Voici ce que j’avais prévu de dire mercredi soir, 7 février, à Aubagne, au cours du premier meeting de José Bové (je n’ai pas tout dit : 3 minutes max, c’est une terrible tenaille).
Souvenez-vous : pour des dizaines de milliers de citoyens, la campagne référendaire de 2005 fut un révélateur de notre impuissance politique, en Europe comme en France :
• ni contrôle de nos élus, qui substituent sans frein leur volonté propre à la volonté générale,
• ni pouvoir d’initiative, pour nous autres citoyens, même sur les sujets que nous considérons massivement comme importants.
Pourtant, nous pourrions gagner la plupart de nos luttes sociales avec le référendum d’initiative citoyenne (ou populaire), RIC ou RIP, — version moderne, pour une population devenue nombreuse, de l’isègoria, droit antique essentiel, droit pour tous les citoyens de prendre la parole à l’assemblée, à tout moment et à tout propos : 1 % posent les questions qui leur semblent importantes et 50 % (ou plus) décident éventuellement que la question est effectivement importante, et imposent la volonté populaire avec une légitimité incontestable (directe). Ce droit existe en Suisse, entre autres, et les Suisses s’en félicitent.
Avec le RIC, donc, nous pourrions nous opposer efficacement et définitivement aux privatisations, au CNE, aux OGM en plein champ, à notre intoxication par les fabricants de produits chimiques, aux transferts de souveraineté sans contrôle populaire vers l’Union européenne, nous pourrions imposer les scrutins proportionnel et préférentiel, le respect du vote blanc, nous pourrions imposer que la création monétaire soit retirée aux banques privées pour être rendue à l’État, décider d’un revenu maximum, etc.
POURQUOI cette impuissance ? Parce qu’elle est programmée quelque part. Où ça ? Dans la Constitution. Et qui écrit la Constitution (jusqu’à présent) ? Les élus, les ministres, les juges, les hommes de partis… Or, tous ces gens ont un intérêt personnel à ce que nous soyons impuissants politiquement : il ne faut donc pas s’étonner que nous n’ayons aucun moyen de résister aux abus de pouvoirs ; ce qui compte, ce n’est pas qui vote la Constitution, ce qui est essentiel, c’est qui écrit la Constitution.
Et ma thèse est celle-ci : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles de leur propre pouvoir. Ce n’est pas aux parlementaires ni aux ministres d’écrire ou modifier la Constitution car ils sont juges et parties et que leur intérêt personnel est contraire à l’intérêt général.
Et il ne sert à rien d’incriminer les élus, il faut nous en prendre à nous-mêmes car c’est bien nous qui sommes négligents et qui les laissons faire, en nous désintéressant de cet outil essentiel : c’est parce qu’on leur abandonne l’écriture de la Constitution que l’on est privé du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au profit d’un incroyable droit des élus à disposer des peuples.
C’est à nous d’exiger que soient rigoureusement séparés le pouvoir constituant des pouvoirs constitués (séparation des pouvoirs plus importante, finalement, que l’autre séparation des pouvoirs qu’on doit aussi respecter, ensuite, entre les pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire et (bientôt) les médias).
COMMENT séparer ces pouvoirs ? Avec une Assemblée Constituante, mais attention pas une Assemblée Constituante élue, sinon les partis vont nous imposer leurs candidats via les commissions d’investiture et ce sont de nouveau des hommes de partis, des hommes de pouvoir, qui vont écrire les règles du pouvoir et des contrôles factices. Non, la seule Assemblée Constituante qui vaille doit être tirée au sort, parmi les citoyens volontaires : tout vaut mieux, pour nous tous, que des auteurs qui écrivent des règles pour eux-mêmes.
Et QUI donc va déclencher ce processus constituant honnête, avec une Assemblée Constituante tirée au sort ? Un candidat de parti ? Un homme de parti ? Jamais de la vie : si on attend ça, on va attendre longtemps. Seul un candidat hors parti peut nous offrir cette libération.
Et c’est là que la candidature de José est historique, très originale, incroyablement porteuse d’espoir : José est un homme libre, il n’a de comptes à rendre à personne et s’il a compris l’importance de cet enjeu, son rôle historique, et s’il est honnête et courageux, ce que je crois, il est le seul crédible aujourd’hui et il peut convaincre des millions de personnes, bien au-delà des seuls militants.
Pensez à ces 70 % de citoyens qui ne font plus confiance à aucun parti, ni de gauche ni de droite : c’est un homme sans parti qu’il leur faut, un homme qui leur dise : « je ne veux pas être votre chef, je veux être votre porte-parole, je veux vous rendre la parole et vous laisser décider vous-même de ce que vous considérez comme important. Ne me demandez pas quel est mon programme, habitués que vous êtes à ce que des élus décident à votre place ; je vous propose une évolution démocratique : mon programme est de vous laisser écrire le programme, librement, intelligemment, au fur et à mesure, projet par projet, sans nous figer dans une ligne de parti, sans nous emprisonner dans le carcan d’une discipline de parti, sans nous enfermer dans des clans hostiles par principe. Je protègerai des valeurs, mais vous déciderez vous-même de votre sort, au fur et à mesure. Je vous laisserai reprendre le contrôle réel de vos médias, de votre monnaie, de vos représentants, de vos institutions, de votre politique. »
Aujourd’hui, s’il arrive à déjouer les manipulations des partisans, fussent-ils « dissidents », qui ne manqueront pas de s’approcher de lui, et s’il reste bien à l’écoute des sans partis, José Bové semble bien capable de nous sortir de ce que j’appelle la préhistoire de la démocratie.
PS : je trouve très troublante l’observation qu’aucun syndicat ne réclame le RIC, alors qu’ils devraient évidemment tous marteler cette revendication décisive tous les jours ! C’est consternant, je ne comprends pas : ces gens qui prétendent faire le métier de nous défendre ne réclament pas fortement l’arme suprême, l’arme absolue, le RIC, qui nous permettrait de vaincre à tout propos.
De la part des partis de droite, je le comprends, c’est cohérent : les riches dominent les pauvres et les institutions sont un verrou parfait, OK.
Mais de la part des partis de gauche (y compris les partis d’extrême gauche !) et même des syndicats, je trouve cette impasse consternante. Si vous avez une explication, ce serait intéressant de nous la faire connaître.

Bonjour, Je termine la lecture de ce texte et je tiens à préciser que le Comité National pour la reconquête de la démocratie propose depuis longtemps une assemblée constituante souveraine. Nous avons, pour un grand nombre d’entre nous décidé de soutenir une candidature de maire, décidée par des maires de petites communes en la personne de G. Schivardi. Une de ses proposition est la mise en place d’une constituante souveraine.
Mais il est difficile pour nous de nous faire entendre. Laurence
Bonjour Laurence,
merci pour cette info : auriez-vous un lien précis qui nous permettrait de retrouver facilement le détail des propositions de Gérard Schivardi (dont j’ai signalé depuis quelques semaines le site en tête de ma page ‘Liens’) en matière de processus constituant ?
Notamment, l’assemblée constituante que vous souhaitez est-elle élue ou tirée au sort ?
Car c’est bien LE point central où les citoyens se font « avoir » par les hommes de partis : une assemblée élue sera composée des candidats que les partis nous auront imposés et on aura donc, encore et toujours, immanquablement, une assemblée de personnes à la fois juges et parties écrivant elles-mêmes les limites de leur propre pouvoir, ce qui confinera les citoyens, encore et toujours, dans une impuissance politique totale ; impuissance qui n’a, pour moi, plus rien d’incompréhensible : la cause de nos malheurs commence à être claire — et pas très compliquée, finalement.
Qu’en pensez-vous ?
Amicalement.
Étienne.
Bonjour à tous
Cela fait un moment que je suis venu sur votre blog, Étienne, et le texte sur le RIC est d’une importance capitale. Je viens de m’engager à titre personnel dans la campagne pour José Bové et je crois qu’il va falloir insister énormément sur la problématique du manque de démocratie de nos sociétés. J’ai personnellement étudié la constitution helvétique que je préférerai de beaucoup au TCE ( si j’avais à choisir), d’abord elle est beaucoup plus simple et surtout plus démocratique, grâce notamment au RIP (votation). Ils ont obtenu un moratoire de 5 ans sur les OGM. Bien sûr je critique l’aspect paradis fiscal, je ne suis pas inconditionnel de ce pays.
Montrer le lien entre mondialisation financière, reculs démocratiques, sociaux et environnementaux me paraît la chose la plus importante de cette campagne.
Allez, je vais rendre visite aux maires pour le parrainage.
Cordialement.
André.
Bonjour,
Je suis bien d’accord avec l’accent à mettre sur les liens entre « mondialisation financière, reculs démocratiques, sociaux et environnementaux » que vous voulez souligner pendant cette campagne, André, comme je partage également le choix de José Bové comme le plus convaincant actuellement, relativement à cela, et au fait qu’il est un homme en dehors des partis, comme l’a très justement souligné Étienne.
Concernant le TCE, il me semble bien que la cible des critiques sur ce forum ne se limitera pas aux intentions de Sarkozy : j’ai malheureusement trouvé dans l’avant goût du programme du PS rapporté dans Libération, si cela est fiable, deux lignes qui soulèvent mon indignation, et je pense que les 55 % des Français qui ont voté NON au traité sont susceptibles de se sentir insultés :
« EUROPE
– Nouveau référendum en France en 2009 sur la Constitution rejetée en 2005.
– Ajouter un « volet social » à la Constitution, « dont il reste à discuter le statut ».
Très cordialement.
Bonjour à tous
Je crois effectivement que, sur le thème du TCE, Bayrou, Royal et Sarkozy veulent nous le refourguer d’une façon ou d’une autre. Il faut être vigilant là-dessus.
Je ferai remarquer que les trois candidats du OUI ne veulent pas tenir compte du vote du 29 mai, et je ne vois pas pourquoi il y aurait un autre referendum sur le même traité ou un traité auquel on aurait ajouté une simple déclaration d’intention non engageante comme le fameux droit de pétition !!
Donc, il convient d’interpeller les trois candidats sur ces thèmes pour que les choses soient claires au niveau du public (en plus des propositions à faire connaître).
