3A1 Désignation des représentants des citoyens : élections ou tirage au sort ?

8/01/2006 | 20 commentaires

L’é­lec­tion est aujourd’­hui com­mu­né­ment pré­sen­tée, aux enfants comme aux adultes, comme le seul moyen « démo­cra­tique » de dési­gner nos repré­sen­tants : les par­le­men­taires, les ministres et les juges sont les trois pou­voirs clas­siques. Aujourd’­hui, il fau­drait sans doute réflé­chir au rôle et au contrôle des jour­na­listes, qua­trième pou­voir considérable.

Contrat de dupes pro­po­sé aux citoyens :
« ren­dez vos armes contre le faux « suf­frage uni­ver­sel » (élire des maîtres au lieu de voter vos lois). »

En pre­nant le temps de lire sur ce sujet, on découvre le gros­sier men­songe que consti­tue cette asso­cia­tion ‘démocratie=élections’ : d’in­nom­brables pen­seurs (Pla­ton, Aris­tote, Mon­tes­quieu, Rous­seau, Toc­que­ville, Kant, Marx, Cas­to­ria­dis, Ran­cière, etc.) démontrent et recon­naissent que l’é­lec­tion est fon­da­men­ta­le­ment aris­to­cra­tique et que seul le tirage au sort est démo­cra­tique.

Mais depuis 200 ans, les poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels (et leurs com­plices, sou­vent invo­lon­taires sans doute : pro­fes­seurs, jour­na­listes, notables…) ont fait dis­pa­raître cette réa­li­té (gênante pour eux) pour­tant recon­nue et lon­gue­ment décrite depuis 2 500 ans : l’é­lec­tion est dan­ge­reuse pour les citoyens car elle per­met à une caste poli­ti­cienne de prendre le pou­voir, de le gar­der et d’en abu­ser au pro­fit du groupe dominant.

Depuis mon enfance, je croyais ce qu’on m’a­vait tant rabâ­ché, sans y réflé­chir, comme on croit en une reli­gion, je croyais que le suf­frage uni­ver­sel était consub­stan­tiel de la démocratie.

Le débat sur le TCE m’a fort oppor­tu­né­ment enfin conduit à LIRE, lire beau­coup, et je découvre à cin­quante ans une impos­ture poli­tique géné­ra­li­sée, de la même ampleur, peut-être, que l’im­pos­ture spi­ri­tuelle des religions.

Ceci dit, si l’on consi­dère mal­gré tout qu’il est uto­pique d’es­pé­rer le tirage au sort de toutes les fonc­tions de pou­voir, si on admet que l’é­lec­tion est aujourd’­hui deve­nu l’ho­ri­zon indé­pas­sable de la dési­gna­tion des hommes au pou­voir, il y a cent cor­rec­tions du sys­tème élec­to­ral à effec­tuer d’ur­gence pour annu­ler les cent tri­che­ries que les poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels ont mises en place à tra­vers les âges pour s’af­fran­chir de tout contrôle citoyen.

Adresse de mon argu­men­taire sur ce point : « Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion » et notam­ment (mais pas seule­ment) le point 3A1.

Vous trou­ve­rez éga­le­ment des idées et des docu­ments dans mon ‘Jour­nal’ et dans les ‘Liens’ (cher­chez le mot ‘sort’ avec CTRL+F).

Syn­thèse des argu­ments échan­gés :
(que je devrais nor­ma­le­ment tenir à jour en fonc­tion de nos échanges, on peut rêver :o)
Vous pou­vez sans doute m’ai­der en me pro­po­sant une nou­velle syn­thèse de temps en temps.
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Étienne

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20 Commentaires

  1. Laurent K

    Le tirage au sort est effec­ti­ve­ment un moyen puis­sant de cor­ri­ger les dérives actuelles (tout à fait d’ac­cord sur l’a­na­lyse d’une classe poli­tique pro­fes­sion­nel­let et de ses dérives). Néan­moins, il pré­sente beau­coup d’inconvénients : 

    Comme sou­li­gné par un inter­ve­nant (Para­pluie), le tirage au sort ignore la notion de com­pé­tence et favo­rise donc les fonc­tion­naires qui « servent » l’é­lus. Ils ont la connais­sance et peuvent donc l’o­rien­ter dans leur sens. On en revient alors aux dérives actuelles des pro­fes­sion­nels et des ren­tiers de la politique. 

