CHARTALISME : les peuples crèvent par MANQUE D’ARGENT. C’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts, et PAS LE CONTRAIRE.

30/05/2014 | 20 commentaires

Ceci est abso­lu­ment essentiel.

Ces temps der­niers, les Banques cen­trales créent d’im­menses tor­rents d’argent public, et les peuples conti­nuent pour­tant à souf­frir plus que jamais.

Par exemple, un Grec sur trois n’ar­rive plus à payer ses impôts ! Ne vous croyez pas à l’a­bri, la Grèce sert de labo­ra­toire aux maîtres-chan­teurs de la dette et la dèche pend au nez de tous les pays gou­ver­nés par des ban­quiers privés.

Expli­ca­tion : il faut arrê­ter de don­ner l’argent public aux banques pri­vées (parce qu’elles le gardent, pour évi­ter d’al­ler elles-mêmes en pri­son pour dettes) => si on veut sor­tir du piège anti­so­cial de la dette et de l’aus­té­ri­té, il faut don­ner l’argent public au peuple, direc­te­ment dans ses poches, sans pas­ser par les poches des banques.

Atten­tion aux poches !

Autre chose, lisez bien ceci : chaque fois que l’État a essayé de rem­bour­ser ses dettes, le pays a som­bré dans une crise sys­té­mique majeure (faute de mon­naie, car, quand un État rem­bourse c’est beau­coup d’argent qui est détruit) ! Chaque fois !

« À une brève excep­tion près, le gou­ver­ne­ment fédé­ral a été endet­té chaque année depuis 1776. En jan­vier 1835, pour la pre­mière et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éli­mi­née, et un sur­plus bud­gé­taire fut main­te­nu les deux années sui­vantes pour accu­mu­ler ce que le Secré­taire au Tré­sor Levi Wood­bu­ry appe­la « un fond pour faire face aux futurs défi­cits. » En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépres­sion qui mit le bud­get en défi­cit, et le gou­ver­ne­ment a tou­jours été endet­té depuis.

Depuis 1776 il y eut exac­te­ment sept périodes de sur­plus bud­gé­taires sub­stan­tiels avec une réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette : 

De 1817 à 1821 la dette natio­nale bais­sa de 29 % ;
de 1823 à 1836 elle fut éli­mi­née (les efforts de Jackson) ;
de 1852 à 1857 elle chu­ta de 59 %,
de 1867 à 1873 de 27 %,
de 1880 à 1893 de plus de 50 %,
et de 1920 à 1930 d’environ un tiers.
Bien sûr, la der­nière fois que nous avions un sur­plus bud­gé­taire était durant les années Clinton.

Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un bud­get en défi­cit pen­dant approxi­ma­ti­ve­ment 190 des 230 et quelques der­nières années, et d’accumuler des dettes vir­tuel­le­ment sans limite depuis 1837.

Les États-Unis ont éga­le­ment connu six périodes de dépres­sion. Les dépres­sions com­men­cèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929.

(Ne remar­quez-vous rien ? Jetez un œil aux dates lis­tées au-dessus.)

À l’exception des sur­plus de Clin­ton, chaque réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette en cours fut sui­vie d’une dépres­sion, et chaque dépres­sion fut pré­cé­dée par une réduc­tion de dette significative.

Le sur­plus de Clin­ton fut sui­vi par la réces­sion de Bush, une eupho­rie spé­cu­la­tive, et main­te­nant l’effondrement dans lequel nous nous trou­vons. Le jury déli­bère encore pour savoir si nous pour­rions réus­sir à en faire une nou­velle grande dépression.

Bien qu’on ne puisse jamais élu­der la pos­si­bi­li­té d’une coïn­ci­dence, sept sur­plus sui­vis par six dépres­sions et demi (avec encore quelque pos­si­bi­li­té pour en faire la par­faite sep­tième) devrait faire haus­ser quelques sourcils.

Et, au pas­sage, nos moins graves réces­sions ont presque tou­jours été pré­cé­dées par des réduc­tions du bud­get fédé­ral. Je ne connais aucun cas de dépres­sion engen­drée par un sur­plus du bud­get des ménages. »

Source  :  wiki­pé­dia

Ça mérite quand même d’être un peu étu­dié, non ?

