Pourquoi la (nouvelle) droite est dangereuse (Jacques Généreux)

30/04/2007 | 27 commentaires

La droite n’est plus ce qu’elle était

Au len­de­main de la Seconde Guerre mon­diale, l’u­ni­té répu­bli­caine conso­li­dée par l’op­po­si­tion au fas­cisme et au nazisme avait chan­gé la nature du conflit gauche droite : il s’a­gis­sait non plus d’é­li­mi­ner l’ad­ver­saire, mais de vivre avec lui et de consti­tuer une com­mu­nau­té poli­tique paci­fiée par des com­pro­mis sociaux et par le pro­grès éco­no­mique. Cette pro­pen­sion paci­fique fut ren­for­cée par la com­pé­ti­tion stra­té­gique et idéo­lo­gique de l’Oc­ci­dent avec l’URSS : il fal­lait per­sua­der la classe ouvrière que le capi­ta­lisme tem­pé­ré par l’É­tat-pro­vi­dence était de loin pré­fé­rable au modèle soviétique.

Ain­si, il y a peu encore, nous vivions dans une socié­té dont les traits prin­ci­paux ont été façon­nés dans l’a­près-guerre par un com­pro­mis entre des conser­va­teurs, des libé­raux, des démo­crates-chré­tiens, des radi­caux, des socia­listes, des com­mu­nistes… Bref, un ensemble de forces diver­gentes, mais néan­moins liées a mini­ma par un pacte social et répu­bli­cain, par le sou­ci de repous­ser le cau­che­mar de la guerre civile et de la guerre tout court, celle qui avait anéan­ti l’Eu­rope. La géné­ra­tion de mes grands-parents et celle de mes parents savaient que le jour où l’on ne par­vient plus à faire socié­té au-delà des diver­gences d’in­té­rêts, de croyances, et de convic­tions, le jour où l’on ne consti­tue plus un peuple soli­daire où cha­cun a la garan­tie de trou­ver sa place et l’es­poir d’a­mé­lio­rer son sort, alors ce sont la peur et la haine qui nous gou­vernent avant de nous détruire.

Hélas, cette leçon de l’his­toire semble à pré­sent oubliée. Depuis plus de vingt ans, le pacte social et répu­bli­cain qui nous a pro­cu­ré la paix civile subit les coups de bou­toir d’une nou­velle droite déter­mi­née à l’a­battre. Tirant pro­fit d’un bou­le­ver­se­ment des rap­ports de force à la char­nière des années 1970–1980, une nou­velle géné­ra­tion poli­tique est déci­dée à annu­ler toutes les conces­sions pro­gres­sistes jus­qu’a­lors consen­ties par peur de la guerre civile et de l’en­ne­mi sovié­tique. Insi­dieuse, dis­si­mu­lée et mar­gi­nale à l’o­ri­gine, cette entre­prise des­truc­trice est désor­mais mani­feste, reven­di­quée et domi­nante au sein de la nou­velle droite au pou­voir ; elle entre à pré­sent dans sa phase ter­mi­nale où le mar­ché doit se sub­sti­tuer au ser­vice public, où l’as­su­rance pri­vée doit rem­pla­cer la Sécu­ri­té sociale, où le contrat libre doit pri­mer sur la loi, où le risque est une « valeur » et la pro­tec­tion une fai­blesse, où l’Eu­rope de la libre concur­rence doir écar­ter la pers­pec­tive d’une Europe politique…

J’i­ma­gine que la plu­part des élec­teurs de droite ne voient dans cette orien­ta­tion rien d’autre que la conti­nua­tion d’une logique ancienne adap­tée au contexte de la mon­dia­li­sa­tion de l’é­co­no­mie de mar­ché. Ce fai­sant, ils ne prennent pas la mesure de la « rup­ture » désor­mais reven­di­quée par la nou­velle droite : rup­ture de l’é­qui­libre entre le prin­cipe de libre concur­rence et le prin­cipe de coopé­ra­tion soli­daire. Or, rompre cet équi­libre au pro­fit du pre­mier prin­cipe, c’est bou­le­ver­ser en pro­fon­deur notre modèle de civi­li­sa­tion et faire bas­cu­ler la socié­té vers une « dis­so­cié­té » qui dresse les indi­vi­dus les uns contre les autres, favo­rise le repli com­mu­nau­taire et l’in­té­grisme reli­gieux, nour­rit la vio­lence inci­vile et devient fina­le­ment ingou­ver­nable dans une dérive auto­ri­taire du pou­voir. Cela, que j’ai déjà ample­ment démon­tré dans La Dis­so­cié­té (Seuil, oct. 2006), consti­tue au fond l’es­sence du « dan­ger » dont il sera ques­tion dans ce livre.

L’é­lec­teur de droite doit com­prendre ici l’ef­fet qu’une telle pers­pec­tive pro­duit pour un homme ou une femme de gauche : exac­te­ment l’ef­fet que lui ferait une nou­velle gauche dont le pro­gramme serait d’é­ra­di­quer le prin­cipe de libre concur­rence au pro­fit d’une « hyper­so­cié­té » où règne­rait la seule coopé­ra­tion col­lec­tive orga­ni­sée par l’É­tat. Il pren­drait cela comme une décla­ra­tion de guerre et consi­dè­re­rait qu’il n’a plus rien de com­mun avec ceux qui lui adressent une telle décla­ra­tion. Si nous avons échap­pé à la guerre civile dans la seconde moi­tié du XXe siècle, c’est pré­ci­sé­ment parce que nos grands-parents ont conve­nu de cher­cher un équi­libre entre prin­cipe de concur­rence et prin­cipe de coopé­ra­tion, entre mar­ché et État, entre ini­tia­tive pri­vée et ser­vice public. Cet équi­libre peut varier selon l’é­vo­lu­tion des rap­ports de force et des prio­ri­tés sociales. Mais le prin­cipe même de cet équi­libre ne peut être remis en cause sans réveiller la vio­lence qu’il vise à contenir.

Or c’est jus­te­ment à cette remise en ques­tion que pro­cède désor­mais la droite. Celle-ci engage une rup­ture avec les com­pro­mis fon­da­men­taux qui ont per­mis la muta­tion de la vio­lence poli­tique en débat poli­tique. Cette droite n’est plus seule­ment l’ad­ver­saire d’une gauche ani­mée par une autre concep­tion des poli­tiques publiques, elle est désor­mais l’en­ne­mi de la com­mu­nau­té poli­tique qui nous consti­tue en peuple soli­daire. Car la nou­velle droite entend pro­fi­ter du nou­veau rap­port de forces engen­dré par l’ef­fon­dre­ment de l’en­ne­mi sovié­tique, et par la mon­dia­li­sa­tion du capi­ta­lisme libé­ral, pour impo­ser une vic­toire totale de ses idées.

(…) Je sais qu’une telle menace paraît bien abs­traite au lec­teur incré­dule qui n’a pas encore per­çu la muta­tion de la droite. (…)

L’illu­sion per­sis­tante sur les fina­li­tés de la droite

Mais beau­coup d’ac­teurs et de com­men­ta­teurs du débat public conçoivent encore l’en­jeu des élec­tions avec l’an­cienne grille de lec­ture désor­mais tota­le­ment obso­lète. Ain­si, on met en balance une droite plus sou­cieuse de réa­lisme éco­no­mique et de la per­for­mance des entre­prises et une gauche plus pré­oc­cu­pée par la redis­tri­bu­tion des droits sociaux ; une droite sur­va­lo­ri­sant la sécu­ri­té et pri­vi­lé­giant la répres­sion de la vio­lence et une gauche plus atta­chée à la pré­ven­tion et à l’é­du­ca­tion ; une droite fidèle à la Ve Répu­blique et une gauche aspi­rant à une démo­cra­tie plus par­le­men­taire et par­ti­ci­pa­tive ; une droite visant une Europe libé­rale face à une gauche en quête d’Eu­rope sociale. L’al­ter­na­tive en jeu dans l’é­lec­tion oppo­se­rait donc deux concep­tions dif­fé­rentes de la poli­tique éco­no­mique, de l’ordre public, de l’Eu­rope et de la démo­cra­tie, deux che­mins dif­fé­rents en quête de fina­li­tés au fond conciliables.

