Le Professeur Didier Raoult : Rebelle Anti-Système ou Mégalomane sans éthique ? par Olivier Berruyer, sur les​-crises​.fr

26/03/2020 | 36 commentaires

Oli­vier Ber­ruyer vient de publier une longue et inté­res­sante enquête sur Didier Raoult (il fau­dra qu’il puisse se défendre point par point).

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J’ai décou­vert dans cette enquête la « stra­té­gie du cou­cou », et les fake-CV — hyper­tro­phiés et gros­siè­re­ment men­son­gers — des scien­ti­fiques « man­da­rins » : CV à ral­longe très impres­sion­nants qui découlent faci­le­ment et fal­la­cieu­se­ment de cette « stra­té­gie du cou­cou qui consiste à s’im­po­ser auto­ri­tai­re­ment, parce qu’on est le chef, par abus de pou­voir, en signa­taire de papiers qu’on n’a pas écrits, et par­fois même pas lus !, et cette fraude, paraît-il très cou­rante pour ne pas dire géné­ra­li­sée, m’a lais­sé l’im­pres­sion d’a­voir été trom­pé par un argu­ment d’au­to­ri­té lar­ge­ment bidon­né… On ver­ra avec la suite de la contro­verse si ce reproche est exa­gé­ré ou pas.

J’ai donc aujourd’­hui deux billets, ouverts aux com­men­taires et aux compléments :
– un qui défend Raoult, que je trouve per­son­nel­le­ment très convaincant,
– et un qui doute de Raoult, en insis­tant sur les pro­blèmes que cer­tains peuvent voir dans ses méthodes et prises de position.

Comme chaque fois que ce n’est pas simple, je sus­pens mon juge­ment (c’est mon droit le plus élé­men­taire), et j’ob­serve les argu­ments de part et d’autre.

Cha­cun fait comme il veut, mais moi, je suis pas un sol­dat dans une armée, je n’o­béis à aucun ordre. Je tiens à ma liber­té de chan­ger d’o­pi­nion quand je m’a­per­çois que je me suis trom­pé, en tout ou partie.
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Étienne.


https://​www​.les​-crises​.fr/​l​e​-​p​r​o​f​e​s​s​e​u​r​-​d​i​d​i​e​r​-​r​a​o​u​l​t​-​r​e​b​e​l​l​e​-​a​n​t​i​-​s​y​s​t​e​m​e​-​o​u​-​m​e​g​a​l​o​m​a​n​e​-​s​a​n​s​-​e​t​h​i​q​ue/

OB : « Fidèles à notre mis­sion d’informer sans tabous, et sou­vent à contre-cou­rant, nous avons sou­hai­té rap­por­ter quelques faits à pro­pos du Pro­fes­seur Raoult, nou­velle star des réseaux sociaux, et main­te­nant des médias.

Notre pro­pos ne sera pas sur ce site, de tran­cher la ques­tion de l’efficacité de la chlo­ro­quine, c’est un débat que nous lais­sons aux méde­cins, seuls com­pé­tents pour en juger. Nous nous inter­di­sons même d’avoir un avis sur ce sujet. Cela n’est pas de notre res­sort, l’efficacité d’un trai­te­ment ne rele­vant pas du débat d’opinicon, mais de la science. Ce médi­ca­ment semble être une piste inté­res­sante, et nous espé­rons, comme tout le monde, qu’il s’agira du trai­te­ment miracle qui nous aide­ra à sor­tir de cette crise.

Nous sommes donc heu­reux qu’un très grand essai cli­nique soit en cours (comme dans d’autres pays, où la recherche n’attend pas la France pour avan­cer), car seul cet essai per­met­tra d’apprécier l’efficacité réelle (mais aus­si la dan­ge­ro­si­té poten­tielle) de ce traitement.

En ce qui concerne les pre­miers essais menés par le Pro­fes­seur Raoult, nous en par­le­rons plus en détail dans un pro­chain billet dédié. Ain­si, cha­cun pour­ra se faire sa propre opi­nion (et en dis­cu­ter dans les com­men­taires de ce pro­chain billet)

Dans ce billet, nous allons nous inté­res­ser au pro­fil du doc­teur Raoult, désor­mais au cœur d’importantes polé­miques. Notre but n’est en aucun cas de polé­mi­quer, mais d’informer.

À la ques­tion, Didier Raoult est-il un génie incom­pris et anti­sys­tème ou un mani­pu­la­teur mal­hon­nête, nous répon­dons : pro­ba­ble­ment ni l’un ni l’autre. Cepen­dant les élé­ments que vous retrou­ve­rez dans cet article nous portent à croire qu’il n’est pas bon de nous repo­ser uni­que­ment sur son seul juge­ment, compte tenu de pré­cé­dents assez stu­pé­fiants et dra­ma­tiques le concernant.

Soyons pru­dents avec notre san­té et res­pec­tons les règles scien­ti­fiques et éthiques, pour ne pas aggra­ver davan­tage la situation.

Alors, qui est donc Didier Raoult, ce méde­cin qui court-cir­cuite toutes les auto­ri­tés médi­cales, et com­mu­nique désor­mais direc­te­ment des consignes médi­cales à la popu­la­tion sur Twit­ter (comme ici ou ) ?

Alors, par­tons donc à la décou­verte du « plus grand cher­cheur fran­çais de micro­bio­lo­gie ». Qui est donc Didier Raoult, ce méde­cin qui court-cir­cuite toutes les auto­ri­tés médi­cales, et com­mu­nique désor­mais direc­te­ment des consignes médi­cales à la popu­la­tion sur Twit­ter (comme ici ou ) ?

Bonne lec­ture,

Oli­vier Berruyer


Être un grand cher­cheur ne pro­cure pas une com­pé­tence uni­ver­selle. Car il y a de nom­breux très grands cher­cheurs fran­çais, et ils ne sont pas tous d’accord sur tout. Celui qui a rai­son sur un sujet un jour, peut avoir tort sur un autre sujet le len­de­main. Etre spé­cia­liste de la com­po­si­tion de l’ARN d’un virus ou de la façon dont il infecte une alvéole pul­mo­naire ne fait pas de vous un spé­cia­liste d’épidémiologie pour pré­voir la pro­pa­ga­tion du virus (comme on va le voir), ou des arbi­trages à faire pour vali­der un médi­ca­ment. Cela ne l’empêche pas non plus, mais il faut sim­ple­ment vali­der la com­pé­tence sur ces points par la confron­ta­tion des pré­dic­tions avec la réalité.

Rap­pe­lons que le géné­ra­lis­sime des Forces armées fran­çaises au cours de la Seconde Guerre mon­diale Mau­rice Game­lin (1872−1958) « était un des géné­raux les plus intel­lec­tuels de son époque. Il était res­pec­té, même en Alle­magne, pour son intel­li­gence et sa sub­ti­li­té. » (Wiki­pé­dia). Cela ne l’a pas empê­ché de mener la France au désastre face à l’Allemagne.

Sur le plan sani­taire, Didier Raoult peut donc être vu comme l’un des ‘’géné­raux’’ fran­çais qui était en charge d’empêcher l’invasion de la France par le coro­na­vi­rus (SRAS-Cov‑2 ou Covid-19). Inté­res­sons-nous donc à ses anti­ci­pa­tions en jan­vier 2020 :

I. Quelle était l’analyse de Didier Raoult en janvier 2020 face à la menace pandémique ?

Le coro­na­vi­rus SRAS‑2 est donc appa­ru en novembre/décembre en Chine. Très vite, fort de l’expérience du pays face au dan­ge­reux SRAS‑1, le gou­ver­ne­ment chi­nois s’est mobi­li­sé et a pris des mesures drastiques :

  • 17 jan­vier : 45 cas de Covid-19, 2 morts ;
  • 20 jan­vier : 291 cas de Covid-19, 9 morts ;
  • 22 jan­vier : 558 cas, 17 morts : confi­ne­ment de la popu­la­tion de trois villes de la pro­vince de Hubei par­ti­cu­liè­re­ment impac­tées par le virus et dont elles seraient le ber­ceau, afin de conte­nir les risques de pan­dé­mie : Wuhan, Huang­gang et Ezhou, soit une popu­la­tion com­bi­née de plus de vingt mil­lions d’habitants.
  • le , les auto­ri­tés chi­noises élar­gissent la zone de qua­ran­taine à presque toute la pro­vince de Hubei, soit envi­ron 56 mil­lions d’habitants.

D’autres mesures très fortes sont prises en Chine, en par­ti­cu­lier de dés­in­fec­tion, ce qui donne ce genre d’images édi­fiantes dans les jour­naux télévisés :

Inter­ro­gé face à cette incroyable réac­tion chi­noise, et donc aux menaces d’épidémie, voi­ci la réac­tion de Didier Raoult le 23 jan­vier aux actions du gou­ver­ne­ment chinois :

Ques­tion – Prof. Didier Raoult, une épi­dé­mie de coro­na­vi­rus fait l’actualité en Chine. Doit-on craindre quelque chose ?

Raoult – Vous savez, c’est un monde de fou. Ce qui se passe, le fait que des gens soient morts de coro­na­vi­rus en Chine, vous savez, je ne me sens pas tel­le­ment concer­né. C’est vrai que le monde est deve­nu com­plè­te­ment fou, c’est-à-dire que il se passe un truc où il y a 3 Chi­nois qui meurent et ça fait une alerte mon­diale, l’OMS s’en mêle, ça passe à la radio, à la télé­vi­sion. S’il y a un bus qui tombe au Pérou on va dire : « les acci­dents de la route tuent de plus en plus ». Tout ça est fou. C’est-à-dire qu’il n’y a plus aucune luci­di­té.

À chaque fois qu’il y a une mala­die dans le monde on se demande si en France on va avoir la même chose. Ça devient com­plè­te­ment déli­rant. C’est tel­le­ment déri­soire que ça finit par être hallucinant.

Ça veut dire qu’il n’y a plus aucune connexion entre l’information et la réa­li­té du risque. Mais aucune du tout. Comme ils sont 1,6 mil­liard, vous n’avez pas fini d’avoir des alertes. Je ne sais pas, les gens n’ont pas de quoi s’occuper, alors ils vont cher­cher en Chine de quoi avoir peur, parce qu’ils n’arrivent pas à regar­der ce dont ils pour­raient avoir peur en res­tant en France. Voi­là, ce n’est pas sérieux.

Didier Raoult, 21 jan­vier 2020, https://​you​tu​.be/​q​o​B​o​r​y​H​u​Z6E de l’IHU Médi­ter­ra­née Infec­tion (archive)

On saluera dans ces conditions le slogan de Raoult « Nous avons le droit d’être intelligents »…

Donc, eh bien, « voi­là, ce n’est pas sérieux ».

Et il a conti­nué dans la presse, ici le 1er février (source) :

Il y a onze ans, en pleine crise H1N1, le pro­fes­seur Ber­nard Debré iro­ni­sait dans le JDD : « Cela reste une grip­pette ». Le gou­ver­ne­ment en fait-il trop ?
Ce virus n’est pas si méchant, ce n’est pas un meur­trier aveugle. Le taux de mor­ta­li­té, esti­mé aujourd’hui aux envi­rons de 2 % c’est-à-dire équi­valent à celui de toutes les pneu­mo­nies virales pré­sentes à l’hôpital, va pro­ba­ble­ment dimi­nuer une fois que les cas qui n’ont pas don­né de symp­tômes seront pris en compte. Sans être devin, je doute que le virus chi­nois fasse aug­men­ter de manière très signi­fi­ca­tive, chez nous tout au moins, les décès par pneumonie.

Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de l’état de notre socié­té, très émo­tive. À l’heure de l’hyper-réactivité des réseaux sociaux, les res­pon­sables poli­tiques ont peur de ne pas en faire assez, alors ils en font par­fois trop.

2 % de 20 000 000 = 400 000 morts – « pas si méchant »… Le pro­blème de ce SRAS‑2 du covid-19, n’est pas le taux de mor­ta­li­té, mais le couple taux de mor­ta­li­té x conta­gio­si­té. Il tue comme une pneu­mo­nie, mais il va tou­cher beau­coup plus de monde…

Mais Didier Raoult ne s’est pas conten­té de sous-esti­mer gra­ve­ment la menace. Cela a conti­nué après l’invasion du coronavirus.

II. Quel était ensuite le message le Didier Raoult au début de la débâcle ?

Quand le virus a com­men­cé à se déve­lop­per en France, il a déci­dé de publier le 25 février (14 cas confir­més de Covid-19, 1 mort en France ce jour-là) cette vidéo surhttps://youtu.be/8L6ehRif-v8 (sic.) nom­mée, alors : « Fin de Par­tie pour le coro­na­vi­rus ! » (re-sic.), pour faire de la publi­ci­té à la Chlo­ro­quine (nous n’en par­le­rons plus dans ce billet) :

Pré­ci­sons que, a prio­ri (nous allons confir­mer), l’étude chi­noise n’avançait appa­rem­ment pas de chiffres pré­cis, se conten­tant de dire que ça pou­vait aider ; mais ce n’était pas un essai cli­nique clas­sique pou­vant le prou­ver. Raoult a donc sur­tout dit :

  • « Un scoop de der­nière minute, une nou­velle très impor­tante » ; « Fin de Par­tie pour le Coro­na­vi­rus ! » : c’est la nou­velle « Recherches fran­çaise« ™
  • « C’est pro­ba­ble­ment l’infection res­pi­ra­toire la plus facile à trai­ter de toutes » ;
  • « Ce n’est pas la peine de s’exciter » [ils sont vrai­ment fous ces Chi­nois, qui ont pour­tant été les pre­miers à uti­li­ser ce médi­ca­ment, de conti­nuer à confi­ner la population…] ;
  • « Faites atten­tion, il n’y aura bien­tôt plus de chlo­ro­quine dans les phar­ma­cies » : au vu du suc­cès de la vidéo de M. Raoult (plus de 550 000 vues), ceci a entraî­né une rup­ture des stocks dans les phar­ma­cies, pri­vant de médi­ca­ments ceux qui avaient vrai­ment besoin de chlo­ro­quine (patients atteints de mala­ria ou de lupus).

Comme les Déco­deurs du Monde ont, à rai­son, clas­sé la vidéo comme « par­tiel­le­ment fausse », Raoult l’a renom­mée « Coro­na­vi­rus : vers une sor­tie de crise ? » (sup­pri­mant ce sta­tut). Mais l’original était bien ceci , lar­ge­ment relayé par l’Assistance Publique des Hôpi­taux de Mar­seille qui n’y a vu aucun pro­blème déon­to­lo­gique (sourcearchive@aphm_actu) :

N’en res­tant pas là, il est allé ensuite dans les médias por­ter son mes­sage, comme ici dans 20 Minutes (nous enle­vons la plu­part des par­ties concer­nant la chlo­ro­quine, ce n’est pas notre axe d’analyse ici, mais plus d’analyser son expres­sion ver­bale et son éthique médicale) :

Coro­na­vi­rus : « Ce serait une faute médi­cale que de ne pas don­ner de chlo­ro­quine contre le virus chi­nois », selon le pro­fes­seur Didier Raoult

Note OB : rap­pe­lons que les prin­cipes de l’OMS visent à ne plus don­ner de nom de pays aux virus et mala­dies – cf. ce qui s’est pas­sé au début de l’épidémie pour nos res­sor­tis­sants d’origine chi­noise stig­ma­ti­sés sans raison

Source : 20 minutes, Mathilde Ceilles, 26-02-2020

INTERVIEW Le pro­fes­seur Didier Raoult, direc­teur de l’Institut Médi­ter­ra­née Infec­tion à Mar­seille, envi­sage désor­mais d’utiliser un trai­te­ment contre le palu­disme pour soi­gner le coro­na­vi­rus, compte tenu des der­nières décou­vertes scientifiques

  • Des scien­ti­fiques chi­nois affirment dans une publi­ca­tion qu’un trai­te­ment contre le palu­disme peut soi­gner le coronavirus.
  • Fortes de cette étude, les équipes de l’Institut Médi­ter­ra­née Infec­tion à Mar­seille envi­sagent désor­mais d’utiliser la chlo­ro­quine pour soi­gner la maladie.
  • Pour son direc­teur, Didier Raoult, les réserves émises par cer­tains confrères sont hors de propos.

Edit le 27 février : Dans un tweet, le minis­tère de la San­té indique que « aucune étude rigou­reuse, publiée dans une revue inter­na­tio­nale à comi­té de lec­ture indé­pen­dant, ne démontre l’efficacité de la chlo­ro­quine pour lutte contre l’infection au coro­na­vi­rus chez l’être humain ».

A Mar­seille, l’Institut Médi­ter­ra­née Infec­tion (IHU), centre de réfé­rence unique en France pour la prise en charge des mala­dies infec­tieuses dont le Covid-19, a déci­dé en consé­quence de com­man­der un stock de chlo­ro­quine, dans l’optique de soi­gner d’éventuels futurs malades du coro­na­vi­rus chi­nois. « Coro­na­vi­rus : Fin de partie ! »,​ titre même l’IHU sur son site Inter­net dans un article sur les bien­faits de la chlo­ro­quine. Le pro­fes­seur Didier Raoult, direc­teur de l’IHU et pas­sa­ble­ment aga­cé par les réserves, cri­tiques et autres com­men­taires sus­ci­tés par cette déci­sion, explique à 20 Minutes ce choix. […]

Certains scientifiques sont moins enthousiastes que vous sur les bienfaits de la chloroquine contre le coronavirus, à l’image du professeur Astrid Vabret dans« Sciences et Avenir »

Les ragots des uns et des autres, je m’en fous. Ça ne m’intéresse pas. Mon métier, c’est les mala­dies infec­tieuses, et ce depuis qua­rante ans. Je me sens obli­gé, car je crois que c’est main­te­nant néces­saire, de com­mu­ni­quer ce que je sais, et non pas des opi­nions, sur la recherche en mala­die infec­tieuse. Après, ce que vous en faites, je ne suis pas pro­phète. Je m’en fous. J’essaie d’être le plus clair pos­sible. Quand on a mon­tré qu’un médi­ca­ment mar­chait sur une cen­taine de per­sonnes alors que­tout le monde est en train de faire une crise de nerfs, et qu’il y a des andouilles qui disent qu’on n’est pas sûr que ça marche, ça ne m’intéresse pas !

Allez-vous utiliser la chloroquine à l’IHU pour soigner contre le coronavirus ?

Les scien­ti­fiques chi­nois sont des gens très sérieux. Ce ne sont pas des zozos, et ils ont mon­tré que la chlo­ro­quine marche. Ça serait hon­nê­te­ment une faute médi­cale que de ne pas don­ner de la chlo­ro­quine au coro­na­vi­rus chi­nois. Ça n’a pas de sens. Soyons sérieux. Demain, vous com­men­cez à être essouf­flé. Vous avez unco­ro­na­vi­rus chi­nois et vous avez 40 de fièvre. Et les gens vous disent : « Vous savez, je n’y crois pas à la chlo­ro­quine contre le coro­na­vi­rus chi­nois ». Qu’est-ce que vous faites ?

