« Puisque nous sommes humains, nous nous entraidons. Ici, nous disons qu’avec les cadeaux on fait des esclaves, et qu’avec les fouets on fait des chiens. »

30/05/2017 | 13 commentaires

« Dans notre pays [chez les Inuits], nous sommes humains. Et puisque nous sommes humains, nous nous entraidons. 
Nous n’ai­mons pas entendre quel­qu’un dire mer­ci pour ça. 
Ce que j’ai aujourd’­hui, tu peux l’a­voir demain.
Ici, nous disons qu’a­vec les cadeaux on fait des esclaves, et qu’a­vec les fouets on fait des chiens. » 

Pré­cieux ensei­gne­ment de David Grae­ber, dans « Dette, 5000 ans d’his­toire »… (rap­pel)

Rap­pel de la vidéo ori­gi­nale sur le blog, avec une foule de pré­cieux commentaires :

https://​www​.chouard​.org/​2​0​1​4​/​0​4​/​1​3​/​d​a​v​i​d​-​g​r​a​e​b​e​r​-​n​o​u​s​-​e​x​p​l​i​q​u​e​-​l​a​-​l​e​c​o​n​-​f​o​n​d​a​m​e​n​t​a​l​e​-​d​e​s​-​i​n​u​i​ts/

Le livre épatant :

Fil Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​2​8​6​4​8​6​4​5​2​317

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13 Commentaires

  1. BA

    Anti­cor est une asso­cia­tion anti-corruption.

    Affaire Fer­rand : l’as­so­cia­tion Anti­cor annonce une plainte au par­quet de Brest.

    « La ques­tion est de savoir si l’ac­cord qui liait les Mutuelles de Bre­tagne à la com­pagne de Mon­sieur Fer­rand à tra­vers une SCI a été conclu dans l’in­té­rêt des Mutuelles ou dans l’in­té­rêt de cette proche », a expli­qué l’a­vo­cat de l’as­so­cia­tion Anti­cor. Grâce à cet accord, la com­pagne de Richard Fer­rand aurait per­çu un total de 600 000 euros, payés par les adhé­rents des Mutuelles de Bretagne.

    Affaire Richard Fer­rand : le par­quet de Brest décide fina­le­ment d’enquêter.

    Revi­re­ment de situa­tion ! Le par­quet de Brest aurait fina­le­ment déci­dé d’ouvrir une enquête pré­li­mi­naire sur les faits repro­chés à Richard Fer­rand, d’après le Télé­gramme de Brest. Les magis­trats du tri­bu­nal, comme ceux du par­quet natio­nal finan­cier, avaient jusqu’à pré­sent refu­sé de sai­sir de cette affaire. Ils auraient donc chan­gé d’avis face “à l’accumulation de faits rap­por­tés dans la presse ces der­niers jours” et “à la confu­sion géné­rée par les décla­ra­tions, par­fois contra­dic­toires, des dif­fé­rents acteurs du dos­sier”, rap­porte le jour­nal local.

    L’enquête pré­li­mi­naire por­te­rait sur un champ d’investigation très large. D’après le Télé­gramme, seraient visés tous les faits pou­vant consti­tuer des infrac­tions pénales en matière d’atteintes aux biens, de man­que­ment au devoir de pro­bi­té et aux règles du code de la mutualité. 

    L’affaire Fer­rand a démar­ré lorsque le Canard Enchaî­né a révé­lé qu’il avait pro­po­sé en 2011 au conseil d’administration des Mutuelles de Bre­tagne, dont il était direc­teur, de louer des bureaux appar­te­nant à sa com­pagne via une SCI. 

    http://​www​.capi​tal​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​f​f​a​i​r​e​-​r​i​c​h​a​r​d​-​f​e​r​r​a​n​d​-​l​e​-​p​a​r​q​u​e​t​-​d​e​-​b​r​e​s​t​-​d​e​c​i​d​e​-​f​i​n​a​l​e​m​e​n​t​-​d​-​e​n​q​u​e​t​e​r​-​1​2​3​0​392

    Réponse
  2. BA

    - En juin 2016, la réunion du Groupe Bil­der­berg avait sélec­tion­né deux per­son­na­li­tés poli­tiques fran­çaises. Quelques mois plus tard, ces deux per­son­na­li­tés poli­tiques ont été pla­cées aux postes clés :

    Edouard Phi­lippe est deve­nu pre­mier Ministre.

