John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne

11/04/2015 | 87 commentaires

Je sou­mets à votre esprit cri­tique cette pas­sion­nante et impor­tante syn­thèse de John Pil­ger sur la guerre qui vient :

La renaissance du fascisme sous une forme moderne

John Pilger
John Pil­ger

Par John Pil­ger – Le 26 février 2015.
Source Rus­sia Today
http://​lesa​ker​fran​co​phone​.net/​l​a​-​r​e​n​a​i​s​s​a​n​c​e​-​d​u​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​s​o​u​s​-​u​n​e​-​f​o​r​m​e​-​m​o​d​e​r​ne/
La récente 70e com­mé­mo­ra­tion de la libé­ra­tion d’Auschwitz fut l’occasion de nous remé­mo­rer les grands crimes du fas­cisme dont l’iconographie nazie est gra­vée dans notre conscience.

Le fas­cisme est consi­dé­ré comme de l’histoire ancienne, comme dans ces vieux films trem­blo­tants de che­mises noires mar­chant au pas, leur cri­mi­na­li­té aus­si ter­ri­fiante qu’évidente. Et pour­tant dans nos socié­tés libé­rales, alors même que des élites va-t-en guerre nous poussent au devoir de mémoire, le dan­ger gran­dis­sant d’une forme moderne du fas­cisme est igno­ré. Car c’est leur fascisme.

« Déclen­cher une guerre d’agression.., ont décla­ré les juges du tri­bu­nal de Nurem­berg en 1946, est non seule­ment un crime inter­na­tio­nal mais de plus le pire crime inter­na­tio­nal car, par rap­port aux autres crimes de guerre, il contient en lui toute la mal­fai­sance des autres crime de guerre réunis.»

Si les nazis n’avaient pas enva­hi l’Europe, Ausch­witz et l’holocauste ne se seraient jamais pro­duits. Si les États Unis et leurs alliés n’avaient pas com­men­cé leur guerre d’agression en Irak en 2003, près d’un mil­lion de per­sonnes seraient encore en vie aujourd’hui et l’État isla­mique ne serait pas en train de nous mena­cer de sa sau­va­ge­rie. Ce der­nier est le reje­ton du fas­cisme moderne, nour­ri par les bombes, les bains de sang et les men­songes de ce théâtre sur­réa­liste que l’on appelle les actualités.

John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne
Vue géné­rale du camp d’extermination à Ausch­witz 26 jan­vier 2015. (Reuters/Laszlo Balogh)

Comme pen­dant la période fas­ciste des années 1930 et 1940, des men­songes y sont débi­tés avec le débit d’un métro­nome grâce à des médias omni­pré­sents et répé­ti­tifs et leur étroite cen­sure par omis­sion. La catas­trophe libyenne par exemple.

En 2011, l’Otan a effec­tué 9 700 bom­bar­de­ments sur la Libye, dont plus d’un tiers ont atteint des cibles civiles. Des obus à ura­nium enri­chi furent uti­li­sés. Les villes de Misu­ra­ta et Syrte furent rasées. La Croix-Rouge a retrou­vé des fosses com­munes et l’UNICEF a rap­por­té que « plus de la moi­tié des enfants tués avaient moins de 10 ans.»

John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne
Le diri­geant Libyen Muam­mar Gad­da­fi. (Reuters/Filippo Monteforte)

La sodo­mie publique du pré­sident libyen Mouam­mar Kadha­fi à l’aide d’une baïon­nette rebelle fut accueillie par la secré­taire d’état amé­ri­caine avec ces mots : « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ». Son assas­si­nat ain­si que la des­truc­tion de son pays ont été jus­ti­fiée par un men­songe clas­sique : il pla­ni­fiait un géno­cide contre son propre peuple. « Nous savions que si nous atten­dions un jour de plus, Ben­gha­zi, une ville de la taille de Char­lotte, aurait subi un mas­sacre qui aurait eu des réper­cus­sions sur toute la région et aurait créé une tache sur la conscience du monde », a pré­ten­du le pré­sident Obama.

Mais c’était une inven­tion des milices isla­mistes qui subis­saient une défaite face aux forces gou­ver­ne­men­tales libyennes. Ils ont dit à Reu­ters qu’il y aurait un véri­table bain de sang, comme au Rwan­da. Rap­por­té le 14 mars 2011, ce men­songe fut la pre­mière étin­celle du déluge de feu de l’Otan, pré­sen­té par David Came­ron comme une inter­ven­tion huma­ni­taire.

Secrè­te­ment appro­vi­sion­nés et entraî­nés par les ser­vices spé­ciaux bri­tan­niques, beau­coup de ces rebelles devien­dront membres de cet État Isla­mique dont la der­nière vidéo en date montre la déca­pi­ta­tion de 21 chré­tiens coptes kid­nap­pés à Syrte, la ville même qui fut rasée par les bom­bar­de­ments de l’Otan, en leur nom.

Pour Oba­ma, Came­ron et Hol­lande [plu­tôt Sar­ko­zy en l’occurrence, NdT], le véri­table crime de Kadha­fi était l’indépendance éco­no­mique de la Libye et son inten­tion décla­rée d’arrêter de vendre les plus grandes réserves de pétrole afri­caines en dol­lar amé­ri­cains. Le pétro­dol­lar est un des piliers de la puis­sance impé­riale amé­ri­caine. Kadha­fi a eu l’audace de pla­ni­fier la mise en place d’une mon­naie afri­caine com­mune, ados­sée à l’or, de créer une banque pour toute l’Afrique et de pous­ser à l’union éco­no­mique entre pays pauvres ayant des res­sources en matières pre­mières pri­sées. Que cela soit réa­li­sable ou pas, rien que d’y pen­ser était into­lé­rable aux États-Unis, alors qu’ils se pré­pa­raient jus­te­ment à péné­trer en Afrique et à cor­rompre les gou­ver­ne­ments afri­cains avec leur par­te­na­riat mili­taire

A la suite de l’attaque de l’Otan sous cou­vert d’une réso­lu­tion du Conseil de sécu­ri­té, Oba­ma a, selon les écrits de Gari­kai Chen­gu, « confis­qué les 30 mil­liards de dol­lars de la Banque cen­trale libyenne que Kadha­fi avait mis de coté pour la mise en place d’une banque cen­trale afri­caine et d’une mon­naie com­mune à l’Afrique, ados­sée à l’or ».

La guerre huma­ni­taire contre la Libye a sui­vi un modèle cher au cœur des libé­raux occi­den­taux, spé­cia­le­ment dans les médias. En 1999, Bill Clin­ton et Tony Blair ont envoyé l’Otan bom­bar­der la Ser­bie car, ont-ils men­ti, les Serbes étaient en train de com­mettre un géno­cide contre les habi­tants d’origine alba­naise dans la pro­vince séces­sion­niste du Koso­vo. David Schef­fer, l’ambassadeur amé­ri­cain contre les crimes de guerre (sic), a pré­ten­du que pas moins de 225 000 per­sonnes d’origine alba­naise âgées de 14 à 59 an pour­raient avoir été assas­si­nées. Clin­ton et Blair évo­quèrent le spectre de l’Holocauste et l’esprit de la Deuxième Guerre mon­diale. Les héroïques alliés de l’Occident étaient les membres de l’Armée de libé­ra­tion du Koso­vo, dont les actes cri­mi­nels furent mis de côté. Le secré­taire aux Affaires étran­gères, Robin Cook, leur a dit de l’appeler n’importe quand sur son portable.

John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne
Pris­ti­na (Koso­vo) après les bom­bar­de­ments de l’Otan 29 mars 1999. (Reu­ters)

Quand les bom­bar­de­ments de l’OTAN furent ter­mi­nés et la plus grande par­tie des infra­struc­tures de la Ser­bie en ruine, ses écoles, ses hôpi­taux, ses monas­tères et même la sta­tion de télé­vi­sion natio­nale, les équipes d’enquêteurs inter­na­tio­naux débar­quèrent au Koso­vo pour y trou­ver les preuves de cet holo­causte. Le FBI ne trou­va pas une seule fosse com­mune et ren­tra bre­douille. L’équipe espa­gnole fit de même, jusqu’à ce que son chef dénonce avec colère une pirouette séman­tique par les machines à pro­pa­gande de guerre. Un an plus tard, le tri­bu­nal des Nations Unis pour la You­go­sla­vie annon­ça le décompte final des morts au Koso­vo : 2 788. Nombre incluant les com­bat­tants des deux bords ain­si que les Serbes tués par l’Armée de libé­ra­tion du Koso­vo. Il n’y a eu aucun géno­cide. L’holo­causte n’était qu’un men­songe. L’attaque de l’Otan repo­sait donc sur une manipulation.

Mais der­rière ces men­songes se cachait une rai­son sérieuse. La You­go­sla­vie était unique, indé­pen­dante, une fédé­ra­tion mul­tieth­nique qui a ser­vi de pont poli­tique et éco­no­mique durant la Guerre Froide. La majo­ri­té de ses ser­vices et de sa capa­ci­té de pro­duc­tion était publiques. Fait inac­cep­table pour une Com­mu­nau­té euro­péenne en expan­sion, sur­tout pour l’Allemagne tout juste réuni­fiée et qui com­men­çait à se tour­ner vers l’Est pour cap­tu­rer ses mar­chés natu­rels dans les pro­vinces de Croa­tie et de Slo­vé­nie. Au moment où les Euro­péens se réunis­saient à Maas­tricht en 1991 pour devi­ser sur le pro­jet de mise en place de la catas­tro­phique zone euro, un accord secret fut conclu, l’Allemagne recon­naî­trait la Croa­tie. C’en était fini de la Yougoslavie.

A Washing­ton, les États-Unis veillèrent à ce que l’économie you­go­slave en dif­fi­cul­té ne puisse béné­fi­cier d’un prêt de la Banque mon­diale. L’Otan, qui n’était plus à cette époque qu’une relique de la guerre froide, renais­sait comme ins­tru­ment de l’impérialisme. En 1999, à la confé­rence de paix du Koso­vo à Ram­bouillet, en France, les Serbes furent sou­mis aux tac­tiques vicieuses des vain­queurs. L’accord de Ram­bouillet com­porte l’annexe secrète B, rajou­tée le der­nier jour par la délé­ga­tion amé­ri­caine, qui deman­dait l’occupation mili­taire de toute la You­go­sla­vie et la mise en place d’une éco­no­mie libé­rale ain­si que la pri­va­ti­sa­tion de tout le domaine public. Aucun État sou­ve­rain ne peut signer un tel accord. Alors la puni­tion suit rapi­de­ment. Les bombes de l’Otan pleuvent sur le pays sans défense. Ce fut un avant goût des catas­trophes qui frap­pe­ront l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye et der­niè­re­ment l’Ukraine.

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Bâti­ments détruits par l’Otan à 150km à l’est de Tri­po­li 21 juillet, 2011. (Reuters/Ismail Zitouny)

Depuis 1945, plus d’un tiers des membres des Nations unies – 69 pays – ont souf­fert, entre les mains du fas­cisme moderne amé­ri­cain, en par­tie ou tota­le­ment, de l’un de ces sévices : ils ont été enva­his, leurs gou­ver­ne­ments ren­ver­sés, leurs mou­ve­ments popu­laires répri­més, leurs élec­tions mani­pu­lées, leur popu­la­tion bom­bar­dée, leurs éco­no­mies mal­me­nées et sou­mises à un embar­go connu sous le nom de sanc­tions. L’historien bri­tan­nique Mark Cur­tis compte le nombre de vic­times en mil­lions. A chaque fois un men­songe était utilisé.

« Ce soir, pour la pre­mière fois depuis le 11 sep­tembre, notre mis­sion de com­bat est ter­mi­née. » Tels furent les mots d’ouverture du dis­cours sur l’état de l’Union en 2015. En réa­li­té, il reste encore 10 000 troupes et 20 000 mer­ce­naires amé­ri­cains en Afgha­nis­tan, pour une durée indé­ter­mi­née. « La plus longue guerre de l’histoire des États-Unis a pris fin de manière res­pon­sable », a dit Oba­ma. En fait, plus de civils ont été tués en 2014 en Afgha­nis­tan qu’au cours d’aucune autre année depuis que les Nations unies en font le décompte. La majo­ri­té ayant été tuée – civils comme sol­dats – durant la période de pré­si­dence d’Obama.

La tra­gé­die afghane concur­rence les crimes épiques en Indo­chine. Dans son livre tant van­té, Le grand échi­quier : La pri­mau­té amé­ri­caine et ses impé­ra­tifs stra­té­giques, Zbi­gniew Brze­zins­ki, le père de la poli­tique étran­gère amé­ri­caine de l’Afghanistan à nos jours, écrit que si les États-Unis devait contrô­ler l’Eurasie et domi­ner le monde, ils ne pour­raient sup­por­ter une démo­cra­tie popu­laire, parce que « la pour­suite du pou­voir n’est pas quelque chose qui entraîne la pas­sion du peuple… La démo­cra­tie n’est pas l’amie de la mobi­li­sa­tion impé­riale ». Il a rai­son. Comme Wiki­Leaks et Edward Snow­den l’ont révé­lé, un État poli­cier est en train d’usurper la démo­cra­tie. En 1976, Brze­zins­ki, qui était alors conseiller à la Sécu­ri­té natio­nale du pré­sident Car­ter, fit ses preuves en por­tant un coup mor­tel à la pre­mière et seule période démo­cra­tique afghane. Qui connait cette période de l’histoire ?

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Com­bat des Marines US contre les tali­bans dans la pro­vince de Hel­mand  5 avril 2010. (Reuters/Asmaa Waguih)

Dans les années 1960, une révo­lu­tion popu­laire balaya l’Afghanistan, le plus pauvre pays sur terre, ren­ver­sant fina­le­ment le régime aris­to­cra­tique en 1978. Le Par­ti démo­cra­tique popu­laire d’Afghanistan (PDPA) a for­mé un gou­ver­ne­ment et décla­ré un pro­gramme de réformes qui com­pre­nait l’abolition du féo­da­lisme, la liber­té de reli­gion, des droits égaux pour les femmes et la jus­tice sociale pour les mino­ri­tés eth­niques. Plus de 13 000 pri­son­niers poli­tiques furent libé­rés et les fichiers de la police brû­lés en place publique.

Le nou­veau gou­ver­ne­ment intro­dui­sit les soins médi­caux gra­tuits pour les plus pauvres. Le ser­vage fut abo­li et un vaste pro­gramme contre l’illettrisme lan­cé. Pour les femmes, les gains furent immenses. A la fin des années 1980, la moi­tié des étu­diants uni­ver­si­taires étaient des femmes ; elles for­maient aus­si la moi­tié du contin­gent de méde­cins, un tiers des fonc­tion­naires et la majo­ri­té des ins­ti­tu­teurs. « Toutes les filles, se sou­vient Sai­ra Noo­ra­ni, une femme chi­rur­gien, pou­vaient aller à l’école et à l’université. Nous pou­vions aller où bon nous sem­blait et por­ter ce que l’on aimait. On avait l’habitude de sor­tir le ven­dre­di soir dans les cafés pour écou­ter de la musique ou au ciné­ma pour y voir le der­nier film indien. Tout a com­men­cé à aller de tra­vers quand les moud­ja­hi­dines ont com­men­cé à gagner. Ils tuaient les ins­ti­tu­teurs et bru­laient les écoles. On était ter­ri­fiés. C’était étrange et triste de pen­ser que ces gens étaient aidés par l’Occident »

Le gou­ver­ne­ment PDPA était sou­te­nu par l’Union sovié­tique, même si, comme l’ancien secré­taire d’État l’a admis plus tard « il n’y avait aucune preuve d’une com­pli­ci­té sovié­tique dans cette révo­lu­tion ». Alar­mé par les suc­cès crois­sants des mou­ve­ments de libé­ra­tion à tra­vers le monde, Brze­zins­ki déci­da que si le gou­ver­ne­ment PDPA réus­sis­sait en Afgha­nis­tan, son indé­pen­dance et ses réus­sites ris­quaient d’offrir la menace d’un exemple pro­met­teur.

Le 3 juillet 1979, la Mai­son Blanche déci­da de sou­te­nir secrè­te­ment les groupes tri­baux fon­da­men­ta­listes connus comme les moud­ja­hi­dines, un sou­tien dont le coût mon­ta jusqu’à plus de 500 mil­lions de dol­lars par an en four­ni­ture d’armes et autre assis­tance. L’objectif était de ren­ver­ser le pre­mier gou­ver­ne­ment laïque et réfor­miste d’Afghanistan. En aout 1979, l’ambassade amé­ri­caine à Kaboul rap­por­ta que « les inté­rêts supé­rieurs des États Unis… seraient ser­vis par la des­ti­tu­tion [du gou­ver­ne­ment PDPA], quelles qu’en soient les consé­quences pour les réformes sociales et éco­no­miques en Afgha­nis­tan ».

Les moud­ja­hi­dines furent les pré­cur­seurs d’al-Qaida et de l’État isla­mique. Gul­bud­din Hek­ma­tyar, qui reçu des dizaines de mil­lions de dol­lars en liquide, fut l’un des leurs. La spé­cia­li­té d’Hekmatyar était le tra­fic d’opium et l’aspersion d’acide sur le visage des femmes qui refu­saient de por­ter le voile. Invi­té à Londres, il fut pré­sen­té par le pre­mier ministre That­cher comme un com­bat­tant pour la liber­té.

De tels fana­tiques seraient res­tés dans leur monde tri­bal si Brze­zins­ki n’avait pas ini­tié un mou­ve­ment inter­na­tio­nal pour pro­mou­voir le fon­da­men­ta­lisme isla­mique en Asie Cen­trale et donc miné la poli­tique sécu­laire de libé­ra­tion pour désta­bi­li­ser l’Union Sovié­tique, créant, ain­si qu’il l’écrit dans son auto­bio­gra­phie, quelques musul­mans agi­tés. Son grand plan coïn­ci­dait avec celui du dic­ta­teur pakis­ta­nais Zia ul-Haq pour domi­ner la région. En 1986, la CIA et l’agence pakis­ta­naise de ren­sei­gne­ment, l’ISI, com­men­cèrent à recru­ter des gens a tra­vers le monde pour rejoindre le dji­had afghan. Le mul­ti-mil­lion­naire saou­dien Ous­sa­ma Ben Laden était l’un d’eux. Des volon­taires, qui fina­le­ment rejoin­dront les tali­bans et al-Qai­da, furent recru­tés dans un col­lège isla­mique de Brook­lyn, à New York, et reçurent un entrai­ne­ment para-mili­taire dans un camp de la CIA en Vir­gi­nie. Cette opé­ra­tion fut nom­mée Opé­ra­tion Cyclone. Son suc­cès fut fêté en 1996 quand le der­nier pré­sident PDPA d’Afghanistan, Moham­med Naji­bul­lah – qui venait de deman­der de l’aide à l’assemblée géné­rale des Nations unies – fut pen­du à un réver­bère dans la rue, par les talibans.

Le retour de bâton de l’opération Cyclone et ses quelques musul­mans agi­tés arri­va le 11 sep­tembre 2001. L’opération Cyclone se trans­for­ma en guerre contre le ter­ro­risme, dans laquelle un nombre incal­cu­lable d’hommes, de femmes et d’enfants vont perdre la vie dans tout le monde musul­man, de l’Afghanistan à l’Irak, au Yémen, en Soma­lie et en Syrie. Le mes­sage des puis­sants était, et est tou­jours : « Vous êtes soit avec nous soit contre nous ».

Le fil conduc­teur du fas­cisme, autre­fois comme aujourd’hui, est le meurtre de masse. L’invasion amé­ri­caine du Viet­nam eut ses zones de tir à vue , sa comp­ta­bi­li­té de cadavres et ses dom­mages col­la­té­raux. Dans la pro­vince de Quang Ngai, ou j’étais basé, des mil­liers de civils furent tués par les États-Unis, même si l’on ne se sou­vient que d’un seul mas­sacre, celui de My Lai. Au Laos et au Cam­bodge, le plus grand bom­bar­de­ment aérien de l’histoire a entrai­né une époque de ter­reur mar­quée encore aujourd’hui par le spec­tacle de ces cra­tères de bombes se rejoi­gnant jusqu’à for­mer, vu du ciel, l’image d’un mons­trueux col­lier. Les bom­bar­de­ments ont four­ni au Cam­bodge son propre État isla­mique, les Khmers rouges diri­gés par Pol Pot.

