Quelle procédure suivre pour écrire une bonne Constitution ?

1/01/2006 | 25 commentaires

L’as­sem­blée consti­tuante doit-elle être élue ou tirée au sort ?

. Élue avec quels can­di­dats ?
. Élus sur quel pro­gramme consti­tuant ?
. Avec quels contrôles du res­pect de ce programme ?

. Au sort par­mi les volon­taires
. ou bien au sort sans contrainte sur les listes électorales ?

Et com­ment déclen­cher ce pro­ces­sus constituant ?

. Par l’é­lec­tion d’un Pré­sident de la Répu­blique, citoyen non pro­fes­sion­nel de la poli­tique, qui l’a pro­mis solen­nel­le­ment et qui a aus­si pro­mis de démis­sion­ner après nous avoir per­mis de chan­ger les institutions ?

. Par le pro­cé­dé des élus d’un site comme celui de Expé­rience démo­cra­tique ?

. Autre idée concrète réaliste ?

Pour un argu­men­taire sur ce point, lire : Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion et éga­le­ment mon jour­nal du 19 novembre.

Syn­thèse des argu­ments échangés :

(que je devrais nor­ma­le­ment tenir à jour en fonc­tion de nos échanges, on peut rêver :o)
Vous pou­vez sans doute m’ai­der en me pro­po­sant une nou­velle syn­thèse de temps en temps.
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Étienne

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25 Commentaires

  1. Nicolas

    Juste une ques­tion : quelle légi­ti­mi­té aurait une assem­blée consti­tuante ? Etant don­né qu’il s’a­git avant tout d’un trai­té inter­na­tio­nal, il fau­dra de toute façon la signa­ture des chefs d’é­tats et de gou­ver­ne­ments, et ensuite une rati­fi­ca­tion par réfé­ren­dum ou Par­le­ment. On l’a déjà vu avec la Conven­tion : celle-ci a fait son tra­vail mais a été révi­sé et réécrit par les chefs d’é­tat et de gou­ver­ne­ment. Fran­che­ment, croyez-vous qu’une véri­table assem­blée consti­tuante puisse voir le jour ? De plus, il me semble pré­ma­tu­ré pour par­ler d’une véri­table consti­tu­tion : l’UE n’est pas un état mais une asso­cia­tion d’é­tats. Le TCE n’é­tait lui-même pas juri­di­que­ment une consti­tu­tion mais bel et bien un trai­té inter­na­tio­nal, non ?

    Réponse
  2. Etienne

    Bon­jour Nicolas.
    C’est pré­ci­sé­ment la légi­ti­mi­té des États à s’u­nir entre eux (sans leurs peuples) pour trans­fé­rer leur sou­ve­rai­ne­té que je remets en cause.
    Il faut com­prendre que notre seule pro­tec­tion contre les abus de pou­voirs, la seule limite oppo­sable aux dif­fé­rents pou­voirs, c’est notre Consti­tu­tion (natio­nale, euro­péenne ou mon­diale, com­pre­nez-moi : je n’ai pas du tout une approche natio­na­liste). Il faut reve­nir aux sources du droit et com­prendre À QUOI SERT une Constitution.
    Les repré­sen­tants élus ne sont pas pro­prié­taires de la sou­ve­rai­ne­té, ils ne sont que loca­taires : ils peuvent l’exer­cer mais ils ne peuvent pas en dis­po­ser, seuls les peuples le peuvent.
    Si nous autres, indi­vi­dus, lais­sons filer cette pro­tec­tion ins­ti­tu­tion­nelle, nous n’a­vons plus AUCUNE protection.
    Les hommes poli­tiques de métier avaient déjà vidé de leur sens les ins­ti­tu­tions natio­nales (où les contrôles des pou­voirs sont tous fac­tices, voir à ce sujet mon tableau réca­pi­tu­la­tif à la fin du texte « Grands prin­cipes… »), ils confirment et ampli­fient cette ten­dance anti­dé­mo­cra­tique à l’oc­ca­sion de la construc­tion européenne. 
    Le débat réfé­ren­daire aura ser­vi de révé­la­teur pour de nom­breux citoyens qui ne s’oc­cu­paient pas de tous ces pro­blèmes auparavant.
    La légi­ti­mi­té d’une Assem­blée Consti­tuante est donc naturelle. 
    Je dirais même plus : il n’est pas d’autre moyen légi­time de fixer les règles du pou­voir (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, trois pou­voirs clas­siques à qui on devrait adjoindre aujourd’­hui les médias, me semble-t-il).
    Et s’il n’est vrai­ment pas pos­sible de créer une Europe plus démo­cra­tique que ce qu’est l’UE aujourd’­hui, alors c’est vrai, il faut res­ter HORS de cette machine tech­no­cra­tique pour évi­ter d’y être broyés.
    Mais je crois que les peuples euro­péens ont gran­di est que plu­sieurs d’entre eux sont prêts à se rap­pro­cher réel­le­ment, démo­cra­ti­que­ment. C’est ce pro­ces­sus-là qu’il faut enclen­cher, plu­tôt que rafis­to­ler l’es­cro­que­rie actuelle.
    Amicalement.
    Étienne.

