[Remarquable synthèse de l’horreur que nous acceptons en restant silencieux] Le désastre de l’ingénierie de l’utopie – par Chris Hedges [Ceci dit, toutes les utopies ne se valent pas]

23/09/2020 | 4 commentaires

Le désastre de l’ingénierie de l’utopie – par Chris Hedges

Source : Tru­th­dig, Chris Hedges

Karl Pop­per, dans « The Open Socie­ty and Its Ene­mies », met en garde contre l’ingénierie uto­pique, les trans­for­ma­tions sociales mas­sives menées par ceux qui croient avoir trou­vé une véri­té révé­lée. Ces ingé­nieurs uto­pistes pro­cèdent à la des­truc­tion mas­sive de sys­tèmes, d’institutions et de struc­tures sociales et cultu­relles dans un vain effort pour réa­li­ser leur vision. Ce fai­sant, ils déman­tèlent les méca­nismes auto­ré­gu­la­teurs des réformes pro­gres­sives et frag­men­taires qui font obs­tacle à cette vision. L’histoire regorge d’utopistes désas­treux – les Jaco­bins, les mar­xistes, les fas­cistes et main­te­nant, à notre époque, les mon­dia­listes ou les impé­ria­listes néolibéraux.

L’idéologie du néo­li­bé­ra­lisme, qui n’a aucun sens éco­no­mique et qui exige une igno­rance déli­bé­rée de l’histoire sociale et éco­no­mique, est la der­nière ité­ra­tion de pro­jets uto­piques. Elle pos­tule que la socié­té humaine atteint son apo­gée lorsque les actions entre­pre­neu­riales indi­vi­duelles sont libé­rées des contraintes gou­ver­ne­men­tales. La socié­té et la culture devraient être dic­tées par la pri­mau­té des droits de pro­prié­té, l’ouverture du com­merce – qui envoie des emplois manu­fac­tu­riers dans des ate­liers clan­des­tins en Chine et dans le Sud et per­met la cir­cu­la­tion de l’argent à tra­vers les fron­tières – et des mar­chés mon­diaux sans entraves. Les mar­chés du tra­vail et des pro­duits devraient être déré­gle­men­tés et libé­rés de la sur­veillance gou­ver­ne­men­tale. Les finan­ciers mon­diaux devraient se voir confier le contrôle des éco­no­mies des États-nations. Le rôle de l’État devrait être réduit à garan­tir la qua­li­té et l’intégrité de l’argent, ain­si que la sécu­ri­té inté­rieure et exté­rieure, et à pri­va­ti­ser le contrôle des terres, de l’eau, des ser­vices publics, de l’éducation et des ser­vices gou­ver­ne­men­taux tels que les ser­vices de ren­sei­gne­ments et sou­vent l’armée, les pri­sons, les soins de san­té et la ges­tion des res­sources natu­relles. Le néo­li­bé­ra­lisme conver­tit le capi­ta­lisme en une idole religieuse.

Cette vision uto­pique du mar­ché, bien sûr, n’a aucun rap­port avec sa réa­li­té. Les capi­ta­listes détestent les mar­chés libres. Ils cherchent à contrô­ler les mar­chés par le biais de fusions et d’acquisitions, en rache­tant la concur­rence. Ils saturent la culture avec de la publi­ci­té pour mani­pu­ler les goûts et la consom­ma­tion du public. Ils se livrent à la fixa­tion des prix. Ils construisent des mono­poles inat­ta­quables. Ils mettent en place, sans contrôle ni sur­veillance, des sys­tèmes de spé­cu­la­tion sau­vage, de pré­da­tion, de fraude et de vol. Ils s’enrichissent par le rachat d’actions, les com­bines à la Pon­zi, la des­truc­tion struc­tu­rée des actifs par l’inflation, le démem­bre­ment des actifs et l’imposition au public d’une dette acca­blante. Aux États-Unis, ils saturent le pro­ces­sus élec­to­ral d’argent, ache­tant l’allégeance des élus des deux par­tis au pou­voir pour légi­fé­rer sur les boy­cotts fis­caux, démo­lir les règle­ments et conso­li­der encore plus leur richesse et leur pouvoir.

