ACN20 Atelier constituant Nexus #20 RENDRE EFFECTIF LE DROIT DE RÉSISTANCE À L’OPPRESSION 4ème partie : CRIMES ÉCONOMIQUES DE L’ÉTAT, avec Marc, Léo et Nathanaël

17/02/2026 | 0 commentaires

Cette semaine (demain mer­cre­di 18 février 2026 vers 19 h), on reprend le tra­vail (essen­tiel) sur les moyens (réels mais tota­le­ment mécon­nus) de rendre effec­tif le droit de résis­tance à l’op­pres­sion, avec Marc, Léo et Nathanaël.

Je vous rap­pelle l’a­dresse du docu­ment que nous com­po­sons depuis le début de ces ate­liers consti­tuants avec Nexus (et qui vous sert à suivre notre tra­vail) : L’ATELIER CONSTITUANT AVEC ÉTIENNE CHOUARD – Google Docs : vous pou­vez y lire (pages 17 et sui­vantes) quelques crimes éco­no­miques pour les­quels je compte cher­cher avec vous (en 3e colonne) des solu­tions AUTRES que l’élection.

Je vous rap­pelle aus­si le pre­mier docu­ment que j’a­vais com­po­sé pour démar­rer ce tra­vail (et que nous conti­nue­rons d’u­ti­li­ser demain pour avan­cer dans notre recherche de solu­tions) : les MISSIONS de l’État (rai­sons d’obéir) com­pa­rées aux CRIMES de l’État (rai­sons de déso­béir), où nous cher­chons, pour chaque ligne d’une Mis­sion de l’É­tat et des Crimes cor­res­pon­dants, de vraies bonnes SOLUTIONS — recherche de solu­tions qu’au­cun média ne fait jamais chaque fois que des scan­dales sont dénoncés !


Cette semaine (demain), je compte trai­ter avec vous les mis­sions éco­no­miques de l’É­tat (rai­sons de lui obéir) et les crimes éco­no­miques de l’É­tat (rai­sons de lui déso­béir). Je reprends ci-des­sous celles de mes notes (voir Ate­lier #15) qui vont être exa­mi­nées pour leur trou­ver des vraies solutions :

  • Pros­pé­ri­té :
    • Mis­sions :
      • Éta­blir et garan­tir la pros­pé­ri­té : plein emploi, pas de pau­vre­té, réduire les inéga­li­tés par la fiscalité.
    • Crimes :
      • Aus­té­ri­té arti­fi­cielle (volon­taire), aug­men­ta­tion de la pau­vre­té, de la pré­ca­ri­té, du chô­mage (NAIRU), de l’in­fla­tion, explo­sion des inéga­li­tés par la fiscalité.
  • Mon­naie publique et Plein Emploi :
    • Mis­sions :
      • Mon­naie stable,
      • indexa­tion des salaires et de tous les contrats,
      • plein emploi garan­ti par la créa­tion moné­taire publique (État employeur en der­nier ressort),
      • Assu­rances contre le chômage.
    • Crimes :
      • Poli­tiques infla­tion­nistes (Quan­ti­ta­tive Easing), prix fac­tices (élec­tri­ci­té !),
      • poli­tiques « chô­ma­gènes » (lutte contre l’in­fla­tion, libre-échange, har­cè­le­ment adm et fis­cal des TPE/PME),
      • pri­va­ti­sa­tion de la créa­tion moné­taire (art. 123 de Lisbonne),
      • explo­sion des dettes (publique et pri­vée), sipho­nage des liqui­di­tés par les mil­liar­daires (apa­trides),
      • sup­pres­sion pro­gres­sive des assu­rances chômage.

Vous trou­ve­rez dans le google doc Nexus consti­tuant, pages 17 et s., le tableau de l’ordre du jour de ce soir qui cor­res­pond aux notes ci-des­sus (j’ai rem­pli les deux pre­mières colonne et c’est la 3e colonne que nous cher­che­rons à rem­plir ensemble : quelles vraies solu­tions, hors élec­tion, crime par crime.