    Syl­vie Gou­lard est deve­nue ministre des Armées (C’est nou­veau. La France n’est plus une nation. La France est deve­nue une région d’un ensemble plus vaste : l’U­nion Euro­péenne. Donc on vient de sup­pri­mer la Défense natio­nale. Nor­mal : il n’y a plus de nation.)

    - En juin 2014, le Groupe Bil­der­berg avait sélec­tion­né deux hommes poli­tiques. Là encore, ils viennent d’être pla­cés aux postes clés :

    Emma­nuel Macron est deve­nu pré­sident de la République.

    Fran­çois Baroin est deve­nu chef de l’opposition.

    - En juin 2017, le Groupe Bil­der­berg n’a plus du tout besoin de sélec­tion­ner des hommes poli­tiques fran­çais : ils ont déjà pla­cé leurs pions.

    En juin 2017, l’ac­cent est donc mis sur les jour­na­listes, les édi­to­ria­listes, les fai­seurs d’opinion. 

    Objec­tif : faire un bour­rage de crâne dans tous les médias fran­çais pour expli­quer que la construc­tion euro­péenne, c’est génial, que l’U­nion Euro­péenne, c’est génial, que l’eu­ro, c’est génial, que la future armée euro­péenne, ça va être génial, etc.

    Le Groupe Bil­der­berg a donc sélec­tion­né pour faire sa pro­pa­gande média­tique sept Fran­çais, tous euro­péistes, tous char­gés de répandre la bonne parole européiste :

    Hen­ri de Cas­tries, ancien patron d’AXA, pré­sident de l’Ins­ti­tut Montaigne
    Nico­las Bave­rez, jour­na­liste, édi­to­ria­liste de l’heb­do­ma­daire LE POINT
    Tho­mas Buberl, patron d’AXA
    Chris­tine Lagarde, patronne du FMI
    Fran­çois Len­glet, jour­na­liste sur France 2
    Benoît Puga, ancien chef d’état-major
    Bru­no Ter­trais, patron de la Fon­da­tion pour la recherche stratégique

    http://​bil​der​berg​mee​tings​.org/​p​a​r​t​i​c​i​p​a​n​t​s​.​h​tml

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  3. Berbère
  4. Aquablue03

    Ce qu’il aurait été plus judi­cieux de faire ;
    L’I­nuit , pos­ses­seur d’un savoir à exploi­ter son ter­roir aurait dû invi­ter son voya­geur à sa par­tie de pêche ! Et à son tour , le voya­geur lui fait part de ses aven­tures , du savoir recueilli et peut-être de ses pro­jets futurs ! Bon , je vous l’ac­corde , le moyen de com­mu­ni­quer reste à accor­der !.….le mime , le des­sin , les brui­tages , les pirouettes .….
    Autre fait d’I­nuit , hier soir en ren­trant chez moi , j’ai trou­vé deux belles salades de lai­tue sur le devant de ma porte , sans carte de visite , et mon Inuit a filé ! Je ne sais pas qui je dois remer­cier , ni même com­ment , et avec quoi ! Bon week-end

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  5. etienne

    Pourquoi les Nord-Coréens nous haïssent-ils ? C’est simple, ils se souviennent de la Guerre de Corée Par Mehdi Hasan

    Source : The Inter­cept le 03-05-2017.

    Pho­to : Bert Hardy/Picture Post/Getty Images

    « Pour­quoi nous haïssent-ils ?

    C’est une ques­tion qui, en pen­sant au monde ara­bo-musul­man, a ren­du les Amé­ri­cains inlas­sa­ble­ment per­plexes à la suite des évé­ne­ments du 11 sep­tembre. Actuel­le­ment, tou­te­fois, c’est une ques­tion qui est de plus en plus posée à pro­pos des Nord-Coréens repliés sur eux-mêmes.

    Soyons clairs : il ne fait aucun doute que les citoyens de la Répu­blique Démo­cra­tique de Corée craignent et abhorrent les États-Unis. La para­noïa, la ran­cœur et un anti-amé­ri­ca­nisme gros­sier sont ali­men­tés depuis des décen­nies, à l’intérieur du Royaume Ermite. À l’école, on enseigne aux enfants la haine des Amé­ri­cains tan­dis que les adultes com­mé­morent chaque année un « mois de lutte contre l’impérialisme amé­ri­cain » (c’est en juin, au cas où vous ne le sau­riez pas).

