[Anticonstitutionnelle et tyrannique AUTONOMISATION DE L’EXÉCUTIF] MACRON ET SES SOUTIENS : « LES RÉSEAUX SOCIAUX, VOILÀ L’ENNEMI ! », par Anne-Sophie Chazaud chez Régis de Castelnau

17/01/2020 | 1 commentaire

Je relaie ci-des­sous une bonne ana­lyse d’Anne-Sophie Cha­zaud, chez Régis de Castelnau.

Bien qu’uni­ver­selle et éter­nelle, la ten­dance des exé­cu­tifs à s’au­to­no­mi­ser (à s’af­fran­chir pro­gres­si­ve­ment de tout contrôle, aus­si bien ins­ti­tu­tion­nel que popu­laire) est une ten­dance pro­fon­dé­ment tyran­nique et dangereuse.

Une consti­tu­tion digne de ce nom, c’est-à-dire d’o­ri­gine popu­laire (et sous contrôle popu­laire per­ma­nent), empê­che­rait pré­ven­ti­ve­ment (et puni­rait cura­ti­ve­ment) de la façon la plus stricte cette dérive hau­te­ment prévisible.

#Pas­De­Jus­ti­ce­Sans­Ci­toyens­Cons­ti­tuants

Étienne.

MACRON ET SES SOUTIENS : « LES RÉSEAUX SOCIAUX, VOILÀ L’ENNEMI ! »

par Anne-Sophie Cha­zaud, chez Régis de Castelnau :

https://​www​.vudu​droit​.com/​2​0​2​0​/​0​1​/​m​a​c​r​o​n​-​e​t​-​s​e​s​-​s​o​u​t​i​e​n​s​-​l​e​s​-​r​e​s​e​a​u​x​-​s​o​c​i​a​u​x​-​v​o​i​l​a​-​l​e​n​n​e​mi/

Au dic­tion­naire des idées reçues de l’époque, sur­tout ne pas oublier de liqui­der l’espace de débat public des réseaux sociaux dans un tour­billon de lieux com­muns aus­si banals que mani­pu­la­teurs et liberticides.

Emma­nuel Macron, dans ses vœux à la presse du lun­di 15 jan­vier, s’est ain­si livré à un curieux exer­cice, quelque part entre l’esquive, le lan­cer de cou­teaux raté et la danse du ventre.

Le Pré­sident dont on connaît les rela­tions dif­fi­ciles avec la presse, ‑laquelle a pour­tant lar­ge­ment contri­bué à sa prise de pou­voir, qui le lui a bien mal ren­du par la suite‑, a été pris à par­ti en pré­am­bule de cette ren­contre, poli­ment mais fer­me­ment, par Oli­vier Bost, jour­na­liste à RTL et pré­sident de la presse pré­si­den­tielle, qui a énu­mé­ré quelques exemples des menaces dont la liber­té de la presse fait l’objet de la part du pou­voir :  convo­ca­tions de jour­na­listes par la DGSI qui tra­vaillaient notam­ment sur l’utilisation d’armes fran­çaises au Yemen, loi sur le secret des affaires qui fait peser un risque juri­dique majeur sur la pro­fes­sion au regard notam­ment de la pro­tec­tion du secret des sources, dif­fi­cul­tés ren­con­trées par la presse pour faire cor­rec­te­ment son tra­vail lors des nom­breuses mani­fes­ta­tions qui émaillent ce quin­quen­nat en rai­son des réac­tions par­fois vio­lentes et répres­sives des forces de l’ordre –jour­na­listes pro­fes­sion­nels titu­laires de leur carte de presse embar­qués au com­mis­sa­riat, pri­vés de leurs pro­tec­tions, pri­vés de leur maté­riel de tra­vail dans le sui­vi des mani­fes­ta­tions, etc. Cette liste n’est pas exhaus­tive, loin s’en faut, et il convien­drait notam­ment d’y ajou­ter la mise en place d’un « Conseil de déon­to­lo­gie jour­na­lis­tique et de média­tion » (CDJM) en décembre 2019, sous l’impulsion directe et selon les sou­haits du gou­ver­ne­ment, ce qui laisse aisé­ment augu­rer de son réel niveau d’indépendance et qui le fait davan­tage res­sem­bler, pour l’heure, à une sorte de Conseil de l’Ordre des jour­na­listes : du contrôle des « bonnes pra­tiques » à celui de la « bonne pen­sée » cour­ti­sane, il n’y a guère qu’un tout petit pas et la France n’est pas le pays du Watergate.