    Tout aus­si grave, il ignore la notion de pro­gramme poli­tique. Même si nous avons l’ha­bi­tude des pro­messes qui n’en­gagent que ceux qui y croient, le fait de voter au suf­frage uni­ver­sel pour une per­sonne en fonc­tion du pro­gramme qu’elle pro­pose per­met de peser un tant soit peu sur son des­tin alors que le tirage au sort revient à tirer à pile ou face son ave­nir toutes les x années. 

    Je suis donc plus favo­rable à des contre-pou­voirs plus puis­sants (révo­ca­tion de l’é­lu en cours de man­dat, loi sur l’in­dé­pen­dance éco­no­mique de la presse par exemple) qu’au tirage au sort qui revient à tirer à pile ou face la com­pé­tence de nos dirigeants.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  2. Jacques

    Bon­jour,
    Le tirage au sort ne me plaît pas.
    J’aime les cam­pagnes éléc­to­rales qui pré­cèdent les élec­tions. C’est un moment où on parle un peu d’autre chose que des chiens écra­sés et de foot dans les médias. Un moment aus­si où on parle enfin de poli­tique en famille, ou avec les col­lègues. Ce sont des moments forts de la vie collective.
    Le tirage au sort, c’est la ‘tech­no­cra­ti­sa­tion’ à outrance, l’abs­ten­tion ins­ti­tu­tion­nelle. Quel ennui !
    Nous avons besoin de rai­son, mais aus­si de passion.

    Réponse
  3. A-J Holbecq

    Bon­jour à tout le monde (et par­ti­cu­liè­re­ment à Étienne)

    Met­tons qu’on veuille, en défi­ni­tive, 10 repré­sen­tants par 100 000 habi­tants (élec­teurs) dont 1 soit un repré­sen­tant à une chambre « natio­nale »… Voi­ci une pro­po­si­tion de fonc­tion­ne­ment possible. 

    Pour le moment on est en « local » (voi­si­nage)
    10 amis se réunissent et choi­sissent l’un des leurs. 
    10 élus de ce pre­mier rang se réunissent et choi­sissent l’un d’eux (second rang).
    10 de ce second rang se réunissent et en choi­sissent 1.. on est donc ici à 1 pour 1000 habi­tant (non ?)

    À par­tir d’i­ci on passe en clé­ro­cra­tie… et on en tire 1 au sort par­mi les 1000 issus des 100 000 habi­tants (1000 fois 1000 h) qui sera char­gé des fonc­tions natio­nales, et 9 qui seront char­gés des autres chambres (régio­nales et muni­ci­pales), d’où seront tirés au sort les maires ou Pré­si­dents de conseils régionaux. 
    Bien évi­dem­ment si 1 « tiré au sort » refu­sait la charge confiée, il y aurait des suppléants. 

    Je com­prends que ce sys­tème peut sem­bler un peu bizarre, mais les jurés sont tirés au sort dans des listes d’é­lec­teurs (elles mêmes tirées au sort)… à une cer­taine époque, ces jurés pou­vaient envoyer un mec à l’échafaud. 

    Ce que je veux signa­ler c’est que : 
    1 – ce ne serait pas pire que le « clien­té­lisme » et les pro­messes élec­to­rales non tenues actuelles. 
    2 – les 1000 « tirables au sort » sont tous issus de choix de « voisinage »..
    3 – C’é­tait juste une base de réflexion… C’est évi­dem­ment améliorable.

    Ami­ca­le­ment

    AJH

    Réponse
  4. Le Drakkar Bleu Noir

    Bon­jour à vous

    Pour les accros de la compétence…

    Il n’existe qu’une com­pé­tence en matière élec­to­rale : celle du boni­men­teur (cf. « Le cor­beau et le Renard »). 

    Les membres de l’ad­mi­nis­tra­tion fran­çaise met­taient un point d’hon­neur à ser­vir un élu du peuple, indé­pen­dam­ment de leur propre choix poli­tique (cf. WEBER).