    Les offi­ciels nord-coréens pro­fèrent des menaces vio­lentes contre les États-Unis tan­dis que le régime, diri­gé par le bru­tal et sadique Kim Jong-un, pro­duit de fausses infor­ma­tions à une échelle indus­trielle sous forme d’une pro­pa­gande qui sert ses propres inté­rêts. En Répu­blique Démo­cra­tique de Corée, la haine anti-amé­ri­caine est une den­rée dont on ne manque jamais.

    « Cette haine », tou­te­fois, telle que l’a obser­vée depuis long­temps dans le Washing­ton Postl’observateur de la Corée du Nord Blaine Har­den, « n’est pas entiè­re­ment fabri­quée ». Elle « trouve en par­tie ses racines dans une nar­ra­tion fon­dée sur des faits que la Corée du Nord se remé­more obses­sion­nel­le­ment et que les États-Unis oublient avec insouciance. »

    Oublient, comme dans « guerre oubliée ». Oui, la guerre de Corée, vous vous rap­pe­lez ? Celle qui est coin­cée entre la Seconde Guerre mon­diale et la guerre du Viet­nam ? La pre­mière guerre « chaude » de la Guerre Froide, qui a eu lieu entre 1950 et 1953, et qui depuis a été com­mo­dé­ment éva­cuée de la plu­part des dis­cus­sions et des débats à pro­pos du régime « cin­glé » et « dément » de Pyon­gyang. Oubliée bien que cette guerre par­ti­cu­lière ne soit même pas ter­mi­née – elle a été sus­pen­due par unaccord d’armistice et non par un trai­té de paix – et bien que ce conflit ait vu les États-Unis com­mettre de nom­breux crimes de guerre, ce qui conti­nue de façon­ner, peut-être ne faut-il pas en être sur­pris, la manière dont les Nord-Coréens voient les États-Unis, même si les habi­tants des États-Unis ignorent béa­te­ment le pas­sé de bel­li­gé­rant de leur pays.

    Pour l’histoire, ce sont les Nord-Coréens, et non les Amé­ri­cains ou leurs alliés Sud-Coréens qui ont débu­té la guerre en juin 1950, lorsqu’ils ont fran­chi le 38e paral­lèle et enva­hi le sud. Néan­moins, « ce que les Amé­ri­cains ignorent ou se rap­pellent à peine, c’est que nous avons tapis­sé de bombes le Nord pen­dant trois ans sans trop nous pré­oc­cu­per des pertes civiles » écrit dans son livre « La guerre de Corée : une his­toire » Bruce Cum­mings, his­to­rien de l’Université de Chicago.

    Com­bien d’Américains, par exemple, sont conscients du fait que les avions amé­ri­cains ont lâché, sur la pénin­sule coréenne, plus de bombes – 635 000 tonnes – et de napalm – 32 557 tonnes – que pen­dant toute la cam­pagne du Paci­fique contre les Japo­nais au cours de la Seconde Guerre mondiale ?

    Com­bien d’Américains savent que « sur une période de trois ans ou à peu près », pour citer Cur­tis LeMay, géné­ral de l’Armée de l’Air et chef du Com­man­de­ment Stra­té­gique Aérien pen­dant la guerre de Corée, nous avons assas­si­né… 20% de la population » ?

    Vingt pour cent. Par com­pa­rai­son, les Nazis ont exter­mi­né 20% de la popu­la­tion polo­naise pré­sente avant la Seconde Guerre mon­diale. Selon LeMay, « nous sommes allés là-bas pour faire la guerre et nous avons fini par incen­dier et détruire chaque ville de Corée du Nord. »

    Chaque. Ville. On estime que plus de 3 mil­lions de civils, dont la majo­ri­té habi­taient le Nord, ont été tués dans les combats.

    Une vieille femme et son petit-enfant errent par­mi les décombres de leur mai­son détruite au len­de­main des bom­bar­de­ments aériens des avions amé­ri­cains sur Pyon­gyang, la capi­tale com­mu­niste de la Corée du Nord. (Pho­to Keystone/Getty Images).