C’est peut-être le thème le plus impor­tant de tous que celui-ci : rendre effec­tif le droit de résis­tance à l’op­pres­sion. C’est pour­quoi j’ai hâte d’être à demain, et de vous retrou­ver, en visio depuis la Bretagne.

Étienne.

(PS : je rem­pla­ce­rai l’i­mage ci des­sous par un lien vers l’é­vé­ne­ment dès qu’il aura été créé.)


Lien vers une syn­thèse vidéo(10 minutes)


Lien vers une syn­thèse audio (15 minutes)


Pro­cès-ver­bal d’é­mis­sion (G Note­book) : Ate­lier Consti­tuant n°20 (4h10) – Rendre effec­tif le droit de résis­tance à l’oppression
1. Plan détaillé et minu­tage de l’audience
Le pré­sent som­maire ana­ly­tique est une pièce maî­tresse de l’ar­chi­vage ins­ti­tu­tion­nel de cet ate­lier. Il per­met d’as­su­rer une navi­ga­bi­li­té juri­dique au sein d’une dépo­si­tion de haute den­si­té concep­tuelle, garan­tis­sant que les solu­tions consti­tu­tion­nelles pro­po­sées puissent être retrou­vées avec pré­ci­sion par les futurs consti­tuants ou cher­cheurs en droit poli­tique. Ce docu­ment consigne l’in­té­gra­li­té des griefs por­tés à l’en­contre de l’É­tat et les remèdes ins­ti­tu­tion­nels envisagés.
  • 00:00:00 – 00:04:15 : Ouver­ture pro­cé­du­rale et impor­tance stra­té­gique du média Nexus.
  • 00:04:16 – 00:08:40 : Clip Zen­kaai : Mani­feste de la conscience consti­tuante et pré­sen­ta­tion de comp​te​sur​moi​.org.
  • 00:08:41 – 00:15:35 : Témoi­gnage de Gio­van­ni : L’ac­tion du « citoyen-maçon » et le Tour de France constituant.
  • 00:15:36 – 00:33:10 : Dépo­si­tion sur les « Crimes éco­no­miques » de l’É­tat : De la tra­hi­son des mis­sions réga­liennes à l’op­pres­sion systémique.
  • 00:33:11 – 00:55:40 : Ana­lyse des conquis sociaux : Le Conseil Natio­nal de la Résis­tance (CNR) face au com­plot de la déré­gu­la­tion (Réfé­rence à Kessler).
  • 00:55:41 – 01:25:20 : Solu­tions ins­ti­tu­tion­nelles : Chambre des soli­da­ri­tés, Réfé­ren­dum Obli­ga­toire et RIC en toute matière.
  • 01:25:21 – 02:10:30 : Sou­ve­rai­ne­té Moné­taire : L’É­tat créa­teur vs Uti­li­sa­teur. Ana­lyse de la Théo­rie Moné­taire Moderne (TMM) et cri­tique du « Vam­pi­risme financier ».
  • 02:10:31 – 02:45:15 : Expé­ri­men­ta­tions locales : Sou­ve­rai­ne­té com­mu­nale, mon­naies fon­dantes et contrôle consti­tu­tion­nel des échanges.
  • 02:45:16 – 03:20:40 : Éco­no­mie du Tra­vail : Cri­tique du Libre-échange, « salaire à vie » de Ber­nard Friot et pro­tec­tion des PME.
  • 03:20:41 – 03:45:00 : Éthique et Résis­tance : Dénon­cia­tion de l’eu­gé­nisme éco­no­mique (Le cas de l’eu­tha­na­sie sociale au Canada).
  • 03:45:01 – Fin : Conclu­sions sur le NAIRU, le modèle du Chia­pas et clô­ture de l’audience.
Le pré­sent pro­cès-ver­bal entame désor­mais la trans­crip­tion détaillée des débats.

