[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

20/11/2017 | 1 commentaire

Oli­vier Ber­ruyer publie ce soir un billet impor­tant : ça se confirme, les « évé­ne­ments de la place Maï­dan » étaient bien un coup d’É­tat fomen­té par des nazis, acti­ve­ment sou­te­nus dans leurs crimes par « l’U­nion euro­péenne » (cette « grande inven­tion à qui l’on doit la paix sur le conti­nent… gna gna gna »). Un enquê­teur ita­lien a recueilli le témoi­gnage stu­pé­fiant de sni­pers du Maï­dan : les ordres de tirer, à la fois sur la police et sur les mani­fes­tants, venaient de l’opposition…

https://​www​.les​-crises​.fr/​n​o​-​n​e​w​s​-​t​e​m​o​i​g​n​a​g​e​-​d​e​s​-​s​n​i​p​e​r​s​-​d​u​-​m​a​s​s​a​c​r​e​-​d​u​-​m​a​i​d​a​n​-​l​e​s​-​o​r​d​r​e​s​-​v​e​n​a​i​e​n​t​-​d​e​-​l​-​o​p​p​o​s​i​t​i​on/

Donc, le site citoyen les​-crises​.fr nous informe, il tra­duit l’en­quête ita­lienne pour qu’on puisse la lire et en juger.
Pen­dant ce temps, les auto­pro­cla­més « grands médias de réfé­rence » (que j’ap­pelle, moi, « La Prav­da des mil­liar­daires ») font SILENCE sur cette infor­ma­tion… Tout en conti­nuant, bien sûr, à don­ner des leçons de pro­fes­sion­na­lisme (et à impo­ser leur cen­sure) à tous les ama­teurs qui pré­tendent par­ti­ci­per libre­ment à l’in­for­ma­tion de la population.

Mer­ci à Oli­vier, et à toute l’é­quipe du site les​-crises​.fr. Avec vous, on a des jour­na­listes dignes de ce nom.

Je repro­duis ci-des­sous la tota­li­té de cet impor­tant billet.

Étienne.


[Oli­vier Ber­ruyer] Je vous pro­pose aujourd’hui la tra­duc­tion que nous avons réa­li­sée ce week-end (mer­ci aux volon­taires – sur­tout à Clé­ment, ain­si qu’ à JMB) d’un incroyable repor­tage pas­sé le 1511 dans l’émission Matrix de la chaîne de télé­vi­sion ita­lienne Canale 5 – sorte d’Envoyé spé­cial sur une des grandes chaînes de télé­vi­sion ita­liennes – qui indique avoir retrou­vé des sni­pers qui ont tiré sur les gens à Maï­dan, et qui déclarent que c’était à la demande de l’opposition pour semer le chaos.

Nous res­te­rons rela­ti­ve­ment pru­dents à ce stade, mais tout ceci néces­si­te­rait un enquête urgente et appro­fon­die de la Jus­tice et des grands médias – du moins s’ils ne veulent pas ali­men­ter le “com­plo­tisme”, d’autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n’a repris ces infor­ma­tions, à l’exception du grand jour­nal ita­lien Il Gior­nale, dans un texte que nous avons aus­si tra­duit (voir ci-après).

Rap­pe­lons aus­si que nous par­lons ici du mas­sacre du 20 février (82 morts ce jour là). Les forces de l’ordre ont aus­si tiré à d’autres moment sur des émeu­tiers armés, géné­ra­le­ment quand eux-même leur tiraient dessus.

Bel exemple du vrai pro­blème qui nous frappe régu­liè­re­ment : non pas desFake news, mais des No news des grands médias, qui empêchent de bien com­prendre les problèmes.

J’aimerais la tra­duire en russe et ukrai­nien au plus vite, ain­si qu’en anglais et alle­mand. Nous avons besoin de volon­taires pour ces quatre langues. Mer­ci de nous contac­ter ici.

Voi­ci donc ce repor­tage dif­fu­sé le 15/11/17 sur Canale 5 :

(voir sur Dailymotion)

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

Verbatim du reportage précédent de Canale 5 (si vous n’avez pas vu la vidéo) :

Il y a quatre ans, le 20 février 2014 sur la place de l’Indépendance à Kiev en Ukraine, 80 mani­fes­tants ont été tués par de mys­té­rieux tireurs d’élite.

