De la censure et de l’information à destination du peuple – Appel à l’aide de Denis Robert

16/03/2007 | 4 commentaires

Il suf­fit de jeter un œil aux annexes de mes livres ou aux lis­tings authen­ti­fiés par la firme et publiés dans la presse, de comp­ta­bi­li­ser les comptes ouverts dans les qua­rante para­dis fis­caux ali­men­tés par des mil­liers de clients de Clears­tream pour ne pas dou­ter du rôle fon­da­men­tal joué, au moins jus­qu’en 2002, par ce pou­mon finan­cier dans ce qu’on peut appe­ler « l’é­co­no­mie grise ». Doux euphé­misme. Si ces clients peuvent ouvrir au sein de la chambre de com­pen­sa­tion ces comptes (entre 6000 et 7000 selon mes cal­culs et les listes de 2001) dans ces lieux pro­té­gés des regards impor­tuns et faci­li­ter ain­si les trans­ferts de mil­liards d’eu­ros en les ren­dant inac­ces­sibles à tout contrôle, ce n’est pas ali­men­ter une finance paral­lèle, qu’est ce que c’est ?
Je rends publique cette ques­tion. Je ne devrais pas. Aujourd’­hui, poser cette inter­ro­ga­tion légi­time et de bon sens (me) fait prendre un risque judi­ciaire et finan­cier. Là, inter­vient la cen­sure. Ce n’est pas une mais plu­sieurs dizaines de plaintes en dif­fa­ma­tion qui courent encore en ce moment contre moi, mon édi­teur ou la chaîne qui a eu le mal­heur (ou le cou­rage, c’est selon) de dif­fu­ser mes films… J’ai tout gagné jus­qu’à pré­sent (1) sauf ce fou­tu pro­cès VSD et les deux pro­cès contre mon pre­mier livre et mon pre­mier film où j’ai été condam­né deux fois à un euro et où j’ai fait appel. Ceux qui en dou­te­raient peuvent faci­le­ment le véri­fier sur le Net (2). Cette situa­tion marque une régres­sion démo­cra­tique. Un abus de posi­tion domi­nante. C’est un viol sup­plé­men­taire à la liber­té d’in­for­mer et d’é­crire.
À trop lais­ser faire ces faci­li­ta­teurs d’é­va­sion fis­cale, on ne fini­ra pas tous au para­dis mais à l’ANPE. C’est de cela qu’il s’a­git. L’argent gagné par les cham­pions de la Forbes aca­de­my et qui filent, via Clears­tream, vers des ailleurs clé­ments, ne naît pas de rien, n’est pas vir­tuel. L’argent qui fuit est celui des hommes qui tra­vaillent. Pas­sons… Je reçois ces der­niers jours, suite aux remous récents sus­ci­tés par l’af­faire du cor­beau, des appels de jour­na­listes. Tous me racontent le cou­plet ser­vi par le char­gé de la com­mu­ni­ca­tion de la Clears­tream Com­pa­ny. Il passe ses jour­nées à faire la tour­née des rédac­tions et mettre en avant « ma » condam­na­tion (elle fini­ra en légion d’hon­neur…). Il pré­vient que je ne suis « pas fiable », que je suis « seul et de plus en plus iso­lé », que j’ai « per­du tous mes pro­cès », que je suis « qué­man­deur d’un accord »… Il envoie com­plai­sam­ment par fax les pages du der­nier juge­ment. Ces jour­na­listes à qui j’ai par­lé rendent compte qu’un « cor­don de sécu­ri­té » serait ten­du autour de mon tra­vail. Ce n’est pas une décou­verte. Je sens le souffre et la sueur alter­mon­dia­liste. Denis Robert est exces­sif. C’est un gau­chiste, un poète. Un Jules Verne de la finance. Il a pété les plombs. Je les ennuie, je le com­prends. Il pré­fè­re­raient que je n’existe pas. Je les com­prends moins.
Je suis utile les gars… Et résis­tant. J’in­forme le monde de ce qu’on veut cacher. C’est l’es­sence même de mon tra­vail. Je n’ai aucune autre moti­va­tion. Plus vous m’en­ver­rez d’huis­siers. Moins je serais gen­til. C’est une règle phi­lo­so­phique. Je sais que vous me deman­dez de cour­ber l’é­chine. Déso­lé, c’est non. Je sais ce que j’ai fait, écrit, vu. Je connais mon dos­sier. Et tout le monde peut se trom­per. À com­men­cer par vous ou par les magis­trats de la 17ième chambre du TGI de Paris qui ont eu à juger du dos­sier VSD…
Les huis­siers qui débarquent ce matin et la publi­ca­tion immi­nente dans la presse du juge­ment pour­ront être inter­pré­tées de deux manières. Ceux qui ne connaissent rien à ces affaires vont pen­ser à une défaite me concer­nant. Les autres auront com­pris que c’est le signe d’un éner­ve­ment mani­feste de la part de la mul­ti­na­tio­nale Clears­tream qui aime­rait étouf­fer les véri­tés que nous avons publiées. Les gom­mer. Les pul­vé­ri­ser à coups d’actes d’huis­siers. La cen­sure, par la peur des pro­cès, joue à fond.
J’ai une petite idée sur les rai­sons de cette rapa­ci­té sou­daine de la part de Clears­tream Ban­king à mon égard. Elle tient aux démarches que nous avons entre­prises auprès des can­di­dats à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle pour mettre en cause le rôle de Clears­tream dans les éva­sions de capi­taux (3). Une lettre ouverte vient en effet d’être envoyée à cha­cun d’entre eux. Elle tient encore plus à la sor­tie simul­ta­née cette semaine de deux livres écrits par les prin­ci­paux pro­ta­go­nistes de l’af­faire des lis­tings tra­fi­qués.
Si le pre­mier, celui de l’in­for­ma­ti­cien Imad Lahoud (un cou­pable idéal, Pri­vé) s’en prend trop pru­dem­ment à Clears­tream et accu­mule tel­le­ment de men­songes et de contre-véri­tés qu’il a per­du une grande part de cré­di­bi­li­té, le second co-écrit par Jean Louis Ger­go­rin, ex numé­ro deux d’Eads, (Rapa­ci­tés, Fayard) est acca­blant pour la firme. Ger­go­rin raconte com­ment il a décou­vert cet « ins­tru­ment extra­or­di­naire de la finance inter­na­tio­nale aux capa­ci­tés pour le moins inquié­tantes ». Il cite un ancien direc­teur du Tré­sor qui explique « Clears­tream faci­lite la réin­té­gra­tion dans le sys­tème finan­cier de fonds dont il vaut mieux ne pas connaître l’o­ri­gine ». Il déve­loppe, avec pré­ci­sion, les moyens uti­li­sés pour fabri­quer cette opa­ci­té et la vendre à ses clients.

