Frédéric Lordon prône la suppression de la Bourse, conchie l’Union européenne et l’euro, défend la nation, la souveraineté populaire et leurs institutions

9/12/2013 | 277 commentaires

Fré­dé­ric Lor­don sur France Culture
prône la sup­pres­sion de la Bourse,
conchie l’U­nion euro­péenne et l’eu­ro,
défend la nation, la sou­ve­rai­ne­té popu­laire,
la mon­naie natio­nale et leurs institutions

Reprise de l’é­mis­sion sur Youtube :

J’ai trou­vé sur le blog Média­part de Bri­gitte Pas­call (mer­ci à elle)
cette retrans­crip­tion (par­tielle mais utile et bien ciblée) :

Fré­dé­ric Lor­don : « On peut envi­sa­ger de chan­ger l’Eu­rope, de faire un autre euro, un euro qui soit plus social et pro­gres­siste à la place de l’eu­ro aus­té­ri­taire. Mais j’a­joute aus­si­tôt : cette trans­for­ma­tion-là est UN RÊVE DE SINGE ».
[…]
Fré­dé­ric Lor­don : La trans­for­ma­tion de l’UE est impos­sible pour un cer­tains nombre de rai­sons très très pro­fondes. C’est-à-dire pas­ser d’une Europe néo libé­rale et aus­té­ri­taire pré­sente à une Europe qui serait sociale et pro­gres­siste, sans tran­si­tion. C’est pour­quoi je pense que le retour aux mon­naies natio­nales se fera, de toutes façons, du seul fait qu’é­mer­ge­rait même un pro­jet de trans­for­ma­tion de l’Eu­ro. Et pour­quoi ? C’est que l’eu­ro actuel est un outil qui a été conçu pour don­ner toute satis­fac­tion aux mar­chés finan­cier. Je pour­rais vous reprendre le détail des règles de poli­tiques éco­no­miques et des agen­ce­ments ins­ti­tu­tion­nels un par un.

Par consé­quent, tout pro­jet de trans­for­ma­tion signi­fi­ca­tif de l’eu­ro ne pour­rait avoir pour objet que de sous­traire la mon­naie euro­péenne à l’empire de la finance et des mar­chés de capi­taux. Ce que voyant, l’empire des mar­chés de capi­taux déchai­ne­rait immé­dia­te­ment une spé­cu­la­tion d’où résul­te­rait l’é­cla­te­ment de la zone euro et le retour for­cé aux mon­naies nationales.

Je dis que ce retour aux mon­naies natio­nales n’est PAS nor­ma­ti­ve­ment par­lant une catas­trophe, qu’il nous per­met­trait de recou­vrer de nom­breux degrés de liber­té éco­no­mique et politique.

L Adler : Vous êtes pour le retour à la sou­ve­rai­ne­té nationale ?

Fré­dé­ric Lor­don : Oui abso­lu­ment, le retour à la sou­ve­rai­ne­té natio­nale car je ne vois pas com­ment on peut contes­ter, plus exac­te­ment le retour à la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, car je ne vois pas com­ment on peut contes­ter l’i­dée de sou­ve­rai­ne­té popu­laire d’un point de vue de gauche.

Et c’est pas parce que le FN ou les mou­ve­ments de droite à la droite de l’UMP ont essayé de cap­ter — et réus­si à cap­ter semble-t-il ce thème — qu’il faut se lais­ser faire pour autant. Car de dépos­ses­sion en dépos­ses­sion, nous fini­rons à poil.

Qu’est ce que c’est que la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ? La sou­ve­rai­ne­té popu­laire c’est la capa­ci­té d’une com­mu­nau­té poli­tique à déci­der col­lec­ti­ve­ment de son propre des­tin. C’est une idée qui nous a été léguée par les Lumières, par la Révo­lu­tion Fran­çaise, et je refuse le stig­mate du FN et que l’on nous vole cette idée.

La sou­ve­rai­ne­té popu­laire d’ailleurs, c’est un petit peu plus que la sou­ve­rai­ne­té natio­nale, et ce serait cela la dif­fé­rence qu’il fau­drait mar­quer entre les deux.

Et de même, pour l’i­dée de Nation. (Si j’a­vais su que je serais venu par­ler de ce thème, je serais venu avec quelques muni­tions.) Et en par­ti­cu­lier avec une défi­ni­tion de la natio­na­li­té qui avait été don­née dans l’ar­ticle 4 de la consti­tu­tion de 1793, la consti­tu­tion de Robes­pierre. C’est une défi­ni­tion de la Nation par la citoyen­ne­té et c’est une défi­ni­tion de la Nation qui est abso­lu­ment admi­rable. Car la Nation, si elle est une com­mu­nau­té finie – la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ne peut s’exer­cer que dans le péri­mètre d’un ter­ri­toire finie (n’en déplaisent au cos­mo­po­li­tisme car on n’a pas vu encore l’ombre d’une com­mu­nau­té poli­tique mon­diale qui n’existe qu’en fan­tasme) – donc si la Nation lieu d’exer­cice de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire est une com­mu­nau­té finie, elle n’est pas pour autant une com­mu­nau­té close. Et rien n’in­ter­dit que des étran­gers prennent la natio­na­li­té fran­çaise défi­nie comme citoyenneté.

En par­ti­cu­lier, tous les tra­vailleurs qui sont actuel­le­ment clan­des­tins, qui payent des impôts, leurs coti­sa­tions sociales, ces gens-là ont droit à la natio­na­li­té fran­çaise, pré­ci­sé­ment parce qu’ils s’ac­quittent de leur devoir de citoyen le plus fon­da­men­tal qui est celui du consen­te­ment fis­cal, là où des Ber­nard Arnaud, des Jérôme Cahu­zac, des Depar­dieu et des John­ny se baladent dans le monde comme dans un self ser­vice à pas­se­ports pour faire de l’op­ti­mi­sa­tion fiscale.

Et donc voi­la ma redé­fi­ni­tion de la Nation fran­çaise. Et celle-là elle ne va pas plaire au FN. B Arnaud, pas Fran­çais. John­ny, Cahu­zac : pas Fran­çais ; mais tous les tra­vailleurs clan­des­tins qui aspirent à payer des impôts, sont fran­çais de plein droit. »

Fré­dé­ric Lor­don, sur France Culture, lun­di 9 décembre 2013

Pour info, l’ar­ticle 4 dont parle Fré­dé­ric est celui-ci :

De l’é­tat des citoyens

Article 4. – Tout homme né et domi­ci­lié en France, âgé de vingt et un ans accom­plis ; – Tout étran­ger âgé de vingt et un ans accom­plis, qui, domi­ci­lié en France depuis une année – Y vit de son tra­vail – Ou acquiert une pro­prié­té – Ou épouse une Fran­çaise – Ou adopte un enfant – Ou nour­rit un vieillard ; – Tout étran­ger enfin, qui sera jugé par le Corps légis­la­tif avoir bien méri­té de l’hu­ma­ni­té – Est admis à l’exer­cice des Droits de citoyen français.

Source : http://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​h​i​s​t​o​i​r​e​/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​s​/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​-​d​e​-​1​7​9​3​-​a​n​1​.​asp

Étienne.

PS : pour mémoire, cer­tains argu­ments expli­qués par Frédéric :

Et si on fermait la Bourse…

C’é­tait il y a un peu plus d’un an : les gou­ver­ne­ments secou­raient les banques aux frais du contri­buable. Mis­sion accom­plie. Mais à quel prix ? L’Or­ga­ni­sa­tion de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment éco­no­miques (OCDE) éva­lue à 11 400 mil­liards de dol­lars les sommes mobi­li­sées par ce sau­ve­tage. Soit 1 676 dol­lars par être humain… Mais la finance n’est pas qu’af­faire de ban­quiers. C’est aus­si celle des action­naires. Une pro­po­si­tion pour­rait ne pas leur plaire : fer­mer la Bourse.

par Fré­dé­ric Lor­don, février 2010

Pour un peu, le grand spec­tacle de ces deux der­nières années nous l’au­rait presque fait oublier : là où la finance « de mar­ché »* (les asté­risques ren­voient au glos­saire), appel­la­tion un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la dif­fé­rence, semble s’ac­ti­ver dans un uni­vers clos, loin de tout et notam­ment du reste de l’é­co­no­mie, la finance action­na­riale*, celle des pro­prié­taires des moyens de pro­duc­tion, campe à l’an­née sur le dos des entre­prises — et, comme tou­jours, en der­nière ana­lyse, des sala­riés. Il a fal­lu la « mode du sui­cide » si déli­ca­te­ment diag­nos­ti­quée par M. Didier Lom­bard, pré­sident-direc­teur géné­ral (PDG) de France Télé­com, pour offrir l’oc­ca­sion, mais si peu sai­sie dans le débat public, de se sou­ve­nir de ce dégât quo­ti­dien de la finance action­na­riale dont les injonc­tions à la ren­ta­bi­li­té finan­cière sont impla­ca­ble­ment conver­ties par les orga­ni­sa­tions en mini­mi­sa­tion for­ce­née des coûts sala­riaux, des­truc­tion métho­dique de toute pos­si­bi­li­té de reven­di­ca­tion col­lec­tive, inten­si­fi­ca­tion épui­sante de la pro­duc­ti­vi­té et dégra­da­tion conti­nue des condi­tions maté­rielles, cor­po­relles et psy­cho­lo­giques du travail.

Contre toutes les ten­ta­tives de déné­ga­tion dont on entend d’i­ci les accents scan­da­li­sés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pou­voir action­na­rial, dont plus rien dans les struc­tures pré­sentes du capi­ta­lisme ne retient les extra­va­gantes demandes, à toutes les formes, par­fois les plus extrêmes, de la déré­lic­tion sala­riale. Et si les média­tions qui séparent les deux bouts de la chaîne font sou­vent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souf­frances à l’une des extré­mi­tés doivent aux pres­sions exer­cées depuis l’autre, si cette dis­tance demeure la meilleure res­source du déni, ou des oppor­tunes dis­jonc­tions dont le débat média­tique est cou­tu­mier, rien ne peut effa­cer com­plè­te­ment l’u­ni­té d’une « cau­sa­li­té de sys­tème » que l’a­na­lyse peut très bien déga­ger (1).

Si donc la refonte com­plète du jeu de la finance « de mar­ché », récla­mée avec d’au­tant plus de mar­tiale véhé­mence par les gou­ver­ne­ments qu’ils ont moins l’in­ten­tion de l’ac­com­plir, occupe le débat public depuis un an, il s’a­gi­rait de ne pas oublier que, au moins autant, la finance action­na­riale est en attente elle aus­si de son « retour de mani­velle »… Sous ce rap­port il n’y a que le PDG de Libé­ra­tion Laurent Jof­frin, joi­gnant la paresse intel­lec­tuelle au désir de ne rien ren­con­trer qui pour­rait le contra­rier, pour sou­te­nir qu’il n’y a pas d’i­dées à gauche (2) — sans doute pas dans Libé­ra­tion ni au Par­ti socia­liste en effet (mais on a dit : à gauche). Du vide dans le regard de Laurent Jof­frin, on ne conclu­ra donc pas pour autant qu’il n’y a rien. Le SLAM (Sha­re­hol­der Limi­ted Autho­ri­zed Mar­gin ou marge action­na­riale limite auto­ri­sée) est une idée (3). L’a­bo­li­tion de la cota­tion en conti­nu, et son rem­pla­ce­ment par un fixing men­suel ou plu­ri­mes­triel, en est une autre (4). Vient tou­te­fois un moment où l’on envi­sage la ques­tion autre­ment : et fer­mer la Bourse ?

Des chro­niques débon­naires du regret­té Jean-Pierre Gaillard, long­temps jour­na­liste bour­sier sur France Info, à l’ap­pa­ri­tion des chaînes bour­sières, en pas­sant par l’in­ces­sante répé­ti­tion « CAC 40 – Dow Jones – Nik­kei », la Bourse aura bien­tôt quit­té le domaine des ins­ti­tu­tions sociales pour deve­nir qua­si­ment un fait de nature — une chose dont la sup­pres­sion est sim­ple­ment impen­sable. Il est vrai que deux décen­nies et demie de matra­quage conti­nu ont bien œuvré à cette sorte de natu­ra­li­sa­tion, et notam­ment pour expli­quer qu’une éco­no­mie « moderne » ne sau­rait conce­voir son finan­ce­ment autre­ment que par des mar­chés et, par­mi eux, des mar­chés d’ac­tions* (la Bourse au sens strict du terme).

Bien sûr, pour conti­nuer de se dévi­der, ce dis­cours néces­site de pas­ser sous silence l’en­semble des des­truc­tions cor­ré­la­tives de l’exer­cice du pou­voir action­na­rial ; la simple mise en regard de ses béné­fices éco­no­miques sup­po­sés et de ses coûts sociaux réels suf­fi­rait à faire appa­raître tout autre­ment le bilan de l’ins­ti­tu­tion « Bourse ». Encore fau­drait-il ques­tion­ner la divi­sion entre béné­fices éco­no­miques et coûts sociaux car les ten­dances à la com­pres­sion sala­riale indé­fi­nie qui suivent de la contrainte de ren­ta­bi­li­té action­na­riale ne sont pas sans effets macroé­co­no­miques. La sous-consom­ma­tion chro­nique qui en résulte a pous­sé les géniaux stra­tèges de la finance à pro­po­ser aux ménages de « faire l’ap­point » avec du cré­dit, deve­nu la béquille per­ma­nente de la demande man­quante — on connaît la suite. Evi­dem­ment les bilans sont tou­jours plus faciles avec une seule colonne qu’a­vec deux, par­ti­cu­liè­re­ment, aurait ajou­té l’hu­mo­riste Pierre Dac, quand on enlève la mau­vaise. Mais vienne la « bonne » à se mon­trer elle-même défaillante, que peut-il alors res­ter de l’ensemble ?

Or c’est peu dire que les pro­messes posi­tives de la Bourse sont dou­teuses. Sans elle, paraît-il, pas de finan­ce­ment de l’é­co­no­mie, plus de fonds propres pour des entre­prises alors vouées à l’in­sol­va­bi­li­té, encore moins de déve­lop­pe­ment des start-up annon­cia­trices des révo­lu­tions tech­no­lo­giques ? En avant, dans l’ordre et méthodiquement.

Les inves­tis­seurs pom­paient,
pompaient !

Sur le papier, le plan d’en­semble ne man­quait pas d’al­lure. Des agents (les épar­gnants) ont des res­sources finan­cières en excès et en quête d’emploi, d’autres (les entre­prises) sont à la recherche de capi­taux : la Bourse est cette forme ins­ti­tu­tion­nelle idoine qui met­trait tout ce beau monde en contact et réa­li­se­rait la ren­contre mutuel­le­ment avan­ta­geuse des capa­ci­tés de finan­ce­ment des uns et des besoins des autres. Elle ferait même mieux encore : en appor­tant des res­sources per­ma­nentes (à la dif­fé­rence de l’en­det­te­ment, les capi­taux propres, levés par émis­sion d’ac­tions, ne sont pas rem­bour­sables), elle sta­bi­li­se­rait le finan­ce­ment et en mini­mi­se­rait le coût. Pata­tras : rien de tout ça ne tient la route.

La Bourse finance les entre­prises ? Au point où on en est, ce sont plu­tôt les entre­prises qui financent la Bourse ! Pour com­prendre ce retour­ne­ment inat­ten­du, il faut ne pas perdre de vue que les flux finan­ciers entre entre­prises et « inves­tis­seurs » sont à double sens et que si les seconds sous­crivent aux émis­sions des pre­mières, ils ne manquent pas, symé­tri­que­ment, de leur pom­per régu­liè­re­ment du divi­dende (en quan­ti­té crois­sante) et sur­tout du buy-back*, « inno­va­tion » carac­té­ris­tique du capi­ta­lisme action­na­rial par laquelle les entre­prises sont conduites à rache­ter leurs propres actions pour aug­men­ter méca­ni­que­ment le pro­fit par action et, par là, pous­ser le cours bour­sier (donc la plus-value des inves­tis­seurs) à la hausse.

La cohé­rence dans l’in­co­hé­rence du capi­tal action­na­rial atteint d’ailleurs des som­mets car, impo­sant des normes de ren­ta­bi­li­té finan­cière exor­bi­tantes, il force à aban­don­ner bon nombre de pro­jets indus­triels, inca­pables de « pas­ser la barre », lais­sant les entre­prises avec des res­sources finan­cières inem­ployées… aus­si­tôt dénon­cées comme « capi­tal oisif », avec prière de le res­ti­tuer ins­tam­ment aux « pro­prié­taires légi­times », les action­naires — « puis­qu’ils ne savent pas s’en ser­vir, qu’ils nous le rendent ! ». Doré­na­vant, ce qui sort des entre­prises vers les inves­tis­seurs l’emporte sur ce qui fait mou­ve­ment en sens inverse… et don­nait son sens et sa légi­ti­mi­té à l’ins­ti­tu­tion bour­sière. Les capi­taux levés par les entre­prises sont deve­nus infé­rieurs aux volumes de cash pom­pés par les action­naires, et la contri­bu­tion nette des mar­chés d’ac­tions au finan­ce­ment de l’é­co­no­mie est deve­nue néga­tive (qua­si nulle en France, mais colos­sa­le­ment néga­tive aux Etats-Unis, notre modèle à tous (5)).

Il y a de quoi res­ter inter­lo­qué devant pareil constat quand, dans le même temps, les masses finan­cières qui s’in­ves­tissent sur les mar­chés bour­siers ne cessent de s’ac­croître. Le para­doxe est en fait assez simple à dénouer : faute de nou­velles émis­sions d’ac­tions pour les absor­ber, ces masses ne font que gros­sir l’ac­ti­vi­té spé­cu­la­tive sur les mar­chés dits « secon­daires »* (les mar­chés de revente des actions déjà exis­tantes). Aus­si leur déver­se­ment constant a‑t-il pour effet, non pas de finan­cer des pro­jets indus­triels nou­veaux, mais de nour­rir la seule infla­tion des actifs finan­ciers déjà en cir­cu­la­tion. Les cours montent et la Bourse va très bien, mer­ci, mais le finan­ce­ment de l’é­co­no­mie réelle lui devient chose de plus en plus étran­gère : le jeu fer­mé sur lui-même de la spé­cu­la­tion est très suf­fi­sant à faire son bon­heur et, de fait, les volumes de l’ac­ti­vi­té dans les mar­chés secon­daires écrasent lit­té­ra­le­ment ceux des mar­chés pri­maires* (les mar­chés d’émission).

Que la Bourse comme ins­ti­tu­tion de finan­ce­ment, par là dif­fé­ren­ciée de la Bourse comme ins­ti­tu­tion de spé­cu­la­tion, soit deve­nue inutile, ce sont les entre­prises qui pour­raient en par­ler le mieux. Le pro­blème ne se pose sim­ple­ment pas pour les petites et moyennes… qui ne sont pas cotées, mais dont on rap­pel­le­ra tout de même qu’elles font l’é­cra­sante majo­ri­té de la pro­duc­tion et de l’emploi — on répète pour bien mar­quer le coup : l’é­cra­sante majo­ri­té de la pro­duc­tion et de l’emploi se passe par­fai­te­ment de la Bourse. Plus éton­nam­ment, les grandes entre­prises y ont fort peu recours éga­le­ment — sauf quand leur prend l’en­vie de s’a­mu­ser au jeu des fusions et des offres publiques d’a­chat (OPA). Car lors­qu’il s’a­git de trou­ver du finan­ce­ment, le para­doxe veut que les fleu­rons du CAC 40 et du Dow Jones aillent le plus sou­vent voir ailleurs : dans les mar­chés obli­ga­taires, ou bien, par une inavouable per­sis­tance dans l’ar­chaïsme… à la banque ! Une suc­cu­lente iro­nie veut qu’il y ait là moins l’ef­fet d’une réti­cence phi­lo­so­phique qu’un effet de plus de la contrainte action­na­riale elle-même, qui voit dans toute nou­velle émis­sion l’in­con­vé­nient de la dilu­tion, donc de la baisse du béné­fice par action. En somme, le triomphe du pou­voir action­na­rial consiste à dis­sua­der les entre­prises qui le pour­raient le plus de se finan­cer à la Bourse !

D’autres pro­messes,
d’autres menaces

Ce qui reste de finan­ce­ment brut appor­té par la Bourse se fait-il au moins pour les entre­prises au coût avan­ta­geux pro­mis par tous les dis­cours de la déré­gle­men­ta­tion ? On sait sans ambi­guï­té ce que coûte la dette : le taux d’in­té­rêt qu’on doit acquit­ter chaque année. Le « coût du capi­tal » (ici le coût des fonds propres) est une affaire moins évi­dente à sai­sir. Par défi­ni­tion les capi­taux propres (levés par émis­sions d’ac­tions) ne portent pas de taux de rému­né­ra­tion pré­dé­fi­ni comme la dette. Ça ne veut pas dire qu’ils ne coûtent rien ! Mais alors com­bien ? Très symp­to­ma­ti­que­ment, la théo­rie finan­cière ne cesse de s’in­té­res­ser au « coût du capi­tal »… mais sous le point de vue exclu­sif de l’ac­tion­naire (lire « Le coût du capi­tal du point de vue de l’ac­tion­naire ») ! Ceci ne dit rien de ce qu’il en coûte concrè­te­ment à l’en­tre­prise de se finan­cer en levant des actions plu­tôt que des obli­ga­tions*, ou encore en allant à la banque — et c’est là une ques­tion dont la théo­rie finan­cière, qui révèle ain­si ses points de vue impli­cites (pour ne pas dire : pour qui elle tra­vaille), se dés­in­té­resse presque complètement.

Or ce qu’il en coûte à l’en­tre­prise tient en trois élé­ments : les divi­dendes et les buy-backs sont les deux pre­miers, à quoi il faut ajou­ter éga­le­ment les coûts d’op­por­tu­ni­té liés aux pro­jets d’in­ves­tis­se­ment écar­tés pour cause de ren­ta­bi­li­té insuf­fi­sante, c’est-à-dire tous ces pro­fits aux­quels l’en­tre­prise a dû renon­cer sous l’in­jonc­tion action­na­riale… à ne pas investir.

Tout ceci, qui com­mence à faire beau­coup, ne se met cepen­dant pas aisé­ment sous la forme d’un « taux » qui pour­rait être direc­te­ment confron­té au taux d’in­té­rêt afin d’of­frir une com­pa­rai­son terme à terme des coûts des dif­fé­rentes formes de capi­tal (fonds propres ver­sus dette). Le fait que la dette soit rem­bour­sable et non les capi­taux propres est une pre­mière dif­fé­rence per­tur­ba­trice ; inver­se­ment, du divi­dende est payé éter­nel­le­ment sur des actions bien après la fin du cycle de vie de l’in­ves­tis­se­ment qu’elles ont ser­vi à finan­cer ; les actions confèrent en assem­blée géné­rale un pou­voir que ne donne pas la dette (et auquel on pour­rait assi­gner une valeur), etc. A défaut de com­pa­rai­son directe, on peut au moins faire une com­pa­rai­son dif­fé­ren­tielle, et obser­ver que l’un des deux coûts, celui des fonds propres, a connu une évo­lu­tion très crois­sante : les buy-backs qui étaient incon­nus se sont déve­lop­pés dans des pro­por­tions consi­dé­rables ; quant aux divi­dendes, on peut mesu­rer leur crois­sance à la part qu’ils occupent désor­mais dans le pro­duit inté­rieur brut, où ils sont pas­sés de 3,2 % à 8,7 % entre 1982 et 2007, et ceci, il faut le redire, du fait même de l’exer­cice du pou­voir action­na­rial, pour qui la déré­gle­men­ta­tion bour­sière a été faite… sur la foi d’une baisse du coût de finan­ce­ment des entreprises !

Repre­nons : contri­bu­tion nette néga­tive, et contri­bu­tion brute hors de prix là où elle avait été pro­mise à coûts sacri­fiés… On se demande ce qui reste à la Bourse pour se main­te­nir dans l’exis­tence — à part les inté­rêts par­ti­cu­liers du capi­tal finan­cier, il est vrai d’une puis­sance tout à fait admi­rable. La réponse est : d’autres menaces et d’autres promesses.

La menace agite le spectre d’une « éco­no­mie sans fonds propres ». Au pre­mier abord, elle ne manque pas de poids, spé­cia­le­ment en une période où l’on dénonce, non sans rai­son, la crois­sance hors de contrôle des dettes pri­vées. Or refu­ser aux entre­prises les bien­faits de la Bourse, n’est-ce pas les ren­voyer aux mar­chés obli­ga­taires ou au cré­dit ban­caire, c’est-à-dire à plus de dette encore — et tout le pou­voir aux ban­quiers, espèce que la crise nous a ren­due si sym­pa­thique (6) ? Mais une éco­no­mie sans Bourse n’est pas du tout une éco­no­mie pri­vée de fonds propres. Trop occu­pée à van­ter ses propres charmes, la Bourse a fini par oublier que l’es­sen­tiel des fonds propres ne vient pas d’elle… mais des entre­prises elles-mêmes, qui les sécrètent du simple fait de leurs pro­fits, trans­for­més en capi­tal par le jeu de cette opé­ra­tion que les comp­tables nomment le « report à nou­veau » : chaque année le flux de pro­fit déga­gé par l’en­tre­prise vient gros­sir le stock de capi­tal ins­crit à son bilan… du moins tant qu’elle ne l’a­ban­donne pas aux action­naires sous la forme de dividendes.

On dira cepen­dant que l’ap­port de fonds propres externes (ceux d’ac­tion­naires donc) revêt une impor­tance par­ti­cu­lière quand pré­ci­sé­ment l’en­tre­prise va mal et, par elle-même, ne dégage plus assez de fonds propres internes par pro­fit et « report à nou­veau ». Le sau­ve­tage d’en­tre­prises en dif­fi­cul­té ne révèle-t-il pas l’ul­time ver­tu de l’in­ter­ven­tion action­na­riale, et seules des injec­tions pro­vi­den­tielles de capi­taux propres ne peuvent-elles pas y pour­voir ? La belle idée : en géné­ral, les repre­neurs s’y entendent pour mettre au pot le moins pos­sible et pour mener leur petite affaire soit en empo­chant les sub­ven­tions publiques, soit en ayant pré­vu de revendre quelques mor­ceaux de gré à gré, soit en pro­fi­tant du règle­ment judi­ciaire pour restruc­tu­rer les dettes et lar­guer du sala­rié ; et le plus sou­vent par un joyeux cock­tail mélan­geant agréa­ble­ment tous ces bons ingré­dients — fort peu actionnariaux.

Comme le cercle com­mence à se refer­mer mécham­ment et que la liste des sup­po­sés bien­faits est déjà à l’é­tat de peau de cha­grin, on aura bien­tôt droit au cri déses­pé­ré : « Et les start-up ? » Les start-up, la révo­lu­tion tech­no­lo­gique en marche, celle qui nous a don­né Inter­net (juste après que l’ar­mée eut posé les tuyaux et les cher­cheurs inven­té les pro­to­coles…), celle qui enfin nous offri­ra bien­tôt des gènes refaits à neuf, com­ment les ferait-on éclore sans la Bourse ? Bien sûr on a pu se trom­per un peu quant à la réa­li­té de ses bien­faits, mais tout sera par­don­né quand on aura redé­cou­vert ses véri­tables, ses irrem­pla­çables pro­diges : des pro­messes d’a­ve­nirs radieux.

C’est peut-être dans ce registre pro­phé­tique des len­de­mains tech­no­lo­giques que le dis­cours bour­sier, par ailleurs si décon­si­dé­ré, trouve son ultime redoute — avec par­fois l’im­pro­bable secours de tech­no­logues de gauche, éco­los amis de la chi­mère ayant reçu pour nom « crois­sance verte », ou enthou­siastes du « capi­ta­lisme cog­ni­tif » (cer­tains, pas tous…) qui nous voient déjà savants et éman­ci­pés par le simple empi­le­ment des ordi­na­teurs connec­tés en réseau.

Or il est exact que le finan­ce­ment des start-up semble échap­per au sys­tème finan­cier clas­sique, et notam­ment ban­caire. Le propre de ces entre­prises nais­santes tient en effet à la dif­fi­cul­té de sélec­tion qu’elles pré­sentent aux finan­ceurs poten­tiels du fait même du carac­tère inédit de leurs paris tech­niques et de la très grande incer­ti­tude qui en découle, faute de réfé­rences pas­sées aux­quelles les com­pa­rer. On connaît l’ar­gu­ment : sur dix start-up sou­te­nues, neuf seront d’é­pou­van­tables bouillons mais peut-être la dixième une magni­fique pépite qui, bien pous­sée jus­qu’à l’in­tro­duc­tion en Bourse, décro­che­ra la tim­bale — com­prendre : enri­chi­ra ses action­naires de départ, qu’on nomme, tout ridi­cule abat­tu, des busi­ness angels (« anges des affaires »), et fera mieux que les récon­for­ter de leurs pertes sur les neuf autres.

Cette éco­no­mie de la péréqua­tion très par­ti­cu­lière, propre aux entre­prises tech­no­lo­giques nais­santes, ren­drait donc « indis­pen­sable » la sor­tie en Bourse et impos­sible le finan­ce­ment par le cré­dit : le ban­quier fac­tu­rant en gros le même taux d’in­té­rêt aux dix per­drait tout, inté­rêt et prin­ci­pal, sur neuf et ne gagne­rait que ses quelques pour-cent sur la dixième ; bien trop peu pour que l’o­pé­ra­tion glo­bale ne soit pas très per­dante, et par suite défi­ni­ti­ve­ment abandonnée.

Il faut recon­naître que l’ar­gu­ment ne manque pas de sens. Il manque juste à être irré­sis­tible. Car il ne faut pas beau­coup d’i­ma­gi­na­tion pour envi­sa­ger un taux d’in­té­rêt qui soit, non plus fixe, mais défi­ni comme une cer­taine part des pro­fits, éven­tuel­le­ment révi­sable (à la hausse) sur les pre­mières étapes du cycle de vie de l’en­tre­prise. Si celle-ci est effec­ti­ve­ment un bin­go, elle le prou­ve­ra par ses béné­fices, et cette péréqua­tion-là réjoui­ra le ban­quier comme la péréqua­tion bour­sière avait réjoui le busi­ness angel. Creu­sant un tout petit peu plus cepen­dant, on fini­ra par tom­ber sur la réa­li­té moins glo­rieuse des mobiles qui font tenir les dis­cours géné­raux du finan­ce­ment en capi­tal des start-up et des héros technologiques.

L’in­tro­duc­tion en Bourse a pour fina­li­té essen­tielle… d’en­ri­chir à mil­lions les créa­teurs d’en­tre­prise et leurs « anges » accom­pa­gna­teurs. On les croyait mus par l’i­dée géné­rale du pro­grès tech­nique, le bien-être maté­riel de l’hu­ma­ni­té et la pas­sion d’en­tre­prendre : ils n’ont le plus sou­vent pas d’autre idée que de faire for­tune aus­si vite que pos­sible et de prendre une retraite très avan­cée — il n’y aurait pas de test plus dévas­ta­teur que de voir ce qui, la pro­messe de for­tune bour­sière reti­rée, res­te­rait des troupes des vaillants entre­pre­neurs. Des cohortes bou­ton­neuses de la nou­velle éco­no­mie, com­bien n’a­vaient pour idée fixe que de bri­co­ler au plus vite une petite affaire sus­cep­tible d’être reven­due et de faire la culbute patrimoniale ?

On fera remar­quer que c’est l’es­sence même du capi­ta­lisme que les agents ne s’y activent pas pour des prunes. Sans doute, mais d’une part on pour­rait, du coup, nous épar­gner le gos­pel entre­pre­neu­rial, et d’autre part c’est une chose de dési­rer s’en­ri­chir de sa créa­tion d’en­tre­prise, mais c’en est une autre de ne s’y livrer qu’à la condi­tion (même si elle n’est qu’à l’é­tat d’es­poir) de s’en­ri­chir hors de pro­por­tion, comme c’est deve­nu la condi­tion impli­cite mais sine qua non des créa­teurs de start-up. Et il est vrai : ce n’est plus la simple rému­né­ra­tion du tra­vail, ou même le reve­nu tiré du pro­fit d’en­tre­prise qui peut enri­chir à cette échelle, mais bien la tim­bale bour­sière et elle seule.

Et c’est ici le ter­mi­nus du dis­cours de la Bourse. La Bourse n’est pas une ins­ti­tu­tion de finan­ce­ment des entre­prises — elles n’y vont plus sauf pour s’y faire prendre leur cash-flow* ; elle n’est pas le roc d’une « éco­no­mie de fonds propres » — pour l’es­sen­tiel ceux-ci viennent d’ailleurs : des entre­prises elles-mêmes ; elle n’est pas la pro­vi­dence qui sauve les start-up de l’at­tri­tion finan­cière — on pour­rait très bien agir autrement.Elle est une machine à fabri­quer des for­tunes. Et c’est tout. Bien sûr, pour ceux qui s’en­ri­chissent, ça n’est pas négli­geable. Mais pour tous les autres, ça com­mence à suffire.

Cupi­di­té déboutonnée

Ain­si, faire la cri­tique de la Bourse conduit imman­qua­ble­ment à retrou­ver les vraies forces motrices que le gali­ma­tias entre­pre­neu­rial s’ef­force de recou­vrir : il n’y est en fait ques­tion que d’en­ri­chis­se­ment. Non pas que tous les entre­pre­neurs soient par prin­cipe affli­gés de cette cupi­di­té débou­ton­née — ceux qui ont vrai­ment l’en­vie de construire quelque chose sont mus par d’autres res­sorts et se passent de la for­tune patri­mo­niale pour s’ac­ti­ver (on n’en fera pas des saints pour autant…). Mais seule la Bourse pou­vait ins­tal­ler dans le corps social, ou plu­tôt dans ses par­ties les plus concer­nées, ce fan­tasme, désor­mais fait men­ta­li­té, de la for­tune-éclair, légi­time récom­pense des élites éco­no­miques, entiè­re­ment due à leur génie créa­teur et sans laquelle on décla­re­ra qu’on veut faire fuir le sel de la terre, tuer la vie entre­pre­neu­riale, peut-être même la vie tout court.

Fer­mer la Bourse n’a donc pas seule­ment la ver­tu de nous débar­ras­ser de la nui­sance action­na­riale pour un coût éco­no­mique des plus faibles, mais aus­si le sens d’ex­tir­per l’i­dée de la for­tune-flash, deve­nue réfé­rence et mobile, cela-va-de-soi pour bien-nés et nor­ma­li­té du « mérite », pour rap­pe­ler que l’argent ne se gagne qu’à hau­teur des pos­si­bi­li­tés de la rému­né­ra­tion du tra­vail, ce qui, dans le cas des indi­vi­dus qui nous inté­ressent, est déjà la plu­part du temps lar­ge­ment suf­fi­sant. La Bourse comme miroir à la for­tune aura été l’o­pé­ra­teur ima­gi­naire, aux effets bien réels, du dépla­ce­ment des normes de la réus­site moné­taire, et il n’est pas un ambi­tieux dont le che­min ne passe par elle — pour les autres, il y a le Loto, et pour plus per­sonne en tout cas, rap­por­té à cette norme, le travail.

Aus­si la Bourse a‑t-elle cette remar­quable pro­prié­té de concen­trer en un lieu unique la noci­vi­té éco­no­mique et la noci­vi­té sym­bo­lique, en quoi on devrait voir une rai­son suf­fi­sante d’en­vi­sa­ger de lui por­ter quelques sérieux coups. On ne dit pas que les argu­ments qui pré­cèdent closent défi­ni­ti­ve­ment la dis­cus­sion de la fer­me­ture de la Bourse, et il y a sûre­ment encore bien des objec­tions à réfu­ter pour se convaincre défi­ni­ti­ve­ment de joindre le geste à la parole. On ne le dit pas donc, mais on dit seule­ment qu’au moins il est temps de ces­ser de s’in­ter­dire d’y penser.

Fré­dé­ric Lor­don
Eco­no­miste, auteur de La Crise de trop. Recons­truc­tion d’un monde failli, Fayard, 2009.

Source : http://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​1​0​/​0​2​/​L​O​R​D​O​N​/​1​8​789

————–

(1) La Crise de trop, cha­pitres IV et V.

(2) « La gauche ne dit rien sur la crise finan­cière », assé­nait-il encore le 20 sep­tembre 2008 sur France Inter.

(3) Lire « Enfin une mesure contre la déme­sure de la finance, le SLAM ! », Le Monde diplo­ma­tique, février 2007.

(4) Lire « Insta­bi­li­té bour­sière : le fléau de la cota­tion en conti­nu », La pompe à phy­nance, Les blogs du Diplo, 20 jan­vier 2010.

(5) Entre 2003 et 2005 la contri­bu­tion nette des mar­chés d’ac­tions au finan­ce­ment des entre­prises fran­çaises est de l’ordre d’à peine quelques mil­liards d’eu­ros. Aux Etats-Unis, elle passe de — 40 mil­liards à — 600 mil­liards d’eu­ros sur la même période ! Seule la crise finan­cière inter­rompt (pro­vi­soi­re­ment) ces mou­ve­ments mas­sifs de buy-back (« Rap­port annuel de l’Au­to­ri­té des mar­chés finan­ciers », Paris, 2007).

(6) Comme sou­vent, c’est l’oc­ca­sion de se rendre compte que les trans­for­ma­tions radi­cales se font moins « par par­ties » que par « blocs de cohé­rence ». Refaire les struc­tures de la finance néces­site de s’en prendre aux mar­chés, mais aus­si aux struc­tures ban­caires. Cf., à ce pro­pos, La Crise de trop, op. cit., cha­pitre III.

Voyez aus­si :

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​4​/​2​4​/​1​2​2​-​l​a​-​l​i​m​p​i​d​e​-​s​y​n​t​h​e​s​e​-​d​-​u​n​-​l​o​r​d​o​n​-​a​t​t​e​r​r​e​-​i​l​-​f​a​u​t​-​a​r​r​a​i​s​o​n​n​e​r​-​l​a​-​f​i​n​a​n​c​e​-​p​r​i​vee

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​1​0​/​1​5​/​1​5​1​-​f​r​e​d​e​r​i​c​-​l​o​r​d​o​n​-​l​b​s​j​s​-​s​e​p​t​-​2​011


LA BOURSE EST LE CASINO DES ULTRA-RICHES.

C’est à la Bourse que vont (en pure perte) les mil­liers de mil­liards des « QE », pro­duits à nos frais pour les sau­ver de la ruine.

La Bourse est un fléau pour le peuple, le royaume des accapareurs.

NOUS N’AVONS PAS BESOIN DE L’ARGENT DES RICHES POUR FINANCER L’ÉCONOMIE.

Voir le tra­vail de Ber­nard FRIOT :
• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​3​/​0​6​/​0​7​/​3​3​1​-​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​-​b​e​r​n​a​r​d​-​f​r​i​o​t​-​e​x​p​l​i​q​u​e​-​l​-​e​n​j​e​u​-​d​e​s​-​r​e​t​r​a​i​t​e​s​-​p​a​r​-​r​e​p​a​r​t​i​t​i​o​n​-​r​e​s​i​s​t​e​r​-​a​-​l​a​-​r​e​f​o​r​m​e​-​c​a​p​i​t​a​l​i​s​t​e​-​e​t​-​a​s​s​u​m​e​r​-​c​e​t​t​e​-​a​u​t​r​e​-​d​e​f​i​n​i​t​i​o​n​-​d​e​-​l​a​-​v​a​l​e​u​r​-​e​c​o​n​o​m​i​que

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​4​/​1​2​/​2​0​5​-​b​e​r​n​a​r​d​-​f​r​i​o​t​-​l​-​e​n​j​e​u​-​d​u​-​s​a​l​a​ire

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​4​/​1​2​/​2​0​4​-​p​a​s​s​i​o​n​n​a​n​t​-​b​e​r​n​a​r​d​-​f​r​i​o​t​-​d​i​s​t​i​n​g​u​e​r​-​l​a​-​p​r​o​p​r​i​e​t​e​-​d​-​u​s​a​g​e​-​d​e​-​l​a​-​p​r​o​p​r​i​e​t​e​-​l​u​c​r​a​t​i​v​e​-​p​o​u​r​-​e​t​e​n​d​r​e​-​l​a​-​p​r​e​m​i​e​r​e​-​e​t​-​i​n​t​e​r​d​i​r​e​-​l​a​-​s​e​c​o​nde

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​2​/​0​6​/​1​9​0​-​g​u​e​r​r​e​-​d​e​s​-​s​a​l​a​i​r​e​s​-​i​l​-​f​a​u​t​-​a​i​d​e​r​-​l​e​-​s​o​l​d​a​t​-​f​r​iot

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Étienne

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277 Commentaires

  1. Étienne

    Il y a quelques vrais rebelles (pas tou­jours pour de bonnes causes, sans doute) au pré­ten­du « Par­le­ment » européen :

    God­frey BLOOM : 
    « les gens vont vous pendre et ils auront raison ! »

    Réponse
  2. EFFAB

    GEANT !!!

    Je n’i­rai pas jus­qu’à les pendre mais pri­ver un Thiers, par exemple, entre autre, de toute plaque com­mé­mo­ra­tive et autres noms de rue, pas chiche mais sûr et certain !!

    GEANT !… c’est un hon­neur God­frey BLOOM !

    (réac­tion à chaud, évi­dem­ment, avec toute la réserve qu’une telle décla­ra­tion en un tel lieu peut néan­moins susciter…)

    Réponse
  3. CHENARD

    Comme toutes les autres sciences humaines, Fré­dé­ric LORDON convergent vers l’é­vi­dence d’un conti­nuum entre déter­mi­nismes et liberté. 

    Voi­ci les autres che­mi­ne­ments de la psy­cho­lo­gie sociale, phi­lo­so­phie, méde­cin,… dans cette conférence 
    http://​www​.cite​-sciences​.fr/​f​r​/​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​-​d​u​-​c​o​l​l​e​g​e​/​m​e​d​i​a​c​o​n​f​/​c​/​1​2​4​8​1​2​9​6​9​0​8​3​7​/​-​/​p​/​1​2​3​9​0​2​2​8​2​7​6​9​7​/​s​e​a​n​c​e​/​1​2​4​8​1​2​6​4​2​1​058

    L’af­fect suf­fi­sam­ment puis­sant col­lec­tif n’est pas obli­ga­toi­re­ment dans la vio­lence dans un état de droit qu’est le nôtre et auquel se conforme notre « habi­tus ». Le point d’in­to­lé­rable n’est pas encore atteint en France car on mani­pule l’o­pi­nion publique en cachant hon­teu­se­ment et sciem­ment les infor­ma­tions et neu­tra­li­sant la réflexion et sur­saut col­lec­tif. Si les gens avaient les infor­ma­tions suf­fi­santes pour faire leur opi­nion eux mêmes (sup­pri­més par le 4e pou­voir des médias), ils n’au­raient jamais aban­don­né et s’op­po­se­raient farou­che­ment à ce que leurs pou­voirs soient remis aux pou­voirs finan­ciers. Ils repren­draient les choses en main comme leur dicte leurs ins­tinct le plus pro­fond et com­mun à l’espèce humaine pour l’in­té­rêt géné­ral de notre espèce(instinct ou déter­mi­nisme de sur­vie de l’es­pèce a for­tio­ri espèce sociale est la base com­mune de tous les membres).

    Le chaos est un objec­tif non enviable ; la paix et non vio­lence est un déter­mi­nisme essen­tiel et fon­da­teur du lien social (seuls quelques déviants sont des va-t’en guerre)qui fait que les résis­tants para­doxa­le­ment sont un repous­soir et accen­tue donc l’a­pa­thie des fran­çais se prennent conscience.

    Le déno­mi­na­teur com­mun de tout ren­ver­se­ment de situa­tion est de re-doter les gens des infor­ma­tions sus­cep­tibles de prendre conscience et sur­tout de leur mon­trer qu’il y a un poten­tiel d’ac­tion col­lec­tif serein et légal dési­ré par tous qui est de déci­der ensemble d’ac­ti­ver l’ar­ticle 50 du TUE pour retrou­ver la liber­té col­lec­tive de déci­der de notre des­tin en tant que peuple sou­ve­rain et nation héri­tière de Robes­pierre et Montesquieu.

    Où en êtes-vous, Étienne de votre réflexion, action et posi­tion­ne­ment au niveau de la néces­saire reprise en main des héri­tages de Robes­pierre et CNR en sor­tant de l’UE ?

    Réponse
  4. Galuel

    il faut voir le film « le sucre »

    https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​e​_​S​u​cre

    un chef d’œuvre sur la finance avec un gran­dis­sime Michel Pic­co­li, un excellent Jean Car­met, un énorme Depardieu…

    La fer­me­ture de la Bourse 
    est une solu­tion des banques pour évi­ter la faillite.

    Connu depuis long­temps donc, et le petit peuple se laisse plu­mer de géné­ra­tion en génération.

    Mêmes causes mêmes effets. Répondre aux mêmes pro­blèmes par les mêmes mau­vaises réponses, ne fait que repro­duire les causes du futur problème.

    La Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie, elle, démontre qu’on peut déter­mi­ner une mon­naie qui ne dépend ni des banques, ni de l’É­tat, ni d’une géné­ra­tion d’hommes. 

    Ne repro­dui­sant ain­si aucune des causes pro­dui­sant les nui­sances avé­rées subies de 40 ans en 40 ans.

    http://​www​.crea​tion​mo​ne​taire​.info

    Réponse
  5. CHENARD

    PS : « la paix et non vio­lence est un déter­mi­nisme essen­tiel et fon­da­teur du lien social(seuls quelques déviants sont des va-t’en guerre)qui fait que les résis­tants para­doxa­le­ment sont un repous­soir et accen­tue donc l’a­pa­thie des fran­çais se prennent conscience ». ou en d’autres termes res­ter dans la divi­sion et le meilleur moyen pour assu­rer le triomphe du « divi­ser pour mieux régner ».

    Réponse
  6. Paul

    Le type est loin d’être un exemple, mais sa cri­tique est tout à fait fondée.

    Réponse
  7. Méchant Virus

    La vidéo de Lor­don est clai­re­ment scin­dable en deux parties :

    - Les 30 pre­mières minutes sont sans grand inté­rêt, il nous explique avec tout un tas d’é­tayages phi­lo­so­phiques que les humains sont des mou­tons (je prends volon­tai­re­ment un rac­cour­ci mais ça ne m’a pas pas­sion­né, loin de là).

    - Au moment où je me tâtais à stop­per la vidéo pour cause d’en­nui, l’in­ter­view glisse sur le plan éco­no­mique et c’est beau­coup plus savou­reux. La « jour­na­liste » devient alors pro­fon­dé­ment ortho­doxe avec des perles de pen­sées du type « mais on ne va pas reve­nir en arrière quand même?! ». Cette Laure Adler est un concen­tré d’i­gno­rance et de confor­misme, c’est affligeant.

    En bref, Lor­don phi­lo­sophe : bof. Mais Lor­don éco­no­miste : j’aime tou­jours autant.

    Réponse
  8. EFFAB

    @1

    735 com­men­taires pour 177 451 vues (2 893 pour – 50 contre) ! vidéo mise en ligne hier !…

    … ima­gi­nons cette bombe démo­cra­tique atteindre jus­te­ment cette juste repré­sen­ta­ti­vi­té popu­laire et citoyenne : c’est non seule­ment bien par­ti mais elle en a les moyens, le poten­tiel, la sub­stance… et que ceux qui ont cette aisance avec l’ou­til infor­ma­tique d’y asso­cier d’autres petites perles si chères aux Gen­tils Virus, publi­ci­té et connexion.

    Par­don­nez mon enthou­siasme, moi qui n’ai pas cette aisance.^^

    Réponse
  9. zedav

    « Le point à par­tir duquel un indi­vi­du refuse de conti­nuer à se sou­mettre à l’ordre social… »

    Impré­vi­sible, certes, mais pas impos­sible à ana­ly­ser. Ce point de révolte me semble être le pro­duit de ces 5 paramètres :

    1) La proxi­mi­té avec les limites de satis­fac­tion des besoins élé­men­taires (se nour­rir, s’abriter).

    2) Le sen­ti­ment indi­vi­duel d’in­jus­tice qui est une repré­sen­ta­tion à la fois construite (intel­lec­tuelle) et intui­tive. On peut être objec­ti­ve­ment très éloi­gné du contexte 1)et néan­moins res­sen­tir un violent sen­ti­ment d’in­jus­tice. C’est sur ce point que le tra­vail viral des « Chouard »,« Lor­don » et consorts peut jouer (en aidant ceux qui prennent connais­sance de leurs tra­vaux à com­prendre les règles du jeu). Mais l’ef­fet de ces tra­vaux est contré sinon écra­sé par la masse d’in­for­ma­tions sous contrôle des puis­sants (c’est pour­quoi ils peuvent encore per­mettre à ce type de pen­sées sub­ver­sives d’être dif­fu­sées ; elles par­ti­cipent invo­lon­tai­re­ment au camou­flage « démocratique »).

    3) Le sen­ti­ment d’in­jus­tice col­lec­tive, sem­blable au 2) mais concer­nant la souf­france per­çue des groupes sociaux.

    4) Le confor­misme (cf. expé­rience de Asch)qui main­tient les acteurs sociaux dans ce qui parait être de l’o­béis­sance (en fait la peur d’être exclu du groupe par un com­por­te­ment trop excen­trique), du moins jus­qu’à ce qu’un cer­tain niveau de géné­ra­li­sa­tion du mécon­ten­te­ment soit atteint(et un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment ano­din peu alors appa­raitre comme le déclen­cheur d’une ful­gu­rante réac­tion en chaine, cf. révolte des tunisiens).

    5) La peur d’a­voir plus à perdre qu’à gagner d’une remise en cause de l’ordre social(un sen­ti­ment sur lequel savent très bien jouer les puis­sants via l’épouvantail « com­mu­niste » et autres tota­li­ta­rismes visibles.

    Ana­lyse à perfectionner…

    Réponse
  10. Sam

    @ Furax, mer­ci pour le lien

    Je ne m’é­tonne plus depuis long­temps que ce « par­le­ment » en car­ton pâte mente éper­du­ment, sur son site comme ailleurs, au sujet de l’é­ten­due de ses pouvoirs.

    Son seul vrai pou­voir est d’ab­sor­ber les hommes poli­tiques encore euros­cep­tiques mais déjà ou bien­tôt accros à la pro­fes­sion pour les mettre dans le sys­tème, ou encore d’ap­prendre à ces « dépu­tés » et plus encore à leurs assis­tants que le lob­bying inté­gral est consub­stan­tiel au sys­tème UE.

    Je me sou­viens d’ailleurs vague­ment de cet article de Fakir au sujet d’une plaque qu’on trouve devant le par­le­ment euro­péen et qui en dit long sur ses liens natu­rels avec le lob­bying. Je n’ai mal­heu­reu­se­ment pas pu la voir car c’est un dimanche que je suis pas­sé là-bas, je me sou­viens par contre du pan­neau de vidéo­sur­veillance à l’en­trée et sur­tout d’une expo débile sur les magni­fiques droits que l’Eu­rope nous confère.

    Faut-il encore s’é­ton­ner que cette par­faite pros­ti­tuée – l’un dans l’autre com­ment appe­ler cette ins­ti­tu­tion autre­ment – fasse ain­si de la vul­gaire réclame sur les ondes ? En vous par­lant vrai­ment comme une pub, savoir comme à des gros cons imbi­bés de pro­duits de consom­ma­tion, de desi­gn et de spots d’Arte ? De la publi­ci­té men­son­gère, du reste, mais çà, çà va sans dire.

    Plu­tôt que de sug­gé­rer qu’on les pende, ces « dépu­tés », je pro­po­se­rais bien plutôt :

    - qu’on abo­lisse leur bor­del, je veux dire cette putain d’ins­ti­tu­tion, qui est en réa­li­té la pire de toutes les ins­ti­tu­tions ‘ropéennes, car ladite pute d’ins­ti­tu­tion est à la fois une magni­fique école de cor­rup­tion, d’ap­pren­tis­sage du renon­ce­ment poli­tique et de la rési­gna­tion face au mar­ché et à la mon­dia­li­sa­tion, et le meilleur moyen, bien­tôt le seul, pour don­ner un sem­blant de légi­ti­mi­té à cette construc­tion « euro­péenne » mons­trueuse et illégale ;

    - quant à son « per­son­nel », qu’on leur impose un vrai bou­lot, et même de com­men­cer durant quelques années par un « job » type 3ième pioche d’emploi « valable » Pôle emploi (encore ser­vice public pros­ti­tué, rien que le nom en dit long). De toutes manières, même si on n’est pas regar­dants sur la pro­fes­sion­na­li­sa­tion poli­tique, tout le monde sait que si ces gens « exercent » dans le bor­del en ques­tion, c’est déjà parce qu’ils sont nuls…

    Bra­vo tout de même à God­frey Bloom. je dis « tout de même » : en ce qui me concerne (sur­tout après avoir qua­li­fié ain­si le « par­le­ment » en ques­tion) je tiens à ne pas m’a­bais­ser à acco­ler à une telle salu­ta­tion la men­tion de rigueur concer­nant une hypo­thé­tique proxi­mi­té idéo­lo­gique avec le par­ti du grand méchant loup – à part que je ne crois pas au grand méchant loup, pour­quoi donc cela devrait-il me faire moins mal au derche de faire du pied de rigueur à des Mélen­chon et autres traitres qui ont bâti cette sale­té « euro­péenne » et refusent jus­qu’à l’i­dée qu’on puisse par­ler d’en sor­tir ? Par contre, ce que j’ai à repro­cher bien à un God­frey Bloom, je l’ai dit, c’est de pro­fi­ter du pognon du bor­del en ques­tion alors que par construc­tion, pour­rait-on dire, il est évi­dem­ment impos­sible d’a­bo­lir l’UE de l’in­té­rieur (ce qui s’ap­pelle tout de même prendre les gens pour des cons).