Deux jours après, Ianou­ko­vytch, le pré­sident ukrai­nien pro-Pou­tine pro-russe, doit fuir, le régime ukrai­nien change et les rebelles prennent le palais pré­si­den­tiel et le pouvoir.

Que s’est-il pas­sé depuis ? Avons-nous échap­pé à une guerre euro­péenne due à l’ingérence russe dans les affaires ukrai­niennes ? Et sur­tout, nous, Euro­péens, nos entre­prises le constatent tous les jours,nous payons le prix d’un embar­go qui, depuis ce moment-là, est diri­gé contre la Russie.

Ce soir, grâce à Gian Mica­les­sin, nous vous mon­trons un docu­men­taire à cou­per le souffle. C’est un scoop inter­na­tio­nal. Gian Mica­les­sin a retrou­vé trois per­sonnes, trois tireurs d’élite, trois res­pon­sables de ces morts qui, vous le ver­rez dans le docu­men­taire, n’étaient pas pro-russes, mais étaient en contact avec des offi­ciels et des mili­taires américains.

“Que s’est-il pas­sé ? Quelqu’un a été tou­ché ! Je n’arrive pas à y croire. C’est arri­vé ici même… Un homme à côté de moi a été touché !”

“C’était à l’aube. J’ai enten­du le bruit et le sif­fle­ment des pro­jec­tiles. Un homme a été tou­ché à la tête par un tireur d’élite !”

Ils nous avaient don­né l’ordre de tirer tant sur les poli­ciers que sur les mani­fes­tants, sans distinction.

D’où viennent les tirs ? Les tirs pro­ve­naient de l’intérieur de l’hôtel Ukraine.

Gian Mica­les­sin, repor­ter de guerre. — Bon­soir, où les avez-vous ren­con­trés ? — Je les ai ren­con­trés après un an de recherches, deux d’entre eux à Skopje, la capi­tale de la Macé­doine, un troi­sième dans un autre pays d’Europe de l’Est qu’on m’a deman­dé de ne pas révéler.

— Donc c’étaient des pro-rebelles ? — C’étaient des Géor­giens envoyés par leur pré­sident géor­gien de l’époque, Saa­ka­ch­vi­li, pour prendre part à l’opposition ukrainienne.

— Donc ce n’étaient pas des Russes qui ont tiré, c’est bien ça, votre thèse ? — On n’a jamais accu­sé les Russes d’avoir tiré, seule­ment d’avoir sou­te­nu le gou­ver­ne­ment qui aurait tiré sur les manifestants.

Mais cette thèse ne tient plus debout selon ces 3 témoi­gnages. Regar­dez le témoignage.”

Depuis 3 mois, la place Maï­dan, au coeur de la capi­tale ukrai­nienne, est occu­pée par les mani­fes­tants qui demandent au gou­ver­ne­ment du pré­sident Vik­tor Ianou­ko­vytch de signer l’accord d’association
à l’Union euro­péenne. Le matin du 18 février, les heurts se font plus san­glants. On compte déjà une tren­taine de morts. Le pire arrive le matin du 20 février. Un groupe de mys­té­rieux tireurs ouvre le feu
sur les mani­fes­tants et les poli­ciers. En quelques heures, on compte envi­ron 80 cadavres. Le len­de­main, Ianou­ko­vytch fuit à l’étranger. Le 22 février, l’opposition prend le pou­voir. Mais qui a tiré sur
la foule et les policiers ?

Jusqu’à ce jour, la thèse offi­cielle parle d’un mas­sacre ordon­né par le gou­ver­ne­ment pro-russe. Cette thèse appa­raît rapi­de­ment très dou­teuse. Le pre­mier à la contes­ter est le ministre des Affaires étran­gères esto­nien Urmas Paet. Après son retour d’un séjour à Kiev effec­tué seule­ment 5 jours après le mas­sacre, Paet trans­met à la com­mis­saire des Affaires étran­gères de l’UE Cathe­rine Ash­ton les révé­la­tions d’une doc­teure ukrai­nienne qui a exa­mi­né les cadavres de la place Maï­dan. La conver­sa­tion télé­pho­nique inter­cep­tée et dif­fu­sée par les médias est déconcertante.