    Pour les accros de l’honnêteté
    veuillez médi­ter cela :
    un ami a eu en sa pos­ses­sion une lettre signée d’un Maire en passe de deve­nir Dépu­té qui fina­le­ment a été nom­mé Ministre.
    Cette lettre, que mon ami a ren­voyée à l’ex­pé­di­teur – et vous com­pren­drez pour­quoi – pré­ci­sait que le cumul des man­dats était inac­cep­table. Le Maire en ques­tion est tou­jours en poste et n’est plus Ministre.

    Salut et Fraternité

    Réponse
  5. Olga

    Le tirage au sort pro­dui­rait sans doute une assem­blée capable d’é­crire une consti­tu­tion, car celle-ci ne doit pas avoir à prendre posi­tion sur des choix idéo­lo­giques ou des enjeux éco­no­miques confron­tant des inté­rets antagoniques…

    Les experts consul­tés n’au­raient pas un besoin d’exer­cer quelque pression…

    …encore que : cela a eu lieu à l’en­contre des dépu­tés euro­péens, et notam­ment sur la com­mis­sion char­gée de l’é­la­bo­ra­tion de la fameuse « Charte des droits fondamentaux » :

    Nous savons qu’il y a eu modi­fi­ca­tion de l’es­prit et de la lettre de leur tra­vail ini­tial, mise devant un fait accom­pli de mani­pu­la­tion, et intimidation.

    Qu’est-ce qui arri­ve­rait à des « jurés » de cour d’as­sise s’ils étaient condam­nés à par­ta­ger leur « vie citoyenne » avec ceux qu’ils jugent ?

    Je crois que la conflic­tua­li­té est une réa­li­té de la socié­té, qu’il est néces­saire aux citoyens de se mobi­li­ser pour une idée plu­tôt qu’une autre, que la séré­ni­té des débats soit garan­tie par la Consti­tu­tion, mais un défen­seur de cause a besoin du sou­tien des par­ti­sans de cette cause.

    Le tirage au sort don­ne­rait l’i­mage sta­tique de « l’o­pi­nion publique domi­nante », tout comme la donnent les sondages.

    Il n’y a plus que du « consen­sus » mou, et aucune tri­bune réelle pour éven­tuel­le­ment « mettre en mou­ve­ment cette fameuse « opi­nion publique », 

    car ce qui est déci­sif, ce n’est pas seule­ment que les choses soient déci­dées en confron­tant le « pour » et le « contre », c’est sur­tout que les choses déci­dées soient appli­quées avec « sens civique » et avec convic­tion : adhésion !

    Je crois qu’il faut mettre en paral­lèle l’an­tique tirage au sort qui don­ne­rait un « Sénat », et le suf­frage uni­ver­sel à la pro­por­tion­nelle qui don­ne­rait une Assem­blée, l’al­ter­nance devant res­ter pos­sible, l’é­vo­lu­tion et la révo­lu­tion aussi.(pacifique)

    Réponse
  6. zozo

    Par Olga : « je crois qu’il faut mettre en paral­lèle l’an­tique tirage au sort qui don­ne­rait un « Sénat », et le suf­frage uni­ver­sel à la pro­por­tion­nelle qui don­ne­rait une Assemblée. »

    Moi aus­si, je crois que ce serait le mieux :
    – on sup­prime ain­si le Sénat qui ne sert plus à rien (ce sont les mêmes per­sonnes que ceux de l’as­sem­blée, voir Raf­fa­rin et/ou Voynet).
    – on garde les dépu­tés, qui seront donc plus faciles à convaincre.
    – on met un vrai pou­voir sépa­ré de l’as­sem­blée, que l’o­li­gar­chie en place ne peut pas contrôler/acheter/pervertir.
    – peuvent faire par­tie de la Com­mu­nau­té Euro­péenne seule­ment les pays qui implé­mentent cette struc­ture avec (au moins) deux chambres dont une tirée au sort.

    CQFD. Mais j’en avais déjà par­lé à Etienne. 