A l’IHU, nous allons mettre en place un pro­to­cole thé­ra­peu­tique. Nous, ce qu’on veut, c’est soi­gner les malades. Il y a des gens qui arrivent avec une mala­die grave, et on a mon­tré que le seul trai­te­ment contre cette mala­die, c’est la chlo­ro­quine. Donc, pour pas don­ner de la chlo­ro­quine, il faut être far­ci ! Donc on va pré­ve­nir le ministre pour lui dire que si les gens qui arrivent ont un coro­na­vi­rus chi­nois, on va les trai­ter par la chlo­ro­quine parce que c’est le seul trai­te­ment dont on a eu la démons­tra­tion qu’il mar­chait. C’est tout ! C’est pas mys­té­rieux, c’est de la méde­cine, pas des potins de télévision !

Source : 20 minutes, Mathilde Ceilles, 26-02-2020

Et le même jour, M. Raoult, qui ne semble pas trop bri­mé par les médias, donne une inter­view dans la Mar­seillaise, « Pour lut­ter contre le coro­na­vi­rus, il faut être effi­cace sur le diag­nos­tic » (source) :

Enfin… Il faut dire qu’ils ont chan­gé le titre le 18 mars :

Pas de chance, sui­vant depuis un moment ce sujet, j’avais déjà repé­ré et archi­vé cette pépite :

Voi­là. Il serait donc éthique que la Mar­seillaise ait la décence de remettre le titre ori­gi­nal – même s’il des­sert l’image de l’enfant du pays.

Dans cette inter­view il disait en effet ceci :

La Mar­seillaise : Le coro­na­vi­rus Covid-19 est-il plus dan­ge­reux qu’un virus res­pon­sable d’une épi­dé­mie de grippe saisonnière ?
Didier Raoult :

Il ne l’est pas.

Com­men­taire OB : Poke Michel Cymes. La Chine mets rapi­de­ment 60 mil­lions de per­sonnes en qua­ran­taine, l’OMS déclare une urgence de san­té mon­diale pour le SRAS‑2, mais c’est juste pour une « mau­vaise grippe » – sacrés « cher­cheurs français »™ …

Il y a eu dans la zone de Wuhan une mor­ta­li­té rela­ti­ve­ment éle­vée que les Chi­nois ont esti­mé à 5,6 %. Si vous sor­tez de cette zone, la mor­ta­li­té est plus proche des valeurs de 0,5 à 0,6 %, […] Par ailleurs, la sur­mor­ta­li­té pour les formes sévères dans la zone de Wuhan est liée, d’après la Chine, à un niveau d’équipement hos­pi­ta­lier insuf­fi­sant, c’est pour­quoi ils ont construit un hôpi­tal en dix jours. Il y aurait donc une sur­mor­ta­li­té liée à une mau­vaise prise en charge médi­cale, et il est vrai­sem­blable que ce scé­na­rio se soit répé­té ailleurs.

Com­men­taire OB : de l’intérêt, donc, qu’il n’y ait pas de grosse épi­dé­mie satu­rant les hôpi­taux. Hélas cela semble arri­ver dans 9 pays sur 10… Et donc cette mor­ta­li­té pour­rait bien être assez élevée.

Quelle stra­té­gie thé­ra­peu­tique vous semble la plus adé­quate pour lut­ter contre le virus ?
D.R. : Concer­nant les vac­cins, ils sont des­ti­nés à pré­ve­nir de vraies mala­dies, qui concernent des cen­taines de mil­liers de cas.

Com­men­taire OB : Raoult doit donc consi­dé­rer que nous avons à faire a une « fake mala­die ». Qui est por­tant en crois­sance expo­nen­tielle, qui a déjà conta­mi­né 375 000 per­sonnes et tué 16 000 per­sonnes (source)

J’attends plu­tôt des Chi­nois qu’ils testent chez les patients le médi­ca­ment le plus simple et le moins toxique au monde qu’est la chlo­ro­quine, dont ils ont prou­vé l’efficacité en labo­ra­toire. Ce serait le meilleur can­di­dat, plu­tôt qu’un nou­veau médi­ca­ment qui néces­si­te­rait plu­sieurs années avant une auto­ri­sa­tion de mise sur le marché.

On com­prend donc que tout ceci ait pu par­ti­ci­per à démo­bi­li­ser les pou­voirs publics.

III. La France : Raoult fut néanmoins récompensé par le Gouvernement

Bien que ses pro­pos aient par­ti­ci­pé à rela­ti­vi­ser la menace et à démo­bi­li­ser le public, Didier Raoult, ce grand « man­da­rin à la fran­çaise » fut inté­gré par­mi les 11 membres du Conseil scien­ti­fique gou­ver­ne­men­tal, le 11 mars 2020 (source) :

C’est même un des 2 seuls infectiologues.

En réa­li­té, il est peu sur­pre­nant de le voir à cette place, car le Pré­sident du conseil scien­ti­fique Jean-Fran­çois Del­frais­sy appar­tient lui aus­si au conseil d’administration de l’IHU IM.

Bref, Raoult n’est pas vrai­ment bri­mé ni « hors-système ».

Même si, au vu des polé­miques, il a annon­cé le 24 mars ne plus par­ti­ci­per au Conseil scien­ti­fique réuni autour d’Emmanuel Macron (mais il n’en a pas démis­sion­né https://​www​.libe​ra​tion​.fr/​d​i​r​e​c​t​/​e​l​e​m​e​n​t​/​d​i​d​i​e​r​-​r​a​o​u​l​t​-​e​t​-​l​e​-​c​o​n​s​e​i​l​-​s​c​i​e​n​t​i​f​i​q​u​e​-​u​n​e​-​h​i​s​t​o​i​r​e​-​r​a​t​e​e​_​1​1​1​2​06/ (page sup­pri­mée)).

Rap­pe­lons d’ailleurs que c’est ce conseil qui a confir­mé à Macron qu’il n’y avait aucun pro­blème à orga­ni­ser les muni­ci­pales – ce que ne par­ta­geaient pas d’autres médecins :

Bilan : des asses­seurs ont été conta­mi­nés le jour du vote…

IV. Quel est le message de Didier Raoult en pleine débâcle ?

Didier Raoult a ensuite réa­li­sé un essai de chlo­ro­quine sur 26 per­sonnes, et a publié les résul­tats dans une très pres­ti­gieuse revue inter­na­tio­nale à comi­té de lec­turedans une vidéo You­tube le 16 mars (et par une publi­ca­tion le 17 – source). Nous nous inté­res­se­rons à cet essai dans un pro­chain billet.

Nous conti­nuons sim­ple­ment à ana­ly­ser ses décla­ra­tions dans la presse, qui se sont mul­ti­pliées suite à l’essai. Flo­ri­lège – en com­men­çant par mon préféré :

« La chloroquine guérit le Covid-19 » : Didier Raoult, l’infectiologue qui aurait le remède au coronavirus

Source : Marianne, Etienne Cam­pion, 19-03-2020

[Marianne] L’homme nous confie être encore amer quant au mépris dont il dit avoir été vic­time. Sans bais­ser les bras pour autant : « Je dis­cute beau­coup avec le gou­ver­ne­ment et avec des per­sonnes au plus haut niveau de l’Etat. Je com­prends ce qui fait par­tie de l’écosystème des déci­deurs, ce n’est pas une sur­prise que d’avoir été mis de côté. »

OB : « Mis de côté » : oui, enfin, en tant membre du Comi­té scien­ti­fique, il fait par­tie des 11 conseillers du gouvernement…

[Marianne] Quant aux accu­sa­tions de « fake news » ? « Pré­fé­rer les opi­nions aux faits est une mala­die. Mais je n’en veux à per­sonne, chan­ger d’avis, c’est mieux que de res­ter idiot. » […]

Mais, s’il explique « conti­nuer sa série de tests cli­niques« , Didier Raoult pré­cise : « Je ne fais pas de com­mu­ni­ca­tion avant d’avoir pré­ve­nu le minis­tère de la San­té. Dès que j’aurai un nou­vel article à faire paraître, je com­mu­ni­que­rai de façon trans­pa­rente pour infor­mer la popu­la­tion, pas avant. »

OB : C’est à dire que, main­te­nant, le « Cher­cheur Fran­çais »™ , dès qu’il a deux résul­tats pro­vi­soires, il fait des vidéos You­tube pour « infor­mer la popu­la­tion » avant d’avoir convain­cu ses pairs.

[Marianne] Sur les 300.000 médi­ca­ments à base de chlo­ro­quine que compte offrirSano­fi à la France, il confie : « Ça, croyez-moi, j’étais au cou­rant avant vous !« .

OB : ah, ben, il en sait des choses Didier Raoult… Mais du coup, vu les rela­tions de l’IHU IM et de Sano­fi, on com­prend mieux… Sano­fi qui en pro­fite donc pour se faire une énorme opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion – pour un gigan­tesque mar­ché potentiel.

[Marianne] Concer­nant les bémols émis quant à la métho­do­lo­gie de ses récents essais cli­niques : « C’est contre-intui­tif, mais plus l’échantillon d’un test cli­nique est faible, plus ses résul­tats sont signi­fi­ca­tifs. Les dif­fé­rences dans un échan­tillon de vingt per­sonnes peuvent être plus signi­fi­ca­tives que dans un échan­tillon de 10.000 per­sonnes.Si on a besoin d’un tel échan­tillon­nage, il y a des risques qu’on se trompe. Avec 10.000 per­sonnes, quand les dif­fé­rences sont faibles, par­fois, elles n’existent pas.« 

OB : Oui ! Didier Raoult a clai­re­ment dit cette énor­mi­té qui cho­que­ra prin­ci­pa­le­ment les lec­teurs scien­ti­fiques : « Plus l’échantillon d’un test cli­nique est faible, plus ses résu­lats sont signi­fi­ca­tifs » – une véri­table insulte à la Loi des Grands nombres ; une « Loi de Raoult » que l’on pour­rait résu­mer ain­si : « Tes­tons – non pas sur un grand nombre – mais sur un seul patient et nous aurons la meilleure robus­tesse sta­tis­tique pos­sible pour appré­cier l’efficacité du trai­te­ment et anti­ci­per les effets secon­daires ! Et don­nons-le à tous les malades dès le len­de­main sans l’accord des auto­ri­tés médicales ! ».

Bien sûr les grands cher­cheurs inter­na­tio­naux (ici un spé­cia­liste suisse) n’en sont pas reve­nus (source) :

Eh oui, on parle bien ici du conseiller du Gou­ver­ne­ment fran­çais sur la crise actuelle… Ret­wee­té par Donald Trump !

Mais bon, si Trump avait fait de la recherche plu­tôt que de la poli­tique, cela devrait – dans la forme – res­sem­bler plus ou moins à ce que fait Raoult.

Source : Marianne, Etienne Cam­pion, 19-03-2020

On a éga­le­ment affaire à un bien bel humaniste :

Coronavirus : « Je ne suis pas un outsider, je suis en avance », entretien avec le professeur marseillais Didier Raoult

source : La Pro­vence, Alexan­dra Ducamp, 21-03-2020

627 morts en une jour­née et 40 000 cas de Covid-19 en Ita­lie, on n’en est plus à la « grip­pette » dont vous par­liez il y a quelques semaines…
Pr Didier Raoult : Vrai­sem­bla­ble­ment, vous ne com­pre­nez pas du pre­mier coup.Toutes les situa­tions doivent être mises en pers­pec­tive. Sur quelle mala­die infec­tieuse toute la presse s’est-elle exci­tée l’année der­nière ? La rou­geole. À la fin, il y a eu 1 000 cas avec un mort et il y avait une annonce tous les jours dans les médias. Le monde de l’information vit dans un monde paral­lèle au mien, celui de l’observation. On est pas­sé d’une exa­gé­ra­tion à une décon­nec­tion. Il y a dans le monde 2,6 mil­lions de morts d’infections res­pi­ra­toires par an, vous ima­gi­nez que les 5 000, 10 000 ou même 100 000 vont chan­ger les statistiques ?

On ne parle pas de sta­tis­tiques, on parle d’êtres humains, de popu­la­tions entières confinées…
Pr Didier Raoult : De quoi vou­lez-vous par­ler d’autres ? Les gens meurent, oui. La plus grande sur­mor­ta­li­té de ces der­nières années en France, c’était en 2017 : 10 000 morts sup­plé­men­taires en hiver, on ne sait pas même pas si c’est de la grippe. 10 000 morts, c’est beau­coup. Mais là, on en est à moins de 500. On va voir si on arrive à en tuer 10 000, mais ça m’étonnerait.

OB : « Et puis on verra… »

L’argument sta­tis­tique est donc le seul prisme…
Pr Didier Raoult : À Mar­seille, nous avons diag­nos­ti­qué 120 cas posi­tifs, il y avait deux morts de plus de 87 ans. Ils mour­raient aus­si l’année der­nière. Sur 100 pré­lè­ve­ments de gens qui ont une infec­tion res­pi­ra­toire, ce sont plu­tôt des cas graves, quand on teste 20 virus et 8 bac­té­ries, il y en a 50 % dont on ne sait pas ce qu’ils ont, c’est notre grande igno­rance. Pour tous les autres, il y a 19 virus sai­son­niers, qui tuent aus­si. Les coro­na­vi­rus endé­miques tuent plus ici que le chi­nois. Je confronte en per­ma­nence les causes de mor­ta­li­té dans toute la région à cette espèce de souf­flet anxio­gène qui monte : pour l’instant, on a plus de chance de mou­rir d’autres choses que du Covid-19.

OB : ah, oui, si c’est le cri­tère, on n’est pas près d’y être en effet.

Le grand âge, les comor­bi­di­tés et la prise en charge tar­dive sont des fac­teurs de mor­ta­li­té. C’est peut-être inen­ten­dable, mais c’est la réa­li­té. La seule chose qui m’intéresse sont les datas, les don­nées brutes. Les don­nées vont res­ter, les opi­nions, elles, changent… […] Je ne dis pas l’avenir, mais je ne suis abso­lu­ment pas terrifié.

OB : ça , on l’avait bien compris…

« Dans mon monde, je suis une star mondiale »

Com­ment expli­quez-vous la situa­tion dans l’est de la France ?
Pr Didier Raoult : Je suis scien­ti­fique, c’est ce qui manque dans ce pays ; une grande par­tie du monde poli­tique et admi­nis­tra­tif réagit comme vous (les médias, NDLR). Nous, nous ne devons pas réagir comme ça. Les seules don­nées qui m’intéressent ce sont les don­nées d’observation, je n’ai pas d’opinion. Il n’y a que la presse qui parle de ce qui se passe dans l’Est, moi, je n’ai pas de don­nées. Pour l’Italie, on disait pis que pendre, j’ai reçu une ana­lyse, c’est comme ailleurs, ce sont des gens de plus de 75 ans.

OB : bah oui. Ils peuvent tous cre­ver, où est le pro­blème ? C’est quoi 5 ou 10 ans d’espérance de vie en plus ?

[…] Vous êtes en per­ma­nence à contre-cou­rant du discours…
Pr Didier Raoult : Ce n’est pas parce qu’il y a quelques per­sonnes qui pensent cer­taines choses à Paris, que je suis à contre-cou­rant. Dans mon monde, je suis une star mon­diale, je ne suis pas du tout à contre-cou­rant. Je fais de la science, pas de la poli­tique. Les mala­dies infec­tieuses, ce n’est pas très com­pli­qué, c’est diag­nos­tic et trai­te­ment. C’est le B‑A ba, si les gens ne connaissent pas le B‑A ba des mala­dies infec­tieuses ou de la chlo­ro­quine qui s’apprend en troi­sième année de méde­cine, je n’y peux rien. Je vais pas refaire l’éducation de ceux qui refont le monde sur les pla­teaux-télé. Je me fous de ce que pensent les autres. Je ne suis pas un out­si­der, je suis celui qui est le plus en avance. La vraie ques­tion est : com­ment ce pays est arri­vé dans un tel état que l’on pré­fère écou­ter les gens qui ne savent pas que plu­tôt ceux qui savent ? […] Si vous avez des doutes sur ma cré­di­bi­li­té, ce n’est pas mon pro­blème. Il y a des gens soi­gnés dans le monde entier, je ne me sens pas plus res­pon­sable des malades de Paris que de Corée. Ce seront les plus intel­li­gents qui seront le mieux soi­gnés. Je n’essaie pas d’être arro­gant. Si les gens ne veulent pas regar­der les chiffres, je n’y peux rien.

OB : qui « savent » annon­cer à temps l’épidémie du siècle en la voyant venir de loin, par exemple ?

24 patients sont sui­vis dans l’essai cli­nique, com­bien de per­sonnes ont été trai­tées depuis…
Pr Didier Raoult : On en a trai­tées d’autres mais je ne vous dirai pas com­bien. J’en infor­me­rai d’abord le ministère.

OB : Ok, il traite donc des gens sans en avoir infor­mé le minis­tère, tout va bien.

Quid des effets secon­daires du trai­te­ment à l’hydroxy-chloroquine ?
Pr Didier Raoult : Ce qu’on dit sur les effets secon­daires est tout sim­ple­ment déli­rant. Ce sont des gens qui n’ont pas ouvert un livre de méde­cine depuis des années. Plus d’un mil­liard de gens en ont bouf­fé, les per­sonnes qui souffrent de lupus en prennent pen­dant des décen­nies… Je connais très bien ces médi­ca­ments, j’ai trai­té 4 000 per­sonnes au Pla­qué­nil depuis 20 ans. Ce n’est pas moi qui suis bizarre, ce sont les gens qui sont igno­rants. On ne va pas m’apprendre la toxi­ci­té de ce médicament.

OB : je me demande quand même com­ment on peut déjà connaitre les effets secon­daires lorsque le médi­ca­ment est don­né à un patient atteint du Covid-19… L’aspirine et les antiin­flam­ma­toires aus­si on connait bien, et pour­tant, il ne faut pas en prendre.

source : La Pro­vence, Alexan­dra Ducamp, 21-03-2020

Raoult a même démo­bi­li­sé pour le confinement :

[Vidéo] Un membre du conseil scientifique Covid-19 dénonce l’inefficacité du confinement

Pour le pro­fes­seur Didier Raoult, l’Italie, la France et l’Espagne suivent la mau­vaise route en emprun­tant la voie du confi­ne­ment total.