    Com­bien d’Américains connaissent les décla­ra­tions du secré­taire d’État Dean Rusk ou le repré­sen­tant de la Cour Suprême William O. Dou­glas ? Rusk, qui était fonc­tion­naire au dépar­te­ment d’État en charge des Affaires de l’Extrême-Orient pen­dant la guerre de Corée, a plus tard admis que les États-Unis avaient bom­bar­dé « chaque brique posée sur une autre, tout ce qui bou­geait ». Il a sou­li­gné que les pilotes amé­ri­cains « bom­bar­daient juste cette putain de Corée du Nord. »

    Dou­glas a visi­té la Corée au cours de l’été 1952 et a été pétri­fié par la « misère, la mala­die, la souf­france et la famine, aggra­vées » par les bom­bar­de­ments des avions de guerre amé­ri­cains qui, à court de cibles mili­taires, avaient bom­bar­dé les fermes, les bar­rages, les usines et les hôpi­taux. « J’ai vu les villes d’Europe meur­tries par la guerre, a confes­sé le repré­sen­tant de la Cour Suprême, mais je n’avais pas vu la dévas­ta­tion avant de voir la Corée. »

    Com­bien d’Américains ont déjà enten­du par­ler du plan déjan­té du géné­ral Dou­glas Mac Arthur pour gagner la guerre contre la Corée du Nord en seule­ment 10 jours ? Mac Arthur, qui diri­geait le Com­man­de­ment des troupes des Nations Unies pen­dant le conflit, vou­lait lâcher « entre 30 et 50 bombes ato­miques… pour étran­gler la Mand­chou­rie » et cela « aurait lais­sé der­rière nous une cein­ture de cobalt radioactif ».

    Com­bien d’Américains ont enten­du par­ler du mas­sacre de No Gun Ri en juillet 1950, au cours duquel des cen­taines de Coréens ont été tués par des avions de guerre amé­ri­cains et par des membres du 7e régi­ment de Cava­le­rie amé­ri­cains alors qu’ils se réfu­giaient sous un pont ? Les détails de ce mas­sacre ont fait sur­face en 1999 lorsque Asso­cia­ted Press a inter­ro­gé des dizaines de mili­taires amé­ri­cains à la retraite. « Au diable tous ces gens », disait le capi­taine d’un vété­ran dans les sou­ve­nirs de ce der­nier. « Débar­ras­sons-nous d’eux tous ».

    Com­bien d’Américains ont appris à l’école le mas­sacre de la Ligue Bodo per­pé­tré sur des dizaines de mil­liers de per­sonnes sus­pec­tées d’être com­mu­nistes sur les ordres de l’homme fort sud-coréen sou­te­nu par les Amé­ri­cains, le pré­sident Syng­man Rhee, au cours de l’été 1950 ? Les témoinsrap­portent que des jeeps pleines d’officiers amé­ri­cains étaient pré­sentes et « super­vi­saient la boucherie ».

    Il est fort pos­sible que des mil­lions d’Américains souffrent d’une com­bi­nai­son toxique d’ignorance et d’amnésie, mais les vic­times des coups d’État amé­ri­cains, de leurs inva­sions et de leurs cam­pagnes de bom­bar­de­ment à tra­vers le monde tendent, eux, à ne pas oublier. Deman­dez aux Ira­kiens, ou aux Ira­niens, ou alors aux Cubains ou aux Chi­liens. Et, oui, deman­dez aus­si aux Nord-Coréens.

    Pour les habi­tants de la Répu­blique Démo­cra­tique de Corée, d’après Charles Arm­strong, his­to­rien à l’Université Colum­bia, dans son livre « La tyran­nie des faibles : La Corée du Nord et le reste du monde, 1950–1992 », « la guerre aérienne amé­ri­caine a lais­sé une impres­sion pro­fonde et durable. Plus que tout autre fac­teur, elle a don­né aux Nord-Coréens un sen­ti­ment col­lec­tif de peur et d’angoisse face aux menaces exté­rieures, qui per­du­re­ra long­temps après la fin de la guerre. »

    Ne vous mépre­nez pas : je ne pré­tends pas que le régime tota­li­taire et violent de Kim le serait moins aujourd’hui si les États-Unis n’avaient pas tapis­sé de bombes la Corée du Nord il y a près de 70 ans. Je ne m’attends pas non plus à ce que Donald Trump, de tous les pré­si­dents, pré­sente des excuses offi­cielles à Pyon­gyang au nom du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain pour les crimes de guerre per­pé­trés entre 1950 et 1953.