    Alter­na­ti­ve­ment, on peut aussi :
    – avoir une chambre avec des repré­sen­tants des régions.
    – une chambre de dépu­tés, dont la moi­tié est élue au suf­frage direct à 2 tours (pour per­mettre l’é­mer­gence d’une majo­ri­té), et l’autre moi­tié tirée au sort (pour satis­faire la repré­sen­ta­tion de toutes les tendances).

    En France il y a tou­jours débat entre pro­por­tio­nelle sur liste / directe majo­ri­taire, alors qu’en Hon­grie par exemple la moi­tié du par­le­ment est élu direc­te­ment en 2 tours et l’autre moi­tié en pro­por­tio­nelle sur liste au pre­mier des 2 tours : ça me parait beau­coup plus civilisé.

    Par contre, si on a déjà la repré­sen­ta­tion du peuple par tirage au sort, on peut lais­ser l’é­lec­tion des dépu­tés à la majo­ri­té, pour per­mettre à l’as­sem­blée de fonc­tion­ner. Ou alors 50/50 : la moi­tié des dépu­tés élue à la majo­ri­té, l’autre en pro­por­tion­nelle. Ça n’a plus vrai­ment d’im­por­tance si on a le tirage au sort.

    A+

    Zol­tan H.

    Réponse
  7. veyssiéres

    La ques­tion de la nomi­na­tion des repré­sen­tants du peuple se pose sur deux aspects.

    a) la méthode de dési­gna­tion : élec­tion, tirage au sort, etc.… le débat sur cette ques­tion est bien avan­cé et je ne pense pas pou­voir y appor­ter grand-chose.

    b) l’indépendance des repré­sen­tants : donc, la ques­tion oh com­bien impor­tante de leur rému­né­ra­tion au cours de leur man­dat et sur­tout après.

    Car, dès aujourd’hui, nous pou­vons consta­ter les pro­blèmes qui se posent et leurs conséquences.

    Un élu dont le man­dat n’est pas renou­ve­lé et s’il n’appartient pas à la fonc­tion publique se retrouve avec un sérieux pro­blème ; je ne m’étends pas sur le sujet car vous réa­li­sez tout de suite ce dont je veux parler.

    En consé­quence, nous retrou­vons au sein de nos repré­sen­tants, une popu­la­tion lar­ge­ment majo­ri­taire qui peut, par sa condi­tion sociale ou pro­fes­sion­nelle, évi­ter cet écueil de taille et c’est ain­si qu’une grande par­tie des citoyens ne peut abso­lu­ment pas se pré­sen­ter et est absente chro­ni­que­ment des institutions.

    Cela repré­sente une dis­cri­mi­na­tion impor­tante et je n’ai pas de sug­ges­tion à faire à ce jour ; je pense cepen­dant que cet aspect de la ques­tion doit être abordé.

    Jean

    Réponse
  8. Batswann

    Pour les élec­tions, je reste favo­rable à une méthode élec­tive, comme cela été dit par d’autres, cela a le mérite d’in­ter­pel­ler, au moins de temps en temps, sur les ques­tions de la vie col­lec­tive, de sus­ci­ter le débat. Cela a éga­le­ment l’a­van­tage d’o­bli­ger à pro­po­ser un pro­gramme. Le prin­ci­pal est actuel­le­ment les pro­messes non tenues. Dès lors, si on déve­loppe les contres pou­voirs, le non cumul des man­dats, la non recon­duc­tion de cer­tains man­dats, la remise en balance du man­dat… on efface, ou au moins on atté­nue les effets néfastes de l’élection.

    Réponse
  9. thom

    Le tirage au sort ne pré­sente qu’une appa­rence de démo­cra­tie (le peuple serait repré­sen­té par des citoyens qu’il n’au­rait pas choi­sis, il confie­rait son ave­nir au sort ? Un jet de dés sans débattre au préa­lable des projets ?

    De plus, il occulte la notion de compétence.

    L’é­lec­tion paraît un bon sys­tème : peut-être pour­rait-on élire un dépu­té en remon­tant du quar­tier (chaque habi­tant vote­rait pour un des leurs, en dehors des par­tis ou pro­po­sé par les par­tis), puis à la ville (avec des débats successifs).