“Ce qui est assez inquié­tant… Olga le dit aus­si, c’est que toutes les preuves montrent que les per­sonnes tuées par les tireurs, de part et d’autre, à la fois chez les poli­ciers et les gens dans la rue, ont été tuées par les mêmes tireurs embus­qués… Bien sûr, c’est… Oui, mais… Ensuite, elle m’a aus­si mon­tré des pho­tos. Elle parle en tant que méde­cin, elle dit que l’écriture est la même, le type de balles est le même. Et ce qui m’inquiète vrai­ment, c’est que main­te­nant, la nou­velle coa­li­tion refuse d’enquêter sur ce qui s’est vrai­ment pas­sé, et qu’il y a une convic­tion de plus en plus forte que der­rière les tireurs embus­qués, il n’y avait pas Ianou­ko­vytch mais quelqu’un de la nou­velle coalition…”

Nous avons ren­con­tré quelques membres d’un groupe qui ce jour-là a ouvert le feu sur la foule. Ce sont des Géor­giens, mais à l’époque, en février 2014, ils étaient par­mi les mani­fes­tants qui occu­paient la place Maï­dan et l’hôtel Ukraine.

L’histoire com­mence à Tbi­lis­si par de nom­breux acteurs cachés en cou­lisses. Le pre­mier, l’ancien pré­sident géor­gien Mikheïl Saa­ka­ch­vi­li, a par­ti­ci­pé en août 2008 à une guerre brève mais san­glante avec la Rus­sie de Vla­di­mir Pou­tine. Le second est son conseiller mili­taire, Mamu­ka Mamou­la­ch­vi­li. Envoyé à Kiev pour appuyer les mani­fes­ta­tions de la place Maï­dan, il devien­dra com­man­dant d’une uni­té de volon­taires géor­giens enga­gés dans les affron­te­ments avec les insur­gés pro-russes du Donbass.

La pre­mière ren­contre a eu lieu avec Mamou­la­ch­vi­li. “Nous nous sommes pré­sen­tés à 25 dans le bureau du mou­ve­ment natio­nal, et sur les 25, 10 ont signé. Vous voyez ceci ? C’est une pièce d’identité à mon nom. C’était le lais­sez-pas­ser d’une uni­té com­po­sée d’anciens poli­ciers et per­son­nel mili­taire. Elle était struc­tu­rée comme une uni­té mili­taire. De fait, c’était un ser­vice de sécu­ri­té. Il avait été créé par Mikheïl Saa­ka­ch­vi­li. Nous devions aller en Ukraine. Nous n’avions pas le choix”.

Dans un autre pays de l’Europe de l’Est qu’on nous a deman­dé de ne pas révé­ler, nous avons ren­con­tré Alexan­der. Comme les deux autres, lui aus­si vient de Géor­gie, et comme les deux autres, il a aus­si pris part
aux évé­ne­ments tra­giques de la place Maï­dan. Lui aus­si a fait par­tie des ser­vices de sécu­ri­té de Saa­ka­ch­vi­li, et avant cela il a été tireur d’élite dans l’armée géor­gienne. C’est pour cette rai­son qu’il a été choi­si par Mamu­ka Maoulachvili.

