Sommes-nous vraiment en démocratie ? Débat avec Étienne Chouard, chez David GUYON, avocat

20/03/2026 | 1 commentaire

Des­crip­tion de la vidéo :

La France est-elle vrai­ment une démocratie ?

Dans ce débat appro­fon­di, Maître David Guyon, avo­cat, reçoit Étienne Chouard pour dis­cu­ter d’une ques­tion cen­trale du débat poli­tique : sommes-nous réel­le­ment en démo­cra­tie aujourd’hui ?

Au cœur de cet échange : le Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne (RIC), la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, les limites de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et les dérives pos­sibles des ins­ti­tu­tions modernes.

Le RIC (réfé­ren­dum d’initiative citoyenne) est sou­vent pré­sen­té comme un outil per­met­tant aux citoyens de reprendre le pou­voir poli­tique. Mais est-ce réel­le­ment com­pa­tible avec les ins­ti­tu­tions actuelles ?

Dans cette dis­cus­sion ouverte et argu­men­tée, Maître David Guyon et Étienne Chouard abordent les grandes ques­tions de la démocratie :

  • Qu’est-ce que la démo­cra­tie au sens réel du terme ?
  • La France est-elle une démo­cra­tie ou un sys­tème représentatif ?
  • Pour­quoi la ques­tion du RIC revient régu­liè­re­ment dans le débat public ?
  • Le peuple peut-il réel­le­ment exer­cer la sou­ve­rai­ne­té politique ?
  • Les ins­ti­tu­tions actuelles per­mettent-elles une véri­table démocratie ?

⚠️ Der­rière le mot “démo­cra­tie”, sou­vent uti­li­sé dans le débat public, se cachent des méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels et consti­tu­tion­nels complexes.

Ce débat per­met de mieux com­prendre les enjeux démo­cra­tiques en France, la place du citoyen dans les ins­ti­tu­tions et les dis­cus­sions autour de la démo­cra­tie directe et du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne.

⏱️ SOMMAIRE

00:00 Intro­duc­tion

00:18 Pré­sen­ta­tion du débat avec Étienne Chouard

01:03 Pour­quoi par­ler aujourd’hui du Réfé­ren­dum d’Initiative Citoyenne (RIC)

02:03 RIC vs RIP : quelles dif­fé­rences entre ces référendums ?

03:12 Défi­ni­tion fon­da­men­tale de la démo­cra­tie : qui doit faire les lois ?

05:00 Démo­cra­tie repré­sen­ta­tive : une contra­dic­tion selon Étienne Chouard

07:00 Médias, influence et pou­voir dans une démocratie

09:57 Les médias doivent-ils deve­nir un véri­table contre-pouvoir ?

11:13 Tirage au sort, mon­naie, ins­ti­tu­tions : les piliers d’une démocratie

16:49 Les médias publics sont-ils réel­le­ment indépendants ?

17:30 La Cin­quième Répu­blique est-elle démocratique ?

19:15 Qui doit écrire la Consti­tu­tion : les citoyens ou les représentants ?

21:13 Pour­quoi Étienne Chouard a chan­gé sa vision de la démocratie

23:19 La démo­cra­tie directe est-elle réel­le­ment pos­sible aujourd’hui ?

26:21 Exemple his­to­rique : com­ment fonc­tion­nait la démo­cra­tie à Athènes

32:19 Com­ment orga­ni­ser un réfé­ren­dum citoyen dans une démo­cra­tie moderne

34:06 Tirage au sort vs élec­tion : quels avan­tages démocratiques ?

34:26 Le risque d’une majo­ri­té qui se trompe

36:02 Gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif : risque de tra­hi­son des élus

38:59 Tyran­nie de la majo­ri­té : com­ment évi­ter cette dérive ?