Alors que la France entière est confi­née depuis main­te­nant deux jours, l’avis du pro­fes­seur Didier Raoult est dis­so­nant. Cet infec­tio­logue, membre du conseil scien­ti­fique Covid-19 man­da­té par le gou­ver­ne­ment, refuse de céder à la panique. Dans une vidéo, celui qui est direc­teur de l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire (IHU) de Mar­seille explique d’ailleurs que les der­nières mesures prises par le gou­ver­ne­ment fran­çais, mais éga­le­ment par les gou­ver­ne­ments espa­gnols et ita­liens, ne règle­ra pas le pro­blème immé­diat du coro­na­vi­rus. Pour lui, un constat s’impose : « Il faut gar­der rai­son et faire comme pour les mala­dies infec­tieuses en géné­ral : du diag­nos­tic ».

Source : Valeurs actuelles, 19-03-2020

V. Plus de 1 000 morts : le parfait moment pour sortir un livre !

En pleine épi­dé­mie, en plein test phar­ma­ceu­tique, Didier Raoult vient d’annoncer qu’il sort un livre dans les pro­chains jours (source) pour encore démobiliser :

On croit rêver… Et la presse semble ne pas y voir de pro­blème (source) :

On com­prend mieux pour­quoi son essai sur la chlo­ro­quine est aus­si ban­cal (nous vous le démon­tre­rons dans le pro­chain billet) : il était pro­ba­ble­ment occu­pé à écrire son livre…

Flo­ri­lège :

Il appa­raît dans les tous pre­miers mots de ce court ouvrage des­ti­né à sur­fer sur le drame actuel, que Didier Raoult a un grand but dans la vie : démo­bi­li­ser les popu­la­tion face au risque excep­tion­nel de faible fré­quence mais de forte inten­si­té (du genre du Covid-19).

Pour­tant, comme le rap­pelle fort jus­te­ment Nas­sim Nicho­las Taleb (qui est, sur ce point de ges­tion du risque, clai­re­ment plus dans son domaine d’expertise que Didier Raoult) dans cet article que nous avons repris :

« Il faut rai­son­ner par l’inconnu, et non par le connu. C’est une erreur grave, parce qu’on sait qu’une grippe sai­son­nière ne se mul­ti­plie pas comme le coro­na­vi­rus , et si c’est le cas, elle est bénigne. […] face à un tel évé­ne­ment, il faut réagir pour parer au pire. C’est une néces­si­té. […] il y a des risques qu’il ne faut pas prendre. […] Même si on panique pour rien deux fois par an, ça vaut le coup pour la fois où on pani­que­ra avec rai­son. […] Sans para­noïa, pas de sur­vie ! » [Nas­sim Nicho­las Taleb, mars 2020]

Mais le pire est cette phrase pure­ment mensongère :

M. Raoult a le droit d’estimer qu’elle est très faible, mais, un scien­ti­fique ne peut décem­ment dire qu’elle est nulle.

Que ce soit du point de vue théo­rique ou pra­tique – le coro­na­vi­rus SRAS‑2 a bel et bien chan­gé les sta­tis­tiques de Ber­game en Ita­lie, qu’il a dure­ment frap­pée : du 8 au 16 mars 330 morts, contre 23 morts durant la même période de 2019 (source). A Ber­game, en Ita­lie, le virus aurait tué plus que pen­dant la Seconde Guerre mon­diale.(Fran­ceIn­fo,)

Et tout l’enjeu du com­bat est que la France ne devienne pas un gros Bergame…

Ain­si, le « Géné­ral de la san­té » Didier Raoult a contri­bué à plu­sieurs reprises à rela­ti­vi­ser la menace et à dimi­nuer la mobi­li­sa­tion de la popu­la­tion en pleine offen­sive du coro­na­vi­rus. Il a donc par­ti­ci­pé à notre défaite face à la pro­pa­ga­tion du virus. Espé­rons cepen­dant qu’il par­ti­ci­pe­ra à notre vic­toire finale sur sa mortalité…

VI. Didier Raoult : chercheur ou manager ?

Mais reve­nons sur le par­cours de Didier Raoult. Comme le rap­pelle sa page Wikipedia :

Didier Raoult, né le 13 mars 1952 à Dakar au Séné­gal, est un infec­tio­logue et pro­fes­seur de micro­bio­lo­gie fran­çais spé­cia­liste des mala­dies infec­tieuses tro­pi­cales émer­gentes à la facul­té de méde­cine de Marseille. […]

Mau­vais élève, Didier Raoult part tra­vailler à 17 ans, pen­dant deux ans, sur des bateaux. […]

En 1972, il passe un bac­ca­lau­réat lit­té­raire en can­di­dat libre puis s’inscrit en facul­té de médecine. […]

Deve­nu pro­fes­seur, il dirige des thèses sur les mala­dies infec­tieuses à la facul­té de méde­cine de Mar­seille. Il est pré­sident de l’université de la Médi­ter­ra­née – Aix-Mar­seille II de 1994 à 1999. […]

Il dirige de 2008 à 2017 l’unité Urmite (Uni­té de recherche en mala­dies infec­tieuses et tro­pi­cales émer­gentes) à Marseille

Grand prix Inserm 2010 pour l’ensemble de sa car­rière, il a décrit, avec son équipe mar­seillaise, des virus com­plexes. Il est l’un des cher­cheurs fran­çais les plus cités, avec de nom­breuses publi­ca­tions scien­ti­fiques à son actif. […]

Grâce à la sub­ven­tion la plus éle­vée accor­dée en France pour la recherche médi­cale (72,3 mil­lions d’euros por­tés par l’ANR dans le cadre du PIA), Didier Raoult fait construire un nou­veau bâti­ment pour accueillir l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire en mala­dies infec­tieuses de Mar­seille ou IHU Médi­ter­ra­née Infec­tion (« Ins­ti­tut MI »), inau­gu­ré en 2018. Cet ins­ti­tut est dédié au diag­nos­tic, à la prise en charge et à l’étude des mala­dies infec­tieuses y com­pris les soins, la recherche et l’enseignement. L’Institut MI a pour membres fon­da­teurs : uni­ver­si­té d’Aix-Marseille, Assis­tance publique – Hôpi­taux de Mar­seille, Bio­Mé­rieux, l’Établissement fran­çais du sang, l’Institut de recherche pour le déve­lop­pe­ment (IRD), le Ser­vice de san­té des armées. Il béné­fi­cie de l’aide de l’Union euro­péenne et de la région ain­si que de nom­breux partenariats.

Nous vous ren­voyons vers sa page Wiki­pe­dia pour voir l’impressionnante liste des recherches de l’Institut, et ici pour la liste de ses publi­ca­tions (source, cher­cher « Raoult D[Author] ») .

Par ailleurs, et comme on l’a vu sur l’image pré­cé­dente il est en effet un des cher­cheurs fran­çais les plus fré­quem­ment cité. Mais en fait, ce n’est pas vrai­ment son seul nom qui est « cité », mais les études qu’il a signées. Et co-signées. Et il co-signe vrai­ment beaucoup :

Comme on voit qu’il co-signe depuis 2012 près d’un article chaque jour ouvré, cela signi­fie qu’il uti­lise une pra­tique assez répan­due, mais à large échelle : la « stra­té­gie du cou­cou », où il co-signe pra­ti­que­ment chaque article de n’importe lequel de ses (cen­taines de) subordonnés.

Signataires de l’essai de l’hydroxychloroquine dont Raoult a publié les résultats le 16 mars

Comme Didier Raoult est à la tête d’un des plus grands centres de recherche euro­péens sur les mala­dies infec­tieuses, co-signant presque tous les tra­vaux, il est donc fina­le­ment assez logique d’arriver à ce genre de com­mu­ni­qué de presse tapa­geur (source) :

Il cha­peaute d’ailleurs depuis long­temps de grandes équipes. Mais il a une vision très pro­duc­ti­viste de la recherche, comme on le voit ici en 2008 :

« Logé dans les étages de la facul­té de méde­cine, son labo­ra­toire emploie 140 per­sonnes dont 45 cher­cheurs qui publient entre 150 et 200 papiers par an. […] En moyenne, chaque thé­sard qui passe là pro­duit cinq articles. « Nous sommes 75 % plus pro­duc­tifs qu’un labo­ra­toire de l’Inserm », a cal­cu­lé Didier Raoult. Avec un bud­get annuel de 10 mil­lions d’euros, le coût de revient d’une publi­ca­tion dans son uni­té ne dépasse pas 80.000 euros contre 200.000 en moyenne (pour une publi­ca­tion d’impact 3,5) dans l’établissement public.

Si le scien­ti­fique est si proche de ses sous, c’est qu’il doit se battre chaque année pour rem­plir les caisses. […]. Cette année, deux autres pro­jets, jugés hors champ, ont encore été reto­qués. « C’est irri­tant et incom­pré­hen­sible, se révolte Didier Raoult.Sous pré­texte d’égalitarisme, le sys­tème fran­çais pré­tend don­ner autant à tous. Or la recherche est une com­pé­ti­tion. Comme des spor­tifs de haut niveau, les cher­cheurs doivent être éva­lués objec­ti­ve­ment et indi­vi­duel­le­ment. Les outils existent, faciles d’accès. Manque la volon­té de com­pa­rer. Or c’est la seule alter­na­tive pos­sible si on entend pri­vi­lé­gier la pro­mo­tion et le finan­ce­ment des cher­cheurs les plus effi­caces et les plus dyna­miques. » [Les Echos, 29/10/2008]

20 minutes pré­cise au pas­sage la vraie spé­cia­li­té de Raoult : « Spé­cia­liste mon­dial des Rickett­sies, ces bac­té­ries intra­cel­lu­laires à l’origine notam­ment du typhus, Didier Raoult a aus­si décryp­té le génome de la bac­té­rie à l’origine de la mala­die de Whipple, près d’un siècle après l’apparition de cette patho­lo­gie. Le pro­fes­seur mar­seillais a même don­né son nom à deux nou­velles bac­té­ries patho­gènes qu’il a décou­vertes, Raoul­tel­la plan­ti­co­la et Rickett­sia raoultii. »

Ain­si, on peut en conclure plu­sieurs choses :

  • bien qu’ayant un style disons « très per­son­nel », le pro­fes­seur Raoult est indu­bi­ta­ble­ment un grand cher­cheur fran­çais sur les virus.
  • Didier Raoult n’est pas un « petit cher­cheur » hors du sys­tème, ayant rai­son contre le reste du monde, c’est une très haute figure de la san­té fran­çaise à qui a été confié un bud­get de plus d’une cen­taine de mil­lions d’euros pour créer un des plus grands centres de recherche d’Europe, dans le cadre du grand emprunt ;
  • il n’a rien d’isolé : il dis­pose de nom­breux sou­tiens de poids dans la recherche, l’administration, mais aus­si la poli­tique (en par­ti­cu­lier chez LR : « C’est un gar­çon qui peut avoir le prix Nobel, lance même son ami méde­cin de longue date, le pré­sident LR de la région Paca Renaud Muse­lier. Il est brillan­tis­sime. » […] Face à ces cri­tiques, Renaud Muse­lier se fait son meilleur avo­cat : « Quand on est clas­sé numé­ro 1, dire qu’on est le meilleur, est-ce de la méga­lo­ma­nie ou sim­ple­ment faire un constat ? » – source 20 minutes)
    Didier Raoult avec toutes les autorités politiques locales et régionales lors de l’inauguration de l’IHU, le 27 mars 2018 (source)
  • c’est donc sur­tout main­te­nant un mana­ger, qui dirige un des centres de réfé­rence du pays – que nous allons ana­ly­ser plus avant.

« Le meilleur » ? Nous allons voir…

VII. Didier Raoult et les IHU

Didier Raoult, en rai­son de sa grande influence poli­tique en France, a joué un rôle cen­tral dans la créa­tion des IHU, comme le rap­pelle un rap­port de 2015 de l’Inspection Géné­rale des Affaires Sociales (IGAS) du Minis­tère de la San­té – don la mis­sion est d’aller audi­ter les struc­tures pour le compte du Min­si­tère (archive) :

« En 2003, peu après la crise liée à l’anthrax, dans un rap­port remis aux ministreschar­gés de la san­té (Jean-Fran­çois Mat­tei) et de la recherche (Clau­die Hai­gne­ré), le pro­fes­seur Didier Raoult pro­pose la créa­tion de sept infec­tio­pôles [… – ] struc­tures inté­grées regrou­pant des équipes mul­ti­dis­ci­pli­naires (recherche fon­da­men­tale, soins, diag­nos­tic, épi­dé­mio­lo­gie et valo­ri­sa­tion) sur un site géo­gra­phique unique. […]

En 2006, le pro­fes­seur Raoult déve­loppe dans un nou­veau rap­port le pro­jet de créa­tion d’un pre­mier infec­tio­pôle implan­té à Mar­seille, sur le site de la Timone. […] » [Rap­port IGAS]

Ses pré­co­ni­sa­tions ont été sui­vies d’effets :

« La créa­tion d’Instituts hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taires (IHU) a été pré­co­ni­sée par deux com­mis­sions suc­ces­sives en 2009 et 2010, qui ont fixé les contours des IHU : la réunion en un lieu unique des fonc­tions de soins, de recherche et de for­ma­tion, ras­sem­blées au lit du malade. Ces rap­ports en ont pré­co­ni­sé les prin­cipes struc­tu­rants : être en nombre limi­té, viser un niveau d’excellence inter­na­tio­nale, être conçus autour de talents recon­nus mon­dia­le­ment, […] dis­po­ser d’un sta­tut spé­ci­fique per­met­tant d’attirer et de rete­nir les meilleurs talents inter­na­tio­naux et de sim­pli­fier les col­la­bo­ra­tions entre la recherche et l’industrie pour une durée suf­fi­sam­ment longue, inté­grer un objec­tif de trans­fert de tech­no­lo­gies, pas­sant par des rela­tions étroites avec les acteurs indus­triels et enfin, inclure un par­te­na­riat et donc un cofi­nan­ce­ment sys­té­ma­tique par le sec­teur pri­vé. En pra­tique, 850 M€ ont été ouverts par la loi de finances rec­ti­fi­ca­tives de mars 2010 au pro­fit des IHU. [NdR : dans le cadre du « Grand Emprunt »]

Le jury inter­na­tio­nal a audi­tion­né neuf pro­jets au total et en a rete­nu six. » [Rap­port IGAS]

Ces 6 IHU se sont donc déve­lop­pés au milieu des années 2010 grâce au Fond d’Investissement d’avenir mis en place en 2009 (« Grand Emprunt »).

Concer­nant ces struc­tures, Marianne rap­pe­lait ceci en 2017, en rai­sons de ten­sions entre elles et l’Inserm :

« Les IHU ont été créés en 2010, sous Nico­las Sar­ko­zy et sur conseil de Jacques Atta­li, Alain Jup­pé et Michel Rocard , afin de sti­mu­ler la recherche médi­cale, alors mori­bonde en France. L’objectif était de créer des centres de recherche de haut niveau échap­pant aux pesan­teurs des struc­tures exis­tantes. Pour ce faire, ils béné­fi­cient depuis leur créa­tion du sta­tut de « fon­da­tion » indé­pen­dante. […] Or, ce sta­tut est dis­cu­té depuis plu­sieurs années en ce qu’il pose des ques­tions sur la via­bi­li­té du modèle éco­no­mique et les liens avec les ins­ti­tu­tions par­te­naires de l’IHU.

Yves Levy est un des plus fer­vents contemp­teurs du modèle « fon­da­tion ». Dans son édi­tion de ce mer­cre­di 11 octobre, Le Canard enchaî­né révèle que le patron de l’Inserm a envoyé le 9 sep­tembre une note aux équipes can­di­dates, dans laquelle il prône le rem­pla­ce­ment du sta­tut de fon­da­tion par un simple « contrat ». Celui-ci pour­rait notam­ment prendre la forme d’un grou­pe­ment d’intérêt public. La dif­fé­rence entre les deux sta­tuts ? Le sta­tut de fon­da­tion per­met aux IHU de prendre des déci­sions rapi­de­ment, après consul­ta­tion de leur conseil d’administration. Dans les grou­pe­ments d’intérêt public (GIP), chaque ins­ti­tu­tion par­te­naire dis­pose d’un droit de regard sur les déci­sions de l’IHU. Or, l’Inserm est par­te­naire et membre fon­da­teur de cinq des six pre­miers IHU.

Dans ceux-ci, l’Institut met à dis­po­si­tion ses cher­cheurs, cer­tains de ses labo­ra­toires, et par­ti­cipe aux conseils d’administration. Sans avoir de droit de veto. Il y a aus­si un enjeu en termes de bre­vets. Les IHU ne pou­vant être en défi­cit, les bre­vets qu’ils déposent et vendent à des grandes entre­prises par­ti­cipent à leur modèle éco­no­mique. Au sein d’un GIP, la répar­ti­tion de la manne devra être rené­go­ciée, deve­nant poten­tiel­le­ment plus favo­rable à une ins­ti­tu­tion comme l’Inserm. » [Marianne, 11/10/2017]

Main­te­nant que nous avons mieux sai­si les enjeux autour de ces struc­tures (je ren­voie les pas­sion­nés vers un autre rap­port de l’IGAS de 2016 : « Le modèle éco­no­mique » des IHU) , ana­ly­sons plus en détail les pro­blèmes à Marseille.

VIII. L’IHU Marseille Infection, « bébé » de Didier Raoult

Le rap­port IGAS nous indique la suite de la créa­tion de l’IHU de Marseille :

« Une pre­mière fon­da­tion de coopé­ra­tion scien­ti­fique a été créée en 2007 pour abri­ter les acti­vi­tés du centre thé­ma­tique de recherche et de soins (CRTS), sous le nom d’Infectiopôle Sud. Le pro­fes­seur Didier Raoult en était le pré­sident et le doc­teur Yolande Oba­dia la directrice. […]

[Fina­le­ment rete­nu,] le pro­jet d’IHU de Mar­seille est celui des pro­jets d’IHU qui a béné­fi­cié du finan­ce­ment le plus impor­tant. Le coût total sur la période des huit années du pro­jet d’IHU pré­vu dans le docu­ment sou­mis au jury inter­na­tio­nal est affi­ché à hau­teur de 172,5 M€. […]

Le pro­jet d’IHU de Mar­seille se carac­té­rise par la part très impor­tante, plus des 23, des fonds ver­sés par l’ANR [Agence Natio­nale pour la Recherche] uti­li­sée pour finan­cer la construc­tion d’un bâti­ment : 48,8 M€ sur 72,3 M€. »

Comme le rap­pelle 20 Minutes, « il fau­dra tou­te­fois attendre la fin d’année 2016, soit une quin­zaine d’années plus tard, pour que Didier Raoult inau­gure son « bébé », l’IHU Médi­ter­ra­née Infec­tion, dans un bâti­ment de 24 000 m2 tout près de la Timone ».

Raoult est donc à la tête de l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire de Mar­seille. Il exerce à la fois la fonc­tion de Direc­teur de la Fon­da­tion Mar­seille Infec­tion qui coiffe l’IHU IM, mais il en est éga­le­ment admi­nis­tra­teur (source) :

Organigramme de l’IHU IM

La fon­da­tion mar­seillaise est pré­si­dée par Yolande Oba­dia, qui est méde­cin spé­cia­liste de san­té publique.