“Mamu­ka m’a d’abord deman­dé si j’étais vrai­ment tireur d’élite dans l’armée géor­gienne. Alors si c’est vrai, me dit-il, tu dois aller à Kiev. Le 15 jan­vier, nous sommes par­tis. Dans l’avion, j’ai
reçu mon pas­se­port et un autre pas­se­port avec ma pho­to mais avec un nom et un pré­nom dif­fé­rents. Puis ils nous ont don­né 1 000 dol­lars a cha­cun avec la pro­messe de nous en don­ner encore 5 000 par la suite. Nous devions nous occu­per des pro­vo­ca­tions. C’était nous qui devions pro­vo­quer les Ber­kout, les forces spé­ciales de la police. Notre rôle était de les pro­vo­quer afin de les pous­ser contre la foule. Vers le 15 et le 16 février, la situa­tion a com­men­cé à deve­nir chaque jour de plus en plus grave. Désor­mais tout était hors de contrôle, et on com­men­çait à entendre les pre­miers tirs. Avec la mon­tée des ten­sions, de nou­veaux pro­ta­go­nistes sont appa­rus. Un jour, vers le 15 février, Mamou­la­ch­vi­li est venu en per­sonne dans notre tente. Il y avait avec lui un autre homme en uni­forme. Il nous l’a pré­sen­té et a dit que c’était un ins­truc­teur, un mili­taire américain.”

L’américain s’appelle Brian Chris­to­pher Boyen­ger. C’est un ancien offi­cier et tireur d’élite de la 101e divi­sion aéro­por­tée des États-Unis. Après Maï­dan, il se dépla­ce­ra sur le front du Don­bass, où il com­bat­tra dans les rangs de la Légion géor­gienne. “Nous étions tou­jours en contact avec ce Brian, qui était un homme de Mamou­la­ch­vi­li. C’était lui qui nous don­nait les ordres. Moi, je devais suivre toutes ses instructions.”

Les pre­miers soup­çons de la pré­sence d’armes à feu dans les rangs des mani­fes­tants impliquent Ser­gueï Pachins­ki, un lea­der de la place Maï­dan, deve­nu ensuite pré­sident du Par­le­ment de Kiev. Le 18 février, est appa­ru du coffre d’une voi­ture arrê­tée par les mani­fes­tants un fusil mitrailleur avec une lunette de pré­ci­sion. Quelques secondes après, Pachins­ky est arri­vé et a deman­dé qu’on laisse pas­ser cette voi­ture. Le 1er avril, les mili­tants du groupe d’extrême droite Pra­vy Sek­tor quittent Kiev, en empor­tant d’étranges sacs dans les­quels, pré­tendent-ils, se trouvent des ins­tru­ments de musique.

“À cette époque, tous les chefs de l’opposition se trou­vaient régu­liè­re­ment à l’hôtel Ukraine. Pachins­ki et trois autres per­sonnes, par­mi les­quelles se trou­vait aus­si Para­ssiouk, ont appor­té à l’hôtel les sacs avec les armes. Ce sont eux qui les ont aus­si appor­tées dans ma chambre.” Ce Para­ssiouk, recon­nu par Koba, est Volo­di­mir Para­ssiouk, un des lea­ders de la mani­fes­ta­tion de la place Maï­dan. Quelques jours plus tard, il devien­dra célèbre en lan­çant un ulti­ma­tum mena­çant de des­ti­tuer manu mili­ta­ri le pré­sident Vik­tor Ianu­ko­vytch. “Si avant demain 10 heures, vous ne deman­dez pas offi­ciel­le­ment la démis­sion de Ianou­ko­vytch, nous vous atta­que­rons avec des armes… C’est juré !”

Lorsqu’est arri­vé Mamou­la­ch­vi­li, je lui ai éga­le­ment deman­dé « — Qu’est-ce qui se passe ? À quoi servent ces armes ? Tout va bien ? » « — Koba, les choses sont en train de se com­pli­quer, nous devons com­men­cer à faire feu », m’a‑t-il répon­du. « Nous nous ne pou­vons pas attendre des élec­tions pré­si­den­tielles anti­ci­pées. » J’étais là, à l’hôtel Ukraine. Le 18 février, quelqu’un a appor­té des armes dans ma chambre. Dans cette chambre, il y avait deux Litua­niens avec moi. Ce sont eux qui ont pris les armes.

