernard Maris
Le déni d’existence
« Longtemps, les économistes ont négligé l’argent. Les économistes libéraux, orthodoxes s’entend. Encore aujourd’hui, nombre d’économistes considèrent que l’argent, la monnaie, ne sont pas des questions en soi. La monnaie est neutre. Elle n’a pas d’incidence sur l’économie réelle (souligner dix fois), l’économie véritable, profonde, celle qui parle des produits, des services, de l’emploi, des prix.
Il y a deux aspects de l’économie, disent les grands économistes classiques, Ricardo, Say, Smith, Malthus, et après eux les grands monétaristes, Friedman, Patinkin, Lucas aujourd’hui : 1) l’économie d’échange, où les produits s’échangent contre les produits, le travail contre des biens, par exemple, et, à côté, la monnaie. Elle est en plus. Elle vient définir le niveau des prix, mais ça n’a pas d’incidence fondamentale sur le fonctionnement de la production, du commerce, et sur l’emploi. Cela paraît extravagant, mais c’est comme ça ! Aujourd’hui encore, en 2003, on enseigne dans les universités la « théorie du cycle réel », Real Business Cycle, qui s’efforce d’expliquer les fluctuations cycliques des économies par les goûts des consommateurs, le progrès technique, en supposant que l’argent n’existe pas. (…)
Même les autoproclamés monétaristes, comme le prix Nobel Milton Friedman, ont échafaudé leur scolastique pour annihiler la monnaie, pour démontrer qu’elle n’avait pas d’influence sur le réel, sur la réalité des productions et des échanges, mais simplement sur les prix. Cette conception aberrante de la neutralité de la monnaie ne mériterait-elle pas, pour elle seule, qu’on rejette la théorie orthodoxe aux poubelles des stupidités idéologiques ? Oui, mais il faut comprendre ce que cache ce rejet systématique de la monnaie.
(…)
Pourquoi les économistes classiques, néoclassiques, orthodoxes, monétaristes, nient-ils l’argent ? Parce qu’ils nient le pouvoir de l’émetteur, le pouvoir du seigneur, le seigneuriage, ils nient la politique, gravée sur le denier par l’effigie de César, et au-delà, [ils nient] tout ce que l’argent contient de « sociétal » (…)
Ricardo et les classiques considéraient que le travail mesure la valeur des choses. Dès lors, il est clair que la valeur relative des objets et des services s’exprime en termes de travail : s’il faut deux fois plus d’heures de travail pour produire une table qu’une chaise, une table vaut deux chaises. On peut tout mesurer dans l’économie à partir des chaises, tout exprimer en termes du numéraire « chaise », les voitures comme les services d’avocat. L’économie montre les échanges d’objets et de services contre des objets et des services, chacun valant une certaine quantité de travail.
Alors, à quoi sert la monnaie, les pièces d’or ? À rien, si ce n’est à faciliter les échanges. « La monnaie est un voile posé sur les échanges » disaient les classiques, une sorte de fluide ou d’éther qui facilite la circulation des choses mais qui ne leur donne aucune valeur, et qui elle-même n’en a aucune. La valeur de l’or est la quantité de travail nécessaire à produire l’or. Certes, l’or est plus facile à manipuler que les chaises pour l’échange. Mais on aurait pu prendre des coquillages ou des cigarettes comme unité de monnaie.
Supposons qu’une pièce de 1 euro circule 10 fois en une journée entre les consommateurs. 10 est la vitesse de rotation de la monnaie, soit V. Supposons que le prix P des objets échangés soit de 2, et que 500 objets soient échangés. La valeur des échanges de la journée est donc 2 x 500 = 1000. Combien faut-il de pièces de monnaie de 1 euro, M, pour permettre les échanges ? Il en faut 100, car 100 pièces qui circulent 10 fois permettent de réaliser 1000 euros d’échanges. On obtient donc une relation comptable, une tautologie, que l’on va baptiser « équation monétaire » : MV=PQ.
Cette équation résume toute la théorie monétaire. Elle dit : la monnaie, multipliée par sa vitesse de circulation, est égale au niveau général des prix multiplié par le volume des transactions. Elle valut un prix Nobel à Milton Friedman. La monnaie fixe le niveau général des prix. Plus il y a de monnaie en circulation, plus les prix augmentent. Mais l’économie réelle, elle, ne bouge pas. La monnaie détermine seulement l’inflation : 10% de hausse de monnaie en volume conduira à 10% de hausse de prix, c’est mécanique. D’une équation comptable, on a fait une théorie niant l’impact de la monnaie sur l’économie. Tout se passe comme s’il y avait deux secteurs dans l’économie : le secteur réel, les entreprises, les usines, le travail, les consommateurs, et le secteur monétaire, une banque qui injecte de la monnaie et qui fixe les prix.
Petit aparté : toute la conception européenne de la Banque centrale, indépendante du pouvoir politique et interdite de recevoir des ordres des gouvernements, tient à la « neutralité » de la monnaie. La Banque centrale est là pour maintenir la valeur de la monnaie, éviter qu’il y ait trop d’inflation. Ne pas trop donner de monnaie revient donc à faire des économies, car plus il y a de monnaie, plus les prix augmentent. Cette obsession de la monnaie rare et forte relève de la neutralité, de la théorie classique (Ricardo, Friedman).
Ordre des débiteurs et ordre des créanciers
Mais pourquoi faut-il que l’argent soit rare ? Nous retrouvons ici notre vieil ami, le problème économique, le problème de la rareté. Partout, les économistes promeuvent la rareté. L’argent rare sera cher, surévalué peut-être même. Qui a de l’argent ? Les riches, les épargnants, ceux qui ont pu accumuler ou hériter. Si le taux d’intérêt est élevé, le taux d’intérêt étant le prix de l’argent, l’argent est demandé, il s’évalue. Le capital est rare et cher. Les créanciers, les détenteurs d’argent, sont contents, tout comme les prêteurs et les rentiers sont contents. Les rentiers dont les loyers des maisons sont élevés. Les créanciers ont une certaine vision de l’ordre économique.
Qui sont ces créanciers ? Des personnes riches, âgées. À qui prêtent-ils ? À des personnes sans argent, des locataires ou des entrepreneurs, qui empruntent pour leur entreprise. Ce sont des débiteurs. Ils préfèrent que l’argent soit bon marché, et même qu’il se dévalue. L’inflation ruine les créanciers et enrichit les débiteurs. Un emprunteur, si la hausse des prix est constante, et si son salaire suit cette montée, rembourse de moins en moins. Alors que les salariés et les entrepreneurs sont contre l’argent cher, les épargnants et les rentiers sont pour. Lorsqu’une activité est endettée et ne peut plus rembourser ses dettes par son activité, soit on la maintient sous perfusion en lui donnant d’autres crédits sans contrepartie, puisqu’il n’y aura pas de sa part création de richesses matérielles, soit on lui dit : « Fini ! Vous remboursez ! » Si elle ne rembourse pas, elle est mise en faillite, et avec la faillite s’opère un redéploiement de la propriété industrielle (ce que Schumpeter appelait la destruction créatrice) : l’ordre des créanciers décide de ce redéploiement. Plus de textile en France. Plus d’acier de basse qualité. En échange, se développent des services, des logiciels…
L’ordre des débiteurs, l’ordre économique du point de vue des débiteurs, est radicalement opposé à celui des créanciers. L’antagonisme débiteur-créancier est total : ce qui profite à l’un nuit à l’autre. La lutte des débiteurs et des créanciers, terrible, occulte, est une lutte pour la définition de la propriété industrielle : dans quels secteurs les entrepreneurs sont-ils autorisés à travailler par l’ordre des créanciers ? Ils peuvent se tourner vers Internet, par exemple, ce qui a créé une bulle énorme et un endettement terrible des entreprises comme Vivendi ou France Telecom. L’histoire économique est faite de ces affrontements. En 1976 en France, le ministre Raymond Barre prend une décision historique : il décide que l’État paiera les intérêts de sa dette au-delà du taux d’inflation. Il dit : « Je place l’État au service des créanciers, des épargnants. Finie l’inflation qui érode le capital. Vive les rentiers ! » Fini l’ordre des salariés et des entrepreneurs, finies les Trente Glorieuses, la monnaie se renforce, le chômage augmente, les salaires stagnent, la rente réapparaît. Dix ans plus tard, en 2003, le partage du produit national s’est fait au profit des créanciers : 10% du PIB a basculé du côté du profit et de la rente. (…) La mondialisation, d’une certaine manière, est un basculement de l’économie au profit des créanciers, des boursiers, des rentiers, des financiers. »Source : Bernard Maris, « Anti-manuel d’économie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 206 s.
Citation n°7 : Bernard Maris
La Banque de France
« La Banque de France était à l’origine une banque privée, dotée d’une assemblée ou d’un conseil de deux cents gros actionnaires. Ces deux cents actionnaires les plus puissants de la place de Paris ont donné naissance au mythe des « deux cents familles », les deux cents familles bourgeoises contrôlant l’argent en France et cimentant le « mur de l’argent », ce mûr contre lequel se heurtaient les gouvernements progressistes. Les régents de la Banque de France étaient recrutés dans les deux cents familles, les Mallet, Vernes, Rothschild, Hottinger, Wendel. La loi de Germinal an XI définissait la parité du franc par rapport à deux métaux, l’or et l’argent, la Banque de France devant, statutairement, garantir la solidité du franc, en contrôlant le volume de la création monétaire. En gros, la Banque suivait le principe du « tiers » : le crédit consenti à l’économie était égal à trois fois les réserves d’or et d’argent contenues dans les caisses. C’était une gestion prudente, et le franc germinal se révéla le plus solide de toutes les monnaies, résistant le dernier à la crise de 1929 et restant convertible en or jusqu’en 1926, alors que la livre, le dollar, le mark étaient depuis longtemps inconvertibles. (Déjà politique du franc ultra fort, déflationniste, qui fit dire à Keynes que « les français étaient des paysans assis sur leur tas d’or ».)
Mais les banquiers et les industriels du conseil de la Banque de France, contrôlant le crédit, contrôlaient d’une certaine manière la politique de la France. Ainsi l’État s’était ruiné après la guerre de 14. Les dépenses de reconstruction étaient importantes. Le chômage menaçait. La politique coloniale était coûteuse. Les dépenses à caractère social pointaient leur nez, l’éducation coûtait cher. En 1924, arrive au pouvoir le Cartel des gauches, qui demande des avances à la Banque de France pour boucler son budget. Une avance de la Banque de France à l’État, autrement dit au Trésor, se traduit dans le langage populaire par : « faire marcher la planche à billets ». Moreau, le régent de la Banque de France refuse. Herriot le radical, Président du Conseil, démissionne ! La Banque de France a fait chuter le gouvernement ! La gauche s’est fracassée sur le mur de l’argent !
En 1934, Pierre Laval, chef du gouvernement, et surtout Léon Blum, Président du conseil, en 1936, du gouvernement du Front Populaire, soumettent la Banque de France à la tutelle publique. Vincent Auriol, ministre des Finances du Front déclare : « Les banques je les ferme, les banquiers je les enferme ! » Il décrète le franc inconvertible. Les régents de la Banque de France, transformés en gouverneurs, et des sous-gouverneurs sont nommés par l’État. En 1945, le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, nationalise la Banque de France : c’est fini. En même temps, les trois grandes banques de dépôt, le Crédit Lyonnais, le Comptoir national d’escompte de Paris (CNEP) et la Banque nationale pour le commerce et l’industrie (BNCI) sont nationalisées. Le crédit est sous tutelle publique. L’État a recouvré son autorité sur la monnaie, ce qui ne durera pas.
Retour de la création monétaire au privé
1945–1993 : presque un demi siècle de tutelle publique. En fait, l’État cesse de contrôler le crédit en 1983, lorsque le gouvernement socialiste décide d’arrimer le franc au mark, monnaie forte, de stabiliser la France dans l’Europe, et de laisser le contrôle du crédit et de l’émission monétaire (à nouveau !) à la Banque de France. L’État a donc contrôlé le crédit de 1934 à 1983, pendant cinquante ans.
En 1993, l’État prend acte de l’indépendance de la Banque de France par la loi de décembre. Désormais, le gouverneur est nommé mais ne peut plus être « démissionné » par l’État. Il est interdit à la Banque de France de financer le déficit du budget de l’État, autrement dit de faire marcher « la planche à billets ». Si l’État a besoin de sous, qu’il les emprunte et qu’il les rembourse ! Les nouveaux statuts de la Banque interdisent aux membres de son conseil (art. 1) « de solliciter ou d’accepter d’instruction du gouvernement ou de toute personne ». Et voilà. Le pouvoir politique est soumis. La dictature des rentiers a triomphé.
Les statuts de la Banque de France, calqués (et « aggravés » en quelque sorte) sur ceux de la Bundesbank, gardienne du temple de la monnaie forte, seront copiés par la Banque centrale européenne. L’ordre des créanciers règne en Europe.
Aux États-Unis, c’est l’inverse. La Banque fédérale de réserve est responsable devant le Congrès. La planche à billets fonctionne toujours. Le statut d’hyper puissance permet aux États-Unis d’accaparer, chaque année, les deux tiers de l’épargne nouvelle dans le monde, essentiellement en provenance de l’Europe et du Japon. Les États-Unis, souverains du monde, fonctionnent selon le principe régalien de la création monétaire.
Voilà une question essentielle d’économiste : qui fabrique l’argent qui nous fait vivre ? Au profit de qui ? Pour quelles activités ? De 1945 à 1976, l’État fabrique l’argent au profit de la reconstruction, puis de la croissance. Et puis, après cette très brève parenthèse du capitalisme, le privé reprend ses droits. »
Source : Bernard Maris, « Anti-manuel d’économie », éd. Bréal, oct. 2003, p. 221 s.
On comprend avec ce dernier extrait que rien n’est inéluctable et que la lutte politique permet de progresser.
Si vous avez des infos complémentaires sur ce scandale du hara-kiri monétaire accepté discrètement par les politiciens de métier, vous êtes bien sûr les bienvenus :o)
Étienne.
Excellent plaidoyer et claire démonstration. Nous essayons de notre coté d’amener aussi à cette prise de conscience sur http://www.fauxmonnayeurs.org/ et par exemple sur http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=La+v%C3%A9rit%C3%A9+sur+la+dette et http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=DettePublique d’où j’extrait :
» Sans vouloir remonter plus en amont que 1980, à cette époque la dette de l’Etat (français) était de 206 milliards d’euros (en valeur « euro 2004 »). Si on considère les intérêts moyens à 5% sur la période 1980 à 2004, un calcul à partir des valeurs annuelles de la dette nous montre que si nous n’avions pas eu à emprunter cette monnaie sur un marché monétaire (donc à payer des intérêts) la dette cumulée ne serait que d’environ 417 milliards d’euros à fin 2004 (au lieu de 1067 milliards d’euros).
Pour résumer, entre 1980 et 2004 la dette a augmenté de 861 milliards d’euros, lesquels sont répartis en 211 milliards d’euros de nouveau capital emprunté et 650 milliards d’euros d’intérêts. Les prêteurs nous ont donc collectivement « ponctionné » de 650 milliards d’euros et c’est un transfert de richesse de la collectivité vers des « particuliers » , vers ceux qui sont déjà les plus riches. »
Ceci amène à se poser au moins une question : comment faire pour ce sortir de ce « piège » ? Car ne nous faisons pas d’illusion : rembourser plus de 1000 milliards d’euros, si nous voulions le faire sur 20 ans, sous-entend qu’il faudrait chaque année « trouver » 50 milliards + les intérêts, soit, si la moyenne de la dette est à 5% (pour simplifier), 100 milliard dès la première année… C’est presque 30% des recettes de la Nation, c’est autant que nous ne pourrons pas investir dans les équipements (d’utilité) publics, dans le bien-être de l’ensemble de la population, sans même parler du fonctionnement de l’État…
Ceci dit, nous ne sommes pas les seuls : dans la zone euro, la dette publique moyenne est de 69% du PIB, et dix États membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60 % du PIB en 2006 : l’Italie (106,8 %), la Grèce (104,6 %), la Belgique (89,1 %), l’Allemagne (67,9 %), Malte (66,5 %), la Hongrie (66,0 %), Chypre (65,3 %), le Portugal (64,7 %), la France (63,9 %), et l’Autriche (62,2 %).
Bonjour,
En vérité, si l’État pouvait auparavant emprunter à la Banque de France pour financer son déficit, il devait rembourser cet emprunt, intérêt et capital. C’est pourquoi je ne comprends pas cette expression : ‘faire marcher la planche à billets’ appliquée à un politique budgétaire.
Je crois que ‘faire marcher la planche à billets’, c’était émettre une quantité de monnaie telle (supérieure aux besoins de l’économie) qu’elle entretenait l’inflation et diminuait la valeur des dettes (de tout le monde, et pas seulement de l’État).
Je peux me tromper, car les problèmes monétaires sont complexes, et je suis d’accord avec Étienne qu’on ne leur accorde pas assez d’importance.
Ne pas perdre de vue aussi que la BCE a le moyen de contrôler l’émission de monnaie des banques privées par sa politique de ré-escompte (prêteur en dernier recours). Ce qui rend encore plus nécessaire son contrôle par le pouvoir politique…
Merci de continuer sur ce site ce travail de réflexion et d’échanges tellement nécessaire.
Jacques.
Re-bonjour,
Suite du message précedent.
La situation pré-Maastricht ne me paraît pas tellement plus avantageuse que celle d’aujourd’hui pour le budget de l’État.
Pour financer le déficit budgétaire, il empruntait déjà auprès du secteur privé : emprunts d’État (type Pinay, indexé sur l’or, un vrai hold-up des contribuables au profit des épargnants), bons du Trésor à moyen et court terme (6 mois à 5 ans) souscrits par les particuliers (bons sur formules) et les banques privées et nationalisées (bons sur comptes courant).
Il me semble que les emprunts auprès de la Banque de France servaient, eux, à régler les problèmes de trésorerie de l’État, c’est-à-dire le décalage dans le temps entre les recettes et les dépenses. C’était donc du court terme. Mais cela coûte cher néammoins, d’où l’intérêt de mensualiser les impôts, qui subsiste bien sûr aujourd’hui.
L’intérêt de l’État à contrôler la Banque Centrale, du point de vue de la dette publique, est de maintenir des taux d’intérêt aussi bas que possible.
Jacques.
Re-suite, pour rectifier le message précédent.
Il s’agissait bien sûr de ‘…bons du Trésor à moyen et LONG terme…’. Vous aviez rectifié de vous-même. On ne se relit jamais assez.
Le financement à moyen et long terme du déficit budgétaire (différence entre ressources et dépenses, qui, cumulée, constitue ce qu’on appelle la dette publique) est une question financière qui pompe de l’épargne (les banques servant d’intermédiaire), avant tout concernée par le niveau des taux d’intérêt.
Le financement à court terme de la trésorerie (décalage dans le temps entre ressources et dépenses, même pour un budget en équilibre) est une question monétaire, le recours au système bancaire par des crédits à court terme conduisant alors à une création monétaire.
Merci de me corriger si vous voyez les choses autrement.
Jacques
Re-re-suite.
Le déficit budgétaire n’est pas anormal s’il sert à financer des INVESTISSEMENTS, c’est-à-dire des immobilisations qui produiront des effets dans l’avenir (universités, routes, hôpitaux, etc.). Comme fait une entreprise ou un particulier.
Ce qui peut choquer aujourd’hui, c’est que le déficit est supérieur aux investissements de l’État (les chiffres sont faciles à trouver). Il sert donc à financer une partie du FONCTIONNEMENT. Cela ne peut se justifier que dans une situation où on doit faire face à des charges exceptionnelles (guerre par ex.) ou pour effectuer une relance de l’économie par la demande publique (politique keynésienne).
Cette situation ne doit pas durer trop longtemps car elle provoque bien sûr un transfert de richesses (paiement de la dette) des contribuables vers les prêteurs (donc de tous vers les plus riches).
Une bonne inflation permet alors de s’en sortir, d’où l’intérêt du contrôle de la création monétaire par le pouvoir politique… Mais l’inflation peut aussi être un fléau, voir l’Allemagne des années 20.
Jacques
Jacques écrit « Ce qui peut choquer aujourd’hui, c’est que le déficit est supérieur aux investissements de l’État (les chiffres sont faciles à trouver). Il sert donc à financer une partie du FONCTIONNEMENT. »
Je n’ai pas, pour ma part, la même lecture : il me semble au contraire que le déficit est inférieur aux investissements. Sur quels chiffres (faciles à trouver 🙂 ) vous basez-vous ?
Re…
Je précise à Jacques que je suis bien évidemment d’accord avec son affirmation » Le déficit budgétaire n’est pas anormal s’il sert à financer des INVESTISSEMENTS, c’est-à-dire des immobilisations qui produiront des effets dans l’avenir (universités, routes, hôpitaux, etc.). Comme fait une entreprise ou un particulier. »
Mais la base de la discussion reste : est ce « normal » que, nous tous, devions emprunter aux banques privées une monnaie payante qu’elles ont obtenu le droit de créer par ce qu’il faut bien appeler un privilège ?
Les chiffres :
Par exemple, à la documentation française, projet de loi de finances 2005 :
Soit un total des investissements : 16,8+15,2= 32 milliards d’euros.
Dans le cas de 2005, le déficit finançait 44,9−32=12,9 milliards de fonctionnement (subventions, salaires et retraites des fonctionnaires, remboursement de la dette, entretien des bâtiments, versements aux collectivités locales, énergie, loyers, etc.).
Comme j’expliquais plus haut, le financement du déficit budgétaire se fait par appel à l’épargne (obligations publiques que l’on trouve dans les fonds de placements, assurances-vie, etc.), et pas par création monétaire (à mon humble avis).
C’est le financement de la trésorerie (à court terme) qui provoque de la création monétaire.
De toute façon, quand on emprunte, il me paraît honnête de rembourser, à condition que le taux d’intérêt soit raisonnable (ils sont plutôt bas en ce moment). Sinon, la confiance disparaît.