    Réponse
  3. Nicolas

    Mais il ne s’a­git pas de créer un état euro­péen à l’heure actuelle, mais un rap­pro­che­ment entre états euro­péens. Par­tant de ce point, com­ment une assem­blée consti­tuante peut-elle créer une véri­table consti­tu­tion ? Au plus, peut elle pro­po­ser un texte pour un trai­té inter­na­tio­nal entre entre état euro­péen (comme l’é­tait le TCE). Votre but est-il de créer un état euro­péen ? Dans ce cas, il fau­drait accep­ter l’i­dée que la France n’existe plus qu’en tant que région de cet état. Cela risque d’être dur à accep­ter pour de nom­breux pays à l’heure actuelle.

    Réponse
  4. Etienne

    Nico­las,
    Vous dites « il ne s’a­git pas de créer un État européen »…
    Mais le pro­blème est pré­ci­sé­ment qu’on affirme cela en fai­sant exac­te­ment le contraire : au-delà des grandes pro­cla­ma­tions média­tiques, ce que mettent réel­le­ment en place les ins­ti­tu­tions de l’UE, c’est beau­coup plus qu’un rap­pro­che­ment entre États, c’est une dépos­ses­sion pro­gres­sive des pré­ro­ga­tives des États (et donc des peuples concer­nés) au pro­fit d’une orga­ni­sa­tion nou­velle, non éta­tique effec­ti­ve­ment, mais com­plè­te­ment hors contrôle, ce qui devrait inquié­ter tout le monde, aus­si bien à droite qu’à gauche.
    Vous avez l’air de tenir à l’Eu­rope indé­pen­dam­ment des peuples qui la com­posent, alors que je suis, de mon côté, sou­cieux AVANT TOUT du contrôle des pou­voirs, et qu’une Europe sans contrôle des pou­voirs me semble une folie (une France sans contrôle des pou­voirs est éga­le­ment une folie, pour les citoyens).
    Mon but n’est pas de créer un État euro­péen, il est de garan­tir un véri­table contrôle des pou­voirs (et pas un simu­lacre), QUELLE QUE SOIT L’ÉCHELLE de l’en­ti­té poli­tique choi­sie par les peuples pour gérer leurs affaires (nation, conti­nent, monde).
    Mer­ci pour votre patience :o)
    Amicalement.
    Étienne.

    Réponse
  5. Nicolas

    Je suis d’ac­cord, l’Eu­rope n’est pas aus­si démo­cra­tique que ne l’est la France. Les Com­mis­saires sont dési­gné par nos pays res­pec­tifs (d’ailleurs quelle est la pro­cé­dure exacte ? Je l’i­gnore). Néan­moins, l’UE le recon­nait plus ou moins expli­ci­te­ment, d’a­bord avec son plan D (qui je l’ad­met me semble ridi­cule) et aus­si avec son ajout de pou­voir en faveur du Par­le­ment euro­péen dans le TCE. A ce pro­pos, le TCE com­por­tait sur ce point là une avan­cée : pas moins de 40 nou­veaux domaines pas­saient à la codé­ci­sion avec le Par­le­ment. Dom­mage que nous l’ayons refusé.
    Autre chose : quand vous dites « une Europe sans controle du pou­voir », pour­riez-vous déve­lop­per s’il vous plait.

    Quant à ma patience, c’est sur­tout que j’a­dore débattre sur la construc­tion euro­péenne, et même si je dois avouer que vous m’a­vez bcp éner­vé durant la cam­pagne, j’ap­pré­cie bcp qu’un noniste conti­nue le débat. Car cer­tains se contentent de cri­ti­quer et une fois le réfé­ren­dum ter­mi­né, ils s’en vont. Je trouve cela scan­da­leux et j’ap­pré­cie que vous ne fas­siez pas par­tie de cette majo­ri­té d’électeurs.

    Réponse
  6. Étienne

    Nico­las,
    Il faut que je me retienne de tout ré-expli­quer ici : vous devriez consul­ter mon deuxième docu­ment (« Grands prin­cipes d’une bonne Consti­tu­tion ») qui détaille les incroyables carences fran­çaises et euro­péennes en termes de contrôle des pou­voirs, et ce depuis fort longtemps.
    Nous pour­rions, ensuite, dis­cu­ter des points qui vous semblent liti­gieux, et je vous répon­drai avec plai­sir :o)
    Amicalement.
    Étienne.

