ACN33 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 12ème partie : ORGANISATION PAR L’ÉTAT DE L’INSÉCURITÉ GÉNÉRALE, À L’INTÉRIEUR ET À L’EXTÉRIEUR (suite), Atelier constituant Nexus #33 avec Marc, Léo et Nathanaël
La semaine prochaine (mercredi 20 mai 2026 à 18h30 🙂 ), on continuera le travail (essentiel) sur les moyens (réels mais totalement méconnus) de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Procès-verbal d’émission : Atelier Constituant #33 – Résistance à l’Oppression
1. Introduction et actualités Nexus [00:00]
L’indépendance médiatique constitue la condition sine qua non de tout processus constituant authentique. En s’affranchissant des financements publicitaires et des subventions étatiques, un média comme Nexus garantit que la parole citoyenne n’est pas filtrée par les intérêts des détenteurs de capitaux, permettant ainsi une analyse brute des mécanismes de pouvoir. Cette autonomie est le socle sur lequel repose la diffusion des techniques de rédaction constitutionnelle populaire.
Marc :
Amis constituants du mercredi, merci de nous retrouver à nouveau pour notre rendez-vous Hebdo, 33e atelier constituant avec évidemment toute l’équipe : Étienne Chouard, Léo Girod et Nathanaël. Aujourd’hui, on va recevoir aussi un autre invité qui va nous partager son témoignage.
Mais avant de débuter cette émission, je vous rappelle que Nexus ne vit que grâce à vous, nos lecteurs. Nous sommes sans pub, sans subvention et évidemment sans censure et sans milliardaires pour nous soutenir. Donc on a besoin de vous pour continuer ce travail d’information libre et indépendant.
Vous pouvez nous retrouver évidemment en kiosque et sur nexus.fr. Et ceux qui veulent nous retrouver en vrai, en chair et en os, le festival Nexus sera l’occasion de tous se retrouver. On aura des ateliers constituants aussi en vrai avec Étienne Chouard et toute la team.
Ce sera les 27 et 28 juin prochain. Faites vite parce que les places sont quasiment en rupture. Le lien est dans la description et tout de suite j’ai le plaisir de recevoir notre équipe du mercredi. Salut les amis, comment allez-vous ?
Étienne Chouard :
Salut ! On est sur cette continuité de « rendre effectif le droit de résistance à l’oppression », tellement l’oppression est grande. C’est déjà la 12e partie de cette longue, longue, longue thématique. Alors ce soir on va continuer et peut-être clôturer cette partie-là.
Toujours on sait pas, on verra, parce qu’à chaque fois on se dit peut-être. C’est pas grave, on continuera tant qu’il le faudra, toujours pour faire avancer le débat tous ensemble. On a ce soir notre cher Bruce qui va nous partager son témoignage pour le compteur constituant.
Je rappelle, vous allez sur comptesurmoi.org, vous pouvez partager votre témoignage si vous voulez montrer votre tête ou ne serait-ce que vous inscrire pour faire monter ce compteur à conscience et montrer qu’on est nombreux. Puis il y a toujours les sites pour continuer à se documenter : chouard.org, mouvement-constituant-populaire.fr, la-belle.org, le RIC, portail-municipal.fr.
Tout ce qu’il faut pour soit créer des petits ateliers constituants chez vous, soit pour consulter de la doc et tous les articles sur le sujet. Alors on va commencer par ce premier témoignage, peut-être Étienne, de notre cher Bruce.
2. Témoignage de Bruce : Du non au TCE à l’engagement forestier [03:30]
Le parcours individuel d’un citoyen est la cellule souche de la prise de conscience constitutionnelle. Le témoignage de Bruce illustre la manière dont la confrontation directe avec l’impuissance politique, le « greenwashing » industriel et la toxicité des structures hiérarchiques pousse à la recherche de règles de droit protectrices.
Bruce :
C’était en référence au silence assourdissant des médias concernant le processus constituant populaire et permanent. En fait, c’est comme les marches de cet escalier, cette histoire constitutionnelle, c’est par étape que ça se fait. En premier lieu faut se signaler.
Voilà, « oui oui tu peux compter sur moi ». Compte sur moi. Tu es là aussi toi ? Ouais toi tu es là aussi, il est là. Toi ? Ah et lui aussi. Bon c’est comme ça. Et la deuxième étape aussi c’est de participer aux ateliers constituants.