Ces capi­ta­listes d’entreprise dépensent des cen­taines de mil­lions de dol­lars pour finan­cer des orga­ni­sa­tions telles que la Busi­ness Round­table et la Chambre de com­merce et des groupes de réflexion comme la Heri­tage Foun­da­tion pour vendre l’idéologie au public. Ils font des dons aux uni­ver­si­tés, à condi­tion que ces der­nières soient fidèles à l’idéologie domi­nante. Ils uti­lisent leur influence et leur richesse, ain­si que leur pro­prié­té des pla­te­formes média­tiques, pour trans­for­mer la presse en leur porte-parole. Et ils font taire les héré­tiques ou leur rendent la tâche dif­fi­cile pour trou­ver un emploi. La flam­bée des valeurs bour­sières, plu­tôt que la pro­duc­tion, devient la nou­velle mesure de l’économie. Tout est finan­cia­ri­sé et marchandisé.

Ces uto­pistes mutilent le tis­su social par la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, trans­for­mant des centres de pro­duc­tion autre­fois gigan­tesques en friches, et la classe moyenne et ouvrière, rem­part de toute démo­cra­tie, en un pré­ca­riat frus­tré et enra­gé. Ils tra­vaillent « à l’étranger », pro­cèdent à des licen­cie­ments mas­sifs et font bais­ser les salaires. Ils détruisent les syn­di­cats. Le néo­li­bé­ra­lisme – parce qu’il a tou­jours été un pro­jet de classe et que c’était son but – redis­tri­bue la richesse vers le haut. « Pri­vés de la pro­tec­tion des ins­ti­tu­tions cultu­relles », écrit Karl Pola­nyi dans son livre « La Grande Trans­for­ma­tion », les êtres humains « péris­sent des effets de l’exposition sociale » et meurent comme « vic­times d’une dis­lo­ca­tion sociale aiguë ».

Le néo­li­bé­ra­lisme, en tant que pro­jet de classe, est une brillante réus­site. Huit familles détiennent aujourd’hui autant de richesses que 50% de la popu­la­tion mon­diale. Les 500 per­sonnes les plus riches du monde en 2019 ont aug­men­té leurs avoirs de 12 000 mil­liards de dol­lars, tan­dis que près de la moi­tié des Amé­ri­cains n’avaient pas d’économies et que près de 70 % n’auraient pas pu trou­ver 1 000 dol­lars en cas d’urgence sans s’endetter. David Har­vey appelle cela « l’accumulation par dépos­ses­sion ». Cet assaut néo­li­bé­ral, anta­go­niste de toutes les formes de soli­da­ri­té sociale qui freinent l’accumulation de capi­tal, a fait dis­pa­raître les méca­nismes démo­cra­tiques auto­ré­gu­la­teurs qui ren­daient autre­fois pos­sible une réforme pro­gres­sive et frag­men­taire. Il a trans­for­mé les êtres humains et le monde natu­rel en mar­chan­dises à exploi­ter jusqu’à épui­se­ment ou effon­dre­ment. La dévo­tion ser­vile des élites diri­geantes pour le pro­fit des entre­prises et l’accumulation de richesses par l’oligarchie mon­diale signi­fie qu’elles ne veulent pas ou ne peuvent pas faire face à la plus grande crise exis­ten­tielle à laquelle l’espèce humaine est peut-être confron­tée : l’urgence climatique.

Tous les centres de pou­voir en concur­rence, y com­pris le gou­ver­ne­ment, ont main­te­nant été acca­pa­rés par le pou­voir des entre­prises, et cor­rom­pus ou détruits. Nous avons subi ce que John Ral­ston Saul appelle un coup d’État au ralen­ti. Il est ter­mi­né. Ils ont gagné.