    Réponse
  7. Nicolas

    Bien, il y a un point qui me pose un grand pro­blème : je n’ai pas tout lu mais, si j’ai bien com­pris, vous pré­ten­dez glo­ba­le­ment que le TCE était une consti­tu­tion, non ? Or ce n’é­tait pas le cas, il s’a­gis­sait, juri­di­que­ment par­lant, d’un trai­té inter­na­tio­nal. Dites-moi si je me trompe.

    Nico­las

    Réponse
  8. Étienne

    Nico­las,
    Je dois faire atten­tion à la place que nous occu­pons en repre­nant ain­si des points déjà lon­gue­ment déve­lop­pés par ailleurs (il faut lire, s’il vous plaît, mon texte « Une mau­vaise Consti­tu­tion », ain­si que les pre­miers billets de mon « Jour­nal », ain­si que la « lettre ouverte aux journalistes »).
    Le point de savoir si un texte est une Consti­tu­tion ou pas ne dépend pas de ce qu’à bien vou­lu dire son auteur. S’il suf­fi­sait à un tyran de pré­tendre que l’or­ga­ni­sa­tion tyran­nique qu’il met en place tout seul n’est pas une Consti­tu­tion pour se dis­pen­ser du res­pect des prin­cipes d’é­la­bo­ra­tion des Consti­tu­tions, ces prin­cipes seraient bien fragiles. 
    C’est la nature du texte, c’est ce que règle le texte, c’est l’ef­fet du texte sur les hommes qui per­met de savoir qu’on à affaire à une Consti­tu­tion : un texte qui met en place un Par­le­ment, un Gou­ver­ne­ment, un sys­tème Judi­ciaire, un texte qui règle les (dés)équilibres entre les pou­voirs, qui règle les (non)contrôles des pou­voirs, qui pré­voit les recours, les caté­go­ries de normes et leur hié­rar­chie, etc., ce texte, à l’é­vi­dence Nico­las, je dis bien « à l’é­vi­dence », est une Consti­tu­tion, c’est-à-dire un texte supé­rieur, fon­da­teur, qui ne doit pas être impo­sé aux peuples mais bien plu­tôt éla­bo­ré par eux. 
    Pour le dire autre­ment, le trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen est clai­re­ment une Consti­tu­tion PAR NATURE (et les trai­tés qui l’ont pré­cé­dé aus­si, d’ailleurs !), et ceux qui pré­tendent qu’il ne l’est pas ont un com­por­te­ment bien étrange. Est-ce qu’on a bien com­pris À QUOI SERT une Constitution ?
    Et la pos­ture qui consiste à dire « ce n’est pas une Consti­tu­tion, c’est un Trai­té, puisque ses auteurs le déclarent tel », cette pos­ture est éton­nante : on fait ain­si bien peu de cas des peuples (on parle bien des hommes en chair et en os, n’est-ce pas Nico­las ?) et de leur pro­tec­tion contre les pouvoirs.
    Amicalement.
    Étienne.

    Réponse
  9. Nicolas

    J’a­vais lu durant la cam­pagne votre texte. Je tiens d’ailleurs à vous féli­ci­ter car vous avez du y pas­ser beau­coup du temps. Je vous avoue­rais que votre texte m’a­vait quelque peu irri­té à l’é­poque (étant don­né que je suis pour le oui, cela semble nor­mal :-)). Bon je vous répon­drais que je pré­fère la réponse qui vous avait été faite à l’é­poque : vote​roui​.free​zee​.org/​t​ext… Je vous invite, si ce n’est pas déjà fait à la lire.

    Ami­ca­le­ment
    Nicolas

    Réponse
  10. Étienne

    Cher Nico­las :o)
    Vous avez rai­son, Bas­tien Fran­çois, que j’ai ren­con­tré depuis, m’a­vait répon­du avec un long texte dénon­çant une impos­ture et de « gros­sières erreurs juri­diques ». Non seule­ment je l’ai lu, mais j’ai beau­coup tra­vaillé des­sus pour remettre les erreurs à leur place :o), et je vous invite à mon tour à prendre connais­sance de cette réponse que je lui ai faite, très pré­cise et qui résume bien aujourd’­hui, six mois après le débat, les termes exacts de l’opposition oui/non et des « mal­en­ten­dus » qui séparent encore les deux camps : etienne​.chouard​.free​.fr/E… (le lien est dans le cadre de gauche de ce site).
    Ce débat ins­ti­tu­tion­nel a sou­vent mon­tré, quand on l’a appro­fon­di, que les élec­teurs ayant voté ‘oui’ et les élec­teurs ayant voté ‘non’, au bout du compte, cherchent tous le bon­heur des hommes, et cela consti­tue la meilleure fon­da­tion pour s’entendre et s’accorder finalement. 
    Je n’en dirais pas autant des poli­ti­ciens de métier qui, presque tous, au moyen des ins­ti­tu­tions, orga­nisent leur irres­pon­sa­bi­li­té (absence de contrôle), consciem­ment ou pas, au mépris de l’intérêt général.
    Amicalement.
    Étienne.

