Le vote électronique en France : opaque & invérifiable

29/10/2006 | 89 commentaires

Voyez le site de Chan­tal Engue­hard sur le vote élec­tro­nique :
http://pagesperso.ls2n.fr/~enguehard‑c/VE.htm
où l’on trou­vait ce rap­port important :

« Le vote élec­tro­nique en France : opaque & invé­ri­fiable (2009) » :

📄 Chan­tal Engue­hard « Le vote élec­tro­nique en France, opaque et invé­ri­fiable » (2009) (PDF)

Il me semble que toutes les études et les avan­cées tech­no­lo­giques sur la fia­bi­li­té des consul­ta­tions sont vrai­ment inté­res­santes et stra­té­giques pour la démo­cra­tie, mais que nous but­tons encore sur une apo­rie, une dif­fi­cul­té majeure, qui est le contrôle citoyen des outils uti­li­sés, condi­tion car­di­nale de la confiance et de la démocratie.

Pour moi, c’est déchi­rant car c’est un outil essen­tiel d’une démo­cra­tie véri­table qu’on n’ar­rive pas encore à maî­tri­ser : la e‑consultation de tout le monde à tout pro­pos per­met­trait de connaître enfin l’o­pi­nion publique réelle sur tous les sujets, non pas pour en faire l’ins­tru­ment unique de gou­ver­ne­ment (encore que), mais au moins pour infor­mer pré­ci­sé­ment et publi­que­ment nos repré­sen­tants du cap qu’ils doivent suivre pour nous repré­sen­ter hon­nê­te­ment et faire enfin sur­gir dans le débat public la mythique VOLONTÉ GÉNÉRALE, la vraie.

Le fait que cette e‑consultation soit encore pro­fon­dé­ment sus­pecte de mani­pu­la­tions est pour moi un crève-cœur et je n’y renonce pas à la légère (je n’y renonce d’ailleurs pas du tout défi­ni­ti­ve­ment) : mais le risque de fraude est si grand que la sur­vie même de notre démo­cra­tie, — déjà pré­cieuse mal­gré son état « pré­his­to­rique » :o) —, est en dan­ger avec les machines à voter d’aujourd’hui.

Je cherche des idées pour rendre les cyber-consul­ta­tions véri­fiables par tous
comme on cherche une lueur dans un tunnel.

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Étienne

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89 Commentaires

  1. Le danger majeur des machines à voter, pourtant imposées, discrètement, sans aucun débat ni référendum

    Mes amis,

    Il faut abso­lu­ment lire le rap­port de Chan­tal Engue­hard, c’est conster­nant : on va de scan­dale en scan­dale au long de dix pages accablantes…

    On est là sur un pro­blème majeur de nos ins­ti­tu­tions, qui doivent nous pro­té­ger expres­sé­ment contre ce lob­bying-là, tout particulièrement.

    Nos soi-disant « repré­sen­tants » nous repré­sentent déci­dé­ment bien mal ! Les preuves acca­blantes sont légion : plus on s’oc­cupe de ce qu’ils font, au lieu de leur faire aveu­glé­ment confiance, plus on est scandalisé.

    Les per­sonnes « morales » (nom bien mal choi­si pour dési­gner, en droit, les entre­prises) semblent d’ores et déjà avoir pris l’as­cen­dant sur ces « repré­sen­tants » hors contrôle citoyen.

    Sau­rons-nous réagir ?

    Pas sûr :o(

    Réponse
  2. Candide

    Pour avoir tra­vaillé un peu dans ce domaine et dans celui de l’e-admi­nis­tra­tion (où il y aurait beau­coup à dire éga­le­ment), j’ai été conster­né par la confiance aveugle de mes col­lègues ingé­nieurs dans leurs réa­li­sa­tions. Cette confiance inébran­lable est géné­ra­le­ment fon­dée sur la sûre­té, au point de vue mathé­ma­tique, des algo­rithmes mis en oeuvre. Or, de mon point de vue, cela pro­cure au contraire une illu­sion de sécu­ri­té très dan­ge­reuse, si on met en pers­pec­tive l’ap­pa­ri­tion heb­do­ma­daire de nou­velles failles de sécu­ri­té dans les logi­ciels et les sys­tèmes soit-disant les plus fiables.

    En outre, la véri­fi­ca­tion humaine de l’in­té­gri­té des cal­culs et des pro­ces­sus est impos­sible, sauf, et dans cer­tains cas seule­ment, par quelques experts scien­ti­fiques. Le carac­tère public du dépouille­ment et par consé­quent le contrôle citoyen passent à la trappe défi­ni­ti­ve­ment. Mais j’ai consta­té d’ex­pé­rience que, dans les milieux pres­crip­teurs et les asso­cia­tions nor­ma­tives, la confiance béate (ou hypo­crite) dans l’in­failli­bi­li­té de la machine balaie tous les argu­ments de bon sens.

    Bon cou­rage…

    Réponse
  3. S.

    « Je cherche des idées pour rendre les cyber-consul­ta­tions véri­fiables par tous
    comme on cherche une lueur dans un tunnel. »

    Beau­coup de pistes de réflexions à par­tir du site 

    ordi​na​teurs​-de​-vote​.org recul​-demo​cra​tique​.org

    Entre autres, des exper­tises et des comptes ren­dus après des élec­tions élec­tro­niques dans divers pays (France, Bel­gique, États-Unis), et plein de références.

    S.

    Réponse
  4. Candide

    En dépit des réserves de bon nombre d’in­ter­ve­nants et notam­ment de la CNIL, il sem­ble­rait que là aus­si l’Eu­rope ait déjà pris la déci­sion à notre place :

    « L’i­ni­tia­tive « E‑Poll » vise à mettre en place des sys­tèmes de vote élec­tro­nique dans l’en­semble de l’UE à l’ho­ri­zon 2009. »

    voir : http://​www​.eur​ac​tiv​.com/​f​r​/​j​u​s​t​i​c​e​/​b​i​o​m​e​t​r​i​e​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​-​1​3​9​571.

    Réponse
  5. Etienne

    On se fout du monde…

    Le vote élec­tro­nique sera réin­tro­duit en Irlande

    « La récente démons­tra­tion de la faci­li­té avec laquelle les machines à voter Nedap peuvent être pira­tées n’empêchera pas le gou­ver­ne­ment Irlan­dais d’aller de l’avant avec le vote élec­tro­nique. Le ministre res­pon­sable des élec­tions en Irlande, Dick Roche, a décla­ré qu’à comp­ter de 2008 les élec­tions et réfé­ren­dums se feront avec les machines Nedap que le gou­ver­ne­ment irlan­dais avait lui-même reti­rées en 2004. (lire la suite…) »

    Lire aus­si les com­men­taires, le pre­mier est inté­res­sant : il évoque le redou­table pro­ces­sus intel­lec­tuel d’esca­lade d’en­ga­ge­ment (ten­dance natu­relle de l’au­teur d’une déci­sion ini­tiale à s’ac­cro­cher à cette déci­sion et à en rajou­ter, même si les faits montrent que c’est une erreur) que décrit bien Robert-Vincent Joule dans son inté­res­sant « Petit trai­té de mani­pu­la­tion à l’u­sage des hon­nêtes gens » (PUG, 2003).

    Réponse
  6. Étienne

    C’est pro­pre­ment incroyable que les gou­ver­ne­ments laissent des entre­prises pri­vées maî­tri­ser les machines à voter, incroyable…

    Un fabri­cant amé­ri­cain de machines à voter s’é­lève contre un documentaire

    « Une polé­mique oppo­sait mer­cre­di une entre­prise amé­ri­caine de machines à voter à une chaîne de télé­vi­sion qui doit dif­fu­ser un docu­men­taire dénon­çant le manque de fia­bi­li­té pré­su­mé de ces sys­tèmes, moins d’une semaine avant les élec­tions de mi-man­dat aux Etats-Unis.

    Dans une lettre envoyée mar­di à HBO, la firme Die­bold demande un droit de réponse au sujet du docu­men­taire « Hacking demo­cra­cy » (« Pira­ter la démo­cra­tie ») devant être dif­fu­sé pour la pre­mière fois jeu­di sur cette chaîne câblée.

    Die­bold affirme que ce pro­gramme est « truf­fé d’er­reurs fac­tuelles » et lui occa­sionne un pré­ju­dice, par­ti­cu­liè­re­ment en étant dif­fu­sé à cinq jours d’é­lec­tions lors des­quelles les Amé­ri­cains vont renou­ve­ler entre autres une par­tie de leur par­le­ment et de leurs gouverneurs.

    « Hacking demo­cra­cy » donne la parole à des groupes d’ac­ti­vistes oppo­sés au vote élec­tro­nique et qui assurent que les machines de Die­bold peuvent être pira­tées et les votes manipulés.

    L’en­tre­prise affirme déte­nir 35 à 40% du mar­ché des sys­tèmes de vote élec­tro­niques, eux-mêmes uti­li­sé dans envi­ron 40% des bureaux de vote amé­ri­cains. (…) » (lire la suite)

    Réponse
  7. Pierre Vandeginste

    Die­bold a ralé, mais le docu de HBO est pas­sé et repasse en rediff à donf. Le citoyen US com­mence à réa­li­ser l’am­pleur du scan­dale des machines à voter, qui ont sans doute per­mis l’é­lec­tion de Bush.

    Il faut se mobi­li­ser pour que ce genre de chose n’ar­rive pas en France, en Europe.

    L’in­for­ma­tique n’est tout sim­ple­ment pas une tech­no­lo­gie assez mûre pour que les citoyens – et ils sont seuls juges – puissent avoir confiance en elle. Tous les jours ils ont des preuves que la sécu­ri­té infor­ma­tique est une science bien jeune. Ils voient même que c’est sou­vent les filous qui gagnent. Qui a gagné, pour le moment, les spam­meurs ou les spammés ?

    La méfiance du citoyen de base envers l’in­for­ma­tique étant tout à fait jus­ti­fiée, il est gro­tesque d’es­sayer de le ras­su­rer. Un jour, peut-être, la tech­no­lo­gie per­met­tra de géné­rer de la trans­pa­rence, aujourd’­hui elle pro­duit sur­tout des boîtes noires.

    Or, ce dont la démo­cra­tie a besoin, c’est d’urnes trans­pa­rentes, pas de boîtes noires. C’est un infor­ma­ti­cien, pas­sa­ble­ment tech­no­phile par ailleurs, qui parle.

    Réponse
  8. Étienne

    « Vote élec­tro­nique : les inci­dents de sécu­ri­té se multiplient
    Aux Etats-Unis, aux Pays-Bas ou en Irlande, la sécu­ri­té des sys­tèmes de vote élec­tro­nique est remise en ques­tion. La fal­si­fi­ca­tion et la non confi­den­tia­li­té des votes ont été démon­trés. »

    http://​solu​tions​.jour​nal​du​net​.com/​i​m​p​r​i​m​e​r​/​0​6​1​1​/​0​6​1​1​0​3​-​s​e​c​u​r​i​t​e​-​m​a​c​h​i​n​e​s​-​v​o​t​e​.​s​h​tml

    La sécu­ri­té du vote élec­tro­nique poin­tée du doigt aux Etats-Unis 
    Une récente étude du Bren­nan Cen­ter for Jus­tice éta­blit un constat très cri­tique à l’é­gard des sys­tèmes de vote élec­tro­nique aux Etats-Unis. A quelques mois de deux scru­tins majeurs, les recom­man­da­tions suf­fi­ront-elles à ne pas réité­rer le scan­dale de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2000 ? 

    http://​solu​tions​.jour​nal​du​net​.com/​0​6​0​6​/​0​6​0​6​2​9​-​s​e​c​u​r​i​t​e​-​v​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​u​s​a​.​s​h​tml

    Réponse
  9. Sycilia

    L’e-vote est un piège dans lequel on tente de nous enfer­mer. En effet : pour­quoi l’e-vote ? Parce que c’est plus facile ? Allons, se dépla­cer jus­qu’au bureau de vote deux fois tous les 5 ans, ce n’est pas la mer à boire. Même une fois par semaine, ce ne serait pas bien com­pli­qué… Alors, pourquoi ?

    Il est impos­sible de savoir si la per­sonne qui vote est bien celle qu’elle pré­tend être avec l’e-vote. Les risques d’u­sur­pa­tion sont nom­breux. Les risques de pres­sions aus­si. Ima­gi­nez-vous à 19 ans, chez vos parents, ceux-ci regar­dant au des­sus de votre épaule pour qui vous votez. Vous vou­lez voter com­mu­niste mais vos parents sont d’ex­trême droite. Vous savez que s’ils vous savent com­mu­niste, vous devrez loger ailleurs, alors vous sachant observé‑e, vous votez extrême droite pour avoir un toit.

    Autre situa­tion, on vous oblige à voter pour une per­sonne pour laquelle vous ne vou­lez pas voter. On vous menace phy­si­que­ment. Vous ris­quez de voter à contre-coeur pour un par­ti pour lequel vous n’a­viez pas l’in­ten­tion de voter. Qui ira vérifier ?

    Troi­sième situa­tion : une per­sonne de votre entou­rage se fait pas­ser pour vous et vote à votre place en votre absence. Qui le sau­ra ? Comment ?

    La ques­tion a déjà été sou­le­vée, et les petits malins de l’UMP ont pen­sé à l’i­den­ti­fi­ca­tion bio­mé­trique et à l’aide de la carte INES. Mais un autre pro­blème se pose alors : que fait-on de la confi­den­tia­li­té du vote ?

    D’ailleurs qui s’oc­cupe du décompte ? Une machine ? Qui assure le bon fonc­tion­ne­ment de la machine ? Des tech­no­crates, des indus­triels ? Com­ment s’as­su­rer de leur honnêteté ?

    On a par­lé aus­si de l’o­pen source, mais qui s’y connaît suf­fi­sem­ment pour modi­fier un pro­gramme infor­ma­tique à part des informaticiennes/informatitiens. Per­son­nel­le­ment, je ne sais pas le faire, et je ne suis pas la seule !

    Bref, cas n° 4 : une per­sonne qui n’a pas Inter­net, pas d’or­di­na­teur, com­ment va-t-elle faire ? Va-t-elle devoir ache­ter un ordi­na­teur et s’a­bon­ner à un FAI pour pou­voir voter une fois tous les cinq ans ? Devra-t-elle se rendre dans un cyber-café et payer sa connexion pour aller voter ?

    Alors pour­quoi l’e-vote ? Pour faire plus branché‑e ? Plus hype ?? N’est-ce pas une moti­va­tion stu­pide com­pa­rée aux enjeux du droit de vote confi­den­tiel, sécu­ri­sé, et transparent ?

    Pour aider les petites vieilles, les petits vieux et les han­di­ca­pé-es ne pou­vant faire un dépla­ce­ment jus­qu’au bureau de vote ? D’une part les per­sonnes âgées seront per­dues avec l’e-vote. Elles arrivent déjà sou­vent à peine à envoyer un mail ! D’autre part, que dire de ces per­sonnes habi­tant dans des zones non cou­vertes ou mal cou­vertes par les FAI, dans des bleds pau­més, en haut de mon­tagne, et qui vont devoir sor­tir de chez elles, aller jus­qu’à la grande ville, qui par­fois est bien loin, pour trou­ver un cyber-café, se fami­lia­ri­ser péni­ble­ment avec l’in­for­ma­tique pour enfin voter ? On les aura fait se dépla­cer sur de plus longues dis­tances pour nos lubies pseu­do-moder­nistes et des inté­rêts qui nous dépassent sûrement.

    D’une part en prô­nant l’e-vote, on prône l’ac­cès au vote à une cer­taine caté­go­rie de la popu­la­tion, pas à la tota­li­té, d’autre part l’e-vote n’est pas sécu­ri­sé et s’il l’est il n’est plus confidentiel.

    Que devien­dront alors nos votes lors­qu’ils seront enre­gis­trés et iden­ti­fiés par la machine ? Com­ment pour­rons-nous être sûr-es qu’ils seront détruits et qu’il ne ser­vi­ront pas à nous ficher afin de nous écar­ter de votes ultérieurs ?

    Le gou­ver­ne­ment avait assu­ré qu’il consti­tue­rait un groupe char­gé de sur­veiller l’hon­nête dépouille­ment du vote, mais n’est-ce pas de lui, jus­te­ment, du pou­voir en place, que l’on peut craindre le plus les fraudes pour s’as­su­rer une nou­velle victoire ?

    Pour­quoi devrions-nous prendre des risques impor­tants ? Pour paraître modernes ? Le jeu en vaut-il vrai­ment la chan­delle ? N’a­vons-nous pas plus à perdre qu’à gagner ?

    Le vote tra­di­tion­nel dans les bureaux de vote reste à ce jour la meilleure option clai­re­ment trans­pa­rente, hon­nête, confi­den­tielle et neutre.

    Les Etats-Unis uti­lisent déjà l’e-vote, les résul­tats sont constam­ment tru­qués, faus­sés, et nous vou­drions faire pareil ? Mais tirons les leçons de ce qu’il se passe ailleurs. Ne fon­çons pas tête bais­sée vers le 1er mirage qu’on nous montre. D’au­tant que la chute risque d’être bien douloureuse…

    Réponse
  10. alain de nantes

    Ceux qui ont la chance d’a­voir un visage, des jambes, et de savoir encore regar­der autrui et lui sou­rire pour dire -« salut, citoyen incon­nu, je vois avec plai­sir votre visage des grands jours ! »- pour­quoi les pri­ve­rait-on de cette mani­fes­ta­tion qui consiste à se dépla­cer à la ren­contre d’au­trui pour y aller voter, à l’é­cole publique du coin ou à la « mai­son commune » ?

    Bien sûr, il y a les « cyber­ci­toyens », et tant mieux pour eux et leur intime convic­tion vir­tuelle, mais il faut aus­si ne pas oublier ce que nous sommes réel­le­ment, et rien de tel pour cela que de nous ren­con­trer sur la place publique pour y faire notre devoir, en y fai­sant « acte de présence ».

    Le temps que l’on prend pour voter, il est bien assez court !

    Pen­sons comme il serait aisé de tuer vir­tuel­le­ment les trois quarts de l’Hu­ma­ni­té, et comme cela rede­vient heu­reu­se­ment impos­sible de le faire en regar­dant en face sa vic­time désignée !

    Réponse
  11. kro.minet

    C’est pour­tant évident comme le nez au milieu de la figure :
    le prin­ci­pal inté­rêt poli­tique du vote ‘élec­tro­nique’ voire du vote inter­net est à terme la mani­pu­la­tion des élections.

    J’ai été témoin et acteur de la mise en place d’é­lec­tions pro­fes­sion­nelles par inter­net. Je pense que c’est une catas­trophe car cela repose UNIQUEMENT sur la « bonne foi » des employeurs, du pres­ta­taire de ser­vice qui fait l’é­lec­tion et des syn­di­cats … ça fait réflé­chir ! non ?

    Réponse
  12. alain de nantes

    La moder­ni­té ? oui !

    Un « click » ne fait pas la moder­ni­té, laquelle consiste à libé­rer du temps pour pri­vi­lé­gier les ins­tants « créatifs »…

    Un artiste « moderne » choi­sit « l’es­sen­tiel » vers lequel il « va », son art com­porte tou­jours la contra­dic­tion entre la fin et le moyen, et le « moyen » , s’il éco­no­mise le temps, lui per­met de « reperdre ce temps » …à la fin !

    Chaque « citoyen » doit se savoir co-créa­teur d’un des­tin collectif :

    Appuyer sur une touche pour faire « ça », sans le « droit à l’er­reur » que se réservent les peintres, les com­po­si­teurs, les sculp­teurs et les poètes, c’est uti­li­ser une arme tri­viale et expé­di­tive sans rémis­sion pos­sible : que les dieux, s’ils existent, nous en  » pré­servent », et s’il n’en existe pas, réin­ven­tons des « préservatifs » :

    Le droit d’hé­si­ter, de frois­ser, de jeter, et de rechoi­sir un autre bul­le­tin, afin de savoir qu’on a créé comme il se doit son « vote his­to­rique » !…et savoir qu’on peut par­ti­ci­per à « l’accouchement » :

    S’ins­crire pour le dépouille­ment et les sueurs des émo­tions de soi­rée électorale !

    …Enfin, sur­veiller « le bébé » pour qu’il ne soit pas volé !

    Réponse
  13. Teddy

    Ca parait un peu fou­toir, alors j’é­cris ici.

    J’aime beau­coup l’i­dée d’é­crire nous même une consti­tu­tion. Je m’ins­pire pas mal du sys­tème démo­cra­tique vénézuélien.

    J’es­père que les col­lec­tifs auront la bonne idée de pro­po­ser une consti­tu­tion euro­péenne afin de faire valoir leur planB

    Réponse
  14. j-jour

    Je suis d’un côté sou­la­gée de voir la posi­tion qui s’af­firme ici contre le vote élec­tro­nique, tant l’en­goue­ment d’E­tienne Chouard sur les pos­si­bi­li­tés de la « démo­cra­tie élec­tro­nique » me don­nait à pen­ser qu’il s’a­veu­gle­rait sur ce point, d’un autre, atter­rée de voir les pers­pec­tives euro­péennes qui se des­sinent, vers les­quelles vous pointez.

    Je n’ai pas chan­gé d’a­vis depuis que j’ai écrit ce qui suit sur mon blog, aler­tée par ce que je lisais sur des blogs amé­ri­cains concer­nant les cir­cons­tances des élec­tions qui avaient por­té Bush une nou­velle fois au pou­voir, bien loin de ce que pré­voyaient les son­dages à la sor­tie des urnes.
    http://j‑jour.over-blog.com/article-443180.html

    « Ne cèdons pas aux sirènes du vote élec­tro­nique : la démo­cra­tie se bri­se­rait à la moindre manipulation

    Un grand mal­heur se pré­pare si nous lais­sons s’é­tendre le vote électronique.

    C’est le lieu où toutes les mani­pu­la­tions d’ex­perts sont possibles.

    Nous avons pu apprendre qu’il était déjà en place dans cer­tains endroits de France pour le réfé­ren­dum du 29 mai.

    Je consi­dère comme inac­cep­table dans une démo­cra­tie le fait que n’im­porte quel citoyen lamb­da ne puisse plus par lui-même véri­fier sans autre connais­sance qu’un mini­mum de lec­ture et de cal­cul les résul­tats d’une élection.