2. Pré­am­bule et mise en contexte procédurale
L’au­dience du 20e Ate­lier Consti­tuant s’est tenue sur la pla­te­forme Nexus, réunis­sant un col­lège d’in­ter­ve­nants com­po­sé d’Étienne (Chouard), Léo (coor­di­na­teur), Natha­naël, Marc (direc­teur de Nexus) et Roc­co. L’ob­jet de la séance est l’exa­men des défaillances éco­no­miques de l’É­tat, qua­li­fiées de « crimes » au regard des mis­sions de pro­tec­tion dues au peuple.
Étienne : Salut à tous. Je vous pro­pose de com­men­cer ce 20e ate­lier consti­tuant avec le clip de Zen­kaai comme d’ha­bi­tude qui nous sert un peu de géné­rique et puis après Léo nous pré­sen­te­ra un témoi­gnage un peu par­ti­cu­lier avant qu’on com­mence à bos­ser vrai­ment sur l’a­te­lier. Vous démar­rez le clip de Zen­kaai s’il te plaît ?
(Lec­ture du clip de Zen­kaai) : « Ce n’est pas juste un chiffre c’est un cri qui s’am­pli­fie. Chaque nom sur ce site c’est un peuple qui s’u­ni­fie. Ce n’est pas juste un comp­teur c’est un signe por­teur d’es­poir. On ne veut plus être élec­teur. On décide d’é­crire notre his­toire être consti­tuant et voter nos lois. Je crie au peuple compte sur moi. Révo­quer ceux qui nous tra­hissent. Reti­rer les lois qui nous oppressent. Ce sont des lignes libé­ra­trices des articles écrits avec jus­tesse sur comp​te​sur​moi​.org. On s’ins­crit on témoigne notre conscience de tout âge. On pousse un cri assez d’im­puis­sance. Déjà des mil­liers bien­tôt des mil­lions. Comp­teur en per­pé­tuelle ascen­sion car une conscience consti­tuante éveillée ne se lais­se­ra plus jamais mani­pu­ler. Ensemble consti­tuant on écrit nos lois. Je crie au peuple compte sur moi. Les puis­sants ne céde­ront jamais. Alors c’est à nous de nous orga­ni­ser. On sait déchif­frer la consti­tu­tion face aux injus­tices. On a des solu­tions. On a les outils pour voter nos lois. Un télé­phone suf­fit. On l’a tous sur soi. Nexus média libre en ate­lier. Sen­ti­nelle du peuple réveillé. comp​te​sur​moi​.org pour nous comp­ter. GPT consti­tuant pour nous épau­ler le EMCP pour mieux nous relier et le RIC pour enfin décider. »
Étienne : Alors c’est vrai que comme Marc n’est pas là on peut rap­pe­ler que on est ici sur le site de Nexus qui a une revue sans publi­ci­té et qui donne à cette émis­sion et à ces émis­sions la pos­si­bi­li­té de publier des mes­sages sans avoir besoin d’être d’une audience et de Nimat ce qui lui donne une vraie indé­pen­dance sur les conte­nus et pour moi Nexus c’est comme un pion­nier. C’est quel­qu’un qui, ses marques et sa revue là, sont le pre­mier des médias qui parle de la « prio­ri­té consti­tuante » en plus de ce qu’elle évoque d’ha­bi­tude. Marc a inté­gré dans sa vitrine, dans le spec­tacle qu’il donne à ses audi­teurs, le spec­tacle de conver­sa­tion consti­tuante qui per­met d’é­le­ver le niveau de conscience de la popu­la­tion. À mon avis ça per­met de nous aider tous à deve­nir glo­ba­le­ment des adultes poli­tiques. Donc je trouve ça remar­quable. J’es­père que d’autres médias de gauche comme de droite vont prendre exemple et le faire à leur manière, mais aider les gens qui les écoutent à sor­tir de la pen­sée légis­la­tive qui ne sert à rien puisque nous ne sommes pas légis­la­teurs et accé­der à la pen­sée consti­tuante et orga­ni­ser l’é­va­sion de la pri­son poli­tique où on est enfer­mé par nos élus.
Le gref­fier acte l’ou­ver­ture offi­cielle de l’a­te­lier sur ces bases fondamentales.