Deve­nu par sa fonc­tion de res­pon­sable de la stra­té­gie d’Eads un abon­né aux ser­vices Inter­net et Intra­net de Clears­tream, il peut mon­trer com­ment ouvrir des comptes dit « addi­tion­nels » qui servent de « véhi­cules finan­ciers » aux tran­sac­tions dou­teuses. « Aux véhi­cules finan­ciers imma­tri­cu­lés —les comptes prin­ci­paux— peuvent se voir atte­lées des remorques sans plaque d’i­den­ti­fi­ca­tion visible, puisque les comptes addi­tion­nels ne sont pas for­cé­ment publiés ». Il ajoute que les ayant droit éco­no­miques de ces comptes ne sont pas connus de Clears­tream, que ces der­niers peuvent être « des par­ti­cu­liers ». Et trans­fé­rer à leur guise et en toute dis­cré­tion « des liqui­di­tés ». Ce qu’a tou­jours et d’une manière for­ce­née nié la mul­ti­na­tio­nale. Ger­go­rin décrit pour­quoi ces tran­sac­tions paral­lèles ne laissent pas de traces dans la comp­ta­bi­li­té. Il dénombre 11296 comptes addi­tion­nels (non publiés) : « Ce n’est pas une mince affaire… Après 5 mois d’a­na­lyse, j’ai acquis la convic­tion qu’il existe chez Clears­tream jus­qu’en 2001 et pro­ba­ble­ment jus­qu’en 2004, une caté­go­rie extra­or­di­naire de comptes qu’on pour­rait appe­ler les comptes morts-vivants »
Onze mille deux cent quatre vingt seize comptes de cette nature…
Toute l’ex­pli­ca­tion de Ger­go­rin, et c’est sûre­ment le fait le plus remar­quable, repose sur des textes récu­pé­rés léga­le­ment de l’in­té­rieur de la firme qu’il publie en annexes. Dif­fi­cile d’en nier l’exis­tence.
C’est la pre­mière fois depuis six années que l’af­faire est sor­tie qu’un tra­vail de réflexion et d’en­quête est réa­li­sé dans la conti­nui­té du nôtre. Ce n’est pas un jour­na­liste qui le fait (encore qu’il se soit adjoint la col­la­bo­ra­tion de Sophie Coi­gnard). C’est un poly­tech­ni­cien, un ven­deur d’armes et d’Air­bus. Un haut fonc­tion­naire qui petit-déjeune avec Kis­sin­ger, déjeune avec Domi­nique de Vil­le­pin et dîne avec tous les ban­quiers de la pla­nète.
J’i­gnore qui a mani­pu­lé qui dans l’af­faire de cor­beau, même si le tableau se fait plus pré­cis ces der­niers temps, mais je ne vois pas l’in­té­rêt pour Jean Louis Ger­go­rin, du fait de ses cas­se­roles média­tiques, de sa mise en exa­men et des risques encou­rus, de com­mettre pareil livre aujourd’­hui. C’est le signe d’une sin­cé­ri­té. D’un retour à l’hu­main. Ger­go­rin, après s’en être bien ser­vi, se rend compte de la vora­ci­té du sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal. De sa dérive orga­nique… Ce qui peut paraître para­doxal compte tenu de tout ce qu’on a écrit sur lui. C’est trop facile de le ren­voyer à son hypo­thé­tique folie comme le font les mau­vais jour­na­listes ou les témoins peu fiables comme Imad Lahoud. Ceux qui ne réflé­chissent pas plus loin que le bout de leur nez ou sont ins­tru­men­ta­li­sés pour fabri­quer des écrans de fumée.