Didier Raoult gère donc depuis des années un énorme bud­get (plus de 150 mil­lions d’euros) et cha­peaute près de 800 sala­riés. (source 1, source 2)

Budget de l’IHU MI

Alors que la situa­tion finan­cière de l’IHU était très dif­fi­cile au début, elle a fini par s’améliorer récem­ment : l’IHU est désor­mais lar­ge­ment béné­fi­ciaire (source) :

Avec plus de 11 mil­lions d’euros de béné­fice (en aug­men­ta­tion de 79 % en un an), Didier Raoult semble avoir trou­vé de très bons par­te­naires pour finan­cer son IHU. Hélas, comme nous n’avons pas trou­vé de bud­get détaillé (mal­gré la page dédiée) pour com­prendre l’origine d’un tel béné­fice, ni d’éléments finan­ciers sur la fon­da­tion de l’IHU (pas grand chose sur la page dédiée) et ses struc­tures.

Mais il y a un « mais ».

D’abord il est à noter que cet IHU, comme les autres, néces­site une large par­ti­ci­pa­tion du sec­teur pri­vé, dont bien évi­dem­ment, les labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques mais aus­si les banques :

Les partenaires de l’IHU-IM.

Notez bien que Sano­fi Aven­tis finance l’Institut, donc Raoult est for­cé­ment régu­liè­re­ment en contact avec eux (c’est le 3e plus gros labo­ra­toire phar­ma­ceu­tique du monde ; il faut sim­ple­ment connaitre ces liens – source).

Ces par­te­na­riats sont très impor­tants, car, la péren­ni­té du finan­ce­ment de ces struc­tures IHU, à che­val entre le public et le pri­vé, inquié­tait déjà l’IGAS il y a 5 ans :

« À par­tir de 2020, c’est-à-dire après l’arrêt des sub­ven­tions de l’ANR [Agence Natio­nale de la Recherche], le modèle éco­no­mique de l’IHU est inexis­tant. Cette situa­tion n’est pas spé­ci­fique à l’IHU de Mar­seille mais sou­lève de mul­tiples ques­tions, en par­ti­cu­lier sur la capa­ci­té de l’IHU en mala­dies infec­tieuses à trou­ver des nou­velles res­sources fon­dées sur la recherche contrac­tuelle et la valo­ri­sa­tion[NdR : trou­ver des res­sources du sec­teur pri­vé] et sus­cep­tibles de pal­lier l’arrêt du sub­ven­tion­ne­ment public. » [Rap­port IGAS, 2015]

IX. L’avis de l’IGAS sur la gestion de l’IHU de Marseille par Didier Raoult

En réa­li­té, le rap­port de 2015 de l’IGAS était en fait un audit consa­cré à l’IHU de Marseille :

Il se pour­suit sur la gouvernance :

« Confor­mé­ment aux pré­co­ni­sa­tions du rap­port Mares­caux sur les IHU, le sup­port juri­dique et orga­ni­sa­tion­nel de l’IHU de Mar­seille est une fon­da­tion de coopé­ra­tion scien­ti­fique. […] En 2011, les sta­tuts de la fon­da­tion Infec­tio­pôle Sud ont été modi­fiés afin d’élargir son champ d’activité à l’IHU et la fon­da­tion a pris alors le nom de « fon­da­tion Médi­ter­ra­née Infec­tion ». Les sta­tuts modi­fiés ont été approu­vés par décret du 30 novembre 2011 et publiés au Jour­nal offi­ciel du 2 décembre 2011. Le doc­teur Yolande Oba­dia a été élue pré­si­dente de la fon­da­tion et le pro­fes­seur Didier Raoult nom­mé directeur. »

Raoult et Oba­dia ont donc inver­sé leurs rôles res­pec­tifs. Le rap­port se pour­suit, poin­tant une incroyable suc­ces­sion de pro­blèmes de gouvernance :

« 4.2 La gou­ver­nance et le mana­ge­ment de l’IHU sont inadaptés

4.2.1 Un conseil d’administration qui ne fonc­tionne pas de façon satisfaisante

À cette fin, la pre­mière qua­li­té d’un conseil d’administration se trouve dans l’équilibre de sa com­po­si­tion ain­si que dans la com­pé­tence et l’éthique de ses membres. Ses membres doivent être sou­cieux de l’intérêt social, avoir une qua­li­té de juge­ment qui repose sur l’expérience, avoir une capa­ci­té d’anticipation leur per­met­tant d’identifier les risques et les enjeux stra­té­giques et être pré­sents, actifs et impli­qués. Ils doivent éga­le­ment ne pas avoir de conflits d’intérêts.

Or le conseil d’administration de la fon­da­tion Médi­ter­ra­née Infec­tion ne satis­fait pas suf­fi­sam­ment aux stan­dards requis à cet égard.

Les admi­nis­tra­teurs de la fon­da­tion repré­sen­tant les membres fon­da­teurs sont très peu pré­sents per­son­nel­le­ment, et très sys­té­ma­ti­que­ment repré­sen­tés par un tiers. La pré­sence des per­son­na­li­tés qua­li­fiées est, elle-même, contras­tée […]

Le choix des pré­si­dents des conseils d’administration des IHU s’est à juste titre por­té, en géné­ral, sur une per­son­na­li­té natio­nale et exté­rieure à l’institut, ayant une forte expé­rience poli­ti­co-admi­nis­tra­tive au plus haut niveau de l’État, qui pré­sente des garan­ties d’indépendance et apporte de la cré­di­bi­li­té, de l’autorité sur les membres du conseil d’administration ain­si que des capa­ci­tés de vision stra­té­gique et de sou­tien managérial.

On peut s’interroger sur l’autorité et l’indépendance de la pré­si­dente du conseil d’administration vis-à-vis du direc­teur, le pro­fes­seur Didier Raoult, alors que celle-ci était aupa­ra­vant la direc­trice de la fon­da­tion Infec­tio­pôle Sud dont le pro­fes­seur Didier Raoult était le pré­sident. Le cumul entre les fonc­tions de pré­si­dente du conseil d’administration et les fonc­tions de res­pon­sable d’une uni­té de recherche qui est par­tie inté­grante de l’IHU, est éga­le­ment dis­cu­table. […]

S’agissant du pro­fil des tré­so­riers, c’est un choix simi­laire qui s’est impo­sé dans les autres IHU […] : celui de per­son­na­li­tés issues du monde de la finance (minis­tère des Finances, Cour des comptes) ou de l’entreprise […]. Par ailleurs, le cumul consta­té entre les fonc­tions de tré­so­rier et celles de direc­teur géné­ral de l’Assistance Publique – Hôpi­taux de Mar­seille (Jean-Paul Ségade puis Jean-Jacques Roma­tet ont été élus tré­so­riers) paraît inop­por­tun. […]

Le direc­teur de l’IHU, [NdR Didier Raoult …] qui siège en prin­cipe selon l’article 3 des sta­tuts au conseil d’administration avec voix consul­ta­tive, est en pra­tique membre titu­laire du conseil d’administration depuis sa créa­tion : d’abord dési­gné à titre de per­son­na­li­té qua­li­fiée, il a ensuite été élu admi­nis­tra­teur de plein exer­cice en tant que repré­sen­tant des ensei­gnants-cher­cheurs. Ce cumul de fonc­tions (direc­teur et admi­nis­tra­teur) est contraire aux sta­tuts-types des fon­da­tions recon­nues d’utilité publique, qui s’imposent aux fon­da­tions de coopé­ra­tion scien­ti­fique et qui ont été approu­vés par le Conseil d’Etat et éri­gés en direc­tives (CE, 2010, n° 305649, « Pos­tel-Vinay » depuis qua­li­fiées de « lignes direc­trices » par le CE dans une déci­sion de 2014 n° 364385 « M. J »). L’article 8 de ces sta­tuts-types dis­pose qu’aucun admi­nis­tra­teur ne peut exer­cer les fonc­tions de direc­tion, afin d’éviter la confu­sion entre l’organe col­lé­gial déci­sion­naire et les fonc­tions exé­cu­tives de direc­tion. Le cumul actuel doit donc ces­ser sans délai.

De façon géné­rale, et selon les obser­va­tions conver­gentes de plu­sieurs de ses membres, le conseil d’administration s’apparente trop à une chambre d’enregistrement des déci­sions prises par le direc­teur et ne peut rem­plir plei­ne­ment le rôle qui lui est impar­ti par le droit des fondations.

Deux admi­nis­tra­teurs et membres fon­da­teurs ain­si que le com­mis­saire du gou­ver­ne­ment ont sou­li­gné que les condi­tions dans les­quelles les docu­ments pré­pa­ra­toires étaient dif­fu­sés, les débats se dérou­laient et les comptes-ren­dus étaient éla­bo­rés n’étaient pas pro­pices à leur garan­tir la séré­ni­té et la den­si­té néces­saires. […]

La mis­sion a pu consta­ter, en effet, sur le dos­sier du finan­ce­ment de la construc­tion du bâti­ment com­bien les docu­ments four­nis aux admi­nis­tra­teurs ont été suc­cincts et chan­geants, en dépit de l’importance des enjeux finan­ciers. Elle a éga­le­ment pu consta­ter, au vu des comptes ren­dus du conseil d’administration, que les débats sur le sujet ont été trop limités. […]

Les membres fon­da­teurs ne se réunissent pas jusqu’à pré­sent en col­lège, avant les conseils d’administration, afin d’en pré­pa­rer les débats et arrê­ter une ligne. […]

Il n’existe pas pour l’instant de bureau du conseil d’administration, qui devrait réunir le pré­sident, l’AP-HM, l’AMU, une per­son­na­li­té qua­li­fiée ou deux et le com­mis­saire du gouvernement.[…]

Dans le même esprit, en rai­son des défis actuels aux­quels doit faire face la fon­da­tion, le conseil d’administration méri­te­rait de se réunir plus de deux fois par an, compte tenu des enjeux nom­breux aux­quels la fon­da­tion et ses membres doivent faire face. » [Rap­port IGAS]

Un tel cumul d’entorses élé­men­taires à l’éthique de la gou­ver­nance d’une struc­ture publique au bud­get de près de 200 mil­lions d’euros est ver­ti­gi­neux. Et encore, ce n’était que le Conseil d’administration ! Le rap­port se pour­suit sur le management :

« 4.2.2 Une orga­ni­sa­tion et un mana­ge­ment de l’IHU qui ont des carac­té­ris­tiques mena­çant la bonne mise en oeuvre du projet

L’organisation et le mana­ge­ment de l’IHU de Mar­seille sou­lèvent plu­sieurs pro­blèmes qui ont été consta­tés par la mission.

4.2.2.1 Un défaut de for­ma­li­sa­tion et de clar­té dans l’organisation

La mis­sion a consta­té au cours de ses inves­ti­ga­tions un très grand manque de for­ma­li­sa­tion de la part des res­pon­sables de l’IHU, ce qui a com­pli­qué les tra­vaux de la mis­sion mais obère sur­tout le dérou­le­ment d’un pro­jet com­plexe sur le plan admi­nis­tra­tif et financier.

Des élé­ments fon­da­men­taux fai­saient, ou font tou­jours pour cer­tains, défaut. Il en va ain­si par exemple du nombre et de la répar­ti­tion des m² des locaux, du plan d’affectation des locaux…

D’autres élé­ments essen­tiels manquent énor­mé­ment de clar­té. Il en va ain­si de l’organigramme de la fon­da­tion ain­si que du rôle res­pec­tif du comi­té de pilo­tage, des dépar­te­ments, de l’articulation entre les work packages et l’organigramme, etc….

Un véri­table comi­té exé­cu­tif de l’IHU fait défaut, le comi­té de pilo­tage en prin­cipe dédié à l’animation de la vie scien­ti­fique en fai­sant office

Le rôle des direc­teurs de dépar­te­ments, et leur asso­cia­tion au mana­ge­ment de l’IHU, ne sont pas appa­rus clai­re­ment à la mission.

4.2.2.2 Une extrême concen­tra­tion des pou­voirs autour du directeur

Le mana­ge­ment de la fon­da­tion et de l’ensemble du pro­jet est tout entier domi­né par le pro­fes­seur Didier Raoult qui l’exerce selon un mode ver­ti­cal fon­dé sur l’autorité et non sur la coopé­ra­tion et l’inclusion et selon un mode très cen­tra­li­sé, sans délé­ga­tion ou presque. Toutes les déci­sions, scien­ti­fiques et non-scien­ti­fiques, remontent en pra­tique au pro­fes­seur Didier Raoult qui décide selon des cri­tères qui ne sont pas trans­pa­rents pour un bon nombre des inter­lo­cu­teurs de la mission. […]

Le pro­fes­seur Didier Raoult cumule au demeu­rant les fonc­tions de direc­teur et de direc­teur scien­ti­fique de l’IHU, ce qui n’existe pas dans les autres ins­ti­tuts com­pa­rables. Cette situa­tion de cumul n’est pas satis­fai­sante compte tenu de la mul­ti­pli­ci­té des pro­jets scien­ti­fiques qui sont gérés et des ambi­tions qui sont celles de l’IHU.

En outre, la concen­tra­tion de tous les pou­voirs entre les mains d’un seul est contra­dic­toire avec le carac­tère néces­sai­re­ment fédé­ra­tif et coopé­ra­tif de l’IHU et conduit cer­taines par­ties pre­nantes à prendre des pos­tures de méfiance – voire de défiance – à l’encontre de la direc­tion, qui pour­raient mettre en péril le pro­jet, ou en tout cas lui faire prendre du retard.

Par ailleurs, les rela­tions pro­fes­sion­nelles par­fois abruptes du pro­fes­seur Didier Raoult ont sus­ci­té des polé­miques, y com­pris en public ou par écrit, avec res­pon­sables de l’AP-HM, méde­cins et cher­cheurs. Cela n’a pas faci­li­té la mise en oeuvre du pro­jet jusqu’à pré­sent, du moins au-delà du péri­mètre de l’URMITE et du pôle MIT. Ces polé­miques doivent être abso­lu­ment évi­tées à l’avenir dans la nou­velle phase du pro­jet qui s’ouvre désormais.

4.2.2.3 L’absence de com­pé­tences admi­nis­tra­tives et finan­cières au sein de la fondation

L’encadrement admi­nis­tra­tif et finan­cier de la fon­da­tion est à ce jour très insuf­fi­sant au regard de la com­plexi­té des enjeux aux­quels elle est confron­tée. L’organisation actuelle explique les retards et les dif­fi­cul­tés sur un grand nombre de dos­siers admi­nis­tra­tifs et finan­ciers impor­tants évo­qués ci-dessus.

Au moins deux secré­taires géné­raux, anciens direc­teurs d’hôpitaux, ont été suc­ces­si­ve­ment recru­tés après avoir été pro­po­sés par la direc­tion géné­rale de l’AP-HM, mais ils n’ont pas pu trou­ver un point d’entente avec le direc­teur de la fon­da­tion et ont quit­té celle-ci pré­ma­tu­ré­ment. Le recru­te­ment d’un nou­veau secré­taire géné­ral est pré­vu mais son pro­fil, trop peu expé­ri­men­té, ne cor­res­pond pas aux besoins décrits ci-des­sus par la mis­sion. Les res­pon­sables de l’IHU ont fait le choix déli­bé­ré de limi­ter au maxi­mum le nombre de sala­riés char­gés des tâches admi­nis­tra­tives au sein de la fon­da­tion : seule une « assis­tante de ges­tion » y pour­voit. […]

4.2.3 Des pro­ces­sus et une orga­ni­sa­tion adap­tés de conduite de pro­jet qui font défaut, au détri­ment des inter­faces avec l’AP-HM et les autres partenaires

L’IHU de Mar­seille ne s’est pas mis dans une logique de ges­tion de pro­jet suf­fi­sam­ment effi­cace et opé­ra­tion­nelle qui per­mette de déli­vrer à échéance les livrables atten­dus et de créer les inter­faces néces­saires avec ses grands par­te­naires, en par­ti­cu­lier l’AP-HM et l’AMU. » [Rap­port IGAS]

Le rap­port indique même de façon étonnante :

« Il n’a pas été pos­sible de récon­ci­lier les chiffres figu­rant dans le dos­sier de réponse à l’appel d’offres [NdR : pour les 72 mil­lions du Grand emprunt en 2011] avec les don­nées bud­gé­taires et finan­cières dis­po­nibles aujourd’hui. »

C’était donc l’analyse de la ges­tion de Didier Raoult.

On com­prend dès lors pour­quoi la page de pré­sen­ta­tion du rap­port IGAS indique :

« Ce rap­port conjoint IGAS-IGAENR porte sur l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire (IHU) en mala­dies infec­tieuses éta­bli à Mar­seille. […] Il ana­lyse sa situa­tion finan­cière qui n’apparaît plus de nature à mettre en péril le pro­jet. Il constate que la struc­tu­ra­tion du pro­jet tant médi­cal que de recherche de l’IHU n’est pas ache­vée sur des points impor­tants et pèse sur l’ambition du pro­jet. Enfin, il montre que la gou­ver­nance et le mana­ge­ment du pro­jet sont inadap­tés à ses enjeux actuels et que des chan­ge­ments rapides et pro­fonds devraient être requis par les finan­ceurs et les fon­da­teurs. » [Rap­port IGAS]

Ter­mi­nons en regar­dant com­ment ont été trai­tées 3 des mul­tiples recom­man­da­tions de l’IGAS :

Recom­man­da­tion n°25 : Dési­gner rapi­de­ment un tré­so­rier qui ait une expé­rience et une auto­ri­té éco­no­mique et finan­cière fortes

L’IHU MI a donc fini par rem­pla­cer son tré­so­rier méde­cin par une nou­velle trésorière :

Elle est « Direc­teur Inves­tis­se­ments » à la caisse locale de la Caisse d’épargne :

Au vu du volume d’argent bras­sé par ce pro­jet qui doit appro­cher les 250 mil­lions d’euros, essen­tiel­le­ment publics, un membre de la Cour des comptes spé­cia­listes de la comp­ta­bi­li­té publique aurait sem­blé un choix peut être plus approprié.

Recom­man­da­tion n°27 : Mettre un terme sans délai au cumul actuel des fonc­tions de direc­teur et de membre du conseil d’administration de plein exercice […]

Didier Raoult a répon­du ceci dans une inter­view (source) :

AEF : Le rap­port pointe le fait que vous cumu­liez les fonc­tions de direc­teur et d’administrateur.

Didier Raoult : Ils se trompent. On ne peut pas être à la fois admi­nis­tra­teur et direc­teur si l’on est payé. Je suis direc­teur béné­vole, il n’y a donc pas de conflits d’intérêts. Nous avons consul­té un cabi­net d’avocats spé­cia­li­sés : per­sonne ne peut être payé par une fon­da­tion de cette nature tout en étant administrateur.