La correction des injustices et inégalités doit plutôt se faire par une répartition plus juste des bénéfices, une politique fiscale de redistribution, des services publics efficaces, etc.
@ Jacques
Pour ma part je trouve dans le tableau de l’INSEE http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=162
(Formation Brute de Capital Fixe par secteur institutionnel) les administrations publiques pour 55,4 G€
Pour les autres lecteurs, « La formation brute de capital fixe (FBCF) est constituée par les acquisitions moins cessions d’actifs fixes »
Il va falloir comprendre où l’une de nos données est erronée.
Jacques écrit :
» Comme j’expliquais plus haut, le financement du déficit budgétaire se fait par appel à l’épargne (obligations publiques que l’on trouve dans les fonds de placements, assurances-vie, etc.), et pas par création monétaire (à mon humble avis). C’est le financement de la trésorerie (à court terme) qui provoque de la création monétaire. »
Je voudrais seulement faire remarquer que « à l’origine » cette monnaie épargnée (par les prêteurs, qui sont évidemment déjà les plus riches) est nécessairement issue d’une création monétaire (pour 93% de M3 pour être précis, puisque dans la masse monétaire nous ne trouvons que 7% de monnaie centrale), laquelle est toujours « payante » puisque émise par le système bancaire privé.
Ceci précisé, d’accord avec » La correction des injustices et inégalités doit plutôt se faire par une répartition plus juste des bénéfices, une politique fiscale de redistribution, des services publics efficaces, etc. »… mais ca n’a à mon sens rien à voir initialement avec le sujet que développe Étienne qui est celui du financement de l’équipement public… c’est « en plus ».
Je trouve qu’on a eu hier soir lors du débat Sarko-Sego de bons exemples (de bonnes propositions économiques) de ce que nous pouvons faire dans le système actuel avec les propositions de Sarko et de bons exemples de ce que nous pourrions faire (relance keynésienne) dans un système où la monnaie serait une monnaie d’Etat, avec le programme de Ségo… mais ce n’est que mon avis, évidemment…
Je vous le dis, la dette « plombe » notre développement car elle nous interdit de nous équiper sans devoir trop tenir compte des « rentabilités » immédiates (ex : un grand programme national d’isolation thermique qui n’aurait pas de rentabilité immédiate, mais une forte rentabilité à long terme le jour où le prix de l’énergie doublera ou triplera … et ce n’est qu’un exemple…)
Bonjour,
Sur les chiffres du déficit : le terme ‘administrations publiques’ est plus large que l’État, il recouvre aussi les collectivités locales (régions, départements, communes), établissements publics, etc., ce qui explique le montant plus élévé des investissements. Nous sommes là dans le domaine de la comptabilité nationale, pas du budget de l’État. Les collectivités locales, elles, n’ont pas le droit de voter un budget en déséquilibre. C’est ce que Bayrou voudrait pour l’État, et nous avons vu que c’est stupide car le déficit de l’État est utile pour gérer des situations exceptionnelles.
Il ne faut pas non plus confondre épargne et création monétaire. Quand j’achète une action ou une obligation avec mon salaire déposé sur mon compte à vue, j’utilise de la monnaie qui existe déjà, il n’y a pas création monétaire. Il pourrait y avoir création monétaire si j’achetais cette action à crédit, avec de l’argent prêté par la banque (ce que pratiquent les spéculateurs).
Bien sûr, je suis favorable à une reprise du contrôle de la BCE par le pouvoir politique (par principe démocratique), car si elle est aujourd’hui indépendante du pouvoir politique, elle ne l’est pas des lobbies financiers.
Bonjour
Comme je n’ai pas accès à « la documentation française » sur internet, il m’est difficile de « discuter » de vos chiffres.
Néanmoins, puisque d’une part les collectivités locales doivent avoir un budget en équilibre et que, d’autre part, les transferts du budget de l’État vers ces mêmes collectivités représente 49,5 G€, il me semble naturel de penser que, sur ce montant, il y a une partie d’investissement qui rentre dans la « FBCF des administrations publiques », et pourquoi pas 23,4 G€ pour « expliquer » la différence entre « votre » chiffre de 32 G€ et « le mien » de 55,4 G€ ?
Pour le second point : comme un épargnant ne peut prêter (achat d’obligations ou de bons du trésor) que de la monnaie initialement émise (93%) par le système bancaire, même s’il l’a effectivement épargnée, on retrouvera ce « besoin » des banques commerciales de percevoir un intérêt sur la monnaie créée. Il faut éviter de faire des arrêts sur image lorsqu’on parle de monnaie et regarder quel est le circuit global d’une masse monétaire, entre son émission, son utilisation et son remboursement à l’émetteur (assortie dans notre cas d’intérêts qui ne peuvent être issus, globalement, que d’une autre émission monétaire, d’où qu’elle vienne, mais non pas d’une quelconque épargne ou production de richesse)
En attendant un système monétaire redevenu régalien (système que j’appelle de mes voeux), d’accord avec vous que, pour le moins, la BCE doit être contrôlée par le pouvoir politique (qui doit donc pouvoir lui donner des ordres).
Encore des chiffres :
À l’adresse suivante : http://www.budget2007.gouv.fr/dossier_presse/chiffrescles2007.pdf,
vous trouverez les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2007.
Les investissements sont faibles : 13 milliards d’euros, pour un déficit de 41 milliards (foin des décimales).
Je ne me souviens pas que ce faible niveau des investissements ait donné lieu à un vrai débat démocratique… À quoi sert la LOLF ? On a préféré baisser l’impôt sur le revenu…
En tout cas, plus que jamais, le déficit finance des dépenses de fonctionnement et des subventions, et il est dû plus à une faiblesse des recettes qu’à un excès de dépenses.
Quand mon employeur me paye mon salaire, son compte est débité en même temps que le mien est crédité. La quantité de monnaie en circulation n’a pas augmenté. Il n’y a création de monnaie que s’il me paye avec un crédit, et cette création est à rattacher à l’opération de crédit, pas à la paye.
Il y a création de monnaie s’il y a création de liquidités (billets et écritures) sans contrepartie, généralement sous forme de crédit.
@Jacques
Rien à rajouter pour le premier message de 14 h 07.
En ce qui concerne le second, l’affirmation » Quand mon employeur me paye mon salaire, son compte est débité en même temps que le mien est crédité. La quantité de monnaie en circulation n’a pas augmenté. » est évidemment exacte.… mais cette monnaie a bien une origine , et cette origine est soit une émission de la BCE (pour 7%), soit une émission des fabriquants de crédits (pour 93% de la masse monétaire en circulation), crédits qui, déposés sur un compte, deviendront « de la monnaie » qui va passer de comptes à d’autres et aboutir sur celui de l’employeur qui va payer son salarié (ou actionnaires, etc) qui en épargnera une partie pour enfin le prêter à l’Etat (ou à d’autres emprunteurs)…
Pourquoi donc ne pas simplifier ce circuit qui enrichit le système privé par des prélèvements collectifs, et dire simplement que l’Etat est autorisé à se prêter à lui même… donc à émettre la monnaie dont il a besoin (pour l’équipement collectif, c‑à-d l’augmentation de la « valeur France »)…
« Fragments Diffusion »
le site de Janpier Dutrieux
http://fragments-diffusion.chez-alice.fr/
« Site dédié à la promotion d’une économie créditrice, dans le cadre de la pensée fédéraliste.
Il propose une réforme financière ayant pour objet de rendre le crédit social et de repenser la distribution des revenus, au service de l’homme, de l’humanité et de leurs corps intermédiaires »
On y trouve ces perles extraordinaires, à méditer et à diffuser largement :
« Dans le cas de la création monétaire l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie… Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fit cette émission ».
David Ricardo, Principes d’économie politique.
« La puissance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l’autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. (…) Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s’ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d’argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu’à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite. »
Abraham Lincoln.
« Qu’est-ce que le crédit, sinon le simple pouvoir d’acheter en échange d’une promesse de payer ? La fonction d’une banque ou d’un banquier est d’acheter des dettes avec des promesses à payer.… La pratique seule du crédit amène ainsi par l’abus qu’on est porté à en faire, aux crises commerciales.… Le crédit est le principal moteur, il donne l’impulsion ; c’est lui qui, par la signature d’un simple effet de commerce, d’une lettre de change, donne une puissance d’achat qui parait illimitée. »
Clément Juglar, Les crises commerciales.
« Le fait de faire revivre maintenant l’ancien système de couverture intégrale des dépôts (…) empêcherait effectivement l’inflation et la déflation suscitées par notre système actuel, c’est-à-dire stopperait effectivement la création et la destruction irresponsables de monnaie par nos milliers de banques commerciales qui agissent aujourd’hui comme autant d’instituts privés d’émission (…) ».
Irving Fisher, 100 % money.
L’essence du plan 100 % monnaie est de rendre la monnaie indépendante des prêts, c’est-à-dire de séparer le processus de création et de destruction de monnaie du prêt aux affaires.
« Le jugement éthique porté sur le mécanisme du crédit bancaire s’est profondément modifié au cours des siècles. (…) À l’origine, le principe du crédit reposait sur une couverture intégrale des dépôts. (…) Ce n’est que vers le XVII e siècle, avec l’apparition des billets de banque, que les banques abandonnèrent progressivement ce principe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’insu du public » (…) « En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’Etat s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national »
Maurice Allais, Prix Nobel d’économie 1988, La réforme monétaire 1976.
« Je prétends que, dans la conjoncture actuelle, à condition d’entourer l’opération de garde-fous, l’émission de monnaie ex nihilo par la Banque de France, sans qu’existe aucune créance en contrepartie, est indispensable pour sortir notre économie de son anémie. (…) Il s’agirait de fournir aux ménages un pouvoir d’achat supplémentaire, qui n’alourdisse en rien les coûts de production. (…) Cette monnaie ne pourrait être remise au Trésor, ce que les accords européens interdisent. (…) C’est donc directement aux habitants du territoire français que la monnaie créée devra aller. (…) Le mot capitation désignant un impôt uniforme prélevé par tête d’habitant, l’allocation versée serait une capitation inversée. (…) 1000 ou 2000 frs. seraient versés à toute personne résidente, quel que soient son âge et ses revenus. La Banque (centrale) réserverait le droit de renouveler ou non l’opération si la conjoncture le demande »
Jean-Marcel Jeanneney, Fondateur de l’OFCE, Écoute la France qui gronde – 1995.
« On pourrait avoir une productivité plus grande des secteurs tertiaires, et générer en aval du pouvoir d’achat, si l’on avait plus de demande en amont. Mais la dite demande suppose déjà du pouvoir d’achat. Il faut donc qu’intervienne une demande exogène pour que reprenne la croissance, et que (…) lorsqu’une injection de monnaie de la Banque centrale paraît opportune au Conseil de la Politique Monétaire, que les modalités en soient étudiées entre ce dernier et le Gouvernement, étant entendu qu’elles pourraient viser à stimuler la demande privée aussi bien que la demande publique »
Jacques Méraud, Fondateur du CERC, Le Monde du 5/08/1997 et du 02/09/97.
« Il est aujourd’hui, pour le moins paradoxal de constater que, « lors que pendant des siècles l’Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l’Etat de battre monnaie et le privilège exclusif d’en garder le bénéfice, la République démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce privilège à des intérêts privés » soulignait Maurice Allais, Nobel d’économie 1988 (L’impôt sur le capital et la réforme monétaire, 1976)
(Merci à AJH pour l’info :o)
Je comprends parfaitement, et je la partage, la frustration que ce soit la BCE qui ‘batte monnaie’, au lieu du pouvoir politique.
Mais il faut regarder la vérité : les banques privées ne créent pas LIBREMENT de la monnaie. Elles obéissent à certaines règles : obligation d’un en-cours minimum, contrôle par la BCE par l’intermédiaire du ré-escompte et des taux d’intérêt. La quantité de monnaie créée est fonction de l’activité économique, et du taux d’inflation souhaité.
On reproche d’ailleurs souvent au système bancaire de ne pas créer assez de monnaie, en tolérant une inflation un peu plus élévée, pour soutenir l’activité économique, comme fait la banque centrale des USA.
Si l’Etat (ou un gouvernement européen) faisait le travail de création monétaire à la place du système bancaire, il serait confronté aux mêmes contraintes : trop de monnaie conduit à l’inflation et à des catastrophes (pensez au système de Law).
Si l’Etat émettait lui-même la monnaie, il pourrait ainsi financer ses dettes à court terme, c’est à dire ses problèmes de trésorerie. Il économiserait les intérêts payés pour cela, je suis d’accord. Un autre moyen d’économiser ces intérêts est de diminuer le décalage dans le temps entre recettes et dépenses, en rendant obligatoire la mensualisation des impôts par ex. (d’autres proposent la retenue à la source, mais c’est encore un autre débat).
Mais la dette, ce n’est pas cela, c’est le cumul des déficits budgétaires, qui sont financés par de l’EPARGNE, ce que vous et moi avons mis de côté, sans création monétaire. Regardons la définition de la masse monétaire (M1, M2, M3): elle ne comprend que des dettes à COURT terme. Si on finançait le déficit budgétaire par de l’émission monétaire (qu’elle soit faite par l’Etat ou par le système bancaire), on arriverait très vite à un excès de liquidités et à une grave crise monétaire, la monnaie perdrait de sa valeur, les épargnants seraient ruinés, etc.
Dans l’histoire, il est souvent arrivé que le pouvoir politique baisse la valeur de la monnaie pour diminuer ses dettes. Mais c’était évidemment aux dépens de ceux qui détenaient cette monnaie. C’était une forme de vol. On peut penser que c’était bien fait pour les riches qui avaient accumulé un bas de laine : l’intérêt général passant avant les intérêts particuliers, un juste retour des choses si on pense comme Proudhon que ‘la propriété, c’est le vol’ . Mais il faut appeler un chat un chat.
La création monétaire, pour être saine, doit correspondre à une création de richesses réelles, au moins en partie.
Monsieur Chouard,
que pensez-vous de cette analyse ?
http://www.koztoujours.fr/?p=289
Jacques écrit » La création monétaire, pour être saine, doit correspondre à une création de richesses réelles, au moins en partie. »
Je serais assez d’accord avec le « doit » … mais en est-il ainsi alors que, depuis 6 ans, dans la zone euro, la masse monétaire a augmenté de 9,4% par an (58% entre le 1er janvier 2001 et le 1er janvier 2007, précisément de 4 910 G€ à 7 782 G€) ?
C’est bien cette monnaie créée, qui en partie, va pouvoir financer les déficits budgétaires, et hélas (je vais ensuite arrêter ce dialogue de sourd) contre intérêts que la nation doit payer aux créanciers, alors que, si cette même Nation disposait des mêmes droits que les banques commerciales, par exemple par le biais d’une banque d’État, en « s’auto-payant » les intérêts, ce serait une opération blanche au niveau de ceux-ci … 650 G€ pour la France en 25 ans, ce n’est pas rien…
Pour en terminer, Jacques écrit » Mais la dette, ce n’est pas cela, c’est le cumul des déficits budgétaires, qui sont financés par de l’EPARGNE, ce que vous et moi avons mis de côté, sans création monétaire. Regardons la définition de la masse monétaire (M1, M2, M3): elle ne comprend que des dettes à COURT terme. Si on finançait le déficit budgétaire par de l’émission monétaire (qu’elle soit faite par l’Etat ou par le système bancaire), on arriverait très vite à un excès de liquidités et à une grave crise monétaire, la monnaie perdrait de sa valeur, les épargnants seraient ruinés, etc. »
J’avoue que je serais curieux de savoir comment on peut financer une dette sans qu’il n’y ait eu création monétaire : à ce que je sache, le Trésor qui gère la dette n’accepte pas le foin, l’or, les terres , les yachts (etc.) qui sont des actifs et non pas de la monnaie, en échange des titres de la dette. Non ! Il n’accepte que la monnaie… or pour qu’il y ait monnaie, il faut bien qu’elle ait été émise (on n’en sort pas…), et le court terme se renouvellant en permanence tout en « grossissant » justifie l’épargne longue…
La monnaie globale est une dette, dont le capital est détruit lors du remboursement ; les nouveaux crédits qui remplacent en permanence ceux arrivant à échéance font que soit cette masse monétaire reste égale (pas d’augmentation de PIB, pas d’inflation, destruction accélérée du capital correspondant aux intérêts à payer = appauvrissement), soit cette masse monétaire augmente, des montants nécessaires à la croissance et à l’inflation… mais dans tous les cas, pour ne pas « ponctionner » globalement l’épargne, il faut au moins une émission monétaire correspondant aux seuls intérêts dus, par la signature par les acteurs économiques de nouvelles reconnaissances de dettes auprès des banques.
Enfin, lorsque l’État emprunte auprès des épargnants —(ou indirectement auprès des émetteurs de monnaies qui sont garantis par les créances signées par ceux qui auront empruntés pour permettre l’existence de la masse monétaire qui permettra à certains de prêter à l’État .. ouf..)—, oui, il y a bien eu émission de monnaie qui, d’une manière ou d’une autre, est injectée dans le système économique. Et l’émission globale de monnaie (2 872 milliards d’euros dans l’eurozone en 6 ans), dont une partie, préalablement épargnée ou non, a été prêtés aux États, se retrouvera dans le système économique (fonctionnement ou investissement), générant à son tour des taxes, des impôts, des cotisations sociales, de la solidarité, etc. et participant, elle aussi, à la croissance du PIB.
Maintenant, c’est vrai, je l’ai dit aussi, la création monétaire doit correspondre à la création de richesses réelles (nonobstant la vitesse de rotation) : comme le sang dans un corps vivant, ni trop, ni trop peu.. Mais vous n’avez toujours pas justifié le fait et le motif selon lequel le privé (quelques sociétés privilégiées) a le droit de création monétaire payante alors que le public (la collectivité des français) se le voit refuser… Seule l’idée que le capitalisme et le libéralisme sont de « meilleurs systèmes », ou l’idée que l’État serait nécessairement un mauvais gestionnaire peut justifier cette position.
En attendant, la dette enfle au bénéfice des « riches » qui se frottent les mains : après tout c’est un bon moyen de mettre la main sur les richesses d’un pays, non ?
Pour info, le Curriculum Vitae de Maurice Allais, le vieil homme courageux qui dénonce fortement à la fois :
Ce CV donne une crédibilité particulière à ses cris d’alarme, non ?
http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/1988/allais-cv.html
Je vous invite à regarder le lien suivant :
http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/indicateurs_dette_97/duree_vie_moyenne_166/index.html
On voit que la dette est financée essentiellement par de l’épargne (emprunts à plus de 2 ans, bien sûr libellés dans une monnaie, c’est le rôle de la monnaie en tant qu’unité de compte), mais sans création monétaire.
À la rigueur, les BTF (Bons du Trésor sur formule), qui ont une durée de vie inférieure à 2 ans pourraient être considérés comme de la monnaie à cause de leur liquidité.
Le financement de la dette publique par la création monétaire est d’ailleurs explicitement interdit par le traité de Maastricht. On peut le regretter, mais cette disposition est bien respectée.
Voir aussi :
http://webetab.ac-bordeaux.fr/Etablissement/SudMedoc/ses/2000/fin_eco.htm
dont j’extrais :
Les créances sur l’État. Cette troisième source de créance est limitée voire interdite. En effet, il s’agit pour les banques mais surtout pour la banque centrale de prêter à l’État (= le trésor public). La Banque de France prête au trésor public. En effet, il peut arriver qu’il y ait un décalage entre les dépenses de l’État et les recettes de l’État. Les recettes fiscales se font en fin d’année alors que les dépenses se font toutes l’année. L’État emprunte pour financer ce décalage. Il pourrait y avoir un autre cas où l’État a besoin d’emprunter : c’est dans le cas où son budget est en déficit. Pour financer ce déficit, La Banque Centrale pourrait créer de la monnaie au bénéfice du trésor public. Dans ce cas la création monétaire pose de nombreux problèmes : l’inflation et le fait qu’il n’y a pas de limite au déficit. Ce mode de financement est interdit. L’État ne peut pas créer de la monnaie pour financer le déficit budgétaire, il ne peut qu’emprunter.
Bon, j’abandonne ..
Ou bien Jacques ne lit pas ce que j’écris, ou bien nous ne parlons pas la même langue …
a+
« La crise mondiale d’aujourd’hui
Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires »
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.htm
Un article passionnant de Maurice Allais publié dans Le Figaro des 12, 19 et 26 octobre 1998.
À lire et à étudier, c’est un document important.
Et l’auteur est une pointure, vraiment :
« Présentation de Maurice Allais »
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Presentation_Maurice_Allais.htm
Jacques, il me semble que vous allez trouver là des choses importantes pour comprendre notre thèse.
Et si nos sources se contredisent, on pourra essayer de peser nos arguments un à un :o)
Amicalement.
Étienne.
À toutes fins utiles, je rappelle l’existence d’un texte passionnant publié et commenté sur ce blog il y a un an déjà, et qui s’intitulait
« Dette publique, rente privée »
Une excellente démonstration de Michel Husson :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2006/04/30/35-dette-publique-rente-privee
La monnaie locale est-elle possible ?
Il semblerait que oui : à Fortaleza, cela a bien marché :
http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=67
Jacques a dit :
« les banques privées ne créent pas LIBREMENT de la monnaie »
Il est nécessaire ici de clarifier ici ce qui se passe vraiment :
Je dépose 1000 euro dans le système bancaire (SB).
Le SB prête à Monsieur A ( MA) les 1000 €. Ensuite, MA achète chez MB. MB dépose ses 1000 € dans le SB. Le SB prête 1000 € a MC. MC achète chez MD. Ensuite MD dépose dans le SB les 1000 €.…
Jusqu’où peut aller le SB dans sa fraude ?
Il y a une facteur qui limite l’expansion du crédit, c’est la réserve fractionnaire (RF).
En Europe, la RF est de 0,02. SI LE SB prête un million de euro créés ex-nihlo, il doit avoir dans sa caisse 20 mille euros… pas mal non ?