3. Témoi­gnage de Gio­van­ni et conscience constituante
Le témoi­gnage de Gio­van­ni, maçon à la retraite, sou­ligne la dimen­sion prag­ma­tique du mou­ve­ment. L’en­ga­ge­ment indi­vi­duel, mani­fes­té par le « comp­teur consti­tuant », est ana­ly­sé comme le préa­lable néces­saire à toute trans­for­ma­tion struc­tu­relle. La conscience consti­tuante n’est pas une abs­trac­tion juri­dique, mais un acte de volon­té populaire.
Léo : On a eu une mer­veilleuse sur­prise ven­dre­di der­nier c’é­tait dans le Nexus Refac­tu je crois. Et donc il y a un bon­homme qui s’est poin­té dans le stu­dio qui avait ren­con­tré Romain lors d’un café Nexus. Et donc du coup Romain l’a envoyé sur le pla­teau pour qu’il parle un petit peu de ce qu’il fai­sait. Il se balade avec une pan­carte avec le comp­teur où il met à jour le chiffre manuel­le­ment avec des post-it sym­pas. Et il fait son petit Tour de France là pour voi­là pour éveiller des consciences consti­tuantes. Et donc il est abso­lu­ment exem­plaire. Il nous avait déjà contac­té sur le comp­teur il nous avait envoyé son cri une fois et puis donc du coup là c’est cet extrait c’est son témoi­gnage et qui est un témoi­gnage qui est plus qu’un témoi­gnage de pour­quoi est-ce qu’il faut déve­lop­per une conscience consti­tuante. C’est un témoi­gnage sur le com­ment, com­ment on peut se sor­tir les doigts et je pense que voi­là un exemple à suivre sur sa volon­té, sa déter­mi­na­tion et aus­si la sim­pli­ci­té avec laquelle il le fait. For­mi­dable. Donc ça ça va durer 2 minutes. Il s’ap­pelle Giovanni.
Gio­van­ni : J’ai vou­lu faire ce petit logo pour essayer de boos­ter un peu le comp­teur. Je vou­drais que tous ceux qui sont dans le com­bat dans la lutte aus­si ils pensent à deve­nir consti­tuants. Ça fait long­temps que je lutte aus­si hein. Et je me suis dit bon ben main­te­nant il fau­drait peut-être arri­ver à com­prendre parce qu’il y a encore beau­coup de gens qui se battent. Est-ce qu’on est prêt à faire une vraie une vraie consti­tu­tion citoyenne quoi ? Puis je vais essayer d’en­ga­ger des autres per­sonnes à s’ins­crire au comp­teur aujourd’­hui. J’in­vite tout le monde d’al­ler s’ins­crire et puis de d’as­sis­ter à des ate­liers même en visio aujourd’­hui. Cha­cun il peut écou­ter lire et puis apprendre prendre une déci­sion voir où que c’est que ça lui convient pas ou que ça lui convient et puis mettre un peu son grain de sel quoi. Mais on doit faire le tra­vail. Je suis en train de faire un petit Tour de France en fait avec le petit logo là pour citer tous les au moins déjà tous les résis­tants. On a beau­coup de com­bat mais au moins s’ins­crire au comp­teur c’est pour moi c’est pri­mor­dial parce que si nous si nous on n’est pas éclai­ré réveillé déjà pour avoir une consti­tu­tion citoyenne ça va être dif­fi­cile de mettre les autres per­sonnes qui sont pas dans le com­bat. Ça c’est vrai. Il faut d’a­bord mon­trer l’exemple. On devrait mon­trer l’exemple. Voi­là. Ouais moi je suis à la retraite. Moi j’é­tais j’é­tais maçon avant. J’é­tais dans le bâti­ment aus­si. J’ai créé ça parce que vu que le nombre qu’on est on est déjà plus de 336 000 per­sonnes. J’ai déjà par­lé à plu­sieurs médias. Moi je veux impli­quer tous les médias tous les médias alternatifs.
L’au­dience prend acte de ce témoi­gnage de mora­li­té citoyenne avant d’en­ta­mer l’a­na­lyse technique.