Étu­diez – et faites connaître – la thèse du CHARTALISME :
http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme

Voyez sur­tout (sans doute le meilleur blog de France sur le sujet) :
« FRAPPER MONNAIE » : http://​frap​per​mon​naie​.word​press​.com/

Jean-Bap­tiste Ber­sac a créé un livre pas­sion­nant sur ce sujet fon­da­men­tal du char­ta­lisme (vous le trou­ve­rez faci­le­ment sur son site) :

Il faut que notre niveau monte en matière moné­taire, il faut nous par­lions de ça entre nous ; ce ne sont pas pré­ten­dus « jour­na­listes » qui le feront, ni même les « pro­fes­seurs d’é­co­no­mie », puis­qu’ils sont presque tous deve­nus… employés de banques ! (L’u­ni­ver­si­té de Chi­ca­go a été créée et finan­cée par le phi­lan­thrope Rocke­fel­ler) Si on veut un monde meilleur, il faut apprendre nous-mêmes à finan­cer libre­ment nos acti­vi­tés. La créa­tion moné­taire est un sujet majeur, stra­té­gique, d’é­du­ca­tion populaire.

Pas de pros­pé­ri­té sans mon­naie publique.
Pas de mon­naie publique sans démocratie.
Pas de démo­cra­tie sans pro­ces­sus consti­tuant populaire.

L’ur­gence abso­lue pour les peuples qui crèvent, c’est de s’en­traî­ner rapi­de­ment à écrire eux-mêmes la Consti­tu­tion qui leur ren­dra le contrôle public de la mon­naie. Ce qui chan­ge­ra tout, c’est une épi­dé­mie d’a­te­liers consti­tuants, par­tout, tout le temps.

Ne pas attendre quelque chose « des autres » : se mettre au tra­vail consti­tuant conta­gieux SOI-MÊME, tout de suite et tous les jours…

Mer­ci pour tout ce que vous faites déjà.

« Il faut être cou­ra­geux pour être libre » (Sénèque).

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20 Commentaires

  1. Evrard anne marie

    Peut être que l’on pour­rait un sys­tème de troc,service ren­du contre ser­vice ren­du entre citoyens et alors plus besoin de mon­naie , mon ex mari déjà chi­rur­gien den­tiste soigne les dents contre un mur pour sa mai­son ou un achat dans un maga­sin d’un de ses clients !

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  2. Ana Sailland

    Les banques cen­trales prêtent aux banques pri­vées qui à leur tour prêtent aux états, aux peuples, aux entre­prises, aux com­mu­nau­tés locales, aux gens, dix fois plus que ce qu’elles ont emprun­té, et avec un loyer de l’argent beau­coup plus élevé.

    C’est pas cool hein …
    Donc à réformer.

    (méko­man­ko­ne­néar­ri­vé­là ?
    cétipanozéluskonféça ?)

    Mais il y a bien des façons de réformer.
    Celle par exemple qui consis­te­rait à inter­dire aux banques pri­vées de créer de la mon­naie scrip­tu­rale ( c’est un peu le sens d’une ini­tia­tive popu­laire en ges­ta­tion en Suisse )

    Mais il y en a d’autres.

    J’en ai une qui peut paraître far­fe­lue. Mais je me méfie de l’é­ti­quette far­fe­lue, même autoadministrée.
    Voi­ci l’i­dée : les banques cen­trales pour­raient prê­ter aux citoyens, qui à leur tour prê­te­raient aux états, aux entre­prises, aux com­mu­nau­tés locales, dix fois plus et plus cher.
    Why not ?
    Cur non ?