Face à cette situa­tion incon­for­table, Emma­nuel Macron a pro­cé­dé selon sa méthode favo­rite et éprou­vée : divi­ser pour s’en sor­tir et donc, en la cir­cons­tance, dire à cette pro­fes­sion ce qu’elle avait envie d’entendre, puisque les dis­cours macro­niens sont une suc­ces­sion de pro­pos cir­cons­tan­ciels, entrant sou­vent en contra­dic­tion les uns avec les autres et ayant pour but de don­ner momen­ta­né­ment à telle ou telle « com­mu­nau­té » ce qu’elle sou­haite, sur le moment, rece­voir comme parole.

Pour qu’un groupe iden­ti­taire se res­soude (ici celui de la cor­po­ra­tion média­tique), il lui faut tou­jours, on le sait, une vic­time expia­toire, un bouc émis­saire qui lui per­met­tra, comme le fai­sait remar­quer René Girard dans ses réflexions sur le Men­songe roman­tique et véri­té roma­nesque, d’y fon­der sa propre nar­ra­tion, son propre récit. La vic­time expia­toire ici était toute trou­vée : c’est vous, c’est moi, c’est votre voi­sin, c’est le peuple tout entier qui trouve à s’exprimer sur les réseaux sociaux et qui le fait, hor­res­co refe­rens, dans une cer­taine liber­té pas encore tout à fait tom­bée sous la férule du contrôle éta­tique lequel ne ménage tou­te­fois pas sa peine.

Les réseaux sociaux, voi­là l’ennemi ! Voi­là l’ennemi constam­ment dési­gné désor­mais à la fois par de nom­breux jour­na­listes ou chro­ni­queurs mais aus­si intel­lec­tuels éta­blis qui ne sup­portent visi­ble­ment pas d’être dépos­sé­dés de leur pou­voir de pres­crip­tion et de perdre ain­si leur posi­tion de mono­pole exclu­sif dans la fabrique de l’opinion, et c’est éga­le­ment l’ennemi maintes fois dési­gné du pou­voir qui a, sur ce sujet, depuis long­temps son­né le toc­sin par une ribam­belle de décla­ra­tions et de mesures pro­fon­dé­ment liber­ti­cides au regard de la liber­té d’expression, mais aus­si au regard de la réelle liber­té d’information.

Car, il faut croire que les chantres de la dis­rup­tion et de l’uberisation prônent ces méthodes dans tous les domaines de la socié­té et du tra­vail à l’exception de ceux qui visent leurs prés car­rés… : ubé­ri­sez-vous, braves gens, mais pas dans mon domaine !

Au cours de la triste semaine de com­mé­mo­ra­tion des atten­tats de Char­lie, une presse rela­ti­ve­ment una­nime, impuis­sante qu’elle a été à faire réel­le­ment face à la régres­sion incon­tes­table de la liber­té d’expression, s’en est pris de manière outran­cière aux réseaux sociaux accu­sés de tous les maux.

