ACN20 Atelier constituant Nexus #20 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 4ème partie : CRIMES ÉCONOMIQUES DE L’ÉTAT, avec Marc, Léo et Nathanaël
Cette semaine (demain mercredi 18 février 2026 vers 19 h), on reprend le travail (essentiel) sur les moyens (réels mais totalement méconnus) de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression, avec Marc, Léo et Nathanaël.
Je vous rappelle l’adresse du document que nous composons depuis le début de ces ateliers constituants avec Nexus (et qui vous sert à suivre notre travail) : L’ATELIER CONSTITUANT AVEC ÉTIENNE CHOUARD – Google Docs : vous pouvez y lire (pages 17 et suivantes) quelques crimes économiques pour lesquels je compte chercher avec vous (en 3e colonne) des solutions AUTRES que l’élection.
Je vous rappelle aussi le premier document que j’avais composé pour démarrer ce travail (et que nous continuerons d’utiliser demain pour avancer dans notre recherche de solutions) : les MISSIONS de l’État (raisons d’obéir) comparées aux CRIMES de l’État (raisons de désobéir), où nous cherchons, pour chaque ligne d’une Mission de l’État et des Crimes correspondants, de vraies bonnes SOLUTIONS — recherche de solutions qu’aucun média ne fait jamais chaque fois que des scandales sont dénoncés !
Cette semaine (demain), je compte traiter avec vous les missions économiques de l’État (raisons de lui obéir) et les crimes économiques de l’État (raisons de lui désobéir). Je reprends ci-dessous celles de mes notes (voir Atelier #15) qui vont être examinées pour leur trouver des vraies solutions :
Établir et garantir la prospérité : plein emploi, pas de pauvreté, réduire les inégalités par la fiscalité.
Crimes :
Austérité artificielle (volontaire), augmentation de la pauvreté, de la précarité, du chômage (NAIRU), de l’inflation, explosion des inégalités par la fiscalité.
Monnaie publique et Plein Emploi :
Missions :
Monnaie stable,
indexation des salaires et de tous les contrats,
plein emploi garanti par la création monétaire publique (État employeur en dernier ressort),
Assurances contre le chômage.
Crimes :
Politiques inflationnistes (Quantitative Easing), prix factices (électricité !),
politiques « chômagènes » (lutte contre l’inflation, libre-échange, harcèlement adm et fiscal des TPE/PME),
privatisation de la création monétaire (art. 123 de Lisbonne),
explosion des dettes (publique et privée), siphonage des liquidités par les milliardaires (apatrides),
suppression progressive des assurances chômage.
Vous trouverez dans le google doc Nexus constituant, pages 17 et s., le tableau de l’ordre du jour de ce soir qui correspond aux notes ci-dessus (j’ai rempli les deux premières colonne et c’est la 3e colonne que nous chercherons à remplir ensemble : quelles vraies solutions, hors élection, crime par crime.
C’est peut-être le thème le plus important de tous que celui-ci : rendre effectif le droit de résistance à l’oppression. C’est pourquoi j’ai hâte d’être à demain, et de vous retrouver, en visio depuis la Bretagne.
Étienne.
(PS : je remplacerai l’image ci dessous par un lien vers l’événement dès qu’il aura été créé.)
Procès-verbal d’émission (G Notebook) : Atelier Constituant n°20 (4h10) – Rendre effectif le droit de résistance à l’oppression
1. Plan détaillé et minutage de l’audience
Le présent sommaire analytique est une pièce maîtresse de l’archivage institutionnel de cet atelier. Il permet d’assurer une navigabilité juridique au sein d’une déposition de haute densité conceptuelle, garantissant que les solutions constitutionnelles proposées puissent être retrouvées avec précision par les futurs constituants ou chercheurs en droit politique. Ce document consigne l’intégralité des griefs portés à l’encontre de l’État et les remèdes institutionnels envisagés.
00:00:00 – 00:04:15 : Ouverture procédurale et importance stratégique du média Nexus.
00:04:16 – 00:08:40 : Clip Zenkaai : Manifeste de la conscience constituante et présentation de comptesurmoi.org.
00:08:41 – 00:15:35 : Témoignage de Giovanni : L’action du « citoyen-maçon » et le Tour de France constituant.