    Réponse
  3. Franck Shanti

    « L’argent est Gra­tuit » : d’une cer­taine manière nous en avons la preuve tous les jours ; mais bon , admet­tons je ne suis pas éco­no­miste mais j’ai une piste :
    « L’argent est Gra­tuit » car pour moi le PIB c’est vous , c’est moi, c’est tout citoyen, (la Vie ou le Vivant). Pour­quoi un pays devrait rendre des comptes à un autre pays ? Un vil­lage , une ville , une région, où ses admi­nis­trés décident ensemble qu’ils ont besoin de faire une école, un centre médi­cal, refaire des tra­vaux d’a­mé­na­ge­ment, écou­le­ment des eaux, etc… c’est voté , ils envoient la demande de bud­get à l’é­tat qui lui  » Doit « envoyer l’argent néces­saire à ces pro­jets votés démo­cra­ti­que­ments et sous contrôle de tous les concer­nés par des réunions et accès aux comptes. Dans ce cas l’é­tat n’a pra­ti­que­ment pas besoin de contrô­ler puisque que tout est démo­cra­tique et donc sérieuse éco­no­mie de minis­tères et autres bureaux délo­ca­li­sés. « L’argent est Gra­tuit » donc l’é­tat obéit aux besoin des ses habi­tants. C’est la Vie qui est au centre de l’é­co­no­mie et non pas le contraire comme aujourd’­hui ! Nous ne sommes pas de mar­chan­dises cor­véables au ser­vice d’une néo-pseu­do-éco­no­mie de mar­ché finan­cia­ri­sée à la botte du privé !
    Cela crée­rait une acti­vi­té sociale et éco­no­mique. Pour les salaires on pour­rait aus­si ima­gi­ner une échelle de 1 à 10 ou 12 par exemple selon son acti­vi­té ou ses res­pon­sa­bi­li­tés, en tout cas pour une période de tran­si­tion. Le reste géné­ré après inves­tis­se­ments retour­ne­rait au col­lec­tif. Des idées , des pistes.…Merci.

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  4. Ana Sailland

    Tout en haut de la page, « c’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts »

    Don­ner pour reprendre ?
    Quel besoin de taxer pour le sou­ve­rain batteur ?

    on m’ex­plique ?

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    • A-J Holbecq

      Anna
      Cette mon­naie va être uti­li­sée par l’E­tat pour des uti­li­sa­tion « key­né­siennes » (de relance) puis va dif­fu­ser dans l’é­co­no­mie, per­met­tant la créa­tion d’ac­ti­vi­tés « secon­daires » . Cer­tains vont en pro­fi­ter plus que d’autres et les impôts servent à régu­ler ces inégalités.
      De plus il y aura néces­sai­re­ment des « fuites » de devises (impor­ta­tions)… donc néces­si­té, jus­qu’à ce que la balance soit équi­li­brée, d’in­jec­tions pour les compenser.
      Enfin, ne reprendre cet argent au pri­vé par les impôts amè­ne­rait à ce que l’E­tat ne puisse plus renou­ve­ler les inves­tis­se­ments issus de la créa­tion moné­taire cen­trale s’il ne veut pas ris­quer l’in­fla­tion des biens de consom­ma­tion ou des actifs..

      Je dois signa­ler que le char­ta­lisme ne prône pas la dis­pa­ri­tion des banques en tant que four­nis­seurs de mon­naie de cré­dit . De ce fait je pré­fère le 100% mon­naie (SMART) ou, le plus simple, la « mon­naie pleine » de la pro­po­si­tion Suisse.

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      • Ana Sailland

        Pré­fé­rence aus­si pour le 100%

        donc méca­ni­que­ment pour une ampu­ta­tion du pou­voir des banques, effet secon­daire plus qu’or­ches­tré, à mon sens sou­hai­table sinon exi­gible : l’in­té­rêt per­çu par des « per­sonnes morales » et/ou pri­vées sur une mon­naie qu’elles prêtent sans la déte­nir est une bles­sure pro­fonde faite à la logique et à la justice.

        La ques­tion de l’im­pôt (retour) en effet demeure, car on ne peut injec­ter indéfiniment.
        Mais je me dis que nous avons à inventer.
        Chose peu aisée 😉

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        Au pré­sent, les banques sont le relais ampli­fi­ca­teur de l’argent neuf entre banque cen­trale et vie.
        C’est « ampli­fi­ca­teur » qui pose problème.
        « Relais » un peu moins, quoique un tel ser­vice public cédé au pri­vé, c’est pas top.
        Mais pour­quoi ne pas confier au citoyen lui-même une par­tie de ce rôle de relais. 

        Ceci dans l’es­prit de la pro­po­si­tion (peu dif­fu­sée) d’in­jec­ter de la mon­naie neuve en la dis­tri­buant aux gens, une petite quan­ti­té, expé­ri­men­tale, à recon­duire si effet posi­tif détecté.

        ;;;;;;;;;;;;
        ;;;;;;;;;;;;

        juste à méditer :

        un type arrive aux urgences, vidé d’une par­tie de son sang.
        on lui fait une transfusion.
        mais il doit signer un papier dans lequel il pro­met de rendre le sang qui le sauve, plus les intérêts.

