20 mars : la vidéo des Sables d’Olonne est arrivée 🙂
Mille mercis à tous ceux qui ont rendu cette rencontre possible, et à Anders qui beaucoup travaillé au montage de cette vidéo 🙂
Voici un document PDF qui explique tout ça par écrit
LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE, enjeu démocratique central pour les populations du monde
vous pouvez le feuilleter ci-dessous (ou le télécharger ici) :
Synthèse par NoteBook LM :
Le rôle de la monnaie dans une démocratie
Ce texte retranscrit une conférence d’Étienne Chouard tenue en février 2026 aux Sables-d’Olonne, centrée sur le lien indissociable entre souveraineté monétaire et démocratie. L’auteur y soutient que le peuple ne peut être réellement libre tant qu’il délègue la création de l’argent à des banques privées, transformant l’État en un simple utilisateur de monnaie endetté. Il préconise une réappropriation citoyenne de ce pouvoir financier pour éradiquer le chômage et financer les services publics sans dépendre de l’impôt ou de l’usure. Pour parvenir à cette émancipation, Chouard appelle les citoyens à devenir constituants en écrivant eux-mêmes les règles du jeu politique. Il rejette l’élection, qu’il juge aristocratique, au profit du tirage au sort et du municipalisme pour instaurer une véritable puissance populaire. L’objectif final est de substituer une organisation ascendante et souveraine au système capitaliste et centralisé actuel.
Comment la création monétaire citoyenne transformerait-elle nos services publics ?
- Financement de projets utiles : L’État pourrait créer de la monnaie pour employer tous les volontaires sur des projets essentiels : isolation thermique des bâtiments, création de crèches, renforcement des effectifs hospitaliers ou réduction du nombre d’élèves par classe.
- Absence d’inflation : Contrairement à une distribution d’argent sans contrepartie, cette création monétaire ne serait pas inflationniste car elle créerait une richesse réelle (le travail des médecins, infirmières ou professeurs) en face des nouveaux signes monétaires.
3. La reprise du contrôle sur les priorités sociales
Comment l’État peut-il créer de la monnaie sans générer d’inflation ?
- L’isolation thermique des bâtiments pour réduire la consommation d’énergie.
- La création de crèches ou de nouvelles classes pour améliorer l’enseignement.
- Le renforcement des services hospitaliers.
- etc. (remplissez vous-même…)
Quel est le lien entre souveraineté monétaire et résistance à l’oppression ?
- La dette est un outil d’asservissement : L’endettement permanent est utilisé depuis toujours comme un instrument pour dominer et exploiter les populations.
- Le banquier est le véritable souverain : Même si le peuple vote des lois, si le financement de ces lois dépend de l’autorisation d’un financier privé, c’est ce dernier qui décide en dernier ressort de ce que devient la société.
- L’austérité « non nécessaire » : Le système actuel impose des coupes budgétaires et la destruction des services publics au nom du remboursement de la dette.
- La reprise de contrôle : Reprendre la souveraineté monétaire permet de financer les services publics (hôpitaux, écoles, crèches) sans dépendre du bon vouloir des marchés financiers ou des rentiers.
- Résistance sociale : En récupérant le pouvoir monétaire, l’État peut devenir « employeur en dernier ressort ».
- Libération du travail : En garantissant du travail à tous pour produire des richesses réelles, la puissance publique supprime ce moyen de pression utilisé par les dominants pour maintenir des bas salaires.
- Sortir de l’enfance politique : Passer du statut d’« électeur » (qui renonce à sa souveraineté) à celui de « législateur » (qui décide des règles) transforme l’individu en un adulte politique capable de s’opposer aux abus de pouvoir.
- Droit de résistance effectif : La souveraineté monétaire est présentée comme un moyen concret de rendre effectif le droit de résistance à l’oppression contre les gouvernements qui serviraient des intérêts privés (comme ceux des grandes multinationales) plutôt que l’intérêt général.
Pourquoi l’impôt est-il nécessaire si l’État crée la monnaie ?
- L’équilibre nécessaire : Si l’État injectait massivement de l’argent sans jamais en retirer, la quantité de monnaie en circulation finirait par être bien supérieure à la richesse réelle produite (biens et services), ce qui provoquerait de l’inflation.
- La soupape de sécurité : L’impôt sert donc de régulateur : si l’État constate une surchauffe économique ou une hausse des prix, il augmente les impôts non pas pour s’enrichir, mais pour retirer de la monnaie du circuit et stabiliser sa valeur.
- Les sources expliquent que pour qu’une monnaie circule, il faut que les citoyens aient un besoin impérieux d’en obtenir.