Rele­vons ce para­doxe : plus une affaire est média­ti­sée, moins le public est infor­mé. Aujourd’­hui que la pres­sion judi­ciaire est tem­po­rai­re­ment retom­bée et que ces livres sortent, on pour­rait plus faci­le­ment trou­ver la clé et dire les rôles joués par les uns et les autres. Y com­pris reve­nir sur le fonc­tion­ne­ment dan­ge­reux pour l’é­qui­libre éco­no­mique mon­dial de la chambre de com­pen­sa­tion luxem­bour­geoise. Mais tout le monde semble s’en moquer. Trop sul­fu­reux, dit-on. Trop com­pli­qué, répète-t-on. La cam­pagne élec­to­rale anni­hile toutes vel­léi­tés d’in­for­ma­tion. Nous sommes entrés insi­dieu­se­ment dans l’ère de la cen­sure éco­no­mique. On se prive d’in­for­ma­tions de peur de plier sous les frais de pro­cé­dures. Il faut être très riche, très fou ou très résis­tant pour tenir.
Le par­ti socia­liste devrait pour­tant se sai­sir de cette affaire et de ces nou­velles révé­la­tions. Bay­rou aus­si. Et pour­quoi pas Sar­ko­zy ? Sur­tout s’ils n’ont rien à se repro­cher. On trouve de tout dans l’af­faire à tiroirs Clears­tream. Elle met en exergue plu­sieurs fléaux : la res­tric­tion de la liber­té d’é­crire et d’in­for­mer, les com­bines de la droite au pou­voir et l’ab­sence de contrôle sur les outils finan­ciers trans­na­tio­naux. Jamais les para­dis fis­caux ne se sont si bien por­tés. Jamais les jour­na­listes n’ont été aus­si impuis­sants. Jamais les juteuses rétro­com­mis­sions des fré­gates de Tai­wan qui vont coû­ter une for­tune aux contri­buables ne se sont si bien cachées… Le peuple, puisque Ségo­lène Royal s’y réfère aujourd’­hui… « Je n’ai de compte à rendre qu’au peuple » dit-elle, après que Sar­ko­zy ne cite Jau­rès et son atta­che­ment au « monde ouvrier »… Le peuple donc… est pas­sion­né par ces affaires. Au moins autant que par les révé­la­tions sur des bidouillages d’im­pôts ou des appar­te­ments sous-payés… Le peuple a envie qu’on l’in­forme et qu’on le défende sur le ter­rain de l’hy­per-finance. Je le connais le peuple, c’est mon copain. Il a hor­reur qu’on se moque de lui et qu’on parle en son nom. Sur­tout qu’il dor­mait tran­quille­ment depuis si long­temps. Le peuple a de la mémoire, une capa­ci­té d’en­cais­se­ment limi­tée. Et une sorte de colère qui dort et qu’il ne fau­drait pas trop cher­cher à réveiller. »
DR
(1) Clears­tream a per­du ses pro­cès suite à ces plaintes contres des inter­views à France 2 (Tout le monde en parle), au Nou­vel Obser­va­teur, au Point et contre mon livre la boîte noire (publié en octobre 2002). Dans un juge­ment concer­nant ce livre du 1er octobre 2003, le tri­bu­nal relève que mes ouvrages ont le mérite de révé­ler un aspect de la finance mon­diale et des risques que fai­sait encou­rir l’ab­sence de régu­la­tion et de contrôle des chambres de com­pen­sa­tion, que si l’au­teur n’a pas appor­té la preuve irré­fu­table de l’ac­cu­sa­tion diri­gée contre Clears­tream, il a été admis par nombre de spé­cia­listes, magis­trats, finan­ciers, jour­na­listes spé­cia­li­sés, qu’il a appor­té des élé­ments indis­cu­tables démon­trant des irré­gu­la­ri­tés qui, reliées les unes aux autres, rendent pos­sible les soup­çons de mani­pu­la­tions infor­ma­tiques et par consé­quent comp­tables diri­gées contre Clears­tream, que la légi­ti­mi­té du fruit de ses inves­ti­ga­tions est donc cer­taine… »
(2) tapez arenes​.fr ou ladominationdumonde/blogspot.com
(3) http://​lesou​tien​.blog​spot​.com

