Laïcité : Lettre de Henri Pena-Ruiz au Ministre de l’Intérieur

5/04/2007 | 13 commentaires

« Mon­sieur le Ministre, vous avez repris à votre compte une for­mule forte. « Pas de tabou ». Très bien. Alors posons cinq ques­tions deve­nues cru­ciales après la publi­ca­tion du rap­port Mache­lon. La laï­ci­té, aujourd’­hui mena­cée de toutes parts, mérite bien que toute la lumière soit faite sur des révi­sions annon­cées. Le débat public pour­ra ain­si être plei­ne­ment éclai­ré. Pre­mière ques­tion. Les huma­nistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ? Dans votre livre sur la Répu­blique et les reli­gions, vous accor­dez un pri­vi­lège à l’op­tion reli­gieuse. Selon vous, en dehors de celle-ci, il ne serait pas pos­sible de don­ner à la conduite de l’exis­tence les repères de sens dont elle a besoin. Sartre l’a­thée et Camus l’ag­nos­tique devaient donc être per­dus devant les pro­blèmes de la vie…Et Ber­trand Rus­sel, qui écri­vit « Pour­quoi je ne suis pas chré­tien » devait se trou­ver dému­ni devant les ques­tions éthiques. Ne pen­sez-vous pas que celui qui ne croit pas au ciel a de quoi être bles­sé par votre pré­fé­rence ? Hono­ré d’Es­tienne d’Orves, catho­lique résis­tant, méri­tait-il davan­tage de consi­dé­ra­tion que Gabriel Péri, athée résis­tant ? Tous les deux tom­bèrent sous les balles des nazis. Vous connais­sez le mot du poète. « Celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas, qu’im­porte com­ment s’ap­pelle cette clar­té sur leurs pas, que l’un fût de la cha­pelle et l’autre s’y déro­bât » (Louis Ara­gon, La Rose et le Résé­da) Deuxième ques­tion. Quelle éga­li­té s’a­git-il de pro­mou­voir ? Vous dites vou­loir l’é­ga­li­té des reli­gions entre elles, et pour cela vous envi­sa­gez de construire sur fonds publics des lieux de culte, notam­ment pour per­mettre aux citoyens de confes­sion musul­mane de com­pen­ser leur défi­cit en la matière par rap­port aux catho­liques, qui jouissent d’un usu­fruit gra­tuit des églises construites avant 1905, même si cet usu­fruit, par « affec­ta­tion spé­ciale » est limi­té aux seuls moments de pra­tique reli­gieuse. Vous ne deman­dez pas le même finan­ce­ment pour des mai­sons de la libre-pen­sée ou des temples maçon­niques. Êtes-vous donc par­ti­san de la dis­cri­mi­na­tion entre les citoyens selon les options spi­ri­tuelles dans les­quelles ils se recon­naissent ? L’é­ga­li­té répu­bli­caine se rédui­rait-elle pour vous à l’é­ga­li­té des divers croyants, à l’ex­clu­sion des huma­nistes athées ou agnos­tiques ? Par­ler en l’oc­cur­rence de « toi­let­tage » de la loi de sépa­ra­tion de 1905 est un euphé­misme trom­peur. Réta­blir le finan­ce­ment public des cultes, c’est ratu­rer un des deux articles de cette loi, ins­crits sous la rubrique « Prin­cipes ». « La Répu­blique ne recon­naît, ne sala­rie, ni ne sub­ven­tionne aucun culte » Avouez que renon­cer à un prin­cipe sur deux, c’est plus que « toi­let­ter » la loi. C’est l’a­bo­lir. On ne peut en l’oc­cur­rence assi­mi­ler l’en­tre­tien du patri­moine his­to­rique et artis­tique consti­tué par les édi­fices du culte légués par l’his­toire, et lais­sés en usu­fruit par­tiel aux asso­cia­tions cultuelles, à une règle de finan­ce­ment. Dans un état de droit, aucune loi n’est rétro­ac­tive. Depuis le pre­mier Jan­vier 1906, toute construc­tion d’un nou­veau lieu de culte est à la charge des seuls fidèles, quelle que soit la reli­gion en jeu. Telle est la règle, et les entorses trop fré­quentes qui la bafouent ne sau­raient pas plus faire juris­pru­dence que le fait de griller les feux rouges n’ap­pelle leur abo­li­tion. Troi­sième ques­tion. Quelle prio­ri­té pour les pou­voirs publics ? Le rap­port Mache­lon, qui a votre sym­pa­thie, uti­lise le concept de liber­té de reli­gion, pour per­mettre le glis­se­ment du « libre exer­cice des cultes », garan­ti par le pre­mier article de la loi, à la néces­si­té sup­po­sée de finan­cer les cultes. Joli jeu de mots et vrai tour de passe-passe, qui risque de trom­per. En Répu­blique, seul l’in­té­rêt géné­ral, com­mun à tous, por­tant sur les biens et besoins de por­tée uni­ver­selle, mérite finan­ce­ment public. Or la reli­gion n’est pas un ser­vice public, comme l’ins­truc­tion, la culture ou la san­té. Elle n’en­gage en effet que les fidèles, c’est-à-dire une par­tie des citoyens seule­ment. La puis­sance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n’a donc pas à finan­cer les cultes, pas plus qu’elle n’au­rait à finan­cer la dif­fu­sion de l’a­théisme. En conve­nez-vous ? La ques­tion est grave, à l’heure où l’ul­tra­li­bé­ra­lisme éco­no­mique entend des­sai­sir l’É­tat de son rôle social, et sou­mettre à la loi du mar­ché les ser­vices publics préa­la­ble­ment pri­va­ti­sés. L’É­tat, jugé trop pauvre pour assu­rer les fina­li­tés sociales des ser­vices publics qui concernent tous les citoyens (édu­ca­tion, culture, san­té, accès à l’éner­gie et à la com­mu­ni­ca­tion) serait donc assez riche pour finan­cer l’op­tion reli­gieuse qui pour­tant n’en concerne que cer­tains. Vou­lez-vous sacri­fier l’u­ni­ver­sel sur l’au­tel du par­ti­cu­lier ? Nos hôpi­taux manquent de moyens, notre école publique éga­le­ment. Révol­tant para­doxe. Bri­ser la laï­ci­té en même temps que les ser­vices publics. Et faire pas­ser cette régres­sion par le sup­plé­ment d’âme d’un monde sans âme, alliant le baume com­mu­nau­ta­riste et le pri­vi­lège public des reli­gions. Jean Jau­rès et Aris­tide Briand, pré­pa­rant la Loi de sépa­ra­tion de 1905, savaient qu’en sup­pri­mant le bud­get des cultes ils ne fai­saient pas qu’a­bo­lir un pri­vi­lège : ils trans­fé­raient à l’E­tat des res­sources publiques bien­ve­nues pour ce qui est d’in­té­rêt com­mun. Les retraites ouvrières, en ges­ta­tion, n’al­laient-elles pas être attri­buées aux tra­vailleurs croyants comme aux athées, per­met­tant aux pre­miers de se coti­ser plus aisé­ment pour finan­cer eux-mêmes leurs lieux de culte ? Qua­trième ques­tion. Quelle concep­tion de la lutte contre le fana­tisme ? Vous dites vou­loir évi­ter les inter­ven­tions étran­gères, notam­ment les finan­ce­ments venus de pays peu res­pec­tueux des valeurs répu­bli­caines et démo­cra­tiques. Et vous affir­mez qu’en payant on pour­ra mieux contrô­ler. Fausse évi­dence. Car enfin quel lien juri­dique y a‑t-il entre le finan­ce­ment et un droit de regard sur les pro­pos des res­pon­sables reli­gieux dans les lieux de culte ? Il ne peut exis­ter que par le réta­blis­se­ment d’une démarche concor­da­taire, c’est-à-dire anti­laïque. Napo­léon avait fait le concor­dat de 1801 en assor­tis­sant le finan­ce­ment public des cultes d’al­lé­geances obli­gées des auto­ri­tés reli­gieuses à son pou­voir. Le caté­chisme impé­rial de 1807 a radi­ca­li­sé ce sys­tème assez humi­liant pour les croyants, puis­qu’en somme il les achète. Dans une répu­blique laïque, il ne sau­rait y avoir d’al­lé­geance assor­tie de pri­vi­lège. Veut-on impo­ser une ortho­doxie aux reli­gions ? Qui ne voit le carac­tère infai­sable, et irre­ce­vable d’une telle pers­pec­tive ? Seule une loi com­mune à tous doit dire le droit. Elle pros­crit par exemple toute vio­lence, toute dis­cri­mi­na­tion entre les sexes, toute entrave à l’exer­cice de la méde­cine. Un pas­teur ou un curé inci­tant des com­man­dos à per­tur­ber les inter­rup­tions volon­taires de gros­sesse, comme on l’a vu en Amé­rique, tombe sous le coup de cette loi. De même un imam qui inci­te­rait à battre la femme adul­tère. Bref, il n’est pas néces­saire de payer pour contrô­ler. Seul vaut l’é­tat de droit. Et ce qui importe n’est pas la natio­na­li­té d’un imam, mais son res­pect des lois répu­bli­caines. Ne nous trom­pons pas de com­bat. Ce n’est pas l’é­tran­ger comme tel qui pose pro­blème à la Répu­blique, mais celui qui entend s’af­fran­chir de la loi com­mune pour lui sub­sti­tuer sa loi par­ti­cu­lière, qu’elle soit reli­gieuse ou cou­tu­mière. Cin­quième ques­tion. Que reste-t-il de la laï­ci­té, et de la Répu­blique, si on réta­blit un finan­ce­ment dis­cri­mi­na­toire ? La Répu­blique n’est pas une jux­ta­po­si­tion de com­mu­nau­té par­ti­cu­lières. Il n’y a pas en France cinq mil­lions de « musul­mans », mais cinq mil­lions de per­sonnes issues de l’im­mi­gra­tion magh­ré­bine ou turque, très diverses dans leurs choix spi­ri­tuels. Une enquête récente dont Le Monde s’est fait l’é­cho, pré­cise que seule une petite mino­ri­té de cette popu­la­tion fré­quente la mos­quée, la majeure par­tie fai­sant de la reli­gion une affaire pri­vée, ou ne se réfé­rant à l’Is­lam que par une sorte de soli­da­ri­té ima­gi­naire. Dès lors, la Répu­blique doit-elle renon­cer à la laï­ci­té pour satis­faire cette mino­ri­té, ou concen­trer les deniers publics sur la redis­tri­bu­tion par les ser­vices publics, la gra­tui­té des soins, le loge­ment social, ou la lutte contre l’é­chec sco­laire, qui concernent à l’é­vi­dence tous les hommes, sans dis­tinc­tion de natio­na­li­té ou de choix spi­ri­tuels ? N’est-ce pas le devoir des hommes poli­tiques d’ex­pli­quer qu’en assu­rant des mis­sions de ser­vice public pro­fi­tables aux croyants comme aux athées, et en lut­tant contre tous les types de dis­cri­mi­na­tion, que l’É­tat faci­lite aux uns et aux autres le finan­ce­ment volon­taire de la convic­tion de leur choix ? Il est évi­dem­ment essen­tiel, dans cet esprit, de per­mettre aux croyants l’ac­qui­si­tion des ter­rains qu’ils finan­ce­ront, et toute dis­cri­mi­na­tion fon­cière doit être com­bat­tue. Le pré­texte invo­qué pour l’a­bo­li­tion de la Loi de sépa­ra­tion laïque de 1905 – car il s’a­git bien de cela – est l’aide à appor­ter aux citoyens de confes­sion musul­mane. Or la pro­mo­tion du bien com­mun à tous, et non la prise en charge publique de la reli­gion, est la meilleure réponse au pro­blème sou­le­vé. C’est aus­si la seule légi­time. On sait bien qu’en répu­blique on ne peut accor­der des droits aux uns sans les étendre à tous. La construc­tion de mos­quées sur fonds publics appel­le­rait aus­si­tôt celle de nou­velles églises, de temples, ou de syna­gogues. Et si l’on brouille la fron­tière pour­tant nette entre le cultu­rel et le cultuel, comme le pro­pose le rap­port Micha­lon, on par­achève le déman­tè­le­ment de la loi. Est cultu­rel ce qui peut inté­res­ser tous les hommes, comme l’art reli­gieux ou les mytho­lo­gies, qu’é­claire une approche laïque. Est cultuel ce qui réfère à la croyance reli­gieuse de cer­tains. Les mots ont donc un sens, et tout glis­se­ment visant à confondre ce qui est dis­tinct est une mal­hon­nê­te­té. Cela s’ap­pelle du détour­ne­ment des deniers publics. Veut-on obte­nir le réta­blis­se­ment du finan­ce­ment indi­rect du culte en uti­li­sant le finan­ce­ment direct de la culture ? Ce tour de passe-passe relè­ve­rait de la sanc­tion légi­time de la Cour des Comptes, comme la dis­cri­mi­na­tion don­nant plus de droits aux croyants qu’aux athées appel­le­rait un recours devant la Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme. Nulle polé­mique, Mon­sieur le Ministre, dans de telles inter­ro­ga­tions, mais l’in­quié­tude vive d’un répu­bli­cain qui n’est pas déci­dé à admettre de nou­veaux empiè­te­ments pro­gram­més contre la laï­ci­té. À l’heure où les com­munes de France croulent déjà sous des charges indues, comme les nou­velles obli­ga­tions à l’é­gard des écoles pri­vées, l’a­bo­li­tion des lois laïques serait très mal vécue. À l’heure où cer­tains parlent de réta­blir le délit de blas­phème, à contre-cou­rant des grandes conquêtes de l’es­prit de liber­té, la conscience citoyenne ne peut que s’in­sur­ger. Ras­su­rez-nous, Mon­sieur le Ministre. Dites clai­re­ment qu’il n’est nul­le­ment dans votre pro­gramme de dres­ser cer­tains citoyens contre d’autres en don­nant aux uns des pri­vi­lèges qui n’a­vouent pas leur nom, et qui spo­lient le bien public tout en sti­mu­lant le com­mu­nau­ta­risme. Et ne dis­si­mu­lez pas ce pro­jet de délaï­ci­sa­tion sous la rhé­to­rique res­sas­sée des « évo­lu­tions néces­saires ». Vous savez bien que la seule ques­tion qui vaille n’est pas de savoir si une chose est ancienne ou nou­velle, mais si elle est juste ou non. En bref ne bri­sez pas ce que bien des peuples nous envient. Car l’i­déal laïque est un vec­teur d’é­ga­li­té comme de liber­té, une source de fra­ter­ni­té. Pour­vu qu’il aille de pair avec la jus­tice sociale, il répond au grand défi de notre époque : par­ta­ger un monde com­mun à tous. » Hen­ri Pena-Ruiz, phi­lo­sophe, écri­vain, ancien membre de la Com­mis­sion Sta­si sur l’ap­pli­ca­tion du prin­cipe de laï­ci­té dans la République

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Étienne

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13 Commentaires

  1. miha

    Bon­jour,
    Je ne suis ni phi­lo­sophe, ni écri­vain. Je ne suis qu’une simple citoyenne.
    Je suis abso­lu­ment pour la laï­ci­té de notre Répu­blique qui met, nor­ma­le­ment, tout le monde sur le même pied d’égalité.
    Ce qui m’é­tonne, peut-être allez-vous pen­ser que je suis naïve, c’est que nous ayons un calen­drier avec des jours fériés à carac­tère reli­gieux (catho­liques uni­que­ment). Il y a inco­hé­rence et injus­tice, non ?
    Au total, ces jours là sont au nombre de huit.
    J’ai­me­rais les voir rem­pla­cer par un dimanche et un lun­di fériés à chaque chan­ge­ment de sai­son (= huit jours).
    D’autre part, je ne vois pas pour­quoi l’é­tat devrait finan­cer des lieux de culte, que ce soit des églises, des mos­quées, des temples, des synagogues.