Mamou­la­ch­vi­li est arri­vé à l’hôtel et nous a expli­qué qu’il y aurait une fusillade, à un autre endroit, le matin sui­vant. Il n’était pas seul, il était avec Brian. Avec eux, il y avait aus­si une autre per­sonne que je ne connais­sais pas. Si je me sou­viens bien, cela devait être le 15 ou le 16 février. Pachins­ki nous a ordon­né de ras­sem­bler nos affaires, et nous a emme­né dans le palais du Conser­va­toire. Je suis entré dans le palais
avec l’ensemble de mon groupe. Pachins­ki est arri­vé avec d’autres per­sonnes. Tous étaient mas­qués. En voyant leurs sacs, j’ai com­pris tout de suite qu’ils étaient armés. Ils ont sor­ti les armes de leurs sacs et les ont dis­tri­buées aux groupes présents.

Seul Pachins­ki s’exprimait. C’est lui qui don­nait les ordres. Il nous expli­qua que les Ber­kout, les forces spé­ciales de la police, ris­quaient de don­ner l’assaut au bâti­ment. Il disait que nous devions résis­ter coûte que coûte. On ne nous avait pas dit qu’il fal­lait tuer des per­sonnes. Nous devions tirer afin de créer du chaos et de la confusion.”

“Bon sang, tu as enten­du ? Ce sont des tirs ! Sois pru­dent ! Il y a un autre bles­sé. Ces fils de p….. sont en train de tirer ! De là-bas, de là-bas. — De l’hôtel Ukraine, c’est ça ? — Oui, de cette ter­rasse. Les salauds, ils sont en train de nous tirer depuis l’hôtel Ukraine. Bang ! Puis un autre Bang, comme ça. Un tir puis une pause. Ça venait de l’autre côté de l’hôtel.”

“À ce moment-là, j’ai enten­du des tirs qui venaient de la chambre d’à côté. Au même moment, les Litua­niens ont ouvert la fenêtre. L’un d’eux a tiré par la fenêtre tan­dis que l’autre l’a refer­mée après. Je ne réus­sis­sais pas à com­prendre ce qui se pas­sait. Pachins­ki criait à tout le monde de se tenir prêts, de prendre les armes et le reste du maté­riel. Alors on s’est tous levés et on lui a don­né les ins­truc­tions. Nous devions tirer par à‑coups de deux ou trois. Nous avons tous com­men­cé à tirer deux ou trois coups à la fois. Pachins­ki se dépla­çait d’un groupe à l’autre, et il y avait tou­jours près de lui cet homme plus jeune, celui qui s’appelait Para­ssiouk. Nous n’avions pas vrai­ment le choix, on nous avait don­né l’ordre de tirer soit sur les Ber­kout, la police, soit sur les mani­fes­tants, sans faire de dif­fé­rence. C’est pour cela que j’étais com­plè­te­ment ter­ri­fié et stu­pé­fait. Alors que depuis les étages supé­rieurs de l’hôtel Ukraine on tire sur la foule, les mani­fes­tants de la place Maï­dan se sont réfu­giés dans l’hôtel. C’est ain­si que les vic­times se sont retrou­vées à côté de leurs assas­sins. À l’intérieur, c’était un tel chaos qu’on ne com­pre­nait même pas qui était qui. Il y avait plein de gens.”

Dans le salon recou­vert de cadavres, de sang et de bles­sés, une camé­ra filme des hommes armés qui s’éloignent après avoir tiré sur la foule. “C’était un cau­che­mar, c’était ter­rible. Quand nous sommes sor­tis de l’hôtel Ukraine, dans la rue, il y avait des incen­dies et des poli­ciers bles­sés. Il y avait des scènes ter­ri­fiantes. Nous avons aban­don­né les armes là. L’ordre était de tout lais­ser et de par­tir, de quit­ter le bâti­ment le plus vite pos­sible. On enten­dait des cris, il y avait des morts et tout autour beau­coup de blessés.

Ma pre­mière et seule pen­sée a été de m’en aller rapi­de­ment avant que je sois repé­ré, autre­ment ils m’auraient réduit en pièces sur place. Quelqu’un criait déjà qu’il y avait des tireurs. Je savais bien de quoi ils par­laient. Et puis j’ai vu des morts, tous ces bles­sés qu’on empor­tait et j’ai repris mes sens. À ce moment-là je n’avais pas encore réa­li­sé, je n’étais pas prêt. Mais après j’ai com­pris. Nous avions été uti­li­sés. Uti­li­sés et pié­gés. La déci­sion de par­ler, de tout racon­ter, je ne l’ai pas prise tout de suite. Elle a mûri len­te­ment avec le temps. En véri­té, il n’y a aucun motif pour m’inculper. On ne peut m’accuser de rien selon les bases légales de mon pays. Et de toute façon je suis un sol­dat, je n’ai peur de rien, pas même de mourir.”