    Selon l’éminente spé­cia­liste de la Corée, Kathryn Wea­thers­by, la Corée du Nord est, en interne, « tou­jours dans les années 1950… et le conflit avec la Corée du Sud et les États-Unis est tou­jours en cours. La popu­la­tion au Nord se sent accu­lée et menacée. »

    Si on veut évi­ter une autre guerre de Corée, une guerre poten­tiel­le­ment nucléaire, et si, comme l’écrivain d’origine tchèque Milan Kun­de­ra l’a écrit dans une phrase célèbre, « la lutte d’un homme contre le pou­voir est la lutte de la mémoire contre l’oubli », alors les Amé­ri­cains ordi­naires ne peuvent plus se per­mettre d’oublier l’héritage de mort, de des­truc­tion et d’écrasement de la guerre ori­gi­nelle de Corée.

    Meh­di Hasan

    Pho­to du haut : des troupes Amé­ri­caines emmènent des pri­son­niers de guerre nord-coréens, le 7 octobre 1950.

    Source : The Inter­cept le 03-05-2017.

    Tra­duit par les lec­teurs du site http://​www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.

    SOURCE : Oli­vier Ber­ruyer, les​-crises​.fr, http://​www​.les​-crises​.fr/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​l​e​s​-​n​o​r​d​-​c​o​r​e​e​n​s​-​n​o​u​s​-​h​a​i​s​s​e​n​t​-​i​l​s​-​c​e​s​t​-​s​i​m​p​l​e​-​i​l​s​-​s​e​-​s​o​u​v​i​e​n​n​e​n​t​-​d​e​-​l​a​-​g​u​e​r​r​e​-​d​e​-​c​o​r​e​e​-​p​a​r​-​m​e​h​d​i​-​h​a​s​an/

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  6. etienne

    La souffrance et la survie au Timor Oriental, par John Pilger

    Le Timor Orien­tal, qui a gagné son indé­pen­dance de l’Indonésie en 1999 après avoir endu­ré des années de géno­cide, est à pré­sent un flam­beau de la démo­cra­tie en Asie, mais doit faire face à de nou­velles pres­sions colo­niales dues à la mon­dia­li­sa­tion, écrit John Pilger.

    « En fil­mant en secret au Timor Orien­tal en 1993, j’ai sui­vi un pay­sage de croix : grandes croix noires se des­si­nant sur le ciel, croix sur des som­mets, croix des­cen­dant les col­lines, croix le long de la route. Elles jon­chaient la terre et satu­raient le regard.


    Une mani­fes­ta­tion appe­lant à un meilleur par­tage de reve­nus pour le pétrole off­shore et le gaz natu­rel pour le Timor Oriental.

    Les ins­crip­tions sur les croix révé­laient l’extinction de familles entières, balayées en l’espace d’une année, d’un mois, d’un seul jour. Des vil­lages entiers se tiennent là comme des monu­ments commémoratifs.

    Kra­ras est l’un de ces vil­lages. Connu comme le « vil­lage des veuves », la popu­la­tion de 287 per­sonnes fut mas­sa­crée par les troupes indo­né­siennes. Avec une machine à écrire au ruban usé, un prêtre local a enre­gis­tré le nom, l’âge, la cause du décès et la date du meurtre de chaque vic­time. Dans la der­nière colonne, il a iden­ti­fié le bataillon indo­né­sien res­pon­sable de chaque meurtre. C’est la preuve d’un génocide.

    J’ai tou­jours le docu­ment, que je trouve dif­fi­cile à retrans­crire, comme si le sang du Timor Orien­tal était encore frais sur ces pages. Sur la liste, il y a la famille Dos Anjos.

    En 1987, j’ai inter­viewé Arthur Ste­ven­son, connu sous le nom de Steve, un ancien com­man­do aus­tra­lien qui a com­bat­tu les Japo­nais dans la colo­nie por­tu­gaise du Timor Orien­tal en 1942. Il m’a racon­té l’histoire de Celes­ti­no dos Anjos, dont l’intelligence et la bra­voure lui ont sau­vé la vie, et la vie d’autres sol­dats aus­tra­liens com­bat­tant der­rière les lignes japonaises.

    Steve décrit le jour où des tracts ont été lan­cés depuis un avion de l’Air Force aus­tra­lienne : « On ne vous oublie­ra jamais », lisait-on sur le tract. Très vite après, les Aus­tra­liens rece­vaient l’ordre d’abandonner l’île de Timor, lais­sant la popu­la­tion à son sort.