    Mme Michèle Arnould

    P.S. : éle­vée dans la reli­gion catho­lique, je suis deve­nue agnos­tique à « l’âge de raison ».

    Réponse
  2. Dubitoergosum

    Au lieu de dési­rer « toi­let­ter » la loi de 1905, ne fau­drait-il pas au contraire l’ap­pli­quer en toute rigueur et abo­lir le régime concor­da­taire d’Al­sace- Moselle, l’é­tendre aux DOM-TOM et autres col­lec­ti­vi­tés territoriales(Polynésie, Nlle-Calé­do­nie, Wal­lis et Futuna),interdire le finan­ce­ment public des visites pro­to­co­laires du pape et autres reli­gieux etc…C’est à ce prix que la Laï­ci­té s’im­po­se­ra dans le reste de l’Eu­rope comme un fac­teur de concorde sociale.

    Réponse
  3. Jean Louis

    Le pro­blème, c’est que la sépa­ra­tion de l’E­glise et de l’E­tat, si elle s’est tra­duite dans les lois (bon an, mal an) n’est pas encore effec­tive dans les esprits de ceux qui servent l’Etat.
    Cette loi a de l’a­vance sur les mentalités.
    D’où des mesures, des com­por­te­ments, des pro­pos qui remettent en cause la laïcité.

    La laï­ci­té, c’est la liber­té de conscience. Le fait de ne pas subir de pres­sions ou de ne pas avoir à se défendre contre la pro­pa­gande d’une reli­gion, ou le fait de ne pas être désa­van­ta­gé si on n’ap­par­tient pas à une reli­gion, ou de pou­voir cri­ti­quer les idées reli­gieuses etc

    Mais le prin­cipe de liber­té de conscience et d’é­ga­li­té pose pro­blème. Les ins­ti­tu­tions reli­gieuses sont des ins­ti­tu­tions. Leur cri­tique, la liber­té à leur égard peuvent se chan­ger en cri­tique des autres institutions.

    Réponse
  4. gilles

    Laï­ci­té : Le maire de Trets mène drô­le­ment sa barque.

    Bon­jour, bonne semaine, bon mois, bonne année, bonne décen­nie à tous, je ne le répè­te­rai plus sauf en 2020, 2030, 2040, … … … … !

    Étienne, mer­ci pour tout ce tu fais, je suis tom­bé sur un article de Bak­chich qui parle du sym­pa­thique vil­lage de Trets, entou­ré de for­ti­fi­ca­tions, au pied des monts Auré­liens, là où le maire orga­nise la fête de fin d’an­née de son per­son­nel dans la salle de la secte boud­dhiste Soka Gakai.

    Comme le dit Jean-Louis : Cette loi a de l’a­vance sur les men­ta­li­tés. D’où des mesures, des com­por­te­ments, des pro­pos qui remettent en cause la laïcité.

    Quand je pense qu’une ex-rela­tion à moi (pote d’un pote) et qui était dans un état de dépres­sion, du temps où j’ha­bi­tais à Aix, et qui avait héri­té de 1,5 mil­lion de francs et qu’il en avait filé 1 mil­lion à cette secte.

    Extrait de l’ar­ticle de bakchich :

    « La mai­rie a offert son repas annuel dans la salle du centre euro­péen du boud­dhisme de Nichi­ren, pro­prié­té de la mou­vance spi­ri­tuelle Soka Gakai. Pas trop laïque…

    La magie de Noël a encore opé­ré cette année à Trets. La petite ville de Pro­vence, dans le sud de la France, au pays des san­tons s’est retrou­vée à la une des quo­ti­diens régio­naux deux jours d’affilée. Le 16 décembre dans la Mar­seillaise, le 17 dans la Pro­vence, avec une page entière dédiée. Las, ce n’est pas la crèche de l’Église qui a atti­ré les gratte-papiers au pied de la Sainte-Vic­toire. Mais une jolie polé­mique autour du repas annuel offert par la mai­rie à son per­son­nel… dans la salle d’un mou­ve­ment religieux.

    Plus pré­ci­sé­ment au centre euro­péen du boud­dhisme de Nichi­ren, sis à Trets, pro­prié­té de la mou­vance spi­ri­tuelle Soka Gakai. Une décli­nai­son du boud­dhisme venu du Japon que de méchants rap­ports par­le­men­taires et de la Mili­vudes (mis­sion inter­mi­nis­té­rielle de lutte contre les dérives sec­taires) avaient clas­sé dans la rubrique secte jusqu’en 2007. Et poin­taient son appé­tence financière.

    Autant de pape­rasses qui n’ont pas effrayé … …

    Lire la suite dans Bakchich …

    Encore un exemple des entorses à la laï­ci­té qui paraissent bien­ve­nues de cer­tains élus.

    Réponse
  5. Étienne

    Mer­ci Gilles,

    Je vais pas­ser un coup de fil à François 🙂

    Bonne année à tous, chers amis, c’est bon de vous avoir là, fidèles au poste.

    Bonne nuit.

    Étienne.

    Réponse
  6. Mehdi.

    Bon­jour Étienne, Bon­jour à tous les inter­nautes fré­quen­tant ce blog,

    Citoyen fran­çais de confes­sion musul­mane, je me per­met d’in­ter­ve­nir sur le sujet.

    Je suis avec atten­tion ton pro­jet car comme beau­coup je constate les carences de notre démocratie.

    J’ai un avis à don­ner par rap­port aux ques­tions posées.

    Par exemple :

    1/ Quelle éga­li­té s’agit-il de promouvoir ?

    Les musul­mans fran­çais dont il est fait men­tion dans votre lettre ne demandent RIEN car en réa­li­té la majo­ri­té d’entre eux aime­raient bien pou­voir être un peu « oubliés », par le matra­quage média­ti­co poli­tique (ex :affaire Quick).

    Ils aime­raient aus­si pou­voir être trai­té en citoyens fran­çais et pou­voir se mélan­ger aux autres citoyens.

    Aujourd’­hui, toute per­sonne intel­lec­tuel­le­ment hon­nête doit recon­naître que les Musul­mans fran­çais souffrent bien d’une dis­cri­mi­na­tion à l’embauche. Deux exemple simples !

    - L’af­faire des 77 baga­gistes de Roissy

    - Ou la situa­tion de ces dizaines de mil­liers de femmes voi­lée (je ne parle pas de la bur­qua là) concrè­te­ment inter­dites d’ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle dans des entre­prises PRIVÉES.

    Per­sonne n’en parle, pour­tant c’est un fait, celui qui connait ne serait-ce que 5 ou 10 musul­mane voi­lée peut en témoigner.

    Cet exemple est révé­la­teur de cette hypo­cri­sie fran­çaise : d’un côté on expulse lycéennes et col­lé­giennes voi­lées car on sou­haite les « éman­ci­per » (contre leur volon­té). De l’autre lors­qu’elles sou­haitent exer­cer une acti­vi­té pro­fes­sion­nelle on les exclus (sous de faux pré­texte bien sûr).

    Bilan, c’est femmes diplô­mées sont can­ton­nées aux ménages ou aux bou­lan­ge­rie et auto écoles tenus par des patrons musulmans.

    Le comble de la situa­tion, c’est que les mêmes per­sonnes les excluant après entre­tien, leur repro­che­ront en même temps, d’être com­mu­nau­ta­ristes et de ne pas vou­loir se mélanger.

    Com­ment se fait-il que les femmes voi­lées soient par­tout dans les rues et les centres com­mer­ciaux, mais étran­ge­ment TOTALEMENT absentes et invi­sibles de notre pay­sage pro­fes­sion­nel, à nos côtés en tant que col­lègues dans les banques, assu­rances, commerces…

    C’est bien cette éga­li­té qu’il faut promouvoir.

    Ce serait plu­tôt c’est l’État (et mal­heu­reu­se­ment de plus en plus la socié­té fran­çaise gan­gre­nées par le bat­tage média­tique, qui en vient à « com­mu­nau­ta­ri­ser » les Fran­çais de confes­sion musulmane.

    2/ Quelle prio­ri­té pour les pou­voirs publics ?

    N’est ce pas encore l’État fran­çais qui a enfreint les règles de la laï­ci­té en créant de son propre chef et sans aucune consul­ta­tion une « ins­tance repré­sen­ta­tive musul­mane » (le CFCM) ?

    Étrange choix d’ailleurs que celui de Dalil Bou­ba­keur (affi­lié direc­te­ment au FLN algé­rien). « Repré­sen­tant de la com­mu­nau­té musul­mane » sans avoir JAMAIS été élu, mais DÉSIGNÉ par le chef de l’État.

    À titre de com­pa­rai­son, le Pré­sident du CRIF n’est évi­dem­ment pas dési­gné par le Pré­sident de la République.

    Par contre, arrê­tons de feindre de croire que l’État favo­rise la com­mu­nau­té musulmane.

    Lorsque les maires sou­tiennent les pro­jets de mos­quées en France, c’est dans l’op­tique d’a­che­ter le vote musul­man, pen­dant 50 ans ces mêmes musul­mans ont votés dans des appar­te­ments, dans des caves ou à même le sol sans que per­sonne ne s’en offusque. Aujourd’­hui une par­tie de ces musul­mans sont citoyens, nés en France et votent… On ne peut donc tout à fait les ignorer.

    Le cas de la mos­quée d’É­pi­nay (93) où le maire qui deman­dait le départ de l’i­mam jugé trop indé­pen­dant trop bar­bu après que celui ci ait eu le mal­heur de poser trop de ques­tions concer­nant le finan­ce­ment de la mos­quée jugé dou­teux. Dans cette ville, le maire s’est per­mis de faire fer­mer la mos­quée tout l’hi­ver obli­geant les musul­mans à prier dans la rue dans l’es­poir de voir la com­mu­nau­té se déso­li­da­ri­ser de son imam.

    Pour­quoi donc, ce type de phé­no­mène n’ar­rive jamais dans les églises ou les synagogues ?

    Qu’un maire oblige ces propres citoyens à prier dans la rue durant 5 mois pour exi­ger le départ de leur imam. Drôle de per­cep­tion de la laïcité.

    Com­ment peut on igno­rer que cette ten­dance à la « fonc­tion­na­ri­sa­tion » des imams et ce finan­ce­ment de l’is­lam cache en fait un désir de main­mise du gou­ver­ne­ment envers une com­mu­nau­té qui de fait est infantilisée ?

    Com­ment ne pas pen­ser aux « dépu­tés indi­gènes » chers à l’Al­gé­rie française ?

    Aujourd’­hui entre Dalil Bou­ba­keur de la mos­quée de Paris et Fade­la Ama­ra par­lant au nom de « femmes musul­manes de ban­lieue », c’est le silence.

    3/Quelle concep­tion de la lutte contre le fanatisme ?

    Défi­nis­sons le terme :

    « Le fana­tisme est une forme d’in­to­lé­rance extrême qui pousse à la per­sé­cu­tion de l’al­té­ri­té sous toutes ses formes ».

    Aujourd’­hui qui exclut qui et qui est exclu ?

    Qui est exclu des emplois ? Qui est exclu de toute visi­bi­li­té média­tique SAUF quand on parle d’at­ten­tat, d’ex­ci­sion ou de bour­qua ? (367 en France d’a­près les chiffre du Minis­tère de l’In­té­rieur : http://​temps​reel​.nou​ve​lobs​.com/​s​o​c​i​e​t​e​/​2​0​0​9​0​7​2​9​.​O​B​S​5​8​6​6​/​s​e​u​l​e​s​-​3​6​7​-​f​e​m​m​e​s​-​p​o​r​t​e​r​a​i​e​n​t​-​l​a​-​b​u​r​q​a​-​e​n​-​f​r​a​n​c​e​.​h​tml).

    Qui est trai­té comme une com­mu­nau­té à part, étrange, à qui l’on demande d’ai­mer la France ou de la quitter ?

    J’op­po­se­rais donc au « fana­tisme musul­man » (qui existe certes mais qui est tout aus­si mino­ri­taire que le fana­tisme juif, chré­tien ou nazi…) au « fana­tisme laïc » qui se reven­di­quant ouver­te­ment isla­mo­phobe (voir http://​www​.atheisme​.org/​i​s​l​a​m​o​p​h​o​b​e​.​h​tml).