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De Pol Pot à l’EI : Tout ce qui vole contre tout ce qui bouge

Aujourd’hui, la plus grande cam­pagne de ter­reur qui ait jamais exis­té entraîne l’exécution de familles entières, d’invités à des mariages ou à des funé­railles. Ce sont les vic­times des tirs de drones d’Obama. Selon le New York Times, Oba­ma fait sa sélec­tion à par­tir d’une liste des per­sonnes à tuer que la CIA lui pré­sente chaque mar­di dans la Situa­tion Room de la Mai­son Blanche. Il décide alors, sans la moindre jus­ti­fi­ca­tion légale, qui vivra et qui mour­ra. Son arme de bour­reau est le mis­sile Hell­fire [les feux de l’enfer, NdT] empor­té par un avion sans pilote connu sous le nom de drone. Ces mis­siles rôtissent leurs vic­times et laissent la région par­se­mée de cadavres cal­ci­nés. Chaque frappe est enre­gis­trée sur une console très éloi­gnée du point d’impact, console nom­mée Bug­splat.

« A ceux qui marchent au pas, écrit l’historien Nor­man Pol­lock, se sub­sti­tue une  mili­ta­ri­sa­tion de la culture appa­rem­ment plus ano­dine. Et à un diri­geant gran­di­lo­quent se sub­sti­tue un réfor­ma­teur effa­cé, heu­reux dans son tra­vail de pla­ni­fi­ca­teur et d’exécuteur des hautes œuvres, tou­jours sou­riant.»

Ce qui rap­proche aus­si l’ancienne et la moderne ver­sion du fas­cisme est le culte de la supé­rio­ri­té [le supré­ma­tisme, NdT]. « Je crois en l’exceptionnalisme amé­ri­cain de toutes les fibres de mon être », a décla­ré Oba­ma, fai­sant écho aux décla­ra­tions ultra­na­tio­na­listes des années 1930. Comme l’historien Alfred W. McCoy l’a sou­li­gné, c’est un homme dévoué à Hit­ler, Carl Schmitt, qui dit un jour : « Le sou­ve­rain est celui qui décide de l’exception ». Cela résume tout à fait l’américanisme, l’idéologie qui domine le monde actuel.

Qu’elle ne soit pas recon­nue comme une idéo­lo­gie pré­da­trice est le résul­tat d’un lavage de cer­veau, lui-même non recon­nu. Insi­dieux, caché, fine­ment pré­sen­té comme un éclai­rage uni­ver­sel, son tota­li­ta­risme inonde la culture occi­den­tale. J’ai moi-même gran­di dans un envi­ron­ne­ment ciné­ma­to­gra­phi­que à la gloire de l’Amérique, qui était presque tou­jours une défor­ma­tion de la réa­li­té. Je n’avais aucune connais­sance du fait que l’Armée rouge avait détruit qua­si­ment toute la machine de guerre nazie, au prix de la vie de 13 mil­lions de ses sol­dats. Par com­pa­rai­son, les pertes amé­ri­caines, incluant celles du Paci­fique, furent de 400 000 hommes. Hol­ly­wood avait inver­sé les faits.

La dif­fé­rence, de nos jours, tient à ce que le public des salles obs­cures est invi­té à s’accrocher au fau­teuil sur la tra­gé­die de psy­cho­pathes amé­ri­cains devant tuer des gens par­tout dans le monde – comme le fait le pré­sident des États-Unis lui-même. Sym­bole de la vio­lence hol­ly­woo­dienne, l’acteur et réa­li­sa­teur Clint East­wood, fut nomi­né pour un Oscar cette année pour son film Ame­ri­can Sni­per, film qui raconte l’histoire d’un assas­sin légal fou furieux. Selon le New York Times, « patrio­tique et pour toute la famille, ce film a bat­tu tous les records d’audience dans ses pre­miers jours ».

Il n’existe pas de film épique sur les flirts de l’Amérique avec le fas­cisme. Durant la Deuxième Guerre mon­diale, l’Amérique (et la Grande-Bre­tagne) entrèrent en guerre contre la Grèce qui venait de se battre héroï­que­ment contre le nazisme et résis­tait à l’avènement d’un fas­cisme grec. En 1967, la CIA aida une junte mili­taire fas­ciste à prendre le pou­voir à Athènes, comme elle le fit au Bré­sil et dans la plu­part des pays d’Amérique latine. Les Alle­mands et les Euro­péens de l’Est qui avaient col­la­bo­ré avec les nazis et leurs crimes contre l’humanité reçurent l’asile aux États-Unis. Beau­coup furent bien soi­gnés et leurs talents récom­pen­sés. Wern­her von Braun, par exemple, fut à la fois le père de la fusée nazie V2 et du pro­gramme spa­tial des États Unis.

Dans les années 1990, alors que les anciennes répu­bliques sovié­tiques, l’Europe de l’Est et les Bal­kans, deve­naient des avant-postes mili­taires de l’Otan, on a don­né leur chance aux héri­tiers du mou­ve­ment nazi ukrai­nien. Res­pon­sable de la mort de mil­liers de juifs, Polo­nais et Russes durant l’invasion de l’Union sovié­tique par les nazis, le mou­ve­ment fas­ciste ukrai­nien fut réha­bi­li­té et cette nou­velle vague consi­dé­rée comme natio­na­liste par ceux qui gouvernent.

Cette vague a atteint son apo­gée quand l’administration Oba­ma a misé 5 mil­liards de dol­lars sur un coup d’État contre le gou­ver­ne­ment élu en place. Les troupes de choc étaient for­mées de néo–nazis du Sec­teur Droit et de Svo­bo­da. Par­mi leurs diri­geants on retrouve Oleh Tyah­ny­bok, qui a appe­lé à la purge de la mafia juive et mos­co­vite et autres merdes telles que les homo­sexuels, les fémi­nistes et les gauchistes.

Ces fas­cistes font main­te­nant par­tie du gou­ver­ne­ment ukrai­nien issu du coup d’État. Le rap­por­teur de l’assemblée natio­nale ukrai­nienne, Andriy Paru­biy, un diri­geant du par­ti au pou­voir, est aus­si un co-fon­da­teur de Svo­bo­da. Le 14 février, Paru­biy annon­ça qu’il par­tait pour Washing­ton afin d’obtenir que « les États-Unis nous four­nissent des armes de pré­ci­sion ». S’il y arrive, cela sera consi­dé­ré comme un acte de guerre par la Russie.

Aucun diri­geant occi­den­tal ne s’est insur­gé contre cette renais­sance du fas­cisme en plein cœur de l’Europe, à l’exception de Vla­di­mir Pou­tine dont le peuple a per­du 22 mil­lions de per­sonnes dans l’invasion nazie qui arri­va à tra­vers les fron­tières de l’Ukraine. A la der­nière Confé­rence sur la sécu­ri­té de Munich, l’assistante d’Obama pour les affaires euro­péennes et eur­asiennes, Vic­to­ria Nuland, a cri­ti­qué les diri­geants euro­péens qui s’opposent à ce que les États-Unis arment le régime de Kiev. Elle a fait réfé­rence au ministre alle­mand de la défense en le trai­tant de « ministre du défai­tisme ». C’est Nuland qui avait orga­ni­sé le coup d’État à Kiev. Elle est la femme de Robert D. Kagan, une figure du mou­ve­ment néo-conser­va­teur et cofon­da­teur de l’association d’extrême-droite Pro­ject for a New Ame­ri­can Cen­tu­ry (Pro­jet pour un nou­veau siècle amé­ri­cain). Elle a aus­si été conseillère en poli­tique étran­gère de Dick Cheney.

John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne
Le feu à la Mai­son des Syn­di­cats à Odes­sa. (RIA Novosti/Maxim Voitenko)

Le coup d’État de Nuland ne s’est pas tota­le­ment dérou­lé comme pré­vu. L’Otan n’a pas pu s’emparer de l’historique et légi­time base navale russe en Cri­mée. La popu­la­tion de Cri­mée, en grande majo­ri­té d’origine russe  – qui fut illé­ga­le­ment annexée à l’Ukraine par Niki­ta Krout­chev en 1954 – a lar­ge­ment voté pour son rat­ta­che­ment à la Rus­sie, comme elle l’avait fait dans les années 1990. Le réfé­ren­dum fut non impo­sé, popu­laire et sous obser­va­tion inter­na­tio­nale. Il n’y a pas eu d’invasion.

Dans le même temps, le régime de Kiev s’en est pris à la popu­la­tion d’origine russe dans l’est du pays avec la féro­ci­té d’un net­toyage eth­nique. Tout en déployant des milices néo-nazies dans le style de la Waf­fen SS, ils ont assié­gé et bom­bar­dé villes et vil­lages. Ils ont affa­mé les popu­la­tions, cou­pé l’électricité, gelé les comptes en banque, arrê­té le ver­se­ment des pres­ta­tions sociales et des retraites. Plus d’un mil­lion de per­sonnes ont tra­ver­sé la fron­tière pour se réfu­gier en Rus­sie. Réfu­giés décrits dans les médias occi­den­taux comme des gens fuyant les vio­lences cau­sées par l’invasion russe. Le com­man­dant de l’Otan, le géné­ral Breed­love, dont le nom et les actes pour­raient avoir été ins­pi­rés par le Dr Stran­ge­love [Dr Fola­mour, NdT] de Stan­ley Kubrick, annon­ça que 40 000 sol­dats russes se ras­sem­blaient aux fron­tières. A l’âge des pho­tos satel­lites, il n’en a trou­vé aucune pour prou­ver ses affirmations.

Le peuple d’Ukraine de langue russe et bilingue, un tiers de la popu­la­tion, a long­temps cher­ché a créer une fédé­ra­tion qui puisse reflé­ter la diver­si­té eth­nique du pays et qui soit auto­nome et indé­pen­dante de Mos­cou. La plu­part ne sont pas des sépa­ra­tistes, ils veulent sim­ple­ment vivre en sécu­ri­té dans leur pays et s’opposent à la prise de pou­voir qui a eu lieu à Kiev. Leur révolte et la créa­tion de répu­bliques auto­nomes sont venues en réac­tion aux attaques de Kiev. On l’a très peu expli­qué au public occidental.

En mai 2014 à Odes­sa, 41 per­sonnes d’origine russe furent brû­lées vives au siège social des syn­di­cats sous les regards de la police. Le diri­geant de Sec­teur Droit Dmy­tro Yarosh a consi­dé­ré ce mas­sacre comme encore un grand jour dans l’histoire de notre pays. Dans les médias bri­tan­niques et amé­ri­cains cela fut repor­té comme une tra­gé­die opaque résul­tant de bagarres entre natio­na­listes (les néo nazis) et sépa­ra­tistes (les gens récol­tant des signa­tures pour un réfé­ren­dum sur une Ukraine fédérale).

Le New York Times a enter­ré l’affaire en trai­tant de pro­pa­gande russe les aver­tis­se­ments sur la poli­tique fas­ciste et anti­sé­mite des nou­veaux clients de Washing­ton. Le Wall Street Jour­nal a condam­né les vic­times avec cet en-tête : « L’incendie mor­tel a été appa­rem­ment ini­tié par les rebelles », dit le gou­ver­ne­ment. Oba­ma a féli­ci­té la junte ukrai­nienne pour sa rete­nue.

Si Pou­tine était tom­bé dans le piège de venir défendre les rebelles, son sta­tut de paria dans le monde occi­den­tal aurait jus­ti­fié le men­songe d’une Rus­sie enva­his­sant l’Ukraine. Le 29 jan­vier, le géné­ral Vik­tor Muz­hen­ko, haut com­man­dant des armées ukrai­niennes a, presque par inad­ver­tance, reje­té la base même des sanc­tions occi­den­tales quand il décla­ra de manière empha­tique au cours d’une confé­rence de presse : « L’armée ukrai­nienne ne com­bat pas contre les troupes régu­lières russes », mais contre des « citoyens ordi­naires », membres de « groupes armées illé­gaux» ; il n’y avait plus d’invasion russe. Vadym Prys­tai­ko, adjoint au ministre de la Défense, a lui, appe­lé à la guerre totale contre la Rus­sie, une puis­sance nucléaire.

Le 21 février, le séna­teur amé­ri­cain James Inhofe, un répu­bli­cain de l’Oklahoma, a intro­duit un arrê­té par­le­men­taire pour auto­ri­ser l’exportation d’armes amé­ri­caines vers Kiev. Au cours de sa pré­sen­ta­tion au Sénat, Inhofe a uti­li­sé des pho­tos qu’il a pré­sen­tées comme des preuves de troupes russes fran­chis­sant la fron­tière ukrai­nienne, pho­tos qui ont depuis été démas­quées comme des faux. Cela m’a rap­pe­lé les fausses pho­tos de Ronald Rea­gan d’une ins­tal­la­tion sovié­tique au Nica­ra­gua et les fausses preuves de Colin Powell sur les armes de des­truc­tion mas­sive en Irak.

L’intensité de la cam­pagne de déni­gre­ment contre la Rus­sie et la pré­sen­ta­tion de son pré­sident comme un méchant de foire ne res­semble à rien de ce que j’ai pu voir au cours de ma vie de jour­na­liste. Robert Par­ry, un des jour­na­listes d’investigation amé­ri­cain les plus répu­tés, qui a révé­lé le scan­dale Iran–Contra, a écrit récem­ment : « Aucun gou­ver­ne­ment occi­den­tal, depuis l’Allemagne hit­lé­rienne, n’avait osé envoyer des troupes de choc nazies contre sa propre popu­la­tion, mais le régime de Kiev l’a fait et en toute conscience. Pour­tant, le monde poli­ti­co-média­tique a fait tout ce qu’il a pu pour cacher cette réa­li­té, allant jusqu’à igno­rer des faits clai­re­ment éta­blis… Si vous vous deman­dez com­ment le monde pour­rait tom­ber dans une troi­sième guerre mon­diale – comme cela s’est pas­sé pour la pre­mière il y a un siècle – tout ce que vous avez a faire est de regar­der la folie en ce qui concerne l’Ukraine, folie qui se montre imper­méable aux faits ou à la rai­son.»

John Pilger : renaissance du fascisme sous une forme moderne
Pro­cés de Nurem­berg. Les diri­geants nazis 1945–1946. (1er rang, g. à d. )Göring, Rudolf Heß, von Rib­ben­trop, Kei­tel (2ème rang, g. à d.) Dönitz, Rae­der, von Schi­rach, Sau­ckel (Image de Wikipedia)

En 1946, le pro­cu­reur du tri­bu­nal de Nurem­berg a décla­ré aux jour­naux alle­mands : « L’uti­li­sa­tion par les conspi­ra­teurs nazis de la guerre psy­cho­lo­gique est bien connue. Avant chaque attaque majeure, à l’exception de celles repo­sant sur la rapi­di­té d’action, ils démar­raient une cam­pagne de presse des­ti­née à abais­ser leurs vic­times et à pré­pa­rer psy­cho­lo­gi­que­ment le peuple alle­mand à l’attaque… Dans le sys­tème de pro­pa­gande de l’État hit­lé­rien, les armes les plus impor­tantes furent la presse quo­ti­dienne et la radio.»

Dans le Guar­dian du 2 février, Timo­thy Gar­ton-Ash a deman­dé, en mots clairs, une guerre mon­diale. « Pou­tine doit être empê­ché, dit le titre. Et par­fois seuls les armes peuvent arrê­ter les armes.» Il concé­da que la menace d’une guerre puisse nour­rir la para­noïa russe de l’encerclement, mais que cela n’était pas grave. Il fit la liste de l’équipement mili­taire néces­saire pour le bou­lot et conseilla ses lec­teurs en affir­mant que l’Amérique avait le meilleur équi­pe­ment.

En 2003, le même Gar­ton-Ash, alors pro­fes­seur a Oxford, répé­ta la pro­pa­gande qui entrai­na le mas­sacre en Irak. Sad­dam Hus­sein, écri­vait il, « a, comme l’a mon­tré Colin Powell, accu­mu­lé de grandes quan­ti­tés d’armes chi­miques et bio­lo­giques et cache ce qui lui reste. Il est tou­jours en train d’acquérir des armes nucléaires ». Il loua Blair comme un « Glad­sto­nien, un chré­tien libé­ral inter­ven­tion­niste ». En 2006, il écri­vit : « Main­te­nant nous fai­sons face au pro­chain grand défi occi­den­tal après l’Irak : l’Iran »

Ces pro­cla­ma­tions – ou comme Gar­ton-Ash pré­fère le dire, son ambi­va­lence libé­rale tor­tu­rée – sont assez cou­rantes chez ceux qui, dans l’élite libé­rale trans­at­lan­tique, ont signé un pacte faus­tien. Le cri­mi­nel de guerre qu’est Tony Blair est leur idole déchue. Le Guar­dian, jour­nal dans lequel le texte de Gar­ton-Ash fut publié a mis en page une publi­ci­té pour un avion de chasse fur­tif amé­ri­cain. Sous l’image mena­çante de ce monstre crée par Lock­heed Mar­tin s’étalent les mots : « Le F35. Grand pour la Grande Bre­tagne ». Ce maté­riel [qui ne vole tou­jours pas, NdT] amé­ri­cain coû­te­ra aux contri­buables bri­tan­niques 1,3 mil­liards de livres, les modèles pré­cé­dents ayant déjà fait des mas­sacres à tra­vers le monde. En par­fait accord avec son annon­ceur, l’éditorial du Guar­dian a plai­dé pour une aug­men­ta­tion des dépenses militaires.

La encore, cela suit un objec­tif sérieux. Les maitres du monde ne veulent pas seule­ment que l’Ukraine soit une base de mis­siles, ils veulent son éco­no­mie. La nou­velle ministre des finances de Kiev, Nata­liwe Jares­ko, est une Amé­ri­caine, ancienne fonc­tion­naire du Dépar­te­ment d’État amé­ri­cain en charge des inves­tis­se­ments à l’étranger. On lui a octroyé la natio­na­li­té ukrai­nienne en toute hâte.

Ils veulent l’Ukraine pour son gaz abon­dant. Le fils du vice-pré­sident Joe Biden est entré au conseil d’administration de la plus grosse com­pa­gnie pétro­lière d’Ukraine. Les fabri­cants de graines géné­ti­que­ment modi­fiées, comme le tris­te­ment célèbre Mon­san­to, veulent les riches terres culti­vables de l’Ukraine.

Mais par des­sus tout, ils veulent le puis­sant voi­sin de l’Ukraine, la Rus­sie. Ils veulent bal­ka­ni­ser et démem­brer la Rus­sie pour exploi­ter la plus grande source de gaz natu­rel sur terre. Alors que l’Arctique fond, ils veulent contrô­ler l’océan Arc­tique et ses richesses éner­gé­tiques, tout comme les terres russes qui le longent. Leur homme à Mos­cou fut Boris Elt­sine, un alcoo­lique, qui livra l’économie de son pays à l’Occident. Son suc­ces­seur, Pou­tine, a réta­bli la sou­ve­rai­ne­té russe. Tel est son crime.

Notre res­pon­sa­bi­li­té ici est donc claire. Elle repose sur l’identification et la mise à nu des men­songes per­ma­nents des va-t-en guerre et à ne jamais col­la­bo­rer avec eux. Elle est dans le réveil des grands mou­ve­ments popu­laires qui ont conduit une civi­li­sa­tion fra­gile vers des États modernes. Et, plus que tout, elle réside dans notre habi­le­té à empê­cher qu’ils ne nous écrasent. Si nous res­tons silen­cieux, leur vic­toire sur nous est assu­rée et l’holocauste est proche.

John Pil­ger

John Pil­ger, est un jour­na­liste basé à Londres, il est aus­si cinéaste et auteur. Il anime le site www​.john​pil​ger​.com.

Tra­duit par Wayan, relu par jj et par Diane pour le Saker Francophone

Source : lesa​ker​fran​co​phone​.net

Fil de com­men­taires Face­book cor­res­pon­dant à ce billet :
https://​www​.face​book​.com/​e​t​i​e​n​n​e​.​c​h​o​u​a​r​d​/​p​o​s​t​s​/​1​0​1​5​3​2​9​7​8​9​8​8​9​7​317

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87 Commentaires

  1. etienne

    De la You­go­sla­vie à l’Ukraine le Tcher­no­byl média­tique se répète – Slo­bo­dan Despot
    (Human Rights Agency)

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  2. Simon

    Dom­mage que cet article soit si long et sans aucune source/preuve. Ce n’est pas par­ta­geable en l’état…

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    • Norton

      Y a‑t-il encore besoin de preuves puisque le cynisme décom­plexé est désor­mais à l’œuvre ?…

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  3. Paulin

    C’est beau…mais ça manque cruel­le­ment de réfé­rence pour un texte cri­ti­quant la pro­pa­gande (sur­tout qu’il n’a pas l’air de man­quer de réfé­rences !)… Il n’y a rien à cri­ti­quer car rien n’est véri­fiable : il faut le croire sur parole ! Oui le rai­son­ne­ment est inté­res­sant (si les faits sont vrais) mais ce n’est que rare­ment le rai­son­ne­ment que l’on remet en ques­tion mais plu­tôt les faits éta­blis. Un texte de pro­pa­gande comme un autre par consé­quent ! Vrai­ment dommage…

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  4. nlescan

    Je ne suis pas d’ac­cord avec les com­men­taires qui tendent à inva­li­der l’ar­ticle pour « manque de sources », une cer­taine pro­por­tion des infor­ma­tions aux­quelles il est fait allu­sion ont, à ma connais­sance, été relayées par divers médias et sont faciles à vérifier. 