    Réponse
  11. Nicolas

    Je vous remer­cie de votre réponse. Vue sa lon­gueur, je n’ai pour le moment pas le temps de la lire mais je vous pro­mets de le faire. D’i­ci là, je vous sou­haite une bonne conti­nua­tion pour votre site et votre forum, et je vous féli­cite une nou­velle fois pour votre ini­tia­tive de conti­nuer le débat. Car aujourd’­hui, il faut bien l’ad­mettre, le NON a plon­gé l’Eu­rope dans une crise. Reste à savoir si celle-ci nous per­met­tra de débou­cher sur quelque chose de posi­tif ou non. Beau­coup consi­dèrent que le débat est ter­mi­né, ce n’est pas mon avis, je pense au contraire qu’il ne fait que com­men­cer et je sou­tiens plei­ne­ment toute action qui nous per­met de le continuer.
    Donc bra­vo à vous !

    Nico­las

    Réponse
  12. Fred. de L.

    « Le NON a plon­gé l’Eu­rope dans une crise ».

    Etienne est gen­til, beau­coup plus que moi, il ne se laisse jamais empor­ter, et c’est un trait fort estimable.

    Ceux qui ont plon­gé l’Eu­rope dans une crise sont ceux qui l’ont construite telle qu’elle est, au point que les peuples ont jugé impor­tant, voire impé­ra­tif de mettre un frein à une telle évolution.

    Le NON n’a pas créé la crise.

    Réponse
  13. jean

    Féli­ci­ta­tion Étienne pour la cla­re­té de votre juge­ment. Je vous sou­tiens à fond dans votre entre­prise, mais il fau­dra débou­cher le plus rapi­de­ment pos­sible sur un texte papier (livret) qui per­mette une dif­fu­sion plus large,l’annotation en marge et donc plus de réflexion sur un sujet aus­si capi­tal ! De même, il faut pré­voir la mise en oeuvre de ces idées nova­trices, sur le ter­rain, par le moyen d’un mou­ve­ment des citoyens (ou autre déno­mi­na­tion) indé­pen­dant des par­tis poli­tiques, donc ni de gauche ni de droite… Bon courage.

    Réponse
  14. Jacques

    Bon­jour,
    Ce n’est bien sûr pas le NON qui a plon­gé l’Eu­rope dans une crise.
    Ce sont au contraire les par­ti­sans du OUI, depuis long­temps déjà, et repré­sen­tés par les gou­ver­ne­ments pré­sents au der­nier som­met bud­gé­taire euro­péen et inca­pables d’a­voir une ambi­tion euro­péenne, et ne défen­dant que leur clien­tèle natio­nale et conservatrice.
    Les chan­tiers de l’At­lan­tique viennent d’être rache­tés par des nor­vé­giens, qui ne font pas par­tie de l’U.E. Que fait l’U. E. alors qu’il y a d’autres chan­tiers dans l’U.E. avec les­quels coopé­rer ? Rien.
    La com­mis­sion et les gou­ver­ne­ments euro­péens ne sont donc pas pro-euro­péens. Il fau­drait pour cela qu’ils rem­placent par­tout ‘concur­rence’ par ‘coopé­ra­tion’. Or, c’est contraire à leur idéologie.

    Réponse
  15. Laure

    Bon­soir,

    Je vais essayer de faire court pour faci­li­ter l’échange et ne pas mono­po­li­ser trop d’espace. Par­don­nez-moi donc si je suis un peu réduc­trice ou lapi­daire. Je pré­cise aus­si que je n’ai pas d’idées pré­con­çues et pas de « solu­tions », je me pose juste des ques­tions et je vous les soumets…

    A mon sens, ces deux modes de dési­gna­tion montrent assez vite leurs limites…

    Si l’on part du prin­cipe qu’une Consti­tu­tion est le « droit du droit », que c’est le contrat par lequel le peuple accepte de s’engager envers la socié­té (je sché­ma­tise), il faut, pour le moins que ce contrat aille dans le sens de l’intérêt de tous et pas seule­ment celui du plus grand nombre.

    Et c’est bien là que se pose, à mon sens, le pro­blème de l’élection et/ou du tirage au sort.