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Étienne

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4 Commentaires

  1. A-J Holbecq

    Trois jours après qu’É­tienne ait écrit ce billet, aucun com­men­taire. Je dirais que nous sommes tous sans voix devant le silence assour­dis­sant des par­tis et des can­di­dats sur ce sujet de la « haute finance » , mais n’est ce pas la consé­quence du dés­in­té­rêt des euror­péens en géné­ral pour tout ce qui a trait jus­te­ment à cette finance et au sys­tème ban­caire pour le moins opaque.

    Denis Robert fait par­tie, comme José et d’autres, des citoyens qui sont écra­sés par le sys­tème à la solde du grand capital…

    Ami­tiés

    AJH

    Réponse
  2. Étienne

    Bon­jour André-Jacques,

    C’est calme en ce moment, et ça tombe bien pour moi car je n’ai pas le temps de m’oc­cu­per des par­ties blog et forum du site : j’é­cris des articles de consti­tu­tion pour la par­tie wiki, et une pré­sen­ta­tion de dia­pos pour la confé­rence de Ber­lin d’a­près-demain ; je lis aus­si « La ferme des ani­maux » d’Or­well qui est un petit livre for­mi­dable, ain­si que « les 10 plus gros men­songes sur l’é­co­no­mie » (édi­tions Dangles) qui est un petit bijou pour com­prendre le rôle de la mon­naie dans notre vie et les incroyables sabor­dages de nos gou­ver­nants en la matière, livre dont j’ex­trais (page 31) cette lettre emblé­ma­tique que voi­ci (écrite en 1863 et qui vaut son pesant de révolution) :

    « Mes­sieurs,

    Un cer­tain John Sher­man nous a écrit d’une ville de l’Ohio aux États-Unis concer­nant les béné­fices qui peuvent être réa­li­sés par des manœuvres de la Banque natio­nale grâce à un récent décret de votre Congrès. Une copie de ce décret accom­pagne la lettre de Mr John Sher­man. Appa­rem­ment, ce décret a été pro­mul­gué selon le plan for­mu­lé par l’association bri­tan­nique des ban­quiers et recom­man­dé par cette asso­cia­tion à nos amis amé­ri­cains en disant que si ce plan pre­nait force de loi, il en décou­le­rait de grands pro­fits pour la fra­ter­ni­té des ban­quiers dans le monde entier.

    Mr Sher­man déclare qu’il n’y a jamais eu autant de chance pour les capi­ta­listes d’accumuler de la mon­naie que par cette loi. Elle donne presque tout le pou­voir à la Banque natio­nale sur les finances de la nation.

    Il dit que les quelques per­sonnes qui com­prennent ce sys­tème, ou bien, seront si inté­res­sées à ses pro­fits, ou bien, dépen­dront tel­le­ment de ses faveurs, qu’il n’y aura pas d’opposition de la part de cette classe ; alors que la grande masse du peuple, intel­lec­tuel­le­ment inca­pable de com­prendre les for­mi­dables avan­tages que tire le capi­tal du sys­tème, por­te­ra son far­deau sans plainte et peut-être sans ima­gi­ner que le sys­tème est contraire à ses intérêts.