Il y en a partout en France, faut pas le dire pour l’instant… enfin j’en ai pas fait moi, mais bon c’est comme ça, ça existe. Et ensuite faut se tenir prêt le jour où ça se produira. J’espère que j’arriverai à le voir de mon vivant, purée. En attendant que ça se produise, compte sur moi.
Marc :
Alors Bruce, qu’est-ce qui t’a fait percuter toi ? Qu’est-ce qui t’a fait venir à cette conscience de la priorité constituante ?
Bruce :
Quand j’avais 25 ans, donc en 2005, j’étais vraiment dans le secteur industriel. J’étais parti, j’ai pas de gros diplômes mais j’étais parti pour faire un plan de carrière. J’avais repris mes études en forêt et j’étais embauché. Et donc je suis cette affaire de vote pour la Constitution, le TCE.
Je le suis un peu de loin mais je sais que moi je vote NON. À l’époque j’ai pas cette conscience-là mais en fait je vote non, je sens que c’est un projet ultra-libéral. Donc je vote non. Et donc on se fait avoir quelques années plus tard.
Tu sais, c’était le TCE, c’était le Traité de Lisbonne, c’est la trahison qui a suivi deux ans après Sarkozy. À ce moment-là je me dis : « Ouais il y a quelque chose qui va pas ». Je rentre dans le milieu industriel, dans l’audit sur la certification PEFC.
J’ai audité 600 entreprises en France pendant 4 à 5 ans. De la petite à la grande structure de la filière bois, de l’exploitant forestier qui est le premier maillon jusqu’à la fabrique de pâte à papier. Je découvre le monde industriel et je vois qu’il y a du greenwashing PEFC.
Finalement je change de job et là je tombe dans une boîte, un gros groupe d’emballage industriel où là je découvre vraiment à l’intérieur le pire qu’on peut découvrir du comportement humain des cadres sup. Alors là déjà je me dis : « si un système permet ce genre de choses là et que tout fonctionne comme ça, j’ai des grosses questions à me poser moi sur mes motivations ».
Je mets quelques années à sortir de là et je m’installe en tant qu’agriculteur 4 à 5 ans après. Je démarre vraiment en 2016, je suis à mon compte en 2017. Le mouvement des Gilets Jaunes démarre en 2018. Peu de temps avant je m’étais engagé au sein de la France Insoumise localement puisque Donald Trump a été élu en 2016 et je me suis dit : « il faut absolument qu’on essaie de faire en sorte qu’on n’ait pas la même chose ou pire ».
Faut pas trop suivre ce que je vote parce qu’à chaque fois c’est désespérant de toute façon de voter. Je sors de la France Insoumise pour des questions d’élections européennes avec des choix de liste qui me plaisent pas du tout et un mode de fonctionnement qui est justement pas très démocratique.
À l’époque, le cadre de l’Avenir en Commun pose l’environnement comme colonne vertébrale mais aussi la 6e République avec une nouvelle Constitution. Sauf que quand je pose des questions, je me rends compte qu’en fait c’est écrit dans des programmes mais que les militants de base et ceux qui se disent chefs locaux sont incapables de défendre le bout de gras.
Arrive le mouvement des Gilets Jaunes et là moi je m’y mets corps et âme. Je mets de côté une partie de mon activité. Mon père me file un coup de main sur les marchés à Dijon. Je fais l’ensemble des manifestations à Dijon en étant un peu en décalage parce que je comprends tout de suite qu’en fait on va l’avoir dans le baba dès le départ.
Au 3e ou 4e acte je croise Pablo à Dijon. Ils ont déjà une association qui s’appelle la Majorité Silencieuse 21. Ils ont pour objectif de mettre en place des votations citoyennes qui n’ont pas de valeur juridique mais en tout cas sur la deuxième circonscription de Côte d’Or pour demander aux habitants s’ils voudraient qu’on réécrive une Constitution.
Je trouve le projet génial parce qu’en fait on a aucune sortie dans la rue, c’est peine perdue, je le comprends très rapidement. Ensuite avec Pablo, Sarah et Jérémie on crée un parti politique qui s’appelle Voter pour vous.
L’objectif était simple : briguer un poste de député et utiliser l’argent de la députation pour mettre en place des votations citoyennes locales. De là arrive le Covid. On se rapproche de groupes constituants, Léo en fait partie.
