Pour l’instant, le vote blanc est comptabilisé avec les votes nuls, les erreurs (!), ce qui revient à refuser aux citoyens le droit de dire « Aucun de ces candidats ne me plaît » : les citoyens n’ont que le droit de choisir celui qu’ils trouvent le moins mauvais…
Tenir pour nuls les votes blancs sert à protéger le clan des politiciens professionnels, en interdisant de les contester en bloc, mais c’est une violence grave contre le droit de vote.
Le vote blanc doit retrouver son sens politique fort.
Le vote blanc dit « proposez-moi autre chose » et doit absolument être pris en compte sous peine de déni de démocratie : quand aucun candidat n’a mon aval, il est important que je puisse le dire et que ma voix soit entendue et respectée.
Si une majorité de votes blancs est constatée, il faut que tous les candidats soient invalidés et qu’on recommence l’élection avec d’autres candidats.
Pour un argumentaire sur ce point, lire : Grands principes d’une bonne Constitution et notamment le point 2A2f.
Synthèse des arguments échangés :
(que je devrais normalement tenir à jour en fonction de nos échanges, on peut rêver :o)
Vous pouvez sans doute m’aider en me proposant une nouvelle synthèse de temps en temps.
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Quelle idée séduisannte, mais n’y a‑t-il pas de risque d’épuiser très rapidement les candidats compétents et de se retrouver avec des néophytes ?
Mais peut-être que cette idée pourrait ne s’appliquer qu’à certaines élections (Assemblées) et pas à d’autres (Présidentielle).
Bonjour,
Le vote blanc doit en effet être revalorisé.
Il a aussi un rôle à jouer si on applique un autre principe qu’une personne = une voix.
Par exemple, si on dispose de 2 bulletins, un pour dire ce que l’on veut, et un autre pour dire ce que l’on ne veut pas (je suis favorable à ce système électoral), le vote blanc doit bien sûr être clairement décompté dans ce cas aussi (pour dire que personne ne me plaît, et éventuellemnt faire refaire l’élection, ou dire que personne ne me déplaît et ne pas générer de vote ‘contre’).
Oui à la reconnaissance officielle du vote blanc et au développement du système de vote par procuration.
Mais qui a un corollaire indispensable : l’OBLIGATION inscrite dans la loi d’aller voter, ce qui suppose d’instaurer une sanction (à définir) en cas d’absence citoyenne aux rendez-vous électoraux.
À propos de « vote blanc » et de « tirage au sort », me reviennent quelques souvenirs de lecture :
« La logique du vivant » par un éminent biologiste (Monod ?)
« La nouvelle grille » par H LABORIT (chez O.Jacob)
« Complexité et émergence des systèmes non linéaires » (L.Sève, La Dispute)
La place du hasard, son éventuelle utilité, et le temps du choix que s’accorde la nature, avec des « plages de silence ».
Ici je pense qu’il est utile de donner au « vote blanc » une conséquence : constituer la « chambre tirée au sort ».
Ce fameux « sénat » qui ferait pendant à « l’assemblée élue », serait d’autant plus nombreux que le pourcentage de votes blancs aurait été important.
La conséquence, « imprévisible » par définition, n’en serait pas moins « déterminée » par « la volonté populaire ».
C’est ainsi reconnaître que l’on peut être « acteur de son destin » sans prétendre à l’illusoire prédictibilité de celui-ci.
Aucun système ne permettant de décréter « la fin de l’histoire », cela ne changerait pas, mais au moins les citoyens auraient la satisfaction » d’y avoir été pour quelque chose », et ce sentiment est celui de la dignité humaine, laquelle a quelques « chances » d’avoir des « conséquences heureuses ».
D’accord pour comptabiliser le vote blanc (que je rebaptiserais « vote négatif ») dans certaines conditions (à étudier de près, évidemment).
Je crois aussi que dans l’hypothèse de la comptabilisation des votes négatifs le vote devrait devenir obligatoire.
