Qu’est-ce qui peut conduire un pays, progressivement, à se retrouver gouverné comme une colonie par des agents de l’étranger ?

Cherchez la cause des causes.

Vente d’Alstom :
le dessous des cartes

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/01/05/31007-20150105ARTFIG00339-vente-d-alstom-les-dessous-des-cartes-par-jean-michel-quatrepoint.php

« Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d’Alstom est un « scandale d’État ». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire. »

[…] “Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d’Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70 % des activités d’Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement ?

J-M Q : “Le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale d’Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant ! tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.

Au-delà des éléments de langage des communicants et de la défense de Patrick Kron, il s’agit, bel et bien de la vente – oserais-je dire, pour un plat de lentilles – d’un des derniers et des plus beaux fleurons de l’industrie française à General Electric.

Pour comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques faits. Le marché mondial de la production d’électricité, des turbines, est dominé par quatre entreprises : Siemens, Mitsubishi, General Electric et Alstom. Le groupe français détient 20 % du parc mondial des turbines à vapeur. Il est numéro un pour les centrales à charbon et hydrauliques. Alstom Grid, spécialisé dans le transport de l’électricité, est également un des leaders mondiaux. Mais c’est dans le nucléaire qu’Alstom était devenu un acteur incontournable. Avec 178 turbines installées, il couvre 30 % du parc nucléaire mondial. Ses nouvelles turbines, Arabelle sont considérées comme les plus fiables du monde et assurent 60 ans de cycle de vie aux centrales nucléaires. Arabelle équipe les futurs EPR. Mais Alstom a également des contrats avec Rosatom en Russie et avec la Chine pour la livraison de quatre turbines de 1000 MW. Alstom, faut-il le rappeler, assure la maintenance de l’îlot nucléaire des 58 centrales françaises.

C’est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C’est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français… Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire.”

[…]

« Les États-Unis sont nos alliés, mais il peut arriver dans l’histoire que des alliés soient en désaccord ou n’aient pas la même approche des problèmes, notamment dans la diplomatie et les relations entre États. Est-on sûrs qu’en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE ?

En outre, on a également oublié de dire qu’il donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre. D’ores et déjà, le groupe américain fournit près de la moitié des turbines à vapeur de notre marine, à travers sa filiale Thermodyn du Creusot. Alstom produit le reste, notamment les turbines du Charles de Gaulle et de nos quatre sous-marins lanceurs d’engins. Demain, GE va donc avoir le monopole des livraisons pour la marine française. Que va dire la Commission de la concurrence ? Monsieur Macron a-t-il étudié cet aspect du dossier ?

Enfin, il est un autre secteur qu’apparemment on a oublié. Il s’agit d’une petite filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite. Ces systèmes, installés dans plus de 70 pays, équipent, bien évidemment, nos armées, et des entreprises du secteur de la défense et de l’espace. C’est un domaine éminemment stratégique, car il concerne tous les échanges de données par satellite. General Electric récupère cette pépite.

Quand on sait les liens qui existent entre la NSA, les grands groupes américains pour écouter, lire, accéder aux données des ennemis, mais aussi des concurrents, fussent-ils alliés, on voit l’erreur stratégique à long terme que le gouvernement vient de commettre.

Le ministère de la Défense a t il donné son avis ? »

[…]

« Oui, il y a bien une corrélation entre l’étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l’effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel. »

Jean-Michel Quatrepoint

Source : Figaro Vox

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Voir aussi :

RAPPORTS DU CF2R N°13
RACKET AMÉRICAIN ET DÉMISSION D’ÉTAT.
LE DESSOUS DES CARTES DU RACHAT D’ALSTOM PAR GENERAL ELECTRIC

http://www.cf2r.org/fr/rapports-du-cf2r/racket-americain-et-demission-etat-le-dessous-des-cartes-du-rachat-alstom-par-general-elec.php

http://www.cf2r.org/images/stories/RR/rr13.pdf

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Fil Facebook correspondant à ce sujet de préoccupation : https://www.facebook.com/etienne.chouard/posts/10153206702717317

[Edit (25 octobre 2015) :
[Empire en marche, bientôt chez toi (parce que tu roupilles)]

La vente d’Alstom, histoire d’une guerre économique

Un résumé intéressant — et révoltant — proposé par Stratpol, avec Eric Denécé et Jean-Michel Quatrepoint :

Ma question :
mais à quoi servent donc les prétendus “journalistes” français (presque tous vendus, littéralement, aux banques et aux marchands d’armes) ?
Marat, reviens !]