Ségolène Royal propose des « jurys de citoyens » pour évaluer les politiques publiques

23/10/2006 | 102 commentaires

Le Nou­vel Obs publie une dépêche qui contient des pro­messes formidables…

« Ségo­lène Royal a pro­po­sé dimanche dans le cadre de la « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » qu’elle entend mettre en place si elle est élue en 2007 de faire éva­luer l’en­semble des poli­tiques publiques par des « jurys de citoyens ».

Ces jurys de citoyens tirés au sort per­met­traient d’ins­tau­rer « une sur­veillance sur la façon dont les élus rem­plissent leur man­dat », a expli­qué la can­di­date à la can­di­da­ture socia­liste lors de la 15e Cité de la réus­site à la Sorbonne.

Ils fonc­tion­ne­raient « à par­tir d’un cer­tain nombre d’in­di­ca­teurs que l’on pour­rait démo­cra­ti­que­ment mettre en place », a ajou­té Mme Royal sans plus de précision.

Pour « asso­cier les citoyens aux déci­sions qui les concernent », la can­di­date socia­liste a éga­le­ment pro­po­sé de mettre en place des réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire et des bud­gets par­ti­ci­pa­tifs, sur le modèle de celui qu’elle a ins­tau­ré depuis 2004 dans sa région Poitou-Charentes. (…) »

On dirait que les meilleures graines com­mencent à ger­mer et à per­cer la cara­pace télé­cra­tique…

Mais, com­ment être sûr que cette sédui­sante can­di­date fera ce qu’elle nous pro­met de faire ?

Rap­pe­lons que TOUS les par­tis ont ins­crit le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire dans leur pro­gramme élec­to­ral depuis long­temps sans jamais l’ins­ti­tuer une fois par­ve­nus au pou­voir, — voyez l’u­tile réca­pi­tu­la­tif, « honte aux par­tis », dres­sé par Yvan Bachaud sur ce point —, prou­vant ain­si qu’ils ne sont qu’une bande de men­teurs. Alors pour­quoi fau­drait-il croire à nou­veau l’un d’entre eux qui remet une couche de pro­messes par-des­sus les pro­messes quo­ti­dien­ne­ment trahies ?

Je conti­nue de pen­ser que les citoyens doivent écrire eux-mêmes des pro­jets consti­tuants alter­na­tifs pour ensuite juger sur pièce, avec une acui­té nou­velle, les pro­jets consti­tuants des can­di­dats au pouvoir.

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Étienne

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102 Commentaires

  1. étienne fillol

    Par cette pro­po­si­tion, nous sommes pas­sés de la déma­go­gie popu­liste à la dan­ge­ro­si­té pure : j’en parle éga­le­ment sur : etien​ne​fillol​.org

    Etienne FILLOL.

    Réponse
  2. Primaires populaires (Sam17)

    Sur le papier, l’i­dée de Mme Royal est excellente.

    À Étienne Filliol (sur le mes­sage de votre blog) :

    « (…) en démo­cra­tie, le « jury popu­laire » est consti­tué de l’en­semble des citoyens fran­çais en âge de voter. C’est-à-dire que chaque citoyen a le droit de s’ex­pri­mer et donc de réélire ou ren­voyer un élu. Rendre juge de l’ac­tion poli­tique un jury tiré au sort c’est court-cir­cui­ter cette démo­cra­tie. Moi, je ne veux en aucun cas qu’un groupe d’in­di­vi­dus que je ne connais pas se réunisse offi­ciel­le­ment aux frais des contri­buables pour dire du mal d’un élu que je trouve bon ou l’in­verse. Per­sonne de nor­ma­le­ment consti­tué ne peut sou­hai­ter cela. »

    Et le « ser­vice public » de presse, il fait quoi, avec quels sous ? Et ses cadres, eux, ne sont pas tirés au sort… ni élus sou­ve­rai­ne­ments par leurs « pairs » (les journalistes).

    Au-delà de ça, la démo­cra­tie est une mer de conflits, et encore heu­reux que des gens que je ne connais pas disent du mal de ceux que j’es­time par­mi les hommes poli­tiques. Vous savez ce que Vol­taire écri­vit sur la liber­té de pen­ser (de s’exprimer).

    Le coup du « pou­voir de réélire », ça com­mence à faire, on voit les résul­tats, dans un sys­tème ou la pré­sé­lec­tion et la cou­ver­ture média­tique font que tout est vérouillé.
    M. Chi­rac a été réélu. Je ne vous rap­pelle pas son score du pre­mier tour. En matière de men­teur de haut vol, on fait pour­tant dif­fi­ci­le­ment mieux que M. Chirac.

    Mon­te­bourg a bien expli­qué les méca­nismes qui font que pour le plai­sir — en appa­rence hau­te­ment démo­cra­tique — de pou­voir élire son Pré­sident, dans le sys­tème actuel, on se paye à coup sûr un homme qui s’est lié les mains par des accords (finances et ren­vois d’as­cen­seurs atten­dus) occultes pour arri­ver au som­met. L’é­lec­tion du Pré­sident au suf­frage uni­ver­sel direct, à part la France, on voit ça aux USA. Vous voyez le résultat ?

    Alors, si on sur­vole les choses, on peut tou­jours énon­cer de beaux prin­cipes en défen­dant la démo­cra­tie. Et jus­te­ment, le tirage au sort (comme le pou­voir de sur­veillance et de révo­ca­tion des élus) exis­tait… avant, et pre­nait le pas sur le vote.

    Vous confon­dez la déma­go­gie et le fait d’en appe­ler à la res­tau­ra­tion d’une véri­table démo­cra­tie, ou bien vous trou­vez que le régime qu’on a est digne de s’ap­pe­ler ain­si ? Vous vous ren­dez compte de la pro­pen­sion du dis­cours domi­nant, dans un régime au bord du gouffre, à clas­ser « déma­goque » voire « popu­liste » quel­qu’un qui reven­dique qu’on mette en oeuvre des recettes démo­cra­tiques qui existent depuis des mil­lé­naires et que nos consti­tuants juges et par­tis se sont soi­gneu­se­ment abs­te­nus de mettre en oeuvre ?

    « Je vou­drais aus­si que Madame Royal nous explique sur quelle base objec­tive et juri­dique ce « jury popu­laire » pour­raient juger des élus de tous bords, sans faire entrer en jeu une quel­conque incli­na­tion poli­tique ou un phé­no­mène affectif ? »

    Par le RIC, qui peut aus­si ser­vir à révo­quer un élu. Et si une mino­ri­té (consé­quente) le pro­pose, que ce sont tous les citoyens qui votent pour ou contre au final.

    « Affec­tif »… et quand ma mère vote, vous vou­lez que je vous explique ses cri­tères ? Un jury qui se pro­nonce « en son âme et conscience », il fait quoi ? Il est tiré au sort, il rend la jus­tice en votre nom aus­si, et pour­tant il ne vous dit pas ses motifs.

    Alors l’a­mal­game « juge­ment popu­laire » = « affec­tif », très peu pour moi, il y a des tas d’é­mis­sions ou de débats poli­tiques aus­si rasoirs et dupes que hau­tains où ça marche bien.

    Je sup­pose que vous jugez les citoyens « que vous ne connais­sez pas » poten­tiel­le­ment com­pé­tents, et ne culti­vez pas le « mythe de la com­pé­tence poli­tique » (comme 50% seule­ment des gens). Sinon, si c’est pour ne par­ler qu’à des cons, à quoi bon ouvrir un blog dédié à la « poli­tique » ? (Les poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels, eux, qui sont com­pé­tents et aver­tis, ne vien­dront pas cau­ser chez vous).

    « Il ne faut pas lais­ser la poli­tique deve­nir un métier ». « Le pou­voir cor­rompt ». Vous connais­sez ça ?

    Les Grecs avaient com­pris que ce qui compte chez les élus n’est pas tant la com­pé­tence mais le contrôle effectif.
    Je crois que c’est P. Rosan­val­lon qui nous a rap­pe­lé ça. Ce gars connait le milieu… Au pas­sage, sur Ségo­lène… l’adhé­sion d’un Mon­te­bourg, avant ce genre de décla­ra­tion, ne m’a pas fait oublier sa cam­pagne de ouiste pour la machi­ne­rie néo­to­ta­li­ta­ro­li­bé­rale euro­péenne (ou le pro­pos de Bour­dieu sur elle : une femme de droite, qui, sor­tant de l’E­NA, a choi­si la gauche comme on choi­sit sa boîte, parce que c’é­tait en plein essor). Et ça, l’  »Europe », Ségo­lène s’abs­tient d’en cau­ser, entre deux « solu­tions chiffons »…

    … Jus­te­ment, pour une fois elle pro­pose une chose valable et un prin­cipe « fort ». Mais pas si fort, c’est encore un bri­co­lage ven­deur mais trom­peur : ce que je lui reproche, moi, à sa pro­po­si­tion, c’est jus­te­ment qu’il n’y a pas de « sanc­tion », donc de pou­voir de démettre des élus si, sur l’ins­tant, la majo­ri­té des citoyens (ou d’un échan­tillon repré­sen­ta­tif, tiré au sort), le décide.

    La pos­si­bi­li­té de révo­quer un élu en cours de man­dat est un prin­cipe essen­tiel. Vous êtes contre le pou­voir des citoyens de démettre un élu en cours de man­dat, ou c’est la méthode pro­po­sée qui vous gêne ? C’est le tirage au sort ?

    Le tirage au sort est un prin­cipe élec­tif his­to­ri­que­ment tout à fait légi­time, moins per­vers et plus éga­li­taire que le vote.

    Dans la liste des « popu­listes » his­to­riques (« Dan­ton, Robes­pierre, voire Mao ») n’ou­bliez pas Marat, qui lui aus­si, même s’il allait contre le « bon sens » déjà bien mar­tel­lé et fait encore bon­dir, ne fai­sait que rap­pe­ler un prin­cipe ances­tral en disant qu’il faut d’au­tant moins voter pour des gens qui s’é­ver­tuent à aller à la pêche aux voix (autre­fois, on fai­sait plus que les dédai­gner, ces catins de la scène poli­tique…), sans par­ler de se conten­ter des quelques uns que la machine à voter pré­sente — dont les têtes de série ont des décen­nies de pra­tique et l’es­prit irré­mé­dia­ble­ment cor­rom­pu (je n’ai pas par­lé du por­te­feuille) — mais qu’il faut que les citoyens pro­posent eux-mêmes leurs candidats.

    Sup­po­sez un ins­tant que : 
    1) on inter­dise toute candidature ; 
    2) on demande aux citoyens de voter pour, met­tons, deux per­sonnes qu’ils jugents dignes de confiance, tra­vailleuses, hon­nêtes et rai­son­na­ble­ment com­pé­tentes (intel­li­gentes), qu’ils aime­raient voir pré­sen­tées comme « can­di­dates » à un poste donné ; 
    3) qu’on recueille la liste, qu’on prenne les pre­miers 10% de réponses et qu’on tire au sort dans la liste res­tante 10 per­sonnes par poste à pourvoir ; 
    4) que les 10 per­sonnes sélec­tion­nées soient pré­sen­tées, se choi­sissent des conseillers libre­ment, fassent leur cam­pagne, et qu’on pro­cède à l’é­lec­tion. Le mieux est encore sans doute que la cam­pagne soit ani­mée non pas par les médias en place, mais seule­ment par des citoyens eux mêmes tirés au sort (idéa­le­ment sui­vant les mêmes prin­cipes 1) à 3))…

    Vous avez là un sys­tème d’élec­tion avec pri­maires popu­laires beau­coup plus juste et éga­li­taire que ce qu’on connaît. Faites varier rai­son­na­ble­ment les chiffres, ça reste meilleur.

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  3. orbi

    La pro­po­si­tion de Ségo­lène Royal me réjouit pour deux raisons ;
    – Elle relance le débat sur la démo­cra­tie et la crise évi­dente de la démo­cra­tie représentative.
    – elle pré­fi­gure son échec lors de la sélec­tion des can­di­dats de gauche à la pré­si­den­tielle. Et cela, c’est un bien, car je suis tota­le­ment d’ac­cord avec Etienne Fillol, cette dame est dan­ge­reuse pour la démocratie.

    Avant de nous par­ler de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, qu’elle nous pro­pose le non-cumul strict des man­dats (de tous les man­dats) et un seul renou­vel­le­ment pour chaque man­dat. Cela assu­re­ra déjà un pre­mier pas impor­tant vers le contrôle des élus et leurs res­pon­sa­bi­li­tés dans leurs fonc­tions. Or cela, elle se garde bien de l’an­non­cer, sauf pour les seuls dépu­tés. Mais cette pro­po­si­tion est très limi­tée et n’est pas ori­gi­nale puisque même Bay­rou la pro­pose, ain­si que ses concur­rents au PS. (c’est dans le pro­jet PS).

    Alors il reste au PS à nous pro­mettre un grand débat public et citoyen sur les ins­ti­tu­tions après les pré­si­den­tielles, et non un simple réfé­ren­dum sur leurs seules réformes insuffisantes.

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  4. jmfayard

    « Mais, com­ment être sûr que cette sédui­sante can­di­date fera ce qu’elle nous pro­met de faire ?
    […]
    Alors pour­quoi fau­drait-il croire à nou­veau l’un d’entre eux qui remet une couche de pro­messes par-des­sus les pro­messes quo­ti­dien­ne­ment trahies ? »

    Cela dépend :

    • Si tu veux vrai­ment chan­ger les choses, il faut prendre des risques.
    • Si, par contre, tu cherches sim­ple­ment à évi­ter toute pos­si­bi­li­té d’être déçu, ce n’est pas nécessaire.

    En tout état de cause, on ne bâtit pas une socié­té sur le prin­cipe de défiance.

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  5. philippe magdelenat

    Bon­jour !

    En lisant la pro­po­si­tion de jury popu­laire élu pour éva­luer les poli­tiques des élus, j’ai tout de suite pen­sé à Étienne et sa bande !

    Ce ne serait pas ceux qui agissent qui seraient tirés au sort mais d’autres qui contrôleraient…

    Ne voyez-vous pas se pro­fi­ler un grand désordre entre ces deux groupes, tous les deux man­da­tés par le peuple, l’un élu au SUD sur des pro­jets et l’autre, fruit du hasard (enfin… enten­dons nous bien…) qui diraient « bien » « pas bien », avec une pos­si­bi­li­té de révo­ca­tion des élus choi­sis positivement ?

    Royal est vrai­ment une arriviste.….…

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  6. Christian

    Certes, il y a plu­sieurs France ; j’en­tends par là des socié­tés qui ne vivent pas dans un envi­ron­ne­ment comparable.
    Les énarques font par­tie d’une France (de zéro à 5% de la popu­la­tion) qui évo­lue à proxi­mi­té du « grand monde » en appuyant sa légi­ti­mi­té sur les mérites d’a­voir inté­gré une école difficile.
    Tous, comme elle, n’ont, en fait, que rejoint par ce bais une nomen­cla­tu­ra d’ap­pa­rence plus démo­cra­tique que les autres, mais en fait tout aus­si pri­vi­lé­giée que celle des anciens pays de l’est.

    Ils fré­quentent d’eux mêmes, ou sont car­ré­ment cor­na­qués par les puis­sants qui en ont besoin pour pros­pé­rer… Et ils sont fiers de cela !

    Que connaissent ils du reste de la popu­la­tion ? Très peu, sans doute. Certes, ils ont par­fois su rendre ser­vice à des amis de leur proches en leur pro­cu­rant des emplois (fic­tifs ou pas).
    Mais autre­ment, à part ser­rer quelques louches dans les mee­tings, ceux qui ont choi­si la poli­tique voient tou­jours les « citoyens » comme les sei­gneurs voyaient leur serfs, soit :
    de braves gens qu’une bonne parole suf­fit à rassurer.

    Mais non, Ségo­lène n’est pas déma­go : elle est fille de haut mili­taire et, depuis tout petite, elle a appris que réus­sir c’é­tait manoeu­vrer les 2ème classe !
    Et ceux, comme elle, qui réclament un jury popu­laire font sem­blant d’i­gno­rer qu’ il y a moins de 10% des gens concer­nés qui croient en la sin­cé­ri­té des poli­tiques… et encore ces 10% sont-ils choi­sis dans la petite frange de la France pro­fonde qui conti­nue stoï­que­ment à s’in­té­res­ser encore à la politique.…

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  7. guillou alain

    Pour­quoi, ici, nous lais­se­rions-nous trim­ba­ler par la poli­tique spec­tacle que nous avons contri­bué à démys­ti­fier et à vaincre le 29 mai 2006 ?

    Il se passe des choses plus « en phase » avec l’at­tente popu­laire, du côté des col­lec­tifs uni­taires, dont la délé­ga­tion natio­nale vient de pro­duire les pre­mières syn­thèses « pro­gram­ma­tiques » :

    Contri­bue­rons-nous à faire le silence ou à cou­vrir cette bonne musique avec un tapage rési­gné à n’être que l’é­cho des sirènes média­tiques (ex-oui-ouistes…) ?

    Réponse
  8. philippe magdelenat

    Bon­jour Alain,

    Pou­vez-vous don­ner la source pour consul­ter les syn­thèses pro­gram­ma­tiques que vous évoquez ?

    Par avance, mer­ci beaucoup

    Réponse
  9. germa

    « TOUS les par­tis ont ins­crit le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire dans leur pro­gramme élec­to­ral depuis long­temps sans jamais l’ins­ti­tuer une fois par­ve­nus au pou­voir, »

    C’est pour ça qu’il faut ins­tau­rer la révo­ca­tion auto­ma­tique des élus qui ne tiennent pas parole sur leur pro­messes. Pro­po­si­tion qui fait appel aus­si à une Com­mis­sion de véri­fi­ca­tion des enga­ge­ments.

    En Cata­logne, avec TOUS les moyens de com­mu­ni­ca­tion en contre (lettres au direc­teur inter­dites, aucune réponse entre des cen­taines d’email envoyés aux média prin­ci­paux) et sans pos­si­bi­li­té de se faire entendre nulle part, nous sommes 370 per­sonnes prêtes à don­ner notre vote au par­ti qui accep­te­rait la révo­ca­tion et un pro­gramme éla­bo­ré par les citoyens eux mêmes. Voir : http://​www​.respo​lis​.cat

    Mais les élec­tions cata­lanes ont lieu dans une semaine. Com­bien d’autres pensent comme nous et ils n’ont pas eu accès à cette infor­ma­tion ? Voi­là pour­quoi ceci n’est qu’un expé­rience que nous vou­lons répé­ter, plus tard ain­si qu’ailleurs, y com­pris en France, si nous trou­vons un appui suffissant.

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  10. Thomas Rudolf

    Marie Ségo­lène Royal se place sur un domaine de psy­cho­lo­gie d’é­clu­sier de Dom­ré­my. Ain­si à son registre séman­tique j’y mets le mien pour réen­co­der dans un lan­gage peut-être encore plus déca­lé, voire her­mé­tique, ce qu’elle dit. Mon but est de faire prendre conscience qu’elle se fait gou­rou ou pythie et qu’elle n’a pas d’autre pro­cé­dé que tous ceux qui revi­sitent la « fear of the mob » (la peur de la foule, de la racaille) du côté de la droite jus­qu’à l’o­nagre flin­gueur et raciste.

    Sa remarque « moi, je n’ai pas peur de la France » en est le signe mani­feste. Après, l’un des inter­lo­cu­teurs du débat des pri­maires (je ne me suis enga­gé der­rière per­sonne) deman­dait l’autre soir de manière ration­nelle « s’il n’y a pas de dérive popu­liste » dans son jury citoyen des élus et MSR fait son offus­quée avec le « tout va mal en France et il faut que ça se dise, et moi je n’ai pas peur de la France ». Ce « n’ai pas peur de la France » l’é­rige en une parèdre, soit en divi­ni­té asso­ciée à un culte quel­conque et dont la sta­tue est pla­cée à côté de celle des dieux de ce culte. Je res­sens que c’est très grave, ce qu’elle fait.

    C’est pour­quoi depuis des mois je com­pare cette femme à Evi­ta Peron.

    Dites-vous bien une chose, un besoin sub­li­mi­nal d’être remis en selle (en laisse ?) d’une énorme part de la popu­la­tion — de ce que j’ap­pelle le « pro­lé­ta­riat élar­gi » subis­sant la pré­ca­ri­sa­tion — trouve son expres­sion dans l’an­née des deux « S ».

    Le tout est pour ces « S » cas­san­drins de se main­te­nir dans ce « fear of the mob », de pas­ser au « Kar­cher » les délin­quants qui n’ont pas connu l’en­sei­gne­ment prin­ci­pal des familles, soit « l’in­ter­dit », et qui seront enca­drés par des « mili­taires ». Le tout est pour ces cas­san­drins de com­mé­mo­rer des Paul Voise ou demain un 27 octobre.

    Qui va écu­mer le plus, l’é­cume de la haine aux lèvres ?

    Mer­ci au Col­lec­tif de Cli­chy, AC le Feu, de nous dire dans sa « Marche des Doléances » que « la France appar­tient à ceux qui l’aiment ». Ce col­lec­tif a appor­té aujourd’­hui les doléances des ban­lieues au Par­le­ment de la France.

    Il y aurait de si nobles et exi­geantes tâches à réa­li­ser pour notre VIème Répu­blique, pour la 1ère Répu­blique d’Eu­rope et voi­là que ces coque­fre­douilles et ces bran­le­queues sont dépré­da­teurs de la Chose publique, de l’es­poir et de la beau­té du Citoyen.

    Le jury popu­laire tel qu’il est pré­sen­té par la pas­sio­na­ria rap­pelle « M la mau­dit – une ville cherche son meur­trier » de Fritz Lang

    Le pro­duit de mar­ke­ting poli­tique, Marie Ségo­lène Royal, relève de l’hy­per­du­lie, de la glos­so­la­lie et de la palilalie :
    hyper­du­lie : culte de marie.
    glos­so­la­lie : dési­gnait, au début du chris­tia­nisme, un phé­no­mène exta­tique, qui consis­tait en une sorte de don subit de s’ex­pri­mer dans un lan­gage inin­tel­li­gible. Pris plus tard le sens de « facul­té de par­ler des langues étran­gères sans les avoir apprises ».
    pali­la­lie : le fait de répé­ter mala­di­ve­ment un ou plu­sieurs mots d’une phrase.

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  11. coquefredouille et branlequeue :o)

    Mer­ci Tho­mas, j’en­fourne illi­co coque­fre­douille et bran­le­queue dans ma musette à noms d’oi­seaux merveilleux.

    Coque­fre­douille, ça donne du goût à toute la jour­née, mer­ci :o)

    Étienne.

    Réponse
  12. Candide

    Bon­jour,

    La pro­po­si­tion de Ségo­lène Royal au sujet de l’ob­ser­va­tion de l’ac­ti­vi­té poli­tique par des com­mis­sions de citoyens tirés au sort me semble extrê­me­ment inté­res­sante, pour peu qu’on la consi­dère sans pré­ju­gés hâtifs.

    Pour déve­lop­per cette idée, j’ai­me­rais évo­quer quelques pages que j’ai lues autre­fois sur le sujet sui­vant : « Com­ment bâtir la répu­blique idéale ».

    Cet article (théo­rique) concluait que la meilleure façon de faire serait, une fois l’as­sem­blée consti­tuante ayant rédi­gé son tra­vail, d’at­tri­buer une posi­tion sociale à cha­cun de ses membres selon le hasard par­fait. Ain­si, per­sonne n’au­rait l’as­su­rance d’é­chap­per à une condi­tion « infé­rieure » par son rang, sa for­tune ou son talent, et les consti­tuants seraient ain­si beau­coup plus sou­cieux d’a­dou­cir le sort de ces caté­go­ries « infé­rieures » dont aucune socié­té ne sait s’exempter.

    Nous voyons là la ratio­na­li­té du « tirage au hasard » qui semble révul­ser tant de commentateurs.

    Les socié­tés sont tou­jours struc­tu­rées par des élites, que ce soient les plus forts, les plus savants ou les plus aptes à diri­ger. C’est inévi­table, et même sou­hai­table par sou­ci d’ef­fi­ca­ci­té. Mais, par consé­quent, les « conseilleurs » et les « déci­deurs » sont rare­ment les « payeurs » et encore moins les souffre-dou­leur, puisque cha­ri­té bien ordonnée…

    De plus, des pans entiers de la socié­té sont très peu ou pas du tout repré­sen­tés dans le per­son­nel poli­tique diri­geant. En tant qu’in­gé­nieur, je suis frap­pé de voir com­bien les scien­ti­fiques en géné­ral sont qua­si­ment absents de la repré­sen­ta­tion poli­tique, en com­pa­rai­son des avo­cats, des admi­nis­tra­teurs (ENA) et des méde­cins, et ce, dans une socié­té qui fait tou­jours plus appel à la tech­nique. On m’ob­jec­te­ra que les gens de for­ma­tion scien­ti­fique s’in­té­ressent sans doute moins, par for­ma­tion et par incli­na­tion, aux ques­tions sociales, ou sont moins com­pé­tents pour s’en occu­per (mais alors quid des méde­cins spé­cia­listes, abon­dam­ment repré­sen­tés à l’as­sem­blée, ce qui n’est peut-être pas étran­ger à la tour­nure actuelle des réformes de la sécu­ri­té sociale?).

    Il reste donc que la repré­sen­ta­tion poli­tique sélec­tionne son per­son­nel d’une façon qui pri­vi­lé­gie non seule­ment l’é­lite, mais encore une cer­taine forme d’é­lite, lais­sant sans voix des sec­teurs entiers du corps social.

    Par contre, il est sans doute inévi­table que des spé­cia­listes du droit soient plus aptes à légi­fé­rer à l’as­sem­blée que des spé­cia­listes de l’in­for­ma­tique ou de l’aéronautique.

    Il n’est donc en fin de compte ni illo­gique, ni « dan­ge­reux pour la démo­cra­tie » (!!) de pen­ser que le hasard « pur et par­fait » pour­rait com­pen­ser un tout petit peu ce dés­équi­libre struc­tu­rel inévi­table, et peut-être évi­ter que les classes sociales les plus éloi­gnées du jeu poli­tique (par sélec­tion, par édu­ca­tion ou par affi­ni­té) n’en soient tota­le­ment absentes.

    Réponse
  13. philippe magdelenat

    Bon­soir Candide,

    tous les citoyens peuvent déja contrô­ler le tra­vail, les déli­bé­ra­tions des élus : un conseil muni­ci­pal est ouvert au public !

    Il est vrai les salles sont sou­vent désertes…

    Faut-il pour autant ins­ti­tu­tion­na­li­ser une sur­veillance en tirant au sort et en obligeant ?

    Là où le sys­tème de jury existe (SR ne l’a pas inven­té), les jurys citoyens sont tirés au sort mais avec des pos­si­bi­li­tés de récu­sa­tion (ex. pour tout citoyen fai­sant par­tie d’un groupe de pres­sion, d’un parti).

    Faire en sorte que toutes les sen­si­bi­li­tés d’une socié­té puissent par­ti­ci­per aux déci­sions, voi­là la clé de la réus­site ! Pour­quoi réser­ver aux classes sociales les plus éloi­gnées uni­que­ment un rôle de contrôle ?

    Des jurys citoyens tirés au sort face aux élus au suf­frage uni­ver­sel direct (SUD) choi­sis sur des pro­grammes : pour­quoi ? Sur quelle base ? avec quel pouvoir ?