“— Ton scoop, Gian Mica­les­sin, montre que ce sont elles, les fake news, les fables selon les­quelles c’est la révo­lu­tion de la place Maï­dan qui a fait sau­ter le méchant pré­sident pro-russe sans les armes et par les réseaux sociaux. C’est une tout autre his­toire qui s’est pas­sée sur cette place”. “— Mal­heu­reu­se­ment cette fake news, comme tu dis, était la véri­té offi­cielle, cette véri­té offi­cielle qu’on nous a ser­vi pen­dant au moins quatre ans, et qui nous a coû­té très cher à nous, les Ita­liens. Embar­go, et risque de guerre”. “— Mais alors, der­rière ces tireurs que tu as ren­con­trés, qui disent ne pas avoir peur pour leur vie parce que ce sont des sol­dats, en réa­li­té, com­ment peut-on croire qu’ils n’avaient pas com­pris, naï­ve­ment, avoir été les ins­tru­ments d’une révolte qui ne leur appar­te­nait pas ?”

“— Eh bien, ils pen­saient seule­ment accom­plir un tra­vail. Il y a eu une révo­lu­tion sem­blable, la soi-disant révo­lu­tion rose en Géor­gie, à laquelle ils par­ti­ci­pèrent sous les ordres de Saa­ka­ch­vi­li. Celle-là s’est conclue
de manière paci­fique. Donc ici aus­si ils ont pen­sé jusqu’au 18 et 19 qu’ils n’auraient pas à prendre les armes, que tout pou­vait se dérou­ler comme une simple révolte. Ces jours-là, clai­re­ment, quand la média­tion euro­péenne a déci­dé de faire des élec­tions anti­ci­pées pour voir ce que vou­lait le peuple, les chefs de l’opposition en déci­dèrent autrement.”

“— De mas­sa­crer leur propre peuple pour créer une révolte ?” “— C’est ce qu’ils nous apprennent dans ce film”. “— Incroyable, vrai­ment. Mer­ci Gian Mica­les­sin”. “— Mer­ci à vous.”

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La version des Snipers sur le massacre de Kiev : « Les ordres venaient de l’opposition »

Source : Gian Mica­les­sin, Il Gior­nale, 15/11/2017

« Ils ont tous com­men­cé à tirer deux ou trois coups à chaque fois. Cela à duré de 15 à 20 minutes. Nous n’avions pas le choix. On nous a don­né l’ordre de tirer tant sur la police que sur les mani­fes­tants sans faire de différence. »

« J’étais tota­le­ment stu­pé­fait. » C’est ain­si que le Géor­gien Alexan­der Reva­zi­sh­vil­li se remé­more la fusillade tra­gique du 24 février 2014, à Kiev quant un groupe de mys­té­rieux tireurs ouvrirent le feu sur la foule et sur les poli­ciers, mas­sa­crant plus de 80 per­sonnes. Ce mas­sacre a hor­ri­fié le monde et chan­gé le des­tin de l’Ukraine en for­çant la fuite du pré­sident pro-russe Vik­tor Ianou­ko­vytch accu­sé d’avoir orga­ni­sé la fusillade. Mais ce mas­sacre a éga­le­ment chan­gé le des­tin de l’Europe et de notre pays en déclen­chant la crise menant aux sanc­tions contre la Rus­sie de Pou­tine. Sanc­tions qui sont reve­nues en boo­me­rang sur l’économie italienne.

Les confes­sions de Reva­zi­sh­vil­li et des deux autres Géor­giens – recueillies par l’auteur du docu­ment « Ukraine, les véri­tés cachées » dif­fu­sée ce soir à 23h30 sur Matrix, Canal 5 – révèlent une toute autre véri­té bien décon­cer­tante. Celle d’un mas­sacre our­di et exé­cu­tée par la même oppo­si­tion qui a accu­sé Ianou­ko­vytch et ses alliés russes.