- En décrétant que l’impôt doit être payé exclusivement dans la monnaie souveraine (sous peine de sanction), l’État crée une demande permanente pour cette monnaie. Cela oblige les citoyens à vendre leur travail ou leurs produits en échange de ces signes monétaires pour pouvoir s’acquitter de leur dette fiscale.
- Décider qui paie : L’État peut décider de prélever davantage sur certaines activités (polluantes, spéculatives) ou sur certaines catégories de personnes (les plus riches) pour réduire les inégalités, sans que cela soit dicté par un besoin de « remplir les caisses ».
- Contrer la thésaurisation : L’impôt peut aussi servir à inciter à la circulation de l’argent en décourageant ceux qui accumulent des masses monétaires sans les réinjecter dans l’économie réelle.
Comment l’État peut-il mettre fin au chômage via la monnaie ?
- L’isolation thermique de tous les bâtiments pour réduire la consommation d’énergie.
- La création massive de crèches et d’écoles pour réduire le nombre d’élèves par classe.
- Le renforcement des effectifs dans les hôpitaux pour soulager le personnel soignant.
Pourquoi Étienne Chouard rejette-t-il l’élection au profit du tirage au sort ?
- Le pouvoir aux riches : Chouard affirme que l’élection favorise systématiquement ceux qui ont les moyens de financer des campagnes et de contrôler les médias. Elle met au pouvoir les représentants des plus riches qui mènent ensuite des politiques servant leurs propres intérêts (comme la lutte contre l’inflation au détriment du plein emploi) plutôt que l’intérêt général.
- L’infantilisation des citoyens : Pour lui, faire des citoyens de simples « électeurs » est humiliant et les rabaisse au rang d’« enfants politiques ». L’élection « décérèbre » et dépolitise la population en lui désapprenant à prendre ses responsabilités. À l’inverse, dans une démocratie, le citoyen ne devrait pas être électeur mais législateur (celui qui vote les lois).
- Le tirage au sort comme rempart contre l’usure : Historiquement, Chouard rappelle qu’à Athènes, le tirage au sort était la procédure qui retirait le pouvoir aux riches pour le donner à la multitude (les pauvres). Il estime que l’élection a permis aux « usuriers » (les grands marchands d’argent) de devenir les véritables souverains, car il n’y a plus personne pour les chasser du pouvoir.
- La transformation en « adulte politique » : Le tirage au sort, associé à des processus de formation par la controverse d’experts, permet aux citoyens de se hisser au niveau du bien commun. Chouard soutient que dès qu’on fait confiance aux gens en leur donnant un réel pouvoir de décision, ils sortent de leur état d’indifférence pour devenir des adultes politiques capables de décider de leur propre destin.
Quels sont les dangers de l’usure selon Étienne Chouard ?
- Un outil d’asservissement et de domination : La dette est présentée comme un instrument historique utilisé pour dominer et asservir les populations. En laissant des acteurs privés (les usuriers) contrôler la création monétaire par le crédit, la société tout entière passe sous leur coupe.
- L’enrichissement sans cause : Chouard qualifie l’intérêt d’« enrichissement sans cause » car il permet aux prêteurs de doubler leur mise sur des périodes de 20 ou 25 ans sans contrepartie réelle.
- La perte de souveraineté politique : Lorsque les banquiers privés contrôlent la monnaie, ce sont eux qui deviennent les véritables souverains. Ils décident de ce qui peut être financé ou non, rendant les élus impuissants et transformant l’usurier en maître du destin social.
- Le financement des guerres mondiales : L’un des dangers les plus graves est la capacité des banques centrales privées à financer des massacres à grande échelle,. Chouard affirme que les guerres mondiales du XXe siècle n’ont été rendues possibles que parce que les banquiers privés pouvaient créer de l’argent de manière illimitée pour soutenir les efforts de guerre, là où un souverain classique aurait dû s’arrêter faute de fonds,.
- La destruction des services publics : Le système de l’usure impose une logique de remboursement permanent de la dette qui sert de prétexte pour détruire les services publics au nom de l’austérité.
- Le maintien du chômage comme pression sociale : La politique monétaire des « rentiers » (les riches qui possèdent les capitaux) privilégie la lutte contre l’inflation au détriment du plein emploi,. Le chômage qui en résulte agit comme un « fouet de négrier » pour terroriser les travailleurs et maintenir des bas salaires au profit des hauts revenus.
Comment l’impôt permet-il de réguler la masse monétaire ?
- En cas de surchauffe : Si l’État constate une hausse excessive des prix (inflation), il utilise l’impôt pour retirer de la monnaie du circuit et ainsi stabiliser la valeur de la monnaie.