Jacques Roman
Pour moi, le vote blanc n’est pas négatif :
il y a ceux qui croient, ceux qui ne croient pas , et ceux qui trouvent la question de croire ou de ne pas croire complètement « à côté de la plaque ».
Autrement dit, sur deux ou plusieurs « propositions », il peut se trouver assez de monde pour juger que ce sont des réponses à une question mal posée, ce qui signifie qu’il existe un besoin de poser autrement les problème :
les citoyens ne sont pas des écoliers qui doivent répondre à des maîtres, ils sont des adultes qui peuvent trouver que la société ne se pose pas les bonnes questions :
leur seul moyen d’alerter leurs concitoyens, c’est le vote blanc, et si non, vive « la désobéïssance civile » !
Ainsi, la question qui se pose à la France après les 6 premières années du 3ème millénaire est-elle vraiment de savoir quel candidat choisir comme président des menteurs que les français s’accusent mutuellement d’être ?
Il me semble que la réponse par un bulletin blanc s’impose…
(Si je suis hors-sujet, vous pouvez m’arrêter, au moins sur ce forum, mais si « l’offre politique » faite aux citoyens répond complètement à côté de leurs luttes, de leurs attentes et de leurs préoccupations… ?)
Dans la perspective d’Alain Guillou, en effet, « vote négatif » ne convient pas. De plus, ça ferait penser à des votes « Non ». Je retire donc ma suggestion, faite à la légère.
Il me semble cependant que « vote blanc » ne devrait pas convenir davantage à Alain Guillou. Il faudrait trouver un autre nom, surtout si l’on arrive à donner une fonction positive à cette forme de vote.
Le « vote blanc » porte soit sur des candidats, soit sur des propositions (constitutionnelles, législatives…).
Dans le premier cas (propositions), le moyen le plus simple de « fonctionnaliser » le vote blanc, s’il est majoritaire, serait d’obliger à représenter la proposition (modifiée ou non) dans un certain délai. Si le vote blanc (seul ou comptabilisé avec les « Non ») l’emportait la seconde fois, la proposition serait considérée comme rejetée.
Dans le second cas (élection), on pourrait tirer parmi les citoyens inscrits sur les listes et qui se sont portés volontaires permanents le nombre d’élus correspondant au nombre de votes blancs. L’indication du volontariat figurerait sur les les listes électorales (l’électeur pourrait la faire supprimer à tout moment). Le volontariat pourrait être assorti de conditions supplémentaires (avoir exercé des fonctions électives ou des fonctions dans une association, par exemple).
(Pardon si une proposition de ce genre a déjà été faite ici : je n’ai pas encore vu tous les messages). JR
C’est une bonne idée de chercher un autre nom, plus évocateur, pour le vote « blanc ».
En effet, c’est peut-être en partie à cause de son nom (qui n’exprime pas bien son propre sens politique) que le vote « blanc » n’est pas défendu « bec et ongles » par les citoyens (contre les politiciens de métier qui leur refusent, depuis toujours et très discrètement, ce pouvoir important, pouvoir d’imposer un renouvellement radical des candidats ou des questions soumis au suffrage).
Alors, quel autre nom ?
Il faudrait que, de ce nouveau nom, ressorte bien l’idée de vote PROTESTATAIRE :
• « Aucun candidat en présence ne me convient » dans une élection,
ou bien
• « La question elle-même ne me convient pas » dans un référendum.
Le vote blanc, c’est aussi la LIBERTÉ de *ne pas se laisser enfermer* (par ceux qui sont à l’intiative du scrutin) dans un choix de candidats mal sélectionnés ou dans une question mal posée.
Cherchons ensemble un autre nom pour le stratégique vote « blanc », si vous le voulez bien.
Étienne.
Reconnaissance du vote blanc : oui, oui et oui.
Et ce faisant, j’ai dans l’idée que le taux d’abstention pourrait diminuer sensiblement.
Le mot blanc me convient, car très imagé.
(2)(Jacques): pour exprimer que l’un ou l’autre candidat me convient, ou les deux réponses à la question : en corollaire au bulletin blanc, au bulletin uninominal, il nous faut aussi le bulletin « bi-nominal ».