    Ain­si la pen­sée unique per­drait en influence, des syn­thèses seraient réa­li­sées et le dépu­té serait un ras­sem­bleur ayant pas­sé les dif­fé­rentes étapes.

    Un citoyen vote­rait aux dif­fé­rents niveaux d’ac­cès autant de fois…

    Réponse
  10. Laurent_K

    Je suis d’ac­cord avec le point sou­le­vé par Veys­siéres sur l’in­dé­pen­dance de nos élus. Nous pou­vons avoir les meilleures ins­ti­tu­tions du monde sur le papier, si les hommes qui les font vivre sont cor­rom­pus, cela ne fonc­tion­ne­ra pas. Il faut donc se pen­cher sur leurs moyens d’existence. 

    Une idée serait de pré­voir des indem­ni­tés suf­fi­santes pour, non seule­ment la durée de leur man­dat, mais éga­le­ment après, ain­si que des faci­li­tés pour accé­der à des for­ma­tions de reclassement.

    Une autre idée serait que la loi per­mette à l’an­cien élu de retrou­ver son tra­vail à l’i­den­tique après son man­dat, avec un fond de garan­tie pour ceux dont l’en­tre­prise a dis­pa­ru entretemps.

    En contre­par­tie de ces lar­geurs, les élus seraient sou­mis à un contrôle plus strict de leur reve­nus avant, pen­dant et après leur man­dat (avec pos­si­bi­li­té d’être des­ti­tué s’il s’a­vère qu’un élu ne peut pas jus­ti­fier de ses reve­nus ou s’il a triché).

    Ce n’est pas par­fait (il y aura tou­jours des gens qui trou­ve­ront com­ment contour­ner le sys­tème) et cela coû­te­rait de l’argent mais moins que la cor­rup­tion (plus d’un mil­liard de Francs détour­nés rien qu’a­vec l’af­faire des lycées en Ile de France par exemple). Par ailleurs, si cela per­met une meilleure repré­sen­ta­ti­vi­té de la popu­la­tion à l’As­sem­blée, c’est une bonne chose. 

    Je crains de m’être un peu éloi­gné du sujet de la dési­gna­tion des repré­sen­tants mais le sujet me paraît essen­tiel. Si Étienne juge que c’est le cas, mer­ci de dépla­cer le post dans une rubrique plus appropriée. 

    Réponse
  11. tchoo

    Je ne vois pas en quoi le tirage au sort favo­ri­se­rait beau­coup plus les fonc­tion­naires (tech­ni­ciens, experts au ser­vice de…) qu’une élec­tion au suf­frage. Cela sup­pose que dans toute les élec­tions d’au­jourd’­hui, nous n’é­li­sons que des gens « com­pé­tents », qui n’ont pas besoin de leurs conseillers fonctionnaires.

    Réponse
  12. guillou alain

    Je pense qu’il serait urgent de ne pas jeter à la pou­belle ce qui consti­tue un ferment pour la démocratie :

    L’exis­tence de « la pen­sée », elle-même nour­rie de confron­ta­tion de pen­sées en conflit : la pen­sée critique.

    L’exis­tence de cou­rants de pen­sée et d’es­prits capables de prendre par­ti sans néces­sai­re­ment perdre ce pré­cieux besoin de confrontation.

    Le but d’un « gou­ver­ne­ment » est de ser­vir les choix résul­tant de ces confrontations :

    il doit y avoir « concur­rence libre et non faus­sée », en matière d’i­dées pour gouverner…

    On n’a pas vou­lu de la « concur­rence libre et non faus­sée » pro­po­sée en matière éco­no­mique pour le TCE, parce que cette pro­po­si­tion était sus­pecte, vu qu’elle éma­nait de sphères qui ont pas­sé des décen­nies à faus­ser et la concur­rence et la liber­té, à coup de « direc­tives » issues d’une « pen­sée unique » excluant toute contes­ta­tion des dogmes ultra-libéraux…

    Je pense que si les « élus » repré­sentent mal les cou­rants de pen­sée qui animent les consciences citoyennes, c’est tout d’a­bord parce que les ins­ti­tu­tions actuelles ne visent qu’à tri­cher contre la repré­sen­ta­tion pro­por­tion­nelle et contre le suf­frage uni­ver­sel direct.