L’aspect recul de la démocratie est trop souvent mis en second plan dans les campagnes, alors que c’est devenu le plus important.
Il faut expliquer au public que les reculs démocratiques proviennent certes de notre constitution, de son régime présidentiel et du manque de pouvoir participatif des citoyens, mais également des directives européennes basées sur le dogme libéral.
Est-il normal que, à compter du 1/07/2007, EDF ne pourra plus pratiquer de tarifs régulés qui permettent une égalité de tous quelle que soit la région ? Il convient d’ailleurs de remarquer que les tarifs sur le marché libre sont supérieurs au tarif régulé.
Je ferais remarquer également que, selon les experts de l’OCDE, la gratuité ne doit plus exister dans l’enseignement, la formation étant un capital qui doit être acheté, même Gilles de Robien a émis des réserves !
Le monopole de la sécurité sociale n’est pas compatible avec la concurrence libre et non faussée prônée par la commission de Bruxelles. L’Europe est par ailleurs membre très active de l’OMC dont l’objectif est la privatisation de toutes les activités (sauf l’armée, la police et la justice).
En dehors des conséquences sociales (voir coût de la santé aux USA), il est scandaleux que les citoyens d’un pays ne puissent décider du domaine laissé aux services publics.
J’ai lu les commentaires de Mélanie et je suis désolé d’être en désaccord, car tout le monde sait que ces organismes (OMC, OCDE, commission de Bruxelles) pratiquent la collusion avec les fonds spéculatifs, les patrons du CAC 40, les gros actionnaires.
Ces institutions ont un pouvoir dérogatoire du pouvoir des citoyens et on ne peut lutter pour la démocratie si l’on n’a pas conscience de cela, et alors se pose la question du positionnement par rapport au néolibéralisme que les peuples subissent depuis THATCHER et REAGAN.
La neutralité n’est pas possible dans ce domaine si l’on veut créer une France et une Europe plus démocratique !
Cordialement
André
Par acquit de conscience, je précise ce que j’avais mis en évidence dans mon message précédent et qui m’a indignée, concernant l’avant-goût du projet socialiste tel qu’il était présenté sur Libération et donc je copie colle ici ce qui figure exactement sur la question de la constitution européenne du site Désirs d’Avenir
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=dossier&id=870&dossier=13
« Redonner un nouveau souffle à l’Europe :
(…)
« 91- Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace. »
Ce n’est pas exactement ce qui figurait sur Libération :
« Nouveau référendum en France en 2009 sur la Constitution rejetée en 2005. »
j‑jour,
Merci pour la précision.
Je rappelle que l’expression « traité constitutionnel » est, en soi, un aveu de trahison : on n’écrit pas les constitutions par voie de traité, sans les peuples concernés. Le problème n’est pas juridique, mais politique, et les juristes qui prétendent cet acte légitime sont complices d’une félonie : ce n’est pas aux ministres d’écrire ou réviser la Constitution, en aucun cas.
En se comportant ainsi, nos représentants abusent de leur pouvoir, usurpent leur mandat et se comportent comme des locataires qui vendraient la maison louée…
Les ministres ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire ; il ne leur appartient pas d’en disposer librement, sans nous consulter directement.
Je vois dans ce coup de force de nos propres élus, qui s’affranchissent ainsi eux-mêmes de tout contrôle citoyen, une juste cause d’insurrection.
Avant d’avoir tout perdu.
bonjour Etienne,
ou en êtes vous ?
vous avez raison d’écrire que l’on n’écrit pas une constitution par voie de traité.
Le TCE n’était pas une constitution au sens juridique du terme.
A propos des R.I.P. , pouvez vous donner des liens traitant de ce sujet ( j’ai peu de temps pour re-parcourir votre site )
qui peut être à l’initiative d’un RIP ?
quelle procédure ?
Si un thème est règlé à la suite d’un RIP , pour combien de temps est il règlé ? autrement dit peut ‑on remettre en cause le résultat du RIP et dans quel délai ?
bien cordialement
philippe
Pour le RIC, voir le forum :
Les citoyens devraient pouvoir déclencher eux-mêmes des référendums décisionnels
Attention : ne surtout pas rater le site d’Yvan Bachaud.
:o)
Étienne.
J’avais trouvé le débat pour le non au TCE intéressant, justement parce qu’il se faisait sur le fond des choses, l’opposition capital/travail, en dehors des engagements politiques des uns et des autres. Etienne, tu me déçois, je croyais que tu pouvais être cet homme « libre », ce lien antilibéral qui tisserait des liens entre tous ceux qui souhaitaient sortir des partis-pris du 20ème siècle. En choisissant José Bové pour son « indépendance » et en te faisant son soutien, tu vas à l’envers de tout ce que tu souhaites : établir des règles réellement contrôlables par le peuple, qui évitent la personnalisation dont on connaît toutes les dérives. Toi qui condamnes les « adhérents », ceux par exemple qui pensent que les élus sont comptables de leurs actes devant leurs camarades en même temps que devant leurs électeurs, tu sembles donc maintenant avoir choisi le parti « boviste » qui devrait être à rejeter à priori selon ton postulat émis plus haut.
Quand tu dis : « Seul un candidat hors parti peut nous offrir cette libération. » Pour ma part, je me méfie fortement des hommes providentiels incontrôlés, l’histoire est pleine de ceux-là qui, incontrôlés au départ, finissent par tout museler dans une dictature.
En 1973, j’ai choisi, librement, un parti pour construire la société sans capitalisme que j’espérais. 34 ans après, je ne me considère nullement comme figé. Je n’en suis pas plus prisonnier que le paysan de la charrue avec laquelle il cultive son champ, ou que toi sous ton parapente, que je trouve vu de loin plutôt en position figée dans le bleu du ciel.
Le fait que certains partis politiques majoritaires au pouvoir aient déçu suffit-il à condamner définitivement le principe même du parti politique comme complément utile à la démocratie directe à laquelle tu aspires ? Participer à un pouvoir qui déçoit suffit-il pour être définitivement condamnée comme l’a été Marie-George Buffet, malgré tout ce qu’elle a apporté de positif dans le champ libre qui lui était attribué ? N’est-ce pas une forme de racisme politique, que de participer au rejet d’une personne uniquement parce qu’elle appartient à un parti politique ?
Reproches aux partis, mais respect des militants.
Cher J‑PMO, je peux comprendre ta déception ; les déceptions se multiplient de toute part, ces temps-ci. Mais les débats nous font progresser, tous, et on peut être déçu un jour et nuancer ou changer de cap un peu plus tard, grâce aux progrès de part et d’autre que les débats et la bonne volonté ont rendus possibles.
Depuis deux ans, j’ai découvert le monde des militants, dont j’ignorais à peu près tout. Je les trouve souvent, à gauche comme à droite, valeureux, courageux, engagés, réfléchis, dévoués. Et quand je dénonce les partis comme des machines à opposer, des poisons pour la concorde, j’en veux à un système, à une organisation, pas aux militants, dont les aspirations sont évidemment respectables (il faut nuancer ce point pour ce qui concerne les chefs).
Il nous faut un homme (ou une femme, évidemment) pour porter la réforme que j’espère (écrire nous-mêmes notre Constitution, pour reprendre le contrôle de nos représentants), mais un candidat sans programme (ce qui n’est, malheureusement, pas le cas de José Bové) puisque, précisément, l’aspiration populaire est de participer enfin, au jour le jour, aux décisions qui font le programme : si le programme est imposé à l’avance, on sait, par définition, qu’on n’aura pas voix au chapitre une fois les élections passées. L’élection porte dans son génome la domination des partis (des groupes plus forts que les individus pour gagner les campagnes électorales), et les partis portent dans leur génome la muselière politique des individus isolés et l’affrontement éternel avec les autres partis.
On est loin de l’idée géniale de la démocratie qui consiste à donner à chaque homme libre un droit à la parole inaliénable, — l’isègoria—, sur un lieu où le débat public est imposé à tous comme une hygiène politique avant de prendre toute décision collective, pour que la vérité puisse toujours émerger, un jour ou l’autre, et pour que les minorités aient toujours le droit de se défendre honnêtement avant de céder à la majorité, jamais définitive, jamais figée, jamais bloquée.
On peut comprendre que les citoyens libres, qui ne veulent pas suivre une « ligne », qui veulent rester libres de penser dossier par dossier et pas idéologie par idéologie, sans avoir à souffrir le carcan intellectuel d’une discipline de parti, on comprend que ces citoyens-là se méfient des partis au dernier degré.
Mais on peut se méfier des partis et pourtant souhaiter fraterniser avec leurs militants. Est-ce que tu peux admettre cela ? Est-ce qu’il est possible que les militants des partis détruisent leurs partis pour fabriquer un nouveau mode d’exercice du pouvoir et de réflexion collective où les hommes-individus restent parfaitement libres de désapprouver radicalement telle ou telle idée importante ?
Il n’y avait pas de partis à Athènes et c’est ça qui permettait l’isègoria : la voix de chaque homme individu pouvait être entendue par tous, à tout moment et à tout propos. Et sans cacophonie parce que, de fait, les citoyens écoutaient beaucoup plus qu’il ne parlaient : c’est le droit de prendre la parole publiquement en cas de danger, et pas le fait de parler, qui constituait le mécanisme protecteur majeur de la démocratie athénienne.
Marie-George Buffet, toute vertueuse et dévouée qu’elle soit (et je n’oublie pas qu’elle a été capable de donner un peu de son rare temps de parole à ceux qui n’en avaient pas du tout, ce qui montre une honnêteté remarquable), MGB représente un parti et fait l’objet, presque mécaniquement, de la méfiance des 70% de citoyens qui ont compris que les partis sont programmés pour ne pouvoir être que des voleurs de parole, des voleurs de pouvoir, des muselières politiques pour ceux qui ne sont pas dans leurs rangs. À ce titre, elle n’obtiendra probablement que les voix de ses militants, à peu près, alors qu’il est question de rassembler les voix des électeurs, ce qui n’a rien à voir.