Donc, face à une remarque de bon sens de l’IGAS, visant à évi­ter des conflits d’intérêts dus à « la confu­sion entre l’organe col­lé­gial déci­sion­naire et les fonc­tions exé­cu­tives de direc­tion« , Didier Raoult a pré­fé­ré uti­li­ser son bud­get pour payer une consul­ta­tion d’avocats pour ne pas démis­sion­ner d’une de ses fonc­tions. Lesmodèles de sta­tuts évo­qués indiquent que : « Aucun admi­nis­tra­teur ne peut exer­cer des fonc­tions sala­riées de direc­tion de la fon­da­tion. » Raoult joue sur le mot « sala­rié » (et explique que ce serait illé­gal à 1 € de salaire mais pas à 0), mais on com­prend bien l’esprit de la loi : c’est un pro­blème de contrôle et de bonne gou­ver­nance plus que d’argent.

Mais pas de sou­ci, Raoult a même cosi­gné en 2014 un xeme un papier, cette fois surle conflit d’intérêts :

Recom­man­da­tion n°24 : Dési­gner rapi­de­ment un pré­sident du conseil d’administration exté­rieur à l’IHU et ayant une expé­rience et une auto­ri­té (ancien ministre, diri­geant d’entreprise, diri­geant d’un grand éta­blis­se­ment public, membre d’un corps d’inspection, du Conseil d’Etat ou de la Cour des Comptes) adap­tées à un pro­jet d’ampleur natio­nale et internationale

Force est de consta­ter que Didier Raoult s’est assis, comme pour la pré­cé­dente, sur cette recom­man­da­tion, pour ne pas se sépa­rer de Yolande Oba­dia. Et nous allons com­prendre dans la par­tie sui­vante pourquoi…

X. Les drôles de « combines » à l’IHU Marseille Infection

La fon­da­tion de l’IHU IM est donc pré­si­dée depuis 2011 par Yolande Obadia,

L’excellent site d’investigation locale Mar­sAc­tu racon­tait fin 2018 cette élo­quente affaire :

« Les contrô­leurs de l’agence fran­çaise anti-cor­rup­tion (AFA)[…] dans la plus grande dis­cré­tion, sont venus à Mar­seille, fin mai [2018], contrô­ler un des fleu­rons de la recherche fran­çaise, l’Institut de recherche pour le déve­lop­pe­ment (IRD) […] dont le tra­vail consiste à déve­lop­per la recherche avec les pays du Sud. […]

Les contrô­leurs de l’AFA se sont par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sés à une conven­tion de quelques pages signée entre le PDG de l’IRD, Jean-Paul Moat­ti et sa femme, Yolande Oba­dia. À la clef, un chèque de 300 000 euros pour la fon­da­tion Médi­ter­ra­née infec­tion qu’elle pré­side. […] Cette conven­tion a toute l’apparence d’un conflit d’intérêts. […]

Plu­sieurs élé­ments étonnent. Le loyer, tout d’abord, semble cou­su main, pour débou­cher sur un chiffre mira­cu­leu­se­ment rond de 250 000 euros. Or, le détail, étage par étage et labo­ra­toire par labo­ra­toire, laisse pour­tant appa­raître des mon­tants bien plus pré­cis. Ain­si, l’IRD entend ver­ser 213 261 euros au prin­ci­pal labo­ra­toire de l’IHU, l’Urmite, jusqu’ici pilo­té par son direc­teur Didier Raoult. […]

Ensuite, cet accord vient pour­suivre un long com­pa­gnon­nage éco­no­mique et scien­ti­fique entre les deux enti­tés. En effet, de 2007 à 2010 et sous l’impulsion de Jean-Fran­çois Girard alors pré­sident de l’IRD, l’institut s’était déjà enga­gé à ver­ser250 000 euros au pro­jet d’infectiopôle déjà por­té par Didier Raoult. Ensuite, son suc­ces­seur, Michel Laurent a pour­sui­vi son effort en faveur de l’IHU en ver­sant cette fois-ci 1 mil­lion d’euros sur cinq ans aux­quels s’ajoutent 50 000 euros par an pen­dant six ans, à par­tir de 2013. En 2017, l’IHU ne touche donc plus que 50 000 euros par an. La conven­tion et les loyers affé­rents semblent donc oppor­tu­né­ment com­bler le trou par rap­port aux années précédentes. […]

Au sein de l’IRD, aucun méca­nisme de contrôle ne s’est acti­vé : le mon­tant de 300 000 euros est jugé trop peu éle­vé pour que son conseil d’administration en soit informé. […]

Jean-Paul Moat­ti, le PDG de l’IRD, connaît bien l’IHU. Il en a long­temps été un de ses direc­teurs de labo­ra­toire. Quant à sa femme Yolande Oba­dia, elle en est par­tie pre­nante depuis le début. […]

Les membres du conseil d’administration de l’IRD que nous avons contac­tés nous ont confir­mé que ce sujet d’un déport pos­sible sur l’IHU n’avait jamais été abor­dé en conseil d’administration […] Et pour cause, le finan­ce­ment des orga­nismes exté­rieurs à l’IRD n’y est que très peu un sujet de débat. » [Mar­sAc­tu, 10/2018]

Opé­ra­tion de BTP de 75 mil­lions d’euros, course aux par­te­na­riats pri­vés, gou­ver­nance cala­mi­teuse, éton­nants sou­tiens poli­tiques très appuyés : il serait vrai­ment ras­su­rant pour le contri­buable que le pré­fet des Bouches-du-Rhône demande à la Cour des Comptes régio­nales un audit appro­fon­di de l’IHU-IM, et le minis­tère un nou­veau rap­port de l’IGAS.

XI. Souffrances dans les équipes de Raoult

L’IHU IM a été mis à rude épreuve par des affaires de har­cè­le­ment, durant depuis des années. La CGT raconte lon­gue­ment l’affaire dans cet article. En voi­ci quelques extraits :

« L’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supé­rieur (AERES), a audi­té l’unité URMITE à plu­sieurs reprises (notam­ment en 2008 et 2012). Lors d’au moins deux de ces audits, les ITA [NdR : Ingé­nieurs, Tech­ni­ciens et Assis­tants] ont expri­mé cer­taines de leurs souf­frances au tra­vail devant les repré­sen­tants du comi­té d’audit. Cela n’a été sui­vi d’aucun effet. Plu­sieurs agents ont décrit leurs condi­tions de tra­vail et expri­mé leur mal-être et leur souf­france au sein de l’URMITE à la méde­cine du tra­vail de plu­sieurs tutelles. Cela n’a eu aucun résul­tat concret. […]

Nous sommes au cou­rant de nom­breuses demandes de muta­tion, for­mu­lées par des ITA, mais aus­si des cher­cheurs, INSERM, CNRS et Aix-Mar­seille Uni­ver­si­té. Cela semble ne pas avoir aler­té les tutelles sur la situa­tion des per­son­nels dans l’unité. Le res­pon­sable de l’école doc­to­rale aurait eu à gérer un nombre non négli­geable deréaf­fec­ta­tions d’étudiants de l’URMITE dans d’autres uni­tés, en cours, voire en fin de thèse.

En jan­vier 2017, le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supé­rieur (HCERES) a audi­té les pro­jets des deux uni­tés issues de l’URMITE, qui devraient voir le jour en jan­vier 2018. Les repré­sen­tants élus des per­son­nels tech­niques ont été écar­tés de ces deux audits. Ce dys­fonc­tion­ne­ment, à l’initiative des futurs direc­teurs des deux uni­tés en créa­tion, a entraî­né la pre­mière action en externe de la CGT, qui a contac­té les per­son­nels tech­niques de l’unité pour leur deman­der s’ils avaient des pro­blèmes ou des demandes à faire remon­ter aux tutelles.

Lors des deux audits, des ITA ont témoi­gné devant les deux comi­tés HCERES, pour dénon­cer, au moins par­tiel­le­ment, leurs condi­tions de tra­vail et les rap­ports hié­rar­chiques au sein de l’URMITE. Ces témoi­gnages, qui sont cen­sés être confi­den­tiels, ont été connus de la direc­tion de l’URMITE, appa­rem­ment le soir même. On ne retrou­ve­ra, dans les deux rap­ports finaux de l’HCERES, aucune trace de ces témoignages. […]

La CGT a donc déci­dé de pro­po­ser aux ITA sus­cep­tibles d’accepter, de rédi­ger un cour­rier d’alerte et de demande d’intervention, à l’adresse des CHSCT des 4 tutelles. Le 3 avril, une lettre non signée de 12 per­son­nels ITA de l’URMITE est envoyée aux secré­taires des CHSCT et aux tutelles. »

Ain­si, en avril 2017, les CHSCT du CNRS, de l’Inserm, de l’IRD, et d’Aix-Marseille uni­ver­si­té ont reçu ce cour­rier ano­nyme envoyé par des sala­riés de l’Urmite (Uni­té de recherche sur les mala­dies infec­tieuses et tro­pi­cales émer­gentes), diri­gée par le même Didier Raoult (source – en entier ici) :

En réac­tion, les syn­di­cats s’organisent et informent les tutelles, dont l’INSERM le 1erjuin 2017. Le Direc­teur de l’Inserm Yves Levy leur répond le 29 juin, en leur indi­quant qu’il a deman­dé une ins­pec­tion de l’Urmite par les CHSCT (source) :

Pour­sui­vons le récit de la CGT :

« Début Juin, Didier Raoult, qui avait déjà connais­sance de la lettre des 12, apprend les avis néga­tifs […] quant à la label­li­sa­tion de ses deux uni­tés filles. Il faut pré­ci­ser que le conte­nu scien­ti­fique des pro­jets est cri­ti­qué dans les deux cas et que cet avis néga­tif n’est pas ren­du uni­que­ment sur les pro­blèmes de souf­france des per­son­nels, loin s’en faut. Ces pre­mières alertes pro­voquent une réac­tion de la direc­tion de l’URMITE. [NdR : les conseils scien­ti­fiques des deux ins­ti­tu­tions ont ren­du des avis défa­vo­rables, avis sui­vis par les deux directions]

Les mesures de rétor­sion à l’encontre des lan­ceurs d’alerte com­mencent le 8 juin. Didier Raoult remet à dis­po­si­tion des tutelles les deux ITA ayant cri­ti­qué le plus for­te­ment, lors des visites HCERES, ce qui se passe dans l’URMITE. Des pro­pos mena­çants auraient été tenus vis à vis des 12. Le direc­teur inter­vient en assem­blée géné­rale pour moquer les avis ren­dus par la sec­tion 27 du CNRS et la CSS de l’INSERM, dénon­cer l’action des 12 ITA et dire qu’il n’en res­te­rait pas là. Dans ces condi­tions, pour beau­coup de per­sonnes, la peur de témoi­gner devant les CHSCT se déve­loppe. » [CGT]

Une inter­syn­di­cale se forme alors, et alerte la ministre, ajou­tant que la Direc­tion serait en train de sanc­tion­ner les ingé­nieurs lan­ceurs d’alerte qu’elle pense avoir iden­ti­fiés (source) :


Le 7 juillet, l’inspection a lieu (voir ici Mar­sAc­tu). Un autre article pré­cise les choses quelques jours après (source) :

« Peu à peu, les langues se délient, même si les témoi­gnages se font tou­jours à mots cou­verts. […] Les entre­tiens indi­vi­duels, en par­ti­cu­lier, ont per­mis de don­ner corps à des faits déjà sou­le­vés par les syn­di­cats. [« Ce mépris se tra­duit par des cris, des vexa­tions, des insultes, le non-res­pect des règles les plus élé­men­taires de l’hygiène et de la sécu­ri­té. Les per­son­nels, dont un très grand nombre est pré­caire et d’origine étran­gère, vivent dans la peur […]. »]

Dans un entre­tien accor­dé à l’agence de presse spé­cia­li­sée AEF, qui évo­quait le dos­sier cette semaine, Didier Raoult a pour la pre­mière fois com­men­té cette nou­velle période de remous. « À ma connais­sance, ce genre de choses ne se passe pas, hor­mis une plainte, une his­toire d’amour qui a mal tour­né selon le rap­port que j’ai eu de la police. Nous avons inter­dit à ces deux per­sonnes de se ren­con­trer sans témoin. » […]

« C’est déli­rant, déclare-t-il à nos confrères. Nous avons ouvert l’institut de recherche sur les mala­dies infec­tieuses le plus puis­sant au monde. Nous offrons des condi­tions de vie excep­tion­nelles. » Il évoque des « per­sonnes amères », « cinq ou six gro­gnons jaloux et mécon­tents du démé­na­ge­ment »avant de van­ter les condi­tions de tra­vail de l’IHU et le carac­tère excep­tion­nel des recherches menées en son sein : « La science, au niveau où je la pra­tique, c’est du sport de haut niveau. Il y a des ten­sions quand on le découvre, c’est la nature de l’excellence. » […]

« Ce qui est déli­rant, c’est sur­tout de tenir des pro­pos de ce type, réagit Jean Kis­ter, secré­taire géné­ral adjoint du syn­di­cat natio­nal des tra­vailleurs de la recherche scien­ti­fique (SNTRS-CGT), en écho à Didier Raoult. Cela vient plu­tôt accré­di­ter le mal-être res­sen­ti par cer­tains sala­riés. » [Mar­sAc­tu]

Le rap­port du CHSCT est glaçant :

« À l’inverse, par­mi cer­tains anciens de l’Urmite, les langues ont com­men­cé à se délier. Leurs témoi­gnages ano­nymes que Mar­sac­tu a pu recueillir recoupent lar­ge­ment les points de vue sou­te­nus dans le rap­port. Un ancien ingé­nieur de recherche de l’Urmite, explique ain­si que Didier Raoult semble fonc­tion­ner « avec un tableau dans la tête ». « Un tableau à entrées mul­tiples avec deux colonnes. Il vous consi­dère plus ou moins bien selon votre sta­tut, méde­cin, phar­ma­cien, cher­cheur, ingé­nieur... Et plus ou moins bien selon que vous êtes un homme ou une femme, explique-t-il. Nous avions des réunions de groupe le ven­dre­di et j’ai sou­vent vu des femmes par­tir en pleurs. »

L’ingénieur aujourd’hui signi­fie ain­si que le direc­teur de recherche lui a clai­re­ment signi­fié « un ingé­nieur, ça ne publie pas » à l’arrivée dans son ser­vice. Il pour­suit son por­trait-charge : « Il mani­pule au mieux les plus sou­mis ou ceux qui ont les dents longues selon la vieille tech­nique de la carotte et du bâton. Cela ne mar­chait pas pour moi parce que je n’ai pas for­cé­ment de grosse ambi­tion. En revanche, cela se concré­ti­sait par de longs mois au pla­card, ce qui entraî­nait for­cé­ment une démo­ti­va­tion. » L’ingénieur a fini par quit­ter le ser­vice et la ville. […]

Les per­son­nels inter­ro­gés tout comme les écrits sou­lignent une grande frus­tra­tion res­sen­tie par cer­tains. C’est ce que résume le rap­port du CHSCT : « Cer­tains ingé­nieurs et tech­ni­ciens (IT) nous ont indi­qué, ora­le­ment ou dans les témoi­gnages écrits, avoir le sen­ti­ment que leur tra­vail n’était pas recon­nu par la hié­rar­chie. Lors de l’entretien avec les per­son­nels cher­cheurs, un chef de ser­vice nous a clai­re­ment indi­qué ne pas faire signer sys­té­ma­ti­que­ment tous les IT ayant par­ti­ci­pé aux expé­riences ». Ce constat se tra­duit sèche­ment par la recom­man­da­tion sui­vante : « Rap­pe­ler les règles éthiques en termes de signa­ture des articles scien­ti­fiques ». » [Source – Mar­sAc­tu]

Fina­le­ment, c’est vrai­ment la stra­té­gie du cou­cou : virer les méri­tants et prendre leur place dans les signatures…

« Ces ten­sions dans le tra­vail sont éga­le­ment res­sen­ties par cer­tains doc­to­rants qui décrivent des situa­tions de har­cè­le­ment moral. « Notre direc­teur de recherche, proche de Didier Raoult, avait beau­coup de mal à sup­por­ter la pres­sion que ce der­nier lui met­tait pour obte­nir des résul­tats, explique l’un d’eux. Du coup, de manière pyra­mi­dale, cette pres­sion retom­bait sur nous ». Il a ain­si le sou­ve­nir de réunions « work in pro­gress » où les étu­diants dont le tra­vail ne convain­quait pas étaient humi­liés par les direc­teurs de recherche, Raoult en tête. « Après on ne les revoyait plus », dit-il. […]

Mais le docu­ment vali­dé par les quatre tutelles ne s’arrête pas qu’aux aspects humains des condi­tions de tra­vail. Il décrit par le menu un cer­tain nombre de man­que­ments fac­tuels dans l’organisation du labo­ra­toire, y com­pris dans le res­pect des règles d’hygiène et de sécu­ri­té « basiques » au sein d’un labo­ra­toire où les per­son­nels mani­pulent des « agents bio­lo­giques patho­gènes ». Cela vaut éga­le­ment pour les règles de confi­ne­ment spé­ci­fiques asso­ciées à chaque type de micro-orga­nisme selon leur dan­ge­ro­si­té. Là encore, les normes en vigueur ne sont pas toutes respectées.

Ces élé­ments nom­breux et répé­tés font état d’une mau­vaise prise en compte des attentes des per­son­nels dans la construc­tion de l’Institut, de maté­riaux défec­tueux, inadap­tés voire non conformes à la régle­men­ta­tion. » [Source –Mar­sAc­tu]

XII. #TheyToo

Mais ce n’est hélas pas fini. Il y a éga­le­ment eu des accu­sa­tions de har­cè­le­ment sexuel et même d’agression sexuelle subie au sein de l’Urmite, comme le raconte, à nou­veau le site Mar­sac­tu (abon­nez-vous pour le sou­te­nir, si vous pou­vez, il le mérite). En effet, suite à la visite du CHSCT, 4 plaintes ont été dépo­sées pour har­cè­le­ment sexuel :

« Le syn­di­cat SNPTES a éga­le­ment été infor­mé de ce que cer­tains jeunes étudiants/chercheurs, le plus sou­vent de natio­na­li­té étran­gère, ont été vic­times depuis plu­sieurs années de faits pou­vant revê­tir la qua­li­fi­ca­tion de har­cè­le­ment sexuel, d’agressions sexuelles, ain­si que d’autres qua­li­fi­ca­tions pénales, et qui se seraient pro­duits là encore au sein de l’Institut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire (IHU) […]

Domi­nique Esca­lier confirme que le direc­teur de l’école doc­to­rale avait bien eu connais­sance de ces cas « mais qu’il n’en avait infor­mé que le direc­teur de l’unité », en l’occurrence, Didier Raoult. « Nous aurions appré­cié que ces dos­siers soient au moins trans­mis au pré­sident de l’université » »

Nous vous ren­voyons vers cet autre article de Mar­sAc­tu, rem­pli de témoignes révol­tants, tels que :

« Les ren­dez-vous ne se sont pas bien pas­sés. J’ai eu l’impression que les faits que nous sou­le­vions n’étaient pas pris au sérieux. On m’a éga­le­ment deman­dé si je comp­tais finir mon doc­to­rat ce que j’ai pris comme une menace impli­cite ».