    La force qui pousse à celà est domi­nante, c’est celle des « bailleurs de fonds »… celle des créanciers :

    si l’on nous bas­sine avec « le sur­en­det­te­ment de la France », ce mes­sage vient bien de ces Mes­sieurs qui pré­tendent cou­per court à tout débat en disant : « il n’y a qu’une véri­té : vous nous devez tant » !

    Je ne crois pas que des citoyens tirés au sort pour­raient faire face à ces argu­ments mas­sue sans l’ap­pui d’autres repré­sen­tants, issus du « droit d’as­so­cia­tion, du droit de syn­di­ca­tion » et des par­tis poli­tiques que toute dic­ta­ture réduit au nombre zéro.

    On ris­que­rait de croire que, enfin, « la véri­té indis­cu­table sort du tirage au sort »…

    Je crois bon la confron­ta­tion du tirage au sort et du suf­frage universel.

    Réponse
  13. zozo

    Il me semble qu’il y a moyen de conten­ter tous les avis : si on ne _remplace_ pas les élec­tions par le tirage au sort, mais qu’on les _complète_ seule­ment, on a le meilleur des 2 mondes.

    - les élec­tions pour élire des dépu­tés qui écrivent les lois, ce qui oblige aux débats dans la socié­té régu­liè­re­ment (lors des élec­tions justement. 
    – le tirage au sort pour dési­gner la deuxième chambre qui approu­ve­ra, ou non, les lois sor­ties de l’as­sem­blée, avec débats mais sans pou­voir écrire eux-mêmes des lois. Cette deuxième chambre garan­ti­ra la repré­sen­ta­tion du peuple, par un organe indépendant.

    Ces deux chambres doivent pou­voir se dis­soudre mutuellement.

    Alors ?

    zol­tan

    Réponse
  14. guillou alain

    Alors ?

    Alors, oui…

    Mais , les capi­taines d’in­dus­trie, les géné­raux hyper­ac­tifs, les « entre­pre­neurs » et tous les « prag­ma­tiques  » assoif­fés d’  »état d’ur­gence » vont crier :

    « halte au bar­ra­tin » , « trève de dis­cus­sions sté­riles », « tout celà ce sont des « machins » pour ser­vir la « chien­lit », voire « la racaille » etc…

    « et pen­dant celà la France… l’Europe…le tiers-monde…, vivent et dis­cutent « au-des­sus de leurs moyens », s’en­dettent, » etc.

    (Face aux émeutes, le TCE rou­vrait la porte à la peine de mort, « néces­saire » par exemple…)

    Et que pen­ser des son­dages d’o­pi­nion en france pen­dant la « révolte des banlieues » ?

    L’ap­pli­ca­tion d’une » consti­tu­tion par­faite » sera tou­jours déran­gée par des « états d’ur­gence » clai­ron­nés par ceux que la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive dérange.

    Le pro­blème c’est quelle place dans cette consti­tu­tion, pour le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive populaire ?

    car il est cer­tain qu’il n’y a rien de plus dan­ge­reux que ce type de vote, s’il est orga­ni­sé à la hâte, dans l’é­mo­tion, et sous la pres­sion d’é­vé­ne­ments déclen­chés ou pro­vo­qués par des appren­tis-sor­ciers incen­diaires le kar­cher à la main.

    ici , il faut que cette consti­tu­tion donne sa place au « Réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire », par lequel un peuple, aler­té par l’une de ses assem­blées, ou par une par­tie (mino­ri­té, par­ti, confé­dé­ra­tion syn­di­cale, asso­cia­tion) obtien­dra cette consul­ta­tion, ce débat géné­ra­li­sé pour cou­per court aux ten­ta­tives, et « gagner le temps » que cer­tains reprochent à la démo­cra­tie par­le­men­taire de « perdre ».

    (Mon pro­blème c’est le rythme des néces­si­tés his­to­riques, qui varie, cer­tains évè­ne­ments demandent une « alerte » et l’ap­pel à réflé­chir plus, plus vite, et plus mas­si­ve­ment, si l’on ne veut pas que les peuples soient tou­jours « en retard « , mis devant le « fait accom­pli » par « on ne sait qui ».)