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  5. Zolko

    Bon­jour Etienne sur ton nou­veau blog. Je ne com­prends pas bien ce que tu veux dire :

    « les peuples crèvent par MANQUE D’ARGENT.  »

    avec cela, ne donnes-tu pas rai­son au capi­ta­lisme : tout est dans le capi­tal, rien ne se fait sans le capi­tal, l’argent est source de toute bien-être (puis­qu’on crève sans cela)

    A ma connais­sance, on crève par manque de nour­ri­ture, d’eau potable, d’ha­bi­tat, éven­tuel­le­ment d’a­mis, mais JAMAIS par manque de bouts de papiers ou de 01 dans la mémoire d’ordinateurs.

    « C’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts, et PAS LE CONTRAIRE. »

    Les liber­taires – pas les libé­raux, les liber­taires – sont archi oppo­sés à ce que tu dis : l’argent n’a pas à être créé par un état cen­tra­li­sé, car 1) les peuples le font de toutes façons pour com­merce, en uti­li­sant des coquillages, des pierres rares, de l’or … 2) le pou­voir de créa­tion moné­taire est tel­le­ment grand que d’en lais­ser le mono­pole à un orga­nisme unique est une ten­ta­tion trop grand pour qui­conque de ne abu­ser de ce pou­voir. Je suis même sur­pris que toi, si fervent défen­seur habi­tuel­le­ment de com­battre la concen­tra­tion de pou­voir pour évi­ter la ten­ta­tion d’en abu­ser, réclame aujourd’­hui à concen­trer le pou­voir de créa­tion moné­taire dans les mains de ceux qui ont déjà le pou­voir légis­la­tif et mili­taire (l’E­tat, quoi).

    Et donc, pour les liber­taires de l’é­cole Autri­chienne (Mur­ray Roth­bard en tête), l’argent n’a pas à être crée par une enti­té cen­tra­li­sée, elle sera créé par la socié­té en fonc­tion des besoins. Et là, on ne peut que remar­quer que Bit­Coin donne entiè­re­ment rai­son à cette école de pen­sée. Et on ne s’é­ton­ne­ra plus la volon­té poli­tique de vou­loir décré­di­bi­li­ser et détruire cette mon­naie citoyenne.

    Par contre, se pose la ques­tion des impôts : si l’E­tat ne crée pas de mon­naie offi­cielle, com­ment il récolte les impôts ? Com­ment comp­ta­bi­li­ser qui et quoi impo­ser, et à quel taux ?

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  6. Aeclipse

    Excellent livre, dense, tech­nique au début et pas­sion­nant après une cin­quan­taine de pages. Com­plé­men­taire aux écrits de John Ken­neth Gal­braith ou encore Ezra Pound. Indis­pen­sable pour un esprit cri­tique contem­po­rain qui veut aller plus loin

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  7. isabelle

    Il fau­dra des règles pour évi­ter l’ac­cu­mu­la­tion super­flue de richesses non moné­taires (patri­moine immo­bi­lier, biens durables, etc. acquis en dou­blon). Car quelque soit le modèle uti­li­sé, le pro­blème de la sou­te­na­bi­li­té éco­lo­gique se pose et se pose­ra tou­jours. Les mon­naies sont des moyens d’é­change (outils) pour satis­faire nos besoins vitaux pré­le­vés sur les res­sources natu­relles. Ces outils cor­res­pondent indi­rec­te­ment à la maté­ria­li­sa­tion des res­sources natu­relles de notre patri­moine natu­rel, notre pla­nète, et pour lequel l’hu­ma­ni­té est dépen­dant et fait par­tie. Ne pas trou­ver une solu­tion pour que nous aujourd’­hui et nos enfants demain aient les mêmes droits d’u­ser et de consom­mer en res­pect de son envi­ron­ne­ment, c’est la perte de l’hu­ma­ni­té à terme.