    Réponse
  14. Candide

    « Pour­quoi réser­ver aux classes sociales les plus éloi­gnées uni­que­ment un rôle de contrôle » : comme je l’ai dit, pour des rai­sons d’ex­per­tise, de for­ma­tion et d’inclination.
    J’a­voue pour ma part (shame on me) n’a­voir guère d’ap­pé­tit pour des débats locaux un peu trop copieux… ou pour d’autres qui font appel à des notions de droit que je ne maî­trise pas forcément !
    Par contre, je pense être tout à fait capable de déter­mi­ner si un élu fait le contraire de ce qu’il a pro­mis, ou s’il s’en écarte d’une façon légi­time ou non, en fonc­tion de la conjoncture.

    De plus, il me semble que ce débat arrive un peu tard car il existe déjà sur ce site même d’ex­cel­lents plai­doyers pour la tech­nique du tirage au sort en démocratie.

    Il existe cer­tai­ne­ment des amé­na­ge­ments sou­hai­tables concer­nant la récu­sa­tion de per­sonnes appar­te­nant à des groupes de pres­sion, ou des garde-fous pour évi­ter qu’un tel dis­po­si­tif se trans­forme en démo­cra­tie paral­lèle ou en « tri­bu­nal du peuple » dont les élus se trou­ve­raient plus ou moins les otages. Mais, au final, il y a cer­tai­ne­ment des pistes inté­res­santes à étu­dier en vue d’un contrôle « a pos­te­rio­ri », qui per­met­trait peut-être d’é­vi­ter enfin que « les pro­messes n’en­gagent que ceux qui y croient ».

    Réponse
  15. Étienne

    Chers amis,

    Je suis absor­bé depuis deux jours par deux débats inté­res­sants (et vifs) sur le Big Bang Blog.

    Venez m’y rejoindre quelque temps si vous le pou­vez : l’op­po­si­tion y est plus acerbe qu’i­ci, mais ça aide bien à pro­gres­ser :o)

    Il se peut que quelques pas­sages que mes détrac­teurs m’ont pous­sé à rédi­ger là-bas vous inté­ressent. Vous pou­vez com­plé­ter ou cor­ri­ger, évi­dem­ment :o)

    « Le tirage au sort, d’Etienne Chouard à Ségo­lène Royal »

    « Et si la 6ème Répu­blique venait de commencer ?»

    Allez voir aus­si ce que j’ai publié sur la page Liens, ain­si que ce qui sera publié dans les pro­chains jours, ça cré­pite en ce moment, je suis en vacances depuis hier matin et j’ai une grande pile de docu­ments impor­tants à vous signaler…

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  16. André

    Bon­jour

    Je pré­cise au préa­lable n’être membre d’au­cun par­ti poli­tique, et cette opi­nion n’en­gage que ma personne.

    Il est plus com­mode d’oc­cu­per le ter­rain par des détour­ne­ments d’o­pi­nion sur des sujets créés de toute pièce, comme ces jurys tirés au sort pour contre­car­rer les déci­sions prises dans les com­munes, que de s’at­ta­quer aux vrais pro­blèmes de démo­cra­tie. Voi­là quelques ques­tions fondamentales :

    - MME ROYAL est-elle pour la démo­cra­tie éco­no­mique, c’est-à-dire un réel pou­voir des sala­riés face aux action­naires ? (rôle équi­valent des comi­tés d’en­tre­prise à celui des assem­blées d’actionnaires)?
    Rien de tel dans ses propositions !

    - Est-elle d’ac­cord pour remettre en cause le pou­voir exor­bi­tant de la com­mis­sion non élue de Bruxelles ? 
    Accep­te­rait-elle que des jurys remettent en cause les déci­sions de la com­mis­sion Bar­ro­so inféo­dée aux multinationales ?

    - S’est-elle réel­le­ment pro­non­cée pour l’in­tro­duc­tion du RIP (réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire) comme ça existe en Suisse ? et pas pour le droit de péti­tion non contrai­gnant du TCE (il peut le faire comme dans le sketch de Pierre Dac). 
    Je n’ai rien vu de tel.

    Comme par ailleurs, c’est une ardente admi­ra­trice de Tony Blair où le néo­li­bé­ra­lisme va bon train, et où le droit de grève est limi­té, on peut logi­que­ment pen­ser, que tout cela n’est que manoeuvre de diver­sion pour occul­ter les sujets gênants.
    Il faut de temps en temps lan­cer un os pour le peuple !!

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  17. Étienne

    Deux articles qui cherchent aus­si, sans trou­ver, la cohé­rence (et donc la sin­cé­ri­té) des pro­po­si­tions de SR vis-à-vis d’une démo­cra­tie authentique.

    « La démo­cra­tie casino »
    par Gérard Filoche et Jean-Jacques Cha­vi­gné :
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​L​a​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​_​c​a​s​i​n​o​.​rtf
    (ver­sion pdf)

    « Le dis­cours euro­péen de Ségo­lène Royal : une régression ? »
    par Mario Pedret­ti :
    http://​reno​ver​dans​la​fi​de​lite​.over​-blog​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​4​3​3​4​8​9​3​.​h​tml

    Ceci dit, il faut être hon­nête : moi, en dehors de tout pro­cès d’in­ten­tion, je remer­cie Ségo­lène Royal d’a­voir cou­ra­geu­se­ment por­té au plus haut du débat fran­çais des thèmes aus­si impor­tants et aus­si tabous (ver­rouillés) que la res­pon­sa­bi­li­té publique des élus devant les citoyens et le tirage au sort comme mode de dési­gna­tion démo­cra­tique : tout le monde en parle (enfin !!! on n’a­vait jamais vu ça, je crois) et tout le monde s’a­per­çoit qu’on est très nom­breux à dési­rer cette puis­sante par­ti­ci­pa­tion citoyenne à l’é­va­lua­tion des élus.

    Tout le monde d’ac­cord, sauf les élus, évi­dem­ment, qui voient leur invrai­sem­blable impu­ni­té dans le non res­pect de leurs enga­ge­ments contes­tée haut et fort et regimbent de façon fort pré­vi­sible (et cho­quante quand on se sou­vient que les mêmes nous impo­saient récem­ment le CNE et le CPE qui sont la pré­ca­ri­sa­tion géné­ra­li­sée, mais pas pour eux). Les mili­tants, qui sont sou­vent des can­di­dats en puis­sance ou de futurs élus, sont sou­vent à peu près autant juges et par­ties que les élus dans ce débat, on dirait.

    En tout cas, comme lan­ceuse de débats, Ségo­lène, elle assure :o)

    Réponse
  18. Candide

    Bon­jour,

    Je pré­cise au préa­lable que je ne suis pas royaliste 🙂

    100% d’ac­cord avec André sur tous les points fon­da­men­taux énoncés.

    Ce qui me gêne, c’est que Ségo­lène Royal semble l’u­nique cible d’ob­jec­tions qui pour­raient être impar­tia­le­ment adres­sées aux trois pos­tu­lants à la can­di­da­ture socialiste.

    Notam­ment, j’ai été fort inté­res­sé par la pro­po­si­tion de Laurent Fabius (lors du deuxième débat télé­vi­sé) de rame­ner les ser­vices publics dans les ban­lieues. Tout à fait d’ac­cord ! Sauf que… Com­ment L. Fabius pense-t-il rame­ner des ser­vices publics où que ce soit au sein d’une Europe qui a pro­gram­mé leur des­truc­tion sys­té­ma­tique et mène à bien ce pro­gramme avec un achar­ne­ment de fer ?

    Réponse
  19. Boris Yarko

    À quand un jury popu­laire pour juger l’ac­tion de Fran­çois Hollande ?

    Pen­dant que son épouse tente de res­tau­rer la confiance entre les élec­teurs et le monde poli­tique, notre bien-aimé Pre­mier Secré­taire tra­hit le vote des mili­tants sur le pro­jet socialiste.

    En effet, le 19 octobre der­nier, Fran­çois Hol­lande, au nom du PS, et Jean-Michel Bay­let, au nom du PRG, ont signé une plate-forme de gou­ver­ne­ment. Jusque là, rien que de très honorable.

    Mais que trouve-t-on au sujet de la construc­tion euro­péenne au sein de cette pla­te­forme : « Le futur gou­ver­ne­ment devra pro­po­ser à ses par­te­naires euro­péens : la sub­sti­tu­tion au pro­jet de Consti­tu­tion d’un simple pro­jet de Trai­té repre­nant les par­ties I (adap­ta­tion des ins­ti­tu­tions) et II (Charte des droits fon­da­men­taux) du pro­jet de Consti­tu­tion », comme si le vote des par­ti­sans du non n’a­vait pas eu lieu et comme s’ils n’a­vaient reje­té que la par­tie III !

    Comme nombre de mili­tants socia­listes, si je me suis oppo­sé au TCE, ce n’é­tait pas seule­ment parce qu’il com­por­tait nombre de reculs sur les ques­tions éco­no­miques, mais aus­si par rejet d’une Europe non-démo­cra­tique. Une Europe où le par­le­ment n’a pas l’i­ni­tia­tive des lois, où il est même exclu des déli­bé­ra­tions dans cer­tains domaines réser­vés. Une Europe où la Com­mis­sion peut prendre des « déci­sions » (art I‑33 et I‑35) sans contrôle ni man­dat démo­cra­tique. Une Europe qui ne res­pecte pas la sépa­ra­tion des pou­voirs (le Conseil est for­mé des membres des exé­cu­tifs des pays membres, mais prend part à l’é­la­bo­ra­tion de la loi), en par­ti­cu­lier entre le judi­ciaire (la Cour de Jus­tice) et les exé­cu­tifs… Et la liste est longue (voir : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​C​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​_​r​e​v​e​l​a​t​e​u​r​_​d​u​_​c​a​n​c​e​r​_​d​e​_​l​a​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​h​t​m​#​i​n​tro)

    Ce mépris du vote popu­laire est déjà suf­fi­sam­ment grave en soi, mais il se fait aus­si dans le dos des mili­tans socialistes.

    En effet, le pro­jet socia­liste pré­cise : « Nous refu­se­rons une rati­fi­ca­tion du Trai­té Consti­tu­tion­nel Euro­péen tel qu’il a été reje­té le 29 mai, même s’il est accom­pa­gné d’un nou­veau pré­am­bule. Nous pro­po­se­rons l’élaboration d’un Trai­té stric­te­ment ins­ti­tu­tion­nel qui orga­ni­se­ra effi­ca­ce­ment les pou­voirs, avec un Par­le­ment Euro­péen exer­çant ses pleines res­pon­sa­bi­li­tés légis­la­tives et bud­gé­taires, un Pré­sident de la Com­mis­sion élu par le Par­le­ment, un Conseil Euro­péen, avec à sa tête un Pré­sident de l’Europe. Une fois rené­go­cié un tel trai­té sera sou­mis au peuple par référendum. »

    Il y a des dif­fé­rences de taille avec la nou­velle pla­te­forme : on aban­donne l’i­dée d’une nou­velle éla­bo­ra­tion du trai­té stric­te­ment ins­ti­tu­tion­nel, on nous res­sort celui qui a été reje­té par les urnes ; on aban­donne donc l’i­dée dun « Par­le­ment Euro­péen exer­çant ses pleines res­pon­sa­bi­li­tés légis­la­tives et bud­gé­taires » ; etc.

    Comme tou­jours, l’Eu­rope se fera dans le dos des peuples et des mili­tants des par­tis politiques.

    Cette tra­hi­son de la part de notre Pre­mier Secré­taire méri­te­rait pour le moins quelques réac­tions ! Heu­reu­se­ment pour lui, les pri­maires servent de diversion…

    Un mili­tant socia­liste exi­geant et républicain.

    Réponse
  20. philippe magdelenat

    Bon­jour,

    Beau­coup de par­ti­sans du tirage au sort des déci­deurs citent en appui le régime d’Athènes.

    1). Com­ment mettre sur le même plan Athènes et les socié­tés d’aujourd’hui ?

    2). Savez-vous que les magis­trats tirés au sort étaient au préa­lable sou­mis à exa­men ? Ceci pour évi­ter les risques liés au tirage au sort…

    3). Tirer au sort s’ac­com­pagne inévi­ta­ble­ment de pro­cé­dures de récu­sa­tion, comme pour les jurys d’assises !

    L’é­lec­tion sur un pro­gramme de fond éla­bo­ré par une par­ti­ci­pa­tion en amont vaut lar­ge­ment un tirage au sort… Ce qu’il convien­drait d’a­mé­lio­rer, c’est la par­ti­ci­pa­tion des citoyens au moment de l’é­la­bo­ra­tion des programmes.

    Ne réa­li­sez-vous pas ici, Étienne et nous tous par­ti­ci­pants plus ou moins régu­liers, que le pro­blème est le dés­in­té­rêt des citoyens pour la chose publique (tous les forums réunissent tou­jours les mêmes participants) ?

    Bon cou­rage.

    Réponse
  21. Étienne

    Cher Phi­lippe,

    Per­sonne ne met Athènes sur le même plan que nos socié­tés modernes (que vou­lez-vous dire exac­te­ment avec cette for­mule ?), mais il se trouve que les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par les hommes avec leurs repré­sen­tants au pou­voir sont les mêmes depuis la nuit des temps, c’est un fait, à quelques variantes près. 

    Il se trouve aus­si que les solu­tions ima­gi­nées à dif­fé­rentes époques pro­duisent sou­vent, encore aujourd’­hui, les mêmes effets et fonc­tionnent d’ailleurs en ce moment, ailleurs sur la terre.

    On a affaire ici, fina­le­ment, à des méca­nismes et pro­ces­sus assez clas­siques et stables, et l’ex­pé­rience de nos aïeux, à condi­tion de ne pas tout oublier au fur et à mesure, peut donc bien nous ser­vir, je crois.

    Vous évo­quez les exa­mens préa­lables et la récu­sa­tion, pour­quoi pas ? Ils pra­ti­quaient aus­si la red­di­tion des comptes, payaient mal les tirés au sort qui étaient pour­tant fiers de rendre ser­vice à la Cité, et ils met­taient en œuvre une redou­table res­pon­sa­bi­li­té des magis­trats en fin de man­dat. Bon, et alors ? Que vou­lez-vous dire ? Oui, il fau­dra sans doute pré­voir des amé­na­ge­ments pour que tout se passe bien.

    Enfin, sur la par­ti­ci­pa­tion, vous avez rai­son, mais vous n’en dis­tin­guez pas la cause réelle. Il me semble que cette cause pro­fonde n’est pas inhé­rente aux citoyens eux-mêmes (qui devien­draient des abru­tis sans volon­té) mais aux ins­ti­tu­tions : l’ab­sence totale d’ho­ri­zon poli­tique pour la réflexion citoyenne dans nos ins­ti­tu­tions explique, à mon avis, au moins en par­tie (avec le tra­vail et la télé trop enva­his­sants), que tout le monde se dés­in­té­resse de la poli­tique : à quoi sert d’a­voir une réflexion poli­tique, une opi­nion poli­tique, une volon­té poli­tique, si mes ins­ti­tu­tions ne pré­voient AUCUN rouage pour mettre en oeuvre cette volon­té entre deux élec­tions ?

    Je pense donc que, dès que l’ho­ri­zon se débouche, dès que nous sen­tons que notre réflexion pour­ra avoir un effet réel, nous réflé­chis­sons, nous jouons le jeu ; le débat incroyable de 2005 est de ce point de vue, à mon avis, une démons­tra­tion. Vous ne trou­vez pas ? En ouvrant (hon­nê­te­ment) les ins­ti­tu­tions aux citoyens, on va redé­cou­vrir la par­ti­ci­pa­tion citoyenne.

    Alors faut-il récu­ser toutes les expé­riences athé­niennes en consi­dé­rant, avec une répro­ba­tion natu­relle, que le peuple athé­nien excluait tout à la fois les femmes, les esclaves, et les métèques ? Je crois que ce serait une erreur. Il faut cer­ner les cau­sa­li­tés per­ti­nentes et si on constate que, femme ou pas, le tirage au sort évite les phé­no­mènes de cap­ta­tion du pou­voir par les can­di­dats (qui deviennent tous, presque méca­ni­que­ment, prêts à tout pour gar­der le pou­voir), on peut en déduire que le tirage au sort est pro­ba­ble­ment utile, encore aujourd’hui.

    Le tirage au sort a tou­jours été, et il est tou­jours (ça n’a pas chan­gé depuis 2 500 ans, me com­pre­nez-vous ?) un moyen incor­rup­tible de dési­gner les can­di­dats, un moyen qui laisse vrai­ment sa chance à cha­cun de rendre un jour ser­vice à la Cité, un moyen qui mise plus sur l’honnêteté que sur la com­pé­tence, fai­sant le pari démo­cra­tique que tous ont natu­rel­le­ment la com­pé­tence poli­tique (qui n’est pas un métier, dans cette vision des choses). Le tirage au sort, en fai­sant confiance à tout le monde, devrait amé­lio­rer la par­ti­ci­pa­tion des citoyens (elle était consi­dé­rable à Athènes, même si elle était loin d’être par­faite). Vous me comprenez ?

    Et je répète que je suis plu­tôt par­ti­san d’un sys­tème mixte qui ajoute les avan­tages de l’élection à ceux du tirage au sort (voir le docu­ment d’Hervé Chay­gneaud-Dupuy en tête de ma page Liens : « pro­po­si­tions ico­no­clastes pour des citoyens légis­la­teurs »).

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  22. philippe magdelenat

    Bon­soir Etienne,

    Vous savez cer­tai­ne­ment que les citoyens ont d’autres pas­sions que la poli­tique, qu’ils aiment exer­cer leur métier.

    L’ex­pé­rience de 2005, la mobi­li­sa­tion pour le « non » a essayé d’ar­rê­ter un pro­ces­sus, mais n’a rien construit, du moins pas pour l’instant.

    Le tirage au sort, un moyen qui mise plus sur l’hon­nê­te­té, mais c’est vous même qui disiez que le pou­voir cor­rompt.….. donc, c’est la situa­tion qui ferait que.….

    Contrai­re­ment à vous, je ne suis pas si sus­pi­cieux à l’é­gard de nos repré­sen­tantes et repré­sen­tants poli­tiques, votre sou­ci majeur est le contrôle de l’ac­tion des élus, notam­ment pen­dant l’exer­cice du man­dat : si l’é­lu accom­plit ses pro­messes mais que vous aviez voté pour son adver­saire tout le long du man­dat, vous ron­ge­rez votre frein.… C’est aus­si et d’a­bord accep­ter la démocratie.

    Ensuite, que les citoyens puissent véri­fier qu’il n’y ait pas d’a­bus, de détour­ne­ments, de men­songes, de gas­pillages des fonds publics, d’ar­ran­ge­ments entre amis etc. je vous rejoins, mais des pro­cé­dures existent déja, non ?

    Que tous les citoyens puissent être repré­sen­tés dans leur diver­si­té : oui (regar­dez les résul­tats des légis­la­tives 2002 : trou­vez-vous juste que les élec­teurs de la LCR ou du FN n’aient aucun représentant ?)

    Quant à la chance pour cha­cun de par­ti­ci­per à la vie de la cité, de rendre ser­vice, mais en quoi n’est-ce pas pos­sible aujourd’hui ?

    Ceux et celles qui veulent en sont-ils inter­dit ? (il suf­fit de faire le tour de quelques communes )

    Faut-il les obli­ger par le tirage au sort ?

    L’im­por­tant est d’a­voir des citoyens moti­vés par la chose publique, des citoyens ÉLUS sur des pro­grammes lar­ge­ment débat­tus et construits par tous et toutes, d’exi­ger des comptes ren­dus régu­liers./p>

    À mon sens, le tirage au sort est un gad­get dan­ge­reux, sauf à être uti­li­sé dans un cadre bien déterminé.

    Sou­hai­tons que vous vous enga­giez plus encore dans l’ac­tion poli­tique afin de mieux appré­hen­der les enjeux et les prio­ri­tés : les SDF, l’é­cole, le tra­vail, l’en­vi­ron­ne­ment, l’aide aux pauvres du monde… Nous avons les ins­ti­tu­tions pour bien faire (même s’il faut les amé­lio­rer : réécrire quelques articles de la consti­tu­tion de 1958 pour ren­for­cer les pou­voirs des dépu­tés et du peuple suffirait).

    Ce que j’aime en vous, c’est la déter­mi­na­tion et l’im­mense cou­rage dont vous faites preuve, ce que je crains c’est le voca­bu­laire empreint de méfiance que vous uti­li­sez parfois.

    Je rejoins M Schnei­der­mann lor­qu’il vous dit :« atten­tion au vocabulaire »
    qui ne tra­duit pas tou­jours une grande séré­ni­té .…peut être de la fatigue.

    Mr Schnei­der­mann donne des exemples mul­tiples, exemples que j’a­vais sou­le­vé lors de mes pre­mières visites et qui à mon sens déna­turent tes efforts et radi­ca­lisent l’a­na­lyse que tu portes sur le système

    Bon cou­rage Etienne, à une autre fois !

    Phi­lippe

    Réponse
  23. jmfayard

    Salut Etienne,

    c’est aujourd’­hui que le TCE aurait pu entrer en vigueur s’il avait été rati­fié par l’u­na­ni­mi­té des Etats.

    T’as pré­vu une petite fête ?

    Réponse
  24. Candide

    Bon­jour,
    Quelques com­men­taires sur la contri­bu­tion de Philippe :

    « Les SDF, l’é­cole, le tra­vail, l’en­vi­ron­ne­ment, l’aide aux pauvres du monde… Nous avons les ins­ti­tu­tions pour bien faire ».

    C’est cer­tai­ne­ment vrai d’un point de vue théo­rique, mais c’est oublier quelque peu la hié­rar­chie des pou­voirs et les nou­veaux rap­ports de force.

    Quel est le pou­voir d’un élu local sur les grandes ques­tions débat­tues ici ? Très voi­sin de zéro. Et même sur des aspects très concrets et directs.

    Juste un exemple : dans la com­mune où j’ha­bite, La Poste a annon­cé l’in­ten­tion de sup­pri­mer les boîtes aux lettres en des­sous d’une cer­taine quan­ti­té de cour­rier, fixée par ses seuls choix éco­no­miques. Avec des consé­quences dom­ma­geables : dif­fi­cul­té pour les per­sonnes âgées, inci­ta­tion forte à uti­li­ser la voi­ture plus souvent…
    Quel est le pou­voir des élus locaux ? Il se limite à peu près à implo­rer la man­sué­tude du « mana­ger » régio­nal de La Poste. Lequel invoque évi­dem­ment, outre la baisse du cour­rier, les nou­velles exi­gences de ren­ta­bi­li­té ren­dues néces­saires par l’ou­ver­ture à la concur­rence impo­sée par les direc­tives euro­péennes. Et accepte de traî­ner les pieds pour main­te­nir un « sta­tu quo » de toute façon fra­gile, car contraire aux nou­velles règles de ren­ta­bi­li­té en situa­tion de concurrence.

    Autre exemple : des asso­cia­tions nor­ma­tives ou qua­si-nor­ma­tives (ADAE,etc) gèrent le déploie­ment de l’ad­mi­nis­tra­tion élec­tro­nique assez lar­ge­ment par-des­sus la tête de ses futurs uti­li­sa­teurs. Un repré­sen­tant man­da­té à l’A­DAE par un acteur éco­no­mique est lar­ge­ment mieux infor­mé sur le déploie­ment de la e‑administration que plus d’un élu local. Et même si les asso­cia­tions en ques­tion gèrent (ou ne devraient gérer que) des ques­tions pure­ment tech­niques, on s’a­per­çoit que les déci­sions « tech­niques » peuvent avoir des consé­quences impré­vues et par­fois majeures sur les grands prin­cipes (voir la dis­cus­sion sur le e‑vote dans une autre rubrique de ce blog).

    Bref, les ins­ti­tu­tions fran­çaises me semblent bien impar­faites et dému­nies devant ces nou­veaux enjeux de pou­voir et d’information.

    Réponse
  25. Laurent_k

    Oh ras­su­rez-vous, ce n’est que par­tie remise…
    Ce fichu texte, on le met dehors par la porte, il rentre par la fenêtre.

    Le PS et le par­ti des radi­caux de gauche viennent ain­si de signer un accord pour les pré­si­den­tielles pré­voyant d’a­voir un can­di­dat com­mun. Il sti­pule au sujet de la construc­tion euro­péenne que « Le futur gou­ver­ne­ment devra pro­po­ser à ses par­te­naires euro­péens la sub­sti­tu­tion au pro­jet de Consti­tu­tion d’un simple pro­jet de Trai­té, repre­nant les par­ties I (adap­ta­tion des ins­ti­tu­tions) et II (Charte des droits fon­da­men­taux) du pro­jet de Consti­tu­tion qui sont indis­pen­sables au fonc­tion­ne­ment de l’Europe à 25 comme au pro­grès des droits et liber­tés, et qui ne ren­contrent, à gauche, que très peu d’objections. »

    Si on les reprend telles qu’elles sont rédi­gées (ce qui risque d’être pro­blé­ma­tique car elles com­portent des réfé­rences aux autres par­ties de la consti­tu­tion), on n’est pas prêt de voir une Europe démocratique.

    Réponse
  26. jmfayard

    à Laurent_k

    Tu as rai­son d’a­voir peur, le par­ti radi­cal de gauche de France est vrai­ment une force consi­dé­rable au niveau européen 😉

    Réponse
  27. Laurent_k

    A jmfayard

    Effec­ti­ve­ment le PRG va faire trem­bler l’Europe ! 🙂

    Mais le pro­cé­dé illustre un état d’es­prit fort peu démo­cra­tique. Plu­tôt que faire élire une assem­blée consti­tu­tante qui ferait le tra­vail démo­cra­ti­que­ment, on essaye de refour­guer des par­ties de l’an­cien texte taillé sur mesure pour le confort de nos dirigeants.

    Réponse
  28. jmfayard

    à Laurent_k

    Belle théo­rie, sauf qu’en pra­tique les com­mu­nistes et une par­tie des alter­mon­dia­listes s’op­posent aujourd’­hui à la tenue d’une assem­blée consti­tuante ou d’un pou­voir consti­tuion­nel au nou­veau par­le­ment euro­péen qui sera réélu en 2009 à la pro­por­tio­nelle (ce qui revient au même qu’une assem­blée constituante).

    C’est Raoult-Marc Jen­nar qui a ouvert le bal en juillet (gros­so-modo, pour para­phra­ser Ber­thold Brecht, le rai­son­ne­ment de Raoul-Marc Jen­nar est : le peuple euro­péen est trop à droite pour voter comme le par­ti com­mu­niste le sou­haite, il faut dis­soudre le peuple et en nom­mer un nou­veau), aus­si­tôt sui­vi de Fran­cis Wurtz dans l’Hu­ma­ni­té dimanche (Fran­cis Wurtz est le pré­sident du groupe com­mu­niste au par­le­ment euro­péen), et plus récem­ment sui­vi de Ber­nard Cas­sen, pré­sident d’hon­neur d’ATTAC, qui a été lui aus­si on ne peut plus clair.

    Je suis assez remon­té contre cette « Tra­hi­son des élites » du NON au TCE qui après avoir tor­pillé son inno­va­tion sur la réunion d’une conven­tion et l’i­ni­tia­tive consti­tu­tio­nelle don­née pour la pre­mière fois au par­le­ment euro­péen, deux trucs fon­da­men­taux qui repré­sen­taient un moindre mal (et pas qu’un peu !) par rap­port aux confé­rences inter-gou­ver­ne­men­tales clas­siques, tor­pillage effec­tué bien sur au nom d’un mieux-disant géné­reux (une assem­blée consti­tuante !), retournent aujourd’­hui leurs vestes pour tor­piller ET la conven­tion ET l’as­sem­blée constituante.