    Ces mêmes laïcs qui vont au Maroc pen­dant leurs vacances mais qui reve­nus en France, ne sup­portent plus de voir une éco­lière avec un ban­da­na dans leur classe, une lycéenne por­tant une robe « trop longue » (si si… voir http://​www​.al​-kanz​.org/​2​0​1​1​/​0​3​/​1​8​/​i​s​l​a​m​o​p​h​o​b​i​e​-​l​y​c​ee/ repris par dans Pari­sien ou Nou­vel Obs).

    Où cela va t‑il s’arrêter ?

    Les pro­tes­tants aux XIVe siècle ne remet­taient pas en cause la cohé­sion de la France, mais c’est bien le pou­voir royal qui refu­sant d’ac­cep­ter cette nou­velle reli­gion sur le ter­ri­toire, a au final pro­vo­qué l’im­plo­sion de France et les déchi­re­ments des guerres de reli­gions. Ces pro­tes­tants ne reven­di­quaient qu’un droit, celui de croire, de se vêtir et de pen­ser dif­fé­rem­ment, sans être per­sé­cu­tés ou être trai­tés d’en­ne­mis de l’intérieur.

    Aujourd’­hui, rares sont les intel­lec­tuels, les jour­na­listes s’in­té­res­sant à ces phé­no­mènes sauf pour faire de gros titres bien ven­deurs du type  » Ce que cache l’Islam ».

    La mode est aujourd’­hui à la défense des droits de la « com­mu­nau­té gay ».

    La véri­té c’est que la com­mu­nau­té musul­mane est une com­mu­nau­té majo­ri­tai­re­ment com­po­sée de pro­lé­taires ou de fils et filles de pro­lé­taires. Une com­mu­nau­té, certes nom­breuse mais presque tota­le­ment absente des caté­go­ries supé­rieures influentes (juges, jour­na­listes, pré­sen­ta­teurs TV/ radio, hommes poli­tiques, pro­fes­seurs, direc­teurs d’é­coles, chefs d’en­tre­prises, avocats…).

    Contrai­re­ment à d’autres com­mu­nau­tés, elle n’est pour le moment pas struc­tu­rée, ni à même de se défendre. En outre, toute vel­léi­té de dénon­cia­tion est immé­dia­te­ment accu­sée de com­mu­nau­ta­risme ou de « victimisation ».

    De même, quand ces Fran­çais impuis­sants et aga­cés de se voir chaque jour insul­ter se mettent à voter pour dire leur ras-le-bol, on leur ren­voie encore l’ac­cu­sa­tion de « vote communautaire ».

    La réa­li­té c’est qu’à force d’in­jus­tice et de rejet, les Fran­çais de confes­sion musul­mane n’au­ront d’autres choix que de se regrou­per pour se défendre plus efficacement.

    Croire qu’il n’existe pas de com­mu­nau­tés en France c’est être soit tota­le­ment idéa­liste, soit être tota­le­ment igno­rant des réa­li­tés socio­lo­giques. D’ailleurs à lire cette lettre de Hen­ri Pena Ruiz je vois une com­mu­nau­té de laïc défen­dant la recon­nais­sance des temples maçon­niques ou des mai­sons de libres pen­sée, bref tout ce qu’il y a de plus communautariste.

    En même temps, je n’ai jamais enten­du dire que les Francs-maçons, les « laï­cistes », souf­fraient de dis­cri­mi­na­tion à l’embauche, au loge­ment, ou d’ab­sence de repré­sen­ta­ti­vi­té politique.

    Bien cor­dia­le­ment.

    Meh­di.

    Réponse
  7. sitouaillain

    Salut Meh­di,

    je par­tage ton indi­gna­tion et j’ai été, en tant que ferme par­ti­san de la laï­ci­té, très cho­qué par le « mus­lim-bashing » per­ma­nent du pré­cé­dent gouvernement,
    de même j’é­tais contre l’in­ter­dic­tion du voile dans les écoles (sauf pour les pro­fes­seurs) et contre la loi sur la dis­si­mu­la­tion du visage. c’est en tout cas ma convic­tion que l’E­tat n’a pas à légi­fé­rer en matière ves­ti­men­taire ou de moeurs.

    je pense d’ailleurs que les pro­pos et les atti­tudes xéno­phobes sont les prin­ci­pales rai­sons de cette épi­dé­mie d’ex­tré­mismes et autres reven­di­ca­tions iden­ti­taires. j’y reviendrai.

    une chose est sûre, la loi de sépa­ra­tion des Eglises et de l’E­tat n’a pas tota­le­ment effa­cé les siècles de pra­tiques coopé­ra­tives entre Pou­voir et Reli­gion ; c’est même consub­stan­tiel à un Etat dont la fonc­tion est d’être un sou­ve­rain en dehors de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire. D’où la poli­tique de construc­tion par le haut d’un « islam de France »…simple nuance sur le fameux opium du peuple…rien à voir avec la croyance en soi…c’est la fabrique des mou­tons et la main-mise sur les ber­gers qui inté­resse l’E­tat absolutiste.

    A mon humble avis la seule intru­sion légi­time pour l’E­tat devrait être de sou­te­nir les musul­mans pour qu’ils puissent avoir des lieux de cultes décents, ce ne serait d’ailleurs que jus­tice que quelques églises construites par l’emprunt for­cé (dîme) sur les fran­çais puissent être trans­for­mées en mosquées…ou du moins qu’elles soient par­ta­gées, après tout, la plu­part sont vides…

    Pour le reste, c’est aux musul­mans de faire le ménage chez eux…force est de consta­ter que l’E­tat a tout fait pour leur rendre la tâche dif­fi­cile, au vu des amalgames…
    d’où l’a­mère impres­sion d’une laï­ci­té à géo­mé­trie variable…qu’a fait Claude Guéant contre les inté­gristes catho­liques ? rien, et pire, le pré­sident a reçu le Pape dont la doc­trine est contraire à l’es­prit répu­bli­cain laïque et celui-là me semble plus dan­ge­reux que quelques exci­tés barbus…l’histoire le dira.

    alors tu poses une bonne question
    Com­ment se fait-il que les femmes voi­lées soient par­tout dans les rues et les centres com­mer­ciaux, mais étran­ge­ment TOTALEMENT absentes et invi­sibles de notre pay­sage pro­fes­sion­nel, à nos côtés en tant que col­lègues dans les banques, assu­rances, commerces…?

    pre­miè­re­ment je dirais que voir une femme voi­lée tra­vailler dans une banque « clas­sique » c’est d’une savou­reuse ironie…garder son voile mais lais­ser tom­ber ses convic­tions reli­gieuses sur la nature de l’usure…belle preuve de cohérence !
    deuxiè­me­ment, consi­dé­rer cette dis­cri­mi­na­tion comme une dis­cri­mi­na­tion reli­gieuse, c’est plus que contes­table, puisque la même ques­tion peut être for­mu­lée à l’en­contre des gothiques, tatoués, per­cés, che­ve­lus, ou des femmes en boubou…il y a des codes ves­ti­men­taires dans chaque uni­vers pro­fes­sion­nel, et j’a­jou­te­rais que la France est un pays par­ti­cu­liè­re­ment conser­va­teur sur ce point.
    je ne nie pas en revanche que cer­tains subissent des dis­cri­mi­na­tions au faciès, et pas qu’à l’embauche, et ça c’est insupportable.

    per­son­nel­le­ment ce qui me choque le plus c’est de voir autant de femmes voi­lées dans les rues…m’est avis que la relé­ga­tion éco­no­mique et géo­gra­phique des citoyens d’o­ri­gine nord-afri­caine, et les dis­cours d’a­mal­games y sont pour quelque-chose, et plus lar­ge­ment des reven­di­ca­tions iden­ti­taires plus glo­bales, qui s’ob­servent par­tout dans le monde…sorte de contre-effet de la mon­dia­li­sa­tion comme machine à uni­for­mi­ser les cultures…enfin, tout cela est sûre­ment com­pli­qué et ma socio­lo­gie sau­vage ne mène à rien…je dis sim­ple­ment que ça ne m’en­chante pas…mais ça ne me dérange pas…et je me fiche bien que la gui­che­tière soit voi­lée, per­çée, tatouée, du moment qu’elle fait bien son bou­lot et poliment…

    par contre, avec mes amis ou ren­contres, voi­lées ou bar­bus, c’est_à-dire ceux qui, musul­mans, rajoutent en plus des signes exté­rieurs de reli­gio­si­té, et disons-le, s’at­tri­buent la parure de la Ver­tu, je suis d’au­tant plus exigeant…entendons, je me fichent bien qu’ils baisent, boivent, ou mangent « impur », moi ce qui m’in­té­resse ce n’est pas la ver­tu du bigot, mais celle de l’hu­ma­niste radical…voir, Nike aux pieds, un mili­tant NPA ou un bar­bu en djel­la­bah dans un Quick…même contra­dic­tion, même indécence !

    Et si je puis me per­mettre une autre remarque « gênante », c’est que bien sou­vent les mêmes qui trai­te­raient de traî­née leurs amies si elles sor­taient sans voile, se per­mettent de dra­guer de manière osten­ta­toire et agres­sive ma com­pagne. De sorte que, je com­prend bien l’a­van­tage qu’il y a à se voi­ler, c’est un petit acces­soire ves­ti­men­taire bien pra­tique pour ne pas se faire emm…
    Simple remarque sur ce point, et sur­tout sans vou­loir en faire une géné­ra­li­té, je me dis tout de même qu’il n’y a aucun renon­ce­ment « iden­ti­taire » ou « reli­gieux » à sau­ve­gar­der en sus de la laï­ci­té, cette fameuse galan­te­rie à la française…

    mais bien au-delà de ça, ce qui génère la confu­sion entre com­bat pour la laï­ci­té et com­bat contre les reli­gions, c’est pré­ci­sé­ment le conte­nu super­sti­tieux, arrié­ré etc, de cer­taines pra­tiques et de cer­taines idées s’ap­puyant sur des jus­ti­fi­ca­tions « reli­gieuses ». Ces pra­tiques « cultu­relles » sont injus­ti­fiables quelle que soit la reli­gion ou l’o­ri­gine, mais cha­cun com­pren­dra qu’elles gênent d’au­tant plus qu’elles sont « importées ».

    les agneaux fran­çais peuvent avoir toute confiance en la pro­bi­té des musul­mans pour une mort sans souf­france, et je ne com­prend pas pour­quoi les musul­mans n’ont pas le droit de faire ce sacri­fice de l’aïd, je ne com­prend pas non plus pour­quoi la nation n’a pas réagi aux pro­pos des le pen sur les abat­toirs et la viande « hal­lal » (d’ailleurs un lea­der FN du Nord pos­sé­dait un tel abat­toir!), en deman­dant un débat plus appro­fon­di sur les condi­tions d’é­le­vage et d’a­bat­tage des ani­maux, per­son­nel­le­ment ça je ne m’en fiche pas, par contre qu’un curé pro­nonce des paroles et que l’a­ni­mal soit tour­né dans telle direc­tion, je m’en contre­fiche, ça ne change pas le goût de la viande…c’est un res­pect des super­sti­tions qui ne coûte rien…bien plus devrions-nous nous entendre sur le sens du sacré…ça c’est mon ver­sant oecu­mé­niste et syn­cré­tiste de la laï­ci­té : dans l’i­déal hallal=casher=sacré=légal=animaux bien trai­tés, nour­ri­ture saine, sans OGM, sans chi­mie, pro­duc­teur bien payé et prix juste…là je me pré­ci­pite à la bou­che­rie hal­lal et j’en veux par­tout dans les cantines 😉
    le reste ne sont à mes yeux que médiocres reven­di­ca­tions iden­ti­taires, et je mets dos à dos les lepe­nistes ultra­ca­thos avec les chieurs qui veulent du hal­lal par­tout ou ceux qui voient d’a­bord le sexe avant la fonction..je fais là allu­sion aux refus d’être soi­gnés par des méde­cins hommes…ridicule !

    mais s’il y a une chose sacrée, c’est bien la liber­té, or il est indé­niable que la liber­té des femmes est mise en dan­ger dans ce pays, non pas par « l’is­lam », mais par cer­tains machistes et autres inté­gristes, et que dans cer­taines familles, les filles sont bien moins libres que les gar­çons, et pour ce qui est des milieux de culture médi­ter­ra­néenne, on en voit même aller cher­cher épouse au « bled » comme une garan­tie de pureté…d’autres confinent leur femme à la mai­son, mangent sépa­ré­ment etc.,

    donc là-des­sus meh­di, j’i­ma­gine que tu ne t’at­tends pas à ce que nous fran­çais fas­sions preuve de tolé­rance, nous avons mis des siècles, et ce n’est pas fini, à lut­ter contre l’obs­cu­ran­tisme, et je par­tage ton ana­lyse de ce qui pro­voque le com­mu­nau­ta­risme, mais tu ne peux pas nier qu’il y a des attentes sociales chez nous qui ne sont pas prêtes à accep­ter cer­taines choses, et que c’est tout à fait nor­mal, j’i­ma­gine d’ailleurs qu’en tant que fran­çais, tu ne les acceptes pas plus.

    ce qui est regret­table c’est que par exemple le voile est deve­nu le sym­bole de cette sou­mis­sion de la femme, et d’ailleurs, bizar­re­ment (c’est sûre­ment un com­plot franc-maçon ;)), tous les mou­ve­ments pro­gres­sistes des pays à majo­ri­té musul­mane ont vu d’un bon oeil que les femmes se dévoilent, un peu comme les suf­fra­gettes bran­dis­sant leur soutien-gorge…donc je ne blâ­me­rais pas mes conci­toyens de ne pas voir que pour bien des jeunes filles, il s’a­git d’autre chose, et qu’elles n’ont rien de femmes sou­mises, de même qu’on peut être fémi­niste et s’é­pi­ler les jambes…

    par contre, il y a dans une socié­té des règles tacites que dans mon opi­nion, cha­cun peut, bien sûr, trans­gres­ser à sa guise, mais, ces règles étant par essence la mani­fes­ta­tion de l’u­ni­ci­té du groupe, celui qui les trans­gresse s’ex­pose au risque de l’ex­clu­sion et du rejet.
    une fois dit cela, on voit bien que dans une socié­té évo­lu­tive, la trans­gres­sion est essen­tielle, et il appar­tient aux trans­gres­seurs de faire accé­der le gros du groupe au sens posi­tif de leur trans­gres­sion ou du moins son carac­tère inof­fen­sif pour la cohé­sion et le vivre ensemble.