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  8. Ronald

    C’est la pre­mière fois que je vois Gabriel Rabhi inter­viewé si lon­gue­ment. Très sym­pa­thique. Bien sûr vous connais­sez déjà tous bien ce qu’il explique, mais cela montre que la relève est bien assu­rée. Il y a juste un point auquel je n’a­vais jamais son­gé. C’est quand il déve­loppe qu’il y a pour lui un mou­ve­ment selon lequel la finance cherche actuel­le­ment à exer­cer les fonc­tion réga­liennes. Au lieu de tirer les ficelles de l’E­tat avec celui-ci comme paravent, elle dépouille­rait l’E­tat pour en exer­cer elle-même les pou­voir. Il n’est pas facile d’i­ma­gi­ner une socié­té où ce serait la Finance qui serait le Sou­ve­rain. En tout cas ce jour-là, on sera bien dans la merde.
    Pour sûr, ce gar­çon sera bien­tôt clas­sé comme crypto-fascistoïde.

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    • Ana Sailland

      L’in­dé­pen­dance des banques cen­trales ne révèle rien d’autre que cette volon­té de l’être Finance de sup­plan­ter la conscience humaine.

      Le TAFTA est un jalon juri­dique dans l’ins­ti­tu­tion du libre arbitre aboli.

      La gou­ver­nance conti­nen­tale ou pla­né­taire sont un outil d’institutionnalisation des pou­voirs autistes voire secrets ( Ce qui est vaste en géo­gra­phie échappe à la conscience individuelle)

      En France, la réforme ter­ri­to­riale va dans ce sens.

      Réponse
  9. Sub

    Je pense que l’on fait une erreur en pen­sant que la mon­naie est la solu­tion aux pro­blèmes d’i­né­ga­li­tés, de men­songes, de cor­rup­tions, d’es­cro­que­ries etc. Ima­gi­ner qu’en bidouillant des chiffres dans des ordi­na­teurs, on va pou­voir régler quoique ce soit et faire pous­ser des carottes pour tout le monde me paraît même un peu naïf.

    Si vous pre­nez une mar­chan­dise qui néces­site 10h de tra­vail pour être fabri­quée, vous pour­rez inven­ter tout les sys­tèmes moné­taires de la pla­nète que vous vou­drez : si per­sonne ne four­nit les 10h de bou­lot, la mar­chan­dise ne sera pas là.

    Met­tez le SMIC à 30.000 euros ou un divi­dende à 5000, si vous vou­lez, on peut parier que tout les prix aug­men­te­ront en consé­quence et qu’au final per­sonne ne pour­ra s’a­che­ter quoique ce soit de plus qu’avant…

    Il nous faut com­prendre que si tout ces « chiffres« ont appa­rem­ment une valeur, c’est uni­que­ment parce qu’ils sont fidèles à une cer­taine réa­li­té (qu’on aime ou pas). Com­men­cez à les bidouiller, à les dis­tri­buer selon des règles arbi­traires et ils ne signi­fie­ront plus rien. Leur valeur s’é­va­noui­ra comme par magie. Vous serez riche de vent et aurez au pas­sage détruit des pans entiers d’activités.

    C’est un peu le tra­vers de notre époque : on vou­drait que la mon­naie fasse le bou­lot de cha­ri­té de la reli­gion, que la reli­gion ne reste qu’un gad­get dans la sphère pri­vée des gens, que les patrons, du coup, s’oc­cupent de faire du social, que les poli­ciers fassent de la pré­ven­tion et que l’é­cole rem­place les parents… Ce n’est pas ain­si que l’on résou­dra le moindre pro­blème, j’en ai peur. Que cha­cun reste dans sa fonc­tion, ce dans quoi il est le meilleur et s’oc­cupe de faire déjà cor­rec­te­ment son propre bou­lot et tout ira déjà beau­coup mieux !

    Ce qu’il faut c’est que la mon­naie retrouve un sens. Comme le disait Confu­cius : Dans une socié­té bien gou­ver­née c’est une honte d’être pauvre. Dans une socié­té mal gou­ver­née, c’est une honte d’être riche aus­si… Et ce n’est qu’en fai­sant la chasse aux cor­rom­pus, aux escrocs que l’on pour­ra y par­ve­nir. Le scan­dale ce n’est pas le fonc­tion­ne­ment de la mon­naie, c’est que les ban­quiers res­pon­sables du crash de l’é­co­no­mie et de toutes les magouilles finan­cières de ces dix der­nières années ne soient pas en pri­son. Ne nous trom­pons pas de cible.

    Un replâ­trage moné­taire ne sera qu’un moyen sup­plé­men­taire pour nous endor­mir pen­dant que les vrais cri­mi­nels seront tou­jours en liber­té et que l’in­jus­tice sera reine.