    Ne reste donc comme posib­bi­li­té qu’une clas­sique Confé­rence Inter-Gou­ver­ne­men­tale ; on a essayé à Nice à 15 en 2000 et dans cette foire aux vani­tés que consti­tuent aujourd’­hui les conclaves inter-gou­ver­ne­men­taux, ça a été un massacre !

    Alors à 27…

    Réponse
  29. Laurent_k

    Si ça peut te conso­ler, dis-toi que la pro­ba­bi­li­té qu’au­cun pays ne dise « non » était déjà qua­si-nulle à 25 alors que le trai­té consti­tu­tion­nel ne pou­vait entrer en appli­ca­tion qu’à l’u­na­ni­mi­té (ce qui est un mini­mum). Entre les Fran­çais et les Hol­lan­dais qui ont dit non, les Bri­tan­niques qui pré­pa­raient un « No » reten­tis­sant et tous les pays se pré­pa­rant à voter par réfé­ren­dum, il y avait plé­thore de can­di­dats pour lui faire son affaire et ce quelles que soient les posi­tions du PCF et d’ATTAC.

    Le pro­blème remonte plus loin que le débat sur le référendum :

    1°) Du point de vue tac­tique, élar­gir à 25 sans avoir réfor­mé le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions était d’une débi­li­té sans nom car cela aug­men­tait les risques de rejet de manière exponentielle.

    2°) D’un point de vue stra­té­gique, la construc­tion euro­péenne est mar­quée à la fois par une absence de démo­cra­tie réelle qui finit par lui coû­ter cher et par le refus de choi­sir clai­re­ment entre une construc­tion poli­tique fédé­rale et une zone de libre-échange ren­for­cée. Le trai­té consti­tu­tion­nel por­tait ces deux stig­mates en lui ce qui le fai­sait reje­ter à la fois par les démo­crates, les fédé­ra­listes, les anti-libé­raux et les tenants d’une simple zone de libre-échange !

    Je suis extrê­me­ment pes­si­miste sur l’a­ve­nir de la construc­tion euro­péenne pour ces deux rai­sons. Si ma thèse est exacte, nous allons vers un écla­te­ment de l’UE car je te rejoins sur l’im­pos­si­bi­li­té d’un accord à 15, 25 ou 27.

    Réponse
  30. philippe magdelenat

    bon­jour Candide,

    vous écri­vez :« Quel est le pou­voir d’un élu local sur les grandes ques­tions débat­tues ici ? Très voi­sin de zéro. Et même sur des aspects très concrets et directs.
     »

    le pou­voir de chan­ger les choses prend source à l’é­che­lon local

    d’ailleurs sur ce forum,d’une cer­taine manière ‚nous repré­sen­tons l’é­che­lon local

    l’ins­tru­ment essen­tiel que nous pour­rions encou­ra­ger et pro­mou­voir est le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire si sou­vent cité sur ce forum

    il par­ti­ra de qui ? de l’é­che­lon local, de citoyens comme vous et moi…il faut enca­drer ce droit afin qu’il ne se trans­forme pas en ins­tru­ment de constes­ta­tion permamente…

    d’ailleurs une variante inté­res­sante pour­rait être le réfé­ren­dum abro­ga­tif, les citoyens exer­ce­raient alors, un contrôle effi­cace entre deux mandats.…..

    tou­te­fois, les condi­tions d’i­ni­tia­tive du RIP ou RIPA doivent faire l’ob­jet d’une ana­lyse profonde

    bonne jour­née

    Réponse
  31. philippe magdelenat

    Connais­sez vous l’ar­ticle 72–1 de la Consti­tu­tion de 1958 ?

    Art. 72–1. – La loi fixe les condi­tions dans les­quelles les élec­teurs de chaque col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale peuvent, par l’exer­cice du droit de péti­tion, deman­der l’ins­crip­tion à l’ordre du jour de l’as­sem­blée déli­bé­rante de cette col­lec­ti­vi­té d’une ques­tion rele­vant de sa compétence.
    « Dans les condi­tions pré­vues par la loi orga­nique, les pro­jets de déli­bé­ra­tion ou d’acte rele­vant de la com­pé­tence d’une col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale peuvent, à son ini­tia­tive, être sou­mis, par la voie du réfé­ren­dum, à la déci­sion des élec­teurs de cette collectivité.
    Lors­qu’il est envi­sa­gé de créer une col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale dotée d’un sta­tut par­ti­cu­lier ou de modi­fier son orga­ni­sa­tion, il peut être déci­dé par la loi de consul­ter les élec­teurs ins­crits dans les col­lec­ti­vi­tés inté­res­sées. La modi­fi­ca­tion des limites des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales peut éga­le­ment don­ner lieu à la consul­ta­tion des élec­teurs dans les condi­tions pré­vues par la loi. »

    bonne lec­ture

    Réponse
  32. philippe magdelenat

    A pro­pos des jurys de citoyens tirés au sort pour « éva­luer » l’ac­tion des élus ( sous l’é­clai­rage d’experts ?)

    Pou­vez vous rap­pro­cher l’ins­ti­tu­tion de 15 jurés tirés au sort ren­dant publi­que­ment un avis et les dis­po­si­tions de la consti­tu­tion de 1958 :

    notam­ment cette par­tie de l’ article 3 :
    « Art. 3. – La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum.

    Aucune sec­tion du peuple ni aucun indi­vi­du ne peut s’en attri­buer l’exer­cice.

    Le suf­frage peut être direct ou indi­rect dans les condi­tions pré­vues par la Consti­tu­tion. Il est tou­jours uni­ver­sel, égal et secret »

    Réponse
  33. jmfayard

    à Laurent_k

    Un point à ne pas oublier est que le NON néer­lan­dais était majo­ri­tai­re­ment sou­ve­rai­niste, ultra­li­bé­ral et xéno­phobe. Idem pour les poten­tiels NON anglais et polo­nais, qui ne sont d’ailleurs en rien prou­vés. Les appe­ler à la res­cousse est donc moyen moyen.

    Sur le fond, remâ­cher le pas­sé ne sert à rien, il faut explo­rer les pos­si­bi­li­tés pour l’avenir.

    Je n’ai pas dit dans mon mes­sage que toute relance à 27 était impossible.

    J’ai dit que c’é­tait impos­sible dans le double car­can 1) d’une négo­cia­tion dans une confé­rence Inter-Gou­ver­ne­men­tale 2) d’une rati­fi­ca­tion à l’u­na­ni­mi­té des Etats-membres.

    Pour le 1), la posi­tion de Jen­nar, Wurtz et Cas­sen me semble un grand pas vers le chaos. Il faut soit faire abou­tir l’i­dée de consti­tuante, soit sau­ver celle de conven­tion déni­grée vrai­ment à tort.

    Pour le 2), mon idée est qu’il faut impo­ser une réforme préa­lable et radi­cale du mode de rati­fi­ca­tion : les nou­veaux textes fon­da­men­taux euro­péens ren­tre­raient en vigueur immé­dia­te­ment dans les pays où le OUI l’emporte, si le OUI ras­semble une majo­ri­té qua­li­fiée de citoyens euro­péens et d’E­tats euro­péens. Les pays (très mino­ri­taires dans ce cas là) où le NON l’a empor­té déci­de­raient sou­ve­rai­ne­ment dans un deuxième temps ce qu’ils dérient faire, à l’ex­cep­tion de la pos­si­bi­li­té actuelle de blo­quer tous les autres.

    On pour­rait ima­gi­ner pour faire abou­tir cette idée une méga péti­tion euro­ci­toyenne qui récol­te­rait de nom­breux mil­lions de signa­tures récla­mant dans un grand tin­ta­marre de débat public aux gou­ver­ne­ments la réforme ci-dessus.

    Réponse
  34. Étienne

    Cher « jmfayard »,

    Je suis assez d’ac­cord avec l’i­dée une Europe recen­trée qui se consti­tue­rait autour des peuples qui veulent vrai­ment se rapprocher.

    Mais…

    Acceptes-tu les soi-disant « oui » des pays qui n’ont rien deman­dé à leur peuple et qui ont voté le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té par voie parlementaire ?

    Je vais poser la ques­tion autre­ment : accep­te­rais-tu d’é­pou­ser celle dont seul le père a dit « oui », sans deman­der son accord à l’intéressée ?

    Je trouve cette para­bole par­fai­te­ment adap­tée à la situation.

    Par ailleurs, quand tu dis « le NON néer­lan­dais était majo­ri­tai­re­ment sou­ve­rai­niste, ultra­li­bé­ral et xéno­phobe. Idem pour les poten­tiels NON anglais et polo­nais », est-ce que tu peux prou­ver ce que tu affirmes ? (Je te rap­pelle que les com­men­ta­teurs fran­çais disaient la même chose de notre NON à nous, le 30 mai au matin.)

    Étienne.

    PS : mer­ci pour les beaux mor­ceaux de pia­no :o) ça aide à com­prendre l’in­croyable dif­fi­cul­té de ces oeuvres. 

    Réponse
  35. Laurent_k

    A jmfayard,

    Les rai­sons moti­vant les « non » néer­lan­dais ou fran­çais ne changent rien au fait que cela arrê­tait le pro­ces­sus de rati­fi­ca­tion par­tout. Et si effec­ti­ve­ment on ne sau­ra jamais le résul­tat en Grande-Bre­tagne ou ailleurs, c’est parce que les autres réfé­ren­dums ont été repous­sés aux calendes grecques… par peur de nou­veaux « non ».

    Si on veut faire pro­gres­ser l’Eu­rope fédé­rale (ce qui est mon cas), la leçon à en tirer est effec­ti­ve­ment que les pays qui veulent aller de l’a­vant ne soient plus blo­qués par les autres. Mais comme le sou­ligne Etienne, cela doit être fait démo­cra­ti­que­ment. Une simple péti­tion, même méga n’y suf­fi­rait pas. Un vote par­le­men­taire non plus (cf l’é­cart abys­sal entre les votes par­le­men­taires et les réfé­ren­dums en France comme en Hol­lande). Il faut bel un bien une accep­ta­tion par un réfé­ren­dum (et de pré­fé­rence le même jour par­tout). Je parle bien de voter sur les textes fon­da­men­taux éla­bo­rés par une assem­blée consti­tuante élue (une conven­tion nom­mée par en haut n’au­ra pas la légi­ti­mi­té néces­saire quelle que soit la qua­li­té et l’hon­nê­te­té de ses membres), pas de don­ner un chèque en blanc pour une réforme à venir car sinon les abus seraient trop faciles.

    Méca­ni­que­ment, cela conduit à faire explo­ser l’Eu­rope en plu­sieurs groupes qui iront cha­cun à leur vitesse et dans la direc­tion qu’ils vou­dront. Y com­pris la direc­tion « marche arrière ».

    Réponse
  36. Jean Louis

    Mon­sieur,

    « Je vais poser la ques­tion autre­ment : accep­te­rais-tu d’é­pou­ser celle dont seul le père a dit « oui », sans deman­der son accord à l’intéressée ?

    Je trouve cette para­bole par­fai­te­ment adap­tée à la situation. »

    Il fau­drait don­ner votre para­bole comme sujet d’é­tude : vous pour­riez consta­ter votre incom­pré­hen­sion du sys­tème de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive : le par­le­ment serait le « père » des citoyens , c’est à l’aide de para­boles de ce type que vous avez influen­cé le « non » ?

    c’est très grave et pitoyable

    Réponse
  37. jmfayard

    à Etienne Chouard :

    Page 16 de http://​ec​.euro​pa​.eu/​p​u​b​l​i​c​_​o​p​i​n​i​o​n​/​f​l​a​s​h​/​f​l​1​7​2​_​e​n​.​pdf

    What are all the rea­sons why you voted « No » at the refen­re­dum on the euro­pean constitution :

    • 32% Lack of information
    • 19% Loss of natio­nal sovereignty
    • 18% Oposes the natio­nal government
    • 13% Europe is too expansive
    • 08% I am against Europe/European integration
    • 07% nega­tive effects on the employ­ment situa­tion in the netherlands
    • 06% I do not see what is posi­tive in this text
    • 06% The draft goes too far
    • 06% Too much regulation
    • 06% Oppo­si­tion to fur­ther enlargement
    • 05% Not demo­cra­tic enough
    • 05% Too complex
    • 05% The draft is eco­no­mi­cal­ly too liberal
    • 05% I don’t want a Euro­pean poli­ti­cal union/a Euro­pean fede­ral State/the « Uni­ted states of Europe »
    • 05% Europe is evol­ving too fast
    • 05% The « Yes » capai­gn was not convin­cing enough

    Le baro­mètre fran­çais équi­valent donne des résul­tats bien dif­fé­rents (page 18)

    Réponse
  38. jmfayard

    à Laurent_k

    Et si effec­ti­ve­ment on ne sau­ra jamais le résul­tat en Grande-Bre­tagne ou ailleurs, c’est parce que les autres réfé­ren­dums ont été repous­sés aux calendes grecques… par peur de nou­veaux « non ».

    sur­tout par conscience de l’i­nu­ti­li­té d’or­ga­ni­ser un réfé­ren­dum sur un enjeu nul puis­qu’on sait que Maas­tricht-Nice ne peut se réfor­mer qu’à l’u­na­ni­mi­té. Là où il y a rati­fi­ca­tion par­le­men­taire, on peut tout de même réunir les dépu­tés et séna­teurs, mais prendre le risque d’o­ra­gni­ser un grand réfé­ren­dum, ce qui ailleurs est très coû­teux, en devant admettre dès le départ aux citoyens que quoi qu’ils votent, cela n’au­ra aucune consé­quence puisque d’autres pays se sont expri­més aupa­ra­vant de façon contra­dic­toire, a de quoi refroi­dir les plus téméraires.

    Mais comme le sou­ligne Etienne, cela doit être fait démo­cra­ti­que­ment. Une simple péti­tion, même méga n’y suf­fi­rait pas. Un vote par­le­men­taire non plus (cf l’é­cart abys­sal entre les votes par­le­men­taires et les réfé­ren­dums en France comme en Hol­lande). Il faut bel un bien une accep­ta­tion par un réfé­ren­dum (et de pré­fé­rence le même jour par­tout).

    J’ai du mal m’exprimer.

    La méga-péti­tion que je pro­po­sais avait pour but de récla­mer l’ins­tau­ra­tion d’un réfé­ren­dum, le même jour, pour tous mais un réfé­ren­dum euro­péen cette fois. Voir #c1310

    Réponse
  39. sam

    Si la para­bole n’est pas adap­tée, c’est parce qu’elle est encore trop gen­tille : le Par­le­ment n’est pas le « père » de la nation, c’est sup­po­sé être le repré­sen­tant de celle-ci, un repré­sen­tant qui ne doit son auto­ri­té qu’à son bon vou­loir. Alors qu’un père pos­sède une auto­ri­té qui ne sau­rait être sou­mise au bon vou­loir de son enfant mineur.

    Il n’y a que dans une tyran­nie, régime dénué de lois et sou­mis à la volon­té d’un seul, que le sou­ve­rain se pro­clamme « père » de la nation. Et bien sûr, aucun par­le­ment ne pour­rait ten­ter le coup, tant ce serait gro­tesque, contraire à ce qu’il est par défi­ni­tion. Je ne crois pas qu’E­tienne par­lait du Par­le­ment pour sa para­bole, il par­lait des organes exé­cu­tifs qui se sont auto­des­cer­né le droit de modi­fier les règles du pou­voir et de créer de nou­veaux pou­voirs non contrô­lables (notre Par­le­ment natio­nal n’a pas voix au cha­pitre en UE, et le PE n’a pas de légi­ti­mi­té ni de pou­voirs par­le­men­taires réels). Quand bien même un « par­le­ment » serait impli­qué dans cette for­fai­ture, cette capa­ci­té qu’il aura eu de l’exé­cu­ter lui enlève elle-même la défi­ni­tion de Parlement…

    Or pour pou­voir faire cela, il vaut jus­te­ment que ces pou­voirs soient déjà éman­ci­pés du contrôle des nations et se com­portent comme des « pères » des peuples. Ce sont pré­ci­sé­ment ce qu’on nomme des tyrans.

    Main­te­nant la réa­li­té n’est pas aus­si dure, elle ne l’est que par la lec­ture que cer­tains en font, en niant le poids des réfé­ren­dum natio­naux, et le mérite de Chi­rac qui aurait pu faire en sorte que la rati­fi­ca­tion y coupe. Car si le PE comme l’es­pèce de « sénat » de l’UE, bref, le « Par­le­ment euro­péen », ont approu­vé le TCE, ça n’empêche pas que dans un Etat qui per­met, à rai­son, que les citoyens jugent eux-mêmes des modi­fi­ca­tions de leur consti­tu­tion, ce soit le réfé­ren­dum qui décide en der­nier res­sort. Pour­quoi cette dis­tinc­tion ? Parce que les règles du pou­voir, contrai­re­ment à loi, ne peuvent pas aisé­ment être remo­di­fiées, prin­cipe élé­men­taire de la démo­cra­tie. Sur­tout quand on éta­blit la consti­tu­tion par trai­tés, donc que par défi­ni­tion ce sont les hommes au pou­voir qui éta­blissent eux-mêmes les règles du pouvoir.

    Quand on aura enfin ins­tau­ré le RIC, ça ne devra pas empê­cher le Par­le­ment de débattre – et un Par­le­ment ne débat jamais sans déli­bé­rer. C’est un aspect essen­tiel de ce qu’on nomme le débat public. Mais quand un par­le­ment va contre la volon­té de son peuple alors qu’il éta­blit non pas la loi mais les règles du pou­voir, alors que per­sonne ne lui a don­né ce rôle (vous avez vu ça écrit quelque part dans la consti­tu­tion fran­çaise ?) heu­reu­se­ment que le peuple peut reprendre la main. Honte aux pays qui n’ont pas même cette garan­tie (France y com­pris : l’ar­ticle 11 ne donne qu’un droit, pas un devoir, au Pré­sident de la Répu­blique, de déclen­cher un réfé­ren­dum en cas d’a­dop­tion de trai­té indui­sant une perte de sou­ve­rai­ne­té nationale).

    Main­te­nant, si on peut rela­ti­vi­ser l’é­tat de tyran­nie dans le cas de la France et du TCE, ça n’en­lève pas le reste, qui est déjà éta­bli. De fait, le mon­tage de l’UE actuelle, et des pou­voirs finan­ciers anti­dé­mo­cra­tiques à tous égards qu’elle a contri­bué à éta­blir et conti­nue de légi­ti­mer, tout cela est déjà inac­ces­sible aux citoyens par la voie nor­male des ins­ti­tu­tions. Et vous vou­driez en plus nous cou­per l’ac­cès au pre­mier éche­lon de cette quête légi­time et extrê­me­ment dif­fi­cile ? De quel droit, et avec quels argu­ments ? Pas même celui de l’a­vis de la majo­ri­té des citoyens. Dès qu’on leur demande, ils vous le donnent, et au pré­sent, le fos­sé com­mence à être colos­sal – la consul­ta­tion de Maas­tricht et son 49% de oui fran­çais, ça date, et ça n’a pas empê­ché les tyrans de remettre ça (Nice par exemple) – alors atten­tion aux argu­ments qui consistent à dire qu’il vaut mieux évi­ter de sol­li­ci­ter leur avis, sur­tout depuis le 29 mai 2005.

    Il y a une moi­tié envi­ron de citoyens qui sont pour l’a­ris­to­cra­tie élec­tive, voire pour une tyran­nie joli­ment déco­rée, et qui invoquent le seul bon sens (sinon ils se sen­ti­raient le devoir de déve­lop­per). Ce n’est pas un crime. Mais allez y donc, et don­nez prise au débat cette fois…

    Je ne sais pas de quelle concep­tion « du sys­tème de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » vous par­lez, et expli­quez nous donc ce qu’est votre com­pré­hen­sion, parce que je vois que vous n’a­vez stric­te­ment rien mon­tré, vous, donc pas don­né la pos­si­bi­li­té de vous contre­dire. Ca vous per­met d’in­si­nuer qu’E­tienne énonce non pas juste des reven­di­ca­tions légi­times (et sup­po­sées avant-gar­distes, ce qui n’est pas le cas) mais des sot­tises énormes et sup­po­sées aisé­ment démon­tables, que vous n’a­vez pas pris la peine de démon­ter honnêtement.

    L’au­teur de la pro­po­si­tion pour « des Dépu­tés tirés au sort » a pro­po­sé une très bonne idée : une fois l’As­sem­blée consti­tuée, ses membres votent pour exclure « ceux qui se sont mon­trés mani­fes­te­ment inaptes ou non dis­po­sés à débattre » (25% de voix suf­fisent, je crois – mais cela se fait après « les classes », et avant que les dépu­tés soient contraints de dévoi­ler leurs opi­nions poli­tiques, et donc cela évite le mélange des cri­tères). Je dis ça, vous êtes ici sur un espace de dis­cus­sion libre, mais où balan­cer des pro­po­si­tions sans le moindre argu­ment pour­rait bien vous valoir – ailleurs – une cen­sure de la part d’un gars que vous démon­tez sans la moindre légi­ti­mi­té, et sans lais­ser de prise à la contra­dic­tion. Comme je suis contre cette cen­sure incon­trô­lée de l’ad­mi­nis­tra­teur, et ravi qu’E­tienne conti­nue à don­ner l’exemple et à mettre en accord ses pra­tiques et ses concep­tions de la démo­cra­tie, je trouve que le seul remède contre les trolls, per­tur­ba­teurs qui ne res­pectent pas spon­ta­né­ment les règles d’un débat, est jus­te­ment de ne pas tolé­rer les pro­pos lan­cés sans argu­men­ta­tion. Voi­là, moi aus­si je peux lan­cer des baffes cyber­né­tiques, mais je vous ai don­né mes concep­tions et les argu­ments pour les démon­ter. Ca ne mange pas de pain…

    Réponse
  40. Jean Louis

    Cher Sam ,

    vous écri­vez :

    « Je ne crois pas qu’E­tienne par­lait du Par­le­ment pour sa parabole »

    Le mon­sieur à écrit :

    « Acceptes-tu les soi-disant « oui » des pays qui n’ont rien deman­dé à leur peuple et qui ont voté le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té par voie parlementaire ?

    Je vais poser la ques­tion autre­ment : accep­te­rais-tu d’é­pou­ser celle dont seul le père a dit « oui », sans deman­der son accord à l’intéressée ? »

    Vous lui deman­de­rez à moins que je ne sache lire !

    Vous écri­vez une tirade qui vire­volte pour essayer de pro­po­ser je ne sais quoi d’ar­ti­fi­ciel et de pompeux

    Quant au « mani­fes­te­ment inaptes », la juris­pru­dence ira bon train.

    Je disais sim­ple­ment au mon­sieur du site (vous sor­tez de je ne sais ou) qu’il vaut mieux uti­li­ser une para­bole qui a du sens plu­tôt qu’in­fluen­cer les lec­teurs par des mensonges !

    Mer­ci.

    Réponse
  41. André

    Bon­soir

    J’ai­me­rais que Jean Louis nous démontre en quoi Etienne est un men­teur. Pour l’ins­tant je n’y vois qu’une affir­ma­tion gratuite.
    Je crains que le pro­blème de Jean Louis et de beau­coup de par­ti­sans du oui (18 mois après !) est de ne pas accep­ter le ver­dict popu­laire du 29 mai. Ne vous en déplaise, le refe­ren­dum est la forme suprême de démo­cra­tie, qui a cours dans des pays déve­lop­pés (confé­dé­ra­tion hel­vé­tique notam­ment) et per­sonne ne conteste dans ce pays les résul­tats d’un referendum.

    J’ai per­son­nel­le­ment voté contre Maas­tricht en 1993, le oui est pas­sé de jus­tesse, et ce résul­tat a été accep­té par les par­ti­sans du non de l’é­poque. Accep­tez donc cette leçon de démocratie.

    Réponse
  42. Jean Louis

    Cher André,

    Ne por­tez pas de juge­ment hatif, je n’ai pas de dif­fi­cul­té à rece­voir votre leçon de démo­cra­tie ayant voté « non » au trai­té euro­péen comme au trai­té de Maastricht.

    J’ai pré­ci­sé à l’au­teur que « sa » para­bole était trom­peuse (reli­sez-là attentivement).

    Lors du débat, j’ai bien noté des mani­pu­la­tions des deux côtés, pas vous ?

    Puis­qu’im­pli­ci­te­ment mes argu­ments semblent vous inté­res­ser, les voiçi :

    1). les ins­ti­tu­tions euro­péennes ne sont pas démo­cra­tiques, tout se décide dans les bureaux.

    2). la pri­mau­té de l’é­co­no­mie ne me convient pas.

    3). les repré­sen­tants fran­çais à l’UE étaient sou­vent repré­sen­tants au par­le­ment fran­çais, un débou­ché de plus pour les bat­tus en France.

    4). je ne sou­haite pas une europe fédérale.

    Je n’ai pas le besoin de cher­cher des para­boles, je dis « non » mais le plus hon­nê­te­ment pos­sible et sans ris­quer d’en­fu­mer les autres.

    je ne connais­sais même pas le site « chouard forum europe  » avant ce matin et fran­che­ment j’y trouve beau­coup de bavar­dages et d’ef­fets de style.….un peu comme avec nos repré­sen­tants politiques

    alors, pour ache­ver cette visite, André, évi­tez de cata­lo­guer et de don­ner des leçons de morale et met­tez un bémol quand vous citez la confé­dé­ra­tion hel­vé­tique qui est tout sauf un exemple.

    Réponse
  43. sam

    Jean-Louis,

    Il fau­drait m’ex­pli­quer, avec des argu­ments cette fois, com­ment vous faites le lien entre :

    « Acceptes-tu les soi-disant « oui » des pays qui n’ont rien deman­dé à leur peuple et qui ont voté le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té par voie par­le­men­taire ? »

    et « Par­le­ment = « père » du peuple ».

    Etienne (le mon­sieur) a‑t-il écrit que les Par­le­ments natio­naux se sont arro­gé le droit de voter les trai­tés, ont eux-mêmes pri­vé les peuples de ce droit, ont eux mêmes défi­ni les pou­voirs du Par­le­ment ou de l’exé­cu­tif de leurs Etats, leur impuis­sance à contrô­ler leurs exé­cu­tifs (cas fran­çais du moins) donc à garan­tir la démo­cra­tie en matière euro­péenne, ont eux-mêmes déci­dé de la pos­si­bi­li­té des exé­cu­tifs de créer et de recon­naître des pou­voirs supra­na­tio­naux à coups de traités ?

    Les déve­lop­pe­ments plus loin (*) et pour ceux qui les lisent – c’est encore une « tirade qui vire­volte pour essayer de pro­po­ser je ne sais quoi d’ar­ti­fi­ciel et de pom­peux ».

    Le pater­na­lisme, ou plus exac­te­ment, la tyran­nie dont parle Etienne, est donc une situa­tion qui ne vient pas de la déci­sion des Par­le­ments natio­naux, ni du PE. Que les Par­le­ments soient sol­li­ci­tés pour signer les trai­tés n’a rien à voir avec le « père », la « fille » et la choucroute.

    Non seule­ment vous faites des « déduc­tions logiques » absurdes parce que vous y voyez, vous, une logique évi­dente, mais vous consi­dé­rez que c’est une rai­son de ren­trer dans le lard des gens, sans rien argu­men­ter, en jugeant de plus qu’un pro­pos (ce que vous en com­pre­nez) incarne une manie géné­rale de son auteur (« c’est à l’aide de para­boles de ce type que vous avez influen­cé le « non » ? » – rac­cour­ci, rentre dedans, absence d’ar­gu­ments et mode de l’in­ter­ro­ga­toire sug­gé­rant les réponses en l’ab­sence de réponses don­nées et lues), et concluez vos trois pauvres phrases par « c’est très grave et pitoyable ».