    Réponse
  11. Ronald

    Bof, je ne suis pas aus­si enthou­sias­mé par la tirade de ce God­frey Bloom. Le dis­cours liber­ta­rien est certes amu­sant quand il reste confi­né à des pam­phlets de dan­dys. Mais qu’est-ce qu’il prône concrè­te­ment dans la vie poli­tique réelle ? Un sou­lè­ve­ment armé ? C’est vrai­ment sous-esti­mer la vio­lence que peut repré­sen­ter une vraie révolution.

    Mon­sieur Bloom, vous vou­driez que Bruxelles res­semble au Caire de 2011–2012 ?! Mais mon bon mon­sieur, les sexa­gé­naires nan­tis dans votre genre, après deux semaines de vitres bri­sées et de cou­pures d’électricité inter­mit­tentes, seront les pre­miers à récla­mer que l’ordre soit réta­bli par le pouvoir !

    En tout cas, c’est pour moi une évo­lu­tion à évi­ter autant que pos­sible. Et ne comp­tez pas sur moi pour pendre qui que ce soit.

    Réponse
  12. zedav

    A pro­pos de « sans lendemain » :

    Inté­res­sant petit film qui pose un regard assez global/transversal sur la situa­tion de l’humanité.

    Je trouve par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nente la méta­phore des bac­té­ries. En labo­ra­toire, le taux de repro­duc­tion des bac­té­ries dépend des res­sources éner­gé­tiques dont elles disposent.

    Plus d’énergie (ali­ments) donne plus de croissance.
    Une res­source éner­gé­tique en baisse fait décroitre la population.

    C’est exac­te­ment ce qui est arri­vé à l’hu­ma­ni­té, sa courbe démo­gra­phique se super­pose presque exac­te­ment à la pro­duc­tion en éner­gie, avec une accé­lé­ra­tion très nette au 19ème siècle, au moment (un bref ins­tant à l’é­chelle de l’his­toire humaine) ou la pro­duc­tion de char­bon et de pétrole vont connaitre une crois­sance ful­gu­rante. Plus d’éner­gie égale plus d’ac­ti­vi­té humaine, plus d’é­changes, plus de décou­vertes, ini­tiant une phase de rétro­ac­tion positive.

    Et s’il s’a­gis­sait là aus­si de l’ex­pres­sion d’une forme de puis­sance ne pou­vant pas échap­per à elle même ?
    Cette loi – astu­cieu­se­ment com­pa­rée par Étienne à la chute des corps stop­pée uni­que­ment par un obs­tacle – qui pos­tule que tout pou­voir va jus­qu’à ce qu’il trouve une limite ?

    Si un juge est inca­pable de juger objec­ti­ve­ment un membre de sa famille, bien qu’il ait conscience de l’im­pact de ce lien sur sa psy­ché (càd dire que bien que conscient du conflit d’in­té­rêt, il ne par­vien­dra pas à échap­per à l’u­ti­li­sa­tion de son pou­voir à ses fins propres, quitte à ima­gi­ner les jus­ti­fi­ca­tions ad hoc), com­ment l’en­semble des « juges », des consciences humaines seraient-elle plus capables d’é­chap­per à ce tro­pisme du vivant qui est de croitre jus­qu’à ce qu’il trouve une limite ?

    Au delà de la très haute opi­nion que l’es­pèce humaine a d’elle même (notam­ment pas sa pré­ten­tion au « libre arbitre ») et au delà des péri­pé­ties de l’his­toire, ne sommes nous pas ni plus ni moins que du vivant et par là déter­mi­nés à croitre autant que les res­sources acces­sibles ne nous le per­mettent ? (et coro­lai­re­ment à décroitre seule­ment quand décroissent les ressources ?).

    Autre­ment dit, dans l’in­jonc­tion biblique : « crois­sez et mul­ti­pliez ! », est-ce vrai­ment l’es­pèce humaine qui s’ex­prime de façon cir­cons­tan­cielle ou le vivant qui exprime son injonc­tion fon­da­men­tale et uni­ver­selle – son pro­gramme pre­mier – sous la forme spé­ci­fi­que­ment humaine qu’est la parole ?

    Réponse
  13. Sam

    Très bon petit expo­sé, ce « docu­men­taire », Étienne (un peu dom­mage le titre « no future », je trouve). 

    Comme quoi non seule­ment on peut pré­sen­ter intel­li­gem­ment, et même bien mieux, le gros pro­blème du pétrole sans nous dis­traire avec l’his­toire du réchauf­fe­ment climatique…

    Réponse
  14. EFFAB

    @1,8

    1 104 com­men­taires pour 359 268 vues (4 694 pour – 96 contre) ! 2ème jour en ligne…

    to be continued !

    Réponse
  15. EFFAB

    @13

    Evi­dem­ment, RONALD, toutes belles inten­tions, tout ce beau dis­cours sont à tem­pé­rés et je dirais, à la limite, peut importe que peut cacher ou non ce dan­dy der­rière cette belle décla­ra­tion, le fait est que cette vidéo a été lâchée sur le Net et semble faire par­ler d’elle, ce qui n’est déjà pas si mal, sur­tout pour tous ceux qui n’ont pas à ce point consicnce comme nous de la réa­li­té et de la fumis­te­rie des choses.

    Comme on peut se poser éga­le­ment cer­taines ques­tions : déjà la pré­sence (ou la fuite) de cette cap­ta­tion, ce gros plan qui exclue tout autre pré­sence par­le­men­taire, etc., etc.

    Comme on pour­rait peut-être y voir éga­le­ment une lec­ture encore plus sym­bo­lique, plus ‘maçon­nique’… je m’ex­plique. Regar­dez bien les deux panon­ceaux à droite de l’é­cran, à sa gauche à lui, ces deux chiffres cor­res­pon­dant à deux places assises : 524 et 441. 524 = 11 et 441 = 9.

    Un autre détail, peut-être sans impor­tance lui aus­si, vers 0’25, la camé­ra recadre ou décadre légè­re­ment vers le bas, obli­té­rant le 524 : simple pré­cau­tion ou juste ce qu’il fal­lait pour que le mes­sage passe ?!…

    Je sais, cela est très TRES tiré par les che­veux comme je n’y ai pas du tout pen­ser ni cher­cher en aucune façon la petite bête, cela s’est pré­sen­té sou­dain à moi, comme je n’en oublie pas cette allu­sion au 11⁄9 dans Matrix, sur le fameux passeport :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​C​x​W​7​9​C​w​S​K9M

    … film sor­ti en 1999^^

    Yes, yes, hasard, pur hasard…

    … je trouve cepen­dant cer­tains hasards bien hasar­deux… comme je serais très curieux de savoir le com­ment, le pour­quoi de cette vidéo au par­le­ment euro­péen comme de sa pré­sence sur le Net !

    Réponse
  16. Sabine

    Effrayant docu­men­taire que ce « Sans Lendemain » !

    Je vou­drais rebon­dir sur cet excel­lente vidéo et sou­li­gner juste un point qui n’a pas été abor­dé, au sujet des dif­fé­rentes façons de s’a­li­men­ter : il ne sera pos­sible de nour­rir 9 mil­liards d’êtres humains, que si l’homme tend à deve­nir végé­ta­rien, voire même végé­ta­lien. Car ce moyen de consom­ma­tion per­met d’é­co­no­mi­ser de remar­quables quan­ti­tés d’eau, d’éner­gie, et de dimi­nuer consi­dé­ra­ble­ment la pollution.

    Un exemple : la com­pa­rai­son de la pro­duc­tion en « équi­valent kilo­mètre auto­mo­bile » d’ef­fet de serre d’un repas bio, sans viande et sans pro­duit lai­tier : 281km, et pour un repas conven­tion­nel (non bio)avec viande et pro­duit lai­tier : 4758km.

    Pour appro­fon­dir voir le livre/CD « La Véri­té sur la Viande » un recueil de 23 études d’ex­perts sur l’im­pact envi­ron­ne­men­tal de la viande.

    et aus­si http://​www​.viande​.info/

    Réponse
  17. FURAX

    On pro­duit déjà de quoi nour­rir 12 mil­liards d’individus…

    Réponse
  18. nlescan

    C’est sur que par­ler des pro­blèmes liés au pétrole en mon­trant les vraie gueules des vrais gens qui crèvent comme des mouches étouf­fés dans les fumées des tor­chères c’est quand même moins sym­pas qu’un joli petit des­sin animé.

    Réponse
  19. Marie

    @Nlescan
    Je te pro­pose d’al­ler jus­qu’au bout de ta pen­sée, parce qu’au risque de paraître idiote, per­so j’ai pas sai­si ton sous-entendu.
    Merci 🙂

    Réponse
  20. nlescan

    Je ne sous entend rien, je réagis au com #15.

    Réponse
  21. nlescan

    Mais je te donnes l’in­fo com­plète quand même :

    Voi­ci un docu qui montre les vrais gens qui crèvent comme des sous déve­lop­pés qu’ils sont pour nous per­mettre de faire le plein :

    Pour cer­tains, le docu est nul car la voix off parle de réchauf­fe­ment cli­ma­tique… Cer­taines de ces per­sonnes pré­fèrent un des­sin ani­mé. Je peux conce­voir que ce soit plus digeste.

    Réponse
  22. J.C

    Cette vidéo inti­tu­lée « sans len­de­main » est effrayante de bêtises, encore un leurre pour nous faire accep­ter le pire.

    Il y est dit clai­re­ment que l’on fait le choix des res­sources et sources d’éner­gies peu abon­dante pour des rai­sons de ren­ta­bi­li­té économique.

    En ce qui concerne d’autres moyens de pro­duc­tion, la 1ere ques­tion qui est posée est (15’43)  » l’in­ven­tion tient-elle la route du point de vue économique ? »
    Autre­ment dit, on s’in­ter­dit toutes vrais alternatives.

    On y mélange inten­tion­nel­le­ment crois­sance moné­taire et déve­lop­pe­ment éner­gé­tique comme si les deux ne pou­vaient en aucune manière être dissociée.

    Et pour finir, on nous pro­pose de reve­nir un siècle en arrière à des moyens de pro­duc­tion manuelles condam­nant l’être humain aux tra­vaux for­cés pour l’é­ter­ni­té. Bravo !

    Ceci implique une baisse de la pro­duc­tion (plu­tôt qu’une pro­duc­tion adap­tée) c’est à dire la pénu­rie et donc pro­ba­ble­ment la guerre.

    Et pour­quoi pas une réduc­tion dras­tique de la popu­la­tion mon­diale, quelle horreur.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  23. EFFAB

    (@23, 24)

    Comme on peut appro­cher une thé­ma­tique de diverses façons, cer­tains des­sins et ani­ma­tions plus à même de par­ler à cer­tains, et pas besoin de mon­trer la vidéo de deux hyènes en train de dévo­rer vivante leur proie pour valeur d’exemple, par exemple, sur le débat de la condi­tion humaine com­pa­rée à la condi­tion ani­male. Tu com­prends ? Pas besoin de mon­trer le pire pour en par­ler ? pas besoin en tout cas d’é­tayer à chaque fois de la sorte : nous sommes suf­fi­sam­ment ins­truits et infor­més de vio­lence comme ça pour en rajou­ter obli­ga­toi­re­ment une couche !

    Comme je remarque éga­le­ment que le post @15 est de SAM et qu’il eut mieux valu pour toi évi­ter d’in­ter­ve­nir ici et sur son post en par­ti­cu­lier… car là je com­mence à dou­ter très sérieu­se­ment de tes inten­tions quand on peut y voir comme la suite de ces désac­cords entre vous et ces poux que tu cherches à autrui. Alors, je t’a­ver­tie, de façon amicale …

    Réponse
  24. nlescan

    EFFAB, tu ne m’in­té­resse pas, je n’ai pas envie d’é­chan­ger avec toi, c’é­tait le der­nier de tes post que je fai­sais l’ef­fort de lire, salut.

    Réponse
  25. EFFAB

    J.C, j’ai l’im­pres­sion que nous n’a­vons pas regar­dé le même docu­men­taire : il y est sur­tout dit que cette crois­sance expo­nen­tielle ne peut conti­nuer comme ça, et que ce retour à une vie plus simple, c’est à la fois ce qu’il est recom­man­dé mais ce qui, indu­bi­ta­ble­ment, arri­ve­ra, si on conti­nue ain­si et, dans cette alter­na­tive, sim­pli­ci­té rime­ra davan­tage avec pré­ca­ri­té que vie buco­lique et plai­sirs sains !

    Il est bien dit à un moment que nous avions besoin d’une totale réorien­ta­tion socié­tale, poli­tique pour pou­voir inves­tir et s’é­qui­per d’un panel de toutes ces éner­gies alter­na­tives et plus propres. Appa­rem­ment, le Nou­vel Ordre Mon­dial se fout éper­du­ment de toute bonne ges­tion car au vu de cette fuite en avant et de ces spé­cu­la­tions à tout crin, nous sommes plu­tôt par­ti dans un cycle de crises, de guerres et de pré­ca­ri­té pour un bon nombre !

    Je me trompe ou je confonds avec une autre vidéo ?!…

    Réponse
  26. EFFAB

    Le genre de réponse typique et que pour­rais-tu bien arguer alors que je vois si clair dans ton jeu. Et en admet­tant que tu n’es pas un trol­ler paten­té, tu n’es pas très malin ni très cour­tois. De toute façon, je te tiens à l’œil et crois bien que moi je ferai cet effort de te lire.

    Réponse
  27. J.C

    @ EFFAB

    « dans cette alter­na­tive, sim­pli­ci­té rime­ra davan­tage avec précarité »

    Oui, exac­te­ment.
    Mais cette alter­na­tive n’est pas sou­hai­table car la pré­ca­ri­té, c’est la guerre de tous contre tous.

    « Il est bien dit à un moment que nous avions besoin d’une totale réorien­ta­tion socié­tale, poli­tique pour pou­voir inves­tir et s’é­qui­per d’un panel de toutes ces éner­gies alter­na­tives et plus propres »

    Oui, mais la néces­si­té de ren­ta­bi­li­té éco­no­mique ne le per­met pas. De plus, les alter­na­tives éner­gé­tiques pro­po­sées n’en sont pas dans ce contexte.
    Le véri­table pro­blème c’est la néces­si­té de crois­sance éco­no­mique et de pro­fit intrin­sèque au sys­tème monétaire.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  28. Catherine

    Bon, avant qu’on ne me tombe des­sus, il faut que j’a­voue que je n’ai pas su aller au-delà de 16 minutes 11 secondes du docu­ment ‘Sans lendemain »

    Pour­quoi ?

    Je ne sais pas pour­quoi mais je n’ar­rive à croire ce qui est dit dans ce docu­ment, et ce n’est pas tant le conte­nu que la voix mono­corde qui m’in­cite à pen­ser cela.

    Et d’ailleurs, croire n’est pas le mot juste.

    Je n’ar­rive pas à adhé­rer, ce n’est pas ma tête c’est mon corps qui me dit non. Quelque chose en moi dont je ne sais dire de « quoi » il s’a­git. Une intui­tion, un res­sen­ti. Cette femme qui parle, cette voix mono­corde, atone, presque irréelle comme une machine qui recrache un dis­cours pré­fa­bri­qué, elle pour­rait par­ler des abus sexuels des jeunes enfants sur ce même ton, c’est ça qui me gêne, ce détail là.

    Vous me direz c’est bien peu, mais c’est assez pour moi, pour arrê­ter, et me dire mais qu’est-ce qu’on est entrain de me faire avaler ?

    Réponse
  29. Catherine

    Bref, le monde sera tel que nous vou­drons qu’il soit car c’est nous qui le créons…

    Réponse
  30. Catherine

    Avant de dire qu’il n’y a pas de len­de­main, il faut voir l’au- jour- d ‘hui ! car à tra­vers cette porte, l’huis, peut y pas­ser le jour, eh oui, mais à la condi­tion que nous sachions conver­tir nos peurs en confiance, en foi !

    Réponse
  31. Marie

    @Nlescan
    Poste#24 mer­ci pour l’in­fo complète 🙂

    Réponse
  32. Catherine

    « Eclaire ce que tu aimes sans tou­cher à son ombre » devi­nez qui a écrit cela ?

    Allez, j’ar­rête d’oc­cu­per l’espace !

    Réponse
  33. Catherine

    C’est ça qui est mer­veilleux, entre Rach­ma­ni­nov et Chris­tian Bobin, l’es­pace du mes­sage 35… magnifique !

    Réponse
  34. Sam

    @ Nles­can,

    je trouve effec­ti­ve­ment que le comble de la domi­na­tion est de voir les pires exploi­tés du sys­tème pétro­lien chan­ter la messe du scien­tisme cli­ma­tique pro­mue par Rocke­fel­ler. Quoique il soit tou­jours si ras­su­rant de voir que même la pire des misères ne tue pas l’es­prit humaniste.

    Mais il est évident que mes pro­pos ne disaient rien ni du niveau de com­pas­sion que j’ai pour eux ni de ce que je pense de la qua­li­té de tel reportage.

    Du reste, ma per­sonne comme la tienne ont très peu à voir avec le schmil­blick. Fais donc ce que tu m’as sug­gé­ré de faire : oublie moi un peu.

    Réponse
  35. Marie

    @Catherine
    non Cathe­rine, ça ne marche pas(la mani­pu­la­tion) svp mer­ci, faites de beaux rêves 😉 même si j’aime Ch. Bobin et que je croyais cette phrase de Gandhi

    Réponse
  36. EFFAB

    Je ne vois pas trop l’har­mo­nique et la rela­tion qu’il y aurait entre RACHMANINOV et ce topic mais tous les goûts sont dans la nature… moi ce serait plu­tôt ici un BEETHOVEN autre­ment plus liber­taire, plus révo­lu­tion­naire ou ceci, plus actuel, plus dans le sujet…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​m​H​s​C​8​n​p​3​wH8

    Sinon, pour ce qui est de la vidéo en @24, un très inté­res­sant par­tage, un sujet éga­le­ment très brû­lant mais je ne vois pas en quoi pré­sen­ter cela de cette manière et l’op­po­ser à la vidéo pos­tée par ETIENNE, docu­men­taire qui aborde le pro­blème de façon plus glo­bale et non sous ce seul éclai­rage des pro­blèmes d’ex­trac­tion du pétrole et de tout ce tor­chage pol­luant et sauvage !…

    Réponse
  37. Catherine

    Bon, ça vous revient Marie le terme de mani­pu­la­tion, j’a­voue que je ne com­prends pas bien vos propos !
    Savez-vous que c’est une vraie vio­lence que de dire cela, vous qui êtes le chantre de la non-vio­lence ? Vio­lence, ça veut dire por­ter atteinte !

    Réponse
  38. Marie

    lol
    Déso­lée Cathe­rine, mais je ne verse pas dans celle-là, je suis pour l’au­then­ti­ci­té, je croyais que vous aussi…

    Réponse
  39. Catherine

    La musique EFFAB est le bruit de fond, ce que nous n’en­ten­dons pas, tel­le­ment nous jacas­sons mais qui est là en soubassement.

    C’est ça, pour moi, la rela­tion et cela dit davan­tage que tous les discours.

    Mais encore faut-il avoir des oreilles et de nos jours, les oreilles se font rares tant elles sont obs­truées par les bruits et les fureurs de toutes sortes ;

    C’est un point vir­gule et non un point !
    Tor­chage pol­luant et sau­vage, pour­rait-on en savoir davan­tage sur l’ob­jet de cette pollution ?

    Réponse
  40. Catherine

    D’a­bord les « lol » pour moi, c’est rédhi­bi­toire, bon, ça vous revient, je ne com­prends rien à ce que vous dites et vous ne faites rien pour éclai­rer vos pro­pos. Il ne suf­fit pas de s’ap­pe­ler Marie pour marier toutes les sauces.

    Réponse
  41. EFFAB

    CATHERINE, il est grand temps d’al­ler faire dodo… au lieu de vous mas­tur­ber inuti­le­ment la tête quand d’autres la subissent de plein fouet cette vio­lence, au quo­ti­dien, phy­si­que­ment ou ne serait-ce que psy­cho­lo­gi­que­ment, vous qui vous dou­tez bien, toute culti­vée et intel­li­gente que vous êtes, com­bien quelque pres­sion psy­cho­lo­gique peut être phy­si­que­ment et inti­me­ment, pro­fon­dé­ment ressentie…

    Réponse
  42. Catherine

    Mais qu’est-ce que vous croyez Effab, d’où vous croyez que je sors ? D’un tube asep­ti­sé ? Aujourd’­hui, je me suis col­ti­née avec trois femmes qui ont subi des incestes et qui sont com­plé­te­ment rava­gées et pour­tant à qui il faut appor­ter un sou­tien, une aide. Et cette aide ce n’est pas moi qui la donne, je ne suis qu’une pas­seuse, il faut faire com­prendre à ces femmes que leur ori­gine dépasse l’o­ri­gine de leur famille et qu’en elles, il y a une essence noble et pure. Alors fran­che­ment, je vous trouve un peu fourbe et peu léger pour tenir de tels pro­pos qui ne sont jus­ti­fiés par rien.

    Réponse
  43. Marie

    Si j’es­saie d’in­ter­prê­ter car je trouve vos mes­sages éva­sifs, là où vous avez rai­son, c’est que je devrais par­ler moins et lire plus. Mer­ci du conseil. Autre­ment je ne vois pas ce que vous avez à m’ap­prendre en matière de com­mu­ni­ca­tion, étant don­né que vous avez une façon très spé­cial de faire pas­ser vos mes­sages, que l’on pour­rait même qua­li­fier de manipulatoire.
    Je vous le dit, je ne suis pas dupe, même si j’é­prouve des dif­fi­cul­tés à trou­ver les mots les plus pré­cis pour expri­mer mes pensées.
    Je vous sou­haite la bonne nuit, Cathe­rine, et n’ou­bliez pas, vous n’êtes pas seule à avoir des dif­fi­cul­tés, par­fois il faut avoir le cou­rage de deman­der de l’aide au lieu de cher­cher les conflits à l’extérieur

    Réponse
  44. Catherine

    Les cou­ronnes en car­ton, y’en a marre, il faut les dépo­ser ! Le roi est nu…

    Réponse
  45. nlescan

    39 : mwouias, sauf que per­sonne ne chante la messe de rien du tout, la voix off de la jour­na­liste d’arte peut être, mais les gens dans le repor­tage ils sont juste dégoû­tés de se cho­per des mala­dies et d’a­voir des terres pour­ries a ce que j’ai vu…

    Et puis bon je veux bien que le réchauf­fe­ment cli­ma­tique ne soit pas prou­vé mais moi j’ai un peu regar­dé les argu­ments des scep­tiques est je ne les trouve pas beau­coup plus convain­cants au final, c’est un peu comme pour dieux, entre les croyants et les athées per­sonne ne m’a convaincu…

    Sinon je te fais remar­quer que je te ponds pas des pavés qui parlent de tout en même temps en fou­tant ton blaze dedans, je ne te suis pas non plus par­tout en mode stal­ker pour te sor­tir des phrase bizarres a moi­tié mena­çantes qui donnent envie de rigo­ler (moi j’en ai un comme ça au cul).

    Sinon déso­lé quand tu dis un truc que je trouve court et qui se trouve être en rela­tion avec un sujet que l’on a abor­dé récem­ment je prends la liber­té de m’ex­pri­mer. En fait je fais comme j’ai envie.

    Réponse
  46. Marie

    Je crois bien que j’ai honte d’a­voir pos­ter, fina­le­ment je me rend compte que je par­ti­cipe à pour­rir ce mer­veilleux outil qu’E­tienne offre au vrai citoyen de pou­voir s’ex­pri­mer sur de vrais ques­tions et non pas pour ser­vir de divan psy.

    Réponse
  47. Catherine

    Bon , écou­tez Marie, j’ai beau­coup de res­pect pour Marie mère de Dieu mais un peu moins pour votre pos­ture que je trouve un tan­ti­net osten­ta­toire . Vous auriez donc en votre pos­ses­sion les portes de la com­mu­ni­ca­tion, j’en suis votre aise. Mais sur le ter­rain, je n’en goûte guère les effluves, serait-ce qu’elles seraient cachées ? Je ne le sais, en tout cas, elles sont absentes de vos pro­pos tran­chants et vio­lents, la vio­lence n’est pas tou­jours là où l’on croit la trou­ver. Savez-vous ce que signi­fie la projection ?
    Par­lez moins et lisez davan­tage, bref écou­tez vous, c’est vous qui le dites !

    Réponse
  48. Marie

    @#52 Amen

    Réponse
  49. Catherine

    Bien peu de res­pect quant à la per­sonne Marie quand on lui prête un numé­ro, en l’oc­cur­rence le 52. Les détails parlent, enten­dons-les. Ce ne sont pas tant les paroles que les actes qui disent de nous. Bon, je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais cer­tains doivent quand même être pré­sent dans ce qu’ils font. La démo­cra­tie sera dif­fi­cile à réa­li­ser, peut-être que le Mon­sieur dont j’a­vais don­né à entendre le dis­cours n’a­vait-il pas tort quand il disait que la démo­cra­tie ame­nait à la tyran­nie… Je vous laisse juge mes­sieurs les démocrates!Moi, je viens rejoindre un autre monde et vous salue. Hon­nis­sez, hon­nis­sez, hon­nis­sez puis­qu’il semble bien que vous ne soyez capable que de cela dès que ça ne va pas dans le sens de votre bon droit

    Réponse
  50. Marie

    Puisque vous uti­li­sez mon nom, que dit-on à pro­pos des Catherine…?
    Vous ne man­quez pas d’air, c’est beau la-haut ?

    Réponse
  51. Catherine

    Et puis, y’en a marre de votre dis­cours gui­mauve Marie, arrê­tez de prendre les gens pour des han­di­ca­pés et de leur par­ler comme une bonne soeur​.Si j’a­vais de l’aide à deman­der je sais en tout cas que ce n’est pas auprès de vous que j’i­rais la cher­cher. Vous vous ral­liez à la masse et n’o­sez jamais prendre un point de vue ori­gi­nal. Vous êtes une sou­mise et une confor­miste new-age, de ce que j’en vois en tout cas, mais peut-être êtes-vous dif­fé­rente de ce que vous offrez de vous, en vrai. J’ose l’es­pé­rer, pour vous.

    Réponse
  52. Sam

    @ Tous,

    je sou­haite non pas tel­le­ment rec­ti­fier le tir mais situer dans leur contexte deux avis que j’ai envoyés ici un peu rapidement.

    1. En tant que par­ti­san assu­mé de la des­truc­tion de l’UE, sys­tème abo­mi­nable et inte­nable, dont le per­son­nel est autant pous­sé à se tenir le balais dans le cul lors­qu’il cause à ses confrères col­la­bos qu’il est impuis­sant à chan­ger quoi que ce soit à un régime évi­dem­ment domi­né de l’ex­té­rieur, il m’est natu­rel­le­ment dif­fi­cile de ne pas saluer un type capable de lan­cer face à une assem­blée pros­ti­tuée l’i­dée que les abon­nées dudit bor­del puissent être pen­dus haut et court. Du reste, il faut bien que sainte colère trouve à s’exprimer.

    Mais cela ne dit abso­lu­ment rien de ma proxi­mi­té idéo­lo­gique, d’ailleurs natu­rel­le­ment floue et évo­lu­tive, d’a­vec celui que je salue en passant.

    Cela dit, et quand bien même on n’ad­met­trait pas du tout le pen­chant liber­ta­riste en se situant au plan d’un État ancien, plu­tôt stable et qu’on trouve un peu « légi­time », il ne faut pas oublier, Zedav, qu’i­ci il s’a­git d’un « État » par­fai­te­ment arti­fi­ciel, fan­tas­mé, faux, illé­gi­time au pos­sible et même tout à fait illé­gal du simple point de vue de notre consti­tu­tion, ce qui donne tout de même une bien plus grande valeur à l’ar­gu­ment liber­ta­rien. En clair : au demeu­rant, sug­gé­rer la peine de mort pour le grand ban­di­tisme orga­ni­sé n’est pas tout à fait la même chose que sou­hai­ter la mort de toute orga­ni­sa­tion poli­tique au motif qu’on n’aime pas sa couleur.

    2. Le deuxième avis un peu expé­di­tif que j’ai expri­mé ici concer­nait ce « docu­men­taire » sur la socié­té du pétrole etc. au titre déses­pé­rant (demain est un autre jour) qu’a signa­lé Étienne. Ici, il faut tenir compte : du fait que je suis depuis déjà 5 ou 6 ans ce que les bien­pen­sants appellent un « néga­tion­niste du cli­mat » et que ma biblio­thèque l’as­sume très bien ; que cela m’a cau­sé der­niè­re­ment quelques pos­sibles mal­en­ten­dus avec Étienne, que j’ai le plai­sir de consi­dé­rer comme un grand ami, bref, que cela nous a sur­tout valu d’i­nu­tiles dis­trac­tions. Ce qui fait que le com­men­taire ne signi­fiait pas plus que ce qu’il disait sur la fin : le poten­tiel gros pro­blème peut se défendre très bien et même bien mieux sans tom­ber dans le piège du scien­tisme cli­ma­tique. En ce sens, donc, je l’ai trou­vé bon.

    C’est que, natu­rel­le­ment, sans l’en­va­hir avec ce sujet qui m’a beau­coup occu­pé, j’ai com­men­cé à essayer de faire pas­ser ce mes­sage tout de même ras­su­rant… Par paren­thèse encore, il m’est arri­vé de trou­ver qu’É­tienne s’é­tait trop long­temps écar­té de son sujet géné­ral en s’at­ta­quant à cer­tains sujets par­ti­cu­liers, notam­ment la mon­naie. Après quoi j’ai trou­vé au contraire qu’il aurait du creu­ser encore plus. Ain­si je pré­tend que « notre thèse » concer­nant la loi de 1973, soi-disant démon­tée, n’a jamais été aus­si solide que depuis qu’il m’a fal­lu m’y replon­ger durant des semaines pour affron­ter la contra­dic­tion. Main­te­nant, je me dis : nous voi­là « pol­lués par l’écologie »…

    Main­te­nant, je regrette en par­tie d’a­voir jugé ce film « très bon » dans mon mes­sage, ou plu­tôt d’a­voir écrit çà sans trop de pré­ci­sions. Sur le moment, je l’ai trou­vé bon dans la mesure où, dans l’in­ten­tion du moins, il m’a sem­blé essen­tiel­le­ment « fac­tuel », pas outra­geu­se­ment catas­tro­phiste en dépit du fait qu’il est objec­ti­ve­ment effrayant. On vit une triste époque, etc;, on est dres­sé à pen­ser çà depuis si long­temps… Mais non, halte, quand-même, tu replonges, Sam, tu as oublié les deux war­nings dont tu t’é­tais impo­sé de te rap­pe­ler chaque fois que le grand toc­sin soi-disant éco­lo son­ne­rait : 1. si çà pue la reli­gion c’est que ce n’est pas de la science ; 2. à qui pro­fite cette pro­pa­gande, là, main­te­nant, et plus immé­dia­te­ment encore, quelle vraie urgence poli­tique est-tu entrain d’ou­blier en flip­pant comme on te le demande ?

    D’a­bord, je pense sin­cè­re­ment il n’y a que les mau­vais scien­ti­fiques (et les « non scien­ti­fiques ») qui écoutent les dis­cours scien­ti­fiques ou pseu­do-scien­ti­fiques comme on entend la messe. Je n’ai pas la pré­ten­tion d’être un très bon scien­ti­fique ni même, d’ailleurs, un très bon ingé­nieur, mais j’ai celle de pas mal com­prendre ce qu’est la véri­table démarche scien­ti­fique, laquelle nous enseigne sur­tout que tout ce qu’on sait c’est qu’on ne sait rien. En clair, soyez cer­tain qu’on pour­rait mettre en dis­cus­sion cha­cune des affir­ma­tions conte­nues en par­ti­cu­lier dans ce « docu­men­taire ». Et loin de moi l’en­vie de contri­buer moi-même à la for­ma­tion d’une nième caisse de réso­nance apocalyptique.

    Je déses­père à l’i­dée qu’en ne pre­nant qu’un ou deux exemple je puisse don­ner l’im­pres­sion que je crois au reste des argu­ments… Mais tant pis, on fait avec le temps qu’on a.

    L’i­mage des bac­té­ries m’a évi­dem­ment cho­qué parce que c’est sans doute l’illus­tra­tion la plus fra­grante du carac­tère mal­thu­sien de leur vision. Autre­ment dit, d’un modèle de déve­lop­pe­ment sup­po­sé par défi­ni­tion dyna­mique mais dans lequel on pos­tule d’emblée l’homme comme une chose immuable dans sa nature et son com­por­te­ment, bref, un objet sta­tique, ce qui met immé­dia­te­ment en contra­dic­tion les deux pos­tu­lats de départ. Rai­son pour laquelle le mathu­sia­nisme s’est tou­jours plan­té en négli­geant sys­té­ma­ti­que­ment l’im­mense capa­ci­té d’a­dap­ta­tion des humains.

    La bou­teille est sup­po­sé repré­sen­ter la sur­face de la Terre en Km² limi­tés. La encore, çà paraît évident mais en fait tout est à redire car l’es­pace vital ne se réduit ni à 2 ni à 3 dimen­sions. Ain­si, par exemple, un nomade de l’ère pré-his­to­rique avait besoin d’un ter­ri­toire immense par tête de pipe sim­ple­ment pour assu­rer sa sur­vie, simple ques­tion d’or­ga­ni­sa­tion, de moyens tech­no­lo­giques, etc, toutes choses qui ne se comptent ni en mètres ni en mètres cubes – et pour la même rai­son, contrai­re­ment aux débi­li­tés qu’on nous mar­tèle à cette époque, tan­dis que les ours polaires n’ont jamais été si nom­breux depuis qu’on les compte, les races d’hommes ont bien plus déci­mé d’es­pèces autre­fois qu’au présent.

    D’ailleurs, ici, non seule­ment les bac­té­ries sont immuables dans leur com­por­te­ment mais il suf­fit de noter que la nour­ri­ture n’existe tout bon­ne­ment pas dans leur modèle des bac­té­ries en bou­teilles et qu’il est com­plè­te­ment idiot de pos­tu­ler une loi de déve­lop­pe­ment expo­nen­tielle d’une espèce qui n’a rien à bouf­fer… Vous pen­se­rez peut être que je pinaille sur une image, mais un mon­ceau d’ap­proxi­ma­tions a vite fait de don­ner une pré­dic­tion tota­le­ment fausse.

    Ils vous disent encore, par exemple, que les mon­ceaux de réserves « fos­siles » ne se sont consti­tuées qu’en 5 mil­lions d’an­nées. C’est ridi­cule. Ils glissent au pas­sage que le réchauf­fe­ment était extrême à cette période, ce qui n’a rien à voir avec le schmil­blick ni d’ailleurs avec la réa­li­té de l’é­poque : il y a juste qu’au pré­sent, comme 1/5e ou 1/10e du temps la Terre subit un cli­mat par­ti­cu­liè­re­ment froid, mais tout allait bien et sur­tout aucun embal­le­ment à signa­ler (la preuve) et encore moins de rap­port avec le CO2. J’a­voue que j’ai failli m’ar­rê­ter là, autant dire immé­dia­te­ment, à cause de cette paren­thèse intro­duc­tive com­plè­te­ment décalée.

    Déjà il s’est pas­sé un paquet de cen­taines de mil­lions d’an­nées avant le début de leur his­toire, durant les­quelles les plantes géantes abon­daient, les océans aus­si ? C’est aus­si oublier que la dérive des conti­nents ne s’est pas pro­duite qu’une fois, elle n’est que la mani­fes­ta­tion super­fi­cielle de mou­ve­ments de convec­tions qui ont renou­ve­lé plus d’une fois la croute ter­restre. Et de fait, le jeu de celui qui décou­vri­ra le der­nier filon, ne serait-ce qu’en matière de pétrole, c’est affaire de rira bien qui rira le der­nier. La der­nière en date était que le Vene­zuel­la était de loin le nou­veau roi du pétrole, mais ce n’est pas fin, loin de là. En atte­nant, vous sor­tez de ce repor­tage et vous êtes à peu près cer­tains qu’on sait en gros le niveau des « réserves » en ques­tion. Mais encore, évi­dem­ment, nous ne par­lons que d’une den­rée déjà défi­nie (et exploi­tée d’une manière déjà définie).

    Car sur­tout (je ne suis pas non plus fana­tique de l’es­poir dans le pétrole ou autre), quitte à nous rame­ner comme ils le font à cette tec­to­nique et à ces kilo­mètres cubes de matière, com­ment peuvent-ils oublier (ou plu­tôt se conten­ter seule­ment d’ef­fleu­rer) le réser­voir encore tout à fait inépui­sable de l’éner­gie qui nous vient de la cha­leur du cœur de la Terre, des mou­ve­ments gra­tuits et entre­te­nus de ses océans gigan­tesques et celle du Soleil ? Je ne dis pas que je crois dans les gad­gets pho­to­vol­taïques actuels, bien sûr. Je pense par contre que l’i­dée qu’on en res­te­ra là est bonne pour les char­la­tans, et que s’ar­rê­ter à la cor­ro­sion des petites hélices quand on parle de maré­mo­teur, c’est ne pas avoir honte du ridi­cule. Idem, la fusion nucléaire est condam­née en 10 s. Bref, tout ce pas­sage, déci­sif dans l’ar­gu­men­taire, est clai­re­ment un tor­chon, pro­duit par des gens qui sortent com­plè­te­ment de leur sujet (on ne peut pas avoir en tout ne serait-ce que des notions) et savent qu’ils ont déjà conclu, de manière évi­dem­ment désespérante.

    A part çà, ce film conclut en bonne par­tie en poin­tant le sys­tème moné­taire inte­nable, etc., ce qui est peut être son plus grand mérite. A ce sujet (aus­si), je suis sans peut-être pas mal d’ac­cord avec J. C., en par­ti­cu­lier lors­qu’il reproche à ce film de « mélange® inten­tion­nel­le­ment crois­sance moné­taire et déve­lop­pe­ment éner­gé­tique comme si les deux ne pou­vaient en aucune manière être dis­so­ciée ». Mais je me demande jus­te­ment si c’est pour la même rai­son. Il devrait pour­tant sau­ter aux yeux que cet espèce d’amalgame est dou­ble­ment abu­sif : le stock de mon­naie, créé par l’homme, par de zéro pour aug­men­ter de manière expo­nen­tielle, tan­dis que le stock d’éner­gie A PRIORI DISPONIBLE – et non pas seule­ment celui qui est d’ores et déjà iden­ti­fié, modé­li­sé, éva­lué, expé­ri­men­té, exploi­té, trans­por­té et que sais-je -, lui, au demeu­rant part plu­tôt de l’in­fi­ni et n’a à peu près pas dimi­nué du tout. Une paille.

    Faut-il, pour conclure, qu’il nous est stric­te­ment inter­dit de nous lais­ser aller au déses­poir et à la ter­reur, sur­tout lorsque la source de la menace pré­ten­due est pré­ten­du­ment intan­gible ? Oh non, sur­tout pas ici, pas ici.

    Réponse
  53. Marie

    Oh je vous remer­cie pour votre diag­nos­tique, serait-ce enfin la vraie Cathe­rine qui apparaît…?
    Mais rien ne vous oblige à me lire, Catherine.
    Et si vous vous sen­tez han­di­ca­pée lorsque je m’a­dresse à vous, ça vous revient Cathe­rine, pour dire comme vous.
    Je vous recom­mande vive­ment d’al­ler cra­cher votre venin sur quel­qu’un d’autre mer­ci car je ne vous lirez plus si vous conti­nuer sur ce ton plu­tôt inno­por­tun ici.

    Réponse
  54. EFFAB

    En fait je fais comme j’ai envie. (@50, NLESCAN)

    ça, on avait bien com­pris ! mais je crois moi plu­tôt que tu as encore beau­coup à apprendre, comme cette liber­té qui se tra­vaille et qui se mérite.

    (@51)

    Oui, MARIE, je suis bien d’ac­cord, idem pour moi… mais cette fraise récur­rente et tout ce qu’elle engage et qui déplaît tant chez cer­tains, n’y com­pre­nant que dalle ou plus jaloux encore, cet ennui dans la vie ou cette soli­tude ou cet invé­té­ré ego^^… ou quelque job à nos frais et à notre barbe !

    Réponse
  55. Sam

    @ Marie et @ Cath,

    j’aime vous lire toutes les deux, çà m’embête de vous voir vous empailler.

    Mais bon, çà fait éga­le­ment plai­sir de voir un brin contre­dite l’i­dée imbé­cile du moment – par­mi tant d’autres – selon laquelle il suf­fi­rait que les femmes dominent le monde pour que les guerres cessent à tout jamais, amen. Lol dsl mon patron ado­rable mais un peu étran­ger (plus encore par prin­cipe que par culture) aime me bran­cher régu­liè­re­ment avec cer­taines idées… et lui rêve d’une socié­té matriarcale. 😉

    Réponse
  56. Marie

    Cela n’en déplaise à Cathe­rine qui vou­drait m’é­ti­que­ter confor­miste à l’i­dée géné­rale ici, je n’en ai cure.
    Et d’ailleurs, la preuve sous les yeux…
    Je par­tage entiè­re­memnt le lol 😉

    Réponse
  57. EFFAB

    Tout cela est très per­ti­nent, SAM, et je m’a­per­çois que je suis peut-être trop bon public (tout autant influen­çable que bien d’autres)… mais tu n’as pas dit à qui un tel dis­cours appa­rem­ment catas­tro­phique (en tout cas cette pénu­rie et toute la noci­vi­té qui leur est asso­ciée à ces éner­gies) pro­fi­te­rait ? car cela m’é­clai­re­rait d’au­tant mieux, sans avoir à me poser mille et une ques­tions sur qui a rai­son et qui a tort ou n’y aurait-t-il pas un juste milieu, non pas un ter­rain d’en­tente mais un espace où la réa­li­té appa­raît un peu plus com­plexe et diver­si­fiée : un peu de vrai par-ci un peu de vrai par-là… comme il est vrai éga­le­ment que je n’ai pas enten­du par­ler une seule fois d’éner­gie dite libre, cette élec­tri­ci­té que l’on peut créer à par­tir d’une force ciné­tique et d’un dis­po­si­tif qui nous évite toute tra­cas­se­rie de déper­di­tion d’éner­gie, ce fameux REEI dans la vidéo Sans len­de­main, vers 9′, ce moteur élec­tro-magné­tique qui par la seule dis­po­si­tion d’ai­mants ou d’un sys­tème incluant des champs de forces magné­tiques oppo­sées, contraires, va entraî­ner un axe qui à son tour géné­re­ra de façon plus clas­sique un cou­rant : c’est la tech­nique du moteur élec­tro-magné­tique, une éner­gie propre et quasi-inépuisable !

    Réponse
  58. zedav

    @ Sam 61

    J’en rêve d’une socié­té où ne res­te­raient plus que des femmes.
    J’en­tre­vois déjà le para­dis sur terre, tout ne serait plus que dou­ceur, entente, amour, ten­dresse, le dévoue­ment, l’ab­né­ga­tion, la géné­ro­si­té, etc,etc,etc.

    Et, au cas où par extra­or­di­naire sur­vien­drait une vio­lence entre femmes, seule la part de l’homme en la femme pour­rait l’expliquer.
    (cet argu­ment est l’ex­pli­ca­tion « offi­cielle » des « fémi­nistes » lors­qu’on leur demande ce qui est à l’œuvre dans les vio­lences au sein des couples de lesbiennes).

    Votre patron a rai­son, le mâle c’est mal, la femme est l’a­ve­nir de l’homme.

    Grâce à la science, les femmes pour­ront peut-être bien­tôt se pas­ser des hommes pour se repro­duire. Ces para­sites seront alors super­flus pour la per­pé­tua­tion de l’es­pèce et pour­ront être pro­gres­si­ve­ment éliminés…

    Cette humanité nouvelle débarrassée du fléau masculin parviendra alors enfin à une ère de prospérité et de paix.
    Réponse
  59. Marie

    Et qu’est-ce que je ferais alors ? je devrais deve­nir les­bienne ? beurk
    Et puis c’est beau un homme…;-)

    Réponse
  60. Ana Sailland

    « il suf­fi­rait que les femmes dominent le monde pour que les guerres cessent »
    (vicieu­se­ment extrait du contexte 😉 )

    Non, pour que les guerres cessent, c’est simple : per­sonne ne doit dominer.

    L’a­bo­li­tion des pou­voirs (plu­tôt que leur séparation).

    D’où l’i­dée de sup­pri­mer la bourse, qui est quand même le thème.
    Quoique la seconde par­tie de l’in­ter­view soit moins ori­gi­nale et donc moins inté­res­sante que la pre­mière, qui inter­roge sur la cause des causes des causes des causes, à savoir le pour­quoi de l’obéissance.

    Réponse
  61. Marie

    Heu­reu­se­ment pas les bourses;-)

    Réponse
  62. J.C

    @ Sam

    (Pour en rajou­té une couche;)
    Les pro­pos de cette fameuse vidéo sont fort mal­hon­nête, la crois­sance éco­no­mique n’est pas pro­por­tion­nelle à la sur­face des terres exploi­tables et encore moins à la démo­gra­phie comme elle pour­rait le lais­ser pen­ser si l’on y prends garde. Démo­gra­phie qui a ces­sé d’aug­men­ter au Japon cette année, c’est une première.

    L’aug­men­ta­tion de la popu­la­tion dépends en grande par­tie des condi­tions éco­no­miques des pays. Plus un pays est dit déve­lop­pé moins sa popu­la­tion aug­mente. Si nous per­met­tions à chaque nations et chaque indi­vi­dus d’ob­te­nir des condi­tions de vies éle­vées la popu­la­tion ces­se­rait pro­ba­ble­ment de croître ou du moins, de manière beau­coup plus lente.

    Par ailleurs, si nous ces­sons aujourd’­hui de détruire notre envi­ron­ne­ment, nous aurions assez de res­sources pour per­mettre à l’hu­ma­ni­té de pros­pé­rer pen­dant des siècles et des siècles.

    En réa­li­té, nous n’a­vons aucun pro­blème de sur­po­pu­la­tion, notre pro­blème est économique.

    Et c’est de cela que dépends le pouvoir.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  63. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La démo­gra­phie com­plique la démo­cra­tie, mais l’In­ter­net annonce l’avènement d’un esprit uni­ver­sel bien plus fiable que l’o­pi­nion public, c’est peut-être les pré­misses d’une reli­gion uni­ver­selle qui met­tra fin aux reli­gions qui vénèrent des fantômes…

    La sur­po­pu­la­tion humaine est quand même un sérieux pro­blème pour les autres espèces.

    Le pro­blème de pol­lu­tion, ce sont les enfants des pays qui ont une grosse nata­li­té qui pol­luent le moins.

    Ça ne veut pas dire pour autant que nous avons le choix entre souiller ou tuer.

    Ça révèle que nous avons des gros pro­grès à faire.

    Et ça pas­se­ra par le fait de ne plus exploi­ter la faune, la flore, et son pro­chain pour des rai­sons égoïstes et outrancières.

    Réponse
  64. EFFAB

    Ce genre de vidéo alter­na­tive facile d’ac­cès et syn­thé­ti­sant assez bien les choses (et je me fous, en ce qui me concerne, de savoir qui a rai­son sur tel ou tel détail, cette approche plus que celle-ci, quand il y a sur­tout une pleine diver­si­té, des façons de faire dif­fé­rentes et cer­tai­ne­ment des éco­lo­gies com­plé­men­taires les unes avec les autres, mais cette Eco­lo­gie si chère à notre hôte qui n’en est pas moins dépen­dante et tri­bu­taire d’in­té­rêts supé­rieurs ou des choix oppor­tuns et huma­nistes que nous ferons si, pour cela, nous nous en don­nons les moyens ! Cause des causes, don’t for­get it !

    Evi­dem­ment, l’é­co­lo­gie est un para­mètre non négli­geable et même essen­tielle pour por­ter notre dis­cours et convaincre un bon nombre de la néces­si­té et de l’ur­gence de refor­mu­ler la donne poli­tique et une plus juste puis­sance publique afin de pou­voir mieux gérer notre envi­ron­ne­ment et les res­sources dont nous avons besoin, de façon équi­table, rai­son­nable… mais ne nous per­dons pas dans des débats d’o­pi­nion et de pré­fé­rences, quand le temps nous est comp­té et que je viens de réa­li­ser ce matin que le Net, dans ce rap­port d’o­pi­nion-média en notre défa­veur pour le moment, peut s’ap­pa­ren­ter à quelque défou­loir… iso­loir… illu­soir… si vous voyez ce que je veux dire !

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​-​Q​Z​D​b​_​s​A​1JM

    Evi­dem­ment, en vision­nant cette vidéo, c’est à vous que je pense, ETIENNE, mais détrom­pez-moi si MrMON­DIA­LI­SA­TION ne vous semble pas à la hau­teur de son ambi­tion. Mer­ci à vous, pour tout, ce qui n’est déjà pas rien^^

    Cause des causes

    Réponse
  65. Sam

    @ Effab (63),

    si tu fais cir­cu­ler un cou­rant élec­trique dans un champ magné­tique tu génères une force méca­nique dont l’am­pli­tude et la direc­tion sont fonc­tion de celles des deux pre­miers. L’énergie élec­trique est ain­si conver­tie en éner­gie méca­nique, qui est le pro­duit de cette force méca­nique et du mou­ve­ment qu’elle per­met d’ob­te­nir. A l’in­verse, si tu apportes de l’éner­gie méca­nique au même dis­po­si­tif tu obtiens de l’éner­gie électrique.

    Stric­te­ment aucune éner­gie n’est créée. Un moteur élec­trique, ou son équi­valent inver­sée, une dyna­mo, comme toute autre machine, ne font que conver­tir une forme d’éner­gie en une autre. Il est tout à fait cer­tain qu’elles n’en créent pas. Au mieux peut-on espé­rer qu’elles n’en perdent pas trop dans la transformation.

    Le miracle de l’éner­gie « libre » que tu décris viens sim­ple­ment du fait que cette image revient à dire que péda­ler toute l’an­née et récu­pé­rer sous forme élec­trique la qua­si-tota­li­té du tra­vail que tu as four­ni c’est créer de l’éner­gie. Mais outre que ta dyna­mo n’a fait que la trans­for­mer, il t’au­ra fal­lu bouf­fer, boire et res­pi­rer un paquet pour pou­voir pédaler.

    La science ne fait pas de miracle. Quand on bâtit sur du roc, je veux dire quand on cherche hon­nê­te­ment la véri­té, on sait qu’on ne pour­ra jamais être cer­tain, et encore moins à tout jamais, qu’une chose est vraie. Par contre, on peut démon­trer une bonne fois pour toutes qu’une chose est fausse. Ain­si on sait avec une totale cer­ti­tude et défi­ni­ti­ve­ment qu’il ne peut se créer d’éner­gie (ou de masse) à par­tir du néant.

    @ tous,

    il n’y a pas non plus de miracles en poli­tique. Je disais que je consi­dère comme un réflexe de sur­vie, lorsque l’on est confron­té, comme sou­vent, à des com­mu­ni­ca­tions ter­ri­fiantes, le fait de se deman­der à qui pro­fite telle pro­pa­gande et à quelle chose elle m’empêche de réflé­chir pen­dant qu’elle me dis­trait. Bien sûr, je n’en­ten­dais pas appor­ter direc­te­ment une réponse géné­rale pour ce « dos­sier », encore moins une qui vaille pour tous les dos­siers, encore moins une qui vaille pour tout le monde.

    Une réponse géné­rale mais indi­recte, par contre, se trouve dans la ques­tion… Elle dit sur­tout, en défi­ni­tive, qu’il est vital que cha­cun puisse conti­nuer à pen­ser par soi-même, que l’on puisse cha­cun non seule­ment remettre en ques­tion l’une ou l’autre des soi-disant cer­ti­tudes dont on nous abreuve mais ne pas se lais­ser dis­traire de ce qu’on consi­dère soi-même comme prio­ri­taire en se lais­sant impo­ser l’ordre du jour.

    Je n’ai évi­dem­ment pas d’a­vis défi­ni­tif sur le fond de l’af­faire, mais on peut adop­ter un point de vue don­né pour l’illus­tra­tion. Pre­nons d’ailleurs un point de vue pro­ba­ble­ment très consen­suel : 1. il est très vrai­sem­blable que les réserves de pétrole seront épui­sées alors que nos gosses ne seront même pas encore à la retraite ; 2. aucune source d’éner­gie alter­na­tive n’existe encore qui puisse, d’i­ci quelques décen­nies, être aus­si mas­si­ve­ment exploi­tée, sto­ckée et trans­por­tée. A l’é­vi­dence, c’est (ce serait) là un très gros pro­blème, et met­tons que nous n’ayons pas d’autre choix que de faire avec. Pas­sons ici sur un tas de pré­ci­sions, à com­men­cer par la dis­tinc­tion pétrole / char­bon, dis­tinc­tion néces­saire le plus sou­vent et ce éga­le­ment jus­qu’à nou­vel ordre.

    Le plus impor­tant, c’est qu’il ne faut sur­tout pas en res­ter là dans l’a­na­lyse, pour ne pas dire que le vrai com­bat com­mence après. Le plus gros pro­blème n’est ni scien­ti­fique ni éco­no­mique (J.C. le sait assu­ré­ment), il est entiè­re­ment poli­tique. Et il s’ex­prime en par­ti­cu­lier sous la forme de ten­ta­tives de mono­po­li­ser l’in­ter­pré­ta­tion du pro­blème de base, de ses tenants et abou­tis­sants, autre­ment dit il s’a­git de la menace de voir impo­sé à tout le monde les solu­tions choi­sies par on ne sait qui.