    Réponse
    • 222

      C’est pas bête, en effet, l’u­ti­li­sa­tion qu’on en fait est comme à l’é­gal de ce qu’on fait de la science : des choix éli­tistes illi­mi­tés ! On en revient, effec­ti­ve­ment, tou­jours à la même Cause…

      CHOUAR­Dament !

      Réponse
    • adoque

      Bon­jour !
       » replâ­trage monétaire »

      L’ex­pres­sion porte en elle sa propre limi­ta­tion. Aucune modi­fi­ca­tion moné­taire n’ap­por­te­ra de solu­tion adé­quate. Tout est si bien ver­rouillé dans le sys­tème finan­cier que c’est se fati­guer inuti­le­ment que de vou­loir le réformer.
      Pour­tant, il y a bien une issue, iné­luc­table car ins­crite dans les gènes de ce sys­tème : son effondrement.
      http://​jcbon​sai​.free​.fr/​c​c​/​O​r​l​o​v​C​o​n​f​D​u​b​l​in/
      Le cadre est des­si­né pour un futur qui devient proche, et tout le tra­vail préa­lable réa­li­sé par les lan­ceurs d’a­lerte pour­ra, alors, s’y épanouir.

      Réponse
  10. Ana Sailland

    Le néces­saire n’est pas en effet suf­fi­sant, mais le qua­li­fier de replâ­trage cor­res­pond peut être à un manque d’information/réflexion sur l’im­mense champ des pos­si­bi­li­tés, y com­pris celles qui n’ont jamais été vécues.

    Réponse
  11. Sub

    Je dis sim­ple­ment que de mon­trer du doigt le sys­tème, c’est ris­quer de dédoua­ner un peu vite tous les escrocs qui en abusent.

    Plus tri­via­le­ment, ce n’est pas parce qu’un sys­tème d’a­larme est impar­fait, voire est une vraie pas­soire, qu’il faut excu­ser les cam­brio­lages pour autant. 

    Si on le fait c’est que dans notre tête, on a déjà capi­tu­lé. C’est qu’on est incons­ciem­ment conta­mi­né par la façon de pen­ser ultra-libé­rale : « t’as pas de sys­tème d’a­larme sur ta voi­ture, ne t’é­tonne pas qu’on te la vole… »

    Alors quoi, il y a des ultra-riches ? Ce n’est pas en jouant avec le ther­mo­mètre de l’argent que l’on régle­ra le pro­blème de fond. La mon­naie, aus­si sophis­ti­quée qu’on pour­ra l’i­ma­gi­ner, ne met­tra jamais les cra­pules en pri­son à notre place.

    Un sys­tème moné­taire, aus­si mer­veilleux soit-il, se trans­for­me­ra en cau­che­mar à par­tir du moment où les gens trichent et qu’on ne leur dira rien.

    Pour ce qui est de l’in­for­ma­tion sur le sujet, on fait vite le tour. Le pro­blème de la mon­naie est qu’il faut en créer, ce qui contre­dit son prin­cipe même qui est qu’on ne devrait que pou­voir en gagner. La mon­naie, c’est donc un sys­tème « fou » qui ne peut pas fonc­tion­ner fon­da­men­ta­le­ment sauf éven­tuel­le­ment par usage de la force. 

    Après, on peut créer la mon­naie et la jeter par héli­co­ptère, on peut l’a­dos­ser à l’or et trans­for­mer la terre en gruyère, on peut la créer à la demande sous forme de cré­dit ou par hypo­thèque, on peut la confier à l’é­tat qui l’in­jec­te­ra où bon lui semble (ou pas), on peut la créer direc­te­ment dans les poches des gens ou même la faire gagner à la lote­rie… Je pense que l’i­ma­gi­na­tion pour créer la mon­naie est effec­ti­ve­ment sans limite et puis quoi ??? Tant qu’il fau­dra créer de la mon­naie, ce sera tou­jours injuste : à qui don­ne­ra-t-on cette mon­naie ? com­bien devra-t-on en créer ? quand ? qui déci­de­ra ? Autant de ques­tions qui res­te­ront éter­nel­le­ment sans réponses car je pense qu’il y aura autant d’o­pi­nions et de théo­ries que de per­sonnes et de rêves…