En fait, c’est « vote noir » que ça aurait dû s’appeler, pas « vote blanc ».
On pourrait penser à « vote d’exclusion », « vote de rejet », ou « vote récusatoire », auquel je pense à l’instant. JR
Bulletin « binominal »
Tchoo (9),
Je crois que ce serait aller trop loin, obscurcir la signification du scrutin et créer des risques d’erreur de vote non négligeables. Le citoyen devrait être en mesure d’exprimer une préférence. Récuser en bloc, c’est une décision claire, mais dire « faites comme vous voulez » ou « mettez‑y qui vous voulez », est-ce que ça vaut le déplacement ?
JR
Pour Jacques et Tchoo.
Bonjour,
La possibilité de mettre plusieurs bulletins dans la même enveloppe est déjà une hypothèse étudiée par ailleurs, comme du reste le « vote à points » exprimé ici ou là. Pour ceux qui ne connaissent pas, le premier permet de glisser deux noms lors d’une élection et de voter en quelque sorte avec sa tête et avec son coeur. Pour info, un essai a été fait lors de l’élection présidentielle de 2002, dans sur un arrondissement parisien je crois, avec un résultat qui donnait au second tour Jospin et Bayrou.
Pour le second il s’agit de dire « vous avez le droit à un nombre de points que vous distribuez aux candidats comme bon vous semble ». Par exemple, si vous avez 6 points à distribuer, vous pouvez, à loisir, tout donner à un candidat, ou en donner 4 à l’un et 2 à l’autre, ou 1 à six candidats différents…
Deux modes qui me semblent intéressants.
Bonjour Batswann (12),
Le « vote à points » est à mon avis beaucoup plus intéressant que le vote multilbulletin : tout le monde est allé à l’école et sait comment manoeuvre une notation sur 10 ou sur 20.
En plus, le zéro tiendrait tout simplement la place du vote blanc (récusatoire). L’absence de notation signifierait l’abstention.
Je suppose qu’il devrait s’agir d’un vote électronique – autrement, le dépouillement et le vote lui-même risquent de donner lieu à pas mal d’erreurs. JR
Bonjour à tous,
Je suis totalement pour cette idée de reconnaissance du vote blanc. J’ai toujours été très choqué par l’amalgame vote blanc=vote nul.
Le nom de vote blanc me convient personnellement. Garder ce nom permet de garder une certaine cohérence entre les différentes personnes qui demandent sa reconnaissance (parti blanc, union pour la démocratie directe…)
Je suis également d’accord avec le fait que 50% de votes blancs devraient annuler l’élection. J’espère que les partis au pouvoir réagiraient avant ce seuil fatidique (on peut toujours rêver, sinon je ne serais pas sur ce site…) Quoiqu’il en soit, je pense qu’il faudrait réglementer dans la Constitution la façon de refaire l’élection, il ne s’agit pas qu’on nous resserve à chaque fois des « clones » des candidats précédents et que les élections soient annulées 3 fois de suite (là je pense à une élection présidentielle)…
La portion de vote « sanction » serait plus claire si ce vote était reconnu et éviterait que des hommes politiques pensent que leurs idées plaisent aux français alors qu’il s’agit juste d’un vote de dépit…
5 février : je ferme les commentaires sur ce fil de discussion car j’ai créé un vrai ‘forum’ pour mieux présenter et structurer nos échanges.
Le présent fil se poursuit sur le forum à http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=17.
Je vous invite à vous inscrire à ce nouveau forum (c’est facile) et à copier/coller, les messages que vous estimez les plus intéressants, voire tous bien sûr, depuis ce blog jusqu’au nouveau forum. Le plus simple pour aller vite, c’est d’ouvrir deux fenêtres, une sur le blog, l’autre sur le forum, et copier/coller d’une fenêtre à l’autre.
Je vous demande bien pardon pour la gêne que je vous cause ainsi, mais je suis sûr que vous préférerez ce nouvel outil de débat.
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