    Pour peux que tu prennes un peu de temps et de recul, tu peux aisé­ment conce­voir, en par­ti­cu­lier, que cer­tains aient un immense inté­rêt à impo­ser l’amalgame entre le pro­blème de res­sources en ques­tion et une ter­rible menace cli­ma­tique. Très clai­re­ment, bien loin d’emmerder les barons du pétrole c’est une voie géniale pour per­pé­tuer leur domi­na­tion – et ce film, en par­ti­cu­lier, montre bien que si les­dits barons sont en plus des banks­ters, c’est jack­pot. Pour com­men­cer, pré­sen­ter la chose comme à la fois glo­bale (le soi-disant effet de serre) et urgente, c’est l’ar­gu­ment génial pour impo­ser des ins­ti­tu­tions mon­diales incon­trô­lables, alors que le pro­blème véri­table (ici sup­po­sé tel) plaide en réa­li­té pour tout l’in­verse : la sou­ve­rai­ne­té des peuples sans laquelle aucune jus­tice et aucun par­tage équi­table ne sont à attendre.

    Après, si on veut répondre plus glo­ba­le­ment à la ques­tion de savoir à qui pro­fite ce dogme là, il y a des mil­liers de moyens et petits busi­ness dans le cré­neau, y com­pris dans le sec­teur du « conseil » (le petit film en ques­tion a d’ailleurs un cer­tain « post car­bon ins­ti­tute pour consul­tant, dont il reprend vrai­sem­bla­ble­ment pas mal d’analyses quoi qu’il laisse le cli­mat tran­quille) et même par dizaines de mil­liards annuels dans le seul sec­teur de la recherche ; ne par­lons pas de l’in­dus­trie média­tique. Etc.

    Pre­nons un autre « déri­vé ». Sans trop cher­cher à com­prendre pour­quoi cer­tains pour­raient y trou­ver un immense inté­rêt, tu peux consta­ter, par­mi les ten­ta­tives mono­po­lis­tiques, en tous cas poten­tiel­le­ment, celle d’im­po­ser l’a­mal­game entre un pro­blème de res­sources en matières pre­mières et un pro­blème de sur­po­pu­la­tion. Nous avons déjà assez dit – je pense notam­ment à J.C. – com­bien cet amal­game est débile.

    Bien évi­dem­ment, il faut com­men­cer par voir que les pays par nos soins (ceux de nos maître) les plus appau­vris et main­te­nus sous la forme de tyran­nie la plus virile sont aus­si ceux dont l’é­vo­lu­tion démo­gra­phique peut sem­bler la plus « anar­chique » – par ici, en moyenne, les femmes n’ont pas très envie de pas­ser le meilleur de leur exis­tence à éle­ver huit mômes ; deux, c’est déjà bien du bou­lot, des sou­cis (sans oublier ceux que nous valent ces pen­sées au sujet du monde qu’on leur lègue).

    On peut aus­si regar­der l’é­vo­lu­tion démo­gra­phique de l’Inde, en par­ti­cu­lier, et s’en effrayer d’au­tant plus que le niveau de confort y dif­fère fran­che­ment de celui que nous avons. On peut pen­ser au parc de bagnoles en explo­sion en Chine. Etc. il n’en demeure pas moins évident que là-bas comme par ici, le pro­blème est essen­tiel­le­ment politique.

    On le voit très bien rien qu’en abor­dant la ques­tion du régime moné­taire. Car si cette ques­tion peut poten­tiel­le­ment être entiè­re­ment décou­plée de celle des sources d’énergie et de matières pre­mières, la pre­mière réa­li­té poli­tique est que jus­qu’à nou­vel ordre nous sommes esclaves de cette folle crois­sance parce que nous sommes esclaves de ce régime moné­taire cra­pu­leux. Or çà dure depuis aus­si long­temps que les États nations modernes, leurs régimes repré­sen­ta­tif et la machine à vapeur.

    Autre voie notable au hit-parade des réponses domi­nantes : celle qui zappe tout à fait le poli­tique et nous prêche l’a­mour du pro­chain comme si on pou­vait s’en­fi­ler confor­ta­ble­ment sous un rou­leau com­pres­seur… Bref, la décrois­sance façon cha­cun pour sa gueule et tout çà c’est de votre faute. Il peut sem­bler évident que « nous » ne pour­rons main­te­nir encore long­temps ce niveau de « maté­ria­lisme » idiot (qui nous empoi­sonne sur­tout de plus en plus) mais dont, seul, nous sommes cha­cun impuis­sants à nous extraire. Je vis dans un trou ardé­chois, je me passe volon­tiers d’un tas de gad­gets, mais j’ai des mômes à nour­rir, une mai­son à payer et un bou­lot pour payer les fac­tures. Je bosse qui plus est à la mai­son. Il n’empêche, quelques pour­cents près je suis aus­si esclave de ce sys­tème qu’un cita­din écer­ve­lé pio­ché au hasard. En tout état de cause, la pleur­ni­che­rie indi­vi­dua­liste ne me séduit pas plus sur un mode que sur un autre, et j’ac­corde dif­fi­ci­le­ment un quel­conque sérieux à des concep­tions qui com­mence par oublier tota­le­ment les institutions.

    J’en conclus qu’a­vec la meilleure foi dont je puisse faire preuve, la menace que repré­sente cette ten­dance à voir se déve­lop­per, face à un pro­blème majeur, réel ou sup­po­sé, un « oli­go­pole des réponses » et les phé­no­mènes mou­ton­niers qui vont avec, est toute aus­si réelle et même en réa­li­té bien plus réelle que le pro­blème de départ, car c’est sur­tout elle qui rend ledit pro­blème intangible.

    Réponse
  66. nlescan

    Allez, un petit repor­tage de plus sur le del­ta du Niger (où l’on voit un peu ce que fait Che­vron des­cen­dant de Stan­dard Oil, la boite de… Rocke­fel­ler… Non parce que moi je ne sais pas, j’observe).

    His­toire de bien moti­ver tout le monde a lut­ter pour les droits des com­pa­gnies pétro­lières et a se mobi­li­ser contre ces salauds de mili­tants écologistes.

    Réponse
  67. EFFAB

    (@72)

    SAM, je te remer­cie pour ces pré­ci­sions et cette approche très car­té­sienne des choses et de la phy­sique, comme tu fais cer­tai­ne­ment bien de me repla­cer face à toute cette incom­pé­tence et igno­rance scien­ti­fiques qui me caractérisent…

    … il n’empêche, après avoir vu deux trois petites choses sur le Net et mettre amu­sé, comme je le fai­sais enfant, à oppo­ser deux petits aimants, ce posi­tion­ne­ment de leurs pôles qui fait qu’ils vont s’at­ti­rer ou bien se repous­ser, j’ai alors pris conscience de cette éner­gie du vide ou appelle-là comme tu vou­dras, mais cela m’est appa­ru alors comme une évi­dence et l’un des plus gros men­songes – ou cet oubli volon­taire – de n’en pas par­ler ni de déve­lop­per une telle éner­gie, qui plus est, acces­sible à tous et pas besoin pour cela de méga-plate-formes pétro­lières ou autres ou autres supers réac­teurs nucléaires !

    Je te crois sin­cère et hon­nête mais ne m’en veux pas de m’é­ton­ner sans cesse de ce gouffre d’i­gno­rance qu’il y a par tout et en toute chose : l’i­gno­rance des citoyens dans cet entu­bage du suf­frage uni­ver­sel quand il lui serait infi­ni­ment plus judi­cieux de tirer au sort tous ces garants et fon­da­men­taux démo­cra­tiques ; pareille­ment pour bon nombres de scien­ti­fiques et de cher­cheurs si condi­tion­nés et si bien for­ma­tés qu’ils sont inca­pables de voir tout ce poten­tiel et toute cette quan­ti­té d’éner­gie conte­nue dans ce rap­port anti­no­mique et créa­teur de deux petits aimants ! (évi­dem­ment, deux seuls petits aimants ne suf­fi­ront pas pour pro­duire un seul kW d’élec­tri­ci­té, mais ceci n’est qu’un détail technique)

    Tiens, en par­lant de condi­tion­ne­ment, MrMON­DIA­LI­SA­TION à nouveau…

    … pour tous ceux qui n’au­raient pas encore bien com­pris ni bien sai­si cette rela­tion à faire entre Nou­vel Ordre Mon­dial, com­plot des élites, conspi­ra­tion­nisme et démocratie.

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  68. le gall

    il est comme toi, Chouard, un peu d’i­dées, mais tu restes un gau­chiste qui appelle l’im­mi­gra­tion, raus !

    Réponse
  69. nlescan

    Oh merde, un génie.

    Réponse
  70. Étienne

    Le Gall,

    Pour moi, un étran­ger est un ami que je ne connais pas (encore).
    Je n’ai pas peur des étran­gers ; j’en ai même besoin pour res­ter vivant.

    Ceci dit, j’ai bien com­pris le plan (anti­so­cial) de tous les MEDEFs du monde, qui est d’organiser/favoriser une immi­gra­tion exces­sive et désta­bi­li­sante pour bais­ser TOUS les salaires (et bien sûr haus­ser leurs pro­fits, clef de voûte de leur construc­tion men­tale), et je pense qu’il ne faut pas se lais­ser faire.

    Rai­son pour laquelle je peux par­ler sans honte avec des gens qui posent le pro­blème de l’im­mi­gra­tion comme une prio­ri­té (même si pour moi ça n’est PAS la prio­ri­té) : je crois que nous devrions PARLER DE ce pro­blème de l’im­mi­gra­tion (entre ceux qui en ont peur et ceux qui n’en n’ont pas peur) sans se trai­ter mutuel­le­ment de gau­chistes ou de fascistes. 

    Mon apti­tude (et mon appé­tit) à par­ler avec tout le monde me vaut ain­si d’être trai­té de « phi­lo­fas­ciste » par des mili­tants par­ti­cu­liè­re­ment sec­taires et cli­vants, mais j’as­sume ce que je fais : étant don­né que je n’ai pas l’in­ten­tion de tuer ceux qui ne sont pas d’ac­cord avec moi 🙂 , je crois que nous par­ler est le seul moyen de pré­pa­rer la concorde (autant que possible).

    Étienne.

    Réponse
  71. EFFAB

    Je me per­mets cette autre vidéo qui a peut-être été déjà cité_mais je trouve la seconde par­tie (l’his­toire des rats et des chats) par­ti­cu­liè­re­ment savou­reuse et, ose­rais-je affir­mer, une leçon de politique !^^

    Réponse
  72. Ana Sailland

    Concer­nant le GIEC, l’im­por­tant est que plu­sieurs avis s’ex­priment et que nous ne soyons pas pieds et poings neu­rones et cor­tex liés par le dis­cours offi­ciel et mono­lithe déli­vré par les grands medias, si peu libres qu’ils nous volent la liber­té de savoir.

    Il n’y a pas besoin d’être grand clerc voyant pour consta­ter que sur­tout depuis quelques décen­nies l’or­ches­tra­tion des peurs est l’un des outils pré­fé­rés de l’é­gré­gore domi­nance, en vue de conduire les peuples eux-mêmes à récla­mer de nou­velles chaînes.

    Pour ma part, je vois gros comme un camion dans une ruelle étroite le pro­jet de faire accep­ter un gou­ver­ne­ment mon­dial et bien sûr sans contrôle citoyen au pré­texte de l’ur­gence écologique.

    Et l’ob­jec­ti­vi­té citoyenne passe par l’in­sou­mis­sion à la pen­sée pro­po­sée depuis un temple cen­tra­li­sé des experts recon­nus, insou­mis­sion ryth­mée d’un mou­ve­ment qui n’ex­clue pas la res­sem­blance au balan­ce­ment d’une escar­po­lette autour de son point d’é­qui­libre final.

    ;;;;;

    @le gall, je trouve piquant le raus dans le contexte concer­né. C’est intentionnel ?
    Per­son­nel­le­ment, si j’é­tais enfant d’im­mi­grés et si on me pro­po­sait le poste de ministre de l’in­té­rieur avec pour mis­sion de recon­duire à la fron­tière ceux qui vivent ce qu’au­raient vécu mes parents ou grands parents, je refu­se­rais ce poste, et cela quelles que soient mes convic­tions. Ques­tion de décence. Et ça fait quand même deux élus en quelques années qui n’ont aucun scru­pule à faire la chasse à l’é­qui­valent de leur propres racines. Le manque de classe et de digni­té de nos élus et par­fois éton­nant, d’un point de vue d’en­to­mo­lo­giste neutre car n’é­tant pas de ces drôles d’oiseaux.

    ;;;;;;;

    Je suis éton­née que la pre­mière par­tie de l’in­ter­view Lor­don ne génère pas plus de réflexion collective.
    Je ver­rais bien une dis­ser­ta­tion au bac arti­cu­lée autour de la ques­tion de Bour­dieu : « Pour­quoi s’ar­rête-t-on au feu rouge ? ».

    C’est une ques­tion qui lors­qu’on s’y arrête est d’une richesse épou­van­table, ouvrant des pers­pec­tives sur tout ce qui fait le bon­heur et le mal­heur de nos socié­tés ; ça fait quelques nuits que ça tourne dans ma tête (vive l’in­som­nie ! 😉 ) et je m’y col­le­rai pte­tr 1 dsé jours si g’l’temps.

    Réponse
  73. Sam

    @ Effab,

    le carac­tère magique de ces aimants qui non seule­ment s’at­tirent et se repoussent mais peuvent conser­ver cette pro­prié­té très long­temps est sédui­sant mais il faut bien com­prendre que ce poten­tiel en lui même n’est pas une éner­gie, ou, plus rigou­reu­se­ment, que même s’il ne dis­pa­raît pas il ne peut par lui-même être la source d’au­cun flux d’énergie, à aucun moment et a for­tio­ri pas indé­fi­ni­ment. Autre­ment dit, l’ai­mant ne crée pas d’éner­gie, comme un tas d’autres choses il ne peut que par­ti­ci­per, en étant employé com­bi­né avec d’autres choses, qu’à un sys­tème per­met­tant de trans­for­mer une forme d’éner­gie en une autre.

    Je vais prendre quelques autres exemples pour mon­trer qu’un poten­tiel (ou une dif­fé­rence de poten­tiel) n’est, en soi, pas une source d’énergie.

    Si la tem­pé­ra­ture de l’air est ici à ‑10°C et là à +30°C (et si on laisse le pas­sage libre entre les deux endroits) il se for­me­ra natu­rel­le­ment un mou­ve­ment d’air de la zone chaude (qui tend à avoir une plus haute pres­sion) vers la zone froide (dépres­sion). Ce cou­rant d’air est bien la mani­fes­ta­tion d’une forme d’éner­gie. Mais une fois que le vent aura cir­cu­lé un temps, la zone ini­tia­le­ment froide se sera réchauf­fée, la zone ini­tia­le­ment chaude se sera refroi­die, jus­qu’à ce que la dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture s’an­nule. Mais si cela ne se pro­duit pas en géné­ral dans l’at­mo­sphère c’est tout sim­ple­ment parce que le Soleil chauffe, et parce que que la Terre a telle incli­nai­son et tourne, etc, ce qui main­tient tout le temps des écarts de tem­pé­ra­ture. Autre­ment dit, la machine à vent ne conti­nue à fonc­tion­ner que parce que le Soleil la recharge en éner­gie, elle ne vit pas par elle même.

    Tu peux aus­si son­ger à une ligne de cou­rant élec­trique chez toi. Il y a tou­jours peu ou prou 230 V de dif­fé­rence de poten­tiel entre le + et le – même quand ta lumière est éteinte. Mais l’éner­gie élec­trique ne se mani­feste, elle n’ap­pa­raît comme telle (pro­ve­nant d’une autre forme d’éner­gie, pour se trans­for­mer à son tour en une autre) que lorsque les élec­trons cir­culent dans la ligne. Le main­tien du poten­tiel (les volts) ne requiert pas d’éner­gie lui-même et il n’en crée aucune, il n’est qu’une com­po­sante « pas­sive » impli­quée dans la trans­for­ma­tion d’une forme d’éner­gie en une autre.

    Une pierre d’un kilo que tu élèves à 100 mètres de haut acquiert elle aus­si une éner­gie, dite poten­tielle, qui se trans­forme en éner­gie ciné­tique si tu la laisses tom­ber (puis se trans­met par choc à autre chose : une éner­gie de défor­ma­tion, de la cha­leur, etc.). Elle n’ac­quiert cette éner­gie, en mon­tant là-haut, évi­dem­ment, que si tu la lui four­nis, que si tu pro­duis un tra­vail pour l’é­le­ver en com­bat­tant la pesanteur.

    Ain­si, s’é­mer­veiller devant l’ai­mant et en rêver comme à une source d’éner­gie, c’est comme croire que la dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture entre l’é­qua­teur et les pôles pour­rait exis­ter sans le Soleil, ou comme s’é­mer­veiller du fait que la pierre reste à 100 m de haut sim­ple­ment parce que tu la laisses posée sur une col­line. Non fran­che­ment, bien déso­lé pour la poé­sie mais tu peux oublier le miracle de l’éner­gie « libre ».

    Mais ne nous éga­rons pas : nous sommes bien d’ac­cord sur l’es­sen­tiel, qui est que nous ne devons pas nous dis­traire, et autant que pos­sible pas nous divi­ser, en délais­sant le prin­ci­pal, sans lequel on ne règle­ra rien : pro­mou­voir les fon­de­ments d’une démo­cra­tie digne de ce nom.

    Réponse
  74. EFFAB

    REGARDEZ BIEN, ETIENNE, SI CELA N’EST EN RIEN UNE MISE EN SCÈNE…

    … JE VEUX BIEN MOI ÉGALEMENT CE JOB ET CES INDEMNITÉS QUI VONT AVEC !^^

    Réponse
  75. Alix

    Notre éco­no­mie souffre pour moi d’un excès de ratio­na­li­sa­tion, comme tout, d’ailleurs.

    Ratio­na­li­sa­tion qui découle en pre­mier lieu du rai­son­ne­ment scien­ti­fique pous­sé à son extrême, qui vise à tout démon­trer, tout prou­ver, tout expli­quer, et à ne croire que ce qui est démon­tré, prou­vé, expli­cable par a + b. D’où le règne des experts, peut-être.

    Il est dif­fi­cile aujourd’­hui d’ac­cor­der du cré­dit aux dires d’une per­sonne, si celle-ci n’ap­porte pas de preuve ni d’ar­gu­ment à ce qu’elle raconte. L’ex­pé­rience per­son­nelle, l’o­pi­nion ou sim­ple­ment le témoi­gnage ne suf­fisent plus, il faut démon­trer ce qu’on vit et ce qu’on pense en citant un livre, un docu­men­taire, un pro­fes­sion­nel, un expert, pour lui accor­der de la valeur.

    Or, des sen­ti­ments comme l’in­jus­tice et l’in­di­gna­tion ne se démontrent pas, ils se vivent et par­fois se racontent.

    Faut-il attendre que la science les valide pour les prendre en compte ?

    Et puis il y a un hic dans le rai­son­ne­ment ration­nel : pour tendre vers l’ob­jec­ti­vi­té, il faut se cou­per de ses sen­ti­ments et de ses émo­tions, donc… d’une par­tie de nous-mêmes. Où est l’ob­jec­ti­vi­té là-dedans ? Et com­ment s’at­tendre ensuite à ce que cela pro­duise autre chose que de l’inhumain ?

    On l’en­tend crier par­tout : ce sys­tème devient aveugle, com­plè­te­ment fou, immonde, inhu­main… Mais les fous dans cette his­toire, ce sont nous. Nous qui avons pen­sé qu’on pou­vait se pas­ser des émo­tions pour pen­ser, et sur­tout, pour régir notre société.

    On pour­rait même y voir un lien avec l’ap­pa­ri­tion de psy­cho­pathes, qui, si je ne me trompe pas, se carac­té­risent par le fait d’être jus­te­ment cou­pés de leurs émotions.

    Et enfin, pour ter­mi­ner, les idées me semblent tou­jours venir d’é­mo­tion, de res­sen­ti ou de sen­ti­ment ; qui s’ex­priment alors par le détour de l’intellectualisation.

    Tout ça pour dire que cette rai­son sans émo­tion qui aujourd’­hui régit tout me semble encore plus folle.

    Réponse
  76. EFFAB

     »Je suis éton­née que la pre­mière par­tie de l’in­ter­view Lor­don ne génère pas plus de réflexion collective.
    Je ver­rais bien une dis­ser­ta­tion au bac arti­cu­lée autour de la ques­tion de Bour­dieu : « Pour­quoi s’ar­rête-t-on au feu rouge ? ». »
    (@79, ANA)

    J’ai bien écou­té tout ceci et j’ai pris des notes jus­te­ment sur la par­tie BOURDIEU mais déjà que nous phi­lo­so­phons à n’en plus finir, moi qui, jus­te­ment, n’en finis pas ces der­niers temps de digres­ser à tout-va ! je ne vou­drais pas non plus abu­ser – sic !

    Mais ne te prive pas de cette réflexion plus per­son­nelle : je la trouve et très per­ti­nente et très spi­ri­tuelle, à tous les sens du terme !^^

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  77. Marie

    Je ne sais pas pour vous mais je trouve qu’il y vrai­ment de la richesse dans toutes ces réflexions. ça prouve que tout dif­fé­rents que nous sommes, nous sommes inter­dé­pen­dants pour arri­ver à trou­ver la meilleure des réponses aux problèmes

    Réponse
  78. J-Stéphane

    La majo­ri­té des immi­grants ne sont pas des étran­gers, ce sont les popu­la­tions que l’on connait très bien puis­qu’on les détrousse sans ver­gogne ni rete­nue pour notre grand confort.

    Quoi de plus logique qu’ils cherchent à suivre le même che­min que les res­sources et les mar­chan­dises qui quittent leur pays pour le nôtre.

    La libre cir­cu­la­tion des mar­chan­dises sans la libre cir­cu­la­tion des indi­vi­dus revient à accep­ter de condam­ner des populations.

    Mais atten­tion aux consé­quences de la libre cir­cu­la­tion des indi­vi­dus dans un monde sans par­tage équitable.

    Réponse
  79. Ana Sailland

    @EFFAB,

    euh, il me semble que sur un blog, com­men­ter le docu­ment qui se trouve en tête de gon­dole n’est pas fran­che­ment abu­ser. Donc abuse 🙂

    Soyons nom­breux à abu­ser, même si c’est sou­vent comme au vil­lage d’As­té­rix. Mais qui m’a piqué mon pois­son pour assom­mer Le Gall ?

    Réponse
  80. EFFAB

    (@80)

    Mer­ci à toi pour cet échange, SAM, et sur­tout le temps que tu as pris face à cette poé­sie et ces détails à la Cause (je suis bien d’ac­cord) à me consa­crer et à par­ta­ger ton point de vue, tes connaissances.

    Je suis bien conscient de ce gouffre qui m’op­pose à toi ( ce rêve en moi de croire tout pos­sible ou d’en­vi­sa­ger pos­sible quelque chose que je n’ai encore jamais expé­ri­men­té moi-même, tout cela pour dire de n’y voir là aucune confron­ta­tion dans cet emploi du verbe ‘oppo­ser’) sur cette ques­tion éner­gé­tique, lol, mais tu es loin de m’a­voir convain­cu comme je suis trop pas­sion­né, si je puis dire, par cette réa­li­té quan­tique qui m’ex­plique à la fois l’in­fi­ni­ment petit et les choses de l’es­prit, enfin, qui m’ex­plique, que je crois devi­ner, ‘intui­ti­ver’, tout igno­rant et tout liber­taire que je suis. J’y revien­drais à l’oc­ca­sion et grand mer­ci à toi.

    Idem pour les DVD et les films sur You­tube, ceux accep­tables en tout cas pour une jeune fille de 11 ans et une maman réfrac­taire à tout ce qui est violent ! Quant aux gar­çons (17 et 16), films d’ac­tions en strea­ming et i‑phone que j’es­saie de limi­ter autant que faire se peut, mais ce n’est pas une mince affaire, sur­tout venant de la part d’a­dos qui croyaient que Man­de­la était le pre­mier pré­sident noir amé­ri­cain, oui, oui, j’ai bien dit amé­ri­cain ! mais je suis dur, là, moi qui ai redou­blé par deux fois en 4ème et en seconde !

    La vie est long fleuve tran­quille… semé d’embûches et de découvertes^^

    Réponse
  81. EFFAB

    @82

    EXCELLENT ! ALIX, ce genre de chose qu’on sou­haite sou­vent expri­mer soi-même mais qui n’est pas tou­jours si aisé à for­mu­ler… et savoir sur­tout que d’autres que nous, à la fois sem­blables et dif­fé­rents, pensent les mêmes choses et par­tagent ces mêmes idées… merci.

    En écri­vant ceci, MARIE, je n’a­vais pas encore lu ton mes­sage (@84) 😉

    @86

    😉

    Fina­le­ment, Qui est tolé­ré et ostra­ci­sé le temps d’un ban­quet, bien sou­vent, dans ce petit vil­lage que nous connais­sons bien ? sinon le barde !…

    … ce petit vil­lage que nous croyions bien connaître, non ? et ce drôle de nom d’AS­SU­RAN­CE­TOU­RIX pour atti­fer notre vic­time expia­toire, ou la musique jamais plus et soit-disant édi­fiante que quand elle est détour­née et jouée sur la fré­quence NOMique (440 Hz) et non le 432 Hz plus uni­ver­sel et plus sain d’a­près ce que j’en ai lu ici, un jour (je clique sur un lien au hasard, après avoir cli­qué sur 432, me rap­pe­lant seule­ment de celui-ci, et le site sur lequel je tombe n’est autre que Pla­nète Révé­la­tions, ce forum spi­ri­tuel, conspi­ra­tion­niste, etc., où j’in­ter­viens régu­liè­re­ment depuis plus d’un an et qui m’a ouvert à la réa­li­té conspi­ra­tion­niste, dus­sé-je être à côté de la plaque ou non ! bref, ces hasards qui débouchent si sou­vent sur tant d’autres choses.

    Réponse
  82. nlescan

    Mer­ci J Ste­phane #85,

    Réponse
  83. SOA

    Dédi­cace spé­ciale à Marie & Catherine

    Réponse
  84. Marie

    @Effab

    J’ai déjà enten­du ça il y a quelques années, mais plus au niveau de la dif­fé­rence entre le son d’un disque vinyle et celui d’un CD.

    Qui pour­rait nous le confir­mer, si on ne peut tous le comparer(perso, je n’ai plus de tourne-disque depuis fort long­temps) et l’ex­trait audio du site Pla­nète-reve­la­tion ne fonc­tionne pas…?

    Main­te­nant que j’y pense, je me sou­viens que l’on m’a dit qu’il y avait effec­ti­ve­ment une petite dif­fé­rence de ton dans les notes (je ne sais plus qui..)

    Quand on sait que même le par­fum est deve­nu synthétique…que reste-t-il de vrai…?

    Réponse
  85. Marie

    @SOA

    pas d’huile sur le feu, merci

    Réponse
  86. nlescan

    La dif­fé­rence entre le vinyle et le CD vient du fait que dans le pre­mier cas tu as un signal audio ana­lo­gique donc conti­nu et dans le second un signal numé­rique donc décou­pé en petites tranches, dans le cas du CD la fré­quence des ces tranches est de 44.1khz ce qui rend ce frac­tion­ne­ment indé­ce­lable de manière consciente cepen­dant il a été prou­vé par des tests que cela stresse l’o­reille humaine et pro­voque de la fatigue auditive.

    Pour ce qui est de l’his­toire du La cer­taines per­sonnes pré­tendent que la fré­quence de 440 aurait été choi­sie de manière a rendre le gens plus agres­sifs (en fait his­to­ri­que­ment je crois me rapel­ler que c’est l’Allemagne, peut être nazie, à véri­fier, qui a éta­bli ce stan­dard)… J’ai bien essayé d’ac­cor­der mon syn­thé à plu­sieurs stan­dars conseillés et pré­ten­du­ment meilleurs, fran­che­ment j’ai pas trop vu la super dif…J’en ai par­lé a pas mal de zicos et la conclu­sion majo­ri­taire c’est que ce sont des fou­taises et que ça change pas grand chose…Généralement les mecs qui s’ac­cordent sur des La anciens ou far­fe­lus sont les mêmes qui qui te pro­posent un thé aux orties quand t’as la chiasse…

    Je n’ai pas d’a­vis défi­ni­tif mais je suis assez scep­tique sur cette his­toire de La meilleur qu’un autre.

    Réponse
  87. Marie

    @Nlescan

    rien ne vaut un concert en direct 😉

    Et puis notre oreille…?

    Mais main­te­nant que j’y pense…j’ai eu cette dif­fi­cul­té, peut-être à cause du fait que je pra­tique moins le chant qu’a­vant, de chan­ter juste, peut-être la voix change-t-elle aussi…

    Ou serait-ce nos habi­tudes quant à nos goûts musi­caux ? J’ai­mais beau­coup le rythme de Rihan­na, ini­tiée par ma nièce et lorsque je dan­sais des­sus, j’a­vais l’im­pres­sion de me déboî­ter la colonne (alors que je danse sans pro­blèmes sur d’autres modernes) Du coup j’en suis reve­nue à mes clas­siques intemporels

    Réponse
  88. nlescan
  89. EFFAB

    @1

    @8,16,56

    2 180 com­men­taires pour 861 282 vues (9 274 pour – 203 contre) ! 4ème jour en ligne…

    … to be continued

    Un ami com­mun a quatre de ses mes­sages (réponses directes) en tête du Top des com­men­taires ; je ne suis pas très fami­lier de You­tube, quel­qu’un peut-il me dire pour­quoi alors que plein d’autres mes­sages plus récents ont été pos­tés bien après ceux-ci ou est-ce là un choix édi­to­rial, si je puis dire, du pos­teur de cette vidéo ?

    Réponse
  90. EFFAB

    @81

    NON, NON, CE N’ETAIT APPAREMMENT PAS UNE MISE EN SCÈNE !!… OU COMMENT ACHETER LE SILENCE OU LA SOUMISSION DE PARLEMENTAIRES TROP HEUREUX DE GAGNER LEUR CROUTE À SI peu DE FRAIS^^

    On com­mence à avoir pas mal de choses pour battre en brèche les futures élec­tions euro­péennes ! et laver l’af­front du 29/5/05…

    Réponse
  91. EFFAB

    Ce petit rap­pel, ce JOYAU conspirationniste…

    … regar­dez bien ces applau­dis­se­ments inopi­nés, ces atti­tudes et ce micro, à la fin, qu’on éteint… mais tout est dit et cela va se savoir, et ce qu’il a annon­cé est bien la vic­toire des peuples et des indi­vi­dus sur cette bureau­cra­tie sour­noise et tota­li­taire, mer­ci Mis­ter FARAGE !

    Nigel FARAGE – MEP (UKIP)
    Pre­sident of the EFD Group

    Réponse
  92. Sam

    @ Alix (82),

    je res­sens qu’il y a du vrai dans ce pro­pos, du moins l’in­ten­tion me paraît très juste, mais quitte à fâcher, je crois qu’une par­tie des maux que tu vises ou que tu crois iden­ti­fier usurpent en quelque sorte la place d’autres qui devraient plu­tôt être pointés.

    1. Pour com­men­cer, cette remarque : com­ment expliques-tu cette série de grand contrastes réels ou appa­rents avec ton constat, du fait qu’une immense par­tie de la popu­la­tion semble :

    a) véné­rer la fri­vo­li­té et se mon­trer fier de ne jamais rien lire de sérieux. Alors que tu écris : « Il est dif­fi­cile aujourd’­hui d’ac­cor­der du cré­dit aux dires d’une per­sonne, si celle-ci n’ap­porte pas de preuve ni d’ar­gu­ment à ce qu’elle raconte » ;

    b) ado­rer le débal­lage et la vision d’é­mo­tions extrêmes, y com­pris, je crois, sur le ver­sant psy ou pleur­ni­chard sinon sur celui de la ten­dresse qui ne se « démontre » pas ;

    c) se sen­tir auto­ri­sés – voire même éga­le­ment obli­gés, sou­vent – à avoir une opi­nion sur tout même quand il est évident qu’ils ne savent rien ou presque. Ce qui ne me semble pou­voir témoi­gner que d’un mépris impor­tant pour l’ar­gu­men­ta­tion et la fouille poin­tues, ou bien, et si ton constat s’ap­pli­quait éga­le­ment aux même per­sonnes, d’une mau­vaise foi impres­sion­nante et assu­ré­ment pas discrète.

    Je ne dis pas que ces contrastes te donnent glo­ba­le­ment tort, mais tu admet­tras peut-être que ça sou­lève pas mal de questions.

    À pre­mière vue, je me demande si tu ne prends pas ce qui est bien plus sou­vent une sorte de besoin de débal­ler sa « science », voire aus­si volon­tiers sa vie, ses paillettes et ses merdes, plu­tôt que l’exi­gence d’ex­pli­ca­tions ration­nelles de la part des autres (fran­che­ment, on t’a sou­vent don­né l’im­pres­sion d’at­tendre ton enseignement ?).

    Autre sug­ges­tion. J’é­cou­tais hier un docu­men­taire qui s’ap­pelle Main basse sur la mémoire et un pas­sage d’in­ter­view de Paul Ricoeur m’est reve­nu en tête quand j’ai lu ton mes­sage. Si j’in­ter­prète, il émet l’hy­po­thèse que cer­taine com­pul­sion col­lec­tive à col­lec­tion­ner des objets sup­po­sés garan­tir le sou­ve­nir (ici des lois mémo­rielles, je pré­cise) pour­rait s’ex­pli­quer sim­ple­ment par le fait que notre socié­té est deve­nue une socié­té d’ou­bli parce qu’elle est enva­hie par la tech­no­lo­gie : quand son fri­go ne marche plus, on le jette et sur­tout on l’ou­blie. En géné­ra­li­sant encore un peu plus, on peut se deman­der si ce que tu déplores, cette « orgie ana­ly­tique », tout comme, d’ailleurs, cette pro­fu­sion d’é­mo­tions fil­mées et scé­na­ri­sées (voyez comme les ados, puis les plus vieux, aux States puis chez nous, se mettent de plus en plus en scène dans leurs mimiques alors qu’ils parlent à des per­sonnes sup­po­sées être des amis), et d’autres de ces ges­ti­cu­la­tions haras­santes ou déses­pé­rantes, ne viennent pas sur­tout pour rem­plir ce vide crois­sant que nous vaut le déra­ci­ne­ment lié à cette « socié­té » qui ato­mise tout (y com­pris d’ailleurs au sens du décorticage) ?

    En d’autres termes, ne penses-tu pas que ce débal­lage inces­sant de « sem­blant de sens », de marques de « recherches uti­li­ta­ristes » et « scé­na­ri­sées » de sens viennent logi­que­ment de la perte crois­sante de sens que subissent les gens, liée glo­ba­le­ment à un déra­ci­ne­ment, à une bri­sure d’a­vec cha­cun des élé­ments qui font une famille, un tra­vail, un monde, bref, une vie d’humain ?

    On retrou­ve­ra fina­le­ment cette idée de spec­tacle avi­lis­sant – envers du décors d’un déra­ci­ne­ment dans mon second volet d’explications.

    2. Quand on emploie la for­mule de « règne des experts » – chose qu’on fait d’ailleurs de manière enten­due, ce qui est mal­heu­reux, je le crains -, on tend assez logi­que­ment à expri­mer l’i­dée selon laquelle le pro­blème c’est la science, la démarche scien­ti­fique, l’es­prit du cher­cheur, etc. Or le pro­blème serait presque l’in­verse : en réa­li­té (c’est du moins ma convic­tion fon­dée), le fait que nous subis­sions le « règne des experts » tra­duit avant tout le fait que la science est pros­ti­tuée, donc dévoyée. Ce règne des experts n’est autre que l’une des mani­fes­ta­tions d’une logique tech­no­cra­tique qui enva­hit tout au pré­sent. Oui, l’un des mul­tiples pro­blèmes que ça pause (peut-être pas des moindres, effec­ti­ve­ment) est cet espèce de désen­chan­te­ment qu’elle sème, par­mi d’autres effets de déshu­ma­ni­sa­tion qu’on res­sent intui­ti­ve­ment. Mais accu­ser la science, je crois que c’est se plan­ter de cible.

    Il y a déjà une chose qu’on devrait pou­voir com­prendre : la véri­table science n’est rien d’autre que l’une des formes de la recherche de la véri­té. Or il est bien évident qu’une telle démarche n’est pas à vendre (pour la même rai­son elle n’est pas ven­deuse). La pros­ti­tuer c’est la tuer et se parer de sa four­rure. Mais jus­te­ment, quand « la science », en tant qu’ins­ti­tu­tion et per­son­nel sup­po­sé­ment à sa dis­po­si­tion, est sol­li­ci­tée mas­si­ve­ment pour faire du conseil dans les sphères poli­tique et éco­no­mique, au jour le jour et pour je ne sais quels plans d’ur­gence ou quin­quen­nal qui natu­rel­le­ment s’en­chaînent, ne serait-ce que parce qu’elle est incom­pa­tible avec des contraintes de pro­duc­tion indus­trielle, il est inévi­table qu’elle se pros­ti­tue et donc qu’elle se dévoie. Déjà, se pose le pro­blème de la hié­rar­chie dans l’u­ni­vers scien­ti­fique, du moins quand elle est para­chu­tée – je rap­pelle que durant très long­temps et jus­qu’il y a peu, l’au­to­ri­té scien­ti­fique ne venait pas d’un titre quel­conque, on était scien­ti­fique parce qu’on cher­chait. Puisque la science n’est pas à vendre, elle ne tra­vaille pas sur com­mande, du moins pas lorsque la com­mande est extérieure.

    De manière plus géné­rale, je dirais (comme Michéa et Lor­don l’ont cha­cun sug­gé­ré à leur manière ces der­nières années) qu’un cher­cheur for­cé à pro­duire à la chaîne ne peut que pondre beau­coup et de plus en plus de merdes. La bonne intui­tion ne se com­mande pas, le pas­sage régu­lier, inévi­table et même sal­va­teur, par l’er­reur, fait tache pour la pro­duc­ti­vi­té, etc.

    J’ai peut-être l’air de dire une évi­dence pour cer­tains mais je suis assez sûr qu’on ne mesure pas l’in­ten­si­té du dan­ger. Encore une fois, cette voie de cor­rup­tion est sen­sible car elle opère méca­ni­que­ment : on ne peut pas en même temps répondre à une com­mande et cher­cher la véri­té, point. Il ne faut donc pas du tout s’é­ton­ner que, dès lors que le cré­neau scien­ti­fique est ins­tru­men­ta­li­sé un peu mas­si­ve­ment, ça devienne le délire néo­li­bé­ral des experts du FMI – les théo­ries libé­rales, archaïques et pos­tu­lant l’hu­main comme un robot et ayant besoin de négli­ger le temps de leur modèles… (cf. Sapir), étaient pour­tant com­plè­te­ment dis­cré­di­tées aca­dé­mi­que­ment comme poli­ti­que­ment quelques décen­nies plus tôt – ou le lâchage com­plet d’un GIEC où vrai­ment le ridi­cule ne dérange pas. Mais ces gens peuvent être rela­ti­ve­ment com­pé­tents et bien diplô­més à la base, donc ils gardent en même temps le titre de l’autorité.

    Ce n’é­taient certes pro­ba­ble­ment pas de véri­table poin­tures du point de vue scien­ti­fique… vu qu’ils ont été près à tra­hir leur « aus­tère » voca­tion, leur hon­neur pro­fes­sion­nel (et de quel pro­fes­sion !) pour le pres­tige, le pognon et/ou le pou­voir. Au pas­sage, on devrait per­ce­voir de ce point de vue que non, la science n’est pas un uni­vers froid qui tue les émo­tions, tan­dis que faire le tapin, tra­hir, men­tir, ser­vir de basses besognes et devoir por­ter ça, si.

    Autre chose. Quand tu parles d’une « ratio­na­li­sa­tion qui découle en pre­mier lieu du rai­son­ne­ment scien­ti­fique pous­sé à son extrême, qui vise à tout démon­trer, tout prou­ver, tout expli­quer (…) », une autre erreur que tu me parais com­mettre est de ne pas voir que, tou­jours pour la même rai­son de base, la science ne se pra­tique pas au milieu de la foule, à dix mille, en mode édu­ca­tion popu­laire dirais-je presque, mais dans le silence, dans l’ombre d’un aus­tère labo­ra­toire ou sur le ter­rain d’é­tude, loin des yeux de la foule, et que là encore, contrai­re­ment à l’a prio­ri qu’on en a, c’est pré­ci­sé­ment parce qu’elle est pros­ti­tuée et donc usur­pée qu’on pro­meut et qu’on pro­page (qu’on soi-disant « démo­cra­tise ») cet état d’es­prit « uti­le­ment ana­ly­tique » qui est en fait celui d’un sys­tème tota­li­taire, tech­ni­cien et/ou mar­chand, état d’es­prit de mar­chand de tapis ou d’ar­ra­cheur de couilles, sans doute, qui singe évi­dem­ment ce que peut-être la démarche scien­ti­fique… vue d’un non scientifique.

    Ain­si, on peut dire, comme tu le dis de cer­tains sen­ti­ments, que la vraie science – la seule qui soit science – ne se « démontre » pas, au sens où ce tra­vail ne peut se faire loin des yeux, ne peut se conci­lier avec le tumulte pas plus qu’a­vec bien d’autres choses de la vie quotidienne.

    Par ailleurs, et sans doute en par­tie pour la même rai­son, quand le petit ou le grand génie d’an­tan ou d’au­jourd’­hui tra­vaillent, loin des sun­lights et abso­lu­ment pas assu­rés de dégo­ter le suc­cès un jour, je te garan­tis qu’eux ne subissent pas du tout ce désen­chan­te­ment que tu décris, et tu sembles croire, comme bien d’autres, qu’il pro­vient, disons-le, de la connais­sance. Pré­ju­gé de non-scien­ti­fique, je crois.

    Par contre, il est clair que la logique tech­ni­cienne, froide, aveugle, impu­dique, haras­sante, moche, méchante, elle, elle nous a enva­his jus­qu’au fond du slip.

    Quant aux experts que le grand public voit se faire accueillir sur les pla­teaux, il suf­fit de voir que ceux qui nous fatiguent sont géné­ra­le­ment ceux qui ont à l’é­vi­dence quelque chose à vendre.

    Une fois qu’on a repo­sé cette dis­tinc­tion, ça donne pas mal à réflé­chir, en par­ti­cu­lier à de cer­tains élans du cœur effleu­rant la cri­tique de la « rationalisation ».

    Je ferais d’ailleurs remar­quer, pour finir, que ce terme – en tous cas dans le contexte pré­sent – émane de l’u­ni­vers du mana­ge­ment, voire peut-être de cer­taines sciences nais­santes et donc pas très cadrées, bref, pas encore très scien­ti­fiques, telles que la socio­lo­gie ou l’é­co­no­mie dans leurs bal­bu­tie­ments, elle ne pro­vient pas du domaine de la recherche scien­ti­fique, non pas même de l’ingénierie – au sens où on l’en­ten­dait avant que cette sale­té de mana­ge­ment, envoyée par l’ac­tion­na­riat invi­sible orga­ni­sé et pré­da­teur enva­hisse tout.

    On peut même pour­suivre un peu sur ce ter­rain de merde : la ratio­na­li­sa­tion, en défi­ni­tive, ça vise à tout décou­per en mor­ceaux dans l’en­tre­prise, au début juste les choses sur le papier pour soi-disant ana­ly­ser et amé­lio­rer, mais ensuite, tou­jours, ça découpe les entre­prises puis les ser­vices, etc pour de bon et ce pour une rai­son évi­dente : si tu es le client, ou l’ac­tion­naire, puisque tu as tous les droits, tu contrac­tua­lises tout et après tu t’en laves les mains : à tout niveau ils sont enga­gés, obli­gés, et pour y arri­ver, peu importe ils se démer­de­ront, on veut pas le savoir. Une morale inté­res­sante de cette logique désas­treuse est que la ratio­na­li­sa­tion, au motif de cher­cher à com­prendre, consiste en fait à ne sur­tout pas cher­cher à com­prendre… Tu com­mences à me voir venir ?

    Réponse
  93. Sam

    Faut-il le pré­ci­ser : je n’é­cri­rais jus­te­ment pas ça si je ne croyais pas en le bon sens popu­laire. Mais pour résu­mer ce que je viens de décrire, il y a que, dans les régimes tota­li­taires, le bon sens popu­laire se perd parce qu’on embarque les masses dans des délires dont le pseu­do pré­texte est tou­jours une fausse science, jus­te­ment — comme la décence ordi­naire se perd du fait que les gens sont vir­tuel­le­ment pro­pul­sés dans des uni­vers cyniques où leurs ins­tincts de gens ordi­naires ne comptent pas — pen­dant que la science, du moins la « science visible », se cor­rompt du fait même qu’elle se pros­ti­tue en étant ins­tru­men­ta­li­sée et mise en scène.

    Réponse
  94. Marie

    petite illus­tra­tion sur la rationalisation;-)

    Réponse
  95. Alix

    1 a) Je par­lais de l’expérience que cha­cun fait de sa propre vie. Et du témoi­gnage qu’il peut en appor­ter, qui n’a aucune valeur à l’heure actuelle face à la ges­tion des experts et des connais­seurs de ceci ou de cela. Or, la souf­france est bien là, et elle n’est pas recon­nue. Sinon, je ne suis pas sûr qu’une grande par­tie des gens aime la fri­vo­li­té et se targue de ne jamais rien lire de sérieux. Je vois au contraire des gens qui cherchent à apprendre et à savoir, mais ce n’est que mon point de vue.

    b) Concer­nant le débal­lage émo­tion­nel, c’est la télé­vi­sion qui le fait (voire les médias). Y a du bon comme du mau­vais dans l’homme, et la télé­vi­sion cap­tive par le voyeu­risme. D’ailleurs, on peut voir que la télé­vi­sion n’agit pas que comme dic­tat de la pen­sée, mais aus­si comme dic­tat émo­tion­nel, en pré­sen­tant plu­sieurs fois des scènes qui portent à vivre et à réagir de telle ou telle façon, selon ce que font les pro­ta­go­nistes à l’écran. De cette manière, les médias éloignent les gens, par bour­rage de crâne, de leur propre res­sen­ti et de leurs propres réac­tions, de leur authenticité.

    c) Savoir ça veut dire quoi ? A titre per­son­nel, j’ai pour­sui­vi cette quête du savoir, pour me rendre compte qu’en fait, je ne fai­sais qu’aller d’opinion en opi­nion et que c’était sans fin, dans la mesure où aucune conclu­sion n’est jamais pérenne. Je suis donc reve­nu vers l’authenticité.

    Et oui, tout cela sus­cite beau­coup de ques­tions, et oui, je pré­fère encore des gens qui déballent leur merde comme tu dis, que des gens qui essaient d’expliquer ration­nel­le­ment une vie qui ne l’est pas.

    Sinon, non, on ne m’a pas don­né sou­vent l’impression d’attendre mon ensei­gne­ment, et tant mieux, parce que je ne me sens pas la res­pon­sa­bi­li­té d’inculquer quoi que ce soit.

    A pro­pos du pas­sage sur Paul Ricoeur : je ne déplore pas une orgie ana­ly­tique, mais tout sim­ple­ment la pré­do­mi­nance d’une manière de conce­voir la vie sur les autres. Sinon il y a clai­re­ment un vide oui, mais je le situe­rais plus au niveau d’une consé­quence d’une vision maté­ria­liste du monde, ce qui rejoint, en par­tie, l’importance que les objets ont effec­ti­ve­ment pris dans la vie des gens. Sinon, d’un point de vue psy­chia­trique, oui, les col­lec­tions sont là pour com­bler un manque affec­tif. Et enfin sur l’oubli : curieux de prendre pour en par­ler l’exemple d’un fri­go, et donc d’un objet, mais oui le tout consom­mable, éga­le­ment appli­qué aux rela­tions, a cau­sé des dégâts. Il peut y avoir plein d’autres causes de cet l’oubli, comme par exemple la mémoire qui ne se trans­met plus, et donc ne s’entretient plus, de géné­ra­tion en géné­ra­tion, ou encore le tra­vail et la fatigue, le manque de temps pour appro­fon­dir et par­ta­ger, et enfin, ce bom­bar­de­ment d’informations que nous subis­sons tous les jours, le cer­veau ne suit pas.

    Les per­sonnes aux mimiques dont tu parles essaient toute bon­ne­ment d’exister. Alors elles ges­ti­culent oui, et je ne vois pas com­ment il pour­rait en être autre­ment, dans une socié­té qui prive autant les gens de ce qu’ils sont. Si tu regardes, il faut mettre un masque, par­tout, en per­ma­nence, dès qu’il y a inter­ac­tion avec le monde exté­rieur (tra­vail, admi­nis­tra­tion, rela­tions pro­fes­sion­nelles…). Alors comme tu dis oui, ça rem­plit le vide, le vide crée par le déra­ci­ne­ment et la bri­sure d’avec la famille, le tra­vail et le monde…

    2. Tout à fait d’accord avec toi sur la science aujourd’hui dévoyée. De mon point de vue éga­le­ment, la science cherche à décou­vrir, et c’est aller contre son but ini­tial que de s’en ser­vir pour dic­ter une réa­li­té. C’est ce que je déplore aujourd’hui par le règne des experts. Main­te­nant, la démarche scien­ti­fique a tout de même conta­mi­née les autres dis­ci­plines, et c’est bien là le pro­blème. Tu le res­sens peut-être moins si la science pré­ci­sé­ment t’attire, mais lorsqu’on aime les « sciences humaines », ou même les arts, on trouve pour le moins curieux de devoir y appli­quer la logique ration­nelle à tout bout de champ pour leur étude. Ce qui m’embête éga­le­ment, j’en avais déjà un peu par­lé ici, c’est qu’au nom de la science aujourd’hui on fait dire tout et n’importe quoi. On fera par exemple dire que l’homme est com­pé­ti­tif, parce que c’est dans ses gênes. Et pour contrer cet argu­ment, qu’est-ce qu’il me reste exac­te­ment, à part de dire que non, moi, je ne me sens pas par­ti­cu­liè­re­ment compétitif ?
    La science est en fait trop uti­li­sée comme un argu­ment d’autorité. Et comme per­sonne ne dis­pose de labo chez soi, ni du temps et de l’argent pour mener les expé­riences, on est coin­cé sur la contre-argu­men­ta­tion. J’irais même plus loin, en disant que ce sys­tème se sert de la science comme assise pour jus­ti­fier ce qu’il est, mais c’est a prio­ri ta conclu­sion aussi.

    Que des cher­cheurs for­cés de pro­duire à la chaîne sortent de nom­breuses merdes, je n’en doute pas un seul ins­tant. Et je suis tout à fait d’accord avec toi sur le pro­blème de la com­mande. En revanche, je main­tiens que la recherche de l’objectivité implique de mettre de côté ses émo­tions pour l’analyse. Sinon, je lis le reste de ton mes­sage, et me rends compte qu’en fait nous sommes d’accord. La seule dif­fé­rence me semble se situer dans notre façon d’appréhender la réa­li­té qui nous entoure.

    Réponse
  96. Alix

    Mince, j’ai oublié de pré­ci­ser que je répon­dais à Sam 🙂

    Réponse
  97. Alix

    @ 104, Sam (cette fois-ci j’ou­blie pas).
    Oui, entiè­re­ment d’ac­cord sur ta remarque.

    Il me semble que la science se perd lors­qu’elle arrive entre les mains d’un petit mono­pole aus­si, lors­qu’il n’y a plus assez de per­sonnes pour remettre en cause les résul­tats, concrè­te­ment : plus assez d’ap­proches et de points de vue dif­fé­rents pour ouvrir le champ des pos­sibles et la faire progresser.

    Réponse
  98. Marie

    @Alix

    Je pense aus­si que l’on sous-estime jus­qu’à quel point la télé peut avoir de pro­fon­dém­ment déra­ci­nant de nous-même, si je puis le dire ainsi.

    Réponse
  99. Sam

    @ Alix,

    je ne peux assu­ré­ment pas me mettre à la place des autres, mais je ne peux pas non plus m’empêcher de m’y effor­cer… : ten­ter de com­prendre les autres, c’est même pro­ba­ble­ment le pre­mier mobile qui a gui­dé mes « recherches » – ma quête de sens, comme on dit.

    Je ne peux assu­ré­ment pas me mettre à la place de tout un cha­cun, ne serait-ce que parce que je consi­dère que la vie, tumul­tueuse, décou­sue et par­fois dra­ma­tique de ma propre famille a vou­lu que j’aie été assez tôt et assez for­te­ment déra­ci­né sur cer­tains plans. Après tout, cha­cun peut peut-être en dire autant d’un cer­tain point de vue, mais peu importe, cette vision fait en quelque sorte par­tie de moi. En tous cas, cela m’in­ter­di­rait-il de cher­cher à recon­naître la voie de l’au­then­ti­ci­té ? Le plus impor­tant n’est-il pas de com­men­cer par accep­ter les constats qu’on fait, sur soi-même pour commencer ?

    Ain­si j’ai cette sorte de « pré­ten­tion » de croire, depuis pas mal d’an­nées, que ma manie de réflé­chir sur les ins­ti­tu­tions, par exemple, me vient du sen­ti­ment, très tôt res­sen­ti en ce qui me concerne, que le pou­voir, l’au­to­ri­té, peut abu­ser cou­ram­ment, faire par­fois n’im­porte quoi et qu’il est rare­ment empê­ché dans ses conne­ries… Mais on ne condamne pas ses proches, on ne peut que sou­hai­ter que çà s’ar­range, pour eux d’a­bord, puis peu à peu s’ef­for­cer de les comprendre.