    Les pro­blèmes éco­no­miques actuels ne sont pas le fait de notre grand méchant sys­tème moné­taire mais le fait de ban­quiers véreux, d’a­gences de nota­tion men­teuses, d’im­bé­ciles qui signent des cré­dits sans aucune chance de pou­voir rem­bour­ser, de poli­ti­cien cor­rom­pus, de doux rêveurs qui pensent que l’argent tombe du ciel, de salo­pards qui nous mettent en concur­rence avec des pays qui pra­tiquent encore l’es­cla­vage. Fai­sons le ménage et sans doute nous décou­vri­rons que le sys­tème moné­taire actuel n’est pas si mal, à par­tir du moment où on ne lui demande pas d’être une pana­cée uni­ver­selle et de pal­lier aux défi­ciences de la mora­li­té humaine.

    Réponse
    • Ana Sailland

      « Faire le ménage » »> qu’en­ten­dez vous par là ?

      ;;;;;;

      L’ins­ti­tu­tion per­verse crée le per­vers et le per­vers crée l’ins­ti­tu­tion per­verse. L’oeuf et la poule. 

      Ceci dit, écrire que le  » le sys­tème moné­taire actuel n’est pas si mal » est arith­mé­ti­que­ment irrecevable :

      même manié hon­nê­te­ment le sys­tème moné­taire actuel condui­rait tôt ou tard à un cata­clysme polymorphe.

      Réponse
  12. Martin Cloutier

    Ima­gi­nez un état qui crée l’argent à par­tir de nul part pour four­nir les salaires de tout les citoyens. Tout les citoyens obtien­drais leur mon­naie de l’é­tat sous forme de salaire même ceux qui crée des biens pour les vendre ensuite.

    Ensuite ‚un ache­teur vas dépens­ser. En aquié­rant un bien ou un ser­vice, l’argent de l’a­che­teur dis­pa­rais et vas dans le néant. Le ven­deur lui, qui recois sont salaire de l’é­tat, n’a pas besoin de rece­voir cet argent sup­plé­men­taire du bien ou ser­vice qu’il a pro­di­gé alors il ne recois rien. En fait dans se sys­tème les créa­teurs de bien dans le cadre d’un tra­vaille déjà com­men­di­té par l’é­tat ne pos­sè­de­rais pas leurs créa­tion au même titre que des ouvriers dans une usines.

    Au départ, j’ai ima­gi­né ce sys­tème sans en connaitre beau­coup sur le char­ta­lisme alors je ne sais pas si mon sys­tème dif­fère du char­ta­lisme ou si il ce trouve à être identique.

    Est ce que dans ce sys­tème , les impôts seraients quand même nécéssaire ?
    ( Puisque l’argent dis­pa­rai­trait en masse l’hors des dépenses. Cette quan­ti­té détruite limi­te­rait de beau­coup l’in­fla­tion exes­sive. De plus, comme les gens doivent aquié­rir des biens ou des ser­vices ils auront déjà une moti­va­tion impor­tante pour vou­loir de la mon­nais et lui accor­der de l’importance.)

    Réponse
  13. franz

    (Je ne suis pas juif mais) le peuple hébreu (à l’o­ri­gine por­té par le souffle de Dieu ? / petite digres­sion) n’é­tait-il pas en avance puisque tous les cin­quante ans toutes les dettes étaient effa­cées (afin que le riche ne condamne pas le pauvre pour l’é­ter­ni­té ?) ? Certes j’i­ma­gine que dans ce sys­tème + on s’ap­proche de la cin­quan­tième année, + il devient dif­fi­cile d’emprunter, mais n’est-ce pas ce qui devrait mis en place au niveau mon­dial pour se sor­tir de l’im­passe actuelle ?

    Réponse
  14. Jean-Paul BLANC

    Je pense effec­ti­ve­ment comme Sub que ce sont les véreux qui peuvent faire échouer un sys­tèmes mis en place. Aus­si fau­drait-il ins­ti­tuer un sys­tème et le modi­fier plus tard en regar­dant les abus qu’il permet.
    Le fond de toute réflexion devrait être que l’é­qui­té dans les tran­sac­tions soit res­pec­tée : un tra­vail néces­site salaire, et un pro­duit doit être de qua­li­té pour celui qui l’a­chète, et n’être pas nuisible.
    Je recon­nais qu’on peut dis­cu­ter long­temps à pro­pos de ce der­nier point.
    Jean-Fran­cisque Léo

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