    Nous res­tons tout de même dans des socié­tés tolé­rantes, par exemple, c’é­tait autre­fois mar­gi­na­li­sant que d’être tatoué, aujourd’­hui ça ne gêne pas grand monde, c’est même presque anti­con­for­miste que de ne pas l’être. Donc on peut avoir bon espoir qu’il soit par­fai­te­ment ano­din de por­ter un voile, si tant est que les femmes qui le portent sont capables de faire accé­der la socié­té au sens pro­fond de leur « enga­ge­ment », à moins que le voile ne dis­pa­raisse s’il cor­res­pon­dait à une mode ou a une atti­tude liée à un contexte social-his­to­rique donné..après tout on s’en fiche.

    en tous les cas, la lutte pour la jus­tice m’ap­pa­raît stra­té­gi­que­ment plus sus­cep­tible d’a­bou­tir, si elle reste fon­da­men­ta­le­ment laïque et encore plus si elle se mène sur le ter­rain de la lutte pour l’émancipation.
    puisque fina­le­ment, ton mes­sage pose la ques­tion du sta­tut mas­si­ve­ment et struc­tu­rel­le­ment subal­terne voire d’ex­clu­sion de la plu­part des musul­mans, et ce, non pas parce qu’ils seraient musul­mans, mais bien parce qu’ils sont « pro­lé­taires » voire sous-pro­lé­taires, et, bien plus que les autres, condam­nés à le res­ter, du fait de dis­cri­mi­na­tions bien réelles, qui n’ont rien à voir avec la religion.

    par­tant, on voit bien que la lutte « com­mu­nau­taire » n’a pas de sens, ou tout du moins qu’elle a de fortes chances de mener, sinon à une impasse, du moins à des ambi­guï­tés qui risquent de por­ter encore une fois pré­ju­dice à tous les musul­mans et à nous tous en géné­ral, citoyens-prolétaires.

    ça ne t’as pas échap­pé que nous vivons une période pour le moins ten­due, et que la meilleure manière pour la droite et les capi­ta­listes de main­te­nir leur domi­na­tion est de nous encou­ra­ger à nous divi­ser et de nous trou­ver des boucs émis­saires, rien de nou­veau sous le soleil, en tout cas, musul­mans inté­gristes, délin­quants, chô­meurs, assis­tés, le sys­tème trouve ses sou­tiens en dési­gnant les nui­sances qu’il pro­duit comme exté­rieures à son fonc­tion­ne­ment routinier.

    après, je me trompe peut-être mais por­ter la lutte sur le ter­rain com­mu­nau­taire, c’est un peu tendre le bâton pour se faire battre. Et ce serait en même temps se renier, je veux dire, si la récla­ma­tion c’est de pou­voir être fran­çais « comme tout le monde » tout en étant musul­man, il n’y a pas lieu de se reven­di­quer d’une « com­mu­nau­té ». En effet ceci sous-enten­drait que les musul­mans reven­di­que­raient de pou­voir poser comme supé­rieure leur allé­geance poli­tique à la « com­mu­nau­té », la où la citoyen­ne­té fran­çaise requière une allé­geance prio­ri­taire à la République.

    autre­ment dit, cri­ti­quer l’at­ti­tude de diri­geants locaux ou natio­naux à l’é­gard des musul­mans et rele­ver l’hy­po­cri­sie de l’ap­pli­ca­tion effec­tive des prin­cipes de la laï­ci­té, ne peut se faire que dans les termes et les prin­cipes de la laï­ci­té. C’est d’ailleurs si je ne m’a­buse le fond de ton message.

    Main­te­nant, c’est aux musul­mans fran­çais et ceux qui veulent le deve­nir, de résis­ter à ces sortes d’in­jonc­tions au com­mu­nau­ta­risme, et j’es­time que cette lutte concerne tous les français,

    de même, la lutte contre les inté­grismes nous concernent tous, et c’est là où les fran­çais de confes­sion musul­mane doivent être irré­pro­chables et sans ambigüi­té, sans quoi ça va coin­cer. en effet l’en­jeu de la bataille cultu­relle, c’est bien d’a­bord la com­pa­ti­bi­li­té de l’être musul­man avec l’être fran­çais, dans l’es­prit de tous les français,
    et la condi­tion sine qua non de cette per­cep­tion impose aux musul­mans une lutte réso­lue pour enrayer les phé­no­mènes de régres­sion inté­griste et traditionaliste.

    Il faut donc que la lutte se per­çoive comme une lutte de citoyens fran­çais, pour le per­fec­tion­ne­ment, l’é­lar­gis­se­ment et la réa­li­sa­tion effec­tive de valeurs communes,

    pour ma part, je me sens solidaire de ceux qui en ont assez de subir des discriminations et de ne pas se sentir autorisé à pratiquer leur foi ou à être intégré dans une entreprise, voire à vivre sur le territoire, et je m'en sens solidaire notamment parce qu'ils n'acceptent pas d'être associés à quelques urluberlus qui s'arrogent le monopole de ce qu'est l'islam, être bon musulman, etc.

    Par contre, ces urlu­ber­lus-là, j’en­tends bien qu’ils soient moqués, mar­gi­na­li­sés, mon­trés du doigt, et punis le cas échéant s’ils violent des liber­tés notam­ment pour les femmes, qu’ils soient empê­chés de mettre la pres­sion dans leur quar­tier, etc., en tous cas ceux-là, je ne m’en sens pas soli­daire, pas plus que des cathos mani­fes­tants devant les centres anti-ivg.

    d’ailleurs, sur la ques­tion de la France, tu l’aimes ou tu la quittes, c’est par­fai­te­ment iro­nique que ce soient ceux qui la nie tous les jours dans leurs pro­pos infa­mants et qui renient la répu­blique des lumières, bref que ce soient ceux qui l’aiment le moins qui disent cela…ils n’empêche, leurs bêtises entrent dans le cer­veau des gens aus­si parce qu’en face, il y a des imbé­ciles qui ont com­pris de tra­vers ce que c’est que la liber­té religieuse…et je ne suis pas théo­lo­gien mais m’est avis qu’il n’y a pas que ça qu’ils ont lu de travers…donc là-des­sus pour le coup, je ne peux que saluer les musul­mans qui font un effort de résis­tance active à ces pres­sions obs­cu­ran­tistes, dont tu convien­dras qu’il n’y a lieu de les tolé­rer nulle part.

    en l’oc­cur­rence, mon­sieur Bou­ba­keur n’a d’au­to­ri­té sur per­sonne, c’est donc aux musul­mans de faire le ménage par­mi eux, puisque si j’ai bien com­pris com­ment ça marche dans la petite tête des inté­gristes, tout ce qui ne vien­drait pas d’autres musul­mans aurait un effet contreproductif…ne serait-ce que de par leur pro­pen­sion aux atti­tudes vic­ti­maires qu’ils par­tagent avec beau­coup d’autres…

    mais bien sûr, l’en­jeu de la laï­ci­té, du chan­ge­ment de regard sur les musul­mans en géné­ral, et aus­si leur capa­ci­té à faire entendre rai­son aux inté­gristes, ne peut pas être dis­so­cié de l’en­jeu de l’in­té­gra­tion qui n’est autre qu’un enjeu par­ti­cu­lier de la lutte d’é­man­ci­pa­tion, la lutte pour la démo­cra­tie pleine et entière.

    C’est pour cela d’ailleurs que l’at­ti­tude vic­ti­maire et com­mu­nau­ta­riste, si elle peut être un moyen de créer des soli­da­ri­té et des volon­tés d’a­gir, elle ne doit pas per­du­rer, car c’est bien d’une soli­da­ri­té de classe dont nous avons besoin face à ce qui crée un ter­reau favo­rable aux dis­cri­mi­na­tions, aux inté­grismes et au repli sur soi identitaire.

    je veux dire par là que le com­bat pour la répu­blique sociale et démo­cra­tique est le com­bat des oppri­més, du moins de ceux qui ne veulent plus l’être ni avoir à deve­nir oppres­seur pour s’en sortir.

    c’est tra­gique mais s’il y a un chô­mage de masse entre­te­nu, c’est presque com­pré­hen­sible que Mathilde soit choi­sie à la place de Dja­mi­la avec son voile qu’elle veut pas enlever.
    C’est inac­cep­table mais si la masse des pauvres est sous-édu­quée, pré­ca­ri­sée, ghet­toï­sée, il n’y aura pra­ti­que­ment pas de repré­sen­ta­tion à la télé ou dans les direc­tions d’en­tre­prises des « mino­ri­tés visibles », parce que c’est le lot com­mun des pauvres que de n’a­voir pas accès aux postes réser­vés à l’é­lite, que d’être mon­trés du doigt comme gros­siers et rustres, avant de voir des filles de femmes voi­lées on s’at­tend plu­tôt à voir un fils de pay­san du sud-ouest ou un chtimi..eh bien il n’y en a pas plus !

    c’est donc bien qu’il s’a­git-là d’une dis­cri­mi­na­tion sociale, où le terme dis­cri­mi­na­tion est presque abu­sif, puis­qu’il s’a­git avant tout de méca­nismes propres à toutes les socié­tés inégalitaires.
    Et, quitte à être mal­séant, j’o­se­rais dire qu’un fils d’ou­vrier agri­cole du sud-ouest à moins de chance qu’un fils d’ou­vrier maro­cain d’ile de France…

    donc iné­luc­ta­ble­ment, selon moi, c’est sur le ter­rain des luttes sociales et poli­tiques que se résou­dront la majeure par­tie de ces pro­blèmes que tu évoques, et d’ailleurs, plus que dans les conver­sa­tions ano­dines, ou dans le train-train du tra­vail, c’est dans les dyna­miques de mou­ve­ment social que chaque indi­vi­du peut retra­duire son propre posi­tion­ne­ment spi­ri­tuel ou son idéal, dans l’é­change, et dans l’in­té­gra­tion au col­lec­tif de lutte. voi­là pour­quoi à mon sens il y aurait tout à perdre à s’en­fer­mer dura­ble­ment dans des luttes « communautaires ».

    je reste donc per­sua­dé qu’il y a matière à asso­cier la rage légi­time du musul­man à celle des autres citoyens qui sont en situa­tion d’im­puis­sance poli­tique, de non-citoyen­ne­té objective…mais peut être que je me trompe…ce sont des ques­tions très dif­fi­ciles, ça c’est sûr !

    sinon, pour finir sur une anec­dote pro­vo­cante, j’ai une amie voi­lée dont le patron ne veut pas qu’elle porte le voile face aux clients…alors, ayant esti­mé que la période n’é­tait pas pro­pice aux scan­dales sur les signes reli­gieux osten­ta­toires (pas du genre à ver­ser de l’huile sur le feu), elle porte une perruque!!,

    évi­dem­ment nous par­ta­geons la même gêne sur le fait qu’un patron ima­gine cer­tains de ses clients moins enclins à ache­ter si elle por­tait le voile, elle ne par­tage pas mon inter­ro­ga­tion quant à la facul­té de la rendre impure qu’au­rait un regard mas­cu­lin se posant sur des che­veux, mais nous par­ta­geons le constat qu’il s’a­git d’un astu­cieux com­pro­mis, et fina­le­ment je l’au­rais engueu­lée si elle s’é­tait reniée…

    Réponse
  8. Mehdi

    Bon­soir Sitouaillain,

    Tout d’a­bord mer­ci pour ton inter­ven­tion mesu­rée et réfléchie.

    Avant de com­men­cer je dois dire que les Musul­mans comme tout les êtres humains ne sont pas par­faits. Inutile donc d’at­tendre d’eux plus que des autres sous pré­texte qu’ils portent une barbe ou un fou­lard. Seul Dieu connait les coeurs parait il.

    L’u­sure est inter­dite oui, mais ne soyons pas naïfs, une femme peut éprou­ver le besoin de tra­vailler dans une banque, même si celle ci pra­tique l’u­sure. Tout sim­ple­ment parce qu’elle est seule et a besoin de tra­vailler pour vivre ou pour tout autre rai­son qui la concerne inti­me­ment, ce n’est pas à nous de juger.

    Oui, les Musul­mans étant mino­ri­taires en France, ils doivent aus­si, selon moi, accep­ter de faire des conces­sions sur cer­tains élé­ments propres à leur pra­tique (pas sur leur foi évidemment).

    Je suis tout à fait per­sua­dé que Musul­mans et athées peuvent vivre ensemble sur 90% des aspects de leur vie quotidienne.

    Reste à faire des conces­sions sur les 10% res­tant. Le dia­logue, la négo­cia­tion sont au coeur de la vie com­mune à petite échelle. Il en est de même pour une socié­té. Il ne s’a­git pas de tra­hi­sons mais d’une obli­ga­tion pour toute per­sonne sou­hai­tant vivre avec une autres (un couple, un col­lègue, un citoyen…)

    Heu­reu­se­ment, le droit musul­man est un droit prag­ma­tique et évo­lu­tif car sans Eglise et sans cler­gé pour frei­ner les évo­lu­tions. Il recon­nait les spé­ci­fi­ci­tés propres à chaque envi­ron­ne­ment socio-géo­gra­phique et per­met au Musul­man de s’a­dap­ter à presque toutes les situations(manger du porc en cas de famine, boire de l’al­cool conte­nu un médi­ca­ment, prier allon­gé ou assis pour le malade, être soi­gné par un homme en l’ab­sence de médecin-femme…).

    Cette capa­ci­té d’a­dap­ta­tion explique l’exis­tence des 4 écoles juri­diques répar­ties sur le ter­ri­toire musul­man et la réflexion contem­po­raine née à la fin du XIXe et por­tant sur la néces­si­té d’une légis­la­tion propre aux Musul­mans vivant en pays non_musulman (ex : Conseil Euro­péen de la Fat­wa regrou­pant des savants du monde entier dont des Alle­mands, Fran­çais, Belges…).

    Bref les choses s’or­ga­nisent et sans l’aide de l’Etat.