Aucun racisme, donc, mais vraiment marre de se faire avoir par des appareils qui vivent à nos crochets en mentant comme ils respirent : TOUS les partis politiques ont promis depuis des décennies le référendum d’initiative populaire, réforme cardinale pour nous tous qui permettrait enfin de contrer fortement et puissamment la contre-révolution ultralibérale, et AUCUN de ceux qui ont eu le pouvoir ne nous l’ont donné quand ils pouvaient le faire, pas même le PC. Donc, sur l’essentiel, les politiciens de métier nous mentent. Ce n’est pas une interprétation ou une invention, c’est un fait.
Amicalement.
Étienne.
Juste pour signaler que Ségolène Royal semble aller dans le sens que vous souhaitez avec votre proposition de référendum d’initiative citoyenne (RIC).
Le rapport Bel (du nom du sénateur qui a remis des propositions à Ségolène Royal en matière institutionnelle) préconise un seuil de « déclenchement » compris entre 1 million et un dixième des électeurs inscrits (soit environ 4,5 millions de signatures).
Evidemment, cela ne règle pas toutes les questions institutionnelles. Pour une analyse critique des propositions de Ségolène Royal sur les institutions et sur le rapport Bel qui les a inspirées, je me permets de renvoyer à mon billet publié sur le site de la C6R-Paris.
Je me méfie autant des uns que des autres, mais au moins un parti affiche la couleur sur une somme de points communs , qui font un « point de vue » initial , partagé ou pas, pour de nouvelles réflexions…Et il n’a jamais été dit que « la pensée unique » était le mode de pensée dans un parti…Mais enfin, « le camp du NON » a su dire un mot pour s’opposer au parti des oui-ouistes !
Le « sans parti » qui prétend fraterniser avec « les militants », il les prend pour des cons et il ne se rend même pas compte de l’impudeur de sa position prétendue « libre » en face de ses interlocuteurs sous entendus « non libres » :
Or il y a une énorme supercherie à se proclamer « en dehors de toute appartenance », et l’histoire fourmille de ce genre d’hypocrisie :
Se référer exclusivement à « Athènes » relève d’une étroitesse « originale » (prestigieuse…) tout aussi préjudiciable à l’intelligence de notre époque, que de se référer à l’Union Soviétique ou au Monomotapa
GG
Mettre le seuil de déclenchement du RIC à 10% c’est une façon masquée, hypocrite, de le rendre impossible.
En Italie, en Suisse, le seuil est de 1 ou 2 % et ça fonctionne sans problème : ce sont de vrais RIC, honnêtes.
Le coup du seuil inaccessible me rappelle celui de l’humiliant droit de pétition du TCE, dépourvu de la moindre force contraignante et pourtant étiqueté sans vergogne « référendum d’initiative populaire » par les partisans du Oui (dont SR si je me souviens bien).
Je désespère de voir un élu ou un candidat consentir honnêtement à rendre une partie significative de son pouvoir aux citoyens qui en sont pourtant la source fondamentale. Les faits me donnent raison. Mais j’espère qu’ils finiront par me donner tort.
Amicalement.
Étienne.
José Bové, que tu décris comme un homme libre et sans parti (il a cela en commun avec beaucoup de gens) ne pourra jamais convaincre des millions de personnes. C’est un homme violent, irresponsable, destructeur presque suicidaire. L’as-tu entendu, ce matin, sur RTL ? Il disait que s’il n’arrivait pas à réunir ses 500 signatures, « on verrait ce qu’on verrait ». Il ne respecte rien ni personne et sutout pas la liberté d’autrui de lui donner ou non son soutien. Il ne respecte pas les gens et la démocratie. Comment pourrait-il se poser en modèle ou en meneur pour défendre une démocratie en Europe ou ailleurs ? L’homme Bové se comporte comme un voyou qui cogne quand on ne lui donne pas ce qu’il veut. Tu le défends ? Je le vomis comme des millions de gens
Philippe,
Il me semble que pour maudire Bové, tu es obligé d’en faire une caricature, et ça a l’air de marcher (tu as l’air très en colère). Mais c’est simplement une fiction (je crois) ; il ne suffit pas d’insulter les gens pour les discréditer.
Par contre, il est possible que José ne voie pas l’importance du tirage au sort de l’assemblée constituante (ça, à mes yeux, c’est vraiment l’essentiel), et dans ce cas, s’il organise une assemblée constituante élue, même à la proportionnelle, il nous aura abandonnés à nouveau aux partis et nous aurons à nouveau des institutions antidémocratiques dans lesquelles nous n’aurons toujours PAS LE MOINDRE moyen de résister aux abus de pouvoir entre deux élections.
Dans ce cas (j’espère qu’il ne le fera pas), José s’avèrerait un candidat « comme les autres », ne souhaitant pas vraiment émanciper les citoyens de leurs élus…
Mais j’espère qu’il saura changer d’avis (il est le seul à pouvoir le faire, parmi les candidats qui ont une chance, je crois).
De mon côté, je me sens plus libre que jamais :o) Je compare les projets constituants des différents candidats de partis et c’est intéressant de repérer leurs fines et grosses ficelles pour brider les apparentes concessions faites au peuple sous la pression de la campagne électorale.
La dernière ficelle en date est le soi-disant « référendum d’initiative populaire » promis par le PS (voir plus haut).
Amicalement.
Étienne.
Votre fixation saute aux yeux de ceux qui s’intéressent à votre démarche initiale qui semblait emprunte de plus d’ouverture d’esprit.
Une idée fixe (les élus sont la cause de tous nos maux… retour aux thèmes chers à nos pires réactionnaires de 1927…) vous dispense de la perception des enjeux immenses, immédiats et réels, c’est bien, ça permet de donner des leçons aux autres, depuis son cocon « au-dessus des conflits de classe, au-dessus d’une planète qui n’attendra pas notre « retour à Athènes »…
Il y a une certaine lâcheté à se cantonner dans cette posture « ni droite ni gauche », simplement affirmant que « la réalité » est mon obsession : rendre au peuple… Quoi ?
Un « pouvoir » qu’il n’a JAMAIS EU !
Ce que conquiert le peuple, il le fait en affrontant la réalité, celle des injustices de classe, celle du pillage de la planète par les « déjà gavés », celle de ceux qui gèrent leur « modeste patrimoine » sans se rendre compte que ce sacré « droit de propriété » n’a rien à voir avec le respect d’eux-mêmes, au contraire :
on aura beau changer les constitutions, l’égoïsme nous séparera en « moutons » et en loups : la « partition » de l’humanité est une loi de cette espèce « animale » exceptionnellement douée pour s’auto-détruire… (voir le « rassemblement constructeur des antilibéraux ») :
cette polarisation est automatique, comme celle du fer doux : cet aimant aura toujours deux pôles opposés, et on pourra le couper autant de fois qu’on voudra, la polarisation se renouvelera.
… Reste à « positiver » avec cette « réalité » : il y a des partis opposés qui se respectent et qui peuvent produire du consensus : ce fut le cas à la Libération avec le Conseil National de la Résistance, qui ne demandait à personne de saborder ses opinions.
Les partis existeront et se reproduiront toujours selon des clivages nés dans la réalité sociale, et une constitution ne change pas cette réalité, elle permet un « modus vivendi ».
Étienne, en vous relisant, je trouve confirmation de ce que je voulais vous « prouver »… (oui, c’est prétentieux, rien n’étant jamais définitivement prouvé) :
L’exemple de l’Italie (ne nous étendons pas sur le cas bien intéressant, mais « singulier », de la Suisse, ex-Monomotapa… et pourquoi pas MONTECARLO, pendant que nous n’y sommes pas ?) :
Qu’est-ce qui se produit de vraiment « heureux » sur le plan de l’émancipation citoyenne en Italie ?
Pour moi ce beau pays de rêve qui peine à se sortir de son mussolimisme latent et à s’extraire du champ de surveillance de « l’oeil du vatican », c’est le contre-exemple, question « constitution » !
Ou alors, « enfin libérés » grâce au miracle du « droit au RIC », ces Italiens sont trop « demeurés » pour exiger un référendum sur l’Europe, comme les communistes l’ont obtenu en France ? (oui, regardez bien QUI, quel « horrible parti » a fait signer par plus de 200 000 « sympathiques et disciplinés abrutis de militants », la pétition remise à Chirac par MGB dès le début 2004, réclamant un référendum sur le TCE ! un peu d’Histoire, ça donne de l’aliment à la maigre philosophie de michel Onfray ! qui en a besoin ces temps-ci !)
L’Italie ne nous donne pas envie d’avoir le RIC à l’initiative de 1% de citoyens, Elle nous donne l’envie d’un mouvement populaire d’une force suffisante pour imposer la justice sociale qui est l’urgence du moment !
Cher Alain,
C’est triste de vous voir venir « vous venger » de ce que vous semblez vivre comme un lâchage… Ce sont les banquiers qui doivent se frotter les mains de voir ainsi les manants et les gueux s’entre-déchirer.
Je sens bien que vous ne pourrez jamais admettre qu’on en veuille à votre parti sans vous en vouloir à vous-même (c’est pourtant exactement le cas : je crains les partis mais je respecte les militants, que je trouve, à gauche et à droite, souvent conscients, courageux, responsables et dévoués) : vous semblez vous identifier à votre parti et c’est bien ça qui gêne la concorde, à mon avis : comme vous l’illustrez dans vos derniers messages, les partis sont programmés pour lutter contre tous ceux qui leur sont extérieurs. C’est pour ça que je dis que les partis nous empêchent de fraterniser : ils sont entre nous, un peu de la même façon que les entreprises ont une personnalité et des intérêts propres, indépendants de ceux de leurs acteurs.
C’est une liberté importante de pouvoir dire cela sans être jeté en prison (condamné) par le parti (on l’a déjà vu, ce n’est pas une crainte théorique), justement (profitons de cette liberté pendant que ça dure encore).
Certes, la tendance à se regrouper, à former des associations et des partis, est profondément humaine, personne ne dit le contraire et il n’est nullement question de l’interdire, évidemment.