00:15:36 – 00:33:10 : Déposition sur les « Crimes économiques » de l’État : De la trahison des missions régaliennes à l’oppression systémique.
00:33:11 – 00:55:40 : Analyse des conquis sociaux : Le Conseil National de la Résistance (CNR) face au complot de la dérégulation (Référence à Kessler).
00:55:41 – 01:25:20 : Solutions institutionnelles : Chambre des solidarités, Référendum Obligatoire et RIC en toute matière.
01:25:21 – 02:10:30 : Souveraineté Monétaire : L’État créateur vs Utilisateur. Analyse de la Théorie Monétaire Moderne (TMM) et critique du « Vampirisme financier ».
02:10:31 – 02:45:15 : Expérimentations locales : Souveraineté communale, monnaies fondantes et contrôle constitutionnel des échanges.
02:45:16 – 03:20:40 : Économie du Travail : Critique du Libre-échange, « salaire à vie » de Bernard Friot et protection des PME.
03:20:41 – 03:45:00 : Éthique et Résistance : Dénonciation de l’eugénisme économique (Le cas de l’euthanasie sociale au Canada).
03:45:01 – Fin : Conclusions sur le NAIRU, le modèle du Chiapas et clôture de l’audience.
Le présent procès-verbal entame désormais la transcription détaillée des débats.
2. Préambule et mise en contexte procédurale
L’audience du 20e Atelier Constituant s’est tenue sur la plateforme Nexus, réunissant un collège d’intervenants composé d’Étienne (Chouard), Léo (coordinateur), Nathanaël, Marc (directeur de Nexus) et Rocco. L’objet de la séance est l’examen des défaillances économiques de l’État, qualifiées de « crimes » au regard des missions de protection dues au peuple.
Étienne : Salut à tous. Je vous propose de commencer ce 20e atelier constituant avec le clip de Zenkaai comme d’habitude qui nous sert un peu de générique et puis après Léo nous présentera un témoignage un peu particulier avant qu’on commence à bosser vraiment sur l’atelier. Vous démarrez le clip de Zenkaai s’il te plaît ?
(Lecture du clip de Zenkaai) :« Ce n’est pas juste un chiffre c’est un cri qui s’amplifie. Chaque nom sur ce site c’est un peuple qui s’unifie. Ce n’est pas juste un compteur c’est un signe porteur d’espoir. On ne veut plus être électeur. On décide d’écrire notre histoire être constituant et voter nos lois. Je crie au peuple compte sur moi. Révoquer ceux qui nous trahissent. Retirer les lois qui nous oppressent. Ce sont des lignes libératrices des articles écrits avec justesse sur comptesurmoi.org. On s’inscrit on témoigne notre conscience de tout âge. On pousse un cri assez d’impuissance. Déjà des milliers bientôt des millions. Compteur en perpétuelle ascension car une conscience constituante éveillée ne se laissera plus jamais manipuler. Ensemble constituant on écrit nos lois. Je crie au peuple compte sur moi. Les puissants ne céderont jamais. Alors c’est à nous de nous organiser. On sait déchiffrer la constitution face aux injustices. On a des solutions. On a les outils pour voter nos lois. Un téléphone suffit. On l’a tous sur soi. Nexus média libre en atelier. Sentinelle du peuple réveillé. comptesurmoi.org pour nous compter. GPT constituant pour nous épauler le EMCP pour mieux nous relier et le RIC pour enfin décider. »
Étienne : Alors c’est vrai que comme Marc n’est pas là on peut rappeler que on est ici sur le site de Nexus qui a une revue sans publicité et qui donne à cette émission et à ces émissions la possibilité de publier des messages sans avoir besoin d’être d’une audience et de Nimat ce qui lui donne une vraie indépendance sur les contenus et pour moi Nexus c’est comme un pionnier. C’est quelqu’un qui, ses marques et sa revue là, sont le premier des médias qui parle de la « priorité constituante » en plus de ce qu’elle évoque d’habitude. Marc a intégré dans sa vitrine, dans le spectacle qu’il donne à ses auditeurs, le spectacle de conversation constituante qui permet d’élever le niveau de conscience de la population. À mon avis ça permet de nous aider tous à devenir globalement des adultes politiques. Donc je trouve ça remarquable. J’espère que d’autres médias de gauche comme de droite vont prendre exemple et le faire à leur manière, mais aider les gens qui les écoutent à sortir de la pensée législative qui ne sert à rien puisque nous ne sommes pas législateurs et accéder à la pensée constituante et organiser l’évasion de la prison politique où on est enfermé par nos élus.