    Ceci me donne un a prio­ri posi­tif quant aux élé­ments dont je n’a­vais pas connaissance. 

    Si quelque chose dans ce texte vous semble erro­né, faites vos propres recherches afin d’a­voir une opi­nion informée.

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  5. etienne

    Pas docu­men­té ?!
    Quelle blague :

    John Pil­ger – Les Nou­veaux Maîtres du Monde (2001) :

    John Pil­ger – La Guerre contre la Démo­cra­tie (2007) :

    John Pil­ger – La Guerre Invi­sible (2010) :

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  6. frederick

    mer­ci, pour votre bou­lot Étienne, nous sommes des millions.

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  7. etienne

    #Citi­zen­four : #Snow­den aurait pu annon­cer que le monde était diri­gé par des #aliens
    https://​reflets​.info/​c​i​t​i​z​e​n​f​o​u​r​-​s​n​o​w​d​e​n​-​a​u​r​a​i​t​-​p​u​-​a​n​n​o​n​c​e​r​-​q​u​e​-​l​e​-​m​o​n​d​e​-​e​t​a​i​t​-​d​i​r​i​g​e​-​p​a​r​-​d​e​s​-​a​l​i​e​ns/

    Snow­den par­vient à fuir Hong Kong, aidé par Wiki­leaks, trouve refuge en Rus­sie, l’Allemagne se plaint des écoutes du télé­phone por­table de sa chan­ce­lière, mais fina­le­ment, Barak Oba­ma vient cal­mer toute vel­léi­té à l’encontre des pra­tiques de la NSA. Un dis­cours, pas d’excuses, des chefs d’Etats euro­péens qui grognent pour la forme, mais rentrent très vite dans le rang : nos vies pri­vées sont pié­ti­nées quo­ti­dien­ne­ment et conti­nue­ront à l’être. Cir­cu­lez, il n’y a rien à dire, ni à contes­ter. Les popu­la­tions ne sont pas des­cen­dues dans les rues pour deman­der l’arrêt des sys­tèmes d’interception de com­mu­ni­ca­tions et de col­lectes de don­nées, les gou­ver­ne­ments n’ont pas mena­cé les Etats-Unis ou l’Angleterre de mesures de rétorsions.

    Snow­den aurait pu démon­trer que des aliens diri­geaient la pla­nète, l’effet aurait été le même, et la réponse citoyenne, poli­tique, tout aus­si faible. Comme si, face à la réa­li­té, même la plus incroyable qui soit, l’anesthésie prime sur toute autre réaction.

    Une affaire qui touche aux fon­de­ments de nos sociétés

    Citi­zen­four démontre quelque chose que la plu­part d’entre nous soup­çonne, mais ver­ba­lise avec dif­fi­cul­té : que reste-t-il de la démo­cra­tie tant van­tée par ceux-là mêmes qui la bafouent en pié­ti­nant nos vies pri­vées ? La démo­cra­tie, dans sa dimen­sion de liber­té des indi­vi­dus (d’expression, de pro­prié­té pri­vée, de droit à la vie pri­vée, de cir­cu­la­tion, etc…), et non pas comme sys­tème poli­tique en tant que tel, est le cœur de la dyna­mique occi­den­tale moderne. Que peut-il se pas­ser si cette liber­té est mise sous sur­veillance inté­grale par des admi­nis­tra­tions ou des groupes pri­vés, que cha­cune de nos actions, nos paroles peut être cap­tée, ana­ly­sée, clas­sée.

    Le propre d’un sys­tème tota­li­taire est de n’offrir qu’une place déter­mi­née et limi­tée par ce même sys­tème, aux indi­vi­dus qui le consti­tuent. Edward Snow­den a per­mis de décou­vrir que ce sys­tème tota­li­taire existe, qu’il est en place et que nos vies sont déjà clas­sées. Prêtes à être fouillées, com­pul­sées, ana­ly­sées. Qui peut pré­tendre savoir com­ment et par quelle intel­li­gence, elles seront un jour uti­li­sées à des fins de répres­sion ou de cen­sure ? Per­sonne. Nos liber­tés sont déjà bafouées. Nous ne sommes plus en démo­cra­tie, et presque per­sonne ne s’en sou­cie. Le constat est affli­geant, mais le tra­vail de Lau­ra Poi­tras, Glenn Green­wald, Ewen MacAs­kill, et le cou­rage d’Edward Snow­den doivent ser­vir à quelque chose. Sans quoi, quand il sera trop tard, nous ne pour­rons pas dire : « nous ne savions pas ».

    Mon com­men­taire : jamais, dans ce billet d’a­lerte de Reflets comme par­tout ailleurs, les militants/résistants ne cherchent, ni encore moins iden­ti­fient, LA CAUSE PREMIÈRE de l’in­croyable iner­tie popu­laire ; jamais n’est poin­tée L’IMPUISSANCE POLITIQUE des élec­teurs, L’ABSENCE D’UNE CONSTITUTION digne de ce nom, et sur­tout, ori­gi­nai­re­ment, LA DÉMISSION POPULAIRE DU PROCESSUS CONSTITUANT.

    Tant que les humains ne seront pas capables d’i­den­ti­fier la cause pre­mière de leurs maux, ils seront inca­pables d’en venir à bout.

    Et les dif­fé­rents pou­voirs s’é­tant com­plè­te­ment auto­no­mi­sés (faute de réac­tion popu­laire adap­tée – consti­tuante), l’État pré­ten­du­ment « libé­ral » devien­dra poli­cier et tota­li­taire en plein, sup­pri­me­ra phy­si­que­ment les résis­tants (il n’y en a pas tant que ça) et orga­ni­se­ra des camps de tra­vail (comme il l’a déjà fait plu­sieurs fois, ceci n’est pas théorique).

    Je ne vois pas d’autre issue pour l’hu­ma­ni­té que de S’UNIR AUTOUR DE NOTRE CAUSE COMMUNE : INSTITUER NOUS-MÊMES NOTRE PUISSANCE POLITIQUE : « nous vou­lons écrire nous-mêmes les consti­tu­tions, pour dési­gner et contrô­ler nous-mêmes les acteurs politiques ».

    Et ça urge vraiment.

    Réponse
  8. Pierre Milan

    Depuis un cer­tain temps, je lis assez régu­liè­re­ment les articles et com­men­taires du blog du plan C. Il me semble que, par­mi ceux qui s’y arti­culent, il doit en avoir qui se connaissent per­son­nel­le­ment. Le « pro­blème » est là. Ano­ny­mat, mi-ano­ny­mat, ami­tiés vir­tuelles, vraies connais­sances tous confondus.

    Moi, vous ne me connais­sez pas. Mais au cours des der­niers com­men­taires mou­ve­men­tés et affi­chés sur votre blog, j’ai fini à faire mes recherches concer­nant le fameux cam­ping pro­po­sé par Ana Sailland. J’ai appris aus­si qu’elle a un des­tin excep­tion­nel : la déci­sion de tran­si­tion d’homme en femme par opé­ra­tion. J’ai beau­coup de res­pect devant une telle décision. 

    Il me semble qu’elle veut vrai­ment qu’on la traîte nor­ma­le­ment. Mais tout le monde ne fait pas de recherches.
    Donc ils la traîtent nor­ma­le­ment, comme bon leur semble – répondre à ses com­men­taires, se dis­pu­ter, etc. – sans savoir à qui et à quelle excep­tion ils s’adressent.
    Donc, ils s’ex­priment, sans « tolé­rance », puisque même s’ils le connais­saient, le des­tin excep­tion­nel d’A­na Sailland n’é­tant pas cen­sé être la ques­tion pri­mor­diale non plus, selon les pro­pos du com­men­taire en question. 

    Le pro­blème des bour­geois a tou­jours été l’in­ter­dit à arti­cu­ler libre­ment, spon­ta­né­ment ses émo­tions et intui­tions. La forme – le mot magique ! Pré­ser­ver la forme ! Au risque de dimi­nuer jus­qu’ à l’im­puis­sance tout élan explo­sif, brut, balayeur, sain. Au risque de se réduire à une sauce de bien­veillants gen­tils, agréables, vou­lant chan­ger le monde avec de beaux yeux for­mel­le­ment impeccables.

    Ceux qui ne se « retiennent » pas seront exclus – for­mel­le­ment . En véri­té ce sont eux qui découvrent que l’empereur est nu. 

    Vous me dece­vez, Mon­sieur Chouard.

    Il y en a qui savent que le bour­geois fonc­tionne de la sorte. 

    Dans ce sens : gare aux flat­teurs, qui vous répètent vos belles paroles. Car une vraie vul­ga­ri­té de sim­pli­fi­ca­tion s’ins­tal­le­ra, mécon­nue par le bour­geois qui n’i­den­ti­fie pas la ruse.

    En ce qui me concerne, j’ai déci­dé de quit­ter ce blog et regar­der ailleurs. Votre idée me semble très bonne. Mais quant aux ruses du sys­tème psy­cho­pathe il en faut plus de luci­di­té. Car il se peut qu’il se met à jouer sur le cla­vier de la dou­ceur et de la tolé­rance pour vous blo­quer les élans et les noyer, tout en les contrô­lant avec cette sauce.

    Pour moi, le pro­blème dont vous vous plai­gnez sou­vent (l’i­nac­ti­vi­té) en est la consé­quence, non la cause.

    Enfin, il y a quelques mois, j’a­vais été stu­pé­fait quand vous tra­his­siez Alain Soral et Dieu­don­né lors­qu’ils auraient cer­tai­ne­ment eu besoin de recon­fort et de votre ami­té. Vous vous rat­tra­piez le len­de­main, certes, mais le mes­sage pas­sait déjà.
    Bien que Soral et Dieu­don­né prennent 1000 fois plus de risques – ils sont pour­sui­vis, per­sé­cu­tés, pillés, inter­dits- vous, qui ne l’êtes pas, aviez « oublié » de vous soli­da­ri­ser avec leurs efforts immenses, sur ordon­nance de cette même bour­geoi­sie qui refuse depuis plus de 250 ans de se sen­tir « peuple » . Tan­dis que la ruse de la « bonne forme » n’est qu’une ruse, vieille comme le pouvoir. 

    Vous êtes en train de vous faire avoir encore…

    signé un ano­nyme qui met en oeuvre modes­te­ment une par­tie de vos idées

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    • joss

      Rien ne vous empêche de par­ta­ger vos idées. Ce qui compte, c’est d’être prêt pour que le moment venu nous puis­sions pas­ser à l’ap­pli­ca­tion concrète. For­mer, infor­mer, se pré­pa­rer, s’en­traî­ner cha­cun de son côté en groupe (c’est mieux) de manière à deve­nir des citoyens consti­tuants. Mal­heu­reu­se­ment, nous n’a­vons pas été aidé par l’é­du­ca­tion natio­nale, ni par les médias en tous genres qui n’ont pas le même but recher­ché : nous mode­ler en élec­teur, consom­ma­teur de masse.

      Réponse
    • Ana Sailland

      Petite mise au point : Je ne désire pas qu’on me « traite nor­ma­le­ment » puisque tel est le cas. Mer­ci de ne pas lais­ser sup­po­ser une quel­conque dif­fi­cul­té, svp.

      Par contre, il y a ici plus inté­res­sant : une par­tie de mes convictions ->

      https://​www​.you​tube​.com/​c​h​a​n​n​e​l​/​U​C​Q​Z​2​t​H​p​B​D​k​y​e​T​l​-​7​f​T​r​e​kbg

      ((( il fau­dra d’ailleurs ajou­ter une vidéo sur la mon­naie héli­co­ptère et la cible de la créa­tion monétaire 😉 )))

      Pour ce qui est d’E­tienne, il abat une besogne incroyable et extrê­me­ment utile à la conscience collective.

      Réponse
      • Ana Sailland

        ( @ Pierre Milan )

        Réponse
      • J-Stéphane

        Le don fait être, le don fait l’Etre, mer­ci Ana de nous faire don que du bon…

        Réponse
    • nlescan

      bizarre le com­men­taire… Ce Soral c’est un nid à embrouilles, tu le cal­cules, les glands te tombent des­sus, tu le cal­cule plus, les autres glands te tombent des­sus… Ce mec doit être une chêne.

      Réponse
  9. David

    Dans notre lettre d’information de décembre nous vous conseil­lions la lec­ture du livre « Le Groupe des Dix » (Bri­gitte Cha­mak, Les Edi­tions du Rocher, 1997). Ce groupe créé à l’initiative de Robert Buron avec Edgar Morin, Hen­ri Labo­rit et Jacques Robin à la fin des années 60. Dans les années 70, des per­son­na­li­tés comme Michel Rocard, Jacques Atta­li ou encore l’économiste René Pas­set (« l’économique et le Vivant », introu­vable…) l’ont intégré.
    Juste avant sa mort en 1973, dans son der­nier livre (« Pour­quoi je vis, Par goût de la Vie »), Robert Buron s’exprimait ainsi : 

    Recon­naître les autres civi­li­sa­tions, les accep­ter, c’est donc vou­loir vivre avec elles, dans une rela­tion d’é­ga­li­té. Mais une civi­li­sa­tion qui, à un moment don­né de l’his­toire, devient domi­nante, a besoin pour se conser­ver de tou­jours domi­ner davantage.
    Alors est bri­sée toute idée de soli­da­ri­té ? Peut-on lut­ter contre cela ?
    Là, ma réponse est, hélas, d’un ter­rible pessimisme :
    a) Je suis convain­cu que la paix et l’é­qui­libre du monde ne sont pos­sibles que dans la coexis­tence de valeurs de civi­li­sa­tion dif­fé­rentes et har­mo­ni­sées les unes avec les autres pour per­mettre une orga­ni­sa­tion pla­né­taire valable.
    b) Je suis sûr, comme vous, que les civi­li­sa­tions les plus puis­santes, tech­ni­que­ment et mili­tai­re­ment, impo­se­ront leurs valeurs aux autres.
    c) J’en conclus que le monde fini­ra dans une catastrophe.
    d) Comme je n’aime pas l’i­dée de catas­trophe, que j’ai le goût de la vie, et que tout ce qui bloque la vie est pour moi le mal et l’en­ne­mi, je lut­te­rai tant que je pour­rai contre ce qui me paraît iné­luc­table. Je suis très pes­si­miste. Je suis per­sua­dé que les tech­no­crates occi­den­taux crée­ront une sorte de fas­cisme mon­dial, appuyé bien sûr sur les valeurs occidentales.
    Seule­ment je lut­te­rai de toutes mes forces contre ces technocrates.
    Si on consi­dère en effet méta­phy­si­que­ment que quelque chose est mal, peu importe ce qu’on trouve ration­nel­le­ment indis­pen­sable, il faut lut­ter contre ce qui tue la vie, parce que sans ça je me tue moi-même. La seule petite chance, c’est de faire prendre conscience aux gens que le sys­tème de domi­na­tion d’une civi­li­sa­tion sur une autre est contraire à l’é­vo­lu­tion de la vie, que par consé­quent ils se sui­cident. Ils ne sui­cident peut-être pas le « conte­nant », mais ils sui­cident le
    « conte­nu », ce qui est beau­coup plus grave.

    Réponse
  10. oli

    Ces com­men­taires me donnent envie de réagir et de pous­ser un « bor­del, on s’en fout ! » à tous les mécontents…

    Des per­sonnes se retiennent avant de pos­ter, d’autres non, et alors ? On va pas en mou­rir… On rap­pelle le sujet qu’on traite, his­toire de se recen­trer sur le sujet, et puis c’est tout, affaire classée.

    Des per­sonnes suivent Soral, d’autres non, qu’est-ce qu’on en a à foutre sérieu­se­ment de ces débats de seconde zones, lorsque nous bas­cu­lons dans un régime totalitaire ! 

    J’en ai per­son­nel­le­ment marre des mora­li­sa­teurs, de tous ceux qui osent venir ici et dire qu’il fau­drait pen­ser comme ci ou pen­ser comme ça, de tous ces don­neurs de leçon de bonnes fré­quen­ta­tions à avoir, de bons mots à dire, de bons com­por­te­ments à adop­ter, comme si eux mêmes étaient par­faits ! Comme s’ils étaient purs, blancs, des saints, n’ayant jamais com­mis aucune faute dans toute leur vie… C’est navrant au pos­sible, ce manque de recul sur soi-même, et cette pré­ten­tion à vou­loir jeter des pierres… Faut-il éga­le­ment le rap­pe­ler ? Per­sonne ne détient la véri­té, ni le mono­pole de la haute, impec­cable et très res­pec­tueuse pen­sée… Il n’y a que les faits, et les faits se véri­fient lors­qu’on veut en par­ler, point barre. Le reste, c’est bon pour les potiniers.

    Concer­nant le fas­cisme, pour moi il est clai­re­ment déjà là, dans tous ces petits esprits étri­qués qui se prennent pour des princes, et en viennent à condam­ner des per­sonnes non pour leurs crimes puis­qu’ils n’en ont pas com­mis, mais pour leurs paroles ! Où est pas­sée la réflexion ? La mise en contexte ? Le béné­fice du doute ? L’humilité ?

    Moi je vais vous dire, et j’es­père que ça vous déplai­ra. J’é­coute des vidéos de Soral et j’en ai rien à foutre de ce que vous pou­vez bien en pen­ser. Je ne suis pas d’ac­cord avec tout ce qu’il dit, mais je trouve cer­taines de ses réflexions en socio inté­res­santes, d’au­tant qu’il a publié de nom­breux auteurs très inté­res­sants éga­le­ment. Tout ceci me donne des pistes, que je creuse par la suite per­son­nel­le­ment. Où est donc le mal ? Je ne suis pas deve­nu raciste, ni homo­phobe, ni sexiste ni je ne sais quoi d’autre pour autant… Par contre ce que je remarque, c’est que ceux qui le condamnent ne com­prennent en réa­li­té pas ce qu’il dit, comme s’ils n’ac­cé­daient pas aux nuances. Un exemple fla­grant : le fémi­nisme, il n’a jamais été contre les femmes, ce qu’il dénonce dans le fémi­nisme c’est son ins­tru­men­ta­li­sa­tion. Et il en va de même pour ce blog et l’i­dée du TAS… Parce qu’ils ne prennent pas le temps de réflé­chir à ce qui est dit, ou d’ad­mettre qu’ils n’y pigent rien, ou qu’ils n’en savent rien pour le moment, tous ces esprits étri­qués rejettent en bloc les solu­tions qu’on leur pro­pose. On dirait des gamins repus, qui éloignent d’un œil torve un plat d’épinards…

    Et je remarque aus­si un excès de zèle étrange, à com­battre des citoyens lamb­das, quand des per­sonnes à hautes res­pon­sa­bi­li­tés, qui accu­mulent pour­tant bourde sur bourde, ne se trouvent nul­le­ment inquié­tées par les nou­veaux com­bats que mènent nos hordes de jus­ti­ciers dévoués…

    Cette police de la pen­sée signe la nais­sance d’un fas­cisme. Et le pro­jet de loi de sur­veillance nous mène tout droit au crime d’ar­rière pen­sée. Ne voyez vous donc pas ce qui se pro­file à l’ho­ri­zon ? Com­bien de temps on va encore en res­ter là, à com­pa­rer piteu­se­ment la cou­leur de nos chaussettes ?

    Réponse
    • J-Stéphane
      • Ana Sailland
    • nlesca

      Je sais pas, tu fais quoi la ? Tu pousses ton cri d’a­mour ponderé…lol.
      A la base le man qui est venu faire les gros yeux a EC c est un fan du type…moi je fais une petite plai­sen­te­rie en le com­pa­rant a un chene…vu que quand tu t’ap­proche ou t’e­loignes de l engein tu te prend des glands sur la tete…Grosse emotion…Si t’as le droit de pos­ter ton roman d amour, rai­son­nable, j ai bien le droit de dire que je ne l appre­cie pas, pas par­ce­qu il serait fas­ciste ou que je me prend pour super nurem­berg mais sim­ple­ment par­ce­qu il dit plein de trucs très bêtes (sans paler du com­por­te­ment du gars que j apprends effa­ré par ses fans qui veulent tel­le­ment le defendre qu ils portent a ta conais­sance des aven­ture sca­breuses de leur idole que tu aurais pre­fere ne pas connaitre)… Bref si tu veuxb­pas qu on en parle com­mence par suivre ton propre conseil.