Armé de cette grille de lec­ture, l’é­lec­teur de droite sup­pose habi­tuel­le­ment que, quelle que soit éven­tuel­le­ment la géné­ro­si­té des idées de gauche, la droite pré­sente l’a­van­tage d’être plus réa­liste et donc plus com­pé­tente pour assu­rer au moins la pros­pé­ri­té et l’ordre public. Or ce sont là une contre­vé­ri­té et un contre­sens abso­lus. Une contre­vé­ri­té, car les faits démontrent l’im­puis­sance de la droite euro­péenne et fran­çaise en matière d’é­co­no­mie et de sécu­ri­té et sa pro­pen­sion à pro­vo­quer marasme, chô­mage et mon­tée des vio­lences. Un contre­sens, car cette façon de conce­voir l’en­jeu du vote se méprend tota­le­ment sur les objec­tifs pour­sui­vis par la nou­velle droite. Sauf à sup­po­ser une incom­pé­tence ver­ti­gi­neuse, on ne com­prend pas pour­quoi la droite euro­péenne mène sys­té­ma­ti­que­ment des poli­tiques nui­sibles pour l’é­co­no­mie, l’emploi et la sécu­ri­té publique. Il me semble plus rai­son­nable d’é­mettre l’hy­po­thèse que ces poli­tiques révèlent à quel point la droite se fiche de la crois­sance, de l’emploi et de la sécu­ri­té : elle accom­plit en réa­li­té son pro­jet de trans­for­ma­tion sociale, tant qu’elle tient le pou­voir, et quoi qu’il en coûte à la géné­ra­tion qui subit l’ac­cou­che­ment d’une nou­velle socié­té aux anti­podes du modèle de l’après-guerre.

À quelle socié­té rêve donc la droite ?

La droite ne vise plus une démo­cra­tie de mar­ché effi­cace qui sur­monte les ten­sions sociales par la pros­pé­ri­té géné­rale. Elle vise la dis­so­cié­té des indi­vi­dus livrés à la guerre éco­no­mique, pri­vés de tout pou­voir pour orien­ter col­lec­ti­ve­ment leur des­tin, dis­ci­pli­nés par la peur ou la pres­sion morale de leur « com­mu­nau­té », au prix, le cas échéant, d’une res­tric­tion crois­sante des liber­tés publiques. Elle est néo­li­bé­rale par sa volon­té d’é­tendre la sphère du mar­ché libre à qua­si­ment toutes les acti­vi­tés. Elle est néo­con­ser­va­trice par sa pro­pen­sion à sacri­fier les liber­tés au nom de l’ordre ; l’ordre qui devient en effet un pro­blème majeur dans un uni­vers de com­pé­ti­tion sans frein entre les individus.

Nico­las Sar­ko­zy ne cache d’ailleurs pas son admi­ra­tion pour l’ad­mi­nis­tra­tion Bush, qui est la plus avan­cée dans l’ac­com­plis­se­ment [chez les autres… ÉC] d’un modèle à la fois néo­li­bé­ral et néo­con­ser­va­teur. Ce pro­jet est en réa­li­té contraire aux inté­rêts du plus grand nombre, y com­pris ceux de l’im­mense majo­ri­té des élec­teurs de droite. Je mon­tre­rai donc com­ment et pour­quoi le pro­jet idéo­lo­gique et la pra­tique poli­tique de la nou­velle droite détruisent les pers­pec­tives de pro­grès éco­no­miques et social, maxi­misent l’in­sé­cu­ri­té, menacent la paix civile et bafouent la démocratie.

(…)

2 La droite contre l’é­co­no­mie et le pro­grès social

L’é­co­no­mie est assu­ré­ment le domaine dans lequel la droite affiche avec le plus de condes­cen­dance la cer­ti­tude de sa supé­rio­ri­té abso­lue sur une gauche archaïque. Le fon­de­ment de cette belle assu­rance consiste en une suite de lieux com­muns que l’on peut résu­mer ainsi :

« La gauche veut tou­jours sou­te­nir la demande de consom­ma­tion, alors que c’est l’offre qu’il faut sti­mu­ler : elle veut tou­jours régle­men­ter alors que c’est la flexi­bi­li­té qui est néces­saire ; la gauche veut redis­tri­buer alors qu’il faut créer des richesses ; elle assiste les pauvres et les chô­meurs quand il fau­drait les inci­ter à l’ef­fort et au tra­vail ; face aux muta­tions du monde et de l’é­co­no­mie, la gauche ne pense qu’à la pro­tec­tion alors que seule l’ex­po­si­tion à la libre concur­rence nous force d’être com­pé­ti­tifs : et, pour finir, la gauche finance ses poli­tiques inef­fi­caces à grand ren­fort de défi­cits publics et de pré­lè­ve­ments obli­ga­toires quand il fau­drait au contraire allé­ger le poids encom­brant des charges fis­cales et sociales et désen­det­ter le pays. Bref, la gauche a peut-être des inten­tions géné­reuses, mais elle reste pétri­fiée par des pré­ju­gés idéo­lo­giques (de vieilles lune key­né­siennes ou mar­xistes) à mille lieues des réa­li­tés éco­no­miques, et son inter­ven­tion­nisme a pour seul effet de gas­piller l’argent public et de péna­li­ser ceux qui créent des richesses. La droite au contraire, ne « fait pas d’i­déo­lo­gie », elle est sim­ple­ment réa­liste et c’est ce qui fait toute la différence. »

La dif­fé­rence est en effet colos­sale entre le bilan éco­no­mique de la droite au pou­voir et celui de la gauche : celui de la pre­mière est lamentable.

La ver­ti­gi­neuse incom­pé­tence éco­no­mique de la droite

Les gou­ver­ne­ments Raf­fa­rin-Sar­ko­zy puis Vil­le­pin-Sar­ko­zy avaient pour­tant tout pour réus­sir puisque, outre leur par­faite maî­trise d’une doc­trine éco­no­mique répu­tée supé­rieure, ils se trou­vaient confron­tés à un envi­ron­ne­ment très favorable.

(…)

Or, dans ce contexte on ne peut plus aidant, la droite réus­sit l’ex­ploit de cumu­ler crois­sance molle, mon­tée des défi­cits publics, hausse de la dette publique, aggra­va­tion du chô­mage, décrue mas­sive des créa­tions d’emplois… Elle annon­çait une conduite plus effi­cace de l’é­co­no­mie et une ges­tion plus rigou­reuse des finances publiques qui garan­ti­rait son suc­cès dans la lutte contre le chô­mage. À l’ar­ri­vée, c’est un fias­co complet.

(…)

Ça fait vingt ans qu’on empile les mesure d’exo­né­ra­tion de charges au nom de l’emploi, et n’im­porte quel béo­tien en éco­no­mie devrait désor­mais savoir que ces mesures viennent sur­tout nour­rir les marges finan­cières des grandes entre­prises, qui les réin­ves­tissent dans des pla­ce­ments finan­ciers ou dans leur déve­lop­pe­ment à l’é­tran­ger. Tout le monde sait éga­le­ment que l’argent public ren­du prin­ci­pa­le­ment aux 10% de Fran­çais les plus riches ne sti­mule pas la demande pour « la PME du coin » : soit il vient gon­fler la spé­cu­la­tion finan­cière ou immo­bi­lière, soit il simule la demande de voi­ture alle­mandes, d’é­crans plas­ma et autres inno­va­tions high tech fabri­quées à l’étranger.

(…)

Cinq ans pour rien : Ou juste pour démon­trer l’in­con­sis­tance de la stra­té­gie néo­li­bé­rale face au chô­mage, et la vraie cris­pa­tion idéo­lo­gique d’une droite qui refuse tou­jours de recon­naître un simple fait : les poli­tiques de sou­tien de la demande et d’aides directes à l’emploi sont plus effi­caces que les poli­tiques de redis­tri­bu­tion en faveur des hauts reve­nus et des déten­teurs du capital.

(…)

La ges­tion cala­mi­teuse des finances publiques

Cette poli­tique anti­so­ciale et anti­éco­no­mique n’a même pas l’ex­cuse libé­rale ordi­naire d’a­voir consti­tuer un sacri­fice néces­saire pour res­tau­rer les comptes publics « dégra­dés par le laxisme des socia­listes » et pour res­pec­ter nos enga­ge­ments vis-à-vis de l’U­nion euro­péenne. En cette matière aus­si, la droite est pitoyable. Sous le gou­ver­ne­ment Jospin, (…)

La gabe­gie d’argent public est donc en réa­li­té une mala­die de droite. La droite fait des éco­no­mies dans tous les domaines où il fau­drait dépen­ser plus (recherche, édu­ca­tion, poli­tiques de l’emploi…) pour en faire cadeau aux ménages les plus riches et gon­fler les marges finan­cières des entre­prises qui, en contre­par­tie, ne déve­loppent ni l’emploi ni l’in­ves­tis­se­ment dans le pays. Les éco­no­mies réa­li­sées ne réduisent pas les défi­cits publics ; elles les aggravent au contraire d’au­tant plus qu’elles se tra­duisent par un recul de l’emploi et de la demande, ce qui ampute les recettes fis­cales et alour­dit les aides sociales. Alors, afin de limi­ter l’en­vo­lée de la dette sans remettre en cause les cadeaux fis­caux aux riches, il faut rele­ver les autres pré­lè­ve­ments obli­ga­toires. Voi­là pour­quoi la droite, qui pro­met­tait d’al­lé­ger le « far­deau » de l’im­pôt, l’a en fait alour­di, mais pas pour tout le monde… ou plu­tôt si, pour tout le monde à l’ex­cep­tion d’une mino­ri­té de pri­vi­lé­giés. Voi­là com­ment la droite réus­sit à échouer sur tous les plans à la fois.