Dans le même temps, ces uto­pistes, qui tentent de pro­je­ter la puis­sance amé­ri­caine et la domi­na­tion mon­diale, ont lan­cé des inva­sions et des occu­pa­tions dans tout le Moyen-Orient qui sont tom­bées dans des bour­biers futiles coû­tant aux États-Unis entre 5000 et 7000 mil­liards de dol­lars. Ce pro­jet uto­pique en Afgha­nis­tan, en Irak, en Libye, en Syrie et, par pro­cu­ra­tion, au Yémen, a tué des cen­taines de mil­liers de per­sonnes, dépla­cé ou fait fuir des mil­lions de per­sonnes, détruit des villes et des nations, créé des États en faillite qui couvent des groupes dji­ha­distes radi­caux et affai­bli fata­le­ment la puis­sance amé­ri­caine. En effet, ces guerres, dont cer­taines sont main­te­nant dans leur 18e année, consti­tuent la plus grande bévue stra­té­gique de l’histoire amé­ri­caine. Les uto­pistes – igno­rant cultu­rel­le­ment, lin­guis­ti­que­ment et his­to­ri­que­ment les pays qu’ils occu­paient – croyaient dans leur naï­ve­té qu’ils pou­vaient implan­ter la démo­cra­tie dans des endroits comme Bag­dad et la voir se pro­pa­ger dans tout le Moyen-Orient. Ils nous ont assu­ré que nous serions accueillis comme des libé­ra­teurs, que les reve­nus du pétrole paie­raient la recons­truc­tion et que l’Iran serait inti­mi­dé et désta­bi­li­sé. Ce n’était pas plus réa­li­sable ni plus ancré dans la réa­li­té que le pro­jet uto­pique de libé­rer le mar­ché et de libé­rer la pros­pé­ri­té et la liber­té dans le monde.

Dès qu’une cabale – monar­chique, com­mu­niste, fas­ciste ou néo­li­bé­rale – s’empare du pou­voir, son déman­tè­le­ment des méca­nismes qui rendent la réforme pos­sible ne laisse à ceux qui recherchent une socié­té ouverte d’autre choix que de faire tom­ber le sys­tème. L’État d’entreprise, comme les régimes com­mu­nistes que j’ai cou­verts en Europe de l’Est, n’est pas réfor­mable de l’intérieur. Les échecs qui nous accablent sont des échecs bipar­tites. Sur toutes les grandes ques­tions struc­tu­relles, y com­pris la guerre et l’économie, il y a peu ou pas de diver­gence entre les deux par­tis poli­tiques au pou­voir aux États-Unis. La concen­tra­tion des richesses et du pou­voir entre les mains d’une élite oli­gar­chique, comme l’avait pré­ve­nu Aris­tote, ne laisse que deux pos­si­bi­li­tés : la tyran­nie ou la révo­lu­tion. Et nous sommes en plein sur la voie de la tyrannie.

L’utopie néo­li­bé­rale, parce qu’elle sup­prime les liber­tés d’organisation, de régu­la­tion et de pro­tec­tion du bien com­mun et qu’elle per­met d’exploiter et de conso­li­der la richesse et le pou­voir, est tou­jours vouée, écrit Pola­nyi, à l’autoritarisme ou au fas­cisme pur et simple. Les bonnes liber­tés sont per­dues. Les mau­vaises rem­portent la victoire.

Le néo­li­bé­ra­lisme a don­né nais­sance à la pire forme de capi­ta­lisme mono­po­liste et au plus haut niveau d’inégalité des reve­nus de l’histoire amé­ri­caine. Les banques et les indus­tries agri­coles, ali­men­taires, de l’armement et des com­mu­ni­ca­tions ont détruit les régle­men­ta­tions qui entra­vaient autre­fois leurs mono­poles, leur per­met­tant de fixer les prix, de blo­quer les salaires, de garan­tir les pro­fits, d’abolir les contrôles envi­ron­ne­men­taux et d’abuser de leurs tra­vailleurs. Ils ont fait dis­pa­raître la concur­rence du mar­ché libre.