41:28 Pour­quoi la démo­cra­tie est née pour évi­ter la violence

44:20 Com­ment pro­té­ger la démo­cra­tie contre les abus de pouvoir

47:08 Liber­té d’expression et plu­ra­li­té des opi­nions en démocratie

50:13 Conclu­sion du débat


 

Sommes-nous vraiment en démocratie ?
Étienne Chouard reçu chez David GUYON

Syn­thèse par NotebookLM :

Ce texte pré­sente un entre­tien entre l’a­vo­cat David Guyon et le mili­tant poli­tique Étienne Chouard por­tant sur une cri­tique radi­cale de la Vème Répu­blique. L’in­vi­té sou­tient que le sys­tème actuel n’est pas une démo­cra­tie mais un régime auto­ri­taire où l’é­lec­tion sert à écar­ter les citoyens du pou­voir légis­la­tif au pro­fit d’une caste. Pour y remé­dier, il pré­co­nise l’ins­tau­ra­tion du Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne (RIC) et le recours au tirage au sort, qu’il consi­dère comme les seuls outils capables de garan­tir une véri­table sou­ve­rai­ne­té popu­laire. Le débat aborde éga­le­ment la néces­si­té de libé­rer les médias de l’in­fluence des mil­liar­daires et de redon­ner à l’É­tat son rôle de créa­teur moné­taire. Mal­gré les réserves de l’hôte sur les risques de dérives majo­ri­taires, Chouard affirme qu’une popu­la­tion cor­rec­te­ment infor­mée et impli­quée dans l’é­cri­ture de sa propre Consti­tu­tion sau­rait pro­té­ger l’in­té­rêt général.


Pourquoi Étienne Chouard considère-t-il l’élection comme une procédure antidémocratique ?

Étienne Chouard consi­dère l’é­lec­tion comme une pro­cé­dure anti­dé­mo­cra­tique car elle consti­tue, selon lui, un acte de renon­cia­tion au pou­voir de la part du peuple. Voi­ci les prin­ci­paux argu­ments qu’il déve­loppe dans les sources :
  • Une confu­sion entre élire et voter : Pour Chouard, il existe un mal­en­ten­du fon­da­men­tal sur le sens des mots. Il affirme qu’« élire, ce n’est pas voter ». Voter, c’est déci­der soi-même de la loi, tan­dis qu’é­lire, c’est dési­gner des « maîtres » qui vote­ront et déci­de­ront à notre place. En accep­tant d’é­lire, le citoyen déclare en réa­li­té qu’il accepte de ne rien déci­der.
  • Un oxy­more poli­tique : Il qua­li­fie l’ex­pres­sion « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » de contra­dic­tion dans les termes, la com­pa­rant à de la « neige brû­lante » ou de la « lumière noire ». Selon sa défi­ni­tion éty­mo­lo­gique, la démo­cra­tie est un régime où le peuple (demos) exerce le pou­voir (kra­tos) en étant lui-même le légis­la­teur. Le régime actuel est un « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » conçu pré­ci­sé­ment pour que le peuple ne soit pas le légis­la­teur.
  • Une pro­cé­dure infan­ti­li­sante et inca­pa­ci­tante : L’é­lec­tion est décrite comme une pro­cé­dure qui tient le peuple à l’é­cart des déci­sions. Elle est « humi­liante » et « infan­ti­li­sante » car elle part du prin­cipe que les citoyens sont inca­pables de déci­der pour eux-mêmes, les relé­guant au rôle de simples élec­teurs au lieu de citoyens actifs.
  • Une ori­gine inten­tion­nel­le­ment non démo­cra­tique : Chouard rap­pelle que les « pères fon­da­teurs » du sys­tème actuel, comme Sieyès, savaient par­fai­te­ment qu’ils n’ins­tau­raient pas une démo­cra­tie. Il cite Sieyès pour sou­li­gner que le sys­tème a été bâti sur l’i­dée que le peuple ne doit pas par­ler ou agir par lui-même, mais uni­que­ment par ses repré­sen­tants.
  • Le tirage au sort comme seule alter­na­tive démo­cra­tique : À l’in­verse de l’é­lec­tion, il sou­tient que le tirage au sort est la seule pro­cé­dure véri­ta­ble­ment démo­cra­tique. Il le pré­sente comme un « anti­dote uni­ver­sel et incor­rup­tible » contre les abus de pou­voir et le fas­cisme, car il empêche ceux qui convoitent le pou­voir d’y accé­der et per­met de consti­tuer des assem­blées qui sont des échan­tillons repré­sen­ta­tifs de la socié­té.
En résu­mé, pour Étienne Chouard, l’é­lec­tion est l’ou­til prin­ci­pal de l’im­puis­sance popu­laire, car elle orga­nise la dépos­ses­sion sys­té­ma­tique du pou­voir de déci­sion du peuple au pro­fit d’une mino­ri­té d’é­lus.

