Atelier constituant Nexus #12 SENTINELLES MUNICIPALES DE LA DÉMOCRATIE DIRECTE, avec l’AMDF

9/12/2025 | 3 commentaires

Chers amis,

Mer­cre­di pro­chain, 10 décembre 2025 à 17 h (envi­ron 🙂 [edit] Marc vient de nous dire qu’on démarre à 17h45 [/edit]), avec Marc et Léo, comme une suite de la for­mi­dable émis­sion #10 du 26 novembre avec Raphaël et Claude, on rece­vra L’As­so­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France (AMDF) dont je repro­duis plus bas  la description.

Le lien vers l’é­mis­sion (direct et replay) :

 

 

                   

L’AMDF, Asso­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France, est une asso­cia­tion de citoyens pour tous les citoyens qui veulent déve­lop­per leur pou­voir poli­tique inté­rieur par l’ac­tion et la mise en place d’une des formes de Démo­cra­ties Directes au niveau local. Elle est apar­ti­sane, accueille toutes les com­po­santes citoyennes et poli­tiques, débat de façon diver­gente, contra­dic­toire et bien­veillante, en prô­nant la pro­tec­tion de l’in­té­gri­té phy­sique, psy­chique, finan­cière et sociale.
Elle s’a­dresse aus­si aux élus com­mu­naux de la majo­ri­té ou de l’op­po­si­tion qui veulent évo­luer vers une des formes de Démo­cra­ties Directes, comme aux citoyens qui veulent consti­tuer des listes de can­di­dats aux muni­ci­pales ou à d’autres éven­tuelles élections.

Son objet sta­tu­taire est de pro­mou­voir, de mettre en place, de déve­lop­per toutes les formes de Démo­cra­tie Directes au niveau com­mu­nal en France et de recen­ser toutes les com­munes qui appliquent une forme de démo­cra­tie directe, consul­tant de façon conti­nue les citoyens à titre déci­sion­naire et applicatif.

Pour être « conforme aux cri­tères » de l’AMDF, qui seront contrô­lés par l’as­so­cia­tion « avant et tout au long du man­dat », les listes citoyennes de Démo­cra­ties Directes doivent mettre en place les outils afin que les admi­nis­trés de la com­mune puissent « Pro­po­ser, Voter, Abro­ger » de « façon conti­nue et inin­ter­rom­pue », avec la pos­si­bi­li­té d’y adjoindre « une attes­ta­tion sur l’hon­neur » col­lec­tive ou indi­vi­duelle. Elle a un rôle d’observateur contre le recy­clage poli­tique et le démowashing.

L’AMDF met à dis­po­si­tion des listes citoyennes de Démo­cra­ties Directes “conformes aux cri­tères” : des conseils juri­diques, des exemples de chartes, des outils divers de consul­ta­tions et de vota­tions, un espace numé­rique dédié pour consti­tu­tion de listes can­di­dates, pour consul­ta­tions des admi­nis­trés de leur com­mune, pour pro­po­si­tions des citoyens aux can­di­dats, pour orga­ni­sa­tion des débats pré­pa­ra­toires, des vota­tions et pour les abrogations.

L’AMDF et Démo­cra­ties Directes, ini­tia­tive citoyenne géné­ra­trice, pro­posent des émis­sions pod­cas­tées ou visuelles sur ses réseaux sociaux : pré­sen­ta­tion de modèles démo­cra­tiques, d’ex­pé­ri­men­ta­tions locales, d’ac­tions poli­tiques et sociales en faveur de l’au­to­no­mie et de la rési­lience, de per­son­na­li­tés enga­gées dans l’ac­tion et la réflexion de Démo­cra­ties Directes, des démarches de coa­li­tions, de conver­gences et d’actualités.

La sub­sti­tu­tion est une des voies entre­prises en s’emparant de thé­ma­tiques socié­tales, tou­jours ins­crites dans le béné­vo­lat poli­tique, à fin de réap­pro­pria­tion de notre citoyen­ne­té. Nous avons créé la CEC – Com­mis­sion d’En­quêtes Citoyennes – à la place de la Com­mis­sion d’En­quêtes Par­le­men­taire, et l’I2C – Ins­ti­tut Citoyen de Consul­ta­tions – à la place des RIC et des Réfé­ren­dums tota­le­ment absents, rem­pla­çant aus­si tous les ins­ti­tuts de son­dages et d’enquêtes.

L’AMDF montre la voie vers une com­mu­na­li­té rési­liente en termes d’urbanisme, de san­té, d’alimentation, de ser­vices, d’agricultures, de sécu­ri­té, de mobi­li­té, de social, d’économie, de gou­ver­nance, voir de consti­tu­tion­na­li­té. Tou­jours ins­crite dans une approche sys­té­mique et holis­tique de pré­ser­va­tion ou de régé­né­ra­tion res­pec­tueuses des sols, de l’air, de l’eau et des éco­sys­tèmes de nature ani­male et végé­tale, elle pro­pose un modèle de socié­té pré­ser­va­trice d’un équi­libre dyna­mique au ser­vice de tous les citoyens.
https://​www​.amd​france​.org


 

En Ate­lier Nexus #12, 10 décembre 2025, Sen­ti­nelles muni­ci­pales de la démo­cra­tie directe, avec Sté­phane et Kaly, de l’AMDF

PLAN DÉTAILLÉ MINUTÉ (Table Complète)

  • 01:01 – Intro­duc­tion et pré­sen­ta­tion des invi­tés (Le contexte des muni­ci­pales et les sentinelles).
  • 06:30 – Le dan­ger du « Démo-Washing » (Dis­tin­guer les vrais démo­crates des imposteurs).
  • 08:47 – Pré­sen­ta­tion de l’AMDF (Asso­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France : Genèse et éthique).
  • 13:36 – La com­plé­men­ta­ri­té avec le Por­tail Muni­ci­pal (Outils et recen­se­ment des communes).
  • 19:23 – Les obs­tacles légaux à la démo­cra­tie directe (Man­dat impé­ra­tif et annu­la­tions préfectorales).
  • 25:55 – L’exemple d’Un­ger­sheim et la par­ti­ci­pa­tion citoyenne (Pour­quoi seule­ment 10 % d’actifs ?).
  • 31:34 – Q&A : Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et Consti­tu­tion (Peut-on tou­cher au texte sacré ?).
  • 41:13 – Nou­veaux modes de vota­tion : Le Vote Noir et le Vote Sus­pen­sif (Nuan­cer le choix pour plus de pouvoir).
  • 44:43 – Le concept d’In­vo­lu­tion (Se réar­mer par le bul­le­tin de vote et le chan­ge­ment intérieur).
  • 49:34 – Q&A : Démo­cra­tie sans mon­naie et mutua­li­sa­tion (Dépas­ser le frein éco­no­mique par le partage).
  • 01:06:08 – Le poten­tiel du béné­vo­lat poli­tique (Trans­for­mer l’en­ga­ge­ment asso­cia­tif en action citoyenne).
  • 01:08:40 – Lien social vs Maté­ria­lisme (La tri­bu humaine et le bon­heur au-delà de la possession).
  • 01:14:00 – Radi­ca­li­té vs Extré­misme (Prendre les choses à la racine sans vio­lence : la bataille des mots).
  • 01:21:50 – L’ap­proche holis­tique : Les consul­tants exté­rieurs (Créer des ponts entre divers acteurs démocrates).
  • 01:31:40 – Actions concrètes pour les muni­ci­pales 2026 (Assem­blées Citoyennes Locales et s’or­ga­ni­ser dès maintenant).
  • 01:40:20 – Étude de cas : Le « Démo-Washing » à Nice (Ana­ly­ser les pro­grammes des barons locaux).
  • 01:50:00 – Les cri­tères de sélec­tion : Label vs Confor­mi­té (Pro­po­ser, Voter, Abro­ger en toute matière).
  • 02:00:00 – Stra­té­gie virale et cri­tique des par­tis (Construire les conver­gences plu­tôt d’ac­ter les divergences).
  • 02:06:00 – L’op­por­tu­ni­té des maires démis­sion­naires (Inves­tir les vides poli­tiques et les mai­ries sans candidats).
  • 02:17:35 – Conclu­sion et rôle des médias (L’u­nion des médias libres pour la cause constituante).

 

 

TRANSCRIPTION – PARTIE 1

01:01 – Intro­duc­tion et pré­sen­ta­tion des invités

Marc Daoud : Bon­soir à tous les amis. Mer­ci de nous retrou­ver en direct pour ce nou­vel ate­lier consti­tuant. Déso­lé pour le retard, c’est les aléas du direct, mais on est bien en bonne com­pa­gnie aujourd’­hui comme d’ha­bi­tude avec Étienne Chouard évi­dem­ment, Léo Girod qui vont nous appor­ter leur lumière sur les muni­ci­pales, sur ces sen­ti­nelles muni­ci­pales. Peut-on faire vivre la démo­cra­tie, la vraie hein, à par­tir de l’é­che­lon local, municipal ?

On l’a­vait déjà vu il y a deux émis­sions avec entre autres Claude Kai­ser qui fait vivre dans sa com­mune le RIC et qui implique les citoyens dans la démo­cra­tie locale. Et ce soir, nous allons rece­voir Sté­phane Ber­nard et Kaly de l’Asso­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France (AMDF) pour pour­suivre sur le sujet.

Mais avant cela, comme d’ha­bi­tude, je vous le rap­pelle, Nexus ne vit que grâce à ses lec­teurs pour conti­nuer de pro­duire une infor­ma­tion libre, indé­pen­dante de toute cen­sure, pres­sion poli­tique et éga­le­ment sans publi­ci­té. Donc n’hé­si­tez pas à nous retrou­ver en kiosque et sur nexus​.fr. Et tou­jours pour nos pro­chains évé­ne­ments, le 19 décembre au théâtre de la Tour Eif­fel. C’est qua­si­ment com­plet dans le théâtre. Si vous vou­lez vous pro­cu­rer les der­nières places, n’hé­si­tez pas, le lien est dans la des­crip­tion, ou alors le billet vir­tuel pour nous rejoindre depuis chez vous. Et évi­dem­ment le grand Fes­ti­val Nexus pour l’an­née pro­chaine, juin 2026. La billet­te­rie est déjà ouverte, vous pou­vez d’ores et déjà vous pro­cu­rer votre billet.

Et tout de suite, j’ai le plai­sir de rece­voir nos invi­tés du soir. Bon­soir mes­sieurs, com­ment allez-vous ?

Sté­phane Ber­nard : Ça va, mer­ci. Mer­ci pour votre patience à attendre le début de cette émission.

Marc Daoud : On a un petit peu de retard mais bon, au moins en tout cas on tient le ren­dez-vous pour cette 12e semaine, 12e ate­lier consti­tuant. On est, j’al­lais dire, on n’est qu’au début du tra­vail consti­tuant, du tra­vail démo­cra­tique, de récu­pé­rer notre sou­ve­rai­ne­té, de com­prendre com­ment fonc­tionnent nos ins­ti­tu­tions et de se don­ner les moyens de s’im­pli­quer dans ces ques­tions constituantes.

D’ailleurs, je le rap­pelle, le comp­teur comp​te​sur​moi​.org pour pou­voir nous comp­ter. Voi­là, nous les citoyens conscients, les citoyens consti­tuants, n’hé­si­tez pas à aller voir, je vous par­tage l’é­cran. Actuel­le­ment 333 648. Ça n’a voca­tion uni­que­ment qu’à pou­voir se comp­ter, se don­ner de la force et savoir com­bien de gens sont inté­res­sés dans notre pays à la ques­tion consti­tuante que vous par­ta­gez régu­liè­re­ment messieurs.

Donc on avait par­lé il y a deux semaines entre autres avec Claude Kai­ser. J’ai oublié le nom de la com­mune, c’est une com­mune à l’est… Ménil-la-Horgne. La voi­là, petite com­mune hein, de quelques cen­taines d’ha­bi­tants je crois.

Sté­phane Ber­nard : 200, 300 habi­tants. Moins de 200.

Marc Daoud : Ouais, moins de 200 habi­tants. Mais il a réus­si le pari parce que, on le rap­pelle, je crois plus de 18 000 com­munes de France font moins de 1000 habi­tants, 500 habi­tants. Donc ça concerne quand même la moi­tié de nos com­munes. Et ce mon­sieur, il a réus­si à faire vivre l’i­dée démo­cra­tique, c’est-à-dire faire déci­der les citoyens sur leur ter­ri­toire concer­nant des pro­jets. Est-ce qu’on peut impli­quer les citoyens ? La réponse est oui. Quand les maires se donnent les moyens et qu’ils sont en bonne intel­li­gence avec les per­sonnes qui habitent sur place.

Et ce soir donc on va abor­der à tra­vers le tra­vail de votre asso­cia­tion Sté­phane et Kaly, donc l’Asso­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France, cette ques­tion de com­ment rendre les com­munes les sen­ti­nelles démo­cra­tiques de notre pays. Parce que récu­pé­rer le pou­voir par le haut, on l’es­père tous, mais ça paraît com­pli­qué d’ac­cé­der aux plus hautes fonc­tions de l’É­tat et de redon­ner le pou­voir au peuple. Alors peut-être que la solu­tion c’est d’a­bord com­men­cer par le bas, de mon­trer que ça fonc­tionne, d’ins­pi­rer les gens par l’é­che­lon local et par capil­la­ri­té de remon­ter jus­qu’en haut. Alors qu’est-ce que vous en pen­sez messieurs ?

Étienne Chouard : Peut-être faut faire le lien avec le tra­vail de Raphaël, puisque Raphaël anime le Por­tail Muni­ci­pal Démo­crate qu’on a vu la der­nière fois et qui lui aus­si joue un rôle de sen­ti­nelle puis­qu’il décerne un label, un label démo­cra­tique ou pas. Ce que font aus­si Sté­phane et Kaly avec la MDF. Et donc c’est Sté­phane qui va com­men­cer, je pense, à nous pré­sen­ter leur tra­vail et leurs spé­ci­fi­ci­tés. Mais il arri­ve­ra un moment où je leur deman­de­rai — alors je pense qu’ils tra­vaillent déjà ensemble et peut-être que c’est bien qu’ils tra­vaillent cha­cun de leur côté avec des méthodes, des outils, des peut-être même des publics dif­fé­rents — mais a prio­ri quand on les regarde un peu de loin, ça se res­semble. Les deux assos véri­fient la sin­cé­ri­té démo­cra­tique des can­di­da­tures qui se disent démo­crates. Peut-être que Sté­phane peut… Je ne sais pas si Léo a quelque chose à dire sur l’in­tro­duc­tion peut-être ?

Marc Daoud : Léo, est-ce que tu veux avant Sté­phane nous faire un petit résu­mé des enjeux ou est-ce qu’on passe tout de suite à Stéphane ?

06:30 – Le dan­ger du « Démo-Washing »

Léo Girod : Bah les enjeux muni­ci­paux, bon on en a bien par­lé déjà la semaine der­nière, enfin il y a 15 jours. Le prin­cipe étant de créer des espaces d’ex­pé­ri­men­ta­tion par­tout en France. Et depuis quelques années, on voit fleu­rir des groupes qui se pré­tendent démo­crates mais qui ne le sont pas for­cé­ment. Donc il s’a­git de véri­fier qui est démo­crate. On uti­lise le mot démo-washing aujourd’­hui pour les gens qui se refont une parure de démo­crates alors qu’en vrai ils ne cherchent qu’à s’ac­ca­pa­rer le pou­voir comme les autres.

Et qu’est-ce que je peux dire ? Qu’a­vec Étienne, on est membres éga­le­ment de l’AMDF, et au comi­té éthique très exac­te­ment. On sur­veille ce qui se passe en interne, mais en vrai ça va, on n’a pas trop à sur­veiller. Mais j’es­saie d’y par­ti­ci­per à la mesure du pos­sible. Et avant que ce soit dit : bah voi­là, c’est une asso­cia­tion à laquelle vous pou­vez adhérer.

Marc Daoud : Oui, n’hé­si­tez pas. D’ailleurs, on par­tage sou­vent les mêmes liens, les mêmes pla­te­formes parce qu’on a comp​te​sur​moi​.org. Il y a aus­si l’autre por­tail, com­ment est-ce qu’il s’ap­pelle… où on a la carte de France avec les ate­liers consti­tuants : le Mou­ve­ment Consti­tuant Popu­laire. Voi­là, qui recense aus­si d’autres col­lec­tifs. Donc là je tiens, je vais le par­ta­ger à l’é­cran : le site de l’amd​france​.org. « Le can­di­dat c’est vous ». Voi­là, c’est un beau slogan.