    Si nous lais­sons pas­ser cela, nous n’au­rons plus aucun moyen d’empêcher qu’un fabri­cant de machines à voter ou un pro­gram­ma­teur de logi­ciel, ami ou mer­ce­naire des pou­voirs en place quel­qu’ils soient – de droite ou de gauche ou des extrêmes – s’ar­range, par une légère mani­pu­la­tion, pour fal­si­fier les résul­tats, d’au­tant plus si ceux-là étaient serrés.

    Si l’on consi­dère à quel point nous nous en remet­tons à l’in­for­ma­tique dans votre vie, il ne faut jus­te­ment pas remettre en cause la pre­mière et la der­nière liber­té qui fonde notre démo­cra­tie, le droit à cha­cun d’ex­pri­mer sa voix et le moyen simple comme un bul­le­tin de vote en papier pour y par­ve­nir : en avoir une trace, faci­le­ment comp­table et véri­fiable par chacun.

    Il faut s’at­tendre, ça a déjà com­men­cé, à ce que tous ceux qui y ont inté­rêt, finan­cier ou autres, riva­lisent d’in­gé­nio­si­té pour nous décrire comme enviables les pro­grès d’a­dap­ta­tion à notre époque de muta­tion du vote élec­tro­nique par rap­port à l’ar­chaïsme des pro­cé­dés de vote « en papier ».

    Tous les exemples comme le suc­cès du paie­ment en ligne de l’im­pôt vont être avancés.

    Cela n’a rien à voir. Vous avez pour les impôts la capa­ci­té de les vérifier.

    Pour le vote, comme il est et doit res­ter ano­nyme, il rejoint et se fond à des mil­lions d’autres. Per­sonne d’autres —que ceux qui détiennent le contrôle infor­ma­tique— ne pour­rait être en mesure de véri­fier les résultats.

    Il y a de forte chance que Mon­sieur Bush doive sa réélec­tion au fabri­cant des machines de vote qui avait dit qu’il ferait tout pour que Bush gagne. Incroyable, vous pensez ?

    Nous, tous les citoyens, sommes les seuls garants de la démocratie.

    Vous remet­tez ce pou­voir de contrôle des votes, vous remet­tez défi­ni­ti­ve­ment les clés de la démo­cra­tie à ceux qui contrôlent direc­te­ment ou indi­rec­te­ment les machines. »

    Réponse
  15. alain de nantes

    Entiè­re­ment de l’a­vis de » j‑jour »

    La moder­ni­té ne se défi­nit pas par le degré de délé­ga­tion consen­ti par l’hu­main à sa créa­tion tech­nique (ou autre):

    La moder­ni­té n’est « prou­vée » que dans le « ren­voi d’as­cen­seur effec­tué par cette « pro­duc­tion » au ser­vice de la réa­li­sa­tion de l’humain :

    c’est bien l’être social de chair et de sang qui « pro­gresse » dans son « deve­nir » (accom­plis­se­ment).

    Or, avec les der­nières évo­lu­tions scien­ti­fiques et tech­niques, « tout est pos­sible, et sur­tout son contraire » : rien, c’est-à-dire l’a­néan­tis­se­ment même de l’hu­main , sou­dain sans deve­nir digne de son passé.

    La convo­ca­tion par et pour « la socié­té », des indi­vi­dus pour les faire « deve­nir citoyens « res­pon­sables de cette « pro­duc­tion col­lec­tive » qu’est leur socié­té, doit res­ter un moment pri­vi­lé­gié du « retour d’as­cen­seur », dans lequel se pro­duit pour chaque indi­vi­du un ren­for­ce­ment de la « consis­tance de sa digni­té humaine » :

    doivent être convo­quées à la fois les tripes, les jambes et la pen­sée, car ce sont tous les tenants et les abou­tis­sants de « la pré­sence humaine » : jamais on ne sau­rait les aban­don­ner à une tech­nique « vir­tuelle ou autre » : avant même de res­pec­ter les sépul­tures, pen­sons à nous res­pec­ter comme vivants !

    Réponse
  16. Étienne

    Bon­jour mes amis,

    David Men­tré, un des ani­ma­teurs du pro­jet for­mi­dable inti­tu­lé « L’ex­pé­rience démo­cra­tique », a rédi­gé un texte bien intéressant :
    Vote élec­tro­nique et expé­rience démo­cra­tique (ver­sion 2).

    David va faire cette pré­sen­ta­tion à l’ENST Bre­tagne, à Brest, le 23 jan­vier pro­chain (vei­nards de bretons).

    Je vais deman­der à David et à ses amis de la liste de dif­fu­sion demexp de pas­ser par ici pour nous dire ce qu’ils pensent de nos échanges et de nos craintes. Ils ont peut-être connais­sance de solu­tions tech­niques pour nous ras­su­rer plei­ne­ment (en per­met­tant peut-être un contrôle fiable par tous les citoyens, à tout moment, du logi­ciel actuel­le­ment en route dans un bureau de vote).

    J’es­père que David aura un moment pour le faire car son exper­tise et sa bonne foi sont un gage de réflexion utile.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  17. kro.minet

    le pro­jet DEMEXP est un excellent exemple d’une
    FAUSSE bonne idée .

    Nous avons vu la démons­tra­tion que le PRINCIPE même du vote élec­tro­nique est CONTRAIRE au prin­cipe démo­cra­tique du contrôle de l’é­lec­tion par l’électeur …

    ALLEZ LEUR JETER des TOMATES mar­di 23 !!!
    et du pois­son pas frais

    Réponse
  18. Étienne

    Cher Kro.minet,

    je vous trouve un peu… expé­di­tif :o)

    Si vous m’a­vez bien lu, vous avez bien com­pris mon extrême vigi­lance à l’en­contre du vote élec­tro­nique, et mon refus clair et net, aujourd’hui.

    Mais on peut res­ter intel­lec­tuel­le­ment ouvert en consi­dé­rant l’en­jeu immense que serait l’ex­pres­sion fidèle (enfin !) de la volon­té géné­rale, sur tous les sujets et à tout moment.

    Ce n’est pas parce que le pré­cieux « contrôle du vote par tous » n’est pas pos­sible actuel­le­ment qu’il ne sera jamais possible.

    En tout cas, moi, je garde l’es­poir et je reste curieux, tant que les acteurs me paraissent de bonne foi.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  19. j-jour

    De bonne foi ?

    Qui en juge ? Qui a les moyens d’en juger ?

    J’ai fait une visite rapide sur le lien que vous don­nez, Etienne Chouard.

    Il est mis en exergue que le « code source, libre, serait acces­sible » à tous.

    Qui sont ceux qui savent ce qu’est « un code source », déjà ?

    Qui sont ceux qui savent si cela est une garan­tie suf­fi­sante ? Il sem­ble­rait d’ailleurs que cela est loin d’en être une, mais là, quand on n’est pas expert, on est obli­gé pour le savoir de se tour­ner vers des gens au cou­rant de l’informatique.
    Pour moi, c’est déjà un amoin­dris­se­ment du libre arbitre.

    Très cor­dia­le­ment.

    Réponse
  20. Laurent_K

    D’ac­cord avec j‑jour. Il y a tel­le­ment de pos­si­bi­li­tés de dis­si­mu­ler avec l’élec­tro­nique que c’en est effrayant : modi­fier le code du pro­gramme en douce, tru­quer la conso­li­da­tion des chiffres, intro­duire une erreur de cal­cul à un endroit…

    Avec le vote tra­di­tion­nel, il faut beau­coup de com­pli­ci­tés pour tru­quer les résul­tats dans tout le pays. Avec le vote élec­tro­nique, il suf­fit de quelques bidouilleurs intro­duits aux bons endroits. Le prin­cipe est vrai­ment trop dangereux.

    L’in­for­ma­tique apporte plein de choses posi­tives mais le vote élec­tro­nique n’en fait pas partie.

    Réponse
  21. kro.minet

    bon­jour,

    Le pro­blème évident vient du fait que quelque soit sa mise en oeuvre le vote élec­tro­nique se fait par un moyen tech­nique et cette tech­ni­ci­té implique auto­ma­ti­que­ment une expertise …

    Sans comp­ter avec la mau­vaise foi des inter­ve­nants , par exemple elec­tion-europe a réfu­té la pos­si­bi­li­té d’une inter­cep­tion d’une élec­tion par le pro­cé­dé ‘man-in-the-middle’ très clas­sique (il y a même des offres com­mer­ciales pour mettre ce type de tech­no­lo­gie comme « pro­tec­tion » des entre­prises) car deman­dant une exper­tise tech­nique tel­le­ment éle­vée que peu probable …

    Quand au controle du code source , c’est une illusion …

    Mais le vrai pro­blème résulte tou­jours de la mise en oeuvre ; il n’y a qu’a voir le vote papier ou on a fini par impo­ser les urnes transparentes .…

    Réponse
  22. NingúnOtro

    L’en­ne­mi numé­ro un des élec­tions démo­cra­tiques, c’est l’obscurité …

    Même si les alarmes sonnent main­te­nant autant plus fortes vis à vis du vote élec­tro­nique, les pos­si­bi­li­tés de mani­pu­la­tion des élec­tions ont tou­jours été la, avec les élec­tions a bul­le­tin de papier. Il y a des moyens pour ache­ter ou autre­ment condi­tion­ner le vote de cha­cune des per­sonnes sur les­quelles on a quelque sorte d’in­fluence, que celle-ci soit paren­tale, éco­no­mique, une menace à l’in­té­gri­té de la per­sonne, leur doci­li­té envers la pro­pa­gande, etc. De même ce genre d’in­fluence peut aus­si être uti­li­sée avec les per­sonnes char­gées des tables au moment de l’é­lec­tion pour mani­pu­ler plu­sieurs votes. Après ça, des urnes, même trans­pa­rentes, peuvent dis­pa­raître sélec­ti­ve­ment la ou les oppo­sants du mal­fai­teur sont plus pré­sents que ses sim­pa­ti­sants. Tout ça peut se faire avec le vote sur papier pour rien que les auto­ri­tés « com­pé­tentes » aient plus d’in­té­rêt a vali­der un résul­tat plu­tôt que l’autre et puissent décré­ter que toutes ces tri­che­ries sont insuf­fi­santes pour inva­li­der le résul­tat (sup­po­sant que celui-ci leur soit favo­rable, évidemment).

    La seule rai­son pour qu’on veuille bien accep­ter l’obs­cu­ri­té, c’est pour garan­tir autant que c’est pos­sible la sécu­ri­té et l’in­té­gri­té de chaque citoyen qui vote. En effet, c’est la sécu­ri­té rela­tive de ne pas pou­voir être signa­lé comme votant une cer­taine option poli­tique ce qui rend pos­sible que quel­qu’un puisse voter des options contraires a celles de ceux qui détiennent le pou­voir et peuvent punir de quel­conque forme la « trahison ».

    C’est bien pour cette rai­son, et aucune autre, que le vote est secret, et je suis d’ac­cord avec ça tant que voter une seule des options pré­sentes a l’é­lec­tion puisse consti­tuer une menace a l’in­té­gri­té de la per­sonne qui vote.

    Mais …

    Sup­po­sant nos démo­cra­ties assez mûres pour que le sens d’un vote per­son­nel dans unes élec­tions ne soit plus une menace a l’in­té­gri­té phy­sique ni autre de la per­sonne (et elle est bien assez mûre pour vou­loir intro­duire mas­si­ve­ment le vote élec­tro­nique 😉 ), quel inté­rêt avons nous a ce que le vote reste secret ?

    Si nous pen­sons que c’est trop sup­po­ser … alors res­tons avec des élec­tions sur papier avec le suf­frage uni­ver­sel secret.

    Si nous fai­sons confiance a nos démo­cra­ties en ce sens … alors nous pou­vons pas­ser a des élec­tions élec­tro­niques au suf­frage uni­ver­sel PUBLIC.

    Au lieu d’a­jou­ter a l’obs­cu­ri­té des élec­tions tra­di­tion­nelles les com­pli­ca­tions néces­saires pour garan­tir cette obs­cu­ri­té dans les élec­tions élec­tro­niques, et de même faire pos­sible tout un tas de mani­pu­la­tions impos­sibles de contrô­ler, pas­sons direc­te­ment a la claireté …

    Si nous fai­sons de chaque élec­tion un évent public, ou cha­cun dépose un cer­ti­fi­cat élec­tro­nique avec son vote authen­ti­fiée dans une urne élec­tro­nique elle aus­si publique …

    Cha­cun pour­ra contrô­ler en tout moment que son cer­ti­fi­cat est bien la et inal­té­rée, et cha­cun pour­ra faire la somme et le dépouille­ment de tous les cer­ti­fi­cats présents.

    Bien sur, il-y-aurait encore des com­pli­ca­tions a tenir en compte, mais elles seraient bien autres que celles qui nous pré­oc­cupent aujourd’hui.

    Réponse
  23. alain de nantes

    Inter­net prouve chaque jour tout et son contraire : c’est un for­mi­dable moyen de « com­mu­ni­ca­tion », mais c’est aus­si le plus dan­ge­reux moyen d’incompréhension :

    Tout le tra­vail d’en­quête res­pec­tueux d’une déon­to­lo­gie, d’une méthode, ou d’une science, est by-pas­sé par le n’im­porte quoi, ren­du pos­sible au même rang de « puis­sance médiatique » :

    Dan­ger ! Quand on peut accé­lé­rer la course d’un trou­peau de plus en plus prompt à prendre des ves­sies pour des lan­ternes, le pire devient probable !

    Qu’on uti­lise Inter­net pour réflé­chir cal­me­ment, oui, mais on peut aus­si y pro­pa­ger des infor­ma­tions fausses qui, comme les virus, ont des effets puissants.

    « Mesu­rer la volon­té majo­ri­taire d’un peuple grâce à Inter­net », c’est du délire, car il faut être intoxi­qué par le consu­mé­risme pour confondre « volon­té d’un peuple » et expres­sion par un clic :

    La « volon­té » sup­pose bien plus que la dési­gna­tion d’un objet « choi­si » comme une mar­chan­dise dans un éta­lage où les « conte­nus poli­tiques » sont des « offres », et où la « demande » est pré­con­di­tion­née à l’in­su du « consommateur ».

    N’al­lons pas si vite en besogne pour défi­nir « la volon­té générale » :

    C’est un leurre !

    Réponse
  24. Étienne

    Bon­jour Alain,

    On a bien com­pris que vous pré­fé­rez la volon­té des par­tis — pro­ba­ble­ment mieux struc­tu­rée et plus paci­fiée à votre goût, vous nous direz — à celle, mul­ti­forme et incon­trô­lable, des hommes libres de tout par­ti : c’est votre droit le plus strict.

    Vous trou­vez « débile » de déter­mi­ner la volon­té géné­rale en deman­dant leur avis direc­te­ment aux citoyens, sim­ple­ment, mais cette « débi­li­té » reste à démon­trer. Auriez-vous peur du peuple, cher Alain, comme les poli­ti­ciens de l’UMPS ? J’ai du mal à y croire.

    ;o)

    Pour ma part, j’ob­serve que les par­tis, tous autant qu’ils sont, nous empêchent de fra­ter­ni­ser, ins­ti­tu­tion­na­lisent l’af­fron­te­ment, vivent de cet affron­te­ment en quelque sorte, bloquent nos échanges indi­vi­duels pour des rai­sons rele­vant de sor­dides logiques d’ap­pa­reil, sub­sti­tuent leur volon­té à la nôtre, imposent une « dis­ci­pline » à notre pen­sée d’hommes libres, et je regimbe de plus en plus, comme 70% des citoyens du pays d’ailleurs qui ne font plus aucune confiance aux partis.

    Lisez le texte que je viens de dac­ty­lo­gra­phier pour vous, extrait de l’ad­mi­rable petit livre de Simone Weil : « Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques » (éd. Cli­mats, 2006), c’est ici : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​2​3​7​0​#​p​2​370

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  25. alain de nantes

    Bon­soir Etienne,

    Les par­tis reflètent, (« hélas », dirais-je, pour ten­ter de par­ta­ger avec vous quelque sen­ti­ment commun…)qu’on le veuille ou pas, des cli­vages sociaux bien incon­tour­nables, (paur ne plus dire « classes sociales », si cela effraie les âmes sensibles).

    Sup­pri­mons l’UMP, res­te­ra un MEDEF, offi­ciel ou clandestin !

    (sup­pri­mons le PCF, res­te­ra « une conspi­ra­tion des égaux » sous une forme ou sous une autre !)

    Ne pas don­ner de « visi­bi­li­té » aux par­tis, (et exi­ger d’eux des sta­tuts conformes à une consti­tu­tion écrite par et pour le peuple, etc…), c’est comme la « pro­hi­bi­tion » : il fau­dra reve­nir à des « essais » râtés de notre His­toire, avec le bou­cher Thiers tra­quant les com­mu­nards : « chas­sez le naturel… »

    Les grou­pe­ments occultes exis­te­ront, et avec leur opa­ci­té, la clan­des­ti­ni­té, la sus­pis­cion, l’in­ter­dic­tion des réunions à plus de 3 per­sonnes, sus­pec­tées de recréer un « par­ti » (un secré­taire, un tré­so­rier, un propagandiste…le ministre de l’in­té­rieur du « régime sans par­tis intal­le­ra des écoutes télé­pho­niques chez mr Chouard, ce conspi­ra­teur du « nonisme »…etc…)

    soyons clairs : pour que les citoyens s’in­té­ressent à la poli­tique comme on s’in­té­resse à toute acti­vi­té cultu­relle, il faut non pas des « pro­fes­sion­nels », mais au moins des « asso­cia­tions auto­ri­sées », qui rendent compte devant tous, au grand jour, de leurs activités.

    Nous avons des par­tis bour­rés de défauts, qui reflètent bien l’é­tat malade de notre société :

    Il faut chan­ger les choses pour chan­ger leur reflet, mais le reflet reste néces­saire pour que la socié­té puisse « se regar­der » : si je suis trop gros, je ne casse ni le miroir ni la balance…c’est vrai qu’il faut se poser des ques­tions quant au phé­no­mène des « miroirs défor­mants » : tout-à-fait d’accord !

    Réponse
  26. alain de nantes

    une socié­té réduite au calme plat est morte, ce n’est qu’une socié­té fan­tome, une « vue de l’es­prit », qui sans doute, à force de s’in­ven­ter ses propres images, finit par croire, comme on croit en un Dieu, que « l’es­prit existe avant la matière »…

    …La « matière », elle, elle bout, elle bouillonne, c’est un bouillon de culture, et s’y affrontent des forces contraires : dans cet « enfer », bout …l’es­prit, enfant né dans les dou­leurs maté­rielles et qui se croit « premier ».

    « la volon­té géné­rale » est une vue de l’es­prit, heu­reuse, car elle nous incite à « la cher­cher »…Mais jus­te­ment, c’est dans cette recherche jamais satis­faite qu’un cer­tain « pro­grés » est possible :

    Comme la ligne d’ho­ri­zon, « la véri­té » s’é­loigne quand on croit l’at­teindre, mais le pire c’est de croire au mirage et de crier « Terre » alors qu’on est perdu.

    Bien sûr, Rous­seau et les « lumières » ont inven­té le Nord et des points car­di­naux pour un huma­nisme ouvert aux savoirs.

    Mais il serait bien triste de reve­nir à leur point de départ : ramons encore un peu : la fin du monde n’a pas sonné !

    Tout çà pour dire, « sans illu­sion », qu’ il y a une « éthique » du rameur : il faut entre­nir le doute qui donne envie de le dépas­ser « vrai­ment » : qu’y a‑t-il qui soit « la réa­li­té » , sous nos rames ?

    « homme libre tou­jours tu ché­ri­ras la mer
    La mer est ton miroir.. »

    ce que l’on voit se mani­fes­ter sous forme de « par­tis », il se mani­fes­te­rait sous d’autres formes, et l’His­toire foi­sonne d’exemples de guerres civiles sans par­tis réel­le­ment formés :

    le désordre est l’é­tat natu­rel, il faut bien s’or­ga­ni­ser pour y tra­cer des beaux pro­jets, « contra­dic­toires » mais pas for­cé­ment mor­tel­le­ment antagoniques.

    L’har­mo­nie est un rêve, s’y croire faci­le­ment et « direc­te­ment  » ren­du, c’est un cauchemar !

    (notre « rêve euro­péen » est aujourd’­hui ce cauchemar!)

    Réponse
  27. alain de nantes

    Etienne, déso­lé, mais si vous avez « com­pris que je pré­fère la volon­té des par­tis… » vous ne m’a­vez pas com­pris, et si vous me faites trai­ter de « débile » le fait de « deman­der direc­te­ment leur avis aux citoyens », encore moins.

    Si j’en suis à lire les lec­tures que vous aimez, à suivre la pro­gres­sion de votre entre­prise sur « votre  » site, c’est pas pour vous trai­ter de débile.

    Si je reviens vous voir de temps à autres, c’est bien que je viens « cher­cher direc­te­ment des avis » (contraires, mais utiles).

    Ceci dit, il faut bien qu’on appelle « volon­té géné­rale » ce qui sort des consul­ta­tions, mais pour moi, l’im­por­tant est que tout le monde ait pu réflé­chir par soi même sans être per­du dans une absence de l’in­for­ma­tion néces­saire, fata­le­ment venue aus­si d’autrui.

    Les gou­ver­nants sont prompts à agir en ver­tu d’une soi-disant « volon­té géné­rale » qui n’est au mieux qu’un « consen­sus mou », obte­nu grâce à la manoeuvre de « miroirs  » sug­gé­rant « l’é­tat de l’o­pi­nion » (les son­dages pour auto-sug­ges­tion­ner et endor­mir le peuple).

    Pour qu’il y ait éveil de l’es­prit cri­tique, il faut que de dif­fé­rents « points de vue » (ini­tiaux, iden­ti­taires, pas « sacrés »…)soient posées les ques­tions, et si pos­sible, celles que pose « la réalité ».

    Ces points (de vue), ces « posi­tions d’o­ri­gine », elles sont « pola­ri­sées », et je suis pour un « monde mul­ti­po­laire » (c’est cela ma seule « soif de par­tis », d’où « par­tir » à la ren­contre des « autres », pas for­cé­ment des enne­mis à abattre!).