Le capi­ta­lisme sans entraves, comme l’a sou­li­gné Karl Marx, détruit le soi-disant mar­ché libre. Il est hos­tile aux valeurs et aux tra­di­tions d’une démo­cra­tie capi­ta­liste. La der­nière étape du capi­ta­lisme, a écrit Marx, est mar­quée par le pillage des sys­tèmes et des struc­tures qui rendent le capi­ta­lisme pos­sible. Ce n’est pas du tout du capi­ta­lisme. L’industrie de l’armement, par exemple, avec son pro­jet de loi offi­ciel d’autorisation de dépenses pour la défense de 612 mil­liards de dol­lars – un chiffre qui ignore de nom­breuses autres dépenses mili­taires cachées dans d’autres bud­gets, mas­quant le fait que nos dépenses réelles pour la sécu­ri­té natio­nale dépassent les mille mil­liards de dol­lars par an – a ame­né le gou­ver­ne­ment à s’engager à dépen­ser 348 mil­liards de dol­lars au cours de la pro­chaine décen­nie pour moder­ni­ser nos armes nucléaires et construire 12 nou­veaux sous-marins nucléaires de classe Ohio, esti­més à 8 mil­liards de dol­lars cha­cun. Nous dépen­sons quelque 100 mil­liards de dol­lars par an pour le ren­sei­gne­ment – la sur­veillance de la presse – et 70 % de cet argent va à des entre­pre­neurs pri­vés comme Booz Allen Hamil­ton, qui tire 99 % de ses reve­nus du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain. Nous sommes les plus grands expor­ta­teurs d’armes au monde.

Selon le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, l’industrie des com­bus­tibles fos­siles englou­tit 5300 mil­liards de dol­lars par an dans le monde entier en coûts cachés pour conti­nuer à brû­ler des com­bus­tibles fos­siles. Cet argent, note le FMI, vient s’ajouter aux 492 mil­liards de dol­lars de sub­ven­tions directes offertes par les gou­ver­ne­ments du monde entier par le biais d’amortissements, de dépré­cia­tions et de lacunes dans le droit d’utilisation des terres.

Les sub­ven­tions des contri­buables aux grandes banques – JPMor­gan Chase, Bank of Ame­ri­ca, Citi­group, Wells Far­go et Gold­man Sachs – sont esti­mées à 64 mil­liards de dol­lars par an, un mon­tant à peu près égal à leurs béné­fices annuels habituels.

En 1980, les trains de mar­chan­dises ont été déré­gle­men­tés. Le nombre de che­mins de fer de classe I est pas­sé de 40 à 7. Quatre d’entre eux repré­sentent 90 % des reve­nus du sec­teur. Près d’un tiers de tous les affré­teurs n’ont accès qu’à un seul che­min de fer.

Le Tele­com­mu­ni­ca­tions Act de 1996 du pré­sident Bill Clin­ton a été pré­sen­té comme un moyen d’ouvrir le sec­teur du câble à la concur­rence. Au lieu de cela, il a vu une conso­li­da­tion mas­sive de l’industrie entre les mains d’une demi-dou­zaine de socié­tés qui contrôlent ce que 90% des Amé­ri­cains regardent ou entendent sur les ondes.

L’industrie aéro­nau­tique, libé­rée de toute régle­men­ta­tion, s’est rapi­de­ment conso­li­dée. Quatre com­pa­gnies aériennes contrôlent 85 % du mar­ché inté­rieur. Elles ont divi­sé le pays en centres régio­naux où elles extorquent des rede­vances, fixent les prix, annulent les vols à volon­té, lais­sant les pas­sa­gers blo­qués sans indem­ni­sa­tion, et four­nissent un ser­vice de mau­vaise qualité.