    Quand j’ai ren­con­tré Steve, je venais juste de rece­voir une lettre du fils de Celes­ti­no, Vir­gil­lo, qui avait le même âge que son propre fils. Vir­gil­lo écri­vait que son père avait sur­vé­cu à l’invasion indo­né­sienne du Timor Orien­tal en 1975, mais il conti­nuait : « En août 1983, les forces indo­né­siennes sont entrées dans notre vil­lage, Kra­ras. Ils ont pillé, brû­lé, mas­sa­cré, avec l’appui d’un avion de chasse. Le 27 sep­tembre 1983, ils ont obli­gé mon père et ma femme à creu­ser leurs propres tombes et ils les ont tués à la mitrailleuse. Ma femme était enceinte. »

    Honte aux com­plices de l’Indonésie.

    La liste de Kra­ras est un docu­ment poli­tique extra­or­di­naire qui désho­nore les par­te­naires faus­tiens de l’Indonésie en Occi­dent, et nous apprend beau­coup sur la façon dont le monde est conduit. L’avion de chasse qui a atta­qué Kra­ras venait des États-Unis ; les mitrailleuses et les mis­siles sol-air venaient de Grande-Bre­tagne ; le silence et la tra­hi­son venaient d’Australie.

    Por­trait offi­ciel du dic­ta­teur indo­né­sien Suharto

    Le prêtre de Kra­ras écri­vit sur la der­nière page : « Pour les gou­ver­nants du monde capi­ta­liste, le pétrole du Timor sent meilleur que les larmes et le sang des Timo­rais. Qui appor­te­ra cette véri­té au monde ? … Il est évident que l’Indonésie n’aurait jamais com­mis un tel crime si elle n’avait pas reçu des garan­ties favo­rables de la part des gou­ver­ne­ments occidentaux. »

    Alors que le dic­ta­teur indo­né­sien, le géné­ral Suhar­to, était sur le point d’envahir le Timor Orien­tal (les Por­tu­gais avaient aban­don­né leur colo­nie), il en a aver­ti les ambas­sa­deurs d’Australie, des États-Unis et de Grande-Bre­tagne. Dans des télé­grammes secrets ensuite révé­lés, l’ambassadeur aus­tra­lien, Richard Wool­cott, encou­rage son gou­ver­ne­ment à « agir de façon à mini­mi­ser l’impact sur le public en Aus­tra­lie, et à sou­te­nir de manière pri­vée l’Indonésie ». Il fai­sait allu­sion au poten­tiel inex­ploi­té de pétrole et de gaz dans la mer du Timor qui sépare l’île de l’Australie du Nord.

    Il n’y avait aucun signe de pré­oc­cu­pa­tion au sujet des Timorais.

    Dans mon expé­rience de repor­ter, le Timor Orien­tal fut le plus grand crime de la fin du 20e siècle. Il y a beau­coup à dire sur le Cam­bodge, mais même Pol Pot n’a pas mas­sa­cré autant de per­sonnes – pro­por­tion­nel­le­ment – que Suhar­to qui a tué et affa­mé la popu­la­tion du Timor Oriental.

    En 1993, le Comi­té des Affaires étran­gères du Par­le­ment aus­tra­lien a esti­mé « qu’au moins 200 000 » Est-Timo­rais, un tiers de la popu­la­tion, avait péri sous Suharto.

    L’Australie est le seul pays occi­den­tal qui a for­mel­le­ment recon­nu le géno­cide et la conquête de la part de l’Indonésie. Les forces spé­ciales cri­mi­nelles indo­né­siennes connues comme « Kopas­sus », avaient été entraî­nées en Aus­tra­lie par les forces spé­ciales, dans une base proche de Perth. La récom­pense en matières pre­mières, a dit le ministre des Affaires étran­gères Gareth Evans, valait une « infi­ni­té » de dollars.

    Célé­bra­tion au champagne.

    Dans mon film de 1994, « Mort d’une Nation : La conspi­ra­tion contre le Timor », on voit un Evans réjoui levant son verre de cham­pagne avec le ministre des Affaires étran­gères de Suhar­to Ali Ala­tas, alors qu’ils sur­vo­laient la mer du Timor, après avoir signé un trai­té de pira­te­rie qui par­ta­geait les richesses pétro­lières et gazières de la mer du Timor.