Pendant le Covid, je tiens un petit journal de bord où je fais l’imbécile avec mon nez rouge et je commente les actualités pour ne pas péter les plombs. En parallèle on travaille avec tous ces groupes constituants, Étienne aussi et d’autres, pour créer le socle commun du Mouvement Constituant Populaire.
On fait alors une déclaration de mouvement carrément à Vagram, place Vagram, en 2019 ou 2020. Et est lancé le MCP. Ensuite pendant le Covid, moi je suis anti-pass sanitaire. Je fais les manifestations à Dijon.
Sur la deuxième manifestation du 31 juillet 2021, je me fais mettre en garde à vue sans raison particulière. Le procès aura lieu 3 ans plus tard. C’est une procédure de musellement. Mon père décède en 2020, nous laisse un héritage et là on est ici, c’est une ferme qu’on rénove.
J’ai arrêté l’implication physique dans des mouvements politiques autres. J’ai trouvé un emploi, je suis salarié de droit privé dans une structure nationale que je n’ai pas le droit de citer mais qui fait de la gestion forestière. Je suis technicien forestier à présent.
Étienne Chouard :
Et tu es plus militant ?
Bruce :
Bah je suis militant à travers mes actions locales et la résilience que j’essaie de mettre en place à l’échelle de notre village. C’est de l’entraide avec les personnes âgées, des repas partagés.
Et on a mené une pétition pour demander une votation citoyenne organisée par la mairie sur un projet éolien qu’elle ne voulait pas. Le maire ne voulait pas parce que lui il était un peu comme Macron : « je suis élu, c’est moi qui décide ».
Du coup on a réussi à avoir la votation citoyenne et là on a eu un score, je pense qu’il a jamais eu ça dans sa vie d’élection de maire : il y a 80 % des inscrits qui se sont déplacés et 80 % des personnes qui ont dit qu’ils ne voulaient pas de ce projet-là. On a mis en œuvre le principe de démocratie directe.
3. Débat sur la priorité de l’entraînement constituant vs la résilience locale [15:45]
Il existe une tension stratégique entre la « résilience physique » (autonomie, jardin, mise en protection) et la « résilience politique » (écriture des règles). Sans entraînement à la rédaction des lois, le citoyen demeure un joueur sans technique face à un adversaire professionnel, malgré son autonomie matérielle.
Étienne Chouard :
Tu n’as toujours pas fait d’atelier constituant ? Est-ce que tu arrives dans ta tête à comprendre pourquoi ? Parce que si tu inscris ton nom sur le compteur en disant « J’ai compris la priorité », priorité ça veut dire que c’est avant tout.
Comment ça se fait que tu t’entraînes pas ? Si un jour il faut qu’on décrive nous-même la Constitution, ça a du sens de pas s’entraîner du tout ? C’est comme un joueur de foot qui dirait : « Non mais moi j’ai pas besoin de m’entraîner ». C’est quoi l’idée ?
Bruce :
C’est très simple, j’ai énormément de choses à faire ici. C’est un chantier pharaonique. La résilience demande une somme d’efforts financiers et physiques et je suis sur plusieurs fronts : la maison, le jardin.
En plus je m’en cache pas, j’aime pas forcément le terme de complotiste, mais je suis classé parmi mes amis et mon entourage comme ça. Je leur dis : « écoutez on va pas tourner autour du pot, je suis complotiste 7e dan ».
C’est que je vais très loin dans mes réflexions. J’en viens à me dire que je suis cinglé. Je préfère que cette folie, cette psychose, je la mette en application sur des choses qui nous amènent de la résilience et qui nous permettent de moins dépenser.
La priorité était pas forcément au processus constituant pour l’instant parce que ça fait 5 ans qu’on a fait un pas de côté dans la campagne bourguignonne profonde. Je suis en train de mettre ma famille en protection du mieux que je peux.
Léo Girod :
Juste un commentaire : écrire le socle commun du MCP, c’était un atelier constituant. Constitution du MCP certes, mais c’était un atelier.
Bruce :
Merci Léo. C’est vrai qu’à cette époque-là il y avait vraiment une grosse énergie, un gros investissement. Je vais vous laisser bosser, vous avez de grosses thématiques à traiter. Je vais aller rejoindre mon épouse. Merci en tout cas de m’avoir reçu et bon courage.
