Nous devrions reprendre l’initiative et ÉLIRE DES NON CANDIDATS

8/03/2007 | 2 commentaires

Le Monde du 6 mars 2007 résume les abus de pou­voir pro­gram­més sans ver­gogne par les trois soi-disant « grands » can­di­dats :
« Le trai­té de Sar­ko­zy face au réfé­ren­dum de Royal »
https://​www​.lemonde​.fr/​s​o​c​i​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​0​7​/​0​3​/​0​6​/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​-​e​u​r​o​p​e​e​n​n​e​-​l​e​-​t​r​a​i​t​e​-​d​e​-​s​a​r​k​o​z​y​-​f​a​c​e​-​a​u​-​r​e​f​e​r​e​n​d​u​m​-​d​e​-​r​o​y​a​l​_​8​7​9​5​0​3​_​3​2​2​4​.​h​tml

« (…) Ce n’est qu’a­près un accord sur ces poli­tiques qu’elle [Ségo­lène Royal] pour­rait ima­gi­ner, dit-elle, de faire rati­fier, par un nou­veau réfé­ren­dum avant ou lors des élec­tions euro­péennes de juin 2009 un trai­té repre­nant les dis­po­si­tions ins­ti­tu­tion­nelles de celui qui a été reje­té par les Fran­çais en 2005. « Je suis prête à consul­ter de nou­veau les Fran­çais, mais je demande qu’entre-temps l’Eu­rope fasse ses preuves sur les poli­tiques com­munes et sur le social », a‑t-elle réaf­fir­mé dans Le Monde du 6 mars.

Cette posi­tion sus­cite de fortes réserves à Ber­lin, où le gou­ver­ne­ment d’An­ge­la Mer­kel, qui allie la droite chré­tienne démo­crate aux sociaux ‑démo­crates, tente de trou­ver une issue au blo­cage de l’U­nion. La crainte est forte outre-Rhin de voir la can­di­date socia­liste s’en­fer­mer, pour des rai­sons internes au par­ti socia­liste, dans une posi­tion d’af­fron­te­ment dont les diri­geants ne voient pas l’is­sue. L’o­bli­ga­tion qu’elle s’est don­née d’or­ga­ni­ser un nou­veau réfé­ren­dum sur tout nou­veau trai­té est ouver­te­ment cri­ti­quée par ses propres amis du par­ti social-démo­crate. « Un second échec serait une catas­trophe pour l’U­nion », s’é­ver­tue à expli­quer l’eu­ro­dé­pu­té Jo Lei­nen, pré­sident de la com­mis­sion ins­ti­tu­tion­nelle du Par­le­ment euro­péen, ral­lié à l’i­dée d’un pro­ces­sus par étapes après s’être bat­tu pour gar­der le trai­té au plus prêt du pro­jet ini­tial de Constitution.

Fran­çois Bay­rou s’é­tant lui-même pro­non­cé pour un réfé­ren­dum sur un nou­veau texte qu’il veut ambi­tieux, sans vrai­ment en pré­ci­ser les contours, les dis­cus­sions se sont du coup nouées autour de la pro­po­si­tion de « mini-trai­té » ins­ti­tu­tion­nel lan­cée en sep­tembre der­nier, à Bruxelles, par Nico­las Sar­ko­zy.

Cette pro­po­si­tion, qui a déclen­ché dans un pre­mier temps une levée de bou­cliers dans les pays qui ont déjà rati­fié le trai­té actuel, a fait son che­min. Elle a le mérite, pour ces der­niers, de pré­voir une rati­fi­ca­tion par le seul par­le­ment et de pou­voir aller vite sur la réforme des ins­ti­tu­tions avant de relan­cer une nou­velle grande négo­cia­tion sur le conte­nu poli­tique de l’Europe. (…) »

Mon com­men­taire :

On n’im­pose pas une Consti­tu­tion par Trai­té, et encore moins sans consul­ter direc­te­ment le peuple.

Un « trai­té consti­tu­tion­nel » est un abus de pou­voir, une pro­fonde atteinte à la démo­cra­tie.
Les loca­taires de la sou­ve­rai­ne­té en dis­posent comme s’ils en étaient propriétaires.

Ce n’est évi­dem­ment pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les limites de leur propre pouvoir.

Si on élit ces gens-là, on sait où on va, et on aura ensuite ce qu’on mérite.
Si on est assez bête pour dési­gner ceux qui nous annoncent qu’ils vont nous vio­ler, tant pis pour nous.

Mais les autres can­di­dats sans par­ti, de gauche ou de droite, ne valent guère mieux (José Bové, Nico­las Dupont-Aignan, etc.) s’ils nous imposent une Assem­blée Consti­tuante élue, car ses membres pro­vien­dront alors fata­le­ment des par­tis et ces hommes-là, comme ils l’ont tou­jours fait, parce que c’est dans leur inté­rêt per­son­nel, pro­gram­me­ront fata­le­ment notre impuis­sance.