08:47 – Pré­sen­ta­tion de l’AMDF

Marc Daoud : Mais alors com­ment pas­ser du slo­gan à la réa­li­té jus­te­ment Sté­phane ? Com­ment faire pour évi­ter de tom­ber dans le démo­cra­tie washing qu’on voit ? Beau­coup de gens se parer d’i­dées démo­cra­tiques, essayer de se dire « on va recon­qué­rir une muni­ci­pa­li­té » et quand on creuse on voit, comme disait Léo à l’ins­tant, qu’en fait ils veulent juste récu­pé­rer le pou­voir et qu’ils repro­duisent les mêmes sché­mas. Est-ce que tu constates la même chose et com­ment évi­ter de tom­ber là-dedans et de réel­le­ment faire de ce slo­gan quelque chose de pro­fi­table pour les citoyens ?

Sté­phane Ber­nard : Alors, bon­soir Marc, mer­ci de nous rece­voir et mer­ci à Étienne et à Léo de nous don­ner la parole. Je serai beau­coup plus nuan­cé et je don­ne­rai aus­si la parole à mon alter ego Kaly, puisque l’AMDF, peut-être qu’elle vous expli­que­ra, est à la base une idée d’une ini­tia­tive citoyenne de per­sonnes à qui on ne don­nait pas la parole. Et comme per­sonne ne nous don­nait la parole, on l’a prise, et petit à petit, de fil en aiguille, on a fait des émis­sions un peu comme toi et on a eu la chance d’a­voir des gens qui nous ont sui­vis et qui ont répon­du présent.

Donc dans la consti­tu­tion de l’as­so­cia­tion, on a un comi­té éthique, on a un par­rain Alexandre Lan­glois, on a Étienne et Léo qui par­ti­cipent acti­ve­ment et qui nous font gran­de­ment par­ta­ger leur expé­rience. On ne pré­sen­te­ra pas Étienne sur les avan­tages qu’il peut éven­tuel­le­ment nous don­ner en tra­vaillant. Et puis on a des gens aus­si divers que Didier Maïs­to, Amé­lie Ismaï­li, Paul-Antoine Mar­tin, Phi­lippe Pon­chet du Mou­ve­ment Consti­tuant. Donc on a un comi­té éthique qui, sta­tu­tai­re­ment, a un droit de veto et peut remettre en ques­tion. C’est déjà arri­vé une fois, Étienne a tapé du poing sur la table, donc on s’est sage­ment exécuté.

Et on essaie d’a­voir avec ce comi­té éthique un auto­con­trôle, puisque de toute façon Kaly vous expli­que­ra tout à l’heure, on est des sys­té­miques nous, c’est-à-dire qu’on va encore plus loin que les tra­vaux d’É­tienne. On pré­sente éven­tuel­le­ment un visage de la socié­té sans aucun repré­sen­tant. On s’ins­pire des tra­vaux d’É­tienne bien sûr et de ceux de Jacques Tes­tart. Et Kaly et moi, on est tous les deux systémiques.

Mais là où je met­trai un bémol à ta ques­tion, c’est que l’i­ni­tia­tive his­to­rique — je pas­se­rai la parole à Kaly après — c’é­tait Démo­cra­tie Directe (DS), et notre prin­cipe était de don­ner la parole à tous les modèles. De la même manière avec la MDF, c’est une enti­té, un pen­dant juri­dique, parce qu’en France on ne peut pas exis­ter vrai­ment si on n’a pas une iden­ti­té juri­dique. On donne la parole et on écoute toutes les moda­li­tés et les sub­ti­li­tés de la démo­cra­tie directe. Donc il y a des par­ti­ci­pa­tifs, il y a des consul­ta­tifs, il y a des déli­bé­ra­tifs. Et puis comme ils n’ont pas arrê­té depuis des décen­nies d’employer des oxy­mores hein, « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive », ça a com­men­cé il y a une petite ving­taine d’an­nées avec c’est vrai l’ex-madame Hol­lande hein, tout le monde voit à qui je fais référence…

Et du coup bah nous, on a été obli­gés d’employer un pléo­nasme puisque nor­ma­le­ment la démo­cra­tie, elle est directe si elle est… Voi­là, c’est ça. Et nous, on essaie de faire de la poli­tique au sens éty­mo­lo­gique du terme. On est radi­cal, c’est-à-dire qu’on va à la racine, mais aus­si peut-être un peu radi­cal tout en essayant d’être ouvert d’es­prit. Et donc, on veut faire de la poli­tique et la poli­tique c’est la ges­tion de la cité. Et donc, natu­rel­le­ment, ben la cité c’est la com­mune et c’est pour ça qu’on a créé l’As­so­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France.

Et au sein de cette asso­cia­tion, on a aus­si plein de consul­tants exté­rieurs dont on par­le­ra, mais je vou­drais lais­ser la parole à Kaly qui va peut-être don­ner aus­si son son de cloche parce que on a deux façons de pen­ser com­plè­te­ment radi­cales. Et puis au sein de l’as­so­cia­tion, on en par­le­ra, on a des gens com­plè­te­ment dif­fé­rents : des anciens Gilets Jaunes, des gens qui sont issus du monde post-moné­taire et de l’é­co­no­mie basée sur les res­sources. Bon, on ratisse très large et c’est ça qui est sti­mu­lant, c’est que du coup… parce qu’on va pas faire la démo­cra­tie qu’a­vec des gens qui sont d’ac­cord et qui sont tous du même bord politique.

Marc Daoud : Sinon c’est la patience… C’est la dif­fi­cul­té éter­nelle. C’est-à-dire on croit sou­vent qu’on va avoir plus de faci­li­té à par­ler, dis­cu­ter, débattre avec des gens qui a prio­ri seraient entre guille­mets nos pairs. Et on se rend compte que c’est sou­vent les mili­tants les plus exa­cer­bés et les plus pas­sion­nés… à juste titre hein, c’est un peu comme les syn­di­cats. Les syn­di­ca­listes de base sont des gens qui sont sin­cères. Mal­heu­reu­se­ment, bon, c’est pas le pro­pos, mais on voit très bien com­ment le syn­di­ca­lisme a été dévoyé. C’est pour ça que notam­ment on a des rela­tions très étroites avec le Syn­di­cat des Gilets Jaunes qu’on va d’ailleurs rece­voir demain. Je vais pas­ser la parole à Kaly si tu veux. Alors Kaly qu’on ne voit pas mais qui nor­ma­le­ment est là, nous entend ?

Kaly : Je suis bien là, je vous entends, je vous vois. Bon­soir à tous, bien­ve­nue. Donc que rajou­ter ? Parce que Sté­phane en a déjà dit pas mal. Donc effec­ti­ve­ment la genèse de tout cela et de l’AMDF est par­tie d’un compte sur le réseau X où Sté­phane m’a contac­té pour qu’on orga­nise bah une sorte de libre antenne à tous ceux qui se consi­dèrent comme démo­crates et qui vou­draient expo­ser leur vision de ce qu’est la vraie démo­cra­tie. Donc à par­tir de là, on a essayé d’ex­po­ser le maxi­mum de modèles et de visions du prin­cipe démocratique.

Et à un moment s’est posée la ques­tion de rendre les choses plus concrètes. Au-delà de don­ner la parole et de faire émer­ger cette pen­sée, il fal­lait aus­si s’ins­crire dans l’ac­tion. Et ça c’est à l’hon­neur de Sté­phane qui est quel­qu’un de très actif, et le mot est vrai­ment faible quand on voit tout ce qu’il fait à tra­vers la MDF et à tra­vers la chaîne main­te­nant Démo­cra­tie Directe (DS).

Et donc l’AMDF était effec­ti­ve­ment la réflexion qui a été por­tée à l’ins­tant, à savoir que le meilleur moyen de mettre en appli­ca­tion le prin­cipe démo­cra­tique, c’est de le faire au niveau local. Parce qu’on est encore à une échelle où fina­le­ment, avec une très grande quan­ti­té de com­munes avec rela­ti­ve­ment peu d’ha­bi­tants, il est beau­coup plus facile d’or­ga­ni­ser une vie réel­le­ment démo­cra­tique à cet échelon.

13:36 – La com­plé­men­ta­ri­té avec le Por­tail Municipal

Kaly (suite) : C’est de là qu’est née un petit peu cette idée. À par­tir de là, Sté­phane a struc­tu­ré comme il sait le faire l’as­so­cia­tion. Il a su s’en­tou­rer de per­sonnes de qua­li­té comme celles qu’il a citées et mettre en avant un prin­cipe rela­ti­ve­ment simple, c’est de faire — comme ce fut le cas d’ailleurs pour la chaîne Démo­cra­tie Directe — une sorte d’es­pace d’ex­pres­sion de la démo­cra­tie. C’est-à-dire que le but, c’est pas d’être un par­ti, c’est pas de vou­loir enca­drer et impo­ser quoi que ce soit, mais c’est de don­ner une forme de boîte à outils à tous ceux qui vou­draient pra­ti­quer la démo­cra­tie et qui ne savent pas trop com­ment faire, com­ment la mettre en pratique.

Euh et c’est pour ça que le Por­tail Muni­ci­pal Démo­crate est fina­le­ment un outil qui a sa propre indé­pen­dance, sa propre vie bien évi­dem­ment, mais qui est tota­le­ment connexe au tra­vail que nous fai­sons. C’est-à-dire que le por­tail démo­crate a un inté­rêt en quelque sorte à tra­vers nous et nous avons un inté­rêt à tra­vers ce por­tail éga­le­ment. On est très com­plé­men­taires dans l’ab­so­lu et c’est la rai­son pour laquelle sur nos visuels, bah fina­le­ment le por­tail est à l’é­vi­dence présent.

Marc Daoud : Donc alors je rap­pelle le lien du site dont tu parles, le por­tail muni­ci­pal c’est por​tail​-muni​ci​pal​.fr. Effec­ti­ve­ment, c’est là où sont recen­sés les pro­jets les plus démo­cra­tiques à l’é­chelle com­mu­nale, et je crois en numé­ro 1 des­quels était la com­mune de Ménil-la-Horgne de Claude Kai­ser, qui rem­plis­sait tous les cri­tères en termes de démo­cra­tie directe. Et donc ça vient com­plé­ter votre por­tail à vous hein, Asso­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France.

Com­ment est-ce que vous, vous avez à tra­vers votre por­tail, votre tra­vail, peut-être réus­si à convaincre des maires à dis­til­ler plus de démo­cra­tie, à s’in­ves­tir plus dans ces ques­tions-là, à don­ner plus de pou­voir aux habi­tants ? Est-ce que c’est ça le pro­jet et est-ce que vous arri­vez à obte­nir des résultats ?

Sté­phane Ber­nard : Bah le prin­cipe pour faire très simple, l’as­so­cia­tion s’ap­pelle l’As­so­cia­tion des Mai­ries Démo­crates de France et non pas l’as­so­cia­tion des Maires Démo­crates de France. Et ça a tout son sens. Le but c’est pas de convaincre les maires qu’il faut deve­nir démo­crates. Le but c’est de convaincre les citoyens qu’il faut faire de leur mai­rie un espace démocratique.

Marc Daoud : Oui.

Sté­phane Ber­nard : Donc aujourd’­hui on est dans une démarche qui est de pré­pa­rer 2026, d’i­ni­tier cette réflexion, mais c’est un tra­vail de longue haleine et Étienne est le pre­mier à bien le savoir. C’est pas en cla­quant des doigts que les citoyens vont se dire « tiens fina­le­ment c’est vrai que dans ma com­mune je peux en faire une com­mune démo­crate ». Donc le but c’est encore une fois de leur four­nir une boîte à outils qui va leur per­mettre, à tra­vers dif­fé­rents outils — et là Sté­phane en par­le­ra beau­coup mieux puis­qu’il est à l’i­ni­tia­tive de tous ces outils — de per­mettre aux citoyens de se consti­tuer en fait véri­ta­ble­ment citoyens et de mettre en place au sein de leur com­mune soit une équipe qui sera en capa­ci­té de faire pres­sion sur l’é­quipe com­mu­nale en place, soit tout sim­ple­ment bah de se por­ter en concur­rence à l’é­quipe muni­ci­pale en place ou à celles qui se pré­sen­te­ront en mars prochain.

Marc Daoud : OK. Oui, c’est ambi­tieux mais c’est redon­ner le pou­voir direc­te­ment aux gens. Sans avoir à convaincre poli­ti­que­ment les maires de chan­ger leur méthode de tra­vail, c’est plu­tôt de pous­ser les gens par le bas à sol­li­ci­ter leur mai­rie et leur don­ner un peu plus envie d’im­pli­quer les citoyens. Un peu comme ce que fait effec­ti­ve­ment Claude Kai­ser. Je sais pas s’il y a d’autres exemples que Ménil-la-Horgne aus­si fla­grants, aus­si révé­la­teurs de ce qu’un maire… Tu dis oui Sté­phane de la tête, il y a d’autres endroits où les citoyens ont leur mot à dire ?

19:23 – Les obs­tacles légaux à la démo­cra­tie directe

Sté­phane Ber­nard : Euh oui. Alors après, il y a un phé­no­mène de dis­cré­tion parce que toute la dif­fi­cul­té… Je vou­drais faire une paren­thèse mais je vais d’a­bord répondre à ta ques­tion. La dif­fi­cul­té de faire de la vraie démo­cra­tie directe, c’est un double pléo­nasme : c’est que c’est anti­cons­ti­tu­tion­nel et c’est contre le code élec­to­ral.

Comme vous le savez, le man­dat… oui, puisque le man­dat impé­ra­tif est inter­dit par notre Consti­tu­tion. On l’a­vait vu… alors j’ai plus la for­mule mais on va deman­der à Maître Yoda ici pré­sent parce que enfin on en a deux, on a le jeune et le grand, on va dire le maître et le Padawan…

Marc Daoud : L’Yo­da et le Pada­wan ! Ouais ou Léo il a dépas­sé le stade de Pada­wan depuis long­temps à mon avis.

Sté­phane Ber­nard : Et dans le code élec­to­ral, il est dit que le maire et les conseillers muni­ci­paux doivent être libres de leur déci­sion. Donc il y a une notion d’in­dé­pen­dance. Et il y a eu quelques cas où les tri­bu­naux admi­nis­tra­tifs ont reje­té des déci­sions de conseils muni­ci­paux ou des pré­ro­ga­tives du maire sur le fait qu’il consta­tait qu’il y avait une subor­di­na­tion des citoyens et que du coup le Pré­fet s’est sai­si d’ar­rê­tés muni­ci­paux et les a invalidés.

Léo Girod : Si, si, si, tout à fait. Euh d’ailleurs, je crois qu’É­tienne il y a deux émis­sions en arrière avait fait réfé­rence de ça. C’est-à-dire que des maires qui auraient fait comme Claude, c’est-à-dire qui font des votes à main levée — alors en l’oc­cur­rence Claude c’est ce qu’il fait pour faire par­ti­ci­per les habi­tants sur des pro­jets et ensuite le maire décide d’o­rien­ter sa déci­sion en fonc­tion du vote des habi­tants — le Pré­fet a le droit d’in­va­li­der cette déci­sion en invo­quant qu’il est subor­don­né au choix des habitants.

Marc Daoud : Oui.

Sté­phane Ber­nard : Alors, c’est plus sub­til que ça mais dans les faits, c’est ça. Qu’est-ce qu’on fait ? Alors, je sais pas si je devrais le dire, mais en fin de compte, on anti­cipe éven­tuel­le­ment… Là, on donne peut-être le bâton pour se faire battre, mais il y a quand même une stra­té­gie à mener. C’est-à-dire que aujourd’­hui ce qui a été inva­li­dé, c’est une per­sonne très connue de la com­mune, une socié­té de la com­mune ou un groupe asso­cia­tif qui ont donc fait une forme de lob­by sur la mai­rie pour le pous­ser à prendre une forme de déci­sion. Et après vient entrer en ligne de compte bien enten­du les inté­rêts, les conflits d’in­té­rêts locaux, etc.