Le greffier acte l’ouverture officielle de l’atelier sur ces bases fondamentales.
3. Témoignage de Giovanni et conscience constituante
Le témoignage de Giovanni, maçon à la retraite, souligne la dimension pragmatique du mouvement. L’engagement individuel, manifesté par le « compteur constituant », est analysé comme le préalable nécessaire à toute transformation structurelle. La conscience constituante n’est pas une abstraction juridique, mais un acte de volonté populaire.
Léo : On a eu une merveilleuse surprise vendredi dernier c’était dans le Nexus Refactu je crois. Et donc il y a un bonhomme qui s’est pointé dans le studio qui avait rencontré Romain lors d’un café Nexus. Et donc du coup Romain l’a envoyé sur le plateau pour qu’il parle un petit peu de ce qu’il faisait. Il se balade avec une pancarte avec le compteur où il met à jour le chiffre manuellement avec des post-it sympas. Et il fait son petit Tour de France là pour voilà pour éveiller des consciences constituantes. Et donc il est absolument exemplaire. Il nous avait déjà contacté sur le compteur il nous avait envoyé son cri une fois et puis donc du coup là c’est cet extrait c’est son témoignage et qui est un témoignage qui est plus qu’un témoignage de pourquoi est-ce qu’il faut développer une conscience constituante. C’est un témoignage sur le comment, comment on peut se sortir les doigts et je pense que voilà un exemple à suivre sur sa volonté, sa détermination et aussi la simplicité avec laquelle il le fait. Formidable. Donc ça ça va durer 2 minutes. Il s’appelle Giovanni.
Giovanni : J’ai voulu faire ce petit logo pour essayer de booster un peu le compteur. Je voudrais que tous ceux qui sont dans le combat dans la lutte aussi ils pensent à devenir constituants. Ça fait longtemps que je lutte aussi hein. Et je me suis dit bon ben maintenant il faudrait peut-être arriver à comprendre parce qu’il y a encore beaucoup de gens qui se battent. Est-ce qu’on est prêt à faire une vraie une vraie constitution citoyenne quoi ? Puis je vais essayer d’engager des autres personnes à s’inscrire au compteur aujourd’hui. J’invite tout le monde d’aller s’inscrire et puis de d’assister à des ateliers même en visio aujourd’hui. Chacun il peut écouter lire et puis apprendre prendre une décision voir où que c’est que ça lui convient pas ou que ça lui convient et puis mettre un peu son grain de sel quoi. Mais on doit faire le travail. Je suis en train de faire un petit Tour de France en fait avec le petit logo là pour citer tous les au moins déjà tous les résistants. On a beaucoup de combat mais au moins s’inscrire au compteur c’est pour moi c’est primordial parce que si nous si nous on n’est pas éclairé réveillé déjà pour avoir une constitution citoyenne ça va être difficile de mettre les autres personnes qui sont pas dans le combat. Ça c’est vrai. Il faut d’abord montrer l’exemple. On devrait montrer l’exemple. Voilà. Ouais moi je suis à la retraite. Moi j’étais j’étais maçon avant. J’étais dans le bâtiment aussi. J’ai créé ça parce que vu que le nombre qu’on est on est déjà plus de 336 000 personnes. J’ai déjà parlé à plusieurs médias. Moi je veux impliquer tous les médias tous les médias alternatifs.
L’audience prend acte de ce témoignage de moralité citoyenne avant d’entamer l’analyse technique.
4. Analyse des missions économiques vs dévastation des solidarités
L’atelier examine ici le fondement du contrat social. La légitimité de l’obéissance civile repose sur l’accomplissement par l’État de ses missions de solidarité. Sa trahison systématique, théorisée par le « complot » libéral, impose une résistance institutionnelle par le biais de nouveaux organes de contrôle.