Un autre facteur est que le SB est en réalité un ensemble de banques qui, en théorie, devraient se faire de la concurrence.
Si une banque A (BA) attire chez elle beaucoup trop de clients détenteurs du même paquet de 1000 €,(MB,MD, MF… M50), la BA peut réclamer aux autres banques les 50 paquet de 1000 euros que le restant du SB a prêté.
Cette transaction doit se faire en base monétaire, c’est-à-dire que ça doit être du vrai argent qui va aller à BA. Le banques centrales contrôlent tous ça.
Comme ces 50 000 euros n’existent pas, le restant du SB doit recourir à l’emprunt chez la banque centrale, et devra payer des intérets.
Si on considère bien l’efficacité de ces deux limites, on peut bien conclure que les banques privées peuvent bien créer librement l’argent.
Tout d’abord qui n’aimerait pas augmenter de 50 fois son capital pour une belle spéculation et ensuite le rétrécir ?
On doit ensuite constater que le monde occidental est définissable comme un cartel bancaire. Le capitalisme d’assaut a cassé complètement le système bancaire des pays européens et maintenant tout est dans les main d’une oligarchie bancaire.
Le risque qu’une banque rebelle fasse de la concurrence est très loin.
Aujourd’hui, la masse monétaire en euro augmente de façon incontrôlée (on peut le voir au prix de l’immmobilier)
On peut voir l’intéret comme une sorte d’obligation pour l’emprunteur de « travailler » gratuitement pour le compte du prêteur. Mais il serait naïf de croire que l’Etat agisse autrement. Quand l’Etat émet de la monnaie pour investir, c’est bien qu’il escompte en retour un accroissement de la richesse nationale. La grande différence, c’est que le fait que l’accroissement soit « public » donne une impression d’équité, qu’il bénéficiera à tous. Notons aussi qu’il n’est pas immédiatement quantifié. Par exemple une infrastructure routière ne rapporte pas directement, mais permet de stimuler l’économie, ce qui est bien sûr intéressant pour l’Etat.
Tout cela donne un côté relativement sympatique à l’Etat. Mais c’est tout. Car en y regardant de plus près, le procédé est le même. Au final, la richesse produite est contrôlée par une structure (banque ou Etat) dont le contrôle est lui-même très éloigné d’une personne lambda, ne serait-ce qu’à cause de la taille des entités impliquées. La globalisation de l’économie fait que les dirigeants de ces structures ont eux-même une marge de manoeuvre extrêmement réduite : accepter les règles et s’adapter pour tenter au mieux de survivre, ou les refuser et être condamné à disparaître.
Ainsi dans leur dispute, les partisans du système banquaire et les adeptes de la planche à billet ont tout de même un point d’accord : ils font de l’accumulation de richesses un but de la société, que ces richesses soient nouvellement produites ou simplement déjà existantes et intégrées au système économique.
En s’étendant de plus en plus, l’économie transforme l’homme en un simple rouage au service d’une machine sur laquelle il n’a plus de contrôle. Plutôt que de s’interroger sur la meilleure façon de gérer ce carcan, il me paraît bien plus important de lutter contre cette extension et de trouver des alternatives pour en « sortir ». Le but serait de retrouver une certaine autonomie collective, territorialement localisée, à une échelle humaine.
Bonjour Laurent,
l’État ne nous est pas forcément extérieur : il pourrait être sous un strict contrôle citoyen (si nous savions imposer les institutions ad hoc), et nous pourrions ainsi voir en lui notre réel défenseur (au lieu du Léviathan qu’il a tendance à devenir dès que notre vigilance se relâche).
Un État ainsi contrôlé créerait toute la monnaie dont nous avons besoin (pas plus), et il la détruirait au moment des remboursements, exactement comme le font les banques privées mais avec cette différence — essentielle —, qui est l’intérêt : je fais une différence, pour ma part, entre l’intérêt perçu par les banques privées qui file, une fois volé, dans je ne sais quel paradis fiscal, et l’intérêt perçu par l’État qui finance des crèches et des hopitaux. Vous aussi, sans doute, non ?
Amicalement.
Étienne.
PS : sur notre émancipation par rapport au travail et sur la taille forcément petite des entités démocratiques, je vous suis tout à fait.
À propos du sophisme « travailler plus pour gagner plus » (sophisme astucieux pour éviter de parler des salaires minimaux servant à verser des dividendes maximaux à des actionnaires qui « travaillent zéro pour gagner des fortunes ») et de l’escroquerie du concept de « valeur travail » (comme si un travail en valait un autre, du ministre à l’ouvrier), j’ai déniché de nombreux textes pasionnants parmi lesquels un petit livre étonnant, qui s’intitule « Le droit à la paresse », écrit par Paul Lafargue en 1881 et édité par Allia en 1999.
Court extrait :
« Une étrange folie possède la classe ouvrière des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité.
Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. »
Il est en colère, Paul, et son livre est décapant ; souvent amusant, aussi.
Tout d’abord, je suis bien d’accord sur l’oeuvre de Lafargue. Cependant à vous lire on dirait que le problème du travail est une histoire de répartition, alors que je pense qu’il s’agit plutôt d’expropriation (valeur d’échange qui se substitue à la valeur d’usage, transformant une activité pleine de sens en « travail », détour pour accéder au miroir aux alouettes du « toujours plus » propagé – entre autre – par l’idéologie du progrès technique).
Ensuite, l’opposition crèche-hôpitaux / paradis fiscaux est frappante mais ne montre rien. On pourrait tout aussi bien inverser l’effet en mettant en opposition armée-école / fondations non-lucratives. Mais bon, ce n’est pas le point essentiel. Car les bénéfices du privés sont réinvestis ou simplement dépensés, ils sont un jour ou l’autre retransformés en salaires, donc finalement ils bénéficient au peuple, par l’entretien du sacro-saint pouvoir d’achat. Les processus de comptabilisation et les attributions de responsabilités sont différents mais les objectifs et les résultats sont les mêmes qu’avec la création monétaire. Or il se trouve que ces objectifs (entre autre : subordination grandissante de la vie à l’économie, qu’elle soit libre, planifiée ou un peu des deux) sont très contestables à mon goût. L’exemple de la crêche est tout à fait approprié : il s’agit de confier une activité qui était auparavant exercée par l’entourage des parents ou par les parents eux-même, selon des modalités qui leur étaient propres, à des salariés et à une administration (privée ou publique), et cela pour faire quoi ? Pour être libre d’aller travailler…
Personnellement je ne me fais aucune illusion sur la possibilité de contrôle démocratique d’un Etat, en tous cas tel que nous le connaissons (plusieurs dizaines de millions de personnes en mises interdépendance avec des milliards d’autres). La puissance à mettre en oeuvre pour obtenir un contrôle à une telle échelle impose une rationalisation du pouvoir, la mise en oeuvre d’une médiation et éloigne de fait le contrôle de chaque individu concerné. L’individu devient bel et bien extérieur à l’Etat.
À mon tour de vous conseiller un livre : P.M., Bolo’Bolo (il semble que le texte en ligne ne soit pas complet, mais il y a l’essentiel)
« Il n’y a pas de système plus démocratique que celui qui garantit l’indépendance matérielle et existentielle de ses membres. »
Bonjour,
J’ai lu attentivement l’article de Maurice Allais :
Je suis pleinement d’accord avec lui, et en particulier pour rendre le contrôle monétaire à un Etat démocratique.
Mais son discours est celui de la rigueur, et je ne pense pas qu’il approuverait le financement habituel du fonctionnement de l’Etat par un crédit quelconque, qu’il soit financé ou pas par de la création monétaire, provenant du système bancaire, ou de lui-même. Il condamne clairement l’accumulation des dettes.
Amicalement, Jacques
bonsoir,
Tout à fait d’accord,Lafarge , un auteur communiste très interessant à découvrir : il renseigne notamment sur ceux qui ont demandé la diminution du temps de travail et tord le cou à des idées reçues
par exemple :« Ce que le peuple, pipé en sa simplesse par les moralistes, n’a jamais osé, un gouvernement aristocratique l’a osé. Méprisant les hautes considérations morales et industrielles des économistes, qui, comme les oiseaux de mauvais augure, croassaient que diminuer d’une heure le travail des fabriques c’était décréter la ruine de l’industrie anglaise, le gouvernement de l’Angleterre a défendu par une loi, strictement observée, de travailler plus de dix heures par jour ; et après comme avant, l’Angleterre demeure la première nation industrielle du monde »
voici un lien ou vous trouverez Lafarge et bien d’autres textes passionnants :
http://abu.cnam.fr/BIB/index.html
bonne lecture
cordialement
Bonjour
Tiens, je me suis « amusé » à comparer quelques chiffres…
43 milliards de remboursements d’intérets (charge) de la dette par an, c’est à peu près :
- 117 millions d’euros par jour
- 240 airbus A350
- 3 portes-avions « Charles de Gaulle »
- l’isolation (en comptant 10000 euros par foyer) de 4 270 000 logements : quelle économie d’énergie pourrions nous faire..
Vous pouvez faire d’autres comparaisons : elles seront surement « amusantes »
Mais bon, c’est vrai que cet intérêt remboursé aux préteurs va, globalement, leur permettre de nous le repréter l’année suivante sous forme de capital, puisque c’est, l’un dans l’autre, l’équivalent de ce que nous devons emprunter pour couvrir « le déficit » … bon job, non ?
A+ AJH
Bonjour,
j’ai entendu que 90 pour cent de l’argent en circulation a été créé ex-nihilo par les banques privées.
Je cherche une confirmation officielle et je trouve ce lien :
http://www.ecb.eu/stats/keyind/html/sdds.en.html
Il y a là-dedans plusieurs choses intéressantes. Tout d’abord, le total des liquidités en euros, la M3, est de 8 mille milliards d’euros.
Ensuite, on trouve que la « currency en circulation » est de 6 cents millards d’euros.
Est-ce que cette dernière est la M0 ?
Peut-on dire que dans l’Europe monétaire, sur 8 000 euros, la banque centrale en a créé seulement 600 et que tout le reste a été inventé par le banques privées ?
Je ne dirais qu’un mot : OUI 🙂
Chiffres officiels du Bulletin de la Banque de France N° 160 d’avril pour février :
• Monnaie fiduciaire (pièces et billets)= 588 milliards d’euros
• M3 = 7 856 milliards d’euros
Une ‘idée revolutionnaire :
Cette idée veut être à la fois une synthèse de celle de stochocratie et des idées exprimées dans cette discussion.
Une stochocratie serait une vraie démocratie.
Une démocratie pour décider quoi ? Certainement les choses les plus importantes.
Nous avons vu ici comme le pouvoir monétaire décide pour nous. Décidons donc le pouvoir monétaire !!
L’idée est la suivante :
— Un institut suprême pour la santé monétaire
— Le conseil de l’institut est choisi au hasard parmi la population de la zone euro.
— Le conseil décide chaque année le montant du salaire universel europeén.
— Chaque État peut imprimer une quantité d’euros du peuple égal audit salaire fois le nombre des citoyens du pays.
— Chaque État pourra imprimer lesdits euros dans les couleurs qu’il préfère et les distribuer comme il voudra : soit comme salaire, soit les dépenser pour la santé, l’instruction, etc.
.….. Idées éventuelles .….….…..
— Ces euros ne pourront pas être déposés dans les banques privées mais seulement dans des banques publiques.
Déposés dans les banques privées, ces euros ne pourront pas contribuer à la réserve fractionnaire.
Ces euros seront comptabilisés à part par la banque centrale et ne pourront pas être utilisés dans les règlement entre les banques.
Un petit complément à « 43 milliards de remboursements d’intérets (charge) de la dette par an, c’est à peu près .. »
Eh bien, si nous n’avions pas à payer ces 43 milliards d’euros d’intérêts annuels aux détenteurs « de la dette », nous pourrions payer un salaire net de 18000 euros par an (salaire médian en France) à 2 380 000 personnes … tiens, bizarre, c’est à peu près le nombre de chômeurs officiels …
Bonjour Étienne, bonjour à tous.
La lecture de ce long échange m’inspire trois commentaires :
1 : Le « dialogue de sourds » entre AJH et Jacques me semble illustrer la difficulté de compréhension entre les tenants de thèses contestant fondamentalement le système monétaire actuel né des évolutions historiques (dont je suis) et ceux qui, en connaissant les rouages, en voient aussi les imperfections mais en sont tellement imprégnés mentalement que, malgré leur volonté humaniste indiscutable, ils n’arrivent pas à imaginer que ses mécanismes puissent être entièrement modifiés.
Comment expliquer autrement le silence assourdissant de tous les partis politiques sur ce sujet ? Doit-on imaginer qu’aucun ne lit les multiples textes publiés sur le Net ? Ni même les courriers que les uns ou les autres nous leur adressons ? Même les économistes les plus ouverts — je pense à ATTAC par exemple — restent prudemment à l’écart du débat : ni approbation, ni contestation ; plutôt motus et bouche cousue ! Combien croient encore que ce n’est pas si simple, qu’il y a des règles, alors que celles-ci, à l’examen, sont toujours à terme contournables et ne semblent conçues que pour servir de leurres et sauvegarder la pérennité du système et des flux de richesse qu’il génère.
2 : Je lis parfois que l’Etat devrait pouvoir se prêter à lui-même, c’est à dire, en fait, bénéficier d’argent temporaire (il devra rembourser à l’échéance) mais gratuit (il se verserait à lui-même les intérêts). N’est-ce pas là réduire la création monétaire à la « monétisation des créances » ? Or, si j’en crois, par exemple, Jean Bayard (LA MONNAIE – SCHÉMAS), les banques pratiquent aussi la création monétaire par « monétisation des actifs » et par « monétisation des dettes ».
En d’autres termes et pour être bien clair, s’il est vrai que les banques peuvent payer leurs employés simplement en approvisionnant leur compte ou régler leurs fournisseurs de la même façon (dans le respect des règles en cours, naturellement !), pourquoi un État ne pourrait-il en faire autant ? Aujourd’hui, le circuit monétaire est fermé sur les banques qui créent et détruisent continuellement de la monnaie. Ce circuit pourrait très bien être fermé sur l’État (et à mon sens, l’État seul) qui pourrait créer et détruire (les impôts ça existe et ça doit exister) la monnaie et donc la réguler.
3 : La situation étant ce qu’elle est, que faire pour porter la question dans le débat public ? AJH a posé ailleurs la question d’un nouveau parti politique, la société civile n’étant guère audible … Je ne suis pas partant. Faudra-t-il aller s’immoler dans le brasier d’un sac d’euros devant la Banque de France après avoir convoqué les médias français ? (N.B. devant la BCE, il faudrait faire une convocation en anglais, c’est un sérieux handicap !). Pour ma part, je pense que __le fonctionnement du système monétaire devrait pouvoir s’étudier et se simuler scientifiquement.__ On ne conçoit pas un bon avion sans calculs, n’est-ce pas, AJH ? Existerait-il de jeunes cerveaux bien faits, disposant de savoirs mathématiques et informatiques, de bon sens et de curiosité, de temps libre aussi, capables de modéliser et programmer l’existant, et des variantes s’en écartant peu ou totalement ? N’importe quel PC dispose aujourd’hui de la puissance de calcul des grosses machines d’il y a vingt ans ! Le calcul ne règle jamais tout ; il a au moins le mérite de tirer logiquement toutes les conclusions des hypothèses introduites.
Merci, Étienne, pour le travail fait. JJEG
« Des liquidités qui changent le monde »
un article de Paul Fabra, dans Les Échos du 8 juin 2007 :
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4586201.htm
et mon commentaire (détaillé) :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/MessageAPaulFabra.htm
(Les Échos limitent les commentaires à 1000 caractères, ce qui est beaucoup trop court :o)
Le SCEC est en circulation à Naples (Italie), depuis deux semaines :
http://www.scec.135.it
Les Napoletani essaient, avec cette expérience, de resoulever leur belle ville.
Bonjour, j’ai une/des question(s) d’aspect économique que je n’arrive pas à m’expliquer — en tant que citoyen lambda.
Mes interrogations portent sur le taux d’intérêt (dit directeur ?) de la banque centrale européenne. La BCE l’a fait passer de 3,75 à 4 % il y a trois jours, et « les économistes » anticipent une hausse de celui-ci à 4,25, puis à 4,5 jusqu’au courant de l’année 2008 (compte tenu d’un certain nombres d’indicateurs dont les plus importants sont le niveau d’inflation, le niveau de croissance, de consommation des ménages, d’emploi et/ou de chômage, d’épargne, d’endettement).
Quels sont les effets réels/attendus d’une hausse et d’une baisse de ces taux ? Sur la masse monétaire, sur la croissance, l’emploi, les investissements, les placements le taux de change, les importations/les exportations ? C’est peut-être une question idiote, mais je pense que faire de la pédagogie dans ce domaine est réellement nécessaire, car l’économie nous concerne tous et à des implications sur nos vies, autant que la sphère politique.
Je vais vous exprimer « mon sentiment ». Je regarde de plus en plus fréquemment la chaine Bloomberg TV, qui à mon sens est intéressante pour avoir un aperçu du monde de la finance et ipso facto comprendre un peu mieux le monde dans lequel on évolue.
Il y a trois jours, j’ai enregistré leur journal de clôture de la bourse, au cours duquel les bourses ont toutes fermées en net repli (2% de moyenne). Le présentateur évoque deux raisons à cette morosité :
– Le président de la banque centrale européenne, JC Trichet, a confirmé qu’elle relèverait son taux d’intérêt à 4%. La bourse fait grise mine car elle anticipe des futures hausses de taux.
– L’indice d’emploi dans le secteur des services aux États-Unis est supérieur aux prévisions. En d’autres termes, le secteur engage davantage que cela n’était attendu. Cela va donner davantage de rémunération aux salaires, qui va se répercuter sur la consommation, puis sur l’inflation (les prix vont monter). De fait, la bourse « baisse ».
Le présentateur dit texto (j’ai enregistré l’émission) : « la bourse craint une reprise … (il se coupe) enfin… une inflation coriace, suite à une hausse du coût des salaires aux États-Unis plus importante que prévue. »
J’aimerais comprendre la logique de la bourse dans ce cas-là. Je comprends que c’est l’inflation dont les bourses ont peur, mais pourquoi ? Est-il possible d’augmenter les salaires sans créer d’inflation ? Comment se détermine l’inflation (les chaînes de distribution et les entreprises s’adressant aux consommateurs, constatant la hausse des salaires, procèdent-elles à une hausse des prix « en catimini » ) ? Peut-on concilier le pouvoir d’achat des salariés avec les prétentions de la finance ? Existe-t-il un opposé positif à la stagflation ? ( stagflation = inflation, faible croissance, chômage en augmentation) Peut-on imaginer des salaires élevés, un taux de chômage faible, une croissance « correcte, et une inflation maîtrisée ? Y a‑t il réellement derrière la maîtrise de l’inflation une « lutte des classes » sous-jacente entre des propriétaires rentiers/les banques et de nombreux salariés condamnés au crédit ?
@ Adrien C.
Bien entendu, la ligne de partage entre rentiers et salariés passe à l’intérieur de beaucoup d’entre nous qui sommes – en proportions très diverses – à la fois salariés et rentiers ( qui n’a pas sa petite épargne…). Mais le principe de la présence d’intérêts divergeants demeure… hélas.
@ Adrien C.
Désolé le début de mon précédent message ( en 44) n’a pas été traité. Je répondais clairement OUI à votre dernière question que je trouve bien formulée et je souhaitais que d’autres, plus qualifiés que moi, y répondent aussi.
Salut Adrien,
Oui, je pense moi aussi que l’architecture de l’euro en fait un instrument de la lutte de classe des rentiers contre les classes productrices.
Si un tel système a pu être mis en place, c’est parce que les rentiers peuvent le justifier par sa fonction anticyclique.
C’est-à-dire que la modulation des taux permet de stabiliser le système, en amortissant les explosions et implosions.
C’est pour ça que les patrons de l’euro et du dollar parlent toujours du taux de croissance.
Trois ou quatre pour cent, c’est bien, mais dix, ça risque de tuer la poule aux oeufs d’or.
Leur légitimité dérive de ça… comme chez les Aztèques, où la classe dominante prenait prestige du fait de pouvoir prédire les éclipses et les cycles astrologiques, chez nous la classe dominante a le pouvoir d’influencer et de prédire les cycles économiques.
À part ça, chez nous comme chez les Aztèques, la classe dominante fait des sacrifices humains..
Une chose importante à savoir, c’est que il y a des alternatives.
Partout dans le monde, fleurissent des monnaies locales et le demurrage a l’air bien mieux que la vampirisation bancaire comme facteur anticyclique.
« L’ARNAQUE de la dette publique »
par André-Jacques Holbecq :
http://www.societal.org/docs/dette-publique.htm
C’est intéressant.
On pourrait faire une monnaie nationale qui marche très bien.
Maintenant, dans une nation où les castes et les fiefs industriels sont déjà établis, comment peut-on éviter de créer une monnaie aspirateur, qui aspire les richesses des autres pays au profit toujours des mêmes ?
On pourrait, à l’intérieur d’une nation, faire plusieurs régions, chacune avec une monnaie locale, qui essaient de vivre en équilibre.
Il faut commencer à s’aimer fraternellement au niveau régional, puis entre régions.
Ensuite, on transpose le concept au monde entier.
Si on regarde l’Europe et les soi-disantes démocraties européennes, il y a des raisons de penser qu’il vaut mieux plutôt commencer par la création d’économies locales.
Re-bonsoir.
J’ajoute juste un lien vers un auteur très intéressant, une experte des monnaies locales :
Margrit Kennedy :
« Pourquoi avons-nous besoin d’innovations monétaires ?
Trois erreurs courantes, trois conséquences probables, trois solutions possibles » :
http://www.margritkennedy.de/pdf/BUE_FRA_KennedyFranzArt.pdf
913 millions d’intérêts sur environ 1 150 euros de dettes sur 27 ans alors qu’on aurait pu faire autrement (sans le Système monétaire européen (le SME de la fin des années 70), et sans la monnaie unique), ça m’apparaît totalement vertigineux !