    On com­prend (de « mon » point de vue ), que les gou­ver­nants pré­sents et à venir rêvent d’un monde sans « les autres », ces dif­fé­rents « par­tis » qui empêchent de dire trop vite : le Géné­ral Untel a convo­qué « la volon­té géné­rale » (comme tend ces temps-ci à le dire notre cher Michel Onfray…)

    Réponse
  28. Étienne

    Vote 100% élec­tro­nique à Issy les Mou­li­neaux : ce serait iVo­tro­nic d’ES&S

    « À Issy-les-Mou­li­neaux (France 92130), les citoyens n’au­ront pas le choix lors des élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives de 2007, ce sera vote élec­tro­nique obli­ga­toire.

    Étant moi-même Isséen et sui­vant la ques­tion du vote élec­tro­nique, j’ai com­men­cé à dis­cu­ter avec les élus de ce point.

    La solu­tion tech­nique rete­nue devrait être l’or­di­na­teur de vote iVo­tro­nic de la socié­té amé­ri­caine ES&S, déjà connu pour divers pro­blèmes dans le pas­sé (la liste est effrayante).

    Les ques­tions de manque de trans­pa­rence, de fia­bi­li­té, de véri­fia­bi­li­té et de recomp­tage impos­sible appa­raissent rapi­de­ment lorsque l’on s’in­té­resse au vote électronique. (…) »

    Lire la suite là : http://linuxfr.org/~Oumph/23631.html.

    Vous pour­rez lire dans la dis­cus­sion qui suit cette infor­ma­tion, une péti­tion alle­mande qui pro­teste éner­gi­que­ment contre les machines à voter.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  29. David Mentré

    Bon­jour à tous,

    Étienne m’a­vait signa­lé ce forum et deman­dé d’y inter­ve­nir pour y appor­ter notre contri­bu­tion. Je le fais main­te­nant, avec un peu de retard.

    L’ex­pé­rience démo­cra­tique uti­lise le vote élec­tro­nique, mais ce n’est pas pour nous une fin en soi. Nous uti­li­sons le vote élec­tro­nique parce qu’il per­met un vote rapide, donc faci­lite la prise de déci­sion sur un nombre plus large de sujets. De plus, on peut uti­li­ser des pro­cé­dures de vote par­ti­cu­lières (comme le vote Condor­cet) qui faci­litent l’é­mer­gence d’une meilleure syn­thèse. Le vote élec­tro­nique est un outil pour une démo­cra­tie directe (ou moins indirecte).

    Je suis d’ac­cord avec les argu­ments de ceux qui disent qu’au final, ce sera très dif­fi­cile (voire impos­sible) d’a­voir les mêmes garan­ties que le vote papier avec un vote élec­tro­nique. Mais pen­ser que le vote élec­tro­nique peut être utile ne veut pas dire que le vote élec­tro­nique doit être uti­li­sé en toutes cir­cons­tances ni n’im­porte com­ment. On peut par­fai­te­ment ima­gi­ner que le vote élec­tro­nique soit uti­li­sé pour prendre des déci­sions cou­rantes alors que le vote papier est réser­vé aux déci­sions fon­da­men­tales qui bou­le­versent la socié­té. Oui, je sais, il n’est pas tou­jours facile de faire la part entre les deux. 🙂

    Par ailleurs, ce n’est pas parce que les four­nis­seurs actuels de solu­tion de vote élec­tro­nique ne font pas les choses sérieu­se­ment que on ne peut pas s’at­ta­quer avec soin au pro­blème. Il faut être ratio­nel : s’il y a un pro­blème il doit y avoir une solu­tion. Après, à la socié­té d’é­va­luer le coût de cette solu­tion et de faire ses choix.

    D’autre part, pour envi­sa­ger la sécu­ri­té d’un sys­tème, il faut l’en­vi­sa­ger dans sa glo­ba­li­té, et la par­tie élec­tro­nique du vote n’est qu’un petit élé­ment au sein d’un ensemble plus large où peuvent être inté­grés des contre-pou­voir et vérifications.

    Pour prendre un exemple simple, qu’est-ce qui nous assure que le décompte effec­tué par le Minis­tère de l’In­té­rieur est cor­rect ? Et bien c’est la publi­ca­tion des résul­tats inter­mé­diaires (bureaux de vote, com­mune, pré­fec­ture, région) et la véri­fi­ca­tion de ces résul­tats inter­mé­diaires par cha­cun des inter­ve­nants, ain­si que la véri­fi­ca­tion que la somme totale est cor­recte. On peut conce­voir des sys­tèmes, élec­tro­niques ou pas, qui ont ces propriétés.

    Enfin, la recherche avance et pour­ra peut-être pro­po­ser des solu­tions inté­res­santes. Par exemple, Ronald L. Rivest a pro­po­sé en 2006 un algo­rithme de vote élec­tro­nique sans chif­fre­ment, donc sans mathé­ma­tiques com­plexes. Mal­heu­reu­se­ment, sa méthode n’est pas par­faite (des failles ont été trou­vées) mais il est pos­sible qu’à l’a­ve­nir une solu­tion satis­fai­sante soit trouvée.

    Pour conclure, les membres de l’ex­pé­rience démo­cra­tique (en tout cas les actuels 😉 sont contre le vote élec­tro­nique tel qu’il est fait actuel­le­ment, mais ne sont pas contre par prin­cipe. Ils pensent que, bien fait, le vote élec­tro­nique peut appor­ter des avan­tages avec un dan­ger rai­son­na­ble­ment maîtrisé.

    Ami­ca­le­ment,
    david

    Réponse
  30. alain de nantes

    Aux « folles jour­nées » à nantes, les publics les plus divers ont afflué, cer­tains éta­blis­se­ments sco­laires en firent pro­fi­ter des enfants vrai­ment « pas riches », mais mon pro­pos concerne mon « oppo­si­tion de prin­cipe » au vote elec­tro­ni­que­ment modifié :

    Voir jouer le pia­niste, devi­ner sa res­pi­ra­tion, éprou­ver une émo­tion artis­tique, décou­vrir une « exacte véri­té » humaine, c’est rare, « on y a droit » !

    Je suis pour comp­ter les votes blancs, mais pour comp­ter aus­si les bul­le­tins tou­chés par « la main de l’homme », et je suis pour « tou­cher du doigt » la vic­toire d’une démarche démo­cra­tique en étant asso­cié « si je veux » , au dépouille­ment : c’est mon féti­chisme démo­cra­tique et je reven­dique la per­pé­tua­tion qua­si reli­gieuse de ce rituel !

    voi­là, et je mour­rais pour gar­der ce droit comme pour un « devoir de mémoire » !

    Réponse
  31. j-jour

    Je viens répandre sur ce blog mon épou­vante à la lec­ture d’un mes­sage sur le blog de Jean­Luc Mélen­chon à la suite d’un article sur José Bové, qui laisse entendre qu’il y aurait eu  » …l’introduction a marche for­cée, des machines à voter élec­tro­niques qui concernent aujoud’hui près d’1,2 mil­lion d’électeurs inscrits ? »
    Inter­ven­tion de Vla­di­mir Komar :
    http://​www​.jean​-luc​-melen​chon​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​b​l​o​g​v​i​e​w​/​1​8​0​/​1/1

    Quel­qu’un en sau­rait-il plus ici ?

    Car si c’est vrai, et sachant qui est en charge de l’or­ga­ni­sa­tion des élec­tions, je crains que les prin­cipes de Bush et de ses sup­por­ters (ou plu­tôt leur absence) ne fassent des émules dans notre pays.

    [Chan­tal Engue­hard affirme qu’il y a déjà un petit mil­lion de voix qui sont col­lec­tées par voie élec­tro­nique et que ça aug­mente sans arrêt, sans débat. Il faut lire son rap­port adresse dans le billet de départ, en haut de cette page). ÉC]

    Réponse
  32. Vladimir

    Nous savons tous l’hypocrisie du CSA qui favo­rise l’industrie des medias contre le débat citoyen.

    Quand ver­rons-nous une réac­tion col­lec­tive, cou­rant mars, visible contre cette mani­pu­la­tion (manif) ?

    La pas­si­vi­té des par­tis les rend com­plices (comme sur les machines à voter) et pré­pare une abs­ten­tion massive.

    Je rajoute que fin mars, après clô­ture des par­rai­nages et exclu­sion des can­di­dats de tous bords, une mani­fes­ta­tion natio­nale immé­diate s’impose.

    Réponse
  33. Étienne

    « Le vote élec­tro­nique débarque en cachette pour les pré­si­den­tielles : arnaque ? »
    par Car­lo Revel­li, sur AGORAVOX :
    http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​1​6​891

    Il faut voir cette vidéo édi­fiante et la faire connaître largement.

    Il faut se rendre à l’é­vi­dence : nos soi-disant « repré­sen­tants » sont plus dan­ge­reux que jamais.

    Réponse
  34. Étienne

    Encore un article inté­res­sant sur le sujet des machines à voter, lié cette fois au vote pré­fé­ren­tiel (le très sédui­sant vote à points) :

    « Pour un pre­mier tour au suf­frage pondéré »
    par Bay­ro­lien sur Ago­ra­vox :

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​o​u​r​-​u​n​-​p​r​e​m​i​e​r​-​t​o​u​r​-​a​u​-​s​u​f​f​r​a​g​e​-​1​8​129

    Deux machines pour voter ; une astuce à creuser ?

    Réponse
  35. echarp

    Bon­jour tout le monde,

    Je m’in­té­resse à la démo­cra­tie par inter­net depuis 1998, et je code les idées qui me sont venues, notam­ment en par­le­ment par­le­ment (forum et mai­ling liste à la fois, où on peut pro­po­ser et voter, et où on pour­ra délé­guer ses votes).

    La sécu­ri­té, c’est clair, est le point le plus impor­tant de cette démo­cra­tie. En ver­sion papier on y consacre d’ailleurs beau­coup d’éner­gie. Mais je pense que l’on peut en fait obte­nir encore plus de confiance en uti­li­sant les facul­tés de copie que nous offre le net.

    En gros : les votes sont de l’in­for­ma­tion, la dupli­quer revient qua­si­ment à rien. On peut en fait ima­gi­ner que cha­cun puisse décomp­ter et sur­tout suivre indi­vi­duel­le­ment, chaque vote de chaque élection.

    Ce sys­tème peut être très simple, moi je m’o­riente vers une implé­men­ta­tion sous forme de ser­veurs P2P. C’est-à-dire que les pro­po­si­tions et les votes réa­li­sés sur un ser­veur sont aus­si­tôt pro­pa­gés sur d’autres serveurs.

    La pro­pa­ga­tion que déjà j’u­ti­lise, passe par de simples mails. Simple et effi­cace. Qui per­met à tous ceux qui uti­lisent le net d’intervenir.

    En plus, il existe une vieille tech­no­lo­gie éprou­vée : les signa­tures PGP. Cela per­met d’as­su­rer l’in­té­gri­té de ces mails. La liste élec­to­rale pour­rait ne conte­nir qu’une liste de clés publiques.

    Bien sûr, oui, il y a un pro­blème, un gros pro­blème, l’a­no­ny­mat. Car cette confiance, qui passe par le tra­çage de chaque vote indi­vi­duel­le­ment, implique un bien moindre ano­ny­mat que celui dont nous béné­fi­cions actuel­le­ment. Car, comme l’ont dit cer­tains sur ce forum, en fait, l’urne ajoute une forme d’obs­cu­ri­té au vote, retire de l’in­for­ma­tion. Or, sur le net, l’in­for­ma­tion est presque impos­sible à bloquer !

    Mais ce que je mets en avant, c’est que l’on peut faire confiance à un sys­tème basé sur inter­net, car il per­met une trans­pa­rence jamais éga­lée.

    Pour rajou­ter de l’a­no­ny­mat, donc cacher de l’in­for­ma­tion, et bien il y a des moyens, qui peuvent aller du plus simple au plus com­pli­qué, mais qui sont dif­fé­rents de la simple pro­blé­ma­tique de confiance. Par exemple, un ges­tion­naire de liste élec­to­rale peut don­ner aux votants des pseu­dos. Ces ges­tion­naires pour­raient être des per­sonnes de confiance choi­sies par chaque votant, et qui gar­de­raient au péril de leur vie la liste des rela­tions votants/pseudos 🙂 Cha­cun pour­rait être un des ces ges­tion­naires, l’im­por­tant étant de gérer une liste suf­fi­sam­ment longue pour s’as­su­rer que tous ceux qui sont des­sus ne votent pas pour les même choses.

    Réponse
  36. philippe magdelenat

    Bon­jour Étienne,

    je com­mence à par­ta­ger quelques idées avec toi sur les excès de pou­voir liés au sys­tème repré­sen­ta­tif (qui pour­rait être lar­ge­ment amé­lio­ré par des modi­fi­ca­tions simples de la consti­tu­tion actuelle).

    La cam­pagne pré­si­den­tielle laisse peu de place à l’espoir.

    Tou­te­fois que penses-tu du pro­gramme de Fran­çois Bay­rou et notam­ment de sa posi­tion sur l’UE : il pro­met un nou­veau réfé­ren­dum en 2009 http://​www​.bay​rou​.fr/ ?

    Son élec­tion ne serait-elle pas l’oc­ca­sion de faire sau­ter les ver­rous ?… en sanc­tion­nant le sys­tème actuel dont les dignes repré­sen­tants sont Sar­ko­zy et Royal ?

    Ima­gine que ni l’un ni l’autre ne soient au second tour.

    Ne serait-ce pas un mes­sage fort et incontournable ?

    Bien cor­dia­le­ment.

    Réponse
  37. cooli

    Mer­ci Philippe,

    Je n’a­vais pas consi­dé­ré Bay­rou jus­qu’à pré­sent ; cer­taines de ses pro­po­si­tions (« pro­messes » devrais-je plu­tôt dire, http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​ns/) sont inté­res­santes et vont d’une cer­taine manière (bien que réduite) dans la direc­tion de la pro­blé­ma­tique d’É­tienne, qui m’est chère :

    - début de réflexion sur le RIP
    http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​c​i​t​o​y​e​n​n​e​t​e​.​h​tml

    - non au cumul des man­dats (mais seule­ment pour l’assemblée)
    http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​c​u​m​u​l​-​m​a​n​d​a​t​s​.​h​tml

    - nou­veaux modes de scru­tin pour l’assemblée
    http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​e​l​e​c​t​i​o​n​-​m​o​d​e​s​-​s​c​r​u​t​i​n​.​h​tml

    - recon­nais­sance du vote blanc
    http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​v​o​t​e​-​b​l​a​n​c​.​h​tml

    - réaf­fir­mer la sépa­ra­tion des pou­voirs (6ème république)
    http://​www​.bay​rou​.fr/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​s​i​x​i​e​m​e​-​r​e​p​u​b​l​i​q​u​e​.​h​tml

    Qu’en pen­sez-vous, Étienne et tous ?

    Fausses pro­messes ? ou Bay­rou serait-il un can­di­dat plus por­teur pour nos idées et reven­di­ca­tions ? (c’est vrai qu’il reste dans la logique des partis…)

    Réponse
  38. cooli

    Mon pré­cé­dent com­men­taire était com­plè­te­ment hors du sujet « vote électronique ».
    J’es­saye de rat­tra­per un peu donc 😉

    L’Es­to­nie semble avoir un vote élec­tro­nique en place depuis 2005
    (http://​www​.zdnet​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​i​n​t​e​r​n​e​t​/​0​,​3​9​0​2​0​7​7​4​,​3​9​3​6​7​5​2​4​,​0​0​.​h​t​m​?​x​t​o​r​=​E​P​R​-​100) ; il serait inté­res­sant d’a­voir plus d’in­for­ma­tion sur les débats qui ont lieu sur cette déci­sion et sur sa mise en place ain­si que son implé­men­ta­tion et ses résul­tats pra­tiques. Je m’en vais cher­cher plus d’info…

    Réponse
  39. Étienne

    Cher Phi­lippe,

    Compte tenu de leur posi­tion confir­mée sur le TCE, je n’ac­corde AUCUNE confiance aux trois res­pon­sables poli­tiques qui me pro­mettent monts et mer­veilles et… qui vont m’im­po­ser l’U­nion Euro­péenne telle que je l’ai désor­mais décou­verte : impuis­sance des citoyens, irres­pon­sa­bi­li­té des acteurs, confu­sion des pou­voirs dans les mains des exé­cu­tifs, dépen­dance des juges, chô­mage ins­ti­tu­tion­na­li­sé par une poli­tique moné­taire abjecte impo­sée (« spé­ciale ren­tier » : anti-infla­tion garan­tie à vie), etc. La coupe est pleine, il faut être cohé­rent. Je ne peux pas don­ner de la force à quel­qu’un qui m’emprisonne en douce, même s’il a les yeux doux et un beau sourire. 

    C’est dif­fé­rent avec les élec­teurs favo­rables à l’UE, qui peuvent encore se trom­per et cares­ser hon­nê­te­ment —et avec trop d’op­ti­misme à mon goût— un rêve que je par­tage avec eux.

    Pour dire mieux, même les can­di­dats sans par­ti ne me semblent pas prêts à la réforme his­to­rique (ils n’en parlent pas du tout et aucun « jour­na­liste » ne les inter­roge à ce sujet) que nous devrions, nous, exi­ger —un pro­ces­sus consti­tuant hon­nête, où l’as­sem­blée ne soit pas com­po­sée d’hommes de pou­voir impo­sés par les par­tis. J’ai peur qu’eux aus­si, ces « petits » can­di­dats sans par­ti, soient une impasse (pour nous). Voir à ce pro­pos le billet du jour : « Nous devrions reprendre l’i­ni­tia­tive et ÉLIRE DES NON CANDIDATS ».

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : je pro­fite des vacances pour lire plus que jamais. Ne ratez pas le Dia­logue aux enfers « entre Machia­vel et Mon­tes­quieu » : c’est un bijou d’in­tel­li­gence, une superbe mise en scène des fon­de­ments du pou­voir et du droit. C’est un grand texte, péda­go­gique et phi­lo­so­phique. Une perle.
    En paral­lèle, je par­cours « L’es­prit des lois » qui confirme être un réser­voir inépui­sable d’in­tel­li­gence, de tolé­rance et de méfiance (envers les pou­voirs de toute sorte). Je prends plein de notes pour vous, depuis des mois, mais le temps me manque pour les dac­ty­lo­gra­phier et les piles de papier « à publier » montent, montent… Je suis débor­dé :o)

    Réponse
  40. Vladimir

    ALERTE SUR LES MACHINES À VOTER :

    Bon­jour,
    pour ceux qui auraient des vel­léi­tés de contrer le vote élec­tro­nique et ses 2 ? VARIANTES : 12 options et pas de vote blanc (pré­sen­té sur ANTENNE 2 mar­di soir par CALVI Y.), et variante à 13 options F2 mer­cre­di 13h, (touche ‘vote blanc’ pré­sente), donc mys­tère et boule de gomme :

    Faites annu­ler les machines à voter en 10 minutes via notre for­mu­laire de class action en réfé­ré liberté
    Nico­las Bar­cet et Bas­tien Gentil
    (mer­cre­di 11 avril 2007)
    http://​www​.beta​po​li​tique​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​0​604

    QUAND LES PIRES SOUPÇONS SE CONFIRMENT :

    Class action 2.0 : les machines à voter ins­tal­lées en 2007 ne sont pas le même modèle que celui agréé en 2005
    Nico­las Bar­cet et Bas­tien Gentil
    (same­di 14 avril 2007)
    http://​www​.beta​po​li​tique​.fr/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​0​617

    Réponse
  41. Étienne

    « (…) la socié­té Die­bold, dont les sinistres « machines à voter » avaient faci­li­té en 2001 la prise de pou­voir illé­gale du can­di­dat George Bush au détri­ment du pré­sident élu par le peuple, Al Gore, appa­raît comme l’instigatrice d’une coupe de quinze para­graphes dans l’article [de Wiki­pé­dia] la concer­nant, para­graphes qui, comme par hasard, concernent le manque de fia­bi­li­té avé­ré de ses dis­po­si­tifs de vote élec­tro­nique et son sou­tien finan­cier à George Bush. Si ce n’est pas de la censure, (…) »

    C’est là : « Wiki­pé­dia : Big Bro­ther piégé »
    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​2​8​028

    Réponse
  42. Edouard Laugthon

    Vous êtes vrai­ment dérangé !

    tout y passe !

    Réponse
  43. Étienne

    Edouard, vous êtes exemplaire. 

    Un vrai sujet d’é­tude :o)

    Réponse
  44. Étienne

    « Des outils pour une citoyen­ne­té active »

    http://​www​.forum​-ede​mo​cra​tie​.com/​2​0​0​7​/​0​8​/​d​e​s​-​o​u​t​i​l​s​-​p​o​u​r​.​h​tml

    « Une table ronde orga­ni­sée par le Conseil de l’Europe sur les outils de démo­cra­tie élec­tro­nique, jeu­di 4 octobre à 11h30, dans le cadre du Forum Mon­dial de l’e‑Démocratie, per­met­tra de faire un point sur l’évolution du vote par Inter­net dans le monde, avec notam­ment les retours d’expériences de Genève, en Suisse, can­ton pion­nier du vote par Inter­net et de l’Estonie, pre­mier pays à avoir auto­ri­ser le vote par Inter­net pour une élec­tion légis­la­tive, en mars der­nier. Un sujet qui fait débat en France, où le Forum des Droits sur Inter­net a consti­tué un groupe de tra­vail. Celui-ci pro­fi­te­ra d’ailleurs du Forum Mon­dial de l’e‑Démocratie pour audi­tion­ner des experts étran­gers avant de publier ses recom­man­da­tions d’ici la fin de l’année.

    L’e‑Pétition est aus­si un outil faci­li­tant l’expression citoyenne. Déjà uti­li­sé par les Par­le­ments alle­mand, basque et Ecos­sais, le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique ou des com­munes comme King­ston upon Thames, à Londres, ce sys­tème avait été pro­po­sé sans suc­cès à l’Assemblée Natio­nale fran­çaise en 2005 et les can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle du prin­temps der­nier s’y étaient mon­trés favorables.