    Mes argu­ments, au-delà du ton qui ne fai­sait que répondre au vôtre, ne sont qu’ « une tirade qui vire­volte pour essayer de pro­po­ser je ne sais quoi d’ar­ti­fi­ciel et de pom­peux ».

    Vous venez d’ar­ri­ver ici et vous avez déjà à dire qu’on y trouve « beau­coup de bavar­dages et d’ef­fets de style… un peu comme avec nos repré­sen­tants poli­tiques ». Rien d’autre.

    Dites donc, si votre froide logique en chaîne fonc­tion­nait, ça ferait peur, vue la vitesse des coups. Là, c’est plus que risible, c’est lourd. Vous avez une atti­tude qui donne peu envie de débattre avec vous. Mais allez donc cau­ser ailleurs, Jean Louis, si cela vous chante. Pour info, les dis­cus­sions les plus construites sont sur la par­tie « forum » du site du mon­sieur (c’est de là que « je sors », assez cou­ram­ment. On voit que vous n’y allez pas : les gens y sont très rare­ment désa­gréables, et moi, j’y suis la plus grande gueule…)

    —

    (*) Vous savez sans doute que ce qui fait que les Par­le­ments se pro­noncent, et pas les peuples, pour la plu­part, c’est qu’ « on » a décré­té que l’UE se consti­tue­rait par la voie de Traités.
    Donc, sui­vant la pro­cé­dure de rati­fi­ca­tion en vigueur dans chaque Etat. Parce que, d’a­bord, l’U­nion ne met­tait en jeu que des accords com­mer­ciaux, puis parce que, dans la conti­nui­té sup­po­sée, « on » a décré­té (« belle idée de Delors, très approu­vée en haut lieu) que l’UE serait une Union d’Etats(-nations) sans vrai Par­le­ment et sans place pour la voie des Par­le­ments natio­naux (dans son fonc­tion­ne­ment – la signa­ture des trai­tés, c’est autre chose, c’est la pro­cé­dure interne de rati­fi­ca­tion par chaque Etat).

    Les Par­le­ments natio­naux n’ont pas eu leur mot à dire. Pas plus que le Par­le­ment Alle­mand n’est res­pon­sable du fait que si l’Al­le­magne a inter­dit le réfé­ren­dum (pour les lois et les affaires natio­nales), ça reste valable en l’es­pèce, pour des trans­ferts de sou­ve­rai­ne­té et la recon­nais­sance de nou­veaux pou­voirs… « légi­times ». Pas plus que le Par­le­ment, en France, n’est res­pon­sable du fait que la consti­tu­tion fran­çaise est ain­si faite, que notam­ment, jus­qu’il y a une dizaine d’an­nées, le réfé­ren­dum n’é­tait pas pré­vu en cas de signa­ture de trai­tés indui­sant un trans­fert de sou­ve­rai­ne­té. Il l’est depuis parce que, même s’il a signé en congrès une petite avan­cée, l’ar­ticle 11 fait de ce méca­nisme de consul­ta­tion non une obli­ga­tion, mais un « droit » du Pré­sident de la Répu­blique, qui garde le pri­vi­lège du déclen­che­ment du réfé­ren­dum. Pour­quoi Hol­lande, par exemple, aurait-il eu à sol­li­ci­ter Chi­rac, sinon ?

    Cette impuis­sance n’empêche pas les par­le­men­taires de faire comme tout le monde, et de com­pen­ser par des ten­ta­tives de force (eux n’ont pas la pos­si­bi­li­té de les tra­duire en actes, donc ils piaillent d’au­tant plus, c’est logique – les par­tis font la même chose, à l’heure où l’i­déo­lo­gie règne) : acces­soi­re­ment, en France, il n’y a pas de pro­por­tion­nelle, donc la repré­sen­ta­tion du peuple est rela­tive, mais plus glo­ba­le­ment, les Par­le­ments natio­naux sont de plus en plus impuis­sants, l’UE est déjà à l’o­ri­gine de 75–80% de nos lois.

    Quand au par­le­ment euro­péen, il n’a pas plus de pou­voir que de légi­ti­mi­té. Il n’a pas d’i­ni­tia­tive légis­la­tive, pos­sède une com­pé­tence de déci­sion très limi­tée et ciblée, et pas de pou­voir de contrôle de l’exé­cu­tif. Per­sonne ne connaît le nom de ses dépu­tés, il n’y a aucune conti­nui­té dans les dis­cours des par­tis entre le natio­nal et l’Eu­ro­péen, schi­zo­phré­nie deve­nue criante, et il n’y a pas d’es­pace public euro­péen (com­mun) pour les citoyens, pas de lieu pour mettre en jeu les conflits réels et les ententes, donc pas de peuple, donc pas de repré­sen­tant d’un peuple.

    Je dirais plus lar­ge­ment que ni le Par­le­ment ni un autre organe n’est vrai­ment res­pon­sable d’une for­fai­ture ayant conduit à une situa­tion net­te­ment anti­dé­mo­cra­tique pour­tant avé­rée. Il n’y a pas eu de grand abus de pou­voir pour par­ve­nir à une machine euro­péenne anti­dé­mo­cra­tique, légi­ti­mant elle-même des IFI éman­ci­pés de l’O­NU. Il y a que ce cas d’es­pèce n’é­tait pas pré­vu dans nos consti­tu­tions nationales.

    Il suf­fi­rait d’y écrire que : 1) la consti­tu­tion natio­nale pré­vaut sur toute autre juri­dic­tion ; 2) toute rati­fi­ca­tion de trai­tés doit être sui­vie, au besoin, d’une mise à jour cohé­rente de la consti­tu­tion ; 3) toute modi­fi­ca­tion de la consti­tu­tion doit être rati­fiée par réfé­ren­dum ; 4) ces prin­cipes sont décla­rés rétro­ac­tifs jus­qu’à 1945… J’a­jou­te­rais : 5) la recon­nais­sance de tout pou­voir supra­na­tio­nal doit être accom­pa­gnée de l’en­semble des garan­ties démo­cra­tiques don­nées à la nation : contrôle par­le­men­taire et conti­nui­té de la repré­sen­ta­tion ; trans­pa­rence et débat public ; égide de l’O­NU pour les IFI et autres ins­tances mondiales ; …)

    Réponse
  44. Étienne

    Bon­jour à tous, par­don d’a­voir traî­né à répondre, je n’é­tais pas à la mai­son hier :o)

    Sur­pre­nant Jean-Louis… qui tape sur ses cama­rades résis­tants… Mais pour quoi faire ?

    Que me repro­chez-vous donc et que dit cette para­bole (idéale en l’oc­cur­rence, je le main­tiens) : la para­ra­bole du père qui consent au mariage en lieu et place de sa fille met en lumière (illustre) l’im­por­tance du consen­te­ment véri­table du prin­ci­pal inté­res­sé pour les actes graves de la vie.

    • Dans l’i­mage du mariage déci­dé par le père, le repré­sen­tant légal de la fille prend, pour elle et à sa place, une déci­sion d’une excep­tion­nelle gra­vi­té qui, à l’é­vi­dence (ou bien je ne sais pas quelle sorte d’homme vous êtes), revient à la fille, direc­te­ment et sans inter­mé­diaires, et à elle seule. 

    • De la même façon, (exac­te­ment de la même façon), dans la réa­li­té de l’U­nion euro­péenne déci­dée par les exé­cu­tifs, les repré­sen­tants légaux des peuples prennent pour eux et à leur place, une déci­sion d’une excep­tion­nelle gra­vi­té qui, à l’é­vi­dence (ou bien je ne sais pas quelle sorte de citoyen vous êtes), revient aux peuples, direc­te­ment et sans inter­mé­diaires, et à eux seuls.

    Voi­là, j’es­père n’a­voir pas été trop long ni top pom­peux :o) C’est simple et puis­sant : je ne recon­nais à mes ministres, à mes par­le­men­taires et à mes juges (aux­quels je tiens beau­coup, par ailleurs, évi­dem­ment) AUCUNE LÉGITIMITÉ à faire ce qu’ils font en Europe depuis cin­quante ans, en vidant la Répu­blique de sa sub­stance, sans nous et contre nous. C’est évi­dem­ment un enjeu poli­tique, avant d’être un pro­blème juridique.

    Ces trans­ferts (pro­gres­sifs mais mas­sifs) de sou­ve­rai­ne­té, sans aucune garan­tie démo­cra­tique sérieuse, et sans confir­ma­tion popu­laire directe sys­té­ma­tique, sont un abus de pou­voir carac­té­ri­sé.

    Comme celui du père qui décide pour sa fille de son mariage, à une autre échelle, simplement.

    J’ai une autre image en maga­sin, si vous vou­lez :o)
    Ce que font nos soi-disant « repré­sen­tants », en trans­fé­rant ain­si dura­ble­ment, dans notre dos, la pré­cieuse sou­ve­rai­ne­té que nous les avions, —tem­po­rai­re­ment—, lais­sés incar­ner, c’est comme si des loca­taires ven­daient l’ap­par­te­ment qu’on leur loue… (À une autre échelle, cela va sans dire.) C’est un grave (et détes­table) abus de pouvoir.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne le pitoyable :o)

    Réponse
  45. André

    Bon­jour Jean Louis

    Je ne fais pas de leçon de morale, et je suis capable de dis­cu­ter avec des per­sonnes d’o­pi­nions dif­fé­rentes des miennes, je me rap­pelle avoir dis­cu­té sur ce blog avec Pierre sur les ser­vices publics de citoyen à citoyen.

    Beau­coup de nos conci­toyens ont l’im­pres­sion fon­dée que leur pou­voir démo­cra­tique s’a­me­nuise, que leur vote ne sert pas à grand-chose, au niveau de la France ; alors au niveau de l’Eu­rope, c’est bien pire.

    Pre­nons l’exemple de la poste : une direc­tive euro­péenne a été prise pour la libé­ra­li­sa­tion de ce sec­teur ; paral­lè­le­ment à cela, la réor­ga­ni­sa­tion interne et la sup­pres­sion d’emplois dans ce ser­vice public ont conduit à un mau­vais fonctionnement.
    Tout le monde constate une dégra­da­tion de l’a­che­mi­ne­ment de ce cour­rier, voire des pertes. Cela est évi­dem­ment pro­vo­qué pour jus­ti­fier une privatisation.
    Mais, il s’a­git d’un ser­vice public appar­te­nant à tous les citoyens, leur a‑t-on deman­dé leur avis ??

    L’é­cole est aus­si en voie de mar­chan­di­sa­tion, selon les pre­ceptes libé­raux de l’OCDE selon les­quels une heure de cours doit être chif­frée comme l’ac­qui­si­tion d’une bou­teille de coca-cola.
    Demande-t-on l’a­vis des citoyens sur cette pri­va­ti­sa­tion rampante ??

    Des exemples comme celui-ci sont très nom­breux et montrent clai­re­ment un désais­sis­se­ment du pou­voir des citoyens au pro­fit d’or­ga­nismes non élus démo­cra­ti­que­ment qui sont au ser­vice d’in­té­rêts pri­vés très puissants.

    Donc, se poser des ques­tions sur la démo­cra­tie, son fonc­tion­ne­ment insuf­fi­sant et les remèdes à y appor­ter paraît d’au­tant plus néce­saire que le poli­tique a per­du beau­coup de sa crédibilité.

    Bonne jour­née à tous.

    Réponse
  46. Candide2

    Mme Royal a rai­son sur le diag­nos­tic (les col­lèges sont un haut lieu de l’é­chec sco­laire) et tort sur le remède (il suf­fit d’o­bli­ger tout le monde à tra­vailler plus et tout ira bien).

    En essayant d’ou­blier des ren­gaines trop connues pour être cré­dibles (sales fei­gnants de profs qui ne font même pas leurs 35 heures, etc), je me pose une petite ques­tion toute simple : est-ce qu’un col­lé­gien qui en a ras le bol du col­lège va se mettre à l’ai­mer parce qu’on l’o­blige à y res­ter plus long­temps ? C’est tout sim­ple­ment risible, digne de gens qui ne connaissent rien à ces enfants.

    En plus, au secours les amal­games et les à‑peu-près… Ma fille qui est élève-ingé­nieur fait des cours pour une boîte de cours de sou­tien et elle n’est abso­lu­ment pas prof. Peut-être que c’est jus­te­ment ça qui marche pour les enfants : voir d’autres têtes que celles qu’on a eues pen­dant la journée ?

    Réponse
  47. Étienne

    Sur le blog de Jean-Luc Mélan­chon : « La sin­cé­ri­té des votes pour Ségo­lène Royal est mise en cause par les pra­tiques de la Fédé­ra­tion de l’Hé­rault ».

    On y découvre « DES TRICHEURS MÉTHODIQUES ET ENDURCIS »… Tout cela est affligeant. 

    Devant ce constat quo­ti­dien des tur­pi­tudes liées à la quête du pou­voir, on est pous­sé à réflé­chir à ce que don­ne­rait, en bien et en mal, l’in­ter­dic­tion géné­rale de tous les par­tis. Je n’ai pas de cer­ti­tude sur ce point, mais c’est inté­res­sant d’y réfléchir.

    Je lis « de front » plus de dix livres pas­sion­nants sur la démo­cra­tie, et ils insistent tous sur les effets per­vers de l’é­lec­tion et des par­tis sur l’ac­ti­vi­té poli­tique géné­rale et sur la liber­té des hommes : je pré­pare une syn­thèse sur le rôle cen­tral du tirage au sort (même seule­ment par­tiel) contre les méfaits des ligues et des fac­tions.

    Les infor­ma­tions sup­plé­men­taires qui émergent de l’ac­tua­li­té ne donnent pas tort à ces ana­lyses de fond, renou­ve­lées et ren­for­cées depuis des siècles.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  48. Laurent_k

    Ce que don­ne­rait l’in­ter­dic­tion géné­rale de tous les par­tis ? Rien de bon.

    Si on sup­prime les par­tis, les luttes de pou­voir et les tur­pi­tudes qu’elles entraînent ne dis­pa­raî­tront pas pour autant. Elle se feront dans d’autres orga­ni­sa­tions car il faut de toutes façons avoir une orga­ni­sa­tion der­rière soi pour prendre le pouvoir.

    Ces tur­pi­tudes viennent en effet de la nature humaine : « j’ai soif de pou­voir et pour assou­vir ma soif, tous les moyens sont bons ». Ce pro­blème ne dis­pa­rai­trait pas avec les partis.

    Au contraire, en les sup­pri­mant, on ren­drait le débat moins visible, on dis­si­mu­le­rait plus les luttes intes­tines et donc, on ferait même recu­ler la démocratie.

    Réponse
  49. Candide2

    Cette semaine, le maga­zine d’info/finances « Chal­lenges » publie un édi­to furi­bond contre Ségo­lène Royal, accu­sée d’ef­frayer les ban­quiers, de n’a­voir rien com­pris au blai­risme et même (scan­dale!) de vou­loir reti­rer les sub­ven­tions publiques aux entre­prises qui délocalisent !

    Je ne sais pas ce que vous en pen­sez, mais cela va finir par me rendre Mme Royal tout à fait sympathique…

    Réponse
  50. alain de nantes

    Je ne sais pas ce que « veut » cette Dame pro­vi­den­tielle, mais j’ai lu le « réa­liste » pro­gramme du PS, et je n’ou­blie pas ce qu’a vou­lu Miterrand :

    « Avoir un des­tin national »…

    Tout ça ne me rend pas ces « per­son­nages pro­vi­den­tiels » vrai­ment sympathiques…

    La bonne femme de sable est pas­sée, « bonne nuit les petits ! »

    Pen­dant cette som­no­lence popu­laire orga­ni­sée, grâce au talent des aides mater­nelles média­tiques, l’As­sem­blée euro­péenne vient de voter tout de go la fameuse « direc­tive Bol­ke­stein » (mais le lou garou a chan­gé sa garde-robe : le texte est « relooké »).

    Seul le groupe GUE (com­mu­nistes, verts nor­diques, gauche), a voté contre …le PPE (droite) a sup­pri­mé des appel­la­tions qui risquent de réveiller l’en­fant qui dort, et le PSE (« socia­liste »!) a fait la pro­mo­tion de cet « esprit d’ou­ver­ture » qui embaume le dis­cours royal de ce triste jour : ren­dons à ces arts ce qui est à ces arts : l’art de se foutre des peuples !

    Réponse
  51. sam

    De quoi me remettre un peu du vote d’hier…

    Émo­tions à part, je pense que l’in­com­pé­tence en matière éco­no­mique n’est pas du tout une garan­tie de ne pas ser­vir les ban­quiers (sans le faire exprès), bien au contraire, dans un sys­tème qui fait gagner les mêmes à tous les coups. À moins qu’un poli­tique se monte consciem­ment contre ledit sys­tème, et tape non sur ses consé­quences, ou ses déri­vés, mais sur ses méca­nismes pri­maires. Ce qui sup­pose qu’il soit capable de recon­naître de vrais blo­cages et de vrais réformes avant de vendre des possibles.

    Jamais je n’ai enten­du Ségo­lène pro­po­ser une chose qui puisse mena­cer les ban­quiers, ces faux monayeurs, grands action­naires sans visage de fonds de pen­sion sans patrie, grands pro­fi­teurs de gogos de la lote­rie, pro­prié­taires des grands firmes, dont les petites sont les ser­vantes, les rares autres devant s’a­li­gner par les prix et les salaires.

    Pre­nez « sa » pro­po­si­tion (qui n’est pas d’elle) de péna­li­ser fis­ca­le­ment les entre­prises qui délo­ca­lisent, par exemple. L’i­dée est tout à fait illu­soire, et bonne pour les igno­rants, qu’ils soient ven­deurs ou ache­teurs du mes­sage : la délo­ca­li­sa­tion dont on parle tant n’est qu’un bout, final, d’une longue pres­sion de citron au niveau natio­nal. Je ne vais pas reprendre une liste très longue et pas­sio­nante, que j’a­vais à peine enta­mée ailleurs (http://​www​.big​bang​blog​.net/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​4​5​9​#​f​o​r​u​m​3​5​422 Quel rap­port entre l’im­pôt sur une entre­prise et une péna­li­sa­tion de ses grands action­naires ? Aucun, pour ne pas dire que c’est pire, dans l’é­tat actuel du système.

    • Cette lente pres­sion pré­cé­dant la délo­ca­li­sa­tion marque l’ac­crois­se­ment des plus-values et acces­soi­re­ment des divi­dendes, tan­dis que, face au chan­tage, l’É­tat n’a comme pou­voir que celui de don­ner 10 aux tor­tion­naires pour qu’ils conti­nuent encore un peu de don­ner 1 (dogme dit du « ruis­sel­le­ment », des « retom­bées ») à des gens aux­quels il pour­rait lui-même don­ner, dans un autre contexte, du tra­vail, des reve­nus et de l’espoir.
    • L’an­nonce de délo­ca­li­sa­tion et de mise en chô­mage fait mon­ter encore la bulle. Mais qu’est-ce qui empêche les inves­tis­seurs de s’en aller avant la tom­bée de l’im­pôt ? Et quand bien même l’ac­tion sera encore mon­tante (une entre­prise peut mettre du temps à amor­tir les coups, alors son action, vous pen­sez…) qu’est-ce qui les retient de s’en aller avant l’ef­fon­dre­ment de l’action ?
    • Un effon­dre­ment qu’ils enclenchent eux-mêmes… : quand ce sera le moment de fuir, qui pré­di­ra en pre­mier le moment où il faut vendre, tout en lan­çant aux petits lec­teurs de cette presse néo­mar­ron qu’ils influencent par leurs mes­sages, quand ils ne la pos­sèdent pas, des mes­sages opti­mistes ? Des gens qui, quand ils vendent toutes leurs parts, ont jus­te­ment le plus ce pou­voir de faire chu­ter l’action…
    • Et ensuite ? Quand on aura péna­li­sé l’en­tre­prise, on la coule et on met les sala­riés au chô­mage ? Ou alors, atti­re­ra-t-elle les capi­taux, tou­jours dans un pareil sys­tème ? Non, à moins, pour l’É­tat, de remettre un coup de per­fu­sion qui atti­re­ra encore un peu les vau­tours sans cage et creu­se­ra encore une dette qui est l’un des pre­miers ins­tru­ments de son impuis­sance et de sa mise sous tutelle.

    Mme Royal ignore-t-elle que dans le sys­tème auquel elle dit « oui », la « libre cir­cu­la­tion des capi­taux » (donc par défi­ni­tion l’im­pos­si­bi­li­té du poli­tique de garan­tir une quel­conque liai­son entre action­naires sans visage et sans patrie et entre­prises dite « natio­nales ») est com­plète, et passe avant tout ? Que le contrôle de la mon­naie est, de fait, aux mains des gros finan­ciers, par­mi les­quels les grands pro­prié­taires des banques, et cer­tai­ne­ment pas de l’É­tat, pas plus du Pré­sident que de moi-même…
    Est-elle demeu­rée pour se dire socia­liste (elle ne le dit pas, mais elle pré­tend incar­ner la gauche) voire juste cen­triste por­teuse d’es­poir (elle pré­tend incar­ner tout à la fois le ras­sem­ble­ment et le chan­ge­ment) en igno­rant qu’au pré­sent, les cadres diri­geants des grosses entre­prises (et de leurs ser­vi­teurs) sont au ser­vice des action­naires, pas de la sur­vie de la boutique ?

    Comme plai­der l’i­gno­rance serait incon­ce­vable (j’ai encore un peu de digni­té, on fait ce qu’on peut), reste à crier au scandale…

    N’est-ce pas un aveu criant d’im­puis­sance ou bien de men­songe que d’en être réduit à entendre res­tau­rer de force le syn­di­ca­lisme dans un sys­tème qui conduit méca­ni­que­ment à le tuer, et auquel on dit « oui » par ailleurs, sans jamais en poin­ter les rouages ?

    La réac­tion des trouf­fions de presse de mar­ché, que vous évo­quez, conti­nue à don­ner l’illu­sion que les poli­tiques ont encore un pou­voir signi­fi­ca­tif sur l’é­co­no­mie, ça main­tient l’en­ne­mi consa­cré en vie dans les têtes, et la vraie sélec­tion des loo­sers qui le croient et des win­ners qui com­prennent les mes­sages de mar­ché sans détour : dans la pré­misse « le mar­ché régule tout », par défi­ni­tion, l’ac­tion des poli­tiques n’a aucune place. Il faut être arrié­ré (« gen­til ») pour ne pas voir ce qui est à ce point évident…

    Cette réac­tion, média­ti­que­ment très ven­dable (bien joué, com­bien la pige ?) ou plus exac­te­ment les réac­tions qu’elle va engen­drer chez les gens, montre sur­tout qu’on peut être fana­ti­sé sans avoir la foi, quand il s’a­git d’i­déo­lo­gie (par oppo­si­tion à une logique ayant pour visée un idéal humain).
    On fait croire que le pou­voir est ici quand il est là, à ceux qui sont sans pou­voir, enfer­més qu’ils sont dans un pas­sé d’a­vant l’im­puis­sance criante du poli­tique, pas assez lucides, cyniques ou fana­ti­sés pour soit voir soit accep­ter un pré­sent absurde ; les igno­rants méga­lo, mytho­manes men­teurs mala­difs, qui trouvent dans cette absur­di­té des pos­sibles, qu’ils pro­jettent sur les autres, par­fois de bonne foi, filent vers les postes que les petites gens croient encore dotés de pou­voir ; les malins, les cyniques, les insen­sibles, ceux qui ne croient à rien qu’à la force de ceux qui l’ont, eux sont atti­rés vers le haut, vers les pou­voirs réels, qui offrent des pos­sibles… pour eux.

    Non, les molosses des ban­quiers s’in­quiètent pour rien. Et même (je ne crois pas qu’ils soient stu­pides à ce point), il est dans l’in­té­rêt de leur classe de lais­ser croire qu’une Ségo­lène peut les affo­ler. Car elle est impré­vi­sible, poli­ti­que­ment, socia­le­ment, …oui, mais pas pour le mar­ché. Les vrais ban­quiers dorment tran­quilles, tan­dis que les igno­rants des lois du mar­ché rêvent encore un coup (et arrivent encore à voter « blai­ro­sar­ko­siste » quelques années après 2002 et un an et demi après le 29 mai (60% de oui chez les mili­tants socia­los, ça vous rap­pelle quelque chose ? Le temps joue­rait-il là encore pour le non ? …)

    Réponse
  52. sam

    Les deux seules ques­tions qui me titillent, s’a­gis­sant de Ségo­lène, c’est de savoir :

    • si aux finances elle met­tra plu­tôt l’ex­pert néo­li­bé­ral DSK ou une tête nou­velle. Fabius ? Sans blague. Pour­quoi pas exhu­mer Keynes (tiens, cet odieux Fried­man a cas­sé sa pipe, Mam­mon acquiert son âme aux enchères).
    • Com­ment elle a pu être si nulle pour expli­quer à quoi pour­rait vrai­ment ser­vir son « jury de citoyens ». Certes, on a eu un coup de médias, mais ce gâchis, ou alors ce popu­lisme du men­songe par omis­sion, quand on a un tel pou­voir de se faire entendre, ça me troue.

    N’est-ce pas un aveu criant d’im­puis­sance ou de men­songe que d’en­tendre res­tau­rer de force la res­pon­sa­bi­li­sa­tion des poli­tiques dans un sys­tème qui conduit méca­ni­que­ment à les rendre impuis­sants, chose qu’on nie ou ignore par ailleurs ?

    Car oui, la seule chose que cette bri­co­leuse pathé­tique (par­mi tant d’autres) de Ségo­lène Royale a pu dire qui soit sus­cep­tible de mena­cer les ban­quiers, c’est jus­te­ment sa pro­po­si­tion de jurys citoyens… Seule­ment, le lien n’est pas direct (ça, on voit), et il y a des pré­ci­sions essen­tielles à poser. Voi­ci les miennes.

    Il faut pré­ci­ser d’emblée que dans l’é­tat actuel des choses, ces « jurys » sur­veille­raient des élus… qui sont jus­qu’à nou­vel ordre sans réel pou­voir éco­no­mique (et social, là où on les attend, pas pour « mettre la famille au car­ré » et l’ar­mée dans les banlieues).

    Si on ne le pré­cise pas, là on est popu­liste. Voi­là des mois que j’en­tends une polé­mique sur l’emploi du mot, et bien je craque, et je l’ouvre à mon tour, rap­pe­lant que pour moi, il s’a­git, comme le dit Etienne, d’un com­por­te­ment qui consiste, pour quel­qu’un qui brigue le pou­voir (appa­rent), à pro­po­ser des choses qu’on ne peut pas donner.

    Quelle est la vraie grande peur cen­trale des citoyens ? Devrais-je dire ter­reur ? Le MEDEF dit socié­té du « risque »… pour des ren­tiers et leurs ges­tion­naires supé­rieurs qui font du blé aveu­glé­ment, sans risque ni res­pon­sa­bi­li­té. À qui le « risque » ? La peur ? Les réfor­ma­teurs de la retraite laissent voir une socié­té où on est soi-même son bour­reau comme sala­rié (fonds de pen­sion, dis­cours de l’ac­tion­na­riat (petit) sala­rié qui fait le bon­heur des gros ren­tiers), et où pour le prix… on craint le mar­ché jus­qu’à la retraite.