    Là où je ne suis pas tout à fait d’ac­cord avec toi, mais peut être cela est-il dû à mon his­toire, c’est dans ta ten­dance à ‘lis­ser’ le phé­no­mène d’ex­clu­sion qui touche les fran­çais de confes­sion musul­mane, notam­ment comme je l’ai dit les femmes. Pour toi, il n’y pas de pro­blème spé­ci­fique à l’Is­lam, il y a une exclu­sion mais géné­rale et basée sur des cri­tère uni­que­ment socio­lo­giques. Cela me parait en par­tie faux. Et si on ne recon­nait pas le mal on ne peut trou­ver les remèdes.

    Or, je dis que chez le Musul­mans le pro­blème est double ou triple :

    1/ Ils sont en géné­ral, issus de pays colo­ni­sés, ils doivent donc sou­vent faire face à un « fond raciste » très ancien qui bien qu’at­té­nué per­dure encore dans la socié­té fran­çaise (le Noir et l’A­rabe ne sont pas tout à fait fran­çais même si ils sont nés en France).

    2/ Contrai­re­ment aux autres vagues d’im­mi­gra­tion ils pos­sèdent une culture for­te­ment impré­gnée par la reli­gion Musul­mane ce qui les rends plus « dif­fé­rents », plus « étranges » encore que les immi­grés polo­nais, por­tu­gais ou espagnols.

    3/Que dire quand on est un triple « pro­blème » : une femme qui serait arabe ou noire et voilée !

    Alors non je ne pense pas que l’on puisse com­pa­rer le CV de Moham­med ou de Fati­ma à celui de Ber­trand « fils de pay­san du sud-ouest » 😉

    Si demain ta fille ou ta femme se conver­tis­sait à l’is­lam et déci­dait de por­ter le voile, tu ver­rais immé­dia­te­ment les chan­ge­ments (le regard des gens, les pro­blèmes au travail…).

    Tu com­pren­drais que la même per­sonne, avec ou sans le voile sa change TOUT en France, et ce même si elle est blonde avec des yeux bleus.

    C’est un fait qui pour moi est indis­cu­table. Si tu n’es pas d’ac­cord avec moi, c’est que tu n’as pas connu la situation.

    Concrè­te­ment je pense que le Fran­çais musul­mans doivent conti­nuer à être patients et se battre aux côtés de ceux qui comme toi aspirent à davan­tage de Jus­tice qu’elle soit sociale ou éco­no­mique, évi­dem­ment tout vien­dra de là.

    Mais les men­ta­li­tés doivent aus­si évo­luer pour que les déci­sions poli­tiques évo­luent. Sinon cela res­te­ra un dia­logue d’in­tel­lec­tuels décon­nec­tés du terrain.

    Ces Fran­çais musul­mans doivent évi­dem­ment ne pas cher­cher à impo­ser leur vision poli­tique à une majo­ri­té de fran­çais atta­ché à un Etat laïc. Ce serait contre­pro­duc­tif, illo­gique et même dangereux.

    Par contre, la socié­té fran­çaise doit accep­ter les évo­lu­tions propres à des mou­ve­ments liés à la mondialisation.

    A savoir accep­ter de coha­bi­ter avec un autre Fran­çais un peu dif­fé­rent dans sa manière de per­ce­voir le monde et de vivre au quo­ti­dien. Dif­fé­rent dans sa manière de se vêtir ou de man­ger, de rai­son­ner. Dif­fé­rent dans sa rela­tion avec la pudeur.

    D’ailleurs, j’in­siste sur ce point, le voile est une affaire de FOI et de rap­port à Dieu pas une ques­tion de « pro­tec­tion » contre les inci­vi­li­tés machistes, ni une ques­tion de « regard impur » de l’homme.

    Une grande par­tie des femmes choi­sissent envers et contre tout de por­ter le voile. Elles le font par convic­tion pas par peur d’être insul­tées par des voyous ou par crainte de tom­ber dans une tour­nante (mer­ci à Ni putes ni sou­mise pour son tra­vail de dés­in­for­ma­tion raciste à l’é­gard des habi­tants des quar­tiers). Par­fois aus­si, elles le font contre l’a­vis de leur parents qui ont peur des consé­quences maté­rielles de ce choix. Par­fois, elles se font reje­ter à l’ex­té­rieur et frap­pée à l’in­té­rieur par un père qui ne com­prend pas l’  »inté­grisme » de sa fille.

    Nier ce choix de convic­tion et ten­ter de lui don­ner des expli­ca­tion pseu­do psy­cho­lo­gique, c’est nier le com­bat quo­ti­dien et per­son­nel de toutes ses femmes. Je les res­pecte et en tant qu’­homme, je ne sais pas si à leur place, j’au­rais cette force de volon­té qui me fait renon­cer à une car­rière, une vie sociale nor­male sans le regard mépri­sant des autres, par­fois même aux études au nom de mes convictions.

    En revanche, l’autre extrême et je te rejoins sur ce point serait d’a­dop­ter une pos­ture pas­sive et vic­ti­maire qui de fait ne pousse pas à l’ac­tion mais plu­tôt au découragement.

    D’un autre côté, les citoyens fran­çais pro­fon­dé­ment laïcs, doivent aus­si avoir l’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle d’al­ler au bout de l’es­prit de cette doc­trine basée non pas sur l’ex­clu­sion et le rejet mais, sur la tolé­rance dans le but de mettre fin aux guerres de religion.

    Ils ne doivent pas tom­ber dans une logique de « dic­ta­ture de la majo­ri­té » pour reprendre l’ex­pres­sion de Toc­que­ville, en se per­sua­dant un peu comme le ferait un fana­tique qu’ils détiennent La Véri­té et que tout indi­vi­du doué de rai­son ne peut que se détour­ner de la Reli­gion. Comme si l’his­toire de l’hu­ma­ni­té allait for­cé­ment vers un athéisme généralisé.

    Je pense que cette manière de voir est un peu celle des colo­ni­sa­teurs du XVIII et XIX per­sua­dés d’être supé­rieurs aux autres nations, igno­rantes et superstitieuses.

    Je pense qu’il y aura tou­jours des reli­gions et que l’His­toire n’est pas finie.

    En 10 ans le nombre de Musul­mans aux USA a pro­gres­sé de 70% en 10 ans(http://​www​.radio​-cana​da​.ca/​n​o​u​v​e​l​l​e​s​/​I​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​2​0​1​2​/​0​2​/​2​9​/​0​1​0​-​m​o​s​q​u​e​e​s​-​n​o​m​b​r​e​-​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​r​a​p​p​o​r​t​.​s​h​tml ).

    Il a été mul­ti­plié par 4 Bré­sil sur la même période (http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​k​m​h​z​g​_​a​u​-​p​a​y​s​-​d​u​-​b​i​k​i​n​i​-​l​-​i​s​l​a​m​-​g​a​g​n​e​-​d​u​-​t​e​r​r​a​i​n​_​n​ews) sans par­ler de l’A­frique ou de l’Asie.

    En ce sens les reli­gions ont encore de beaux jours devant elles et les conver­sions ne sont pas le fait de per­sonnes dénuées de raisons.

    Ce type de laï­ci­té into­lé­rante « à la fran­çaise » (je ne parle pas de ta vision modé­rée) n’est-elle pas issue de l’his­toire du pays et du com­bat poli­tique entre une Eglise qui a, et de manière vio­lente, impo­sée durant plus de 1000 ans Sa Véri­té en s’ap­puyant sur le rejet de tout pro­grès scien­ti­fique et politique ?

    Aujourd’­hui, ce manière de voir va contre l’his­toire et l’é­vo­lu­tion démo­gra­phique. Au final vou­loir rendre invi­sible l’is­lam ne peut mener qu’à un conflit.

    L’Is­lam n’a pas connu ce mou­ve­ment de rejet vis à vis de la Science, au contraire, la Science apporte la preuve de la Per­fec­tion divine et le Musul­man est appe­lé à aller cher­cher la science même auprès de non musul­mans (« Va cher­cher la science dusse t‑elle se trou­ver en Chine »).

    D’autres pays démo­cra­tiques ne connaissent pas ce phé­no­mène de rejet de la religion.

    En Angle­terre vous trou­ve­rez des femmes poli­cières voi­lées ou des ven­deuses voi­lées chez ZARA.

    Je ne dis pas que c’est un modèle à adop­ter en France, chaque pays à son his­toire propre. Je dis sim­ple­ment, que pour un laïc de convic­tion, un mor­ceau de tis­su, un Quick halal en ban­lieue ou une femme voi­lée au gui­chet de la Poste, ne doivent pas être com­pris comme une atteinte aux fon­de­ment de la Répu­blique mais plu­tôt comme une évo­lu­tion socio­lo­gique iné­luc­table de la popu­la­tion fran­çaise his­to­ri­que­ment bâtie sur des vagues d’immigration successives.

    Par­ler de culture fran­çaise est donc un non sens puisque celle ci a évo­lué de manière inin­ter­rom­pue durant 3000 ans. Des inva­sions celtes, aux comp­toirs car­tha­gi­nois dans le Sud, aux inva­sions romaines, ger­ma­niques, slaves, musul­manes. Puis aux vagues d’im­mi­gra­tions juives, polo­naises, médi­ter­ra­néennes, afri­caines puis asiatiques…

    Com­ment espé­rer que la culture fran­çaise puisse res­ter figée ?

    D’ailleurs ce qui fait aujourd’­hui la force cultu­relle de la France dans le monde (gas­tro­no­mie, vignobles…) repose en grande par­tie sur la coexis­tence de cen­taines de par­ti­cu­la­rismes régio­naux ou dépar­te­men­taux long­temps com­bat­tus par le centralisme.

    Je recon­nais la per­ti­nence de la laï­ci­té fran­çaise dans son esprit, c’est une solu­tion poli­tique tout à fait juste dans la situa­tion fran­çaise. C’est cette laï­ci­té qui a per­mis au peuple fran­çais de ne pas se déchi­rer entre catho­liques, pro­tes­tant et athées. Dans ce contexte, inter­dire aux Eglises tout pou­voir poli­tique a été salvateur.

    Mais, les Fran­çais musul­mans n’ont pas de pré­ten­tion poli­tique. D’ailleurs, mêmes les plus tra­di­tio­na­listes (sala­fistes) n’as­pirent qu’à émi­grer dans un pays musul­man (preuve qu’ils ne veulent pas impo­ser un Etat isla­mique en France car Allah dit : « Dieu ne change aucune com­mu­nau­té tant que les membres de celle ci ne se changent indi­vi­duel­le­ment »). En clair, ce ver­set sou­ligne l’im­pos­si­bi­li­té de créer un Etat isla­mique dans un pays non majo­ri­tai­re­ment musulman).

    Je vais être réduc­teur mais les Fran­çais musul­mans (pra­ti­quants) veulent quoi au juste ?

    1/ POUVOIR TRAVAILLER même avec une barbe à la Robert Hue ou un ban­da­na sur la tête (à minima)

    2/POUVOIR MANGER autre chose que des légumes ou du pois­son quand ils sortent en ville ou vont au restaurant.

    - POUVOIR PRIER sans se cacher.

    Or aujourd’­hui qui peut nier que pour beaucoup :

    - Por­ter une barbe ou un voile = intégrisme.
    – Man­ger halal = intégrisme.
    – Prier dans son bureau au tra­vail = intégrisme.

    Ces exi­gences non pour­tant rien à voir avec du pro­sé­ly­tisme, ni avec un islam « politique ».

    On voit bien qu’il s’a­git de reven­di­ca­tions de bien-être per­son­nel afin un seul but : être en accord de SA foi.

    Rien dans ces trois exi­gences ne devrait faire peur.

    En d’autres, temps, dans les usines auto­mo­bile des salles de prières avaient sou­vent été amé­na­gées pour les ouvriers qui allaient prier à la place de la pause ciga­rette ou pen­dant l’heure des repas.

    Les bou­che­ries musul­manes existent depuis 30 ans.

    Les femmes voi­lées sont pré­sentes en France depuis les années 70. Ce qui agace, c’est que ce sont des jeunes filles nées en France, voir Fran­çaises qui le porte et non plus des grands mères ou des femmes venus de leur « bled ». Du coup cer­tains com­mencent à com­prendre que cet islam n’est pas des­ti­né à dis­pa­raître au fil des géné­ra­tions mais qu’au contraire il pro­gresse peu à peu et tra­verse les géné­ra­tions. Et cela pour cer­tains inté­griste lai­ciste c’est insupportable.

    Per­son­nel­le­ment j’ai l’im­pres­sion que cer­tains poli­ti­cien y voit une guerre idéologique.

    Si j’é­tais athée je serais intran­si­geant sur les points concer­nant la poli­tique dans l’Islam.

    Or, je l’ai dit plus haut, 99% des Musul­mans n’ont jamais eu de reven­di­ca­tions de ce genre. D’ailleurs, jus­qu’à Sar­ko­zy, ils se répar­tis­saient sur l’en­semble de l’é­chi­quier poli­tique et n’a­vait jamais for­mé un vote homogène.

    His­to­ri­que­ment l’Is­lam a mon­tré sa capa­ci­té à coha­bi­ter avec des minorités.

    L’is­lam n’est d’ailleurs pas si éloi­gné de la laï­ci­té puisque Dieu dit « Jugez le Chré­tiens selon les lois chré­tienne, le Juifs selon les lois juives et le Zoroas­trien (assi­mi­lé au poly­théisme) selon la loi zoroastrienne ».

    Il dit aussi :

    « Au nom de Dieu, Le Tout Clé­ment, Le Tout Miséricordieux

    Dis, ô vous qui ne croyez pas.
    Je n’a­dore point ce que vous adorez
    Pas plus que vous n’a­do­rez ce que j’adore
    Je n’ai jamais ado­ré ce que vous adorez
    Et vous n’a­vez jamais ado­ré ce que j’adore
    Vous avez votre reli­gion et moi j’ai la mienne. » (Sou­rate 109).

    Il ne dit PAS « Force-les à entrer ! » (Luc, XIV, 23).