Nous vous recom­man­dons éga­le­ment cet article de Mar­sAc­tu pour lire la suite. La CGT précise :

« Il n’en reste pas moins que, à notre connais­sance, ce sont au moins 6 femmes qui ont eu à subir, au sein de l’URMITE, des faits de ce que nous pen­sons être, au mini­mum, du har­cè­le­ment sexuel, et que cela nous amène à faire plu­sieurs commentaires. […]

La tenue de pro­pos gra­ve­leux semble être une pra­tique cou­rante. Comme exemple qui nous a été rap­por­té, à une ITA qui por­tait une cou­dière, un cher­cheur aurait deman­dé si c’était « à force de bran­ler ? ». On peut éga­le­ment citer, une phrase qui aurait été cou­tu­mière d’un autre cher­cheur « Il est 4 heures, c’est l’heure de ma pipe, qui est-ce qui s’y colle ? ». […]

Com­ment est-il pos­sible que des faits sup­po­sés de har­cè­le­ment sexuel, por­tés à la connais­sance du direc­teur d’unité (Didier Raoult a confir­mé, devant les CHSCT, en avoir eu connais­sance dès 2015 et ne pas en avoir infor­mé la pré­si­dence de l’Université), puissent res­ter sans dénon­cia­tion offi­cielle par la direc­tion de l’unité pen­dant deux ans ? Com­ment peut-on consi­dé­rer comme nor­mal qu’une per­sonne res­pon­sable du per­son­nel qu’il a sous sa direc­tion, qui plus est méde­cin, laisse en contact, pen­dant deux ans, des sup­po­sées vic­times avec leur sup­po­sé agres­seur ? Com­ment inter­pré­ter le fait que, dans les nou­veaux locaux de l’IHU, les sup­po­sées vic­times et celui qu’elles ont dési­gné comme leur agres­seur soient ins­tal­lés dans des labo­ra­toires conti­gus par la direc­tion de l’unité ? Com­ment com­prendre qu’un direc­teur d’unité n’ait jamais pris le temps de ren­con­trer, en deux ans, une étu­diante qui a décla­ré avoir été agres­sée dans les locaux de son uni­té, par un direc­teur de recherche sous sa direc­tion (décla­ra­tion faite par Didier Raoult dans une lettre qu’il a signée et adres­sée aux sup­po­sées victimes) ? […]

Aujourd’hui, nous pou­vons dire que, loin de faire son exa­men de conscience, la direc­tion de l’URMITE est dans le déni. Pour les cadres en place il n’est pas ques­tion d’entendre les faits repro­chés, ils sont au contraire mini­mi­sés et les lan­ceurs d’alerte sont accu­sés de tous les maux. […]

Dans la deuxième moi­tié d’août, alors qu’elles sont en vacances, nous sommes aver­tis de menaces de ren­voi ou d’interruption de bourse des sup­po­sées vic­times sexuelles. […]

La pres­sion et la stig­ma­ti­sa­tion conti­nuent encore à l’heure actuelle. Lors de la der­nière assem­blée de l’URMITE, le 23/10/2017, plu­sieurs per­sonnes nous ont rap­por­té les pro­pos qui ont été tenus vis-à-vis des lan­ceurs d’alerte. Ils y auraient été dési­gnés sous le vocable de voyous. Il aurait même été affir­mé qu’ils ne feront pas long­temps les voyous. Leur dénon­cia­tion non signée de ce qu’ils affirment avoir subi aurait même été com­pa­rée à des méthodes de nazis.

Elles sont la démons­tra­tion qu’aucune volon­té d’apaisement et de recherche de rela­tions saines et res­pec­tueuses n’est actuel­le­ment à l’œuvre au sein de l’URMITE. La preuve en est, le pro­fes­seur Jean-Louis Mège, qui a témoi­gné en faveur des vic­times de har­cè­le­ment et d’agression sexuels lors de la CAP, aurait été reti­ré du poste de sous-direc­teur de l’unité Méphi et rem­pla­cé. Nous regret­tons éga­le­ment que de nom­breux per­son­nels de l’URMITE, souf­frant de mal-être au sein de leur uni­té, se voient contraints de par­tir rejoindre d’autres uni­tés, alors que les res­pon­sables res­te­raient en place. » [CGT, 23/11/17]

France 3 a bien évi­dem­ment ren­du compte de l’affaire (source) – appré­ciez la réac­tion de Didier Raoult face aux graves accu­sa­tions contre ses collaborateurs :

Notons qu’en mars 2018, lors de l’inauguration offi­cielle de l’IHU IM a éga­le­ment tenu ses propos :

« Quant aux accu­sa­tions de har­cè­le­ment et agres­sions sexuelles por­tées par des employées de l’IHU à l’encontre de plu­sieurs cher­cheurs, il les balaie d’une for­mule :« Je vous remer­cie d’avoir décrit ce lieu comme un lupa­nar. J’ai fait ins­tal­ler un dis­tri­bu­teur de pré­ser­va­tifs » « Mais vous n’êtes pas la jus­tice, ni la police, s’emporte-t-il. Si le CNRS a vou­lu rendre la jus­tice avant que celle-ci se pro­nonce, ce n’est pas plus à vous de le faire ».

Pour la CGT, ces paroles sont « le reflet d’un manque de consi­dé­ra­tion de M.Raoult envers les vic­times d’actes de har­cè­le­ments sexuels ou agres­sions sexuelles, mais aus­si envers l’ensemble des per­son­nels et étu­diants tra­vaillant à l’IHU ». Les deux syn­di­cats pré­cisent ain­si qu’ils conti­nue­ront « leur action pour amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail et d’étude à l’IHU et faire tom­ber l’omerta qui y règne ».

XIII. Appel à témoignages sur Didier Raoult et ses unités

Dans le cadre de ce dos­sier, nous sommes pre­neurs de tout témoi­gnage (public ou en off), infor­ma­tion ou docu­ment sur la ges­tion de l’IHU par Didier Raoult et les faits pré­cé­dem­ment évoqués.

Vous pou­vez nous contac­ter ici.

XIV. (bonus) Didier Raoult négateur du réchauffement climatique

Sou­li­gnons, en pas­sant, un autre com­bat de Didier Raoult depuis des années : démo­bi­li­ser les popu­la­tions du com­bat contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique (alors que ce n’est évi­dem­ment pas son domaine), comme ici en 2013 (source) ;

et c’est vrai que c’est mal les pré­vi­sions erro­nées, comme nous le ver­rons ci-après.

Et encore ici, le Monde nous rap­pelle ses pro­pos en juin 2014, dans l’hebdomadaireLe Point : « Après une pous­sée ther­mique notable dans les années 1990, la Terre a glo­ba­le­ment arrê­té de se réchauf­fer depuis 1998. » et « le réchauf­fe­ment cli­ma­tique est incer­tain et la res­pon­sa­bi­li­té de l’homme dis­cu­table » (source) !

Bref, Didier Raoult est un vision­naire responsable…

Mais du coup on com­prend mieux pour­quoi Raoult plait autant à Fox New et à Donald Trump…

XV. L’avis de la prestigieuse revue Science

En mars 2012, la revue Science a révé­lé ceci dans cette notice Didier Raoult (source)

« Contro­ver­sé et franc, Raoult a publié l’année der­nière un livre scien­ti­fique popu­laire qui déclare caté­go­ri­que­ment que la théo­rie de l’évolution de Dar­win est fausse. Et il a été tem­po­rai­re­ment inter­dit de publi­ca­tion dans une dou­zaine de grandes revues de micro­bio­lo­gie en 2006. » [Science, 02/03/2012]

Ce ban­nis­se­ment d’un an de toutes les revues édi­tées par la socié­té savante del’American Socie­ty for Micro­bio­lo­gy était dû à une sus­pi­cion de fraude, concer­nant un article de l’équipe de Raoult.

Sa réponse mérite le détour (source) :

Il mini­mise « c’est juste une inver­sion de chiffre » (sic.), puis explique que c’est une vic­time col­la­té­rale d’une sanc­tion col­lec­tive (qui n’existeraient plus en France depuis la Seconde Guerre mon­diale !) – alors qu’ils sanc­tionnent évi­dem­ment sim­ple­ment tous les signa­taires de l’article erro­né. Et il conclut en expli­quant que c’est injuste car « il n’a pas diri­gé le papier et n’a même pas relu la der­nière ver­sion » – il a juste employé sa stra­té­gie du cou­cou en s’attribuant un tra­vail erro­né. Les bras en tombent.

XV. Une dernière question

Pour conclure, j’aimerais par­ta­ger une der­nière réflexion per­son­nelle. À ce stade, elle n’a aucun lien avec Raoult. Elle est en lien avec les récents aveux d’Agnès Buzyn que nous avons rap­por­tés dans ce billet .

« Le 30 jan­vier, j’ai aver­ti Edouard Phi­lippe que les élec­tions ne pour­raient sans doute pas se tenir. Je ron­geais mon frein. » [Agnès Buzyn]

Ces pro­pos ont été confir­més par un témoin. Elle a donc lan­cé une impor­tante alerte au Pre­mier Ministre. Celui-ci a for­cé­ment pas­sé le dos­sier à son conseiller, qui a dû enquê­ter. Il a très pro­ba­ble­ment obte­nu d’une ou plu­sieurs per­sonnes des retours apai­sants. Ils ont dû être trans­mis en retour à Buzyn, qui a fini par se taire. Et, pour se faire, on peut donc ima­gi­ner que ces avis éma­naient de hautes per­son­na­li­tés entou­rées d’une aura pres­ti­gieuse – assez pour faire taire la ministre.

La ques­tion que je me pose est : Raoult en fai­sait-il par­tie ? Raoult a‑t-il été inter­ro­gé le 30 ou 31 jan­vier ou tout début février par les cabi­nets minis­té­riels ? Et leur a‑t-il tenu son leit­mo­tiv « arrê­tez de pani­quer pour rien » – puisqu’on connait par­fai­te­ment sa posi­tion ce jour-là, avec ses vidéos…? Aurait-il contri­bué à désar­mer le gouvernement ?

Il serait inté­res­sant que des jour­na­listes creusent ce point en inter­ro­geant Raoult et Mati­gnon… Car mal­gré les aveux de Buzyn, je n’ai encore vu aucune d’enquête sur : com­ment cette alerte n’a pas été prise en compte ?

[Mes­sage : vous, les témoins directs, intègres et cou­ra­geux, qui êtes dans les struc­tures d’État (et qui à ce stade avez bien com­pris qu’il y a un très très gros pro­blème de gou­ver­nance) : vous pou­vez nous contac­ter ici– ano­ny­mat garanti]

Pour terminer

En conclu­sion, Didier Raoult, vrai grand cher­cheur, semble béné­fi­cier d’une aura exa­gé­rée car il compte de nom­breux échecs à son actif, dans les dif­fé­rents domaines que nous venons d’analyser (c’est-à-dire hors recherche médi­cale fon­da­men­tale). Loin d’être un cher­cheur iso­lé, on voit que ce « man­da­rin à la fran­çaise » béné­fi­cie de puis­sants sou­tiens, qui ont, semble-t-il, empê­ché de le sanc­tion­ner en tant que mana­ger quand il le fallait.

« Géné­ral de la san­té » ayant contri­bué à plu­sieurs reprises à dimi­nuer la mobi­li­sa­tion de la popu­la­tion en pleine offen­sive du coro­na­vi­rus – nous ver­rons jusqu’où plus tard – il a par­ti­ci­pé à notre défaite face à la pro­pa­ga­tion du virus. Espé­rons cepen­dant qu’il par­ti­ci­pe­ra à notre vic­toire finale sur sa mor­ta­li­té. Nous le ver­rons dans le pro­chain billet, consa­cré à son essai ren­du public le 16 mars.

Pour la Chlo­ro­quine, nous n’avons donc aucun avis ; croi­sons les doigts etatten­dons cal­me­ment le résul­tat des essais et les consignes des auto­ri­tés médi­cales. N’imaginez donc pas de com­plots : tout le monde peut l’attraper – Macron, un SDF, Ber­nard Arnaud, vous… – ; donc 100 % des Fran­çais veulent trou­ver un remède au plus vite.

Occu­pons-nous plu­tôt de l’urgence impé­rieuse : ne pas nous faire conta­mi­ner, et #Res­ter­Chez­Nous.

Nous ana­ly­se­rons donc dans le pro­chain billet l’essai de Raoult – mais nous pou­vons déjà vous dire que son pro­fes­sion­na­lisme et son éthique sont à la hau­teur du per­son­nage que nous venons de décrire lon­gue­ment dans ce billet.

Bonne jour­née – et « vous pou­vez éteindre la télévision »… »

Oli­vier Berruyer

Source : les-crises, fr, https://​www​.les​-crises​.fr/​l​e​-​p​r​o​f​e​s​s​e​u​r​-​d​i​d​i​e​r​-​r​a​o​u​l​t​-​r​e​b​e​l​l​e​-​a​n​t​i​-​s​y​s​t​e​m​e​-​o​u​-​m​e​g​a​l​o​m​a​n​e​-​s​a​n​s​-​e​t​h​i​q​ue/


Tou­jours sur les​-crises​.fr, on trouve cette autre information :

Aucune efficacité de la Chloroquine contre le Covid19 d’après un nouvel essai chinois

https://​www​.les​-crises​.fr/​a​u​c​u​n​e​-​e​f​f​i​c​a​c​i​t​e​-​d​e​-​l​a​-​c​h​l​o​r​o​q​u​i​n​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​-​c​o​v​i​d​1​9​-​d​-​a​p​r​e​s​-​u​n​-​n​o​u​v​e​l​-​e​s​s​a​i​-​c​h​i​n​o​is/

Prologue

Les temps sont dif­fi­ciles. Nous tra­ver­sons une crise inédite et angois­sante. Nous sommes en effet confron­tés à un virus dont nous ne sai­sis­sons pas encore toutes les carac­té­ris­tiques, et qui ôte chaque jour la vie à des cen­taines de personnes.

Sur Les-Crises, nous essayons de contri­buer modes­te­ment, à notre échelle, de manière béné­vole et dés­in­té­res­sée, au débat public. Nous ras­sem­blons tous les articles de presse qui nous semblent indis­pen­sables à la bonne com­pré­hen­sion de cette crise, nous pas­sons des heures à bras­ser les don­nées sta­tis­tiques afin de rendre l’information la plus acces­sible possible.

Si les nou­velles rap­por­tées sont alar­mantes ou pes­si­mistes, il n’en va pas de notre volon­té. Nous sommes pro­fon­dé­ment tristes de ce qui se passe en ce moment, comme tout un cha­cun, et espé­rons rap­por­ter des infor­ma­tions plus opti­mistes les pro­chains jours. À titre d’exemple, des dizaines de trai­te­ments contre le Covid-19 sont en cours de tests, et nous allons bien­tôt vous en pro­po­ser une pré­sen­ta­tion. Toute la recherche mon­diale est concen­trée sur ce Coro­na­vi­rus, l’espoir est loin d’être perdu.

En d’autres termes, nous ne sou­hai­tons pas vous dire ce que vous avez envie d’entendre (c’est le rôle des poli­ti­ciens…) mais ce qui nous semble indis­pen­sable à savoir pour vous aider à for­ger une opi­nion éclairée.

La fièvre de la « course à la Chlo­ro­quine » sus­cite une intense polé­mique en France, ce qui ne semble pas être le cas dans le reste du monde, bien que le sujet ait été très inves­ti éga­le­ment par les Répu­bli­cains aux États Unis ou encore, le pré­sident Bré­si­lien, Bol­so­na­ro. Consé­quence : la chlo­ro­quine s’est échap­pée de son sujet ini­tial, à savoir la méde­cine, pour à pré­sent noir­cir les papiers d’opinions poli­tiques et d’experts autoproclamés.

C’est une erreur. Quoi qu’on en dise, c’est au corps médi­cal de tran­cher cette ques­tion – ce qui sup­pose un consen­sus de la com­mu­nau­té scien­ti­fique -, et il me déplaît d’avoir fina­le­ment à par­ler de Didier Raoult et « son médi­ca­ment », dans la mesure où notre posi­tion est la sui­vante : nous ne savons pas si la chlo­ro­quine est effi­cace, mais c’est une mau­vaise idée de se pré­ci­pi­ter dans l’émotion vers un médi­ca­ment qui n’a pas été tes­té dans des condi­tions nor­males contre le Covid19.

Sans rigueur scien­ti­fique ni recul cri­tique, on peut ima­gi­ner une sur­en­chère de solu­tions miracles :

« — si, si, Robert, prends du penta­sul­fate de potas­sium à 200 mg, je l’ai vu pas­ser sur Twit­ter — ah non, René, moi, j’écoute Les Répu­bli­cains et je prends de la qui­nis­tase de sul­fa­mine 800 mg chaque matin — Bon­jour ! Vous connais­sez le car­bo­nate de bro­mure ? »

Cepen­dant, nous rece­vons tous les jours des cen­taines de mes­sages qui nous exhortent de par­ler de Didier Raoult, notre silence étant de fac­to inter­pré­té comme une posi­tion à charge, pour ne pas dire, une agression !

Nous allons donc vous mon­trer dans cet article et les pro­chains, les élé­ments qui conti­nuent à ali­men­ter notre pru­dence face à la reven­di­ca­tion d’administration géné­ra­li­sée de la Chlo­ro­quine, en atten­dant que la science tranche.

Bonne lec­ture !

Le nouvel essai chinois sur la chloroquine (du 26 février)

Le Doc­teur Jun CHEN est méde­cin et Direc­teur adjoint du Dépar­te­ment des mala­dies infec­tieuses et immu­ni­taires à l’Université Fudan de Shan­ghai, en Chine. C’est en quelque sorte un des jeunes Raoult chinois.