    À la lumière des exemples cités par le Conseil de l’Europe, où un groupe de tra­vail est spé­ci­fi­que­ment dédié à l’e‑Démocratie, et des très nom­breuses expé­riences menées au Royaume-Uni, dont fera part l’Hansard Socie­ty, cette table ronde devrait concrè­te­ment illus­trer com­ment les TIC favo­risent l’expression des citoyens. »

    Réponse
  45. Étienne

    « C’est offi­ciel : Bush n’avait jamais été élu ! »

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​3​140

    « La nou­velle est venue de l’Ohio ce 15 décembre dans une rela­tive indif­fé­rence. On se sou­vient que lors des der­nières élec­tions en 2004, cet Etat avait joué un rôle-clé, Ker­ry pou­vant encore l’emporter si l’Ohio ver­sait démocrate.

    Cela ne fut pas le cas, mais très vite, lors de la soi­rée même d’élection, des voix s’étaient fait entendre pour accu­ser le clan Bush de tru­cage et de mal­ver­sa­tions. Le soir même, alors que l’issue est encore incer­taine et que les blogs passent la soi­rée à com­pa­rer les son­dages au sor­tir des urnes aux résul­tats qui appa­raissent sur les télé­vi­seurs, le monde s’inquiète. W. Bush pas vrai­ment : il sait qu’il va gagner. Et pour cause.

    C’est la deuxième fois que ça se pro­duit, l’élection de 2000 ayant vu l’épisode épique du recomp­tage des fiches car­ton­nées de la Flo­ride occu­per plu­sieurs semaines les écrans amé­ri­cains. Pour mémoire, le per­dant c’était le nou­veau prix Nobel, Al Gore, qui avait donc lui aus­si était… élu pré­sident des Etats-Unis ! Bush, le len­de­main de sa seconde élec­tion avait sur­pris les com­men­ta­teurs en mon­trant une étrange quié­tude, dans son ranch, la même qu’il affi­che­ra au fond d’une école pen­dant les atten­tats contre le WTC. Bush sait quelque chose, mais ne peut dire quoi. En l’occurence pour l’Ohio que son ami Die­bold a mis en place des machines à voter qui, quoi qu’il arrive, lui assurent d’être élu. Les machines étaient véro­lées, tout le monde s’en dou­tait. Mais aujourd’hui, on en a la preuve for­melle. (…) » (Lire la suite…)

    Réponse
  46. Étienne

    Ce ne sont pas les votes qui comptent, mais ceux qui comptent les votes

    Un article incroyable de morice sur Agoravox :

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​_​t​o​u​s​_​c​o​m​m​e​n​t​a​i​r​e​s​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​4​223

    « Ça com­mence par un article du jour­nal Le Monde du jour : « La vic­toire d’Hillary Clin­ton à la pri­maire démo­crate de mar­di au New Hamp­shire a confon­du les ins­ti­tuts de son­dages, à pré­sent bien en peine d’expliquer com­ment ils ont pu se trom­per aus­si lourdement. »

    Évi­dem­ment, à lire ces dires, on s’enquiert de trou­ver une rai­son à ce désastre d’instituts de son­dages. Comme d’habitude, on part vite sur de la pros­pec­tive à la petite semaine, du type « les larmes d’Hillary l’ont ren­due plus humaine », ou « les femmes qui ont voté pour elle se sont davan­tage mobi­li­sées », etc., mais rien n’y fait. Impos­sible de com­prendre le retour­ne­ment d’opinion, avec de tels écarts de chiffres.

    Reste l’argent, qui rend tout pos­sible : Rom­ney, richis­sime, a pu ain­si s’offrir deux minutes de télé sup­plé­men­taires à la veille du sru­tin, sur toutes les sta­tions du New Hamp­shire, ce qu’aucun des can­di­dats autre que lui n’a pu faire.

    Les son­deurs ne peuvent s’être AUTANT trom­pés. L’affaire en rap­pelle déjà d’autres… tant les chiffres surprennent.

    « This elec­tion was regar­ded as do-or-die for Clin­ton, after most in the media had alrea­dy writ­ten her off after her ’thum­pin’ in Iowa. But Tim Rus­sert just agreed with Bro­kaw and Mat­thews that ’this was the most stun­ning upset in the his­to­ry of politics.’ »

    Et ce d’autant plus que les son­deurs sont les mêmes qu’en 2004 qui annon­çaient le suc­cès de Ker­ry durant toute la soi­rée électorale.

    « Note : the Exit Poll­sters used here were Mitofsky/Edison, the same ones who ran the infa­mous Exits in 2004 sho­wing that, in state after state, Ker­ry should have won. They also later said their own pol­ling was com­ple­te­ly wrong »…

    Mais avant d’en arri­ver là, il vaut mieux décor­ti­quer… et tom­ber sur un site, qui en quelques tableaux Excel vous fait décou­vrir une étran­ge­té fon­da­men­tale du vote du New Hamp­shire : selon que l’on vote clas­si­que­ment, avec bul­le­tin papier et urne, ou selon qu’on vote avec une machine à voter élec­tro­nique, les pour­cen­tages changent… Clin­ton récolte 5% de plus de voix dans les com­tés où on vote élec­tro­ni­que­ment. Oba­ma, en sens inverse, en perd 3, avec ce type de vote. Chez les répu­bli­cains idem : Rom­ney est le grand gagnant des machines avec 7% de plus, le grand per­dant étant… Mac­Cain, grand gagnant final pourtant.

    Bref, la dis­pa­ri­té est trop grande : tout se passe comme si les machines sor­taient inva­ria­ble­ment un autre résul­tat que celui atten­du par les son­dages… ou sur­tout que les bureaux de vote classiques.

    On en arrive même à pen­ser que l’on y est allé un peu fort pour tem­pé­rer les résul­tats, sur­tout du côté de Rom­ney, ce pas­teur illu­mi­né qui veut deve­nir pré­sident. Seuls Hucka­bee et Ron Paul se voient « des­cen­dus » de 2% de dif­fé­rence avec les com­tés votant clas­si­que­ment, de même que MacCain.

    Tout se passe donc comme si les machines votaient inva­ria­ble­ment dif­fé­rem­ment, en favo­ri­sant cer­tains plu­tôt que d’autres. »

    (Lire la suite, c’est conster­nant… La démo­cra­tie prend l’eau de toutes parts…)

    Réponse
  47. Lionel

    Signer la péti­tion pour le main­tien du vote papier, c’est impor­tant : bien­tôt cent mille signatures :
    http://​www​.ordi​na​teurs​-de​-vote​.org/​p​e​t​i​t​i​on/

    Deux nou­veaux articles très fouillés sur
    – le vote avec bul­le­tin papier véri­fié par l’é­lec­teur (mais pas comp­té, comme d’hab’) : 
    http://​www​.ordi​na​teurs​-de​-vote​.org/​V​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​e​t​-​p​r​e​u​v​e​-​p​a​p​i​e​r​.​h​tml

    - vote par inter­net. Il est main­te­nant auto­ri­sé en France pour élire les repré­sen­tants du per­son­nel dans le CE des entre­prises. l’ar­ticle de loi pré­cise : « Les fichiers com­por­tant les élé­ments d’authentification des élec­teurs, les clés de chif­fre­ment et de déchif­fre­ment et le conte­nu de l’urne ne doivent être acces­sibles qu’aux per­sonnes char­gées de la ges­tion et de la main­te­nance du système. »

    Autre­ment dit, les orga­ni­sa­teurs des élec­tions des élec­tions ont tout ce qu’il faut pour connaître le vote de cha­cun. Pro­mis, juré, cra­ché, ils ne le feront pas, vous devez leur faire confiance, et de toute façon vous n’a­vez pas le choix…
    http://​www​.ordi​na​teurs​-de​-vote​.org/​V​o​t​e​-​p​a​r​-​i​n​t​e​r​n​e​t​-​f​a​i​l​l​e​s​.​h​tml

    Réponse
  48. Étienne

     

     « Vote
    électronique : 
    les boîtes noires de la démocratie »

    Un
    livre impor­tant de Per­line et Thier­ry Noi­sette :

    http://​linux​fr​.org/​2​0​0​8​/​0​2​/​0​9​/​2​3​6​7​0​.​h​tml

    Per­line
    et Thierry
    Noi­sette
    ,
    déjà connus pour avoir publié « La bataille du logiciel
    libre
     » viennent de publier un ouvrage consa­cré au vote
    électronique.

    Ce livre d’une cen­taine de pages
    retrace
    l’his­toire du vote élec­tro­nique et montre com­ment ce qui est présenté
    comme
    un pro­grès peut être en réa­li­té une com­pli­ca­tion inutile qui
    échappe à tout contrôle
    .
    Les votes par ordi­na­teur sont enta­chés de risques :
    pannes, bugs, pira­tages, fraudes indétectables.

    Les
    auteurs citent de nom­breux exemples de
    déra­pages tant à l’é­tran­ger qu’en France.

    Il fau­dra
    sur­tout rete­nir la richesse
    docu­men­taire
    de ce livre. On y trouve aus­si bien les
    argu­ments des
    pro­mo­teurs des machines à voter que de nom­breuses réfé­rences au site
    Ordi​na​teurs​-de​-Vote​.org. Il serait de bon ton que cha­cun de nous puisse
    en
    offrir un exem­plaire à nos élus.

    Il
    faut noter que ce livre sous licence Crea­tive
    Com­mons by-nc-sa
    est éga­le­ment télé­char­geable
    gra­tui­te­ment
    et
    cela, dès sa paru­tion.

    [Je
    trouve ça grand et beau : ceux qui peuvent l’acheter
    vont l’acheter pour per­mettre à tous de le lire. ÉC]

    NdM : petit
    point sur
    l’ac­tua­li­té récente autour du vote élec­tro­nique en France 
    avec
    la
    cir­cu­laire de l’In­té­rieur du 1er février
    ,
    l’ab­sence
    de vote élec­tro­nique à Saint Malo cette année
    ,
    pareil pour Mulhouse, 
    le
    fait qu’au­cune nou­velle com­mune ne pour­ra uti­li­ser de machines à voter
    aux
    muni­ci­pales
    ,

    Reims
    qui renonce au vote élec­tro­nique
    ,
    l’A­pril
    qui publie sa posi­tion sur le vote élec­tro­nique

    et
    se
    retire du groupe de tra­vail vote élec­tro­nique du Forum des droits sur
    Inter­net
    .

     .

    Réponse
  49. Étienne

    « Machines à voter : Sar­ko­zy est bien coincé »

    http://​www​.bak​chich​.info/​a​r​t​i​c​l​e​2​9​2​0​.​h​tml

    « Les élec­teurs de 82 com­munes vont se ser­vir des machines à voter pour les élec­tions muni­ci­pales. Une tech­no­lo­gie peu fiable, mais sou­te­nue il y a peu par un cer­tain ministre de l’intérieur pré­nom­mé Nicolas

    Pira­ter une machine à voter ? Ca prend, allez, cinq minutes montre en main, des infor­ma­ti­ciens l’ont prou­vé. Avec un maté­riel étu­dié, il est même pos­sible de connaître le choix d’un votant !

    Alors pour­quoi 82 com­munes fran­çaises ont-elles conser­vé, pour ce vote de dimanche, la machine à voter, un sys­tème encou­ra­gé par l’ex-ministre de l’intérieur Nico­las Sar­ko­zy ? Et pour­quoi le sujet embar­rasse visi­ble­ment l’actuel minis­tère de l’intérieur, cen­sé plan­cher sur le sujet ? La réponse d’un infor­ma­ti­cien qui a enquê­té sur le grand bug des machines à voter dans le monde. » (Lire la suite…)


    « Machines à voter (2) : l’étude qui accuse »

    http://​www​.bak​chich​.info/​a​r​t​i​c​l​e​2​9​4​1​.​h​tml

    « Le cher­cheur fran­çais Gabriel Michel a mis des élec­teurs cobayes devant des machines à voter. Sur­prise : les plus âgés paniquent devant l’écran et choi­sissent le mau­vais can­di­dat… Oups !

    Devant la machine à voter, quatre grands-pères sur sept se trom­pe­raient de can­di­dat, sans tou­jours s’en aper­ce­voir ! C’est ce qu’affirme une étude à paraître, menée pen­dant deux mois, en mars et avril 2007, par l’un des rares spé­cia­listes fran­çais des machines à voter, l’informaticien Gabriel Michel.

    Ce pro­fes­seur Tour­ne­sol de l’informatique est sur l’affaire depuis long­temps : maître de confé­rences à l’université de Metz, co-res­pon­sable de la for­ma­tion euro­péenne en infor­ma­tique Euro­pean Com­pu­ter Science (ECS), voi­là 14 ans qu’il passe à la loupe les votes élec­tro­niques dans le monde.

    Et le constat est simple : la machine à voter pose un pro­blème aux socié­tés démo­cra­tiques. Déjà, on sait qu’un infor­ma­ti­cien malin peut la pira­ter et envoyer à l’Elysée, en bidouillant, un Gérard Schi­var­di à la place de Sar­ko. Ce qu’on apprend main­te­nant, avec l’étude de Gabriel Michel, c’est que la machine à voter est qua­si­ment inuti­li­sable par nos aïeux qui n’ont jamais fran­chi la barre du minitel.

    Plus ennuyeux encore, ces erreurs ances­trales pas­se­raient la plu­part du temps inaper­çues. Car en ce siècle où le cla­vier infor­ma­tique a péné­tré la pano­plie de l’homo sapiens, qui irait se van­ter de ne pas le maîtriser ?

    Sur­pris de ces résul­tats, Bak­chich a vou­lu lui aus­si réa­li­ser sa petite étude : il a son­dé des élec­teurs à la sor­tie d’une urne élec­tro­nique. Un sur­pre­nant micro trot­toir à la mai­rie d’Issy les Mou­li­neaux, qui confirme, il faut le dire, l’embarras des vieux votants. Et nous fait décou­vrir que l’équipe muni­ci­pale a, pour aider ses fidèles élec­teurs, adop­té une solu­tion… très contro­ver­sée. » (Voir les vidéos…)

    Réponse
  50. Étienne

    « Les Pays-Bas aban­donnent défi­ni­ti­ve­ment le vote électronique »

    http://​www​.forum​-ede​mo​cra​tie​.com/​2​0​0​8​/​0​5​/​l​e​s​-​p​a​y​s​-​b​a​s​-​a​b​.​h​tml

    Le gou­ver­ne­ment néer­lan­dais a déci­dé de renon­cer au vote élec­tro­nique, a annon­cé mi-mai le ministre de l’in­té­rieur à La Haye. Cette déci­sion fait suite à la publi­ca­tion, en 27 sep­tembre der­nier, du rap­port de la com­mis­sion Kor­thals-Altes dans lequel on pou­vait lire que les machines à voter uti­li­sées jus­qu’a­lors aux Pays-Bas étaient insuf­fi­sam­ment contrô­lables, car ne four­nis­sant pas de trace papier.

    Le sys­tème ne per­met pas non plus de garan­tir le secret du vote, et les frais éle­vés de son déve­lop­pe­ment ne sont pas jus­ti­fiés en regard des maigres avan­tages que peut pro­cu­rer un tel système. 

    Le gou­ver­ne­ment néer­lan­dais a donc déci­dé d’a­ban­don­ner le déve­lop­pe­ment du nou­veau sys­tème au pro­fit du retour au vote avec papier et crayon.

    Voir le com­mu­ni­qué du minis­tère de l’in­té­rieur (en néerlandais)


    « Nou­vel essai de vote par Inter­net en Suisse »

    http://​www​.forum​-ede​mo​cra​tie​.com/​2​0​0​8​/​0​6​/​n​o​u​v​e​l​-​e​s​s​a​i​-​d​e​.​h​tml

    « À l’oc­ca­sion d’un vote fédé­ral, 1er juin der­nier, de nou­veaux essais pilote de e‑voting ont été orga­ni­sés dans les can­tons de Zurich et de Neu­châ­tel. Dans ce der­nier can­ton, les Suis­sesses et les Suisses de l’é­tran­ger ont, pour la pre­mière fois, été asso­ciés au test. 

    « Cette pre­mière est un grand pas en avant dans le déve­lop­pe­ment du vote élec­tro­nique et nous le saluons », a décla­ré Rudolf Wyder, direc­teur de l’Or­ga­ni­sa­tion des Suisses de l’é­tran­ger (OSE). Cette der­nière milite depuis des années en faveur de l’in­tro­duc­tion rapide de cette nou­velle pos­si­bi­li­té qui devrait per­mettre à « la Cin­quième Suisse » d’ac­croître consi­dé­ra­ble­ment son poids dans les grandes déci­sions poli­tiques du pays. Envi­ron 80% des Suisses enre­gis­trés sur les registres élec­to­raux ont accès à Internet.

    Les deux tests du week-end der­nier ont par­fai­te­ment réus­si à Zurich comme à Neu­châ­tel, selon la Chan­cel­le­rie fédé­rale. Dans le can­ton alé­ma­nique, le sys­tème de vote élec­tro­nique était uti­li­sé pour la qua­trième fois en vota­tion fédé­rale. Ce sont très exac­te­ment 17’777 citoyens qui ont ain­si eu la pos­si­bi­li­té de voter, que ce soit par cor­res­pon­dance ou via le web. Alors que la par­ti­ci­pa­tion can­to­nale s’est éle­vée à 47%, 1209 per­sonnes au total ont choi­si le vote élec­tro­nique. Soit 6,8% des ayants droit.

    Dans le can­ton de Neu­châ­tel, sur quelque 8000 citoyens qui avaient pour la sep­tième fois la pos­si­bi­li­té d’u­ti­li­ser le e‑voting, 1593 (33%) l’ont fait, et par­mi eux 155 rési­dants à l’étranger.

    Le com­mu­ni­qué de la Chan­cel­le­rie fédé­rale suisse. »


    « La Bel­gique divi­sée sur la ques­tion du vote électronique »

    http://​www​.forum​-ede​mo​cra​tie​.com/​2​0​0​8​/​0​6​/​l​a​-​b​e​l​g​i​q​u​e​-​d​i​v​.​h​tml

    « Alors que le Par­le­ment belge doit pro­chai­ne­ment don­ner un avis sur les pro­po­si­tions d’a­mé­lio­ra­tion du vote élec­tro­nique par machine à voter du ministre Patrick Dewael (ins­tau­rer un sys­tème de confir­ma­tion papier du vote émis élec­tro­ni­que­ment), les Unions des villes et des com­munes n’ont pas une posi­tion com­mune. Alors que l’u­nion fla­mande est favo­rable au main­tien du vote élec­tro­nique, l’U­nion wal­lonne a une posi­tion plus nuancée.

    L’U­nion des villes et des com­munes wal­lones sou­ligne l’ab­sence d’u­na­ni­mi­té par­mi les com­munes wal­lonnes sur ce sujet. « ll n’y a aucune garan­tie que le code barre qui se trou­ve­ra sur la confir­ma­tion papier est bien la tra­duc­tion du vote émis par l’or­di­na­teur » indique le repré­sen­tant wal­lon, qui pré­cise qu’a­vec l’a­mé­lio­ra­tion pro­po­sée par le gou­ver­ne­ment, le coût sera neuf fois plus cher que le vote papier.

    L’u­nion des villes et com­munes fla­mandes a clai­re­ment pris posi­tion pour le main­tien du vote électronique.

    La Bel­gique est dans le monde un des pre­miers pays à avoir uti­li­sé les tech­no­lo­gies infor­ma­tiques dans le pro­ces­sus élec­to­ral. Ain­si, depuis 1991, des expé­riences ont été menées avec des machines à voter cou­plées à des urnes élec­tro­niques capables de lire des cartes magné­tiques sur les­quelles était ins­crit le vote des élec­teurs. Actuel­le­ment, 44% des élec­teurs votent avec ce sys­tème de vote élec­tro­nique, soit plus de 3,3 mil­lions d’électeurs répar­tis dans tout le Royaume. Prin­ci­pa­le­ment à Bruxelles (les 19 com­munes) et en Flandre (143 com­munes sur 308). Mais aus­si en Wal­lo­nie (39 sur 262).

    La déci­sion sur l’a­ve­nir du vote élec­tro­nique doit inter­ve­nir fin juin, date d’ex­pi­ra­tion des contrats d’en­tre­tien du sys­tème actuel. Si l’a­vis est favo­rable, l’an­cien sys­tème res­te­ra en appli­ca­tion pour les élec­tions de 2009 et le nou­veau sys­tème pour­rait entrer en vigueur à par­tir de 2010–2011.

    Site dédié au futur du vote élec­tro­nique en Bel­gique. »

    Réponse
  51. Étienne

    « LE SCANDALE DU VOTE ÉLECTRONIQUE SE PRÉCISE »

    Une alerte de l’Union Popu­laire Répu­bli­caine : http://u‑p-r.org/ab/index.php?page=article&id=58 :

    L’a­gence France Presse vient de révé­ler qu’une étude, réa­li­sée par une cher­cheuse du labo­ra­toire d’in­for­ma­tique de Nantes-Atlan­tique et por­tant sur les trois der­niers scru­tins natio­naux, a rele­vé un nombre  » d’er­reurs  » beau­coup plus éle­vé dans les bureaux uti­li­sant des ordi­na­teurs de vote que dans les bureaux traditionnels. 

    Cette étude, conduite par Mme Chan­tal Engue­hard en rela­tion avec l’Ob­ser­va­toire du vote, est la pre­mière recherche quan­ti­ta­tive très sérieuse sur la déma­té­ria­li­sa­tion du vote dans les élec­tions poli­tiques en France. Elle a été menée à par­tir de don­nées pro­ve­nant de 20.051 bureaux de vote, dont envi­ron un tiers pra­ti­quant le vote élec­tro­nique, dans 46 com­munes de réfé­rence, dont 24 uti­li­sant des ordi­na­teurs de vote, lors des der­nières élec­tions pré­si­den­tielles (pre­mier et second tour), légis­la­tives (1er tour) et muni­ci­pales (1er tour). Autant dire que l’é­nor­mi­té de la taille de l’é­chan­tillon rend l’é­tude sta­tis­ti­que­ment incontestable.

    Entre 4 et 8 fois plus « d’er­reurs » d’é­mar­ge­ment avec le vote électronique

    Les résul­tats obte­nus montrent en pre­mier lieu que le nombre de bureaux « en erreur », c’est-à-dire où le nombre de votes n’est pas égal au nombre d’é­mar­ge­ments, est bien plus éle­vé par­mi ceux qui uti­lisent les machines à voter que dans ceux qui ont recours à l’urne tra­di­tion­nelle. [Voyez le gra­phique sur le site]

    Glo­ba­le­ment, sur les quatre tours d’é­lec­tions étu­diés, on relève ces erreurs dans près de 30% des bureaux pro­cé­dant au vote élec­tro­nique (29,8%) contre 5,3% de ceux uti­li­sant l’urne.