    Réponse
  15. guillou alain

    Place du RIP pour tran­cher entre l’as­sem­blée élue et le sénat tiré au sort, pour le cas où il y aurait crise entre ces instances.

    Réponse
  16. Jacques Roman

    Par­don­nez mon igno­rance, mais où et quand le tirage au sort a‑t-il fonc­tion­né dura­ble­ment et de manière satis­fai­sante ? JR

    Réponse
  17. Étienne

    D’a­bord un ren­voi, pour info :
    Dans le point 3A2 (« Les élus devraient rendre des comptes à la fin de leur man­dat impé­ra­tif »), j’ai rédi­gé un com­men­taire (numé­ro 6) qui inté­resse aus­si le pré­sent point 3A1 (« Dési­gna­tion des repré­sen­tants des citoyens : élec­tions ou tirage au sort ? »).

    Ensuite, pour Jacques : le tirage au sort a été inten­sé­ment pra­ti­qué, et même géné­ra­li­sé dans tous les cas où aucune com­pé­tence par­ti­cu­lière n’é­tait exi­gée, ce qui est le cas de la Poli­tique aux yeux des démo­crates, pen­dant un siècle (deux ?) à Athènes au 5è et au 4è siècles avant JC : tirage au sort asso­cié aux man­dats courts (un an) et non renou­ve­lables, avec red­di­tion des comptes (sévère) en fin de man­dat. Tous les magis­trats étaient ain­si dési­gnés, par­mi les volon­taires (qui ont par­fois fait défaut, ce qui a conduit à faire des excep­tions au non renou­vel­le­ment des man­dats), et c’é­tait sou­vent des citoyens pauvres. D’autres expé­riences humaines, plu­tôt rares, ont uti­li­sé le sort pour dési­gner les repré­sen­tants, mais celui-ci est res­té très vivant dans la réflexion poli­tique jusqu’au 18è. Lire l’ex­cellent livre de Han­sen, « la démo­cra­tie athé­nienne à l’é­poque de Démos­thène », oeuvre d’une vie qui éclaire notre époque de lumières oubliées mais vivifiantes. 

    Le fait que le régime athé­nien ait dis­pa­ru ne fait pas la démons­tra­tion qu’il était mau­vais. Cette dis­pa­ri­tion peut tout aus­si bien mon­trer sa fra­gi­li­té face aux hommes avides de pou­voir qui deviennent de plus en plus habiles pour le cap­ter durablement. 

    Le fait que la défi­ni­tion du peuple de l’é­poque, qui excluait de la citoyen­ne­té les femmes, les esclaves et les métèques, est aujourd’­hui révol­tante ne fait pas non plus la démons­tra­tion qu’é­taient aus­si mau­vaises les idées conçues et tes­tées par ailleurs pour pro­té­ger le peuple contre les abus de pouvoir. 

    Il est évi­dem­ment com­mode, pour les hommes poli­tiques actuels, dont le métier même est mena­cé par les fon­de­ments de cette expé­rience démo­cra­tique his­to­rique, de jeter rapi­de­ment le bébé avec l’eau du bain sous pré­texte que l’eau est effec­ti­ve­ment infâme. 

    Et puis per­sonne ne dit qu’il faut retour­ner inté­gra­le­ment au régime d’A­thènes. Il se trouve sim­ple­ment que l’ex­pé­rience athé­nienne, réelle et solide, pour­rait nous don­ner à tous de bien utiles leçons pour amé­lio­rer notre démo­cra­tie moderne dont l’é­tat actuel n’est pas un hori­zon indé­pas­sable : nous sommes pro­ba­ble­ment capables (si nous nous réveillons) d’a­mé­lio­rer l’or­ga­ni­sa­tion de notre socié­té « démocratique ».

    Étienne.

    Réponse
  18. Jacques Roman

    Etienne,

    Votre mes­sage 17 m’a don­né à pen­ser, et il se peut en effet qu’on puisse uti­li­ser le tirage au sort, à cer­taines condi­tions, par exemple en rap­port avec le vote blanc (que je pro­po­se­rais d’ailleurs de rebap­ti­ser « vote récu­sa­toire »). Ce vote por­te­rait alors sur des « can­di­dats de réserve »).