- La gestion de l’excès : L’impôt permet de « prélever » le surplus monétaire qui n’est plus nécessaire aux échanges.
- Sur certaines activités spécifiques.
- Auprès de catégories de personnes précises (comme les plus riches ou les rentiers) pour corriger les inégalités.
- Pour lutter contre la thésaurisation excessive qui bloque la circulation du fluide monétaire.
Ceci était l’affiche qui annonçait la rencontre :



Nous y serons.
Il est toujours intéressant de connaître la critique qui peut t’être adressée Etienne. Perso je n’ai pas le niveau et partage tes idées. Voici d’abord un résumé de ta conf par IA puis une analyse critique, toujours IA .
Voici un résumé clair et structuré de la page que tu m’as envoyée (conférence d’Étienne Chouard sur le rôle de la monnaie dans une démocratie) :
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Idée générale
Cette conférence + ateliers constituants partent d’une thèse centrale :
Il n’y a pas de vraie démocratie sans contrôle citoyen de la monnaie.
Selon Chouard, la question monétaire est le point aveugle majeur du débat démocratique.
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1. Le lien entre monnaie et pouvoir
La création monétaire détermine qui a le pouvoir réel dans une société.
Aujourd’hui, ce pouvoir est largement confisqué par les banques et institutions financières.
Résultat : même si on vote, les décisions importantes échappent aux citoyens.
Idée clé :
> “La démocratie s’arrête là où commence la monnaie” (idée centrale du discours).
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️ 2. Critique de la démocratie actuelle
Les régimes actuels sont qualifiés de “pseudo-démocraties”.
Pourquoi ?
Les élus ne contrôlent pas réellement la création monétaire
Les citoyens encore moins
Donc : Le pouvoir politique est subordonné au pouvoir financier
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⚙️ 3. L’enjeu de la souveraineté monétaire
Chouard insiste sur la nécessité de :
Redonner aux citoyens le contrôle de la monnaie
Comprendre les mécanismes de création monétaire
Sortir de la dépendance aux acteurs privés
Sans cela :
Les politiques publiques restent contraintes
Les promesses démocratiques deviennent illusoires
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⚖️ 4. Les ateliers constituants
La conférence n’est pas seulement théorique :
Elle s’accompagne d’ateliers pratiques visant à :
Faire réfléchir les citoyens à une constitution démocratique
Intégrer la question monétaire dans les règles fondamentales
Réfléchir à :
Qui crée la monnaie ?
Sous quel contrôle ?
Avec quelles limites ?
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5. Vision globale
La démarche s’inscrit dans une logique plus large :
Promouvoir une démocratie directe
Remettre en cause la démocratie représentative classique
Faire écrire la Constitution par les citoyens eux-mêmes
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⚡ Conclusion
Pour Chouard :
La monnaie n’est pas un sujet technique
C’est le cœur du pouvoir politique
➡️ Tant que les citoyens ne maîtrisent pas la création monétaire,
la démocratie reste incomplète voire illusoire.
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Si tu veux, je peux te faire :
une analyse critique (juridique/éco) de ses thèses
ou comparer avec la position classique (Banque centrale, BCE, etc.)
Ça devient intéressant dès qu’on confronte ses idées au droit positif
Voici une analyse critique approfondie (niveau droit public / économie politique) des thèses d’Étienne Chouard sur la monnaie et la démocratie.
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⚖️ 1. Une intuition pertinente : la monnaie = pouvoir
Sur le fond, son point de départ est intellectuellement solide :
La création monétaire influence :
l’investissement
la dette publique
la redistribution
Elle conditionne donc l’action de l’État
En ce sens, il rejoint des analyses reconnues :
économie institutionnelle
théorie critique (ex : souveraineté économique)
✔️ Point fort :
Il met en lumière un angle mort du débat démocratique.