4. Ana­lyse des mis­sions éco­no­miques vs dévas­ta­tion des solidarités
L’a­te­lier exa­mine ici le fon­de­ment du contrat social. La légi­ti­mi­té de l’o­béis­sance civile repose sur l’ac­com­plis­se­ment par l’É­tat de ses mis­sions de soli­da­ri­té. Sa tra­hi­son sys­té­ma­tique, théo­ri­sée par le « com­plot » libé­ral, impose une résis­tance ins­ti­tu­tion­nelle par le biais de nou­veaux organes de contrôle.
Étienne : Dans les ate­liers consti­tuants on essaie de don­ner le spec­tacle de conver­sa­tion consti­tuante de citoyens qui ne se contentent plus de conver­sa­tions légis­la­tives sur les lois qu’il nous fau­drait (plus de salaire, moins d’im­pôts, nucléaire…). Consta­tant que nous sommes dans une pri­son poli­tique c’est-à-dire un endroit où on décide de rien, on essaie d’or­ga­ni­ser l’é­va­sion. Le droit de résis­tance à l’op­pres­sion est pro­cla­mé depuis 1789 et il n’est mis en œuvre nulle part. La décla­ra­tion des droits de l’homme c’est pas du droit, c’est un texte phi­lo­so­phique. Pour qu’il devienne du droit il fau­drait qu’on le tra­duise en termes consti­tu­tion­nels avec des organes qui se char­ge­raient d’ap­pli­quer les le droit que nous aurions imaginé.
En fait pour moi tout est par­ti sur une nuit d’in­som­nie où j’ai un car­net qui est mon chan­tier consti­tuant. Sur les pages de gauche j’ai mis les rai­sons d’o­béir c’est-à-dire les mis­sions de l’É­tat : pro­té­ger la liber­té d’al­ler et venir, notre inté­gri­té phy­sique, orga­ni­ser les soli­da­ri­tés (sécu­ri­té sociale, retraite, chô­mage), nous garan­tir une mon­naie stable, le plein emploi. Et quand sur la page de droite je regarde ce que fait l’É­tat, je n’ob­serve que des crimes. C’est-à-dire des choses si graves, des com­por­te­ments si contraires à sa mis­sion que je consi­dère que l’É­tat est cri­mi­nel sur tous les points.
Dans les mis­sions éco­no­miques j’ai noté : orga­ni­ser les soli­da­ri­tés. Or ce qu’on observe depuis des dizaines d’an­nées c’est la dévas­ta­tion de toutes ces soli­da­ri­tés. Ils appellent ça déré­gu­la­tion. Je sou­ligne une décla­ra­tion de Kess­ler qui était le numé­ro 2 du MEDEF en 2007. Il disait : « La poli­tique de Sar­ko­zy vous paraît décou­sue mais le fil d’A­riane c’est de défaire métho­di­que­ment tous les acquis du Conseil Natio­nal de la Résis­tance (CNR) ». C’est un com­plot contre le bien com­mun. Que vous votiez à gauche ou à droite, cette déré­gu­la­tion est pro­gram­mée par les ins­ti­tu­tions européennes.
Natha­naël : Quelles ins­ti­tu­tions nous ren­draient puis­sants ? Bah encore une chambre tirée au sort qui veille au main­tien voire à l’a­mé­lio­ra­tion dans l’es­prit du CNR de la qua­li­té de ces soli­da­ri­tés. Une bande de 100 ou 200 per­sonnes dont le but est de débus­quer tout ce qui se passe au niveau des soli­da­ri­tés. Si aujourd’­hui on n’est pas capable de s’of­frir ce qu’on a été capable de s’of­frir au len­de­main de la deuxième guerre mon­diale dans un pays défon­cé au niveau des infra­struc­tures, c’est qu’il y a un sou­ci. Si en 2026 on n’est pas capable de s’of­frir ce qu’on a pu s’of­frir en 1946 dans un pays où il man­quait la moi­tié des ponts, c’est qu’il y a un crime.
Léo : Une chose dont on a par­lé sous l’angle de l’in­fla­tion légis­la­tive c’est le Réfé­ren­dum Obli­ga­toire. On peut sanc­tua­ri­ser les choses sur les­quelles on ne veut pas que le moindre élu puisse reve­nir, notam­ment les « conquis sociaux ». Mettre le réfé­ren­dum obli­ga­toire pour toutes les révi­sions consti­tu­tion­nelles et mettre les conquis sociaux dans la Constitution.
Étienne : J’ai noté : réfé­ren­dum obli­ga­toire sur les lois les plus impor­tantes, notam­ment les règles du pré­am­bule de 1946. Et le RIC en toute matière. Le RIC en toute matière nous per­met de nous-mêmes à notre propre ini­tia­tive de déci­der. Le RIC Veto per­met d’in­ter­ve­nir avant que la déci­sion soit prise. Quand ils appellent « réforme » des régres­sions sociales, ils se servent des mots pour nous empê­cher de résis­ter. Le RIC Veto per­met de s’op­po­ser à un texte avant qu’il ne soit acté.
Obser­va­tions du Gref­fier sur les solu­tions ins­ti­tu­tion­nelles : Un débat de fond oppose l’in­ci­ta­tion à la socia­li­sa­tion par la qua­li­té. Léo pro­pose que l’É­tat fasse concur­rence aux entre­prises pri­vées par un ser­vice public supé­rieur (l’exemple de la banque sans ser­veur vocal). Étienne, quant à lui, pri­vi­lé­gie la pro­hi­bi­tion consti­tu­tion­nelle (inter­dic­tion du Libre-échange, inter­dic­tion de l’a­no­ny­mat des capi­taux). La syn­thèse réside dans la « Chambre des Soli­da­ri­tés » tirée au sort, char­gée de l’al­lo­ca­tion des res­sources et de la veille éthique.