Il est seulement question, et c’est essentiel, — mais est-ce qu’un militant de parti peut le comprendre ? — de ne pas abandonner les institution et les pouvoirs aux partis, et même, au contraire, d’utiliser les institutions pour protéger les individus faibles contre les partis forts, en préservant leurs chances de participer à la vie de la cité en tant qu’hommes libres plutôt qu’en tant que rouages
servilesdisciplinés d’appareils hiérarchisés.À propos de l’Italie, les Italiens viennent de s’accorder à eux-mêmes, par RIC à plus de 90 %, le droit pour chaque électeur de modifier l’ordre des candidats sur les listes électorales (c’est-à-dire d’arrêter de se faire imposer les têtes de listes par les appareils partisans). À propos du TCE, je ne sais pas quelles sont les limites que la constitution italienne impose au RIC, — il y en a sûrement, faites confiance aux partisans qui ont écrit la constitution italienne ;o) —, mais ces limites permettent peut-être d’expliquer que les Italiens n’aient pas pu utiliser le RIC pour imposer un référendum sur le TCE. C’est peut-être aussi l’absence de débat public qui, pour les mêmes raisons politico médiatiques qu’en France, explique l’indifférence générale (en dehors des militants, plus adultes et plus conscients que les autres) sur un sujet pourtant important et urgent.
Les Suisses viennent de décider un moratoire sur les OGM pour 5 ans. Nous pourrions, quant à nous, interdire et annuler les différentes privatisations et le CNE, ou imposer le contrôle public de la création monétaire (par exemple). N’importe qui (de bonne foi) peut comprendre ce que les citoyens libres peuvent espérer avec une arme politique comme le RIC.
Je vous remercie donc d’avoir confirmé ici, à travers votre opinion personnelle, ce que je dis depuis longtemps : suivant la « ligne » de votre parti (la vraie, pas celle qui est affichée et qui nous balade en nous promettant le RIC depuis 10 ans), vous êtes hostile au référendum d’initiative populaire déclenché par 1% des inscrits (vous venez de l’écrire).
C’est peut-être emblématique du fossé entre les militants et les électeurs : plus de 80 % des électeurs souhaitent naturellement le RIC et vous, vous vous en méfiez et vous le refusez. Est-ce donc étonnant que vous ne convainquiez finalement que peu d’électeurs ?
Je vous dis donc que votre position me confirme dans cette analyse que votre parti, comme les autres, a un intérêt personnel à notre impuissance politique : vous avez besoin, pour exister, que nous ayons besoin de vous. C’est un effet pervers de la militance, qu’on retrouve aussi parfois dans les syndicats. Vous n’en êtes sûrement pas responsable, vous Alain, mais de notre côté, nous ne sommes pas obligés de rester dans les filets de vos appareils.
Amicalement.
Étienne.
bonjour,
Internet vient de révéler le discours de Nicole BORVO COHEN-SEAT, Sénatrice de Paris (Ile-de-France) PCF, à la soirée du CRIFF du 13 février : c’est terrifiant d’inconscience…
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=43051
http://www.senat.fr/senfic/borvo_cohen_seat_nicole95011x.html
Non, je ne suis pas contre le RIC à 1%, je suis contre la croyance en sa seule vertu, contre l’illusion qui permet de remettre à plus tard des combats nécessaires contre des forces superpuissantes et organisées selon le pouvoir « naturel » du capital, contre un monde du travail (pour faire court et c’est vrai très « général ») inorganisé, c’est-à-dire quasi désarmé.
Bien sûr, avec le RIC à 1%, on pourra courir d’une façon très « populaire » après des « lois meilleures », mais rien ne nous donnera la possibilité de faire exécuter « la loi » dans un esprit correspondant à « la volonté générale » (terme dont je me méfie, mais qu’il faut bien utiliser ensemble).
C’est « le parti du fric », officiel ou non, évident ou occulte, qui fera exécuter à sa manière « l’esprit des lois » par « son personnel d’exécution » (tout salarié soumis au chantage à l’emploi, fut-il cadre supérieur, devient personnel d’exécution de « la politique de l’entreprise, car « la loi », aussi belle fut-elle, s’arrête au seuil de l’entreprise, ou, pour le cadre « responsable », au flic que la direction participative par objectifs lui aura posté dans « la conscience professionnelle »).
D’accord pour tout le travail entrepris pour imaginer cette Constitution nécessaire, pas d’accord pour croire qu’elle serait « suffisante » :
Entre autres éléments nécessaires, il y aura des combats sociaux et politiques, où les syndicats et partis, confrontés aux « organisations patronales les plus puissantes » (je ne parle pas des PME, etc.) seront aussi nécessaires, en complémentarité avec, je vous l’accorde et je le souhaite ardemment, bien d’autres formes nouvelles d’interventions citoyennes qui heureusement n’émergent pas pour se croire « suffisantes » ni « remplaçantes » des organisations historiques du monde du travail.
Le PCF est bien comme les autres (formes, organisations, citoyens etc. antilibéraux), confronté au MEDEEF et à des partis politiques néoconservateurs !
Bien amicalement, et non asujetti à « la pensée d’un parti » bien que membre actif…
Cher Etienne,
Le RIC me semble être la mère de tous les dangers. Les programmes politiques de SEGO SARKO sont basés sur des sondages d’opinion. On promet tout, surtout ce que l’on veut entendre est-ce vraiment de la politique ? Le RIC ? Se souvient-on des referenda du IIème Empire qui ont porté Napoléon III au pouvoir. La démocratie pour se développer a besoin d’un cadre le Parlement, et de structures, les partis politiques. Les militants des partis que vous semblez mépriser, ne sont pas moins citoyens que les autres.
oui, allez‑y, au moins vous connaîtrez la position du PCF, exprimée depuis 1967 sur la question des « colonies » et la nécessité pour tous de respecter les résolutions de l’ONU !
Bellaciao est un bon site, merci Vladimir !
(tout le fil des discussions est édifiant, mais en ce qui concerne la position rappelée au CRIF par N.Borvo, désolé, je ne suis pas « terrifié » !)
À Alain de Nantes :
Je poste depuis des années des pages sur Bellaciao ; ce site refuse de publier, entre autres, le texte suivant :
La véritable traduction du discours du président iranien
La Rumeur du Siècle, « Rayer Israël de la Carte »
3 février 2007
http://www.geostrategie.com/cogit_content/analyses/LaRumeurduSicleRayerIsrald.shtml
essayons encore d’entrer en dialogue avec bellaciao, car votre information mérite d’être versée au débat, afin de combattre « l’industrie du mensonge » développée par Bush and Co
bien amicalement
Etienne,
Quelle rapidité dans les réponses, quels développements ! Quelle passion ! Comment arrives-tu à concilier ta vie familiale, professionnelle, tes loisirs physiques et les rapports humains directs militants, amicaux, associatifs ?
J’ai beaucoup d’intérêt pour ce que tu élabores et surtout pour ton aspiration à une véritable démocratie mais j’ai l’impression que ta vision est justement théorique, refermée sur l’individu roi et non être social. À propos d’inconscience, idée —que je ne partage pas— évoquée par Vladimir pour N Borvo, j’ai l’impression que ta vision, trop souvent fixée sur des a priori, a besoin d’être confrontée aux réalités et que les idées que tu te fais des partis et des êtres humains pourraient être d’elles-mêmes plus contradictoires. Sauf cette espace qui est à mon point de vue une réussite, et à part ta profession où tu gardes le statut de détenteur de savoir, quels retours concrets as-tu rencontrés : as-tu une fois dans ta vie frappé à toutes les portes d’un HLM pour faire signer une pétition ? Quelle expérience personnelle d’exercice de pouvoir as-tu ? Es-tu capable d’y appliquer tes principes ?
Je milite depuis 23 ans au PCF et j’en connais les erreurs passées, les limites, les défauts, les qualités et les progrès aussi, et sa spécificité de rassemblement que je pense irremplaçable dans le paysage politique. J’ai constaté que deux camps existaient en « politique » : ceux qui ne renoncent pas(nous en sommes ensemble) et ceux qui se résignent pour se soumettre à tous les pouvoirs. Je pense qu’un jour, quand nous aurons dépassé le capitalisme et atteint une véritable démocratie, l’existence des partis sous leur forme actuelle sera dépassée elle-aussi.
Je renouvelle mon sentiment qu’avec José Bové, tu t’es laissé entraîner par son allure Robin des Bois ou Jacquou le Croquant, dans cette soumission que tu dénonces si fortement. Cela n’enlève rien au positif de ton action.
As-tu vu la pièce de Berthold Brecht : les fusils de la mère carrare ? Je trouve que cela te ressemble un peu
🙂 J‑P
Bonjour a tous,
Juste pour vous signaler que l’Institut Adam Smith offre £1000 a celui qui gagnera le concours de la meilleure constitution ecrite en moins de 2000 mots. C’est le moment ou JAMAIS de faire connaitre votre Plan C :
http://www.adamsmith.org/index.php/main/individual/draft_a_better_eu_constitution/
Bon, sur Joseph Bove, homme libre, tellement libre qu’il se moque du chomage et des chomeurs : aucune proposition concrete dans ses « 125 propositions » (denonciations oui, on parle salaire/minima sociaux, ok, mais propositions pour reduire le chomage je vois pas). Faudra donc qu’il nous dise comment il va faire pour reduire le chomage tout en pronant la decroissance et la taxation des riches (il faut pas avoir de la croissance pour avoir des riches ?) J’ai lu dans un chat sur Lemonde.fr que tout ce qu’il propose aux chomeurs, c’est de travailler dans le batiment, secteur qui ne souffre pas de chomage…
Pour lire la pensee libre de l’homme libre (mais forcement antiliberal) en action :
http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46–0@2–823448,55–862702,0.html.
À lire !!!
Le chômage, le NAIRU, et la Constitution
http://www.renovation-democratique.org/modules.php?op=modload&name=PagEd&file=index&topic_id=5&page_id=205
Le point commun de tous les programmes, y compris l’antilibéral, est l’acceptation des critères du traité de Maastricht, à savoir 3% de déficit, la dette, la BCE, etc. Aucun ne fait le lien entre le NON de 2005 et ses causes inscrites pourtant déjà dans le traité de Maastricht.
Nous avons besoin d’autre chose pour sortir du carcan !!!.
Aujourd’hui au nom des règles instituées les états-majors du PS et de l’UMP remettent déjà en cause leurs propres promesses avant même l’élection.
Ils ne veulent entendre la demande sociale d’un revenu garanti inconditionnel pour toutes et tous (jeunes, étudiants, chômeurs, précaires, retraités, paysans, indépendants, prostitué(e)s, taulards, malades, handicapés, etc.) qui concerne pourtant pres de 10 millions de personnes qui ont un revenu inférieur au SMIG.