    L’élection et donc la can­di­da­ture, revient en fait à expo­ser et défendre un point de vue (une vision), celui du can­di­dat, au regard d’un ou de plu­sieurs autres. Et l’élection va alors défi­nir une majo­ri­té qui va satis­faire « le plus grand nombre » au détri­ment des autres… Le pro­blème, c’est que ces « autres » peuvent aller jusqu’à repré­sen­ter 49 %… et là ça com­mence à faire beau­coup, non ?

    Com­ment s’as­su­rer éga­le­ment qu’il n’y aura pas de ten­ta­tives de lob­bying auprès des can­di­dats (comme cela se pra­tique régu­liè­re­ment) et donc « pipage des dés » ?

    Dans le tirage au sort, même pro­blème, mais en pire, puisqu’on laisse le hasard déter­mi­ner les idées qui vont être repré­sen­tées et rien ne garan­tit plus alors que ce ne seront pas les « pires idées » (au tra­vers de leurs porte-paroles) qui sor­ti­ront du chapeau.

    De plus, si l’on tire au sort des volon­taires, que l’on sup­pose ou qui se sup­posent com­pé­tents, com­ment s’assurer de leur « bonne foi » ?

    Et si l’on tire au sort des « ano­nymes » (par exemple dans les listes élec­to­rales), le pro­blème de la com­pé­tence ne va-t-il pas se poser ?

    Y a‑t-il un moyen de s’assurer de l’équité des gens ?
    Et dans la durée (du moins le temps que dure­rait l’élaboration d’une Consti­tu­tion), com­ment se pré­mu­nir de la corruption ?

    Cor­dia­le­ment.
    Laure.

    Réponse
  16. Batswann

    Bon­jour,
    Je tiens ici à répondre à Nico­las, un peu tar­di­ve­ment, mais comme on dit « mieux vaut tard que jamais ».
    Ce texte était-il un trai­té ou une consti­tu­tion. Sans entrer dans le détail comme plu­sieurs l’on fait pen­dant et après le réfé­ren­dum, je vous dirais de tout bête­ment vous repor­ter au texte que vous avez reçu par la poste :
    Le titre : Trai­té éta­blis­sant une consti­tu­tion pour l’Eu­rope, les chose sont claires, c’est un trai­té certes mais qui éta­blit (autre­ment dit qui ins­ti­tue, qui met en place…) une constitution
    Article I‑I 1. Ins­pi­ré par la volon­té… la pré­sente consti­tu­tion éta­blit l’U­nion européenne.…
    Je crois que les choses sont claires. En défi­ni­tive je crois que le prin­ci­pale pro­blème est que le TCE est un hybride entre une consti­tu­tion et un trai­té. Comme l’a dit Étienne, il met en place les ins­ti­tu­tion, ET il met en place des poli­tique, ce qui consti­tue l’un des pro­blème de ce texte.

    Sur une consti­tu­tion. Je ne suis pas d’ac­cord avec vous, la mise en place d’une consti­tu­tion peut très bien se faire entre des états indé­pen­dants (États Unis, Suisse par exemple). La plus grande ques­tion est pré­ci­sé­ment que met­tons-nous dans cette consti­tu­tion ? Et par exten­sion quelle Europe voulons-nous ?

    Enfin sur l’as­sem­blée consti­tuante. Elle aurait plus de légi­ti­mi­té que la conven­tion Gis­card dans la mesure où ce seront les peuple qui l’é­li­ront. Per­son­nel­le­ment je suis favo­rable à ce que ce soit des per­sonnes qui soient élues sur un pro­gramme, qui n’aient pas de fonc­tion élec­tive et sur­tout qu’ils ne puissent se pré­sen­ter, après la rédac­tion du texte à une fonc­tion élective.
    A bien­tôt Swann

    Réponse
  17. anne

    Pour­quoi la consti­tu­tion ne pour­rait-elle pas se baser sur une réflexion com­mune des euro­péens sur inter­net comme ce qu’il se fait actuel­le­ment sur ce site ou d’autres comme le CIPUNCE http://​www​.cipunce​.net/ dans chaque pays puis, l’assemblée consti­tuante serait char­gée de regrou­per les idées ain­si reçues, pré­sen­ter dans chaque pays les idées et argu­ments des autres pays, faire la syn­thèse , mettre en avant les points rete­nus par l’ensemble des pays et mettre au débat les points liti­gieux, bref ani­mer la réflexion com­mune entre les pays. Puis les résul­tats de ces allers-retours entre assem­blée et citoyens de chaque pays, seraient syn­thé­ti­sés par l’assemblée sous forme d’une consti­tu­tion et mis à l’adoption par réfé­ren­dum. Ain­si, le rôle de l’assemblée « ne serait que » de dia­lo­guer avec les citoyens ; son pou­voir serait un peu limi­té (même si le choix des règles rete­nues est une res­pon­sa­bi­li­té très grande) et ain­si, le risque de cor­rup­tion serait moins grand… ?