Mais on a des déci­sions jus­qu’au Conseil d’É­tat, hein. Et ce qui est ter­rible, c’est que ce qu’ils invoquent, c’est la liber­té de déci­sion des maires et du conseil muni­ci­pal et le man­dat impé­ra­tif. Et donc là, il y a pour nous pour l’ins­tant les gens qui pra­tiquent la démo­cra­tie directe sont peu, mais il y en a beau­coup plus qu’on ne croit. Je crois que Léo pour­rait com­plé­ter ce que je vais dire. Et nous, on a dédié une émis­sion à Jean-Claude Mensch de Unger­sheim qui a eu d’ailleurs les hon­neurs d’un docu­men­taire qui est cité en exemple, qui est lui une ville en tran­si­tion mais il ne le crie pas beau­coup sur les toits. Il y a des assem­blées citoyennes. Enfin, c’est toute la dif­fi­cul­té. C’est-à-dire que Léo me contre­di­ra si je dis une bêtise, mais il ne faut pas que ce soit men­tion­né dans les déci­sions que la déci­sion a été prise dans le cadre… C’est com­pli­qué parce qu’on pra­tique une sub­sti­tu­tion, hein, dans ce cas de figure là, puisque léga­le­ment c’est pas…

Marc Daoud : Voi­là, si je peux me per­mettre… C’é­tait pour résu­mer : c’est que le maire en gros, s’il veut s’ins­pi­rer entre guille­mets de sa déci­sion du choix des citoyens, des habi­tants, il doit quand même évi­ter de le mettre trop en avant. Faut res­ter discret.

Sté­phane Ber­nard : Mal­heu­reu­se­ment aujourd’­hui oui. C’est un délire.

Léo Girod : Non mais c’est fran­che­ment… Sté­phane, la déci­sion à laquelle tu fai­sais allu­sion à l’ins­tant là, c’é­tait pas celle de Gre­noble ? C’é­tait où et quand ? Tu te sou­viens de ça ?

Sté­phane Ber­nard : Euh alors écoute, je suis déso­lé, je l’ai dans mes archives mais je ne pour­rais pas la retrou­ver mais je la com­mu­ni­que­rai parce que ça fera par­tie de nos conseils.

Léo Girod : Ouais. Mais j’en ai trou­vé trois moi à ce niveau-là, parce que celle que j’ai retrou­vée, moi j’en ai retrou­vé qu’une en fai­sant les recherches cette semaine là — pour je suis en train de faire la retrans­crip­tion de l’é­mis­sion his­to­rique numé­ro 10 là — et j’ai retrou­vé la déci­sion à laquelle je pen­sais, celle de Gre­noble. Euh et en fait ils avaient fait voter… C’é­tait un peu par­ti­cu­lier quand même parce qu’ils avaient fait voter des mineurs.

Sté­phane Ber­nard : C’est ça.

Léo Girod : Et donc ça, c’é­tait plu­tôt ça la cause d’an­nu­la­tion parce qu’en fait on dirait que dans la juris­pru­dence c’est pas si clair en fait. La doc­trine n’est pas fixée. Nous, nous on a peur que les tri­bu­naux nous inter­disent de la démo­cra­tie directe en inter­pré­tant toutes les règles du droit posi­tif — droit en vigueur niveau consti­tu­tion­nel ou légis­la­tif — on a peur que les juges les inter­prètent de façon très dure contre la démo­cra­tie directe. Et en fait, c’est comme s’ils n’o­saient pas vrai­ment. On ne sait pas si dans le juge­ment de Gre­noble, il y a vrai­ment autre chose. Il y a des choses, c’est vrai, qui cor­res­pondent pas au cadre de la Répu­blique. Si on fait voter des enfants, bon c’est moins grave que d’in­ter­dire la démo­cra­tie directe. Mais bon…

Sté­phane Ber­nard : Ouais, je te com­mu­ni­que­rai ce que j’ai trou­vé parce que en toutes lettres, ils invoquent le man­dat impé­ra­tif et la subor­di­na­tion citoyenne.

Marc Daoud : Donc là, les mots sont lâchés là. Ah oui, la subor­di­na­tion citoyenne. Fran­che­ment, c’est le monde à l’en­vers. C’est éton­nant. C’est-à-dire qu’en fait pour eux, c’est un argu­ment pour cas­ser une déci­sion muni­ci­pale, c’est de dire « bah les citoyens peuvent pas subor­don­ner au maire ».

Sté­phane Ber­nard : Il faut y mettre des nuances encore une fois mais c’est une porte d’entrée.

25:55 – L’exemple d’Un­ger­sheim et la par­ti­ci­pa­tion citoyenne

Sté­phane Ber­nard (suite) : Et je vou­lais donc ter­mi­ner sur : on a dédié une émis­sion qui fait presque 3h sur Unger­sheim (Jean-Claude Mensch) qui est à son 5e man­dat et il a un retour d’ex­pé­rience. Il y a une seule chose, hor­mis le fait que c’est un homme extra­or­di­naire et qui fait beau­coup pour sa com­mune — elle fait 2500 habi­tants, elle est en Alsace — là, il vient de ter­mi­ner un docu­men­taire avec une réa­li­sa­trice. Mais il ne peut pas, parce qu’à cause jus­te­ment de la période pré­élec­to­rale et comme il ne sait pas s’il va faire son 6e man­dat ou pas…

Mais il nous don­nait une sta­tis­tique qui était incroyable, c’é­tait que de ses citoyens actifs, ils sont entre 5 et 10 % maxi­mum. Donc la vraie ques­tion à se poser, c’est de savoir si les 90 % c’est : est-ce que c’est des abs­ten­tion­nistes chro­niques ? Est-ce que c’est des gens qui ont rien à faire ou est-ce que c’est des gens qui sont satis­faits de ce qui se passe et qui donc pra­tiquent le « qui ne dit mot consent » ?

Mais on se rend compte que contrai­re­ment au milieu asso­cia­tif en France — il y a 5 mil­lions de béné­voles dans les asso­cia­tions chaque semaine qui œuvrent — euh donc ça fait une grosse par­tie de la popu­la­tion majeure en tout cas hein, les mineurs sont pas… on parle de ceux qui s’in­ves­tissent. Et ça vient accré­di­ter l’i­dée que le béné­vo­lat poli­tique et l’in­ves­tis­se­ment citoyen en poli­tique peut se faire puisque les gens s’in­ves­tissent dans des asso­cia­tions à titre gracieux.

Étienne Chouard : Tu te sou­viens là, juste une petite incise sur ce que tu viens de dire. Euh Claude nous disait la der­nière fois il y a 15 jours, il nous disait : on arrive à avoir presque tout le monde dans le vil­lage si on leur demande juste de voter. Il ne faut pas qu’on leur demande de tra­vailler. Il faut que nous, les repré­sen­tants, les élus, même si on fait tout ce qu’ils disent, il faut quand même qu’on leur pré­pare le tra­vail et qu’on exé­cute tout après. La popu­la­tion semble avoir faim de déci­der, donc de voter, mais pas de travailler.

Et il expli­quait la décré­pi­tude de Saillans, tu sais l’ex­pé­rience de Saillans avec Tristan…

Sté­phane Ber­nard : Oui, tout à fait.

Étienne Chouard : Et toute sa bande… vrai­ment c’est une expé­rience for­mi­dable aus­si hein. Et il disait : ça a pro­ba­ble­ment échoué parce qu’à Saillans ils ont essayé d’en faire trop. Ils ont essayé d’im­pli­quer les citoyens et de les faire tra­vailler beau­coup pour qu’ils deviennent acteurs quoi de la loi, rédac­teurs, pré­pa­ra­teurs. Et ça, ça a gon­flé les gens, ça les a fati­gués, ils n’ont pas revo­té pour eux.

Donc en fait, il faut peut-être faire atten­tion à, au moins au début, se can­ton­ner à les faire déci­der. Donc leur pré­sen­ter, leur pré­pa­rer les lois, leur pré­sen­ter, ils décident mais pas leur col­ler du tra­vail. En tout cas, on peut essayer mais pas insis­ter trop parce que ça, ça peut faire capo­ter le truc.

Sté­phane Ber­nard : Ce qui serait déjà pas mal d’im­pli­quer les citoyens… Bien sûr. Je ne crois pas tra­hir les pro­pos de Jean-Claude Mensch en disant qu’il par­lait des gens qui s’in­ves­tis­saient dans les assem­blées. Euh qui là étaient plus pré­sents. Donc cette par­tie du débat contra­dic­toire et divergent qui pré­pare jus­te­ment le vote, hein. Après, je me sou­viens plus, peut-être que dans le ver­ba­tim qu’on fait à chaque fois, on pour­rait le retrou­ver, mais j’ai pas exac­te­ment la réponse. En tout cas, cette com­mune, elle fonc­tionne mais on la cite pas beau­coup parce que encore une fois c’est un homme habile quoi. Il essaie de « vivons heu­reux vivons cachés » comme dit l’autre.

Marc Daoud : C’est ça.

Sté­phane Ber­nard : Non mais c’est ça qui est ter­rible, c’est même s’il est pas vrai­ment caché puis­qu’il y a un docu­men­taire, il est visi­té à l’in­ter­na­tio­nal puis­qu’il est décla­ré comme une ville en tran­si­tion. Il y a beau­coup des gens comme Fré­quence Com­mune et cete­ra qui reven­diquent 400 listes citoyennes et un mil­lier peut-être sont dans ce schéma.

Marc Daoud : Est-ce que tu penses qu’il vien­drait ici pour nous par­ler de son expé­rience démo­cra­tique comme Claude était venu ?

Sté­phane Ber­nard : Je peux lui deman­der. Oui oui oui. Je pense que ce serait un très bon exemple.

Étienne Chouard : C’est super conta­gieux quoi. Les autres se disent « Mais pour­quoi pas nous quoi ? ». En tout cas, l’é­mis­sion d’il y a 15 jours, l’é­mis­sion numé­ro 10, là c’é­tait spec­ta­cu­laire. Et puis toute la semaine après, j’é­tais avec Natha­naël et on a vu des gens qui, en voyant l’é­mis­sion, se sont mis à s’ac­ti­ver, ils ne dor­maient plus, écri­vaient des tas de trucs là.

Parce qu’en fait là c’est concret. Dans le sens où, bon c’est très bien ce qu’on fait tout de suite très vite sur le tra­vail consti­tuant que vous faites Léo et toi Étienne, c’est génial et il va fal­loir le faire. Mais vu que pour l’ins­tant on se pré­pare, c’est un entraî­ne­ment en atten­dant le grand match, le grand jour, le jour J où les citoyens auront vrai­ment la pos­si­bi­li­té de s’or­ga­ni­ser en assem­blée consti­tuante. Pour l’ins­tant, c’est un peu une attente. Alors que là, on est déjà capable, avec bah la com­pli­ci­té en tout cas le tra­vail des maires, de récu­pé­rer le pou­voir à l’é­che­lon local. Et donc c’est concret, c’est acti­vable tout de suite, c’est réa­liste. Il suf­fit juste de trou­ver des maires démo­crates, il faut trou­ver des can­di­dats vrai­ment démo­crates quoi. Et j’a­voue que c’est plus sti­mu­lant pour le citoyen de voir le résul­tat immédiatement.

31:34 – Q&A : Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et Constitution

Marc Daoud : Alors juste avant de pour­suivre juste, je crois que Miloud, il y avait des ques­tions du chat pour nos invités.

Miloud : Exac­te­ment. Il y en avait deux. Bon­soir mes­sieurs. La pre­mière ques­tion que je vous affiche à l’é­cran, ques­tion posée par Har­ry qui vous demande : « Est-ce que les mai­ries qui pra­tiquent la démo­cra­tie directe par­viennent à sor­tir leurs admi­nis­trés de la tor­peur et de l’at­ten­tisme ? » Ça c’est la pre­mière question.

Et la seconde, ques­tion posée par Polo Gas­coin : « Les ate­liers consti­tuants étant dans l’hy­po­thèse défi­nie opé­ra­tion­nelle, qu’ad­vient-il de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme qui actuel­le­ment est posée en pré­am­bule ? » Voi­là mes­sieurs, qui veut répondre ?

Sté­phane Ber­nard : Alors la pre­mière ques­tion, on va lais­ser répondre. Après, je ferai une incise, mais la deuxième, je pense qu’elle est pour Étienne et Léo. Elle n’est pas for­cé­ment pour nous, même si on a une idée.

Kaly : Alors, tout sim­ple­ment, est-ce que les mai­ries qui pra­tiquent la démo­cra­tie directe par­viennent à sor­tir leurs admi­nis­trés de la tor­peur et de l’at­ten­tisme ? Comme l’a expli­qué Sté­phane, on a un exemple où on était à 10 %, c’est ça Sté­phane, à peu près de per­sonnes qui s’in­ves­tissent véritablement.

Euh alors moi, j’a­vais expli­qué lors de ces échanges, c’est que dans une socié­té où la démo­cra­tie n’est pas la norme, c’est com­pré­hen­sible. C’est-à-dire que aujourd’­hui, les émis­sions telles que celle-ci ce soir et que vous faites régu­liè­re­ment, celles que nous pou­vions et que nous pou­vons faire sur Démo­cra­tie Directe, ça a beau­coup moins d’au­dience que ce qui passe à la télé qui va par­ler de toute autre chose parce que ce n’est pas la socié­té à laquelle nous sommes habitués.

Donc bien enten­du quand — parce que pour moi c’est un quand, c’est pas si — mais quand nos socié­tés seront véri­ta­ble­ment démo­cra­tiques, il est évident que pour les citoyens ce sera une norme. Ça sera consi­dé­ré comme évident, tout comme aujourd’­hui pour la majo­ri­té des citoyens appe­lés comme tels, c’est évident d’al­ler voter. La majo­ri­té des citoyens — même si c’est une mino­ri­té qui se réduit au fur et à mesure du temps parce que peut-être la décep­tion les y incite — mais c’est consi­dé­ré comme nor­mal d’al­ler se choi­sir un maître, un res­pon­sable, un déci­sion­naire pour nous.

Bah, il faut espé­rer que nos enfants, nos petits-enfants, consi­dé­re­ront tota­le­ment nor­mal que de s’im­pli­quer dans la vie locale et natio­nale et d’être force de pro­po­si­tion, de réflexion, de vota­tion. Donc 10 % déjà pour une com­mune qui ini­tie, hein… J’ai vu pas­ser une ques­tion en fait : « En quoi la com­mune de Unger­sheim est-elle en tran­si­tion ? ». Elle est en tran­si­tion démo­cra­tique et elle est éga­le­ment en tran­si­tion envi­ron­ne­men­tale. Et effec­ti­ve­ment bah sur ce type de com­mune, avoir déjà 10 % des citoyens qui s’im­pliquent, je trouve que c’est une réus­site. Donc oui, ça les sort de leur tor­peur mais il faut s’y habi­tuer quoi.

Étienne Chouard : Oui, on dirait que c’est plus facile de les sor­tir de leur tor­peur quand on les laisse déci­der et pas seule­ment bavar­der. La tor­peur qu’on regrette tout le temps, c’est en fait les gens n’ont pas envie d’al­ler dans les réunions où ils ne décident de rien en fait. On les fait par­ler, on les fait dis­cu­tailler et puis ils voient bien que les maires prennent des déci­sions tout seuls indé­pen­dam­ment des assem­blées. C’est pour ça qu’il y a une torpeur.

Mais ce que décri­vait Claude il y a 15 jours, c’est que les gens viennent beau­coup plus volon­tiers. Et là, il par­lait de cette assem­blée où il y avait tout le monde. Oui. Et les jeunes, les vieux, parce qu’ils avaient orga­ni­sé jus­te­ment, ils avaient pris des déci­sions pour vivre ensemble et ça mar­chait vache­ment bien. Donc en fait quand les gens… Tu te sou­viens en 2005 quand on a voté pour un réfé­ren­dum, on vote beau­coup plus quoi. On est en situa­tion de tor­peur parce qu’on est infan­ti­li­sés, enchaî­nés, muse­lés. Nos dis­cus­sions ne servent à rien. Mais à mon avis on en sor­ti­ra avec dans les vraies situa­tions démo­cra­tiques, il y aura moins de torpeur.

Marc Daoud : Alors pour la deuxième ques­tion… Qu’est-ce que devient la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme ?

Étienne Chouard : En fait, la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme, elle a été écrite par des gens qui sont tous morts et nous sommes légi­times à… enfin vous sou­ve­nez de cette for­mule for­mi­dable qui dit : « Une géné­ra­tion ne peut pas assu­jet­tir à ses lois les géné­ra­tions sui­vantes. » Voi­là. Donc en fait c’est pas nor­mal que les morts gou­vernent les vivants.