    Réponse
  9. sitouaillain

    salut Meh­di,

    j’ai lu avec plai­sir ta réponse et j’en par­tage le contenu.

    nous sommes confron­tés à un phé­no­mène mon­dial de retour aux reli­gions, et même des croyances éso­té­riques, Etc. et en géné­ral des « iden­ti­tés » et « retour aux racines ». Ceci s’a­na­lyse sou­vent comme un effet de la mon­dia­li­sa­tion, notam­ment les bou­le­ver­se­ment du à des phases de pro­grès tech­niques sans pré­cé­dent, d’ac­cé­lé­ra­tion des mobi­li­tés et d’ex­ten­sion de la sphère mar­chande, y com­pris aux « pro­duits culturels ».

    C’est donc au-delà de la ques­tion de l’is­lam, et on ne peut pas y voir uni­que­ment des aspects posi­tifs. je remarque même que ça et là, pour rap­pe­ler un bel essai d’A­min Maa­louf, les iden­ti­tés deviennent meurtrières…question de savoir-faire en termes d’ins­tru­men­ta­li­sa­tion poli­ti­cienne et économique…les you­go­slaves peuvent témoigner…et ce qui se passe aux USA n’au­gure rien de bon.

    ce que tu expliques à pro­pos de l’is­lam, je connais, mais ça n’est qu’un aspect, et ça n’est pas vrai­ment le reflet de ce que connaissent bien des pays à majo­ri­té musul­mane. Et nous sommes tou­ché en France par les mêmes aspects gênants. Autre­ment dit, la vision que tu pro­poses de l’Is­lam, j’y sous­cris, mais c’est un enjeu de lutte. et ce que je vou­lais dire dans mon com­men­taire pré­cé­dent, c’est que ça n’est pas qu’un pro­blème de « per­cep­tion » chez les non-musul­mans. C’est aus­si une lutte concrète pour que cer­tains com­por­te­ments et pra­tiques s’es­tompent, sans il suf­fi­ra de mon­ter en exergue tel ou tel fait divers pour réveiller cet « arrière fond raciste » qui, pour les rai­sons de retour aux iden­ti­tés sus­men­tion­nées, ne demande qu’à se réveiller.

    Donc c’est à mon sens impor­tant de ne pas se voi­ler la face et de prendre à bras le corps les pro­blèmes qui ne sont pas tout à fait fictifs.
    donc la ques­tion n’est pas si l’is­lam est com­pa­tible avec la répu­blique mais bien quel islam est compatible.

    après com­ment faire ? ça je ne sais pas faire d’un point de vue islamique 😉

    mais par contre dans les dis­cours « les fran­çais musul­mans parlent aux fran­çais » et inver­se­ment, il y a cer­tai­ne­ment des choses à travailler.

    par exemple ça POUVOIR MANGER autre chose que des légumes ou du pois­son quand ils sortent en ville ou vont au res­tau­rant. ça ne pas­se­ra pas, et affi­cher ce genre de reven­di­ca­tion (à qui d’ailleurs?) ça n’est pas malin du tout,
    c’est là où se mesure tout le dan­ger de la posi­tion victimaire.
    Donc atten­tion parce que ce genre de reven­di­ca­tion per­met à l’ex­trême droite de s’en­gouf­frer et j’ai déjà lu quel­que­part qu’ils s’in­quié­taient que les fran­çais ne puissent man­ger sur le pouce autre chose que des kebabs et ne pas avoir d’autre choix que d’a­che­ter de la viande en bou­che­rie hallal…donc à ce jeu-là tu ne seras jamais gagnant..parce qu’ob­jec­ti­ve­ment c’est plus facile pour un musul­man que pour un végétarien.
    la réponse est donc, il y a un mar­ché de l’im­mo­bi­lier, il y a un mar­ché poten­tiel pour satis­faire à cer­tains inter­dits ali­men­taires, tu achètes un local, tu montes un res­tau­rant et point à la ligne…si l’au­to­ri­té com­pé­tente te fait des dif­fi­cul­tés du fait du conte­nu reli­gieux des mets pro­po­sés, tu ouvres une pro­cé­dure auprès de la HALDE.

    pour le reste, notam­ment la ques­tion du voile, c’est à l’ap­pré­cia­tion de l’employeur pour cer­tains cas, pour d’autres, il s’a­git bien d’une dis­cri­mi­na­tion, dont les res­sorts sont liés à un arrière-fonds raciste et/ou à cette forme par­ti­cu­lière de laï­ci­té que tu cri­tiques sans doute à juste titre, mais pour assu­rer l’é­vo­lu­tion posi­tive, à mon avis, ça pas­se­ra par une retra­duc­tion du voile en des termes « nationaux »,
    tu parles de ban­da­na, c’est déjà une dif­fé­rence par rap­port à un acces­soire ves­ti­men­taire issu d’une culture mani­fes­te­ment « étrangère »,
    c’est à dire que le voile dif­fère selon les pays et même selon les milieux sociaux à l’in­té­rieur des pays, il n’y a donc pas de rai­son autre qu’un affi­chage « iden­ti­taire » de por­ter un voile qui vient « d’ailleurs ».

    Per­son­nel­le­ment ça ne me gène pas, mais, je ne consi­dère pas que les goûts et les cou­leurs et, plus géné­ra­le­ment les limites tacites et infor­melles ne puissent être autre chose que celles fixées par la « majo­ri­té », ces codes sont certes évo­lu­tifs et des déci­sions ou des dis­cours poli­tiques peuvent contri­buer à les faire chan­ger, mais il n’y a aucune « auto­ri­té » en la matière, autre que celle qui émane du peuple dans son ensemble, cela s’ap­pelle la culture.

    dans les pro­blèmes que tu sou­lèves il se joue donc fata­le­ment une ten­sion per­ma­nente entre l’as­si­mi­la­tion et le com­mu­nau­ta­risme. Je pense que tu as rai­son de sou­hai­ter que cer­tains traits cultu­rels ou reli­gieux puissent se « voir » sans que cela pose pro­blème, mais tout l’en­jeu est bien que cela soit per­çu comme nor­mal, local, etc. Mais il y a néces­sai­re­ment une auto­li­mi­ta­tion à opé­rer, en fonc­tion des cri­tères du groupe majo­ri­taire, sans quoi l’in­di­vi­du qui prend ses réfé­rences cultu­relles, reli­gieuses et ves­ti­men­taires à l’é­tran­ger et/ou qui se réfère à un groupe mino­ri­taire, en s’af­fi­chant comme tel dans l’es­pace public et autres sphères laïques, s’ex­pose à la mar­gi­na­li­sa­tion, mar­gi­na­li­sa­tion sans doute atté­nuable via les prin­cipes du com­mu­nau­ta­risme à l’anglo-saxonne.
    Il se trouve effec­ti­ve­ment que nous sommes en France sur une pos­ture très dif­fi­cile à tenir, entre le dan­ger d’un cos­mo­po­li­tisme trans­cul­tu­rel, et celui d’un com­mu­nau­ta­risme qua­si ségré­ga­tion­niste, nous pen­sons qu’il est pos­sible que cha­cun s’in­tègre sans se renier,

    et je comprends celui qui en quelque sorte renvoi le rejet qu'il subit en surjouant l'assignation identitaire qu'on le force à adopter, en revanche, je ne cautionne pas, le but étant de vivre ensemble, à égalité de droits et de devoirs et quand je dis ensemble, c'est pas "chacun de son côté", avec "chacun sa vision", à terme on ne se comprendrait plus et ça me parait peu enviable, ou en tout cas contraire à ce que la France dit vouloir être. Mon sentiment est que ceux qui subissent racisme et discrimination soutiennent encore plus fortement cette conception-là, qui évidemment appelle des adaptations, et la vigilance sur les revendications objectivement communautaristes. disons que ce serait un tant soit peu illusoire pour un papou de vouloir être français et vouloir travailler et se balader en papou de papouasie...et sauf à monter des boîtes de Papous, peux de Papous doivent s'attendre à être embauchés avec un os dans le nez..

    bref, il faut en tous cas faire atten­tion au contexte de cris­pa­tion géné­rale et ne pas débor­der. Jus­te­ment je trouve que la plu­part des musul­mans ont choi­si la bonne atti­tude parce qu’ils ont à coeur de faire par­tie d’un « nous » commun,

    reste cet épi­neux pro­blème des dis­cri­mi­na­tions xéno­phobes que la crise n’ar­range pas…mais qui n’en reste pas moins un pro­blème social, je ne crois pas que cette cra­pule d’é­mir du qua­tar soit dis­cri­mi­né quand il débarque au georges V,

    Parce que fina­le­ment je crois que c’est là le vrai pro­blème, et que l’his­toire de la dis­cri­mi­na­tion à cause du voile, ça n’a ni queue ni tête,

    sans vou­loir ren­trer dans des débats théo­lo­giques, si tu me dis qu’une musul­mane reste res­pec­table en tra­vaillant dans une banque, alors elle l’est tout autant en ne por­tant pas de voile, puisque si la foi peut être à ce point tra­hie, alors, comme tu me dis que le voile est un signe de foi et non un reli­quat de super­sti­tion et de tra­di­tion ves­ti­men­taire liée à un arrière-fond patriar­cal, alors ce n’est à côté qu’une bien mince tra­hi­son que de l’en­le­ver là où la socié­té le requiert…

    d’au­tant que tu rap­pelles à juste titre que l’is­lam n’est pas très éloi­gné de la laï­ci­té, même si ta cita­tion ne cor­res­pond d’ailleurs pas du tout à la concep­tion fran­çaise de la laï­ci­té qui est de juger les citoyens d’a­près les lois de la Cité et donc de subor­don­ner les prin­cipes reli­gieux à cette loi et, pour chaque indi­vi­du qu’un groupe reli­gieux dont il fait par­tie vou­drait répri­mer, lui garan­tir la pro­tec­tion de sa liber­té de conscience et d’action,

    bref, si je te suis sur ce ter­rain pen­tu, on peut trou­ver des jus­ti­fi­ca­tions chez cer­tains cadi au fait que le voile n’est pas indis­pen­sable pour être bonne musul­mane et qu’en plus il s’a­git d’un signe reli­gieux osten­ta­toire que glo­ba­le­ment l’is­lam réprouve, en tant qu’il se défi­ni comme la reli­gion de ceux qui n’ont pas besoin de sym­boles et de repré­sen­ta­tions pour nouer un lien avec dieu…ni même de temple d’ailleurs. et même dans les pays musul­mans, les gens rat­trapent leurs prières le soir, et le ber­ger ne réclame pas qu’on lui construise un local à prière, pour­quoi l’ou­vrier ne pour­rait-il prier à la pause où bon lui semble ?

    es-tu si sûr qu’il « s’a­git de reven­di­ca­tions de bien-être per­son­nel afin un seul but : être en accord de SA foi. »? parce que pour moi il s’a­git de récla­ma­tions iden­ti­taires qui se pro­duisent en réac­tion à des phé­no­mènes com­plexes de relé­ga­tions sociales en même temps que des ambigüi­tés quant à ce qui relève de la reli­gion et de la culture, comme par exemple le besoin de se retrou­ver pour prier ou se mettre un voile pour se sen­tir « en accord avec sa foi »…tout ça ne me fait pas peur.

    ce qui me fait peur c’est que der­rière tes trois reven­di­ca­tions tu dis : « Or aujourd’­hui qui peut nier que pour beaucoup :

    - Por­ter une barbe ou un voile = inté­grisme. – Man­ger halal = inté­grisme. – Prier dans son bureau au tra­vail = inté­grisme. » or connais­sant des amis musul­man qui font par­tie de ces « beau­coup », je trouve en tout cas très dif­fi­cile de nier que tout ça n’est pas de l’intégrisme…

    que ça ne soit pas fon­da­men­ta­le­ment gênant, c’est évident, mais inté­griste, fon­da­men­ta­le­ment ça l’est…et pour l’as­pect gênant, c’est que si fah­rid m’in­vite chez lui j’y vais de bon coeur, mais si lui refuse mon invi­ta­tion parce que je ne cui­sine pas hal­lal, la logique du don contre-don est rom­pue, d’où des rela­tions du type « Je n’a­dore point ce que vous ado­rez Pas plus que vous n’a­do­rez ce que j’a­dore Je n’ai jamais ado­ré ce que vous ado­rez Et vous n’a­vez jamais ado­ré ce que j’a­dore Vous avez votre reli­gion et moi j’ai la mienne. » en gros cha­cun chez soi et sur­tout bien cloisonné…ça ne colle pas, m’est avis, avec l’es­prit du coin, même si j’a­voue que les torts sont bien par­ta­gés dans sa désa­gré­ga­tion progressive..et là-des­sus non seule­ment des musul­mans ont voté sar­ko­sy, mais j’en connais qui ont refu­sé de voter royal..parce que c’est une femme…donc là-des­sus on se rejoint il y a des imb… partout !

    sur la ques­tion de la « guerre idéo­lo­gique », effec­ti­ve­ment c’est un peu triste, mais il faut dépla­cer le cur­seur, ou disons, choi­sir son camp, c’est à dire refu­ser la stig­ma­ti­sa­tion et les amal­games, tout en refu­sant les entorses aux prin­cipes d’é­ga­li­té homme femme, de laï­ci­té, etc., et ça n’est pas facile de se situer, je l’a­voue, mais un tout petit peu de ratio­na­lisme ne fait pas de mal et j’apprécie quand tu dis « la Science apporte la preuve de la Per­fec­tion divine et le Musul­man est appe­lé à aller cher­cher la science même auprès de non musul­mans » et si je par­tage tes cri­tiques sur l’in­to­lé­rance fla­grante de la laï­ci­té, il n’en reste pas moins que cette into­lé­rance ne s’exerce pas tou­jours sans rai­son et je pense pour ma part, que tout indi­vi­du doué de rai­son ne peut que se détour­ner des aspects arrié­rés et super­sti­tieux de sa Religion…au final, c’est ça je crois la laï­ci­té à la française…en tout cas sa condi­tion de faisabilité.

    et donc pour en finir, si toi tu vois de manière posi­tive qu’il y ait autant de voiles en france, je ne par­tage pas ce point de vue parce que je l’i­den­ti­fie effec­ti­ve­ment plu­tôt comme une rémis­sion du point de vue et des idées ratio­na­listes, plus que comme un salu­taire renou­veau spi­ri­tuel, mais sans doute qu’il y a des deux, en tout cas ce phé­no­mène de régres­sion est clai­re­ment iden­ti­fiable du côté de ceux qui montent en exergue ces his­toires de bout de tis­su et de conte­nu d’as­siette et crient à l’is­la­mi­sa­tion de la France…ça ça fait peur !

    mais si tu veux le fond de ma pen­sée, qui n’est pas celle d’un inté­grisme athéiste, je pense qu’ef­fec­ti­ve­ment on peut prendre sur soi et tolé­rer cer­taines choses, à com­men­cer par le bruit des cloches (quitte à subir, je pré­fère le chant du muez­zin), par contre ça me parait inévi­table qu’à par­tir du moment où on se reven­dique d’une reli­gion en particulier…les pro­blèmes commencent…surtout avec les reli­gions mono­théistes du salut…on est for­cé­ment le mécréant de quelqu’un…le supé­rieur de l’autre…donc moi ça m’en­nuie tou­jours ces his­toires de gens qui reven­diquent ceci et celà pour des motifs religieux…et j’é­prouve la même gêne si un père mal­traîte sa fille pour qu’elle se voile et s’il la mal­traîte pour qu’elle ne se voile pas…simplement le pro­blème c’est la mal­trai­tance, mais pour moi la fille en ques­tion elle a le même genre de com­por­te­ment qu’une qui se fait gothique ou catho-jmj…je veux bien trou­ver cela cou­ra­geux, mais de là à encourager…non mer­ci ! Mais libre à cha­cun de se dis­cri­mi­ner comme il veut !