    Du reste, que je sois ani­mé par des mobiles intimes et en ce sens égoïstes ne change rien ni à la néces­si­té d’une lutte contre les abus de pou­voirs ni à mon droit de m’en mêler… Je consi­dère, par contre, que je ris­que­rais fort de tom­ber dans l’i­nau­then­tique – et donc de des­ser­vir ce com­bat comme moi-même – si j’en venais à oublier d’où me vient ce pen­chant. En retour, je l’ad­mets volon­tiers, il m’ar­rive assez régu­liè­re­ment de cher­cher, sans « juger » (au sens de l’éventualité que cela mène à une condam­na­tion sans appel), à com­prendre les mobiles intimes de ceux qui s’a­gitent dans le grand bain de la poli­tique pro­fes­sion­nelle (je n’ai pas cette manie en tous domaines…)

    Quand on est soi-même de toutes manières ani­mé par la manie de cher­cher, je ne sais si on peut vrai­ment pas­ser ain­si d’un stade où l’on en vient à pas­ser d’une opi­nion à une autre, à un autre stade où l’on ne fait plus que recher­cher l’au­then­ti­ci­té, comme si le second stade état à l’a­bri de toute opi­nion et du fait que toute opi­nion peut chan­ger. Je ne vois pour ma part qu’un même stade où l’on on apprend sur­tout à accep­ter ses erreurs… car il n’y a guère que çà à faire. On essaye d’ap­prendre à se connaître soi-même, et à accep­ter en par­ti­cu­lier de recon­naître les mobiles intimes qui nous font agir plu­tôt d’une cer­taine manière même si nous vou­drions qu’il en soit autre­ment. En tous cas, en ce qui me concerne, je ne peux que rap­pro­cher le « connais-toi toi-même » de l’i­dée d’une recherche d’au­then­ti­ci­té… tout en étant bien for­cé de pen­ser que le même pré­cepte sup­pose de recon­naître ses propres manies, en par­ti­cu­lier celle d’une recherche de sens et d’une action contre l’in­jus­tice, par exemple, qui a pu vous mener de décou­verte en décou­verte et d’o­pi­nion en opinion.

    Ces débal­lages étant faits.. tu com­pren­dras pro­ba­ble­ment que je suis mal pla­cé pour oppo­ser a prio­ri la pro­pen­sion à « débal­ler ses merdes » et celle à « expli­quer ration­nel­le­ment une vie qui ne l’est pas ». Cela revien­drait quelque part à renier ce que je per­çois comme mon propre droit à l’au­then­ti­ci­té… ou bien à me lais­ser enva­hir par des a prio­ri et des juge­ments, sup­po­sé­ment valables pour tous, mais dont je sais trop qu’ils sont ame­nés à chan­ger un jour ou l’autre, au sujet de ce qui est ou non de la merde et de ce qui est ou non authentique.

    Mais comme tout le monde, je sup­pose, je suis lar­ge­ment gui­dé par mes sen­ti­ments. Du coup, je tends sans doute sou­vent à faire la la dis­tinc­tion, la seule que je puisse faire de ce côté là, qui ne peut guère concer­ner que concer­ner le res­sen­ti que j’ai des inten­tions de l’autre : quand il ana­lyse ceci ou cela (quoi que ce soit, d’ailleurs, et peu importe à la rigueur la « quan­ti­té »), tout comme lors­qu’il ne le fais pas, d’ailleurs, quand il me paraît plus ou moins osten­ta­toire, démons­tra­tif, sen­ten­cieux, ou au contraire dis­cret, ren­fer­mé, « sui­veur », « com­pul­si­ve­ment neutre », est-ce que çà me paraît authen­tique ? Il se mouille, ou pas, soit, mais est-ce qu’il y met du sien, est-ce plu­tôt du spec­tacle, une rete­nue que je trouve sur­tout cal­cu­lée, sim­ple­ment de la décence ? …

    … Mais çà, c’est ce que je me dis à pré­sent qu’on en cause… Car çà, fort heu­reu­se­ment, çà n’est très géné­ra­le­ment pas une réflexion consciente, juste du ressenti.

    Faut-il éga­le­ment pré­ci­ser que c’est à des­sin que je tente d’ex­pli­ci­ter ces choses, jus­te­ment parce que je ne par­tage pas du tout cette idée, qui semble s’ex­pri­mer dans ton mes­sage, selon laquelle il y aurait d’un côté la froi­deur du cal­cul et de l’autre les émo­tions, et qu’il y aurait à choi­sir entre ces deux pen­chants, voire à éva­cuer le pre­mier comme mau­vais et ne gar­der que le second pour être un homme… Mais un homme, c’est « par « nature » les deux la fois. Un humain qui s’ap­proche du robot, c’est assu­ré­ment abo­mi­nable, mais il y a une autre véri­té qu’il faut bien assu­mer : un humain qui ne serait plus déna­tu­ré ne serait plus un humain mais une bête.

    J’i­rais plus loin encore : la pire forme de tyran­nie qui puisse se conce­voir, le tota­li­ta­risme, ne peut qu’en­tre­te­nir une cer­taine illu­sion de démo­cra­tie consis­tant en une grand messe per­ma­nente où la figure cha­ris­ma­tique du chef baigne dans une foule de gens débor­dant d’é­mo­tions (évi­dem­ment très spon­ta­nées au fond) et libé­rés de la manie de pen­ser par eux-mêmes… Car, comme je le sug­gé­rais pré­cé­dem­ment, le pen­dant d’un tel sys­tème qui pense à votre place en vous écra­sant d’a­na­lyses, c’est ce flot tou­jours plus impu­dique d’é­mo­tions débal­lées à la pelle, qu’on est natu­rel­le­ment prié de consi­dé­rer comme spon­ta­nées. Et c’est bien la pre­mière rai­son pour laquelle cer­tains gui­gnols (beau­coup) entre­tiennent une très dan­ge­reuse confu­sion entre la démo­cra­tie et ce qui n’est autre que le régime tota­li­taire. Rai­son pour laquelle je n’ai pas envie de res­ter silen­cieux quand je sens qu’on approche cer­tain à peu près.

    Basi­que­ment, il y a que les gens ont plus ou moins le besoin ou l’en­vie d’ex­pri­mer ce qu’ils pensent. Et ce qu’ils pensent, en par­ti­cu­lier sur un blog comme celui-ci mais même de manière géné­rale, ne peut évi­dem­ment pas se réduire à une arti­cu­la­tion d’é­mo­tions, des émo­tions d’ailleurs essen­tiel­le­ment inexprimables.

    Réponse
  100. EFFAB

    J’irais même plus loin, en disant que ce sys­tème se sert de la science comme assise pour jus­ti­fier ce qu’il est, mais c’est a prio­ri ta conclu­sion aus­si. (@106 – ALIX)

    Comme j’ai trou­vé, moi, le post @82 d’A­LIX si évident et si expli­cite que je me suis posé la ques­tion du bien-fon­dé et du sens au juste du @103 ! Certes, nous sommes bien là pour par­ta­ger toutes ces nuances et ces dif­fé­rentes et pos­sibles approches mais des fois je me demande si nous sommes pas là à trop cher­cher la petite bête… ou résume-moi, SAM, ce long déve­lop­pe­ment, me mon­trant sinon ce que je n’ai pas si bien compris.

    Réponse
  101. Alix

    @ Sam,

    Une ques­tion m’est venue ce matin, en repen­sant à ton message :

    Un rai­son­ne­ment « non scien­ti­fique », c’est quoi ?

    Réponse
  102. Sam

    @ Effab (112),

    quitte à choi­sir, le résu­mé c’est le 104 et l’a­vant der­nier para­graphe du 111. Si çà ne suf­fit pas à expli­quer pour­quoi je ne contente pas d’ap­plau­dir face à ce qui n’est rien d’autre que l’ex­pres­sion de bon sen­ti­ments selon de bonnes inten­tions, je ne peux guère être plus clair. Sinon déso­lé de per­tur­ber de gen­tils ébats.

    Il s’a­gis­sait en par­ti­cu­lier de faire remar­quer à qui ne l’au­rait pas com­pris, quitte à fâcher (et pas que des « pleu­reuses »), que même le coup de la sen­si­bi­li­té et de l’é­mo­tion­nel qui seraient écra­sés par la manie ana­ly­tique (des vilains idéo­logues, car ceux qui expriment l’i­déo­lo­gie qui dominent de manière écra­sante, çà devrait être bien connu, ne donnent pas l’im­pres­sion d’en être) s’est déjà révé­lée être un ins­tru­ment des régimes les plus abjects, pas du tout le moindre de ses ins­tru­ments, et que rien ne me pousse à croire que cette triste véri­té ne concerne que le pas­sé, bien au contraire.

    Mais cela for­ce­rait presque à pas­ser pour ce qu’on n’est pas… Faut-il encore sug­gé­rer que ce que l’on pense (ou ce qu’on croit) peut dif­fé­rer, s’a­dap­ter, se nuan­cer, se mettre dif­fé­rem­ment en pers­pec­tive, selon qu’on est ou bien dans sa petite infi­mi­té per­son­nelle, ami­cale, ou fami­liale, selon qu’on soit dans son rôle de parent ou de conjoint, au tra­vail ou à la plage, selon qu’on se pro­jette dans un idéal ou bien qu’on consi­dère la situa­tion actuelle, aus­si com­pli­quée (et mer­dique) que réelle, qu’on qua­li­fie de poli­tique ? Allons‑y gaie­ment même : vous semble-t-il qu’à ce genre d’oc­ca­sions, par exemple, le téles­co­page assez bru­tal entre vie pri­vée et vie publique soit sans for­cé­ment tou­jours sans mau­vaise consé­quence ? Pour ma part, en tous cas, je peux dif­fi­ci­le­ment faire abs­trac­tion ne serait-ce que de la manière dont les acteurs poli­tiques plus cou­ram­ment iden­ti­fiés comme tels jouent avec la psy­cho­lo­gie et tendent d’ailleurs plus volon­tiers à se mon­trer d’au­tant plus « natu­rels », « pri­mi­tifs » et « naïfs » quand leur rôle de marion­nettes saute le plus aux yeux.

    A part çà, et même si je suis sans doute lar­ge­ment d’ac­cord avec d’autres, je crois aus­si pou­voir dire qu’il est tou­jours plus confor­table de déplo­rer une situa­tion vague­ment défi­nie, en embal­lant le tout avec une « démons­tra­tion sen­ti­men­tale », quitte à sug­gé­rer (même sur un blog comme celui-là) que fina­le­ment tous nos maux viennent du fait qu’on réflé­chit… (la preuve que c’est sédui­sant) que de prendre sur soi, quitte à jouer les rabat-joie – ou les rabat-pleurs -, le fait qu’il faut bien assu­mer, sou­vent, la com­plexi­té et le carac­tère par­fois para­doxal des choses per­çues – et, disais-je, le fait que nos émo­tions et nos illu­sions, eux aus­si, sont fort logi­que­ment, aus­si, les ins­tru­ments du régime qui nous domine.

    Mais tant que j’y suis, il ne s’a­git pas pas seule­ment d’é­mo­tions, réelles ou signées, et de science, digne ou pros­ti­tuée, il s’a­git de res­pon­sa­bi­li­té. Par­don mais je sou­lève la ques­tion : qui d’entre vous s’i­ma­gine n’a­voir à por­ter, en par­ti­cu­lier en tant qu’il écrit ici, de res­pon­sa­bi­li­té poli­tique, au motif qu’il ne gou­verne rien du tout ?

    Ne savez-vous donc pas à quel point même les chefs de l’op­po­si­tion, jus­qu’à loin dans le degré de « gou­ver­ne­men­ta­li­té » des orga­ni­sa­tions concer­nées, se com­plaisent en pen­sant qu’ils ne sont pas res­pon­sables puis­qu’ils ne gou­vernent pas ? Vous croyez qu’un diri­geant d’At­tac, au hasard, se sent res­pon­sable de nous main­te­nir, nous et « nos » colo­ni­sés, esclaves de l’UE, du fait qu’une sous com­mis­sion pro­po­sait de mas­si­fier les « bio­car­bu­rants » il y a encore quelques années, ou qu’un socio­logue mai­son vient de d’ap­pe­ler publi­que­ment à la créa­tion d’un Nurem­berg du climat ?

    N’a­vez-vous pas com­pris que le carac­tère déjà fran­che­ment tota­li­taire de ce régime, pré­sent, se recon­naît en par­ti­cu­lier au fait que c’est un régime de l’ir­res­pon­sa­bi­li­té géné­ra­li­sé ? Jusque tout en haut on a léga­li­sé et légi­ti­mi­té le fait qu’en toutes occa­sion cha­cun pour­ra se dire irres­pon­sable (exemple : on était obli­gés, c’é­tait pour se pré­ve­nir d’une attaque spé­cu­la­tive immi­nente). Mais n’est-il pas évident que le même esprit d’im­mu­ni­té totale – celle qu’on prête à l’ar­tiste ou à l’ac­teur vis-à-vis de la fic­tion qu’il dif­fuse – est for­te­ment ins­til­lé et encou­ra­gé dans le peuple.

    Bref, sans vou­loir être désa­gréable, j’ai un peu pas­sé l’âge de croire qu’il suf­fit de se satis­faire de son sen­ti­ment d’innocence et de taper sur ceux qui s’oc­cupent à agir, chose qui sup­pose évi­dem­ment de se « prendre la tête » à maintes occa­sions, et encore une fois je n’ai pas envie de res­ter silen­cieux quand je trouve que cette facile manière de se lais­ser aller peut final­le­ment légi­ti­mer aus­si bien des choses qui me révulsent que nous faire le plai­sir de nous rap­pe­ler à nos bons sen­ti­ments et à la néces­si­té de res­pec­ter nos instincts.

    Réponse
  103. thierry

    Bon­jour,
    Bizarre que per­sonne n’a réagit au lien envoyé par ano­ny­mous sur http://​www​.theo​rie​-de​-tout​.fr/
    Cette theo­rie est extrê­me­ment inté­res­sante et s’at­tache à com­prendre les cau­sa­li­tés fabri­quées par l’homme pour s’au­to affran­chir de la réa­li­té et de son environnement.
    D’a­près lui cette espèce est vouée à s’au­to détruire par excès de nar­cis­sisme (c’est moi qui ajoute cela)et par son deni per­pe­tuel de la réa­li­té qui l’en­toure, à l’ex­cep­tion de ses sem­blables qui lui servent d’exutoire…
    La cause des causes est à recher­cher dans la nature de l’ho­mo sapiens et de la construc­tion de sa pensée.

    Réponse
  104. thierry

    déso­lé « n’a réagi »

    Réponse
  105. Alix

    J’ai encore oublié un bout de mes­sage… En fait, cette ques­tion m’est venue à la lec­ture de ta phrase : Pré­ju­gé de non-scien­ti­fique, je crois.. Alors du coup je me demande où se situe la dif­fé­rence entre une per­sonne scien­ti­fique et une per­sonne qui ne l’est pas. Et je me demande aus­si si ces deux per­sonnes ne seraient fina­le­ment pas en train de contem­pler le monde à tra­vers une fenêtre. D’où mon éton­ne­ment de la pré­do­mi­nance de la pen­sée ration­nelle sur toutes les autres, et d’où mon éton­ne­ment de lui accor­der plus de valeur (dans le sens de la croire plus apte à cher­cher la véri­té ou à défi­nir le monde).

    @ 111 :

    la pire forme de tyran­nie qui puisse se conce­voir, le tota­li­ta­risme, ne peut qu’en­tre­te­nir une cer­taine illu­sion de démo­cra­tie consis­tant en une grand messe per­ma­nente où la figure cha­ris­ma­tique du chef baigne dans une foule de gens débor­dant d’é­mo­tions (évi­dem­ment très spon­ta­nées au fond) et libé­rés de la manie de pen­ser par eux-mêmes…

    J’a­vais lu dans un ouvrage de psy­chia­trie (de Lobac­zews­ki, déjà cité ici me semble) que les per­sonnes qui résis­taient à ce genre de sys­tème, et donc, qui tiraient la son­nette d’a­larme en pre­mier, étaient celles qui en avaient déjà fait l’ex­pé­rience aupa­ra­vant dans leur vie pri­vée (par des abus, d’ordre psy­cho­lo­giques principalement).

    Pour l’a­voir vécu (et je ne suis a prio­ri par le seul ici) je confirme. Et je ne peux hélas que consta­ter que c’est pré­ci­sé­ment cette expé­rience et cette souf­france qui m’ont valu d’être immu­ni­sé, en quelque sorte, et non pas une façon de pen­ser par moi-même, que je n’ai fina­le­ment déve­lop­pé que par la suite, après répa­ra­tion de l’abus.

    Alors oui, un cha­ris­ma­tique a ten­dance à s’im­mis­cer dans la façon de pen­ser et de res­sen­tir des autres, leur reti­rant ain­si leur capa­ci­té à res­sen­tir et à pen­ser par eux mêmes… Et c’est très dif­fi­cile de les extraire de là-dedans une fois qu’ils y sont… Et pour avoir essayé d’ex­traire à plu­sieurs fois ce genre de per­sonnes de piège iden­tique, je peux dire que l’in­tel­lec­tua­li­sa­tion et l’ex­pli­ca­tion ration­nelle des faits ne sont pas d’un grand secours, en revanche, ce qui est redou­ta­ble­ment effi­cace, c’est d’i­den­ti­fier la souf­france, et de nom­mer un à un les maux qui ont été causés.

    Réponse
  106. Alix

    @ Sam,

    A part çà, et même si je suis sans doute lar­ge­ment d’ac­cord avec d’autres, je crois aus­si pou­voir dire qu’il est tou­jours plus confor­table de déplo­rer une situa­tion vague­ment défi­nie, en embal­lant le tout avec une « démons­tra­tion sen­ti­men­tale », quitte à sug­gé­rer (même sur un blog comme celui-là) que fina­le­ment tous nos maux viennent du fait qu’on réfléchit…

    Non, je pense que tu me prêtes des inten­tions que je n’ai pas. Ce que je veux dire c’est qu’on réflé­chit mal.

    Et puis l’ex­pres­sion des bons sen­ti­ments, pour­quoi cela devrait-il être mau­vais ? Parce que cer­tains en abusent ?
    Mais jus­te­ment, on ne peut pas leur lais­ser ce ter­rain-là non plus. Sinon on res­te­ra au stade de la ges­ti­cu­la­tion, comme tu l’ap­pelles. Et comme meilleur remède contre le men­songe, je vois pré­ci­sé­ment l’au­then­ti­ci­té, qui consiste à dire le mal, à dire cette souf­france que nous subis­sons tous les jours, à mettre en mots, à éva­cuer, à nom­mer pour qu’elle existe, pour qu’elle devienne visible et qu’elle soit reconnue.

    Et éva­cuer des émo­tions par la rai­son, ça me semble qua­si impos­sible, d’où mon inten­tion de poin­ter le doigt là-des­sus, ce qui n’im­plique, en rien, de balan­cer sa rai­son par la fenêtre…

    Réponse
  107. Alix

    @ Sam

    Et ça fait plu­sieurs fois que je retrouve le mot « pleu­reur » quand tu réponds à mes posts.

    Alors autant aller jus­qu’au bout : oui, il m’ar­rive très sou­vent de pleu­rer à cause de ce sys­tème, parce que toute la souf­france qu’il engendre me fait mal. Tout le mal que j’y vois, la per­ver­sion, le men­songe, la cor­rup­tion, tout ce que tu cites en fait, et dont j’a­vais déjà connais­sance, ayant moi aus­si fouillé, ana­ly­sé, lu, com­pa­ré et com­pi­lé aupa­ra­vant, me font mal. Et je n’y vois pas de honte.
    Au contraire, j’en suis très content, parce que ça veut dire pour moi que je suis vivant, que je réagis, que mon coeur réagit et s’ex­prime, et c’est une vic­toire d’a­voir récu­pé­ré cette fonc­tion par rap­port à mon pas­sé, parce que ça veut pré­ci­sé­ment dire que je me suis débar­ras­sé du « ne res­sens pas par toi-même » – « res­sens comme nous », qu’on m’a­vait incul­qué, et que cette socié­té nous inculque également.

    Et puis tu confonds séduc­tion et sincérité.
    Si Effab a réagi par la suite de cette manière, c’est tout sim­ple­ment parce que ça lui a parlé.

    Alors oui, aujourd’­hui, il y a de la mani­pu­la­tion au niveau émo­tion­nel, mais il y en a aus­si au niveau men­tal, parce que c’est très facile de créer une croyance men­tale chez quel­qu’un, il suf­fit de rabâ­cher. Il suf­fit qu’une per­sonne lise dix/quinze fois une idée quelque part pour qu’elle finisse par lui accor­der du cré­dit. Et voi­là son intel­lect éga­le­ment contaminé…
    Alors, qu’est-ce qu’il nous reste, pour faire le tri entre le vrai et le faux ?

    Réponse
  108. Marie

    @Furax
    Excellent le Jean-Pierre Brard, mer­ci à lui !

    Réponse
  109. Alix

    Et der­nière précision :

    Il s’a­gis­sait en par­ti­cu­lier de faire remar­quer à qui ne l’au­rait pas com­pris, quitte à fâcher (et pas que des « pleu­reuses »), que même le coup de la sen­si­bi­li­té et de l’é­mo­tion­nel qui seraient écra­sés par la manie ana­ly­tique (des vilains idéo­logues, car ceux qui expriment l’i­déo­lo­gie qui dominent de manière écra­sante, çà devrait être bien connu, ne donnent pas l’im­pres­sion d’en être) s’est déjà révé­lée être un ins­tru­ment des régimes les plus abjects, pas du tout le moindre de ses ins­tru­ments, et que rien ne me pousse à croire que cette triste véri­té ne concerne que le pas­sé, bien au contraire.

    Oui, on voit d’ailleurs cette méthode res­sur­gir, et pro­vo­quer en vague des adhé­sions au mou­ve­ment new age.
    Mais moi ce que je dis, c’est de rai­son­ner aus­si avec ses sen­ti­ments, c’est tout.

    Réponse
  110. Marie

    @Egffab
    on pour­rait pen­ser ça aus­si de Laurent Louis…
    et même si l’on ne sait pas si ça par­ti­cipe au spec­tacle des pains et des jeux, ça fait quand même du bien, je trouve, mais ce n’est que mon avis, c’est peut-être bien encore pour nous rou­ler dans la farine…? et un peu cal­mer la révo­lu­tion qui bout…?

    Réponse
  111. Marie

    @Effab, par­don pour la faute dans ton nom

    Réponse
  112. EFFAB

    Quel étrange film… et quel impro­bable sujet…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​e​k​n​e​K​r​7​njY

    … je n’en ai vu pour l’ins­tant que les 40èmes minutes… mais je trouve cela très étrange, pas vrai­ment (entiè­re­ment) ce qui pour­rait nous arri­ver, ne serait-ce que ce pré­sident amé­ri­cain appa­rem­ment si hon­nête et intègre, lol…

    … c’est étrange aus­si ce topic qui nous concentre tous ici ces jours

    Réponse
  113. EFFAB

    @129

    Pour­quoi y voir là une faute quand tu n’as fais que citer, hasar­deu­se­ment, incons­ciem­ment peut-être, l’i­ni­tiale de mon patronyme^^

    Réponse
  114. Marie
  115. Marie

    Per­so, ce que j’en crois, c’est que la science n’a pas de cer­ti­tude immuable, mais qu’elle doit comme tout dans la nature(puisqu’elle l’é­tu­die) res­ter en per­pé­tuel mou­ve­ment, et se remettre en ques­tion, comme l’homme en per­pé­tuel décou­verte de qui il est et de ce qu’est la vie, com­ment s’a­dap­ter à ses lois et cher­cher à les connaître. C’est un domaine vaste autant que nous sommes petits dans cet uni­vers. Le pro­blème avec la science est peut-être dans le fait qu’elle limite( c‑à-d écarte, efface toute autre pos­si­bi­li­té), tout à ce qu’elle croit véri­fiable, et ceci même après la décou­verte de micro-orga­nismes grâce au déve­lop­pe­ment du microscope…
    Elle devrait s’en tenir à expli­quer le fonc­tion­ne­ment des lois et pas com­ment nous aimons parce qu’alors elle fait inter­ve­nir le froid bis­tou­ri dans une rela­tion d’amitié, ce qui est plu­tôt incompatible;-)

    Réponse
  116. Ana Sailland

    Il me plaît bien ce Jean Pierre Brard.

    Je note le côté gogue­nard de ses adver­saires, sans comp­ter les meneurs de débat qui aime­raient bien le faire taire.

    ;;;;;;;
    ;;;;;;;

    @Marie (127)
    Le concept de réa­li­té est un mythe, c’est ça la réalité 😉
    Le pro­blème est que notre intel­li­gence se construit dans un monde macro­sco­pique qui n’ap­pré­hende que les grandes lignes des choses. Le corps et le cer­veau, et l’ou­til, sont un inté­gra­teur sta­tis­tique qui ne rend pas compte du détail, ni du flou, ni de l’indétermination.
    Nous vivons donc dans l’illu­sion d’un monde défi­ni que l’ob­ser­va­tion et l’in­tel­li­gence per­met­traient d’observer.
    (On touche presque au concept de la maya, qui est encore plus radical)
    Le plus dif­fi­cile a été de com­prendre que la réa­li­té ne pré­cède pas l’observation.
    La science et l’es­prit ne peuvent accé­der qu’à une appa­rence mou­vante syn­thé­ti­sée par l’es­prit pour être acces­sible à l’esprit.
    Le résul­tat est sou­vent satis­fai­sant, sur le plan pra­tique, mais jus­qu’à cer­taines limites uniquement.
    On a long­temps cru que de théo­rie en théo­rie on pou­vait appro­cher la réa­li­té asymp­to­ti­que­ment , mais c’est faux, car il n’y a pas de réa­li­té stable et pré­cise anté­rieure à la théo­rie et à l’ob­ser­va­tion qui jus­ti­fie la théorie.
    Encore plus dif­fi­cile à entra­ver est l’i­dée que l’ob­ser­va­teur fait par­tie de l’ob­ser­vable et qu’il est donc, par cer­tains para­mètres du moins, déter­mi­né à l’ins­tant de l’ob­ser­va­tion. Pas évident d’en tirer des consé­quences sans tom­ber dans l’onirisme.

    L’His­toire de l’ap­pré­hen­sion du big bang ini­tiée par des extra­po­la­tions cal­cu­lées en appli­ca­tion de la rela­ti­vi­té géné­rale, puis contes­tée du fait que peu après le big bang, la gra­vi­ta­tion n’est pas encore l’es­sen­tiel de l’é­vo­lu­tion, et que plus tôt encore, nous ne savons rien de ce qui gou­verne les choses, cette His­toire montre bien les limites de la pen­sée, mais c’est pire encore puis­qu’on sait que la réa­li­té ne se den­si­fie que quand on l’observe.

    (Mais bien sûr, quand on parle du GIEC, on peut atter­rir 😉 Quoique pas for­cé­ment sans risque, car dans l’hy­per­com­plexe, la science macro­sco­pique, même hon­nête, est assez mal­adroite, sur­tout si la rému­né­ra­tion du scien­ti­fique entre en jeu 😉 )

    Réponse
  117. J.C

    @ Alix (82)

    Trop de ration­nel et pas assez d’émotions ?
    Ne serait-ce pas plu­tôt le contraire ? Les médias n’ont de cessent de faire appel à l’é­mo­tion­nel, occul­tant autant qu’il est pos­sible de le faire notre capa­ci­té à rai­son­ner logiquement.

    (121)
    « Alors, qu’est-ce qu’il nous reste, pour faire le tri entre le vrai et le faux ? »
    Le bon sens, se don­ner la peine de la cohérence.

    Regar­dons un ins­tant le monde dans lequel nous vivons, à chaque élec­tion nous don­nons VOLONTAIREMENT notre pou­voir à d’autre de choi­sir à notre place et ensuite nous allons mani­fes­ter, nous plaindre et par­fois même nous sui­ci­der parce que nous ne sommes pas content des déci­sions qui sont prises, nous plai­gnant de notre impuissance.
    N’est-ce pas com­plè­te­ment stu­pide comme attitude ?

    Si seule­ment nous pre­nions la peine de réflé­chir un peu plus ration­nel­le­ment, cela ferait belle lurette qu’il n’y aurait plus ni élec­tion ni tra­vaux forcés.

    @ tous

    L’argent mène le monde et la poli­tique n’est qu’une façade,
    une façade pour les ges­tion­naire de cette grande entre­prise capi­ta­liste dénom­mée démo­cra­tie représentative.
    Notre pro­blème, c’est la stra­ti­fi­ca­tion sociale qui s’ef­fec­tue au regard de la taille du porte mon­naie. Tant qu’il y a des pauvres et des riches, il y a des exploi­tants et des exploi­tés et donc des inté­rêts diver­gents, une gauche et une droite.
    Et devi­nez qui est tou­jours au pou­voir : les exploi­tants qui prennent tan­tôt l’é­ti­quette de gauche tan­tôt celle de droite.
    Ils sont tou­jours au ser­vice des pou­voirs de l’argent car ceux qui dirigent sont évi­dem­ment ceux qui pos­sèdent les ressources.

    Il n’y a donc jamais de remise en cause de sys­tème d’ex­ploi­ta­tion lui même que l’on nomme travail.
    N’ou­blions pas que le tra­vail c’est l’es­cla­vage, la ser­vi­tude des peuples à l’é­gard des possédants.
    Pour ceux qui n’au­raient pas l’es­prit clair à ce sujet, voi­ci une défi­ni­tion simple et claire : le tra­vail c’est l’ex­ploi­ta­tion des pauvres par les riches au nom du pro­fit point.

    De ce point de vue, nous sommes subor­don­nés au pou­voir de l’argent et notre exis­tence même est condi­tion­née par la néces­si­té d’ob­ten­tion d’un reve­nu du tra­vail. Nous n’a­vons d’autres choix pour notre sub­sis­tance que de nous sou­mettre au tra­vaux que veulent bien nous accor­der nos maîtres pour pré­tendre avoir le droit de vivre dans cette société.

    Par­tout, sans tra­vail, à moins d’être ren­tier, les plus chan­ceux ne font que sur­vivre et les autres y laissent leur peau.

    Est-ce vrai­ment ce sys­tème que nous vou­lons préserver ?

    Com­ment, sans remettre fon­da­men­ta­le­ment en cause le tra­vail pou­vons nous pré­tendre à une quel­conque liber­té, à une quel­conque démocratie.
    Nous sommes entiè­re­ment dépen­dant des ges­tion­naires de l’as­ser­vis­se­ment planétaire.

    Il suf­fi­rait pour­tant sim­ple­ment d’a­bo­lir à la racine ce qui légi­time la hié­rar­chie sociale pour qu’en­fin, il n’y ait plus ni pauvre ni riche, plus d’i­né­ga­li­tés sociales, plus d’ex­ploi­ta­tion institutionnalisé.
    J’ai nom­mé l’é­co­no­mie monétaire.

    PS : un lien sym­pa à lire qui pour­rait bien faire du bruit
    http://​www​.wikis​trike​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​q​u​i​-​d​i​r​i​g​e​-​l​-​e​n​t​r​e​p​r​i​s​e​-​p​r​i​v​e​e​-​a​p​p​e​l​e​e​-​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​d​-​a​m​e​r​i​q​u​e​-​1​2​1​5​5​7​9​7​6​.​h​tml

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  118. FURAX

    Mais pour­quoi Alain Made­lin m’est-il aus­si urticant ?

    Réponse
  119. Alix

    @ JC, je me demande ce qui est pas clair dans mes mots… Je par­lais d’un excès de ratio­na­li­sa­tion, et je me vois repro­cher toutes les consé­quences du manque de réflexion…
    Sinon, il me semble avoir déve­lop­pé par la suite ce que je pen­sais de la télé­vi­sion et des émotions.
    Et Ana en 135 résume très bien ce que j’ai fina­le­ment à repro­cher au rai­son­ne­ment scientifique.
    Sinon, com­plè­te­ment d’ac­cord avec toi, et avec ton ana­lyse du problème.

    Réponse
  120. EFFAB

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​e​u​7​V​_​y​3​P​EWM

    Un homme poli­tique à citer, en tant qu’an­ti-Europe, pour son franc-par­ler… pas vrai­ment conspi­ra­tion­niste, si je puis dire, mais un dis­cours et une démarche cepen­dant à contre-cou­rant de l’es­ta­blish­ment mais tota­le­ment dans l’air du temps.

    Enfin, je découvre et n’hé­si­tez sur­tout pas à rebon­dir là-des­sus, à don­ner votre point de vue.

    Réponse
  121. EFFAB

    J’ai cité Alain Made­lin, FURAX ? je me serais trom­pé de vidéo ?^^

    Réponse
  122. FURAX

    Non, non, pas du tout, c’est sur la vidéo que j’ai posté. 😉

    Réponse
  123. J.C

    @ Alix

    « @ JC, je me demande ce qui est pas clair dans mes mots… Je par­lais d’un excès de ratio­na­li­sa­tion, et je me vois repro­cher toutes les consé­quences du manque de réflexion… »

    Abso­lu­ment, ce dont nous avons besoin pour résoudre les pro­blèmes de socié­té, ce sont des réflexions ration­nels et non pas des réflexions irra­tion­nels, inco­hé­rentes en matière sociale mais qui cepen­dant, par ailleurs, peuvent être dans le meilleur des cas appré­ciés dans le domaine artistique.

    Ce que je dis c’est que nous souf­frons jus­te­ment de manque de cohé­rence, de ration­nel, de déduc­tion qui tiennent la route au pro­fit de sophisme qui étouffe jus­te­ment l’ex­pres­sion authen­tique des émotions.

    Ces jeux de dupes, ces mani­pu­la­tions, cette confu­sion orga­ni­sée nous empêches d’ex­pri­mer et intel­lec­tuel­le­ment et émo­tion­nel­le­ment ce que nous res­sen­tons vraiment.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  124. Ana Sailland

    De la qua­li­té de l’engagement

    Le suc­cès peut être un échec et l’é­chec peut être un succès
    car réus­sir dans l’accès au désir peut être l’é­chec dans l’accès à l’esprit
    car réus­sir dans l’accès à l’es­prit peut être l’é­chec dans l’ac­cès au désir.

    Ain­si donc émettre l’u­to­pie est un acte impor­tant car le pre­mier pas sur le che­min de sa réa­li­sa­tion sera une vic­toire de l’es­prit sur l’im­mo­bi­li­té, peu importe la réa­li­sa­tion finale.
    Mais oui bien sûr l’é­mis­sion du Verbe uto­pique sera d’au­tant plus un suc­cès que la concré­ti­sa­tion suivra.

    Gar­dons nous cepen­dant des leurres, qui nous feraient prendre les ves­sies pour des lanternes :
    S’en­ga­ger pour le bien peut être un dan­ger si ce bien n’est pas vrai­ment le bien, mono­lithe espé­rance ou gou­let du vouloir.

    Débus­quer ces forces, pour­tant issues de l’es­prit, qui nous entraînent au pire quand nous visons le mieux, cela n’est pas bien com­pli­qué, encore faut il le vouloir.
    Pour ce faire, il suf­fit de l’in­ten­si­té de l’at­ten­tion, et de conti­nui­té dans le qui vive, à l’af­fût de l’ins­tant mor­tel où l’en­ga­ge­ment et la volon­té, pour­tant si pré­cieux, débouchent sur la pas­sion, l’exi­gence, l’in­tran­si­geance, la cer­ti­tude autiste.

    Réponse
  125. Catherine

    Mer­ci pour la dédi­cace Soa (mes­sage 91), c’est trop drôle !
    ça décolle du fond de la cas­se­role comme dirait l’autre.

    Réponse
  126. Sam

    @ Alix,

    il y a tel­le­ment de choses que je vou­lais dire dans ma pre­mière réponse (et dire qu’il y a encore tant) qu’en­suite j’ai sur­tout eu peur d’a­voir été très mal­adroit. Alors j’ai sur­tout essayé d’ex­pli­quer ma réac­tion… pas grand chose de plus à cher­cher comme expli­ca­tion à ce que tu relèves en par­ti­cu­lier dans ton mes­sage 119. Je ne vou­lais pas te prê­ter des inten­tions que tu n’as pas, seule­ment « prendre les devants » en expri­mant cer­taines craintes bien ancrées tout en espé­rant ne fâcher per­sonne pour autant. Nous vivons une époque pleine de tant de confu­sions, et il y a sim­ple­ment que ton mes­sage d’o­ri­gine (82) me semble pou­voir s’in­ter­pré­ter de manières très diverses, ou plu­tôt qu’en creux il m’a évo­qué pas mal de choses actuelles qui m’in­quiètent vraiment.

    Par peur de man­quer de temps j’ai com­men­cé en quelque sorte par le moins « construc­tif », au sens du risque de perdre un dia­logue sym­pa­thique du moins… bien qu’au fond, ma pre­mière impres­sion et la der­nière en date sont que je par­tage lar­ge­ment ton point de vue et même que j’au­rais plu­tôt (eu) envie de com­men­cer par expri­mer les choses que tu as dites (en dépit de toute ma mal­adresse, j’ai com­men­cé ma série de réponse à ton mes­sage ini­tial (82) en disant que ton inten­tion me semble juste…) Mais quand je consi­dère un sujet trop glis­sant ou trop flou, j’ai bien du mal à ne pas com­men­cer par poser des repères avant de ten­ter une réponse directe.

    Indé­pen­dam­ment de tout ce que j’ai rele­vé d’autre, je sens moi aus­si (comme à peu près tout le monde, je crois) que dans la « socié­té » actuelle, très sou­vent, nos sen­ti­ments, notre spon­ta­néi­té sont comme tra­ves­tis mal­gré nous, comme volés bien que nous par­ti­ci­pions d’une cer­taine manière au détour­ne­ment, tan­dis que nous sommes enva­his par une espèce de logique cal­cu­la­trice qui s’at­taque à tous les objets qui nous entourent mais aus­si à nos créa­tions col­lec­tives et à des choses bien plus intimes. Et je trouve moi aus­si que c’est un énorme pro­blème en soi. Après, com­ment mettre des mots là-des­sus ? Au pas­sage, pour un essai d’ex­pri­mer une réac­tion, com­bien de cris qui ne sortent pas (A lire, la ter­rible nou­velle inti­tu­lée « Mais je Hurle », dans le recueil Colères en Cévenne de Jean-Pierre Cha­brol, et à vrai dire tout le recueil dans la foulée) ?

    Com­ment expli­quer çà ? Et d’a­bord, peut-on espé­rer gué­rir de ce pro­blème si on ne par­vient pas un mini­mum à se l’ex­pli­quer ? Cer­tains n’ont-ils pas l’air de dire que ce sont de ces maux qui empirent quand on y « touche » avec le cerveau ?

    Moi j’en pense de toutes manières un tas de choses mais il est tout aus­si clair pour moi que je ne peux pas me per­mettre de répondre à cette ques­tion si dif­fi­cile sans de nom­breuses pré­cau­tions, paren­thèses, réfé­rences aus­si bien lit­té­raires que vécues ou res­sen­ties, et bien des allez-retours.

    En atten­dant, et tout en conti­nuant cette ten­ta­tive de par­ve­nir à don­ner une réponse qui soit un peu fidèle à ce que j’en pense, je réponds aux deux ques­tions que tu m’as renvoyées.

    Com­ment expli­quer qu’on peut à la fois déplo­rer et craindre cer­taines sortes d’at­ti­tudes « pleu­reuses » tout en ayant un pro­fond res­pect pour les sen­ti­ments des gens, et même au nom de ce res­pect ? Encore une fois, pas sans démon­ter quelques faux semblants.

    J’ai par­lé de « pleu­reuses », en fait, tout comme on par­le­rait de « gau­chisme » ou de « droit-de-l’hom­misme » : c’est sim­ple­ment l’i­dée qu’au nom de la pro­tec­tion des oppri­més, ou plu­tôt même au nom de la simple bonne inten­tion de pro­mou­voir une gen­tille uto­pie qui nous pro­met que seront défen­dus les oppri­més… on en voit beau­coup se faire indi­rec­te­ment d’ex­cel­lents (pour ne pas dire d’in­dis­pen­sables) gar­diens de l’ordre éta­bli. Une idée échap­pant typi­que­ment aux jeu­nots plein de coeur mais qui ont à peine com­men­cé à décou­vrir que les che­mins qui mènent à l’en­fer sont eux aus­si pavés de bonnes intentions.

    Exemple : que font le NPA et le FdG quand ils s’at­tri­buent le mono­pole de la défense des pauvres et des inten­tions inter­na­tio­na­listes, voire même le label de la révo­lu­tion, tout en ne comp­tant pas pour peu s’a­gis­sant de nous impo­ser de res­ter dans l’UE et autres construc­tions mor­bides supra­na­tio­nales et impé­ria­listes, de condam­ner les vrais inter­na­tio­na­listes comme des « natio­na­listes » chau­vins et réacs ? Pré­sen­té ain­si, com­ment ne pas conclure qu’ils apportent une contri­bu­tion, mino­ri­taire mais néan­moins fort déci­sive, au main­tien d’un sys­tème qui tue le tra­vail, les ser­vices publics, etc. par ici et qui tue tout court là ? (Pour ne pas par­ler de rabattre à la fin pour le pré­si­den­tiable de « la gauche », machin élec­to­ral dont j’en viens presque à dou­ter qu’il ait jamais défen­du les tra­vailleurs (tout au plus ne les a‑t-il pas trop empê­ché de se défendre eux mêmes par­fois). Com­ment fini­ra le délire cli­ma­tique si acti­ve­ment sou­te­nu par eux ou par Attac, pour ne citer qu’eux ? (Au fait, je parle là de mes anciens confrères, dont cer­tains sont encore des copains à titre indi­vi­duel). Comme toute guerre impé­riale, peut-être, plus sûre­ment encore pas en faveur des droits de l’homme ici et là, pour la simple rai­son que les droits de l’homme sans sou­ve­rai­ne­té natio­nale ne sont qu’une fic­tion dont l’en­tre­tien a seule­ment pour effet de détruire les pre­miers comme la seconde (chose qui aurait paru évi­dente à l’é­poque où les Lumières n’é­taient pas encore le miroir d’un dra­peau sup­po­sé­ment héri­té, ou encore entre 1945 et 1980, par exemple). Je ne pre­nais ici qu’en illus­tra­tion cette ques­tion qui mérite sans doute plus de soin – il fau­drait notam­ment par­ler de cette sorte de « dan­ge­reuse cir­cons­tance atté­nuante », du fait que cette atti­tude idéa­liste doit beau­coup au fait de se tenir long­temps dans la seule oppo­si­tion (ques­tion que j’ai effleu­ré en par­lant du sen­ti­ment géné­ral d’irresponsabilité).

    En tous cas, donc, abso­lu­ment rien à voir avec un mépris pour l’ex­pres­sion spon­ta­née de sen­ti­ments sin­cères. Je sug­gé­rais même, par ce qui pré­cède, qu’au final il est au moins tout à fait pos­sible que des fina­li­tés bien moins mépri­santes de l’hu­ma­ni­té puissent être atten­dues der­rières cer­tains dis­cours bien moins éplo­rés. Faut-il encore enfon­cer le clou en ajou­tant que les mar­chands de rêves de la ten­dance sus-dénon­cée, natu­rel­le­ment (sou­vent de bonne foi, sans doute), auront cou­ram­ment ten­dance à bro­car­der leurs enne­mis en rai­son d’une absence mani­feste de sen­si­bi­li­té… qui ne peut que tra­hir des inten­tions peu huma­nistes, ma bonne dame. Je me demande d’ailleurs si l’on ne peut pas dire que c’est sur ce même sché­ma que tout mili­tant qui se dit ou se croit de gauche com­mence par apprendre et s’i­ma­gi­ner com­prendre que la droite c’est caca : puisque la gauche est dans le vrai, la droite n’est que l’a­gré­ga­tion des gens qui sont dans l’er­reur (on trouve à n’en pas dou­ter la même pen­sée prio­ri­taire en face).

    Ce qui m’a­mène à une autre ques­tion qui me paraît fon­da­men­tale en par­ti­cu­lier dans cette dis­cus­sion, et qui appor­te­ra un mor­ceau de réponse à ta seconde question.

    Le fait est qu’à part dans les sciences exactes, il n’existe pas une seule véri­té pos­sible mais plu­sieurs, poten­tiel­le­ment des tas de véri­tés qui peuvent « coha­bi­ter » et qui peuvent même être tout à fait anta­go­nistes. (Je ne pense pas que ce soit un réflexe très répan­du qui vous amène à sai­sir çà, bien qu’un mini­mum de capa­ci­té à com­prendre les autres y suffise).

    Pour faire le rap­port avec cette dis­cus­sion, on peut déjà faire obser­ver que la ten­dance à vou­loir ou accep­ter la « ratio­na­li­sa­tion », espèce de gym­nas­tique men­tale plus ou moins bien inten­tion­née mais en tous cas jamais vrai­ment rigou­reuse même dans les inten­tions, peut à la rigueur paraître jus­ti­fiable un peu par­tout sauf jus­te­ment en sciences exactes.

    Pour être plus com­plet encore, et pour répondre en pas­sant, donc, à ta deuxième ques­tion, ma défi­ni­tion de la véri­table science, c’est jus­te­ment que c’est le domaine trai­tant des seuls objets au sujet des­quels on puisse admettre qu’il n’existe qu’une seule vérité.

    Pour le dire vite : que 2 plus 2 fassent 4 et non ne lèse per­sonne ; quant aux pierres, elles ne votent pas.

    Bien que la véri­té ne soit jamais cer­taine et encore moins défi­ni­tive en sciences exactes, comme Marie l’a sou­li­gné, il y a qu’a tout ins­tant elle peut et doit être unique. Du reste, elle doit l’être, sans quoi elle dis­pa­raît entiè­re­ment ; du moins elle doit être éta­blie ain­si à chaque « étape » entre ten­ta­tives de remises en cause.

    Tan­dis que la phi­lo­so­phie, les « sciences humaines » et la poli­tique ne peuvent que faire coha­bi­ter des véri­tés dif­fé­rentes, du simple fait qu’elles traitent d’ « objets imma­nents », de sujets tou­jours liés à la morale, à des choix.

    Inci­dem­ment, c’est une nou­velle manière d’af­fir­mer la néces­si­té de sépa­rer, en par­ti­cu­lier, la science et la poli­tique. Un sujet ins­ti­tu­tion­nel très peu abor­dé alors que la ques­tion est sans doute aus­si impor­tante, plus encore peut-être, que celle de la sépa­ra­tion du reli­gieux et du politique.

    Pour finir, et pour prendre un exemple qui me parait très actuel et très en rap­port avec cette dis­cus­sion, il me semble abso­lu­ment fon­da­men­tal que la véri­té de l’ac­tion­naire, celle du patron et celle du sala­rié, par exemple, soit dif­fé­rentes, et qu’elles le res­tent. Et je tiens fort à par­ler de véri­tés, car tout point de vue peut se défendre… d’un cer­tain point de vue. Il est essen­tiel que cela conti­nue ain­si, parce que lorsque l’ou­vrier ne fait plus que se mettre à la place de l’ac­tion­naire, ne serait-ce que parce que l’i­déo­lo­gie de l’ac­tion­naire, du moment qu’elle règne sans par­tage, a réponse à tout, il est déjà per­du et il per­dra bien­tôt tout, de son poste au sens de son tra­vail en pas­sant par le res­pect de lui-même quand un jour son copain sera licen­cié et que lui n’y pour­ra pas grand chose, entre l’im­puis­sance appa­rente, le risque énorme qu’il pren­drait à gueu­ler face à des murs… et le fait qu’il aura lui-même inté­gré la véri­té du patron (de toutes manières, si l’ac­tion­naire n’a pas gain de cause, il nous ferme la boutique).

    Mais c’est pré­ci­sé­ment ain­si qu’une idéo­lo­gie s’im­pose : quand la véri­té de l’ac­tion­naire, qui ne tient compte en fait que du vague inté­rêt (pas clair et encore moins durable) de l’ac­tion­naire, est per­çue comme une véri­té par le sala­rié, à force de rece­voir des cours de « néo­li­bé­ra­lisme », le plus sou­vent pas­si­ve­ment et insi­dieu­se­ment. Ce dres­sage média­tique ne sert pas tant à convaincre qu’il faut voter untel ou untel – - le dis­cours de la dette ultra-domi­nant, par exemple, est absurde et cra­pu­leux, là n’est pas la ques­tion, et d’ailleurs les seules poin­tures un peu auto­ri­sées le sou­tiennent tous à peu près éga­le­ment (JLM et MLP com­pris) – qu’à embar­quer, à terme, une armée de zom­bies dans sa logique folle. Il faut que l’ou­vrier finisse convain­cu qu’il n’y a pas d’alternative.

    Je ne sais pas si ça vous semble par­lant mais, pour ma part, je vois un lien très direct entre ce sché­ma et ce que tu as dit, Alix, concer­nant la ratio­na­li­sa­tion, y com­pris lors­qu’il s’a­git des sentiments.

    Réponse
  127. veronique

    @145 ça ne fait pas for­cé­ment du bien l’air de la forêt…lol
    sans par­ler des pavés, tel­le­ment lourds à lire.

    par contre quand Etienne passe, je res­pire 🙂 et c’est un régal. « je n’ai pas peur des étran­gers ; j’en ai même besoin pour res­ter vivant » « ne pas se lais­ser faire » « concorde » !

    simple, concis, effi­cace. ultra motivant 🙂
    et pas­sion­nant, pas­sion­nant F. Lordon !
    donc je repars au boulot 🙂

    Réponse
  128. Marie

    Si je fais un lien entre la cri­tique 148, sans trop se mouiller(sans pavé)… et le titre du texte cri­ti­qué ; l’engagement…c’est assez drôle;-)

    Déni­grer pour encen­ser, c’est un peu comme don­ner puis reprendre sauf que ça n’est pas à la même per­sonne, mais juste au même moment, c’est peut-être ça qui coince justement;-)

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  129. Ana Sailland

    Quel triste poème que l’uniformité.

    Réponse
  130. Marie

    Au 146 : Il y a un grand inté­rêt à tenir un jour­nal per­son­nel, ça per­met d’a­voir un exu­toire, ce qui per­met éga­le­ment d’é­vi­ter d’a­voir besoin de se payer la tête des autres pour exister.

    Réponse
  131. Ana Sailland

    Au fait … mon ser­ment de res­ter cool une semaine s’ar­rê­tait à 23h15 ; ça va bouillir 😉

    Ici c’é­tait assez facile, mais ailleurs j’ai eu à manier des bombes nucléaires sans bles­ser la faune, un vrai challenge.

    Bon exer­cice, à pra­ti­quer régulièrement.

    Réponse
  132. Marie

    Per­so c’est pas mon trip, mais cha­cun ses goûts sauf évi­dem­ment quand ce sont des citations…;-)

    Réponse
  133. Marie

    @Ana
    je par­lais du 148 😉

    Réponse
  134. EFFAB

    Pour faire le rap­port avec cette dis­cus­sion, on peut déjà faire obser­ver que la ten­dance à vou­loir ou accep­ter la « ratio­na­li­sa­tion », espèce de gym­nas­tique men­tale plus ou moins bien inten­tion­née mais en tous cas jamais vrai­ment rigou­reuse même dans les inten­tions, peut à la rigueur paraître jus­ti­fiable un peu par­tout sauf jus­te­ment en sciences exactes. (@147, SAM)

    Il y autant de rela­ti­vi­té dans cette ratio­na­li­sa­tion, pré­ten­due comme effec­tive, qu’il y en a dans le fait de la croyance et des convic­tions, comme le fait de croire en Dieu, par exemple.

    Cette rela­ti­vi­té qui concerne tant de choses et d’ap­proches, des plus quan­tiques aux plus intui­tives, aux plus fantasmagoriques_l’imagination pou­vant très bien conce­voir quelque monde paral­lèle, phy­sique ou essen­tiel­le­ment psy­chique, voire spi­ri­tuel, mais dans cette accep­tion infi­nie des choses et de la Créa­tion, quelle qu’elle soit, un monde paral­lèle, disé-je, où l’on peut conce­voir par­fai­te­ment que 2+2 sont égal à 5 et non à 4

    Oui, de la néces­si­té de sépa­rer science et poli­tique comme on a pu le faire entre chose publique et dogme reli­gieux, du moins dans la forme ou, plus exac­te­ment, dans ce rap­port égal et res­pec­tueux de toutes ces véri­tés dif­fé­rentes, non les faire coha­bi­ter par ‘coha­bi­ta­tion’, cette ten­ta­tive de conci­lia­tion pure­ment déma­go­gique mais bien dans cette réa­li­té mul­tiple de toute cette diver­si­té en nous et au monde…

    … ima­gi­nez la ligne d’E­qua­teur comme la science offi­cielle, la plus recon­nue, et les tous les autres paral­lèles au globe ter­restre étant d’autres approches de la réa­li­té scien­ti­fique, moins com­plète mais plus four­nie dans une approche intui­tive et plus uni­ver­selle des choses pro­por­tion­nel­le­ment au fait de se rap­pro­cher de l’un des pôle car, là, assu­ré­ment, la vision du ciel et du fir­ma­ment étoi­lée est car­ré­ment très dif­fé­rente de celle qu’on peut avoir dans les régions les plus chaudes du Globe.

    Les méri­diens étant nos psy­chés, nos condi­tion­ne­ments, nos convic­tions, nos croyances, ce qui fait toute cette part incons­ciente et intel­li­gente en nous, inter­ac­tive et per­cep­tive (voire créa­trice^^), la ver­ti­cale de l’es­prit et de la conscience à cette hori­zon­tale de la vie phy­sique et maté­rielle, ces choses pré­ten­dues plus concrètes, la matière, le phy­sique, quelque pierre non-élec­tive, toute chose au demeu­rant inexis­tante, en envi­sa­geant tout autre­ment les­dites choses, à l’es­prit et à la conscience pri­vée de vie ou de ce sup­port phy­sique et maté­riel à la vie.