Or, s’il est exact que ceux-ci sont un des lieux d’action pos­sibles pour les acti­vistes mili­tants de tout poil qui n’aiment rien tant que le har­cè­le­ment et la cen­sure, ils sont loin d’en être le lieu d’action unique ni même le prin­ci­pal. Rap­pe­lons ain­si à toutes fins utiles que le lieu pri­vi­lé­gié d’action néfaste des Social Jus­tice War­riors est avant tout le ter­rain du har­cè­le­ment judi­ciaire et, que l’on sache, la jus­tice n’a pas été visée par un sem­blable dis­cours en délégitimation.

L’ennemi, la cause est enten­due, ce sont donc les réseaux sociaux, c’est-à-dire cette ago­ra du XXIème siècle per­met­tant à l’opinion publique de s’exprimer (encore un peu) libre­ment, d’échanger des infor­ma­tions, de débattre. Et, pré­ci­sé­ment, Emma­nuel Macron a fus­ti­gé la socié­té du « com­men­taire per­ma­nent ». Mais, qu’est-ce que le « com­men­taire per­ma­nent » sinon la liber­té de conscience et d’expression expri­mées libre­ment en démo­cra­tie. Quelle est l’idée ? Faire taire les com­men­taires ? Cela porte un nom et ce nom n’est pas la démocratie.

Car, sur les réseaux sociaux, qui ne sont ni bons ni mau­vais en soi –ce dont n’importe quel médio­logue, même vieillis­sant, devrait se sou­ve­nir– se joue en réa­li­té une ques­tion pro­fonde qui a tout à voir avec la ques­tion du pouvoir.

Certes, au dic­tion­naire des idées reçues sur le sujet, sur­tout ne pas oublier de par­ler de « lyn­chages ». Et c’est vrai, qu’il y en a, des lyn­chages, ‑toute per­sonne inter­ve­nant dans le débat public avec un mini­mum de convic­tions ou d’originalité est bien payée pour le savoir‑, c’est vrai qu’il y a, par­fois, du har­cè­le­ment, comme il y a du har­cè­le­ment par­tout. Ces faits tombent sous le coup de la loi pénale et il appar­tient à cha­cun, selon son sou­hait et sa capa­ci­té à encais­ser les mau­vais coups, à por­ter les faits répré­hen­sibles en jus­tice, exac­te­ment comme dans l’espace public matériel.

On parle, on bruisse, on s’offusque de « tri­bu­naux média­tiques », de « fausses infor­ma­tions », de « chasses aux sor­cières ». On fait la chasse à la chasse aux sor­cières, on prend la pose dans une méta-chasse aux sor­cières afin de se dis­tin­guer autant que faire se peut du vul­gaire, comme si on n’avait d’ailleurs rien d’autre à faire lorsque le pays est au bord de la rup­ture sociale et poli­tique. On prend des airs théâ­traux et on aime à se faire peur. Pour­tant, au-delà des outrances qui sont le propre de tous les espaces de débat public libres et démo­cra­tiques, les réseaux sociaux sont avant tout un lieu de débat et de cir­cu­la­tion d’information comme les peuples (libres) n’en ont jamais dis­po­sé dans le pas­sé. Et c’est bien cela qui dérange. Qui dérange à la fois ceux qui jusqu’alors en pos­sé­daient le mono­pole pro­fes­sion­nel, ins­ti­tu­tion­nel, aca­dé­mique, et ceux qui ont tou­jours sou­hai­té contrô­ler la cir­cu­la­tion de l’information (le pou­voir poli­tique). Il s’agit là, une nou­velle fois, d’un petit par­tage du pou­voir au sein d’une caste qui n’entend pas se lais­ser dépos­sé­der de ses leviers d’action dans la fabrique de l’opinion et l’on retrouve ici une nou­velle variante de la scis­sion désor­mais avé­rée en maints domaines entre le bloc éli­taire et le bloc popu­laire, avec, du reste, à la clef, la ques­tion concrète d’un éven­tuel bas­cu­le­ment poli­tique qui est le véri­table enjeu de tout cette mise en scène théâ­trale et inquisitoriale.