Pour mas­quer cette gabe­gie d’argent public au pro­fit d’in­té­rêts très pri­vés, le gou­ver­ne­ment s’ef­force de maquiller une par­tie des défi­cits et des dettes qu’il accu­mule. Ain­si, grâce à la loi Raf­fa­rin sur la décen­tra­li­sa­tion, l’É­tat s’est défaus­sé d’une par­tie de son défi­cit en trans­fé­rant de nou­velles com­pé­tences aux col­lec­ti­vi­tés locales sans trans­fert des recettes fis­cales cor­res­pon­dantes. Il s’en­suit une hausse des taxes locales, ce qui auto­rise un gou­ver­ne­ment qui ne manque pas de culot à rendre les élus locaux res­pon­sables de la hausse des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires. Ain­si encore, la Cour des comptes ne cesse de dénon­cer l’ar­ti­fice qui consiste à réduire le défi­cit comp­table de l’É­tat en ne payant pas ses dettes à la Sécu­ri­té sociale. Et, enfin pour ten­ter de conte­nir la pro­gres­sion de la dette, on pri­va­tise n’im­porte quoi et n’im­porte com­ment, dans le seul but de ren­flouer la caisse de l’É­tat en dila­pi­dant le patri­moine com­mun des Français.

(…)

Au total, donc, puis­qu’il faut être « réa­listes », nous res­sasse-t-on, soyons-le vrai­ment en dres­sant le bilan éco­no­mique et social de la droite : la droite est nulle pour l’emploi, nulle pour la crois­sance, nulle pour la ges­tion des finances publiques !

Ce n’est pas là une sur­prise pour qui connaît un peu la science éco­no­mique, puisque la rhé­to­rique éco­no­mique néo­li­bé­rale qui ins­pire la droite est insen­sée, et d’ailleurs mise en échec pra­tique depuis trente ans qu’elle tente de s’im­po­ser dans le monde.

L’in­di­gence théo­rique du néolibéralisme

Le néo­li­bé­ral est un croyant. Il met sa foi dans le mar­ché libre de toute entrave, dans la libre concur­rence, le libre échange, la flexi­bi­li­té, car « le mar­ché et la libre com­pé­ti­tion satis­font au mieux les besoins de la popu­la­tion et évitent les gas­pillages », pense-t-il. Il croit aus­si à l’in­di­vi­du seul res­pon­sable de lui-même et gui­dé par son propre inté­rêt, qui lui com­mande d’être per­for­mant dans un uni­vers concur­ren­tiel, et tire-au-flanc dans un envi­ron­ne­ment coopé­ra­tif et soli­daire. Voi­là pour­quoi il est néces­saire de déré­gle­men­ter, de libé­ra­li­ser, de flexi­bi­li­ser, de pri­va­ti­ser, d’é­tendre à toutes les sphères de l’ac­ti­vi­té la magie du mar­ché et les « ver­tus de la concur­rence ». Voi­là pour­quoi il est salu­taire de favo­ri­ser une répar­ti­tion inéga­li­taire des reve­nus et du patri­moine : plus l’a­van­tage dévo­lu aux gagnants est éle­vé, plus forte est l’in­ci­ta­tion à se battre pour gagner. Tel est le cre­do de la reli­gion néo­li­bé­rale. Le néo­li­bé­ral mène la guerre sainte et per­ma­nente contre les héré­tiques qui défendent le rôle de l’É­tat, jugent la coopé­ra­tion supé­rieure à la com­pé­ti­tion, prônent la réduc­tion des inéga­li­tés et l’im­pôt pro­gres­sif, etc., bref, contre tous ceux qui ne croient pas aux « lois natu­relles de l’é­co­no­mie », ont l’illu­sion que la poli­tique peut chan­ger l’his­toire et ima­ginent même que les êtres humains aiment mieux faire socié­té que se faire la guerre.

Le néo­li­bé­ral est un drôle de croyant ou un sacré men­teur, c’est selon. Drôle de croyant car, sou­vent, le néo­li­bé­ral est athée, maté­ria­liste, ratio­na­liste, et, tou­jours, il pense que sa reli­gion n’en est pas une ; il est per­sua­dé de se confor­mer à des lois natu­relle bien éta­blies par la science : il ne sait pas qu’il « croit », il croit qu’il « sait ». Sacré men­teur car, sou­vent aus­si, le néo­li­bé­ral (pas le même bien sûr) sait bien que son dis­cours n’est qu’une théo­lo­gie du mar­ché réfu­tée par la science et seule­ment des­ti­née à satis­faire les inté­rêts très pri­vés de ses pro­mo­teurs. C’est là une dif­fi­cul­té sur laquelle je revien­drai plus loin : il est mal­ai­sé de déci­der si le néo­li­bé­ral est un obs­cu­ran­tiste cré­tin ou un machia­vé­lique génie de la mani­pu­la­tion. Une chose est sûre : son dis­cours, qu’il y croie vrai­ment ou non, est un tis­su de non-sens éco­no­miques, tous réfu­tés par la science économique.

Trois siècles de recherche éco­no­mique ont, en effet, tout de même accou­ché de quelques résul­tats bien éta­blis. Je les ai recen­sés dans Les vrais lois de l’é­co­no­mie (Seuil, tome 1 en 2001 et tome 2 en 2002), sous une forme acces­sible à tout hon­nête citoyen, pour son édi­fi­ca­tion sur le fon­de­ment des « lois natu­relles » chères aux néo­li­bé­raux. Il y appa­raît notam­ment et en vrac que : les lois de l’é­co­no­mie ne sont pas « natu­relles » mais sociales et poli­tiques, c’est-à-dire condi­tion­nées par l’his­toire des conven­tions et des ins­ti­tu­tions qui façonnent les socié­tés humaines ; le mar­ché de concur­rence par­fai­te­ment libre conduit au dés­équi­libre géné­ral et au gas­pillage des res­sources ; un État effi­cace et une poli­tique indus­trielle avi­sée sont le meilleur avan­tage com­pa­ra­tif d’une nation dans l’é­change inter­na­tio­nal ; les dépenses publiques dans l’é­du­ca­tion, l’in­fra­struc­ture, la recherche et la san­té consti­tuent les fac­teurs clés de la crois­sance à long terme ; la per­sis­tance ou l’ag­gra­va­tion des inéga­li­tés sont en revanche un frein au déve­lop­pe­ment, etc., etc. Bref, tout au long du siècle der­nier, on compte par dizaines les théo­rèmes de la science éco­no­mique la plus stan­dard et la plus ortho­doxe qui éta­blissent exac­te­ment le contraire de ce que les néo­li­bé­raux nous pré­sentent comme des évi­dences indiscutables.

Je n’ai pas le temps de refaire la démons­tra­tion de l’en­semble de ces résul­tats (21 « vraies lois » au total) et de polé­mique avec les glo­seurs « mar­chéistes » qui savent tout sur tout, sans avoir jamais rien appris de la science éco­no­mique. Point n’est d’ailleurs besoin de détailler les inep­ties théo­riques qui fondent le dis­cours et les poli­tiques de la droite néo­li­bé­rale. En effet, après la vic­toire poli­tique des néo­li­bé­raux dans les plus grandes démo­cra­ties occi­den­tales (à par­tir de la fin des années 1970), ces inep­ties ont été mises en pra­tique sur toute la pla­nète. Dès lors, après un quart de siècle de mon­dia­li­sa­tion du néo­li­bé­ra­lisme, le simple constat acca­blant de ses échecs suf­fit à convaincre qu’une autre poli­tique s’im­pose (j’ai dres­sé le bilan com­plet de cet échec dans le cha­pitre 2 de La Dissociété).

L’é­chec pra­tique et géné­ral du néolibéralisme

Avant cela, le XXe siècle nous avait déjà appris qu’au­cune nation ne sort de la pau­vre­té grâce au libre échange, à la déré­gle­men­ta­tion, à la pri­va­ti­sa­tion, mais tou­jours grâce à une action poli­tique qui com­bine ouver­ture et pro­tec­tion, concur­rence et régle­men­ta­tion, libre entre­prise et sec­teur public, ini­tia­tive pri­vée et pla­ni­fi­ca­tion indus­trielle stra­té­gique, inves­tis­se­ments pri­vés et déve­lop­pe­ment rapide des biens publics de base (édu­ca­tion, san­té, jus­tice, infra­struc­tures). En dépit de ces évi­dences, au long des années 1980 et des années 1990, le FMI et la Banque mon­diale ont impo­sé aux pays pauvres ou sur­en­det­tés une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment fon­dée sur l’ou­ver­ture au libre-échange et l’at­trac­tion des capi­taux pri­vés. Attrac­tion qui sup­po­sait natu­rel­le­ment la créa­tion d’un envi­ron­ne­ment fis­cal, social et régle­men­taire favo­rable à des inves­tis­seurs en quête de ren­ta­bi­li­té maxi­male : déré­gle­men­ta­tion, pri­va­ti­sa­tion, rigueur bud­gé­taire et moné­taire, libre cir­cu­la­tion des capi­taux, flexi­bi­li­té du tra­vail, etc. tous les articles du cre­do néo­li­bé­ral com­po­saient donc natu­rel­le­ment la pano­plie du nou­veau modèle de déve­lop­pe­ment (repris dans les fameux « Plans d’a­jus­te­ment structurel »).