 


Quel rôle l’indépendance des médias joue-t-elle dans le projet du RIC ?

Dans le pro­jet d’É­tienne Chouard, l’in­dé­pen­dance des médias n’est pas seule­ment un com­plé­ment, mais une condi­tion sine qua non à l’ef­fi­ca­ci­té et à la sécu­ri­té du Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne (RIC).
Voi­ci les rôles fon­da­men­taux que joue l’in­dé­pen­dance média­tique selon les sources :
  • Une pro­tec­tion contre la mani­pu­la­tion par les riches : Chouard sou­tient que si les médias appar­tiennent à des mil­liar­daires, ces der­niers ont les moyens de « nous mettre la tête à l’en­vers » et de pous­ser les citoyens à voter contre leurs propres inté­rêts lors d’un RIC. Il consi­dère qu’un RIC sans médias indé­pen­dants est « super dan­ge­reux » car il pour­rait légi­ti­mer des déci­sions contraires à l’in­té­rêt géné­ral sous cou­vert de volon­té popu­laire.
  • L’in­dé­pen­dance comme « pilier » de la démo­cra­tie : Au même titre que le tirage au sort ou la créa­tion moné­taire, l’in­dé­pen­dance des médias et la liber­té d’ex­pres­sion (isé­go­ria) sont pré­sen­tées comme les piliers indis­pen­sables pour évi­ter que la démo­cra­tie ne dégé­nère en tyran­nie.
  • L’é­clai­rage de l’o­pi­nion et la « mise en scène des conflits » : Pour que le vote soit réel­le­ment démo­cra­tique, l’o­pi­nion doit être éclai­rée par une période de débat contra­dic­toire (allant de six mois à un an). Chouard pro­pose la créa­tion d’ins­ti­tu­tions spé­ci­fiques, comme une « chambre popu­laire du réfé­ren­dum », char­gée d’or­ga­ni­ser cette mise en scène média­tique des conflits pour que chaque citoyen com­prenne les tenants et abou­tis­sants avant de déci­der.
  • Les jour­na­listes comme « sen­ti­nelles du peuple » : Dans ce pro­jet, le rôle des jour­na­listes est d’être des contre-pou­voirs dont le métier est d’« inquié­ter les pou­voirs » et d’in­for­mer les citoyens des intrigues ou des mani­gances en cours.
  • Un chan­ge­ment de sta­tut juri­dique : Pour garan­tir cette indé­pen­dance, Chouard pro­pose l’inalié­na­bi­li­té abso­lue des médias. Ils ne devraient plus appar­te­nir à des puis­sances d’argent mais à ceux qui y tra­vaillent (sous forme de SCOP) ou être gérés comme un ser­vice public indé­pen­dant, à l’i­mage du sys­tème judi­ciaire, pour être pro­té­gés tant du pou­voir poli­tique que des inté­rêts pri­vés.
En résu­mé, l’in­dé­pen­dance des médias est l’ou­til qui per­met de trans­for­mer le RIC d’une simple pro­cé­dure de vote en un véri­table pro­ces­sus de déci­sion réflé­chi et pro­té­gé des influences oli­gar­chiques.

 