Quand je relis les « notices » de Finances publiques de la doc française concernant le trésor public, celles-ci félicitent Bercy de posséder une des meilleures gestions de la dette par comparaison avec les autres pays et de posséder des outils novateurs et performants (en particulier les OATi Obligations assimilables au trésor indexées sur l’inflation, dont je ne mesure pas trop la portée)…
En ce qui concerne les monnaies locales, même si j’approuve l’initiative, je suis assez sceptique quant à leur efficacité : la valeur d’une monnaie réside dans la confiance qu’on lui accorde, et, dans des échelles réduites, les monnaies locales ont des fonctions alimentant une sorte de micro-protectionnisme. Leur efficacité ne peut être effective que si ces monnaies prennent de l’ampleur et, dans ce cas-là, elles nuiraient à la politique de l’euro (et à l’optimisation de la circulation de la monnaie et des échanges, etc.). Leur marginalité les rend temporairement tolérables… Mais ce protectionnisme est totalement à rebours de la philosophie du TCE et du dogme des chantres du libéralisme.
Toutefois, ce sont des initiatives notables ! Elles prouvent que les citoyens de toute l’Europe ont des intérêts communs , souvent bien divergents de ceux que revendiquent les experts du commerce de Bruxelles.
« Et si on tirait au sort nos députés ? »
Bonjour mes amis,
Le Parisien (« Aujourd’hui en France » dans le midi) publie aujourd’hui un entretien que j’ai eu ces jours-ci avec une journaliste — Nelly Terrier — intéressée par notre travail.
On n’a malheureusement pas eu la place pour parler de la reconquête publique de la création monétaire pour promouvoir l’abondance au lieu de la rareté.
La prochaine fois ? ;o)
Je ne crois pas trop aux « monnaies locales » car l’avantage d’une « bonne monnaie » c’est qu’on puisse l’utiliser partout, que son émission puisse être contrôlée et que les détenteurs (ou utilisateurs) participent par l’impôt ou les taxes à la solidarité nationale (voir le débat concernant le payement de la TVA — le non payement, plutôt — par ceux qui utilisent des monnaies locales).
Lire avec attention notre « proposition politique de création d’un nouvel espace économique à vocation sociétale » , sur http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS
Il est ainsi plus facile de comprendre pourquoi vous avez poussé au « non » lors du référendum.
Vous vous rapprochez dangereusement des thèses nationalistes et fascistes, sans même vous en rendre compte ?
La reconquête publique de la création monétaire pour promouvoir l’abondance ?
Prenez les exemples célèbres dans ce domaine, soyez attentif à l’histoire : le résultat fût une ruine des économies des pays concernés.
La monnaie telle qu’elle circule aujourd’hui n’est pas pour rien dans les progrès incroyables qu’a connu le monde.
Plus le pouvoir public étatique s’occuperait de la monnaie, plus le monde déclinerait car ce serait un instrument aux mains des politiques idéologues…
Mitterrand avait nationalisé 36 banques en 1982 ; il admit vite son erreur !
Créer de la monnaie sans intérêt par les États aurait permis de rembourser intégralement la dette, autrement dit la solution de AJH était sans défaut (c’est si facile à dire aujourd’hui). C’est oublier les vices de ce type de création de monnaie : avant de porter « crédit » à ce type d’analyse simpliste, prolongez donc en lisant notamment les oeuvres de Milton Friedman qui sont intéressantes lol (à moins que vous y soyez hostiles par principe ?)
@ mike teun
.. merci pour cette série d’affirmations non démontrées dans vos trois messages … allez, un petit effort 🙂
Pour les démonstrations qui ne peuvent se faire en trois lignes, je vous invite à lire sans a priori les auteurs cités, à étudier l’histoire de France à travers ses crises monétaires et d’autres pays que vous connaissez sans doute au vu de vos affirmations.
Vous pensez, par exemple, que, si le pouvoir politique français avait gardé le droit d’émettre la monnaie (en sachant que la Bq de F détenait ce pouvoir), cela aurait changé la donne.….
Lorsque l’État intervient dans l’économie, il n’utilise pas le budget, il créé volontairement un déficit,
en espérant que les mesures mises en place provoqueront de nombreuses rentrées fiscales venant ainsi combler le déficit créé à l’origine.
Le déficit se finance soit par la planche à billet, soit par l’emprunt ; c’est la seconde solution qui prévaut depuis des décennies : prenez l’exemple de l’Argentine qui à utilisé la planche à billet et a connu une crise hyperinflationniste (avec des conséquences dramatiques pour les citoyens argentins), dont elle ne s’est sortie qu’au prix d’une sorte d’indexation (le mot est mal choisi) au dollar.
L’Argentine, par exemple, à créé des monnaies locales dont tout le monde cherchait à se débarasser… Échec.
C’est vrai que l’on peut citer le cas de Lincoln pour aller dans votre sens…
Si l’UE décide de procéder en utilisant la planche à billet pour l’action des États membres, que se passe-t-il pour les investisseurs privés ?
Merci.
@ mike teun
Évitez de pontifier, d’inviter à lire, d’inviter à étudier et de donner des conseils (« vous vous rapprochez dangereusement des thèses nationalistes et fascistes sans même vous en rendre compte ») . J’ai certainement fait tout ce que vous me « conseillez » bien avant vous, »
Je comprends bien vos arguments libéraux , néo libéraux ou ultra libéraux, je les connais par coeur : ils se résument à » privatisation des profits (ou des avantages), collectivisation des pertes (ou des dégats) » .. et je n’adhère pas à cette « philosophie »
Essayez aussi de comprendre que si un déficit est financé pour créer des richesses collectives qui serviront aux générations futures (et non pas pour financer du fonctionnement), il faudrait mettre en bilan la richesse créée face à la monnaie créée. Et il n’y a aucune justification que cette monnaie créée le soit par des banques privées (contre intérêt) plutôt que par un quelconque institut d’émission monétaire. En quoi les banques privées qui satisfont la demande de crédit des acteurs privés pour créer la monnaie à leur simple satisfaction d’enrichissement, seraient-elles plus sages qu’un Parlement qui représente une Nation ?
Vous serez peut être d’accord avec moi que la comptabilité nationale devrait être présentée comme celle d’une entreprise ? et dans ce cas, on pourrait voir que la dette des administrations publiques n’est pas plus élevée que ses actifs et que cette « dette nationale » (horreur, chaque enfant qui nait est débiteur de 17000 euros, en oubliant de dire déjà que 40% de la dette aux résidents est justement due à ces enfants français qui naissent) ne représente guère plus que le 1/10° de la « valeur France » (laquelle est estimée à 180 000 euros par français).
Et, svp, ne me parlez pas de création monétaire génératrice d’inflation… entre janvier 2001 et janvier 2007 la masse monétaire de la zone euro a cru de 4910 milliards d’euros à 7782 … les conditions de l’Argentine n’étaient pas du tout les mêmes que les pays de la zone euro.
Quand à » si l’UE décide de procéder en utilsant la planche à billet pour l’action des Etats membres, que se passe t ‑il pour les investisseurs privés ? » laissez moi dire que leur devenir est le moindre de mes soucis . En aurions-nous besoin si la monnaie était émise par la Nation ( et cette monnaie mise à disposition des banques privées pour satisfaire les besoins des financement des entreprises et des particuliers qui sont leurs clients, mais en étant payées « d’honoraires » pour ce travail)?
D’après moi :
Pour poursuivre votre raisonnement, Mike teun :
Les capitaux partiront
n’ayant pas confiance dans le système ni intérêt à rester 🙂
Sauf que ceci n’est possible que depuis 1986 et la loi sur la dérégulation financière (de Jean Charles Naouri qui s’est bien enrichi par la suite : cf Casino, Go sport Moulinex, and co) et depuis 1993 en autorisant, par Maastricht, la libre circulation des capitaux. C’est à rappeller : la décision fut politique et ce n’est pas la loi de la nature, éternelle et immuable contre laquelle on ne peut rien qui fait que les capitaux peuvent sortir comme ils le souhaitent.
Concernant mes questions sur la BCE, je voudrais, à l’occasion, si vous ne l’avez pas déja vu, vous indiquer ce formidable film à dimension hautement propagandiste (à mes yeux) — en 27 langues — à destination de tous, fourni par la BCE, la bienveillante.
Je précise que ce film a cependant le mérite de sortir la BCE de l’ombre et favorise ainsi le débat d’idees. Je recommande à tous de le visionner :
Lien de la page du site de la Banque centrale européenne :
http://www.ecb.int/ecb/educational/pricestab/html/index.fr.html
Télécharger au format quicktime/windows ou media player ou real audio :
http://www.ecb.int/home/movie/edumovie_fr.mov
http://www.ecb.int/home/movie/edumovie_fr.wmv
http://www.ecb.int/home/movie/edumovie_fr.rm
J’aimerais bien avoir vos avis là-dessus.
« je les connais par coeur : ils se résument à » privatisation des profits (ou des avantages), collectivisation des pertes (ou des dégats) » .. et je n’adhère pas à cette « philosophie » »
ce n’est pas la philosophie libérale ( ultralibérale c’est une expression de gauche ), de plus la philosophie libérale est atténuée par certains de ses auteurs comme Stuart Mill mais vous le savez puisque vous avez fait ces lectures bien avant moi
En Europe ou en France, la politique décidée n’est pas libérale au sens propre du terme , là aussi il faudrait en convenir , nous sommes même très loin du libéralisme pur…
Adrien c.
expliquez précisement ce qui vous gêne dans ce petit film ?
expliquez le terme propagande
personne ne nie qu’il s’agit d’une décision politique, la dessus nous sommes d’accord
@Mike teun
» En Europe ou en France, la politique décidée n’est pas libérale au sens propre du terme , là aussi il faudrait en convenir , nous sommes même très loin du libéralisme pur… »
J’en convient tout à fait … et dans le contexte mondial, j’en suis fort aise…
Adam Smith, moins dogmatique et moins doctrinaire que nos technocrates d’aujourd’hui, recommandait des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.
La force de l’« ultra »-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle.
Il s’appuie sur :
- une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,
- une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),
- une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays
- nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »).
… mais bon, on s’éloigne beaucoup du sujet initial, celui de la création monétaire qui elle est totalement « libérale ».
monsieur AJH,
je découvre que vous êtes proche des milieux altermondialistes ‚proposant l’écosociétalisme, je situe mieux vos arguments
vous êtes opposé à la politique menée par la BCE , ce que je comprends volontiers sachant maintenant ce que vous défendez
vous souhaitez voir la Nation ( qui décide au sein de l’UE et selon quels critères ?
) émettre la monnaie même pour les besoins des entreprises et des particuliers :les banques seraient un simple relai et auraient droit à une rémunération que vous qualifiez d’honoraires ( un peu comme les médecins français ).….ce qui ressemble assez à un régime fortement socialiste…
faudrait _il nationaliser les banques ?
l’Etat emprunte, les particuliers empruntent pour financer leurs projets
vous dites « en aurions nous besoin … » et avant « laissez moi dire que leur devenir est le moindre de mes soucis » : aujourd’hui les particuliers et les entreprises empruntent , avec votre système : vous tirez sur la planche à billets en fonction de quels critères ? en privilégiant quels projets ? qui y a droit ? et qui n’y a pas droit ?
votre système très encadré ne dérivera t ‑il très vite dans le totalitarisme ? brisnat les initiatives personnelles qui sont la source du progrès …
votre proposition m’apparait comme dangereuse avec un Etat tout puissant
vous avez sans doute lu beaucoup d’oeuvres ( né en 1942 )mais qu’avez vous retenu de « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) » d’Adam Smith pour oser prétendre que nous vivons dans une société ultralibérale ?
Les citoyens français ne vivent pas dans une société libérale et N. Sarkosy ne mène pas une politique libérale , il va essayer de désengorger la France des excès de l’interventionnisme tout en en préservant le bien fondé dans certains domaines : santé , retraite etccc
AJH,
il ne s’agit pas de prétendre que la théorie libérale est intemporelle, les auteurs classiques ont travaillé avec les données de leur époque et ont avancé des principes importants
la concurrence pure est parfaite n’a jamais existé , c’est simplement un modèle théorique pour expliquer l’économie
que pesnez vous du petit film mis en lien par Adrien C ? je suppose qu’il vous déplait fortement
pouvez vous dire pourquoi ?
je ne suis pas fermé au point de ne pas changé d’avis et vous ?
Je ne veux pas rentrer dans un débat politique (ce que fera ou non N. Sarkosy … on verra, mais je crois qu’il fera une politique colbertiste)
Je veux simplement que les Nations (de la zone euro) reprennent leur simple droit de création monétaire, au moins pour leurs besoins, et mieux pour l’ensemble de la monnaie en circulation, afin que ce soit TOUS les citoyens qui bénéficient des intérêts et non plus les banquiers ou les plus riches.
Il n’y a aucune raison de nationaliser les banques. La seule différence serait qu’elles emprunteraient elles mêmes à l’Etat la monnaie dont elles ont besoin pour satisfaire les demandes de crédit des entreprises ou des particuliers. Aucune « main-mise » de l’Etat là dedans…(il n’y a pas de décision administraive qui vous hérisse à juste titre – moi aussi – de qui a droit ou non)… On transfère juste le rôle du créateur de monnaie du privé vers le collectif, et les avantages qui en découlent (le droit de seigneuriage)
Les deux différences principales seraient :
- sur la dette des Etats (pas d’intérêts à payer, pas de dette comme je le démontre dans l’article http://www.societal.org/docs/dette-publique.htm )
- sur les intérêts divers et variés payés sur tous les endettements privés qui, in fine, reviendraient égalitairement à toute la population de la zone considérée, en richesses partagées au lieu d’aboutir dans les poches de ceux qui sont déja les plus riches.
je reviendrai quand j’aurai lu vos analyses de manière plus approfondie
toutefois dès maintenant : les banques emprunteraient l’argent à l’Etat gratuitement ?
que paieraient , aux banques, les entreprises et les particuliers ?
ceux qui emprunteraient, paieraient des intérêts et cela reviendrait in fine égalitairement à toute la population ?
cela me paraît très complexe
avez vous un lien pour lire comment cela fonctionnerait précisément
merci d’avance
Bonsoir,
C’est vrai que, tout de suite après le crach argentin, des monnaies locales ont été créées.
Elles ont servi aux populations pour survivre.
Ces monnaies avaient une architecture très simple, conçue en urgence, et n’avaient pas de facteur anticyclique, et donc étaient instables.
Aujourd’hui, il faut plutôt parler de monnaies complémentaires, à l’architecture très stable, qui intègrent des concepts très fonctionnels.
Un de ces concept est expliqué par Margrit Kennedy :
C’est essentiel de bien lire le textes importants et connaitres les meilleures idees.
Le monde académique aujourd’hui est paralysé par l’obscurantisme : si, au temp de Galilée, le prix Nobel avait existé, et s’il avait été décerné par l’église, on n’aurait pas eu de révolution copernicienne.
Aujourd’hui, la revolution copernicienne tarde parce que le prix Nobel d’economie est décerné par la banque de Suède !!
Nous voilà enchaînés à l’obscurantisme de la vision usuro-centrique avec tous les risque qui vont avec :
Un cancer donc. Il y a aujourd’hui, même sur ce blog, quelqu’un qui se vante de la croissance économique de la société occidentale.
Et bien, sa gloire est éphémère, éphémère comme la cellule cancérigène qui va bientot mourir avec l’organisme qu’elle parasite.
Je vous invite à lire cet article qui n’y va pas par quatres chemins de Challenges du 6/6/2007 concernant la hausse des taux d’interets de la BCE. Attention ! peut-être que le lien ne sera plus accessible gratuitement dans quelques jours :
http://www.challenges.fr/actualites/business/20070601.CHA5460/la_bce_releve_son_taux_directeur_a_4.html
On peut y lire ceci :
Ca se passe de commentaires, non ? 🙂
Toujours pas convaincu d’un certain caractère propagandiste du film de la BCE visant à former des générations toute entières dévouées aveuglément à son culte ?
Enfin, vous admettrez que cette preuve par l’exemple présente plus de pertinence que les arguments d’autorité et les vieux totems hayeko-friedmaniens.
PS :
J’ai coupé la suite de l’article original de Challenges.
@Mike teun
La proposition « institutionnelle » est sur http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=6
Aurais-je écrit que « les banques emprunteraient l’argent à l’État gratuitement » ? … non, je ne pense pas.
Le créateur de monnaie (qui peut être « relativement » indépendant de l’administration, comme peut l’être, par exemple, la Cour des Comptes) prête, contre intérêt, aux banques privées qui prêtent à leur tour la monnaie auprès des demandeurs de crédits (en prenant des honoraires, et pas davantage, pour ce travail d’intermédiation, et en mutualisant par une assurance les risques de non remboursement, en plus des garanties comme les hypothèques ou nantissements).
Il n’y a pas de grande différence de « méthode » avec ce qui se passe actuellement, sauf que le droit de seigneuriage revient aux citoyens.
La grosse différence, c’est que les intérêts (payés par les banques privées) tombent dans la poche de la collectivité et peuvent être redistribués équitablement (revenu citoyen, impôt positif, ou autre formule) à toute la population, chaque année (pas de gros changement avec ce qui se passe actuellement, sauf que pour le moment c’est aux actionnaires et salariés des banques que c’est réservé).
Par contre « l’Institut d’Émission Monétaire » serait autorisé à émettre de la monnaie (évidemment sans intérêt) à disposition de la collectivité (l’État) sous réserve d’une clause constitutionnelle qui interdirait que cette monnaie puisse servir à combler du « fonctionnement » (c’est également une proposition de F. Bayrou dans son programme) — et je rajoute : « plus amortissements » — qui doit être financé par les recettes fiscales.
À propos des intérêts, ne jamais oublier que 5% d’intérêts simples sur 100, pendant 100 ans, c’est un total d’intérêts de 500, soit une somme due totale de 600, alors qu’en intérêts composés les 100 deviennent 13 150 (22 fois plus)…
… C’est un peu ce qu’on va subir avec « la dette des administrations publiques » (je redonne le lien de l’article sur ce sujet :
http://www.societal.org/docs/dette-publique.htm).
Adrien C
merci pour les liens
ce que vous décrivez n’est pas plus propagandiste que ce qu’affirment les altermondialistes
le film explique comment fonctionne la politique monétaire au sein de l’UE, il y a une logique.….
rien n’empêche de critiquer cette logique suivie et de vouloir en changer mais la propagande n’est pas exclusive de la BCE.…
quant aux arguments d’autorité de Friedman ou Hayek ils valent bien par leur qualité d’analyse les arguments d ‘autorité des écososialistes , de Marx, de Keynes.…
une thèse que vous combattez n’a pas à être qualifiée d’argument d’autorité , Friedman démontre et explique …
pour en revenir au petit film, je le trouve plutôt pédagogique, ce qui permet justement de contre argumenter plus facilement
AJH ,
tout à fait d’accord pour dire que les emprunts ne doivent pas financer le « fonctionnement » c’est du bon sens
pour les intérêts payés par les banques au créateur de monnaie :
Ces mêmes banques ne reçoivent que des « honoraires » pour leur travail d’intermédiation et vous pensez qu’elles pourront verser des intérêts au créateur ? Votre idée ne tient pas : comment les banques s’en sortiraient-elles dans ces conditions ?
De plus, vous savez bien que les entreprises se financent aussi par le marché financier ? Que faites vous du rapport (des interactions) financement intermédié (celui que vous décrivez) et désintermédié ?
1). Avec votre système, les banques deviendront des administrations : comment voulez-vous qu’elles versent un intérêt ? Il faut qu’elles perçoivent des « honoraires » supérieurs ; tout compte fait, l’intérêt serait bien payé par les ménages et entreprises !
2). Les intérêts reviennent à l’État (vous dites la collectivité), il y aurait donc plus de redistribution qu’aujourd’hui, le taux de prélèvement obligatoire grimperait encore… Vous voulez donc redistribuer davantage, voilà un des fondements de votre plan.
3). Que devient le système d’épargne, notamment des ménages ; À quoi sert l’épargne ?
4). comment est fixé le taux d’intérêt ?
5). Ceux qui empruntent aux banques privées vont en fait financer la redistribution ; ne pensez-vous pas que l’État français redistribue déjà beaucoup trop et que ce qui compte est de redistribuer plus efficacement ?
6). Quelle adhésion recevrait un tel système par les créateurs d’entreprises ? Par ceux qui payent déja beaucoup d’impôts ? car en fait
votre proposition transforme l'intérêt en impôt !@Mike Teun
Je me demande si vous ne faites pas exprès de ne pas comprendre 🙁
a) Un « Institut d’Émission Monétaire » (l’équivalent de l’actuelle BCE, mais sous contrôle gouvernemental et parlementaire) décide du taux d’intérêt suivant les données actualisées (inflation, surchauffe, chômage, etc.), comme le fait la BCE avec son taux de refinancement… Il peut d’ailleurs avoir plusieurs taux (concernant les prêts aux entreprises, aux particuliers, etc.),
b) L’ IÉM émet la monnaie à la demande des banques commerciales (banques de second rang) ou des établissements financiers, en les créditant du montant demandé. Les banques commerciales vont payer les intérêts (ex : taux 4 ou 5%) qu’elles auront elles-mêmes reçus de leurs clients.
c) Les banques commerciales prêtent cette monnaie aux emprunteurs privés, au même taux de 4 ou 5% + honoraires. Quand le crédit est remboursé, les banques ont gagné leurs honoraires mais pas d’intérêt sur cette masse monétaire émise par l’IÉM (les intérêts reviennent intégralement à l’État qui redistribue).
d) Les banques commerciales peuvent également recevoir les épargnes et jouer le rôle d’intermédiaires. À elles de décider, avec les déposants et les emprunteurs, de leur rémunération : c’est du contrat d’ordre privé (financement sur un marché financier), comme n’importe quel commerçant.
e) Les banques commerciales ne devriendraient en rien des administrations… Inutile de dramatiser :o)
Dans votre « 2 », je ne comprends pas la relation que vous faites : « il y aurait donc plus de redistribution qu’aujourd’hui, le taux de prélèvement obligatoire grimperait encore »…
On ne crée pas de de prélèvements obligatoires supplémentaire … Inutile de dramatiser :o)
Pour le « 3 », je pense avoir répondu en « d »
Pour le « 5 »… La redistribution est faite sur 62 millions de Français au lieu de l’être sur 1 ou 2 millions… Je trouve que c’est pas mal. L’État, de toute façon, n’est là-dedans qu’un « répartiteur » des intérêts, qui lui reviennent au lieu de revenir aux actuels créateurs de monnaie, les banques privées.