    Trai­tez donc de cons (de sous-citoyens) les petites gens qui manquent de culture « poli­tique » (qui ne sont pas assez conscients des ver­roui­lages du sys­tème et des règles qui marchent si bien ? Ou qui sont trop conscients et habi­tués à ne pas se lais­ser prendre pour des idiots ?), moi ce que je vois tous les jours, c’est que ceux-là voient et disent, même si c’est sou­vent par paren­thèses, har­ce­lés qu’ils sont par le calen­drier média­tique, que le vrai pou­voir a chan­gé de mains, et que l’é­co­no­mie prime sur le poli­tique ; ceux qui me servent un dis­cours « rai­son­nable », sans par­ler des zom­bies de la scène média­tique et poli­ti­co-ges­tion­naire, sont sou­vent ceux qui jouissent d’une meilleure place. Mais voi­là, il se trouve que l’es­prit cri­tique est bien mieux répar­ti que le pognon et le bien-être… Et je ne peux que consta­ter que la plu­part du temps, soit les gens « rai­son­nables » et connais­seurs ne disent jamais que l’é­co­no­mie prime sur le poli­tique, et que c’est insup­por­table et inte­nable, soient ils basent jus­te­ment leur dis­cours rai­son­nable sur le fait que c’est sup­po­sé être une fata­li­té… on ver­ra pour le reste.

    Un autre argu­ment, qu’on a enten­du de la part d’Em­ma­nuel Todd, par exemple, http://​www​.radio​france​.fr/​f​r​a​n​c​e​i​n​t​e​r​/​e​m​/​f​r​a​n​c​p​a​r​l​er/ consiste à rap­pe­ler que les deux par­tis qui ont joué la carte de la « sécu­ri­té » en 2002 se sont pris la bran­lée de Le Pen au pre­mier tour (Chi­rac étant juste un peu moins minable que Jos­pin, avec le peu de voix que l’on sait). Ce qui démontre qu’en dépit du tapage média­tique, l’é­pou­van­tail des bri­co­leurs de mar­ché, la « sécu­ri­té », ne trompe guère, et qu’à ce tarif, on pré­fère l’o­ri­gi­nal à la copie, ou bien encore, on punit les bri­co­leurs men­teurs. Qui est pré­ten­tieux au point de nier qu’un pro­lo illet­tré com­prend aisé­ment que la vio­lence ne pousse pas sur rien, et que la pré­ven­tion sert à quelque chose ? Les mêmes qui nous affirment que les pro­los qui votaient PC votent désor­mais FN ? …

    Cela pour dire que j’at­tri­bue à ces « jurys » un rôle essen­tiel, mais jus­te­ment très dif­fé­rent de celui de jury (http://​www​.big​bang​blog​.net/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​4​5​9​#​f​o​r​u​m​3​5​788) : celui de poser les ques­tions, plus que d’y répondre ; celui de pro­po­ser des réformes ins­ti­tu­tion­nelles, plu­tôt que celui de dire oui ou merde à ceux qui, rési­gnés, aveu­glés, cyniques, juges et par­ties, …, les pro­posent d’en haut et ne laissent que le choix d’y répondre. La démo­cra­tie, ce n’est pas les son­dages ou les lois de l’au­di­mat, qui sont un simple droit de répondre, ça passe par le pou­voir des citoyens sans pou­voir choi­sir les ques­tions qui émergent dans le débat public.

    Des poli­tiques res­pon­sa­bi­li­sés, oui, mais cette seule mesure de Mme Royale, qui sent déjà la pro­messe inte­nable, ne suf­fi­rait pas à leur rendre un vrai pou­voir d’ac­cé­der aux grands leviers de l’é­co­no­mie. Les « leviers », ce ne sont pas ceux qu’un Rocard, ami Straus­ka­nien de l’a­mi Lamy, disait sans honte qu’on gar­dait avec le TCE… Non, ces leviers sont les dif­fé­rents ins­tru­ments qui per­mettent à l’É­tat, aux repré­sen­tants légi­times et contrô­lables (ceux d’une UE légi­time, on peut dési­rer l’a­ve­nir…) de contrô­ler la masse moné­taire qui cir­cule dans l’É­tat (l’UE), sans même par­ler de sa répar­ti­tion (il y a des révo­lu­tions à faire qui ne sentent pas spé­cia­le­ment la gauche) : émis­sion de mon­naie cen­trale, enca­dre­ment du cré­dit, taux d’in­té­rêts, régu­la­tion des flux de capi­taux et de la spé­cu­la­tion sur les changes. Voir le volet « mon­naie » du forum, qui indique déjà quelques liens précieux.

    Non, fran­che­ment, les soi-disant frayeurs des ban­quiers face à Ségo­lène me feraient rire, si ce n’é­tait pas un moyen si aisé de faire élire un de leurs nou­veaux ser­vi­teurs volon­taires, tout dési­gné par son igno­rance ou sa schy­zo à l’é­gard des pou­voirs réels. Les gens n’en peuvent plus des poli­tiques en place ? Don­nez-leur une paro­die de chan­ge­ment. Il y en a tel­le­ment qui se feront une joie de don­ner le change, et avec bonne foi… Encore un début de légis­la­ture où un peuple convain­cu que le mar­ché régne se don­ne­ra encore l’illu­sion apai­sante qu’un autre monde est pos­sible. Sur la fin de la légis­la­ture, sa révolte fera mon­ter le pro­chain pan­tin volon­taire. Suf­fit de choi­sir qui mène les inter­ro­ga­toires pour faire les réponses, et sur­tout pas pres­ser : des mois de ren­trées publi­ci­taires pour en venir au fait : Ségo­lène ou Sarkozy ?

    Réponse
  53. Candide2

    Les ban­quiers accu­sant Mme Royal d’être « trop à gauche » pour la faire élire ?

    Non, géné­ra­le­ment, les grou­pies de la haute finance ne s’embarrassent pas de tant de contor­sions. Quand M. Ber­lus­co­ni a pro­mis de sup­pri­mer l’im­pôt sur les suc­ces­sions, il l’a fait. Et quand j’a­per­çois la même pro­messe dans le pro­gramme de M. Sar­ko­zy, je le crois tout à fait capable de la réa­li­ser éga­le­ment (il a d’ailleurs déjà com­men­cé en détaxant géné­reu­se­ment les dona­tions). Et dans la réforme actuelle de l’IRPP, on n’est vrai­ment gagnant qu’à par­tir d’en­vi­ron 10000 (oui, dix mille) euros de reve­nu men­suel (cf « Alter­na­tives économiques »).
    Je vous en prie, lisez un peu « La vie finan­cière », « Le nou­vel éco­no­miste », etc., et vous ver­rez qu’on peut éco­per de lar­ge­ment pire que Mme Royal et ses amis.

    Bon, d’ac­cord, ça ne résoud pas le pou­voir hyper­tro­phié de la finance, que vous dénon­cez à juste titre. Mal­heu­reu­se­ment, il y a un truc qui s’ap­pelle « prin­cipe de réa­li­té ». Besan­ce­not pré­sident avec 5% des voix, ça ne marche pas (même s’il énonce des choses fort exactes).

    Réponse
  54. sam

    « Les ban­quiers accu­sant Mme Royal d’être « trop à gauche » pour la faire élire ? »

    Oui, c’est ça. Plus exac­te­ment, pour l’im­po­ser comme seule alter­na­tive à son pen­dant néo­li­bé­ral ver­sion offen­sive. Le pou­voir hyper­tro­phié de la finance, ou sur­tout ses mul­tiples déri­vés, cha­cun les voit, il faut cana­li­ser le ras le bol par une paro­die d’op­po­si­tion. DSK ou les jos­pi­nistes n’é­tant plus cré­dibles en la matière, l’ap­pa­reil du par­ti s’est empres­sé de pen­cher vers Ségo­lène, et médias comme ban­quiers aus­si, même si c’est au second degré.

    Ce qui entre­tient le « prin­cipe de réa­li­té » (il n’y a pas que Besan­cen­not), il y a des révo­lu­tions qui ne sont pas à l’ex­trême gauche, une alter­na­tive anti­li­bé­rale com­mune qui se bâtit, une gauche majo­ri­taire pour le non au TCE, … Bien que cela n’existe pas dans les médias, et souffre comme tout mou­ve­ment, de gros sou­cis internes dès qu’ils passent du refus aux pro­po­si­tions positives.

    Je sais bien que la presse finan­cière dit beau­coup de choses impor­tantes à com­men­ter avec un regard cri­tique, mais je m’en tenais à ce que vous aviez évo­qué, et au cas Ségolène.

    Réponse
  55. daniel litmann

    à Can­dide 2,

    la réforme de l’IRPP com­mence à être inté­res­sante pour ceux qui gagnent 10 000 euros par an ( et non par mois !)

    véri­fiez vos sources : alter­na­tives éco­no­miques hum …

    la réforme va essen­tiel­le­ment pro­fi­ter à ceux qui se trouvent entre 10000euros et 40 000 euros annuels

    il faut aus­si tenir compte de la prime pour l’emploi

    en fait la réforme pro­fite à beau­coup et est plu­tôt « juste »

    Réponse
  56. André

    Bon­jour

    J’in­vite ceux qui sont inter­es­sés par les pro­blèmes fis­caux d’al­ler sur le site du SNUI ( syn­di­cat natio­nal des impôts),avec google on tape SNUI et on y arrive, sur ce site se trouvent des dos­siers se rap­por­tant aux lois de finances, à la répar­ti­tion des impôts, etc…
    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  57. Candide2

    Bon­soir,
    Ce n’est sans doute pas l’en­droit de polé­mi­quer sur la réforme fis­cale, mais juste pour citer mes réfé­rences : « Alter­na­tives éco­no­miques » N° 251 (octobre), article : « Impôts : une réforme injuste » (p. 6 et cou­ver­ture). Rai­son­ne­ment avan­cé : outre l’ef­fet direct de la refonte des tranches, le béné­fice de l’a­bat­te­ment main­te­nant sup­pri­mé était jusque là pla­fon­né aux pre­miers 120100 Euros annuels. D’où le chiffre de 10000€ men­suels, à par­tir duquel la réforme devient très avantageuse.

    Le site du SNUI confirme que cette réforme coûte cher et dimi­nue la pro­gres­si­vi­té de l’im­pôt, et par consé­quent l’ef­fet de redistribution.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  58. alain de nantes

    les ques­tions que l’on se pose sur Ségo­lène ont trou­vé leurs réponses dans les échecs suc­ces­sifs de « la gauche réa­liste », cette mou­vance usur­pa­trice du prin­cipe « progressiste ».

    Faire mine de n’en avoir rien vu, et conti­nuer à foca­li­ser la cir­cu­la­tion média­tique sur tou­jours les mêmes ves­sies , c’est pos­sible par le jeu de la simple lâche­té, celle qui se mani­feste « au pied du mur », à l’ins­tant his­to­rique où prend forme une vraie « Résis­tance », laquelle, bien sûr « béné­fi­cie » de la mal­veillance des médias.

    Ne nous scan­da­li­sons pas de cela : nous en avons « l’ha­bi­tude », pour peu que nous nous soyons habi­tués à lire un peu l’Histoire.

    Ce qui me scan­da­li­se­rait, c’est que nos esprits soient suf­fi­sam­ment « géné­ti­que­ment tra­fi­qués » pour que, sur Inter­net, la « dyna­mique des col­lec­tifs pour une alter­na­tive inédite à gauche » subisse le même ostra­cisme que sur les ondes traditionnelles.

    La démarche des col­lec­tifs et du col­lec­tif natio­nal peut abou­tir, car elle pro­cède dans la tran­si­tion entre démo­cra­tie délé­ga­taire (asso­cia­tion d’or­ga­ni­sa­tions se res­pec­tant) et démo­cra­tie directe dans la culture de la tans­pa­rence (les dif­fé­rents sont objet d’un tra­vail poli­tique) et la recherche du consen­sus (per­sonne ne pré­tend impo­ser son can­di­dat, ni blo­quer le processus).

    Il faut aller voir ces col­lec­tifs ! http://​www​.alter​na​ti​vea​gau​che2007​.org/

    Réponse
  59. alain de nantes

    il est nor­mal que les dif­fé­rents aient des dif­fé­rents à dépas­ser, mais il est enfin hors norme qu’ils trouvent un mode opé­ra­toire com­mun pour ce faire, et c’est ce dépas­se­ment des « normes du pas­sé » qui repré­sente la chance du « politique » :

    Enfin on peut croi­ser l’ef­fi­ca­ci­té « par­ti­daire » et la spon­ta­nei­té popu­laire : c’est au peuple de poser ses ques­tions à lui-même, et de son­ner lui-même l’heure de son réveil, cette ini­tia­tive ne revient à aucun par­ti tout seul, même si on doit cueillir la chance d’une pos­sible copro­duc­tion entre mou­ve­ment popu­laire et par­tis structurés.

    Réponse
  60. alain de nantes

    Il faut s’i­den­ti­fier comme dif­fé­rents pour régler nos différends :

    Mon cor­rec­teur auto­ma­tique m’in­ter­dit d’é­crire le d : voi­là le genre d’in­ter­dic­tion qu’il ne faut pas programmer.

    Je pense qu’a­vant de créer des tri­bu­naux, il faut, en amont de tout pro­cés, créer les ins­tances où se confrontent les points de vue dif­fé­rents, ce qui néces­site, encore plus « en amont », d’a­voir favo­ri­sé l’ex­pres­sion des différends.

    Or le sys­tème actuel s’en­ferme dans son tota­li­ta­risme, en n’ac­cor­dant de moyens d’ex­pres­sion qu’aux sujets fai­sant acte d’al­lé­geance à « Sa Majes­té Le soi-disant réa­lisme économique » :

    Pas éton­nant que la socié­té vive son écar­tè­le­ment entre « le dit » et « le non dit », car il y a bien une autre réa­li­té en pré­sence, dont l’ex­pres­sion est interdite.

    « l’autre monde pos­sible » existe bel et bien , mais c’est son expres­sion qui est ren­due « impos­sible » par le monde conser­va­teur qui en a volé « les moyens » :

    pou­voirs média­tiques com­pris, cette « pro­prié­té » est un vol, mais ce vol est un sui­cide, à terme.

    C’est pour­quoi je crois néces­saire la créa­tion de « comi­tés d’é­thique » concer­nant tous les « moyens », afin que la ren­contre des « dif­fé­rents experts » devant les citoyens aler­té pro­duise l’é­cla­te­ment du « non dit » et per­mette un « vrai tra­vail poli­tique » pour « dépas­ser les différends ».

    Ce type de démarche ne concerne pas que le fonc­tion­ne­ment des médias, il devrait aus­si concer­ner le fonc­tion­ne­ment « interne » de toute entre­prise, afin d’é­vi­ter de nou­veaux « TChernobil »

    Réponse
  61. Candide2

    Un pro­blème récur­rent, c’est que la gauche anti-libé­rale a, en dépit des appels des col­lec­tifs à l’u­ni­té, toutes les peines du monde à exis­ter poli­ti­que­ment. Et cela ne vient pas que de l’os­tra­cisme des médias. Il me semble aus­si qu’il existe dans ces milieux un goût his­to­rique et un brin sui­ci­daire de la groupusculisation.

    Après le « non », majo­ri­tai­re­ment de gauche, au TCE, il semble que la prise de conscience n’ait pas réus­si à se concré­ti­ser en mou­ve­ment poli­tique dis­tinc­te­ment audible. Du coup, les poli­ti­cens qui avaient mili­té pour le « oui » ont repris en force l’i­ni­tia­tive, en se fai­sant au besoin extrê­me­ment dis­crets sur leur enga­ge­ment pro-TCE (voir Ségo­lène Royal).

    C’est pour­quoi l’i­ni­tia­tive déve­lop­pée ici m’in­té­resse énor­mé­ment. Cet effort m’ins­pire sym­pa­thie et admi­ra­tion. Encore reste-t-il à savoir quelle cour­roie de trans­mis­sion per­met­tra de por­ter ce contre-pro­jet là où se prennent les déci­sions, et avec quelle légi­ti­mi­té. Sinon ce site res­te­ra sim­ple­ment un lieu de cau­se­rie inté­res­sante entre gens de bonne volon­té ‑ce qui n’est déjà pas si mal, mais insuf­fi­sant pour construire une alter­na­tive à l’Eu­rope conser­va­trice (je n’aime pas le mot « libé­ral » qui veut dire éty­mo­lo­gi­que­ment « géné­reux », c’est-à-dire le contraire de ce qu’on est par­ve­nu à lui faire dire).

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  62. alain de nantes

    L’in­te­rêt des « col­lec­tifs », c’est qu’ils visent un objec­tif com­mun par dela les points de vue initiaux :

    Cet objec­tif c’est bien non pas « la cour­roie de trans­mis­sion », mais bien « la dyna­mique poli­tique » conte­nue dans « la dyna­mique sociale » :

    les luttes ne s’in­ventent pas, elles sont la vie, mais elles « contiennent « leur propre dépas­se­ment, car elles appellent des issues politiques :

    per­sonne ne veut être com­pa­ré à la sou­ris qui tourne dans son mou­lin, le « chan­ge­ment » est reven­di­qué majoritairement.

    Le sim­plisme conduit à amal­ga­mer la cri­tique néces­saire des « par­tis » dans une condam­na­tion pas très juste : « tous les par­tis sont pour­ris », qui fait bien des abs­trac­tions et des gené­ra­li­sa­tions au regard de l’His­toire , si ce n’est pas du négationisme.

    Craindre « l’hé­gé­mo­nie du PCF » sur les col­lec­tifs, c’est oublier l’his­toire du Front Popu­laire, ain­si que l’His­toire du pro­ces­sus d’u­ni­fi­ca­tion des réseaux de la Résistance.

    La spé­ci­fi­ci­té de la France existe là : ce par­ti com­mu­niste là a gra­vé son « iden­ti­té » dans une déso­béïs­sance aux « conseils de Mos­cou » en ten­dant la main aux Chré­tiens en 1936 (la démarche du Front popu­laire), et en accep­tant l’al­liance avec tous les mou­ve­ments de la Résis­tance , même si cela éclyp­sait le PCF der­rière De Gaulle.

    Plu­tot que de mena­cer de quit­ter les col­lec­tifs sous pré­texte d’une forte pré­sence de ce PCF là, Raoul Marc Jen­nar devrait mesu­rer la force fédé­ra­trice qu’ap­porte un par­ti qui met ses moyens à dis­po­si­tion sans pré­tendre se com­por­ter comme une banque qui « investit ».

    Il s’a­git bien de recon­naître l’un des aspects qui furent néces­saires à « la dyna­mique du NON de Gauche ».

    Réponse
  63. alain de nantes

    Lu sur le site « alternativeagauche.2007 », cette décla­ra­tion inté­res­sante de MGB :

    « …notre can­di­da­ture à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle est pro­po­sée… non pas pour aller à l’E­ly­sée et déci­der à par­tir de là avec les meilleures inten­tions du monde, mais POUR EN FINIR AVEC LA FONCTION PRESIDENTIELLE telle qu’elle existe. »

    Cette démarche consiste bien non pas à deman­der au peuple de gauche de se ran­ger der­rière un homme ou un par­ti pro­vi­den­tiel, mais à lui sou­mettre l’i­dée de déci­der de la forme de démo­cra­tie « par­ti­ci­pa­tive » qu’il voudra.

    Réponse
  64. alain de nantes

    J’in­siste, Etienne, inter­dire les par­tis , c’est le pro­gramme d’un par­ti unique ( le par­ti anti-fonc­tion­naires, anti­par­tis, anti­élec­tions et du gou­ver­ne­ment par plé­bis­cite, unis­sant un grand peuple majus­cule dans une saine com­mu­nion de cer­ti­tudes issues de « la volon­té géné­rale » cueillie par opé­ra­tion de tirage au sort …Tel serait le résul­tant du triomphe d’une pen­sée tota­li­taire : c’é­tait le pro­gramme ini­tial d’Hit­ler, et ta pro­po­si­tion du 11 Novembre m’ouvre les yeux sur ta soi-disant « vir­gi­ni­té poli­tique », car pour en finir sur ce site par un tel joyau, il ne faut pas être aus­si inno­cent , ou alors c’est à déses­pé­rer des profs d’Histoire…

    …Encore des fonc­tion­naires à punir…

    car si je résume, tes lec­tures menées « toutes de front » te mènent tout droit là où t’at­tendent avec quelques lon­gueurs d’a­vance Dieu­don­né et bien d’autres : il est vrai qu’en cha­cun des « inno­cents » que nous sommes som­meille un tyran en puissance…

    conclu­sion, inter­dire les par­tis , et inter­dire la poli­tique qui pré­ten­drait réta­blir le plu­ra­lisme de la pen­sée libre.

    car le résu­mé de toutes ces lec­tures de front, comme par hasard, le « lec­teur achar­né » l’a­vait déja dans la tête avant de com­men­cer à lire :

    Le peuple veut regar­der la télé, alors, par RIC il va aus­si inter­dire ces lec­tures qui font tour­ner en rond , puisque le peuple sait déjà qu’on peut faire dire le pire à tous ces livres…

    Pro­chaine réjouis­sance : brû­ler les livres et apprendre la pen­sée ini­tiale de Mâitre Chouard.

    Réponse
  65. alain de nantes

    …Je plai­san­tais, mais j’es­père aus­si que ce site ne pré­tend plus être autre chose qu’un lieu de pro­po­si­tions de plai­san­te­ries du style « inter­dire tous les partis »…

    … Bra­vo pour tous les amis ici qui ont assez de sens de l’hu­mour, voire beau­coup trop d’hu­mi­li­té pour n’a­voir pas réagi plus vio­lem­ment à cette pro­po­si­tion signée Etienne du 11 Novembre 2006, date désor­mais pour moi aus­si hon­teuse que le 21 avril 2002.

    Vrai­ment désolé !

    Réponse
  66. Un point Godwin

    Bon­jour Alain,

    Je te recom­mande la lec­ture de cet article : « La loi de God­win ».

    En 1990, Mike God­win énon­ça la règle empi­rique sui­vante : « Plus une dis­cus­sion sur Use­net dure long­temps, plus la pro­ba­bi­li­té d’y trou­ver une com­pa­rai­son avec les nazis ou avec Hit­ler s’ap­proche de un. »

    Excuse-moi d’o­ser tou­cher à cette icône qua­si­ment sacrée que sont pour toi, appa­rem­ment, les par­tis. Excuse-moi de réflé­chir sans inter­dit. Il y a effec­ti­ve­ment, depuis des mil­liers d’an­nées, une façon de voir les par­tis qui conduit à les appe­ler des « ligues » ou des « fac­tions », et qui consi­dère que, d’une façon géné­rale, si l’u­nion fait la force, les groupes sont mal­gré tout dan­ge­reux pour les indi­vi­dus. Je ne dis pas que c’est ma façon de voir. Je dis que c’est inté­res­sant de connaître leurs thèses pour ne pas s’a­ban­don­ner aveu­glé­ment aux par­tis et aux par­ti­sans (pas plus qu’aux reli­gions et aux prêtres).

    Le 11 novembre, j’é­tais par­ti­cu­liè­re­ment écoeu­ré par les moeurs des par­ti­sans, effec­ti­ve­ment, au point de me deman­der si j’a­vais vrai­ment besoin de ces gens sans scru­pules pour me repré­sen­ter et mener mes affaires à ma place. Est-ce qu’on peut se deman­der ça sans être trai­té par toi d’ap­pren­ti tota­li­taire ou de tyran en puissance ?

    Je n’ai pas de reli­gion et si j’en venais à obser­ver que les par­tis sont incon­tes­ta­ble­ment plus nui­sibles que béné­fiques, si j’ob­ser­vais que les indi­vi­dus sont en situa­tion de concur­rence déloyale face aux par­tis pour faire acte de can­di­da­ture (je n’en suis pas for­cé­ment là, je doute), je ne me gêne­rais pas pour réflé­chir à un sys­tème alter­na­tif. Je dis bien réflé­chir, pas impo­ser. On a encore le droit de réflé­chir, non ?

    Je me trompe peut-être et je peux en entendre la démons­tra­tion sans pro­blème, mais il ne suf­fit pas de me pré­sen­ter comme un nou­vel Hit­ler (qui cachait bien son jeu, mais qu’une fine lame de l’a­na­lyse poli­tique pou­vait pro­nos­ti­quer dès le début…) pour mon­trer que j’ai tort…

    Je crois que tu char­ries un peu, cher Alain, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : pour mémoire, je rap­pelle qu’A­thènes inter­di­sait les par­tis et tra­quait tous les « oli­garques » (ceux qui sem­blaient recher­cher le pou­voir), de façon à pré­ser­ver la liber­té indi­vi­duelle et l’é­ga­li­té poli­tique, ce qui a fonc­tion­né pen­dant deux cents ans avec une acti­vi­té poli­tique inéga­lée sur la terre. L’ab­sence de par­tis ne signi­fie donc nul­le­ment l’ab­sence d’ac­ti­vi­té poli­tique, ni le tota­li­ta­risme, je crois. Et si je sug­gère même : « au contraire ?… », tu prends ça comme une pro­vo­ca­tion et tu me fais fusiller, ou bien on peut en par­ler tranquillement ?

    PPS : les ban­quiers doivent se frot­ter les mains : les gueux s’é­tripent entre eux, bonne affaire : ça leur laisse le champ libre pour long­temps… ;o)

    Réponse
  67. alain de nantes

    On a l’a­van­tage sur les Athé­niens d’ar­ri­ver bien après eux et d’autres, qui avant toute « révo­lu­tion indus­trielle », étaient conduits à faire abs­trac­tion d’une part de l’hu­ma­ni­té, les esclaves, n’exis­tant que comme machines de chair.

    Cette abs­trac­tion était d’au­tant plus pos­sible qu’elle cor­res­pon­dait à un mode de pen­sée méta­phy­sique sépa­rant l’es­prit de la matière et pla­çant le pen­seur au centre de son monde abstrait.

    Ceux qui pos­sèdent aujourd’­hui les moyens de se pas­ser d’es­claves se divisent en pen­seurs se croyant tou­jours au centre de leur monde abs­trait et défi­ni­tif, les « conser­va­teurs », et pen­seurs « pro­gres­sistes » accep­tant d’être confron­tés à la com­plexi­té et au conflit que leur font ceux qui ne veulent pas res­ter les esclaves de leurs « moyens ».

    Il y a donc bien plu­sieurs mondes, et plu­sieurs par­tis concrets, même si l’on rêve d’en faire abs­trac­tion en inter­di­sant au soleil de se lever et aux par­tis de se former.

    « Un autre monde est pos­sible » non pas si l’on pré­tend rayer les mondes exis­tants d’un coup de « dic­ta­ture du peuple », mais si l’on orga­nise comme un cer­veau humain asso­cié à d’autres cer­veaux humains « l’in­tel­li­gence de cette com­plexi­té vivante », en vue, bien sûr d’un dépas­se­ment des par­tis actuels, et des contra­dic­tions actuelles des mondes existants

    Etienne, j’ai hur­lé contre ce que tu as exac­te­ment écrit, sous une forme into­lé­rable : « inter­dire les par­tis », le 11/11/06… Je ne connais rien de tes bonnes inten­tions ni de tes mau­vaises, et je pense que, comme tu l’as écrit, il faut res­ter vigi­lant poli­ti­que­ment (« un tyran som­meil en tout homme » etc…), sans s’of­fen­ser dans sa per­sonne, et accep­ter de par­ler sans vrai­ment se connaître.

    Le « dépas­se­ment » n’est pas une abo­li­tion décré­tée, c’est un pro­ces­sus à ten­ter, en jouant sur l’as­pect « dyna­mique « des contra­dic­tions en pré­sence : bien sûr, Sta­line a joué au billard avec ruse, mais sans scru­pule, car il a pris des rac­cour­cis croyant pou­voir « abo­lir » cette com­plexi­té plu­rielle : inter­dire les par­tis, c’est pro­mou­voir le par­ti unique résul­tant de cette interdiction.