Nous sommes légi­times, nous les vivants dans ce moment, les vivants du moment, nous sommes légi­times à repen­ser, si nous le vou­lons, la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme, qui est très bien sur plein de sujets et puis bon voi­là. Mais au niveau des mai­ries, ben s’ils veulent la reprendre, ils la reprennent. S’ils veulent pas, ils la reprennent pas. Si vous êtes sou­ve­rains, vous n’êtes pas tenus par… vous n’a­vez pas de compte à rendre à qui que ce soit.

Marc Daoud : Oui, je com­prends. Léo, rajou­ter quelque chose ?

Léo Girod : Bah, la Décla­ra­tion c’est du décla­ra­tif comme son nom l’in­dique en fait. C’est-à-dire que ce n’est pas du droit. Et donc s’il y a des choses bien dedans, il s’a­gi­rait d’en faire du droit. Pour qu’il y ait un droit, donc faut qu’il y ait une règle, une sanc­tion et un organe pour appli­quer la sanc­tion. Et voi­là, si on garde tout, on peut poten­tiel­le­ment tout gar­der et tout trans­for­mer en droit.

Mais on peut aus­si enle­ver des choses. On peut consi­dé­rer qu’il y a des choses qui sont soit pas bonnes, soit qui n’ont rien à faire dans une Consti­tu­tion et qui seraient plus de l’ordre du légis­la­tif. On peut en faire ce qu’on veut en fait. Pas de pro­blème vis-à-vis de la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme. Dans cer­taines pro­po­si­tions, ils excluent du RIC consti­tuant la pos­si­bi­li­té de tou­cher aux Droits de l’Homme, c’est-à-dire de les reti­rer. Mais en vrai, géné­ra­le­ment ça n’a pas de sens et ça peut être un truc plu­tôt bloquant.

Euh ce qu’il faut voir, c’est que les Droits de l’Homme ont été donc, comme on disait, ajou­tés au bloc de consti­tu­tion­na­li­té dans le but mas­qué évi­dem­ment que le juge consti­tu­tion­nel — donc le Conseil — puisse inter­pré­ter et blo­quer des lois par son inter­pré­ta­tion de ces textes décla­ra­tifs et même phi­lo­so­phiques qui sont un peu flous et que donc on peut tordre à l’in­ter­pré­ta­tion comme on veut. Donc voi­là, plu­tôt se méfier de ce genre de texte à mon sens, vu que ça n’est pas du droit et que s’il existe un Conseil Consti­tu­tion­nel qui n’est pas une obli­ga­tion, bah voi­là, c’est dangereux.

Sté­phane Ber­nard : Est-ce que je peux me per­mettre de reve­nir sur un point ?

Marc Daoud : Oui, Sté­phane était en train de par­ler. Je crois qu’il n’a­vait pas tout à fait ter­mi­né ce qu’il avait pré­vu de dire là.

Sté­phane Ber­nard : Non, c’est pas grave. C’est que je vou­lais juste pré­ci­ser une chose qui pour nous est très impor­tante puisque tout à l’heure on par­lait du Por­tail Muni­ci­pal Démo­crate et de l’ex­cellent tra­vail de Raphaël Robb qui est un vrai démo­crate et un mec très bien. On est à tel point liés que dans les sta­tuts que l’on a créés — que d’ailleurs Étienne et Léo ont signés avec d’autres — dans l’ar­ticle 29, on offi­cia­lise notre coopé­ra­tion avec le Por­tail Muni­ci­pal. Donc on est à la fois com­plé­men­taires mais on est liés sta­tu­tai­re­ment en tout cas pour une durée de 2 ans à chaque fois en recon­duc­tion automatique.

Et il faut savoir aus­si que quand nous allons faire le recen­se­ment et notre tra­vail de sen­ti­nelle, une des trois objec­tifs du tra­vail des sen­ti­nelles est de recen­ser de lut­ter contre le démo-washing en accord aux cri­tères de confor­mi­té avec nos valeurs de l’AMDF. C’est Raphaël avec le Por­tail Muni­ci­pal qui va s’oc­cu­per de faire la carte AMDF sur le site du por­tail muni­ci­pal. Et on a notre secré­taire que je salue, Marc Phi­lip­po, qui est son réfé­rent et avec qui il y a une étroite collaboration.

Marc Daoud : Elle recense quoi cette carte ?

Sté­phane Ber­nard : Elle n’existe pas encore. Elle va recen­ser le tra­vail de sen­ti­nelle que nous allons faire. C’est-à-dire que on va en par­ler à un moment don­né for­cé­ment, c’est obli­ga­toire pour nous.

41:13 – Nou­veaux modes de vota­tion : Le Vote Noir et le Vote Suspensif

Sté­phane Ber­nard (suite) : Raphaël vous expli­quait lors de l’a­vant-der­nière émis­sion qu’il y avait un label sous forme de ques­tions et de cri­tères, une forme d’au­toé­va­lua­tion qui par­fois est mal prise d’ailleurs par cer­tains démo­crates par­ti­ci­pa­tifs qui ne com­prennent pas et qui se sentent jugés, hein. Mais c’est comme ça.

Nous, on essaie — alors j’al­lais pas dire de ratis­ser large — parce qu’on essaie de s’ap­pli­quer à nous-mêmes ce que nous pre­nons comme idée. Donc par exemple on pra­tique le vote noir, le vote sus­pen­sif dans nos déci­sions d’as­sem­blée générale.

Marc Daoud : C’est quoi le vote noir et le vote suspensif ?

Sté­phane Ber­nard : Alors le vote noir c’est très simple. Vous avez trois pro­po­si­tions ou trois per­sonnes que l’on vous demande de choi­sir de voter et aucun ne vous conviennent. Donc vous votez noir, ça veut dire que non seule­ment vous ne votez pas pour eux, mais vous les éli­mi­nez et c’est inter­dit de les repré­sen­ter à la pro­chaine élec­tion ou à la pro­chaine proposition.

Marc Daoud : C’est ce qu’on appelle aujourd’­hui le vote blanc.

Sté­phane Ber­nard : Oui. Alors le vote blanc chez nous n’existe plus. Ça s’ap­pelle le vote sans avis. Puisque jus­te­ment le vote blanc n’ex­clut pas. En fait le vote blanc s’abs­tient de se posi­tion­ner alors que le vote noir se posi­tionne contre ce qui a été proposé.

Marc Daoud : Ah oui, petite différence.

Sté­phane Ber­nard : Même une très grosse dif­fé­rence. Et le vote sus­pen­sif pour le coup c’est ce serait quoi ? Vas‑y Kaly.

Kaly : Ah bah c’est tout sim­ple­ment le fait de sus­pendre la déci­sion dans le sens où il faut appro­fon­dir la réflexion et voir s’il n’existe pas d’autres solu­tions que celles déjà proposées.

Marc Daoud : C’est inté­res­sant. Comme quoi, dès qu’on met un peu de nuance dans le vote, ça donne plus de pou­voir tout de suite.

Kaly : Et oui, parce que l’en­semble des règles du jeu qui ont été déci­dées ont été faites pour cade­nas­ser au maxi­mum. Donc il y a déjà les pos­si­bi­li­tés d’ex­pres­sion dans un scru­tin, mais il y a aus­si le type de scru­tin et ça c’est l’une des pre­mières ques­tions que l’on doit se poser. Com­ment est-ce que l’on vote ? Il n’existe pas qu’un seul type de scrutin.

Sté­phane Ber­nard : Et pour aller jus­qu’au bout de l’ex­pli­ca­tion, le vote sus­pen­sif nous oblige à avoir une tem­po­ra­li­té, un débat convergent, divergent et contra­dic­toire le plus large pos­sible. Parce que le vote sus­pen­sif — je prends un exemple, si la pro­po­si­tion A a 8 et la pro­po­si­tion B a 10 et qu’il y a deux votes sus­pen­sifs — donc elle peut maî­tri­ser l’é­lec­tion, et ben on est obli­gé de refaire les débats.

Étienne Chouard : La mise en scène des conflits.

Sté­phane Ber­nard : Voi­là. Ça nous oblige par­fois… et il nous a fal­lu par­fois faire revo­ter deux, trois fois. On a même mis en place des votes par cor­res­pon­dance parce qu’on n’y arri­vait pas et pour­tant on était que cinq ou six à voter. Bon voi­là. Mais donc tout ça pour vous dire qu’on est plus que com­plé­men­taires avec le tra­vail de Raphaël. On est dans une véri­table coopé­ra­tion et son tra­vail est excellent et est très bien aidé par Léo et toute la nébu­leuse RIC bien évidemment.

44:43 – Le concept d’Involution

Sté­phane Ber­nard : Et je vou­lais aus­si juste rajou­ter une petite chose. Peut-être que c’est Kaly qui pour­rait expli­quer. C’est-à-dire que nous on pro­pose, les citoyens dis­posent, ils doivent faire leur invo­lu­tion. Ce qu’É­tienne appelle deve­nir un adulte citoyen ou un citoyen pas d’é­vo­lu­tion, mais involution.

Marc Daoud : Invo­lu­tion ? Faire quoi ? Se déformater ?

Kaly : Oui, on peut ten­ter… C’est que la défi­ni­tion d’in­vo­lu­tion c’est un… alors éty­mo­lo­gi­que­ment c’est fina­le­ment une forme de repli vers l’in­té­rieur hein. C’est reve­nir en quelque sorte un petit peu aux sources mais c’est une modi­fi­ca­tion régres­sive en fait. Donc c’est-à-dire que tout n’est pas à jeter. Et sou­vent, par­fois on nous parle d’é­vo­lu­tion comme s’il fal­lait abso­lu­ment tout chan­ger. Par­fois, il suf­fit d’a­dap­ter les choses, de bien com­prendre où est-ce que ça dysfonctionne.

Sté­phane Ber­nard : Et puis aus­si par rap­port à la révo­lu­tion, parce que nous on prône… on fait le même constat que tout le monde, c’est-à-dire que mani­fes­ter ne sert à rien. Ils envoient les chars même contre les agri­cul­teurs. La déso­béis­sance civile ne sert… enfin est prô­née tou­jours par ceux qui peuvent se le per­mettre. Mais aujourd’­hui le citoyen lamb­da, comme disait Coluche « les fins de mois sont dif­fi­ciles sur­tout les 30 pre­miers jours », com­ment vou­lez-vous faire de la déso­béis­sance civile par rap­port à l’im­pôt ou autre ? Sachant qu’il y aura tou­jours des fonc­tion­naires bien aidés qui vien­dront vous cher­cher au fin fond de vos comptes en banque.

Donc nous on prône vrai­ment un réar­me­ment — c’est le mot à la mode — mais par le bul­le­tin de vote quoi. La vraie arme qui nous reste aujourd’­hui, c’est le bul­le­tin de vote. Donc on appelle à invo­luer. C’est un terme aus­si bota­nique dans lequel par exemple les Cat­tleyas — les orchi­dées — avant de refleu­rir… c’est une plante qui mal­heu­reu­se­ment d’un seul coup pen­dant plu­sieurs mois voire un an ou deux ne refleu­rit pas. Et puis à force en fin de compte d’in­vo­luer, elle finit par refleu­rir et à nou­veau s’épanouir.

Marc Daoud : C’est inté­res­sant de s’ins­pi­rer aus­si de la nature.

Sté­phane Ber­nard : Oui… C’est une notion qui est très impor­tante. Alors, il y en a d’autres qui diraient « bon, il faut se sor­tir les doigts », quoi. En clair, en résu­mé en une phrase tri­viale, c’est ça. C’est-à-dire qu’il y a un moment don­né, on est tous dans le même constat, on a tous acté les mêmes choses, on est tous écœu­rés mais au bout d’un moment, si on ne bouge pas, per­sonne ne bou­ge­ra pour nous. Donc il y a un moment don­né où il faut prendre son des­tin en main.

49:34 – Q&A : Démo­cra­tie sans mon­naie et mutualisation

Marc Daoud : Euh ouais Miloud, il y avait d’autres questions ?

Miloud : Exac­te­ment Marc, j’ai deux ques­tions pour vous mes­sieurs. La pre­mière ques­tion de Sofouu­ku qui vous demande : « Est-ce que la Consti­tu­tion peut être évo­lu­tive d’an­née en année ? »

Et la seconde ques­tion, ques­tion pro­po­sée par Jérôme : « Alors, sans outil uni­ver­sel d’é­change appe­lé mon­naie, aujourd’­hui, on n’est pas en démo­cra­tie. Y a‑t-il déjà eu un empê­che­ment d’al­ler au bout d’une envie locale pour cause de manque d’argent ? »

Kaly : Bah déjà pour la Consti­tu­tion, c’est exac­te­ment ce qui a été expli­qué pré­cé­dem­ment. On ne peut pas impo­ser en fait des règles édic­tées par des géné­ra­tions pré­cé­dentes aux géné­ra­tions futures. Donc bien évi­dem­ment qu’une Consti­tu­tion doit être évo­lu­tive en per­ma­nence par ceux qui la subissent en quelque sorte ou qui la vivent. Déjà parce qu’elle peut avoir été erro­née dans sa struc­tu­ra­tion ini­tia­le­ment. Et donc si on constate que la Consti­tu­tion contient des élé­ments qui génèrent du dys­fonc­tion­ne­ment dans la socié­té, bah il peut être bon de se repo­ser la ques­tion. À par­tir du moment où c’est l’en­semble de la socié­té qui décide, bah tout peut être décidé.

Sté­phane Ber­nard : Et la deuxième ques­tion… C’est que si on recrée notre mon­naie — d’ailleurs il va fal­loir qu’on fasse la suite de l’a­te­lier sur la mon­naie avec Étienne — parce qu’il n’y aura plus de pro­blème nor­ma­le­ment quand on sera sou­ve­rain. Cer­tains diraient que non, mais bon…

Il y a toute une par­tie de la socié­té dont je fais par­tie d’ailleurs — c’est ce qui m’a mené à la démo­cra­tie directe, c’est le mili­tan­tisme post-moné­taire — je défends cette idée comme quoi le mal de notre civi­li­sa­tion c’est l’argent et ce sys­tème moné­taire et cette crois­sance éco­no­mique sans fin. Bon bref, c’est pas le débat.

Mais on peut effec­ti­ve­ment rai­son­na­ble­ment pen­ser que si notre civi­li­sa­tion veut res­ter en vie — à part peut-être si elle finit dans un chaos total — avec le déve­lop­pe­ment de l’IA, on voit déjà poindre des gens qui se disent « Mais com­ment va-t-on faire quand les gens n’au­ront plus d’emploi ? ». Et donc il y a une réponse toute simple, ça s’ap­pelle la mutua­li­sa­tion. C’est par­tir d’une socié­té d’é­change à une socié­té de par­tage. Voi­là tout sim­ple­ment. Mais ça peut répondre à la deuxième ques­tion qui a été posée parce qu’au niveau communal…

Kaly : Oui, tu veux par­ler ? Non non vas‑y, je te laisse finir mais après j’au­rai effec­ti­ve­ment quelque chose à appro­fon­dir sur cet aspect-là.

Sté­phane Ber­nard : On a fait une émis­sion spé­ciale, je vous invite aus­si à la voir, il y a 15 jours sur la June (Ğ1) avec trois per­sonnes qui uti­lisent et qui font par­tie du déve­lop­pe­ment de la June qui est une mon­naie dite libre. Et d’ailleurs, on va conti­nuer la réflexion puisque on va invi­ter des contra­dic­teurs, mais il y a pos­si­bi­li­té de pra­ti­quer la sub­sti­tu­tion comme avec la démo­cra­tie directe et éven­tuel­le­ment de faire un réseau de Junistes.

Mais la deuxième par­tie de la réponse que je vou­lais appor­ter… bon, il y a les mon­naies locales, hein, on est d’ac­cord, mais les mon­naies locales, c’est comme disait Pierre Rabhi, l’a­mé­na­ge­ment du Tita­nic. Tan­dis que bon, la June jus­qu’à pré­sent, c’est tel­le­ment confi­den­tiel… mais ça peut mar­cher. Et puis il y a une autre solu­tion que vous don­ne­raient les post-moné­taires tout de suite et qui existe déjà et qui est mise en appli­ca­tion dans des petits sec­teurs, c’est sim­ple­ment la mutua­li­sa­tion. Il y a plein de pro­blèmes de notre socié­té qui pour­raient être réso­lus par le partage.