    Réponse
  18. Nicolas

    Pour répondre à Bats­wann et pour faire court, ce n’est pas parce qu’un texte s’ap­pelle « consti­tu­tion » qu’il en a la valeur juri­dique. Sinon que pen­ser de la consti­tu­tion de l’OIT ? Ce serait une consti­tu­tion mondiale ?
    Quant à l’as­sem­blée consti­tu­tante, elle pour­rait exis­ter c’est vrai. Mais les chefs d’é­tats et de gou­ver­ne­ments auraient de toute manière le der­nier mot. Et on a bien vu ce qu’ils ont fait du pro­jet ini­tial de la Conven­tion : ils l’ont remo­de­lé à leur guise.

    Réponse
  19. Nicolas

    Réponse à Fred de L et à Jacques :
    On ne va pas débattre sur qui a pro­vo­qué la crise, on ne sera jamais d’ac­cord la-des­sus. Ce que je vou­lais dire (je me suis effec­ti­ve­ment mal expri­mé), c’est que le NON a mis à jour une crise (qui en est res­pon­sable, qui l’a pro­vo­qué, ne m’in­té­resse pas : peut-être est-ce le non lui-même, peut-être est-ce les poli­tique qui nous ont gou­ver­né depuis de longues années mais ça n’est pas la ques­tion). Ce n’est pas un reproche en soi. Mais il serait main­te­nant inté­res­sant d’ou­blier nos ran­coeurs pour faire en sorte que nous sor­tions de cette crise avec un bon résul­tat. Si nous conti­nuons à nous reje­ter les res­pon­sa­bi­li­tés, ce ne sera jamais le cas.
    Donc je sou­tiens Etienne dont le but est de dis­cu­ter d’Eu­rope et non de régler des comptes entre « gagnants » et « perdants ».

    Réponse
  20. Laure

    Bon­jour Anne,

    « Pour­quoi la consti­tu­tion ne pour­rait-elle pas se baser sur une réflexion com­mune des euro­péens sur internet(…)

    Hélas actuel­le­ment nous sommes trop peu à avoir accès à inter­net et je crains que cela ne soit pas tel­le­ment repré­sen­ta­tif à l’é­chelle européenne.

    Com­ment orga­ni­ser une consul­ta­tion popu­laire pour que l’en­semble des popu­la­tions (au moins celles qui le veulent bien et qui n’ont pas néces­sai­re­ment accès à inter­net) puis­sen débattre et pro­po­ser leurs idées ?

    Cor­dia­le­ment.
    Laure

    Réponse
  21. Laure

    En ce qui concerne votre ques­tion : une assem­blée consti­tuante « Élue avec quels candidats ? »

    « (…) notre sys­tème actuel est tota­le­ment conçu autour de pro­fes­sion­nels de la poli­tique (…) » (cf. post 1B).

    Et c’est bien en cela que réside une par­tie de nos pro­blèmes, car nos poli­tiques béné­fi­cient de véri­tables rentes de situa­tion. Nor­mal qu’ils ne veuillent pas en lâcher une miette et qu’ils s’ingénient à per­ver­tir le sys­tème pour s’assurer ces rentes.

    Le pro­blème sur­tout avec ces « pro­fes­sion­nels de la poli­tique » c’est qu’ils n’en sont pas pour autant spé­cia­listes des domaines qu’ils traitent. Sur­vient alors inexo­ra­ble­ment le recours à des « experts », man­da­tés par per­sonne, mais recon­nus et entre­te­nus dans le cercle fer­mé des poli­tiques, des déten­teurs de capi­taux et des médias (et l’on sait quels moyens ils uti­lisent pour se faire « recon­naître »). Et ce sont eux qui vont fina­le­ment prendre les déci­sions qui devraient incom­ber à nos « repré­sen­tants » (d’où le lobbying). 

    Il y a donc, je le crains, un effet per­vers au fait d’élire quelqu’un qui n’a pas les com­pé­tences (la for­ma­tion et l’expérience) requises puisqu’il devra à son tout s’adresser à quelqu’un d’autre (ces « fameux experts », que nous ne choi­sis­sons jamais) pour avoir un expo­sé et un avis (sou­vent biai­sé, l’expérience nous le montre) sur la situa­tion à trai­ter. Une chose à ce pro­pos devrait d’ailleurs nous sau­ter aux yeux et nous faire bon­dir… la fan­fa­ron­nade des attri­bu­tions de minis­tères, selon la bonne vieille tech­nique des chaises musi­cales… A moins de recon­naître que l’ENA et sa for­ma­tion glo­ba­li­sante per­mette de créer des êtres d’exception, capables de trai­ter tout sujet, quel qu’il soit, on ne peut qu’en rire (ou en pleu­rer, ça dépend des jours et de l’humeur).