4. Session de travail : Diagnostic de la vassalisation militaire [21:20]
La vassalisation est analysée ici comme une perte de souveraineté organisée par le sommet de l’État. Ce processus d’assujettissement transforme l’outil de défense nationale en un instrument au service d’intérêts impériaux étrangers, principalement américains.
Étienne Chouard :
Je propose de partager le document de travail qu’on utilise tout le temps. On essaie d’imaginer des institutions qui nous manquent pour nous défendre contre les abus de pouvoir politiques, économiques et sociaux.
Le sujet que je voudrais voir avec vous aujourd’hui concerne la vassalisation, c’est-à-dire l’assujettissement, la fin de la souveraineté française au profit de l’empire américain. J’ai noté quelques cas évidents de trahison.
Les premiers exemples c’est l’acceptation par Mitterrand du déploiement des Pershing en 1983 dans le cadre de l’OTAN. Le Livre blanc de 2008 qui approfondissait un programme général encadrant les futures lois de programmation militaire.
Et puis la réintégration par Sarkozy du commandement de l’OTAN que De Gaulle avait abandonné. Ce qui nous soumet à l’autorité de l’OTAN, et l’OTAN est dirigée à Washington évidemment. Nos représentants soumettent nos forces armées à un pays étranger.
En France c’est facile parce que le Président est chef des armées dans la Constitution et nomme à tous les emplois civils et militaires. Il a un pouvoir énorme. On doit imaginer les institutions qui nous permettraient à nous, la population, d’empêcher cela.
5. Architecture institutionnelle : Commissions de contrôle et pouvoir diplomatique [24:10]
La prévention de la tyrannie et de la vassalisation nécessite une séparation stricte des fonctions exécutives. L’architecture proposée repose sur un contrôle citoyen direct des traités internationaux et la création d’un pouvoir diplomatique affranchi des intérêts commerciaux.
Léo Girod :
Dans la structure de la constitution Mumble, on a séparé l’exécutif en plusieurs pouvoirs : le pouvoir militaire mais également le pouvoir diplomatique. Pour nous, l’OTAN est une décision de la nation.
On pourrait prévoir que toute convention internationale ne peut être ratifiée que par référendum. Comme ça on en parle plus, c’est réglé. C’est un référendum obligatoire pour toute souscription à une entité internationale ou étrangère.
Nathanaël :
Ça se recoupe avec la commission de contrôle militaire ou la commission de programmation militaire. Ils sont là pour vérifier que l’armée reste sur la brèche par rapport à ce qui se passe autour. Le fait de s’inféoder, de se soumettre à un pouvoir extra-territorial américain, ça fait perdre des capacités techniques.
Il y a une dimension où, d’un point de vue technico-militaire, ces structures pourraient servir de vigie pour alerter le plan général quand la souveraineté est bradée, même s’il y a un engouement politique.
Léo Girod :
On a institué le corps diplomatique en tant que pouvoir indépendant de l’exécutif. Aujourd’hui la diplomatie est une entreprise commerciale. On envoie des diplomates qui sont des chargés d’affaires pour l’entreprise France.
Le premier truc qu’on a fait c’est de leur retirer l’aspect commercial de leur métier. Ils sont là pour faire de la négociation politique internationale, absolument pas de la négociation commerciale. Pour ça on envoie des commerciaux.
Sur le tirage au sort des diplomates, on n’est pas partis là-dessus parce qu’il faut de l’expérience et une connaissance du terrain. On veut pas d’un touriste. C’est un concours, mais ils n’auraient plus le pouvoir de signer seuls. Tout accord doit être voté par référendum. Un pays qui n’a pas ça, c’est un pays où on se fout de vous.
6. Analyse de la trahison économique : L’affaire Alstom [31:50]
La cession d’actifs industriels stratégiques à des puissances étrangères est identifiée comme un acte de sabotage de la sécurité nationale. L’analyse porte sur la complicité systémique de la classe dirigeante dans le démantèlement de l’autonomie énergétique et militaire du pays.
Étienne Chouard :
Il y a une dépossession des militaires par la vassalisation économique. Le scandale incroyable de la trahison honteuse de la vente d’Alstom. C’était une entreprise capable de produire les turbines des centrales nucléaires et des sous-marins nucléaires.