    Des « erreurs » en aug­men­ta­tion constante

    Lors du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, on mesure ain­si 3,9 fois plus de bureaux en erreur pour le vote élec­tro­nique par rap­port au vote à l’urne. Ce rap­port monte à 7,5 pour les légis­la­tives et à 7,8 pour les muni­ci­pales, selon l’é­tude. En d’autres termes, il s’ag­grave avec le temps ! [Voyez le gra­phique sur le site]

    Des « erreurs » dont l’am­pleur est beau­coup plus impor­tante avec le vote électronique

    Autre ensei­gne­ment, l’am­pleur des erreurs est beau­coup plus impor­tante pour le vote élec­tro­nique : par exemple, plus de 7,3% des bureaux élec­tro­niques dépassent un taux d’er­reur de 3 émar­ge­ments, contre à peine 0,4% des bureaux tra­di­tion­nels. [Voyez le gra­phique sur le site]

    Des « erreurs » qui ne dimi­nuent pas avec l’expérience

    Selon l’é­tude, la mul­ti­pli­ca­tion des scru­tins n’en­traîne pas une plus grande fia­bi­li­té du vote élec­tro­nique. Mal­gré la meilleure expé­rience qu’en ont les élec­teurs, les taux d’er­reur du vote élec­tro­nique res­tent tou­jours très supé­rieurs à ceux du vote à l’urne. En outre, le taux d’er­reur est plus éle­vé dans les bureaux qui enre­gistrent le moins d’é­mar­ge­ments à l’heure. 

    L’é­tude révèle enfin que la cen­tra­li­sa­tion des résul­tats en mai­rie est elle-même source d’er­reurs, cer­taines mai­ries ne fai­sant même pas état des écarts entre votes et émar­ge­ments consta­tés dans les bureaux, d’autres « rec­ti­fiant  » même les résul­tats pour les faire disparaître.

    CONCLUSION :

    IL FAUT EN REVENIR AU VOTE AVEC LES URNES

    Les résul­tats sta­tis­tiques incon­tes­tables décou­verts par Mme Engue­hard l’ont conduite à les qua­li­fier elle-même de « cho­quants « . Cette cher­cheuse du labo­ra­toire d’in­for­ma­tique de Nantes-Atlan­tique et l’Ob­ser­va­toire du Vote ont déci­dé de pré­sen­ter leur étude au minis­tère de l’In­té­rieur et au Conseil constitutionnel. 

    Déci­sion inté­res­sante, ils ont aus­si déci­dé de la pré­sen­ter à l’Or­ga­ni­sa­tion pour la sécu­ri­té et la coopé­ra­tion en Europe (OSCE). Cette orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale, qui se pré­oc­cupe volon­tiers de la sin­cé­ri­té des élec­tions dans tous les pays du monde, et en par­ti­cu­lier dans l’ex-bloc socia­liste, devrait assu­ré­ment por­ter désor­mais ses regards sur ce qui se passe au sein des pays de l’Em­pire euro-atlan­tiste. Notons au pas­sage que la cher­cheuse et l’Ob­ser­va­toire du Vote n’ont pas pré­vu de sai­sir la Com­mis­sion euro­péenne de leur étude. Comme si tout le monde avait déjà, incons­ciem­ment, inté­gré l’i­dée que les ins­ti­tu­tions bruxel­loises ne sont en aucun cas des rem­parts contre la dic­ta­ture qui menace… (voir la posi­tion de la Com­mis­sion en annexe)

    Par ailleurs, Mme Engue­hard et l’Ob­ser­va­toire du Vote demandent que les tra­vaux réa­li­sés soient com­plé­tés par une étude de plus grande enver­gure. Il serait notam­ment du plus haut inté­rêt de voir si les  » erreurs  » rele­vées sont répar­ties uni­for­mé­ment ou si elles ont une  » ten­dance  » à favo­ri­ser tel ou tel par­ti ou groupe de par­tis. Il serait d’un inté­rêt non moindre de com­pa­rer de façon sta­tis­tique les résul­tats obte­nus dans les bureaux de vote avec urne et dans les bureaux de vote avec « machine à voter. »

    Il est à cet égard extrê­me­ment pré­oc­cu­pant de consta­ter que la mise en place en France de bureaux de vote avec ordi­na­teurs coïn­cide avec le recours à une socié­té de ser­vice amé­ri­caine (LEVEL 3 COMMUNICATIONS) char­gée… de cen­tra­li­ser les résul­tats élec­to­raux fran­çais dans son centre de Den­ver au Colorado ! 

    Cette déci­sion stu­pé­fiante, prise par Nico­las Sar­ko­zy lors­qu’il était ministre de l’In­té­rieur, a déjà été dénon­cée ici même (cf. notre dos­sier Les résul­tats élec­to­raux pro­duits par une socié­té amé­ri­caine ?). Mais comme elle s’ac­com­pagne du taux « d’er­reurs » abso­lu­ment scan­da­leux de 30% dans les bureaux de vote équi­pés de  » machines à voter « , le doute ne peut désor­mais que s’ins­til­ler dans les esprits : Y aurait-il chez cer­tains la volon­té déli­bé­rée de tru­quer les résul­tats des élec­tions en France ?

    Lais­ser s’ins­tal­ler un tel doute serait redou­table pour notre démo­cra­tie et notre paix civile. C’est pour­quoi l’U­nion Popu­laire Répu­bli­caine (UPR) réclame de nou­veau la sup­pres­sion totale et défi­ni­tive de toute  » machine à voter  » sur le ter­ri­toire de la Répu­blique et le rapa­trie­ment immé­diat de tout le pro­ces­sus élec­to­ral fran­çais en France, avec notam­ment la dénon­cia­tion des contrats entre le minis­tère fran­çais de l’In­té­rieur et toute socié­té pri­vée fran­çaise ou étran­gère, notam­ment la socié­té amé­ri­caine LEVEL 3 COMMUNICATIONS.


    ANNEXE : Qu’en dit la Com­mis­sion européenne ?

    En octobre 2005, suite aux votes fran­çais et néer­lan­dais, la Com­mis­sion a lan­cé une grande opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion, le « Plan D comme Démo­cra­tie, Dia­logue et Débat ».

    Ce plan pré­co­ni­sait l’u­ti­li­sa­tion des machines à voter, comme le montre l’ex­trait de la Com­mu­ni­ca­tion de la Com­mis­sion ci-des­sous. Mais les euro­péistes ont cer­tai­ne­ment eu un doute : le rejet de l’a­ven­ture euro­péenne s’am­pli­fiant, le risque était trop grand de ne pas faus­ser suf­fi­sam­ment les résul­tats. Il était donc plus sage de ne plus faire voter les citoyens. Sans doute était-ce le plan D’ comme Dictature.

    COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU CONSEIL,
    AU PARLEMENT EUROPÉEN,
    AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN
    ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

    Contri­bu­tion de la Com­mis­sion à la période de réflexion et au-delà :
    Le Plan D comme Démo­cra­tie, Dia­logue et Débat

    3. Troi­sième objec­tif opé­ra­tion­nel : pro­mou­voir la par­ti­ci­pa­tion des citoyens au pro­ces­sus démocratique

    3.4. Uti­li­sa­tion des nou­velles tech­no­lo­gies pour aug­men­ter la par­ti­ci­pa­tion des élec­teurs : cet objec­tif sera atteint par une action conjointe des ins­ti­tu­tions euro­péennes en com­mu­ni­ca­tion avec les ins­ti­tu­tions des États membres.(page 19)

    Réalisations/résultats attendus/impacts escomptés/indicateurs
    3.4. Aug­men­ter la par­ti­ci­pa­tion des électeurs 
    4.2.4. Créa­tion d’un groupe d’étude interinstitutionnel 
    Aug­men­ter la légi­ti­mi­té des ins­ti­tu­tions démocratiques 
    Sys­tèmes amé­lio­rés de vote élec­tro­nique / Niveau de par­ti­ci­pa­tion électorale 
    (page 20)

    Notons au pas­sage que ceux qui nous expliquent aujourd’­hui qu’il est pré­fé­rable de rati­fier le trai­té par voie par­le­men­taire plu­tôt que par réfé­ren­dum esti­maient alors indis­pen­sable de « pro­mou­voir la par­ti­ci­pa­tion des citoyens au pro­ces­sus démo­cra­tique », « d’aug­men­ter la par­ti­ci­pa­tion des élec­teurs » pour « aug­men­ter la légi­ti­mi­té des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques », s’il le faut en uti­li­sant des machines à voter. 

    Réponse
  52. Étienne

    J’ai déjà signa­lé le lien sui­vant, très impor­tant, dans le billet sur la dette publique, bien sûr, mais je le signale aus­si ici car il y a une vidéo de témoi­gnage sur les machines à voter (l’a­vant-der­nière, je crois) qui repasse une couche (épaisse) sur ce sujet cen­tral, mais en le pla­çant dans la pers­pec­tive géné­rale (cré­dible) d’un fas­cisme en cours d’ins­tal­la­tion sous nos yeux incré­dules. À voir.

    « Ame­ri­ca from free­dom to fascism »

    Un docu­men­taire bou­le­ver­sant de Aaron Rus­so, sous-titré en fran­çais, à voir abso­lu­ment (en entier, ça va crescendo).

    Aaron Rus­so est mort « subi­te­ment » après la sor­tie de son film :

    http://​sathya​das2​.blog​spot​.com/​2​0​0​8​/​0​5​/​a​m​e​r​i​c​a​-​f​r​o​m​-​f​r​e​e​d​o​m​-​t​o​-​f​a​s​c​i​s​m​.​h​tml

    Le lien vers la pre­mière vidéo est HS : en voi­ci un autre :
    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​c​l​u​s​t​e​r​/​n​e​w​s​/​r​a​t​e​d​-​w​e​e​k​/​v​i​d​e​o​/​x​5​7​2​y​5​_​a​m​e​r​i​c​a​-​f​r​o​m​-​f​r​e​e​d​o​m​-​t​o​-​f​a​s​c​i​s​m​_​n​ews

    L’impôt sur le reve­nu amé­ri­cain n’est jus­ti­fié par aucune loi. Le FISC US semble par­fois régner comme une mafia.
    Le méca­nisme de la mon­naie-dette est expli­qué et le racket pri­vé de la Fede­ral Reserve est dénon­cé. Sur ce der­nier point, ce docu­ment est vrai­ment très intéressant.
    Les machines à voter sont une pièce impor­tante de l’escroquerie.

    Par­tout dans le monde, des poli­ti­ciens cor­rom­pus et irres­pon­sables nous imposent des lois iniques et nous enferment dans le piège de la dette odieuse au pro­fit des banquiers.

    Réponse
  53. Étienne Chouard

    Les Pari­siens appe­lés à voter en ligne aux prud’homales

    http://​www​.lemon​de​in​for​ma​tique​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​l​i​r​e​-​l​e​s​-​p​a​r​i​s​i​e​n​s​-​a​p​p​e​l​e​s​-​a​-​v​o​t​e​r​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​m​e​n​t​-​a​u​x​-​p​r​u​d​-​h​o​m​a​l​e​s​-​2​6​7​3​9​.​h​tml

    Le Monde infor­ma­tique, édi­tion du 19/08/2008 – par Ber­trand Lemaire

    « Le minis­tère du Tra­vail tes­te­ra en novembre un sys­tème de vote élec­tro­nique auprès des seuls élec­teurs ins­crits dans la capi­tale. La Cnil trouve d’ores et déjà la pro­cé­dure perfectible.

    L’ar­rê­té du 21 juillet qui vient d’être publié au Jour­nal Offi­ciel orga­nise la pos­si­bi­li­té de voter en ligne pour les pro­chaines élec­tions du Conseil des Prud’­hommes à titre expé­ri­men­tal à Paris. Le scru­tin phy­sique se dérou­le­ra le 3 décembre 2008, date éga­le­ment de la limite de récep­tion des votes par cor­res­pon­dance, mais le vote élec­tro­nique sera ouvert du 19 novembre 2008, à 9 heures, au 26 novembre 2008, à 18 heures. Ce vote élec­tro­nique, expé­ri­men­tal, ne sera ouvert que pour les seuls élec­teurs ins­crits à Paris (et donc tra­vaillant à Paris). Les élec­teurs ayant déjà voté par voie élec­tro­nique ne pour­ront évi­dem­ment pas voter par un autre moyen, les listes de e‑votants étant trans­mises au minis­tère à cette fin avant l’ou­ver­ture du scru­tin « normal ».

    La sécu­ri­sa­tion du scru­tin en ligne ne repose pas sur un cer­ti­fi­cat de signa­ture élec­tro­nique mais sur un dou­blon identifiant/mot de passe noté en clair sur la carte d’é­lec­teur… dis­si­mu­lé der­rière une couche de pro­tec­tion à grat­ter. Si l’é­lec­teur reçoit une carte déjà grat­tée, il pour­ra deman­der une réédi­tion de ses codes. La solu­tion a au moins l’in­té­rêt de la sim­pli­ci­té de mise en oeuvre dans une élec­tion peu stratégique.

    Des réserves de la Cnil

    Si le minis­tère du Tra­vail assure la maî­trise d’ou­vrage du pro­jet, la maî­trise d’oeuvre sera délé­guée à un pres­ta­taire. Dans son avis, la Cnil regrette que les obli­ga­tions impo­sées au pres­ta­taire ne com­prennent pas d’une part celle de ne trai­ter les don­nées du scru­tin que sur le ter­ri­toire natio­nal, ce qui faci­li­te­rait les contrôles de l’au­to­ri­té admi­nis­tra­tive indé­pen­dante ou les recours ulté­rieurs, d’autre part d’in­ter­dire toute inter­ven­tion de télé­main­te­nance, ce afin de garan­tir la sin­cé­ri­té du scrutin.

    La Cnil a éga­le­ment émis des réserves sur l’in­for­ma­tion des élec­teurs et leur authen­ti­fi­ca­tion. »

    Réponse
  54. Étienne Chouard

    Élec­tions tru­quées aux États-Unis : une autre manière de livrer la lutte des classes

    http://​www​.legrand​soir​.info/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​7​021

    « Chris Pepus : Les grands médias US ont enfin com­men­cé à par­ler des illé­ga­li­tés de l’administration Bush. Cepen­dant, le tru­cage des élec­tions est encore lar­ge­ment igno­ré. Au cours des der­nières années, le Par­ti Répu­bli­cain a eu recours à tout un éven­tail de tac­tiques pour éli­mi­ner les votes en faveur de leurs oppo­sants. On y trouve l’envoi de machines à voter défec­tueuses dans des cir­cons­crip­tions démo­crates ain­si que la sup­pres­sion des listes élec­to­rales des élec­teurs à reve­nus modestes ou membres de mino­ri­tés ethniques.

    Le jour­na­liste Greg Palast enquête sur ce sujet depuis l’année 2000, lorsqu’il révé­la com­ment les offi­ciels de la Flo­ride ont assu­ré l’élection de George W. Bush en rayant de manière illé­gale les élec­teurs afro-amé­ri­cains et démo­crates des listes électorales. 

    (Lire la suite, incroyable…) »

    Réponse
  55. Étienne Chouard

    Die­bold / Pre­mier Elec­tion Soft­ware admet que ses machines à voter sont défectueuses

    pada​wan​.info/fr

    Traî­né devant les tri­bu­naux par l’état de l’Ohio pour non res­pect de contrat, défaut de garan­tie et fraude, le fabri­cant de machines à voter Pre­mier Elec­tion Solu­tions (ancien­ne­ment Die­bold et renom­mé pour évi­ter que cette filiale conti­nue de ter­nir la répu­ta­tion de sa mai­son mère) avait ten­té de se défaus­ser de l’accusation que ses machines perdent des votes sur l’anti-virus conte­nu dans son logiciel.

    La pré­sence d’un anti-virus sur un ordi­na­teur de vote n’avait pas man­qué d’interpeller, et ce des­sin de xkcd résume bien le problème :

    Tra­duc­tion :
    — Atten­dez. Un logi­ciel anti-virus sur une machine à voter ? Vous faites mal les choses.
    — Pour­quoi ? La sécu­ri­té c’est bien, non ?
    — Bien sûr mais… Ima­gi­nez que vous êtes à une réunion parents-pro­fes­seurs et que l’un des pro­fes­seurs dit qu’il porte tou­jours une capote pen­dant ses cours.
    — Ah ! À pro­pre­ment par­ler c’est mieux que l’inverse.
    — Pour­tant quelqu’un fait son tra­vail hor­ri­ble­ment mal.

    Aujourd’hui le masque tombe et Pre­mier Elec­tion Solu­tions admet avoir men­ti et que ses machines sont défaillantes ! Le sys­tème d’ordinateur de vote uti­li­sé par 34 États des États-Unis contient depuis dix ans une erreur de pro­gram­ma­tion qui pro­voque la perte de votes.

    Ce pro­blème avait pro­vo­qué la perte de votes dans 11 des 44 com­tés du seul état de l’Ohio, lequel est aujourd’hui for­cé de sto­cker pour 22 mil­lion de dol­lars de maté­riel défec­tueux en atten­dant le résul­tat de son pro­cès contre PES. Le fias­co du vote élec­tro­nique aux États-Unis se trans­forme en vaste et coû­teux gaspillage.

    Die­bold / Pre­mier affirme que ces erreurs n’ont pas chan­gé le résul­tat des élec­tions (sans pou­voir le prou­ver, bien évi­dem­ment, mer­ci à l’opacité du vote élec­tro­nique et l’impossibilité de recomp­ter quoi que ce soit) et que leur sys­tème sera cor­ri­gé pour les pré­si­den­tielles de novembre. La qua­si-tota­li­té des États ne pou­vant, en effet, pas chan­ger de sys­tème en si peu de temps.

    Mais le peu de cré­di­bi­li­té de Die­bold / Pre­mier avait déjà été détruit le mois der­nier par la publi­ca­tion d’une inter­view de Ste­phen Spoo­na­more, un expert en sécu­ri­té infor­ma­tique et répu­bli­cain de longue date, qui affirme tout de go que le sys­tème Die­bold / Pre­mier a été pure­ment et sim­ple­ment conçu pour pou­voir voler les élec­tions, au pro­fit de cer­tains répu­bli­cains « qui mentent et qui trichent ». On se rap­pel­le­ra uti­le­ment que le patron de Die­bold / Pre­mier avait publi­que­ment affir­mé qu’il ferait tout pour que Georges Bush soit élu. Spoo­na­more rap­pelle éga­le­ment quelques évi­dences, à savoir qu’aucun sys­tème élec­tro­nique n’est à l’abri d’un pira­tage, que le vote élec­tro­nique “sûr” est un leurre et que le seul sys­tème valable est le scru­tin papier.

    On se rap­pel­le­ra éga­le­ment uti­le­ment qu’en France, nous uti­li­sons les mêmes boites noires, dont la confor­mi­té à un cahier des charges dou­teux a été “véri­fiée” par des gens qui ne s’y connaissent pas plus en vote élec­tro­nique qu’en équi­pe­ment de stades ou en télé­phé­riques, et dont les rap­ports sont tenus secrets par le minis­tère de l’intérieur sous cou­vert de secret indus­triel, ou plus pré­ci­sé­ment parce que leur confor­mi­té et leur agré­ment sont une vaste bouffonnerie.

    Réponse
  56. Étienne

    Pro­po­si­tion de VAO (Vote Assis­té par Ordi­na­teur) FIABLE, 
    pour nous don­ner accès au for­mi­dable vote à points (vote pon­dé­ré) :

    Chers amis,

    Un échange sur le forum m’a conduit à refor­mu­ler une idée que j’ai eue en cher­chant à venir à bout de la dif­fi­cul­té sou­li­gnée ici (le vote élec­tro­nique, opaque et invé­ri­fiable, est une menace mor­telle pour la démo­cra­tie parlementaire).

    Peut-être que la for­mu­la­tion que j’ai trou­vée ce matin va vous sem­bler bonne : je sou­mets cette pro­po­si­tion au feu de votre (bien­veillante) critique : 

    Le vote à points (le vote pon­dé­ré) impose des cal­culs si com­plexes (pré­cieux, mais com­plexes) qu’il est inap­pli­cable sans aide mécanique.

    Pour­tant, la plus grande vigi­lance s’im­pose en matière de comp­tage méca­ni­sé des voix.
    « L’é­lec­tion est secon­daire, ce qui importe avant tout, c’est QUI COMPTE LES VOIX », disait Sta­line, paraît-il.

    Pour l’ins­tant, la seule pro­po­si­tion qui me semble digne de confiance est celle d’une asso­cia­tion de machines indé­pen­dantes pla­cées dans chaque bureau de vote :

    Pro­po­si­tion de VAO (Vote Assis­té par Ordi­na­teur) FIABLE :

    1. la pre­mière machine, la seule qui soit connec­tée au réseau (pour accé­der à la base de don­nées cen­trale des élec­teurs), pla­cée à l’ac­cueil, valide la par­ti­ci­pa­tion de l’é­lec­teur (et la mémo­rise pour inter­dire les votes doubles). 

    Elle sait qui vous êtes, mais elle ne sait pas ce que vous votez.
    Elle signale aux contrô­leurs humains que l’é­lec­teur peut se rendre dans l’isoloir.

    2. La deuxième machine est dans l’i­so­loir : elle aide l’é­lec­teur à voter avec des choix mul­tiples à l’é­cran (tac­tile), et elle imprime un bul­le­tin de vote lisible à la fois par un homme (qui peut ain­si contrô­ler son vote) et par une machine (qui comp­te­ra et cal­cu­le­ra un mil­liard de fois plus vite que les hommes). 

    Cette machine n’est pas connec­tée au réseau. Elle sait ce que vous votez, mais elle ne sait pas qui vous êtes.

    L’é­lec­teur glisse son bul­le­tin dans une enve­loppe comme d’ha­bi­tude et va mettre son enve­loppe dans une urne trans­pa­rente comme aujourd’hui.