Aucun candidat n’est disposé à affronter cette question car elle implique de sortir du féodalisme monétaire, préalable incontournable à une refondation économique, sociale et écologique.
La nation doit pouvoir émettre la monnaie dont elle a besoin, en proportion de son développement.
Et la monnaie qu’elle crée, elle doit pouvoir l’affecter aux projets qu’elle décide pour demain, non pas au paiement de ceux qu’elle se voit imposer, aujourd’hui, impuissante, endettée.
Le droit « régalien » de l’Etat de battre monnaie, les Européens l’ont aboli en 1992. La grande majorité l’a fait sans le savoir : tandis qu’on focalisait les débats sur l’euro, on mettait en jeu la décision de libérer plus que jamais, totalement, ce qui consistue peut-être le plus grand « aspirateur » du régime capitaliste.
http://www.fauxmonnayeurs.org/
Le débat sur la dette doit partir de là…
Le débat sur la fiscalité doit prendre en compte la nécessaire taxation des machines numériques à l’origine des hausses parallèles de productivité et de chômage.
Ce qui s’appelle remettre le débat sur ses pieds.
Dans la droite ligne des deux messages précédents ( Nairu, monnaie ) je me permet de signaler la sortie en librairie (il faudra sans doute le commander, ce n’est pas un roman à grand tirage ) de
» Les 10 plus gros mensonges sur l’économie »
ISBN : 2−7033−0695−4 (de Philippe Derudder et moi-même), dont voici le 4° de couverture :
« Aujourd’hui, Molière aurait sans doute pris pour cible les économistes au lieu des médecins. La « saignée », panacée de son temps, aurait fait place à la « croissance », prétendue solution à tous nos maux. Au latin a succédé un jargon incompréhensible. Seule solution : s’en remettre aux experts. Dormez bonnes gens ! Ceux « qui savent » s’occupent de votre bonheur…
À défaut, ils ont, en tout cas, réussi à dégoûter de l’économie « M. et Mme Tout-Le-Monde ». Ce n’est pas leur lecture de chevet.
Puisse ce livre changer la donne, car tant que le citoyen ne reprendra pas le pouvoir sur l’économie, il en restera l’esclave.
L’ambition de cet ouvrage est donc d’aider chacun à reprendre ce pouvoir en se libérant de la manipulation qu’exerce sur nous des théories assénées en vérités absolues, des idées toutes faites et de fausses croyances.
Si vous croyez en particulier que :
- L’Etat fabrique l’argent qui est garanti par l’or
- Les banques prêtent l’argent des épargnants
- On ne peut pas le faire, « ça coûte » trop cher
- La dette appauvrit la Nation, il faut la rembourser !
- Toute production ne se justifie que si elle est rentable
- Il faut soutenir la croissance pour dynamiser l’emploi
- Baisser les prix, c’est défendre le pouvoir d’achat
- Il faut lutter contre l’inflation pour sauvegarder l’emploi
- On vivrait beaucoup mieux si on payait moins d’impôts.
- La mondialisation, une promesse de prospérité pour tous les peuples
… alors, ce livre est fait pour vous : ne vous laissez pas désinformer plus longtemps ! »
Cordialement
A‑J Holbecq
http://www.10mensonges.org
http://tiki.societal.org
Merci à Vladimir et à A.J Holbecq pour leurs interventions et liens, il me semble qu’ils nous mettent sur la piste d’un « trésor » qui semblait perdu et qu’il s’agirait de retrouver !!!
À suivre, je vais personnellement essayer de faire circuler ces liens et ces références.
Très cordialement.
« les 125 points » ne sont pas plus ceux de Jose Bové que d’un(e) autre candidat(e) antilibéral(e):
ils sont là parce que des « collectifs » issus notamment du « non de gauche » au TCE, mais aussi d’un « désir de construire ensemble une alternative crédible ici et maintenant », ont échangé les propositions des uns (plus ou moins partidaires de « la gauche de gauche ») et des autres, plus ou moins « électrons libres » :
La valeur que j’accorde à ces « 125 points », c’est celle de leur cohérence :
y sont mis en dynamique, dans une logique de paix et de développement, à la fois des revendications fondamentales (que le capitalisme lui-même devrait percevoir comme « demandes » que tout « libre entrepreneur » devrait « offrir » de satisfaire, à condition que le système le vaille bien…), et une conception du monde tel qu’il nous entoure, et dont, en réalité, il est évident, désormais, que le système capitaliste se fout totalement, voire « totalitairement ».
Le monde, ce sont des milliards d’êtres humains que le capital n’entr’aperçoit que sous l’aspect du marché, et de la réserve de main-d’oeuvre gratuite !
Or, si le monde se manifeste à nous, humains comme l’Humanité en quête de devenir humain, on peut penser, sans risque de se tromper, qu’il n’y aura aucun devenir humain possible si nous « conchions physiquement notre planète… Sauver la planète va avec ce « devenir humain : l’étalon, c’est la planète, et toutes les autres inventions ne sont que « fausses monnaies » !
…Et comme l’économie réelle ne peut qu’être basée sur des « valeurs » dont le fondement, « l’étalon », est humain, les piètres professeurs d’économie libéraux sont en échec car confrontés à des prix nobel qui, bien que formés dans le même « sérail », remettent fondamentalement en cause les dogmes originels du « libéralisme économique » !
Relisez donc les 125 points, ils amorcent une refondation politique, sociale, économique, libérée des a priori idéologiques mais ouverte à la recherche des issues que le système actuel renonce à offrir, faute de « penseurs alternatifs ».
La seule « rupture » dont ses tenants causent, c’est la vieille recette d’un acteur hollywoodien (Reagan…) , dont l’aboutissement « logique » est « LA GUERRE DE BUSH », faite de plus en plus contre le peuple Américain lui-même… Quelle « démocratie » !
Ah, bonsoir, Citrouille, c’est donc à vous que je m’adressais !
Bien cordialement…
Nous savons tous l’hypocrisie du CSA qui favorise l’industrie des medias contre le débat citoyen.
Quand verrons-nous une réaction collective, courant mars, visible contre cette manipulation (manif) ?
La passivité des partis les rend complices (comme sur les machines à voter) et prépare une abstention massive.
Je rajoute que fin mars, après clôture des parrainages et exclusion des candidats de tous bords, une manifestation nationale immédiate s’impose.
Abstention, manifestations, pétitions… Je trouve tout ça bien dérisoire, au fond. Si le seul pouvoir que nous nous accordons est de nous abstenir de désigner nos maîtres (et consentir par là à ce que d’autres les désignent pour nous), nous ressemblons à des enfants qui retiendraient leur respiration, convaincus que c’est une terrible menace pour les autorités :o)
Ils doivent bien se marrer, nos « représentants » et leurs donneurs d’ordre, — du haut de leurs pouvoirs confisqués (depuis belle lurette) et parfaitement verrouillés au plan du droit —, de tant de légalisme et tant de servitude volontaire de la part des « citoyens ».
Les partisans se fichent pas mal qu’on s’abstienne de voter, pourvu qu’ils soient élus, eux ou leurs marionnettes.
À marche forcée (et émerveillée), je découvre Alain, Orwell, Weil, Blanqui… et je nous trouve bien dociles.
Je vais créer une catégorie de blog et un fil de forum sur le totalitarisme et les espoirs qu’on peut investir dans une assemblée constituante honnête (tirée au sort et inéligible) à ce sujet.
Cher Étienne,
je viens de prendre connaissance de l’Appel contre la censure des citoyens par les principales formations politiques :
autant le titre me convient, autant la limitation à la candidature de Bové me dérange.
Je suis pour un mouvement d’ensemble, au-delà des clivages politiciens, des individus : cette censure concerne tous les candidats et tous les citoyens.
Et cette censure n’est pas nouvelle : elle existe depuis des lustres dans les conseils municipaux où les citoyens n’ont pas droit à la parole, aux conseils généraux et régionaux où ils n’ont même pas le droit de rentrer, etc.
Bien sûr que nous avons à “questionner” les partis institutionnels lors de la campagne, à les titiller le plus possible, à reveler leur hypocrisie (les débats participatifs à questions limitées).
Mais nous avons surtout à nous adresser aux électeurs de tout bord pour leur montrer que, pour nous, la démocratie et la liberté d’expression ne sont pas limitées.
Vladimir
Tu as bien raison et c’est pour ça que je soutiens aussi l’Appel pour le pluralisme démocratique, http://www.pluralisme.org/.
En fait, je saisis toutes les occasions — bien dérisoires, c’est sûr, mais c’est tout ce que les politiciens de métier nous laissent — de protester contre cette disposition littéralement maffieuse qui permet aux partis en place d’interdire carrément aux candidats alternatifs de se présenter au suffrage contre eux : plus malhonnête, tu meurs.
Alors, c’est vrai que ce dernier appel est imparfait parce qu’il ne proteste qu’à propos du cas Bové, mais sur le fond, il est juste et il ne faut pas se tromper d’adversaire : évitons de nous empailler entre bâillonnés, non ?
Amicalement.
Étienne.
Sans vouloir polémiquer entre bâillonnés, je signale simplement la déception qui pointe :
« RÉPRESSION DES CHÔMEURS, SILENCE ASSOURDISSANT DES CANDIDATS »
Verdi
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=43551
« Je vous lis depuis un mois »
Amilcar
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=43580
–PENSEZ AU RESPECT DU LECTEUR ; SI VOUS VOULEZ NOUS RENDRE LA CHOSE AGREABLE, ET NOUS INTERESSER, UNE CHOSE TOUTE BETE : ECRIVEZ PLUS GROS.
Mic,
la taille des caractères varie avec la résolution de l’écran : si vous avez un très bon écran — affichant un très grand nombre de pixels (points)—, les caractères sont tout petits ; mais si vous avez un écran d’entrée de gamme — affichant peu de points — tous les textes seront très gros (trop, parfois).
Donc, si j’agrandis les caractères de cette page, ce sera sans doute mieux pour vous, mais ça deviendra insupportable pour d’autres (trop gros).