Les jour­na­listes ont des pra­tiques d’investigation (nor­ma­le­ment…) qui apportent à leurs conte­nus une légi­ti­mi­té pro­fes­sion­nelle. On n’imagine pas qu’ils puissent être mena­cés par la libre expres­sion de l’opinion publique popu­laire, si ? On ne voit pas, en réa­li­té, en quoi ces pra­tiques seraient concur­ren­tielles sauf à les consi­dé­rer sous l’angle d’une volon­té de pou­voir et de main­mise. Il sem­ble­rait bien au contraire que ces dif­fé­rents biais d’approche du réel soient autant de richesses com­plé­men­taires aux­quelles le jour­na­lisme apporte une valeur ajou­tée, sauf si l’enjeu n’est pas le réel mais le pou­voir, ce qu’à Dieu ne plaise…

Pareille­ment, le pou­voir poli­tique macro­nien n’a de cesse de vou­loir contin­gen­ter la liber­té per­mise par les Nou­velles Tech­no­lo­gies de l’Information et de la Com­mu­ni­ca­tion, dans une constante obses­sion liber­ti­cide, et pour cause puisqu’il s’agit de contrô­ler les moyens d’une éven­tuelle réélec­tion. La loi anti pseu­do-fake news ins­tau­rant une sorte de magis­tère de la Véri­té offi­cielle, dans l’urgence par le juge des réfé­rés en période élec­to­rale, consti­tue à ce titre un abso­lu scan­dale anti­dé­mo­cra­tique. La loi Avia, tout pareille­ment, rete­nue par les par­le­men­taires dans sa pire ver­sion liber­ti­cide, sanc­tion­nant des conte­nus a prio­ri et dans l’urgence (24 heures) selon des cri­tères d’appréciation idéo­lo­gique mais qui se frot­te­ra bien vite aux exi­gences d’un dis­cours poli­ti­que­ment com­pa­tible avec les vues du pou­voir en place, fait, quant à elle, peser les pires menaces sur ce for­mi­dable espace de liber­té que sont deve­nus les réseaux sociaux.

On a beau­coup par­lé de dés­in­for­ma­tion, de fake news, de faux jour­na­listes. Pour­tant, nous n’y voyons que la peur, la peur petite-bour­geoise d’une oli­gar­chie média­ti­co-poli­tique qui s’est vue dépas­sée par l’expression du ter­rain, le peuple ayant, pen­dant toute la séquence de répres­sion du mou­ve­ment des gilets jaunes, com­men­cé par faire le tra­vail réel d’information à la place de ceux dont c’était le métier, puisque ceux-ci étaient si fri­leux à le faire. Sans les images de ter­rain, toutes ces vidéos prises sur le vif par les citoyens, tous ces témoi­gnages de vic­times, com­ment un jour­na­liste aus­si irré­pro­chable et pro­fes­sion­nel que David Dufresne aurait-il pu nour­rir son magis­tral tra­vail de docu­men­ta­tion sur les vio­lences poli­cières qui n’ont ces­sé de croître avec la ges­tion macro­nienne des conflits sociaux et poli­tiques ? On a bien là la preuve que le jour­na­lisme et les réseaux sociaux peuvent tra­vailler main dans la main en vue de l’élaboration de la véri­té, parce que ce lieu est avant toute chose une ago­ra et qu’en démo­cra­tie, c’est l’agora le plus impor­tant, et non les petits cénacles de l’entre-soi. Les médias mains­tream ne com­mencent à timi­de­ment reprendre enfin la ques­tion de la répres­sion poli­cière inouïe qui s’est déchaî­née contre le peuple fran­çais que plus d’un an après que des dizaines et des dizaines de mani­fes­tants ont été bles­sés, muti­lés, ébor­gnés, arrê­tés, condam­nés, et ils le font seule­ment main­te­nant parce qu’ils n’ont plus le choix, mis devant le fait accom­pli, sauf à perdre défi­ni­ti­ve­ment toute crédibilité.