    Le ministre des Affaires Étran­gères aus­tra­lien Gareth Evans et le ministre des Affaires étran­gères Ali Ala­tas célèbrent la signa­ture de l’accord sur le pétrole et le gaz.

    J’avais aus­si fil­mé des témoins comme Abel Gut­te­ras, main­te­nant ambas­sa­deur du Timor-Leste (nom post-indé­pen­dance du Timor Orien­tal) en Aus­tra­lie. Il m’a dit : « Nous croyons que nous pou­vons gagner et que nous pou­vons comp­ter sur tout ces gens dans le monde pour nous écou­ter – que rien n’est impos­sible, et que la paix et la liber­té valent tou­jours la peine de se battre pour elles. »

    Remar­qua­ble­ment, ils gagnèrent. Beau­coup de gens de par le monde les ont enten­dus, et un mou­ve­ment infa­ti­gable a pres­sé les sou­tiens de Suhar­to à Washing­ton, Londres et Can­ber­ra d’abandonner le dictateur.

    Mais il y a aus­si eu le silence. Pen­dant des années, la presse libre des pays com­plices a tout fait pour igno­rer le Timor Orien­tal. Il y a eu quelques excep­tions hono­rables, comme le cou­ra­geux Max Stahl, qui a fil­mé le cime­tière du mas­sacre de 1991 à San­ta Cruz. Des jour­na­listes émi­nents se sont lit­té­ra­le­ment pros­ter­nés devant Suhar­to. Sur une pho­to d’un groupe d’éditeurs aus­tra­liens visi­tant Dja­kar­ta, emme­nés par l’éditeur de Mur­doch Paul Kel­ly, l’un d’eux se pros­terne devant Suhar­to le génocidaire.

    De 1999 à 2002, le gou­ver­ne­ment aus­tra­lien a encais­sé un reve­nu esti­mé à 1,2 mil­liard d’un unique gise­ment de pétrole et de gaz dans la mer du Timor. Pen­dant la même période, l’Australie a don­né moins de 200 mil­lions pour une pré­ten­due aide au Timor Occidental.

    En 2002, deux mois avant que le Timor Occi­den­tal ne gagne son indé­pen­dance, Ben Doher­ty rap­por­tait : « L’Australie s’est secrè­te­ment reti­rée des pro­cé­dures de réso­lu­tion des conflits de fron­tières mari­times à la conven­tion des Nations Unies sur le Droit de la Mer, et de la juri­dic­tion équi­va­lente de la Cour Inter­na­tio­nale de Jus­tice, de façon à ce qu’il ne soit pas pos­sible de la contraindre à se plier léga­le­ment à l’arbitrage international. »

    L’ancien Pre­mier Ministre aus­tra­lien John Howard a décrit le rôle de son gou­ver­ne­ment pour l’indépendance du Timor Orien­tal comme « noble ». Le ministre des Affaires étran­gères de Howard, Alexan­der Dow­ner, a fait une fois irrup­tion dans le bureau du Pre­mier Ministre Alka­ti­ri, à Dili au Timor Orien­tal, et lui a dit « Nous sommes très durs… lais­sez-moi vous don­ner une leçon de politique… »

    Aujourd’hui, c’est le Timor Orien­tal qui donne des leçons de poli­tique. Après des années de ruses et de har­cè­le­ment de la part de Can­ber­ra, le peuple du Timor Orien­tal a récla­mé et a gagné le droit de négo­cier devant la Cour per­ma­nente d’Arbitrage (PCA) une fron­tière mari­time légale et un par­tage réel du gaz et du pétrole.

    L’Australie a une énorme dette envers le Timor Orien­tal – cer­tains diraient, des mil­liards de dol­lars de répa­ra­tion. L’Australie devrait rendre, sans condi­tions, toutes les royal­ties emma­ga­si­nées depuis que Gareth Evans a trin­qué à la dic­ta­ture de Suhar­to en volant au-des­sus des tombes des victimes.

    La menace de la mondialisation

    Les éco­no­mistes louent le Timor Orien­tal comme le pays le plus démo­cra­tique de l’Asie du Sud-Est aujourd’hui. Est-ce un hom­mage ? Ou est-ce le sou­hait que ce petit pays vul­né­rable se joigne au grand jeu de la mondialisation ?

    Une carte mon­trant en rouge le Timor Oriental.