    Réponse
  10. Mehdi

    Salut sitouaillain,

    Les « reven­di­ca­tions sur la nour­ri­ture » ne sont pas du domaine de la reli­gion, je me répète, pour le Musul­man il s’a­git d’un mieux être. De toutes manières la « loi du mar­ché » fait évo­luer les choses et beau­coup de non musul­mans ont com­pris que faire abs­trac­tion de 50 à 60% de la popu­la­tion dans cer­tains quar­tiers est tout sim­ple­ment irrationnel.
    C’est pour­quoi on trouve de plus en plus de japon­nais, de chi­nois, d’in­diens, de Quick qui adopte le Halal.

    Dans un quar­tier juif, il est logique de trou­ver de la viande casher et dans un quar­tier musul­man il est logique d’a­voir des pro­duits halal. C’est du bon sens, faut arrê­ter avec ces his­toires d’at­teinte à la laï­ci­té et à l’identité française.

    Cette iden­ti­té ne repose quand même pas sur des aspects aus­si super­fi­ciels que le conte­nu d’une assiette ?

    S’of­fus­quer de cela c’est tom­ber dans le piège de l’é­pou­van­tail et éga­rer sa réflexion sur les choses puériles.

    L’ob­jec­tif du citoyens devrait être avant tout de mieux vivre au quo­ti­dien, de bâtir une meilleure socié­té, plus éga­li­taire, plus hon­nête et plus juste éco­no­mi­que­ment, socia­le­ment et politiquement.

    Je ne me voile pas la face et je sais que même dans les pays musul­mans les dic­ta­teurs emploient les mêmes ficelles pour divi­ser leurs citoyens/ sujets : hier, les Hutus contre Tut­si au Rwan­da, aujourd’­hui Musul­mans contre Chré­tiens en Syrie, Berom contre Hau­sa et Fula­ni au Nigéria…

    Mais, der­rière cela, de hommes poli­tiques ou des puis­sances qui ins­tru­men­ta­lisent et ali­mentent la haine de l’autre pour mieux contrôler.

    Est ce cette exemple que nous devons suivre ?

    Dire que c’est la majo­ri­té qui doit impo­ser les limites à la mino­ri­té reviens à défendre un modèle dan­ge­reux au résul­tats his­to­riques catastrophiques.

    Quand les mino­ri­tés ne peuvent plus affi­cher pai­si­ble­ment leurs dif­fé­rences, qu’on exige d’eux qu’ils se fondent dans la masse les pro­blèmes ne sont plus loin.

    A suivre cette logique, les indiens au Bré­sil doivent tous por­ter des jeans, ceux d’A­mé­rique devraient avec le temps avoir tota­le­ment aban­don­né leur culture pour ne gar­der comme dif­fé­rence que leur cou­leur de peau. Idem pour les abo­ri­gènes en Australie.

    Je ne peux m’empêcher de pen­ser que c’est une vision sem­blable à la vision colo­niale d’un domi­nant vou­lant impo­ser sa culture, ses Lumières à un domi­né igno­rant. Ce n’est pas le modèle de socié­té que je souhaite.

    Les athées seraient donc être for­cés à ne plus man­ger de porc dans les pays musul­mans, leurs filles devraient por­ter le hijab (voile) dans les écoles ? Qu’est ce que ce modèle ?

    Et c’est le sens du ver­set que j’ai cité qui contrai­re­ment à ce que tu dis n’af­firme pas « vivons cha­cun de notre côté » mais rap­pelle plu­tôt l’im­por­tance de la liber­té de conscience et l’o­bli­ga­tion de res­pect des différences.

    L’is­lam tel qu’il a exis­té poli­ti­que­ment pen­dant 1400 ans dans tous le bas­sin médi­ter­ra­née et en Europe cen­trale. Il a tou­jours res­pec­té les mino­ri­tés en leur recon­nais­sant la liber­té de conscience et le droit de se vêtir et de man­ger différemment.

    Le sys­tème n’é­tait pas par­fait (il faut remettre cela dans le contexte du moyen âge quand même) mais les com­mu­nau­tés vivaient en paix, com­mer­çaient, dia­lo­guaient, s’  »entrap­pre­naient ». Les arabes puis les Turques ont adop­tés les élé­ments cultu­rels ortho­doxes, chré­tiens, juifs, asia­tiques pour créer une culture syn­cré­tique tout à fait originale.

    700 ans de gou­ver­nance musul­man en Espagne, dans les Bal­kans ou au Magh­reb n’ont pas fait dis­pa­raître les cultures juives, catho­liques ou ortho­doxe du pay­sage. Tout sim­ple­ment parce que l’Is­lam gou­ver­nait mais n’a­vait pas volon­té de CHANGER les popu­la­tions, leur mode de vie, leur culture, ni même leur lois.

    Par contre quand les idéo­lo­gies se donnent pour « mis­sion » de chan­ger les popu­la­tions et d’im­po­ser non pas sim­ple­ment leur sys­tème poli­tique (ce qui est légi­time) mais un mode de vie, les opi­nions, des croyances, leur manière de se vêtir ou de man­ger. Alors on tend vers le tota­li­ta­risme. Les com­mu­nistes ont vou­lu impo­ser l’a­théisme, pour le faire, un seul moyen, l’op­pres­sion et par la même la tra­hi­son des prin­cipes huma­nistes de cette doctrine.

    Les reli­gions (catho­lique, juives ou musul­manes) elles aus­si peuvent tom­ber dans ce tra­vers et se tra­hir si les hommes qui mettent en place les lois ne prêtent pas atten­tion au res­pect des mino­ri­tés qui vivent sur le ter­ri­toire et ne dia­loguent pas avec elles pour trou­ver un com­pro­mis accep­table, de manière à fon­der dès le départ un pacte social com­mun, vali­dé par le plus grand nombre et non pas impo­sé par la majo­ri­té. Une fois que la majo­ri­té l’emporte, il est de son devoir, de dia­lo­guer avec l’en­semble des partis.

    La démo­cra­tie est un sys­tème poli­tique. A ne pas confondre avec la laï­ci­té qui est une idéo­lo­gie, son but essen­tiel est me semble t‑il d’im­po­ser un prin­cipe d’u­ni­té qui ras­semble les hommes d’o­pi­nions, reli­gions ou de convic­tions diverses en une même socié­té poli­tique (wiki­pé­dia).

    Les laïcs, ont com­men­cer ces der­nière années à glis­sé vers un dis­cours tra­di­tion­nel­le­ment de droite, en exi­geant des croyants qu’ils laissent de côté leur pra­tiques visibles sous le pré­texte (fal­la­cieux en véri­té) de pro­sé­ly­tisme et de res­pect de la culture fran­çaise (ce qui ne veut rien dire vu que celle ci est en per­pé­tuelle évolution).

    Je crois, qu’ils ont Fini par se tra­hir, un peu comme les socia­listes qui défendent doré­na­vant le prin­cipe de l’é­co­no­mie libé­rale et de la finance spé­cu­la­tive, comme étant incontournables.

    On assiste bien à mon sens à une droi­ti­sa­tion et à une cris­pa­tion iden­ti­taire, non pas des musul­mans mais des citoyens fran­çais. Ceux ci vivent une suc­ces­sion de crises éco­no­miques depuis 30 ans mais, étran­ge­ment, se foca­lisent sur le dan­ger des Musul­mans. Ils en finissent réel­le­ment par se sen­tir « agres­sés », lors­qu’ils croisent une femme avec un voile dans la rue ou qu’il doivent ensei­gner à une fille affu­blée d’un fou­lard. Cela les « révolte ».

    D’ailleurs là est la dif­fé­rence, entre celui qui est en révolte et celui qui cherche la différence.

    L’un réagit, devient hys­té­rique, suf­foque en voyant un voile ou une barbe. Pense que la patrie est en dan­ger. Par­fois, l’hys­té­rique lors­qu’il vient des ban­lieue brûle stu­pi­de­ment la voi­ture de son voi­sin, ou l’é­cole de son petit frère. D’autres plus pas­sifs mais tout autant dan­ge­reux, votent Lepen.

    L’autre celui qui vise la révo­lu­tion, ou le vrai chan­ge­ment en pro­fon­deur, agit en ver­tu d’une stra­té­gie et est capable de faire la dif­fé­rence entre ce qui est du domaine de la manœuvre poli­ti­cienne super­fi­cielle et ce qui est essen­tiel vital.

    Voir des laïcs cen­sés être le fer de lance du pro­grès et des démo­cra­tie de demain dire quelque part, Lepen n’a pas tort sur tout, la visi­bi­li­té des reli­gion doit ces­ser, me navre. Car je pense que les mino­ri­tés ont tou­jours vue dans la laï­ci­té le meilleur rem­part contre l’op­pres­sion. Hen­ri IV a fina­le­ment pro­té­ger le pro­tes­tan­tisme et les Répu­bli­cain de la fin du XIXe ont évi­ter une guerre et créer une nation fran­çaise dépas­sant les cli­vages Fran­çais catholiques/athées.

    Le laï­cisme actuelle est à mon sens LA régres­sion, LA tra­hi­son à l’es­prit de la lois fon­da­trice de 1905.

    Les Musul­mans Fran­çais ont été les pre­miers cho­qués lorsque les hommes poli­tiques de droite comme de gauche se sont enten­du pour chan­ger l’es­prit de cette loi et exclure des gamines des écoles sous pré­texte de pro­sé­ly­tisme (pas une seule fois avé­ré) ou d’é­ga­li­té homme/ femme (on voit d’ailleurs toute la charge condes­cen­dante de cette affir­ma­tion, puis­qu’on ne s’in­té­resse pas aux moti­va­tions du sujet concer­né, on le juge inapte à faire des choix pour son bien, comme un enfant ou un han­di­ca­pé men­tal. Ces adepte de ce laï­cisme radi­cal, juge la femme musul­mane tel­le­ment stu­pide et si arrié­rée qu’elle en vient elle même (« la pauvre »), à s’op­pri­mer volontairement.

    Sans doute, que quand elle aura atteint le niveau de conscience néces­saire, elle fini­ra par remer­cier l’  »homme blanc » de l’a­voir contre son gré libé­ré de sa propre stu­pi­di­té et de lui avoir appor­té la Vérité).

    Par rap­port au fait que la nour­ri­ture soit un grave pro­blème et nuit à « la logique du don contre-don ». Je dois dire que je vais régu­liè­re­ment chez des amis athées, ils savent que je ne mange pas de viande non halal. Ou bien ils en achètent, ou bien ils font du pois­son ou des oeufs.

    Ras­sures toi, eux n’y voit aucune sou­mis­sion, ni aucune atteinte à leur culture. Tout sim­ple­ment parce que dans une situa­tion nor­male, quand on appré­cie l’autre, on ne compte pas les points et on ne se sent pas biai­sé lorsque l’autre ne mange pas de cochon ou ne bois pas de vin quand il est invi­té. A par­tir du moment où tu expliques les rai­sons les gens nor­maux com­prennent et ne se vexent pas.

    Si tu y voit une « non réci­pro­ci­té », alors la situa­tion est vrai­ment grave.

    Au quo­ti­dien, quelles sont les consé­quences de ce laï­cisme qui créer des ten­sions et des divi­sion entre citoyens, col­lègue ami…???

    Allez quelques exemples non pas rap­por­tés mais vécus.

    Par exemple, et je n’in­vente pas, dans les can­tines aujourd’­hui, cer­tains laïcs bien inten­tion­nés, forcent les enfants à man­ger de la viande (pour leur san­té bien sûr).

    Cer­tains vont même,jusqu’à for­cer des enfants de 4 ans à man­ger du porc (expé­rience personnel).

    Mais pour eux c’est nor­mal, les parents de ces petits n’ont rien com­pris et baignent dans l’obs­cu­ran­tisme, alors il faut un peu for­cer les choses. « On est en France après tout ».

    D’ailleurs pour eux, voir de plus en plus d’en­fants ne plus se ser­vir de la viande c’est un phé­no­mène de « régres­sion », un pro­blème GRAVE, PRIORITAIRE.

    Ensei­gnant j’ai été obli­gé de remettre à sa place une col­lègue qui se moquait d’une de ses élèves en disant d’elle qu’elle était « laide » avec son henné.

    Un autre exemple ?

    Ma femme qui étu­diait à la Sor­bonne a vu un jour le prof se lever et lui dire : « Soit c’est vous qui sor­tez, soit c’est moi ! ». Bien enten­du, c’est elle qui est sor­ti, elle por­tait le fou­lard et étu­diait la géo­gra­phie (connais­sance du monde).