À l’heure du bilan, la Banque mon­diale elle-même recon­naît l’é­chec de cette stra­té­gie et redé­couvre l’é­vi­dence sus­men­tion­née : le déve­lop­pe­ment sup­pose au préa­lable la sta­bi­li­té poli­tique, un État solide, une admi­nis­tra­tion effi­cace, l’in­ves­tis­se­ment prio­ri­taire dans la pro­duc­tion de biens publics de base, etc. Et l’on ne peut que rire aux éclats quand cer­tains citent en contre-exemple quelques réus­sites éco­no­miques remar­quables, comme celle de la Chine. Rien n’est moins libé­ral et rien n’est plus éta­tique que le décol­lage de l’é­co­no­mie chi­noise. C’est l’É­tat chi­nois qui dicte sa loi aux capi­taux étran­gers et non l’in­verse. La réus­site de l’é­co­no­mie chi­noise est d’a­bord celle du Par­ti com­mu­niste chi­nois qui, sans rien céder de son pou­voir, puise à sa guise dans les méca­nismes du capi­ta­lisme occi­den­tal les seuls élé­ments qui servent son ambi­tion de puis­sance nationale.

C’est la même ambi­tion de puis­sance et le même rôle majeur du poli­tique qui expliquent pour l’es­sen­tiel la per­for­mance de l’é­co­no­mie amé­ri­caine. Depuis vingt ans, la droite néo­li­bé­rale euro­péenne nous pré­sente les États-Unis comme le modèle de flexi­bi­li­té et de libre concur­rence qui montre inso­lem­ment sa supé­rio­ri­té sur le « modèle social euro­péen » asphyxié par l’É­tat et les régle­men­ta­tions. J’ai mon­tré dans La Dis­so­cié­té ce qu’il en est vrai­ment. (Une démons­tra­tion encore plus pré­cise et plus com­plète de ma thèse vient d’être publiée par Alain Vil­le­meur : « La crois­sance amé­ri­caine ou la Main de l’É­tat », Seuil, 2007.)

L’A­mé­rique vient bien de connaître vingt ans de mon­dia­li­sa­tion appa­rem­ment plus heu­reuse que dans l’U­nion euro­péenne, avec deux fois plus de crois­sance et deux fois moins de chô­mage offi­ciel. [Le chô­mage réel est net­te­ment supé­rieur, mais je n’a­borde pas ce débat ici puisque je m’in­té­resse à la com­pa­rai­son des per­for­mances avec des pays euro­péens qui ont cha­cun leur forme spé­ci­fique de chô­mage dégui­sé ou dissimulé.]

Mais cette sur­per­for­mance amé­ri­caine est tout sauf la confir­ma­tion du culte néo­li­bé­ral de la libre concur­rence et de l’É­tat mini­mum. Pour sou­te­nir la crois­sance et l’emploi, les États-Unis uti­lisent mas­si­ve­ment tous les ins­tru­ments de la puis­sance publique dont l’u­sage est inter­dit ou très limi­té par les trai­tés de l’U­nion euro­péenne (défi­cits publics, aides publiques aux entre­prises en dif­fi­cul­té, mar­chés publics réser­vés aux PME amé­ri­caines, droits de douane, contrôle des OPA des socié­tés étran­gères, poli­tique vouée à la crois­sance et au plein emploi).

L’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine maquille ses sub­ven­tions à l’aé­ro­nau­tique pri­vée en finan­çant l’aé­ro­nau­tique mili­taire qui, contrai­re­ment à ce qui se passe en Europe, est déve­lop­pée par les mêmes entre­prises. L’ad­mi­nis­tra­tion sou­tient aus­si à grande échelle la recherche dans les nou­velles tech­no­lo­gies, soit direc­te­ment, soit indi­rec­te­ment par le biais d’in­ves­tis­se­ments militaires.

Bref, si nous devions imi­ter les États-Unis pour rat­tra­per notre retard dans l’U­nion euro­péenne, il fau­drait abo­lir le pacte de sta­bi­li­té, abro­ger le sta­tut imbé­cile de la Banque cen­trale euro­péenne, réac­ti­ver l’u­sage du tarif exté­rieur com­mun et de la pré­fé­rence com­mu­nau­taire, libé­rer les aides publiques aux entre­prises, dénon­cer le trai­té de l’OMC et obte­nir, notam­ment, la déro­ga­tion ont jouissent les États-Unis pour réser­ver leurs mar­chés publics aux PME, rem­pla­cer la concur­rence fis­cale entre États de l’U­nion par la soli­da­ri­té finan­cière, mettre en œuvre une poli­tique indus­trielle stra­té­gique à long terme… en bref, il fau­drait la vic­toire de la gauche radi­cale dans tous les pays de l’U­nion, cette gauche que les ignares et les mani­pu­la­teurs dési­gnent comme archaïques parce qu’elle pré­co­nise la poli­tique éco­no­mique et indus­trielle mise en œuvre par l’A­mé­rique, et qu’ils nous exhortent à imiter !

La contre per­for­mance euro­péenne, c’est donc l’é­chec fla­grant du néo­li­bé­ra­lisme for­ce­né de la Com­mis­sion et des gou­ver­ne­ments euro­péens depuis vingt ans.

(…)

J’ar­rête là, même si je n’ai pas énon­cé la moi­tié des évi­dences qui dis­qua­li­fient les pré­ceptes éco­no­miques de la nou­velle droite. J’ai pitié des lec­teurs un peu infor­més et qui savent tout cela par cœur. Je suis aus­si fati­gué d’a­voir à répé­ter des évi­dences mille fois écrites et démon­trées par moi et par tant d’autres, sans que cela ébranle d’un seul déci­bel ni d’une seule vir­gule le chant toni­truant des édi­to­ria­listes et des chro­ni­queurs qui saturent d’â­ne­ries l’es­pace où nous serions cen­sés trou­ver de l’information.

(…)

Mais peut-on être aus­si idiot et inculte à ce niveau de res­pon­sa­bi­li­té ? A prio­ri, je ne le crois pas (mais je peux me trom­per). Alors quoi ? Il n’y a, semble-t-il, que deux solu­tions. Ou bien la droite croit sin­cè­re­ment pour­suivre les objec­tifs qu’elle affiche (pros­pé­ri­té, emploi, com­pé­ti­ti­vi­té, etc.), et alors son incom­pé­tence et son igno­rance dépassent l’en­ten­de­ment. Ou bien la droite n’est pas plus bête que la moyenne, et alors son action reflète la pour­suite effi­cace d’ob­jec­tifs très dif­fé­rents de ceux qu’elle annonce.

Le vrai pro­jet éco­no­mique des néolibéraux

( …)

Que fait donc la droite en réa­li­té ? Elle ne défait pas l’É­tat, elle le pri­va­tise. Par­tout dans le monde, la pro­gres­sion du modèle néo­li­bé­ral et des gou­ver­ne­ments néo­li­bé­raux s’est accom­pa­gnée d’une aug­men­ta­tion du poids des dépenses publiques et des pré­lè­ve­ments obli­ga­toires. La mon­tée du néo­li­bé­ra­lisme est donc tout sauf un recul du poli­tique face à l’é­co­no­mie : c’est la vic­toire d’une poli­tique par­ti­cu­lière qui consiste à mettre l’É­tat au ser­vice d’in­té­rêts éco­no­miques par­ti­cu­liers. (…) »

(Fin de l’ex­trait ; la suite est de plus en plus intéressante.)

Remarques : ce livre est abso­lu­ment pas­sion­nant ; à lire et à relire.

Je recom­mande aus­si for­te­ment deux autres grands livres de cet auteur remar­quable : « Les vrais lois de l’é­co­no­mie », tomes 1 et 2, chez Seuil : un tra­vail à la fois péda­go­gique et savant de pré­sen­ta­tion simple et agréable des prin­cipes fon­da­men­taux de la créa­tion et de la répar­ti­tion des richesses que tout citoyen avi­sé devrait connaître. À lire, vraiment.

Voir aus­si le livre immense « La Dis­so­cié­té » (Seuil) qui donne au lec­teur l’im­pres­sion (agréable) d’être intel­li­gent, d’en­fin com­prendre le monde et ce qui manque au monde. Ce livre est nuan­cé, clair­voyant, impor­tant… en un mot, c’est un livre utile.

📚 Livre : À la recherche du pro­grès humain : La Dissociété

Qu’il est triste de voir cet homme valeu­reux crou­pir dans les soutes du PS au lieu d’ac­cé­der rapi­de­ment aux plus hautes fonc­tions, tenu qu’il est d’at­tendre —dans la struc­ture débi­li­tante qu’est un par­ti poli­tique— que les cra­to­crates pré­cé­dents aient déguer­pi. Quand il émer­ge­ra enfin, il sera pro­ba­ble­ment très vieux et tout usé, c’est misère et grand malheur.