Les socié­tés phar­ma­ceu­tiques et d’assurance qui gèrent notre indus­trie des soins de san­té à but lucra­tif ont sou­ti­ré 812 mil­liards de dol­lars aux Amé­ri­cains en 2017. Cela repré­sente plus d’un tiers (34,2 %) des dépenses totales pour les visites chez le méde­cin, les hôpi­taux, les soins de longue durée et l’assurance mala­die. Si nous avions un sys­tème de san­té publique, comme au Cana­da, cela nous per­met­trait d’économiser 600 mil­liards de dol­lars en une seule année, selon un rap­port des Méde­cins pour un régime natio­nal de san­té. En 2017, les coûts d’administration de la san­té étaient plus de quatre fois plus éle­vés par habi­tant aux États-Unis qu’au Cana­da (2 479 dol­lars contre 551 dol­lars par per­sonne), note le groupe. Le Cana­da a mis en place un sys­tème à payeur unique « Medi­care for All » en 1962. En 2017, les Amé­ri­cains ont dépen­sé 844 $ par per­sonne pour les frais géné­raux des assu­reurs. Les Cana­diens ont dépen­sé 146 $.

Le néo­li­bé­ra­lisme ne peut être défen­du comme étant plus inno­vant ou plus effi­cace. Il n’a pas répan­du la démo­cra­tie et, en orches­trant des niveaux sans pré­cé­dent d’inégalité des reve­nus et de stag­na­tion poli­tique, il a vomi des déma­gogues et des régimes auto­ri­taires qui pro­mettent men­son­gè­re­ment de se ven­ger des élites diri­geantes qui ont tra­hi le peuple. Notre démo­cra­tie, sou­mise à cet assaut, a été rem­pla­cée par un théâtre poli­tique dénué de sens.

Comme l’ont détaillé les uni­ver­si­taires Ben­ja­min Page et Mar­tin Gilens dans leur étude exhaus­tive de 2017 « Demo­cra­cy in Ame­ri­ca ? » :

« les meilleures preuves indiquent que les sou­haits des Amé­ri­cains ordi­naires n’ont que peu ou pas d’impact sur l’élaboration de la poli­tique du gou­ver­ne­ment fédé­ral. Les par­ti­cu­liers for­tu­nés et les groupes d’intérêt orga­ni­sés, en par­ti­cu­lier les socié­tés com­mer­ciales, ont … beau­coup plus de poids poli­tique. … [L]e grand public [est] … pra­ti­que­ment impuis­sant. … La volon­té des majo­ri­tés est … contre­car­rée par les riches et les per­sonnes bien orga­ni­sées, qui bloquent les pro­po­si­tions poli­tiques popu­laires et s’accordent des pri­vi­lèges par­ti­cu­liers. … La majo­ri­té des Amé­ri­cains sont favo­rables à des poli­tiques spé­ci­fiques conçues pour faire face à des pro­blèmes tels que le chan­ge­ment cli­ma­tique, la vio­lence armée, un sys­tème d’immigration inte­nable, des écoles publiques inadap­tées et des ponts et des auto­routes en ruine. … De larges majo­ri­tés d’Américains sont favo­rables à divers pro­grammes visant à four­nir des emplois, à aug­men­ter les salaires, à aider les chô­meurs, à four­nir une assu­rance médi­cale uni­ver­selle, à assu­rer des pen­sions de retraite décentes et à payer ces pro­grammes avec des impôts pro­gres­sifs. La plu­part des Amé­ri­cains veulent éga­le­ment sup­pri­mer les « la pro­tec­tion sociale gérée par les entre­prises ». Pour­tant, ce sont sur­tout les riches, les groupes d’entreprises et les blo­cages struc­tu­rels qui ont empê­ché ces nou­velles politiques. … »

Il ne devrait pas y avoir de débat sur la manière d’apporter des chan­ge­ments. Une réforme frag­men­taire et pro­gres­sive est tou­jours pré­fé­rable à l’anarchie inévi­table que crée tout vide de pou­voir. Le pro­blème est que nos ingé­nieurs uto­pistes, dans leur déman­tè­le­ment ver­ti­gi­neux d’un sys­tème éco­no­mique et démo­cra­tique, ain­si que dans l’épuisement des res­sources de l’État dans les guerres qu’il mène à l’étranger, ont dyna­mi­té les outils qui pour­raient nous sau­ver. Ils ne nous ont lais­sé d’autre choix que de nous révol­ter et de les chas­ser du pouvoir.