Étienne : Dans les ateliers constituants on essaie de donner le spectacle de conversation constituante de citoyens qui ne se contentent plus de conversations législatives sur les lois qu’il nous faudrait (plus de salaire, moins d’impôts, nucléaire…). Constatant que nous sommes dans une prison politique c’est-à-dire un endroit où on décide de rien, on essaie d’organiser l’évasion. Le droit de résistance à l’oppression est proclamé depuis 1789 et il n’est mis en œuvre nulle part. La déclaration des droits de l’homme c’est pas du droit, c’est un texte philosophique. Pour qu’il devienne du droit il faudrait qu’on le traduise en termes constitutionnels avec des organes qui se chargeraient d’appliquer les le droit que nous aurions imaginé.
En fait pour moi tout est parti sur une nuit d’insomnie où j’ai un carnet qui est mon chantier constituant. Sur les pages de gauche j’ai mis les raisons d’obéir c’est-à-dire les missions de l’État : protéger la liberté d’aller et venir, notre intégrité physique, organiser les solidarités (sécurité sociale, retraite, chômage), nous garantir une monnaie stable, le plein emploi. Et quand sur la page de droite je regarde ce que fait l’État, je n’observe que des crimes. C’est-à-dire des choses si graves, des comportements si contraires à sa mission que je considère que l’État est criminel sur tous les points.
Dans les missions économiques j’ai noté : organiser les solidarités. Or ce qu’on observe depuis des dizaines d’années c’est la dévastation de toutes ces solidarités. Ils appellent ça dérégulation. Je souligne une déclaration de Kessler qui était le numéro 2 du MEDEF en 2007. Il disait : « La politique de Sarkozy vous paraît décousue mais le fil d’Ariane c’est de défaire méthodiquement tous les acquis du Conseil National de la Résistance (CNR) ». C’est un complot contre le bien commun. Que vous votiez à gauche ou à droite, cette dérégulation est programmée par les institutions européennes.
Nathanaël : Quelles institutions nous rendraient puissants ? Bah encore une chambre tirée au sort qui veille au maintien voire à l’amélioration dans l’esprit du CNR de la qualité de ces solidarités. Une bande de 100 ou 200 personnes dont le but est de débusquer tout ce qui se passe au niveau des solidarités. Si aujourd’hui on n’est pas capable de s’offrir ce qu’on a été capable de s’offrir au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans un pays défoncé au niveau des infrastructures, c’est qu’il y a un souci. Si en 2026 on n’est pas capable de s’offrir ce qu’on a pu s’offrir en 1946 dans un pays où il manquait la moitié des ponts, c’est qu’il y a un crime.
Léo : Une chose dont on a parlé sous l’angle de l’inflation législative c’est le Référendum Obligatoire. On peut sanctuariser les choses sur lesquelles on ne veut pas que le moindre élu puisse revenir, notamment les « conquis sociaux ». Mettre le référendum obligatoire pour toutes les révisions constitutionnelles et mettre les conquis sociaux dans la Constitution.
Étienne : J’ai noté : référendum obligatoire sur les lois les plus importantes, notamment les règles du préambule de 1946. Et le RIC en toute matière. Le RIC en toute matière nous permet de nous-mêmes à notre propre initiative de décider. Le RIC Veto permet d’intervenir avant que la décision soit prise. Quand ils appellent « réforme » des régressions sociales, ils se servent des mots pour nous empêcher de résister. Le RIC Veto permet de s’opposer à un texte avant qu’il ne soit acté.
Observations du Greffier sur les solutions institutionnelles :Un débat de fond oppose l’incitation à la socialisation par la qualité. Léo propose que l’État fasse concurrence aux entreprises privées par un service public supérieur (l’exemple de la banque sans serveur vocal). Étienne, quant à lui, privilégie la prohibition constitutionnelle (interdiction du Libre-échange, interdiction de l’anonymat des capitaux). La synthèse réside dans la « Chambre des Solidarités » tirée au sort, chargée de l’allocation des ressources et de la veille éthique.