      Réponse
      • oli

        T’as pas com­pris le fond de mon mes­sage, c’est la cen­sure qui m’emmerde, c’est tout. Et bien sûr qu’il dit plein de trucs bêtes, quand tu par­le­ras autant que lui et que tu auras mis toutes tes belles idées en vidéo on pour­ra com­pa­rer, mais en atten­dant, j’en ai marre qu’on juge tou­jours les per­sonnes au lieu de par­ler du fond du sujet, et j’en ai marre aus­si de toutes ces petites attaques mes­quines de la part de ceux qui peuvent pas le saquer, et qui visent tou­jours à ridi­cu­li­ser l’autre, comme celles qui ponc­tuent ton mes­sage lorsque tu parles de roman d’a­mour et que tu fais exprès de ne voir que le côté émo­tion­nel de ma réponse. Bien évi­dem­ment que ma réponse est émo­tion­nelle, et alors ? C’est condam­nable ? Et c’est pas de l’a­mour dont il s’a­git mais de l’exas­pé­ra­tion, marre d’être rap­pe­lé conti­nuel­le­ment à l’ordre par les par­faits-qui-pensent-tou­jours-bien-comme-il-faut-qui-savent tout sur tout-ne se trompent-jamais-et‑à qui-on n’a jamais rien à repro­cher-tel­le­ment-ils se conduisent bien. Dans un sys­tème aus­si délé­tère, il fau­drait peut-être jus­te­ment s’in­quié­ter du fait que per­sonne n’ait rien à nous repro­cher… Ça, c’é­tait un rap­pel du côté intel­lec­tuel de ma réponse, celui que tu as zap­pé. Alors, oui, ma réac­tion concer­nait plus une situa­tion géné­rale, et concer­nait aus­si les méthodes employées pour dis­cré­di­ter Chouard, méthodes que je trouve basses et déloyales, viles et sour­noises. Qu’est-ce que ça fout ici ? Quel est le rap­port avec le sujet ? Hé bien c’est parce que je pense que ce sont pré­ci­sé­ment ces atti­tudes là qui contri­buent à mettre en place des régimes fas­cistes et des pen­sées tota­li­taires dans les esprits. Tu t’es sen­ti visé, déso­lé, du reste, dans d’autres de tes mes­sages tu uti­li­sais déjà tout ce que je dénonce, et tu l’u­ti­lises encore une fois là dans ta réponse, en t’a­bais­sant à jouer les écho­tiers, y a même des paren­thèses pour mur­mu­rer à l’o­reille tes messes basses.
        Du reste, j’a­vais bien aimé ton jeu de mots.
        Et si tu veux par­ler du sujet, vas y, je te retiens pas. Moi en tout cas j’ex­plique la mise en place d’un fas­cisme dans les men­ta­li­tés par :
        – une inver­sion des valeurs et un manque de dis­cer­ne­ment des repères
        – un rétré­cis­se­ment de la pen­sée et de la réflexion, où l’on ne contex­tua­lise plus les pro­pos, où l’on n’ad­met plus les nuances
        – un juge­ment des per­sonnes et non des propos
        – des condam­na­tions pour des paroles et non pour des crimes
        – des ragots et des rumeurs prises comme des sources d’in­for­ma­tions, voire, comme des vérités
        – une cen­sure galo­pante de tous les com­por­te­ments inappropriés
        – du fli­cage et de la sur­veillance de masse, où l’on voit des méchants et des ter­ro­ristes partout
        – de la créa­tion de mots pour inter­dire les débats de fond (tous les mots qui com­mencent par « anti », en sachant qu’il y aus­si du point de vue lexi­cal un détour­ne­ment de mots, voire, de la cri­mi­na­li­sa­tion de mots)
        – des per­sonnes qui se mettent à détour­ner l’at­ten­tion du fond des sujets et à jouer la police de la pensée
        – de l’a­vè­ne­ment de troupes de petits jus­ti­ciers, qui se mettent à dis­tri­buer des bons et des mau­vais points à tout le monde, ceux-là éta­blissent la pro­chaine ligne de la pen­sée et des idées qu’il ne sera plus admis de fran­chir une fois le nou­veau sys­tème durci
        – d’une parole qu’on dirait figée, qu’on a en tout cas plus le droit de faire cir­cu­ler là où bon nous semble… et qui se doit d’être tou­jours impec­cable, sans tâche, sans reproches – selon les censeurs 

        Et toi, que penses-tu donc de ce qui se passe pré­sen­te­ment dans ton pays ? Avec toute l’ac­tua­li­té récente, me dis pas t’as rien à nous dire…

        Réponse
        • etienne

          Mer­ci Oli. Chouette message.
          Mais ne vous bat­tez pas, avec nles­can, s’il vous plaît ; vous êtes deux chics types.

          Réponse
        • Ana Sailland

          Il est en effet très dif­fi­cile de par­ler mille heures sans dire aucune bêtise 🙂
          ni rien qui déplaît à une frac­tion ou une faction.

          Au delà de ces échanges de ces jours der­niers, qui ne sont pas tou­jours très empa­thiques, mais bon, c’est l’hu­main, et je ne suis pas la der­nière à grif­fer, se des­sine un thème de réflexion fon­da­men­tal qui concerne l’os­tra­cisme, la liber­té de parole, le droit de dire ce qui choque, la pro­tec­tion du corps social contre des mots consi­dé­rés comme dan­ge­reux, mais défi­nis par qui.
          Il serait pas­sion­nant de l’a­bor­der dans le calme.

          Nous sommes ici dans ce qui est carac­té­ris­tique de la pen­sée poli­tique et qui la dis­tingue de toute autre ou presque : le besoin de prendre des déci­sions col­lec­tives quand rien d’ob­jec­tif ne per­met de tran­cher et quand la déci­sion ne peut être impul­sée en der­nier res­sort et après débat que par l’émotionnel.
          C’est pour­quoi il est assez toxique de s’é­tri­per en mimant la logique à l’heure où règne l’émotion.

          Réponse
        • nlesca

          Oli, ce qui me gene c est que tu fais abs­trac­tion de la chro­no­lo­gie, la. Per­sonne ne par­lait du chene et d un coup un de ses fruits debarque et se met a repro­cher des trucs, je lache une plai­san­te­rie. Et la tu debarques avec ta tirade contre ceux qui cri­ti­que­raient le mocas­sin (variante sur le theme du gland)… et qui seraient de ce fait des cen­seurs fas­ci­sants qui pre­ten­draient avoir la science infuse. Laisse moi te dire que c est tres court et sur­tout pas tres logique au vu de la facon dont le theme a debar­qué… je sais je l ai deja dit mais je trouve quand meme ca tres eton­nant. Sinon des videos de moi ca ne risque pas, aucune envie de mon­trer ma tronche. Pour ce que j ai a dire a pro­pos d’ac­tua­lite… et bien je dis des trucs quand ca me vient et assez sou­vent ici, mais bon, je ne pense pas que ma vision des choses soit tres ori­gi­nale, je vois la meme chose que les gens qui marchent les yeux ouverts, apres tout est ques­tion d appre­cia­tion… Sinon mon gros truc c est une pro­po­si­tion de sys­teme de gou­ver­nance demo­cra­tique natio­nale que j essaie de pro­po­ser par­tout ou je peux et ou ca a l air de consti­tuer… c est base sur le sys­teme a l athe­nienne comme etienne le pro­pose a la dif­fe­rence qu a l echelle natio­nale plu­tot que d avoir une fede­ra­tion de com­munes (solu­tion a laquelle j adhere pour les depar­te­ments et regions)… je pro­pose en gros de repro­duire une struc­ture proche de la com­mune athe­nienne avec exe­cu­tif bou­lee et eccle­sia controles et beau­coup de refe­ren­dums… je pro­pose aus­si un vote pro­gram­ma­tique prea­lable avec can­di­da­ture simul­ta­nee au tas pour s affran­chir de la loi des grands nombres qui ne me parait pas suf­fi­sante… j ai deja explique ce sys­teme… c est un peu tech­nique… d ailleurs je l ai pro­po­sé sur un site fre­quente par des jeunes assez ete­ro­clytes qui s appelle metatv et pas mal de gens on eu l air de trou­ver ca sedui­sant… en tout cas c est mon grand truc et la pro­bable meilleure idee que j ai eue a pro­pos de demo­cra­tie (evi­de­ment il ne s agit que de mon opi­nion)… les regu­lars ici ont pro­ba­ble­ment deja lu mon truc au fil de cer­tains com’… voi­la voila.

          Réponse
          • oli

            Oui… sauf que ma logique ou ta logique, et encore moins la chro­no­lo­gie du débat, n’ont quelque chose à voir avec le fond du sujet dont je sou­hai­tais parler.

            Sujet qui par ailleurs méri­te­rait qu’on en parle plus cal­me­ment, je suis bien d’accord.

            Ce que j’ai à en dire de plus en tout cas, pour le moment, c’est que la radi­ca­li­sa­tion des points de vue qui entraînent imman­qua­ble­ment les chasses aux sor­cières me semble induite par diverses méthodes de pro­pa­ga­tion d’o­pi­nion, dont on peut déjà avoir un bref et sor­dide rap­pel ici : http://​deep​sound​.net/​h​a​/​p​s​y​o​p​s​.​h​t​m​l​#13

            La rumeur, tout comme la télé ou la radio, ou même inter­net, est un canal uti­li­sé pour pro­pa­ger cer­taines opi­nions, il me semble donc impé­ra­tif d’en rap­pe­ler tou­jours aux faits.

            A côté de ça, on assiste à une redé­fi­ni­tion de ce qu’on nomme la « liber­té d’ex­pres­sion », ou plu­tôt à un enca­dre­ment de celle-ci, avec des limites très strictes à ne pas dépas­ser, qui n’ont pas pour fina­li­té de pro­té­ger le peuple domi­né mais la classe domi­nante et ses intérêts.
            J’ai récem­ment vu une vidéo d’un infor­ma­ti­cien (Epel­boin), qui disait que la liber­té d’ex­pres­sion n’exis­tait pas en France, et que les débats autour d’in­ter­net et son contrôle allaient le révé­ler, en oppo­sant une foule qui se croit libre de dire ce qu’elle pense et de pen­ser ce qu’elle dit à un pou­voir qui ne joue qu’a­vec ses propres règles et n’a pas l’in­ten­tion de com­po­ser avec elle.

            Et pen­dant ce temps-là, des luttes se dressent ci et là au sein d’un peuple divi­sé, qui s’op­pose afin de défendre son droit à ci ou son droit à ça, face à des pro­blèmes ou à des oppres­sions qui ont été mises en avant et volon­tai­re­ment ampli­fiés par les médias ou les autres canaux… La mau­vaise nou­velle c’est que ça nous dés­unit et nous fait nous empoi­gner, la bonne, c’est qu’une grande sen­si­bi­li­té à l’in­jus­tice semble s’é­veiller un peu partout.

          • nlesca

            Tu sais Oli dur la desu­nion je me suis lar­ge­ment calme. Je te donne un exemple basé su Soral vu qu’on en par­lait. Pour etre clair il y a a peu pres pas grand chose que je par­tage avec ce mon­sieur a part cer­tains constats qu’il fait, pas tous. Sans ren­trer dans les détails j’é­tais à un moment assez remon­té contre cer­taines des idées qu’il dif­fu­sait et je me suis engueu­lé, mais vrai­ment, avec des potes a ce pro­pos… D’ailleurs on ne se voit plus tellement…Bref. Tou­jours est-il que ces der­niers temps consta­tant le fas­cisme gran­dis­sant de nos traitres (élus) j’ai rela­ti­vi­sé et je ne sou­haite plus pole­mi­quer sans fin sur les oppo­sants qui se trom­pe­raient sur tel ou tel truc… Je pense que l’ur­gence c est la demo­cra­tie, la consti­tu­tion et de se deba­ras­ser de nos para­sites, chaque jours plus oppu­lents et avides de notre asservissement.

    • Eliade Guy
  11. zedav

    Le tota­li­ta­risme peut prendre plu­sieurs formes. Mais son essence est par­tout la même, une ten­dance à expli­quer TOUT les pro­blèmes du monde par une cause unique (ce qui n’est pas une erreur en soi, rien ne prou­vant à prio­ri qu’il n’y ai pas une cause unique) mais en se trom­pant (consciem­ment ou non, que l’on y ait inté­rêt ou que l’on soit induit en erreur) de cause première.
    Par­tout le binôme pou­voir ( puis­sance d’a­gir concen­trée) sou­mis­sion du plus grand nombre (défaut de coopé­ra­tion, accep­ta­tion, rési­gna­tion, consen­te­ment) est à l’œuvre sous dif­fé­rents masques : force brute, oppres­sion éco­no­mique, contrôle des repré­sen­ta­tions, intérêt.
    Mais pour les idiots utiles, faux résis­tants mais vrais relais et pro­tec­teurs du pou­voir (puis­qu’ils détournent le regard de ceux qui sont abu­sés), il y aura tou­jours un bouc émis­saire : les juifs, les roms, les musul­mans, les hommes, le patriar­cat, etc.
    Les racistes, sexistes (et donc aujourd’­hui dans les pays occi­den­taux le fémi­nisme vic­ti­maire fon­dé et pro­mu par le les­bia­nisme misandre mili­tant finan­cé depuis ses débuts par le vrai pou­voir) et autres sec­taires sont d’in­dé­niables atouts du vrai pouvoir.
    Il fau­drait se réunir sur une cause com­mune qui puisse saper les bases du pou­voir. La stra­té­gie de sabo­tage pro­mue par « tête de linotte cas­trée fâchée contre les zizis de gar­çon » est un des meilleurs moyen de jus­ti­fier les pires poli­tiques de contrôle social et de répres­sion. Le sys­tème est puis­sant et va se défendre comme tout orga­nisme atta­qué par des virus ou des bac­té­ries. Comme d’ha­bi­tude, « tête de linotte cas­trée fâchée contre les zizis de gar­çon » ne nous dit rien du type d’or­ga­ni­sa­tion sociale que nous devrons mettre en place le cas échéant (si tant est que sa stra­té­gie aie la moindre chance de suc­cès, s’en­sui­vrait des dys­fonc­tion­ne­ments tech­niques majeurs ne man­quant pas de pro­vo­quer famines et pan­dé­mies) à part on s’en doute quelque chose qui ne soit pas le patriarcat.
    Cepen­dant que saper le pou­voir en ces­sant d’y col­la­bo­rer (tra­vailler petit à petit le moins pos­sible et ne pas voter, sor­tir autant que pos­sible du sys­tème de spé­cu­la­tion finan­cière et ces­ser de finan­cer et d’en­tendre les média « mains­tream ») tout en pre­nant notre part du com­ment vivre ensemble (pro­mo­tion et par­ti­ci­pa­tion à des ate­liers consti­tuants, ate­liers ques­tions et réponses refe­ren­dum, ate­liers démo­cra­tie directe) ne me semble guère plus uto­pique que la stra­té­gie pro­mue « tête de linotte cas­trée fâchée contre les zizis de gar­çon » et autre­ment plus attrac­tive quant aux pers­pec­tives qu’elle offre.
    Dans le contexte de cette misan­drie tel­le­ment géné­ra­li­sée qu’elle en est deve­nue presque nor­male et donc invi­sible (comme l’eau pour les pois­sons qui y vivent) je me dis sou­vent que j’ai­me­rais voir un monde enfin débar­ras­sé des hommes et donc du mal pour voir com­ment le seul sexe bon et digne de vivre s’organiserait…Il n’y a pour moi aucun doute qu’une socié­té de femmes repro­dui­rait la vio­lence, les classe, l’op­pres­sion, l’ex­ploi­ta­tion, etc. tout cela n’é­tant que l’ex­pres­sion du vivant. Le seul sou­ci étant alors pour les oppo­sants de trou­ver un nou­veau bouc émis­saire en rem­pla­ce­ment du patriar­cat et de la masculinité…

    Réponse
  12. zedav

    Pour plus de clar­té, mon pré­cé­dant mes­sage visait les innom­brables « lierre Keith » (et leurs « derick jen­sen« leur ser­vant la soupe et accep­tant de por­ter pour tou­jours la culpa­bi­li­té « mâle »).

    Réponse
  13. BA

    Nous volons tous dans le ciel, le cul posé sur une bulle.

    La base moné­taire, c’est la créa­tion de mon­naie par les banques centrales.

    Pour suivre l’é­vo­lu­tion de la base moné­taire depuis 2008, regar­dez bien le gra­phique 2 :

    http://​cib​.natixis​.com/​f​l​u​s​h​d​o​c​.​a​s​p​x​?​i​d​=​8​3​417

    Aux Etats-Unis, la base moné­taire était de 800 mil­liards de dol­lars en 2008. Depuis, elle a explo­sé. En 2015, elle est de 4500 mil­liards de dollars.

    Et au Royaume-Uni ?

    Au Royaume-Uni, la base moné­taire était de 70 mil­liards de livres ster­ling en 2008. Depuis, elle a explo­sé. En 2015, elle est de 370 mil­liards de livres sterling.

    Et au Japon ?

    La banque cen­trale du Japon aug­mente la base moné­taire de 80 000 mil­liards de yens par an ! C’est une aug­men­ta­tion équi­valent à 620 mil­liards d’eu­ros sup­plé­men­taires par an !

    Et en Europe ?

    La Banque Cen­trale Euro­péenne a annon­cé qu’elle allait injec­ter 1140 mil­liards d’eu­ros sup­plé­men­taires dans le cir­cuit ! C’est 60 mil­liards d’eu­ros sup­plé­men­taires par mois, jus­qu’en sep­tembre 2016 ! 

    Consé­quence :

    Depuis 2008, les banques cen­trales ont SANS LE VOULOIR créé de gigan­tesques bulles bour­sières et de gigan­tesques bulles financières.

    Depuis 2008, les banques cen­trales ont INVOLONTAIREMENT pla­cé toute l’é­co­no­mie mon­diale sur des bulles bour­sières et sur des bulles financières.

    Aujourd’­hui, toute l’é­co­no­mie mon­diale est en lévitation.

    Mal­heu­reu­se­ment, une bulle ne peut pas gon­fler jus­qu’au ciel.

    Mal­heu­reu­se­ment, une bulle finit tou­jours par éclater.

    Pré­pa­rez-vous au grand « Plop ! »

    Vous avez aimé la crise finan­cière de 2008, vous allez ado­rer la prochaine.

    http://​www​.lenou​ve​le​co​no​miste​.fr/​v​o​u​s​-​a​v​e​z​-​a​i​m​e​-​l​a​-​c​r​i​s​e​-​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​-​d​e​-​2​0​0​8​-​v​o​u​s​-​a​l​l​e​z​-​a​d​o​r​e​r​-​l​a​-​p​r​o​c​h​a​i​n​e​-​2​6​7​31/

    Réponse
    • Ana Sailland

      Il fau­drait savoir de façon pré­cise à qui ou quoi est des­ti­née la mon­naie neuve.
      Sous quelles conditions.
      Puis pou­voir « tra­cer » son parcours.

      Réponse
  14. Eliade Guy

    extrait de : http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/04/03/31001–20150403ARTFIG00399-et-si-les-grecs-preparaient-leur-sortie-de-l-euro-avec-l-aide-de-poutine.php

    Tou­jours est-il que la situa­tion semble blo­quée entre la Grèce et ses créan­ciers, avec deux points d’a­chop­pe­ment prin­ci­paux. Les Grecs ne veulent ni d’une réforme des retraites, ni d’une nou­velle entre­prise de libé­ra­li­sa­tion du mar­ché du tra­vail. Pour l’ins­tant, seuls contre tous – il faut noter qu’au­cun pays de l’U­nion euro­péenne ne leur apporte le moindre sou­tien, pas même ceux gou­ver­nés « à gauche » – ils tiennent bon là des­sus, avec un cou­rage qui force le respect.

    C’ est tou­jours bon à entendre. Bra­vo aux grecs

    Réponse
    • Ana Sailland

      S’il y avait des paris, je joue­rais la Grèce gagnante à trois ans.