Pour Étienne Chouard, le tirage au sort est la seule pro­cé­dure véri­ta­ble­ment démo­cra­tique car il agit comme un « anti­dote uni­ver­sel et incor­rup­tible » contre les dérives du pou­voir. Voi­ci com­ment cette pro­cé­dure garan­tit, selon lui, une véri­table démocratie :
  • L’é­vic­tion des ambi­tieux et des « mâles alpha » : Le tirage au sort a pour ver­tu pre­mière de cou­per la route du pou­voir à ceux qui le convoitent. En sup­pri­mant la com­pé­ti­tion élec­to­rale, on empêche les indi­vi­dus domi­nants, les « mâles alpha » ou les socié­tés secrètes d’in­tri­guer pour accé­der aux res­pon­sa­bi­li­tés et « ran­çon­ner » la socié­té.
  • La créa­tion d’un échan­tillon repré­sen­ta­tif : Contrai­re­ment à l’é­lec­tion qui sélec­tionne une élite, le tirage au sort per­met de consti­tuer une assem­blée qui est une image fidèle de la socié­té. En s’ap­puyant sur la loi des grands nombres, une assem­blée d’en­vi­ron 1 000 per­sonnes tirées au sort garan­tit une « pro­por­tion hon­nête et loyale » de toutes les com­po­santes sociales (chô­meurs, ouvriers, etc.).
  • Des repré­sen­tants ser­vi­teurs et non maîtres : Dans ce sys­tème, les per­sonnes tirées au sort ne rem­placent pas le peuple pour voter les lois ; elles sont ses ser­vi­teurs. Leur rôle est de pré­pa­rer les textes, de les étu­dier en com­mis­sion et de les pré­sen­ter aux citoyens. Ils ne sont pas les légis­la­teurs, mais ceux qui faci­litent le tra­vail légis­la­tif de la mul­ti­tude.
  • La mise en scène des conflits pour éclai­rer le peuple : Le tirage au sort per­met d’or­ga­ni­ser une « mise en scène des conflits » indis­pen­sable à la démo­cra­tie. Les citoyens tirés au sort (par exemple au sein d’une « chambre popu­laire du réfé­ren­dum ») ont pour mis­sion d’ex­po­ser les argu­ments « pour » et « contre » devant l’en­semble de la popu­la­tion via des médias indé­pen­dants. Ce débat contra­dic­toire per­met d’é­le­ver le niveau de conscience des citoyens avant qu’ils ne votent eux-mêmes la loi par réfé­ren­dum.
  • Une pro­tec­tion contre la cor­rup­tion et les lob­bies : Chouard sou­tient que les citoyens tirés au sort sont moins vul­né­rables aux pres­sions des lob­bies que les élus pro­fes­sion­nels. Alors que les repré­sen­tants actuels font l’ob­jet de trac­ta­tions et de mani­pu­la­tions (notam­ment sur les trai­tés de libre-échange), une assem­blée tirée au sort, dont les membres ne cherchent pas à être réélus, est plus à même de ser­vir l’in­té­rêt géné­ral.
En conclu­sion, le tirage au sort garan­tit la démo­cra­tie en rem­pla­çant le pou­voir d’une mino­ri­té d’é­lus par la sou­ve­rai­ne­té réelle de la mul­ti­tude, tout en four­nis­sant les ins­ti­tu­tions néces­saires pour que cette sou­ve­rai­ne­té s’exerce de manière éclai­rée et pro­té­gée des abus.

 

Outre le tirage au sort et le RIC, Étienne Chouard iden­ti­fie plu­sieurs autres piliers fon­da­men­taux indis­pen­sables pour pro­té­ger la socié­té contre les abus de pou­voir et garan­tir une véri­table démocratie :
  • La créa­tion moné­taire publique : C’est un point qu’il juge aus­si impor­tant que le tirage au sort. Selon lui, un État « digne de ce nom » ne doit pas emprun­ter l’argent dont il a besoin, mais doit en être le créa­teur. Il sou­tient que si l’É­tat reprend le contrôle de la mon­naie, il ne man­que­ra jamais de moyens pour finan­cer les ser­vices publics et assu­rer la pros­pé­ri­té, se libé­rant ain­si de l’in­fluence des ban­quiers et des mar­chés finan­ciers.
  • L’in­dé­pen­dance radi­cale des médias : Pour Chouard, les médias (incluant la presse, la télé­vi­sion, les ins­ti­tuts de son­dage et les mai­sons d’é­di­tion) ne doivent plus appar­te­nir à des puis­sances d’argent. Il pro­pose leur inalié­na­bi­li­té abso­lue, sug­gé­rant qu’ils deviennent des ser­vices publics indé­pen­dants (sur le modèle de la jus­tice) ou des SCOP appar­te­nant à ceux qui y tra­vaillent. Sans cette indé­pen­dance, il craint que les riches n’u­ti­lisent les médias pour mani­pu­ler l’o­pi­nion et vider le RIC de sa sub­stance.
  • L’I­sé­go­ria (Liber­té d’ex­pres­sion totale) : Ce concept, héri­té de la démo­cra­tie athé­nienne, garan­tit le droit de parole pour tous, à tout moment et sur tout sujet, sans crainte de cen­sure ou de repré­sailles. Il consi­dère la vigi­lance citoyenne et la dénon­cia­tion des com­plots ou intrigues comme une « ver­tu citoyenne » essen­tielle au main­tien de la démo­cra­tie.
  • Une Consti­tu­tion écrite par les citoyens : Chouard insiste sur le fait qu’une consti­tu­tion ne peut être légi­time que si elle est rédi­gée par les citoyens eux-mêmes et non par leurs repré­sen­tants. Il affirme que si les pro­fes­sion­nels de la poli­tique écrivent les règles, ils orga­ni­se­ront inévi­ta­ble­ment leur propre puis­sance et l’im­puis­sance du peuple. La mis­sion d’une vraie consti­tu­tion est, selon lui, d’é­di­fier une puis­sance publique capable de pro­té­ger les faibles contre les abus des plus forts (les 1 %).
En somme, ces piliers forment un sys­tème cohé­rent visant à ins­tau­rer une sou­ve­rai­ne­té popu­laire réelle tout en four­nis­sant les outils intel­lec­tuels et ins­ti­tu­tion­nels pour résis­ter à toute forme de domi­na­tion ou de fas­cisme.