    Vos ser­vi­teurs dévoués.
    Roth­schild Frères. »

    Pas de com­men­taires (pour le moment).

    Réponse
  3. michaël

    Étienne,

    c’est d’une grande dis­tance que je découvre ce nou­veau texte, poi­gnant, de Denis Robert. Force est de consta­ter que quelle que soit la qua­li­té de son tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion et de mise en forme, les dés de la pro­mo­tion et de la dif­fu­sion sont pipés. Denis Robert dérange, il sera étouf­fé par tous les moyens dont dis­posent les puissants.

    Le cas n’est pas unique, même si l’é­chelle à laquelle se déroule ce nième com­bat entre les David-citoyens et les Goliath-entre­pre­neurs est sans com­mune mesure avec d’autres affaires que j’ai à l’esprit.

    Issue du voca­bu­laire des com­mer­ciaux de l’in­for­ma­tique de papa (ceux d’IBM), la stra­té­gie FUD -fear uncer­tain­ty and doubt- consti­tue l’un des outils favo­ris des joueurs les mieux pla­cés pour conso­li­der leur posi­tion domi­nante jus­qu’à atteindre le nir­va­na du mono­pole. AT&T, IBM, Micro­soft, Google, Intel ‑pour ne par­ler que des grandes entre­prises du sec­teur des tech­no­lo­gies numé­riques- l’ont manié avec le suc­cès que l’on sait. Ces moguls de l’in­dus­trie hard & soft ont détruit ou volé les plus petits qu’eux, vio­lé toutes les lois, et forment le fleu­ron de ce que les poli­tiques et les médias nous dési­gnent comme des exemples à suivre parce qu’ils créent de la richesse.

    Désa­bu­sé, après presque vingt ans de jour­na­lisme ? Oui, et je n’y revien­drai pas. Mais pas pes­si­miste. Si je reste convain­cu qu’il est indis­pen­sable que soient publiés des tra­vaux comme ceux de Denis Robert, je ne crois plus qu’ils aident à chan­ger quoi que ce soit au fonc­tion­ne­ment de notre socié­té mon­dia­li­sée, même s’ils contri­buent à éveiller quelques consciences.

    Désor­mais, une seule voie me paraît oppor­tune : au lieu de s’é­pui­ser à lut­ter contre cette socié­té inhu­maine où la crois­sance finan­cière prime sur le bien-être bio­lo­gique, mieux vaut construire ex nihi­lo les frag­ments d’une socié­té nou­velle, huma­niste et mon­diale, cha­cun à la mesure de ses moyens. Uto­pie ? Votre blog, consti­tue une mani­fes­ta­tion éclai­rante de cette capa­ci­té indi­vi­duelle à construire plu­tôt que subir. Dans un domaine que je connais mieux, le mou­ve­ment du libre a démon­tré, en dépit de la guerre ouverte menée par les géants indus­triels du sec­teur, que renon­cer à exploi­ter en exclu­si­vi­té ses droits de pro­prié­té intel­lec­tuelle (sur les logi­ciels, le savoir, etc.) était plus pro­fi­table et effi­cace pour tous que toute autre forme de pro­duc­tion immatérielle.

    Le mou­ve­ment du libre peut et doit s’é­tendre au-delà de son ber­ceau jus­qu’à refon­der la poli­tique en poli­tique libre. Mer­ci à vous, Denis, Étienne, d’exis­ter. Plus nom­breux seront les indi­vi­dus à agir en conscience comme vous le faites, plus les len­de­mains chanteront !

    michaël

    ps : ce texte est, évi­dem­ment, libre.