Ceci dit, je suis, pour ma part, [comme Maurice Allais qui démontre avec une rigueur remarquable — lire l’extraordinaire « Économie et intérêt », p. 590 et s., n°164 ! — que le volume d’équipement est optimum lorsque le taux d’équilibre devient égal à zéro. ÉC], pour une suppression de tout intérêt sur toutes sommes empruntées à partir de création monétaire ex nihilo et utilisées à de l’investissement…
Si vous avez compris ce qui précède le « 6 » est sans objet .. mais effectivement, on peut considérer que l’intérêt payé par les emprunteurs et redistribué égalitairement à tous les citoyens serait comme un impôt négatif … mais pour les emprunteurs, payer de l’intérêt à tous les citoyens ou payer le même intérêt à son banquier, me semble que c’est pareil, non ?
L’emprunteur paie les 5 % plus les honoraires, c’est bien l’emprunteur qui porte la charge, donc pas de changement.
Les banques se contentent des honoraires et l’État récupère les intérêts, alors qu’il a émis cette monnaie avec la planche… Les emprunteurs demanderont à très court terme que le taux d’intérêt soit proche de 0, il n’y aura donc pas grand chose à redistribuer.…
Je pense (je vais toutefois lire vos analyses avec beaucoup d’attention) que votre système ne fonctionnerait pas : il se rapproche d’une gestion collectiviste des capitaux… Les intérêts seraient répartis égalitairement entre tous les citoyens : cad ? Cela est très imprécis… Le citoyen qui emprunte paiera ses intérêts et en récupérera une partie par votre technique ; celui qui n’emprunte pas recevra aussi une partie des intérêts, mais à quel titre ?
vous avez beau dire que les banques ne seraient pas des administrations, nous y viendrions vite… L’ÉTAT, toujours l’État, trop d’État.
« Dans votre « 2 », je ne comprends pas la relation que vous faites : « il y aurait donc plus de redistribution qu’aujourd’hui, le taux de prélèvement obligatoire grimperait encore » On ne crée pas de prélèvements obligatoires supplémentaires… »
Dans votre système, le prix de l’argent étant récupéré par l’État pour être redistribué, il y aurait comme une fiscalisation de l’emprunt et à terme cela serait ressenti ainsi : votre système créera des insatisfaits, notamment quand il s’agira d’être au clair sur la redistribution des gains.
Les banques pourraient gérer l’épargne et établir des contrats privés qui se justaposeraient au système que vous préconisez : réfléchissez au désordre que vous mettriez en place, notamment avec les effets d’éviction.
« Pour le « 5 » … La redistribution est faite sur 62 millions de français au lieu de l’être sur 1 ou 2 millions ».
Aujourd’hui, ce n’est une logique de redistribution.
« Je suis pour ma part pour une suppression de tout intérêt sur toutes sommes empruntées à partir de création monétaire ex nihilo et utilisées à de l’investissement… »
Quelles seront les conséquences sur la valeur de la monnaie, sur les changes ? sur l’économie du pays ?
Votre système est-il internationaliste ?.… Il faudra convaincre et convaincre et surtout dire : l’institut émetteur fait fonctionner la planche pour quel projet, pour tout projet ? comment évalue-t-il les besoins ?
Vous n’êtes pas sorti de l’auberge, AJH.…. et ne me dites pas que je fais semblant de ne pas comprendre car tout cela est très irréaliste, je n’ai pas dit « utopique ».
Juste une question pour voir si vous avez bien compris le système actuel
Vous écrivez « l’État récupère les intérêts, alors qu’il a émis cette monnaie avec la planche.…. »
Actuellement, les banques (centrales et de second rang) n’émettent-elles pas la monnaie « avec la planche » ???
En quoi le système que je préconise (d’alleurs je n’ai pas inventé grand chose, la réflexion basique je la dois effectivement à Maurice Allais) est-il différent du système actuel, si ce n’est que 100% de la monnaie est à l’origine issue de l’IÉM (l’institut d’émission monétaire) au lieu de l’être comme actuellement, de 7% de la BCE et de 93% des banques commerciales (second rang) ?
« Actuellement, les banques (centrales et de second rang) n’émettent-elles pas la monnaie « avec la planche » ??? »
À votre avis ? Vous jouez au professeur ? Que disiez-vous avec Maurice Allais ? Quel serait alors le but de votre proposition ?
Je vous remercie mais je connais bien le mécanisme de la création monétaire avec ses contreparties.
Est-il différent du système actuel ? Mais c’est tout l’objet de vos préconisations. Je vous ai expliqué plus haut les problèmes que votre système pose et vous n’avez d’ailleurs pas répondu à mes questions (je vous demande des précisions sur les conséquences : que j’ai essayé de tracer simplement ; je ne mets pas en cause votre connaissance du système actuel).
Bon, on va arrêter ici ; je pense m’être assez expliqué.
Les différences (principales, dont les conséquences seraient énormes) avec l’actuel système sont :
1 – Les intérêts de la monnaie, émise par la Nation et non plus par des structures privées, reviendraient à la Nation (nous tous) et non plus aux actionnaires des structures privées (les banques de second rang).
2 – L’État (nous tous) n’aurait plus à s’endetter auprès de divers prêteurs (dont l’origine des fonds qu’ils prêtent est bien in fine de fabrication privée) et je précise » pour la création d’équipements collectifs » ; mais surtout, nous n’aurions olus, collectivement, à nous cotiser par l’impôt et les taxes pour payer des intérêts à ces prêteurs…
« 1167 milliards d’euros d’intérêts payés pendant 27 ans, c’est à peu près 119 millions d’euros par jour (oui, par jour) que nous payons aux déjà plus riches qui d’ailleurs peuvent ainsi nous les reprêter à nouveau contre intérêt…
Et ces 43 milliards par an sont l’équivalent de 240 airbus A350, ou de 3 portes-avions « Charles de Gaulle », ou de 40 000 belles villas sur la Côte d’Azur, ou de l’isolation (en comptant 10 000 euros par foyer) de 4 270 000 logements, ou un salaire net de 18000 euros annuel, salaire médian en France, à 2 380 000 personnes … mais vous pouvez trouver d’autres exemples ! »
Voir http://www.societal.org/docs/dette-publique.htm
3 – Aucun changement notable pour les financements des entreprises et les emprunteurs privés… si ce n’est sans doute des taux plus bas…
Quant à vos questions :
« quelles seront les conséquences sur la valeur de la monnaie, sur les changes ? sur l’économie du pays ? »
Je ne vois pas ce que ça changerait… car, contrairement à ce que vous avez l’air de penser, la quantité de monnaie ne serait pas différente (toutes choses restant égales par ailleurs) à ce qu’elle est (et évolue) aujourd’hui : on changerait seulement d’émetteur
Vous demandez aussi :
« votre système est-il internationaliste ? » …=> OUI
« Il faudra convaincre et convaincre et surtout dire si l’institut émetteur fait fonctionner la planche pour quel projet, pour tout projet ? comment évalue-t-il les besoins ?… » => Exactement comme maintenant… Je redis : on change d’émetteur, c’est tout…
Dans le même ordre d´idées :
voir sous http://www.vivant-ostbelgien.org/,
« Penser Autrement »
Joseph Meyer
Les questions suivantes sont importantes pour évaluer la faisabilité de votre proposition :
« Quelles seront les conséquences sur la valeur de la monnaie, sur les changes ? sur l’économie du pays ?
Votre système est internationaliste ?.….. Il faudra convaincre et convaincre et surtout dire. Mais l’institut émetteur fait fonctionner la planche pour quel projet, pour tout projet ? comment évalue-t-il les besoins ? »
Vous voulez redonner le pouvoir monétaire aux États politiques, au peuple.
Actuellement, ce pouvoir appartient essentiellement à la BCE, mise en place par les peuples (système représentatif et réferendum ex. Maastricht), et le choix est de laisser faire la logique du marché (avec quelques règles à respecter), mais le sytème actuel est aussi un choix politique.
Alors, pour conclure avec vous :
Vous dites « on change seulement d’émetteur » : le changement d’émetteur ne peut s’accompagner du mot « seulement » car c’est capital.…..
Je lirai ce que vous proposez car c’est intéressant ; toutefois, a priori, cela ressemble à des projets que j’ai déja parcourus et qui sous-estiment totalement les effets de ce changement de politique pouvant mener à la paupérisation de la Nation.
Votre solution, comme beaucoup de solutions qui paraissent évidentes, est trompeuse et simpliste.
Bonne continuation.
Loin de moi l’envie d’entrer dans une polémique stérile. Je me pose des questions (parfois idiotes, pardon !) que je voudrais soumettre.
L’idée d’AJH de taxer les banques pour la création monétaire me paraît aller de soi, c’est même fou qu’on ne l’ait pas considérée 🙁
@Mike Teun
Pouvez-vous m’expliquer pourquoi la BCE a peur d’une hausse des salaires généralisée ? À cause du « monstre de l’inflation », qui détruit la valeur de l’épargne et des placements, soit.
Mais voilà, ceci suscite chez moi beaucoup d’interrogations.
L’inflation est mesurée en France par l’indice des prix à la consommation. Or, cet indice n’est pas représentatif du « coût de la vie d’un ménage ». Il minore fortement les prix de l’immobilier.
a) Première question : Pouvez-vous m’expliquer à quoi ça rime de se baser sur un indice inexact ? Quand vous payez un loyer ou achetez une maison, n’est-ce pas de la « consommation » ?
b) Ma seconde question est la suivante : dans quel cas, alors, est-ce qu’une hausse des salaires généralisée et à moyen/long terme (et plus forte que l’inflation cela va de soi) peut être acceptable par la BCE ?
Il me semble (je ne gage de rien) que c’est seulement à dose homéopathique, et lorsque des gains de productivité sont dégagés en même temps à la hausse de salaires, et seulement si leur valeur est plus que proportionnelle à la valeur de celle-ci, que la hausse peut être limitativement tolérée. Et dans ce cas-là, les revenus du capital restent favorisés.
Je reconnais que ce raisonnement n’est pas arrivé du tout à maturité.
c) Troisième question : dans l’article de Challenges que j’ai cité plus haut, à « quelles vannes », est-il fait référence lorsque l’article précise : « il (le gouverneur de la BCE) avait appelé à “une grande vigilance“, ce qui a invariablement entraîné un resserrement des vannes le mois d’après ». Il ne s’agit pas du crédit, il s’agit des hausses de salaires n’est-ce pas ?
En conclusion, admettez-vous alors que les revenus du capital sont fortement favorisés par cette politique, au détriment des revenus du travail ?
d) N’est-ce pas un paradoxe que le travail soit une valeur en hausse, alors que sa part dans la répartition des fruits de la croissance du produit de la nation semble de manière inextinguible en baisse depuis des décennies ? N’y a‑t-il pas maldonne ?
Et si vous êtes partiellement d’accord avec moi, comment convaincre des citoyens d’accepter un fonctionnement de la création monétaire qui est fait de telle sorte qu’il faut — à tout prix — que leurs salaires réels diminuent ?
Une petite recommandation : évitez les qualificatifs disqualificateurs du genre « vous pensez comme des altermondialistes ». La suffisance ne grandit pas.
Je me rends compte que mon dernier paragraphe est plus agressif que je ne le souhaitais… Vous pouvez le supprimer.
Adrien ,
« Pouvez-vous m’expliquer à quoi ça rime de se baser sur un indice inexact ? »
Cet indice est à revoir, c ‘est un point d’accord, je ne donnerai donc pas de réponses à une affirmation que je n’ai pas contestée.
Dans quel cas, alors, est-ce qu’une hausse des salaires généralisée et à moyen/long terme (et plus forte que l’inflation, cela va de soi) peut-elle être acceptable par la BCE ?
La BCE n’a pas le pouvoir d’accepter ou non les évolutions de salaires, elle cherche à maintenir la stabilité des prix par divers moyens, puisque si les prix dérapent, les salaires augmenteront (même le SMIC en France avec le système des 2 % automatiques) et il pourrait y avoir un cercle inflationniste se mettant en branle (hausse des salaires… hausse des coûts… hausse des prix, etc.)
« entraîné un resserrement des vannes le mois d’après »
Je ne pense pas que les vannes évoquées soit les salaires.
« sa part dans la répartition des fruits de la croissance du produit de la nation semble de manière inextinguible en baisse depuis des décennies »
Pour la France, il est indispensable d’introduire les bénéfices de la réduction du temps de travail dans le calcul de la répartition travail/capital (ce qui nuance beaucoup), mais il faut aussi tenir compte du développement des marchés financiers et du fait que de nombreux ménages y sont parties prenantes.
C’est un peu comme pour l’indice des prix, la façon de calculer le partage travail/capital n’a pas été revue !
Il ne faut pas dire « vous pensez comme des altermondialistes ». La suffisance ne grandit pas.
Adrien, je n’y vois aucune agressivité, ni suffisance : dire à qqun qu’il raisonne comme un altermondialiste n’est pas faire preuve de suffisance, c’est un simple appel à se déconditionner, tout comme pour un libéral
Ici, je cherche à comprendre ; faire un pas vers l’autre c’est aussi critiquer ce qu’il avance, pour ensuite voir ce qui en ressort, d’un côté comme de l’autre ; les positions ne peuvent pas être figées.
Toutefois, si vous pensez que contredire en essayant d’argumenter est de la suffisance, vous vous méprenez.
Le progrès vient dans la différence, pas dans la communion béate.
Monsieur AJH,
j’ai essayé de comprendre votre système et j’y ai vu quelques failles.
Malgré cela, croyez bien que je partage votre méfiance à l’égard des banques qui n’ont qu’une morale : l’argent et le profit.
Cf. le dernier produit pour les jeunes de 12 ans.
Je suis davantage partisan d’une « moralisation » du métier de la banque.
J’ai suivi avec intérêt le débat entre AJH et « mike teun » en me réjouissant au début de voir des arguments contradictoires issus d’un point de vue « libéral » (encore un mot trompeur et employé à dessein par les tenants de cette idéologie)…
Mais j’ai été un peu déçu par le fait que l’intervenant et contradicteur semblait ne pas saisir toute la dimension du problème de la création monétaire confiée aux banques privées.
Par quels ressorts psychologiques en vient-on à penser, en effet, que ces banques qui servent des intérêts privés sont a priori plus sages, plus compétentes et finalement plus légitimes qu’une institution publique pour créer la monnaie du pays ?
Mais, si c’est le cas pour la monnaie, pourquoi ne pas faire de même pour les autres secteurs « stratégiques » : ne faudrait-il pas aussi placer d’urgence l’armée et la police sous contrôle privé et que le Conseil des Ministres soit constitué des chairmans des principales entreprises du pays, lequels éliraient un Président du Conseil d’Administration France (CAF) qui tiendrait lieu de Président de la République ? (Puisque les États sont si peu responsables et si sujets à des actions contraires à l’interêt commun.)
Mais, toute blague mise à part, comment considérer comme allant de soi, étant normal et de bon aloi le fait que toute une NATION se voit contrainte de payer (à travers l’impôt notamment) des intérêts à des banques pour de l’argent qu’elles ne possèdent pas et qu’elles ont en quelque sorte « sorti du chapeau » par la création bancaire, laquelle aurait pu se faire tout aussi bien par la banque centrale elle même ?!!!
Il est vrai que les lois de l’économie sont impénétrables !
@Thomas Arno
Un peu dur là 😉 » Mais j’ai été un peu déçu par le fait que l’intervenant et contradicteur semblait ne pas saisir toute la dimension du problème de la création monétaire confiée aux banques privées. »
Voir : http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=54 et globalement tout le site » faux-monnayeurs »
@AJH
Heu…Je me suis probablement mal exprimé, je voulais parler de votre contradicteur, en fait.
J’ai trouvé que les arguments avancés par celui-ci étaient trop souvent « à côté » du problème, comme s’il n’en voyait pas toute la portée.
C’est dommage car j’aurais bien voulu connaître les raisons que des « libéraux » pouvaient honnêtement avancer pour justifier qu’un état soit contraint d’emprunter à des banques privées l’argent qu’il pourrait créer lui-même !
Il y a‑t-il là une histoire de « concurrence libre et non faussée », l’État étant perçu comme une entreprise parmi d’autres ?
@ Thomas Arno
Pas de problème 😉
Il y a des économistes libéraux comme Maurice Allais qui ne comprennent pas non plus …
Ça dépend, donc : quels libéraux s’expriment
http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=Th%C3%A9ories+politiques
Thomas Arno,
Vous dites : « J’ai trouvé que les arguments avancés par celui-ci étaient trop souvent « à côté » du problème, comme s’il n’en voyait pas toute la portée. »
« À coté du problème » avez-vous écrit, mais vous devez savoir que l’émission de crédit doit être abordée de manière globale.
L’émission par l’État, de la façon proposée par monsieur AJH présente plusieurs difficultés :
1. À quel niveau géographique son système s’appliquerait-il ? (Cf. la question êtes-vous internationaliste ?) AJH y a répondu sans développer alors que ce problème est fondamental.
2). L’État est émetteur, les banques jouent un rôle de relais, elles perçoivent les intérêts qu’elles reversent à l’État, en plus, elles ont droit à des honoraires qui constituent, en fait, leur unique rémunération. C’est l’emprunteur qui paie les honoraires. À terme, les banques fonctionneront comme des administrations (d’ou la question : nationalisation ?), voire comme des notaires ! Le système glissera vers une fonctionnarisation : cela rappelle de mauvais souvenirs assez récents !).
3).L’État fixe le taux d’intérêt, les gains perçus à ce titre sont redistribués égalitairement à tous les citoyens… Là encore (voir plus haut), plusieurs problèmes peuvent se poser ; notamment, à terme, les citoyens demanderont un taux faible le plus proche de zéro puisque le but est de redistribuer, c’est négociable, il y aura un rapport de force.
4). L’État émet de la monnaie répondant au besoins publics mais aussi privés. (Même si AJH affirme que ce n’est pas son souci), mais les citoyens et les entreprises constituent une épargne qui sert à l’investissement : les banques jouent sur la différence épargne/crédit, vous le savez.
À quel taux rémunère-t-on l’épargne ? Vous me direz : « plus besoin d’épargne, servons-nous… » Belle mentalité, belle éthique.
5). Quand l’État est émetteur, quels seront les effets sur le change, sur la valeur de la monnaie, la stabilité des prix ? . Pas de réponse !
5). Le système libéral (qui n’existe pas réellement surtout chez nous en France) permet une optimalité des crédits, comment assure-t-on la proximité et l’optimalité du crédit ? Pas de réponse !
7). Le système proposé par AJH est dit plus démocratique et plus juste vis à vis des citoyens, il est dit « politique », mais le système actuel (SMI/ UEM) a été mis en place démocratiquement et par accord politque (Cf. traité de Maastricht).
Monsieur Thomas, je ne suis pas à côté, je cherche à comprendre ce que propose l’auteur, je contre argumente pour définir les avantages et les limites du système… C’est juste que je contredis AJH, mais vous préférez sans doute que tout argument aille dans le sens que vous souhaitez… Vous pouvez rester entre vous comme les ump ou les socialistes, on connaît les résultats… Affrontement bipolaire destructif.
Je partage l’idée de l’auteur du blog quand il dit qu’il faut se méfier de ceux qui exercent le pouvoir : regardez Montebourg qui préconise deux mandats et qui entame son troisième, puis on finit sénateur (Mélenchon), mais on donne des leçons en percevant de beaux émoluments et en favorisant, l’air de rien, le statu quo.
On prône la parité, mais on présente les femmes dans les circonscritpions difficiles : résultat : 20 % de femmes… Tromperie, je vous le dis, ceci illustre bien le combat de monsieur Chouard.
Ayez le courage de confronter les arguments avec les opposants, vous en grandirez… Si le système de AJH « collait », je le dirais tout de suite, mais ce n’est pas le cas, il présente l’illusion de vérité absolue qu’il ne possède pas.
Bonjour
Pas très en forme physiquement en ce moment, je vais quand même essayer de répondre. D’abord un peu d’historique concernant l’évolution de ma réflexion.
En 2001, j’ai présenté à l’éditeur Yves Michel le premier manuscrit de « un regard citoyen sur l’économie » lequel faisait à peu près 135 pages. Il m’a demandé d’étoffer ce livre avec des propositions : je les ai appelées « utopies » et j’en ai sélectionné 8. ceci a réussi à doubler le volume de ce livre.
À la suite de plusieurs échanges avec des lecteurs, dont certains économistes, il nous a plu de travailler sur un modèle économique et monétaire imaginé en faisant table rase des modèles existants. Ces réflexions ont amené à l’écriture de « une alternative de société : l’écosociétalisme » (2005), système économique et monétaire que je reconnais utopique pour le moment mais qui resterait une alternative en cas de crash du système économique et monétaire actuel..
Néanmoins, un certain nombre d’idées et de propositions que nous avons émises dans ce livre seraient à notre avis applicables dès maintenant… Nous sommes donc arrivés à ce que nous avons appelé le « mouvement sociétal » (et quelques propositions sur http://objectifs.societal.org/), ainsi que la création d’une association A.C.S. (Association de Coopération Sociétale) qui finance la mise en place quelques idées pratiques (mada-énergie, e‑dons, etc.).