    « A toi les finances, à elle la défense, à moi la culture »… du Mono­po­ly à échelle réelle.

    Ce qui, pour moi, exclu d’emblée les « hommes au pou­voir » et j’ajouterais même les hommes de pou­voir comme le sont par exemple les grands indus­triels, les médias, les « zélites » en géné­ral, etc… car comme vous le dites, on peut dif­fi­ci­le­ment être juge et partie.

    Par contre, en ce qui concerne des citoyens « ano­nymes » (par exemple élus ou tirés au sort dans les listes élec­to­rales), je ne pose­rai qu’une seule ques­tion qui résume ma pensée :

    Vous, Etienne, qui ensei­gnez (entre autre) le droit, lais­se­riez-vous à quelqu’un qui n’en a ni la for­ma­tion ‑reconnue‑, ni les com­pé­tences ‑avérées‑, la dif­fi­cile mis­sion d’éduquer vos enfants sur ce sujet ?

    Et si l’on étend cela au domaine « constitutionnel »…

    Ne serait-il pas sage d’envisager que des hommes et des femmes de com­pé­tences, de for­ma­tions et d’expériences ‑de ter­rain- « quan­ti­fiables », « esti­mables » (au sens d’en faire une esti­ma­tion pré­cises) et « recon­nais­sables » (recon­nues) se chargent d’élaborer un texte qui serait ensuite pré­sen­té aux populations ? 

    Lorsque je parle de com­pé­tences, j’exclue, bien évi­dem­ment la cohorte des experts et spé­cia­listes tra­di­tion­nels, ceux qui confor­ta­ble­ment intal­lés dans leurs bureaux, vis­sés à leurs chaises se contentent d’élaborer des textes en regar­dant des sta­tis­tiques… Je parle plu­tôt des forces vives sur le ter­rain, de ceux qui sont « acteurs »…

    Et en ce qui concerne leur mode de dési­gna­tion, ce n’est sûre­ment pas aux poli­tiques, aux experts et aux médias (du moins pour une très grande majo­ri­té de ceux que nous avons aujourd’hui)… de déci­der des com­pé­tences effec­tives d’untel ou une­telle, mais bien plu­tôt aux citoyens qui vivent au quo­ti­dien avec ces « pro­fes­sion­nels » (eux !!) et sont alors à même d’en « juger ».

    J’aurais mille fois plus confiance en un juriste (par exemple, mais cela marche aus­si avec une asso­cia­tion) qui aurait démon­tré sur le ter­rain (au quo­ti­dien) sa pro­bi­té et sa com­pé­tence que dans n’importe quel expert es-jus­tice au monde !

    Laure.

    PS : Je lis avec un petit sou­rire amu­sé mais pas du tout iro­nique, qu’il en soit cer­tain, qu’Etienne déplore qu’aucun phi­lo­sophe n’ait été convié à la rédac­tion du TCE… Qu’il se console en se disant que nous avons au moins évi­té BHL et Finky !!

    Réponse
  22. anne

    bon­jour Laure,
    Il est vrai qu’une « consul­ta­tion popu­laire » semble uto­pique. Mais pour­quoi ne pas y penser ? 
    Cela règle­rait cer­tains des pro­blèmes que vous soulevez :

    D’a­bord, l’as­sem­blée devant se ser­vir avant tout des idées venant de cette consul­ta­tion, moins de risque de cor­rup­tion de la part de lob­by pour impo­ser leur volonté.

    Ensuite, il ne serait plus néces­saire que l’as­sem­blée soit consti­tuée uni­que­ment de citoyens « ano­nymes ». Car il est vrai que la rédac­tion d’une consti­tu­tion demande des com­pé­tences rédac­tion­nelles, juri­diques, enfin je ne me sen­ti­rais pas capable d’ef­fec­tuer un tel tra­vail et j’i­ma­gine que c’est le cas de la plu­part de nos conci­toyens. Mais, donc avec une assem­blée capable de rédi­ger, et une consul­ta­tion popu­laire, on réus­si à avoir en même temps les com­pé­tences (l’as­sem­blée) et « les forces vives sur le ter­rain » (la consul­ta­tion populaire)

    D’ailleur en ce qui concerne les com­pé­tences rec­quises : si le texte de la consti­tu­tion doit être clair et lisible par tous, peut etre n’est-il pas si néces­saire d’a­voir de grands experts. 

    Une autre idée serait une assem­blée double : les citoyen ano­nymes et « des hommes et des femmes de com­pé­tences, de for­ma­tions et d’expériences ‑de ter­rain– » ras­sem­blés dans une même assem­blée, les uns se fai­sant les portes parole des citoyens lamb­da et les autres appor­tant leurs com­pé­tences pour aider les pre­miers à redi­ger une constitution.