 


Pour Étienne Chouard, la créa­tion moné­taire publique est un pilier fon­da­men­tal de la démo­cra­tie, au même titre que le tirage au sort ou l’in­dé­pen­dance des médias. Son fonc­tion­ne­ment repose sur un chan­ge­ment radi­cal de para­digme politique :
  • L’É­tat comme créa­teur et non uti­li­sa­teur : Chouard cri­tique l’en­sei­gne­ment actuel qui pré­sente l’É­tat comme un simple « uti­li­sa­teur » de la mon­naie devant équi­li­brer son bud­get comme une entre­prise. Selon lui, un État sou­ve­rain ne doit pas emprun­ter l’argent dont il a besoin, mais doit le créer lui-même pour ser­vir l’in­té­rêt géné­ral.
  • Une ges­tion contra­cy­clique de la masse monétaire :
    • En cas de manque de mon­naie (chô­mage) : L’É­tat doit injec­ter de l’argent dans l’é­co­no­mie par des bud­gets défi­ci­taires. Chouard affirme que le défi­cit n’est pas un pro­blème car la mis­sion de l’É­tat est de garan­tir la pros­pé­ri­té et les ser­vices publics, et non l’é­qui­libre comp­table.
    • En cas d’ex­cès de mon­naie (infla­tion) : L’É­tat doit alors reti­rer de la mon­naie de la cir­cu­la­tion en déga­geant des bud­gets excé­den­taires, ce qui per­met de « détruire » la mon­naie super­flue.
  • La pro­tec­tion contre l’in­fla­tion : Pour évi­ter l’ap­pau­vris­se­ment de la popu­la­tion lié à la hausse des prix, il pré­co­nise l’indexa­tion sys­té­ma­tique de tous les contrats et des salaires sur les prix.
  • L’af­fran­chis­se­ment des mar­chés finan­ciers : Ce sys­tème ren­drait caduque la ques­tion du finan­ce­ment des pro­jets publics. En repre­nant le pou­voir moné­taire aux banques pri­vées et aux « usu­riers », l’É­tat ne man­que­rait jamais de moyens pour finan­cer ses ser­vices tant qu’il y a des res­sources et des besoins (comme le chô­mage à résor­ber).
En résu­mé, la créa­tion moné­taire publique per­met­trait de trans­for­mer l’é­co­no­mie en un outil au ser­vice de la pros­pé­ri­té sociale, libé­ré de la tutelle des ban­quiers et de la crainte per­ma­nente du manque de finan­ce­ment.

En quoi le RIC est-il un antidote au régime actuel ?