C’est vrai. Mais ça demande une réflexion. C’est-à-dire que quand on parle de mutua­li­sa­tion, on parle de vrai par­tage. C’est-à-dire que le don, le don serait même ou la gra­tui­té serait même sup­pri­mée dans l’es­prit puisque celui qui donne attend un retour et celui qui reçoit a for­cé­ment un lien de recon­nais­sance. Ouais. Alors bien sûr, on dit le don gra­tuit, on fait là aus­si on met des pléo­nasmes, mais dans la véri­table mutua­li­sa­tion, quand on réflé­chit à ça, on peut tout à fait pal­lier à ces pro­blé­ma­tiques d’argent et il y a des gens qui le font hein : les res­sour­ce­ries, les outils par­ta­gés, le sys­tème coopé­ra­tif quand il a pas été dévoyé…

Marc Daoud : Voi­là quand ça, ça fonc­tionne… Plein de gens, c’est des gens dont on parle pas mais ça existe vrai­ment cette idée de mutua­li­sa­tion par rap­port au don. C’est vrai que ça change le rap­port à l’ob­jet et le rap­port à l’autre bien sûr.

Kaly : Bien évi­dem­ment puisque le don, on se sent rede­vable, il y a une forme de rede­va­bi­li­té vis-à-vis du don­neur même si c’est tout à fait logique et même si c’est fait dans un bon sens. La mutua­li­sa­tion, c’est pas pareil. Un petit peu comme dans cer­taines mai­ries. D’ailleurs, je crois qu’à Unger­sheim ils le font aus­si de mémoire. Ils ont des outils qui sont mis à dis­po­si­tion avec un plan­ning, ils appar­tiennent à per­sonne. Voi­là, un peu comme une biblio­thèque, une biblio­thèque muni­ci­pale. On emprunte un livre, on le ramène, on ne doit rien à per­sonne mais tout le monde uti­lise le même objet.

Sté­phane Ber­nard : Voi­là. Et les res­sour­ce­ries et cete­ra. Il y a bon, ça c’est tout un débat. L’ob­so­les­cence pro­gram­mée… la machine à laver incre­vable, il y a une ampoule qui aux États-Unis qui est lumi­nes­cente depuis 70 ans sans jamais se cas­ser. Et les femmes d’a­vant-guerre qui por­taient, avant la Seconde Guerre mon­diale, des bas… et ben les indus­triels ont deman­dé aux ingé­nieurs d’in­ven­ter des bas qui filaient parce qu’ils étaient en fil de fer et les bas ne filaient pas. Mais com­ment on fait un modèle éco­no­mique avec des bas qui ne filent pas et des lumières qui ne s’é­teignent pas et des machines à laver qui ne tombent pas en panne ?

Kaly : Alors ça peut être une réponse, mais je vou­lais jus­te­ment abor­der parce que je me dou­tais que tu allais prendre la réponse par ce côté-là et je pense qu’il faut aus­si se poser la ques­tion avec une réponse qui vient de l’autre côté.

La ques­tion c’é­tait fina­le­ment : est-ce que quand on n’a pas la maî­trise de la créa­tion moné­taire, il est pos­sible de faire de la démo­cra­tie et est-ce qu’il n’y a pas des freins éco­no­miques à l’ap­pli­ca­tion de la démocratie ?

Évi­dem­ment, on a une créa­tion moné­taire qui est aber­rante quand on s’y penche. On a un sys­tème capi­ta­liste qui par l’ob­so­les­cence pro­gram­mée, donc cette fameuse ampoule de la caserne de pom­piers aux États-Unis qui fonc­tionne depuis long­temps… c’est sur le prisme de l’é­co­no­mie. Mais fina­le­ment la démo­cra­tie c’est quoi ? C’est un sys­tème d’or­ga­ni­sa­tion de socié­té. Donc, il n’est pas dif­fé­rent de l’or­ga­ni­sa­tion de la socié­té telle qu’elle est faite aujourd’­hui. Et je dirais même qu’un sys­tème démo­cra­tique est plus éco­no­mique qu’un sys­tème répu­bli­cain et repré­sen­ta­tif puisque fina­le­ment on va avoir des prises de déci­sion qui sont beau­coup plus proches des inté­rêts et des pré­oc­cu­pa­tions réelles de ceux qui vont les financer.

C’est ce qui explique qu’en Suisse, plus un can­ton vote, mieux il est géré éco­no­mi­que­ment. Plus il y a de vota­tions, moins fina­le­ment il est en dif­fi­cul­té éco­no­mique. Donc bien évi­dem­ment que la ques­tion de la créa­tion moné­taire et de la nature même de la mon­naie est une ques­tion essen­tielle dans toute socié­té et évi­dem­ment dans une socié­té démo­cra­tique. Mais la ques­tion éco­no­mique n’est en rien un frein à l’ap­pli­ca­tion de la démo­cra­tie puisque la démo­cra­tie c’est un sys­tème d’or­ga­ni­sa­tion et aujourd’­hui le sys­tème d’or­ga­ni­sa­tion répu­bli­cain a un coût. Et pour­quoi l’or­ga­ni­sa­tion démo­cra­tique aurait-elle un coût supé­rieur ? Il n’y a pas de rai­son à cela.

Marc Daoud : Oui, on pour­rait même consi­dé­rer qu’on se passe de cer­tains repré­sen­tants qui nous coûtent très cher.

Kaly : On se pas­se­ra de cer­tains conseillers qui nous coûtent extrê­me­ment cher, voire de cabi­nets de conseil qui nous coûtent encore plus cher, et que fina­le­ment les déci­sions qui sont prises par des per­sonnes éloi­gnées de ce que coûtent les prises de déci­sion bah seront rem­pla­cées par des per­sonnes qui vivent dans leur chair, dans leur porte-mon­naie, les déci­sions qu’ils auront à prendre. Donc il y a fort à parier que les déci­sions seront beau­coup plus effi­caces éco­no­mi­que­ment parlant.

Marc Daoud : C’est vrai que l’ar­gu­ment est impa­rable. Effec­ti­ve­ment inté­res­sant. Euh oui alors Miloud, il y avait une ques­tion du chat.

Miloud : Exac­te­ment. Ques­tion pro­po­sée par Jérôme qui vous demande : « Est-ce qu’il est pos­sible de tra­vailler gra­tui­te­ment ? Est-ce que tra­vailler gra­tui­te­ment à condi­tion d’a­voir une contre­par­tie sociale, est-ce possible ? »

Marc Daoud : Bah les béné­voles existent.

Étienne Chouard : Après, c’est vrai que le béné­vo­lat, il n’y a pas de contre­par­tie sociale. C’est sur du temps libre, c’est des gens qui ont déjà de quoi vivre. Euh et ça rejoint aus­si la socié­té, on en avait par­lé avec Léo, c’est la socié­té du don. Est-ce que du coup la mon­naie a sa place dans une socié­té démo­cra­tique ? Est-ce qu’on peut ima­gi­ner une socié­té du don et que la mon­naie n’ait plus d’u­ti­li­té ? Voi­là, c’est qu’en fait Léo par­lait d’une socié­té dans laquelle il y aurait tous les ser­vices publics seraient four­nis et gra­tuits. Dans ce cas-là, il y a plus de mon­naie quoi. Il y a plus besoin de mon­naie que pour le luxe et super­flu que disait Léo, non ?

Léo Girod : Alors oui, pour ce qui est de l’ad­mi­nis­tra­tion donc ce serait plu­tôt par­tir du prin­cipe que tout ce qui est néces­saire est dis­po­nible et dis­tri­bué éga­le­ment à tout le monde dans la mesure du possible.

Et aus­si une par­tie pri­vée où il s’a­git de se mettre à pen­ser un petit peu les choses dif­fé­rem­ment et de fonc­tion­ner en grands cercles d’a­mi­tié. Les formes de famille élar­gie comme on dit par­fois aujourd’­hui. C’est-à-dire ne pas cher­cher à rendre tous les échanges éco­no­miques et au contraire cher­cher à ce qu’un maxi­mum d’é­changes ne le soient pas.

Et ça se voit, je dirais de plus en plus parce que ça a un inté­rêt, alors que ça s’é­tait per­du. Mais en fait, c’est un petit peu la méthode à l’an­cienne quoi. Quand on dit mettre à dis­po­si­tion des outils dans une com­mune… bah com­ment ça se pas­sait avant quand je sais pas moi, quand dans une petite com­mune, il y avait qu’une char­rue ? Est-ce que le gars qui avait la char­rue, il la prê­tait pas à celui qui en avait besoin ? Est-ce qu’il filait pas un coup de main sans lui deman­der de l’argent ? C’é­tait un petit peu la norme en fait.

Aujourd’­hui, on part du prin­cipe que cha­cun doit pos­sé­der. Et vu que cha­cun pos­sède, du coup, « je pos­sède donc c’est à moi ». Et si l’autre il a besoin de la même chose que ce que moi je pos­sède, et ben il a qu’à se le pro­cu­rer. Alors que c’est pas une logique abso­lue en réa­li­té. Ça c’est jus­te­ment le consu­mé­risme d’un côté et la socié­té de l’in­di­vi­dua­li­sa­tion en fait. Tout le monde doit tout pos­sé­der. Quand tu vois par exemple que dans une famille, je vais exa­gé­rer le truc hein, mais il y a cinq per­sonnes, les cinq per­sonnes pos­sèdent une voi­ture, une moto, un vélo…

On com­prend bien qu’il y a des choses qu’il faut avoir en plu­sieurs exem­plaires et que cha­cun en ait un, ça peut être bien pra­tique, mais tout ce qui peut être col­lec­ti­vi­sé à mon sens doit l’être. Et évi­dem­ment la com­mune c’est la bonne échelle quoi. Parce que à l’é­chelle natio­nale, tu vas pas aller cher­cher ta ton­deuse à gazon à 100 km évi­dem­ment, mais si elle est au coin de la rue…

Marc Daoud : C’est que la force de la muni­ci­pa­li­té de cet éche­lon local de la com­mune peut per­mettre, si on pou­vait l’ex­ploi­ter dans le bon sens du terme, à sa juste valeur, de mettre en place énor­mé­ment de stra­té­gies de par­tage, de col­lec­ti­vi­sa­tion sur des choses qu’on n’u­ti­lise pas tous les jours et qui peuvent lar­ge­ment suf­fire à plu­sieurs per­sonnes en même temps. Et on pour­rait faire des éco­no­mies d’é­chelle, on pour­rait recréer du lien social, on pour­rait réduire les déchets. En fait, ça va dans le bon sens, ça néces­si­te­rait une autre forme de conscience col­lec­tive, un autre rap­port au maté­riel, à la consommation.

Effec­ti­ve­ment ça demande une invo­lu­tion comme tu disais tout à l’heure Kaly. Tu te sou­viens que Claude nous avait par­lé il y a 15 jours de la une des expé­riences jus­te­ment d’ou­tils par­ta­gés ? C’é­tait quoi déjà, il avait pris quoi comme exemple ?

Étienne Chouard : Ils ont orga­ni­sé dans leur vil­lage un par­tage d’ou­tils et j’a­vais évo­qué la tra­di­tion iro­quoise, tu sais des Mai­sons Longues, où c’é­tait les femmes qui les géraient. Les mai­sons longues chez les Iro­quois c’é­taient des tentes dans les­quelles il y avait les outils partagés.

Marc Daoud : Il existe éga­le­ment des vil­lages où des voi­tures sont mises à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment des rési­dents du village.

Sté­phane Ber­nard : Alors oui, alors moi j’a­vais vu un documentaire…

Marc Daoud : Un nom de vil­lage à donner ?

Sté­phane Ber­nard : Oui, j’en ai trois là. J’en ai trois mais c’est pas celui auquel je pen­sais parce que moi j’ai vu un vil­lage où ils avaient une voi­ture ther­mique. Les clés de la voi­ture étaient dans le petit bar du vil­lage. Alors c’est un vil­lage tou­jours… ce sont vrai­ment des vil­lages de moins de 500 voire moins de 300 habi­tants. Euh et en fait bah il y a un petit plan­ning, cha­cun peut réser­ver la voi­ture, il récu­père les clés au bar du vil­lage qui est ouvert 7 jours sur 7 et fina­le­ment bah cha­cun peut uti­li­ser cette petite voi­ture de marque fran­çaise et thermique.

En recher­chant ce vil­lage que je n’ai pas retrou­vé, j’ai trou­vé effec­ti­ve­ment trois vil­lages qui eux mettent à dis­po­si­tion des voi­tures élec­triques en auto­par­tage. Donc vous avez Vil­le­rouge-Ter­me­nès dans l’Aude. Vous avez Allons dans les Alpes-de-Haute-Pro­vence et vous avez Pru­gnanes dans les Pyré­nées-Orien­tales. C’est trois vil­lages donc qui font entre 80 et 100 habi­tants pour Pru­gnanes, je n’ai pas le nombre d’ha­bi­tants pour Allons et 150 habi­tants envi­ron pour Vil­le­rouge-Ter­me­nès. Ils mettent à dis­po­si­tion des voi­tures élec­triques à dis­po­si­tion de leurs administrés.

Sté­phane Ber­nard : Vous avez Aubagne qui, près de Mar­seille, est une ville com­mu­niste dans laquelle tous les trans­ports en com­mun [sont gra­tuits] depuis des décennies.

Marc Daoud : Oh là là ! Moi en tant que pari­sien ça me fait rêver.

Kaly : Il y a éga­le­ment donc juste à côté de chez moi, dans la ville où mes enfants sont sco­la­ri­sés, la ville de Gaillac dans le Tarn où vous avez effec­ti­ve­ment cer­tains bus qui sont entiè­re­ment gra­tuits. Vous avez ce qu’on appelle La Trans­ver­sale qui tra­verse toute la ville de Gaillac et qui est gratuite.

Marc Daoud : Bah ça c’est des bons exemples ins­pi­rants parce que comme quoi il y a des gens qui se bougent, qui s’or­ga­nisent, on le sait pas for­cé­ment, et qui mettent en place des solu­tions où bah la col­lec­ti­vi­té joue plei­ne­ment son rôle dans la vie locale, quoi. C’est exemplaire.

01:06:08 – Le poten­tiel du béné­vo­lat politique

Sté­phane Ber­nard : Alors, je vou­drais Marc, si c’est pos­sible, com­plé­ter une chose. On a une qua­ran­taine d’af­fiches qu’on met­tra à dis­po­si­tion des listes qui sont conformes aux cri­tères et qui le veulent bien enten­du, y com­pris ceux qui ne sont pas conformes aux cri­tères. Tout ce qu’on fait est libre de droit sous licence Crea­tive Commons.

Mais dans une des affiches qu’on a faite, on a extrait les tranches les plus hautes et les plus basses sur le béné­vo­lat en France. Donc des études du CEVIPOF, des études qui ont été faites aus­si l’an­née der­nière, et comme je disais tout à l’heure, il y a entre 10 et 13 mil­lions de béné­voles en France. Donc 5 mil­lions sont actifs chaque semaine. La tranche d’âge c’est 35–64 ans.

Et ce qui est très éton­nant et ce qui est un espoir — parce que la poli­tique on sait très bien que autant les femmes dans les tri­bus pri­males, c’est elles qui géraient les graines avant que l’homme vienne tout cas­ser par son besoin d’é­co­no­mie et de tout gérer — mais il y a une majo­ri­té de femmes dans les asso­cia­tions. Et les asso­cia­tions, elles se trouvent où ? Elles se trouvent au niveau com­mu­nal. Ces asso­cia­tions spor­tives, ces asso­cia­tions huma­ni­taires, etc. Donc il suf­fit juste qu’à un moment don­né tous ces béné­voles, 10 à 13 mil­lions, c’est énorme quand même…

Marc Daoud : C’est énorme. D’ailleurs, je confirme pour par­ler un peu de notre cas nous à Nexus. On réa­lise tous les mois des Cafés Nexus à but non lucra­tif, c’est vrai­ment pour faire vivre des espaces d’é­change, de soli­da­ri­té, une fois par mois, entre les gens qui nous écoutent et de mettre en lien les per­sonnes qui ont des com­pé­tences ou qui veulent par­ta­ger des expé­riences entre eux. Et il y a beau­coup de béné­voles qui nous demandent vrai­ment de nous aider, qui veulent même pas être payés. Il y a vrai­ment un vivier de gens qui ont à cœur d’ai­der, de faire des choses qui ont du sens et de créer du lien et de faire ça régu­liè­re­ment. Et c’est vrai que c’est pas pris en compte dans le cal­cul du PIB. Si on pre­nait en compte le tra­vail du béné­vo­lat dans le PIB, et ben là, on ver­rait la richesse que ça représente.