    Réponse
  4. A-J Holbecq

    Bon­jour
    J’a­voue que je ne sais pas trop « où » pos­ter ce qui suit … Étienne tu peux le sup­pri­mer si tu veux 🙂

    Ami­tiés

    AJ H

    Voi­ci un extrait de ce qui concerne le can­di­dat Rachid Nekkaz :
    Source et suite : http://​blog​.nek​kaz​.com/​2​0​0​7​/​0​3​/​1​8​/​j​e​-​v​o​u​s​-​d​o​i​s​-​u​n​e​-​e​x​p​l​i​c​a​t​i​on/

    « Je vous dois une explication

    Chère amie, cher ami,

    C’est avec beau­coup de tris­tesse et de décep­tion que je dois vous annon­cer mon retrait de cette cam­pagne pré­si­den­tielle à défaut d’avoir réuni ce ven­dre­di 16 mars à 18h les 500 néces­saires signa­tures défi­ni­tives de Maires. Je n’ai obte­nu que 467 par­rai­nages (13 envoyées par les Maires au Conseil consti­tu­tion­nel + 454 reçues au QG de cam­pagne). Aucun Maire de ban­lieue n’a vou­lu me par­rai­ner. C’est un échec.

    Pour­tant depuis le 10 novembre der­nier, cela n’était pas un pro­blème dans la mesure où nous avions réus­si à obte­nir 521 enga­ge­ments signés et tam­pon­nés de Maires ruraux (aucun de ban­lieue). Et c’est sur la base de ces 521 enga­ge­ments fermes que nous avons déci­dé avec mon épouse de vendre notre mai­son en ban­lieue et de mettre aux enchères notre appar­te­ment-QG de cam­pagne de façon à déga­ger les moyens finan­ciers d’une vraie campagne.

    70 maires n’ont pas vali­dé au final leur enga­ge­ment. Pour­quoi ? Que s’est il donc pas­sé entre-temps ?

    Le 18 juin 2006, j’ai été vic­time d’un cam­brio­lage dans mon QG de cam­pagne à Paris. Seul mon PC por­table a été déro­bé avec à l’intérieur la liste des 238 pre­miers maires-signa­taires. J’ai aus­si­tôt dépo­sé une plainte à la police judi­ciaire qui a retrou­vé une vidéo per­met­tant de déter­mi­ner les per­sonnes ayant emprun­té la rue au moment du vol.

    Je n’ai pas fait une exploi­ta­tion média­tique de ce vol pour ne pas com­pro­mettre ma recherche de parrainages.

    En date du 23 novembre 2006, un jour après mon mee­ting à Paris annon­çant l’obtention des 500 enga­ge­ments de Maires, cette plainte a été clas­sée sans suite. Je n’ai jamais eu de nou­velles de cette his­toire. Pour­quoi ? Je l’ignore.

    Qui sont les 70 maires qui n’ont pas confir­mé leur enga­ge­ment ? Etran­ge­ment, ces 70 Maires font tous par­tie de la liste des 238 maires qui figu­rait sur le PC por­table qui a été volé le 18 juin 2006.

    J’ai appris par exemple que le Maire de Lisors (27) qui m’avait signé deux enga­ge­ments a déci­dé de par­rai­ner ces der­niers jours Nico­las Sar­ko­zy (article du jour­nal L’impartial en date du 8 mars). Je suis allé ren­con­trer le maire en ques­tion et je lui ai deman­dé pour­quoi il ne m’avait pas pré­ve­nu, et pour­quoi il avait déci­dé de par­rai­ner un homme qui a déjà 4000 signa­tures ? Il m’a répon­du : “parce que vous n’alliez pas deve­nir pré­sident” : sans com­men­taire. (Voir à ce pro­pos le repor­tage sur M6 ce dimanche 18 mars à 16h30).

    J’ai appris aus­si qu’une tren­taine de maires qui m’avaient signé des enga­ge­ments avant la date du vol de PC por­table, ont vu leur sou­tien à ma can­di­da­ture sou­dai­ne­ment ren­du public ces 10 der­niers jours dans la presse locale (Cour­rier picard, L’Union, La Voix du Nord etc..) sans même que ni eux ni moi nous ayons com­mu­ni­qué quoi que ce soit à la presse.

    En somme, le vol dont j’ai fait l’objet le 18 juin 2006 était un vol poli­tique et non un vol crapuleux.

    Ce ven­dre­di 16 mars sur I‑Télé à 10h40, j’ai accu­sé publi­que­ment l’UMP d’avoir orches­tré par­tiel­le­ment ces manoeuvres. Et j’envisage de dépo­ser un recours auprès du Conseil consti­tu­tion­nel (lire la déci­sion hon­teuse du Conseil consti­tu­tion­nel le 22 mars).

    Source et suite : http://​blog​.nek​kaz​.com/​2​0​0​7​/​0​3​/​1​8​/​j​e​-​v​o​u​s​-​d​o​i​s​-​u​n​e​-​e​x​p​l​i​c​a​t​i​on/

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