ÉC

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27 Commentaires

  1. André

    Bon­jour Etienne

    Quelques remarques sur les évé­ne­ments à venir

    Je sais et je devine par ton silence que tu ne sou­haites pas inter­ve­nir dans la cam­pagne du 2ème tour. Je com­prends ta posi­tion, nous avons affaire à 2 tenants du oui et leur posi­tion sur l’Eu­rope n’est évi­dem­ment pas satis­fai­sante. Je pré­cise, comme déjà indi­qué sur ton site que je ne suis membre d’au­cun par­ti, mais simple mili­tant altermondialiste.

    Je consi­dère tout de même que tous les gens influents doivent prendre leur res­pon­sa­bi­li­té et faire jouer leur influence, quand la néces­si­té oblige. Et nous en sommes là !!

    Je te sais très atta­ché à la démo­cra­tie, et il convient de dénon­cer le risque repré­sen­té par quel­qu’un qui non seule­ment est allié à toutes les puis­sances finan­cières qui en plus sont pro­prié­taires de tous les médias.

    Ne crains-tu pas une offen­sive vis-à-vis des blogs inter­net qui dérangent les puissants ?

    Je consi­dère éga­le­ment qu’il faut dénon­cer quel­qu’un qui a des pro­pos tein­tés d’eu­gé­nisme (on nait pédo­phile et sui­ci­daire) qui attise les haines des uns contre les autres, qui cherche sans arrêt des boucs émis­saires (les fonc­tion­naires, les immi­grés, les chô­meurs, etc.). Je crains réel­le­ment des vio­lences sociales dans ce pays.
    Par ailleurs, dans ce domaine si impor­tant de la démo­cra­tie, il faut com­pa­rer les pro­grammes et voir si cer­taines dis­po­si­tions ne sont pas positives.
    Je constate dans le pro­gramme de Ségo­lène Royal qu’il est ques­tion de RIP, de pro­por­tion­nelles, que des sujets impor­tants comme les OGM, l’E­PR seront débat­tus, qu’un mora­toire est pré­vu sur les OGM.
    Donc Etienne, je me suis adres­sé à toi en tant que simple citoyen pour te don­ner un simple avis.
    Cordialement.
    André

    Réponse
  2. Vladimir

    bon­jour,
    je regrette pour ma part qu’il ne se soit pas crée une comis­sion elec­to­rale natio­nale inde­pen­dante qui aurait pu veiller a un sui­vi des inci­dents du 1er comme du second tour,notamment concer­nant le vote electronique;composée des repre­sen­tants de tous les candidats.

    IMPRESSIONS ENTRE 2 TOURS

    http://​www​.alter​monde​-levil​lage​.com/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​0​252

    Réponse
  3. alain de nantes

    j’ai énor­mé­ment appré­cié « la dis­so­cié­té », mais je ne crois pas qu’un pen­seur libre puisse conti­nuer à l’être s’il est choi­si comme homme pro­vi­den­tiel , en outre­pas­sant le tra­vail col­lec­tif des par­tis où le « médiocre peuple  » tente de pro­mou­voir ses hommes poli­tiques à lui, les­quels , tout en n’é­tant pas des génies, peuvent ser­vir démo­cra­ti­que­ment « la volon­té popu­laire »…Laquelle ne sau­rait se déduire ni d’un vote ni d’un tirage au sort, mais se frayer une voie his­to­rique dans le tra­vail des pen­sées indi­vi­duelles et des aspi­ra­tions collectives :

    lais­sons les phi­lo­sophes dia­lo­guer avec le peuple, et ne bri­sons pas les « appa­reils » que le peuple se fabrique !

    …car il est des puis­sances éta­blies qui dis­posent d’ap­pa­reils bien plus redou­tables pour empé­cher le peuple de « vrai­ment » ren­con­trer les philosophes !

    On va en faire la plus dou­lou­reuse des expé­riences, avec « la liqui­da­tion de Mai 68 » !

    …Prions la déesse de la Rai­son , comme le fit Ernest Renan !

    Réponse
  4. alain de nantes

    Bon­jour Etienne !

    Un silence d’en­vi­ron une demi-heure, c’est déjà trop, mais un silence de plu­sieurs jours, de la part d’un « homme libre », c’est troublant :

    il fal­lait dénon­cer l’os­tra­cisme dont ont été vic­times les « par­ti­sans » ( les mots devant gar­der tout leur sens ) d’une Répu­blique oppo­sable à la piètre farce qu’on nous impose à ce jour.

    Car toute confron­ta­tion équi­table entre les offres poli­tiques a été inter­dite par un « pou­voir média­tique » tenu en laisse comme un pit­bull anti-pluralisme…

    La dénon­cia­tion du sys­tème existe sur ce site, qui mérite sans doute qu’on l’en féli­cite… Mais alors, entre les deux tours, il y avait un « devoir de pré­sence », car comme l’a écrit et dit Lucie Aubrac, « La Résis­tance se fait au présent » !

    Il est des « retards  » col­lants, col­lés, col­la­bo­ra­teurs : il y a des « réserves » qui perdent toute digni­té, dés lors qu’elles se rem­plissent de la glue où les domi­nants pré­tendent noyer nos synapses !

    Ecrire une Consti­tu­tion doit être un acte insur­rec­tion­nel, désormais !

    Il me semble pos­sible et néces­saire de contri­buer , du point de vue des « par­ti­sans » de cette reven­di­ca­tion consti­tu­tion­nelle, à « la refon­da­tion poli­tique » capable de don­ner au peuple une puis­sance d’op­po­si­tion aux abus des pou­voirs personnels.

    « Oppo­si­tion consti­tuante » d’un nou­veau ras­sem­ble­ment capable de faire conver­ger « dans un esprit construc­tif » des citoyens et des citoyennes venant d’ho­ri­zons divers, sans renon­cer à quelque « appar­te­nance » que ce soit, et qui voient ensemble la néces­si­té de satis­faire comme prio­ri­taire cette reven­di­ca­tion car­di­nale, car elle relie de façon logique toutes les reven­di­ca­tions dites « légi­times » d’une majo­ri­té de fait du peuple , aujourd’­hui rou­lée dans la glue du sys­tème le plus per­vers qui soit en matière de confis­ca­tion de souveraineté !

    Bien sûr, il est natu­rel de réagir contre un per­son­nage qui brille par son adap­ta­tion aux tares de ce sys­tème, et qui en cela peut sin­ger le meilleur tout en ren­dant pos­sible le pire…

    Mais cette « per­son­na­li­sa­tion » de notre « oppo­si­tion » ne fait que ser­vir la per­ver­sion même du système !

    Il faut des « partisans » !

    J’ai trop de choses à repro­cher au PS de Ségo­lène, mais il y avait heu­reu­se­ment cette « reven­di­ca­tion consti­tu­tion­nelle » à défendre avec Elle, au 2è tour ! (… et c’é­tait plus impor­tant que d’ac­cep­ter un peu pré­ci­pi­tament une « mis­sion altermondialiste »…)

    …Je ne sais pas encore assez rac­cour­cir mes phrases, excu­sez moi !

    Réponse
  5. Vladimir

    L’élection pré­si­den­tielle 2007 doit être annu­lée pour délit d’initié – Le scru­tin n’est pas sin­cère – Preuve appor­tée par le PS Patrick Mennucci

    mar­di 8 mai 2007

    Patrick Men­nuc­ci, adjoint de Ségo­lène Royal et adjoint de la région PACA, vient de décla­rer, dans En appar­té sur Canal+ à 13h20 ce mar­di 8 mai, qu’il connais­sait dès 8 heures du matin dimanche une esti­ma­tion fiable du résul­tat à venir le dimanche soir (vidéo à venir ci-des­sous si elle devient dis­po­nible sur dai­ly­mo­tion et youtube).
    .…..

    http://​lesogres​.info/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​226

    Réponse
  6. AJH

    @Alain de Nantes

    mais il y avait heu­reu­se­ment cette « reven­di­ca­tion consti­tu­tion­nelle » à défendre avec Elle, au 2è tour !

    Je crains qu’il ne s’a­gis­sait en fait que de « poudre aux yeux », quelques petites retouches ici et là et hop, on aurait appe­lé cela 6° république…

    Mais ceci dit, quelle « idée forte » pour­rait réunir au dela de cer­tains cli­vages, y com­pris droite-gauche, comme l’a­vait fait le pro­jet de TCE ?