    Comme ces diverses méri­diens ne sont des approches et des sen­si­bi­li­tés variées d’ap­pré­hen­der le monde, ce rap­port au monde et à soi-même car, il est fait, nous ne pen­sons sou­vent qu’en pro­por­tion, en par­tie, de ce rap­port qui est le nôtre à la réa­li­té des choses car, voir le monde tout en blanc est déjà fort dif­fé­rent de n’être jamais sor­ti de la plus impé­né­trable des forêts, comme cette inter­ac­tion inces­sante et fon­da­men­tale entre ces deux pos­tu­lats de base, l’es­prit et la matière, l’Homme et la Femme étant la figu­ra­tion sym­bo­lique de cette anti­no­mie onto­lo­gique mais ce YIN et ce YANG inter­ver­tibles l’un l’autre ou cette com­plexi­té fon­da­men­tale plus sub­tile et plus riche encore à nos men­taux limi­tés et per­fec­tibles^^… ou quelque chose comme ça, moi qui manie, de plus, peut-être, incons­ciem­ment, le lan­gage en uti­li­sant cer­tains mots et cer­taines notions de façon conve­nue et tota­le­ment hasar­deuse à la fois, comme nous le démontre si bien Frank LEPAGE (@98)…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​S​W​L​x​Q​n​v​scw

    … ce que nous fai­sons peut-être tous ici, plus ou moins conscients de cette réa­li­té glo­bu­laire mais per­ce­vant néan­moins quelque équi­libre pla­né­taire, tous ces méri­diens et tous ces paral­lèles s’op­po­sant et se com­plé­tant de façon har­mo­nieuse pour créer un tout : cet équi­libre, cette diver­si­té. A nous peut-être de trou­ver notre juste place, entre plan local et vision uni­ver­selle.

    Réponse
  135. EFFAB

    @152

    Quelle genre de faune ?…^^

    Réponse
  136. Sam

    @ J.C., @ Alix, @ tous,

    vous avez sur­ement aus­si res­sen­ti que cet espèce de retour­ne­ment de nos sen­ti­ments s’ap­plique aus­si à la colère. En par­ti­cu­lier, je crois que celui qui a un tant soit peu d’ex­pé­rience vécue d’un quel­conque mou­ve­ment social, plus ou moins for­mel ou mar­gi­nal, a eu plus d’une occa­sion de res­sen­tir une pointe d’en­ivre­ment… dou­blée sur­tout d’un sourd malaise en se voyant pro­po­ser de com­mu­nier dans un uni­vers de bisounours.

    Il y a quelques années, à la Croix-Rousse, s’é­tait ain­si lan­cé, durant quelques années, une sorte de fes­ti­val se récla­mant de l’es­prit de la Com­mune. Il s’é­tait ouvert sur une pro­cla­ma­tion solen­nelle, faite dans un vieux théâtre de l’é­poque romaine sym­bo­li­que­ment réap­pro­prié pour l’oc­ca­sion, de la déter­mi­na­tion de citoyens à reprendre pos­ses­sion de cet espace public qui est le leur. Son « géné­rique », que l’on chan­tait sou­vent (et qu’il m’a d’ailleurs été don­ner d’ar­ran­ger et de diri­ger pour un chœur à 4 voix a cape­la), repre­nant l’air de La semaine san­glante, en avait chan­gé les paroles pour les « moder­ni­ser » et les… « adou­cir » quelque peu.

    Les cent mille morts lais­saient la place aux sans-papiers qu’on annon­çait embas­tillés bien­tôt dans la grande pri­son du sud-lyon­nais ain­si qu’aux chô­meurs, tan­dis bien que les der­niers vers, qui expri­maient autre­fois la reven­di­ca­tion d’une socié­té où l’on aurait la jus­tice et du tra­vail, étaient deve­nus une ode à l’a­mour et au plaisir.

    Les boni­men­teurs étaient deve­nus Sar­ko, Ségo­lène on ne sait pas bien, c’é­tait plein de pro­messes roses (paren­thèse d’au­to-déri­sion ?) ; le grand capi­tal, le spec­tacle dégueu­lant de la Bourse… vue du petit écran.

    Les uni­tés de la mon­naie locale, éphé­mère et lan­cée sans autre expli­ca­tion qu’une vague sym­bo­lique de sou­ve­rai­ne­té aus­si bien défi­nie que l’en­semble, s’ap­pe­laient les Heu­reux. Cette mon­naie fut prin­ci­pa­le­ment accep­tée au bar convi­vial qui sou­te­nait l’opération.

    En milieu de semaine, paroxysme de cette gen­tille « révo­lu­tion », la soi­rée fut consa­crée à un concours de pelles. Je veux dire, de rou­lage de palots, si pos­sible sur le mode échan­giste ou homo, c’est tout de même plus fun. Bref.

    Cela dit, en insis­tant à peine, j’ai pu pro­po­ser et ani­mer une petite confé­rence-débat sur le double thème du détour­ne­ment des ins­ti­tu­tions et de la mar­chan­di­sa­tion via l’UE et l’OMC, ce qui a d’ailleurs inté­res­sé une qua­ran­taine de gens.
    Il faut dire que çà se pas­sait un dimanche après-midi par­mi un ensemble de dis­po­si­tifs res­sem­blant glo­ba­le­ment à un cirque, les vieux et les tous petits étant tous conviés et plu­tôt nombreux.

    Le soir, l’an­tenne locale de Reopen911, que la cen­sure n’a­vait pas encore tout à fait frap­pée jus­qu’à émou­voir les petites gens « dépo­li­ti­sés » mais de bonne volon­té, pas­sait le film Oil, Smoke & Mirors, sui­vi d’un débat qui tour­na vite à l’in­qui­si­tion, d’ailleurs menée au motif prin­ci­pal que ces gens là vou­laient nous bour­rer le crane avec leur théo­rie toute faite (tout en pré­ten­dant vou­loir sus­ci­ter l’es­prit cri­tique en sou­le­vant seule­ment des questions).

    Natu­rel­le­ment, on reprit sa petite vie « nor­male » après ce « fes­ti­val », qui s’a­char­na pour­tant à sur­vivre un mois entier la pre­mière année, et dis­pa­rut après la 3ème saison.

    Sam

    PS : il peut par­fois sem­bler que je base un peu trop mon res­sen­ti de la situa­tion sur ce qu’en donne à voir les médias. Je tache bien plus de m’en tenir à ce que j’ob­serve direc­te­ment chez les gens, dans la petite sphère poli­tique que j’ai fré­quen­té quelques années mais sur­tout chez le com­mun de mor­tels depuis. Je n’ai pas la télé, depuis plus de 10 ans, je ne subis la pub que par acci­dent, quel­que­fois, au contact d’autres ; je ne lis plus de jour­naux ou presque, à l’ex­cep­tion de petites paru­tions voir de moyennes comme Fakir, et encore très pas­sa­gè­re­ment ; et depuis deux ans mes temps libres sont plu­tôt consa­crés à reta­per ma bicoque et à ma famille. Main­te­nant, bien sûr, ce que j’é­cris m’est lar­ge­ment ins­pi­ré par mes lectures.

    Réponse
  137. Ana Sailland

    Le terme faune désigne l’en­semble des espèces ani­males pré­sentes dans un espace géo­gra­phique ou un éco­sys­tème déter­mi­né (par oppo­si­tion à la flore) mais je par­lais de drôles de zèbres qui n’ont pas la fleur au fusil, et heu­reu­se­ment qu’il y a des baillons qui ne sont pas des baïonnettes.

    Réponse
  138. Ana Sailland

    @Sam, c’est presque du Fel­li­ni ton his­toire de Lyon, et on y sent comme le germe d’un déses­poir. Il y a peut être cela dans l’an­ti­dé­mo­cra­tie consen­tie que la bonne gens se retrouve désar­mée au point par­fois d’o­ser le ridi­cule, der­nier bas­tion recu­lé de ceux qui n’osent la vio­lence, ni l’af­fron­ter, ni la créer, ni phy­sique, ni verbale.
    Et puis c’est vrai que ren­trant d’Au­chan ou de Car­re­four, la caria­tide accepte un peu plus faci­le­ment qu’en 1870 de por­ter le temple des riches en se conten­tant de sin­ger l’indignation.
    Arrgh, on est mal, tu m’as sciée 😉

    Réponse
  139. EFFAB

    @158

    Ah oui, autant pour moi, j’ai confon­du ces drôles de zèbres avec cette faune ami­cale… quel genre d’ailleurs où tu as eu à manier des bombes nucléaires ?^^

    Réponse
  140. EFFAB

    Je suis très très loin (…) d’a­voir été aus­si actif que toi, SAM, mais je me recon­nais en par­tie dans ce sym­pa­thique PS, sur­tout ce qui touche à la télé et aux médias, voire même pour la bicoque puisque c’est un peu ce que je fais également^^

    Réponse
  141. Catherine

    Même et jus­te­ment parce que je suis comme Saint Tho­mas et pas comme Saint Tho­mas, je regarde et j’ob­serve ce qu’il y a dans l’es­pace de récep­tion entre CE que dit une per­sonne et Ce qu’elle fait.

    Puisque vous en êtes à votre cahier Marie, ce qui en soi, n’est pas une mau­vaise chose, conti­nuez d’a­van­cer un peu plus pro­fon­dé­ment dans la forêt, ne res­tez pas aux bords, et allez lire ce que vous avez écrit dans votre mes­sage 40, et si vous êtes aus­si hon­nête que vous le dites, vous consta­te­rez que de qua­li­fier un com­men­taire de « mani­pu­la­tion » sans plus de com­men­taire et d’ar­gu­men­ta­tion, c’est un peu court et sur­tout un peu violent.

    J’ac­cepte avec beau­coup, beau­coup de bien­vaillance toutes les cri­tiques et je vais vous dire pourquoi.

    Parce que cri­ti­quer un com­por­te­ment, une action, une parole, ça veut dire qu’on croit aux capa­ci­tés de la per­sonne, ça veut dire qu’on subo­dore en elle des capa­ci­tés qui sont endor­mies mais qui peut-être vont être réveillées par le chant du coq qu’est une cri­tique juste.Va-t-on en effet deman­der ( critiquer)à un figuier de pro­duire des ana­nas ? Non.

    En revanche pour ce figuier, on peut le pla­cer dans une terre meilleure qui sera sus­cep­tible de faire du fruit et se dire qu’un figuier qui pousse dans le Nord ce n’est pas aus­si bien qu’un figuier qui pousse dans le Sud. Consta­ter cela, ça appelle une action qui ira dans le sens d’une fruc­ti­fi­ca­tion com­plète, car c’est bien de cela dont il s’a­git, non ?

    En revanche, dire ce figuier est vilain, ou ceci ou cela sans rien enga­ger dans la dyna­mique du chan­ge­ment, ça c’est violent. Car c’est por­ter une atteinte cruelle aux poten­tia­li­tés qui a besoin d’un inter­mé­diaire pour chan­ger de terre. Et donc d’a­bord d’un scan clair et pré­cis avec dérou­le­ment de la pen­sée de celui qui cri­tique pour qu’elle entraîne, la pen­sée, car tout est ques­tion de pen­sée, une action qui s’o­riente espé­rons-le (c’est l’ex­pé­rience qui nous le dira) vers plus de justesse.

    Si ce n’est pas clair, je pour­rai dérou­ler mon com­men­taire, mais pas avant demain.

    Réponse
  142. Sam

    La liber­té, c’est la liber­té de dire que deux plus deux font quatre. Lorsque cela et accor­dé, le reste suit. George Orwell, 1984.

    A chaque fois que je conseille la lec­ture et la relec­ture atten­tive de la célèbre fic­tion tota­li­taire d’Or­well, je pré­co­nise presque de faire l’im­passe sur la troi­sième et der­nière par­tie, non seule­ment parce que, pas­sé un cer­tain stade de dou­leur, il est à craindre qu’on ne puisse plus du tout ni écou­ter ni com­pa­tir, sans par­ler de com­prendre mais, même, parce que cette der­nière par­tie est tota­le­ment déses­pé­rante : le der­nier espoir qui pou­vait sub­sis­ter à la fin de la deuxième par­tie est pul­vé­ri­sé, et est même lit­té­ra­le­ment tué dans l’œuf. Comme Orwell (ain­si qu’A­rendt, me semble-t-il), je ne crois pas pour autant qu’un sys­tème tota­li­taire puisse être détruit de l’in­té­rieur, ce qui pose un très grave problème. (*)

    Il serait bien dom­mage, par contre, de pas­ser à côté de cer­tains mes­sages qu’on trouve dans cette der­nière par­tie, dont celui que je cite ici en préambule.

    Je ferais remar­quer à Effab (155) ain­si qu’à toute autre per­sonne qui ten­drait à pen­ser que la science s’op­pose à la liber­té, ou que la science peut lais­ser coha­bi­ter plu­sieurs véri­tés, qu’on peut en faire ce qu’on veut (ou encore, qu’elle n’existe pas ou ne devrait pas exis­ter, toutes choses qui reviennent stric­te­ment au même) qu’Or­well, dans cette sen­tence aus­si concise que péremp­toire dans l’in­croyable pré­ten­tion de défi­nir la liber­té, a écrit « quatre », non pas « cinq » ni « trois ».

    Natu­rel­le­ment, on serait bien plu­tôt por­tés à croire, a prio­ri, que la liber­té serait bien plu­tôt la liber­té de dire que deux et deux font cinq.

    Mais l’er­reur funeste que l’on com­met se fai­sant, est d’ou­blier que nous devons tout aux autres, y com­pris la liber­té. Ce que Jacques Géné­reux, par exemple, a très bien expli­qué et for­mu­lé (dans sa Dis­so­cié­té, sauf erreur).

    Cette erreur car­di­nale résume à elle seule la dan­ge­reuse avan­ten­ture libé­rale (voir en par­ti­cu­lier J.-C. Michéa, bien sûr), une aven­ture qui, au motif d’ap­por­ter la paix et la liber­té, ne peut qu’en arri­ver à ®éta­blir tout à fait la loi du plus fort et à détruire toute socié­té (le socia­liste Orwell, on le sait, a notam­ment pris soin de déve­lop­per le thème de la des­truc­tion du lan­gage dans son 1984). Même les mou­ve­ments des atomes sont sta­tis­ti­que­ment déter­mi­nés, du reste, manière de dire que leur appa­rente liber­té de chaque ins­tant, autant dire leur exis­tence en tant que tels, ne se conçoit que dans le cadre d’un tout.

    Bref, en ce qui nous concerne, il n’y a pas de liber­té qui soit hors de la socié­té. or il n’y a pas de socié­té qui tienne un tant soit peu sans conven­tions com­munes. Je ne me réunis pas avec un tau­reau, une chauve-sou­ris et un pois­son rouge pour déli­bé­rer afin d’é­ta­blir quelle est la cou­leur du che­val blanc d’Hen­ri quatre… Ce qu’ils en pensent cha­cun ne m’af­fecte pas, et ce que les socié­tés humaines en pensent ne les affecte pas du tout non plus. Par contre, il est évident que si chaque humain pou­vait en avoir une idée dif­fé­rente, il n’exis­te­rait aucune socié­té humaine. Je rap­pelle la défi­ni­tion que j’ai pro­po­sé pour la science : seul domaine où la véri­té peut et doit être unique. Si les termes vous semblent dis­cu­tables, c’est une chose ; si le prin­cipe vous semble dis­cu­table, c’est plus gênant.

    Pen­ser que la science s’op­pose à la liber­té revient à croire qu’une dis­so­cié­té post-Babel, où cha­cun par­le­rait un lan­gage dif­fé­rent, serait le top de la liber­té, à s’i­ma­gi­ner que les ani­maux vivent en démo­cra­tie, ou encore à sou­hai­ter tro­quer l’art, qui ne sera jamais ni sub­ver­sif ni conser­va­teur qu’à condi­tion de res­ter avant tout vec­teur de com­mu­ni­ca­tion uni­ver­sel, pour l’art contem­po­rain, objet reven­di­qué comme sans pas­sé ni ave­nir et comme expres­sion du seul code per­son­nel de l’au­teur dudit objet qui, pour citer Bour­dieu, est de la merde au pre­mier, au deuxième et au troi­sième degrés.

    (*) Cette ques­tion déci­sive me parait d’ailleurs être sou­le­vée, en par­ti­cu­lier, dès lors que l’on sug­gère l’i­dée que nos sen­ti­ments sont deve­nus à ce point cor­rom­pus et écra­sés par cer­taine froide logique cal­cu­la­trice qui enva­hit tout qu’il se pour­rait bien, fina­le­ment, que la seule voie de salut qu’il nous reste sup­pose d’ar­rê­ter toute ten­ta­tive de com­prendre un sys­tème par­fai­te­ment absurde, qui vous bouffe tout entier à par­tir du moment ou vous y met­tez le bout du doigt, et de pla­cer toute son éner­gie dans une démarche de retour à l’in­time, à l’a­mour du pro­chain et à l’es­pé­rance. Je note qu’­Han­nah Arendt finit elle aus­si son Sys­tème tota­li­taire en lais­sant entendre que les monstres de cette espèce, heu­reu­se­ment, étant par­fai­te­ment inte­nable d’un quel­conque point de vue socié­tal, devraient tou­jours finir par s’é­crou­ler d’eux mêmes, mais aus­si qu’é­tant tota­le­ment absurdes et amo­raux, ils res­te­ront jus­qu’au bout incom­pris de l’im­mense majo­ri­té des gens, ce qui n’est pro­ba­ble­ment pas plus mal, au sens où les com­prendre implique d’as­si­mi­ler une forme de cynisme extrême qu’on risque fort de devoir por­ter sur soi. Par cette note, je conti­nue bien sûr ma ten­ta­tive de réponse à la ques­tion ini­tiale d’A­lix (82).

    Réponse
  143. Sam

    J’ou­bliais de noter que la sen­tence d’Or­well, du moins dans la tra­duc­tion fran­çaise pro­po­sée, fait appel au verbe « accor­der » ain­si qu’à l’i­dée qu’une chose nous est néces­sai­re­ment accor­dée par autrui.

    Réponse
  144. Méchant Virus

    Mais pour­quoi Alain Made­lin m’est-il aus­si urticant ?

    Parce que c’est un ultra libé­ral for­ce­né dou­blé d’un sombre crétin ?

    Réponse
  145. FURAX

    En hexa­dé­ci­mal 8 + 8 = 10 , qui vaut 10000 en binaire, et 20 en octal.

    En sexa­gé­si­mal 60 vaut 100 en déci­mal, et 30 vaut 50

    En hexa­dé­ci­mal triple A ; AAA s’é­crit 2730 en éco­no­mie, 45,5 en temps, et 101010101010 dans le cer­veau d’un financier 😉

    Réponse
  146. FURAX

    @166, ça doit-être ça, il est trop binaire pour qu’on lui laisse des responsabilités…

    Réponse
  147. Anonymous

    La liber­té, c’est la liber­té de dire que deux plus deux font quatre dans un sys­tème mathé­ma­tique décimal.

    En d’autres termes, la liber­té, c’est aus­si la res­pon­sa­bi­li­té d’ex­po­ser une véri­té dans sa pré­ci­sion, ne lais­sant ain­si pas de place à l’in­ter­pré­ta­tion. En cela, la rigueur scien­ti­fique ne sau­rait être vilipendée.

    PS : on expli­que­ra peut-être pour­quoi, lorsque cer­tains font valoir un rai­son­ne­ment ration­nel, d’au­cun leur reproche un manque d’ « huma­ni­té » (entendre sen­ti­men­ta­li­té), tan­dis que les mêmes qui font ce reproche, lorsque d’autres s’ex­priment en termes sen­ti­men­taux, leur font reproche de man­quer de ratio­na­li­té dans leur analyse ?

    Réponse
  148. EFFAB

    @163

    Mer­ci, FURAX, un nou­veau nom pour mou­rir moins con^^

    Elle y revient mais quand il lâche la tay­lo­ri­sa­tion du sou­rire (1’23), elle sou­rit plu­tôt jaune, je trouve… lol

    oui, ça en fait des sou­rires tout ça ! 😉

    Réponse
  149. EFFAB

    @167,168

    Ecla­té de rire !… comme pour le che­val soit-disant blanc (par oppo­si­tion à noir ?) d’Hen­ri IV, jus­te­ment, ce 4 et non ce 5, plus équi­li­bré je trouve, plus en adé­qua­tion avec l’Homme, ce fameux penta­gramme, ces 4 élé­ments phy­siques accor­dés au cin­quième, l’é­ther, l’es­prit, appe­lez-le comme vous vou­drez et, sans trop s’at­tar­der sur cette chose qui pendouille…

    http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2013/04/symbole‑3.jpg

    … prendre enfin conscience et connais­sance de cette éner­gie immense et infi­nie en nous qui peut créer des mondes à l’in­fi­ni des géné­ra­tions (la libi­do et ces mondes de la phy­sique) ou se recen­trer plus pré­ci­sé­ment en son point le plus infi­ni­té­si­mal, le plus caché à nos yeux d’hu­mains qui plus est dits civi­li­sés, quand nous sommes encore à en igno­rer notre vraie nature et notre pure essence, par-delà le temps, par-delà la matière…

    Oui, la science a cet poten­tiel et cet objec­tif de par­faire notre connais­sance et d’ap­pro­cher au mieux l’ex­tra­or­di­naire com­plexi­té de la Vie et des Etres, mais c’est bien cette conscience en nous qui se révèle à nous-mêmes et donne vie à tout… enfin, quelque chose ça, comme il me plaî­rait bien d’in­ven­ter un hen­ri V, ne fut-ce que par fan­tai­sie ou ce beau pied de nez à l’His­toire et à cette huma­ni­té arro­gante et cas­tra­trice, en dépit des apparences.

    Au plai­sir de vous lire, vous tous, joie Garde Rap­pro­chée, cette objec­tif et cette Cause.

    Réponse
  150. Marie
    1. 162 der­nier rem­plis­sage de place concer­nant un sujet entendu;-)

    Soit j’a­li­mente votre besoin d’exis­ter, par vos jeux de mots qui détournent et retournent et font perdre la tête dans cette valse qui n’a ni queue ni tête,( peut-être d’ailleurs est-ce votre façon de voir la vie…?) en répon­dant sans cesse à votre petit dra­peau cou­cou je suis là, soit je ne répond pas et vous fait croire que vous avez raison…qu’importe au fond ?
    Car on ne convainc pas un convain­cu, de n’être pas un illu­sion­niste du lan­guage, maître de cet art de maquiller la véri­té dans les cou­leurs les plus aveu­glantes;-), et qui l’a­veugle lui en premier ! 😉

    Réponse
  151. Sam

    @ Effab et à tous,

    à chaque ins­tant du déve­lop­pe­ment du cer­veau, les neu­rones com­mencent tou­jours par essayer, et ils agissent ain­si, libre­ment, dans un pro­ces­sus qui implique rapi­de­ment un nombre plus ou moins impor­tant de leurs homo­logues. Ils essayent en gros tout et n’im­porte quoi en éta­blis­sant des connec­tions avec eux.

    Autre­ment dit, ce qui fait le souffle de la vie com­mence tou­jours par un mou­ve­ment spon­ta­né (pour ne pas dire par­fai­te­ment irré­flé­chi, car tout cela a aus­si, à chaque niveau, un pro­gramme de base) et non pas par obéir à une inter­dic­tion face à une règle éta­blie en commun.

    C’est heu­reu­se­ment une « tau­to­lo­gie de la vie », pour­rait-on dire (mais au pire, çà peut tou­jours faire du bien d’en retrou­ver des illus­tra­tions en sciences…)

    Main­te­nant, je pense qu’il est tout aus­si utile de décrire ce qu’est le deuxième temps. En somme, quand un essai n’a pas mar­ché, la cel­lule en ques­tion (ici le neu­rone) se sui­cide. Ne reste ain­si, en sub­stance, que ce qui marche, au sens d’une connexion dont l’u­ti­li­té ne peut être jugée que vis-à-vis de l’ensemble.

    C’est une image que j’aime bien, peut-être parce qu’elle touche – comme par clin d’œil – au cer­veau, qui sem­ble­rait sou­vent être consi­dé­ré comme un sym­bole de la ratio­na­li­té, le coeur étant celui du sen­ti­ment. Mais on peut tout à fait la géné­ra­li­ser à tout organe de tout corps vivant.

    Par exemple, si ton doigt est un doigt, a cette forme, c’est qu’une cel­lule ayant la fonc­tion qu’elle acquiert dans cette zone du corps est pro­gram­mée pour se sui­ci­der lors­qu’elle ne trouve pas assez d’une cer­taine molé­cule dans son envi­ron­ne­ment, laquelle molé­cule est syn­thé­ti­sée au niveau de tel os de la main. ici éga­le­ment, on a une cel­lule qui « essaye » et la « sanc­tion col­lec­tive » ne sur­vient qu’ensuite.

    On pour­rait encore ajou­ter que la cel­lule qui n’a pas eu de bol dans ses pro­po­si­tions finit par « s’au­to­dé­truire » parce qu’elle est pro­gram­mée pour çà… Mais arrê­tons nous-là. Du reste, je ne prône aucun pseu­do-dar­wi­nisme social… sans doute parce qu’en tant qu’­hu­main je refuse de consi­dé­rer les humains comme n’im­porte quel vivant, ce qui est un devoir moral d’hu­main… même si c’est peut-être du « racisme » envers d’autres espèces d’êtres vivants. Quitte à en fati­guer cer­tains et avant d’en bra­quer d’autres, je pré­cise que cette der­nière réflexion, loin de cor­res­pondre à mon pre­mier sen­ti­ment, lequel relève bien sûr d’une aspi­ra­tion à res­pec­ter cer­taine uni­ver­sa­li­té humaine dont je rêve, ne va pas du tout à son encontre…

    J’ai écrit, et je per­siste, que la science peut et doit ne connaître qu’une véri­té. Mais ni l’exis­tence d’un prin­cipe ni la néces­si­té d’un prin­cipe n’excluent pas qu’il y en ait un autre (déso­lé de dire çà, je sens si sou­vent que nous sommes écra­sés par le mani­chéisme jus­qu’à l’absurde).

    J’ai assez dit éga­le­ment, et d’ailleurs sans tar­der, que cette véri­té scien­ti­fique n’est pas du tout défi­ni­tive. J’ai même insis­té récem­ment sur un autre fil, en tâchant d’ex­pli­quer pour­quoi il existe de nom­breux cas de scien­ti­fiques qui sortent de la déon­to­lo­gie, que ce deuxième prin­cipe n’a sur­tout pas à être consi­dé­ré comme une sorte d’ex­cep­tion et qu’il est à peu près cer­tain que cette véri­té pro­vi­soire sera nuan­cée voire tota­le­ment contre­dite un jour.

    Non seule­ment il n’y a rien de contra­dic­toire là-dedans, mais l’un comme l’autre de ces deux prin­cipes sont vitaux.

    Il suf­fit d’ailleurs de consi­dé­rer le second pour voir que la science n’est pas l’ennemie de la spon­ta­néi­té et qu’elle n’af­fir­me­ra jamais qu’une chose incon­nue est une chose qui n’existe pas. Nous sommes entiè­re­ment libres de croire à ce qui est incon­nu, et d’es­sayer de nous en rapprocher.

    Par contre, le pre­mier prin­cipe cité vise à inter­dire aux char­la­tans de pré­tendre tout remettre en cause à tout ins­tant (il suf­fit d’un per­vers pour cent per­sonnes de bonnes volon­tés pour tuer toute œuvre col­lec­tive), et aux mar­chands de rêve de faire croire mas­si­ve­ment aux gens à leurs chi­mères, quelles que soient les conséquences.

    Concrè­te­ment : on n’é­ta­bli­ra jamais que pro­vi­soi­re­ment qu’une chose est vraie (pas plus en sciences qu’ailleurs) mais une chose dont on a éta­bli scien­ti­fi­que­ment qu’elle est fausse est fausse, point barre. J’a­joute que cela n’in­ter­dit pas d’in­ter­ve­nir en « appel », car l’ins­ti­tu­tion est évi­dem­ment impar­faite et il se peut que les preuves de la faus­se­té en ques­tion aient été éta­blies par erreur ou par abus.

    Oublier cet autre prin­cipe serait funeste, mais abso­lu­ment rien à voir avec une remise en ques­tion de l’autre prin­cipe que j’ai rap­pe­lé ici : la coha­bi­ta­tion fonc­tionne très bien.

    Je pour­suis en répon­dant (m’a­dres­sant) en même temps…

    @ Ano­ny­mous (169) et à tous,

    depuis le mes­sage 82 d’A­lix, le pre­mier mes­sage que j’ai essayé d’ex­pri­mer et de faire pas­ser, c’est que la science et la liber­té, loin de s’op­po­ser, s’a­li­mentent et s’en­tre­tiennent l’une grâce à l’autre et l’autre grâce à l’une, mais que le sys­tème tota­li­taire, jus­te­ment, les tue l’une et l’autre en les téles­co­pant sans vergogne.

    En fai­sant cela, natu­rel­le­ment, il répond à la sourde demande de tous les idiots, de tous les impa­tients, de tous les déses­pé­rés, et de tous ceux qui com­mencent sérieu­se­ment à suivre l’une de ces routes bar­rées à force de trop subir ses assauts.

    Quitte à fâcher, donc, je me sens le devoir moral d’a­ver­tir des dan­gers que peut repré­sen­ter une ten­dance très en vogue à une époque qui voit se déve­lop­per un tas de « nou­velles reli­gions », qu’elles res­semblent plu­tôt à une per­ver­sion de la science ou à des soi-disant recettes miracles nous pro­met­tant qu’en s’en­fi­lant gen­tille­ment sous un rou­leau com­pres­seur on mène à coup sûr l’hu­ma­ni­té au paradis.

    Il est évi­dem­ment vital de ne pas se lais­ser avoir par ce chant des sirènes. Je me serais bien pas­sé, sinon, de per­tur­ber de gen­tils témoi­gnages de sen­ti­men­ta­li­té spontanée.

    Ici j’ai tâché d’ex­pli­quer un peu ce qui dis­tingue la science du scien­tisme, fon­de­ment idéo­lo­gique de tout mou­ve­ment totalitaire.

    Il m’est arri­vé aus­si, ailleurs (sur le forum notam­ment) de rap­pe­ler que, pour citer Arendt, « les régimes tota­li­taires vantent les liber­tés pour mieux les détruire » – j’ai pro­po­sé une série d’illus­tra­tions mon­trant que le « droit euro­péen », en fait zone de non droit où le droit est détruit au motif d’être com­plé­té, est un sys­tème fon­dé en pre­mier lieu sur l’at­tri­bu­tion de droits aux entre­prises en tant que telles et aux action­naires ano­nymes non rési­dents, deux fausses liber­tés nou­velles dont l’exis­tence et la garan­tie en haut lieu détruit les vrais droits.

    Réponse
  152. Sam

    @ Effab (155),

    par­tant de l’i­dée qu’en sciences il n’y a qu’une véri­té tan­dis qu’en phi­lo­so­phie, en reli­gion, bref, ailleurs, il peut y en avoir autant qu’on veut, je me dis que

    1. la sépa­ra­tion du poli­tique et du scien­ti­fique devrait pou­voir être et devrait sans doute être réa­li­sé par de tout autre moyens que ceux sup­po­sés garan­tir la laïcité ;

    2. comme il vaut sans doute mieux com­men­cer par essayer de jugu­ler un pro­blème en amont plu­tôt que tard, la manière de poser le pro­blème devrait plu­tôt être : pro­té­ger la science contre l’in­gé­rence poli­tique (cf. mon mes­sage 103, par­tie 2.), tan­dis qu’a­vec la laï­ci­té, sauf erreur de ma part, on tend plu­tôt à consi­dé­rer que l’es­sen­tiel du pro­blème est de pro­té­ger la sphère poli­tique contre l’in­gé­rence de la religion.

    PS : quand tu indiques un lien vers une vidéo (ou autre), tu devrais dire un peu pré­ci­sé­ment quel en est le sujet, sinon on n’est pas trop inci­té à y aller sauf si vrai­ment on a du temps et pas trop idée de ce qu’on compte faire dans l’heure qui vient, ce qui n’est pas fré­quent pour tout le monde.

    Réponse
  153. Ana Sailland

    La science, c’est aus­si le plai­sir de par­ta­ger des hypo­thèses, en sachant qu’elles ne sont pas des conclu­sions. C’est un jeu dans un labyrinthe.
    Il se trouve que ce jeu est par­fois utile, quelle chance, ou, c’est moins gai, vec­teur de pro­fit. Et c’est là que la science cesse d’être ludique, donc cesse d’être la science, quand cer­tains veulent en ache­ter les acteurs, pour leur faire perdre leur moti­va­tion d’en­fant décou­vreur, les enfer­mer dans la logique mer­can­tile, en faire les OS du génie.

    C’est ain­si, quand les maque­reaux s’en mêlent l’a­mour et la pas­sion meurent, et n’en reste que l’ap­pa­rence sans vie, dont le sang n’est plus que le bif­ton du micheton.

    Réponse
  154. Ana Sailland

    La science se pros­ti­tue dès qu’elle se veut ren­table, et une civi­li­sa­tion saine devra aimer la recherche quand elle est vaine.

    Réponse
  155. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Un vrai plan d’aus­té­ri­té pour une vraie reprise éco­no­mique ne doit pas concer­ner les pauvres et épar­gner les riches, il ne doit pas concer­ner les biens publics et épar­gner les biens indi­vi­duels, il ne doit pas concer­ner les besoins vitaux et épar­gner le super­flu, la fio­ri­ture et l’esbroufe.

    Sup­pri­mons les inté­rêts sur cré­dits, dimi­nu­tion des bud­gets publi­ci­taires, sup­pri­mons les divi­dendes, sup­pri­mons des niches fis­cales sur le capi­tal, etc.

    Les action­naires, les ren­tiers, les ban­quiers, les publi­ci­taires, les star­lettes et autres vam­pires éco­no­miques ne sont pas des créa­teurs de richesses comme ils le pré­tendent, ce ne sont que des failles gran­dis­santes qui sont la cause de l’hé­mor­ra­gies finan­cière que la crois­sance et la sur­pro­duc­tion n’ar­rivent plus à compenser.

    Alors, STOP !!

    Réponse
  156. Ana Sailland

    La science et la tech­nique sont beau­coup trop en avance sur la conscience, et c’est ce qui fait d’elleS un dan­ger mortel.

    Car ce n’est que quand la conscience pré­cé­de­rait science et tech­no­lo­gie que ces deux là seraient amies du futur.

    J’y reviens tou­jours : la conscience est ce qui nous manque le plus, et devrait être l’un des deux ou trois objets prin­ci­paux de notre attention.

    Réponse
  157. J-Stéphane

    Cos­cience, fusion de la science et de la conscience. :p

    Réponse
  158. EFFAB

    par­tant de l’i­dée qu’en sciences il n’y a qu’une véri­té tan­dis qu’en phi­lo­so­phie, en reli­gion, bref, ailleurs, il peut y en avoir autant qu’on veut, je me dis que (@176, SAM)

    Pro­té­ger la science contre l’in­gé­rence poli­tique, de cela, SAM, je crois que nous sommes tous d’ac­cord ici, bien que je for­mu­le­rai ça autre­ment : ce n’est pas tant la science qu’il faut pro­té­ger mais bien plu­tôt la socié­té, les Hommes et, en géné­ral, le vivant, car c’est bien de l’u­ti­li­sa­tion qu’on en fait (les appli­ca­tions qu’on va tirer de cette science no bonne ni mau­vaise en soi) qu’il faut à la fois user autant de prag­ma­tisme que de phi­lo­so­phie, ou sagesse si tu préfères.

    Quant à indi­quer le sujet de tel lien ou telle vidéo, je veux bien quoi­qu’en géné­ral il y a per­ti­nem­ment un lien, une rai­son à cela, proche ou loin­taine… comme je puis m’é­ton­ner de cette rai­son de temps et de dis­po­ni­bi­li­té que tu invoques car, en ce qui me concerne, je n’ai sou­vent pas le temps, sur le moment, de regar­der dans son inté­gra­li­té toutes les vidéos appro­chant les 60 minutes, et si cela me dérange au point de ne pas bien com­prendre la suite des com­men­taires ou de ce qui a déjà été dit, alors je prends le temps sur moi ou passe à autre chose, me pro­met­tant d’y reve­nir plus tard…

    … comme te lire en pre­nant connais­sance des der­niers mes­sages n’est pas tou­jours évident, car cela prend du temps quand ou pré­fé­re­rait par­fois évi­ter cer­tains de ces débats à ral­longe et pas­ser à des choses plus en rap­port avec le sujet ou la Cause des causes ; je ne veux pas dire pour autant que ce que tu dis n’est pas inté­res­sant, sinon je ne pren­drais pas la peine de le lire_comme on est bien obli­gé de lire ce qu’é­crit autrui pour voir de quoi il retourne.

    ROUSSEAU

    Réponse
  159. EFFAB

    Par­tant de l’i­dée qu’en sciences il n’y a qu’une véri­té tan­dis qu’en phi­lo­so­phie, en reli­gion, bref, ailleurs, il peut y en avoir autant qu’on veut, je me dis que (@176, SAM)

    Non, il y a autant de véri­tés en sciences qu’il y a d’ap­proches et de théo­ries, et par approches, autant les approches humaines, concep­tuelles que les dif­fé­rents angles ou dimen­sions par les­quelles on approche une réa­li­té : par exemple, la réa­li­té phy­sique de ma main peut se voir et s’ex­pli­quer à l’oeil micro­sco­pique, sous l’oeil avi­sé d’un connais­seur qui recon­naî­tra là la main d’un pia­niste ou celle d’un maçon (ce que j’ap­pel­le­rai là science empi­rique) et cette même main vue ou pas vue du tout de la Lune, et pour­tant tou­jours là et bien réelle, par­ti­ci­pant, aus­si infime soit-elle à cette échelle-là, à l’en­semble et de cette har­mo­nie… ou dis­har­mo­nie si ce pia­niste l’a per­due lors de la grande guerre…

    (à l’at­ten­tion de SAM : cette vidéo est un concer­to que Mau­rice RAVEL avait créé à l’at­ten­tion d’un (fameux) pia­niste qui avait per­du l’u­sage de sa main droite. La vidéo dure 11’15 mais comme il s’a­git de musique, tu peux lais­ser le lien tout en lisant la suite et écri­vant éven­tuel­le­ment une réponse^^)

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​z​a​w​L​v​k​u​Q​gic

    J’i­gnore ce que vaut cette inter­pré­ta­tion comme je suis loin d’être aus­si fin mélo­mane, en tout cas, je te remer­cie car grâce à toi j’é­coute ceci en même temps que j’é­cris, une musique que je n’a­vais pas écou­té depuis quelques temps, une de ces musiques impres­sion­nistes qui, sur France Musique, m’ont ini­tié aux débuts des années 90 à cette sen­si­bi­li­té musi­cale, ces musiques qui m’ont ins­pi­ré l’une des plus belles héroïnes qu’on n’est jamais conçues, pia­niste elle-même de son état et per­fec­tion incar­née, pas tant en tant que femme, exclu­si­ve­ment, mais bien dans cette sym­bo­lique ou cette méta­phore du Divin ou de cet Abso­lu en l’Homme, une chose trop belle pour être décrite, une chose trop par­faite pour rabattre leur caquet à toutes les pouf­fiasses auto-pro­cla­mées et sur-médiatisées !

     »Sug­ges­tion :
    pour par­ler nombreux
    sur de nom­breux sujets :
    . soyons brefs,
    . dans le sujet,
    . et patients 🙂 » (dixit ETIENNE^^)

    Réponse
  160. Ana Sailland

    Défi­nir dieu est impos­sible puis­qu’il est croyance, mais la conscience est un fait, per­cep­tible par la connais­sance immé­diate, tout comme l’in­tel­li­gence, la roche, l’eau, l’air, donc devrait pou­voir être défi­nie. Mais je crois qu’il n’y a pas de tâche plus dif­fi­cile en matière lexi­co­gra­phique. Je pense que c’est parce que c’est un objet mul­ti­forme, et com­po­site, bien qu’u­ni­taire (ce qui rejoint ce qu’on disait du binaire réduc­teur). Je m’y suis essayée et ne me satis­fais pas de mon brouillon volumineux.

    Le plus rigo­lo, c’est que nous en par­lons comme si de rien n’était.
    Je vais le faire dare dare 😉 

    La conscience, disais-je, est ce qui nous manque le plus, et en par­ti­cu­lier au niveau de la gouvernance.

    J’en­tends bien sou­vent les ora­teurs de notre bord se défendre pré­ven­ti­ve­ment du « tous pour­ris », par peur d’être dis­cré­di­tés par une accu­sa­tion qu’ils por­te­raient, excessive.

    Il me semble que ce que je viens de dire, la carence en conscience, glo­bale mais sur­tout au « som­met », cela est plus doux, plus rece­vable, et vrai.

    Pour y cher­cher remède, la pre­mière idée serait d’ac­croître la conscience géné­rale, pour que par la « théo­rie du ruis­sel­le­ment », si chère aux libé­raux, mais cette fois ci inver­sée, elle ruis­selle du géné­ral au par­ti­cu­lier, c’est à dire du peuple à ses maîtres.
    Joli pro­jet, mais à sup­po­ser qu’il soit mis en route, il fau­drait trop long­temps pour en voir le fruit, même vert ; et la terre est pres­sée que ses enfants ché­ris cessent de la torturer.
    Donc ce pro­jet, s’il est ini­tié, ne suf­fi­ra pas.
    Je passe sous silence l’i­dée far­fe­lue de n’ac­croître que la conscience de l’é­lite, … en amé­lio­rant l’E­NA, arf arf arf.

    Dom­mage, car une élite hyper­cons­ciente pour­rait nous faire nous pas­ser de la démo­cra­tie. Rêve inima­gi­nable, voire stupide.

    Alors que reste-t-il.
    Hé bien jus­te­ment, prendre la conscience là où elle est, dans ce réser­voir immense qu’est la popu­la­tion, qui contient bien plus de sagesse et de connais­sance qu’il n’y en a dans une oli­gar­chie, fut elle élue.
    Oui oui, certes, il y a par­mi nous des citoyens impos­sibles, dont la den­si­té doit être voi­sine de celle qu’on ren­contre au par­le­ment, mais point n’est besoin de mesure d’os­tra­cisme : une saine inven­tion de la tech­nique de déli­bé­ra­tion entre tous et pour tous devrait per­mettre de faire émer­ger non pas les meilleurs, mais les meilleures idées.

    Ain­si donc, une simple obser­va­tion de la masse moné­taire consciente et du CIB (conscience inté­rieure brute, ce qui n’ex­clue pas la ten­dresse), me conduit à l’é­vi­dence que seule la démo­cra­tie réelle est viable (… en atten­dant l’anarchie … 😉 )

    Réponse
  161. Alix

    @ Sam

    Com­ment dire…
    Mes mes­sages n’é­taient pas de la sen­ti­men­ta­li­té. La rai­son n’est pas le propre de la science. Et je ne peux que véri­fier là ce que je disais en 82 : aujourd’­hui, la parole hors science, la parole esti­mée comme « non scien­ti­fique » n’a pas de valeur, étant uni­que­ment consi­dé­rée comme sen­ti­men­tale, voire poten­tiel­le­ment dangereuse…

    Alors tu aver­tis du dan­ger des sectes et des nou­velles reli­gions… J’en pro­fite pour dire que les per­sonnes qui se font avoir par ces nou­velles reli­gions se font d’a­bord avoir par leur mental :

    Une per­sonne équi­li­brée au niveau émo­tion­nel, une per­sonne en accord avec elle-même, ne suit pas un gou­rou, parce que quelque chose dans le com­por­te­ment de ce der­nier lui appa­rait louche, sus­pect, pas « nor­mal ». Si elle finit par le suivre, c’est par un rai­son­ne­ment du style : « peut-être que je me trompe ».

    Et c’est ça que nous a fait perdre le « tout ration­nel »… Ce lien avec nous-même, avec ce que nous res­sen­tons au plus pro­fond de nous, qui vient com­plé­ter notre ana­lyse d’une situa­tion, et qui mène au discernement.

    Et comme nous conce­vons tout aujourd’hui sous l’angle du « tout ration­nel », les men­teurs et les boni­men­teurs peuvent y aller, pondre leurs beaux dis­cours et leur grand rai­son­ne­ment, leur belle démons­tra­tion par a + b, et les gens tombent dans le piège, et ils y croient, parce qu’ils prennent le mes­sage au pied de la lettre, parce qu’ils trouvent le rai­son­ne­ment logique et bien argu­men­té, et ils ne voient plus les inten­tions et le com­por­te­ment déviant de la per­sonne qui est derrière.

    Et je n’ai rien contre la science qui étu­die la matière, c’est la concep­tion maté­ria­liste du monde, éri­gée en dogme, dont la pire incar­na­tion me semble bien être le sujet de ce post, l’é­co­no­mie, qui ne sait rien faire d’autre que de régir le vivant et la vie sous leur aspect maté­riel, qui me pose problème.

    Réponse
  162. Marie

    @Alix
    « J’en pro­fite pour dire que les per­sonnes qui se font avoir par ces nou­velles reli­gions se font d’a­bord avoir par leur mental »

    Je crois que c’est exac­te­ment ça.
    Plus on est loin de soi(sa conscience), plus on est prêt du danger.

    Tout est dans l’har­mo­nie a trou­ver entre sa conscience et son men­tale, ce der­nier, mer­veilleux et indis­pen­sable outil d’a­na­lyse pour la science tant qu’il reste au ser­vice d’une cer­taine sagesse.
    En fait, je pense comme Ana, à pro­pos de cette Conscience qui manque tant.

    Réponse
  163. Marie

    par­don pour toutes les fautes que je ne vois appa­rem­ment qu’a­près avoir poster;-(

    Ce sujet de la science, ration­na­li­té et irra­tion­na­li­té, pour­rait s’appeler
    science gou­ver­née par la conscience

    Réponse
  164. Marie

    On pour­rait donc rem­pla­cer le mot sen­ti­men­ta­li­té par conscience, ce qui n’a plus le même sens.
    Et la sen­ti­men­ta­li­té l’as­so­cier au men­tal, trop affecté(par l’ego)

    Réponse
  165. Marie

    Par­don, l’é­go que j’as­so­cie au men­tal, fruit du calcul

    Réponse
  166. Marie

    je me rend compte que ce que j’ai écris est peu clair en fait;-) pour autant de postes et au lieu de ras­sem­bler ma pensée…
    On pour­rait faire une dis­tinc­tion entre sen­ti­men­ta­lisme que j’as­so­cie­rais à du mentalisme(affectation exa­gé­ré) et avoir du coeur dans le sens de la conscience d’au­trui, de l’empathie, de la sagesse.
    Je sépa­re­rais le froid men­tal outil uti­li­sé pour ana­ly­ser au sujet de la science et la conscience qui serait une son­nette d’alarme.

    Réponse
  167. Marie

    Je pré­cise que mon poste 173 s’a­dres­sait au poste 162 et à per­sonne d’autres
    Pour évi­ter tous malentendu;-)
    car je ne me lasse pas de vous lire, et
    même si le temps manque parfois 🙂

    Réponse
  168. J.C

    « La liber­té, c’est la liber­té de dire que deux plus deux font quatre. 
    Lorsque cela est accor­dé, le reste suit. » 
    George Orwell, « 1984. »

    Dire la véri­té est un acte révolutionnaire.

    J’aime bien ce que tu essaies de nous dire Sam même si cela me semble un peu laborieux.

    Il me semble que ce qu’il faut défendre et c’est aus­si ce qui fait la dif­fé­rence entre science et scien­tisme, c’est l’ap­proche ou méthode scien­ti­fique qui vise à la rigueur du rai­son­ne­ment, à la cohé­rence des propos.

    Dans un contexte pré­cis, avec des don­nées pré­cises, on arrive à des résul­tats effi­cients dans la recherche de com­pré­hen­sion du monde.

    Dans tout les domaines de for­ma­tions de la pen­sées quel qu’en soit l’ob­jet, si la méthode de déduc­tion est rigou­reuse, on avance.
    Le scien­tisme se fixe sur les véri­tés rela­tives que sont cer­taines conclu­sions tem­po­raires et tend à vou­loir en faire des véri­tés abso­lues indiscutables.
    Il s’a­git d’une déviance de l’ap­proche scien­ti­fique puis­qu’on uti­lise cer­taines conclu­sions au mépris de ce qui fait la science elle-même.

    Les inten­tions qui se cachent der­rière ces dis­cours sont sou­vent les mêmes que dans la plu­part des domaines d’ex­per­tises, c’est à dire tenir à l’é­cart les popu­la­tions, pré­tendre à une parole d’au­to­ri­té et pro­mou­voir des inté­rêts spé­ci­fiques très orientés.

    Par ailleurs, la com­pa­rai­son que tu fais (si j’ai bien com­pris) entre les cel­lules et le corps social me semble un peu abusive.
    Par exemple, des êtres humains qui aspirent à la soli­tude peuvent vivre très heu­reux et fort long­temps dans un envi­ron­ne­ment qui leur est favorable.

    @ Effab

    « prendre enfin conscience et connais­sance de cette éner­gie immense et infi­nie en nous qui peut créer des mondes à l’in­fi­ni des géné­ra­tions (la libi­do et ces mondes de la phy­sique) ou se recen­trer plus pré­ci­sé­ment en son point le plus infi­ni­té­si­mal, le plus caché à nos yeux d’hu­mains qui plus est dits civi­li­sés, quand nous sommes encore à en igno­rer notre vraie nature et notre pure essence, par-delà le temps, par-delà la matière…

    Oui, la science a cet poten­tiel et cet objec­tif de par­faire notre connais­sance et d’ap­pro­cher au mieux l’ex­tra­or­di­naire com­plexi­té de la Vie et des Etres, mais c’est bien cette conscience en nous qui se révèle à nous-mêmes et donne vie à tout »

    Cette conscience dont tu parles peut être décou­verte parce que l’on appelle la science de l’es­prit (qui est à mon sens la science des sciences).

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  169. Catherine

    En d’autres termes, la liber­té, c’est aus­si la res­pon­sa­bi­li­té d’ex­po­ser une véri­té dans sa pré­ci­sion, ne lais­sant ain­si pas de place à l’in­ter­pré­ta­tion. En cela, la rigueur scien­ti­fique ne sau­rait être vilipendée.
    C’est Ano­ny­mous qui dit cela, je crois.

    Mais la rigueur scien­ti­fique n’est rigueur que jus­qu’à ce qu’elle soit détrô­née par le vécu et alors elle est relé­guée aux oubliettes ? cette fameuse rigueur qui ne dure qu’un temps

    L’in­ter­pré­ta­tion est ce qui empêche l’indécence de l’un des sens

    Et pour­tant, para­doxe, il faut une fixi­té immuable pour per­mettre le dyna­misme, la mise en mou­ve­ment de la vie à l’i­mage d’une roue, le moyeu et la jante !

    Réponse
  170. Marie

    « Et pour­tant, para­doxe, il faut une fixi­té immuable pour per­mettre le dyna­misme, la mise en mou­ve­ment de la vie à l’i­mage d’une roue, le moyeu et la jante ! »

    C’est parce qu’il faut des lois de base sur les­quelles repose le mou­ve­ment de la vie.
    Ces lois se démontrent petit à petit grâce à la science, mais c’est tel­le­ment vaste !

    Réponse
  171. J.C

    @ Cathe­rine

    « Mais la rigueur scien­ti­fique n’est rigueur que jus­qu’à ce qu’elle soit détrô­née par le vécu et alors elle est relé­guée aux oubliettes ? cette fameuse rigueur qui ne dure qu’un temps »

    Non Cathe­rine, la rigueur scien­ti­fique n’est jamais détrô­née, ce sont les conclu­sions tem­po­raires qui le sont et bien grâce à la rigueur et l’hon­nê­te­té de la méthode scientifique.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  172. EFFAB

    @82,185

    Très joli­ment expri­mé tout ça, mer­ci ALIX !

    @192

    Cette conscience dont tu parles peut être décou­verte parce que l’on appelle la science de l’es­prit (qui est à mon sens la science des sciences). J.C

    C’est tout à fait ça, du moins, tout à fait comme je me l’i­ma­gine ou le pres­sens plu­tôt, cette science de l’es­prit, cette science des sciences… tels ces fon­da­men­taux géo­mé­triques, telle ces mathé­ma­tiques sacrées com­prises dans ce site de Gizey, et fai­sant corps, sym­bole, sens… toute la dif­fi­cul­té étant de le trouver_mais c’est bien de cela dont il s’a­git, trou­ver le sens juste et onto­lo­gique des choses, par-delà toute science offi­cielle et plus-values finan­cières… cette éthique et cette conscience en nous à même de redé­fi­nir de justes bases et ces fon­da­men­taux asso­ciés, un plan et une orga­ni­sa­tion socié­tales à même d’é­qui­li­brer toutes les par­ties, dans leurs dif­fé­rences, dans leur diver­si­té, mais ce point d’é­qui­libre entre toutes, cette néces­si­té d’har­mo­nie d’en­semble en vue de bons échanges et de ce res­pect mutuel ; cer­taine main-d’oeuvre par­fois non qua­li­fiée pour oeu­vrer à cer­tains tra­vaux, cer­taines taches mais ces intel­li­gences, cette humi­li­té au ser­vice éga­le­ment de tous et de ce chal­lenge per­ma­nent (en ce qui concerne les­dites intel­li­gences) de par­tage et d’é­man­ci­pa­tion géné­rale : l’in­té­rêt par­ti­cu­lier ne pou­vant dési­rer davan­tage sans l’as­sen­ti­ment de tous, telle une solu­tion frac­tale, créer à l’in­fi­ni sans jamais dépas­ser sa propre nature, ce point d’é­qui­libre, ce plan harmonieux.

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​d​q​_​1​f​w​a​g​6OE

    Ce docu­men­taire pour ceux que cela inté­res­se­rait, ou ne serait-ce que par curio­si­té. Je l’ai déjà cité der­niè­re­ment mais je ne sais plus où : les topics qui s’en­chaînent et la pro­fu­sion du nombre !^^

    Bon dimanche, LADIES & GENTLEMEN !

    Réponse
  173. EFFAB

    @1

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​j​b​L​F​o​0​2​j​lH8

    C’est très étrange, je ne m’ex­plique pas vrai­ment ce pro­blème technique :

    Un pro­blème est sur­ve­nu lors de la mise à jour de votre com­men­taire. Veuillez réessayer.