Il s’agit donc d’essayer de ne pas confondre « l’écosociétalisme » et les « propositions du mouvement sociétal », lesquelles, au niveau monétaire, sont proches des propositions d’Allais… (dont nous nous inspirons)
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Voici globalement ce que propose Allais, économiste libéral
« Remèdes proposés au fonctionnement actuel des institutions financières et monétaires :
1/ Réforme du crédit :
a – toute création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul . Les gains provenant de la création monétaire permettraient d’alléger très sensiblement les impôts actuels
b – tout financement d’investissement à un terme donné doit être assuré par des emprunts au moins de même terme. Aucun emprunt à long terme ne peut être financé par des emprunts à court terme.
Les moyens :
Dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à 3 catégories d’établissements distincts et indépendants
a – Banques de dépôts : encaissements, paiements, garde de dépôts de leurs clients.
b – Banques de prêts : le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés
c – Banques d’affaires : investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.
2/ Réforme de l’indexation :
Indexation obligatoire de tous les engagements sur l’avenir : prêts, emprunts, salaires, etc… aussi bien entre particuliers, entreprises et État.
But : libérer l’économie de toutes les contraintes attachées à l’incertitude de l’avenir, établir pleinement le principe d’honnêteté dans l’exécution des contrats. En finir avec la spoliation des débiteurs ou des créanciers.
3/ Réforme des marchés boursiers :
Le système actuel est fondamentalement anti-économique et défavorable à un fonctionnement correct des économies. Il s’agit de :
a – Rendre impossible le financement des opérations boursières et de la spéculation par la création de moyens de paiement ex nihilo.
b – Augmenter les garanties en liquidités.
c – Supprimer la cotation en continu et la remplacer par une seule cotation par jour pour chaque place financière et pour chaque valeur.
d – Supprimer les programmes d’achat/vente automatiques.
e – Interdire la spéculation sur les indices et les produits dérivés.
4/ Réforme du système monétaire international :
a – Abandonner le système de changes flottants pour un système de taux de changes fixes mais revisables
b – Interdire toute dévaluation compétitive.
c – Abandonner le dollar comme monnaie de compte, d’échange et de réserve.
d – Établir progressivement une unité de compte commune sur le plan international par un système approprié d’indexation.
e – Interdire la spéculation aux banques sur les changes, les actions, obligations et produits dérivés. »
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« Bernard Maris dans « Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles » (Albin Michel 1999), ne fait guère de cadeaux aux économistes en général. Mais il écrit (pages 136⁄137) :
« On va chercher Allais en 1987, après le krach, on le coiffe d’un chapeau pointu de devin, et on le ressort en 1998. Il dit la même chose, de bon sens, « que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ». Il ne prévoit rien : il fait de remarquables comparaisons historiques, point. Il donne la même analyse limpide de la crise de 1929, mais peu importe ; ce n’est pas sa capacité d’analyse historique que l’on met en scène, mais son coté vieux sage, vaguement sorcier et un peu loufoque : museler le système bancaire, interdire aux banques de créer de la monnaie, dire que la monnaie bancaire est de la « fausse monnaie », empêcher les banques de prêter à plus long terme que leurs fonds… si les gens lisaient vraiment ce qu’à écrit Allais, ils seraient stupéfaits ! Allais n’est pas un expert, mais un grand économiste… »
Je vais maintenant tenter de répondre à vos questions, mais je précise qu’il s’agit de proposition « mouvement sociétal » et non pas d’un développement de l’écosociétalisme qui, pour être compris / appliqué, nécessite vraiment un changement de paradigme, car il est un « modèle ».
Mike teun dit : « L’émission par l’État, de la façon proposée par monsieur AJH, présente plusieurs difficultés :
1. À quel niveau géographique son système s’appliquerait ‑il ? (cf. la question êtes-vous internationaliste ?) AJH y a répondu sans développer alors que ce problème est fondamental »
AJH :< Mon souhait est que ce système s’applique à tous les États de la zone euro, mais à défaut peut-être faudrait-il reprendre (ce que je ne souhaite pas) notre indépendance monétaire (les Anglais et les Danois par exemple l’ont bien gardée).
Mike teun dit : « 2). L’État est émetteur, les banques jouent un rôle de relais, elles perçoivent les intérêts qu’elles reversent à l’État, en plus elles ont droit à des honoraires qui constituent, en fait, leur unique rémunération. C’est l’emprunteur qui paie les honoraires. À terme, les banques fonctionneront comme des administrations (d’ou la question : nationalisation ?) voire comme des notaires ! Le système glissera vers une fonctionnarisation : cela rappelle de mauvais souvenirs assez récents !) »
AJH : Non, chaque banque commerciale garde son autonomie actionnariale et de fonctionnement. Il n’y a strictement aucun intérêt de nationaliser (je pense que doivent être nationalisés – plus exactement « collectivisés » seulement : l’énergie, l’eau, le sol, le sous-sol, quelques chaînes TV et journaux, et évidemment la création monétaire). Seul le « Trésor Public » aurait le rôle d’une banque d’État nationalisée.
Mike teun dit : « 3).L’État fixe le taux d’intérêt, les gains perçus à ce titre sont redistribués égalitairement à tous les citoyens : là encore (voir plus haut), plusieurs problèmes peuvent se poser ; notamment, à terme, les citoyens demanderont un taux faible le plus proche de zéro puisque le but est de redistribuer, c’est négociable, il y aura un rapport de force. »
AJH : De la même manière que la BCE et les banques de second rang déterminent les taux d’intérêts (surchauffe, inflation, déflation, compétitivité, etc.), un « Institut d’Émission Monétaire » détermine , en accord avec l’exécutif et le parlement, les taux les plus adéquats. Ceci dit, il peut aussi y en avoir plusieurs : taux à l’investissement, taux à la trésorerie des entreprises, taux à la consommation, etc.
Mike teun dit : « 4). L’État émet de la monnaie répondant aux besoins publics mais aussi privés (même si AJH affirme que ce n’est pas son souci), mais les citoyens et les entreprises constituent une épargne qui sert à l’investissement : les banques jouent sur la différence épargne/crédit , vous le savez. À quel taux rémunère-t-on l’épargne ? Vous me direz : « plus besoin d’épargne, servons-nous… » Belle mentalité, belle éthique. »
AJH : Je me suis peut être mal exprimé… j’ai le souci des besoins publics ET privés. Les épargnes constituées par les entreprises et les citoyens restent un « marché libre », qu’ils proposent leur épargne directement par petite annonce, par l’actionnariat, ou auprès des banques qui la prêteront à leur tour aux demandeurs de crédit (au même titre que de la monnaies qu’elles acquièrent auprès l’institut d’émission). Les banques ou établissements financiers n’ont droit de demander un intérêt que sur leurs fonds propres… (leur épargne).
Mike teun dit : « 5). Quand l’État est émetteur, quels seront les effets sur le change, sur la valeur de la monnaie, la stabilité des prix ?… Pas de réponse ! »
AJH : Je n’ai évidemment pas de certitude mais je ne vois pas en quoi ce serait différent du système actuel. Ce ne sont QUE les émetteurs de monnaie qui changent…
Mike teun dit : « 5). Le système libéral (qui n’existe pas réellement surtout chez nous en France) permet une optimalité des crédits ; comment assure-t-on la proximité et l’optimalité du crédit ?… Pas de réponse ! »
AJH : Je me considère comme un libéral anticapitaliste (libéral sociétaliste … je ne sais pas si cette catégorie existe déjà, mais il suffit de la créer ;-)). Mais pour répondre : je ne suis pas certain qu’il y ait optimisation des crédits (« selon que vous serez riches ou misérables … »)
Mike teun dit : « 7). Le système proposé par AJH est dit plus démocratique et plus juste vis à vis des citoyens, il est dit « politique », mais le système actuel (SMI/ UEM) a été mis en place démocratiquement et par accord politique (Cf. traité de Maastricht) »
AJH : Les députés et la presse ont reçu les 500 pages du Traité de Maastricht à peine 15 jours avant le référendum. Les citoyens qui voulaient se le procurer (en entier) le pouvaient, mais de toute façon personne à l’époque n’avait bien compris les incidences (et conséquences) de 4 lignes de l’article 104 noyées au milieu des centaines de pages… (J’ai, hélas, voté oui lors de ce référendum… Je n’avais rien vu non plus.)
Mais ceci dit, les orientation européennes ayant abouti à Maastricht sont plus anciennes : voir http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=4
Qui plus est, je dirais que ce qui a été fait par la volonté des hommes peut être défait par leur volonté…
Bonjour monsieur AJH,
je vous remercie pour cette réponse qui éclaire votre projet.
Je constate que vous avez un but : lutter contre la spéculation (un poison pour l’économie), sur ce point je vous suis pleinement : il est probable que nous connaissions un grave problème monétaire dans les années qui arrivent, vous voulez réduire l’incertitude.
Vous voulez également interdire les dévaluations compétitives : elles ne sont plus pratiquables au sein de l’UE monétaire.
Voyez-vous, je ne suis pas économiste, j’ai 35 ans et en 1992, j’ai voté non à Maastricht car j’avais compris les conséquences de la politique monétaire qui était proposée (Cf. les explications notamment de M Seguin).
Je travaille par lecture, mais aussi beaucoup par instinct (je sais, ce n’est pas scientifique) : je ne voulais pas de cette Europe, mais elle fût validée et aujourd’hui ce qui compte serait de négocier par l’intérieur pour changer sensiblement le système.
Le système que vous proposez n’est réalisable que si sa mise en place se fait à l’échelle du monde.
Toutefois, le piège de votre proposition est là :
« Toute création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Les gains provenant de la création monétaire permettraient d’alléger très sensiblement les impôts actuels. »
Voilà la critique majeure que je faisais à votre projet : de fait, la création monétaire se fiscaliserait (l’air de rien…). Vous avouez que cette technique ferait baisser sensiblement les impôts : ce sont les emprunteurs qui assumeraient en partie la redistribution et non plus tous les citoyens…
Là est le risque majeur d’éclatement du système, de paupérisation et de dérive… Sans compter la perte d’optimalité, les effets d’éviction, puisque il resterait un marché privé…
Je vous remercie une dernière fois et vous souhaite de retrouver la forme puisque vous êtes un peu fatigué. Je ne voudrais pas en rajouter.
Tiens, je viens de retrouver quelque chose d’intéressant ..
James Robertson http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Robertson propose dans son dernier livre (auquel j’ai apporté quelques corrections lors de la traduction française), de créer immédiatement toute la monnaie centrale contrepartie de toute la monnaie déja en circulation ; considérer que celle-ci a été empruntée par les banques à la Banque Centrale et exiger que les banques de second rang versent à la Banque Centrale les intérêts annuels en cours, aucune autre pratique financière n’étant modifiée (au moins au début…). Ces intérêts sont reversés à l’État, la Banque Centrale étant (ou devenant préalablement) l’une de ses institutions.
Sur un site qui défend le projet de la bioéconomie
(http://bioeconomie.12h60.com/),
on trouve cette fable qui fait comprendre le mystère de l’argent :
« L’île des naufragés », par Louis Even :
http://perso.wanadoo.fr/bioeconomie/ile-des-naufrages-louis-evens.htm
(J’avais signalé ce document fin 2005 sur la page ‘Liens et docs’.)
Excellent lien, Étienne.
J’ai trouvé la même fable sur le site de la fondation créée par l’auteur :
http://www.michaeljournal.org/ilenauf.htm
On y trouve aussi des traductions en de nombreuses langues.
Chose curieuse : dans le site de la fondation, l’histoire manque du détail sur la physionomie du banquier. Un détail qui pourrait être accusé d’antisémitisme.
Une autre phrase remarquable sur le site de la fondation :
Similitudes
(bon, j’espère que je ne me suis pas planté dans mes calculs…;-) )
Dans la presse…
France Telecom : la cession de 5% du capital rapporte 2,65 milliards à l’État.
La cession de 5% du capital de France Télécom par le gouvernement français a rapporté 2,65 milliards d’euros qui serviront au désendettement de l’État, a annoncé lundi la ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde.
Le montant sera « intégralement affecté au désendettement de l’État et des administrations publiques », a une nouvelle fois assuré Christine Lagarde. La dette publique française s’établissait fin 2006 à 1 142 milliards d’euros, soit 63,7% du produit intérieur brut, bien au-dessus de la limite de 60% inscrite dans le Pacte de stabilité et de croissance qui engage les pays de la zone euro.
————————————————
Imaginez…
Vous êtes propriétaire de biens divers (dont un vieux vélo) qui représentent environ 19 600 euros (1), mais vous avez une dette (2) qui s’élevait à 11 420 euros fin 2006, sur laquelle vous payez un intérêt annuel (3) de 3,70% payable chaque semestre… Mais, comme vous n’avez pas ces intérêts disponibles en excédent de revenus sur vos dépenses (incompressibles), vous êtes obligé de les emprunter, ce qui évidemment augmente votre dette d’autant. Votre dette à fin juin 2007 est donc de 11 631 (11 420 + 211).
Le 30 juin, vous décidez de vendre votre vélo à un acheteur pour 26,5 euros (4) afin de réduire un peu votre dette. Votre capital personnel est donc réduit à 19 573,5 (19 600 – 26,5) ce qui en soi est peu sensible, mais comment utiliser au mieux ces 26,5 euros pour le but que vous vous êtes fixé ?
En fait, vous avez deux choix :
1- Rembourser du capital dû, qui devient donc 11 604,5 euros (11 631 – 26,5) au début du second semestre. Vous aurez à payer 214,5 euros d’intérêts le 31 décembre, mais comme vous ne les aurez toujours pas, votre dette sera donc devenue 11 819 (11 604,5 + 214,5).
2 – Affecter ces 26,5 euros au remboursement d’intérêts sur le second semestre. Toutes choses restant égales par ailleurs, vous n’aurez plus qu’à payer 188,5 euros que vous serez néanmoins également obligé d’emprunter… mais en fin d’année votre dette sera de 11 819,5 (11 631 + 188,5)
Aucune de ces deux solutions beaucoup trop partielle (5) ne règle évidemment le problème global de votre dette qui aura de toute façon augmenté de 399,5 à 400 euros (et vous n’avez plus votre vieux vélo auquel, quoi que vous en disiez, vous teniez. Et ce sera encore pire, si par malheur, vos prêteurs décident que pour le second semestre et les années qui viennent, les taux d’intérêts qu’ils vous demandent vont augmenter…
Ah, tiens, vous avez oublié que vous aviez le droit le plus absolu de créer vous même la monnaie qui vous permettrait dans un premier temps de payer les intérêts dus et, dans un second temps, de rembourser en deux décennies (par exemple) le capital dû… Ou bien, beaucoup plus simplement, de décider que, à partir de ce jour, toute la monnaie devient la vôtre au lieu d’être celle des banques et que les détenteurs de cette monnaie (qui par ailleurs sont vos créanciers) vous doivent, eux aussi, un intérêt au lieu de le payer aux banques…
(1) Patrimoine des administrations publiques 1 960 milliards d’euros (estimation minimale de l’Insee pour 2005 )
(2) Dette cumulée des administrations publiques en 2006 : 1 142 milliards d’euros
(3) Prévision de la charge de la dette pour 2007 ; 43 milliards d’euros, soit environ 118 millions d’euros par jour.
(4) Rapport (« similitude ») de la cession de 5% de France Télécom pour 2,65 milliards d’euros
(5) À part la reprise du droit de création monétaire, la seule solution qui permettrait l’effacement de la dette serait la vente dans un délai bref de plus de 60% des « bijoux de famille », c’est-à-dire les biens des administrations publiques qui font évidemment partie du « capital collectif » qui fait notre richesse, la « valeur France » estimée pour elle à 10 000 milliards d’euros, soit près de 170 000 euro par français.
« Planète-finance, attention danger »
par Didier Adès et Dominique Dambert, dans l’émission Rue des entrepreneurs, sur France Inter samedi dernier, 30 juin 2007 :
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/ruedesentrepreneurs/index.php?id=57415
François Morin, auteur du livre « Le mur de l’argent. Essai sur la finance globalisée » (Seuil), est interrogé dans ce dossier.
François Lenglet, auteur de « La crise des années 1930 est devant nous » (Librairie Académique Perrin) est également consulté.
Manifestement, aucun de ces auteurs n’a lu Maurice Allais. Aucun journaliste économique non plus.
Bonjour AJH
La découverte de ce site, grâce à vous, ou il m’a bien fallu quelques jours de lecture pour en venir à bout d’une partie, est très rassurant. Il y a, encore, des citoyens qui vont à l’origine de nos problèmes. Merci.
En plein accord avec vous sur la nécessité de se réapproprier le droit à « battre monnaie », ce n’est tout de même pas, avis totalement subjectif pardon, l’idéal pour s’acquitter de la Dette, par contre pour assurer les retraites, oui, mais à condition d’avoir créer au préalable les actifs correspondants .
Pessimiste quand à la volonté réelle de nos élus, je ne le suis pas autant que vous, sur notre capacité à résoudre autrement, SANS CASSE, notre problème de surendettement ref : votre nota (5). Si vous permettez de vous soumettre une solution parmi d’autre.
Elle procède d’une constatation. Pas d’emprunt, sans revenus pérennes assurant la charge du remboursement. Le meilleur moyen pour se créer des revenus, c’est encore l’investissement. Partant de ce constat, puisque cela n’a pas été entrepris préalablement aux emprunts, alors INVESTISSONS aujourd’hui.
Comment?.EN SE SERVANT DU DÉFICIT ; « Transformer le déficit en INVESTISSEMENT ».
À venir dans un prochain post pour éviter la longueur.
cordialement
re bonjour
la suite du précédent post.
Comment?.EN SE SERVANT DU DÉFICIT ; « Transformer le déficit en INVESTISSEMENT ».
1°)- CAS DE LA DETTE SOCIALE
Le constat
‑La dette sociale (entre 7 et 11 mds d’€) représente en %, pour 11 mds, appliquée
(Ces recettes constituant nos fameux revenus pérennes)
‑Le Plein Emploi génère une Recette Sociale supplémentaire de 50 Mds d’€, évaluée à partir d’une Base très modeste 1 200€ brut /Mensuel et 5 millions de demandeurs d’emploi. (Notre fameux complément de revenus pérennes qui éradiquent le déficit et donc la dette).
La solution
Par une démarche volontariste, financer la création d’entreprises, pour générer le Plein Emploi Permanent source de revenus pérennes et supplémentaires.
Le principe
La technique
La Sécurité Sociale sera chargée d’effectuer la retenue à la source correspondante soit
2 fois le taux de déficit appliqués aux émoluments des prestataires concernés. Ici, la retenue à la source devenant ipso facto le revenu différé s’élève à 18,18% (2x9,09%) des prestations.
LE BILAN
Voilà tout est dit pour le social. Je le crois faisable. Non ? Avec le déficit dit « de la sécurité sociale » tant décrié, créer des emplois, reconstituer le patrimoine national et non moins privé, au profit des très petites associations en mal de budget, Je trouve ça jouissif.
A venir dans un autre post le surendettement,
si celà peut aider à avancer. Cordialement
re bonjour
Avant de s’attaquer au surendettement, je voudrais préciser 3 choses. Qui devrait s’en occuper et Qui contrôle ? et dans quel environnement propice?, d’où le rajout qui suit.
COROLLAIRE
Création d’une « Structure Financière Sociale », collectrice de la retenue à la source, indépendante de la Sécurité Sociale, placée sous l’autorité du « Garant de la VIème République Française Participative » .
Pour finir,un dernier mot sur le « Garant de la VIème R.F. Participative ».
En raccourci, la Vème améliorée, c.a.d, une république qui s’adosse à 3 piliers.
À la fin de sa mandature (2ans), il siège au conseil d’État (2 ans), préside le Sénat (2ans), siège un certain temps, au sénat tout en présidant une des structures de contrôle de la république : cours des compte, police, justice, médecine etc… au nom du président du conseil constitutionnel, pour finalement intégrer et siéger au conseil constitutionnel avant une repos bien mérité. Si cela fait avancer les choses alors à bientôt
cordialement
Bonjour
Mise en ligne d’un compteur en temps réel des intérêts payés depuis le 1er janvier 2007 sur la « dette publique »
http://www.societal.org/dette/interets.htm
… C’est « parlant ».
Merci André-Jacques.
Comment peut-on (avec quelle ligne de code HTML)
reproduire ce compteur sur nos propres pages d’accueil,
image animée qui serait cliquable pour accéder à ta page d’explication ?
C’est un ami qui me l’a installé…
C’est du « java » et c’est un tout petit dossier avec une page html (celle à l’écran) plus un fichier » beancounter.class » et un petit fichier image … le tout pour 18 ko.
Il faut que ces deux fichiers soient dans le même dossier que la page sur laquelle apparaitra le compteur…
Je puis donner ici les lignes de code html, mais pas les deux autres fichiers , hélas.
Je te les envoie…
Corrupt Federal Reserve :
sur you tube. Un clip sur la naissance de la Federal Reserve et ses finalités.
Que pensez-vous des monnaies complémentaires ?
Que pouvons-nous faire en France ?
Que peut-on faire dans les pays source d’émigration pour que les gens puissent continuer à y vivre sans être aspirés par le capital dette ?
@ Etienne,
bonjour, je me proposais de continuer à poster sur le désendettement, mais à la réflexion, je ne sais si je suis dans la bonne rubrique, si c’est le cas je m’en excuse, bien entendu, vous avez toute latitude pour le déplacer. Merci, voici la suite sur le Désendettement.
LES INGRÉDIENTS
Pour faire un Bon Désendettement, un environnement bénéfique, « La VIème République Française Participative », par exemple, est un préalable.
Autre préalable, les produits se doivent d’être de Qualité : une Belle Dette 1 217 mds d’€, un beau morceau de patrimoine de valeur équivalente à la dette, des sources insoupçonnées de liquidités (20 à + 100 mds d’€/an mini), de belles et grosses institutions pour rassurer, une structure solide et réactive au service exclusif du Désendettement.