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❗ 2. Mais une simplification excessive du système monétaire
Chouard présente souvent le système comme : “les banques créent la monnaie → donc elles dominent tout”
Or, en réalité :
a) La création monétaire est hybride
Les banques commerciales créent de la monnaie (crédit)
MAIS :
sous contrôle de la banque centrale
avec des contraintes (fonds propres, taux, régulation)
Donc : ce n’est pas un pouvoir totalement libre ni autonome
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b) Les banques centrales sont publiques (en partie)
Exemple :
BCE
Banque de France
✔️ Elles sont indépendantes
❗ mais pas privées au sens strict
La critique “pouvoir privé total” est donc caricaturale
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️ 3. L’indépendance des banques centrales : un choix démocratique indirect
Chouard critique : le fait que la monnaie échappe aux citoyens
Mais il oublie un point fondamental :
L’indépendance monétaire est un choix démocratique encadré juridiquement
Objectif :
éviter :
inflation politique
manipulation électoraliste
crises monétaires historiques
Exemple historique :
hyperinflation de la République de Weimar
politiques inflationnistes en Amérique latine
✔️ Contre-argument majeur :
Donner le contrôle direct de la monnaie au peuple ou aux élus
➡️ peut produire des catastrophes économiques
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⚠️ 4. Le risque majeur de sa proposition : le populisme monétaire
Si on suit sa logique :
les citoyens contrôlent la création monétaire
Problèmes :
a) Incitation à créer trop de monnaie
financer dépenses publiques
éviter impôts
Résultat :
inflation
perte de valeur de la monnaie
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b) Absence de compétence technique
La politique monétaire :
repose sur des modèles complexes
nécessite expertise macroéconomique
difficulté : peut-on vraiment “démocratiser” un outil aussi technique ?
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⚖️ 5. Sur le plan juridique : une critique incomplète
Dans le droit positif (notamment européen) :
La politique monétaire relève de :
Banque centrale européenne
Encadrée par :
Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
Objectif :
stabilité des prix
indépendance vis-à-vis du pouvoir politique
Ce cadre est lui-même issu : d’un processus démocratique (traités ratifiés)
✔️ Donc : la critique “non démocratique” est partiellement vraie mais juridiquement incomplète
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6. Confusion entre démocratie et souveraineté absolue
Chouard tend à assimiler :
démocratie = contrôle direct de tout par le peuple
Or, dans la tradition constitutionnelle :
la démocratie inclut :
séparation des pouvoirs
contre-pouvoirs
autorités indépendantes
Exemple :
juges constitutionnels
autorités administratives indépendantes
✔️ La banque centrale s’inscrit dans cette logique
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⚖️ 7. Un discours puissant… mais plus politique que technique
Au final :
✔️ Ce qui est pertinent :
remettre la monnaie dans le débat démocratique
questionner la légitimité des institutions économiques
dénoncer l’opacité
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❗ Ce qui est contestable :
simplification du système bancaire
sous-estimation des risques inflationnistes
absence de solution opérationnelle réaliste
vision parfois “tout ou rien”
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8. Lecture synthétique (type copie parfaite)
Thèse de Chouard :
La démocratie est illusoire sans souveraineté monétaire citoyenne
Réponse critique :
La monnaie est effectivement un enjeu de pouvoir, mais son encadrement par des institutions indépendantes répond à une exigence de stabilité économique, elle-même condition de la démocratie.
Conclusion nuancée :
Il met le doigt sur un vrai problème
Mais propose une solution : ❗ dangereuse si appliquée sans garde-fous
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⚡ Conclusion générale
Chouard a raison sur une chose essentielle : la monnaie est politique
Mais il a tort sur le remède : la démocratisation totale de la monnaie peut détruire la stabilité économique qui rend la démocratie possible
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Si tu veux, je peux aller encore plus loin :
te faire une contre-analyse pro-Chouard (très solide)
ou une dissertation ENM/ENA parfaite sur ce sujet
ou un schéma ultra clair du système monétaire réel (BCE + banques)
Et l’IA Gemini.
Résumé
Cet article d’Étienne Chouard, publié en février 2026, synthétise une conférence et des ateliers tenus aux Sables-d’Olonne. Le thème central est le lien indissociable entre la souveraineté monétaire et la démocratie réelle.
Voici les points clés du résumé :
1. Le constat : La perte de souveraineté
Chouard soutient que le peuple ne peut pas être libre tant qu’il délègue la création de la monnaie à des banques privées. Actuellement, l’État est réduit à un simple « utilisateur » de monnaie qui doit s’endetter pour fonctionner, ce qui soumet les politiques publiques au chantage de la dette et à l’austérité.
2. La proposition : L’État « créateur » de monnaie
Il préconise un changement de paradigme où l’État (sous contrôle citoyen) crée la monnaie nécessaire au financement des services publics et à l’intérêt général :
* Fin du chômage : L’État pourrait agir comme « employeur en dernier ressort » en finançant des projets utiles (écologie, santé, éducation) par la création monétaire.
* Stabilité des prix : Selon lui, cette création n’est pas inflationniste tant qu’elle finance une « richesse réelle » (le travail des citoyens).
* Nouveau rôle de l’impôt : L’impôt ne servirait plus à financer les dépenses, mais à réguler la masse monétaire en circulation (en « détruisant » de la monnaie pour éviter la surchauffe).