Macron, dans sa fonction de banquier, a favorisé cela. Avec la Constitution de la 5e République, un immondice comme Macron qui arrive dans ce costume a les moyens d’imposer la vente d’Alstom. On dépend maintenant des États-Unis pour les pièces détachées.
Est-ce qu’on doit constitutionnaliser l’interdiction de vendre des entreprises stratégiques ?
Léo Girod :
C’est quoi une entreprise stratégique ? Fixons les tâches régaliennes et disons qui s’en occupe. Évidemment que c’est pas au Président ou à un ministre de l’Économie d’avoir la main là-dessus. C’est la faute du constituant de la 5e qui laisse faire un système où des personnes nous mettent dans la mouise sur un coup de tête.
On a des députés complètement afféodés à l’exécutif par le système des partis. C’est un problème constitutionnel majeur.
Nathanaël :
Sur l’affaire Alstom, il y avait un très bon documentaire sur LCP. On se rend compte que presque l’ensemble de la classe dirigeante est mouillée. C’est pas un gars qui a pu tordre le bras à tout le monde.
Le cabinet d’affaires de Sarkozy était partisan de la manœuvre. Tout le monde a croqué un peu. Les États-Unis ont un moyen extra-territorial d’imposer leur loi. On est gouvernés par des compradores.
Les gens sont pas au service des citoyens, ils sont au service de leur carrière, du plus offrant pour assurer leurs vieux jours. On pourrait avoir une commission de veille qui fait du cas par cas sur le contenu de ce que les entreprises produisent pour éviter le pillage.
Étienne Chouard :
Il y a un truc qui s’appelle France Stratégie normalement. Mais les institutions qu’on a aujourd’hui sont souvent faites pour faire le contraire de ce qu’elles sont censées faire. C’est de la stratégie au sens de découper la France en strates pour la vendre.
7. Influence occulte : Cabinets de conseil et corruption systémique [42:15]
Le recours massif à des cabinets de conseil privés type McKinsey est présenté comme un mécanisme de corruption institutionnalisée. Ce « renvoi d’ascenseur » entre le pouvoir politique et des entités privées conduit à l’abandon de l’expertise de l’État et à une ingérence étrangère démesurée.
Étienne Chouard :
Il y a une dépendance organisée par l’administration envers des cabinets comme McKinsey. Ces gens ont œuvré pour l’élection du Président avec des fameux conseils pro bono. Ce gars qui était un inconnu a été porté au pouvoir par des cabinets de conseil américains.
Maintenant Macron renvoie l’ascenseur en les exonérant d’impôts et en leur donnant des contrats mirifiques. L’Éducation Nationale paie des millions pour des conseils qui sont littéralement de la merde. C’est du bavardage creux.
Nos fonctionnaires sont ravalés au rang dégradant d’exécutants de ce que décident des conseils étrangers. C’est de la trahison à tous les étages.
Léo Girod :
Le problème c’est la rétrocommission. C’est pas du conseil, c’est du retour sur investissement. Pendant le Covid, on a vu des PDF vendus 1 milliard d’euros à chaque pays, alors que c’était le même document de trois pages.
Ils achètent des directives. Il faut de la transparence et des sanctions en temps réel, pas une fois que le mal est fait et qu’il y a plein de morts.
Nathanaël :
Il y a un bouquin, « Les Infiltrés », qui montre comment les cabinets de conseil ont fait une prise de pouvoir sur l’État. On retrouve ça partout en Occident. C’est une ingérence démesurée dans les structures de pouvoir.
Étienne Chouard :
À ce sujet, les 30 et 31 mai, il y aura les universités citoyennes à Avignon sur le thème de la corruption. On va étudier comment reconquérir le pouvoir décisionnel. Presque aucun livre sur la corruption ne propose de solution constituante.
Il y aura plein de monde : Nexus, Nicolas Vidal, André Berkov, Chloé Frammery, Michel Maffesoli, Martine Donette, Marion Saint-Michel Keria, Jean-François Noubel, Gilles Rau.
On va se servir de ces bouquins qui sont des enquêtes formidables pour compléter ce qui manque : les articles de Constitution pour empêcher ces crimes. On va transformer le crime documenté en solution institutionnelle.
8. La dette comme arme : L’Agence France Trésor (AFT) [52:30]
L’asservissement financier de la France est piloté par l’Agence France Trésor, une structure opaque gérant la dette auprès de créanciers anonymes. La dette est ici définie comme un outil de guerre psychologique et économique visant à briser la souveraineté des peuples.