    Pour le plus faible, la mon­dia­li­sa­tion est un colo­nia­lisme insi­dieux qui per­met à la finance trans­na­tio­nale et ses adeptes de péné­trer plus pro­fon­dé­ment, comme le remarque Edward Said, que les vieux impé­ria­listes avec leurs vais­seaux de guerre.

    Cela peut signi­fier un modèle de déve­lop­pe­ment qui a pro­duit en Indo­né­sie sous Suhar­to des inéga­li­tés énormes et de la cor­rup­tion ; qui a conduit les popu­la­tions hors de leurs terres pour vivre dans des bidon­villes, puis s’est ensuite enor­gueilli du taux de croissance.

    Le peuple du Timor Orien­tal mérite mieux que les tièdes éloges de la part des « gou­ver­nants capi­ta­listes du monde », comme l’écrit le prêtre de Kra­ras. Ils n’ont pas com­bat­tu et ne sont pas morts et n’ont pas voté pour une pau­vre­té aggra­vée et un taux de crois­sance. Ils méritent le droit de pou­voir se suf­fire à eux-mêmes quand le pétrole et le gaz s’épuiseront, comme cela arri­ve­ra. Et au moins, leur cou­rage doit deve­nir un flam­beau dans notre mémoire, une leçon uni­ver­selle de politique.

    Bra­vo, Timor Orien­tal, bra­vo, et soyez prudent. »

    John Pil­ger

    Le 5 mai, John Pil­ger a été récom­pen­sé de l’Ordre du Timor Orien­tal par l’Ambassadeur du Timor Orien­tal en Aus­tra­lie, Abel Gut­te­ras, en recon­nais­sance pour ses rap­ports sur le Timor Orien­tal sous l’occupation bru­tale de l’Indonésie, et spé­cia­le­ment pour son film docu­men­taire de réfé­rence, « Death of a Nation : the Timor Conspi­ra­cy. » ( Mort d’une Nation : la conspi­ra­tion contre le Timor ).

    Source : Consor­tium News, le 08-05-2017.

    Tra­duit par les lec­teurs du site http://​www​.les​-crises​.fr. Tra­duc­tion libre­ment repro­duc­tible en inté­gra­li­té, en citant la source.

    http://​www​.les​-crises​.fr/​l​a​-​s​o​u​f​f​r​a​n​c​e​-​e​t​-​l​a​-​s​u​r​v​i​e​-​a​u​-​t​i​m​o​r​-​o​r​i​e​n​t​a​l​-​p​a​r​-​j​o​h​n​-​p​i​l​g​er/

    Source : Oli­vier Ber­ruyer, les​-crises​.fr

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  7. Renaud

    Super Étienne !
    L’an­thro­po­lo­gie d’une part et d’autres che­mins spi­ri­tuels, dont les Évan­giles d’autre part, sont des mines pour notre maturation.
    Ain­si, pour pous­ser jus­qu’au bout l’at­ti­tude du don déjà très étu­diée en anthro­po­lo­gie, ima­gi­nons-nous que, tous, ne fai­sons que don­ner à autrui. Tout ce que j’ai je le donne. Mais autrui fait pareil. Ain­si, jamais nous ne man­que­rions de rien.
    Voi­là une pierre d’a­chop­pe­ment qua­si escha­to­lo­gique qui qua­li­fie les échanges, et leur sens, entre les êtres humains.
    Sans rien vou­loir idéa­li­ser, ceci est juste une cari­ca­ture de base de ce qui nous aura sans doute por­té long­temps jus­qu’à ce que la révo­lu­tion indus­trielle en Occi­dent fiche en l’air ces anciennes struc­tures qui por­taient un équi­libre fécond sans que nous nous en ren­dions compte.
    Aujourd’hui ? .…

    Réponse
  8. etienne

    Un docu­ment inté­res­sant, publié ce matin par Raphael Joli­vet, extrait du livre « À nos amis » du Comi­té invi­sible, docu­ment cri­ti­quant radi­ca­le­ment TOUT pro­ces­sus consti­tuant, par nature mau­vais selon eux, extrait sui­vi dans les com­men­taires d’un inté­res­sant début de controverse :

    https://​www​.face​book​.com/​r​a​p​h​a​e​l​.​j​o​l​i​v​e​t​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​5​3​3​4​1​5​5​8​4​4​603

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