    Réponse
  7. AJH

    Sans pour autant consi­dé­rer que je réponds à la ques­tion pré­cé­dente, je vous cite le cour­riel reçu ce jour sur la liste « alter ekolo » :

    « Bon­jour à tous,
    Pour ma part, après l’é­lec­tion de Nico­las Sar­ko­sy (la « schtroum­pho­cra­tie »!), ce qui pou­vait encore me lier à une « démarche anti­li­bé­rale » en France s’est com­plè­te­ment « éva­noui », et ce d’au­tant plus que je consi­dère aujourd’­hui que la réa­li­té des col­lec­tifs « uni­taires » (!) a par­ti­ci­pé à ce que cette « sar­ka­tas­trophe » advienne – tout comme, d’une toute autre manière, le « pacte éco­lo­gique » de Nico­las Hulot … avec lequel je me sens un peu en guerre ! Et la seule chose qui me semble oppor­tun de faire au niveau poli­tique-démo­cra­tique (pour le reste, j’en dirai plus ulté­rieu­re­ment!) aujourd’­hui, c’est de consti­tuer un large mou­ve­ment visant à intro­duire un taux impor­tant de pro­por­tion­nelle dans les élec­tions légis­la­tives (taux qui ras­sem­ble­rait le plus de suf­frages), au moins de Fran­çois Bay­rou et sa nou­velle force poli­tique à l’ex­trême gauche (sans comp­ter des forces poli­tiques nou­velles comme « La France en Action » et tous ceux qui veulent « autre chose » que la poli­tique actuelle, les dis­tri­bu­tistes, les epé­ran­tistes, etc.), avec comme moyen une péti­tion scrip­tu­rale (non élec­tro­nique ou en com­plé­ment avec une péti­tion élec­tro­nique) qui vise­rait un mini­mum d’un mil­lion de signa­tures. »

    Réponse
  8. SylvanoDeLaSelva

    Bon­jour !

    Qu’il est agréable d’a­ban­don­ner par­fois sa bar­rière men­tale anti-pro­pa­gande, pour se plon­ger dans la lec­ture de textes balan­cés, et confron­ter ses aspi­ra­tions à un réa­lisme moins tyran­nique qu’à l’habitude !

    Concer­nant les objec­tifs de la droite actuelle, je vous pro­pose la lec­ture d’un com­mu­ni­qué de presse :

    http://​humain​.poten​tiel​.over​-blog​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​-​1​0​3​0​5​7​6​8​.​h​tml

    C’est impor­tant, j’en suis convain­cu, et par­fois, il n’est pas néces­saire de se tour­ner vers l’ex­té­rieur ou vers l’a­ve­nir pour trou­ver de bonnes idées. Elles existent déjà et ne sont tout sim­ple­ment plus défendues.

    Mer­ci, et à bientôt !

    Syl­va­no

    Réponse
  9. Vladimir

    Comme des mil­lions d’électeurs, j’ai eu l’impression que cette élec­tion était étrange, comme sous influence. C’est deve­nu une cer­ti­tude, et c’est ter­rible de nous être fait avoir tous.

    À pro­pos de PARIS MATCH, cet article :

    http://​www​.letemps​.ch/​t​e​m​p​l​a​t​e​/​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​.​a​s​p​?​p​a​g​e​=​4​&​a​r​t​i​c​l​e​=​2​0​6​909

    Réponse
  10. tomy

    Bon­soir,

    Sar­ko­sy va réus­sir de grandes choses tant sociales qu’é­co­lo­giques, vous serez agréa­ble­ment sur­pris et rever­rez vos posi­tions sur la démo­cra­tie et les ins­ti­tu­tions de la 5ème république.

    La démo­cra­tie fonc­tionne beau­coup mieux que vous le sug­gé­rez, la cri­tique est facile et le mieux est l’en­ne­mi du bien.. Le savez-vous ?

    Réponse
  11. Étienne

    Bon­soir Tomy.

    J’es­père que vous avez rai­son et si Sar­ko­zy fait de bonnes choses, je le remer­cie­rai honnêtement. 
    Je cherche des lueurs d’es­poir et j’en trouve par­fois (voir mes der­niers liens : l’ar­ticle de Fitous­si et sur­tout celui de Fabra).

    Mais quand même, les signes de plou­to­cra­tie (gou­ver­ne­ment par les riches) s’ob­servent à foi­son, non ? 
    Faites-vous une dif­fé­rence entre une plou­to­cra­tie et la démocratie ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : la cri­tique n’est pas si facile que ça… C’est un sacré bou­lot ! ;o)

    Réponse
  12. Étienne

    @ Tomy,

    J’ai trou­vé (et relayé) ce matin, sur Ago­ra­vox, un article pas­sion­nant qui fait le tour cal­me­ment des pro­blèmes les plus graves que semble poser notre nou­veau Pré­sident. Ça vous inté­res­se­ra sans doute au plus haut point.

    « Sar­ko­zy, ou le triomphe des pas­sions tristes »,
    par Taï­ké Eilée :
    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​_​t​o​u​s​_​c​o​m​m​e​n​t​a​i​r​e​s​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​4​164

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  13. philippe magdelenat

    Bon­jour Étienne,

    bien tar­di­ve­ment, je réagis à une émis­sion dans laquelle tu as par­ti­ci­pé sur LCI, il me semble… (dans un pre­mier temps, je t’ai confon­du avec Chris­tophe Aguit­ton : la res­sem­blance d’al­lure est à relever !)

    même si je me suis plus ou moins oppo­sé au « non » en 2005 et bien que je ne par­tage pas ta grande méfiance à l’é­gard des poli­tiques (ta vigi­lance : oui ), j’a­voue avoir été mora­le­ment de ton côté ce jour là tant les deux ou trois autres inter­lo­cu­teurs m’ont paru pédants.

    Sur Sar­ko­zy, puis­qu’il s’a­git du sujet, je rejoins Tomy même si j’ai des infor­ma­tions qui laissent pen­ser que le per­son­nage doit être surveillé !

    Mal­gré cela, il s’a­git sûre­ment d’un homme enga­gé qui ten­te­ra de faire ce qu’il a dit : c’est-à-dire de tenir ses promesses .

    N’est-ce pas ce que tu exiges des politiques ?
    qu’ils tiennent leur pro­messes et par là même qu’ils ne tra­hissent pas les élec­teurs qui leur ont fait confiance ?

    Sar­ko­zy a incon­tes­ta­ble­ment une forte légi­ti­mi­té, et, s’il sait, sur les sujets sociaux, prendre des déci­sions en concer­ta­tion avec les par­te­naires sociaux (pas bru­ta­le­ment comme pour le CPE), je crois qu’il réus­si­ra à redres­ser le pays d’au­tant qu’avec la pres­sion démo­gra­phique, le chô­mage va conti­nuer de bais­ser jus­qu’à pro­ba­ble­ment 4⁄5 % d’i­ci 2012.

    Bon WE.

    Réponse
  14. Vladimir

    Sar­ko­zy a été sous-estimé :

    « Même un canas­son bat­trait Sar­ko­zy aujourd’hui, mais on n’a pas inté­rêt à un canas­son. On aurait inté­rêt à un bon can­di­dat du “non” et vrai­ment de gauche sur une alliance de gauche. »

    Gérard Filoche

    Com­ment le PS a bou­clé son pro­jet pour 2007 ? Vu de l’intérieur, par Gérard Filoche. 8 juin 2006

    http://​www​.legrand​soir​.info/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​7​5​0​&​v​a​r​_​r​e​c​h​e​r​c​h​e​=​G​e​r​a​r​d​+​F​i​l​o​che

    Voi­la l’erreur d’analyse qui est à la source de tout ce qui s’est pas­sé ou tré­pas­sé à gauche en France depuis l’été 2006.

    Cet aveu­gle­ment suf­fi­sant a per­mis de ne jamais se remettre en cause et donc de ne pas se pré­oc­cu­per de la réalité

    Réponse
  15. Étienne

    « Je serai un pré­sident comme Louis de Funès dans le Grand res­tau­rant : ser­vile avec les puis­sants, ignoble avec les faibles. J’adore. » 

    Nico­las Sarkozy

    Ce n’est pas une blague, il l’a vrai­ment dit.

    http://​www​.lepa​ri​sien​.com/​h​o​m​e​/​i​n​f​o​/​f​a​i​t​j​o​u​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​h​t​m​?​a​r​t​i​c​l​e​i​d​=​2​7​6​0​6​8​113

    Réponse
  16. Étienne

    Dans « Libé­ra­tion », ce lun­di 14 mai 2007, une ana­lyse de Jacques Géné­reux :

    « Les ensei­gne­ments d’une déroute »
    http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​r​e​b​o​n​d​s​/​2​5​3​5​2​9​.​F​R​.​php

    (…) C’est donc aus­si une demande de régu­la­tion poli­tique du monde et de l’é­co­no­mie, aspi­ra­tion de gauche s’il en est, qui s’est trou­vée vali­dée par les élec­teurs. Dès lors, la défaite de la gauche tient pro­ba­ble­ment plus au fait que cette aspi­ra­tion ne s’est pas trou­vée incar­née par la can­di­date socia­liste, et à ce qu’au­cune idéo­lo­gie n’est venue inva­li­der celle de l’in­di­vi­du méri­tant. Ségo­lène Royal ne s’est jamais posée comme la chef de file d’une gauche com­bat­tant une droite néo­li­bé­rale. Loin de reven­di­quer une idéo­lo­gie de gauche aus­si consis­tante que l’é­tait celle de Nico­las Sar­ko­zy, elle a sem­blé à la remorque de son rival en ne par­lant que d’ordre, de valeur tra­vail et de refus de l’as­sis­ta­nat. L’im­pres­sion­nisme, l’in­co­hé­rence et l’ins­ta­bi­li­té de son dis­cours éco­no­mique et social ont fait le reste, face aux pro­po­si­tions extrê­me­ment simples et jamais sérieu­se­ment contes­tées de son rival.