      Réponse
    • claude saint-jarre

      Bon­jour. Cet article parle du 9 avril , 458 mil­lions d’Eu­ros à débourse. Nous sommes une éter­ni­té après le 9. Que se passe-t-il, quel­qu’un sait ?

      Réponse
    • richard30

      Peut-être que le gou­ver­ne­ment Grec sou­haite hono­rer la dette de son pays, telle qu’elle est exi­gée aujourd’­hui par les res­pon­sables euro­péens, jus­qu’à ce qu’il ait en sa pos­ses­sion les résul­tats défi­ni­tifs de la com­mis­sion d’au­dit de cette dette, qui vient juste de se créer au sein du Par­le­ment Grec. Et en France, on fait quoi ? Qu’y a‑t-il dans notre dette ? Tout le monde en parle mais per­sonne n’exige de savoir quelle est la liste des créances qui consti­tuent notre dette.
      Dans le pri­vé, toute socié­té en « ces­sa­tion de paie­ments » est prise en charge par le Tri­bu­nal de Com­merce dont elle dépend et un audit est sys­té­ma­ti­que­ment réa­li­sé, par un média­teur judi­ciaire qui authen­ti­fie les créances et les retient ou les rejette dans le cas où elles ne sont pas légitimes.
      Notre dette a été décla­rée sou­ve­raine par les mêmes res­pon­sables euro­péens qui ont déci­dé pour la Grèce. Les citoyens fran­çais sont donc tenu pour res­pon­sables et doivent exi­ger, puisque tel n’est pas le cas aujourd’­hui, un audit citoyen de la dette afin d’en authen­ti­fier la léga­li­té contrac­tuelle et donc la légi­ti­mi­té de l’en­semble des créances.

      Réponse
      • Ana Sailland

        Bien sûr que la dette est sou­ve­raine, mais le sou­ve­rain n’est pas le peuple !

        Réponse
        • richard30

          Bon­jour Ana.
          « … mais le sou­ve­rain n’est pas le peuple ! »
          Alors, pour­quoi accepte-t-il, le peuple, aveu­glé­ment, le rem­bour­se­ment de cette dette sans en connaître la com­po­si­tion et pour­quoi accepte-t-il toutes ces mesures d’aus­té­ri­té qui en sont issues ?
          Com­ment lui démon­trer qu’il n’est pas souverain ?

          Réponse
          • Ana Sailland

            Au cas où vous n’au­riez pas remar­qué, on s’en occupe 😉

            Mais je n’ai pas les moyens d’a­che­ter Libé .….….
            On fait donc dans la modes­tie tech­nique mais haut les coeurs.
            Les résul­tats ne sont pas nuls, loin de là.

             » pour­quoi accepte-t-il, le peuple, aveu­glé­ment  » »> Par­ce­qu’il est sciem­ment aveu­glé, sou­mis à un bom­bar­de­ment média­tique men­son­ger, et aus­si du fait que les ins­ti­tu­tions per­mettent de râler mais pas de peser.

            Et sur­tout : le peuple n’est pas sou­ve­rain par­ceque c’est gra­vé dans le marbre de la consti­tu­tion, même si le tour de pres­ti­di­gi­ta­tion de l’ar­ticle 3 fait ver­nis onirique.

          • Ana Sailland

            Puisque vous pos­sez la ques­tion du comment

            -per­son­nel­le­ment j’ai coécrit « de la dette indi­gnons nous » chez Yves Michel.
            ‑il m’est arri­vé de don­ner des conférences.
            ‑j’or­ga­nise ou co-orga­nise des ren­contres publiques ou ateliers
            ‑j’a­vais lan­cé un jour­nal natio­nal ( pau­mé 20000)

            A cha­cun de faire sa part .….….… Bienvenue.

          • richard30

            Mer­ci, Ana. Je connais votre culture en ce domaine. Cepen­dant, il est néces­saire d’a­bor­der le plan pra­tique du com­ment Si des tra­vaux argu­men­taires ont déjà été réa­li­sés et fina­li­sés, il serait utile de les recen­ser afin de pou­voir les faire cir­cu­ler au sein de tous les mou­ve­ments qui ont pris posi­tion pour l’é­cri­ture citoyenne d’une nou­velle Consti­tu­tion. Evi­tons de mul­ti­plier les médias, sim­ple­ment essayons de faire cir­cu­ler ceux qui existent, sans modération.
            En syn­thèse : nous sommes tous à notre niveau convain­cus que la sou­ve­rai­ne­té n’ap­par­tient pas au peuple mais cher­chons un argu­men­taire com­mun pour le faire admettre à la masse majo­ri­taire de ce peuple.
            Le bour­don effroyable com­mun à tous les médias à la solde du sys­tème actuel doit être rem­pla­cé par un carillon au ser­vice du peuple, à condi­tion que ce carillon puisse dif­fu­ser une oeuvre com­mune, créée par tous les fac­teurs de carillon et recon­nue par l’en­semble du peuple. Il est urgent de créer cette oeuvre avant que le peuple ne soit deve­nu tota­le­ment sourd.

          • Ana Sailland

            richard, je crois que nous n’a­vons que la maxime du coli­bri : je fais ma part

            c’est la seule issue

          • richard30

            Oui, Ana, vous avez rai­son. Néan­moins, cela fait plus de 50 ans que j’as­sume la mienne et estime, à pré­sent, qu’il y a d’autres solu­tions pour résoudre ce pro­blème. Com­ment font les 1% les plus riches du monde ? Ont-ils l’es­prit colibri ?

  15. BA

    Mer­cre­di 15 avril 2015 :

    La Grèce « a de l’argent pour deux semaines. »

    Le temps presse pour la Grèce : le gou­ver­ne­ment a jus­qu’au 20 avril pour pré­sen­ter aux autres membres de la zone euro la liste des réformes qu’il entend mener, un dos­sier sur lequel Grecs et Euro­péens ont déjà éta­lé leurs désac­cords à trois reprises. Mais où en est le pays à moins d’une semaine de cette échéance déci­sive ? Kostas Boto­pou­los, pré­sident de l’au­to­ri­té grecque des mar­chés finan­ciers, était l’in­vi­té d’Eu­rope 1 mer­cre­di matin. Et il n’a pas caché la situa­tion dif­fi­cile du pays.

    Des caisses vides dans « deux semaines ». 

    « Le gou­ver­ne­ment lui-même a admis qu’il y a de l’argent dans les caisses pour deux semaines, jusque début mai. Après, il y aura des pro­blèmes pour hono­rer nos obli­ga­tions inté­rieures et exté­rieures », a recon­nu le pré­sident de l’au­to­ri­té grecque des mar­chés financiers. 

    http://​www​.euro​pe1​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​l​a​-​g​r​e​c​e​-​a​-​d​e​-​l​-​a​r​g​e​n​t​-​p​o​u​r​-​d​e​u​x​-​s​e​m​a​i​n​e​s​-​2​4​2​8​349

    Réponse
    • oli

      Je ne suis pas cer­tain que cela ce soit pas­sé avec le consen­te­ment de la population…
      1. La popu­la­tion n’a pas été consultée
      2. La popu­la­tion dans son ensemble n’est même pas au courant
      3. Le texte n’a pas été très bien expli­qué, au niveau de ce que ça allait concrè­te­ment repré­sen­té dans le quo­ti­dien et la vie de tout à cha­cun, ni très bien relayé
      4. De nom­breuses asso­cia­tions et corps de métier s’y sont opposés
      5. C’est sur­tout un coup d’État, appuyé par les armes informatiques
      6. « Le pro­grès tech­nique est comme une hache qu’on aurait mise dans les mains d’un psychopathe. »

      Réponse
      • joss

        Nous l’a­vons réa­li­sé grâce à notre igno­rance, à notre dés­in­té­rêt, à notre impuis­sance, à notre délé­ga­tion aveugle. On ne délègue pas sa res­pon­sa­bi­li­té. Ceux qui veillent sur nous, ceux à qui nous délé­guons (délais­sons, aban­don­nons) notre pou­voir le savent très bien.
        La popu­la­tion est pré­pa­rée à man­ger des cou­leuvres. Il ne faut pas sous-esti­mer le tra­vail édu­ca­tif de nos médias. Tant qu’il y aura du diver­tis­se­ment et des séries dans le télé­vi­seur, ils n’ont rien à craindre. Du pain et des jeux. C’est dans leurs inté­rêts de dés­in­té­res­ser l’é­lec­teur-consom­ma­teur de la poli­tique et de l’é­co­no­mie. Nous ne sommes pas irresponsables.

        Réponse
        • oli

          Au vu des très nom­breuses méthodes qui sont uti­li­sées pour main­te­nir un peuple dans l’i­gno­rance et sciem­ment le mani­pu­ler (école, télé­vi­sion, presse, pro­pa­gande, dis­si­mu­la­tion d’in­for­ma­tions, détour­ne­ment d’at­ten­tion, ingé­nie­rie sociale, condi­tion­ne­ment men­tal, tech­no­lo­gique, drogues, alcools et autres sub­sti­tuts, agi­ta­tions des peurs, misère, chô­mage, exclu­sion sociale, ter­reur, ser­vices de ren­sei­gne­ment, police, armée… répres­sion, dis­sua­sion, dif­fa­ma­tion, coups et meurtres…), j’ai par­fois du mal avec cette notion de responsabilité.
          Une per­sonne mani­pu­lée peut-elle réel­le­ment être tenue pour res­pon­sable de son sort ?
          Sinon, c’est aus­si dans leur méthode, que de reje­ter la res­pon­sa­bi­li­té et la faute sur le peuple, et c’est encore dans leur méthode que de nous faire nous mépri­ser et nous més­es­ti­mer mutuellement.
          Mais je suis d’ac­cord, qu’a­vec cela, mal­gré cela, il va fal­loir essayer de les récu­pé­rer, nos responsabilités.

          Réponse
          • Ana Sailland

            Tu as rai­son, et je me gar­de­rai quand le parc est clos d’ac­cu­ser le mou­ton de bêler au lieu de sau­ter la barrière.

            Tout orgueil mis de côté, c’est à ceux qui par miracle ont encore un peu de liber­té inté­rieure de la com­mu­ni­quer aux autres.

          • joss

            La per­sonne mani­pu­lée (le peuple) a sa part de res­pon­sa­bi­li­té car elle est l’au­to­ri­té. Elle délègue sans réel contrôle, sans garde-fou. C’est écrit dans la Consti­tu­tion (qu’elle n’a pas écrite). Le délé­gué doit rap­por­té à l’au­to­ri­té. Dans la réa­li­té, les rôles sont inver­sés car le délé­gué repré­sente, tra­vaille pour l’élite.

  16. etienne

    [Euh, on peut m’ex­pli­quer ?] Silence sur les assas­si­nats poli­tiques en Ukraine

    http://​www​.les​-crises​.fr/​s​i​l​e​n​c​e​-​s​u​r​-​l​e​s​-​a​s​s​a​s​s​i​n​a​t​s​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​s​-​e​n​-​u​k​r​a​i​ne/

    Der­nière lettre

    Le jour de sa mort, M. Kalach­ni­kov avait envoyé à un de ses amis un cour­rier élec­tro­nique dans lequel dénon­çait les pres­sions subies par les oppo­sants aux nou­velles auto­ri­tés du pays.

    “Le géno­cide éhon­té des dis­si­dents, les menaces d’élimination phy­sique et les insultes inces­santes pour avoir appe­lé à fêter les 70 ans de la Vic­toire lors de la Grande Guerre patrio­tique (vic­toire de l’URSS dont la célé­bra­tion est décriée par les auto­ri­tés de Kiev, proches des mou­ve­ments néo­na­zis, ndlr) sont deve­nues la norme dans l’Ukraine actuelle occu­pée par les nazis”, sti­pule la lettre.

    Réponse
  17. etienne

    Incroyable : le direc­teur de ren­sei­gne­ment Amé­ri­cain dévoile son plan pour contrô­ler l’Europe !

    Réponse
    • joss

      Ces gens ne pensent qu’à la domi­na­tion, sui­vant une rela­tion de domi­nant / domi­nés, comme le sys­tème éco­no­mique (le capi­ta­lisme) et poli­tique (le régime démo­cra­tique de façade) qu’ils ont mis en place, tout va dans ce sens. Il ne peut en résul­ter que des guerres.

      Réponse
    • LeBoulanger

      Bon­jour à tous et à toutes, 

      http://​vahi​ne​blog​.over​-blog​.com/​2​0​1​5​/​0​4​/​p​o​u​t​i​n​e​-​v​e​r​s​u​s​-​g​e​o​r​g​e​s​-​f​r​i​e​d​m​a​n​-​l​e​-​m​a​s​q​u​e​-​t​o​m​b​e​.​h​tml

      Extrait du dis­cours de Georges Fried­man pour Strat­for devant le Chi­ca­go Coun­cil, le 4 février 2015 :

      1 – L’Eu­rope n’existe pas, La France ou la Rou­ma­nie, oui, mais l’Eu­rope, non.

      2 – Seule une union Alle­magne-Rus­sie pour­rait nous [les Amé­ri­cains] mena­cer, ça n’ar­ri­ve­ra jamais, nous fai­sons ce qu’il faut pour cela.

      3 – L’ar­mée ukrai­nienne est une armée US, la preuve : nous don­nons nos médailles à leurs sol­dats méri­tants, alors que les déco­ra­tions sont réser­vées aux citoyens US.

      4 – Nous livrons des armes dans tous les pays de l’est euro­péen, même en Ukraine où nous entraî­nons les troupes.

      5 – Notre but est d’ins­tal­ler un cor­don sani­taire autour de la Rus­sie, afin qu’elle ne soit jamais sta­bi­li­sée et pour en chas­ser toute vel­léi­té d’al­liance européenne.

      6 – Nous inter­ve­nons mili­tai­re­ment dans le monde entier, nous domi­nons les océans et toute la terre.

      7 – Nous fai­sons se battre nos enne­mis entre eux, « c’est cynique mais ça marche ».

      8 – Les attaques pré­ven­tives désta­bi­lisent les enne­mis, nous fai­sons ça dans toutes les guerres.

      9 – Nous ins­tal­lons des régimes favo­rables à nos intérêts.

      10 – Nous sommes un empire, nous ne pou­vons pas nous relâcher.

      11 – L’O­tan doit occu­per tout l’es­pace ter­restre entre la mer Bal­tique et la mer Noire.

      12 – Nous ne savons pas ce que va faire l’Al­le­magne, elle est dans une situa­tion très difficile.

      13 – Une coopé­ra­tion entre le capi­tal alle­mand et les matières pre­mières russes serait désas­treuse pour les États-Unis. Les USA l’empêchent depuis un siècle et conti­nue­ront. Le des­tin de l’Eu­rope dépen­dra de la déci­sion des Alle­mands. Ils ont besoin des Russes, mais ils sont menot­tés par les USA. 

      Le pré­sident russe Vla­di­mir Pou­tine a répon­du en direct à a télé­vi­sion aux ques­tions de ses conci­toyens, ce jeu­di 16 avril 2015.

      1 – La Rus­sie n’at­taque pas l’Oc­ci­dent, elle n’a­gresse per­sonne, elle défend ses intérêts.

      2 – En 1990, la Rus­sie a arrê­té les vols de ses bom­bar­diers stra­té­giques, mais les avions US conti­nuaient à voler avec des armes nucléaires à bord. Pour­quoi ? Contre qui ? Nous avons recom­men­cé depuis trois ans, alors qui provoque ?

      3 – Nous avons deux base mili­taires hors de Rus­sie, à la fron­tière afghane, c’est même l’in­té­rêt des USA. Eux ont plus de mille bases par­tout dans le monde, et nous sommes des agres­seurs ? Où est le bon sens ? Que font les armes nucléaires amé­ri­caines en Europe ?

      4 – Le bud­get mili­taire du Penta­gone est dix fois plus éle­vé que le nôtre et nous menons une poli­tique agres­sive ? Il faut gar­der son bon sens. Avons-nous des bases aux fron­tières des USA ?

      5 – Pour­quoi veut-on nous inter­dire de nous défendre ? Qui a rési­lié le trai­té sur les mis­siles ? Qui ins­talle ses mis­siles aux fron­tières de l’autre ? Et nous sommes agressifs ?

      6 – Nous vou­lons des rela­tions d’é­ga­li­té avec l’Oc­ci­dent, en accord avec nos inté­rêts nationaux.

      7 – Nous avons atten­du 20 ans avant d’être accep­tés à l’OMC, avec beau­coup de conces­sions, les règles solides sont vio­lées, celles de l’OMC, de l’O­NU, du droit inter­na­tio­nal avec les sanc­tions contre nous.

      8 – Nous vou­lons col­la­bo­rer sur les pro­blèmes de l’hu­ma­ni­té, sécu­ri­té, désar­me­ment, ter­ro­risme, san­té, drogue, crime organisé.

      9 – Après la chute du mur de Ber­lin, on nous avait pro­mis un gel de l’O­tan, et aujourd’­hui elle est par­tout à nos fron­tières, c’est un nou­veau mur. Les Occi­den­taux ont déci­dé qu’ils étaient vainqueurs.

      10 – Il faut arrê­ter de construire de nou­veaux murs et faire un monde com­mun humain, pros­père et en sécurité.

      11 – Les sanc­tions éco­no­miques ne sont pas le prix que nous payons pour la Cri­mée, mais pour notre volon­té d’exis­ter en tant que nation et civi­li­sa­tion libre.

      12 – Quoi que nous fas­sions pour la détente, nous ren­con­trons tou­jours des refus et des résis­tances de l’Oc­ci­dent. Les der­niers jeux Olym­piques d’hi­ver de Sot­chi ont été calom­niés et dis­cré­di­tés avant, pen­dant et après, pourquoi ?

      13 – L’Oc­ci­dent veut enchaî­ner l’ours russe, même s’il reste dans sa tanière, il veut arra­cher les dents et les griffes de l’ours, ses armes nucléaires. Ensuite il empaille­ra l’ours et s’ap­pro­prie­ra sa taï­ga, son ter­ri­toire. Les USA trouvent injuste que la Rus­sie soit si grande, elle en veut un mor­ceau, comme elle avait volé le Texas au Mexique en 1848 [plus la moi­tié de ses terres, du Texas à la Cali­for­nie, NdT].

      14 – Nous uti­li­sons les sanc­tions éco­no­miques comme trem­plin pour amé­lio­rer notre éco­no­mie, nous serons plus indépendants.

      15 – Nous ne vou­lons pas que la peau de l’ours soit accro­chée au mur, cela n’a rien à voir avec la Crimée.
      Bref, je vous laisse juger, il y a deux visions du monde pour l’a­ve­nir de notre race humaine… Le méca­nisme qu’un homme comme Georges Fried­man arrive au pou­voir est bien expli­qué dans la poné­ro­lo­gie politique(J’ai cru savoir que quelque per­sonne ici a lu ce livre). En fait, toute asso­cia­tion d’un groupe de per­sonne de bonne inten­tion est vul­né­rable dans le temps : Les par­tis poli­tiques, les entre­prises, les asso­cia­tions, …etc.

      Ami­ca­le­ment,

      Réponse
    • etienne

      Pas­sion­nant et atta­chant per­son­nage, un colibri 🙂 

      Thin­ker­view – Inter­view de Peter Dale Scott 

      Réponse
  18. joss

    Médi­ta­tion sur le fas­cisme de l’écrivain assas­si­né Pasolini :
    https://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​l​6​7​9​b​_​p​a​s​o​l​i​n​i​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​t​-​s​o​c​i​e​t​e​-​d​e​-​c​o​n​s​o​m​m​a​t​i​o​n​_​n​ews

    https://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​t​5​e​4​7​_​p​a​s​o​l​i​n​i​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​t​-​s​o​c​i​e​t​e​-​d​e​-​c​o​n​s​o​m​m​a​t​i​o​n​_​w​e​b​cam

    -Mon point de vue :
    il a remar­qué que les symp­tômes appa­rents sur la socié­té dû au régime fas­ciste n’ont « mys­té­rieu­se­ment » pas dis­pa­ru avec ce régime. Au contraire, ils se sont accé­lé­rés sous un régime « démo­cra­tique ». Il a pu en conclure que la mala­die était tou­jours bien pré­sente. Selon moi, il n’a pas pu mettre le doigt sur la cause pro­fonde, notre régime démo­cra­tique de façade. Paso­li­ni a été un fin obser­va­teur en consta­tant la conti­nui­té dans les symp­tômes d’un régime fas­ciste, même après la fin de celui-ci. A sa fin, il a fal­lu cas­sé la résis­tance au fas­cisme pour le mettre en oeuvre sous une autre forme : le régime démo­cra­tique de façade (d’où cette conti­nui­té dans les symptômes).
    Quels en sont les symp­tômes ? L’u­ni­for­mi­sa­tion de la socié­té (et de son envi­ron­ne­ment) que l’on appelle : la socié­té de consom­ma­tion ou consom­ma­tion de masse. Uni­for­mi­sa­tion des indi­vi­dus en consom­ma­teurs de masse (type idéal iden­tique sans esprit cri­tique), des pro­duits utiles en biens futiles de consom­ma­tion de masse, de notre envi­ron­ne­ment rural par l’ur­ba­ni­sa­tion à outrance, des (et grâce à des) modes de pro­duc­tion indus­triels, grâce à notre abru­tis­se­ment par les médias et la pré­pa­ra­tion par l’é­du­ca­tion, la mise à l’ombre de tout oppo­sant au régime.
    Pour se réa­li­ser, il a fal­lu cas­sé les valeurs presque ances­trales incul­quées par la reli­gion et les rem­pla­cées par de nou­velles qui per­mettent de nous confondre en consom­ma­teur de masse, idéa­le­ment tous iden­tiques (sou­ve­nez vous de la race aryenne dans le régime fas­ciste allemand).