Étienne Chouard :
Le point suivant est monstrueux : l’Agence France Trésor (AFT). Elle a asservi les Français par la dette. Elle construit de toutes pièces la dette et sa négociation jour après jour auprès d’étrangers dont on ne connaît même pas le nom !
L’État ne connaît pas le nom de ses créanciers. Tout est scandaleux. La dette publique est une construction politique qui nous a asservis à l’étranger. C’est pour ça que je le mets dans la case militaire.
Regardez ce qu’ils ont fait à la Grèce. Cinq traders lors d’un dîner au restaurant se sont vantés d’avoir choisi le pays qu’ils allaient ruiner pour donner l’exemple et faire peur aux autres.
Ils ont vendu en masse les titres de la Grèce, les taux se sont envolés et le pays a été asservi par la Troïka (BCE, FMI, Banque Mondiale). Demandez à votre IA, à Perplexity, de vous faire la synthèse des reproches faits à l’AFT. On doit trouver des institutions qui empêchent des banquiers étrangers de prendre le contrôle de la France.
9. Conclusion, outils et perspectives [58:00]
La mission du citoyen constituant est de sortir de l’impuissance par l’usage d’outils d’intelligence collective. Face à la carence des journalistes « sentinelles », l’utilisation du GPT constituant permet de transformer chaque grief en une proposition de règle de droit structurée.
Étienne Chouard :
Aucun média ne fait ce qu’on fait là, à part Nexus. Les journalistes normalement sont les sentinelles du peuple, mais on ne peut pas compter sur eux. Ils nous proposent l’élection ou des pétitions. Des pétitions, au secours !
C’est des enfants qui proposeraient des pétitions. On a le droit de réfléchir à autre chose de plus puissant. C’est pour ça qu’on a créé chouard.org/gpt, le GPT constituant. Tu te plains d’un truc, tu dis : « les médias sont aux mains des riches », et il te sort des propositions institutionnelles.
C’est un marche-pied pour devenir un adulte politique. On l’utilisera en direct la semaine prochaine.
Marc :
On se quitte avec le clip de Zenkiai , l’hymne de comptesurmoi.org. On se retrouve au festival pour pratiquer tout ça.
Clip de Zenkiai : Compte sur moi
Ce n’est pas juste un chiffre, c’est un cri qui s’amplifie Chaque nom sur ce site, c’est un peuple qui s’unifie Ce n’est pas juste un compteur, c’est un signe porteur d’espoir On ne veut plus être électeur, on décide d’écrire notre histoire
Être constituant et voter nos lois Je crie au peuple : compte sur moi Révoquer ceux qui nous trahissent Retirer les lois qui nous oppressent Ce sont des lignes libératrices Des articles écrits avec justesse
Sur comptesurmoi.org on s’inscrit, on témoigne Notre conscience de tout âge, on pousse un cri : assez de l’impuissance Déjà des milliers, bientôt des millions Compteur en perpétuelle ascension Car une conscience constituante éveillée Ne se laissera plus jamais manipuler
Ensemble, constituants, on écrit nos lois Je crie au peuple : compte sur moi Les puissants ne céderont jamais Alors c’est à nous de nous organiser On sait déchiffrer la Constitution Face aux injustices, on a des solutions
On a les outils pour voter nos lois Un téléphone suffit, on l’a tous sur soi Nexus, média libre, en atelier Sentinelles du peuple réveillé comptesurmoi.org pour nous compter GPT constituant pour nous épauler Le MCP pour mieux nous relier Et le RIC pour enfin décider
Et le jour venu, tout sera prêt L’ordre tremblera, mais sans regret Car nous aurons su dans l’union et la foi Écrire nos règles, rédiger nos droits Reprenons nos voix Je crie au peuple : compte sur moi !
Je vous rappelle l’adresse du document des ACN que nous composons depuis le début de ces ateliers constituants avec Nexus (et qui vous sert à suivre notre travail) : L’ATELIER CONSTITUANT AVEC ÉTIENNE CHOUARD – Google Docs : vous pouvez y lire (pages 43 et suivantes) quelques crimes étatiques contre notre SÉCURITÉ (intérieure et extérieure) pour lesquels je compte chercher avec vous (en 3e colonne) des solutions AUTRES que l’élection.