    En ce qui concerne Athènes, je lui recon­nais le grand mérite d’a­voir pro­ba­ble­ment inven­té la notion de démo­cra­tie en ins­ti­tuant le gou­ver­ne­ment des citoyens par les citoyens – mais cer­tai­ne­ment pas le gou­ver­ne­ment du peuple par le peuple. Les 50 000 citoyens athé­niens, qui se connais­saient tous et fonc­tion­naient gros­so modo à la manière d’un club bri­tan­nique, exer­çaient une domi­na­tion fort peu démo­cra­tique sur le reste de la popu­la­tion (quelques cen­taines de mil­liers de per­sonnes) : ne croyons donc pas auto­ma­ti­que­ment à l’exem­pla­ri­té de cette « démo­cra­tie » et de ses ins­ti­tu­tions – comme le tirage au sort – pour nous autres gens du XXIe siècle.

    Mes chiffres sont très approxi­ma­tifs : de vagues rémi­nis­cences que je n’ai pas eu le cou­rage de véri­fier. J’es­père que quel­qu’un – peut-être un Athé­nien fran­co­phone ? – me les cor­ri­ge­ra, avec mes idées le cas échéant. JR

    Réponse
  19. Jacques Roman

    Vote blanc (récusatoire)/tirage au sort

    On pour­rait, avant l’é­lec­tion, tirer au sort un nombre X de citoyens (ins­crits sur la liste élec­to­rale et volon­taires). Dans le cas du scru­tin pro­por­tion­nel, ce nombre cor­res­pon­drait au nombre de sièges à pour­voir (liste de réserve), et les votes blancs (récu­sa­toires) iraient, dans l’ordre, aux volon­taires ins­crits sur cette liste.

    Les volon­taires tirés au sort pour­raient déci­der entre eux de l’ordre dans lequel les noms appa­raî­tront sur la liste de réserve, ou bien, dans le cas du scru­tin uni­no­mi­nal, du nom du can­di­dat unique choi­si sur la liste de réserve – mais sans fixer de pro­gramme poli­tique col­lec­tif à la liste, parce que ce serait contraire à l’es­prit du tirage au sort.

    L’a­van­tage du sys­tème est qu’il vien­drait cor­ri­ger l’om­ni­po­tence actuelle des par­tis au stade de l’é­lec­tion et offri­rait un exu­toire aux mécontents.

    Sur le vote obli­ga­toire, je me reprends à dou­ter : est-ce que ce serait vrai­ment une atteinte inac­cep­table à la liber­té comme l’a dit quel­qu’un ? L’o­bli­ga­tion de payer des impôts et, autre­fois, l’o­bli­ga­tion du ser­vice mili­taire sont ou étaient bien des atteintes à la liber­té. Il me semble que si l’on vit dans une socié­té démo­cra­tique qui opère en tenant compte de la volon­té des indi­vi­dus, ceux-ci devraient au mini­mum avoir l’o­bli­ga­tion de mani­fes­ter leur volon­té. JR

    Réponse
  20. Étienne

    5 février : je ferme les com­men­taires sur ce fil de dis­cus­sion car j’ai créé un vrai ‘forum’ pour mieux pré­sen­ter et struc­tu­rer nos échanges.

    Le pré­sent fil se pour­suit sur le forum à http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=20.

    Je vous invite à vous ins­crire à ce nou­veau forum (c’est facile) et à copier/coller, les mes­sages que vous esti­mez les plus inté­res­sants, voire tous bien sûr, depuis ce blog jus­qu’au nou­veau forum. Le plus simple pour aller vite, c’est d’ou­vrir deux fenêtres, une sur le blog, l’autre sur le forum, et copier/coller d’une fenêtre à l’autre.

    Je vous demande bien par­don pour la gêne que je vous cause ain­si, mais je suis sûr que vous pré­fé­re­rez ce nou­vel outil de débat.

    Écri­vez-moi si vous avez du mal, je vous aide­rai :o)

    Au plai­sir de vous lire à nou­veau très bien­tôt :o)

    Réponse

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