    Ayons le cou­rage d’in­ter­ve­nir dans le fonc­tion­ne­ment de ces choses : la pro­mo­tion des femmes s’im­pose dans tous les par­tis grâce à l’in­tel­li­gence DES mou­ve­mentS fémi­nisteS. Les par­tis ne sont plus des for­tersses imper­méables à l’ac­tion des autres formes de collectifs.

    Tou­jours a prio­ri bien amicalement.

    Réponse
  68. Étienne

    Cher Alain,

    Je pense qu’il y a un mal­en­ten­du là : quand tu dis « inter­dire les par­tis, c’est pro­mou­voir le par­ti unique résul­tant de cette inter­dic­tion », je crois que c’est une erreur : je répète qu’A­thènes est un exemple lumi­neux de socié­té sans par­ti DU TOUT et qui a pour­tant été le théâtre d’une acti­vi­té poli­tique extra­or­di­nai­re­ment intense, avec la libre par­ti­ci­pa­tion — indi­vi­duelle ! — à la vie de la Cité des pauvres comme des riches, et même sur­tout des pauvres car ils étaient plus nom­breux, rai­son de la haine que cer­tains phi­lo­sophes (Pla­ton & Co) vouaient à la démocratie.

    Repro­cher aux Athé­niens d’a­voir été des escla­va­gistes est un ana­chro­nisme car l’es­cla­vage était natu­rel à cette époque. Leur repro­cher ça, comme si c’é­tait une spé­ci­fi­ci­té hon­teuse ou un retard cou­pable, c’est aus­si injuste que si tu leur repro­chais de ne pas avoir uti­li­sé d’a­vions (image choi­sie par Jac­que­line de Romil­ly dans son pas­sion­nant petit livre « Actua­li­té de la Démo­cra­tie athé­nienne » (Bou­rin édi­teur, sept. 2006), page 14).

    Uti­li­ser l’ar­gu­ment de l’es­cla­vage pour inva­li­der en bloc l’ex­pé­rience athé­nienne, et lais­ser perdre ses pré­cieux ensei­gne­ments contre les abus de pou­voir, est soit une erreur incom­pré­hen­sible (pour un homme de gauche), soit une mau­vaise foi cohé­rente (pour un homme de droite), à mon avis.

    Quant aux tota­li­ta­rismes, arrête-moi si je dis une bêtise, il me semble que ceux qu’on étu­die à l’é­cole se sont bien TOUS appuyés sur un PARTI, n’est-ce pas ?

    N’est-ce donc pas un pur sophisme de pré­tendre qu’en inter­di­sant les par­tis, on impo­se­rait un par­ti unique et le tota­li­ta­risme ? Cela me semble com­plè­te­ment contra­dic­toire, je ne com­prends pas la logique interne de cette affirmation.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : d’une cer­taine façon, l’in­dus­tria­li­sa­tion devrait nous per­mettre de nous libé­rer le temps libre néces­saire pour faire à nou­veau de la poli­tique, les machines pou­vant consti­tuer les esclaves mora­le­ment accep­tables des temps modernes. Mais une cer­taine cupi­di­té inter­dit appa­rem­ment cette libé­ra­tion en repous­sant chaque jour plus loin l’ho­ri­zon de nos « besoins ». On sera sans doute d’ac­cord là-des­sus, non ?

    Réponse
  69. alain de nantes

    Cher Etienne,

    L’é­qui­valent du point God­win est gagné en France aujourd’­hui quand toute conver­sa­tion poli­tique de café du com­merce débouche sur « la faute aux élus », « la faute aux par­tis », « la faute aux fonc­tion­naires »… C’est l’ins­tant du der­nier verre pour ceux qui ont l’ha­bi­tude de recon­naître le signal.

    Trin­quons donc…

    J’ai bien lu le pas­sion­nant ouvrage de notre véné­rable prof de civilisation :

    Je suis loin de l’a­voir lu comme Toi, bien que l’ayant lu « de front » avec « La dis­so­cié­té » de Géné­reux et avec « Brève his­toire de l’a­ve­nir » d’Attali.

    Je ne sais si c’est dû à ces rap­pro­che­ments, mais il me semble bien que Jac­que­line de Romil­ly est beau­coup plus pru­dente que ça, dans son inter­pré­ta­tion des « leçons de la démo­cra­tie d’A­thènes » : elle n’en conclut pas som­mai­re­ment sur « les par­tis », et ne pro­pose pas de « copier-col­ler » les recettes d’un autre temps.

    Elle resi­tue le contexte, et en conclut qu’il fau­drait culti­ver « la foi dans l’homme », la poé­tique, la recherche d’har­mo­nie collective.

    Elle montre même que les par­tis pour­raient être des ins­tru­ments de cela, et sa cri­tique débouche sur une idée qui m’est chère depuis que je l’a­vais enten­due de sa bouche il y a long­temps : les asso­cia­tions sont néces­saires et capables de nous redon­ner ces valeurs qui étaient culti­vées à Athènes.

    Non à l’a­bo­li­tion des par­tis, oui à leur sub­ver­sion ( bien­veillante) par une vie asso­cia­tive féconde.

    Réponse
  70. Étienne

    Et bien voi­là, cher Alain,

    je savais bien que nous n’é­tions pas loin d’être d’accord.

    « Non à l’a­bo­li­tion des par­tis, oui à leur sub­ver­sion (bien­veillante) par une vie asso­cia­tive féconde. » Je peux signer ça.

    Mais si tu veux bien pous­ser la réflexion au-delà de la péti­tion de prin­cipe, pour déve­lop­per la vie asso­cia­tive à laquelle nous tenons donc tous les deux, il va bien fal­loir, concrè­te­ment, limi­ter les pré­ro­ga­tives des par­tis dans la vie publique, — ou aug­men­ter celles des indi­vi­dus, ce qui revient au même —, de façon à ce que quelques mil­liers d’hu­mains n’im­posent plus « leur » can­di­dat aux mil­lions d’humains res­tants, de façon à ce que la gan­grène de la cam­pagne élec­to­rale rui­neuse cesse d’enchaîner nos élus à leurs riches « spon­sors », de façon à ce que les can­di­dats n’en fassent pas qu’à leur tête une fois élus, hors du contrôle des citoyens entre deux élec­tions, de façon à per­mettre aux indi­vi­dus de se regrou­per spon­ta­né­ment à tout moment pour résis­ter quand ils l’estiment néces­saire (réfé­ren­dum d’initiative populaire).

    Et tu ne te débar­ras­se­ras pas de moi en rédui­sant ma cri­tique détaillée au slo­gan « la faute aux élus », « la faute aux par­tis », « la faute aux fonc­tion­naires »… J’ar­gu­mente mes reproches et je ne suis pas près de renon­cer à cri­ti­quer les res­pon­sables au pou­voir (et à mon avis, toi non plus) sur un simple résu­mé, lui-même cari­ca­tu­ral, qui réduit com­mo­dé­ment les cri­tiques à leur caricature.

    Je répète que je trouve les pou­voirs « tous dan­ge­reux », — est-il besoin de le démon­trer à nou­veau après des siècles d’a­na­lyse conver­gente ? —, et je suis sûr que tu as le dis­cer­ne­ment néces­saire pour faire la dif­fé­rence avec « tous pourris ».

    Tu montes en pres­sion dès qu’on cri­tique les par­tis, comme s’ils étaient irré­pro­chables, incon­tes­tables, comme si on par­lait de croyances reli­gieuses, comme s’il y avait un culte du par­ti. J’insiste : ceux qui nous privent du réfé­ren­dum d’initiative popu­laire et du vote blanc, ce sont bien les hommes de par­tis, de tous bords, et per­sonne d’autre. On a quelques rai­sons objec­tives d’être méfiants.

    Donc, OK pour ne pas inter­dire les par­tis, c’é­tait une pro­vo­ca­tion, —sti­mu­lante pour l’es­prit, je trouve—, mais la cri­tique des par­tis et la pro­tec­tion des droits poli­tiques indi­vi­duels doivent être radi­cales car les par­tis deviennent faci­le­ment de détes­tables outils de domi­na­tion des indi­vi­dus : les par­tis com­mu­nistes nous ont offerts (et nous offrent encore) quelques exemples gra­ti­nés et mémo­rables de l’écrasement impi­toyable des indi­vi­dus au nom de la reli­gion du par­ti et de la cause com­mune. Je n’ai pas envie d’ou­blier ça.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : l’idée com­mu­niste ori­gi­nale est superbe, depuis l’ab­bé Mes­lier. C’est peut-être pré­ci­sé­ment la méca­nique du par­ti qui l’a pro­fon­dé­ment et sys­té­ma­ti­que­ment dégra­dée, non ?

    PPS : Je n’é­vo­quais pas Jac­que­line de Romil­ly à pro­pos des par­tis mais pour récu­ser le reproche ana­chro­nique de l’es­cla­vage à l’é­poque antique. Le cha­pitre 9 de ce pas­sion­nant bou­quin traite pré­ci­sé­ment des par­tis, syn­di­cats et asso­cia­tions (p. 141 et s.) : quelques gros défauts des par­tis y sont poin­tés, —notam­ment celui d’op­po­ser les citoyens par blocs et de rigi­di­fier l’ac­ti­vi­té poli­tique, « lais­sant croire que la lutte entre les citoyens prime au détri­ment de leur col­la­bo­ra­tion », aux dépens de la concorde—, et les asso­cia­tions y sont bien défen­dues (mal­gré le fait que, à Athènes, les asso­cia­tions (les hétai­ries) étaient rares, clan­des­tines et sou­vent hos­tiles à la démo­cra­tie). JDR évoque notam­ment une asso­cia­tion qui rejoint par­ti­cu­liè­re­ment l’i­déal de par­ti­ci­pa­tion des citoyens à tous les choix de la cité, l’as­so­cia­tion Élan nou­veau des citoyens.

    Tu as rai­son, Alain : Jac­que­line de Romil­ly est plus pru­dente que moi :o) Mais est-ce indé­pas­sable ? J’ap­prouve la plu­part de ses constats mais j’ai envie d’al­ler plus loin qu’elle au moment des pro­po­si­tions. On pense comme on veut, non ?

    Réponse
  71. sam

    R.M. Jen­nar a quit­té le col­lec­tif parce que c’est un homme de réflexion, pas de pou­voir. Un « cher­cheur-mili­tant » : http://​bel​la​ciao​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​3​?​i​d​_​a​r​t​i​c​l​e​=​3​6​881

    Bové, lui, s’en va pour ne pas ser­vir de tête d’af­fiche à un mou­ve­ment dont l’u­ni­té n’est pas pos­sible, en déplo­rant que le PC et la LCR fassent pas­ser leur par­ti avant l’u­nion dans la pers­pec­tive de 2007.

    Pas­sons, ça ne m’in­té­resse pas beau­coup. Je suis un farouche « anti néo­li­bé­ral », pas un « anti­li­bé­ral dog­ma­tique ». Je vois aus­si chez les gaul­listes plu­sieurs pro­po­si­tions révo­lu­tion­naires, au sens anti-néo­li­bé­rales. Et si les com­mu­nistes jettent ça d’un revers de main, je blâme aus­si les communistes.

    Je n’ai abso­lu­ment rien contre les « anti-libé­raux », pour­vu qu’on ne mélange pas tout, et jamais je ne sou­hai­te­rais que socia­listes et com­mu­nistes, sans même par­ler de la gauche de droite, oublient le fos­sé qui les sépare en s’u­nis­sant en un seul grand par­ti. Je suis, par contre, furieux de voir que bien de ces indi­vi­dus et par­tis font comme la très grande majo­ri­té des autres (et tous les par­tis au pré­sent) : ils entre­tiennent magni­fi­que­ment l’illu­sion sur le fait que nous serions dans un « libé­ra­lisme réel ».

    Or, le néo­li­bé­ra­lisme tel qu’il s’exerce est déjà au libé­ra­lisme à peu près ce que le sys­tème sta­li­nien était au léni­nisme des pre­mières heures. Le grand par­ti qui n’a pas de nom a déteint sur tous les autres, il règne par l’i­déo­lo­gie, laquelle s’im­pose par le fait accom­pli. Alors, qu’on soit de l’op­po­si­tion ou de la majo­ri­té, le luxe d’une posi­tion poli­tique je-m’en-fou­tiste qui nous vaut de main­te­nir une domi­na­tion quand ces mêmes gens sont au centre, je n’ai pas l’in­ten­tion de l’ac­cep­ter vers les bords. Le dog­ma­tisme de nom­breux com­mu­nistes ou de natio­na­listes de droite nous a cou­té cher en d’autres temps, quand il était aux com­mandes. Mais il nous coûte aus­si quand il ne l’est pas, si les pro­pos de l’op­po­si­tion entre­tiennent aus­si au centre une ratio­na­li­té qui a réponse à tout et une idéo­lo­gie tota­li­taire qui, aus­si absurde que cela puisse paraître, est assi­mi­lée par la tota­li­té des par­tis à la logique, tan­gible, elle, d’un libé­ra­lisme fut-il économique.

    L’UMP a étouf­fé les gaul­listes, le PS les socia­listes, gens qui hurlent (encore) contre des contre révo­lu­tions qu’on s’est pris dans la gueule il n’y a pas 15 ans : réforme moné­taire, libre cir­cu­la­tion des capi­taux et cas­cades de per­mis­sions à la spé­cu­la­tion à mul­tiples étages… Que font le PC et la LCR (si le pre­mier est sor­ti depuis des lustres du cadre révo­lu­tion­naire pour pas­ser au gou­ver­ne­ment, per­sonne n’a for­cé la seconde à le faire, qu’elle assume si elle prend ce che­min avec l’im­pro­bable « col­lec­tif ») ? Ils ne font pas de détail. Que fait la droite ni gaul­liste ni « réfor­miste » ? Pas mieux. Les néo­li­bé­raux nous font croirent qu’ils sont libé­raux, et les anti­li­bé­raux nous font croire aus­si que c’est pareil. Tous aident à leur manière l’a­vè­ne­ment du tota­li­ta­risme contem­po­rain. Et je n’ai pas envie de m’empêcher de le dire sous le faux pré­texte que cela impli­que­rait que je nie l’im­por­tance de la diver­si­té politique.

    Quand Hit­ler a pris le pou­voir, on par­lait d’un « par­ti natio­nal socia­liste » ; face à sa mon­tée, les par­tis ren­traient dans les argu­ments du natio­na­lisme ou du socia­lisme, qu’ils soient pro ou anti. Pour le mou­ve­ment nazi, les deux termes étaient des leurres. Les trois, même : avant même que le pou­voir fut pris, dès lors qu’­Hit­ler inté­gra la tête du par­ti, le par­ti lui-même n’a ces­sé de jouer un vul­gaire rôle de façade ; comme le fit l’ap­pa­reil d’E­tat dès qu’­Hit­ler fut élu Chancelier.

    On est en 2006, Arendt est morte en 1975, et on entend des âne­ries sur les tota­li­ta­rismes du pas­sé, sur leur usage de l’E­tat comme du par­ti, tan­dis qu’on est entrés depuis une ving­taine d’an­nées dans un nou­veau tota­li­ta­risme, lequel s’ac­com­mode bien de la pré­sence de mul­tiples par­tis, pour­vu qu’ils soient ren­dus et main­te­nus impuis­sants face aux lois du mar­ché qu’il a bâti et qui le servent, et que per­sonne ne le désigne comme tel, pas plus dans l’op­po­si­tion que dans la majorité.

    Alors merde à la fin. En toute ami­tié, parce que je crois qu’on a eu l’oc­ca­sion d’ap­prendre à se res­pec­ter l’un l’autre. Je reprends votre débat pour essayer d’y appor­ter mes réflexions. Celles-ci vont avec. Main­te­nant, je veux reve­nir plus fron­ta­le­ment sur votre sujet « le tirage au sort, les par­tis, et le totalitarisme ».

    Réponse
  72. sam

    Pour finir sur ce pre­mier mes­sage, faut-il rap­pe­ler que les com­mu­nistes et les « libé­raux » (futurs gaul­listes, socia­listes) ont su s’u­nir contre un enne­mi com­mun après 1940, et même sur un pro­gramme com­mun, celui du CNR ? L’a­van­tage, c’est que l’ap­pa­ri­tion de l’En­ne­mi com­mun, comme la Capi­tu­la­tion, à l’é­poque, furent bien plus per­cep­tibles et bru­tales. Les leçons de l’his­toire sont elles juste des contes pour endor­mir les enfants ?

    Réponse
  73. André

    Bon­jour

    Sam fait une démons­tra­tio­noù l’on sent poindre la colère.
    Je serais beau­coup plus court mais éga­le­ment triste.
    Comme déjà indi­qué sur ce blog, je suis alter­mon­dia­liste, donc oppo­sé à la mar­chan­di­sa­tion de toutes les acti­vi­tés et ne suis membre d’au­cun par­ti politique.
    Le mou­ve­ment du 29 mai allait bien au delà des par­tis à la gauche du PS, à savoir la LCR et le PC, il englo­bait majo­ri­tai­re­ment des gens non ins­crits dans les par­tis politiques.
    L’oc­ca­sion était belle que les par­tis ne soient qu’une com­po­sante des col­lec­tifs et qu’un ou une can­di­date qui n’é­ma­nait pas de ces 2 par­tis soit choi­si. Celà était dans la conti­nui­té du 29 mai.
    Nous consta­tons que le mou­ve­ment vole en éclat, suite au fait que les par­tis ont été inca­pables de s’ins­crire dans une démarche globale.
    Je com­mence à croire que nous avons un pro­blème cultu­rel fran­çais pour dépas­ser nos cli­vages quand on voit la guerre fra­tri­cide au sein d’ATTAC.
    Le plus grave évi­dem­ment c’est la décep­tion des gens qui espé­raient cette union et qui se sen­ti­ront trahis!!

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  74. alain de nantes

    Cher André,

    Le pro­ces­sus de ras­sem­ble­ment popu­laire que nous espé­rions n’est pas rom­pu, et je suis des mili­tants encar­tés qui com­prennent ce qu’a écrit Bové ce 24 novembre, les com­mu­nistes ont voté en interne pour MGB contre d’autres comme Gre­metz qui remet­taient en cause la démarche de par­ti­ci­pa­tion posi­tive aux col­lec­tifs : c’é­tait un débat interne à tran­cher par sou­ci de démo­cra­tie interne.

    Ce que les mili­tants du PCF ont déci­dé à leur der­nier congrès, c’est bien de ne pas impo­ser l’o­pi­nion d’un par­ti à ses par­te­naires, c’est de faire en sorte qu’une vraie mise en débat sans a prio­ri soit possible.

    Je lutte pour que les posi­tions ne soient pas figées :

    … Ni autour d’une « condam­na­tion consen­suelle » et plu­tôt som­maire « des par­tis » en géné­ral, ren­voyant dos à dos la LCR qui refuse d’en­trer dans les col­lec­tifs, et le PCF « qui y entre trop » (pour résumer)…

    … Ni sur une sous-esti­ma­tion par les « poli­tiques » de ce qui se déve­loppe sans eux dans la conscience de mil­lions de gens « dégoûtés ».

    Les col­lec­tifs, comme le dit Clé­men­tine Autain, n’ont pas le droit de déce­voir sur la sor­dide ques­tion des « can­di­da­tures », sor­dide par­ceque liée à une Consti­tu­tion que jus­te­ment les col­lec­tifs veulent changer.

    MGB accep­te­ra la démarche consen­suelle choi­sie « tous ensemble », donc, le moment venu, si sa can­di­da­ture est esti­mée contre-pro­duc­tive, je serais bien déçu qu’Elle ne contri­bue pas à la recherche d’une autre solu­tion : pour moi, la démarche des col­lec­tifs est une chance pour l’Eu­rope, une chance pour régé­né­rer la vie politique…

    …Et le débat interne au PCF montre que je ne suis pas seul ni mino­ri­taire sans doute, à l’é­chéance (pas de pannique !).

    Ami­ca­le­ment (Mer­ci à Etienne pour sa réponse, ain­si qu’à Sam qui semble avoir retrou­vé sa forme.)

    Réponse
  75. sam

    Nantes, ATTAC, la tyran­nie dégui­sée en libé­ra­lisme et le tirage au sort. (Avant de reprendre mon mes­sage annoncé.)

    Mer­ci à Luc Douillard (de Nantes) pour sa motion n°9, adop­tée en juin par les mili­tants d’AT­TAC, mais qu’il va fal­loir sou­te­nir pour ne pas qu’elle pour­suive son che­min dans les oubliettes. Motion qui intro­duit plu­sieurs mesures, dont : l’u­sage interne pour cer­tains postes et la pro­mo­tion du tirage au sort au sein des pou­voir publics ; un concours inter­na­tio­nal d’i­dées visant à rebap­ti­ser l’i­déo­lo­gie qui nous tyran­nise aujourd’­hui (dite « libé­ra­lisme », on ne rit pas).

    Je reli­sais sa pro­fes­sion de foi pour les élec­tions du CA de juin 06. Elle finit par l’a­veu de cette inten­tion : « récon­ci­lier Jacques (Niko­noff) et Susan (George) »…

    Réponse
  76. Laurent_k

    Étienne,

    Je reviens sur le pro­blème de l’in­fluence posi­tive ou néga­tive des partis.

    Éta­blir un contrôle est à la fois néces­saire — on ne va pas tout accep­ter de la part d’un groupe sous pré­texte qu’il s’est attri­bué la qua­li­té de par­ti — et dan­ge­reux : où s’ar­rête le contrôle, où débute l’oppression ?

    Par ailleurs, favo­ri­ser les indi­vi­dus face aux par­tis favo­rise méca­ni­que­ment ceux dont la richesse ou le sta­tut per­mettent de consa­crer beau­coup de temps à l’ac­ti­vi­té poli­tique. En France, ce sont essen­tiel­le­ment cer­taines pro­fes­sions libé­rale très aisées ou des fonc­tion­naires. Des par­tis peuvent aider à gom­mer cette injus­tice en assu­rant un reve­nu à ses militants.

    C’est pour­quoi, même si les com­por­te­ments des par­tis sont par­fois écoeu­rants, ils me paraissent quand même abso­lu­ment néces­saires. La solu­tion me paraît plus rési­der dans la démo­cra­ti­sa­tion du fonc­tion­ne­ment des par­tis —règle d’adhé­sion, méthode de choix des can­di­dats par exemple—, que dans une limi­ta­tion de leur influence. Une inter­dic­tion serait quant à elle car­ré­ment dan­ge­reuse et contreproductive.

    Laurent

    Réponse
  77. Étienne

    Laurent,

    Je com­prends que tu redoutes l’in­jus­tice de la loi du plus fort et du plus riche qui menace en arrière-plan de « l’ul­tra­li­bé­ra­lisme poli­tique » qui consis­te­rait à n’au­to­ri­ser que les indi­vi­dus iso­lés sur la scène poli­tique, sans aucune pos­si­bi­li­té de se regrou­per : en poli­tique comme en éco­no­mie, divi­ser pour­rait per­mettre aux plus forts de régner sans encombre.

    Pour­tant, à Athènes, un sys­tème réel (pas uto­pique) a bien per­mis de don­ner la parole à tous en se pro­té­geant farou­che­ment des oli­garques et sans avoir besoin d’au­cun par­ti. Ne pas renon­cer trop vite, donc, il me semble.

    Même si je suis prêt à lire la démons­tra­tion (à venir) du carac­tère abso­lu­ment indis­pen­sable et vital des par­tis (que je n’ac­cepte sim­ple­ment pas comme une trans­cen­dance impo­sée de façon qua­si reli­gieuse), je ne trouve pas cette démons­tra­tion dans cette seule remarque que tu fais : on pour­rait tout aus­si bien confier à l’É­tat, plu­tôt qu’aux par­tis, la charge d’ai­der les indi­vi­dus pauvres à s’en­ga­ger politiquement.

    Ceci dit, je suis évi­dem­ment très inté­res­sé par l’exa­men des règles par les­quelles l’É­tat pour­rait impo­ser un fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique aux partis.

    Tu dis : « Une inter­dic­tion serait quant à elle car­ré­ment dan­ge­reuse et contre­pro­duc­tive. » Est-ce que tu peux déve­lop­per une démonstration ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  78. sam

    Suite à un pro­pos d’A­lain, je tenais à démon­trer qu’on ne peut tout sim­ple­ment pas asseoir la sélec­tion sur le mode du tirage au sort dans un sys­tème tota­li­taire. Je l’ai fait en détail par cou­rier pri­vé, pour ne pas trop foca­li­ser ici sur cet aspect. En résumé :

    • la « sélec­tion » tota­li­taire ne peut pas être lais­sée à un « sort » qui met tout le monde sur un pied d’é­ga­li­té (la seule opé­ra­tion du tirage au sort ne sélec­tionne pas des Juifs et des non Juifs, des ren­tiers et des pro­lé­taires, des fous d’Al­lah et des mécréants) ; cette sélec­tion est néces­sai­re­ment défi­nie par l’i­déo­lo­gie, laquelle, bien qu’elle délite toute assise de res­pon­sa­bi­li­té (condi­tion­nant bour­reaux comme vic­times), défi­nit des castes bien ciblées de sei­gneurs (de pro­fi­teurs) ; enfin, la sélec­tion est elle-même un vec­teur de pro­pa­ga­tion idéo­lo­gique : vous ne faites pas pas­ser les gens d’un coup du sta­tut de bour­reau à celui de vic­time et inver­sé­ment, sans quoi les cloi­sons men­tales s’ef­fondrent et le dres­sage idéo­lo­gique ne marche pas (pre­nez un ban­quier, un gros action­naire, un ges­tion­naire de fonds de pen­sion ou un PDG de mul­ti­na­tio­nale, et ima­gi­nez qu’il se retrouve rui­né, à l’ANPE, réduit à cher­cher un petit bou­lot et à louer son appart. On ver­ra si les lois du mar­ché fonc­tionnent encore pour lui) ;
    • cette sélec­tion ne porte pas sur des res­pon­sables poli­tiques, car les pou­voirs réels se situent au delà de l’ap­pa­reil d’E­tat ; s’a­gis­sant des repré­sen­tants légi­times, s’ils sont pri­vés de pou­voir et condi­tion­nés par un prag­ma­tisme tour­né vers le ser­vice de l’i­déo­lo­gie et des pou­voirs qui la portent et qu’elle sert, il y a que de bons ser­vi­teurs ne se tirent pas au sort, il faut éga­le­ment que le poste les attire dans le sens de la sélec­tion idéo­lo­gique : soit qu’ils soient cor­rom­pus avec les pou­voirs réels, dont ils pro­viennent, et qu’ils portent la res­pon­sa­bi­li­té d’une com­pli­ci­té qui les main­tien­dra ser­viles et les ren­dra conscients qu’ils doivent tout au sys­tème qui les domine, soit encore qu’ils soient assez per­chés, égo­cen­triques, cyniques ou stu­pides au point de croire qu’à un poste où aucune action libre n’est pos­sible, il y a encore des pos­sibles (pour eux, croyance que cer­tains pro­jet­te­ront sur leurs administrés).

    Je reprends main­te­nant quelques points plus géné­raux de mon mes­sage à Alain, qui reviennent plus au sujet de la dis­cus­sion, « tirage au sort et partis ».