    L’é­lec­tion était donc peut-être gagnable par un can­di­dat… de gauche, tout sim­ple­ment ! Un can­di­dat s’ap­puyant sur son camp au lieu de s’en démar­quer, arti­cu­lant avec force et cohé­rence une concep­tion alter­na­tive de la socié­té et du pro­grès, démon­trant l’in­com­pa­ti­bi­li­té entre le ver­nis social de Nico­las Sar­ko­zy et sa volon­té indes­truc­tible de rendre aux riches l’argent public et à cha­cun la « liber­té » de renon­cer à ses droits sociaux. La gauche a donc sans doute moins besoin d’une ample refon­da­tion idéo­lo­gique que de retrou­ver sa pro­fonde consis­tance idéologique. 

    Il ne lui man­que­rait alors que deux choses pour remettre en chan­tier la socié­té soli­daire du pro­grès et com­battre la « dis­so­cié­té » des indi­vi­dus. Pri­mo, des mili­tants et des cadres socia­listes qui renoncent enfin à recon­duire les diri­geants, la stra­té­gie cen­triste et l’in­con­sis­tance idéo­lo­gique qui les conduisent à la défaite. Secun­do, construire à gauche un grand par­ti qui réunisse les divers cou­rants par­ta­geant l’as­pi­ra­tion au pro­grès conti­nu d’une socié­té de soli­da­ri­té, où l’in­té­rêt géné­ral prime sur les pro­fits pri­vés, dans le cadre d’une éco­no­mie de mar­ché for­te­ment régu­lée par le poli­tique. C’est là une pers­pec­tive qui peut ras­sem­bler les pro­gres­sistes, du centre gauche aux com­mu­nistes, et jus­qu’aux « anti­li­bé­raux » qui pré­fèrent oeu­vrer à des pro­grès biens réels qu’ex­ploi­ter indé­fi­ni­ment le seul mar­ché de la protestation. (…) »

    Réponse
  17. Étienne

    « Des voleurs de jou­joux évitent de peu le fichage ADN »
    par Patri­cia Tou­ran­cheau, dans Libé­ra­tion du 8 mai 2007 :
    http://​www​.libe​ra​tion​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​s​o​c​i​e​t​e​/​2​5​2​3​8​0​.​F​R​.​php

    Que faut-il pen­ser d’une droite qui ose nous impo­ser une loi qui, tout en per­met­tant de clas­ser un enfant de 8 ans dans un fichier ADN de la police, à l’instar des cri­mi­nels pédo­philes, est taillée sur mesure pour épar­gner les copains/complices des hommes poli­tiques, affai­ristes et pipoles de la jet-set ? (Sont exemp­tés les auteurs d’abus de biens sociaux et les usa­gers de stupéfiants.)

    À l’op­po­sé, quand on écoute Hen­ri Guai­no — par exemple, sur France Culture ce matin—, on se prend à rêver que « Nico­las » soit au fond plus à gauche que « Ségo­lène » et sur­tout plus fort que les élé­phants du PS (pour­ris de fric et d’hon­neurs) pour nous pro­té­ger contre le Lévia­than de l’U­nion euro­péenne des mul­ti­na­tio­nales et des banques.

    Réponse
  18. tomy

    Vous m’in­vi­tez à lire un article écrit par un auteur qui cri­tique et rejette Sarkosy.

    Vous uti­li­sez le terme « cal­me­ment » pour objec­ti­vi­ser votre apport ?

    Vous sem­blez de mau­vaise foi !

    Atten­dez de juger sur pièce au lieu de vous pré­ci­pi­ter pour cri­ti­quer stu­pi­de­ment comme les mou­tons de la horde.

    Je serai aus­si cri­tique que vous mais je ne mets pas le Pré­sident en pièce avant qu’il ait agi, je vous trouve soup­çon­neux et cela est mal­sain, pour qui vous pre­nez-vous ? (la cri­tique est facile, je constate !)

    La droite a gagné les élec­tions après 5 ans de gou­ver­ne­ment, les fran­çais ont, quelque part, com­pris que la droite a accom­pli quelques bonnes réformes.

    La gauche n’a jamais réus­si à gagner les élec­tions après avoir gou­ver­né, cela ne vous aura pas échappé ?

    Plou­to­cra­tie / Démo­cra­tie ? et bien­tôt cri­ti­quo­cra­tie et ici ten­dance à l’a­lar­mo­cra­tie et à la prisedetêtcratie !

    Réponse
  19. Étienne

    Tomy,

    Pour­quoi « de mau­vaise foi » ?

    Pour­quoi fau­drait-il « attendre pour juger sur pièce » alors qu’on a déjà des mon­tagnes d’élé­ments utiles pour juger Nico­las Sar­ko­zy, qui n’est pas pré­ci­sé­ment un débu­tant inconnu.

    Je vous sug­gère d’é­tu­dier cet autre document :

    « Désen­tu­bage de Nico­las Sarkozy »
    http://​www​.zalea​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​406

    C’est une ana­lyse vrai­ment très inté­res­sante for­mu­lée par Jean-Luc Por­quet, jour­na­liste du Canard Enchaî­né, sur Zaléa TV.

    Jean-Luc Por­quet est l’auteur du livre
    « Le petit déma­gogue » (Éd. La décou­verte)

    Ceci dit, je ne vou­drais pas être enfer­mé dans une pos­ture cari­ca­tu­rale : NS a des qua­li­tés évi­dentes et il donne de l’es­poir sur des sujets impor­tants ; mais il est impor­tant de dénon­cer les men­songes et les trucs de déma­gogue, sans ver­ser dans une confiance béate qui nous expo­se­rait sûre­ment à une évo­lu­tion arbitraire.

    Par prin­cipe, après avoir expri­mé une cer­taine confiance par le vote, les citoyens doivent se méfier du pou­voir. Cette méfiance est l’hy­giène de base de la démo­cra­tie, pour sim­ple­ment survivre.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  20. Tomy
    quelques éléments :

    Sar­ko­sy déma­gogue uti­li­sant la rhé­to­rique de quelques autres déma­gogues tris­te­ment célèbres.…le sous enten­du commence !

    Sar­ko­sy , un élève de LE PEN

    La défense des petits , des sans grades est déma­gogue, c’est le can­di­dat du CAC40 qui tient un dis­cours de gauche.….ok la défense des petits est un mono­pole de la gauche ?

    mais Mon­sieur chouard, vous ne voyez pas le par­ti pris qui consiste à uti­li­ser les paroles de Sar­ko­sy sous l’é­clai­rage d’une idéo­lo­gie extre­me­ment destructrice ?

    Ce mon­sieur Por­quet est un cher­cheur de pou par tous les moyens

    Il n’a même pas vu que Sar­ko­sy ferait dimi­nuer le FN , les élec­teurs du Front sont mépri­sés alors que cha­cun sait que les Fron­tistes réels ne repré­sentent que 10 à 20% de ceux qui votent LE PEN

    votre lien est dans la même trempe que les pré­cé­dents et contiennent des ana­lyses de mau­vaise foi et sans valeur

    dites , n’ont ils rien d’autre à faire vos références ?

    ne peuvent ils pas être posi­tifs et pro­po­ser autre chose,

    non ?, la cri­tique est trop facile !

    pauvre socié­té de déla­tion avec laquelle vous osez vous complaire.

    Com­bat­tez les pro­jets lors­qu’ils sor­ti­ront s’ils vous semblent injustes mais aujourd’­hui LE PEUPLE FRANCAIS mal­gré l’an­ti­Sar­ko­sysme éffrè­né à voté pour un pro­gramme clair, les son­deurs le disent les gens ont voté pour un pro­gramme pas contre quel­qu’un, pas non comme au réfé­ren­dum, ils ont voté posi­ti­ve­ment : réforme des régimes spé­ciaux , contrat unique avec indem­ni­sa­tion à 90 % , ins­tau­ra­tion d’un ser­vice mini­mum, réforme de l’é­cole, allo­ca­tion fami­liale dès le pre­mier enfant etcccc

    vous n’êtes pas en accord avec le fait que la retraite des régimes spé­ciaux doit être revue à l’é­clai­rage de notre époque ? deman­dez aux citoyens ?

    Réponse
  21. AJH

    Excellent article …

    C’est encore une démon­tra­tion claire que nous ne pou­vons faire confiance ni à la droite, mais plus tris­te­ment ni à la gauche non plus, ni, d’une manière géné­rale à cer­tains de nos voi­sins euro­péens et à la « mon­dia­li­sa­tion » (à relier à cet article d’Al­lais).

    Réponse
  22. Roland

    Je l’ai vu en « vivant » à Arras le 19 juin. Son dis­cours oral est pre­nant et inter­es­sant, plus que son dis­cours écrit. Si vous avez l’oc­ca­sion de l’en­tendre ne lais­sez pas passer.
    On sent que c’est « une bête d’es­trade » rom­pu à la « trans­mis­sion » et aux cours devant ses étu­diants de Science-po et autres !