Sté­phane Ber­nard : Tout à fait. On met la drogue et la pros­ti­tu­tion mais pas le béné­vo­lat. C’est para­doxal. Et c’est vrai que c’est por­teur d’es­poir parce que il n’y a pas de rai­son que le béné­vo­lat poli­tique ne soit pas appro­prié par le citoyen.

01:08:40 – Lien social vs Matérialisme

Sté­phane Ber­nard (suite) : C’est juste que les études anthro­po­lo­giques montrent quand même qu’on est un ani­mal tri­bal. La pre­mière tri­bu, c’est la cel­lule fami­liale quand même, même si on essaie de la cas­ser de plus en plus. Mais après c’est la cel­lule ami­cale et dans les petites com­munes, on se rend compte — alors on parle des petites com­munes mais c’est valable aus­si dans les grandes villes où il y a des quar­tiers, des conseils de quar­tier, les asso­cia­tions de quar­tier — et on voit très bien que natu­rel­le­ment nous avons besoin de la recon­nais­sance et du regard de l’autre. Et que cette moti­va­tion-là dans cette rela­tion qua­si affec­tive de nos liens au niveau de la socié­té, elle est car­ré­ment sal­va­trice. Il y a eu des études qui ont mon­tré que sans lien social les gens meurent hein.

Marc Daoud : C’est pour ça qu’on parle d’in­vo­lu­tion aus­si, de souf­frir plus du manque de lien social que du manque matériel.

Sté­phane Ber­nard : Oui tout à fait. Sauf de l’eau et… bien sûr, voi­là un peu de nour­ri­ture et d’eau, c’est sûr. Mais au-delà de ces besoins fon­da­men­taux, l’ac­cu­mu­la­tion de maté­riel a moins de béné­fices sur la vie humaine que l’ac­cu­mu­la­tion de lien social.

Marc Daoud : Et ça c’est fla­grant et on le voit, il y a tel­le­ment de gens, moi j’en vois autour de nous hein, parce que bon à Paris voi­là c’est la ville la plus riche de France. Les gens les plus riches sont sou­vent les gens les plus mal­heu­reux. Ils sont iso­lés. Leurs liens sociaux sont délé­tères, ce ne sont pas for­cé­ment des liens sociaux de bonne qua­li­té. Là où des gens plus modestes qui entre­tiennent des bons réseaux sociaux entre eux, avec de la soli­da­ri­té, trans­pirent beau­coup plus le vivant et la joie de vivre que ceux qui ont toutes les richesses du monde.

Sté­phane Ber­nard : Ça pour­rait paraître très éloi­gné, mais le tra­vail que fait Léo au quo­ti­dien et la réflexion depuis 20 ans d’É­tienne… la Consti­tu­tion, c’est un contrat com­mun pour que notre grande tri­bu arrive à vivre ensemble et se res­pecte. Donc ça marche à tous les niveaux. On n’a pas d’autre choix. Mal­heu­reu­se­ment on sait très bien que « divi­ser pour mieux régner », mais on n’a pas d’autre choix si on veut que ça se passe cor­rec­te­ment de se remettre à voter, de refaire de la poli­tique — c’est la ges­tion de la cité — et d’ap­prendre à se res­pec­ter. Mais bon, pour ça, il fau­drait peut-être qu’on ait dans l’é­du­ca­tion un peu de psy­cho­lo­gie, un petit peu de phi­lo­so­phie et pas dans les études supé­rieures et en terminale.

Étienne Chouard : Au niveau inter­na­tio­nal, dans les enquêtes, on trouve sou­vent que les pays pauvres sont les plus heu­reux. Et para­doxa­le­ment, parce qu’en fait ils vivent mieux, il y a moins d’i­né­ga­li­té, donc il y a moins de jalou­sie, de ran­cœur, de res­sen­ti­ment. Ils consi­dèrent leur pau­vre­té… La pau­vre­té et la richesse, c’est rela­tif hein. Ils ne consi­dèrent pas leur pau­vre­té comme de la pau­vre­té. C’est une dure­té à vivre qui est natu­relle. Et par contre, ils trouvent dans les rela­tions humaines le bonheur.

Marc Daoud : C’est le Bhou­tan qui cal­cule le Bon­heur Inté­rieur Brut je crois.

Étienne Chouard : Exact. J’a­vais dis­pa­ru un peu pour aller cher­cher un livre que je vou­lais vous mon­trer d’Eli­nor Ostrom qui est remar­quable, qui fait une espèce de tour pla­né­taire des dif­fé­rentes façons des humains à gérer les com­muns et c’est enthou­sias­mant. C’est très dif­fé­rent d’un pays à l’autre. Mais des expé­riences comme dans ce vil­lage où per­sonne n’est pro­prié­taire de sa terre… et en fait les terres tournent. Je crois que c’est tous les ans ou peut-être tous les 2 ans, cha­cun reçoit trois nou­velles terres : une bonne terre, une terre moyenne et une terre aride. Que per­sonne n’ait à lui seul les bonnes terres, per­sonne n’ait à lui seul les terres dif­fi­ciles et ça tourne. Et en fait c’est eux qui ont déci­dé d’or­ga­ni­ser ça comme ça. Ils le vivent très bien. C’est inté­res­sant une expé­rience comme ça.

Marc Daoud : J’al­lais te dire com­ment évi­ter de tom­ber dans le piège ten­du par une cer­taine élite, un cer­tain État pro­fond, parce que vous vous rap­pe­lez tous de cette fameuse phrase de Klaus Schwab : « Vous ne pos­sé­de­rez rien et vous serez heu­reux ». Bon, on voit que eux der­rière cette phrase, je pense qu’il y a une vision du monde qui ne nous plai­ra pas. Là, on est en train de par­ler fina­le­ment d’à peu près la même chose mais fina­le­ment avec pas du tout la même intention.

Sté­phane Ber­nard : Pas du tout. Et puis poli­ti­que­ment géré, vou­lu, c’est-à-dire que c’est nous qui allons contrô­ler que tout se passe bien quoi. Ça va être sous contrôle citoyen.

01:14:00 – Radi­ca­li­té vs Extrémisme

Étienne Chouard : La pen­sée de Schwab là… J’ai son bou­quin mais c’est un voleur de pou­voir, c’est un voleur tout court. Ils veulent tout et ils ne veulent plus de nous. Donc c’est vrai­ment des monstres qui nous sortent de l’é­qua­tion. C’est des monstres, mais ils ne sont grands que parce qu’on est à genoux hein.

Et quand on repense la démo­cra­tie de façon radi­cale, c’est en pre­nant les choses à la racine. Je vous fais d’ailleurs remar­quer que ça fait plu­sieurs années, plus de 10 ans, que je vois les domi­nants uti­li­ser le mot radi­cal comme extré­miste, comme ter­ro­riste. En fait, les gens qui passent à la vio­lence et qui se mettent à tirer dans le tas, on dit qu’ils se radi­ca­lisent et qu’ils sont radi­caux. Ils sont en train de salo­per, ils sont encore en train de mettre un mot impor­tant à l’en­vers. Ils sont encore en train de faire comme ils ont fait pour com­plo­tisme quoi. Com­plo­tisme qui est une ver­tu citoyenne, ils en font un vice impardonnable.

Et radi­ca­lisme, c’est-à-dire prendre les choses à la racine, c’est-à-dire vrai­ment la façon ration­nelle de régler les pro­blèmes — c’est d’en cher­cher les causes et de donc les racines et de s’en prendre aux racines — ce qui est tout à fait posi­tif, qui est phi­lo­so­phique, qui est ultra paci­fique, qui est intel­li­gent en fait, une façon intel­li­gente de prendre les choses… et ben c’est pré­sen­té comme du ter­ro­risme, comme un dan­ger à combattre.

Les domi­nants du moment ne sont pas seule­ment domi­nants, pas seule­ment voleurs, pas seule­ment tueurs, exploi­teurs… ils extraient de la terre tout jus­qu’à ce qu’elle soit un bloc aride, des déserts, mais en plus ce sont des men­teurs pro­fes­sion­nels quoi. Donc faut vrai­ment qu’on se débar­rasse des domi­nants du moment. Mais là, avec la démo­cra­tie, on va y arri­ver hein.

Et donc le fait de lier le bon­heur à la richesse, c’est pas une bonne idée. C’est vrai que pen­ser ensemble un contrat social et le faire vivre en étant consti­tuant, c’est-à-dire en véri­fiant tout le temps la qua­li­té de notre contrat social… J’ai vu que les gens qu’on reçoit ce soir parlent plu­tôt de Charte et puis d’une façon géné­rale parlent plu­tôt de Charte que de Consti­tu­tion quand on est au niveau municipal.

J’ai expli­qué que le mot Charte me plai­sait pas trop parce que dans mon sou­ve­nir et dans mes études de droit, les chartes c’est octroyé par les puis­sants au gueux et donc le terme ne me plaît pas. Et puis Léo m’a convain­cu en sou­li­gnant que ben si on consi­dère que le peuple est en haut et qu’il octroie à ses repré­sen­tants des droits qui sont dans une charte, ben ça reste un mot qui devient… qui garde son sens. Le sou­ve­rain écrit le texte et comme c’est le peuple qui est deve­nu sou­ve­rain, on peut uti­li­ser charte. Je suis OK. Je trouve que l’ar­gu­ment se tient.

Sté­phane Ber­nard : Si je peux com­plé­ter ton pro­pos : sur le site, on a com­men­cé en per­pé­tuelle évo­lu­tion parce que votre asso­cia­tion elle date d’a­vril de cette année. Donc c’est le début de l’his­toire et de la genèse. Mais dans la rubrique outil, on a donc une rubrique qui s’ap­pelle Charte Com­mu­nale Consti­tuante. C’est-à-dire qu’on a vou­lu faire à la fois plai­sir à Étienne, mais en même temps parce qu’on est convain­cu… on a asso­cié les deux mots parce qu’il y a un modèle où Étienne réflé­chit sur la Consti­tu­tion au niveau natio­nal, et puis il y a des modèles inver­sés de gens qui prônent des consti­tu­tions com­mu­nales — des cen­taines, des mil­liers de consti­tu­tions — qui revien­draient en sub­si­dia­ri­té ascendante.

Bon, on inverse la métho­do­lo­gie et c’est vrai qu’É­tienne nous posait à juste titre la ques­tion : est-ce qu’il y a des consti­tu­tions com­mu­nales ? Alors bon, on a ména­gé la chèvre et le chou, on a appe­lé ça des Chartes Com­mu­nales Consti­tuantes et sur cette page vous avez d’a­bord un lien vers le por­tail muni­ci­pal de Raphaël où là il y a des ressources.

Marc Daoud : Voi­là, on arrive sur les res­sources. Donc là, vous avez les chartes : il y a celle de Tri­fouilly-les-Oies qui est la deuxième, là il y a les 300 points qui est une autre… ce qui est la même mais amé­lio­rée pour atteindre les 300 points du label démo­cra­tique qu’ils octroient.

Sté­phane Ber­nard : C’est vrai que non, fran­che­ment ils ont fait beau hein, c’est un beau site.

Marc Daoud : Plein de choses, plein de res­sources et d’ailleurs même tous les autres hein, je vois aus­si bah votre site là sur amfance​.org ou por​tail​-muni​ci​pal​.fr. Les gens font du beau boulot.

Sté­phane Ber­nard : Alors ce que je si je peux me per­mettre de ter­mi­ner jus­te­ment, c’est-à-dire que nous on n’é­crit rien, on pro­pose, on accom­pagne les gens et encore une fois on veut qu’ils s’ac­ca­parent et qu’ils reprennent leur pou­voir. Donc on a fait tra­vailler 6 IA dif­fé­rentes. On leur a deman­dé de nous faire un som­maire. À chaque IA on a rede­man­dé de cor­ri­ger l’IA de l’autre et une fois qu’elles ont cor­ri­gé les IA, on leur a deman­dé de faire une syn­thèse. Donc on a réus­si à avoir quatre pro­po­si­tions que l’on sou­met aux gens qui sont des pro­po­si­tions dans la démarche com­plè­te­ment exhaus­tive où on essaie de ne rien oublier.

Donc on peut faire une consti­tu­tion comme expli­quée, une charte par­don. Comme celle de Claude Kai­ser, hein, Ménil-la-Horgne, elle fait une page. Et puis nous, on fait des pro­po­si­tions exhaus­tives, c’est-à-dire de quoi écrire, si on le veut, 20, 30, 40 pages. Les gens choi­sissent entre eux au niveau de leur assem­blée citoyenne ou de leur liste citoyenne, puisque le prin­cipe est de se consti­tuer en liste citoyenne parce que nous on s’en cache pas, on veut reprendre le pou­voir hein.

Marc Daoud : Oui, vous avez fait un peu comme Étienne, vous avez entraî­né un modèle d’IA pour vous aider dans cette démarche, parce qu’É­tienne aus­si, il a son GPT constituant.

Sté­phane Ber­nard : C’est bien en fait. C’est com­ment uti­li­ser l’ou­til dont on se méfie, qui peut aus­si appor­ter des aspects néga­tifs, mais à bon escient dans une démarche consti­tuante. Alors l’IA sans intel­li­gence humaine n’ap­porte rien si ce n’est dans la science où les tech­niques… Je suis ça de près. En ce qui concerne la réflexion, la pen­sée, le bien com­mun… bon voilà.

Marc Daoud : Oui, mais on voit que dans cer­taines entre­prises, ils ont déjà rem­pla­cé des postes par de l’IA, et d’ailleurs des journalistes.

01:21:50 – L’ap­proche holis­tique : Les consul­tants extérieurs

Sté­phane Ber­nard : Est-ce que je peux me per­mettre… je vou­lais qu’on attaque un petit peu sur les consul­tants exté­rieurs et sur l’ap­proche holis­tique et sys­té­mique de notre tra­vail et jus­te­ment des gens avec qui on éta­blit des ponts. Peut-être que Kaly, tu pour­rais faire l’in­tro­duc­tion de ça si tu veux bien.

Kaly : Ah bah oui, mais là c’est vrai­ment une par­tie que tu maî­trises beau­coup plus parce que moi je ne suis d’ailleurs au sein de l’as­so­cia­tion qu’un consul­tant exté­rieur du fait de mon ano­ny­mat, de mon pseu­do­ny­mat auquel je suis atta­ché par sécu­ri­té, on pour­rait dire, mais aus­si vrai­ment par idéo­lo­gie. C’est-à-dire que je consi­dère que dans une véri­table démo­cra­tie — parce que je suis aus­si un petit peu, on pour­rait dire, anar­chiste, je l’as­sume — en anar­chie, nul n’est au-des­sus ou en des­sous d’un autre. Donc fina­le­ment, per­son­nel­le­ment, je ne suis que un par­mi tous, quoi. Et je n’ai pas… mon iden­ti­té n’a aucun inté­rêt de mon point de vue. Ce qui est impor­tant, c’est les idées que je peux appor­ter et les mots que je peux prononcer.

Donc au sein de l’AMDF, parce que j’ai consi­dé­ré que en étant ano­nyme, bah il serait de mon point de vue illé­gi­time que je prenne une place au sein du bureau, au sein du conseil d’é­thique ou de quoi que ce soit. J’ai volon­tai­re­ment déci­dé d’être en retrait et en fait Sté­phane a sou­hai­té que je sois consul­tant exté­rieur sur jus­te­ment le prin­cipe sys­té­mique démo­cra­tique. Mais l’in­té­rêt de ces consul­tants exté­rieurs, c’est d’a­voir au sein de l’AMDF bah un ensemble d’in­di­vi­dus qui ont des domaines de pré­di­lec­tion pour les­quels ils vont pou­voir appor­ter une exper­tise et donc per­mettre jus­te­ment d’ap­pro­fon­dir les réflexions et de, ou du moins d’i­ni­tier les réflexions. Et là, Sté­phane va pou­voir vous en dire beau­coup plus parce que c’est lui qui connaît beau­coup plus l’en­semble de ces consul­tants exté­rieurs que moi.

Sté­phane Ber­nard : Ouais. Aujourd’­hui, on en a 13, 14, 15 dans les tuyaux. Le but c’est de créer des pas­se­relles et des ponts avec des gens qui nor­ma­le­ment ne devraient pas entre guille­mets se ren­con­trer. Sauf que l’in­té­rêt com­mun au niveau com­mu­nal… on s’est aper­çu que cha­cun de notre côté nous avions des ini­tia­tives et des idées abso­lu­ment bonnes.