    3. La troi­sième machine, non connec­tée à l’ex­té­rieur, ne sert qu’à la fin du vote : on y place la pile des bul­le­tins et, comme un lec­teur de chèques, elle lit les bul­le­tins à toute vitesse et compte les points.

    Elle non plus ne sait pas qui a voté quoi.

    Des contrôles manuels par son­dage et l’in­ter­ven­tion éven­tuelle d’une machine sup­plé­men­taire de type 3 pour recomp­ter, voire le recomp­tage manuel inté­gral en cas de doute sérieux, peuvent être prévus.

    La syn­thèse des résul­tats est enfin com­mu­ni­quée à la machine n°1 (la seule connec­tée au réseau) qui fait remon­ter les don­nées pour centralisation.

    Que pen­sez-vous de cette organisation ?

    Per­met­tant les contrôles manuels à tout moment et inter­di­sant les déci­sions élec­tro­niques opaques et invé­ri­fiables, elle me semble plus sûre que ce que les tri­cheurs poli­ti­ciens nous imposent aujourd’hui.

    Étienne.

    Réponse
  57. gilles

    Le vote élec­tro­nique : opaque & invérifiable

    Bon­jour Étienne, à mon sens cela n’empêcherait pas des indi­vi­dus de voter alors qu’ils n’en ont pas le droit légal. Si cette fraude est orga­ni­sée par le pou­voir qui contrôle la pre­mière machine, la seule qui soit connec­tée au réseau (pour accé­der à la base de don­nées cen­trale des élec­teurs). Un peu dans le même style que les faux élec­teurs de Jean Tibé­ri, mais de manière plus « scientifique ».

    « Atten­tion, mes­sieurs, dames, c’est de l’in­for­ma­tique, c’est scien­ti­fique, la machine est impar­tiale et ne peut pas se trom­per. Cir­cu­lez, il n’y rien à voir. »

    Com­ment un simple citoyen peut véri­fier que cette base cen­trale ne contient pas des per­sonnes récem­ment décé­dées, des per­sonnes ins­crites à leur insu, par exemple, pour le dire fran­che­ment des tri­so­miques qui sont auto­nomes et donc non-sous tutelle ou non-sous cura­telle, mais qui ne s’in­té­res­se­ront jamais à la poli­tique, des étran­gers membres d’un pays de l’UE qui ne sont pas ou plus en France car retour­nés dans leur pays,… 
    Je n’ai pas beau­coup d’i­ma­gi­na­tion et déjà 3 caté­go­ries de faux élec­teurs poten­tiels. Étienne, toi qui est un édu­ca­teur, tu sais déjà au fond de toi que rien ne rem­place la pré­sence phy­sique, sinon pour­quoi des pro­fes­seurs devant des élèves ? Pour le contrôle du vote, rien ne rem­pla­ce­ra la pré­sence physique.

    Réponse
  58. cooli

    @Gilles. L’im­por­tance c’est le comp­tage des votes, donc rien n’empeche de gar­der le controle manuel et humain de la pre­sence phy­sique. Il suf­fi­ra de rap­por­ter le nombre de votants avec le resul­tat des votes et cela peut se faire meme par fax 😉

    Réponse
  59. Chercheur

    Sur ce sujet, on pour­ra lire ci-des­sous une syn­thèse inté­res­sante, datant de 2011, et qui porte un regard mi-tech­nique, mi-socio­lo­gique. Elle émane d’une élève ingénieur :

    (Pour une impres­sion soi­gnée, ce docu­ment est dis­po­nible au for­mat pdf à cette adresse :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​C​l​a​i​r​e​-​D​u​f​e​t​r​e​l​l​e​_​L​e​-​v​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​e​s​t​-​i​l​-​v​r​a​i​m​e​n​t​-​p​o​s​s​i​b​l​e​.​pdf.)

    Le vote élec­tro­nique est-il vrai­ment possible ?

    par Claire Dufe­trelle, étu­diante à l’E­cole Polytechnique.

    Notre socié­té uti­lise de plus en plus les nou­velles tech­no­lo­gies d’information et de com­mu­ni­ca­tion, dans des domaines très divers. Les grandes ins­ti­tu­tions éta­tiques n’en sont pas exemptes. On pour­rait citer la réus­site que repré­sente la pos­si­bi­li­té de décla­rer ses impôts par Inter­net, réus­site qui repose sur une éco­no­mie de moyens maté­riels (for­mu­laires papier, enve­loppes et timbres), un gain de temps (pour le citoyen comme dans la numé­ri­sa­tion des don­nées). La pos­si­bi­li­té de réduire les coûts et la durée étant un leit­mo­tiv contem­po­rain, pour­quoi ne pas uti­li­ser ces nou­velles tech­no­lo­gies dans notre mode de scru­tin ? Là n’est pas une inter­ro­ga­tion nou­velle, puisqu’elle s’est posé dès le milieu des années 90. Cepen­dant, le vote élec­tro­nique, ou e‑vote, pose de nom­breux pro­blèmes. Ce docu­ment entend dres­ser un cer­tain nombre de pistes de réflexion dont doit être conscient le citoyen aujourd’hui et poser la ques­tion de la fai­sa­bi­li­té d’un vote élec­tro­nique sûr .

    Reve­nons aux ori­gines : le vote papier

    Afin de bien com­prendre à quels impé­ra­tifs doit répondre le e‑vote, obser­vons com­ment est struc­tu­ré le mode de scru­tin tra­di­tion­nel (1). Il se déroule comme suit :

    • Le bureau de vote reçoit les bul­le­tins et enve­loppes et pré­pare les ins­tal­la­tions (iso­loir, bul­le­tins, listes des per­sonnes ins­crites sur les listes élec­to­rales, urne)

    • Le citoyen se déplace jusqu’au bureau de vote

    • Il donne son nom et pré­sente sa carte d’électeur

    • Il pré­sente une pièce d’identité valide

    • Il entre dans l’isoloir avec des bul­le­tins papier et une enveloppe

    • Il vote en met­tant (ou non, en cas de vote blanc) un bul­le­tin (unique) dans l’enveloppe

    • Il sort de l’isoloir et place son enve­loppe dans l’urne transparente

    • Il émarge et quitte le bureau de vote

    • À la fin de la jour­née, le dépouille­ment a lieu : les scru­ta­teurs vident l’urne, ouvrent les enve­loppes et comptent les bul­le­tins, ce dépouille­ment est public.

    Ce dérou­le­ment peut être décom­po­sé en plu­sieurs phases :

    • Pré­pa­ra­tion

    • Iden­ti­fi­ca­tion

    • Authen­ti­fi­ca­tion

    • Iso­le­ment

    • Vote

    • Émar­ge­ment

    • Dépouille­ment

    L’identification du votant et l’authentification de son iden­ti­té assure que per­sonne ne peut voter pour quelqu’un d’autre, son iso­le­ment assure le secret du vote, il ne peut être influen­cé, sou­doyé, contraint par quelque manière que ce soit (2). L’émargement est ensuite une preuve phy­sique des per­sonnes ayant déjà voté, il n’est pas pos­sible de le fal­si­fier puisqu’il est sous la res­pon­sa­bi­li­té du direc­teur du bureau de vote, ne peut être mani­pu­lé, consul­té et encore moins déplacé.

    Le vote des per­sonnes han­di­ca­pées peut, quant à lui, s’effectuer avec l’aide d’un autre votant. La per­sonne han­di­ca­pée doit en faire la demande et jus­ti­fier d’une inca­pa­ci­té de glis­ser lui-même le bul­le­tin dans l’enveloppe, celle-ci dans l’urne ou de signer. Cette pro­cé­dure, tout comme le vote par pro­cu­ra­tion, repose sur la confiance que le votant accorde à celui à qui il donne pro­cu­ra­tion, il n’a aucune preuve sen­sible que son vote ait été selon son sou­hait, il n’en a que l’intime convic­tion car il a choi­si quelqu’un en qui il avait pleine confiance. Cette pra­tique peut sem­bler per­mettre une fraude, cepen­dant le choix de celui qui vote à notre place doit nous assu­rer que notre choix sera respecté.

    Un autre des élé­ments impor­tants qui struc­turent le vote papier est le dépouille­ment. Le fait que le dépouille­ment soit public n’est pas ano­din. Il est inté­res­sant de remar­quer que la loi oblige chaque bureau de vote à être acces­sible à toute per­sonne, mal­gré un han­di­cap éven­tuel. Cette mesure vise à assu­rer que le dépouille­ment n’est pas tru­qué. Les citoyens qui assistent au dépouille­ment n’ont pas de compte à rendre sur les condi­tions de celui-ci, ils viennent y assis­ter de leur propre gré, afin de consta­ter par eux-mêmes que la pro­cé­dure uti­li­sée don­ne­ra un résul­tat vrai (3). Même si un citoyen n’assiste pas à tous les dépouille­ments en France, ou ne s’y rend pas pour chaque élec­tion, il a la cer­ti­tude que le dépouille­ment est hon­nête par la poten­tia­li­té d’assister au dépouille­ment. Tout est ques­tion ici de pos­sible, qu’importe de voir le dépouille­ment si on sait qu’on peut y assis­ter ; si une pro­cé­dure est si trans­pa­rente c’est qu’elle est conforme à ce qu’elle pro­met (la véri­té, l’équité ici).

    Le vote élec­tro­nique, où en sommes nous ?

    Le vote élec­tro­nique est un terme assez vague qui recouvre deux choses très dif­fé­rentes, les machines à voter et le vote à domi­cile. La pre­mière consiste en l’installation dans les bureaux de vote d’ordinateurs spé­ci­fiques uti­li­sés pour recueillir les suf­frages des votants qui se déplacent jusqu’au bureau de vote. Les votants pré­sentent encore un jus­ti­fi­ca­tif d’identité et émargent après leur vote. La deuxième consiste en une pla­te­forme acces­sible depuis chez soi, sur ordi­na­teur, sur laquelle on peut s’identifier, choi­sir le can­di­dat sou­hai­té et vali­der son vote. Nous ver­rons dans cette sec­tion quelques mesures prises aujourd’hui dans le monde.

    Bog­gia­no, en 1910, inven­ta des machines pure­ment méca­niques per­met­tant de faire l’économie des bul­le­tins de vote papier, il s’agit sim­ple­ment d’une machine où on appuie sur le bou­ton cor­res­pon­dant à son choix, et qui fait office de simple comp­teur. C’est ce sys­tème, revi­si­té par Rus­so, qui est en vigueur aux Etats-Unis. De même, en France en 1969, le ministre de l’Intérieur Ray­mond Mar­cel­lin fait auto­ri­ser ces machines à voter pure­ment méca­niques. Ces machines sont rapi­de­ment délais­sées car elles tombent sou­vent en panne et ne per­mettent aucune dimi­nu­tion des fraudes, cepen­dant cette modi­fi­ca­tion per­dure dans le code élec­to­ral et sert depuis de base au déve­lop­pe­ment des machines à voter.

    Un exemple inté­res­sant est le cas des Pays-Bas. Alors que la qua­si-tota­li­té des votes se dérou­lait sur machines à voter, une com­mis­sion (4) a été mise en place pour étu­dier la ques­tion et a prou­vé la trop grande pos­si­bi­li­té de fraude. Fina­le­ment le vote élec­tro­nique a été défi­ni­ti­ve­ment aban­don­né en mai 2008. Cette déci­sion est prin­ci­pa­le­ment moti­vée par le fait que la machine ne pro­duit aucune preuve papier per­met­tant de véri­fier que le vote entré en machine cor­res­pond à la volon­té du votant, de plus le secret du vote ne peut être garan­ti d’après cette com­mis­sion, qui exhibe en outre des coûts trop élevés.

    La ques­tion de la preuve papier anime aus­si de vifs débats en Bel­gique. Le sys­tème en place en Bel­gique est une machine dans laquelle le votant doit insé­rer une carte magné­tique, per­son­nelle, sur laquelle est ins­crite son vote. Il place ensuite cette carte dans une urne. De nom­breuses asso­cia­tions cri­tiquent ce sys­tème en arguant du fait que le votant ne peut pas véri­fier que son vote est réel­le­ment ins­crit sur sa carte ou que ce qui y est écrit est juste. Là encore, une des solu­tions pro­po­sées est l’impression d’un rele­vé papier qui confirme le vote. Une véri­fi­ca­tion sup­plé­men­taire est de récol­ter dans une urne sépa­rée ces rele­vés papiers afin de recomp­ter les voix si le résul­tat du scru­tin semble faux. Ici, la ques­tion des coûts peut se poser, puisqu’il n’y a pas d’économie de papier, et les machines à voter repré­sentent un coût sup­plé­men­taire com­pa­ré au vote tra­di­tion­nel (ce que nous ver­rons dans la suite).

    En France, cer­taines villes ont expé­ri­men­té le vote élec­tro­nique paral­lè­le­ment au vote tra­di­tion­nel (5), puis d’autres ont par la suite impo­sé les machines de vote lors des élec­tions de 2007 notam­ment (6). Cepen­dant de vives cri­tiques se sont lais­sé entendre dès la mise en place par Nico­las Sar­ko­zy, en 2003, d’agréments per­met­tant l’utilisation de ces machines à voter. En effet, les machines uti­li­sées en France doivent être homo­lo­guées et scel­lées, seuls trois modèles dif­fé­rents le sont aujourd’hui. Elles ne délivrent pas de bul­le­tin papier, et sus­citent les mêmes cri­tiques que dans les autres pays européens.

    Amé­lio­ra­tion réelle ou géné­ra­teur de failles ?

    Une pre­mière ques­tion à se poser est celle des avan­tages offerts par de tels équi­pe­ments. Les atouts sou­vent mis en avant sont la rapi­di­té et la réduc­tion des coûts. Il n’a pas du tout été prou­vé que ces machines per­met­taient de gagner du temps, bien au contraire. Il est évident que le dépouille­ment est beau­coup plus rapide car qua­si­ment immé­diat, cepen­dant le vote en lui-même est consi­dé­ra­ble­ment ralen­ti. Un des per­son­nels du bureau de vote doit entre chaque vote inter­ve­nir sur la machine (8), cela engendre des temps d’attente extrê­me­ment longs, allant même jusqu’à encou­ra­ger l’abstention. Les éco­no­mies réa­li­sées sont quant à elles anec­do­tiques, car elles ne repré­sentent que des éco­no­mies de papier ; le vote élec­tro­nique ne demande pas moins de per­sonnes pré­sentes pen­dant le vote, mais réclament à l’inverse des per­sonnes for­mées. La plus grande dépense engen­drée par ces machines est une dépense sou­vent oubliée, de par leur tech­no­lo­gie, elles réclament d’être sto­ckées en dehors des scru­tins dans des endroits sûrs, où aucune pré­sence mal­veillante n’est pos­sible, cela engendre donc des locaux équi­pés d’éléments de sécu­ri­té coû­teux. En outre, le vote tra­di­tion­nel et le vote élec­tro­nique ne sont pas réel­le­ment com­pa­rables sur la base de ces cri­tères, puisque de nom­breuses carac­té­ris­tiques du vote papier ne se retrouvent pas dans le e‑vote. Ana­ly­sons ces caractéristiques.

    Pré­pa­ra­tion

    La ques­tion de la pré­pa­ra­tion maté­rielle pose assez peu de ques­tions dans la com­pa­rai­son entre vote papier et vote par machines à voter, elle oppose une éco­no­mie de papier à un sto­ckage oné­reux des machines. Le vote élec­tro­nique pré­sup­pose une for­ma­tion pour le direc­teur du bureau de vote et les asses­seurs, mais repré­sente une contrainte assez faible, cette for­ma­tion étant assez som­maire en règle géné­rale (uti­li­sa­tion aisée de la machine). Le réel pro­blème se pose pour le vote à dis­tance, il fau­drait alors même en place un réseau très sécu­ri­sé, dont les carac­té­ris­tiques à res­pec­ter sont nom­breuses, comme nous le ver­rons au fil de cette analyse.

    Iden­ti­fi­ca­tion

    Cette pro­cé­dure per­met sim­ple­ment de rele­ver l’identité du votant, mais néces­site véri­fi­ca­tion. Dans le cas du vote papier, celle-ci se fait en annon­çant son nom à un asses­seur et en pré­sen­tant sa carte élec­to­rale (9). Dans le cas des machines à voter, la pro­cé­dure est iden­tique. Dans le cas du vote à dis­tance, il existe plu­sieurs solu­tions : sai­sir son nom et pré­nom, un numé­ro, en somme un iden­ti­fiant en lettres ou en chiffres. Le fait qu’un tiers puisse connaître l’identifiant de quelqu’un n’est pas en soi un obs­tacle puisqu’il y aura par la suite authen­ti­fi­ca­tion de l’identité, cepen­dant le secret de celui-ci consti­tue déjà une pre­mière sécurité.

    Authen­ti­fi­ca­tion

    Cette étape fait suite à la don­née de l’identité du votant (10), elle per­met de s’assurer que la per­sonne qui se pré­sente n’usurpe pas l’identité d’un tiers. Dans la pro­cé­dure clas­sique, elle est réa­li­sée par la véri­fi­ca­tion d’une pièce d’identité offi­cielle (11), l’authentification repose sur des carac­té­ris­tiques phy­siques (pho­to­gra­phie). Cette même pra­tique est appli­cable lors d’un vote par machines à voter. Le réel pro­blème se pose lors du vote par Inter­net, en effet l’authentification par pièce d’identité n’est plus pos­sible, deux options sont pos­sibles : uti­li­ser une infor­ma­tion connue de la per­sonne uni­que­ment ou uti­li­ser une don­née bio­mé­trique. Cepen­dant aucune des deux solu­tions n’est entiè­re­ment satis­fai­sante, la pre­mière per­met­trait de voter pour quelqu’un d’autre si on connais­sait son infor­ma­tion secrète (d’où la pos­si­bi­li­té de retrait de cette infor­ma­tion par la force) et la deuxième sous-tend la pos­ses­sion par l’institution éta­tique d’un fichier exhaus­tif des don­nées bio­mé­triques. Cela ne pose appa­rem­ment pas de pro­blème si ce fichier n’a pas d’autre uti­li­sa­tion que celle-ci, cepen­dant nous ne pou­vons être sûrs que ce fichier ne sera pas uti­li­sé d’une autre façon par l’Etat ou même sub­ti­li­sé par une âme mal­veillante. D’un point de vue plus prag­ma­tique, il faut aus­si s’assurer que chaque votant pos­sède un ordi­na­teur doté d’un lec­teur d’empreinte digi­tale (12), ce qui ne peut être ren­du obli­ga­toire, le vote par Inter­net ne peut donc que res­ter une option facul­ta­tive cou­plée à un autre mode de scru­tin, donc à un dépla­ce­ment dans un bureau de vote.

    Iso­le­ment

    Un autre pro­blème se pose du fait de l’impossibilité de voir le votant, en effet, dans un bureau de vote, les asses­seurs voient la per­sonne entrer seule dans l’isoloir, il est impossible
    d’avoir la cer­ti­tude que le votant est seul der­rière son écran. Il est donc très facile d’exercer une pres­sion directe (menace phy­sique) sur la per­sonne qui vote, un des exemples les plus pro­bables serait celui d’une per­sonne influen­çable à qui on dit quoi faire sous cou­vert qu’elle ne sait pas elle-même com­ment la chose fonc­tionne, ou d’une menace phy­sique. Les cas seraient poten­tiel­le­ment nom­breux : per­sonnes âgées, han­di­ca­pées, vio­lences conju­gales. Ce pro­blème est pour sa part inso­luble, il n’est pas pos­sible à l’heure actuelle d’authentifier la connexion entre le ter­mi­nal final du réseau phy­sique (l’ordinateur per­son­nel) et le der­nier maillon (l’homme).

    Vote

    Cette étape est assez trans­pa­rente dans la pro­cé­dure, il s’agit sim­ple­ment de faire son choix entre plu­sieurs can­di­dats. Cer­tains ordi­na­teurs de vote ont été accu­sés d’interdire le vote blanc ou de léser les « petits » can­di­dats (13), cepen­dant ces obs­tacles sont faci­le­ment solubles, en modi­fiant le gra­phisme de l’affichage. L’argument d’une uti­li­sa­tion dif­fi­cile pour les per­sonnes non ini­tiées aux nou­velles tech­no­lo­gies a peu de poids car il est facile de créer des sys­tèmes simples (écran tac­tile ou simples bou­tons). Quant au vote à dis­tance, les per­sonnes non ini­tiées aux nou­velles tech­no­lo­gies sont dans le même cas que celles ne pos­sé­dant pas d’ordinateurs, ce mode doit donc res­ter une pos­si­bi­li­té alternative.

    Émar­ge­ment

    Ici, pas de pro­blème, l’émargement sert à cer­ti­fier le fait que la per­sonne a déjà voté, une confir­ma­tion par Inter­net est facile à envi­sa­ger (quitte à la dou­bler d’un mail de confirmation).

    Dépouille­ment

    C’est ici que le bât blesse, la pro­cé­dure papier est tota­le­ment dif­fé­rente des deux pro­cé­dures de vote élec­tro­nique. La majeure dif­fé­rence est que le dépouille­ment élec­tro­nique n’en est pas un ! Le comp­tage des voix se fait de manière tota­le­ment opaque pour tout être humain. Même un homme connais­sant (et com­pre­nant) le code de la machine ne peut être com­plè­te­ment sûr que la machine don­ne­ra le résul­tat exact, toute erreur infor­ma­tique est pos­sible, même si on réus­sit à la rendre infi­ni­ment peu pro­bable, il est impos­sible d’en avoir la cer­ti­tude. De plus, il existe d’autres sources d’erreurs pos­sibles, et prin­ci­pa­le­ment des sources de fraude. Pour que la machine soit uti­li­sable, il faut qu’elle soit, à l’image de l’urne trans­pa­rente, scel­lée mais que son fonc­tion­ne­ment soit visible de tous. Dans les faits, cela revient à créer des machines dont le code est lisible par tous, consul­table sur demande. Un pre­mier pro­blème est que peu de gens sont capables de com­prendre un code infor­ma­tique sans expli­ca­tion, il est donc impos­sible que chaque citoyen soit inti­me­ment convain­cu de la véra­ci­té de la pro­cé­dure ; sub­siste tou­jours le doute d’avoir été trom­pé par la per­sonne qui vous expli­cite le code. Il n’est pas pos­sible de s’assurer soi-même du fonc­tion­ne­ment de la machine : l’urne n’est pas transparente.