Sans les réseaux sociaux, la dénon­cia­tion de cette répres­sion de masse et ces méthodes d’un autre temps n’aurait tout sim­ple­ment jamais été pos­sible. Et c’est bien, dans le fond, l’opposition sociale et poli­tique (de tous bords) qui est en réa­li­té dans le viseur de toutes ces mesures anti­dé­mo­cra­tiques et cet irré­pres­sible désir de censure.

Sans les réseaux sociaux, par exemple, la [révé­la­tion de la] mani­pu­la­tion men­son­gère de la fausse attaque de la Sal­pê­trière n’aurait jamais non plus été pos­sible. Sans les réseaux sociaux, Steve aurait dis­pa­ru dans le silence de la nuit et dans l’oubli. Sans les réseaux sociaux, de nom­breuses attaques isla­mistes au cou­teau seraient à peine évo­quées. Sans les réseaux sociaux, on ne sau­rait rien des dégra­da­tions quo­ti­diennes d’églises et autres lieux de culte.

A pro­pos de fake news, d’ailleurs, le pou­voir n’est pas en reste puisqu’on appre­nait que la fine équipe de conseillers macro­nistes entou­rant le Pré­sident, en la per­sonne par exemple de l’autoproclamé pro­gres­siste Ismaël Emé­lien, n’avait pas hési­té à pro­duire de fausses infor­ma­tions Twit­ter (comptes ano­nymes et faux mon­tages) dans le cadre de l’affaire Benal­la : la pro­pa­gande, c’est tout un art, et une tradition.

Enfin, Emma­nuel Macron a évo­qué hier, sans ver­gogne, une sorte « d’ordre moral » qui s’instaurerait sur les réseaux sociaux et qu’il n’approuverait pas. Pour­tant, qui sont les prin­ci­paux pour­voyeurs d’ordre moral, à coups de lois liber­ti­cides imbi­bées de poli­ti­que­ment cor­rect, sinon les déten­teurs post-socia­listes du pou­voir actuel ? Qui a essayé, dans la loi Avia, de reca­ser dis­crè­te­ment mais sûre­ment le délit de blas­phème à tra­vers le concept fumeux d’islamophobie ? Qui passe son temps à mora­li­ser sur la méchante haine au sein d’un espace de débat public réduit à n’être plus qu’une gro­tesque cage aux phobes ? Qui traque la parole déviante, la pen­sée dis­si­dente ? Qui sonne le toc­sin contre la vilaine opi­nion popu­liste, ou sou­ve­rai­niste ? Qui, par exemple, a qua­li­fié de « fake news » récem­ment des pro­pos d’opposants poli­tiques à la loi sur les retraites au simple motif qu’il n’y a pas de simu­la­teur (et pour cause, puisque le gou­ver­ne­ment se refuse à four­nir cet outil) et que, par consé­quent, toute infor­ma­tion ou opi­nion sur ce sujet serait décla­rée offi­ciel­le­ment nulle et non ave­nue, « fausse », par le Minis­tère de la Vérité ?

Les réseaux sociaux, que le pou­voir poli­tique ou le qua­trième pou­voir le veuillent ou non, font désor­mais par­tie des lieux de liber­té d’expression pri­vi­lé­giée des peuples du monde entier. Le pli est pris et lorsqu’on a goû­té à une liber­té, on ne retourne pas en arrière, sauf de manière auto­ri­taire et tou­jours limi­tée dans le temps. Le com­bat liber­ti­cide pour y contre­ve­nir est un com­bat à la fois pro­pa­gan­diste et d’arrière-garde. Et il serait tout à l’honneur des médias tra­di­tion­nels de ne pas y appor­ter leur benoîte col­la­bo­ra­tion, sauf à vou­loir perdre défi­ni­ti­ve­ment tout crédit.