Donc il y a des choix qui sont stra­té­giques et poli­tiques. Et on a des gens comme Renaud Alquier qui gère la Coa­li­tion Citoyenne qui essaie de regrou­per donc toutes les listes citoyennes — qu’elles soient citoyennes, sim­ple­ment par­ti­ci­pa­tives, consul­ta­tives, etc. Bon, nous on est dans la radi­ca­li­té avec la démo­cra­tie directe, encore une fois ce pléo­nasme. Mais Renaud Alquier fait un tra­vail extra­or­di­naire, très dif­fi­cile hein, parce qu’il essaie quand même de marier la carpe et le lapin.

On a Yvan Bachaud, bon qu’on ne pré­sente plus dans ce milieu-là, qui quand je pose la ques­tion à Léo, il me dit que c’est son men­tor. Et bon, pour avoir fait presque 3 heures d’é­mis­sion avec lui, c’est un homme extra­or­di­naire. Donc on l’a rat­ta­ché au Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Citoyenne parce que c’est l’homme emblématique.

On a des gens comme Louis-Marie Blan­chard qui s’oc­cupe de la Coa­li­tion du Renou­veau Démo­cra­tique et lui tra­vaille beau­coup plus… alors, ce qui pour­rait paraître comme une tra­hi­son, avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales. Parce qu’on sait très bien que chez les démo­crates, il y a une frange qui s’ins­crit dans la forme de tran­si­tion qui tra­vaille avec les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales et puis il y en a d’autres qui veulent abso­lu­ment pas en entendre par­ler. Et c’est inté­res­sant dans une poli­tique de nébu­leuse de pou­voir avoir des gens qui nous, de temps en temps, nous disent « Et là vous allez peut-être un petit peu trop à gauche ou un petit peu trop à droite ».

Des gens comme Tho­mas Branth, bon qui est un spé­cia­liste ingé­nieur en outil numé­rique. On a Paul Sbit qui s’oc­cupe d’un site inter­net de son­dage et d’en­quête et qui est un ancien de l’IP­SOS et qui fera par­tie du comi­té éthique de rédac­tion de l’Ins­ti­tut de son­dage qu’on mon­te­ra à terme. On a Pame­la Doline que j’ai vu qui est dans… d’ailleurs que vous avez pos­té une de ses réflexions, qui elle s’oc­cupe des tiers-lieux, qui a un site qui s’ap­pelle La Pas​se​relle​.org et qui est notre réfé­rente et notre consul­tante extérieure.

On a Claude et Mar­tine [Claude Diot et Mar­tine Don­nette] que j’ai reçus ce midi, que vous avez reçus d’ailleurs la semaine der­nière. Bon, qui font un tra­vail admi­rable. Voi­là, parce que on ne voit de leur côté que leur lutte contre la grande dis­tri­bu­tion. Nous, ce que l’on veut en tirer comme ensei­gne­ment — c’est pour ça qu’on leur a deman­dé d’être consul­tants dans le com­merce local et l’ar­ti­sa­nat — c’est que par la néga­tive, la grande dis­tri­bu­tion… et moi je suis un ancien repen­ti, hein, j’ai fait 20 ans de grande dis­tri­bu­tion, je sais vrai­ment de quoi je parle. Non seule­ment c’est…

Marc Daoud : Tu bos­sais dans la grande distribution ?

Sté­phane Ber­nard : Oui oui dans ma pre­mière par­tie de car­rière. Mais hor­mis les mal­ver­sa­tions qu’ils mettent en avant, hor­mis les conflits d’in­té­rêt, hor­mis les ren­dez-vous de salon entre les grands patrons et les grandes familles his­to­riques de la grande dis­tri­bu­tion et des gens comme cer­tains de nos pré­si­dents de la Répu­blique… Ils nous rap­pellent et ils nous obligent à pen­ser que le tis­su local et les cir­cuits courts sont une obli­ga­tion et qu’il faut redy­na­mi­ser abso­lu­ment nos centres-villes.

Et Claude et Mar­tine ont un tra­vail sym­bo­lique extra­or­di­naire puisque c’est simple : pre­nez leur com­bat, vous faites tout l’in­verse et vous avez tout juste. Donc c’est pour ça qu’on les suit régu­liè­re­ment. Aujourd’­hui, on les a reçus. Ils nous ont fait un petit cours pour nous expli­quer com­ment mar­chaient les com­mis­sions et cete­ra, parce qu’on pense que c’est impor­tant que les citoyens sachent.

Et si un jour dans la cité que l’on rêve, hein, une cité démo­crate que l’on rêve, où on res­pec­te­ra la rési­lience ali­men­taire… Donc on [suit] le tra­vail par exemple d’A­lexandre Bois­son avec SOS Maires, ce que fait Phi­lippe Gré­goire aus­si sur le Plan Per­son­na­li­sé Agri­cole et cete­ra. Donc on essaie de tra­vailler à tous les niveaux.

On a aus­si Chloé Fram­me­ry que vous connais­sez bien, alors qui nous inté­resse parce qu’elle est fran­co-suisse. Et hor­mis le sym­pa­thique per­son­nage qu’elle est, cette grande résis­tante puis­qu’elle aus­si mal­heu­reu­se­ment elle a payé bien cher son enga­ge­ment, elle est consul­tante à l’in­ter­na­tio­nal et elle nous montre aus­si les tra­vers de ce que l’on pense tous que la Suisse est un modèle de démo­cra­tie. Alors, c’est bien sûr un exemple, c’est presque un phare qui nous ramè­ne­rait sur la terre, mais c’est pas la démo­cra­tie idéale dont on rêve.

Bon, on a Kaly bien sûr. On a aus­si Karim Mah­moud-Vin­tam qui a une asso­cia­tion, La Voix Citoyenne, et qui est un homme d’une grande culture mul­ti-diplô­mé et qui a œuvré sur le ter­rain sur l’é­du­ca­tion de ban­lieue mais pas que, et qui tra­vaille lui sur la voie des légis­la­tives. Là aus­si, on ne s’in­ter­dit pas de pou­voir aller à toutes les élec­tions. On réflé­chit à pré­sen­ter dans les légis­la­tives avec Karim qui a un mou­ve­ment en réflexion qui s’ap­pelle « Conver­ger pour gagner ».

Car­los Pined­man qui est un mili­tant pour le vote noir et qui… c’est lui qui nous a ini­tiés à ça et donc on le remer­cie, et qui s’oc­cupe des moda­li­tés de vota­tion. Et puis on a un homme, Bap­tiste San Juan, qui est un soi­gnant de Mont­pel­lier qui va mon­ter une liste citoyenne et qui est notre réfé­rent qui nous fait des remon­tées et qui nous explique ce dont les listes ont besoin. Voilà.

01:31:40 – Actions concrètes pour les muni­ci­pales 2026

Marc Daoud : Alors jus­te­ment, j’al­lais vous deman­der pour cette der­nière demi-heure ensemble : com­ment pour les pro­chaines échéances des pro­chaines muni­ci­pales en France peut-on s’in­ves­tir sur ces ques­tions-là ? Est-ce qu’il y a des choses à faire à tra­vers vos pla­te­formes, vos col­lec­tifs, vos asso­cia­tions ? Est-ce que on peut nous, en tant que citoyens, aider les col­lec­tifs locaux ? Qu’est-ce que vous préconisez ?

Kaly : Bon, je vais me lan­cer. (Sté­phane : Vas‑y, je com­plé­te­rai.) Euh bon, déjà dans un pre­mier temps, vous avez effec­ti­ve­ment la pos­si­bi­li­té d’al­ler vous ins­crire sur le Por­tail Muni­ci­pal Démo­crate pour être soit à l’o­ri­gine d’une ini­tia­tive, soit même essayer de consti­tuer une équipe, ou d’être force de pro­po­si­tion de l’é­quipe en place ou qui se consti­tue pour la pro­chaine élec­tion. Vous pou­vez éga­le­ment bien sûr aller sur le site de l’AMDF pour regar­der toutes les ini­tia­tives qui sont en cours et essayer de vous les approprier.

Marc Daoud : Je vais mettre en même temps les liens dans le chat hein.

Kaly : Un autre point qui peut être effec­ti­ve­ment appli­qué assez faci­le­ment — et là, c’est le vice-pré­sident qui en est l’es­sen­tiel por­teur au sein de la MDF — ce sont les Assem­blées Citoyennes Locales (ACL). Le prin­cipe est très simple hein, c’est le fait de for­mer des ago­ras. Donc la pre­mière chose qu’il est pos­sible de faire c’est de se créer en comi­té de pilo­tage d’une de ces ACL, voire même de créer une asso­cia­tion pour pou­voir jus­te­ment dis­po­ser de locaux ou d’as­sis­tance en quelque sorte de la commune.

Parce que le but c’est pas d’être un caillou dans la chaus­sure de l’é­quipe com­mu­nale mais d’être au contraire une forme d’ou­til d’ap­port pour l’é­quipe com­mu­nale en place. Parce que l’ob­jec­tif c’est quoi ? C’est de déve­lop­per l’exer­cice de la démo­cra­tie. Donc ça c’est l’ob­jec­tif d’une assem­blée citoyenne locale, mais elle va per­mettre en quelque sorte aux citoyens de se consti­tuer pour pou­voir faire des audits, des pro­po­si­tions et puis bien sûr des référendums.

Donc déjà, bah allez sur le site de l’AMDF, allez sur le Por­tail Muni­ci­pal Démo­crate, ren­sei­gnez-vous auprès de vos voi­sins, recréez du lien inter­per­son­nel pour pou­voir bah vous consti­tuer comme véri­table citoyen actif.

Marc Daoud : C’est déjà pas mal. Sur­tout quand on est dans des petites com­munes comme tu disais, c’est plus facile. On le rap­pelle hein, plus de 18 000 com­munes en France font moins de 500 habi­tants. C’est sûr que en Île-de-France, c’est plus compliqué.

Kaly : Oui et non. Juste pour ter­mi­ner, en sachant que quand les citoyens réus­sissent à se consti­tuer et à fina­le­ment prendre le pou­voir dans leur muni­ci­pa­li­té, dans leur petit vil­lage de faibles habi­tants, c’est aus­si un outil pour les séna­to­riales et puis pour les pré­si­den­tielles. Parce que bah bien évi­dem­ment, des can­di­da­tures véri­ta­ble­ment citoyennes auront d’au­tant plus de chance d’ob­te­nir les par­rai­nages s’il y a un grand nombre de com­munes bah qui sont déjà fina­le­ment gou­ver­nées par les citoyens. Si on reste sur le jeu répu­bli­cain qui est un jeu de divi­sion, fina­le­ment on reste impuissant.

Sté­phane Ber­nard : Alors encore une fois, comme d’ha­bi­tude, il faut tou­jours nuan­cer. Bien évi­dem­ment, je suis cer­tain qu’il y a plein d’Un­ger­sheim en France qu’on ignore et qu’on igno­re­ra parce que ils tra­vaillent d’a­bord natu­rel­le­ment peut-être en démo­cra­tie directe sans s’en rendre compte. Léo dans vos séries d’é­mis­sions cer­tai­ne­ment il est comme nous, il va com­men­cer, il a déjà fait des recen­se­ments. Quand on est exi­geant, on s’a­per­çoit que c’est pas vrai­ment de la démo­cra­tie directe, mais il y a quand même déjà une impli­ca­tion bila­té­rale, on va dire, entre le citoyen et les élus.

Nous, on essaie entre guille­mets de ne pas être puristes et de pou­voir se dire : ceux qui sont en che­min ou ceux qui ont une forme de démarche vers la démo­cra­tie directe, allons‑y, essayons d’y réflé­chir ensemble.

Par rap­port aux grandes com­munes : là on a com­men­cé des émis­sions, on a chan­gé un peu notre fusil d’é­paule. Avant on fai­sait des émis­sions le soir à 21h, et là c’est plus pos­sible. Donc main­te­nant, on fait les émis­sions le midi. Et là on en a trois qui sont déjà pro­gram­mées. Donc on a Milo avec Rémy, un jeune gars qui prend à corps et esprit la démarche. Ber­nard Hol­del qu’on va rece­voir. On va rece­voir à nou­veau aus­si des per­sonnes de Nîmes : Jean-Marc Phi­li­bert et Fran­çoise Mar­tin.

On a déjà reçu aus­si en ban­lieue pari­sienne mon­sieur Ara Auré qui n’a rien à voir avec Ada­main… qui lui aus­si œuvre et dans les décla­ra­tions d’in­ten­tion va être dans une démarche de démo­cra­tie directe. Donc il y en a pas mal.

01:40:20 – Étude de cas : Le « Démo-Washing » à Nice

Sté­phane Ber­nard (suite) : Et puis on a, dont je vou­lais par­ler, on a aus­si une ville emblé­ma­tique qui est là… qui est vrai­ment emblé­ma­tique à tous les égards. D’a­bord c’est pour l’ins­tant la seule ville décla­rée où on a un élu d’op­po­si­tion qui aujourd’­hui œuvre déjà au conseil muni­ci­pal. Ensuite on a une ville où on a deux barons natio­naux : Ciot­ti et Estro­si. Donc vous avez déjà vu où je veux aller.

On a donc une ville emblé­ma­tique, une grande ville, et nous allons avoir une liste qui va s’ap­pe­ler Nice Démo­cra­tie Directe 100 % Citoyen Libre. C’est ini­tié par une asso­cia­tion qui s’ap­pelle AC Nice — alors c’est un jeu de mot avec Assem­blée Citoyenne Nice et AC Nice (Assez Nice). Où il y a beau­coup de femmes.

Et donc là, c’est magni­fique parce que en pré­pa­ra­tion de l’é­mis­sion, j’é­tais en train de faire des sta­tis­tiques et je pre­nais les décla­ra­tions ter­ribles de démo-washing ou de recy­clage poli­tique. On a Chris­tian Estro­si qui com­mence sa cam­pagne : il n’y a pas une seule fois le mot démo­cra­tie qui est mis dedans. On a la liste Gauche Éco­lo­gique qui se pique d’é­thique : bon, il n’y a pas une seule fois le mot démo­cra­tie dans les inten­tions. On a notre Chris­tian Estro­si natio­nal qui lui parle d’un réfé­ren­dum citoyen d’au­dit des finances dans son petit article sur Nice Presse : on a trois fois le mot démo­cra­tie mais il est com­plè­te­ment dévoyé.

On a aus­si une jeune femme, Natha­lie Lus­ky, qui lance sa cam­pagne « Ensemble pour la gran­deur de la France ». Bon, il y a le mot démo­cra­tie une fois, hein, donc elle prône la démo­cra­tie directe car­ré­ment. Mais com­ment ? Bah, on ne sait pas.

Donc, encore une fois, l’u­sage et l’a­bus de lan­gage du mot démo­cra­tie dans tous les sens… c’est Orwel­lien. Donc on a allié Hux­ley, Le Meilleur des mondes, avec Orwell. Et donc comme dit Étienne depuis le début, c’est pour ça qu’on fait des ate­liers Lexi­co-consti­tuants où on remet des mots [à l’en­droit]. Vous trou­ve­rez ces ate­liers sur le site de l’AMDF.

Et je ter­mine sur un grand moment : on a à Nice Jean-Marc Gover­na­to­ri avec qui j’ai eu un dia­logue et là c’est je crois… plus recy­clage poli­tique du mot démo­cra­tie que ça, c’est incroyable. Donc on parle de conseil muni­ci­pal citoyen avec des per­sonnes volon­taires tirées au sort, mais 10 % de ce conseil serait consti­tué par des élus de la majo­ri­té de l’op­po­si­tion. Il se réuni­rait trois fois par an, pas plus, en salle de conseil pour faire des pro­po­si­tions peut-être débat­tues par le conseil muni­ci­pal des élus.

Il parle du RIC donc il s’ap­pro­prie le mot RIC : appli­cable à par­tir du moment où au moins 10 % des votants de l’é­lec­tion muni­ci­pale pré­cé­dente ont vali­dé la pro­po­si­tion du RIC. Si vous avez com­pris quelque chose, vous êtes moi, rien du tout. Bref, c’est comme le Réfé­ren­dum d’I­ni­tia­tive Par­ta­gée (RIP) au niveau natio­nal, hein. C’est-à-dire que c’est des grands mots, c’est inap­pli­cable. Et quand je pose la ques­tion à ce mon­sieur… il dit qu’il est tout à fait d’ac­cord avec les cri­tères « si un quo­rum com­pa­rable à celui du jour de l’é­lec­tion est atteint ».

Donc Syl­vie Bonal­di s’est décla­rée avec son asso­cia­tion et on aura dans une ville hau­te­ment sym­bo­lique à Nice un labo­ra­toire expé­ri­men­tal incroyable.