Je vous recommande donc de régler vous-même la taille des caractères à l’écran : CTRL + roulette de la souris donne de bons résultats sous FireFox, Opera et IE7.
Par ailleurs, faites attention aux majuscules : de nombreux internautes interprètent ça comme des cris. Il vaut mieux le savoir, parce que ça ne se devine pas :o)
Amicalement.
Étienne.
Etienne,
Je m’aperçois que tu n’as pas répondu à certaines de mes remarques précédentes notamment sur le rapport entre théorie et pratique politique.
Je confronte ce que tu écris à l’expérience que j’ai du fonctionnement de mon propre Parti (le PCF) dont je suis responsable local (à abattre car complice ?) et élu municipal.
Vraiment, je ne comprends pas ton affirmation globale à priori :
parti=mauvais
individu=seul bon possible.
Je suppose qu’à l’origine de ton aversion il y a sans doute des moments désagréables de ta propre expérience, des attitudes sectaires qui ont pu apparaître ici ou là, la surdité populaire des pouvoirs socialistes, je ne parle pas des tromperies des tenants du libéralisme. Cependant, la déception que tu as eu des erreurs ou des fautes de certains partis ne doit pas te conduire à la conclusion que je trouve simpliste : « c’est toute organisation de Parti qui est mauvaise » comme le chat échaudé qui craint l’eau froide. (Dis-tu la même chose de toute organisation centralisée : syndicat ou association ?)
De plus, distinguer le militant, gentil, de contact agréable, dissocié du Parti qui le manipulerait ou déciderait sans lui relève plus de la démagogie que de la réalité. Je pense qu’à défaut de la démocratie directe dans toute la société que tu sembles rechercher en opposition aux partis, la qualité d’un parti dépend de sa capacité de construction collective entre tous ses adhérents, de la qualité d’écoute et de proposition des élus qui s’en réclament, d’une réelle participation des adhérents à la décision collective. Le Parti est pour moi la possibilité d’agir ensemble dans le même sens défini en commun, de contrôler la fidélité des représentants aux engagements pris, de les ramener au rang de militant s’ils se détournent de l’objectif commun.
Je t’invite à lire ou relire les statuts du PCF que nous avons révisés au dernier Congrès. J’en ai trouvé un lien sur le site : http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique30.
« Jadis, l’opium du peuple, c’était la religion, aujourd’hui, c’est la politique. Je le dis sans aucun dédain ni égoïsme, mais quand je vois des gens en situation difficile placer tous leurs espoirs dans la politique, ça m’attriste, ils font fausse route.
Dans son esprit, l’actualité française est souvent reléguée au second plan : « La France est un village dans un monde globalisé. Le principal levier dont disposaient les gouvernements, c’était la politique monétaire, mais, depuis l’euro et la Banque centrale européenne, cet outil leur a été retiré, et c’est une bonne chose. La BCE, c’est la stabilité, des taux bas, des compromis dont tout le monde profite. »
(propos d’un financier dans un article du Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1–0@2–3230,36–875586,0.html)
Face à ça, quelles sont les propositions crédibles et audibles des partis et des candidats, même alter ?
À quoi servent-ils s’ils n’ont pas de réponse ?
Vladimir,
Quand vous dites : « Le point commun de tous les programmes, y compris l’antilibéral, est l’acceptation des critères du traité de Maastricht, à savoir 3% de déficit, la dette, la BCE, etc », votre ignorance m’étonne… à moins que ce ne soit un fin calcul politicien pour tromper. En qualité de militant communiste, j’ai combattu de toutes mes forces disponibles le traité de Maastricht et je regrette que l’appel à l’abstention —selon la pente que vous semblez suivre— ait conduit à un oui très faiblement majoritaire au lieu du non que je souhaitais. Comme antidote à l’article du Monde que vous citez je vous recommande de visiter le site de Marie-George Buffet :
http://mariegeorge2007.org/spip.php?rubrique2
Vous y trouverez le programme antilibéral et son contenu.
Si vous suiviez un peu ce que dit et fait José Bové, vous trouveriez aussi des éclairages utiles à votre lanterne.
Pour l’affirmation d’un véritable modèle social européen, la France s’emploiera à rompre avec les politiques et les institutions libérales actuelles (Programme de MG Buffet).
Je lis « S’EMPLOIRA À ROMPRE » : soit on donne crédit à cette intention et là, ce n’est ni une attaque personnelle ni un doute sur l’intention, c’est juste que c’est irréaliste dans le rapport de force actuel et que cela ne suscite aucune perspective de mobilisation réelle des gens qui souffrent tous les jours des conséquences de cette Europe. On remet tout aux calendes grecques d’un débat futur au Parlement européen alors qu’on a voté en 2005.
Programme J.BOVE : pour l’instant, encore plus flou, si ce n’est que « la France retirera sa signature au bas du traité constitutionnel ».
Ce débat est central si on veut des solutions réelles.
Conclusions provisoires à un débat fantôme :
Le panthéon de la mythologie antilibérale a omis de mentionner L’EUROGRÈVE DES DOCKERS, en janvier 2006, pourtant le premier mouvement social ouvrier à l’échelle européenne avec, en ligne de mire, les directives européennes.
Ce mouvement a été dénigré et sous-estimé ; il est pourtant l’amorce de ce que d’autres futurs mouvements sociaux, comme EADS ? risquent d’être contraints de faire. L’objectif d’occuper le Parlement de Strasbourg était dans les têtes, des manifestants comme des policiers et des politiques. Seules des pressions diverses ont fait échouer l’émergence d’une parole revendicative déterminée et d’un programme à l’échelle européenne pouvant être repris par tous.
APRES L’EUROGRÈVE DES DOCKERS, LE VRAI SCANDALE
mardi, 17 janvier 2006
http://www.europeus.org/archive/2006/01/17/apres-l-euro-gteve-des-dockers-le-vrai-scandale.html
Comment autant de gens se laissent-ils berner par Jose Bove, comme les viticulteurs l’ont été avec Lhuillier ! Réagissez !! Jose Bove, soixante-huitard ringard, n’a trouvé que ce moyen de vivre en restant se dit-il « agriculteur » alors que serais curieux de savoir le nombre de jours où il travaille ses terres ; C’est en fait un capitaliste déguisé, utlisant d’autres pour ce genre de travail, s’occupant surtout de coups d’éclat pour se faire connaître ; mais qu’a-t-il fait de concret pour les agriculteurs ? Réveillez-vous, cet homme exploite les agriculteurs comme Staline exploitait les russes, mais lui est plus hypocrite que ces dernier, alors ouvrez les yeux avant qu’il ne vous promène encore de terre en terre !!!!
Potiron
Voilà des reproches qu’on fait souvent à JB, mais qui me laissent bien dubitatif : vous l’accusez sans rien prouver et, parfois même, de votre propre aveu, sans savoir précisément ce que vous lui reprochez.
Vous avez peut-être raison (il faut toujours laisser, intellectuellement, cette porte ouverte pour vivre ensemble), mais il faut en faire la démonstration : l’invective et l’outrance ne suffisent pas.
Étienne.
De passage à Paris…
Invité à Paris par Le Figaro Magazine, j’ai eu lundi matin un débat intéressant avec Guillaume Klossa (Président de Europanova). J’ai hâte de lire, — sans doute le prochain week-end —, ce que les journalistes du Figaro auront retenu de cet échange que, de mon côté, j’ai trouvé enrichissant.
Profitant de cette visite à la capitale, je suis allé le soir au bar El’Sur retrouver Jean Lebrun qui recevait Henri Guaino, — qui a voté non en 2005 et qui écrit pourtant certains discours (les plus incroyables, les plus paradoxaux) de Nicolas Sarkozy (voir le discours d’Agen ou celui de Périgueux), — à l’émission Travaux Publics : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/travaux/fiche.php?diffusion_id=50494.
J’ai ainsi pu semer quelques graines d’idées à trois reprises : http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/TRAVAUX/TRAVAUX20070305.ram
Minute 34:03 – Loin d’être consensuelle, la partie 1 du TCE contient le pire du pire et nous l’imposer par voie parlementaire alors qu’on vient de la refuser par référendum serait un véritable viol politique :
• c’est dans cette partie que l’on trouve l’indépendance de la Banque Centrale et le sabordage monétaire des États qui consentent ainsi à l’instrumentalisation du chômage,
• c’est dans la partie 1 qu’est programmée l’impuissance du Parlement qui n’a même pas l’initiative des lois et qui ne peut pas discuter de ses propres recettes,
• c’est dans la partie 1 qu’est organisée en douce la plus grave confusion des pouvoirs, — sur des domaines jamais listés honnêtement nulle part, ce qui est révélateur d’un mensonge généralisé —, dans les mains de l’exécutif (Conseils et Commission) à travers des procédures iniques nommées « actes non législatifs » (sic) et « procédures législatives spéciales » (resic) qui autorisent les exécutifs à nous imposer des lois sans Parlement, je dis bien des lois sans Parlement,
• c’est dans la partie 1 qu’est prévue une invraisemblable et scandaleuse dépendance directe des juges européens envers les exécutifs qui les nomment : chaque État nomme un juge, de la façon la plus opaque, pour six ans (ce qui est court) renouvelables (ce qui rend les juges directement dépendants pour leur carrière des exécutifs qu’ils auront à juger), ce qui constitue peut-être le plus grave danger pour la démocratie, compte tenu des pouvoirs immenses que les juges européens se voient conférer par l’UE (sans compter les pouvoirs que les juges se confèrent eux-mêmes de surcroît, de leur propre autorité) . Comment se fait-il qu’on n’arrive pas à parler de ce point essentiel dans la campagne présidentielle ?
• c’est dans la partie 1 qu’on nous promène avec des attrape-nigauds comme le misérable droit de pétition qu’on nous présente sans rire comme un « référendum d’initiative populaire » et une manifestation de la « démocratie participative » enfin consentie par nos « honnêtes représentants », alors que le droit de pétition non contraignant n’a RIEN à voir avec le RIP, cette pétition n’entraînant AUCUNE obligation juridique (on nous prend vraiment pour des imbéciles),
Ma question : si une fois élu, il nous viole effectivement comme il l’a promis, par quels moyens compte-t-il réprimer l’insurrection qu’il va évidemment déclencher ?