    Réponse
    • oli

      Très inté­res­sant, merci.

      Réponse
  19. Lysbeth Levy

    Le pire c’est que nous savons désor­mais qui étaient der­rière les deux conflits en Europe, la 1 ère et seconde guerres mon­diale, celle ci étant finan­cée lar­ge­ment par les ban­quiers en vue de détruire l’Urrs !

    Wall street et la mon­tée irre­sis­tible de A. Hitler :
    Livre gra­tuit (ven­du actuel­le­ment 18 e) http://​www​.pdfar​chive​.info/…/Sut­ton_An­to­ny_­Cy­ril_-_Wall…

    ALors com­ment igno­rer que la crise actuelle est l’oeuvre des banques à nouveau ?

    Réponse
  20. joss

    Poudre aux yeux, car la gra­tui­té n’existe pas dans une socié­té capitaliste.
    Je sup­pose qu’il sera dès lors plus facile de chan­ger de sexe que de chan­ger la consti­tu­tion. Quelle chance pour le pou­voir en place, tant qu’on ne touche pas à la constitution !

    Réponse
  21. etienne

    Le grand bluff de Ronald Reagan 
    Arte – docu­men­taire 2015 vf complet 

    À recou­per avec tout ce que prouve ce livre essen­tiel :

    http://​www​.edi​tions​de​mi​lune​.com/​l​e​t​a​t​-​p​r​o​f​o​n​d​-​a​m​e​r​i​c​a​i​n​-​p​-​5​8​.​h​tml

    Essen­tiel, j’insiste.
    Vous devriez tous, nous devrions tous lire, non, dévo­rer (et faire connaître par­tout) ce livre bou­le­ver­sant et fondamental.

    Réponse
  22. etienne

    Julian Assange :
    « En m’accueillant, la France accom­pli­rait un geste humanitaire »

    http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​5​/​0​7​/​0​3​/​j​u​l​i​a​n​-​a​s​s​a​n​g​e​-​m​o​n​s​i​e​u​r​-​h​o​l​l​a​n​d​e​-​a​c​c​u​e​i​l​l​e​z​-​m​o​i​-​e​n​-​f​r​a​n​c​e​_​4​6​6​8​9​1​9​_​3​2​3​2​.​h​tml

    Julian Assange :

    Mon­sieur le pré­sident de la Répu­blique, j’ai l’honneur de vous écrire et, à tra­vers vous, de m’adresser au peuple français.

    Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Towns­ville, en Aus­tra­lie. Je suis un jour­na­liste pour­sui­vi et mena­cé de mort par les auto­ri­tés états-uniennes du fait de mes acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles. Je n’ai jamais été for­mel­le­ment accu­sé d’un délit ou d’un crime de droit com­mun, nulle part dans le monde, y com­pris en Suède ou au Royaume-Uni.

    Je suis le fon­da­teur de WikiLeaks.

    En avril 2010, je décide de publier une vidéo inti­tu­lée « Col­la­te­ral mur­der ». Celle-ci montre le mas­sacre de plu­sieurs civils, dont deux employés de Reu­ters, et les graves bles­sures de plu­sieurs enfants par des sol­dats états-uniens en Irak. Les images, fil­mées depuis un héli­co­ptère, sont dif­fi­ci­le­ment sou­te­nables. Elles s’accompagnent des rires et des com­men­taires sar­cas­tiques de ceux qui sont en train de com­mettre ces crimes. Elles font le tour du monde et révèlent bru­ta­le­ment l’inhumanité d’une guerre qui a déjà fait plu­sieurs cen­taines de mil­liers de victimes.

    Dès le len­de­main, à tra­vers des menaces de mort pré­cises et ciblées, une per­sé­cu­tion poli­tique d’une ampleur inédite est lan­cée contre moi et les prin­ci­paux employés de Wiki­Leaks. Elle n’a, depuis, jamais ces­sé. L’énumération des actions menées contre mon orga­ni­sa­tion, mes proches et moi-même ne per­met pas d’en sai­sir toute la vio­lence, mais peut-être en donne-t-elle une idée : appels à mon exé­cu­tion, à mon kid­nap­ping, et à mon empri­son­ne­ment pour espion­nage par de hauts res­pon­sables poli­tiques et admi­nis­tra­tifs états-uniens, vols d’informations, de docu­ments et de biens, attaques infor­ma­tiques répé­tées, infil­tra­tions suc­ces­sives, inter­dic­tion illé­gale à l’ensemble des pla­te­formes de paie­ment de pro­cé­der à des dons envers mon orga­ni­sa­tion, sur­veillance per­ma­nente de mes moindres faits et gestes et de mes com­mu­ni­ca­tions élec­tro­niques, pour­suites judi­ciaires incon­si­dé­rées se pro­lon­geant depuis plus de cinq ans sans pos­si­bi­li­té de me défendre, cam­pagnes de dif­fa­ma­tion, menaces phy­siques répé­tées, fouilles et har­cè­le­ment de mes avo­cats, etc.

    Deux autres cas : Jéré­mie Zim­mer­mann et Jacob Appelbaum

    Wiki­Leaks, que j’ai fon­dé en 2006, avait déjà aupa­ra­vant révé­lé de nom­breux scan­dales majeurs de cor­rup­tion, de vio­la­tions des droits fon­da­men­taux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Nous avions pour cela reçu notam­ment un prix d’Amnesty inter­na­tio­nal et des dizaines d’autres prix jour­na­lis­tiques d’autres orga­ni­sa­tions pres­ti­gieuses, dont cinq nomi­na­tions suc­ces­sives au prix Nobel de la paix et, plus récem­ment, cinq nomi­na­tions au prix Man­de­la des Nations unies (ONU), créé cette année.

    Pour­tant, cette vidéo a mar­qué un avant et un après dans ma vie, mais aus­si dans celle de tous ceux qui s’y sont impli­qués. Un citoyen fran­çais notam­ment, Jéré­mie Zim­mer­mann, remer­cié dans le géné­rique de la vidéo, a fait l’objet de menaces de la part de deux agents du FBI dans le but d’en faire un infil­tré, et n’a jamais pu reve­nir sur le ter­ri­toire amé­ri­cain mal­gré ses besoins pro­fes­sion­nels. Il en est allé de même pour d’autres jour­na­listes qui, mal­gré leur natio­na­li­té états-unienne, n’ont plus jamais pu reve­nir sur leur propre ter­ri­toire pour retrou­ver leurs proches, et font l’objet depuis de pour­suites judi­ciaires pour espion­nage. Jacob Appel­baum, pour s’être pré­sen­té comme un défen­seur de Wiki­leaks, a fait l’objet de toute une série de vio­lences et d’intimidations, notam­ment à son domi­cile, où sont entrés un jour en pleine nuit des hommes mas­qués et mena­çants, lais­sant sa com­pagne dura­ble­ment marquée.

    Au pic de cette cam­pagne, plus de 120 employés étaient char­gés, au sein de la dite « Wiki­Leaks War Room » du Penta­gone amé­ri­cain, de coor­don­ner cette offen­sive contre moi et mon orga­ni­sa­tion. Les preuves ont été depuis appor­tées qu’un grand jury secret, por­tant notam­ment des accu­sa­tions d’espionnage à mon encontre, a été for­mé en 2010, et n’a jamais ces­sé d’agir depuis.

    L’ampleur de ce dis­po­si­tif n’aurait guère pu être ima­gi­née par un esprit para­noïaque. Une dou­zaine d’agences états-uniennes y par­ti­cipent offi­ciel­le­ment, incluant le Penta­gone, la Defence Intel­li­gence Agen­cy, la CIA, le FBI, l’Agence natio­nale de sécu­ri­té amé­ri­caine (NSA), le minis­tère de la jus­tice et le dépar­te­ment d’État. D’autres le font de façon plus secrète, comme cela a été révé­lé récem­ment suite à une enquête par­le­men­taire en Islande.

    Ces per­sé­cu­tions sont pour­tant bien réelles. Elles ont été docu­men­tées par une infi­ni­té d’organisations, fait l’objet de rap­ports inter­na­tio­naux et de déci­sions judi­ciaires, ont été sub­stan­tiel­le­ment admises par les auto­ri­tés concer­nées, et sou­vent même reven­di­quées. Éri­gées en véri­table poli­tique par le gou­ver­ne­ment états-unien, elles se sont depuis éten­dues au-delà de mon cas et de Wiki­Leaks : l’administration Oba­ma a ain­si pour­sui­vi plus de jour­na­listes et de sources lors de ses deux man­dats suc­ces­sifs que tous les gou­ver­ne­ments états-uniens pré­cé­dents réunis.

    Les pour­suites ne m’ont pas fait taire

    Pour le simple fait d’avoir publié des infor­ma­tions d’intérêt public que des sources ano­nymes avaient trans­mises à Wiki­Leaks, je suis per­son­nel­le­ment pour­sui­vi pour espion­nage, conspi­ra­tion visant à espion­ner, vol ou com­pro­mis­sion de pro­prié­té du gou­ver­ne­ment états-unien, vio­la­tion de la loi sur la fraude infor­ma­tique, et conspi­ra­tion géné­rale, ris­quant pour cela l’emprisonnement à vie ou pire. Les Etats-Unis ont depuis éten­du leur enquête pour y inclure l’assistance que j’aurai offerte à M. Snow­den pour pré­ser­ver sa vie et lui faire obte­nir l’asile ; et il en est, selon plu­sieurs sources jour­na­lis­tiques, déjà de même en ce qui concerne les publi­ca­tions des Fran­ce­Leaks concer­nant les écoutes qui vous ont tou­ché, Mon­sieur le président.

    Ces pour­suites ont été et conti­nuent d’être menées contre moi parce que j’ai, un jour, déci­dé de ne pas gar­der le silence, et de révé­ler les preuves de com­mis­sions de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elles ne m’ont pas fait taire, et j’ai depuis, entre de nom­breuses autres publi­ca­tions, docu­men­té pré­ci­sé­ment la mort de cen­taine de mil­liers de civils à tra­vers les Iraq War Logs.

    Par ces révé­la­tions, je mon­trais notam­ment, à tra­vers un télé­gramme diplo­ma­tique états-unien, com­ment une famille ira­kienne avait été exé­cu­tée à bout por­tant par une patrouille amé­ri­caine lors d’un contrôle de rou­tine, avant que ce crime contre l’humanité ne soit volon­tai­re­ment « effa­cé » par une frappe aérienne. Selon le pre­mier ministre ira­kien Nou­ri Al-Mali­ki, ce fut cette affaire qui l’amena à exi­ger la levée de l’immunité des troupes états-uniennes et, après leur refus, à pro­vo­quer in fine le départ de ces soldats.

    L’ensemble des publi­ca­tions de Wiki­Leaks depuis 2006 ont fait l’objet d’une infi­ni­té de rap­ports et de déci­sions pro­ve­nant d’organisations inter­na­tio­nales et non gou­ver­ne­men­tales, de la Cour euro­péenne des droits de l’homme (CEDH) aux rap­por­teurs spé­ciaux des Nations unies en pas­sant par de nom­breux groupes de tra­vail indé­pen­dants. Elles ont per­mis de lever le voile sur des mil­liers de crimes et sur des pra­tiques qui auraient autre­ment été cou­vertes. Qui seraient autre­ment res­tées impunies.

    Cinq mètres car­rés et demi

    Les per­sé­cu­tions qui s’en sont sui­vies m’ont for­cé à deman­der l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, en juin 2012, pour évi­ter une extra­di­tion vers les Etats-Unis qui deve­nait à chaque heure plus pro­bable. Après deux mois d’étude appro­fon­die, le minis­tère des affaires étran­gères de l’Équateur a consi­dé­ré que la per­sé­cu­tion qui était menée à mon encontre du fait de mes croyances et de mes acti­vi­tés poli­tiques était réelle, et que les risques d’extradition vers les Etats-Unis ain­si que les mau­vais trai­te­ments qui s’en sui­vraient étaient majeurs. J’ai depuis reçu la confir­ma­tion infor­melle que les pour­suites menées aux Etats-Unis étaient réelles et avaient débou­ché sur un acte d’accusation for­mel main­te­nu pour l’instant sous scellés.

    Dénué de l’assistance consu­laire et de la pro­tec­tion que me devait mon pays d’origine, l’Australie – où le gou­ver­ne­ment a été sujet à des cri­tiques d’une ampleur inédite suite à sa ten­ta­tive de me reti­rer mon pas­se­port en 2010, jusqu’à devoir faire marche arrière et se jus­ti­fier –, je demeure depuis main­te­nant trois ans et dix jours au sein de cette ambassade.

    J’y dis­pose de cinq mètres car­rés et demi pour mes usages pri­va­tifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été inter­dit par les auto­ri­tés du Royaume-Uni ; ain­si que toute pos­si­bi­li­té de me rendre à un hôpi­tal ; je n’ai pu uti­li­ser le bal­con du rez-de-chaus­sée de l’appartement que trois fois depuis mon refuge, à mes risques et périls, et n’ai jamais été auto­ri­sé à sor­tir pour faire de l’exercice.

    L’Equateur, dont la géné­ro­si­té et le cou­rage m’honorent et m’ont pro­ba­ble­ment sau­vé la vie, n’a pour ambas­sade qu’un appar­te­ment uti­li­sé par une dizaine de diplo­mates et fonc­tion­naires de sup­port qui ne peuvent renon­cer à leur mis­sion. Loin de l’image de luxe géné­ra­le­ment asso­ciée aux enceintes diplo­ma­tiques, il s’agit d’un espace modeste qui n’a pas été pen­sé pour deve­nir un lieu de vie. Il m’y a été impos­sible, depuis trois ans, de main­te­nir la moindre vie fami­liale ou intime.

    Cet espace est en per­ma­nence sur­veillé par plu­sieurs dou­zaines de poli­ciers bri­tan­niques en uni­forme qui véri­fient régu­liè­re­ment les iden­ti­tés de mes visi­teurs, ain­si que par un nombre indé­ter­mi­né d’agents en civil et d’agents de ren­sei­gne­ment au sein des bâti­ments adja­cents. Les dépenses concer­nant la sur­veillance civile dont je fais l’objet ont dépas­sé, offi­ciel­le­ment, les quinze mil­lions d’euros. Elles n’incluent pas celles des ser­vices secrets.

    Mes proches, y com­pris mes enfants, n’ont pas pu me rendre visite depuis, du fait de cette situation.

    Le Royaume-Uni refuse de recon­naître mon asile et de garan­tir ma non-extra­di­tion aux Etats-Unis, vio­lant la conven­tion de 1951, et se refuse par ailleurs à confir­mer ou à infir­mer la récep­tion d’une demande d’extradition de la part des Etats-Unis d’Amérique. Il en va de même pour le gou­ver­ne­ment sué­dois qui, à l’ONU, a refu­sé de garan­tir ma non-extra­di­tion dans le cas où je m’y ren­drais. La Suède comme le Royaume-Uni ont annon­cé à plu­sieurs reprises qu’ils deman­de­raient mon arres­ta­tion dès que je sor­ti­rai de l’ambassade, ces der­niers le réaf­fir­mant « quel que soit le résul­tat de l’enquête suédoise ».

    Cela, alors que je n’ai été for­mel­le­ment accu­sé d’aucun crime ni délit dans aucun des deux pays.

    Depuis quatre ans et demi, soixante orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales ont appe­lé, depuis l’ONU, à la fin des pour­suites en Suède, tan­dis que le groupe de tra­vail sur la déten­tion arbi­traire de l’institution s’est sai­si de la ques­tion. Mal­gré les injonc­tions de la Cour suprême et du pro­cu­reur géné­ral visant à l’abandon de l’enquête pré­li­mi­naire – relan­cée en 2010 après avoir été dans un pre­mier temps aban­don­née – aucun acte d’accusation for­mel à mon encontre ni d’acte d’enquête n’a été mené en cinq ans. L’émission d’un man­dat d’arrêt euro­péen avait pour seul objec­tif de m’interroger en Suède, alors que je m’étais volon­tai­re­ment ren­du à Stock­holm à cette fin, et y étais res­té cinq semaines consé­cu­tives. Je n’avais alors jamais obte­nu de réponse à mes demandes répé­tées de ren­contre avec les auto­ri­tés judi­ciaires suédoises.

    Ma vie est aujourd’hui en danger

    Wiki­Leaks a été créé avec l’objectif d’enquêter sur les appa­reils poli­tiques, éco­no­miques et admi­nis­tra­tifs du monde entier pour y appor­ter de la trans­pa­rence et s’assurer qu’ils n’échappent pas à un contrôle démo­cra­tique et sou­ve­rain. L’organisation a révé­lé des mil­lions de docu­ments tou­chant la qua­si-tota­li­té des Etats du monde, sans dis­tinc­tion de régime ou d’idéologie. Elle per­met à tout indi­vi­du qui aurait connais­sance de pra­tiques illé­gales ou inté­res­sant le bien com­mun de nous les trans­mettre en toute sécu­ri­té, et de façon par­fai­te­ment ano­nyme. Ces infor­ma­tions sont ensuite véri­fiées par nos jour­na­listes et par des spé­cia­listes, puis orga­ni­sées et triées avant d’être publiées de par le monde, éven­tuel­le­ment en par­te­na­riat avec d’autres organes de presse prestigieux.

    Paris accom­pli­rait un geste huma­ni­taire mais aus­si sym­bo­lique, envoyant un encou­ra­ge­ment à tous les jour­na­listes et lan­ceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien

    Finan­cée par des dons récur­rents, mon orga­ni­sa­tion a inven­té une nou­velle forme de jour­na­lisme qui lui a per­mis de révé­ler plus d’une cen­taine de scan­dales d’ampleur mon­diale en seule­ment neuf ans d’existence. Les acti­vi­tés de Wiki­Leaks ont ins­pi­ré de nom­breuses autres orga­ni­sa­tions de presse, huma­ni­taires, envi­ron­ne­men­tales, etc. qui ont imi­té nos struc­tures et nos pra­tiques. Mal­gré toutes les dif­fi­cul­tés liées à ma sur­veillance per­ma­nente au sein de l’ambassade, les écoutes sys­té­ma­tiques mises en place par la NSA contre les élites poli­tiques, éco­no­miques et admi­nis­tra­tives de la France et de l’Allemagne sont le der­nier exemple de la capa­ci­té de l’organisation à publier des infor­ma­tions cru­ciales pour pré­ser­ver la sou­ve­rai­ne­té la vie démo­cra­tique des Etats.

    L’ampleur du scan­dale et les réac­tions qui ont sui­vi nos der­nières révé­la­tions ont confir­mé le bien-fon­dé de notre démarche. La condam­na­tion una­nime par la classe poli­tique et les socié­tés civiles fran­çaises et alle­mandes des actions com­mises par le gou­ver­ne­ment des Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, ain­si que les appels qui ont sui­vi à une révi­sion des poli­tiques fran­çaises sur la ques­tion de la défense des lan­ceurs d’alerte et de la presse, alors que l’attentat contre Char­lie Heb­do reste pré­sent dans les esprits, ont consti­tué d’importants encouragements.

    Ces révé­la­tions ont été faites au péril de notre vie.