01:50:00 – Les cri­tères de sélec­tion : Label vs Conformité

Marc Daoud : Excu­sez-moi… Il fau­drait pré­ci­ser s’il te plaît les cri­tères parce que vous met­tez, comme le por­tail muni­ci­pal qui lui met un label démo­cra­tique, vous vous met­tez un tam­pon… « Conforme aux cri­tères ». Ce serait bien peut-être que vous nous disiez quels sont les cri­tères que vous uti­li­sez et s’il y a une dif­fé­rence avec ceux du por­tail municipal.

Sté­phane Ber­nard : Je vais lais­ser la parole à Kaly. Mais je vais juste quand même pré­ci­ser une chose, c’est que nos cri­tères sont com­plé­men­taires de ceux du por­tail muni­ci­pal. C’est pas les mêmes. On a vou­lu s’ex­traire pour une rai­son entre guille­mets stra­té­gique. C’est-à-dire que le mot Label déplai­sait beau­coup à cer­taines listes citoyennes.

Et d’ailleurs, si tout le monde croit que tout le monde il est beau et tout le monde est gen­til dans le monde des démo­crates… c’est ce qui nous a valu une grosse engueu­lade d’ailleurs avec Raphaël que je salue à nou­veau ce soir, parce qu’on s’est bien pris la tête pour ces pro­blèmes entre autres de cri­tères mais c’est pas grave, ça fait par­tie constituante.

Marc Daoud : Oui, comme tu disais sou­vent Étienne… c’est sou­vent il faut savoir bien mener les contro­verses et c’est bien de ne pas être d’ac­cord. Encore faut-il construire nos désac­cords, ça nous fait progresser.

Kaly : Oui. Donc effec­ti­ve­ment la dif­fé­rence je dirais avec le por­tail, c’est que le por­tail en fait il y a une ques­tion de points. Donc il y a une quan­ti­fi­ca­tion à tra­vers la label­li­sa­tion que per­met le por­tail. Nous concer­nant, les cri­tères sont extrê­me­ment simples : Pro­po­ser, voter, abro­ger de façon conti­nue et inin­ter­rom­pue en toute matière. Voi­là. Bah la muni­ci­pa­li­té qui per­met cela, elle a le droit effec­ti­ve­ment à ce petit tam­pon AMDF.

Marc Daoud : Est-ce que vous rédi­gez une espèce de petit texte de moti­va­tion comme fait Léo ? Léo fait ce tra­vail remar­quable de Label RIC.

Kaly : Je pense que effec­ti­ve­ment il y a à tra­vers l’AMDF une volon­té d’ac­com­pa­gner. Donc le but c’est pas sim­ple­ment d’être un juge mais d’être un accom­pa­gna­teur. Et donc la muni­ci­pa­li­té qui sou­hai­te­rait et sol­li­ci­te­rait fina­le­ment notre cer­ti­fi­ca­tion… il sera effec­ti­ve­ment impor­tant de leur pré­ci­ser pour quelle rai­son ils ne béné­fi­cient pas de ce label et fina­le­ment com­ment l’ob­te­nir de façon très simple et les accompagner.

Léo Girod : Ce que je pense des cri­tères… je pense que ça va pas être évident de juger ça sur les chartes des pro­grammes. Là on va être sur de la grande promesse.

En fait, je pense que ce qui va être vrai­ment inté­res­sant, c’est dans le cas où il y a des gens qui se pensent démo­crates qui se retrouvent sans ces cri­tères-là. Et plus que la carte de ceux qui sont conformes aux cri­tères, moi ce qui me ferait mar­rer, c’est la carte de ceux qui ne sont pas conformes aux critères.

Parce que moi je vois le truc dans le temps. Évi­dem­ment les villes ne vont pas se battre pour faire par­tie de cette liste dans un pre­mier temps. Mais pour cette échéance-là, voir ceux qui acceptent l’ac­com­pa­gne­ment, c’est-à-dire qui font des efforts pour être plus démocrates.

Mais ceux qui vont être élus, voir s’ils tiennent leurs pro­messes. Parce que donc nous on fait quelque chose de simi­laire avec Yvan depuis 2014. Et en fait dans les gens qui s’é­taient enga­gés en gros sur du RIC local, et ben il y en a un… lorsque c’est venu le moment de le faire ce RIC local, « Ah bah non je ferai pas ça ». Alors que bon, on a le papier avec sa signa­ture des­sus quoi.

Donc c’est aus­si un moyen de voi­là, dans le temps, de faire le point sur qui a tra­hi. Et les tra­hi­sons aus­si sur des choses qui n’é­taient pas dans le pro­gramme et qu’ils se mettent à faire. Et en fait, c’est à ça que servent les cri­tères aus­si, c’est à juger.

Moi, je parle beau­coup du droit d’op­po­si­tion. C’est-à-dire juger quelle com­mune va per­mettre aux citoyens de faire quelque chose avec lequel le conseil muni­ci­pal est en désac­cord. On l’a vu il y a 15 jours avec Claude Kai­ser et je pense que c’est un truc assez cen­tral. C’est-à-dire que dans notre sys­tème repré­sen­ta­tif, ne peuvent être consi­dé­rés que démo­cra­tiques des sys­tèmes dans les­quels en fait il est pos­sible de faire quelque chose contre la volon­té du conseil municipal.

02:00:00 – Stra­té­gie virale et cri­tique des partis

Marc Daoud : C’est ça. C’est com­ment don­ner aux gens l’en­vie de s’en­ga­ger d’i­ci les pro­chaines échéances ? Com­ment vira­li­ser ce travail ?

Kaly : Alors là, j’ai une réponse toute faite. C’est-à-dire que fina­le­ment quand on voit que des irres­pon­sables poli­tiques — comme j’aime les appe­ler — font du démo-washing, qu’est-ce qu’ils font ? Ils s’ac­ca­parent une idée à laquelle ils sont oppo­sés bien évi­dem­ment, mais s’ils se l’ac­ca­parent, c’est qu’elle a un intérêt.

J’aime bien cet adage qui dit que rien n’est plus puis­sant qu’une idée dont le temps est venu. Moi, je l’ai trans­for­mé en disant que rien n’est plus puis­sant qu’une démo­cra­tie dont le temps est venu. Et fina­le­ment, c’est dom­mage que le vice rende hom­mage à la ver­tu. En uti­li­sant notre voca­bu­laire, en uti­li­sant nos outils, même s’ils dévoie au pre­mier degré, fina­le­ment, ils font un tra­vail qui est le nôtre. C’est sûr que ça va prendre du temps pour faire la dif­fé­rence entre ces usur­pa­teurs et ceux qui sont véri­ta­ble­ment des démocrates.

Et aus­si ça c’est quelque chose que je vou­lais abor­der : ces per­sonnes-là qui se pré­sentent comme étant des démo­crates, en réa­li­té elles ne font que le jeu répu­bli­cain qui est d’ac­ter les diver­gences. Elles actent les diver­gences en enfer­mant dans un par­ti, ce qui est anti­dé­mo­cra­tique. Simone Weil exprime très bien dans sa Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques, c’est-à-dire que le par­ti poli­tique en son sein en lui-même est natu­rel­le­ment anti­dé­mo­cra­tique. Eux, ils actent les diver­gences à tra­vers les par­tis. Nous, on doit construire les conver­gences. C’est ça la démocratie.

Sté­phane Ber­nard : D’ailleurs, pour par­ler de ce sujet, Tho­mas Branth l’a mis en musique avec chan­té par une IA et c’est un CD très intéressant.

02:06:00 – L’op­por­tu­ni­té des maires démissionnaires

Sté­phane Ber­nard : Le rôle aus­si des sen­ti­nelles que l’on veut recru­ter, c’est aus­si de recen­ser les com­munes qui ont des maires démis­sion­naires. Parce qu’il va y avoir plein de com­munes où les maires sont démis­sion­naires et donc là il y a une porte ouverte puisque sou­vent il y a per­sonne derrière.

Marc Daoud : Léo, il y en avait 200 je crois.

Léo Girod : Il me semble que ça a été mis sur le portail.

Sté­phane Ber­nard : Il faut savoir une chose, là aus­si il faut être dans la nuance. C’est-à-dire que il y a des maires démis­sion­naires mais il y a des mai­ries sous tutelle. Les mai­ries sous tutelle, si elles sont sous tutelle, ça s’ap­pelle des mai­ries sous délé­ga­tion. Quand vous télé­char­gez la liste des com­munes de France, vous avez la liste des mai­ries sous délé­ga­tion. Ce sont donc des mai­ries qui n’ont pas de maire. Le vide a appe­lé une concen­tra­tion et donc une délé­ga­tion, mais le vide peut appe­ler aus­si une liste citoyenne.

Léo Girod : Non là c’est… c’é­tait celles où il y avait pas de can­di­dat pour une rai­son X ou Y en 2020. Et donc c’est sur le por­tail en fait. Quand on va sur « Com­munes » au-des­sus de la carte, il y a écrit « Voir les com­munes sans can­di­dats en 2020 ».

Marc Daoud : Ah oui, je par­tage le lien dans le chat les amis. Ça, c’est une infor­ma­tion pri­mor­diale parce qu’elle est effi­cace tout de suite. Il y a pas besoin de faire une manif. Il y a des com­munes où il y a per­sonne qui veut le pou­voir. Allez‑y.

Léo Girod : La ques­tion sur laquelle on était par­ti en fait, c’est par rap­port au fait que donc la loi a chan­gé et les com­munes de moins de 1000 habi­tants sont obli­gées main­te­nant de faire des listes qui à deux per­sonnes près doivent être com­plètes et qui doivent être pari­taires. Ce qui fait que on va pro­ba­ble­ment en avoir beau­coup plus que ça [des com­munes sans can­di­dats]. Et on s’est dit que peut-être celles qui n’a­vaient déjà pas de can­di­dat en 2020 seraient très sus­cep­tibles de se retrou­ver à nou­veau dans ce cas-là, quoi.

Sté­phane Ber­nard : Il y a aus­si le cas de figure… Le gou­ver­ne­ment avait sor­ti une notice en sep­tembre annon­çant que pen­dant la der­nière man­da­ture, donc c’est-à-dire celle-ci, il y avait 1300 maires démis­sion­naires. Donc si y a un maire démis­sion­naire, par­fois il y a une pos­si­bi­li­té là aus­si, il y a un vide, quoi.

Marc Daoud : À quelle adresse il fau­drait qu’ils écrivent pour qu’on cen­tra­lise ça ?

Sté­phane Ber­nard : Vous trou­ve­rez l’a­dresse mail : [email protected]. Et puis il va y avoir un for­mu­laire que nous allons mettre en place d’i­ci une ving­taine de jours.

Étienne Chouard : Je vou­drais juste prendre une minute pour juste prendre de la hau­teur sur cette invrai­sem­blance : ce sont des élus, hein, les gou­ver­ne­ments et les élus, qui écrivent le code élec­to­ral et qui nous com­pliquent ain­si la vie de façon lit­té­ra­le­ment scan­da­leuse quoi. C’est pas à eux d’é­crire les règles élec­to­rales du tout. C’est à nous de déci­der de ces règles-là. On est tenu par­tout comme même pas comme des enfants hein, comme des inca­pables, comme bétail électoral.

Léo Girod : Je suis pour que toutes les lois orga­niques aient un sta­tut consti­tu­tion­nel en fait. Mais sou­hai­tant faire de la France un immense espace d’ex­pé­ri­men­ta­tion, je pense que tout ne devrait pas être dans la Consti­tu­tion parce que je sou­haite que les com­munes puissent déci­der elles-mêmes com­ment elles décident.

02:17:35 – Conclu­sion et rôle des médias

Marc Daoud : Mes­sieurs, faut qu’on clô­ture cette émis­sion. Je vous laisse un tout petit mot de la fin si vous le souhaitez.

Kaly : Moi, je dirais sim­ple­ment à cha­cun qui peut nous écou­ter ici : Actez quoi. C’est-à-dire tout sim­ple­ment, quel que soit votre pos­si­bi­li­té, votre niveau, n’hé­si­tez pas à faire ce que vous pou­vez faire. Allez sur le site de l’AMDF, sur le por­tail muni­ci­pal. Échan­gez avec vos sem­blables. Ne lais­sez pas les médias vous dire quoi pen­ser. Faites-vous confiance et puis si vous en avez la pos­si­bi­li­té, sous­cri­vez, par­ti­ci­pez, faites, agissez.

Étienne Chouard : Ben moi je vais remer­cier Marc pour conti­nuer à faire ce tra­vail remar­quable parce que c’est exem­plaire. Tous nos médias, les vrais médias, donc les médias sen­ti­nelles du peuple hein, devraient faire ce tra­vail de conver­sa­tion consti­tuante pour aider les gens à se trans­for­mer, aider les gens à muter, à deve­nir des adultes politiques.

Ce matin, j’é­tais sur GPTV, c’est en train de ger­mer. Pro­ba­ble­ment vous serez les deux pre­miers à non seule­ment avoir par­lé de cette prio­ri­té consti­tuante, mais en plus de com­men­cer à tra­vailler ensemble entre médias. Il faut qu’on arrête de se dis­pu­ter. Il faut sor­tir de la tôle hein. Faut arrê­ter de regar­der à tra­vers les bar­reaux de la pri­son. Il faut d’a­bord sor­tir de la pri­son et on ver­ra plus tard.

Quand des gens comme Idriss Aber­kane, Oli­vier Ber­ruyer, Alexis Pou­lin, tous les gens de gauche et de droite, vont inté­grer cette dimen­sion consti­tuante et de rap­pro­che­ment pour mon­trer qu’il faut s’u­nir pour s’é­va­der… Il va se pas­ser quelque chose.

Marc Daoud : À ce pro­pos, les médias, on va cer­tai­ne­ment essayer de les mettre en avant sur le comp­teur consti­tuant… Pro­ba­ble­ment la page sera en ligne la semaine pro­chaine. L’i­dée c’est vrai­ment de mettre à l’hon­neur donc sur une page qui devrait s’ap­pe­ler « Compte sur eux ».

Léo Girod : Mais aus­si on aime­rait, je sais que Daniel tient beau­coup à avoir ton témoi­gnage Marc, et évi­dem­ment ton témoi­gnage Étienne. Hési­tez pas à témoi­gner sur le comp­teur, vrai­ment c’est ce qui va le faire avan­cer et c’est ce qui va convaincre vos proches.

Marc Daoud : D’ailleurs voi­là, je vous le dis, il y aura un ate­lier consti­tuant lors du pro­chain Fes­ti­val Nexus qui sera les 27–28 juin pro­chains au Châ­teau Gri­mal­di [cor­rec­tion : Châ­teau de la Tour d’Aigues ou lieu simi­laire men­tion­né « Châ­teau Gré­vi » dans l’au­dio, phonétiquement].

Sté­phane Ber­nard : Le témoi­gnage sur le comp­teur de Yvan Bachaud est à voir. C’est un grand moment de télé­vi­sion spon­ta­née. Ce n’est pas parce qu’ils sont nom­breux à avoir tort qu’ils ont rai­son (John Ken­ne­dy Toole).

Marc Daoud : Et ben mer­ci infi­ni­ment mes­sieurs. Je rap­pelle : Sté­phane et Kaly, vous êtes membres de l’AMDF (amd​france​.org). Mer­ci à Léo et Étienne pour votre patience et votre inspiration.

Sté­phane Ber­nard : Je vou­drais remer­cier cha­leu­reu­se­ment Rémi Joua­dé qui est notre tré­so­rier mais sur­tout notre info­gra­phiste qui fait un tra­vail de fou.

Marc Daoud : Mer­ci à vous tous. On se retrouve la semaine pro­chaine, mer­cre­di 17 décembre, pour le 13e ate­lier consti­tuant. Cette fois, Étienne, tu seras avec nous en pla­teau. Bonne soirée.

[FIN DE LA TRANSCRIPTION]

 

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

3 Commentaires

  1. sylvie calvet

    j’ai par­ti­ci­pé à plu­sieurs ate­liers d’é­cri­ture de la Consti­tu­tion il y a long­temps à Béda­rieux et Mont­pel­lier je crois

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

#CompteSurMoi – Le Compteur à Constituants

#CompteSurMoi – Le Compteur à Constituants

CompteSurMoi.org   Une idée simple et forte : toute action commence par une CONSCIENCE On a parfois du mal à trouver l’énergie pour agir face à l’immensité des tâches qui s’imposent, alors que nous avons pourtant le sentiment d’avoir compris le fonctionnement...