    Voi­ci ce que j’ai trou­vé en cher­chant une solution :

    « Lecri­vain­du­jour 14 nov. 2013 à 18:51
    Vide le cache, auto­rise les cookies tiers sur ton navi­ga­teur. Essaie ça, ça peut mar­cher. Et aus­si, quel navi­ga­teur uti­lise-tu ? Si c’est Chrome, quand tu es sur You­tube, un petit cookie avec une croix rouge s’af­fiche en haut à droite de l’é­cran. Clique des­sus, et clique ensuite sur « Affi­cher les cookies et autres don­nées de site ». Ensuite auto­rise les cookies de You​tube​.com et de plus​.google​.com
    Sinon, oui, Google tente de faire dis­pa­raître l’a­no­ny­mat sur Inter­net, en nous obli­geant à user de Google + pour uti­li­ser ses ser­vices, comme You­tube, notam­ment. C’est scan­da­leux, mais on n’y peut rien. A moins de retour­ner vers Dai­ly­mo­tion, qui est fina­le­ment plus ergonomique… »

    « Faire dis­pa­raître l’a­no­ny­mat » ou la liber­té de sur­fer le plus gra­tui­te­ment pos­sible, je ne suis pas sûr de bien avoir compris.

    Sinon, depuis deux jours, je réponds (enfin j’ai com­men­cé de répondre) à tous les pre­miers com­men­taires, y asso­ciant le plus sou­vent trois petits liens que je trouve oppor­tuns à la Cause… tout para­no que je puis être, je me deman­dais s’il n’y avait pas un lien avec ce petit sou­cis tech­nique et mon ‘achar­ne­ment’ à faire publi­ci­té, pro­fi­tant de cet impact appa­rent de cette vidéo coup de poing. Si à tout hasard quel­qu’un a une petite idée_comme je n’ai pas trou­vé de petit cookie. Merci

    Réponse
  174. Sam

    La vie la vraie

    @ Effab, @ Alix et @ tous,

    je risque fort de reprendre sous peu « une acti­vi­té nor­male » durant au moins quelques semaines.

    Bien déso­lé, moi aus­si, pour les nom­breuses fautes de frappe et pire – l’ab­sence du « s » dans le « est » de la cita­tion d’Or­well, c’est atro­ce­ment vilain… (par pitié, Étienne, si tu passes par là un de ces jours, cor­rige nous çà).

    Cela appa­rait sans doute dans le méta-mes­sage, mais comme tout le reste, çà risque tou­jours de ne par­ler qu’à ceux qui sont déjà d’ac­cord : il me semble évident qu’on ne peut pas abor­der intel­li­gem­ment des sujets aus­si dif­fi­ciles dans une série de mes­sages de dix lignes. Après le dixième, on en res­sort comme on y est ren­tré : pas plus avan­cé et tou­jours aus­si confus.

    Déjà, quand vous décor­ti­quez, la plu­part des gens ne retiennent que vos sem­blants de conclu­sions, ce qui fait sur­tout qu’ils prennent l’es­sen­tiel de votre mes­sage com­plè­te­ment de tra­vers (c’est sans doute, d’ailleurs, l’une des rai­sons pour les­quelles, très sou­vent on croit pou­voir s’ac­cor­der lar­ge­ment sur l’a­na­lyse alors qu’on est en grand désac­cord avec les conclu­sions). Mais com­ment faire la moindre dis­tinc­tion quand aucune n’est exprimée ?

    Il s’a­git effec­ti­ve­ment de s’ap­pli­quer autant qu’on peut à ne pas sur­char­ger les débats, mais aus­si de s’ap­pli­quer autant qu’on peut tout court – fal­lait-il le pré­ci­ser ? – et comme j’é­cris rare­ment sans y pas­ser des heures et des heures, à lire, à y réflé­chir, à écrire, à me reprendre, à y reve­nir, à syn­thé­ti­ser, etc. je pré­fère inter­ve­nir bien moins sou­vent. C’est en par­ti­cu­lier pour la même rai­son que je passe aus­si des semaines et par­fois des mois entier à ne presque rien lire (pour me consa­crer à bien d’autres choses). Je n’é­cris pas en dia­go­nale ni à moi­tié tout comme je ne lis pas en dia­go­nale. J’es­saie déjà tout sim­ple­ment de m’ap­pli­quer. Mais per­sonne n’est tenu de lire (ou d’é­crire), bien sûr.

    Pour­quoi répé­ter, par exemple, que la lec­ture du der­nier article d’un Lor­don est (très) longue si vous trou­vez tou­jours que çà en valait la peine ? Je trouve çà curieux. Je dois dire qu’en pareille condi­tion, à la rigueur, ma réac­tion consiste plu­tôt à pen­ser : « plus c’est long, … » Évi­dem­ment, il y a tou­jours du déchet, et encore plus de « gras », mais on ne peut pas tout avoir, et d’ailleurs on n’est pas au super­mar­ché. Du reste, la lec­ture peut aus­si être un plai­sir. Et comme je pense qu’il n’est guère pos­sible d’ap­por­ter grand chose à un débat en un mes­sage de trois lignes, à part un bon mot ou un bon résu­mé (du tra­vail d’au­trui, qu’il s’a­gissse d’un lien ou d’une réfé­rence à un autre mes­sage), mon « ins­tinct » me pousse plu­tôt à lire les mes­sages les plus longs (dans une large mesure)… comme à zap­per les mes­sages dont la forme semble tra­hir d’emblée le manque de soin.

    Mais cha­cun son truc… comme dit le slo­gan de notre chère et belle démo­cra­tie contem­po­raine – vous savez, celle qui est en vigueur à l’heure où le seul fait d’ex­pri­mer l’i­dée qu’il faut res­pec­ter la sagesse, comme tout autre pro­duit d’un tra­vail bien fait, vous fait cata­lo­guer comme par­ti­san d’une res­tau­ra­tion dont il est décré­té d’a­vance qu’elle est l’en­ne­mie de la liber­té… Cela dit, je ne juge pas sur un cas par­ti­cu­lier, d’au­tant moins que ce même régime a vou­lu que nous soyons à peu près tous for­cé­ment très épar­pillés, et comme cha­cun, bien sûr, je com­mence par faire avec ce que je res­sens des inten­tions d’au­trui – rai­son pour laquelle, cha­cun le com­prend, la pro­gres­sion de notre cause com­mune doit aus­si beau­coup au fait qu’É­tienne est, comme on dit, un ange… (cré­nom, si cette qua­li­té s’a­che­tait dans les maga­sins, je l’a­dop­te­rais volontiers…)

    Je pré­fère lire moins de livres mais « mieux », creu­ser moins de sujets mais les creu­ser autant que pos­sible car le bou­lot super­fi­ciel ne vous mène qu’à tom­ber dans tous les pièges exploi­tés depuis des lustres par la clique qui domine – il est évident (du moins pour les gens qui ont encore un bout de cer­veau à eux et prennent plu­tôt comme un com­pli­ment le sobri­quet de conspi­ra­tion­niste, concept dont la totale super­flui­té saute aux yeux… des mêmes), la domi­na­tion orga­ni­sée du fric par le fric pour le fric opte­ra tou­jours de pré­fé­rence pour les coups de billard à quinze bandes, mais le pro­blème est que vous l’ou­bliez aus­si­tôt que vous y avez repensé…

    Le tra­vail à moi­tié vous mène aus­si, (ne serait-ce que pour une évi­dente ques­tion d’or­ga­ni­sa­tion de son temps) à ne pas pou­voir réflé­chir par vous mêmes autant qu’à ingé­rer la pen­sée mâchée d’au­trui. Ce qui est sans doute pire que de ne pas avoir du tout acquis d’o­pi­nion sur la ques­tion, parce qu’a­lors non seule­ment vous nagez dans le flou et dans l’er­reur (ce qui n’est pas en soi le pro­blème, c’est le lot com­mun) mais vous le faites tout en étant ani­mé de convic­tions et de passions.

    Je sup­plie le lec­teur moyen­ne­ment patient de relire deux ou trois fois atten­ti­ve­ment le para­graphe qui pré­cède et d’ap­prendre que nous avons là l’es­sence de ce qui dis­tingue les « masses » de la « popu­lace », autre­ment dit LA condi­tion sine qua non du totalitarisme.
    Car toute la dif­fé­rence entre le culti­vé qui bouffe la soupe et celui qui, pour une rai­son ou une autre, s’ap­plique à ne rien lire et à ne rien écou­ter du tout, ou n’en a pas l’oc­ca­sion, c’est que le pre­mier est déjà ample­ment impré­gné, contrai­re­ment au second, de l’i­déo­lo­gie qui domine de manière écra­sante, réa­li­sant sa réa­li­té dans les faits, envers et contre tous, une idéo­lo­gie dont la domi­na­tion, je l’ai sou­li­gné, ne peut se faire qu’en sus­ci­tant une forme d’adhé­sion de la part du très grand nombre. Même si ça n’est qu’in­di­rec­te­ment, « sur la défen­sive », « à l’u­sure », bref, « par rési­gna­tion » et bien sûr tout autant par cré­du­li­té, pour l’im­mense majo­ri­té, ou bien par cynisme pour ceux qui sont « du bon côté du manche ». A tout niveau, tout çà fonc­tionne sur le mode ini­tia­tique – par exemple, on n’ac­quiert sans doute vrai­ment, sur le second mode, la convic­tion de l’ef­fi­ca­ci­té du saint mar­ché que lorsque l’on exerce l’ac­ti­vi­té aveugle, vio­lente et absurde du tra­der, du direc­teur de fonds de pen­sion, etc. (on croit sur­tout bien savoir qu’il n’y a que « du bon côté du manche » que ça marche, tan­dis le choix n’est plus qu’entre rési­gna­tion subie et rési­gna­tion cyni­que­ment acceptée…)

    Bilan des courses : il n’y a pas de salut si on ne s’a­charne pas, cha­cun, à pen­ser par nous-mêmes (ce qui ne signi­fie en rien se murer dans l’au­tar­cie men­tale, évi­dem­ment), et on ne sera pas sur­pris de consta­ter que c’est là le grand mes­sage de l’oeuvre d’Ardent, d’Or­well ou de S. Weill.

    Pour la pre­mière fois, étant don­né le sujet de la dis­cus­sion qui m’a­mène à redire ici ce que j’ai eu à dire ailleurs, je suis un peu satis­fait de la froi­deur de ces deux termes : « popu­lace » et, sur­tout, « masses ». « . L’un et l’autre de ces termes, en par­ti­cu­lier le second, ne sentent pas fran­che­ment l’é­thique, mais notez que si le pre­mier évoque l’i­dée d’une foule de gens mépri­sés par ceux qui les dominent, ce qui n’im­plique aucu­ne­ment, a prio­ri, que les domi­nés s’en satis­fassent, le second évoque bien plu­tôt un groupe d’hu­mains dont le com­por­te­ment semble gui­dé de l’ex­té­rieur, ce qui sug­gère plus clai­re­ment une sorte de consen­te­ment – il ren­voie éga­le­ment à l’i­dée d’un groupe dont les membres sont indis­so­ciés (y com­pris au sens où un sys­tème tota­li­taire n’est pas de type pyra­mi­dal, mais passons).

    Si je pré­fère aus­si abor­der moins de sujets, pour pou­voir creu­ser et – oh sacri­lège oser essayer de démon­trer, sou­vent même de réin­ven­ter – c’est sim­ple­ment parce que je me refuse à tour­ner en rond. Tout comme mon esprit se révolte d’a­voir si sou­vent l’im­pres­sion qu’au pré­sent les gens, et sur­tout ceux qui s’au­to­risent à par­ler, disent tous la même chose – com­bien de cen­taines de bou­quins qui sortent chaque année et qui ne font que répé­ter des choses écrites les années pré­cé­dentes ? Com­ment peut-on sup­por­ter çà ?

    A part çà, com­ment taire le sen­ti­ment que l’im­mense majo­ri­té de mes sem­blables méprise la rigueur (avant tout parce que çà parait plus confor­table, bien sûr) ?

    Plus géné­ra­le­ment, le sen­ti­ment qu’elle veut le beurre et l’argent du beurre : la démo­cra­tie mais sur­tout qu’on leur foute la paix, qu’on construise la démo­cra­tie mais sur­tout ne jamais faire soi-même plus que l’in­vo­quer, en débattre mais sur­tout ne pas se prendre la tête, retrou­ver l’au­then­ti­ci­té dans son coin mais aspi­rer en même temps à com­mu­nier avec le plus grand nombre pos­sible sans subir de contra­dic­tion, culti­ver des sen­ti­ments dans une décharge enva­hie de Roun­dup, indé­pen­dam­ment du fait que le régime qui écrase nos sen­ti­ments n’a une telle puis­sance que parce qu’il détourne la science, quand ce n’est pas, à la longue, détes­ter la science par prin­cipe… voire par pos­ture ! Car cha­cun la connaît, la grande morale, immo­rale ou amo­rale de l’é­poque : sois cool, donc fina­le­ment tais-toi sauf si, jus­te­ment, tu n’as rien à dire d’in­tel­li­gent : dans cette « démo­cra­tie » en puzzle et en peluche, dans cette tyran­nie toute en faux sem­blants, çà n’est qu’à ce titre que peuvent s’ex­pri­mer ce qui n’ont aucun titre à s’ex­pri­mer… (pour para­phra­ser J. Rancière).

    Mais je constate avant tout, j’en suis le pre­mier déso­lé, que cette immense majo­ri­té se fout roya­le­ment de la rigueur – quand, jus­te­ment, elle n’in­si­nue pas qu’en fait la rigueur c’est le problème.

    Alors si Alix parait encore sur­pris que j’aie rebon­di sur son mes­sage, ou plu­tôt que j’aie pu le faire en débal­lant un tableau si inquié­tant (ou de manière si inquiète), j’ose croire que c’est sim­ple­ment en sui­vant se pen­chant que nous avons tous de prendre d’a­bord pour soi les réflexions que nous adressent les autres.

    Il ne s’a­git évi­dem­ment pas de pré­tendre devi­ner, sur une dou­zaine de lignes et encore moins entre elles, si Alix ou je ne sais qui nagent dans une sorte de « sen­ti­men­ta­li­té – insulte à la science », mais de consi­dé­rer la situa­tion actuelle, d’une part et, d’autre part, de par­tir de ce qu’il a écrit : un mes­sage que je trouve très flou et remar­quable (aus­si) s’a­gis­sant d’a­li­gner de pos­sibles confu­sions que j’es­time déci­sives. En tous cas, cette confu­sion et, disons-le, ce manque de rigueur, n’ont rien d’é­ton­nant vu qu’il abor­dait un sujet aus­si com­plexe et casse-gueule en une dou­zaines de lignes… Or, en même temps, l’in­ten­tion mani­feste était jus­te­ment (il ne va tout de même pas me dire le contraire) d’ex­pri­mer une fatigue ou un ras le bol vis-à-vis des assauts inces­sant d’une sorte de rigueur qui s’infiltre par­tout, désen­chan­tant et tuant la spon­ta­néi­té. Bon, entre nous soi-dit, quand c’est la forme et le fond du pro­pos d’un proche, je me per­mets de lui dire, gen­ti­ment : y a pas mar­qué « La Poste ». Les amis çà sert aus­si à vous pous­ser en avant en vous disant des choses que les autres pré­fère ne pas vous dire, ques­tion d’é­co­no­mie et de confort présumé.

    Je pense qu’on ne peut être concis que lorsque l’on croit pou­voir énon­cer une chose enten­due ou bien, lorsque le sujet est dif­fi­cile, si l’on y a soi-même énor­mé­ment tra­vaillé et si on déjà de sur­croit un grand recul (mais c’est aus­si bien la situa­tion d’une posi­tion arrê­tée). Pas lorsque l’on est soi-même en recherche. Quant à ce qui est enten­du, je suis bien for­cé de faire avec une situa­tion qui me parait bour­rée de mal­en­ten­dus, d’illu­sions, de confu­sions, etc. Et c’est d’ailleurs cette situa­tion qui m’in­cite à l’ouvrir.

    Et même après ces déjà (peut-être trop) nom­breuses pages et (peut-être trop) nom­breuses répé­ti­tions, je suis bien for­cé aus­si de consta­ter que beau­coup de pré­ci­sions, de pré­cau­tions, de nuances que j’ai appor­tées et, pour com­men­cer, tant de dis­tinc­tions que j’ai essayé de repo­ser pour per­cer le brouillard, parce que je pense que toutes ces choses sont déci­sives, n’ont pas été cap­tées par d’autres – rien d’a­nor­mal à cela.

    Sou­le­ver des ques­tions, esquis­ser l’ex­pres­sion d’un res­sen­ti ou sim­ple­ment affir­mer des choses, on en convien­dra pro­ba­ble­ment, c’est bien plus rapide que s’es­sayer à répondre et à démon­trer. Ce qui implique d’a­bord de décor­ti­quer, de poser des repères, des dis­tinc­tions, etc.

    Mais on en revient une fois de plus au pro­pos ini­tial d’A­lix, à l’un de ces nom­breux pièges qu’il ren­ferme en creux : en l’occurrence, c’est un fait que de plus en plus de gens, fati­gués, écra­sés, écœu­rés par les assauts per­ma­nents de la « ratio­na­li­sa­tion » en tous domaines de leur vie, en arrivent à vou­loir se débar­ras­ser de toute ten­ta­tive d’analyse.

    En com­men­çant par confondre la rai­son et une forme de logique qui, pré­ci­sé­ment, en est l’en­ne­mie comme elle est enne­mie de ce qui fait la part ani­male de notre exis­tence. Ain­si cette éter­nelle répé­ti­tion d’in­si­nua­tions, de mal­en­ten­dus et de mises aux points que vous valent l’i­dée débile d’une oppo­si­tion entre rai­son et amour, science et sen­ti­ment, etc, le même niveau de débi­li­té que le slo­gan soixante-hui­tard : il est inter­dit d’in­ter­dire conçu comme idée phare de la liberté.

    Car le pire, quand on aligne des mes­sages aus­si flous que concis, et qu’on les répète pour toute démons­tra­tion et pour toute réponse à la contra­dic­tion, c’est qu’on contri­bue invo­lon­tai­re­ment, même par enche­vê­tre­ment de mal­en­ten­dus, à un sys­tème qui nous bourre le crane d’i­dées fausses par simple effet de répé­ti­tion. Or qui s’é­meut d’une forme de bour­rage de crane Alix ? Et qui foca­lise non pas sur cette forme de dres­sage mais sur la démarche qui consiste à cher­cher à démon­trer ? Du reste, encore une fois, ce n’est pas du tout la science qui vient t’en­va­hir dans ta chau­mière (par ailleurs, si la pros­ti­tuée qui s’en réclame en vient à te faire perdre patience, c’est jus­te­ment parce que tu t’i­ma­gines qu’il te suf­fit de res­ter « neutre », qu’il te suf­fit de ne pas cher­cher à faire la distinction).

    Bref, la dif­fé­rence entre le monde dont je rêve, d’une part, et Le meilleur des mondes ou celui-ci, d’autre part, c’est que dans le pre­mier un par­fait contre-sens mille fois rabâ­ché reste un par­fait contre-sens. Qui vous laisse le choix entre le haus­se­ment d’é­paules et la calotte der­rière la tête.

    Non seule­ment çà ne nous mène à rien d’une manière géné­rale, ni per­son­nel­le­ment ni col­lec­ti­ve­ment, mais cette confu­sion funeste, c’est pré­ci­sé­ment celle que le régime en vigueur, au moins aus­si tota­li­taire que ceux que sa véri­té his­to­rique qua­li­fie ain­si, mais bien plus sub­til, veut vous inculquer.

    Au plan du dia­logue, il vous reste le choix entre ris­quer de fâcher l’a­mour propre de l’autre et le votre en même temps, ou conti­nuer à lais­ser l’es­prit som­brer. Ce n’est qu’un indé­crot­table opti­misme « natu­rel » qui m’empêche de pré­dire qu’un jour, bien­tôt même, peut-être, la cool-atti­tude règne­ra sans par­tage ni limite jusque sur le forum d’É­tienne… Sinon je trou­ve­rais cette éven­tua­li­té à peu près aus­si vrai­sem­blable (autant dire cer­taine) que celle que Wins­ton en vienne tôt ou tard à aimer Big Brother.

    @ Effab,

    çà fai­sait long­temps que je n’a­vais pas enten­du le concer­to pour la main gauche, merci.

    Je dois avouer que, pour ma part (est-ce parce que je suis affu­blé du sexe mâle ? mais qu’im­porte ?), je ne peux pas écou­ter de la musique et lire en même temps. Ou bien si, mais quand la musique se ter­mine je constate soit que je ne l’ai pas du tout écou­tée soit que je n’ai rien pigé à ma lecture…

    @ Ana (177, 178),

    c’est très bien dit.

    Réponse
  175. nlescan

    Si la video du vieux réac marche si bien c’est par­ce­qu’il parle de pendre des gens pas par­ce­qu’il met en cause la pro­bi­té les hommes poli­tiques pré­sents ou qu’il cri­tique l’eu­rope… (sinon il y aurait plein de videos nume­ro un ou il n’est pas ques­tion de tuer qui que ce soit).

    L’é­tape d’apres c’est un de ces mytho mon­tant a la tri­bune pour décla­rer « n*#ez tous vos mères bande de fils de p#*e »…buzz garanti.

    Réponse
  176. Sam

    @ JC (195), j’ou­bliais : très bien dit.

    et @ tous, à bien­tôt, j’es­père. Je lache un peu le micro… Je tâche­rai quand-même de venir lire dans les jours qui viennent.

    Réponse
  177. Alix

    @ Sam,

    Une nou­velle fois tu me prêtes des inten­tions que je n’ai pas, d’où mes redites… ain­si qu’un com­por­te­ment que je n’ai pas.

    Et j’a­jou­te­rais que la confu­sion ne se trouve pas dans mes mes­sages mais dans le fait que tu ne com­prends pas ce que je dis.

    Contrai­re­ment à ce que tu penses, je réflé­chis aux mots que j’emploie et à la façon dont je m’ex­prime, ce qui me per­met effec­ti­ve­ment de faire des mes­sages plus courts que les tiens. Et tout est là, dans les mots, mais tu ne le vois pas, occu­pé que tu es à vou­loir y voir un danger.

    Et enfin, je n’ai pas besoin de prou­ver ou de démon­trer ce que je dis, je le vis, et si une per­sonne veut des preuves, qu’elle observe autour d’elle, qu’elle sorte et qu’elle observe la vie et le com­por­te­ment des gens, le com­por­te­ment des gens devant la télé, le com­por­te­ment des gens face à une per­sonne cha­ris­ma­tique, le com­por­te­ment des gens qui vivent dans leur tête, le com­por­te­ment des gens qui se font séduire par un dis­cours… etc etc

    L’a­na­lyse ça passe aus­si et avant tout par l’ex­pé­rience concrète de la vie.

    Pour finir, si mes mes­sages sont flous, com­ment se fait-il qu’a prio­ri des per­sonnes les com­prennent ? Les estimes-tu plus bêtes que toi, moins outillés que toi pour comprendre ?

    Réponse
  178. Ana Sailland

    🙂 On s’en­ri­chit d’au­tant plus de l’autre qu’on ne juge pas ses erreurs 🙂

    (fopa­ki­pouss­Kan­Mêm)

    Réponse
  179. Sam

    @ J.C. (192),

    et zut, j’ou­bliais de répondre à ton message.

    Déci­dé­ment, je deviens peut-être mono­ma­niaque à force de m’être déjà trop long­temps immer­gé dans ce sujet mais ta réponse me fait bon­dir… et me ramène encore maintes fois (allez, au moins trois, coup sur coup) à Arendt op. cit. …

    Oui mais… Ne sur­tout pas se satis­faire du carac­tère (hon­nê­te­ment) déduc­tif pour qua­li­fier ce qu’est la science.

    D’a­bord, il y a que l’i­déo­lo­gie, au sens pro­pre­ment tota­li­taire du moins, est la forme de « pen­sée » qui découle méca­ni­que­ment d’une seule et même pré­misse. Une pen­sée en rond, si l’on pré­fère, qui pour­vu qu’elle s’im­pose aura réponse à tout.

    Manières par­mi tant d’autres, au pas­sage, de dire qu’il ne sur­tout pas voir la science comme un uni­vers fermé.

    Mais ce qui manque dans l’i­déo­lo­gie comme dans le scien­tisme, c’est très pré­ci­sé­ment l’é­preuve de réa­li­té, le sou­ci de la preuve. On en revient à l’o­ri­gine de cette dis­cus­sion… et à la néces­si­té de le dire et de le redire à ceux qui ont une vision trop vague de la véri­table démarche scientifique.

    L’i­déo­lo­gie et dans le scien­tisme se passent jus­te­ment de preuve et pour autant menacent tou­jours de s’im­po­ser. Ils ne s’im­posent pas en convain­quant mais parce qu’au moment où ils devraient le faire : 1. ils ont déjà ample­ment réa­li­sé leur propre logique dans les faits ; 2. (c’est le point que je vou­lais sou­li­gner ici) ils pro­mettent des choses par nature invé­ri­fiables : le sys­tème tota­li­taire, ultra « ambi­tieux », « révo­lu­tion­naire », ne fait que des pro­messes que pour le long ou très long terme, ce qui le sous­trait à toute pos­si­bi­li­té de le contre­dire (on connait du reste la com­bine : si le mar­ché ne marche pas encore c’est pré­ci­sé­ment parce qu’on n’a pas assez réa­li­sé le tout mar­ché) et lui donne un énorme avan­tage dans le débat, qu’il finit par sub­mer­ger ; le scien­tisme en géné­ral prend ses liber­tés comme tout le monde mais joue essen­tiel­le­ment sur des affir­ma­tions « infal­si­fiables » (notion épis­té­mo­lo­gique qu’on peut tra­duire par « invérifiables »).

    Manière de rap­pe­ler à Alix que la preuve est notre amie… jus­qu’à ce qu’on pré­tende venir te l’ar­ra­cher par la torture.

    S’a­gis­sant, enfin, de l’her­mite qui va très bien (dans des cir­cons­tances favo­rables), même si on laisse de côté le fait que « l’in­di­vi­du » en ques­tion n’a pas été éle­vé par des loups – et le fait que ma para­bole avait assu­ré­ment ses limites (j’ai tenu à ajou­ter aus­si­tôt que je ne prône aucun « dar­wi­nisme social ») – : la pen­sée de celui qui serait seul au point de perdre la notion du juge­ment de ce qu’au­trui pense de sa propre pen­sée, jus­te­ment parce qu’elle « tourne en rond », « est livrée à elle même », abou­tit tou­jours au pire.

    « labo­rieux », tu l’as dit… Mais il y a tant de pièges, on en arri­ve­rait tôt ou tard à pen­ser : un peuple d’es­claves n’a pas besoin de libé­ra­teur mais d’un maître, comme disait l’autre. 😉

    Allez, salut à tous.

    Réponse
  180. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Puisque l’é­co­no­mie repose comme on le dit, sur la confiance, ou plu­tôt comme on ne le dit pas sur la croyance, comme pour les religions.

    Pour­quoi serait-il néces­saire de vrai­ment don­ner de l’argent aux banques puisque de simples rumeurs suffisent ?

    Et si le sérieux et la répu­ta­tion des peuples per­met aux gou­ver­ne­ments de vrai­ment secou­rir le sys­tème bancaire.

    Pour­quoi cette noto­rié­té n’est-elle pas mon­nayée contre un effa­ce­ment des dettes d’états ?

    Réponse
  181. Marie

    @JStéphane
    ça c’est une bonne colle pour nos héros de politicars;-)

    Réponse
  182. Ana Sailland

    Notre éco­no­mie est fon­dée sur la défiance et non pas sur la confiance, puis­qu’à 99% on ne contri­bue pas sans contre­par­tie clai­re­ment expri­mée et pré­vue par contrat anté­rieu­re­ment à l’ac­tion, ce qui signi­fie qu’on n’i­ma­gine pas que l’acte gra­tuit venant de nous serait sui­vi d’actes gra­tuits venant des autres, tous assez nom­breux pour que la vie soit pos­sible sans contrainte et la syner­gie pos­sible sans carotte pour faire avan­cer l’âne. Et le plus rigo­lo, c’est qu’on parle de mon­naie fidu­ciaire, donc garan­tie par la confiance en nos maîtres et en rien d’autre, comme outil de par­tage et d’or­ga­ni­sa­tion de la défiance.

    Notre socié­té est aus­si celle de la sou­mis­sion, pas seule­ment à des maîtres, mais encore à des corps de pen­sées incar­nées dans l’in­cons­cient col­lec­tif, ou plus en sur­face, dans les modes. C’est ain­si que Gis­card inter­ro­gé sur la loi de 1973 répon­dit : « c’é­tait dans l’air du temps », met­tant à terre de lui-même l’or­gueil des orgueilleux

    Ain­si la paresse intel­lec­tuelle est elle aus­si l’un des outils de base des dérives socié­tales, bien en amont du concept de complot : 

    Nos propres croyances, peu remises en ques­tion, com­plotent contre nous bien mieux que ne le font ceux de nos maîtres qui eux aus­si leur sont soumis.

    Sur le fil « Marat », je par­lais du tamas.
    Etienne, qui est moins obs­cur que moi (grande qua­li­té hein véro­nique 🙂 ) parle de l’inertie.

    Donc : défiance, sou­mis­sion, paresse, iner­tie, …, en nous et contre nous, sont les cailloux de notre che­min, qui ris­que­raient bien d’être encore en saillie sur le des­tin d’une vraie démo­cra­tie pure­ment ins­ti­tu­tion­nelle mais sans le pré­am­bule des âmes.

    ;;;;

    J’ai bien aimé le lap­sus de l’ar­dente Arendt, à res­ser­vir ailleurs mais cette fois ci exprès.

    Réponse
  183. Marie

    @Ana et @Sam
    je crois que je vais retour­ner lire davan­tage d’a­vis contraire, comme le fait Etienne), parce j’y connais pas grand chose.
    En fait, c’est cette envie de me joindre à des cer­veaux et plus savant que moi, d’ap­prendre qui me fait poin­ter ma fraise.
    Mais c’est vrai je pour­rais me conten­ter juste de vous lire ou de pos­ter des liens(et encore, ça dépend où et quoi, donc, là il faut encore peser…
    Je fais une paren­thèse ici ; je trouve ça amu­sant de consta­ter que je suis en mino­ri­té en tant que femme pré­sente ici, j’au­rais donc un inté­rêt sup­plé­men­taire à retour­ner appro­fon­dir avant de repoin­ter ma fraise sur ce joyau d’ou­til qu’est ce blog plu­tôt que d’at­ti­rer les spams;-)
    amicalement

    Réponse
  184. Sam

    Soupe d’or­ties (y a bon)

    @ Alix, avant d’y aller (si j’y arrive…),

    « enfin, je n’ai pas besoin de prou­ver ou de démon­trer ce que je dis, je le vis, et si une per­sonne veut des preuves, qu’elle observe autour d’elle, qu’elle sorte et qu’elle observe la vie et le com­por­te­ment des gens (…) »

    Il va de soi que les preuves ne vont pas se cher­cher dans le dis­cours de qui­conque. Mais qui donc a dit le contraire ?… Par contre, je te ferais aus­si obser­ver que, si jamais on peut trou­ver une preuve ailleurs, alors on peut en retour, très sou­vent, dégo­ter une tas d’â­ne­ries dans le dis­cours d’un­tel. Tu me diras alors de nou­veau que tu es per­sé­cu­té, je com­pa­ti­rai mais je te répon­drai : « tu te sou­viens, frère ? Rends à la science ce qui est à la science, etc. et c’est jus­te­ment je moyen, le seul, d’é­vi­ter çà. »

    Que tu en remettes une couche en essayant de pré­ci­ser et de jus­ti­fier un dis­cours que tu dis par ailleurs être lim­pide et concis, c’est une chose, mais pour la clar­té et pour la logique, je suis bien for­cé de consta­ter que ça ne s’ar­range pas : tu parles main­te­nant de « démon­trer » et de « preuves » concer­nant « ce que tu dis », en géné­ral, sans la moindre dis­tinc­tion entre des domaines d’ap­pli­ca­tion incom­pa­rables : 1. ce qui concerne ton droit de res­sen­tir ce que tu vis, 2. ton droit d’a­voir une opi­nion per­son­nelle sur un sujet lamb­da, et 3. à part çà, tout ce qui ren­voie à la néces­si­té (pas évi­dente pour tous, faut croire) d’ap­pro­cher une concep­tion com­mu­né­ment admis­sible quand on parle d’un quel­conque sujet poli­tique, pour ne même pas par­ler de sciences… condi­tion sans laquelle les notions de « démons­tra­tion » et de « preuves » n’ont rigou­reu­se­ment aucun sens com­mun ! Idem, le « besoin » dont tu parles, on ne sait pas s’il concerne ton inti­mi­té, une espèce de légi­ti­mi­té ou sup­po­sé­ment les deux à la fois.

    Je ne te ferais pas le reproche d’une telle bourde, même si elle est si énorme, si jus­te­ment tu ne trai­nais pas cet amal­game gros­sier et gro­tesque depuis le début. Au fait, Alix, ce blog parle vague­ment de l’am­bi­tion de (re)fonder une démo­cra­tie, çà ne t’en­nuie pas de faire l’ef­fort de dis­tin­guer un peu ton nom­bril et les ques­tions d’or­ga­ni­sa­tion et d’ex­pres­sion d’une forme de volon­té générale ?

    Par­donne-moi d’in­sis­ter, donc, mais tu conti­nues à glis­ser en douce un amal­game com­plè­te­ment abu­sif, qui confine au ridi­cule ; main­te­nant libre à toi, une fois pré­ve­nu et ré-pré­ve­nu, de conti­nuer ce jeu mal­hon­nête quoique dis­trayant et émou­vant – car tu le fais, une fois de plus, en dis­trayant le lec­teur avec l’ar­gu­ment de ta liber­té de pen­ser… qui trouve, comme toute liber­té, sa limite : en l’es­pèce, celle des autres de consi­dé­rer qu’il faut pas pous­ser mémé dans les orties.

    Jolie ten­ta­tive d’é­non­cer de manière concise une chose dont tu assures qu’elle s’é­nonce clai­re­ment puisque elle se conçoit aisé­ment – à d’autres… (essaie encore).

    Devant le témoi­gnage (si impu­dique) d’un tel manque de rigueur élé­men­taire, excuse-moi de relé­guer au rang de ques­tions sub­si­diaires celle de la lon­gueur de la démons­tra­tion et celle de la prio­ri­té de l’ex­pé­rience vécue s’a­gis­sant de confé­rer une légi­ti­mi­té… à un témoigne intime. Tiens, au fait : hier j’ai croi­sé Lau­rie, elle m’a dit je veux faire caca mais ces salauds ont encore piqué tout le papier, après quoi, quand j’ai eu le mal­heur de par­ler de la nou­velle règle­men­ta­tion UE sur le volume d’eau des chiottes (et ouais, le fri­do­lin moyen aurait 6 ou 7 fois plus de lieux d’ai­sance que le fro­mage qui pue moyen, j’ai oublié tel­le­ment le gouffre est incroyable…), elle a eu l’air de me repro­cher de faire de trop longues phrases pour énon­cer des choses que tout un cha­cun com­prend… et – sum­mum de la pen­sée cri­mi­nelle – ne pas consi­dé­rer que tout le monde avait autant d’in­tel­li­gence natu­relle en toutes matières.

    T’in­quiète, va, le coup de l’é­ga­li­té en tout natu­rel­le­ment et défi­ni­ti­ve­ment acquise, on nous la fait tous les jours. A part çà, çà n’est pas par ce qu’on peut ten­ter de rai­son­ner par ana­lo­gie ou par l’ab­surde que le para­graphe pré­cé­dent pré­tend par­ler de ton intel­li­gence, et je ne vois évi­dem­ment pas qu’est-ce qui m’au­to­ri­se­rait à en juger. Mais après tout, si tu tiens à lan­cer des défis, par­donne-moi, il y a sim­ple­ment que je suis un peu joueur, moi aussi…

    A trop rame­ner les choses à soi on finit par dire autant d’â­ne­ries qu’un cher­cheur dis­pen­sé d’ap­por­ter les preuves de ce qu’il raconte. Dom­mage que tu prennes mes remarques pour toi, car pour le reste cette dis­cus­sion m’a sem­blé très constructive.

    Bien sûr, çà n’est pas parce que je com­mence une série de mes­sages en écri­vant « @ Alix 82 » que je parle seule­ment de toi et à toi. Quand j’y consacre une ving­taine d’heures, il va sans dire, en prin­cipe, que je n’é­cris pas ani­mé de l’am­bi­tion ni de la modes­tie de te faire dire ce que tu veux dire ou pas – pour çà, cha­cun peut te lire.

    Au fait, si j’a­vais pris ton mes­sage 82 pour moi, tu penses bien que j’au­rais été for­cé de com­prendre que les sodo­mi­seurs de mouches en trente pages de mon espèce sont une atteinte à ta liber­té d’é­prou­ver libre­ment tes propres sen­ti­ments. Je dis çà, je me suis deman­dé un ins­tant si tu ima­gines que le dis­cours de cer­tains, contrai­re­ment à celui d’autres, ne peut jamais bles­ser personne.

    Fra­ter­nel­le­ment,

    Sam

    PS : une fois de plus, et pour la der­nière fois, j’es­père, essaie de ne pas prendre pour toi des consi­dé­ra­tions qui répondent à mani­fes­te­ment une inten­tion de par­ler d’un sujet en géné­ral, çà n’ap­porte jamais rien de bon. Et ne nous fais pas non plus le coup de celui qui n’a pas le droit à l’er­reur : des erreurs, tout comme toi, j’en com­mets à la pelle ; là n’est pas la ques­tion. La grande ques­tion, ici, c’est de savoir com­ment la décence et le bon sens popu­laire peuvent gou­ver­ner intelligemment.

    Réponse
  185. Sam

    @ J‑Stéphane (205),

    mais c’est bien ce qui se passe en défi­ni­tive, tôt ou tard.

    Les USA ou la GB conti­nuent de lais­ser filer une dette abys­sale et dont seuls les goyos s’i­ma­ginent qu’elle sera peu ou prou rem­bour­sée (pas même une par­tie signi­fi­ca­tive ne sera rem­bour­sée au final). On ne leur fait pas la guerre pour autant… parce qu’on croit qu’ils sont à peu près invincibles.

    Et un beau jour, dans une situa­tion com­pa­rable à ce qu’on connait, tout État en arrive à répu­dier ses dettes, plus ou moins for­cé par le peuple, plus ou moins du fait d’une « volon­té poli­tique » presque acci­den­tel­le­ment expri­mée – disons par impos­si­bi­li­té tech­nique res­sen­tie de faire autre­ment. Après quoi le peuple com­prend de nou­veau que tout çà ne repo­sait que sur de la croyance. La preuve, d’ailleurs : suite à cette mani­fes­ta­tion de force, aus­si acci­den­telle soit-elle, non seule­ment les autres pays n’en­va­hissent pas celui qui a répu­dié sa dette – tout juste quelques exci­tés auto­ri­sés brassent-ils un peu de vent en sug­gé­rant telles ou telles sanc­tions – mais les ren­tiers recom­mencent très vite à lui prêter…

    Réponse
  186. Alix

    @ Sam,

    La grande ques­tion, ici, c’est de savoir com­ment la décence et le bon sens popu­laire peuvent gou­ver­ner intelligemment.

    En remet­tant de l’hu­main dans ce sys­tème qui en manque pro­fon­dé­ment, et ce, dans toutes les dis­ci­plines. Ceci répon­dra sans doute à la ques­tion que tu te poses : pour­quoi il fait ça ?

    Sinon ne t’inquiète pas, je ne pos­te­rai plus. Je sou­hai­tais juste expri­mer mon point de vue, et n’ai aucune envie de pro­vo­quer autant de conflits.

    Réponse
  187. Marie

    @Sam, @tous
    j’ai­me­rais vous dire que je trouve le fait de vous lire vache­ment ins­truc­tif par tout le déve­lop­pe­ment que vous faites de votre pen­sée ; mer­ci de par­ta­ger ça. aller cette-fois c’est la der­nière avant que l’on ne me traite de lèche-…;-)
    Ana disait : « Quel triste poème que l’uniformité »
    Je par­tage encore une fois son avis, mais c’est aus­si mon avis, j’y peux rien;-)

    Réponse
  188. Ana Sailland

    Si on pense ne jamais rem­bour­ser, la logique tiens par­di, c’est d’emprunter le plus pos­sible, y com­pris de quoi payer les inté­rêts. On peut même exemp­ter les riches d’im­pôt puis­qu’on sait qu’ils vont mor­fler un max … qui a le n° de Hollande ? 😉

    Réponse
  189. J-Stéphane

    Liste rouge et télé­phone rouge, v’là la repré­sen­ta­ti­vi­té dans toute sa splendeur.

    Sou­la­ger-vous sur le télé­phone rose, faites le 18 ou le 15, de toute façon c’est le 17 qui veille, par­don qui vous surveille. 😉

    Réponse
  190. Sam

    A Alix (201),

    à part que mon mes­sage 209 tra­hit un cer­tain éner­ve­ment dont je m’ex­cuse volon­tiers, je vou­drais tout de même savoir si nous par­lons à ce point des lan­gages dif­fé­rents. Parce qu’à mon avis çà vire au pinaillage pour cause de simple refus de faire une dis­tinc­tion de base. Pre­nons deux exemples…

    1. Si, en tant qu’in­ter­ve­nant dans une assem­blée, dans un média, dans un forum quel­conque, Alix dit qu’il pré­fère la mer à la mon­tagne, çà n’in­té­resse en gros per­sonne, sinon d’é­ven­tuels pla­ni­fi­ca­teurs touristiques.

    Ce qui, au demeu­rant, ne signi­fie ni mépris de ton sen­ti­ment per­son­nel ni insi­nua­tion qu’il serait réduc­tible à une ques­tion de son­dage à voca­tion com­mer­ciale, ni même l’i­dée qu’il soit légi­ti­me­ment exploi­table par les pros­pec­teurs de l’in­dus­trie concernée.

    Après, s’il se sent oppri­mé par les­dits exploi­teurs, çà se com­prend mais çà ne se règle­ra assu­ré­ment pas en pro­cla­mant dans une nou­velle charte son droit per­son­nel et sacré d’ai­mer les vagues et pas l’altitude.

    En tous cas, qui serait assez idiot pour allez cher­cher des preuves qu’il pré­fère la mer à la mon­tagne ?… Il n’y en a pas. Mais c’est Alix, pas moi ni per­sonne d’autre, qui parle d’une requête de preuves même quand il parle de ses goûts et de ses couleurs.

    Autre­ment dit encore, qui irait dis­ser­ter afin de savoir si la logique des­dits exploi­teurs est plus ou moins scien­ti­fique, et sur quel point ? Peu importe si elle recourt à un tas d’ins­tru­ments issus d’une démarche scien­ti­fique, on sait d’emblée qu’au final c’est de l’i­déo­lo­gie, du com­merce, mais pas une science. Et d’ailleurs, Alix lui-même s’en fout… Ce qui l’emmerde pro­fon­dé­ment n’a rien à voir, c’est qu’on se per­mette de « ratio­na­li­ser » publi­que­ment ses dési­rs. N’empêche, si son appel vous émeut ou vous séduit, démer­dez vous pour comprendre.

    Car pour­quoi donc se trou­ve­rait-il une indus­trie ou je ne sais quelle force sociale pour s’emparer de son sen­ti­ment et d’en faire un objet ? Y aurait-il donc des son­deurs pas­sant, comme Sam, 20 heures en une semaine juste pour se pen­cher sur le cas d’A­lix ?… (par­don, second degré).

    En réa­li­té, si on s’y perd ain­si, c’est qu’il y a déjà une sorte de contra­dic­tion dans l’hy­po­thèse de départ. Si on mal­traite ain­si Alix, pré­ci­sé­ment, c’est parce que ce dont il est publi­que­ment ques­tion n’é­tait pas le res­sen­ti d’A­lix, mais Alix en souffre parce que cette affaire fait écho à cer­tains de ses res­sen­tis… sou­vent même de manière rétroactive.

    Disons qu’A­lix, jus­te­ment, n’est pas à l’as­sem­blée ni n’a répon­du à un son­dage. Seuls ses amis savent qu’il pré­fère la mer à la mon­tagne. Mais il s’est trou­vé que d’autres per­sonnes ont vu un jour expo­sés leurs goûts dans un espace plus ou moins arbi­trai­re­ment assi­mi­lé à un espace public et enva­hi de com­mer­çants. Les goûts d’au­trui en ques­tion, sup­po­sé­ment repor­tés, étaient par ailleurs com­plè­te­ment dis­tor­dus, sim­pli­fiés, comme on s’en doute, et puis en fait çà ne concer­nait pas la même ques­tion, qu’A­lix n’a d’ailleurs jamais pu com­pa­rer à celle à laquelle il choi­sit de répondre, lui, en son­geant à ses made­leines, une ques­tion qu’il peut refor­mu­ler quand il veut…

    2. Si le même Alix, main­te­nant, pré­tend que la Terre est plate parce qu’il aurait « vécu » cette « véri­té » dans une com­mu­ni­ca­tion avec le fan­tôme de Mado­na, et qu’il en tire, tou­jours publi­que­ment, la conclu­sion qu’il faut réorien­ter toute la poli­tique agri­cole en fonc­tion du calen­drier que lui a ins­pi­ré la per­verse muse, on conce­vra aisé­ment (et tou­jours en se pas­sant bien d’un chieur tel que Sam) que son opi­nion ne fait pas une preuve et, sur­tout, que sa conclu­sion est au mieux une vague pro­po­si­tion dont on s’abs­tien­dra soi­gneu­se­ment de déli­bé­rer sur l’heure. Ici encore, quel est donc le problème ?

    Par contre, dans ce second cas, on se deman­de­ra jus­te­ment pour­quoi Alix se croit auto­ri­sé à déran­ger l’as­sem­blée avec un tel avis (sans par­ler de se plaindre ensuite que le « règne des experts » écrase son droit d’être un ani­mal bien inten­tion­né mais qui raconte ce qu’il veut où il veut). Car évi­dem­ment, dans une telle situa­tion, pour­quoi s’i­ma­gi­ne­rait-il que son avis peut inté­res­ser un tant soit peu l’as­sem­blée (et, pour com­men­cer, ne pas méri­ter qu’elle mette à la porte celui qui au mieux lui fait perdre son temps, au pire tente de la pous­ser à com­mettre un acte hau­te­ment irres­pon­sable), sinon pré­ci­sé­ment parce qu’il s’i­ma­gine, lui, qu’un tel avis a une quel­conque valeur au plan d’on ne sait quelle concep­tion qu’il aurait de la science, de la rai­son, de la légi­ti­mi­té des pro­phètes en démo­cra­tie, etc. – qu’im­porte -, et, donc, qu’il y a un inté­rêt à sou­mettre cet avis à l’ap­pré­cia­tion d’une assem­blée sup­po­sée se pen­cher sur des ques­tions d’ordre public…

    L’exemple (2) est une cari­ca­ture, mais qu’im­porte : pre­nez n’im­porte quel équi­valent bien plus vrai­sem­blable et réflé­chis­sez y. A vue de nez, je dirais : pour ma part, je pen­sais qu’on avait lar­ge­ment réglé la ques­tion en sépa­rant les reli­gions et l’É­tat. Sauf qu’en y réflé­chis­sant un peu plus, vous pou­vez vous émer­veiller du niveau que l’on a atteint en matière de col­lu­sion entre sciences et politique.

    Main­te­nant, si Alix en fait encore une affaire per­son­nelle, çà ne règle pas la ques­tion. Sur­tout s’il s’i­ma­gine que les autres n’ont qu’à se démer­der avec les clas­si­fi­ca­tions et cher­cher les preuves de tout ce qu’il pren­dra la liber­té d’af­fir­mer – sans blague (on a com­pris que sa emmerde sa sen­si­bi­li­té, mais çà n’est pas une rai­son de ren­voyer le bou­lot aux autres).

    Bref, si Alix, qui croit pou­voir être clair et concis, s’é­tait don­né la peine de poser une toute pre­mière dis­tinc­tion, il aurait vite vu que sa for­mule géné­rale, loin d’être évi­dente, ne tient pas debout.

    On pour­rait dis­tin­guer encore pas mal de cas « inter­mé­diaires ». Mais tout ce que je sug­gère, Alix, dans mon mes­sage 209, c’est que tu recon­naisses déjà au moins une pre­mière dis­tinc­tion, après quoi tu com­pren­dras plus acces­soi­re­ment que ta for­mule simple parce que trop géné­rale doit néces­sai­re­ment être décli­née… ce qui est plus long à exposer.

    Réponse
  191. Sam

    @ Alix (211),

    les slo­gans, c’est très beau (par­fois). Et on est bien avancés.

    Conti­nue à « pos­ter », bien sûr. Et à subir la contra­dic­tion, y a que comme çà qu’on progresse.

    Réponse
  192. EFFAB

    @217

    Cha­peau bas, GENTLEMAN !… je ne suis déci­dé­ment qu’un pignouf avec mes mots et ma syntaxe…

    Mer­ci, FURAX

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  193. EFFAB

    @197

    Je n’ar­rive déci­dé­ment plus à pos­ter de com­men­taires sur quelque vidéo que ce soit, sur You­tube : je ne suis pas expert en ces mani­pu­la­tions-là et/ou je dois me poser des questions…

    @199

    Sinon, je suis bien d’ac­cord, NLESCAN, cer­tains mots semblent autre­ment plus accro­cheurs que d’autres… mais de là à trai­ter cet euro-dépu­té de vieux réac, c’est ce genre de faci­li­tés ver­bales que je puis te repro­cher, ou cible un peu mieux ceux qui le méritent plus ample­ment, sur les­quels en tous cas il n’y a guère de doute, tel le can­di­dat Hol­lande qui s’en pre­nait à la Finance et a si bien joué sur cette corde sen­sible mais n’a fina­le­ment rien fait et ne fera rien en la matière !… ça vaut quoi le par­jure à ce niveau-là ? res­pon­sable et rede­vable devant la Nation et l’en­semble des citoyens ?^^

    Mais bon, puisque tu es spé­cia­liste en pro­voc, pour­quoi n’ac­cou­che­rais-tu pas d’une vidéo incen­diaire à la hau­teur de notre Cause ?!…

    Réponse
  194. J.C

    @ Sam

    Je par­tage entiè­re­ment la tota­li­té de ton mes­sage 198 que je trouve par­ti­cu­liè­re­ment bien exprimé.

    Nous sommes mal­heu­reu­se­ment for­ma­té au repli affec­tif et égo­tique quand il ne s’a­git en réa­li­té que de cher­cher à com­prendre l’ob­jet de nos pro­pos et notre empri­son­ne­ment dans les condi­tion­ne­ments que l’on nous a impo­sé, tel que celui-çi.
    Bref prendre les choses trop per­son­nel­le­ment lors­qu’il n’y a pas lieu et s’i­den­ti­fier à une simple opinion.

    Ce qui en défi­ni­tive, nous empêche de déployer diverses pos­si­bi­li­tés, d’a­van­cer et ne fait fina­le­ment que repro­duire un for­ma­tage social. Celui du super­fi­ciel qui n’est en réa­li­té rien d’autre que celui de l’u­ni­for­mi­té jus­te­ment, le sub­ver­sif poli­ti­que­ment cor­rect, c’est à dire, celui de la non pen­sée, du tout égo-cen­tré par lequel il est si facile de nous mani­pu­ler et de nous rendre impuis­sant à com­prendre ce qui se joue.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  195. EFFAB

    @201

    ALIX for­mule très bien les choses, SAM, à chaque fois, c’est du moins mon sen­ti­ment ; évi­dem­ment, comme nous n’ap­pré­hen­dons pas for­cé­ment de la même façon ni avec le même bagage ni la même ouver­ture d’es­prit (je ne parle pas là de la qua­li­té de cet angle de vue mais bien de la diver­si­té qu’il y a à voir les choses)tout sujet qui nous pré­oc­cupe ou sur lequel nous par­ta­geons et débat­tons, le pour­quoi, jus­te­ment, nous échan­geons et tâchons de com­prendre l’autre tout en expli­ci­tant au mieux notre vision des choses, aus­si rela­tive et aus­si sub­jec­tive soit-elle.

    Te lire n’est pas chose aisé, il faut suivre comme je recon­nais per­son­nel­le­ment d’im­menses lacunes intel­lec­tuelles et cultu­relles vis-à-vis de cer­taines per­sonnes ici : toi que je suis en train de décou­vrir et ANA qui place sou­vent la barre très haut^^, et je com­prends par­fois qu’il faille déve­lop­per davan­tage pour bien sai­sir un pro­blème ou quelque notion ardue_comme on peut être habi­tué à faire plus concis tout en bien syn­thé­ti­sant, aller à l’es­sen­tiel pour mieux maî­tri­ser le temps et tout sim­ple­ment, aus­si, parce qu’on a si bien inté­rio­ri­sé ce pro­blème ou ce concept qu’il serait aus­si dépla­cé que vani­teux que de vou­loir en rajou­ter une couche.

    Je crois que quand je suis face à l’in­con­nu mais un incon­nu pas­sion­nant, je pour­rais m’ap­pe­ler PROUST ou Jean-Jacques, celui de La Nou­velle Héloïse, et cela m’ar­rive encore de me lais­ser allez, bien mal­gré moi ou parce que cela peut être gri­sant, voire jouis­sif d’une cer­taine manière… mais trou­ver ce plai­sir abso­lu dans l’é­cri­ture ou se don­ner le temps de tout décor­ti­quer par hon­nê­te­té intel­lec­tuelle et res­pect d’au­trui, c’est bien, mais cela peut aus­si paraître ou deve­nir quelque peu super­flu (para­doxe) et impro­duc­tif quand l’ob­jet cen­tral de nos échanges, in fine, relève autant d’une Cause bien réelle qu’elle n’en dépend pas moins de ce temps impar­ti, qui ici vir­tuel (dimen­sion réflexive, pas­sion­née (pas­sion­nante), addic­tive, qui juste à côté ‘la vraie vie’ et cette ado­rable petite MERINGUE lovée en demi-lune sur son tabou­ret tout à côté du poêle.