Nous mène­rons des actions sou­te­nues de déso­béis­sance civile pour faire tom­ber ces oli­garques cor­po­ra­tifs ou bien nous vivrons dans une tyran­nie orwel­lienne, au moins jusqu’à ce que l’urgence cli­ma­tique fasse dis­pa­raître l’espèce humaine. Les règle­ments, les lois, la pla­ni­fi­ca­tion et le contrôle ne sont pas les enne­mis de la liber­té. Ils empêchent les capi­ta­listes de détruire la liber­té, de nier la jus­tice et d’abolir le bien com­mun. La liber­té de la classe capi­ta­liste d’exploiter les êtres humains et le milieu natu­rel sans res­tric­tion trans­forme la liber­té du plus grand nombre en liber­té du plus petit nombre. Cela a tou­jours été ainsi.

Chris Hedges.

Source : Tru­th­dig, Chris Hedges

Tra­duit par les lec­teurs du site www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.
https://​www​.les​-crises​.fr/​le-desastre-de-l-inge­nie­rie-de-l-uto­pie-par-chris-hed­ges/

[Remarquable synthèse de l’horreur que nous acceptons en restant silencieux] Le désastre de l’ingénierie de l’utopie – par Chris Hedges [Ceci dit, toutes les utopies ne se valent pas]

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4 Commentaires

  1. Berberis

    COVID19 : L’épidémie est terminée ?
    Planetes360
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    ATTENTION MERCI DE BIEN LIRE LA DESCRIPTION !! Ver­sion inté­grale de l’en­tre­tien avec Alexan­dra Hen­rion-Caude (enre­gis­tre­ment le 10/09/20) Ancienne direc­trice de recherche à l’Inserm, Alexan­dra Hen­rion-Caude géné­ti­cienne répond à nos ques­tions Pour allez plus loin dans l’en­tre­tien : https://​pla​ne​tes360​.fr/​c​o​v​i​d​1​9​-​l​e​p​ide… a 12:27 Dr Alexan­dra Hen­rion Caude module volon­tai­re­ment son pro­pos comme étant « en l’état actuel des connais­sances » (datant de début sep­tembre 2020) 1/ Sujet : Une 2ème vague créée de toutes pièces Source : OMS – Graphes réa­li­sés par http://​www​.quoi​dans​mo​nas​siette​.fr (T. Fio­let) https://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 2/ Sujet : Epi­dé­mie dans sa 2ème phase et non sa 2ème vague Source : https://​aati​shb​.com/​c​o​v​i​d​t​r​e​n​d​s​/​?​d​atahttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 3/ Sujet : Dis­pa­ri­té de la sévé­ri­té de l’é­pi­dé­mie dans les pays euro­péens Source : https://​euro​mo​mo​.eu/​g​r​a​p​h​s​-​a​n​d​-​m​a​p​s#ehttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 4/ Sujet : Avan­tages et incon­vé­nients du masque Lien : https://​apps​.who​.int/​i​r​i​s​/​b​i​t​s​t​r​e​a​m/h… Pages 6 (milieu hos­pi­ta­lier) – Page 9 (grand public) 5/ Sujet : Sur le test naso­pha­ryn­gé. Pour­quoi au fond du nez et pas dans la gorge comme en Espagne et ailleurs ? Source : https://​pubs​.rsc​.org/​e​n​/​c​o​n​t​e​n​t​/​a​r​tichttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… L’en­tre­tien de TVL : https://​you​tu​.be/​c​3​V6D

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  2. Berberis

    Les vrai marion­net­tiste ne se pré­sente JAMAIS en public !
    •Sor­tie le 18 juin 2020
    BabylonDecodedFR
    9,13 k abonnés
    https://​you​tu​.be/​S​W​q​z​f​m​G​n​O​f​g​&​p​b​j​r​e​l​o​a​d​=​101