    Réponse
  79. Erwan

    Etienne,

    pou­vez vous pré­ci­ser quelle était l’im­por­tance de la popu­la­tion dans le sys­tème d’Athènes ?

    très briè­ve­ment :

    • com­bien de citoyens ?
    • toutes les classes par­ti­ci­paient t‑elles ?
    • les domaines à gérer étaient – ils aus­si com­plexes qu’aujourd’hui ?
    • ce sys­tème don­nait il la parole à tous ? sinon quelles étaient les exceptions ?

    mer­ci d’avance !

    Erwan

    Réponse
  80. Étienne

    Cher Erwan,

    je vous réponds en me réfé­rant au livre de Han­sen qui est une des meilleures réfé­rences actuelles. Je mets entre paren­thèses les n° des pages où se trouvent les infos.

    • Com­bien de citoyens ?

    Pré­ci­sé­ment, on l’i­gnore, mais Han­sen éva­lue la popu­la­tion d’A­thènes à 60 000 citoyens mâles à l’é­poque de Péri­clès (au Ve siècle avant JC), et 30 000 à l’é­poque de Démos­thène, cent ans plus tard. (p 81)

    • Toutes les classes participaient-elles ?

    (p 88 et s.) « La polis était une socié­té de citoyens ; une socié­té d’hommes, dont les femmes se trou­vaient exclues ; dont tous les étran­gers, métèques et esclaves, quoique domi­ci­liés dans cette cité, mais n’en étant pas membres, étaient exclus : ils pou­vaient se le rap­pe­ler tous les jours de leur vie, en voyant les citoyens les quit­ter pour aller s’occuper des affaires de l’État à l’Assemblée, au Conseil ou aux tri­bu­naux. Un métèque ou un esclave que l’on trou­vait pre­nant part à une assem­blée poli­tique était arrê­té et ris­quait sa tête. Et pour­tant, chaque jour, quand la séance où l’on s’était occu­pé des affaires de l’État était levée, le métèque, l’esclave et le citoyen s’en allaient tra­vailler côte à côte comme arti­sans, comme com­mer­çants ou comme agri­cul­teurs : l’étranger fai­sait par­tie de la vie éco­no­mique, alors qu’il ne fai­sait pas par­tie de la vie poli­tique. (…)

    Là encore, on voit la dif­fé­rence fon­da­men­tale qu’il pou­vait y avoir entre la Grèce ancienne et, par exemple, les cités-États de l’Italie médié­vale. Dans celles-ci, le droit de tra­vailler dans l’industrie ou le com­merce était un droit poli­tique, réser­vé aux citoyens, exac­te­ment dans la même mesure que le droit de par­ti­ci­per aux acti­vi­tés pro­pre­ment poli­tiques. (…)

    Dans la cité-État de l’Antiquité, le com­merce et l’artisanat n’avaient nul­le­ment été un mono­pole des citoyens ; au contraire, les Athé­niens avaient sou­vent inci­té des arti­sans étran­gers à venir s’installer chez eux, et une par­tie non négli­geable des plus nan­tis étaient des métèques dépour­vus de droits poli­tiques. »

    (p 114) « Ana­ly­ser Athènes en termes de « socié­té de classes » obli­ge­rait à opé­rer en oppo­sant une classe de « pos­sé­dants », qui com­pren­draient quelques uns des citoyens, quelques métèques étran­gers et même de rares esclaves, à une classe de « non pos­sé­dants » qui com­pren­drait les citoyens et les métèques obli­gés de se faire jour­na­liers pour vivre, plus la grande majo­ri­té des esclaves. Ce serait une erreur que de trai­ter les esclaves comme une classe unique, vu qu’un petit nombre d’entre eux appar­te­nait à la classe exploi­tante, alors que celle des exploi­tés incluait, outre bien sûr la majeure par­tie des esclaves, un nombre non négli­geable de citoyens et de métèques ; ce serait une autre erreur que d’identifier la classe exploi­tante avec les citoyens, vu que nombre de citoyens étaient des « non pos­sé­dants » et que cette classe incluait aus­si pas mal de métèques et quelques esclaves. »

    • Les domaines à gérer étaient-ils aus­si com­plexes qu’aujourd’hui ?

    Je n’ai rien à citer là-des­sus (pour le moment) mais je devine comme vous que les sujets étaient moins com­plexes. Cepen­dant, j’aurais ten­dance à pen­ser 1) que la com­plexi­té actuelle est sou­vent arti­fi­cielle et non néces­saire, et 2) que nos élus, aus­si spé­cia­listes qu’ils soient de la chose poli­tique, sont (de leur propre aveu) com­plè­te­ment incom­pé­tents sur la plu­part des sujets tech­niques et doivent s’en remettre à des experts (ou beau­coup tra­vailler sur quelques sujets poin­tus), exac­te­ment comme le feraient des confé­rences de citoyens si on ren­dait un peu de pou­voir à ces derniers…

    • Ce sys­tème don­nait il la parole à tous ? Sinon, quelles étaient les exceptions ?

    Tous les citoyens avaient le droit de s’exprimer à l’Assemblée (isè­go­ria), et les Athé­niens tenaient à ce droit plus qu’à tout autre (p 111 in fine).

    (p 175) « L’immense majo­ri­té des 6000 pré­sents se conten­tait d’écouter et de voter ; seule une infime mino­ri­té se met­tait en avant pour faire des dis­cours et pro­po­ser des motions au vote. (…) Les Athé­niens les appe­laient sim­ple­ment « les orateurs ».

    N’importe qui pou­vait dénon­cer et atta­quer un ora­teur, pour cor­rup­tion, fraude ou pro­po­si­tion de loi anticonstitutionnelle. (…)

    « Les Athé­niens avaient à l’égard de leurs diri­geants poli­tiques à l’Assemblée une atti­tude ambi­guë. D’un côté, ils crai­gnaient que les ora­teurs ne dévoient le peuple par leur élo­quence et ne soient eux-mêmes dévoyés par des cadeaux venant soit de gou­ver­ne­ments étran­gers, soit d’ennemis de la démo­cra­tie (…) Mais d’un autre côté, la démo­cra­tie ne pou­vait fonc­tion­ner que si un nombre rai­son­nable de citoyens était prêt à mon­ter à la tri­bune pour par­ler ou pro­po­ser des motions ; et les Athé­niens sti­mu­laient l’ardeur poli­tique des citoyens en décer­nant chaque année des décrets hono­ri­fiques et des cou­ronnes d’or à l’homme qui « par ses dis­cours et ses pro­po­si­tions a tou­jours accom­pli ce qui était le meilleur pour le peuple ».

    Par­don de ne pas aller plus loin aujourd’hui, je manque cruel­le­ment de temps.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  81. Laurent_k

    Pour­quoi les par­tis sont-ils indis­pen­sables ? Cela part d’un constat :
    1°) Il faut être plu­sieurs pour prendre le pou­voir et ce quels que soient les moyens uti­li­sés (force brute, élections…).
    2°) Même si le gou­ver­ne­ment l’in­ter­dit, il y a tou­jours des gens dési­reux de prendre le pou­voir et qui s’or­ga­nisent dans ce but.

    Si on inter­dit les par­tis, ces regrou­pe­ments se feront dans la clan­des­ti­ni­té avec toute l’o­pa­ci­té que cela entraîne mais ils se feront quand même. C’est pour cela que je pense qu’in­ter­dire les par­tis serait contre-pro­duc­tif car du point de vue démo­cra­tique, il vaut mieux avoir des orga­ni­sa­tions avec pignon sur rue, connues et démo­cra­ti­que­ment enca­drées (par le résul­tat des élec­tions notam­ment) que des groupes secrets qui sont rare­ment un pro­grès pour la démocratie.

    En ce qui concernent les règles per­met­tant d’im­po­ser un fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique aux par­tis, je suis très pru­dent. Il me semble sim­ple­ment qu’en démo­cra­tie, le sta­tut de par­ti poli­tique doit impli­quer à la fois des avan­tages ‑par exemple en termes de finan­ce­ments publiques- et des obli­ga­tions. Tout un cha­cun doit pou­voir s’or­ga­ni­ser comme il le sou­haite pour prendre le pou­voir ‑c’est la base de la démo­cra­tie- mais il ne doit pou­voir béné­fi­cier des avan­tages liés au sta­tut de par­ti recon­nu que s’il res­pecte quelques règle de fonc­tion­ne­ment démo­cra­tiques : élec­tions hon­nêtes en son sein, contrôle de des dépenses et reve­nus, etc… C’est ultra déli­cat à faire dans la pra­tique car on oscille en per­ma­nence entre l’in­qui­si­tion et l’inaction.

    Néan­moins, cela me paraît utile de creu­ser dans cette direc­tion car le prin­ci­pal pro­blème avec les par­tis, ce n’est pas leur nature mais les luttes d’am­bi­tion qui expliquent coups bas et traî­trises. Ce n’est pas nou­veau : mal­gré son sys­tème, Athènes a ain­si vu des luttes de pou­voir féroces à côté des­quelles nos bagarres pour ou contre la consti­tu­tion sont des enfan­tillages (il n’y a pas eu de morts par exemple). Des règles démo­cra­tiques de base per­met­traient de cana­li­ser un peu ces luttes de pouvoir.

    Réponse
  82. alain de nantes

    pas éton­nant que nos cama­rades femmes désertent ce site !

    com­ment peut-on pen­ser copier-col­ler le « modèle » antique ?

    le goût de la sim­pli­ci­té pous­sé à l’ex­trème nous condui­rait à « abo­lir » la réa­li­té com­plexe de notre temps…

    On n’a­bo­li­ra pas comme cela, il y a un tra­vail à accom­plir pour dépas­ser l’é­tat actuel des choses, qui a mis des siècles à s’établir.

    Il n’y aura pas une recette unique basée sur un beau prin­cipe antique, mais la conjonc­tion de points de vue construits ici par des par­tis, là par des asso­cia­tion et même ailleurs par des reli­gions : on n’a­bo­lit pas l’hu­ma­ni­té dans son pro­ces­sus, on ne peut que cher­cher des façons d’a­van­cer plus humaines.

    Je suis oppo­sé à la dési­gna­tion de groupes humains à ostra­ci­ser, car ce n’est pas ain­si qu’on « sor­ti­ra par le haut » de nos com­mu­nau­ta­rismes héré­di­taires.: Au contraire, les humains se rebellent contre ceux qui pré­tendent pos­sé­der « la clef de l’har­mo­nie », fût-elle trou­vée dans « la grèce de Périclès »…

    J’in­ter­viens ici par­ce­qu’il me semble néces­saire de venir cha­hu­ter ce qui res­semble à une secte en for­ma­tion, et je constate que mes par­ti­ci­pa­tions depuis le début s’in­quié­taient de cette tour­nure qu’on retrouve sou­vent sur inter­net où chaque site se croit le centre d’un vaste monde « universel ».

    excu­sez moi de ce cha­hut j’ai de la peine d’être déçu

    Réponse
  83. alain de nantes

    Une pro­po­si­tion posi­tive pour­rait sor­tir de cette « dispute » :

    Que les adhé­rents des par­tis ayent un sta­tut sur lequel toute la « socié­té civile » puisse inter­ve­nir, donc comme ce qui est reven­di­qué dans toute entre­prise, des droits nou­veaux liés à l’é­vo­lu­tion même des droits consti­tu­tion­nels de tout citoyen.

    Que tout citoyen ait un droit de regard sur la façon dont les déci­sions sont prises dans tous les par­tis (cela devrait aus­si se poser pour les asso­cia­tions, et contre les « sectes »…)

    les défauts actuels des par­tis sont en effet liés à ceux de la Consti­tu­tion : les par­tis sont mis devant les enjeux du pou­voir total et per­son­nel, même quand ce n’est pas leur vocation.

    Le huis-clos devrait être inter­dit et la fina­li­té ne devrait pas se résu­mer à « la prise du pou­voir » : les par­tis devraient ser­vir, pour­raient ser­vir à l’a­ni­ma­tion d’une vie poli­tique plu­ra­liste, et à la for­ma­tion de « majo­ri­tés d’i­dées » trans­ver­sales aux struc­tures partidaires.

    Cette vision ne remet pas en cause « les par­tis », elle les valo­rise en fait, dans un contexte où il est deve­nu néces­saire que ce soit « la socié­té civile » , c’est ‑à-dire « le peuple dans sa masse , qui se mette dans un mou­ve­ment d’ap­pro­pria­tion DES pouvoirS.

    Cas­ser les par­tis sous pre­texte qu’ils déçoivent, c’est jeter une échelle qu’on n’a jamais vrai­ment mise debout.(dans une vraie démo­cra­tie , seuls les par­tis ouverts à cette démo­cra­tie « tien­dront debout »).

    Encore avec toutes mes excuses pour cette insis­tance : croyez-moi, ce n’est pas par « esprit de cha­pelle » : je suis aus­si ch.… à l’in­té­rieur de la mienne…bien amicalement.

    Réponse
  84. Étienne

    Alain,

    Encore une fois, il ne suf­fit pas de cari­ca­tu­rer une thèse pour la contre­dire efficacement.

    Per­sonne n’a par­lé de copier / col­ler un régime pas­sé ; il ne vient à l’i­dée de per­sonne, je crois, de trans­po­ser telle quelle, ici et main­te­nant, la socié­té athé­nienne. Qui pour­rait pen­ser une chose pareille ?

    Tu te fabriques tes enne­mis tout seul.

    Et après m’a­voir repé­ré comme dis­ciple (mas­qué) d’Hit­ler et ado­ra­teur (secret) d’un nou­veau tota­li­ta­risme, tu as su déjouer en moi le néo­gou­rou d’une secte en for­ma­tion… Dam­ned, je suis fait. Tiens, ça me fait pen­ser que j’ai oublié de te don­ner mon adresse et mon n° de compte à Genève (pour ta coti­sa­tion). D’a­vance mer­ci :o)

    God­win again, more and more… :o)

    Est-ce que ton par­ti (tu es bien du PC, n’est-ce pas ?) s’est fait calom­nier de la sorte quand il a osé cri­ti­quer le le sys­tème mal­hon­nête des poli­ti­ciens qui tiennent les gueux à l’écart grâce à de beaux dis­cours ? Mais même si cela a été le cas, un excès n’en jus­ti­fie pas un autre, n’est-ce pas ?

    En fait, je sais ce que je dois faire : il faut peut-être que j’ar­rête de cri­ti­quer les par­tis, puisque que tu ne m’y auto­rises mani­fes­te­ment pas, tabou, inter­dit, niet, stop, sacri­lège, héré­sie, blas­phème : il serait peut-être plus astu­cieux que je te délègue cette tâche cri­tique. En fait, si tu es hon­nête, — et je crois que tu l’es —, tu arti­cu­le­ras très bien tout seul une argu­men­ta­tion sévère, mais juste, contre les méfaits de la poli­ti­caille­rie pro­fes­sion­nelle (j’ai en mémoire quelques brû­lots com­mu­nistes au vitriol contre le sys­tème électoral).

    À moins que tu ne me démontres, ce qui est encore pos­sible, argu­ments et preuves à l’appui, que tous ces reproches qui tournent dans ma tête contre ceux que j’ap­pelle des « voleurs de pou­voir » sont dénués de fon­de­ment, de gros­sières exa­gé­ra­tions (aux motifs dou­teux), une para­noïa mala­dive alors que tout le monde sait bien que les poli­ti­ciens sont des phi­lan­thropes, des altruistes, des paran­gons de ver­tu, que dis-je ? des saints ! puis­qu’ils sont ÉLUS.

    Cor­rec­te­ment redres­sé, je pour­rai enfin pen­ser à autre chose.

    Au plai­sir de te lire.

    Étienne.

    PS : d’i­ci là, je conti­nue à pui­ser des tré­sors d’in­tel­li­gence pro­tec­trice dans la réflexion et l’ex­pé­rience de nos aïeux.

    PPS : pen­dant que j’é­cri­vais ce mes­sage, tu en écri­vais un autre qui devan­çait déjà (par­tiel­le­ment) mes voeux… Les grands esprits se ren­contrent :o)

    Réponse
  85. Erwan

    Étienne,

    je vous remer­cie vive­ment pour le temps que vous avez conscré à me répondre.

    je constate qu’A­thènes excluait beau­coup de caté­go­ries, cela fait pen­ser à une oli­gar­chie qui pra­ti­quait la démo­cra­tie au sein d’elle même.

    Ce serait judi­cieux que ceux qui apportent les idées éla­borent les choix de socié­té, fixent le che­min (« ceux « étant le plus grand nombre pos­sible) ne soient pas ceux qui exercent le pou­voir… Ain­si, ils n’in­ven­te­raient l’a­ve­nir que de manière dés­in­té­res­sée et dans un sou­ci de concorde.

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Mer­ci encore.

    Réponse
  86. Étienne

    Bon­soir Erwan,

    Athènes n’é­tait pas la seule à exclure de nom­breuses caté­go­ries et c’est sûre­ment un ana­chro­nisme de le lui reprocher.

    Je crois sur­tout que c’est une erreur de l’a­na­ly­ser comme une oli­gar­chie alors que c’est pré­ci­sé­ment le seul régime au monde, peut-être, qui ait réus­si à se pro­té­ger réel­le­ment des oligarques.

    Je vous renou­velle mon conseil de lire Han­sen, c’est du lait.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  87. Erwan

    Bon­jour Étienne,

    Dans la démo­cra­tie athé­nienne, les juges étaient tirés au sort : ils jugeaient sans texte ni procédure.

    Le juge­ment ne pou­vait pas faire l’ob­jet d’un appel.
    Cela fait froid dans le dos.

    Dans le pro­ces­sus démo­cra­tique, il était pos­sible de récu­ser un élu : le mot ostra­cisme est utilisé.

    Je constate que nous avons gran­de­ment pro­gres­sé depuis Athènes (aujourd’­hui les femmes par­ti­cipent à la vie poli­tique, nous vivons dans un État de droit).

    De mes pre­mières lec­tures, je ne qua­li­fie­rais pas Athènes de régime poli­tique recom­man­dable, mais peut-être vais-je chan­ger d’avis…
    Je vais pour­suivre la lec­ture que vous me conseillez.

    Mer­ci encore.

    Réponse
  88. Jacky

    Ca serait bien de t’ap­pli­quer à toi même les jurys citoyens !
    En effet, voter non au réfé­ren­dum devait débou­cher sur un gigan­tesque souffle popu­laire qui allait tout balayer !
    Le fameux plan B a dis­pa­ru pour un plan C !
    C.. comme C.. ?

    Mon dieu mais c’est bien sûr !

    Bon trang­stène Etienne.

    Réponse
  89. Laurent_k

    Jacky,

    En ce qui concerne le fameux plan B, je vous ren­voie aux pro­pos de Jacques Delors (alors Pré­sident du comi­té de sou­tien au « Oui » du PS) du 12 mai 2005 : « Le devoir de véri­té impose de dire qu’il peut y en avoir un, mais il faut expli­quer l’ex­trême dif­fi­cul­té du pro­blème. La consé­quence immé­diate serait sans aucun doute un affai­blis­se­ment de la France et une stu­peur confir­mée des autres États-membres. Chaque fois qu’un pays, même petit, a dit non, il a pro­po­sé des amé­na­ge­ments. Quelles seront, sur ce point, les posi­tions de la France ? L’embarras serait grand. S’il s’agit d’un chan­ge­ment sub­stan­tiel, il fau­dra tout recom­men­cer, convo­quer une nou­velle Conven­tion, puis orga­ni­ser une nou­velle confé­rence inter­gou­ver­ne­men­tale. Une solu­tion rapide est impossible. »

    En outre, ce sont tou­jours les mêmes per­sonnes qui ont cher­ché à nous four­guer ce texte qui dirigent en France et en Europe. Alors faire sem­blant de s’é­ton­ner que le plan B ne soit pas en place un an et demi après les non (nous ne sommes pas les seuls à avoir dit non) n’est guère convaincant.

    Réponse
  90. Étienne

    Jacky,

    Je ne com­prends pas votre logique.

    Ceux qui ont dit Non en 2005 n’ont aucun pou­voir (c’est d’ailleurs peut-être une des rai­sons de leur mécontentement).

    Ceux qui avaient le droit de dire Non mais qui n’a­vaient pas le pou­voir de pro­po­ser d’al­ter­na­tive n’ont tou­jours pas ce pou­voir, n’est-ce pas ?

    Par quelle her­nie de la pen­sée en arri­vez-vous donc à leur repro­cher de ne pas faire aujourd’­hui ce qu’ils n’ont jamais pu faire ?

    Peut-être que vous n’ar­ri­vez pas à vous faire à l’i­dée que ce sont vos pré­fé­rés (et qui sont, ou ont été, eux, au pou­voir) qui sont les vrais res­pon­sables de toute cette gabe­gie, non ?

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  91. unionsbuerger

    La Charte des Droits Fon­da­men­taux devrait être oppo­sable aux Droits natio­naux.
    Cela consti­tu­rait le meilleur moyen de consti­tuer l’Eu­rope Démocratique.

    Réponse
  92. alain de nantes

    Le pro­blème avec « ceux qui ont le pou­voir », ce n’est pas que ce soient « eux » qui l’aient, c’est le pro­ces­sus par lequel ils ont « conquis » ce pou­voir, pro­ces­sus qui « déter­mine » qua­si méca­ni­que­ment la nature de ce pouvoir-là.

    Ma ques­tion est : qu’est-ce qui rend ce pou­voir exécrable ?

    et la ques­tion sub­si­diaire est : quel « autre pro­ces­sus » serait-il sou­hai­table d’in­ven­ter et de déve­lop­per en pra­tique, dès main­te­nant, ici et par­tout, à par­tir du « non-pou­voir » qui nous laisse « le pou­voir d’inventer » ?

    Là, sans approu­ver la méchante cri­tique de Jacky(post 90), sem­blant viser per­son­nel­le­ment Etienne, je crois l’ac­cep­ter pour moi-même comme auto-critique :

    J’ai le « pou­voir » de par­ti­ci­per à la mise en route d’une « autre » façon de faire de la poli­tique, non pas en m’au­to-fla­gel­lant dans « mon par­ti-pris ini­tial », ni en insul­tant les autres « can­di­dats col­lec­tifs » à cette nou­velle « puis­sance possible » :

    Je veux dire : remet­tons-nous nous-même en cause, bien que n’ayant encore aucun « pou­voir ins­ti­tu­tion­nel », et peut-être devien­drons-nous capables d’a­li­men­ter posi­ti­ve­ment, par exemple, « la dyna­mique des col­lec­tifs pour une alter­na­tive à gauche », laquelle pro­gresse en déjouant le piège institutionnel.

    Réponse
  93. jcm

    @ alain de nantes >

    qu’est-ce qui rend ce pou­voir exécrable ?

    Peut-être le fait qu’il est exer­cé avec une mau­vaise prise en compte de l’in­té­rêt général ?

    Ou que dif­fé­rentes visions de cet inté­rêt géné­ral s’affrontent ?

    Dans ce cas ce n’est peut-être pas le pro­ces­sus en lui même : cela pour­rait résul­ter d’un fos­sé qui se creu­se­rait entre élec­teurs et élus, entre le per­son­nel poli­tique pris dans la tour­mente d’une action assez fré­né­tique et sol­li­ci­té de toutes parts et les citoyens qui obser­ve­raient néces­sai­re­ment le pano­ra­ma de la vie telle qu’elle se déroule pour eux d’un oeil dif­fé­rent, car ils ne sont pas sou­mis aux mêmes sollicitations.

    Deux visions dif­fé­rentes donc et sus­cep­tibles de deve­nir anta­go­nistes avec plus ou moins d’intensité.

    Com­ment résor­ber ce fossé ?

    En fai­sant en sorte que les pro­ta­go­nistes puissent dis­po­ser des mêmes élé­ments de base pour fon­der leur juge­ment, ce qui impli­que­rait notam­ment de désa­mor­cer l’in­fluence d’un cer­tain nombre de groupes de pres­sion qui, dans bien des domaines, dictent leur propre loi.

    Elec­teurs, nous sommes tous res­pon­sables des diag­nos­tics et nous man­da­tons des élus afin qu’ils appliquent les bons remèdes : peut-il y avoir adé­qua­tion si les diag­nos­tics changent en cours de route ?

    Que cha­cun dis­pose donc des mêmes outils et que l’on sup­prime les inter­fé­rences néga­tives, puis que l’on songe à mettre en place des sys­tèmes d’har­mo­ni­sa­tion des visions en cours de man­dat afin de véri­fier que nous par­ta­geons bien une lon­gueur d’onde iden­tique, commune.

    Alors le pou­voir ne sera peut-être plus exécrable.

    Réponse
  94. alain de nantes

    Je pense que le pro­ces­sus d’ac­ces­sion aux « pou­voirs » se déroule dans des condi­tions pré­dé­ter­mi­nées, résul­tant de l’His­toire, et que per­sonne n’a vrai­ment choi­sies… Cer­tains appellent cela « la réa­li­té », et consi­dé­rent « nor­mal » de s’y sou­mettre, éter­nel­le­ment, d’autres en dénoncent « l’ob­so­les­cence », et consi­dé­rent l’ur­gence de s’en affranchir.

    Ces deux pos­tures pré­tendent regar­der « la réa­li­té en face », mais la pre­mière a l’a­van­tage de la sta­bi­li­té des « posi­tions acquises », tan­dis que la seconde dérange en exi­geant des remises en cause.

    …Et puis, il y a « le car­na­val de Venise », où cer­tains prennent les masques de « la rup­ture » pour mieux péren­ni­ser la domi­na­tion du pas­sé, en pro­fi­tant des remous pour taper sur tous ceux qui rament, tous ceux qui résistent au cou­rant dominant :

    Ceux qui résistent souffrent, ceux qui se laissent déri­ver souffrent aus­si, car ils n’existent plus vraiment.

    La moder­ni­té consis­te­rait à apprendre à « exis­ter » en navi­guant dans la réa­li­té, par­fois « à contre-cou­rant », avec assez de pré­ten­tion à « gou­ver­ner » , reven­di­quant le droit de regar­der les cartes et même d’y tra­cer une route vou­lue plu­tôt que de conti­nuer à « obser­ver le pano­ra­ma » des berges qui foutent le camp, « fatalement ».

    Ce qui me fait écrire ça, c’est le sou­ve­nir d’un cer­tain Jos­pin-pre­mier Ministre ‑can­di­dat , décla­rant face aux délo­ca­li­sa­tions : « l’E­tat n’y peut rien »…

    Bien ami­ca­le­ment.

    Réponse
  95. Candide2

    L’E­tat n’y peut rien par­ceque l’E­tat a vou­lu ne rien y pouvoir.

    Ce qui donne des envies de gifle par rap­port à la classe diri­geante en géné­ral (outre son arro­gance condes­cen­dante) c’est qu’elle règne dans un men­songe per­ma­nent, dans un grand écart hal­lu­ci­nant de mau­vaise foi entre ses décla­ra­tions et ses actes.

    Quand j’en­tends le choeur des pleu­reuses média­tiques se lamen­ter avec des tré­mo­los sur « la panne de l’as­cen­seur social », moi, ça me fait pen­ser à toutes les petites mesures accu­mu­lées depuis trente ans qui ont per­mis de le cas­ser volon­tai­re­ment : des­truc­tion de l’é­cole nor­male d’ins­tits, qui per­met­tait à des jeunes de famille modeste d’être payés dès dix-huit ans ; des­truc­tion des ins­ti­tuts d’é­lèves-profs, qui offraient la même pos­si­bi­li­té dans les facs ; des­truc­tion des mêmes oppor­tu­ni­tés dans les télé­com­mu­ni­ca­tions, suite à la pri­va­ti­sa­tion, en ce qui concer­nait les jeunes élèves-ins­pec­teurs ; et je ne parle ici que de ce que je connais direc­te­ment. Il doit cer­tai­ne­ment en exis­ter bien d’autres.