5. Le paradigme monétaire : L’État créateur vs utilisateur
La déposition d’Étienne souligne que la souveraineté monétaire est la condition sine qua non de la liberté politique. La gestion de l’État comme « boutique » dépendante des marchés financiers est analysée comme un mécanisme de servage moderne.
Étienne : Établir et garantir la prospérité serait une bonne raison d’obéir. Les services publics sont des revenus en nature. Or l’État les détruit méthodiquement. Noam Chomsky en a parlé : on assèche financièrement les services publics pour les rendre inefficaces et justifier leur privatisation. On gère l’État comme une boutique. Le crime économique majeur consiste à traiter l’État comme un utilisateur de la monnaie. Comme vous et moi, l’État doit d’abord se procurer la monnaie avant de dépenser. C’est une dévastation financière organisée par nos représentants. On baisse les impôts des riches, puis on oblige l’État à emprunter auprès de ces mêmes riches avec intérêt. C’est l’ « Article 123 du Traité de Lisbonne » (anciennement 104 de Maastricht) qui interdit à l’État de créer sa monnaie.
C’est un parasitage vampirique. La monnaie est le sang de l’économie ; il faut qu’il y en ait ni trop, ni trop peu. Or, en transformant la monnaie en marchandise sur les marchés, on offre ce sang précieux aux spéculateurs. On n’a que l’éducation populaire pour s’en sortir. Il faut comprendre la Théorie Monétaire Moderne (TMM). Le seul créateur de monnaie que nous devrions accepter c’est la puissance publique que nous contrôlons. Si l’État crée la monnaie, il peut être « employeur en dernier ressort ». Penser l’État comme créateur de monnaie vous affranchit du spectre de la « dette publique ».
On se fout qu’il y ait un déficit si la société a besoin de signes monétaires pour contrer une récession. Le déficit est nécessaire en période de crise pour être contracyclique. L’équilibre budgétaire est une « dinguerie » qui vient d’une méconnaissance de la monnaie. L’armée de chômeurs sert de fouet aux patrons pour maintenir les salaires bas. Il faut lire les livres de Stéphanie Kelton ou de Sandra Luc (Des comptes publics et personne ne sort les fusils). La « dette publique » est un mantra de défaitisme.
6. Souveraineté locale et monnaies complémentaires
L’échelle communale est identifiée comme le lieu de la réappropriation du pouvoir de création monétaire. La discussion porte sur l’articulation entre monnaie nationale et locale pour éviter la désertification des zones non compétitives.
Léo : Au niveau des communes, il doit pouvoir y avoir une création monétaire. Pour s’occuper des anciens, des crèches, de l’aide à la personne. Toute personne au chômage ou au RSA pourrait, dans un cadre municipal et volontaire, faire ces choses utiles. Je dis bien volontaire, pas comme les délires stalignols de forcer les gens. Il y a sûrement des gens au RSA qui préfèrent jouer à GTA toute la journée en fumant des pétards, mais la majorité veut se sentir utile.
Étienne : Chaque commune doit avoir un droit de création monétaire dans sa monnaie locale. Tu ne peux pas avoir de souveraineté politique si tu es obligé de demander de l’argent à quelqu’un. Les monnaies locales servent à relocaliser l’activité. Elles ne peuvent pas « foutre le camp ».
Rocco : Mais comment établir la parité entre monnaie locale et nationale ?
Étienne : Il n’y a pas besoin de parité. La monnaie nationale sert aux échanges entre communes. La monnaie locale sert à garder la valeur sur place. On a transformé les monnaies en marchandises qui s’échangent sur des marchés, c’est une folie. C’est offrir le sang économique de nos pays à des spéculateurs. Un vrai souverain institue un « contrôle d’échange ». On n’a pas besoin de marché monétaire. Chaque commune aurait son écosystème.
Nathanaël : Je crains quand même qu’on puisse recommencer des spéculations sur les monnaies locales.
Étienne : Tu ne peux pas spéculer si tu as un souverain qui contrôle l’échange. Si tu essaies d’acheter des milliards de dinars au Maroc, le souverain vérifie ce que tu fais. Il faut inscrire le « contrôle d’échange » dans la Constitution. Nous inviterons Philippe Derudder pour approfondir cela.