Son équipe a réa­li­sé un essai d’hydroxy-chloroquine sur 30 malades du Covid-19 en Chine, n’étant pas atteints de forme sévère. Elle a été sou­mise à publi­ca­tion le 26 février et accep­tée le 6 mars. Elle est dis­po­nible ici (anglais et chinois) :

Nous vous en avons tra­duit la syn­thèse, que nous vous commentons :

Étude pilote portant sur l’hydroxy-chloroquine dans le traitement des patients atteints de la forme commune de la maladie associée au coronavirus 19 (COVID-19) [soumise le 29 février, publiée le 6 mars]

CHEN Jun, LIU Dan­ping, LIU Li, LIU Ping, XU Qin­gnian, XIA Lu, LING Yun, HUANG Dan, SONG Shu­li, ZHANG Dan­dan, QIAN Zhi­ping, LI Tao, SHEN Yinz­hong, LU Hongzhou

Dépar­te­ment des mala­dies infec­tieuses et immu­ni­taires, Centre cli­nique de san­té publique de Shan­ghai, Uni­ver­si­té Fudan, Shan­ghai 201508, Chine

Résu­mé

Objec­tif : Éva­luer l’efficacité et l‘inno­cui­té de l’hydroxychloroquine (HCQ) dans le trai­te­ment des patients atteints d’une mala­die de au coro­na­vi­rus 19 sous sa formecommune (COVID-19).

Méthodolo­gie : Nous avons recru­té au Centre cli­nique de san­té publique de Shan­ghai, de manière pros­pec­tive 30 patients n’ayant jamais été trai­tés et atteints d’un COVID-19 confir­mé, et ayant signé leur consen­te­ment éclai­ré. Les patients ont été ran­do­mi­sés 1:1 dans le groupe HCQ et dans le groupe témoin. Les patients du groupe HCQ ont reçu 400 mg de HCQ par jour pen­dant 5 jours en plus des trai­te­ments conven­tion­nels, tan­dis que ceux du groupe de contrôle n’ont reçu qu’un trai­te­ment conven­tion­nel. Le prin­ci­pal cri­tère d’évaluation était le taux de conver­sion néga­tif de l’acide nucléique du COVID-19 dans le pré­lè­ve­ment res­pi­ra­toire pha­ryn­gé au 7e jour après la ran­do­mi­sa­tion. Cette étude a été approu­vée par le comi­té d’éthique du centre cli­nique de san­té publique de Shan­ghai et enre­gis­trée en ligne (NCT04261517).

OB : donc l’essai porte sur 30 malades – ce qui est petit, il faut donc être très pru­dent au niveau des conclu­sions. 15 reçoivent leur trai­te­ment plus de l’hydroxy-chloroquine (HCQ), et 15 sim­ple­ment leur traitement.

Résul­tats : Un patient du groupe HCQ a déve­lop­pé une forme sévère pen­dant le traitement.

OB : pas de chance, un des patients sous chlo­ro­quine a gra­ve­ment empi­ré ; et aucun dans le groupe sans chlo­ro­quine. La chlo­ro­quine a‑t-elle empi­ré la san­té du malade, ou est-ce du hasard ? On ne peut le savoir à ce stade, ce sont 2 hypo­thèses désormais.

Au jour 7, l’acide nucléique du COVID-19 était absent dans les pré­lè­ve­ments pha­ryn­gés dans 13 des cas (86,7 %) dans le groupe HCQ, et 14 des cas (93,3 %)dans le groupe témoin (P>0,05).

OB : c’est assez simple : au bout d’une semaine :

  • 13 malades trai­tés à la chlo­ro­quine sur 15 n’ont plus de virus dans la gorge ;
  • mais 14 malades non trai­tés à la chlo­ro­quine sur 15 n’ont plus le virus dans la gorge.

Le bilan est donc celui-ci :

  • 15 patients trai­tés à la chlo­ro­quine au bout d’une semaine : 13 sans virus, 1 malade, 1 aggravé
  • 15 patients sans chlo­ro­quine au bout d’une semaine : 14 sans virus, 1 malade

On ne peut pas aller trop loin dans les conclu­sions vu la taille de l’échantillon, mais, ici, on peut au moins en conclure que 1/ la chlo­ro­quine ne semble pas mira­cu­leuse 2/ il faut véri­fier dans des tests plus larges si elle n’aggrave pas le Covid-19. Et rien de plus.

La durée médiane entre la date d’hos­pi­ta­li­sa­tion et la conver­sion néga­tive de l’acide nucléique viral a été de 4 (1−9) jours dans le groupe HCQ, ce qui est com­pa­rable à celle du groupe témoin 2 (1−4) jours, (U=83,5, P>0,05)].

OB : la chlo­ro­quine n’a, ici, pas eu d’effet notable sur le virus ou réduit la durée d’hospitalisation

Le temps médian pour arri­ver à la nor­ma­li­sa­tion de la tem­pé­ra­ture cor­po­relle dans le groupe HCQ a été de 1 (0−2) après l’hospitalisation, ce qui est éga­le­ment com­pa­rable à celui du groupe de contrôle 1 (0–3)].

OB : la chlo­ro­quine n’a, ici, pas accé­lé­ré la baisse de la température

La pro­gres­sion radio­lo­gique a été mise en évi­dence sur les images tomo­den­si­to­mé­triques dans 5 cas (33,3%) du groupe HCQ et 7 cas (46,7%) du groupe témoin, et tous les patients ont mon­tré une amé­lio­ra­tion lors de l’examen de sui­vi. Quatre cas (26,7%) du groupe HCQ et 3 cas (20%) du groupe de contrôle ont eu une diar­rhée tran­si­toire et une fonc­tion hépa­tique anor­male (P>0,05).

OB : la chlo­ro­quine n’a, ici, pas d’effet notable sur ces autres critères

Conclu­sions : Le pro­nos­tic pour les patients ayant le COVID-19 sous sa forme com­mune est bon. Une étude sur un échan­tillon plus large est néces­saire pour étu­dier les effets de la HCQ dans le trai­te­ment du COVID-19. Les recherches ulté­rieures devraient pous­ser plus avant l’analyse et bien prendre en compte la fia­bi­li­té des expé­riences, notam­ment par [NdT : une plus grande] taille de l‘échan­tillon.

Commentaire du Docteur Chen

Afin de vous don­ner une bonne infor­ma­tion, nous avons contac­té le doc­teur Chen pour qu’il réagisse à la situa­tion du débat public en France que nous lui avons décrite. Voi­ci sa réponse :

« Nous n’avons obser­vé aucune ten­dance béné­fique de l’hydroxy-chloroquine dans le trai­te­ment du Covid-19. Mais cela ne signi­fie pas non plus que cela aggra­ve­rait la mala­die. Notre étude était limi­tée par sa petite taille d’échantillon [30 malades].

Mais nous pou­vons consta­ter dans cet essai que l’hydroxy-chloroquine n’est pas un médi­ca­ment « magique » – dans l’hypothèse où il aurait bien un effet anti­vi­ral. Je sais qu’il y a des ECR [Etudes Com­pa­ra­tives Ran­do­mi­sées = essais cli­niques de qua­li­té] en cours sur l’hydroxy-chloroquine. Mais, je ne connais aucun résul­tat posi­tif de ces études par com­mu­ni­ca­tion personnelle.

En fait l’hydroxy-chloroquine n’a jamais été effi­cace dans aucune des mala­dies virales, mal­gré son acti­vi­té anti­vi­rale in vitro.

De plus, son pro­blème est qu’elle a un effet néfaste dans le trai­te­ment de cer­taines mala­dies virales, aggra­vant notam­ment le VIH et les infec­tions par le virus du Chikungunya.

Par consé­quent, je recom­mande for­te­ment d’attendre que les ECR [essais cli­niques] soient effec­tués avant d’utiliser cette sub­stance comme pro­phy­laxie ou comme médi­ca­ment thé­ra­peu­tique. » [Jun CHEN, inter­view Les​-crises​.fr, 25 mars 2020]

Conclusion

On ne peut tirer de solides conclu­sions de tels essais. Mais on peut à tout le moins dire qu’il faut res­ter très pru­dent par rap­port à la chlo­ro­quine, tant au niveau de son effi­ca­ci­té que de ses effets négatifs.

L’expérience de Didier Raoult, sur des bases assez simi­laires, a abou­ti à des conclu­sions assez dif­fé­rentes, ce qui inter­pelle compte tenu de la sim­pli­ci­té du pro­to­cole. Celle-ci sera l’objet du pro­chain article à paraître sur Les-Crises – nous vous y pré­sen­te­rons le détail.

Notons éga­le­ment que Didier Raoult n’a pas men­tion­né cette étude contre­di­sant sa thèse alors que celle-ci a été pré-publiée 20 jours avant la sienne, et qu’il se rap­porte pour­tant très sou­vent aux tra­vaux des scien­ti­fiques chi­nois pour jus­ti­fier ses positions.

« Les Chi­nois, qui sont ceux qui vont le plus vite, qui sont le plus prag­ma­tiques, […] ont fait du repo­si­tion­ning. […] Je consi­dère les Chi­nois comme les meilleures équipes de viro­lo­gie au monde. […] J’espère que les Chi­nois nous don­ne­ront très rapi­de­ment les résul­tats d’une pre­mière étude sur l’efficacité de la chlo­ro­quine sur les coro­na­vi­rus. » (sources https://​you​tu​.be/​8​L​6​e​h​R​i​f​-v8 et https://​you​tu​.be/​m​J​l​2​n​P​H​A​o2g)

En l’état, le point com­mun entre ces deux essais aux conclu­sions contra­dic­toires est qu’ils ont été opé­rés sur des échan­tillons bien trop faibles en nombre, en sorte qu’aucun avis défi­ni­tif ne peut en résul­ter. C’est pour­quoi d’autres essais plus fiables sont en cours – espé­rons que leurs résul­tats puissent démon­trer l’efficacité de la Chlo­ro­quine.

Mer­ci de votre fidélité.

Oli­vier Berruyer

Edit : je note que Bloom­berg vient éga­le­ment d’en par­ler (en anglais).

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36 Commentaires

  1. etienne
  2. Gaudefroy

    Sachant que toute cri­tique est cen­su­rée sur le blog de Ber­ruyer, je me per­mets de com­men­ter ici :
    c’est la deuxième fois que Mr Ber­ruyer fait un dos­sier long comme s’il avait une équipe de 20 per­sonnes, la pre­mière fois étant un autre énorme dos­sier pour défendre glo­ba­le­ment la véri­té pla­to­ni­cienne offi­cielle du 11 septembre.

    Mr Ber­ruyer retient dif­fi­ci­le­ment son mépris pour Raoult & Trump :
     » Mais bon, si Trump avait fait de la recherche plu­tôt que de la poli­tique, cela devrait – dans la forme – res­sem­bler plus ou moins à ce que fait Raoult. »

    Déso­lé, mais Mr Raoult est un cher­cheur recon­nu (cf Experts­cape) qui s’est com­por­té dans cette crise en héros en osant bra­ver la psy­chose média­tique autour du Covid19.

    L’ex­pé­ri­men­ta­tion qui a lieu en ce moment à Mar­seille avec tous ces gens qui viennent se faire dépis­ter va four­nir des datas très ins­truc­tives dans les jours qui viennent…

    Réponse
      • Berberis

        l’i­déal aus­si, choi­sir une vidéo direc­te­ment à la source – taper IHU-médi­ter­ra­née – infection

        Le fait que le Pr D. Raoult ait déci­dé de quit­ter le conseil scien­ti­fique, pré­si­dé par le pré­sident de la ripou­blique, per­met de com­prendre que celui-ci, sérieux dans son tra­vail mené à coeur, soit la cible des médias-poubelle.
        Vu que son remède uti­li­sé contre le palu, le lupus et la poly­ar­thrite rhu­ma­toîde, en plus des coro­na, ne rap­porte pas grand chose à bigpharma.
        Comme dit par le couple de can­cé­ro­logue Delé­pine, à l’hos­pi­tal, on ne soigne plus, on fait de l’ex­pé­ri­men­ta­tion (pro­to­coles déci­dés par les ars).
        Une ampu­ta­tion rap­porte plus que du soin, une césa­rienne (acte chi­rur­gi­cal) plus qu’un accou­che­ment par voies basses.

        Autres dérives : le décret per­met­tant l’u­sage d’un séda­tif, le rivo­tril, c’est-à-dire, l’eu­tha­na­sie, à la libre appré­cia­tion d’un méde­cin, sans consen­te­ment de la famille (qui est, en période de confi­ne­ment, écartée).

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    • jean marie

      Et quand on regarde de plus prêt les scien­ti­fiques en charge de cette étude ran­do­mi­sé covid 19 et bien dans le genre de conflits d’in­té­rêts avec les labo qui pèsent des mil­liards type Gilead avec leur rem­de­si­vir ça laisse rêveur sur le « tirage au sort des patients » !
      Pire aucune info trans­pa­rente et claire de notre gou­ver­ne­ment , il faut grat­ter pour trou­ver infos par­tielles , et scan­dale le pro­to­cole du pr Raoult hydroxy­chlo­ro­quine + azy­thro­mi­cine n’y figure pas c’est uni­que­ment le pre­mier et au stade sévère. Bref per­sonne n’a don­né de preuve scien­ti­fique et expli­quer la rai­son pour laquelle ils ont écar­té le pro­to­cole com­plet , pour­quoi ? hummm on a une petite réponse quand on regarde la liste des action­naires des gros labo Américains …
      Ah on revient au début des mil­liards en jeu …alors les mil­liers de mort vous com­pre­nez c’est secondaire …
      d’ailleurs très inté­res­sant une vidéo entre 2 des scien­ti­fiques montrent déjà le résul­tat de l’é­tude Rem­de­si­vir qui marque leur appro­ba­tion , ah tient pour une étude neutre on repas­se­ra .…cir­cu­lons il n’y a plus à voir c’est nos chères gou­ver­nances qui choi­si­ront pour nous la cou­leur du cercueil !!
      Heu­reu­se­ment on n’est pas tous des lapins de 3 semaines

      Réponse
  3. Marco

    Raoult ce qu’il pro­pose de faire et ce qu’il fait c’est de dépis­ter, soi­gner (avec ce qu’il croit efficace)!
    Il y a une pro­ba­bi­li­té non nulle que ça fonc­tionne, donc que ça sauve des vies !
    Lais­sez le faire, éva­luez et si cela fonc­tionne déployez mas­si­ve­ment à grande échelle sur la pla­nète entière
    Si ça ne fonc­tionne pas ce ne sera pas la pre­mière fois qu’un expert mon­dia­le­ment connu aura essayé un truc inof­fen­sif, tous sont pas­sés par là, qu’ils s’ap­pellent Flem­ming, Pas­teur, Koch, Schweitzer …

    OB arrê­tez de taper sur un bon­homme res­pec­table qui fait le job avec des argu­ments de caniveau

    Réponse
  4. etienne
  5. joss

    Pru­dence, pru­dence, mais on n’est pas si pru­dent avec les autres médi­ca­ments ou vaccins…

    Réponse
  6. joss

    Karl Pop­per
    « De quelle manière pou­vons-nous espé­rer déce­ler et éli­mi­ner l’erreur ? »
    Par la cri­tique des théo­ries ou des sup­po­si­tions for­mu­lées par d’autres et – pour­vu que nous y soyons entraî­nés – par celle de nos propres théo­ries ou conjec­tures (cette seconde démarche est tout à fait sou­hai­table, mais elle n’est pas indis­pen­sable, car si nous échouons à cri­ti­quer nos théo­ries, il s’en trou­ve­ra d’autres pour le faire à notre place).
    1. Il n’existe pas de source ultime de la connais­sance. Aucune source, aucune indi­ca­tion n’est à éli­mi­ner, et toutes se prêtent à l’exa­men cri­tique. À l’ex­cep­tion du domaine his­to­rique, ce sont en géné­ral les faits eux-mêmes que nous sou­met­tons à exa­men, et non les sources d’où pro­cé­de­rait l’information.
    2. La ques­tion appro­priée, pour l’é­pis­té­mo­lo­gie, n’est pas celle des sources. Il s’a­git au contraire de se deman­der si l’as­ser­tion énon­cée est vraie, si elle s’ac­corde avec les faits. Nous nous effor­çons alors de répondre, du mieux que nous pou­vons, en exa­mi­nant ou en tes­tant l’as­ser­tion elle-même, soit de manière directe, soit en en sou­met­tant les consé­quences à l’exa­men et aux tests.
    3. Pour ce genre d’exa­men, dif­fé­rentes démarches peuvent conve­nir. Une des pro­cé­dures carac­té­ris­tiques consiste à exa­mi­ner si nos théo­ries sont com­pa­tibles avec nos obser­va­tions. Mais on peut aus­si, par exemple, exa­mi­ner la cohé­rence interne et la concor­dance de diverses sources historiques.

    Réponse
  7. JPM
  8. JPM
  9. joss

    L’é­tude cli­nique ran­do­mi­sé en double aveugle pour vali­der l’ac­tion béné­fique d’un médi­ca­ment, a la même por­tée que le tirage au sort en démocratie.

    Réponse
  10. Vincent

    http://jdmichel.blog.tdg.ch/index‑1.html

    Je vous recom­mande les articles de cet anthro­po­logue de la san­té. C’est un excellent expo­sé sur la situa­tion du Covid et aus­si à pro­pos de la science/médecine.

    Réponse
  11. JPM
  12. JPM

    En islande 1 per­sonne sur 2 tes­tée posi­tive est asymptomatique

    Réponse
  13. JPM
  14. etienne

    Je trouve Sam pas­sion­nant, et sur­tout admi­rable dans sa façon mesu­rée et exi­geante de cher­cher la vérité :

    COVID19 : CE SCIENTIFIQUE, NOTRE SAUVEUR ? • Le Petit Point d’? – 24 mars 2020

    https://​you​tu​.be/​h​1​8​t​S​E​Y​u​kqE

    ÊTES-VOUS PRÊT À COMPRENDRE LE PROF. RAOULT ? • Le Petit Point d’? – 4 avril 2020

    https://​you​tu​.be/​T​A​G​h​a​Z​V​1​VzM

    Lorsqu’un problème me dépasse, je me tourne vers les meilleurs experts et, même si je ne suis pas d’accord apriori avec ce qu’ils disent, je m’en remet à eux.


    La vidéo dont Sam parle à la fin : 

    « Gardons notre calme » par le psychiatre Jean-Baptiste Alexanian

    https://​you​tu​.be/​L​k​4​M​i​y​l​U​yKQ

    Réponse
  15. joss

    Je suis plu­tôt de l’a­vis de Sam. Je trouve aus­si qu’on doit ana­ly­ser les études et non les per­sonnes, et évi­ter les calom­nies (cela ne fait pas avan­cer le débat). Des don­nées, des don­nées, encore des données,…
    On vit dans une époque dans laquelle pour impo­ser ses idées ou ses inté­rêts on s’at­taque uni­que­ment à la per­sonne sans débat de fond. Mais ce n’est pas parce que cer­tains s’at­taquent à la per­sonne du dr Raoult qu’on doit le défendre et négli­ger l’a­na­lyse sérieuse des don­nées et des études cliniques.

    Réponse
  16. joss

    Il y a des experts dans tous les domaines, mais en poli­tique nous sommes tous experts.