    Réponse
  23. Étienne

    Par­lons Net avec Jacques Généreux : 
    « Ce plan de relance oublie le pou­voir d’achat »

    http://​www​.france​-info​.com/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​2​2​1​6​8​8​&​t​h​e​m​e​=​8​1​&​s​o​u​s​_​t​h​e​m​e​=​264

    Pas­sion­nant per­son­nage, vraiment.

    Jacques Géné­reux explique les rai­sons de son départ du PS, avec Mélen­chon et Dolez, pour fon­der le Par­ti de Gauche.

    Il explique en détail les poli­tiques éco­no­miques qu’il fau­drait mener, face à la crise actuelle.

    Il rap­pelle la for­fai­ture de la direc­tion du PS depuis 2004 sur l’af­faire européenne.…

    Il explique le poten­tiel for­mi­dable aux pro­chaines élec­tions euro­péennes, avec un scru­tin pro­por­tion­nel, de ce nou­veau front de gauche pour tous les élec­teurs du non de 2005 en mal de repré­sen­ta­tion politique…

    Une vidéo tonique, riche en expli­ca­tions claires et en espoir, c’est bon pour le moral :o)

    Étienne

    Réponse
  24. A-J Holbecq

    En gros, en ce qui concerne le PS, Jacques Géné­reux dit : « je ne vais pas pas­ser mon temps à essayer de convaincre ceux qui ne veulent pas l’être. »

    Pour ma part, j’ai envoyé un don (une adhé­sion ?) à ce nou­veau Par­ti de Gauche, mais j’at­tends encore de savoir leur vrai pro­gramme pour savoir pour qui je vote­rai aux Européennes.

    Un appel du M’PEP… « Lettre ouverte du M’PEP à la gauche de gauche : union pour les élec­tions européennes ! »

    http://www.m‑pep.org/spip.php?article1028

    Réponse
  25. yéti

    pré­fé­rence com­mu­nau­taire … ? vous êtes sur la mau­vaise pente …
    la chute du mur a été le lâcher de brides des Sei­gneurs Capi­ta­listes, grande découverte ?
    Une dif­fé­rence entre DSK, l’î­dole déchue des benêts roses, et Sar­ko ? Papa­ma­dit non.
    Pour faire peur à des vau­tours, faut-il un por­ce­let rose ou un pit­bull brun ?

    Arrê­tez de pleu­rer .… le sys­tème oui­nouin pour gérer le trou­peau benêt est « très gen­til » comme dirait Coluche, est « une révo­lu­tion dans l’art d’exer­cer la démo­cra­tie » disait Lipp­mann. Il doit être uti­li­sé pour « fabri­quer le consen­te­ment », c’est-à-dire pour obte­nir l’adhé­sion de la popu­la­tion à des mesures dont elle ne veut pas, grâce aux médias.

    Lipp­mann pen­sait que c’é­tait là une bonne idée et même une idée néces­saire, car, selon lui, « le bien com­mun est une notion qui échappe com­plè­te­ment à l’o­pi­nion publique ». Il ne peut être com­pris et géré que par une « classe spé­cia­li­sée » d’« hommes res­pon­sables », en géné­ral de vieux crânes poly­tech­ni­ciens qui parlent chi­nois, dotés des capa­ci­tés requises pour don­ner un sens aux choses. Pour les Sei­gneurs Capi­ta­listes, seule une petite élite, le groupe d’in­tel­lec­tuels auquel se réfé­raient les par­ti­sans de Dewey, peut com­prendre en quoi consiste le bien com­mun et savoir ce qui est impor­tant pour la col­lec­ti­vi­té, puisque ces notions « échappent com­plè­te­ment à l’o­pi­nion publique benête. ». Ce point de vue, dont l’o­ri­gine remonte à plu­sieurs siècles, est éga­le­ment carac­té­ris­tique de la pen­sée de Lénine, selon lequel une avant, garde d’in­tel­lec­tuels révo­lu­tion­naires s’empare du pou­voir de l’É­tat, en tirant par­ti des révo­lu­tions popu­laires pour y accé­der et conduire ensuite les masses stu­pides vers un ave­nir qu’en rai­son de leur bêtise et de leur incom­pé­tence, elles sont inca­pables de conce­voir elles, mêmes. Les pré­misses idéo­lo­giques qu’ils par­tagent confèrent à la théo­rie de la démo­cra­tie libé­rale et au mar­xisme, léni­nisme une étroite paren­té. Cela expli­que­la faci­li­té avec laquelle des gens ont pu pas­ser d’un régime à l’autre sans per­ce­voir de chan­ge­ment par­ti­cu­lier …‘On m’a nom­mé mil­liar­diare !’ dit l’o­li­garque com­mu­niste. Il suf­fit sim­ple­ment de défi­nir le lieu du pou­voir qui actuel­le­ment est la tété.

    Le sys­tème sera d’au­tant plus cri­tique que la révo­lu­tion tech­no­lo­gique de l’in­ter­net (voir les révo­lu­tions arabes) mul­ti­plie les sources de connais­sance pour le benêt devant son écran. Une révo­lu­tion popu­laire est pos­sible, il faut sim­ple­ment qu’elle se mettre au ser­vice de ceux qui dis­posent du pou­voir réel, c’est à dire les Sei­gneurs Capi­ta­listes. Mais l’ob­jec­tif est le même : conduire les masses stu­pides vers un monde que leur inca­pa­ci­té à com­prendre les empêche de concevoir.

    La décou­verte de l’im­mor­ta­li­té sera un ‘crux’ pour la démo­cra­tie pro­gres­siste. En pre­mière ligne, se trou­ve­ront ceux qui doivent par­ti­ci­per acti­ve­ment à la ges­tion des affaires d’in­té­rêt géné­ral. Ils appar­tiennent à la classe des spé­cia­listes, ceux qui ana­lysent, admi­nistrent, décident et dirigent sur les plans poli­tique, éco­no­mique et idéo­lo­gique, ceux qu’on appelle les ‘valets’. Cette classe repré­sente un très faible pour­cen­tage de la popu­la­tion, ce qui rend le sytème par­ti­cu­liè­re­ment instable. Le valet Atta­li a pro­po­sé une aug­men­ta­tion de son pour­cen­tage, mais pra­ti­que­ment c’est impos­sible. Le ‘pmu pré­si­den­tiel’ qu’on appelle ‘élec­tion’, non­obs­tant le fait qu’il per­met aux benêts d’ex­hul­ter tous les 4 ans en don­nant leur appui à tel ou tel membre de la classe des valets, a la grande ver­tu de vali­der le sys­tème. En d’autres termes, on accorde aux benêts la pos­si­bi­li­té de dire « c’est celui-ci que nous vou­lons pour chef » ou bien « c’est celui-là le plus beau », puisque nous sommes une socié­té démo­cra­tique et mon un État tota­li­taire, et cette par­ti­ci­pa­tion est la preuve de l’ef­fi­ca­ci­té du sys­tème… Hors il est évident que ce sys­tème ne mar­che­ra bien­tôt plus, au vu de la défiance gran­dis­sante et du bas taux de par­ti­ci­pa­tion. Comme le disait Max Stir­ner, la volon­té d’ab­so­lu­tisme du trou­peau benêt entre­ra en conflit inso­luble avec l’ab­so­lu­tisme éta­tique néces­saire à la ges­tion de la Pla­nète. Il est donc néces­saire de trou­ver un nou­veau moyen de domp­ter le trou­peau et ce moyen est tou­jours la fabri­ca­tion du consen­te­ment, mais dans une optique de conflit cette fois. Les Sei­gneurs Capi­ta­listes qui pos­sèdent la facul­té de rai­son­ner doivent créer des « illu­sions néces­saires » et des « sim­pli­fi­ca­tions abu­sives, mais émo­tion­nel­le­ment convain­cantes » pour diri­ger le trou­peau vers son auto-des­truc­tion pro­gram­mée, gran­de­ment éco­lo­gique, sans tou­te­fois amme­ner l’a­néan­tis­se­ment du sys­tème complet.

    Pour cela il importe dans un pre­mier temps de l’ef­frayer car, faute d’être han­té par toutes sortes de peurs et de démons qui menacent de le détruire, chez soi comme à l’é­tran­ger, le trou­peau pour­rait com­men­cer à pen­ser, ce qui serait très dan­ge­reux parce qu’il n’a pas la com­pé­tence requise pour le faire. Il sera impos­sible de rame­ner la popu­la­tion à l’é­tat qui lui est propre : l’a­pa­thie, l’o­béis­sance et la pas­si­vi­té. Il est donc néces­saire de faire quelque chose pour résoudre la crise pré­vi­sible. Et cette solu­tion est veille comme le monde, la Guerre, comme l’a pré­dit Orwell, et nos Empires sont qua­si­ment en place, seule­ment il n’y en a que 2, l’O­céa­nia et l’Eu­ra­sia, et nous comp­tons gagner.

    Réponse

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