On peut rai­son­na­ble­ment pen­ser, en revanche, que sous l’action liber­ti­cide constante de cet exé­cu­tif à l’encontre de ces nou­veaux moyens d’échanges et d’expression libre, de nom­breux citoyens ne recourent, pour être à l’abri de toute cen­sure dans les mois qui viennent et à l’approche de l’élection pré­si­den­tielle où tous les moyens seront bons pour contrô­ler l’opinion, à ce qui se pra­ti­quait autre­fois du temps de Rous­seau et Vol­taire : le repli de l’hébergement des sites indé­pen­dants d’expression et d’information libre vers des pays comme la Suisse où la cen­sure ne pour­ra pas s’abattre.

Anne-Sophie Cha­zaud

Source : « Vu du droit », https://​www​.vudu​droit​.com/​2​0​2​0​/​0​1​/​m​a​c​r​o​n​-​e​t​-​s​e​s​-​s​o​u​t​i​e​n​s​-​l​e​s​-​r​e​s​e​a​u​x​-​s​o​c​i​a​u​x​-​v​o​i​l​a​-​l​e​n​n​e​mi/

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1 Commentaire

  1. Ana Sailand

    C’est la pre­mière fois dans l’His­toire de l’hu­ma­ni­té que, calé dans son fau­teuil ou même sous sa couette, ou bien, plus vaillant et cou­rant donc les rues, y com­pris là où dan­ger il y a, c’est la pre­mière fois dans l’His­toire de l’hu­ma­ni­té que Mon­sieur ou Madame Lamb­da peuvent s’ins­ti­tuer journalistes.

    C’est la pre­mière fois dans l’His­toire de l’hu­ma­ni­té que l’illettré ou le pauvre en ortho­graphe peuvent s’ins­ti­tuer journalistes.

    C’est la pre­mière fois que la vic­time peut s’ins­ti­tuer jour­na­liste, avec quelque chance d’être lue par mille per­sonnes, ou par­fois cent fois plus, voire mille fois plus.

    Jamais dans l’His­toire les vilé­nies de l’en haut, lorsque détec­tées par un seul, n’avait pu, comme pré­sen­te­ment, être signa­lées à toustes.

    Nous vivons, grâce aux réseaux sociaux, ce temps très par­ti­cu­lier où la tra­hi­son poli­tique et l’abus de pou­voir ne peuvent plus res­ter secrets. Leur connais­sance se répand et rien ne l’arrête.

    La pré­ten­due élite ne peut plus men­tir : ça se voit, ça se sait, et seuls les sourds volon­taires, ou les com­plices du mal, res­tent dans l’i­gno­rance, ou feignent d’y demeurer.

    Nous vivons, grâce aux réseaux sociaux, ce temps très par­ti­cu­lier où la connais­sance des outils de l’é­man­ci­pa­tion se répand comme jamais. Si bien que l’é­man­ci­pa­tion poli­tique du peuple est en passe de deve­nir sa reven­di­ca­tion première.

    On com­prend alors que cela déplaise.

    & que les pou­voirs coa­gu­lés, poli­tique et média­tique, dénigrent à qui mieux mieux cet empê­cheur de men­tir en rond qu’est deve­nu l’internet.

    Si la cin­quième anti­ré­pu­blique tombe, ou si la démo­cra­tie vraie s’ins­taure, ce sera pour grande part grâce à l’in­ter­net, grâce à la neu­tra­li­té du net, grâce aux réseaux sociaux.

    Il est donc à craindre que depuis leurs palais, les fli­bus­tiers qui se pré­tendent démo­crates ne décident, par quelque décret ou autre salo­pe­rie, de pri­ver la démo­cra­tie nais­sante de son ago­ra numérique. 

    Nous vivons dans la nasse de l’an­ti­cons­ti­tu­tion et ten­tons d’en sor­tir grâce à un outil puis­sant, mais dan­ge­reu­se­ment fra­gile .… aïe …

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