    Ces mesures de des­truc­tion n’ont pas sur­gi du néant par miracle : il a fal­lu des indi­vi­dus mal­fai­sants (des « déci­deurs » comme on dit) pour les for­mu­ler, les déci­der et les mettre en oeuvre les unes après les autres.

    Toutes ces pos­si­bi­li­tés don­naient à leurs jeunes titu­laires la fier­té de ne plus être à la charge de leurs parents, en échange d’un enga­ge­ment de ser­vir. Ce qui est beau­coup plus sain psy­cho­lo­gi­que­ment que de ramas­ser quelques miettes de la cha­ri­té publique.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  96. Candide2

    Je pré­cise que mon mes­sage pré­cé­dent n’im­plique aucune inten­tion de gifler qui que ce soit, il s’a­git d’une for­mule pure­ment stylistique.

    Dans la suite, nous en sommes il est vrai plu­tôt aux « cahiers de doléances » qu’au « jurys citoyens »… Mais la moti­va­tion n’est-elle pas du même ordre ?
    Bien cordialement

    Réponse
  97. alain de nantes

    oui, quand on fait le bilan de tout ce qui « fout le camp » , on peut être un bref ins­tant taxé de conser­va­tisme par les « rup­teurs » du car­na­val pro­po­sant « d’ac­cé­lé­rer les réformes »…

    En regar­dant sur un temps plus long, les « réformes » en ques­tion sont bien des tours de vis (et de vice) pour conser­ver ce qui empêche la « Répu­blique » d’exis­ter vrai­ment : ces « réformes » ultra-libé­rales sont tout sauf libé­rales , car elles visent à « reprendre la main sur le peuple qui rêve trop son uto­pie républicaine » :

    tous les acquis de la Libé­ra­tion sont visés, comme des « pri­vi­lèges » à abo­lir : les rois de la finance , héri­tiers tou­jours des mêmes , veulent remettre dans nos têtes les fata­lismes d’an­cien régime.

    Donc :

    1) le rôle des « jurys » devrait être non pas de juger les « déci­deurs » comme on teste un pro­duit, mais de per­mettre à « l’es­prit cri­tique du peuple  » de s’exer­cer par un « droit de regard par­tout »…(pas l’oeil de Moscou !)

    2) mieux que des jurys, toute asso­cia­tion citoyenne devrait pou­voir obte­nir une exper­tise répon­dant à la ques­tion : sur quoi s’exerce effec­ti­ve­ment le pou­voir que le peuple accorde à telle ou telle ins­ti­tu­tion , élu, décideur ?

    …avec e sou­ci de véri­fier quels cri­tères de « res­pon­sa­bi­li­té » sont satis­faits, et quels « aban­dons » sont consen­tis, et pour­quoi, et comment.

    Réponse
  98. alain de nantes

    pour reve­nir sur « les jurys » de Ségo­lène, bien sûr, que je suis pour, sauf que je ne fais pas confiance à ségo­lène pour les mettre en place !

    Elle parle de défi­nir quelques indi­ca­teurs , ce sont , je pense, des « critères ».

    Un jury popu­laire exer­ce­rait donc son esprit cri­tique sur une action gou­ver­ne­men­tale ou mana­gé­riale, pour mesu­rer des écarts par rap­port à des normes, et en tirer des « juge­ments », voire des « sanctions »…

    Pour moi cette pro­po­si­tion consiste à punir le che­mi­not une fois que le train a dérailler, « his­toire de pré­ve­nir les délits suivants »…

    ce sar­ko­sysme ne m’in­té­resse pas.

    La reven­di­ca­tion conte­nue dans le pro­jet du Col­lec­tif anti-libé­ral, c’est l’in­ter­ven­tion citoyenne : pas après Cher­ne­byl, bien avant, afin d’é­vi­ter Chernobyl.

    Donc, la défi­ni­tion des « indi­ca­teurs  » de Ségo­lène, les anti-libé­raux en reven­diquent la trans­pa­rence : les cri­tères de ges­tion , donc les « fins visées » par toute « gou­ver­nance » doivent être sou­mis au débat et scru­pu­leu­se­ment « cri­ti­qués », pesés à l’aulne des « valeurs » : les prin­cipes fondamentaux…on en revient donc à la trame de la Consti­tu­tion (…écrite par les citoyens tous ensemble, c’est-à-dire tous : y com­pris les experts invi­tés à « don­ner leurs savoirs »).

    Réponse
  99. Étienne

    Un article très important :

    « Ségo­lène Royal ou les fonds de pen­sion en douce »
    par l’ex­cellent Fré­dé­ric Lor­don :
    http://​www​.lau​tre​cam​pagne​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​?​i​d​=​137

    Il faut lire atten­ti­ve­ment cet article :

    « On serait bien en peine de faire dire quoi que ce soit à ce texte qui puisse être de l’ordre d’un choix élec­to­ral – en tout cas pour le second tour. On se deman­de­ra peut-être aus­si, à son pro­pos, pour­quoi tant de hargne à l’endroit du PS quand on n’avait pas vu depuis si long­temps droite si dan­ge­reuse. Il se trouve que, la divi­sion du tra­vail étant bien faite, le cré­neau de la (légi­time) dénon­cia­tion du (réel) péril sar­ko­zyste est déjà bien occu­pé. Mais d’une cer­taine manière, comme la droite c’est l’ennemi, il n’y a pas grand chose à redire à ce que la droite soit de droite. C’est que la gauche soit de droite – quand bien même, évi­dem­ment, elle ne l’est pas à pareil degré – qui est deve­nu insup­por­table… l’avantage étant que, sur bon nombre de sujets, notam­ment éco­no­miques, cri­ti­quer cette « gauche », c’est ipso fac­to cri­ti­quer la droite ! Si donc ce texte n’avait qu’une inten­tion, ce serait sans doute, s’adressant à un élec­teur de gauche, de lui cou­per la retraite – entendre : l’obliger à voir « sa » gauche telle qu’elle est, et lui inter­dire toutes les solu­tions de son désir qu’on prend pour la réa­li­té. Et s’il ne devait s’ensuivre qu’une seule consé­quence, ce serait, recon­dui­sant cet élec­teur de gauche à des dilemmes extrê­me­ment pénibles, de lui don­ner envie, pour les fois pro­chaines, de ne plus se retrou­ver dans ces situa­tions impossibles.

    Le social-libé­ra­lisme, le meilleur ami de la finance

    […] le week end du 24 mars aura été fatal qui aura vu se suc­cé­der, pour la can­di­date Royal, la sor­tie « dra­peau » et aus­si une autre, pas­sée plus inaper­çue, alors qu’elle est sans doute plus grave, puisqu’il n’y est pas ques­tion d’autre chose que de déve­lop­per des « fonds de pen­sion col­lec­tifs ». Il y a vrai­ment de quoi regret­ter que n’ait pas eu plus d’échos cette pro­po­si­tion, faite dans les colonnes, un peu obs­cures et sans doute choi­sies à des­sein, du Jour­nal des Finances [1], car on sous-esti­me­rait dif­fi­ci­le­ment son impor­tance et l’ampleur de ses consé­quences. On ne sait d’ailleurs plus trop s’il faut invo­quer l’hypothèse du lap­sus ou bien celle de la quête-réflexe des faveurs des milieux d’affaire – à la véri­té elles sont sans doute plus com­plé­men­taires que contra­dic­toires, la pre­mière ayant cepen­dant l’avantage de révé­ler com­bien faibles sont deve­nues les régu­la­tions de la parole socia­liste en cam­pagne, puisque même les aléas du pre­mier tour ne retiennent plus les can­di­dats sociaux-libé­raux de rap­pe­ler leur accoin­tance avec la finance.

    Et c’est bien vrai que le socia­lisme de gou­ver­ne­ment est le meilleur ami de la finance ! De la déré­gle­men­ta­tion des mar­chés de 1985–1986 (Béré­go­voy) au déve­lop­pe­ment de l’actionnariat sala­rié (Fabius, 2001), en pas­sant par la défis­ca­li­sa­tion des pro­duits d’action (Béré­go­voy, 1984–1992), les très beaux efforts du gou­ver­ne­ment Jos­pin dans la course à la pri­va­ti­sa­tion (1997−2002), la glo­ri­fi­ca­tion-défis­ca­li­sa­tion des stock-options (Strauss-Kahn, 1998), ou le vote des socia­listes fran­çais en faveur de la direc­tive euro­péenne libé­ra­li­sant les OPA hos­tiles (2001), la conti­nui­té est impres­sion­nante… et visi­ble­ment en passe d’être prolongée.

    Même à l’observateur vac­ci­né, le rap­pel de cette séquence finan­cière du socia­lisme au pou­voir demeure impres­sion­nante et n’a rien per­du de ses effets révul­sifs. Il est d’ailleurs tant mieux qu’il en soit ain­si : on y ver­ra le signe que, déci­dé­ment, « on ne s’y fait pas ». De fait, il est très pré­fé­rable de ne pas s’y faire, au moment où la can­di­date socia­liste tra­hit ses inten­tions mani­festes de nous faire reprendre une tranche de cinq ans des mêmes exploits finan­ciers, et ceci alors même que deux décen­nies de recul per­mettent de dési­gner la finan­cia­ri­sa­tion du capi­ta­lisme comme l’un des pires fléaux dont le néo­li­bé­ra­lisme aura gra­ti­fié la socié­té salariale.

    Que les socia­listes aient été les plus zélés pro­pa­ga­teurs de cette cala­mi­té, qu’ils l’aient constam­ment nour­rie et aidée à gran­dir, demeure un para­doxe où se mêlent l’énigme de socio­lo­gie poli­tique et le motif d’une colère dif­fi­cile à pas­ser. Qu’ils s’apprêtent à la réci­dive d’une manière si ouverte et si inno­cente, c’est-à-dire si conster­nante, est de l’ordre du cas de guerre.

    Comme un reli­quat loin­tain d’une régu­la­tion idéo­lo­gique presque entiè­re­ment dis­pa­rue, Ségo­lène Royal juge néan­moins utile d’affubler sa pro­po­si­tion de quelques navrantes pré­cau­tions lexi­cales : ce seront des fonds de pen­sion col­lec­tifs – très dif­fé­rent… Il n’est donc rien venu d’autre à l’idée de la can­di­date que, « col­lec­tif » s’opposant à « indi­vi­duel », et « indi­vi­duel » fai­sant libé­ral, un fonds de pen­sion « col­lec­tif » ces­sait ipso fac­to de l’être – libéral.

    Certes le fonds de pen­sion auquel pense Ségo­lène Royal n’est autre que le FRR (Fonds de Réserve des Retraites) d’ailleurs crée par… les socia­listes (1999), et il est vrai qu’à l’inverse d’un fond de pen­sion clas­sique, celui-ci ne gère pas des comptes-retraites indi­vi­duels, mais apporte un com­plé­ment de res­source aux régimes de base de l’assurance vieillesse. L’honneur semble donc sauf puisque le « fonds de pen­sion » est au ser­vice de la retraite par répar­ti­tion à qui il ne sert que de béquille…

    Hélas, le malade n’est pas près de remar­cher tout seul, et ce n’est pas vrai­ment à de la réédu­ca­tion fonc­tion­nelle que Ségo­lène Royal pense pour lui : « Le fonds de réserve des retraites est une sorte de “fonds de pen­sion col­lec­tif”, et c’est la manière dont j’envisage le finan­ce­ment des retraites aujourd’hui » (Jour­nal des Finances, 24 mars 2007). Bizar­re­rie ortho­pé­dique : ce n’est plus le malade, gué­ri, qui jette sa béquille, c’est la béquille qui jette le malade… En tout cas on ne pour­ra pas dire qu’on ne savait pas.

    Des fonds de pen­sion « col­lec­tifs »… en atten­dant « mieux »

    S’il est des pro­pos de cam­pagne qui ne sont pas faits pour être pris au sérieux et qu’il est pré­fé­rable de ran­ger rapi­de­ment dans la caté­go­rie des promesses-qui‑n’engagent-que-ceux-etc., il en est d’autres on contraire auquel on peut accor­der un tout autre cré­dit, par­ti­cu­liè­re­ment quand il est pos­sible de les ados­ser à une longue his­toire de pra­tique de gou­ver­ne­ment et à des conti­nui­tés plu­ri-décen­nales. On peut à coup sûr croire Ségo­lène Royal quand elle indique « la manière dont [elle] envi­sage le finan­ce­ment des retraites aujourd’hui ». Sous la clause répu­tée blan­chis­sante des « fonds de pen­sion col­lec­tifs », il est donc expli­ci­te­ment dit qu’en ten­dance main­te­nant irré­ver­sible, le finan­ce­ment de la retraite pas­se­ra de plus en plus par la sphère des mar­chés financiers.

    A ce stade on ne par­vient même plus à savoir si Ségo­lène Royal n’a aucune conscience, ou bien au contraire une très vive conscience, des effets de ses pro­po­si­tions. Car, d’abord, compte tenu de la longue his­toire de ses enga­ge­ments tra­his et de sa col­la­bo­ra­tion avec la finance, il est per­mis d’anticiper que le gou­ver­ne­ment socia­liste ne résis­te­rait pas très long­temps à la muta­tion des fonds de pen­sion « col­lec­tifs » en fonds de pen­sion indi­vi­duels – il n’y a que le pre­mier pas qui coûte et voi­là la chose déjà faite.

    Si d’aventure l’argument des retraites se montre insuf­fi­sant pour, de lui seul, sou­te­nir cette « avan­cée », il se pré­sen­te­ra bien un cas d’entreprise natio­nale expo­sée à une OPA étran­gère qui four­ni­ra l’occasion idéale d’en appe­ler à la néces­si­té de fonds de pen­sion fran­çais, pour gar­der nos entre­prises fran­çaises, à quoi il suf­fi­ra d’ajouter que les Fran­çais eux-mêmes ont bien droit à l’avantage d’en être indi­vi­duel­le­ment « pro­prié­taires » – ça fait beau­coup de fois « fran­çais » dans la même phrase, mais comme on peut s’attendre aux assauts d’une rhé­to­rique peu sub­tile en cette matière, la lour­deur est dans les choses pré­vi­sibles, pas dans les mots qui les annoncent.

    Si vrai­ment Ségo­lène Royal n’avait pas d’autre pro­jet que de faire mon­ter benoî­te­ment en puis­sance le fonds de réserve des retraites, quel besoin aurait-elle donc de se hasar­der à lui don­ner l’appellation facul­ta­tive et périlleuse de « fonds de pen­sion », même ripo­li­née de « col­lec­tif », si ce n’est pour accli­ma­ter un voca­bu­laire dont elle connaît les réti­cences qu’il sus­cite, et ceci en l’appliquant d’abord à la plus inno­cente de ses formes pour ensuite, le public conve­na­ble­ment habi­tué, lui don­ner toutes ses exten­sions possibles ?

    De l’implication finan­cière du salariat…

    Quand bien même l’équipe socia­liste, impro­ba­ble­ment, résis­te­rait à cette ten­ta­tion-là, il res­te­rait l’effet prin­ci­pal, et le plus per­ni­cieux, d’une finan­cia­ri­sa­tion crois­sante des retraites. Cet effet est si puis­sant qu’on pour­rait bien tenir le décol­lage du « fonds de pen­sion col­lec­tif » pour une rup­ture aus­si déci­sive que le fut, en son temps, la libé­ra­li­sa­tion des mar­chés de capitaux.

    C’est qu’il y a une éco­no­mie poli­tique de la finan­cia­ri­sa­tion et que le déve­lop­pe­ment de fonds de pen­sion – col­lec­tifs ou indi­vi­duels, ceci n’y change rien – lui fait connaître un chan­ge­ment de régime dont la pro­prié­té prin­ci­pale a pour nom : irréversibilité.

    En son état actuel, si la finance action­na­riale fait subir au sala­riat les effa­rantes contraintes qu’on sait, au moins tout espoir de la com­battre n’est-il pas com­plè­te­ment per­du. Or le pay­sage stra­té­gique de la libé­ra­li­sa­tion finan­cière change du tout au tout lorsque le sala­riat s’y trouve lui-même direc­te­ment impli­qué, comme c’est le cas dès lors qu’une part crois­sante de son épargne, et notam­ment la plus sen­sible, l’épargne-retraite, se trouve pro­pul­sée sur les mar­chés et, de fait, mêlée aux inté­rêts du capi­tal action­na­rial. Par un sophisme légè­re­ment tein­té de roue­rie, les défen­seurs de la finan­cia­ri­sa­tion ont vite fait d’objecter que cette conver­gence des inté­rêts est le pré­lude de la grande récon­ci­lia­tion du capi­tal et du tra­vail. Alain Minc, en son temps, n’avait-il pas expli­qué que, les inéga­li­tés étant d’origine essen­tiel­le­ment finan­cière, il était pro­gres­siste d’associer les sala­riés aux plus-values, et Jean-Marie Mes­sier, dans un genre simi­laire, que les sala­riés étant les vrais pro­duc­teurs de la richesse, il n’était que jus­tice de leur en rétro­cé­der une part, sous la forme, non de salaire direct !, mais d’intéressement boursier…

    Fonds de pen­sion comme action­na­riat sala­rié, tous deux éga­le­ment pro­mus par la can­di­date socia­liste (« je veux favo­ri­ser l’actionnariat sala­rié », Ségo­lène Royal, Jour­nal des Finances, 24 mars 2007) sont les élé­ments d’une même stra­té­gie d’implication finan­cière du sala­riat, c’est-à-dire d’une asso­cia­tion léo­nine dans laquelle les sala­riés récu­pèrent quelques miettes de gains bour­siers en contre­par­tie d’un appro­fon­dis­se­ment de la sujé­tion actionnariale.

    Car en effet la grande récon­ci­lia­tion du capi­tal et du tra­vail par épargne finan­cière inter­po­sée a tout du pâté d’alouette. Les sala­riés-action­naires savent bien, de leur iden­ti­té sala­riale ou de leur iden­ti­té action­na­riale, laquelle contri­bue le plus à les faire vivre…

    Et pour­tant il n’en est pas moins vrai que leur épargne immo­bi­li­sée dans la gamme des divers fonds d’investissement (pen­sion, sala­riaux) que la gauche se pro­pose aima­ble­ment d’élargir, finit par repré­sen­ter des volumes suf­fi­sam­ment impor­tants pour que les sala­riés aient désor­mais à cœur de les défendre, par­ti­cu­liè­re­ment quand cette épargne s’annonce comme l’unique solu­tion d’une crise orga­ni­sée de la retraite par répar­ti­tion – orga­ni­sée, car, confor­mé­ment à une ten­dance tout à fait géné­rale des poli­tiques publiques néo­li­bé­rales, la retraite est sans doute l’une des plus concer­nées par les stra­té­gies de pau­pé­ri­sa­tion déli­bé­rée des ins­ti­tu­tions publiques.

    … au deve­nir irré­ver­sible du capi­ta­lisme actionnarial

    Et voi­ci la tenaille refer­mée : le sala­riat est main­te­nant suf­fi­sam­ment mouillé dans la finance pour qu’une part, certes mino­ri­taire mais néan­moins signi­fi­ca­tive, de ses inté­rêts ait par­tie liée avec le sys­tème… qui recon­duit et appro­fon­dit sans cesse l’effrayante domi­na­tion dont il est écra­sé dans l’ordre productif.

    Si cette manœuvre, où le cynisme le dis­pute à la per­ver­si­té, n’annonçait pas de reten­tis­santes catas­trophes sociales, on pour­rait presque, vu de loin, lui trou­ver quelques pro­prié­tés esthé­tiques… Que le par­ti socia­liste y adhère et s’en fasse même le pro­mo­teur enthou­siaste est le motif d’un acca­ble­ment dont on ne sait plus s’il faut le mettre sur le compte de la simple bêtise ou bien du machia­vé­lisme d’une conscience désor­mais authen­ti­que­ment de droite.

    Disant cela, on reste en fait en des­sous de la véri­té car le pire n’a pas encore été mon­tré. Le pire, en effet, n’est peut-être pas tant dans cette suprême roue­rie qui consiste pour ain­si dire à orga­ni­ser la ser­vi­tude du sala­riat à ses frais, puisque c’est bien de l’épargne des sala­riés que se consti­tue la force de frappe finan­cière par laquelle les fonds imposent avec féro­ci­té l’imperium de la ren­ta­bi­li­té pour l’actionnaire.

    Le pire est davan­tage dans le fait que la mon­tée en puis­sance de l’implication finan­cière du sala­riat a pour effet de faire émer­ger une confi­gu­ra­tion objec­tive d’intérêts dans laquelle les sala­riés sont de moins en moins incli­nés à remettre en cause le sys­tème d’ensemble qui pour­tant conti­nue de les asservir.

    On peut même anti­ci­per que cet asser­vis­se­ment ira crois­sant, pro­té­gé qu’il sera désor­mais par l’inattaquable jus­ti­fi­ca­tion des retraites à satis­faire – et l’on peut ima­gi­ner d’ici la rhé­to­rique atroce de la soli­da­ri­té dont la finance ne man­que­ra pas de s’emparer puisqu’elle en connaît toutes les ver­tus légi­ti­ma­trices : la ren­ta­bi­li­té action­na­riale va deve­nir un impé­ra­tif social et, pour­quoi pas, puisque plus c’est gros plus ça passe, un impé­ra­tif moral, celui de ser­vir de « dignes pen­sions » « à nos aînés », « à nos anciens », « qui l’ont tant méri­té ». Souf­frez donc sala­riés d’aujourd’hui, et en silence, puisque c’est « la soli­da­ri­té » qui vous le com­mande – sans comp­ter que, sitôt réa­li­sé le pas­sage du fonds de pen­sion col­lec­tif aux fonds de pen­sion indi­vi­duels, ce sera votre inté­rêt même…

    Le pire donc, ça n’est même pas cette ten­dance à la finan­cia­ri­sa­tion inté­grale de la vie sociale, c’est son deve­nir irré­ver­sible. Quel écho poli­tique pour­ra ren­con­trer une pro­po­si­tion comme le Slam 2, qui vise à pla­fon­ner régle­men­tai­re­ment les ren­ta­bi­li­tés action­na­riales (et à sou­mettre tous les dépas­se­ments à un pré­lè­ve­ment obli­ga­toire inté­gral), sur quelles forces sociales pour­ra-t-il s’appuyer, lui comme n’importe quel autre dis­po­si­tif d’arraisonnement de la finance d’ailleurs, dès lors que de toutes parts mon­te­ront les rap­pels à l’ordre les mieux – les plus hypo­cri­te­ment – inten­tion­nés : « vous n’y pen­sez pas ! et les retraites ? »…

    Et voi­là com­ment on tire un ver­rou : les sala­riés plon­gés dans la finance, leurs inté­rêts pour une part objec­ti­ve­ment liés à la for­tune des mar­chés, le capi­ta­lisme action­na­rial n’a plus grand-chose à craindre puisqu’il aura lui-même consti­tué sa propre base sociale ; rec­ti­fions : puisque « on » lui aura consti­tué sa propre base sociale – au fait qui est « on » ?…

    Si la nor­ma­li­sa­tion néo­li­bé­rale de la socié­té a pour ins­tru­ment prin­ci­pal la finance action­na­riale, alors la finan­cia­ri­sa­tion du sala­riat par ses « grandes masses », c’est-à-dire par ses retraites, en consti­tue à coup sûr l’accomplissement véri­table, la conso­li­da­tion défi­ni­tive et la fer­me­ture ultime, celle après laquelle les forces anti­li­bé­rales se retrouvent sans appui, sans relais, sans plus aucun levier d’intérêts objec­tifs sur les­quels embrayer, c’est-à-dire… sans force.

    C’est avec de glo­rieuses avan­cées de cette nature que se forgent les des­tins his­to­riques. Celui du social-libé­ra­lisme, tel que l’histoire l’a déjà don­né à voir et tel qu’il s’apprête à reprendre sa marche, a main­te­nant une consis­tance remarquable.

    C’est d’ailleurs tout le charme des fausses alter­nances que de per­mettre au reve­nant de reprendre l’œuvre enta­mé dans l’état où il l’avait lais­sé. A ceux qui trou­ve­raient ima­gi­naires ou for­cées ces conti­nui­tés par delà les inter­mit­tences du suf­frage, on rap­pel­le­ra qu’en matière de finance action­na­riale, le man­dat Jos­pin s’était clos par un assez bel exploit, sous la forme des plans dits « d’épargne sala­riale volon­taire » (PESV), pre­mière accli­ma­ta­tion, au bon soin de Laurent Fabius alors ministre de l’économie, des logiques de l’implication action­na­riale du sala­riat. Comme on s’en doute, le gou­ver­ne­ment de l’époque avait oppo­sé force déné­ga­tions à l’idée que c’était là un jeu dan­ge­reux, pré­pa­rant subrep­ti­ce­ment l’arrivée pro­gres­sive des fonds de pen­sion, puisqu’il n’y aurait qu’à allon­ger gra­duel­le­ment le délai d’immobilisation des fonds pour se retrou­ver de fait dans la pers­pec­tive, non plus d’une épargne sala­riale « clas­sique », mais dans celle d’une retraite indi­vi­duelle capitalisée.

    Il faut croire que les paroles ras­su­rantes de l’époque n’avaient pas trom­pé grand monde puisque, déjà, plus de 90% des sala­riés son­dés y avaient vu un ins­tru­ment de pré­pa­ra­tion de la retraite, le tiers des entre­prises mani­fes­té l’intention de l’utiliser à cette fin, et tous les ges­tion­naires ins­ti­tu­tion­nels inter­ro­gés com­pris sans équi­voque le PESV socia­liste comme un équi­valent des plans 401(k) amé­ri­cains… seul le ministre Fabius s’obstinant à ne pas voir le rapport.

    Pierre Dac qui, par un aver­tis­se­ment métho­do­lo­gique à médi­ter, avait fait remar­quer que les pré­vi­sions sont d’autant plus dif­fi­ciles qu’elles concernent le futur plu­tôt que le pas­sé, accor­de­rait sans doute que les pré­vi­sions d’un futur qui repro­duit le pas­sé sont déjà beau­coup moins incertaines.

    A plus forte rai­son quand les per­ma­nences sont reven­di­quées sans le moindre détour, c’est-à-dire sans plus consen­tir au moindre effort cos­mé­tique pour don­ner à croire en un futur dif­fé­rent. Si « les fonds de pen­sion col­lec­tifs sont la manière dont Ségo­lène Royal envi­sage le finan­ce­ment des retraites aujourd’hui », il fau­drait être bête ou aveugle par céci­té volon­taire pour ne pas la prendre au sérieux – c’est qu’en effet toute l’histoire du socia­lisme de gou­ver­ne­ment plaide pour elle et accré­dite son propos.

    Il fau­drait être bête ou aveugle, donc, pour ne pas voir se redes­si­ner une cohé­rence bien connue, car déjà lon­gue­ment expérimentée.

    Mais que reste-t-il à oppo­ser aux vio­lences de la prise d’otage élec­to­rale sinon les maigres forces du refus de l’amnésie, celles de la dénon­cia­tion du men­songe à soi-même, du congé­die­ment des fic­tions du « nou­veau départ » et des espé­rances vouées à être trom­pées, avec pour seul secours la chro­nique d’une tra­hi­son annoncée ?
    Fré­dé­ric Lordon *

    • Eco­no­miste, cher­cheur au CNRS, auteur de Et la ver­tu sau­ve­ra le monde…, Rai­sons d’agir, Paris, 2003.

    1 Inter­view de Ségo­lène Royal, Le Jour­nal des Finances, semaine du 24 mars
    2 Le Monde Diplo­ma­tique, février 2007, p. 4–5 et film Por­trait d’idée.

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