Minute 43:00 – Si le « traité simplifié » (mais on n’impose pas les institutions par traité, bon sang !) est effectivement plus acceptable, comme vous nous l’annoncez, et bien proposez-nous ce nouveau texte au référendum, et on dira oui si c’est un bon texte, au lieu de nous l’imposer sans même nous demander notre avis ; sinon, vous êtes évidemment
coupablessuspects de malhonnêteté.Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir… Ce n’est pas aux ministres, ni aux parlementaires, ni aux juges, d’écrire la Constitution. L’impuissance des citoyens est programmée dans la Constitution parce que ceux qui ont écrit la Constitution sont à la fois juges et parties. Le jour où vous déclencherez un processus constituant honnête, c’est-à-dire dans lequel les auteurs de la Constitution n’auront plus un intérêt personnel à programmer l’impuissance des citoyens, vous nous permettrez enfin de créer une vraie démocratie : on ne peut garantir ce désintéressement des députés constituants qu’avec une Assemblée Constituante tirée au sort, éventuellement parmi des citoyens parrainés par d’autres citoyens, et surtout pas élue pour que les partis ne puissent nous imposer des hommes de pouvoir qui écriraient à nouveau des règles pour eux-mêmes. Je crois malheureusement que les hommes de partis ne sont pas capables de déclencher un tel processus constituant honnête, mais peut-être que vous montrerez que vous en êtes capable ?…
Minute 57:32 – Libéral ou pas libéral ? Vous dites que le fait d’être libéral ne devrait plus faire débat, mais il ne faut pas dire cela. On est sans doute tous libéraux au sens politique (affranchissement des individus de l’arbitraire et de l’absolutisme de l’Ancien Régime, libertés individuelles, liberté d’expression, etc.), mais le mot « libéral » a été volé par une bande de furieux extrémistes, des ayatollahs du marché et de la concurrence libre et non faussée (par l’État) qui veulent la peau de l’État pour ne lui laisser que les services publics sécuritaires (la police la justice et l’armée) en privatisant tous les autres services publics, sans que personne n’ait jamais voté pour une telle politique : c’est contre ces gens là qu’une gauche « anti-libérale » se bagarre, pas contre le libéralisme politique, évidemment.
« nous l’imposer par voie parlementaire alors qu’on l’a refusé par référendum »…
C’est un projet commun à beaucoup de personnes, y compris parmi certains qui mendient à droite les 500 signatures.
José Bové a déclaré exactement qu’il reviendrait aux députés européens de retravailler le projet constitutionnel.
Francis Wurtz, député de la « gauche Unie Européenne », groupe ayant toujours lutté contre le TCE (et contre ses annexes), a exprimé sa désapprobation face à cette proposition surprenante de la part d’un « antilibéral ».
Creusez donc un peu, et vous trouverez pourquoi : il n’y a pas que chez les élus qu’on peut trouver des comportements incompréhensibles !
Ce qui est remarquable, c’est l’ostracisme dont est victime MGB de la part des médias dominants (ceux des oui-ouistes), et la floraison d’ « invitations » produites par ces mêmes médias pour les « pourfendeurs d’appareils » (au demeurant fort courtois avec les plus puissants d’entre les « appareils », le MEDEF et sa courroie de transmission UMP)…
Vladimir, Etienne,
Je constate que les questions que je pose ne vous intéressent pas. Comment peut-on inventer une véritable démocratie en écartant de fait ceux que l’on préjuge sans doute comme indignes d’intérêt ? Je ne peux donc que faire des suppositions, c’est insuffisant pour progresser.
Je vous invite donc à répondre par oui ou par non. Je peux imaginer que :
- mes questions sont en dehors du débat et je perturbe des gens sérieux et documentés
- les idées que l’on m’attribue a priori sucitent un racisme viscéral qui dépasse la conscience de ceux qui lisent
- pensez-vous qu’on doit :
• dépasser le capitalisme ?
• s’en accommoder définivement parce qu’on ne peut pas faire autrement ?
• utiliser chaque possibilité d’intervention pour en dénoncer les effets et le combattre ?
• travailler à construire un nouveau rassemblement anti capitaliste (=anti-libéral ?), un projet de société sans capitalisme ?
Je suis anticapitaliste mais la révolution ne se décrète pas : chaque jour, nos actes sont un plus ou un moins face à elle.
Aujourd’hui, je suis obligé de poser la question qui fâche : pourquoi un député conservateur allemand a pu attaquer et gagner devant la Cour Constitutionnelle allemande et mettre en crise la présidence Merckel et sa voie de recours pour sauver le traité, alors qu’en France, les politiques se sont bien gardés, après le non de 2005, d’explorer les voies juridiques pour que ce vote soit légitimé ?
Cher J‑PMO,
Excuse-moi : je ne te réponds pas parce qu’il faut du temps pour répondre à tes messages qui me demandent de reformuler toute ma critique des partis alors que je manque si cruellement de temps. Pour te convaincre, il faudrait que je répète de nombreux arguments que j’ai déjà développés et, par facilité je le reconnais, pressé par le temps, je remets ça à plus tard, chaque fois que je te lis. Mais évidemment, je n’écarte personne par principe. Je suis juste très occupé et je dois faire des choix sans arrêt parce que je ne peux pas tout faire et que j’essaie de ne faire ce qui me semble important (et je me trompe souvent, c’est probable, OK).
Tu m’interroges sur la pertinence d’une réflexion théorique sans expérience pratique des pouvoirs locaux. Que faut-il te répondre ? Est-on disqualifié pour réfléchir au contrôle des pouvoirs si l’on n’a pas exercé le pouvoir ? Est-on, au contraire, qualifié pour réfléchir aux contrôles des pouvoirs par le fait d’avoir exercé le pouvoir ? Tu sembles penser que oui.
De mon côté —et jusqu’à démonstration que j’ai tort—, je pense exactement le contraire : ceux qui exercent le pouvoir sont les plus mal placés pour nous dire comment faire pour contrôler les pouvoirs. En tout cas, je m’en méfie d’eux au plus haut point sur ce sujet, compte tenu du fait important qu’ils ne sont pas désintéressés (dans cette occurrence précise et pas en général).
À propos des partis, je te renvoie à l’extrait « La volonté générale : Rousseau relu et explicité par l’excellente Simone Weil » que j’ai publié sur le forum « Le cœur de la Démocratie : formation, expression et respect de la volonté générale ».
Quant aux militants —que je distingue bien des partis— qui utilisent les moyens traditionnels pour résister, je ne me sens ni mieux placé ni moins bien : nous utilisons des moyens différents et largement complémentaires pour atteindre les mêmes buts. Ma critique vise les partis, les appareils, les hiérarchies, les lignes politiques et les disciplines de la pensée ; pas les militants qui sont pour moi, comme tous les étrangers, des frères que je ne connais pas :o)
Amicalement.
Étienne.
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PS : point par point, puisque tu y tiens :
Tu dis : « Je vous invite donc à répondre par oui ou par non. Je peux imaginer que :
- mes questions sont en dehors du débat et je perturbe des gens sérieux et documentés [NON]
- les idées que l’on m’attribue a priori suscitent un racisme viscéral qui dépasse la conscience de ceux qui lisent [NON]
- pensez-vous qu’on doit :
• dépasser le capitalisme ? [peut-être, mais que signifie dépasser ?]
• s’en accommoder définivement parce qu’on ne peut pas faire autrement ? [NON]
• utiliser chaque possibilité d’intervention pour en dénoncer les effets et le combattre ? [OUI]
• travailler à construire un nouveau rassemblement anti capitaliste (=anti-libéral?), un projet de société sans capitalisme ? » [Ça me paraît totalement utopique mais, sous cette importante réserve, OUI ; mais attention : sûrement pas au prix du sang ou de la liberté de qui que ce soit]
Voilà ;o)
Etienne,
Merci de tes réponses : je pense que nos chemins vont dans le même sens, même si je ne partage pas toutes tes analyses : la démocratie que tu recherches correspond au meilleur moyen que j’imagine pour faire de la politique et j’essaie au maximum de la mettre en pratique dans mon humble mandat d’opposant municipal et de responsable politique local.
Excuse aussi les questions pressantes : je comprends tout à fait que tes journées n’ont que 24 heures. En dehors de la volonté délibérée d’ignorer les citoyens, le manque de temps (ou le non partage des tâches) est une des raisons principales qui éloigne les élus de la réalité « de terrain ». La démocratie, ce n’est pas spontané et il est difficile d’être un agneau dans une société éduquée en loups ou le chef décide de tout, come le singe le plus fort domine son groupe. (j’ai beaucoup appris sur la domination humaine en gardant un singe à la maison pendant deux ans).
Les échanges que j’ai avec « mes » élus me font penser qu’ils connaissent un peu moins mal que les autres les réalités de terrain parce que le fonctionnement du « parti » les renseigne en permanence, les contrôle et les contredit si nécessaire. C’est déjà un premier pas sur la vraie démocratie, qui suppose des gens éduqués à respecter l’autre.
Un constat valable pour toutes les candidatures :
Nous devons exiger que les chômeurs, rmistes, précaires et autres laissés-pour-compte soient les seuls habilités à parler de l’urgence sociale. On s’évitera ainsi de lire ou entendre beaucoup de conneries dans la presse. On s’évitera ainsi de lire les saloperies des 125 merdeuses (dites « propositions ») qui ne sont pas, et loin s’en faut, à la hauteur de l’état d’urgence sociale. Quand elle ne flirtent pas avec la droite. Parler de sécurisation des parcours professionnels, c’est utiliser un langage technocratico-cornecul, c’est-à-dire de droite.
Nous devons exiger la parité dans la campagne Bové. Pas de raison que les laissés-pour-compte du libéralisme soient aussi des laissés-pour-compte dans l’équipe de campagne. Avoir la parité nous éviterait de lire une esquisse de memo sur l’urgence sociale que Jean Lecanuet aurait signée tant c’est d’une fadeur qui engage à peu.
Valérie Baudot
[email protected] .
Quel avenir pour les laissés-pour-compte ?
Encore une gauche qui nous fait peur..
http://www.unisavecbove.org/spip.php?article1500
http://www.pag69.org/
Et pourquoi personne ne parle de l’aberration des indemnités des élus et du « métier » d’élu. Ça rapporte, et oui. Ils sont élus à vie.