5. Le para­digme moné­taire : L’É­tat créa­teur vs utilisateur
La dépo­si­tion d’Étienne sou­ligne que la sou­ve­rai­ne­té moné­taire est la condi­tion sine qua non de la liber­té poli­tique. La ges­tion de l’É­tat comme « bou­tique » dépen­dante des mar­chés finan­ciers est ana­ly­sée comme un méca­nisme de ser­vage moderne.
Étienne : Éta­blir et garan­tir la pros­pé­ri­té serait une bonne rai­son d’o­béir. Les ser­vices publics sont des reve­nus en nature. Or l’É­tat les détruit métho­di­que­ment. Noam Chom­sky en a par­lé : on assèche finan­ciè­re­ment les ser­vices publics pour les rendre inef­fi­caces et jus­ti­fier leur pri­va­ti­sa­tion. On gère l’É­tat comme une bou­tique. Le crime éco­no­mique majeur consiste à trai­ter l’É­tat comme un uti­li­sa­teur de la mon­naie. Comme vous et moi, l’É­tat doit d’a­bord se pro­cu­rer la mon­naie avant de dépen­ser. C’est une dévas­ta­tion finan­cière orga­ni­sée par nos repré­sen­tants. On baisse les impôts des riches, puis on oblige l’É­tat à emprun­ter auprès de ces mêmes riches avec inté­rêt. C’est l’ « Article 123 du Trai­té de Lis­bonne » (ancien­ne­ment 104 de Maas­tricht) qui inter­dit à l’É­tat de créer sa monnaie.
C’est un para­si­tage vam­pi­rique. La mon­naie est le sang de l’é­co­no­mie ; il faut qu’il y en ait ni trop, ni trop peu. Or, en trans­for­mant la mon­naie en mar­chan­dise sur les mar­chés, on offre ce sang pré­cieux aux spé­cu­la­teurs. On n’a que l’é­du­ca­tion popu­laire pour s’en sor­tir. Il faut com­prendre la Théo­rie Moné­taire Moderne (TMM). Le seul créa­teur de mon­naie que nous devrions accep­ter c’est la puis­sance publique que nous contrô­lons. Si l’É­tat crée la mon­naie, il peut être « employeur en der­nier res­sort ». Pen­ser l’É­tat comme créa­teur de mon­naie vous affran­chit du spectre de la « dette publique ».
On se fout qu’il y ait un défi­cit si la socié­té a besoin de signes moné­taires pour contrer une réces­sion. Le défi­cit est néces­saire en période de crise pour être contra­cy­clique. L’é­qui­libre bud­gé­taire est une « din­gue­rie » qui vient d’une mécon­nais­sance de la mon­naie. L’ar­mée de chô­meurs sert de fouet aux patrons pour main­te­nir les salaires bas. Il faut lire les livres de Sté­pha­nie Kel­ton ou de San­dra Luc (Des comptes publics et per­sonne ne sort les fusils). La « dette publique » est un man­tra de défaitisme.