    La France accom­pli­rait un geste humanitaire

    C’est pour­quoi j’ai été par­ti­cu­liè­re­ment tou­ché par l’appel inat­ten­du du gou­ver­ne­ment fran­çais, par la voie de la ministre de la jus­tice et garde des sceaux Chris­tiane Tau­bi­ra, et relayé par des dizaines d’autres per­son­na­li­tés, à ce que la France me donne l’asile. Gar­dienne d’une consti­tu­tion qui oblige la France à accueillir les com­bat­tants pour la liber­té mena­cés de leur vie, d’une consti­tu­tion qui oblige le monde à ouvrir les yeux par la noblesse d’une telle exi­gence, elle a ouvert une voie qui, je l’espère, ne se refer­me­ra pas.

    En m’accueillant, la France accom­pli­rait un geste huma­ni­taire mais aus­si pro­ba­ble­ment sym­bo­lique, envoyant un encou­ra­ge­ment à tous les jour­na­listes et lan­ceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quo­ti­dien pour per­mettre à leurs conci­toyens de faire un pas de plus vers la vérité.

    Elle enver­rait aus­si un signal à tous ceux qui, de par le monde, sai­sis par l’hubris, tra­hissent leurs valeurs en s’attaquant inces­sam­ment aux citoyens qui s’y refusent.

    La France a long­temps été por­teuse d’espérance et de sin­gu­la­ri­té pour de nom­breux peuples et indi­vi­dus de par le monde. Ses mythes nour­rissent encore aujourd’hui bien des enfances. Mes liens avec ce pays ne sont pas seule­ment idéels. De 2007 jusqu’à la perte de ma liber­té en 2010, j’y ai rési­dé. Nos struc­tures tech­niques y sont encore installées.

    Mon plus jeune enfant et sa mère sont fran­çais. Je n’ai pas pu les voir depuis main­te­nant cinq ans, depuis que la per­sé­cu­tion poli­tique à mon égard a com­men­cé. La situa­tion pré­sente leur cause d’immenses dif­fi­cul­tés. J’ai dû gar­der leur exis­tence secrète jusqu’à aujourd’hui dans le but de les pro­té­ger. J’ai aujourd’hui l’espoir que la situa­tion et l’appui dont je béné­fi­cie per­met­tront de le pro­té­ger. Mon fils aîné, aujourd’hui adulte, et à ma mère, en Aus­tra­lie, subissent en effet encore aujourd’hui les consé­quences de ma situa­tion. Les menaces de mort, le har­cè­le­ment, y com­pris venant de per­sonnes ayant des liens avec l’appareil mili­taire états-unien, ont com­men­cé au même moment qu’émergeaient les appels à mon assas­si­nat. Ils ont dû chan­ger d’identité et réduire leurs échanges avec moi.

    Je ne sou­haite plus subir cette situa­tion. Je sou­haite les retrouver.

    Per­sé­cu­tions politiques

    Ma vie est aujourd’hui en dan­ger, Mon­sieur le pré­sident, et mon inté­gri­té, phy­sique comme psy­cho­lo­gique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée.

    Tan­dis que je fai­sais tout pour pré­ser­ver la vie d’Edward Snow­den, plu­sieurs employés bri­tan­niques de Wiki­Leaks devaient s’exiler à Ber­lin, en Alle­magne. Tan­dis que nous révé­lions le scan­dale des écoutes de la NSA en France, des res­pon­sables poli­tiques du Royaume-Uni admet­taient que le siège autour de l’ambassade équa­to­rienne était dû à la pres­sion états-unienne. Tan­dis que nous créions une fon­da­tion d’appui aux lan­ceurs d’alerte, Cou­rage Foun­da­tion, l’administration états-unienne mul­ti­pliait les pour­suites contre les jour­na­listes et leurs sources, pour­suites attei­gnant une inten­si­té inédite dans l’histoire de ce pays.

    Tan­dis que Chel­sea Man­ning était condam­née à 35 ans de pri­son pour avoir été sup­po­sé­ment ma source et révé­lé un nombre incal­cu­lable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, après avoir été sou­mise à des trai­te­ments inhu­mains selon le rap­por­teur spé­cial de l’ONU, je conti­nuais mon tra­vail avec l’organisation de Wiki­Leaks pour m’assurer qu’aucune source ne pour­rait jamais être iden­ti­fiée du fait de ses liens avec mon tra­vail, ce qui a jusqu’ici été fait avec succès.

    Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la pro­tec­tion néces­saire contre, et exclu­si­ve­ment contre, les per­sé­cu­tions poli­tiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’Etat membre de l’Union euro­péenne, en tant que pays enga­gé par toute son his­toire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cin­quième puis­sance mon­diale, en tant que pays qui a mar­qué ma vie et qui en accueille une par­tie, la France peut, si elle le sou­haite, agir.

    Res­pec­tueu­se­ment,

    Julian Assange

    ——————–

    Julian Assange, fon­da­teur de WikiLeaks

    Né en Aus­tra­lie en 1971, Julian Paul Assange est jour­na­liste et fon­da­teur en 2006 du site Wiki­Leaks, qui a publié, en 2010, 500 000 docu­ments clas­sés secret-défense sur l’Irak et l’Afghanistan et 250 000 com­mu­ni­ca­tions diplo­ma­tiques. Recher­ché par la jus­tice amé­ri­caine, il fait aus­si l’objet d’une enquête pour viol et agres­sion sexuelle en Suède pour des faits remon­tant à août 2010. Mais il refuse de se sou­mettre au man­dat d’arrêt euro­péen. Le 11 mai 2015, la Cour suprême de Suède a reje­té son appel. S’il se rend en Suède, il estime qu’il risque d’être extra­dé vers les Etats-Unis. Depuis juin 2012, il a obte­nu l’asile au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres.

    Source : Le Monde, http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​5​/​0​7​/​0​3​/​j​u​l​i​a​n​-​a​s​s​a​n​g​e​-​m​o​n​s​i​e​u​r​-​h​o​l​l​a​n​d​e​-​a​c​c​u​e​i​l​l​e​z​-​m​o​i​-​e​n​-​f​r​a​n​c​e​_​4​6​6​8​9​1​9​_​3​2​3​2​.​h​t​m​l​#​H​i​l​b​e​4​r​P​s​J​U​c​Z​A​s​E​.99

    Réponse
    • Ana Sailland

      Il y a des dic­ta­tures plus intel­li­gentes que d’autres, mais où comme par­mi les plus bru­tales la rai­son d’é­tat anni­hile le prin­cipe de jus­tice, et le singe.
      La rai­son d’é­tat est un motif ter­rible qui conduit la gou­ver­nance à broyer ce qu’en théo­rie elle protège.
      Celle dont il est ici ques­tion se donne les moyens de la dure­té la plus extrême mais n’en use qu’a­vec par­ci­mo­nie, choi­sit ses cibles avec soin, et là où c’est effi­cace, lais­sant aux autres un confort par­fois mieux qu’illu­soire, qui auto­rise la doci­li­té, … par­fois heureuse.

      Réponse
    • Mic El

      c’est pas con.… il cherche à prendre la posi­tion du détonateur !

      Réponse
  23. etienne
    • Ana Sailland

      Toute infor­ma­tion est sus­pecte. (Lire | voir | entendre) demande une vigi­lance permanente.

      Nous sommes comme un enfant éga­ré dans une forêt où ne se trouvent à man­ger que des cham­pi­gnons, mais l’en­fant n’y connaît rien. .… Il faut bien man­ger pourtant …

      Réponse
  24. etienne

    « Les médias des ban­quiers nous condi­tionnent à vou­loir la guerre »

    Réponse
  25. etienne

    Ukraine2014 : Autop­sie d’un coup d’E­tat – PART I 

    Réponse
  26. etienne

    Julian Assange : l’histoire détaillée et mécon­nue d’une bataille épique pour la justice

    John Pilger
    John Pil­ger

    Par John Pil­ger – Le 31 juillet 2015 – Source : Coun­ter­Punch

    Le siège de Knights­bridge est à la fois l’emblème d’une grande injus­tice et une mas­ca­rade épui­sante. Pen­dant trois ans, le cor­don de police entou­rant l’ambassade d’Équateur à Londres n’a pas eu d’autre but que d’afficher le pou­voir de l’État. Cela a coû­té 12 mil­lions de livres ster­ling. Le gibier est un Aus­tra­lien qui n’est accu­sé d’aucun crime, un réfu­gié dont l’unique sécu­ri­té est la pièce qu’un cou­ra­geux pays d’Amérique du Sud lui a accor­dée. Son crime est d’avoir lâché une car­gai­son de véri­tés sur un océan de men­songes, de cynisme et de guerre.

    La per­sé­cu­tion de Julian Assange est sur le point de s’exacerber de nou­veau car elle entre dans une phase dan­ge­reuse. Depuis le 20 août, les trois quarts de l’affaire trai­tée par la pro­cu­reure sué­doise contre Assange, concer­nant l’inconduite sexuelle de 2010, dis­pa­raî­tront, puisque le délai de pres­crip­tion expire. En même temps, l’obsession de Washing­ton à pro­pos d’Assange et de Wiki­Leaks s’est inten­si­fiée. En effet, c’est la vin­dicte de la puis­sance amé­ri­caine qui repré­sente la plus grande menace – comme Chel­sea Man­ning et ceux qui sont tou­jours déte­nus à Guan­ta­na­mo peuvent en attester.

    Les Amé­ri­cains pour­suivent Assange parce que Wiki­Leaks a dénon­cé leurs crimes inima­gi­nables en Afgha­nis­tan et en Irak : l’assassinat sys­té­ma­tique de dizaines de mil­liers de civils, qu’ils ont dis­si­mu­lés, et leur mépris pour la sou­ve­rai­ne­té et le droit inter­na­tio­nal, comme c’est démon­tré de façon écla­tante dans leurs mes­sages diplo­ma­tiques qui ont été divul­gués. Wiki­Leaks conti­nue à révé­ler l’activité cri­mi­nelle des États-Unis, il vient de publier des inter­cep­tions US hau­te­ment secrètes – les rap­ports des espions états-uniens détaillant les appels télé­pho­niques pri­vés des pré­si­dents de France et d’Allemagne, et d’autres impor­tants res­pon­sables gou­ver­ne­men­taux, concer­nant des affaires poli­tiques et éco­no­miques euro­péennes internes.

    Rien de tout cela n’est illé­gal sous la Consti­tu­tion des États-Unis. Comme can­di­dat à la pré­si­dence en 2008, Barack Oba­ma, un pro­fes­seur de droit consti­tu­tion­nel, a salué les lan­ceurs d’alerte comme « fai­sant par­tie d’une démo­cra­tie saine [et qui] doivent être pro­té­gés des repré­sailles ». En 2012, la cam­pagne pour la réélec­tion du pré­sident Barack Oba­ma fan­fa­ron­nait sur son site inter­net qu’il avait pour­sui­vi plus de lan­ceurs d’alerte dans son pre­mier man­dat que tous les autres pré­si­dents des États-Unis ensemble. Avant même que Chel­sea Man­ning ait béné­fi­cié d’un pro­cès, Oba­ma avait décré­té le lan­ceur d’alerte cou­pable. Il a été par la suite condam­né à 35 ans de pri­son après avoir été tor­tu­ré pen­dant sa longue déten­tion provisoire.

    Il y a peu de doutes que si les États-Unis mettent la main sur Assange, un des­tin sem­blable l’attende. Les menaces sur la cap­ture et l’assassinat d’Assange sont deve­nues mon­naie cou­rante chez les extré­mistes poli­tiques aux États-Unis après les calom­nies absurdes du vice-pré­sident Joe Biden selon les­quelles le fon­da­teur de Wiki­Leaks était un cyber­ter­ro­riste. Ceux qui doutent du degré de cruau­té auquel Assange peut s’attendre devraient se sou­ve­nir de l’atterrissage for­cé de l’avion du pré­sident boli­vien en 2013 – sus­pec­té à tort de trans­por­ter Edward Snowden.

    Selon des docu­ments publiés par Snow­den, Assange est sur une liste de cibles de chasse à l’homme. L’offre de Washing­ton pour s’emparer de sa per­sonne, affirment des câbles diplo­ma­tiques aus­tra­liens, est « sans pré­cé­dent par son ampleur et sa nature ». A Alexan­dria, Vir­gi­nie, un grand jury secret a mis cinq ans pour ten­ter de trou­ver le moyen d’accuser Assange d’un crime pour lequel il pour­rait être pour­sui­vi. Ce n’est pas facile. Le Pre­mier amen­de­ment de la Consti­tu­tion amé­ri­caine pro­tège les édi­teurs, les jour­na­listes et les lan­ceurs d’alerte.

    Face à cet obs­tacle consti­tu­tion­nel, le Dépar­te­ment amé­ri­cain de la Jus­tice a arran­gé les chefs d’accusation d’espionnage, de conspi­ra­tion pour com­mettre l’espionnage, de conver­sion (vol de pro­prié­tés du gou­ver­ne­ment), de fraude et abus par ordi­na­teur (pira­tage infor­ma­tique) et de conspi­ra­tion géné­rale. L’Espio­nage Act [loi fédé­rale sur l’espionnage] pré­voit des dis­po­si­tions pour la pri­son à vie et la peine de mort.

    La capa­ci­té d’Assange de se défendre dans ce monde kaf­kaïen a été han­di­ca­pée par le fait que les États-Unis ont décla­ré son cas secret d’État. En mars, une cour fédé­rale à Washing­ton a blo­qué la publi­ca­tion de toute infor­ma­tion sur l’enquête rele­vant de la sécu­ri­té natio­nale contre Wiki­Leaks, parce qu’elle était « active et en cours » et que cela por­te­rait atteinte aux « pour­suites en cours » contre Assange. La juge, Bar­ba­ra J. Rosth­stein, a dit qu’il était néces­saire de mon­trer un « res­pect appro­prié envers l’Exécutif en matière de sécu­ri­té natio­nale ». Telle est la jus­tice d’un tri­bu­nal bidon.

    Le pre­mier rôle dans cette sombre farce est tenu par la Suède, inter­pré­té par la pro­cu­reure sué­doise Marianne Ny. Jusqu’à récem­ment, Ny a refu­sé de se confor­mer à une pro­cé­dure euro­péenne de rou­tine qui exi­geait d’elle qu’elle se rende à Londres pour inter­ro­ger Assange et faire ain­si avan­cer l’affaire. Pen­dant quatre ans et demi, Ny n’a jamais vrai­ment expli­qué pour­quoi elle refu­sait de se rendre à Londres, exac­te­ment comme les auto­ri­tés sué­doises n’ont jamais expli­qué pour­quoi elles refu­saient de don­ner à Assange la garan­tie qu’elles ne l’extraderaient pas aux États-Unis en ver­tu d’un arran­ge­ment secret entre Stock­holm et Washing­ton. En décembre 2010, The Inde­pendent a révé­lé que les deux gou­ver­ne­ments avaient dis­cu­té de sa pro­chaine extra­di­tion aux États-Unis.

    Contrai­re­ment à sa répu­ta­tion des années 1960 d’être un bas­tion de la liber­té, la Suède est deve­nue si proche de Washing­ton qu’elle a auto­ri­sé des res­ti­tu­tions secrètes de la CIA – y com­pris la dépor­ta­tion illé­gale de réfu­giés. La res­ti­tu­tion, et la tor­ture qui a sui­vi, de deux réfu­giés poli­tiques égyp­tiens en 2001 avait été condam­née par le Comi­té contre la tor­ture de l’ONU, Amnes­ty Inter­na­tio­nal et Human Rights Watch ; la com­pli­ci­té et la dupli­ci­té de l’État sué­dois sont docu­men­tées dans un pro­cès civil inten­té avec suc­cès et dans des câbles de Wiki­Leaks. A l’été 2010, Assange s’était envo­lé vers la Suède pour par­ler des révé­la­tions de Wiki­Leaks sur la guerre en Afgha­nis­tan – dans laquelle la Suède avait des forces armées sous com­man­de­ment états-unien.

    « Les docu­ments publiés par Wiki­Leaks depuis qu’Assange est en Angle­terre, a écrit Al Burke, direc­teur du maga­zine en ligne Nor­dic News Net­work, une auto­ri­té sur les mul­tiples rebon­dis­se­ments et dan­gers aux­quels est confron­té Assange, indiquent clai­re­ment que la Suède a subi des pres­sions constantes de la part des États-Unis sur les ques­tions rela­tives aux droits civils. Il y a toutes les rai­sons de s’inquiéter du fait que, si Assange devait être pla­cé en déten­tion par les auto­ri­tés sué­doises, il pour­rait être remis aux États-Unis sans prise en compte de ses droits légaux. »

    Pour­quoi la pro­cu­reure sué­doise n’a‑t-elle pas réso­lu l’affaire Assange ? Beau­coup de membres de la com­mu­nau­té juri­dique en Suède jugent son com­por­te­ment inex­pli­cable. Autre­fois impla­ca­ble­ment hos­tile à Assange, la presse sué­doise a publié des gros titres comme : « Va à Londres, pour l’amour de Dieu. »

    Pour­quoi ne l’a‑t-elle pas fait ? Ou plu­tôt, pour­quoi n’autorise-t-elle pas le tri­bu­nal sué­dois à accé­der aux cen­taines de mes­sages SMS que la police a extraits du télé­phone d’une des deux femmes impli­quées dans les allé­ga­tions d’inconduite ? Pour­quoi ne les remet-elle pas aux avo­cats sué­dois d’Assange ? Elle dit qu’elle n’est pas tenue léga­le­ment de le faire jusqu’à ce qu’une incul­pa­tion for­melle soit pro­non­cée et qu’elle l’ait inter­ro­gé. Alors pour­quoi ne l’interroge-t-elle pas ? Et si elle l’avait inter­ro­gé, les condi­tions qu’elle lui pose­rait, à lui et à ses avo­cats – qu’ils ne pour­raient pas lui contes­ter – feraient d’une injus­tice une qua­si certitude.

    Sur un point de droit, la Cour suprême de Suède a déci­dé que Ny peut conti­nuer à faire obs­truc­tion sur la ques­tion vitale des mes­sages SMS. Cela ira main­te­nant à la Cour euro­péenne des droits de l’homme. Ce que Ny craint, c’est que les mes­sages SMS détruisent son affaire contre Assange. L’un des mes­sages indique clai­re­ment que l’une des femmes ne vou­lait pas qu’une plainte soit por­tée contre Assange, « mais les poli­ciers étaient dési­reux d’avoir prise sur lui ». Elle a été « cho­quée » lorsqu’ils l’ont arrê­té, parce qu’elle « vou­lait seule­ment qu’il fasse un test [HIV]». Elle « ne vou­lait pas accu­ser JA de quoi que ce soit » et « c’est la police qui a consti­tué les charges ». (Dans un témoi­gnage, elle est citée disant qu’elle « s’était fait avoir par la police et les autres autour d’elle ».)

    Ni l’une ni l’autre femme n’ont affir­mé avoir été vio­lées. En effet, toutes deux ont nié l’avoir été et l’une d’elles a twee­té depuis : « Je n’ai pas été vio­lée. » Il est évident qu’elles ont été mani­pu­lées par la police et que leurs sou­haits ont été igno­rés – quoique leurs avo­cats puissent en dire main­te­nant. C’est cer­tain, elles sont vic­times d’une saga qui ruine la répu­ta­tion de la Suède elle-même.

    Pour Assange, le seul pro­cès a été celui tenu par les médias. Le 20 août 2010, la police a ouvert une enquête pour viol et immé­dia­te­ment – et illé­ga­le­ment –, les tabloïds de Stock­holm ont dit qu’il y avait un man­dat d’arrestation d’Assange pour « le viol de deux femmes ». C’est la nou­velle qui a fait le tour du monde.

    A Washing­ton, un Secré­taire amé­ri­cain à la Défense sou­riant, Robert Gates, a dit aux jour­na­listes que l’arrestation était « une bonne nou­velle » pour lui. Des comptes Twit­ter asso­ciés au Penta­gone ont décrit Assange comme un vio­leur et un fugi­tif.

    Moins de 24 heures plus tard, la pro­cu­reure en chef de Stock­holm, Eva Finne, a repris l’enquête. Elle n’a pas tar­dé à annu­ler le man­dat d’arrêt, disant : « Je ne crois pas qu’il y ait une rai­son quel­conque de soup­çon­ner qu’il a com­mis un viol. » Quatre jours plus tard, elle a com­plè­te­ment reje­té l’enquête sur le viol, affir­mant : « Il n’y a aucune sus­pi­cion de quelque crime que ce soit. » Le dos­sier était clos.