3. Le moyen : Le citoyen constituant
Pour Chouard, la solution n’est pas l’élection (qu’il juge aristocratique), mais la réappropriation du pouvoir politique par les citoyens eux-mêmes :
* Ateliers constituants : Il appelle les citoyens à écrire eux-mêmes les règles du jeu politique (la Constitution).
* Tirage au sort : Il prône le tirage au sort et le municipalisme pour instaurer une véritable puissance populaire ascendante.
4. Critique de « l’usure »
L’auteur dénonce le système actuel de l’usure (intérêt), qu’il qualifie de « catastrophe anthropologique ». Il affirme que ce système a permis de financer les grandes guerres mondiales et sert aujourd’hui de prétexte pour détruire les services publics au profit des créanciers privés.
En résumé : L’objectif final est de substituer au système capitaliste centralisé une organisation souveraine où le peuple contrôle à la fois la loi et la monnaie pour garantir la prospérité sociale et la paix.
Critique
L’analyse des thèses d’Étienne Chouard sur la monnaie et la démocratie soulève des débats profonds, à la croisée de l’économie hétérodoxe et de la philosophie politique. Voici une analyse critique structurée autour des points de force, des points de friction et des risques de son modèle.
1. La force du diagnostic : Souveraineté et Politique
L’intérêt majeur de cette approche est de repolitiser la monnaie.
* La monnaie comme « bien commun » : Chouard rappelle que la monnaie n’est pas une ressource rare (comme l’or), mais une convention sociale. En critiquant la dépendance des États aux marchés financiers, il souligne une réalité : la perte de levier politique des gouvernements face aux créanciers.
* Lien avec la démocratie : Il met en lumière que sans souveraineté monétaire, le vote des citoyens est souvent « neutralisé » par les contraintes budgétaires imposées par des institutions non élues (Banques centrales indépendantes, marchés).
2. Le défi économique : Le risque inflationniste
C’est le point le plus critiqué par les économistes conventionnels.
* La théorie de la valeur : Chouard s’appuie sur la Théorie Monétaire Moderne (MMT), postulant que l’État peut créer de la monnaie tant qu’il y a des ressources (travail, matières premières) disponibles.
* La limite du « plein emploi » : Si l’État crée de la monnaie pour employer tout le monde, mais que la production de biens ne suit pas (pénuries d’énergie, de composants ou de compétences), l’inflation explose. Le mécanisme de « destruction par l’impôt » qu’il propose est politiquement très difficile : quel gouvernement oserait augmenter massivement les impôts en période de hausse des prix pour « détruire » de la monnaie ?
3. Le paradoxe institutionnel : Le tirage au sort
Chouard rejette l’élection au profit du tirage au sort pour éviter l’émergence d’une caste.
* Compétence vs Légitimité : La gestion d’une monnaie est d’une complexité technique extrême. Confier la régulation de la masse monétaire à des citoyens tirés au sort pose la question de la stabilité à long terme. Sans expertise ou continuité, le système pourrait subir une volatilité déstabilisante pour les échanges internationaux.
* L’isolement international : Un pays adoptant ce système sortirait de fait des traités européens (zone Euro) et des cadres du FMI. Cette autarcie monétaire pourrait entraîner une dévaluation massive de la nouvelle monnaie nationale, rendant les importations (énergie, technologie) hors de prix.
4. Une vision « providentielle » de l’État
La critique porte aussi sur la confiance absolue accordée à la « puissance publique » :
* Risque de corruption : Si le pouvoir politique a les « clés de la planche à billets », le risque de clientélisme (financer des projets électoraux sans utilité réelle) est immense.
* Liberté individuelle : En faisant de l’État l’employeur en dernier ressort et le créateur monétaire unique, on renforce considérablement le poids de l’administration sur la vie des individus, ce qui peut sembler contradictoire avec son idéal de liberté citoyenne.
Synthèse des enjeux
| Aspect | Vision Chouard | Critique Principale |
|—|—|—|
| Origine de la monnaie | Doit être publique et citoyenne. | Risque de gestion court-termiste et démagogique. |
| Dette publique | Une fiction liée à l’emprunt privé. | Nécessaire pour discipliner la dépense publique. |
| Inflation | Régulée par l’impôt après coup. | Difficile à piloter en temps réel ; risque de ruine des épargnants. |
| Gouvernance | Tirage au sort et ateliers constituants. | Manque de technicité face à la finance globale. |
Souhaitez-vous que je développe un point spécifique, comme les mécanismes de la Théorie Monétaire Moderne ou les exemples historiques de monnaies locales qu’il cite souvent ?