Reva­zi­sh­vil­li et ses deux com­pa­gnons – ren­con­trés et inter­viewés dans le docu­men­taire – sont un ancien membre des ser­vices de sécu­ri­té de l’ex-président géor­gien Mikheil Saa­ka­ch­vi­li et deux ex-mili­tants de son propre par­ti. Recru­tés à Tbi­li­si par Mamu­ka Mamu­la­sh­vi­li, le conseiller mili­taire de Saa­ka­sh­vi­li, ils sont char­gés d’appuyer – avec d’autres volon­taires géor­giens et litua­niens – les démons­tra­tions en cours à Kiev, moyen­nant une prime de cinq mille dol­lars chacun.

Munis de faux pas­se­ports, ils arrivent en Ukraine pour coor­don­ner les démons­tra­tions et pour pro­vo­quer la police ukrai­nienne, ini­tia­le­ment sans uti­li­ser d’armes. Celles-ci entre­ront en scène le 18 février et seront dis­tri­buées entre les dif­fé­rents groupes de Géor­giens et de Litua­niens par Mamu­la­sh­vi­li et par d’autres diri­geants de l’opposition ukrai­nienne. « Chaque sac conte­nait trois ou quatre armes, il y avait des pis­to­lets Maka­rov, des fusils mitrailleurs AKM, des cara­bines ain­si que des paquets de car­touches ». Le len­de­main Mamu­la­sh­vi­li et les chefs des pro­tes­ta­taires expliquent aux volon­taires qu’ils devront affron­ter un assaut de la police dans le palais du conser­va­toire et dans l’hôtel Ukraïna.

On leur explique que, dans ce cas, il fau­dra tirer sur la place et semer le chaos. Mais un des pro­ta­go­nistes recon­nait avoir reçu une autre expli­ca­tion plus exhaus­tive. « Quand Mamu­la­sh­vi­li est arri­vé, je le lui ai éga­le­ment deman­dé. Si les choses se com­pliquent, alors nous devrons com­men­cer à tirer » – m’a‑t-il répon­du. « Nous ne pou­vons pas aller aux élec­tions pré­si­den­tielles anti­ci­pées. Mais sur qui devons-nous tirer ?, lui ai-je deman­dé. Il m’a répon­du que le qui et le où n’avaient pas d’importance, il fal­lait tirer par­tout afin de créer le chaos ».

Cela n’avait pas d’importance si nous tirions sur un arbre, une bar­ri­cade ou sur ceux qui lan­çaient des cock­tails molo­tov. Un autre volon­taire le confirme : ce qui comp­tait était de semer la confu­sion. « J’entendais des hur­le­ments », confesse Alexan­der – il y avait de nom­breux bles­sés. Ma seule pré­oc­cu­pa­tion était de par­tir aus­si vite que pos­sible avant qu’ils ne me détectent. Autre­ment, ils m’auraient mis en pièces. Quelqu’un criait déjà qu’il y avait des tireurs d’élite. Quatre ans après les faits, Alexan­der et ses deux com­pa­gnons disent n’avoir pas encore reçu la moindre récom­pense, rai­son pour laquelle ils ont déci­dés de dire la véri­té sur ceux qui les ont uti­li­sés et aban­don­nés. « Sur le moment je n’ai pas réa­li­sé. Je n’étais pas prêt. Puis j’ai com­pris. Nous avons été uti­li­sés et piégés. »

Source : Gian Mica­les­sin, Il Gior­nale, 15/11/2017

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[Oli­vier Ber­ruyer :] Comme rap­pe­lé dans le repor­tage, ce n’est pas la pre­mière fois que ce scan­dale “d’attaque sous faux dra­peau” à Maï­dan ressort.