    « Com­ment orga­ni­ser une consul­ta­tion popu­laire pour que l’en­semble des popu­la­tions (au moins celles qui le veulent bien et qui n’ont pas néces­sai­re­ment accès à inter­net) puis­sen débattre et pro­po­ser leurs idées ? » 
    Sur­ement que cela ne serait pas gra­tuit en sous et en organisation.
    Mais il me semble que en France du moins, inter­net com­mence à être vrai­ment géné­ra­li­sé. L’ins­tal­la­tion de bornes gra­tuites dédiées à ça serait une solu­tion. Il existe déjà des bornes gra­tuites pour d’autres choses, pour­quoi pas pour ça ? On pour­rait aus­si pas­ser par le relais que repré­sentent les mai­ries, char­gées d’or­ga­ni­ser des réunions d’in­for­ma­tion. Peut être réunir les idées des citoyens seule­ment au début du travail…

    Je ne sais pas si cela est pos­sible, (à mon avis tout est pos­sible). Mais ce qui me semble pri­mor­dial c’est que l’on informe et que l’on consulte d’une façon ou d’une autre les citoyens avant et pen­dant la rédac­tion de la consti­tu­tion. Pour que l’on ne se retrouve pas tout d’un coup avec un texte que l’on ne connait ni d’ève ni d’a­dam et qui est pour nous le plus impor­tant des texte par­ceque c’est celui qui va déci­der du fonc­tion­ne­ment de notre démocratie.

    Il ne faut pas oublier que dans tous les cas, le texte pro­duit sera adop­té ou reje­té par réfé­ren­dum popu­laire. Si c’est à nou­veau un texte long, très com­pli­qué, et qui nous tombe des­sus comme un che­veu sur la soupe, le risque est qu’il soit à nou­veau rejeté.

    Réponse
  23. guillou alain

    je pense qu’il faut s’a­che­mi­ner vers une consul­ta­tion popu­laire et une « consti­tuante », sans pré­ju­ger du mode de dis­cus­sion et du rôle des experts :

    nous ne pou­vons pas tout rayer en bloc et sans dicer­ne­ment , des struc­tures actuelles de la démo­cra­tie, même si elles ont fait leur temps et méritent d’être dépas­sée par mieux.

    pour déve­lop­per la liber­té , par­tons de la liber­té disponible :

    l’exis­tance des par­tis , des syn­di­cats , et des asso­cia­tions est un tré­sor aquis pour la démocratie

    inven­tons les formes nou­velles néces­saires en complément

    Réponse
  24. Jacques Roman

    Ceux que ça inté­resse pour­ront voir l’a­vant-pro­jet CIPUNCE (pro­jet de consti­tu­tion de l’U­nion euro­péenne) sous
    <www​.cipunce​.net/​C​I​P​U​N​C​E​P​r​o​j​e​t​9​.​doc>.
    Quand 50 par­ti­ci­pants auront don­né leur accep­ta­tion de prin­cipe à l’a­vant-pro­jet, celui-ci leur sera remis et ils éli­ront un coor­don­na­teur per­ma­nent. Pour le moment, nous n’a­vons que 15 par­ti­ci­pants inscrits. 

    Si notre pro­jet vous paraît accep­table, ins­cri­vez-vous et pro­po­sez vos modi­fi­ca­tions : le bon moyen de faire oeuvre citoyenne concrète, pour le moment du moins, c’est d’é­crire un pro­jet de consti­tu­tion jus­qu’à la der­nière vigule : la consti­tuante vien­dra après. JR

    Réponse
  25. Étienne

    5 février : je ferme les com­men­taires sur ce fil de dis­cus­sion car j’ai créé un vrai ‘forum’ pour mieux pré­sen­ter et struc­tu­rer nos échanges.

    Le pré­sent fil se pour­suit sur le forum à http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=27 (Com­ment déclen­cher un pro­ces­sus consti­tuant ?) et à http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=32 (Quelle assem­blée Constituante ?).

    Je vous invite à vous ins­crire à ce nou­veau forum (c’est facile) et à copier/coller, les mes­sages que vous esti­mez les plus inté­res­sants, voire tous bien sûr, depuis ce blog jus­qu’au nou­veau forum. Le plus simple pour aller vite, c’est d’ou­vrir deux fenêtres, une sur le blog, l’autre sur le forum, et copier/coller d’une fenêtre à l’autre.

    Je vous demande bien par­don pour la gêne que je vous cause ain­si, mais je suis sûr que vous pré­fé­re­rez ce nou­vel outil de débat.

    Écri­vez-moi si vous avez du mal, je vous aide­rai :o)

    Au plai­sir de vous lire à nou­veau très bien­tôt :o)

    Réponse

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