    Si on passe outre cette com­pli­ca­tion, une autre appa­raît. En effet, si on est per­sua­dé que la machine est bien confi­gu­rée, com­ment savoir qu’elle ne sera pas modi­fiée avant le scru­tin ? De ce fait, il est cohé­rent d’envisager une machine scel­lée (comme c’est déjà le cas), et de reje­ter toute connexion avec l’extérieur. La machine ne doit donc pas être reliée au réseau Inter­net, mais peu a prio­ri être reliée à un autre réseau propre aux machines à voter. Le vote à dis­tance ne peut alors se faire par le biais d’Internet, mais pas non plus par un autre réseau : voter néces­site de connec­ter son ordi­na­teur per­son­nel au réseau, et donc à créer des entrées poten­tielles de virus, de che­vaux de Troie, en somme de code capable de modi­fier le code des machines. De même, relier les machines à voter entre elles pré­sente le risque sui­vant : si quelqu’un arrive à per­ver­tir une seule machine, il peut par le réseau les per­ver­tir toutes. De plus, il est pos­sible de rendre ces modi­fi­ca­tions non visibles, à la fois dans le code, et à la fois dans le résul­tat du scru­tin : réaf­fec­ter les nombres de voix réelles de façon avan­ta­geuse pour un même can­di­dat ne donne pas de résul­tat aber­rant. De sur­croît, com­ment modi­fier la liste des can­di­dats à chaque scru­tin sans ouvrir la machine et modi­fier le code ? C’est tout bon­ne­ment impos­sible, il fau­drait donc opé­rer des modi­fi­ca­tions à chaque scru­tin et véri­fier celles-ci à chaque fois, ces exper­tises peuvent prendre du temps et coû­ter de l’argent. De plus, le choix de l’équipe véri­fiant les machines est d’ordre poli­tique, com­ment les choi­sir pour don­ner confiance à tous ? Et qui peut se per­mettre de les choisir ?

    Une autre consé­quence de cette opa­ci­té est qu’on ne peut être cer­tain que la machine ait cor­rec­te­ment enre­gis­tré notre vote, même si elle émet­tait un bul­le­tin papier, il n’est pas cer­tain que ce bul­le­tin reflète ce qui existe dans la mémoire de l’ordinateur. Une idée est d’imprimer des bul­le­tins, de les col­lec­ter et de les recomp­ter si le résul­tat don­né par la machine semble faux, or, comme nous l’avons vu, il peut être vrai­sem­blable et faux.

    Conclu­sion : des dif­fi­cul­tés inhé­rentes au problème

    En conclu­sion, nous avons vu que le vote à dis­tance était impos­sible, il n’est pas entiè­re­ment fiable au niveau tech­nique, car il n’existe pas de sys­tème entiè­re­ment robuste aux infec­tions. Cette impos­si­bi­li­té n’est pas contour­nable dans la pro­cé­dure actuel­le­ment envi­sa­gée. De plus, il existe une dif­fi­cul­té inhé­rente à l’utilisation d’ordinateurs per­son­nels en réseau : il est impos­sible d’établir un lien sécu­ri­sé entre la machine ter­mi­nale et l’utilisateur humain : rien ne peut garan­tir qu’il agit de son plein gré sur son ordinateur.

    Le vote par machine à voter est, quant à lui, plus proche du vote tra­di­tion­nel, donc pré­sente moins de failles, car plus de simi­li­tudes. Son unique avan­tage est de per­mettre un dépouille­ment plus rapide, cepen­dant c’est cette rai­son même qui l’empêche d’être fiable. En sup­pri­mant la visi­bi­li­té du dépouille­ment, on lui retire sa cré­di­bi­li­té. La sup­pres­sion du carac­tère humain empêche le citoyen de se for­ger l’intime convic­tion que la pro­cé­dure est juste et humaine, que ce sont bien des hommes libres et conscients qui choi­sissent leurs repré­sen­tants par une voie emprun­tée depuis des siècles par l’humanité, éprou­vée, et renou­ve­lée à tra­vers le temps. La machine fait entrer dans cette déci­sion humaine une part étran­gère, faci­le­ment assi­mi­lable à du hasard ; même si ce n’est pas du hasard à pro­pre­ment par­ler, le doute qui per­siste fait perdre en légi­ti­mi­té aux élus, or qu’est ce qu’une socié­té qui n’est pas sûre de la légi­ti­mi­té de ses diri­geants ? Ce n’est pas une démo­cra­tie totale.

    Le pilier de la démo­cra­tie est la pos­si­bi­li­té des citoyens à faire entendre leurs voix, avec la cer­ti­tude que rien ne peut les alté­rer ; qu’importent les éco­no­mies de papier, de temps, d’argent, nous ne pou­vons faire l’économie de l’appareil démocratique.

    Cet exemple n’en est qu’un par­mi tant d’autres. L’outil infor­ma­tique est un outil, il n’est donc pas une fin en soi, et ne peut échap­per au contrôle humain. Il doit être à son ser­vice, mais doit res­ter sous l’égide du sens cri­tique. Ce qui fait de nous des Hommes, la démo­cra­tie, la jus­tice, les rela­tions humaines, ne peut être confié à une machine sans âme, sans pen­sée, inhumaine.

    _______________

    Notes :

    (1) : nous lais­sons de côté le vote par pro­cu­ra­tion pour l’instant.

    (2) : le chan­tage est même impos­sible, puisqu’il n’existe, à par­tir du moment où l’enveloppe est glis­sée dans l’urne, aucune preuve phy­sique que tel indi­vi­du a voté pour tel ou tel can­di­dat, la confir­ma­tion de son choix repose uni­que­ment sur son assu­rance, stric­te­ment per­son­nelle, d’avoir glis­sé tel bul­le­tin dans l’enveloppe.

    (3) : où tous les bul­le­tins sont pris en compte et uni­que­ment ceux qui doivent l’être.

    (4) : com­mis­sion Kor­thals-Altes, sep­tembre 2007.

    (5) : qui res­tait seul valable.

    (6) : pour un his­to­rique plus détaillé, consul­ter l’article Wiki­pe­dia « vote élec­tro­nique » qui a le mérite d’être impartial.

    (7) : à hau­teur de moins de 5% de l’électorat, ce qui n’est cepen­dant pas négligeable.

    (8) : pour vali­der qu’un vote a été fait et en amor­cer un sui­vant, pour évi­ter les votes mul­tiples, voir plus bas.

    (9) : sans carte élec­to­rale, il est pos­sible de voter après véri­fi­ca­tion du bureau dans lequel doit voter la per­sonne en question.

    (10) : qui ne peut suf­fire ; l’identité de quelqu’un est, en quelque sorte, une don­née publique, elle ne peut être dis­si­mu­lée, elle est même exi­gible par les forces de l’ordre.

    (11) : dans les com­munes de moins de 3500 habi­tants, elle n’est pas obli­ga­toire, on consi­dère que les habi­tants d’une agglo­mé­ra­tion de cette taille se connaissent.

    (12) : ces lec­teurs sont les équi­pe­ments les moins encom­brants per­met­tant de rele­ver une don­née bio­mé­trique, cer­tains ordi­na­teurs en sont déjà dotés.

    (13) : car la men­tion « vote blanc » n’existait pas ; ou car les nom des « petits » can­di­dats appa­raissent dans les der­nières pages, qu’il faut faire défi­ler, ou car leur logo de par­ti n’existe pas en for­mat numé­rique donc appa­raît mal.

    (14) : se réfé­rer au fameux théo­rème de Gödel et aux tra­vaux de cal­cu­la­bi­li­té de Hil­bert, qui prouve l’impossibilité de mon­trer qu’un pro­gramme infor­ma­tique ren­voie la réponse exacte en un temps fini.

    (15) : la trans­pa­rence de l’urne n’est en rien anec­do­tique, le code élec­to­ral spé­ci­fie qu’elle doit pos­sé­der au moins quatre côtés transparents.

    (16) : les pare-feux et anti-virus par­faits n’existent pas.

    (17) : une véri­fi­ca­tion simple pour com­pa­rer deux élé­ments (fichiers, …) est de réa­li­ser son check­sum, cet appel machine ren­voie un nombre propre à chaque élé­ment, cal­cu­lé en fonc­tion du conte­nu de l’élément, qui don­ne­ra deux résul­tats bien dif­fé­rents avant et après une modi­fi­ca­tion, même infime. Il est pos­sible de créer un code qui se modi­fie lui-même, qui devient donc faux, sans chan­ger de checksum.

    Nota : pour une impres­sion soi­gnée, ce docu­ment est dis­po­nible au for­mat pdf à cette adresse :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​C​l​a​i​r​e​-​D​u​f​e​t​r​e​l​l​e​_​L​e​-​v​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​e​s​t​-​i​l​-​v​r​a​i​m​e​n​t​-​p​o​s​s​i​b​l​e​.​pdf

    Réponse
  60. Étienne

    LES MACHINES À VOTER IMPOSÉES DANS LE CODE ÉLECTORAL, SANS DÉBAT CITOYEN, SANS RÉFÉRENDUM : UN COUP DÉTAT, UN ABUS DE POUVOIR, UNE TRAHISON DE LA PATRIE PAR DES ÉLUS EN TRAIN DE S’AFFRANCHIR DE TOUT CONTRÔLE

    Déci­dé­ment, non, ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir !

    Code élec­to­ral

    Par­tie législative
    Livre Ier : Elec­tion des dépu­tés, des conseillers géné­raux et des conseillers municipaux
    Titre Ier : Dis­po­si­tions com­munes à l’é­lec­tion des dépu­tés, des conseillers géné­raux et des conseillers municipaux
    Cha­pitre VI : Vote
    Sec­tion 2 : Opé­ra­tions de vote

    Article L57‑1
    Modi­fié par Loi n°2005–102 du 11 février 2005 – art. 72 JORF 12 février 2005

    Des machines à voter peuvent être uti­li­sées dans les bureaux de vote des com­munes de plus de 3 500 habi­tants figu­rant sur une liste arrê­tée dans chaque dépar­te­ment par le repré­sen­tant de l’Etat.

    Les machines à voter doivent être d’un modèle agréé par arrê­té du ministre de l’In­té­rieur et satis­faire aux condi­tions suivantes :

    - com­por­ter un dis­po­si­tif qui sous­trait l’é­lec­teur aux regards pen­dant le vote ;

    - per­mettre aux élec­teurs han­di­ca­pés de voter de façon auto­nome, quel que soit leur handicap ;

    - per­mettre plu­sieurs élec­tions de type dif­fé­rent le même jour à comp­ter du 1er jan­vier 1991 ;

    - per­mettre l’en­re­gis­tre­ment d’un vote blanc ;

    - ne pas per­mettre l’en­re­gis­tre­ment de plus d’un seul suf­frage par élec­teur et par scrutin ;

    - tota­li­ser le nombre des votants sur un comp­teur qui peut être lu pen­dant les opé­ra­tions de vote ;

    - tota­li­ser les suf­frages obte­nus par chaque liste ou chaque can­di­dat ain­si que les votes blancs, sur des comp­teurs qui ne peuvent être lus qu’a­près la clô­ture du scrutin ;

    - ne pou­voir être uti­li­sées qu’à l’aide de deux clefs dif­fé­rentes, de telle manière que, pen­dant la durée du scru­tin, l’une reste entre les mains du pré­sident du bureau de vote et l’autre entre les mains de l’as­ses­seur tiré au sort par­mi l’en­semble des assesseurs.

    Cité par :
    Loi n°71–1028 du 24 décembre 1971 – art. 22 (Ab)
    Loi n°2003–486 du 10 juin 2003 – art. 4 (V)
    Décret n°2005–237 du 17 mars 2005 – art. 8 (V)
    Déci­sion n°2007–3887 du 13 décembre 2007 – art., v. init.
    Déci­sion n°3742/3947 du 20 décembre 2007 – art., v. init.
    Code élec­to­ral – art. L313 (V)
    Code élec­to­ral – art. L562 (M)
    Code élec­to­ral – art. L562 (V)
    Code élec­to­ral – art. R56 (V)

    Codi­fié par :
    Décret 64–1086 1964-10-27 JORF 28 OCTOBRE 1964

    Source : Légi­france

    Réponse
  61. NingúnOtro

    Bien sur Étienne… notez quand-même que ce code fut approu­vée en 2005.

    Nous savons ce qu’ils pour­suivent… avec le contrôle des élec­tions soli­de­ment dans leurs mains (c’est quoi, tirer au sort par­mi LES EXPERTS accep­tés par le pou­voir ? Cela don­ne­ra n’im­porte quel résul­tat… quel­qu’un d’agréé par le pouvoir 😉 ).

    Le pire, c’est que nous savons qu’ils ferment pro­gres­si­ve­ment toutes les portes… et que nous ne fai­sons rien de réel­le­ment utile pen­dant qu’ils procèdent.

    Nous sommes les seuls à blâmer.

    Réponse
  62. NingúnOtro

    À noter quand-même qu’il s’a­git tou­jours de « PEUVENT », pas encore de « DOIVENT ».

    À nous de l’é­vi­ter, c’est encore pos­sible… mais cer­tai­ne­ment pas sans effort.

    Réponse
  63. Étienne

    Bureau Véri­tas
    ou com­ment tru­quer les machines à voter

    http://​wikis​trike​.over​-blog​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​e​-​b​u​r​e​a​u​-​v​e​r​i​t​a​s​-​o​u​-​c​o​m​m​e​n​t​-​t​r​u​q​u​e​r​-​l​e​s​-​m​a​c​h​i​n​e​s​-​a​-​v​o​t​e​r​-​7​2​5​4​9​1​1​4​.​h​tml

    À un an des pré­si­den­tielles, WikiS­trike met en garde les élec­teurs contre la socié­té Véri­tas, cette socié­té basée à Neuilly / Seine et qui cer­ti­fie les machines à voter.

    Bureau Veri­tas est une socié­té de ser­vices pro­po­sant des pres­ta­tions cou­vrant l’inspection, l’audit, les tests jus­qu’à l’a­na­lyse, tou­chant à de nom­breux domaines. Ses acti­vi­tés prin­ci­pales sont la cer­ti­fi­ca­tion, l’é­va­lua­tion de confor­mi­té, la for­ma­tion, et le conseil. Elle est pré­sente dans 140 pays, s’ap­puie sur un réseau com­pre­nant 850 implan­ta­tions et emploie envi­ron 40 000 per­sonnes (fin 2008) dont 7 300 en France.

    En 2009, son chiffre d’af­faires attei­gnait 2 648 mil­lions d’eu­ros. Le siège social du groupe se trouve à Neuilly sur Seine. Le siège social France se situe à Levallois-Perret.

    Cette entre­prise est déte­nue majo­ri­tai­re­ment par le groupe Wen­del (sur laquelle nous reviendrons).

    Au 30 avril 2008, le capi­tal était répar­ti comme suit :

    63 % sont déte­nus par le groupe Wen­del,
    32 % par des inves­tis­seurs flottants,
    4 % par les diri­geants de Bureau Veritas,
    1 % par les salariés.

    Sec­teurs d’activité :

    immo­bi­lier et infrastructures ;
    éner­gie et process ;
    indus­trie manufacturière ;
    télé­coms et électronique ;
    trans­port et logistique ;
    agro-industrie ;
    santé ;
    marine ;
    com­merce international ;
    aéro­nau­tique et espace.

    

    HISTOIRE

    Fon­dé en 1828 à Anvers, l’en­tre­prise figure à l’heure actuelle par­mi les dix pre­mières socié­tés fran­çaises en ce qui concerne le nombre d’im­plan­ta­tions mondiales.

    En 1828, Alexandre Delaye, Louis van den Broek et August Morel créaient un « Bureau d’in­for­ma­tion pour les assu­reurs mari­times » dans le but « d’é­ta­blir la véri­té et de l’ex­po­ser sans appré­hen­sion ni favo­ri­tisme ». Son objec­tif était de four­nir aux assu­reurs toutes les infor­ma­tions requises pour leur per­mettre d’é­va­luer le niveau de fia­bi­li­té des navires et de leurs équi­pe­ments ain­si que d’as­su­rer la pro­tec­tion des biens et des personnes.

    La socié­té Wendel

    Issu de la fusion-absorp­tion de CGIP (Com­pa­gnie géné­rale d’in­dus­trie et de par­ti­ci­pa­tions) et de Marine-Wen­del en juin 2002, Wen­del est une socié­té d’in­ves­tis­se­ment fran­çaise contrô­lée par la famille de Wen­del : Wen­del Par­ti­ci­pa­tions (ex-Socié­té Lor­raine de Par­ti­ci­pa­tions Sidé­rur­giques (SLPS)), hol­ding fami­lial de la famille Wen­del, détient 35% de Wen­del S.A. Les diri­geants sont Ernest-Antoine Seillière, (L’an­cien patron du MEDEF ou le patron des patrons de France) Pré­sident du Conseil de Sur­veillance, et Fré­dé­ric Lemoine, Pré­sident du Directoire.

    Dans la Wen­del Par­ti­ci­pa­tions appa­raît une cer­taine famille, les De Pan­afieu, Fran­çoise de Pan­afieu, née Mitry, membre de l’UMP, ancienne secré­taire d’É­tat au Tou­risme en 1995, dépu­tée de la sei­zième cir­cons­crip­tion de Paris depuis 2002 et conseiller de Paris pour le XVIIe arron­dis­se­ment de Paris depuis 2008, arron­dis­se­ment dont elle fut le maire de 2001 à 2008. Par sa mère, elle est liée à la famille Wen­del et est cou­sine d’Er­nest-Antoine Seillière, l’an­cien diri­geant du patro­nat fran­çais et pré­sident du groupe Wendel.

    Les pre­mier « hic » du Bureau Véri­tas sont que cette socié­té appar­tient à une famille UMP, dont le siège social se situe à Neuilly sur Seine, ville de Mon­sieur Sar­ko­zy, et que mal­gré son manque notoire d’in­dé­pen­dance poli­tique cer­ti­fie toutes nos machines à voter. Com­ment alors ne pas se poser de sérieuses ques­tions ? Nous sommes par­tis jeter un oeil plus loin pour voir de plus près ce qui se trame der­rière une entre­prise côtée en bourse et le pre­mier bureau de cer­ti­fi­ca­tion du monde.

    Il est à noter que lors de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2007, huit des douze can­di­dats ont pris posi­tion pour un mora­toire sur le vote élec­tro­nique. Trois n’ont pas pris posi­tion et un seul a sou­te­nu le vote élec­tro­nique : Nico­las Sar­ko­zy. C’est en effet ce der­nier qui en tant que ministre de l’in­té­rieur qui­met en place des agré­ments per­met­tant d’u­ti­li­ser de nou­velles machines à voter.

    Ins­pec­tions dans les domaines :

    ins­tal­la­tions élec­triques, machines, appa­reils et acces­soires de levage, appa­reils et acces­soires sous pres­sion, sou­dage, VMC gaz, amiante, agroin­dus­trie (filières viande, volaille, pro­duits de la mer, lait, pro­duits lai­tiers et pro­duc­tions végé­tales), ERP/Incendie (caté­go­ries C et D), trans­port par rail, machines à voter, TAR, ICPE

    Accré­di­ta­tion COFRAC n° 3–004 déli­vré à Bureau Veri­tas pour les ins­pec­tions dans les domaines : ins­tal­la­tions élec­triques, machines, appa­reils et acces­soires de levage, appa­reils et acces­soires sous pres­sion, sou­dage, VMC gaz, amiante, agroin­dus­trie (filières viande, volaille, pro­duits de la mer, lait, pro­duits lai­tiers et pro­duc­tions végé­tales), ERP/Incendie (caté­go­ries C et D), trans­port par rail, machines à voter, TAR, ICPE

    Télé­char­ger l’accréditation

    Le plus grand défen­seur des machines à voter est André San­ti­ni, maire d’Is­sy-les-Mou­li­neaux, dépu­té de la 10e cir­cons­crip­tion Hauts-de-Seine. On note­ra par ailleurs qu’il a fait ses études secon­daires au Lycée Pas­teur de Neuilly sur Seine. Il apporte son sou­tien à Nico­las Sar­ko­zy en février 2007, avant même le pre­mier tour de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle, ce qui lui vaut d’être sus­pen­du de l’UDF. Il intègre par la suite le Nou­veau Centre, dont il devient vice-président.

    Pour l’é­lec­tion pré­si­den­tielle, cer­taines com­munes dont Issy-les-Mou­li­neaux ont ten­té d’u­ti­li­ser des machines à voter dotées d’un logi­ciel dif­fé­rent de celui vali­dé par l’ad­mi­nis­tra­tion. Cette non confor­mi­té est décou­verte et dénon­cée par les oppo­sants. Les machines sont alors rem­pla­cées de manière à ce que le logi­ciel uti­li­sé soit le même que le logi­ciel vali­dé (des oppo­sants indiquent qu’ils n’ont pu avoir une cer­ti­tude sur la confor­mi­té du nou­veau logiciel).

    3 jours avant les élec­tions pré­si­den­tielles de 2007 :

    Le 31 mars 2007, le Conseil consti­tu­tion­nel a esti­mé « que l’u­ti­li­sa­tion des machines à voter pour les élec­tions, notam­ment pré­si­den­tielles, est auto­ri­sée par le légis­la­teur depuis 1969 » et que « ce recours aux machines à voter dans les condi­tions fixées par l’ar­ticle L. 57–1 du code élec­to­ral a été décla­ré conforme à la Constitution ».

    Pour le pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel Gilles Gugliel­mi, « le com­mu­ni­qué de presse du Conseil n’a aucune valeur juri­dique » et repose sur un « rai­son­ne­ment juri­dique » contes­table. « L’u­ti­li­sa­tion des machines à voter pour­rait, sans aucun abus du droit de recours, être juri­di­que­ment contes­tée devant les juri­dic­tions françaises ».

    Voir aus­si Pro­cé­dures fran­çaises assu­rant la sin­cé­ri­té des machines à voter.

    Trois agré­ments sont en cours de vali­di­té, sans que cela signi­fie que toutes les exi­gences soient respectées :

    Nedap modèle ESF1 ;
    Indra modèles Point & Vote et Point & Vote Plus ;
    ES&S modèle iVotronic.