Étienne Chouard défi­nit le Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne (RIC) comme le « meilleur anti­dote » au régime repré­sen­ta­tif actuel, qu’il consi­dère comme intrin­sè­que­ment anti­dé­mo­cra­tique. Selon lui, le RIC per­met de trans­for­mer radi­ca­le­ment la nature du pou­voir en s’at­ta­quant aux piliers de ce qu’il nomme « l’im­puis­sance popu­laire ».
Voi­ci com­ment le RIC agit comme un anti­dote selon les sources :
  • Il trans­forme l’é­lec­teur en légis­la­teur : Dans le régime actuel, élire revient à dési­gner des « maîtres » et à renon­cer à déci­der soi-même. Le RIC per­met au peuple de rede­ve­nir le seul véri­table légis­la­teur en votant direc­te­ment les lois, ce qui est pour Chouard l’es­sence même de la démo­cra­tie (demos kra­tos).
  • Il court-cir­cuite la tra­hi­son des élus : Chouard affirme que le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif per­met aux élus de voter des « lois célé­rates » contraires à l’in­té­rêt géné­ral, sou­vent sous la pres­sion de lob­bies ou de puis­sances finan­cières (comme les banques ou les mul­ti­na­tio­nales). Le RIC offre au peuple un moyen de défense direct pour annu­ler ou impo­ser des lois sans dépendre du bon vou­loir des repré­sen­tants.
  • Il met fin à l’in­fan­ti­li­sa­tion du peuple : L’é­lec­tion est décrite comme une pro­cé­dure qui « infan­ti­lise » et « inca­pa­cite » les citoyens en les tenant à l’é­cart des déci­sions. Le RIC, au contraire, exige une « mise en scène des conflits » et un débat contra­dic­toire (pen­dant 6 mois à un an) qui élève le niveau de conscience et de com­pé­tence des citoyens sur des sujets com­plexes.
  • Il réta­blit la sou­ve­rai­ne­té face aux « 1 % » : Chouard sou­tient que les consti­tu­tions actuelles sont écrites par les repré­sen­tants pour orga­ni­ser leur propre puis­sance. Le RIC est l’ou­til qui per­met à la mul­ti­tude (les 99 %) de reprendre le contrôle sur la puis­sance publique et de se pro­té­ger contre les abus des plus forts.
  • Il impose des repré­sen­tants « ser­vi­teurs » : Avec le RIC, les repré­sen­tants ne sont plus des maîtres qui décident à la place du peuple, mais des ser­vi­teurs dont la mis­sion est de pré­pa­rer, pré­sen­ter et mettre en débat les lois que les citoyens fini­ront par tran­cher eux-mêmes.
Cepen­dant, Chouard pré­cise que pour être un anti­dote effi­cace, le RIC doit impé­ra­ti­ve­ment s’ac­com­pa­gner d’une indé­pen­dance radi­cale des médias. Sans cela, il craint que les puis­sances d’argent n’u­ti­lisent leur contrôle sur l’in­for­ma­tion pour mani­pu­ler le vote popu­laire et retour­ner le RIC contre les inté­rêts des citoyens.

Quels sont les dangers d’un média aux mains des riches ?

Selon Étienne Chouard, la pos­ses­sion des médias par une mino­ri­té de mil­liar­daires repré­sente un dan­ger majeur pour la démo­cra­tie et l’ef­fi­ca­ci­té du Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne (RIC). Voi­ci les prin­ci­paux risques iden­ti­fiés dans les sources :
  • La mani­pu­la­tion de l’o­pi­nion et le vote contre ses propres inté­rêts : Chouard affirme que les riches, en ache­tant les médias, se donnent les moyens de « nous mettre la tête à l’en­vers ». Le dan­ger prin­ci­pal est qu’ils uti­lisent cette influence pour conduire les citoyens à voter contre leurs inté­rêts les plus fon­da­men­taux lors d’un RIC.
  • Le ver­rouillage de la légi­ti­mi­té poli­tique : Si un peuple est mani­pu­lé par des médias pri­vés pour prendre une déci­sion néfaste via un RIC, cette déci­sion acquiert une légi­ti­mi­té très dif­fi­cile à contes­ter. Les oppo­sants se ver­raient alors rétor­quer que « le peuple a déci­dé », ren­dant toute résis­tance poli­tique extrê­me­ment com­plexe.
  • La perte du rôle de « sen­ti­nelle » des jour­na­listes : Nor­ma­le­ment, les jour­na­listes devraient être des « sen­ti­nelles du peuple » dont le métier est d’in­quié­ter les pou­voirs et de dénon­cer les intrigues, les com­plots et les mani­gances. Sous le contrôle des riches, ils ne peuvent plus exer­cer cette fonc­tion de contre-pou­voir de manière indé­pen­dante.
  • L’é­touf­fe­ment du débat contra­dic­toire (le dis­sen­sus) : Pour que le vote soit démo­cra­tique, il faut une « mise en scène des conflits » où toutes les opi­nions sont enten­dues. Les médias aux mains des mil­liar­daires tendent à muse­ler les opi­nions dis­si­dentes pour pro­cla­mer un faux « consen­sus », empê­chant ain­si les citoyens d’a­voir une opi­nion réel­le­ment éclai­rée.
  • Une com­pa­rai­son avec une jus­tice cor­rom­pue : Chouard com­pare l’a­chat des médias à l’a­chat de la jus­tice. Tout comme on ne peut ima­gi­ner une jus­tice équi­table si les juges sont ache­tés par les riches, on ne peut avoir une infor­ma­tion hon­nête si les jour­na­listes dépendent de puis­sances d’argent.
  • La cap­ture du pou­voir poli­tique : Il sou­tient que le contrôle des médias per­met aux « mar­chands » de faire élire des can­di­dats qui servent leurs inté­rêts plu­tôt que l’in­té­rêt géné­ral (citant l’é­lec­tion de Macron comme exemple).
En conclu­sion, Étienne Chouard consi­dère qu’un RIC pra­ti­qué avec des médias appar­te­nant à des mil­liar­daires est « super dan­ge­reux ». C’est pour­quoi il pré­co­nise, paral­lè­le­ment à l’ins­tau­ra­tion du RIC, l’inalié­na­bi­li­té abso­lue des médias et leur trans­for­ma­tion en ser­vices publics indé­pen­dants ou en coopé­ra­tives (SCOP) appar­te­nant à ceux qui y tra­vaillent.