L’IDÉE MAITRESSE
MÉTHODE DE TRAITEMENT DE L’ENDETTEMENT
Principe.….….….….….….….….….….…Traduction
1)-Sortir la Dette du giron de l’État.….….….1)-Création d’une entité juridique qui hérite
2)-La loger dans une structure Ad hoc.….…..2)-de la Dette de l’État ; 1 217 mds d’€ (passif)
3)-Équilibrer en y transférant des actifs.….….3)-du transfert de patrimoine de l’État ; (actif) .….….….….….….….….….….….….……mini 1 217 mds d’€ (récupération ultérieure par .….….….….….….….….….….….….….. l’État contre remboursement de sa dette).
4)-S’assurer d’organisme s’acquittant de la.…..4)-L’État 42 mds d’€ en direct et en indirect*. charge de la Dette (annuité)
5)-S’assurer d’organismes s’acquittant du.….…5)-Club d’Entreprises redevables à l’État pour principal de la Dette (capital).….….….….….info Banques(45 mds d’€: création de monnaie .….….….….….….….….….….….….……ex-nihilo)) – Structure Financière Sociale (20 à .….….….….….….….….….….….….……120 mds d’€) -Française des Jeux(?) – CDC(?) – .….….….….….….….….….….….….……Revenus Foncier, mobilière, immobilier(?).
6)-S’assurer d’organisme pourvoyeur de ressources supplémentaires(val.ajoutée).
À ce stade on peut noter que :
ORGANISME POURVOYEUR DE RESSOURCES SUPPLÉMENTAIRES
Qui ?
‑L’Entité juridique elle-même, La « Structure de désendettement de la Nation » à travers un
service interne spécifique. Entité, gérée par la « SFS » et placée sous
l’autorité du « Garant de la VIème République Française Participative ».
Missions ?
VU la longueur, la suite dans un prochain post. à bientôt.
bonjour, voici la suite sur une méthode possible de désendettement.
1) – Neutraliser la dette-Faire en sorte que la totalité de la Dette ne nécessite plus de remboursement impératif sec.….-Pour ce faire, la dette sera titrisée en créance à capital remboursable, sans limite de validité.
-Particularités : Ces créances, sans limite de validité, mutent pour devenir des « Créances perpétuelles ». Le remboursement du capital, à la diligence du Gvt, se substitue à l’obligation de les honorer à date prédéfinie. Elles sont librement cessibles à la vente comme à la location. Ce faisant la dette est neutralisée.
2) – Faire l’économie du service de la dette
‑Transformer « ponction d’impôts » pour assumer la charge de la dette en « réduction d’impôts » orientée investissement, sans incidence négative ni remise en cause du volume de recette fiscale du pays.
-Particularité de ces « créances perpétuelles » : Une rémunération, exprimée en % de la valeur faciale de la créance, révisée et décidée annuellement par le Gvt, leur sont attachée. Cette rémunération est particulière, dans la mesure où, ce n’est pas du numéraire, mais des avantages fiscaux (sauf crédit d’impôt, à bannir impérativement). Néanmoins, l’ensemble doit se révéler très avantageux, aussi bien en taux (+ de 20%) comme en avantages fiscaux, (du type double, voir triple avantages), tel que :
On va donc les nommer « Créances Investissements Perpétuelles » ou « CIP ». L’État s’acquitte ainsi indirectement de sa dette, au moyen de réduction/déduction d’impôt très ciblées et très orientées investissements producteurs de richesse et d’impôt.
Cas de figure : Le Gvt décide d’octroyer un intérêt de 20%. Les « CIP », partitionnées en unité d’une valeur de 1 000€, servent donc des avantages fiscaux.
Pour les particuliers : 2 avantages fiscaux, déductibilité de 20% de la valeur nominale de la créance (soit 200 €) sur la valeur éligible à l’ISF et réduction de 20 % d’impôts ISF (soit 200 €), porte feuille « CIP » non éligible à l’ISF.
Pour les Entreprises : 3 avantages fiscaux, Franchise de 20% de la valeur nominale de la créance (soit 200€) sur les investissements. Déductibilité de 20% du montant de la créance (soit 200€) sur la valeur éligible au calcul du bénéfice imposable réinvesti dans l’entreprise et enfin Réduction de 20% de la créance (soit 200€) sur le bénéfice imposable réinvestis dans l’Entreprise.
Les émissions de « CIP » étant toutes souscrites alors Le Gvt fait l’économie du service de la dette (42 mds d’€ pour un taux de 3,5%) pour se doter d’une politique d’investissement maitrisé et direct en entreprise de (42 mds/3,5%). À défaut la charge de la dette sera en baisse continue jusqu’à atteindre l’extinction au fur et à mesure de la cession complète des « CIP ».
3)-Générer des ressources venant en reconstitution du capital (de la Dette) emprunté
La capacité de générer des ressources venant en reconstitution du capital est soumis à la
réussite ou non du placement des « CIP » auprès des entreprises. La qualité de cet accueil va dépendre exclusivement de l’attractivité de l’offre, en taux (annuellement révisable) de franchise, de déduction, réduction consenties, et de son champ d’application. Ce taux devra idéalement atteindre au minimum 20 %. Des taux de 30 %…50%…100% si nécessaire, les premières années surtout, sont parfaitement envisageables.
– Ces ressources sont alimentées par
la suite et fin à venir
re-la fin de la méthode
Quelles conséquences ces taux généreux et attractifs peuvent-ils induire sur l’économie ?
-Valeur Ajoutée Économique :
Appliqué à l’économie, le Gvt se dote ainsi d’un puissant moteur/levier de croissance grâce à une politique indirecte d’investissement direct en entreprise. Toutes les entreprises sont concernées. Plus le taux de déductibilité/Réduction est de haut niveau, plus les « CIP » seront attractifs, plus l’investissement sera conséquent. Ces taux de haut niveau, de par le jeu de la consolidation des comptes filiales/maison mère sont de nature à inciter l’implantation, d’entreprises/ filiales gourmandes en investissement, filiales spécifiquement dédiées à la recherche par exemple.
Cas de figure 1 : – 730 mds d’€ , soit 60 % de la dette titrisée sous la forme de « CIP » de 1 000€ l’unité, ont été souscrites. Le Gvt leur affecte un taux de 20 %. Les avantages fiscaux rattachés :
L’effort d’investissement total consenti par l’État s’élève alors à 435 mds d’€ pour un désendettement de 730 mds d’€.
Commentaires : Il ne s’agit pas d’impôts existant dont l’État en ferait cadeau aux entreprises, mais du potentiel d’impôts (et assimilé), généré par un endettement de 730 mds d’€, muté en investissement, que l’État leur rétrocède. Sans les incitations fiscales, cet investissement aidé de 435 mds d’€ en théorie, ne se feraient pas et par conséquent, l’État n’en aurait, de toute façon, jamais vu la couleur. Par contre, le Gvt emmagasinera bel et bien un supplément d’impôts, un impôt qui n’existait pas auparavant, bref une nouvelle recette fiscale, (voir para « En matière fiscale »).
Cas de figure 2 : du coté entreprise que se passera t’il ? Prenons comme hypothèse, une entreprise qui se porte acquéreur d’un « CIP » à 20%. Elle disposera donc d’une franchise de 20 % de la valeur unitaire du « CIP », soit 200€. Elle pourrait donc se satisfaire d’un investissement de 200€ non imposable par « CIP ». Elle pourrait aussi décider d’investir au-delà sachant qu’il y a de nouveau déduction à venir, sur le bénéfice imposable réinvesti. Elle pourrait aussi décider de d’accomplir le parcours complet, pour bénéficier de 600€ d’avantages fiscaux par « CIP ». Je laisse au spécialiste le calcul de l’investissement optimal pour un rendement maximal.
Bilan : Sans engager la moindre dépense, le Gvt met en place une incitation à l’investissement à minima de 145 mds d’€ (franchise 20%). La pérennisation, grâce au renouvellement annuel de l’opération, en fait un moteur reconductible de croissance des plus performant.
-En matière de Recette fiscale :
Actuellement, pour assurer la charge de la dette de 40⁄50 Mds d’€ (la justesse du chiffre importe peu pour la démo), cela mobilise la totalité de nos impôts sur le revenu (50 mds d’€) qui induit un déficit budgétaire de même ordre de grandeur qui lui même aggrave dans les mêmes proportions le surendettement de la Nation.
Les « CIP », non seulement, dispensent le budget de la charge de la dette, (donc le budget augmenté de 40⁄50 Mds comble d’autant le déficit ‑budget déficitaire éradiqué- CQFD), mais de plus, génèrent de nouvelles recettes fiscales.
Reprenons le cas de figure 1 cité plus haut, en effet, les investissements, à partir de la titrisation de 60% de la dette soit 730 mds d’€, ressortent pour le premier niveau (la franchise de 20%) à 145 mds d’€.
La TVA, 19,6%, appliquée à cet investissement se montent à 28 mds d’€.
C’est bien une recette nouvelle initiée par les incitations fiscales à investir. Sans ces incitations pas d’investissement donc pas de TVA et sans présumer de l’effet papillon fiscal (IS, etc…) induit.
C’EST véritablement une CRÉATION de VALEUR AJOUTÉE.…. FISCALE
-Autre Domaine et pas des moindres :
La gestion des créances, elle est assuré par la « SFS » pour le compte de « Société de désendettement de la Nation ».
ÉPILOGUE
Associée à une durée de vie illimitée, le « CIP » (ex-Endettement) est doué d’une vie autonome, s’auto assurant des revenus pérennes. L’endettement vertigineux trouve enfin ici son épilogue.
voilà c’en est terminé. Ce n’est que de la technique, rien de bien révolutionnaire.Les raisons de mon intervention dans un prochain post. amicalement.
bonjour à tous
voici donc une méthode ‚parmi d’autre j’en suis persuadé, pour venir à bout des problêmes financiers de la Nation. Ce n’est qu’une pâle copie de ce que certains « génies » peuvent faire.
Et là est le sens de mon intervention. Si j’ai été capable de réfléchir à ça , d’autres plus instruit de la chose y sont arrivés aussi, aucun doute là dessus. Or que constates t’ont?. c’est le silence.
Le Gvt fait actuellement du catastrophisme sur le déficit social, or aucune élite ne se lève pour rectifier. À croire que tous les détenteurs du savoir s’accommodent du démembrement annoncé de la protection sociale. Est ce par ignorance ? SOIT mais çà ne peut plus être le cas. La méthode, avancée ici, n’est que la transposition de techniques qui ont fait leur preuve, mais il doit y en avoir d’autre, c’est couru d’avance.
En dehors du fait que l’on défends une chapelle (6ème RFP par exemple) digne d’être défendue bien sur, il est temps aussi d’aider ceux qui ne savent pas pour qu’ils puissent démembrer, s’ils le désirent, en toute connaissance de cause.
À l’instar des élites de la révolution française, c’est votre boulot. Le silence est trop assourdissant. amicalement.
Chers amis,
Je n’écris plus beaucoup parce que je lis comme un goinfre :o)
Il faut pourtant que je prenne le temps de vous en parler au fur et à mesure, sinon, la tâche de relais deviendra insurmontable (si vous voyiez ma pile « à taper et publier, urgent », vous vous diriez « il n’y arrivera jamais » ; la pile fait déjà un mètre d’épaisseur…).
Voici donc aujourd’hui un extrait du livre enthousiasmant de Jacques Généreux, « La Dissociété » (Seuil, oct. 2006), que je vous recommande chaleureusement. Dans ce court passage, on comprend LA VRAIE RAISON DU RACKET FINANCIER ACTUEL : elle tient à l’âge et à la fortune des hommes qui sont venus au pouvoir dans les années 80.
« L’acceptation du chômage et le
culte de la désinflation
Le mal politique de
l’époque n’est plus le chômage, c’est l’inflation. En effet, en 1979 aux
États-Unis et en Grande-Bretagne, puis au début des années 1980 en Europe
continentale, on fait le deuil de l’objectif du plein emploi qui faisait
l’unanimité depuis des années 1940, pour se convertir au culte d’une nouvelle
priorité, la désinflation.
Le fondement officiel de cette
conversion est la nécessité d’être compétitif dans un monde où la concurrence
internationale est de plus en plus vive.
En réalité, si tout le monde réduit son
inflation, personne ne devient plus compétitif. On n’est donc
contraint à la désinflation que parce que quelqu’un a initié le mouvement et que
les autres sont obligés de s’aligner, non pas pour être plus
compétitifs, mais pour éviter de l’être moins.
Si les pays n’avaient aucun intérêt
propre à la désinflation, ils tenteraient probablement de se dissuader les uns
des autres de se lancer dans une guerre des prix, exactement comme ils
s’entendent pour éviter des pratiques de concurrence déloyale. Ainsi, quoique
la concurrence internationale ait certainement joué un rôle, la conversion
générale et rapide aux dogmes de la rigueur monétaire et de l’inflation
minimale n’a pu se produire que parce qu’elle présentait un
autre intérêt pour les élites dirigeantes. Mais lequel ? Pourquoi cette
conversion est-elle désirée par les politiques ? Pourquoi est-elle somme
toute acceptée par la société ? Pourquoi à ce moment-là et pas
avant ? Si l’inflation est le mal absolu que l’on dénonce alors, pourquoi
l’avoir toléré si longtemps ?
C’est que jusqu’alors, précisément,
hormis les rentiers, tout le
monde trouvait son compte dans les
politiques d’expansion monétaire modérément inflationnistes.
D’abord, parce que les revenus nominaux
des salariés et des entreprises progressaient plus vite que l’inflation.
Ensuite et surtout, parce qu’une
telle politique monétaire se traduisait par des taux d’intérêt réels faibles ou
négatifs, ce qui, pour faire simple, signifie que le
crédit est gratuit, voire rapporte de l’argent à celui qui
s’endette !
Cette politique
très favorable à l’investissement et au financement bancaire des entreprises n’était pas moins
avantageuse pour les ménages : ceux-ci pouvaient accéder plus vite aux
biens d’équipement et devenir propriétaires de leur logement.
Les seuls vrais perdants de cette
politique monétaire étaient ceux qui tiraient une part essentielle de leurs revenus
de placements financiers : ne pouvant trouver dans les taux d’intérêt une
rémunération stimulante, ils investissaient dans les actions des grandes
sociétés cotées en Bourse. Mais, là aussi, leurs exigences en matière de
rendement étaient limitées par celles des managers qui privilégiaient d’autres
objectifs (croissance de la firme, prestige, etc.). Les dirigeants disposant d’un accès aisé au financement bancaire
étaient relativement indépendants de leurs actionnaires.
D’autant que ces derniers, dans un
espace financier réglementé et cloisonné à peu près partout dans le monde,
n’avaient pas la liberté ni l’opportunité de chercher ailleurs des managers
plus complaisants à leur égard. En un mot, les actionnaires n’étaient pas
alors en position de force pour exiger les meilleurs dividendes.
Si les rentiers avaient
donc, à l’évidence, intérêt au retournement des politiques monétaires en faveur
de la désinflation et d’une meilleure rémunération de l’épargne, ils restèrent longtemps
isolés dans une société qui tolérait l’inflation et jouissait du crédit
gratuit.
Mais au tournant des
années 1970–1980, leurs aspirations sont devenues celles de toute une génération
de cadres économiques et politiques accédant alors au pouvoir.
Ces derniers
appartenaient en effet aux classes aisées et intermédiaires qui, durant les Trente
Glorieuses, avaient pu constituer un patrimoine immobilier et une épargne
financière, grâce à la progression des revenus et à la faiblesse des taux
d’intérêt.
Mais une
fois leur patrimoine constitué, les quadragénaires et quinquagénaires des années
1970–1980 n’avaient plus besoin du crédit gratuit. Ils espéraient au contraire
des taux d’intérêt plus élevés qui rémunéreraient mieux leur épargne. L’inflation n’avait
plus à leurs yeux la moindre vertu, tandis qu’elle érodait la valeur réelle de
leur patrimoine. Aussi devint-elle un souci majeur dans les années 1970 (…) »
Source : Jacques Généreux,
professeur d’économie à Sciences Po, La Dissociété, Seuil, 2006, p.46 s.).
Il faut absolument lire ce livre formidable :
c’est un chef‑d’œuvre de clarté et de pédagogie.
Chaque paragraphe est important, du début à la fin.
Ainsi, l’âge et la fortune des
hommes au pouvoir permet de comprendre enfin pourquoi la misère perdure pour
le plus grand nombre !
Je ne peux m’empêcher de penser au tirage au sort
comme une véritable panacée juridique pour nous affranchir des effets pervers
de l’élection qui est largement une illusion, celle de dominer nos représentants par le seul fait de les désigner… Pure illusion qui ne résiste pas à l’expérience des faits.
Une autre citation, très longue mais extrêmement importante, extraite d’un document que je trouve « excellentissime », écrit par Éric Dillies, document déniché il y a quelques semaines par André-Jacques, je crois, et qui mérite une mention « formidable » tant sa synthèse est riche, passionnante, éclairante.
Ce précieux document est publié sur un site qui semble fourmiller de ressources et que nous devrons étudier dès que possible. J’ai un peu cherché ce « Éric Dillies » sur Google, mais il n’a apparemment rien publié d’autre sur le net. Ce serait bien, pourtant, de le contacter pour qu’il nous rejoigne de temps en temps. Si vous avez une idée…
J’ai inséré ce billet de blog (sur la création monétaire volée par les banques privées) dans mon journal, avec les deux derniers extraits (Généreux et Dillies), pour garder la trace de cette réflexion monétaire dans notre évolution générale : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Journal.php#Sabordage_monetaire.
Naissance de la Banque d’Angleterre
« « Le passé est pour les
économistes l’objet d’un mépris sans borne ». Ainsi s’exprimait
Tocqueville dans « L’Ancien Régime et la Révolution ». En effet,
s’il est un événement peu connu dans l’histoire économique, c’est bien celui de
la naissance de la Banque d’Angleterre. Guillaume d’Orange, gendre de Jacques
II qui s’était converti au catholicisme, usurpa le trône d’Angleterre après la
Révolution de 1588.
Gaston Bardet écrit qu’ « en 1694,
Guillaume d’Orange, devenu Guillaume III d’Angleterre ; n’avait
plus d’argent pour payer son armée. Ce hollandais dont le succès avait été
financé par les banquiers protestants de son pays, va — juste retour des choses
— être pris dans l’engrenage des usuriers anglo-hollandais. Un syndicat
d’usuriers, dirigé par William Paterson, lui proposa la combinaison suivante :
a) Le syndicat privé
avancera au gouvernement un prêt en or de 1 200 000 livres au
taux de 6 %, le capital et l’intérêt étant garanti par l’État et payés en
or ;
b) En récompense, le
syndicat privé a le droit de s’appeler Banque d’Angleterre ;
c) Comme le syndicat se
démunissait de tout son capital pour financer le prêt, il avait en échange le
droit d’émettre et de négocier des billets à ordre jusqu’à concurrence des 1
200 000 livres prêtées en or à l’État ».
Ainsi l’Angleterre
fut le premier État à se départir de son droit régalien de battre monnaie au
profit d’un « syndicat privé » (à l’intérieur duquel Isaac Newton était
grand Maître de la monnaie), qui s’en arrogeait le droit contre un intérêt…
financé par l’impôt.
Si l’on veut aller plus loin, l’une des
causes fondamentales de la Révolution d’Indépendance des États-Unis fut
provoquée en 1751 par l’Angleterre qui obligea ses colonies d’Amérique à
utiliser dorénavant sa monnaie à intérêt au lieu de leur monnaie gratuite. Et
d’après Benjamin Franklin « La Nouvelle Angleterre mit moins d’un an à
passer de la plus extrême prospérité au plus extrême marasme ».
Irruption de la monnaie de crédit dans
la pensée économique
1) C’est certainement à l’œuvre de Clément
Juglar (1859−1905) : « Des crises commerciales et de leurs retours
périodiques », en 1860, que l’on doit la connaissance de la première
intrusion de la monnaie de crédit dans l’économie.
En effet, Juglar constate que l’économie
enchaîne des phases de croissance rapide et de récession en des cycles de 7 à
10 ans. Après avoir rejeté comme origine de crises, les saisons
agricoles et climatiques, retenues par Jevons (1835−1882), il considère
qu’elles sont le produit du mécanisme monétaire de l’économie de marché et
des variations de la masse monétaire et du crédit. Ainsi, les banques prêtent au-delà de leurs encaisses métalliques
grâce aux billets de banque jusqu’au jour où la confiance des agents
économiques disparaît et entraîne la conversion de leurs avoirs en or. Cela
entraîne des faillites de banques, la réduction drastique de la masse monétaire
et la récession jusqu’au retour à l’équilibre.
On le voit, contrairement aux [sornettes et superstitions] classiques,
l’équilibre économique est instable et la monnaie intervient directement dans
l’économie.
2) Knut Wicksell
(1859−1926), économiste suédois, est le premier à reconnaître l’importance du
système bancaire dans l’offre de crédit. Il met en évidence que ce n’est pas l’épargne qui paie les investissements
mais le crédit bancaire par la monnaie scripturale.
Il sépare épargne et
investissement et montre que ce ne sont pas « les dépôts qui font les crédits
mais les crédits qui font les dépôts », et démontre par là l’inanité de
la loi de Say. Ce n’est pas l’offre qui crée sa propre demande, mais le crédit.
Je pourrais citer d’autres exemples qui
ne feraient que confirmer l’intuition selon laquelle la monnaie n’est ni
neutre, ni externe. Comme le pensait Schumpeter (1883−1950),
par le crédit la monnaie est au commencement de l’économie capitaliste, et le
banquier « est l’éphore de l’économie d’échange ». « La
monnaie préexiste aux marchés » rappelle Michel Aglietta.
(…)
D – Les instruments de la Banque
Centrale
Le système est dit hiérarchisé car les
agents économiques empruntent auprès de leurs banques secondaires qui se
refinancent auprès de la Banque Centrale au taux de réescompte.
Il est appelé à réserves fractionnaires,
car chaque banque secondaire doit avoir un compte auprès de la Banque Centrale
où elle doit déposer des réserves, en monnaie fiduciaire, non rémunérées.
Et chaque emprunt nouveau de la part
d’un agent économique doit être gagé pour partie en monnaie centrale
(actuellement entre 1 et 5 %).