    En pon­dant hier et avant-hier des com­men­taires en réponse à d’autres, sur You­tube, j’ai réa­li­sé l’am­pleur de la tâche à sus­ci­ter l’in­té­rêt chez autrui (tous ces autres nous-mêmes mais avec toutes leurs dif­fé­rences) et convaincre à la Cause ; d’ailleurs, il s’a­gi­rait plus (dans un pre­mier temps) de cap­ter l’at­ten­tion vu tout ce tra­vail de sape cultu­rel et média­tique par le biais de l’i­mage, et toute l’i­den­ti­té à soi et à l’autre, toute cette Repré­sen­ta­tion scho­pen­hau­rienne que cela sug­gère, en faux sou­vent ou en futile plutôt.

    Bref, il faut pou­voir faire court pour espé­rer être enten­du aujourd’­hui, et tu fais bien de jus­te­ment par­ler de tout ceci, SAM, tout décor­ti­quer est certes inté­res­sant, voire indis­pen­sable mais là est tout l’é­li­tisme démo­cra­tique, comme il appar­tient à ces cer­veaux, à ces volon­taires, à ces bonnes volon­té de faire sens et péda­go­gie, cap­ter ce temps de cer­veau si vola­tile, et là je crois est le vrai chal­lenge, où devrait tendre tous nos efforts… je sais, je sais, c’est un l’hô­pi­tal qui se fout de la charité^^

    Bien bien des choses

    Réponse
  196. Sam

    Je repasse en coup de vent ce matin pour vous dire mer­ci à tous de mon­trer tant de bonne volonté.

    On voit régu­liè­re­ment s’ex­pri­mer des sortes de com­plexes intel­lec­tuels. C’est autre chose qu’une incli­nai­son à saluer le pro­pos d’un autre quand vous êtes d’ac­cord avec lui, même si le fait de ne faire çà pour­rait y res­sem­bler, Marie. 😉 Mais puisque nous sui­vons tout sauf un pro­gramme sco­laire, per­sonne ne s’i­ma­gine qu’il faut attendre d’a­voir fini un jour sa for­ma­tion pour se payer le droit d’é­crire un truc inté­res­sant, impor­tant, et même – pour­quoi pas ? – original.

    Nous sommes tous par­tis de rien, ici en par­ti­cu­lier – quand ce blog est né, on ne savait rien ni du tirage au sort ni de la créa­tion moné­taire, par exemple. On en apprend tous les jours, et plein, par­fois c’est crevant.

    Il faut oublier ces com­plexes-là. Ce qui ne dis­pense évi­dem­ment pas de la néces­si­té de tra­vailler (même si c’est, assez logi­que­ment, de manière prin­ci­pa­le­ment auto­di­dacte). Il faut com­men­cer à écrire comme à lire, conti­nuer, faire son chemin.

    Mais çà passe aus­si, inévi­ta­ble­ment et même régu­liè­re­ment par de la remise en cause, ce qui fait par­tie des épreuves. Car dans ce che­mi­ne­ment, il faut accep­ter, puisque c’est notre lot, la démons­tra­tion tou­jours plus impla­cable du fait qu’on en vient régu­liè­re­ment à chan­ger d’a­vis, que plus on en sait, moins on en sait, et que çà n’est pas une rai­son de ne plus croire en rien…

    Bien sûr, mon der­nier décou­page de che­veux en quatre ne cher­chait à cri­ti­quer per­sonne en par­ti­cu­lier ni à créer du conflit (avec Alix ni per­sonne d’autre), mais com­ment dire des choses sans risque de fâcher per­sonne ? Et com­ment rebon­dir sur un pro­pos avec l’in­ten­tion d’ou­vrir le sujet sans don­ner l’im­pres­sion à per­sonne qu’on lui fait dire ce qu’il n’a pas dit. Il y a sim­ple­ment que c’est tou­jours le pro­pos ou l’acte d’une per­sonne qui vous donne l’oc­ca­sion de réflé­chir à un sujet plus général.

    Faut-il dire éga­le­ment que çà m’a fait bien de la peine à moi aus­si (pour ne pas par­ler de nœuds au cer­veau…), comme à chaque fois que je brasse ce genre de sombres pensées ?

    Per­sonne n’est immu­ni­sé contre l’ab­sur­di­té que com­posent les cyniques sub­ti­li­tés de cer­taine tyran­nie moderne. Mais peut-on pour­tant se per­mettre de ne pas y tou­cher ? Je crains que ce soit encore bien pire de conti­nuer à refu­ser d’en­trer par la pen­sée dans ladite logique absurde, seul moyen de pou­voir la décrire telle qu’elle est, selon sa logique propre. Et le fil des évè­ne­ment, que je sache, parait bien nous mon­trer que la pas­si­vi­té en la matière, je veux dire cette ten­ta­tive de res­ter purs ou de le rede­ve­nir en s’i­so­lant de la bes­tiole ne nous amène pas plus d’humanité mais tou­jours moins, pas moins d’ab­sur­di­té mais tou­jours plus.

    Bref, j’ai per­son­nel­le­ment fait le choix de prendre sur moi, de ce point de vue, sui­vant la piste d’A­rendt, Orwell et consorts. Je l’ai fait, natu­rel­le­ment, avec en pre­mier lieu (c’est égoïste…) la peur au ventre d’en venir à pas­ser pour un illu­mi­né, ou pour un type qui se croit supé­rieur, ou qui a un sale truc à vendre, que sais-je, et natu­rel­le­ment de frois­ser un peu par­tout l’a­mour propre d’au­trui. Bref, avec la peur de me faire détes­ter de plus en plus par mes semblables…

    Ces réflexions qui ne s’ac­quièrent dans aucun cours géné­ral ne vous viennent pas non plus d’un vécu qui s’obs­ti­ne­rait à fer­mer les écou­tilles. Sur­tout, elle demandent sou­vent, en plus, un tra­vail intime, éprou­vant pour les sens, pour l’a­mour propre et pour la capa­ci­té qu’on a de conti­nuer à espérer.

    Disons qu’en coro­laire, je retourne régu­liè­re­ment me repo­ser le cer­veau et les nerfs… comme la contre­par­tie de la lon­gueur du mes­sage infli­gé aux autres – non, la ques­tion du for­mat ne relève ni de la science exacte ni d’une appré­cia­tion una­nime (la preuve, d’ailleurs, on a beau dire quand on a lu…) – est d’ob­ser­ver alter­na­ti­ve­ment le silence en vous lais­sant digé­rer… et pas­ser à d’autres sujets sans doute très impor­tants aussi. 😉

    Réponse
  197. EFFAB

    « … Il y a sim­ple­ment que c’est tou­jours le pro­pos ou l’acte d’une per­sonne qui vous donne l’oc­ca­sion de réflé­chir à un sujet plus général. »

    « Bref, j’ai per­son­nel­le­ment fait le choix de prendre sur moi, de ce point de vue, sui­vant la piste d’A­rendt, Orwell et consorts. Je l’ai fait, natu­rel­le­ment, avec en pre­mier lieu (c’est égoïste…) la peur au ventre d’en venir à pas­ser pour un illu­mi­né, ou pour un type qui se croit supé­rieur, ou qui a un sale truc à vendre, que sais-je, et natu­rel­le­ment de frois­ser un peu par­tout l’a­mour propre d’au­trui. Bref, avec la peur de me faire détes­ter de plus en plus par mes semblables… »

    (@224 – extraits)

    Comme il y a des sectes, des grou­pus­cules, des par­tis, des think talk, des Tri­la­té­rales, je crois que la volon­té démo­cra­tique n’est pas encore à la hau­teur de ses pré­ten­tions et de sa légitimité…

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  198. Ana Sailland

    Oula­la … un compliment …

    -La hau­teur, si elle est réelle, plaît à cer­tains et en agace d’autres.
    ‑La mal­adresse agace presque tout le monde, sauf les sages, qui sont rares.
    ‑Per­ce­voir le débu­tant comme déran­gé ou déran­geant serait une lourde erreur, crime poli­tique ose­rai-je dire.

    Mais l’es­sen­tiel, c’est d’être ensemble, sans se la péter comme on dit, et sans mépris pour personne.
    Les pen­sées diverses, diver­se­ment expri­mées, de toutes qua­li­tés, sont alors comme le plomb fon­du dans l’a­tha­nor de l’al­chi­miste, et la bien­veillance (pierre phi­lo­so­phale) les trans­mu­te­ra en or.
    Or par­ta­gé et richesse de tous.

    Je crois que la démo­cra­tie devra fonc­tion­ner comme ça …

    Réponse
  199. EFFAB

    @197,219

    J’ai enfin trou­vé la Cause (selon moi) de cette impos­si­bi­li­té depuis deux jours à pos­ter de nou­veaux com­men­taires sur You­Tube ; en voi­ci la raison :

    _

    « ACCES LIMITE

    Vous avez récem­ment enfreint les Règle­ments rela­tifs au conte­nu et au com­por­te­ment de l’u­ti­li­sa­teur de Google+.

    Les com­men­taires consi­dé­rés comme du spam, tels que les conte­nus pro­mo­tion­nels ou com­mer­ciaux indé­si­rables et les sol­li­ci­ta­tions de masse ou non sou­hai­tées, ne sont pas auto­ri­sés sur Google+. Il en va de même des com­men­taires cho­quants, hors sujet ou publiés de manière répé­tée.

    Confor­mé­ment aux aver­tis­se­ments que vous avez déjà reçus suite au non-res­pect de nos règle­ments, vous dis­po­se­rez d’un accès limi­té à Google+ pen­dant deux semaines. Au cours de cette période, vous ne pour­rez pas uti­li­ser la plu­part des fonc­tion­na­li­tés de Google+, telles que le par­tage de posts ou l’a­jout de com­men­taires. En savoir plus

    Pen­dant que votre accès à Google+ est limi­té, vous pou­vez conti­nuer à uti­li­ser les autres ser­vices et pro­duits Google, tels que Gmail, mais cer­taines de leurs fonc­tion­na­li­tés de réseau social sont sus­cep­tibles d’être restreintes.

    Nous vous invi­tons à revoir nos règle­ments afin d’é­vi­ter une nou­velle infrac­tion à l’a­ve­nir. En savoir plus

    En cas de réci­dive, votre accès à Google+ et aux autres fonc­tion­na­li­tés et ser­vices néces­si­tant un pro­fil Google+ actif risque d’être sus­pen­du défi­ni­ti­ve­ment. En savoir plus

    Nous sommes conscients que Google+ et ses règle­ments peuvent ne pas conve­nir à tous. Si vous déci­dez de ne plus uti­li­ser ce ser­vice, pen­sez à effec­tuer au préa­lable une copie de vos don­nées Google+. Si vous le sou­hai­tez, vous pou­vez éga­le­ment désac­ti­ver inté­gra­le­ment Google+. »

    _

    De manière répé­tée, je veux bien, je m’é­tais vrai­ment pro­mis de répondre (en par­ti­cu­lier et concer­nant les pro­pos de cha­cun) à un maxi­mum de com­men­taires et il y en a pas mal pour cette fameuse vidéo sur God­frey BLOOM.

    Par contre, j’ai­me­rais bien qu’un Gen­til Virus me dise si je peux vrai­ment être taxer de l’un de ces points sou­li­gnés (par mes soins)… Je cite très sou­vent les mêmes trois liens qui ne sont pas vrai­ment com­mer­ciaux pour moi, davan­tage dans le sujet de cette vidéo, donc pur par­tage cultu­rel voire citoyen ; que You­Tube soit une entre­prise pri­vée et com­mer­ciale, je veux bien, mais cet espace dédié à la dis­cus­sion et n’exis­tant, fina­le­ment, que par la pré­sence de ceux qui viennent ici vision­ner et par­ta­ger, com­men­ter, cet espace, disé-je est en soi public et libre (d’ex­pres­sion), se doit en tous cas, dans le res­pect, bien sûr, d’au­trui et de cer­taines limites à ne pas dépas­ser, les insultes par exemple.

    Dites-moi que je fais tout un plat de pas grand chose, en ce cas, votre argu­men­taire a inté­rêt à bien tenir la route… car, en ce qui me concerne, moi j’y vois une fois de plus la teneur et la réa­li­té de nos pré­ten­dues limites !

    Pour ceux que cela inté­resse, voi­ci le lien de la vidéo, celle-là-même qu’E­TIENNE avait pos­té en @1 et sur laquelle je suis sou­vent reve­nue des­sus et mon pseu­do créé à cette inten­tion de faire mon Gen­til Virus : Cause des causes !

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​j​b​L​F​o​0​2​j​lH8

    Oui, j’ai l’im­pres­sion de sou­le­ver là peut-être un pro­blème que d’autres ont expé­ri­men­té bien avant moi… à mon corps défen­dant, entre ETIENNE se réveillant en 2005 et tant d’autres encore à des années-lumière d’en avoir enten­du par­lé, j’ose espé­rer qu’on me par­don­ne­ra ce (juste) milieu, oui, que vien­drait faire ici ce juste !

    Quoi qu’il en soit, si quel­qu’un a une adresse, un lien, une pro­cé­dure pour mai­ler d’au­trui à la Cause, je suis pre­nant car, à ma façon et avec mes mots, j’ai­me­rais m’in­ves­tir davan­tage comme le temps nous est peut-être comp­ter, quand j’en­tends tout ce que j’en­tends et quand je vois tout ce que je vois_ou le peu que j’en vois en tout cas^^

    Mer­ci

    Réponse
  200. dany

    Rap­pel de cette vidéo de Jacques Tes­tard et « les confé­rences de citoyens » a toute sa place sur le site…

    Confé­rences de citoyens & Démo­cra­tie directe 

    Réponse
  201. Sam

    @ Effab,

    c’est de la cen­sure, voi­là tout.

    Ce qui sup­pose aus­si un fli­cage et un archi­vage der­rière, choses au moins aus­si inquiétantes.

    Ne va pas trop cher­cher la rai­son de la cen­sure que tu as subi – je veux dire : ne pose pas la ques­tion de l’ex­cuse éven­tuelle, il n’y en a pas.

    Plus acces­soi­re­ment, tout ce que je t’ai vu expri­mer ici m’a sem­blé fran­che­ment raisonnable.

    @ tous,

    Toutes dif­fé­rences gar­dées, j’en pro­fite pour faire une remarque par laquelle j’a­vais son­gé com­men­cer, sur ce fil : sauf erreur, on ne peut pas inter­ve­nir dans le débat sur un blog Média­part, en par­ti­cu­lier celui de Bri­gitte Pas­call, si on ne paie pas l’a­bon­ne­ment au jour­nal. Pour ma part, j’ai ces­sé de m’y abon­ner depuis un an (je passe sur le fait que l’abonnement se fait en deux clics mais le désa­bon­ne­ment en recom­man­dé). Même topo ailleurs, sur des espaces qui mélangent tri­bunes à accès payant et débats appa­rem­ment libres.

    Or cette Bri­gitte Pas­call dif­fuse – très naï­ve­ment, il me semble – l’i­dée que le Secré­taire natio­nal aux ques­tion éco­no­miques du Par­ti de Gauche prône une sor­tie de l’eu­ro, ce qui est très mal tra­duire sa posi­tion, et abou­tit, sur­tout, à conti­nuer d’en­fu­mer les gens qui votent pour cette race de bâtis­seurs d’empires au motif que sa prose semble faire bien vibrer cer­taine corde ouvrière.

    En réa­li­té et en court, Jacques Géné­reux conti­nue tout sim­ple­ment à essayer de faire croire qu’on va chan­ger l’Eu­rope, mal­gré les cir­cons­tances qui deviennent dra­ma­tiques, et même s’il n’ex­plique pas du tout dans les grands médias que cela sup­pose une révo­lu­tion qui mas­sa­cre­ra un tas de gens qui, contrai­re­ment à lui, ne vivent pas dans les salons – du reste, j’aime lire ses pro­pos au demeu­rant pleins d’humanité (cntrl+F / « pleureuses »).

    Alors si jamais l’un de vous a un abon­ne­ment en cours chez Média­part, le temps de trai­ter cette ques­tion déci­sive et au demeu­rant com­plexe… et la bon­té d’al­ler lire et digé­rer un peu ce texte que j’ai sou­mis sur Ago­ra­vox il y a déjà un bonn moment, mer­ci à toi d’es­sayer de faire le lien… :

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​e​u​r​o​p​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​n​o​u​s​-​o​n​-​v​e​u​t​-​p​o​u​r​q​u​o​i​-​i​l​-​f​a​u​t​-​1​1​8​812

    Réponse
  202. FURAX

    {{En cas de crise, les banques pour­ront pré­le­ver les dépôts des épargnants.

    Les repré­sen­tants de l’U­nion euro­péenne ont déci­dé de mettre à contri­bu­tion les épar­gnants à par­tir de 2016.

    Après la ponc­tion des épar­gnants chy­priotes cette année et l’i­dée émise par le FMI d’une super­taxe de 10% sur le patri­moine, l’Eu­rope vient d’en­té­ri­ner la par­ti­ci­pa­tion des dépo­sants au ren­floue­ment des banques en cas de crise grave. L’ac­cord, scel­lé mer­cre­di 11 décembre, est pas­sé rela­ti­ve­ment inaper­çu, alors qu’il pour­rait être d’une impor­tance capi­tale pour les épargnants.

    Les Euro­péens se sont mis d’ac­cord sur une loi pré­voyant des règles de ren­floue­ment interne des banques, ou « bail-in », afin d’é­vi­ter de faire par­ti­ci­per les Etats au sau­ve­tage des éta­blis­se­ments financiers.

    « Grand pas fran­chi ce soir : accord #BRRD pour 28 », a écrit sur son compte twit­ter le com­mis­saire euro­péen char­gé des Ser­vices finan­ciers, Michel Bar­nier, en réfé­rence à la direc­tive sur le sau­ve­tage des banques. « Contri­buables ne seront plus pre­miers à payer pour erreurs des banques », a‑t-il ajouté.

    « C’est un pas fon­da­men­tal vers la réa­li­sa­tion de l’u­nion ban­caire », a assu­ré Michel Bar­nier dans un communiqué.

    Des repré­sen­tants du Par­le­ment euro­péen, du Conseil qui repré­sente les Etats, et de la Com­mis­sion euro­péenne se sont mis d’ac­cord au cours d’un « tri­logue » sur ce texte, qui s’ap­pli­que­ra aux 28 Etats membres.

    Cette nou­velle direc­tive s’ar­ti­cu­le­ra avec le Méca­nisme unique euro­péen de réso­lu­tion des banques, qui fait tou­jours l’ob­jet de dif­fi­ciles négo­cia­tions au niveau des ministres, et des­ti­né lui à la seule zone euro. Les ministres des Finances doivent se retrou­ver mer­cre­di pro­chain pour ten­ter de fina­li­ser un accord sur ce sujet.

    Dépôts garan­tis jus­qu’à 100.000 euros

    Selon la direc­tive, lors­qu’une banque sera en dif­fi­cul­té, les auto­ri­tés natio­nales pour­ront inter­ve­nir pour l’empêcher de som­brer. De source euro­péenne, on a indi­qué qu’une « reca­pi­ta­li­sa­tion pré­ven­tive et des ins­tru­ments publics de sta­bi­li­sa­tion » étaient pré­vus « sous de strictes conditions ».

    La reca­pi­ta­li­sa­tion ne concer­ne­ra ain­si « que les banques sol­vables qui doivent être reca­pi­ta­li­sées en cas de fai­blesses iden­ti­fiées par les tests de résistance ».

    Si une banque est proche de la faillite, le ren­floue­ment interne ou « bail-in » s’ap­pli­que­ra, par oppo­si­tion au « bail-out » pri­vi­lé­gié pen­dant la crise et qui fai­sait appel à l’argent public, creu­sant ain­si les déficits.

    Les pre­miers à payer seront les action­naires et les cré­di­teurs (autre­ment dit les épar­gnants qui dis­posent de fonds sur leurs comptes), qui devront cou­vrir au mini­mum 8% des pertes de la banque avant que l’on puisse faire appel à des fonds natio­naux de réso­lu­tion, abon­dés par le sec­teur bancaire.

    Les dépôts seront garan­tis jus­qu’à 100.000 euros. Au-des­sus de cette somme, les per­sonnes phy­siques et des petites et moyennes entre­prises béné­fi­cie­ront d’un trai­te­ment pré­fé­ren­tiel par rap­port aux autres créanciers.

    Trans­pa­rence des banques

    Chaque Etat membre devra mettre en place des fonds de réso­lu­tion natio­naux qui devront atteindre un niveau de 1% des dépôts cou­verts dans les 10 ans.

    « Toutes les banques devront contri­buer à ces fonds mais les contri­bu­tions seront plus impor­tantes pour les banques qui prennent plus de risques », a dit Michel Barnier.

    Les banques devront mettre des « réserves de côté pour les temps dif­fi­ciles », afin de « rendre le sec­teur finan­cier plus robuste pour qu’il prête à l’é­co­no­mie réelle », a‑t-il com­men­té sur twitter.

    Ces règles du « bail-in » entre­ront en vigueur au 1er jan­vier 2016. La Com­mis­sion avait d’a­bord pré­vu une appli­ca­tion à par­tir de 2018, mais la Banque cen­trale euro­péenne avait fait part de ses inquié­tudes pour la période inter­mé­diaire, crai­gnant que le Méca­nisme de réso­lu­tion unique de la zone euro n’ait à régler le sort de cer­taines banques sans dis­po­ser de cet outil.

    Jus­qu’i­ci, ce sont les Etats, avec l’argent des contri­buables, qui ren­flouaient les banques (un « bail out »). Ce ren­ver­se­ment pose un cer­tain nombre de ques­tions, notam­ment sur la trans­pa­rence de la ges­tion des banques pour les épar­gnants. Les infor­ma­tions dis­po­nibles pour les clients sont sou­vent très com­pli­quées à décryp­ter pour juger de la san­té finan­cière de leur éta­blis­se­ment ban­caire. En outre, cela assure les banques de ne pas faire faillite, ce qui pour­rait les inci­ter à être moins pru­dentes sur les marchés.}}

    Source

    Réponse
  203. nlescan

    ca n a rien a voir avec de lacen­sure, c un bot qui t a gicle, c auto­ma­tique, si le truc te voit pos­ter les memes liens de maniere repe­tee il prend ca pour du spam…

    Sinon je per­siste et signe en ce qui concerne l uti­li­sa­tion de « vieux reac » a pro­pos de l autre, Hol­lande c pas un vieux reac c une pute molle degui­see en bisou­nours avec un balais dans le fion, aucun rapport.

    Réponse
  204. Sam

    Furax (230),

    à la pro­chaine secousse finan­cière, s’il n’y a pas un énorme délit d’i­ni­tiés et si, sur­tout, on n’en pro­fite pas pour dépouiller la mino­ri­té de demi riches qui repré­sen­te­raient encore quelque menace en sou­te­nant des pro­jets ayant cer­tain poten­tiel sédi­tieux, … moi je ne suis pas conspirationniste !

    (Et zut, encore un mes­sage auquel je vou­lais répondre…)

    Réponse
  205. FURAX

    Boy­cot­tons les banques privées !

    Mais avons-nous au moins une banque publique ?

    Pou­vons-nous faire ver­ser nos salaires direc­te­ment aux tré­sor public, et reti­rer des espèces à leurs gui­chets ? :p

    …

    Réponse
  206. FURAX

    Voi­là à quoi on a le droit, enfin pas les particuliers…

    A quoi sert vrai­ment la Banque publique d’investissement

    Réponse
  207. EFFAB
  208. J-Stéphane

    Je dirais que le meilleur des mondes et 1984 pour­raient-être deux classes sociales dans un même espace…

    Réponse
  209. Morpheus

    HORS SUJET

    APPEL AUX MATHÉMATICIENS

    Je fais appel aux mathé­ma­ti­ciens par­mi la com­mu­nau­té des gen­tils virus, et tout spé­cia­le­ment les spé­cia­listes en sta­tis­tique.

    Je cherche une for­mule qui puisse per­mettre de déter­mi­ner à com­bien de membres une assem­blée devrait s’é­le­ver pour être la plus repré­sen­ta­tive pos­sible (com­prendre la plus res­sem­blante), tout en étant la plus petite, et ceci lorsque les membres de cette assem­blée sont dési­gnés par tirage au sort par­mi une popu­la­tion donnée.

    Pour le dire autre­ment : sup­po­sons une popu­la­tion P (ex. 2500 habi­tants) ; nous sou­hai­tons dési­gner par tirage au sort, par­mi ces habi­tants, une assem­blée réel­le­ment repré­sen­ta­tive (R) dont le nombre des membres soit le plus petit pos­sible, tout en étant la plus res­sem­blante à la popu­la­tion don­née (s’il y a 50% de femmes dans la popu­la­tion, il faut qu’il y ait 50% de femmes dans l’as­sem­blée ; s’il y a 20% d’ou­vriers dans la popu­la­tion, il faut qu’il y ait 20% d’ou­vriers dans l’as­sem­blée ; etc.).

    Pour être tout-à-fait clair dans ma demande, je pré­cise (mais je pense que vous l’a­vez com­pris), que je ne m’in­té­resse pas à cela pour éla­bo­rer des son­dages d’o­pi­nion, mais uni­que­ment dans le but de pou­voir cal­cu­ler le nombre de membres mini­mum que devrait avoir une assem­blée pour être réel­le­ment repré­sen­ta­tive (= res­sem­blante) de la popu­la­tion devant être représentée.

    Je sou­hai­te­rais une for­mule qui puisse s’ap­pli­quer quelque soit le nombre d’ha­bi­tants (éven­tuel­le­ment, qui déter­mine la popu­la­tion mini­mum qui jus­ti­fie une repré­sen­ta­ti­vi­té1). Cette for­mule aurait voca­tion à pou­voir déter­mi­ner faci­le­ment le nombre mini­mum de repré­sen­tants néces­saires qu’une assem­blée doit comp­ter en fonc­tion du nombre d’habitants devant être représentés.

    Mer­ci de votre contribution :-)

    1 Je sup­pose a prio­ri qu’en deçà d’un cer­tain nombre, la repré­sen­ta­tion ne se jus­ti­fie plus, compte-tenu de la pro­por­tion gran­dis­sante de repré­sen­tants néces­saires pour une juste repré­sen­ta­ti­vi­té d’un petit nombre.

    PS : dans la com­mu­nau­té des GV de G+, une for­mule m’a été com­mu­ni­quée, à savoir :

    R = 385/(1+385/P)

    Où 385 semble cor­res­pondre au nombre opti­mal de repré­sen­tants pour une popu­la­tion don­née de 1 mil­lion d’ha­bi­tants ou plus. Cepen­dant, je me demande d’où vient ce « 385 » ? Est-il arbi­traire ? Ou au contraire se jus­ti­fie-t-il par une démons­tra­tion mathématique ?

    Réponse
  210. Sam

    Salut Mor­pheus,

    je dois filer prendre mon train. Vite fait :

    - va voir la notion sta­tis­tique d’é­chan­tillon : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chantillon_%28statistiques%29

    - tu consta­te­ras qu’il te faut néces­sai­re­ment fixer (toi-même, ou avec qui tu peux…) un « niveau de confiance ». Ou un pour­cen­tage d’er­reur accep­table. Pas de miracle… : disons que les sta­tis­tiques sont une science exacte bien que science de l’in­cer­tain… mais à condi­tion qu’on déter­mine soi-même le niveau de cer­ti­tude qu’on veut considérer. 😉

    N’ou­blie pas que le tirage au sort doit abso­lu­ment se faire par­mi les gens volon­taires (enfin, on en dis­cu­te­ra si tu n’es pas pas d’ac­cord). Rien de plus fon­da­men­tal que l’i­ni­tia­tive en démo­cra­tie (et ailleurs) ; l’i­dée de res­pon­sa­bi­li­té sans volon­té à la base me parait d’ailleurs ingé­rable ; et celle d’une démo­cra­tie qui se passe de volon­ta­riat me parait sim­ple­ment à côté de la plaque.

    Consé­quence par­ti­cu­lière : il n’y a pas a prio­ri de cer­ti­tude que, par exemple, 50% des volon­taires soient des femmes. Ce qui sou­lève encore des ques­tions de choix… Le mien revient plu­tôt à res­pec­ter non pas tant la com­po­si­tion de la popu­la­tion entière mais celle des volon­taires… Pour les rai­sons que j’ai indi­quées et qui me paraissent essen­tielles. Mais après, avec le temps, l’exemple et la crois­sance… de la jus­tice sociale peut sus­ci­ter des bonnes volontés…

    Sam

    Réponse
  211. J-Stéphane

    Je pense que toute sélec­tion ou quo­ta est dis­cri­mi­na­toire, et donc préjudiciable.

    Réponse
  212. Morpheus

    Salut Sam,

    Mon hors sujet ne se vou­lait pas sujet de débat (notam­ment concer­nant la ques­tion du volon­ta­riat), mais seule­ment appel à l’aide (j’aime les mathé­ma­tiques, mais ayant eu de très mau­vais profs étant gamin, j’en ai été dégou­té pré­co­ce­ment et cela a rui­né ma for­ma­tion dans ce domaine – hélas !).

    Cela étant, pour un débat entre nous sur ce thème (et sur d’autres), on peut échan­ger via cour­rier élec­tro­nique. Écris-moi à morpheusfd(arobase)gmail(dot)com

    Bien à toi,
    Morpheus

    Réponse
  213. J-Stéphane

    Il ne faut exclure per­sonne, ce qui implique de prendre en compte toute per­sonne qui s’im­plique, et ne for­cer personne.

    Si après ces mesures de base, le nombre est trop impor­tant, il faut en venir à une démo­cra­tie gigogne, à taille communale.

    Et si il y a moins d’hommes que de femmes, ou plus de vieux que de jeunes, on ne le ver­ra pas puisque nous ne ferons aucune dif­fé­rence entre les citoyens…

    Réponse
  214. Ana Sailland

    Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de bruns et de blonds mais c’est la pro­por­tion de citoyens modestes (sans conflit d’in­té­rêt, non pro­fes­sion­nels de la poli­tique) dans l’as­sem­blée. Comme ils sont très nom­breux, il n’y a pas trop de sou­ci à se faire, même si à 1000 un coup de Tra­fal­gar reste possible.

    Sinon, en obser­vant que le tirage de 80% de la popu­la­tion pour­rait cas extrême four­nir une forte majo­ri­té mas­cu­line (5÷8), on voit que l’é­non­cé du pro­blème de math doit être revu.

    Mais Mor­pheus ( bonne reve­nue 🙂 ) a rai­son de poser la ques­tion car tôt ou tard elle (son inten­tion du moins) nous sera posée en public, et il faut être prêts.

    Réponse
  215. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Par­lons-nous d’une assem­blée natio­nale, d’une repré­sen­ta­ti­vi­té nationale ?

    Est-il ques­tion de ne rien changer ?

    Je dois avoir mal compris !?

    Je pen­sais que l’on cher­chais à en finir avec cette démo­cra­tie repré­sen­ta­tive et ses repré­sen­tants corruptibles.

    Pour cela il faut, à mon avis, dis­soudre le bica­mé­risme et dis­per­ser les pou­voirs poli­tiques dans toutes les com­munes et en chaque citoyen, seule démo­cra­tie incor­rup­tible pos­sible, de mon point de vu…

    Ou alors quelque chose m’a échappé…

    Réponse
  216. Ana Sailland

    Je crois qu’on parle d’une assem­blée consti­tuante natio­nale et tirée au sort.

    J‑Stéphane, je suis comme toi (si j’ai bien lu), je pré­fère la démo­cra­tie inté­grale, offrant à tout citoyen et à tout moment un vrai pou­voir d’in­ter­ven­tion, démo­cra­tie inté­grale dont une décli­nai­son s’o­pé­re­rait à tra­vers une fédé­ra­tion d’as­sem­blées déli­bé­ra­tives struc­tu­rées en assem­blées gigognes.

    Au vu de l’i­ner­tie des foules, il me semble que la tran­si­tion ne peut s’o­pé­rer par l’exi­gence intran­si­geante d’un tel sys­tème, et immédiat.

    La tran­si­tion doit donc pro­ba­ble­ment à mon grand dam s’o­pé­rer à tra­vers une assem­blée natio­nale, mais dépro­fes­sion­na­li­sée, donc tirée au sort, et INSTRUITE, c’est à dire munie de docu­ments de tra­vail rédi­gés urbi et orbi par tout un cha­cun, …et ce serait là l’oc­ca­sion de vivre au natu­rel et d’ex­pé­ri­men­ter sans struc­ture le sys­tème idéal qui pour per­du­rer a besoin d’être écrit.

    Il y a un pari géant dans la capa­ci­té de la consti­tuante à ne pas repro­duire méca­ni­que­ment ce que nous connais­sons, et ça me fait peur …
    Et le tirage au sort, s’il est sal­va­teur en nous pro­té­geant des chefs, ne garan­tit pas que les consti­tuants seront ceux des citoyens, pro­ba­ble­ment mino­ri­taires, qui sont au par­fum du piège.

    Il fau­drait donc au mini­mum que la consti­tuante soit ins­truite de la néces­si­té d’un texte impli­quant pour le peuple et lui seul le droit et le pou­voir de rema­nier la pre­mière mou­ture. A tra­vers le RIC par exemple.

    Le hic, c’est que si nous savons le but, nous ne dis­po­sons même pas pour l’at­teindre d’un fil sur lequel tirer pour détri­co­ter la cami­sole ; ça induit une cer­taine modes­tie de l’am­bi­tion tech­nique. Le « boot strap » est à créer, et s’il est trop com­plexe, ça fera des noeuds 😉

    C’est après avoir bien réflé­chi aux incon­vé­nients de mon idéal que je m’en­gage (modes­te­ment) pour une méthode que je ne per­çois pas comme 100% satisfaisante.

    Réponse
  217. J-Stéphane

    Oups et ouf, mer­ci Ana de réveiller mon cer­veau, j’a­vais com­plè­te­ment oublié cette étape d’as­sem­blée constituante…

    Réponse
  218. Ana Sailland
  219. Alix

    @ 216 Sam,

    Mer­ci de ne pas m’ostraciser.
    Et déso­lé pour l’é­ner­ve­ment et la peine que je t’ai cau­sé, sur­tout avec mon avant der­nier mes­sage, je n’ai pas envie de me fâcher avec les gens en fait, ni de les faire souffrir.

    Le pro­blème de mes mes­sages, c’est qu’ils étaient trop affir­ma­tif. J’au­rais pu sou­le­ver les ques­tions que je sou­hai­tais sou­le­ver en étant moins affir­ma­tif, car je ne sou­haite pas don­ner aux gens l’im­pres­sion que je puisse déte­nir une part de véri­té, je pré­fère que les gens se fassent par eux mêmes leurs propres opi­nions et sur­tout leur propre expé­rience. Forme à chan­ger donc.

    Et aus­si fond, dans la mesure où je ne par­viens pas à me dis­so­cier comme tu le fais, à mettre mon égo ou ma sen­si­bi­li­té de côté pour pen­ser « vie col­lec­tive », parce qu’il me semble que dans la vie col­lec­tive les gens conti­nuent à être eux-mêmes, mais peut-être que je me trompe, je ne sais pas. Peut-être aus­si que je ne veux pas renon­cer à cela, que je ne peux pas le faire, car mon che­min n’est tout sim­ple­ment pas de faire de la politique.

    Bref, déso­lé d’être venu per­tur­ber les débats, loin de moi l’i­dée de retar­der ou même de nier le tra­vail que vous faites tous ici depuis autant d’années.

    A +, peut-être.

    Réponse
  220. nlescan

    Je ne suis pas mathé­ma­ti­cien ni sta­tis­ti­cien mais il me semble qu’au delà de 100 per­sonnes un véri­table débat ou tout les avis peuvent s’ex­pri­mer est com­plexe. Des fois a deux c’est déjà pas évident.

    Pour cette rai­son il me semble réa­liste de se faire à l’i­dée qu’une de assem­blée de citoyens réunis à l’oc­ca­sion d’un vote n’est pas le lieu le plus oppor­tun pour les débats des qu’un grand nombre d’in­di­vi­dus est impliqué.

    Evi­dem­ment l’im­pli­ca­tion d’un grand nombre d’in­di­vi­dus lors du vote des lois est le seul garant véri­table de la démocratie.

    Le réfé­ren­dum semble donc la meilleure solu­tion pour les lois les plus importantes.

    Si le réfé­ren­dum sys­té­ma­tique s’avère trop contrai­gnant il faut réflé­chir à délé­guer une par­tie des votes a une assemblée.

    Au vu de la popu­la­tion de notre pays pour­quoi pas 1/1000eme ? ça fait un demi stade de France. Il est tech­ni­que­ment tout a fait réa­li­sable de réunir 1 pour mille des citoyens une fois par moi pour un vote avec rapel des débats. Les débats eux même auraient lieu en assem­blées réduites et locales au tra­vers du ter­ri­toire avec un sys­teme de relais d’in­for­ma­tion. Il me sem­ble­rait rai­son­nable aus­si que chaque « éclé­siaste » doive par­ti­ci­per a des permanences/débats avec les citoyens locaux ou tout un cha­cun aurait le droit de venir expo­ser son point de vue.

    Réponse
  221. Hadrien

    Je me per­mets d’ap­por­ter ici un petit rap­pro­che­ment avec la ques­tion éco­no­mique, qui avait inté­res­sé Etienne (et son col­lègue AJ Holbecq):

    A vrai dire, tous les éco­no­mistes de for­ma­tion sont pri­son­niers des dogmes néo­clas­siques qui les éloignent de la véri­table opti­mi­sa­tion sociale au sens démo­cra­tique ori­gi­nel des grecs antiques…

    LA DÉMOCRATIE ET L’ÉCONOMIE :

    Rap­pe­lons que le cri­tère ultime des uti­li­ta­ristes (David Hume, Adam Smith, Jere­my Ben­tham, John Stuart Mill, etc.) était le bon­heur de la col­lec­ti­vi­té, comme variable d’utilité glo­bale. C’est à un cri­tère du même type que pré­tend « l’optimum » de Pare­to, au sein du jeu conflic­tuel, lorsqu’il se rat­tache à une com­bi­nai­son linéaire convexe des uti­li­tés élé­men­taires des citoyens. Mal­heu­reu­se­ment, les coef­fi­cients de la com­bi­nai­son linéaire sont choi­sis « ad hoc » en fonc­tion de la solu­tion d’équilibre de type Pare­to pro­po­sée, au lieu de repré­sen­ter la fonc­tion d’utilité agré­gée de la société.

    À un fac­teur mul­ti­pli­ca­tif près, sans inci­dence sur l’optimisation, celle-ci n’est rien d’autre que l’espérance mathé­ma­tique de la fonc­tion d’utilité indi­vi­duelle, sous la forme :
    U(x) = Somme des Pi.Ui(x), avec Somme des Pi = 1, i étant l’aléa individuel,
    Pi repré­sen­tant la pro­ba­bi­li­té d’occurence de la fonc­tion d’utilité Ui(x) dans la population.
    C’est là que se situe un pos­sible point d’accord, mais où les Pi sont évi­dem­ment impo­sés, non ad hoc, et en conve­nant d’inclure dans les com­po­santes de la variable vec­to­rielle x (l’ensemble des dis­po­si­tions de la socié­té à opti­mi­ser) les biens et ser­vices publics au même titre que les biens et ser­vices privés.
    Nous n’avons d’ailleurs fait qu’enfoncer des portes ouvertes puisqu’on ne sau­rait faire de macro-éco­no­mie en niant, comme le vou­draient cer­tains, l’existence de biens et ser­vices publics néces­saires, sans encou­rir la dis­pa­ri­tion de l’Etat lui-même, et donc du “Contrat social”…

    Les uti­li­ta­ristes eux-mêmes, que l’on classe sou­vent par­mi les libé­raux clas­siques, par oppo­si­tion à l’ère aris­to­cra­tique féo­dale qui les avait pré­cé­dés, n’étaient pas pour autant en faveur d’un Etat mini­mum. Stuart Mill ne s’y était pas trom­pé, lui qui décla­rait notamment:”la liber­té indi­vi­duelle n’est pas impli­quée dans la doc­trine du libre échange, elle ne l’est pas non plus dans la plu­part des ques­tions qui concernent les limites à impo­ser à cette doc­trine, par exemple dans la quan­ti­té d’intervention publique qui est nécessaire”.

    Dès l’instant où ce point est acquis, tout le reste découle comme consé­quence logique :
    On admet, en effet, en éco­no­mie, que tous les agents sociaux ont une fonc­tion d’utilité construc­tible vis à vis de tous ses argu­ments, pour peu que l’on inter­roge les dits agents conve­na­ble­ment (la théo­rie des sub­sti­tu­tions et des pré­fé­rences y pour­voie, si néces­saire, au plan méthodologique).

    Dès lors, la for­mu­la­tion uni­voque du pro­blème d’optimisation de l’économie poli­tique, telle qu’énoncée par les uti­li­ta­ristes, ain­si que Pare­to, s’obtient en remar­quant que :
    Pi = Ni/N
    où Ni est le nombre de citoyens ayant la même fonc­tion d’utilité Ui(x),
    N le nombre total de citoyens.
    On voit là tout l’intérêt de la for­mu­la­tion fré­quen­tielle en Ni/N par les pro­ba­bi­li­tés : lorsque la popu­la­tion est en nombre N éle­vé, il est impos­sible d’interroger un à un les citoyens pour connaître leur fonc­tion d’utilité. Cela devient, en revanche, plus envi­sa­geable si l’on peut dis­po­ser d’un échan­tillon réduit de n citoyens, où les rap­ports réduits ni/n=pi sont les mêmes que les rap­ports Ni/N, c’est à dire les pro­ba­bi­li­tés Pi.
    Dans ce cas seule­ment, on peut par­ler d’une démarche “démo­cra­tique” car elle pré­serve fidè­le­ment la repré­sen­ta­tion du peuple par la repré­sen­ta­ti­vi­té de l’échantillon.

    Deux sortes d’une telle démarche ont été appli­quées dans l’histoire :

    - la démo­cra­tie directe par tirage au sort : c’est celle de la démo­cra­tie athé­nienne dans la Grèce antique, qui dura prés de deux siècles (-507 / ‑322). Elle pos­sède la pro­prié­té essen­tielle, dite “sans biais”, que l’espérance mathé­ma­tique de u(x)=somme des pj.uj(x), sur l’échantillon réduit tiré au hasard, est la même que celle de la popu­la­tion totale, même si la car­di­na­li­té de j est infé­rieure à celle de i (autre­ment dit, même si cer­taines fonc­tions d’utilité ne sont pas repré­sen­tées). C’est si vrai que cela s’applique en par­ti­cu­lier au tirage au sort d’un seul repré­sen­tant, dont l’espérance reste non biai­sée. C’est là tout le sens de la “Sto­cho­cra­tie”. Il est évi­dem­ment sou­hai­table que le plus pos­sible de fonc­tions d’u­ti­li­té soient repré­sen­tées au moins une fois… Les Grecs antiques avaient choi­si 500 comme car­di­na­li­té. On en est res­té là, ou à peu près, dans toutes les démo­cra­ties modernes, même avec un autre système :

    - la démo­cra­tie indi­recte par délé­ga­tion élec­tive : c’est celle appli­quée de nos jours par les “démo­cra­ties occi­den­tales”. Elle consiste théo­ri­que­ment à regrou­per les citoyens qui se recon­naissent tous la même fonc­tion d’utilité Ui(x) qu’un des leurs, qu’ils élisent comme repré­sen­tant dans l’échantillon réduit des uj(x). Elle néces­si­te­rait i=j, donc la même car­di­na­li­té, d’où l’adverbe “théo­ri­que­ment” ci-des­sus, car ce n’est jamais le cas en pra­tique. Dans tous les cas, le citoyen doit se pro­non­cer pour celui des repré­sen­tants qui lui paraît “proche” avec tous les incon­vé­nients biens connus qu’évitaient les grecs : déma­go­gie, influence de l’éducation, de la posi­tion sociale, de la for­tune, etc.

    –

    Les Grecs de l’antiquité (5e et 4e av. JC) avaient bien sai­si la dif­fé­rence entre les « voeux » des citoyens, que per­sonne ne peut leur contes­ter (d’où le tirage au sort des repré­sen­tants), et leur exé­cu­tion pers­pi­cace (d’où la nomi­na­tion de « stra­tèges », essen­tiel­le­ment militaires).
    À l’époque, seules les ques­tions mili­taires avaient l’importance stra­té­gique qu’a aujourd’hui l’économie : Aris­tote a bien écrit une « oeco­no­mia », mais c’était l’économie domes­tique ! Dans son his­toire de la « Consti­tu­tion des Athé­niens », il dit bien que seul le tirage au sort est « démo­cra­tique » alors que l’élection (qu’il pré­fé­rait) est « aristocratique ».
    Et les stra­tèges nom­més étaient contrô­lés par les « archontes » eux-même tirés au sort… les grecs ayant la pho­bie des oligarques.
    Aujourd’­hui, l’im­por­tance naguère prio­ri­taire de l’ar­mée serait à rem­pla­cer par celle de l’ad­mi­nis­tra­tion éco­no­mique, vision que contestent les libé­raux et même les éco­no­mistes néoclassiques…

    Bien d’autres leçons sont à apprendre des grecs antiques, comme l’abolition par Solon de ces dettes qui avaient conduit cer­tains citoyens en escla­vage en guise de rem­bour­se­ment… N’est ce pas ce que vou­drait faire l’oligarchie finan­cière aujourd’hui avec cer­tains pays ?

    Réponse
  222. Hadrien

    Il n’est pas sans inté­rêt de com­pa­rer l’ap­proche « démo­cra­tique » ci-des­sus de l’é­co­no­mie avec l’é­tat actuel de l’é­co­no­mie néo­clas­sique ensei­gnée (presque) par­tout et fon­dée sur l’é­qui­libre conflictuel…

    Je vou­drais notam­ment signa­ler ici, du seul point de vue “métho­do­lo­gique” le frau­du­leux consen­sus séman­tique que repré­sente pour un mathé­ma­ti­cien l’enseignement du faux “Opti­mum” de Pare­to en microéconomie :

    LA SCANDALEUSE APPELLATION “OPTIMUM”…DE PARETO

    Il y a plus d’un siècle, Wal­ras s’attacha en effet, le pre­mier, à décrire l’équilibre entre forces anta­go­nistes en matière d’échange éco­no­mique pur (ins­tan­ta­né, sans consi­dé­ra­tions d’innovation, de crois­sance, etc.). Ses hypo­thèses furent raf­fi­nées dans les années cin­quante (Arrow, Debreu) pour obte­nir des condi­tions suf­fi­santes d’existence, ain­si que mettre en évi­dence la fameuse solu­tion de Pare­to » intro­duite par ce der­nier avant-guerre, et que l’on asso­cie un peu vite aujourd’hui à l’économie de bien-être (Wel­fare State).

    Disons-le tout net, l’ « opti­mum de Pare­to » n’est pas un opti­mum, ni au sens mathé­ma­tique, ni au sens lin­guis­tique, ni au sens usuel, mais un équi­libre conflic­tuel (i.e. mul­ti-cri­tères) par­mi d’autres. Qu’il évite, par défi­ni­tion, les situa­tions de blo­cage du type « dilemme des deux pri­son­niers » n’en fait pas un “opti­mum” au sens super­la­tif du latin (vis à vis de quel cri­tère?), mais le rend sim­ple­ment uni­for­mé­ment “melior” au sens com­pa­ra­tif à d’autres “équi­libres”, toutes autres choses étant main­te­nues égales par ailleurs !

    Un opti­mum se défi­nit en effet mathé­ma­ti­que­ment sur un unique cri­tère de départ doté d’un ordre total (ou même par­tiel lorsqu’équivalué) incluant toutes les variables consi­dé­rées, mais cer­tai­ne­ment pas comme résul­tat d’un conflit mul­ti-cri­tère dont le ou les équi­libres dépendent sim­ple­ment de la force avec laquelle chaque pro­ta­go­niste peut tirer la cou­ver­ture à soi. Ça, c’est la simple “lutte pour la vie” sans aucun cri­tère global !

    Les ensei­gnants de l’économie le savent eux-mêmes : devant un gateau par­ta­gé en huit face à votre convive, pre­nez-en sept parts, ne lui en lais­sant qu’une. C’est un opti­mum de Pare­to puisqu’on ne peut plus aug­men­ter la satis­fac­tion d’aucun sans déplaire à l’autre.
    De même, on pour­rait ain­si trou­ver à admi­rer le mer­veilleux opti­mum de Pare­to que consti­tue la coexis­tence de mafias et d’honnêtes gens, sous pré­texte que cela vaut mieux que l’echec du racket d’un coté, mais des morts de l’autre !

    Un équi­libre de forces dans un jeu conflic­tuel sans cri­tère glo­bal n’a jamais défi­ni un opti­mum, et les ten­ta­tives pseu­do-mathé­ma­tiques déses­pé­rées d’en défi­nir un après coup en fonc­tion de la solu­tion (ce qui est évi­dem­ment tou­jours pos­sible par coef­fi­cients ad hoc)) relèvent de la même escro­que­rie séman­tique sus­dite. Rap­pe­lons qu’en dyna­mique des sys­tèmes, à n’importe quelle tra­jec­toire on peut tou­jours asso­cier un Lagran­gien ad hoc qu’elle opti­mise, mais c’est l’inverse qui consti­tue les vrais pro­blèmes d’optimisation !

    L’ « opti­mum » de Pare­to, mal­gré tous ses détours, reste un retour à la vision conflic­tuelle de l’état sau­vage que s’est ever­tuée à com­battre la civi­li­sa­tion depuis plu­sieurs mil­lé­naires. Il est cri­mi­nel que les éco­no­mistes contem­po­rains y contri­buent en man­quant pareille­ment de lucidité !
    Von Neu­mann et Mor­gens­tern, lorsqu’ils conçurent la théo­rie des jeux, avaient bien pour objec­tif de rendre compte des pro­blèmes conflic­tuels mul­ti-agents pré­sents dans toute socié­té humaine, au même titre qu’un entho­mo­lo­giste les décri­rait dans une socié­té ani­male. Mais ils n’en ont jamais fait un prin­cipe direc­teur ou un objec­tif fédé­ra­teur des socié­tés à construire de la part de l’homme. Tout au plus pen­saient-ils devoir en tenir compte tout en fai­sant recu­ler leurs frontières.

    Ain­si, de même que la loi « fédère » en matière de droit, le Géné­ral de Gaulle voyait « l’ardente obli­ga­tion du Plan » en matière d’économie. A la Libé­ra­tion, de géné­reux dis­po­si­tifs col­lec­tifs ont conduit rapi­de­ment à la pros­pé­ri­té des trente glo­rieuses, en par­tant de pays rui­nés par la guerre, même dans le camp des vain­queurs. La plu­part de nos avan­cées, y com­pris tech­no­lo­giques (aero­spa­tial, nucléaire, médi­cal, agro­no­mique, etc.) datent de cette époque. C’est tout le contraire de la déban­dade libé­rale actuelle avec ses délo­ca­li­sa­tions et ses aban­dons concur­ren­tiels en tous genres (de sou­ve­rai­ne­tés, soli­da­ri­tés) qui nous mènent à la des­truc­tion de tous ces acquis, au nom d’une com­pé­ti­ti­vi­té conflic­tuelle par le moins-disant.

    Et « Régu­la­tion » ne veut déci­dé­ment pas dire grand chose, si l’on ne pré­cise pas au nom de quel cri­tère et par quel moyen on compte l’exercer pour le bien col­lec­tif. Il est risible de suivre ces innom­brables débats télé­vi­sés où poli­tiques et éco­no­mistes se ren­voient des mots qui se veulent évo­ca­teurs (emploi, crois­sance, etc.) alors que tout a été fait durant les « Trente piteuses » pour en condam­ner les pers­pec­tives : quel besoin avait-on de pri­va­ti­ser tout notre sec­teur ban­caire public pour le prix d’une seule année de béné­fices, quand on voit l’usage de crise qui en fut fait ? Et pour­quoi plus récem­ment avoir fait de même avec nos auto­routes une fois construites par l’Etat, ou notre dis­tri­bu­tion éner­gé­tique déjà assu­rée par un ser­vice public pour voir leurs tarifs aujourd’hui explo­ser suite à de mau­vais choix et des béné­fices indus ?
    Là encore, l’ « opti­mum de Pare­to » fait des ravages en nous fai­sant accep­ter l’inacceptable, sous pré­texte qu’on ne sau­rait y remé­dier sans nuire aux inté­rêts d’une des deux par­ties, la plus concupiscente !

    Réponse
  223. EFFAB

    Bien d’autres leçons sont à apprendre des grecs antiques, comme l’abolition par Solon de ces dettes qui avaient conduit cer­tains citoyens en escla­vage en guise de rem­bour­se­ment… N’est ce pas ce que vou­drait faire l’oligarchie finan­cière aujourd’hui avec cer­tains pays ?… (@250,251 – HADRIEN)

    … comme avec l’en­semble des indi­vi­dus, ces esclaves que nous serons et qui leur devront tout : notre pain, nos plai­sirs, notre obéis­sance, notre vie !

    Oui, ces auto­routes de l’in­ver­sion (ce contre-sens, ce non sens, cet in-sen­sé) et du mono­pole illé­gi­time et satanique…

    … car les Mathé­ma­tiques, ces Saintes Ecri­tures, ce sym­bo­lisme expli­ci­té, sont à ce point dévoyées et tra­ves­ties qu’il faut être bien aveugle pour res­ter aus­si inac­tif et aus­si insen­sible à tout ce qui peut être vu aujourd’­hui, de près comme de loin, puisque pas­si­vi­té n’en est pas moins consen­tante quoi qu’on en dise.

    Réponse
  224. Ana Sailland

    éblouir n’é­claire pas

    Réponse
  225. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Ne serait-il pas judi­cieux de sol­li­ci­ter les étu­diants des uni­ver­si­tés fran­çaises pour la rédac­tion de constitutions ?