…

Et si on éli­sait des NON CANDIDATS ? 

Pour­quoi nous lais­sons-nous impo­ser les can­di­dats des partis ?

Pour­quoi ne pou­vons-nous pas dési­gner libre­ment le ou les citoyens que nous jugeons valeu­reux ?
Puis, par­mi ces mil­liers d’é­lus non can­di­dats, on choi­si­rait par plu­sieurs tours suc­ces­sifs (5 ou 6 ?)
ou bien on tire­rait au sort par­mi ceux qui ont été les plus appe­lés (et qui ont accepté).

Dans les deux cas, on aurait alors à la fois l’é­lec­tion et l’é­man­ci­pa­tion des partis

On aurait enfin un vrai filtre hon­nête de com­pé­tence fabri­qué direc­te­ment et exclu­si­ve­ment par nous tous et non pas réduit mal­hon­nê­te­ment par ce deuxième filtre qu’est l’au­to­pro­cla­ma­tion de com­pé­tence de la part de tous les can­di­dats des par­tis qui, pour l’ins­tant, s’im­posent aux choix.

Pour­quoi est-ce que ce sont les élus qui nous imposent le mode d’é­lec­tion et de sélec­tion des candidats ?

Qui est légi­time pour faire cet immense choix de société ?

Les élus eux-mêmes ou les citoyens ?

Nous devrions reprendre l’i­ni­tia­tive du choix des can­di­dats, comme nous devrions reprendre l’i­ni­tia­tive du choix des ques­tions impor­tantes aux­quelles nous sou­hai­tons répondre.

Éta­blis­sons une véri­table ini­tia­tive popu­laire, libé­rée des idéo­lo­gies partisanes.

Tout ça passe par les institutions.

Le seul moyen de nous éman­ci­per vrai­ment est d’é­crire nous-mêmes notre Consti­tu­tion. On n’en sor­ti­ra pas sans une Consti­tu­tion d’o­ri­gine Citoyenne.

Si vous connais­sez des pays ou des époques où les hommes ont ins­ti­tué de telles élec­tions sans can­di­dats, faites-nous pas­ser l’in­for­ma­tion : avan­tages, incon­vé­nients, moda­li­tés, pièges à évi­ter, etc. Mer­ci :o)

Ami­ca­le­ment.

Étienne.

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Étienne

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2 Commentaires

  1. Laurent_K

    Le seul paral­lèle qui me vienne à l’es­prit est la Répu­blique des Escar­tons —que j’ai décou­vert très récem­ment et connais encore peu— qui avait pris son indé­pen­dance (par­tielle) par rap­port aux sei­gneurs féo­daux en se pre­nant par la main et où les Consuls étaient dési­gnés par­fois à leur corps défen­dant. Mais le peu que j’ai lu sur le sujet (ici) me fait sus­pec­ter une réa­li­té moins rose que ne le décrit l’article.

    En effet, on ne peut pas prendre le pou­voir et encore moins l’ap­pli­quer sans s’or­ga­ni­ser en groupe(s). On retombe alors dans la même logique de lutte et d’ap­pro­pria­tion du pou­voir que tu reproches —avec jus­tesse— aux par­tis actuels. Ça me paraît irréa­liste de vou­loir s’en affran­chir tota­le­ment. Sur­tout, il y a urgence à secouer le coco­tier euro­péen et il faut faire avec l’existant.

    Ton idée d’as­sem­blée consti­tuante élue, même impar­faite, me paraît avoir plus de chances d’aboutir.

    Réponse
  2. jean26

    Tout ceci me fait pen­ser qu’il y a désor­mais URGENCE à agir avant les élec­tions pré­si­den­tielles et pour les législatives.
    Un seul repré­sen­tant, cou­ra­geux et réel­le­ment démo­crate se pré­sente ; il s’a­git d’Y­van Bachaud.
    Questions :
    Pour­quoi ne pas orga­ni­ser une cam­pagne d’in­for­ma­tion sys­té­ma­tique des fran­çais avec notam­ment un matra­quage média­tique (sur inter­net – sur les médias – affi­chage – ren­contre auprès des étu­diants etc…)

    Lors de mes dépla­ce­ments, je ne vois que des affiches de Le pen et je me dis ; « alors que fait-on ?, on se bouge… »

    De même les étu­diants sont inté­res­sants et inté­res­sés, il faut aller à leur ren­contre (ce que j’es­saie de faire lorsque j’ai du temps libre)

    Il faut éga­le­ment inves­tir de force les pseu­do-radios citoyennes en ten­tant d’in­ter­ve­nir sur les ondes dans les fameux « débats citoyens »

    Alors, éta­blir une nou­velle consti­tu­tion, c’est bien, mais il y a avant tout urgence à agir et notam­ment à infor­mer dans le sens de la démo­cra­tie directe et sur­tout des risques énormes que nous font cou­rir les voleurs de pou­voirs de droite comme de gauche.

    Réflé­chir mais aus­si agir…

    Réponse

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