    Réponse
  17. joss

    Ci-des­sous, une publi­ca­tion du dr Michel de Lor­ge­ril, méde­cin, épi­dé­mio­lo­giste, phy­sio­lo­giste, CNRS :
    COVID-19 et hydroxy­chlo­ro­quine, pour­quoi tant de hargne ?
    https://​www​.aim​sib​.org/​2​0​2​0​/​0​4​/​0​5​/​c​o​v​i​d​-​1​9​-​e​t​-​h​y​d​r​o​x​y​c​h​l​o​r​o​q​u​i​n​e​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​t​a​n​t​-​d​e​-​h​a​r​g​ne/

    …expert en métho­do­lo­gie (essais cliniques)

    Réponse
  18. Oscar

    Bon­jour,

    Pour­quoi autant de billet sur le Pr Raoult ?
    Pour­quoi un tel achar­ne­ment sur ce professeur ?

    D’autre sujets impor­tants peuvent être pro­po­ser sur le site « les crises »

    La crise du Covid-19 n’est pas que sani­taire, elle crée ou va créer d’autre crises
    (Finance, assu­rance, emploi, poli­tique, éco­no­mique etc.….….…)

    Oli­vier Ber­ruyer qui est actuaire doit bien connaitre le monde de la finance et assurance.

    Le site perd de sa cré­di­bi­li­té en se foca­li­sant sur Raoult et sa Chlo­ro­quine au détri­ment des autres pro­blèmes que va engen­drer le Covid-19

    Réponse
    • joss

      Pour moi, le billet sur le pr Raoult per­met de faire une ana­lo­gie entre le sec­teur médi­cal et la poli­tique, de mettre en évi­dence cer­taines simi­la­ri­tés. Le billet sur la chlo­ro­quine per­met de débattre sur la méthode scien­ti­fique, « méthode » qui est tout aus­si impor­tante en poli­tique afin d’ob­te­nir une véri­table démo­cra­tie (par la rédac­tion de notre consti­tu­tion). 2 billets, ce n’est pas énorme. Quant aux autres pro­blèmes qui vont suivre, ils sont déjà débat­tus sur ce site depuis des années 😉

      Réponse
  19. jean marie

    « Quand le sage montre la lune l’im­bé­cile regarde le doigt … »
    Si vous pou­viez faire de même avec BUZYN, LEVY vous auriez pas assez d’un bou­quin mais sur­tout on ne vous accu­se­rait moins d’a­voir reçu quelques billets de labo comme Gilead pour être si peut partial…
    on juge un homme par des faits et aux taux de mor­ta­li­té sur l’I­HU oui c’est l’é­qui­valent des morts d’une bonne grippe sauf quand on empêche les méde­cins de soi­gner et cer­tai­ne­ment pas avec du rem­de­si­vir à 500 euros la boite pour faire plai­sir aux mafieux action­naires et nos politiques !
    mar­cher sur des cadavres pour sau­ter récu­pé­rer des billets en dizaine de mil­liards ne dérange pas les mafieux en cols blancs …
    Dys­to­pie = socié­té orga­ni­sée de telle façon qu’elle empêche les gens d’être heu­reux. Bref je m’a­dresse à vos lec­teurs lec­trices , quelques infos , déjà ça vient de tom­bé on est clas­sé 34 ème au niveau mon­dial donc bien en baisse sur la liber­té de la presse .…ça en dit long sur le sujet de nos médias tenus par les hol­ding mafieuses .

    https://​you​tu​.be/​i​I​4​c​n​e​a​Y​KOo
    https://​you​tu​.be/​L​e​J​W​_​l​H​y​s9s

    Ci des­sous témoi­gnage d’une dépu­té LREM .…
    https://​you​tu​.be/​i​Y​H​0​9​7​y​Q​qOg

    https://​you​tu​.be/​j​q​D​i​b​d​y​v​htI
    ci des­sous le site ou vous pou­vez véri­fier les conflit d’in­té­rets des per­son­nels de san­té comme le pro­fes­seur Yaz­pan res­pon­sable soit disant de l’é­tude covid , Lacom, bref com­ment faire confiance ? sur la
    https://​www​.trans​pa​rence​.sante​.gouv​.fr
    Ah et puis celui ci pour vous rap­pe­ler ce dont parle idriss en 2015 le tour de pas­see passe de la finance des labo amé­ri­cains .…650 mil­lions d’eu­ros pas­sé en dette pour les fran­cais …et bien on y est mais nous sommes des mil­lions cette fois ci à veiller …
    /flow/rechercheBeneficiaires?execution=e1s5
    http://cgtchutoulouse.fr/2015/06/29/le-virus-des-conflits-dinterets-touche-les-experts-de-lhepatite‑c/
    https://​www​.scien​ce​se​ta​ve​nir​.fr/​s​a​n​t​e​/​c​o​n​f​l​i​t​s​-​d​-​i​n​t​e​r​e​t​s​-​e​n​-​s​a​n​t​e​-​u​n​e​-​t​r​a​n​s​p​a​r​e​n​c​e​-​b​i​e​n​-​t​r​o​u​b​l​e​_​3​0​141

    Et on était il y a 6 ans en arrière
    https://​you​tu​.be/​E​q​B​2​F​g​L​k​_ZE

    Réponse
  20. Berberis

    TAGS : PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES, THE LANCET
    • Post published:4 juillet 2016

    « Un aveu cho­quant de l’éditeur de The Lan­cet, la revue médi­cale la plus esti­mée au monde, a été pra­ti­que­ment igno­ré par la grande presse et les médias domi­nants. Le Dr Richard Hor­ton, rédac­teur en chef de The Lan­cet, a récem­ment fait une annonce disant qu’un nombre scan­da­leux de publi­ca­tions d’études sont au mieux, peu fiables, quand elles ne sont pas com­plè­te­ment men­son­gères, en plus de frauduleuses ».
    ________________________________________

    https://​crii​gen​.org/​u​n​-​a​v​e​u​-​c​h​o​q​u​a​n​t​-​d​e​-​l​e​d​i​t​e​u​r​-​d​e​-​t​h​e​-​l​a​n​c​et/

    [Vidéo] Didier Raoult dénonce « l’étude foi­reuse » du Lan­cet contre l’hydroxychloroquine
    par Richard Michel 25 mai 2020 à 18h08 (modi­fié le 25 mai 2020 à 18h13)
    Didier Raoult dénonce « l’é­tude foi­reuse » du Lan­cet contre l’hydroxychloroquine
    Didier Raoult dénonce « l’é­tude foi­reuse » du Lan­cet contre l’hydroxychloroquine

    Didier Raoult contre le reste du monde, nou­vel épi­sode. Dans sa der­nière vidéo publiée lun­di 25 mai, le direc­teur de l’IHU Médi­ter­ra­née Infec­tion qua­li­fie de « foi­reuse » l’étude publiée par la revue médi­cale The Lan­cet. Cette der­nière a conclu sur l’inefficacité de la chlo­ro­quine et de son déri­vé, l’hydroxychloroquine contre le Covid-19. Pire, elle affirme que ces molé­cules aug­mentent les chances de décès et d’arythmie cardiaque.

    « Le big data, une fan­tai­sie déli­rante » pour Raoult
    « Ce qui est rap­por­té n’a plus rien à voir avec la réa­li­té obser­vée, s’étrangle Didier Raoult. « Com­ment expli­quer qu’à l’IHU, nous n’avons enre­gis­tré aucun mort de tachy­car­die ven­tri­cu­laire sur 4 000 per­sonnes trai­tées alors que chez eux, qui n’ont vu aucun patient, ils avancent un taux de près de 10% ? », demande l’infectiologue marseillais.

    L’étude du Lan­cet porte sur 15 000 patients dans le monde admis dans 671 hôpi­taux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020. Elle n’est pas réa­li­sée par des méde­cins mais par des sta­tis­ti­ciens, « des gens qui font du big data, une espèce de fan­tai­sie com­plè­te­ment déli­rante » selon Didier Raoult. Il n’accorde aucune valeur aux chiffres annon­cés car « ils mélangent tous les trai­te­ments sans pré­ci­ser les doses admi­nis­trées. C’est sûr, on peut se sui­ci­der avec l’hydroxychloroquine si on en prend à haute dose. Tout comme le doli­prane d’ailleurs qui en réa­li­té est beau­coup plus dan­ge­reux », affirme-t-il. Cette nou­velle publi­ca­tion à charge contre son trai­te­ment favo­ri est une nou­velle preuve pour le méde­cin de « la dérive dan­ge­reuse des jour­naux de recherche médi­cale qui tordent la réa­li­té pour en don­ner une ver­sion bien éloi­gné de la véri­té obser­vable sur le terrain ».

    L’ancien ministre de la San­té Phi­lippe Douste-Bla­zy (admi­nis­tra­teur de l’IHU), a éga­le­ment dénon­cé les pra­tiques des revues scien­ti­fiques et pris ses dis­tances avec l’étude de The Lan­cet : « Les malades dont parle l’auteur de l’étude, ce sont des gens qui ont eu l’hydroxychloroquine déjà à l’hôpital, et déjà avec des charges virales très éle­vées. Le pro­fes­seur Raoult, lui, ne dit pas cela. Il dit : il faut don­ner de l’hydroxychloroquine au début » a‑t-il décla­ré sur BFM. Le ministre de la San­té, Oli­vier Veran a lui deman­dé sam­di « une révi­sion des règles déro­ga­toires de pres­crip­tion » après la publi­ca­tion dans la revue de san­té « The Lan­cet » d’une étude concluant à l’inefficacité et aux risques de cer­tains trai­te­ments du coro­na­vi­rus, dont l’hydroxychloroquine.

    Un taux de mor­ta­li­té de 0,5% à l’IHU
    La réa­li­té du ter­rain, c’est celle qu’il voit chaque jour à l’IHU. Et les don­nées que son équipe récolte prouvent sans nul doute pour lui, l’efficacité de son trai­te­ment basé sur l’association hydroxy­chlo­ro­quine et azy­thro­my­cine : « Sur 3 600 patients trai­tés avec ce pro­to­cole, nous enre­gis­trons un taux de mor­ta­li­té extrê­me­ment bas de 0,5 % », avance le Pr Raoult. L’IHU a tes­té envi­ron 50 000 patients depuis le début de la crise avec 5 000 posi­tifs. L’établissement a ain­si tiré de nou­veaux ensei­gne­ments sur le Covid-19, notam­ment le rôle du zinc sur la sévé­ri­té de la mala­die : « Les cas les plus graves ont un taux très bas », avancent Didier Raoult. Le cher­cheur mar­seillais affirme aus­si avoir décou­vert « pour­quoi les enfants ne sont pas atteints par le coro­na­vi­rus ». Mais en bon com­mu­ni­cant, il laisse durer le sus­pense et donne ren­dez-vous la semaine pro­chaine pour connaître la réponse.

    Le ministre de la San­té, Oli­vier Véran a deman­dé « une révi­sion des règles déro­ga­toires de pres­crip­tion » après la publi­ca­tion de The Lan­cet. En dehors des essais cli­niques, la France a déjà res­treint l’usage de l’hydroxychloroquine à l’hôpital uni­que­ment et seule­ment pour les cas graves sur déci­sion col­lé­giale des médecins.

    Liens utiles :

    > [Gomet’ Live] Entre­prises, recherche, soins : la riposte au covid-19
    > [Ver­ba­tim] Didier Raoult devant les séna­teurs : « les déci­sions de l’Etat décrédibilisées »
    > Covid-19 : Didier Raoult écarte l’hypothèse de la deuxième vague
    > Didier Raoult contre-attaque face aux menaces de l’Ordre des médecins

    https://​gomet​.net/​r​a​o​u​l​t​-​e​t​u​d​e​-​l​a​n​c​et/

    https://​putsch​.media/​2​0​2​0​0​5​2​3​/​c​u​l​t​u​r​e​/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​v​i​d​e​o​-​l​e​-​d​o​c​t​e​u​r​-​v​i​o​l​a​i​n​e​-​g​u​e​r​i​n​-​c​o​u​p​e​e​-​a​u​-​m​i​l​i​e​u​-​d​e​-​s​o​n​-​e​x​p​l​i​c​a​t​i​o​n​-​s​u​r​-​b​f​m​-​tv/

    Réponse
  21. joss

    Une étude pou­belle* du Lan­cet (publiée le 22 mai) per­met de dis­qua­li­fier l’u­ti­li­sa­tion de l’hydroxichloroquine dans le trai­te­ment du covid-19 et d’en­gen­drer la déci­sion de l’OMS de sus­pendre les essais cli­niques de cette molé­cule. C’est un abus de pou­voir éco­no­mique et scientifique !
    * « pou­belle », car ce n’est pas une étude cli­nique ran­do­mi­sée en double aveugle (ce que l’on deman­dait au Pr Raoult), donc à oublier.

    Réponse
    • Berberis

      on est d’accord

      Réponse
  22. Berberis

    « Fin de par­tie » pour l’hydroxychloroquine ? Une escro­que­rie intellectuelle
    PAR LAURENT MUCCHIELLI 26 MAI 2020
    Socio­logue, direc­teur de recherches au CNRS (Labo­ra­toire Médi­ter­ra­néen de Socio­lo­gie), http://​www​.laurent​-muc​chiel​li​.org
    BLOG : LE BLOG DE LAURENT MUCCHIELLI

    https://​blogs​.media​part​.fr/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​u​c​c​h​i​e​l​l​i​/​b​l​o​g​/​2​6​0​5​2​0​/​f​i​n​-​d​e​-​p​a​r​t​i​e​-​p​o​u​r​-​l​-​h​y​d​r​o​x​y​c​h​l​o​r​o​q​u​i​n​e​-​u​n​e​-​e​s​c​r​o​q​u​e​r​i​e​-​i​n​t​e​l​l​e​c​t​u​e​lle

    https://​blogs​.media​part​.fr/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​u​c​c​h​i​e​l​l​i​/​b​l​o​g​/​1​6​0​5​2​0​/​l​e​s​-​j​o​u​r​n​a​l​i​s​t​e​s​-​f​r​a​n​c​a​i​s​-​n​e​-​s​a​v​e​n​t​-​n​i​-​l​i​r​e​-​n​i​-​i​n​t​e​r​p​r​e​t​e​r​-​l​e​s​-​e​t​u​d​e​s​-​m​e​d​i​c​a​les

    https://​blogs​.media​part​.fr/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​u​c​c​h​i​e​l​l​i​/​b​l​o​g​/​1​1​0​5​2​0​/​l​a​-​d​a​n​g​e​r​o​s​i​t​e​-​d​e​-​l​-​h​y​d​r​o​x​y​c​h​l​o​r​o​q​u​i​n​e​-​u​n​e​-​f​a​b​l​e​-​p​o​l​i​t​i​c​o​-​m​e​d​i​a​t​i​que

    Réponse
  23. Berberis

    Ici, une pro­cé­dure en jus­tice, en action col­lec­tive, par ces avocats :
    https://​nou​blions​rien​.fr/

    Déjà 16937 par­ti­ci­pa­tions, sous forme d’a­bon­ne­ment, à par­tir de 3,50/mois, à une revue sur les suites de la procédure.

    Réponse
  24. Dufies

    M. Chouard vous êtes de plus en plus déce­vant, aucun dis­cer­ne­ment. Seriez vous dans le déni ? Ayez une vue d’ensemble.
    Pour­quoi la chlo­ro­quine est inter­dite juste pen­dant le début de la crise de covid19, pres­crit depuis 40 ans, subi­te­ment clas­sé vénéneuse ?
    Pour­quoi la chlo­ro­quine dis­pa­rait du jour au len­de­main des phar­ma­cie des hôpitaux ?
    Pour­quoi l’ar­mée fait des stocks de chlo­ro­quines au moment où celle-ci est inter­dite pour le publique ?
    Trou­vez-vous nor­mal qu’ils obligent les méde­cins à ne pres­crire que du para­cé­ta­mols, et par contre auto­rise la pres­crip­tion du rivo­tril en intra­vei­neuse pour eutha­na­sier nos aïeux ?
    Pour­quoi le pou­voir et les mer­dias nous mar­tel en per­ma­nence que le vac­cins sera le sau­veur de cette pseu­do pandémie ?
    Pour­quoi il n’y avait pas de masques, gants et blouses pour les soi­gnants qui était en contact avec des malades ?
    Pour­quoi il n’y avait pas de test, pour iso­ler les malades du covid19 ?
    Pour­quoi ont-ils enfer­mé les fran­çais chez eux pen­dants 2 mois ?
    Pour­quoi les entre­prises ont été contraite à fer­mer 2 mois ?
    Pour­quoi on nous a obli­gé à nous faire une auto­ri­sa­tion de sortie ?
    Pour­quoi ces mesures de dis­tan­cia­tions, et de masque pas­soire pour un virus micro­sco­pique-nano­mé­trique qui flotte dans l’air ?
    Pour­quoi une Ste amé­ri­caine Brain & com­pa­gnie en lien avec israel s’oc­cupe du décon­fi­ne­ment en France ce gratuitement ?
    Pour­quoi des études bidons fleu­rissent comme celle du lan­cet pour empê­cher un trai­te­ment au lieu d’une vac­ci­na­tion de masse mondial ?
    Pour­quoi aujourd’hui Cas­ta­ner laisse mani­fes­ter avec son sou­tien les bla­ck­li­ve­mat­ter sans res­pect des consignes de dis­tan­cia­tions, alors que les gil­lets jaunes subissent la répres­sion et l’interdiction ?
    Pour­quoi bill gates, l’OMS (ste pri­vée) a le sou­tient de macro pour son vac­cin-puçage qui nous reti­re­ra nos der­nières libertés ?
    Pour­quoi bill gates à ‑t-il bre­ve­té une nano-tech­no­lo­gie nume­rique intra-cel­lu­laire en conco­mi­tance avec le vac­cin covid ?
    Vous dénon­ciez que le pou­voir en marche détrui­sait l’é­co­no­mie Fran­çaise ain­si que les liber­tés qui est sous la main mise de la com­mu­nau­té euro­péenne elle même sous l’é­gide des mon­dia­liste, et vous ne faite pas de liens entre tous ces événement ?
    Oui on peut se foca­li­ser sur un point de détail de pro­to­cole et faire abs­trac­tion de l’en­semble, voir se foca­li­ser sur une per­sonne et ses imperfections !
    Je vous laisse vous inter­ro­ger sur ses questions .
    Cordialement

    Réponse
  25. j.dufies

    M. chouard
    je vous avez lais­sé un com­men­taire que vous n’a­vez pas publié, par hon­nê­te­té veuillez SVP me dire pour­quoi vous ne l’a­vez pas publié, car si c’est par ce que celui-ci ne va pas dans vos objec­tifs, cela lais­se­rait entendre que vous n’êtes pas du tout démo­cra­tique comme vous le prétendez !
    au plai­sir de vous lire

    Réponse

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