    Sachant que chaque groupe d’é­tu­diants conti­nue­ra la construc­tion de leur consti­tu­tion en famille et entre amis, mais aus­si parce que le corps ensei­gnant a les dis­po­si­tions néces­saires déjà établi.

    Puis en fin de pro­gramme sco­laire, sélec­tion­ner les pro­jets à pré­sen­ter aux fran­çais pour un suf­frage universel.

    …

    Réponse
  226. FURAX

    Atta­li : Les peuples doivent nous rem­bour­ser leurs dettes 

    Réponse
  227. FURAX

    Dette de guerre – L’Al­le­magne doit à la Grèce

    Réponse
  228. FURAX

    Source

    L’Al­le­magne a‑t-elle une dette de guerre envers la Grèce ?

    Des Grecs pro­testent contre l’aus­té­ri­té en brû­lant un dra­peau alle­mand et un dra­peau nazi devant le Par­le­ment d’A­thènes, le 7 février.
    « Les Alle­mands, qui rechignent à finan­cer un second plan de sau­ve­tage pour la Grèce, devraient se sou­ve­nir de tout ce qu’ils ont pillé dans ce pays pen­dant la Seconde Guerre mon­diale … Avec les inté­rêts, ce sont 81 mil­liards d’eu­ros qui sont dus à Athènes. C’est là une autre façon de voir l’Eu­rope et son histoire. »

    L’homme qui s’ex­prime ain­si n’est pas un ancien résis­tant grec, ni même un membre de l’op­po­si­tion grecque, il n’est pas grec du tout. Il s’a­git de l’eu­ro­dé­pu­té Daniel Cohn-Ben­dit, inter­pel­lant mer­cre­di 15 février les res­pon­sables alle­mands au Par­le­ment euro­péen au len­de­main du refus de la troï­ka euro­péenne d’oc­troyer un deuxième plan d’aide de 130 mil­liards d’eu­ros à Athènes.
    « ILS ONT PRIS L’ARGENT GREC ET NE L’ONT JAMAIS RENDU »

    L’Al­le­magne a‑t-elle une dette de guerre non réglée envers la Grèce ? La ques­tion peut sem­bler sau­gre­nue, mais elle a le mérite de repla­cer la crise de la dette que tra­verse le conti­nent euro­péen dans un temps long. Mon­trés du doigt comme de mau­vais payeurs, étran­glés par plu­sieurs plans de rigueur, excé­dés par le « dik­tat » alle­mand, les Grecs sont de plus en plus nom­breux à ren­voyer Ber­lin aux ardoises du passé.

    Début 2010, lors d’un voyage en Alle­magne, Theo­do­ros Pan­ga­los, alors vice-pre­mier ministre, avait lan­cé une bombe sur les ondes de la BBC : « Ils ont pris les réserves d’or de la Banque de Grèce, ils ont pris l’argent grec et ne l’ont jamais ren­du. C’est un sujet qu’il fau­dra bien abor­der un jour ou l’autre. » En décembre de la même année, le secré­taire d’E­tat aux finances hel­lènes, Phi­lip­pos Sahi­ni­dis, était allé plus loin en chif­frant la dette alle­mande envers son pays à 162 mil­liards d’eu­ros, à com­pa­rer au mon­tant de la dette grecque qui s’é­le­vait à 350 mil­liards d’eu­ros fin 2011.

    Pour le héros de la Résis­tance Mano­lis Gle­zos, l’Al­le­magne doit 162 mil­liards d’eu­ros à la Grèce.
    Plus récem­ment, c’é­tait au tour du héros de la Résis­tance Mano­lis Gle­zos, 89 ans, connu pour avoir décro­ché le dra­peau nazi de l’A­cro­pole en 1941, de récla­mer le rem­bour­se­ment du prêt impo­sé à la Grèce par le régime nazi. « Avec les dom­mages de guerre », qu’A­thènes se réserve tou­jours le droit de reven­di­quer, « c’est 162 mil­liards d’eu­ros, sans les inté­rêts », estime-t-il.

    BATAILLE DE CHIFFRES

    Conbien doit l’Al­le­magne ? 81 mil­liards, comme le dit Cohn-Ben­dit ? 162 mil­liards, à en croire les reven­di­ca­tions grecques ? 68 mil­liards comme l’af­firme Le Point ? ou rien du tout, comme le sou­tient Ber­lin ? La bataille de chiffres qui entoure cette ques­tion est à la mesure de la com­plexi­té de la situation.

    Nous sommes en 1941. Le 6 avril, la Wehr­macht enva­hit la Grèce. Elle y res­te­ra jus­qu’en 1944. Dans son ouvrage Dans la Grèce d’Hit­ler, l’his­to­rien Mark Mazo­wer estime que la Grèce est le pays qui a le plus souf­fert du joug nazi – der­rière la Rus­sie et la Pologne – et qu’elle a subi un « pillage sys­té­ma­tique de ses res­sources ». En 1941, les nazis impo­se­ront en outre à la Banque cen­trale grecque, comme ils l’ont fait dans d’autres pays, un prêt de 476 mil­lions de reichs­marks au titre des contri­bu­tions à l’ef­fort de guerre.

    Cet « emprunt » ne sera jamais rem­bour­sé, pour la simple rai­son qu’il ne figure pas dans l’ac­cord de Londres de 1953 qui fixe le mon­tant des dettes exté­rieures contrac­tées par l’Al­le­magne entre 1919 et 1945. Afin de ne pas répé­ter les erreurs du trai­té de Ver­sailles et de ména­ger ce nou­vel allié de l’Ouest face à la menace com­mu­niste, les Etats-Unis consentent à réduire la dette de l’Al­le­magne de moi­tié. Les vic­times de l’Oc­cu­pa­tion sont priées d’ou­blier leurs demandes de répa­ra­tion. L’ob­jec­tif stra­té­gique des alliés est d’é­di­fier une Alle­magne forte et sereine, plu­tôt que rui­née par les dettes et humiliée.

    Washing­ton obtient sur­tout des pays béné­fi­ciaires du plan Mar­shall qu’ils renoncent à exi­ger immé­dia­te­ment leur dû, repous­sant d’é­ven­tuelles répa­ra­tions à une réuni­fi­ca­tion de l’Al­le­magne dans le cadre d’un « trai­té de paix ». « A par­tir de là, l’Al­le­magne s’est por­tée comme un charme pen­dant que le reste de l’Eu­rope se sai­gnait aux quatre veines pour pan­ser les plaies lais­sées par la guerre et l’oc­cu­pa­tion alle­mande », résume l’his­to­rien de l’é­co­no­mie alle­mand Albrecht Rit­schl, pro­fes­seur à la Lon­don School of Eco­no­mics, dans un entre­tien à Der Spie­gel (en ver­sion fran­çaise dans Cour­rier international).

    L’ALLEMAGNE A FAIT TROIS FOIS DÉFAUT

    Ce sur­sis per­met­tra à la RFA de connaître un véri­table « miracle éco­no­mique », le fameux Wirt­schafts­wun­der pen­dant quatre décen­nies. Et au moment de pas­ser à la caisse, Bonn s’ar­ran­ge­ra pour ne pas hono­rer ses enga­ge­ments. Le chan­ce­lier Hel­mut Kohl obtient en effet que le trai­té de Mos­cou de 1990 enté­ri­nant la réuni­fi­ca­tion ne porte pas la men­tion « trai­té de paix », une des condi­tions figu­rant dans l’ac­cord de 1953 pour d’é­ven­tuels rem­bour­se­ments. « C’é­tait un moyen de conti­nuer à fuir les répa­ra­tions », sou­ligne le Süd­deutsche Zei­tung (article tra­duit en fran­çais). En approu­vant ce trai­té, la Grèce a per­du, aux yeux de Ber­lin, toute légi­ti­mi­té à récla­mer des répa­ra­tions. « Dans la pra­tique, l’ac­cord de Londres de 1953 libé­ra les Alle­mands de leur obli­ga­tion de rem­bour­ser leurs dettes de guerre », résume le quo­ti­dien allemand.

    En d’autres termes, l’ac­tuel cham­pion éco­no­mique de la zone euro a fait trois fois défaut au cours du XXe siècle : dans les années 1930, en 1953 et en 1990. « L’Al­le­magne n’a pas réglé ses répa­ra­tions après 1990 – à l’ex­cep­tion des indem­ni­tés ver­sées aux tra­vailleurs for­cés, pour­suit Albrecht Rit­schl dans Der Spie­gel. Les cré­dits pré­le­vés de force dans les pays occu­pés pen­dant la Seconde Guerre mon­diale et les frais liés à l’Oc­cu­pa­tion n’ont pas non plus été rem­bour­sés. A la Grèce non plus. » Or « per­sonne en Grèce n’a oublié que la Répu­blique fédé­rale devait sa bonne forme éco­no­mique aux faveurs consen­ties par d’autres nations », insiste-t-il.

    L’a­vo­cat alle­mand Joa­chim Roll­hau­ser lit une décla­ra­tion devant l’am­bas­sade d’Al­le­magne à Athènes lors d’une mani­fes­ta­tion de citoyens alle­mands récla­mant des répa­ra­tions immé­diates pour toutes les vic­times grecques du nazisme, le 6 juin 2011.
    En tout et pour tout, la Répu­blique fédé­rale n’a dédom­ma­gé qu’une fois la Grèce : 115 mil­lions de deutsche Marks (envi­ron 58 mil­lions d’eu­ros). C’é­tait en 1960, dans le cadre d’un accord glo­bal avec plu­sieurs pays euro­péens et Israël. Depuis cette date, l’Al­le­magne estime s’être acquit­tée de sa dette. Mieux encore, elle n’hé­site pas à rap­pe­ler qu’elle a « payé depuis 1960 envi­ron 33 mil­liards de deutsche Marks d’aides à la Grèce, à la fois de façon bila­té­rale et dans le cadre de l’U­nion euro­péenne ». A quoi il faut ajou­ter que la Grèce a béné­fi­cié de plus de 700 mil­lions de dol­lars de l’é­poque dans le cadre du plan Marshall.

    COHN-BENDIT : UNE QUESTION « MORALE »

    Sauf qu’en cette période de crise conti­nen­tale, tout le monde, y com­pris en Alle­magne, ne se satis­fait pas des immenses faveurs accor­dées à Ber­lin au len­de­main de la guerre. Asphyxiés par leurs dettes et pres­sés par Ber­lin d’en­chaî­ner les plans d’aus­té­ri­té, les Grecs sont de plus en plus nom­breux à vou­loir faire par­ta­ger une par­tie de leur far­deau à leurs anciens envahisseurs.

    La somme de 162 mil­liards d’eu­ros évo­quée va ain­si bien au-delà du seul rem­bour­se­ment du prêt for­cé, qu’on estime dans une four­chette com­prise entre 54 mil­liards et 81 mil­liards d’eu­ros. Elle englobe en outre les 108 mil­liards éva­lués lors de la Confé­rence inter­na­tio­nale de paix à Paris pour la répa­ra­tion des dom­mages cau­sés par les troupes nazies sur l’in­fra­struc­ture éco­no­mique du pays.

    Daniel Cohn-Ben­dit, lui, se place sur un « plan moral » : « Les Alle­mands, qui se disent ver­tueux, estiment que les Grecs ont péché et qu’ils doivent payer. Or, ceux qui ont le plus péché, ce sont tout de même les Alle­mands, dont la dette a pour­tant été effa­cée parce que les Amé­ri­cains y voyaient un inté­rêt stra­té­gique. Pour­quoi ne pas consi­dé­rer que sau­ver la Grèce est stra­té­gique, au lieu de mettre ce pays à genoux ? »

    Soren See­low

    Réponse
  229. dany

    Suite à l’ar­ticle du 2 nov 2012,
    sur la com­mune de Vandoncourt,
    celle de Tor­dères mérite un détour…

    http://www.article11.info/?Torderes-commune-autogeree-mode‑d

    Tor­dères : com­mune auto­gé­rée, mode d’emploi

    Avec 180 habi­tants, le petit vil­lage de Tor­dères dans les Pyré­nées Orien­tales s’est fait connaître pour son fonc­tion­ne­ment muni­ci­pal inha­bi­tuel : le pou­voir y est aux vil­la­geois, et la démo­cra­tie, par­ti­ci­pa­tive. Une expé­rience d’auto-gestion dis­crète mais bien rodée. Inter­view de la mai­resse porte-voix, Maya Lesné.

    Tor­dères est connu pour sa démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Com­ment le pro­jet et l’équipe muni­ci­pale se sont-ils constitués ?

    Aux der­nières élec­tions, le maire sor­tant en avait ras la cas­quette, et le pré­cé­dent (qui était res­té 14 ans à la mai­rie), plu­tôt pro­cé­du­rier et béton­neur, vou­lait y retour­ner. On a alors orga­ni­sé une grande réunion publique, ouverte à tous, même aux enfants et aux ados. On n’a pas réflé­chi à qui était de droite, qui était de gauche, même s’il faut bien avouer que la majo­ri­té du vil­lage vote à gauche. Nous vou­lions d’abord déci­der ensemble de ce que nous sou­hai­tions défendre et ensuite déter­mi­ner qui serait can­di­dat, dis­po­sé à défendre le bien com­mun et pas ses propres intérêts.

    Très vite, des idées essen­tielles se sont impo­sées, quant à la consti­tu­tion de la liste et au fonc­tion­ne­ment de l’équipe municipale :
    1. Que la popu­la­tion soit tou­jours impli­quée dans les déci­sions du conseil municipal.
    2. Que la liste ne soit pas exclu­si­ve­ment com­po­sée de notables ni de retrai­tés (qui ont sou­vent soit le temps, soit l’argent – voire les deux), mais de « gens nor­maux » : hommes et femmes à parts égales, de tous âges, sans exclure les chô­meurs, les pré­caires ni les per­sonnes arri­vant de l’étranger.

    Com­ment se sont dérou­lées les élections ?

    Des 20 per­sonnes rete­nues, seules 11 se sont fina­le­ment pré­sen­tées, afin de pou­voir faire face à la liste adverse mal­gré le pana­chage élec­to­ral. Nous avons obte­nu 86 voix contre 20. Au final, la moyenne d’âge se situe autour de la qua­ran­taine, ce qui n’est pas sans poser pro­blème : beau­coup ont des acti­vi­tés, une famille, alors que la par­ti­ci­pa­tion au Conseil prend du temps et de l’énergie. J’ai été dési­gnée comme mai­resse, tout sim­ple­ment parce que j’étais au chô­mage à l’époque et que j’avais donc plus de temps. Il faut aus­si dire que je suis assez grande gueule… L’important étant que ça aurait pu être n’importe lequel d’entre nous.

    Quelles prio­ri­tés pour le village ?

    « On arrête tout, on réflé­chit et c’est pas triste… » C’est l’esprit de notre pro­gramme. Plus concrè­te­ment, nous avons défi­ni quatre axes primordiaux :

    1. Main­te­nir l’école coûte que coûte. C’est la condi­tion sine qua non pour que le vil­lage vive (le quart de la popu­la­tion a moins de 18 ans !), même si ça repré­sente la moi­tié du budget.

    2. Main­te­nir les emplois muni­ci­paux, éga­le­ment coûte que coûte (secré­taire de mai­rie et employé polyvalent).

    3. Entre­prendre une grande réflexion sur l’urbanisme, pour réagir à la forte pres­sion fon­cière venant de Per­pi­gnan. En incluant la pro­tec­tion des zones agri­coles et naturelles.

    4. Conti­nuer à bien vivre ensemble.

    Com­ment les habi­tants par­ti­cipent-ils à la prise de décision ?

    Pour le pre­mier conseil muni­ci­pal, nous avons envoyé une lettre aux habi­tants : tous pou­vaient s’inscrire dans les com­mis­sions muni­ci­pales et extra-muni­ci­pales de leur choix. Fina­le­ment, parce que c’était trop res­tric­tif et figé, nous avons encore plus ouvert : tous les habi­tants du vil­lage, enfants et adultes confon­dus, peuvent à tout moment par­ti­ci­per à n’importe quelle commission.

    Il existe 5 com­mis­sions muni­ci­pales : Tra­vaux, Envi­ron­ne­ment et Agri­cul­ture, Finances, Affaires sociales, Urba­nisme. Cer­taines d’entre elles sont extra-muni­ci­pales, dont « Tor­dères en fête », tout à fait inter­gé­né­ra­tion­nelle : de 4 à 90 ans…

    Les com­mis­sions ont-elles un rôle réel ?

    Oui, les trois quarts des déci­sions fon­da­men­tales se prennent là, dans les com­mis­sions, qui se tiennent plus ou moins fré­quem­ment. Les déci­sions ne sont pas actées si la par­ti­ci­pa­tion est trop faible (en deçà de 5). Dans ce cas, elles sont mises en attente. « Ça ne vous inté­resse plus, alors on en repar­le­ra quand nous serons à nou­veau mobi­li­sés. » Il n’est pas ques­tion de déci­der à la place de tous. Si l’on nous dit : « C’est aux élus de faire le bou­lot ! », je réponds : « C’est mieux qu’on s’y mette tous ! » Il est plus sain de prendre une déci­sion à plu­sieurs, même si c’est plus long, même si le pré­fet nous engueule à cause des délais. Et puis, il faut bien avouer que cette façon de faire heurte les habi­tudes des habitants !

    Com­ment s’articulent com­mis­sions et conseil municipal ?

    Pre­nons l’exemple de la Com­mis­sion Tra­vaux, qui rem­porte un franc suc­cès. Les habi­tants se réunissent par rue, ou par « quar­tier ». C’est à eux de lis­ter les pro­blèmes qu’ils ren­contrent et d’envisager les solu­tions (par exemple, mettre du gou­dron ou de la terre battue…).

    Nous, au conseil muni­ci­pal, on se contente de cher­cher le pognon et de voir si c’est jouable, en fai­sant faire des devis, en recueillant des avis d’experts. Ensuite, on pré­sente ce dos­sier aux habi­tants, et c’est eux qui décident. Après tout, c’est leurs impôts, c’est à eux de tran­cher, et tous sont bien conscients des limites financières.

    Il est sou­vent dif­fi­cile de com­prendre le fonc­tion­ne­ment d’un bud­get municipal…

    Il faut recon­naître que la Com­mis­sion Finances n’a aucun suc­cès. Les gens ne se sentent pas com­pé­tents. Pour­tant, com­prendre le bud­get de la com­mune, et son fonc­tion­ne­ment, est pri­mor­dial. Cette trans­mis­sion de la ges­tion admi­nis­tra­tive et comp­table de la com­mune à la nou­velle équipe est assu­rée à 80% par le ou la secré­taire de mai­rie, bien plus que par l’ancien maire. Sans leur com­pé­tence, nous serions démunis.

    Trop sou­vent, à l’échelle de la com­mune, de la Com­Com, du dépar­te­ment, les bud­gets et les ques­tions « déli­cates » font l’objet de réunions offi­cieuses, où l’on débat, ques­tionne, se met d’accord. Puis, au conseil, dans les réunions ouvertes au public, les déci­sions sont votées en deux minutes. Elles demeurent incom­pré­hen­sibles pour les non-ini­tiés, ce qui est à mon sens dramatique.

    Il n’y a pas d’essoufflement de la par­ti­ci­pa­tion, sur la longueur ?

    Le pro­blème de ce sys­tème est lié à l’usure de l’engagement. Une fois pas­sée l’euphorie des débuts, la par­ti­ci­pa­tion baisse. Il faut aller tous les jours cher­cher les habi­tants pour qu’ils par­ti­cipent, ce qui est plus fati­gant que flat­teur (même si cela témoigne aus­si de la confiance faite aux membres du conseil).

    Au début, cer­tains ont éga­le­ment redou­té « l’attaque des balan­çoires », c’est-à-dire la par­ti­ci­pa­tion des plus jeunes aux déci­sions muni­ci­pales. Ce qui a pous­sé ces adultes à s’engager davan­tage… Et c’est un sacré exer­cice de trans­mettre l’information à la fois aux adultes et aux jeunes. Mais cette trans­mis­sion nous semble pri­mor­diale : il faut que les mômes s’emparent de l’histoire de leur vil­lage. Même s’ils sont, par nature, un peu conservateurs…

    Est-ce com­pli­qué d’être mai­resse dans ces conditions ?

    En fait, ce fonc­tion­ne­ment est trois fois plus fas­toche pour le maire, et gra­ti­fiant. C’est vrai que tu es par­fois ame­né à sou­te­nir le pro­jet des autres. Mais tu peux démis­sion­ner si ces der­niers vont vrai­ment à l’encontre de ta façon de voir. C’est ce que je ferais si j’étais confron­tée à cette situa­tion. Un maire peut se sen­tir un peu seul ; il doit (ré)apprendre la dis­cus­sion, la confiance, la dis­cré­tion, parce qu’il y a des moments que tu ne par­tages ni avec le conseil ni avec les com­mis­sions, des moments qui te plongent dans l’intimité des familles. Le pre­mier à être appe­lé, en cas d’événements graves, ce n’est plus le curé, c’est le maire. On pénètre par­fois un espace secret, qui doit le res­ter. Mais cet iso­le­ment n’est pas pro­blé­ma­tique si l’on aime le dia­logue et son village.

    Votre vil­lage fonc­tionne de façon très col­lec­tive. Ce qui n’est pas d’usage à l’extérieur…

    C’est là que les choses se corsent, à la pré­fec­ture, à la Com­Com, dans des réunions qui prennent beau­coup de temps et d’énergie. Tu es alors vrai­ment seul : le fonc­tion­ne­ment n’est plus col­lec­tif, comme au vil­lage, mais indi­vi­duel, fait de rap­ports de force. Quand, en plus, tu es une nana, et jeune, tu t’en ramasses plein la tronche. Dans ce cas, savoir que le vil­lage est der­rière toi, que tu défends ses déci­sions, ça donne des forces.

    Peux-tu nous don­ner un exemple d’un com­bat mené par Tordères ?

    Nous avons eu un sacré bras de fer avec le pré­fet quant au plan de pré­ven­tion des risques incen­dies. Tor­dères est en zone rouge : les assu­rances sont très éle­vées (ce qui entraîne une injuste « sélec­tion » sociale) et, si ta mai­son brûle, tu ne peux pas la recons­truire ! Sans comp­ter que la com­mune était cen­sée réa­li­ser des tra­vaux déli­rants vu son bud­get. À un moment, si l’État pres­crit, l’État paye – ou devrait le faire ! Le pré­fet pen­sait nous mettre la pres­sion vil­lage par vil­lage. Mais nous avons mon­té un col­lec­tif, d’abord au sein de la Com­com des Aspres, qui a héri­té avec la Résis­tance d’une forte soli­da­ri­té. Le col­lec­tif compte main­te­nant 50 mai­ries et fait tache d’huile dans tout le Midi. Face à ce plan déci­dé par un tech­no­crate à deux balles, nous deman­dons une réflexion nationale.

    Et qu’en est-il du pro­jet d’éoliennes sur votre territoire ?

    C’était un pro­jet de la Com­Com. Les grosses com­munes étaient pour… mais lorsqu’il a été ques­tion des petites com­munes, ça a été une autre his­toire ! Nous ne sommes pas contre l’éolien ou le solaire, au contraire. Nous aurions même pu faire abs­trac­tion de la dégra­da­tion visuelle. Mais nous ne vou­lions pas d’un pro­jet qui nous était impo­sé, en toute opa­ci­té, avec en lice des grosses boîtes comme Suez et Are­va, où l’énergie pro­duite n’était pas réin­jec­tée dans la com­mune. Le bras de fer a duré deux ans, mais nous avons fini par gagner : le pro­jet a été abandonné.

    Un der­nier mot ?

    Il est fon­da­men­tal de se don­ner d’autres idées, d’autres envies, d’autres manières de faire, en regar­dant notam­ment ce qui se passe à Mari­na­le­da, un vil­lage d’Andalousie1.


    Bon­jour,

    Je viens de rece­voir l’article, qui est très chouette, mais j’ai quand même deux ou trois remarques à apporter.

    Tout d’abord sur le titre qui donne une vision trop idéa­li­sée du vil­lage. Auto­gé­ré, Tor­dères ne l’est pas car au-delà de ses habi­tants et de son équipe muni­ci­pale, l’essentiel des prises de déci­sions qui concerne son fonc­tion­ne­ment est, comme pour n’importe quelle autre com­mune, régi par des lois et des règles ins­tau­rées par un Etat et une Consti­tu­tion aux­quelles nous obéis­sons (avec plus ou moins d’enthousiasme) et, par ailleurs, le quo­ti­dien com­mu­nal dépend en large par­tie des dota­tions d’Etat qui sont ver­sées, mais éga­le­ment des aides d’autres col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales (Conseil Géné­ral, Com­mu­nau­té de Com­munes, etc.) sans les­quelles on crè­ve­rait tout bon­ne­ment… En ce sens, Tor­dères est très très très loin d’une auto­ges­tion et ce serait bien pré­ten­tieux de racon­ter le contraire.

    Je crois que ce qui paraît tou­jours le plus nova­teur à ceux qui découvrent notre fonc­tion­ne­ment, c’est la ques­tion de la par­ti­ci­pa­tion, par le biais notam­ment des com­mis­sions popu­laires, pour­tant c’est quelque chose qui se pra­tique sou­vent dans les petites com­munes rurales sans qu’on en fasse tout un plat. Ce n’est ni plus ni moins que la banale com­mis­sion extra-muni­ci­pale telle qu’elle est pré­vue par la loi. Ca n’est pas neuf et, quoique pro­ba­be­ment héri­té de la Révo­lu­tion Fran­çaise et de la Com­mune, ça n’est fina­le­ment pas si révo­lu­tion­naire que ça non plus. Je ne veux pas dimi­nuer le bou­lot (de longue haleine) que nous avons entre­pris ici mais je veux sim­ple­ment que vous sachiez qu’il n’a rien d’extraordinaire et sur­tout qu’il évo­lue avec l’expérience et n’obéit à aucun dog­ma­tisme (d’aucuns nous contactent par­fois en se pâmant : « alors, c’est for­mi­dable, vous menez une expé­rience de muni­ci­pa­lisme liber­taire ! »… Comme si le besoin de col­ler des éti­quettes était tou­jours plus fort que tout… Hé bien, non, mon poto, nous menons une expé­rience de muni­ci­pa­lisme tout court et des fois, ça marche, et des fois ça marche pas, et des fois on se marre, et des fois on s’engueule, et des fois on se trompe, des fois c’est dou­lou­reux, des fois c’est pesant, des fois c’est for­mi­dable, etc., mais jamais, ô grand jamais, ça n’obéit à la loi des étiquettes !)

    La base de ce fonc­tion­ne­ment par­ti­ci­pa­tif, c’est la paci­fi­ca­tion. Ce que l’article ne pré­cise pas, c’est qu’une des pre­mières choses qui ait été faite a été de par­ler avec la liste adverse et de l’inviter à par­ti­ci­per à la vie com­mu­nale. La plu­part sont venus et c’est sans doute parce qu’ils ont fait cette démarche (qui n’est en fait pas si facile, sur­tout quand on a été maire pen­dant qua­torze ans et qu’on n’a pas été réélu) que tout a été pos­sible. Trop sou­vent, ce qui bouffe les vil­lages, ce sont de très vieilles que­relles jamais réglées, notam­ment les que­relles muni­ci­pales. Paci­fier, c’est la base de tout. Rien de bon ne peut se construire sur la haine. C’est pour ça qu’un petit point me cha­grine un peu dans l’article : certes, un des maires pré­cé­dent avait un goût pro­non­cé pour les pro­cé­dures et le béton mais, bon an mal an, il en est reve­nu et, non seule­ment accepte notre mode de fonc­tion­ne­ment mais en plus y adhère. Bien­heu­reu­se­ment, il n’est pas inter­dit de chan­ger et cha­cun a droit à ses erreurs, d’autant qu’être maire n’est pas une tâche simple et, si on vous laisse trop seul (ce qui est sou­vent le lot des maires), on peut par­fois déri­ver… On croit bien faire et on se plante…

    Enfin bref, voi­là, c’était deux ou trois remarques livrée en vrac.

    A bien­tôt !

    Maya

    Réponse
  230. Ana Sailland

    dany,

    grand mer­ci 🙂

    tout cela est fort et fort réjouissant.

    je me pose la ques­tion de qui rédige l’ODJ des conseils (c’est un pou­voir caché auquel les gens bien inten­tion­nés ne pensent pas forcément)

    Le citoyen peut il impul­ser de l’i­né­dit ou seule­ment s’ins­crire à une commission ?

    Concer­nant les bémols expri­més, un maire doit en effet suivre les règles de la répu­blique et ne peut donc délé­guer à la popu­la­tion 100% de la décision.
    Mais il peut s’en­ga­ger sur l’hon­neur à suivre scru­pu­leu­se­ment les injonc­tions qui lui sont adres­sées par la popu­la­tion délibérante.

    Je ferais bien un petit périple de jour­na­lisme tran­quille, en pas­sant par Van­don­court, Tor­dères, Grigny(69), Mari­na­le­da, Aubagne, Eoure, pour pondre un petit docu­ment écrit plus des vidéos.
    => Qui d’autre , chiche ?
    (on pré­voyait ça déjà avec un ami d’Annecy)

    Réponse
  231. dany

    Autre exemple inté­res­sant en Roannais…

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​l​a​-​v​i​c​t​o​i​r​e​-​d​e​s​-​r​e​v​o​l​t​e​s​-​d​u​-​1​3​2​907

    La victoire des révoltés du Roannais

    Madame Lebran­chu avait annon­cé fiè­re­ment à l’As­sem­blée Natio­nale le regrou­pe­ment for­cé de vingt com­munes au grand Roanne…Tout s’an­non­çait bien pour ceux qui rêvent de construire de grandes com­mu­nau­tés de com­munes et d’ag­glo­mé­ra­tion, coûte que coûte, y com­pris contre l’a­vis des maires concer­nés et de la popu­la­tion locale.

    De nom­breux maires, oppo­sés à cette annexion ont eu le cou­rage de démis­sion­ner de leurs man­dats, pro­vo­quant de nou­velles élections.

    Mal­gré les pres­sions exer­cées, mal­gré la volon­té expri­mée par la Pré­fète, les urnes ont don­né rai­son aux révoltés.

    156 élus sur les 158 démis­sion­naires sont réélus dès le pre­mier tour avec une par­ti­ci­pa­tion excep­tion­nelle même dans les 11 com­munes sur les 12 où une seule liste était en présence.

    A Renai­son où deux listes étaient en com­pé­ti­tion, celle conduite par Jacques Thi­rouin, ex maire de la ville a été élue par 76 % des votants, bat­tant par là même la liste sou­te­nue pas son ancien pre­mier adjoint.

    La démo­cra­tie s’est expri­mée et a tranché.

    Il ne reste plus à la Pré­fète de démis­sion­ner et de lais­ser la place à un nou­veau repré­sen­tant de l’E­tat man­da­té pour être à l’é­coute de la popu­la­tion ou de ne pas mettre en place le grand Roanne.

    Cer­tains com­men­ta­teurs, mau­vais joueurs et sur­tout pseu­dos démo­crates affirment que les élus qui refusent les regrou­pe­ments sont des fri­leux et des rétro­grades qui défendent leurs propres intérêts.

    Les résul­tats des élec­tions muni­ci­pales prouvent que la popu­la­tion, elle, suit les élus démis­sion­naires et par­tagent leur combat.

    Il ne s’a­git pas de l’af­fron­te­ment entre ceux qui veulent res­ter dans leurs prés car­rés et ceux qui veulent mutua­li­ser les moyens pour plus d’ef­fi­ca­ci­té au ser­vice des citoyens.
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    Les élus « révol­tés » demandent l’a­bro­ga­tion des sché­mas dépar­te­men­taux de coopé­ra­tion inter­com­mu­nale (SDCI) impo­sés et que s’ap­plique la libre admi­nis­tra­tion com­mu­nale et le libre regroupements.

    Ils s’é­taient pro­non­cé, non contre toute coopé­ra­tion mais pour un pro­jet, celui de « Plaine et Côte Roan­naise » qu’ils avaient conçu et construits.

    Dans d’autres dépar­te­ments des élus de toutes ten­dances orga­nisent eux aus­si la résistance.

    La vic­toire des élus du Roan­nais est un aver­tis­se­ment pour le pou­voir et un encou­ra­ge­ment pour l’en­trée en résis­tance de ceux qui sont atta­chés à la République.

    Jean-Fran­çois Cha­lot 23−3−13

    Réponse
  232. Ronald

    Inté­res­sant débat sur BFM Business.

    Débat Ber­ruyer – Goulard

    Il y a encore 20 ans, les débats sur l’Union Euro­péenne étaient assez ennuyeux, se fai­sant entre gens tous d’accord autour de la table. L’UE était amie-de-tout-le-monde, et le dis­cours à son sujet était assez creux. Les quelques oppo­sants n’avaient eux-mêmes que des argu­ments méta­phy­siques à faire valoir. Aujourd’hui, des consé­quences concrètes se font sen­tir, les objec­tions se sont faites plus pré­cises, et les oppo­si­tions se font plus tran­chées. Après, c’est à cha­cun de se positionner.

    On note­ra aus­si que les cli­vages gauche-droite sont ici vrai­ment dépas­sés. Bien malin qui peut caté­go­ri­ser Ber­ruyer sur l’ancien échi­quier. Quand à la dépu­tée de l’ > Alliance des démo­crates et des libé­raux pour l’Europe < , Syl­vie Gou­lard, elle est offi­ciel­le­ment d’un par­ti fran­çais dit cen­triste, mais est ici invi­tée pour son extré­misme pro-UE.

    A noter qu’on pour­rait croire de prime abord que Gou­lard a le sou­tien impli­cite de BFM, est son porte-parole. Il ne faut pas se fier aux appa­rences. En fait, sur le site de la chaîne, c’est une vidéo expur­gée cen­trée sur Ber­ruyer qui est pré­sen­tée sur la page d’accueil. J’explique cela par le fait que cer­tai­ne­ment BFM à consta­té que Ber­ruyer a de l’audience. Ici, donc, pas d’objectif idéo­lo­gique. Juste un objec­tif d’audimat. Gou­lard est invi­tée parce que BFM sait qu’avec elle, cela va « cla­sher » avec Ber­ruyer, qui est le véri­table pre­mier rôle du débat.

    Réponse
  233. Étienne

    Les diri­geants communistes 
    n’ont pas vou­lu de RUPTURE avec l’EURO !
    [Jacques GÉNÉREUX]

    marianne-revue

    Le der­nier numé­ro de « MARIANNE » consacre un dos­sier au thème : « SORTIR DE L’EURO » où le jour­na­liste se penche sur la posi­tion de Jean-Luc Mélen­chon, au cours de la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2012, optant pour ne pas sor­tir de l’eu­ro. Cette posi­tion ne va pas de soi, quand on sait qu’Os­car LAFONTAINE, fon­da­teur de « Die Linke », a pro­po­sé le contraire. 

    Jacques Géné­reux confie à « Marianne » la genèse de ce refus. 
    « Les diri­geants com­mu­nistes n’ont pas vou­lu entendre par­ler de rup­ture avec l’eu­ro. Ils ne vou­laient pas fâcher les socia­listes et perdre des postes en échange ».

    C’est pour­tant ce qu’on aurait dû écrire noir sur blanc : « si les négo­cia­tions avec nos par­te­naires de l’U­nion pour refon­der le pro­jet euro­péen n’a­bou­tissent pas, s’il n’est pas pos­sible de redon­ner de l’au­to­no­mie à la Banque de France sans sor­tir de l’eu­ro, alors oui, in fine, nous n’hé­si­te­rons pas à sor­tir de l’eu­ro » (sic). Jean-Luc Mélen­chon n’a pas défen­du cette posi­tion, que Jacques Géné­reux appelle « la stra­té­gie du coup de force », ses alliés com­mu­nistes lui ayant tor­du le bras. « C’é­tait un défaut majeur de notre pro­gramme à la pré­si­den­tielle » regrette Géné­reux, « Jean-Luc a été bri­dé pen­dant toute la cam­pagne »….

    Source : http://​www​.com​mun​com​mune​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​e​s​-​d​i​r​i​g​e​a​n​t​s​-​c​o​m​m​u​n​i​s​t​e​s​-​n​-​o​n​t​-​p​a​s​-​v​o​u​l​u​-​d​e​-​r​u​p​t​u​r​e​-​a​v​e​c​-​l​-​e​u​r​o​-​j​a​c​q​u​e​s​-​g​e​n​e​r​e​u​x​-​1​2​2​3​5​0​3​7​3​.​h​tml

    Réponse
  234. Étienne

    Emma­nuel Todd ana­lyse la confé­rence de Fran­çois Hollande 

    Réponse
  235. Ana Sailland

    Pour rajou­ter à l’hu­mour d’Emmanuel :

    Quand on a vu la téna­ci­té de fran­çois à res­pec­ter son enga­ge­ment de cam­pagne à lut­ter contre son seul enne­mi, on peut se réjouir de ce dis­cours récent 😉

    (l’u­sage des majuscule/minuscule pour les pré­noms n’est pas fortuit)

    Réponse
  236. Patrick Flécheux

    Salut les Virus.

    Voi­ci la plus belle démons­tra­tion qu’il m’ait été don­né d’entendre(pour ne pas dire, qu’il m’ait été don­né de prendre dans la gueule, car je l’ai vrai­ment prise dans la gueule et dans les tripes.) de l’im­pos­si­bi­li­té humaine en l’é­tat actuelle des choses, à l’heure actuelle, de la fai­sa­bi­li­té Anarcho-Démocratique.

    Car cette démons­tra­tion magis­trale est tout bon­ne­ment imparable.

    Cette démons­tra­tion est signée Fré­dé­ric Lor­don, elle a eut lieu hier soir au col­loque inter­na­tio­nal de l’U­ni­ver­si­té de Nanterre.

    J’ai eu la chance d’y assis­té et de me prendre cette claque magis­trale dont je me suis à peine remis.

    Résis­tants, appren­tis Démo­crates, huma­nistes et/ou autres bisou­nours de la ®évo­lu­tion immuable et tant espé­rée, tant vou­lue, tant rêvée.

    Un conseil avant toute écoute, soyez bien calés dans votre fau­teuil et ouvrez bien grand votre cer­veau, car ça décape …
    (Le son = enre­gis­tre­ment de por­table, donc …)

    « Amu­sez-vous » bien …

    Mal­heu­reu­se­ment il manque l’in­tro­duc­tion au pro­pos. Un temps très court, mais pour­tant indis­pen­sable où Lor­don expli­quait qu’il allait se faire l’a­vo­cat du Diable.

    C’é­tait peu dire, ce type est le Diable en personne.

    Etienne vous tenez effec­ti­ve­ment la cause des causes tech­nique de notre impuis­sance poli­tique, mais voi­la la véri­table cause des causes, celle dont dépend et dépen­dra toutes tech­niques, vient de s’im­pri­mer dans cette démons­tra­tion de Lordon.

    Croyez bien que j’en suis le pre­mier navré car votre ver­sion m’é­tait beau­coup plus acces­sible et abor­dable, beau­coup plus confor­table, alors que là … Dans 2000 ans peut-être.

    NB Etienne comme je suis presque cer­tain que F.L. se trouve dans vos contacts, peut-être pou­vez-vous lui deman­der la ver­sion écrite de cette confé­rence ? … Je pense que ce serait plu­tôt pas mal de lire ce grand moment d’es­prit et de conscience Tragique.
    Le son étant trop pour­rit pour la retrans­crire comme ça de plus il manque le petit bout indis­pen­sable du début.

    Réponse
  237. Ana Sailland

    @268 (Patrick)

    Il y a en effet une dénon­cia­tion utile d’un idéa­lisme lar­vaire qui conduit l’é­vo­lu­tion­naire à se voi­ler la face et à ain­si cacher à lui-même et aux autres la pro­fon­deur ten­ta­cu­laire du mal humain, et à adop­ter une vision sim­pliste (~ angé­lique) des forces en pré­sence, en négli­geant celles, néga­tives, qui habitent les faibles, la masse des faibles.

    J’en­tends « pro­ces­sus révo­lu­tion­naire », et là je tique, car il me semble que dans ce dis­cours, jus­ti­fié, clair, utile, mais pes­si­miste (c’est peut être un pes­si­misme péda­go­gique, sorte de trai­te­ment homéo­pa­thique (?) ) tout s’ar­ti­cule autour de l’i­dée que la tran­si­tion ne peut qu’être vio­lente et struc­tu­rée, ou du moins d’une vio­lence visant dite ou non dite à une struc­ture nou­velle pour la coer­ci­tion au bien.

    La tran­si­tion ne peut elle venir que d’un affrontement ?

    NON

    La tran­si­tion doit elle s’o­pé­rer à tra­vers un temps bref ?

    Si c’est le cas pour une tran­si­tion vio­lente, ça ne l’est pas pour un chan­ge­ment de para­digme i.e. une révo­lu­tion psy­cha­na­ly­tique du cer­veau collectif.
    Donc NON.

    La non conscience du peuple, et le désordre (adé­qua­tion au sys­tème et inadé­qua­tion à Dame Terre) de ses pul­sions ou appé­tits sont elles la consé­quence ou la source de ce qui le domine, vaste débat où la réponse de nor­mand s’im­pose, qui nous a plu­sieurs fois sur ce site conduits à nous deman­der si la vic­time n’aime pas son sort ; mais il est cer­tain (à mes yeux) qu’un peuple à qui il est inter­dit de se déci­der lui-même renon­ce­ra à l’Es­prit et se tour­ne­ra vers les plai­sirs qu’on lui impose, car « il faut bien vivre », et tant qu’à vivre contraint, autant sucer la moelle de cette contrainte, jus­qu’au meurtre de l’âme s’il le faut …, alors qu’un peuple orga­ni­sé pour la codé­ci­sion uni­ver­selle ver­ra ses buts et ses dési­rs se trans­for­mer, jus­qu’à un point de conscience que nul ne peut pré­dire puisque ça n’a jamais été vécu.

    La vision eth­no­gra­phique consiste à obser­ver ce qui a été ou ce qui est, c’est bien, mais elle doit pour ne pas être un enfer­me­ment de l’es­prit s’ad­joindre l’i­ma­gi­na­tion et l’invention :

    Le biais de confir­ma­tion appar­tient à l’his­to­rien et à l’eth­no­graphe, mais le futur, lui, n’est pas de leur com­pé­tence : il est incon­nu, et l’u­to­pie peut lui être encore utile, qui ne traite pas que des struc­tures et de l’or­ga­ni­sa­tion poli­cée, hein …

    ->Sor­tir de la matrice en quelque sorte.

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    Bien que loin de défendre les reli­gions, je constate que la socié­té laïque s’est en quelque sorte auto-condam­née à la cohé­sion par la force, l’Es­prit étant exclu de l’a­ni­ma­tion des êtres ; si bien que pour trou­ver une alter­na­tive à la néces­si­té de cohé­sion par les pou­voirs phy­siques d’une enti­té arti­fi­cielle, il fau­dra inven­ter autre chose.

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    Le tra­vail sur soi est une entre­prise à laquelle sou­vent l’in­di­vi­du rechigne. Alors que dire du tra­vail col­lec­tif sur le soi col­lec­tif. Son concept est une gageure. Une piste qui est donc tota­le­ment abandonnée.

    Réponse
  238. Gaudefroy

    @Lordon et aux anarchistes

    Le pro­blème de la fli­caille est com­pa­rable au pro­blème de la poli­ti­caille. Il peut se résoudre par la dépro­fes­sion­na­li­sa­tion et le tirage au sort. Cela passe par un arme­ment du peuple, une idée qu’une presse sub­ven­tion­née sous faux pavillon de gauche fait pas­ser pour un mar­ron­nier d’extrême-droite.(rue89, nou­ve­lObs, char­lie heb­do, etc…)

     » Désar­mer le peuple en lais­sant en son sein un corps armé est folie, c’est s’ex­po­ser à la tyran­nie. (Robes­pierre) » Nous y sommes…spectateurs.

    Réponse
  239. Patrick Flécheux

    Mer­ci Ana de ten­ter de remettre un peu d’op­ti­misme dans cette démons­tra­tion de Lordon.

    Démons­tra­tion que je ne pense pas du tout pes­si­miste (c’est bien là toute sa puis­sance), mais en plein dans un constat froid et tragique.
    Donc, bien ancrée dans le concret de nos réa­li­tés intrin­sè­que­ment humaines du moment, mais aus­si de toujours …

    A savoir :

    1/ Le besoin vis­cé­ral de plai­sirs inhé­rent aux hommes.

    2/ la puis­sance du capi­ta­lisme Orwel­lien aillant su conqué­rir les « habi­tudes » (donc les plai­sirs quo­ti­diens) de cha­cun et en faire des besoins dési­rés car extrê­me­ment dési­rables.

    Besoins dont le plus grand nombre, car comme le dit si bien Lor­don, c’est quand même lui qui compte pour faire une révo­lu­tion, ne pour­ra et ne sau­ra se défaire qu’à condi­tion que nous soyons capables de lui (de nous) réin­ven­ter de nou­velles « habi­tudes » aillant beau­coup plus d’a­traits que ce qu’il pos­sède déjà.
    Aillant beau­coup plus d’a­traits que ce qu’il peut pos­sé­der, car immé­dia­te­ment dis­po­nible, ou tout du moins à por­tés de mains, de regards et sur­tout d’en­vies …

    Ce qui, vous en convien­drez, est autre­ment plus com­plexe (et sans aucun doute beau­coup plus fon­da­men­tal) qu’une simple reprise en mains de la Constitution.

    Car cela s’ap­pa­rente à réin­ven­ter et sur­tout à réin­tro­duire dans des esprits tota­le­ment embués, hyp­no­ti­sés, per­clus de dési­rs, une « nou­velle reli­gion » (phi­lo­so­phie de vie) tel­le­ment dési­rables qu’elle en ferait oublier les plai­sirs Orwelliens.

    Avouez que ce n’est pas gagné cette affaire et que c’est, pour l’ins­tant je l’es­père, tota­le­ment hors de notre portée … 🙂

    Et mal­heu­reu­se­ment, ce n’est pas une simple ins­crip­tion dans une quel­conque Consti­tu­tion qui chan­ge­ra ces choses là. Cette Cause des Causes par excellence.

    Et sur­tout cela pren­dra cer­tai­ne­ment des siècles d’évolutions.

    Car, si il a fal­lu 3000 ans depuis les débuts de la phi­lo pour en arri­vé à notre monde actuel. Gageons qu’il en fau­dra 3000 de plus pour modi­fier fon­da­men­ta­le­ment la donne dans un sens radi­ca­le­ment dif­fé­rent … (Ce qui ne veut pas dire pour autant dans le sens ou l’on le sou­haite, le sens Démocratique.)

    L’ins­truc­tion aidant, et pour res­té posi­tif, ce coup-ci ont peut peut-être gagner 2000 ans … 🙂

    Donc, ça fout un peu les boules sur le coup, mais en fait, c’est sacré­ment plus ban­dant d’i­ma­gi­ner puis d’é­crire une ébauche de l’ar­ticle 2bis tiret Terre non ? … 🙂

    Car là où je vous rejoins Ana, je l’ai d’ailleurs dit à Lor­don après sa conf, l’homme à AUSSI besoin d’u­to­pies et de rêves pour bien gran­dir. A Men 🙂

    Réponse
  240. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La fai­blesse de l’in­di­vi­du est de pré­fé­rer ce qui sou­lage à ce qui soigne.

    Réponse
  241. Ana Sailland

    « cela pren­dra cer­tai­ne­ment des siècles d’é­vo­lu­tions » (De Patrick) »> Il n’est pas cer­tain que la conscience croisse de manière linéaire, et un phé­no­mène de type ou appa­rence « saut quan­tique » n’est pas exclu, qui per­met à l’im­pos­sible de survenir.

    Je pense ici au pre­mier batra­cien qui a osé sor­tir de l’eau, et s’est dit : « tiens, c’est chouette de sor­tir de la matrice » 😉 et qui en peu de temps a été copié, pla­gié, imi­té, par une foule innom­brable, per­met­tant la conquête de l’inimaginable.
    (Hypo­thèse de Satprem)
    Ce type là (le batra­cien), que j’ad­mire, avait vain­cu les a prio­ri, les cer­ti­tudes, les croyances, l’illu­sion , la maya.
    Trans­mu­tant ain­si la réalité.

    De même que les révo­lu­tions phy­siques et vio­lentes ne sont ni pro­gram­mables, ni pré­vi­sibles, ni lentes et pro­gres­sives, il est pos­sible que sur­vienne une révo­lu­tion de l’Es­prit sou­daine et tota­le­ment imprévue.
    Voire esti­mée impossible.
    De por­tée qua­si infinie.

    L’ex­pé­rience de Tod­mor­den m’y fait pen­ser, même si ne semble pas encore être cela (quoique …), mais elle est le pro­to­type même de la muta­tion imprévue.
    Qui contre­dit toutes les croyances sur la paresse, le devoir de rendre (si inter­ro­gé par Mauss), la défiance, la com­pé­ti­tion, l’es­prit mes­quin, le besoin de struc­ture et de lea­der, voire le besoin de dialogue !!!
    On n’en mesure que peu l’extraordinaire.
    Trop locale certes, mais qui a séduit, au point d’en­gen­drer la volon­té de copie, hic et nunc.
    (La dif­fi­cul­té rési­dant dans le fait que copier du spon­ta­né ne crée pas du spontané)

    Or voi­ci que contrai­re­ment au lapin (que j’aime, et ailleurs que dans mon assiette), nous dis­po­sons, en plus de l’i­nat­ten­du, de la capa­ci­té péda­go­gique, et de dif­fu­sion par le Verbe, et par l’exemple, qui peuvent per­mettre, par­tant d’un impré­vi­sible pas même hypo­thé­tique, mais tou­jours pos­sible, de l’in­ten­si­fier sans vio­lence, pour pro­duire un prag­ma­tisme révo­lu­tion­né, bien au delà du bri­co­lage local et de la poli­tique des rustines.

    Et pro­vo­quer cela peut être une volon­té, mais qui ne s’ac­com­mode pas du para­digme de la lutte mili­tante, qui est son contraire.
    Ain­si donc, révo­lu­tion­ner l’es­prit révo­lu­tion­naire est déjà en soi une révolution 😉

    Impo­ser un concept, ou un para­digme, jamais ne libè­re­ra du para­digme de la contrainte, et c’est pour­quoi tant de révo­lu­tions ont échoué, alors que ce qui se des­sine, encore peu esquis­sé dans les faits, peu visible, c’est la révo­lu­tion par l’exemple, qui consiste à construire, inno­ver, séduire par le résul­tat plus que vaincre par la loi ou les armes.

    Réponse
  242. Patrick Flécheux

    Ana je vous suis à 200% dans l’ab­so­lue néces­si­té de la ®évo­lu­tion par l’exemple de ce que nous sommes.

    Mais voi­là vous n’êtes pas sans savoir que cette méthode prend énOOOr­mé­ment de temps, beau­coup plus de temps que l’é­chelle de nos courtes vies …

    Sur­tout si cet exemple ne cherche pas à s’im­po­ser et se refuse à la lutte mili­tante poli­ti­carde – Le fameux « j’ai pas tort car moi je sais. »

    Mais n’est « mili­tante » que par­ceque l’exemple pro­po­sé est tel­le­ment juste (uni­ver­sel, com­mun à l’homme dans ses fon­de­ments) qu’il s’im­pose natu­rel­le­ment aux autres hommes sans même cher­cher à l’imposer.

    C’est la puis­sance de tous grands maîtres d’Arts Mar­tiaux, ou des gens sages.

    Mais nous en sommes tous vache­ment loin quand même …

    Et mal­gré les ver­tus que nous nous effor­çons de culti­ver, pour les « plus sages » d’entre nous, nous ne pou­vons pré­tendre être de tels exemples. Enfin, moi je ne peux pas en tout cas 🙂

    Ceci dit, il nous a été per­mis de croi­ser des gens poten­tiel­le­ment plus sage que nous, donc de savoir que c’est quand même pos­sible, donc d’une cer­taine manière de vali­der votre « opti­misme mal­grés tout ».

    Je cite­rai Pierre Rabhi ou Albert Jac­quard pour leurs vies, semble t‑il, plu­tôt exemplaires.
    Tout du moins à pre­mière vue, et dans une pre­mière approche intui­tive, sen­si­tive et d’ob­ser­va­tion des actes que je leurs connais, car mon esprit tra­gique repre­nant tou­jours le des­sus, ma petite lampe rouge fini tou­jours par cli­gno­ter à un moment ou à un autre … 🙂

    Mais du coup si l’on suis votre opti­misme, et l’exemple « sage » que nous sou­hai­te­rions trans­mettre nous som­brons dans le deuxième eccueil révo­lu­tion­naire sou­le­vé par Lordon.

    A savoir : nous pen­sons les gens et le monde non pas comme il est mais comme nous vou­drions qu’il soit …

    Car n’é­tant pas nous même des sages notre exemple ne peut être universel.
    Pire, nous n’a­vons qu’une très vague illu­sion de ce que peut-être la sagesse.
    Car, plus dra­ma­tique, nous ne savons même pas si la sagesse existe vrai­ment puisque nous ne sommes pas des sages.

    Et pour finir pour­quoi la sagesse devrait-elle être mono­li­thique plu­tôt que polymorphe ?

    Bref si je crois la force de l’exemple d’une vie ver­tueuse plus posi­tive car moins nui­sible à autrui (moins nui­sible à mon tem­pé­ra­ment sur­tout …), rien n’at­teste que cette forme d’exem­pla­ri­té soit la bonne pour faire évo­luer l’hu­ma­ni­té vers un sens commun.

    Et que ce ne soit pas la notion du plus fort qui soit plus en rela­tion avec la nature même de l’homme et de la vie en commun.

    La nature, la vie, (et les grands maîtres) nous montre en tout cas que cet aspect viril des choses est pré­do­mi­nant à la sur­vie, au res­pect que l’on reçoit, et donc à une poten­tielle réa­li­sa­tion col­lec­tive car res­pec­tueuse de chacun …

    Réponse
  243. Marie

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