7. Lutte contre la précarité et critique du libre-échange
L’audience examine ici la nécessité de sortir certains domaines vitaux du secteur marchand. L’interdiction constitutionnelle du libre-échange est posée comme une mesure de salut public.
Léo : Il y a au moins cinq choses qu’il faut sortir de l’échange marchand dans les services publics : l’Eau, l’Énergie, l’Éducation, la Santé, et la Monnaie. On pourrait ajouter les transports ou un minimum alimentaire. Il ne faut pas que la mort rapporte de l’argent, c’est malsain.
Étienne : L’État devrait protéger les revenus. Or on observe la baisse des « charges sociales » qui sont en fait du salaire différé. Pour comprendre cela, il faut connaître le travail de Bernard Friot sur le « salaire à vie ». Les cotisations étaient bien vécues avant que Pompidou n’impose le libre-échange. Le libre-échange est une folie marchande qui doit être interdite dans la Constitution. C’est la liberté du renard dans le poulailler. Ça favorise les multinationales qui produisent dans des pays sans contraintes écologiques ou sociales.
La loi Macron a détruit la hiérarchie des normes : désormais, un accord d’entreprise peut être moins favorable que la loi. C’est la fin du droit du travail impératif. En interdisant le libre-échange, on supprime la concurrence déloyale et on permet aux entreprises de payer des salaires décents sans baisser les cotisations. Il faut aussi interdire l’anonymat des capitaux. Lisez Stéphanie Kelton, Grégoire Chamayou (La société ingouvernable), et Sandra Luc.
8. Éthique et résistance à l’eugénisme économique
Cette section aborde la dérive ultime de la logique comptable appliquée à la vie humaine. L’indignation des intervenants est consignée face aux rapports financiers sur l’aide médicale à mourir.
Nathanaël : Je vous lis un extrait de la revue « Stop le Paris débranché ». Ça concerne le Canada. Un rapport parlementaire de 2020 estimait à 149 millions de dollars le gain financier net de l’aide médicale à mourir. On s’aperçoit qu’un nombre disproportionné de personnes euthanasiées sont parmi les plus pauvres, des mal-logés, des gens en difficulté financière. On organise la pauvreté, puis on propose aux gens de s’éliminer physiquement et légalement parce qu’ils coûtent trop cher.
L’illustration est magnifique, c’est une affiche de propagande nazie des années 40 qui disait : « Ce malade coûte 60 000 marks à la communauté tout au long de sa vie. Camarade, c’est aussi ton argent. » On y est. C’est l’eugénisme économique. Le docteur Touren explique que c’est pour mettre le pied dans la porte, puis on élargira aux mineurs, aux pauvres…
Étienne : Comment on se protège de ça ? Peut-être par l’organisme populaire chargé de l’éthique dont Léo parlait. Il faut que ce soit pénalement répréhensible de donner la mort pour des raisons sociales ou économiques. C’est une dérive totale de la technologie et de la comptabilité vers le totalitarisme.
9. Conclusions et perspectives constituantes
L’atelier se conclut sur la nécessité de déconstruire les outils de domination que sont le chômage de masse et la passivité législative.
Étienne : Le chômage est une construction politique volontaire. Il y a le « NAIRU », un taux de chômage minimum calculé pour éviter l’inflation. Les politiciens mentent quand ils disent que leur priorité est l’emploi. Le chômage sert de fouet. On nous traite comme des prisonniers politiques. Si tu te bats contre le chômage, tu le payes en inflation ; si tu te bats contre l’inflation, tu le payes en chômage. C’est le correctif de l’indexation qui doit empêcher que quiconque soit volé.
Il faut que les médias indépendants, comme Nexus, aident la population à muter pour penser en adultes politiques. La semaine prochaine, nous parlerons du modèle du Chiapas au Mexique, où « le peuple dirige et le gouvernement obéit ». C’est un système de mandats révocables, sans rémunération, où l’on vient pour servir et non se servir. Allez sur comptesurmoi.org. On continue le combat.
Léo : On mettra le clip de fin. Bravo à ceux qui sont restés pendant 4 heures. C’était long, mais c’était nécessaire.
Étienne : Salut à tous.
(Le clip de Zenkaai est diffusé pour clore l’audience).
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