On peut rêver à des élus sans indemnités (aux frais réels), à des élus désintéressés comme le sont les militants associatifs, à deux mandatures maxi pour tous les mandats, et la possibilité de ne se représenter qu’en cas d’absence de candidat. On peut rêver. Tout est pourri, votez pour moi, la place est bonne.
À pade,
Savez-vous que la plupart des élus communistes reversent leur indemnité d’élu au PCF, en conservant une paie d’ouvrier qualifié ? Vous pouvez questionner André Chassaigne, président de l’association des élus communistes et républicains à ce sujet : http://www.chassaigne2007.org/
En mettant tous les élus dans le même sac « tous pourris sauf moi », vous alimentez le mode de pensée cher à LEPEN. Le vrai problème est celui du contrôle démocratique des élus. Pour ma part, je suis satisfait de l’écoute de la plupart des élus communistes et républicains, même si le rapport de forces et la représentativité majoritaire ne leur permettent pas de faire aboutir leurs propositions.
À Vladimir,
L’invective du genre « les 125 propositions merdiques »… relève du même mode de pensée de type raciste : « je te rejette parce que tu n’es pas exactement conforme à mon opinion ». Vladimir, es-tu sûr que ta vie est si exemplaire de démocratie pour que tu te permettes des jugements aussi péremptoires ? Qu’en pensent les gens qui t’entourent ?
Quand je dis « tout ou tous pourris », je me mets dedans, bien que moi, je n’aie aucun pouvoir important comme salarié ordinaire de cette vie pourrie, et je ne vote pas FN.
Je lutte comme je peux à ma petite place, avec des gosses au chômage, et je rentre dedans comme je le peux avec mes petits moyens et en bossant bénévolement dans les associations, sans indemnités, moi, ce qui devrait être le cas de tout élu, on verrait mieux les désintéressés.
J’ai fait 68 et moi, je reste fidèle, je ne suis pas de ceux qui sont devenus des cadres modernes bien recyclés dans le système, dont certains vont même jusqu’a justifier le harcèlement moral au boulot.
Je ne savais pas que les élus communistes reversaient une part de leur indemnité ; c’est bien et ce sont probablement les seuls. Mais voyez quand même : ils font leur vie dans le métier d’élu (les mêmes, pas de rotation sur les postes de député sénateur, et c’est anormal, donc un peu pourri aussi).
La manière d’effectuer les sondage est antidémocratique.
La question devrait être :
– Quel candidats préférez-vous ?
et non pas :
– Quelle est votre intention de vote ?
La différence est fondamentale :
Le premier sondage renforce le libre choix,
lorsque la seconde renforce le choix imposé, le choix utile, celui qui est réputé être utile sur la base des sondages eux-mêmes. Donc, c’est du bidon.
Je suis convaincu que, si les sondages étaient effectués de la manière correcte, Bové aurait un meilleur score que les trois acteurs-candidats de tête. Et les francais pourraient suivre leur opinion au lieu de celle « utile » établie d’en haut.
Bonjour Étienne,
Je soutiens entièrement vos idées. Mais bien qu’il me soit très sympathique, je ne voterai pas pour José Bové aux présidentielles. Tout simplement parce que je ne veux pas reproduire l’aventure de 2002, et devoir voter Sarkozy pour éviter que Le Pen passe, ça me ferait trop mal au ventre.
Cette fois-ci, je vais voter « utile ». La gauche antilibérale est trop dispersée, il n’y a aucune chance de retrouver un seul de ses candidats au second tour. Ce n’est pas encore cette fois-ci que nous changerons de style de démocratie, hélas.
Après le 22 avril :
Salut Pade,
Excuse-moi, j’ai été un peu absent pour cause de « travaux pratiques extérieurs ».
À la lecture de ta situation, je comprends mieux ta colère. Je suis prof retraité et ne me considère pas comme parmi les plus défavorisés. Au regard de tes difficultés, je peux même t’apparaître comme un nanti. Mon engagement d’élu et de communiste vient de l’injustice que j’ai ressentie dans ma jeunesse et dans ma vie professionnelle, de ma volonté d’agir directement sur le cours des choses. En participant modestement au « pouvoir », je suis attentif à ne jamais cautionner la domination du capital sur le travail, à défendre les plus défavorisés et les aider à se défendre eux-même concrètement, au risque d’apparaître comme « pourri » parce que je siège autour de la même table que la majorité de droite du Conseil Municipal. J’ai évité des expulsions et des coupures d’électricité, j’ai aidé des familles en détresse à trouver des solutions et maintenant elles peuvent vivre « normalement ». Malgré les réticences du représentant socialiste, j’ai déposé un voeu contre l’engagement dans la guerre en Irak, voté par la majorité du Conseil.
Je n’ai aucune indemnité et je m’acquitte chaque mois de ma cotisation (1% de ma retraite). Après 25 ans de mandat, je vais prendre ma retraite d’élu (sans pension !). À défaut de reconnaissance politique, le bonheur que j’ai apporté ou le malheur que j’ai évité suffit à ma récompense.
Mon vrai souci est maintenant la construction d’une vraie majorité de gouvernement, libérée des puissances économiques et financières, entièrement au service de « l’humain ».
La question est donc pour moi : maintenant, quel rassemblement antilibéral, quelle construction concrète d’un autre modèle de société en France et en Europe, qui installe une réelle démocratie, qui ne soit ni sociale-démocrate, ni dictature du prolétariat, ni hégémonie d’un parti politique, ni rejet des élus dévoués à la cause ?
N’est-il pas temps de dépasser les divergences et les parti-pris du 20ème siècle ?
J‑P Moreau, Conseiller Municipal (PCF), 37140 BOURGUEIL <piver37_chez_wanadoo.fr> _chez_=@
toujours intéressant tes billets 🙂 « pour des dizaines de milliers de citoyens » : ça m’a quelque peu fait sourire 🙂 bonne continuation !
Un petit bonjour à Etienne (dont j’étais venu visiter le site lors de notre combat commun contre le TCE EN 2005) et j’en profite pour saluer Pade, en précisant que je me retrouve bien dans son dernier message, qui me rassure par ce constat que nous les « vieux grognards ayant fait 68 » (qui dérange temps sarko bling bling) sommes toujours là et plutôt bien là même.
J’avais 17 ans en 68 et j’étais un jeune qui bossait à la chaîne depuis ma sortie scolaire à 14 ans (sans le certif’) et je suis aussi resté vigilant et combatif (à part une petite baisse d’attention vers 31 ans après avoir acheté une maison, car ayant voté à gauche je m’étais cru garé des voitures).
Merci Mitterrand avec son fameux virage à 180° en 83 (je venais juste d’acheter). Docker, me crevant pour avoir une vie à peu près décente, je vis le coup tordu qui me pendait au blair arriver à vitesse grand V : « accrochez-vous au pinceau, on enlève l’échelle », mince de coulure. S’en suivirent les charettes de 500 dockers pour en virer 1500 en 3 ou 4 ans. À Rouen, nous étions environ 2 000 (intermitents donc relativement libres) et il n’en reste plus aujourd’hui que 300 parqués en « maisons » au garde à vous patronal (et tout ça sous un gouvernement dit de gauche).
Passant du chômage à la maladie tandis que le couple explosait pour finir seul, érémiste et en caravane, isolé dans la campagne avec l’unique présence de mon chien (mon fils unique avait 20 ans et vivait sa vie) à greloter l’hiver et sans moyen de transport. Ça révolte dur tout ça, mais comme ce qui n’abat pas renforce : je gardais ma colère pour la resservir utilement peu après.
J’ai passé un bac pro Secrétariat/Bureautique à 47 ans en reclassement professionnel (sans que cela ne débouche sur un emploi : ancien docker et proche de la cinquantaine = 0), mais cela m’a rapproché de la ville où je voyais des gens en cité se faire escroquer ou ne pas oser réclamer des droits sociaux auxquels ils avaient droit.
En voyant l’état de délabrement du système social « bas de gamme » (et oui, il y a aussi une hiérarchie en droit social et ceux qui sont hors système ne sont pas vraiment ménagés) et la prétention de certaines AS de secteur ne voyant la misère qu’aux heures d’ouverture de leur bureau chauffé avec un temps de réaction devant l’urgence, dans un délai pouvant atteindre les 3 semaines, me hérissait le poil. Ce n’était pas possible un truc pareil, lequel s’apparentait plus à du filtrage et de la prise en main moraliste (le mot assistannat est régulièrement employé) que ce pourquoi ce genre d’organisme avait été créé durant les trente glorieuses (j’en ai entendu de sévères avant que mon assos soit suffisamment connue pour imposer une certaine méfiance de la part d’intervenants « sociaux »).
Cette assos (dérangeante donc non subventionnée) oeuvre depuis maintenant 8 ans et nous avons la fierté d’avoir obtenu quelques petites victoires suffisamment significatives pour redonner confiance (une denrée devenue rare) aux populations complètement larguées et entretenues volontairement dans l’ignorance (diviser pour mieux régner) par un système entendu par une frange politique consensuelle allant de la gauche molle à la droite dure.
Président d’assos oeuvrant sur le terrain (gauche et syndicats ne sont pas sur ces barricades-là dans mon secteur) pour redynamiser les consciences en matière de citoyenneté (active) et de solidarité, je suis bien entendu pour le roulement de poste (mais la place est tellement mauvaise à garder que personne n’en veut, alors je tiens les murs) et je souhaiterais voir plus d’adhérents se mobiliser pour sortir de leur coquille et aborder enfin l’entraide sans a priori.
Ça avance tout doux, mais ça bouge et je sais que d’autres initiatives de ce genre existent sporadiquement sur l’ensemble du territoire national. Je suis maintenant reconnu « à l’amiante » (mince consolation) et j’ai remonté une famille, bref j’ai du temps pour continuer le combat tant dans la rue que sur la toile (un outil démocratique formidable qui dérange déjà certains décideurs) et il y aurait certainement à creuser aussi sur cette forme de combat au profit de la démocratie la plus directe possible.
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout et courage, car ce peuple surprenant se réveille parfois pour faire de grandes choses, donc…
ARAMIS