Nous avions ain­si pré­sen­té sur ce site en mars et avril 2014 :

1/ L’interception d’une com­mu­ni­ca­tion en off entre un ministre esto­nien sur place, rela­tant les doutes à Cathe­rine Ash­ton :

2/ ce beau repor­tage de la télé­vi­sion alle­mande ARD :

3/ On a appris mi-mai 2014 que la plu­part des balles mor­telles ne venaient pas des forces de police et que la plu­part des preuves (armes, balles, douilles, docu­ments) avaient été per­dues ou volées. (Source).

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

J’indiquais “À ce stade de mani­pu­la­tion, il est qua­si cer­tain que des sni­pers put­schistes ont tiré à la fois sur les forces de l’ordre et sur les mani­fes­tants désar­més, et sont res­pon­sable d’une bonne par­tie des décès.”…

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Au niveau des pro­pa­gandes, on se rap­pel­le­ra ceci :

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

Pour “l’enquête sur les vio­lences qui ont frap­pé le pays”, on repas­se­ra, donc…

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

Tout s’explique : Fran­çois Hol­lande avait une connexion men­tale directe avec le peuple ukrai­nien et connais­sait ses aspi­ra­tions (pas de bol, il était pré­sident de la France…)

2 mars 2014, BHL, deuxième adresse au Maidan

Peuple du Maidan !

Vous avez, à mains presque nues, fait recu­ler les mili­ciens Berkout.

Vous avez, seuls ou presque, mis en fuite Ianoukovitch.

Vous avez, avec un sang-froid digne des grands peuples, infli­gé une défaite his­to­rique à la tyrannie.

Et donc vous êtes, non seule­ment des Euro­péens, mais les meilleurs des Européens.

Euro­péens vous l’êtes, certes, par l’histoire ; mais aus­si, désor­mais, par le sang versé.

Euro­péens vous l’êtes, certes, parce que vous êtes les fils de Vol­taire, de Vic­tor Hugo et de Taras Chev­chen­ko ; mais vous l’êtes aus­si parce que, pour la pre­mière fois, ici, sur le Mai­dan, des jeunes sont morts avec, entre les bras, le dra­peau étoi­lé de l’Europe.

On a vou­lu vous calomnier.

On a dit que vous étiez les conti­nua­teurs de la mémoire noire de l’Europe. Eh non ! C’est le contraire ! Ces ver­tus de résis­tance qui font le génie de l’Europe et qu’un grand Fran­çais, le Géné­ral de Gaulle, a por­tées à leur som­met, c’est vous qui les incar­niez pen­dant ces jour­nées san­glantes ; et le natio­nal-socia­lisme, l’antisémitisme, le fas­cisme qui furent la honte de notre conti­nent étaient du côté de vos ennemis.

Je m’incline devant vos morts.

Je m’incline devant votre bra­voure et vous dis plus que jamais : « bien­ve­nue dans la Mai­son commune ». 

BHL

(Source)


La longue “martyrologie” des lecteurs du Monde

Une pièce de plus dans la longue “mar­ty­ro­lo­gie” de l’information en France… (avec Pio­tr Smo­lar, envoyé spé­cial du Monde en Ukraine au moment des faits)

[No News] Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »

Source : les​-crises​.fr, https://​www​.les​-crises​.fr/​n​o​-​n​e​w​s​-​t​e​m​o​i​g​n​a​g​e​-​d​e​s​-​s​n​i​p​e​r​s​-​d​u​-​m​a​s​s​a​c​r​e​-​d​u​-​m​a​i​d​a​n​-​l​e​s​-​o​r​d​r​e​s​-​v​e​n​a​i​e​n​t​-​d​e​-​l​-​o​p​p​o​s​i​t​i​on/

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1 Commentaire

  1. etienne

    Big Brother n’aura bientôt plus besoin de snipers, si nous n’apprenons pas (très vite) à limiter nous-mêmes ses pouvoirs :

    https://​www​.face​book​.com/​p​l​a​y​g​r​o​u​n​d​e​n​g​l​i​s​h​/​v​i​d​e​o​s​/​5​6​6​3​1​0​1​1​0​3​6​8​9​90/

    Les ate­liers consti­tuants popu­laires ne sont pas « théo­riques » : ils sont une réac­tion sociale de sur­vie, prag­ma­tique et ultra-prioritaire

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