    Je ne te raconte pas les fois où elle s’est fait cra­cher des­sus, ni les insultes du genre « retour­nez chez vous ».

    Ce type de laï­ci­té, n’apaise pas, l’u­ni­fie pas, elle est tout sauf neutre. Je ne l’ac­cepte pas. Pour moi, elle mène à l’ex­clu­sion des dif­fé­rences ou au confi­ne­ment du reli­gieux dans les appartements.

    En revanche, une laï­ci­té qui pro­tège les dif­fé­rences pour créer une seule et unique com­mu­nau­té citoyenne au des­sus des dif­fé­rence, je la défendrais.

    Deman­der aux femmes en hijab de l’en­le­ver dans l’en­ceinte de l’en­tre­prise, dire que le voile, qui est pour 99% des savants musul­mans un pré­cepte reli­gieux obli­ga­toire (n’en déplaise au arabes de ser­vice comme F. AMARA) et non un « SIGNE »(fait pour être vu) ou un « SYMBOLE » (qui repré­sente) comme tu dis. C’est là encore adop­ter un point de vue tout à fait externe qui ne prend pas en compte l’a­vis des per­sonnes concer­née. Où est le contrat social dans cela ?

    Tu m’au­rais dit la « main de fat­ma », le petit coran autour du cou, la croix, ou la kip­pa, ou même ma barbe, ok, ce sont des signes, des sym­boles, aucune obli­ga­tion n’est faite d’en por­ter et le croyant peu s’en sépa­rer sans souf­frir contre­ve­nir à ses obli­ga­tions reli­gieuses. Mais le voile, non, aucun musul­man intel­lec­tuel­le­ment hon­nête, franc et connais­sant un tant soit peu sa reli­gion ne te dira que ce n’est pas une obli­ga­tion. Ou alors, il fait par­tie de ces « Musul­mans laïcs » qui ont adop­té un lan­gage média­ti­que­ment accep­table pour gagner leur vie et vendre des livres grâce à leur pas­sage, sur les pla­teaux télé.

    Je sais ton point de vue est celui adop­té par la com­mis­sion Sta­si qui n’a en fait jamais pris en compte la parole des élèves direc­te­ment tou­ché. Là encore, on a fait écou­té à des asso­cia­tion de défense des droits de la femme, à des asso­cia­tion laïc, à des ensei­gnants (les mêmes qui avaient aler­tés les auto­ri­tés)… Mais jamais les cen­taines de gamines qui avaient pour­tant beau­coup à dire pour jus­ti­fier leur choix.

    Il y a là encore même dans la per­cep­tion de la foi et des choix de l’autre un eth­no­cen­trisme dangereux.

    Enfin, la des­sus, je ne crois pas qu’il puisse y avoir de ter­rain d’en­tente entre toi et moi.

    J’en­tends bien tes argu­ments et com­prends tes craintes. Mais un laïc qui refu­se­rait d’embaucher une femme ingé­nieur parce qu’elle porte le voile.

    Qui se sen­ti­rait aga­cé parce qu’il ne peut pas ser­vir de la viande non halal quand il invite un Musul­man ou qu’il mange halal quand lui-même invite par ce Musulman.

    Qui estime que les mino­ri­tés doivent se plier à la culture majo­ri­taire quitte à aban­don­ner leur PRÉCEPTES (je n’ai pas dit signes) reli­gieux, parce que LUI pense que c’est anec­do­tique et que cela relève soit de la « super­sti­tion » soit d’une réac­tion psy­cho­lo­gique ou culturelle.

    Et bien je dirais que ce laïc est tout autant inté­griste que les Musul­mans qu’ils jugent.

    Main­te­nant, recon­nais que les Musul­mans en géné­rale ne cherche jamais à impo­ser leur reli­gion. Tout sim­ple­ment parce que dans notre foi, c’est « Dieu qui guide », a Moham­med, Dieu lui ordonne : « Tu n’es qu’un mes­sa­ger, c’est moi qui guide qui Je veux ».

    Pas de porte à porte chez nous, pas de mis­sion­naire chez nous, pas d’o­bli­ga­tion de croire pour nous, pas de cler­gé, d’in­qui­si­tion, pas d’au­to­ri­té suprême, l’i­mam n’est qu’un musul­man comme les autres, il perd son ima­nat quand la com­mu­nau­té refuse de prier der­rière lui. tu trouves un savant qui fait une inter­pré­ta­tion tu en trouve 3 autres qui font 4 inter­pré­ta­tions différentes…

    Dans notre reli­gion, c’est l’être humain lui-même qui doit cher­cher le sens de sa vie et c’est par lui même qui trouve Dieu.

    Même si cela n’est pas tou­jours appli­qué, le concept est là.

    La laï­ci­té est un concept ima­gi­né par des athée mais c’est un prin­cipe capable de rame­ner d’a­van­tage de jus­tice, un vrai pro­jet moderne.

    Aujourd’­hui je pense que les laïcs, subissent les influences idéo­lo­giques de cer­tains. En vou­lant se faire plus roya­listes que le roi, se mobi­li­sant pour ajou­ter des lois qui ne nous le cachons pas visaient en véri­té la Musul­mane (même si le texte fei­gnait de s’a­dres­ser à toutes les reli­gions), ces hommes ont per­du le cré­dit de la com­mu­nau­té musulmane.

    Ils n’ont pas libé­ré la femme mais ont contri­bué à exclure vio­lem­ment une par­tie d’entres elles atta­chées à leur prin­cipe. Tout d’a­bord en les excluant des écoles, puis de la vie pro­fes­sion­nel, des lieux de loi­sirs comme les pis­cines, bien­tôt de la rue ?

    Bref un beau pro­jet de paix social.

    Mais c’est mon point de vue. Sans doute, pour toi, suis-je aus­si un inté­griste qui refuse de voir l’é­vi­dence et de faire quelques conces­sions sur des choses que tu estimes acces­soires. Je sais que là est la dif­fi­cul­té, nos dif­fé­rences en termes de réfé­rences qui font que nous avons du mal à nous com­prendre mutuellement.

    En atten­dant, moi j’ai un tra­vail, mais des femmes souffrent quo­ti­dien­ne­ment de la situa­tion actuelle. Or, Ni les asso­cia­tions fémi­nistes, ni les laïcs, ne prennent leur défense. Occu­per à crier à la des­truc­tion de l’i­den­ti­té française.

    C’est dom­mage (pour nous sur­tout, pour ma fille qui a 5 ans et qui va devoir vivre cela si elle choi­si le port du voile, car je ne lui impo­se­rait pas, res­pec­tant le prin­cipe énon­cé plus haut.

    Enfin, l’im­por­tant pour moi était de pou­voir dia­lo­guer avec toi et je sais que nous nous enten­drions sur beau­coup d’autres choses.

    Aux citoyens musul­mans de sor­tir de la vic­ti­mi­sa­tion et de se mobi­li­ser d’a­van­tage qu’ac­tuel­le­ment. D’a­bord pour défendre leur droit quand il y a abus mani­feste (très peu de plaintes car beau­coup se disent de toute façon on ne peut rien faire). Mais aus­si, et c’est le sens de mon inter­ven­tion, pour mon­trer aux citoyens atta­ché à la laï­ci­té, que les Musul­mans ne sont pas dan­ge­reux et que leur culture et croyance ne met­tra jamais en dan­ger la démocratie.

    Je dis juste, concen­trons nous sur l’es­sen­tiel, qui n’est pas selon moi, le halal ou le fait que de plus en plus de femmes choi­sissent de por­ter le voile… mais qui est de construire ENSEMBLE une démo­cra­tie plus juste et plus forte.

    La laï­ci­té est avant tout un « outil » pour tendre vers plus de démo­cra­tie, pas une arme pour com­battre les mino­ri­tés ou les dif­fé­rence, pas un outil d’as­si­mi­la­tion for­cée. En outre, la com­mu­nau­té musul­mane déjà pas mal matra­qué par les injus­tices sociale n’a­vait pas besoin de cela. Ne nous trom­pons pas d’adversaire.

    Allez je m’ar­rê­te­rai là dans ce débat étant enten­du que ni toi ni moi, ne bou­ge­rons davan­tage nos ligne (il me semble). Mon idée était de faire entendre sur ce blog, une voix trop sou­vent silencieuse.

    Un article sur le sujet : Peut on tra­vailler avec le voile en France ? http://​oum​ma​.com/​1​2​8​4​5​/​o​n​-​t​r​a​v​a​i​l​l​e​r​-​f​r​a​n​c​e​-​u​n​-​v​o​ile

    Bien à toi.

    Meh­di.

    Réponse
  11. sitouaillain

    Cher Meh­di,

    tu te trompes sur mon compte, et encore une fois je par­tage tout ce que tu dis et j’ai la même vision de la laï­ci­té que toi, et si tu viens chez moi, eh bien j’achèterai du hal­lal, de toute façon, autour de chez moi, c’est pas ça qui manque !

    je ne fai­sais qu’a­dop­ter un point de vue,
    tu m’i­den­ti­fie à des inté­gristes de la laï­ci­té, des néo­co­lo­nia­listes, etc., ta (légi­time) rage a été pro­vo­quée, elle t’a­veugle, et tu as tort,

    j’ai mes propres convic­tions, et c’est encore gênant de n’a­voir pas le droit de les expri­mer sans se faire accu­ser d’eth­no­cen­trisme et puis ensuite tous les ana­thèmes y passe.;)..j’ai le droit de croire que c’est débile de refu­ser la théo­rie de l’é­vo­lu­tion, de croire en l’im­ma­cu­lée concep­tion, etc., etc., bref j’es­time avoir la liber­té de juger en conscience si tel ou tel aspect de telle ou telle reli­gion et telle pra­tique reli­gieuse obli­ga­toire ou inter­dit ou tabou me semble indis­pen­sable, libé­ra­teur, ou autre cri­tères de jugement.…la ques­tion n’est jamais pour moi d’o­bli­ger qui que ce soit, ni même de pen­ser que ceux qui croient à l’im­ma­cu­lée concep­tion sont débiles, d’ar­ra­cher un voile à qui que ce soit…j’ai le droit de croire que tout ceci est his­to­ri­que­ment voué à se trans­for­mer et que seuls quelques inva­riants de la spi­ri­tua­li­té subsistent…et (atten­tion c’est violent) j’ai le droit de croire que s’ar­ro­ger le mono­pole de l’ins­pi­ra­tion divine et de la juste manière d’ho­no­rer « Dieu » est déjà un blasphème,une vanité…mais ça ne fait pas de moi un bouf­feur de curé, ni un croi­sé anti-religions…ce sont les points de fric­tion entre les « nous » et « eux » qui me posent problème…moi dans mon « nous » poten­tiel et pré­sent, le musul­man est un frère !

    le vrai sens de mon inter­ven­tion c’est ça :
    « On assiste bien à mon sens à une droi­ti­sa­tion et à une cris­pa­tion iden­ti­taire … des citoyens fran­çais. Ceux ci vivent une suc­ces­sion de crises éco­no­miques depuis 30 ans mais, étran­ge­ment, se foca­lisent sur le dan­ger des Musul­mans. Ils en finissent réel­le­ment par se sen­tir « agres­sés », lors­qu’ils croisent une femme avec un voile dans la rue ou qu’il doivent ensei­gner à une fille affu­blée d’un fou­lard. Cela les « révolte ». »

    et je t’ex­pri­mais mon point de vue sur le voile pour que tu com­prennes bien à quel point je m’en fiche…et pour­tant nous par­ta­geons la même gêne vis-à-vis de ces cris­pa­tions, des ins­tru­men­ta­li­sa­tions de la laï­ci­té, et que nous avons exac­te­ment le même but,

    je disais sim­ple­ment qu’é­tant don­né le contexte que tu décris si bien, il faut res­ter très pru­dent, et sur­tout ne pas reven­di­quer des droits des mino­ri­tés, mais des droits du citoyen, ce qui veut, dire, à par­tir d’un pro­blème objec­ti­ve­ment subi par les musul­mans, trou­ver un argu­men­taire, des rai­sons et reven­di­ca­tions valables du point de vue des droits et liber­tés du citoyen, quelles que soient ses croyances…sinon ça risque de coincer…tout réside dans une stra­té­gie effi­cace et à mon sens toute reven­di­ca­tion spé­ci­fique aux « musul­mans » ne ferait que jeter de l’huile sur le feu, il est pré­fé­rable de reven­di­quer l’ap­pli­ca­tion des mêmes droits pour tous et de nou­veaux droits valables pour tous, un peu à la manière du Civil Rights mouvement…

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  12. Mehdi

    Salut Sitouaillain,

    Je m’ex­cuse si tu as eu le sen­ti­ment que je te trai­tais d’in­té­griste. Ce n’est pas toi qui étais visé mais une cer­taine posi­tion tenue par des laïcs qui a mon sens glisse et se tra­hissent. J’ai été volon­tai­re­ment pro­vo­ca­teurs pour mon­trer l’ab­sur­di­té de leur posi­tion et j’ai repris tes exemple (loi de proxi­mi­té oblige).

    Ensuite, effec­ti­ve­ment étant moi même tou­ché per­son­nel­le­ment via ma femme et ses amies, je ne peux être que révol­té et scan­da­li­sé quand j’en­tends ce qu’elles vivent au quotidien.

    Le fait que l’on ne soit pas d’ac­cords sur tout n’est pas du tout un pro­blème, l’im­por­tant c’est de se res­pec­ter et d’être capable de par­ler sans tabou.

    Je te remer­cie d’a­voir échan­ger avec moi, tes argu­ments étaient très inté­res­sants et très per­ti­nents. Cela m’a per­mis de prendre du recul et de com­prendre le point de vue oppo­sé, ce qui est néces­saire pour ne pas se perdre dans un dis­cours « islamocentriste » 😉

    Bonne conti­nua­tion à toi et peut-être à une pro­chaine sur un autre sujet.

    Meh­di.

    Réponse
  13. sitouaillain

    mer­ci à toi,
    ici j’in­ter­viens trop et toi pas assez, ta sagesse est pré­cieuse, et qui sait, si c’é­tait toi Le Mehdi… 🙂

    Réponse

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