 


Qu’est-ce que l’Iségoria et son importance en démocratie ?

L’Isé­go­ria est défi­nie par Étienne Chouard comme le droit de parole pour tous, à tout moment et sur tout pro­pos. His­to­ri­que­ment, ce concept est appa­ru avec la démo­cra­tie athé­nienne il y a 2 500 ans, per­met­tant aux citoyens de s’ex­pri­mer contre l’o­pi­nion domi­nante (la doxa) sans ris­quer de perdre la vie.
Dans le pro­jet démo­cra­tique de Chouard, l’I­sé­go­ria revêt une impor­tance capi­tale pour plu­sieurs raisons :
  • Un pilier fon­da­men­tal : Elle est consi­dé­rée comme un pilier de la démo­cra­tie aus­si impor­tant que le tirage au sort ou la créa­tion moné­taire publique. Sans une liber­té d’ex­pres­sion totale, le sys­tème ne peut être qua­li­fié de démo­cra­tique.
  • La mise en scène des conflits : L’I­sé­go­ria per­met d’or­ga­ni­ser une « mise en scène des conflits » indis­pen­sable avant tout vote, comme le RIC. Elle oblige les ins­ti­tu­tions à écou­ter et à res­pec­ter les opi­nions dis­si­dentes, garan­tis­sant que le peuple soit cor­rec­te­ment infor­mé de tous les points de vue avant de déci­der.
  • Un anti­dote à la mani­pu­la­tion : Chouard sou­tient que la cen­sure du « dis­sen­sus » per­met à une poi­gnée d’ex­perts ou de puis­sants de pro­cla­mer un faux consen­sus pour mani­pu­ler l’o­pi­nion. L’I­sé­go­ria empêche ce ver­rouillage en ren­dant impos­sible la mise à l’é­cart des voix dis­cor­dantes.
  • La vigi­lance comme ver­tu citoyenne : Elle donne à chaque citoyen le pou­voir d’a­gir comme une « sen­ti­nelle ». Chouard affirme que dénon­cer les com­plots, les intrigues ou les mani­gances du pou­voir est une « ver­tu citoyenne » essen­tielle qui néces­site une liber­té d’ex­pres­sion sans aucune cen­sure, qu’elle vienne du gou­ver­ne­ment ou d’as­so­cia­tions.
  • Le lien avec l’in­dé­pen­dance des médias : Pour que l’I­sé­go­ria s’exerce réel­le­ment, elle doit s’ac­com­pa­gner de médias indé­pen­dants des mil­liar­daires. Si les riches pos­sèdent les moyens d’in­for­ma­tion, ils peuvent muse­ler la parole citoyenne et vider l’I­sé­go­ria de son sens en orien­tant le débat.
En somme, l’I­sé­go­ria est l’ou­til qui per­met de trans­for­mer une foule d’é­lec­teurs pas­sifs en une mul­ti­tude de citoyens éclai­rés, capables de sur­veiller le pou­voir et de légi­fé­rer en connais­sance de cause.


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Étienne

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1 Commentaire

  1. Wil Nic

    Sans blague vous vous posez encore la question ?
    OÙ Et quand a t on été en démocratie ?

    Réponse

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