Je vous rappelle aussi le premier document que j’avais composé pour démarrer ce travail sur la résistance à l’oppression (et que nous continuerons d’utiliser demain pour avancer dans notre recherche de solutions réalistes) : les MISSIONS de l’État (raisons d’obéir) comparées aux CRIMES de l’État (raisons de désobéir), où nous cherchons, pour chaque ligne d’une Mission de l’État et des Crimes correspondants, de vraies bonnes SOLUTIONS — recherche de solutions qu’aucun média ne fait jamais chaque fois que des scandales sont dénoncés !
Cette semaine, comme la semaine passée, après avoir lu avec Nathanaël quelques passages formidables d’un livre passionnant et important (« Nos cerveaux endoctrinés » de Michael Nelhs), je compte traiter avec vous les missions de l’État (raisons de lui obéir) relatives à la garantie de SÉCURITÉ et les crimes de l’État (raisons de lui désobéir) qui organise et instrumentalise L’INSÉCURITÉ, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Je reprends ci-dessous celles de mes notes (voir Atelier #15) qui vont être examinées pour leur trouver des vraies solutions :
Paix civile (sécurité à l’intérieur) :
Missions : Protéger la sécurité des biens, des personnes et des contrats ; justice contre les délinquants, sécurité juridique (état de droit).
Crimes : Insécurité, impunité, libération de délinquants graves sans punition (même les juges prostituant leurs enfants !), violences policières impunies, injustices impunies, expropriation par les normes, insécurité juridique (inflation législative, impunité des acteurs publics).
État de droit et Paix militaire (sécurité à l’extérieur) :
Missions :
Soumission de l’État à un droit supérieur (« état de droit ») avec des juges impartiaux,
garantie de la paix, non-ingérence, neutralité.
Crimes :
Arbitraire impuni des acteurs publics, punition d’opposants sans procès,
État belliqueux et paranoïaque, interventions à l’étranger sans consultation, soumission à un empire étranger.
Gestion du pays et Indépendances stratégiques :
Missions :
Budgets en équilibre,
indépendances stratégiques
autosuffisance alimentaire,
autosuffisance sanitaire,
autosuffisance industrielle,
autosuffisance militaire…
Crimes :
50 ans de budgets en déséquilibre (déficits publics), endettement aggravé (écrasante dette odieuse),
dépendance et insécurité alimentaire : maltraitance extrême (et disparition) des petits paysans (par les grands exploitants, les grandes surfaces, les règlementations tatillonnes, les incitations à l’endettement, les subventions comme seules chance de survie…), violation de toutes les protéctions alimentaires via le « libre-échange » qui interdit aux États d’interdire aux marchands d’empoisonner…
dépendance et insécurité sanitaire : soumission de l’État et de tous les acteurs de la santé publique à l’OMS (outil privé de terreur publique), destruction progressive des assurances sociales (sous prétexte de manque de monnaie et de non rentabilité des services publics de santé) et de l’outil industriel de production des matériels de soins et de médicaments…
dépendance industrielle : désindustrialisation toujours liée au « libre-échange »
dépendance militaire : armée ruinée et assujettie à des pays étrangers (via l’OTAN), entreprises stratégiques vendues à des puissances étrangères (haute trahison comme Alstom).
Remplir (pour chaque crime de nos représentants élus qui fait l’actualité) la troisième colonne de notre tableau de « propositions hors élections » (p 43 et s.) permet de bien réaliser la nullité des prétendus « journalistes » qui se contentent de déplorer tous les jours les conséquences de notre impuissance politique SANS JAMAIS envisager de solutions constituantes, sans jamais chercher la cause des causes.
Au moins Nexus fait le boulot.
J’espère que ce pionnier éveillera d’autres journalistes à la priorité urgente d’un processus constituant populaire.
Ceux qui nous écoutent ici pourraient peut-être interpeler eux-mêmes (tous les jours ?) leurs médias préférés, en demandant clairement à nos meilleurs journalistes qu’ils aident la population à penser en adultes politiques, qu’ils nous entraînent quotidiennement à penser en citoyens constituants (plutôt que nous enfermer dans la position humiliante d’électeur).
À mercredi
Étienne.
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Bonjour,
Merci pour cet article nous permettant d’espérer que nous pouvons.….…changer quelque chose et redevenir la belle France que nous étions.
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Bonjour,
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