    

    Aucune nou­velle demande d’agrément n’est en cours, selon le minis­tère de l’intérieur (en date du 15 juin 2006). Tou­te­fois, neuf mois plus tard, de nou­velles machines ont été agréées, dans les jours pré­cé­dant l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2007.

    Cer­tains fabri­cants de machines à voter de réservent le droit de modi­fier les spé­ci­fi­ca­tions tech­niques sans noti­fi­ca­tion préa­lable (« Indra reserves the right to alter tech­ni­cal spe­ci­fi­ca­tions without prior notification. »

    La contro­verse

    Bureau Veri­tas – Cépen Apave

    Ces deux socié­tés sont des orga­nismes de cer­ti­fi­ca­tion indé­pen­dants du minis­tère de l’In­té­rieur. Le Bureau Véri­tas s’occupe des machines Nedap et Cepen-Apave des machines Indra. Ces deux socié­tés per­çoivent la machine d’une façon neutre. L’analyse de la machine est pour eux un tra­vail par­mi d’autres.

    Leur tra­vail s’inscrit dans une « pro­cé­dure rigou­reuse de contrôle de confor­mi­té » (d’a­près Conseil Consti­tu­tion­nel). Les machines doivent être conformes en tout point aux 114 exi­gences conte­nues dans le règle­ment tech­nique fixant les condi­tions d’agrément des machines à voter du 17 novembre 2003, en par­ti­cu­lier en termes de fia­bi­li­té tech­nique et de sécu­ri­té des sys­tèmes. Mais le compte ren­du de leur ana­lyse reste secret (pro­té­gé par le secret indus­triel). Ceci est for­te­ment contes­té. De plus, une fuite a mon­tré que les rap­ports tendent à homo­lo­guer des machines même si celles-ci ne sont pas en tout point conforme avec le réglement.

    Ces orga­nismes n’ont cepen­dant pas accès aux com­po­sants élec­tro­niques et aux codes sources qui sont pro­té­gés par le secret indus­triel (cf. article de Sciences et Avenir).

    Les infor­ma­tions sur ces orga­nismes de contrôle sont res­treintes (cf. la carte du navi­craw­ler qui montre que le bureau est excen­tré, cf. l’in­ter­view de M. Mon­niaux qui évoque la non spé­cia­li­sa­tion de ces orga­nismes sur les ques­tions informatiques).

    Les objets de la controverse

    Tech­ni­que­ment par­lant, il n’existe pas qu’une, mais plu­sieurs machines.

    Cette contro­verse porte sur trois modèles dif­fé­rents de machines à voter, cer­ti­fiés par le Bureau Véri­tas et agréées par le Minis­tère de l’Intérieur ain­si que par le Conseil Consti­tu­tion­nel, qui les réper­to­rie dans son com­mu­ni­qué du 29 mars 2007.

    En rai­son du secret indus­triel por­tant sur ces machines, il est dif­fi­cile de trou­ver des docu­ments offi­ciels détaillant leurs carac­té­ris­tiques techniques.

    France élec­tion

    France élec­tion est une entre­prise impor­ta­trice des machines NEDAP en France et pres­ta­taire de ser­vices spé­cia­li­sés dans l’or­ga­ni­sa­tion d’é­lec­tions. MM Palis­son et Reynes, direc­teur et employé de France élec­tion, sont défen­seurs des machines à voter.

    Sur le site offi­ciel est inscrit :

    « France Elec­tion, par­te­naire des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales dans l’organisation des élec­tions depuis 1998. »

    Il est inté­res­sant de noter que Nico­las Sar­ko­zy à deman­dé à E.Balladur de tra­vailler sur une réforme des col­lec­ti­vi­tés territoriales.

    NEDAP

    Les machines Nedap repré­sentent 80 % du parc ins­tal­lé en France pour cou­vrir 1,4 mil­lion d’électeurs.

    Le pro­blème avec NEDAP, c’est qu’elle pro­pose des pro­duits capables de tru­quer des machines à voter. C’est hal­lu­ci­nant, nul ne le remarque, et pourtant.

    En effet, dans les domaines de com­pé­tence de NEDAP France, nous retrou­vons ceci : Sys­tèmes de comp­tage, Sys­tèmes d’i­den­ti­fi­ca­tion radio­fré­quences pour le contrôle d’ac­cès, Sys­tèmes de détec­tion RF pour l’an­ti­vol, Sys­tèmes RFID (iden­ti­fi­ca­tion et détec­tion), Concep­tion d’ap­pli­ca­tions intégrées

    Sys­tèmes RFID ?

    Der­rière ce nom bar­bare ce cache la radio-iden­ti­fi­ca­tion.

    La radio-iden­ti­fi­ca­tion plus sou­vent dési­gnée par le sigle RFID (de l’anglais Radio Fre­quen­cy IDen­ti­fi­ca­tion) est une méthode pour mémo­ri­ser et récu­pé­rer des don­nées à dis­tance en uti­li­sant des mar­queurs appe­lés « radio-éti­quettes » (« RFID tag » ou « RFID trans­pon­der » en anglais)1.

    Les radio-éti­quettes sont de petits objets, tels que des éti­quettes autoadhé­sives, qui peuvent être col­lés ou incor­po­rés dans des objets ou pro­duits et même implan­tés dans des orga­nismes vivants (ani­maux, corps humain2). Les radio-éti­quettes com­prennent une antenne asso­ciée à une puce élec­tro­nique qui leur per­met de rece­voir et de répondre aux requêtes radio émises depuis l’émetteur-récepteur.

    La même entre­prise NEDAP France qui créé nos machines à voter construit des puces contrô­lables à dis­tance. Ça com­mence à faire beaucoup.

    La machine à voter ESF1 de NEDAP

    L’ ESF1 est une machine à voter agréée par le Minis­tère de l’In­té­rieur fran­çais en 2004, 2005 et 2007 (Nico­las Sar­ko­zy étant alors le ministre en fonc­tion). Ces machines de marque Nedap sont impor­tées par France Elec­tion. Elles uti­lisent le logi­ciel IES ver­sion fran­çaise. Elles équi­pe­raient les 4⁄5 des bureaux de vote Fran­çais employant des machines à voter.

    Après divers agré­ments pro­vi­soires, l’a­gré­ment est accor­dé le 8 mars 2005. Les machines sont modi­fiées en 2006, et un nou­vel agré­ment est accor­dé le 12 avril 2007, soit 8 jours avant le pre­mier tour des élec­tions pré­si­den­tielles fran­çaises. Cet agré­ment couvre à la fois les machines ESF1 mises à jour (Hard­ware 1.06 – Firm­ware 4.02), et un nou­veau modèle (Hard­ware 2.01 – Firm­ware 4.02).

    Cepen­dant, cer­tains consi­dèrent que la machine à voter ne res­pecte pas les exi­gences du règle­ment. La presse a fait écho de cri­tiques por­tant sur les exi­gences 6, 7, 19 et 46.

    L’a­gré­ment de la machine est for­mel­le­ment l’ob­jet d’une pro­cé­dure de recours auprès du Conseil d’E­tat, enga­gée par l’As­so­cia­tion pour le Contrôle Citoyen des Moyens de Vote, Roland More­no, et d’autres par­ti­cu­liers. Une pre­mière déci­sion est inter­ve­nue dans cette affaire, débou­tant par­tiel­le­ment les plai­gnants, mais ordon­nant au Minis­tère de l’In­té­rieur de pro­duire des élé­ments rela­tifs au dos­sier d’a­gré­ment. Sur la base du rap­port de Bureau Veri­tas ain­si obte­nu, les plai­gnants contestent le res­pect des exi­gences 4 (mesures véri­fiant l’in­té­gri­té); 62 (acces­si­bi­li­té des per­sonnes han­di­ca­pées); 1, 19, et 46 (horo­da­tage des évè­ne­ments). A l’is­sue de l’au­dience du 28 sep­tembre 2009, l’af­faire est en délibéré.

    Des machines à voter Nedap simi­laires à l’ESF1 ont aus­si été agréées aux Pays-Bas par l’Institut TNO, en Alle­magne par le labo­ra­toire PTB et en Irlande par le kla­bo­ra­toire PTB, avant que les Pays-Bas n’a­ban­donnent défi­ni­ti­ve­ment le vote élec­tro­nique en mai 2008, suite à la publi­ca­tion d’un rap­port du 27 sep­tembre 2007 de la com­mis­sion Kor­thals-Altes cri­ti­quant les machines à voter uti­li­sées comme insuf­fi­sam­ment contrô­lables, « car ne four­nis­sant pas de trace papier. Le sys­tème ne per­met pas non plus de garan­tir le secret du vote, et les frais éle­vés de son déve­lop­pe­ment ne sont pas jus­ti­fiés en regard des maigres avan­tages que peut pro­cu­rer un tel système. ».

    Le 16 mai 2008, le gou­ver­ne­ment néer­lan­dais annonce l’a­ban­don défi­ni­tif du vote élec­tro­nique et le retour au papier et au crayon. Quant aux alle­mands, ils sont allés encore plus loin, le vote élec­tro­nique y est deve­nu anticonstitutionnel.

    L’é­trange posi­tion de la CNIL et son indé­pen­dance fictive

    La Com­mis­sion natio­nale de l’in­for­ma­tique et des liber­tés (CNIL) est une auto­ri­té admi­nis­tra­tive indé­pen­dante fran­çaise. La CNIL est char­gée de veiller à ce que l’informatique soit au ser­vice du citoyen et qu’elle ne porte atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie pri­vée, ni aux liber­tés indi­vi­duelles ou publiques. Elle exerce ses mis­sions confor­mé­ment à la loi n°78–17 du 6 jan­vier 1978 modi­fiée le 6 août 2004.

    La CNIL, mal­gré les nom­breuses incer­ti­tudes autour de la fia­bi­li­té des machines à voter n’a pas pris posi­tion sur l’or­di­na­teur de vote, car, en l’ab­sence de « mani­pu­la­tion de don­nées à carac­tère per­son­nel », cela ne fait pas par­tie de sa mission.

    Étrange posi­tion ? En réa­li­té, pas vrai­ment, car son pré­sident Alex Turk, homme poli­tique éti­que­té RPR est main­te­nant fiché comme Divers Droite, c’est en effet ce qu’il y a de mieux pour ne pas dire que l’on fait par­ti à la fois de l’UMP et d’une com­mis­sion comme la CNIL soi-disant indépendante.

    Le 14 décembre 2007 les locaux de la CNIL ont été occu­pés une mati­née par plu­sieurs dizaines de per­sonnes qui ont notam­ment déployé une ban­de­role « Infor­ma­tique ou liber­tés, il faut choi­sir ». Le col­lec­tif Pièces et Main d’Œuvre avance, dans un texte d’a­vril 2007, que la Cnil ne béné­fi­cie que d’une « pseu­do-indé­pen­dance » et rap­pelle que « depuis juillet 2004, la loi a déci­dé que les ser­vices de police n’au­raient même plus à s’as­seoir sur les avis de la Cnil pour créer de nou­veaux fichiers. Celle-ci était inau­dible et silen­cieuse, la voi­ci muette. Rien qu’un gui­chet de police. »

    À suivre

    ——-

    Les machines à voter dénon­cées par un ingé­nieur élec­tro­ni­cien expé­ri­men­té en informatique

    Péti­tion contre les machines à voter et le vote électronique

    Source : http://​wikis​trike​.over​-blog​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​e​-​b​u​r​e​a​u​-​v​e​r​i​t​a​s​-​o​u​-​c​o​m​m​e​n​t​-​t​r​u​q​u​e​r​-​l​e​s​-​m​a​c​h​i​n​e​s​-​a​-​v​o​t​e​r​-​7​2​5​4​9​1​1​4​.​h​tml

    Info relayée sur le forum : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​p​i​d​=​1​0​6​2​0​#​p​1​0​620, avec ce com­men­taire : « Au lieu de « contrô­ler les pou­voirs à tra­vers des jurys tirés au sort », bien­tôt, on ne contrô­le­ra car­ré­ment même plus les élec­tions (déjà mani­pu­lées au der­nier degré) de cette pan­ta­lon­nade de régime dégé­né­ré qui s’é­ti­quette sans ver­gogne « démo­cra­tie » : l’ins­tal­la­tion de machines à voter un peu par­tout sans consul­ta­tion popu­laire est un nou­veau coup d’É­tat anti­ré­pu­bli­cain de la der­nière gra­vi­té, une Haute Tra­hi­son contre la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, une félo­nie de plus de véri­tables enne­mis de la patrie, qui sont arri­vés au pou­voir par la brique et par l’in­trigue, finan­cés par la Grande banque depuis que le loup Pom­pi­dou-Roth­schild est entré dans la ber­ge­rie… Tout ça est à vomir. ».

    Réponse
  64. Étienne

    Vote élec­tro­nique :
    l’exemple du Venezuela

    http://​www​.celi​ne​del​forge​.be/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​9​/​0​4​/​1​5​/​1​1​9​-​v​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​l​-​e​x​e​m​p​l​e​-​d​u​-​v​e​n​e​z​u​ela

    Ce 7 juin [2009], une par­tie des élec­teurs belges va une fois de plus voter à l’aide d’or­di­na­teurs. Un sys­tème régu­liè­re­ment mis en cause pour son manque de trans­pa­rence, de fia­bi­li­té et qui rend impos­sible le contrôle citoyen de cet exer­cice démocratique.

    Il existe pour­tant un pays qui uti­lise un sys­tème de vote auto­ma­ti­sé qui répond à tous ces cri­tères : le Vene­zue­la, où j’ai eu à plu­sieurs reprises l’oc­ca­sion d’ac­com­pa­gner un pro­ces­sus élec­to­ral exemplaire.

    Ma der­nière mis­sion d’ac­com­pa­gne­ment d’un pro­ces­sus élec­to­ral au Vene­zue­la remonte au refe­ren­dum du 15 février de cette année. 
    Cette fois, j’ai même pu aller visi­ter l’u­sine où sont confi­gu­rées les machines à voter.

    Je ne me suis pas pri­vée de poser de nom­breuse ques­tions. Mais rien à faire, bien que je sois plu­tôt méfiante face aux tech­niques de vote auto­ma­ti­sé, je n’ai tou­jours pas trou­vé de faille dans le sys­tème véné­zué­lien. Et la pour­tant très vivace oppo­si­tion, qui ne manque pas de res­sources ni d’ex­perts, non plus.

    Il faut dire qu’à toute les étapes du pro­ces­sus, des témoins de tous les camps sont invi­tés à par­ti­ci­per. Y com­pris dans cette usine où des machines à voter sont tirées au sort et tes­tées par les témoins de par­ti. On est loin de l’o­pa­ci­té du sys­tème belge.

    Com­ment l’é­lec­teur véné­zué­lien doit-il faire pour voter ?

    Arri­vé devant le centre de vote, l’é­lec­teur doit consul­ter la liste affi­chée à l’en­trée pour savoir dans quel bureau il doit se rendre. 

    Une fois dans le bureau, il rem­plit le registre élec­to­ral en le signant et en y appo­sant ses empreintes digitales. 
    Une pre­mière étape pour évi­ter les votes mul­tiples ou sous une fausse identité. 
    Il semble donc qu’i­ci, les morts ne puissent pas voter.

    Ensuite, il se rend devant la machine à voter qui est pro­té­gée des regards par un paravent en car­ton, enre­gistre son vote et le valide.

    Une fois le vote confir­mé, la machine imprime un ticket qui indique le vote enregistré.

    L’é­lec­teur va lui-même glis­ser ce ticket dans une urne.

    La der­nière étape consiste à trem­per son auri­cu­laire dans une encre indé­lé­bile (j’ai tes­té, ça prend plu­sieurs jours pour par­tir) qui offre une garan­tie sup­plé­men­taire contre les votes multiples.

    Le dépouille­ment est éga­le­ment un moment impor­tant auquel assistent les membres du bureau et les témoins poli­tiques et des com­pa­rai­sons sont effec­tuées entre les résul­tat de cer­tains ordi­na­teurs et les votes impri­més pour véri­fier la bonne marche du système.

    Si le vote auto­ma­ti­sé véné­zué­lien semble tech­ni­que­ment irré­pro­chable, un ensei­gne­ment à en tirer, c’est qu’une par­tie de sa légi­ti­mi­té vient de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne qui l’ac­com­pagne. À chaque étape des témoins de tous les camps sont réel­le­ment pré­sents et les bureaux de vote ne sont pas déser­tés par les asses­seurs qui donnent volon­tiers de leur temps le jour du vote mais aus­si lors de for­ma­tions préalables.

    Pour­tant, le Vene­zue­la est un pays où on vote plus sou­vent qu’en Belgique. 
    Mais c’est éga­le­ment un pays où le débat poli­tique est très pré­sent et où les citoyens sont conscients de l’im­por­tance de don­ner leur avis.

    Il y a fort à parier que si le Vene­zue­la avait le même sys­tème de vote que la Bel­gique, les résul­tats des élec­tions ne seraient pas validés. 
    Il est grand temps de déci­der si la Bel­gique veut reve­nir au vote papier clas­sique ou si elle veut un vote auto­ma­ti­sé de qualité. 
    En tout cas, il est urgent d’a­ban­don­ner nos vieux cou­cous équi­pés de disquettes…

    Céline Del­forge

    http://​www​.celi​ne​del​forge​.be/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​2​0​0​9​/​0​4​/​1​5​/​1​1​9​-​v​o​t​e​-​e​l​e​c​t​r​o​n​i​q​u​e​-​l​-​e​x​e​m​p​l​e​-​d​u​-​v​e​n​e​z​u​ela

    Réponse
  65. Patrick

    Il n’a vrai­ment pas eu de chance Cha­vez. Il a essayé en 1999 de mettre en place une fausse démo­cra­tie directe avec des seuils de 20% et pleins de res­tric­tions, et à cause d’in­ter­net qui per­met la mobi­li­sa­tion de l’op­po­si­tion, il se retrouve avec une vraie (ou du moins quelque chose qui com­mence à s’en rap­pro­cher) et un pro­ces­sus élec­to­ral qui rend dif­fi­cile le bour­rage d’urnes.

    Réponse
  66. Étienne

    HACKING DEMOCRACY expose les dan­gers des machines à voter uti­li­sées pen­dant les élec­tions amé­ri­caines, pré­si­den­tielles comprises.

    Tour­né durant trois ans et dif­fu­sé 26 fois fin 2006 sur la chaîne amé­ri­caine HBO, ce repor­tage suit le com­bat d’un groupe de citoyens (aujourd’­hui orga­ni­sé en asso­cia­tion à but non-lucra­tif Black​Box​Vo​ting​.org) qui enquête et démonte l’in­dus­trie du vote élec­tro­nique, ciblant prin­ci­pa­le­ment la socié­té Die­bold, fabri­cant majeur des machines. Il culmine avec un duel entre une machine à voter Die­bold et les pro­ta­go­nistes qui testent le doré­na­vant fameux « Har­ri Hurs­ti Hack », fruit du tra­vail d’un infor­ma­ti­cien fin­lan­dais, qui prouve indu­bi­ta­ble­ment que Die­bold men­tait haut et fort et que le comp­tage de nos votes peut être tru­qué à volon­té, les votes sup­pri­més ou attri­bués à d’autres can­di­dats et le tout sans lais­ser la moindre trace.

    Le docu­men­taire démontre que l’u­ti­li­sa­tion frau­du­leuse de ces machines en 2000 – voir aus­si les pre­mières minutes du film « Eve­ry­bo­dy’s Got­ta Learn Some­time » – a faci­li­té l’ac­ces­sion au pou­voir de George W. Bush et des membres néo-conser­va­teurs du PNAC, le chaî­non man­quant entre la pla­ni­fi­ca­tion du pro­jet 11 sep­tembre 2001 et son achèvement.

    En 2004, le gou­ver­ne­ment irlan­dais, suite à une étude indé­pen­dante démon­trant le manque de fia­bi­li­té des machines Nedap (un concur­rent de Die­bold), a déci­dé d’en aban­don­ner l’u­ti­li­sa­tion. Néan­moins, en France, lors de la der­nière élec­tion pré­si­den­tielle de 2007, près de 1,7 mil­lions de Fran­çais ont voté à l’aide de ces machines électroniques…

    Une péti­tion existe pour contes­ter la mise en place de ces machines en France : http://​www​.ordi​na​teurs​-de​-vote​.org Elle a dépas­sé les 100 000 signatures.

    http://​www​.ReO​pen911​.info
    Le site fran­çais sur les atten­tats du 11 Septembre

    Réponse
  67. Stef

    Bon­jour

    Je suis infor­ma­ti­cien, conscient du sou­ci des machines à voter et de la dif­fi­cul­té de comp­ter les bul­le­tins papiers, et j’ai une solu­tion à ce problème.

    Il suf­fit de mettre une micro-puce ou un cap­teur dans le bul­le­tin qui indique le type de ce bulletin.

    Idéa­le­ment, l’urne devrait être scel­lée afin qu’au­cun bul­le­tin ne puisse être rajou­té autre­ment que par un votant. Pour comp­ter, il suf­fit de scan­ner l’urne et on peut trou­ver le nombre de bul­le­tins par type de capteurs.

    Il est alors pos­sible d’ar­chi­ver le résul­tat en com­pac­tant la masse des bul­le­tins, qui res­te­ra scan­nable à volon­té, et qui pren­dra très peu de place. Le com­pac­tage peux se faire en gar­dant l’urne autour, qui serait dans un maté­riaux mal­léable, scel­lée, et donc qui n’au­ra jamais été ouverte.

    La seule faille réside au niveau du bul­le­tin mar­qué, mais ils peuvent être véri­fiés dans l’en­ceinte du bureau de vote par scan­ner avant d’être mis à dis­po­si­tion des votants.

    Ce sys­tème est donc anti-fraude, peu coû­teux, tota­le­ment fiable, auto­ri­sant le comp­tage rétro­ac­tif, et res­pecte l’anonymat.

    Les solu­tions existent, mais si elles ne sont pas mises en place, c’est tout sim­ple­ment que ceux qui ont le pou­voir veulent gar­der la pos­si­bi­li­té de pou­voir tricher.

    Mer­ci à tous et bonne journée:)

    Réponse
  68. Stef

    J’ai oublié de dire que ce sys­tème per­mets une véri­fi­ca­tion manuelle, et que le épouillage est extrê­me­ment rapide (ins­tan­ta­né).

    Réponse

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