6. Sou­ve­rai­ne­té locale et mon­naies complémentaires
L’é­chelle com­mu­nale est iden­ti­fiée comme le lieu de la réap­pro­pria­tion du pou­voir de créa­tion moné­taire. La dis­cus­sion porte sur l’ar­ti­cu­la­tion entre mon­naie natio­nale et locale pour évi­ter la déser­ti­fi­ca­tion des zones non compétitives.
Léo : Au niveau des com­munes, il doit pou­voir y avoir une créa­tion moné­taire. Pour s’oc­cu­per des anciens, des crèches, de l’aide à la per­sonne. Toute per­sonne au chô­mage ou au RSA pour­rait, dans un cadre muni­ci­pal et volon­taire, faire ces choses utiles. Je dis bien volon­taire, pas comme les délires sta­li­gnols de for­cer les gens. Il y a sûre­ment des gens au RSA qui pré­fèrent jouer à GTA toute la jour­née en fumant des pétards, mais la majo­ri­té veut se sen­tir utile.
Étienne : Chaque com­mune doit avoir un droit de créa­tion moné­taire dans sa mon­naie locale. Tu ne peux pas avoir de sou­ve­rai­ne­té poli­tique si tu es obli­gé de deman­der de l’argent à quel­qu’un. Les mon­naies locales servent à relo­ca­li­ser l’ac­ti­vi­té. Elles ne peuvent pas « foutre le camp ».
Roc­co : Mais com­ment éta­blir la pari­té entre mon­naie locale et nationale ?
Étienne : Il n’y a pas besoin de pari­té. La mon­naie natio­nale sert aux échanges entre com­munes. La mon­naie locale sert à gar­der la valeur sur place. On a trans­for­mé les mon­naies en mar­chan­dises qui s’é­changent sur des mar­chés, c’est une folie. C’est offrir le sang éco­no­mique de nos pays à des spé­cu­la­teurs. Un vrai sou­ve­rain ins­ti­tue un « contrôle d’é­change ». On n’a pas besoin de mar­ché moné­taire. Chaque com­mune aurait son écosystème.
Natha­naël : Je crains quand même qu’on puisse recom­men­cer des spé­cu­la­tions sur les mon­naies locales.
Étienne : Tu ne peux pas spé­cu­ler si tu as un sou­ve­rain qui contrôle l’é­change. Si tu essaies d’a­che­ter des mil­liards de dinars au Maroc, le sou­ve­rain véri­fie ce que tu fais. Il faut ins­crire le « contrôle d’é­change » dans la Consti­tu­tion. Nous invi­te­rons Phi­lippe Derud­der pour appro­fon­dir cela.

7. Lutte contre la pré­ca­ri­té et cri­tique du libre-échange
L’au­dience exa­mine ici la néces­si­té de sor­tir cer­tains domaines vitaux du sec­teur mar­chand. L’in­ter­dic­tion consti­tu­tion­nelle du libre-échange est posée comme une mesure de salut public.
Léo : Il y a au moins cinq choses qu’il faut sor­tir de l’é­change mar­chand dans les ser­vices publics : l’Eau, l’Éner­gie, l’Édu­ca­tion, la San­té, et la Mon­naie. On pour­rait ajou­ter les trans­ports ou un mini­mum ali­men­taire. Il ne faut pas que la mort rap­porte de l’argent, c’est malsain.
Étienne : L’É­tat devrait pro­té­ger les reve­nus. Or on observe la baisse des « charges sociales » qui sont en fait du salaire dif­fé­ré. Pour com­prendre cela, il faut connaître le tra­vail de Ber­nard Friot sur le « salaire à vie ». Les coti­sa­tions étaient bien vécues avant que Pom­pi­dou n’im­pose le libre-échange. Le libre-échange est une folie mar­chande qui doit être inter­dite dans la Consti­tu­tion. C’est la liber­té du renard dans le pou­lailler. Ça favo­rise les mul­ti­na­tio­nales qui pro­duisent dans des pays sans contraintes éco­lo­giques ou sociales.
La loi Macron a détruit la hié­rar­chie des normes : désor­mais, un accord d’en­tre­prise peut être moins favo­rable que la loi. C’est la fin du droit du tra­vail impé­ra­tif. En inter­di­sant le libre-échange, on sup­prime la concur­rence déloyale et on per­met aux entre­prises de payer des salaires décents sans bais­ser les coti­sa­tions. Il faut aus­si inter­dire l’a­no­ny­mat des capi­taux. Lisez Sté­pha­nie Kel­ton, Gré­goire Cha­mayou (La socié­té ingou­ver­nable), et San­dra Luc.