Pendant « les
Trente Glorieuses », 80 % des financements accordés aux agents
économiques (ménages et entreprises) se faisaient par le canal bancaire et
permettaient un pilotage direct de la masse monétaire par la Banque Centrale.
Avec l’ouverture des marchés monétaires
aux entreprises au début des années 80, les banques secondaires ont perdu leur monopole
de financement. On a appelé cela la désintermédiation bancaire. La
déréglementation des marchés sous la pression des firmes multinationales s’est
faite sous le couvert du renouveau des idées libérales. En effet, l’ouverture
des marchés financiers était perçue comme un moyen de limiter le niveau des
taux d’intérêt, grâce à la concurrence, et d’assurer une allocation optimale
des moyens de financement. La substitution s’est faite rapidement car les
crédits bancaires ne représentent plus que 20 % du financement de l’économie.
Le seul instrument qui reste à la Banque
Centrale pour piloter la politique monétaire est le taux d’intérêt ou taux
directeur établi par les appels d’offre ou les prises en pension (l’appel
d’offre est l’un des deux outils de la politique monétaire de la Banque
Centrale). Deux fois par semaine, après consultation des banques, la Banque
Centrale procède à l’achat ou à la vente sur les marchés financiers d’un
certain volume de titres (bons du trésor) qu’elle échange contre de la monnaie
au taux d’appel d’offre. La prise en pension est le deuxième outil de la
politique monétaire. Au lieu d’acheter et de vendre des titres, la Banque
Centrale peut « prendre en pension » pendant cinq à dix jours, des
effets de commerce détenus par les banques en échange de la monnaie au taux de
prise en pension).
Dans « La monnaie dévoilée »,
Galand et Grandjean étudient les
conséquences du pilotage de la politique monétaire par les taux d’intérêts. En résumé, pour relancer l’activité, la Banque
Centrale baisse les taux qui facilitent le crédit et dynamisent l’économie.
Mais pour éviter l’emballement par le levier du crédit, la Banque Centrale va
augmenter ses taux progressivement et rendre l’investissement non rentable,
produisant par là même le retournement de conjoncture. Mais comme les effets de
cette politique se font sentir dans une période de 6 à 18 mois, l’économie retombe
en récession sans que la Banque Centrale puisse l’éviter.
Le cycle de ce « stop and
go » est non seulement inefficace mais démontre l’instabilité
intrinsèque de toutes économies financées par la monnaie d’endettement. À cela s’ajoute, dans
une économie mondialisée où chaque pays s’endette de plus en plus avec
l’extérieur, la contrainte du taux de change. Pour maintenir le taux de change,
la Banque Centrale doit rendre attractive sa monnaie par des taux d’intérêt
suffisamment élevés. La Banque Centrale doit donc arbitrer entre croissance
économique et stabilité des changes.
Pour des raisons
d’unification monétaire, Bérégovoy, Balladur et Juppé ont choisi la deuxième
solution et ont jeté des millions de personnes dans la misère et la pauvreté,
réduisant la politique économique au « traitement social du
chômage ».
Or, nous rappelle Jean-Paul
Fitoussi, président de l’OFCE, le taux d’intérêt est la variable sociale
par excellence, car plus il est élevé, plus il va récompenser les richesses
accumulées au détriment des futurs créateurs de richesse qui ne pourront
emprunter à cause de la cherté de l’argent. Il va déprécier le futur et lui préférer
le présent en donnant de l’importance au passé. Il empêche toute mobilité
sociale et renforce les inégalités.
Aussi, comme l’avait
parfaitement compris Keynes, dans une économie
d’endettement, il faut euthanasier le rentier-accumulateur au profit du
débiteur-créateur par des taux d’intérêt nominaux inférieurs aux taux d’intérêt
réels. Ce fut, entre autres, la politique des Trente
Glorieuses.
E – Les marchés financiers
Il y a une quinzaine de jours, M.
Kessler (celui du MEDEF, pas le grand écrivain) expliquait que les marchés financiers
qui ont mauvaise presse, ne sont en fait que le marché mondialisé de l’allocation
optimale de l’épargne de chacun d’entre nous. Ce n’est pas faux, mais est-ce
seulement cela ?
Pour comprendre ce qui se cache
derrière, faisons un peu d’histoire, chose que les économistes n’aiment pas,
comme le rappelait Tocqueville.
Au sortir de la seconde guerre mondiale
fut institué par les accords de Bretton-Woods,
un système de change fixe reposant sur un dollar convertible en or (35
dollars l’once). Morgenthau, secrétaire au Trésor, avait voulu
faire du dollar le reflet de la suprématie totale de l’Amérique dans le domaine
politique, industriel et financier et « mettre le dollar au centre du
système monétaire international » (Michel Aglietta, le FMI).
Il fallait, pour cela, « transférer
le centre financier du monde de Londres et de Wall Street vers le gouvernement
des États-Unis ». Car, comme le rappelle Armand Van Bormael,
dans La guerre des monnaies, après la crise de 29, « seul
le contrôle de la politique monétaire et financière par les autorités pouvait
assurer le plein-emploi, des prix stables et le bien être général ». Et Morgenthau
avait la ferme intention de « chasser les usuriers du
Temple de la finance internationale ».
Ce système a relativement bien
fonctionné jusqu’à la fin des années cinquante, période de redémarrage des
économies européennes favorisant les échanges, donc… des transactions
financières. Les banques américaines répondant à la demande de médiation et de
crédit de la part des entreprises européennes, installèrent des succursales en Europe, en particulier
à la City de Londres où les contraintes financières étaient quasi inexistantes.
Ainsi, ces succursales
émirent des lignes de crédits pour financer les entreprises et… les déficits
publics des états européens. L’Eurodollar était né, c’est-à-dire des dollars
émis de l’étranger et circulant à l’étranger en dehors du contrôle de la Federal Reserve.
L’apparition de
l’eurodollar sur la scène internationale est équivalent à ce que fut, au XIXe
siècle, l’apparition de la monnaie de crédit. On assista sur l’euromarché,
libéré de toutes contraintes étatiques, au miracle de la multiplication des
pains : un empilement gigantesque de moyens de paiement privés n’ayant
comme contrepartie que « la plume du comptable » comme le
rappelle Milton Friedman.
Face à la multiplication des
Eurodollars, les États-Unis se retrouvèrent dans l’incapacité d’assurer la
convertibilité en or du dollar, et le 15 août 1971, Richard Nixon décida
de laisser flotter le dollar.
Avec la naissance de l’Eurodollar, les
banquiers avaient remporté leur première victoire sur les États ; avec les
changes flottants, ils venaient d’en remporter une seconde. En effet, avec
l’instabilité des changes, chaque transaction internationale devenait
périlleuse et obligeait chaque opérateur à s’assurer contre les risques de
changes. Le marché des changes était né et procurait aux banquiers de
confortables bénéfices d’un système qu’ils avaient instauré.
En 1965, les eurodollars représentaient
11 milliards de dollars, en 1972, 82 milliards, en 1980, 700 milliards.
Aujourd’hui, » une masse de plus en plus monstrueuse de monnaie apatride
en progression géométrique, dont le total dépasse 4 000 milliards de
dollars, est animée de mouvement échappant à tout contrôle et à toute justification
économique réelle « . Jean Remy, Aux sources de l’erreur
libérale. Actuellement, le marché des changes totalise 1 500 milliards
par jour et le montant des engagements de gré à gré sur les marchés dérivés atteint
72 000 milliards de dollars.
Comme le signale Maurice
Allais, tout ceci ne fut rendu possible que par la multiplication des
« faux-droits », par la création ex nihilo de moyens de paiement
privés qui accaparent la planète. Pour conclure, je citerai Jean Remy
parlant de l’internationalisation des monnaies rendues pleinement
convertibles et donc privatisées : « cette privatisation bien que résultant
de la volonté des États, porte en elle-même dans un effet de rétroaction, la
destruction de leurs souverainetés ».
V – Monnaie et Souveraineté
A – La souveraineté mondiale
Après ce survol rapide de l’évolution
monétaire, nous voilà ramenés au dilemme de départ : la monnaie est-elle un bien
public ou un bien privé ?
Face à cette privatisation du monde,
deux postures se dégagent. La première est de dire que face à la mondialisation
par le privé, il faut opposer une mondialisation par le public. Il faut faire,
à l’échelle mondiale, ce qui s’est produit au début du XXe siècle et en
particulier après la crise de 29 au niveau national : la Banque Centrale
qui encadre et qui gouverne le crédit, donc le pouvoir financier. Les
institutions pour accomplir cette mission existent déjà en germes, l’ONU pour
édicter les règles de droit, le FMI, comme prêteur en dernier ressort. C’est la
thèse de nombreux économistes dont Michel Aglietta est la figure
emblématique.
La fonction de prêteur en dernier
ressort est apparue à la fin du XVIIIe siècle et a été conceptualisée par Bagehot,
banquier et économiste, en 1873. « En cas de crise, le prêteur en
dernier ressort assure la liquidité des banques de second rang, de façon à leur
permettre de faire face à leurs engagements. En se posant comme ultime recours
dans les périodes de « courses à la liquidité », la Banque Centrale
apporte au marché la régulation qu’il ne peut trouver en lui-même ». Ruffini
op. cit.
Cependant, cette gouvernance mondiale ne
règle pas le problème de l’émission anarchique de crédit. Et comme
le défend Maurice Allais, à la suite de Hayek et de
Fisher, seule une couverture intégrale des dépôts à vue et a
terme, peut mettre un terme à « la spéculation gigantesque que l’on
constate […] parce que l’on peut acheter sans payer et vendre sans
détenir ». C’est-à-dire que chaque crédit émis doit correspondre à une
épargne correspondante.
Comme cette condition sine qua non
pour assainir la finance n’est pas réclamée par les défenseurs de la gouvemance
mondiale, ce droit exorbitant de prêteur en dernier ressort peut être assimilé
à un pousse-au-crime : en effet, le banquier prête jusqu’au-delà du
raisonnable, et la Banque Centrale intervient pour rembourser le créancier
avec l’argent… des contribuables (cf. L’affaire du Crédit Lyonnais et des
caisses d’épargne américaines).
Dans un tel système, le banquier peut
s’écrier « pile je gagne, face tu perds ». On appelle cela pudiquement
l’aléa moral.
D’ailleurs, le FMI s’en est bien rendu
compte, car dernièrement il a refusé d’intervenir dans l’affaire argentine,
laissant les créanciers en face de leurs responsabilités.
L’autre reproche que l’on pourrait faire
à cette thèse est : « Comment une autorité mondiale pourrait-elle s’imposer
et faire respecter l’universalité de ses lois à des pays aussi différents, aux
intérêts aussi divergents, sans l’avènement d’une puissance impériale ? »
Les États-Unis pourraient éventuellement, à terme, assurer ce rôle, mais il
faudrait une crise autrement plus grave que celle du 11 septembre.
Face à cette impasse idéologique, il
faut faire un retour à l’État national.
B – Le droit régalien de battre monnaie
Il est de bon ton depuis la révolution
monétariste initiée par Milton Friedman de reprendre le célèbre jugement de
David Ricardo : « l’expérience prouve
que toutes les fois que le gouvernement ou une banque ont eu la faculté
illimitée d’émettre du papier-monnaie, ils en ont toujours abusé ».
Pour le courant monétariste, la monnaie est chose trop sérieuse pour la laisser
entre les mains des gouvernants.
[Curieusement], cela ne semble pas
heurter les monétaristes que ce pouvoir illimité ait été confié à des intérêts
privés. Maurice Allais rappelle que « pendant
des siècles, l’Ancien Régime avait préservé jalousement le droit de l’État de
battre monnaie et le privilège exclusif d’en garder le bénéfice ; la
république démocratique a abandonné pour une grande part ce droit et ce
privilège à des intérêts privés. Ce n’est pas le moindre paradoxe de notre époque ».
Maurice Allais a démontré de manière
définitive que l’origine de l’inflation est due essentiellement à la
multiplication des moyens de paiement par la création ex nihilo dans les
banques secondaires, entraînant l’inflation qui a détruit l’épargne dans les
années soixante-dix. Si elle n’apparaît plus actuellement, c’est à cause des politiques
restrictives menées depuis 20 ans, qui ont pour but de contracter la masse salariale,
donc la demande solvable, mais elle est bien présente sur les marchés
financiers.
Maurice Allais
propose donc l’interdiction totale de toute création monétaire à l’intérieur
des banques secondaires par le taux de couvertures intégrales des prêts, et l’exclusivité
de l’émission monétaire à la Banque Centrale.
C – Conséquences pour notre économie
Il est un phénomène curieux qui ne cesse
d’interroger les politiques et les économistes, c’est la progression croissante
de la dette publique. De 79 milliards de francs en 1975, elle est passée
à plus de 5 000 milliards en 2000. Elle est concomitante à la progression
des marchés financiers.
Pourtant cela s’explique très
facilement. Jusque dans les années
soixante-dix, l’inflation était supérieure au taux d’intérêt, donc l’intérêt
réel (intérêt nominal déduit de l’inflation) était négatif et favorisait le
débiteur-investisseur face au créancier. Cela dynamisait l’économie car le
poids de la dette diminue avec le temps.
Sous l’influence des
idées monétaristes, les États se mirent à lutter contre cette inflation en augmentant
considérablement les taux d’intérêt, rendant le taux d’intérêt réel positif. En
1973, une loi interdit tout concours de la Banque Centrale au trésor,
c’est-à-dire pour l’État de créer de la monnaie.
Face à ce renversement, les entreprises
virent leurs projets devenir moins rentables, voire pas rentables du tout. La
longue litanie de faillites et de chômage commença. Cette politique restrictive,
dite aussi de désinflation compétitive, obligea les entreprises à augmenter
leur autofinancement car elles ne pouvaient plus accéder au crédit devenu
usuraire, en comprimant la masse salariale et diminuant par là même la demande
solvable.
Comme la nature a horreur du vide, c’est
l’État, contraint et forcé, qui se substituera au désendettement des
entreprises et des ménages en voyant sa dette croître de manière géométrique,
entre autres à cause de la montée inexorable du chômage.
Les États, pris dans le piège récessif
firent appel aux marchés financiers pour emprunter, alourdissant par la charge
des intérêts le poids de la dette. En 1995, les intérêts de la dette
représentaient 19 % des recettes fiscales, soit 72 % de l’impôt sur le revenu.
En refusant d’exercer son droit régalien
de battre monnaie, l’État s’est mis à l’encan [s’est vendu au plus offrant] des financiers au
détriment de tous. Or comme l’enseigne Abraham Lincoln, « le privilège de créer de la monnaie est le
plus opportun dessein d’un gouvernement. Par l’adoption de ces principes, le
besoin ressenti depuis longtemps d’uniformiser la monnaie aux besoins sera satisfait.
Les assujettis aux taxes seront libérés des intérêts. L’argent cessera d’être
le maître pour devenir la servante de l’humanité ».
D – Le caractère récessif de l’économie
d’endettement
Il y a près de 80 ans, le Major
Clifford Hugh Douglas, fondateur du « social credit movement »
mettait en évidence avant la crise de 1929, par le théorème A + B, le caractère
nécessairement récessif des économies d’endettement.
Chaque prix d’un bien se décompose en
deux parties. L’une A, comprend les salaires et les revenus immédiatement
disponibles. L’autre B, est formée des charges fixes, financières, sociales,
fiscales et des bénéfices réinvestis. Elles ne sont pas immédiatement
disponibles. Le prix du produit est formé de A + B, or seul A est immédiatement
disponible. Donc pour acheter A + B, il faut faire appel au crédit. Et
plus la production va croître et plus la dette va devenir pesante.
Tovy Grjebine, par sa « théorie
séquentielle de la récession » qu’il expose dans Récession et Relance
et Théories de la crise et politiques économiques arrive à la même
conclusion. Il remarque cependant que dans
une économie en croissance, tant que les agents économiques augmentent leurs
endettements, la production peut être écoulée. Mais quand ils atteignent le
seuil d’endettement, et ne peuvent plus aller au-delà, les stocks d’invendus se
forment, l’économie entre en récession.
Toute croissance
économique suppose une croissance de la masse monétaire similaire. Mais il est
fondamental que cette croissance monétaire n’ait pas comme contrepartie une
dette.
Il est intéressant de noter qu’Aristote
est hostile à toute forme d’intérêt et qu’à l’origine, la monnaie est considérée
comme un moyen d’éteindre la dette [cf. notre citation d’Aristote plus haut]. .
Grjebine considère alors que seul l’État est capable de changer les contreparties
de la monnaie et opérer le désendettement de tous les agents économiques par la
mise en place d’une monnaie libre et franche d’intérêt, en permanence au
service de la communauté.
S’il est à la fois sain et nécessaire de
désendetter notre économie, M. Grjebine signale que si 25 % des entreprises le
faisaient en même temps, cela entraînerait l’effondrement de l’économie par la
diminution drastique de la masse monétaire.
Toutes les études démontrent que la
monnaie endogène ou de crédit est nécessaire pour stimuler l’économie mais
qu’elle n’est qu’un palliatif qui se révèle à terme pire que le mal. Il faut donc remplacer la monnaie d’endettement par
une monnaie permanente.
E – la politique de changement des
contreparties de la monnaie
Initiateur et
concepteur de la proposition de loi organique 157 déposée par l’intergroupe
conjoncture à l’Assemblée Nationale en 1981, Tovy Grjebine
proposait de stimuler le désendettement des agents économiques
par des crédits d’impôt correspondants. Ce qui, nécessairement, entraînerait
l’augmentation du déficit public qui serait compensé par une injection égale
de monnaie de la Banque Centrale.
Il n’y aurait pas d’augmentation
de la masse monétaire mais simplement changement des contreparties de la
monnaie qui assainirait l’économie et diminuerait la charge des frais
financiers. L’opération pourrait être renouvelée plusieurs années de suite,
elle stimulerait l’économie. Des études prospectives ont été faites en
France et aux États-Unis qui donnèrent comme résultat une
croissance de 5 % par an et une éradication du chômage en une législature.
Malheureusement ce projet de loi ne fut
examiné qu’en juillet 1981. Le nouveau gouvernement socialiste avait pris une
autre voie dont chacun se souvient des pitoyables résultats.
Avant de conclure ce chapitre et
d’aborder le dernier par un aperçu historique des politiques de relance par le
désendettement, je citerai cette phrase de Marcel Macaire,
professeur d’économie à Nanterre : « la création monétaire
par la Banque Centrale est par nature une dette sans créancier puisque l’État
se prête à lui-même. C’est parce qu’il se croit obligé d’en avoir, qu’il
emprunte à d’autres que lui-même et crée de ce fait un déficit budgétaire.
C’est cette méprise — et elle seule — qui crée la dramatique situation du
chômage dans laquelle nous nous débattons aujourd’hui ».
VI – Aperçu historique des politiques de
relance
A – Moïse
Curieusement la première analyse sur
la tyrannie de la dette et les moyens de s’en défaire se trouve dans le
Lévitique 25, 10–11 : Un des livres du Pentateuque que la tradition attribue à
Moïse (treize siècles av. J‑C). Il proclame l’extinction de toutes les
dettes et la libération de tous les hébreux mis en esclavage pour cause de
dettes tous les 49 ans, année du Jubilé. Ce texte n’est évidemment pas
argumenté puisque c’est un décret divin, mais l’on ne peut qu’y constater sa
pré-science dans une économie non monétaire.
Je signale qu’un gramme
d’or épargné à la naissance de Jésus Christ à 3,25 % par an représenterait
actuellement 6,1026 tonnes d’or, soit l’équivalent de la masse de la
terre.
Deux économistes genevois, Dembinski
et Bovin ont repris récemment l’idée jubilaire de remise des dettes
et de créances dans Rapport moral sur l’argent dans le monde, 2000 (http://www.obsfin.ch).
B – L’Antiquité
Le monde grec traversa au VIIe siècle
av. J‑C. une crise qui fit croître les domaines des grands propriétaires
terriens et réduisit les paysans pauvres à la misère et à l’esclavage pour
dette. Constatant que l’armée athénienne se réduisait de manière dramatique
(car seuls les hommes libres pouvaient combattre), Solon (640−561) libéra
les athéniens mis en esclavage et éteignit toutes les dettes. Il procéda en
même temps à une dévaluation de 30 % et développa l’artisanat en vue de
l’exportation.
Petite ville au VIIe siècle, Athènes
était devenue une ville prospère au début des guerres médiques (490−479). Mais,
c’est à la suite de la découverte des nouveaux
filons argentifères dans les mines du Laurion, qu’Athènes doit sa
splendeur. En effet, cet afflux soudain de métal précieux fut utilisé par
Thémistocle (524−459) en 483 pour la construction d’une flotte gigantesque de
200 trirèmes qui lui permit de remporter la victoire de Salamine en 480 contre
les Perses. Il assurait à l’avenir l’hégémonie d’Athènes sur le monde grec
jusqu’à la fin de la guerre du Péloponnèse en 404. La ville d’Athènes
tirait l’essentiel de ses ressources de l’exploitation des mines lui procurant
une richesse inégalée dont il reste encore actuellement tant de vestiges.
Face à l’afflux de richesses, les
Athéniens étaient confrontés au danger de l’accumulation et de la
thésaurisation. Ils l’évitèrent par une politique active de grands travaux (la construction du
Pirée, de l’Acropole…) et par les lois de liturgie qui obligeaient les
citoyens les plus riches et les métèques à des dépenses de service public dont
la plus coûteuse était l’équipement des trières.
Il est intéressant de
noter que la chute d’Athènes, d’après Thucydide, fut due à la trahison d’Alcibiade
qui conseilla aux Spartiates d’occuper en 413 la Décélie qui contrôlait les
mines du Laurion. Alcibiade ajouta « des richesses que compte le pays,
la majeure partie vous reviendra » et du même coup, « les
Athéniens se trouveront privés des revenus des mines d’argent du Laurion »
[Histoire de la guerre du Péloponnèse, VI, chap. XCI].