    Ceux qui tirent vrai­ment les ficelles n’ap­pa­raissent SI que comme des « bien­fai­teurs » mais JAMAIS comme ceux qui « ont le pou­voir » ! Ce spec­tacle de marion­nettes se pour­sui­vra tant qu’il y aura des spec­ta­teurs, tant que ce spec­tacle est pris au sérieux / dési­gné comme réel / vrai / cor­rect / légi­time et que l’éner­gie / le cré­dit est don­né ! Pup­pet Mas­ter Moon­rai­sers https://​you​tu​.be/​c​Z​T9N… Video in English : https://​you​tu​.be/​P​n​x​d​G​S​G​v​F4E Video auf Deutsch : https://​you​tu​.be/​f​S​o​a​2​F​s​E​gmk

    Réponse
  3. Berberis

    COVID19 : L’épidémie est terminée ?
    •Sor­tie le 21 sept. 2020
    Planetes360
    https://​you​tu​.be/​6​C​1​J​u​P​i​m​4​c​w​&​p​b​j​r​e​l​o​a​d​=​101
    Ver­sion inté­grale de l’en­tre­tien avec Alexan­dra Hen­rion-Caude (enre­gis­tre­ment le 10/09/20) Ancienne direc­trice de recherche à l’Inserm, Alexan­dra Hen­rion-Caude géné­ti­cienne répond à nos ques­tions Pour allez plus loin dans l’en­tre­tien : https://​pla​ne​tes360​.fr/​c​o​v​i​d​1​9​-​l​e​p​ide… a 12:27 Dr Alexan­dra Hen­rion Caude module volon­tai­re­ment son pro­pos comme étant « en l’état actuel des connais­sances » (datant de début sep­tembre 2020) 1/ Sujet : Une 2ème vague créée de toutes pièces Source : OMS – Graphes réa­li­sés par http://​www​.quoi​dans​mo​nas​siette​.fr (T. Fio­let) https://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 2/ Sujet : Epi­dé­mie dans sa 2ème phase et non sa 2ème vague Source : https://​aati​shb​.com/​c​o​v​i​d​t​r​e​n​d​s​/​?​d​atahttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 3/ Sujet : Dis­pa­ri­té de la sévé­ri­té de l’é­pi­dé­mie dans les pays euro­péens Source : https://​euro​mo​mo​.eu/​g​r​a​p​h​s​-​a​n​d​-​m​a​p​s#ehttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… 4/ Sujet : Avan­tages et incon­vé­nients du masque Lien : https://​apps​.who​.int/​i​r​i​s​/​b​i​t​s​t​r​e​a​m/h… Pages 6 (milieu hos­pi­ta­lier) – Page 9 (grand public) 5/ Sujet : Sur le test naso­pha­ryn­gé. Pour­quoi au fond du nez et pas dans la gorge comme en Espagne et ailleurs ? Source : https://​pubs​.rsc​.org/​e​n​/​c​o​n​t​e​n​t​/​a​r​tichttps://​pla​ne​tes360​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​upl… L’en­tre­tien de TVL : https://​you​tu​.be/​c​3​V6D

    Réponse
  4. Berberis

    Éra­di­quer la mort en éra­di­quant la vie, l’ambition d’un sys­tème en plein délire ?
    PAR DOMINIQUE MUSELET • PUBLIÉ 22 SEPTEMBRE 2020
    https://​www​.levi​lain​pe​tit​ca​nard​.be/​e​r​a​d​i​q​u​e​r​-​l​a​-​m​o​r​t​-​e​n​-​e​r​a​d​i​q​u​a​n​t​-​l​a​-​v​i​e​-​l​a​m​b​i​t​i​o​n​-​d​u​n​-​s​y​s​t​e​m​e​-​e​n​-​p​l​e​i​n​-​d​e​l​i​re/
    Source : Salaire à Vie
    1. Beau­coup de méde­cins, de psy­cho­logues et d’enseignants dénoncent l’impact délé­tère des mesures anti­so­ciales prises par nos gou­ver­nants sur le déve­lop­pe­ment et la san­té men­tale des enfants et des ado­les­cents. Un Col­lec­tif de parents, Je suis libre de res­pi­rer, s’apprête à dépo­ser plainte contre l’Education natio­nale pour mal­trai­tance et mise en dan­ger phy­sique et psy­chique des enfants.

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