    Entre en scène Claes Borg­strom, un émi­nent poli­ti­cien du Par­ti social-démo­crate alors can­di­dat aux élec­tions géné­rales en Suède qui devaient se dérou­ler tout pro­chai­ne­ment. Dans les jours qui ont sui­vi le non-lieu décla­ré par la pro­cu­reure en chef, Borg­strom, un avo­cat, a annon­cé à la presse qu’il repré­sen­tait les deux femmes et qu’il avait cher­ché un autre pro­cu­reur dans la ville de Gothen­berg. C’était Marianne Ny, que Borg­strom connais­sait bien, per­son­nel­le­ment et politiquement.

    Le 30 août, Assange s’est ren­du volon­tai­re­ment dans un poste de police à Stock­holm et a répon­du à toutes les ques­tions qui lui étaient posées. Il a com­pris que c’était la fin de l’affaire. Deux jours plus tard, Ny a annon­cé qu’elle rou­vrait le dos­sier. Borg­strom était ques­tion­né par un jour­na­liste sué­dois deman­dant pour­quoi l’affaire repre­nait alors qu’elle avait déjà été reje­tée, citant l’une des femmes disant qu’elle n’avait pas été vio­lée. « Ah, mais elle n’est pas juriste. » L’avocat aus­tra­lien d’Assange, James Cat­lin, a répon­du : « C’est un sujet de déri­sion… C’est comme s’ils l’inventaient au fur et à mesure. » 

    Le jour où Marianne Ny a réac­ti­vé le cas, le chef des ren­sei­gne­ments mili­taires sué­dois – dont l’acronyme est MUST – a dénon­cé publi­que­ment Wiki­Leaks dans un article inti­tu­lé Wiki­Leaks [is] a threat to our sol­diers [Wiki­Leaks [est] une menace pour nos sol­dats]. Assange était aver­ti que les ser­vices de ren­sei­gne­ment sué­dois, le SAPO, avaient été infor­més par leurs homo­logues états-uniens que les arran­ge­ments sur le par­tage des ren­sei­gne­ments entre les États-Unis et la Suède seraient rom­pus si la Suède le protégeait.

    Pen­dant cinq semaines, Assange a atten­du en Suède que la nou­velle enquête suive son cours. Le Guar­dian était alors sur le point de publier les Jour­naux de la guerre en Irak basés sur les révé­la­tions de Wiki­Leaks, qu’Assange devait super­vi­ser. Son avo­cat à Stock­holm a deman­dé à Ny si elle avait une objec­tion quel­conque à ce qu’il quitte le pays. Elle a dit qu’il était libre de partir.

    Inex­pli­ca­ble­ment, sitôt qu’il a eu quit­té la Suède – à l’apogée de l’intérêt des médias et du public pour les révé­la­tions de Wiki­Leaks – Ny a émis un man­dat d’arrêt euro­péen et une alerte rouge Inter­pol, uti­li­sée nor­ma­le­ment pour les ter­ro­ristes et les cri­mi­nels dan­ge­reux. Dif­fu­sé en cinq langues tout autour de la terre, il a sus­ci­té la fré­né­sie des médias.

    Assange s’est ren­du dans un poste de police à Londres, a été arrê­té et a pas­sé dix jours à la pri­son de Wand­sworth, à l’isolement. Libé­ré sous une cau­tion de £340 000, il était sur­veillé élec­tro­ni­que­ment, tenu de se pré­sen­ter à la police quo­ti­dien­ne­ment et pla­cé en rési­dence sur­veillée vir­tuelle tan­dis que son affaire com­men­çait son long voyage vers la Cour suprême. Il n’avait encore été incul­pé d’aucune infrac­tion. Ses avo­cats répé­taient son offre d’être inter­ro­gé par Ny à Londres, sou­li­gnant qu’elle lui avait don­né l’autorisation de quit­ter la Suède. Ils ont pro­po­sé de recou­rir à un dis­po­si­tif spé­cial de Scot­land Yard, com­mu­né­ment uti­li­sé dans ce but. Elle a refusé.

    Katrin Axels­son et Lisa Long­staff de Women Against Rape [Femmes contre le viol] ont écrit : « Les accu­sa­tions contre [Assange] sont un écran de fumée der­rière lequel cer­tains gou­ver­ne­ments tentent de punir Wiki­Leaks pour avoir auda­cieu­se­ment révé­lé au public leurs plans secrets de guerres et d’occupation avec les viols, meurtres et des­truc­tions qui les accom­pagnent… Les auto­ri­tés se sou­cient si peu de la vio­lence contre les femmes qu’ils mani­pulent les allé­ga­tions de viol à volon­té. [Assange] a clai­re­ment fait savoir qu’il est dis­po­nible pour être inter­ro­gé par les auto­ri­tés sué­doises, en Grande-Bre­tagne ou par Skype. Pour­quoi refusent-elles cette étape essen­tielle dans leur enquête ? De quoi ont-elles peur ? »

    Cette ques­tion est res­tée sans réponse lorsque Ny a lan­cé un man­dat d’arrêt euro­péen (MAE), un pro­duit impi­toyable et aujourd’hui dis­qua­li­fié de la guerre contre la ter­reur, pré­ten­du­ment des­ti­né à arrê­ter des ter­ro­ristes et des cri­mi­nels orga­ni­sés. Ce MAE a abo­li l’obligation pour l’État requé­rant de four­nir la moindre preuve d’un crime. Plus d’un mil­lier de MAE sont lan­cés chaque mois ; seuls quelques-uns ont quelque chose à voir avec des charges poten­tielles de ter­ro­risme. La plu­part sont émis pour des infrac­tions mineures, telles que des frais ban­caires et des amendes. La plu­part de ceux qui sont extra­dés subissent des mois d’emprisonnement sans incul­pa­tion. Il y a eu un grand nombre de dénis de jus­tice, que les juges bri­tan­niques ont très for­te­ment critiqués.

    L’affaire Assange est enfin arri­vée en mai 2012 à la Cour suprême du Royaume-Uni. Dans un juge­ment qui a main­te­nu le MAE – dont les exi­gences rigides n’ont lais­sé presque aucune marge de manœuvre aux tri­bu­naux – les juges ont trou­vé que les pro­cu­reurs euro­péens pour­raient émettre des man­dats d’extradition au Royaume-Uni sans sur­veillance judi­ciaire, même si le Par­le­ment l’entendait autre­ment. Ils ont dit clai­re­ment que le Par­le­ment avait été induit en erreur par le gou­ver­ne­ment Blair. La Cour était divi­sée, 5 contre 2, et par consé­quent s’est pro­non­cée contre Assange.

    Tou­te­fois, le pré­sident de la Cour suprême, Lord Phil­lips, a fait une erreur. Il a appli­qué la Conven­tion de Vienne sur l’interprétation des trai­tés, auto­ri­sant la pra­tique de l’État à déro­ger à la loi. Comme l’avocate d’Assange, Dinah Rose QC, l’a sou­li­gné, cela ne s’applique par au MAE.

    La Cour suprême n’a recon­nu cette erreur cru­ciale que lorsqu’elle a trai­té un autre recours contre le MAE en novembre 2013. La déci­sion Assange avait été erro­née, mais c’était trop tard pour reve­nir en arrière. Avec une extra­di­tion immi­nente, la pro­cu­reure sué­doise a dit aux avo­cats d’Assange que celui-ci, une fois en Suède, serait immé­dia­te­ment pla­cé dans l’un des infâmes centres de déten­tion pro­vi­soire suédois.

    Le choix d’Assange était dif­fi­cile : être extra­dé vers un pays qui avait refu­sé de dire si oui ou non il l’enverrait aux États-Unis ou recher­cher ce qui sem­blait sa der­nière chance de refuge et de sécu­ri­té. Sou­te­nu par la plus grande par­tie de l’Amérique latine, le cou­ra­geux gou­ver­ne­ment de l’Équateur lui a accor­dé le sta­tut de réfu­gié sur la base de preuves docu­men­tées et d’avis juri­diques attes­tant qu’il était confron­té à la pers­pec­tive d’une puni­tion cruelle et inusi­tée aux États-Unis ; que cette menace vio­lait ses droits humains fon­da­men­taux ; et que son propre gou­ver­ne­ment, en Aus­tra­lie, l’avait aban­don­né et était de conni­vence avec Washing­ton. Le gou­ver­ne­ment tra­vailliste du Pre­mier ministre Julia Gil­lard avait même mena­cé de lui reti­rer son passeport.

    Gareth Peirce, la célèbre avo­cate des droits humains qui repré­sente Assange à Londres, a écrit au ministre des Affaires aus­tra­lien d’alors, Kevin Rudd : « Compte tenu de l’ampleur du débat public, fré­quem­ment sur la base d’hypothèses entiè­re­ment fausses [] il est très dif­fi­cile de ten­ter de pré­ser­ver pour lui toute pré­somp­tion d’innocence. Aujourd’hui, ce n’est pas une mais deux épées de Damo­clès qui menacent Assange, l’extradition poten­tielle vers deux juri­dic­tions dif­fé­rentes, à leur tour pour deux crimes pré­su­més dif­fé­rents, dont aucun ne sont des crimes dans son propre pays, et sa sécu­ri­té per­son­nelle est deve­nue ris­quée dans des cir­cons­tances qui sont extrê­me­ment char­gées politiquement. »

    Ce n’est que lorsqu’elle a contac­té la Haute com­mis­sion aus­tra­lienne à Londres que Peirce a reçu une réponse, qui ne répon­dait à aucun des points pres­sants qu’elle avait sou­le­vés. Dans une assem­blée où je m’étais ren­du avec elle, le consul géné­ral d’Australie, Ken Pas­coe, a fait la décla­ra­tion éton­nante qu’il ne savait « que ce que je lis dans les jour­naux » sur les détails de l’affaire.

    Pen­dant ce temps, la pers­pec­tive d’une erreur judi­ciaire gro­tesque était noyée dans une cam­pagne inju­rieuse contre le fon­da­teur de Wiki­Leaks. Des attaques per­son­nelles graves, vicieuses et inhu­maines ont visé un homme qui n’était accu­sé d’aucun crime mais se trou­vait sou­mis à un trai­te­ment qui ne serait même pas infli­gé à un jus­ti­ciable mena­cé d’extradition parce qu’accusé d’avoir assas­si­né sa femme. Le fait que la menace des États-Unis contre Assange était une menace pour tous les jour­na­listes, pour la liber­té d’expression, s’est per­du dans le sor­dide et l’ambitieux.

    Des livres ont été publiés, des contrats pour des films ont été conclus et des car­rières dans les médias ont été lan­cées, ou ont com­men­cé, sur le dos de Wiki­Leaks, en par­tant de l’idée qu’attaquer Assange était de bonne guerre et qu’il était trop pauvre pour enga­ger des pour­suites. Des gens ont gagné de l’argent, sou­vent beau­coup d’argent, tan­dis que Wiki­Leaks a lut­té pour sur­vivre. Le rédac­teur en chef du Guar­dian, Alan Rus­brid­ger, a appe­lé les révé­la­tions de Wiki­Leaks, que son jour­nal a publiées, « l’un des plus grands scoops jour­na­lis­tiques des 30 der­nières années ». C’est deve­nu une par­tie de son plan mar­ke­ting pour aug­men­ter le prix de cou­ver­ture de son journal.

    Sans qu’un cen­time aille à Assange ou à Wiki­Leaks, un livre très en vogue du Guar­dian a débou­ché sur un film de Hol­ly­wood très lucra­tif. Les auteurs du livre, Luke Har­ding et David Leigh, ont décrit Assange, de manière gra­tuite, comme une « per­son­na­li­té abî­mée » et « insen­sible ». Ils ont aus­si révé­lé le mot de passe secret qu’il avait don­né au jour­nal en toute confiance, et qui était des­ti­né à pro­té­ger un fichier numé­rique conte­nant les câbles de l’ambassade des États-Unis. Avec Assange pris au piège dans l’ambassade équa­to­rienne, Har­ding, debout dehors avec la police, s’est van­té sur son blog que « Scot­land Yard pour­rait rire le dernier ».

    L’injustice infli­gée à Assange est l’une des rai­sons qui ont pous­sé le Par­le­ment à réfor­mer la loi sur l’extradition afin de pré­ve­nir l’utilisation du MAE. Le fourre-tout impi­toyable uti­li­sé contre lui n’existe plus aujourd’hui ; des incul­pa­tions devraient être dépo­sées et l’interrogatoire ne consti­tue­rait pas un motif suf­fi­sant pour une extra­di­tion. « Son cas a été gagné en bloc, m’a dit Gareth Peirce, ces chan­ge­ments dans la loi signi­fient que le Royaume-Uni recon­naît main­te­nant comme cor­rect tout ce qui a été argu­men­té dans son cas. Sim­ple­ment, il n’en béné­fi­cie pas. » Autre­ment dit, les modi­fi­ca­tions de la loi bri­tan­nique en 2014 signi­fient qu’Assange aurait gagné son affaire et qu’il n’aurait pas été contraint de deve­nir un réfugié.

    La déci­sion de l’Équateur de pro­té­ger Assange en 2012 est née dans une affaire inter­na­tio­nale impor­tante. Même si l’octroi de l’asile est un acte huma­ni­taire, que tous les États ont le pou­voir d’accorder en ver­tu du droit inter­na­tio­nal, tant la Suède que le Royaume-Uni ont refu­sé de recon­naître la légi­ti­mi­té de la déci­sion de l’Équateur. Igno­rant le droit inter­na­tio­nal, le gou­ver­ne­ment Came­ron a refu­sé d’accorder à Assange un pas­sage sécu­ri­sé vers l’Équateur. En lieu et place, l’ambassade équa­to­rienne a été assié­gée et son gou­ver­ne­ment a été per­sé­cu­té par une série d’ultimatums. Lorsque le Forei­gn Office [minis­tère des Affaires étran­gères] de William Hague a mena­cé de vio­ler la Conven­tion de Vienne sur les rela­tions diplo­ma­tiques, aver­tis­sant que cela sup­pri­me­rait l’immunité diplo­ma­tique de l’ambassade et y enver­rait la police pour prendre Assange, l’indignation dans le monde entier a contraint le gou­ver­ne­ment à recu­ler. Pen­dant une nuit, la police est appa­rue aux fenêtres de l’ambassade dans une ten­ta­tive évi­dente d’intimider Assange et ses protecteurs.

    Depuis lors, Julian Assange a été confi­né dans une petite chambre sous la pro­tec­tion de l’Équateur, sans lumière du soleil ni espace pour prendre de l’exercice, encer­clé par la police qui a l’ordre de l’arrêter à vue. Pen­dant trois ans, l’Équateur a dit clai­re­ment à la pro­cu­reure sué­doise qu’Assange est dis­po­nible pour être inter­ro­gé dans l’ambassade de Londres, et pen­dant trois ans celle-ci a per­sis­té dans son intran­si­geance. Pen­dant la même période, la Suède a inter­ro­gé qua­rante-quatre per­sonnes au Royaume-Uni en rela­tion avec des enquêtes poli­cières. Son rôle, et celui de l’État sué­dois, est mani­fes­te­ment poli­tique ; quant à Ny, qui pren­dra sa retraite dans deux ans, elle doit gagner.

    En déses­poir de cause, Assange a contes­té le man­dat d’arrêt auprès des tri­bu­naux sué­dois. Ses avo­cats ont cité des arrêts de la Cour euro­péenne des droits de l’homme confir­mant qu’il avait été pla­cé en déten­tion arbi­traire et indé­fi­nie et qu’il avait été un pri­son­nier vir­tuel pen­dant plus de temps que toute peine de pri­son effec­tive qu’il pour­rait subir. Le juge de la Cour d’appel a été d’accord avec les avo­cats d’Assange : la pro­cu­reure a en effet man­qué à ses devoirs en sus­pen­dant l’affaire pen­dant des années. Un autre juge a émis un blâme à l’endroit de la pro­cu­reure. Et pour­tant, elle a défié la Cour.

    En décembre der­nier, Assange a por­té son cas devant la Cour suprême de Suède, qui a ordon­né au supé­rieur de Marianne Ny – le pro­cu­reur géné­ral de Suède Anders Perk­lev – de s’expliquer. Le len­de­main, Ny a annon­cé, sans expli­ca­tion, qu’elle avait chan­gé d’avis et inter­ro­ge­rait main­te­nant Assange à Londres.

    Dans son mémoire à la Cour suprême, le pro­cu­reur géné­ral a fait quelques conces­sions impor­tantes : il a sou­te­nu que la coer­ci­tion d’Assange avait été intru­sive et que la période pas­sée dans l’ambassade avait été une grande ten­sion pour lui. Il a même concé­dé que si l’affaire avait débou­ché sur une incul­pa­tion, un pro­cès, une condam­na­tion et une peine en Suède, Julian Assange aurait quit­té ce pays depuis longtemps.

    Dans une déci­sion non una­nime, un juge de la Cour suprême a fait valoir que le man­dat d’arrêt aurait dû être révo­qué. La majo­ri­té des juges a sta­tué que puisque la pro­cu­reure avait dit qu’elle irait à Londres, les argu­ments d’Assange étaient deve­nus sans objet. Mais la Cour a sta­tué qu’elle aurait inten­té une action contre la pro­cu­reure si elle n’avait pas subi­te­ment chan­gé d’avis. Jus­tice par caprice. Écri­vant dans la presse sué­doise, un ancien pro­cu­reur sué­dois, Rolf Hil­le­gren, a accu­sé Ny de perdre toute impar­tia­li­té. Il a décrit son enga­ge­ment per­son­nel dans l’affaire comme anor­mal et a deman­dé qu’elle soit remplacée.

    Après avoir dit qu’elle se ren­drait à Londres en juin, Ny n’y est pas allée elle-même, mais a envoyé un adjoint, sachant que l’interrogatoire ne serait pas légal dans ces condi­tions, notam­ment parce que la Suède n’avait pas pris la peine d’obtenir l’autorisation de l’Équateur pour la ren­contre. En même temps, son bureau a aver­ti le tabloïd sué­dois Expres­sen, qui a envoyé son cor­res­pon­dant à Londres plan­quer devant l’ambassade équa­to­rienne pour gla­ner des infor­ma­tions. L’information était que Ny annu­lait le ren­dez-vous et accu­sait l’Équateur de confu­sion et, impli­ci­te­ment, Assange de non-coopé­ra­tion – alors que c’est le contraire qui était vrai.

    Comme la date du délai de pres­crip­tion approche – le 20 août – un autre cha­pitre de cette épou­van­table his­toire sui­vra cer­tai­ne­ment, avec Marianne Ny tirant un autre lapin de son cha­peau et les com­mis­saires et les pro­cu­reurs à Washing­ton qui en seront les béné­fi­ciaires. Peut-être que rien de tout cela n’est sur­pre­nant. En 2008, une guerre contre Wiki­Leaks et Julian Assange était pré­dite dans un docu­ment secret du Penta­gone pré­pa­ré par la Cel­lule d’analyse du contre-espion­nage infor­ma­tique. Il décri­vait un plan détaillé pour détruire le sen­ti­ment de confiance qui est le centre de gra­vi­té de Wiki­Leaks. Ce serait atteint avec des menaces d’exposition et de pour­suites pénales. Faire taire et cri­mi­na­li­ser une source aus­si rare de divul­ga­tion de la véri­té était le but, la calom­nie le moyen. Tan­dis que ce scan­dale conti­nue, la vraie idée de la jus­tice se rata­tine, en même temps que la répu­ta­tion de la Suède, et l’ombre de la menace de l’Amérique nous atteint tous.

    Ecou­tez l’interview de John Pil­ger par Eric Drait­ser dans Epi­sode 12 sur le pod­case de Radio CounterPunch.

    C’est une ver­sion actua­li­sée de l’enquête réa­li­sée en 2014 par John Pil­ger, qui raconte l’histoire non écrite d’une cam­pagne inces­sante, en Suède et aux États-Unis, pour dénier toute jus­tice à Julian Assange et réduire Wiki­Leaks au silence.

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    https://​jus​ti​ce4as​sange​.com/​P​r​o​s​e​c​u​t​o​r​-​c​a​n​c​e​l​s​-​A​s​s​a​n​g​e​-​m​e​e​t​i​n​g​.​h​tml

    • John Pil­ger peut être joint sur son site inter­net : http://​www​.john​pil​ger​.com

    Tra­duit par Diane, relu par jj pour le Saker francophone

     
    Source : http://​lesa​ker​fran​co​phone​.net/​j​u​l​i​a​n​-​a​s​s​a​n​g​e​-​l​h​i​s​t​o​i​r​e​-​d​e​t​a​i​l​l​e​e​-​e​t​-​m​e​c​o​n​n​u​e​-​d​u​n​e​-​b​a​t​a​i​l​l​e​-​e​p​i​q​u​e​-​p​o​u​r​-​l​a​-​j​u​s​t​i​ce/

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