8. Éthique et résis­tance à l’eu­gé­nisme économique
Cette sec­tion aborde la dérive ultime de la logique comp­table appli­quée à la vie humaine. L’in­di­gna­tion des inter­ve­nants est consi­gnée face aux rap­ports finan­ciers sur l’aide médi­cale à mourir.
Natha­naël : Je vous lis un extrait de la revue « Stop le Paris débran­ché ». Ça concerne le Cana­da. Un rap­port par­le­men­taire de 2020 esti­mait à 149 mil­lions de dol­lars le gain finan­cier net de l’aide médi­cale à mou­rir. On s’a­per­çoit qu’un nombre dis­pro­por­tion­né de per­sonnes eutha­na­siées sont par­mi les plus pauvres, des mal-logés, des gens en dif­fi­cul­té finan­cière. On orga­nise la pau­vre­té, puis on pro­pose aux gens de s’é­li­mi­ner phy­si­que­ment et léga­le­ment parce qu’ils coûtent trop cher.
L’illus­tra­tion est magni­fique, c’est une affiche de pro­pa­gande nazie des années 40 qui disait : « Ce malade coûte 60 000 marks à la com­mu­nau­té tout au long de sa vie. Cama­rade, c’est aus­si ton argent. » On y est. C’est l’eu­gé­nisme éco­no­mique. Le doc­teur Tou­ren explique que c’est pour mettre le pied dans la porte, puis on élar­gi­ra aux mineurs, aux pauvres…
Étienne : Com­ment on se pro­tège de ça ? Peut-être par l’or­ga­nisme popu­laire char­gé de l’é­thique dont Léo par­lait. Il faut que ce soit péna­le­ment répré­hen­sible de don­ner la mort pour des rai­sons sociales ou éco­no­miques. C’est une dérive totale de la tech­no­lo­gie et de la comp­ta­bi­li­té vers le totalitarisme.

9. Conclu­sions et pers­pec­tives constituantes
L’a­te­lier se conclut sur la néces­si­té de décons­truire les outils de domi­na­tion que sont le chô­mage de masse et la pas­si­vi­té législative.
Étienne : Le chô­mage est une construc­tion poli­tique volon­taire. Il y a le « NAIRU », un taux de chô­mage mini­mum cal­cu­lé pour évi­ter l’in­fla­tion. Les poli­ti­ciens mentent quand ils disent que leur prio­ri­té est l’emploi. Le chô­mage sert de fouet. On nous traite comme des pri­son­niers poli­tiques. Si tu te bats contre le chô­mage, tu le payes en infla­tion ; si tu te bats contre l’in­fla­tion, tu le payes en chô­mage. C’est le cor­rec­tif de l’in­dexa­tion qui doit empê­cher que qui­conque soit volé.
Il faut que les médias indé­pen­dants, comme Nexus, aident la popu­la­tion à muter pour pen­ser en adultes poli­tiques. La semaine pro­chaine, nous par­le­rons du modèle du Chia­pas au Mexique, où « le peuple dirige et le gou­ver­ne­ment obéit ». C’est un sys­tème de man­dats révo­cables, sans rému­né­ra­tion, où l’on vient pour ser­vir et non se ser­vir. Allez sur comp​te​sur​moi​.org. On conti­nue le combat.
Léo : On met­tra le clip de fin. Bra­vo à ceux qui sont res­tés pen­dant 4 heures. C’é­tait long, mais c’é­tait nécessaire.
Étienne : Salut à tous.
(Le clip de Zen­kaai est dif­fu­sé pour clore l’audience).

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